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Accueil >> Cours de droit immobilier
Cours de droit de l'immobilier
Par coursdedroit le 1 Février 2012 à 04:34
DROIT IMMOBILIER
Le droit immobilier est le terme générique qui regroupe l'ensemble des textes juridiques du
droit public comme du droit privé concernant les immeubles, par opposition aux meubles.
Il s'agit d'une partie du droit des biens, et concerne aussi bien le droit des immeubles privés
que le droit du patrimoine des personnes publiques.
Son champ est donc très large puisqu'il concerne notamment :
- le droit de la construction,
- le droit de l'urbanisme,
- le droit des hypothèques,
- le droit des servitudes légales et conventionnelles,
- le droit de la mitoyenneté,
- le droit de la copropriété,
- le droit des associations foncières et des associations syndicales,
- le droit du domaine public,
- le droit applicable à certaines professions spécialisées, comme les agents immobiliers, les
notaires, les architectes, les maîtres d'œuvre, etc, etc.
Introduction
o -les différentes branches
o -les caractères du Droit immobilier
o -les sources du droit immobilier
Chapitre 1 : Les sources
communautaires
Les interventions des législations qui se préparent. La directive de 85 sur la R des produits
défectueux et directive sur la location à temps partagé en Europe.
L'application dans sa généralité du droit communautaire : l'incidence est moins visible mais a une
influence : droit communautaire de la concurrence : art 81 et suivants et la législation française.
Les deux législations peuvent être appliquées de manière cumulative : les solutions françaises ne
doivent pas être contraires aux solutions communautaire selon le principe de primauté du droit
communautaire.
Section1 : le droit européen de la concurrence
et le droit immobilier
§1. Principe d'interdiction des ententes et des
abus de position dominante
En droit communautaire (Directives et Art 81 et 82 Traité CE)
- Principe de primauté du droit communautaire donc une entente qui est interdite sur le terrain
communautaire ne pourra être mise en oeuvre sur le territoire français. Règle DE NON BIS IN
IDEM qui veut que la sanction n'ait pas lieu deux fois. Dans de telles sanctions administratives en
réalité c'est un système quasi-répressif donc la quasi-totalité des règles de droit pénal s'applique.
Pourquoi on parle de concurrence dans ce cours ? Parce que c'est devenu une arme pour les
entreprises de mettre des bâtons dans les roues ou niveau des appels d'offres notamment dans le
cadre des marchés publics (dans le domaine de la construction : entreprises de BTP). Souvent
entente entre les concurrents qui se répartisse l'appel d'offre
=> Arrêt Million et Maret
à Au titre du droit de la concurrence quand on parle d'entente ou d'abus de position dominante ce
n'est qu'une facette. L'autre facette concerne les contrôles des concentrations. Le Traité CE dit que
quand les seuils de chiffre d'affaire sont atteints alors il y a contrôle communautaire qui exclut le
contrôle français. Donc pas d'application cumulative, l'application du droit communautaire exclut
l'application du droit français. On parle de ce contrôle en droit immobilier parce que certaines
entreprises de BTP procède à un rapprochement ce contrôle des concentrations est mis en oeuvre
au niveau communautaire.
§2. Concernant les aides d'Etat
Elles sont sanctionnées par le droit communautaire mais pas par le droit français. Ce droit des
aides d'Etat est aussi utilisé par les entreprises pour dénoncer des concurrents qui bénéficient de
l'aide.
Section 2 : La libre circulation des marchandises
À côté du droit de la concurrence on trouve aussi le contrôle communautaire de la libre circulation
des marchandises. En effet beaucoup de matériels de construction transit sur le territoire de l'union.
En matière de libre circulation des marchandises est-ce qu'une législation française règlementant la
taille de tuiles par exemple ? L'article 28 Traité CE interdit les mesures discriminatoires mais les
Etats prennent des mesures déguisées qui vont gêner l'importation de produits fabriqués dans
d'autres Etats membres. L'Arrêt Cassis de Dijon nous dit que ces mesures sont interdites sauf si elles
représente des raisons impérieuses d'intérêt Général. Cet arrêt nous dit que si ce produit est
commercialisé et fabriqué conformément à des exigences dans son pays alors aucune entrave ne
peut être mise en place (principe de reconnaissance mutuelle).
La libre prestation de service également pour laquelle on a oggi une Directive qui englobe la quasi-
totalité des services. Cette Directive est en cours de préparation entre les Etats membres et elle
devrai être prochainement adopté par le Parlement Européenne.
Section 3 : Impact de la Convention Européenne des Droits de l'homme
en droit immobilier
Pourquoi l'invoque-t-on ?
Parce qu'elle donne le respect du droit de propriété et des biens par l'Etat. L'atteinte au droit de
propriété par L'Etat concerne les procédures d'expropriation. La COUR EDH a dit que s'il s'agit
d'une expropriation pour cause d'utilité publique elle est valable mais c'est le seul cas.
Par la suite on a eu d'autres affaires devant le juge national où on voyait apparaître les dispositions
de la CEDH dans le cadre de contrats de baux à un tribunal ordonnait l'expulsion et il aurait fallu le
recours à la force publique por l'exécution du jugement. Or ici la force publique n'avait pas été mis
en oeuvre donc préjudice donc Dommages et Intérets.
Chapitre 2 : Les sources
nationales
Section 1 : Les sources législatives
§1. Concernant le droit de la construction
-code de l'urbanisme
-code de la construction et de l'habitation (dispositions relatives aux normes de
sécurité).
-Code civil (dispositions relatives aux contrats d'entreprise à contrats de louage
d'ouvrage.
Comme dans beaucoup d'autre domaine du droit on a donc une inflation législative et une réforme
de la législation d'urbanisme (réforme constante).
Par contre la responsabilité des constructeurs sanctionnées par le code civil est une responsabilité
qui elle, n'a été modifiée pour la dernière fois qu'en 1978 ; or cette stabilité n'est que de façade
puisque adoption de législations non-codifiées.
§2. Concernant la partie Baux et copropriété c'est-
à-dire ce qui concerne la gestion de l'immeuble
A. Pour les baux
=> dispositions de droit commun dans le code civil mais l'essentiel est passé dans des
législations spéciales (baux ruraux ou baux commerciaux ou à usage d'habitation).
Notamment en matière de baux à usage d'habitation avant 1948 on appliquait le
code civil, puis Loi de 1948, puis pendant la période des années 80
une période de plusieurs réformes qui a donné lieu à une grande
instabilité en matière de baux à usage d'habitation, puis la Loi de 1989
est venu harmoniser tout cela et instaurer une plus grande stabilité.
Pour les baux commerciaux c'est un décret de 1953 qui a créer ce régime
spécifique. Ce droit reposait à l'époque uniquement sur une
jurisprudence qui appliquait ce décret. Oggi cette législation est
codifiée dans le code de commerce.
Cependant une Commission l'année dernière a rendu une décision qui envisage
une modification des baux commerciaux.
B. En matière de copropriété
On a une législation ancienne de 1965 qui n'a pas été modifiée en profondeur, on a une
modification légère seulement en dernier lieu par la Loi SRU de 2000 ; c'est la jurisprudence qui est
importante en droit de copropriété car cela encombre les tribunaux.
Section 2 : La jurisprudence
Intervention des juges judiciaires (civil et pénal) et du juge administratif en matière immobilière.
S'agissant des juridictions judiciaires :
Le droit immobilier intéresse la 1ère et la 3ème chambre civile de la Cour de Cassation.
Pour ce qui est du droit pénal il il y a en droit immobilier des infractions particulières, surtout à
l'encontre de professionnels qui ne respecteraient pas les règles impératives lorsqu'ils contractent
avec un particulier (souscription obligatoire d'une assurance de construction par ex).
La jurisprudence est plus ou moins importante selon le domaine immobilier (intervention peu
importante du juge en matière de baux à usage d'habitation, par contre intervention importante en
matière de copropriété).
Section 3. L'influence de la pratique administrative
Dans les années 50 – 60 lorsque le droit de l'immobilier était en pleine mutation la pratique
notariale a permis l'évolution de la matière.
Section 4. La doctrine
Le droit immobilier est une matière plutôt confidentielle car elle est surtout technique qui se base
dur le droit des obligations, des contrats et de la responsabilité civile et qui donc exige de connaître
tout d'abord ces règles civiles.
BIBLIOGRAPHIE
Au niveau des ouvrages en matière de construction :
-« Droit de l'urbanisme et de la construction » chez Montchrestien
-« Droit de la promotion immobilière » Messieurs Malavaux et GESTIN
-Daloz Action « droit de la construction »
-Lamy « droit immobilier »
-Memento Lefebvre
-Memento Dalloz de Mme Malarie
Dans le cadre de la gestion de l'immeuble :
Dalloz Action « droit de la gestion de l'immeuble »
Mémento Lefebvre sur la gestion de l'immeuble
En matière de copropriété :
Dalloz
AJDI (partie de gestion de l'immeuble).
Sommaires commentés :
-Revue Générale de droit des Assurances
-Revue des loyers (traite du droit des baux).
Nous verrons dans ce cours les règles applicables en matière de sols (urbanisme) mais aussi règles
de construction et enfin les règles de commercialisation de l'immeuble (gestion de l'immeuble). Le
cours consistera à se mettre dans la peau d'un promoteur immobilier.
Donc 3 parties dans ce cours :
Partie I : Le droit du sol
Partie II : Règles applicables aux constructions
Partie III : Règles de commercialisation de l'immeuble.
Partie 1.
Les questions relatives
au sol :
le terrain à bâtir
Plan de la partie :
Titre 1. L'acquisition du terrain par le constructeur
Chapitre 1. Les obstacles juridiques, financiers, qui se dressent sur la route du
promoteur pour acquérir son terrain
formules d'acquisition du terrain par le promoteur / constructeurChapitre 2. Les
Titre 2. L'affectation du sol à la construction, les règles d'urbanisme
Le constructeur ne peut pas bâtir ce qu'il veut, il ne suffit pas d'avoir acquis un terrain, il faut se
conformer aux règles d'urbanisme. Nous verrons la question de l'acquisition du terrain par le
promoteur, puis l'affectation du sol à la construction. Ici en résumé, nous verrons quelques
éléments sur les règles d'urbanisme.
Titre 1. L'acquisition du terrain par le
constructeur
Chapitre 1. Les obstacles juridiques, financiers, qui se dressent sur
la route du promoteur pour acquérir son terrain
Section 1. Les obstacles liés à la fiscalité
Pour que le promoteur achète, il faut qu'il trouve un vendeur.
§1. La question des plus-values pour le vendeur
A. Le régime des plus-values de
particuliers des résidents
1. Depuis la réforme des plus-values immobilières des particuliers
Mais la réforme des plus-values a peut-être facilité les reventes des biens immobiliers. Supposons
que ce soit un particulier qui vend le terrain, prélèvement libératoire de 27% (avec 11% de CSG,
CRDS, cotisations sociales).
- On n'a plus de plus-values après 15 ans de détention. Avant 22 ans => revente plus rapide des
biens, marché foncier plus fluide. C'est le problème aujourd'hui : il y a trop de demande et pas
suffisamment d'offre, les terrains restent trop longtemps dans les mêmes patrimoines, donc le
marché n'est pas fluide. La fiscalité permet de fluidifier le marché jouant sur la durée de détention.
Mais on a un autre moyen de fluidifier le marché : on peut augmenter l'ISF.
- Plus-value imposable = valeur d'entrée dans le patrimoine – valeur de revente – abattements. En
fait ce ne sont pas tout à fait des abattements. L'idée est d'augmenter au maximum la valeur
d'entrée dans le patrimoine : prendre en compte des travaux de rénovations, aménagement (qui
viennent s'ajouter à la valeur d'entrée), et tenir compte aussi des frais d'acquisition et notamment
des frais de notaire.
Mécanisme : pour les travaux et frais d'acquisition, on a soit les frais réels, soit un forfait (7,5%
pour les frais d'acquisition et 15% pour les travaux, mais uniquement si on détient le bien depuis
plus de 5 ans pour les travaux). On obtiendra la plus-value brute. Les travaux qui peuvent être
déductibles ou venir s'ajouter à la valeur d'entrée.
On ne peut pas tenir compte des travaux qui auraient déjà été déduit au titre de l'IR (généralement
travaux qui viennent en diminution des loyers perçus). En outre les simples travaux de réparation
et entretien ne sont pas déductibles => DA : uniquement gros oeuvres, vs travaux esthétiques…
À travers ces restrictions, le législateur souhaite limiter le plus possible l'option pour frais réels et
inciter à n'utiliser que le forfait.
Supposons par ex qu'on a une durée de détention de 10 ans. On a calculé la plus-value brute à
laquelle on va appliquer un abattement de 10% par année de détention à compter de la 6ème année
=> plus-value imposable = 0 après 15 ans de détention.
On calcule les années par année pleine et non par année civile, i.e. par rapport à la date précise
d'acquisition.
Si on a une durée de détention de 10 ans, on peut déduire 50% de la plus-value brute.
Ensuite il y a un abattement général de 1 000€ sur la plus-value nette trouvée.
On multiplie alors par 27% et on trouve le montant du prélèvement.
2. Par rapport au système antérieur
Le taux d'imposition était lié au taux de l'IR. Le montant de plus-value venait s'ajouter à la
déclaration d'impôt de revenu. Donc on appliquait le taux marginal d'imposition (puisque cela
s'ajoutait à son revenu initial).
Donc finalement cette réforme favorise les gros revenus, i.e. incitation à vendre sans attendre le
délai de 22 ans.
Dans le système antérieur, l'IR est calculé avec un décalage d'un an => chacun des contribuables
devait faire sa déclaration l'année suivant la vente. Il y avait un taux de déperdition par oubli des
contribuables et peu de contrôle. Pour éviter cela désormais, il y a un prélèvement à la source, i.e.
le montant est payé en même temps que l'acte de vente. il y a un système de formalité unique
quand l'acte est publié au bureau des hypothèques, on doit envoyer en même temps les droits
d'enregistrement dû et le prélèvement. Le notaire est alors le collecteur de l'impôt et le bureau des
hypothèques assure le recouvrement.
B. Concernant les non-résidents
Supposons maintenant que celui qui vend un immeuble situé en France réside aux USA.
Le . il y a des déclarations derégime pour les non-résidents est plus-values particulières pour les
non-résidents. On détermine de la même façon le montant de la plus-value imposable nette. Mais
le taux d'imposition est de 33,1/3 pour les non résidents non communautaires. Pour les non-
résidents communautaires c'est le principe de non-discrimination qui s'applique, i.e. ils doivent
bénéficier du même taux que les résidents. Mais la CSG et CSRDS sont des impôts français => les
non-résidents communautaires payent un impôt sur la plus-value de 16%.
1. Cas d'exonération
Si le bien vendu est notre résidence principale, on n'a pas de plus-value à payer. C'est forcément
pour les résidents fiscaux en France puisque l'on parle de résidence principale.
Pour les non-résidents de nationalité française qui disposent d'un pied-à-terre en France (i.e. un
bien qui n'est pas loué), dans ce cas la 1ère vente de ce pied à terre est exonérée de plus-value. Mais
ici c'est une clause de nationalité qui s'applique.
Cette exonération qui à l'origine ne concernait que les non-français ayant un pied-à-terre s'applique
aussi aux résidents communautaires du fait du principe de non-discrimination.
2. Problème pour les non-résidents
Le risque est que le fisc français peut difficilement saisir des comptes, il ne dispose pas de force
exécutoire directe. Donc s'il y a une somme qui doit être recouvrer parce qu'il y a eu une erreur de
calcul par ex.
Pour éviter ce risque, il y a l'obligation quand on est non résident d'avoir la nomination
d'un représentant fiscal accrédité. Ce peut être des établissements bancaires qui ont reçu
une accréditation spéciale de la part de l'État et de l'administration fiscale. Il se porte
caution du non-résident étranger. Cela a un coût, ils prennent un % du prix de vente. 2ème
solution : le non-résident demande à une personne physique français d'être son
représentant fiscal et de se porter garant. Cette personne physique devra obtenir son
accréditation auprès de l'administration fiscale avant la vente. il y a un contrôle de
l'administration quand elle donne son accord pour qu'une Personne Publique se porte
garant.
§2. Les autres obstacles fiscaux
La fiscalité relative à la possession des biens immobiliers : l'ISF et les taxes locales au titre de la
possession du bien immobilier.
A. L'ISF
Cela concerne tout le patrimoine.
Première tranche à 720 000€ : au-delà on commence à payer l'ISF.
Il y a une très faible corrélation entre la valeur vénale du titre déclaré et la valeur prise en compte
par l'ISF. L'un des seuls aspects du patrimoine sur lequel on peut encore jouer pour diminuer l'ISF
(contrairement aux valeurs des VM et du compte bancaire qui sont des figées).
Pourquoi y a t il peu de contrôles sur l'ISF ?
Il y a un taux de rentabilité faible sur l'ISF. Explication : quand un inspecteur des impôts contrôle,
il est payé en fonction du redressement. Pour faire du chiffre, l'inspecteur préfèrera contrôler une
succession entre des personnes sans lien de sang qu'une succession entre des parents et leurs
enfants car le taux d'imposition est de 60% entre étrangers. Ainsi on comprend que, les taux d'ISF
étant autour de 1%, cela soit peu rentable pour l'inspecteur et l'État.
Le contrôle ISF souvent lié à un décès et donc à une succession car alors tout s'enchaîne : on doit
déclarer les biens immobiliers pour leur valeur vénale. Mais supposons que l'on doive vendre les
biens immobiliers pour pouvoir payer les droits de succession. Si on a un bien immobilier qui est
évalué à 50 dans la déclaration d'ISF, à 100 dans la déclaration de succession et qui est finalement
vendu un peu plus tard à 130 => le vendeur qui a hérité est normalement assujetti aux plus-values
= valeur d'entrée – valeur de sortie = 30. En terme fiscal, c'est plus intéressant si la succession a été
faite entre étrangers d'inscrire 100 dans la succession car elle est taxée à 60% et la plus-value
uniquement à 27%. Au contraire c'est moins intéressant si la succession a été faite à des enfants
(20% de droits de succession).
Attention cependant on risque d'être redressé sur la valeur de succession si le service des impôts
s'en rend compte.
Supposons que la personne n'ait jamais soumis d'ISF, elle a omit de déclarer l'ISF => redressement
sur les 10 dernières années possible.
Supposons que l'ISF a bien été établi, mais on a déclaré le bien à 60 alors qu'il est à 100 dans la
déclaration de succession => redressement possible sur les 3 dernières années.
Mais mieux vaut un redressement ISF avec des taux qui sont aux alentours de 1% qu'un
redressement sur la déclaration de succession. Donc ça ne sert à rien de mettre 60 comme valeur
ISF et 60 dans la déclaration de succession.
ISF et impact sur la fluidité du marché foncier :
En terme d'objectif fiscal, en imposant le patrimoine immobilier, cela peut être une incitation pour
un certain nombre de personnes à revendre leurs biens immobiliers.
En fait ce n'est pas le cas car on a toujours des sous évaluation dans la pratique et il y a peu de
contrôle => dans la pratique, l'objectif manque son but.
En outre des limites ont été apportées au paiement de l'ISF : un plafond a été instauré, ISF+IR <
85% du montant des revenus
B. Les impôts locaux
Si la taxe foncière importante, cela incite les possesseurs de terrains à les vendre.
On distingue les terrains bâtis des terrains non bâtis. Pour les terrains non-bâtis, la TF qui est
calculée est tellement faible que ce n'est pas une incitation pour le vendeur à vendre le bien.
Des efforts ont été faits : le législateur a essayé de taxer plus fortement les terrains à bâtir, mais en
fait concrètement ce n'est quand même pas une incitation pour le propriétaire à vendre ou à réaliser
des construction.
Conclusion sur l'obstacle fiscal : il n'y a pas de véritable politique fiscale incitative qui a été mise
en place en vue de faciliter la revente des biens immobiliers, cette politique fiscale devant alors
être établie en fonction de la véritable valeur vénale des biens. Or si on fait le point par rapport à
l'ISF, il n'y a quasiment pas de contrôle et dans les faits ce n'est pas la valeur vénale qui est
retenue.
Il y a eu une évolution avec la réforme des plus-values, et une simplification du système qui peut
inciter à revendre plus rapidement.
Section 2. Les obstacles liés aux politiques
foncières des collectivités locales : l'intervention
des collectivités publiques
C'est la politique d'aménagement foncier menées par les collectivités publiques qui peut heurter la
volonté d'acquérir du promoteur immobilier.
Les instruments utilisés par les collectivités sont :
-L'expropriation
-Exercice du droit de préemption.
Mais si la commune préempte ou exproprie, c'est qu'elle a elle-même un schéma d'aménagement
urbain. Si ces constructions ne sont pas réalisées par le promoteurs elles pourront l'être
éventuellement par la mairie.
À travers ces politiques, c'est la mise en place d'un aménagement de la ville qui est fait par la
mairie, en sachant que l'expropriation et la préemption doivent être sous-tendus par un intérêt
publique.
Expropriation : volonté de la mairie d'acheter, même si le propriétaire n'est pas vendeur => plus
volontariste que le droit de préemption.
Droit de préemption : ne s'applique que lorsque le propriétaire a déjà trouvé un acquéreur, et de
façon préalable l'acquisition doit être proposée d'abord à la mairie
§1. Le droit de préemption
Peut-on conclure une vente sous condition suspensive de la non préemption par la mairie ?
Quelle est la valeur de l'exercice du droit de préemption par la mairie ?
Le droit de préemption est-elle une condition de validité du contrat de vente ou seulement une
condition d'exécution ?
Cette discussion s'est aussi posée au sujet du droit des préemption des SAFER qui s'occupent du
remembrement rural.
Le droit de préemption des SAFER :
On disait qu'une vente pouvait être conclue sous la condition suspensive de non préemption de la
SAFER. Or en fait la Jurisprudence a été confrontée à une difficulté qui a été propre au mécanisme
même de la condition suspensive (art. 1168 et s. Code Civil). Le vendeur disait que la SAFER ne
pouvait pas avoir plus de droit que l'acquéreur. Donc si la SAFER préempte la vente est nulle à
partir du moment où on a un contrat avec une condition suspensive : le contrat est rétroactivement
anéanti.
On s'est demandé si la SAFER est subrogée dans les droits et obligation de l'acquéreur quand elle
préempte ou est-ce un nouveau contrat entre le vendeur et la SAFER ?
1ère théorie :
La Jurisprudence, suivi d'une loi début 1980, a considéré que si une telle clause existe et est
efficace, on prive la SAFER de toute préemption de terrain => une telle clause n'entraîne pas
l'anéantissement du contrat pour la SAFER, mais uniquement l'anéantissement du contrat entre le
vendeur et l'acquéreur. On a en fait un 2ème contrat de vente qui lie directement la SAFER au
vendeur et qui n'est pas touché par la condition suspensive.
2ème raisonnement :
Il n'y a qu'un seul contrat de vente => la SAFER prend la place du 1er acquéreur, et donc le contrat
est anéanti. Cette explication était problématique, c'est pourquoi le législateur est intervenu.
Peut-on conclure une vente sous condition suspensive de refus de préempter de la mairie ?
Concernant le droit de préemption des SAFER, avant on disait qu'une vente pouvait être conclue
sous condition suspensive du refus de préempter de la SAFER. Elle se substituerait donc à
l'acquéreur dans le contrat de vente. La jurisprudence a donc décidé que la préemption rend nulle
la vente et à partir de là la SAFER ne peut pas exiger la vente à son profit à la place de l'acquéreur.
C'est le mécanisme de la condition suspensive à annulation rétroactive du contrat si elle se réalise.
Le problème est que cela privait la SAFER de toute acqu° de terrain donc le législateur est
intervenu dans les années 80 en disant que la réalisation de la condition suspensive ne vient
anéantir que le contrat qui liait le vendeur à l'acquéreur.
A. Les formes de droit de préemption
Plusieurs types de droits de préemption exercés dans le droit de l'urbanisme, tout dépend du bien
immo :
1. Quand le bien Immobilier se trouve dans une zone d'aménagement différé
On veut permettre dans cette zone un aménagement urbain ultérieur. Un contrôle dans cette zone
des collectivités pour permettre un meilleur aménagement. La 2ème chose est que le but poursuivi
est de limiter la spéculation foncière et donc on essai de réguler cette spéculation en créant ce type
de zone. L'idée aussi peut être de créer des réserves foncières et créer des constructions.
Globalement le but pour les collectivités est d'avoir une meilleure maîtrise.
On a deux types de zones oggi depuis la reforme du 1er juin 1997 (ZAD nouveau régime). La
question qui peut se poser est la cohérence de ces zones avec les autres règles d'urbanisme et avec
les autres types de droit de préemption.
La 1ère chose est que les zones d'aménagement différé résultent de règles édictées par l'Etat. La
commune peut demander la création sur son territoire d'une ZAD mais la décision relève de l'Etat.
La 2ème chose est que elles ne relèvent de règles d'urbanisme. Les règles de ces zones ne se
superposent même pas aux règles d'urbanisme. Est-ce que l'on peut se retrouver avec une ZAC et
une zone naturelle en même temps ? Si on s'en tiens à la jurisprudence du CE on ne peut pas
superposer une ZAD avec une zone d'espace naturelle sensible car elles bénéficient chacune d'un
droit de préemption propre. Ceci étant le CE a admis la légalité d'un décret qui créait une ZAD dans
une zone d'espaces naturels sensibles et que rien n‘ interdit la superposition des droits de
préemption.
Quel est l'acte qui porte création d'une ZAD ? Quels sont les objectifs poursuivis par la création
d'une ZAD ?
Selon la Loi SRU « Une ZAD peut être créée en vue de la création dans l'IG ……ayant pour objet de
mettre en oeuvre un projet urbain, une po de l'habitat, d'organiser l'extension ou l'accueil
d'activités économiques, de favoriser le dvpt des loisirs et du tourisme, de réaliser des
équipements collectifs, de lutte contre l'insalubrité, de permettre le renouvellement urbain, de
sauvegarder ou de mettre en avant le patrimoine bâti ou non bâti. Elle peut être créée pour
permettre la réalisation d'une réserve foncière »
Seul l'Etat peut prendre le décret qui créer la ZAD mais le préfet peut intervenir, de même qu'un
EPCI qui souhaite profiter aussi de la ZAD. La ZAD permet de créer un droit de préemption dans
un périmètre délimité. Ce droit de préemption ne pourra être exercé que par une seule personne
qui sera nommément désignée par le texte. Il y a obligation de publication de la ZAC auprès des
tiers, le décret doit être publier dans plusieurs journaux pour informer les tiers.
Ce qui nous intéresse, nous, c'est de savoir combien de temps la ZAD doit-elle durer ? Il faut que
les proprios de terrains à l'intérieur de la zone le sachent. Normalement la ZAD à une durée de 14
ans et donc à partir de là le droit de préemption disparaît. On ne pouvait pas à l'issu de cette
période créer une nouvelle ZAD même si cette création était justifier par la nécessité de continuer
l'aménagement urbain amorcé durant la 1ère période.
Dans la période de préparation de la ZAC c'est-à-dire dès que sa création est envisagée (quand le
décret est pris) il peut se passer un certain temps jusqu'à commencement des travaux pendant
lequel il y a un risque de spéculation foncière (les terrains prennent de la valeur). Pour éviter cela
on peut créer des périmètres provisoires de la ZAD (pré-ZAD) mais ils ont été supprimés en 1995.
Ces périmètres ont finis par être remis en place par la Loi du 13 juillet 1991 ; la création de ce
périmètre provisoire est toujours décider par l'Etat et la durée de celui-ci ne peut normalement
excéder 2 ans, à l'issu desquels la ZAD est amorcée.
2. Quand le bien immobilier se trouve dans une zone dans laquelle peut s'exercé le
droit de préemption urbain (DPU)
Institué en 1985 et à l'époque c'était l'unique procédure décentralisée qui permettait aux communes
équipées d'un POS ou d'un PLU de pouvoir préempter à l'intérieur d'une zone quelles ont
préalablement délimité. Le droit de préemption urbain est cette fois un instrument
d'aménagement urbain mis à la disposition des communes pour leur permettre de poursuivre les
objectifs de leur po urbaine.
Quelles sont les zones dans lesquelles on peut instituer des droits de préemption urbains ?
En 1985 le législateur disait que le droit de préemption urbain s'appliquait dans toutes les zones
urbaines ou à urbanisation future pour les communes qui disposaient d'un POS sauf délibération
contraire.
Nouvelle intervention législative en 1986 qui a inversé la solution c'est-à-dire qu'il n'il y a de DPU
que dans les zones où il a expressément été prévu par une délibération municipale. Cela permet
d'être plus sélectif mais cela est que théorique car dans la pratique pour les communes dotées d'un
PLU elles instituent généralement un DPU sur la quasi-totalité des zones sur lesquelles le DPU
peut être crée. Cela veut dire que de plus en plus ces communes souhaitent exercé un pouvoir de
contrôle total sur leur territoire.
Le DPU ne peut s'exercer que sur des zones urbaines ou des zones d'urbanisation future mais
encore faut-il que la commune soit dejà dotée d'un PLU au préalable.
Selon les textes la commune ne peut pas institué un DPU sur une zone déjà couverte par une ZAD
ou une pré-ZAD (vu plus haut). On peut donc avoir une concurrence/ superposition entre ZAD et
zone d'espaces naturels sensibles mais pas entre ZAD et DPU.
Sur la nature du droit de préemption crée on peut avoir un droit de préemption simple ou
renforcé. On verra par la suite quels sont les biens Immobilier qui sont concernés (à l'intérieur
d'une zone d'aménagement urbain). Sur Paris par ex on est la plupart du temps en droit de
préemption urbain simple mais seule certaines zones sont en DPU renforcé.
3. Quand le bien Immobilier se trouve dans une zone d'espaces naturels sensibles
Ces espaces naturels sensibles ont été crées par la Loi du 18 juillet 1985 et le but était la
préservation de sites naturels pour les protéger de l'urbanisation. C'est le département qui est
compétent pour créer ce type de zones et accessoirement il crée un droit de préemption de la
commune sur ces zones.
Ces zones naturelles peuvent se cumuler avec la création d'une ZAD.
Pourquoi le droit de l'urban enisme distingue des droits de préemption fonction de la zone où est
situé le bien ?
B. Quels sont les effets? comment s'exerce ce
droit de préemption ?
Quels sont les biens immobiliers et quelles sont les aliénations soumises au droit de
préemption ? Ensuite, il s'agit d'analyser la procédure suivie dans l'hypothèse où l'aliénation est
soumise au droit de préemption. Hypothèse des aliénations soumises au DPU et ZAD. On va
laisser les espaces naturels de côté.
1. Les biens immobiliers concernés
a. Les principes
Le droit de préemption ne s'exerce que sur les immeubles, les droits sociaux ayant vocation à
l'attribution en propriété ou en jouissance d'un immeuble et les droits indivis :
b. Les immeubles
* le droit de préemption s'applique pour tout immeuble ou partie d'immeuble bâti
ou non bâti. Cela va s'appliquer à des maisons individuelles mais également à des bâtiments
collectifs. Quand on parle de régime de copropriété, on a une copropriété verticale : sur la même
assiette. La copropriété horizontale : la division ne se fait pas en hauteur mais on a es parcelles de
terrains divisées en différents lots et su chacun de ces lots on e des maisons individuelles : c'est la
copropriété horizontale. Le droit de préemption s'applique non seulement pour des maisons
individuelles mais pour des lots de copropriétés horizontales correspondant à des maisons
individuelles. Si on est dans une copropriété verticale, soumission au droit de préemption. On
inclus des lots de volume dans la catégorie immeubles : les lots de volume à construire. On a des
droits de propriété limités. Le droit de superficie tel qu'il a été utilisé, c'est un droit de superficie en
3D, en lots de volume crées avant même la construction (Cf. la tour Montparnasse et la Défense).
L'intérêt de faire des lots de volume par rapport à la copropriété : la copropriété : on a des AG, qui
créent l'équivalent des indivisions parce qu'il y a des parties communes. On a des règles de
majorité qui peuvent être source de conflits. La distinction est que la copropriété a des règles
d'assemblée qui sont d'OP : on a essayer de faire échapper à la copropriété : il n'y a pas de parties
communes en tant que tel. Même si on a des équipements qui peuvent être communs, on ne peut
pas exclure toute relation entre les différents propriétaires des différents volumes. ON a
nécessairement des relations entre les propriétaires : pour régler ces relations on a deux moyens :
pour les canalisations et les points d'appui, les règles de servitude vont s'appliquer. Pour les
équipements communs on va créer une association syndicale qui va réunir les différents
propriétaires et vont décider des décisions mais les règles de majorité peuvent être modifiées car
ne sont pas d'OP. Par rapport au droit de préemption, quand on vend un lot de volume à construire,
cette cession est elle soumise au DPU ? Certains considèrent que la cession est soumise au droit de
préemption.
c. Les droits sociaux
* les droits sociaux qui donnent vocation à la jouissance ou à la propriété de
l'immeuble. Les sociétés envisagées sont les sociétés d'attribution. Elles sont visées par une loi de
1971 mais on été crées dans les années 30. Ces sociétés d'attribution : un promoteur décide de faire
une promotion qu'il va revendre par la suite en lots de copropriété à des accédants à la propriété.
Pendant très longtemps, la méthode était de constituer une société d'attribution dont il a 100% des
parts sociales. C'est cette société qui va acheter le terrain et réaliser les constructions. Dans le
même tems cette société va mettre en copropriété l'immeuble. Chaque part sociale donne droit à la
jouissance de tels lots de copropriété. L'idée est que ce promoteur va céder à chaque particulier des
parts sociales de la société donnant vocation à la jouissance de l'appartement. Quand la
commercialisation est terminée, le professionnel n'est plus dans la société. Soit la société est
dissoute : par l'annulation de sa part social, le propriétaire va retrouver l'entière propriété. Si la
société n'est pas dissoute, chacun va gérer au travers de la société. Lorsque le particulier va vendre
son particulier, il va vendre ses parts sociales : cette cession de part sociale, comme ces parts
donnent vocation à la jouissance du bien, elles sont soumises au droit de préemption. Il ne faut pas
confondre ces sociétés avec les autres sociétés comme les sociétés civiles immobilières. Les ventes
de parts sociales des sociétés qui ne sont pas des sociétés d'attribution (sociétés civiles de vente ou
de gestion) ne sont pas soumises au droit de préemption. Lors de la cession du bien, la première
cession est soumise au droit de préemption : quand le bien est déjà dans la structure, pas de
soumission au droit de préemption. C'est non seulement les cessions classiques mais les accords
sont aussi soumis à l'exercice éventuel d'un droit de préemption. Quand le bien immobilier est
entré dans la SCI, est rentré soit par le biais d'une vente par X ou Y au profit de la société : au titre
de cette vente, possibilité pour l'administration ou la CL d'exercer son droit de préemption. Soit le
bien est entré par le biais d'un apport en pleine propriété ou jouissance du droit de propriété,
soumission au droit de préemption. Pour les sociétés d'attribution, elles ont un objet particulier car
dans le domaine de la construction, ces sociétés d'attribution sont été constituées par le promoteur
au moment de la construction de l'immeuble donc c'est cette société qui a passé les contrats ave
l'entrepreneur donc les biens ont toujours été dans le patrimoine de la société : il n'y a pas eu
d'entrée par vente ou apport : la seule manière pour l'administration d'exercer son droit, c'est au
moment de la cession des droits sociaux.
2. Cession de droits indivis
*hypothèse de la cession des droits indivis qui sont soumis au droit de préemption
sauf si la cession est faite au profit d'un plan indivisaire. Toute cession à un tiers étranger à
l'indivision est soumise au droit de préemption.
a. La cession de droits réels immobiliers
La première hypothèse est la cession de droits réels immobiliers. Même s'il s'agit de la cession
d'un droit réel : il s'agit de baux immobiliers (baux emphytéotiques,…) : le droit de jouissance du
locataire est un droit personnel. Dans ces baux spécifiques, le droit de jouissance du locataire est
qualifié par la loi de droit réel qui peut être librement cédé à des tiers, peut faire l'objet d'une
location et peut être hypothéqué au profit d'un tiers pour le preneur. L'hypothèse qui est visée est la
cession d'un droit immobilier : cette cession ne sera pas soumise au droit de préemption. Le droit
d'usage et d'habitation, droit réel, ne sera pas soumis au droit de préemption. Même chose en cas
d'usufruit. A propos des ventes immeubles : elles sont soumises au droit de préemption, selon la
doctrine, les ventes de volumes sont soumises au droit de préemption. Le droit de superficie est un
droit de propriété sur un bien désigné : ce lot de volume peut être soumis au droit de préemption
car constitue un droit réel. L'idée qui aboutit a soumettre ces cessions au droit de préemption car
occasionnera des constructions.
Autre hypothèse d'exception : lorsque le bien immobilier (lot de copropriété ou un pavillon) : la
cession de ce bien est comprise dans un plan de cession d'entreprise en difficulté. Lorsque l'on est
dans une cession visée par un plan de cession, on n'a pas à purger le droit de préemption.
b. Exception propre au DPU
L'autre cadre : exception propre au DPU : toute vente d'un lot de copropriété verticale se trouve
exclu du domaine d'application du DPU. 1ère limite : On a les locaux à usage d'habitation,
professionnel et mixte ou des locaux accessoires à un local à usage d'habitation. S'il s'agit d'un
local à usage commercial ou de bureaux, même si on est dans une copropriété verticale, on a la
possibilité d'un exercice éventuel du droit de préemption. Pour la CP, l'acquisition isolée d'un lot
de copropriété dans un immeuble collectif n'a pas beaucoup d'intérêt pour un aménagement urbain
ultérieur. S'il ne s'agit que d'un seul local, les textes maintiennent la possibilité d'exercer un droit
de préemption. 2ème limite à cette exclusion : la date de publication au bureaux des hypothèques du
règlement de copropriété. Si le règlement de copropriété a plus de 10ans à la date envisagée pour la
cession, il peut y avoir une exclusion effective du DPU. La logique de cette limitation : si on a un
immeuble entier en copropriété et que cet immeuble fait l'objet d'un droit de préemption. Pour
essayer d'éluder le droit de préemption : on met l'immeuble en copropriété : on fait une vente
globale des lots. Délai pour éviter que des immeubles se trouvent sortis du droit de préemption à
travers la mise en copropriété. Cette exclusion permet d'éluder en grande partie l'exercice du droit
de préemption. Cette exclusion ne fonctionne que lorsque l'on est dans une zone dite de DPU
simple mais la mairie peut instituer des zones de DPU renforcé : cette exclusion ne fonctionnera
pas.
c. Autre exception : le bien n'est pas en copropriété
Lorsque le bien n'est pas en copropriété (maison individuelle, immeuble bâti) ?, on a une limitation
du droit de préemption : il ne peut pas s'appliquer pendant une période de 10 ans à compter de
l'achèvement de l'immeuble. En matière d'administrative, on a l'obligation de déposer une
déclaration d'achèvement de travaux et dès que la DAP, la mairie vérifie que les travaux sont
conformes au permis de construire et délivre un certificat de conformité. La date retenue est
l'établissement de la déclaration d'achèvement des travaux. Pourquoi, pour toute nouvelle
construction, il y a ce délai de 10 ans ? L'idée est que la mairie a autorisé antérieurement cette
nouvelle construction et ne peut pas préempter un bien dont elle a autorisé la construction : ne peut
pas reprendre ce qu'elle a autorisé.
Si cession de droits sociaux d'une société, droits sociaux donnant vocation à la jouissance d'un
appartement. On a un immeuble collectif, il y a copropriété dès lors qu'une vente d'un appartement
particulier est faite (quand il y a plusieurs propriétaires) car il existe des parties communes. Les
cessions de droits sociaux donnant vocation à la jouissance d'un appartement, soumission au droit
de préemption. Mais s'il s'agit de droits sociaux donnant jouissance à un appartement, si lot
vertical, pas de droit de préemption si le règlement de copropriété a été établi depuis plus de 10
ans.
La vente d'un lot de copropriété composé d'appartements dont le règlement de copropriété a été
établi depuis moins de 10 ans au moment de la construction de l'immeuble : lot de copropriété dont
le règlement a moins de 10 ans, la déclaration d'achèvement des travaux ; on va échapper au droit
de préemption sauf si on est dans une zone de DPU renforcé.
Si on est dans une maison individuelle dans une copropriété horizontale dont la construction a
moins de 10 ans : pas d'incidence de la copropriété depuis moins de 10ans mais on est dans le cas
d'une construction depuis moins de 10 ans donc pas de soumission au droit de préemption. On ne
peut pas passer un acte de vente sans que la mairie n'ait pas refusé son droit de préemption. La
solution est de purger le droit de préemption de la mairie.
3. Comment purge t-on le droit de préemption ?
On a l'obligation pour le vendeur, quand il a trouvé un acquéreur, de faire la même offre à
la mairie : c'est la déclaration d'intention d'aliéner (la DIA). On a un formulaire : il faut mentionner
dans la DIA le bien et le prix. Si on veut être parfait, il faut présenter à la CP aux mêmes
conditions qu'avec l'acquéreur initial. Dans le formulaire administratif, il faut indiquer la référence
du bien, si c'est un lot de copropriété : il faut dans ce cas préciser la superficie du lot de
copropriété ; l'usage du bien, si le bien est vendu libre ou occupé : si occupé, il faut annexer le
contrat de location, indiquer si une commission d'agence est due par l'acquéreur et indiquer le
montant. Une fois cette offre notifiée à la mairie, délai de 2 mois pour indiquer sa réponse. Soit
elle dit qu'elle n'est pas intéressée : on peut poursuivre la vente avec l'acquéreur initial ; soit la CP
achète aux prix et conditions de la déclaration d'aliéner : l'acquéreur initial est évincé(promesse
sous condition suspensive de non préemption) : on a un nouveau contrat avec la DIA comme offre,
ou la réponse de la mairie entraîne une substitution de la CP dans les droits et obligations de
l'acquéreur initial au titre de la promesse de vente et si tel est le cas, la condition suspensive de
décision de non préemption ne pourra pas aboutir à un anéantissement rétroactif de la promesse de
vente(problème des SAFER : les vendeurs invoquaient cette idée : anéantissement du contrat ; d'où
une intervention du législateur) : quand la mairie a préempté un acte de vente interviendra ; si la
mairie répond en disant être intéressée par la vente mais pas aux conditions proposée, la mairie
propose un autre prix : quelle est la solution pour le vendeur ? Si on raisonne en termes de
formation du contrat : pas encore de rencontre de volonté : la mairie ne peut pas imposer au
vendeur initial un prix plus bas. Les possibilités laissées au vendeur : il renonce à l'opération, il
accepte la proposition, conteste le prix : le prix devra être fixé à dire d'expert et le juge de
l'expropriation fixera le prix du bien. Si la mairie ne répond pas dans les 2 mois, elle aura renoncé
à son droit de préemption. Si elle répond au-delà, ne pourra plus utiliser son droit de préemption.
Chapitre 2. Les formules
d'acquisition d'un terrain
Les formules classiques d'acquisition d'un terrain en vue de faire construire un immeuble.
=> transfert du droit de propriété
La possibilité pour un promoteur d'acquérir uniquement un droit de construire et non la propriété,
ce droit est considéré comme un droit réel immobilier. C'est le droit de superficie ou les lots de
volumes.
Les applications du droit de superficie, et notamment les baux spéciaux immobiliers (bail à
construction, bail emphytéotique…).
Section 1. Les formules classiques
d'acquisition d'un terrain en vue de faire
construire un immeuble
L'acquisition en tant que telle par le promoteur. Il s'agit soit de la vente d'un terrain à bâtir, soit
d'un apport du terrain à une société, soit de la vente du terrain contre remise de locaux à construire.
§1. La vente d'un terrain à bâtir au profit du
promoteur
Il peut se faire par une PP ou par une société qui procèdera à la construction. C'est une vente qui
sera certainement assujettie à la TVA et non pas aux droits d'enregistrement classique.
-- Comment être sûr que le terrain est constructible ?
On peut demander un certificat d'urbanisme neutre (on donne les références cadastrales de la
parcelle et l'administration répond sur les conditions d'urbanisme applicables) ou pre-opérationnel
(l'administration se prononce sur le projet de construction exposé par le demandeur).
Intérêt de ces certificats : fige les règles à l'égard du demandeur => on met en condition suspensive
de la vente que les clauses du certificat d'urbanisme ne soient pas contraires.
Le plus souvent la vente est sous condition suspensive de l'obtention d'un permis de construire
au profit de l'acquéreur.
Délais de réalisation entre la promesse de vente et la vente = conventionnellement en principe c'est
3 mois, ensuite tout dépend si par ex l'acquéreur doit acquérir un prêt => délai d'obtention du prêt :
délai légal de 30 jours, mais aujourd'hui les banques sont dans l'incapacité d'éditer l'offre de prêt
dans ce délai. En principe le délai conventionnel est de 45 jours. La vente est soumise à la
condition suspensive de l'obtention d'un prêt : il faut que l'offre soit proposée, puis il y a un délai
de réflexion de 10 jours pour le consommateur : avant il ne peut pas accepter (Code de la
Consommation).
Sur la condition suspensive d'obtention d'un permis de construire : cela ne suffit pas car on peut y
mettre n'importe quoi. Il faut déjà mettre un délai pour le dépôt de la demande de permis de
construire. Et on doit indiquer ce qui doit être construit, c'est pour encadrer la demande de permis
de construire.
Date de réalisation de la condition suspensive que l'on va mettre dans l'acte : il faut déposer le
dossier complet puis que l'administration compétente étudie le dossier et accorde ou pas le permis
de construire, elle a 2 mois pour le faire. Mais il faut aussi que les délais de recours des tiers contre
le permis soient expirés, i.e. 2 mois de plus qui commencent à courir à compter de l'affichage en
mairie et sur le terrain (constatation par un huissier => date certaine pour un délai de recours) =>
on arrive à 4 mois et demi. Généralement on met donc un délai de 6 mois.
Dernier point à demander :
Outre le permis de construire, il faut vérifier qu'aucun recours n'a été exercé : il y a une
déclaration dans l'acte qui l'indique, mais il y a un autre moyen : attestation du greffe du TA =
« certificat de non recours », mais ce n'est pas toujours évident à obtenir.
Une fois tout cela obtenu en principe on est carré pour acquérir le terrain à bâtir.
§2. L'apport du terrain à une société
Ici, généralement la société est détenue par le promoteur qui réalisera ensuite les constructions. Ce
sera un apport rémunéré par des titres.
Si le terrain appartient à un particulier, quel est son intérêt d'apporter ce terrain à une telle société ?
Il n'en retire pas de liquidité. On peut avoir en revanche un intérêt quand le terrain appartient au
promoteur : intérêt fiscal : les droits d'apports sont << aux droits habituels au titre d'une vente.
Dans l'hypothèse où on a un terrain qui peut être soumis à un droit de préemption, cette solution
permet d'éviter la préemption car si la mairie veut préempter elle ne peut pas devenir associé de la
société (car ici c'est en échange d'un apport de titres).
§3. Vente du terrain contre remise de locaux à
construire
Mme Michu, 86 ans, a un joli pavillon de 200m2, mais elle préférerait avoir un appartement
moderne de 60m2 en centre ville. Le promoteur lui propose de reprendre son pavillon, de le raser
pour construire un immeuble dans lequel Mme Michu pourra s'installer. Généralement au titre de
la vente du terrain au promoteur, une partie sera payée à l'aide d'une somme d'argent et le reliquat
sera payé par la remise des locaux (= dation en paiement).
formules sont proposées : il faut surtout voir quelles sont les intérêts et les risques, à la fois pour
le promoteur et surtout pour le vendeur.
A. L'intérêt du promoteur
Il est évident car pour acheter le terrain et réaliser les constructions il va devoir souscrire un prêt
bancaire, et donc tout ce qu'il doit en nature, c'est ce qu'il n'a pas à décaisser immédiatement.
B. L'intérêt de Mme Michu
Le risque pour elle est qu'elle a vendu le terrain, elle n'est donc plus propriétaire, mais une partie
du paiement est à terme (la remise des locaux). Mais si le promoteur fait faillite avant cette remise
des locaux, elle risque d'avoir perdu par ex 30% du prix de vente.
Dans la pratique, on a essayé de limiter ce risque :
Au profit du vendeur (Mme Michu), pour la partie qui n'est pas payée immédiatement, elle
disposera du privilège du vendeur.
En outre elle peut prendre sur le terrain une hypothèque en garantie du paiement. Mais de son
côté le promoteur immobilier a souscrit un prêt. La banque va demander d'avoir un privilège de
prêteur de denier ou une hypothèque sur le bien avec une convention de rang entre la banque et
Mme Michu tq la banque soit payée avant le vendeur. Pour la banque ce sera une condition sine
qua non.
En outre les inscriptions au bureau des hypothèques sont devenues sans cause le jour où la remise
des locaux a été effectuée. Quand les locaux sont remis,au bout d'un an et demi par ex, alors que
l'hypothèse a un délai de 2 ans il faudra procéder à la main levée des inscriptions au bureau des
hypothèques et cela a un coût.
2 pistes ont été explorées dans la pratique pour essayer de limiter les risques du vendeur :
-- d'acquisition. Vente de la totalitéMettre à disposition 2 formules du terrain au profit du
promoteur qui ensuite remettra les locaux à terme.
-- Si on raisonne en termes de garantie, la reine des garanties = le droit de propriété. Donc en
conséquence certains proposent que la cession du terrain ne sera qu'une cession partielle. Donc le
bout de terrain conservé par le particulier vendeur correspondra à peu près à la valeur des
constructions qui devront lui être remises. On aura ensuite une co propriété quand l'immeuble sera
construit. Par le biais de la théorie de l'accession (toutes les constructions réalisées sur le sol
appartiennent au propriétaire du sol d'après cette théorie), les millièmes de co propriété qui lui
seront attribués correspondront en fait aux millièmes qui lui seront attribués à la fin. Donc Mme
Michu pourra revendiquer une partie des constructions, même si elles sont inachevées.
Les choses sont plus simples si on construit un terrain sur lequel on construit des maisons
individuelles car il n'y aura alors ni indivision ni co propriété.
C. Quelle que soit la formule, cession totale du
terrain ou seulement d'une fraction du terrain,
quelle est la qualification juridique que l'on
peut donner à ce type d'opération ?
On peut ici distinguer les 2 formules pour qualifier.
On commence par la formule la plus délicate au regard de la qualification :
1. Cession d'une fraction indivise du terrain
On peut faire ici 2 distinctions :
-- Ce sont des maisons individuelles qui seront construites => application de la théorie de
l'accession immobilière : le propriétaire du sol est le particulier. Le promoteur s'engage à réaliser
les constructions sur le terrain du particulier qui deviendra propriétaire des constructions à l'issue.
-- Construction d'un immeuble collectif : comment qualifier ce type de contrat ?
1ère hypothèse : cette vente ne correspond-elle pas en fait à une vente d'immeuble à construire (ce
sont des ventes sur plan : un constructeur réalise un immeuble collectif et vend sur plan à une date
fixée). Mais en fait ici cela ne colle pas vraiment car dans la vente d'immeuble à construire
classique, il s'agit certes d'une vente, mais pas seulement, c'est un mélange de vente et d'un contrat
de louage d'ouvrage. Quand on achète sur plan, on nous vend à la fois une quote-part de
l'immeuble (des quantièmes de propriété de l'immeuble, i.e. on devient co propriétaire du sol et des
constructions) + engagement du constructeur d'édifier les constructions dans un certain délai, ie il y
a 2 obligations : un transfert de propriété + une obligation de faire. Si on reprend la vente de
fraction indivise contre remise de locaux, il manque le transfert de propriété puisque c'est toujours
l'accédant à la propriété qui reste propriétaire jusqu'à l'achèvement de l'immeuble. Donc on ne
peut pas dire que c'est une vente d'immeuble à construire.
-- Mais est-ce une vente en tant que telle ? Non, il n'y a pas transfert de propriété, et en outre en
principe il faut le paiement d'un prix, or ici ce sont des locaux qui sont transmis, donc un prix en
nature, donc ce n'est pas une vente.
-- Est-ce un échange ? Art. 1702 définit l'échange comme un contrat par lequel les parties se
donnent respectivement une chose pour une autre. Là encore on exige un transfert de propriété d'un
patrimoine à un autre. Si on applique ce système à notre hypothèse, le problème est que, si l'on a
bien un 1er transfert de propriété (le particulier vend au promoteur), mais il n'y a pas de transfert
d'un patrimoine à un autre. Les constructions entrent dans le patrimoine du vendeur par la théorie
de l'accession et non par la théorie du transfert de propriété.
Dans la pratique on appelle cette remise des locaux une « dation en paiement ». C'est en fait un
terme impropre à la situation présente car quand on a une dation en paiement c'est au titre de
l'exécution de l'obligation que l'on a un changement d'objet, or ici c'est dès l'origine que l'on
prévoit la remise des locaux.
Quand on n'arrive pas à qualifier on dit alors que c'est une opération sui generis.
2. Autre recherche de qualification : quand il s'agit de la vente de la totalité du terrain
-- 1ère qualification : spontanément on pense à l'échange : on a bien la totalité du terrain qui et
vendu et les locaux dont la propriété est également transférée en sens inverse.
-- Mais si on regarde la pratique, confirmée par la Cour de Cassation, on parle aussi de vente et
surtout de double vente. Pourquoi, alors que c'est une remise de prix en nature ? Dans la pratique
certaines opérations fonctionnent de la façon suivante : on a la vente du terrain avec une partie du
prix payable à terme par le promoteur (prix : 100, dont 70 payés immédiatement et 30 à terme).
Terme fixé = date prévue de livraison de locaux. En parallèle, on aura un autre contrat (ou même
dans le même contrat) : l'équivalent d'une vente d'immeuble à construire par lequel le promoteur va
s'engager à réaliser les constructions et donc à remettre les locaux en question au particulier pour
un prix de 30 payable à la date de livraison des locaux => c'est un prix en espèce qui est visé. À la
date de la livraison, on a donc 2 créances de 30 réciproques qui deviennent exigibles =>
compensation.
1ère civ 11 avr 1973, et 18 nov 1972.
3. Les protections contre le RJ du constructeur
Supposons maintenant que l'on ait conclu le contrat, on a toujours le même problème : le risque du
redressement judiciaire de l'entreprise qui doit réaliser les constructions. De ce point de vue,
normalement le principe est la liberté contractuelle, mais le notaire va quand même essayer de
trouver un équilibre entre les parties, i.e. de trouver des protections aux particuliers vendeurs. Ces
protections peuvent être un cautionnement bancaire par lequel la banque accepte en cas de RJ de
l'entreprise au cours de la réalisation des constructions de verser les sommes qui vont être
nécessaire pour l'achèvement des opérations. On rencontre également cette garantie dans les ventes
d'immeubles à construire dans les secteurs protégés (immeubles à usage d'habitation). C'est ce
qu'on appelle la garantie bancaire d'achèvement ou la garantie extra sec.
En principe c'est la même banque qui a accordé le prêt.
On attribue généralement d'abord le privilège de vendeur à Mme Michu, à laquelle on substituera
la garantie bancaire d'achèvement quand la banque acquerra un privilège de 1er rang.
4. Supposons que les locaux ont été livrés, mais des vices apparaissent. Quels sont les
moyens d'actions de Mme Michu ?
-- Le 1er moyen d'action possible est la responsabilité des constructeurs (responsabilité contre
l'entrepreneur, l'architecte, les intermédiaires, quand on a des mal façons liées à une construction,
mais uniquement pour les désordres de construction et que pour les plus graves d'entre eux : art.
1792 et s.). On distingue la responsabilité décennale de la responsabilité biennale selon la nature
du désordre.
Responsabilité décennale : pour tous les désordres qui portent à la solidité de l'ouvrage ou à sa
destination. (ex : après la réalisation de la construction on a des fissures dans les peintures : soit ce
sont des désordres purement esthétiques => pas de responsabilité décennale, soit en fait c'est parce
que le mur porteur se fissure derrière => responsabilité décennale. Ex d'atteinte à la destination de
l'ouvrage : un immeuble est à usage de d'habitation mais le chauffage central ne marche pas.
Ex : construction d'un centre commercial mais le revêtement au sol est très glissant et les clients
tombent régulièrement…)
Responsabilité biennale : garantie de bon fonctionnement, qui ne couvre que les éléments
d'équipement de construction (ex : radiateur ou ventilation qui ne fonctionne pas).
En principe il y a une assurance obligatoire souscrite par le constructeur pour ces responsabilités.
Lorsque les conditions de la responsabilité des constructeurs sont remplies, d'après la loi, cette
responsabilité est exclusive, i.e. on ne peut plus invoquer la responsabilité de droit commun.
-- Mais supposons que l'on ne soit pas dans le domaine de la responsabilité des constructeurs, on
va naturellement invoquer la garantie des vices cachés. Mais c'est propre à la vente => si on
reprend les efforts de qualification supra, en cas de cession totale de terrain, en acceptant la théorie
de la double vente, on pourra alors accepter la garantie des vices cachés. Au contraire on aura du
mal à l'invoquer si ce n'est qu'une cession d'une fraction => il faut à titre conventionnel, au profit
de l'accédant à la propriété, une clause reprenant la garantie des vices cachés.
La prochaine fois : les formules d'acquisition d'un droit de construire sur le terrain, d'un droit de
superficie :
On va commencer par les applications du droit de construire (bail à réhabilitation, contrat de
concession, bail emphytéotique et …)
Section 2. Les formules d'acquisition d'un droit
de construire sur le terrain, d'un droit de
superficie
Quand on a un terrain, on achète à la fois le sol et toutes les constructions édifiées sur le sol. Quand
on acquiert un droit de construire ou droit de superficie on a un fractionnement du droit de
propriété : c'est un fractionnement dans l'espace (droit de superficie au sol et sur-sol). Le
promoteur va donc réduire le prix, il est propriétaire du sol C'est un fractionnement qui
généralement n'est que temporaire. À l'expiration de la convention qui sera passée, ce droit de
superficie va s'éteindre et le constructions réalisées vont redevenir la propriété du propriétaire du
sol (par la théorie de l'accession). En fait le droit de superficie est une suspension temporaire du
mécanisme d'accession. On le trouve pour des opérations immobilières dites complexes entre
professionnels.
Le bail emphytéotique administratif peut être consenti sur le domaine de l'état et permet la
réalisation de construction dans le cadre d'opérations financières qui soient acceptables même si ce
sont des investisseurs privés qui réalisent ces constructions. L'idée générale est par ex quand on
fait ce fractionnement de propriété : on a un terrain qui est la propriété d'une collectivités publique
qui souhaite que les constructions soient réalisées mais n'en a pas les moyens immédiatement.
Cette collectivités souhaite devenir à terme propriétaire de cette construction => des financiers
seront propriétaire pendant un certain temps des constructions. Le délai du fractionnement de
propriété correspond au délai d'amortissement. Ceci ne se fait qu'auprès de professionnels car en
France quand on souhaite être propriétaire c'est de façon perpétuelle, on n'investit pas en tant que
particulier pour être propriétaire que pendant un certain nombre d'années. En revanche ces
techniques existent en GB même auprès de particuliers.
§1. Applications particulières du droit de superficie
On retrouve ce droit dans les baux spéciaux immobiliers. Ce sont les baux emphytéotiques, les
baux à construction, les baux à réhabilitation, et éventuellement le contrat de concession
immobilière. Ce sont des contrats spéciaux qui dans leur technique utilisent le droit de superficie et
donc le droit de construire.
Pourquoi dit-on que ce sont des baux spéciaux, par ex par rapport au bail d'habitation ?
Au niveau des durées : baux emphytéotiques vont de 18 à 99 ans. Concernant la nature des droits
concédés : dans le cadre d'un bail immobilier spécial, sa particularité par rapport au contrat de
location classique c'est que le droit de jouissance n'est pas un droit personnel mais un droit réel.
C'est ce droit réel que l'on appelle droit de superficie.
A. Le bail emphytéotique (dans le cadre du
droit privé)
1. L'origine du bail emphytéotique
C'est l'ancêtre du bail rural, en tout cas c'était un bail agricole né pour essayer de revaloriser
certains domaines. L'idée était de consentir un bail pendant une très longue durée à des locataires
qui auront non seulement un droit de jouissance, mais surtout une obligation de revaloriser les
terres qui leur sont confiées pour qu'à terme le propriétaire retrouve un domaine en état de
fonctionnement alors même qu'il pouvait s'agir par ex d'une jachère. La contrepartie est que le
loyer fixé est plutôt faible. Ce loyer faible s'explique aussi par le fait que c'est un bail LT. Ce type
de bail a eu du succès même dans l'ancien droit. Mais lors de l'adoption du Code Civil, il n'y avait
aucune disposition concernant ce bail, or le Code Civil abrogeait les dispositions antérieures =>
c'est la Jurisprudence qui a maintenu l'emploi du bail emphytéotique après 1804. Au début du
20ème siècle le législateur a codifié ce type de bail dans le code rural.
Pourquoi en parler dans le droit de la construction ? Dans ce bail emphytéotique, un véritable droit
réel immobilier au profit du locataire est reconnu par le législateur. C'est un droit réel de jouissance
des biens objet du contrat de bail pendant toute la durée du bail. Puisqu'il s'agit en fait d'un droit
réel, cela veut dire que le droit du locataire peut être cédé librement (il est cessible), et ce droit peut
faire l'objet d'un hypothèque ou encore peut être saisi.
Puisqu'il s'agit d'un bail qui génère un droit réel, en principe on doit pour les besoins de la publicité
foncière (pour que le droit soit opposable au tiers) avoir un acte notarié. Mais en principe cela n'est
pas obligatoire entre les parties.
2. La durée du bail
Entre 18 et 99 ans. 18 ans est une durée minimum sans laquelle il pourra y avoir une
requalification du contrat.
3. Le loyer
Ou canon emphytéotique, c'est un loyer modique, ce qui est la contrepartie de la durée importante
du bail. Mais cette modicité n'est pas une condition de validité du bail emphytéotique. En tout cas
ce loyer ne doit pas être non plus dérisoire car sinon on ne serait plus dans le cadre d'un bail et on
peut avoir une requalification.
4. Comment ce type de bail est-il entré dans le droit de la construction ?
Il faut se placer au 20ème siècle : ce qui est intéressant c'est le droit réel de jouissance accordé au
locataire et accompagné d'une mise en valeur des terres. Pour les financiers ce qui était intéressant
c'est que ce bail était cessible, saisissable et apporté en hypothèque => ce droit de jouissance
pouvait être apporté en garantie au profit d'un établissement bancaire qui consentirait un prêt, donc
c'était une sûreté supplémentaire entre les mains des banques. Mais ce n'est qu'une sûreté
temporaire.
Transposition dans le droit de la construction : on a une personne propriétaire du terrain qui
souhaite à temr que des constructions soient réalisées et en avoir la jouissance mais n'en a pas les
moyens immédiatement => elle consent un tel bail à un promoteur qui exploite le bien pendant une
certaine période, suffisante pour amortir son investissement. Au terme du contrat, sans indemnité
le bien revient dans le patrimoine du bailleur.
Donc même si cela n'est pas prévu légalement dans les textes, quand on utilise un tel bail en
matière de construction, on ajoute une condition à la charge du locataire : l'obligation de
construire.
Supposons qu'on ait une hypothèque consentie par le locataire et pour réaliser les constructions le
locataire a du accorder des servitudes sur le terrains, mais le problème est que ces servitudes
peuvent avoir une durée supérieure à la durée du contrat. Ce qui veut dire qu'une servitude
consentie par le locataire in fine peut se trouver supportée par le bailleur à la fin du contrat. De la
même façon si le locataire après avoir réalisé les constructions exploite le bien immobilier, consent
des locations, compte tenu du droit au renouvellement, le bailleur peut se retrouver avec des
locataires qu'il n'aurait pas lui-même choisit (notamment en cas de bail commercial). Donc le
locataire peut-il consentir n'importe quel type de contrat, y compris engageant le locataire ? En
principe ces contrats tombent automatiquement à la fin du bail emphytéotique pour que les
constructions soient restituées au bailleur libres de toute occupation.
Donc au moment de la fin du bail, l'ensemble des constructions réalisées à la charge du locataire
pendant la durée du bail deviennent la propriété du bailleur sans aucune indemnité. Pour justifier
cela de façon juridique, on considère que le droit réel immobilier s'éteint quand le bail s'éteint et
donc par la théorie de l'accession, le bailleur redevient propriétaire des constructions.
B. Le bail à construction
Le législateur est intervenu pour créer le bail à construction car le bail emphytéotique n'impliquait
pas nécessairement l'obligation de construire même si la pratique conventionnelle le prévoyait.
L'obligation de construire est au contraire un élément essentiel du bail à construction. En l'absence
de cette obligation dans le bail à construction, on aura une disqualification.
Autre intérêt du bail à construction par rapport au bail emphytéotique : ce dernier est régi par la
code rural et on a un Ordre Public assez important en la matière. Au contraire le bail à construction
est régi par le code de la construction et de l'habitation qui précise qu'il n'y a qu'un nombre limité
de dispositions qui sont d'OP. Toutes celles qui ne sont pas visées peuvent être supprimées ou
aménagées par les parties.
1. Les dispositions d'Ordre Public en matière de droit de la construction
-L'obligation de construire
-Le locataire a la possibilité de céder le droit de jouissance
-La possibilité d'hypothèque sur ce droit
La législation concernant le bail à construction date de 1964. Bilan de ce bail : cette technique est
utilisée quasiment exclusivement par des professionnels, et surtout pour des opérations
d'aménagement complexes, notamment pour les opérations de construction à la Défense => c'est
très limité. Généralement le bail à construction est adossé à des contrats de crédit-bail.
2. Conditions du bail à construction
Le droit commun + les dispositions spéciales du code de construction et d'habitation. Les
dispositions légales relatives au bail à construction sont en fait limitées, donc on a beaucoup de
trous de législation. Pour résoudre un litige, on fera un renvoi au droit commun, notamment le
droit commun du bail. Sur ce point on a de la Jurisprudence, ex : dans une affaire on avait une
partie des constructions qui avaient été détruites pendant la durée du bail. Cela pouvait-il entraîner
une diminution du loyer ? Art. 1722 Code Civil : possibilité de diminuer le loyer
proportionnellement à la perte de la chose louée.
Sur les questions de capacité du bailleur ou du locataire
Le bail à construction génère un droit réel, donc le bailleur doit avoir la capacité d'aliéner un bien.
À défaut le contrat ne pourra pas être conclu.
L'obligation de construire pour le locataire est une obligation essentielle. À défaut on pourra avoir
une requalification du contrat.
3. La durée du bail
Entre 18 et 99 ans, sauf limitation spécifique légale. La durée sera déterminée en fonction de
l'amortissement du coût de la construction.
Si le bail est résilié avant l'expiration du délai de 18 ans, y a-t-il requalification ? C'est l'hypothèse
de la résiliation amiable du bail. Cela ne pose pas de problème en cas de résiliation judiciaire, pour
faute, il n'y aura pas de requalification. Le législateur a prévu en effet des avantages fiscaux pour
ce bail => en cas de requalification il y aura disparition des avantages fiscaux. Pour la
Jurisprudence il peut y avoir une remise en cause de la qualification et donc des avantages fiscaux.
La question est moins pertinente aujourd'hui car ces avantages n'existent quasiment plus.
4. Le loyer
L251-5 du code de la construction. Le loyer peut être en nature ou en espèces, mais dans la plupart
des cas ce sera en l'espèce. Le paiement peut intervenir en une seule fois ou de façon périodique
par le locataire (grande liberté à ce niveau).
Si le paiement du loyer est périodique, comme en outre c'est un contrat de longue durée, il se pose
la question de la revalorisation du loyer en tenant compte de l'évolution économique.
Y a-t-il revalorisation et indexation du loyer ?
En 1964, l'idée est celle d'une véritable collaboration entre le bailleur et le preneur, c'est une sorte
de mise en société, donc les 2 ont des intérêts communs. À l'origine était prévue une révision
triennale du loyer, avec une augmentation proportionnelle à la variation du revenu brut de
l'immeuble, sans que cette variation puisse être inférieure à la variation de l'indice du coût de la
construction (donc la révision dépendait des résultat de l'exploitation de l'immeuble avec un
plancher). Cette coopération entre le bailleur et le preneur était d'autant plus reconnue que cette
disposition était d'OP.
Lors d'une réforme fin 70's, cette révision triennale a été maintenue, mais on a supprimé son
caractère d'OP. Compte tenu de cette réforme, la Cour de Cassation a reconnu que les parties
pouvaient prévoir dans leur contrat une indexation du loyer sur l'indice du coût de la construction,
mais avec une révision annuelle.
Peut-on utiliser une autre indexation que celle sur le coût de la construction ? Il faut un rapport
avec l'objet du contrat ou avec l'activité des parties.
En fait dans la pratique, la révision triennale est très peu utilisée, on a généralement une révision
annuelle
On peut avoir un loyer payé en nature : L251-5. On propose au locataire une fois les construction
réalisées d'en livrer une partie au bailleur. Cette fraction lui sera remise en pleine propriété Cette
possibilité est très peu utilisée dans la pratique, car c'est l'idée même du bail à construction qui est
ici remise en question.
5. L'obligation de construire par le preneur
C'est une obligation essentielle, toutefois on a une grande liberté contractuelle. On a un minimum
qui doit être présent dans le contrat, mais la liberté contractuelle s'exerce à propos de l'étendue du
droit de construire. Pour le locataire, son droit réel s'exerce sur le sol. Le bailleur ne conserve que
la propriété du dessous pendant la durée du bail. Mais rien n'empêche que le fractionnement ne
porte pas sur le sous-sol. Le droit réel peut ne porter que sur les constructions.
De même, l'étendue du droit réel du locataire peut ne pas s'exercer sur la totalité du terrain.
Le droit réel du locataire peut être librement cédé au profit de tiers, c'est d'OP, i.e. pas
d'autorisation ou agrément préalable à demander au bailleur, sinon ce serait une limitation trop
importante à l'exercice d'un droit réel.
Si le locataire cède son droit réel pendant la durée du bail à un tiers, ce tiers se trouve lié par les
dispositions du bail à construction, i.e. le tiers disposera des droits du locataire principal
uniquement pendant la durée du bail à construction (on ne peut pas céder plus de droit que l'on n'en
a).
La fin du bail à construction
Les propriétés reviennent sans indemnité dans la part du bailleur dans son patrimoine. Mais les
parties peuvent envisager d'autres schémas de sortie : parfois on retrouve dans des contrats
l'obligation par le bailleur de revendre les constructions réalisées au profit du locataire. Si on a des
hypothèques consenties par le locataires, elles disparaissent automatiquement à la fin normale ou
anticipée du bail à construction, de façon à ce que les constructions qui se retrouvent dans le
patrimoine du bailleur se retrouvent libre de tout droit et de toute inscription.
De la même façon le droit des tiers s'interrompent à l'expiration du contrat.
Hypothèse où le locataire après avoir réalisé les constructions consent des baux commerciaux pour
les exploiter : on peut avoir un conflit entre le bailleur et le locataire commercial alors car le
locataire commercial bénéficie normalement du droit au renouvellement du bail, et sauf exception
c'est un droit au renouvellement automatique => pérennité qui s'oppose au caractère temporaire du
bail à construction. Donc on a eu des conflits dans lesquels le locataire commercial invoquait le
droit au renouvellement et le bailleur qui invoquait qu'il devait retrouver l'ensemble de son bien
libre de droit ou de toute inscription. Mais, le locataire pouvait être au courant…
Le bail à construction doit être publié au bureau des hypothèques car il génère un droit réel => il
est opposable aux tiers. Par conséquent le locataire aurait dû rechercher qui était le véritable
propriétaire, et c'est le bailleur qui l'emporte dans ce conflit.
remarques : le prof était absent pour la séance 5 part2
C. Le bail à réhabilitation
Le bail a réhabilitation a été institué par la loi du 30 mai 1990 qui vise le droit au logement. Ce bail
est intégré aux art. L252-1 et s. du code de la construction et de l'habitation. On cherche à
réhabiliter des logements anciens à des fins sociales, i.e. il ne fonctionne que pour des locaux à
usage d'habitation et que pour des personnes qui sont des organismes publics ou sociaux et qui
auront la qualité de preneur de ce contrat de bail. Donc c'est un peu l'inverse du bail à construction
qui est à l'usage de professionnel.
Pourquoi est-ce un bail influant le droit de construire ?
On retrouve l'il y a d'un droit de jouissance qui prend la forme d'un droit réel immobilier qui
aboutit à un bail de longue durée puisqu'il doit avoir une durée minimale de 12 ans. L'idée
générale : un propriétaire déteint un immeuble à la limite de la décence le loue à un organisme
HLM, le preneur, qui va le réhabiliter et le louer à des personnes socialement défavorisées avec des
loyers modérés
En quoi est-ce un droit réel ?
Il est susceptible d'hypothèque, peut être saisi ou faire l'objet d'une cession par l'organisme HLM
Condition d'application du bail à réhabilitation
Exigence dans le code de la construction et de l'habitation : la prise d'effet du bail est subordonnée
à la conclusion par le preneur d'une convention qui permettra aux locataires de bénéficier de l'APL
(aide personnelle au logement).
C'est seulement la prise d'effet du bail qui est subordonnée à la conclusion d'une telle convention
=> c'est une condition suspensive du contrat, c'est une modalité d'exécution et non une condition
de validité du bail. C'est l'analyse juridique, pourtant dans la réalité, même si ce n'est pas conforme
au texte, on considère que la signature de cette convention APD devient une condition de validité
du bail à réhabilitation.
Comme dans les autres types de baux on a l'obligation, outre le droit de jouissance, de réaliser des
travaux de réhabilitation.
Il faut déterminer avec précision les travaux à effectuer : annexe au contrat une notice descriptive
la plus précise possible des travaux afin d'éviter les interprétations ultérieures quant à la réalisation
des travaux. Ceci n'est pas propre à ce type de bail : ex en matière de construction sur plan.
Le délai de réalisation de ces travaux :
Dans le contrat de bail à réhabilitation il y a un délai imposé au preneur pour réaliser les travaux
qu'il s'est engagé de faire.
Tout ce qui concerne les locaux industriels à usage industriel ou commercial se trouve exclu ici du
bail à réhabilitation.
Ce type de bail a-t-il eu le succès escompté ?
Succès relatif : entre 1991 et 1995, uniquement 333 baux à réhabilitation conclus, donc c'est très
peu, mais cela s'explique à l'objet social de ce contrat qui limite de facto se portée.
Cet objet social se retrouve dans le délai d'expiration du bail.
Code de la construction : À la fin du bail les constructions et leurs améliorations reviennent dans le
patrimoine du bailleur sans aucune indemnité à la charge du bailleur (comme dans le bail à
construction). En outre l'immeuble doit revenir dans le patrimoine du bailleur libre de toute
occupation, à moins que le bailleur lui-même ait proposé aux occupants un nouveau contrat de
location. Le maintien dans les lieux des locataires est donc facultatif et dépend du bon vouloir du
bailleur.
Le code ajoute cependant que si le bien doit revenir libre au profit du bailleur, le preneur
(l'organisme HLM) a l'obligation d'offrir aux occupants à la fin du bail un logement correspondant
à leurs besoins et à leurs responsabilités. C'est ce droit au relogement qui détourne un certain
nombre d'opérateur du bail à réhabilitation. C'est encore un effet négatif qui limite l'utilisation du
bail à réhabilitation.
Question : on a un occupant qui a la fin du bail à réhabilitation se voit proposer un autre logement
par le preneur, mais cet occupant ne quitte pas les lieux (soit parce qu'aucune offre n'a été faite,
soit parce que le locataire a refusé l'offre, soit parce que l'offre n'était pas conforme aux
dispositions du code de la construction et de l'habitation). Le locataire peut-il rester dans les lieux ?
Dans les 2 précédant baux examinés, le sous-locataire ne peut pas avoir plus de droit que le
locataire, donc il n'a plus de droit à occuper le logement à l'échéance du bail.
Sur cette question, en matière de bail à réhabilitation il n'y a pas encore de Jurisprudence, mais
certain nombre d'auteurs qui se fondent sur la vocations sociale, milite pour un maintien dans les
lieux. Cette hypothèse ne peut toutefois être validée que si le preneur a effectivement fait cette
offre de relogement et si l'offre n'est pas conforme à ses besoins. Mais si le juge considère que
l'offre est conforme au texte, alors le locataire sera occupant sans droit ni titre et on peut l'expulser.
La seule possibilité sinon c'est que le bailleur demande des Dommages et Intérets au preneur.
Conclusion :
En théorie, ce bail est intéressant. En pratique il est souvent délaissé compte tenu de ses lourdes
contraintes.
D. Le contrat de concession immobilière
Ce contrat a été créé par une loi du 30 dec. 1967. C'est un contrat par lequel le propriétaire d'un
immeuble ou d'une partie d'immeuble, bâti ou non bâti, en confère la jouissance à une personne
dénommée le concessionnaire, pour une durée de 20 ans minimum, moyennant une redevance
annuelle.
Ce contrat de concession immobilière est rigide, par opposition au bail à construction. Il est
tellement rigide qu'il est quasiment inapplicable pour les locaux à usage d'habitation. Sa vocation
1ère est d'être utilisé pour des locaux à usage industriel ou commercial, et surtout commercial
d'après les discussions qui ont précédé la loi de 1967 : on a créé ce contrat de concession
immobilière pour établir un contrat qui permettrait d'éluder le régime des baux commerciaux, et
notamment d'éviter les contraintes du statut de baux commerciaux, soit les pas de portes, soit
surtout le droit au renouvellement. Un lobby de professionnel a poussé à cette adoption. Ce type de
contrat a été construit de toute pièce pour s'appliquer notamment aux supermarché, hypermarché
avec la réalisation de grand espace de construction et des parkings.
Contrat de location sans propriété commerciale, car cette propriété commerciale correspond au
trésor des baux commerciaux.
Même dans la loi de 1967, il y a une disposition qui exclut expressément l'application des
dispositions applicables pour les baux commerciaux quand on est dans le cadre de contrat de
concessions immobilière.
En fait c'est un contrat peu utilisé par la pratique, notamment du fait de son statue législatif rigide
et parce qu'en 1967, le législateur n'est pas allé jusqu'au bout de sa logique quand à la nature du
droit de jouissance du concessionnaire. Jusqu'à présent, on a vu que les précédant baux faisaient
naître des droits réels. Sur la nature du droit du concessionnaire, le législateur n'est pas allé
jusqu'au bout de sa logique : il faut croire que ce droit de jouissance est un droit réel, mais dans les
textes, on nous indique que le droit du concessionnaire n'est pas susceptible d'hypothèque. Cette
absence de possibilité d'hypothéquer fait dire aux auteurs que c'est un faux bail de longue duré qui
n'engendre pas de droit réel.
En fait c'est un bail de location, engendrant un droit personnel, contre une redevance qui équivaut à
un simple loyer.
Mais certains disent que c'est un contrat de droit réel car c'est un contrat de longue durée comme
les précédant baux que l'on a vu. En outre il doit être constaté par acte authentique, le concédant
doit avoir la capacité de disposer, et s'agissant d'un acte authentique, ce contrat de concession
immobilière doit être publié au bureau des hypothèques compétent (dans le cadre du décret de
1955), c'est que c'est un droit réel que l'on publie.
Quand on se place à la fin du contrat de concession, on a un retour des constructions dans le
patrimoine du bailleur à la fin du contrat,e t encore, tout dépend de la qualification de droit de
jouissance que l'on a donné au début (si c'est un droit personnel, i.e. les constructions ont en fait
toujours été dans le patrimoine du bailleur). Normalement ces constructions reviennent sans
indemnité à la charge du bailleur, c'est la contrepartie à la longue durée du contrat. Toutefois ici il
y aune particularité : c'est le seul bail immobilier de longue durée pour lequel le concédant est tenu
d'indemniser le concessionnaire pour la valeur de son activité pendant la durée du bail, i.e. le retour
n'est pas gratuit. Cette indemnité est calculée par le biais d'un système qui rappelle le mécanisme
de la théorie d'accession : le concédant doit indemniser le concessionnaire pour la plus-value que
ce dernier a apporté à l'immeuble pendant la durée du bail.
Autre particularité : les textes précisent que pendant 6 ans à compter de la conclusion du contrat de
concession immobilière on a un droit de résiliation unilatérale au profit du concessionnaire. C'est
un droit de repentir qui date de 1967. (remarques : en principe l'idée des droits de repentir = droit
de la consommateurs et plus tard). C'est l'idée selon laquelle le concessionnaire peut s'être trompé
dans son analyse financière et il peut s'avérer que son exploitation ne soit pas rentable. Le
législateur lui offre la possibilité de sortir de ce contrat.
§2. Le droit de superficie et sa nouvelle forme
aujourd'hui : la construction en volume
Ce droit de superficie ou droit de jouissance, droit réel du preneur consiste en la
distinction entre le propriétaire du sol et le propriétaire des constructions. Le droit
de superficie existe de façon conventionnelle en fait, c'est le contrat qui fait naître
un tel droit. Au XXème siècle on s'est demandé si ces droits de superficie sont
créés uniquement par loi ou si on doit considérer que de façon générale, même si
on est en dehors du bail à construction ou du bail emphytéotique, on peut créer un
tel droit. De ce point de vue la discussion s'est cristallisée sur les dispositions du
Code Civil qui sont source d'interrogation :
Les droits réels sont limitativement énumérés par la loi ou par le Code Civil. Si on se reporte aux
dispositions du Code Civil, dans la liste des droits réels et notamment des droits réels principaux,
on ne retrouve pas le droit de superficie ou le droit de construire. Donc certains on dit que ce droit
n'existait pas mais le législateur le crée au coup par coup.
En fait, même si le droit de superficie n'est pas spécifiquement envisagé dans la liste des droits
réels, il faut se reporter à l'art. 553 du Code Civil qui nous explique que les constructions ou
plantations sont présumées appartenir au propriétaire du sol, à moins que le contraire ne soit
prouvé. En réservant la preuve contraire ici, cet art. nous permet de dire que l'on peut dissocier le
droit de propriété et considérer que sur une même surface le propriétaire des plantations par ex ou
des constructions peut être différent du propriétaire du sol.
Cette disposition sert donc de base à la reconnaissance d'un principe général du droit de superficie.
Le droit de superficie n'est pas visé parmi les droits réels, car en fait c'est un véritable droit de
propriété, i.e. il n'y a pas de fractionnement de la propriété comme on peut l'avoir entre la nue
propriété et l'usufruit.
Autres dispositions en faveur du droit de superficie, depuis abrogées car passées dans des
législations spéciales : elles concernaient la co propriété. Au titre de la co propriété, le Code Civil
disait que quand on avait une co propriété verticale, on pouvait avoir des propriétés selon els
niveaux. Ce peut être aussi une application du droit de superficie. Aujourd'hui on retrouve le droit
de la co propriété dans la loi de 1965 donc ces dispositions ont été abrogées.
On a vu quelle était la nature du droit de superficie. De façon négative, ce droit existait bien avant
le Code Civil. On en trouve des traces dans le droit romain, mais ce droit était plutôt envisagé
comme un usufruit ou encore comme une servitude. À travers la lecture a contrario de l'art. 553, on
a vu que ce droit est en fait un véritable droit de propriété, et non un usufruit ou une servitude, et
cela a une incidence sur le fait que l'on puisse l'hypothéquer (une servitude ne s'hypothèque pas).
Les relations entre nu propriétaire et usufruitier il y a des relations juridiques contrairement à ce
qu'il se passe dans le droit de . Doncsuperficie : les 2 propriétaires ont des droits sur des objets
les relations qui vont se nouer entre le superficiaire et le propriétaire du sol ne seront pas fondées
soit sur une indivision, soit même sur une co propriété :
-Ce n'est pas une indivision car la nature des droits quand on est co indivisaire = droits
concurrents qui portent sur un même objet, vs ici . Tant mieux caron a des droits
autonomes qui portent sur des objets nul n'est tenu à l'indivision => on ne peut pas faire
une indivision de 20 ou 30 ans, même si c'est une indivision conventionnelle.
-Ce n'est pas une co propriété car au titre des parties privatives, chacun est propriétaire de son
lot, mais il y a des parties communes sur lesquelles il y a des droits concurrents, une
indivision. Aujourd'hui le modèle de la co propriété est en train de s'essouffler : on est
dans une société de plus en plus contentieuse, donc la co propriété devient de plus en plus
difficilement gérable, et en outre elle est régie par des textes spécifiques qui imposent
notamment lors des AG des règles de majorité pour la gestion des parties communes qui
ne peuvent pas être modifiées. Donc face à ce régime de co propriété qui montre ses
limites, certains mettent en conte poing les vertu du droit de superficie car chacun y est
propriétaire de sa partie et il n'y a pas de co propriété. Il s'agirait d'aménager. Problème :
les textes sur la co propriété sont des règles d'OP.
Cette promotion du droit de superficie passe par la construction en volume.
Quelle est la source du droit de superficie ? Source purement conventionnelle ou source légale ?
Si légalement on peut acquérir un droit de superficie => Question de la prescription acquisitive
(façon dont légalement on peut devenir propriétaire même si on n'a aucune convention).
Le droit de superficie est un droit de propriété, donc comme tout droit de propriété il peut y avoir
une prescription acquisitive à côté de la prescription conventionnelle. Mais il est difficile de
prescrire les construction ou les plantations par ex mais pas le sol… Donc si dans l'absolu on peut
avoir une prescription acquisitive d'un droit de superficie, dans la pratique cela n'est quasi pas
possible et la source quasi exclusive de la prescription acquisitive est le contrat.
Dans les 70s, outre les applications supra s'est développée une nouvelle technique : la construction
en volume. C'est ce qui a été par ex utilisé à la Défense ou pour la Tour Montparnasse. On
recherche ici à créer dans l'espace des lots, avant même toute construction. Donc ce sont des lots
définis en 3 dimensions. Et le propriétaire de l'ensemble pourra acquéreurs chacun de ces lots. Ces
lots sont vendus vides,vendre à donc ce sont des lots à construire par les promoteurs.
Cette possibilité a été consacrée par la Jurisprudence civile et administrative et en outre elle permet
des constructions mixtes (publiques et privées) : on découpe le dessus en lamelle pour faire lots
de volume (alors qu'avant on ne faisait que diviser entre le sol et la construction).
Dans un règlement de co propriété : Partie 1 = état descriptif des lieux, et Partie 2 = règlement de
co propriété proprement dit.
De la même façon on aura pour la division des lots un état descriptif des divisions volumétriques,
i.e. un géomètre établit dans l'espace les lots de volumes par rapport à un certain nombre de cotes.
Cet état descriptif sera publié au bureau des hypothèques. Alors le propriétaire pourra vendre de
façon séparée chacun des lots de volume. Chacun des propriétaires de volume a un droit de
propriété indépendant, sans relation avec les autres co volumiers. il y a cependant des relations
propriétaires de volume dansnécessaires qui vont se créer entre les la pratique. Donc en fait il y a
l'équivalent de parties communes et il va alors falloir réintégrer un régime de co propriété. Pourtant
ce ne sera pas le cas car on voulait justement éviter un tel régime. Donc pour se faire et dans la
pratique, pour régler les relations entre les propriétaires de volumes on aura la création de
servitudes perpétuelles (servitudes de passages, de canalisation…). Mais il peut aussi y avoir
propriétaires de volumes. Dans la pratiquedes équipements communs aux on utilise alors d'autres
formes de mini société ou d'association : on utilise des associations foncières urbaines ou des
associations syndicales libres pour régler les relations collectives minimum. Intérêt d'utiliser ces
associations : leurs règles de fonctionnement, et notamment les règles de majorité sont plus souples
que celles que l'on retrouve en co-propriété.
Pour réformer le régime de la co propriété, certains veulent essayer d'introduire ce que l'on vient de
voir pour la construction en volume. Pour autant cette construction en volume est utilisée de façon
limitée pour certains grands projets. Elle est utilisée aussi entre particuliers, non pas quand on est
dans le cadre de co propriété verticales mais en co propriété horizontales quand on a des
équipements communs => on peut essayer de régir les relations entre les propriétaires de cette
façon.
Titre 2. La constructibilité du sol
Chapitre 1. Champ d'application
Chapitre 2. Les règles de dépôt de la demande
Chapitre 3. L'exécution du permis de construire
Ici c'est le droit de l'urbanisme qui s'applique. Concernant les règles de l'urbanisme il y a des règles
nationales et des règles locales.
Généralement les règles que l'on connaît le plus ce sont les règles nationales, le plan local
d'urbanisme qui est établi au niveau de chaque commune. Un zonage est fait sur le territoire de la
commune en indiquant quelle est la nature de chaque zone et s'il s'agit de zone urbaine
d'exploitation agricole, ou d'espace vert.
Le droit de préemption urbain n'a vocation à s'appliquer que dans les zones urbaines.
À l'intérieur de chaque zone un certain nombre de règles vont s'appliquer, visant les possibilité de
construction dans chaque zone.
Chapitre 1. Le champ d'application de la
réglementation du permis de construire
Cette réglementation s'applique de façon générale à tous travaux de construction.
On peut se reporter à l'art L 421-1 du code de l'urbanisme.
Le permis de construire est une autorisation administrative qui doit être délivrée avant la
réalisation des travaux quels qu'en soient la nature et les bénéficiaires et vise également les
constructions existantes sous réserve que les critères qui se dégagent du code de l'urbanisme soient
réunis.
Section 1. Les constructions visées
§1. Définition de la notion de construction
La construction est un assemblage de matériaux liés ensemble, de façon durable et artificielle, et
reliés au sol par des fondations. La notion d'assemblage artificiel et de durée est en général
maintenu, en revanche l'existence de fondation incorporée dans le sol à été abandonnée par une
Jurisprudence du CE, et entérinée par le législateur par la loi « SRU ». La question de durée est
implicitement mise de côté.
§2. Les modifications physiques qui entraînent un
changement de destination
A. Le changement de destination : permis de
construire et autorisation de la co-propriété
Se trouvent aussi visées les améliorations apportées aux constructions existantes :
Lorsque les travaux affectant l'existant ont pour objet de changer la destination initiale de
l'immeuble,
Les règles conçoivent plusieurs types de destinations pour les immeubles : la destination à usage
d'habitation, hôtelier, de bureau, de commerce, d'artisanat, d'équipement collectif, d'entrepôt
commercial, usage agricole, usage de stationnement…
Si l'on a un local à usage d'habitation que l'on souhaite transformer en local commercial cette
transformation doit faire l'objet d'une autorisation administrative passant par le permis de
construire. Ce changement de destination doit nécessairement passer par des travaux nécessitant un
permis de construire.
Si l'on a un remaniement complet d'un château en habitat collectif, on peut demander un permis de
construire.
Cette question de changement de destination vise le changement par rapport aux règles de
l'urbanisme, cette destination à des incidences.
Cette question de destination n'éteint pas tous les problèmes au regard des transformations de
locaux d'une destination à une autre :
Par ex pour changer la destination, au regard du droit de co-propriété il faut une autorisation de
l'assemblée générale de la co-propriété. En fait ces deux législations (co-propriété et droit de
l'urbanisme) sont indépendantes, et l'autorisation de l'une de ces administrations n'intervient en rien
dans l'autorisation de l'autre.
Lors de l'assemblée générale de la co-propriété il faut aussi demander de faire des modifications de
la partie commune qui peut être le béton, le plancher, les combles, de l'appartement et à défaut
d'autorisation on fait une annexion des parties communes et on peut se voir exiger leur
rétablissement.
B. Le principe de l'affectation à usage
d'habitation
Le code de la construction et de l'habitation, art L617-1 et suivants. Ici on vise le terme
affectation, c'est l'affectation des locaux.
On distingue surtout les locaux à usage d'habitation et les locaux à usage commerciaux. Cette
distinction ne s'applique que dans les grandes villes.
L'idée est la suivante : en 45 il y avait une pénurie de logement, donc loi de 48 et désormais, pour
protéger le logement, le principe est que tout local est à usage d'habitation.
Exceptions : il faut
-soit prouver qu'avant 45 ce local avait un usage commercial,
-soit, si ce local à été construit, après 45 qu'il ait fait l'objet d'un permis de construire lui
donnant cette commercialité.
La conséquence de ce mécanisme est que pour tout local où l'on n'arrive pas à établir sa
commercialité ce local retombe dans les locaux à usage d'habitation.
Cette législation est toujours d'actualité notamment dans Paris ce qui permet d'équilibrer.
Hypothèse d'un immeuble construit après 45 et que je désire vendre un local commercial. Si la
mairie retrouve le permis de construire que c'était bien un local commercial par la suite je doit
établir que par une chaîne de baux commerciaux successifs et ininterrompus que le local à
conservé son caractère commercial sinon, si l'on constate une interruption, le local est redevenus
un local à usage d'habitation.
Sinon par la suite on peut aller à la mairie et demander la confirmation de la commercialité du
local (ici c' est le système de la mort subite car si la mairie dit que c'est un local à usage
d'habitation la preuve de la commercialité ne peut plus être rapportée.)
Ces règles d'affectation sont le fruit d'une législation indépendante.
Ces questions sont aujourd'hui de plus en plus sensibles.
§3. Les modifications physiques qui n'opèrent pas
de changement de destination
Ce sont les travaux qui viennent modifier la façade extérieure de la construction comme l'ouverture
de fenêtres nouvelles, de bais vitrées, changement de la toiture, changement de volumes des
constructions par, par ex la création de volume intermédiaire, le fait de rendre habitable des
combles. Idem pour tout ce qui touche le sous-sol comme un escalier pour aller aux caves.
Dans toutes ces hypothèses il faut demander un permis de construire.
Section 2. Exception à la nécessite d'obtenir
une autorisation
Il y a la dispense pure et simple d'autorisation administrative ou l'exclusion du permis de construire
en soumettant les travaux à une déclaration préalable des travaux à la mairie. Ex : une clôture,
ligne de câble…
La déclaration préalable vise les travaux de ravalement, les travaux fait sur un immeuble classé,
les travaux de faible importance.
Si l'on veut construire une habitation légère de loisir de moins de 35 m2, on est en déclaration
préalable. Au-delà on passe au permis de construire. Il faut aller à la mairie et remplir un dossier en
y mettant la nature des travaux, situation du terrain, on peut y mettre un plan de masse fait par un
géomètre, un représentation de l'aspect extérieur de la construction pour montrer les travaux
réalisés. L'instruction du dossier dépendra du fait de savoir si la commune dispose ou non dans
plan local d'urbanisme. SI la commune dispose d'un tel plan se sera le maire sinon se sera les
services de l'état.
Chapitre 2. L'instruction et la
décision du permis de construire
Seul le propriétaire ou le mandataire du terrain concerné peut déposer une demande de permis de
construire.
En cas de vente sous condition suspensive d'obtention du permis de construire, il faut y ajouter une
clause dans laquelle le vendeur donne tout pouvoir à l'acquéreur pour faire une telle demande.
Les pouvoirs de vérification : l'administration n'a pas à s'immiscer dans les relations privées et peut
s'en tenir à la qualité du propriétaire apparent.
Si l'immeuble qui fait l'objet des travaux est un immeuble collectif , si les travaux concernent la
façade, ou les parties collectives c'est le syndic qui déposera la demande en étant mandaté, si il
s'agit de partie privative c'est le copropriétaire qui en fera la demande.
Section 1. La demande de permis de construire
§1. Le contenu de la demande
A. L'intervention d'un architecte est -elle
obligatoire ?
Depuis la loi 1977, qui institue un monopole au profit des architecte et les demandes de permis de
construire lorsque la construction envisagée excède 170 m2 l'intervention de l'architecte est
obligatoire.
B. Contenu de la demande
La demande du permis de construire est un dossier standard qui doit être remplie et à cela s'ajoute
le dossier exprime le projet architectural on doit y avoir obligatoirement un plan de situation de
terrain, le plan de masse en trois dimension présentant les construction nouvelle, il faut un plan des
façades, des documents photographique permettant de situer le terrain, une notice permettant
d'apprécier l'impacte visuel du projet, et une étude d'impacte d'une nouvelle construction.
§2. Le dépôt du permis de construire
Le dépôt du permis est remis soit en mairie,
Le délai d'instruction est de 15 jours dans le dépôt du dossier l'autorité compétente doit
l'enregistrer et indiquer la date butoir.
On peut avoir par la suite une décision qui accorde le permis, une décision qui le refuse et une qui
sursoit à statuer. Avant la décision finale le délais est de deux mois à compté de la date de dépôt et
peut être proroger de un mois par ex en cas de permis de construire de plusieurs logement, et, fait
cela dépend des cas.
On en est au Chapitre 2.
Sur le permis de construire on en est aux règles de dépôt de la demande.
Pour le dépôt de la demande, elle doit être remise en mairie.
Pour le délai d'instruction, si le dossier est complet, à ce moment-là l'autorité compétente doit, dans
les 15 jours du dépôt du dossier répondre et indiquer la date butoire pour que la décision soit
établie.
Section 2. La décision en tant que telle
il y a plusieurs possibilités à l'issue du délai d'instruction.
On peut avoir :
-une décision qui accorde le permis de construire,
-une décision de refus du permis ou
-un sursis à statuer.
Avant cette décision finale, le délai d'instruction est normalement de 2 mois à compter de la date
du dépôt d'un dossier complet. Ce délai peut être prorogé dans le cadre d'un certain nombre
d'exceptions (+ 1 mois quand c'est un permis de construire pour plus de 200 logements, ou
prorogation quand d'autres services administratifs doivent être consultés, ou délai de 5 mois quand
le projet est soumis à enquête publique…)
§1. La décision qui accorde le permis de construire
Elle peut être assortie ou non de prescription. Elle va conférer à son titulaire un droit de construire
conformément à la demande qui a été enregistrée. I.e. la demande de permis était conforme à la
réglementation d'urbanisme alors applicable. Concrètement, si on intervient dans un acte de
vente pour un bien qui a été construit il y a 2 ans, on va demander si le permis a bien été obtenu.
Si on demande uniquement l'arrêté de permis de construire.
Arrêté de permis de construire :
On a un formulaire administratif avec le nombre de logements qui doivent ê construit, le nombre
de lots de co propriété, destination habitation ou usage commercial… Toutes ces précisions se
trouvent dans le dossier de demande du permis de construire. Si on regarde l'arrêté en revanche
ces informations n'apparaissent pas, on n'y voit que les conditions restant à remplir pour que le
permis soit valable (ex : oui, si…).
On doit donc demander la demande et l'arrêté de permis.
La décision qui accorde le permis peut faire l'objet d'un retrait, intervenant soit dans le délai du
recours contentieux, soit être justifié par une irrégularité qui vient entacher la décision.
§2. La décision qui refuse le permis de construire
Ici l'autorité compétente pour délivrer le permis n'a aucune marge de manoeuvre. Elle doit
obligatoirement se prononcer sur le dossier tel qu'il lui a été présenté par le demandeur, et
notamment, s'il y a une erreur ou une non conformité dans le dossier, l'autorité compétente ne peut
pas modifier ce dossier pour le rendre conforme à la réglementation applicable. Donc la décision
de refus est simpelment la constation que le dossier n'est pas en conformité avec la réglementation
applicable en matière de permis.
Cette décision doit être motivée car elle fera l'objet d'un contrôle a posteriori, et donc le juge doit
vérifier les éléments de légalité.
Souvent et de façon officieuse cependant, dans des contacts donnés avant le dépôt, la mairie a pu
donner des informations sur ce qu'elle est susceptible d'accepter ou de refuser dans un dossier.
À l'issue du délai d'instruction, il y a une 3ème possibilité.
§3. La décision de sursis à statuer
Ce sursis n'est pas libre, il est très encadré par les textes et par le Code de l'urbanisme. Ce sursis à
statuer doit être motivé pour un contrôle juridictionnel. Cette décision ne peut pas excéder une
durée de 2 ans => autorisation ou refus à la fin.
Chapitre 3. L'exécution du permis
de construire
Selon les textes le permis est exécutoire de plein droit dès lors qu'il a été délivré par le maire, sous
réserve de sa notification au bénéficiaire et de la transmission de l'arrêté au préfet. Toutefois il y a
des mesures de publicité qui doivent être respectées même s'il est exécutoire.
Section 1. Les conditions d'opposabilité aux
tiers
§1. Le double affichage
Pour que le permis soit opposable aux tiers, et = point de départ pour le délai de recours des tiers, il
faut :
1. Un affichage du permis sur le terrain, visible à l'extérieur, et qui peut être fait dès que le permis
a été notifié au bénéficiaire. Cet affichage doit être lisible pendant toute la durée du chantier, avec
un certain nombre de mentions obligatoires, visées par le CU.
2. Un affichage en mairie. C'est à la diligence du maire ici, et non plus du bénéficiaire. Il doit
afficher le permis pendant 2 mois.
Toute personne peut venir consulter en mairie les documents relatifs au permis de construire.
§2. Effets s'attachant à ce double affichage
C'est le point de départ pour le délai de recours contentieux à l'encontre du permis de construire et
à l'égard des tiers. Ce délai de recours est de 2 mois à compter du double affichage.
La preuve de cet affichage revient au bénéficiaire du permis de contruire. Généralement un
huissier vient constater à un instant t ce double affichage, puis à l'instant t + 2mois.
Ce permis de construire est accordé à un bénéficiaire à titre personnel.
En outre ce permis est attaché au terrain sur lequel portent les constructions.
Donc en pratique, dans l'hypothèse où avant la réalisation des constructions le terrains est cédé à
un tiers, même si le terrain est toujours le même, le bénéficiaire n'est plus le bénéficiaire en titre du
permis. il y a une mesure administrative spécifique. L'acquéreur du terrain devra solliciter la
mairie pour obtenir une autorisation de transfert du permis de construire. On analyse ce transfert
de permis comme une modification. C'est une décision modificative du permis de construire
initiale qui doit être prise.
Cette autorisation administrative subit les mêmes règles que le permis initial, i.e. cette décision est
susceptible de recours et il y a les mêmes règles d'affichage.
Section 2. Durée de validité de l'autorisation de
construire
Supposons que le bénéficiaire a bénéficié du permis et a attendu un certain délai avant de réaliser
les travaux, par ex par manque de financement.
Pour le CU, ce permis peut faire l'objet d'une péremption : le permis tombe si les constructions ne
sont pas entreprises dans un délai de 2 ans à compter de la notification faite de ce permis par
l'autorité compétente.
Le permis tombera également dans l'hypothèse où les travaux ont déjà commencé dans le délai de
2 ans, mai sils sont interrompus pendant un délai supérieur à 1 an.
Pour éviter qu'il y ait une péremption automatique, des mesures peuvent être demandées par le
bénéficiaire du permis : si on arrive en bout de course, les textes précisent qu'il peut y avoir une
prorogation d'un an pour le permis. La demande de prorogation doit être adressée à l'autorité
compétente au moins 2 mois avant l'expiration du délai de validité du permis.
Suffit-il de 2 coups de pioches pour dire que les travaux ont commencé ? Non, c'est une fraude
alors.
Section 3. La notion de permis de construire
modificatif
il y a aucune marge de manoeuvre laissée au bénéficiaire du permis, il y a pas de tolérance laissée
par l'administration, par ex sur la superficie des constructions. Le permis de construire modificatif
est d'actualité car à la Défense il y aurait un problème de m2 supplémentaires (40 000 m2 ne
feraient pas l'objet d'un permis de construire).
Quand on est dans la phase de construction de l'immeuble, il peut s'avérer que pour des raisons
techniques découvertes au fur et à mesure des constructions, on doit faire des aménagement par
rapport au projet initial. On a tendance à déposer un permis de construire modificatif pour
reprendre l'ensemble des points qui ne correspondent pas à la demande initial à la fin, pour purger
tous les vices constatés par rapport à la demande initiale.
« modificatif » : par rapport au permis de construire initial, i.e. ce permis modificatif constatées ne
portent pas atteinte à l'économieest lié. Mais si les générale du projet de construction, alors on
reste dans le cadre d'une demande de permis modificatif. Mais si les changements deviennent trop
importants il faut demander un nouveau permis de construire.
Une fois le permis accordé, le bénéficiaire fait donc les travaux conformément au permis de
construire. Il faut alors vérifier cette conformité. Pour ce faire, une fois les travaux réalisé,
l'architecte dépose en maire une Déclaration d'Achèvement des Travaux (DAT). Alors la mairie
par la suite fait passer ses services pour qu'ils constatent sur place que les travaux réalisés sont
conformes au permis de construire => on obtient le certificat de conformité délivré par l'autorité
compétente.
La mairie dispose d'un délai de 3 mois à compter de la DAT pour délivrer ce certificat. Mais
généralement ce n'est pas fait dans le délai. Cela pose problème en cas de cession. Le bénéficiaire
du permis peut donc envoyer une lettre RAR à l'autorité compétente à l'issue du délai de 3 mois, en
invitant l'autorité compétente à se déplacer pour constater la conformité des travaux. Les textes
disent qu'à défaut de réception de ce certificat dans un délai d'un mois à compter de la réception de
la lettre RAR, le certificat est réputé accordé au bénéficiaire.
Le problème est quand on a un refus de la part de la mairie à établir un certificat, car alors cela
prouve la non conformité, donc il faudra déposer un nouveau permis de construire pour obtenir les
autorisations nécessaires.
Conclusion :
Généralement, quand on a une construction qui est édifiée sans permis de construire, sans
autorisation, la question classique est de savoir combien d'années plus tard le propriétaire de la
maison peut être sorti d'affaire, et ne sera plus inquiété au titre de ces constructions.
Les cas de recours de ce point de vue sont multiples, car il n'y a pas le recours de 2 mois pour
contester l'il y a d'un permis de construire (il y a pas de permis ici), donc les cas de recours peuvent
être exercés soit par l'administration, soit par des tiers (sur la base du droit de l'urbanisme, sur la
base d'une action de nature fiscale…).
Traditionnellement on nous dit qu'après 10 ans à compter de l'achèvement des constructions, il y a
plus d'action possible. Mais en fait ce délai est à manier avec précaution. Si ça peut être le cas
éventuellement à l'égard de l'administration, à l'égard des tiers, et notamment les voisins, les délais
peuvent être plus longs.
Autre précision :
On a une promesse de vente sous condition suspensive d'obtention du permis de construire. Si on
nous présente un permis de construire et que l'on veut obtenir un document pour purger du recours
des tiers, il faut avoir la preuve de la double publicité avec la constatation par huissier après 2 mois
de cet affichage et le fait qu'il n'y a pas eu de recours des tiers d'après l'attestation du maire. Il faut
aussi un certificat de non recours émanant du greffe du TA.
PARTIE 2. La réalisation des constructions
On ne s'intéresse ici qu'à la réalisation des constructions matérielles, i.e. on étudie les relations
entre le propriétaire du terrain et l'entrepreneur qui réalise les constructions, i.e. le contrat de
louage, le contrat d'entreprise qui les lie.
Chapitre 1. Le contenu du contrat
d'entreprise
Chapitre 2. La responsabilité découlant de ce contrat d'entreprise – l'application de la
responsabilité des constructeurs
Art. 1792 et s. Code Civil
Introduction
Le schéma simplissime entre un entrepreneur et un maître d'ouvrage est parfois un peu plus
compliqué car c'est le promoteur, un professionnel, qui réalise les constructions en fait. Donc en
fait il y a déjà là 2 contrats.
Même pour les maisons individuelles, le plus souvent l'accédant à la propriété, le particulier,
achète dans le cadre d'un lotissement, ou sur plan (vente d'immeubles à construire), donc il est rare
d'être dans ce schéma.
Quand on est dans l'hypothèse où on a un intermédiaire, un professionnel de l'immobilier (le
promoteur) qui va passer les contrats avec les entrepreneurs pour réaliser les constructions. Donc le
maître de l'ouvrage est le promoteur et non plus l'accédant à la propriété. Par l'intervention du
promoteur immobilier, le schéma se bouscule et l'accédant n'arrive finalement qu'en bout de
chaîne, à la fin du processus. C'est pourquoi quand on est dans ce type de situation, il faut non
seulement considérer les relations avec les entrepreneurs (partie 2), mais aussi les relations entre
l'accédant et le promoteur, relations qui sont régies dans ce qu'on appelle la commercialisation de
l'immeuble (partie 3).
On va voir l'évolution des techniques de constructions, qui montrent le rôle de plus en plus
prépondérant du promoteur immobilier.
Par rapport à la situation de base, au 18è et 19è siècle, on a commencé à faire des immeubles
collectifs de plus grande hauteur. On a commencé avec la technique de la construction entre amis,
i.e. on a un groupe d'amis qui souhaitent construire un immeuble collectif et ensuite récupérer des
lots de co propriété ou des parties de cet immeuble. L'ensemble de ces personnes achètent donc le
terrain, financent les constructions, et une fois les constructions réalisées ils vont se lots. Ils faut
qu'ils empruntent pour pouvoir financerrépartir les leur projet. Mais qui dit prêt dit garantie =>
problème pour la banque : si la banque demande une hypothèque, elle ne l'aura que sur une quote
part de l'immeuble, i.e. les droits de la banque sont limités (surtout quand le terrain est en
indivision). Ce système a montré ces limites. Pour mettre fin à l'indivision il faut faire une co
propriété lots de co propriété entre les cosur l'immeuble et répartir les indivisaires. C'est la
technique dite « de Grenoble », pour des constructions collectives.
La sophistication des techniques pour préserver les droits de la banque :
On laisse tomber l'indivision, et on essaye de s'organiser en société. Chaque personne fait un
apport à une société qui achète elle le terrain et réalise les constructions. C'est cette société qui va
contracter le prêt => l'hypothèque ou le privilège accordé à la banque aura plus d'efficacité que sur
une quote part indivise.
Sophistication :
Une fois les constructions réalisées, chaque associé veut se retrouver avec un lot précis. La société
met donc l'immeuble en co propriété, elle est alors dissoute ou liquidée => annulation des parts
sociales de la société, et on remet aux associés la propriété des lots de co propriété.
Ce schéma va être institutionnalisé. Ce sont les prémisses de ce que l'on appelle la société
d'attribution. C'est une société spéciale au sein de laquelle chaque part sociale donne vocation à la
jouissance, et éventuellement à la propriété après liquidation de la société, de lots de co propriété
spécialement indiqués.
Intérêt : pour chacun des associés, ils ont un lien plus direct avec le droit de propriété qui leur est
attribué. Ils ont la jouissance d'un droit de co propriété en tant que tel. À la liquidation, il y aura
attribution d'un lot déterminé en pleine propriété.
Il a fallu attendre les années 30s pour avoir une législation sur ces sociétés.
Le promoteur est celui qui va chercher le terrain, conclure les contrats avec les entrepreneurs, et
servir clé en main l'accédant à la propriété. Dans les années 50-60, le schéma utilisé par les
promoteurs était celui de la société d'attribution. Le promoteur en était l'unique associé et le
gérant. Au fur et à mesure qu'il trouvait les accédants, il leur cédait des parts de la société. Une fois
la commercialisation terminée, le promoteur avait cédé toutes ses parts sociales. Donc la technique
était celle de la cession de parts sociales qui à l'époque n'était pas imposée au titre des P.V.
Mais cette exonération a disparu, donc cette technique a eu de moins en moins d'intérêt. Mais il
existe encore de telles sociétés qui n'ont pas été dissoute.
En outre, le risque pour l'accédant à la propriété est de se retrouver dans une structure sociale dont
il n'a pas eu la maîtrise des règles de constitution, avec un gérant professionnel et qui a donc tous
les pouvoirs. En cas de dépassement du budget prévisionnel de la construction, en tant qu'associé
on pourra lui demander de payer pour financer ce surplus => il y a eu des interventions législatives
dans le but de renforcer les règles de fonctionnement au sein de la société pour accéder une
protection minimum à l'accédant à la propriété. Donc le législateur s'est concentré sur les règles de
fonctionnement de la société.
On a essayé de chercher d'autres techniques de commercialisation du fait de la fiscalité sur les
P.V :
La société de vente : c'est une société constituée par le promoteur immobilier. Cette société achète
le terrain, réalise les constructions. Elle a pour associés le promoteur et éventuellement des
investisseurs institutionnels. Mais là, l'accédant à la propriété ne deviendra jamais associé de cette
société. Quand le promoteur va commercialiser l'immeuble, il va conclure des contrats de vente
directement avec les accédants à la propriété, donc il vend des lots de co propriété de l'immeuble.
Ce sont les ventes d'immeubles à construire, ou vente sur plan, ou vente en état futur d'achèvement.
Tout le régime de protection antérieur dans la société d'attribution n'ont plus lieu d'être. La société
civile de vente a un mécanisme de fonctionnement très souple au contraire puisqu'elle ne regroupe
que des propriétaires. En revanche le contrat liant le promoteur à l'accédant reprend ces règles. il y
a un statut légal de la vente d'immeubles à construire dans le secteur protégé.
Chapitre 1. Les constructions
proprement dites
Les différents opérateurs :
Quand on a une construction, on peut faire appel à un architecte, à des bureaux de construction,
d'étude ou de contrôle, au coordinateur pour l'ensemble de la construction (art. 1792 et s. C.Civ.).
A l'origine, ça ne visait que les établissements de construction puis on a eu tendance à renforcer
cette responsabilité. Puis, on a multiplié les personnes responsables sur le fondement de l'art. 1792
C.Civ.
La 3ème tendance est que cette responsabilité semble de détacher du droit commun pour devenir
une responsabilité exclusive. Aussi, quand les conditions sont réunies, la victime ne peut se fonder
que sur cette responsabilité.
Section 1. Le contrat liant le maître de
l'ouvrage à l'architecte
Si l'on reprend les dispositions du C.Civ., on voit que même en 1804, on visait les établissements
de construction mais aussi l'architecte dénommé maître d'oeuvre.
Son rôle est de concevoir, coordonner les travaux de construction puis de contrôler a posteriori la
réalisation des travaux.
§1. Statut de l'architecte
§2. Mode d'exercice de l'architecte
§3. Missions confiées à l'architecte
§1. Le statut de l'architecte
L'architecte en tant que tel :
Pendant longtemps, il n'avait pas de statut particulier, et dans beaucoup de cas, c'était l'entreprise
qui réalisait matériellement les constructions (l'entrepreneur ici).
C'est au 20ème siècle que l'on s'est aperçu qu'il y avait une confusion des rôles entre la conception
esthétique du projet et son suivi d'un côté, et la réalisation matérielle des construction de l'autre.
Les entrepreneurs étant des commerçants, cette activité commerciale pouvait en outre rejaillir sur
l'indépendance des architectes, ce qui conduisait à des abus.
C'est donc en 1940-41 qu'il y a une résurgence des corporations => loi et décret pour organiser la
profession d'architecte en codifiant les règles de fonctionnement de cette activité, et surtout en
créant une interdiction intangible, donc une incompatibilité entre l'activité d'entrepreneur et celle
d'architecte. C'est également à cette époque que des ordres professionnels se sont créés, et donc un
ordre pour la profession d'architecte, avec l'organisation d'une discipline interne.
En 1940 et par la suite, il n'y avait pas de monopole concédé à l'architecte, il y a uniquement des
règles d'incompatibilité. L'entrepreneur a une activité de commerçant, tandis que l'architecte non
(profession libérale). Il faudra attendre la loi de 1977, qui va instituer l'équivalent d'un monopole
au profit d'un architecte, en précisant que toute personne qui souhaite déposer une autorisation de
construire doit faire appel à un architecte pour établir le projet architectural contenu dans la
demande de permis de construire. Ce monopole a des limites : cela ne concerne que les
constructions qui ont une surface de plus de 170 m2. il y a d'autres cas d'exclusion, notamment
pour certains aménagements intérieurs, ou liées à la superficie (quand il s'agit de travaux de
construction dans le domaine agricole)…
Avant 1977, il n'y avait pas de monopole, donc même si un ordre des architecte avait été créé,
l'activité n'était pas réservée aux seuls diplômés architecte. Donc des entrepeneurs par ex s'étaient
tournés vers cette profession sans avoir de diplôme.
Aujourd'hui, depuis 1977, puisqu'il y a un monopole au profit des architectes, seuls les architectes
visés par la loi peuvent exercer.
Donc en 1977 pour inclure ceux qui n'étaient pas diplômés, on a créé l'agrément en architecture.
L'agréé en architecture est celui qi exerçait la profession d'architecte sans avoir le diplôme. Cette
catégorie a donc vocation à disparaître.
il y a donc un statut, une organisation interne. Cette profession est organisée et structure par
l'intermédiaire d'ordre professionnels par conséquent. Ils ont la particularité d'avoir un pouvoir
disciplinaire qui fera ensuite l'objet d'un contrôle juridictionnel.
Compte tenu du monopole, l'adhésion à un ordre pour exercer la profession d'architecte est
obligatoire. La contrepartie de cette adhésion est que l'on doit payer des cotisations. Or certains
considéraient que ces cotisations étaient trop lourdes. Donc des actions ont été intentées pour
contester le montant des cotisations. Jusqu'à présent elles se sont toutes soldées par des échecs
(qu'elles soient fondées sur des dispositions internes ou internationales : Cour de Cassation 16
janvier 1985). Arguments invoqués pour le montant des cotisations : l'ordre professionnel regroupe
l'ensemble des architectes. C'est l'équivalent d'une association d'entreprise en droit communautaire
=> la décision de fixer le montant est considéré comme une entente. Le montant doit alors être
raisonnable…
Quand un ordre professionnel fixe un barème pour la réalisation d'un certain nombre de travaux.
Cela s'est posé à propos des ordres d'avocats. Ces barèmes ont été systématiquement condamnés
par le conseil de la concurrence car chaque avocat doit fixer ses propres coûts => même si ce ne
sont que des barèmes conseillés, ils faussent le jeu de la concurrence.
Pour les architectes, il y a d'autres organismes à côté des ordres professionnels, et notamment
l'Académie d'architecture qui réunit professionnels (dont les architectes mais pas seulement).
L'une des activité de cette Académie est de fixer des barèmes de tarifs pour un certain nombre de
produit de construction à titre informatif. On a ici le même problème que pour les barèmes
d'avocats. Pour le conseil de la concurrence, ces barèmes ont été considérés comme contraires aux
règles de concurrence. Mais au sein de cette Académie, il y a d'autres intervenants dans le domaine
de la construction. On peut se demande si cette interdiction des barèmes était conforme
On sanctionne ces barèmes quand ils sont établis par des ordres professionnels pour leurs propres
membres. Or ici, si on continue sur cette pente, tout barème de prix ou tarifs, qu'ils émanent
d'autorité économie ou de tiers, seraient interdits par le droit communautaire. Mais alors cela va
loin. Il faut faire la distinction entre les barèmes sont faits par les opérateurs économiques eux-
mêmes qui opèrent sur le marché (et là ce serait interdit), ou si le barème est fixé par des tiers au
marché en question (et là ce serait autorisé, i.e. rôle que de prescripteur).
§2. Les modes d'exercice de l'architecte
Pendant très longtemps, et comme pour toutes les autres professions libérales, l'exercice de
l'activité d'architecte était plutôt solitaire.
Depuis les années 1970, il y a un grand développement de l'activité exercées sous la forme
sociétaire (des sociétés d'architectes se sont crées). Pour faciliter ce passage de la forme
individuelle à la forme sociétaire, le législateur est intervenu : admet la forme sociétaire aussi bien
commerciale (SA, SAS…) que libérale (SEL) ou que civile (Société Civile Professionnel).
Nous avons vu qu'il y avait un monopole => il y a un contrôle à l'entrée de la profession, et donc
limitation du nombre d'entrée. D'où un problème : on limite la profession aux seuls ressortissants
français ayant un diplôme français => problème en droit communautaire (liberté de circulation :
liberté d'établissement et de la libre prestation de services). Toute mesure discriminatoire est
interdite. Aujourd'hui on a recours à des mesures qui ne sont pas ouvertement discriminatoires,
mais qui ont le même résultat : les mesures d'effet équivalent (ex : on limite aux personnes ayant
un diplôme français).
Outre les dispositions du traité, des directives ont été prises dans le domaines des architecte : Dir.
10 juin 1985 qui traite des questions d'établissement, de prestations de services et de
reconnaissance mutuelle des diplôme en matière d'architecture.
§3. Les missions confiées à l'architecte
Les missions qui peuvent être confiées à l'architecte qd il conclut un contrat avec le maître de
l'ouvrage :
Pour essayer de déterminer avec exactitude ce contenu, le plus simple est peut-être de se reporter
aux textes législatifs et réglementaires s'imposant à l'architecte. Les organismes professionnels ont
établi un code des devoirs professionnels de l'architecte qui donne notamment le contenu de sa
mission. Ce code a été par la suite repris par un décret => fait aujourd'hui partie de la
réglementation applicable.
Outre ces obligations légales, il y a surtout des obligations de nature conventionnelle.
Quand on précise que l'architecte doit respecter les règles de l'art (ceci est mentionné dans le code
de devoirs professionnels, mais pas dans le contrat, mais on peut le faire résulter des principes
généraux et des règles de sécurité qui peuvent résulter dans le cadre des constructions).
Ce cadre légal mentionne notamment la totalité des missions qui peuvent être confiées à
l'architecte. Les parties dans leur contrat peuvent cependant réduire dans le contrat ces missions
afin de réduire la rémunération de l'architecte en conséquence.
On va voir ici l'ensemble des missions qui peuvent être confiées à l'architecte, en sachant que ces
missions peuvent être limitées conventionnellement.
A. Le contrat
1. Le contrat doit-il être écrit ?
Juste avant, on peut préciser s'il est nécessaire que le contrat soit écrit : c'est mieux, cela précise
notamment le montant des honoraires de l'architecte. D'après les études réalisées, ¼ des architectes
avouent travailler sans établir de contrat préalable. Comment raisonner sur la preuve de l'il y a d'un
contrat.
L'il y a d'un écrit n'est pas une condition de validité du contrat d'une part. Mais le problème se pose
en matière de preuve de l'il y a d'un contrat. On applique alors le droit commun avec notamment la
nécessité de commencement de preuve par écrit au-delà d'un certain montant.
En outre le contrat d'architecte a priori n'est pas envisagé comme un contrat de bienfaisance ou à
titre gratuit, i.e. il est présumé à titre onéreux => il lui suffit de prouver qu'il a exercé son activité
de conseil pour avoir droit à rémunération.
Le prix normalement doit être déterminé et déterminable d'après la Jurisprudence en matière de
contrat de vente. Mais s'agissant d'un contrat de louage d'ouvrage, ce n'est pas un élément essentiel
du contrat, i.e. une condition de validité et il peut être fixé au cours du contrat, soit d'un commun
accord entre les parties, soit par le juge qui avait tendance à se référer aux barèmes des ordres
professionnels, mais aujourd'hui… ?
2. L'impact du le droit de la consommation
Si l'architecte conclu un contrat avec un particulier, il y a-t-il des exigences spécifiques imposées ?
L279-1 : délai de rétractation de 7 jours visant des contrats portant sur des immeubles à usage
d'habitation, ventes de maisons indivi (ventes d'immeuble sexistants) et ventes de constructions
futures.
Ce texte vise que les contrats de ventes futurs ou immeubles existant, donc l'architecte n'est pas
visé
Règles relatives au démarchage : c'est limité en fait ici.
B. Les obligations de l'architecte
-Avant la réalisation de la construction
-Pendant
-Après
1. Avant la réalisation de la construction
-- Réaliser des études préliminaires pour les constructions qui doivent être réalisées : s'il il y a déjà
des bâtiments il y aant et que par la suite les constructions nouvelles se révèlent inadaptées par
rapport aux existantes, l'architecte engage sa responsabilité.
De la même façon, l'architecte doit déterminer avec précision sur le terrain qu'elles sont les limites
de la propriété, les limites du terrain. Le voisin peut en effet demander la destruction entière de la
construction au civil => c'est l'architecte qui sera responsable pour payer les frais de cette
destruction.
L'architecte doit faire aussi une étude technique du sol, mais il n'a pas d'obligation à l'égard du
sous-sol, sauf dans un certain nombre de cas quand le sol est lié au sous-sol (ex : le sous-sol est en
gypse => glissement de terrain possible). remarques : si le maître de l'ouvrage connaissait le
problème, cela peut diminuer la responsabilité de l'architecte.
-- Par la suite, l'architecte dépose un avant-projet définitif qui se retrouvera dans la demande
permis de construire. Il doit indiquer au maître de l'ouvrage l'enveloppe financière de son projet
(obligation d'information). La Jurisprudence relève néanmoins que l'architecte n'est pas pour autant
responsable du financement de ce projet par le maître de l'ouvrage.
Normalement le projet architectural est intégré dans le texte de la demande de permis de
construire. On nous dit que le contenu du dossier doit inclure ce projet architectural, pour autant le
Code de l'urbanisme ou la loi de 1977 ne font pas de l'architecte le mandataire du maître de
l'ouvrage auprès de l'autorité compétente pour la délivrance du permis (i.e. de la mairie). Donc si
rien n'est prévu, l'architecte n'est jamais le mandataire du maître de l'ouvrage, donc il n'a pas le
pouvoir notamment pour déposer lui-même la demande de permis de construire ni pour
éventuellement négocier avec la mairie ce permis de construire. Toutefois, souvent dans les
contrats on insère un mandat au profit de l'architecte pour faciliter les démarches préalables à la
réalisation des travaux et faciliter les travaux.
-- L'architecte doit assister le maître de l'ouvrage dans le choix des entreprises qui seront chargées
de réaliser les constructions => l'architecte a ici l'obligation d'écarter toute entreprise qui lui paraît
douteuse ou inapte à réaliser son projet. Pour autant, la Jurisprudence précise qu'il n'est pas
responsable de l'insolvabilité des entreprises choisies. En revanche il doit vérifier que
l'entrepreneur a bien souscrit une assurance construction obligatoire (liée à la responsabilité du
constructeur, cf. infra).
L'architecte doit en outre vérifier le contenu des marchés proposés au maître de l'ouvrage, que les
contrats sont bien conformes aux constructions qu'il souhaite réaliser. Au titre de ce contrôle, il
doit notamment vérifier que les types de matériaux mentionnés dans le contrat sont conformes à la
construction qu'il envisage de réaliser.
-- L'architecte doit enfin vérifier la conformité de son projet avec l'environnement de ce projet,
notamment l'environnement juridique, i.e. l'architecte doit vérifier que le projet est conforme aux
règles d'urbanisme applicables (avec le PLU, avec les prescriptions du permis de construire, et
avec les servitudes d'utilité publiques qui pourraient être imposées par les autorités publiques).
On a pu reprocher à un architecte d'avoir réalisé des constructions dans un lotissement qui n'était
pas conforme aux prescriptions contenues dans le cahier des charges de ce lotissement. C'est donc
à l'architecte de récupérer ce cahier des charges (règles privées d'appliquant à tous les propriétaires
du lotissement) quand il est dans le cadre d'un lotissement.
2. Les obligations concomitantes à la réalisation des travaux
-la direction
-la surveillance des travaux
-assurer au profit du maître de l'ouvrage une comptabilité des travaux réalisés
Donc c'est à l'architecte de vérifier que les travaux réalisés par l'entrepreneur sont bien conformes
aux conditions qui avaient été fixées dans le marché de travaux.
C'est à l'architecte de diriger l'entrepreneur et de lui indiquer les particularités du sols dont il
pourrait avoir connaissance. Il doit en outre jouer le rôle de coordinateur, et donc s'assurer de la
présence corps de métier sur le chantier, s'assurer que les délais sontdes bien respectés. Sur ce
point, pour les chantiers les plus importants il y a un coordinateur chantier qui s'en occupe.
Cour de Cassation plutôt sévère : l'architecte doit veiller à la entrepreneurs, mais en outre il
doitcoordination des intervention des veiller à l'intervention correcte des sous-)traitants (qui sont
normalement sous la responsabilité des entrepreneurs principaux).
Il doit surveiller. Cela pose la question de la garde du chantier et du transfert de la garde en matière
de responsabilité délictuelle.
Au fur et à mesure de l'état d'avancement, il doit s'assurer que les travaux sont bien conformes.
Il a aussi une responsabilité financière au titre du paiement des entrepreneurs. Chacun des
entrepreneur a conclu un contrat d'entreprise avec le maître de l'ouvrage et l'architecte a lui aussi
conclu un contrat de louage d'ouvrage avec le maître d'ouvrage. Donc il n'y a pas de lien juridique
entre l'architecte et l'entrepreneur. Pour autant au titre de ses obligations il doit veiller à ce que les
factures présentées à l'encaissement par l'entrepreneur au maître de l'ouvrage correspondent bien à
des travaux réalisés avant tout paiement par le maître de l'ouvrage.
Supposons que les travaux ont été réalisés, alors un dernier acte réalisé par l'architecte : la
déclaration d'achèvement de travaux qui permettra de d'obtenir l'avis favorable de la mairie pour
la fin des travaux (?).
Le paiement du prix est souvent échelonné dans le temps en fonction de l'achèvement des travaux.
Pour que la quote-part du prix de vente soit payée, l'architecte doit établir une attestation
d'avancement des travaux.
3. Les obligations postérieurement à la réalisation des travaux
i. Il doit vérifier la conformité des travaux aux prescriptions marchés conclus avec
lescontractuelles (contenues dans les entrepreneurs).
ii. Relations entre l'entrepreneur et le maître de l'ouvrage. X un acte qui marque la fin du contrat de
louage d'ouvrage (du contrat d'entreprise) : la réception des travaux. Acte par lequel le maître de
l'ouvrage reçoit les travaux de l'entrepreneur, constate qu'ils ont été réalisés conformément au
contrat. C'est par cet acte que le maître de l'ouvrage va éventuellement émettre des réserve sur la
qualité des travaux ou sur leur conformité par rapport aux prescriptions contractuelles ou aux
règles de l'art.
Les réserves sont importantes car tous désordres qui étaient apparent au moment de la réception
des travaux et qui n'ont pas été réservés lors de cette réception sont purgés au profit de
l'entrepreneur, i.e. in fine ils restent à la charge du maître de l'ouvrage => garantie de parfait
achèvement : l'entrepreneur doit réaliser une mise en conformité dans un certain délai.
L'architecte a une obligation de conseil => obligation d'assistance et de conseil à l'égard du maître
de l'ouvrage selon la Jurisprudence pour lui expliquer le mécanisme de la réception, pour lui faire
comprendre que tout désordre apparent qui n'est pas réservé se trouve purgé. Il revient donc à
l'architecte, homme de l'art, d'assister le maître de l'ouvrage lors de la réception des travaux et de
lui indiquer les désordres qui doivent être réservés.
C'est le principe. Là-dessus viennent s'ajouter des considérations juridiques.
L'architecte est un tiers au contrat d'entreprise => il ne peut pas lui-même émettre des réserves.
Cela a une incidence dans le cadre de la réception des travaux : l'architecte assiste uniquement le
maître de l'ouvrage mais il ne le représente pas, sauf si dans son contrat avec le maître de l'ouvrage
il a bénéficié d'un mandat pour réaliser seul en représentant le maître de l'ouvrage la réception des
travaux.
à l'architecte dans la réalisation des travaux.On peut donner un rôle
C. Les droits dont bénéficie l'architecte au
titre du contrat de louage d'ouvrage
à Un droit résultant du code de la propriété intellectuelle : l'architecte a un droit moral sur son
oeuvre, sur ses plans. Le code vise expressément les dessins d'architectes et considère qu'il s'agit
d'oeuvre de l'esprit qui peuvent être protégés en tant que tels mais surtout qui lui donne un droit
moral sur son oeuvre. But : éviter toute détérioration, dénaturation l'oeuvre architecturale originale
que l'architecte a créé. Problème : l'architecte a conçu un produit pour le maître de l'ouvrage. Mais
l'immeuble peut subir des modifications par la suite, qui peuvent être interdites par l'architecte au
titre de son droit moral => relation ambiguë entre 2 droits de propriété. Pour savoir qui l'emporte
sur l'autre il y a des arrêts de la Cour de Cassation, 1ère civ, 17 janv. 1992 : la vocation utilitaire du
bâtiment interdit à l'architecte d'imposer une intangibilité absolue sur son oeuvre. Le propriétaire
est donc autorisé à apporter des modifications quand elles sont rendues nécessaires pour adapter le
bien immobilier à des besoins nouveaux. Donc si les parties ne se mettent pas d'accord, il revient
au juge de contrôler que les altérations à l'oeuvre originale sont bien légitimées par l'apparition de
circonstances nouvelles.
Tout cela pour relever que lorsque l'on signe un contrat d'architecte pour une conception originale,
on a tout intérêt à organiser dans le contrat de louage d'ouvrage lui-même des conventions, des
clauses qui permettront un aménagement du droit d'auteur.
Dans la même veine on a de la Jurisprudence depuis 1980 sur le droit à l'image sur le bien du
propriétaire (un bien immobilier prix en photo). On peut traiter ce droit à l'image par le biais de
convention également.
-- Concernant le droit à rémunération : l'idéal est que ces honoraires aient été fixés dès l'origine
dans le contrat, encore faut-il qu'un contrat écrit ait été signé. Quand on a un simple contrat verbal,
pour la Jurisprudence le contrat d'architecte est réputé avoir été conclu à titre onéreux => le maître
de l'ouvrage devra prouver qu'il y avait une intention libérale.
Le montant des honoraires est-il une condition de validité du contrat ? En matière de contrat
d'entreprise, la fixation du montant des honoraires n'est pas une condition de validité (Cour de
Cassation). Ce sera au juge de déterminer le montant des honoraires dus à l'architecte en cas de
litiges alors. Le juge essaiera de se référer à des barèmes fixés par l'académie d'architecture ou le
conseil de l'ordre, sachant que ces barèmes sont condamnés par le conseil de la concurrence.
Supposons que les honoraires aient été fixés dans le contrat, mais au moment de payer le maître de
l'ouvrage les conteste. Ces honoraires peuvent-ils faire l'objet d'une révision judiciaire même s'ils
ont été fixés conventionnellement ?
remarques : quels sont les contrats pour lesquels on admet une révision judiciaire ? Contrats
spéciaux : le juge s'est arrogé le droit de pouvoir réviser judiciairement les honoraires au profit
d'un mandataire. En revanche, cette révision judiciaire n'est pas étendue à d'autres formes de
contrat.
Ici on est dans le cadre d'un contrat d'entreprise et non d'un mandat => pas de révision judiciaire en
principe. Toutefois il y a quelques Jurisprudence qui transposent la solution d'équité que l'on a
généralisé dans le mandat et qui permettrait une révision du contrat, au détriment de la pureté des
principes juridiques…
L'architecte pour le paiement de ses honoraires dispose-t-il de garanties spécifiques ? il y a pas de
disposition légale précisant qu'il faut payer à telle ou telle date. Mais dans la réalité il est payer
pour une grosse part à la fin des travaux => il y a risque de ne pas être payé.
il y a 2 garanties spécifiques, qui ont cependant une efficacité réduite :
-Droit de rétention sur les plans et documents remis par le maître de l'ouvrage à l'architecte
(très peu d'efficacité)
-Privilège des constructeurs, au profit de l'architecte et des entrepreneurs, qui porte sur les
constructions réalisées. Mais dans ses conditions d'application ce privilège est très lourd à
mettre en oeuvre. Il ne porte que sur la plus-value apportée par les constructions
nouvelles, donc dans sa mise en oeuvre on exige l'équivalent d'un constat d'huissier avant
et après les travaux pour déterminer cette plus-value. Cette lourdeur limite l'emploi de ce
privilège (coût important + obligation d'y penser avant même la réalisation des travaux).
Il vaut donc mieux qu'il soit vigilent et prévoie un étalement des échéances.
§4. La question de la responsabilité de l'architecte
A. À l'égard du maître de l'ouvrage
-- C'est une responsabilité contractuelle.
-- Pour les désordres liés à la construction, et si ces désordres sont d'une certaine importance, ils
pourront être appréhendés par la responsabilité des constructeurs (art. 1792 et s. Code Civil), cf.
infra. Cette responsabilité ne vise que les travaux de constructions, et pas tous. En outre elle a une
durée limitée de 2 ou 10 ans selon la nature du désordre. Le point de départ de ce délai est la date
de réception des travaux.
Supposons que la responsabilité de l'architecte soit mise en oeuvre pendant le chantier. La
responsabilité des constructeurs ne pourra pas être invoquée puisqu'il n'y a pas eu de réception des
travaux => il faudra passer par le biais de la responsabilité contractuelle de droit commun.
Cette responsabilité contractuelle de droit commun s'appliquera également postérieurement à la
réception de l'ouvrage dans l'hypothèse où les désordres visés ne sont pas couverts par la
responsabilité des constructeurs.
Pour la responsabilité contractuelle, c'est une responsabilité objective, de plein droit. Mais s'il ne
s'agit pas de responsabilité des constructeurs, quelle sera la nature de cette responsabilité de droit
commun ? Pour tout ce qui concerne la construction en tant que telle, les obligations de l'architecte
sont des obligations de résultat, i.e. c'est également une responsabilité objective, de plein droit.
Alors pourquoi faire une responsabilité spécifique si ce n'est pas pour se démarquer de la
responsabilité de droit commun ? La Jurisprudence aura tendance à dire que ce sera une
responsabilité pour faute en cas de responsabilité contractuelle pour éviter que les 2 types de
responsabilités ne se chevauchent pas, et donc pas une responsabilité objective. La responsabilité
des constructeurs sera donc une responsabilité privilégiée.
B. À l'égard des tiers
-- La responsabilité délictuelle de l'architecte, i.e. à l'égard des tiers. L'architecte peut être
considéré comme surveillant du chantier => 1384 al1, ou encore 1386 responsabilité pour faute.
Théorie des troubles de voisinage à l'encontre du propriétaire et également à l'encontre des
entrepreneurs ou de l'architecte d'après la Jurisprudence, qui est alors envisagé comme un voisin
occasionnel. Les victimes par ricochet peuvent aussi invoquer ces responsabilités (le problème de
la contribution à la dette se posera alors).
Section 2. Les contrats permettant la
réalisation matérielle des constructions :
contrats entre l'architecte et les entreprises de
construction
Au titre de ce contrat d'entreprise, on doit préciser qu'il existe une grande liberté contractuelle tant
sur le contenu du contrat que sur les exigences imposées aux parties à ce contrat.
§1. Les exigences qui peuvent être imposées aux
parties au contrat
A. Exigences imposées au maître d'ouvrage
Il n'y a pas d'exigence imposée au maître de l'ouvrage, sauf qu'il soit bien propriétaire du sol sur
lequel il réalise les constructions ou au moins du dessus au titre d'un bail ou d'un droit de
superficie.
B. Exigences imposées à l'entrepreneur
L'entrepreneur est-il soumis aux mêmes règles d'exigences professionnelles que d'autres
professions ?
Conditions de diplôme ou d'exercice professionnel : en France il n'y a pas d'exigence particulière
liée à des exigences professionnelles dans la pratique. Mais en vérité il y a une loi de 1996 : quels
que soient le statut juridique et les caractéristiques de l'entreprise, les professions de l'immobilier
ne peuvent être exercées que par une personne « qualifiée professionnellement ». Mais aucun
décret et aucune précision concernant cette formule depuis.
§2. Les conditions qui intéressent le contenu du
contrat d'entreprise
Ce contrat fait l'objet d'une grande liberté contractuelle. Les exigences impératives sont plutôt
limitées, elles résultent d'autres droits spéciaux en fait.
A. Les droits influant sur ce contrat
-- Le droit de la consommation : le contrat conclu avec l'entrepreneur est pour réaliser une
construction nouvelle ou modifier une construction existante, supposons que le prix au titre de ce
marché est financé par un prêt : il s'agit d'un prêt immobilier => loi Scribener codifiée dans le
Code de la Consommation.
-- Si le marché est conclu avec des collectivités publiques, il y a normalement une mise en
concurrence et application du code des marchés publiques => des dispositions particulières
peuvent s'appliquer. Cela concerne les opérateurs publics, mais un opérateur privé peut invoquer
ces dispositions pour faire son appel d'offre.
L"élément essentiel de ce contrat et problème à ce propos : la question du prix dans les marchés de
travaux
Le prix n'a pas besoin d'être déterminé ou déterminable au moment de la formation du contrat, et
fixation judiciaire en cas de litige. Mais dans la pratique, il est quasi toujours fixé de façon
préalable.
B. Les questions liées à la détermination du
prix
Plusieurs moyens sont utilisés dans la pratique : le marché au métré, le marché sur dépenses
contrôlées ou encore le marché à forfait.
1. Le marché au métré
Le prix est déterminé en application de prix unitaires fixés dès l'origine, et en fonction des
quantités réellement utilisées
Donc le prix ici n'est que déterminable, et ce n'est qu'à la fin que l'on aura le montant réel des
travaux. Les prix unitaires peuvent être fixés soit de façon autonome pour un marché considéré (les
prix sont fixés « par bordereau », soit les parties font référence à des prix fixés par des tiers dans
des recueils (les « séries » de prix déterminés, fixés par des organismes professionnels, donc
condamnés par le conseil de la concurrence).
- Avantages et inconvénients de cette méthode :
•- Inconvénient pour le maître de l'ouvrage : au moment de la passation du marché, il ne connaît
pas exactement le montant du prix puisqu'il sera fixé a posteriori (il peut y avoir inflation du prix).
• Pour l'entrepreneur : il ne sait pas exactement combien il va en tirer, le risque est qu'au fur et à
mesure de l'exécution des travaux le maître de l'ouvrage retire des éléments à réaliser.
2. Le marché sur dépenses contrôlées
C'est un peu la même idée que le précédent marché. On va regarder, pour fixer le prix a posteriori,
ce sont les dépenses réelles engagées par l'entrepreneur (les frais de main d'oeuvre, les matières
premières utilisées, le coût du transport…).
En complément de ces dépenses facilement repérables, on applique un % correspondant aux frais
généraux de l'entreprise, à l'impôt qu'elle doit éventuellement payer, et au bénéfice.
Ce système est celui qui est surtout utilisé par la Jurisprudence quand le prix n'était pas
déterminable ou déterminé au moment de la fixation du contrat et qu'il y a litige sur la fixation de
la rémunération.
Cette méthode a les mêmes inconvénients que dans le marché au métré.
3. Le marché au forfait
Cette méthode a la faveur de la pratique car elle est avantageuse pour le maître de l'ouvrage et de
l'entrepreneur. L'étendue des travaux est fixée dès la conclusion du contrat.
Cette méthode est quand même plutôt favorable au maître de l'ouvrage qui se couvre contre
l'hypothèse où une extension des travaux serait demandée par l'entrepreneur pour réaliser un projet.
Ce marché est forfait est visé par l'art. 1793 Code Civil, qui énumère 3 conditions cumulatives pour
que l'on soit dans un marché à forfait. Il faut :
-la construction d'un bâtiment
-un plan arrêté et fixé par les parties,
-ce plan permettra de fixer les prix, le forfait au titre du contrat
Si ces 3 conditions ne sont pas réunies, peut-on quand même considérer que l'on a un marché à
forfait ? Si l'une de ces conditions manque, on peut avoir une extension conventionnelle de l'art.
1793. Cette extension est limitée puisqu'il y a toujours l'exigence d'un prix, et celle d'un plan (ce
qui doit être fait pour le prix convenu). Toutefois, même si on n'est pas dans le cas d'un marché de
construction immobilière, on peut conclure un marché à forfait (cet art. peut donc s'appliquer à
d'autres types de contrats d'entreprise).
a. La nécessité de construction d'un bâtiment
L'art. 1793 paraît exclure les simples travaux d'entretien ou d'aménagement ou de rénovation de
bâtiments existants.
2 remarques :
La Jurisprudence aujourd'hui a tendance à assimiler ces travaux de rénovation et réhabilitation à de
véritables travaux de construction => rentrent dans la définition légale du marché à forfait.
En outre même si on n'est pas dans la définition légale, on peut préciser que l'art. 1793 est étendu à
cette hypothèse de manière conventionnelle, et donc prévoir un forfait conventionnel.
En tout état de cause, l'appréciation de la nécessité de construction d'un bâtiment, les juges du fond
en font une application plutôt souple. Ils favorisent le marché à forfait car il permet de protéger le
maître de l'ouvrage qui est souvent un particulier.
En revanche il y a une attention de plus en plus soutenue par la Cour de Cassation sur la
qualification du marché à forfait. 3ème civ Cour de Cassation, 23 juin 1999, a cassé un arrêt d'appel
qui avait qualifié de marché à forfait un contrat qui ne portait que sur
dhttp://droit.kazeo.com/edit/cours-de-droit-immobilier/cours-de-droit-immobilier,r170406.htmle
simples travaux de menuiserie, qui n'impliquait aucun travaux sur les murs ou le plancher de la
construction => pas de modification du gros oeuvre => pas travaux de construction.
b. L'existence d'un forfait
C'est la nécessité d'une fixation globale et définitive du prix. Sur ce forfait on doit avoir un
engagement irrévocable de la part de chacune des parties. Les juges ont dit que l'il y a d'un simple
devis détaillant le prix poste par poste n'est pas suffisant pour créer un véritable forfait (il faut que
les parties indiquent clairement que ce prix est définitif). En revanche la Jurisprudence dit qu'il
n'est pas nécessaire que le forfait soit global pour un marché global (on peut avoir des forfaits pour
certains lots seulement…).
Normalement ce forfait n'est pas révisable, la Jurisprudence nous dit que l'on peut néanmoins
prévoir une clause de révision du forfait. Ce doit être une révision par un indice extérieur, qui ne
dépend pas de la volonté de l'une ou l'autre des parties.
Conclusion : le simple devis n'est pas un forfait. Et si on a la fixation d'un prix définitif dans le
contrat et qu'on trouve dans ce contrat qui nous indique que tous les travaux supplémentaires
seront facturés séparément, alors cela signifie que l'on n'est pas face à un marché à forfait puisque
le prix peut varier en fonction de l'étendue des travaux.
c. Un plan convenu et arrêté entre les parties
On ne peut fixer un prix définitif que si le volume, les caractéristiques, les modalités de travaux ont
été fixés avec précision dès l'origine.
De la même façon, si on fixe un prix définitif et on laisse au maître de l'ouvrage le droit de
renoncer à la réalisation de certains travaux, on n'est pas dans la logique du forfait.
Conséquence : quand on a un marché à forfait, les travaux eux-mêmes doivent être décrits de
façon précise, et on peut annexer à l'acte une notice descriptive des travaux à réaliser.
L'art. 1793 dit « convenu et arrêté entre les parties » : accords définitifs entre l'entrepreneur et le
maître de l'ouvrage sur les travaux à réaliser et pour le prix fixé….
-- Conséquence du marché à forfait :
Le maître de l'ouvrage ne peut plous demander la baisse du prix dès lors que tous les travaux visés
dans le plan ont été réalisés. Ce principe vaut aussi pour l'entrepreneur, qui ne peut pas demander
de hausse du forfait sauf nouvel accord du maître de l'ouvrage. Donc tout travaux supplémentaire
réalisé par l'entrepreneur et non visé dans le plan convenu entre les parties sont en principe à la
charge de l'entrepreneur, sauf si l'entrepreneur a demandé l'accord du maître de l'ouvrage
préalablement à la réalisation de ces nouveaux travaux.
Question : dans certains cas, pour des travaux non prévus à l'origine mais qui s'avèrent nécessaires
pour la réalisation des constructions, peut-on modifier le montant du forfait ?
On a vu qu'en principe non.
Mais il y a une soupape de sécurité : la Cour de Cassation s'inspire de la Jurisprudence
administrative qui reconnaît la théorie de l'imprévision. On admet en cas de sujétions imprévues
une rémunération supplémentaire. De même la Cour de Cassation admet une révision du forfait
même sans l'accord du maître de l'ouvrage, sous réserve qu'il y ait des modifications très
importantes entre ce qui doit être construit et ce qui avait été prévu à l'origine. En effet, on
considère qu'il y a « bouleversement de l'économie du contrat ». Ex :1/2 du budget en plus =>
bouleversement de l'économie du contrat, mais pas pour 1/3.
Quand la révision du forfait pour bouleversement de l'économie du contrat est plaidée par
l'entrepreneur, il ne suffit pas de prouver que des travaux supplémentaires ont été nécessaires pour
réaliser l'ouvrage, car il est de sa responsabilité de prévoir correctement dès le départ les travaux à
réaliser. Il faut que l'on ait une modification très importante par rapport à la nature des travaux à
réaliser, i.e. c'est l'idée de l'ampleur des travaux et l'ampleur du coût des travaux entre ce qui avait
été prévu et ce qui sera à la fin.
L'aléa économique doit cependant rester à la charge de l'entrepreneur.
Finalement, l'entrepreneur est à la merci du maître de l'ouvrage s'il considère qu'il y a des travaux
supplémentaires par rapport au forfait. L'entrepreneur doit aller pleurer auprès du maître de
l'ouvrage.
Ces travaux sont soit nécessaires => le maître de l'ouvrage répondra que c'est le problème de
l'entrepreneur s'il ne les a pas prévus, soit ils ne sont que superflus, et donc les travaux ne sont pas
faits (sort du marché à forfait).
Les entrepreneurs ont invoqué la notion d'abus du refus de payer par le maître de l'ouvrage. C'est
l'idée d'une coopération loyale entre les parties, i.e. du solidarisme contractuel. Cette notion
d'abus a pu parfois aboutir devant les juges du fond, mais on peut penser que dans le contexte du
marché à forfait, cette théorie de l'abus n'a qu'un domaine très limité car le principe est le statu quo,
et que l'on soit de bonne ou de mauvaise foi, le forfait a été fixé avec la coopération de
l'entrepreneur qui ne peut s'en prendre qu'à lui-même.
Donc en cas de défaut d'abus, l'entrepreneur peut demander au juge une révision du forfait pour
bouleversement de l'économie du marché.
Supposons que l'entrepreneur prétende que ce sont des travaux superflus alors que ce n'est pas le
cas => responsabilité des constructeurs, qui sera encore plus alourdie car c'est une faute de sa part.
Mais comme ce sera couvert par l'assurance construction, dans la pratique il ne réalisera pas les
travaux supplémentaires.
Art. 1794 Code Civil : fournit au maître de l'ouvrage un droit de résiliation unilatéral, même si les
travaux ont déjà été commencés par l'entrepreneur. L'entrepreneur doit cependant être dédommagé
de tous les frais et travaux déjà engagés au titre des constructions.
Ce droit de résiliation est unilatéral dont la contrepartie est des Dommages et Intérets.
Mais si le maître de l'ouvrage considère qu'il subit un préjudice : résiliation judiciaire pour faute, et
il demandera des Dommages et Intérets à l'entrepreneur (donc judiciaire sauf s'il a prévu une clause
résolutoire dans le contrat).
C. Les questions liées au paiement de ce prix
On garanties modalités du paiement, puis les s'intéresse d'abord aux qui peuvent être offertes à
l'entrepreneur ou au maître de l'ouvrage quant au paiement du prix.
1. Les modalités du paiement
Le prix peut être payable en totalité à la signature du contrat. Donc c'est le maître d l'ouvrage qui
est en risque => on a dans la pratique un étalement des paiements, le prix est payé par fractions au
fur et à mesure de l'avancement des travaux.
Quelles sont les garanties liées à ce prix, du côté du maître de l'ouvrage et de l'entrepreneur ? Pour
le maître de l'ouvrage, il y a 2 risques : que l'entrepreneur mette la clé sous la porte, et que les
travaux ne soient pas conformes).
Quant aux modalités de paiement du prix, le plus souvent on a des contrats types proposés,
notamment il y a des règles AFNOR en matière de construction qui peuvent s'appliquer (ces
contrats types ne sont pas obligatoires). Les normes AFNOR préciseront notamment la façon dont
le prix va être échelonné dans le temps et la façon dont chaque fraction du prix va être payée par le
maître de l'ouvrage.
À la date du paiement fixé, l'entrepreneur va fournir un décompte des travaux réalisé. Ce mémoire
va être remis à l'architecte qui vérifie que le paiement demandé correspond bien aux travaux
réalisés et qui vérifie dans le cadre d'un marché au métré que les unités visées dans le mémoire ont
bien été consommé sur le marché. L'architecte vise ce mémoire puis le maître de l'ouvrage paye.
2. Garanties offertes
a. Au maître de l'ouvrage
Son risque est qu'à la fin des travaux il ait payé 100% du prix, alors même qu'il n'est pas satisfait
des travaux réalisés. Donc la pratique a mis en place un système de retenue de garantie au profit
du maître de l'ouvrage : à chaque échéance, s'il doit payer 100, il ne paye que 95 et retient 5 =
moyen de rétention pour que les travaux soient conformes à la fin des travaux.
Cette pratique a été entérinée par le législateur : loi du 16 juillet 1971 donne un fondement légal à
la pratique du dépôt de garantie. C'est un montant de 5% des sommes qui doivent être réglées, i.e.
au moment de la réception, le maître de l'ouvrage ne versera les 5 dernier % que s'il est satisfait par
les travaux réalisés. S'il émet des réserves, il peut valablement retenir ces 5% jusqu'à ce que les
réserves soient levées.
L'efficacité de ce dépôt dépend aussi du délai dont dispose le maître de l'ouvrage pour
emménager : l'entrepreneur ne donnera pas les clés tant qu'il n'a pas reçu les 5%.
Pour protéger le maître de l'ouvrage, on considère que ces retenues de garanties ne sont pas
devenues la propriété de l'entrepreneur, i.e. les 5% sont mis sur un compte séquestre, et même s'ils
font partie du prix, ils ne sont pas la propriété de l'entrepreneur selon la Jurisprudence. Ce compte
est donc au nom du maître de l'ouvrage. ci est important, notamment quand l'entreprise tombe en
redressement ou en liquidation judiciaire avant la fin des travaux. Le liquidateur ne pourra pas
récupérer les 5%.
Pour certains grands travaux, certains entrepreneurs, plutôt que d'accepter la retenue de garantie,
ils préfèrent utiliser le cautionnement bancaire afin de garantir le maître de l'ouvrage au titre de la
réception des travaux.
Supposons que lors de la réception, l'entrepreneur indique qu'il fera les travaux, mais il ne fait rien.
Le maître de l'ouvrage peut-il retenir indéfiniment les 5% ? La loi précise que cette garantie ne
peut excéder une durée d'un an à compter de la réception des travaux, qu'elle soit faite avec ou
sans réserve. Dans ce délai, le maître de l'ouvrage doit se mettre d'accord avec l'entrepreneur pour
la réalisation des travaux complémentaires, et le maître de l'ouvrage devra avoir intenté une action
en justice pour conserver les fonds et demander l'exécution forcée des travaux si rien n'a été fait.
il y a 2 autres formes de garanties au profit du maître de l'ouvrage, elles sont spécifiques à un type
de contrat :
Elles sont utilisées dans le cadre d'une vente d'immeuble à construire ou d'un contrat de
construction de maison individuelle. Ces garanties ont pour objet de garantir à l'accédant à la
propriété :
-soit la réalisation matérielle des travaux (=garantie de livraison, i.e. la banque s'engage à
verser les sommes nécessaires aux entrepreneurs présents sur le chantier pour que les
travaux puissent être achevés),
-soit le remboursement des sommes déjà versées dans l'hypothèse d'un redressement ou d'une
liquidation judiciaire de l'entrepreneur (= garantie de remboursement, i.e. cautionnement
bancaire alors).
Quand on est dans le secteur libre cependant (et pas dans le secteur protégé), ces garanties relèvent
de la simple liberté contractuelle.
ii. À l'entrepreneur
Le risque est que la totalité des honoraires ne soit pas réglée. Il a donc 2 garanties : le privilège de
l'art. 2103 du Code Civil, et la garantie au profit de l'entrepreneur de l'art. 1799-1 du Code Civil.
-- Le privilège de l'art. 2103 du Code Civil :
Un 1er P.V doit être établi avant le commencement des travaux, et le 2ème après l'achèvement des
travaux. En effet le privilège ne s'exerce pas directement sur le bien mais sur la plus-value. C'est
cette plus-value qui fait l'objet du privilège.
Ce privilège ne pourra s'exercer que sur les travaux déjà réalisés s'il est établi pendant les travaux.
Compte tenu de la lourdeur des formalités, il est très rare que ce privilège soit exercé par
l'entrepreneur. C'est pourquoi il a dû essayer de trouver d'autres garanties, peut-être plus occultes,
ou en tout cas moins contraignante.
-- Il a essayé de les chercher dans le cadre de la clause de réserve de propriété, i.e.
conventionnellement il est stipulé dans le contrat que c'est l'entrepreneur qui restera propriétaire
des constructions jusqu'au complet paiement du prix par le maître de l'ouvrage. Le législateur a
donc essayé de trouver une garantie spécifique à côté de ce privilège => une commission a été
mise en place à l'initiative du gouvernement, sous la houlette du professeur St Hallary. La
Commission ne consacre par la clause de réserve de propriété, mais consacre la garantie au profit
de l'entrepreneur.
Loi du 10 juin 1994 : garanties à l'art. 1799-1 Code Civil. Quand l'intérêt de la clause de propriété a
été discutée au sein de la commission, elle n'a pas été retenu car c'est la reine des sûretés, mais
surtout c'est donner à l'entrepreneur une priorité absolue par rapport aux autres créanciers et
notamment par rapport au banquier. Toutefois, conventionnellement on peut imaginer que les
parties insèrent une telle clause dans le contrat. Mais cette liberté contractuelle a été refusé par la
Cass. Com, 2 mars 1999 : si la clause de réserve de propriété est valable entre les parties, en
revanche le droit de propriété invoqué par l'entrepreneur n'est pas opposable à la procédure
collective, donc cette limitation de la clause de réserve de propriété vient supprimer quasiment tout
intérêt à son utilisation.
1799-1 Code Civil : le maître de l'ouvrage doit garantir à l'entrepreneur le paiement des sommes
dues dès lors qu'elles dépassent un certain seuil fixé par décret en CE.
Quelles sont les formes de cette garantie ?
-- La technique du paiement direct : c'est l'hypothèse où le maître de l'ouvrage pour financer ses
travaux a recours à un prêt. Dans ce cas, l'entrepreneur peut bénéficier d'un paiement direct de la
part de l'établissement de crédit, i.e. sans que les fonds transitent sur les comptes du maître de
l'ouvrage. Intérêt en cas de procédure collective, l'entrepreneur sera quand même payé. Mais en fait
ce n'est qu'une indication de paiement donnée par le maîtree de l'ouvrage au profit de
l'entrepreneur, i.e. ce paiement direct ne procède pas de la délégation et donc il ne crée pas un
rapport d'obligation entre l'entrepreneur et la banque. Autre inconvénient : pour qu'il y ait paiement
direct, il faut que la banque reçoive un ordre écrit de la part du maître de l'ouvrage, donc ce dernier
ne donnera cet ordre que si les travaux sont réalisés.
-- Le cautionnement solidaire : À ce titre un montant spécifique est visé par un décret en CE, et
surtout ce cautionnement n'est que subsidiaire, i.e. si on n'a pas d'autre garantie ni de paiement
direct, les parties mettront en place un tel cautionnement. Exigence : les travaux réalisés à la
demande du maître de l'ouvrage sont réalisés pour satisfaire des besoins ressortissants d'une
activité professionnelle. Donc ce système de garantie ne concerne pas le maître de l'ouvrage
particulier.
4. Les obligations de l'entrepreneur au regard de l'ouvrage ou des constructions à réaliser :
Obligation de résultat, sauf aménagement conventionnel. Dans le cadre de ces constructions,
l'entrepreneur est maître du choix des matériaux qu'il va utiliser. Mais si ces matériaux on été
choisis par le maître de l'ouvrage ou par l'architecte, l'entrepreneur a-t-il une obligation de conseil
et peut-il refuser un matériau s'il lui semble inadapté ? L'entrepreneur sera responsable du mauvais
choix des matériaux, même si ce choix lui a été imposé par le maître de l'ouvrage car il a un devoir
de conseil à son égard, et la faute de ce dernier ne pourra être retenu que si le maître de l'ouvrage
est notoirement compétent (partage des responsabilités dans ce cas).
La Jurisprudence est assez stricte à l'égard de l'entrepreneur car elle considère que l'entrepreneur et
l'architecte se contrôlent mutuellement dans les limites de leurs compétences, i.e. l'entrepreneur
reste responsable, toutefois la responsabilité de l'architecte sera engagée notamment s'il ne se
conforme pas aux règles de l'art (standard en matière de construction). Il n'existe pas de
codification spéciale au titre des règles de l'art, mais il existe une codification partielle dans le
cadre des dossiers techniques unifiés (les DTU). Une violation de ces DTU sera pour la
Jurisprudence assimilable à une violation des règles de l'art si les DTU ont été mentionnés dans le
contrat d'entreprise. Mais même en l'absence de cette mention, le plus souvent le juge considèrera
qu'il s'agit de standard juridique, et donc qu'il y a violation de ce standard quand le DTU n'est pas
respecté.
Au-delà de ces obligations, en matière de responsabilité, l'inexécution de ces obligations passe le
plus souvent en arrière plan car ces obligations sont considérés comme un accessoire et le mode de
réparation essentiel en cas de dommage apporté à un ouvrage qui vient d'être construit sera la
responsabilité des constructeurs, 1792 et s. Code Civil, qui pourra s'appliquer dès lors que l'on
constate un désordre qui atteint l'ouvrage et dès lors que ce désordre est d'une importance
suffisamment grande pour justifier l'application des art. 1792 et s. (dans ce raisonnement on ne
parle donc pas d'inexécution d'obligation). Ce n'est que dans l'hypothèse où la responsabilité des
constructeurs ne pourra pas être engagée que l'on va revenir à la responsabilité de droit commun, et
il faudra alors établir l'inexécution d'une obligation contractuelle (inexécution d'une obligation de
conseil, non respect des règles de l'art qui ont entraîné un préjudice).
§3. La réception des travaux
Dans le contrat de construction, la réception des travaux est une notion très ancienne et qui a
toujours existé. Mais dans le Code Civil de 1804, il n'y avait aucune définition légale, pour autant
cette notion était utilisée par la Jurisprudence. Donc au XXème siècle la définition était
essentiellement JPelle. En revanche à la fin du XXème siècle il y a eu une réforme de la
responsabilité des constructeurs (donc lié au contrat d'entreprise) par la loi du 4 janvier 1978 +
régime d'assurance construction obligatoire, ou assurance responsabilité civile décennale.
Art. 1792-6 donne désormais une définition de la réception des travaux : « acte par lequel le maître
de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage, avec ou sans réserve. Elle intervient à la demande de la
partie la plus diligente, soit à l'amiable, soit à défaut judiciairement. Elle est en tout état de cause
prononcée contradictoirement ».
Cette réception des travaux selon la doctrine marque la fin du contrat de louage d'ouvrage. Elle
permet au maître de l'ouvrage de constater que les obligations ont bien été exécutées par
l'entrepreneur et que le contrat d'entreprise est terminé.
Autre utilité de la réception des travaux : c'est surtout ce qui est le point de départ notamment pour
la responsabilité des constructeurs (responsabilité décennale et biennale).
Donc tant que la réception des travaux n'est pas intervenue, la responsabilité des constructeurs en
peut être mise en jeu. Si on se place du côté du maître de l'ouvrage : la responsabilité du
constructeur est objective (vs la responsabilité de droit commun) en outre elle est garantie par une
assurance => il a intérêt à faire cette réception le plus tôt possible.
A. La nature juridique de la réception
Il s'agit de savoir ici si c'est un acte juridique ou un fait juridique, et si elle requiert l'accord du
maître de l'ouvrage et de l'entrepreneur ou que l'intervention du maître de l'ouvrage.
Art. 1792-6 : c'est un acte juridique car cela entraîne des effets juridiques obligatoires, et cela est
notamment le point de départ de la responsabilité des constructeurs. Mais est-ce un acte unilatéral
ou bilatéral ? D'après c'est art, c'est un acte qui émane du maître de l'ouvrage, un acte unilatéral, il
dit juste que ce doit être contradictoirement = en présence de l'entrepreneur, mais pas
nécessairement avec son accord. La présence de l'entrepreneur est cependant une condition
essentielle, donc si on ne parvient pas à avoir son intervention, l'art. 1792-6 dit que la partie la plus
diligente pourra saisir le juge pour procéder à la réception judiciaire des travaux. L'entrepreneur
peut y avoir intérêt également car si la réception a lieu plusieurs années plus tard, cela repousse
d'autant d'années les délais de prescription.
On a vu que l'objet de la réception des travaux est de constater la fin du contrat d'entreprise. Donc
normalement quand il y a réception des travaux, cela signifie que les travaux sont a priori achevés.
Mais cette logique en fait n'est pas celle retenue par la Cour de Cassation. Dans la Jurisprudence il
y a des hypothèses où le juge va consacrer la réception des travaux alors même que ces travaux ne
sont pas achevés. C'est en fait une hypothèse particulière : notamment quand l'entrepreneur
abandonne le chantier parce qu'il tombe en liquidation judiciaire ou parce qu'il est en perte sur le
chantier. C'est donc en faveur du maître de l'ouvrage que la réception est acceptée afin qu'il puisse
ensuite invoquer la responsabilité du constructeur.
-- Quand on a un immeuble entier construit, pour la construction de cet immeuble, le maître de
l'ouvrage va passer un certain nombre de contrats corps de métier. Donc si on suit la définition
ded'entreprise avec la réception des travaux (qui marque la fin du contrat d'entreprise), cela veut
dire qu'il y aura autant de réception des travaux que de contrats d'entreprise et donc plusieurs dates
de réception pour une même construction. C'est ce qu'a voulu évite le législateur en 1978 pour
permettre une simplification des calculs de délai. Donc généralement on a une réception unique
pour l'ensemble du bâtiment qui permettra de faire partir un seul délai. Ce principe n'est pas d'OP,
donc les parties peuvent conventionnellement prévoir des réceptions partielles des stades
d'avancement des constructions. Celatravaux en fonction des est prévu dans un certain nombre
de normes, notamment normes afnor…, mais alors il y aura plusieurs calculs de délais à faire.
B. La question de la forme de la réception des
travaux
Il y a 2 formes de réception : amiable ou judiciaire. Mais avant 1978, il existait 3 formes de
réception : la réception tacite en plus. Cette réception tacite avait été consacrée à l'époque par la
Jurisprudence. Après la réforme de 1978 on s'est demandé si on pouvait encore faire une place à la
réception tacite.
1. La réception amiable
La réception est un acte juridique unilatéral, donc pas de nécessité d'un accord. Toutefois il faut un
accord préalable pour fixer un RV, i.e. un accord pour procéder à la réception des travaux. Par la
suite la réception des travaux en tant que telle par le maître de l'ouvrage, et éventuellement
l'observation de réserves de sa part ne résulte pas de l'accord de l'entrepreneur. C'est à l'initiative
du maître de l'ouvrage. On tire de ce principe un certain nombre de conséquences : l'architecte par
ex ne peut pas procéder à la réception des travaux à la place du maître de l'ouvrage. En revanche
s'il le fait, la réception ne sera efficace que s'il dispose d'un mandat exprès pour réceptionner les
travaux. L'architecte n'a que l'obligation d'assistance et de conseil au moment de la réception pour
que le maître de l'ouvrage émette ses réserves.
Si le maître de l'ouvrage refuse de procéder à la réception des travaux, un huissier ne peut pas
suppléer la volonté défaillante du maître de l'ouvrage.
En outre on ne peut pas avoir de réception de travaux entre le maître de l'ouvrage et un sous-
traitant au titre du sous contrat d'entreprise.
Supposons que le maître de l'ouvrage ait procédé à la réception et ait émis des réserves, on
retrouve ces réserves dans le P.V de livraison. L'écrit est-il nécessaire au titre de la réception ? En
principe non, mais il y a toujours le problème de la preuve, donc il est conseillé d'établir ce procès
verbal de livraison. Ce P.V doit-il être signé par l'entrepreneur ? En principe non, puisque c'est un
acte unilatéral, mais dans la pratique le maître de l'ouvrage y a intérêt car par là-même
l'entrepreneur s'engage à réaliser les travaux de remise en état.
Si le maître de l'ouvrage a été assisté par un architecte, il aura intérêt à le faire signer par ce dernier
pour faciliter la mise en jeu de sa responsabilité à propos notamment de l'absence de réserve pour
établir le cas échéant l'inexécution de son obligation de conseil.
2. La réception judiciaire
C'est l'hypothèse où on a soit l'entrepreneur, soit le maître de l'ouvrage qui ne se met pas d'accord
sur le principe de réception des travaux => 1792-6 autorise la partie la plus diligent à saisir le
tribunal pour que le juge puisse prononcer la réception des travaux. C'est pourquoi on parle de
réception judiciaire.
Il y a une condition préalable essentielle cependant : avant de saisir le juge, il est nécessaire que
soit l'un des 2 ait demandé à son cocontractant ait demandé un RV de réception et se soit heurté à
un refus.
Le juge nomme alors un expert qui rend un rapport, qui sera sans doute ensuite entériné par le juge
dans sa décision (mais le juge n'est pas tenu par ce rapport).
Quelle est alors la date retenue pour cette réception judiciaire ?
C'est ce choix qui permettra d'établir le point de départ pour les délais décennaux ou biennaux.
Date de l'assignation, Date du rapport d'expertise, Date du jugement…
De ce point de vue le juge dispose d'une grande liberté. Le plus souvent il retiendra la date de son
jugement, mais il reviendra parfois à la date de l'assignation, surtout quand il constatera que la
réception n'a pas pu avoir lieu parce que le maître de l'ouvrage est de mauvaise foi, et s'il repousse
la date de réception des travaux c'est uniquement pour repousser la mise en oeuvre de ses
garanties.
3. La réception tacite
Le silence du législateur après la réforme de 1978 est-il volontaire ou ne s'agit-il que d'un simple
oubli qui permettrait à la réception tacite de perdurer ?
En réalité d'après les travaux législatifs, c'est une condamnation. Un amendement demandant de
réintégrer ce type de réception a été rejeté.
Pourtant, les juges du fond après 1978, pour des raisons de nécessité, ont exercé une forte pression
sur la Cour de Cassation, pour remettre à l'ordre du jour et valider la réception tacite. Cette
pression a été tellement efficace qu'en 1986, la 3ème civ. Cour de Cassation a consacré la possibilité
d'une réception tacite. Cette réception tacite était également voulue par une partie de la doctrine.
Si on regarde la situation avant 1986, les juges du fond voulaient consacrer la réception tacite car à
chaque fois les assureurs refusaient la réception tacite car ils n'étaient tenus de payer que si la
responsabilité des constructeurs soit mise en jeu, et donc que si la réception était intervenue.
Ex : désordre de construction 7 ans après la fin des travaux, tq problème de toiture => assurance
construction peut le couvrir. Encore faut-il qu'il y ait réception amiable, (mais pas de signature du
maître de l'ouvrage et pas de P.V de réception) ou réception judiciaire.
Le maître de l'ouvrage s'est comporté de telle façon qu'il avait la volonté non équivoque de
réceptionner l'ouvrage, donc cette question ne se pose qu'a posteriori et dans le cadre de procédure
judiciaire pour faciliter la mise en jeu de l'assurance.
Les conditions posées par le Jurisprudence pour qu'il y ait une réception tacite :
Critère déterminant : la prise de possession de l'ouvrage par le maître de l'ouvrage. Mais cela ne
suffit pas. Le juge doit en outre constater une volonté non équivoque du maître de l'ouvrage de
recevoir l'ouvrage. Pour ce faire, il y a plusieurs indices :
-Quand on a le paiement de l'intégralité du prix par le maître de l'ouvrage (reconnaissance que
les travaux ont été correctement réalisés). Si une petite partie est retenue, on pourra
considérer que cela correspond à une réserve mineure.
-Absence de réserves nombreuses et importantes de la part du maître de l'ouvrage
Quand en 1986, la 3ème civ a reconnu la possibilité d'une réception tacite, les indices relèvent de
l'appréciation souveraine des juges du fonds => contrôle plutôt minimal de la Cour de Cassation.
Pendant plusieurs années, ce contrôle minimal était inexistant au niveau de la Cour de Cassation,
qui avait tendance à laisser faire les juges du fonds. Il y a eu des abus => la Cour de Cassation a
commencé à casser certains arrêts pour manque de motivation, elle recherche notamment si les
conditions de la réception tacite sont reprises.
La réception tacite peut aussi être organisée par les contrats, et la Jurisprudence valide ce type de
clauses au titre de la réception tacite.
Problème : détermination de la date de la réception. On aura tendance à fixer la date en fonction de
la date d'expiration pour faire entrer le préjudice dans le cadre de la responsabilité des
constructeurs.
C. Les effets de la réception des travaux
La réception peut être faite avec ou sans réserve
Elle purge en outre les vices apparents en cas d'absence de réserve, et ils relèveront alors de la
responsabilité du maître de l'ouvrage.
1. La purge de vices apparents
La purge est générale, i.e. elle concerne non seulement la responsabilité des constructeurs, mais
aussi la responsabilité contractuelle de droit commun. Donc la réception est un acte dangereux
pour le maître de l'ouvrage. C'est pourquoi la Jurisprudence a tendance à reconnaître une certaine
immunité au maître de l'ouvrage quand c'est un particulier afin d'éviter que la réception ne se
retourne contre lui plus tard. La Jurisprudence a fait cela de plusieurs façons :
-la réception ne peut être faite que par le maître de l'ouvrage. Si elle est faite par l'architecte ou
par un tiers, le mandat exprès doit être prouvé pour que la réception puisse est valable.
-Quand le maître de l'ouvrage a donné un mandat exprès à l'architecte et lorsque c'est
l'architecte seul qui a procédé à la réception, parfois, le juge a tendance à dire que même
s'il y a un mandat, la réception, même si elle fait bien partir les délais, ne purge pas les
vices apparents car elle est considérée comme incomplète. Pourtant cette décision ne se
justifie pas sur les principes.
2. Point de départ des délais
Computation des délais pour la responsabilité biennale et décennale des constructeurs
Outre ces 2 responsabilités, la réception fait partir le délai de la garantie donnée par l'entrepreneur
dans un délai d'un an à compter de la réception des travaux.
Donc au sein de la garantie des constructeurs on trouve ces 2 responsabilités + la garantie de
parfait achèvement.
D. La réception assortie de réserves
Comment vont être traitées les réserves ?
Le principe est qu'elles sont couvertes par la garantie d'un an (cf. supra). Cette garantie vise donc
les désordres réservés au moment de la réception et les vices apparus pendant un an.
C'est la garantie de parfait achèvement = obligation de réparer les désordres réservés dans un
délai raisonnable. Mais comme la garantie ne dure qu'un an, les désordres réservés doivent être
réparés dans le délai d'un an, sinon après la garantie tombe. Si les réparations n'ont pas eu lieu dans
ce délai, et que le maître de l'ouvrage n'a que cette garantie alors il n'a plus de moyen.
1978 : la Jurisprudence a été plus indulgente à l'égard du maître de l'ouvrage en considérant
qu'outre la garantie de parfait achèvement, le maître de l'ouvrage pouvait également invoquer la
responsabilité contractuelle de droit commun.
Mais alors peut-il aussi invoquer la responsabilité biennale ou décennale pour les désordres
réservés ?
Ici l'exclusion est claire. En aucun cas ces 2 responsabilités ne peuvent être invoquées pour les
désordres réservées. Elles ne s'appliquent que pour les désordres qui apparaissent postérieurement
à la réception des travaux.
Pour la période précédant la réception, le seul moyen possible est la responsabilité contractuelle de
droit commun. Ces désordres ne seront pas couverts par la garantie de parfait achèvement ni par
les responsabilités biennale et décennale.
Si on compare la responsabilité contractuelle et la responsabilité des constructeurs/garantie de
parfait achèvement : cette dernière est une responsabilité objective, sans faute. La responsabilité
contractuelle de droit commun, normalement pour des désordres de constructions résultent de
l'inexécution de l'obligation de construire mise à la charge de l'entrepreneur. Cette obligation est-
elle de moyen ou de résultat ? (pour déterminer si c'est une responsabilité avec ou sans faute). En
principe c'est une obligation de résultat car il n'y pas d'aléa dans la réalisation des constructions =>
responsabilité sans faute, i.e. de nature objective également.
Prescription :
Responsabilité des constructeurs = 2 ou 10 ans
Responsabilité contractuelle de droit commun = 30 ans en matière civile (droit commun), 10 ans
en matière commerciale (prescription abrégée pour les actes de commerce). Ici c'est un acte mixte
=> 10 ans pour l'entrepreneur et 30 ans pour le maître de l'ouvrage ??? à demander XXX
On est 12 ans après, on ne peut donc plus invoquer la responsabilité des constructeurs décennale.
La prescription de droit commun est de 30 ans, le risque pour l'entrepreneur est donc que le maître
de l'ouvrage invoque la responsabilité de droit commun. Pour supprimer ce risque, la Jurisprudence
nous dit que si c'est la responsabilité des constructeurs qui doit s'appliquer, elle exclut de façon
définitive la responsabilité contractuelle de droit commun. Ici après le délai de 10 ans, le maître de
l'ouvrage est privé de toute action.
Supposons en revanche que les conditions d'application de la responsabilité de constructeurs ne
sont pas remplies, alors en principe c'est la responsabilité contractuelle de droit commun qui
s'applique.
1. La prescription peut être plus importante que la responsabilité décennale des constructeurs par
conséquent. Pour éviter cela, la Jurisprudence a décidé récemment que l'on devait appliquer la
prescription décennale également à la responsabilité contractuelle de droit commun lorsque l'on est
dans le cadre d'une responsabilité au titre d'une construction. Donc la responsabilité contractuelle
de droit commun se voit aussi bornée par un délai de 10 ans à compter de la réception des travaux.
2. Comparaison entre la responsabilité décennale et la responsabilité contractuelle de droit
commun : ce sont des responsabilités objectives toutes les 2 en principe. Donc les solutions
devraient être les mêmes. Mais la Jurisprudence a voulu tirer la responsabilité décennale vers le
haut au détriment de la responsabilité contractuelle de droit commun => la Jurisprudence aura
tendance à dire que cette dernière est une responsabilité pour faute, même si elle résulte d'un
contrat de traitementd'entreprise. La Jurisprudence montre donc qu'i y a une dans la réparation
des désordres.
Tout ceci marche pour la période postérieure à la réception.
Si on a un désordre antérieur à la réception, c'est la responsabilité contractuelle de commun qui
s'applique. Le juge aura tendance à appliquer la responsabilité contractuelle classique, i.e.
objective, alors qu'après cela devient une responsabilité pour faute => critique aujourd'hui.
-Si on dénonce le désordre avant la réception : responsabilité objective
-Si on dénonce le désordre après la réception : en principe on peut bénéficier de la
responsabilité des constructeurs qui a l'avantage qu'en plus il y a l'assurance constructeur
obligatoire. En fait comme le désordre était « apparent » avant, le constructeur peut dire
qu'il sera purgé avec la réception.
-On peut le dénoncer au moment de la réception cependant en émettant une réserve => il n'y
aura plus la discussion à savoir s'il y a faute ou pas de faute. On pourra invoquer la
garantie de parfait achèvement qui est une responsabilité objective, i.e. on n'aura plus à se
demander si le juge retiendra une responsabilité objective ou pour faute.
Chapitre 1. Contenu du contrat d'entreprise
Contenu du contrat de louage de louage.
Chapitre 2. La responsabilité au
titre du contrat d'entreprise
Introduction
il y a 2 types de responsabilités :
Responsabilité des constructeurs : 1792 et s. Code Civil
Responsabilité contractuelle de droit commun
La loi du 4 janvier 1978 : création de la responsabilité des constructeurs.
1. Cela ne concerne que la responsabilité contractuelle, i.e. les relations entre le maître de l'ouvrage
et l'entrepreneur
2. Cette responsabilité ne concerne que les désordres de constructions, donc les atteintes portées à
l'ouvrage, à une partie de l'ouvrage ou à ses éléments d'équipement.
Donc la responsabilité des constructeurs ne prend pas toutes la place du domaine contractuelle et
de la responsabilité contractuelle.
À l'origine elle excluait totalement la responsabilité contractuelle de droit commun. Mais elle ne
réglait pas tous les problèmes. Donc désormais, dès qu'elle ne s'applique pas, la responsabilité
contractuelle de droit commun s'applique.
Mais il y a aussi la responsabilité délictuelle à côté, i.e. les relations entre le maître de l'ouvrage et
un sous-traitant par ex, les relations qui peuvent exister entre entrepreneur, quand un désordre
atteint un tiers sur le chantier…
Section 1. La responsabilité des constructeurs
Section 2. La responsabilité de droit commun
§1. La responsabilité contractuelle de droit
commun
§2. La responsabilité délictuelle de droit
commun
Art. 1792 et s. Code Civil.
Contenu de cette responsabilité :
-responsabilité biennale
-responsabilité décennale
-garantie de parfait achèvement
§1. La garantie de parfait achèvement
Art. 1792-6 Code Civil : « la garantie de parfait achèvement à laquelle l'entrepreneur est tenu
pendant un délai d'un an à compter de la réception s'étend à la réparation de tous les désordres
signalés par le maître de l'ouvrage, soit au moyen de réserves mentionnées au P.V de réception,
soit par voie de notification écrite pour ceux révélés postérieurement à leur réception ».
Elle vise donc tout désordre qui se révèle pendant un délai d'un an à compter des travaux ou au
moment de la réception.
Ces désordres peuvent être aussi traités par la responsabilité contractuelle de droit commun, la
responsabilité biennale et décennale s'ils répondent aux conditions.
A-t-on intérêt à invoquer la responsabilité décennale par ex plutôt que la garantie de parfait
achèvement en imaginant que le désordre apparaît 6 mois après la réception des travaux ?
Il n'y a pas d'assurance obligatoire pour la garantie de parfait achèvement, vs pour la responsabilité
décennale => on a intérêt à invoquer cette dernière au cas où l'entrepreneur mettrait la clé sous la
porte, on aura alors toujours le recours contre l'assurance.
A. Mécanisme de la garantie
Le débiteur est l'entrepreneur, mais uniquement lui, vs la responsabilité décennale ou biennale où
les bureaux d'architectes sont également visés.
On nous dit que c'est l'entrepreneur, mais lequel ? Mais si on a des désordres en cascade, ex une
fuite qui atteint la peinture… Va-t-on faire jouer la garantie à l'égard du plombier seulement, ou
aussi à l'égard du peintre etc… ?
En fait d'après l'art. c'est uniquement l'entrepreneur qui a réalisé les travaux.
On met en garantie chaque entrepreneur pour la portion qu'il a réalisé, puis ce sera une question de
recours entre les entrepreneurs pour déterminer qui a la charge de la dette in fine.
B. Les désordres visés par la garantie de
parfait achèvement
Pour la GPA, c'est n'importe quel type de désordre : vices cachés, défauts de conformité cachés ou
apparents. Il faut qu'il s'agisse de désordre atteignant l'ouvrage, i.e. la construction. Donc on ne se
pose pas la question de savoir si c'est un vice ou un défaut de conformité, le désordre devra être
réparé.
Le désordre doit être porté à la connaissance de l'entrepreneur. D'après l'art, soit réserve à la
réception portée sur le P.V, soit le désordre était caché au moment de la réception, il ne s'est révélé
que par la suite dans le délai d'un an, alors il faut une notification écrite à l'entrepreneur pour qu'il
puisse faire le nécessaire.
Au titre de cette garantie, l'entreprise a-t-il un délai max pour réaliser les travaux et remettre le
bien en conformité avec ce qui avait été promis ?
C. Délai pour réparer
La Jurisprudence nous dit qu'il n'y a pas de délai, donc les travaux doivent être faits sans délai par
l'entrepreneur.
Soit l'entrepreneur et le maître de l'ouvrage se mettent d'accord sur un délai => le délai résulte de
leur convention.
Soit il n'y a pas d'accord sur un délai => la Jurisprudence admet que le maître de l'ouvrage, après
avoir mis en demeure l'entrepreneur concerné, fasse faire les travaux par un tiers, aux frais et
risque de l'entrepreneur défaillant. Cette possibilité n'est possible qu'après autorisation judiciaire en
principe dans le Code Civil, ici ce n'est pas la peine dans le domaine de la construction. Ce sera
cependant au maître de l'ouvrage de payer l'entrepreneur, puis d'obtenir remboursement au 1er
entrepreneur. Mais si ce dernier met ensuite la clé sous la porte… C'est un risque.
En outre il y a un contrôle ensuite pour vérifier qu'il n'y a pas de travaux somptuaires.
Donc en réalité c'est aux frais et risques du maître de l'ouvrage.
Si un désordre se révèle et est dénoncé par le maître de l'ouvrage à l'entrepreneur par lettre RAR au
bout de 8 mois, ils discutent et l'entrepreneur fait traîner… finalement on se retrouve après le délai
d'un an => JP : la mise en demeure ne suffit pas pour que la garantie de parfait achèvement. Il
faudra invoquer la responsabilité biennale ou décennale si les conditions sont remplies, sinon la
responsabilité contractuelle de droit commun.
-- Qui est le débiteur de la garantie de parfait achèvement ? C'est uniquement l'entrepreneur, de
lacela veut dire que l'architecte n'est pas visé, à la responsabilité des constructeurs qui elle vise, à
la fois, l'architecte et l'entrepreneur.
-- N'importe quel entrepreneur ? Si plusieurs entrepreneurs interviennent au cours du chantier faut-
il mettre en jeu la garantie de chaque entrepreneur ? Il faut mettre en oeuvre la garantie de chaque
entrepreneur concerné par la réalisation des désordres.
-- Quelles sont les désordres visés par le texte ? L'art 1792-6 vise « tous désordres » donc
n'importe que type de désordres peuvent donner lieu à mise ne oeuvre de la garantie de parfait
achèvement à partir du moment où c'est un désordre qui affecte les constructions.
Ces désordres doivent être obligatoirement faire l'objet d'une information auprès de l'entrepreneur
=> désordre doit faire l'objet de réserves dès lors que révélé au moment de la réception des
travaux. Si le désordre apparaît par la suite le maître de l'ouvrage doit adressé à l'entrepreneur une
notification écrite.
-- Dans quel délai l'entrepreneur doit alors intervenir pour régulariser les travaux ? Le juge dit qu'il
doit intervenir sans délai. Soit les parties de mettent ok sur un délai, soit il n'y à pas d'accord et,
dans ce cas, la jurisprudence admet que le maître de l'ouvrage, après avoir mis en demeure
l'entrepreneur, puisse recourir à un autre entrepreneur pour réaliser les travaux aux frais et risques
de l'entrepreneur défaillant. Une mise en demeure suffit pour justifier ce recours à un tiers, une
autorisation judiciaire n'est pas nécessaire. Or le plus souvent le nouvel entrepreneur ne va pas
attendre d'être payer par l'entrepreneur défaillant donc c'est, en pratique, le maître de l'ouvrage qui
payera la facture puis se retournera, ensuite contre l'entrepreneur défaillant.
On a vu que cette garantie pouvait jouer pour les désordres révélés après la réception des travaux
mais seulement dans un délai d'un an alors si l'entrepreneur refuse d'exécuter les travaux toute de
suite en prétextant qu'il est débordé de travail. Le problème est le risque qu'ensuite le délai d'un an
soit expiré et le maître de l'ouvrage ne puisse plus invoquer la garantie de parfait achèvement. Il
pourra invoquer la responsabilité biennale ou décennale ou la responsabilité contractuelle de droit
commun.
C'est une garantie objective mais la question se pose de savoir si elle est d'OP. La jurisprudence n'y
était pas favorable et pour éviter toute discussion le législateur est intervenu et le caractère d'Ordre
Public de la garantie de parfait achèvement est reconnu.
§2. Les responsabilités décennales et biennales
Ces 2 responsabilités on va les envisager de façon commune mais pas tout à fait, on va d'abord voir
le domaine d'application respectif de la responsabilité décennale et responsabilité biennale.
On va d'abor voir l'objet des 2 responsabilités, puis on verra quels sont les débiteurs et les
bénéficiaires de cette responsabilité et ensuite les moyens d'exonération.
A. L'objet des responsabilités décennale et
biennale
Avant la loi de 1978 il y avait une Loi de 1967 qui distinguait aussi 2 types de
responsabilité mais une pour les menus ouvrages et l'autre pour les gros ouvrage se
trouve modifiée par las. Cette Loi de 1978 qui, elle, crée une distinction essentielle
entre, d'un côté les ouvrages, et de l'autre les éléments d'équipement. Tous les
désordres qui portent atteinte à la solidité de l'ouvrage ou qui l'affecte dans l'un de ses
éléments constitutifs relèvent de la responsabilité décennale.
En réalité beaucoup de désordres relèvent de la responsabilité décennale.
1. L'objet de la responsabilité Décennale (RD)
Cette responsabilité est visée dans l'art 1792 du C.civ (citer le texte).
Si on relis ce texte on constate que l'objet de cette responsabilité est de réparer les désordres qui
atteignent l'ouvrage ou les éléments d'équipement de cet ouvrage mais pas n'importe quel désordre.
Qu'est-ce que l'on entend par ouvrage ? Par éléments constitutifs ? Et par éléments d'équipement ?
Ensuite quelle est la nature de ces désordres ?
Si on fait un résumé, au titre de cette RD on dit que sont réparables les dommages qui portent
atteinte à la solidité de l'ouvrage ou à sa destination.
Les dommages qui portent atteinte à la solidité de l'ouvrage à par ex fissure dans un mur porteur
sera réparer sur le fondement de la RD.
Si par contre j'ai seulement des fissures dans les peintures ce préjudice ne sera pas réparer sur le
fondement de l'art 1792 c.civ. On verra si ce type de désordres peuvent relevés de la responsabilité
biennale justement.
L'atteinte à la destination de l'ouvrage à Par ex la destination est l'usage d'habitation, on a des
logements qui sont réalisés et 6 mois après la réception des travaux que le chauffage ne fonctionne
pas. Or il y a atteinte à la destination d'habitation des logements, ils faut qu'ils soient chauffés en
hiver.
Si on prend l'ex de l'usage commercial d'un local, le revêtement au sol qui a été posée (dalles) est
extrêmement glissant et les clients se sont blessés souvent. C'est impropre à la destination
commerciale de l'ouvrage.
♣ L'ouvrage
Quand on distingue entre gros et petits ouvrages en réalité l'ouvrage c'est l'immeuble. Néanmoins,
selon la jurisprudence la notion d'ouvrage est une notion large.
La Loi de 1967 faisait référence à un « édifice ». Oggi, ce qu'à voulu le législateur en 1978 c'est
d'avoir une notion plus large en parlant « d'ouvrage ». Il n'il y a pas de définition positive de la
notion d'ouvrage. Certains disent qu'il s'agit de « toute constructions édifiée par la main de
l'homme.
On peut donc prendre des exemples donnés par la jurisprudence :
-Elle dit que tous les travaux de génie civils constituent des ouvrages au sens de la Loi de 1978
(ponts, digues…).
-Elle dit aussi que ce sont toutes constructions réalisées par l'emploi de tec de constructions.
S'il y a cet emploi alors il y a notion d'ouvrage (une piscine, aquarium aussi a été assimilés
par la jurisprudence à un ouvrage).
En ayant recours à cette tec de constructions, le promoteur qui vend des constructions peut-ils
être considérés comme constructeur ? La jurisprudence a dit, en effet, que le promoteur devait
souscrire une assurance de construction et donc pouvait être soumis à la responsabilité des
constructeurs. La Cour de Cassation dit que la mise en place de ces VRD (Voies et Réseaux
Divers) sont des ouvrages au sens de l'art 1792.
Par ex on nous demande de construire un îlot en campagne à ce sera un ouvrage au sens de la loi
de 1978 donc entraîne l'application de la responsabilité des constructeurs.
Par contre la réalisation d'un golf ne peut constituer un ouvrage car on ne va travailler que la terre
et donc pas de constructions réalisées. La jurisprudence est fluctuante en la matière puisque elle va
regarder, si pour la réalisation de ce golf, il y a emploi de tec de constructions auquel cas il pourra
y avoir responsabilité des constructeurs pour la réalisation d'un golf.
Autre ex : un particulier fait fabriquer une clôture autour de sa maison à la jurisprudence considère
que les clôtures en tant que telles constituent des constructions donc cela suffit pour invoquer la
RD.
Autre ex : une boîte de bouquiniste a été même été considéré comme un ouvrage, ce qui apparaît
complètement farfelu.
♣ La notion d'éléments d'équipement
On a vu que tous ces éléments d'équipement ne relèvent pas de la RD. En principe, même ces
éléments relèvent de la responsabilité biennale (RB).
Ce sont les éléments qui permettent de réaliser des constructions donc ce peut être des tuiles, des
dalles au sol, de la robinetterie, les conduits électriques, une porte dans une maison.
Maintenant normalement ces éléments d'équipement relèvent d'une responsabilité moins
importante que les désordres sur les ouvrages, c'est pourquoi en principe ils relèvent de la RB.
-- Quelle est la nature de ces éléments d'équipement ? Est-ce ne relèvent de la responsabilité des
constructeurs que les éléments de constructions ou également les éléments d'équipement industriels
et commerciaux ?
Si on regarde l'art 1792 on se rend compte que ce ne sont que certains éléments qui vont relever de
la responsabilité des constructeurs. Le c.civ distingue entre éléments dissociables et éléments
indissociables des constructions.
Cette question s'est posée entre 1990 et 1995 et a fait l'objet d'une opposition entre la 1ère et la 3ème
chambre civile de la Cour de Cassation. La 1ère civ est compétente en matière d'assurance de
constructions et la 3ème civ est compétente en matière de responsabilité des constructeurs. Or ce
sont deux domaines extrêmement proches qui ont des influences réciproques.On a deux affaires
qui ont été posée en jurisprudence :
-- Jurisprudence des 90's :construction d'une porcherie industrielle et le constructeurs avainet
réalisés les aménagements nécessaires et, notamment, ce que l'on appelle une machine à soupe qui
servait à alimenter automatiquement les porcs. Or cette machine étant défectueuse le proprio
engage la responsabilité du constructeur.
La 1ère civ estime que c'est un élément d'équipement qui est incorporé à l'ouvrage. Elle dit que les
éléments d'équipement se trouve inclus dans l'assurance-constructions et donc le constructeur
doit dédommager sur le fondement de la responsabilité des constructeurs.
La 3ème civ considère que c'est seulement un élément d'équipement industriel et commercial et
non un élément d'équipement de constructions donc il ne relève pas de la responsabilité des
constructeurs.
Une Commission a été mise en place dans les 90 ‘ s qui a montré que les éléments accessoires aux
constructions devaient aussi relever de la responsabilité des constructeurs. La majeure partie des
auteurs considère que cela va remettre en péril l'assurance-construction.
-- Concernant la définition de ses éléments d'équipement il faut lire les art 1792 et surtout 1792-2
C.civ à selon ce texte la RD « s'étend aux dommages qui affectent la solidité des éléments
d'équipement d'un bâtiment lorsqu'ils font indissociablement corps avec les ouvrages de fiabilité,
de fondation, d'ossature, de clos et de couvert »
Pourquoi cette distinction entre éléments dissociables et indissociables de l'ouvrage ?
Selon la disposition générale posée par l'art 1792 Le désordre doit avoir, par la suite de la
réception des travaux, porter atteinte à la destination ou à la solidité de cet ouvrage.
L'autre texte dit que si cet élément d'équipement fait corps avec l'ouvrage l'atteinte à la solidité ou
à la destination de cet élément d'équipement suffit à engager la RD.
Les équipements, soient font corps avec l'ouvrage et dans ce cas RD, soit ils sont dissociables de
l'ouvrage et ne portent pas atteinte à la solidité de l'ouvrage ou à sa destination dans ce cas ils
relèveront de la RB. Par contre s'ils sont dissociables de l'ouvrage mais portent atteinte à la solidité
de l'ouvrage ou à sa destination alors ce sera du domaine de la RD.
-- A quelles conditions l'élément d'équipement est dissociable ou indissociable de l'ouvrage ?
Art 1792-2 pose une dissociabilité dès lors que l'élément d'équipement peut être retirer sans
détérioration ou enlèvement de matière de l'ouvrage.
Donc si on reprend l'exemple des dalles dans un commerce qui sont extrêmement glissantes. Les
dalles sont parfois dissociables de l'ouvrage et parfois non. La jurisprudence regarde si l'on a porter
atteinte au sol lui-même en enlevant les dalles, si c'est le cas alors c'est que les dalles sont
indissociable de l'ouvrage et donc elles relèvent de la RD. Si ce n'est pas le cas alors c'est que les
dalles
Précision : tous les conduits permettant le passage de fluide (chauffage central…) qui sont
défectueux relèvent de la RD.
La jurisprudence, son souci, c'est avant tout de protéger la victime, donc la tendance
jurisprudentielle va plutôt vers un élargissement du domaine d'application de la RD. Cet
élargissement se constate à propos des éléments d'équipement, car, souvent, plutôt que de se
demander si l'élément est dissociable ou non, la jurisprudence a tendance à dire que le chauffage
devient un ouvrage en tant que telle car pour leur réalisation on fait appel à des tec de
constructions. Cela évite, au juge, de dire si l'élément porte atteinte ou non à la solidité ou à la
destination de l'ouvrage.
Les exceptions :
Est-ce qu'un ravalement défectueux relève de la responsabilité des constructeurs ?
La jurisprudence distingue selon la nature des ravalements. S'ils impliquent des travaux
d'étanchéité sur l'immeuble alors ils font appel à des tec de constructions et donc relèvent de la
responsabilité des constructeurs.
Si on a des constructions il y atantes et un promoteur achète les immeubles mais il vaut faire des
travaux de rénovation.
La jurisprudence a dit que tout dépend de la nature des travaux de rénovation à s'ils portent par ex
sur la cage d'escalier (petits travaux) alors il ne relèvent pas de la responsabilité des constructeurs.
Si, en revanche, les travaux sont tels qu'ils constituent des travaux de gros oeuvre alors ils
relèveront de la responsabilité
Si on a une construction il y atante et si on fait des travaux sur cet il y atant à on a vu que si ces
sont des travaux de construction alors il y a responsabilité des constructeurs. Pendant longtemps la
jurisprudence refusait de considérer que les désordres affectant par la suite les travaux soient pris
en charge par l'assurance construction obligatoire.
Il a fallu attendre un arrêt du 29 février 2000 pour que la 1ère civ dise le contraire.
♣ Les dommages et désordres réparables au regard de la RD
L'art 1792 parle d'actes constitutifs qui sont assimilés, soit à des parties de l'ouvrage, soit à des
éléments d'équipement.
Pour ceux-ci, si on reprend l'art 1792 du c.civ, on voit que ce sont tous les désordres qui portent
atteinte à la solidité de l'ouvrage ou à sa destination. Donc l'élément essentiel c'est que ce sont les
conséquences du désordre qui se trouvent appréhendées et non pas les causes de ce désordre. Une
formule est donnée par un auteur « peu importe la cause pourvu que l'on ait la gravité ». A partir
du moment ou il y a atteinte à la destination de l'ouvrage peu importe la gravité du désordre. Ce
sont tous les désordres relatifs à l'immeuble qui peuvent être appréhendés.
- Définition : En gros l'atteinte à la solidité de l'ouvrage c'est quelques chose qui peu s'apprécier
concrètement et il y a peu de chose à ajouter. Pourtant au-delà de la solidité physique de l'ouvrage,
il y a des cas qui vont être rattachés à la solidité. C'est le cas où l'immeuble est construit dans une
zone inondable à Qui peut être responsable ? On va considérer que dans l'avenir l'immeuble pourra
être atteint par une inondation donc même si le dommage est futur il est avant tout certain donc il
est réparable (il n'y a pas encore de désordre mais dans l'avenir oui). La jurisprudence insiste sur le
caractère certain ou non du dommage pour établir la réparation donc la construction en zone
inondable peut justifier l'application de la responsabilité des constructeurs. Il se peut aussi que
l'architecte n'ait pas respecté les règles d'urbanisme ou il a empiéter sur le terrain d'autrui à la
sanction est la démolition et le maître de l'ouvrage pourra engager sa responsabilité décennale.
à La nature du désordre (2 points) :
-Etendue des dommages réparables : Est-ce que ce qui est réparer c'est uniquement la
construction en tant que telle ou est-ce que l'ensemble des dommages doivent être
réparés ? (Etendue des dommages réparables). Si on prend l'ex d'un supermarché où les
dalles au sol sont trop glissantes. Ici le dommage réparable c'est la remise en état du
supermarché mais il y a un autre type de conséquences c'est que pour réaliser les travaux il
va falloir fermer le commerce et c'est sera un préjudice économique. Est-ce que ce
préjudice économique est réparable sur le fondement de la responsabilité des
constructeurs. En la matière il y a eu un débat important en doctrine et en jurisprudence.
La Cour de Cassation a considérer que l'ensemble des préjudices étaient réparables et onc
le préjudice économique aussi mais la limitation intervient au niveau de l'assurance-
construction. Si ce préjudice économiques est pris en charge par la responsabilité des
constructeurs, il n'est pas pris en charge par l'assurance-construction.
-Concernant les désordres évolutifs : Cette question s'est posée à 2 niveaux :
oOn procède à la réception des travaux mais on émet des réserves sur les
travaux de peinture et il s'avère, plus tard que ces fissures résultent d'un
mûr porteur. En terme de responsabilité est-ce que cette fissure doit être
incorporée dans les réserves ? La jurisprudence à répondu
favorablement à la victime puisqu'elle dit que, si au moment de la
réception, il était clair que le désordre consécutif était apparent, alors il
fait que ce désordre soit expressément réservé lors de la réception sinon
cela relève de la responsabilité du maître de l'ouvrage. Par contre si la
fissure était cachée au moment de la réception elle sera couverte par la
responsabilité des constructeurs.
oSi, 9 ans et 10 mois après la réception des travaux j'assigne le constructeur
en responsabilité pour désordres mais il s'agit d'un désordre initial qui
intervient dans le délai de prescription et d'autres désordres
interviendront ensuite (après la prescription de 10 ans) . La Cour de
Cassation a dit que ces désordres seront pris en charge par la RD mais
seulement si ces désordres étaient certains dans le délai de 10 ans, ils
seront, dans ce cas, couverts par la RD.
2. L'objet de la responsabilité biennale (RB)
C'est le domaine d'exclusion de la RD. C'est un domaine d'application résiduel puisque cette
responsabilité ne porte que sur les éléments d'équipement qui ne sont pas industriels et
commerciaux. Mais ce n'est pas tous les éléments d'équipement. Elle concerne les éléments
d'équipement qui sont dissociables, indissociables mais ne porte pas atteinte à la solidité ou à la
destination de l'ouvrage.
La RB est visée par l'art 1792-3 C.civ mais une particularité car à sa lecture on peut penser que la
garantie biennale serait une garantie de bon fonctionnement, il faut, donc distinguer les éléments
d'équipement selon que ceux-ci sont inertes ou actifs (chaudière est active, par contre les dalles,
portes et fenêtres sont des éléments inertes). RB que pour les éléments d'équipement actifs.
A propos de cette idée de bon fonctionnement, même si elle est visé par les textes, la Cour de
Cassation n'a pas opérer cette distinction, et a approuvé des arrêts d'appels qui avaient retenus la
RB pour des éléments d'équipement tels que des faux-plafonds, des moquettes. L'idée de bon
fonctionnement est donc totalement absente da la RB. Cependant, dans certains arrêts la CCD
rappel quand même que la RB est une Garantie de bon fonctionnement.
B. Les acteurs de la responsabilité des
constructeurs (RC)
1. Les bénéficiaires de la Responsabilité Civile
Dans l'art 1792 on dit que le bénéficiaire est en 1er le maître de l'ouvrage, puis les acheteurs
successifs de la construction.
Le 1er est donc le maître de l'ouvrage. A côté de lui il y a l'acquéreur du bien immo (acquéreur de
l'ouvrage) qui est visé dans l'art 1792 du C.civ dès lors que le délai de 10 ans n'est pas encore
expiré.
L'action est un peu comme l'action directe en matière de vente, elle est un accessoire de la chose
vendue et qui suit le bien quelques soient les mains dans lesquelles il passe.
♣ En cas de ventes successives
Les conséquences c'est que une fois que le bien à été vendu par Mr A il n'est plus bénéficiaire de la
Responsabilité Civile amis il est prévu que c'est le vendeur qui conserve la RC. La Cour de
Cassation dit qu'il doit pouvoir établir l'il y atence d'un préjudice certain et personnel. Par ex
lorsque les travaux de réfection ont déjà été réalisé par A avant de revendre, il est normale qu'il
puisse intenté lui-même une cation contre le constructeur. Pour éviter tous risques il faudra
préciser, dans l'acte de vente une clause de subrogation de A dans les droits de B contre le
constructeurs en cas de désordres ultérieurs. La Cour de Cassation est stricte en ce qu'elle permet
l'action en responsabilité qu'au proprio du bien immo. Par ex pour le crédit-bail immobilier, il y a
un financement, celui qui exploite est le crédit-preneur et celui qui finance les construction c'est le
crédit-bailleur qui est le plus souvent une banque. Si il y a une action en Responsabilité Civile à
intenté contre l'entrepreneur normalement ce devrait être à la banque d'engager cette responsabilité
car la Cour de Cassation considère que le crédit-preneur ne peut pas intenter cette action. Donc
dans tous les contrats de crédit-bail les parties prévoit une clause de subrogation du crédit-preneur
dans les droits du bailleur.
Autre cas : la location accession. Elle concerne le domaine social. C'est un contrat de location de
longue durée et qui permet au locataire de devenir proprio du bien au terme du bail. Elle est
expressément prévu par le Code de l'habitation et de la construction. Il est prévu que si le locataire
ne lève pas l'option au terme le bailleur et obligé de lui restituer les loyers financiers versés tout au
long du bail.
♣ Lorsque l'immeuble est en copropriété
Qui est le bénéficiaire ?
S'il s'agit de désordres qui affectent des parties privatives seul le proprio de ces parties est le
bénéficiaire de la RC.
Si le désordre affecte les parties commune c'est le syndicat des copropriétaires qui va agir en
justice. Mais dans la Loi de 1965 il y a des dispositions très restrictives pour le syndic qui doit
bénéficier d'une autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires. Encore que cela ne soit
pas suffisant puisque la Cour de Cassation dit que cette autorisation doit être expresse donc seuls
les désordres visés par la délibération peuvent faire l'objet d'une action en justice par le syndic. Si
la Cour de Cassation avait semblé assouplir sa jurisprudence en 2001, en est revenu à son ancienne
jurisprudence oggi. Le problème est que au moment où l'assemblée générale se prononce il n'est
pas sur que la totalité des désordres soient connus. Comment ça va se passer en cas de désordres
évolutifs ? La Cour de Cassation dit qu'il faudra une nouvelle autorisation sauf si ces désordres
trouvent leur origine dans les désordres initiaux et s'ils en sont une conséquence nécessaire.
♣ Les associés de société d'attribution
Les parts donnent droits à la jouissance d'un appart et si des désordres se révèlent dans cet appart,
l'associé peut-il se prévaloir de la RC ?
Pendant longtemps la Cour de Cassation considérait que chacun des attributaires pouvait intenter
une action sur le fondement de l'art 1792 (CDC 28 juin 1976).
Depuis la Cour de Cassation dit que c'est le gérant seul de la société qui peut intenter l'action en
responsabilité.
♣ Les locataires
Il leur faut un mandat exprès du bailleur.
2. Les responsables
2 catégories :
-- Les constructeurs : architecte, entrepreneur, bureau d'études et bureaux de contrôle.
-- Elargissement aux fabricants par la Loi de 1978 qui voulait viser certains fabricants d'éléments
d'équipement des constructions (seulement certains d'entre eux sont visé). Le problème est que
lorsqu'ils rentrent dans cette responsabilité ils doivent souscrire une assurance-construction
obligatoire.
♣ Les constructeurs
Art 1792-1 c.civ responsables :à plusieurs alinéas qui énumère les
-Alinéa 1 : ce sont tous ceux qui sont liés au maître de l'ouvrage par un contrat de louage
d'ouvrage (architecte, entrepreneur, bureau d'études…). On en déduit que le sous-traitant
n'est pas tenu de la Responsabilité Civile vis-à-vis du maître de l'ouvrage et même si
celui-ci est lié avec l'entrepreneur par un contrat d'entreprise il ne sera pas tenu par la RC.
-Alinéa 2 : toutes les personnes qui vendent, après achèvement, un ouvrage qu'elles ont
construits ou fait construire, se trouvent soumises à la RC. Cette disposition visait surtout,
à l'origine, le promoteur immo qui réalise les constructions et les revends en état futur
d'achèvement. Donc quand on a un programme immo il faut s'assurer que le vendeur aura
lui-même souscrit une assurance-construction. La responsabilité du promoteur n'est,
cependant qu'une responsabilité subsidiaire car celui-ci fera peser la charge sur
l'entrepreneur.
Au départ le texte visait les professionnels mais ce texte étant large il ne fait pas de distinction
avec le particulier. Le particulier est parfois tenu de souscrire une assurance-construction à
c'est le cas où il revend le bien dans les 10 ans de sa construction. Cela ne posera pas trop de
problème à partir du moment où le particulier avait confié la réalisation des constructions à un
entrepreneur car il pourra toujours se retourner contre lui, ou bien en cas d'insolvabilité du
vendeur l'acquéreur pourra aussi se retourner contre cet entrepreneur. En revanche lorsque le
particulier a construit lui-même le bien immo c'est encore pire car le seul recours qu'à
l'acquéreur c'est contre ce vendeur qui n'a pas, souvent, souscrit une assurance construction. La
Cour de Cassation a confirmé que le texte est de portée générale et ne vise pas seulement les
professionnels mais aussi le particulier-vendeur.
Art. 1792-1 al3 = disposition balai pour être sûr que l'on a oublié personne en tant que
responsabilité.
Idée : sont également assimilés à des constructeurs les personnes qui, même s'ils agissent en
qualité de mandataire, accomplissent une mission qui est comparable à celle des entrepreneurs.
Qui retrouve-t-on dans cette catégorie ?
à Il existe le contrat de promotion immobilière, mélange de contrat de mandat et de maîtrise. Le
promoteur sera tenu au titre de la Responsabilité Civile car il doit être assimilé à un constructeur en
tant que « chef d'orchestre ».
à Dans les sociétés d'attribution, le promoteur est associé et gérant. C'est la société qui conclut les
contrats par l'intermédiaire du gérant, entrepreneur pour la réalisationau bénéfice de la société,
avec les des constructions. Le promoteur n'est donc pas lié au titre d'un contrat d'entreprise, mais il
est visé par cet article car même s'il est mandataire de la société, il représente en fait le
constructeur.
-- La responsabilité des fabricants, depuis la loi de 1978
Ils sont visés par l'art. 1792-4 du Code Civil.
L'extension de la Responsabilité Civile sur la tête des fabricants date de la réforme de 1978.
Auparavant, ce n'était absolument pas le cas. Cette innovation en 1978 résulte surtout des travaux
de la commission Spinetta (qui a préparé le projet de loi).
Idée de la commission : les entrepreneurs sont certes responsables, mais finalement ils ne font que
procéder à l'incorporation de matériels et équipements dans la construction. À ce titre certains
fabricants pouvaient être assimilés à de véritables constructeurs. Ces fabricants assimilés ne sont
pas tous les fabricants de biens meubles qui sont incorporés à l'immeuble, ce sont surtout les
fabricants d'éléments spécifiques au titre de la société, i.e. qui ont des liens très fort avec le secteur
de la construction. Donc l'enjeu pour la commission était de trouver une définition qui ne soit pas
trop large.
Solutions : dans l'art. 1792-4 : « les fabricants concernés par la Responsabilité Civile sont
notamment les fabricants d'ouvrage ou de parties d'ouvrage, ou encore les fabricants de certains
éléments d'équipement ».
Les fabricants d'ouvrage … = constructeur ou fabricant de maison (maisons préfabriquées).
… ou partie d'ouvrage = si on a des éléments préfabiqués ajoutés à la construction : toiture, pans de
mur (le clot et le couvert).
La possibilité d'étendre encore plus la Responsabilité Civile se fait à travers la mise en cause « de
certains éléments d'équipement » : quels sont ces éléments ? L'art. 1792-4 dit qu'il ne s'agit pas de
n'importe quel élément d'équipement, mais « l'élément d'équipement conçu et produit pour
satisfaire en état de service à des exigences précises et déterminées à l'avance ». Cet élément est
aussi appelé « l'épers », i.e. l'élément pouvant entraîner la responsabilité solidaire.
La définition que l'on trouve dans cet art. est très large. Pour éviter les confusions, notamment au
niveau de la Jurisprudence, on a un arrêté concernant l'assurance construction et qui expliquait ce
que pouvait être un épers. Malheureusement pour des raisons de forme il a été annulé par le CE.
Depuis aucun arrêté n'a été pris, donc il est revenu à la Cour de Cassation de donner cette
définition.
Attitude restrictive de la Cour de Cassation, face à une attitude plus libérale des juges du fonds.
Pour ces derniers, pour permettre l'indemnisation des victimes, la CA va considérer qu'il s'agit d'un
épers dès lors qu'il s'agit d'un élément d'équipement.
En revanche, au niveau de la Cour de Cassation, elle est bien plus restrictive, elle n'a reconnu la
qualité d'épers qu'à un nombre limité de bien d'équipement. La 3ème civ de la Cour de Cassation dit
qu'il faut que l'élément d'équipement ait été commandé par le maître de l'ouvrage ou par
l'entrepreneur sur des plans précis, ce qui démontre que l'épers n'est pas un élément fabriqué en
série. C'est un élément d'équipement fabriqué pour un marché précis et déterminé.
Si on retient cette définition restrictive, la Cour de Cassation a par ex considéré que des portes, des
fenêtres, des tuiles, des dalles de revêtement d'un tennis… sont des éléments de séries et ne
peuvent pas être qualifiés d'épers même si ce sont des éléments d'équipement. En revanche un
système de chauffage solaire conçu uniquement pour un lotissement en particulier est une
commande précise, pour un marché précis, et pourra donc avoir la qualité d'épers et le fabricant
pourra se voir engagé par la RC.
Il y a cependant une autre condition pour pouvoir entraîner la responsabilité solidaire. L'art. 1792-4
dit que ce n'est pas véritablement une responsabilité solidaire, mais plus une responsabilité
subsidiaire, i.e. pour que la responsabilité du fabricant soit engagée, il est nécessaire que la
responsabilité de l'entrepreneur soit au préalable engagée.
Cela signifie que si l'entrepreneur n'est pas déclaré responsable, en aucun cas le fabricant ne pourra
l'être (l'inverse n'est pas vrai).
§3. Les moyens d'exonération dans le cadre de la
responsabilité des constructeurs
C'est une responsabilité classique objective. Donc on doit considérer que la preuve de l'absence de
faut est inefficace pour une exonération de responsabilité. Les seuls moyens de s'exonérer = preuve
d'une cause étrangère, et il faut que cette cause étrangère présente les caractéristiques de la FM.
À défaut de FM, la survenance d'un élément extérieur n'a aucune incidence. Il reste la faute de la
victime ou le fait d'un tiers :
-Le fait d'un tiers qui n'ont pas les qualités de la FM n'a aucune incidence au regard de la
victime. En revanche le fait d'un tiers a un intérêt au niveau des recours entre
coresponsable.
-Le seul autre moyen mis en avant pour permettre un partage des responsabilités = la
responsabilité résultant d'une faute de la victime
A. La Force Majeur
Les hypothèses dans lesquelles la Cour de Cassation a retenu la FM sont très rares :
-Dans une affaire on a considéré qu'une tempête de grêle n'est pas un cas de FM, même si elle
est d'un très forte intensité. Dans cette affaire, une pergola avait été construite et elle n'a
pas résisté à la grêle. Pourtant pas d'exonération de la responsabilité retenue par la Cour de
Cassation.
-Si on a un événement naturel qui cause de tels dégâts que la zone est déclarée sinistré et on a
un arrêté de catastrophe naturel. Cet arrêté peut-il justifier l'il y a d'un cas de FM et
permettre l'exonération ? La 1ère et la 3ème civ, ont refusé la qualification de FM. Tout est
en fait cas d'espèce.
-Si on a une sécheresse très importante, cela peut porter atteinte aux fondations d'un certain
nombre d'ouvrage. Est-ce un cas de FM ? La Cour de Cassation l'a parfois admis, mais
très rarement.
B. Le moyen essentiel est donc la faute du maître de
l'ouvrage (de la victime)
1. La faute du Maître d'ouvrage au cours de la réalisation des constructions
En matière de construction, il y a certaines fautes caractéristiques, qui reviennent régulièrement. La
Jurisprudence distingue :
-L'immixtion du Maître d'ouvrage dans la réalisation des constructions et
-La prise de risque par la MO
a. L'immixtion du Maître d'ouvrage dans la réalisation des constructions
Pour qu'elle soit reconnue, (et donc partage de responsabilité) elle doit remplir certaines
conditions :
-il faut que la Maître d'ouvrage soit compétent
-il faut que le Maître d'ouvrage se soit immiscé en lieu et place de l'entreprise dans la
réalisation ou la conception des travaux.
Pour la Cour de Cassation, ces 2 conditions sont cumulatives.
-Il faut établir que le Maître d'ouvrage est notoirement compétent dans le domaine de la
construction, ou qu'il connaît les tenants et les aboutissants de la construction là où il y a
eu immixtion. La Cour de Cassation est assez stricte à cet égard : ce n'est pas parce que
l'on est un professionnel de l'immobilier que l'on est automatiquement notoirement
compétent. La preuve est donc assez difficile à faire.
-Il faut la nécessité d'une immixtion, i.e. là où se caractérise la faute du Maître d'ouvrage qui
n'a pas à donner d'instructions. C'est donc quand le Maître d'ouvrage impose ses exigences
à l'entreprise et que ces exigences entraînent des désordres. Sur le plan juridique, i.e. qu'il
faut un acte positif du Maîtrise d'ouvrage. Une simple abstention de la part du Maître
d'ouvrage ne suffit donc pas. Et encore… supposons que le Maître d'ouvrage sache qu'il y
a une nappe phréatique là où on réalise une construction, l'architecte risque de passer à
côté et cela peut affecter les constructions de telle sorte que la Responsabilité Civile
pourra être engagée. Mais de ce point de vue, même s'il s'agit d'un acte d'abstention, la
Jurisprudence a tendance à considérer qu'il y a immixtion.
b. La prise de risques inconsidérée du MO
Ce 2ème type de faute devait se distinguer de la notion d'immixtion sur 2 points :
-pour qu'il y ait une prise de risque du Maîtrise d'ouvrage, il n'était pas nécessaire que le
Maître d'ouvrage soit compétent
-selon la Jurisprudence, si l'immixtion peut parfois être un cas de FM pour l'entrepreneur, la
prise de risque par le Maître d'ouvrage ne présente jamais les caractéristiques de la FM.
Quand y a t'il prise de risque par le MO (Maitre d'ouvrage) ?
Le domaine de prédilection est l'hypothèse où l'on a le Maître d'ouvrage qui est dûment averti des
risques de désordres par les conseils et les réserves de l'entrepreneur, mais que ce Maître d'ouvrage
décide de passer outre et demande à ce que les constructions soient réalisées de telle ou telle façon.
La prise de risque coïncide avec le refus de conseil donné selon les auteurs.
Si tel est le cas, on pourra obtenir un partage de responsabilités.
On a dit supra que la prise de risque jamais = FM. Mais théoriquement cela devrait être possible.
Si la Jurisprudence était plutôt réticente à accepter une exonération totale de responsabilité à
propos d'une prise de risque par le Maîtrise d'ouvrage, c'est tout simplement parce qu'elle considère
que l'entrepreneur doit en tout état de cause respecter les règles de l'art dans le cadre d'une
construction. Donc l'entrepreneur ne doit donc jamais céder aux caprices du Maîtrise d'ouvrage,
même s'il a une décharge de responsabilité signée par ce Maîtrise d'ouvrage, il doit mettre en fin au
contrat d'entreprise s'il ne veut pas voir sa responsabilité engagée.
Toutefois on trouve des arrêts de la Cour de Cassation reconnaissant l'exonération totale même en
cas de prise de risque inconsidérée par la Maîtrise d'ouvrage.
2. La faute du Maître d'ouvrage postérieurement à la réalisation des constructions
Le plus souvent, après la réalisation des constructions, on reproche au Maître d'ouvrage une
mauvaise utilisation de l'ouvrage et son non respect des prescriptions qui ont pu lui être données
par les entrepreneurs.
Ex : si on a le Maître d'ouvrage qui fait construire une dalle pour un parking, la charge utile est de
X tonnes, et le Maître d'ouvrage l'utilise pour parquer des camions au-delà de la charge utile.
On ne parle pas ici des délais de la Responsabilité Civile….
Hypothèses où les conditions de la Responsabilité Civile ne sont pas remplies et donc où on se
retrouve dans les conditions d'application de la responsabilité de droit commun.
Section 2. La responsabilité de droit commun
On peut distinguer 2 situations pour l'utilisation de cette responsabilité :
La nature de cette responsabilité dans le cadre des relations MO/entrepreneurs. Ce sont des
relations contractuelles a priori => la responsabilité qui sera invoquée sera la responsabilité
contractuelle.
Mais à côté, une place est faite à la responsabilité délictuelle.
On pourra s'intéresser en outre aux relations entre le Maître d'ouvrage et des tiers (un passant est
blessé sur un chantier : la responsabilité du Maître d'ouvrage pourra-t-elle être mise en jeu ?
Préjudice subis par un voisin du chantier…).
On pourra enfin envisager la question des troubles de voisinage.
§1. Les relations Maitre d'Ouvrage / entrepreneurs
au titre de la responsabilité de droit commun
Le plus souvent, cette responsabilité sera une responsabilité contractuelle, mais il y a une place
laissée à la responsabilité délictuelle.
A. La responsabilité contractuelle de droit
commun
On va d'abord voir les situations dans lesquelles on peut avoir ce type de responsabilité (non
exhaustif), puis le régime de cette responsabilité.
1. Hypothèse de l'application de la responsabilité contractuelle de droit commun
a. Réalisation de travaux qui ne relèvent pas de la réalisation d'un ouvrage
Ex : réalisation de travaux de peinture. Ils ne sont pas appréhendés par la RC. Ils relèvent de la
responsabilité contractuelle de droit commun, sauf s'ils proviennent de désordres de constructions,
et on a vu qu'ils pouvaient alors être traités par la RC.
b. Dommages qui surviennent avant la réception des travaux
S'ils ne sont pas dénoncés avant la réception ou au moment de la réception, et dans ce cas
s'appliqueront garantie de parfait achèvement ou responsabilité de droit commun.
c. Désordres ayant fait l'objet de réserves au moment de la réception des travaux
On a le choix entre la garantie de parfait achèvement et la garantie contractuelle de droit commun
d. Les désordres ou dommages intermédiaire
Hypothèse la plus importante en matière de construction. Ce sont les désordres qui ne sont pas
suffisamment importants pour justifier l'application de la responsabilité des constructeurs. Par ex
ceux qui affectent l'ouvrage, mais qui ne portent pas atteinte à sa solidité, ou ne porte pas atteinte à
sa destination (donc la responsabilité décennale ne s'applique pas).
Puisqu'il s'agit de désordre de construction, et la responsabilité des constructeurs est exclusive, cela
veut-il dire que si la Responsabilité Civile ne s'applique pas, l'entrepreneur peut échapper à toute
responsabilité ?
Cette question se pose depuis la réforme de 1978, depuis le principe d'exclusivité
Arrêt de principe du 22 mars 1995, affaire Maison Enec : on avait des désordres qui affectaient des
cloisons et plafonds dans une maison qui venait d'être construite. Ces désordres n'étaient pas
apparent au moment de la réception des travaux, mais la CA avait considéré que ces désordres ne
relevaient pas de la responsabilité biennale ou décennale. La Cour de Cassation a consacré dans
cette affaire la possibilité de mettre en oeuvre la responsabilité contractuelle de droit commun.
C'est une responsabilité très calquée sur la responsabilité des constructeurs.
e. Inexécution par l'entrepreneur d'une obligation de conseil ou d'information
Et lorsque cette inexécution n'entraîne pas des désordres permettant de mettre en oeuvre la RC
f. Dépassement des délais par le constructeur
2. Le régime de la responsabilité contractuelle de droit commun
La responsabilité est une responsabilité objective et l'obligation sera une obligation de résultat.
Sur le terrain de la prescription, elle est de 30 ans en matière contractuelle et peut être abrégée à 10
ans si on utilise les dispositions du code de commerce. La responsabilité contractuelle pourrait être
plus intéressante pour la victime.
Dans un certain nombre de cas la responsabilité contractuelle est plus longue que celle des
constructeurs.
Cependant on ne peut pas les mettre sur le même pied car ce sont deux responsabilités exclusives.
Cependant si un désordre est traité par la responsabilité de droit commun, ce désordre se trouve
favorisé par la responsabilité de droit commun et face à cela, la cour de cassation a réagi à deux
niveaux différents pour renforcer l'intérêt de la responsabilité des constructeurs pour renforcer face
à la responsabilité de droit commun.
La cour de cassation a tendance à considérer que lorsque l'on est dans la période postérieure à la
période des travaux, la responsabilité de droit commun est une responsabilité pour faute et non pas
une responsabilité objective, et de ce fait la cour de cassation rehausse l'attrait pour la
responsabilité des constructeurs.
Certains arrêts affirment que la responsabilité de l'architecte pour ces désordres est une
responsabilité de plein droit, jusqu'à la réception des travaux, et après réception la responsabilité
devient une responsabilité contractuelle pour faute.
Concernant les délais de prescription :
Cette discordance est soulignée par la doctrine. Même si la doctrine était favorable à ce que la
prescription soit ramenée à dix ans après la réception des travaux. Mais pour cela il faudrait une
intervention du législateur. Car cette prescription abrégée de dix ans est à l'art 2270 qui ne vise que
la responsabilité des constructeurs.
Plutôt que d'attendre une intervention législateur qui n'interviendra jamais, la cour de cassation a
limité le délai de prescription à dix suivant la réception des travaux. Et dans cette affaire cela visait
tant la responsabilité d'un entrepreneur et celle d'un architecte.
Et donc la cour de cassation a considéré que de manière générale, la responsabilité de droit
commun devrait être limité à dix à partie de la réception des travaux.
Tous les aspects intéressants de la responsabilité de droit commun ont été gommés pour assurer la
suprématie de la responsabilité des constructeurs .
Délais de prescription : art. 2270
La Cour de Cassation, plutôt que d'attendre une intervention législative pour modifier cet art, a,
dans 2 arrêts du 16 oct 2002, limité la prescription dans le cadre de la responsabilité contractuelle
de droit commun à 10 ans suivant la réception des travaux.
Dans ces 2 affaires, cela visait tant la responsabilité d'un entrepreneur constructeur que la
responsabilité d'un architecte. Cela signifie que la 3ème chambre de la Cour de Cassation a
considéré que de façon générale la prescription de la responsabilité contractuelle de droit commun
devait être limitée à 10 ans après la réception des travaux. La plupart des auteurs ont accepté cette
Jurisprudence, bien qu'elle soit contra légale.
B. La responsabilité délictuelle dans le
cadre des relations entre le Maître d'ouvrage et
les entrepreneurs
Il est assez surprenant de parler de responsabilité délictuelle s'agissant d'une relation entre co
contractants.
Certains cas de responsabilité délictuelle ont existé pendant quelques temps mais on disparu avec
la Jurisprudence.
1. La cas de responsabilité pour dol du constructeur
Ce n'est pas le dol dans la conclusion du contrat. C'est plus la faute dolosive du constructeur dans
la réalisation des constructions.
Cette faute dolosive correspond notamment à toute faut volontaire de l'entrepreneur qui conduit à
une malfaçon dont l'entrepreneur a parfaite connaissance, mais il commet cette faute par souci
d'économie.
Ex : il se rend compte dans le cadre d'un marché à forfait que les travaux coûteront plus cher, mais
l'entrepreneur a la flegme de négocier avec le Maîtrise d'ouvrage.
Autre hypothèse : avant la réception des travaux, l'entrepreneur constate un certain nombre de
désordres, mais les reprises qui devraient être faites prennent trop de temps ou coûtent trop
d'argent. L'entrepreneur va donc volontairement cacher ces malfaçons pour qu'elles ne soient pas
apparentes le jour de la réception.
Pendant longtemps, la Jurisprudence a considéré que cette faute dolosive, parce qu'elle était
particulièrement grave, était une faute qui était extérieure au contrat, et donc = responsabilité
délictuelle et non pas délictuelle.
Conséquences sur le MO : 2 problèmes.
1er problème : On a traité le 1er problème avec la loi de 1985 (changement en matière de
responsabilité). Délai de prescription de 10 ans à compter de la réalisation du préjudice depuis la
loi de 1985. Avant 1985, cela posait moins de difficulté car le délai pouvait aller jusqu'à 30 ans,
mais après 1985, le délai de prescription est réduit à 10 ans voire moins => la responsabilité
délictuelle était moins favorable à la victime que le délai de la responsabilité contractuelle de droit
commun.
2ème problème : sur le régime de la responsabilité. La Responsabilité Civile est de nature
contractuelle, donc si on se place sur le terrain de la responsabilité délictuelle, i.e. on exclut la
responsabilité contractuelle de droit commun et la RC. Problème si on a un problème qui pouvait
être appréhendé par la Responsabilité Civile et qu'on exclut cette RC, on squeeze en même temps
l'assurance obligatoire des constructeurs. En matière délictuelle, l'assurance peut avoir été prise par
l'entrepreneur, mais ce n'est pas nécessairement le cas. Finalement la victime sera défavorisée
paradoxalement.
La Jurisprudence de la Cour de Cassation qui retenait la responsabilité délictuelle était très
critiquée par la doctrine.
La Cour de Cassation a conservé cette Jurisprudence jusqu'à 27 juin 2001 (3ème civ) : « le
constructeur, nonobstant la forclusion décennale, est, sauf faute extérieure au contrat,
contractuellement tenu à l'égard du Maître d'ouvrage de sa faute dolosive lorsque de propos
délibérés, même sans intention de nuire, il viole par dissimulation ou par fraude ses obligations
contractuelles ».
Conclusion :
Définition de la faute dolosive : avant cet arrêt, la faute dolosive était entendue de façon restrictuve
par le juge. Dans la définition de la faute dolosive, on avait la nécessité de prouver l'intention de
nuire de l'entrepreneur. Cet arrêt donne une nouvelle définition plus large, qui exclut la nécessité
de prouver l'intention de nuire de l'entrepreneur. La Cour de Cassation nous dit que la fraude de la
part de l'entrepreneur ou la dissimulation suffit pour établir la faute dolosive.
Cet arrêt nous dit aussi que même s'il s'agit d'une faute dolosive, il y a maintien de la responsabilité
contractuelle, sauf faute extérieur (i.e. on maintient cette idée pour le principe, pour ne pas
contredire le passé, mais cette faute extérieur = faute qui n'a aucun lien avec l'exécution du contrat,
est vidé de son contenu).
Logique : l'intérêt de la victime sort renforcée.
En outre l'arrêt précise « nonobstant la forclusion décennale », i.e. comme c'est une faute
particulièrement grave de la part de l'entrepreneur, on le sanctionne en supprimant le délai de
prescription abrégé de 10 ans. Donc finalement pour la faute dolosive le délai de prescription sera
de 30 ans. Attention : cette suppression jouera tant pour la responsabilité contractuelle de droit
commun que pour la RC.
Replaçons cet arrêt dans son contexte, en 2001 : cet arrêt a surtout été rendu suite au rapport du
président de la 3ème civ, et annonçait l'application d'un délai de prescription décennale même en cas
de responsabilité contractuelle de droit commun (cf. 2 arrêts supra de 2002), mais en 2001, la
Responsabilité Civile est aussi visée.
conclusion de l'arrêt 2001 : retour à la responsabilité contractuelle de droit commun.
2. Autre question discutée : à propos de l'action subrogatoire ou récursoire du Maître
d'ouvrage à l'encontre de l'entrepreneur
L'hypothèse est la suivante :
On a un chantier de construction en cours, le Maître d'ouvrage fait construire sa maison par ex et a
conclu des contrats d'entreprise avec des entrepreneurs. Au titre des fondations on doit couler du
bêton. Il a un petit terrain et un terrain voisin qui n'est pas sa propriété. Le bêton a rempli la cave
du voisin… Le voisin peut intenter une action contre les entrepreneurs (de nature délictuelle) et
contre le propriétaire du terrain voisin. Supposons que la Maître d'ouvrage ait indemnisé le voisin,
il souhaite donc se retourner contre ses entrepreneurs, ou même s'il n'indemnise pas le voisin il
appelle en garantie l'entrepreneur.
L'action en question est-elle une action récursoire ou subrogatoire ?
Si le Maître d'ouvrage est subrogé dans les droits de la victime, il peut donc intenter une action de
nature délictuelle. En revanche s'il n'y a pas de subrogation, l'action du Maître d'ouvrage sera de
nature contractuelle. LE choix entre responsabilité délictuelle ou contractuelle n'est pas neutre à
propos du régime de la responsabilité et des délais applicables.
À ce propos, des arrêts ont été rendus par la 3ème civ de la Cour de Cassation en 1999.
Principe : il n'y a pas de subrogation, donc le recours est nécessairement contractuel.
Exception : il peut y avoir subrogation dans la seule hypothèse où le Maître d'ouvrage a
préalablement indemnisé la victime avant de se retourner contre l'entrepreneur.
Le plus souvent, dans les litiges de constructions, étant donné que le procès devient global, il n'y
aura pas d'indemnisation préalable du voisin par le Maîtrise d'ouvrage, donc l'action sera
nécessairement contractuelle.
3. L'action du Maître d'ouvrage contre le sous traitant
La Jurisprudence dit que dans les relations entre Maître d'ouvrage et sous traitant qu'il n'y a pas
d'action directe : l'action est nécessairement délictuelle. On ne peut pas invoquer la Responsabilité
Civile contre le sous traitant. L'entrepreneur principal a un contrat d'entreprise avec lui, mais
d'après l'art. 1792, l'entrepreneur ne peut pas être considéré comme un Maîtrise d'ouvrage, et donc
pas de Responsabilité Civile possible dans leurs relations.
Exception : si c'est un sous traitant fabricant => Responsabilité Civile par le biais de l'art. 1792-4
(si c'est un épers, donc un élément pouvant entraîner la responsabilité solidaire).
Autre exception pour pouvoir réintégrer la responsabilité contractuelle : les chaînes de contrats
translatives de propriété, arrêt Besse (Plén. 1991) : un plombier est sous traitant, mais les travaux
sont défectueux. Divergence entre 1ère civ et 3ème civ (arrêt Clic Clac Photo…) : 1ère civ favorable à
une action directe de nature contractuelle et la 3ème civ plus réticente. Arrêt Besse tranche, visa
1166 Code Civil : l'action est nécessairement délictuelle
Cet arrêt Besse est à mettre en relations avec d'autres arrêts Plén. 1986 : si on a un transfert de
propriété d'un bien et que le désordre par la suite affecte ce bien (garantie des vices cachés), la
garantie des vices cachées est attachée au bien et l'action demeure de nature contractuelle. Ces
arrêts n'ont pas été remis en cause par l'arrêt Besse car c'est un cas particulier.
Cas particulier : l'action directe en paiement depuis une loi.
4. La responsabilité du fait des produits défectueux
Art. 1386-1 Code Civil.
Relation entre le Maître d'ouvrage et un fabricant qui a fourni un bien qui a été incorporé par
l'entrepreneur.
Biens meubles incorporés à un immeuble qui présenteraient par la suite des défauts.
1er problème : quand cette responsabilité a été introduite en droit français, c'est une responsabilité
objective, donc c'est une super responsabilité contractuelle de droit commun (i.e. Responsabilité
Civile > responsabilité contractuelle, mais finalement on trouve maintenant une responsabilité
objective très forte). Cette responsabilité est un véhicule intéressant pour les victimes. La loi de
transposition française nous dit que cette responsabilité vient s'ajouter à celle déjà existante, se
cumuler avec les autres, i.e. ce n'est pas une responsabilité exclusive.
1ère question : la responsabilité du fait des produits défectueux peut-elle se cumuler avec la RC ?
Lorsque le bien est incorporé à l'immeuble, on a voulu préserver l'exclusivité de la RC, donc pas de
cumul possible. En revanche cela est possible en cas de responsabilité contractuelle de droit
commun ou délictuelle.
La responsabilité du fait des produits défectueux n'est ni contractuelle ni délictuelle et elle vient se
superposer aux autres actions possibles de droit commun, tout en sachant que cela a été mis en
cause par la CJCE (sur la transposition de la loi française).
Cette responsabilité peut s'appliquer dans le domaine de la construction. C'est une responsabilité
objective, sans faute et en outre les délais de prescriptions sont > aux délais de droit commun =>
avantage. Finalement la responsabilité du fait des produits défectueux pourrait être un moyen de
palier l'infériorité de la responsabilité de droit commun par rapport à la RC.
Toutefois, 1386-6.6 du Code Civil : la responsabilité du fait des produits défectueux ne s'applique
que dans l'hypothèse où les art. 1792 et s. du Code Civil ne s'appliquent pas, i.e. cette
responsabilité est exclue quand il y a RC. C'est donc un moyen prévu par le législateur pour
remettre d'aplomb les relations entre responsabilité de droit commun et RC.
Section 3. Les relations entre les maîtres de
l'ouvrage ou les entrepreneurs et les tiers
§1. La théorie des troubles de voisinage
Dans le cadre de ces relations, la responsabilité normale est la responsabilité délictuelle. Pour
autant, au regard de cette responsabilité on a un certain nombre de voies d'actions possibles. Dans
ces hypothèses, ce que l'on constate c'est que la voie d'action la plus souvent utilisée est la théorie
des troubles de voisinage. On utilise cette théorie non seulement à propos de bruits ou odeurs
gênantes pendant la période d'activité du chantier, mais aussi postérieurement à l'existence d'un
chantier dans les relations entre les 2 propriétaires de fonds qui sont contigus.
A. Distinction avec d'autres actions
Cette théorie doit être distinguée d'autres actions, et notamment d'une action qui a été mise en
oeuvre dans l'affaire Clément Bayard. Dans cette affaire, la Cour de Cassation avait condamné
l'abus de droit de propriété. La théorie des troubles de voisinage est une action distincte de l'abus
de droit de propriété, même si c'est assez proche.
B. Nature de cette théorie
L'abus de droit de propriété La théorie des troubles de voisinage (?) est double : est-ce
une action de nature personnelle ou réelle ?
-De nature réelle : cette théorie est liée au droit de propriété (les fonds sont voisins)
-De nature personnelle : donc responsabilité délictuelle car même si le responsable n'est pas
propriétaire d'un fond de terrain, il peut être tenu pour responsable dans une action de
trouble de voisinage. Ex : si on considère un entrepreneur qui intervient sur un chantier et
qui est censé démolir d'abord. Mais juste à côté il y a une papeterie avec du passage =>
trouble de voisinage, pourtant l'entrepreneur peut être tenu pour responsabilité même s'il
n'est pas le propriétaire du fond.
La théorie des troubles de voisinage est une action qui ne requiert pas la preuve d'une faute. D'où
son intérêt pour la victime, notamment au vu de la palette des actions possibles : pendant
longtemps, l'art. 1384 al 1 a été mis de côté. C'est pourquoi cette théorie a pu se développer.
C. Contre qui peut-elle être exercée ?
Pendant longtemps, divergences entre 2ème et 3ème civ de la Cour de Cassation pour savoir qui
pouvait être déclaré comme responsable sur le fondement de la théorie des troubles de voisinage.
Pour la 2ème civ, bien entendu le maître de l'ouvrage, i.e. le propriétaire du fond, peut voir sa
responsabilité engagée, mais elle a aussi reconnu que les entrepreneurs intervenant sur le chantier
pouvaient également voir leur responsabilité engagée sur le fondement de la théorie des troubles de
voisinage, ce qui était refusé par la 3ème civ. En effet elle considérait que c'était dénaturer la théorie
des troubles de voisinage, qui comme son nom l'indique ne concerne que des relations entre
voisins.
La doctrine a été plutôt favorable à cette extension aux entrepreneurs : les entrepreneurs sont des
voisins occasionnels pendant la durée du chantier.
Aujourd'hui, cette théorie s'applique au maître de l'ouvrage et aux entrepreneurs intervenant sur le
chantier. Ce sera à la victime de déterminer contre qui elle veut intenter son action, sachant que
chacun sera responsable pour le tout, quitte à ce qu'il y ait un recours par la suite (relève de la
contribution à la dette et non pas de l'obligation à la dette).
§2. La responsabilité du fait des choses, art. 1384
al1 du Code Civil
A. Champ d'application
On a aussi l'application de l'art. 1384 al 1 du Code Civil, i.e. responsabilité du fait des choses. À
propos de cette responsabilité, on peut distinguer selon que le dommage apparaisse pendant ou
postérieurement à la réalisation de la construction de l'immeuble.
Quand on est dans le cadre du chantier, l'ex typique est lorsqu'un passant « passe et trépasse » =>
action en responsabilité sur le fondement de cet art. Intérêt : c'est une responsabilité sans faute. A
propos des conditions d'application, la question qui se pose est de savoir qui est le gardien. Ce peut
être l'entrepreneur en l'espèce, ou le propriétaire du terrain, ou l'architecte s'il y en a un.
Sur la désignation du gardien, on fait une distinction entre la garde juridique et la garde matérielle.
Normalement le propriétaire est présumé gardien, mais ce dernier peut établir qu'il a transféré la
garde de la chose. Le propriétaire peut donc dire qu'il n'a pas les pouvoirs d'usage, de contrôle et de
direction tant qu'il n'a pas réceptionné les travaux => transfert de la garde à l'entrepreneur. Ce
transfert se trouve neutralisé quand le dommage résulte d'une immixtion du propriétaire. Le
transfert de la garde peut aussi se faire à l'architecte quand il a souscrit l'obligation de jouer le rôle
de coordinateur, de surveiller les travaux.
La responsabilité du fait des choses est donc également appliquée et son intérêt est qu'il s'agit d'une
responsabilité objective.
B. Conflit avec la responsabilité du propriétaire du fait des bâtiments
en ruine
Supposons que les constructions ont été réalisées et l'immeuble réceptionné, mais un pan du toit se
détache et tue un passant. Le réflexe est de dire que l'on peut utiliser l'art. 1384 al1. Mais ici,
pendant longtemps, on ne pouvait pas utiliser cet art. d'après la Jurisprudence. Art. 1386 Code Civil
: responsabilité du propriétaire du fait des bâtiments dont il a la garde. Cet art. nous dit que c'est
une responsabilité du fait des bâtiments en ruine ou en mauvais état, critère que l'on ne retrouve
pas dans l'art. 1384 al1. Art. 1386 : responsabilité pour faute. En prouvant que le bâtiment est en
bon état, le propriétaire échappe à toute responsabilité d'après l'art. 1386, qui est donc moins
intéressant que l'art. 1384 al1.
Jusqu'à la fin des 90s, la Cour de Cassation pour sauvegarder le domaine d'application de l'art.
1386 considéré que cet art. posait une responsabilité exclusive, i.e. la victime ne peut pas avoir
recours à l'art. 1384 al 1 quand l'art. 1386 s'applique. Sinon l'art. 1386 allait se faire phagocyter par
l'art. 1384 al 1 beaucoup plus favorable.
Fin 90s, revirement de JP : on admet désormais l'application de l'art. 1384 al 1.
En matière de responsabilité délictuelle, c'est un peu le jeu de domino : quand on modifie une
responsabilité, le régime d'autres responsabilités se trouve affecté. Cf. Arrêt Lemaire et les arrêts
d'Assemblée Plénière sur la responsabilité des parents du fait de leurs enfants qui a été rénovée en
quelques années.
On peut se demander si la Jurisprudence à propos de l'art. 1386 ne va pas faire de même : il va
falloir que les conditions d'application de l'art. 1386 soient modifiées s'il ne veut pas disparaître
afin de retrouver un attrait pour les victimes, et notamment l'exigence de la faute et le fait qu'il
faille qu'il s'agisse d'un bâtiment en ruine.
Il faut également envisager l'hypothèse où l'on a par ex l'entrepreneur qui se trouve poursuivi par la
victime, et qui a éventuellement indemnisé la victime. Il va par la suite exercer un recours contre le
maître de l'ouvrage pour obtenir un partage de responsabilité ou une responsabilité totale.
§3. La question des recours entre le maître de
l'ouvrage et l'entrepreneur
À propos des recours, tout dépend de la nature de l'action.
Soit on considère que c'est une action subrogatoire : l'entrepreneur se trouve subrogé dans les
droits et obligations de la victime à l'encontre du maître de l'ouvrage.
Soit l'action est une action récursoire, et ce sera donc une action en responsabilité autonome de
l'entrepreneur à l'encontre du maître de l'ouvrage.
A. L'action subrogatoire
Si on opte pour l'action subrogatoire, même s'il il y a des relations contractuelles entre le maître de
l'ouvrage et l'entrepreneur, étant donné que l'entrepreneur est subrogé dans les droits de la victime,
comme il n'y a pas de relation entre la victime et le maître de l'ouvrage, l'action sera de nature
délictuelle.
B. L'action récursoire
L'action sera nécessairement contractuelle si c'est une action récursoire cependant.
XXX Impact sur les délais de prescription de l'action et sur la nature de l'action (responsabilité
sans faute…).
Il y a eu une série d'arrêts en 1999 : l'action est nécessairement contractuelle car il n'y a pas de
subrogation. Un arrêt de la Cour de Cassation a cependant été dissident : dans ce 3ème arrêt,
l'entrepreneur tenu pour responsable avait versé les Dommages et Intérets à la victime.
Conclusion : en principe l'action est nécessairement contractuelle, sauf si l'entrepreneur a
préalablement indemnisé la victime avant de se retourner contre le maître de l'ouvrage. Dans ce cas
il peut se fonder sur une action subrogatoire et donc de nature délictuelle.
Si la 3ème civ de la Cour de Cassation a affirmé que le recours était en principe exercé sur un
fondement contractuel, c'est non seulement pour exclure l'application de l'art. 1384 al 1 et de la
théorie des troubles de voisinage, qui sont des responsabilités plus objectives et donc plus
favorables que la responsabilité contractuelle, mais c'est surtout pour éviter que l'ensemble des
clauses contractuelles ne deviennent sans effet.
assurance jamais souscrite par le particulier compte tenu de son cout
art 1792-1, 3°
disposition balai pour n oublier personne
personne meme si ils gaissent en qualité de mandataire accomplisse une mission comparable a
celle des entrpreneurs
On rertrouve dans cette categorie, (contrat de promotion immobiliere, ce contractant meme si
mandataire il sera tenu au titre de responsabite du constructeur), egalement dans l hypotese de la
societe d attribution le promoteur qui a la qualité de gerant n est pas unpromoteur ni un
constructeurmais le gerant est egalement visé par cet article car c est lui qui a le role de
constructeur.
deuxiemùe categoeir de constructeur sont les fabriquants desicgne par l article 1792-4 du Code
civil
l' extansion date de la loi de 1978, auparavant, ce n était pas absolument le cas; cette innovation
resulte de la commission spinetta
idée de la commission spinetta est que les constructeurs ne font parfois qu installer des elements du
fabriquant et donc assimilation des fabriquants au constructeur quand ils sont fabriquants d
elements specifiques au titre de la construction.
Pour resoudre le dilemne, article 1792 -4, les fabriquants qui se trouvent concernés, ce sont les
fabriquants d ouvrages ou de parties d ouvrages ou encore les fabriquants de certains elements d
equipements.
egalement les fabriquants de partie d'ouvrages, c'est a dire qu elemnts pré-fabriqués ajouté a la
construction, le fabricant de cette partie d'ouvrage pourra etre tenu du fait de la responsabilité du
constructeur.
article 1792-4 dit qu'il ne s agit pas de n importe quel élémnt d'eqipement, mais celui pour
satisfaire a des exigences precises et determinées a l avance.
Cet elemnt est appelé EPERS element pouvant entainer la responsabilité solidaire.
Pour eviter confusion, arrete precisant ce que pouvait etre un epers.
cet arreté a été annulé par le conseil d etat
attitude restrictive des juges de la cassatioon face a un attitude plus liberales des juges du fond.
Pour appel si c est un equipement alors c est un EPERS.
en revanche cour de cassatioon n'en reconnait qu un nombre limité.
Il faut qu un elemnt d equipement ait ete commande par le maitre d ouvrage ou par l entrpreneur
sur des plans precis qui demontre que ce n est pas un element en serie.
DEs portes, des fenetres etc=produit de serie et donc mem e si elemnts d equipement ce ne sont pas
de epers.
En revanche un systeme de chauffage solaire conçu pour une commande precise alors epers.
Donc si l element est un EPERSil faut egalement pour entrainer la responsabilité du fabricant, il est
necessaire que la responsabilité de l entrpreneur soit au prealable engagé.
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Accueil >> Cours de droit de la responsabilité civile
Cours de droit de la responsabilité civile
Par coursdedroit le 6 Janvier 2012 à 20:44
DROIT DE LA RESPONSABILITÉ
CIVILE
La responsabilité est couramment définie comme étant l'obligation, mise à la
charge d'un responsable, de réparer les dommages causés à la victime.
Cette définition est très proche de celle donnée par Doyen René Savatier. En
effet, selon cet auteur, la responsabilité civile est "l'obligation qui peut
incomber à une autre personne de réparer le dommage causé à autrui, par
son fait, ou par le fait d'une personne ou des choses dépendant d'elle".
Ainsi définie, elle répond à un souci d'indemnisation des victimes. Pour
altruiste ou noble qu'elle soit, cette volonté d'indemniser à tout prix les
victimes de dommages a largement contribué à la crise, du moins aux
métamorphoses, ou encore, pour être complet, au désordre actuel du droit de
la responsabilité civile.
Si on parle aujourd'hui de crise de la responsabilité, elle est alors loin de n'être
qu'une crise de la faute. C'est toute l'institution qui connaît un chamboulement,
elle est donc atteinte au plus profond d'elle-même : dans ses fondements
(faute, risque, garantie ...), dans son régime (la faute, le dommage et le lien de
causalité entre la faute et le dommage - pour ce dernier, un coup
spectaculaire donné par l'arrêt Perruche qui, gageons le, aura des
répercussions bien sûr sur le coût de l'assurance), dans ses sources (le
contrat et/ou le fait juridique)...
Pire encore, c'est son avenir qui semble être menacé, notamment par la
prolifération des systèmes d'indemnisation.
Force est de reconnaître que, (malgré les tentatives d'affaiblissement du droit
de la responsabilité civile, tant par la jurisprudence, par la loi, que par la
doctrine,- un auteur a même appelé de ses vœux à la suppression de la faute
pour une libération du Droit de la responsabilité civile -; une doctrine autorisée
remet en cause l'existence même de la responsabilité contractuelle),
l'institution bientôt bicentenaire demeure un des fleurons du droit français.
Alors une remise en ordre, un toilettage, s'impose, mieux, il est imminent de
s'y atteler.
Ainsi, pour louable qu'elle soit, la prise en compte du sort des victimes ne doit
pas permettre une remise en cause constante du droit de responsabilité. Un
arrêt très récent, en l'occurrence l'arrêt Perruche rendu par l'assemblée
plénière de la cour de cassation 17 nov. 2000, a provoqué un séisme dans le
droit de la responsabilité en reconnaissant le droit de ne pas naître. Cette
même formation solennelle, malgré les vives et hostiles réactions de tous
bords, a confirmé le 13 juillet 2001, dans trois affaires similaires à l'arrêt
Perruche, le droit de ne pas naître, tout en rendant plus difficile l'indemnisation
de l'enfant né handicapé à la suite d'une " erreur "de diagnostic du médecin.
Les rapports entre la responsabilité civile et la responsabilité pénale et
administrative
Section I - Les rapports entre responsabilité civile et
responsabilité pénale
La responsabilité civile peut être distinguée de la responsabilité pénale par
leur fonction respective. En effet, la première tend à assurer la réparation des
dommages, tandis que la deuxième a pour fonction principale la répression
des infractions troublant l'ordre social.
Même si des différences existent entre ces deux institutions, la séparation
n'est pas totale. Ces deux droits ont tendance à se rapprocher.
Un rapprochement se manifeste par une solidarité entre l'action civile et
l'action publique. En effet, les tribunaux ont progressivement dégagé le
principe de l'autorité de la chose jugée au criminel sur le civil.
Pour certains auteurs, la fonction répressive de la responsabilité pénale, en ce
qu'elle cherche à prévenir les comportements antisociaux, se rapproche
singulièrement de la responsabilité civile.
Section II - Les rapports entre responsabilité civile et
responsabilité administrative
La responsabilité civile et la responsabilité administrative, même si des
différences de nature existent entre elles, se rapprochent, surtout dans la
responsabilité du fait d'autrui.
En effet, il convient de souligner qu'avant la création de la responsabilité
objective du fait d'autrui en droit de la responsabilité civile, il existait des cas
de responsabilités sans faute fondées sur le risque. Ces responsabilités
concernent notamment les dommages causés par les mineurs délinquants
traités en régime de liberté et les malades mentaux en sortie d‟essai.
Il existe aussi entre ces deux institutions un rapprochement en matière
médicale.
Section III - Les rapports entre droit communautaire et
droit de la responsabilité civile
Le 9 février 2000, la Commission européenne a adopté un " Livre blanc sur la
responsabilité environnementale «, dans lequel une directive réglementant
cette responsabilité devait voir le jour. En effet, dans ce livre blanc, la
responsabilité civile de l'auteur du dommage (qui sera le plus souvent un
industriel) devrait être une responsabilité sans faute s'il se livre à des activités
dangereuses. Par contre, une telle responsabilité serait fondée sur la faute
lorsque l'activité en question n'est pas dangereuse.
La nouvelle directive sur la responsabilité environnementale serait plus
orientée vers une responsabilité sans faute, à l'instar de la directive de 1985
sur la responsabilité du fait des produits défectueux. Ce qui serait une
tendance à une " victimisation ", donc à une disparition progressive de la faute
au niveau communautaire.
Par rapport au droit français de la responsabilité civile, le droit communautaire
cherche une alchimie entre indemniser les victimes et la protection du
commerce international, contrairement au premier où on indemnise beaucoup
plus vite les victimes.
On peut aussi invoquer l'affaire " Erika " où la responsabilité du propriétaire du
navire est engagée de plein droit. Il n'est pas nécessaire d'établir sa faute.
Droit de la réparation des dommages. Presque exclusivement jurisprudentiel.
INTRO GENERALE AU DROIT DE LA
RESPONSABILITÉ CIVILE
SECTION I LA NOTION DE
RESPONSABILITE CIVILE
DEFINITION : c‟est une institution regroupant l‟ensemble des règles
permettant de mettre à la charge d‟une personne, le responsable, l‟obligation
de réparer les dommages causés à autrui.
Règles qui précisent à quelles conditions un dommage est réparable plus
règles de mise en œuvre. A la fin, nous verrons des règles spéciales qui
concernent des situations particulières (les responsabilités spéciales).
FONCTIONS: la fonction réparatrice. Va permettre d‟opposer la
Responsabilité Civile à d‟autres institutions assez proches
* la responsabilité pénale a une Fonction répressive.
* la responsabilité disciplinaire. A pour objet d‟élaborer des règles au
sein d‟un corps pour assurer son bon fonctionnement. Sanction de la
méconnaissance de ces règles disciplinaires. FONCTION préventive.
* la responsabilité morale sanctionne les manquements aux règles
morales. FONCTION normative. FONCTION de rappel des règlements.
Sanction impalpable, c„est plus un sentiment de culpabilité.
- fonctions accessoires. Parfois la Responsabilité Civile a
une Fonction répressive, punitive (devoir payer des Dommages et intérêts
par ex); Fonction préventive (risque d‟être sanctionner civilement à des
Dommages et intérêts _ certaines réparations civiles tendent à tarir la source
d‟un dommage futur _ façon de réparer tout en prévenant de nouveaux
dommage), Fonction normative aussi (rappel de la règle de droit).
DISTINCTION RESP DELICTUELLE/RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE:
* Responsabilité contractuelle: règles qui obligent une personne à
réparer les dommages résultant de l‟inexécution d‟un contrat. Régie par le
Code civil aux articles 1147 à 1156. Article phare = art 1147.
* Les responsabilités délictuelles et quasi-délictuelles: sont engagées
en dehors de tout contrat à chaque fois qu‟une personne a commis un fait
illicite dont il résulte un dommage pour d‟autres personnes. Celui qui est à
l‟origine de ce dommage devra réparer son fait à autrui. Art 1382 à 1386 Code
civil. C‟est très peu.
Autrefois, certains opposaient la responsabilité délictuelle qui résulte
des délits, c‟est à dire de faits illicites volontaires et la responsabilité quasi-
délictuelle qui résulte de faits illicites mais involontaires (représentation
traditionnelle, du XIX). On considérait que l‟article 1382 visait les délits et 1383
à 1386 Code civil les quasi-délits. On séparait les textes.
Aujourd‟hui, on considère que les responsables se confondent. On
parle tout simplement de responsabilité délictuelle. Distinction délits/q-d
quasiment tombée en désuétude. On parle aujourd‟hui plus volontiers de
responsabilité extracontractuelle. L’APC utilise cette expression.
- l‟article 1382 Code civil vise la responsabilité pour faute.
- l‟article 1383 précise ce qui faut entendre par faute.
- art 1384 à 1386 visent des cas de responsabilité sans faute.
SECTION II EVOLUTIONS et
FONDEMENTS DE LA RESPONSABILITE
CIVILE
I/ ÉVOLUTION
5 grands époques.
1°) LES SOCIETES PRIMITIVES_ 1ers âges de l‟humanité. La Responsabilité
Civile n‟existait pas de manière distincte. Responsabilité unique,
« responsabilité mixte » (mi- pénale/mi- civile). A l‟époque, tout ça n‟a pas de
sens. Le mot « responsabilité » ne date que du XIX! La sanction s‟exprimait
par la vengeance privée. On punissait et on réparait en même temps.
La responsabilité était très objective. On ne recherchait pas qui était coupable,
qui était fautif: la vengeance était aveugle. Celui qui était puni n‟était pas
forcément le coupable. C‟était par ex un membre de la tribu adverse. Elle était
aussi généralement collective. On cherchait à sanctionner une collectivité
adverse, le clan, celle censée être à l‟origine du mal.
2°) évolution très lente. Etape de l’APPARITION D’UNE AUTORITE au sein
de la société. Règles élaborées, sanctions précisées. Avec ce progrès du
droit, on va petit à petit distinguer 2 types de dommage: les délits publics et
délits privés. Les délits publics correspondent grosso modo à nos délits
pénaux. Les délits privés sont les dommages causés par une personne à une
autre. C‟est l‟origine de la distinction de la Responsabilité Pénale et la
RESPONSABILITÉ CIVILE.
XVII. Le 1er auteur qui affirme en termes clairs et nets le concept de la
Responsabilité Civile (sans en utiliser le nom) est JEAN DOMAT. Toute
personne qui cause un dommage à autrui à cause d‟une faute oblige son
auteur à réparer.
La responsabilité est subjective car on exige qu‟une faute soit à l‟origine d‟un
dommage. Elle devient individuelle.
3°) LE CODE CIVIL. Enonce parfaitement le principe énoncé au plus grand
article du code, reprenant le travail de DOMAT.
Tout fait quelconque de l‟Homme qui par sa faute cause à autrui un dommage
s‟oblige à le réparer.
4°) PERIODE XIX _ 1ère ½ XX. Evolution qui va dans le sens d‟une plus
grande objectivité, plus de socialisation. 2 causes:
- le développement de la société industrielle. Progrès a entrainé le
développement du machinisme => multiplication de dommage engendrés par
des machines; dommage qui n‟existaient pas avant. Des dommages corporels
plus graves, des dommages parfois mortels. Le besoin de réparation
provoque un développement exponentiel de la RESPONSABILITÉ CIVILE.
- le développement des assurances (cause proprement juridique) et en
particulier les assurances de responsabilité. Elles permettent au responsable
de ne pas payer personnellement d‟indemnités à la victime. Or, à partir du
moment où ce n‟est plus le responsable qui indemnise la victime, la
responsabilité peut s‟étendre davantage et par conséquent s‟objectiver. A
partir de la fin XIXème siècle jusque. La fin du XXème, on assiste à
ce phénomène de développement objectif de la RESPONSABILITÉ CIVILE.
5°) développement DE LA LOI. Cas de responsabilités sans faute. La
Jurisprudence suit exactement le même mouvement avec parfois des
interprétations très audacieuses. Tribunaux créent de toute pièce des cas de
Responsabilité sans faute.
II/ FONDEMENTS
1°) QUESTION du fondement était secondaire à l‟époque du Code civil car
elle était évidente: il y avait une faute à l‟origine.
2°) Puis développement des Responsabilité Sans Faute. Mise en avant de
l‟idée de risque. Toute situation dangereuse, lorsque le risque se réalise, lors
le dommage survient, justifie en soi que ce dommage soit réparé. Le risque
est donc le fondement de l‟Obligation de réparer les dommages qui consistent
en sa réalisation.
QUESTION: la désignation du responsable? C‟est l‟auteur de la faute.
Le risque va permettre également, par l‟élaboration de critères, de désigner
celui qui va devoir réparer le dommage.
Critères vont se traduire par une pluralité de théories de risques:
- Théorie du risque-profit: celui qui devra réparer le dommage = celui
à qui profite l‟activité à risque.
Ex: si un accident du Travail survient, l‟employeur devra réparer. Le Travail
profite à l‟employeur donc il doit réparer. Le risque est en quelque sorte la
contrepartie du profit retiré.
- Théorie du risque créé, critère de l‟activité (un peu plus large). Celui
qui initie une activité qui présente des dangers, c‟est celui qui devra payer les
dommages résultant de l‟activité à risque.
Ex: achat d‟une voiture, circulation, accident. C‟est donc le
propriétaire/conducteur du véhicule qui devra réparer le dommage.
- Théorie du risque-autorité. Critère de l‟autorité. Celui qui répare le
dommage = celui qui a autorité sur autrui. Il se peut en effet qu‟une personne
cause un dommage en étant sous l‟autorité d‟une autre personne.
Ex: dommage causé par un enfant mineur > les parents devront le réparer car
ils ont autorité parentale.
Ces théories vont prendre place à côté de la faute. A un moment, on s‟est
demandé si le risque n‟avait pas absorbé la faute!
Saleilles: « il faut passer la faute par-dessus bord! »
III/ LES TENDANCES ACTUELLES
Prolongements des évolutions du XIXème siècle-XXème siècle
- L’OBJECTIVATION CROISSANTE DE LA RESPONSABILITÉ
CIVILE. Se manifeste par la multiplication des lois (RSF). Une des plus
importantes par son champ d‟application est la loi du 5 juillet 1985, loi
BADINTER. Elle concerne les accidents de la circulation. Tout propriétaire
d‟un véhicule qui est impliqué dans un accident de la circulation doit réparer
les fautes qui en résultent. On ne recherche pas préalablement la faute.
Périodiquement, la Cour de Cassation rend un arrêt phare qui permet
d‟engager la responsabilité de personnes qui ne sont absolument pas
fautives! Jusqu‟en 1997, les parents n‟étaient responsables que s‟ils avaient
commis une faute dans l‟éducation, dans la surveillance des enfants. Ce n‟est
plus le cas depuis l’arrêt Bertrand. Sorte de retour en arrière, le risque
l‟emporte de plus en plus en tant que fondement de la RESPONSABILITÉ
CIVILE.
- LA COLLECTIVISATION DE LA RESPONSABILITÉ CIVILE. 2
formes dont la 2ème est en train de tuer l‟institution même de la Responsabilité
Civile:
* la forme indirecte: compte-tenu du rôle de l‟assurance, en pratique, ce ne
sont pas les responsables qui indemnisent les victimes. Statistiquement
parlant, il est assez rare que le responsable indemnise sur son propre
patrimoine. Au final, la charge de la réparation pèse sur la collectivité des
assurés.
* la forme directe: c‟est un organisme public, alimenté par des fonds publics
(souvent par l‟impôt), prend en charge la réparation de certains dommage. Le
1er est la Sécurité Sociale. A côté, multiplication des fonds de garantie, des
fonds d‟indemnisation de certaines catégories de victimes (indemnisent
indépendamment de toute responsabilité). Le fonds de garantie des victimes
d‟accidents médicaux (2002 _ Kouchner), des victimes de l‟amiante (2001),
des transfusés et hémophiles, etc.
La grande loi de 1898 prévoyait que pour tout accident du Travail, employeur
devait réparer objectivement, automatiquement les dommages causés
(fondement du risque-profit). Puis perfectionnement du système, très grande
réforme de 1945. Depuis, c‟est la Sécu qui prend en charge les accidents du
Travail.
Il en résulte une « dilution de la Responsabilité Civile », une « socialisation de
la Responsabilité Civile » (SAVATIER). La réparation du dommage est l‟affaire
de la collectivité nationale. [NDP] il pense qu‟il faut aller plus loin, voit un
dépassement de la Responsabilité Civile car la Responsabilité Civile suppose
au moins une chose: lorsque le dommage est causé, la charge du dommage
pèse sur un responsable désigné car il a une certaine relation avec le
dommage. A partir du moment où l‟on ne peut plus constater cela, on n‟est
plus dans le Droit de la RESPONSABILITÉ CIVILE.
SECTION III DISTINCTION
FONDAMENTALE RESPONSABLE
DELICTUELLE/RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE
Principe = on est dans le domaine de la responsabilité délictuelle tant qu‟on
n‟est pas dans le domaine contractuel.
Il faudra rechercher si les conditions de mises en œuvre de la Responsabilité
Civile sont réunies et à défaut, application de la Responsabilité Délictuelle.
I/ LA QUESTION DE L’EXISTENCE DE LA
RESPONSABILITE CONTRACTUELLE
A_ LES 2 GRANDES THESES EN PRESENCE
1°) Pour certains auteurs, la Responsabilité Civile n‟existent pas (minoritaires).
Considèrent que lorsque l‟inexécution d‟un contrat cause un dommage à l‟un
des contractants, les Dommages et intérêts qui vont permettre de réparer ce
dommage ne sont qu‟une forme d‟exécution de l‟obligation qui a été
inexécutée. Il parle d‟exécution par un équivalent pécuniaire (on parle à tort
de Responsabilité Civile). Thèse assez séduisante. Si inexécution, on
demande l‟exécution en nature ou Dommages et intérêts. Ces auteurs
considèrent que ces Dommages et intérêts ne sont qu‟une forme de
l‟obligation non-exécutée. Ces auteurs observent que dans les articles 1147 et
suivants, on parle bien du droit du créancier à obtenir des Dommages et
intérêts, que le débiteur devra les verser, mais à aucun moment on ne parle
de responsabilité contractuelle dans le Code Civil!
Thèse soutenue fin XIX, pas reprise au XX jusqu‟aux a.90. Elle est à nouveau
reprise par quelques auteurs. Pour certains, c‟est un « faux concept » (titre
d‟un article de doctrine).
2°) doctrine dominante XIX/début XX. Lorsqu‟une obligation contractuelle n‟a
pas été correctement exécutée et que le créancier, au lieu de demander la
résolution, préfère demander une indemnisation, il met en œuvre une
obligation nouvelle par rapport à l‟Obligation contractuelle initiale non-
exécutée, qui est celle de réparer le dommage (Obligation qui succède à celle
qui n„est pas exécutée!). C‟est la position de la jurisprudence.
B_ CRITIQUES
NDP favorable à la position dominante. L‟exécution d‟une obligation n‟est
possible qu‟en nature (on promet de fournir un travail..). Si on est condamné à
le fournir, on est condamné à le fournir en nature (à ce qui est promis de
faire). Si on condamne le débiteur à des Dommages et intérêts, c‟est autre
chose qu‟exécuter une obligation contractuelle. Cela donne lieu à une
RESPONSABILITÉ CIVILE.
Conséquence: les la Responsabilité Civile et responsabilité délictuelle ont
une même nature. Il s‟agit toujours de réparer un dommage, simplement,
quand RC, le dommage résulte d‟une inexécution contractuelle. C‟est l‟unique
différence (certains particularismes de la RC).
II/ LES CONDITIONS D’EXISTENCE DE LA
RESPONSABILITE CONTRACTUELLE
- existence valable d‟un contrat entre le responsable et la victime
- inexécution d‟une obligation contractuelle (suscite le plus de difficultés)
- il faut que le responsable de la victime soit relié par le contrat.
A_ L’EXISTENCE D’UN CONTRAT VALABLE
1°) Exigence de formation d‟un contrat qui exclut la
Responsabilité Civile dans certaines situations qui ressemblent à un contrat. 3
situations:
* les situations précontractuelles: rupture des pourparlers; hypothèse
du VDC (la victime du dol pourra cherche la responsabilité de l‟auteur:
responsabilité délictuelle car dol dans une phase qui précède la formation du
contrat; avant-contrats > la Responsabilité Civile car période précontractuelle
organisée par un avant-contrat qui est lui-même un contrat).
* les situations paracontractuelles. Cas classique du voyageur sans
billet. Situation qui ressemble comme 2 gouttes d‟eux à celle où un contrat
s‟exécute mais il n‟y a pas de contrat! La SNCF sera responsable
délictuellement. Cas des squatteurs.
* les situations post-contractuelles. Personnes qui ont été liées par un
contrat mais ne le sont plus car le contrat a pris fin. Au moment du fait
dommageable, il n‟y a plus de contrat. Il a pris fin mais UNE OBLIGATION
survit à ce contrat, visant à régir la fin du contrat. Ex: le contrat de travail qui
prévoit une obligation de non-concurrence/obligation de confidentialité à
l‟égard du salarié. Obligation précisément destinée à régir les relations futures.
La responsabilité est ici contractuelle.
DIFFICULTES: * dommage causés dans des relations de services
gratuits (hypothèse de services rendus). Jurisprudence répond par un
principe: dans ce type de relation, aucun contrat n‟est formé entre les parties.
Dès lors qu‟il y a un accord entre les parties, un contrat est formé. Un contrat
peut être gratuit. Si un dommage est causé à l‟occasion de l‟inexécution de ce
contrat gratuit > RESPONSABILITÉ CIVILE. Pb: très souvent, les personnes
qui se rendent service n‟ont pas eu le sentiment de conclure un contrat (les
actes de pure courtoisie) > RD.
* Le transport bénévole = simple acte de courtoisie = RD. Il
n‟y a pas d‟animus contrahendi. Pas de suffisante volonté de s‟engager.
* porter secours à autrui. Jurisprudence a considéré
qu‟il pouvait y avoir convention d’assistance. On ne sait pas très bien quand le
secours porte une véritable assistance.. Critique unanime de la doctrine de ce
concept.
> Dans une telle convention, l’animus contrahendi est hypothétique. Il est très
rare que la personne qui porte secours ait la sensation de contracter. Il est
artificiel de découvrir un contrat dans de telles situations.
> Incertitude totale sur les critères de distinction.
2°) VALIDITE DU CONTRAT
Conclusion d‟un contrat d‟une façon régulière (pas de vice de forme ou de
fond).
Ou le contrat est annulé à la demande d‟une partie > effet rétroactif >
responsabilité alors nécessairement délictuelle.
Mais si contrat nul mais pas annulé par un tribunal: si dommage causé >
RESPONSABILITÉ CIVILE.
B_ UN DOMMAGE RESULTANT DE
L’INEXECUTION D’UNE OBLIGATION
CONTRACTUELLE
Il ne suffit pas qu‟un contrat existe.
Pas de difficulté si les OBLIGATIONS sont clairement exprimées; si c‟est
l‟inexécution d‟une obligation principale; si l‟obligation est imposée par la loi
(source légale intégrée au contrat); on admet l„intégration au contrat des lois
supplétives.
DIFFICULTES avec les sources prétoriennes.
1°) LES OBLIGATIONSS PRETORIENNES
Obligation de sécurité (la principale); de conseils, de mises en garde,
d‟informations; de surveillance, etc.
Ont en réalité une nature contractuelle. Le fondement de ce caractère
contractuel est généralement trouvé dans l‟article 1135 Code civil (le contrat
oblige à toutes les suites que l’équité, l’usage et la loi imposent aux parties). Si
une de ces OBLIGATIONS est transgressée > RESPONSABILITÉ
CIVILE. En soi, le procédé n‟est pas condamnable. Il est généralement
approuvé par la doctrine mais la plupart émet des réserves justifie ce procédé
qu‟à 2 conditions:
- obligations doivent être conformes à l‟équité (protection particulière
d‟une partie; assurer indemnisation de certaines catégories de victimes).
- que les OBLIGATIONS prétoriennes aient une relation avec
l‟économie du contrat, avec l‟objet des OBLIGATIONS principales du contrat.
Autrement, risque d‟artifice.
Pourtant, certains auteurs constatent que les OBLIGATIONS ne répondent
pas à l‟équité et nuisent parfois aux parties (c‟est un comble!). Ex: obligation
de sécurité imposée. Mais on va dire que cette obligation ne sera
transgressée que si le débiteur a commis une faute ce qui va obliger la victime
à prouver une faute du débiteur (pas toujours facile à établir). Alors que si on
se passait sur le terrain délictuel, la victime bénéficierait d‟une responsabilité
objective (pas besoin d‟établir une faute pour avoir le droit à une réparation).
Effet pervers.
De plus, les juges ont tendance à introduire des OBLIGATIONS de sécurité
dans les contrats alors qu‟elles n‟ont aucun rapport avec l‟objet du contrat.
L‟obligation de sécurité protège la partie exposée à certains dangers.
(L‟obligation de sécurité est celle qui suscite le plus de débats et de réserves)
Ex: aller au cinéma. Exploitant obligé à une obligation de sécurité. Pourtant,
pas situation particulièrement dangereuse!
Idem pour les gérants de restaurants, d‟hôtels. Injustifié!
En résulte certaines réactions jurisprudentielles. Dans les années.80, 90, on
assiste à un léger repli de l‟obligation de sécurité. Cas des établissements où
l‟on accueille une clientèle (arrêt: on dispense de la Responsabilité Civile la
situation où une personne glisse dans le hall d‟un dispensaire). De même,
arrêt important qui manifeste ce repli > concerne la SNCF (transport de
voyageurs par chemin de fer). A l‟origine, depuis 1911, Obligation de sécurité
imposée à la SNCF concernant tous les voyageurs, depuis leur entrée jusqu‟à
leur sortie de la gare. Même pour des accidents de quais. Arrêt Civil 1ère, 7
mars 1989, écarte Obligation de sécurité pour la phase qui précède la montée
dans le train et la phase qui succède le moment où la victime achève de
descendre du train à la gare de destination. Cour de Cassation procède à un
découpage en 3 périodes.
2°) LIMITES AU CARACTERE CONTRACTUEL DE LA
RESPONSABILITE
Alors même que contrat formé et que manquement à une Obligation
contractuelle.
- SITUATION OU DOMMAGE CAUSE PAR UN OFFICIER
MINISTERIEL et RESULTE A UN MANQUEMENT A UNE OBLIGATION DE
CONSEIL (notaires, quelque arrêt sur les huissiers de justice et avoués de
cour d„appel): la responsabilité est délictuelle alors même que l‟obligation de
conseil est contractuelle. L‟explication est vaseuse: officier ministériel exerce
une profession publique donc l‟obligation a un caractère légal.
- HYPOTHESE D‟ABUS D‟UN DROIT CONTRACTUEL
Ex: une personne résilie un CDD. On peut résilier le contrat à condition d‟y
mettre un peu les formes sinon, on engage sa responsabilité de nature
délictuelle dit la Jurisprudence, Il n‟y a pas inexécution contractuelle mais
usage abusif d‟un droit.
C_ EXIGENCE D’UNE RELATION ENTRE LE
RESPONSABLE et LA VICTIME
Exigence lié au principe de l‟effet relatif des contrats. Conséquence indirectes:
le responsable doit être un contractant, la victime aussi.
1°) Responsabilité délictuelle des tiers envers un
contractant
Une partie du contrat victime d‟une inexécution contractuelle mais faute d‟un
tiers au contrat. Il va transgresser une Obligation contractuelle à laquelle il
n‟est pas tenu. On dit que le tiers se fait le complice de l‟inexécution par une
partie. Hypothèse du salarié qui s‟oblige dans son contrat de Travail à ne pas
concurrencer son employeur. Si ce dernier passe un contrat avec un tiers et
que l‟exécution du contrat amène à faire concurrence à l‟employeur, le tiers se
sera fait le complice de l‟Obligation de non-concurrence et engagera sa
responsabilité délictuelle.
Le tiers n‟est pas forcément complice. Par ses agissements propres, il
va empêcher une partie au contrat de jouir pleinement de ses droits
contractuels. Il n‟y a pas d‟inexécution d‟Obligation par une partie. Ex: lors
d‟un contrat d‟édition, un auteur cède ses droits à un éditeur et ce faisant,
l‟autorise à reproduire son œuvre. Si avant la sortie du livre, un journaliste
reproduit dans la presse une partie du livre/dévoile une partie du contenu, ce
journaliste aura transgressé les droits acquis par l‟éditeur en vertu du contrat.
- Comment expliquer qu’un tiers puisse être responsable de l’inexécution d’un
contrat? C‟est le principe de l‟opposabilité du contrat au tiers.
- exigence de la mauvaise foi du tiers pour engager sa responsabilité (il
connaissait les droits donnés par le contrat). Certaines jurisprudences :
comportement frauduleux tiers (machination tiers-cocontractant, complicité...).
2°) Responsabilité délictuelle des contractants à l’égard
des tiers
C‟est l‟hypothèse inverse. Un contractant transgresse une Obligation
contractuelle (mauvaise/non-exécution), d‟où va résulter un dommage pour un
tiers. Principe de la responsabilité délictuelle du contractant envers les tiers
(ne peut être contractuelle qu‟entre les contractants). Ex: bien vendu à une
partie dans le cadre d‟un contrat. de vente. Ce bien est défectueux et cette
défectuosité cause un dommage à tiers. La responsabilité du vendeur du bien
sera une responsabilité délictuelle à l‟égard des tiers.
- opposabilité du contrat. Par les tiers: un tiers victime de l‟inexécution
du contrat. Impose le contrat. aux parties contractantes.
Règle J: Hypothèse où une partie à un contrat manque à une Obligation
contractuelle. Ce manquement correspond systématiquement à une faute
délictuelle à l‟égard des tiers. Pendant longtemps, Jurisprudence considérait
que lorsqu‟une partie manquait à ses OBLIGATIONS et que cela causait un
dommage à un tiers, ce manquement ne constituait pas forcément une faute
délictuelle permettant au tiers d‟engager la responsabilité des parties
contractuelles. Principe: la faute doit être appréciée en elle-même,
indépendamment de tout peut de vue contractuel. Pendant longtemps, le
responsable des débiteurs n‟étaient pas systématique. Depuis Arrêt de la
Cour de cassation. Assemblée Plénière, 6 oct. 06: tout manquement
contractuel correspond à une faute délictuelle à l‟égard des tiers. En résulte
le principe d’assimilation de la faute contractuelle et de la faute
délictuelle.
2 EXCEPTIONS:
1) la SPA tacite. Lorsque les parties à un contrat s‟engagent
réciproquement à des OBLIGATIONS, l‟une des parties, en plus de ces
OBLIGATIONS, s‟engage à l‟égard d‟un tiers en vertu d‟une SPA tacite.
Parties au contrat auraient stipulé pour les proches des cocontractants.
Hypothèse la plus connue: le transport terrestre de personnes, le transport par
voie de chemin de fer. Lorsque les parties contractent, la SNCF est censée
avoir stipulé au profit des proches de ce voyageur (JP 30s). Obligation de
sécurité (de résultat). S‟il y a un problème, la SNCF a l‟Obligation d‟indemniser
les proches du voyageur en vertu de cette SPA. Cette responsabilité pourra
être contractuelle.
> Aujourd‟hui, on se demande si cette illustration est
encore d‟actualité. Un arrêt récent COUR DE CASSATION a écarté une SPA
dans un contrat de voyage, passé entre un client et un voyagiste, lorsque le
client a été victime d‟un accident de transport. SPA tacite comparable en tout
peut à la SPA tacite mise à charge de la SNCF par transport par voie de
chemin de fer. Arrêt 28 oct. 2003, abandon de cette SPA tacite. A considéré
que le voyagiste était délictuellement responsable à l‟égard des proches de
son client décédé au cours d‟un accident de transport pendant le séjour. Est-
ce un abandon général?
2) Hypothèse d‟action contractuelle directe dans les chaines de
contrats. Très souvent, pour réaliser une opération économique, plusieurs
contrats. doivent être passés. Il forme un « groupe/ensemble de contrats » ou
une « chaîne de contrats. » Lorsqu‟une partie à l‟un des contrats manque à
ses OBLIGATIONS et cause un dommage à une partie à un autre contrat de
l‟ensemble, parfois la Jurisprudence décide que la responsabilité du
contractant est de nature contractuelle à l‟égard de la victime. Notons que le
responsable et la victime ne sont pas liés entre eux par un contrat mais ils
appartiennent à une chaine de contrat. Cette hypothèse est limitée à
l‟Hypothèse particulière d‟une chaine de contrats translative de propriété.
Dérogation au principe de RD.
> Ex classique: Jurisprudence a ainsi commencé à
admettre une responsabilité contrat (chaines de contrats translatifs de
propriété). Hypothèse d‟une vente successive d‟un même bien. Vente du
fabricant au grossiste, puis à un détaillant.. Hypothèse très courante! Depuis
fin XIX, Jurisprudence admet que le dernier acquéreur du bien qui subit un
dommage pourra engager la responsabilité de n‟importe quel vendeur de la
chaine (peut remonter jusqu„au fabricant). Dérogation au principe de la
responsabilité délictuelle... Ici, ce sera une responsabilité contractuelle.
Fondement de cette solution: celui de la transmission de l‟action en
responsabilité contractuelle accessoirement à la propriété de la chose. Action
dont disposait l‟acquéreur initial transmise à la victime.
- Exception au principe de l‟effet relatif: concerne les ayant-cause à titre
particulier. Les acquéreurs successifs sont des ayant causes à titre particulier.
L‟action en responsabilité est un droit transmis intuitu rei (comme une
créance), accessoirement à la chose. C‟est l‟idée de transfert d‟action intuitu
rei qui justifie le caractère contractuel de la responsabilité On dit que
l‟acquéreur final a une action contractuelle directe en responsabilité (depuis
1820s). Pendant longtemps, limité à la chaine de contrat de vente.
> Puis Jurisprudence a étendu petit à petit > les chaines hétérogènes:
ce sont bien des chaines de contrat mais les contrats ne sont pas de même
nature. Contrat d‟entreprise suivi d‟un contrat de vente. Application très simple
qui concerne la construction immobilière. Le propriétaire s‟adresse à un
architecte et passe un contrat d‟entreprise. Une fois la maison terminée, le
maitre de l‟ouvrage vend sa maison. Une malfaçon apparait après la vente. Et
bien l‟acquéreur de la maison pourra engager la responsabilité des
constructeurs, architectes et entrepreneurs. Responsabilité de nature
contractuelle. En fait, ns sommes en présence d‟une chaine translative de
propriété. Action transmise accessoirement à la propriété du bien. En fait,
l‟acquéreur exerce l‟action du maitre de l‟ouvrage transmise par suite du
contrat de vente de la maison. Jurisprudence de 1967 puis consacré par le
législateur.
> Autre espèce de chaine de contrat translative de propriété. Contrat
de vente puis contrat d‟E (sens inverse).
Hypo= une personne fait construire une maison et s‟adresse à des
constructeurs. L‟entrepreneur va sa fournir en matériaux de construction
divers auprès de fournisseurs. Avec eux, il va passer des contrats de vente.
L‟un des matériaux, intégré à la construction, est défectueux. Maitre de
l‟ouvrage peut recherche la responsabilité des constructeurs mais AUSSI
responsabilité du fournisseur, tiers au contrat. La Jurisprudence admet que la
responsabilité du fournisseur envers le maitre de l‟ouvrage est une
responsabilité de nature contractuelle toujours parce que c‟est une chaine de
contrat translative de propriété. L‟action contractuelle s‟est donc transmise par
transfert de la propriété du matériau défectueux. C‟est l‟action issue du contrat
de vente. On appelle ça une chaine de contrat de vente suivi d’un contrat
d’E.
- A p. a.80, Jurisprudence a admis l‟action contractuelle directe en
responsabilité D‟abord, Jurisprudence divisée.
- puis Jurisprudence fixée par 2 arrêts Assemblée Plénière., 7 fév. 1986.
Maître d'ouvrage à qui on fournirait des matériaux défectueux, responsabilité
contractuelle. La Jurisprudence est allée très loin en considérant qu‟un
acquéreur, puis sous-acquéreur puisse exercer une action contre un
entrepreneur. Donc un tiers (n‟ont pas traité ensemble). Lorsque le maitre de
l‟ouvrage exerce son action, elle ne peut être que de nature contractuelle.
- Arrêt très célèbre, Chambre civile 1ère, 9 oct. 1979, Lamborghini. Enonce
que la responsabilité du sous-acquéreur d‟un bien est nécessairement de
nature contractuelle. Pas possible pour l‟autre de se prévaloir de sa qualité de
tiers pour invoquer une responsabilité délictuelle.
- Par la suite, Civil 1ère a tenté sans succès d‟étendre les actions en
responsabilité contractuelle. directe au sein de tous les groupes de contrats. 2
arrêts Civil 1ère chambre de 1988 ont retenu cette solution, notamment dans
des chaines de contrat d‟Entreprise (Hypothèse de sous-traitance).
Responsabilité du sous-traitant envers le maitre de l‟ouvrage n‟est pas
contractuelle en principe. Oui dans arrêt 21 juin 1988.
Principe: dans un groupe de contrat, la responsabilité de l‟un est une
responsabilité contractuelle. Les solutions antérieures s‟étendaient à TOUS
les groupes de contrats.
- La 3ème Chambre civile s‟est toujours opposée à cette différence
Jurisprudentielle.
- Arrêt important, Assemblée Plénière. 12 juillet 91, Besse a fixé la
Jurisprudence, Il condamne position de la Civil 1ère. Refus d‟une extension
illimitée d‟action contractuelle directe au sein des groupes de contrat. En
l‟espèce, travaux de plomberie, maitre de l‟ouvrage s‟adresse à un plombier
qui lui, a sous-traité ses travaux auprès d‟un autre plombier. Le Maitre de
l‟ouvrage subit dommage et s‟adresse au plombier sous-traitant, cherchant sa
responsabilité contractuelle. Appui sur le principe de l„effet relatif du contrat.
Donc il y a une distinction entre les chaines translatives ou non. Il y a
des arrêts dissidents d‟espèce, difficiles à interpréter. Le régime de ces
actions contractuelles est dicté par le fondement de ces actions: régime de
l‟action transmise.
En somme, c‟est l‟action de l‟acquéreur initial transmise au sous-acquéreur
donc le régime de cette action s‟applique.
Civil. 3ème, 28 novembre 2001 : lorsque l'action d'un maître de l'ouvrage est
intentée contre un fournisseur d'un sous-traitant, elle ne peut être que de
nature délictuelle. Ex : Une personne s'adresse à un entrepreneur pour faire
des travaux de construction, lequel les sous-traite. Ce dernier fourni en
matériaux de construction. Défectueux. Maître de l'ouvrage : responsabilité du
sous-traitant sur fondement contractuel (JP 1986). Civil 3ème l'a refusé (RD).
Critiquable car chaîne translative de propriété d'un bien. Recul.
Régime de l'action = celui du contrat inexécuté (conclu par le responsable et
non celui conclu par la victime).
III/ LES REGLES RELATIVES AUX
DOMAINES RESPECTIFS DES
responsabilité délictuelle et Responsabilité
Civile
La Jurisprudence élabore une règle comme véritable principe pour éviter toute
confusion: principe du non-cumul des responsabilité délictuelle et
RESPONSABILITÉ CIVILE.
A PRINCIPE DU NON-CUMUL DES
RESPONSABILITES Se décline en 2 règles distinctes
1°) NON-CUMUL STRICTO SENSU
Une victime d‟un dommage ne peut invoquer cumulativement les règles
délictuelles et contractuelles; pas de panachage.
2°) REGLE DE LA NON-OPTION
Règle plus importante. Lorsque les règles contractuels. s‟imposent, à
l‟exclusion des règles délictuelles, la victime ne choisit pas les règles qui lui
sont les plus favorables. Il faut d‟abord se demander si on est dans le domaine
de la RESPONSABILITÉ CIVILE. Si oui, pas d‟Ordre Public.
B_ EXCEPTIONS (2) plusieurs ont disparu.
1) HYPOTHÈSE DE LA SPA TACITE. Des tiers à un contrat pouvaient se
prévaloir d‟une SPA (cas proches de la victime d‟un accident de transport).
Selon la Jurisprudence, peuvent aussi renoncer à cette SPA et se prévaloir de
leur qualité de tiers. En résulte une option au profit de la victime, en
Fonction de son intérêt. De fait, on a observé que les tiers victimes se
prévalaient de la responsabilité délictuelle > la SPA tacite tombe en désuétude
(cf. arrêt de 2003 concernant le voyagiste). On se demande si la SPA tacite
est toujours d‟actualité.
2) Hypothèse où l’inexécution d’un contrat est constitutive d’une
infraction pénale. Pas très fréquent. Il se peut qu‟en manquant à une
Obligation contractuelle, je commette une infraction à la loi pénale. Sur le plan
procédural: victime peut saisir les Juridiction civiles pour demande réparation
de son dommage ou les Juridiction répressives. Action civile. Or, selon une
Jurisprudence constante, lorsque la victime choisit la LP, seules les règles de
la responsabilité délictuelle sont applicables, juge pénal ne peut pas appliquer
les règles de la RESPONSABILITÉ CIVILE. La victime peut ainsi opter pour
les règles délictuelle ou contractuelle en choisissant sa Juridiction (civile >
contractuel, pénale > délictuel).
TITRE I LES CONDITIONS
DE LA RESPONSABILITÉ CIVILE
3 conditions: dommage, fait générateur du dommage, lien de causalité. On
constate que certaines sont invariables, on les retrouve en toute Hypothèse de
responsabilité civile quelle qu‟elle soit. Le fait générateur est variable, il donne
lieu à plusieurs espèces de responsabilité civile (3): du fait personnel, du fait
des choses et du fait d‟autrui.
SOUS-TITRE I LES
CONDITIONS INVARIABLES DE LA
RESPONSABILITÉ CIVILE
CHAP.1 LE DOMMAGE
On parle aussi de préjudice à chaque fois qu‟une personne se trouve atteinte
dans ses intérêts. Définit comme la lésion d‟un intérêt (patrimonial,
extrapatrimonial > préjudice moral). Lésion/dommage synonyme pour le Code
Civil et aussi pour la doctrine dominante. Ceci dit, certains auteurs considèrent
qu‟il faudrait les distinguer: le, DOMMAGE, c‟est l‟atteinte à un bien ou à une
personne et le PREJUDICE sont les Conséquence à l‟atteinte. On ne répare
pas tant le dommage que le préjudice qui en résulte. La majorité des auteurs
considèrent qu‟il y a là beaucoup de verbalisme.
Le dommage est une condition indispensable de la responsabilité
civile. La responsabilité civile est l‟obligation de réparer le dommage.
D‟ailleurs, le dommage est parfois présumé. La victime n‟a pas à prouver ce
dommage pour obtenir une réparation.
Le dommage joue un rôle en matière de RESPONSABILITÉ CIVILE. Il
est un élément distinctif de la Responsabilité Civile et des autres sanctions de
l‟inexécution du contrat (exécution forcée, résolution judicaire d‟un contrat
synallagmatique). La victime créancier n‟a pas à prouver le dommage.
I/ LES DIFFERENTES VARIETES DE
DOMMAGE Distinction dommage direct/par ricochet plus
dommage collectif.
A_ LES DOMMAGES DIRECTS
2 espèces en Fonction des intérêts lésés: les dommages directs patrimoniaux
et les dommages directs extrapatrimoniaux
Les dommages qui laissent un dommage patrimonial = préjudice patrimonial
= préjudice économique. S‟oppose au préjudice moral.
1°) LE PREJUDICE ECONOMIQUE
Dommage direct: affecte directement une victime. Un fait générateur a lésé un
intérêt patrimonial de la victime (peut être apprécié en argent). Une valeur
patrimoniale est atteinte:
- perte pécuniaire (argent, perte/détérioration d‟un bien de valeur)
= damnum emergens (dommage émergent).
- gains manqués (on les espérait, on ne les aura jamais) = lucrum
cessans (le lucre, le profit que l‟on n‟aura pas).
3 grandes catégories de préjudices économiques directs:
- LES Conséquence PATRIMONIALES DES
ATTEINTES AUX BIENS
Un bien a été atteint, soit complètement détruit, soit détérioré. En résulte une
perte de valeur patrimoniale = diminution de l‟actif du patrimoine de la
personne. Autres Conséquence possibles: perte de jouissance, perte
d‟exploitation.
- LES Conséquence PATRIMONIALES DES
ATTEINTES A LA PERSONNE
A l‟intégrité physique de la personne. On parle souvent de dommage corporel.
Conséquence préjudiciables engendrées:
- lorsque personne blessée dans un accident > frais médicaux
(chirurgicaux, d‟hospitalisation, de rééducation..).
- pertes de revenus possibles: pertes immédiates de salaires durant la
période d‟indisponibilité. Même lorsqu‟elle reprend ses activités
professionnelles, il peut y avoir une baisse de ses aptitudes professionnelles.
Ça peut se traduire par une diminution de ses revenus.
- LES PREJUDICES IMMATERIELS PURS (dixit les
assureurs).
Pas d‟atteinte préalable à une chose ou à une personne. C‟est une notion un
peu confuse.
> Immatériels car ne sont pas une Conséquence d‟une atteinte à une
chose.
> Purs car précisément ces préjudices ne se rattachent à rien.
Ex: cas lorsque des personnes sont en pourparlers et l‟un des partenaires
rompt brutalement. Frais exposés en pure perte.
Ex2: contrat annulé, résolu... Les marchés que l‟on souhaitait passer ne le
seront pas. Préjudices éco résultant de la résolution du contrat. Pire, il peut y
avoir des gains manqués: on espérait retirer un profit du contrat, il est résolu (il
y a un lucrum cessans).
Ex3: lorsqu‟une personne fait déloyalement concurrence à une autre. Perte de
clientèle se traduit par diminution de chiffres d‟affaires.
2°) LES PREJUDICES NON-ECONOMIQUES (=
PREJUDICES EXTRAPATRIMONIAL = PREJUDICES MORAUX)
Résulte de la lésion d‟un intérêt extrapatrimonial.
- LES VARIETES DE PREJUDICES MORAUX (3)
a/ les Conséquence d‟une atteinte à un droit extrapatrimonial (atteinte à un
DLP). Atteinte à l‟honneur ou considération de la personne (injures,
diffamation). Atteinte au droit à l‟image, au respect de la VP. Atteinte au droit
d‟au nom, droits familiaux, droit moral de l‟auteur d‟une œuvre.
b/ les Conséquence d‟une atteinte à l‟intégrité physique de la personne.
Conséquence parfois très importantes, diverses: les souffrances physiques,
morales... Le préjudice esthétique est également réparable (cicatrices
consécutives à des blessures; la perte d‟un membre; la simple claudication; ne
plus pouvoir jouir de certains plaisirs). Perte de certains agréments de la vie.
- préjudices sexuels (perte d‟orgasme, plus de procréation possible). Ne plus
pouvoir faire de projets familiaux.
- préjudices fonctionnels: se traduisent par des troubles physiologiques dans
les conditions d‟existence ou de Travail. Peut plus utiliser organisme comme
avant.
Atteinte à la personne dans son être (et non pas dans son avoir). Préjudice de
contamination (VIH) (Jurisprudence a étendu ce type de préjudice à la
contamination par virus d‟hépatite C).
c/ le préjudice écologique (sens large). Les pollutions... Perte de revenus
des pêcheurs (marée noire). Préjudice pur qui affecte le milieu naturel. Fait
que certaines parties de la nature se trouvent gravement endommagés,
parfois de façon irréversible. Ainsi, certaines espèces se retrouvent
condamnées. Biodiversité atteinte, la nature est victime de ce type de
préjudice. Il n‟y a pas de victime dans le sens où la nature n‟a pas de PJ, ne
peut pas demander réparation de ce type de préjudice.
- LE CARACTERE REPARABLE DES PREJUDICES
MORAUX
Depuis longtemps, Chambre réunies Cour de Cassation, 25 juin 1823,
admet leur réparation. Elle pose Cependant un certain nb de conditions.
Certains auteurs ont fait valoir des arguments contre leur caractère réparable
(un peu dépassé aujourd'hui). Ex : Eisemain : “commercialisation du
dommage moral” (50s).
- difficulté de preuve (souffrance physique, préjudice sexuel...). Les
médecins aident beaucoup les magistrats.
- on considère que ces préjudices sont irréparables (atteinte à
l‟honneur, au droit au respect de la VP). Non-sens d‟allouer une somme pour
réparer; pas d‟équivalence qualitative. On a parfois considérer que ce serait
choquant de la faire; on a parlé de « commercialisation du préjudice moral ».
En fait, cherche à monnayer une prétendue atteinte à un intérêt moral.
Aujourd‟hui, plus de débats là-dessus. On ne cherche pas à effacer le
préjudice, est irréparable en nature mais on peut le compenser
pécuniairement.
B_ DOMMAGE INDIRECT/ PAR RICOCHET
Atteinte par ricochet, par contrecoup d‟autres personnes que la victime du
dommage.
1°) LES PREJUDICES ECONOMIQUES 2
catégories
- LES PROCHES DE LA VICTIME DIRECTE
a/ les proches à charge de la victime directe. Hypothèse où la victime directe
entretenait une personne proche. Perte de subsides. Subissent un dommage
par ricochet: vont perdre l‟entretien dont ils bénéficiaient jusque-là. Cour de
Cassation pose conditions:
* décès de la victime directe (peut tendre à disparaitre, diminution de
revenu = préjudice par ricochet ?)
* preuve de la réalité de la perte par le proche. Se peut qu‟au moment
du décès, proche ne bénéficiait pas encore de subsides mais forte chance
d‟en bénéficier dans un avenir proche. Obligation alimentaire entre victime et
proche, possibilité de solliciter des aliments. De plus, il faut que les conditions
de mises en œuvre de cette Obligation soient remplies (proche dans le
besoin). Jurisprudence admet le préjudice par ricochet.
b/ dans un couple, l‟un des conjoints bénéficiait de l‟aide professionnelle de
l‟autre (commerçant qui bénéficiait de l‟aide de son épouse -tenait la caisse).
Souvent, aide familiale (aide-ménagère, éducation des enfants). Si épouse
décède, mari devra peut-être engager une personne. Le salaire qu‟il versera
sera pour lui un préjudice économique.
- LES PERSONNES EN RELATION D‟AFFAIRES
AVEC LA VICTIME
- Le créancier d‟un débiteur victime.
- préjudice par ricochet par décès d‟un des associés, notamment dans
sociétés de personnes.
- décès de l‟employeur pour un salarié
- décès d‟un salarié très performant pour le patron. Dans des circonstances
exceptionnelles, peut en résulter un préjudice économique.
Dans ces cas-là, PEUT en résulter un préjudice économique. En fait, rare que
la Jurisprudence admette ce type de préjudice. La Cour de Cassation ne l‟a
jamais consacré... Décisions isolées, peu nombreuses. Admission par juges
du fond.
On cite souvent club de football qui a obtenu une réparation par la perte d‟un
joueur très talentueux, irremplaçable.
2°) LES PREJUDICES MORAUX
Le chagrin ressenti par un proche à la suite de la perte d‟un être cher, à la
suite des blessures affectant un être cher. Résulte du fait que la victime
directe est atteinte dans son corps. “Limiter le flot des pleureurs”
Tribunaux ont voulu limiter le nb de personnes susceptibles d‟obtenir
réparation.
* dans un 1er temps, limité à cx qui ont un lien de parenté avec la
victime directe. Sort les concubins, les fiancés. Puis condition abandonnée par
la Jurisprudence,
* Puis, il fallait DECES de la victime directe. Assez rapidement
abandonnée par Cour de Cassation.
· faudrait que la victime directe ait subi des blessures « d’une
gravité exceptionnelle ». Disparition en 1977. Aujourd‟hui, plus de
véritables conditions juridiques. Mais des conditions de fait, de
preuves. Il faut prouver son chagrin. A remplacé par une sorte de
présomption de fait du préjudice d‟affectation, avec lien étroit
unissant les proches et la victime directe.
C_ LES DOMMAGES COLLECTIFS
Préjudice résultant d‟une atteinte à des intérêts collectifs. Généralement, sont
représentés par un groupement, une association le plus souvent. A ce sujet,
on peut distinguer 2 espèces d‟intérêts collectifs:
1°) LES INTERETS COLLECTIFS REPRESENTES PAR LES
MEMBRES D’UNE ASSOCIATIONS
Personnes se regroupent pour défendre des intérêts qu‟elles ont en commun.
On dit qu‟ils représentent uniquement les i collectifs de leurs membres (ex:
association contre le racisme).
Idée: lorsque i. collectifs bafoués, il en résulte un préjudice collectif. Comme
c‟est une collectivité qui subit, il faut bien qu‟une Personne Morale se fasse le
représentant de ces i collectifs pour demander réparation. Peut-il le faire?
Réponse a varié:
- dans un 1er temps, Jurisprudence hostile aux actions des
associations pour la défense des i collectifs. Chambre des requêtes, 15 juin
1923. On craignait que les associations ne fassent concurrence au parquet
(MP _ défense de l„i g). Les i collectifs, surtout lorsqu‟ils sont très étendus, ils
peuvent parfois se confondre avec l‟i g.
- petit à petit, législateur a pris des dispositions, habilitant certaines
associations, nommément désignées, à agir en justice. Début vers 1920 > les
syndicats professionnels (loi 9 mars 1913 : défendre intérêts collectifs
salariés). Puis multiplication: ordres des avocats, architectes, etc... Puis
nombre de plus en plus grands (association de lutte contre le racisme,
familiale, contre le proxénétisme, défense de l‟environement loi 2 février 1995,
alcoolisme). Aussi et surtout, association de défense des consommateurs loi
18 janvier 1992). Seule condition posée= que les intérêts collectifs qu‟elles
prétendent bafouées correspondent aux buts statutaires (notion mandat,
faculté d'agir en justice prévue par les statuts). =/ actions de groupe (class
action USA, CANADA).
A partir de là, évolution Jurisprudence très décalée dans le temps.
Association de défense: défense des intérêts collectifs de leurs membres.
Seules Juridiction civiles admettent les actions en justice de ces association
de défense; pas les Juridiction répressives. On considère qu‟elles ont reçu
mandat tacite de représenter leurs membres.
- défense d‟une grande cause, dépasse les Intérets des seuls
membres (assimilation intérêts collectifs et intérêt individuel de l'association
1980s, préjudice collectif = personnel de l'association, peut être réparé).
Irrecevabilité de l‟action en justice (prolongement de l‟arrêt de 1923). Puis, à p.
a.70, Cour de Cassation a admis au coup par coup que certaines de ces
associations pouvaient agir pour défendre i de portée très générale. La plupart
des arrêts déclaraient cette action irrecevable. Mais depuis Civil 3ème, 26 sept
2007 et un 2ème 18 oct. (sept) 2008, Cour de Cassation admet qu‟une
association peut agir en justice pour défendre i de ses membres même si elle
n‟a reçu aucune habilitation° légale. Il suffit que les objectifs atteints entrent
dans l‟objectif social de l‟association. Depuis 07, 08, toute association peut
agir en justice pour la défense des i de ses membres. Fondement le préjudice
collectif qui résulte de l‟atteinte est un préjudice personnel de l’association-
Personne Morale. Cela peut être contesté… il est difficile d‟assimiler un
préjudice de l‟association et atteinte aux i collectifs de l‟association. Jusqu‟à ce
que le législateur intervienne, c‟est le seul moyen que la Jurisprudence ait
trouvé pour admettre cette action en justice.
II/ LES CARACTERES DU DOMMAGE
REPARABLES
A_ LA CERTITUDE DU DOMMAGE
Charge de la preuve incombe à la victime. Dans certains cas peu nombreux,
Jurisprudence facilite le cas à la victime, cas chaque fois où c‟est difficile de
l‟établir. Jurisprudence pose des présomptions de dommage. Ex1:
commerçant victime de concurrence déloyale et se plaint d‟une perte de
clientèle.
1) LA PORTEE DE LA CONDITION DE CERTITUDE
1) à chaque fois qu„il y a un doute sur l„existence même du dommage, le juge
refusera de le réparer. Dommage possible, éventuel, hypothétique…
Si victime d‟invoque qu‟un simple risque, crainte d’un dommage:
Jurisprudence refuse en général de retenir la responsabilité.
/! Cette condition de certitude ne fait pas obstacle à la réparation d‟un
dommage futur. Mais le risque de dommage n‟est pas réparable: ce dernier
est hypothétique.
Ex1: les dommages corporels. Victime blessée subira des pertes de revenus
futurs... On indemnise tout de suite.
Ex2: si locaux d‟une Entreprises sont détruits par un incendie, en résulte une
série de dommage (matériels, reconstruction…). Ce sont des dg actuels,
mais aussi pertes d‟exploitation.
Ex versement subsides enfant...JP : non tant que pas réalisé.
Souvent, il y a un aléa… il ne fait pas obstacle à l‟indemnisation... C‟est une
certitude relative.
Possibilité de réparer un préjudice futur. 2 conditions : réalisation du préjudice
certaine, son évaluation immédiate doit être possible. Préjudices futurs
fréquents (ex pertes d'exploitation entreprise dont locaux et matériel
d'équipement détruits plus préjudices futurs : pertes d'exploitation OU
préjudice économique lié dommage corporel). Certitude toujours relative (futur
affecté aléa). Pas certitude absolue exigée. On exige surtout une très forte
probabilité que le dommage survienne.
Le risque de dommage est vrai mais pas réparable car il est hypothétique,
éventuel. Lorsqu‟un risque de dommage survient, il faut prendre des mesures
de prévention pour éviter la réalisation du dommage. Or, ces mesures de
prévention vont représenter un dommage car il va falloir exposer certaines
dépenses pour les prendre. Le risque de dommage génère des dépenses, un
préjudice économique mais qui est réparable car il est certain.
- un risque de dommage peut entrainer une perte de valeur immédiate.
Lorsque ce risque affecte des biens immobiliers, en résulte une dépréciation
de la valeur de ces biens. Dépenses destinées à éviter réalisation risque =
dommage réparable.
- le préjudice moral: la crainte que le risque ne se réalise, qu‟il entraine des
dommages, cette crainte est en soi réparable. La crainte est actuelle donc est
par conséquent immédiatement réparable. Civil 1, 19 décembre 09.
2°) LES DIFFICULTES DE MISE EN ŒUVRE DE LA CONDITION
DE CERTITUDE
- CONCERNANT LES DOMMAGES DE PERSONNES
REDUITES A UN ETAT VEGETATIF CHRONIQUE
Totalement ou presque totalement inconsciente à la suite d‟un accident. Sont
condamnés pour le restant de leur vie à rester sur un lit, plus de sensation,
nourrie par perfusion. Situation qui s‟apparente à un coma. Espérance de vie
sensiblement réduite mais elles peuvent survivre ainsi. Cas pas trop fréquent
mais pas exceptionnel.
QUESTION: doit-on réparer leur dommage comme si elles étaient conscientes
de leur état?
Véritable controverse doctrinale sur ce point.
1ère thèse: réparation intégrale de tous les préjudices > On doit
réparer tous les préjudices subis (préjudice éco, perte de revenus, frais de
soin, frais d‟hospitalisation et d‟assistance (frais énormes), préjudices
extrapatrimonial), on fait abstraction de leur état végétatif. On ne doit pas
profiter de l'état d'inconscience de la victime pour réduire les réparations
(respect dignité personne humaine) plus argument non-discrimination. Plus
science pas en mesure d'apprécier l'état de conscience/inconscience de la
médecine.
2ème thèse: thèse de la réparation limitée aux besoins actuels et futurs
de la victime (pour rester en vie). Réparation que des préjudices strictement
économiques. Et même, ne réparer les préjudices ne résultant que des
traitements de soin, d‟hospitalisation; seulement pourvoir aux besoins actuels
et futurs de la victime, mais pas plus. Certains préjudices supposent une
certaine conscience, pas réparés.
Thèse intermédiaire. Certains auteurs ont retenu qu‟il fallait réparer
tous les préjudices économiques sans exception (même perte de revenus Ŕ
préjudices objectifs) mais ne pas réparer préjudice moraux.
Hésitations de la Jurisprudence, Fin a.80, Cour de Cassation s‟est divisée.
Chambre Criminelle a décidé de réparer intégralement les différents
préjudices de la victime. Civil 2ème a beaucoup hésité, se réfugiait souvent
derrière le pouvoir souverain des juges du fond pour apprécier l‟étendue des
préjudices des victimes. 2ème Chambre civ très en retrait avant d„évoluer. 2
arrêts de principe du 22 fév. 1995: rejoint position de la Chambre criminelle.
A médecine est incapable de dire ce que ressentent exactement ces victimes.
On suppose qu‟elles n‟ont aucune conscience. Les médecins remarquent
parfois certaines réactions à des stimulis, sorte de lueurs de conscience. Si
c‟est le cas, on considère qu‟il faut réparer tous les préjudices. Eu égard à
cette incertitude de l‟état exact (lié à l‟incertitude de la science), on répare tt.
Aujourd‟hui, Jurisprudence unifiée.
- LES PREJUDICES LIES A LA NAISSANCE (2
hypothèses)
a/ le cas de la naissance d’un enfant non
désiré
Femme décide de recourir à l‟avortement. Il échoue. Est-ce que la femme qui
ne souhaitait pas avoir de gosse peut considérer qu’elle subit un préjudice du
seul fait de la naissance d’un enfant non désiré? QUESTION très débattue.
Certains disent NON, la naissance est toujours un évènement
heureux.
Autres auteurs ont dit, ce n‟est pas la naissance qui est soi un
préjudice mais les charges d‟un enfant au départ non désiré. Comme l‟IVG est
un acte légal, on ne peut pas reprocher à la femme d‟y recourir. Charges
peuvent représenter un préjudice réparable.
Les Juridiction l‟ont envisagé dans la certitude du dommage. En réalité, on
peut pendant l‟état de grossesse pratiquer un IVG. Quand il échoue, il n‟est
pas certain que cet enfant au départ non désiré ne le soit toujours pas à
l‟arrivée… Psychologues soulignent que finalement, les femmes sont très
heureuses d‟avoir l‟enfant. La Question se pose en termes de certitude
du dommage.
Les Juridictions administratives ont pris d‟abord position. Ont
considéré que la naissance d‟un enfant n‟était pas en soi un préjudice
réparable mais que les circonstances particulières de la naissance ou plus
exactement de la procréation pouvaient justifier une réparation (CE, 2 juillet
1982 et précisé le 27 sept 1989). Dans les circonstances particulières, on
vise 2 cas: quand l‟enfant né avec une malformation (on admet que ça
représente une charge importante pour les parents) et hypothèse du viol (voire
inceste).
Position semblable des Juridiction civiles. Se sont à peu près alignées,
avec une motivation un peu différente mais voisine. Pendant longtemps, les
Juridiction du fond ont été partagées avant que Cour de Cassation ne
tranche. Civil 1ère, 25 juin 1991: cet arrêt a fait Jurisprudence. La naissance
d‟un enfant n‟est pas en soi un préjudice réparable en l‟absence de
dommages particuliers ajoutés aux charges normales de la maternité. Les
commentaires ont évoqué situations semblables que CE (malformations,
viol..).
b/ naissance d’un enfant handicapé
A fait couler beaucoup d‟encre. Hypothèse: durant la grossesse, le médecin
commet une faute en ne l‟informant pas des risques importants que son enfant
naisse avec un handicap très lourd (souvent cause génétique). Ce risque peut
se présenter avant la procréation. Il peut survenir durant la grossesse,
notamment si femme contracte des maladies (la rubéole). Les risques de
malformation du bébé sont alors très importants. Hypothèse est celle où le
médecin n‟informe pas la mère (généticien consulté qui se trompe dans son
diagnostic; échographiste qui pratique examens prénataux et ne voient pas la
malformation). Préjudice des parents, préjudices économiques...
Jusqu‟à une époque récente, tout le monde s‟accordait à dire que ce sont des
préjudices certains et qu‟ils sont réparables.
Réparation de l‟enfant? Les parents peuvent demander en son nom réparation
du préjudice subi. Y a-t-il un véritable préjudice réparable? Aussi Question qui
touche le lien de causalité: préjudice lié à la faute du médecin?
> L‟enfant ne peut pas se plaindre d‟être né et de vivre, ça ne peut pas
représenter un préjudice. Il n‟y a pas de perte le préjudice est une perte, la
dégradation d‟un état. De plus, le handicap est congénital (l'enfant nait avec, il
ne perd rien, pas de dégradation caractéristique du dommage). On a répondu
à cela que ce n‟est pas la naissance qui constitue un préjudice, mais le fait de
naitre avec un handicap. Or, on peut se demander sérieusement s‟il n‟est pas
préférable de ne pas vivre que de vivre très lourdement handicapé! (position
philosophique) Si oui, alors il y a un préjudice.
> Difficulté concernant le lien de causalité. Lien de cause à effet entre
défaut d‟information sur les risques et la naissance d‟un enfant handicapé.
Certains auteurs disent non car le défaut d‟information ne cause pas le
handicap. Mais à cela, on a répondu qu‟on ne pouvait pas dissocier le
handicap et la naissance. Or, si le médecin avait informé la mère du risque
représenté par la naissance d‟un enfant lourdement handicapé, alors la mère
aurait peut-être pris la décision d‟un avortement thérapeutique.
Assez bizarrement, la Jurisprudence n‟a pas eu à prendre parti durant assez
longtemps. Problème n‟a pas atteint les hautes Juridiction. Les quelque
Juridiction du fond connues et publiées adoptaient des conditions assez
partagées. Concernant le préjudice des parents, très large consensus pour les
indemniser. Concernant le préjudice subi par l‟enfant, Jurisprudence partagée.
CE, 14 fév. 1997 Carez (?): historiquement, il n‟a pas statué en 1er.
Indemnisation du préjudice des parents mais pas des enfants, au motif que
sont infirmité est inhérente à son patrimoine génétique et ne constitue pas un
préjudice car il n‟y a pas de dégradation de son état. Tout en admettant que
préjudice des parents puisse être indemnisé. Position du Conseil d'Etat n‟a
pas varié.
Cour de Cassation, 2 arrêts, Civil 1ère, 26 mars 1996: position contraire.
Médecin (généticien) n‟avait informé et avait commis une faute. Enfant né
avec un très grave handicap. Indemnisation du préjudice subi par les parents
et enfant.
Autre espèce le même jour: échographiste qui n‟avait pas vu l‟enfant était
malformé. C‟est l’affaire Perruche. Cour de Cassation rend une décision que
préjudice des parents et de l‟enfant peuvent être indemnisés. Au départ, cela
passe inaperçu. La cour de renvoi résiste à la position de la Cour de
Cassation et décide ne pas indemniser le préjudice de l‟enfant. Cela conduit à
une saisine de l’Assemblée plénière de la Cour de Cassation, 17 nov.
00 (arrêt le plus célèbre de l‟histoire du droit). Confirmation de la décision du
1996. Arrêt très critiqué par les médias et un certain nb de groupes de
pression. Doctrine partagée... Arrêt le plus commenté.
3 arrêts 13 juillet 2001 et un 28 novembre 2001, Assemblée Plénière confirme
ces solutions.
Influence de l‟émotion procurée dans l‟opinion publique. Utilisation de la loi
Kouchner du 4 mars 02, qui avait un autre but (la responsabilité médicale): le
gouvernement a fait voter un texte brisant la Jurisprudence Perruche. Art 1 er:
« nul ne peut se prévaloir d’une indemnisation du fait de sa naissance. »
Cependant, les alinéas suivants de cet art sont allés plus loin que ce qu‟on
réclamait. Non seulement interdiction de l‟indemnisation de l‟enfant mais
aussi, interdiction d‟une indemnisation complète des parents. En réalité, la loi
Kouchner n‟a admis que le préjudice moral des parents.
- PREJUDICE COMMIS PAR LA FAUTE DES NOTAIRES
Manque devoir conseil.
Perte de créance du client: un notaire rédige l‟acte de vente d‟un immeuble et
commet une faute dans la rédaction de l‟acte notarié, la vente est annulée. Pb:
l‟acquéreur a une créance de restitution du prix.
Créancier avait cherché une garantie de sa créance (hypothèque) et notaire
commet une faute (oublie de la publier). Bref, le créancier perd une garantie
donc il y a pour lui un risque de ne pas pouvoir récupérer sa créance.
La Jurisprudence s‟est placée sur le terrain de la certitude du dommage:
certes le notaire a commis une faute, mais tant que le créancier n‟a pas
exercé des voies de recours contre son débiteur, le préjudice subi n‟est pas
certain. Autrement dit, il incombe d‟abord au créancier de demander le
paiement de la créance et le cas échéant, de poursuivre par des voies
d‟exécution forcée le paiement de cette créance. Il doit d‟abord s‟adresser au
débiteur. Si les poursuites sont vaines (épuisement de toutes les voies de
recours contre le débiteur), créancier pourra s‟adresser au notaire.
Exception quand il apparait d‟emblée que le débiteur est insolvable.
B_ L’ATTEINTE A UN INTERET LEGITIME
1°) PREJUDICE DES VICTIMES PAR RICOCHET
But: restreindre leur indemnisation. Le mieux, c‟est de poser une condition à la
réparation. A été énoncée dans les a.30: la Cour de Cassation exige « la
lésion d’un i légitime juridiquement protégée ». Jurisprudence exigeait d‟abord
un lien de droit entre victime directe et victime par ricochet. Quand perte de
subsides, la Jurisprudence exigeait une créance alimentaire au profit de la
victime par ricochet mais pas de lien de droit (pour le préjudice éco > pas de
lien de droit). Condition d'ordre moral : intérêt lésé légitime. Refus historique
indemnisation concubins.
Lorsque c'est un préjudice moral/d„affection, la Jurisprudence exigeait un lien
de parenté ou d‟alliance.
A côté de ce lien de droit, la Jurisprudence exigeait aussi que l‟intérêt lésé soit
légitime. Une condition morale était en quelque sorte posée à la réparation. A
l‟époque, on considérait que les concubins n‟étaient pas dans une position
légitime.
Petit à petit, Jurisprudence a évolué. Elle s‟est défaite de l‟exigence de
lien de droit.
Puis subsistait donc la condition de lésion d‟intérêt légitime. Elle faisait
toujours obstacle à l‟indemnisation invoquée par les concubins (concubines le
plus souvent). Abandon dans Assemblée plénière, 27 fév. 1970 (Arrêt
'Dangereux'). Exigence d‟une relation stable sinon doute sur la réalité du
préjudice au titre de la condition de certitude. Ne fallait pas que ce soit un
concubinage délictueux (Jurisprudence de 1975, adultère = délit).
Dépénalisation adultère 1975. Depuis, ne subsiste qu‟une condition: que le
concubinage soit suffisamment stable (stabilité -; préjudice certain).
Si une personne a plusieurs concubins, les différentes concubines ne peuvent
pas demander simultanément réparation dans le préjudice (Chambre
criminelle, 8 janvier 1985). Idem épouse demande préjudice décès mari puis
concubin juste après. De même, s‟il y a épouse et concubine, ne sont pas
toujours admises à demander simultanément indemnisation du préjudice.
Si époux décède, conjoint plus concubin peuvent obtenir réparation.
2°) PREJUDICE DES VICTIMES DIRECTES
2 types de situations:
- Hypothèse où une personne se trouve dans une situation illicite et
demander réparation d‟un dommage totalement étranger à l‟illicéité de la
situation. Distinction semble pouvoir être établie : soit situation illicite stricto
sensu mais son dommage est étranger à l'illicéité : dommage réparable, si
illicéité affecte le préjudice (élément constitutif) : préjudice pas réparable (ex
commerçant étranger en situation irrégulière, victime accident, ne peut plus
exercer commerce, pas réparé ; femme de ménage qui travaille sans être
déclarée, victime accident, ne peut plus travailler, pas réparé). Une personne
voyage en situation illicite. Supposons que le train déraille, peut-on demander
réparation du dommage à la SNCF? On peut dire qu‟il n‟y a pas de relation
entre l‟illicéité de la situation et le dommage lié à l‟accident. Si elle avait payé
le billet, aurait subi le même dommage... donc pas de raison de ne pas
l‟indemniser. De même pour personne qui vole un véhicule et a un
accident de la circulation. Mais si elle avait conduit son propre véhicule, elle
aurait eu le même accident... Donc droit à la réparation.
- Hypothèse où une victime exerce une activité illicite qui soit source
de revenus pour elle. A la suite d‟un accident, elle ne peut plus exercer cette
activité. Cette fois, Cour de Cassation répond non. Dans ce cas-là, c‟est le
dommage lui-même qui est illicite. Arrêt récent: Hypothèse de la femme de
ménage qui bosse au noir. Elle ne peut plus travailler, elle est privée de
revenus. Mais elle n‟était pas déclarée, ses revenus étaient donc illicites. Donc
le dommage qu‟elle invoque est lui-même illicite. Civil 2, 2002.
CHAP.2 UN LIEN DE
CAUSALITE ENTRE LES 2
Recherche des causes du dommage. Pour tout dommage, elles sont
innombrables. Le juriste ne recherche pas LES CAUSES du dommage mais
se pose donc une Question plus simple: il se demande si toute personne qui a
commis un fait générateur de responsabilité (par ex une faute) est la cause du
dommage invoqué par la victime. Cela suscite 2 séries de difficultés:
- difficultés de fond: difficile de savoir si tel fait est une cause du
dommage
- difficultés de preuve: charge de la preuve appartient à la victime
SECTION I LES SYSTEMES
DOCTRINAUX
Doctrine très prolixe. 3 principaux systèmes.
I/ LA THEORIE DE L’EQUIVALENCE DES
CONDITIONS
VON BURI (ALL) et MARTEAU (FR). Doctrine très simple. Tout évènement
qui a été une condition nécessaire du dommage (une condition sine qua none)
en est une cause juridique. On en déduit que tous ces évènements-là jouent
un rôle équivalent dans la P° du dommage. Doctrine critiquée car on trouve
qu‟elle est trop peu exigeante en matière juridique, la causalité est trop large;
retient un trop grand nb de responsables.
II/ LA THEORIE DE LA CAUSALITE
ADEQUATE
Von Kries, Rümelin et Von Liszt. Principe de sélection des causes. En réalité,
on va partir de la théorie de l‟équivalence des conditions, mais on ne va retenir
que certaines causes. On ne retient que causes juridiques du dommage que
les conditions qui rendaient le dommage prévisible voire probable selon le
cours naturel des choses. Critère de la probabilité/prévisibilité de la
réalisation du dommage. Seules les causes adéquates seront retenues
comme causes juridique du dommage. Cercle plus restreint des responsables.
Reproche: se fonde sur un critère subjectif de sélection.
III/ THEORIE DE LA PROXIMITE DES
CAUSES
A un rôle moins important aujourd‟hui Elle est un peu fruste. On va ne retenir,
parmi les conditions nécessaires, que les évènements les plus proches du
dommage, les antécédents immédiats. Dans l‟idéal, on ne retiendrait que les
causes immédiates.
REPROCHES: Des fois, raisons plus lointaines jouent un rôle important dans
la réalisation du dommage.
On a dit que cette théorie constituait un indice dans l‟analyse des causes; elle
ne doit pas être utilisée seule.
Très souvent, juges combinent les théories (notamment la II et
III). Note: il y eu bien d‟autres théories.
SECTION II LES SOLUTIONS
JURISPRUDENTIELLES
Exposé de 2 grands problèmes en matière de causalité juridique. C‟est difficile
à expliquer car dans l‟ensemble, la Jurisprudence part dans tous les sens.
PAUL ESMEIN: « la causalité est plus une affaire de sentiment que de
science. » Le juge prononce la causalité quand il a le sentiment qu‟il existe.
Or, la Cour de Cassation Contrôle l‟existence du lien de causalité, ce n‟est
pas une Question de fait qu‟elle abandonne aux juges du fond.
I/ L’EXISTENCE DU LIEN DE CAUSALITE
Chaque auteur a sa propre vision du lien de causalité. Même si c‟est difficile à
systématiser, il y a des tendances jurisprudentielles.
Attention, ce qui va suivre est le sentiment du prof, on peut lire tout et son
contraire.
A_ LE PRINCIPE Equivalence des conditions.
Toute condition nécessaire du dommage pourra être retenue comme cause
juridique. Lorsque le juge se demande lorsque tel fait générateur a causé le
dommage, il doit se demander si ce fait-là était nécessaire à la réalisation du
dommage. S‟il répond oui, il considérera que cette cause est une cause
juridique du dommage et qu‟il y a un lien de causalité entre fait générateur et
le dommage.
Lorsque plusieurs faits se sont succédés et ont été nécessaires, tous
seront considérés comme causes juridique du dommage. ex1: un accident de
la circulation, un blessé; hôpital, opérateur, transfusions sanguines, à sa
sortie, la victime constate qu‟elle a toujours des blessures et qu‟elle a
contracté une maladie. 1ère cause: transfusion de sang vicié. Mais autre cause
encore plus lointaine: l‟accident. S‟il n‟avait pas eu lieu, il n‟y aurait pas eu de
transfusion de sang. Ici, on va retenir qu‟il y a 2 causes indispensables à la
réalisation des dommages. L‟accident est une cause nécessaire, mais la
transfusion est aussi une cause immédiate.
Ces causes sont jugées équivalentes: elles ont eu un rôle causal équivalent.
Préjudice qui en engendre un autre: l‟évènement qui a engendré le
1er préjudice sera retenu car il a engendré le 1er et provoqué le 2ème. C‟est une
cause des différents préjudices successifs.
Ex: une E, avec des machines, qui servent à une P°; incendie, machines
détruites. D‟abord, série de préjudice matériel. Puis engendre des pertes
d‟exploitation. Du coup, les E pas fournis seront peut-être dans l‟impossibilité
de fournir leurs propres clients. L‟incendie = cause nécessaire de tous les
préjudices successifs. Préjudice directs et indirects (subis par répercussion).
C‟est en ce sens que les Juridiction tranchent en principe les litiges. Le juge
se pose une seule Question: est-ce que cette cause a été nécessaire oui ou
non à la réalisation du dommage?
PORTEE: * à chaque fois que l‟on peut dire que sans cet
évènement là le dommage se serait quand même pendant, le fait générateur
ne sera pas considéré comme une cause juridique du dommage, auteur pas
responsable. Ex: un notaire conseille mal son client. Ce dernier suit ses
conseils et subit un préjudice. On est tenté de dire que sans le mauvais
conseil, il n‟aurait pas subi le préjudice. Mais il se peut que les circonstances
montrent que de toute façon, le client aurait agi comme il l‟a fait. Alors, la faute
du notaire n‟est pas la cause juridique du dommage.
* à chaque fois que le juge a un moindre doute, il doit écarter le
lien de causalité. La théorie d‟équivalence des conditions induit une
exigence de certitude de la relation causale.
Ex1: concomitance d‟un fait générateur et d‟un dommage. Selon la
Jurisprudence, la concomitance est un indice de la causalité mais ce n‟est pas
suffisant. Une voiture passe dans la rue, une personne tombe et se blesse: on
ne peut pas déduire de la seule concomitance que c‟est la voiture qui a
engendré la chute de la victime. Il faut d‟autres preuves.
Ex2: le lien de causalité entre le manquement des producteurs de tabac à leur
Obligation aux consommateurs les risques de l‟usage de tabac et le fait que
les fumeurs contractent des cancers de poumons. Civil 2ème, 20 nov.
03 et Civil 1ère, 8 nov. 2007 disent non. Pas de lien de causalité certain entre
la SEITA, producteur de tabac et fumeurs, car a considéré que même
informés, les fumeurs auraient quand même continué.
B_ LES EXCEPTIONS Mise en œuvre de la théorie de
la causalité adéquate et proximité des causes.
Les arrêts écartent le lien de causalité alors qu‟il est acquis que tel évènement
est une cause juridique du dommage.
- Arrêts qui considèrent qu‟il n‟y a pas de relation d‟adéquation
suffisante évènement/dommage; ne permet pas d‟expliquer rationnellement la
survenance du dommage. Ex: embauche irrégulier d‟un étranger; victime d‟un
accident du Travail. Peut-on considérer que l‟accident est dû à l‟embauchage
irrégulier du salarié? Non, dit la Cour de Cassation. Pourtant, s‟il n‟avait pas
été embauché, l‟accident ne se serait pas pendant. Mais on voit qu‟il n‟y a
aucune espèce de relation rationnelle entre l‟embauche et l‟accident (si
embauche régulière, l‟accident se serait aussi probablement produit). Le fait
générateur n‟est pas de nature à rendre compte du processus causal qui a
conduit au dommage.
- il se peut que parmi les conditions nécessaires du dommage,
certaines soient en quelque sorte plus adéquate que d‟autres par rapport au
dommage. Les conditions nécessaires n‟ont pas joué le même rôle causal,
certaines ont un rôle supérieur. En ce cas, juges ont tendance à ne retenir que
les causes les plus adéquates: ces causes-là absorbent la causalité des
autres. Si elle est une cause adéquate, elle est une cause immédiate. 2
critères de sélection des causes sont associés. On rapproche le critère de la
proximité des causes.
= entre une cause initiale et le dommage s‟est intercalée une cause infiniment
plus adéquate, en relation plus étroite avec le dommage. PARFOIS, la
Jurisprudence va considérer que la cause intercalée est la SEULE cause
juridique du dommage, cause exclusive.
Ex: accident de la circulation, victime très handicapée (condamnée à rester
sur un lit d‟hôpital le restant de ses jours; l‟hôpital brûle, elle meurt brulée vive.
Selon la Jurisprudence, responsable de l‟accident n‟est pas responsable...
Ajoutons que l‟hôpital a brulé 8 ans après. L‟accident ne rendait pas
vraisemblable que la victime mourrait un jour brulée vive dans l‟incendie de
l‟hôpital. En revanche, l‟incendie de l‟hôpital est une cause nécessaire, très
adéquate du dommage, la cause directe du décès de la victime. La Cour de
Cassation, sagement, a considère que la seule cause juridique du dommage
est l‟incendie de l‟hôpital. Civil 2, 1989.
BILAN = Tendance dominante en Jurisprudence: faire application de la théorie
de l‟équivalence des conditions. Par exceptions, il y a des cas où
Jurisprudence va écarter des conditions nécessaires à la réalisation du
dommage en faisant des concessions à d‟autres dommages.
II/ LA PREUVE DU LIEN DE CAUSALITE
A_ PRINCIPE
Plusieurs principes très simples:
- la charge d‟un lien de causalité incombe à la victime. C‟est logique
puisqu‟elle est demanderesse.
- objet de la preuve: la victime doit prouver la certitude d‟un lien causal.
Elle doit prouver que tel évènement a été une condition nécessaire du
dommage.
- par quel moyen établir cette certitude? Par tous moyens. Logique car
le lien de causalité c‟est un fait juridique.
Pb pas simple car juges confrontés à des difficultés importantes liées à la
preuve du lien de causalité. La certitude exigée ne peut pas être une
certitude absolue. Il faut une certitude relative = une probabilité suffisante du
lien de causalité.
Raisonnement: voilà un fait générateur rendant le dommage probable. Juge
va donc constater une plus ou moins forte probabilité de relation causale (au
regard d„une loi de probabilité générale, qui prend appui sur des statistiques,
des constatations scientifiques..). En même temps, il constate qu‟il n‟y a pas
d‟autres évènements/pas d‟autres causes possibles. Preuve négative du
dommage. Il va considérer que ces différentes constatations suffisent à établir
l‟existence du lien de causalité. En somme, le raisonnement se fait en 2
temps. Très souvent, le juge s‟appuie sur des présomptions.
Mais il a aussi des appuis statistiques...
B_ EXCEPTIONS
La concomitance ne suffit pas à établir une relation causale.
Ex1: dans les affaires de bang supersoniques (franchissement du mur du son
par les avions). On constate l‟écroulement d‟une verrière, d‟un mur... On n‟est
pas certain mais il y a une forte vraisemblance. Statistiquement, on a observé
que ça pouvait arriver. Appui sur des constatations de fait solides plus
constats scientifiques.
Ex apparition maladie après ingestion médicament. Doute subsiste. La
science médicale affirme que le médicament expose à certains risques (“effets
indésirables”). Mais on n'est pas sûr.
Ex2: fonctionnement d‟un chauffe-eau défectueux. Un locataire est intoxiqué.
Il y a une probabilité pour que le dysfonctionnement du chauffe-eau soit la
cause de l‟intoxication du locataire. Là encore, il y a une présomption.
Ex3: problème des hormones de croissance. Après coup, on a su après coup
qu‟elle pouvait provoquer la maladie de kroschfeld-jacob??
- Cas qui suscite de nombreux commentaires; Jurisprudence va plus loin dans
ses présomptions de fait. Cas de la vaccination contre l‟hépatite B. A la suite,
on a constaté qu‟un certain nombre de personnes avaient contracté la
sclérose en plaques. A un moment, le vaccin a été interdit en vertu du principe
de précaution, puis le vaccin a été réintroduit. Sur le plan scientifique, il n‟y
aucun consensus pour dire que le vaccin est une cause possible de la
maladie. Refus de l‟indemnisation par la Jurisprudence,
Revirement Jurisprudence de la Cour de Cassation, 22 mai 2008: au regard
des circonstances de l‟espèce, sur la base de présomption de fait (1353 :
preuve peut résulter de présomptions graves, précises et concordantes), le
juge pouvait décider que le lien de causalité est établie entre
vaccination/maladie. C‟est intéressant car il n‟y a toujours pas de consensus
sur l‟établissement d‟une loi générale. Les juges pourront établir un lien de
causalité. C‟est une appréciation au cas par cas. Admission du lien de
causalité aujourd‟hui acceptée.
C_ PALLIATIFS
Parfois, juges admettent des présomptions de fait (cf. ci-dessus). Ici,
présomptions de droit établies par loi ou le juge.
La preuve de la victime est alors très simplifiée. Présomptions de causalité
s‟expliquent toutes par la mise en œuvre de la théorie de la causalité
adéquate.
APPLICATIONS LEGALES:
- les contaminations transfusionnelles: la loi présume que
lorsqu‟une personne reçoit une transfusion sanguine et développe le sida, il
est présumé imputable à la transfusion. Une autre loi est venue pour étendre
la présomption aux personnes atteintes de l‟hépatite C: c‟est la loi du 4 mars
2002 (Kouchner alors ministre de la Santé). Loi 31 décembre 1991 :
présomption de causalité (transfusion-contaminé).
APPLICATIONS JURISPRUDENTIELLES:
- quand on est en présence d‟une faute qui créé une situation
objectivement dangereuse et que ces risques se réalisent, et bien dans
certains cas la Jurisprudence présume que la faute a causé le dommage qui
s‟est réalisé. Sans la faute, il n'est pas certain mais probable que le dommage
serait survenu.
> On confie une chose dans des conditions dangereuses, la chose peut
causer un dommage.
Ex1: On confie une carabine chargée à un enfant de 12 ans. Lui, jouant, en
tue un autre. On va présumer que le fait d‟avoir confié cette carabine est la
cause du dommage causé par l‟enfant. Peut-être que le dommage se serait
pendant sans la faute (l‟enfant malin se serait servi).
> Situation particulière. Un groupe de personnes identifiées (qui entreprend
une action commune). On observe qu‟un dommage a été causé par l‟une de
ces personnes mais on ignore laquelle. La Jurisprudence va présumer que
chacune de ces personnes a causé le dommage. Va engager la responsabilité
de l‟ensemble des personnes formant le groupe. C‟est une présomption
simple: chacun pourra apporter la preuve contraire pour se disculper.
2 grandes applications:
Ex1: accidents de chasse. Voyant un gibier, plusieurs chasseurs tirent. Une
personne est tuée. Tous sont présumés auteurs du dommage.
Ex2: enfants qui jouent ensemble dans du foin. On joue avec allumettes,
incendie. Même solution.
Tout ça sur la base d‟une présomption simple de causalité.
Jurisprudence : Civil 1, septembre 2009 : plus de double condition (affaires
distilbène : médicament donné aux femmes enceintes pour éviter fausses
couches dans 60-70s, les enfants de sexe féminin présentent des cancers à
l'âge adulte...distilbène = cause des cancers ? Juste 2 fabricants en FR, on ne
savait pas dans la plupart des cas lequel avait fabriqué le médicament à
l'origine du dommage : présomption de causalité à la charge de chacun des
deux fabricants...plus véritable groupe à l'origine d'une action commune)
- LA PERTE DE CHANCE. Un dommage survient à la suite d‟un fait
générateur sans qu‟on ait la certitude que ce fait générateur ait causé ce
dommage. Il apparait que ce fait générateur a favorisé la réalisation du
dommage. La Jurisprudence a recours à la notion de perte de chance. Le fait
générateur fait perdre des chances à la victime d‟éviter le dommage. Au lieu
de réparer le dommage, on répare la perte d‟une chance. Pas admise à
l'étranger.
Ex: le jockey qui commet une faute -volontaire ou non-. Le propriétaire du
cheval a perdu la course. Il n‟est pas sûr que sans la faute du jockey, il aurait
gagné la course! En tout cas, il a fait perdre une chance au cheval de gagner.
Ex2: faute d‟un chirurgien lors d‟une opération. Le patient meurt ou reste
handicapé à vie. On constate la faute incontestable du chirurgien, le préjudice
du patient mais il n‟est pas absolument certain que sans la faute, le préjudice
aurait pu être évité. Lien de causalité incertain. On indemnise la perte d‟une
chance d‟éviter ce préjudice. On parle souvent de la perte de chance de
survie.
Ainsi, la perte de chance apparait comme un palliatif à l‟absence de certitude
sur le lien de causalité. C‟est un préjudice distinct: quand on indemnise la
perte de chance, on indemnise autre chose que le dommage effectivement
subi. La Jurisprudence:
- admet la réparation du préjudice s‟il est certain (condition habituelle
de certitude du préjudice).
- impose la certitude du lien de causalité certain entre le fait générateur
et le préjudice de perte de chance.
CRITIQUES: palliatif un peu trop commode pour les victimes car le lien de
causalité n‟est pas si certain. On critique surtout certains excès judiciaires.
Tribunaux, dès lors qu‟il y a un moindre doute sur le lien de causalité
fait/dommage, n‟hésitent pas à avoir recours à cette notion. 3
GRANDES HYPOTHÈSE de recours:
* la perte de chance D‟UN GAIN OU D‟UN AVANTAGE ATTENDU
Ex: Cas du propriétaire de cheval qui espérait gagner de l‟argent en
participant à une course et perd à cause du jockey.
Ex2: étudiant qui va à un concours et à un accident dans la salle. S‟il avait pu
concourir, il n‟aurait peut-être pas eu le concours, mais avec cet accident, il a
perdu toutes ses chances d‟ê reçu.
* la perte de chance D‟EVITER UNE PERTE / UN
DOMMAGE Ex de la faute du chirurgien (faute > dommage ?) Civil
1, 1995.
* perte de chance de PRENDRE UNE DECISION qui aurait évité un
dommage (manque information)
Hypothèse très fréquente: chaque fois qu‟une personne prend la mauvaise
décision car elle a été mal conseillée. Conséquemment, elle subit un
dommage. Manquement à une Obligation d‟info/de conseil (fait générateur).
Même correctement informée, on n‟est pas certain que la victime aurait pris la
bonne décision mais le mauvais conseil a fait perdre à la victime une chance
de prendre une bonne décision.
Ex: Hypothèse du médecin-chirurgien qui n‟informe pas son patient sur les
risques de l‟opération. Il y a toujours un risque. Dans cette hypo, on n‟est sûr
de rien car même informée, la personne aurait peut-être accepté l‟opération.
On indemnise la perte de chance.
CONDITIONS REQUISES:
- Encore faut-il que la victime ait eu des chances réelles et sérieuses d‟éviter
le dommage.
- aussi, il faut certitude ce soit le fait générateur qui ait fait perdre ses chances.
PRECISION: Jurisprudence considère que cette perte de chance est une
fraction du préjudice effectivement subi. Cette fraction va dépendre d‟un
élément: le % de chance que l‟on avait de l‟éviter (indemnisation partielle).
Donc 2 paramètres: le préjudice subi et la proportion de chance
qu‟on avait de l‟éviter.
SOUS-TITRE II LA CONDITION
VARIABLE DE LA RESP: LE
FAIT GENERATEUR
CHAP.1 LE FAIT
PERSONNEL
Par son fait personnel, une personne cause un dommage à autrui. Dans ce
cas, elle peut être déclarée responsable. Cela dit, un simple fait ne suffit pas:
exigence d‟une faute commise par l‟auteur du dommage pour engager sa
responsabilité civile.
En matière délictuelle, l‟exigence de la faute se trouve dans l‟article 1382
Code Civil.
En matière contractuelle., le principe est beaucoup moins clair. On considère
qu‟il se rattache à l‟article 1147: toute inexécution d‟une Obligation
contractuelle. oblige le débiteur à réparer le dommage qui en résulte.
SECTION I LA FAUTE ORDINAIRE
SOUS-SECTION I LA FAUTE QUASI-
DELICTUELLE
I/ NOTION DE FAUTE QUASI-DELICTUELLE
Quelques indications dans l‟article 1383 Code civil qui fait référence aux
notions de négligence et d‟imprudence pour rendre compte du contenu de
cette faute. Pas de définition officielle dans le code civil ou les lois. C‟est
gênant car la Cour de Cassation en fait une Question de droit: elle Contrôle la
qualification juridique de la notion de faute. Régulièrement, Cour de
Cassation censure décisions des Juridiction qui auraient mal qualifié la faute.
La faute vient du latin fallere: faillir. On considère que c‟est une défaillance
humaine, mauvais comportement adopté eu égard des
circonstances. La définition la plus célèbre de PLANIOL: « La faute
c’est la violation d’une obligation préexistante. » REPROCHES: la référence à
la notion d‟obligation qui est beaucoup trop restrictive. L‟Obligation suppose
quasiment un contrat.
Qu‟à cela ne tienne, il suffit d‟envisager l‟obligation dans un sens très large,
comme synonyme de devoir. Dans ce sens, la faute c‟est manquer à un devoir
préexistant. Aujourd‟hui, la plupart des auteurs sont d‟accord avec cette vision.
Jourdain : « faute = violation devoir préexistant »
Il y a des devoirs très précis (= devoirs déterminés) ou plus généraux.
A_ VIOLATION D’UN DEVOIR DETERMINE
- VIOLATION D’UNE NORME
Souvent une norme impose aux individus une certaine conduite dans des
circonstances bien définies. On dit alors que la norme impose un devoir
déterminé de conduite. Ces normes sont extrêmement nombreuses: lois,
règlements, plus exceptionnellement de la Jurisprudence,
Si l‟individu n‟observe pas ce comportement imposé, il y aura faute. La faute
consiste dans le seul fait de contrevenir à la norme qui imposait tel devoir. En
Droit Pénal, on parle de faute contraventionnelle.
Ex: lire le code de la route en conduisant, dépasser les limites de vitesse...
Pour la victime, la tâche probatoire est allégée. Faudra prouver que tel
individu n‟a pas eu le comportement imposé > déduction systématique de la
faute > simplification tâche du juge. Toutefois, la faute n‟est que présumée:
possibilité pour l‟auteur du dommage de prouver qu‟il était en présence de
circonstance exceptionnelles qui l‟ont obligé à avoir ce comportement.
Circonstances exclusives de faute.
- VIOLATION D’UN DROIT SUBJECTIF
Parfois, la transgression de la norme n‟est qu‟indirecte. Cas lorsqu‟une norme
créé un droit subjectif au profit de certaines personnes. Si un individu viole ce
droit ou empêche le titulaire de ce droit de l‟exercer normalement, on
considère qu‟il y a violation indirecte de la norme qui a créé ce droit. Ex: je
porte atteinte à un droit subjectif de mon voisin en construisant sur son terrain,
mais je viole aussi la norme qui m‟impose de ne pas nuire aux droits d‟autrui.
B_ VIOLATION D’UN DEVOIR GENERAL DE
CONDUITE (Hypothèse encore plus fréquente)
Se déduit des termes de 1383 (« chacun des responsable du dommage qu'il a
causé non seulement par son fait ais encore par son imprudence ou par sa
négligence » > devoir de conduite prudente et diligente).
- REFERENCE A UN MODELE ABSTRAIT
(APPRECIATION IN ABSTRACTO)
En dehors même des Hypothèse où lois imposent des comportements
déterminés, toute personne doit se comporter en toutes circonstance de
façon prudente, diligente, adroite, attentionnée, avisée, raisonnable... C‟est
un devoir extrêmement général voire vague. La tâche du juge va être plus
compliquée. Il doit comparer le comportement de l‟auteur du dommage au
comportement qu‟une personne raisonnable aurait eu à sa place dans les
mêmes circonstances. Le juge va construire un modèle abstrait de
référence.
En droit romain, on l‟appelait le bonus pater familias = le bon père de famille.
- CIRCONSTANCES RETENUES pour L’APPRECIATION et
CIRCONSTANCES EXCLUES
Le modèle doit être construit en tenant compte des circonstances dans
lesquelles se trouvaient l‟auteur du dommage (temps, moyens matériels dont
disposaient l‟agent (ressources, moyens concrets)). En revanche, on ne tient
pas compte de ses aptitudes intellectuelles, de son état psychologique.
Ensuite, on compare attitude de l‟agent à l‟attitude du bon père de famille. Si
on constate un écart, on en déduit une faute.
On dit souvent que la faute est appréciée in abstracto: = on s‟abstrait
de certaines Circonstances pour construire le modèle du bon père de famille.
Pas de prise en compte de la psychologie/intellectuelles (qi, caractère,
troubles psychologiques...car excuseraient systématiquement comportements
dommageables) mais des circonstances externes. Appréciation abstraite de la
faute mais individualisation maximum. Moyens matériels, ressources, âge,
sexe...
C‟est plus compliqué lorsqu‟il y a violation d‟un devoir g de conduite. La
victime a une tâche plus lourde et doit démontrer que le bon père de famille se
serait comporté autrement que l‟auteur de la victime en de telles
circonstances.
II/ APPLICATIONS DE LA FAUTE 2 hypothèses
particulières qui ont suscité des difficultés
A_ FAUTE D’ABSTENTION
La transgression de la norme résulte le plus souvent d‟une action
dommageable = faute de commission (exemple en Droit Pénal) = faire une
chose qu‟on n‟aurait pas dû faire. Aussi, cela peut-être une abstention (=
faute d„omission en DP). On a parfois considéré que le fait de ne pas agir ne
devrait jamais être constitutif d‟une faute, ce serait une liberté individuelle
fondamentale. A cela on a répondu que s‟abstenir d‟agir pouvait être très
dommageable et peut être parfois une véritable faute. La sécurité juridique
impose parfois d‟agir. Par conséquent, il y a un véritable conflit entre la liberté
individuelle et le besoin de sécurité.
- DOCTRINE
1/ faute d‟abstention est particulière _ une faute spécifique. Les auteurs sont
donc amenés à faire une distinction entre
> L‟abstention dans l‟action: selon les auteurs, ce type d‟abstention
n‟aurait aucune spécificité, appréciation° ordinaire. S'abstenir alors qu'on est
en train d'exercer une activité (professionnelle, privée...).
Ex: je conduis, la loi impose de s‟arrêter au feu rouge. Si on s‟abstient, il y a
abstention dans l‟action de conduire.
> L‟abstention pure et simple: s‟abstenir d‟agir alors qu‟on est engagé
dans aucune activité. Selon ces auteurs, cette abstention ne pourrait jamais
être fautive. Ce qui l‟emporte, c‟est la liberté individuelle.
Ex: en tant de neige, ne pas mettre de sel devant sa porte pour empêcher les
gens de glisser.
2/ doctrine beaucoup plus simple: l‟abstention fautive ne présente aucune
spécificité. Lorsqu‟il y a abstention dommageable, il faut procéder de la même
façon: comparer comportement de l‟agent à celui qu‟aurait eu le bon père de
famille.
- JURISPRUDENCE
N‟a jamais pas repris la distinction doctrinale entre abstention dans l‟action et
abstention pure et simple. E° de la J: tendance générale = retenir de plus en
plus largement la faute d‟abstention.
1ère étape: la faute d‟abstention n‟est retenue qu‟en présence d‟une Obligation
formelle d‟agir (résulte généralement d‟une loi). Dans ce cas-là, le fait de ne
pas respecter la loi est une faute. Ex: fait de ne pas mettre un casque sur un
2-roues motorisé; ne pas porter secours à une personne en péril. De
plus, le fait de s‟abstenir d‟agir pour nuire à autrui est toujours fautif et a
toujours été considéré ainsi. Pendant longtemps, la Jurisprudence s‟en est
tenue à ces 2 hypo.
2ème étape: à partir de l’arrêt Branly, Civil 1ère, 27 février 1957. Historien qui
a écrit un ouvrage sur l‟histoire de la radio. A omis de citer le nom d‟Edouard
Branly inventeur de la radio. Il n‟y aucune loi qui impose de citer le nom des
inventeurs. Mais il y a une Obligation professionnelle: celle du bon historien ne
peut pas manquer de citer le nom de tous les inventeurs. A partir de l‟arrêt
Branly, la Jurisprudence a considéré que le fait de manquer à une Obligation
prof d„agir, même non formalisée par un texte, est une faute d‟abstention.
C‟est une évolution considérable (champ considérablement étendu).
3ème étape: Aujourd‟hui, on constate que la Jurisprudence considère que toute
abstention peut être considérée comme fautive eu égard aux circonstances.
La faute d‟abstention ne présente aucune espèce de spécificité. Il faudra alors
se référer au modèle du bon père de famille.
B_ FAUTE dans L’EXERCICE DES DROITS (=
L’ABUS DE DROIT)
Une personne cause un dommage alors qu‟elle exerce un droit.
QUESTION: le fait d’exercer un droit n’est-il pas nécessairement significatif?
Serait une certaine sphère de liberté de nature à exclure l‟existence même
d‟une faute.
> LES DROITS DISCRETIONNAIRES: (= droits absolus) ces droits peuvent
être exercés de la façon la plus absolue qui soit (aucun reproche à leur
titulaire). En réalité, ils sont très peu nombreux (quelques dizaines): le droit de
demander le partage dans l‟indivision, le droit des ascendants de consentir au
mariage d‟un mineur, le droit de couper les racines/les branches des arbres du
voisin qui empiète sur sa propriété...
> LES DROITS SUSCEPTIBLES D‟ABUS: exercice abusif des droits >
responsabilité engagée. Difficulté.: cerner le critère de l‟abus de droit.
- DOCTRINE A proposé 3 principaux critères
- critère de l’intention (critère très restrictif proposé par RIPERT). Il y aurait
usage abusif d‟un droit quand il y a une intention de nuire à autrui. PB:
difficulté de preuve, suppose une introspection psychologique.
On a proposé un élargissement de ce critère ou de la substituer par un autre
qui permet de présumer l‟intention de nuire:
- le critère de l’action en l’absence d’intérêt sérieux et légitime: le fait
d‟exercer un droit sans i sérieux et légitime présumerait l‟intention de nuire.
- critère du détournement des droits de leurs finalités
sociales (JOSSERAND): selon lui, chaque droit à une certaine finalité sociale.
Il faudrait examiner chaque droit pour connaitre sa finalité. 2
grandes caté de droits:
> Les droits égoïstes: nombreux, qu‟on exerce dans un intérêt
personnel.
> Les droits altruistes, les droits-fonctions.
Pour Josserand, abus de droit si droit détourné de sa Fonction égoïste ou
altruiste.
Ce critère présente des i évidents quand on est en présence d‟un droit
altruiste. Si on exerce un droit altruiste dans un i perso, on le détourne de sa
finalité sociale. Ex: cas des droits exercés par les tuteurs; administrateurs de
société...
En revanche, si exercice d‟un droit égoïste, difficulté d‟appréciation° du
critère. Recherche si un droit égoïste a été détourné de sa finalité soc revient
à l‟ancien critère de l‟intention de nuire ou absence d‟intérêt sérieux ou
légitime.
LA DOCTRINE DES FRERES MAZEAUD (critère plus
simple): l’imprudence dans l’exercice des droits. Pour eux, le fait d‟exercer
un droit ne présente aucune espèce de particularité. Par conséquent, faudra
toujours se demander s‟il y a faute, comparer attitude de l‟auteur par rapport à
celle du bon père de famille. On revient toujours à la même méthode
d‟appréciation.
- JURISPRUDENCE
N‟a pas une attitude homogène. Elle varie selon les droits exercés. Quelques
applications
> L‟abus du DDP. On considère que l‟abus de droit répond au critère
de l‟intention de nuire mais dans sa version élargie. On va présumer l‟intention
de nuire toutes les fois où un propriétaire a agi sans intérêt sérieux ou
légitime. Etabli du même coup l‟exercice abusif et donc fautif du droit. Arrêt
célébrissime: Clément Bayard, Chambre des requêtes, 15 août 1915.
S‟agit en l‟espèce d‟un propriétaire qui avait élevé une palissade surmontée
de piquets de fer tout autour de chez lui, sachant que son voisin est exploitant
de ballons dirigeables. Raisonnement de la Cour de Cassation comme la
doctrine de RIPERT: le propriétaire n‟avait aucun intérêt sérieux ou légitime à
agir ainsi. Cela constitue donc un abus de droit.
> L‟abus de droit d‟ester en justice (personnes procédurières). Action
en justice dans la seule intention de nuire à autrui = abus de droit. Cour de
Cassation va plus loin en estimant que toute erreur grossière d‟appréciation
sur l‟existence de ses droits peut être considérée comme un abus (ester alors
qu‟on sait qu‟on va perdre). Faudra se référer au critère du bon père de
famille.
La Jurisprudence a étendu ces critères de l‟abus de droit à des hypothèses
de l‟abus des libertés: le fait d’exercer une liberté fondamentale est-il
compatible avec l’existence d’une faute? Ce n‟est pas la position majoritaire ni
position de la Jurisprudence, La Jurisprudence dit que le fait d‟user d‟une
liberté, aussi fondamentale soit-elle, peut être constitutive d‟une faute.
> La liberté de mariage ou de ne pas se marier. Signifie que même si
on s‟est fiancé, on peut rompre les fiançailles. Ce n‟est pas en soi fautif car on
exerce sa liberté de ne pas se marier. Pourtant, Jurisprudence dit qu‟on peut
user de ce droit de manière abusive (rupture tardive, circonstance vexatoires).
> Le fait de ne pas contracter alors qu‟on est dans une négociation est
licite. Cependant, la rupture peut être fautive.
> Dans les mariages de confession juive, en cas de divorce, le mari
doit envoyer une lettre de répudiation (le gueth) à sa femme pour lui permettra
de se remarier ensuite. Jurisprudence abondante: il y a abus de droit à ne pas
envoyer de gueth. Civil 2, 1985.
BILAN: L‟exercice d‟un droit ou d‟une liberté peut être susceptible d‟abus en
certaines circonstances. Le critère est plus ou moins large.
SOUS-SECTION II LA FAUTE OU
INEXECUTION CONTRACTUELLE
Transgression d‟une Obligation contractuelle préexistante. Obligation prévue
dans le contrat ou Obligation imposée aux parties (par la loi ou J). Elle va
varier selon le contenu de l‟obligation.
I/ DISTINCTION DES OBLIGATIONS DE
RESULTAT et DES OBLIGATIONS DE MOYENS
A_ ORIGINE ET CONTENU DE LA DISTINCTION
Distinction née d‟une difficulté de concilier 2 textes apparemment
contradictoires du Code civil : art 1137 et 1147.
Art 1137: il y a faute quand on ne se comporte pas comme un bon père de
famille.
Art 1147: on est responsable en cas d‟inexécution d‟une Obligation
contractuelle.
Pr beaucoup d‟auteurs, il y aura là une opposition. L‟article 1137 exigeant la
preuve d‟une véritable faute, le second permettrait de déduire la faute du
simple constat d‟une inexécution contractuelle. Disent que cela ne résulte pas
du même type de manquement. Article 1137: manquement à des
OBLIGATIONS de moyens et article 1147: Obligation de résultats. Sorte de
distribution de domaines d‟application des textes.
Le 1er à faire cette distinction de principe c‟est DEMOGUE (juriste 1 ère ½ XX),
1er article en 1930. Aussi grand auteur d‟un traité de DDO. Distinction reprise
très vite par HENRI et LEON MAZEAUD dans les a.30 mais un peu
différemment: Obligation de résultat = Obligation
déterminée / Obligation de moyen = Obligation générale de
conduite prudente et diligente.
Tt de suite, on voit que cette distinction en matière contractuelle correspond à
la distinction en matière quasi-délictuelle.
1°) LES OBLIGATIONSS DE RESULTAT
Le débiteur peut s‟engager à promettre un résultat: fournir une chose,
accomplir une prestation. Le créancier de l‟obligation s‟attend à un résultat.
Ainsi, on considère que la faute résulte du seul fait que la chose promise n‟a
pas été réalisée.
2°) LES OBLIGATIONSS DE MOYEN
Le débiteur s‟oblige à mettre en œuvre certains moyens pour atteindre un
résultat. Ex typique: l‟Obligation du médecin. Il ne s‟engage pas à guérir son
patient mais à le soigner. Idem pour l‟avocat.
La faute ne peut plus consister en l‟inobtention du résultat mais dans le fait de
ne pas avoir mis (ou mal mis) en œuvre des moyens suffisants: imprudence,
négligence, inattention, maladresse.. Même analyse que pour la faute quasi-
délictuelle: juge devra recherche si le débiteur a eu le comportement qu‟aurait
eu le « bon débiteur », le « bon professionnel ». Là encore, construction d‟un
modèle de référence. Fait abstraction de la psychologie du débiteur.
Appréciation in abstracto de la faute contractuelle.
B_ INTERETS DE LA DISTINCTION
1°) CONTENU ET PORTEE DE L’OBLIGATION
CONTRACTUELLE
- INCIDENCE SUR APPRECIATION DE LA FAUTE
Préciser le contenu est important car s‟engager à une obligation de résultat ou
de moyen, ce n‟est pas la même chose. La tâche du juge est différente selon
qu‟il y a un manquement invoqué à une Obligation de moyen ou de résultat. Il
va falloir construire un modèle de référence correspondant au « bon
débiteur » et faire une comparaison avec le débiteur.
2°) CHARGE DE LA PREUVE (de la faute et du lien de
causalité)
C‟est ce sur quoi DEMOGUE insistait tout particulièrement.
- PRINCIPES
* OBLIGATIONS DE MOYEN: la charge de la preuve de la faute
incombe à la victime.
* OBLIG DE RESULTAT: incombe aussi à la victime mais tâche
considérablement allégée. Bénéfice d’une quasi présomption de faute. Il
faut prouver que le résultat promis, et donc attendu par elle, n‟a pas été
obtenu. Présomption de faute car le débiteur pourrait toujours établir que des
circonstances exceptionnelles justifiaient l‟absence de résultat. S‟il les
établissait, il pourrait renverser la présomption de faute qui pèse sur lui.
Le manquement à une obligation de résultat présume aussi accessoirement
du lien de causalité entre la faute et le dommage. Lorsque le dommage
coïncide avec l‟absence de résultat, la victime établit le lien de causalité entre
l‟inexécution fautive et son dommage. En effet, le dommage correspond
souvent à l‟absence de résultat (sorte d‟exception° en négatif). Ce n‟est
qu‟une présomption simple, de fait.
- EXCEPTIONS
Cas hybrides. Régime en partie de l‟Obligation de résultat/en partie de
l‟Obligation de moyens.
Quand on est en présence d‟Obligation intermédiaires, la victime pourra se
prévaloir de l‟absence de résultat pour établir la faute. De cette absence de
résultat, elle ne pourra déduire qu‟une simple présomption de faute. Le
débiteur sera autorisé à prouver par tout moyen qu‟il a eu une attitude hors de
tout reproche. Renversement de la preuve assez facile (ici, pas besoin de
circonstance exceptionnelles > rare, difficile, le plus souvent impossible).
En doctrine, noms divers donnés à cette catégorie intermédiaire
(révèle bien son hybridité) = obligation de résultat atténuée ou obligation
de moyen renforcée. Certaines sont prévues par la loi:
- Art 1732 Code civil concerne la responsabilité du locataire d‟un bail. En cas
de dégradation ou de perte de la chose louée, le preneur est responsable
Mais le preneur peut établir qu‟il n‟a commis aucune faute.
- Art 1784 Code civil : le transporteur qui perd la chose transportée ou ne la
conserve pas correctement est responsable. Il a une Obligation de résultat. Si
perte ou dégradation, on présume la faute mais il peut prouver le contraire.
Prévues par la J:
- les OBLIGATIONS de restitution. Même analyse que pour le transporteur. Si
chose non restituée ou restituée en mauvaise état, la faute est
établie. (En matière de véhicule confié à un garagiste, la Jurisprudence
fait application de cette solution).
(2) CRITIQUES distinction obligation résultat/moyens:
> Absence d‟homogénéité des catégories. On considère en effet
qu‟elles peuvent contenir des OBLIGATIONS très variables alors qu‟elles vont
être rangées dans la même caté.
> Trop grande relativité. Tout un tas d‟Obligation qu‟on n‟arrive pas à
placer dans l‟une ou l‟autre caté. Amène la création d‟une catégorie
intermédiaire.
Malgré cela, la distinction de DEMOGUE demeure et est toujours exprimée
dans les ouvrages. La Jurisprudence y est extrêmement attachée. Elle est
passée dans le langage courant ce qui montre son impact.
II/ CRITERES DE DISTINCTION
On peut se référer à la volonté exprimée des parties mais le font rarement.
2ème difficulté: d‟assez nombreuses OBLIGATIONS sont imposées aux parties
par la loi et la Jurisprudence. Du coup, parties ne s‟expriment pas dessus car
elles ne les ont pas prévues. Loi ou Jurisprudence ne précisent pas la nature
de ces OBLIGATIONS. Si la volonté n‟est pas exprimée, la doctrine fait
référence à des critères objectifs.
UN critère dégagé (non suffisant) puis une série de critères.
A_ CRITERE TIRE DE L’ANALYSE DE L’OBJET
DE L’OBLIGATION
En vérité, ce critère se fonde sur l‟objet de l‟Obligation, sur la raison, sur la
nature des choses et qui va permettre d‟induire la volonté probable des
parties. Selon ce critère, sont de résultat les OBLIGATIONS dont l‟exécution
de la prestation n‟est pas susceptible de degrés, c‟est à dire les
OBLIGATIONS pour lesquelles on ne conçoit pas que le débiteur puisse
s‟engager seulement à faire son possible. 3 grandes espèces d‟Obligation qui
existent:
LES OBLIGATIONS DE DONNER: transfert d‟un droit réel. On
s‟oblige donc à une obligation de résultat. C‟est l‟objet même de l‟Obligation
qui induit la qualification d‟obligation de résultat! Le contraire est
inconcevable.
LES OBLIGATIONS DE NE PAS FAIRE: inconcevable de s‟engager
à ne pas faire quelque chose de temps en temps. L‟abstention n‟est pas
susceptible de degré.
LES OBLIGATIONS DE FAIRE (95%). Les choses sont plus
compliquées. Certaines sont incontestablement des OBLIGATIONS de
résultat, mais sont peu nombreuses. Ex: s‟engager à livrer une chose.
Difficulté: les OBLIGATIONS de restitution. Si on l‟envisage isolément, ce sont
des OBLIGATIONS de résultat. Le problème, c‟est qu‟on ne peut restituer que
ce qu‟on a conservé! Or, l‟Obligation de conservation est une obligation de
moyen: prendre certaines précautions pour que la chose que l‟on nous a
confiée soit restituée le moment venu. Voilà pourquoi l‟Obligation de restituer
a un régime hybride. Le débiteur de cette restitution pourra prouver qu‟il n‟a
commis aucune faute dans la conservation de la faute et renverser la
présomption de la faute. Pour les autres OBLIGATIONS de faire, on ne peut
pas, a priori, par le seul examen de la prestation promise, qualifier Obligation
de résultat/ moyen. Il faut recourir à d‟autres critères pour qualifier
l‟Obligation...
B_ CRITERES FONDES SUR L’EXAMEN DES
CIRCONSTANCES DE L’EXECUTION
2 critères dégagés, distincts mais se regroupent assez largement. Sont a
priori objectifs.
- LES 2 CRITERES
* L’ALEA DANS L’EXECUTION
Souvent, le résultat de l‟exécution n‟est pas assuré a priori, dépend des
circonstances: il y a un aléa dans l‟exécution. Dans ce cas, vraisemblablement
le débiteur n‟a pas pu s‟engager à un résultat mais seulement à mettre en
œuvre des moyens.
Au contraire, absence d‟aléa = Obligation de résultat.
> L‟aléa fait partie intégrante de l‟activité médicale. Du coup, pas possible de
s‟engager à une Obligation de résultat.
> Une personne dont le métier est de transporter des voyageurs s’oblige à un
résultat. Engagement d‟un transport d‟une ville à l‟autre plus arrivée à l‟heure
saine et sauve. L‟aléa n‟est pas une raison suffisante: il est réduit, trop faible.
Le créancier lui-même s‟attend à un résultat (arriver à l„heure). Autrement dit,
il n‟accepte pas la petite part d‟aléa irréductible qui subsiste.
* ROLE (ACTIF OU PASSIF) DU CREANCIER dans
L’EXECUTION
Lorsque le créancier a un rôle actif, le débiteur ne s‟engage qu‟à des moyens.
Rôle passif > engagement à un résultat par le débiteur. En fait, ce critère
chevauche assez facilement le précédent. Ce rôle actif du créancier va insérer
une certaine dose d‟aléa car le débiteur ne maitrise pas tout.
Au contraire, quand le créancier est purement passif, c‟est le débiteur qui a
l‟entière maitrise de l‟exécution et de l‟activité qu‟il faut déployer donc l‟aléa est
généralement plus réduit. Dans ce cas-là, le débiteur s‟oblige à un résultat. La
Jurisprudence va s‟appuyer sur ces 2 critères confortés par le critère du rôle
du créancier dans l‟exécution.
- APPLICATIONS (OBLIGATION DE MOYENS)
* obligations de soin: professions médicales et paramédicales.
S‟expliquent par l‟aléa irréductible lié aux incertitudes de la science et aux
mystères du corps humain.
* obligations d‟information et de conseil: notaires, avocats, architectes
et autres prof libérales. Réserve importante: exigence de l‟exactitude des
informations données (= Obligation de résultat).
* obligations de sécurité: le plus souvent sont des OBLIGATIONS de
moyen, à la fois en raison de l„aléa de l‟exécution et du rôle actif du créancier
de l‟obligation.
> Les organisateurs de jeu, de manifestations sportives...
> Parfois, Jurisprudence retient une Obligation de sécurité
lourde quand l‟activité est dangereuse: organisateur de sports dangereux
(Obligation de sécu, de moyen renforcée = Obligation intermédiaire). La faute
tend à être présumée.
> Les personnes qui exploitent les établissements recevant
une clientèle (établissements de spectacle, ciné, théâtre, hôteliers...) = tenues
d‟une Obligation de sécurité de moyens.
> Les organisateurs de séjours de vacances (colonies, club de
vacances pour adultes). Il faut prouver une faute, une imprudence, un manque
de précaution de l‟organisateur. Lorsqu‟ils organisent des activités
dangereuses, l‟Obligation de moyen est renforcée (elle l‟est de manière
générale à chaque fois qu‟il y a un danger).
> Établissements d‟enseignement, endroits où se déroulent
des activités éducatives (centres d‟éducation pour ados..). Faudra prouver la
faute de l‟exploitant (Obligation de moyen).
* obligations de surveillance: des personnes et des biens. Pèsent
généralement sur babysitteurs, établissements psychiatrique... dans certains
arrêts, la Jurisprudence a considéré que pour les enfants en bas âge,
l‟Obligation de surveillance se transforme en Obligation de garde (Obligation
de moyen renforcée au minimum, proche d‟une Obligation de résultat).
Les contrats à titre gratuit: Jurisprudence essaie d‟ê indulgente à l‟égard des
débiteurs. Ne sont tenus qu‟une Obligation de moyen.
- APPLICATIONS (OBLIGATION DE RESULTAT)
Quelques Obligations de faire:
* obligations de livraison. Chose livrée et sans vice.
* toute Obligation de réaliser un ouvrage quel qu‟il soit (bâtiment,
mobilier).
* Est une Obligation de résultat une prestation de service relative à
une chose. Cas de tout cx qui réparent des choses, qui ont des
OBLIGATIONS d‟entretien/de maintenance relative à une chose... Obligation
de résultat car l‟aléa est faible et subjectivement, n‟est pas accepté par le
créancier (attend une prestation impeccable).
A côté des OBLIGATIONS de faire:
* Les OBLIGATIONS de sécurité: des transporteurs (de
choses, de personnes). S‟il y a des dégâts, la responsabilité du transporteur
de plein droit est engagée. Obligation liées à la maitrise totale des opérations,
rien ne doit arriver.
Certaines activités sportives qui comportent un déplacement et exposent à
certains risques particuliers. Ex: l‟exploitant d‟un télésiège, d‟une piste de bob-
luge, de jeux forains type auto-tamponneuses... L‟obligation est de résultat (il y
a des risques). Je connais les risques mais je ne les accepte pas pour autant.
L‟exploitant a la maitrise et doit avoir pris ses précautions.
- Parapente biplace. L‟Obligation de sécurité est de résultat (en dehors phases
de débarquement/embarquement).
Les exploitants de sport dangereux dans le cadre de stage/ club de vacances:
pas mal d‟arrêts sur la plongée sous-marine. Si un accident survient,
l‟Obligation du club est de résultat car s‟agit d‟une activité à haut risque. On
observe que le créancier a pourtant un rôle très actif. PRINCIPE: la plupart
des OBLIGATIONS de sécurité sont des OBLIGATIONS de moyens.
SECTION II LA FAUTE AGGRAVEE
En principe, la faute ordinaire suffit à engager la responsabilité (RD ou RC).
Ce principe date du Code civil : dans l‟AD, on distinguait fautes selon leur
gravité (théorie de la gradation des fautes défendue par POTHIERS): faute
très légère, faute légère, faute lourde, faute dolosive. Pour engager la
responsabilité, fallait prouver l‟une de ces fautes. A lui s‟opposait un grand
juriste, LEBRUN: il plaidait pour l’unité des fautes. Cette controverse est
restée célèbre. Rédacteurs du Code civil ont tranché pour LEBRUN (une fois
n‟est pas coutume!). La faute simple suffit pour engager la responsabilité Ça
ne veut pas dire que la gravité de la faute n‟a pas d‟influence sur la
responsabilité Parfois (rare), on exige une faute d‟une certaine gravité.
Traces pénalité dans droit civil. Parfois, faute d'une certaine gravité demandée
pour engager la responsabilité (faute simple ne suffit pas, cas très rares).
Dans d'autres cas, faute grave (qualifiée) aggrave responsabilité et donc
condamnation.
Un peu plus fréquemment, responsabilité engagée lorsque la faute est grave.
De ce fait, la responsabilité est aggravée. 3 fautes qualifiées:
I/ FAUTE INTENTIONNELLE OU DOLOSIVE
A_ NOTION
C‟est la plus grave. C‟est une faute qui implique une intention, un dol = c‟est la
volonté d‟un résultat (tendue vers le dommage). La faute intentionnelle
implique la volonté de causer un dommage. Par conséquent, on ne se
contente pas d‟un comportement négligent: on veut le dommage que la
victime subit. Ne faut pas la confondre avec l‟intention de nuire. On peut
vouloir causer un dommage à autrui sans vouloir forcément lui nuire
(juste recherche d‟un avantage personnel). Il y a un mobile particulier = la
volonté de nuire à autrui.
La Jurisprudence a retenu une définition plus large de la faute
dolosive (en matière contractuelle, on utilise plutôt ce terme : “dol élargi”): la
Cour de Cassation parle souvent de dol élargi en matière contractuelle, en
certains domaines. Arrêt célèbre, Civil 1ère, 4 fév. 69: il y a faute dolosive « à
chaque fois qu’il y avait violation délibérée d’une Obligation contractuelle. »
C‟est un élargissement très considérable. On dit quelquefois comportement de
mauvaise foi. En matière contractuelle, il n‟est pas nécessaire qu‟un débiteur
ait voulu créer un dommage au créancier, suffit qu‟il ait volontairement refusé
l‟exécution de l‟Obligation: implique tout de même la conscience du débiteur
du risque de créer un préjudice en transgressant cette Obligation. Cette
conscience du préjudice n‟est pas la volonté du préjudice! Il y a une marge.
B_ EFFETS
La faute dolosive va conditionner la responsabilité civile (insuffisance
d‟une faute ordinaire). Cas lorsque la loi écarte la responsabilité de certaines
personnes dans certaines situations. L‟auteur du dommage bénéficie d‟une
véritable irresponsabilité. Cette irresponsabilité prévue par la loi va disparaitre
dans des Hypothèse de faute dolosive. Ex: en matière d‟accident du Travail,
l‟employeur est considéré comme irresponsable par la loi (il ne devra pas
indemniser) sauf faute dolosive.
Se peut que les parties à un contrat aient prévu qu‟en cas d‟inexécution, le
débiteur sera irresponsable (accord conventionnel avec insertion d‟une clause
de non-responsabilité). Validité de cette clause tombe si faute dolosive.
La Jurisprudence a alors recours à la définition élargie du dol: c‟est la
violation délibérée d‟une Obligation contractuelle qui fera céder cette clause.
Dans d‟autres cas, la faute dolosive a pour effet d’aggraver la
responsabilité d’une personne.
2 APPLICATION: - art 1150 Code civil : en matière de contrat, le débiteur
ne répond que des dommages prévisibles (= allégement de la responsabilité).
Si débiteur commet une faute dolosive, la responsabilité est aggravée et le
débiteur devra répondre de tous les dommages.
- dans certains domaines, la loi prévoit un allégement de la
responsabilité (domaine des transports: en présence d‟une faute dolosive, le
plafond de réparation disparait et le transporteur devra réparer l‟intégralité du
dommage).
Hypo/ très souvent les parties d‟une convention insèrent une clause limitative
de responsabilité. Se distingue des clauses d‟irresponsabilité. Ces clauses
sont valables sauf si débiteur de l„Obligation a commis une faute
intentionnelle. S'applique aussi aux clauses pénales (s'appliquent tant qu'il n'y
a pas de faute intentionnelle).
Dans toutes ces illustrations, même règle: allègement qui disparait si
faute intentionnelle > aggravation de la responsabilité.
2 OBS°: - dans tous ces cas, la faute dolosive est entendue dans
un sens large (le dol élargi).
- aggravation de responsabilité joue essentiellement en
RESPONSABILITÉ CIVILE. Aussi Hypothèse où loi prévoit régime spécial de
responsabilité (transporteurs). Régime spéciaux d'indemnisation...droit du
travail, accidents de la circulation...
Dans ces 2 domaines, il y a une incidence de la faute dolosive > aggravation
de la responsabilité (pourtant alléger au départ).
II/ FAUTE LOURDE
A_ NOTION
Faute non-intentionnelle, pas de volonté de créer le dommage mais présente
quand même une gravité particulière: négligence, imprudence particulièrement
grave, particulièrement inadmissible, erreur de conduite particulièrement
grossière. Définition de la Cour de Cassation : « c’est une négligence d’une
extrême/exceptionnelle gravité dénotant l’inaptitude du débiteur à accomplir sa
mission contractuelle. » On la retrouve souvent en matière contractuelle mais
vaut en matière délictuelle. La Jurisprudence a évolué ces dernières années
sur les critères de la faute lourde. 3 critères retenus aujourd‟hui:
* le critère tiré de l‟examen de la conduite de l’agent. Il y a faute
lourde lorsqu‟il a eu un comportement particulièrement dangereux. Certains
auteurs prennent cette image de l‟écart énorme par rapport à la norme
(attitude du bon père de F). Le petit écart = faute ordinaire / grand écart =
faute lourde.
- D‟autres insistent sur l‟attitude de l‟agent à travers des qualificatifs: la faute
révèle l‟extrême incurie, l‟extrême incompétence, la témérité de l‟agent;
d‟autres parlent de l‟extrême stupidité/idiotie de l‟agent; d‟autres l‟extrême
témérité de l‟agent.
* la conscience du dommage. Beaucoup plus subjectif. On se
rapproche du dol élargi retenu en matière contractuel, ils se confondent
presque. Cette volonté délibérée de ne pas exécuter son Obligation
contractuel. implique la conscience du dommage que l‟on va créer.
* critère retenu plus rarement: la répétition des fautes. Personne
commettant une suite de fautes ordinaires est équivalent à la commission
d‟une faute lourde unique. Hypothèse de personnes qui se conduisent
négligemment tout au long de l‟exécution du contrat.
Jusqu‟à une époque récente (années.1980 jusque 2005), la
Jurisprudence avait tendance à retenir des critères beaucoup plus objectifs,
détachés de l‟examen du comportement de l‟agent: s‟attache à la nature de
l‟Obligation transgressée: il y avait faute lourde à transgresser une Obligation
essentielle du contrat. (Beaucoup d‟arrêts en ce sens). Cour de Cassation a
mis un frein à cette déviance de la J: en réalité, une faute doit d‟apprécier au
regard du comportement de l‟auteur: Chambre mixte, 2 arrêts du 22 avril
2005, affaires Chronopost (il existe beaucoup d„arrêts Chronopost! Refus
faute lourde en cas de violation obligation essentielle des contrats de
messagerie rapide). L‟Obligation essentielle était celle de livrer les colis dans
un délai de 24H. Précédemment, le fait de transgresser cette Obligation de
ponctualité entrainait une faute lourde. En 2005, on fait machine arrière.
Dans tous les cas, appréciation in abstracto de la faute lourde =
indépendamment de l‟esprit, de l‟aptitude intellectuelle de l‟agent: c‟est son
comportement qu‟on étudie. Même lorsque la faute est lourde est qualifiée à
travers la conscience du dommage (donc très subjectif), l‟appréciation reste
extérieure (= ce que la conscience de l‟agent vue de l‟extérieur révèle).
Problème : tous ces arrêts concernant contrat messagerie rapide ou similaires
(engagement faire quelque chose dans délai court). D'où question : cette JP
vaut-elle uniquement pour ces contrat ou portée plus générale ? Civil 1, 4
avril 06 : pas en cause un contrat de messagerie rapide, La Cour de
Cassation admet que l'on puisse encore se référer à la violation d'une
obligation essentielle pour qualifier la faute lourde. P-e portée revirement
Chambre mixte = que contrat messagerie rapide ?
Appréciation in abstracto faute lourde : pas considérations d'ordre
psychologique ou intellectuel (y compris pour l'application du critère de
conscience des risques de dommage). Le juge ne recherche pas si tel auteur
de dommage a eu réellement conscience des risques mais si eu égard à son
comportement, aurait dû avoir cette conscience.
B_ EFFETS Un peu les mêmes que la faute dolosive
- faute lourde exigée pour engager la responsabilité
- la faute simple engage une responsabilité allégée;
responsabilité aggravée si faute lourde.
La Jurisprudence a été conduite à poser un principe
d’équivalence/d’équipollence entre la faute lourde et la faute dolosive
concernant les effets sur la responsabilité > Culpa lata dolo aequi paratur.
Le dol est difficile à prouver. A partir du moment où une personne a
commis une faute lourde, son comportement est présumé dolosif. Observation
qui ne concerne que la matière contractuelle. La Jurisprudence retient bien
souvent une conception élargie du dol qui revient finalement à la faute lourde;
volonté qui implique la conscience du dommage (or, c‟est un des critères de
qualification de la faute lourde!).
Par exemple, si une clause limite la responsabilité d‟un débiteur et qu‟il
commet une faute lourde, la clause disparait. Le débiteur devra réparer
l‟intégralité du dommage. De même, lorsqu‟une clause dolosive était
nécessaire pour engager la responsabilité, une faute lourde suffira à engager
la responsabilité
III/ FAUTE INEXCUSABLE
S‟intercale entre la faute dolosive et la faute lourde.
- NOTION, APPLICATION et INCIDENCES
En réalité, ne concerne que des applications très particulières où la loi fait
produire des effets à la faute inexcusable.
En matière d‟accident du transport Droit des
transports accidents de la circulation
Les arrêts qui parlent de la faute inexcusable la définition comme une « faute
d’une gravité exceptionnelle ». Est quand même moins grave qu‟une faute
intentionnelle car elle reste une imprudence (imprudence gravissime).
Appréciation très objective.
Sa définition varie selon le droit positif: la faute inexcusable n‟est pas la
même selon le domaine. Le seul trait commun est la gravité exceptionnelle.
SECTION III LES PERSONNES
SUSCEPTIBLES DE COMMETTRE DES
FAUTES
QUESTION: savoir si toute personne est apte à commettre une faute? On
pense à 2 caté de personnes:
- les personnes privées de raison
- les Personnes Morales et leurs organes
La faute implique un élément subjectif qui est un élément de conscience: avoir
conscience de ce que l‟on fait (analyse traditionnelle de la faute). Or, ces
personnes ont-elle une conscience suffisante pour qu‟on leur impute la faute?
I/ FAUTE DES PERSONNES PRIVEES
DE RAISON
- PERSONNES SOUFFRANT DE TROUBLES MENTAUX
- PERSONNES QUI N‟ONT PAS ATTEINT L‟ÂGE DE RAISON
(les infantes _ un infans)
= enfants en bas âge qui n‟ont pas encore un discernement suffisant.
2 caté radicalement différentes mais toutes 2 sont privées de raison.
Traditionnellement, on considère que la raison humaine est indispensable à
l‟existence de la faute. Selon cette analyse, la faute contiendrait 2 éléments:
> Un élément objectif = l‟illicéité de l‟acte accompli.
> Un élément subjectif = l‟imputabilité. Avoir un degré de conscience
tel qu‟on comprend ce que l‟on fait. Cet élément implique un libre-arbitre chez
l‟individu. A défaut, pas d‟imputabilité de la faute. Or, on pense que ces 2
caté sont privées de cet élément. Donc fin du syllogisme, elles ne peuvent pas
commettre de faute.
Analyse discutée par certains auteurs qui ont fait observer que la faute
est une notion objective. En revanche, la responsabilité supposerait une
condition supplémentaire par rapport à la faute: 1) appréciation° in abstracto:
que l‟auteur ait commis la faute, 2) que la faute soit imputable à
l‟agent. Peu importe l‟analyse retenue, sans imputabilité, pas de
responsabilité.
Jurisprudence de 1968, la Jurisprudence a considéré que les déments
et les infantes ne pouvaient pas être civilement responsabilité de leurs actes
(pas plus qu„ils ne le sont pénalement!).
A_ LA RESPONSABILITÉ CIVILE DES
ALIENES
Loi du 3 janvier 68 sur la réforme du régime des incapables majeurs a prévu
dans art Code civil que les pers agissant sous l‟empire d‟un trouble mental
n‟était pas moins responsable que les autres. Insertion à l‟article 489-2 Code
civil : “Celui qui a causé un dommage sous l'empire d'un trouble mental n'en
est pas moins obligé à réparation”. Réforme récente. Depuis le 1 er janvier
2009, entrée en vigueur > renumérotation. Donc Aujourd‟hui, est devenu art
414-3 Code civil (texte inchangé): sont responsables dans les mêmes
conditions que les autres (ni plus, ni moins). A. p.68, Jurisprudence a
rendu décisions précisant domaine de cette responsabilité nouvelle:
1976: ce texte s‟applique à toutes les pers majeures et mineures (précision
importante car la loi de réforme concernait les incapables majeurs).
Civil 2, 4 mai 1977: art 489-2 concerne toutes les responsables civiles (pas
seulement la responsabilité pour faute). Responsable dans les mêmes
conditions que les autres.
Puis il a fallu préciser la notion de « trouble mental. » Est-ce qu’on peut
considérer qu’un trouble physique qui se traduit par une perte de conscience
est un trouble mental? Ex: la crise cardiaque, épilepsie, syncope... Non, ce
n‟est pas un trouble mental (loi nouvelle pas applicable). Trouble mental
entendu au sens strict: fait que les facultés intellectuelles d‟une personne se
trouvent atteintes; atteinte pathologique. Est-ce que les enfants
en bas sont affectés de troubles mentaux? Non. Les infantes
demeurent irresponsables. Autrement dit, il y avait 2 catégories de personnes
qui voyaient leur responsabilité écartée: les personnes atteintes de troubles
physiques (arrêt de 1981) et les infantes. Toutes les autres sont déclarées
responsables.
QUESTION du fondement de cette responsabilité nouvelle: est-ce une
responsabilité objective qui pèse sur toute personne atteinte d’un trouble
mental? Sans recherche s’il y a une faute? (proposition doctrinale). La Cour
de Cassation a rejeté cette analyse: les attardés ne sont pas plus ou moins
responsables : la faute victime doit prouver une faute.
En 1968, le législateur a décidé de supprimer la condition
d‟imputabilité jusque-là imposée par la Jurisprudence pour engager la
responsabilité des personnes. Désormais, même si une personne n‟a pas
conscience de ce qu‟elle fait, sont responsables dans les mêmes conditions
que les autres.
Désormais, il faudra organiser un procès public.
B_ LA RESPONSABILITÉ CIVILE
DES INFANTES
Cour de Cassation a en effet considéré que l‟infansia n‟est pas l‟équivalent
d‟un trouble mental = infantes demeurent irresponsables.
Revirement spectaculaire intervient par une série d‟arrêts
de l’Assemblée plénière du 9 mai 1984 Derguini et Lemerre: les enfants en
bas âge privés de discernement peuvent être déclarés responsables des
fautes qu‟ils commettent. Conduit à ne plus tenir aucun compte du fait que
leurs capacités intellectuelles ne sont pas tout à fait développées. Cette
responsabilité est contestée aujourd‟hui par une tranche de la doctrine mais le
principe est maintenu.
II/ FAUTE DES PERSONNES MORALES
et DE LEURS ORGANES
La Personne Morale est un être abstrait, intangible. Si elle agit, le fait à travers
des organes, des dirigeants... Dommage ne peuvent être causés que par cet
intermédiaire. - Est-ce que la Personne Morale peut se voir reprocher
une faute?
A_ LA RESPONSABILITÉ CIVILE DE LA
PERSONNE MORALE
Une Personne Morale a toujours pu être déclaré civilement
responsable des dommages qu‟elle cause. Le fait que ce ne soit pas une
personne physique n‟a pas arrêté les juges. Fondement sur l‟article 1382
Code civil : comme si on imputait une faute directement à la Personne Morale.
A une époque, certaines Juridictions ont dit que ce n‟était pas possible.
Responsabilité fondée sur la responsabilité du fait d‟autrui (article 1384, al 5).
Depuis l‟arrêt de la chambre Civile 2ème, 17 juillet 1967: décide que la
responsabilité de la Personne Morale peut être engagée sur fondement art
1382 = à raison de sa faute. En matière contractuelle, même évolution (La
Jurisprudence est extrêmement fournie). La Personne Morale peut être
responsable pour inexécution° d‟une Obligation contractuelle. Et donc pour
faute contractuelle.
Cette Jurisprudence signifie qu‟en dépit du fait que la Personne M
orale agit par le biais d‟intermédiaires, il est possible d‟imputer
directement une faute à la Personne Morale elle-même. Cela étant, conditions
posées:
- que le dommage ait été causé par un organe de la Personne Morale (un
dirigeant, faute résultant d‟un conseil/assemblée/directoire).
- que l‟organe ait agi dans les limites de ces pouvoirs.
B_ LA RESPONSABILITÉ CIVILE DES
ORGANES
- Peut-il y avoir un cumul de faute engageant la responsabilité Personne
Morale et organe? Cour de Cassation a toujours dit OUI. La responsabilité
peut être engagée si l‟acte de l‟organe est fautif. Cette faute sera directement
imputable à la Personne Morale mais va engager la responsabilité de l‟organe
aussi. D‟ailleurs, lorsque c‟est la Personne Morale qui indemnise la victime,
elle aura ensuite un recours contre l‟organe fautif.
Selon la Jurisprudence des années.1970/1980, toute faute de l‟organe
engageait sa responsabilité. A p. a.80, Jurisprudence a considéré que pour
que l‟organe lui-même soit responsable, il faut qu‟il ait commis une faute
séparable/détachable de ses Fonctions. S‟il ne fait qu‟agir dans le cadre de
ses fonctions, l‟organe a une immunité: il a commis une faute mais il n‟en
subira pas les conséquences. Par faute séparable, on entend faute
gravissime. Cour de Cassation dit « faut incompatible avec l’exercice normal
des Fonctions sociales ».
Conclusion: toute personne est susceptible de commettre une faute.
SECTION IV LES CIRCONSTANCES
DE NATURE A EXCLURE LA
RESPONSABILITE
= Circonstances positives exclusives de faute. Sont exceptionnelles; vont
avoir pour effet d‟exclure la responsabilité de l‟agent.
A priori, on est en présence d‟une faute de l‟agent:
- soit la faute est présumée
- soit on est en face à une Obligation de résultat en matière
contractuelle ou Obligation déterminée en matière délictuelle... En principe, le
responsable n‟a aucune possibilité de se dégager sauf s‟il peut se prévaloir de
l‟une de ces circonstances.
I/ LA CAUSE ETRANGERE ou FORCE
MAJEURE
Va écarter totalement la responsabilité de l‟agent (a priori responsable).
A_ NOTION et EFFETS
DEFINITION : c‟est une circonstance qui empêche absolument de remplir son
devoir ou d‟exécuter son Obligation de telle sorte qu„on ne peut rien lui
reprocher. L‟agent était en présence d‟une force qui l‟a contraint à
transgresser son devoir.
ADAGE: « à l’impossible nul n’est tenu. »
APPLICATION nombreuses: LES FORCES NATURELLES: cyclones,
tempêtes, inondations, verglas...
EVENEMENTS HUMAINS ANONYMES: guerre, émeute,
attentat, grève, bousculade...). Il n‟y a pas UNE personne en particulier à
l‟origine de l‟évènement.
LE FAIT D‟UN TIERS: fait d‟une personne déterminée qui
peut être identifiée (ou pas). Le fait de la victime elle-même, du créancier...
Toujours DOUBLE EFFETS: > Force Majeure supprime la faute. En
présence d‟un cas de Force majeure, l‟agent n‟a pas pu faire autrement, on ne
peut rien lui reprocher. C‟est l‟Obligation elle-même qui disparait.
> Force Majeure écarte le lien de causalité. C‟est
toujours un évènement dont le caractère « causal » est important. C‟est une
cause dominante du dommage. Cette cause adéquate rompt le lien fait
générateur/dommage et absorbe toute la causalité du dommage. En fait,
Force Majeure exonère la responsabilité à dble titre: prouve radicalement que
l‟agent n‟a commis aucune faute; elle écarte le lien de causalité.
B_ CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE
La Jurisprudence pose des conditions qui correspondent aux caractères
généralement attribués à la Force majeure. Parfois on utilise « cause
étrangère » pour indiquer des cas qui ne sont pas des cas de Force Majeure
(dans ce cas, elle n‟exonère pas). La cause étrangère mérite d‟ê étudiée si on
l‟assimile à la Force majeure. On parle parfois de cas fortuit. C‟est la même
chose!
1°) L’IRRESISTIBILITE DE
L’EVENEMENT (condition fondamentale)
On parle de Force Majeure si force supérieure à celle de l‟homme; si l‟agent
n‟a pas pu résister à cette force. D‟où une condition d‟irrésistibilité de
l‟évènement. En pénal, c‟est la contrainte. C‟est une force contraignante qui
s‟est abattue sur l‟agent.
En Jurisprudence, on aime le terme d‟irrésistibilité. = force insupportable,
force irrésistible...
La Jurisprudence est très exigeante: elle impose que l‟agent n‟ait pas
pu résister en déployant tous les moyens en sa possession. En matière
contractuelle, on exige souvent que l‟agent ait été en présence
d‟une impossibilité absolue d‟exécuter son Obligation: c‟est un pléonasme! C.
Une impossibilité peut-elle être relative?
Appréciation° de l‟irrésistibilité au moment de l‟action de l‟agent.
2°) L’IMPREVISIBILITE DE L’EVENEMENT
Dans la plupart des cas, on peut prendre certaines précautions pour
empêcher la réalisation du l‟évènement ou au moins pour éviter que les
Conséquence dommageables ne se produisent. Si l‟évènement est prévisible,
on peut l‟éviter.
La Jurisprudence exige cumulativement les 2 conditions.
Des auteurs ont fait remarqué que certains évènements, même prévus,
n‟auraient pas pu être évités (rare!). D‟une telle violence qu‟on ne peut rien
faire (tornade). On devrait alors admettre la Force Majeure malgré la
prévisibilité. Ces observations doctrinales ont produit une division de la
Jurisprudence (schématique):
> Chambre Civile 1ère et Chambre commerciale: dans certaines
circonstance, possibilité de se dispenser de la condition d‟imprévisibilité.
> Chambre civile 2ème est beaucoup plus exigeante. Faut toujours
imposer cette condition.
Division Jurisprudence pendant près de 2 décennies. Puis Assemblée
Plénière, 2 arrêts du 14 avril 2006, pas très clairs. Ont suscité des
interprétations divergentes chez les auteurs. Dans ces espèces, juges avaient
constaté que les 2 conditions étaient remplis. Cour de Cassation se borne à
dire que les juges du fond avaient eu raison de constater la présence des 2
conditions. Mais st-elles exigées dans tous les cas? Certains l‟ont pensé,
d‟autres l‟ont nié... Aujourd‟hui, il apparait acquis que la Cour de
Cassation exige cumulativement les 2 conditions.
Observation en matière contractuelle: la condition d‟imprévisibilité doit être
appréciée au moment de la ccl du c.
Condition de l‟extériorité: on dit souvent à tort que la Force Majeure doit être
extérieure. On s‟appuie d‟ailleurs sur l‟expression° « cause étrangère ». En
réalité c‟est faux! La Force Majeure peut avoir une origine interne à l‟agent. Ex
nombreux: la maladie, une crise cardiaque...
Responsabilité du fait personnel : imprévisibilité =/ condition du fait personnel
(arrêts : circonstances internes à l'agent peuvent constituer une cause
étrangère exonératoire ex maladie : débiteur contractuel tombe malade, ne
peut exécuter prestation : si vraiment imprévisibilité et irrésistibilité, peut
s'exonérer au moyen de la cause étrangère bien que évènement en question
pas extérieur à l'agent...absences de moyens aussi...).
II/ LES FAITS JUSTIFICATIFS
Circonstance diverses qui ont pour effet de faire disparaitre le devoir ou
l‟Obligation> suppression° de la faute. La plupart des faits sont issus du DP.
A_ LES FAITS JUSTIFICATIFS RECONNUS PAR
LE DROIT PENAL
Art 122-4 à 122-8 CODE PENAL. Le commandement de la loi (pas de faute à
respecter l'ordre de la loi), de l‟autorité légitime, la légitime défense, l‟état de
nécessité (ne pas agir pour éviter de commettre un dommage plus grave).
Pour l‟EDN, on ne peut reprocher aucune faute mais on pourra peut-être
engager une Responsabilité Sans Faute (ne supprime pas toute responsabilité
contrairement aux autres faits justificatifs) ou quasi-contrat. Attention, ça
supprime seulement la faute ordinaire. Sauveteur peut causer dommage à la
personne causée pour éviter dommage plus grave. Hors convention
d'assistance (obligation de sécurité et de résultat) : oblige à réparer dommage
causés.
B_ L’ACCEPTATION DES RISQUES
Acceptation de certains risques quand on se livre à des activités
dangereuses. Est-ce que l’acceptation par la victime du dommage n’a pas
pour effet d’écarter la faute? Jurisprudence dit NON, ce n‟est pas
systématiquement un fait justificatif. Si exposition à des risques importants, la
réalisation des risques sont des dommages normaux. L‟acceptation de risques
normaux ne peut conduire à reconnaitre une faute à la charge du
responsable. Sorte de recul du seuil de la faute.
En revanche, si risques anormaux (augmentés, provoqués par l‟auteur du
dommage), ils ne sont pas censés être acceptés par la victime. On pourra
reconnaitre une faute. Ex: pratique d‟un sport à risque. Si mauvais coup
pendant un match, le joueur est censé avoir accepté les risques liés à la
pratique du sport. En revanche, si coup volontaire de l‟adversaire pour le
blesser, la victime pourra engager sa responsabilité. La Jurisprudence
fait une distinction:
> Les fautes de jeu: simples fautes techniques, non-respect des
règles. Elles peuvent causer des dommages mais ne sont pas volontaires.
Engage une responsabilité dans le cadre du jeu (pénalty, etc.) mais ne sont
pas des fautes civiles.
> Chambre civile 2ème, 16 novembre 2000
> Les fautes contre le jeu: volontaires, excèdent la faute technique.
Obstrue le jeu, vise parfois à blesser l‟adversaire. Sont des fautes civiles car
sont créatrices des risques anormaux de dommage.
OBS°: Cour de Cassation utilise une expression°. Elle parle de
« manquements caractérisés aux règles du jeu ou du sport. » En fait, elle vise
les fautes contre le jeu (actes agressifs, violents, pratique déloyale).
Appréciations arbitre pas influence nécessaire sur appréciation juge.
Egalement influence RESPONSABILITÉ CIVILE. Risques = aléa dans
exécution contractuelle. Critère majeur distinction obligations moyens/résultat.
CHAPITRE.2 LE FAIT DE LA
CHOSE
Seuls 2 cas dans le Code civil :
- la responsabilité du fait des animaux (article 1385): "Le propriétaire
d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage, est
responsable du dommage que l'animal a causé, soit que l'animal fût sous sa
garde, soit qu'il fût égaré ou échappé".
- responsabilité du fait des bâtiments (article 1386): "Le propriétaire
d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine, lorsqu'elle est
arrivée par une suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction."
Les autres cas résultent des hommes maniant une chose. Ensuite, apparition
du chemin de fer, premiers dommages graves corporels causés par une
chose. Industrialisation de la société, automobiles ont suscité des besoins
d‟indemnisation des dommages, surtout corporels. L‟obligation de sécurité
s‟est développée dès le début du XX.
En matière délictuelle, art 1384, al 1 à partir duquel la Jurisprudence a créé de
toute pièce un Principe Général de responsabilité du fait des choses.
SECTION I LE PRINCIPE GENERAL
DE RESPONSABILITÉ DELICTUELLE DU
FAIT DES CHOSES INANIMEES
Interprétation audacieuse de 1384, al 1:"On est responsable non seulement
du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est
causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on
a sous sa garde.".
Ce texte n‟avait pas vocation à fonder un principe de R du fait des
choses, ce n‟était qu‟un texte de transition entre les articles 1382-1383 et les
al 2 et s de 1384. Jurisprudence créatrice.
§ PRELIMINAIRE: HISTOIRE DE LA
DECOUVERTE DE 1384, al 1er
Multiplication de dommages corporels graves avec l‟évolution liée au progrès
technique.
Avant, le principe était celui de la responsabilité pour faute (article 1382-1383
Cc). La victime devait donc prouver une faute. Beaucoup restaient sans
indemnisation, il fallait trouver un moyen de remédier à ça, sans faute de
l‟auteur du dommage idée de recourir à l‟article 1384, al.1.
- Chambre civile. 16 juillet 1896, Teffaine, « arrêt du remorqueur »: accident
du travail, victime travaillait sur un remorqueur. Explosion de la chaudière sur
le remorqueur avait tué un ouvrier. Aucune faute ne pouvait être établie. Cour
de Cassation s‟est fondée sur 1384, al1. Le responsable = l‟employeur du
salarié qui avait la garde de la chaudière. Cette responsabilité était engagée
automatiquement en l‟absence de toute faute du responsable.
- Effroi de la doctrine, ont tenté de limiter cette Jurisprudence
> On a dit que ce n‟était pas une responsabilité automatique mais une
simple présomption de faute.
> On a ensuite considéré que cette responsabilité ne valait que pour
les choses dangereuses (cantonner le domaine de cette responsabilité).
- Échec de ces deux tentatives de limitation.
Attention particulière via Chambre réunies, 13 février
1930, Jand’heur: accident de la circulation, petite fille victime, application de
1384, al 1 et surtout, grand motif de principe: ce n’est pas une présomption de
faute mais une présomption de responsabilité qui ne cède qu’en cas de cause
étrangère (principe Responsabilité Sans Faute du gardien, R purement
objective). De plus, refus de distinguer entre les différentes choses qui
peuvent être à l‟origine d‟un dommage.
C‟est l‟article désormais le plus utilisé par les tribunaux pour
indemniser les dommages. Responsabilité Sans Faute fondée sur la notion de
risque créé par les choses dont on a la garde.
Responsabilité directe (pèse directement...) =/ fait autrui.
Fondement ? Théorie du risque. Responsabilité doit naitre pour réparer
dommage causés quand activité à risques > dommage (utilisation choses
générateur de risques).
I/ LE FAIT DE LA CHOSE
A_ LES CHOSES
Essai de cantonner la RDFC aux choses mobilières. Argument: existence de
l'article 286 du Code civil pour les immeubles.
> Chambre Réunies, 6 mars 1928 : application de la Responsabilité
du fait des Choses à un immeuble.
Application seulement aux choses dangereuses (volonté de RIPERT).
> 21 fév. 27, JAND’HEUR: écarte la distinction, conforté par le second
arrêt JAND’HEUR de 1930.
2 exclusions:
- Choses inappropriées: res nullius/communes/derelictae. N‟engage la
responsabilité de personne. Ex: neige, verglas.
Exception: si ces choses font l‟objet d‟une possession/détention, celui
qui les possède en aura acquis la garde pourra voir sa responsabilité
engagée. Dès la manipulation, la chose acquiert un gardien (ex
détonateur ramassé par enfant dans une carrière !! ex boule de neige
lancée).
- Corps humain: on ne peut être responsable du fait de son
corps chose au sens de l‟article 1384, al. 1. Si le corps humain se
trouve sur une chose mais qui n‟est pas entrée en contact la victime, la
chose est à l‟origine du dommage. Le corps est l‟accessoire
indissociable de la chose. Ex: collision entre skieurs.
B_ LE FAIT ACTIF DE LA CHOSE
Présomption de fait "actif" = qu‟une chose intervienne à l‟origine d‟un
dommage.
Tentative de refoulement de la RDFC. Il n'y avait fait de la chose…
- qu‟en cas de vice de la chose.
- proposition distinction choses en mouvement/choses immobiles. L‟art.
1384 ne s‟appliquerait qu‟aux choses en mouvement.
- Distinguer entre fait autonome et fait de l‟homme: fait de la chose que
lorsque celle-ci est autonome dans la réalisation du dommage.
La Jurisprudence JAND’HEUR de 1930 balaie ces restrictions. Cependant:
« La chose doit être la cause génératrice du dommage »
« La chose doit être l‟instrument du dommage » (plus fréquente)
« Que la chose ait eu un rôle actif dans la production du dommage » (-
fréquent)
Il faut que la chose ait été la cause adéquate du dommage. Victime aura 2
preuves successives à faire:
- Preuve d‟une intervention matérielle dans la survenance du dommage.
Prouver qu‟elle fut une condition sine qua non.
- Preuve que la chose a été la cause adéquate du dommage.
CONDITIONS (2) posées par Chambre civile. 9 juin 1939 pour établir la
présomption de causalité adéquate.
- Chose en mouvement au moment du dommage
- Entrée en contact avec le siège du dommage. Si chose inerte, malgré
le contact, la présomption ne s'applique pas.
Quand la présomption ne joue pas, quelle preuve la victime doit-elle
rapporter?
CRITERES DU ROLE ACTIF DE LA CHOSE:
Le comportement anormal de la chose, déduit d‟une défectuosité de la
chose
La position anormale de la chose
La configuration anormale
La victime doit prouver une anomalie de la chose.
> Pour les choses inertes. Ex: sol ne doit pas être glissant, escalier
dépourvu de rampe.
> En l‟absence de contact entre la chose/siège du dommage. Prouver
que la chose était une condition nécessaire et a joué un rôle actif. Ex:
sonnerie intempestive de la sécurité d‟un magasin (dommage moral de la
victime innocente de la fouille).
Ex: pierres chutent sans causer de dommage.
Fermeture de l‟établissement au pied de la falaise pour prévenir les risques
par le maire. Le propriétaire de la falaise est-il responsable du dommage
commercial? Oui au sens du rôle actif.
Loi spéciale action automobile 1985, même plus besoin 1384al1 pour
accidents de la circulation.
II/ LA DESIGNATION DU RESPONSABLE
Art 1384, al.1 vise le responsable de la chose = le gardien de ladite chose.
A_ LA NOTION DE GARDIEN
Notion difficile à cerner. Dans une 1ère approche, la garde est la maîtrise. C‟est
celui qui peut exercer sur la chose un pouvoir.
EVOLUTION Jurisprudence DE LA NOTION DE GARDE: on est passé
d‟une garde juridique à une garde plus matérielle.
1) Notion originaire de garde (notion juridique). Le gardien est celui qui
dispose sur une chose de 2 pouvoirs:
- de direction
- de contrôle
Cour de Cassation entend ces 2 pouvoirs dans un sens juridique. Cela exclut
celui qui n‟a qu‟un simple pouvoir matériel. Le propriétaire de la chose en est
gardien, l‟usufruitier aussi.
Par contre, celui qui vole la chose n‟en est pas le gardien.
De même, le préposé qui utilise les choses de son commettant n‟en
est pas le gardien.
Inconvénient de la notion juridique dans les Hypothèse de vol ou de
détournement de la chose. Jurisprudence considérait que le propriétaire
restait gardien. Si le voleur causait un dommage avec cette chose, le
propriétaire était responsable. Pareil en cas de détournement.
2) Arrêt chambres réunies, 2 décembre 1941 « Frank »: ajout d'un
3ème pouvoir pour définir la garde. Le gardien a les pouvoirs d’usage,
de direction et de contrôle. Avantage de ce 3 ème pouvoir = celui qui a
l‟usage de la chose pourra en être considéré comme gardien.
Désormais en cas de vol, le propriétaire n‟est pas responsable car il
n‟en a plus l‟usage.
PORTEE: Jurisprudence Frank a voulu factualiser les pouvoirs de direction
et de contrôle. Jusque-là, on les entendait dans un sens juridique. Le voleur a
non seulement l‟usage mais aussi la direction au moins matérielle et le
Contrôle de la chose. C‟est lui qui est considéré comme gardien de la chose.
- Cette notion de garde se matérialise à travers l‟adjonction du pouvoir
d‟usage et une différence d‟analyse.
> Le gardien exerce les pouvoirs effectifs sur la chose et non pas le
pouvoir abstrait caractérisé uniquement par des droits sur la
chose. Conséquence: le voleur est gardien; quand le préposé abuse de sa
Fonction dans un i perso, le gardien est le préposé et non plus le commettant.
> La garde suppose un pouvoir indépendant sur la chose.
Quand un préposé utilise la chose dans le cadre de ses fonctions, il ne le fait
que pour le compte du commettant = il n‟a pas de pouvoir indépendant mais
subordonné.
- La garde n'est pas une notion complètement factuelle. Une personne a la
garde de la chose car elle a les 3 pouvoirs alors qu‟elle serait dans l‟incapacité
de les exercer. Il faut disposer des pouvoirs sur la chose. Peu importe qu‟on
ne soit pas en mesure de les exercer. Cela recouvre 2 types de situations :
- Personnes qui a des pouvoirs mais n‟a pas la compétence technique
(ex: dans une entreprise, le patron ne sait pas forcément utiliser toutes
les machines mais c‟est lui qui est gardien car il a les 3 pouvoirs).
- Personnes qui n‟a pas les aptitudes intellectuelles: cela n‟a pas
d‟importance dès lors qu‟on a les pouvoirs.
> Arrêt du 18 décembre 1964 Trichard: la cour énonce que la garde
est compatible avec l‟existence de troubles mentaux ou physiques
empêchant le gardien d‟utiliser les choses.
> Arrêt du 9 mai 1984 « Gabillet »: enfant en bas âge qui manipulait
une chose et a causé un dommage était le gardien de la chose et donc
devait répondre sur le fondement de l‟art. 1384.
B_ DETERMINATION DE QUALITE DU GARDIEN
1°) Présomption de garde à la charge du propriétaire
La jurisprudence considère que le gardien est le propriétaire de la chose car il
exerce les 3 pouvoirs. Le propriétaire de la chose est généralement assuré
pour sa responsabilité. Or, il ne sert à rien de désigner un gardien qui ne serait
pas assuré (insolvabilité du gardien). Bien souvent, les règles de
responsabilité font en sorte qu‟elle désigne comme responsable une personne
assurée. L‟aptitude à l‟assurance est un motif pour la déclarer responsable.
Large portée de cette présomption de garde, elle joue dans tous les cas mais
c'est une présomption simple.
RENVERSEMENT DE LA PRESOMPTION
- PERTE INVOLONTAIRE DE LA GARDE
- hypothèse du vol, du détournement d‟une chose par un tiers du préposé
infidèle qui abuse de ses fonctions, des enfants qui dérobent des choses à
leurs parents). On peut dire généralement que tout emprunt de la chose non
autorisée par le propriétaire se traduit par une perte de la garde.
- dans certains cas, la perte de la garde peut résulter d‟un fait brutal (personne
qui arrache la chose des mains du propriétaire).
- La perte de la garde résulte d‟une acquisition de la chose par un tiers.
> Arrêt où une personne a arraché un fusil et au même moment le coup
est parti. C‟est celui qui a arraché qui est responsable.
- poser une bombe dans un immeuble se traduit par une perte de la garde de
l‟immeuble par son propriétaire. Gardien = poseur de la bombe.
- TRANSFERT VOLONTAIRE DE LA GARDE
Résultent normalement d‟un contrat. Propriétaire confère à un tiers la
détention de la chose. En même temps, le tiers acquiert sur la chose les
pouvoirs caractérisant la garde. Tout dépend de la convention et des pouvoirs
réels qu‟elle confère aux tiers. En principe, le transfert résulte d'un: -
Contrat de bail: le locataire devient le gardien de la chose
- Contrat de prêt
- Contrat d‟entreprise: confère à l‟entrepreneur la
garde de la chose.
- Il se peut que dans ces cas, le propriétaire conserve certains pouvoirs
(fréquents).
- quand une chose est remise à un tiers dans une finalité précise, on
considère que les pouvoirs sont limités car ils sont finalisés. Jurisprudence
réticente et admet que c‟est le propriétaire qui demeure gardien (ex de
l‟escabeau, Chambre civile 2è, 7 mai 2002).
- quand le tiers n‟a qu‟un pouvoir de surveillance, il ne devient pas gardien (ex:
gardien d‟immeuble).
- Pouvoir limité et ponctuel: n‟admet pas le transfert de garde. Bien qu‟il y ait
remise de la chose à l‟emprunteur, cela est pour une durée limitée. Ce n‟est
pas suffisant pour transférer de garde.
- prêt d'une chose pour un essai: pas de transfert de garde.
Ex: leçons de conduite => élève ou moniteur qui est gardien?
C‟est le moniteur car l‟élève est au volant mais n‟a pas la maîtrise totale. Sauf
si on prend des leçons de perfectionnement!
- Le contrat d‟entreprise a suscité des difficultés: normalement
l‟entrepreneur devient gardien de la chose. Mais lorsque le propriétaire de la
chose conserve l‟usage partiel de la chose, l‟entrepreneur ne devient pas le
gardien de la chose.
Ex: entreprises de construction => en principe le constructeur
est gardien du chantier et de tout ce qui s‟y trouve. Si le maître de l‟ouvrage a
un accès au chantier, le propriétaire-maitre de l‟ouvrage a conservé certains
pouvoirs. Dans tous ces cas, l‟entrepreneur n‟a pas la maîtrise totale du
chantier.
- Les magasins de libre-service. En principe, le supermarché reste
gardien car les clients n‟ont qu‟un usage limité des objets (Chambre civile 2,
28 février 1996 - TD). Par contre, si le client cause un dommage avec le
caddie, il est le gardien du caddie car en le manipulant, on a des pouvoirs
suffisants.
> Corrélation entre la simplicité de l'usage de la chose et
l‟acquisition des pouvoirs: plus la chose est simple d‟usage, plus il est facile
d‟avoir tous les pouvoirs sur cette chose.
2°) HYPOTHÈSE OU plusieurs PERSONNES EXERCENT DES
POUVOIRS SUR LA CHOSE
- POUVOIRS IDENTIQUES SUR LA CHOSE
Garde collective ou commune. Plusieurs personnes sont copropriétaires
d‟une chose. Si la chose cause un dommage, l‟ensemble des personnes
exerçant les mêmes pouvoirs sur la chose sont gardiennes.
Ex: Si le ballon cause un dommage, ce n‟est pas le joueur qui a
la maîtrise du ballon qui est gardien, c‟est l‟ensemble des joueurs car chacun
se dispute le ballon.
Ex: enfants qui jouent collectivement avec des allumettes ou
qui fument et mettent le feu.
> Jurisprudence qui a retenu cette solution en matière de régate: un bateau
cause un dommage à la suite d‟un naufrage. Plusieurs personnes sur le
bateau dont le propriétaire qui était le skippeur. En dépit de l‟usage collectif du
bateau, le seul gardien est le skippeur car il est propriétaire et parce qu'en tant
que skippeur il a un pouvoir plus important.
> Quelques arrêts ne retiennent pas la garde collective:
Quand un mineur s‟est emparé de la chose et cherchait à avoir
une maîtrise individuelle de la chose par son attitude, dans ce cas c‟est lui qui
est considéré comme le seul gardien de la chose.
- POUVOIRS DISTINCTS EXERCES PAR plusieurs
PERSONNES SUR LA MÊME CHOSE
- un contrat de bail: le bailleur reste propriétaire et le locataire à des pouvoirs
sur la chose.
- Même chose quand la chose fait l‟objet d‟un usufruit.
- le préposé a un pouvoir comme le commettant mais ils sont distincts.
> Jurisprudence dit qu'il faut choisir : principe selon lequel la garde est
alternative et non cumulative. On recherche celui qui avait sur la chose les
pouvoirs effectifs, prédominants.
* dans la plupart des cas, c‟est le locataire (95%). Le bailleur a
un droit mais n‟est plus en contact effectif avec la chose. * Si
démembrement, c‟est l‟usufruitier qui a les pouvoirs de jouissance.
* le commettant = gardien car le préposé n‟utilise la chose que
pour le compte du commettant.
Distinction entre garde de la structure et garde du comportement
> Sens de la distinction: personnes qui ont des pouvoirs effectifs
différents mais l‟une de ces personnes a l‟usage de la chose = elle maîtrise
son comportement. Dans ces cas, il peut y avoir 2 gardiens de la chose =
dérogation au principe de la garde est alternative. Tout dépend de la cause du
dommage.
* Si la cause a son origine dans l‟usage: c‟est le gardien du
comportement qui est responsable => cas si le dommage est causé à la suite
d‟une mauvaise manipulation de la chose.
* Si le dommage est dû au fonctionnement de la chose: c‟est
du à la structure interne de la chose = gardien de la structure est le
responsable.
DOMAINE D'APPLICATION
Ex type: le coca explose.
- Car on l‟a laissé tomber par terre: celui qui a laissé tomber est le
responsable
- Car la bouteille était fêlée: dommage imputable à la structure. Gardien
de la structure, le fabricant = le responsable.
Henri Mazeaud a distingué 30s entre 2 espèces de garde. Cela a été repris
par Goldman 50s.
Chambre civile. 2, 5 janv. 1956, « Oxygène liquide »: une bouteille de gaz
qui a explosé pendant son transport => 2 gardiens possibles:
- Le transporteur devient gardien des choses qui lui sont remises
- Fabricant
Dans quels cas divise-t-on la garde? Divisions pour les choses
susceptibles d‟exploser, choses susceptibles d‟avoir un comportement
non maîtrisable selon la cour de cassation (« ayant un dynamisme
propre »).
DIFFICULTES D'APPLICATION: 2 séries de Circonstances:
- Remise d'une chose à un tiers par le propriétaire: la personne qui
remet la chose devient gardienne du comportement. Le propriétaire qui
connait sa chose reste gardien de la structure.
La présomption de garde ne vaut plus que pour la structure, elle ne s‟applique
plus pour la garde du comportement. La présomption ne joue plus que pour la
structure.
- Hypothèse où une chose est vendue et revendue à plusieurs
personnes: qui est le gardien du comportement et de la structure? Le
gardien du comportement est celui qui a la chose entre les mains au
moment du fait dommageable. Le gardien de la structure peut être le
fabricant mais ça peut être aussi le distributeur car il a eu la possibilité
de contrôler que la chose est en bon état. Fabricant du contenant ou du
contenu qui est responsable? On ne sait pas toujours pourquoi une
bouteille explose... Les experts ne peuvent pas toujours dire la cause
du dommage. Les juges posent donc une présomption à la structure.
Très peu d‟arrêts qui la mettent en œuvre. Si la présomption est abandonnée,
c‟est parce que difficulté de la mise en œuvre. La tendance est de se tenir à la
garde du comportement.
III/ LES PERSONNES POUVANT SE PREVALOIR
DE 1384, al 1er
En principe, toute personne victime d‟un dommage causé par une chose.
SAUF:
1) Seules les victimes qui sont des tiers à un contrat peuvent se
prévaloir. Entre contractants > la Responsabilité Civile uniquement.
2) Les participants à la garde en commun: lorsque l‟un des gardiens
responsable est victime, il ne peut pas invoquer contre un autre gardien l‟art.
1384, al. 1.
3) victime qui a accepté les risques. Cela dit, champ limité par la
Jurisprudence, L‟acceptation des risques ne joue un rôle que dans les
activités sportives plus extension Jurisprudence aux phases
d‟essai/d‟entraînement (motos, F1…). En revanche, pour d‟autres sports
comme le ski (=sport individuel), l‟acceptation des risques ne joue aucun rôle.
Ne concerne normalement que les risques prévisibles. Les victimes ne sont
censées accepter que les risques normaux qu‟elles peuvent prévoir. Elles
n‟acceptent pas les risques exceptionnels. Ce sont les risques provoqués
volontairement par les participants. Un risque peut être exceptionnel par sa
gravité: le risque de mort n‟est jamais accepté par la victime. S‟il se réalise, la
victime retrouve la faculté d‟invoquer l‟art. 1384 al.1 car ce n‟est pas un risque
accepté.
Ex: dans les régates faisant naufrage > morts. Risque pas censé avoir
été accepté par les participants à la compétition. Les héritiers ont la faculté
d‟invoquer l‟art. 1384 al.1.
IV/ LES MOYENS D’EXONERATION DU
GARDIEN
La Responsabilité du fait des choses = responsabilité objective = une
Responsabilité sans faute qui se justifie par l‟idée de risque. L‟utilisation de
choses créé des risques pour la pop et ils se risquent, la victime doit pouvoir
obtenir réparation auprès du responsable sans avoir à prouver une faute. 2
causes d'exonération:
A_ LA CAUSE ETRANGERE
Doit présenter caractère traditionnelle de la force majeure: IRRESISTIBILITE
plus IMPREVISIBILITE.
Exigence de l'extériorité par la Jurisprudence, Mais par rapport à quoi?
- par rapport à la chose qui est la cause du dommage.
- par rapport au gardien. Si la cause trouve son origine dans la
personne du gardien, pas d‟exonération.
> Jurisprudence ancienne, Chambre civile 2, 18 décembre
1964, TRICHARD. Accident de la route provoqué par le conducteur d‟un
véhicule qui a été pris d‟une crise d‟épilepsie. Il invoquait cette crise,
irrésistible, peu prévisible mais de toute façon, ce n‟était pas extérieur au
gardien donc pas d‟exonération
> Assemblée Plénière, 9 mai 1964, GABILLET: le La Cour de
Cassation a précisé que l‟absence de discernement due à l'âge n‟est pas une
cause étrangère exonératoire pour l’infans.
- par rapport aux préposés et à l'entreprise du gardien. Si la cause
étrangère est propre à un préposé victime d‟une défaillance physique = pas
une cause étrangère faute d‟extériorité.
> Chambre Mixte, 6 décembre 1981, PAQUEBOT FRANCE:
grève du personnel qui avait eu pour effet d‟immobiliser le paquebot dans le
chenal d‟un port, bloquant toute l‟activité portuaire. D‟où dommage éco
nombreux et importants. On cherche la responsabilité du gardien du
paquebot, il invoque la grève comme cause étrangère. La Cour de
Cassation refuse faute d‟extériorité au paquebot lui-même et surtout à
l‟activité, l‟entreprise du gardien.
B_ AUTRES MOYENS D’EXONERATION
ROLE PUREMENT ACTIF DE LA CHOSE: pendant une certaine période,
Jurisprudence l'a admis.
> Chambre civile 2ème, 19 février 1941: quand la chose cause du
dommage et a eu rôle purement passif, le gardien peut s‟exonérer à ce titre. =
ce rôle permet de renverser le rôle purement actif. > Abandon.
> 2 arrêts, Chambre civile 2ème, 28 novembre 1984: elle écarte ce
moyen d‟exonération purement et simplement. Cela dit, cette cause
d‟exonération qui concernait surtout les choses en mouvement, elle n‟est pas
totalement absente en ce qui concerne les choses inertes où il appartient à la
victime de prouver le rôle actif de la chose. Le gardien peut toujours tenter de
démontrer que sa chose n‟a joué aucun rôle actif.
FAITS JUSTIFICATIFS: pour le fait personnel pour faute, on a vu les rôles
jouer. Ils permettent d‟établir l‟absence de faute de l'auteur alors que
comportement apparemment fautif. Normalement, aucun rôle à jouer des faits
justificatif en matière de fait des choses car c‟est une Responsabilité Sans
Faute. Mais Jurisprudence a étendu la portée de ces faits justificatifs en
matière de responsabilité du gardien du fait d‟une chose.
> Chambre civile 2ème, 22 avril 1992: la légitime défense est un fait
justificatif permettant d‟exonérer le gardien de la chose. En l‟espèce, femme
qui a utilisé pistolet pour tuer d‟autres personnes. Responsabilité recherchée
en qualité de gardienne du pistolet. Elle tentait de s‟exonérer en invoquant la
légitime défense. Normalement, ce moyen n‟aurait pas dû permettre
exonération car il s‟agit d‟une responsabilité objective (sans faute). Mais ça
marche ici!
FAUTE DE LA VICTIME
SECTION II LES CAS PARTICULIERS
DE RESPONSABILITÉ DELICTUELLE DU
FAIT DES CHOSES
I/ RESPONSABILITES PREVUES PAR LE
CODE CIVIL
A_ LA RESPONSABILITE DU FAIT DES
ANIMAUX
L‟article 1385 du Code civil. Régime semblable à celui décrit précédemment
pour responsabilité des choses inanimées. C‟est même celle des animaux qui
a servi de modèle pour les choses inanimées.
- CONDITIONS
UN FAIT GENERATEUR: celui d‟un animal. Il faut que cet animal soit un
animal approprié. Peu importe de quel animal il s‟agit, pas seulement les
animaux domestiques.
UN FAIT CAUSAL ACTIF: un rôle actif de l‟animal. Ce sera en général le cas
car animal est une chose animée, presque toujours en mouvement. Pas de
problème mais il n‟est pas nécessaire qu‟il y ait un contact entre animal et la
victime. La frayeur provoquée par animal peut être à origine d‟un dommage.
LA RESPONSABILITE: du gardien de l‟animal. La responsabilité suppose que
l‟on désigne un gardien responsabilité C‟est a priori le propriétaire d‟animal
(même règles que pour fait des choses inanimées finalement). Mais art 1385
ajoute « celui qui se sert de animal ». Il se peut donc que gardien soit un tiers.
Jurisprudence dit: pour désigner le gardien, référence aux 3 pouvoirs de la
garde: usage, direction, contrôle. Ex: possible de transférer de
garde à un tiers en demande à un voisin de garder notre chien. Faut voir s'il a
acquis des pouvoirs suffisants sur animal pour pouvoir être considéré comme
gardien. Tout sera une Question d‟espèce.
QUI PEUT S‟EN PREVALOIR? Toutes les victimes pas liées par un contrat. 2
exceptions:
> Les co-gardiens
> L‟acceptation des risques (normaux) par la victime.
* Illustration: les compétitions sportives type courses hippiques.
Quand une personne est blessée par un cheval, elle ne peut pas invoquer
contre le gardien la responsabilité de plein droit.
- EFFETS
- RESPONSABILITE DE PLEIN DROIT: sans faute. Justifiée là encore par les
risques crées par activité des animaux.
- EXONERATION: Par la preuve d‟une cause étrangère imprévisible plus
irrésistible plus extérieure (au gardien, d‟animal et d‟entreprise du gardien
d‟animal). Causes d‟exonération très rares.
B_ LA RESPONSABILITE DU FAIT DES
BATIMENTS
Art 1386 Code civil : les dommages causés par la ruine d‟un bâtiment engage
la responsabilité du propriétaire.
- CONDITIONS (4)
- PRESENCE D‟UN BATIMENT: doit être incorporé durablement au sol selon
la Jurisprudence Ça exclut certaines choses:
> Mobil home, un baraquement de chantier.
> N‟importe quel ouvrage incorporé au sol sera un bâtiment même si
ne sert pas pour habitation (barrage, portail).
- UNE RUINE: la ruine des immeubles pose des difficultés en Jurisprudence
C‟est l‟effondrement, la dégradation totale ou partielle du bâtiment. Il faut au
moins un élément qui se détache du bâtiment et qui par sa chute en traîne un
dommage.
Ex: éboulement de matériaux, chute d‟une partie d‟un bâtiment, un
plancher, un escalier, une balustrade qui s‟effondre. > Arrêt récent: le
basculement d‟un immeuble n‟est pas un cas de ruine au sens de 1386. Il n‟y
a pas eu de chute, d‟effondrement, juste un basculement qui entraîne
dommage à autre immeuble.
- LA CAUSE DE LA RUINE:
- due à un défaut d‟entretien du bâtiment
- vice de construction. C‟est souvent le cas. C'est parfois le fait de
certaines personnes.
> Ex: dans maison où il y a faux plancher, il ne faut pas
marcher dessus.
- LIEN DE CAUSALITE: la ruine doit avoir causé le dommage.
- EFFETS
- Ça pèse sur le PROPRIETAIRE du bâtiment.
> Si démembrement de propriété, le nu propriétaire est responsable.
> Si les conditions sont remplies, cette responsabilité est exclusive de
la responsabilité de 1384
- Est-ce que ça veut dire que la victime ne peut pas invoquer l’article 1384, al
1 contre d'autres personnes que propriétaire du bâtiment? Longtemps,
Jurisprudence dit non.
> Revirement, Civil 2ème, 23 mars 2002: action sur fondement art
1384, al 1 contre un locataire du bâtiment ou usufruitier dès lors qu‟ils sont
gardiens (confirmé récemment). Si le propriétaire est insolvable, ça peut être
pratique!
- fondement de la responsabilité du propriétaire? C‟est une responsabilité DE
PLEIN DROIT. Le propriétaire ne peut pas s‟exonérer prouvant qu‟il n'a
commis aucune faute. Parfois il aura commis une faute (défaut d‟entretien). Là
encore, c‟est justifié par idée de risques: les bâtiments exposent à des risques
en cas de ruine.
- CAUSE DEXONERATION: par la preuve d‟une cause étrangère. Elle doit
être irrésistible, imprévisible et extérieure au bâtiment. L‟extériorité est
toujours utilisée à chaque fois qu‟on est en présence d‟une responsabilité du
fait des choses (article 1384, 1385, 1386). Pour le fait personnel, cette
condition n‟est pas retenue.
- cette responsabilité est unanimement CRITIQUEE en doctrine. On considère
qu‟elle ne sert à rien, qu‟il faudrait rayer ce texte pour appliquer l‟article 1384
et considérer que les bâtiments sont des choses inanimées. Supprimé° par
APC.
II/ LES REGIMES SPECIAUX DE
RESPONSABILITE EDICTES PAR LOIS
POSTERIEURS AU CODE CIVIL
A_ RESPONSABILITE DU FAIT DE CERTAINES
CHOSES
- PAR LES TELEPHERIQUES: Responsabilité de plein droit des constructeurs
et exploitants (loi du 8 juillet 1971).
- PAR LES AERONEFS: par les exploitants (loi 31 mai 1924).
- PAR LES REJETS OU FUITES DHYDROCARBURES: en général dans la
mer, responsabilité des exploitants des bateaux à l‟origine du dommage. (Loi
du 26 mai 1977).
- PAR ENERGIE NUCLEAIRES: responsabilité des exploitants d‟installation
nucléaire. Loi jamais appliquée du 30 sept 1968.
- PAR VEHICULES TERRESTRES A MOTEUR loi 5 juillet 1985, loi
« BADINTER ». On l‟étudiera.
- PAR PRODUIT DEFECTUEUX: (loi du 19 mai 1998). On l‟étudiera aussi à la
fin.
B_ DUE AU FAIT DE L'INCENDIE D'UN BIEN
Loi du 16 décembre 1922 a introduit un alinéa après 1384, al 1 = régime
dérogatoire de responsabilité quand dommage causé par chose en raison
incendie de cette chose. Il faut prouver une faute du gardien de la chose, on
retombe dans le domaine de la RPF.
- CONDITIONS
- PRESENCE D'UN INCENDIE: combustion anormale et accidentelle d‟une
chose. Définition importante car permet d‟exclure certains dommage dus au
feux (Ex: incendie allumé volontairement).
- NAISSANCE DE L'INCENDIE DANS LES BIENS DU DEFENDEUR: biens
immobiliers et mobiliers. Aussi peu importe la cause. Condition pas remplie si
incendie a pris naissance dans biens de la victime, même si due à une
explosion chez le défendeur.
- UNE FAUTE A L‟ORIGINE: victime doit prouver une faute, une négligence,
imprudence…
- EFFETS
- RESPONSABILITE = détenteur de la chose incendiée = le gardien (celui qui
a les trois pouvoirs)
> Souvent le propriétaire mais pas toujours (usufruitier, locataire,
occupant, emprunteur…).
> C‟est la faute de ce gardien qu‟il faudra prouver.
> Extension Jurisprudence du domaine: quand le dommage est dû à la
faute de personne dont il doit répondre, la responsabilité du gardien est
engagée du fait de leur faute. Ex: il doit répondre de la faute de ses enfants
qui habitent dans l'immeuble de la chose incendiée en vertu des règles de la
responsabilité du fait d‟autrui.
- CARACTERE EXCLUSIF: exclusion application de l‟article 1384 al 1. C‟est
logique! Cela oblige la victime à prouver une faute du gardien.
- DOMMAGES REPARABLES: Les dommages causés par incendie lui-même,
ce qui suppose une communication de l‟incendie. C‟est hypothèse la plus
fréquente. Il peut ne pas y avoir de véritable propagation et pourtant l'incendie
cause dommage.
Ex: hypothèse où des passants vont être blessés par brûlures causées
par feu ou intoxications par les fumées, brûlures des plantations du voisins par
chaleur… peu importe, tous sont réparables en application.
CHAP.3 LE FAIT D’AUTRUI
Justification de 2 façons:
- On peut chercher à engager la responsabilité d‟un tiers car il a
une certaine autorité sur l’auteur du dommage, en Fonction de son état
physique/mental. Ex: responsabilité des père et mère pour leur enfant
mineur.
- Une personne exerce un contrôle de l’activité d’une autre qui est
généralement source de profit.
Ex: responsabilité des commettants du fait de leurs préposés.
Ces responsabilités existent en matière:
- Délictuelle: art. 1384, al 4 à alinéa 8 Cc. Ajout jurisprudentiel récent via
l‟alinéa 1: « personnes dont on doit répondre ».
- Contractuelle: un contractant fait exécuter le contrat par des auxiliaires
(responsabilité du débiteur pour le fait d'autrui)
SECTION I LA RESPONSABILITE
DELICTUELLE DU FAIT D'AUTRUI
SOUS-SECTION I LA RESPONSABILITÉ
DES COMMETTANTS DU FAIT DES PREPOSES
Art 1384, al 5 Code civil : les maîtres et commettants sont responsables des
dommages causés par leurs domestiques et préposés.
XIX: Fondés sur double faute possible:
- soit que le commettant n‟avait pas assez surveillé
- soit qu‟ils avaient choisi des préposés incompétents.
Exonération du commettant en renversant cette présomption de faute.
Évolution rapide de la J: engagement de la responsabilité du commettant de
plein droit, indépendamment de toute faute. C'est actuellement une
responsabilité objective et indirecte = elle suppose que le préposé soit
responsabilité.
Responsabilité fondée sur la notion de risques comme celle du fait des
choses. L‟activité des préposés est source de risque. Quand ils se réalisent, le
commettant doit les assumer parce qu‟il a l‟autorité sur le préposé et qu'il tire
profit de son activité.
Certains ont ajouté des fondements autres que le risque. On dit que cette
responsabilité est:
- une garantie de solvabilité pour la victime.
- Représentation (sens approximatif et non technique).
- Aptitude à l‟assurance des commettants beaucoup plus forte que
celle du préposé. Fondement pas très juridique mais véritable. Le préposé ne
s‟assure pas pour dommage causé à tiers. En revanche, commettant s‟assure
pour dommage causé par préposé.
I/ CONDITIONS
A_ LE FAIT GENERATEUR = LE FAIT
DOMMAGEABLE DU PREPOSE
Il faut que ce soit un fait de nature à engager la responsabilité du préposé =
en pratique, ce sera toujours une faute (à l‟origine du dommage).
PB: quand le préposé utilise une chose dans ses Fonction pour le compte du
commettant, ce n'est pas lui le gardien de la chose. Il n'a pas de pouvoir
indépendant sur cette chose. Préposé et gardien sont 2 notions
radicalement incompatibles. Conséquence: le préposé n'est jamais le gardien
d'une chose.
Quand le préposé abuse de ses Fonctions, on parle de préposé
"infidèle". Dès lors, il peut être considéré comme gardien: il n'exerce plus de
pouvoir en tant que subordonne mais dans son intérêt. Il devient gardien car il
n'est plus préposé.
Le commettant est toujours gardien donc il faut prouver la faute du
préposé.
La faute du préposé n'a pas besoin de lui être moralement imputable. Il peut
avoir agi sous l'empire d'un trouble mental (art. 414-3 Cc). Si le fait est
objectivement fautif, cela suffit. Loi 1968: malgré cela, il n‟en est pas moins
responsable.
Assignation dans le procès du préposé par la victime n'est pas nécessaire.
Seul le commettant peut être appelé.
B_ LIEN DE PREPOSITION ENTRE
COMMETTANT et PREPOSE
L'auteur du dommage doit être le préposé. Il doit être relié au commettant par
un lien de préposition.
Dans un premier temps, on voit qu'une personne a commis un dommage et
ensuite, on remonte au commettant.
1°) CRITERES DU LIEN
1) Existence d‟un lien de subordination = pouvoir de donner des ordres ou des
instructions à une personne qui accepte de s‟y soumettre. C‟est bien l‟autorité
du commettant sur le préposé. Ce pouvoir peut être abstrait, théorique. Il doit
avant tout être réel et existant (Ex classique: le contrat de T).
2) Ouverture de la Jurisprudence plus généralement à tous les cas où une
personne se met au service d‟autrui dans une activité ou entreprise
déterminée. Cette mise au service va bénéficier au commettant qui va en tirer
profit. Ça justifie sa désignation comme responsable.
2°) MISE EN OEUVRE DES CRITERES
1) le lien de préposition se fonde sur un contrat. Le contrat de travail implique
la subordination juridique du salarié à l‟employeur. Plus de 95% des salariés
sont des salariés. Existe-t-il d’autres contrats impliquant un tel lien? Rarement.
Les autres impliquent une indépendance juridique des personnes acceptant
de travailler pour autrui.
> Contrat de mandat = travailleur indépendant = pas de lien de
préposition.
> Contrat d‟entreprise = entrepreneur indépendant du maître
d'ouvrage = il n‟est pas préposé. Jurisprudence récente: le dirigeant
d‟entreprise n‟est pas un préposé de la société sauf s‟il est salarié.
Élargissement des critères lié à l‟évolution du critère du contrat de
travail.
> Avant: subordination juridique.
> Actuellement: une personne techniquement indépendante
peut être salariée.
Ex: libéraux exerçant dans le cadre d‟une entreprise.
Indépendance professionnelle compatible avec le statut de salarié. Des
salariés professionnels indépendants peuvent être préposés. Jurisprudence
se réfère à la « mise au service d’autrui » (médecin préposé de
l‟établissement qui l‟emploie: cf. médecin remplaçant à la Croix-Rouge, Crim,
5 mars 2002 (TD)).
Les professionnels juridiquement indépendants (libéraux) exerçant dans un
cadre, au profit d‟autrui, peuvent être considérés comme des préposés. Ex:
artisans, voiturier d‟un restaurateur.
2) Lien purement factuel en dehors de tout cadre. Le préposé se met
spontanément au service du commettant = « Le préposé ponctuel » se met
gracieusement au service d‟autrui; la responsabilité du commettant n‟en sera
pas moins engagé. Ex: service rendu bénévolement type déménagement.
3) transfert du lien de préposition: plusieurs personnes exercent un pouvoir
sur le même préposé.
Ex: infirmière dans une clinique; location de véhicule avec chauffeur; mise à
disposition d‟une MO au profit de l‟E; E de Travail temporaire.
Qui est le commettant? La garde est alternative et non cumulative, il faut
choisir.
Selon quel critère? Celui qui, au moment du fait dommageable, exerce
l‟autorité principale et effective et au profit duquel le préposé agit.
- S‟il y a une convention, désignation à l‟avance.
- A défaut, recherche selon les critères. Jurisprudence retient souvent
l‟utilisateur (chirurgien et pas la clinique pour le dommage de l‟infirmière).
Exception: mise à disposition sans transférer l‟autorité (seule
l‟intégration complète permet de faire de l‟utilisateur le commettant).
4) fractionnement du lien de préposition: un même préposé soumis en même
temps à plusieurs personnes. La cause du dommage fait varier la désignation
du commettant.
Ex: location de véhicule agricole.
> L'entreprise de location est responsable s'il y a une
défaillance technique.
> S'il y a une faute de conduite, l'utilisateur est
responsable.
Ex: infirmière commet une faute lors de l‟opération, le chirurgien est le
commettant, il est donc responsable.
Si une chose est défectueuse, la clinique est responsable.
C_ LE RATTACHEMENT DU FAIT
DOMMAGEABLE AUX FONCTION DU PREPOSE
Art 1384, al 5: "Les maîtres et les commettants sont responsables du
dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les fonctions
auxquelles ils les ont employés".
Pas de difficulté. - l'acte dommageable est rattaché aux Fonction s'il
émane de l'exercice défectueux des Fonctions.
- pas rattachable s‟il se produit
dans une situation étrangère aux fonctions.
Difficultés en cas « d'abus de Fonction ». Le commettant est-il responsable
des actes dommageables commis par le préposé abusant de ses Fonction ?
Ex: fait dommageable en utilisant un véhicule de fonction à des fins
personnelles.
5 réunions de la Cour de Cassation en assemblée plénière mettent fin à la
division entre Civil 2ème et Chambre criminelle:
- DIVISION DE LA COUR DE CASSATION
- Civil. 2ème: critère du but des fonctions. S‟il agissait conformément au but,
le fait dommageable se rattache aux Fonction et vice versa.
- Chambre Crim: critère plus large et souple. Rattachement à chaque fois que
le fait dommageable a été commis à l‟occasion de l‟exercice des Fonction et
avec les moyens procurés par les Fonctions.
Ex: infraction sur le lieu de travail, rattachement toujours possible,
même si non conforme au but des fonctions.
Chambres réunies en 1960 puis Assemblée Plénière, 1977 plus 1983 plus
1985 échecs successifs des décisions car motif jamais suivi.
- FIN DE LA DIVISION
- Assemblée Plénière, 19 mai 1988. Le commettant ne s‟exonère de sa
responsabilité « que si son préposé a agi hors de ses fonctions, sans
autorisation et à des fins étrangères à ses attributions ». En l‟espèce, le
commettant demeure responsable car action dans le cadre de ses fonctions,
avec les moyens procurés.
PRINCIPE: a priori, si le préposé cause un dommage, le commettant est
responsable. Exonération si 3 conditions cumulativement remplies:
- Action sans l‟autorisation du commettant.
- Acte étranger aux attributions (action dans un i personnel par ex).
- sortie du cadre objectif de ses fonctions (en dehors du lieu, en dehors
des horaires de travail) Jurisprudence très exigeante.
Appréciation objective du lien permet de tempérer. Il faut se fier
aux apparences à l‟égard de la victime. Appréciation de sa bonne foi (pouvait-
elle légitimement croire que le préposé agissait dans ses fonctions ?). Si elle a
pu croire que le préposé était dans ses fonctions, le commettant est
responsable car le rattachement avéré. Sinon, exonération.
II/ EFFETS
A_ SUR LE RESPONSABILITE DU COMMETTANT
- responsable de plein droit, sans faute dès que les 3 conditions sont réunies.
Exonération seulement si une condition fait défaut.
B_ SUR LA RESPONSABILITÉ DU PREPOSE
PRINCIPE= recours du commettant contre le préposé.
Pratiquement, victime s‟adresse au commettant et non au préposé. Le
commettant ou son assureur peut envisager un recours contre le préposé. En
pratique, ce recours n‟était jamais pratiqué.
> RAISON JURISPRUDENTIELLE: dans la plupart des cas, c‟est
l‟assureur qui indemnise la victime. Art L 121-12 Code des assurances:
l‟assureur du commettant n‟a pas de recours contre le préposé. Et comme la
plupart du temps c‟est l‟assureur qui paie…
D‟ailleurs, la doctrine pas tout à fait unanime critiquait vivement le principe
même. Pour elle, irresponsabilité du préposé. Idée: lorsque le préposé agit
pour le compte et dans l’i du commettant, il doit être garanti pour les faits
dommageables qu‟il commet dans l’exercice de ses Fonctions, sorte de
couverture. Le préposé ne doit pas voir sa responsabilité engagée, doit
disposer d'une garantie.
EVOLUTION JURISPRUDENTIELLE
1) Chambre Commerciale., 12 oct. 1993, Rochas (parfumeur bien
connu) (revirement de jurisprudence): le préposé est en principe irresponsable
sauf dans les hypothèses où il a commis une faute personnelle. Certains
auteurs disaient faute personnelle = faute d‟une certaine gravité, faute
qualifiée. Cour de Cassation n‟a jamais précisé ce qu‟il fallait entendre. On a
beaucoup glosé sur cette notion.
2) Assemblée Plénière, 25 fév. 2000, Costedoate. Finalement,
abandon de la faute personnelle. PRINCIPE= irresponsabilité du préposé tant
qu‟il reste dans les limites de sa mission impartie par son commettant. C‟est le
nouveau critère.
QUESTION des auteurs: est-ce l’équivalent de l’abus de fonction? Il ne
semble pas. Un préposé peut rester dans le cadre de ses Fonction tout en
excédant les limites de sa mission. Ex: L‟acte demeure rattachable aux
Fonction si le commettant autorise le préposé à commettre le dommage >
engagement responsable du commettant.
EXCES DES LIMITES DE LA MISSION DU PREPOSE (2):
> Action du préposé dans une finalité étrangère aux attributions, dans
son i personnel.
> Action du préposé hors de ses fonctions
HYPOTHESES:
- DBLE RESP: Dans ces 2 cas, le préposé pourra être déclaré
responsable en même temps que le commettant. Dble responsable car
préposé excède les limites de sa mission et du commettant et l‟acte demeure
rattachable à ses Fonction (on a bien dit, le préposé pourra être déclaré
responsable).
- SITUATION NORMALE: action du préposé dans cadre de sa mission
et acte rattachable à sa mission > irresponsabilité du préposé et responsabilité
du commettant.
- PREPOSE SEUL RESPONSABLE. Préposé responsable car il est
sorti des limites de sa mission et irresponsabilité du commettant si l‟acte du
préposé n‟est pas rattachable à ses Fonctions.
EXCEPTIONS IMPORTANTES (apparues après l'arrêt d'Assemblée
Plénière)
1) Le préposé commet une infraction pénale intentionnelle et est condamné
pour cette infraction.
Assemblée Plénière, 14 déc. 2001, Cousin: même si le préposé n'a pas
excédé les limites de ses Fonctions, il ne mérite plus le bénéfice de
l‟irresponsabilité et doit être déclaré personnellement responsable. Exception
de l‟arrêt Costédoate.
2) Chambre criminelle, 7 avril 2004 précise: la condamnation pénale du
préposé n'est pas nécessaire. Il est responsable s‟il commet une faute pénale
intentionnelle.
3) Chambre criminelle, 28 mars 2006 (extension considérable de
l‟exception). Le préposé doit être déclaré responsable à chaque fois qu'il
commet une faute pénale non intentionnelle mais qualifiée au sens de l‟article
121-3 CP.
= Dans le cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques
qui n'ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à
créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris
les mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est
établi qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation
particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit
commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une
particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer.
Finalement, le principe d‟irresponsabilité est presque devenu l‟exception.
BILAN: En théorie: cadre de sa mission = irresponsabilité du
préposé
Arrêt costédoate: responsabilité du préposé s‟il excède les
limites
Responsabilité du préposé si faute intentionnelle voire une
simple faute pénale non-intentionnelle.
QUESTION: l’irresponsabilité du préposé est-elle une véritable
irresponsabilité? NON. C‟est une simple immunité. Elle permet au préposé
d‟échapper à toute condamnation. Pour autant, il demeure responsable. On
parle parfois d’immunité personnelle. Le résultat est le même mais il y un
intérêt au regard de l‟assurance. Lorsque le préposé est personnellement
assuré, la victime pourra solliciter une indemnisation après de l‟assureur.
SOUS-SECTION II LA
RESPONSABILITÉ DES PÈRE ET MERE DU
FAIT
DE LEURS ENFANTS MINEURS
(article 1384, al 4 Cc)
= autre cas de responsabilité délictuelle du fait d‟autrui.
Art 1384, al 7 prévoit une exonération possible des parents lorsqu‟ils
prouvent « qu’ils n’ont pas pu empêcher le fait qui donne lieu à leur
responsabilité. ». Cette exonération est devenue purement théorique. E°
considérable et récente de la responsabilité parentale.
1) Depuis le Code civil, responsabilité fondée sur la double
présomption simple de faute des parents:
- présomption faute de surveillance des parents
- faute commise dans l‟éducation des parents sur leurs enfants
et engendre aussi des devoirs.
2) Au fil des décennies, les parents avaient de plus en plus de mal à
renverser cette dble présomption. Beaucoup d‟auteurs considéraient qu‟il
fallait y mettre fin en admettant une véritable Responsabilité Sans Faute.
Courant doctrinal assez fort en ce sens.
3) Civil 1ère, 19 fév. 97, Bertrand: Revirement Jurisprudentielle. Les
père et mère sont responsables de plein droit de fait de leurs enfants mineurs.
Ils ne peuvent s‟exonérer que par la Force Majeure ou la faute de la victime.
Fondement sur l‟idée du risque: doivent assumer le risque créé par
l’activité de leurs enfants et être objectivement déclarés responsable car
ils ont une autorité parentale en vertu de la loi.
Parfois autres explications de la doctrine quant à la responsabilité des
parents.
- disent que les parents sont de véritables garants de leurs enfants. Ils doivent
protéger les victimes de l‟insolvabilité de leurs gosses. La responsabilité fait
office de garantie.
- idée de solidarité familiale justifierait ici la responsabilité. > Tout ça n‟est
pas faux mais aujourd‟hui la vraie raison est la notion de risque.
I/ LES CONDITIONS
Art 1384, al 4: "Le père et la mère, en tant qu'ils exercent l'autorité parentale,
sont solidairement responsables du dommage causé par leurs enfants
mineurs habitant avec eux."
- posées par la loi: > le fait dommageable du mineur
> Condition d‟autorité parentale
> Notion de cohabitation
A_ LE FAIT DOMMAGEABLE DU MINEUR
= le fait générateur de la responsabilité 2 PRECISIONS
> Présence d‟un fait émanant d‟un mineur non-émancipé
> faut que le fait dommageable du mineur doit être un fait
causal. Jurisprudence a évolué sur cette notion de fait causal.
1) pendant longtemps, exigence d‟une faute du mineur lui étant moralement
imputable (pas de démence, mineur en très bas âge privé de discernement).
Jurisprudence s‟est contentée d‟une simple faute objective.
2) a.60: Jurisprudence va plus loin. Même sans faute, mineur pouvaient
engager la responsabilité en tant que gardien d‟une chose et du même coup,
engagement de la responsabilité de ses père et mère. A p. de cette époque,
Jurisprudence se contentait d‟un fait du mineur générateur de sa propre
responsabilité.
3) Assemblée Plénière, 9 mai 1984, Fullenwarth: il suffit que le fait du
mineur soit une « cause directe du dommage » pour engager la responsabilité
des parents. Même pas nécessaire que le fait du mineur soit de nature à
engager sa propre responsabilité.
> Cet arrêt n‟a pas convaincu. Dans les arrêts postérieurs, pour
engager la responsabilité des parents, exigence d'une faute où la
responsabilité du mineur est engagée en tant que gardien d‟une chose = On
n‟a jamais admis qu‟un simple fait causal qui ne soit pas de nature à engager
la responsabilité du mineur suffise à engager la responsabilité des parents.
Cet arrêt n‟a pas convaincu.
4) Civil 2ème, 10 mai 2001, Levert: la responsabilité des parents n'est pas
subordonnée à une faute du mineur.
Consécration de l‟arrêt Fullenwarth par Assemblée Plénière, 13 déc. 2002: «
pour engager la responsabilité des parents, il suffit que le dommage ait été
directement causé par le fait même non fautif du mineur ».
PORTEE DE CETTE Jurisprudence =
1) Jusque-là, il n'existait que la responsabilité indirecte des parents
plus responsabilité du mineur. Les parents étaient en quelque sorte des
responsables complémentaires. Avec la Jurisprudence Levert, la
responsabilité des parents devient directe. Le fait n‟a plus à être générateur de
responsabilité civile (évolution : arrêt Bertrand et Levert)
2) cette évolution subit une critique presque unanime de la doctrine.
Elle est trop sévère, trop excessive à l'égard des parents. Les Parents
peuvent ainsi parfois être plus responsables que les enfants eux-mêmes.
Abandon de cette Jurisprudence par APC. Exigence d’un fait
générateur du mineur de nature à engager sa propre responsabilité
B_ UNE AUTORITE PARENTALE
- faut un lien de filiation parents/enfant (naturel ou adoptif)
- que les parents aient l’exercice de l‟autorité parentale
> Exclusion des parents déchus
> Exclusion de la responsabilité des grands-parents.
- si autorité conjointe = ils sont déclarés solidairement responsable par la loi.
- divorce/séparation de corps. Selon décision du juge:
= exercice conjoint de l‟autorité parentale
= le juge du divorce peut ne l‟attribuer qu‟à UN parent. L‟autre n‟est
plus responsable de plein droit. Cependant, il pourra être déclaré responsable
pour faute sur fondement de l‟article 1382 Cc.
C_ UNE COHABITATION pose le plus de
difficultés
Art 1384, al 4: l‟enfant doit habiter avec ses parents au moment du fait
dommageable pour que ses parents soient responsables.
1) Cela se justifiait partiellement à l‟époque où la responsabilité des
père et mère était fondée sur une présomption de faute, en particulier dans la
surveillance de l‟enfant. On ne peut le surveiller que s‟il cohabite avec les
parents. Cela se justifiait moins bien au regard de la présomption de faute
dans l‟éducation. Déjà certaines critiques de la part de la doctrine à ce sujet.
2) condition devenue complètement anachronique depuis arrêt
Bertrand. Critique unanime. Pourtant, la Jurisprudence doit l‟appliquer.
APC en propose la suppression.
3) La Jurisprudence en a toujours eu une conception large de la notion
de cohabitation. Laxisme accru depuis Jurisprudence Bertrand, notion
édulcorée. Certains auteurs disent que c‟est devenu une condition purement
théorique.
> Courte séparation parents/enfant. Pendant que l‟enfant
séjourne quelques heures chez les amis, grands-parents, école, il y a toujours
cohabitation.
> Une absence prolongée de quelque jours, semaines
(vacances chez les g-parents) = toujours cohabitation°.
> Cour de Cassation va beaucoup plus loin. Un enfant placé
en internat = cohabitation (TD, Civil 2è, 29 mars 2001).
> Encore mieux. Un enfant qui n‟a jamais vécu avec les
parents, est élevé par les grands-parents et ce depuis 13
ans = cohabitation° avec les parents! Notion vidée de sa
substance.
> Cohabitation° ne cesse pas lorsque la séparation
enfant/parents est due à la faute des parents: séparation de fait des parents;
abandon du foyer par l‟un des parents; tendance à considérer la fugue de
l‟enfant comme due à l‟attitude des parents!
DEFINITION Cour de Cassation (souple, large), arrêt Civil 2, 20 janv. 00. La
cohabitation° résulte de la résidence habituelle du mineur au domicile de ses
parents ou de l‟un deux.
CESSATION DE LA COHABITATION:
- seul cas certain = une décision de justice attribue la résidence de
l‟enfant à l‟un des parents ou décision judiciaire dit que cohabitation a cessé
avec les 2 parents. (Cadre divorce/séparation de corps OU placement de
l‟enfant).
- 2 autres cas hypothétiques (Les juridictions ne les ont jamais admis)
> Lorsque le mineur est en apprentissage chez un employeur
(pas exclu mais incertain)
> Lorsque l‟enfant a toujours vécu et ce depuis sa naissance
avec l‟un des 2 parents. Est-ce raisonnable d’admettre la cohabitation avec
l’autre parent?
3 SITUATIONS:
- rare aujourd‟hui. Le juge du divorce/séparation de corps attribue
l‟autorité parentale à un seul des parents. L‟autre est alors
irresponsable. Quant est-il si droit de visite/hébergement par l’autre
parent? Lorsque l‟enfant cause un dommage alors qu‟il est visite chez le père,
il n‟y a pas plus de cohabitation avec la mère. C‟est problématique.
> Irresponsabilité de la mère
> Irresponsabilité du père car il n‟a pas l‟exercice de l‟autorité
parentale = on parle de responsabilité introuvable.
Civil 2, 19 fév. 97, SAMDA (qui est une compagnie d'assurance): la
cohabitation ne cesse pas avec le parent attributaire de l‟autorité parentale
lorsqu‟enfant en visite/hébergé chez l‟autre.
- exercice conjoint de l‟autorité parentale. Juge peut décider que
l‟enfant vivra habituellement chez l‟un des parents. Sont tous 2 attributaires de
cet exercice mais cohabitation° fait défaut avec l‟un 2. Le seul parent
responsable = celui avec lequel parent réside habituellement.
Si dommage causé pendant que l‟autre parent exerce son droit de visite, mère
seule responsable de plein droit. Père pas responsable de plein droit.
- la plus fréquente. Attribution conjointe de l‟exercice autorité parentale
mais gardes alternées (existe depuis loi 4 mars 2002). Jurisprudence muette
mais on tend à considérer que la cohabitation persiste avec les 2 parents.
II/ LES EFFETS
- si faute du mineur (fait générateur de responsabilité): engagement de
la responsabilité du mineur et responsabilité des parents.
EXONERATION DE RESPONSABILITÉ DES PARENTS TOUJOURS
POSSIBLE? Arrêt Bertrand réserves 2 causes majeures:
> une faute de la victime. De façon générale, c'est une cause
d‟exonération partielle de la faute des parents.
> La Force Majeure : Pratiquement impossible car ils sont
responsables de plein droit du seul fait que l‟enfant ait causé un dommage à
autrui. La Force Majeure ne joue aucun rôle. En plus, au terme de quelle
circonstance serait-elle invoquée? Le fait imprévisible et irrésistible de
l’enfant? Impossible car ils répondent du fait dommageable des actes de leur
enfant. Aucun arrêt n'a admis cette exonération.
Cependant, les parents pourront invoquer la Force Majeure non pas pour
s'exonérer mais pour détruire le lien causal, montrer que l'enfant a agi sous
l'empire de la force majeure. Les juges apprécieront l'ensemble.
SOUS-SECTION III LA RESPONSABILITÉ
DES ARTISANS DU FAIT DE LEURS APPRENTIS
Art 1384, al 6: les artisans sont responsables des dommages causés par leurs
apprentis.
DOMAINE: application à tous les employeurs liés par un contrat
d‟apprentissage (principalement un contrat de travail impliquant la délivrance
d‟une formation professionnelle).
REGIME: parallélisme avec la responsabilité des parents du fait des enfants
mineurs, A l'origine, fondé sur la présomption de la faute dans la surveillance
des apprentis (justifiée par l'autorisation dont dispose les employeurs).
Aujourd‟hui, selon toute vraisemblance, on est revenu à une responsabilité
objective, une responsabilité de plein droit fondée sur la notion de risque
(silence de la Jurisprudence jusque-là).
DEFINITION ARTISAN = personne liée à un employeur par un contrat
d‟apprentissage.
CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE DE CETTE RESPONSABILITE:
- fait dommageable d‟un apprenti (peut concerner les étudiants
majeurs qui bossent en parallèle de leurs études)
Pas de condition de minorité
- dommage causé quand l'apprenti était sous la surveillance de
l‟artisan, lorsqu‟il exécute le contrat d‟apprentissage (équivalent d‟une
condition de cohabitation).
PORTEE: - cumul de la responsabilité de l‟artisan et celle de l‟apprenti.
- Caractère alternatif responsabilité des parents / responsabilité
de l‟artisan: si l‟artisan est responsable, cela implique que l‟enfant/apprenti ne
réside plus chez ses parents. Responsabilité redevenue cumulative du fait de
l‟évolution Jurisprudence. La responsabilité des artisans ne se distingue plus
vraiment de la responsabilité des commettants.
SOUS-SECTION III LA RESPONSABILITÉ
DES INSTITUTEURS DU FAIT DE LEURS
ELEVES
Art 1384, al 6.
Art 1384, al 8: "En ce qui concerne les instituteurs, les fautes, imprudences ou
négligences invoquées contre eux comme ayant causé le fait dommageable,
devront être prouvées, conformément au droit commun, par le demandeur, à
l'instance." = présomption simple.
Loi 20 juillet 1819: substitue la responsabilité de l‟Etat aux instits membres de
l‟enseignement public.
Loi 5 avril 37: exigence la preuve par la victime contre l‟instit.
à Régime de droit commun, auquel se superpose le régime spécial
pour l‟enseignement public
I/ REGIME ACTUEL DE DROIT COMMUN
Depuis loi 1937, responsabilité fondée sur la faute prouvée de l‟instituteur.
- DOMAINES
Tous les instituteurs publics et privés. Tellement large que cette responsabilité
déborde très largement la notion d‟instituteur. On vise l‟ensemble
des personnes en relation avec l’enseignement. Ça va très loin: prof de
l‟enseignement secondaire et même de l‟enseignement supérieur; censeur,
directeur d‟école, proviseur (direction dans les écoles), maitre d'internat,
moniteurs de sports; éducateurs.
- CONDITIONS
1) une faute prouvée contre l‟instituteur. Le plus souvent, faute de surveillance
ou imprudence/négligence
> donner des informations inopportunes; ne pas avoir maitrisé un
début de chahut dans une classe; ne pas organiser de manière rationnelle
une activité pédagogique quelconque.
2) lien de rattachement fait de l‟élève / mission de l‟instituteur (toujours une
condition dans responsabilité du fait d‟autrui).
= acte de l‟élève commis dans un moment où l‟instit est censé exercer
une mission d‟enseignement, de pédagogie et donc de surveillance.
- EFFETS
C‟est une RPF exclusive de toute autre espèce de responsabilité (exclusion
fautes alinéas 6 et 8 _ pas responsable pour gardien des choses)
RPF non-exclusive de l‟autorité parentale, encore moins aujourd‟hui.
II/ REGIME SPECIAL APPLICABLE AUX
MEMBRES DE L’ENSEIGNMT PUBLIC
- DOMAINE
= personnes qui exercent dans des établissements publics
(EP)(lycées/collèges du SP). Extension Jurisprudence aux établissements
privés lorsqu'ils ont conclu un contrat d'association avec l‟Etat. Pratiquement,
ce sont des écoles religieuses. Assimilation à des établissements publics. Les
enseignements de ces établissements sont assimilés à des membres de
l‟enseignement public.
- Jurisprudence a une vision extensive de la notion d‟enseignants = cx qui
enseigne, qui ont une Fonction d‟encadrement des activités de ces
établissements.
Cela peut-être: > le personnel de ces établissements
> Le personnel extérieur (ex: le maître-nageur quand les
enfants prennent des cours de piscine; moniteur de ski en classe de neige). Ils
exercent une Fonction d‟encadrement d‟activité qui est une activité de
l‟établissement lui-même.
DOMAINE DE CETTE RESPONSABILITÉ = dommage causés par les élèves
et dommage causés par les institutions ou membres d'un Etablissement
Public.
- REGIME (article L 911-4 Code de l‟éducation)
- Si le membre responsable est un instituteur, l'Etat se substitue à lui dans seS
OBLIGATIONS. On dit souvent que cela se traduit par une immunité au profit
de ces personnes membres de l‟enseignement public.
- Compétence des tribunaux judiciaires pour régler la responsabilité des
personnes et pour condamner l‟Etat à leur place.
- PRESCRIPTION de l'action = 3 ans (délai particulièrement court);
suspension durant minorité de l‟élève.
[Depuis juin 2008, délai de prescription de droit commun = 5ans]
- quand l‟Etat se substitue à l‟instit, il a tout de même un recours de droit
administratif. Il devra prouver une faute particulièrement grave de l‟instit. =
faute personnelle détachable des Fonction de l‟instituteur. Compétence des
JA. Recours très rare en pratique.
SOUS-SECTION V LA RESPONSABILITÉ DU
FAIT D'AUTRUI FONDEE SUR l’article 1384, AL 1
Cc
LA RESPONSABILITÉ DU FAIT D‟AUTRUI FONDEE SUR ART 1384, AL 1
Franchissement de la Cour de Cassation, Assemblée Plénière 29 mars
1991, Blieck. Retient une responsabilité du fait d‟autrui sur art 1384, al 1.
S‟agissait d‟une association gérant un centre de rééducation° pour adultes.
L‟un des pensionnaires avait incendié un bâtiment à l‟occasion d‟une sortie.
Cour de Cassation a reconnu la responsabilité de l‟association pour le fait de
l'handicapé. Le centre avait « accepté la charge d‟organiser et de contrôler, à
titre permanent, le mode de vie du handicapé. » Notons qu‟ils étaient traités
selon la technique du milieu ouvert: possibilité de sortie si encadrement par
les membres de l‟association. Handicapés jouissaient d‟une certaine liberté.
- controverse doctrinale s‟est installée sur la portée de l‟arrêt. Pose-t-il
un nouveau principe de portée g de responsabilité d’autrui semblable à celui
que l’on connait en matière de RFDC ou est-ce un fait d’espèce? Dans un
1er temps, on a pensé à un cas d‟espèce. Arrêt ciblé sur les circonstances
propres à l‟espèce. De plus, en dehors des motifs de l‟espèce, on disait qu‟en
matière de responsabilité administrative, on trouve une Jurisprudence
semblable. En effet, l‟Etat est responsable de certaines catégories de
personnes et not des handicapés mentaux traités dans établissements
publics. CE fonde la responsabilité de l‟Etat sur le risque spécial représenté
par le traitement de certaines personnes, spécialement quand elles sont
traités en milieu ouvert. On a pensé que la Cour de Cassation a voulu étendre
la même responsabilité sans pour autant poser un principe général.
I/ LE DOMAINE
La Cour de Cassation n‟a pas voulu poser un principe de portée g. Le
domaine de l‟article 1384, al 1 reste donc limité.
En plus de cx qui figurent dans le Code civil, Cour de Cassation a constaté 2
nouveaux cas de RFA.
A_ LA RESPONSABILITÉ DES PERSONNES
AYANT pour MISSION DE REGLER LE MODE DE
VIE D’AUTRUI
C‟est le prolongement de la Jurisprudence Blieck: les hypothèses sont plus
nombreuses. Est justifiée de manière générale par l‟état de l‟auteur du
dommage et par l‟autorité de certaines personnes que cet état commande.
Idée : lorsque certaines personnes sont dans un état tel qu‟elles ne peuvent
pas se gouverner seules, d‟autres personnes ont une autorité sur elles.
Ces personnes étaient traitées dans des établissements spécialisés et en
raison de leur autorité, ces établissements ont été déclaré responsables.
C‟est une responsabilité construite sur le modèle de la responsabilité
parentale, répond à la même préoccupation.
Dans les arrêts postérieurs, Cour de Cassation se réfère à certains
pouvoirs qui permettent de déclarer une personne responsable. Ici, les
pouvoirs s‟appliquent sur des personnes. Sont caractéristiques du pouvoir de
garde d‟une personne les pouvoirs d‟organiser, de diriger et de contrôler le
mode de vie de la personne auteur du dommage. La responsabilité est donc
la contrepartie de ces pouvoirs.
1°) LE DOMAINE DE LA RESPONSABILITÉ QUANT AUX
AUTEURS DE DOMMAGE
= de qui doit-on répondre? De personnes qui présentent un danger potentiel
pour autrui:
- les handicapés mentaux (arrêt Blieck)
- plus généralement les personnes socialement inadaptées, les
mineurs délinquants et qui sont placés dans des établissements spécialisés
sous un régime de liberté surveillée.
- les personnes en danger, et les mineurs en danger. Du fait de cette
situation, ils ont besoin d‟une protection particulière et not d‟une surveillance.
Concrètement, ce sont les mineurs placés par une décision de justice au titre
de l‟assistance éducative (enfants abandonnés à la naissance). Aussi, les
mineurs sous tutelle parce que les 2 parents sont décédés.
Lorsqu‟un dommage est causé par une de ces personnes, la RFA de
l‟article 1384, al 1 peut s‟appliquer.
La Jurisprudence a refusé de l‟appliquer au cas d‟un majeur en tutelle.
2°) LE DOMAINE DE LA RESPONSABILITÉ QUANT AU
RESPONSABLE
= qui va répondre des dommages causés par ces différentes catégories de
personnes?
Le répondant est une personne disposant de pouvoirs, d‟une autorité
caractérisant une certaine notion de garde. On va avoir un raisonnement
parallèle que pour le gardien du fait des choses. 2 catégories:
- Essentiellement, les associations. De rééducation quand il s‟agit
d‟adultes, d‟action éducative lorsqu‟il s‟agit de mineurs.
Il faut que le placement résulte d‟une décision judiciaire ou administrative. Elle
est judiciaire le plus souvent.
- des personnes physiques (très rare mais possible dit la Cour de
Cassation). La Cour de Cassation admet que le tuteur d’un mineur pour voir
sa responsabilité engagée sur ce fondement.
Une nouvelle fois, à ces catégories s‟ajoutent la décision de justice ou
administrative qui leur confie la garde de l‟auteur du dommage.
Dans tous les cas, la responsabilité implique un pouvoir juridique, un
pouvoir de droit. Il résulte soit d‟une décision de justice, soit d‟une décision
administrative, soit de la loi elle-même dans l‟hypothèse du tuteur. Par
conséquent, cette responsabilité ne s‟applique pas lorsque les personnes ont
un simple pouvoir de fait.
> Pour engager la responsabilité de cx qui gardent des enfants à titre
amical, pour une période courte ou longue, cela ne fonctionne pas sur ce
fondement. Il faudra prouver une faute.
> Rappel du cas du tuteur d‟un majeur. On considère que ses pouvoirs
ne sont pas suffisants.
QUESTION: est-ce qu’un pouvoir conféré à une personne par un
contrat peut être suffisant pour faire déclarer une personne responsable en
application de l’article 1384, al 1? En effet, arrive souvent qu‟une personne
soit confiée à un établissement en vertu d‟un contrat: les établissements
scolaires qui assurent des gardes d‟enfants, les centres aérés, les nourrices,
les crèches, les établissements psychiatriques.
1) on l‟a cru pendant un moment. Certains arrêts ont donné à penser
qu‟un établissement qui disposait de pouvoirs juridique mais sur une base
strictement contractuelle pouvaient voir leur responsabilité engagée.
2) ces arrêts ont été clairement infirmés par la suite. Pas de doute
aujourd‟hui: un pouvoir contractuel ne suffit pas à fonder cette responsabilité.
La Jurisprudence justifie cette irresponsabilité pour les mineurs par le fait que
la cohabitation avec les parents ne cessent jamais: c‟est le cas pour les
mineurs en internat, mineurs confiés à des tiers pendant de très longues
périodes… Les parents demeurent responsables des dommages causés par
leurs enfants mineurs. A cet égard, la RFA demeure alternative: les parents ou
les établissements. Et dans ce cas s‟applique une autorité parentale exclusive.
Autrement dit, tant qu‟une décision de justice/administrative n‟a pas confié le
mineur à un établissement spécialisé ou à une personne physique, les parents
restent les seuls responsables (article 1384, al 4 du Code civil). S‟il y en a
une, les parents sont déchargés de la cohabitation. La décision opère une
sorte de transfert de responsabilité.
B_ LA RESPONSABILITÉ DES PERSONNES
AYANT pour MISSION D’ENCADRER L’ACTIVITE
D’AUTRUI
Résulte de 2 arrêts Civil 2, 22 mai 1995. Il applique l‟article 1384, alinéa 1 à
des clubs de sport et plus précisément à des clubs de rugby. A l‟occasion de
match, joueurs avaient causé des dommages à d‟autres joueurs (souvent
pendant les mêlées). Les victimes ont recherche la responsabilité du club de
sport auquel appartenait les auteurs. Cour de Cassation a accepté
l‟application de cet article.
Dommage issus de dommages volontaires. Les joueurs ne sont pas les seuls
responsables, le club aussi.
Motif: semblable à celui utilisé pour justifier la responsabilité ci-dessus. Les
clubs de sport avaient reçu pour mission « d’organiser, diriger et contrôler les
joueurs au cours des compétitions sportives ».
La justification n‟est plus l‟état de l‟auteur du dommage mais son activité. En
dehors des matches, ces personnes ne sont pas plus dangereuses que
d‟autres… = c‟est le pouvoir d‟encadrer une activité dangereuse qui
justifie l‟engagement de responsabilité des clubs de sport.
2 OBS°:
- pour le 1er cas (A), les pouvoirs de Contrôle, de direction et de
Contrôle sont exercés à titre permanent. Or pour le club de sport, ce sont des
pouvoirs intermittents.
- Cour de Cassation a accepté d‟engager cette responsabilité en
dehors des activités sportives. Extension aux activités festives voire peut-être
pour les activités ludiques (hypothèse à envisager). Chambre civile 2ème, 12
décembre 2002: la Cour de Cassation a accepté l‟application de l‟article
1384, al 1 à une association qui avait pour mission d‟organiser un défilé de
majorette. Association responsable du fait qu‟une majorette avait lancé son
bâton en l‟air et était retombé sur une autre majorette. C‟est une extension
assez importante.
Depuis 2002, la Jurisprudence n‟est pas allée plus loin. Juridiction du
fond ont tenté d‟étendre l‟application de ce texte mais Cour de
Cassation repousse ces tentatives. > Refus d‟application à des parties
de chasse. L‟association n‟avait pas de pouvoirs suffisants.
> Un syndicat: membres manifestaient et y‟a eu des
débordements. Cour de Cassation a refusé la responsabilité du syndicat, il
n‟a pas reçu de véritables pouvoirs de Contrôle, direction et Contrôle.
II/ LE REGIME
C‟est une responsabilité de plein droit, objective, sans faute.
Chambre criminelle, 26 mars 1997 l‟a énoncé pour la 1ère fois. C‟est tard par
rapport à l'arrêt Blieck. On le savait avant mais la Cour de Cassation ne l‟avait
jamais dit expressément.
Quid du fait générateur. On s‟est beaucoup posé la Question de savoir si
n‟importe quel fait causal de l‟auteur du dommage suffisait à engager la RFA
ou fallait-il une faute de l‟auteur du dommage/un fait générateur? Il faut une
faute ou au moins un fait générateur de l‟auteur du dommage pour engager
celle du répondant. La certitude de cette exigence est récente.
> Dans la plupart des cas, une faute est commise. Pour les matches
de sport, il y a toujours une faute volontaire, caractérisée donc assez grave. Il
y a eu violation des règles du jeu par les joueurs.
Il faut une relation entre acte dommageable et la mission du
responsable.
> Pour le 1er cas (A), Jurisprudence exige que le fait dommageable
soit causé à un moment où le responsable exerçait sa mission, ses pouvoirs.
Cette responsabilité persiste elle-même. Un contentieux abondant concerne
les Hypothèse assez fréquentes où dommage causés à un moment où le
mineur/le handicapé n‟est plus sous la surveillance effective des
établissements, not lorsque le mineur séjourne temporairement chez les
parents. L‟établissement demeure seul responsable. L‟association demeure
responsable tant que la mission qui lui est confiée n‟a pas été suspendue ou
interrompue par une décision judiciaire ou administrative. La raison: les
pouvoirs exercés par l‟association sont des pouvoirs permanents même s‟ils
ne sont pas toujours effectifs. Tant qu‟ils existent, la responsabilité demeure.
On voit encore que la responsabilité des parents et des associations sont
alternatives et exclusives l‟une de l‟autre.
BILAN: Cour de Cassation exige une relation entre acte dommageable et la
mission. La responsabilité demeure tant qu‟elle n‟a pas été
suspendue/interrompue par une décision judiciaire ou administrative.
Selon la Jurisprudence, cette responsabilité existe principalement dans les
dommages causés pendant les compétitions et pendant les périodes
d‟entrainement qui peuvent précéder. La responsabilité existe tant que les
clubs de sport ont un réel pouvoir d‟organisation/direction/Contrôle sur les
joueurs (= un pouvoir d‟encadrement qui s‟exerce).
SECTION II LA RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D’AUTRUI
Constat: dans la majorité des cas, les contractants n‟exécutent pas seuls les
engagements qu‟ils prennent à l‟égard de leur cocontractant. Si le dommage
est causé par l’une des personnes qui participent à l’exécution de l’obligation,
le contractant est-il responsable?
Si oui, il existe une RESPONSABILITE CONTRCTUELLE DU FAIT
D‟AUTRUI. Rapprochement de la responsabilité délictuelle des commettants
du fait de leurs préposés. Différence essentielle : dans un cas il y a un contrat,
pas dans l‟autre. Lorsqu‟il y a un contrat, les règles c. s‟appliquent.
La loi prévoit parfois cette hypothèse:
- art 1797 Code civil : « l’entrepreneur répond des pers qu’il emploie à l’égard
du maitre de l’ouvrage pour les dommages qu’il pourrait lui causer ».
- art 1994 Code civil : « le mandataire répond des personnes qu’il s’est
substituée dans l’exécution du mandat. »
- idem à l‟égard de certains contractants professionnels: les commissionnaires
(texte dans Code du commerce) sont responsables des personnes qu„il
emploie, les notaires sont responsables des clercs qu‟il emploie, les avocats
sont responsables de leurs collaborateurs, les entrepreneurs sont
responsables des sous-traitants qu‟il utilise pour l‟exécution de leur contrat,
etc.
Selon la Jurisprudence, récemment, il n‟y avait responsabilité contractuelle
sans faute que lorsque la loi le prévoyait expressément. Les hypothèses sont
nombreuses mais ça ne couvre pas tout.
Puis, Civile 1, 18 octobre 1960: principe de portée générale de
Responsabilité contractuelle sans faute. Concerne ici un contrat chirurgical
(patient/chirurgien). Dans ce contrat, l‟auteur du dommage était l‟anesthésiste,
collaborateur du chirurgien. Ce dernier a été déclaré responsable du fait de
l‟anesthésiste.
I/ NOTION et FONDEMENT
Contestation de la notion en doctrine. Certains auteurs, anciens mais
éminents, comme Rodière, ont contesté l‟existence d‟une RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI. Pour lui, la responsabilité
contractuelle ne peut être que personnelle.
Il faut admettre que la responsabilité contractuelle du débiteur du fait d‟autrui,
c‟est une nécessité.
Originalité et utilisé de la RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU
FAIT D’AUTRUI. Aujourd‟hui, les discussions portent sur ça. Spécificité p. r à
la responsabilité contractuelle? 2 courants doctrinaux:
1) le courant assimilationniste. La RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI est assimilable à la responsabilité
délictuelle des commettants du fait de leurs préposés. Autrement dit, la
RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI serait bâtie sur
ce modèle. En conséquence, elle aurait un régime semblable. De ce point de
vue, la RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI est
tellement originale qu‟elle ressemble à celle des commettants.
2) Courant qui semble l‟emporter: estime que la RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI ne ressemble pas vraiment à la
responsabilité délictuelle des commettants. C‟est en réalité une expression°
spécifique de la responsabilité contractuelle du fait personnel. Pas de véritable
originalité de la RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI.
Fondements de ces courants doctrinaux (risque, force obligatoire du
contrat).
1) Les assimilationnistes se fondent sur l’idée de risque. La
RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI est la
contrepartie du risque créé par le débiteur. Le débiteur tirez profit de l‟activité
d‟autrui et sa responsabilité est donc une contrepartie. Théorie du risque-
profit. De plus, le débiteur a une certaine autorité sur les personnes qui
contribuent à l‟exécution du c. De toute façon, cette responsabilité se justifie
par le fait que le débiteur déploie une activité pour l‟exécution du contrat
(théorie de l‟activité). Ils raisonnent en termes de risque car assimilation à la
responsabilité délictuelle des commettants elle-même fondée sur le risque.
2) fondement sur la force obligatoire du contrat. Le fait que le
débiteur utilise des collaborateurs ne change rien à son engagement. Si un
dommage est causé à l‟occasion de l‟exécution, c‟est lui qui doit répondre en
vertu du contrat.
Cela a une incidence directe sur le régime de la RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI. La structure de la
RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI est différente de
la responsabilité délictuelle des commettants. Certaines dispositions de cette
dernière responsabilité ne se retrouvent pas pour la RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI.
II/ REGIME
Une dissociation° s‟opère entre celui qui exécute et celui qui s‟engage
contractuellement. La Jurisprudence pose 2 conditions:
A_ CONDITIONS D’EXISTENCE D’UNE
RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT
D’AUTRUI (2)
1°) ENGAGEMENT PERSONNEL DU DEBITEUR
Il se peut qu‟une personne s‟engage à choisir des exécutants. C‟est un peu
différent! Dans ce cas-là le débiteur ne sera qu‟un simple mandataire.
Ex1: les agences de voyage: elle peut avoir des missions assez différentes.
> Si on lui achète un billet d‟avion, elle n‟a qu‟un rôle de mandataire
(exécution par la compagnie d‟aérienne). En fait, on contracte avec le
transporteur. Avec l‟agence de voyage, on conclut quand même un contrat de
mandat. Du coup, il n‟y a pas RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU
FAIT D‟AUTRUI de l‟agence de voyage si on est victime d‟un dommage
pendant le transport.
> Agence organise un voyage de A à Z. Elle se charge alors d‟une
série de prestations. Si on est victime d‟un dommage, l‟agence est
responsable du fait des personnes auxquelles elle aura eu recours pour
l‟exécution du voyage.
EX2: la construction immobilière
> On s‟adresse à un promoteur en lui demandant de choisir un certain
nombre d‟entrepreneurs pour réaliser une construction (archi, maçon,
menuisier…). Il sert de mandataire. Nous, on traite directement avec l‟archi, le
maçon… Si un dommage survient, le promoteur ne répondra pas du fait des
entreprises à l‟origine du dommage, seules elles seront responsables.
> Si le promoteur prend en charge la totalité de la construction. Il
s‟engage auprès de moi à construire le bâtiment et sous-traite auprès d‟autres
entreprises ensuite. S‟il y a un dommage, il répondra contractuellement du fait
des entreprises.
2°) DESIGNATION DES EXECUTANTS
Pas le cas si on impose un exécutant du débiteur.
Si on désigne personnellement les exécutants et qu„on traité séparément avec
chaque exécutant, personne ne répondra du fait d‟autrui.
Ex de la chirurgie: se peut que le chirurgien se voie imposer tel ou tel
participant à l‟opération. Si le chirurgien opère dans un hôpital public mais
dans un service privé, il va se voir imposer le personnel de l‟hôpital public.
Certes, il y a un contrat privé entre patient/chirurgien, mais il ne répondra pas
de fait d‟autrui car il n‟a pas choisi le personnel.
Hypothèse de l‟intrus. Quid lorsque l‟inexécution du contrat est due à une
personne extérieure qui s‟introduit dans l‟exécution et va faire échec à cette
bonne exécution du contrat. Jurisprudence distingue:
- le débiteur savait qu‟une personne s‟introduisait et ne s‟y soit pas
opposé: débiteur répond de ces actes.
- le débiteur ignorait, il ne pouvait pas le deviner; il n‟est pas
responsable du fait d‟autrui.
B_ CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE (= celles de
toute responsabilité contractuelle)
- une inexécution d’une Obligation contractuelle. Peu importe qui
exécute le contrat.
- un rattachement du dommage à l’inexécution. Un dommage en
relation de causalité avec l‟inexécution.
Pas de spécificité de la mise en œuvre en matière de RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI. A cet égard, la RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI se distingue de la responsabilité
délictuelle des commettants. Ici, à p. du moment où il y a inexécution
contractuelle dommageable pour le créancier, la responsabilité du débiteur est
automatiquement engagée, pas de recherche de lien entre l‟auteur du
dommage et le débiteur. De plus, on n‟exige pas de rattachement
dommageable aux Fonction de l‟exécutant.
C_ EXONERATION DU RESPONSABLE (LA
CAUSE ETRANGERE)
Débiteur peut invoquer toutes les causes d‟irresponsabilité habituelles (la
cause étrangère et faits justificatifs).
Or, la cause étrangère présente un certain particularisme en matière
contractuelle. A travers cette cause étrangère, on découvre une certaine
spécificité de la RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI.
Une personne s‟engage contractuellement mais a recours à des tiers: le
débiteur répond des exécutant s‟ils sont à l‟origine du dommage.
Conséquence: en dehors des caractères habituels d‟irrésistibilité et
d‟imprévisibilité, on va exiger une condition d‟extériorité. La cause étrangère
doit être extérieure aux personnes auxquelles le débiteur a recours.
Difficultés liées à la condition d’extériorité.
- appréciation de l’extériorité: par rapport à l‟exécutant dont le
débiteur a recours.
On utilise une formule: « la cause étrangère doit être extérieure à l’entreprise
du débiteur ». Extérieure à toutes les personnes que le débiteur
a volontairement introduit dans l‟exécution du contrat = le débiteur ne répond
pas des intrus.
- personnes dont le débiteur répond: les personnes volontairement
introduites dans l‟exécution du contrat.
* les salariés, plus généralement les préposés.
* les collaborateurs. On parle parfois des auxiliaires. Ce sont
des personnes qui vont aider le débiteur à exécuter les OBLIGATIONS
contractuelles. A la différence des salariés, ce sont des personnes
indépendantes, pas de lien de subordination à l‟égard du débiteur. Elles vont
l‟aider à exécuter le contrat.
* les substituts. C‟est très proche de la notion de collaborateur.
Ce sont des personnes qui se substituent totalement au débiteur pour
l‟exécution de certaines prestations.
Ex: dans la construction immobilière, des entreprises spéciales se substituent
pour certains lots de la construction. On peut parler de sous-traitance de
certaines stipulations contractuelles.
Parfois, la loi impose au débiteur de répondre de certaines personnes.
- le locataire répond des personnes qui occupent le local. La loi parle
des « personnes de la maison du locataire ».
Débiteur ne peut pas invoquer fait des personnes volontairement introduites
dans le contrat car la condition d‟extériorité n‟est pas remplie. Néanmoins, si
un intrus s‟immisce, le débiteur n‟en répondra pas.
- Qu’impose l’extériorité de la cause étrangère?
1) Le débiteur doit prouver que la cause est étrangère à toutes les
personnes qui se sont introduites dans le contrat, à l‟entreprise du débiteur.
2) La Jurisprudence lui impose d‟identifier cette cause étrangère.
3) Si c‟est le fait d‟un tiers, débiteur doit identifier la personne.
Si la cause est inconnue, le débiteur demeure responsable.
Cette jurisprudence très douloureuse, rigoureuse. S‟est illustrée dans 2 séries
de circonstance:
- inexécution d‟un contrat due à un attentat. Cas d‟un
transporteur empêché par un attentat criminel. Si on ne parvient pas à
identifier la cause, l‟origine exacte de l‟attentat, on considérera qu‟il peut être
dû au personnel de la SNCF!
- la grève. Elle peut empêcher le débiteur d‟exécuter ses
OBLIGATIONS dans le délai promis. La grève est exonératoire si elle est
imprévisible, irrésistible et extérieure à l‟entreprise. Or, ça parait difficile car
elle émane du personnel de l‟entreprise, elle est interne. Comme le débiteur
répond de son personnel, il ne peut pas se prévaloir de la grève pour
s‟exonérer.
OR, il le peut dès lors que le mouvement de grève puise sa source à
l‟extérieur de l‟entreprise: cas lorsque la grève est nationale, lorsque le
personnel ne fait que répondre à un mot d‟ordre des grandes centrales
syndicales.
- rôle de l’abus de fonctions. Est-ce que le débiteur pourrait
s’exonérer en invoquant l’abus de fonction de ses préposés? A suscité des
difficultés en la Jurisprudence, pas totalement tranchée par la Cour de
Cassation. Cela ne concerne que les hypothèses d‟abus de Fonction des
préposés. Faut-il raisonner comme en matière délictuelle? NON. On considère
que même lorsqu‟il abuse de ses Fonctions, il reste un préposé. Par
conséquent, son acte dommageable n‟est pas une cause extérieure à
l‟entreprise du débiteur. Faute d‟extériorité, débiteur ne peut pas s‟exonérer.
Cet abus de Fonction n‟est qu‟efficace si le préposé se soustrait à
l‟autorité du commettant. Alors, exonération possible (sous réserve des
conditions de l‟abus de Fonction traditionnelle).
Pr la RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE DU FAIT D‟AUTRUI, on
ne peut pas car elle n‟est pas fondée sur l‟autorité du débiteur sur les
exécutants mais sur la force obligatoire du contrat. Le débiteur doit en
répondre car il s‟est engagé contractuellement.
= abus de Fonction n‟est pas exonératoire.
Cela dit, quelques arrêts ont raisonné en matière contractuelle comme
en responsabilité délictuelle des commettants. Chambre Commerciale, 3
octobre 1989: débiteur exonéré au motif que le préposé avait commis un acte
« extérieur à l’exécution du contrat ». En réalité, le préposé d‟une entreprise
de transport avait abusé de ses Fonction puisqu‟il avait volé de la
marchandise.
Cour de Cassation ne donne pas beaucoup d‟explications.
Hypothèses…
Explication possible (pas très solide): on pourrait considérer qu‟à p. du
moment où préposé abuse de ses fonctions, il devient un tiers. On
considèrerait qu‟un tiers s‟immisce dans l‟exécution.
Autre explication° (semble être la meilleure): lorsqu‟un préposé sort de ses
Fonction normales, on considère qu‟il n‟y a plus de relation de causalité entre
l‟exécution du contrat et le dommage causé au créancier. L‟acte extérieur
résulte du fait exclusif du préposé infidèle.
TITRE II LA MISE EN ŒUVRE
DE LA RESPONSABILITÉ CIVILE
A p. du moment où les conditions de la responsabilité sont remplies.
- Soit victime et le responsable acceptent de transiger = de régler la Question
de la réparation à l‟amiable > ccl d’une transaction. Statistiquement parlant,
la plupart des cas de responsabilité civile se règlent ainsi. L‟assureur fait une
proposition de règlement et la victime accepte.
- parfois, refus de la victime
- parfois, « l‟auteur » refuse de se reconnaitre responsable.
CHAPITRE 1 L’ACTION EN
RESPONSABILITE CIVILE
Cette action a pour objet la réparation.
- Un droit substantiel nait au profit de la victime = droit à la réparation.
On parle de droit au fond.
- pour avoir cette réparation, il faudra intenter une action en
responsabilité civile. C‟est la sphère processuelle du droit en réparation.
Action développement Juridiction civiles ou pénales. Action civile qui
accompagne l‟action publique.
SECTION I LES TITULAIRES DE
L’ACTION
I/ LES VICTIMES
Avant tout, c‟est elles qui ont droit d‟intenter une action. Ce sont des
personnes physiques ou Personnes Morales (très fréquent en matière
contractuelle).
Hypothèse du préjudice collectif. Dommage qui touche une collectivité de
personnes. En fait, c‟est une atteinte à des intérêts collectifs. Certaines
personnes sont habilitées à agir en justice pour obtenir réparation.
Pratiquement, ce sont des associations, syndicats...
II/ LES HERITIERS DE LA VICTIME
Action en responsabilité est transmise aux héritiers par la voie successorale.
Ils pourront agir au lieu et place du défunt, demande de la réparation
du préjudice subi par le défunt.
1°) CONDITIONS DE L’ACTION SUCCESSORALE
- décès de la victime non-instantanée: si la victime meurt sur le coup, on
considère qu‟elle n‟a pas eu le temps d‟être victime d‟un préjudice, aucun droit
n‟a pu naitre dans le patrimoine de la victime. Quelques minutes suffisent mais
dans ce cas, le préjudice sera extrêmement faible.
- non-renonciation de la succession par les héritiers. Sinon, ils renoncent
aussi à l‟action en responsabilité
2°) ELEMENTS DU PREJUDICE SUCCESSORAL
- frais médicaux, pharmaceutiques et autres.
- perte de revenus. Calcul du préjudice au prorata temporis (en Fonction du
temps). Ex: si la victime avait une espérance de vie de 80 ans et qu‟elle est
morte à 45 ans, elle a droit à 35 ans de revenu. Mais si elle survit à ses
blessures pendant un an, elle a droit à un 1/30 de pertes de revenus.
- le préjudice successoral: les frais d‟obsèques, de rapatriement.
- les préjudices moraux. La souffrance de la victime (= le precium doloris),
préjudice d‟agrément, préjudice esthétique.
Les préjudices moraux dépendent étroitement de la volonté des
victimes. Certains auteurs ont dit que ces préjudices moraux étaient
réparables dans l‟hypothèse où le défunt lui-même aurait eu le temps
d‟engager une action. Action transmise aux héritiers. Pendant longtemps,
division Cour de Cassation > Chambre Civile 1ère: acceptation de la
réparation des préjudices moraux dans tous les cas.
> Chambre Criminelle: refus aux héritiers de Demander
réparation si l‟action n‟est pas engagée par le défunt.
Chambre mixte, 30 avril 1976: a tranché en faveur de la position de la
chambre civile 1ère.
Raisonnement: caractère patrimonial du droit à réparation: la victime a droit à
réparation dès le jour du dommage. A son décès, les héritiers le retrouvent et
peuvent l‟exercer.
3°) RELATIONS AVEC PREJUDICE PAR RICOCHET DES
PROCHES
- Est-ce que le préjudice par ricochet se confond avec le préjudice
successoral? Non. 3 hypothèses:
1) La victime décède immédiatement. Il n‟y a pas d‟action successorale. Les
proches de la victime (et par ex les héritiers) peuvent demander la réparation
de leur préjudice par ricochet.
2) La victime survit au fait générateur puis décède quelque temps après.
L‟action successorale est possible mais les proches de la victime pourront agir
en même temps pour D réparation de leur préjudice par ricochet (action
propre au proche).2 actions distinctes possibles.
3) la victime survit et ne décède pas. Pas d‟action successorale. Les proches
pourront D la réparation de leur préjudice par ricochet. Cette solution est
récente et pas totalement officielle. Pendant longtemps, Cour de Cassation a
refusé la réparation du préjudice économique par ricochet. On considère que
lorsque la victime survit, elle pourra indemniser les proches de leur perte de
ressources, perte de subsides.
III/ LES AUTRES TITULAIRES
Un assureur qui indemnise la victime à la suite d‟un dommage. Cas fréquent
de la Sécu qui verse des prestations aux victimes de dommage corporels.
Ces personnes qui ont participé à l‟indemnisation de la victime peuvent agir
contre le responsable en exerçant les droits de la victime.
On dit que ces personnes sont subrogées dans les droits de la victime.
Concrètement, elles pourront obtenir le remboursement des indemnités
versées.
SECTION II LA PRESCRIPTION
EXTINCTIVE DE L’ACTION EN
RESPONSABILITE
Délai et point de départ du délai.
= Façon de perdre un droit par le seul effet du temps.
I/ DUREE DU DELAI DE PRESCRIPTION
Évolution importante et récente: loi du 17 juin 2008 a réformé en profondeur
le droit de la prescription extinctive.
AVANT: distinction prescription contractuelle: 30 ans (de droit
commun)
Prescription délictuelle: 10 ans.
Il y a des actions spéciales en responsabilité : action en matière de garantie
par exemple, délai plus court…
AUJOURD‟HUI principe général, délai de droit commun de 5
ans qui s‟applique à toutes les actions (nouvel article 2224 Code civil).
2 EXCEPTIONS:
* concernent certaines actions en responsabilité civile:
- action en réparation du dommage corporel = 10
ans sans distinction.
- quand le préjudice est causé par des actes de
tortures, barbarie, violences ou agressions
sexuelles contre un mineur = 20 ans.
* en matière de responsabilité environnementale = 30
ans.
Ces délais sont applicables pour les actions en responsabilité engagées
développement juridictions civiles.
Devant tribunaux pénal, délais de prescription pénale: Contravention /Délit
/Crime : 1 an; 3 ans; 10 ans.
II/ POINT DE DEPART DU DELAI
Loi de 2008 a repris les solutions antérieures avec formulations un peu
différentes.
Délai commence à courir du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû
connaître les faits lui permettant d‟agir. Quels faits? Le dommage et l‟identité
du responsable.
EXCEPTION: concernant le dommage corporel, délai de prescription de 10
ans ne court qu‟au jour de la consolidation du dommage. C‟est le jour à partir
duquel le dommage est stabilisé, il ne va plus évoluer.
CHAPITRE 2 LA REPARATION
DU DOMMAGE
SECTION I LES MODALITES DE LA
REPARATION
I/ REPARATION EN NATURE
Mode a priori idéal de réparation. Permet de remettre les choses dans l‟état ou
elle se trouvait avant le dommage.
- joue en matière de dommage matériel; ne marche pas pour les dommages
corporels.
Forme plus évoluée de réparation en nature: l‟acte juridique.
> Si contrat passé de façon illicite cause un dommage, annulation du
contrat.
> Si un DLP a été bafoué, le juge prononce parfois des condamnations
à publier la décision qui condamne auteur du dommage. Des mesures sont
assimilées à des réparations en nature: condamnation à faire cesser situation
dommageable, mesure de cessation.
La réparation en nature est admise et pratiquée par tribunaux. Pourtant, art
1142 Code civil semble y faire obstacle: toute obligation de faire ou de ne pas
faire se résout en dommage interne. Mais la Jurisprudence a toujours
considéré que la réparation en nature était possible.
> PRINCIPE: ce texte est écarté.
> CONDITION: faut que la réparation soit adéquate au dommage; faut
qu‟il y ait effectivement réparation. Exigence qualitative entre réparation et
dommage. Il est parfois fait appel à cette condition à la marge pour faire
écarter la réparation en nature.
A_ DISTINCTION ENTRE REPARATION et
EXECUTION EN NATURE EN MATIERE
CONTRACTUELLE
Exécution forcée en nature = réparation en nature ? Notions proches mais
distincte.
EXECUTION EN NATURE: consiste pour le débiteur à faire exactement ce
qu‟il s‟est engagé à faire, à fournir exactement la prestation promise.
REPARATION EN NATURE: suppose une inexécution de l‟obligation et un
dommage qui en résulte. On cherche à gommer un dommage déjà
consommé. Réparer ce n‟est pas exécuter, c‟est effacer un dommage qui s‟est
déjà produit.
- INTERETS DE LA DISTINCTION (2)
1) Le créancier d‟une obligation c. n‟a pas à établir un préjudice pour
demander exécution en nature. C‟est un droit pour le créancier. Le juge doit
condamner le débiteur à exécuter. Le créancier d‟une réparation en nature, il
doit prouver toute les conditions de la responsabilité contractuelle y compris
l‟existence d‟un préjudice.
2) quand un créancier demande une exécution en nature, le juge n‟a aucun
pouvoir d‟appréciation car exécution est un droit pour le créancier. Le juge doit
condamner le débiteur à exécuter. Alors qu‟en matière de réparation, le juge
apprécie la mesure la plus opportune pour réparer le dommage. Liberté de
choix entre réparation en nature et pécuniaire.
B_ DIFFICULTES
- Art 1143 Code civil : accorde au créancier le droit de demander au juge
d‟ordonner la destruction de ce qui a été fait en contravention d‟une obligation
de ne pas faire.
Ex: demander la fermeture de l‟établissement débiteur de l‟obligation
de ne pas concurrencer qui a concurrencé.
- Art 1144 Code civil : une personne a manqué à une obligation de faire. Le
créancier pourra se faire autoriser par le juge de faire accomplir le service par
un tiers aux frais avancés du débiteur. Mesure de remplacement.
- NATURE DE CES MESURES: exécution d‟un contrat ou
réparation d‟un dommage?
Auteurs toujours partagés. Ces mesures sont probablement hybrides.
> Jurisprudence n‟exige pas toujours un préjudice pour prononcer de telles
mesures. Ce qui les rapproche de mesures d‟exécution en nature.
> Par ailleurs, pour art 1144 Code civil, il faut autorisation judiciaire donc le
juge a un pouvoir d‟appréciation de modalité de la mesure (rapprochement de
la réparation).
> C‟est moins vrai pour l‟article 1143 Code civil car il semble au contraire que
le juge ne dispose d‟aucun pouvoir d‟appréciation.
En matière extracontractuelle, Jurisprudence admet que les articles 1143 et
1144 s‟appliquent. Toujours considérées comme des mesures de réparation.
Donc Question de la qualification finalement ne se pose qu‟en matière
contractuelle.
- LES CAS D‟IMPOSSIBLES REPARATION EN NATURE
IMPOSSIBILITE MATERIELLE: * le cas de dommage moral. En général
pas réparable en nature sauf par si atteinte à un droit de la responsabilité
(atteinte au droit à l‟image) où il peut y avoir décision de publication de
décision.
* si une chose a été détruite et si c‟était un corps
certain (existe en un seul exemplaire, unique), on ne peut pas la remplacée
donc allocation de Dommages et intérêts.
IMPOSSIBILITE JURIDIQUE: * mesure consisterait à interdire une
activité dommageable. Un juge ne peut pas condamner auteur d‟une activité
qui a été autorisée préalablement. Aussi hypothèse où une construction a fait
l‟objet d‟un permis de construire et dommage pour voisinage mais ne peut pas
être démoli. Solution peut être, faire annuler le permis de construire avant…
donc il faudra saisir le juge administratif d‟abord pour annuler, puis juge
judiciaire pour ordonner démolition en réparation du préjudice.
OBSERVATIONS COMPLEMENTAIRES: il y a une Jurisprudence
selon laquelle si le juge condamne à exécuter en nature et que cette
exécution implique intervention personnelle du responsable, qui refuse, dans
ce cas la décision du jugement de condamnation ne pourra pas être faite en
nature. On ne peut pas le forcer à cette intervention.
Ex: on s‟adresse à entrepreneur pour faire des travaux dans sa maison; il ne
le fait pas. On le fait condamner à exécuter ce Travail. S‟il ne veut pas, on ne
peut pas le forcer physiquement à faire le travail promis. Il y aurait atteinte à
une liberté individuelle. Aussi on imagine mal un entrepreneur effectué le
travail promis sous la contrainte physique.
* lorsque la prestation impliquait la mise en
œuvre de qualités très personnelles du débiteur. Essentiellement deux
catégories: prestation artistique et littéraire. Sorte d‟impossibilité morale. Dans
ce cas, recours à l‟article 1142 Code civil pour justifier décision.
II/ REPARATION PECUNIAIRE
Allocation Dommages et intérêts. Vont être versés à la victime mais ils
n‟effacent pas le dommage = Dommages et intérêts compensatoires.
- modalité la plus répandue.
- AVANTAGES: > tous les dommages peuvent être réparés
pécuniairement.
> Principe de la liberté d‟emploi des fonds versés: la victime a
la liberté d‟utilisation des sommes qui lui sont versées, aucun contrôle.
- opposition avec les Dommages et intérêts moratoires (autre espèce de
Dommages et intérêts): ont pour but de réparer le retard dans le paiement
d‟une somme d‟argent (morar en latin signifie retard).
A_ DOMMAGES ET INTÉRÊTS
COMPENSATOIRES
1°) FORMES: CAPITAL OU RENTE
- LE CAPITAL: fait de verser une somme d‟argent en capital à la victime du
dommage.
- LA RENTE: verser périodiquement, pendant durée qui peut être indéfinie,
une somme à la victime. Rente à vie = rente viagère.
PRINCIPE: juge a la liberté de choix de la forme qui lui parait la plus
appropriée.
En pratique, presque toujours choix du capital car c‟est plus simple. Le juge
préfère liquider la condamnation d‟un seul trait.
Pr les dommages corporels, permanents, correspond une périodicité de la
réparation. D‟où par exception des décisions assez fréquentes condamnant le
responsable à verser des rentes parfois viagères mais pas toujours… Si le
juge prévoit le versement d‟une rente, il peut transformer ultérieurement cette
rente en K s‟il le demande et que la situation le justifie (article 44 loi
BADINTER, juillet 1985).
2°) INDEXATION JUDICIAIRE DES RENTES (problème liés à la
dépréciation monétaire)
Avec l‟inflation, la rente va se dévaluer au fil du temps. Victime va solliciter
l‟indexation des rentes.
> Pendant longtemps, refus par la Jurisprudence,
> Revirement radical, Chambre mixte 6 novembre 1994: autorise
toutes les indexations, sur n‟importe quel indice. On a trouvé que c‟était
excessif.
> Très vite, loi de réglementation des indexations judiciaires (loi 27
décembre 1974). Dans le domaine particulier des accidents de la circulation,
prévoit que la rente est revalorisée de plein droit, même si juge ne l‟a pas
prévu, en application de coefficients prévus par le code de la sécurité sociale.
C‟est un régime particulier.
Résultat: double régime, un de droit commun (la liberté de l‟indexation) et en
matière d‟incident de la circulation.
B_ DOMMAGES ET INTÉRÊTS MORATOIRES
Ils réparent le dommage résultant du retard dans le paiement d‟une somme
d‟argent.
Consiste en la perte des intérêts de placement essentiellement; on parle
souvent d‟intérêts moratoires. Ce dommage particulier qui tient au retard a un
double domaine:
1) quand une personne s‟est engagée à payer une certaine somme à une
certaine date mais l‟a pas payé à cette date. Il y avait un engagement
préalable d‟un engagement contractuel. Concerne hypothèse donc de
responsabilité contractuelle.
2) Une personne a été condamnée en justice à verser une certaine somme et
n‟a pas exécutée la condamnation judiciaire = retard dans exécution d‟une
condamnation judiciaire.
> Cela suppose une condamnation judiciaire.
> Ce sont les intérêts de placement de la condamnation judiciaire qui
vont être réparés. La loi réglemente ces Dommages et intérêts moratoires sur
trois points:
1°) TAUX D’INTERET
Faut préciser quels intérêts le créancier a perdu et donc préciser le taux.
Chaque année, la loi fixe un taux légal des intérêts (article 1153 Cc). Ils sont
calculés en application d‟un taux légal chaque année au mois de janvier par
décret. Pour année 2009, 3,79%. C‟‟est beaucoup car début 2008, très forte
inflation.
> La loi prévoit une majoration du taux d‟intérêt légal de 5 points dans
un cas particulier: si personne condamnée à payer une certaine somme ne l‟a
pas payée dans les 2 mois de la condamnation.
En plus de ces intérêts moratoires, juge peut allouer des Dommages et
intérêts moratoires complémentaires (article 1153, al 4 Cc). 2 conditions:
- prouver un préjudice consécutif au retard mais indépendant du retard
lui-même
- mauvaise foi du débiteur.
2°) POINT DE DEPART DES INTERETS
Dépend des hypothèses:
1) Débiteur contractuel tenu de payer une certaine somme d‟argent dans délai
non respecté. Cette somme est déterminée, on dit qu‟elle est liquide. Point de
départ = le jour de la mise en demeure de payer la somme d‟argent (article
1153 Cc).
> Mise en demeure donc nécessaire pour le faire courir. Pas
nécessaire pour les intérêts compensatoires.
2) Personne condamnée en justice à payer certaine somme (article 1153-1
Cc). Dans ce cas, les intérêts courent de plein droit, sans mise en demeure du
jour du jugement de condamnation. Dans ce cas, c‟est le juge qui liquide la
dette indemnitaire, elle n‟est pas fixée avant que le juge ne statue. Jusqu‟au
jour du jugement le futur condamné ne sait pas ce qu‟il doit donc on ne peut
pas lui reprocher un quelconque retard.
DES EXCEPTIONS dont une très générale prévu par l‟article lui-
même: le juge peut lui-même déroger et décider que ce sera telle date.
Jurisprudence précise qu‟il n‟a pas à motiver sa décision, appréciation°
discrétionnaire. Souvent délai court du jour de l‟assignation en justice.
3°) CAPITALISATION DES INTERETS
Les intérêts s‟ajoutent au capital et vont eux même produire un capital. Art
1154 prévoit deux règles:
1) la capitalisation est possible soit parce que:
> Le juge le prévoit dans son jugement
> À défaut, les parties peuvent avoir prévu à l‟avance la capitalisation
des intérêts dans le cadre d‟une convention spéciale = convention
d’anatocisme.
2) La capitalisation ne peut avoir pour objet que des intérêts dus au moins
pour une année entière.
EXCEPTION: en droit commercial, concernant les comptes courants
entre commerçants, la Jurisprudence déroge à la loi. En vertu d‟une coutume
dérogatoire, elle déclare que les intérêts peuvent être capitalisés pour moins
d‟un an.
III/ CHOIX ENTRE REPARATION EN
NATURE et REPARATION PECUNIAIRE
Principe de liberté du juge et limites.
A_ PRINCIPE DE LIBERTE DE CHOIX DU JUGE
Pouvoir souverain du juge et ce quelque soit les demandes de la victime. Par
conséquent, il pourra apprécier librement la mesure la plus opportune.
B_ EXCEPTIONS
Si la victime sollicite une réparation en nature, le juge ne peut lui accorder que
si elle lui parait adéquate, de nature à réparer le dommage subi. La Cour de
Cassation exerce un certain Contrôle de l‟adéquation de la réparation en
nature du dommage. Il faut une équivalence qualitative.
En matière délictuelle, quand victime réclame une mesure de destruction en
application de l‟article 1143 Code civil, la Jurisprudence tend à obliger le juge
à faire droit à la demande de destruction.
> Surtout, arrêt récent Cour de Cassation pas confirmé (Chambre
civile 3è, 28 sept 2005): quand la victime sollicite réparation pécuniaire et que
le débiteur offre une réparation en nature, le juge offre doit prononcer la
réparation pécuniaire conformément à la demande de la victime. Cet arrêt
porte une atteinte considérable au principe de liberté de choix du juge de la
mesure la plus opportune. Il résulterait de cette Jurisprudence que le principe
ne vaut que quand victime demande réparation en nature.
SECTION II L’ETENDUE DE LA
REPARATION
SOUS- SECTION I LE PRINCIPE DE LA
REPARATION INTEGRALE
I/ SENS ET PORTEE DU PRINCIPE
A_ LE SENS, PRINCIPE D’EQUIVALENCE
ENTRE REPARATION ET DOMMAGE
Réparation en nature, principe de réparation qualitative.
Quand on est en réparation pécuniaire, ça devient une réparation quantitative.
> Conséquence: la réparation ne doit dépendre d‟aucune autre
circonstance. Le juge doit évaluer ce dommage en monnaie et condamner le
responsable à somme quantitativement équivalente au dommage.
- pas de prise en compte des fautes du responsable, même
graves.
- pas de prise en compte de la situation de la victime, pauvre
ou riche.
> Très grande liberté du juge. La Cour de Cassation ne contrôle pas
appréciation monétaire du dommage par juge du fond.
SEULE OBLIGATION: la motivation, doit dire comment il s‟y est pris.
B_ LA PORTEE
Une maxime: tout le dommage mais rien que le dommage. 2 applications:
1°) INCIDENCES DES PREDISPOSITIONS DE LA VICTIME
Le juge doit réparer tout le dommage.
SURTOUT LES DOMMAGES CORPORELS:
PRINCIPE: on ne tient pas compte des prédispositions latentes de la victime,
prédispositions personnelles.
Prédisposition latente = qu‟elle ne se soit pas manifestée par le
préjudice préexistant à l‟intervention du responsable.
LIMITE: quand prédisposition s‟est déjà manifestée par un dommage, elle
n‟est pas latente. Même dans ce cas-là, il peut arriver qu‟on ne tienne aucun
compte des prédispositions si le fait générateur a transformé radicalement
l‟état de la victime. Celui que la victime subi désormais est sans commune
mesure avec celui qu‟elle subissait antérieurement.
> Ex: personne qui n‟a plus qu‟un œil qui perd le 2nd = alors, réparation
totale du dommage, indemnisation de la cécité totale, pas de prise en compte
de l‟état préexistant.
2°) INCIDENCE DES PRESTATIONS VERSEES PAR LES
TIERS PAYEURS
= deuxième partie de l'adage: RIEN que le dommage.
Hypothèse où après l‟accident, un tiers verse une prestation sociale (souvent
l‟assureur et toujours la sécurité sociale).
SI LE VERSEMENT A UN CARACTERE INDEMNITAIRE: on en tient
compte.
PAS DE CARACTERE INDEMNITAIRE: ces prestations pourront être
cumulées avec la réparation intégrale (ex: une assurance forfaitaire).
I/ LES LIMITES
A_ LIMITE LEGALE: DOMMAGE PREVISIBLE EN
MATIERE CONTRACTUELLE
Article 1150 Code civil : « Le débiteur n’est tenu que des Dommages et
intérêts qui ont été ou qu’on a pu prévoir lors du contrat, lorsque ce n’est point
par son dol que l’obligation n’est point exécutée. » = limite la réparation due
par le débiteur au seul dommage prévisible au moment de la ccl du c.
- CARACTERE PREVISIBLE = la quotité du dommage, l‟étendue quantitative.
- placement au jour de la ccl pour apprécier ce que le débiteur a prévu ou
pouvait prévoir. Ça déroge très largement au principe de réparation intégrale;
concerne tout un pan de la responsabilité civile.
- Quid en pratique? Peu d‟application. Le débiteur répare le plus souvent la
totalité du dommage. On a tendance à considérer que tout est prévisible.
- DOMAINES D‟APPLICATION REGULIERS (2): contrats de transport et de
dépôt.
Cette règle est habituellement justifiée par le principe de l‟ADV. C‟est
aujourd‟hui une règle contestée par une partie de la doctrine. Certains
n‟adhèrent pas à cette distinction entre contractuel et délictuel et la réparation
intégrale ne doit pas être limitée. À l‟étranger, c‟est rare de trouver une telle
mesure. L’APC maintient cet article mais beaucoup discuté.
- EXCEPTION: art 1150 lui-même. En cas de dol, on revient au principe de la
réparation intégrale. Selon la Jurisprudence, il y assimilation de la faute lourde
au dol.
B_ LES LIMITES CONVENTIONNELLES
Les parties à un contrat peuvent avoir prévu une limite au principe en vertu
d‟une convention de responsabilité.
1°) LES CLAUSES ALLEGEANT LES OBLIGATIONS
NOTION: clauses qui ne visent pas la responsabilité elle-même mais qui, de
façon plus directe, visent les OBLIGATIONS auxquelles les débiteurs sont
tenus. Elles vont contribuer à définir la prestation due.
Ex: pendant le contrat de bail d‟habitation, en principe le bailleur doit
permettre au locataire de jouir paisiblement de la chose louée mais le bailleur
a aussi obligation d‟entretenir les lieux. Les parties peuvent écarter obligations
d‟entretien, c‟est le locataire qui le prend à sa charge.
REGIME: PRINCIPE: validité de ces clauses en vertu du principe de
liberté contractuelle.
2 LIMITES IMPORTANTES
1) les OBLIGATIONS contractuelles prévues par des lois d’Ordre Public.
Parfois ce n‟est pas une loi d‟Ordre Public mais une Jurisprudence qui impose
aux parties telle ou telle obligation qui ont aussi un caractère d‟Ordre
Public. Ex: obligation de conseil qui s‟impose à la charge de certains
professionnels. Clause réputée non écrite (= nulle) si elle est quand même
écartée par une convention.
2) tout contrat comporte une obligation fondamentale, essentielle. Elle
caractérise le contrat, lui imprime sa nature, permet de qualifier le contrat.
Sans elle, le contrat ne pourrait même pas avoir la nature que les parties lui
ont attribuée.
> une telle serait réputée non écrite. Parfois, Jurisprudence prévoit une
autre sanction = une disqualification du contrat.
2°) LES CLAUSES LIMITATIVES OU EXCLUSIVES DE
RESPONSABILITE
- NOTION
Ont pour objet d‟alléger la responsabilité du débiteur. L‟objet est le droit à
réparation en cas de dommage.
Clauses limitatives: fixent un plafond, un pourcentage…
Clauses exclusives, élusives: écartent la responsabilité.
Certaines clauses sont difficiles à qualifier.
> Ex: des clauses qui concernent qualification de l‟Obligation de résultat ou
de moyens. Il y a une incidence directe sur la responsabilité du débiteur.
> Les clauses de non-responsabilité exclusives posent aussi un problème :
Est-ce que ce n’est pas la même chose de dire qu’on est pas obligé à telle
prestation et de dire qu’on est obligé mais en cas de non-exécution on ne doit
rien à la victime?
- DOMAINE: Qu‟en matière contractuelle. Pas délictuelle
car responsabilité est d‟Ordre Public.
- CONDITIONS: valables aux conditions de droits
communs.
- Acceptation par les parties et surtout la victime. Cela suppose qu‟elles
aient eu connaissance de ces clauses. À partir de là, on va présumer qu‟elles
les ont acceptées.
En pratique, difficultés importantes notamment quand clauses ne figurent pas
dans contrat que victime a signé. Très fréquents qu‟elles se trouvent dans
docs annexes (souvent dans des conditions générales) sont remises mais pas
sûr qu‟elles les aient lues. La clause peut figurer aussi sur des billets, des
tickets, des écriteaux, des affiches des locaux que la victime fréquente.
> La victime doit avoir eu une connaissance certaine. Il faut que dans
le doc signé figure une clause de renvoi express aux conditions générales.
> faut qu‟effectivement la victime ait pu prendre connaissance de ces
conditions générales. Ça suppose qu‟elle lui ait été remise en mains propres
ou mises à sa disposition, afin qu‟elle soit en mesure de lire la clause.
> En ce qui concerne les clauses dans un document annexe, il faut
que la clause soit écrite en caractères très apparents, qu‟elle saute aux
yeux.
> Qu‟elle ait pu être lue au moment de la formation du contrat.
= si clause figure dans doc post-contractuel, ne pourra pas lui être opposée.
(Ex: mention dans des factures).
- EXCEPTIONS AU PRINCIPE DE VALIDITE
1) interdiction de ces clauses par la loi.
- contrats de vente, de bail et d‟entreprise interdisent les clauses de non-
garantie.
- art 132-1, 6°) Code de la consommation: règle de portée générale qui interdit
ces clauses dans tous les contrats passés entre professionnels et
consommateurs. Liste noire des clauses abusives présumées
irréfragablement abusives.
- Textes de réglementation de ces clauses: fixent souvent des plafonds de
responsabilité. Concerne Surtout le contrat de transport.
2) Les clauses qui affecteraient une obligation essentielle.
> Arrêt Chambre commerciale, CHRONOPOST, 22 OCT 1996: les
clauses de responsabilité relatives à de OBLIGATIONS essentielles du contrat
sont réputées non écrites. Clauses limitent de responsabilité au simple coût du
transport. Pourtant, transporter en 24h est une obligation essentielle et toute
clause qui limite la responsabilité du fait du manquement à cette obligation
essentielle est réputée non écrite.
Le plus souvent, cette Jurisprudence s‟applique pleinement.
Si Chronopost est personnellement transporteur, dans ce cas il existe un
contrat type qui s‟applique à Chronopost réglementé par un décret et qui
prévoit une clause limitative de responsabilité. Dans ce cas, contrat type qui
s‟applique vient limiter la clause limitative de responsabilité.
Si dommage corporel, clauses limitant la réparation sont valables?
> À une époque, JOSSERAND et les frères MAZEAUD notamment
les déclaraient nulles CAR ces clauses affectent la personne-même de la
victime. Ils estimaient que la personne est « hors du commerce juridique » et
les clauses qui l‟affectent doivent être déclarées illicites.
> AUJOURD‟HUI : analyse discutée en doctrine car on considère
qu‟elles n‟ont pas pour objet la personne, c‟est un raccourci. Elles ont pour
objet la réparation. La Jurisprudence n‟a jamais considéré qu‟il y ait un
principe général de nullité des clauses qui affecteraient réparation des
dommages corporels. En revanche, dans presque dans tous les cas, ces
clauses sont invalidées.
* en matière de transport de personne, les clauses exclusives
de toute responsabilité sont déclarées nulles. La Jurisprudence retient souvent
une obligation de sécurité corporelle. Or la tendance est a considéré que
l‟Obligation de sécurité corporelle est d‟Ordre Public. On ne peut pas écarter
par une stipulation contractuelle une obligation de sécurité corporelle.
La Jurisprudence, sans poser de principe général, considère que ces clauses
seraient invalidées et donc nulles en pratique. On a presque une troisième
exception.
← Quand la clause est valable, est-elle toujours efficace? Il se peut que
circonstance de l‟exécution du contrat ait pour Conséquence de priver ces
clauses d‟effet. On parlera d‟inefficacité de la clause. 2 hypothèses, même
régime qu‟en matière de dommage prévisible.
- Le débiteur a commis une faute dolosive
- Le débiteur a commis une faute lourde en vertu d‟un principe
d‟équipollence de la faute lourde au dol.
Cf. Chambre Civile 1ère, 23 FEV 1994 : faute lourde de la SMTU par un
manquement à son Obligation est de mettre à disposition de l‟utilisateur la
jouissance paisible d‟un emplacement pour lui permettre de laisser sa voiture.
3°) LES CLAUSES PENALES
- NOTION
Clause qui fixe forfaitairement les Dommages et intérêts dus en cas
d‟inexécution du contrat. Art 1226 à 1233 Code civil et art 1152 Cc.
Art 1226: « La clause pénale est celle par laquelle une personne, pour assurer
l’exécution d’une convention, s’engage à quelque chose en cas
d’inexécution. »
Art 1229: « La clause pénale est la compensation des Dommages et intérêts
que le créancier souffre de l’inexécution de l’Obligation principale. »
Il y a en fait deux conceptions possibles de la clause pénale.
1) Conception étroite: met l‟accent sur le caractère pénal de la clause. C‟est
celle qui a une Fonction comminatoire, qui cherche à sanctionner une
personne qui n‟exécute pas ses OBLIGATIONS contractuelles. On parle de
« peine. FONCTION » en quelque sorte punitive; l‟indemnisation n‟aurait qu‟un
caractère secondaire. On cherche surtout à punir un responsable. On suppose
que les Dommages et intérêts prévus sont des Dommages et intérêts
extrêmement élevés, très supérieurs au préjudice subi sinon la fonction pénale
disparaîtrait.
2) Conception large: clause pénale n‟a qu‟une seule fonction, celle de fixer
forfaitairement et à l‟avance dans le contrat les Dommages et intérêts qui
seront dus. L‟avantage = éviter le recours au juge pour évaluer le dommage.
Les Dommages et intérêts peuvent être supérieurs ou inférieurs au préjudice.
Selon que les Dommages et intérêts prévus sont sup ou inférieurs au
dommage, la clause a ou non un caractère pénal. Elle peut être intimidante et
avoir donc un caractère répressif aussi. Ça peut recouper la conception étroite
s‟ils sont fixés à un montant très élevé. Jurisprudence considère que selon les
circonstances, la clause pénale peut avoir:
- double Fonction : fixation forfaitaire et répression
- seule Fonction de fixation Tout est affaire de
circonstance.
- TRAITS CARACTERISTIQUES DE LA
CLAUSE PENALE
* applicable qu‟en matière contractuelle
* a toujours un caractère accessoire.
Conséquence: si le contrat est nul, la clause pénale le sera également.
Si la clause est nulle, le contrat subsiste.
Si le contrat est résolu, la résolution ayant caractère rétroactif, le
contrat disparaît mais la clause pénale demeure et va régler les Conséquence
de la résolution. Elle a une certaine autonomie.
* La clause pénale sanctionne une inexécution contractuelle.
Conséquence: la clause pénale n‟est pas cumulable avec une demande
d‟exécution forcée du contrat. Le créancier doit choisir:
> Choix de la demande d‟exécution forcée, la clause pénale est alors
inapplicable. Art 1228 Code civil : « le créancier, au lieu de demander la peine
stipulée contre le débiteur qui est en demeure, peut poursuivre l’exécution de
l’Obligation principale. »
> Mise en jeu de la responsabilité du débiteur et la clause pénale
s‟applique. Art 1229, al 2: « Le créancier ne peut demander en même temps le
principal et la peine, à moins qu’elle n’ait été stipulée pour le simple retard. »
Conséquence: il faut inexécution d‟une obligation contractuelle.
Ça exclut la qualification de clause pénale pour une série de stipulations
contractuelles. « Quand le créancier exerce un droit, il devra verser une
certaine somme »: ladite somme n‟est pas une clause pénale, c‟est juste le
prix du droit que l‟on exerce, la contrepartie monétaire.
Ex: concernant les promesses unilatérales de vente, le bénéficiaire
s‟engage à verser une indemnité d‟immobilisation au promettant s‟il décide de
ne pas lever l‟option. La Cour de Cassation dit fermement que ce n‟est pas
une clause pénale car le bénéficiaire a un droit d‟option. S‟il exerce ce droit, il
doit payer l‟exercice de ce droit, il doit verser le prix du droit consenti au
bénéficiaire de la promesse. Pour que ce soit une clause pénale, il faudrait
admettre que le bénéficiaire de la promesse soit obligé d‟acheter.
Ex: une indemnité compensatrice de non-concurrence dans le contrat
de travail. Ce n‟est pas une clause pénale car c‟est le prix du droit conféré à
l‟ancien employeur de ne pas être concurrencé par son ancien salarié.
Il suffit de constater qu‟une obligation n‟a pas été exécutée pour que la clause
d‟applique.
Peu importe qu‟il y ait préjudice ou non: dérogation au droit de la
responsabilité contractuelle.
- REGIME
- clauses pénales parfaitement valables et réglementées par le code civil.
- mêmes conditions que les clauses limitatives de responsabilité.
- Idem aussi concernant l‟efficacité, valable sous réserve d‟un éventuel dol ou
faute lourde.
Pendant longtemps, ces clauses étaient intangibles: on devait les
appliquer sans limite. Ça donnait lieu parfois à des injustices criantes. La
Jurisprudence a utilisé un certain nombre de détours pour éviter ces injustices.
Aujourd‟hui la loi 9 juillet 1975 considère au juge un double pouvoir: de
révision des clauses pénales et de réduction en cas d‟inexécution partielle.
Loi du 11 octobre 1985 précise qu‟ils peuvent être exercés d‟office par
le juge. Sont des lois d‟Ordre Public.
Cumul possible des deux pouvoirs.
1) POUVOIR DE REVISION. Art 1152, al 2: « Le juge pt, même d’office,
modérer ou augmenter la peine qui avait été convenue, si elle est
manifestement excessive ou dérisoire. Toute stipulation contraire sera réputée
non écrite. »
Pouvoir est modérateur, volonté de limiter les excès. Le plus souvent, ce
pouvoir joue dans hypothèse où la peine est manifestement excessive.
Révision aussi possible à la hausse quand la clause est manifestement
dérisoire.
- appréciation° est objective; résulte d‟une comparaison entre le montant des
Dommages et intérêts stipulés et le montant du préjudice subi. Le juge peut
s‟aider de critères subjectifs en prenant en considération le comportement
du débiteur, la qualité de sa faute, sa bonne ou mauvaise foi.
- certain Contrôle de la Cour de Cassation sur décision des juges du fond sur
2 points:
> Contrôle de la mise en œuvre du pouvoir de révision. Les juges
doivent dire pourquoi il y a excès manifeste ou pourquoi cette peine est
manifestement dérisoire. C‟est un contrôle de qualification. Si juge refuse de
réviser en dépit de demande adressée par une partie, il n‟a pas à motiver sa
décision de refus. La Cour de Cassation ne Contrôle pas les décisions de
refus de révision de la clause.
> Contrôle étendue du pouvoir de révision. Quand le juge décide de
réviser une clause pénale, il doit considérer que le montant du préjudice
constitue soit un plancher, soit un plafond.
* Il peut réduire jusqu‟au montant du préjudice = plancher.
* peut augmenter jusqu‟au montant = plafond.
Si aucun préjudice, le juge peut supprimer les Dommages et intérêts
convenus.
2) POUVOIR DE REDUCTION pour INEXECUTION PARTIELLE. Art
1131 : le juge peut réduire la peine convenue à propension de l‟intérêt que
l‟exécution partielle a procuré au créancier.
SOUS- SECTION II L’INCIDENCE DE LA
PLURALITE DES CAUSES SUR LA
REPARATION
I/ LA PLURALITE DE RESPONSABLES
Soit on condamne chacun des responsables à réparer une partie du
dommage.
Soit on condamne chacun des responsables à repérer la totalité du
dommage = solution retenue par le droit positif. Ça ne veut pas dire que la
victime reçoit 3 fois la réparation, cela signifie qu‟elle peut s‟adresser à l‟un ou
l‟autre. Celui qui paie pourra faire un recours contre les autres.
A_ OBLIGATION IN SOLIDUM (chacun doit être
condamné à réparer totalité du dommage)
1°) FONDEMENTS THEORIQUES
- THEORIE DE LA CAUSALITE INTEGRALE: chaque cause du dommage est
cause de la totalité du dommage donc chaque responsable doit réparer la
totalité du dommage. On ne peut pas considérer que lorsqu‟il y a plusieurs
causes, chaque cause a causé une fraction du dommage. L‟obligation in
solidum est une nécessité rationnelle.
- THEORIE DE LA GARANTIE D‟INDEMNISATION: on peut considérer que
chaque cause a causé une partie du dommage = chaque responsable
condamné à réparer une partie du dommage. Les auteurs considèrent dans
un second temps qu‟il faut condamner chacun des responsables à la totalité
du dommage mais seulement à titre de garantie de la victime. Conséquence:
la victime devra supporter l‟insolvabilité des coresponsables. Mais ce n‟est pas
juste. Donc on décide que chacun des coresponsables doit être condamné in
solidum avec les autres. Obligation in solidum répond seulement à un souci
d’une meilleure indemnisation de la victime, pas de nécessité rationnelle.
- Jusqu‟aux a.50: Jurisprudence ne se posait pas de Question, faisait
application généralisée de l‟Obligation in solidum sans chercher à justifier.
- Puis de 1950 aux a.70, la Jurisprudence retient la théorie de la
causalité partielle exceptionnellement.
- a.70: retour à une obligation in solidum. Débat entre les deux devenu
très secondaire.
- AUJ: auteurs se partagent toujours entre les deux explications mais
garde obligation in solidum sans exception. La victime va s‟adresser à l‟un
d‟eux, elle va choisir plus ou moins arbitrairement. Donc on admet un recours
au profit de celui qui a payé.
B_ LES RECOURS EN CONTRIBUTION ENTRE
LES CORESPONSABLES
FONDEMENT: S‟il y a plusieurs responsable et qu‟un seul a payé, il doit
pouvoir faire contribuer les autres. La Jurisprudence privilégie le fondement
de la subrogation légale = art 1251, 3° = quand une personne était tenue
avec d‟autres et a payé seule la dette, elle a le droit d‟être subrogée au droit
de la victime. Il va se mettre au lieu et place de la victime.
ETENDUE DU RECOURS: La Jurisprudence retient 2 critères pour répartir la
charge de la dette de la réparation entre les responsables.
1) critère dominant: la faute. On va comparer les fautes commises par les uns
et les autres.
2) Critère accessoire: rôle causal de chacun. Idem, on compare.
Concrètement, la Jurisprudence peut rencontrer 4 situations -
Hypothèse où il n‟y a que 2 responsables:
1) Chacun des responsables a commis une faute: on compare et celui qui a
commis la faute la plus grave supporte plus la réparation.
2) L‟un des responsables a commis une faute, l‟autre non: le fautif doit
supporter la totalité de la réparation. Aucun recours contre le coresponsable
non fautif.
3) La victime s‟adresse au non-fautif: il aura un recours intégral contre le fautif.
4) Les deux responsables sont non-fautifs: le partage doit se faire de façon
égale entre les deux responsables = « partage par tête. »
II/ LA FAUTE DE LA VICTIME
La victime a commis faute qui a contribué à son propre dommage. Double
effets:
A_ INCIDENCE DE LA FAUTE DE LA VICTIME SUR
SON INDEMNISATION
C‟est une jurisprudence constante très ancienne = faute de la victime >
obtention d‟une indemnisation réduite.
Explication causaliste: il y a 2 causes du dommage, le fait du responsable et
le fait fautif de la victime donc partage de responsabilité.
Explication punitive: à titre de punition pour sa faute, on va réduire son
indemnisation. Peine privée.
En réalité, les deux explications ne sont pas forcément
contradictoires.
- PROPOSITION DOCTRINALE
A. TUNC (a.60; a.70) a considéré que dans l‟immense majorité des cas, les
responsables sont assurés. Quand ils sont condamnés, ils ne supportent pas
la réparation sur leur patrimoine. Au contraire, quand victime a connu une
faute, si on réduit son droit à réparation, elle va être frappée de plein fouet car
elle n‟est pas assurée. Il préconisait de réduire indemnisation de la victime
qu‟en cas de faute d‟une particulière gravité.
- APPLICATION JURISPRUDENTIELLE: à un moment,
Cour de Cassation séduite par ses analyses.
> Arrêt DESMARS 1982: quand le responsable est responsable sur le
fondement de l‟article 1384, al 1 en tant que gardien d‟une chose, il ne peut
invoquer la faute de la victime pour s‟exonérer partiellement, sauf si cette
faute présente tous les caractères de la Force majeure. La faute de la victime
n‟a aucune incidence sur son droit à réparation. Système du tout ou rien.
Jurisprudence destinée à créer une réforme en matière d‟incident de la
circulation. Intervention loi 5 juillet 1985.
> Cour de Cassation, 6 mai 1987 revient au principe selon lequel
toute faute de la victime entraîne réduction de son droit à réparation. Il y a
exonération uniquement si la faute a le caractère de la Force majeure.
> De temps en temps, Cour de Cassation admet exonération totale en
dehors même du cas où toutes caractéristiques de la Force Majeure sont
réunies = quand faute a un tel pouvoir causal qu‟elle absorbe toute la
causalité du dommage: cause exclusive.
= Courant Jurisprudence assez marginal. En principe, Cour de
Cassation exonère totalement qui si caractère de la Force majeure.
Quand faute de la victime cause dommage de manière intentionnelle, elle a
recherché volontairement à se causer un dommage, le défendeur peut
s‟exonérer totalement de sa responsabilité.
- EVOLUTION RECENTE DE LA JURISPRUDENCE
La Cour de Cassation a repris la Jurisprudence DESMARS dans hypothèse
différente.
> Chambre Civile 1ère, 13 mars 2008: hypothèse où un transporteur,
la SNCF, est responsable au manquement à une obligation de sécurité de
résultat. Cour de Cassation décide que si manquement, la SNCF est
responsable mais ne peut s‟exonérer en invoquant faute de la victime sauf si
faute à caractère de Force Majeure.
- Hypothèse où une personne est victime d‟une infraction pénale
intentionnelle contre les biens (ex: victime d‟un vol, d‟une escroquerie). La
victime aura droit à une réparation intégrale de son dommage.
- Hypothèse où victime pourrait prendre mesure ou alléger dommage
mais ne le fait pas: cette attitude passive de la victime est fautive. Civil 2ème,
19 juin 2003: « la victime n’est pas tenue de limiter son préjudice dans l’intérêt
du responsable ». Solution très discutée en doctrine, peu l‟approuve. On
critique la rigidité de la solution. La plupart des droits étrangers admettent
qu‟une victime qui ne prend aucune mesure pour modérer son dommage alors
que ça ne lui coûterait rien peut se voir attribuer une fraction du
dommage. APC va également dans ce sens.
B_ INCIDENCE DE LA FAUTE DE LA VICTIME
DIRECTE SUR LA REPARATION DES VICTIMES
PAR RICOCHET
Opposabilité de la faute: droit à réparation réduit à raison de la faute commise
par la victime directe. Solution discutée, a subi vicissitudes mais elle prévaut
aujourd‟hui: Jurisprudence très ferme depuis arrêts Assemblée Plénière, 19
juin 1981.
SECTION III EVALUATION PECUNIAIRE DU
DOMMAGE
Quand dommage est subi, il faut évaluer le dommage et le traduire en une
somme d‟argent. Or, cette évaluation pécuniaire pose des difficultés.
> Certaines sont communes à tous les dommages (règles de droit
commun).
> Règles spéciales propres par exemple aux dommages corporels.
I/ REGLES DE DROIT COMMUN DE
L’EVALUATION
A_ PRINCIPE DE L’EVALUATION AU JOUR DU
JUGEMENT
Le principe ne va pas de soi. Il y a deux dates possibles.
> La date de la naissance de la créance de la réparation de la victime.
Elle naît au jour du dommage. Inconvénient: la créance naît certes mais en
réalité c‟est un principe de créance qui naît. Le mode de réparation n‟est pas
encore connu.
> C‟est seulement au moment du jugement que le responsable saura
qu‟il est responsable et qu‟il saura à combien il est condamné. Le juge liquide
la créance de réparation. Entre jour du dommage et jour du jugement
dommage peut varier donc c‟est normal d‟en tenir compte.
B_ CONSEQUENCES DU PRINCIPE
1°) VARIATIONS DE L’ETENDUE DU DOMMAGE
ANTERIEUR AU JUGEMENT
- VARIATION DES ELEMENTS INTRINSEQUES DU DOMMAGE: dommage
au bien, peut s‟aggraver ou diminuer (plus rare) avec le temps. Circonstance
qui a incidence directe sur étendue de réparation: décès de la victime peut
mettre fin au dommage et donc peut réduire dette de la réparation.
- VARIATION DES ELEMENTS DE VALORISATION DU
DOMMAGE (extrinsèque) : circonstance qui influe sur la valeur du dommage.
La cote des objets d‟art peut augmenter ou réduire. C‟est extérieur au corps
du dommage. Si la victime avait chance de promotion professionnelle,
revenus de la victime sont une circonstance à prendre en compte pour évaluer
dommage.
La Jurisprudence n'est pas toujours très constante, en principe les juges
prennent en compte toutes les variations. Mais parfois refusent de prendre en
compte certaines circonstance qui pourtant avoir incidences. Ex : circonstance
totalement étrangères au processus dommageable. Une victime subit
dommage corporel et a besoin d‟une assistance d‟une tierce personne. La
jurisprudence considère que cette circonstance qui pourtant réduit
objectivement le dommage ne doit avoir aucune incidence
2°) VARIATIONS DE LA MONNAIE ANTERIEURES AU
JUGEMENT
En théorie, faudrait se placer au jour du paiement de l‟indemnité pour traduire
la valeur de la dette en unité monétaire car la dette de réparation du
responsable n‟est pas une dette de monnaie mais de valeur = a pour objet la
valeur du dommage.
Cependant en pratique, difficile à mettre en place. Donc c‟est au jour
du jugement qu‟il faudra se placer pour fixer la dette. Cela permet le respect
du principe de la réparation intégrale, non obtenue si on avait choisi le jour du
dommage (> dévaluation monétaire).
LA FIXATION MONETAIRE DE LA DETTE: il y a une
technique parfois utilisée par les juges pour actualiser la valeur de la dette au
jour du statut = la technique de l’indexation.
1) 1ère évaluation de la dette du responsable au jour du dommage ou à une
date ultérieure mais antérieure au jour du jugement.
2) ils indexent cette dette jusqu‟au. jour du jugement.
Permet même l‟indexation jusqu‟au. jour du paiement effectif.
- 2 EXCEPTIONS AU PRINCIPE:
1) la victime fait réparer ou répare elle-même son propre dommage avant que
le juge ne statue sur la responsabilité La personne débourse une certaine
somme: juge se place à cette date pour évaluer l‟indemnité de réparation.
N‟a droit qu‟au montant nominal de la dépense effectué; juge ne peut
condamner le responsable à payer cette somme; n‟y a plus d‟actualisation de
la dette.
2) la victime subit un dommage corporel et est indisponible (ne peut plus
exercer sa profession) jusqu‟au. au jour de la consolidation > subit une perte
de revenus. Le juge va évaluer le dommage résultant de cette perte de salaire
au salaire effectivement perdu pendant période d‟indisponibilité de la victime.
Juge ne se place plus au jour du jugement mais au jour du dommage, jour où
la victime a effectivement perdu les salaires. Si perte de 3 mois de revenus et
que le procès dure 5 ans. Et bien elle ne touchera QUE les 3 mois.
- DOCTRINE
Critique vive de ces exceptions, pense qu‟on doit TOUJOURS se placer au
jour du jugement. Elle considère que si on ne le fait pas, la victime n‟aura pas
d‟indemnisation intégrale de son dommage. L‟indemnité alors versée, un
certain temps plus tard, ne correspondra plus à la valeur du dommage car
entre temps, la monnaie se sera dévaluée.
- EXPLICATION J
Lorsque la victime effectue des dépenses pour réparer son propre dommage
ou lorsqu‟elle subit des pertes de revenus, la dette de valeur se transforme en
dette monétaire. Par conséquent, se fige au moment de cette transaction.
Explication réfutée en doctrine, on pense qu‟il n‟y a aucune transaction.
Surtout, le principe de réparation intégrale demeure Surtout en période
d‟inflation monétaire.
3°) PRISE EN COMPTE DE CERTAINES VARIATIONS DU
DOMMAGE POSTERIEURES AU JUGEMENT
Ne pas oublier que le dommage futur est réparable. Conséquence : si on
a la certitude que le dommage va évoluer après le jugement, il faut en tenir
compte. 2 CONDITIONS:
1) évolutions certaines du dommage (en tout cas suffisamment certaines).
2) é° du dommage immédiatement déterminables (précisément
déterminables).
Conséquence 1 : a contrario, on ne tient pas compte des é° aléatoires.
Conséquence 2: les variations futures de la monnaie ne sont pas prises en
compte (c‟est aléatoire par nature!)
Toutefois, la Jurisprudence, via des techniques, parvient à tenir
compte l‟aléa du futur.
* réparation du dommage futur en introduisant dans leur jugement
des conditions ou des réserves. Arrive en matière de dommage corporels
(juge prévoit une opération, envisage les frais de celle-ci et si cela arrive, le
responsable devra indemniser).
* introduction dans le jugement de clauses de révision (technique
proche de la précédente). Si présence de dommage par nature évolutif (cf.
dommage corporels, dommage environnementaux). Le juge pourra introduire
une clause de révision de l‟indemnité. S‟il apparait que le dommage évolue
(aggravation/diminution), alors la clause pourra jouer. CONDITION:
> Clause possible lorsque l‟indemnité est payée sous forme de
rente (très facile de les réviser).
> Si l'indemnisation est sous forme de capital, la révision ne
peut se faire qu‟à la hausse. Raison simple: réviser à la baisse obligerait la
victime à reverser une partie de ce qu‟elle a perçu et c‟est inacceptable.
* les clauses d’indexation. Rente viagère indexée selon la variation
d‟un indice; prise en compte de la valeur d‟un dommage. Indirectement, prise
en compte des variations futures de la monnaie.
C_ REVISION DE L’INDEMNISATION
Période postérieure au jour du jugement. Cas où on constate que le dommage
a augmenté ou diminué et il n‟a pas pu en être tenu compte au jour du
jugement.
- PRINCIPE
Pas de révision de l‟indemnité allouée à la victime quand bien même on
constate son évolution°. RAISON: l‟ACJ. Exclusion de toute demande de la
victime ou du responsable.
- LIMITES
- Au jour du jugement, possible de tenir compte des é° possibles du
dommage. Sinon, distinction aggravation/diminution du dommage.
- EN CAS D„AGGRAVATION DU DOMMAGE, il est possible pour la victime
d‟obtenir un complément d‟indemnisation. On considère que c‟est
l‟indemnisation d‟un nouveau dommage, la victime peut faire une nouvelle
demande réparation. L‟ACJ ne s‟y oppose pas. CONDITION:
* être sûr que cette demande nouvelle correspond à un préjudice
nouveau = apparition d‟un préjudice après le jugement et dont on ne pouvait
pas avoir connaissance.
* il faut que ce dommage nouveau soit suffisamment autonome par
rapport à cx déjà réparés par le juge; être parfaitement distinct. Cette condition
pose des difficultés. La condamnation couvre parfois des dommages pas
effectivement demandés…
- EN CAS DE DIMINUTION DU DOMMAGE, l‟ACJ s‟oppose à une demande
de diminution de l‟indemnité. Toujours même raison. EXCEPTION: Hypothèse
de clauses de révision figurant dans le jugement. Or, la révision peut jouer à la
baisse si indemnité fixée sous forme de rente.
II/ REGLES D’EVALUATION DES
DOMMAGE AUX BIENS
A_ DOMMAGE RESULTANT DES ATTEINTES
MATERIELLES AUX BIENS
Les plus importants en quantité et en qualité.
1°) BIEN DETRUIT
Il est en général irréparable. Indemnité= coût de remplacement du bien
d‟autrui. C‟est la valeur de remplacement du bien d‟autrui = valeur
nécessaire pour acquérir un bien équivalent au bien détruit. Valeur calculé
TVA comprise (cas pour les particuliers). Pas le cas pour les personnes qui
peuvent récupérer cette TVA. Cette valeur peut correspondre à 2 valeurs
différentes: valeur à neuf/ valeur vénale. 3 HYPOTHESES:
1) le bien détruit fait l‟objet d‟un marché de l‟occasion. Le plus connu:
le marché de l‟automobile. On tient compte de la vétusté du véhicule. Si
véhicule de 5 ans, on pourra se procurer sur le marché de l‟occasion un bien
équivalent. En ce cas, on a droit à la valeur vénale du véhicule = valeur du
véhicule au jour de sa destruction.
2) Pas de marché de l‟occasion. La victime a droit à la valeur à
neuf du bien détruit. Du coup, pas de déduction au titre de la vétusté. Si on en
tient compte, la personne ne pourra pas obtenir un bien identique (la victime y
gagne!).
Valeur à neuf = prix d‟acquisition dans un magasin d‟un bien identique ou au
coût de fabrication de ce bien.
3) Bien irremplaçable: le bien détruit n‟existe pas sur un marché de
l‟occasion et on ne peut ni acheter, ni faire fabriquer un bien semblable = les
corps certains. Indemnisation = principe de la valeur vénale. Si le tableau de
maître valait 100.000€, la victime aura droit à cette somme.
- Que faire de l’épave? Si la victime conserve l‟épave, il faudra sa valeur de
l‟indemnité à laquelle elle a droit. On considère que cette solution n‟est pas
opportune: l‟épave est laissée pour compte au responsable.
2°) BIEN DETERIORE Le bien peut être réparé.
- PRINCIPE
Indemnité = coût total de réparation du bien (TVA comprise si la victime ne
peut pas la récupérer).
Si bien meuble, coût nécessaire à la remise en état.
Si immeuble, allocation du coût de sa reconstruction partielle.
Si bien vétuste et qu‟après réparation, il sera dans un meilleur état
qu‟auparavant, la victime fait alors une bonne opération = enrichissement de
la victime. Peu importe, elle a toujours droit au coût total de la réparation du
bien sinon elle n‟aurait pas la somme nécessaire pour faire réparer le bien.
Si la victime n‟attend pas le jugement pour effectuer la réparation, elle n‟aura
droit qu‟au remboursement de la dépense effectuée en valeur nominale.
- Si coût réparation > valeur vénale du bien = coût total des
réparations nécessaire pour la remise en état.
* Chambre criminelle: dans tous les cas, victime a droit au coût total des
réparations. Condition: que les réparations soient effectivement effectuées.
* Chambre Civile 2ème: coût des réparations doit être limité à la valeur du bien
(par ex, prix à l‟argus d‟un véhicule). Sorte de plafonnement du montant des
réparations. EXCEPTION: présence d‟un bien irremplaçable donc non-sens
d‟allouer une valeur de remplacement.
B_ DOMMAGE CONSECUTIFS AUX
REPARATIONS DE CE BIEN
Lorsqu‟un bien est endommagé, les réparations peuvent durer un certain
temps et engendrer des frais. 3 nouveaux DOMMAGES REPARABLES:
> Les frais exposés par la victime: dépannage, remorquage du bien.
> Frais d’immobilisation du bien pendant la durée des réparations >
nouveaux dommage: la privation de l‟usage et de la jouissance du bien, frais
de location d‟un bien de remplacement.
> Si le bien est gravement détérioré, les réparations ne répareront
peut-être pas le bien parfaitement = subsiste un dommage qui se traduit par
une moins-value du bien.
TITRE III LES CAS
PARTICULIERS DE
RESPONSABILITÉ CIVILE (2)
Régimes spéciaux de responsabilité civile.
CHAP.1 L’INDEMNISATION
DES VICTIMES D’ACCIDENTS DE
LA CIRCULATION
INTRODUCTION: GENERALITES
Loi 5 juillet 1985 (ministre de la Justice de l‟époque). Le droit commun de la
responsabilité civile paraissait inadapté au phénomène de grande ampleur
des accidents de la circulation. En raison des fautes commises par les
victimes, elles n‟obtenaient qu‟une indemnisation partielle. L‟auteur de
l‟accident lui opposait sa faute d‟imprudence.
Finalement, seule la victime supportait la charge de l‟accident, le poids
de sa faute alors que le défendeur n‟aura rien à débourser puisqu‟il est
assuré: c‟est injuste. Réaction Cour de Cassation par arrêt Desmares de
1982.
Réforme cours a.60: véritable combat d‟André TUNC pour l‟indemnisation des
victimes de la circulation même en présence de faute d‟imprudence légère. Il a
élaboré un projet de loi (projet de sécurité routière en 1966). N‟a pas abouti à
une loi mais idée d‟une législation spéciale a fait son chemin. A conduit les
gouvernements successifs à élaborer des projets, à créer des commissions…
Aucun de ces projets n‟a vu le jour jusque 1984. Robert Badinter = collègue et
ami d‟André Tunc a été sensibilisé par ses idées. Quand il a été ministre, il a
eu 2 préoccupations: abolir la peine de mort et faire voter cette réforme. Dans
ces grandes lignes, loi de 1985 reprend le projet TUNC.
2 GRANDS SYSTEMES ENVISAGEABLES:
* système de l’assurance directe: assurance prise par victimes potentielles
d‟accident de la circulation = les conducteurs devraient obligatoirement
s‟assurer. Leur assureur aurait pour mission de les indemniser.
* création d’une responsabilité objective spéciale et assurance
obligatoire: en cas d‟accident, c‟est l‟assureur de l‟auteur de l‟accident qui
aurait la charge d‟indemniser les victimes.
Adoption de ce second système. Cependant, la loi Badinter créé un
droit subjectif au profit de toutes les victimes d‟accident de la circulation = droit
qui né automatiquement sur la tête de la victime. Si ce droit peut être exercé
contre l‟auteur, il le sera contre l‟assureur de l‟auteur et Surtout l‟assureur du
véhicule auteur de l‟accident. Indemnisation automatique et complète des
dommages de la victime.
CARACTERES GENERAUX DE LA LOI:
1) le droit à indemnisation a un caractère autonome par rapport au
droit commun. Jurisprudence est venue très vite éclairer les commentateurs
inquiets: Chambre Civile 2eme, 4 mai 1987 puis Chambre criminelle, 7
octobre 1992. LIMITES: Question pas réglées par la loi de 1985. En ce cas-
là, retour au droit commun de la responsabilité civile. Ex: Loi 85 dit que ce
droit à indemnisation peut être opposé à un gardien du véhicule. Loi ne
précise pas cette notion de gardien donc référence à l‟article 1384, al 1 Code
civil. La loi créé un droit autonome mais pas un régime
absolument autonome.
2) caractère exclusif. Si la loi est applicable, exclusion du droit
commun. La victime n‟a pas le choix.
/! Exclusive qu‟à l‟égard des personnes qu‟elles visent. Droit commun
applicable aux personnes non débitrices d‟indemnisation. Ex: si la victime
pense qu„un piéton a une responsabilité dans l‟accident, elle peut s‟adresser à
lui car il n‟est pas visé par la loi Badinter.
SECTION I DOMAINE D’APPLICATION
DE LA LOI
A l‟article 1er de la Loi du 5 Juillet 1985; disposition à la suite art 1384 Cc.
CONDITIONS:
- accident de la circulation
- implication d‟un VTM
- Imputabilité du dommage à l‟accident
- personnes auxquelles la loi s‟applique
I/ L’ACCIDENT DE LA CIRCULATION
A_ ACCIDENT
L‟accident est habituellement considéré comme un évènement instantané et
involontaire. L‟accident est un évènement qui réalise un risque. Un risque
préexiste à la circulation des véhicules et l‟accident est la réalisation du risque.
- Quid d’un fait voulu mais sans que les Conséquence ne sont pas
voulues? Après beaucoup d‟hésitations, Code civil a pris parti en faveur de la
conception large du fait volontaire. Un fait est volontaire lorsqu‟il a été voulu
même si ses Conséquence dommageables n‟ont pas été voulues (Queue de
poisson par ex). Dans ce cas, la législation sur les victimes d‟infraction et
d‟acte de terrorisme s'applique = obtention automatique du fonds.
2 TYPES D'ACCIDENT:
- accidents simples: un heurt = un dommage.
- accidents complexes: carambolages de telle sorte que ces accidents vont
impliquer une série de véhicules (collisions successives par ex).
B_ RATTACHEMENT DE L’ACCIDENT A LA
CIRCULATION DES VEHICULES
Il se peut qu‟un véhicule cause un dommage mais que pour autant, il ne soit
pas rattaché à la circulation des véhicules.
Pour la Jurisprudence, il faut donc que l‟accident s‟insère dans
une action de circulation. Cas où un véhicule intervient. La Jurisprudence
très tôt a envisagé de manière très large ce point.
> Cour de Cassation : tout accident qui met en cause un
véhicule est un accident de la circulation; a même accepté application aux
compétitions sportives au moins lorsque le dommage est causé à des
spectateurs. Si accident dans cadre d‟une course et dommage entre
concurrents de la compétition, non application de la loi.
LIMITES: exigence que l‟accident se produise dans un lieu de
circulation (Chambre Civile 2ème, 26 Juin 2003). En l‟espèce, cyclomoteur
stationné dans le hall d‟un immeuble et qui a pris feu: le hall d‟un immeuble
n‟est pas un lieu de circulation des véhicules.
> Cour de Cassation : la loi ne peut pas être appliquée lorsque le
dommage a été causé par un véhicule occupé à une Fonction spécifique
étrangère à la circulation. 2 FONCTIONS DU VEHICULE:
- Fonction de circuler et de transporter des personnes et des
marchandises;
- véhicules-outils = engins de chantier ou des engins
agricoles.
Dommage causé par un véhicule lors sa fonction spécifique de travail =
pas un accident de la circulation.
CONDITION STRICTES DE LA Cour de Cassation :
1) que le travail soit exclusif de tout déplacement du véhicule.
2) que la cause de l‟accident soit localisée dans un élément utilitaire du
véhicule étranger à la fonction de déplacement
Chambre Civile 2, 8 mars 2001: un accident causé par la benne basculante
d‟un camion est un accident dû à la Fonction de Travail du véhicule = loi
Badinter ne s‟applique pas.
Plus généralement, lorsqu‟un véhicule fonctionne en poste fixe, qu‟il ne peut
exercer sa Fonction de Travail qu‟en poste fixe et que l‟accident se trouve sur
une partie utilitaire du véhicule, la loi de 1985 est inapplicable.
- ACCIDENT DE CHARGEMENT/DECHARGEMENT D'UN
VEHICULE
= accident de la circulation car on considère que ces opérations sont
étroitement liées au transport. Arrêt récent Cour de Cassation : difficultés
concernant les objets d‟arrimages. Objet arrimé sur le toit d‟un véhicule et qui
se détache = accident de la circulation.
C_ ACCIDENT DE LA CIRCULATION ET
ACCIDENTS RELEVANT D’UN AUTRE REGIME
SPECIAL
2 CAS PARTICULIERS:
1) présence d‟un accident de la circulation qui constitue en même temps d‟un
accident du travail: régime spécial prévu dans le code du Travail.
- dans un 1er temps, Cour de Cassation a considéré que seule la législation
relative aux accidents du Travail s‟appliquait à l‟exclusion de la loi de 1985, au
moins dans les rapports employeurs salariés. Hypothèse extrêmement
fréquentes en pratique. Seule la législation sociale s‟applique à l‟exclusion de
la loi de 1985. Si dans cet accident, d‟autres véhicules sont impliqués, la
victime salariée pourra invoquer la loi de 1985 mais contre l‟employeur, seul
les accidents du travail s‟appliquent.
> Jurisprudence autrefois très critiquée; cela revenait à privilégier les
dispositions les moins favorables aux victimes.
> Réaction législative: loi 27 janvier 1993.
* lorsqu‟un accident du Travail se produit sur une voie ouverte
à la circulation publique, alors les dispositions de la loi de 1985 pourront
s‟appliquer.
* Si accident dans l‟enceinte de l‟entreprise, non application loi
1985, seulement code de la Sécu.
* si accident sur un chantier, loi 1985 inapplicable.
2) L'ENTRAIDE AGRICOLE: régime spécial avec loi de 1962
* dans un 1er temps, application loi 1962 à l‟exclusion la loi de 1985:
critiques doctrine.
* réaction Cour de Cassation du 17 Novembre 2005 : loi de 1985
s‟applique même lorsque l‟accident de la circulation concerne une opération
agricole.
I/ IMPLICATION D'UN VTM
A_ VTM
Référence code des assurances pour définir cette notion.
Est un VTM tout engin ayant une force motrice, apte au transport et évoluant
sur le sol. Télécabine, téléphériques, ascenseur, monte-charge, tondeuse à
gazon que l‟on pousse et plus généralement tous les objets que l‟on doit
pousser etc… n‟en font pas partie.
Remorques et semi-remorques sont considérées par la loi de 1985.
Application loi que l‟engin soit attelé ou en vue de l‟être et s‟il est destiné au
transport.
Article 1er de la loi de 1985: dommage causé par un chemin de fer ou un
tramway > loi inapplicable.
Applicable aux passages à niveaux.
B_ IMPLICATION DU VEHICULE dans
L'ACCIDENT
1°) NOTION
L‟implication est ce qui va permettre de désigner le débiteur de
l‟indemnisation. En effet, la personne qui devra indemniser la victime est la
personne dont le véhicule est impliqué dans l‟accident. Cette notion
d‟implication du VTM contribue à désigner le débiteur.
La loi ne définit pas la notion d‟implication, est inconnue du droit positif
français.
L‟implication du véhicule suppose que celui-ci ait joué un certain rôle
dans l’accident. 1er réflexe est de songer à la notion de causalité. Le
véhicule impliqué dans l‟accident est le véhicule qui a causé l‟accident, ce
n‟est pas faux sauf qu‟au début, on a confondu la causalité de l‟accident et la
causalité du dommage et certains auteurs ont considéré que l‟implication du
véhicule revenait à exiger que celui-ci ait causé le dommage. C'est inexact,
l'implication est une notion distincte de la causalité.
L‟implication correspond à une certaine forme de causalité de l‟accident, un
véhicule est un impliqué lorsqu‟il a causé l‟accident ou au moins lorsque le
véhicule est intervenu dans l‟accident et qu‟il a joué un rôle dedans.
Assez souvent, Hypothèse d‟un accident complexe, du type carambolage ou
collision en chaîne. Un véhicule peut très bien être impliqué dans l‟accident
complexe et ce sera le cas si ce véhicule a joué un certain rôle. Dans ce cas,
on va dire que le véhicule est impliqué dans l‟accident. En revanche, le
véhicule peut être pour rien dans le dommage bien qu‟impliqué.
2°) CRITERES DE L'IMPLICATION
Jurisprudence abondante. Aujourd‟hui, les choses sont plus simples; 2 TYPES
DE SITUATION:
1) il y a eu un contact entre le véhicule impliqué et le siège du dommage.
Longtemps, la législation a distingué selon le mouvement ou le stationnement
du véhicule du défendeur.
> S‟il était en circulation, le simple contact suffisait à ce qu‟il y ait
implication.
> Véhicule en stationnement, le contact ne suffisait pas.
Depuis Chambre Civile 2ème, 25 janvier 1995, choses extrêmement claires:
dès lorsqu‟il y a contact avec la victime, il y a implication du véhicule du
défendeur et cela même si le véhicule est en stationnement: « Le heurt
implique nécessairement l’implication du véhicule. »
2) absence de contact:
Le véhicule n‟a pas heurté un autre véhicule mais a tout de même contribué à
causer un dommage par une manœuvre d‟évitement par ex. C‟est le cas
également dans les hypothèses d‟accident complexe, très souvent, il n‟y a pas
de contact entre tous les véhicules, il n‟y en aura qu‟entre certains véhicules et
pourtant on pourra considérer que chaque véhicule est impliqué dans
l‟accident complexe.
Cour de Cassation ! Le véhicule est impliqué « lorsqu’il a joué un rôle
quelconque dans l’accident » ou bien « lorsqu’il est intervenu à quelque titre
que ce soit dans l’accident ».
Cela renvoie à la notion de causalité, à chaque fois que l‟on peut considérer
que sans l‟intervention du véhicule, l‟intervention ne se serait pas déroulée de
la même façon, alors on peut considérer que le véhicule est impliqué. Il faudra
cependant, pour la victime, prouver le rôle du véhicule dans l‟accident.
Parfois, la Code civil refuse de reconnaître l‟existence de l‟implication:
lorsqu‟il y a simple concomitance. Un véhicule intervient et un certain
nombre de dommage interviennent au même moment. La concomitance ne
suffit pas à prouver l‟implication d‟un véhicule dans un accident, faut encore
prouver qu'il a joué un rôle dans l‟accident.
II/ IMPUTABILITE DU DOMMAGE A
L'ACCIDENT
Il faut qu‟un dommage résulte de l‟accident de la circulation = exigence d'un
LIEN DE CAUSALITÉ entre un accident et le dommage.
La notion de causalité n‟est donc pas absente du régime d‟indemnisation des
victimes. Cependant, cette notion joue un rôle limité.
A_ HYPOTHÈSE DES ACCIDENTS SIMPLES
Un seul choc ou bien une seule collision = exigence que le dommage résulte
de ce choc, heurt ou collision. Dans cette hypothèse, l‟imputabilité du
dommage à l‟accident revient à exiger un LIEN DE CAUSALITÉ entre le
véhicule du défendeur et le dommage de la victime.
La jurisprudence tend à poser une présomption d’imputabilité du
dommage à l’accident. A p. du moment où le véhicule est impliqué dans un
l‟accident simple, on considère que le dommage dont se plaint la victime
résulte de cet accident. La victime n‟a donc que la preuve d‟un choc, heurt ou
accident à faire et montrer que le véhicule du défendeur est impliqué.
Jurisprudence DIVISEE: - Chambre criminelle : pas présomption, la
victime doit toujours prouver que le véhicule est bien impliqué.
- Civile 2ème: il y a une présomption d‟imputabilité du
dommage à l‟accident, suffit que la victime prouve l‟accident pour que le
dommage soit imputable à celui-ci. Seule condition = que le dommage
apparaisse au moment de l‟accident ou dans un temps très proche.
Dans des cas rares, le dommage de la victime apparaît au bout d‟un certain
temps = la présomption d‟imputabilité ne joue plus, la victime devra alors
prouver que ce dommage résulte de l‟accident.
B_ HYPOTHÈSE DES ACCIDENTS COMPLEXES
L‟accident complexe se compose d‟une série de collisions, d‟accidents, de
heurts, soit successifs soit concomitants.
La condition d‟imputabilité s‟implique aussi mais elle a suscité des difficultés
particulières. Il se peut qu‟un ensemble de véhicules soit impliqué dans cet
accident complexe envisagé globalement et il y aura une série de dommage et
on ne peut être sûr que chaque dommage soit impliqué à chaque véhicule
impliqué dans l‟accident global et chaque véhicule n‟a pas causé tous les
dommages.
2 SOLUTIONS:
1) comme en matière d‟accident simple: chaque dommage est
imputable à l‟accident complexe et chaque véhicule est impliqué dans
l‟accident complexe. Si on raisonne ainsi, chaque défendeur ne répondra
uniquement que des dommages qu‟il a causés, les choses deviennent
extrêmement compliquées. Lorsqu‟une victime demande réparation à un
conducteur, elle devra prouver l‟implication du défendeur. Raisonnement de la
Cour de Cassation pendant un temps mais en posant une présomption
d‟imputabilité à l‟accident. Lorsqu‟une victime établit que son dommage résulte
de l‟accident global, il est présumé imputable à chacun des véhicules des
défendeurs. C‟était une présomption simple et le défendeur pouvait
parfaitement établir que ce LIEN DE CAUSALITÉ n‟existait pas.
2) Au moment où son véhicule est intervenu, la victime avait déjà subi
le dommage dont elle se plaint = cas dans collisions en chaîne. Lorsque la
dernière collision intervient et que la victime est déjà morte, alors on considère
que le dommage est déjà réalisé et le défendeur prouve qu‟il n‟y est pour rien.
Très longtemps, Jurisprudence a raisonné de cette façon: LIEN DE
CAUSALITÉ entre le fait du véhicule de chaque défendeur et le dommage
invoqué par la victime, elle admettait une présomption d‟imputabilité à
chaque fois que la victime prouvait que le dommage résultant de l‟accident
complexe, présomption simple qui se renversait si le défendeur arrivait à
prouver qu‟il n‟avait pas commis le dommage.
Critique de cette Jurisprudence car elle impliquait un LIEN DE CAUSALITÉ
entre le dommage et le fait du véhicule alors que la loi de 1985 avait pour
intérêt de rompre avec le LIEN DE CAUSALITÉ. Il ne fallait plus l‟exiger dans
les hypothèses d‟accidents multiples.
Finalement, à partir de 1998, Cour de Cassation modifie sa conception
= l’imputabilité ne doit être recherché que par rapport à l’accident
complexe pris dans sa totalité. Le dommage doit avoir été causé par
l‟accident complexe pris dans sa totalité. Lorsque cette preuve est rapportée,
le droit à réparation existe au profit de la victime. Elle doit prouver:
* que le véhicule du défendeur est impliqué dans l‟accident
* aussi que l‟accident est la cause du dommage.
Hypothèse où la victime décède dès le 1er accident, la victime pourra
s‟adresser aux conducteurs ou gardiens des différents véhicules pris dans sa
globalité, pas seulement au conducteur qui l‟a heurté.
III/ PERSONNES AUXQUELLES LA LOI
S'APPLIQUE
Qui est débiteur d’indemnisation?
A_ DEBITEURS DE L'INDEMNISATION
La loi vise 2 personnes: - Les conducteurs d‟un VTM
- Les gardiens d‟un VTM
Ce sont eux qui sont à l‟origine des risques de la circulation routière. En
revanche, la loi ne s‟applique pas aux autres personnes qui pourraient causer
un accident, not un piéton qui suscite une réaction d‟évitement de la part d‟un
conducteur qui cause un accident.
B_ CREANCIERS DE L'INDEMNISATION
Les victimes et toutes les personnes subrogées dans les droits des victimes
(proches des victimes, tiers payeurs (sécurité sociale)).
Une victime se cause son dommage seule: est à la fois victime, débitrice et
gardienne du véhicule. Peut-elle D à son assureur une indemnisation? NON
dit la Cour de Cassation. On ne peut être à la fois victime et débiteur de
l‟indemnisation et se prévaloir de cette double qualité pour D réparation à son
propre assureur.
Cela dit, autres Hypothèse où la victime pourra demander indemnisation alors
même qu‟un seul véhicule est impliqué:
1) Hypothèse où il y a dissociation entre les qualités de gardien et de
conducteur. La victime est conductrice et peut demander réparation auprès du
gardien du véhicule et inversement.
2) une personne conduit un véhicule sans en être propriétaire et sans en avoir
la garde. Not dans Hypothèse de prêt ponctuel. Le seul véhicule impliqué est
le véhicule que la victime conduisait, la victime conductrice peut demander
réparation du véhicule au gardien de celui-ci.
3) victime gardienne mais pas conductrice, le gardien prête son volant mais se
trouve également dans la voiture. Il peut demander réparation au conducteur
selon la Cour de Cassation puisque l‟on est en présence d‟un autre débiteur
que le gardien.
SECTION II LE REGIME DE
L’INDEMNISATION
#Art 2 à 6 de la loi de 1985 réglementent les causes d‟exonération du
débiteur. Le conducteur ou le gardien d‟un VTM peut s‟exonérer dans certains
cas de son obligation d‟indemniser la victime plus Question des recours en
contribution.
I/ REGLEMENTATION DES CAUSES
D'EXONERATION 2 causes possibles:
A_ Force Majeure OU FAIT D'UN TIERS
Art 2 dispose que le défendeur ne peut opposer à la victime ni la Force
Majeure ni le fait d‟un tiers. En réalité, par Force majeure, le législateur a
voulu viser assez maladroitement la cause étrangère. Cela confirme que la loi
ne fait pas du LIEN DE CAUSALITÉ entre le fait du véhicule et le dommage
une cause d‟indemnisation.
B_ FAUTE DE LA VICTIME
Régie par les articles 3 à 6 de la loi du 5 Juillet 1985. Loi procède à une série
de distinctions: entre les dommages affectant la personne et les dommages
affectant les biens. Les possibilités d‟exonération du défendeur varient selon
les dommages subis par la victime.
1°) DOMMAGE DIRECTS RESULTANT D'ATTEINTE A LA
PERSONNE
Selon certaines caractéristiques de la victime, la loi crée 3 grandes catégories:
victimes super-protégées / protégées /sacrifiées.
a. Victime non conductrices bénéficiant d‟une protection
spéciale
IL FAUT: - qu‟elle soit atteinte à un handicap supérieur à 80%,
quasi grabataire
- que la victime soit âgée de moins de 16 ans ou plus de 70
ans.
Faute intentionnelle de la victime. Pour s‟exonérer, le défendeur doit montrer
que la victime a recherche volontairement le dommage qu‟elle subit: le
suicide ou la mutilation volontaire.
b. autres victimes non conductrices
= grande majorité des victimes. Exonération du défendeur:
* prouver la faute intentionnelle de la victime
* prouver qu‟elle a commis une faute inexcusable et que cette faute est
la cause exclusive de l‟accident.
- FAUTE INEXCUSABLE = faute gravissime non intentionnelle
En matière d‟accident de la circulation, Cour de Cassation en a donné une
définition tout à fait restrictive: série de 11 arrêts de la 2ème Chambre Civile
du 20 juillet 1987 confirmée par la Chambre Criminelle le 4 novembre
1987, entérinée par Assemblée Plénière, 10 novembre 1995.
La faute inexcusable est la « faute volontaire d’une exceptionnelle gravité
exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir
conscience ». C‟est une définition restrictive. Lorsque la faute inexcusable est
celle d‟un piéton, cela correspond à un type de comportement défini de façon
précise:
- faut qu‟un piéton entreprenne de traverser une route à grande
circulation réservée aux véhicules dont l‟interdiction aux piétons doit être
matérialisée
- faut que la victime qui décide malgré tout de traverser ait été obligée
de franchir un obstacle pour traverser cette route.
- faut que la victime ait traversé une voie rapide au sortir d‟un tunnel
- que la victime ait refusé d‟emprunter un passage protégé qui se
trouvait à proximité. Dans ce cas, la victime a commis une faute inexcusable.
Non lorsqu‟une personne est retrouvée la nuit par temps de pluie en plein
milieu de la route complètement ivre (Espèce Assemblée Plénière 1995).
Cour de Cassation n‟admet pratiquement jamais les fautes inexcusables
des cyclistes et des passagers, faut des comportements téméraires presqu‟à
la limite du comportement suicidaire (passager monte sur le capot de la
voiture en mouvement, cycliste qui prend une voie rapide à contre-sens).
- CAUSE EXCLUSIVE DE L‟ACCIDENT
Il faut selon la loi que cette faute inexcusable soit la seule faute de l‟accident =
la faute inexcusable de la victime est la seule faute à l‟origine de l‟accident. La
faute inexcusable de la victime à l‟origine de l‟accident doit être cause de
l‟accident et pas seulement cause du dommage.
Une faute peut-être cause d‟un dommage sans être cause d‟accident: le fait
de ne pas attacher sa ceinture de sécurité, le fait de ne pas porter de casque
sont des fautes de la victime mais qui ne sont pas des fautes à l‟origine de
l‟accident lui-même.
c. Victimes conductrices
C‟est un régime discriminatoire et c‟est pour cela que l‟on a parlé de victimes
sacrifiées. Toute faute commise par un conducteur pourra lui être opposée. La
Conséquence sera soit une réduction, soit une suppression de son droit à
indemnisation.
Ces victimes participent au risque de la circulation routière plus
particulièrement à la création des risques. C‟est l‟explication officielle.
Explication officieuse: si on indemnise systématiquement toutes les victimes
conductrices, cela coûterait trop cher aux assureurs, les obligerait à
augmenter les prix des assurances pour les assurés.
Il suffit que la faute de la victime ait contribué au dommage, cela
suffit pour que l‟on puisse lui opposer une faute.
On s‟est interrogé sur le rôle causal de certaines fautes. Fautes de
comportement en opposition aux fautes de conduites. Le fait de conduire en
état d‟ivresse est considéré comme une faute de comportement, conduite
sous l‟empire de stupéfiant, le fait de conduire sans permis.
Pendant un certain temps, Jurisprudence a considéré que ces fautes
étaient « nécessairement causales » = présomption de causalité. Il se peut
cependant que le fait de conduire sans permis ne soit en rien dans l‟accident.
Revirement Cour de Cassation, Assemblée Plénière, 6 avril 2007: ce type
de faute ne suffit pas à présumer le LIEN DE CAUSALITÉ entre la faute et le
dommage qu‟elle subit à la suite d‟un accident. Désormais, lorsque le
défendeur gardien oppose à la victime de cet accident une faute consistant à
conduire sous l‟emprise de l‟alcool, il appartient au défendeur de prouver que
cette faute est une cause de son dommage.
En pratique, difficile de prouver le LIEN DE CAUSALITÉ. 2 autres difficultés:
1) La notion de conducteur: pas défini par la loi. Jurisprudence a apporté des
précisions. Le conducteur est celui qui est aux commandes du véhicule; est
censé en avoir la maîtrise. Pour la Cour de Cassation, suffit qu‟une personne
soit aux commandes du véhicule pour en être présumée le conducteur. >
Peu importe que le véhicule soit en mouvement ou à l‟arrêt, que le moteur
fonctionne ou pas (cf. les ouvertures de portières).
> De même, le conducteur d‟un cyclomoteur qui tient son véhicule par
le guidon et qui tient son véhicule sur le côté de celui-ci n‟est pas considéré
comme conducteur.
> En revanche, lorsqu‟une motocyclette est utilisée comme vélo, elle
est considérée comme étant utilisée.
> Moniteur d‟une autoécole pas considéré comme conducteur.
HYPO: le choc avec le conducteur éjecté est quasi simultané à l‟éjection et
l‟ensemble ne forme qu‟une seule phase.
> Cas lorsqu‟une motocyclette est heurtée par un véhicule. On
considère que la victime est encore conductrice au moment où elle est
heurtée, il n‟y a pas de dissociation entre la qualité de conducteur et la qualité
de piéton éjecté. Le principe est que le piéton éjecté n‟est plus conducteur
lorsqu‟il est éjecté.
HYPO: à la suite d‟un accident, situation telle qu‟on ne peut pas établir qui
conduisait le véhicule. Le plus souvent pour les 2 roues. On ne peut pas
déterminer qui était conducteur si les personnes sont mortes.
> Cour de Cassation pose une présomption de non conducteur de la
victime, la victime qui demande réparation est présumée non-conductrice,
c‟est au défendeur de prouver que la victime était conductrice. C‟est une règle
de portée générale mais on arrive à la Conséquence qu‟un véhicule peut
n‟avoir aucun conducteur. Elle permet à chacune des victimes d‟obtenir une
indemnisation sans que l‟on puisse lui opposer de faute = solution la plus
avantageuse pour les victimes.
Dans certains cas, Jurisprudence relève avec d‟autres présomptions le
conducteur.
- CRITERES EXCLUSION DE L‟INDEMNISATION
Lorsque la victime était un conducteur, le défendeur pouvait lui retourner sa
faute. QUESTION de l’indemnisation: réduction ou suppression? Quels
critères?
1) Jurisprudence a voulu poser un critère de l‟exclusion de l‟indemnisation de
la victime. Comme critère, elle a retenu le critère de la cause exclusive du
dommage (déjà retenu pour les victimes non conductrices).
2) Revirement annoncé par un arrêt en demi-teinte de la Chambre Criminelle
mais le revirement découle d‟un arrêt Chambre Mixte, 28 Mars 1997: Cour de
Cassation pose un principe de souveraineté des juges du fond pour apprécier
l‟incidence de la faute de la victime sur son droit à réparation. Pour apprécier
s‟il y a faute, les juges du fond ne sont pas souverains, Cour de
Cassation Contrôle toujours la notion de faute.
Les juges du fond apprécient au cas par cas si la faute de la victime
doit réduire ou supprimer le droit à réparation.
Particulièrement Chambre Civile 2ème applique avec beaucoup de rigueur
cette règle. A chaque fois qu‟une décision de juridiction du fond se réfère au
comportement du défendeur pour apprécier l‟incidence de la faute de la
victime, Cour de Cassation censure systématiquement cette décision =
l‟incidence de la faute de la victime doit se référer uniquement au
comportement de la victime.
2°) DOMMAGE DIRECTS RESULTANT D'ATTEINTE AUX
BIENS (article 5)
Même solution que pour les dommages corporels affectant les conducteurs: le
défendeur pourra opposer à la victime toute faute commise par elle.
Dommage affectant les fournitures ou fournitures délivrés sur prescription
médicale. Ce sont des dommages aux biens que la loi assimile aux
dommages atteignant la personne.
Lors d‟un prêt d‟un véhicule à un ami, celui-ci l‟accidente: la loi permet au
défendeur d‟opposer au propriétaire la faute du conducteur.
La victime dispose d‟un recours contre le conducteur à condition qu‟une
faute puisse être prouvée.
= donc possible de demander réparation aux deux.
3°) DOMMAGE DES VICTIMES PAR RICOCHET
Incidence de la faute de la victime directe sur le droit à réparation. En droit
commun, Jurisprudence déclare que cette faute est opposable aux victimes
par ricochet. Idem ici.
Art 6: les victimes par ricochet vont s‟adresser aux tiers pour obtenir
réparation, mais celui-ci pourra invoquer la faute de la victime pour réduire ou
supprimer la réparation.
L‟incidence de la faute va dépendre de la situation de la victime directe.
2ème difficulté: l‟incidence de la faute de la victime par ricochet sur son
propre droit à indemnisation (- fréquent). Hypothèse où la victime par ricochet
a contribué à provoquer l‟accident. Ex: elle se trouvait dans le véhicule et a
commis une faute qui est à l‟origine de l‟accident tel geste maladroit qui a fait
perdre au conducteur le contrôle de son véhicule; faute commise par un
parent mineur victime d‟accident de la circulation. 2 SOLUTIONS:
1) Jurisprudence a considéré que dans tous les cas la faute de la
victime par ricochet n‟entraînait pas l‟annulation du remboursement.
2) Revirement Chambre criminelle, 13 Mars 1995, puis Chambre
Civile en 99: toute faute de la victime par ricochet peut lui être opposée pour
entraîner soit une réduction soit une suppression de son droit à indemnisation.
II/ RECOURS EN CONTRIBUTION
A_ FONDEMENT DES RECOURS
La Jurisprudence a dû préciser le fondement des recours.
1) dans un 1er temps, les recours en contribution étaient fondés sur une
action personnelle en responsabilité entre co-auteurs d‟accident. Lorsqu‟un
des coauteurs indemnise la victime, il peut invoquer une action de droit
commun contre les autres.
2) Jurisprudence a considéré que le solvens avait une option entre une action
personnelle et une action subrogatoire en contribution (solution retenue le plus
souvent en droit commun: Civil 2ème, 6 Mars 1991).
3) Enfin, Civil 2ème, 14 Janvier 1998. Jurisprudence retient une solution
bancale un peu surprenante qui consiste à dire que le recours est
subrogatoire mais qu‟il ne peut s‟exercer que sur le fondement du droit
commun de la responsabilité civile = le solvens peut exercer pour son recours
les droits de la victime. Cette solution est bancale car la loi de 1985 est
exclusive du droit commun. Si le solvens est subrogé dans les droits de la
victime, il devrait pouvoir utiliser la loi de 1985, droit que la victime n‟a pas.
B_ REGIME DES RECOURS
Les règles que posent la Cour de Cassation sont semblables à celle du droit
commun de la responsabilité Le Principe général = pour répartir la dette
d‟indemnisation, Cour de Cassation prescrit de s‟attacher aux fautes
respectivement commises par les différents coauteurs de l‟accident. 4
situations différentes:
- celui qui a indemnisé la victime a commis une faute et cherche à
recourir contre un coauteur non fautif = recours exclu.
- Le solvens n‟a pas commis de faute et il cherche à recourir contre un
coauteur qui a commis une faute = recours complet.
- Tous les coauteurs ont commis une faute: on répartit selon les
coauteurs.
- personne n‟a commis de faute: partage en parts égales.
C_ IMMUNITE DES PROCHES
1°) PRINCIPE et APPLICATIONS
Exercer un recours en contribution contre les proches pourrait avoir une
incidence sur le droit à indemnisation de la victime elle-même, Cour de
Cassation a donc posé un principe d‟immunité des proches = le recours ne
peut s‟exercer contre eux. MOTIF Cour de Cassation : le recours risquerait
d‟affecter directement ou indirectement le droit à réparation intégrale de la
victime.
On ne veut pas qu‟après l‟indemnisation intégrale de la victime par le solvens
qu‟il y ait une reprise indirecte de cette indemnisation qui résulterait d‟un
recours contre les proches. Il y a une confusion des patrimoines qui s‟opère
entre la victime et ses proches, en particulier lorsqu‟il y a communauté de vie.
ADMISSION DE CETTE IMMUNITE QUAND:
1) les proches parents de la victime et plus particulièrement 2 catégories de
parent:
* le recours contre le conjoint de la victime risquerait d‟entraîner une
diminution de la réparation du patrimoine de la victime.
* Les parents d‟un mineur victime de dommage (par ex faute de
surveillance des parents).
> Ne concerne pas les concubins. La doctrine le critique car entre concubin, il
peut y avoir aussi une confusion patrimoniale. Cette jurisprudence favorable
aux proches de l‟accident ne concerne que les proches coauteurs de
l‟accident.
2) la succession de la victime directe: Hypothèse où la victime directe commet
une faute qui contribue à l‟accident.
Le tiers indemnise les victimes par ricochet et cherche à exercer un recours
contre cette victime directe, contre sa succession si cette victime décède dans
l‟accident. Exercer un recours contre les héritiers de la victime directe risquait
de priver les victimes par ricochet de leur réparation intégrale. Cela s‟explique
puisque les victimes par ricochet sont souvent des héritiers. Or, indemniser les
victimes par ricochet dans un premier temps puis faire droit au recours en
contribution envers les mêmes personnes reviendrait à récupérer
l‟indemnisation donnée précédemment.
Cette jurisprudence est justifiée que lorsque les héritiers sont des victimes par
ricochet.
Supposons que les victimes par ricochet soit un concubin, or le concubin n‟est
pas héritier de la victime directe, par conséquent, le recours contre les
héritiers n‟affecterait en rien l‟immunité du concubin.
La Cour de Cassation, tout en retenant la même solution de l‟immunité de la
solution, a modifié le fondement de cette solution. Pendant des années, elle a
considéré que le fondement de cette solution était le risque de récupération de
l‟indemnité versée à la victime directe.
L‟immunité de la succession vient désormais du fait que la victime par ricochet
n‟a aucun droit d‟action contre la victime directe. Or, puisque le recours est
subrogatoire, c‟est un recours qui va permettre au solvens d‟invoquer les
droits de la victime, mais si la victime par ricochet n‟a aucun recours contre la
victime directe, alors le solvens n‟a pas de recours non plus.
2°) LIMITES A L'IMMUNITE
La première limite est extrêmement importante: elle ruine presque
complètement le principe.
1) Existence d‟une assurance du proche coauteur. 98% du temps c‟est
le cas. S‟il est assuré, c‟est l‟assurance qui va indemniser le solvens. Puisque
c‟est l‟assurance qui payera, il n‟y a aucun risque que la victime soit privée de
son droit. Dès lors qu’il est assuré son immunité disparaît.
Lorsque la succession de la victime directe est assurée, avec le nouveau
fondement, cette immunité va bénéficier à l‟assureur. Cela va profiter à
l‟assureur de la victime directe et va profiter à l‟assureur de responsabilité.
2) lorsque la victime décède en cours d‟instance, il n‟y a plus de risque
de privation de son droit à indemnisation intégrale. En cas de décès,
l‟immunité disparaît et le solvens pourra exercer un recours en contribution
contre les proches. Il n‟y a plus de communauté de vie, il n‟y a plus de risque
de privation et par conséquent, le recours en contribution redevient possible.
LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE DU FAITS DES
CHOSES
- En matière contractuelle la jurisprudence n'avait pas jugée utile de poser un
principe de responsabilité du fait des choses comparable à celui qui résulte de
l'interprétation de l'article 1384-1 du code civil. Cela se comprend dans la
mesure où l'inexécution de la prestation promise est indifférente aux modalités
diverses du fait générateur. Ici seul importe le contenu de l'obligation violée. Si
elle est de moyens une faute humaine doit être prouvée, si elle est de résultat,
la responsabilité du débiteur se déduira de l'absence du résultat promis, peu
importe que le dommage fut causé par une chose, ou par le fait de l'homme.
- Cependant lorsque l'on tient le débiteur responsable de dommages causés à
son contractant, autres que ceux nés de l'inexécution d'obligations strictement
contractuelles, et spécialement des dommages accidentels résultant du
manquement a une obligation de sécurité. Ici il devient utile de s'intéresser au
fait générateur et de prendre en compte le cas échéant l'existence d'une
chose causée au dommage.
- Plutôt que de décider que l'obligation, en ce cas est de résultat comme
tendait à le faire la jurisprudence, il est en effet plus simple d'énoncer un
principe de responsabilité contractuelle du fait des choses, c'est ce qu'a fait la
cour de cassation dans un intérêt de sa première chambre civile en date du 17
janvier 1995.
- Selon cet arrêt l'obligation de sécurité à laquelle sont tenus les
établissements d'enseignement seraient normalement de moyens, sauf
lorsque le dommage résulte du fait d'une chose utilisé pour l'exécution du
contrat.
- On assiste donc à l'instauration d'une responsabilité du fait des choses sans
faute dans le domaine contractuel. Ceci représente une amélioration de la
situation des victimes et un rapprochement avec le régime de l'article 1384-1
du code civil.
LA RESPONSABILITE DES COMMETTANTS DU FAIT DE
LEURS PREPOSES
- Cette responsabilité est basée sur l'article 1384-5 du code civil.
- Il s'agit d'une responsabilité sans faute. La désignation du commettant
comme responsable se justifie par la volonté de faire assumer les risques du
dommage que peuvent causer les préposés par celui qui en raison de sa
situation (profite de leur activité, et se trouve en mesure de prévenir les
dommages).
- La responsabilité des commettants permet également à la victime de
bénéficier d'un répondant supplémentaire (en plus de l'auteur direct) offrant
ainsi une solvabilité supplémentaire à celle du préposé. De plus les
commettants sont plus aptes à s'assurer que leurs préposés.
A- LE FAIT DOMMAGEABLE DU PREPOSE
- Le fait dommageable du préposé explique le droit à réparation de la victime.
- C'est la faute prouvée du préposé qui engagera la responsabilité.
B - LA DESIGNATION DU RESPONSABLE (le " lien de
préposition ")
- Le commettant n'est responsable que s'il existe un lien de préposition, c'est à
dire s'il est possible de lui rattacher les dommages causés par son préposé.
- Le lien de préposition est un lien de subordination.
- Il s'agit d'une subordination au point de vue juridique (pas économique ou
sociale).
- Il s'agit du " pouvoir de donner des ordres ou instruction à une personne qui
accepte de s'y soumettre ".
- La jurisprudence retient le critère de " mise au service d'autrui ". C'est ainsi
que même un médecin qui pourtant dispose lors de son activité d'une large
liberté de manœuvres, c'est vu attribuer la qualité de préposé.
C - RATTACHEMENT DU FAIT DOMMAGEABLE AUX
FONCTIONS DES PREPOSES
- Le lien de préposition à lui seul ne peut engager la responsabilité du
commettant.
- Le code civil exige que le préposé ait agi dans les fonctions auxquelles il est
employé.
- La jurisprudence en déduit la condition d'un rattachement de l'acte
dommageable aux fonctions.
- ASS PLEN - 19 mai 1988 " le commettant ne s'exonère de sa responsabilité
que si son préposé a agi hors des fonctions auxquelles il était employé, sans
autorisation, et à des fins étrangères à ses attributions ". Trois points
ressortent de cet arrêt : a- Le commettant est donc responsable des
dommages causés par l'action qu'il avait autorisé, et inversement. b- Le
commettant n'est pas responsable si l'acte dommageable est étranger aux
attributions du préposé. Ici on s'intéresse à la finalité de l'acte, aux buts
poursuivis par le préposé qui doit être étranger aux fonctions de celui-ci pour
exonérer le commettant (exemple d'un préposé utilisant les outils de sa
fonction dans un but personnel). c- L'exonération intervient également en cas
d' " agissement hors fonctions ". Ici le préposé engage son commettant dès
lors qu'un lien objectif existe entre l'acte et les fonctions
- La cour de cassation prend en compte la croyance légitime de la victime
pour apprécier la relation de l'acte des préposés avec sa fonction. (Bonne foi
de la victime pour engager la responsabilité du commettant).
- Une fois condamné le commettant peut se retourner contre son préposé.
LA RESPONSABILITE DU FAIT D'AUTRUI
- Avant de rendre son arrêt du 29 mars 1991 l'assemblée plénière se voyait
ainsi saisie de la question de savoir si l'article 1384-1 du code civil contient un
principe de responsabilité du fait d'autrui indépendamment des cas visés par
la alinéas 4 et suivants de ce même article. A cette question et contrairement
à ce que la cour de cassation avait pu dire précédemment, l'assemblée
plénière n'a pas hésité à répondre par l'affirmative en précisant que, ayant
accepté la charge d'organiser et de contrôler à titre permanent le mode de vie
de l'handicapé, c'est à bon droit que la cour d'appel a décidé que l'association
devait répondre de celui-ci au titre de l'article 1384-1. - Désormais il est donc
admis qu'il puisse y avoir d'autres cas de responsabilité pour fait d'autrui que
ceux cités par l'article1384-1 du code civil.
1- LES CONDITIONS D'APPLICATION DE LA
RESPONSABILITE GENERALE DU FAIT D'AUTRUI
- La cour de cassation dans l'arrêt BLIECK se fonde sur l'idée de pouvoir
qu'exerce l'établissement. C'est l'existence de ce pouvoir qui justifie
l'obligation de réparation. La charge du risque est la contrepartie du pouvoir.
Ceci justifie l'existence de cette responsabilité générale du fait d'autrui.
- L'arrêt BLIECK développe deux principales conditions d'application de ce
principe : Tout d'abord il s'agit en ce que le responsable du fait d'autrui doit
avoir accepté une obligation. Le pouvoir sur autrui doit résulter d'après l'arrêt
d'une obligation acceptée par celui qui l'exerce. Ensuite le pouvoir qui est
exercé sur autrui " doit être celui d'organiser et de contrôler le mode de vie "
de celui-ci.
2 - L'INSTAURATION D'UNE RESPONSABILITE DE PLEIN
DROIT
- L'arrêt rendu par la chambre criminelle le 26 mars 1997 conclut à la
responsabilité d'un établissement d'éducation pour des motifs tout à fait
semblables à ceux de l'arrêt BLIEK. L'établissement détenant la garde des
mineurs avait pour mission de " contrôler et d'organiser à titre permanent leur
mode de vie " et était donc tenu au sens de l'article 1384-1 de réparer les
dommages causés par les mineurs.
- Par cet arrêt la cour de cassation a toutefois apportée une innovation
importante, il s'agit de l'instauration d'une responsabilité de plein droit. En effet
les juges du fond approuvés par les magistrats de la cour de cassation ont
conclu à la responsabilité de l'établissement et ce " sans qu'il soit besoin de
caractériser une faute commise par le gardien ".
3 - LES JUSTIFICATIONS DE L'INSTAURATION D'UNE
RESPONSABILITE DE PLEIN DROIT
- Trois raisons peuvent justifier l'instauration de cette responsabilité objective
A - Tout d'abord la responsabilité du fait d'autrui et la responsabilité du fait des
choses dépendent du même texte de loi. Dès lors il apparaît peu cohérent
d'attribuer des régimes différents à deux types de responsabilité. L'unité de
base légale doit conduire à une similitude de régime.
B -Ensuite l'idée de risque social justifie cette responsabilité objective. (Risque
lié aux méthodes de traitement en liberté de personnes dont l'état mental ou
l'inadaptation sociale - crim. 26 mars 1997- exposent les tiers a des dangers).
C - Enfin les juges de la cour de cassation ont sans doute voulu procéder à
une cohérence des différents régimes de responsabilité du fait d'autrui
contenue dans l'article 1384 du code civil.
MISE EN APPLICATION DE LA RESPONSABILITE CIVILE
Cette mise en application nécessite trois conditions :
1- La première condition requise par la loi est l'existence d'une faute. Il
appartiendra à la victime d'en apporter la preuve
2- 2- La seconde condition veut que la victime invoque un préjudice réparable.
3- C'est à dire qu'il doit revêtir trois formes :
4- a- violation d'un intérêt légitime. L'intérêt violée ne doit être ni illicite, ni
immorale.
b- Le préjudice invoqué doit être certain.
c- c- Le préjudice invoqué doit être personnel (propre à la victime).
3- Existence d'un lien de causalité entre la faute et le dommage.
LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE
La responsabilité délictuelle est de droit commun, la responsabilité
contractuelle est l'exception.
I - CONDITIOND DE MISE EN APPLICATION
- Un contrat valable doit exister entre le responsable et la victime. - Le
dommage doit non seulement être une conséquence de l'exécution, mais il
doit également représenter l'inexécution d'une obligation contractuelle.
II- LE DETOURNEMENT DES CRITERES DE DISTINCTION
ENTRE LES DEUX RESPONSABILITES
La jurisprudence y parvient :
- Soit en créant des OBLIGATIONS. En effet pour établir l'inexécution d'une
obligation contractuelle il suffit de créer pour les besoins de la cause une
obligation qui sera ipso facto transgressée par le comportement du débiteur et
engagera donc de façon artificielle sa responsabilité contractuelle. Cette
pratique est ancienne et se manifeste de deux façons : soit par la création
pure et simple d'un contrat (dans un arrêt du 20 mai 1936 la cour de cassation
a ainsi établie l'existence du contrat médical pour favoriser la victime). Plus
récemment Melle VINEY a relevée l'apparition d'un contrat d' " assistance
bénévole " découvert pour libérer l'assureur de responsabilité du paiement
d'une indemnité (civ 1ér 27 jan 93) soit par la création d'obligations
supplémentaires (le juge peut ainsi interpréter la volonté tacite des parties
pour y découvrir des OBLIGATIONS inexécutées. La plus ancienne de ces
OBLIGATIONS, est l'obligation de sécurité qui permet de réparer des
dommages corporels dans un domaine contractuel.
- Soit en donnant une définition variable du critère de l'inexécution. Le critère
de l'inexécution a en effet été expressément retenu dans l'arrêt VALVERDE,
mais loin de se contenter d'affirmer le principe, la cour de cassation en donne
une application temporelle. La responsabilité est contractuelle durant le temps
du transport. Sur les quais d'embarquement elle est délictuelle.
LA RESPONSABILITE DELICTUELLE DU FAIT DES CHOSES
- L'arrêt JAND'HEUR 1930, instaure une responsabilité objective. Trois
conditions sont nécessaires pour mettre en œuvre la responsabilité gén