© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
Primitives et intégrales
Les fonctions de ce chapitre sont des fonctions d’une variable réelle à valeurs réelles ou complexes.
1 Primitives
1.1 Définition
Définition 1.1 Primitive
Soit 𝑓 une fonction continue sur un intervalle I. On appelle primitive de 𝑓 sur I toute fonction dérivable sur I dont la
dérivée vaut 𝑓.
Exemple 1.1
π π
Une primitive de tan sur ]− , [ est 𝑡 ↦ − ln(cos 𝑡).
2 2
Remarque. Une primitive est toujours dérivable donc continue.
Proposition 1.1 Linéarité
Soient 𝑓 et 𝑔 deux fonctions continues sur un intervalle I et F et G deux primitives respectivement de 𝑓 et 𝑔 sur I. Soit
(λ, μ) ∈ ℝ2 . Alors λF + μG est une primitive de λ𝑓 + μ𝑔.
Exercice 1.1
Soit 𝑓 une fonction continue sur ℝ de primitive F sur ℝ. Soient 𝑎 ∈ ℝ et λ ∈ ℝ∗ . Déterminer à l’aide de F une primitive
de 𝑥 ↦ 𝑓(𝑥 + 𝑎) et de 𝑥 ↦ 𝑓(λ𝑥).
Proposition 1.2
Soit 𝑓 une fonction continue sur un intervalle I. Si F est une primitive de 𝑓 sur I, alors les primitives de 𝑓 sont les fonctions
de la forme F + C où C est une constante.
ℝ∗ ⟶ ℝ
Attention ! Il est important de considérer une fonction continue sur un intervalle. Les fonctions 𝑓1 ∶ {
𝑥 ⟼ ln |𝑥|
ℝ∗ ⟶ ℝ
et 𝑓2 ∶ { ln |𝑥| − 1 si 𝑥 < 0 admettent toutes deux pour dérivée la fonction inverse mais elles ne dif-
𝑥 ⟼ {
ln |𝑥| + 1 si 𝑥 > 0
fèrent pas d’une constante (𝑓2 − 𝑓1 = −1 sur ℝ∗− et 𝑓2 − 𝑓1 = 1 sur ℝ∗+ ). En effet, ℝ∗ n’est pas un intervalle mais la réunion
de deux intervalles (d’où les deux constantes différentes).
Exercice 1.2
Déterminer des primitives de 𝑥 ↦ 𝑒𝑥 cos(2𝑥) et 𝑥 ↦ 𝑒𝑥 sin(2𝑥) par passage en complexes.
On admet pour l’instant le théorème suivant.
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Théorème 1.1 Théorème fondamental de l’analyse
𝑥
Soient 𝑓 une fonction continue sur I et 𝑎 ∈ I. Alors F ∶ 𝑥 ↦ ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 est dérivable sur I et F ′ = 𝑓.
𝑎
Autrement dit, F est l’unique primitive de 𝑓 sur I s’annulant en 𝑎.
Attention ! Il ressort des deux résultats précédents qu’une fonction continue sur un intervalle admet toujours une infinité
de primitives sur cet intervalle. On prendra donc garde à ne jamais écrire des phrases du type «Soit F la primitive de 𝑓»
mais plutôt «Soit F une primitive de 𝑓».
Corollaire 1.1 Calcul d’intégrale
Soit 𝑓 une fonction continue sur I et F une primitive de 𝑓 sur I. Pour (𝑎, 𝑏) ∈ I2
𝑏
∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = F(𝑏) − F(𝑎)
𝑎
𝑡=𝑏
La quantité F(𝑏) − F(𝑎) se note souvent [F(𝑡)]𝑡=𝑎 .
𝑏
Remarque. On a en particulier ∫ C d𝑡 = C(𝑏 − 𝑎).
𝑎
Exercice 1.3 Banal
Etablir la dérivabilité puis calculer la dérivée de la fonction ψ définie par
𝑒𝑥
𝑥 ⟼ ∫ √1 + ln2 (𝑡)𝑑𝑡.
𝑒−𝑥
Exercice 1.4
𝑥
1
Soit 𝑓 une fonction continue sur ℝ. Déterminer lim ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡.
𝑥→0 𝑥
0
Exercice 1.5
Montrer que si 𝑓 est une fonction continue et T-périodique sur ℝ, alors pour tout 𝑎 ∈ ℝ
𝑎+T T
∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
𝑎 0
1.2 Primitives usuelles
La connaissance des dérivées des fonctions usuelles permet de déterminer des primitives des fonctions usuelles.
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Primitives usuelles
𝑥α+1
• Soit α ∈ ℝ ⧵ ℤ. Une primitive de 𝑥 ↦ 𝑥α sur ℝ∗+ est 𝑥 ↦ .
α+1
𝑥𝑛+1
• Soit 𝑛 ∈ ℕ. Une primitive de 𝑥 ↦ 𝑥𝑛 sur ℝ est 𝑥 ↦ .
𝑛+1
𝑥𝑛+1
• Soit 𝑛 ∈ ℤ− ⧵ {−1}. Une primitive de 𝑥 ↦ 𝑥𝑛 sur ℝ∗+ et sur ℝ∗− est 𝑥 ↦ .
𝑛+1
1 1
• Une primitive de 𝑥 ↦ sur ℝ∗+ sur ℝ∗+ est 𝑥 ↦ ln 𝑥 et une primitive de sur ℝ∗− est 𝑥 ↦ ln(−𝑥).
𝑥 𝑥
𝑒𝑎𝑥
• Soit 𝑎 ∈ ℂ∗ . Une primitive de 𝑥 ↦ 𝑒𝑎𝑥 sur ℝ est 𝑥 ↦ .
𝑎
• Une primitive de 𝑥 ↦ ln 𝑥 sur ℝ∗+ est 𝑥 ↦ 𝑥 ln 𝑥 − 𝑥.
• Une primitive de 𝑥 ↦ sin 𝑥 sur ℝ est 𝑥 ↦ − cos 𝑥.
• Une primitive de 𝑥 ↦ cos 𝑥 sur ℝ est 𝑥 ↦ sin 𝑥.
π π
• Soit 𝑘 ∈ ℤ. Une primitive de 𝑥 ↦ tan 𝑥 sur ]− + 𝑘π, + 𝑘π[ est 𝑥 ↦ − ln |cos 𝑥|.
2 2
1
• Une primitive de 𝑥 ↦ sur ] − 1, 1[ est 𝑥 ↦ arcsin 𝑥.
√1 − 𝑥2
1
• Une primitive de 𝑥 ↦ − sur ] − 1, 1[ est 𝑥 ↦ arccos 𝑥.
√1 − 𝑥2
1
• Une primitive de 𝑥 ↦ sur ] − 1, 1[ est 𝑥 ↦ arctan 𝑥.
1 + 𝑥2
• Une primitive de 𝑥 ↦ sh 𝑥 sur ℝ est 𝑥 ↦ ch 𝑥.
• Une primitive de 𝑥 ↦ ch 𝑥 sur ℝ est 𝑥 ↦ sh 𝑥.
• Une primitive de 𝑥 ↦ th 𝑥 sur ℝ est 𝑥 ↦ ln(ch 𝑥).
1
Remarque. Une primitive de 𝑥 ↦ − sur ] − 1, 1[ est également 𝑥 ↦ − arcsin 𝑥. En effet, les fonctions arccos et
√1 − 𝑥 2
π
− arcsin différent d’une constante, à savoir arccos = − arcsin.
2
1
Remarque. 𝑥 ↦ ln |𝑥| est une primitive de aussi bien sur ℝ∗+ que sur ℝ∗− .
𝑥
𝑢′
Dans le même ordre d’idée, si 𝑢 est une fonction de classe 𝒞 1 ne s’annulant pas sur un intervalle I, une primitive de sur I
𝑢
est 𝑥 ↦ ln |𝑢(𝑥)|.
Méthode Calcul d’une primitive de 𝑥 ↦ 𝑒𝑎𝑥 cos(𝑏𝑥) et de 𝑥 ↦ 𝑒𝑎𝑥 sin(𝑏𝑥)
Pour calculer une primitive de 𝑥 ↦ 𝑒𝑎𝑥 cos(𝑏𝑥) ou 𝑥 ↦ 𝑒𝑎𝑥 sin(𝑏𝑥), on utilise le fait que ces fonctions sont respectivement
la partie réelle et la partie imaginaire de 𝑥 ↦ 𝑒α𝑥 avec α = 𝑎 + 𝑖𝑏.
𝑒α𝑥 𝑒α𝑥
Une primitive de 𝑥 ↦ 𝑒α𝑥 est 𝑥 ↦ . La partie réelle et la partie imaginaire de 𝑥 ↦ sont donc respectivement des
α α
primitives de 𝑥 ↦ 𝑒 cos(𝑏𝑥) et de 𝑥 ↦ 𝑒 sin(𝑏𝑥).
𝑎𝑥 𝑎𝑥
1 1 𝑥
Remarque. Soit 𝑎 ∈ ℝ∗ . Une primitive de 𝑥 ↦ 2 est 𝑥 ↦ arctan .
𝑥 + 𝑎2 𝑎 𝑎
1 𝑥
Soit 𝑎 ∈ ℝ∗+ . Une primitive de 𝑥 ↦ est 𝑥 ↦ arcsin .
√𝑎2 − 𝑥2 𝑎
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1
Primitive de 𝑥 ↦
𝑎𝑥2 + 𝑏𝑥 + 𝑐
1
Soit (𝑎, 𝑏, 𝑐) ∈ ℝ3 avec 𝑎 ≠ 0. On cherche à déterminer une primitive de 𝑥 ↦ .
𝑎𝑥2 + 𝑏𝑥 + 𝑐
• Si le trinôme 𝑎X2 + 𝑏X + 𝑐 admet deux racines réelles distinctes 𝑟1 et 𝑟2 (avec 𝑟1 < 𝑟2 ), on déterminer deux réels C1
et C2 tels que
1 C1 C2
∀𝑥 ∈ ℝ ⧵ {𝑟1 , 𝑟2 }, 2
= +
𝑎𝑥 + 𝑏𝑥 + 𝑐 𝑥 − 𝑟1 𝑥 − 𝑟2
1
Une primitive de 𝑥 ↦ sur ] − ∞, 𝑟1 [, ]𝑟1 , 𝑟2 [, ]𝑟2 , +∞[ est alors
𝑎𝑥2 + 𝑏𝑥 + 𝑐
𝑥 ↦ C1 ln |𝑥 − 𝑟1 | + C2 ln |𝑥 − R2 |
La valeur absolue assure la validité de cette primitive sur chacun des trois intervalles cités.
• Si le trinôme 𝑎X2 + 𝑏X + 𝑐 admet une racine double 𝑟, alors
1 1
∀𝑥 ∈ ℝ ⧵ {𝑟}, =
𝑎𝑥2 + 𝑏𝑥 + 𝑐 𝑎(𝑥 − 𝑟)2
1
Une primitive de 𝑥 ↦ sur ] − ∞, 𝑟[ et ]𝑟, +∞[ est tout simplement
𝑎𝑥2 + 𝑏𝑥 + 𝑐
1
𝑥↦−
𝑎(𝑥 − 𝑟)
• Si le trinôme 𝑎X2 + 𝑏X + 𝑐 n’admet pas de racine réelle, on le met sous forme canonique
1 1
∀𝑥 ∈ ℝ, =
𝑎𝑥2 + 𝑏𝑥 + 𝑐 𝑎 [(𝑥 + α)2 + β2 ]
𝑏 𝑏2 − 4𝑎𝑐 1
On a en fait α = et β2 = − mais peu importe. Une primitive de 𝑥 ↦ est alors
2𝑎 4𝑎2 𝑎𝑥2 + 𝑏𝑥 + 𝑐
1 𝑥+α
𝑥↦ arctan
𝑎β β
Remarque. Il est INUTILE (et d’ailleurs impossible) de retenir ces résultats par coeur. Seuls les trois cas et les méthodes
associées sont à connaître.
Exercice 1.6
1 1 1
Déterminer des primitives de 𝑥 ↦ ,𝑥↦ 2 et 𝑥 ↦ 2 .
2𝑥2 + 5𝑥 − 3 4𝑥 + 4𝑥 + 1 𝑥 +𝑥+1
Méthode Vérification des primitives
Après avoir déterminé une primitive d’une fonction, on essaiera toujours de vérifier la validité de ses calculs en dérivant
la primitive pour voir si on retrouve bien la fonction initiale.
2 Intégrales
2.1 Propriétés de l’intégrale
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Proposition 2.1 Propriétés de l’intégrale
Soient 𝑓 et 𝑔 deux fonctions continues sur un intervalle I à valeurs réelles et (𝑎, 𝑏, 𝑐) ∈ I3 .
𝑏 𝑏 𝑏
Linéarité Soit (λ, μ) ∈ ℝ2 . Alors ∫ (λ𝑓(𝑡) + μ𝑔(𝑡)) d𝑡 = λ ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 + μ ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡.
𝑎 𝑎 𝑎
𝑏
Positivité de l’intégrale Si 𝑎 ≤ 𝑏 et si 𝑓 ≥ 0 sur [𝑎, 𝑏], alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 ≥ 0.
𝑎
𝑏 𝑏
Croissance de l’intégrale Si 𝑎 ≤ 𝑏 et si 𝑓 ≤ 𝑔 sur [𝑎, 𝑏], alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 ≤ ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡.
𝑎 𝑎
𝑏 𝑐 𝑏
Relation de Chasles ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) + ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
𝑎 𝑎 𝑐
Attention ! Il faut prendre garde à l’ordre des bornes dès qu’on écrit des inégalités avec des intégrales. On essaiera
toujours de se ramener au cas 𝑎 ≤ 𝑏.
𝑎
Remarque. On rappelle que ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = 0.
𝑎
𝑎 𝑏
On rappelle également que ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡, ce qui est par exemple une conséquence de la relation de Chasles.
𝑏 𝑎
𝑏
Remarque. La variable d’intégration est muette (comme l’indice de sommation dans une somme), c’est-à-dire que ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 =
𝑎
𝑏
∫ 𝑓(𝑢) d𝑢.
𝑎
Dans le même registre, une intégrale ne dépend pas de sa variable de sommation mais seulement de ses bornes (et évidemment
de la fonction intégrée).
Exercice 2.1
1
𝑡𝑛
On pose I𝑛 = ∫ d𝑡. Déterminer le sens de variation et la limite de (I𝑛 ).
0
1 + 𝑒𝑡
Exercice 2.2
𝑥
𝑒𝑡
Montrer que lim ∫ d𝑡 = +∞.
𝑥→+∞
0
𝑡+1
Proposition 2.2 Inégalité triangulaire
Soient 𝑓 une fonction continue sur I à valeurs réelles et (𝑎, 𝑏) ∈ I2 . Si 𝑎 ≤ 𝑏, alors
| 𝑏 | 𝑏
|∫ 𝑓(𝑡) d𝑡| ≤ ∫ |𝑓(𝑡)| d𝑡
| |
| 𝑎 | 𝑎
Remarque. Si on pense à l’intégrale comme à une somme infinitésimale, ceci n’est que l’analogue de l’inégalité triangulaire
pour les sommes.
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Exercice 2.3
1
(−1)𝑛 𝑡𝑛
On pose I𝑛 = ∫ d𝑡. Montrer que (I𝑛 ) converge vers 0.
0
1+𝑡
Exercice 2.4
1
𝑥2 sin ( )
Montrer que lim+ ∫ 𝑡
d𝑡 = 0.
𝑥→0 √𝑡
𝑥
Proposition 2.3
𝑏
Soit 𝑓 une fonction continue et de signe constant sur un intervalle [𝑎, 𝑏] (𝑎 < 𝑏) à valeurs réelles. Alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = 0
𝑎
si et seulement si 𝑓 est nulle sur [𝑎, 𝑏].
Remarque. On sait qu’une somme de termes positifs est nulle si et seulement si chacun des termes est nul. La proposition
précédente est l’analogue de ce résultat pour les intégrales.
Par contraposition, on a le résultat suivant.
Corollaire 2.1 Stricte positivité
𝑏
Soient 𝑓 une fonction continue, positive et non constamment nulle sur un intervalle [𝑎, 𝑏] (𝑎 < 𝑏). Alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 >
𝑎
0.
Exercice 2.5
π
Montrer que ∫ ln(1 + sin 𝑡) d𝑡 > 0.
0
2.2 Cas des fonctions à valeurs complexes
Définition 2.1 Intégrale d’une fonction à valeurs complexes
Soient 𝑓 une fonction continue sur un intervalle I à valeurs complexes et (𝑎, 𝑏) ∈ I2 . On pose
𝑏 𝑏 𝑏
∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ Re(𝑓(𝑡)) d𝑡 + 𝑖 ∫ Im(𝑓(𝑡)) d𝑡
𝑎 𝑎 𝑎
Remarque. On en déduit en particulier que
𝑏 𝑏 𝑏 𝑏
Re (∫ 𝑓(𝑡) d𝑡) = ∫ Re(𝑓(𝑡)) d𝑡 Im (∫ 𝑓(𝑡) d𝑡) = ∫ Im(𝑓(𝑡)) d𝑡
𝑎 𝑎 𝑎 𝑎
Puisque des inégalités entre complexes n’ont pas de sens, seules les propriétés suivantes de l’intégrale subsistent.
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Proposition 2.4 Propriétés de l’intégrale complexe
Soient 𝑓 et 𝑔 deux fonctions continues sur un intervalle I à valeurs complexes et (𝑎, 𝑏, 𝑐) ∈ I3 .
𝑏 𝑏 𝑏
Linéarité Soit (λ, μ) ∈ ℝ2 . Alors ∫ (λ𝑓(𝑡) + μ𝑔(𝑡)) d𝑡 = λ ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 + μ ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡.
𝑎 𝑎 𝑎
| | 𝑏 𝑏
Inégalité triangulaire Si 𝑎 ≤ 𝑏, alors ||∫ 𝑓(𝑡) d𝑡|| ≤ ∫ |𝑓(𝑡)| d𝑡.
| 𝑎 | 𝑎
𝑏 𝑐 𝑏
Relation de Chasles ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) + ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
𝑎 𝑎 𝑐
Attention ! La positivité et la croissance de l’intégrale n’ont plus aucun sens pour des fonctions à valeurs complexes.
Dans l’inégalité triangulaire, les valeurs absolues sont à remplacer par des modules.
3 Méthodes de calcul
Définition 3.1 Fonctions de classe 𝒞 1
Une fonction est dite de classe 𝒞 1 sur un intervalle si elle est dérivable sur cet intervalle et si sa dérivée y est continue.
Exemple 3.1
arcsin est de classe 𝒞 1 sur ] − 1, 1[.
Attention ! La condition de continuité n’est pas là pour décorer. On verra plus tard des exemples de fonctions dérivables
à dérivées non continues.
3.1 Intégration par parties
La propriété suivante n’est qu’une conséquence de la formule de dérivation d’un produit.
Proposition 3.1 Intégration par parties
Soient 𝑢 et 𝑣 deux fonctions de classe 𝒞 1 sur un intervalle I. Alors pour (𝑎, 𝑏) ∈ I2
𝑏 𝑏
𝑡=𝑏
∫ 𝑢(𝑡)𝑣′ (𝑡) d𝑡 = [𝑢(𝑡)𝑣(𝑡)]𝑡=𝑎 − ∫ 𝑢′ (𝑡)𝑣(𝑡) d𝑡
𝑎 𝑎
Exercice 3.1
π
Calculer ∫ 𝑡 cos 𝑡 d𝑡.
0
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Exercice 3.2
1. Calculer une primitive de ln sur ℝ∗+ .
2. Calculer une primitive de arctan sur ℝ.
3. Calculer une primitive de arcsin sur [−1, 1].
Exercice 3.3
Calculer des primitives de 𝑥 ↦ 𝑒𝑥 cos(2𝑥) et 𝑥 ↦ 𝑒𝑥 sin(2𝑥) par double intégration par parties.
Méthode ALPES
Lorsqu’on décide d’intégrer par parties un produit, se pose souvent la question de savoir quelle fonction dériver et quelle
fonction «primitiver». De manière générale, on dérive par ordre de priorité décroissante :
A les Arctangentes, les Arccosinus, les Arcsinus ;
L les Logarithmes ;
P les Polynômes ;
E les Exponentielles ;
S les Sinus, les coSinus, les tangentes.
3.2 Changement de variable
Proposition 3.2 Changement de variable
Soient I et J deux intervalles de ℝ. Soient φ une fonction de classe C1 sur un intervalle I à valeurs dans ℝ et 𝑓 une fonction
de classe 𝒞 1 sur φ(I). Soit (𝑎, 𝑏) ∈ I2 . Alors
φ(𝑏) 𝑏
∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(φ(𝑢))φ′ (𝑢) d𝑢
φ(𝑎) 𝑎
Méthode Changement de variable
On dit qu’on effectue le changement de variable 𝑡 = φ(𝑢). Comment alors se souvenir de la formule ?
• On remplace 𝑡 par φ(𝑢) dans la fonction à intégrer.
d𝑡
• = φ′ (𝑢) donc d𝑡 = φ′ (𝑢) d𝑢 et on remplace dans l’intégrale.
d𝑢
• 𝑡 doit varier entre φ(𝑎) et φ(𝑏) lorsque 𝑢 varie entre 𝑎 et 𝑏, ce qui nous donne les bornes de l’intégrale en 𝑢.
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Exemple 3.2
1
Soit à calculer l’intégrale I = ∫ √1 − 𝑡2 d𝑡. On effectue le changement de variable 𝑡 = sin 𝑢.
−1
• On a d𝑡 = cos 𝑢 d𝑢.
π π
• Lorsque 𝑢 varie entre − et , 𝑡 varie bien entre −1 et 1.
2 2
On en déduit
π π π π
2 2 2 1 2 π
I = ∫ √1 − sin2 𝑢 cos 𝑢 d𝑢 = ∫ | cos 𝑢| cos 𝑢 d𝑢 = ∫ cos2 𝑢 d𝑢 = ∫ (1 + cos 2𝑢) d𝑢 =
−
π
−
π
−
π 2 −
π 2
2 2 2 2
Exercice 3.4
Calculer par changement de variables une primitive de 𝑥 ↦ arctan(𝑒𝑥 )𝑒𝑥 sur ℝ.
Exercice 3.5
Soit 𝑓 une fonction continue et paire sur un intervalle I.
• Montrer que si 𝑓 est paire, alors pour tout 𝑎 ∈ I,
0 𝑎 𝑎 𝑎
∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 et ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = 2 ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
−𝑎 0 −𝑎 0
• Montrer que si 𝑓 est impaire,
0 𝑎 𝑎
∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 et ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = 0
−𝑎 0 −𝑎
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