Analyse de pratique professionnelle : Surveillance des suites des couches physiologiques
1. Description de la situation
Au cours de mon stage en maternité, j’ai participé à la surveillance d’une patiente en post-partum
immédiat, après un accouchement par voie basse, sans complications.
Nous avions :
Surveiller les signes généraux (signes vitaux, fonction urinaire)
Surveiller les signes locaux ou utérins :
o Involution utérine : la hauteur utérine est de 12cm après la délivrance. Elle doit
diminuer progressivement pour atteindre 1cm au 12e jour post-partum
o Les tranchées : sont des coliques utérines qui s’installent pendant les 48 premières
heures post-partum. Les tranchées accompagnent l’involution, entrainent un
écoulement sanguin et une expulsion des caillots.
o Lochies : sont des écoulements vulvaires en suite des couches
Elles sont sanguinolentes durant les 2 ou 3 premiers jours
Elles sont sero-sanguinolantes du 3e au 8e jour
Elles sont séreuses du 8e au 15e jour du post partum
Soins de propreté intime 2 à 3 3 fois par jour, toilette des mamelons à chaque tétée
Surveiller les signes mammaires
Avant la montée laiteuse, la glande secrète du colostrum. La montée laiteuse apparait vers le 2 e
ou 3 e jour et elle est caractérisée par :
o Le gonflement des seins
o Une douleur sourde par distension mammaire
o La sécrétion du lait
o Parfois des céphalées ou des bouffées de chaleur
o Apres 24heures tout redevient normal et le lait sort régulièrement
Il faut exiger un premier lever précoce
Acteurs impliqués :
La patiente, jeune primipare, ayant accouché il y a environ 2 heures.
Le nouveau-né, en peau-à-peau avec sa mère.
La sage-femme encadrante.
Moi-même, en tant qu’étudiant en soins infirmiers.
Enjeux :
Prévenir toute complication maternelle immédiate (hémorragie du post-partum, infection,
rétention placentaire).
Évaluer l’état général de la mère (tension artérielle, pouls, température, globe utérin,
pertes sanguines).
Observer le lien mère-enfant et accompagner l’allaitement.
Rassurer la patiente et répondre à ses questions.
Émotions liées :
Chez la patiente : un mélange de soulagement, de fatigue et d’inquiétude (« est-ce que tout va
bien se passer ? »).
Chez moi : une certaine appréhension au début (peur de mal évaluer une anomalie), puis un
sentiment de responsabilité et de valorisation en constatant que mes observations contribuaient à
la sécurité de la patiente.
Chez la sage-femme : vigilance professionnelle mais aussi bienveillance dans l’encadrement.
Problèmes rencontrés
Me plus grand problème rencontre était l’asepsie et l’antisepsie dans la salle de post-
partum
Les lochies présentes sur les lits, le service de nettoyage ne faisait pas attention à cela
Le niveau d’instruction des mères était bas, elles viennent souvent à l’hôpital avec des
idées préconçues c’était à nous de leur rassurer et de leur donner des informations
médicales
Exemples :
Méconnaissance des signes de danger (fièvre, hémorragies)
Refus ou mauvaise compréhension des conseils sur l’allaitement exclusif
Fortes influences des croyances traditionnelles (usages des plantes, interdits
alimentaires, isolement de la mère)
Refus ou méfiances envers certains soins modernes (vaccination,
contraception)
Anxiété élevée des femmes face aux soins car elles ne comprennent pas
toujours les procédures
Problème spécifique pour moi étudiant
Frustration cde ne pas réussir à bien communiquer ou éduquer la patiente
Sentiment d’impuissance face au manque de moyens et aux barrières
culturelles
Besoin d’adaptation rapide pour instaurer une relation de confiance malgré les
différences culturelles et sociales
2. Questionnement et analyse / réflexion et élaboration
Pourquoi la surveillance du post-partum immédiat est-elle primordiale ?
Parce que c’est une période à haut risque d’hémorragie du post-partum, première cause de
mortalité maternelle dans le monde.
Quels paramètres dois-je surveiller en priorité ?
La tonicité et la hauteur de l’utérus (doit être ferme et centré).
Les pertes sanguines (quantité, couleur, odeur).
Les constantes vitales (tension, fréquence cardiaque, température).
L’état psychologique de la patiente (angoisses, douleurs, fatigue).
L’allaitement et le contact avec l’enfant.
Ai-je suffisamment rassuré la patiente ?
J’ai constaté que les explications données par la sage-femme et moi-même sur les suites
normales (lochies, contractions, montée laiteuse) ont permis de réduire son anxiété.
Que m’a apportée cette expérience ?
Une meilleure compréhension de la surveillance physiologique et de son rôle dans la
prévention des complications.
Une prise de conscience de l’importance de la communication et du soutien émotionnel
auprès des jeunes mamans.
Le développement de mon autonomie dans l’observation clinique, sous supervision.
3. Conclusion et pistes d’actions
Cette situation m’a permis de renforcer mes compétences en surveillance post-natale et en
relation d’aide. J’ai compris que la qualité des soins ne repose pas uniquement sur la technique,
mais aussi sur la capacité à informer, rassurer et instaurer une relation de confiance.
Pistes d’actions :
1. Approfondir mes connaissances théoriques sur les complications du post-partum
(hémorragies, infections, phlébites).
2. M’entraîner à utiliser des grilles de surveillance standardisées pour gagner en rigueur.
3. Développer mes compétences en communication afin d’accompagner au mieux les
patientes dans cette période sensible.
4. Observer et participer davantage à l’accompagnement de l’allaitement, qui est un enjeu
majeur des suites de couches.
5. Renforcer l’éducation sanitaire chez les femmes lors de la consultation pré natal(CPN)