Introduction
Introduction
Introduction
Dans le secteur de la construction, les matériaux jouent un rôle fondamental dans la durabilité, la
stabilité et la performance des ouvrages réalisés. Parmi eux, le granulat occupe une place
primordiale en raison de sa présence massive dans la fabrication des bétons, des mortiers, des
enrobés et d’autres matériaux composites. Bien que souvent considéré comme un élément
« secondaire » par rapport aux liants comme le ciment, le granulat constitue en réalité la
majorité du volume des matériaux de construction, ce qui lui confère une importance
stratégique tant du point de vue technique qu’environnemental.
L’étude des granulats ne peut donc se limiter à une approche purement technique. Elle implique
également une réflexion sur la durabilité des matériaux, la gestion des ressources, l’impact
environnemental des extractions et la valorisation des déchets dans une optique d’économie
circulaire. En effet, le développement de granulats recyclés ou issus de matériaux alternatifs
(scories, verre concassé, déchets de béton, etc.) constitue une piste prometteuse pour réduire
l’empreinte écologique du secteur du bâtiment.
Par ailleurs, la qualité des granulats a un impact direct sur la performance des matériaux de
construction. Une granulométrie inadaptée, une composition chimique inadéquate ou une teneur
excessive en impuretés peuvent compromettre la résistance, la durabilité et l’ouvrabilité des
bétons ou des enrobés. Ainsi, un contrôle rigoureux et une connaissance approfondie des
propriétés des granulats sont indispensables pour garantir la sécurité des ouvrages et la
pérennité des constructions. Cela concerne tant les grands projets d’infrastructure que les
bâtiments résidentiels, industriels ou institutionnels.
Dans les pays en développement, comme la République Démocratique du Congo, où la
croissance urbaine est rapide et les besoins en logements et infrastructures sont énormes, la
maîtrise des matériaux locaux — et notamment des granulats — représente un enjeu stratégique.
L’exploitation de carrières, le transport, la qualité des gisements et l’absence de normes strictes
posent souvent problème. Pourtant, ces pays disposent de ressources minérales considérables,
qui, si elles sont exploitées de manière durable et encadrée, pourraient répondre efficacement à
la demande locale tout en soutenant le développement économique.
Dans ce cadre, ce travail vise à présenter une étude complète du granulat, en tant que matériau
fondamental de la construction, sous ses aspects techniques, normatifs, environnementaux et
économiques. Il s’agira d’aborder dans un premier temps sa définition, ses origines et ses
classifications. Ensuite, les propriétés physiques et mécaniques seront détaillées, ainsi que les
types de granulats disponibles, qu’ils soient naturels, recyclés ou artificiels. L’étude se penchera
également sur les processus d’extraction, de traitement et de contrôle qualité, avant d’aborder
les applications spécifiques en construction, notamment dans le béton et les enrobés. Enfin, les
enjeux liés à la durabilité, à l’environnement, à l’innovation et aux perspectives d’avenir seront
discutés à travers des exemples concrets et des études de cas.
À travers cette analyse, le but est de mettre en lumière l’importance du granulat dans les
pratiques architecturales et constructives contemporaines, et de fournir aux étudiants,
professionnels et chercheurs, une base solide de connaissances techniques et critiques pour
mieux appréhender ce matériau, souvent invisible, mais pourtant omniprésent et essentiel.
Selon les normes européennes (notamment la norme NF EN 12620 pour les granulats destinés
au béton), un granulat peut être naturel, recyclé ou artificiel, et il peut provenir de différentes
sources : roches meubles, roches massives, déchets de construction ou sous-produits
industriels.
Les granulats constituent environ 60 à 80 % du volume total d’un béton et jusqu’à 95 % dans
certains matériaux routiers, ce qui montre leur rôle fondamental. Ils influencent non seulement
la résistance et la durabilité du matériau final, mais aussi son aspect, sa maniabilité, sa masse
volumique et sa porosité. Leur sélection et leur qualité ont donc un impact direct sur les
performances des ouvrages réalisés.
Les granulats sont généralement classés selon plusieurs critères : l’origine géologique, le mode
de production, la taille des grains (granulométrie) ou encore leur usage. D’un point de vue
pratique, on distingue :
• Les granulats naturels : issus de gisements naturels (rochers, gravières, lits
de rivière, carrières alluvionnaires ou de roches massives).
• Les granulats recyclés : obtenus par le concassage et le traitement de
déchets de béton ou de démolition.
• Les granulats artificiels : issus de sous-produits industriels comme les
laitiers de hauts fourneaux, les cendres volantes, les boues traitées ou encore
certains types de verre broyé.
Cette classification est essentielle car chaque type de granulat possède des
caractéristiques techniques, économiques et environnementales différentes, qui
influencent son champ d’application.
Les granulats naturels sont obtenus à partir de gisements existants dans la nature. On distingue
deux grandes familles selon le type de gisement :
• Granulats alluvionnaires : ils proviennent des dépôts laissés par les rivières,
torrents ou glaciers. Ces granulats sont généralement arrondis, bien classés et peu
pollués. Ils sont souvent composés de silice, de quartz, ou de calcaires. On les
trouve dans les gravières et les sablières.
• Granulats de roches massives : issus de roches extraites en carrières puis
concassées mécaniquement. On y retrouve des roches dures comme le granit, le
basalte, le schiste, ou encore certains calcaires. Ces granulats sont plus anguleux,
ce qui peut être un avantage pour certains usages, notamment en béton structurel.
La raréfaction des granulats naturels dans certaines régions, ainsi que les préoccupations
environnementales croissantes, ont conduit à l’essor des granulats alternatifs :
• Granulats recyclés : issus du recyclage des matériaux de démolition (béton,
tuiles, briques, enrobés bitumineux, etc.). Après tri, concassage et éventuellement
lavage, ces matériaux peuvent retrouver une seconde vie dans la construction. Leur
utilisation contribue à réduire les déchets du BTP et à limiter l’extraction de
ressources naturelles.
• Granulats artificiels : obtenus par traitement thermique ou mécanique de
sous-produits industriels. Parmi eux, on peut citer :
• Les laitiers de hauts fourneaux (utilisés dans les bétons lourds ou les
enrobés),
• Les billes d’argile expansée (granulats légers pour bétons allégés),
• Les cendres volantes et autres résidus valorisés.
Cependant, face à l’essor de la construction, notamment dans des villes comme Kinshasa,
Lubumbashi ou Goma, la demande en granulats est en croissance constante. Cela crée une
opportunité de structuration de la filière, avec un encadrement technique plus rigoureux, la mise
en place de normes locales, et le développement de nouvelles unités de concassage et de
recyclage.
L’utilisation des granulats dans le domaine de la construction est strictement encadrée par des
normes techniques visant à garantir la qualité, la sécurité et la compatibilité des matériaux avec
les usages prévus. En Europe, plusieurs normes définissent les exigences relatives aux granulats,
notamment :
• NF EN 12620 : granulats pour béton,
• NF EN 13139 : granulats pour mortier,
• NF EN 13043 : granulats pour mélanges bitumineux et couches de surface,
• NF EN 13242 : granulats pour matériaux non liés et liés pour travaux de
génie civil et de voirie.
La qualité d’un granulat ne dépend pas uniquement de son origine, mais aussi de facteurs
physiques et chimiques liés à sa production, à son stockage et à sa mise en œuvre. Parmi les
facteurs les plus déterminants, on peut citer :
• La propreté : la présence de matières organiques, d’argile, de limon ou de
polluants peut compromettre l’adhérence avec le liant et nuire à la résistance du
béton.
• La forme des grains : des granulats bien formés (ronds ou anguleux selon
l’usage) favorisent une meilleure compacité et une bonne résistance mécanique.
• La granulométrie : une bonne répartition des tailles de grains permet de
remplir les vides et d’obtenir un matériau homogène et performant.
• La composition minéralogique : certains minéraux peuvent réagir
chimiquement avec les liants ou les agents extérieurs (ex. : réaction alcali-silice),
entraînant des désordres dans les matériaux durcis.
• La teneur en eau : elle influence la consistance des bétons et doit être prise
en compte lors du dosage.
Le granulat étant un matériau lourd et peu onéreux à l’unité, son transport représente souvent
une part importante de son coût total. Par conséquent, la proximité des carrières ou des centres
de production est un facteur stratégique. L’approvisionnement en granulats est donc étroitement
lié à la logistique des chantiers, à la répartition géographique des gisements et à
l’accessibilité des infrastructures de transport (routes, voies fluviales, etc.).
Dans les zones urbaines denses comme Kinshasa, l’approvisionnement est souvent assuré par
des camions à benne depuis les carrières de périphérie ou les dépôts alluvionnaires proches des
rivières. Cependant, les mauvaises conditions routières, l’absence de régulation et la variabilité
de qualité entre fournisseurs représentent un risque pour la fiabilité des projets de construction.
La classification des granulats est une étape essentielle pour leur sélection et leur utilisation
correcte dans les ouvrages de construction. Elle permet d’identifier les propriétés fondamentales
des matériaux en fonction de leur taille, leur origine, leur forme, leur densité, ou encore leur
usage. Une bonne classification permet d’assurer la compatibilité du granulat avec les exigences
mécaniques, physiques et esthétiques du matériau final (béton, mortier, enrobé, etc.).
On distingue principalement :
• Les sables : particules fines dont le diamètre est compris entre 0 et 4 mm.
• Les gravillons : grains de taille moyenne entre 4 et 20 mm.
• Les graviers : éléments plus gros, généralement entre 20 et 125 mm.
• Les fillers : éléments très fins (diamètre < 0,063 mm), souvent utilisés pour
combler les vides entre les grains ou modifier les propriétés rhéologiques.
Les granulats sont souvent désignés par leur plage de tamisage, par exemple : 0/4,
4/10, 10/20, etc. Une bonne granulométrie permet une compacité optimale, une
bonne maniabilité du béton frais, et limite la porosité du matériau durci.
On peut classer les granulats selon leur origine en trois grandes catégories :
• Granulats naturels : issus directement de formations géologiques (alluvions,
roches massives).
• Granulats recyclés : provenant du concassage de matériaux de démolition
ou de déchets de construction.
• Granulats artificiels : produits à partir de traitements thermiques ou
chimiques de sous-produits industriels (ex. : laitier de haut fourneau, argile
expansée).
Cette classification est importante pour des applications spécialisées, comme les
bétons allégés ou les constructions nucléaires.
Cette classification est pratique pour les entreprises de construction et les bureaux
d’étude afin de prescrire les bons matériaux selon les performances attendues.
L’adhérence entre le granulat et le liant (ciment ou bitume) est essentielle pour assurer la
cohésion du matériau. Elle dépend :
• De la texture de surface du granulat,
• De sa porosité,
• De sa propreté,
• De la compatibilité chimique avec le liant.
Les granulats très lisses (ex. : quartz roulé) adhèrent moins que les granulats
anguleux à texture rugueuse. Dans certains cas, des traitements de surface peuvent
améliorer cette adhérence.
Cette classification est également utile dans des domaines spécifiques comme le
design architectural, où l’apparence du matériau est cruciale.
Avec les exigences actuelles en matière de développement durable, les granulats sont aussi
classifiés selon leur impact environnemental :
• Granulats à faible empreinte carbone : produits localement, avec faible
consommation d’énergie.
• Granulats recyclés : favorisent l’économie circulaire et réduisent l’extraction
de matières premières.
• Granulats issus de filières certifiées : exploitation contrôlée, gestion
responsable des ressources.
L’analyse du cycle de vie (ACV) des granulats devient une exigence croissante dans
les appels d’offres, notamment dans les projets labellisés (HQE, LEED, etc.).
La classification précise des granulats joue un rôle clé dans la formulation des bétons. Une
mauvaise sélection granulométrique ou une combinaison déséquilibrée entre les fines, les
graviers et les sables peut entraîner :
• Une augmentation de la porosité,
• Une perte de compacité,
• Une baisse de résistance mécanique,
• Une consommation excessive de ciment pour compenser le manque de
cohésion.
Par exemple, dans un béton destiné à une dalle fortement sollicitée, on privilégiera
des granulats grossiers bien anguleux, avec un sable fin à faible taux d’argiles,
permettant une bonne résistance à la compression et un faible retrait.
Le coût final d’un matériau de construction à base de granulats dépend fortement de leur
classification et donc de la qualité du tri initial. Un granulat bien calibré permet d’économiser
sur :
• La consommation de liant (ciment ou bitume),
• Le temps de mise en œuvre sur chantier (maniabilité accrue),
• Le traitement ou la correction du matériau sur site (lavage, criblage…).
Par ailleurs, les granulats non conformes (présence d’éléments trop fins, grains
plats ou allongés en excès) peuvent générer des retours chantier, des arrêts de
production ou des malfaçons coûteuses.
Dans des régions comme l’Afrique centrale, les ressources en granulats peuvent présenter une
grande diversité en termes de qualité et de caractéristiques. Il est donc essentiel d’adapter la
classification aux réalités géologiques locales, tout en restant conforme aux normes
internationales.
Par exemple :
• Les granulats alluvionnaires du fleuve Congo sont abondants mais doivent
être lavés pour éliminer les impuretés.
• Les gisements de latérite ou de roches volcaniques du Kasaï offrent des
granulats riches mais parfois trop friables pour certains usages structurels.
• Les matériaux recyclés issus de démolitions dans les zones urbaines de
Kinshasa pourraient représenter une ressource précieuse si bien triés et
caractérisés.
Bien que les classifications présentées soient essentielles, elles ne couvrent pas toujours tous
les cas de figure. Par exemple :
• Deux granulats de même taille peuvent avoir des performances très
différentes en fonction de leur minéralogie.
• Un granulat recyclé peut contenir des impuretés résiduelles qui ne sont pas
détectées par la seule analyse granulométrique.
• Certains granulats, bien que conformes aux normes, peuvent réagir
chimiquement avec certains ciments, causant des réactions expansives.
Avec l’avènement des technologies numériques dans le BTP, des outils modernes permettent
aujourd’hui de numériser la classification des granulats :
• Caméras industrielles et IA pour reconnaître les formes et dimensions des
grains.
• Bancs de tri automatisés dans les carrières.
• Logiciels de simulation granulaire pour prédire le comportement d’un
mélange.
Bien que peu répandues en Afrique subsaharienne pour l’instant, ces technologies
pourraient être introduites progressivement dans les centres de production de
matériaux ou les universités techniques comme outils pédagogiques et
professionnels.
Les granulats, bien qu’apparemment simples, présentent une grande diversité de propriétés
physiques qui influencent directement leurs performances dans les matériaux de construction.
Ces caractéristiques doivent être rigoureusement contrôlées pour garantir la qualité, la durabilité
et la conformité des ouvrages réalisés. Les essais et les contrôles de ces propriétés sont
encadrés par des normes techniques (NF, EN, ASTM, etc.) et font partie intégrante de la
conception des bétons et autres formulations.
La masse volumique (ou densité absolue) est définie comme le rapport entre la masse du
granulat sec et son volume réel, sans les vides. Elle est exprimée en kg/m³ ou g/cm³.
• Granulats ordinaires : 2 500 à 2 700 kg/m³
• Granulats légers : < 2 000 kg/m³ (ex : argile expansée, pierre ponce)
• Granulats lourds : > 3 000 kg/m³ (ex : hématite, barytine)
Cette propriété influence la masse totale d’un béton, son inertie thermique et son
comportement structurel. Par exemple, les granulats lourds sont utilisés dans les
bétons de radioprotection ou de lestage, tandis que les granulats légers sont prisés
pour l’isolation.
La masse volumique apparente est mesurée en tenant compte des vides entre les grains dans un
état non compacté ou compacté. Elle est importante pour évaluer le volume réel de granulat
nécessaire sur un chantier.
Exemples :
• Sable sec : 1 400 à 1 700 kg/m³
• Gravier sec : 1 500 à 1 800 kg/m³
La porosité est la proportion de vide présente dans les grains du granulat, et l’absorption d’eau
désigne la quantité d’eau que le granulat peut absorber lorsqu’il est immergé. Ces paramètres
sont cruciaux pour le dosage en eau dans un béton.
• Absorption faible (<1%) : granulat dense, peu poreux, idéal pour le béton de
structure.
• Absorption élevée (>5%) : granulat poreux, nécessite un ajustement de
l’eau de gâchage.
Elle est évaluée à l’aide de tamis normalisés (ex : tamis de 0,063 mm à 32 mm). Un bon mélange
contient un juste équilibre entre les différentes tailles (courbe continue ou discontinue selon
l’usage).
Des essais comme l’indice de forme permettent de quantifier cette propriété. Les
formes anguleuses sont préférées dans les structures sollicitées (chaussées,
ouvrages d’art).
La texture du granulat affecte son adhérence au liant. Une surface rugueuse offre une meilleure
liaison mécanique qu’une surface lisse. Les granulats concassés, plus rugueux, assurent une
meilleure accroche que les granulats roulés.
Cette propriété est particulièrement importante dans les bétons à haute performance ou les
enrobés bitumineux.
Le module de finesse (MF) est un indicateur qui permet d’évaluer la finesse d’un sable. Il est
calculé à partir de la granulométrie et sert à ajuster le dosage en liant et en eau.
• MF bas (sable fin) : < 2,3
• MF standard : 2,3 à 3,1
• MF élevé (sable grossier) : > 3,1
Les granulats contiennent souvent une humidité naturelle issue de leur stockage à l’air libre
(pluie, condensation…). Cette eau influence directement le rapport E/C (eau/ciment) et peut
compromettre la qualité du béton si elle n’est pas prise en compte.
Dans certaines régions (zones froides ou soumises à des variations thermiques extrêmes), les
granulats doivent résister au gel-dégel ou à la chaleur intense sans se fissurer ni se désagréger.
• Des essais en cycles de gel/dégel sont utilisés pour tester la durabilité des
granulats.
• Les granulats de type siliceux ou basaltiques résistent mieux que les
calcaires tendres.
Cette caractéristique est cruciale pour les ouvrages en extérieur : routes, ouvrages
hydrauliques, ponts, façades.
La maniabilité, également appelée ouvrabilité, désigne la facilité avec laquelle un béton frais
peut être transporté, mis en œuvre et compacté. Cette propriété est directement influencée par :
• La forme et la texture des granulats : un granulat roulé, plus lisse et arrondi,
donne un béton plus fluide mais parfois moins résistant à long terme qu’un granulat
concassé, plus anguleux.
• La granulométrie : une courbe bien équilibrée entre fines et grossiers
permet une bonne compacité et donc une meilleure maniabilité sans excès d’eau.
• L’humidité : un granulat trop humide risque de fausser les dosages et
d’augmenter l’eau totale dans le mélange, rendant le béton trop plastique, voire
affaibli.
Exemple pratique : sur les chantiers urbains de Kinshasa, lorsque du sable de rivière
mal tamisé est utilisé sans contrôle d’humidité, les maçons peuvent rencontrer un
béton trop fluide, difficile à vibrer, ou au contraire trop sec, causant un remplissage
incomplet des coffrages.
Les caractéristiques physiques des granulats conditionnent aussi la durabilité des ouvrages en
béton dans le temps. Un granulat poreux ou sale peut :
• Accroître la perméabilité du béton,
• Favoriser la pénétration de l’eau, des chlorures ou des sulfates,
• Déclencher des phénomènes de corrosion des armatures,
• Provoquer des gonflements internes (réactions alcali-silice).
Ces normes sont appliquées dans les laboratoires des entreprises, ou dans les établissements
spécialisés en génie civil. Leur respect garantit la qualité des matériaux livrés sur les chantiers.
Les caractéristiques physiques des granulats varient considérablement selon leur origine
géologique. Voici quelques cas typiques :
• Granulats alluvionnaires : souvent bien classés, arrondis, faciles à extraire
mais nécessitent un lavage. Fréquents le long du fleuve Congo.
• Granulats de carrière (basalte, granit) : anguleux, résistants, très utilisés
dans les bétons structuraux. Disponibles au Kivu et au Katanga.
• Granulats latéritiques : poreux, légers, parfois friables. Utilisés localement
pour les routes rurales et les remblais.
• Granulats recyclés : hétérogènes, parfois contaminés, mais potentiellement
réutilisables dans les bétons non structuraux si bien triés.
Il est donc crucial d’adapter le choix des granulats aux contraintes locales,
notamment dans les régions où l’approvisionnement est limité ou informel.
Une bonne connaissance des caractéristiques physiques permet également d’orienter l’usage
de chaque granulat :
• Granulats fins bien lavés → béton décoratif, enduits fins
• Granulats concassés à forte résistance → dallages industriels, chaussées
• Granulats légers → blocs béton allégés, béton isolant
• Granulats alluvionnaires → béton prêt à l’emploi, chapes
Dans une approche durable, cela permet de réduire le gaspillage, de valoriser les
matériaux locaux, et de réduire les coûts logistiques.
Dans les contextes où les moyens de laboratoire sont limités, des essais empiriques simples
peuvent être utilisés pour évaluer certaines propriétés physiques des granulats :
• Test du bocal : pour estimer la teneur en fines ou argiles.
• Test de compacité manuelle : pour estimer la granulométrie et la forme.
• Pesée avant et après séchage : pour l’humidité.
• Observation visuelle : pour la propreté et la forme.
Ces méthodes, bien que moins précises que les essais normés, peuvent servir à
filtrer les matériaux impropres à la construction, notamment dans les projets
communautaires ou ruraux.
Les granulats, en tant que composants majoritaires du béton et d’autres matériaux composites
de construction, doivent présenter des caractéristiques mécaniques suffisantes pour garantir la
résistance, la durabilité et la sécurité des ouvrages. Ces propriétés sont mesurées par des essais
normalisés, qui permettent d’évaluer la résistance à l’usure, aux chocs, à l’écrasement et à la
fragmentation.
La résistance à l’écrasement est l’une des principales propriétés mécaniques des granulats. Elle
reflète leur capacité à supporter des charges compressives sans se désintégrer.
• Essai Los Angeles (LA) : c’est le test le plus couramment utilisé. Des
granulats sont placés dans un tambour rotatif avec des boulets en acier. Après un
nombre donné de révolutions, on mesure la quantité de granulats broyés.
• Indice LA faible (20-25%) : granulat très résistant (ex : basalte,
granite).
• Indice élevé (>40%) : granulat peu résistant, déconseillé pour béton
structurel.
Exemple : pour les chaussées en zones humides comme Kinshasa, où l’érosion pluviale est
fréquente, les granulats doivent avoir une très bonne résistance à l’usure pour éviter l’apparition
rapide de nids-de-poule.
La résistance aux chocs mesure la capacité d’un granulat à absorber une énergie soudaine sans
se briser. C’est une propriété importante pour les ouvrages exposés à des charges dynamiques
(routes, pistes d’atterrissage, structures sismiques).
• Essai de résilience : chute de masses sur le matériau.
• Indice de ténacité : plus il est élevé, plus le granulat résiste aux impacts.
La dureté est la capacité d’un granulat à résister à la rayure ou à la pénétration. Elle est
importante notamment dans les dallages, les sols industriels ou les bétons polis.
• Échelle de Mohs : elle classe les minéraux de 1 (talc) à 10 (diamant).
• Les granulats de quartz ou de basalte ont une dureté élevée (>6), ce qui les
rend adaptés aux usages en contact avec des charges roulantes ou abrasives.
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Le module d’élasticité d’un granulat influe sur le module global du béton. Les granulats rigides
(ex : granit) permettent d’obtenir des bétons à module élevé, plus rigides, tandis que les
granulats plus tendres (ex : calcaires) donnent des bétons plus déformables.
Cela joue un rôle dans les ouvrages précontraints ou les bétons armés, où le comportement
sous charge doit être précisément contrôlé.
La forme des grains, déjà abordée dans les propriétés physiques, joue également un rôle
mécanique : les grains anguleux forment un squelette plus résistant que les grains arrondis.
Les granulats issus du recyclage (bétons concassés, briques, déchets de démolition) présentent
généralement des performances mécaniques moindres, notamment en résistance à l’écrasement
et en absorption.
Une bonne maîtrise de leurs propriétés mécaniques est nécessaire pour garantir la
sécurité des ouvrages.
Les essais de laboratoire utilisés pour caractériser ces propriétés sont encadrés par des normes
strictes :
Ces essais permettent d’identifier les granulats conformes à l’usage prévu (béton armé,
précontraint, enrobés, etc.).
Conclusion : le granulat testé est parfaitement adapté à un béton structurel pour dalles ou
poutres, tant sur le plan mécanique que physique.
Sur certains chantiers en Afrique subsaharienne, dont ceux de la RDC, on observe parfois les
défauts suivants liés à des granulats de mauvaise qualité :
• Granulats friables : provenant de roches altérées ou de matériaux
récupérés, ils perdent en résistance au compactage.
• Absence de contrôle granulométrique : les mélanges sont trop riches en
fines ou en gros grains, affectant la structure du béton.
• Contamination avec des matières organiques ou des débris : réduit la
cohésion entre pâte cimentaire et granulat, affaiblissant la résistance finale.
• Utilisation de granulats recyclés non triés : certains incluent des briques,
du plâtre ou du bois, matériaux non compatibles avec des bétons structurels.
Ces défauts soulignent l’importance du contrôle qualité, même dans des contextes
où les moyens sont modestes.
L’adéquation du granulat à l’usage prévu évite des désordres structurels ou esthétiques à moyen
et long terme.
Pour améliorer la qualité des granulats utilisés dans les ouvrages au Congo ou dans la région des
Grands Lacs, plusieurs pistes peuvent être envisagées :
• Création de mini-laboratoires sur chantier : avec des équipements simples
pour tester l’humidité, la forme, la granulométrie.
• Formation des techniciens : sur les normes, les essais et les bonnes
pratiques de choix des granulats.
• Valorisation de carrières locales : réduction des importations et meilleure
maîtrise de la chaîne de production.
• Contrôle municipal des sites d’extraction informels : pour limiter les
matériaux impropres souvent extraits sans tri ni lavage.
Les caractéristiques mécaniques des granulats constituent un facteur clé de la qualité des
bétons et des infrastructures. Ignorer ces propriétés, ou les sous-estimer, revient à prendre des
risques importants en matière de sécurité, de durabilité et de performance. Dans des régions en
pleine expansion urbaine comme la RDC, où les besoins en infrastructures sont croissants, le
bon usage des granulats représente un enjeu stratégique de premier ordre.
Une mauvaise composition chimique peut entraîner des réactions indésirables au sein du béton,
affecter la prise du ciment, ou provoquer des pathologies à long terme. Cette section explore
donc les paramètres chimiques à considérer lors du choix des granulats pour une utilisation dans
le béton ou dans d’autres matériaux de construction.
La dominance de silice est recherchée pour sa stabilité chimique, alors qu’un excès
de certains éléments réactifs (sodium, potassium, etc.) peut poser problème.
La réaction alcali-silice est une réaction néfaste qui se produit lorsque certains granulats
siliceux réactifs interagissent avec les alcalis du ciment (Na₂O, K₂O) en présence d’humidité.
Prévention :
• Utiliser des granulats non réactifs,
• Employer un ciment à faible teneur en alcalis,
• Ajouter des pouzzolanes ou des cendres volantes pour inhiber la réaction.
Les matières organiques, comme les débris végétaux, l’humus, ou les résidus de bois, peuvent
être présentes dans les sables ou graviers extraits en zones naturelles, notamment en Afrique
équatoriale.
Effets négatifs :
• Retard de prise du ciment,
• Affaiblissement de la liaison pâte-ciment/granulat,
• Altération de la couleur et de la texture.
Les sulfates (SO₄²⁻), lorsqu’ils sont présents en grande quantité dans les granulats (ou l’eau de
gâchage), peuvent réagir avec les aluminates du ciment et provoquer des désordres dans le
béton :
• Expansion, fissuration, désagrégation du béton,
• Réaction avec l’aluminate tricalcique (C₃A) pour former de l’ettringite
expansive.
Seuils recommandés :
• Teneur en SO₄ ≤ 0,2 % (masse sèche) pour les granulats destinés au béton.
Les chlorures (Cl⁻), présents dans les granulats extraits de zones côtières ou en contact avec
l’eau salée, sont à surveiller car ils peuvent induire :
• La corrosion des armatures en acier dans le béton armé,
• Une réduction de la durabilité de la structure.
Essai de détection : méthode de titrage ou test avec du nitrate d’argent (AgNO₃).
Teneur maximale recommandée : 0,04 % pour le béton armé.
Le pH des granulats peut influencer le milieu du béton. Un pH trop acide (< 6) peut ralentir la
prise du ciment et favoriser la corrosion des armatures. Un pH alcalin (> 8) est en général
souhaitable pour favoriser une bonne prise et inhiber le développement de certains agents
biologiques.
Dans la majorité des cas, les granulats naturels ont un pH neutre à légèrement basique, ce qui
est compatible avec le ciment.
Dans certaines conditions, les composants chimiques des granulats peuvent se dissoudre dans
l’eau infiltrée dans le béton, provoquant :
• Des efflorescences (dépôts blanchâtres en surface),
• Une perte de matière à long terme.
Il est donc recommandé de tester les granulats dans des environnements simulant
les conditions locales (fortes pluies, humidité constante, etc.).
La composition chimique des granulats influence leur résistance dans des milieux agressifs :
• Ambiance marine : risque de chlorures.
• Sol acide ou pollué : attaque chimique du granulat ou du liant.
• Zone industrielle : exposition à des gaz ou liquides corrosifs.
Dans ces cas, il faut privilégier des granulats inertes chimiquement (granite, basalte,
quartzite) et éviter les calcaires poreux ou les matériaux sensibles aux acides.
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6.9. Essais chimiques normalisés
Dans la région de Kinshasa, les carrières de granulats se trouvent souvent dans des zones
latéritiques ou alluviales. Les points suivants sont régulièrement observés :
• Présence d’argiles ou de fines organiques dans les sables lavés,
• Granulats latéritiques riches en fer et en aluminium — parfois instables
chimiquement,
• Utilisation de granulats extraits manuellement, parfois mal lavés et non
triés chimiquement.
L’utilisation des granulats recyclés dans le secteur de la construction constitue une avancée
significative dans le cadre des efforts mondiaux pour la durabilité et la réduction de l’empreinte
écologique. Ces granulats sont produits à partir de déchets de construction et de démolition
(DCD), tels que les morceaux de béton, de briques et autres matériaux inertes. Leur réutilisation
permet non seulement de réduire la consommation de ressources naturelles, mais aussi de
limiter l’impact environnemental lié à l’extraction et au traitement des granulats primaires. Dans
cette section, nous explorerons en profondeur la nature des granulats recyclés, les processus de
recyclage, leurs avantages et leurs limitations dans les projets de construction.
Le recyclage des granulats passe par plusieurs étapes essentielles, visant à transformer les
matériaux de déchets en granulats utilisables dans la construction. Ce processus inclut :
1. Collecte des matériaux de construction et de démolition : La première
étape consiste à rassembler les déchets provenant des chantiers de construction et
des démolitions. Ces matériaux sont ensuite transportés vers une installation de
recyclage.
2. Tri et séparation : Les matériaux collectés sont triés manuellement et
mécaniquement pour éliminer les impuretés, les métaux, le plastique et d’autres
matériaux non recyclables.
3. Concassage et criblage : Les matériaux triés sont ensuite broyés pour
réduire leur taille. Le concassage produit des granulats de différentes tailles, qui
sont ensuite classés par criblage pour séparer les particules fines des plus grosses.
4. Nettoyage et traitement : Afin de garantir la qualité des granulats recyclés,
ces derniers peuvent être lavés pour éliminer la poussière, les résidus organiques et
d’autres contaminants.
5. Contrôle de la qualité : Avant d’être utilisés dans la construction, les
granulats recyclés sont soumis à des tests rigoureux pour évaluer leurs propriétés
mécaniques et chimiques, afin de s’assurer qu’ils répondent aux normes de sécurité
et de performance.
Bien que les granulats recyclés présentent des avantages considérables, leur utilisation n’est pas
sans défis. Certaines limitations peuvent nuire à leur performance dans certaines applications de
construction :
• Propriétés mécaniques inférieures : Comparativement aux granulats
naturels, les granulats recyclés ont généralement une résistance mécanique plus
faible, ce qui peut affecter la durabilité et la performance du béton, en particulier
dans les projets nécessitant des matériaux de haute qualité.
• Contamination par des impuretés : Les granulats recyclés peuvent contenir
des impuretés provenant des matériaux d’origine, telles que des métaux, des
plastiques ou des produits organiques, ce qui peut compromettre la qualité du
béton ou rendre difficile leur utilisation dans certaines applications.
• Problèmes d’adhérence au ciment : Dans certains cas, les granulats
recyclés, notamment ceux provenant du béton ancien, peuvent présenter une
surface plus rugueuse et moins uniforme, ce qui réduit l’adhérence avec le liant et
peut entraîner une diminution de la résistance du béton.
Les recherches sur les méthodes d’amélioration des propriétés des granulats
recyclés sont en constante évolution, notamment par l’utilisation de traitements
thermiques ou de l’ajout d’adjuvants dans le béton pour améliorer leur
comportement mécanique.
L’utilisation des granulats recyclés est régie par des normes strictes pour garantir qu’ils sont
sûrs et efficaces dans les applications de construction. Les normes les plus courantes incluent :
• EN 12620 (norme européenne pour les granulats pour béton) : Cette norme
définit les exigences de qualité et les méthodes d’essai pour les granulats recyclés
utilisés dans la production de béton.
• ASTM C33 (norme américaine) : Bien que principalement dédiée aux
granulats naturels, cette norme spécifie également des critères pour l’utilisation des
granulats recyclés dans le béton, y compris des tests de résistance à la
compression et des tests de pureté.
L’utilisation des granulats recyclés connaît un essor dans de nombreux projets à travers le
monde. Par exemple :
• Construction de routes et de pavés : Les granulats recyclés sont
couramment utilisés pour les couches de fondation et de sous-couche dans la
construction de routes, en raison de leur coût réduit et de leur disponibilité.
• Béton de faible résistance : Dans la construction de murs de soutènement,
de bordures ou de structures non portantes, les granulats recyclés sont employés
pour réduire les coûts tout en respectant les exigences minimales de résistance.
L’utilisation des granulats recyclés ne se limite pas seulement à des applications comme les
fondations de routes ou le béton de faible résistance. De nombreux projets innovants dans la
construction commencent à intégrer ces matériaux dans des applications plus techniques et plus
exigeantes. Voici quelques exemples supplémentaires :
• Béton haute performance : Bien que les granulats recyclés aient des
propriétés mécaniques plus faibles que les granulats naturels, il est possible
d’améliorer leur performance pour la production de béton haute performance.
Certaines études ont démontré que les granulats recyclés peuvent être utilisés dans
des mélanges de béton haute résistance, en optimisant le choix des matériaux et en
ajustant les proportions de ciment et d’adjuvants.
• Revêtements de sols urbains : Dans les zones urbaines, les granulats
recyclés peuvent être utilisés dans la fabrication de pavés ou de carrelages de sol,
en particulier dans des projets de réaménagement urbain ou d’infrastructures
publiques où la durabilité est essentielle. Les granulats recyclés peuvent aussi être
utilisés pour des matériaux de revêtement dans les espaces publics, tels que les
allées piétonnes ou les places.
• Infrastructures hydrauliques : Bien qu’habituellement réservés à des
matériaux de qualité supérieure, les granulats recyclés peuvent également trouver
des applications dans les infrastructures hydrauliques, telles que les barrages ou les
canaux. L’utilisation de granulats recyclés dans les couches de fondation et de
drainage peut réduire le besoin de granulats naturels et contribuer à la gestion
durable des ressources.
L’utilisation des granulats recyclés présente des défis techniques qui nécessitent des solutions
innovantes pour garantir leur efficacité dans certaines applications. Ces défis incluent :
• Comportement variable des granulats recyclés : Un des défis majeurs
réside dans la variabilité des propriétés des granulats recyclés. Étant issus de
déchets de construction et de démolition, les matériaux de départ peuvent varier
considérablement en fonction de la source, ce qui peut entraîner des différences de
qualité et de performance d’un lot à l’autre. Ce facteur de variabilité rend difficile
l’obtention d’une homogénéité totale dans les mélanges de béton.
• Durabilité à long terme : Bien que les granulats recyclés soient efficaces
dans de nombreuses applications, leur durabilité à long terme est parfois mise en
question, notamment dans des structures exposées à des conditions climatiques
extrêmes ou à des charges élevées. Les chercheurs continuent de mener des
études sur la manière de prolonger la durabilité des structures utilisant des
granulats recyclés.
• Propriétés chimiques et de contamination : Les granulats recyclés peuvent
présenter des risques de contamination, notamment par des produits chimiques
provenant des matériaux d’origine. Par exemple, le béton démoli peut contenir des
additifs chimiques qui, s’ils ne sont pas correctement éliminés, peuvent affecter le
processus de durcissement du béton ou compromettre ses propriétés mécaniques.
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Avec une prise de conscience croissante des avantages écologiques du recyclage, l’industrie des
granulats recyclés connaît une croissance rapide. Cependant, plusieurs défis subsistent sur le
marché, notamment :
• Le coût de production : Bien que l’utilisation de granulats recyclés soit
généralement moins coûteuse que les granulats naturels, leur production nécessite
des équipements spécialisés et des processus de traitement qui peuvent augmenter
les coûts. Par exemple, les coûts de transport des déchets de construction vers les
sites de recyclage, ainsi que les coûts de tri et de traitement, peuvent parfois être
supérieurs à ceux des granulats naturels dans certaines régions.
• Disponibilité et acceptation par les normes locales : L’acceptation des
granulats recyclés dans les projets de construction dépend souvent des régulations
locales et des normes de construction. Dans certains pays ou régions, l’utilisation
des granulats recyclés est encore limitée par des réglementations strictes, bien que
de plus en plus d’endroits adoptent des politiques favorables au recyclage et à
l’utilisation des matériaux secondaires.
• Perception par les professionnels de la construction : Une autre limitation
réside dans la réticence de certains acteurs du secteur de la construction à adopter
des matériaux recyclés en raison de préoccupations liées à leur performance,
notamment en ce qui concerne la résistance et la durabilité. Cette perception peut
ralentir l’adoption à grande échelle des granulats recyclés, malgré les avantages
environnementaux évidents.
L’avenir des granulats recyclés dans la construction semble prometteur. À mesure que les
préoccupations environnementales et la gestion des déchets deviennent plus importantes,
l’industrie se dirige vers une économie circulaire dans laquelle les matériaux de construction, y
compris les granulats, sont constamment réutilisés et recyclés. Les perspectives futures
incluent :
• L’augmentation de la réglementation : De plus en plus de pays adoptent
des politiques favorisant l’utilisation des matériaux recyclés dans la construction.
Des incitations financières et des restrictions sur l’utilisation des granulats naturels
pourraient accélérer la transition vers l’utilisation des granulats recyclés.
• Le développement de nouveaux marchés : Alors que les applications des
granulats recyclés se diversifient, de nouveaux marchés pourraient émerger pour
leur utilisation, notamment dans le domaine des infrastructures publiques, des
bâtiments à faible empreinte carbone et des projets de génie civil.
• Intégration des granulats recyclés dans le béton haute performance : Le
développement de nouvelles technologies pourrait permettre d’augmenter
l’intégration des granulats recyclés dans le béton haute performance, ce qui
élargirait leur champ d’application à des structures de plus grande envergure et de
plus grande durabilité.
Les granulats recyclés représentent une solution clé dans la construction durable. Bien qu’ils
présentent certains défis techniques et limitations, les avancées dans le recyclage, la
réglementation et les innovations offrent de nombreuses possibilités pour intégrer ces matériaux
dans des projets de construction à grande échelle. L’adoption accrue des granulats recyclés
pourrait non seulement réduire les coûts et l’empreinte écologique de la construction, mais aussi
soutenir le développement d’une industrie plus circulaire, en accord avec les objectifs de
durabilité à long terme.
L’utilisation de granulats recyclés est souvent vue comme une réponse directe aux défis
environnementaux liés à l’industrie de la construction. En effet, les granulats naturels, qui sont
extraits principalement des carrières, contribuent de manière significative à l’épuisement des
ressources naturelles et à la destruction des écosystèmes. De plus, l’exploitation de ces
matériaux entraîne une importante consommation d’énergie et génère une pollution liée au
transport et à la gestion des sites d’extraction.
Les granulats recyclés jouent un rôle clé dans le réaménagement urbain et les projets de
rénovation. Dans les villes modernes, où l’espace est souvent limité et où les infrastructures
existantes doivent être rénovées ou remplacées, les granulats recyclés offrent une solution
efficace et économique. Voici quelques exemples de leur application dans les projets urbains :
1. Revêtement de routes et de chaussées : Les granulats recyclés sont
largement utilisés dans la rénovation des infrastructures routières, telles que les
chaussées, les trottoirs et les parkings. Leur utilisation permet de renforcer la
durabilité des surfaces routières tout en contribuant à la réduction des déchets.
Dans les villes, cette approche de recyclage des matériaux est un moyen de
moderniser les infrastructures tout en respectant les normes écologiques.
2. Rénovation de bâtiments anciens : Lors de la rénovation de bâtiments
anciens, les matériaux de démolition sont souvent réutilisés sous forme de granulats
recyclés dans les travaux de fondation ou de revêtement. Cela permet de préserver
le patrimoine tout en minimisant l’impact environnemental de la rénovation.
3. Récupération des matériaux de démolition dans les projets de
réhabilitation : Les granulats recyclés peuvent être utilisés dans des projets de
réhabilitation d’anciens sites industriels ou de friches urbaines. Ces matériaux
offrent une alternative intéressante aux matériaux neufs, tout en respectant
l’objectif de reconversion durable des sites.
7.14. Stratégies pour l’intégration des granulats recyclés dans les constructions neuves
Bien que l’utilisation des granulats recyclés ait progressé au cours des dernières années, il reste
plusieurs défis à surmonter pour leur intégration dans les constructions neuves, notamment en
ce qui concerne les normes de qualité, les tests de performance et les attentes des clients et
des architectes. Cependant, des stratégies peuvent être mises en place pour améliorer leur
adoption :
1. Amélioration des techniques de production : Les innovations dans le
traitement et le tri des matériaux de démolition peuvent améliorer la qualité des
granulats recyclés. Le développement de technologies de nettoyage et de broyage
plus avancées permet d’éliminer plus efficacement les impuretés, améliorant ainsi la
qualité du produit final.
2. Encourager les politiques publiques et les incitations fiscales : Les
gouvernements peuvent jouer un rôle essentiel en soutenant l’adoption des
granulats recyclés. Des politiques publiques telles que des incitations fiscales, des
subventions ou des réductions de taxes peuvent encourager les entreprises de
construction à utiliser des matériaux recyclés, en les rendant économiquement plus
attractifs.
3. Normes et certifications : Le développement de normes spécifiques et de
certifications pour les granulats recyclés, qui garantissent leur qualité et leur
conformité aux exigences de sécurité, encouragera les professionnels à les adopter.
Ces certifications peuvent aider à éliminer les réticences liées à la performance des
matériaux recyclés.
4. Collaboration entre le secteur public et privé : Les partenariats entre les
autorités locales et les entreprises privées peuvent aider à promouvoir le recyclage
des matériaux de construction, en mettant en place des infrastructures et des
réseaux de distribution efficaces pour les granulats recyclés. Cela pourrait inclure
des infrastructures de collecte et de traitement des déchets de construction dans
les zones urbaines.
7.15. L’évolutivité et l’avenir des granulats recyclés dans les grandes constructions
L’un des enjeux majeurs pour l’utilisation des granulats recyclés dans les grandes constructions
est leur capacité à répondre aux exigences de performance des projets de grande envergure,
tels que les gratte-ciel, les ponts et autres infrastructures majeures. L’évolution des techniques
de recyclage et des matériaux permet d’envisager une utilisation plus large dans ces projets
ambitieux.
1. Utilisation dans le béton haute performance : Le développement de
nouvelles technologies permet d’intégrer des granulats recyclés dans des mélanges
de béton haute performance. Ces avancées visent à améliorer la résistance et la
durabilité des granulats recyclés pour les rendre compatibles avec des projets de
grande envergure, tout en réduisant les coûts et l’empreinte environnementale.
2. Recherches sur l’amélioration de la résistance : Des recherches sont en
cours pour augmenter la résistance des granulats recyclés, notamment en testant
différents types de traitements chimiques ou thermiques. Ces traitements
permettent d’améliorer les propriétés mécaniques du granulat et de le rendre plus
adapté aux structures à forte charge.
3. Collaborations internationales : À l’échelle mondiale, de nombreux pays
adoptent des normes communes sur l’utilisation des granulats recyclés dans les
grandes constructions, ce qui facilite leur intégration dans des projets
internationaux. Les échanges de bonnes pratiques, les recherches communes et les
normes harmonisées contribuent à faire progresser l’utilisation des granulats
recyclés dans la construction moderne.
Les granulats recyclés sont essentiels pour la transition vers une construction plus durable et
plus respectueuse de l’environnement. Grâce aux progrès technologiques et à l’évolution des
normes de qualité, leur utilisation dans des projets de grande envergure et des applications plus
exigeantes devient de plus en plus viable. Bien que des défis subsistent en termes de
performance et de perception dans certains secteurs, les avantages économiques, écologiques
et pratiques des granulats recyclés sont indéniables.
Le développement de stratégies de recyclage innovantes et l’intégration de ces matériaux dans
la construction permettront non seulement de réduire l’impact environnemental de l’industrie du
bâtiment, mais aussi de contribuer à la création d’une économie circulaire plus durable, où les
matériaux sont constamment réutilisés et optimisés.
Les granulats constituent le squelette du béton, en assurant sa solidité et sa stabilité. Ils sont
utilisés pour créer un mélange homogène avec le ciment et l’eau, permettant d’obtenir un
matériau solide et durable. Il existe deux types principaux de granulats utilisés dans la fabrication
du béton :
• Granulats fins : Ce sont des matériaux dont la taille des particules est
généralement inférieure à 4 mm. Ils comprennent le sable, les fines de béton, et
d’autres matériaux similaires. Leur fonction principale est de combler les vides dans
le béton et d’améliorer l’adhérence du mélange.
• Granulats grossiers : Ceux-ci sont plus gros et peuvent avoir des diamètres
allant jusqu’à 80 mm ou plus. Ils incluent le gravier, les pierres concassées, et
d’autres matériaux similaires. Ils apportent la résistance mécanique au béton et
déterminent ses propriétés structurelles.
L’ajout de granulats dans le béton permet de réduire le coût global du matériau tout
en améliorant ses propriétés physiques, comme la résistance à la compression, la
durabilité et la résistance aux chocs.
Le type de granulat utilisé dans le béton dépend des caractéristiques souhaitées du produit final,
de l’application spécifique et des matériaux disponibles localement. Voici les principaux types de
granulats utilisés :
• Granulats naturels : Ce sont des granulats extraits directement de la nature,
tels que le sable, le gravier ou les pierres concassées. Ils sont utilisés dans la
fabrication de béton ordinaire pour des constructions résidentielles, des
infrastructures légères, et des routes. Leur coût peut varier en fonction de leur
disponibilité géographique.
• Granulats recyclés : Ce sont des granulats produits à partir de déchets de
construction et de démolition, tels que le béton démoli, les briques, et les tuiles.
Leur utilisation est encouragée pour des raisons écologiques, car elle permet de
réduire l’extraction de granulats naturels tout en réduisant la quantité de déchets.
• Granulats artificiels : Ces granulats sont produits par des processus
industriels tels que la granulométrie (broyage des matériaux) ou la fusion
(chauffage des matériaux pour former des granulats légers). Ces granulats peuvent
avoir des propriétés spéciales, comme une faible densité ou une grande résistance
thermique, ce qui les rend adaptés à des applications spécifiques comme la
fabrication de béton léger ou réfractaire.
Les propriétés des granulats ont un impact direct sur le comportement du béton dans les
conditions de travail. Voici les principales propriétés des granulats qui influencent la qualité du
béton :
• Granulométrie : La taille des granulats affecte la densité et la résistance du
béton. Un bon choix de granulométrie permet de produire un béton à la fois
homogène et résistant, avec une bonne répartition des particules et un mélange
optimal.
• Propriétés mécaniques : Les granulats doivent avoir une résistance à la
compression suffisante pour garantir la durabilité du béton. Des granulats trop
friables ou cassants peuvent compromettre la solidité du béton, notamment dans
des applications structurelles exigeantes.
• Absorption d’eau : La capacité d’absorption des granulats affecte la
consistance du mélange de béton. Des granulats ayant une forte capacité
d’absorption d’eau nécessitent davantage d’eau pour produire un mélange avec la
bonne consistance, ce qui peut réduire la résistance du béton si la quantité d’eau
n’est pas correctement ajustée.
• Propriétés chimiques : Les granulats doivent être chimiquement inertes pour
éviter des réactions indésirables avec le ciment ou l’eau, comme des réactions
alcalis-silice ou des réactions acides. Ces réactions peuvent altérer les propriétés
mécaniques du béton et réduire sa durabilité.
Les granulats recyclés jouent un rôle de plus en plus important dans la production de béton, en
particulier dans le cadre de la construction durable. Leur utilisation présente plusieurs
avantages, mais aussi des défis :
• Avantages :
• Réduction des déchets : L’utilisation de granulats recyclés permet de
réduire la quantité de déchets de construction qui sont envoyés en
décharge, contribuant ainsi à une économie circulaire.
• Réduction de l’empreinte carbone : Le recyclage des granulats
nécessite généralement moins d’énergie que l’extraction de granulats
naturels, ce qui réduit les émissions de gaz à effet de serre liées à leur
production.
• Défis :
• Propriétés variables : Les granulats recyclés ont souvent des
propriétés mécaniques moins constantes que les granulats naturels. Cela
peut entraîner des défis pour garantir la qualité et la résistance du béton
produit.
• Problèmes de contamination : Les granulats recyclés peuvent contenir
des impuretés provenant des matériaux d’origine, comme des plastiques ou
des métaux, ce qui peut nuire à la performance du béton si ces contaminants
ne sont pas correctement éliminés.
Outre le béton, les granulats sont également utilisés dans la fabrication d’autres matériaux de
construction, tels que :
• Les mortiers : Utilisés pour la maçonnerie, les mortiers sont des mélanges
de ciment, de chaux et de granulats fins (sable). Les granulats influencent la
consistance et la résistance du mortier.
• Les enrobés bitumineux : Dans la construction de routes, les granulats sont
mélangés avec du bitume pour créer des enrobés qui assurent la solidité et la
résistance des surfaces routières. Les granulats de qualité sont essentiels pour
garantir la durabilité des enrobés.
• Les produits préfabriqués : Les granulats sont également utilisés dans la
fabrication de produits préfabriqués comme des blocs de béton, des pavés, des
bordures, etc. La qualité et les propriétés des granulats déterminent les
caractéristiques des produits finis.
8.6. Conclusion sur l’usage des granulats dans le béton et autres matériaux
En conclusion, les granulats jouent un rôle central dans la fabrication du béton et d’autres
matériaux de construction. Ils influencent directement les performances mécaniques, la
durabilité et la résilience des matériaux dans lesquels ils sont utilisés. L’intégration de granulats
recyclés dans le béton permet de réduire les impacts environnementaux associés à l’extraction
des granulats naturels, tout en offrant une solution viable pour le développement de matériaux
durables.
Dans un contexte où la durabilité et la performance des matériaux sont de plus en plus au centre
des préoccupations, le recyclage des granulats et leur utilisation dans des matériaux de
construction devient un élément clé pour répondre aux défis de l’industrie de la construction
moderne.
Les bétons haute performance (BHP) sont des bétons qui présentent des propriétés
supérieures à celles des bétons classiques, tant en termes de résistance mécanique que de
durabilité. Ils sont utilisés dans des structures nécessitant une résistance élevée aux charges, à
l’usure, aux cycles de gel-dégel, et aux agents chimiques agressifs. Les granulats jouent un rôle
essentiel dans la formulation de ces bétons, car leur qualité influe directement sur la
performance du béton.
Dans le cas des bétons haute performance, les granulats utilisés doivent présenter des
caractéristiques spécifiques, telles que :
1. Granulométrie bien définie : La distribution granulométrique des granulats
doit être soigneusement sélectionnée pour assurer une compacité optimale et une
bonne circulation de l’eau et du ciment dans le mélange.
2. Granulats de haute qualité : Les granulats doivent être d’une grande pureté
et ne doivent contenir aucun matériau fragile ou contaminant, ce qui pourrait nuire à
la résistance du béton. L’usage de granulats recyclés peut être plus restrictif dans
ces applications en raison des variabilités des matériaux recyclés.
3. Granulats de faible absorption d’eau : Une faible capacité d’absorption
d’eau est essentielle pour éviter des variations dans la teneur en eau du mélange, ce
qui peut influencer la résistance et la durabilité du béton.
Les bétons légers sont utilisés pour réduire la masse des structures, ce qui est particulièrement
utile dans les constructions où le poids doit être minimisé, comme dans les gratte-ciel, les
ponts, ou les bâtiments à haute efficacité énergétique. Ils sont fabriqués en remplaçant les
granulats traditionnels par des matériaux plus légers, comme des granulats expansés, de l’argile
expansée, ou des granulats recyclés légers.
Les granulats sont également des éléments essentiels dans la production d’enrobés bitumineux,
qui sont utilisés principalement pour le revêtement des routes, des autoroutes, des parkings,
et autres surfaces de circulation. Les granulats de qualité jouent un rôle crucial dans la
résistance à l’usure et la durabilité des enrobés bitumineux.
Les propriétés des granulats influencent plusieurs aspects des enrobés bitumineux :
1. Adhérence avec le bitume : Les granulats doivent posséder une surface
rugueuse et une texture élevée pour permettre une bonne adhérence avec le
bitume, ce qui améliore la stabilité et la résistance aux fissures de la surface
pavée.
2. Résistance à l’usure : Les granulats utilisés pour les enrobés doivent être
suffisamment résistants à l’usure, car les routes subissent des pressions
importantes dues au trafic de véhicules. L’utilisation de granulats durs est donc
cruciale pour garantir la longévité des routes.
3. Propriétés de compactage : La granulométrie des granulats doit être
soigneusement ajustée pour permettre un compactage optimal du mélange
bitumineux, ce qui améliore la stabilité et la performance de la chaussée.
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8.10. Les granulats dans les matériaux de maçonnerie et de finition
Les granulats sont également utilisés dans d’autres applications de maçonnerie et de finitions
de surface, notamment pour la fabrication de :
1. Briques et blocs de béton : Les granulats sont mélangés avec du ciment et
de l’eau pour former des blocs et des briques de béton. La taille des granulats
influence la texture et la résistance mécanique des matériaux de maçonnerie.
2. Mortiers : Les granulats fins, comme le sable, sont utilisés pour préparer des
mortiers pour la construction de murs, la pose de carreaux, ou pour le plâtrage des
surfaces. Ils permettent de donner au mortier la consistance et la résistance
nécessaires à son utilisation dans les constructions.
3. Enduits de finition : Les granulats peuvent être utilisés dans les enduits de
finition des murs et des façades, pour offrir une texture décorative et des
propriétés d’isolation ou de protection.
Les granulats recyclés, produits à partir des déchets de construction, présentent des
caractéristiques différentes de celles des granulats naturels. Ils sont souvent perçus comme
étant moins performants, mais des avancées technologiques et des recherches ont permis de
surmonter de nombreux défis associés à leur utilisation dans le béton.
L’avenir des granulats, notamment des granulats recyclés, est en pleine évolution. Plusieurs
innovations pourraient améliorer leur utilisation dans la construction de manière plus durable :
1. Recyclage avancé des matériaux de construction : L’amélioration des
techniques de tri et de recyclage permettra de produire des granulats recyclés de
meilleure qualité, plus homogènes et adaptés à des applications plus exigeantes,
notamment dans les bétons haute performance et les enrobés bitumineux.
2. Utilisation de granulats innovants : Des recherches portent sur la création
de granulats légers ou à faible empreinte carbone, qui pourraient remplacer les
granulats traditionnels dans des applications spécifiques. L’innovation dans les
matériaux de construction durables pourrait permettre de réduire l’empreinte
écologique du secteur de manière significative.
3. Normes internationales et législation : La création de normes
internationales sur la qualité et l’utilisation des granulats recyclés facilitera leur
intégration dans la chaîne de production de matériaux de construction.
L’harmonisation des réglementations pourra stimuler l’usage de ces matériaux, en
particulier dans les pays développés et les zones urbaines.
L’utilisation des granulats, qu’ils soient naturels ou recyclés, a des conséquences importantes
sur l’environnement. Cette section explore les différents aspects environnementaux liés à la
production, à l’extraction, à l’utilisation et à la gestion des granulats dans le secteur de la
construction.
L’extraction des granulats naturels, principalement des sables, graviers et pierres, peut avoir un
impact considérable sur l’environnement. Les carrières où ces matériaux sont extraits sont
souvent localisées dans des zones naturelles sensibles. Les principaux effets environnementaux
sont :
• Destruction des habitats naturels : L’extraction des granulats peut
perturber les écosystèmes locaux, notamment en détruisant des habitats pour la
faune et la flore. Certaines carrières sont situées dans des zones proches des
rivières, des montagnes ou des forêts, des écosystèmes fragiles qui peuvent être
gravement affectés par ces activités.
• Pollution de l’eau et des sols : L’extraction de granulats peut entraîner la
pollution des eaux souterraines et superficielles. Les produits chimiques et les
métaux lourds présents dans les matériaux extraits peuvent se retrouver dans les
nappes phréatiques. De plus, l’activité minière peut provoquer la érosion des sols et
leur dégradation, ce qui a des effets négatifs sur l’agriculture et les autres formes
de vie.
• Consommation énergétique et émission de CO2 : L’extraction des granulats
nécessite d’importants moyens matériels, notamment des engins lourds et des
concasseurs, ce qui génère une forte consommation d’énergie et des émissions
de CO2. De plus, l’acheminement des granulats extraits vers les sites de
construction requiert du transport, souvent par camion, ce qui ajoute à l’empreinte
carbone de leur production.
L’utilisation de granulats recyclés est souvent présentée comme une solution durable pour
réduire les impacts environnementaux liés à l’extraction des granulats naturels. Cependant, cette
solution comporte également certains défis et effets environnementaux :
• Réduction de la consommation de ressources naturelles : Les granulats
recyclés permettent de réutiliser les matériaux provenant de déchets de
construction tels que les béton, briques, ou bitume. Cela permet de réduire la
demande en granulats naturels, préservant ainsi les ressources minérales.
• Réduction de l’empreinte carbone : Le recyclage des matériaux de
construction est un moyen efficace de diminuer l’empreinte carbone du secteur. Les
granulats recyclés nécessitent moins d’énergie pour être produits comparativement
aux granulats naturels extraits, car ils ne nécessitent pas d’extraction minière ou de
transport depuis des carrières lointaines.
• Réduction des déchets de construction : Le recyclage des granulats
contribue à la gestion des déchets de construction et démolition, qui représentent
une part importante des déchets solides produits dans de nombreux pays.
L’utilisation de ces granulats dans de nouveaux projets réduit le volume de déchets
destinés aux décharges et aux incinérateurs.
Cependant, les granulats recyclés ont leurs propres défis environnementaux. Par
exemple, le recyclage peut générer des déchets secondaires et entraîner l’émission
de polluants, tels que des poussières fines et des substances chimiques issues de
l’usure des matériaux recyclés. Il est donc important de bien contrôler la qualité et la
composition des granulats recyclés pour minimiser ces risques.
Les activités liées aux granulats peuvent affecter la biodiversité dans plusieurs contextes :
1. Perturbation des écosystèmes aquatiques : Lors de l’extraction de
granulats dans des rivières ou des zones humides, la dynamique des cours d’eau est
modifiée. Cette activité peut entraîner la disparition de certains habitats aquatiques,
perturber la faune et modifier les niveaux d’eau, affectant ainsi la biodiversité locale.
2. Modification du paysage naturel : L’extraction des granulats modifie
souvent le paysage, créant des zones dégradées qui ne peuvent pas toujours être
restaurées à leur état naturel. Ces dégradations peuvent mener à une perte
d’habitat pour certaines espèces animales et végétales.
Les granulats, en tant que composants essentiels dans la construction, sont soumis à des
normes techniques et à une réglementation rigoureuse visant à garantir la qualité des
matériaux, la sécurité des ouvrages, ainsi que le respect des normes environnementales.
Cette réglementation s’applique tant aux granulats naturels qu’aux granulats recyclés.
De nombreuses normes définissent les caractéristiques techniques que doivent respecter les
granulats. Ces normes varient selon les pays, mais suivent généralement des standards
internationaux, notamment ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) ou du
Comité Européen de Normalisation (CEN).
Avant leur utilisation sur un chantier, les granulats doivent faire l’objet de contrôles qualité
réguliers. Ces contrôles sont effectués soit en laboratoire, soit sur site, et comprennent :
• des analyses granulométriques,
• des essais mécaniques (Los Angeles, Micro-Deval, etc.),
• des tests chimiques (teneur en sulfate, pH, etc.),
• la mesure de la densité, de la porosité et de la teneur en eau.
Ces contrôles permettent de s’assurer que les granulats sont conformes aux
spécifications des normes applicables, et qu’ils ne risquent pas de compromettre la
résistance ou la durabilité de l’ouvrage.
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10.4. Réglementation sur l’extraction des granulats
Dans la plupart des pays, l’extraction des granulats naturels est strictement encadrée par des
lois environnementales, car elle a des impacts significatifs sur les écosystèmes, les paysages et
les ressources naturelles. Parmi les principales obligations réglementaires, on retrouve :
• L’obtention de permis d’exploitation délivrés par l’État ou les autorités
locales.
• La réalisation d’études d’impact environnemental avant toute autorisation.
• La mise en place de plans de réhabilitation pour restaurer les carrières
après exploitation.
• Des quotas de production pour éviter la surexploitation de certaines zones.
L’utilisation des granulats recyclés dans le bâtiment est encouragée dans de nombreux pays,
mais elle est soumise à des réglementations spécifiques, notamment en ce qui concerne :
• La traçabilité des matériaux, pour s’assurer de leur provenance.
• La sécurité sanitaire, notamment l’absence de polluants ou d’amiante.
• La conformité aux normes techniques, comme pour les granulats naturels.
Les réglementations peuvent varier d’un pays à l’autre. Voici quelques exemples :
• En Europe, la réglementation est largement harmonisée via les normes EN et
le marquage CE, obligatoire pour tous les matériaux de construction.
• En Afrique, plusieurs pays adoptent les normes de l’AFNOR (France), ou les
adaptent à leur contexte local.
• En RDC, bien que le cadre réglementaire soit encore en cours de
structuration, des références aux normes internationales sont de plus en plus
utilisées dans les grands projets publics et privés.
Avec les enjeux liés à la transition écologique, la réglementation sur les granulats évolue
progressivement pour intégrer de nouvelles dimensions :
• Réduction des émissions de carbone associées à la production de
granulats.
• Inclusion obligatoire de matériaux recyclés dans certains projets publics.
• Incitations fiscales ou subventions pour les entreprises qui utilisent des
granulats issus de l’économie circulaire.
• Digitalisation du suivi de la chaîne de production et de traçabilité des
granulats.
Le secteur des granulats, longtemps considéré comme peu innovant, connaît aujourd’hui une
transformation significative sous l’effet de plusieurs facteurs : la pression environnementale, les
avancées technologiques, et la volonté de transition vers une économie plus circulaire et
durable. Cette section explore les perspectives d’avenir ainsi que les innovations majeures en
cours dans le domaine.
L’un des axes les plus prometteurs pour le futur des granulats est la généralisation du
recyclage. Face à l’épuisement progressif des ressources naturelles, les granulats recyclés
apparaissent comme une solution incontournable.
Face à la raréfaction des granulats traditionnels (sable, gravier, pierre), des alternatives
innovantes sont en cours de développement :
• Granulats artificiels : produits à partir de déchets industriels comme les
laitiers de hauts-fourneaux, les cendres volantes ou les boues de station
d’épuration. Ces matériaux sont transformés, traités thermiquement ou
chimiquement, puis utilisés comme granulats dans les bétons.
• Granulats à base de plastique recyclé : certaines recherches ont permis
d’intégrer des plastiques fondus ou broyés à des formulations de béton léger, avec
des propriétés d’isolation thermique intéressantes.
• Granulats végétaux : comme le chanvre ou la fibre de coco, sont étudiés
pour créer des bétons biosourcés, légers et à faible empreinte carbone.
Certaines entreprises vont jusqu’à intégrer des crédits carbone dans leur modèle,
en finançant des projets de compensation liés à leur consommation de granulats.
L’avenir des granulats dépendra aussi de l’évolution des cadres réglementaires. Des politiques
plus strictes sont attendues concernant :
• L’interdiction progressive de l’extraction dans certaines zones sensibles.
• L’obligation d’intégration de granulats recyclés dans les constructions
neuves.
• La limitation de l’exportation de sable dans certains pays en pénurie.