PEDIATRIE
PEDIATRIE
COURS DE PEDIATRIE
Elaboré par :
Docteur TAKASSI Ounoo Elom
DFMSA de Néonatologie
DIU de PEC VIH, DIU de Vaccinologie
DIU d’Antibiologie et d’Antibiothérapie
Maître Assistant de Pédiatrie
Faculté des Sciences de la Santé (FSS)
Université de Lomé (UL)
1
SOMMAIRE
1. Examen de l’enfant
2. La détresse respiratoire néonatale
3. L’ictère néonatal
4. La maladie hémorragique du nouveau-né
5. Les infections néonatales
6. La fièvre chez l’enfant
7. Les anémies chez l’enfant
8. Gastroentérite chez l’enfant
9. Les infections respiratoires aiguës de l’enfant
10. Paludisme simple et paludisme grave chez l’enfant
11. Les convulsions de l’enfant
12. Les méningites aiguës de l’enfant
13. La drépanocytose
14. Le rhumatisme articulaire aigu
15. CAT devant une intoxication
16. L’asthme de l’enfant
17. l’insuffisance cardiaque chez l’enfant
18. La rougeole
19. les pathologies rénales de l’enfant
20. Prise en charge de l’enfant positif au VIH
2
L’EXAMEN CLINIQUE DE L’ENFANT
OBJECTIFS
PLAN
1. Introduction
11 Conditions d’examen
12 Les âges pédiatriques
13 But de l’examen
14 Les différentes phases de l’examen
2. Interrogatoire
21 Anamnèse ou antécédents
22 Motifs de consultation ou plaintes du malade
3. Examen général
31 Prise des constantes
Appréciation de l’état général
4. Examen physique
41 Inspection générale
42 Examen du crâne, de la face et du cou
43 L’appareil respiratoire
44 L’examen cardio vasculaire
45 Examen neurologique
46 Examen de l’abdomen
48 Examen de l’appareil locomoteur
48 Examen des organes génitaux externes et uro – génital
49 Examen de l’appareil spléno - ganglionnaire
5. Conclusion
3
I. INTRODUCTION
II. INTERROGATOIRE
C’est un temps essentiel de l’examen clinique. Il comprend :
- l’étude de l’anamnèse
- les signes fonctionnels (plaintes du malade)
4
Il permet l’appréciation de l’état vaccinal, des pathologies antérieures et la vérification des
courbes de développement staturo – pondéral et du périmètre crânien.
- Le développement psychomoteur
Il est important de l’estimer. On peut retenir quelques points clés qui sont aussi des repères .
Un enfant :
. suit de regard vers 4 à 6 semaines
. sourit vers 2- 3 mois (sourire – réponse)
. tient sa tête vers 2 - 3 mois
. tient bien assis entre 6 mois et 8 mois
. se déplacer à 4 pattes vers 9 mois
. tient debout vers 1 an
. dit ses premières paroles vers un an
. maîtrise la langue à 4 ans.
- Le développement dentaire
Les dates d’éruption des dents de lait sont habituellement les suivantes :
. incisives médianes : 6 mois
. incisives latérales : 8 mois
. première prémolaire : 12 mois
. deuxième prémolaire : 20 mois
- Son alimentation (lait maternel/ artificiel/ sevrage et ses conditions de vie crèche,
nourrice …grand mère).
Il comprend :
5
- l’inspection
- la palpation
- la percussion : médiate ou immédiate
- l’auscultation.
6
En dehors des bruits du cœur normaux (BDC) l’examen peut noter des bruits anormaux :
souffles…
7
- Visualisation et palpation d’un globe vésical
- Recherche d’un gros rein par le contact lombaire,
- Palpation de la bourse scrotale à la recherche d’une ectopie testiculaire.
V. CONCLUSION
L’examen clinique de l’enfant quelque soit son âge et les circonstances doit être conduit
avec dialogue entre l’examinateur et l’enfant, l’examinateur et les parents de l’enfant.
Il permet d’orienter vers des examens complémentaires quelques fois nécessaires. Il est
essentiel pour le diagnostic de toute maladie.
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DETRESSE RESPIRATOIRE DU NOUVEAU-NE
OBJECTIFS
1. Décrire comment reconnaître la détresse respiratoire chez le nouveau – né ;
2. Décrire les signes de lutte respiratoire côté dans l’indice de SILVERMAN ;
3. Décrire 5 causes médicales et 5 causes chirurgicales de détresse respiratoire chez le nouveau
– né ;
4. Décrire le traitement symptomatique de la détresse respiratoire du nouveau – né.
PLAN
I. INTRODUCTION
VI. CONCLUSION
9
I INTRODUCTION
1.1 Définition
On entend par détresse respiratoire du nouveau-né toutes les difficultés respiratoires qui
peuvent subvenir dans la période néonatale.
1.2 Intérêt
La détresse respiratoire est une situation très fréquente à la période néonatale. Ses causes sont
très nombreuses. La conduite à tenir consiste à la reconnaître cliniquement, à en rechercher
l’étiologie et à la prendre en charge. Un nouveau –né qui respire mal, c’est une situation
d’urgence.
10
Dans l’indice de SILVERMAN chaque signe est côté de 0 à 2 selon son importance. Indice
0 : pas de détresse respiratoire. Il est d’autant plus élevé que les signes de lutte sont intenses.
D’autres signes sont tardifs. Ce sont des signes d’épuisement à savoir irrégularité respiratoire,
ouverture inspiratoire de la bouche avec abaissement du menton.
2.3 La cyanose
Elle peut être localisée ou généralisée, discrète ou intense. Elle est ou non résistante au
traitement par l’oxygène.
3.1 A l’inspection
C’est le temps capital de l’examen physique. On apprécie la coloration de la peau et des
muqueuses à la recherche d’une pâleur, d’un ictère, d’une éruption, rougeur de la peau.
3.2 La palpation
Permet de mesurer le volume de foie, la présence de pouls périphériques, recherche un
allongement du temps de recoloration. La TA doit être prise.
3.3 La percussion
Recherche un tympanisme d’un hémi - thorax, une matité.
3.4 L’auscultation
On note la symétrie ou non des murmures vésiculaires, la présence de râles pulmonaires et on
apprécie les bruits du cœur.
La prise de la température dans l’examen clinique permet de détecter une hypo ou
hyperthermie. L’épreuve de la sonde permet de vérifier la perméabilité de l’œsophage.
Enfin l’examen neurologique doit évaluer l’état de conscience et la vigilance, la réactivité,
l’existence des mouvements anormaux et d’anomalie oculaire, les réflexes archaïques.
11
-l’interrogatoire des parents à la recherche des ATCD maternels et obstétricaux (maladie
grave pendant la grossesse et accouchement pathologique).
- la recherche des circonstances de début de la détresse respiratoire et d’appréciation des
signes cliniques
- les examens complémentaires (de pulmonaire, gaz de sang, hémoculture, glycémie).
Les principales causes sont :
12
. Libérer la voie aérienne : l’enfant couché sur le dos, la tête sur le côté, support
sous des épaules, le pharynx est aspiré, l’estomac est vidé par une sonde qui est laissée en
place et dont l’extrémité est abouché sur un sac en plastique.
- L’oxygénothérapie : elle corrige la cyanose. Elle doit être surveillée et constituée afin
d’éviter ses dangers
-
2. Lutte contre l’acidose
Repose sur une bonne ventilation et l’administration des substances tampon (sérum
bicarbonaté à 14 %° ou 42 %°.
VI. CONCLUSION
13
ICTERE NEONATAL
OBJECTIFS
PLAN
INTRODUCTION
I. RAPPEL PHYSIOLOGIQUE
CONCLUSION
14
INTRODUCTION
L’ictère est un symptôme très fréquent à la période néonatale. Sa signification clinique peut
parfois être difficile à comprendre car les causes d’ictère néonatal sont nombreuses. Tout ictère
du nouveau-né doit être surveillé attentivement pour porter dans les meilleurs délais les
indications du traitement.
I RAPPEL PHYSIOLOGIQUE
La dégradation des globules rouges (GR) produit dans l’organisme une substance appelée
bilirubine (BR). L’ictère c’est à dire la coloration jaune des téguments et des muqueuses est dû
à l’augmentation du taux sanguin de bilirubine. Ce produit est éliminé dans l’organisme après
sa transformation au niveau de foie et son passage par l’intestin. Il existe deux sortes de
bilirubine :
- la BR libre, produit de dégradation directe de GR.
- la BR conjuguée qui est le produit transformé au niveau du foie.
15
L’évolution de l’ictère simple du nouveau-né vient confirmer le diagnostic la coloration jaune
des téguments et des téguments s’atténue en 1 semaine environ et disparaît vers le 15e jour de
la vie.
3.1.4 Traitement
Dans l’immense majorité des cas l’ictère simple du nouveau-né est tout à fait bénin et ne
nécessite aucun traitement.
3.1.5 Cas particulier du prématuré
Chez le prématuré on peut observer une prolongation de l’ictère physiologique au-delà de 15
jours et une hyper bilirubinémie.
Notons qu’une hyper bilirubinémie trop importante peut devenir toxique pour le cerveau (taux
> 180mg/l) et donc nécessite une surveillance très accrue.
16
IV. CAT DEVANT UN NOUVEAU NE – ICTERIQUE
CONCLUSION
L’ictère néonatal est une situation très fréquente en pédiatrie. Il convient de faire rapidement la
part entre l’ictère simple du nouveau-né et les ictères pathologiques en se basant sur les
arguments cliniques et para - cliniques.
De la précocité de la prise en charge dépendra le pronostic.
17
LA MALADIE HEMORRAGIQUE DU NOUVEAU NE
OBJECTIFS
1. Définir la MHNN ;
2. Décrire le mécanisme de la MHNN ;
3. Décrire les signes cliniques la MHNN ;
4. Faire le traitement de la MHNN.
PLAN
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
1.2 Fréquence
II. PHYSIOPATHIOLOGIE
2.1 Mécanisme
2.2 Facteurs étiologiques
III. CLINIQUE
IV. BIOLOGIE
V. FORMES CLINIQUES
5.1 Prématuré
5.2 Tardive
5.3 Toxique
VI. TRAITEMENT
VII. CONCLUSION
18
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
On désigne sous le terme de maladie hémorragique du nouveau-né (MHNN) les hémorragies
cliniquement primitives survenant dans la période néonatale. Elle est en apparence
spontanée c’est à dire n’apparaissant pas liée ni à une infection ni à un traumatisme.
Les hémorragies ont des localisations variées. Elles prennent chez le nouveau-né un
caractère spécial du fait du terrain physiologique à cet âge de la vie.
1.2 Fréquence
Elle varie entre 1/100 et 1/200 naissances vivantes.
II. PHYSIOLOGIE
2.1 Mécanisme
Le nouveau-né normal présente au cours de la période néonatale des modifications
importantes de la coagulabilité sanguine. Ces modifications transitoires consistent en une
chute des facteurs de l’hémostase dont la production au niveau du foie nécessite la présence
de la vitamine K.
La MHNN correspond à l’exagération des modifications transitoires et physiologiques de la
coagulation sanguine. L’intensité des déficits des facteurs ( la prothrombine (II), la pro
couvertine (IV), le facteur Stuart (x), le facteur anti hémophilique B et le facteur stabilisant
de la fibrine) est responsable des hémorragies.
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- Véritable hématome sous cutané en particulier hématome crânien sous cutané qui
se caractérise par un épaississement du cuir chevelu se constituant progressivement par une
infiltration sanguine du tissu cellulaire sous cutané. La tuméfaction diffuse qui en résulte est
régulière et chevauche les sutures et la fontanelle. Une anémie sévère est habituellement
observée.
- Le céphalhématome
Il est dû à un décollement périosté. Il s’oppose à l’hématome crânien sous cutané par ses
caractères topographiques : l’épanchement sanguin du céphalhématome ne chevauche pas les
sutures. Il n’occupe que le territoire d’un os de la voûte crânienne. Ce caractère topographique
permet également d’éliminer la bosse séro sanguine qui chevauche les sutures mais également
apparaît immédiatement après la naissance et se résorbe très vite. Le céphalhématome apparaît
après un intervalle libre de 24 à 48 heures et se résorbe très lentement. Sa résorption peut
s’accompagner d’un ictère parfois intense. La gravité du céphalhématome tient à l’association
assez fréquente avec des lésions hémorragiques intra crâniennes.
3. Hématurie
Elle est isolée et constitue une manifestation transitoire et bénigne de la MHNN. Sa
découverte doit faire rechercher l’existence de gros rein qui signe une thrombose des
veines rénales.
4. Les métrorragies
Elles sont tous rares transitoires bénignes
5. Les hémorragies internes
Elles sont exceptionnelles : ce sont :
- Hématome sous capsulaire du foie
- Hémorragie extra pulmonaire avec détresse respiratoire.
- Hématome surrénalien
IV BIOLOGIE
Elle se résume au dosage de :
- Taux de Quick très abaissée 30% ou 3T N : 80 – 100
- Fibrinémie : abaissé N = 18 – 20g/100 ml
- Taux de plaquette pour éliminer une thrombopénie est normale.
- Groupage rhésus pour éventuelle transfusion.
-
V. FORMES CLINIQUES
Certaines formes sont particulières :
20
VI. TRAITEMENT
Il préventif ou curatif.
- On peut être amené à faire une exsanguino transfusion avec sang frais.
VII. CONCLUSION
21
LES INFECTIONS NEONATALES
OBJECTIFS
PLAN
I INTRODUCTION
VII CONCLUSION
22
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
On appelle infections néonatales celles que peut contracter l’enfant depuis les premières
semaines de la grossesse jusqu’à la fin de la période néonatale précoce c’est à dire jusqu’au 6e
jour de la vie.
1.2 Intérêt
Les infections néonatales (INN) occupent une part importante de la pathologie néonatale. Le
nouveau né est très démunie devant l’infection (son équipement immunitaire est encore
précaire. L’immunité passive transmise par la mère est limitée à certaines globulines
spécifiques d’affection virale). Les risques sont décuplés chez le petit prématuré, d’autant que
l’infection est une cause importante de prématurité.
Dans nos milieux, plusieurs situations favorisent une fréquence particulièrement élevée des
INN.
- Contamination indirecte surtout par des mains de personnel, ou des objets non stériles,
notamment lors des repas, des soins de la plaie ombilicale.
- Contamination iatrogène lors des gestes de réanimation (aspiration, prélèvement, perfusion).
23
III. ETUDE CLINIQUE
3.1 L’interrogatoire
Il doit sonder trois périodes : au cours de la grossesse, lors de l’accouchement et la période
juste après l’accouchement.
b) Les méningites néonatales : Elles sont généralement une localisation au cours d’une
septicémie. Le diagnostic est fait par la ponction lombaire.
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c) Localisation ostéo - articulaire : Elles sont fréquentes, à symptomatologie retardée par
rapport à l’infection générale initiale. La localisation la plus fréquente est la hanche.
d) Les infections urinaires : Elles sont assez tardives et surviennent généralement une à
deux semaines après la naissance.
V LES ETIOLOGIES
5.1 Les causes bactériennes
Les 3 germes les plus fréquemment rencontrés chez le nouveau-né sont : le streptocoque B, les
colibacilles (E coli) et le listeria. Les autres germes en causes sont : le protéus, les klebsiells,
le pyocyanique, le staphylocoque et d’autres germes anaérobis.
25
5.3. Les causes mycosiques :
Il s’agit essentiellement du candida albicans.
VI. LE TRAITEMENT
Il s’agit d’une urgence médicale qui comporte l’antibiothérapie précoce et des traitements
adjuvants.
6.1. L’antibiothérapie
Elle doit être institué précocement après les divers prélèvements sans attendre les résultats.
Elle fait appel dans la plupart des cas à une bi ou tri antibiothérapie bactéricide, synergique et
administrée par voie parentérale.
- Ampicilline (200 - 300mg/kg/j) IM ou IVD + Aminoside (2 à 3 mg/kg/j ) IV ou
IM
- D’autres molécules sont fortement utilisés actuellement.
. C 3G : Céphalosporine de 3è génération
Céftriaxone : 50mg/kg/J (RocéphineR, MesporinR …)
Céfotaxime : 50 à 100mg/kg/J (ClaforanR)
L’antibiothérapie sera adaptée en fonction du résultat de l’antibiogramme. Dans certains cas il
s’agira des médicaments spécifiques de l’agent infectieux causal.
VII CONCLUSION
L’INN est couramment rencontrée en pédiatrie. Il s’agit d’une urgence médicale. Il faut y
penser chez tout nouveau-né qui va mal en vue d’un traitement précoce.
26
DIAGNOSTIC D’UNE FIEVRE CHEZ L’ENFANT
OBJECTIFS
PLAN
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
IV. TRAITEMENT
4.1 Traitement étiologique
4.2 Le traitement symptomatique
V. CONCLUSION
27
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
On désigne sous le nom de fièvre, toute élévation de la température au-dessus des chiffres
physiologiques.
1.2 Intérêt
C’est un symptôme fréquent chez l’enfant et constitue l’un des premiers motifs de
consultation.
Devant toute fièvre chez l’enfant il faut répondre à quelques objectifs :
- confirmer la fièvre
- apprécier sa tolérance et identifier ses complications
- rechercher sa cause
- proposer un traitement.
28
- la déshydratation
- la convulsion fébrile
- le collapsus par hypovolémie
- l’atteinte cérébrale avec risque de coma.
IV. TRAITEMENT
Il est à la fois étiologique et symptomatique.
29
- apport supplémentaire de boisson (surtout la nuit).
4.2.2. Les anti - pyrétiques
Les plus utilisés sont :
- Les salicylés
Acide acétyle salicylique : ASPIRINE et dérivés (ASPEGIC, CATALGINE …)
Posologie : 50 à 60mg/kg/j régulièrement espacés en 4 à 6 prises/ j par voie per os, parfois
injectable. (Aspirine comprimé 200mg) 10 à 13mg/kg/4heures.
- Le paracétamol :
(EFFERALGAN, DOLIPRANE, DAFALGAN …)
Posologie : 60mg/kg/j en 4 prises, soit 15mg /kg toutes les 4 – 6 heures
4.2.3. Les anti convulsivants
- soit le phénobarbital (GARDENAL) à la dose de 5mg/kg en IVL ou IM ;
- surtout le diazépam (VALIUM) à la dose 0,5 mg/ kg en IVD ou IR
4.2.4 La surveillance :
Elle se fait de façon régulière par le contrôle de la température, du pouls, de la fréquence
respiratoire. Le rythme dépend du degré de la température ainsi que de la gravité de la maladie.
V. CONCLUSION
La fièvre survient dans plusieurs situations pathologiques chez l’enfant. Elle est grave lorsque
la température est très élevée. Un interrogatoire précis et un examen clinique correct et quelques
examens complémentaires permettent de faire le diagnostic. Le traitement précoce permet
d’éviter les complications souvent sévères et mortelles.
30
ANEMIE DU NOUVEAU - NE ET DU NOURRISSON
OBJECTIFS
PLAN
I. INTRODUCTION
IV. TRAITEMENT
4.1. La prévention
4.2 Le Traitement curatif
V CONCLUSION
31
[Link]
1. 1 Définition
L’anémie se définit par une diminution élective du taux d’hémoglobine (Hb) circulant dans
l’organisme, le nombre de globule rouge (GR) demeurant normal ou très peu diminué.
1.2 Intérêt
Chez le nouveau né l’anémie est rare mais sa présence est une urgence qui peut mettre la vie
du nouveau né en danger. Entre 1 et 24 mois le nourrisson dont le taux d ’ Hb est inférieur
à 11g/dl est anémique. Les causes de l’anémie chez le nouveau né et le nourrisson ne sont pas
toujours les mêmes. Dans nos milieux beaucoup d’enfants sont exposées à des formes graves
d’anémie souvent mortelles.
32
Anémie hémolytique par incompatibilité fœto maternelle , par trouble de métabolisme des
globules rouges ( déficit enzymatique intra érythrocytaire : G6PD), trouble de la synthèse de
l’Hb, trouble morphologique : microcytose , les infections bactériennes, les transfusions
incompatibles et les hémolyses toxiques (vit K) : naphtalène.
2.3.3 Anémie par insuffisance médullaire.
3. ANEMIE DU NOURRISSON
3.1 Les signes cliniques
Les critères cliniques ne sont pas nombreux :
- coloration des muqueuses : pâleur conjonctivale et/ou pâleur plantaire
- présence de signes cardiaques : tachycardie, souffle systolique à l’auscultation
- état de détresse respiratoire dans les formes graves.
3.2 Le diagnostic
Le diagnostic clinique est confirmé par les signes biologiques suivants :
- taux d’Hb (souvent < 9g/dl)
- taux de GR < 2,5 000 000 /dl dans les formes graves
- taux d’Hte < 35% Nl 1 an = 35 - 40%
> 1an = > 40%
3.3 Les causes
On distingue 3 grandes causes : l’anémie par hémolyse, l’anémie par carence et les
insuffisances médullaires.
3.3.1 Les hémolyses ce sont :
- les hémoglobinopathies (hémoglobinose SS / SC ou drépanocytose)
- le paludisme
- les infections
- les intoxications (certaines)
- l’hypersplénisme
- le déficit en G6PD (maladie enzymatique érythrocytaire)
33
IV. LE TRAITEMENT
4.1 La prévention
- Consiste à donner le fer à la mère pendant toute la grossesse et surtout le 3e
trimestre.
V. CONCLUSION
Les anémies sont relativement fréquentes à la période néo natale et chez le nourrisson. Elles
sont dominées par les causes hémolytiques et hémorragiques. En milieu tropical les
principales causes de l’anémie aiguë chez le nourrisson sont par ordre :
- l’ankylostomiase,
- le paludisme,
- la drépanocytose,
- la géophagie,
- les anémies par carence en fer,
- la malnutrition,
- le rachitisme
- et la circoncision.
34
LES GASTRO ENTERITES AIGUES DE L ‘ ENFANT
OBJECTIFS
PLAN
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
1.2 Intérêts
2.1 L’interrogatoire
2. 2 L’examen physique
2.3 Les examens complémentaires
IV. TRAITEMENT
VI. CONCLUSION
35
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
La gastro entérite aiguë (GEA) c’est l’association chez la même enfant d’une diarrhée et de
vomissement évoluant pendant moins de trois semaines.
Le vomissement est le rejet actif de tout ou partie du contenu gastrique mettant en jeu la
contraction des muscles abdominaux, l’anti péristaltisme de l’estomac et l’ouverture du
cardia. Il est à distinguer :
- la régurgitation : phénomène passif se produisant sans effort
- du mérycisme véritable action de rumination. (actif et volontaire).
La diarrhée est un symptôme très fréquent chez le nourrisson et le jeune enfant.
Elle est définit comme l’émission fréquente et abondante de selles liquides ou molles.
1.2 Intérêts
La diarrhée et les vomissements sont particulièrement fréquents chez le nourrisson. Les
maladies diarrhéiques représentent une importante cause de décès des enfants dans le monde
surtout dans les pays à hygiène précaire.
Les causes des gastro - entérites aiguës sont très variées. Lorsqu’elles ne sont pas traitées à
temps elles peuvent entraîner une déshydratation qui peut menacer la vie de l’enfant dans
l’immédiat mais à long terme elles peuvent entraîner une dénutrition.
2. 2 L’examen physique
L’objectif est de noter le retentissement de la diarrhée et des vomissements sur l’organisme de
l’enfant. Il s’agit de rechercher les signes de déshydratation. L’état de déshydratation se chiffre
en pourcentage de perte de poids. La déshydratation est dite légère lorsque la perte de poids
se situe entre 5 et 7%, sévère lorsqu’elle est supérieure ou égale à 10% et très grave ou mortelle
au delà de 15%.
En fonction de la variété de déficit hydro - électrolytique on distingue la déshydratation à
prédominance extra cellulaire ou intra cellulaire :
- en faveur de la déshydratation à prédominance extra cellulaire on note la persistance
du pli cutané, l’hypotonie des globes oculaires, le collapsus et l ‘ oligurie.
- en faveur d’une déshydratation à prédominance cellulaire (intra cellulaire) on note
des troubles de la croissance, des convulsions, la sécheresse de la langue, la soif.
La dépression de la fontanelle antérieure et la fièvre relèvent de plusieurs mécanismes.
Pour améliorer la prise en charge du diarrhéique l’OMS a établi un tableau en trois plans A,
B et C en fonction des signes de déshydratations (confère).
L’examen physique sera complété par un examen des tympans, le rhinopharynx et un
examen général.
36
2.3 Les examens complémentaires
Ils ne doivent pas freiner la mise en route du traitement. Un examen des selles KOP, une
coproculture, un ionogramme complet sont intéressants quand on peut les avoir. D’autres
examens sont faits en fonction de l’étiologie suspectée.
2.4 L’évolution
Non traiter la diarrhée entraîne une déshydratation grave, des complications neurologiques
qui peuvent aboutir à la mort de l’enfant ou laisser des séquelles irréparables. Traitée, on assiste
à une réputation de la déshydratation le rétablissement d’une miction normale et l’arrêt de la
diarrhée.
L’exacerbation des vomissements, le refus de boire et l’aggravation de la diarrhée peuvent
entraîner un déséquilibre brutal et une déshydratation aiguë nécessitant un traitement
d’urgence par voie intraveineuse.
37
. maladie de HIRSCHSPRUNG
. les occlusions néonatales
IV. TRAITEMENT
L’objectif est de réparer la déshydratation latente ou évidente, d’arrêter la diarrhée
et de conserver une bonne alimentation.
4.1. Les moyens
4.1.1 La réhydratation par voie orale
Il s’agit d’apporter de l’eau et des sels minéraux à l’enfant : solution de réhydratation par voie
orale (SRO). Il existe des sachets OMS ou UNICEF ou du commerce (ORASEL) contenant
des poudres tout préparé. Il faut les (mélanger) diluer dans 1 litre d’eau potable et faire boire
le mélange obtenu en fonction des besoins. On peut également conseiller aux mères une
solution maison. Il s’agit d’eau de riz cuit, de la soupe de carottes, ou de solution salée
sucrée(S SS) préparée à base de :
Eau : 1l
Sucre : 8 morceaux ou 8 cuillères à café
Sel : 1 cuillère à café rase ou 1 capuchon de bouteille de bière
Quelques gouttes de jus de citron ou de pamplemousse.
38
. Continuer l’alimentation au sein (allaitement)
. Observer soigneusement l’enfant et aider la mère à lui administrer la
solution SRO.
- Au bout de 4 heures : réexaminer l’enfant en utilisant le tableau des signes de
déshydratation. Puis choisir le plan du traitement approprié. (A. B. C.)
- Si la mère doit repartir avant la fin du traitement :
. Lui montrer la quantité de SRO à donner dans les 4 heures
. Lui montrer comment préparer le SRO idem plan A.
4.2.3 Plan du traitement C pour traiter rapidement les déshydratations sévères
Hospitalisation et traitement par voie parentale :
1. Perfusion : Ringer lactate, SSI, S Physiologique : Dose 100ml/kg
2. Si perfusion impossible
Faire réhydratation par sonde naso gastrique
SRO 20ml/kg /h pendant 6h (soit 120ml/kg/ total)
A raison de : 30ml/kg
70ml/kg
< 12 mois en 1H 5H
> 12 mois en 30minutes 2h 30
Il est du ressort de la chirurgie et doit se faire assez tôt pour éviter le décès rapide de l’enfant
ou de graves complications.
CONCLUSION
39
INFECTIONS RESPIRATOIRES AIGUES (IRA) DE L’ENFANT
OBJECTIFS
PLAN
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
1.2 Intérêts
II . EPIDEMIOLOGIE
2.1. L’agent causal
2.2. L’âge
2.3. La saison
2.4. Le terrain
III. DIAGNOSTIC
3.1. Examen clinique
3.2 Ex complémentaires
3.3 Les différentes étiologies
IV TRAITEMENT
4.1 Traitement curatif
4.2 Traitement prophylactique
V CONCLUSION
40
I. INTRODUCTION
1.1 Définition :
On appelle maladie respiratoire aiguë de l’enfant : l’infection d’une partie quelconque de
l’appareil respiratoire évoluant pendant une durée relativement courte (3 semaines). Cette
infection peut se localiser à différents niveaux :
- nez : rhumes ou rhinite
- gorge : angines ou pharyngites
- larynx : laryngites
- bronches seules : bronchites
- bronchioles et parenchymes pulmonaires : bronchiolites ou pneumonies
- oreilles : otites
On parle généralement des voies aériennes supérieures pour le nez et la gorge et des voies
aériennes inférieures pour les bronches, les bronchioles et le parenchyme pulmonaire.
1.2 Intérêts
Les infections respiratoires aiguës (IRA) constituent la 2e cause de décès des enfants de 1 à 14
ans dans le monde et représentent ainsi un problème de santé publique, particulièrement chez
le nourrisson et l’enfant dans les pays en voie de développement. Sur les 4 millions de décès
enregistrés en Afrique chez les enfants de moins de 5 ans chaque année, environ 1,5 millions
sont dus aux IRA, ce qui représente un tiers des décès par IRA dans le monde.
De plus les IRA sont responsables de séquelles lointaines et peuvent être à l’origine
d’affections respiratoires chroniques de l’adulte.
4 EPIDEMIOLOGIE
4.1 La fréquence
Les IRA représentent le motif de consultation le plus fréquent en pédiatrie : plus de 80 % des
enfants en sont atteints. Un enfant a 6 à 8 épisodes respiratoires chaque année.
Les facteurs les plus importants qui conditionnent le tableau clinique et sa gravité sont : le
type de l’agent infectieux causal, l’âge, la saison, le terrain.
2.3 L’âge
L’infection respiratoire aiguë est d’autant plus fréquente et plus grave que l’enfant et plus
jeune. Les aspects cliniques sont conditionnés par l’âge.
2.5 Le terrain
Il s’agit du facteur le plus important. Il joue un rôle sur les symptômes et le pronostic. Il
comporte des éléments en rapport avec l’environnement de l’enfant ( conditions socio –
économiques, pollution aérienne ) , à sa nutrition (allaitement maternel, malnutrition ), à sa
41
constitution génétique ( sexe masculin < 3ans ) , à son état immunitaire et à sa particularité
anatomique ( végétations adénoïdes en arrière des fosses nasales ).
5 LE DIAGNOSTIC
Le diagnostic est basé sur les éléments de l’examen clinique et les examens
complémentaires.
- douleur thoracique
- signe de lutte respiratoire comme geignement, battement des ailes du nez, un
tirage intercostal ou dépression thoracique.
42
-
3. 3 Les différentes étiologies
3.3. 1 Infections aiguës virales
- rhinite, pharyngite, laryngite, angine ;
- bronchite aiguë, bronchiolite, broncho - alvéolite, broncho-pneumopathie.
Elle peut être utilisée en cas de forte fièvre et surtout lorsqu’il existe des signes respiratoires
comme un écoulement nasal purulent, une expectoration purulente, râles pulmonaires surtout
crépitants, exsudat à la surface des amygdales ou du pharynx.
4.2 La prophylaxie
Elle comprend la vaccination contre les maladies pouvant provoquer des atteintes
respiratoires on dont les complications se localisent à l’appareil respiratoire (rougeole,
coqueluche, diphtérie, pneumocoque, haemophilus influenzae).
- Les mesures préventives non spécifiques : c’est la bonne nutrition, protection
contre le refroidissement et l’éducation des parents à s’abstenir de fumer et à lutter
à domicile contre les sources de pollution de l’air.
- La prévention des complications qui passe non seulement par un traitement efficace
et bien surveillé des cas dans les centres de santé mais aussi par l’information des
(mères) parents sur la prise en charge de ces enfants.
6 CONCLUSION
43
Les maladies respiratoires aiguës constituent l’une des principales causes de décès des enfants
surtout dans les pays en voie de développement. Plusieurs facteurs environnementaux et
nutritionnels favorisent la fréquence élevée de ces infections.
Les mesures prophylactiques et la prise en charge précoce des cas amèneront une diminution
du nombre de cas mais aussi du nombre des complications et de décès par IRA.
44
PALUDISME SIMPLE ET PALUDISME GRAVE DE L’ENFANT
OBJECTIFS
1. Décrire les facteurs épidémiologiques du paludisme ;
2. Décrire les signes cliniques du paludisme simple de l’enfant ;
3. Enumérer les signes de gravité du paludisme ;
4. Décrire les signes cliniques du paludisme grave de l’enfant ;
5. Traiter le paludisme simple et grave de l’enfant.
LE PALUDISME
1. Généralités
Définition
Le paludisme ou malaria des anglo saxons est une maladie parasitaire fébrile due à un
hématozoaire du genre plasmodium transmis par un moustique appelé anophèle femelle.
Intérêt
Plus d’un milliard et demi de personnes sont exposées dans le monde. C’est la première
affection et la première cause de décès en Afrique (Togo).
Il est résumé sur la figure 1. Le cycle se déroule en deux phases : une phase sexuée chez
l’anophèle et une phase asexuée chez l’homme.
46
Figure 1 : Cycle de développement du parasite du paludisme
47
développer, les autres formes du parasite seront digérées. Les gamétocytes vont devenir des
gamètes mâle et femelle, se féconder et former un œuf ou zygote qui se transforme en ookinète
mobile. Celui-ci va se fixer à la paroi gastrique de l’insecte et devenir un oocyste immobile qui
va se diviser et donner un grand nombre de sporozoïtes qui vont gagner activement les glandes
salivaires. Ce sont les formes infestantes prêtes à être injectées à l’homme lors du prochain
repas. La durée totale de cette phase est de 10 à 20 jours.
i. Paludisme simple
C’est une forme généralement caractérisée par une FIEVRE mais sans signes de gravité et qui
est confirmé par un test biologique : Test de Diagnostic Rapide (TDR) ou Goutte Epaisse/Frottis
Mince (GE/FM). Le patient peut se plaindre d’autres malaises comme des maux de tête, de
douleurs musculaires et articulaires, de fatigue et de frissons. Il peut se plaindre aussi de
douleurs abdominales, de perte d’appétit et de vomissements.
Chez un patient ayant de la FIEVRE1 associée à l’une ou plusieurs des manifestations suivantes,
avec un examen parasitologique positif au plasmodium falciparum (TDR ou GE/FM), est classé
PALUDISME GRAVE.
1 48
Dans de rares cas, le diagnostic du paludisme grave peut être fait en l’absence de fièvre.
- Troubles du comportement (délires, hallucinations) ; - Taux d’hémoglobine (Hb) < 5 g/dl
- Perte de conscience (somnolence, obnubilation ou coma) ; ou hématocrite (Hte) < 15 %);
- Convulsions; - Glycémie < 0,40 g/l
- Anémie sévère (pâleur palmaire sévère) ; - Tension artérielle systolique < 70
- Hémoglobinurie (urines coca-cola ou de couleur foncée) ; mm Hg chez l’adulte et < 50 mm Hg
- Prostration (faiblesse extrême, incapacité à se tenir debout ou chez l’enfant
de s’asseoir seul) ; - Bicarbonate plasmatique < 15
- Hypoglycémie (convulsions, conscience altérée) ; mmol/l
- Urines rares ou absentes, insuffisance rénale ; - Hyperlactacidémie (acide lactique >
- Œdème aigu du poumon (détresse respiratoire, signes 5 mmol/l)
radiologiques) ;
- Collapsus cardio-vasculaire ou choc (pouls faible /
refroidissement des ; extrémités froides) ;
- Ictère (coloration jaune des conjonctives) ;
- Acidose métabolique (respiration profonde et rapide) ;
- Hémorragies spontanées, saignements aux points d’injection
(coagulation intravasculaire disséminée CIVD) ;
Toute situation de menace vitale en présence de paludisme doit être considérée comme un
paludisme grave.
i. Diagnostic clinique
Quelques soient les manifestations cliniques, il est recommandé de confirmer chaque cas avant
la mise sous traitement antipaludique.
a. Paludisme simple
Pour les enfants de moins de cinq ans, les directives de la PCIMNE définissent des critères
cliniques pour la prise en charge de la fièvre. Un antécédent de fièvre ou une fièvre actuelle
suffisent pour suspecter le paludisme simple qui doit être confirmé par un test biologique (TDR
ou GE/FM).
Il faut rappeler qu’il existe de grandes similitudes entre le tableau clinique du paludisme simple
et certaines affections :
49
Infections virales :
− Infections SRAS COV 2 (COVID-19)
− Infections respiratoires aiguës hautes
− Rougeole (forte fièvre, éruption généralisée avec toux, yeux rouges ou plaies de la
bouche).
− Oreillons (habituellement avec tuméfaction angulo-maxillaire)
− Varicelle (s’accompagnera d’une éruption vésiculeuse).
Infections bactériennes :
− Pneumonie (toux avec respiration rapide)
− Infection aiguë de l’oreille chez les enfants
− Infections urinaires
− Fièvre typhoïde (fièvre persistante de plus de 7 jours)
− Méningite
− Septicémie tuberculeuse (PVVIH).
b. Paludisme grave
DEFINITION DU PALUDISME GRAVE
50
paludisme grave. Le paludisme grave n’est causé que par P. falciparum au Togo.
51
aldolase selon le type de TDR. Mais ces tests ne peuvent être réalisés pour le suivi d’un malade
sous traitement car les antigènes peuvent perdurer pendant deux semaines dans le sang, même
après guérison des malades.
1.8. TRAITEMENT
i. Paludisme simple
La molécule à associer aux dérivés de l’artémisinine devrait être efficace avec un taux d’échec
thérapeutique faible, avoir une demi-vie longue, et un effet synergique ou additif.
Le but du traitement est d’éviter l’issue fatale et secondairement d’éviter ou de limiter les
séquelles. Les décès par paludisme grave peuvent être dus, soit à la maladie elle-même, soit à
ses complications. Il importe par conséquent de commencer de toute urgence les traitements
antipaludiques et symptomatiques appropriés.
A. TRAITEMENT D’URGENCE
• Vérifiez que les voies respiratoires sont libres par une aspiration douce du nez et de
l’oropharynx.
• Assurez-vous que le malade respire.
• Mettez le malade en position latérale de sécurité (allongé sur le côté avec la tête sur le
côté en hyper extension).
• Mettez en place une sonde gastrique.
• Prenez un abord veineux avec un cathéter pour l’administration des médicaments et
des solutés.
• Corrigez l’hypoglycémie devant tout patient ayant convulsé ou inconscient et
léthargique :
Enfants :
- SGH 30 % : 1ml/kg en bolus à travers la tubulure de perfusion ou un robinet à
trois voies
- SGH 10 % : 250 ml en perfusion rapide.
Adultes :
- 50 ml de glucosé à 30 %, ou 250 ml de glucosé à 10 % en IV.
Lorsque l’administration par voie intraveineuse est impossible, donnez du glucosé ou toute
autre solution sucrée par sonde nasogastrique.
Continuez de surveiller le taux de glycémie jusqu’à ce qu’il se stabilise, ou si vous ne pouvez
pas le faire, continuez avec le sérum glucosé et mettez en place la sonde nasogastrique pour
l’alimentation par voie orale ou l’administration de solution glucosée.
53
ii. Convulsions
• Vérifiez que les voies respiratoires sont libres et que le malade respire.
• Corrigez l’hypoglycémie et/ou faites baisser la température.
• Chez les enfants, administrez 0,5 mg/kg de diazépam par voie intra rectale et/ou 10 à
15 mg/kg de phénobarbital en IM.
• Chez les adultes, administrez 10 mg de diazépam en IV lente ou en IM.
B. TRAITEMENT SPÉCIFIQUE
Un patient atteint de paludisme grave peut rapidement mourir. Il est donc important de mettre
en route le traitement antipaludique dans le but d’arrêter l’évolution de la maladie. La prise en
charge du paludisme grave se fait uniquement dans les structures pouvant dispenser un
minimum de soins. Dans ce cas il est essentiel que le traitement soit administré par voie
parentérale) avec des doses efficaces et complètes.
Posologies recommandées :
Artésunate (acide artésunique) 2,4 mg/kg en IVD (ou à défaut en IM, face antéro-externe de la
cuisse chez l’enfant) à H0, H12 et H24 le premier jour, puis une fois par jour à partir du 2ème
jour jusqu’à l’amélioration où un relai est pris par une CTA.
Pour les enfants de moins de 20 kg: administrer 3mg /kg de poids corporel en IVD (ou à
54
défaut en IM, face antéro-externe de la cuisse chez l’enfant).
NB. L’acide artésunique étant peu stable, l’ampoule de 60 mg est mélangée juste avant
l’injection à une ampoule de 1ml de bicarbonate de sodium à 5 % fournie dans la présentation.
Cette solution est ensuite diluée dans environ 5 ml de SGI à 5 %.
L’Artésunate présente par ailleurs l’avantage d’être mieux tolérée que la Quinine
(cardiotoxicité, hypoglycémie).
C. TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE
i. Fièvre élevée
• Donnez du Paracétamol (comprimés/suppositoires ou injectable) ou de l’Acétyl
Salycilate de Lysine si la température est > 38,5°C ; lavez le malade avec de l’eau tiède,
faire un enveloppement humide et éventez-le pour faire baisser la température.
• Chez les adultes, vous pouvez également utiliser de l’AAS.
ii. Œdème pulmonaire
Mettez le malade en position demi-assise, administrez-lui de l’oxygène et du Furosémide en IV
(2-4 mg/kg) ; vérifiez qu’il ne présente pas une insuffisance cardiaque due à l’anémie grave.
• Administrez des solutés si le malade est déshydraté, 20 ml/kg de Sérum salé isotonique
et avec 2-8 mg/kg de Furosémide. (prévoir du potassium si l’utilisation du furosémide
perdure)
• Placez une sonde vésicale pour contrôler l’émission d’urines.
55
• Si le malade n’émet pas d’urines dans les 24 heures qui suivent, référez-le pour une
dialyse.
• Il n’est pas nécessaire d’adapter la 1ère dose de quinine à administrer en cas
d’insuffisance rénale. Cependant, lorsque l’on ne peut pas faire un
électrocardiogramme (ECG), il est recommandé de réduire les doses de quinine lorsque
l’insuffisance rénale persiste après le 3ème jour de traitement.
CONCLUSION
Le paludisme constitue le premier motif de consultation en pédiatrie. On doit y penser
devant toute fièvre chez l’enfant. Le traitement précoce permet d’éviter les crises convulsives
hyperpyretiques et les paludismes graves. La prophylaxie constitue le meilleur moyen
thérapeutique.
56
LES CONVULSIONS DE L ‘ ENFANT
OBJECTIFS
PLAN
INTRODUCTION
I. DIFFERENTS ASPECTS CLINIQUES
1.1 Crise convulsive généralisée
1.2 Les crises localisées
1.3 Etat de mal convulsif
II. DIAGNOSTIC
2.1. Diagnostic positif
2.2 Les diagnostics différentiels
2.3 Diagnostic étiologique
1. Chez le nouveau-né
2. Chez le nourrisson et l’enfant
IV. CONCLUSION
57
INTRODUCTION
Définition
La convulsion est une manifestation clinique paroxystique qui s’accompagne d’une perte de
connaissance. Elle est liée à une activité anormalement excessive d’une population de
neurones cérébraux.
Intérêt
La convulsion est un symptôme fréquent en pédiatrie. Environ 5% de toute la population
infantile fait au moins une fois une convulsion. Il s’agit d’une urgence neurologique pédiatrique
qui impose une prise en charge immédiate.
La crise convulsive peut être unique. Elle est provoquée par des perturbations extra cérébrales.
On parle de convulsion occasionnelle. Elle peut se répéter de manière durable en dehors de
toute cause évidente : c’est l’épilepsie chronique.
II. DIAGNOSTIC
2.1 Diagnostic positif
Il est fait sur les éléments de l’interrogatoire, les signes cliniques et l’examen de
l’électroencéphalogramme (EEG).
2.1.1 L’interrogatoire
Il doit être minutieux. Il est fondamental d’avoir : l’histoire personnelle et familiale du
nourrisson, la description de la crise, les conditions dans lesquelles elle est survenue, les gestes
effectués.
58
2.1.2 L’examen clinique
Commence par l’appréciation de la conscience, l’examen neurologique complet, la recherche
de foyer infectieux surtout méningé.
2.1.3 L’EEG
Il apporte des renseignements précieux qui doivent être interprétés en fonction de l’âge de
l’enfant et qui ne sont formels que s’ils sont positifs.
2.1.4 Autres examens
- Ponction lombaire (PL) - Goutte épaisse (GE) - Glycémie
- Calcémie - Ionogramme sanguin - Fond d’œil (FO)
2.2. Diagnostic différentiel
- Mouvement rythmique de l’endormissement et du sommeil chez le petit enfant.
- Trémulation (tremblement) des nouveaux nés et des prématurés.
- Le spasme du sanglot : à la suite d’une colère ou d’une contrariété, survient un
spasme tonique de la glotte avec apnée de quelque secondes. Cette apnée peut être suivie d’une
perte de connaissance de quelques mouvements cloniques et d’une hypotonie.
2.3 Diagnostic étiologique
C’est souvent un diagnostic difficile, les examens para - cliniques doivent être conduits en
fonction des données anamnestiques et cliniques et en fonction de l’âge de l’enfant.
2.3.1 Chez le nouveau-né
a) Causes métaboliques
- Hypoglycémie : glycémie < 0,20g/l
Se voit chez le nouveau-né mal nourri, les nouveau nés de mère diabétique ou
toxémique ; enfant de faible poids de naissance P < 2000g, et le prématuré.
- Hypocalcémie : calcémie < 0,70g/l
Cause : mère diabétique, enfant né par césarienne, gémellaire et le prématuré.
- Déficit en vitamine B6
Trouble métabolique des acides aminés. Sont rares.
b) Méningite purulente
- La fièvre n’est pas constante chez le nouveau-né
- Le syndrome méningé n’existe pas.
- Nouveau-né qui va mal qui refuse téter
La PL donne le diagnostic.
c) L’anoxie périnatale : survient en cas de lésion cérébrale :
- hémorragie intra crânienne
- la nécrose cérébrale
- œdème cérébrale.
d) Causes toxiques
- Certains médicaments (SolucamphreR, Hept-a-myRl)
- Intoxication maternelle (toxicomanie à la morphine, prise d’INH).
e) Fœtopathies
La toxoplasmose, rubéole, infection à cytomégalovirus (CMV) peuvent entraîner des
convulsions néonatales avec malformations associées.
2.3.2 Chez le nourrisson et le grand enfant
a) Convulsion occasionnelle
• Convulsion hyper pyrétique
Ces convulsions surviennent généralement entre 6 mois et 5 ans. Elles constituent
les 2/3 des convulsions fébriles de l’enfant. Elles se manifestent par des convulsions brèves
uniques et peu intense à l’occasion d’une poussée fébrile chez des enfants par ailleurs
normaux. En règle il n’y a pas d’atteinte du SNC.
* Troubles métaboliques
59
-Hypocalcémie (rachitisme, hyperparathyroïdie)
- Hypomagnésémie
- Hypoglycémie (éthylisme, intoxication éthylique)
* Les désordres hydro - électrolytiques
- Hypo natrémie Na < 130mEg/l (perfusion)
- Hyper natrémie Na > 155mEg/l (déshydratation)
* Méningites et encéphalites aiguës
* Intoxication aiguë (théophylline, antidépresseur)
• Pathologies cérébrales (hématome, abcès du cerveau).
b) L’épilepsie chronique
Chez l’enfant l’épilepsie chronique présente les mêmes formes que chez l’adulte. Elle débute
rarement avant l’âge de 4 – 5 ans. Sa gravité est son retentissement sur le développement
psychomoteur.
60
3.3 La prévention
- La fréquence élevée des convulsions hyperpyrétiques impose le traitement
précoce de toutes les fièvres de l’enfant et surtout du nourrisson.
- Eviction du jeûne de l’enfant, cause d’hypoglycémie
- Contrôle des perfusions pour éviter les troubles ioniques pouvant entraîner une
convulsion.
CONCLUSION
La convulsion est un motif fréquent de consultation des enfants en urgence.
61
LES MENINGITES AIGUES DE L’ENFANT
OBJECTIFS
PLAN
I INTRODUCTION
IV. CONCLUSION
62
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
On appelle méningite l’inflammation des méninges.
1.2 Intérêt
La méningite est une affection relativement fréquente en pédiatrie. Elle est grave car dans
l’immédiat met en jeu le pronostic vital de l’enfant et à long terme des séquelles irréversibles
peuvent se révéler. On distingue : les méningites purulentes et les méningites à liquide clair.
• L’examen clinique
Il peut noter parfois des bombements de la fontanelle antérieure, un ictère, une HSM, des
manifestations cutanées à type d’éruption vésiculeuse.
2.1.4. Le diagnostic
63
Le diagnostic de méningite se fait sur les signes cliniques et un examen capital : la ponction
lombaire (PL). La PL permet d’apprécier l’aspect du LCR. En cas de méningite, le LCR peut
être hypertendu ou au contraire s’écouler difficilement car trop épais. Il est trouble : « eau de
riz ». Le LCR normalement clair « eau de roche », devient trouble « eau de riz ». Il peut être
franchement purulent.
2.1.5 L’évolution
Elle peut être favorable si le diagnostic est vite fait et le traitement précoce.
Les complications d’ordre neurologique peuvent se voir ainsi que des séquelles
(hydrocéphalie, épilepsie, trouble sensoriel et retard psychomoteur).
2 .1.6 Traitement
1. Traitement pré
Repose sur la surveillance de la grossesse et le traitement de toutes les infections maternelles.
- Une manipulation aussi stérile que possible du nouveau né au moment de
l’accouchement
- Une antibiothérapie systématique si le liquide amniotique est teinté, si le travail a
été long avec manipulations multiples.
2. Traitement curatif
Toute méningite diagnostiquée doit être traitée à l’hôpital où l’on dispose de moyen de
réanimation.
64
Le diagnostic de la méningite aiguë se fait sur les éléments de l’examen clinique et impose
le transfert en urgence à l’hôpital.
Les facteurs de gravités sont :
- âge de l’enfant < 1 an
- troubles neuro - végétatifs (irrégularité respiratoire + +)
- pertubation de la conscience.
Le diagnostic sera confirmé à l’hôpital par l’examen du LCR obtenu par ponction lombaire
(PL).
2.2.5 Evolution
- Elle est favorable grâce à un traitement antibiotique rapidement et bien conduit
actif sur le germe responsable.
- Les complications peuvent se voir :
Elles sont parfois à type de collapsus, de troubles respiratoires graves, état de mal convulsif.
Les complications tardives sous forme d’hydrocéphalie, de surdité, d’épilepsie et d’hémiplégie
peuvent se rencontrées.
2.2.6 Traitement
Ne se conçoit qu’en milieu hospitalier. On utilise des antibiotiques associés à dose élevée
pouvant passer la barrière méningée. La durée du traitement varie en fonction de la nature
du germe.
Le traitement adjuvant est également nécessaire pour corriger les différents troubles associés.
IV. CONCLUSION
Les méningites aiguës sont des affections fréquentes et graves chez les enfants.
Le diagnostic se fait sur les signes cliniques et confirmé par l’examen du LCR obtenu par la
ponction lombaire. Le traitement est d’urgence et se fait en un milieu hospitalier.
65
LA DREPANOCYTOSE
OBJECTIFS
1. Décrire les signes cliniques de la crise drépanocytaire et des complications
2. Rassembler les arguments du diagnostic de la drépanocytose
3. Prendre en charge un enfant drépanocytaire
PLAN
I INTRODUCTION
1.1 La définition
1.2 Intérêt
II GENERALITES
2.1 Etiopathologie
2.2. Epidémiologie
2.3. Physiopathologie
III CLINIQUES
3. I La crise drépanocytaire
3.1.1 La crise vaso - occlusive
3.1.2 Les autres signes cliniques
3.1.3 Les complications
3.2 Les signes para cliniques
3.3 Le diagnostic
IV. TRAITEMENT
4 .1. Mesure générales
4.2. Traitement de la crise
4.3. Prévention
V. CONCLUSION
66
I-INTRODUCTION
1.1 Définition
La drépanocytose est une hémoglobinopathie congénitale et héréditaire (autosomique
récessive), de la race noire. Elle est caractérisée par une déformation « en faucille » des
hématies dont est responsable une hémoglobine (Hb) anormale : Hb S.
1.2 Intérêt
La drépanocytose est une maladie très fréquente dans nos milieux.
En Afrique sa prévalence est de 10% à 40%. Au Togo la prévalence est de 16%
d’hétérozygotes ; 2 à 3% de formes majeurs (SS, SC, Sβthalassémie). Elle est la principale
cause d’anémies sévères du nourrisson et de l’enfant. Son évolution est également dominée par
de nombreuses complications surtout infectieuses.
II GENERALITES
2.1 Etiopathologie
Chez l’homme l’hémoglobine normale évolue selon l’âge. Pendant la période embryonnaire
on parle d’Hb embryonnaire, son taux diminue à la naissance et disparaît avant l’âge de 3
mois. Pendant la période fœtale on parle d’Hb fœtale, elle disparaît normalement vers l’âge
de 6 mois après la naissance. L ’Hb fœtale est remplacée par l’Hb normale, l’ Hb AA qui
persiste jusqu’à l’âge adulte. La drépanocytose est caractérisée par une forme anormale d'Hb,
l’Hb S due à la substitution en position 6 de la chaine bêta de l’acide glutamique par la valine.
Cette mutation de l’Hb S a pour conséquence la modification des hématies en forme de
faucille dont l’expression est les crises drépanocytaires.
2.2 Epidémiologie
La drépanocytose est une maladie de race noire et du bassin méditerranéen. La transmission
est génétique et se fait selon un mode autosomique codominant ou récessif dans la littérature.
2.3 Physiopathologie
Le mécanisme : Ralentissement du flux vasculaire par deux phénomènes essentiels :
• La Falciformation
• Adhérence accrue des globules rouges drépanocytaires à la paroi de l’endothélium.
67
• Paludisme (pourvoyeur de CVO, aggrave l’anémie)
68
• Hyperplasie médullaire sévère
• Rétinopathie
• Ostéonécrose (tête fémoral)
• Lithiase biliaire
• Ulcères de jambes
• Cœur drépanocytaire
• Atteintes Rénales
IV-SIGNES PARACLINIQUES
- Anémie hémolytique chronique : hyper - réticulocytose, Taux Hb diminué, Taux
d’hématocrite abaissé.
- Hyper - bilirubinémie indirecte.
- Sidérémie
- Test d’Emmel + (test de falciformation in vitro)
- Test Itano + (test de falciformation in vitro)
- Electrophorèse des Hb : Hb SS
V- DIAGNOSTIC
5.1 Positif
- ATCD Familiaux
- Signes cliniques
- Examens biologiques
. Test d’Emmel, d’Itano
. Electrophorèse des Hb
. Hémogramme
5.2 Différentiel
Devant l’anémie :
• Anémies d’origine hématologiques : les autres hémoglobinopathies, les
hémopathies maliques (leucémie) Anémies parasitaires, Anémies Infectieuses,
• Devant une douleur ostéo – articulaire : Rhumatisme articulaire aigu (RAA),
Arthrite infectieuse
• Devant une douleur abdominale : Parasitoses digestives
Autres formes d’hémoglobinopathie : Hb SC, Hb AS, Hb AC les thalassémies Alpha ou
Bêta.
VI- TRAITEMENT
6.1 Mesures générales
Insiste sur : hygiène de vie, bonne alimentation, prévention des maladies infectieuses (contrôle
des vaccinations, prophylaxie anti – palustre, bilan paraclinique annuel ).
6.2. Traitement de la crise
- Antalgique (Paracétamol, Salicylé) par voie parentérale ou per os
- Hydratation par voie per os ou parentérale
- Transfusion de sang
Si T Hb < 6 g / 100ml ou NR < 2,[Link] / ml , ex sanguino transfusion en cas
de hyper - bilirubinémie ou anémie néo natale
- Vasodilatateur.
Hydergine, Pervincamine
Torental
Agit sur la membrane du GR
.- Oxygénothérapie
69
- Traitement des affections associées : paludisme, toute autre infection.
6.3 Prévention
- Conseil génétique (éviter les unions à risque d’avoir des enfants homozygotes)
- Eviter aux enfants malades de voyager en avion non pressurisés
- Eviter l’altitude
- Vaccination +++ (salmonelle, pneumocoque, haemophilus influenzae …)
- Antibiothérapie (Pénicilline V)
- Chimio - prophylaxie anti palustre
- Acide folique
- Hydroxyurée en cas d’ATCD multiples
CONCLUSION
La drépanocytose est une maladie héréditaire fréquente dans nos régions. Il faut y penser
devant toute anémie et toute douleur osseuse et abdominale chez l’enfant.
Le traitement est symptomatique. La prévention repose sur le conseil génétique et la
prophylaxie des complications surtout infectieuses.
70
LE RHUMATISME ARTICULAIRE AIGUE (RAA)
OBJECTIFS
1. Définir le RAA et préciser son intérêt ;
2. Décrire les signes articulaires du RAA ;
3. Décrire les signes extra articulaires du RAA ;
4. Décrire les critères de Jones dans le diagnostic du R.A.A ;
5. Décrire la prise en charge du RAA chez l’enfant.
PLAN
I INTRODUCTION
1.1 Définition
1.2 Intérêt
III DIAGNOSTIC
Diagnostic positif
Diagnostic différentiel
IV TRAITEMENT
4.1 Traitement curatif
4.2 La prévention
V CONCLUSION
71
I. INTRODUCTION
1.1 Définition
C’est une maladie inflammatoire qui succède à une infection par le streptocoque (infection
ORL : angine).
1.2 Intérêt
Les deux localisations électives de cette maladie sont les articulations et le cœur. Cette maladie
est relativement rare mais sa gravité reste élevée dans les pays en voie de développement. Elle
se rencontre surtout entre 5 et 15 ans et très rarement avant 5 ans. (La contamination par le
streptocoque se fait à partir d’une personne qui présente une angine ou le plus souvent à partir
d’un sujet porteur sain.
Le rhumatisme réalise une polyarthrite aiguë fébrile (PAF) dans ses formes classiques. Son
traitement doit se faire en urgence pour éviter les complications surtout cardiaques.
72
- fièvre + souvent élevée
- tachycardie
- pâleur des téguments et en dehors de toute anémie
- une asthénie importante
- des sueurs profuses.
-
2.2. Les manifestations cardiaques : cardites
Ce sont les atteintes cardiaques qui font toute la gravité de la maladie puisque dans l’immédiat
il y a les risques d’une insuffisance cardiaque et à distance la maladie peut laisser des séquelles.
Les cardites peuvent s’observer à tout âge mais elles sont la reine chez le petit enfant avant 6
ans. Elle apparaît le plus souvent à la 1ère poussée rhumatismale, rarement à la seconde. Les
trois tuniques du cœur (péricarde, myocarde et endocarde) peuvent être touchées. Les signes
cardiaques apparaissent précocement à la 1ère semaine.
III. DIAGNOSTIC
3.1. Diagnostic positif
Il repose sur :
3.1.1. La clinique
Ce sont les manifestations post streptococciques :
- majeures représentées par la polyarthrite ou la mono arthrite aiguë, la cardite, les
manifestations cutanées et la chorée.
- mineures : constituées par la poly arthralgie fébrile, tout état sont fébrile avec VS
accélérée succédant une angine streptococcique.
3.1.2. Données para - cliniques
- Les signes de l’ECG : allongement de PR
- Les données biologiques :
. VS accélérée
. Hyperleucocytose
. Polynucléose éosinophile
. Fibrinémie élevée
. Surtout dosage des ASLO taux > 400u TOLD
Au total : le diagnostic d’une maladie inflammatoire post streptocoque demande
que s’associe (critères de JONES).
- La présence d’une infection streptococcique récente (angine, sinusite, otite)
- La mise en évidence d’une inflammation par l’étude de la VS on d’autres critères
inflammatoires.
- La présence soit d’une polyarthrite ou d’une nonoarthrite, d’une cardite
73
- Soit d’un syndrome post streptocoque minime : polyarthralgie fébrile ou affection
fébrile persistant après une infection post streptocoque.
IV. TRAITEMENT
4.1. Traitement curatif
Il repose sur la pénicillinothérapie (Pénicilline G ou Pénicilline V) de longue durée, le
traitement anti - inflammatoire (corticothérapie), le repos. L’évolution est favorable si le
traitement est précoce. Parfois on peut observer des complications et des séquelles cardiaques.
4.2. La prévention
La prévention des RAA repose sur le traitement bien conduit de toute infection ORL, surtout
les angines, les sinusites et les otites. La prévention des complications cardiaques se fait par
une antibiothérapie bien conduite à durée suffisante.
V. CONCLUSION
Le RAA est une affection redoutable par sa possibilité de séquelles cardiaques ralentissant sur
la vie toute entière du malade.
Le diagnostic doit se faire précocement et le traitement rapide, surveillé, rigoureuse et prolongé.
74
CAT DEVANT UNE INTOXICATION AIGUE CHEZ L’ENFANT
OBJECTIFS
1. Enumérer les circonstances de survenue et les différents types d’intoxication chez l’enfant ;
2. Décrire l’examen initial de l’enfant intoxiqué ;
3. Décrire les gestes symptomatiques à poser devant un enfant intoxiqué ;
4. Décrire les éléments de surveillance clinique et biologique de l’enfant intoxiqué.
PLAN
I. INTRODUCTION
1. 1 Fréquences et circonstances
1.2 Les différents types d’intoxication
II. EXAMEN INITIAL
2.1 Interrogatoire
2.2 Examen clinique
VI. EVOLUTION
VII. CONCLUSION
75
I. INTRODUCTION
1. 1 Fréquences et circonstances
Les intoxications sont des situations fréquentes en milieu pédiatrique. On leur reconnaît quatre
circonstances étiologiques :
- Les intoxications accidentelles
- Les intoxications iatrogènes
- Les intoxications méconnues
- Les tentatives de suicide.
La situation est bien différente selon que l’on connaît ou pas la nature de produit toxique, ce
qui permet d’avoir une action thérapeutique dirigée.
1.2 Les différents types d’intoxication
Au CHU de Lomé on note selon une étude réalisée dans le service de pédiatrie:
- l’intoxication par pétrole
- l’intoxication par l’alcool
- l’intoxication par les médicaments divers
- l’intoxication par certains aliments végétaux
- l’intoxication par les pesticides.
La gravité est fonction de la dose et de la nature des produits. Si la nature du produit toxique
n’est pas connue il faut néanmoins entreprendre des mesures d’urgence que réclame l’état de
l’enfant et commencer les recherches étiologiques.
76
. si l’enfant est dans le coma
. si l’enfant convulse.
Plusieurs méthodes sont utilisées :
- Chatouiller le fond de la gorge (abaisse langue ou cuillère).
- Administration d’un produit qui fait vomir :
Apomorphine* : 1/10mg/kg de poids par voie s/c ou IM
Administration du sirop d’Ipeca* 5 à 15 ml chez l’enfant de < 12ans
30 ml chez l’enfant de > 12ans
- Lavage de l’estomac : avec tube de Faucher
- Administration du charbon activé Carbomix* qui permet l’absorption du toxique
3.2.2 Purgation saline
Vise à évacuer du tube digestif des produits ayant déjà franchis le pylore (capsules glutinées).
On utilise le sulfate de soude 250 mg /
3.2.3 Epuration par diurèse osmotique
Par : - perfusion SGH 10%
- perfusion de mannitol
Cette méthode permet d’éliminer le produit toxique par les urines.
3.3.4 Epuration extra rénale
Se fait par :
- l’exsanguino transfusion
- la dialyse péritonéale ou l ‘ hémodialyse
3.3.5 Les antidotes :
Ce sont des produits qui ont une action antagoniste sur le toxique
Exemple : chloroquine* = Diazépam (ValiumR)
Alcool éthylique = SGH
Hypocalcémiant = Gluconate de calcium
• Surveillance
77
- Para clinique : Rx pulmonaire : 12/ 24h → opacité para hilaire
Gaz de sang → PaO2↓ et PaCO2↑
- Clinique : température, état respiratoire, état de conscience, fréquence cardiaque et
Tension artérielle
- Signes de gravité : dyspnée, signes de lutte, coma, collapsus
4.2 Intoxication à l’alcool éthylique
Contexte : fête de famille, reste de boisson alcoolisée à portée de la main des enfants
• Tableau clinique
- Odeur éthylique ++
- Vomissements
- Etat d’ébriété, agitation +++
- Convulsion, coma
- Hypoglycémie biologique +++
• CAT
- Dextrostix si possible pour mesurer la glycémie
- Solution sucrée par la bouche
- Perfusion de SGH 10%, 50 à 100 ml par kg ou SGH 30 %, 3ml par kg
4.3 Intoxication par produits caustiques
• Clinique
Gravité double :
- Immédiate en raison de l’état de choc, suffocation par œdème laryngé, ulcération ou
perforation œsophagienne ;
- A distance : risque de sténose œsophagienne ou de perforation
Produits : soude caustique, eau de javel, les acides, le permanganate de potassium
• CAT
- Proscrire le lavage gastrique et les tentatives de vomissement
- Faire :
. Lavage à grande eau de la peau et des muqueuses
. Si eau de javel ou permanganate de potassium : faire boire Hyposulfite de
sodium* à 1%
. Si dyspnée : corticothérapie
. Antibiothérapie systématique
. Œsophagoscopie à l’ORL
4.4 Intoxication salicylée (AspirineR)
• Contexte :
Dose toxique : 100 mg par kg en quatre prises.
L’absorption du produit est rapide, il s’hydrolyse en acide salicylique, toxique qui entraîne une
acidose.
• Clinique
Il s’agit de : vertiges, bourdonnement d’oreille, diminution de l’audition, troubles digestifs
(nausée, vomissement, diarrhée), détresse respiratoire, ébriété, céphalées, trouble de
comportement, état confusionnel (agitation, logorrhée), hallucination, convulsion, coma.
• Examens complémentaires
- Gaz de sang :
- salicylémie
• CAT
- Evacuation gastrique
- Administration de charbon activé
- Purgation saline
- Alcalinisation par Solution bicarbonatée à 14%° , 10 à 20 ml par kg
78
- Diurèse osmotique
- Dialyse péritonéale ou hémodialyse
4.5 Intoxication à la Théophylline*
Grave. Dose toxique 15mg par kg Dose thérapeutique 5mg par kg
• Signes cliniques
- Agitation
- Hyperthermie
- Convulsion
- Tachycardie supérieure 200/min
- Déshydratation
• CAT
- Hospitalisation
- Lutte contre l’hyperthermie et les crises convulsives
- Eliminer le toxique par hémodialyse
- Si CIVD → exsanguino-transfusion
4.6. Intoxication par des Barbituriques
• Signes cliniques
Somnolence et coma calme avec deux complications : trouble respiratoires et troubles
circulatoires.
• CAT
- Si le sujet est conscient : évacuation de l’estomac
- Si coma : lavage gastrique sur intubation trachéale étanche
- Diurèse alcaline ( SGH, Mannitol, S. bicarbonate)
4.7. Intoxication à la chloroquine*
Dose toxique : 25 mg / kg en une seule prise
Dose thérapeutique 10mg/kg en deux prises
• Signes cliniques
- Vomissements
- Troubles visuels
- Bourdonnement d’oreille
- Coma calme
• CAT
- Évacuation de l’estomac
- Diurèse osmotique
- Antidote : diazépam
79
VI. EVOLUTION
Elle est tout à fait imprévisible, ce qui justifie la surveillance en milieu hospitalier de tout
enfant suspect d’intoxication aiguë, même en absence de signe clinique.
Trois grandes modalités évolutives sont possibles :
- la mort peut survenu rapidement malgré le traitement
- la guérison peut être complète sans séquelle
- on peut observer des complications secondaires hématologiques, rénales ou hépatiques.
VII. CONCLUSION
La part des intoxications aiguës augmente régulièrement dans les statistiques de mortalités
infantiles. La prophylaxie doit être améliorée en enseignant régulièrement aux familles que
tous les produits médicamenteux, les produits ménagers et du jardin doivent être réellement et
constamment mis hors de portée des enfants de tous âges
80
L’ASTHME DE L’ENFANT
OBJECTIFS
1. Définir l’asthme chez l’enfant et chez le nourrisson ;
2 Décrire les signes cliniques et para – cliniques de la crise d’asthme chez l’enfant d’âge
scolaire ;
3 Décrire les signes cliniques et para – cliniques de la crise d’asthme chez le nourrisson ;
4 Définir et décrire les signes cliniques de l’état de mal asthmatique ;
5 Prendre en charge un enfant asthmatique.
PLAN
I GENERALITES
1.1 Définition
1.2 Classification
1.3 Physiopathologie
II ETUDE CLINIQUE
2.1 Les aspects cliniques
2.2 Evolution
2.3 Examens para – cliniques
III DIAGNOSTIC
3.1 Diagnostic positif
3.2 Diagnostic différentiel
3.3 Enquête étiologique dans l’asthme
IV TRAITEMENT
4.1 Traitement de la crise
4.2 Traitement de fond
V CONCLUSION
81
I. INTRODUCTION
1.1. Définition
L’asthme est une maladie chronique allergique des bronches qui se manifeste par des crises de
dyspnée paroxystiques de type expiratoire, une expiratoire sifflante associée à une toux
d’abord sèche puis productive. Il entraîne donc une insuffisance respiratoire obstructive
paroxystique.
L’asthme du nourrisson se définit comme tout épisode dyspnéique avec sibilants qui se
produit au moins trois fois avant l’âge de 2 ans, quelque soit le facteur déclenchant et
l’existence ou non d’un terrain atopique.
Définition de TABACHNICK et LEVINSON (1981)
1.2 Classification
Classification de VIALATTE (selon la fréquence)
Asthme commun : Asthme 1 = crise trimestrielle
Asthme 2 = crise mensuelle
Asthme grave : Asthme 3 = crise hebdomadaire
Asthme 4 = crise de dyspnée permanente
et presque quotidienne
1.3. Physiopathologie
La maladie asthmatique comporte une hyper réactivité des bronches et de la trachée qui
détermine de façon paroxystique un rétrécissement plus au moins étendu des voies aériennes.
La diminution du calibre des bronches est due à trois phénomènes plus au moins constants et
plus au moins intriqués :
- Spasme des muscles lisses bronchiques
- Œdème de la muqueuse
- L’hypersécrétion muqueuse.
L’hyper réactivité des bronches est déclenchée par l’action des allergènes.
82
A l’arrêt de la crise l’enfant s’endort épuisé.
2.2. Evolution
Elle peut être :
- Simple de durée variable d’un sujet à l’autre.
- Compliquer : infection, pneumothorax.
III. DIAGNOSTIC
3.1. Diagnostic positif
Le diagnostic de la crise d’asthme est évoqué sur les éléments de l’anamnèse (terrain atopique
personnel et familial), les signes cliniques et confirmé par le bilan allergologique.
83
- Cardiopathie congénitale.
3.3. Diagnostic étiologique
L’enquête étiologique dans l’asthme doit être menée avec rigueur.
3.3.1. Asthme extrinsèque ou allergique
- Etude anamnestique
Antécédent familiaux et personnel (eczéma, coryza, urticaire…)
Recherche des facteurs déclenchants précis.
- Examen ORL : aspect pâle des muqueuses
- Etude biologique : recherche d’éosinophilie, dosage des IgE (immunoglobulines)
sériques
- Testes cutanés : prick test.
3.3.2. Asthme intrinsèque ou infectieux
Pas de notion d’allergie, crise fébrile ; infection respiratoire récidivante.
3.3.3. Les autres formes :
Asthme psychogène du à l’hyperémotivité qui favorise le bronchospasme et d’autres
perturbations psychologiques de manière durable.
Asthme d ‘ effort : l’effort physique par temps froid entraîne un bronchospasme chez certains
sujets, parfois de manière isolée.
IV. TRAITEMENT
Le but du traitement est de prévenir les crises de dyspnée et comprend trois volés :
- traitement de la crise,
- traitement adjuvant
- et la prévention.
4.1. Traitement de la crise
Il doit être adapté à sa gravité. Il comporte :
- Un broncho-dilatateur
. Théophylline et dérivés, (Théophylline, TrentadilR )
. Salbutamol (VentolineR)
. Terbutaline (BricanyRl)
Ces produits se présentent sous différentes formes : sirop, suppositoire, spray ou injectable.
- Corticothérapie : (H S H C, Soludécadron, Célestène, Cortancyl, Solumédrol…) de
brève durée.
- Oxygénothérapie
- Les gammaglobulines
- Traitement anti - infectieux (antibiothérapie)
- Rééducation fonctionnelle : kinésithérapie
- Assistance psychologique.
4.3 La prévention
84
V. CONCLUSION
Maladie de toute ou une partie de la vie, l’asthme nécessite une surveillance médicale
régulière. Elle peut en effet régresser sous le traitement, mais elle peut devenir également
sévère et invalidante. Le rôle du praticien est de soulager le malade et d’éduquer l’enfant et sa
famille.
85
INSUFFISANCE CARDIAQUE DE L’ENFANT
OBJECTIFS
IV DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
V. LES CAUSES
6.1 Les malformations cardiaques
6.2 Les cardiopathies primaires ou, secondaires
6.3 Les endocardites et les péricardites
VII. TRAITEMENT
6.1 Traitement symptomatique général
6.2 Traitement de la cause
VII. CONCLUSION
86
I. INTRODUCTION
Il s’agit d’une urgence médicale qui désigne l’incapacité du cœur à assumer dans les conditions
normales un débit cardiaque suffisant au besoin de l’organisme. Cela suppose :
- une défaillance du pouvoir de concentration (myocarde)
- présence de contrainte dans les cavités cardiaques
- une surcharge.
Il faut savoir la reconnaître, en apprécier la gravité immédiate qui impose un traitement
d’urgence.
87
- l’écho cardiographie : c’est l’examen clé du diagnostic et qui explique la
cause de L’I C.
• Autres examens complémentaires : l’ionogramme sanguin (acidose
métabolique), l’urée sanguine, les gaz de .sang
• Echographie Doppler.
IV DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
• Devant une IC il faut éliminer :
Chez le nouveau-né
. Les infections néonatales qui peuvent donner une détresse respiratoire,
un choc avec hépatomégalie, mais une infection peut être la cause de complication d’une
cardiopathie.
. Une péricardite purulente (tableau de septicémie).
Chez le nourrisson
V. LES CAUSES
5. 1. Les malformations cardiaques congénitales
- CIV (communication inter ventriculaire)
- CA (canal artériel)
- CAV (canal atrio ventriculaire)
VI TRAITEMENT
Il est à la fois symptomatique et étiologique.
6.1. Traitement symptomatique général
- Restriction hydrominérale
88
- Apport de glucide, de protide et de lipide en quantité suffisante
- Correction de l’acidose métabolique (S. Bicarbonaté 420%o)
- Oxygénothérapie
- Diurétique : Furosémide (Lasilix) 1 à 2mg/kg / 24h en 2 prises
- Surveillance de l’ionogramme sanguin
- Les tonicardiaques : Digoxine, Cédilanide, Digitalines (attention à la dose).
VII. CONCLUSION
L’IC de l’enfant par sa gravité impose un diagnostic précoce et la mise en route d’un
traitement médical intensif. Le diagnostic est évoqué d’emblée devant une polypnée
associée à la triade symptomatique : tachycardie, hépatomégalie et cardiomégalie. Le
traitement ne se conçoit qu’en milieu hospitalier.
89
LA ROUGEOLE
OBJECTIFS
1. Définir la rougeole ;
PLAN
INTRODUCTION
1 Définition
2. Intérêt
I. EPIDEMIOLOGIE
III DIAGNOSTIC
IV TRAITEMENT
V. CONCLUSION
90
INTRODUCTION
1 Définition
La rougeole est une maladie éruptive, virale, très contagieuse de l’enfance. Elle est due à un
virus spécifique unique. Elle touche surtout l’enfant de 18 mois à 6 ans.
2. Intérêt
La rougeole est la plus répandue des fièvres éruptives .Elle est endémo épidémique,
solidement immunisante .Sa gravité est liée au terrain (malnutrition) et au niveau de vie. Elle
demeure meurtrière et redoutée dans les populations pauvres.
I. EPIDEMIOLOGIE
Le virus de la rougeole est spécifique, (isolé par ENDERS en 1954) et classé parmi les
paramyxovirus. L’homme est le seul réservoir du virus connu. La contamination est presque
exclusivement directe par voie aérienne, la porte d’entrée étant naso- pharyngée ou
conjonctivale. Elle se fait par gouttelettes salivaires (gouttelettes de Pflügge) projetées par
l’enfant malade lors des quintes de toux en phase d’invasion.
La réceptivité est universelle. La maladie est apparente dans plus de 90 % des cas. Les
nourrissons sont protégés jusqu’à l’âge de cinq à six mois par les anticorps maternels.
La létalité de la rougeole est très élevée dans les pays en voie de développement où la
malnutrition, principal facteur aggravant, est endémique.
91
2.1.4. Evolution
Elle est habituellement bénigne dans 80 à 85% des cas. La température diminue en 3 à 4 jours
après le début de l’éruption et la desquamation commence au 5e jour. L’enfant doit être isolé
16 jours à dater du début de la maladie.
2.2. Complications
La rougeole est redoutable dans nos milieux à cause des complications fréquentes qui font la
gravité de la maladie.
2.2.1. Complications de sur infection respiratoire
Se voient à tous les étages :
- Otites : représentent 40% des complications
- Angines : le germe en cause est 1 fois sur 2 le streptocoque
- Laryngites : elles surviennent avant l’éruption ou l’accompagnent
- Complications bronchiques et pulmonaires bronchites, broncho- alvéolites ou
broncho - pneumonie
III DIAGNOSTIC
Le diagnostic clinique est habituellement évident qu’il est plus souvent porté par la famille du
malade.
92
IV TRAITEMENT
4.1. Traitement curatif
Il est symptomatique
- Isolement du malade
- Hospitalisation des formes graves
- désinfection oculaire, nasale et pharyngée
- Antibiothérapie dans les formes compliquées de surinfection
- Régime hyper protidique et hypercalorique en cas de dénutrition ou de
malnutrition
4.2. Séroprévention
Elle se fait par les gammaglobulines standard en collectivité. Elle est de bonne qualité si
l’injection est faite 3 à 5 jours après la contage et la protection a une durée de 3 semaines. Son
prix de revient élevé.
4.3. La vaccination
Elle se fait par vaccin vivant atténué. C ‘ est un vaccin sans danger, le vaccin « ROUVAX »
(SCHWARZ) réalisé à 9 mois qui fait partie du Programme Elargi de Vaccination (PEV). Il
est contre indiqué chez l’immuno – déprimé. Il existe aussi un autre vaccin « Vaccin AIK -
C » qui est administré à 5 – 6 mois.
V. CONCLUSION
La rougeole reste une maladie infantile grave par ses complications et constitue un problème
prioritaire de santé publique en Afrique. Une meilleure prévention basée sur la vaccination
aura amélioré le pronostic de cette maladie, d’où l’information et l’éducation des parents.
93
PATHOLOGIES RENALES DE L’ENFANT : PROTEINURIE -HEMATURIE
OBJECTIFS
PLAN
I INTRODUCTION
IV CONCLUSION
94
I. INTRODUCTION
Les signes d’appel de la pathologie rénale sont rarement directement évocateurs. Le plus
souvent il s’agit de signe digestif ou général, parfois les deux associés. Dans certaines
conditions privilégiées mais plus rares on reconnaîtra un symptôme d’orientation de qualité à
savoir : une soif excessive une polyurie, une dyspnée, une hématurie ou une protéinurie.
Le caractère souvent décevant de la sémiologie précoce doit conduire à inscrire fréquemment
le bilan rénal et urinaire dans l’étude de tout malade.
95
- dosage de l’urée sanguine et de la créatinine sanguine
- épreuve de concentration urinaire
- protidémie et électrophorèse des protides sanguins
- UIV
- échographie rénale
Notons que dans l’hémoglobinurie il existe dans les urines de l’hémoglobine plutôt et non des
hématies (hémolyse).
96
- La cystite
- La lithiase des voies urinaires
- La drépanocytose
- La tuberculose rénale.
3.4.2 Les causes glomérulaires
- Les glomérulonéphrites aiguës post infectieuses (streptocoque).
- Toutes les glomérulopathies
CONLUSION
Hématurie et protéinurie sont des symptômes souvent associés, elles sont toutes les deux des
symptômes qui attirent l’attention sur les reins ou les voies urinaires.
La protéinurie peut être la traduction de n’ importe quelle affection rénale ou urologique.
C’est un symptôme qui doit mener à un ensemble d’examens à partir desquels l’indication d’une
ponction biopsie rénale est discutée.
97
INFECTION A VIH/SIDA CHEZ L’ENFANT
OBJECTIFS DU COURS
Décrire les voies de transmission de l’infection à VIH/ SIDA chez l’enfant
Décrire les manifestations cliniques de l’infection à VIH/SIDA l’enfant
Décrire le diagnostic de l’infection à VIH/SIDA chez l’enfant
Décrire les classifications OMS de l’infection à VIH/SIDA chez l’enfant
1. Définition de la maladie
La définition de l’infection VIH de l’enfant retenue par le Centre pour le contrôle des
maladies (C.D.C.) d’Atlanta tient compte des difficultés du diagnostic chez le nourrisson
et de l’évolution de la maladie avec des formes asymptomatiques et symptomatiques.
L’infection à VIH s’étend d’enfants apparemment en bonne santé à des enfants diversement
atteints ; la forme la plus sévère correspond au syndrome d’immunodéficience acquise
(SIDA).
2.1. Prévalence
La prévalence du VIH au Togo est de 2,5% dans la population générale selon les résultats de
l’étude EDST III (2013-2014) et de 2,9 % chez les femmes enceintes selon les données de la
surveillance sentinelle de 2016. Les estimations Spectrum de 2017 donnent une prévalence de
2,1% avec une population vivant avec le VIH estimée à 105000. Les femmes représentent
plus de 2/3 de cette population PVVIH. Le nombre d’enfants de moins de 14 ans infectés
attendus (ONUSIDA 2017, Epp spectrum) est de 12000.
3. Agents pathogènes
Les VIH appartiennent à la famille des rétrovirus qui sont définis essentiellement par leur mode
de réplication qui passe par une étape de rétrotranscription de leur matériel génétique constitué
de deux molécules d’ARN identiques en ADN. Ces virus possèdent un ARN de haut poids
moléculaire transcrit en ADN dit proviral grâce à une enzyme contenue dans le virion et
caractéristique de cette famille : la transcriptase inverse .Cette enzyme spécifique permet au
virus du SIDA de synthétiser à partir de l’ARN viral, une molécule d’ADN qui s’intègre
facilement dans le génome (patrimoine génétique) de la cellule infectée.
4. Structure du VIH
98
La structure du virus comprend les principaux éléments suivants :
Une enveloppe virale constituée d’une double bicouche lipidique et de deux sortes de
glycoprotéines gp120 et gp 41.
Un core viral ou nucléocapside, qui inclut une couche de protéine p17 et une couche
plus profonde de protéine p24.
Un génome constitué de deux copies d’ARN simple brin associées à deux molécules de
transciptase inverse p64 et à d’autres protéines enzymatiques, protéase p10 et intégrase
p32.
La famille des rétrovirus est divisée en trois sous familles selon des critères de pathogénie et
des paramètres de phylogénétiques.
99
Il existe deux types de virus de l’immunodéficience humaine le VIH-1 et VIH-2. Les VIH de
type1 les plus répandus sont répartis en trois groupes :
Les virus de type II ont été identifiés en Afrique de l’Ouest, l’épicentre de l’épidémie étant
situé au Sénégal, en Guinée Conakry, en Guinée Bissau, en Côte d’Ivoire, en Sierra Léone, et
au Libéria.
Les souches de VIH-2 peuvent également être subdivisées en 6 sous-types nommés de A à F.
100
Cette dernière étape conduit à la maturation des protéines virales, après clivage par la
protéase virale, et à la formation de nouvelles particules virales, qui bourgeonnent à la
surface de la cellule avant d’être libérées dans le milieu extracellulaire, prêtes à infecter une
nouvelle cellule cible.
- la transmission par voie sanguine ou par des objets souillés de sang (produits sanguins
infectés ou injections ou scarifications avec du matériel souillé). L'OMS estime que les
injections « dangereuses « (faites avec du matériel souillé) sont responsables d'environ
2,5 % des infections à VIH chez l’adulte et l’enfant.
Sans traitement, lorsqu’une mère est infectée par le VIH, le risque de transmettre le virus à son
enfant est de 20 à 40 %. Ainsi, par le biais de l’infection pédiatrique à VIH, la mortalité infantile
est en constante augmentation depuis plusieurs années.
101
La transmission du VIH de la mère à l’enfant peut se produire pendant la grossesse, au cours
de l’accouchement ou de l’allaitement.
• Pendant la grossesse, 5 à 10 % des bébés de mère infectée sont contaminés après
passage du virus à travers le placenta.
• Pendant le travail et l’accouchement, 10 à 20% des nouveau-nés sont contaminés lors
du passage de la filière pèlvi-génitale.
• Le virus peut être transmis à l’enfant par le lait maternel. Le risque de transmission qui
s’accroît avec la durée de l’allaitement, varie de 25-35% en cas d’allaitement maintenu
jusqu’à l’âge de 6 mois, à 30-45% en cas d’allaitement jusqu’à 18 ou 24 mois.
Au total, dans une population non allaitée et sans traitement ARV, le taux de transmission est
de 15-30%, mais en cas d’allaitement prolongé, le taux de transmission passe à 30-45%.
Dans son ensemble, la maladie n’est guère différente de celle de l’adulte. Le déficit immunitaire
sévère aboutit aux mêmes complications infectieuses. Toutes les pathologies viscérales liées à
une atteinte directe du virus ou à un mécanisme immunopathologique indirect (encéphalopathie,
cardiopathie, néphropathie, etc.) ont été décrites chez l’enfant.
La pathologie tumorale est aussi décrite y compris le sarcome de Kaposi. La différence
principale réside en fait dans l’existence de deux profils évolutifs différents, dont l’un est
associé à une encéphalopathie sévère. On distingue ainsi chez l’enfant une évolution soit
précocement sévère ou une évolution lentement progressive. On parle d’évolution bimodale.
Elle concerne environ 15% des enfants infectés. La contamination a lieu majoritairement in
utéro. Le délai d’apparition du sida varie de 3 à 15 mois. Les complications infectieuses sévères
de type opportuniste sont précoces voire inaugurales, il s’agit principalement de mycose
buccale, oesophagienne ou de pneumocystose pulmonaire. La complication spécifique de cette
forme est l’encéphalopathie à VIH, qui survient dans 70 à 80 % des cas.
La survie moyenne en l’absence de traitement est de 5ans dans 10% des cas.
Le diagnostic de l’infection à VIH chez l’enfant sera le plus souvent fait dans les contextes
suivant :
- dans le cadre de la PTME chez un nourrisson exposé au VIH
- chez un enfant malade venu consulter les services de santé maternelle et infantile
référé pour un test VIH
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- chez un enfant de parents infectés par le VIH suivis en consultation.
6.1.1 L’anamnèse
doit recueillir les informations sur :
- les antécédents des parents, la notion d’exposition à l’infection à VIH
- l’histoire de la grossesse
- la notion d’utilisation du protocole PTME
- le mode d’accouchement (voie basse, césarienne)
- le mode de l’allaitement (allaitement maternel exclusif, artificiel)
- vérifier l’état vaccinal.
- Les antécédents médicaux de l’enfant : la récurrence de certaines affections
doivent attirer l’attention : otite purulente, diarrhée persistante, infections
respiratoires aiguës, épisodes fébriles,
L’examen de tous les appareils doit être complet, on doit notamment évaluer la croissance, le
poids, la taille, le périmètre crânien, on doit calculer les indices anthropométriques, poids/ âge,
taille/âge, PC/âge, périmètre brachial. Le développement neurologique.
L’examen doit rechercher attentivement les signes et symptômes d’infection à VIH tels que :
- candidose buccale
- hépatosplénomégalie
- augmentation de volume des ganglions
- infections cutanées récidivantes
- retard psychomoteur
Tableau XII Signes ou affections cliniques chez l’enfant pouvant indiquer une infection
à VIH
1. Signes très Devant les signes suivants, soupçonnez fortement une infection à
spécifiques des VIH.
enfants VIH – • Pneumonie à pneumocystis jiroveci (ex carinii)
positifs • Candidose oesophagienne
• Cryptococcose extra pulmonaire
• Infection invasive à Salmonella
• Pneumopathie lymphoïde interstitielle
• Herpès zoster (zona) envahissant (plus d’un dermatome)
• Sarcome de Kaposi
• Lymphome
• Encéphalopathie multifocale progressive
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2. Signes fréquents • Infections récurrentes : au moins trois épisodes graves d’une
chez les enfants infection bactérienne et/ou virale (pneumonie, méningite,
séropositifs au septicémie, cellulite) dans les 12 mois précédents
VIH mais rares • Mycose buccale : Après la période néonatale, en l’absence
chez les enfants d’antibiothérapie ou se prolongeant au delà de 30 jours malgré le
séronégatifs VIH traitement, voire récurrente
• Parotidite chronique : uni ou bilatéral durant plus de 14 jours, avec
ou sans douleur et fièvre.
• Adénopathies généralisées : dans au moins deux régions autres que
les plis inguinaux, sans cause apparente.
• Hépato splénomégalie : en l’absence d’infection comme celle due
au cytomégalovirus.
• Fièvre persistante et/ou récurrente : fièvre >38°C durant plus de 7
jours ou plusieurs poussées de fièvre en sept jours.
• Troubles neurologiques : dégradation neurologique progressive,
microcéphalie, retard des acquisitions, hypertonie ou confusion
mentale.
• Zona : éruption vésiculeuse douloureuse limitée à un dermatome et
unilatérale.
• Dermatite du VIH : érythème papuleux
3. Signes fréquents • Otite moyenne chronique : épanchement retro tympanique
chez les enfants • Diarrhée persistante ou récurrente (ou antécédent)
VIH positifs mais • Pneumonie sévère
également chez • Tuberculose
les enfants VIH • Bronchectasie
négatifs malades • Retard de croissance : perte de poids ou diminution progressive de la
prise de poids par rapport à la courbe de croissance. Particulièrement
suspect chez un bébé de < 6 mois.
• Marasme
Le diagnostic par méthodes indirectes est fondé sur la détection des anticorps et reste dans la
majorité des cas l’approche la plus pertinente et la plus accessible dans la plupart des pays
Africains. Il est surtout indiqué pour les enfants de plus de 18 mois et les adultes.
Tests de dépistage
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La détection des anticorps anti-VIH repose sur la réalisation et la visualisation d’une réaction
antigène-anticorps entre les anticorps sériques du sujet infecté et des antigènes viraux produits
en Laboratoires.
Les méthodes de référence pour la visualisation de la réaction antigène-anticorps sont
actuellement les méthodes immuno-enzymatiques de type ELISA ( Enzyme Linked Immuno
Sorbent Assay ). La méthode ELISA demande seulement quelques heures et donne des résultats
reproductibles, mais elle demande un appareil lourd, coûteux et une technicité.
Des tests dits rapides sont disponibles, réalisables sans appareillage sophistiqué : les résultats
sont obtenus plus rapidement en quelques minutes par lecture à l’œil nu.
Ces tests sont performants et sont utilisés dans tous les centres de dépistage, ils permettent de
dépister les anticorps anti-VIH1 et anti-VIH2, à la phase chronique de l’infection. Ils sont
utilisés suivant des algorithmes afin d’une harmonisation et de limiter les risques d’erreur.
Toutefois en cas de discordance il faut recourir à des tests de confirmation.
Test de confirmation
La technique de référence est le Western Blot où les protéines virales sont séparées par
électrophorèse avant d’être transférées sur une membrane de nitrocellulose. La protéine
d’anticorps contre une protéine donnée est révélée par une réaction immuno-enzymatique qui
matérialise la position de la protéine sous forme d’une colorée.
Le diagnostic par méthodes directes est basé sur la mise en évidence du virus, par la
multiplication en culture, par détection immunologique ou moléculaire.
Les techniques de détection du VIH ont été adaptées pour permettre la quantification de la
charge virale et la caractérisation du virus dans l’organisme.
Le diagnostic direct présente l’avantage de mettre en évidence le virus ou une parie de ses
composantes. Les techniques utilisées sont :
La culture virale. Elle est essentiellement utilisée dans le domaine de la recherche sur
le VIH.
La microscopie électronique. Elle consiste à mettre en évidence le virus dans les
produits biologiques. C’est une méthode très coûteuse.
La biologie moléculaire. C’est une technique d’amplification génique ou Polymérase
Chain Rection(PCR). Il existe deux techniques de biologie moléculaire : la PCR
classique dite qualitative et la PCR quantitative dite charge virale. Au Togo les
indications de la PCR sont le diagnostic précoce de l’infection VIH chez l’enfant, chez
l’adulte en période de fenêtre sérologique, et dans le suivi du traitement ARVdes
personnes vivant avec le VIH, et l’étude des variantes du VIH.
La recherche des antigènes viraux. C’est une technique immunoenzymatique qui
permet de la détection de l’antigène p24 sérique. La recherche de l’antigène p24 permet
de faire le diagnostic précoce de l’infection à VIH au moment ou les anticorps ne sont
pas encore apparus. C’est une méthode qui n’est pas très fiable.
105
Les tests sérologiques disponibles dans le pays ne permettent pas d’affirmer l’infection à VIH,
car ne font pas la différence entre les anticorps maternels transmis à l’enfant et les anticorps de
l’enfant lui-même. La démarche diagnostique dépendra alors de la disponibilité des tests
virologiques.
Le diagnostic est établi sur la base de 2 tests positifs (PCR ADN ou ARN VIH ou Antigenémie
P24 ), réalisés à partir au mieux sur 2 échantillons différents, à partir de 4 à 6 semaines d’âge.
Chez les enfants sous allaitement maternel, les tests doivent être faits 8 semaines après la
cessation de l’allaitement. Une seule PCR négative permet d’affirmer l’absence d’infection à
VIH si l’enfant n’a pas reçu de lait maternel dans les 8 semaines précédant le test.
Lorsque les tests ne sont pas accessibles, le diagnostic présomptif d’infection à VIH doit être
évoqué chez un enfant (confère classification OMS stade 4 présomptif)
Après 15mois, le diagnostic de l’infection à VIH est établi sur la base 2 tests sérologiques
positifs selon les modalités de l’algorithme national comme chez l’adulte.
CONCLUSION
L’infection à VIH chez l’enfant est un problème de santé publique dans nos pays où le taux de
prévalence dans la population est de 2,5%. Des efforts considérables ont été accomplis
jusqu’ici pour une prise en charge adéquate de cette affection chez l’enfant, cependant
beaucoup reste encore à faire. En effet pour réduire la charge de morbidité et de mortalité
liées à cette affection dans la population pédiatrique, il faudrait :
- Œuvrer pour une réduction significative de la transmission mère enfant de cette
infection en appliquant rigoureusement les directives prévues à cet effet, et
- Dans le même temps identifier de façon précoce les enfants infectés afin qu’ils
puissent faire l’objet d’une prise en charge rapide et correcte.
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