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Introduction
L’eau est une ressource essentielle à la vie. Toutefois, sa qualité détermine si elle est bénéfique
ou dangereuse pour la santé humaine. Des millions de personnes dans le monde souffrent chaque
année de maladies d'origine hydrique, souvent dues à la consommation d'eau contaminée. Face à
cette réalité, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi des directives internationales qui
définissent les critères de potabilité de l’eau, afin de protéger la santé publique. Ce document
présente les principes fondamentaux, les valeurs de référence et l’approche globale adoptée par
l’OMS en matière de qualité de l’eau destinée à la consommation humaine.
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Directive de la qualité de l'eau selon l'OMS
1. Objectif des directives de l’OMS
- Les directives pour la qualité de l’eau potable (Guidelines for Drinking-Water Quality -
GDWQ) visent à fournir une base scientifique pour :
- Aider les pays à établir leurs propres normes nationales de qualité de l’eau ;
- Protéger la santé des populations en limitant l’exposition à des contaminants chimiques,
microbiologiques, physiques ou radiologiques ;
- Évaluer et améliorer les systèmes de surveillance et de gestion de l’eau potable.
2. Principes fondamentaux de l'approche de l'OMS
L’approche de l’OMS repose sur les principes suivants :
a. L’approche fondée sur le risque
- Plutôt que de se limiter à des valeurs fixes, l’OMS promeut une gestion proactive des
risques, à travers des plans de sécurité sanitaire de l’eau (Water Safety Plans – WSP).
Ceux-ci incluent :
- L’évaluation des risques à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement en eau (source,
traitement, distribution) ;
- La mise en œuvre de mesures préventives ;
- La surveillance continue.
b. La flexibilité et l’adaptabilité
- Les directives sont non contraignantes, permettant à chaque pays de les adapter selon ses
réalités techniques, économiques, géographiques et culturelles.
3. Paramètres de qualité définis par l’OMS
L’OMS classe les paramètres en plusieurs catégories :
a. Paramètres microbiologiques
Les plus critiques pour la santé humaine. La directive recommande zéro présence de coliformes
fécaux (Escherichia coli) dans 100 ml d’eau potable.
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b. Paramètres chimiques
Certaines substances naturelles ou industrielles peuvent contaminer l’eau (arsenic, fluor, nitrates,
plomb, pesticides, etc.). L’OMS fournit des valeurs guides pour chaque substance, par exemple :
- Arsenic : ≤ 0,01 mg/L
- Nitrates : ≤ 50 mg/L
- Fluor : ≤ 1,5 mg/L
c. Paramètres physiques
Ils influencent l’acceptabilité (goût, couleur, odeur) mais sont moins liés à la toxicité. Exemple :
la turbidité doit être < 5 NTU.
d. Paramètres radiologiques
L’OMS fixe des niveaux de référence pour l’exposition aux radionucléides, notamment dans les
régions à forte radioactivité naturelle.
4. Mise en œuvre des directives
L’OMS encourage une gestion intégrée de la qualité de l’eau en impliquant plusieurs acteurs :
- Autorités sanitaires et environnementales ;
- Fournisseurs d’eau ;
- Collectivités locales ;
- Communautés.
Elle propose également des formations et des outils pour faciliter l’élaboration des WSP et la
surveillance sanitaire.
5. Mise à jour et révision des directives
Les directives sont régulièrement mises à jour en fonction de l’évolution scientifique. Par
exemple, la 4e édition (2011, avec mises à jour en 2017 et 2022) introduit des aspects comme les
risques émergents (microplastiques, perturbateurs endocriniens, etc.) et la résilience face au
changement climatique.
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Conclusion
Les directives de l’OMS pour la qualité de l’eau jouent un rôle crucial dans la protection de la
santé mondiale. Bien qu’elles ne soient pas juridiquement contraignantes, elles constituent une
référence scientifique essentielle pour l’élaboration des politiques nationales de l’eau. À travers
une approche fondée sur le risque et la prévention, elles permettent d’assurer un accès à une eau
salubre, sûre et durable. Leur mise en œuvre nécessite toutefois une **volonté politique