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Philosophie Jose

Le document explore les contributions philosophiques de Platon, Saint Augustin et Emmanuel Kant, en mettant en lumière leurs visions respectives de la justice, de la morale et de la politique. Platon prône une cité idéale dirigée par des philosophes-rois, Augustin distingue entre la cité de Dieu et la cité terrestre tout en intégrant une vision providentialiste de l'histoire, tandis que Kant insiste sur l'importance de la morale dans la politique et propose une vision de paix perpétuelle. Ces penseurs ont profondément influencé la pensée politique occidentale, enrichissant les débats contemporains sur le pouvoir, la justice et l'autorité.

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Le document explore les contributions philosophiques de Platon, Saint Augustin et Emmanuel Kant, en mettant en lumière leurs visions respectives de la justice, de la morale et de la politique. Platon prône une cité idéale dirigée par des philosophes-rois, Augustin distingue entre la cité de Dieu et la cité terrestre tout en intégrant une vision providentialiste de l'histoire, tandis que Kant insiste sur l'importance de la morale dans la politique et propose une vision de paix perpétuelle. Ces penseurs ont profondément influencé la pensée politique occidentale, enrichissant les débats contemporains sur le pouvoir, la justice et l'autorité.

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Introduction

La philosophie, en tant que quête de la sagesse, s’est toujours interrogée sur les
fondements de l’existence, de la connaissance, du bien et du vivre-ensemble. Depuis
l’Antiquité jusqu’à la modernité, des penseurs majeurs ont marqué l’histoire de la
pensée par la profondeur de leurs réflexions et la portée de leurs œuvres. Parmi eux,
Platon, Saint Augustin et Emmanuel Kant occupent une place centrale. Leurs
philosophies, bien que issues de contextes historiques et culturels différents,
abordent des questions fondamentales telles que la justice, la vérité, la foi, la morale
et la raison.

Platon, philosophe grec de l’Antiquité, propose une vision idéaliste du monde,


centrée sur la recherche du bien et de la justice dans la cité. Saint Augustin, quant à
lui, inscrit sa pensée dans une perspective chrétienne où la foi éclaire la raison et
oriente l’homme vers Dieu. Emmanuel Kant, philosophe des Lumières, révolutionne
la pensée moderne par sa critique de la raison et sa vision éthique basée sur
l’autonomie morale de l’homme.
Étudier ces trois penseurs permet non seulement de comprendre l’évolution de la
pensée philosophique à travers les siècles, mais aussi de réfléchir sur les fondements
du savoir, de la société et de l’agir humain. Dès lors, il est légitime de se demander :
quelles sont les spécificités et les influences majeures des philosophies de Platon,
Saint Augustin et Emmanuel Kant dans l’histoire de la pensée ?

Pour répondre à cette problématique, nous analyserons successivement la pensée de


Platon, celle de Saint Augustin, puis celle d’Emmanuel Kant, avant de proposer une
synthèse de leurs apports philosophiques.
1. Platon : La cité idéale et la justice

a. Vision de la justice comme harmonie sociale

Pour Platon, la justice ne se réduit pas à une simple obéissance aux lois ou à un
rapport entre les individus. Dans son œuvre majeure, La République, il présente la
justice comme une harmonie interne au sein de l’âme humaine et de la cité. Il divise
la société en trois classes : les producteurs (travailleurs), les gardiens (militaires) et les
dirigeants (philosophes). Chacune de ces classes doit remplir son rôle spécifique
pour que l’ensemble fonctionne de manière juste.

De la même manière, l’âme humaine, selon Platon, est constituée de trois parties : le
désir, le courage et la raison. Une âme juste est celle où la raison gouverne, avec
l’aide du courage, et où le désir est maîtrisé. Ainsi, la justice est l’ordre et l’équilibre,
tant au niveau individuel que collectif.

b. L’importance du philosophe-roi
Platon estime que seule la connaissance du bien suprême permet de gouverner avec
justice. C’est pourquoi il soutient que les philosophes, qui sont capables de
contempler les Idées (ou Formes), doivent diriger la cité. Il introduit ainsi l’idée du
philosophe-roi, une figure à la fois sage, vertueuse et formée pour le pouvoir.

Le philosophe-roi n’est pas motivé par l’intérêt personnel, mais par la recherche du
bien commun. Cette idée illustre la méfiance de Platon envers la démocratie
athénienne de son temps, qu’il jugeait trop influencée par les passions et l’ignorance
populaire.

c. Le monde des Idées comme fondement de la vérité

Platon distingue deux mondes : le monde sensible, celui des apparences, changeant
et imparfait ; et le monde intelligible, celui des Idées ou Formes, immuable et parfait.
Pour lui, toute connaissance véritable ne peut venir que de ce monde des Idées.

Ainsi, la justice, la beauté, le bien ne sont pas des opinions ou des conventions
sociales, mais des réalités éternelles qu’il faut contempler à travers la raison. C’est ce
qui fonde l’autorité du philosophe : sa capacité à accéder à une vérité objective,
supérieure aux intérêts individuels.

d. L’impact sur la pensée politique classique


La pensée de Platon a eu une influence immense sur la philosophie politique
occidentale. Son modèle de la cité idéale a inspiré de nombreux débats sur la nature
du pouvoir, de l’éducation, de la justice et du gouvernement. Il a posé les bases d’une
réflexion rationnelle sur l’organisation sociale et politique.

Même si son modèle a été critiqué pour son élitisme, sa rigidité sociale ou sa vision
autoritaire, il reste une référence incontournable. Platon a aussi influencé Saint
Augustin (qui reprend l’idée de la dualité entre monde sensible et monde spirituel) et
d’autres penseurs comme Rousseau ou Hegel.

2. Saint Augustin : La cité de Dieu et la cité des hommes

a. Étymologie du nom "Augustin"

Le nom Augustin vient du latin Augustinus, dérivé de Augustus, qui signifie


"vénérable", "sacré", ou "consacré". Ce nom exprime le respect dû à une personne
ayant un statut élevé ou une autorité morale. Saint Augustin est l’un des plus grands
penseurs chrétiens de l’Antiquité tardive.
b. La distinction entre la cité de Dieu et la cité terrestre

Dans son œuvre majeure "La Cité de Dieu" (De Civitate Dei), Saint Augustin établit
une distinction fondamentale entre deux cités :

- La Cité de Dieu (civitas Dei) : formée par ceux qui vivent selon Dieu, dans la foi, la
charité, et l’espérance de la vie éternelle.
- La Cité des Hommes ou cité terrestre (civitas terrena) : formée par ceux qui vivent
selon leur propre volonté, l’orgueil et les désirs charnels.

Ces deux cités sont mêlées dans l’histoire, mais opposées dans leur finalité : la
première cherche Dieu, la seconde cherche la gloire terrestre. Cette opposition
symbolise le combat entre le bien et le mal dans le monde.

c. L’idée de la providence divine dans l’histoire

Saint Augustin développe une vision providentialiste de l’histoire. Il affirme que


l’histoire humaine n’est pas un chaos ou une suite d’événements sans sens, mais
qu’elle est dirigée par la volonté divine.

Même les malheurs (invasions barbares, chutes des empires, injustices) ont un rôle
dans le plan de Dieu. Cela permet aux croyants de garder la foi malgré les crises :
Dieu reste souverain au-delà des troubles politiques ou sociaux.

d. L’héritage chrétien dans la pensée politique

Saint Augustin est un penseur fondamental de la théologie politique chrétienne. Il


affirme que le pouvoir politique est nécessaire pour maintenir l’ordre dans un monde
marqué par le péché. Toutefois, ce pouvoir doit rester subordonné à Dieu.

Il justifie l’existence de l’État comme un mal nécessaire, car l’homme, à cause du


péché originel, a besoin d’autorité pour éviter le désordre. Il est donc l’un des
premiers à théoriser les rapports entre l’Église et l’État : l’État s’occupe de l’ordre
temporel, l’Église du salut éternel.

e. Influence sur la pensée médiévale et moderne


L’œuvre d’Augustin a profondément marqué le Moyen Âge, influençant des
penseurs comme Thomas d’Aquin, Bossuet, et plus tard les débats sur le pouvoir
spirituel et temporel.

Sa vision dualiste du monde (cité de Dieu vs cité terrestre) a servi de base à de


nombreuses réflexions sur la morale en politique, la légitimité du pouvoir, et la
nature du bien commun. Il a aussi influencé des philosophes modernes, dont Hobbes
et Rousseau, dans leur réflexion sur l’origine de l’autorité politique.

3. Emmanuel Kant : La paix perpétuelle et la morale politique

a. Étymologie du nom "Kant"

Le nom Kant est d’origine allemande, porté par Emmanuel Kant, philosophe des
Lumières (1724–1804). "Emmanuel" vient de l’hébreu Immanu-El, signifiant « Dieu
avec nous ».
b. La morale comme fondement de la politique

Kant développe une éthique fondée sur la raison pure et l’autonomie de la volonté.
Pour lui, la politique ne doit pas être guidée par l’opportunisme ou les intérêts
égoïstes, mais par des principes moraux universels. Sa pensée repose sur :

- L’impératif catégorique : « Agis seulement selon la maxime qui fait que tu puisses
vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. »

Ainsi, la politique juste est celle qui pourrait être universalisée sans contradiction
morale.
c. La critique du réalisme politique

Kant s’oppose aux penseurs réalistes (comme Machiavel ou Hobbes), qui justifient
l’usage de la ruse, de la guerre ou du pouvoir autoritaire pour conserver l’ordre.

Pour Kant :
- La fin ne justifie jamais les moyens.
- L’État ne doit jamais sacrifier les droits ou la dignité des individus au nom d’un
objectif politique.

Il critique l’idée selon laquelle la politique serait un domaine détaché de la morale.


Au contraire, la vraie politique est une application de la morale dans la société.

d. L’idée de la paix perpétuelle

Dans son ouvrage "Vers la paix perpétuelle" (Zum ewigen Frieden, 1795), Kant
imagine un ordre international stable et durable reposant sur :

1. Des républiques (États de droit) : où le pouvoir est soumis à la loi et à la volonté des
citoyens.
2. Une fédération d’États libres : non pas un super-État mondial, mais une alliance
fondée sur des engagements pacifiques.
3. Le respect du droit international : y compris les droits des étrangers et des peuples.

Selon Kant, la paix durable ne viendra pas de traités temporaires, mais de la


construction d’institutions justes, respectueuses des droits de l’homme.

e. Influence sur le droit et les institutions internationales

La pensée kantienne a fortement influencé :

- Le droit international moderne


- L’idée de démocratie libérale
- La création de la Société des Nations (1919) puis de l’ONU (1945)
Kant est souvent considéré comme le père du libéralisme institutionnel en relations
internationales. Son œuvre inspire encore aujourd’hui les débats sur :

- La paix mondiale
- La justice globale
- Les droits universels

4. Nicolas Machiavel – Le réalisme politique et la raison d’État

a. Étymologie du nom “Machiavel”

Le nom Machiavel vient de l’italien Niccolò Machiavelli, né à Florence en 1469. Son


nom est aujourd’hui associé au mot "machiavélisme", qui évoque la ruse, la
manipulation et la froide stratégie dans l’exercice du pouvoir.
b. La politique séparée de la morale

Machiavel est l’un des premiers penseurs à dissocier la politique de la morale. Dans
*"Le Prince" (1513), son œuvre la plus célèbre, il affirme que :

- L’efficacité du pouvoir est plus importante que la vertu.


- Le prince doit savoir *être à la fois lion et renard : fort et rusé.

> Il écrit : « Un prince ne doit pas nécessairement être bon, mais il doit le paraître. »

c. La raison d’État comme principe d’action

La raison d’État est chez Machiavel le droit qu’a le dirigeant de transgresser les
règles morales ou religieuses pour préserver l’État. Elle justifie :

- La ruse
- La manipulation
- La violence, si nécessaire
Pour Machiavel, le but du politique est la stabilité et la conservation du pouvoir, peu
importe les moyens utilisés.
d. Une vision pessimiste de la nature humaine

Machiavel pense que l’homme est naturellement égoïste, ingrat et changeant. Par
conséquent :

- Le dirigeant ne peut pas toujours compter sur la loyauté du peuple.


- Il doit parfois imposer l’ordre par la force.
- Le pouvoir doit s’imposer avant d’être respecté.
e. La politique comme art de la guerre
Il voit la politique comme un combat permanent, un jeu de rapports de force. Il dit
que la guerre est inévitable, et que tout prince doit s’y préparer.

> « Un prince ne doit avoir d’autre pensée ni d’autre objectif que la guerre. »

f. Impact sur la pensée politique moderne

Machiavel a profondément influencé :

- Le réalisme politique
- La science politique moderne
- Des penseurs comme Hobbes, Carl Schmitt ou même certains dirigeants
autoritaires

Il est considéré comme le fondateur de la politique moderne, car il parle du pouvoir


tel qu’il est, et non tel qu’il devrait être.

Conclusion générale

L’étude des grands penseurs classiques tels que Platon, Aristote, Machiavel et
Hobbes permet de comprendre les fondements philosophiques et historiques de la
pensée politique occidentale. Chacun d’eux a développé une vision unique du
pouvoir, de la justice, de l’État et de la société, mais tous ont profondément influencé
les systèmes politiques contemporains.
Platon nous propose une cité idéale fondée sur la justice comme harmonie, dirigée
par des philosophes-rois. Aristote, plus pragmatique, ancre sa pensée politique dans
l’expérience concrète, en insistant sur le rôle central de la cité pour le développement
de l’homme. Avec Machiavel, la rupture est nette : la politique se détache de la
morale, pour s’attacher à l’efficacité, à la ruse et à la préservation du pouvoir par la
raison d’État. Enfin, Hobbes, confronté aux guerres civiles, pose la nécessité d’un
pouvoir absolu (le Léviathan) pour garantir la paix et la sécurité des hommes
naturellement en conflit.
Ces visions, parfois opposées, enrichissent la réflexion politique et aident à penser
les tensions entre idéaux et réalités, liberté et autorité, morale et pouvoir.
Aujourd’hui encore, ces réflexions sont utiles pour comprendre les crises
démocratiques, les enjeux de gouvernance mondiale et les débats sur le rôle de l’État.

En somme, revenir à ces penseurs classiques, c’est puiser à la source même de la


pensée politique, pour mieux analyser les défis contemporains et anticiper les futurs
possibles.

Bibliographie

- Platon, La République, Flammarion, 2000.


- Aristote, La Politique, Vrin, 1990.
- Machiavel, Le Prince, Flammarion, 2004.
- Hobbes, Le Léviathan, GF Flammarion, 2000.

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