École Normale Supérieure – Année 2012-2013
T.D. de Topologie, Analyse et Calcul différentiel
Feuille d’exercices no 10
1. Formes bilinéaires
1. Soit B : E × F → G une application bilinéaire continue où E, F, G sont des espaces vectoriels normés.
Montrer que B est de classe C 1 .
2. Soient f : Ω → E et g : Ω → F deux applications de classe C 1 définie sur un ouvert Ω de E. On définit
Π : Ω → G par
∀x ∈ Ω, Π(x) = B(f (x), g(x)).
Montrer que Π est Fréchet-différentiable et calculer sa différentielle.
2. Fréchet-Différentiabilité des normes
1. Soit (E, k·k) un espace vectoriel normé. Montrer que la norme n’est pas différentiable en 0 et que l’ensemble
de ses points de différentiabilité est un cône épointé.
2. Soit (H, k · k) un espace de Hilbert. En quels points de H la norme est elle différentiable ?
3. Décrire explicitement les points de différentiabilité de R2 muni des normes k · k1 , k · k2 et k · k∞ .
4. Soit E un espace vectoriel normé et Ω un ouvert. Soit d une distance sur Ω. Montrer que d(·, ·) n’est pas
différentiable sur Ω2 .
3. Dérivée directionnelle
Soit U un ouvert de Rn et f : U → R une application continue. Si x ∈ U et → −u ∈ Rn \ {0}, on dit que f est
→
− →
−
dérivable suivant u en x si h(t) = f (x + t u ) est dérivable en t = 0. Dans ce cas, on appelle h0 (0) la dérivée
directionnelle de f en x par rapport à →−u.
1. Se rappeler que si f est différentiable en x, elle admet des dérivées directionnelles en x dans toutes les
directions. Les calculer.
2. Pour quelles valeurs de p, q ∈ N, la fonction fpq : R2 → R définie par
xp y q
fpq (x, y) = si (x, y) 6= (0, 0), f (0, 0) = 0
x2 + y 2
est elle continue ? C 1 ?
3. Montrer que l’application f : R2 → R
f (x, y) = y 3 /x si x 6= 0, f (0, y) = 0
admet des dérivées en l’origine dans toutes les directions et qu’elle n’est pas bornée au voisinage de l’origine.
4. Une fonctionnelle non linéaire
Soit G ∈ C 1 (R, R).
1. Soit f la fonctionnelle de C([0, 1], R) dans R, définie par:
Z 1
u 7→ f (u) := G(u(t)) dt.
0
Montrer que f est Fréchet-différentiable et calculer sa différentielle.
2. Supposons que G vérifie les hypothèses suivantes. Il existe α, β > 0 tels que pour tout u ∈ R,
|G(u)| ≤ α + β|u|, |G0 (u)| ≤ β.
Soit g la fonctionnelle de L1 ([0, 1], R) dans R, définie par:
Z 1
u 7→ g(u) := G(u(t)) dt.
0
Montrer que g est Gatteaux-différentiable.
3. Montrer qu’en revanche, g n’est (en général) pas Fréchet-différentiable. On pourra considérer la suite de
fonctions:
vn (t) := 1t∈[ 21 , 12 + n1 ] .
4. Considérons à présent E = C 1 ([0, 1], R), muni de sa norme canonique. Vérifier que la fonctionnelle
Z 1
1
u 7→ ( |u0 |2 + G(u(t))) dt.
0 2
est Fréchet-différentiable. Supposons qu’un minimum soit atteint en u0 ∈ C 2 ([0, 1], R). Montrer que u0
vérifie:
−u000 + G0 (u0 ) = 0.
5. Fonctions homogènes et relations d’Euler
Soient E et F deux espaces de Banach réels. Une application f : E → F est homogène de degré k si, pour
tout x ∈ E et tout réel t, on a f (tx) = tk f (x).
1. On suppose en plus que f est différentiable en dehors de l’origine. Montrer que pour tout x 6= 0 et t ∈ R
on a
Df (x) · x = kf (x)
Df (tx) = tk−1 Df (x).
2. Montrer qu’une application f homogène de degré k et de classe C k vérifie :
1 k
∀h ∈ E, f (h) = D f (0) · (h, . . . , h).
k!
(C’est à dire que f est induite par une application k-multilinéaire.)
3. Cela reste-t-il vrai sans supposer f ∈ C k ?
6. Déterminant
Montrer que la fonction déterminant det : M (n, R) → R est de classe C 1 et calculer sa différentielle en
l’identité. En déduire que, pour tout M ∈ GL(n, R), on a Ddet(M ) · (H) = det(M )trace(M −1 H), puis
calculer la différentielle de det en tout point en fonction de la matrice Com(M ) des cofacteurs de M .
7. Exponentielle de matrice
Soit A ∈ M (n, K) (K = R ou C). On notera LA et RA les applications de produit à gauche et produit à
droite (dans M (n, R)), i.e. LA : X 7→ AX et RA : X 7→ XA. On notera LkA et RA
k
leurs k-ièmes composées.
∞
An
P
1. Montrer que l’exponentielle de matrice exp(A) = n! est différentiable en 0. Quelle est sa différentielle
n=0
?
2. Montrer que l’exponentielle de matrice est de classe C 1 , et que sa différentielle en A est donnée par
∞ n−1
X 1 X l n−1−l
D exp(A) · H = LA RA H.
n=1
n!
l=0
3. Montrer que la différentielle D exp satisfait la relation :
∞
X 1
e−LA ◦ D exp(A) · H = (−ad A)k H,
(k + 1)!
k=0
où ad A est l’application ad A(H) = AH − HA (on pourra exprimer (−ad A)k H en fonctionde LA et RA ).
4. Montrer que si A est diagonalisable (resp. nilpotente), alors ad A est diagonalisable (resp. nilpotent).
Préciser les valeurs propres dans le premier cas. En déduire lorsque le corps est C la décomposition de
Dunford de ad A en fonction de celle de A.
5. A quelle condition sur ad A l’application D exp(A) est-elle inversible ? A quelle condition sur A ?
8. Distance à un fermé.
Soit F un fermé non vide de Rn et soit U = Rn − F son ouvert complémentaire. On considère le carré de la
fonction distance à F (défini sur U ), c’est à dire l’application δ : U → R donnée par δ(x) = min kx − yk2 .
y∈F
On va étudier la différentiabilité de δ.
n . o
1. Soit x ∈ Rn et ε ≥ 0. On pose Fε := z ∈F kz − xk ≤ d(x, F ) + ε et on définit une application
ϕε : Rn → R par ϕε (y) := inf h2y; x − zi où h ; i est le produit scalaire usuel.
z∈Fε
Montrer que ϕε converge vers ϕ0 lorsque ε → 0+ uniformément sur la sphère unité S n−1 de Rn . Montrer
qu’il existe une constante cε > 0 tendant vers 0 telle que
ϕ0 (y) − c kyk ≤ ϕε (y) ≤ ϕ0 (y).
2. On introduit un fonction ϕ : U × Rn → R par la formule
n o
ϕ(x, y) = min h2y, x − zi pour z ∈ F tel que kx − zk = d(x, F ) .
Montrer que δ(x + y) = δ(x) + ϕ(x, y) + o(kyk) lorsque kyk → 0.
3. Montrer que δ est différentiable en x si et seulement si la distance d(x, F ) est atteinte en un unique point
de F .