Trinômes
M. Alati
13 septembre 2011
1 Généralités
1.1 Définition et exemples
D ÉFINITION
Les fonctions trinômes sont les fonctions définies sur R et pouvant s’écrire :
P (x) = ax2 + bx + c avec a 6= 0
E XEMPLES
1) La fonction P : x 7−→ −8 + 11x2 − 5x est un trinôme.
On a : a = 11, b = −5 et c = −8.
2) La fonction Q : x 7−→ 2(x − 1)(x + 3) est un trinôme puisque
Q(x) = 2(x2 + 3x − x − 3) = 2(x2 + 2x − 3) = 2x2 + 4x − 6
On a ainsi : a = 2, b = 4 et c = −6.
3) La fonction R : x 7−→ (x + 1)2 − (x − 1)2 n’est pas un trinôme puisque
R(x) = x2 + 2x + 1 − (x2 − 2x + 1) = 4x
1.2 Forme canonique
Considérons la fonction définie sur R par :
P (x) = −2x2 + 4x + 6
On remarque que :
P (x) = −2(x2 − 2x) + 6 = −2(x2 − 2x + 1 −1) + 6 = −2((x − 1)2 − 1) + 8 = −2(x − 1)2 + 8
| {z }
Identité
Ainsi, on peut écrire : P (x) = a(x − α)2 + β avec a = −2, α = 1 et β = 8.
Plus généralement :
T HÉORÈME
Toute fonction trinôme x 7−→ ax2 + bx + c peut s’écrire sous une forme dite canonique :
2
b b2 − 4ac
P (x) = a x + − = a(x − α)2 + β
2a 4a
où
b b2 − 4ac
α=− et β=−
2a 4a
1
2 Racines
2.1 Définition et exemples
D ÉFINITION
Soit P un trinôme, on dit que α est une racine de P si P (α) = 0.
E XEMPLES
1) Le trinôme définie P (x) = x2 + 1 n’admet pas de racines puisque pour tout x ∈ R :
P (x) ≥ 1 > 0
2) Soit P : x 7−→ (2x − 1)(4 + 5x). Alors P possède deux racines x1 et x2 :
1 4
x1 = x2 = −
2 5
3) Si P (x) = 4x2 − 24x + 36 alors P (3) = 36 − 72 + 36 = 0 donc x0 = 3 est une racine de P En fait,
c’est la seule puisque P (x) = (2x − 6)2 .
Soit P un trinôme défini par :
P (x) = ax2 + bx + c
D’après l’écriture canonique, et puisque a 6= 0 :
" 2 #
b b2 − 4ac
P (x) = 0 ⇐⇒ a x + − =0
2a 4a2
" 2 #
b b2 − 4ac
⇐⇒ x+ − =0
2a 4a2
2
b b2 − 4ac
⇐⇒ x+ =
2a 4a2
Appelons ∆ le discriminant de P défini par : ∆ = b2 − 4ac. On a donc :
2
b ∆
P (x) = 0 ⇐⇒ x+ = 2
2a 4a
2.2 Racines des trinômes
T HÉORÈME
On considère le trinôme défini par :
f (x) = ax2 + bx + c a 6= 0
On appelle discriminant de P le nombre défini par :
∆ = b2 − 4ac
1) Si ∆ < 0, le trinôme n’admet pas de racines réelles.
2) Si ∆ = 0, le trinôme admet une unique racine dite double, notée x0 et vérifiant
b
x0 = −
2a
3) Si ∆ > 0, le trinôme admet deux racines distinctes notées x1 et x2 et vérifiant :
√ √
−b − ∆ −b + ∆
x1 = x2 =
2a 2a
2
E XEMPLE
Résolvons l’équation x2 + x − 1 = 0.
Étape 1 :
On a : a = b = 1 et c = −1.
∆ = b2 − 4ac = 1 + 4 = 5 > 0
Étape 2 :
L’équation proposée possède deux solutions distinctes données par :
√ √ √ √
−b − ∆ −1 − 5 −b + ∆ −1 + 5
x1 = = x2 = =
2a 2 2a 2
3 Factorisation
T HÉORÈME
1) Si ∆ > 0 alors P admet (avec les notations précédentes) la factorisation :
P (x) = a(x − x1 )(x − x2 )
2) Si ∆ = 0 alors on peut écrire :
2
2 b
P (x) = a(x − x0 ) = a x +
2a
3) Si ∆ < 0, P ne peut être factorisé en le produit de deux fonctions affines.
E XEMPLES
Factoriser l’expression A = 8x2 + 2x − 3.
On trouve facilement ∆ = b2 − 4ac = 4 + 4 × 24 = 100, les racines sont donc :
√ √
−b − ∆ −2 − 10 3 −b + ∆ −2 + 10 1
x1 = = =− x2 = = =
2a 16 4 2a 16 2
On a donc
1 3
A=8 x− x+
2 4
3.1 Compléments sur la factorisation
T HÉORÈME
Soit P un polynôme de degré n > 0 et α une racine de P alors il existe un polynôme Q de degré n − 1
vérifiant :
P (x) = (x − α)Q(x)
E XEMPLE
Posons P (x) = x3 − x2 − 4x − 6 pour x ∈ R.
Remarquons que P (3) = 27 − 9 − 12 − 6 = 0, on sait alors qu’il existe un polynôme Q de degré 2
vérifiant :
P (x) = (x − 3)Q(x) = (x − 3)(ax2 + bx + c)
où a, b et c sont à déterminer.
En développant le second membre, on obtient :
(x − 3)(ax2 + bx + c) = ax3 + (b − 3a)x2 + (c − 3b)x − 3c = x3 − x2 − 4x − 6
Cette égalité équivaut à l’existence de a, b et c vérifiant :
a=1
a=1
b − 3a = −1
⇐⇒ b = 3a − 1 = 2
c − 3b = −4
c=2
−3c = −6
Ainsi, P (x) = (x − 3)(x2 + 2x + 2)
3
4 Représentation graphique
4.1 Propriétés des paraboles
P ROPRIÉTÉ
On reprend les notations précédentes soit :
P (x) = ax2 + bx + c Q(x) = ax2
Dans un repère orthonormé (O ; − →ı ;→
− ), la courbe représentative de P est une parabole de sommet le
point de coordonnées (α ; β) où :
b b2 − 4ac ∆
α=− et β=− =−
2a 4a 4a
Plus précisément, elle est l’image de la courbe représentative de Q par la translation de vecteur
−
→
u (α ; β)
Elle possède donc pour axe de symétrie la droite d’équation :
b
x=− (= α)
2a
b ∆
Son sommet a pour coordonnées (α ; β) = (α ; P (α) = (− 2a ; − 4a ).
C ONSÉQUENCES
1) Si a > 0, il s’agit d’une parabole tournée vers les y > 0. (càd vers le "haut")
2) Si a < 0, elle est tournée vers les y < 0. (càd vers le "bas")
4.2 Exemple
Posons pour x ∈ R :
f (x) = −2x2 + 16x − 29
Alors, on a :
b 16 ∆ 24
α=− =− =4 et ∆ = b2 − 4ac = 162 − 4 × 2 × 29 = −24 =⇒ β = − =− =3
2a −4 4a −8
Si on pose g(x) = −2x2 , on a alors :
P (x) = −2(x − 4)2 + 3
On en déduit que Cf est l’image de Cg par la translation de vecteur −
→
u (4; 3).
Cf
−
→
u
Cg
Il s’agit donc d’une parabole tournée vers le bas, de sommet le point de coordonnées le point (4; 3) et
d’axe de symétrie la droite d’équation la droite d’équation x = 3.
4
5 Sens de variation
R APPEL
On considère une fonction trinôme P défini par P (x) = ax2 + bx + c, on a :
b ∆
P − =−
2a 4a
1) Si a > 0 :
b
x −∞ − 2a +∞
P ∆
− 4a
2) Si a < 0 :
b
x −∞ − 2a +∞
∆
P − 4a
E XEMPLE
Etudier les variations de la fonction définie sur R par :
f (x) = 3x2 − 4x + 5
On a :
a=3 b = −4 c=5
On obtient d’abord :
b −4 2
− =− =
2a 6 3
puis :
∆ −44 11
∆ = b2 − 4ac = 16 − 60 = −44 =⇒ − =− =
4a 12 3
Puisque a = 3 > 0, on en déduit :
x −∞ 2/3 +∞
P
11/3
6 Signe d’un trinôme
6.1 Premier cas
T HÉORÈME
Soit P un trinôme s’écrivant P (x) = ax2 + bx + c.
Si ∆ < 0 alors P (x) a toujours le signe de a.
5
a>0 a<0
x −∞ +∞ x −∞ +∞
P (x) + P (x) −
6.2 Second cas
b
Si ∆ = 0 alors P (x) a toujours le signe de a sauf pour x = − 2a auquel cas il vaut 0.
a>0 a<0
x −∞ x0 +∞ x −∞ x0 +∞
P (x) + 0 + P (x) − 0 −
x0
x0
6.3 Troisième cas
Si ∆ > 0 et si l’on note x1 < x2 les deux racines, alors si a > 0 :
x −∞ x1 x2 +∞
P + 0 − 0 +
6
b b
x1 x2
On suppose toujours ∆ > 0 et x1 < x2 mais avec a < 0.
x −∞ x1 x2 +∞
P − 0 + 0 −
b b
x1 x2
S YNTHÈSE
Avec les notations précédentes, on voit que P (x) a le signe de a à l’extérieur des racines et le signe
contraire à l’intérieur :
x −∞ x1 x2 +∞
P Signe de a 0 Signe de −a 0 Signe de a
E XEMPLE
Résoudre 2x2 − 3x − 1 < 0.
On est amené à considérer le trinôme P défini par P (x) = 2x2 − 3x − 1.
On remarque que son discriminant vaut :
∆ = b2 − 4ac = 9 + 8 = 17
On obtient donc :
√ √ √ √
−b − ∆ 3 − 17 −b + ∆ 3 + 17
x1 = = x2 = =
2a 4 2a 4
7
On sait que P (x) a le contraire du signe de a = 2 > 0 entre les racines soit :
√ √
x −∞ 3− 17 3+ 17 +∞
4 4
P (x) + 0 − 0 +
On en déduit : # √ √ "
3− 17 3 + 17
P (x) < 0 ⇐⇒ x ∈ ;
4 4