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Droit Commercial

Le droit commercial est une branche du droit privé qui régit les échanges économiques, excluant les activités agricoles et artisanales. Son émergence est liée à la nécessité de rapidité et de sécurité dans les transactions commerciales, avec des règles plus souples que celles du droit civil. Les sources du droit commercial incluent des normes publiques et privées, avec une tendance croissante vers l'harmonisation et l'unification des législations à l'échelle internationale.

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Droit Commercial

Le droit commercial est une branche du droit privé qui régit les échanges économiques, excluant les activités agricoles et artisanales. Son émergence est liée à la nécessité de rapidité et de sécurité dans les transactions commerciales, avec des règles plus souples que celles du droit civil. Les sources du droit commercial incluent des normes publiques et privées, avec une tendance croissante vers l'harmonisation et l'unification des législations à l'échelle internationale.

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COURS DE DROIT COMMERCIAL L3

Introduction Générale

Il n’est pas simple de dire ce qu’est exactement le droit commercial car, cette
discipline se trouve encore à la recherche de son identité.

Le terme « commerce » a un sens usuel qui est différent de son sens juridique ou économique.
Dans le langage courant, le commerce entre les hommes désigne simplement les rapports
qu’ils entretiennent. Pour les économistes par contre, le commerce vise la circulation et la
distribution des richesses. Ils excluent la production et par conséquent l’industrie.

En droit, le commerce conserve un sens plus large car, il concerne aussi bien les
productions des biens et des services que la distribution. Ainsi, l’industriel au sens
juridique du terme est considéré comme un commerçant. En définitive, s’il faut retenir une
définition du droit commercial, on peut se contenter de considérer qu’il s’agit d’une branche
du droit privé, qui a pour objet l’étude des règles qui régissent le monde des échanges
économiques en excluant les entreprises agricoles, artisanales et les professions libérales.

Le droit commercial général, concerne les règles applicables au commerçant, personne dv d


physique qui exploite une entreprise individuelle, c’est-à-dire, une entreprise qui n’est pas
constituée sous forme de société. L’originalité du droit commercial peut être appréciée à
travers les circonstances qui ont justifié son émergence, à travers ses sources et son domaine
d’application.

SECTION I : L’EMERGENCE DU DROIT COMMERCIAL

Le droit commercial est apparu avec le développement des civilisations marchandes. Il faut
attendre l’époque de la renaissance entre le XII et XVI siècle pour assister à un
développement fulgurant des échanges économiques notamment avec la multiplication des
foires en Italie du nord. A cette époque, le droit commercial, était réservé à une classe bien
déterminée. La naissance du droit commercial, à côté du droit civil, se justifie par la nécessité
de satisfaire des besoins spécifiques : la rapidité dans les transactions mais également une
sécurité.

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PARAGRAPHE 1 : LA RAPIDITE DANS LES TRANSACTIONS

On a l’habitude de dire que les bonnes affaires se font dans de brefs délais, c’est-à-dire, qu’il
faut aller vite en affaire.

Les règles du droit civil, ne peuvent pas satisfaire cette exigence car, c’est un droit lourd,
conservateur avec une organisation méticuleuse. Pour que les transactions soient conclues
plus rapidement, il fallait des règles plus souples dans une sphère de liberté. C’est dans ce
cadre, qu’après la révolution française de 1789, deux textes furent adoptés en France, en
réaction contre le système des corporations.

- Le décret d’Allarde du 2 mars 1791 proclamant la liberté du commerce (qui


est devenu un principe général de droit).

- La loi le Chapelier des 14 et 15 juin 1791 abolissant le système des


corporations.- (ensemble de professionnels exerçant une même activité-)

Ainsi libéré, le monde du commerce et de l’industrie allait pouvoir entrer dans la voie de
l’industrialisation et dans la construction du système économique capitaliste. Ce souci de
rapidité se manifeste à travers certaines règles originales. En effet, alors qu’en droit civil, il y
a une exigence d’une preuve écrite lorsque le contrat porte sur un certain montant ; en
matière commerciale, par contre, le principe est celui de la liberté de la preuve. De même
le formalisme de validité exigé dans certains contrats civils n’est pas requis en matière
commerciale. Au contraire, on assiste à des contrats commerciaux conclues par téléphone,
télécopie et de plus en plus à l’informatisation des signatures. La rapidité exigée en droit
commercial se manifeste aussi par la brièveté des délais de prescription, (la prescription
extinctive), ils sont plus courts qu’en droit civil (5ans au lieu de 10ans). De même la mise en
demeure, résulte en droit commercial de toute manifestation de volonté réclamant paiement
sans aucune forme obligatoire, alors qu’en matière civile, il faut un acte d’Huissier. Cette
rapidité doit s’accompagner d’une sécurité des transactions.
PARAGRAPHE 2 : LA SECURITE DES TRANSACTIONS

Le risque que comporte la vie des affaires nécessite une sécurité particulière pour les
personnes qui y participent. La sécurité est nécessaire pour protéger le crédit et le créancier.

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C’est ainsi, que le droit commercial est sévère à l’égard des débiteurs qui n’honorent pas leurs
engagements. Ils peuvent être déclarés en faillite s’ils sont en situation de cessation de
paiement. Egalement, et, contrairement au droit civil, où la solidarité doit être prouvée ; elle
se présume en matière commerciale. En effet, lorsqu’il y a plusieurs débiteurs commerçants
tenus de payer la même dette, ils sont présumés être solidaires entre eux. Cela permet au
créancier de poursuivre l’un quelconque des débiteurs pour lui réclamer les paiements de la
totalité de sa créance. Le besoin de sécurité a aussi donné naissance en droit commercial, à un
développement des suretés qui permettent aux créanciers de se protéger contre l’insolvabilité
de leurs débiteurs (ex. : gage, nantissement, le cautionnement, la garantie autonome, etc.). On
peut rattacher à la sécurité, le particularisme du contentieux commercial qui est de plus en
plus réglé à travers le recours à l’arbitrage. Le passage de l’échange de proximité (entre
villes) à l’échange marchand généralisé (entre pays) est à la base des règles fondées sur la
rapidité et sur la sécurité qui font du droit commercial un droit original. Cette originalité peut
également se vérifier lorsqu’on examine ses sources.

SECTION II : LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL

L’originalité des sources du droit commercial, se remarque par l’existence à côté du droit
émanant des autorités publiques, de sources privées de droit commercial. Par ailleurs, en
approfondissant l’analyse, on constate une prépondérance accrue des sources privées qui
concurrencent fortement les sources publiques ; et dans les sources publiques elles-mêmes, on
constate un déclin de la loi nationale au profit de la loi internationale.

PARAGRAPHE 1 : LE DROIT EMANANT DES AUTORITES PUBLIQUES


Lorsqu’on parle de la loi comme source du droit commercial, on pense à la loi au sens large.
La loi ainsi entendue, recouvre plusieurs réalités. Elle désigne d’abord, la constitution et les
principes fondamentaux du droit. Ces normes supérieures sont certes exceptionnellement
appliquées en matière commerciale mais, il arrive qu’on fasse appel à elles pour trancher
certains litiges mettant en cause les libertés fondamentales ; par exemple : la liberté de
commerce.

La loi vise ensuite, la loi nationale englobant la loi parlementaire, le règlement, la loi
internationale représentée par la loi communautaire et les traités internationaux.

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A. LE DECLIN DE LA LOI NATIONALE

La règlementation des obligations commercial es relève en principe du domaine de la loi


parlementaire. Les règlements émanant de l’exécutif, doivent être pris pour exécuter les
principes posés par la loi. Mais, depuis quelques années, les textes à caractère règlementaire,
c’est-à-dire, d’origine gouvernementale commencent à occuper une place importante dans le
droit commercial. En effet, ils interviennent dans des domaines qui sont en principe réservés à
la loi. Cela atteste un recul du parlement en tant que lieu de formation de la norme juridique.

Par ailleurs, les exigences de la construction de l’Afrique ont amplifié et légitimé le


mouvement de recul de la loi nationale au profit de la loi internationale.

B. LA PREPONDERANCE DE LA LOI INTERNATIONALE

Le droit commercial ne pouvait pas ignorer la mondialisation des échanges économiques.


Ainsi, sur le plan strictement africain la nécessaire intégration juridique et économique en vue
de la construction de grands ensembles régionaux afin de faire face aux difficultés a justifié
l’élaboration d’un droit africain commun aux pays appartenant à tel ou tel ensemble. Il s’agit
de l’émergence d’un droit communautaire avec le traité de l’UEMOA, le traité de l’OHADA
et le traité de la CEMAC.

a- LE TRAITE DE L’UEMOA
Il a été signé le 10 janvier 1994 entre les différents Etats de l’ancienne UMOA. Le traité se
fixe dans son préambule, l’objectif de favoriser le développement économique et social des
Etats membres grâce à l’harmonisation de leurs législations, l’unification de leur marché
intérieur et la mise en œuvre de politique sectorielle commune dans les secteurs essentiels de
leur économie. Les organes directeurs mis en place par le traité sont la commission et le
parlement de l’union chargés de participer au processus décisionnel. Le traité a créé deux
juridictions :

La cour des comptes et la cour de justice.

La cour des comptes a pour mission d’assurer le contrôle de l’ensemble des organes de
l’union alors que la cour de justice est chargée de veiller au respect du droit quant à

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l’interprétation et l’application du traité. Plusieurs types d’actes peuvent être adoptés dans le
cadre de l’UEMOA.

-‐ Le règlement : qui est la principale source dérivée du droit communautaire. Les


règlements ont une portée générale. Ils sont obligatoires dans tous leurs éléments et,
sont directement applicables dans tout Etat membre.

-‐ La directive communautaire : elle repose sur une répartition des tâches et une
collaboration entre les organes communautaires et les autorités nationales. Au terme
de l’article 43 al.2 du traité de l’UEMOA, les directives lient tous les Etats membres ;
quant aux résultats à atteindre ; cela signifie que la directive fixe un résultat obligatoire
pour les Etats mais, leur laisse une marge de manœuvre quant à la forme et quant aux
moyens ou instrument de réception. A ce titre la directive apparaît comme un
instrument de rapprochement, d’harmonisation des législations à la différence du
règlement qui uniformise le droit.

-‐ La décision : c’est un acte obligatoire en tous ses éléments pour les destinataires qu’elle
désigne mais elle n’a pas une portée générale lorsqu’elle est adressée à un particulier
(individu/entreprise). Elle vise à l’application du traité à un cas particulier. Elle peut
aussi s’adresser aux Etats membres qui doivent prendre des mesures d’application
comme pour les directives.
Cependant, dans ce cas, les Etats ne conservent pas le choix des formes juridiques de
la mise en œuvre dans l’ordre national.

-‐ Les avis et les recommandations : à la différence des précédents actes, ils n’ont pas un
effet contraignant ou décisoire. Ils formulent de simples propositions sans pouvoir
exprimer des prescriptions.

b- LE TRAITE DE L’OHADA

Signé à Port-Louis le 17 octobre 1993 et révisé au Québec le 17 octobre 2008, le traité de


l’OHADA intéresse particulièrement les activités commerciales. Il a pour objectif principal de
favoriser l’harmonisation du droit des affaires dans les Etats signataires par l’élaboration des
règles communes simples et adaptées à la situation de leur économie, par la mise en œuvre de
procédures judiciaires appropriées, et enfin, par l’encouragement au recours à l’arbitrage pour

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le règlement des différends contractuels. La réalisation des objectifs précisés par le traité est
assurée par une organisation supranationale dénommée OHADA comprenant, un conseil des
ministres et une cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA). Le conseil des ministres est
assisté d’un secrétariat permanent auquel est rattachée une école régionale de magistrature.
Dans le cadre du traité de l’OHADA, les actes qui sont adoptés, sont des actes uniformes qui
représentent le droit communautaire dans cette organisation. La préparation et l’adoption de
ces actes uniformes obéissent à des règles particulières. Il ressort des articles 5 à 12 du traité,
que l’harmonisation du droit des affaires est préparée par le secrétariat permanent en
concertation avec les gouvernements des Etats signataires qui disposent d’un délai de 90 jours
pour faire leurs observations écrites sur les projets d’actes uniformes qui leur sont soumis. A
l’expiration de ce délai, le secrétariat permanent met au point le texte définitif et inscrit sa
discussion à l’ordre du jour du prochain conseil des ministres.

L’adoption des Actes Uniformes par le Conseil des ministres requiert l’unanimité des
représentants des Etats parties présents et votant. L’adoption des Actes Uniformes n’est pas
valable que si les 2/3 des Etats parties sont représentés. Une fois adopté, l’Acte Uniforme
entre en vigueur, 90 jours après sa publication au Journal Officiel de l’OHADA.
En vertu de l’article 10 du traité de l’OHADA à partir de ce moment, les Actes Uniformes
sont obligatoires et s’appliquent directement dans les Etats parties, nonobstant, toute
disposition de droit interne contraire antérieure ou postérieure.

Au total, l’internationalisation croissante du droit commercial se fait à travers deux


techniques :

-‐ La première technique est l’harmonisation qui est l’opération consistant à rapprocher


les systèmes juridiques d’origines différentes en cherchant à supprimer leur différence
et leur contradiction de façon à atteindre les objectifs communautaires recherchés.

-‐ La seconde technique est l’unification de droit, qui consiste à instaurer dans une
matière juridique donnée, une législation unique dans laquelle, il n’y a plus de place
pour la différence ou les divergences. C’est un procédé brutal et sévère d’intégration
juridique car elle implique, que les Etats renoncent à leur souveraineté dans l’édiction
des normes. C’est cette dernière technique qui a été appliquée en droit commercial à

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travers l’adoption d’un acte uniforme portant droit commercial général applicable dans
tous les Etats parties au traité de l’OHADA.

PARAGRAPHE 2 : LA CONCURRENCE DES SOURCES PRIVEES.

L’espace juridique n’est pas seulement occupé par le droit étatique, d’autres ordres viennent
compléter l’ordre étatique. Le monde des affaires apparaît comme étant un milieu favorable à
l’apparition d’un ordre juridique spontané, c’est-à-dire, des règles émanant du milieu lui-
même. Il faut distinguer deux types de règles d’origine privée :

D’une part, les usages des commerçants ;

D’autre part, les règles élaborées par les ordres professionnels et les organes de régulation de
l’économie.

A. Les Usages
Ils constituent une source importante du droit commercial. D’abord, parce que le droit
commercial dans ses origines était un droit non écrit et ensuite, le législateur ne peut pas
suivre le rythme d’évolution des échanges économiques. Il préfère souvent laisser aux
commerçants eux-mêmes, le soin de règlementer leurs propres rapports. Les usages sont des
pratiques notoires, répétés et constantes et qui finissent par acquérir un caractère obligatoire.

En matière commerciale, on distingue deux catégories d’usage :

_ Les usages conventionnels encore appelés usages de fait.

_ Les usages de droit appelés coutumes

Les usages conventionnels tirent leur force ou autorité de la volonté des parties. Ils ne
sont en principe applicables qu’entre professionnels (commerçants) supposés les connaître. Ils
ne sont donc pas opposables aux non commerçants et aux professionnels relevant d’une autre
branche d’activité, à moins que ces usages ne soient portés à leur connaissance et qu’il y ait
une acceptation expresse. Quant aux usages de droit ou coutume, ils tirent leur force d’une
reconnaissance de la jurisprudence ou d’un renvoi de la loi.

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Il existe trois différences essentielles entre usage de droit et usage conventionnel.

D’abord, en matière de preuve, celui qui invoque un usage de droit ou coutume n’a pas besoin
de prouver son existence (le juge est censé le connaître). Par contre, il appartient à celui qui
invoque un usage de fait d’en apporter la preuve. Cela se fera au moyen d’une attestation
appelée parère délivrée par les chambres de commerce.

Ensuite, sur le plan procédural, la violation d’un usage de droit par les juges du fond peut
servir de motif à un pourvoi en cassation alors qu’un tel recours est irrecevable lorsqu’il s’agit
des usages conventionnels car dans ce domaine les juges du fond disposent d’un pouvoir
souverain d’appréciation.
Enfin, par rapport à leur opposabilité, l’usage de droit ou coutume a un caractère impératif.
Toutes les parties sont censées le connaître et elles ne peuvent pas y déroger.

En revanche, l’opposabilité d’un usage conventionnel est subordonnée à l’acceptation tacite


ou expresse des parties.

L’usage conventionnel a un caractère supplétif. Les professionnels qui contractent dans leur
branche d’activité sont censés connaitre tous les usages qui y sont admis.

S’ils veulent écarter un usage conventionnel, ils doivent le faire de façon expresse.

B. LES AUTRES SOURCES PRIVEES

Il arrive que des personnes appartenant à la même profession élaborent des normes de portée
internationale qui s’imposent aux professionnels du milieu. Il s’agit des codes de conduite, qui
constituent une sorte de déontologie nécessaire à l’harmonisation de la pratique de certains
métiers. Ces codes de conduite constituent un système de contrôle par le milieu lui-même, et
traduisent l’existence d’un ordre privé économique contemporain à côté de l’ordre étatique.
Par ailleurs, on rencontre d’autres règles qui émanent des organismes de régulation de
l’économie. Ces organismes, composés de magistrats professionnels et des personnalités de la
société civile font des suggestions et prennent des directives qui ne peuvent pas être ignorés
par les praticiens du droit commercial.

PARAGRAPHE 3 : LA JURISPRUDENCE

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Elle peut être définie comme étant l’ensemble des décisions rendues par les juridictions sur
une question de droit déterminée. Certains auteurs ont soutenu que la jurisprudence n’est pas
une source de la règle de droit. Trois arguments ont été mis en avant :

-D’abord, le principe de la séparation des pouvoirs s’oppose au pouvoir normatif du juge. Il y


a trois (3) pouvoirs : le pouvoir législatif, exécutif et le pouvoir judiciaire. Le rôle du pouvoir
judiciaire n’est pas de créer une norme mais d’appliquer une norme préalablement établie.

-Ensuite, il est interdit au juge de rendre des arrêts de règlement.

-Enfin, le caractère relatif de l’autorité de la chose jugée est incompatible avec le


caractère général de la règle de droit.

Malgré la force de ces arguments, on est obligé de considérer que le juge a un pouvoir
normatif. En effet, le juge ne peut pas s’abriter derrière le silence, l’absurdité ou les lacunes de
la loi pour se soustraire à l’obligation de trancher le conflit qui lui est soumis. S’il le faisait, il
commettrait ce qu’on appelle un déni de justice. Dans ces conditions, le juge est amené
parfois à créer la régler de droit dans les hypothèses où la loi n’a rien prévu. Il faut souligner,
par ailleurs qu’il existe une juridiction supérieure chargée d’unifier l’interprétation de la règle
de droit (Cour de cassation ou Cour Suprême). Les juridictions inférieures ne sont, certes, pas
tenues de suivre l’interprétation de la Haute juridiction, mais dans la pratique, elles suivent
cette interprétation pour ne pas voir leurs décisions censurées. Dès lors, la jurisprudence est
une source de droit même si c’est une source indirecte.

Au-delà de ce problème général, il y a une spécificité de la jurisprudence commerciale. Cela


tient au fait qu’elle présente une particularité par rapport à la justice étatique. Cette
particularité tient au fait que les arbitres tirent leur pouvoir de la volonté des parties.

Ce mode de règlement des litiges peut être utilisé aussi bien par les personnes physiques ou
morales que par l’Etat, les autres collectivités territoriales les établissements publics et toute
personne morale de droit public (voir article 2 de l’acte uniforme). L’article 3 de l’acte
uniforme relatif au droit de l’arbitrage précise toutefois que l’arbitrage peut être fondé sur une
convention d’arbitrage ou sur un instrument relatif aux investissements notamment un code
des investissements ou un traité bilatéral ou multilatéral relatif aux investissements. Lorsque

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l’arbitrage résulte d’une convention d’arbitrage celle-ci peut prendre deux formes : le
compromis et la clause compromissoire.

Le compromis est la convention par laquelle deux personnes qui ont un litige décident de le
soumettre à un arbitre. Pour que le compromis soit valable, il faut un certain nombre de
conditions :

- Les parties doivent avoir le droit de disposer du droit litigieux ;

- elles doivent avoir la capacité d’ester en justice ;

- l’objet du compromis doit être dans le commerce juridique1.

La clause compromissoire quant à elle est la clause par laquelle les parties à un contrat
s’engagent à soumettre à des arbitres les litiges pouvant résulter de l’exécution de ce contrat.
En raison des dangers qu’elle présente, la clause compromissoire n’était considérée comme
valable que si elle était insérée dans un acte passé entre les commerçants. En droit OHADA
le législateur ne se réfère pas à la qualité des parties pour déterminer les conditions de validité
de la clause compromissoire. Celle-ci est soumise aux mêmes conditions que le compromis et
est donc valable aussi bien en matière commerciale qu’en matière civile ou lorsqu’elle est
insérée dans un acte mixte.

S’il y a une convention d’arbitrage valable, les juridictions étatiques sont incompétentes. Mais
cette incompétence est relative puisque le juge saisi ne pourra se déclarer incompétent que si
le défendeur soulève une exception d’incompétence in limine litis, c’est-à-dire avant la
conclusion au fond. Si le défendeur commence par opposer une défense au fond, il ne pourra
plus soulever l’exception d’incompétence. Lorsque les arbitres sont saisis, ils doivent
respecter les règles de procédure, sauf si les parties en ont décidé autrement. Ils doivent aussi
trancher le litige en appliquant les règles de droit. Mais les parties peuvent les autoriser à
statuer en équit é ; on dit dans ce cas qu’ils ont statué en amiables compositeurs.

La sentence arbitrale c’est-à-dire la décision rendue par les arbitres est dotée de l’autorité de
la chose jugée, mais, elle n’a pas une force exécutoire c’est-à-dire, qu’elle ne peut pas faire

1 Les litiges liés à l’état et à la capacité des personnes ne peuvent être soumis à des arbitres.

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l’objet d’une exécution forcée. Toutefois, cette faiblesse peut être corrigée. En effet, la partie
qui a gagné le procès peut obtenir du président du tribunal de grande instance ou du président
de la CCJA une ordonnance d’exéquatur qui permet de procéder à une exécution forcée.
L’autre particularité de la sentence arbitrale est qu’elle ne peut pas faire l’objet de recours
ordinaires tels que l’appel, l’opposition et le pourvoi en cassation. Certains recours
exceptionnels restent possibles dans certaines circonstances :

_ recours en annulation (recours en contestation de validité)

_ recours en révision (si un élément n’est pas pris en considération)

_ La tierce opposition

SECTION III : LE DOMAINE DU DROIT COMMERCIAL

Pendant longtemps, la détermination du domaine du droit commercial a fait l’objet d’une


controverse. On s’est demandé si le droit commercial est le droit des commerçants, ou celui
des actes de commerce. Il y a eu une opposition entre une conception objective et une
conception subjective.

Selon les partisans de la conception objective, le droit commercial est le droit des actes de
commerce, car, la loi détermine un certain nombre d’actes auxquels, elle donne le caractère
d’acte de commerce ; et c’est l’accomplissement des ces actes de commerce qui permet
d’identifier les commerçants. En revanche, selon la conception subjective, le droit commercial
est en fait, le droit des commerçants car seules les personnes qui ont cette qualité sont
assujetties à ce droit particulier. Aujourd’hui, cette controverse est quelque peu atténuée. Un
compromis semble être trouvé. On considère que le droit commercial est à la fois, celui des
commerçants et celui des actes de commerce.

On dit alors que le droit commercial s’applique aux activités commerciales en général,
qu’elles soient ou non le fait d’un commerçant. Le champ d’application du droit commercial
s’est étendu de telle sorte qu’il est devenu difficile de dresser les frontières du droit
commercial. On assiste à une commercialisation de la vie publique et à une commercialisation
de la vie civile.

45
PARAGRAPHE 1 : LA COMMERCIALISATION DE LA VIE PUBLIQUE

Pendant longtemps, l’Etat, garant de l’Intérêt Général, n’avait aucune raison d’intervenir dans
le domaine des activités économiques sauf pour les règlementer. Mais, aujourd’hui, l’Etat et
les collectivités publiques interviennent dans la vie économique, soit en se réservant le
monopole de certaines activités lucratives, soit comme concurrent du secteur privé. C’est cela
qui a justifié l’application du droit commercial aux personnes publiques. L’article 1 de
l’AUDCG prévoit : « l’Acte Uniforme est applicable à tout commerçant personne physique
ou morale y compris les sociétés commerciales dans lesquels un Etat ou une personne morale
de droit public est associée ».

PARAGRAPHE 2 : LA COMMERCIALISATION DE LA VIE CIVILE

Il y a toujours eu une séparation nette entre le droit civil et le droit commercial. Mais, le droit
privé contemporain se caractérise par une extension du champ d’application du droit
commercial à certaines activités qui, autrefois, relevaient du droit civil. Ce phénomène peut
être d’abord, être constaté à travers l’introduction des opérations immobilières dans les actes
de commerce (l’achat pour la revente d’immeuble), ensuite certaines activités liées à
l’exploitation de la terre peuvent se voir appliquer des règles de droit commercial. Il en est
ainsi de l’agriculture, de l’élevage exercé avec une spéculation (la recherche d’un profit) de
même l’exploitation des mines, des carrières des gisements des ressources naturelles est
devenue une activité commerciale, lorsqu’elle est effectuée de façon industrielle.

Au total, il apparaît que le droit commercial est un droit mouvant, c’est-à-dire, qu’il change
selon le contexte économique et technique. Il nécessite une permanente adaptation et il est
ouvert aux influences internationales. Etudier le droit commercial général, consiste à examiner
l’ensemble des règles qui s’applique à l’entreprise individuelle exerçant une activité
commerciale, c’est-à-dire, celle qui est exploitée par une personne physique.

Pour cela, il faut d’abord envisager l’étude des acteurs de l’entreprise à savoir, les
entreprenants et les commerçants avant d’envisager ensuite, celle de l’exercice de la
profession commerciale.

PREMIERE PARTIE :

46
b

LES ACTEURS DE L’ENTREPRISE COMMERCIALE :

LES COMMERCANTS

INTRODUCTION

Aux termes de l’article 2 de l’Acte Uniforme sur le droit commercial général : « est
commerçant celui qui fait de l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa
profession ». En lisant cette disposition, on peut avoir l’impression qu’il suffit d’accomplir
des actes de commerce pour accéder à la profession commerciale, en vertu du principe de la
liberté de commerce et de l’industrie. Cependant, il faut préciser que l’accès à la profession
commerciale est strictement réglementé, même si l’acquisition de la qualité de commerçant
requiert simplement le respect de certaines conditions liées à l’exercice d’une activité
commerciale.

47
TITRE II : L’EXERCICE DE LA PROFESSION COMMERCIALE

La qualité de commerçant confère un statut juridique qui s’articule autour d’un certain
nombre de règles dont la plupart se rapportent aux actes de commerce ou aux activités
commerciales. Parmi ces règles particulières applicables aux actes de commerce, on
mentionne généralement : Les règles de compétence, le régime de la preuve, la
présomption de solidarité, l’absence de formalisme de la mise en demeure, la
prescription abrégée etc.

Il est donc d’un grand intérêt de faire la distinction entre le commerçant et le simple
particulier.

En effet, le commerçant est assujetti à une condition juridique qui lui donne des droits qui ne
sont pas en principe reconnus aux non commerçants mais également qui l’assujetti à des
obligations spécifiques, dans le cadre de l’exploitation de son fond de commerce.

CHAP. I : LES DROITS RECONNUS AUX COMMERÇANTS

48
Ces droits sont nombreux mais, il est possible de les classifier en se fondant sur l’objectif
poursuivi par le législateur. D’une part, il y a des droits destinés à faciliter l’exercice du
commerce et d’autre part, il y a des droits destinés à protéger le commerçant.

SECTION 1 : LES FACILITES RECONNUES AUX COMMERÇANTS.

Deux droits sont destinés essentiellement à faciliter l’exercice de l’activité commerciale. Il


s’agit du droit d’invoquer la liberté de la preuve et celui de se prévaloir de la prescription
abrégée.

PARAGRAPHE 1 : LA LIBERTE DE LA PREUVE

Il existe en matière de preuve deux systèmes. Il y a d’abord, le système de l’intime


conviction encore appelé système de la preuve morale. C’est le système appliqué en matière
pénale. Dans ce système, le juge a une large marge de manœuvre, car tous les modes de
preuves sont admis ; et, il n’y a pas une hiérarchisation de preuve. Ensuite, il y a le système
de la preuve légale encore appelé système de la légalité. C’est celui, qui est appliqué en
matière civile. Dans ce système, la loi énumère de façon limitative les différents modes de
preuve. Elle réglemente également, les conditions de recevabilité de chacun de ses modes de
preuves. Et enfin, elle détermine, la force probante des différents modes de preuves, en
distinguant des preuves parfaites (écrit, acte sous seing privé…), qui lient le juge ; et les
preuves imparfaites (témoignage, présomption de fait,…) ; à l’égard desquelles, le juge
dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation. Toutes ces règles sont écartées en matière
commerciale où, on constate l’absence de formalité. En effet, l’article 5 de l’AUDCG
dispose « les actes de commerce se prouvent par tout moyen même par voie électronique à
l’égard des commerçants ». Il résulte de ce texte que, la liberté de la preuve ne s’applique
que si l’objet de la preuve porte sur un acte de commerce et ; si la preuve doit être rapportée
contre un commerçant. Dès lors, cette règle ne s’applique dans l’absolu que si les deux
parties ont la qualité de commerçant, et qu’il s’agit de prouver un acte de commerce. La
preuve contre un commerçant, n’agissant pas dans le cadre de sa profession commerciale, est
soumise aux règles du droit civil. Cette liberté de preuve, se justifie par la rapidité et la
répétition des transactions commerciales, mais aussi, par le fait que les commerçants sont
assujettis à une comptabilité rigoureuse qui exclut toute incertitude de leurs créances et dettes.
Dès lors, il est inutile de se pré constituer une preuve écrite, même pour les opérations portant

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sur des montants très élevés. L’écrit s’il existe n’a pas une prééminence sur les autres modes
de preuve. Le commerçant peut recourir à la photocopie même non légalisée, à la disquette
informatique, au télex en plus des modes de preuve habituels prévus en matière civile. Il a
même la possibilité selon l’article 5 al.2 de l’AUDCG d’utiliser ses propres livres de
commerce et les états financiers de synthèse comme moyen de preuve.

Pour l’utilisation des livres de commerce comme mode de preuve ; un certain nombre
de conditions doivent être réunies par les commerçants.

D’abord, il doit s’agir de livres de commerce régulièrement tenus. Ensuite, le commerçant


doit être un commerçant de droit, l’acte à prouver doit être un acte de commerce et, enfin, la
preuve doit être rapportée contre un commerçant.

Que se passe-t-il s’il s’agit d’un acte mixte ? C’est-à-dire, un acte civil pour l’une des
parties et commercial pour l’autre. Tout dépend de la qualité de celui qui doit prouver. En
effet, contre le débiteur commerçant, le créancier non commerçant peut utiliser tout moyen de
preuve. En revanche, le commerçant qui entend prouver à l’encontre d’un débiteur non
commerçant doit le faire selon les règles du droit civil. C’est ce qu’on appelle le principe de la
distributivité. Afin de réduire les différences entre les règles de droit commun et les règles de
droit commercial en matière de preuve, l’alinéa 2 de l’article 5 de l’Acte Uniforme ajoute : «
que tout commencement de preuve par écrit autorise le commerçant à prouver par tout
moyen contre un non commerçant ». Cette disposition vise à surmonter la contradiction entre
les règles applicables aux commerçants et celles dont bénéficient les non commerçants.

Lorsqu’il s’agit de prouver contre un non commerçant, le recours au commencement de


preuve par écrit, est de nature à surmonter la difficulté pratique pour les commerçants à leur
permettre de rapporter plus aisément, la preuve à l’égard d’une partie non commerçante, et
ceci dans le respect des pratiques couramment observées. Notons aussi que la facture a une
valeur juridique en matière commerciale, dans la mesure où, elle est essentiellement un
moyen de preuve à la disposition du commerçant qui l’a établie. Elément de la comptabilité
du commerçant, la facture à la même valeur probante que les autres moyens de preuve.

PARAGRAPHE 2 : LA COURTE PRESCRIPTION EXTINCTIVE.

50
Les articles 16 à 29 de l’AUDCG organisent le régime général de la prescription extinctive
en matière commerciale, et précisent l’attitude du juge, et des parties au regard des effets de la
prescription. Selon l’article 16 de l’Acte Uniforme, les obligations nées à l’occasion de leur
commerce entre commerçants et non commerçants se prescrivent par 5 ans si elles ne sont
pas soumises à des prescriptions plus courtes. Cette prescription abrégée est également
prévue pour les obligations nées entre entreprenants et non entreprenants. L’article 17 de
l’Acte Uniforme fixe le point de départ du délai de prescription en disposant que le délai
court à compter du jour où le titulaire du droit d’agir a connu ou aurait dû connaître les
faits lui permettant d’exercer l’action en justice. Comme dans toute prescription extinctive,
il peut y avoir une suspension ou une interruption de la prescription. La suspension a pour
effet d’en arrêter temporairement le cours sans effacer le délai déjà couru. Cela veut dire
que le délai pendant lequel le créancier était dans l’impossibilité d’agir n’est pas pris en
compte. Il faut ajouter au délai déjà couru, le délai à courir après l’événement cause de la
suspension. L’article 21 de l’Acte Uniforme énumère les circonstances entraînant une
suspension de la prescription. Il en est ainsi lorsque celui qui devait agir est dans une
impossibilité d’agir par suite d’un empêchement résultant de la loi, de la convention ou de la
force majeure. C’est également le cas lorsqu’après la survenance d’un litige, les parties
conviennent de recourir à la médiation ou à la conciliation. C’est enfin, le cas lorsque le juge
accueille une demande d’instruction présentée avant tout procès.

Quant à l’interruption de la prescription, elle a pour effet d’effacer le délai de prescription


déjà acquis et de faire courir un nouveau délai de même durée que l’ancien. La prescription
peut être interrompue en cas de reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel
le délai est prescrit, en cas d’introduction d’une demande en justice même en référé. Il en est
de même, en cas d’incompétence du juge saisi, ou d’annulation de l’acte d’introductif
d’instance. En présence de codébiteurs, d’héritiers ou de cautions, l’interruption à l’égard de
l’un des débiteurs solidaires par une demande en justice ou par un acte d’exécution forcée
(saisie) ou la reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel il prescrit
interrompt le délai contre tous les autres.

Concernant, l’attitude du juge et des parties face à la prescription ; il est prévu que la
prescription ne peut être relevée d’office, et sauf renonciation elle peut être invoquée en
tout état de cause, c’est-à-dire, à quelque étape de la procédure. Le paiement d’une dette

51
prescrite, ne peut pas aussi être répété. Cela signifie que, si un débiteur paie volontairement
une dette prescrite, il ne pourra pas exercer contre le créancier, une action en répétition de
l’indu.

Lorsqu’une prescription est acquise, le bénéficiaire peut y renoncer de façon expresse ou


tacite. La renonciation est tacite lorsqu’il résulte des circonstances, une volonté sans
équivoque (claire) de ne pas se prévaloir de la prescription. L’article 29 de l’Acte
Uniforme fixe la liberté des parties pour aménager par accord commun, le régime de la
prescription future ou en cours. Ainsi, elles peuvent réduire ou allonger la durée de la
prescription. Toutefois cette durée ne peut pas être réduite à moins d’un an ni être étendue
à plus de 10 ans.

SECTION 2 : LES DROITS RECONNUS AUX COMMERÇANTS POUR

ASSURER LEUR PROTECTION


Les commerçants au même titre que les entreprenants, doivent être protégés contre deux
catégories de personnes : contre les concurrents, qui utilisent parfois des méthodes déloyales
mais aussi, contre les bailleurs qui peuvent être tentés de rompre les contrats de bail
nécessaires à l’exercice de leur activité.

PARAGRAPHE 1 : LA PROTECTION CONTRE LES CONCURRENTS

Le principe de la liberté du commerce et de l’industrie est proclamé depuis 1791. Il a pour


corollaire nécessaire celui de la libre concurrence. Pour assurer son rôle de régulateur des
échanges économiques, la concurrence doit répondre à deux exigences. Elle doit être loyale et
elle doit être libre. C’est-à-dire, qu’elle doit être exercée conformément aux usages honnêtes
du commerce, et elle ne doit pas être entravée par des comportements anticoncurrentiels. En
effet, il n’est pas tolérable, que certains acteurs de la vie des affaires s’éloignent des règles du
jeu, et s’approprient par des manœuvres frauduleuses, la clientèle de leurs concurrents. C’est
pourquoi le commerçant est protégé contre le détournement de sa clientèle, par une action en
responsabilité civile particulière, appelée action en concurrence déloyale. Cependant, cette
action en concurrence déloyale n’est pas réservée exclusivement aux commerçants. Les
membres de toutes professions peuvent agir en concurrence déloyale. Ainsi, l’entreprenant,
bénéficie lui aussi de l’action en concurrence déloyale. Etant une action en responsabilité

52
civile, sa mise en œuvre est soumise à des conditions spécifiques, et son exercice aboutit à
des résultats particuliers.

A. LES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE DE L’ACTION EN


CONCURRENCE DELOYALE.

L’action en concurrence déloyale est une application en matière commerciale, de l’action en


responsabilité civile du fait personnel de droit commun. C’est pourquoi, son fondement légal
est l’article 118 du COCC ou l’article 1382 du code civil français. Sa mise en œuvre,
suppose l’existence d’une faute, d’un préjudice et d’un lien de causalité.

1. La faute
Elle peut recouvrir plusieurs aspects :

Elle peut résulter d’un dénigrement du concurrent. Cet acte, consiste à jeter le discrédit soit
sur la personne du concurrent soit sur la qualité des produits qu’il fabrique ou vend. Il est
constitutif d’une concurrence déloyale quand bien même les critiques formulées contre le
concurrent sont fondées. Il faut néanmoins, que les concurrents critiqués soient nommément
désignés ou identifiables. La publicité comparative, constitue souvent une concurrence
déloyale car, celui qui compare dans un but publicitaire, dénigre très souvent.

La faute peut aussi résulter de l’accomplissement d’un acte destiné à créer de la confusion
dans l’esprit de la clientèle afin d’attirer celle-ci. Exemple : un commerçant utilise un nom
commercial sous lequel, était déjà exploité un fond de commerce ou vend des produits
similaires. La confusion peut ainsi porter sur les produits et services (confusion pouvant
porter sur une marque, sur le nom commercial, sur un signe distinctif) ou encore, sur l’aspect
extérieur du produit tel que l’emballage.

La faute peut également résulter de la désorganisation soit de l’entreprise concurrente soit du


marché. Exemple : un commerçant révèle les secrets de fabrique de son concurrent ou
débauche irrégulièrement le personnel de son concurrent. De même l’espionnage industriel
est une technique de désorganisation de l’entreprise du concurrent. La désorganisation du
marché consiste à utiliser une méthode de vente ou de travail qui crée un avantage illicite.
Exemple : la vente à perte, (la pratique des prix anormalement bas.)

53
L’acte de concurrence déloyale, peut enfin prendre la forme d’un acte de parasitisme, c’est-
à-dire, un comportement destiné à s’approprier de façon injustifiée le travail d’autrui. Il
consiste pour une entreprise, à se mettre dans le sillage d’une autre entreprise afin de profiter
sans frais, des efforts et de la réputation de cette dernière. Lorsqu’il existe un rapport de
concurrence entre les deux entreprises parce qu’intervenant dans le même domaine d’activité
on dit alors, qu’il y a concurrence parasitaire qui est une forme de concurrence déloyale. En
revanche, s’il n’existe pas d’une concurrence entre le parasite et le parasité, on parle de
parasitisme économique, qui est cependant sanctionné au même titre que la concurrence
déloyale.

2. Le dommage

Il consiste en une perte de clientèle subie par la victime, entrainant nécessairement une baisse
de son chiffre d’affaire. Cette perte de clientèle peut prendre deux formes :

-‐ Il peut s’agir d’un transfert pur et simple de clientèle. Dans ce cas, la clientèle va
passer du fond de commerce du commerçant victime de la concurrence déloyale à
celui de l’auteur de l’acte de concurrence déloyale.

-‐ Il peut s’agir d’une perte pure et simple de clientèle. Dans ce cas, la clientèle perdue
n’est pas nécessairement récupérée par l’auteur de l’acte.

Par ailleurs, en cas de parasitisme économique, il n’existe pas un détournement de clientèle.


On répare alors le préjudice, consistant en un affaiblissement du nom commercial ou de la
marque.

3. Le lien de causalité

A supposer même que la baisse du chiffre d’affaires soit établie, il faudrait prouver encore le
lien de causalité entre la faute et le préjudice. Cette tâche est délicate, car la chute du
volume des ventes ou des activités peut provenir d’autres causes au moins en partie. Pour
résoudre cette difficulté, on part souvent d’indices pour établir la preuve. Ainsi, on compare
les chiffres d’affaires réalisés avant l’acte de concurrence déloyale et celui réalisé après cet
acte en pondérant avec l’évolution du marché. La jurisprudence se montre indulgente par

54
rapport à la preuve du lien de causalité dès lors que l’acte de concurrence déloyale et la
baisse du chiffre d’affaire sont établis de façon indiscutable.

B LES RESULTATS DE L’ACTION EN CONCURRENCE DELOYALE

L’exercice de l’action en concurrence déloyale peut aboutir à un triple résultats:

-‐ La cessation des agissements déloyaux. A la demande de la victime, le juge peut


ordonner au besoin sous astreinte, toute mesure de nature à faire cesser la concurrence
déloyale. Exemple : la suppression d’une dénomination illicite ou la saisie des objets
imités.

-‐ La condamnation à des dommages et intérêts. A la demande de la victime, le juge peut


également condamner l’auteur de l’acte à verser une somme d’argent pour compenser
le préjudice subi par la victime. Le montant de ces dommages et intérêts est évalué
selon les circonstances de la cause et peut même être réduit au franc symbolique.

-‐ La condamnation à cesser les actes déloyaux peut aussi être assortie, d’une
condamnation à verser des dommages et intérêts.

PARAGRAPHE 2 : LA PROTECTION CONTRE LES BAILLEURS.

Dans la plupart des cas, le commerçant est simplement locataire des locaux où il exerce son
activité. Or cette situation, lui fait courir le risque de perdre son fond de commerce ou son
fond professionnel s’il est expulsé de son local. C’est pourquoi, une prérogative essentielle lui
est reconnue à travers un droit d’exiger le renouvellement de son bail arrivé à expiration.
Mais, le bailleur peut refuser le renouvellement, à condition de payer une indemnité
d’éviction, en compensation du préjudice qui est ainsi causé au locataire.

Le régime du bail professionnel, notamment son aspect relatif au droit au renouvellement, est
réglementé par les articles 123 et suivants de l’AUDCG, qui précisent les conditions de
renouvellement du bail professionnel, la mise en œuvre de ce droit au renouvellement et les
modalités du règlement du contentieux qui peut naître de l’exercice de ce droit.

55
A. LES CONDITIONS DE RENOUVELLEMENT DU BAIL
PROFESSIONNEL

Le droit au renouvellement d’un bail à usage professionnel s’exerce dans un cadre légal bien
déterminé. Les dispositions relatives au bail professionnel sont d’ordre public. Ce droit n’est
garanti au locataire que si les conditions liées à la nature des locaux loués et à la durée du bail
sont remplies.
1. LES CONDITIONS RELATIVES AUX LOCAUX

Les règles régissant le bail commercial et donc le droit au renouvellement, ne s’appliquent


qu’aux baux portant sur des immeubles, rentrant dans l’une des catégories prévues par
l’article 101 de l’AUDCG :

-‐ Les locaux ou immeubles à usage commercial, industriel, artisanal ou professionnel ;

-‐ Les locaux accessoires dépendant d’un local principal à usage commercial, industriel,
artisanal ou professionnel. Il faut préciser cependant, que si ces locaux accessoires
appartiennent à une personne autre que le propriétaire du local principal, il faut que la
location ait été faite en vue de l’utilisation jointe que le destinait le preneur, et que
cette destination ait été connue du bailleur au moment de la conclusion du contrat ;

-‐ Les terrains nues sur lesquels ont été édifiés avant ou après la conclusion du bail, des
constructions à usage commercial, industriel, artisanal ou professionnel, si ces
constructions ont été élevées ou exploitées avec le consentement du propriétaire ou à
sa connaissance.

2. LES CONDITIONS RELATIVES A LA DUREE DU BAIL

Le droit au renouvellement du bail est accordé au preneur personne physique ou personne


morale, exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale ou professionnelle, mais,
qui justifie d’une exploitation de son activité dans les locaux pendant une durée égale au
moins à 2 ans, peu importe, que le bail soit à durée déterminée ou à durée indéterminée. Ce
délai fixé par l’Acte Uniforme est considéré comme le temps nécessaire en pratique pour
s’attacher une clientèle et pouvoir ainsi, bénéficier de la protection légale.

56
B- LA MISE EN ŒUVRE DU DROIT AU RENOUVELLEMENT DU BAIL
PROFESSIONNEL

1. LES DILIGENCES ATTENDUES DU PRENEUR


Il faut faire une distinction selon qu’il s’agit du bail à durée déterminée ou du bail à durée
indéterminée. Le preneur qui a droit au renouvellement de son bail, doit faire une demande de
renouvellement. Cette demande doit être faite par signification d’Huissier ou notification par
tout moyen permettant d’établir, la réception effective par le destinataire au plus tard, trois
mois avant la date d’expiration du bail. A défaut le preneur est déchu de son droit au
renouvellement.

S’il s’agit d’un bail à durée indéterminée, l’initiative du congé (rupture du contrat/ préavis)
n’appartient plus exclusivement au bailleur. Toute partie qui envisage la résiliation du bail
peut donner congé à l’autre par signification d’Huissier de justice ou notification par tout
moyen, permettant d’établir, la réception effective par le destinataire au moins 6 mois à
l’avance. Le preneur qui a reçu congé du bailleur, mais, qui souhaite se maintenir dans les
locaux peut exiger le renouvellement du bail, en notifiant au bailleur dans les mêmes formes,
avant la fin du préavis ou congé, une contestation du congé. A défaut, il est mis fin au bail.

Le bénéfice du droit au renouvellement, est réservé aux locataires commerçants ou


entreprenants inscrit en cette qualité au RCCM (registre du commerce et du crédit mobilier).

2. L’ATTITUDE DU BAILLEUR

Le bailleur qui a reçu la demande de renouvellement du bail dans les formes et les délais
prescrits, doit faire parvenir sa réponse au preneur, au plus tard un mois avant l’expiration du
bail. Faute de quoi, le contrat sera réputé reconduit pour une nouvelle période. L’article 123
al.3 de l’AUDCG fixe à 3ans, la durée du nouveau bail consenti expressément ou reconduit
tacitement (sous silence). L’article 124 de l’AUDCG impose une attitude passive au bailleur
qui doit se contenter d’attendre que le preneur formule sa demande de renouvellement du bail
à durée déterminée et ensuite, seulement lui faire sa réponse dans les délais légaux. Le bailleur

57
n’a aucune obligation de donner congé au preneur dont le manquement serait sanctionné par
l’inopposabilité de la déchéance au droit au renouvellement du bail à durée déterminée.
C- LE CONTENTIEUX DU DROIT AU RENOUVELLEMENT DU BAIL

Le rejet de la demande de renouvellement du bail à durée déterminée et la contestation du


congé dans le bail à durée indéterminée sont parfois sources de difficultés juridiques. Le
traitement de ces difficultés relève de la compétence de la juridiction statuant à bref délai dans
le ressort de laquelle sont situés les locaux loués. Ainsi par exemple, le bailleur peut
subordonner le renouvellement du bail, à une augmentation du loyer. En application du
principe de droit commun de la force obligatoire du contrat, la révision du loyer devra se faire
conformément aux stipulations contractuelles.

Dans le silence du contrat, les dispositions supplétives de l’article 116 de l’Acte Uniforme
prévoient : ‘‘une révision lors de chaque renouvellement’’. En cas de désaccord entre les
parties sur les niveaux de réajustement à opérer, la juridiction compétente saisie, tranchera en
tenant compte, de la situation des locaux, la superficie occupée, l’état de vétusté, le prix des
loyers commerciaux couramment pratiqué dans le voisinage pour des locaux similaires.

Une autre difficulté est relative au refus du bailleur de renouveler le contrat. En effet, le
bailleur peut de façon justifiée, refuser le renouvellement sans aucune conséquence. Par
contre, en cas de refus non justifié, il est tenu de payer une indemnité d’éviction au locataire.
Le montant de cette indemnité est librement déterminé par les parties. A défaut d’accord des
parties, le montant de cette indemnité est fixé par le tribunal en tenant compte du montant du
chiffre d’affaires, des investissements réalisés par les preneurs et de la situation géographique
du local.

Il existe des hypothèses dans lesquelles le bailleur peut refuser le renouvellement sans avoir à
payer une indemnité d’éviction :

-‐ S’il justifie d’un motif légitime à l’encontre du locataire. Ex. : inexécution par le
locataire d’une obligation substantielle du bail ou la cessation de l’exploitation de
l’activité.
-‐ S’il envisage de démolir l’immeuble, comprenant les locaux loués et de les
reconstruire. Il est tenu cependant, de verser l’indemnité, si les nouveaux locaux ont

58
une destination différente de celle des locaux objets du bail initial ou s’il n’est pas
offert au preneur un bail dans les nouveaux locaux.

Le bailleur est dispensé du versement de l’indemnité d’éviction lorsqu’il reprend les


locaux d’habitation accessoires pour y loger lui-même ou les membres de sa famille.

Même s’il n’a pas droit à une indemnité d’éviction, le preneur pourra obtenir le
remboursement du coût des aménagements et des constructions qu’il a réalisés avec
l’autorisation du bailleur. Le montant est fixé d’accord partie, à défaut, il
est fixé par le tribunal à la demande du preneur (Article 131

AUDCG).

Chapitre 2 : LES OBLIGATIONS DES COMMERCANTS

Le commerçant est soumis à de nombreuses obligations. On évoque souvent les obligations


fiscales et sociales. Mais celles-ci en raison de leur ampleur, ne seront pas étudiées dans le

59
cadre de ce cours. D’ailleurs ces obligations ne sont pas liées au caractère commercial de
l’activité, sauf exception.

En revanche, il existe des obligations propres aux commerçants. Ainsi, le commerçant est tenu
d’utiliser des instruments de constatation des opérations commerciales afin d’assurer la
sécurité des tiers et le contrôle des pouvoirs publics. Il est soumis, tout comme l’entreprenant,
à l’obligation de tenir une comptabilité correcte et des livres de commerce (section 1) et à
l’obligation de s’inscrire au registre de commerce et de crédit mobilier (section 2).

Section 1 : Les obligations de tenir une comptabilité correcte et des livres de commerce

Certaines de ces obligations résultent des règles sur les prix, la concurrence et le contentieux
économiques, c’est-à-dire des règles de la concurrence et du droit de la consommation et les
autres résultent de l’AUDCG.

Paragraphe 1 : Les obligations résultant des règles du droit de la consommation Ces


règles font obligations aux commerçants de réunir en liasse les originaux et les copies des
factures revêtues des mentions obligatoires, par ordre de date.

La facture est un écrit par lequel un commerçant rappelle à son client l’opération qu’il a
effectuée avec lui, détaille le montant des prestations qu’il lui a fournies et lui en demande
règlement. Obligation est faite aux vendeurs et aux prestataires de services de délivrer des
factures dans certains cas.

Les commerçants doivent conserver les copies des factures pendant une période de trois ans à
compter de la transaction.
Les achats des produits destinés à la vente à l’état ou après transformation et les achats pour le
compte ou au profit d’un industriel ou d’un commerçant pour les besoins de son exploitation
doivent faire l’objet de factures comportant certaines mentions. De la même manière, les
prestations de service effectuées par un professionnel pour les besoins d’un commerce ou
d’une industrie doivent faire l’objet d’une facture. Quant aux acheteurs professionnels, ils sont
astreints à l’obligation de réclamer les factures, sous peine de sanctions.

Paragraphe 2 : Les obligations résultant de l’AUDCG (articles 13 et suivants) Aux


termes de l’article 1 de l’Acte uniforme relatif au droit comptable, « toute entreprise en
activité doit mettre en place une comptabilité destinée à l’information externe, comme à son
usage propre ». Au-delà de l’obligation de tenir une comptabilité, il ressort de ce texte que la

60
comptabilité est un instrument d’information et comme telle, elle doit être fiable et
sécurisante.

Il s’agit essentiellement de la tenue des livres de commerce dont l’importance n’est plus à
démontrer ; ils peuvent servir de preuve en cas de contestations à propos des opérations
commerciales effectuées. En dehors de cet intérêt strictement privé, il y a un intérêt fiscal car
l’administration fiscale peut vérifier les déclarations effectuées par les commerçants en
examinant les livres de commerce.

La refonte de droit comptable et du plan comptable général a notamment pour objectifs :

▬ de donner une image fidèle de la situation et des opérations traitées eu égard aux
obligations légales de ces entreprises en matière comptable et compte tenu de leur activité et
de leur taille ;

▬ de permettre des comparaisons fiables dans le temps au sein d’une même entreprise et dans
l’espace entre entreprise ou ensemble d’entreprises ;

▬ de permettre un contrôle des comptes assurant aux associés, à l’état et aux autres
utilisateurs privilégiés (banque, prêteurs) toutes garanties de leur régularité, de leur sincérité et
de leur transparence.

Le commerçant doit disposer de documents comptables pour lui permettre de faire


l’enregistrement des traitements comptables des données relatives à son activité. La tenue des
documents ci-après est obligatoire :
● le livre journal qui enregistre au jour le jour les opérations commerciales, effectuées
par le commençant. Il constitue la mémoire comptable de l’entreprise.

● le grand livre avec balance générale récapitulative qui regroupe l’ensemble des
comptes de l’entreprise. Il constitue en quelque sorte un répertoire des inscriptions portées sur
le livre journal.

● le livre d’inventaire qui regroupe les données de l’inventaire qui est un état descriptif
et estimatif de l’ensemble des divers états de l’actif et du passif.

Ces livres doivent être tenus sans blanc ni altération et la correction d’erreurs doit se faire par
la technique de la contre-passation d’écriture ou l’inscription en négatif des éléments erronés,
suivis de l’enregistrement exact de l’opération concernée. Ces livres sont côtés et paraphés par
le président du tribunal compétent en matière commerciale ou les juges délégués à cet effet.

61
.

Les livres de commerce doivent mentionner le numéro d’immatriculation au registre du


commerce et du crédit mobilier du commerçant. Les livres comptables et les pièces
justificatives doivent être conservés pendant une période de dix ans.

A côté des livres obligatoires, il y a des livres facultatifs. Ce sont des livres tenus à la
convenance du commerçant. Il s’agit par exemple du livre de caisse qui récapitule les
paiements faits ou reçus et du livre des effets à payer ou à recevoir dans lequel le commerçant
indique les traites et leurs échéances.

Les entreprises ont aussi l’obligation d’établir des états financiers de synthèse, encore appelés
états financiers annuels. Il s’agit d’un ensemble de documents comptables élaborés par les
commerçants qui « forment un tout indissociable et décrivent de façon régulière et sincère les
évènements, opérations et situations de l’exercice pour donner une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise ». Mais cette obligation ne
comporte pas les mêmes exigences ; le législateur tient compte de la taille des entreprises pour
mettre en place trois systèmes comptables. Il s’agit du système normal de comptabilité pour
les entreprises

62
grande taille, du système allégé pour les entreprises de taille petite ou moyenne et du système
minimal de trésorerie pour les entreprises de très petite taille.

Contrairement au commerçant, les obligations comptables de l’entreprenant sont plus allégées.


Ces obligations sont définies en un chapitre aux articles 31 et 32 AUDCG. Aux termes de
l’article 31 AUDCG, l’entreprenant est tenu d’établir, dans le cadre de son activité, au jour le
jour, un livre mentionnant chronologiquement l’origine et le montant de ses ressources en
distinguant les règlements en espèces des autres modes de règlement d’une part, la destination
et le montant de ses emplois d’autre part. Ledit livre doit être conservé pendant cinq ans au
moins. L’article 32 AUDCG prévoit qu’en outre, l’entreprenant qui exerce des activités de
vente de marchandises, d’objets, de fournitures et de denrées ou de fourniture de logement
doit tenir un registre, récapitulé par année, présentant le détail des achats et précisant leur
mode de règlement et les références des pièces justificatives, lesquelles doivent être
conservées.

En somme, il s’agit d’une comptabilité de trésorerie de type recettes dépenses dégageant le


résultat de l’exercice. Dès lors, de très petites entreprises dont les moyens matériels ne
permettent guère la tenue d’une comptabilité fiable et qui naguère, étaient contraintes de
demeurer dans l’informel trouvent ainsi une chance d’améliorer leur gestion comptable.

Sa qualité professionnelle ne le dispense que de ces obligations comptables et


d’immatriculation et il doit respecter les règles d’exercice propres à son activité d’agriculteur,
d’artisan, de commerçant ou de professionnel libéral. S’il exerce une activité commerciale, il
peut être titulaire d’un fonds de commerce mais il doit alors l’exploiter directement et ne peut
le donner en location-gérance. Il ne peut davantage prendre un fonds en location-gérance.

Paragraphe 3 : L’utilisation des livres en justice

A. La valeur des livres de commerce en tant que mode de preuve

Selon l’article 5 AUDCG, les livres de commerce régulièrement tenus peuvent être

admis par le juge pour constituer une preuve entre commerçants ou entre

63
entreprenants. Il faut cependant un certain nombre de conditions. Il faut d’une part, que les
livres soient régulièrement tenus. Il s’ensuit qu’un livre tenu en violation des règles ne peut
servir de preuve. Il faut d’autre part, que le litige à propos duquel le commerçant prétend se
servir de ce livre l’oppose à un autre commerçant ou entreprenant.

Que se passe-t-il lorsqu’il s’agit d’une contestation opposant un commerçant ou entreprenant à


un non commerçant ou entreprenant ? Il ne fait pas de doute que le commerçant ou
l’entreprenant ne peut pas utiliser ses livres contre un non commerçant ou entreprenant. En
revanche, la jurisprudence a toujours admis la possibilité pour les civils d’opposer au
commerçant les livres que celui-ci a tenus.

B. Les techniques d’utilisation des livres en justice

Il y a deux techniques d’utilisation possibles. D’une part, la représentation qui consiste à


extraire du livre ce qui intéresse le litige. Ainsi, le commerçant ne sera pas tenu de
communiquer l’ensemble de ses livres à son adversaire qui pourrait connaître ses secrets.
D’autre part, la communication qui consiste à communiquer l’ensemble des livres à
l’adversaire, lequel pourra les consulter dans toutes les parties. Dans le souci de préserver les
secrets des affaires, l’article 5, al. 5 AUDCG ne consacre que la technique de la
représentation.

Section 2 : L’inscription au registre du commerce et du crédit mobilier

Celle-ci est parfois présentée, eu égard à son importance particulière, comme une condition
d’accès à la profession commerciale. Cela n’est pas vrai, car il s’agit d’une véritable
obligation qui pèse sur les personnes physiques commerçantes.

Selon l’article 44, al. 1 AUDCG « toute personne physique dont l’immatriculation est requise
par la loi doit, dans le premier mois de l’exercice de son activité, demander au greffe de la
juridiction compétente ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie, dans le ressort de laquelle
son activité se déroule, son immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier
».

64
Il apparaît que l’immatriculation est beaucoup plus qu’une formalité légale ou une simple
condition d’accès à l’activité commerciale. Elle doit s’analyser en une véritable obligation
incombant à tout commerçant dès son entrée en activité.

65
Si le commerçant est tenu de s’immatriculer, selon les articles 34, 39 et 62 AUDCG,
l’entreprenant quant à lui doit déclarer son activité au registre du commerce.

Organisé par les articles 34 à 81 AUDCG, le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier


(R.C.C.M) est une institution fondamentale dont le but est de pallier les difficultés d’avoir des
renseignements précis sur les commerçants ou les entreprenants. Le registre de commerce est
important car c’est un instrument d’information pour les pouvoirs publics qui ont besoin de
renseignement et de statistiques pour diriger l’économie.

C’est aussi un instrument d’information pour les tiers, il est nécessaire en effet que le tiers
appelé à faire crédit à des commerçants ou entreprenants puisse obtenir rapidement les
renseignements susceptibles de justifier l’octroi de ce crédit ou de légitimer une prudente
réserve.

Il répond aussi à la nécessité de mettre en place un système efficace permettant d’atteindre les
objectifs suivants : ● centralisation de l’information ;

● accessibilité des renseignements pour la transparence et la loyauté dans les affaires ; ●


fiabilité des informations pour une meilleure sécurité et célérité des affaires.

Paragraphe 1 : L’organisation du R.C.C.M

Les articles 37, 75 et 77 de l’AUDCG indiquent avec précision les divers registres, répertoires
et dossiers qui doivent être tenus tant pour l’immatriculation des commerçants que pour la
déclaration d’activité de l’entreprenant et pour les inscriptions des sûretés mobilières et du
crédit-bail.

Ainsi, l’ensemble des RCCM et des fichiers nationaux de la zone OHADA devraient tenir les
mêmes registres et répertoires, demander les mêmes informations et documents aux assujettis.
Par voie de conséquence, le fichier régional devrait recevoir les mêmes informations et
documents des fichiers nationaux de chaque Etat partie. L’objectif étant que les informations
données par les registres et fichiers pour chaque assujetti et pour chaque Etat partie soient
équivalentes et que les assujettis ne soient plus soumis à des demandes d’information et de
pièces d’information différentes dans les Etats parties. Cette harmonisation était enfin
indispensable pour l’informatisation, la mise en place de l’utilisation des procédures
électroniques pour l’exécution de ses missions par le RCCM et les fichiers, ainsi que pour
l’accomplissement de leurs obligations par les assujettis.

66
Il y a trois éléments, le RCCM proprement dit que l’on appelait autrefois le registre local, le
fichier national qu’on appelait le registre central et le registre régional.

A. Le fichier local

Il est tenu au greffe du tribunal compétent en matière commerciale ou par un organe


compétent dans chaque Etat partie sous la surveillance du président du tribunal ou d’un juge
commis à cet effet. Il comprend quatre éléments :

▬ un registre d’arrivée mentionnant dans l’ordre chronologique la date et le numéro de


chaque déclaration acceptée, les noms, prénoms, raison ou dénomination sociale du déclarant
ainsi que l’objet de la déclaration ;

▬ un répertoire des personnes immatriculées et des entreprenants tenu par ordre


alphabétique ;

▬ un répertoire par numéro des personnes immatriculées et des entreprenants ; ▬ une


collection de dossiers individuels pour chaque entreprenant et chaque personne immatriculée
tenue par ordre alphabétique.

B. Le fichier national

Il est tenu dans chaque Etat partie un fichier national. Le fichier national est quant à lui tenu
par l’organe désigné par chaque Etat partie, sous la surveillance du ministère de la Justice. Il
centralise les renseignements consignés dans chaque Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier.

C. Le fichier régional

Il est tenu au greffe de la C.C.J.A. Ce fichier centralise les renseignements contenus dans
chaque fichier national.

Paragraphe 2 : Le fonctionnement du R.C.C.M.

A. L’opération initiale

1. Les persones assujetties

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69
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L’AUDCG étend à plusieurs types de personnes la possibilité de faire des demandes
d’immatriculation. Au-delà des catégories classiques que sont les personnes physiques
commerçantes et les sociétés commerciales, le texte mentionne également les sociétés civiles
par leur forme et commerciales par leur objet, le groupement d’intérêt économique, les
succursales au sens de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique (AUDSC-GIE), toute personne physique exerçant une
activité professionnelle ou tout groupement doté de la personnalité juridique que la loi soumet
à l’immatriculation au RCCM, les établissements publics ayant une activité économique et
bénéficiant d’une autonomie juridique et financière108. L’introduction des derniers cités est la
preuve d’une réelle volonté de transparence, y compris pour les operateurs du secteur public.
Le but recherché est que toutes les entités soient répertoriées.

108 AUDCG, Art. 35.

Les personnes physiques ont l’obligation d’introduire une requête dans le premier mois de
l’exploitation.

La demande d’immatriculation doit être introduite dans le mois de la constitution du


groupement commercial.

Sont enfin concernés les entreprenants qui sont tenus de déclarer leur activité au greffe de la
juridiction compétente ou à l’organe compétent dans l’Etat partie, dans le ressort duquel ils
exercent.

L’entreprenant ne peut commencer son activité qu’après la réception de son numéro de


déclaration d’activité, lequel sera mentionné sur ses factures, bons de commande, tarifs et
documents ou correspondances professionnels.

L’immatriculation et la déclaration d’activité de l’entreprenant sont incompatibles, car le


régime juridique de l’entreprenant est distinct de celui du commerçant immatriculé.

2. Les modalités

La demande d’immatriculation est déposée au greffe de la juridiction compétente ou à


l’organe compétent dans l’Etat partie, dans le ressort de laquelle se trouve le commerce

71
lorsqu’il s’agit de personnes physiques. Pour les personnes morales, la demande est déposée
au greffe de la juridiction compétente ou à l’organe compétent

72
Les articles 66 et 69 l’AUDCG organisent le contentieux entre le greffier et les assujettis, mais
aussi entre les tiers et le greffier.

L’organisation du contentieux permet de rendre effectifs les droits résultant des missions, et
notamment celui d’avoir, dès le dépôt, le numéro d’immatriculation et de déclaration
d’activité ainsi que, pour les tiers, leur droit à obtenir l’information détenue par le RCCM.
Dans la logique de permettre l’accès des tiers aux informations détenues par le greffe,
l’AUDCG donne le droit à ces derniers de saisir la juridiction compétente ou l’autorité
compétente dans l’Etat partie, statuant à bref délai, en cas de manquement à une formalité
prescrite par l’AUDCG. Les tiers deviennent ainsi des acteurs importants dans l’exactitude et
l’actualisation des informations répertoriées.

L’intérêt de tous étant que l’information fournie soit exacte, les articles 66 et 68 prévoient que
tout requérant peut saisir la juridiction compétente pour obliger l’assujetti à accomplir les
formalités mises à sa charge.

De même, lorsque certaines décisions de justice devraient être transcrites d’office et qu’il y a
carence, l’article 43 AUDCG permet à toute personne intéressée d’en demander la
transcription au RCCM.

Enfin, toute personne qui entend se prévaloir d’une décision de justice dont la transcription
doit être faite d’office doit établir que cette dernière a été faite à charge pour elle d’en
demander la transcription au RCCM compétent.

L’ensemble des dispositions maintenues, réaménagées ou nouvelles vise à l’instauration d’un


système d’informations juridiques, économiques et financières sincères et à jour permettant la
facilitation et la rapidité de l’accomplissement des formalités. L’informatisation est un des
éléments phares indispensables pour l’aboutissement ultime de ces innovations. Cependant, le
texte n’est que la base, un changement d’approche des responsables en charge du RCCM mais
aussi des assujettis et des praticiens conduira à une efficience totale de la reforme. Les
opérateurs économiques de l’espace OHADA ne peuvent qu’y gagner, car la transparence de
l’information apportera un climat de confiance et de sécurisation qui ne pourra que favoriser
les relations entre les différents acteurs économiques, attirer les investisseurs étrangers et
inciter l’investissement national.

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B. Les opérations ultérieures

L’inscription initiale doit être constamment mise à jour. C’est pourquoi le commerçant doit
demander une inscription modificative chaque fois qu’il y a un changement de sa situation. Il
doit également demander sa radiation lorsqu’il cesse ses activités.

1. Les inscriptions modificatives

Une immatriculation secondaire doit être requise dans le délai d’un mois à compter du début
de l’exploitation si l’assujettie exploite des établissements commerciaux secondaires ou des
succursales dans le ressort d’autres juridictions.

De la même manière, les éléments qui jalonnent la vie du commerçant doivent être constatés
par la rectification ou le complément des énonciations portées sur le registre de commerce. Il
en est ainsi des modifications concernant l’état civil, le régime matrimonial ou la capacité de
l’assujetti.

La demande de mention rectificative ou complémentaire doit être présentée au greffier ou au


responsable de l’organe compétent dans l’Etat partie dans un délai de trente (30) jours à
compter de la modification survenue. Elle est signée par l’assujetti lui-même ou par tout
mandataire dûment constitué à cet effet, c’est-à-dire justifiant d’une procuration en bonne et
due forme.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat partie dès réception de la


demande rectificative ou modificative délivre un accusé d’enregistrement qui mentionne la
formalité accomplie ainsi que sa date116.

L’entreprenant qui change d’activité ou de lieu d’exercice de son activité doit en faire une
déclaration modificative, sans frais, au greffe ou à l’organe compétent dans l’Etat partie du
Registre de Commerce et de Crédit Mobilier compétent.

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2. La radiation

L’article 55 AUDCG envisage les cas de radiation de la personne physique immatriculée au


Registre de Commerce et de Crédit Mobilier. Ainsi, lorsque le

75
commerçant cesse les activités, la radiation doit être demandée. Il peut s’agit de cessation
volontaire, dans ce cas c’est l’intéressé lui-même qui doit demander sa radiation dans un délai
d’un mois à compter de cette cessation d’activité.

Il se peut aussi que la cessation soit involontaire, par exemple le décès du commerçant, dans
ce cas, il appartient aux héritiers de demander la radiation ou la modification de l’inscription
s’ils doivent continuer l’exploitation. Ils doivent le faire dans un délai de trois mois à compter
du décès.

En cas de dissolution ou de nullité d’une personne morale, l’article 58 AUDCG prévoit que
c’est le liquidateur qui doit demander la radiation dans le délai d’un mois à compter de la
clôture des opérations de liquidation. A défaut, le greffe du tribunal compétent ou l’organe
compétent dans l’Etat partie procède à la radiation sur décision du tribunal ou de l’autorité
compétente dans l’Etat partie, statuant à bref délai, rendue à la demande de tout intéressé.

L’entreprenant qui cesse son activité est tenu de faire, sans frais, une déclaration à cet effet
auprès du greffe compétent ou de l’organe compétent dans l’Etat partie.

La radiation emporte la perte des droits résultant de l’immatriculation ou de la déclaration.

Paragraphe 3 : Les effets de l’inscription ou du défaut d’inscription au RCCM

A. Les effets de l’inscription au RCCM

L’effet principal que la loi attache à l’immatriculation c’est la présomption simple de


commercialité. Celui qui est immatriculé au RCCM est présumé avoir la qualité de
commerçant. Cette présomption est simple aussi bien pour les personnes physiques que pour
les personnes morales, puisque l’article 59, al. 1 AUDCG ne fait pas de distinction. Du fait du
caractère simple de cette présomption, il doit être possible de prouver par tous moyens que
telle personne immatriculée l’a été à tort et que malgré cette immatriculation, elle n’a pas la
qualité de commerçant.

76
Mais cette présomption ne joue pas à l’égard des personnes physiques noncommerçantes qui
se sont immatriculées en vertu d’une disposition légale, ni à l’égard des personnes morales
non-commerçantes, ni à l’égard des Groupements d’Intérêt Economique.

La personne physique qui a satisfait aux obligations déclaratives est présumée avoir la qualité
d’entreprenant. Par ailleurs, l’entreprenant déclaré au RCCM bénéficie de la liberté de preuve,
de la courte prescription commerciale et des règles relatives au bail professionnel.

Toute personne physique ou morale immatriculée ou toute personne physique déclarée au


Registre du Commerce et de Crédit Mobilier est tenue de mentionner sur ses factures, bons de
commande, tarifs et documents ou correspondances professionnels, son numéro et lieu
d’immatriculation ou de déclaration121.

B. Les effets du défaut d’inscription

La situation de la personne non immatriculée est assez originale. En effet, la personne


physique assujettie à l’immatriculation et qui s’abstient d’y procéder ne peut se prévaloir de sa
qualité de commerçant à l’égard des tiers et de l’administration ; elle ne peut donc bénéficier
des droits des commerçants.

Dans le même temps, cette personne ne pourra pas invoquer ce défaut d’immatriculation pour
se soustraire aux responsabilités et aux obligations qui découlent de la qualité de commerçant.
Cette personne peut, par exemple, être déclarée en faillite.

Au total, le commerçant non immatriculé est soumis aux obligations du commerçant, mais ne
peut pas bénéficier des droits. Il convient d’observer que si l’immatriculation n’est pas requise
dans le délai, le tribunal peut soit d’office, soit à la requête du greffe ou de tout intéressé
rendre une décision enjoignant l’intéressé de procéder à cette immatriculation.

Il en est de même de la personne physique assujettie au régime de la déclaration qui s’abstient


d’accomplir cette formalité.

Lorsqu’il s’agit d’une personne morale, le défaut d’immatriculation au RCCM ne lui permet
pas d’acquérir la personnalité juridique. Cependant, elle ne peut invoquer un défaut

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d’immatriculation pour se soustraire aux responsabilités et obligations inhérentes à cette
qualité

C. Les effets du déf.aut d’accomplissement des formalités ultérieures

1. La mention des faits ou actes intéressant le commerçant

Pour les inscriptions postérieures, l’AUDCG ne se préoccupe des effets que sous l’angle de
leur non accomplissement. C’est ainsi que le fait ou l’acte qui aurait dû être mentionné et qui
ne l’aurait pas été ne peut pas être opposé par le commerçant, aux tiers et à l’administration,
sauf s’il prouve que ceux-ci en ont eu connaissance par d’autres moyens123.

Le défaut de mention n’empêche pas cependant les tiers et l’Administration de se prévaloir de


l’acte ou du fait non mentionné contre l’assujetti. Il faut souligner là aussi la possibilité pour
le tribunal de reconnaître à l’intéressé l’inscription des mentions complémentaires ou
rectificatives omises.

2. La radiation

Le commerçant qui cesse ses activités doit se faire radier du R.C.CM. Le défaut de radiation
emporte une présomption irréfragable de commercialité. Dès lors, le tiers est fondé à
considérer que le commerçant qui cesse ses activités, mais qui omet de se faire radier
conserve la qualité de commerçant avec la possibilité d’être déclaré en cessation des
paiements.

Cette personne retirée mais non radiée est donc dans l’impossibilité d’apporter par
d’autres moyens la preuve de la perte da sa qualité de commerçant et ne peut pas
bénéficier des droits de commerçant. Le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat partie
peut procéder à la radiation après décision de la juridiction compétente ou de l’autorité
compétente dans l’Etat partie, statuant à bref délai, saisie à sa requête ou à celle de tout
intéressé124.

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