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Cours de Latin 6 Complet-1

Le cours de latin pour les élèves de VIe L.-P. en RDC vise à élargir la connaissance de la civilisation latine, à comprendre la Rome antique et ses influences sur le monde moderne. Il se concentre sur l'étude des auteurs classiques, l'analyse des textes et la pratique de la traduction. La méthode inclut une approche thématique et historique, ainsi qu'une étude grammaticale pour maîtriser la langue latine.

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Cours de Latin 6 Complet-1

Le cours de latin pour les élèves de VIe L.-P. en RDC vise à élargir la connaissance de la civilisation latine, à comprendre la Rome antique et ses influences sur le monde moderne. Il se concentre sur l'étude des auteurs classiques, l'analyse des textes et la pratique de la traduction. La méthode inclut une approche thématique et historique, ainsi qu'une étude grammaticale pour maîtriser la langue latine.

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1

INTRODUCTION
1. OBJECTIFS-METHODE- PLAN DU COURS
*OBJECTIFS DU COURS
Le cours que le "Programme national" destine aux élèves de la VIe L.-P.
(En RDC) vise essentiellement :
1°L’élargissement de notre information culturelle en organisant et en
complétant notre connaissance de la civilisation latine. Par l’étude des auteurs
classiques latins, nous découvrirons l’évolution des idées, des institutions, les
mœurs, les changements de cadres de la société, les manifestations de l’art et de
la culture,…
2°L’intelligence ou la compréhension de la vie de la Rome antique.
Aussi découvrirons-nous comment une "civilisation latine originale" s’est créée à
partir d’éléments culturels fournis par la rencontre de Rome avec divers peuples de
l’antiquité.
3°La compréhension de certains aspects du monde actuel. En effet,
plusieurs civilisations contemporaines restent héritières de la civilisation gréco-
latine.
4°Le raffinement de notre jugementet l’éveil de notre sensibilité grâce à
une étudethématique des auteurset de leurs œuvres.
*METHODE
L’apprentissage de la langue latine en VIe L-P a pour but l’intelligence des
auteurs à travers les textes. C’est dire que l’exercice de base de notre cours restera
la VERSION. Pour cela, nous procéderons comme suit :
→Lecture expressive
→Analyse morphologique, syntaxique, stylistique, philosophique,
historique, littéraire.
→Construction
→Traduction juxtalinéaire
→Compréhension
*PLAN DU COURS
Pour besoin de conformité au "Programme national", notre plan
respectera rigoureusement les "Directives pour l’application du programme de
Latin en VIelitt." (Année Impaire).
2

[Link]
I.L’ELOQUENCE
CICERON, Pro Archia, 1-4a

Exorde
12-32 : Argumentation« extra causam »+péroraison
Arg :2xpr (12-30)
+ Peroraison(31-32)
II.L’HISTOIRE

a)CONCEPTION DE L’HISTOIRE

→TACITE, Annales, IV : Réflexions de TACITE sur ses Annales.


→TITE-LIVE, A.U.C, Praefatio : Utilité douteuse et difficultés d’écrire l’histoire de Rome.
→TACITE, Agricola I-II-III : Difficultés d’écrire une biographie
→SALLUSTE, De conjuratione CatilinaeI-II-III-IV: Prq écrire l’histoire ? But moral de l’histoire.
→SAINT AUGUSTIN, De civitate Dei, V, 21-22 : C’est Dieu qui dirige l’histoire.

b) UN EXEMPLE PRATIQUE D’ŒUVRE HISTORIQUE

→TACITE, Germania, XIII-XIX-XX-XXI : Mœurs des Germains

[Link] &CONCEPTIONS HUMAINES

a)LA FEMME

→TITE-LIVE, A.U.C, II, XIII,6-11→ "CLELIE"


→TITE-LIVE, A.U.C., XXXIV, II, 8I-14 →Discours de Caton contre une marche de femmes
Pour l’abrogation de laLex Oppia(215-195)

→TIBULLE, Elegiae, III, VIII, 1-24 → "La beauté de Sulpicie"


→TACITE, Ab excessu divi Augusti, IV, → "La femme intrigante"
→JUVENAL, Saturae, VI, 434-456 → "La femme savante"
→PLINE LE JEUNE, Epistulae, III, 16 →"L’héroïsme d’ARRIA"
→PLINE LE JEUNE, Epistulae, VII, 5 →"Le bon mari"
3

b) L’ESCLAVE
→PLAUTE, Aulularia (Marmite), [Link], Sc. 1, 587-602
"L’esclave modèle i.e. ce que doit faire un bon esclave"
→PLINE LE JEUNE, Epitulae, VIII, 1b →"Tendresse de FLINE par ses esclaves"
→SENEQUE, Ad Lucilium, 47 → "comment traiter les esclaves"
→MARTIAL, Epigrammata, I, 88 ;"Promesse d’honorer la mémoire d’ALCIMUS"
II, 66 ;"Indignation contre LALAGE"
V, 34 ; "Epitaphe pourune petite-fille…EROTION"

c)LA VIE QUOTIDIENNE

→SENEQUE, Ad Lucilium, 2
"Comment lire ?"

→PLEINE LE JEUNE, Epistulae, IV, 6


"Les courses de chars jugées par 1 homme d’étude"
(Jeux du cirque)
→HORACE, Sermones (satires) I, 9
"Le fâcheux"

[Link] ET LITTERATURE LATINE

1°ETUDE DES AUTEURS DU PROGRAMME

a)CICERON, TITE-LIVE, SALLUSTE, TACITE, SENEQUE :


-Le personnage, son temps et ses œuvres
-Commentaires littéraire, historique et philosophique
-Comparaison de ces auteurs sur le plan littéraire

b)PLAUTE, HORACE, TIBULLE, JUVENAL, PLINE LE JEUNE, SAINT


AUGUSTIN : Vie et œuvres
2°ETUDE APPROFONDIE DU IerSIECLEaCn ET DU Ier SIELLE pCn
 Evolution sociale : cadres de la société et Activités quotidiennes
 Evolution politique : Organes du gouvernement
 Justice et Finances
4

[Link] GRAMMATICALE
L’essentiel de ce qui doit être connu en matière de grammaire ou de syntaxe a
déjà été rencontré dans les classes précédentes (principalement en IIIème pour la
morphologie et enIVe H.L. pour la syntaxe).Toutefois, en cas de besoin, nous procéderons
à des révisions occasionnelles en fonction des textes étudiés. Il ne nous sera pas
moins profitable de revoir certains tableaux de synthèse, spécialement sur les
structures latines relatives aux formes nominales du verbe, à l’expression des
circonstances, à l’interrogation indirecte, au style direct et indirect, et aux
particules …
*POUR FAIRE UNE BONNE VERSION
La technique d’une bonne version recourt essentiellement à :
-Une grammaire latine
-Un dictionnaire
-Un précis de littérature, d’histoire et d’institutions latines
-La mémoire et l’intelligence du lecteur ou interprète
La méthode de la version latine procède par ces principales étapes
a)Prendre une connaissance générale du texte (§) en lisant. Une lecture
attentive suffit déjà pour relever les mots difficiles ou inconnus. Il faut
prêter une attention particulière aux particules de liaison qui marquent les
articulations du raisonnement (ex : sed, tamen, enim,…) La connaissance
de ces particules et de leurs différents sens et emplois s’impose.
b)Esquisser une analyse logique de chaque phrase : Nombre de
propositions, rapports qu’elles entretiennent elles. Du point de vue forme,
on retient 3 sortes de propositions subordonnées :
-Celles qui ne sont pas introduites par un mot subordonnant i.e. les
propositions infinitives et les participiales.
Celles qui sont introduites par 1 subordonnant i.e. les relatives, les
interrogatives, les conjonctives.
→Il est impératif de connaître les différents subordonnants avec leurs
différents sens et emplois, soit le mode qui les suit. D’où la nécessité de
deux questions suivants :
 Quel est le subordonnant ?
 Quel est le mode du verbe ?
5

c)Effectuer une analyse grammaticale avec comme phare ce principe "le


verbe est la cheville de la phrase". C’est le verbe qui unit les différents
mots. C’est lui qui en établit les rapports, soit par la manière dont il se
construit, soit par son sens, presque toujours par les deux ensembles. Il
ne faut pas négliger certains adjectifs à sens verbal et qui ont des
constructions particulières.
d)Réaliser une traduction juxtalinéaire sans se limiter à un mot à mot
barbare.
EX. :Dans l’exercice de la version, on n’est pas tenu à respecter
machinalement la forme des mots : un verbe peut se traduire par un
nom, un adjectif par 1 verbe, 1 nom par un adjectif…. C’est ce qu’on
appelle la méthode de substitution, l’essentiel est de respecter :
-le sens, bien entendu
-le mouvement du style
-l’ordre des propositions
6

Thème I : L’ELOQUENCE
« L’Eloquenceest une manifestation originale et féconde du génie romain »

NOTIONS PRELIMINAIRES

1°DEFINITIONS
→L’ELOQUENCE (›loqui : parler) est la faculté plus ou moins puissante que
possède chaque individu d’user de la parole pour persuader, convaincre.
A en croire CICERON, le don de la parole est celui qui marque le plus
ostensiblement la supériorité de l’homme sur la bête (De Invention 1,5)
"Mihi videntur homines hac re maxime bestiis praestare, quod loqui
possunt"
="Il est un point, me semble-t-il, où apparaît surtout la supériorité de l’homme sur la
bête : le don de la parole" cf. GR364, 2°.
→La RHETORIQUE, elle, est l’art et /ou la science de composer un discours
persuasif i.e. la technique de bien parlerou mieux "l’art de bien dire" selon
l’expression de QUINTILIEN.
Partant, l’ORATEUR ou le technicien de l’art de bien dire est le "Vir bonus dicendi"
(CATON l’Ancien) oule "Vir peritus dicendi" (QUINTILIEN) "L’homme bon,
loyal et juste, expert dans l’art de bien parler".

2° BREF HISTORIQUE
→ Des origines à l’époque cicéronienne.
A Rome, la pratique patente du discours systématique est sûrement
à remonter aux 1ers temps de la République. Ont consolidé cette pratique :
*Le tempérament procédurier des Romains
*Le caractère démocratique des institutions républicaines
qui rendait souvent nécessaire de séduire ou de convaincre
une assemblée.
Jusqu’au 2ème siècle aCn, les orateurs se contentaient simplement
de leur éloquence naturelle sans obéir à de grands principes ni rechercher
d’effets artistiques(Caton le Censeur, dont les anciens connaissaient et
admiraient plus de 150 discours appartient encore à cette période).
7

Mais, à partir du milieu du 2ème siècle, il s’observe un


affermissement manifeste de l’art oratoire. Voici quelques faits qui ont
suscité ce perfectionnement :
- La multiplication des procès civils (cf. tribunaux permanents
en 149) fit de la profession d’avocat un débouché lucratif et
un bon moyen d’acquérir de la notoriété politique.
- L’institution du vote secret força les candidats à l’effort de se
faire apprécier par tous les électeurs.
- Issus de l’élargissement par les conquêtes, de nombreux
problèmes politiques et sociaux ainsi que les rivalités entre
ambitieux obligèrent les uns et les autres à rechercher l’avis
favorable du peuple ou des juges dans des discours ou des
procès politiques retentissants.
- La conquête de l’Orient a mis les Romains en contact avec les
maîtres de l’art oratoire grec.
*Quatre orateurs eurent une renommée considérable au 2es
acn : les 2 frères GRACQUES, MARCUS ANTONIUS et
CRASSUS.
→ L’éloquence à l’époque de Cicéron.
A l’époque de Cicéron, 3 tendances (nommées d’après leurs
ascendances grecques) caractérisent l’éloquence romaine : l’école asiatique
(élégante et somptueuse cf. Hortensius), l’école néo-attique (nerveuse et
dépouillée cf. Caton d’Utique, Brutus) et l’école rhodienne (voie
intermédiaire entre les deux cf. Cicéron).

→ Rapide décadence.
Après Cicéron, la modification des conditions politiques entraîna une
décadence oratoire. Privés d’un genre littéraire qui avait accompagné leur
histoire, les Romains lui firent une place dans l’histoire.
8

3°DIVISION DE LA RHETORIQUE
La RHETORIQUE se subdivise en 3 grandes parties :
*L’INVENTION qui enseigne les procédés utilisés par la mémoire pour
retrouver les idées.
*La DISPOSITION qui enseigne les procédés utilisés par le jugement pour
placer les idées dans leur ordre.
*L’ELOCUTION qui étudie les procédés dont use l’imagination pour
donner une expression convenable des idées à l’auditoire.
Les trois parties principales se compètent par :
*La MIMIQUE ORATOIRE ou Eloquence du corps traitant de la gestique
ou de l’action corporelle oratoire.
*Les GENRES ORAOIRES i.e. les différentes manières d’exprimer ou de
présenter un discours selon les circonstances, les auditeurs et les
objectifs du discours : Ainsi on a les genres judiciaire, démonstratif,
délibératif, exhortatif, poétique, parénétique,….
Il apparaît ainsi que l’art oratoire n’est pas naturel ; il s’apprend.
"NASCUNTUR POETAE, FIUNT ORATORES"(Cicéron)
"On naît poète, mais on devient orateur". → "L’éloquence est fille de l’art, la
poésie est fille de la nature". [Pensée parodiée par Brillat – Savarin dans sa
Physiologie du goût : "on devient cuisinier, mais on naît rôtisseur »]

4°UN PLAIDOYER AROME

a)LES PARTIES ESSENTIELLES


-EXORDE : y compris la PROPOSITION et la DIVISION
Narration CONFIRMATION

-CORPS De Causa
REFUTATION
ARGUMENTATION
Extra causam

-PERORAISON

Docere DDM
b)METHODE ou BUT Delectare
Movere
9

*DOCERE = Prouver le bien fondé du point de vuedéfendu, demanière à


obtenir l’adhésion de l’esprit i.e. convaincre.
Ceci se fait surtout dans le corps Preuves oratoires LOGIQUE

*DELECTARE= plaire, charmer le jury et le publie. Ceci se fait dans l’ensemble du


discours, mais surtout dans l’EXORDE ou l’orateur doit :
-susciter la sympathie pour lui-même et son client
-inciter, par son talent, les auditeurs à l’écouter.
Mœurs oratoires ETHIQUE.
*MOVERE= EMOUVOIR les jurés, de manières à obtenir l’adhésion de la
sensibilité, de manière à persuader.
Ceci se fait surtout dans la péroraison. Pour ce, l’orateur fera agir les
passions oratoires ou moyens visant à toucher.
Si tel est le but de la plaidoirie et de l’art oratoire en général, la tâche
d’orateur requiert qu’on s’y prépare. Pour prouver- plaire, émouvoir, il faut, en effet
disposer d’une vaste et forte culture générale, procéder à l’étude des maîtres et
travailler à élaborer son style.

CICERON, Pro ARCHIA

1)CICERON, QUIS ?
→ Vie-œuvre-Epoque
→Marcus Tullius CICERO (106- 43 aCn) est né à ARPINUM, petite bourgade dans
le LATIUM au pays des VOLSQUES, dans une famille de chevaliers (i.e. de
gens riches) dont aucun n’avait jamais franchi la carrière des honneurs. Il fit
des études très poussées auprès de plus grands maîtres latins et grecs et se
destina à la carrière d’avocat.
→En 81 aCn, il n’hésite pas de s’en prendre à un familier de SYLLA alors dictateur.
Cela lui valut une célébrité immédiate, mais il préféra, par prudence, voyager
en Grèce et en Orient, ce qui lui permit de parfaire sa culture.
→En 76/75aCn, il est questeur en SICILE en LIBYBEE.
→En 70acn, il devient l’avocat le pus célèbre de ROME en faisant condamner
VERRES pour ses scandaleux méfaits lors de son proconsulat en SICILE.
→En 69 aCn il est EDILE
10

→En 66, PRETEUR


→Elu consul pour63, il était le 1er "Homme nouveau"à accéder à la plus haute
magistrature depuis plus de 30 ans.
Son consulat fut marqué par la conjuration de CATILINA, pour renverser la
République. Ce Catalina fut un candidat malheureux au consulat contre
CICERON. CICERON en vint à bout et obtint ainsi le titre de "Pater patriae"
cf. Les catilinaires.
→Cependant, son action politique contre CATILINA lui a valu d’être exilé en 58-57,
victime de la lutte des clans qui préfigurait la chute du régime.
Revenu à Rome, il pouvait espérer rétablir la situation tant que les 2 grands
ambitieux CESAR et POMPEE ne s’entendaient pas. Mais leur accord avec
CRASSUS ([Link] TRIUMVIRAT en 60acn) sonna le glas de ses espérances.
Cela l’amena à se retirer à regret de la vie politique.
→En 51-50, Proconsul en Cilicie.
→En 44, il attaque ANTOINE, "l’homme à abattre" (cf. Les Philippiques) avec
beaucoup de véhémence.

Il l’attaqua si violemment qu’OCTAVE réconcilié avec ATOINE (2ndtriumvirat,


paix de Brindes) ne sut pas s’opposer à ce que CICERON fût une première
victime des proscriptions qu’infligèrent les triumvirs en guise de prérogatives.
CICERON a donc connu :
 Une carrière politique bâtie sur ses talents d’orateur
 Une brillante carrière d’avocat et d’écrivain
 Une vie privée émaillée de déboires
Cf. Divorce d’avec TERENTIA, mort de sa fille TULLIA, sa
"TULLIOLA"
 Une vie publique éclatante, puis avortée et pleine de remords

Son CURSUS HONORUM :


-76/75 : Questeur
-69 : Edile
-66 : Préteur
-63 : Consul
11

2)SON ŒUVRE

Elle est subdivisée en 5 périodes :

a)La période de succès politique

-81 acn : PRO QUINITIO


-80 aCn : PRO ROSCIO AMERINO
Dans ces 2 premiers plaidoyers, CICERON soutenu par les
DEMOCRATES au début de sa carrière politique, attaque le régime de
SYLLA et l’ARISTOCRATIE
-70 aCn : Les VERRINES ; une affaire de concussion :
VERBES, Aristocrate corrompu, avait gouverné comme PROPRETEUR la
SICILE de 73 à 70.
Paresseux, dépravé, cruel, il spolia le siciliens. Ayant décidé de porter plainte
contre lui, les SICILIENS confieront leur cause au jeune avocat dont ils
avaient apprécie le caractère et le talent. Les Aristocrates chargèrent
HORTENSIUS de défendre leur ami.
-63 aCn : -Les CATILINAIRES : 4 discours In L. Catilinam dans lesquels CICERON
dénonce la conjuration de CATILINA (cf. Latin Ve)
- PRO MURENA : Prononcé entre la 2ème et la 3ème catilinaires à l’occasion
d’une affaire banale de corruption électorale = De ambitu
- 62 aCn : PRO ARCHIA POETA : Cicéron prouve que ARCHIAS, né en Syrie
(Grèce), est citoyen romain en vertu de la Lex Plautia Papiria de 89aCn. Mais
surtout, c’est une défense des Belles-Lettres et de la Littérature.
- 57aCn : - De Domo Discours personnels
- De Reditu
12

b) La période de déclin politique

- 55aCn : DE ORATORE. CICERON expose sa propre conception de l’éloquence


et ses trois buts : Prouver, Plaire, Emouvoir (D.D.M.)
- 54-51aCn : DE REPUBLICA. Sur la démocratie idéale, basée sur un
gouvernement à la fois démocratique, oligarchique et monarchique.
- 52aCn : .) DE LEGIBUS = Philosophie du Droit
.) PRO MILONE. Plaidant pour MILON après le meurtre de
CLODIUS, CICERON intervient en faveur d’un ami contre un
ennemi personnel et dans une certaine mesure, il parle pour lui-
même.
En effet, CLODIUS, alors tribun de la plèbe, avait présenté un
projet de Loi condamnant à l’exil quiconque aurait fait périr un
citoyen romain sans jugement. Cette loi visait entre autres
CICERON qui, devançant le vote, s’exila en avril 58.
N.B. : MILON=ARISTOCRATE ; CLODIUS=DEMOCRATE.

c) La période loin de la politique.

- 46aCn : .) PRO MARCELLO. CICERON demandele pardon de CESAR pour


les pompéiens.
.) PRO LIGARIO

d) La période éloignée de la politique.

- 46aCn : .) BRUTUS= Une conversation entre CICERON et ses deux amis les
plus chers : ATTICUS et BRUTUS. Une véritable histoire de
l’éloquence à Rome + les trois buts de la Rhétorique : Instruire,
Plaire, Toucher ainsi que les trois parties essentielles de la science
de l’éloquence, à savoir : 1° Invention 2° Disposition 3°
Elocution 4° Mémoire 5° Action.
.) ORATOR sur la physionomie de l’orateur idéal.
- 45aCn : .) DE FINIBUS BONORUM ET MALORUM.
.) TUSCULANAE DISPUTATIONES = sur le secret du bonheur.
13

- 44aCn : .) DE SENECTUTE ou CATO MAJOR. Un dialogue sur la


vieillesse.
.) DE NATURA DEORUM
.) DE OFFICIIS = sur les devoirs
.) DE AMICITIA = Sur l’amitié.

d) La période de nouvelle activité politique.

- Septembre 44-Avril 43 : Ses PHILIPPIQUES = Discours politiques contre


ANTOINE. Ces discours sont ainsi appelés par
analogie avec le Philippiques de DEMOSTHENE.

CLASSIFICATION DES ŒUVRES DE CICERON SELON LES GENRES

d) Discours politiques.

- Les VERRINES
- ProLege Manilia / De Imperio Pompei
- Les Catilinaires
- De Lege Agraria
- Les Philippiques

b) Plaidoyers ou discours judiciaires.


- Pro Quinctio
- Pro roscio Amerino
- Pro Caecina
- Pro Plancio (affaire de corruption électorale)
- Pro Murena
- Pro FonteioAffaires de concussion
- ProFlacco
- Pro sestioAffaires de crimes de Droit commun
- Pro Caelio
- Pro Milone
14

c) Discours personnels.

- De Domo
- De Reditu

d) Traités de rhétorique.
- De Inventione
- De Oratore
- Brutus
- Orator

e) Traités politiques.

- De Republica
- De Legibus

f) Traités de Philosophie.

- De Finibus Bonorum et Malorum


- Tusculanae Disputationes (45)
- De Natura Deorum

g) Traités de morale pratique. i) Lettres.

- De Officiis ≈ 931 Lettres

- De Amicitia (44) - Ad Familiares

- De Senectute - Ad Atticum
- Ad Quinctum

h) Poèmes.
- De Consulatu (61)
- De Suis Temporibus (56)
-
15

3) PRESENTATION DU PRO ARCHIA

a) De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une affaire de NATURALISATION. Selon le Pro Archia de Cicéron,


AULUS ARCHIAS est un poète et improvisateur grec né à ANTIOCHE, ville d’Asie
Mineure. Il fut reçu dans la haute société romaine, notamment dans la famille des
LUCULLUS (général remarquable au cours de la seconde guerre contre
MITHRIDATE 74-68aCn). Cette famille l’adopta donc et lui fit obtenir le droit de cité
à HERACLEE, ville romaine au Sud de l’Italie, selon la Lex Plautia Papiria. Devenu
citoyen romain, Archias porta le nom gentilice des Lucullus, LICINIUS.
En effet, la "Lex Plautia Papiria"(89acn) accordait le droit de cité à 3
conditions :
 Avoir un domicile en Italie
 Avoir obtenu le droit de cité dans une « civitas »
 Avoir fait sa déclaration devant le préteur, endéans les 60 jours
suivant la promulgation de la loi en question.
Mais plus tard, la Lex Papia (65aCn) ordonne d’expulser de Rome ceux qui
jouissent illégalement du droit de cité romain, les « sans-papiers ».
C’est ainsi qu’en 62acn, un certain GRATTIUS, ennemi des LUCULLUS,
accuse le poète d’avoir usurpé le droit de cité romain. Archias devait donc être
expulsé de Rome.
Dans ce discours, Cicéron défend la citoyenneté romaine -ici la
naturalisation- de ce poète grec. Il en profite pour faire un magnifique éloge des
Belles-Lettres, et ce, devant la « Quaestio perpetua » présidée par son frère, le
Préteur QUINTUS, qui devait partir en Asie l’année suivante, en 61.
16

b) Pourquoi Cicéron défend-il Archias ?

Pour 4 raisons :
- Il désire de la part de son client un poème célébrant son consulat : « Do ut
des »
- Il voudrait s’attirer la bienveillance des LUCULLUS (influents et comptant
beaucoup d’amis) qu’il avait blessés en 66 par son Pro Lege Manilia.
- Plaidoyer "Pro domo" : en butte à la malveillance et à la jalousie non
seulement du parti populaire, mais aussi des Nobles, jaloux du crédit d’un
homo novus, Cicéron profite du procès d’Archias pour affirmer que son
prestige, basé sur la culture générale ne le cède en rien à la noblesse héritée
des aïeux.
- En même temps, Cicéron prépare le rôle qu’il attend jouer auprès de
Pompée, le général victorieux.

c) Plan du Pro Archia.

-EXORDE suivi de la PROPOSITION et la DIVISION : §1-4a


Narration :4b-7 CONFIRMATION § 8-10

-CORPS De Causa
REFUTATION : §11
ARGUMENTATION :
Extra causam 12 -30
8-30

-PERORAISON : §31-32
17

PROARCHIA §§1-4Aa : EXORDE

§1/ « POURQUOI CICERON DEFEND ARCHIAS » ?


Le motif qu’il allègue ici forme comme la clef de voûte de son discours : ARCHIAS est son maître,
son guide ; il lui est redevable de son talent d’orateur. « Méconnaître le maître, c’est atteindre l’élève. »

§1, 1° : Je suis redevable à mon maître Archias.

a) Verbes : est sentio-sit-infitior-esse-confiteor-albhoruisse-repetere-debet


b) Délimitation :
- Si ……….est
- Quod………….. sit
- Infitior
- Esse
c) Analyse logique et grammaticale
- Si quid= si aliquidAPHERESE><apocope
Suppression d’une syllabe ou d’un son à l’initiale
d’un mot.
Pronom indéf, forme syncopée de aliquid
Cf. M. De Give 113,2 : Après si, ne et nisi, « aliquis » devient « quis »
Aliquid = Nomin. Sing. Neutre de qui, quae, quid= sujet de est
Ingenii = génitif partitif (M de GIVE 217 cf. magna pars militum)
Complément déterminatif de quid
- Si quid est in me ingenii =HYPERBATE (figure de style qui consiste à intervertir
l’ordre naturel des mots ou à disjoindre 2termes habituellement réunis.
Ingenii : Subst. Gén. Sg neutre de Ingenium, ii = talent
Les dons naturels de l’orateur par opposition à la pratique de
l’éloquence (=exercitatio dicendi) et à la connaissance théorique de cet art
(hujusce rei ratio)
Ce sont là, en outre, les 3 qualités requises pour parvenir à la gloire de
l’éloquence ;
 Ingenium = Talent, don naturel
 Exercitatio dicendi=Pratique de l’éloquence
 Rei ratio= connaissance théorique
18

- Quod….sit = R interrogative
= Subj. De l’interro. Indirecte (cf. quam = adverbe
Interrogatif) cf. M. De Give 371, I-IV-V
- Mediocriter = modérément, assez, passablement
- Exercitatio dicendi=habileté due au service de la parole
Gérondif gé[Link] C. déterminatif de "exercitatio" →génitif
explicatif
- Versatus= exercé, habile (opposé à rudis= inexpérimenté)
- Optimae artes= les belles-lettres à savoir :
GRAMMAIRE-POESIE-PHILO-RETHORIQUE
- Disciplina = action de s’instruire, enseignement
- Studium, ii= le zèle, le goût
- Studiis ac disciplina=HENDIADYS
- Huiusce reiratio : science théorique, théorie oratoire,
Connaissance raisonnée de l’éloquence
-ce = Particule enclitique renforçatrice
- Vel in primis= locution adverbiale = surtout, même parmi les 1ers
Vel renforce in primis qui a valeur d’un superlatif
- Abhoruisse =inf. parfait deabhoreo,-es,-ere,-ui,-= avoir en horreur, s’écarter
de
- A. Licinius = Aulus Licinius  CICERON donne ces noms à Archias pour
marquer dès le début sa qualité de citoyen romain.
L’habileté de orateur donne dès le début à son client son non romain, nom
qu’il avait pris des LUCULLUS, ses patrons, à la protection desquels il devait
la qualité de citoyen romain. Les LULULLUS étaient des LICINIUS.
Cfr Les tria nomina =DE GIVE 354
- Hic=Que voici, ici, présent = mon client ; l’orateur le montre du doigt
- Tempus aetatis= époque de la vie
- Repetere suo iure= Revendiquer de plein droit
- A qua= Ablatif d’éloignement de séparation GR273 : « secemere a corpore
animmum »
19

Iudices O juges
Si quid ingénii est in me Cd Si quelque chose de talent est en moi,
quod sentio quam sit exiguum, R,O lequel je sens combien il est limité

(chez moi),
 Aut si qua exercitatio dicendi (est Cd ou si quelque pratique de
in me), in qua non infitiorme esse l’éloquence (est en moi), danslaquelle je
versatum mediocreter R,O ne nie pas moi être versé
 Aut si aliqua ratio huirisce rei modérément (assez, 1 peu)
Profecta ab studiis a disciplina Cd ou si quelque connaissance de cet art
artium optimarum (est in me) a issue de l’applicationthéorique des
R belles lettres (est en moi) de
qua ego confiteor nullum tempus
meae aetatis abdromisse laquelle moi j’avoue qu’aucun momentde
O ma viene s’est écarté,
hic A. Licinius vel in primis
debet repetere a me fructum Ce(mon client)AulusLicinius surtoutdoit
P revendiquer de moi le fruit de tous
omnium earum rerum propre suo
jure. ces talents, presque de son droit.

COMMENTAIRE

Voici la pensée de CILERON :


« Si je suis un orateur passable, …. ». Cette pensée il la développe selon les
habitudes de l’amplification oratoire en énumérant les 3 qualités requises pour
parvenir à la gloire de l’éloquence : ingenium, exercitatio dicendi, rei ratio
CICERON ne cache pas –et il ne saurait le faire- que l’habitude de la parole a
toujours fait l’objet de son application.
20

EXPLOITATION STYLISTIQUE
- « Si quid est in me ingenii » HYPERBATE = sorte d’inversion plus hardie, plus
opposée à l’usage habituel
- « Aut …..aut …. » ANAPHORE espèce de répétition qui reprend le même mot en
début de divers membres d’une phrase
- « ab studiis ac disciplina » HENDIADYS
-« non infitior mediocriter » LITOTE=Usage d’une expression qui affaiblit la
pensée.
- « confiteor non infitior» PARONOMASE=emploi, l’un à côté de l’autre, des mots
dont le son est à peu près semblable, mais dont le sens est différent.
21

§1, 2° : Archias mon inspirateur et mon précepteur.

- Nam= conjonction de coordination explicative

- Quoad longissime= aussi loin que


(GR 396)= [Link]. temp.= tant que, aussi longtemps que, jusqu’à ce
que, jusqu’au moment où.

 Longissime … respicere METHAPHORE


C’est la vue rétrospective de l’esprit
- Respicere spatium

respicio, -is, -ere, spexi,-spectum= regarder en arrière CHIASME

Memoriam Recordari
PLEONASME

- Memoriam recordari :PLEONASME ; Expression pléonastique


- Inde repetens = revenant d’ici en arrière (résumé de la proposition )
quoad…ultimam
- Usque inde
Est joint à usque par analogie comme souvent à ab (à partir de,
depuis)
- Hunc= mot à mettre en relief = celui-ci, mon client
- Ultimus,-a,-um= le plus reculé : Il s’agit des premiers souvent de son
enfance (=le + loin possible du temps présent)
- Principem= attribut du C.O.D hunc, ici=guide, maître, princeps
- Ad suscipiendam “Ad” +adjectif verbal
- Ad ingrediendam =mouvement vers un but cf. De GIVE 421, 3e
- Et … et = non seulement, mais encore
- Suscipere rationem horum=Prendre la résolution de s’appliquer à l’étude des lettres
- Ingredirationem= entrer dans cette étude, se mettre à l’œuvre
A la 1ère correspond « hortatu »
A la 2e correspond « praeceptis » (cf 3e)
22

Nam, quoad En effet, aussi


longissime mea T loin que mon
mens potest esprit peut
respicere spatium regarder
temporis praeteriti l’espace
et recordari P du temps passé
ultimam et se rappeler le
memoriam plus reculé

pueritiae, repetens souvenir de

usque inde, monenfance,

video hunc en faisant un

exstitisse retour jusque-

principem mihi là,

et ad Je vois que mon

suscipiendam client a été

et ad pour moile

ingrediendam guide (maître)

rationem et pour prendre

horum studiorum la résolution


et pour
poursuivre
l’application
de ces études

COMMENTAIRE
En réalité, CICERON a-t-il vraiment contracté, cette dette à l’égard
d’HRCHIAS ? A-t-il reçu de lui l’enseignement qu’il prétend avoir reçu ?
R) C’est très douteux
En effet, il n’en parle pas ailleurs ; il n’en fait aucune mention notamment
dans le Brutus où pourtant il se raconte assez de détails. Il ya tout lieu de
supposer qu’il a employé là un moyen oratoire favorable à son dessein.

EXPLOITATION STYLISTIQUE

- « respicere spatium +CHIASME


23

Memoriam recordari +PLEONASME « emploi simultané de plusieurs mots


ayant le même sens
- « Et ad suscipiendam et ad ingrediendam» : POLYSYNDETE + PARALLELISME +
ASSONANCE (=Répétition à la fin de 2 vers, de la même voyelle accentuée)
- « Mens mea protest respicere spatium »= METAPHORE :Elle transporte 1 mot de
objet qu’il designe habituellement à 1ô objet ayant quelque analogie avec le
premier.
Longissime ………..respicere : il s’ agit de la vue rétrospective de l’esprit

§1, 3° : Moi qui en ai défendu d’autres, je dois défendre mon maître.

- Quod si=
Devant si, quod ne se traduit pas GR 364,4 = Quod explétif
- Haec vox= ma voix, la voix que je fais entendre
Il faut remarquer le rapprochement de haec et de Huius l’orateur
s’identifie, comme souvent, avec son client.
- Nonnullis…. salutiDOUBLE DATIF, de GIVE 268

Plusieurs verbes se construisent avec deux objectifs : l’un est en


objectif d’avantage (nonnullis = pronom indéfini = quelques uns)
et l’autre, généralement 1 nom abstrait, marque l’effet ou le but
(saluti)

- Aliquando=autrefois déjà, quelquefois


- Ceteris=tous les autres par opposition qualitative à huic ipsiqui est ARCHIAS
- Opitulor, aris, ari (dép.)= secourir, aider, assister, porter secours.
- Alios désigne une partie des accusés que CICERON a sauvés par sa défense
- A quo= à construire : debemus … profecto huic ipsi a quo accipimus…
- Quo possemus = Rcsidée de conséquence dans le relatif quo=ceci qui est de
telle nature que par là nous pûmes … (cfr en Français le conditionnel de
politesse).
- Id = pronom démonstratif de rappel, neutre, acc. COD de accepimus
- Quo= Abl. de moyen
24

- Quantum est situm in nobis=quantum est in nostra potestate =


autant qu’il est en notre pouvoir.
Dans les formules commençant par quantum, quoad, on emploie
toujours l’indicatif.

- Cetris opitulare
alios servare + Parallélisme
+ Construction croisée ou chiasme
ferre salutem et spem

- SYMETRIE : correspondance régulière (e) différents membres de période


- Nonnullis = LITOTE

Quod si haec vox conformata Si ma voix façonnée par


hortatu et pareceptis l’encouragement et les leçons
huius fuit liquando Cd de celui-ci (ARCHIAS), a été quelquefois

saluti nounullis, à salut pour quelques uns,


quantum est situm in nobis, autant qu’il est situé en nous,
debemus profecto ferre P nous devons assurément apporter
et salutem et spem et le salut et le secours
huic ipsi, a quo à mon client-même par qui
accepimus id a quo R nous avons reçu ceci par lequel
possemus R nous pourrions
servare alios sauver les uns
et opitulari ceteris et porter secours aux autres

Dans ce §, CICERON montre qu’il doit défendre son client parce qu’il lui
doit son talent. Mais la question se pose : comment CICERON, orateur, a-t-il pu être
formé par ARCHIAS qui est poète ?

P.A §2 : TOUS LES ARTS LIBERAUX SONT PARENTS

- Ne …….miretur=B- Définisse : GR403 et 347, III, 2


Négation à la place de « Ut……..non », introduit une finale subordonnée de but
25

- Miretur :subj. Près de mirari = miror = aris, - atus sum, -ari= s’étonner
En effet cet enthousiasmed’unorateur pour un poète pouvait paraître étonnant
- Ita= PLEONASME fréquent avec le pronom démonstratif.
- Quis=Pronom Indir au lieu de « aliquis » parce que après « Ne »
APHERESE.
- Dici = inf prés passif de dicere dans une prop. Infinitive
- Quod…… sit= C ; cf GR402 et 432
Conjonction de subordinationcausale (=en disant que, parce que, en
remarquant que)
- Alia quaedam facultas ingenii= groupe sujet de « sit »
La vertu des dons maturels est autre (que la mienne).
- neque= et non pas
- Haec dicendi ratio= l’éloquence, la connaissance de la parolecf « on naît poète on devient orateur »
- Ne nos quidem= moi non plus
- Huic uni studio=à cette seule étude, à l’éloquence,
CICERON pense qu’une culture générale est nécessaire à l’orateur.
- Humanitas >< feritas ou immanitas
=culture= Ensemble des qualités morales (de l’esprit) et intellectuelles
qui distinguent l’homme cultivé et civilisé.
- Humanitatem=accusatif de direction
- Dediti = part. prft de dedo,-is, -ere,- didi,-ditum = s’adonner à
- Quasicognatione=par une sorte de parenté
>Cognatio, - nis= la parenté
En quelque sorte (atténue une image trop hardie)
- Quoddam>quidam, quaedam, quoddam= ici, véritable
Renforcement alors que d’habitude, il s’agirait d’une atténuation
- Contineri = tenir entre eux, être uni
- Quadam coguatione = Abl de moyen.
Ac, ne quis miretur B- Et, pour que quelqu’un ne s’étonne par
forte hoc dici a nobis O hasard que ceci soit dit par nous ainsi,
ita, quod parce que (prétextant que) une autre
alia quaedam facultas ingenii quelconque faculté de talent est en
sit in hoc neque C celui-ci (= mon client) et non pas cette
haec ratio authaec facultas dicendi, science ou cette faculté
26

aut disciplina ne nos quidem de la parole ou cet art (de la parole) et


umquam pas même nous jamais
fuimus dediti pentus P nous ne nous sommes adonnés tt à fait à
huic uni studio. cette unique étude.
Et enim omnes artes quae pertinent Et en effet (=car) tous les arts qui
ad humanitatem, habent quoddam RP touchent à la culture de l’esprit ont un
vinculum commune, certain lien qui leur est commun, et se
P
et continentur inter se quasi tiennent entre eux presque (=comme)
quadam cognatione par une certaine parenté.

Archias un poète, a pu être le maître de CICERON,1 orateur : « Tous les arts


libéraux sont parents ».

COMMENTAIRE

1° SENS :

CICERON veut défendre celui qu’il considère comme l’un de ses maîtres (§1),
Archias le poète d’origine grecque. Voici un orateur qui tient à défendre un poète
grec malgré l’opposition généralisée des Romains contre l’hellénisme. La raison en
est que tous les arts sont liés et concourent tous à la culture générale.
C’est l’INTERDISCIPLINARITE DES SCIENCES.
Comment d’ailleurs ne pas défendre cette poésie qui, à ROME, est la source la plus
sûre de la culture générale ?

2e GRAMMAIRE :

LA PROPOSITION INFINITIVE

 STYLISTIQUE

- « Ac ne quis miretur » = PROLEPSE (ANTICIPATION) : Exprime une idée plus tôt


qu’on ne l’attendait, soit pour la faire jaillir, soit pour réfuter un adversaire.
- Ita = Pléonasme
27

P.A. §3 : UN DISCOURS D’UN GENRE NOUVEAU

-Ne ……..videatur : B P -ut detis : O A


-………….esse : O R -quemadmodum ….spero : CP P
-cum ….agatur : CC O -ut….. patiamini : O O
-……..uti : O T -loqui : O D
-Quod…….abhoreat : CS A Quae…….est tractata : R O
Quaeso : P S -uti : O S
E : E
1° B-: Ne………videatur
-Ne ……..videatur=B-
Subj. Prés. de videri= sembler
- Vestrum= Génitif Partitif
- Quaestiolegitima=Chambre d’enquête constituée selon la loi Ici il s’agit de la
Lex PAPIA. Cette quaestio était présidée par un
PRETEUR. Ici c’est QUINTUS CICERO.
Legitimus, -a,-um=de qua lex est=qui doit ê jugé d’après une loi
positive, instituée par une loi spéciale.
Se dit d’une question de droit >< affaires d’intérêts
=enquête, procès, tribunal, affaire, poursuite judiciaire.
28

- Judicium publicum=Affaire d’Etat (><Judicia privata), affaire d’intérêt


général, procès criminel
⇒Sous la République, l’on distingue la justice civile (JUDICIA PRIVATA) de la
Justice criminelle (JUDICIA PUBLICA). A partir du 3e siècle, cette dernière est
léguée par les comices aux Tribunaux permanents (Quaestiones perpetuae)
traitant des affaires de concussion, d’assassinat, de faux. Le cas d’ARCHIAS est
donc traité devant une « quaestio perpetua ».
-lectissimus, -a,-um=ici=épithète vague et usée, 1 peu comme « très honorable,
très distingué ». CICERON use de réserve et de tact parce qu’il s’agit
de son frère.
2° O : esse
3eCc : « cum…..agatur »:
Subj : Prés. Passif de agere après uncum adversatif
- Lectissimus, -a,-um=cf supra
- Severissimus,-a, -um=Austère, intègre, incorruptible
- Tanto conventu : Abl. Abs. Sans participe exprimé
Idem plus loin pour hoc concursu
Hac verstra humanitate
- Conventu ac frequentia : 1 concours aussi considérable d’auditeurs
=HENDIADYS
4° 0 :« uti »
5° Rcs : « quod…..albroreat »
- Forensis,-is,-e=de la place publique, du forum [Link]’hui du barreau
Forensis sermo=l’éloquence judiciaire, le genre judiciaire
- a consuetudine, a fornsi sermone=Abl. de séparation
6° P : “quaeso”
- quaeso : Formearchaïque de Quaero,-is, -ere, Quasivi, Quaesitum= Je demande
7° 0 : « ut…..detis »=
- Venia,-ae, f= la grâce, la faveur
- Dare veniam=permettre
- Hanc veniam=développé par ut me patiamini
- Reus,-i=l’accusé ⇒huic reo=datif de hic reus
- Accomodatus,-a,um(+datif)=approprié
N.B : L’accusatif avec ad est plus fréquent
- Molestus,-a,-um=gênant, embarrassant, déplaisant
29

8° Cp : « Quemadmmodum ……spero »
- Quemadmodum=ut=Comme
9°La prop. « ut…..patiamini » : 0 de l’expressiondare veniam
- Patiamini=subj. Prés. Dans une complétive sur modèle de finale.
- Dicentem>dicens=Parlant, plaidant
- Pro poeta…….et homine= Ablatif de but
- Exercere judicium=Présider aux débats d’une affaire
- Hac vestra humanitate=Coram vobis tam humanis
Ablatif absolu
- Hoc praetore……..>QUINTUS CICERO avait une réputation de lettré
10°O :Loqui
- Liberius=adv. de manière, comparatif de libere =librement
De studiis humanitatis ac litteraum(Ablatif de propos)Studia

humanitatisac litterarum=les études qui conduisent à la formation


intellectuelle et aux belles lettres
- In eius modi personna=à propos d’un personnage de cette valeur, alors qu’il
s’agit d’une homme de tel caractère
Persona= personne juridique, citoyen jouissant de tous ses droits civils
= Personnage qu’on incarne au théâtre auquel CICERON compare
le tribunal.
11°R : « quae…… tractata est » :

- Otium ac studium=Otium studii= une vie tranquille, toute consacrée à l’étude.


HENDIADYS = accusatifs de cause
- Minime=adv de négation= Pour le moins
- Personam aliquam tractare=jouer un rôle, représenter un personnage
- Judiciis periculisque=periculis judiciorum=
Judicia ac pericula= dangers de procèsHENDIADYS
- Periculum, -i, n= danger, d’où affaire judicaire
12° O : « uti »
- Prope quodam novo: presq’entièrement nouveau
Sed ne videtur B- Mais pour qu’il ne semble
esse mirum cui vertrum, O ê étonnant à quelqu’un de vous
in quaestione legitima (que) dans cette chambre d’enquête
30

constituée selon la loi


et in iudicio publico et dans ce procès d’intérêt général
cum res agatur Cc alors que l’affaire est traitée
apud praetorem populiromani, devant le préteur du peuple romain,
virum lectissimum homme (très) distingue (lettré)
et apud judices severissimos et auprès devant des juges très intègres

tanto conventu ac étant donné la réunion et


frequentia hominum, l’affluence d’hommes,
me uti O (que) j’use
hoc genere dicendi de ce genre d’éloquence
quod abhorreat R qui s’écarte
non modo a consuetudine non seulement de l’habitude
judiciaorum des procès ordinaires
verum etiam a sermone mais aussi du style oratoire
forensi du forum,

quaeso a vobis P je demande à vous


ut detis mihi in hac O que vous donniez à moi dans ce
causa hanc veniam procès, cette faveur,
accomordatam huic rei, appropriée à cet accusé,
quemadmodum spero Cp comme je l’espère
non molestam vobis non gênante pour vous
-ut patiamini O - que vous supportiez
me dicentem que moi plaidant
pro summo poeta pour un très grand poète
atque homine eruditissimo, et pour un homme très instruit,
hoc concursu hominum étant donné ce concours d’hommes
litteratissimorum, très cultivés
hac vestra humanitate, étant donné votre niveau intellectuel
denique hoc praetore enfin, étant donné ce préteur
exercente judicium présidant aux débats
(ut patiamini me) (que vous supportiez que moi)
loqui paulo liberius O je parle un peu plus librement
de studiis humanitatis des études de culture générale
ac litterarum et des belles-lettres
31

et uti quodam genere dicendi O et que j’use d’uncertain genre de dire


prope novo et inusitato, presque nouveau et sans précédent
in persona eius modi en faveur d’une personne de ce genre
quae minime qui pour le moins (=nullement)
est tractata R n’a été traduite
in judiciis et periculis dans les jugements dangereux
propter otium ac studium à cause de sa tranquillité laborieuse.

COMPREHENSION
Dans ce §, CICERON demande la permission de prononcer un plaidoyer d’un genre
nouveau. En effet, ce plaidoyer sort des habitudes des tribunaux. Et pour cause :
- Il parle devant 1 auditoire très cultivé
- Son client possède une culture qui le place à 1 rang supérieur
Ce §s’appelle CAPTATIO BENEVOLENTAIAE : par ce §, l’orateur dispose son
public à bien l’écouter.
COMMENTAIRE
Ce § donne l’exemple typique d’une période oratoire
 Une période est, en rhétorique, une phase composée de plusieurs
propositions harmonieusement enchaînées
Dans cette période : on distingue 2 grandes parties :
* La protase=partie d’une phrase qui constitue comme une avance par
rapport à la seconde
*L’apodose= proposition principale placée après une proposition
subordonnée
Exemple : Si tu le veux (Protase), il partira (apodose)
 Dans cette période cicéronienne (§3) apparaît le rythme l’équilibre entre la
PROTASE (5propositions) et l’APODOSE (6 prop)
- La période est longue et émaillée de nombreuses figures de style
- La clarté de construction et l’unité de sens apparaissent clairement
- La période (§3) résume une situation :
 La protase prévient l’aspect surprenant du plaidoyer
 L’apodose donne les raisons de cette composition inhabituelle
En résumé, CICERON use de l’argument
« Qualis vir, talis oratio » (SENEQUE).
« Tel personnage, telle plaidoirie »
32

 EXPLOITATION STYLISTIQUE
+ Propter otium ac strudium= HENDIADYS
+ Judiciis et périculis = HENDIADYS
+ Accomodatam huic reo
CHIASME
Vobis non molestam
+ aConsuetudinejudicidum
CHIASME
a forensi sernnone

+hac vestra humanitate= METONYMIE (l’abstrait pour le concret)

§4a) PROPOSITION ET DIVISION : LES 2 POINTS DU PLAN


- Quodsisentiam
Subj. Prés. 1ère Pers Sg de sentio,-is, -ire, sensi, sensum= Percevoir par
un sens, avoir un sentiment
Si+subj. présent= POTENTIEL
=Et id= relatif de liaison GR 364, 4°
- Tribui et concedi=Inf. Prés. Passifs dans des Pro. Inf. introduites par un verbe
de sentiment « sentiam »
- Tribui>tribuere=accorder (quand on y a droit)
- Concedi>concedere=accorder (quand on offre gracieusement)
- Perficiam=Indic. futur simple de perficio-, is, -ere, feci, fecum ⇒Perficere ut=faire
(en sorte) que
- Ut…….putetis =O de perficiam
Subj. Prés. 2e Pers. de Puto,-as,-are= Penser
- Non segregendum, adsciscendum=Adj. Verbaux, attribut du sujet « hunc »
Avec nuance d’obligation
- Segregare=écarter du troupeau
- Adscisco,-is, -ere,-ivi,-itum=ajouter
- Adsciscere aliquem civem=conférer à quelq’1 le droit de cité
- Cum……sit
Cum causal
- A numero=Ablati De séparation (cf. GR 273)
- Si non esset : CD 1 irréel dans le présent fuissse=inf. parfait de esse
33

Si+Subj. ImprftIRREALITE/PRESENT

Et si sentiam id Cd Et si je sens que cela


tribui et concedi mihi O, O est accordé et concédé à moi
a vobis, par vous,
perficiam profecto P je ferai assurément (en sorte)
ut putetis que vous pensiez que
O
hunc A. Licinium mon client A. Licinius
non modo non esse O non seulement n’est pas
segregandum à séparer
a numéro civium, du nombre des citoyens
cum sit civis, parce qu’il est citoyen,
C
verum etiam (putetis) mais aussi (que vous pensiez)
hunc [Link] que mon client A. Licinius
fuisse adsciscendum O devait y être ajouté
si non esset Cd s’il ne l’était pas.

 1o ARCHIAS est bel et bien citoyen romain


 2o S’il ne l’était pas, il mérite de l’être i.e. même s’il ne l’était pas, on devrait lui
en conférer le titre
COMMENTAIRE
⇒Sens
- ARCHIAS est un citoyen romain selon la loi
- même s’il ne l’était pas, c’est une âme talentueuse à qui le jury ne
refuserait nullement la citoyenneté.
Voilà la thèse que CICERON va défendre.
⇒Stylistique :
-tribui et concedi =PLEONASME emploi simultané de plusieurs mots ayant le
même sens.
Redondance oratoire
- perficiam profecto= ALLITERATION
- Segregandum, adsciscendumg=ASSONANCE
Gram: GERONDIF+ADJ. VERBAL: GR 144 & 417.
34

EXORDE (P.A.1-4a): RECAPITULATION

L’exorde du ProArchia comprend deux parties essentielles :

a) §1-2 : INTERET DU SUJET

Quel intérêt Cicéron a-t-il à défendre la cause d’Archias ?


Le motif que CICERON allègue forme comme la clé de voûte de son
discours : Archias a été son maître, son guide, il lui est redevable de son talent
d’orateur. « Méconnaître le maître, c’est atteindre l’élève »

b) § 3 : CAPTATIO BENEVOLENTIAE

CICERON présente ses excuses et se justifie du fait qu’il va prononcer un


plaidoyer qui sort des habitudes des tribunaux. Pour motivation de ce nouveau
genre, CICERON allègue : -la haute culture du jury
- la haute culture et la probité du client.
A ces deux parties essentielles s’ajoute une 3e :

b) § 4a : PROPOSITION ET DIVISION

CICERON propose sa thèse (hypothèse) qui trace en même temps le plan


de son argumentation : 1° Archias est citoyen romain
2° s’il ne l’était pas, il devrait le devenir.
35

ARGUMENTATION EXTRA CAUSAM


« Si ARCHIAS n’était pas citoyen,
Il mériterait de le devenir »
Sur un plan beaucoup plus général, CICERON entreprend un éloge des
lettres et de la culture, propre à confirmer les mérites d’ARCHIAS.
Trois points peuvent être dégagés de cette « argumentation extra
causam » :
 Eloge de la poésie et des belles-lettres en général (§12-17)
 Eloge d’Archias ou application à Archias (§18-26a)
 Justification de la passion pour la gloire (§26b-30)

§12. ELOGE DES BELLES LETTRES

- Quares= indic. Futur, 2e personne lg de quaero, is, ere, sivi, situm=Tu demanderas
- Cur delctemur=subj. Près. Passif de delectare dans 1e interrogation indirecte
- Tanto opere : Adv. de manière = tant, si fort
- Gratti=vocatif [Link] de Grattius cf. M. De GIVE N°36
- Hoc homine=Ablatif d’agent
- Quia……..suppeditat=C
Suppeditare=praebere= fournir
- Ubi……. reficiatur
Subj. Consécutif
a rôle d’un relatif=où un refuge où l’on puisse
- Convincium,-i,n= tapage, criaillerie. Convincio=Ablatif de cause
- Ubi ... reficiatur: R
36

- (ubi)…… conquiescant: R. Conquiescere = se reposer


- Strepitus,-us,m= tumulte, vacarme, bruit. Strepitu=ablatif d’origine
- Suppetere=se présenter, être à la disposition de
- Quod cotidie dicamus= de quoi parler chaque jour
Cette relative est le sujet de posse
- Rerum> res= causes, sujets
- Nisi……..excolamus
Excolere animos doctrina=enrichir l’esprit par l’étude, par les lettres (=la culture
générale)

- Nisi……..relaxemus = POTENTIEL
Relaxare=détendre, relâcher,
Doctrina, eadem doctina=Ablatif de moyen
- Contentio,-nis=Effort, application, tension
- Ceteros…….pudeat=Que les autres aient honte
Subjt. Concessif, 3esg de pudet-=impersonnel
=avoir honte Verbe de sentiment GR 247.
M.DEGIVE247 :
5 verbes impersonnels de se sentiment veulent à
l’accusatif la personne qui éprouve le sentiment et au
génitif l’objet qui l’inspire :
1° me paenitet=je me repens
2° me piget=je suis ennuyé
3° me pudet = j’ai honte
4° me taedet = je suis dégoûté
5° me miseret = j’ai pitié
N.B : Les verbes n’ont que la 3e pers du sg et l’infinitif

- Si qui, ……abdiderunt= tous ceux qui trouveraient bon de, s’il y en a qui …..
Ajoute une idée de doute. Hypothétique
Litteris abdere= se refugier dans les études littéraires, dans la littérature
Abl. c. circ de lieu
Se abdere=se cacher, s’enfermer dans
- Ut…….possint : Cs qui a pour compléments adferre et proferre
- communis fructus=intérêt général
37

Adferre
Proferre>proferre in aspectum=produire au grand jour
- Neque= ni même
- Ut……..abstraxerit
Abstrahere=distraire
" Avocarit
Avocare=détourner, éloigner GRADAT°
" Retardarit
Retardare=éloigner
Subjonctifs parfaits, formes syncopées
- Tempore=Ablatif d’éloignement>tempus,-oris,n=danger
- Commodo= ,, ,, >commodum=avantage, intérêt

CONSTRUCTION +TRADUCTION

Quaeres a nobis, GRATTI, P Tu demanderas à moi, GRATTIUS,


cur defectemur tanto opere O pourquoi je suis charmé si fort
hac homine par cet homme
Quia suppeditat nobis ubi C Parce qu’il fournit à moi un refuge où
et animus reficiatur R et mon esprit puisse se refaire
ex hoc strepitu forensi de ce vacarme du forum
et aures deffessae convincio et les oreilles fatiguées par le tapage
conquiesecant puissent se reposer
An tu existimas Est-ce que par hasard toi tu penses que
 aut (id) quod dicamus cotidie  ou bien ce que nous disons chaque jour
in tanta varietate rerum dans une si grande variété de procès
posse suppetere nobis peut s présenter à nous
nisi excolamus eastios animos si nous n’enrichissions notre esprit
doctrima par l’étude
 aut (existimas) animos  ou bien (tu penses que) nos esprits
posse ferre tantam contentionem peuvent supporter unesi grandetension
nisi reclaxemus si nous ne les détentions
eadem doctiona ? par cette même (doctrine) étude ?
Vero ego fater Vraiment moi j’avoue que
38

me esse deditum je me suis entièrement livré


his stusiis à ces études.
Ceteros pudeat, iudices Que les autres aient honte, ô juges
si qui (=omnes qui) se abdiderunt s’il y en a qui se sont enfermés
litteris ita dans les lettres de sorte
ut possint P qu’ils ne puissent
 neque adfere nihil O ni apporter rien
ex his ad fructum de ces belles-lettres à l’intérêt général
communemneque proferre in ni même produire à la vue
aspectum et à la lumière
et lucem Mais, pourquoi aurais-je honte
Autem quid me pudeat (me) O juges,
judices (moi) qui vis ainsi depuis tant d’années
qui vivo ita tot annos de sorte que
ut °ou bien jamais mon repos
°aut unquam neum otium ne m’adistrait de la situationcritique(danger)
abstranerit me a tempore ou de l’intérêt d’aucun,
aut commodo nullius, °ou (ni) le plaisir ne m’a détourné
°aunt voluptas avocarit °ou (ni) enfin
°aut denique le sommeil ne m’a retardé ?
somnus retardarit?

COMPREHENSION
L’orateur suppose que l’accusateur, surpris du dévouement qu’il
manifeste pour son client, lui demande pourquoi ARCHIAS lui plait tant.
Il répond à cette interrogation fictive que ARCHIAS offre à sonesprit un
aliment et 1 délassement. L’étude des belles-lettres fortifie en lui l’éloquence,
toujours au service de ses semblables.
Les belles-lettres instruisent en reposant.
Ce passage est l’occasion pour CICERON de mettre en lumière ses
qualités de romain authentique :
 Son mépris pour la foule bruyante
[Link] hoc forensi strepitu aures convincio defessae….
Tertulien : »bien ne fait pas de bruit…. »
39

 Son dédain pour les distractions populaires et sans intérêt


Cf § 13:ad res abeundas suas
Ad dies festos…..alveolo
 Son austérité
Cf “tot annos ita vivo…….ut ………” gradation

COMMENTAIRE ET EXPLOITATION STYLISTIQUE


-Otium -voluptas -sommus =GRADATION
- Abstrahere avocare retardere = ,,
- Adferre -proferre ASSONANCE
- Quaeres a nobis, GRATTI PROLEPSE ANTICIPATION
§13. UTILITE DES BELLES-LETTRES
- Quare= conjonction de coordination : c’est pourquoi, pour cette raison, aussi,
donc
- Quis=pronom interrogatif = qui ?
- Reprehendat : subj. Potentiel
Reprehendere=s’irriter, se fâcher contre, blâmer
- Suscenseat=subjonctif potentiel
Suscenseo,-es, -ere, -ui, -,+ datif=s’irriter contre, se fâcher contre
- Suas res abeundas>suas res obire = vaquer à ses affaires
Obeo, is, ire, ii, itum=accomplir, exécuter, remplir, s’acquitter de
- Quantum temporum …tantum temporum : tt ce temps … tt ce temps
Génitifpartitif
[Link].=autant de, tant de
(Avec ou sans tantum) = la même quantité que
- Conviviis> convivium, -i, n= le festin
- Tempestivis > tempestivus,-a, -um= prématuré intempestif, prolongé
⇒Convivum tempestivum=le festin prolongé
Le repas principal ne pouvait empiéter sur les activités de la journée .
۩. LES REPAS CHEZ LES ROMAINS
Aux origines, la nourriture est très frugale, composée de légumes et de
bouillie de céréales. On boit peu de vin. Il y a trois repas.
Sous la République, avant les conquêtes, le luxe de table est surveillé
par les censeurs ; on varie davantage l’alimentation. Après les conquêtes, les
Romains font les repas suivants :
40

 Jentaculum= petit déjeuner de pain et de fromage au réveil


 Prandium = un repas léger pris rapidement vers midi
 Cena = le véritable repas, au milieu de l’après-midi et qui s’achève à
la nuit tombée
 Parfois une commissatio=petite collation dans la nuit.
→Sous l’empire, le prandium est remplacé par une coupe d’eau et la
cena se prolonge davantage avec force vins.
- Alveus = creux ; alveolus=table de jeu à rebord, échiquier, jeu de hasard, jeu de
dés, petit damier
- Pila,-ae =jeu de balle, jeu de paume
- Ad celebrandos festos dies ludorum=pour célébrer les jours de fête des jeux
Sous la République, une soixantaine de jours était
réservée aux jeux, en commémoration de certains
grandsévénements. Lire GRA, p. 77-78
- Ad haec studia recolenda
Adj. Verbal>recolere=étudier uneseconde fois, pratiquer à
nouveau.
- Sumpsero =futur antérieur de sumo,-is,- ere, sumpsi, sumptum= prendre pour
soi, consacrer
- Egomet ⇒ -met = suffixe de renforcement
- Est concedum mihi= je dois concéder [Link] 265

[Link] GIVE Avec l’Adj : verb. en-ndus, le nom de l’être animé qui doit faire
l’action se met d’ordinaire au datif
265 :
- Adeo magis quod= d’autant plus que
- Crescit>cresco, -is, -ere, crevi, cretum=croître
- Oratio et facultas=oratoria facultas=talent oratoire →HENDIADYS
- Quantacumque…………est= de quelque grandeur que ce soit……
=Si petit que, si faible que
Quantuscumque, quantacumque, quantumcumque=ici, Quantuluscumque
- Quae ………videtur = et ea videtur
Pseudo-relatif
- Quae…….sunt=illa quae summa sunt=ces hautes qualités
Pronom démonstratif COD de hauriam
Il s’agit des qualités de l’orateur, avantages de la culture littéraire
41

- Hauriam = Subjonctif présent dans une interrogation indirecte


- Fonte=Ablatif d’origine de fons, fontis=source
- Brevior=comparatif de levis
Quare quis tandem Pour cette raison, qui enfin
reprehendat me P me blâmerait-il
aut quis suscenseat mihi P ou qui s’irriterait-il contre moi
iure de droit
si egomet sumpsero mihi CD si moi-même j’aurai pris pour moi
ad recolenda haec studia afin de pratiquer à nouveau ces études
tantum (temporum) autant de tps (=tout ce temps)
quantum conceditur ceteris Cp qu’il est accordé aux autres
ad abeundas suas res pour vaquer à leurs affaires
quantum (conceditur ceteris) autant qu’il est accordé aux autres
ad celebrondos dies festos pour célébrer les jours des fêtes
ludorum des jeux
quantum ad alias voluptates autant pour les autres plaisirs
et ad requiem ipsamanimi et pour le repos même de l’esprit
et corporis, et du corps
quantum alii tribuunt tout ce temps que les ôs accordent

conviviis tempestivis, aux repas prolongés


quantum denique tout ce temps enfin qu’ils
alvelo, consacrent au jeu du hasard,
quantum pilae ? tout ce temps au jeu de balle ?
Atque Et,
hoc est concedum mihi ceci est à concéder à moi
adeo magis quod d’autant plus que
haec oratio et facultas crescit quoque ex his ce talent oratoire croît aussi à
studiis partir de ces études
quae, lequel talent,
quantacumque est in me, à quelque degré qu’il soit en moi,
numquam défuit jamais n’a manqué
periculis amicorum aux périls des amis,
et si ea videtur levior et si ce talent parait assez petit
cui à quelqu’un,
42

sentio quidem certe je (=sais) du moins certainement


ex quo fonte hauriam à partir de quelle source je puise
illa, quae sunt ces qualités, lesquelles sont
summa excellentes
CICERON trouve qu’on ne doit rien lui reprocher ni en rien se fâcher contre lui s’il
consacre aux lettres le temps que les autres utilisent pour vaquer à leurs affaires
ou participer aux jeux. D’ailleurs, il faut qu’on lui accorde ce temps grâce auquel il
a acquis cette science oratoire par laquelle il a toujours volé au secours de ses
amis en danger

§14. LE ROLE DE LA LITTERATURE

- Nisi…….. Suasissem=Cd
Sibj. Pp de suadeo,-es,-ère, suasi, -sum= persuader
Nisi mihi suassissem=si je ne m’étais laissé persuader
- Praeceptis et multis litteris=Ablatif de moyen
Praecepta,-orum= les leçons des philosophes
- Ab adulescentia= Ablatif de durée
- Nihil……..esse exptendum=O
Adj. Verbal, attribut de Nihil
>De expetere=désirer
- Magno opere ou magnopere = Adv=Beaucoup, fort/+magis+maxime
- Laus atque honestas=la gloire acquise par des moyens honnêtes, l’honorabilité,
inséparable pour des Romains de l’honnêteté.
- In ea persequenda= dans la poursuite de ces biens
Adj. Verbal de persequi=poursuivre
- Cruciatus,-us,m=tourment, supplice
- Corporis, mortis atque exsilii= génitif, explicatif
A traduire par l’adj « corporel », « physique » qui manque en latin
- Esse ducenda
Adj : verbal>duco,-is,-ère, duxi, ductum= considérer, compter
- Parvi ducere = considérer de peu de valeur, de peu d’importance, de peu de prix
Génitif, de prix GR 215
- Objecissem=subj. P.q.p de objecio,-is,-ère,-ici,-ctrum= s’exposer
43

Se poser au devant de (qlqch) pour faire obstacle


- Dimicatio, -nis= la lutte
- Profligatus,-a,-um=improbus=dépravé, corrompu, homme de rien, perdu de
réputation
cf « improbi recedant »
- Impetus,-us,m= attaque, assaut
- Sed= coupure oratoire, non logique
- Exemplorum=génitif Complément de l’adj. Plena
Exemplum=modèle, exemple
- Sapientium=Génitif Possessif
- Vetustas=l’histoire, l’antiquité, le passé
- Quae …….jacerentjaceo,-es, ere, jacui, -
Jacere in tenebris=être voué aux ténèbres
- Nisi accederet
Subjonctif Pqpft de accedo,-is, ere,-cessi,-cessum= arriver, venir,
survenir, s’ajouter.
- Quam multas imagines=quel grand nombre d’images.
Imago, -inis, f= portrait, modèle
- Quas=liaison relative
- Ad intuendum
Gérondif de but>intueor,-eris,-i, intuitus sum, - = regarder
- Ipsa cogitatione= à la seule pensée
- Prponere sibi aliquid = se présenter quelque chose
Nam, nisi suasissem mihi En effet si je ne m’étais laissé persuader
praceptis et par les leçons des philosophes et
multis litteris par de nombreuses lectures
multorum ab adulescentia de plusieurs auteurs depuis mon enfance,
-nihil in vita esse expetendum que rien dans la vie n’est à désirer
magno opere nisi laudem avec beaucoup d’ardeur si non la gloire
atque honestatem et l’honorabilité
-autem in persequenda ea, mais que pour poursuivre cette gloire,
omnes cruciatus corporis, tous les tourments corporels,
omnia pericula mortis atque exsilii tous les dangers de mort et d’exil
esse ducenda parvi, sont à considérer de peu de prix,
44

numquam objecissem me jamais je ne me serais opposé


pro vestra salute pour votre salut
in totac tantas dimicationes à tant et de si grandes luttes
atque in hos impetus cotidianos et à ces attaques quotidiennes
homimum profligatorum. d’hommes dépravés.
Sed omnes libri sunt Mais tous les livres sont
pleni exemplorum, pleins d’exemples ;
voces sapientium sunt toutes les voix des sages sont
plenae (exemplorum), pleines (d’exemples),
vetutas (est) plena (exemplorom): l’antiquité[=histoire] (est) pleine (d’exemples) :
et omnia ea jacerent et tous ceux-ci seraient voués
in tenebris nisi lucem aux ténèbres si la lumière
litterarum accederet. de la littérature ne s’y ajoutait.
Quam multas imagines Combien de nombreuses (ql gd nbre d’) images

expressas virorum fortissimorum polies d’hommes très courageux


siriptores et graci et latini les écrivains et grecset latins
relinquerunt nobis n’ont-ils pas laissé à nous
non solum ad intuendum non seulement pour les regarder
verum etiam ad imitandum ? mais aussi pour les imiter ?
Et ego proponens semper mihi Et moi, proposant toujours à moi
eas celles-ci (=en me représentant ces images)
in administranda re publica, en administrant l’Etat,
conformabam animum je conformais mon esprit
et meam mentem et ma pensée
cogitatione ipsa à la seule pensée
hominum excellentium d’hommes excellents

« Les lettres nous enseignent le culte de la gloire et de l’honneur. Elles sauvent de


l’oubli tous les modèles de vertu. J’en ai moi-même tiré profit dans ma carrière
politique : Elles ont fortifié mon cour contre les orages politiques ».
- Imagines expressas, quas propones MATAPHORE
- Me objecissem=Allusion aux luttes de CICERON contre CATILINA et ses
complices, et contre le parti démocratique
- Valeur des Belles-lettres du point de vue moral ? = elles élèvent l’âme.
45

⇒Rôle moral de la littérature


- Devait-on confondre formation morale et formation intellectuelle
- Les phrases conditionnelles : M. DE GIVE N°375-381.

§15 LES 2 CONDITIONS INDISPENSABLES POUR ATTEINDRE LA PERFECTION


- Quaeret quispiam=annonce une OBJECTION
Quispiam, Quaepiam, Quidpiam (quodpiam).Pronom (ou Adj.)
indéfini=quelqu’un, quelque
POTENTIEL
- Quid ?= Pronom interrogatif (GR 110)
- Proditae>prodo,-is,-ere,-didi,-ditum= mettre au grand jour,dévoiler, révéler publier
- Litteris, ipsa dactina =Ablatif de moyen>instrumental>agent inanimé.
Cet [Link] contient une idée de dédain
Litteris= Ablatif d’agent de sunt proditae
Ipsa doctrina= Ablatif d’agent de fuerunt eruditi
- Effero,-ers,-ferre, extuli, elatum=exposer, louer, exalter
- Laudibus=Ablatif de manière
- Est certum quod respondeam=Je sais ce que je dois répondre
- Fateor,-eris,-i, fassus sum,-=avouer, reconnaître
- Excellenti animo=Ablatif de qualité [Link] GIVE 225.
LE COMPLEMENT DE QUALITE :
Le complément de qualité exprime un trait distinctif (=qualité physique
ou morale) ; il est toujours constitué d’un nom et d’un adjectifqualificatif. Il dépend
d’un nom, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un verbe comme être,
sembler, paraître et est, en latin, au GENITIF ou à l’ABLATIF.
Exemple : Puer egregiae indolis un enfant d’un
Puer egregia indole excellent naturel
46

Cf. Inv. Au Latin 3e -, p.149


- Doctrina=science, instruction
- Natura, ae=dons naturels Naturae ipsius
- Graves>gravis,-e=sérieux
- Saepius valuisse=saepe valuisse maius
- Atque idem ego contendo : Et en même tps j’ajoute ceci que
Annonce la propositioninfinitive
- Contendo,-is, -ere,-ndi,-ntum=prétendre
- Cumoratio acceserit
Temporel : Cum+subjT : à l’intérieur d’un discours indirect

- Ratio conformatioque= formation méthodique d’éducation


Notion et Formation ; idée et initiationHENDIADYS
- Praclarum = très célèbre
- Exsistere= se montrer, se manifester
- Illud nescio quid=ce je ne sais quoi (=expression fréquente lorsque la langue
manque de terme propre assez expressif)
Quispiam quaeret : quid ? Quelqu’un (me) demandera : quoi ?
« Illi viri sumni ipsi « Ces personnages éminents eux-mêmes
quorum virtutes sunt proditae dont les mérites ont été publiés
litteris ne fuerunt eruditi ista (révélés)par les lettresont-ils été formés par
doctrina, cette (misérable) science (des belles-
quam tu effers laudibus ? lettres),
Est difficile confirmare hoc onnibus que toi tu exaltes par des louanges ?
sed tamen quod respondeam Il est difficile de confirmer cela de tous,
est certum. mais cependant ce que je puisserépondre
Ego fateor multos homines fuisse estcertain(Je sais ce que je dois répondre).
animo excellenti ac virtute(excellenti) Moi j’avoue quebeaucoup d’hommes ont été
et sine doctrina, d’une âme élevée et d’une vertu (excellente)
Extitisse per seipsos moderatos et et sans (cette) instruction, qu’ils se
Graves habitu sont manifestés par eux-mêmes sages et
prope divino sérieux grâce à une disposition presque
naturae ipsius ; divine
- Etiam adjungo illud saepius de leur nature (même).
47

ad laudem atque virtutem Aussi s’ajoute ceci que plus souvent


naturam sine doctrina pour (acquérir) la gloire et la vertu,
valuisse quam le don naturel sans instruction
doctrina sine natura a valu plus que
- Atque idem contendo hoc, la science sans talent
Cum quaedam ratio Et en même temps j’ajoute ceci que,
et conformatio doctinae lorsqu’une certaine méthodique
accesserit ad naturam eximiam formation d’éducation
et illustrem, tum illud nescio quid s’est ajoutée à la nature remarquable
praeclarum ac singulare solere et brillante, alors ce je ne sais quoide
exsistere. très célèbre et d’unique a coutume de se
manifester.

COMPREHENSION
« Les dons naturels sans les études valent mieux que les études sans dons
naturels. Mais la nature et la science sont 2 conditions indispensables pour
arriver à la perfection »
COMMENTAIRE
- Ratio quaedam et conformatio :HENDIADYS
=Formation méthodique, apprentissage méthodique
- Illi simni viri ipsi : Assonance
- Quel procédé commode l’auteur utilise-t-il comme transition ?
R) La SUBJECTION : CICERON imagine que quelqu’une lui oppose une
objection et il se met dans l’obligation d’y répondre.
Voici l’objection supposée :
« Les grands hommes sont-ils formés par l’étude (laculture) ou bien par la nature
même ? »
Réponse prudente de CICERON :
 Certains, beaucoup de Romains sans culturesont devenus vertueux, certes.
 Mais pour atteindre la perfection, « illud neseio quid praeclarum ac
singulare », les 2 conditions sont indispensables :
- Les dons naturels
- Une étude méthodique=la culture
- Pouvez-vous rapprocher ce § de certains auteurs tant anciens que
modernes ?
48

R) On pourrait rapprocher de ce passage, le mot célèbre de RABELAIS,


dans sa lettre de Gargantua à Pantagruel où il a montré, au plan pédagogique,
l’importance de la formation morale :
« Sapience (=sagesse) n’entre point en âme malivole et
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

§16. LA VALEUR D LA FORMATION LITTERAIRE

- Exhoc esse hunc numero=ex hoc esse hunc numero (contendo)


Ex hoc numero=ex numero eorum
- Hunc africanumIl s’agit du 2nd Africain appelé SCIPION Emilien (185-129)
destructeur de CERTHAGE et de [Link] de lui Se
forma un cercle de lettrés hellénisants dont firent partie son
ami, LAELIUS (consul en 136) et où furent admis les écrivains
comme TERENCE et LUCILIUS
- Quen …….viderunt : R
- L. LAELIUS : Ami et confident de SCIPION l’Africain
- L. FURIUS= consul en 136, membre du cercle des SCIPIONS
- CATO=CATON l’Ancien, le censeur = M. PROCIUS CATO (234-149)
Champion de l’esprit vieux romain. Il fut préteur puis consul en
195, censeur (184-182). D’abord adversaire Intraitable de
l’hellénisme, il finit par apprendre le GREC dans sa vieillesse
Toute son œuvre reflète le souci permanent de défendre l’ancien
esprit romain.
- Continens,-tis=sobre, réservé
- Qui contulisset:[Link] de conferre
- Si ………adjuvarentur
49

Suj. Imparf. Passif (s’ils n’avaient trouvé une aide)


IRREEL du PASSE rendu par l’imparfait car la phrase serait à
l’imparfait si elle était affirmative au lieu d’ê conditionnelle.
= s’ils eussent été aidés :  L’impf ici, a valeur du pqp.
- Quod si …………….ostenderetur : Cc
Etiamsi-à cause de tamen
- Ut………opinor= CP (Proposition Comparative)
- Humanus,-a,-um=digne d’un homme
- Liberalis,-is,-e=digne d’un homme libre
- Judicaretis= P
- Temporum, omnium aetatum, locorum= génitif ppossessif
- Alo,-is-ere, alui, -itum (altum)= nourrir
- Res secundae = bonheur, prospérité><res adversae =Malheur, adversité
- Ceterae=ceterae animadversiones.
- Impedio,-is,-ire, ii (ivi), -itum= embarrasser, gêner
- Oblectare= réjouir, recréer, divertir, occuper agréablement
- Peregrinor,-aris,-ari,-atussum,-=voyager, suivre en voyage
- Rusticor,-aris,-ari,-atus sum,-=vivre à la campagne, villégiaturer
- Salacium= consolation
- Perfugium=refuge
- Perfugium ac solacium=le plus sûr et le plus consolant des refuges, la plus
sûre et la plus sereine des consolation.
HENDIADYS
(Contndo) hunc Africamum (Je soutiens)que ce SCIPION l’Africain,
hominem divinum homme divin
quem nostri patri viderunt que nos ancêtres ont vu
esse ex hoc numero, (contendo) est de ce nombre ; (Je soutiens)
C. Laelium, L. Furium C. Laelius, L. Furius
hominesmoderatissimoset continentissimos hommes très sages et très respectés
(esse ex hoc numero) (contendo) (sont de ce nombre)(Je soutiens que)
Catonem illum senem Caton, ce fameux vieillard,
virum fortissimum et doctiossimum homme très célèbre et le plus instruit
illis tomporibus (esse ex numero eorum) en ces temps-là(est du nombre de ceux-là)
qui profecto qui certainement
50

si adjuvarentur nihil s’ils n’eussent pas été aidés en rien


litteris ad percipiendam par les lettres pour recueillir
et colendan virtutem et pour pratiquer la vertu,
numquam contulissent se jamais ils ne se seraient livrés
ad studium earum à l’étude d’elles (=les belles lettres)
Quod si (etiamsi) hic tantus fructus Et même si ce si grand fruit
non ostenderetur et si sola delectatio ne se montrait pas et si seul le plaisir
peteretur ex his studiis, était recherché à partir de ces études,
tamen, ut opinor, judicaretis cependant, commejepense,vous jugeriez
hanc remissionem animi cette détente de l’esprit comme
humanissimam ac la plus digne de l’homme et
liberalissimam la plus digne d’un homme libre
Nam, ceterae (animadversiones) En effet, les autres divertissements
non sunt neque omnium temporum ne sont ni de tous les temps
neque aetatum ni de tous les âges
neque locorum: ni de tous les lieux :
At haec studia alunt adulescentiam Mais ces études nourrissent la jeunesse,
oblectant senectutem réjouissent la vieillesse,
ornant res secundas, charment le bonheur,
praebent perfugium ac solacium procurent refuge et consolation,
(perfugium solacii) (=le + consolant des refuges,
la+sereine consolation)
(rebus) adversis; dans le malheur ;
delectant domi, elles sont un plaisir à la maison,
non impediunt foris, elles n’embarrassent pas au dehors,
pernoctant cum nobis, elles veillent la nuit avec nous,
pergrinantur cum nobis elles nous suivent en voyage
et rusticantur cum nobis et elles vivent à la campagne avec nous.

⇒Les belles-lettres sont des amies fidèles

 16 a) Exemples donnés par d’illustres citoyens : SCIPION L’AFRICAIN


[Link], L. FURIUS, CATON l’ancien qui ont certainement tiré avantage
de leur érudition et de leur éducation littéraire (pour atteindre l’excellence de
la vertu)
51

16 b) Admirons les études : C’est l’occupation la plus digne d’un homme.


Elles conviennent à tous les âges de la vie, à toutes les circonstances.
- Perfugium ac solaciumsolacium perfugii HENDIADYS
- Hominem divinumPARADOXYSME
Consiste à unir 2 idées qui paraissent
inconciliablesCf. OXYMORE ou OXMORON (oxus=
piquant et môros=émoussé)
= Rapprochement de 2 mots qui semblent contradictoires. Alliance de mots.

§17 : IMMORTALITE DES BELLES-LETTRES


- Quod si …………. Possemus : Cc
Subj. Imparfait
- Attingo,-is,-ere,-gi,-actum=toucher, atteindre
- Nostro sensu= Ablatif de moyen
- Debemus= subj: imparf. de debeo, es,-ere,-ui, itum=devoir
- Cum………..videremus : T
Cumhistorique
- Nostrum= Génitif Partitif
- Animo agresti ac duro
Agrestis,-is,-e= grossier, sauvage, insensible
- Ut…………commoveretur=Cs
- ROSCIUS=célèbre acteur romain que CICERON admirait et qu’il avait défendu en
justice
Cf. Pro roscio amerinoen 80.
- Nuper=adverbe de temps= récemment
- Cum………esset mortuus = Cc>morior,- eris ; ri, mortuus sum= mourir
Cum concessif
- Débuisse= sens d’un conditionnelfrançais
- Venustas,-tis=élégance, charme
- Conciliarat=Indic pqprft, forme syncopée de conciliaverat
- Corporis motus= mouvement du corps, attitude physique
52

Opposé à « animorum incredibiles motus »


- Tantum=seulement
- Celeritas, -tis = rapidité, vivacité
- Neglego, -is,-ere,-lexi, lectum=négliger
Neglegemus = Fut. Simple.
Quod si ipsi non possemus Cc Et même si nous- mêmes ne pouvons
neque attingere, ni acquérir
neque gustare haec ni goûter cela cette formation)
nostro sensu par nos sens,
tamen deberemus mirari ea P cependant, nous devrions admirer cela
etiam cum videremus (ea) T même quand nous le verrions
in aliis chez les autres
Quis nostrum fuit P qui de nous a été
animo tam agresti d’un esprit si farouche (=sauvage)
ac duro et insensible
ut non commoveretur Cs qu’il n’a pas été ému
nuper morte Rosuii ? naguère par la mort de ROSCIUS ?
(Roscius) qui (ROSCIUS) qui
cum esset mortruus senex Cc alors qu’il était mort vieux
tamen videbatur non debuisse P cependant semblait ne pas devoir
ommino mori propter artem tout à fait mourir à cause de son art
excellentem ac venustatem. supérieur et de son élégance.
Ergo, ille conciliarat sibi P Donc, celui-là s’était concilié (à lui)
amorem a nobis ommibus motu l’affection de nous tous par son attitude
corporis: physique :
Nos neglegemus P Nous négligerons-nous
motus incredibiles animorum les mouvements incroyables de l’âme
et celeritatem ingniorum? et la promptitude des talents ?

« Et même si nous ne pouvons les aborder, admirons-les quand même, en les voyant chez
les autres »
- ut non commoveretur nuper morte Roscii ALLUSION
L’ALLUSION=évoquer une personne, une chose, un événement connus à propos

de l’idée que l’on veut émettre


- « Ille………..nos » Il y a, ici, ANTITHESE
53

Ensuite, le raisonnement conclut du moinsau plus « a minore ad maius »


RAISONNEMENT A FORTIORI :
« (par l’exemple)
« (par les faits)
« On admirait le jeu scénique du comédien ROSCIUS.
Ne devons-nous pas, à plus forte raison, admirer le génie poétique d’ARCHIAS ? ».
GRAMMAIRE : la CONCESSIVE : M. DE GIVE 383-384
1. Quel argument ?
Raisonnement par les faits
Raisonnement par l’exemple. Le dernier=Roscius
Raisonnement a fortiori
2. Quelle conclusion CICERON tire-t-il de sa démonstration
R) on doit honorer tous ceux qui s’adonnent aux lettres
3. Analysez l’Enthymèmea fortiori basé sur l’exemple
R) – Nous avons honoré ROSCIUS à cause de son talent comique (or
ARCHIAS est pourvu d’un talent supérieur, le talent poétique)
- Donc, nous devons honores ARCHIAS
⇒Réponse à une objection implicite : « Il est injuste que l’Etat favorise ARCHIAS à
cause de ses mérites d’hommes de lettres, car dans l’Etat seuls les citoyens très
cultivés -Archias était 1 Grec-sont capables de les goûter »
4) Quelle valeur cette vérité générale aura-t-elle dans l’argumentationextracausam ?
R) – Honorer ceux qui s’adonnent aux Belles-Lettres,
- Permettre aux autres d’y adhérer
 Ccl° explicite : « même si l’on ne peut aborder ces études, il faut les admirer chez
autrui »
 CCl° implicite : on doit honorer/vénérer tous ceux qui s’adonnent aux lettres.
PROARCHIA=en même temps PROCICERONEpour un Cicéron qui
ne s’adonne pas moins, lui non plus, aux lettres.
54

B. APPLICATION A ARCHIAS

§18 : LA CREATION POETIQUE


- Quotiens = Adverbeexclamatif de temps marquant la fréquence
= combien de fois ? Que de fois ?
- Egovidi= indic. Parfait
- Utar=Futur simple de Utor, -eris, uti, usus sum, -+Abl. = user de
- Quoniam…………attenditis
Indicatif présent de Attendo, -is, -ere, -ndi,-ntum =
faire attention, être attentif à
- Benignitas, -tis = Bienveillance, attention bienveillante
- Cum .... scripsisset: Cc
Subj. Plus que parfait describo,-is,-ère, scripsi, scriptum=écrire
- Quae agerentur=R
Subjonctifpar attraction modale

Lorsqu’une subordonnée (relative ou conjonctive) qui serait


normalement à l’indicatif dépend d’une autre subordonnée, elle-même
au subjonctifou à l’infinitif, elle se met parfois au SUBJONCTIF par
ATTRACTION MODALE. Le sens n’est pas modifié.

Exemple : Dux timebat ne milites qui e castris exiissentab hostibus caperentur.


(Le général craignait que les soldats qui étaient sortis du camp ne fussent pris par lesennemis)

⇒Exiissent et non exierant, la proposition dépendant de ne ……caperentur

- Dicere ex tempore = improviser


=sur le champ, en improvisant
55

- Revocatus,-a,-um=invité à répéter, bissé, rappelé


- Revocatum=attribut du COD hunc
- Rem agere= traiter un sujet
- Commutatis verbis atque sententiis=Ablatif Abs. (manière)
- Accurate = avec soin adv. de manière
- Cogitate= avec réflexion  adv. de manière
- Sic ……….ut perveniret=Cc
- Veterum>vetus a ici la valeur du mot « classique »
- Diligam-admirer-putem=subj.délibératifs
- Veterum sciptorum =génitif objectif
- Omni ratione =par tous les moyens, avec le zèle dont je suis capable
Ablatif de manière
- Atque sic
Annonce les propositions infinitives

- Constare= dépendre de, subsister


- Ceterarum rerum studia= ici tous les autres talents
- Praecepta, -orum= préceptes –règles (tirées de la science)
- Ars, tis=art, technique (ensemble des règles basées sur la science et dont la
connaissance produit la capacité).
- Mentis vires= ressources intellectuelles
- Excitare =faire lever, faire sortir
- Inflare=souffler dans, inspirer
Inflare divino spiritu= inspirer

- Donum= don, libre

- Munus=don résultant d’une charge


- Quod……..videantur=C
- Noster ille ENNIUS= Notre cher grand ENNIUSle style est emphatique
Né à RUDIES en CALABRE, en 239, auteur d’une épopée où il chantait les origines
de ROME depuis ENEE et les événements historiques jusqu’à son
époque. Il écrivit aussi des tragédies. Mort en [Link] fut considéré
comme le plus grand poète jusqu’à la parution de l’ENEIDE de
VIRGILE.

- Suo iure= de son droit  ENNIUS qui est un poète, a particulièrement le droit
d’exprimer cette opinion.
56

Quotiens ego vidi P Que de fois moi ai-je vu


hunc archiam, judices, mon client Archias, ô juges,
-enim utarvertra benegnitate P -en effet, j’userai de votrebienveillance
quoniam attenditis me C parce que vous me prêter attention
tam diligenter in hoc novo si soigneusement dans ce nouveau
genere dicendi- genre de dire-
quotiens vidi hunc P que de fois l’ai-je vu,
cum scripsisset nullamlitteram Cc quoiqu’il n’ait écrit aucune lettre (mot)
dicere ex tempore dire en improvisant
magnum numerum optimorum un grand nombre de meilleurs
versuum de his rebus ipsis Cc vers sur ces faits mêmes
quae tum agerentur ! R qui se déroulaient alors !
Quotiens (ego vidi hunc) Que de fois (l’ai-je vu)
revocatum dicere eandem rem rappelé (à) traiter le même sujet
verbis commutatis atque les mots ayant été changés et les
sententiis ! tours de pensée (ayant été changés) !
Vero vidi P Mais j’ai vu que
ea quae scripsisset accurate R ce qu’il avait écrit avec soin
et cogitate probari O et avec réflexion était approuvé
sic ut perveniret ad laurdem Cs tellement qu’il parvenait à la gloire
scriptorum veterum. d’écrivains classiques.
- Ego non diligam, P - Moi, que je ne l’aime pas,
non admirer P que je ne l’admire pas,
non putem (hunc) esse P o que je ne pense pas qu’il est
defendum omni ratione ? à défendre par tous les moyens ?
- Atque accepimus P Et (=or) nous avons appris
ab hominibus summis et des hommes très célèbres et très
erditissimis sic instruits ainsi (=ceci)
studia cetrarum rerum * que les études des autres talents
Constare et doctrina et O dépendent et de l’enseignementet
praeceptis et arte, des règles tirées dl science et
poetam valere natura ipsa de la technique,
et excitari viribus O *que le poète vaut par sa nature
mentis et propre (=elle-même)
57

inflari quodam spiritu O et qu’il est animé par les


quasi divino. ressources de l’esprit et
- Quare ille noster ennius O *qu’il est inspiré par un certain esprit
appellat poetas sanctos presque divin.
suo jure, -C’est prq notre cher grand ENNIUS
quod videantur P appelle les poètes saints (sacrés)
esse commendati nobis de son droit (de plein droit)
quasi alioquo dono C parce qu’ils semblent
atque munere être confiés à nous
deorum presque par un certain don libre
et par une faveur
des dieux

COMPREHENSION

« ARCHIAS est un poète de génie : qu’il improvise ou qu’il compose avec réflexe, il
est génial. Comment ne l’aimerais-je pas ?

Comment ne le défendrais-je pas avec tout le zèle dont je suis capable ? »

COMMENTAIRE

- Non diligam, non admirer, non putem=ASYNDETE


- L’ATTRACTION MODALE
- LA CONSECUTIVE ET LA CONCESSIVE
APPLICATION

1) Avant d’aborder la mineure, quelle précaution CICERON prend-il dans la


parenthèse ?

R) Il prend la précaution de rappeler aux juges qu’il prononce un discours d’un genre
nouveau, et qu’il est déjà sorti de la partie juridique du plaidoyer. –Ce qui l’autorise à
appeler son client par son nom grec et familier d’Archias.
58

2) En quoi consiste exactement la nouveauté de ce genre orateur ?

R) Dans le fait qu’ici CICERON développe d’une façon anormalement longue


l’argumentation « extra causam » (12-30) après avoir brièvement exposé
l’argumentation « de causa » (8-11) qui normalement constitue la partie essentielle du
plaidoyer

3) Qualités du poète Archias mises en exergue par son avocat ?

Archias est un poète compositeur et improvisateur de génie

4) Veterum scriptorum »=éloge des poètes en général, particulièrement les


classiques
5) 1ère Conclusion tirée par l’avocat ?
R) Archias comme tout poète, est 1 être sacré Il a droit au respect/vénération

6) Comment CICERON conçoit-il la création poétique ?


R) Comme un don

CICERON pense, comme les anciens en général (Grecs et LATINS), que la


création poétique n’est possible que par l’intervention des dieux. Le poète est
un « vates » (=devin), un oracle, un être inspiré des dieux, favorisé par la
nature.

7) Pouvez-vous comparer cette opinion à celle d’autres auteurs, anciens ou


modernes ?
R) Cette conception se trouve confirmée dans Défense et Illustration de la
langue française de la PLEIADE (1594) Manifeste de l’école de RONSARD
pour le renouvellement de la langue et des genres poétiques.

Mais DU BELLAY est d’avis que le vrai poète doit ajouter le travail à la
faveurdivine et qu’il serait blâmable de passer sans effort à l’immortalité que
confère la poésie.

§ 19 LE CARACTERE SACRE DES POETES

- Sit=subj. Prés. souhait


- Poetae=génitif de définition →génitif explicatif
- Quod……..violavit : R antécédent =Nomen
Violare=profaner, outrager, molester, flétrir

- Barbaria=ville barbare, étrangère, le monde barbare, barbarie, sauvagerie


METONYMIE de l’abstrait pour le concret
59

- Saxa…….. respondent
- Saxa, -orum=les rochers, les rochers du désert

Une légende, le mythe d’Amphion, raconte que le son de la lyre d’AMPHION,


fils de JUPITER émut des pierres qui s’élevèrent et formèrent les
murailles de THEBES.

- Bestiae …..flectuntur
Cf. Légende d’ORPHEE relatée dans les METAMORPHOSES d’OVIDE.
Ses mélodies apaisaient les bêtes sauvages et les attiraient à ses pieds.
Grâce à ses accords mélodieux, ORPHEE racheta sa femme des Enfers.

- Instituti=eruditi>institutus,-a,-um=instruit
- Immanes>immanis,-is,-e= féroce
- Moveamur-repudiamussubj. de PROTESTATION =est-il possible que …
- Repetere=réclamer (comme un créancier)
- Itque=et ita=et pour cela
- Confirmare = prouver, affirmer avec preuves à l’appui
- Voce=Ablatif de cause
- Delubrum, -i, n= temple
- Permulti=très nombreux
- Contendere contendo,-is,-ere,-tendi,-tentum=lutter, rivaliser
- Expeto, -is,-ere,-ivi,-titum= convoiter, réclamer (sans y avoir droit)
- Voluntate et legibus=Ablatif de relation
- Cum ………. Contulerit
Subjonctif parfait de confero,-ers,-fene,-tuli, collatum=apporter

- Olim= depuis longtemps. A joindre à contulerit


- Illi ipsi caio mario : datif complément de l’adjectif « Iucundus ».
MARIUS : concitoyen de CICERON, né à ARPINUM. Il embrassa la
carrière des armes où il s’illustra. Il est vainqueur notamment
deJugurtha, des Teutons à Aix –en-Provence en 102 et des Cimbres à
Verceil, en [Link] semble avoir été dépourvu de culture littéraire.

- Res cimbricas= la guerre des Cimbres, la guerre de MARIUS contre les CIMBRES.
Cf. victoire de MARIUS à Verceil en 101 aCn.

Judices, hoc nomen poetae R O juges, que ce nom de poète


60

quod nulla barbaria que nulle ville barbare,


umquam violavit P n’a jamais profané
sit sanctum apud vos, soit sacré chez vous,
hormines humanissimos. hommes très cultivés.
Saxa et solitudines respondent voci, Les rochers et les déserts répondent à
bestiae immanes flectuntur saepe sa voix,
aque consistunt cantu : les bêtes sauvages fléchissent souvent
Nos instituti rebus et s’arrêtent à son chant :
optimis Nous, façonnés par les enseignements
non moneamur les plus beaux,
voce poetarum ? est-il possible que nous ne soyons pas
- Colophoni dicunt homerum touchés par la voix des poètes ?
esse suum civem, - Les habitants de Colophon disent
Chii vindicant (eum) suum civem, qu’Homère est leur citoyen,
Salamini reptunt humc (esse mum Ceux de Chios le revendiquent leur
civem) Ceux de Salamineréclament que
Smyrnaei infirmant vero celui-ci (est leur citoyen)
(eum) esse suum civem, Ceuxde Smyrneaffirment vraiment
itaque (=et ita) etiam qu’il est leur citoyen,
dedicaverunt et pour cela même
Delubrum(ejus) in oppido ils lui ont dédié (consacré)
- Praeterea, permulti alii un temple dans leur ville.
pugnant inter se atque En outre, plusieurs autres
contendunt. se battent entre eux et
Ergo illi expetunt alienum s’efforcent de l’avoir.
etiam post mortem C Ainsi donc ceux-là réclament 1étranger
quia fuit poeta : même après sa mort
nos repudiamus parce qu’il fut poète ;
hunc vivum nous, est-il possible que nous rejetions
qui est noster et vofuntate et celui-ci vivant
legibus ? qui est nôtre et par sa volonté et par
Praesertim cum archias nos lois ?
contulerit olim Surtout (parce) qu’ARCHIAS
studium atque omne ingenium a consacré depuis longtemps
ad celebrandam gloriam et son ardeur et tout son talent
61

laudem populi comani? pour célébrer la gloire et


Nam, adulescens attigit la louange du peuple romain ?
res cimbtricas et fuit En effet,jeune encore, il a touché (traité)
jucundus illi ipsi C. Mario la guerrecontre les Cimbres et il a été
qui videbatur durior agréable à ce même Caius Marius
ad haec studia. qui semblait trop dur/rebelle
pour (=contre) ces études.

COMPR

« Le nom de poète est sacré : aucun barbare n’a jamais profané ce nom. »

19a) Des villes étrangères se disputent l’honneur d’être la patrie d’HOMERE, même
après sa mort ………

Et nous, irions-nous bannir ARCHIAS ?

19 b)ARCHIAS est un poète national. Il a consacré tout son zèle, son énergie et
son talent à répandre la gloire et la louange du peuple Romain ».

COMMENTAIRE

- « Saxa et solicitudines voici respondent » →PROSOPOPEE = prêter les


sentiments, la parole, l’action à des êtres inanimés, à des entités
morales, à des absents ou où des morts.
- HOMERE= Poète épique grec, célèbre créateur de l’Iliade et de l’Odyssée. Sept
villes se disputaient l’honneur d’être sa patrie : COLOPHON, CHIOS,
SALAMINE, SMYRNE, RHODES, ARGOS et ATHENES
- 1 nouvel exemple pour renforcer celui d’ENNIUS, l’exemple d’HOMERE
- Des expressions pour flatter les jurés :-humanissimos hamines
- optimi rebus instituti

- A la phrase 2, ENTHYMEME (syll. dont une des prémisses est omise) à la fois :
- Argument A CONTRARIO

- ArgumentA FORTIORI

- Argument par l’exemple

- Preuve par l’absurde


62

§20 TOUT HOMME AIMERAIT ETRE LOUE PAR UN POETE

- Neque quisque= Et nemo


- Aversus a Musis= ennemi des muses
→Les muses sont les 9 divinités filles de ZEUS et des MNEMOSYNE (=déesse
grecque de la mémoire) et qui habitaient le PARNASSE (montagne du
sud-est de la Grèce). Ce sont ces divinités qui présidaient aux Arts
libéraux :

 CLIO : Histoire MELPOMENE : Tragédie


 EUTERPE : Musique ERATO : Elégie
 THALIE : comédie TERPSICHORE : Danse
 POLYMNIE : Poésie lyrique URANIE : Astronomie
 CALLIOPE : Eloquence et poésie
- Pracconium,-ii, n= récit, éloge
- Patiatur=subjonctif présent dans une Rcssubjonctif à cause de l’idée
consécutive contenue dans le relatif qui, annoncée par tam.
- Facile=libenter=volontiers avec plaisir
à joindre à « patiatur »

- Acroama, -atis, n= chant, poème déclamé par un acteur, concert, tout ce qui
charme l’oreille : musique, lecture, discours, récit agréable.

- Aetermum=ita ut aetermum sit


Destiné à être immortel PROLEPSE

- THEMISTOCLE=Général et homme d’Etat Athénien


Durant la 2e guerre Médique il commanda la flotte athénienne à
SALAMINE où il vainquit XERXES.

- Cum …………quaereretur=T
- Audiret=subj. imprft passif de « praedicare » →interrogation indirecte
- Eximie (=adv.)=excellemment
- Dilexit=Indic. Prft de diligo,-is, ere,-lexi,-lectum= estimer, aimer
63

- L.P LOTIUS= L. PLOTIUS GALLUS Rhéteur ou maître de rhétorique célèbre


du début du Ier S. aCn.

Et enim nemo est P Et en effet personne n’est si ennemi


tam aversus a Musis des Muses
qui non patiatur facile RCs qu’il ne souffre volontiers
praeconium aeternum suorum baborum que l’éloge immortel de ses travaux
mandari versibs. soit confié aux vers.
Aiunt Themistoclem, P On raconte que THEMISTOCLE,
illum summum virum Athenis ce très éminent homme à ATHENES
dixisse cum quaereretur ex eo quod OT a dit lorsqu’il a été demandé à lui
acroama aut vocem cujus quel concert ou la voix de qui
audiret libentius : R il écouterait le plus volontiers :
« (vocemaut acroama) eius quo sua virtus R « (la voix ou le chant) de celui par qui
praedicaretur optime » P savaleur serait célébrée le mieux »
- Itaque item R - C’est pourquoi de même
ille Marius dilexit eximie L. Plotius, R ce fameux Marius chérit
ingenio cujusputabat ea O singulièrement L. Plotius, par le
quae gesserat talent de qui il pensait que ce
posse celebrari qu’il avait accompli
pourrait être célébré

COMMENTAIRE

Qui n’aimerait entendre ses mérites être chantés par 1 poètes ? Même le
difficileThémistocle et le hargneux Marius n’ont pas échappé à ce désir.
GRAMMAIRE : DISCOURS DIRECT et INDIRECT et cf.M. De GIVE, 437-448

Ce raisonnement se base sur un sentiment profondément humain : L’amour des


honneurs et des éloges.

§21 GUERRE CONTRE MITHRIDATE ET GLORIFICATION DELUCULLUS

- Mithridatcum bellum=La Guerre contre MITHRIDATE, roi du Pont-Euxin. Il


s’agit de la 2ème.
64

MITHRIDATES EUPATOR=Roi du Pont contre qui les Romains menèrent 2


guerres sanglantes. Commencée par LUCULUS, la 2e campagne
fut continuée et achevée par POMPEE qui accula MITHRIDATE au
suicide.
- Est expressum>exprimo,-is,-ere,-pressi,-pressum=célébrer, chanter, raconter,
exposer
- Varietas,-atis=alternative desuccès et revers
- Versatum=qui s’est déroulé >versor,-aris,-i,-,-atus sum= se dérouler
- Terra marique = Ablatif de lieu
- [Link]= [Link] LUCULLUS PONTICUS= vainqueur de MITHRIDATE,
puis relevé de son commandement au profit de POMPEE. Cf.
CICERON, Pro lege Manilia
C’est le frère de Marcus LICINIUS LUCULLUS, vainqueur des THRACES en 72.

- Aperuit>aperio, -is, -ire,-ui,-ertum= ouvrir, percer ou forcer l’entrée


≠Operiri =attendre

≠Operire =couvrir

Lucullo imparante
Eodem duce Ablatifsabsolus de Temps

Interfectis ducibus

- Pontus,-i=Pont-Euxin + royaume qui le borde au sud


- Vallatus,-a,-um=fortifié, défendu>vallare
- Quondam=jadis
- Ops,-is=force, pouvoir
- Loucullo dimicante=Abl. Abs/Temps
- Regiis opibus=Ablatif de moyen
- Fudo,-is, -ere, fudi, fusum=répandre, mettre en déroute, tailler en pièces
- Armeniorum=d’Arménie>Armenia= Royaume de TRIGRANE, gendre de
MITHRIDATE, défait en 69 par LUCULLUS.
- Non maxima manu= Ablatif de moyen = avec des forces peu considérables
- Populi Romani= Génitif objectif [Link] GIVE 245 et 213
- Cyzicenorum=Gén, Possessif [Link] GIVE 211 et 253
65

Cyzicenus= de CYZIQUE, ville de MYSIE en Asie Mineure ; dans


une île de PROPONTIDE (=mer de Marmara)

- Belli ore ac faucibus= les horreurs d’une guerre cruelle, la gueule béante de la
guerre, HENDIADYS =La bouche béante, la gueule béante au lieu de
« la bouche et les gorges »
- Consilium, -ii, n= Réflexion, prudence
- Ereptam=Part. parfaitpassif de eripio,-is,-ere,-pui ereptum= arracher
- Praedicabitur= fut simple passif
- Depressa> deprimo, -is,-ere,-pressi-pressum=abaisser, engloutir couler
- Tenedus=TENEDOS= île de l’archipel de mer Egée, enface de TROADE
- Nortra, nostri= pron. possessifs
- Quae efferuntur
Effero, effers,-ferre, extuli, elatum=porter hors, emporter, célébrer.

- Regione naturae ipsa= natura ipsa regionis

Vero bellum Mithridaticum, Mais la guerre contre Mithridate


maguum atque difficile et grande et difficile et qui
versatum in multa varietate s’est déroulée dans une grande alternative
de succès et des revers
terra et mari sur terre et sur mer
est tatum expressum ah hoc ; est toute entière racontée par mon client ;
Qui (= et ii) libri illustrant Et ces livres illustrent
non modo L. Lucullum, non seulement L. Lucullus,
virum fortissimum et clarissimum homme très courageux et très glorieux,
verum etiam normen populi Romani mais aussi le nom du peuple romain
Enim, Lucullo imperante En effet, sous le commandementde Lucullus,
Populus Romanus aperuit le peuple Romain a percé
Pontum anondam vallatum le Pont jadis protégé
et opibus regiis et par les forces royales
et natura ipsa regionis ; et par la nature même de la région ;
Eodem duce, Sous le même général
exercitus Populi Romani L’armée du peuple romain
fudit copias innmerabiles a mis en déroute les troupes innombrables
Armenioum desArméniens
66

manu non maxima ; avec une troupe pas très considérable ;


Est laus Populi Romani C’est l’honneur du peuple romain
Urbem amicissimam que la ville très amie (= alliée) des
Cyzicenorum esse ereptam atque habitants de Cyziqueait été arrachée et
servatam ex omni impetu regio sauvée de toute attaque royale
et oreac faucibus totius belli et de la bouche et des gorges de toute
menace[= et des horreurs d’une guerre
cruelle] (et de la gueule béante de la guerre)

consilio einsodem ; sous le conseil du même général ;


Feretur et praedicabitur semper On proclamera et on rapportera toujours
Nostra illa pugua navalis (comme) nôtre cette bataille navale
Incredibiles, apud tenedum incroyable près de TENEDOS
Lucullo dimicante LUCULLUS combattant,
cum classis hostium est depressa lorsque la flotte des ennemis fut coulée,
ducibus interfectis, leurs généraux ayant été tués ;
tropaea sunt nostra, les trophées sont nôtres,
monumenta (sunt) nostra, les monuments sont nôtres,
triumphi sunt nstri. les triomphes sont nôtres.
Et ea fama populi Romani Et cette renommée du peuple Romain
Celebratur ab iis ingeniis est célébrée par ceux par les talents
quorum ea (gesta) efferuntur de qui ces exploits sont exaltés

COMMENTAIRE

« En glorifiant LUCULLUS, ARCHIAS, dans son récit de la guerre contre


MITHRIDATE, a mis en l’honneur le peuple romain tout entier »

COMMENTAIRE

- Vallatum …….opibus=ZEUGMA
- Ore ac faucibus =HENDIADYS
- Belli ore ac faucibus=METAPHORE énergique
- Classis depressa= METAPHORE énergique
67

- Ereptam atque servatam : Redondance oratoire, Pléonasme


- Feretur et praedicabitur : « « «
- Tropea monumenta, triumphi : “ “ “
- Totum expressum ab hoc : HYPERBOLE
- Fortissimum et clarissimum virum : HYPERBOLE
- Innumerabiles copias
- Omni impetu regio HYPERBOLE
- Nortra, nartri, nostra : Anaphore
- Non manu maxima=LITOTE
- ea ingeniis efferunter
PARALLELISME
fama ab iis celebratur

§22 ENNIUS OU UNE AUTRE PREUVE PAR L’EXEMPLE

- Africano superiori=datif complément de carus


- Marmor,-ris=le marbre (ex marmore= Ablatif de matière= enmarbre)
- Cuius (=Fauxrelatif): et eius
- Scipionum= génitif Possessif
- Tollitur=tollitur in versibus Ennii
- Huius→M. PORCIUS CATO UTICENSIS (95-46aCn), présent à la plaidoirie
de CICERON, il était l’arrière petit-fils de CATON le
censeur.Républicain strict, il se tua à Utique(d’où son surnom) après la
victoire de CESAR à THAPSUS.
- Cato proavus=→M. PORCIUS CATO MAJOR, PRISCUS, CENSORIUS
(234-149aCn) : le bisaïeul CATON l’ancien. Consul en 195, Censeur
en 184, il lutta contre le luxe, élimina les sénateurs qu’il jugeait
indignes et combattit les mœurs grecques en prônant une morale
austère. Craignant une revanche de Carthage, il demandait, à la fin de
ses discours, la destruction de cette dernière. « Delenda Carthago
est ». il est l’un des écrivains de langue latine. Il écrivit « De re
rustica » (un traité de l’agriculture) et les « Origines »
- Docorare= honorer, parer, magnifier
68

- FABIUS MAXIMUS CUNCTATOR (=le temporisateur)= Célèbreadversaire


d’HANNIBAL qu’il usa en temporisant : il sut arrêter les progrès
offensifs d’HANNIBAL. Il fut nommé DICTATEUR après la défaite des
Romains à TRASIMENE (en 217 a Cm)
- MARCELLUS= vainqueur d’HANNIBAL à NOLE et d’ARCHIMEDE à
SYRACUSE
- M. FULVIUS NOBILIOR consul en 189. Sa victoire sur les Etoliens à
AMBRACIE (en MACEDOINE) fournit à ENNIUS le sujet d’une tragédie intitulée
Ambracia

-res= nom, prestige

- Rudines=de RUDIES

- ENNIUS= Plus grand poète latin avant VIRGILE. Originaire de RUDIES, il reçut
son droit de cité en 184.

- Multis civitatibus =Ablatif d’agent


- Legibus=Ablatif de conformité

Notster Ennius fuit P Notre Ennius fut


carus Africano superiori ; cher au premier Africain;
Itaque is putatur etiam P C’est pourquoi il est pensémême
esse constitutus ex marmore être représenté en marbre
in sepulcro scipionum ; sur le tombeau des Scipions
Et certe Et à coup sûr,
non solum qui laudatur ipse R non seulement celui qu’est
loué lui-même (seul),
sed etiam nomen populi romani mais aussi lenom du peupleromain
ornatur laudibus eius. P est décoré par ses louanges.
Cato proavus huius tollitur P Caton bisaïeulde celui-ci est élevé
(in versibus Ennii) in caelum (par les vers d’Ennius) au ciel
(est exalté) :
Magnus honor adjungitur P Un grand honneur est ajouté
rebus papule romani . au prestige du peuple romain.
Denique omnes illi Maximi, Enfin, tous ces
Maximus(=Fabius Cunctator),
Marcelli, Fulvii decorantur P ces Marcellus, ces Fulvius sont
magnifiés
non sine laude communi non sanslouange commune
69

nostrum omnium de nous tous

-Ergo nostri maiores Ainsi donc nos ancêtres


Receperunt in civitatem P ont reçu dans leur ville (=au
nombre des citoyens)
illum, hominem rudinem, celui-là, homme de Rudies,
qui fecerat haec (carmina), R qui avait fait cela (ces éloges),
nos, eiciamus de nostra civitate P nous, rejetterons-nous de notre cité
hunc heracliensem expetitum cet héracléen recherché
multis civitatibus, par beaucoup de cités,
autem constitutum in hac mais établi dans celle-ci
(civitate) (=Rome) (selon) en vertu de nos
legibus? lois ?

COMPR.

Une autre preuve par l’exemple : le poète ENNIUS, un étranger (il est de RUDIES,
en CALABRE), obtint le doit de cité romain en 184 aCn (grâce à FULVIUS). Et nous,
nous rejetterions ARCHIAS habitant d’HERACLEE ?

COMMENTAIRE

Sémantique

- Laudibus =Il s’agit des éloges composés par ENNIUS


- Poroavus cato= CATON le Censeur ou CATO MAJOR
- Huius= CATON d’Utique qui était présent dans la salle

Stylistique

- Omnes illi Maximi, Marcelli, Fulvii = ASSONANCE


- Non sine laude communi = LITOTE
- Non modo ….. sed etiam : SYMETRIE
- Receperunt .... ejiciamus : ANTITHESE
Historique [Link] GUERRES PUNIQUES

Ière GUERRE IIèmeGUERRE IIIème GUERRE


70

DATE 264 - 240 218 - 201 149 - 146


ROMAIN REGULUS SCIPION L’AFN SCIPIONEMILIEN
GENERAUX
CARTHAGINOIS HAMILCAR CARTHAGINOIS
HANNIBAL

OCCASION Blé + Argent Prise de Nouvelle


de Sicile Sagonte par prospérité de
HANNIBAL Carthage (qui in-

(revanche) quiète le sénat)

VICTOIRES Carthage est Lac Trasimène Carthage est


battue aux îles (217), complètement
Egades CANNES (216),
détruite
ZAMA(202)

* Logique

*-Enthymème a fortiori - Argument d’autorité


- preuve par l’exemple
- antithèse

*Les thèmes essentiels de l’esprit romain auxquels l’orateur fait appel :


- Culte de grands hommes
- Prestige des ancêtres
- Subordination de l’individu à l’Etat

§23 POESIE GRECQUE ET POESIE LATINE

- Minorem fructum percipi = proposition infinitive 0


Infinitif Prés. Passif de percipio, is, -ere, -cepi, -ceptum : recevoir, recueillir.

- Graeca leguntur=les ouvrages grecs sont lus, c’est-à-dire, on lit le grec


- Fere= adverbe= presque
- Sane= adverbe d’affirmation= vraiment, réellement, absolument
71

- Propterea ... quod(ou quia)=locution conjonctive


- Eae res quas gessimus=res gestae=exploits
Indic. Prft de gero,-is,-ere, gessi, gestum = porter, accomplir,
exécuter

Les exploits que nous avons réalisés

- Définiuntur=Indicatif présent passif de definio,-is,-ire=limiter, circonscrire


- Regio, -nis = direction, limites, bornes
- Quo (= adverbede lieu) = où
- Telum,-i, n= l’arme
- Cum……tum = non seulement … mais encore (double liaison symétrique)
- Haec = haec scripta, carmina= ces avantages
- Pervenrint = subjonctif potentiel
Debemus cupere gloriam et famam penetrare eodem

quo tela manuum nostrarum pervenerint

- Ipsis popuplis= datif d’intérêt


- Dimicare de vita= combattre en exposant sa vie
- Causa gloriae : causa + génitif= à cause de, en vue de
- Incitamentum : stimulant

Nam, si quis putat En effet, si quelqu’un pense que


minorem fructum gloriae un moindre fruit de gloire
percipi ec versibus graecis est obtenu des vers grecs
quam ex Latinis, que des vers latins,
errat velementer, il se trompe lourdement,
propterea quod graeca parce que les vers grecs
leguntur in fere sont lus dans presque
omnibus gentibus, toutes les nations,
latina continentur les vers latins sont renfermés
suis finibus dans leurs frontières
sane exiguis. certainement étroites.
- Quare, si eae res, - C’est pourquoi, si ces exploits,
quas gessimus, que nous avons réalisés
definiuntur regionibus sont limités dans lesrégions
72

orbis terrae du globe de la terre,


debemus cupere nous de vous désirer que
gloriam et famam penetrare notre gloire et notre renommée
pénètrent
eodem quo tela nostrarum là-même où les traits de nos
manuum pervenerint minus: mains sont (le moins) arrivées :
Quod, Car,
cum haec non seulement ces avantages
sunt ampla sont glorieux
populis ipsis de rebus pour les peuples eux-mêmes au
quorum scribitur sujet des actions desquels il est écrit,
tum certe mais aussi assurément
hoc incitamentum ce stimulant (=encouragement)
et periculorum et des dangers
et laborum et des labeurs(travaux=combats)
est maximum iis est le plus grand pour ceux
qui dimicant de vita qui combattent en exposant leur vie
causa gloriac en vue de la gloire

COMPREHENSION

→ La poésie grecque est plus apte que la poésie latine à répandre la gloire du peuple
romain.

COMMENTAIRE

Le § est une réfutation d’une éventuelle objection du chauvinisme


romain qui pouvait disqualifier la poésie d’ARCHIAS en raison de son expression
grecque et non latine.

L’avocat y répond en affirmant la supériorité du Grec sur le Latin.


Puisque le Grec se lit partout, il est le seul qui puisse apporter le prestige romain
jusqu’aux confins de la terre ; il est aussi le seul qui puisse encourager et
73

promettre aux combattants immortalité et glorification jusqu’aux terres qu’ils


conquièrent et aux peuples qu’ils soumettent.

Le ton de l’orateur est certes, exagéré, mais le point de vue n’en reste pas moins
[Link] finibus, exiguis sane : L’aveu est à retenir quoique, sans doute, Cicéron
exagère dans l’intérêt de son client.

§ 24 ANECDOTE D’ALEXANDRE AU TOMBEAU D’ACHILLE

- Quam= adverbe exclamatif= combien !


- Sciptores rerum= les historiens. Les historiens d’Alexandre le Grand tels que
PTOLEMEE, CALLISTENE, CHOCRIBUS…
- Rerum suarum=Génitif objectif GR 245 et 213
- Qui ……… inveneris= Rc cf GR 426
Subj parfait de invenio,-is, -ire, -veni,- ventum= trouver

- Adsistere=s’arrêter
Cum ... adstitisset
CumHISTORICUM Marque l’enchaînement des faits dans 1 récit au
passé.

- Praeco,-nis= héraut, chantre


- Ilias= l’Iliade : cette œuvre, avec l’Odyssée a fait l’immortalité du grand HOMERE
- Sigeum, i= -cap de SIGEE en TROADE où se trouvait le tombeau d’Achille
=Promontoire de TROADE d’où l’on montrait le tombeau d’ACHILLE

- ACHILLES= Achille, le célèbre guerrier grec qui tua HECTOR et qui sera lui-
même écroulé par PARIS, frère d’HECTOR
= Un des principaux chefs grecs, héros de l’Iliade

- ALEXANDER= ALEXANDRE : Roi de Macédoine, le plus grand conquérant de


l’Antiquité
- Obruo,-is,-ere, obrui, obrutum= ensevelir, enfouir
- Fortuna,-ae = bonne fortune, chance
- Nisi……..extitisset = Cd : Si+subj. Pqpf →IRREEL DU PASSE
deexisto ou exsistoou encore exsto, -as,-are,-stiti,-statum =
Ressortir, apparaître, paraître, exister

- Contexerat= Indic pqprft de contego,-is,-ere,-texui,-textum= recouvrir, entrelacer


74

- Hic Magnus= Nom donné à POMPEE par SYLLA


Surnom de POMPEE ⇒Magnus Cnaeus POMPEIUS, illustre général
et homme d’Etat, rival de CESAR, vainqueur de MITHRIDATE, il est
en 62 a cn, le personnage le plus influent et le plus révéré de ROME.
Il participa au Ier Triumvirat avec CESARet CRASSUS, en 60.

- Militum= génitifpluriel de Miles,-tis= soldat


- THEOPHANES MYTILENAEUS⇒THEOPHANE DE MYTILENE, Historien grec de
POMPEE dont il écrivit la vie et qu’il suivit partout.
- Rusticus, -a,-um= Paysan, inculte
- Dulcedine=Ablatif de cause
- Magno clamore= Ablatif de manière

Quam multos Combien de nombreux


scriptores suarum rerum historiens de ses hauts faits
ille Alexander Magnus ce fameux Alexandre le Grand
dicitur habuisse secum ! P est dit avoir eu avec lui !
- Atque tamen, - Et cependant,
cum adstitisset ad tumulum T lorsqu’il s’arrêtaprès du tombeau
Achillis in Sigeo d’ACHILLE à SIGEE
(is inquit) : (celui-ci a dit) :
« O Fortunate adulescens qui « o bienheureux jeune hommequi
inveneris Homerum, as trouvéHomère,
praeconem tuae virtutis ! Rc (coe) héraut de ta vaillance !
- Et vere - Et vraiment !
Nam si illa Ilias non exstitisset En effet, si cette Iliade n’avait pas
idem tumulus Cd existé, le même tombeau,
qui contexerat corpus ejus R qui avait recouvert son corps
obruisset etiam nomen. P aurait enseveli aussi son nom.
- Quid ? - Eh ! Quoi ?
Hic Mangnus noster Ce Pompée notre concitoyen
qui adaequavit fortunam cum R qui a égalé de bonheur avec
virtute nonne donavit civitate P le courage n’a-t-il pas gratifié
du droit de cité
in contione militum dans l’assemblée des soldats
75

Theophanem Mytilenaeum Théophane de Mytilène,


scrptorem suarum rerum l’écrivain de ses faits (son historien)
et nostri illi viri fortes sed rustici ac P et ces fameux hommes-là
milites braves mais rustiques militaires
commoti quadam dulcedine émus par une certaine douceur
gloriae quasi participes ejusdem de gloire comme si (ils étaient)
laudis participants de la même gloire
approbaverurnt ont approuvé cela avec une
magno clamore grande clameur (=à grands cris)
COMPREHENSION

Sans HOMERE, Achille serait oublié :

- Alexandre a envié Achille chanté par Homère


- Pompée a honoré Théophane de Mytilène et l’a gratifié de droit de cité
- Et nous, pourquoi ne pas célébrer ARCHIAS ?
COMMENTAIRE

- Rustici ac milites= HENDIADYS


- Le discours direct cf. grammaire
- REALIA : les âges de la vie
- « nonne donavit civitate ……… ? »
Le pouvoir de conférer le droit de cité, qui appartenait au
peuple, avait été accordé à quelques généraux.

Arguments par l’exemple : exemples choisis dans l’histoire

 Rapprochement d’ALEXANDRE et POMPEE


- Tous 2 sont de grands conquérants
- Tous 2 ont loué des historiens
- Insistance sur POMPEE que CICERON voit destiné à prendre la tête du parti
aristocratique. CICERON attend jouer un rôle aux côtés de Pompée.

- EXCLAMATIONS et INTERROGATION témoignent de l’émotion grandissante


dans le cœur de l’avocat.
76

§25. ARCHIAS DOIT ETRE GRATIFIE DU DROIT DE CITE

- Credo= sans doute


Ce verbe, en incise, accentue la valeur ironique de la phrase

- Non esset : subj. Imparfait, irréel au présent


- Ut……. donaretur
Complétif de perficere (ut)= faire (en sorte) que
77

- Hunc petentem=proposition participiale


- Cum …….donaret =Cumhistoricum avec une nuance concessive
- Libellus, -i= opuscule, petit livre, livret, traité
- Quod…… fecisset= sous prétexte qu’il faisait C
Subjonctif pour énoncer unmotif d’un autre (expliqueJubere)

- De populo= sorti du peuple, un poète du peuple, du commun


Porte surpoeta

- Epigramma,-atis= court éloge en vers, madrigal


Petite pièce en vers composée en l’honneur de SYLLA

- Alternis (> alternare) versibus longiusculis= Ablatif Absolu = des vers en distiques

Longiusculis>longiusculus,-a,-um = un peu long

- Quas……vendebat⇒vendo,-is,-ere,-didi,-ditum
Faisait [Link] faisait vendre alors des biens des proscrits

- Tantum modo= seulement


La pièce n’avait qu’un mérite : être écrite en distiques(où alternaient des vers d’inégale
longueur : Hexamètres et pentamètres).

- Qui ………duxerit:RCs= un homme qui, quelqu’un qui juge…….


étant (donné 1) homme à
- Sedulitas,-tis= zèle, empressement
- Virtus in scribendo= la virtuosité littéraire

- Expetisset> expetere=désirer vivement, convoiter


Ce subjonctif exprime, rapporté au passé, une hypothèse
repoussée Comme inadmissible.= Pouvez-vous supposer que(De
même pour impetravisset au § 26 a)

- Huius = il s’agit d’ARCHIAS


- Sub ea condicione= Sous cette condition
- Copia= abondance oratoire, richesse du génie
78

- potuit= potuisset
Valeur du conditionnel français

- Cum… subjecisset
- Subjicere = soumettre

Itaque, credo, C Ainsi, sans doute,


siArchias non esset D si Archias n’était pas
civis romanus legibus citoyen Romain envertu de nos lois,
non potuit (=potuisset) perficere P il n’aurait pas pu faire (en sorte)
ut donaretur civitate O qu’il fût gratifié du droit de cité
ab aliquo imperatore ! par quelque général !
Credo, Sulla repudiasset Sans doute, Sylla aurait repoussé
hunc petentem P celui-ci demandant
cum donaret (civitate) alors qu’il en gratifiait
Hisponos et Gallos! T les Espagnols et les Gaulois !
Et nos videmus eum in contione, P Et nous, nous le voyons
cum malus poeta dans une assemblée
de populo alors qu’un mauvais poète
subjecisset ei libellum sorti du peuple (=de la rue)
quod fecisset epigramma C eût présenté à lui un placet (1 livret)
in eum c parce qu’il avait fait un madrigal
tantummodo versibus alternis pour lui (en son honneur)
longiusculis seulement en vers alternés
jubere statim praemium tribui ei un peu plus longs (=inégaux)
ex iis rebus quas vendebat tum ordonner aussitôt qu’une récompense
sub ea condicione ne scriberet soit donnée à lui
quid postea. de ces biens qu’il faisait vendre alors
(Is) qui duxerit sedulitatem mali sous cette condition qu’il n’écrirait
poetae dignam tamen aliquo plus rien par la suite.
praemio Lui qui jugea l’empressement
non expetisset d’un mauvais poètedigne
cependant de quelque récompense
ingenium huius n’aurait-il pas cherché (=pouvez-
et virtutem vous supposer qu’il n’aurait pas
79

et copiam in scribendo cherché)le talent de mon client


et son mérite d’écrivain
et sa virtuosité littéraire ?

COMPREHENSION

Est-il seulement soutenable qu’ARCHIAS n’ait pas trouvé le moyen de se


faire décerner le titre de citoyen par quelque général, par Sylla qui pourtant…. ?

Une telle hypothèse est à repousser comme inadmissible voire absurde

COMMENTAIRE

- Donaret……repudiassetANTITHESE
- Itaque, credo, si civis Rommus ……… potuitIRONIE
- Sulla, cum Hispanos………repudiasset ANTIPHRASE
ANTIPHRASE= Enoncer le contraire de ce que l’on pense :
 Soit par ironie
 Soit par crainte religieuse
- L’adj. Dignus veut son complément à l’Ablatif
Cf. M. de GIVE N° 225, II

Argument par l’exemple

Argument a fortiori
Argument a contrario

Preuve par l’absurde

Etudiez l’enthymème qui termine ce § 25.


- A un poète de la rue/du commun, on a accordé la civitas.
- Comment croire qu’un poète de génie, comme ARCHIAS, n’ait trouvé personne pour lui accorder
la civitas ?

P.A. § 26 a) METELLUS N’AURAIT-IL PAS PU LE LUI ACCORDER ?

- Quid+ ? = Eh quoi ?
- A Q. Metello Pio : a(b)+ablatifde provenance
80

- Impetravisset (>impetrare=obtenir): subj. pqprft, marque une idée


considérée comme inadmissible. Cf.
ixpetisset
- Usque eo……..ut= au point que, à tel point que, tellement que
- Sonare= faire retentir
- Ut denderet = ut consécutif
- Dedere suas aures alicui= écouter quelqu’un attentivement, prêter l’oreille
- Corduba, ae= Cordoue (Espagne)
- Pinguis,-is,-e : gros, épais, sonore, gras
- quiddam : accusatif de qualification construit avec sonantibus(sonare=faire
entendre)
- Pingue quiddam atque peregrinum sonantibus=ayant je ne sais quoi de lourd
et d’étrange dans les accents= malgré leur prononciation lourde et
barbare Malgré la pesanteur de leurs vers barbares

QUID ? Eh Quoi ?
(Archias) non impetravisset (id) Archias ne l’aurait-il pas obtenu
neque per se neque per Lucullos ni par lui-même ni par lesLucullus
a Q. Metello Pio de Quintus METELLUS Pius
suo familiorissimo son (leur) intime
qui donavit civitate qui gratifia de droit de cité
multos ? plusieurs (poètes) ?
Praesertim qui (Is) cuperet Surtout que ce dernier désirait
scribi de suis rebus qu’on écrive au sujet desesexploits
usque eo tamenut dederet au point cependant qu’il prêtait
suas aures etiam patiemment ses oreilles aussi
poetis natis cordubae aux poètes nés à Cordoue
sonantibus quiddam faisant retentir je ne sais quoi
pingue atque peregrinum de lourd et de barbare

III. JUSTIFICATION DL PASSION DE LA GLOIRE

§26 b) « Nous sommes tous attirés par l’amour de la gloire »


81

- Trahimur= indic. Présent Passif de trahere, o,-is, traxi, tractum = attirer


- Optimus quisque= ut quisque est optimus ita maxime
- Despicere,-io-is,-exi,-ectum= Mépriser
- Studio=Ablatif de cause
- Scribi=passif impersonnel, traduire par “on” Cf. M. de GIVE 123,3
- Poetae pingue quiddam sonantes = poète au style emphatique en 79-71, il dut
combattre SERTORIUS
- Prae se ferre= proclamer
- Contemno,-is,-tempsi,-temptum, ère=mépriser
- Praedicatio= éloge, apologie
- Nobilitas=notoriété, gloire

Et enim hoc non est Et en effet, ce sentiment n’est pas


dissimulandum à dissimuler
quod non potest obscurari C parce qu’il ne peut être caché
sed (hoc est) ferendum praenobis : mais (ce sentiment) est à proclamer
par nous :
Omnes trahimur Tous nous sommes attirés
studio laudis, par l’amour de la louange
et quisque optimus ducitur maxime gloria. et l’élite est guidée le + par la gloire.
Illi philossophi ipsi Ces philosophes eux-mêmes
inscribunt etiam suumnomemn inscrivent aussi leur nom
illis libellis dans leurs ouvrages
quos scribunt qu’ils écrivent
De gloria contennenda, au sujet de la gloire devant méprisée,
In ed ipso in quo Dans ce même livre dans lequel
despiciunt praedicationem et nobilitatem, ils dédaignent l’éloge et la notoriété,
volunt praedicari de se ils veulent être loués au sujet d’eux
ac se nominari (qu’on fassepanégyrique à leur sujet)
82

COMPR

L’amour de la gloire est chez tous les hommes, surtout chez les
meilleurs ; il est même chez les philosophes qui le combattent.

= Justification de la passion pour la gloire

(IRONIE) +PARADOXE

RECAPITULATION § 18-26

1° Résumez brièvement les 3 pts de l’argumentation

- On doit honorer tous ceux qui s’adonnent aux lettres


- On a accordé à tant de poètes moins valeureux qu’ARCHIAS le droit de
cité…
- Allons-nous alors le refuser à ARCHIAS
- Tous nous avons l’amour de la gloire
Gradation Tous, l’élite, les philosophes -plus tard (§27)=les militaires

P.A § 27 MEME LES HOES DE GUERRE AIMENT LA GLOIRE

- Manubiae,-arum = les dépouilles (=argent provenant du butin fait sur l’ennemi et


vendu, butin
- Exuviae,-arum= les dépouilles
- Aditus, -us= l’entrée, le vestibule= Acc. Plur
- Suorum=construit par lui
- Togatus =revêtu dl toge, « en pleine paix »
- Abhorrere= se montrer indifférent
- DECIMUS BRUTUS = consul en 138, conquit une partie de l’Espagne
Héros d’une des tragédies d’ACCIUS

- FULVIUS cf. §22= vainqueur des Etoliens


- Carminibus : Ablatif de moyen
- Comes,-itis= compagnon. Comite Ennio = Ablatif Absolu= Ennius étant son
compagnon
83

Quidem, DECIMUS BRUTUS Assurément, DECIMUS BRUTUS


vir sunomus et imperator homme respectable et général
exornavit carminibus Acciisui amicissimi orna de chants d’ACCIUS son ami intime
aditus suorum templorum les vestibules de ses temples
ac momunnentorum et de ses monuments
Iam vero En outre, que dis-je,
ille FULVIUS qui bellavit ce célèbre Fulvius qui fit la guerre
cum Aetolis contre (=avec) les Etoliens
Ennio comite avec ENNIUS comme compagnon
non dubitavit consecre n’a pas douté de consacrer
manubiasMartis Musis le butin de guerre aux Muses
Quare urbe in qua C’est prq (=Aussi) la ville dans laquelle
imperatores prope armati les généraux presque en armes
coluerunt nomen poetarum et ont honoré le nom des poètes et
delubra Musarum, les sanctuaires des Muses,
in ea(urbe) judices dans cette dernière (ville), les juges, en
togati pleine paix
non de bent abhorere ne doivent pas se montrer indifférents
a honore Musarum et a salute à l’honneur des Muses et
poetarum au salut des poètes
84

COMPREHENSION

Nous sommes attirés par l’amour de la gloire : même les hommes de


guerre =

Exemple de BRUTUS et du poète ACCIUS

Exemple de FULVIUS et du poète ENNIUS

Conclusion : protégez les poètes.

Preuve par l’exemple

Exemples tirés de l’histoire

P.A §. 28 l4 L’AVEU DE CICERON : « MOI-MEME JE SUIS EPRIS DE GLOIRE »

- Iam me vobis ind icabo= Je me montrerai tel que je suis, je vous ouvrirai mon
cœur
- Honnestus=honnête, légitime
- Ut faciatis=ut final
- Acri ac honesto= (Ablatifs de qualité) épithètes détachés de amore
- Nimis (=adverbe)=trop
- Atque= autant que
- Inchoare= entamer, commencer, entreprendre
- Res= l’œuvre (du poète)
- Adornare = équiper, donner les moyens
- Praeter hanc (mercedem)
- Quibus auditis=ablatif absolu
- Visu = participe parfait de videre
- Merces,-edis=salaire, récompense
- Detracta = participe prft de trahere, o,-traxi,-tractum= enlever
- Curriculum= course, carrière
- Exiguus= étroit, restreint (dans l’espace)
- Brevis= court, bref (dans le temps)
85

- Fortasse = (adv. de doute) = Peut-ê, probablement


- Fortasse an (=adv. De doute) =peut-être
Fortanis

- Forte(= adv. de manière)= par hasard


- Exerceamus(>exerceo, -is,-cui, -citum= exercer, pratiquer) : subjonctif exigé par
quid est quod)
=tracasser, tenir en haleine, tourmenter, ne pas laisser de repos

- Adhortari= exhorter, encourager

Atque ut faciatis id Et pour que vous fassiez cela


libentius, judices, plus librement, ô juges,
iam indicabo me vobis maintenant j’ouvrirai mon cœur à vous
et confitebor vobis et je ferai des a veux à vous à
de meo quodam amore propos de mon singulier amour
gloiae pour la gloire
fortasse nimis acri peut-être trop vif
verum tamen honesto. mais en tout cas légitime.
Nam res En effet, les actes
quas gessimus vobiscum que nous avons accomplis avec vous
in nostro consulatu durant notre consulat
simul pro salute en même temps pour le salut
huius urbis atque imperii de cette ville autant que de l’Etat
et pro vita civium et et pour la vie des citoyens et
pro re publica univerra, pour la république tout entière,
hic attigit atque mon client (en) a abordé et
inchoavit versivus ; entamé (le récit) par des vers ;
quibus (etiis) auditis et ces vers ayant été entendus (par moi)
quod res est visa mihi magna et car l’œuvre m’a semblégrande et
jucunda, agréable,
adornavi hunc j’ai équipé(donné moyen à) mon client
ad perficiendum. pour la parfaire.
Enim virtus desiderat En effet, le mérite ne désire
nullam aliam mercedem aucune autre récompense
laborum et periculorum des labeurs et des dangers
86

praeter hanc (mercedem) si ce n’est cette (récompense)


laudis et gloriae : de louange et de gloire :
Et quidem, Et cependant,
ea detracta, judices, celle-ci ayant été enlevée, ô juges,
quid est quod qu’y a-t-il pour que nous
exerceamusnos nous tourmentions
in hoc curriculo vitae dans cette carrière de vie
tam exiguo et si étroite (dans l’espace) et
tam brevi si brève (dans de temps)
in tantis laboribus? de tant de labeurs ?

COMPR.

Synthèse : CICERON lui-même est épris de gloire et désire que les actes de son
consulat soient célébrés par le génie poétique d’ARCHIAS. Il l’a avoué.

Application1 : En quoi CICERON se donne-t-il pleinement raison de désirer


ardemment la gloire ?

R) Le mérite ne réclame aucune ô récompense sinon la louange et la gloire

2. Quelle action glorieuse personnelle rappelle-t-il, comment en souligne-t-il


l’importance ?

R) Son consulat : cf. labeurs et dangers…….

3. Quel est l’aveu de CICERON ? Quel effet produit-il sur les juges ?

R) « Je suis épris de gloire comme tous les hommes qui exposent leur vie en
luttant ».Effet=Affectation

En conclusion : « La gloire est la passion de grandes âmes et

le mobile des actions de l’homme : Sans la gloire, il n’y aurait pas de raison de s’exposer

ou de se fatiguer dans cette vie si courte et si rapide».


87

§29. LE DESIR D’IMMORTALITE, EMULATION POUR TOUT ESPRIT D’ELITE

- Si … praesentiret (>praesentio,-is,-sensi,-sensum= pressentir, se douter)


Subjonctifimparfait, irréel du présent
- Praesentire in aeternum= avoir 1epressentiment de la vie futur =PLEONASME
- Quibus est circumscriptum R
Participe parfait deCircumscribere= borner, enfermer dans un cercle
> Regionibus> regio= limites, bornes
- Si …. terminaret : Cd, irréalité/présent
- Terminare= limiter
- Frango,-is-éro, fregi, fractum = briser, épuiser
- Ango,-is-ére, auxi,-=étouffer, suffoquer, tourmenter
- Nunc= en réalité
Mais (en réalité) après une hypothèse que l’on écarte
- Insideo,-is,-ére,-sedi,-sessum=être situé dans, être fixé dans
- Virtus= qualité sentiment
- Quibus teminaret = une R avec nuance de Cs ; irréel du présent
- Toties(=totiem)= adverbedémonstratif de temps=toutes les fois, souvent
- Quoque = Ablatif de quisque (chacun) In optimo quoque
- Optimus quisque = chaque personne meilleure= tous les bons = l’élite
- Concitare= exciter
- Commemoratio= mention, souvenir
- Adaequare cum omni posteritate= faire durer autant que le genre humain

= égaler, mettre de niveau

CONSTR

Certe, si animus sentiret A coup sûr, si l’âme ne pressentait


nihil in postermum, et si terminaret rien pour l’avenir, et si elle limitait
omnes suas cogitationes isdem toutes ses pensées par les mêmes
88

regionibus quibus frontières par lesquelles


spatium vitae est circumscriptum l’espace de la vie est borné
et nonfrangeret se et elle ne s’épuiserait pas
tantis laboribus partant de fatigues,
et non angeretur et elle ne serait pas tourmentée par
tot curis et vigiliis, tant de soucis et (par tant) de veilles,
et non dimicaret totiens et ne lutterait pas si souvent
de vita ipsa. en exposant la vie elle-même.
Nunc Mais en réalité,
quaedam virtus insidet un certain sentiment est situé
in quoque optimo, dans chaque personne meilleur (l’élite),
(virtus) quae concitat animum sentiment qui excite l’âme
noctes et dies nuits et jours
stimulis gloriae, aux aiguillons de la gloire,
ataque admonet commemorationem et l’avertit que le souvenir
nostri nominis non esse de notre nom n’est pas
dimittendam, devant ê abandonné (=à abandonner)
cum tempore vitae avec la durée de notre vie
sed (esse) adaequandam mais qu’il est devant ê rendu égal (à égaler)
cum omni posteritate avec toute la postérité (=à faire durer
autant que le genre humain).

SYNTH : A quoi bon tant de soucis, tant de veilles si ce n’est pas pour rendre
mémorable notre nom et le faire durer dans la postérité ?= si ce n’est pour nous
immortaliser ?

Appl : 1°) Quelle justification= CICERON trouve-t-il maintenant à la passion de la


gloire ?

R) C’est le désir d’immortalité.

2) A quelle discipline fait-il ainsi appel ?

R) à la philosophie

3°) Comment l’orateur souligne-il la pensée exprimée ?


89

R) Par HYPOTHESE (Irréelle/Présent) →CONFIRMATION

Cf. « Non omnis moriar »

§ 30 LE SENTIMENT D’IMMORTALITE : UNSTIMULANT SURTOUT

DANS LA VIE POLITIQUE

a) Il est mesquin de ne pas considérer la survie

- An vero= Eh quoi ! : Introduit une hypothèse absurde opposée à ce qui précède.


- An videmur : Une interrogation avec le subjonctif pour marquer une hypothèse
inacceptable (se pourrait-il que nous montrions) = subjonctif de
protestation
- Parvi animi= Génitif descriptif (= de qualité) 215.
- Ut arbitremur : ut consécutif
- Cum duxerimus (duco-is, ere, duxi, ductum= conduire, mener) = subj. Prft
après un cumconcessif
- Ducere spiritum= respirer
- Spatium (vitae)= moment

An vero ! Eh quoi vraiment!


Omnes quii verssamur (nous) tous qui sommes mêlés aux
in re publica atque in his affaires publiques et à ces
periculis et laboribus vitae, périls et à ces labeurs à de la vie,
an videmur esse que nous semblions être
animi tam parvi d’une âme si petite
(=est-il possible que nous semblions ê
d’une âme …)
ut arbitremur que nous pensions que
omria esse moritura tout va mourir
simul cum nobis ensemble avec nous
cum duxerimus spiritum alors que nous ne respirons
usque ad spatium extremum jusqu’au moment extrême de la vie
nullum tranquillum atque otiosum ? aucun repos et aucun loisir ?
90

b) Nous devrions préférer laisser le souvenir de nos vertus

- An statuas= an introduit un ENTHYMEME ORATOIRE composé de 2


propositions indépendantes juxtaposées, an porte donc sur la 2ème
proposition (Debemus) et annonce une hypothèse.
- Otiosus,-a,-um : oisif, lent
- Moritura (>morior,-eris, mori, mortuus sum= participe futur
Futur progressif, Neut Plur

- Simulacrum,-i=copie, portait, représentation


- Effigies, -ei=image, tableau, représentation, peinture.
- Imago=image en cire des ancêtres
- Expressus,-a,-um= modelé>exprimo,-is, -ere, -presi, pressum=reproduire
- Politus,-a,-um= orné, poli< polio, is, ivi, itum,-ire=orner, polir
- Studiose= avec empressement, avec zèle
- Consilia=les pensées
- Summisingeniis= a viris summi ingenii = METONYMIE

An ! Eh quoi ! (si)
multi homines summi plusieurs hommes éminents
reliquerunt statuas et imaines ont laissé des statues et des portraits,
simulacra non animorum représentation non de leurs âmes
sed corporum mais de leurs corps
(an) non debemus est-ce que nous ne devons pas
malle multo relinquere préférer beaucoup de laisser le
effigiem consiliorum ac virtutum tableau de nos pensées et de nos vertus
expressam et politam modelé et orné par des
summis ingenis (a viris summi ingenii) hommes de talent éminent ?
91

c) Je suis tjrs consolé par l’espérance de l’éternité

- Spargo,-is, sparsi, sparsum, spargere= répandre, propager


- Disseminare= semer
- Arbitrabar=indicatif imparfait de arbitrari=penser après avoir pesé le pour et le contre
- Afutura = Participe futur progressif de abesse (êtreéloignéde)
- A meo sensu abesse = échapper à ma conscience
- Sapientissimi homines : il s’agit des philosophes qui croient à l’immortalité de
l’âme comme Pythagore, Platon, Socrate.
- Pertinere ad= s’étendre jusqu’à, aboutir à
- Quadam cogitatione et spe= ablatifs d’agent inanimé

Vero omnia quae gerebam De plus,tout ce que moi je faisais


iam tum gerendo, arbitrabar déjà alors en le faisant, je pensais que
me spargere ac disseminare je (le) répandais et ledisséminais
in memoriam sempiternam dans le souvenir éternel
orbis terrae de toute la terre
Vero Qui plus est,
sive haec memoria est afutura soit que ce souvenir va échapper
meo sensu post mortem à ma conscience après la mort,
sive (haec memoria) pertinebit ad soitquecesouvenir s’étendra
aliquem partem mei jusqu’àune certaine partie de mon
ut homines sapientissimi âme,
putaverunt, comme les gens les plus sages
nunc quidem l’ont pensé,
delector certe maintenant au moins
quadam cogitatione et je suis sans doute charmé (ravi)
spe par une certaine idée et
par une certaine espérance

SYNTHESE
CICERON confesse sa foi à l’immortalité :
92

Si beaucoup de ces ont laissé des statues des portraits ou des représentations,
c’est qu’ils espéraient survivre après la mort. Et nous, ne devrions-nous pas
souhaiter survivre à travers le tableau de nos pensées et de nos vertus ?
 Le sentiment d’immortalité est un stimulant surtout dans la vie politique
 Il l’a été en particulier pour CICERON dans l’exercice de ses fonctions
publiques
APPL : Analyse-construction- traduction-commentaire
1) Quel exemple vivant invoque à nouveau l’auteur ?
R) Lui-même, sa carrière pltq.
2) Relevez le changement de ton dans cette 2ème moitié du § 30.
R) De l’hypothèse à l’évidence→ de l’incertitude à la confirmation
3) Quels arguments l’avocat bandit-il pour prouver la foi à l’immortalité ?
R) Un double argument par l’exemple :
- Son exemple personnel : il n’y aurait aucun sens à ses actions ; il n’aurait
jamais enduré tant de labeurs et de périls s’il ne croyait à rien après la
mort
- L’exemple des philosophes et des grands hommes qui ont laissé leur portrait.
4) Relisez l’argumentation extra causam. Quelles en sont les 3 grandes parties ?
 Eloge des Belles Lettres en général
(§12-17)
 Eloge de la poésie ou d’Archias en particulier (ou application à Archias)
(18-26a)
 Justification de la passion de la gloire
(26b-30)
1) Quelques figures mises en exergue dans l’extra causam
R) Pompée, Roscius, Ennius, Fulvius, Brutus, Fabius
2) La figure qui, avec Archias, domine cette partie ?
R) LUCULLUS
3) Dans la 1ère et la 3e partie de l’extra causam, l’avocat a-t-il cependant négligé
ou oublié la cause qu’il défend ?
R) Apparemment, car il généralise et s’écarte du développement en cause ; en
réalité, c’est la même cause, mais sous une forme élargie. Cf. conclusions tirées.
Résumé ou retour à la cause : péroraison
93

P.A § 31 : PRIERE AUX JUGES ET RECAPITULATION DE L’ARGUMENTATION

- Quare= conjonction de coordination conclusive (annonce une récapitulation) =


c’est pourquoi , pour toutes ces raisons
- Pudor, ris= honorabilité, vertu, noblesse
- Eo pudore, ingenio, causa= Ablatifs de qualité
- Comprobari= infinitif passif de comprobare= prouver, confirmer, approuver
- Videatis=subjonctifprésentdans une relative avec une nuance de conséquence
- Vetustas, tis : ancienneté
- Commendatio, -nis= titre de recommandation, recommandation
- Profitetur= indic. Prés, de profiteor, ris, profiteri, professussum= déclarer
ouvertement, reconnaître hautement.
- Tanto ….. quod= tanto……ut⇒Cs
- Quantum= autant que, dans la mesure où
- Existimare= estimer, apprécier
- Recommendatio= recommandation, titre de recommandation
- Domesticus= privé, intérieur
- Ex eo numero= ex numero eorum
- Levatus = soulagé, ranimé
- Acerbitas= dureté, rigueur, âpreté
- Habitus,-a,-um (= participe parfait de habere)= tenu
- Beneficio-legis : cf Lex Plautia Papiria
3 conditions:
 adscrisptio in civitate foederata
 Domicilium in Italia
 Professio apud praetorem
- Auctoritate municipii=députationdes notables, ceux qui ont vu comment
ARCHIAS a eu le droit de cité à HERACLEE
- Potius (= adv. De préférence)= Plutôt, de préférence
- Violatus>violare= outrager, souiller
94

Quare, conservate (in Pour toutes ces raisons, conservez (dans


nostro civitate), iudices, notre cité), ô juges,
hominem eo pudore un homme d’une telle noblesse
quem videtis comprobori que vous voyez être approuvé
cum dignitate amicorum non seulement par la qualité de ses amis
tum etiam vetustate amicorum, mais aussi par l’ancienneté de ses amis,
autem (conservate hominem) tanto aussi(conservez l’homme)d’un si grand talent
ingnenio, quantum convenit dans la mesure où il convient (que)
id existimari, ceci (=ce talent) soit estimé
quod videatis esse expetitum de sorte que vous (le) voyiez ê recherché
iudicis summorum horminum, par les jugements d’éminents hommes
vero (hominem) causa mais (un homme) d’une cause
ejusmodis d’un tel genre
quae comprobetur laquelle cause est (=soit) prouvée
benefico legis, par la faveur d’une loi,
auctoritate municipii par l’autorité d’un municipe
testimonio Luculli par le témoignage de LUCULLUS et
tabulis Metelli . par les registres de Metellus.
Et cum ea sintita, judices, Et puisque les faits sont ainsi, ô juges,
si qua commendatio, si quelque titre de recommandation
non modohumana non seulement humaine
verum etiam divina mais aussi divine
debet esse in tantis negotiis, doit exister dans de si grandes affaires,
petimus a vobus, judices, nous demandons de vous, ô juges,
ut accipiatis in vertram fidem que vous receviez en votre protection
eum ce poète (lui)
qui semper ornavit vos qui a toujours orné vous,
qui“ “ vostros imperatores qui (a toujours loué) vos généraux
qui“ “ res gestas qui (a immortalisé) les exploits du
Populi Romani Peuple Romain
qui profitetur etiam qui déclare même
se esse daturum laudis qu’il donnera le témoignage éternel de louange
his recentibus periculis domesticis pour ces récents périls intérieurs
95

nostris et vestris, nôtres et vôtres,


et qui est ex numero eorum et qui estdu nombre de ceux (=de ces hommes)
qui semper sunt habiti qui toujours ont été tenus (pour)
atque semper dicti sancti et toujours ont été appelés sacrés
apud omnes, sic ut videatur esse chez tous les hommes, de sorte qu’il
potius levatus vestra humanitate paraisseêtre plutôt soulagé par votre bonté
quam violatus acerbitate. que outragé par votre rigueur.

COMPR
Un bref appel aux juges appuyé sur un résumé de l’argumentation.
CECERON en arrive finalement à exprimer ce qu’il veut que les juges fassent à
l’endroit de son client :
Le conserver comme citoyen Romain. Et pour cause ?
- Parce qu’il a toujours orné les généraux et le nom du peuple romain
- Parce qu’ayant tant de talents, il fait partie de ces hommes inspirés et appelés saints.
COMMENTAIRE
- Quareannonce une récapitulation = pour toutes ces raisons
Argument de la raison suffisante
Mon client a toutes les faveurs :-la loi
- L’autorité d’un municipe (les Héracléens)
- Les registres de Metellus
- Le témoignage de Lucullus
- L’éminence et l’ancienneté des amis
- L’excellence du talent
Mon client ne manque de rien pour être
recommandable, il a tout ce qu’il faut pour ê recommandé.
- Quare conservate= Aussi ACCUMULATION : Réunion des arguments épars dans
toute la cause afin de lui donner plus de poids, plus de force convaincante ou
accusatrice.
-« Beneficio legis, auctoritate municipii, testimonio Luculli, tabulis Metelli »
= PARALLELISME
- Qui ………qui………..qui = ANAPHORE
96

§32 EXCUSES FINALES ET ASSURANCE DE L’AVOCAT

- Quae=liaison relative,
- Communiter (=adv.)= en général, communément *
- Pro mea consutudine= conformément à mes habitudes
- Confido,-is,-ère,-fisus sum= J’ai confiance
- Consuetudo judicialis: habitude judiciaire, comportement habituel dans leprocès
- Judicialis, e : relatif aux jugements
- Spero+ inf prés,= Je crois
- Judicium exercere = présider aux débats cf §3, présider le jugement
- Certo scio= je sais de science certaine
- Simpliciter= d’une manière simple
- Breviter= brièvement, sur un petit espace
- Accepta = pluriel Neutre, Attribut de ea

Iudices,Confido ea P Juges, j’ai confiance que ces choses


quac dixi de caura R que j’ai dites au sujet dl cause
breviter et simpliciter brièvement et simplement
promea consuetundine selon ma coutume
esse probata omnibus : ont été approuvées par tous :
spero ea quae sum bocutus j’espère que celles que j’ai dites
aliena a foro d’étranger au forum
et (a) consuetudone judiciali et à l’usage du barreau
et de ingenio liominis et au sujet du talent de cet homme
et communiter de studio ipso et en général au sujet de l’occupation elle-même
esse accepta a vobis, indices, ont été prises en compte par vous, ô juges,
in bonam partem ; en bonne part;
scio certo Je sais de science certaine (qu’elles le seront)
abeo par celui
qui exercet qui exerce (= qui préside)
judicium le jugement (aux débats)
97

COMPREHENSION

CICERON rappelle le caractère particulier de son discours, convaincu que son

récit a eu de l’agrément (Approbation).

COMMENTAIRE
1) La phrase finale distingue nettement les 2 parties du discours.
R) – de causa dixiea …= confirmation=d’ordre juridique 8-11
- ea aliena a foro…= confirmation d’ordre juridique 12-30
2) Qualité particulier du « Pro Archia » :
- caractère nouveau :longueur de l’ « extracausam »
- et … et= Polysyndète
- Brièveté et simplicité du « decausa» : de causa…dixi= HYPERBATE
3) Comparer 32 et 3+4a) Quelle conclusion en tirer ?
32=récapitulation de 3 :
 « La plaidoirie est, comme la dissertation, un poisson qui se mord à la queue ».
98

CONCLUSION SUR L’ELOQUENCE, CICERON ET LE PROARCHIA

1. CICERON ET SON ŒUVRE

MARCUS TULLIUS CICERO (106-43 acn) avait rêvé d’être un très grand homme
d’Etat. Ses ambitions ont été déçues et son action politique est très discutée. Mais
comme avocat et comme écrivain, il a obtenu toute la gloire qu’il avait pu
souhaiter :
L’ORATEUR
L’œuvre de CICERON est avant tout celle d’un orateur.
Exemple : Catilinaires =discours politiques
- Philippiques
- Verrines
- Pro Fonteio =affaires de concussion
- Pro flacco
- Pro Murena = affaires de corruption électorale
- Pro Plancio
- Pro sestio affaires de crimes de droit
- Pro caelio
Bref, CICERON a excellé dans l’éloquence judiciaire. Ses plaidoyers ont
en même temps qu’un intérêt historique, une grande valeur littéraire cf. Pro Archia (62).
 Le MAITRE DE RHETORIQUE
C’est à l’orateur que nous devons encore des traités de rhétorique.
- De orateure - Brutus - orator - De inventione
N.B : Sur la place de CICERON dans l’histoire de l’éloquence : cf. GRA P. 125  Le
MORALISTE
CICERON, orateur, maître de Rhétorique et homme d’action ne semblait
pas destiné à laisser l’œuvre philosophique la + importante de la littérature latine.
Il est un philosophe éclectique.
- De Natura deorum -De officiis Traités de
- De finibus bonorum et malorum -De senectute Philo morale
- Tusculanae disputationes - De amicition
99

 Tout en philosophant, CICERON n’abandonne pas l’art de


persuader

 L’HOE D’APRES SA CORRESPONDANCE


Copieuse correspond ce : 931 lettres dont il nous reste près de 800 : - Ad
Attricum - Ad familiares - Ad Quintum

2. LE PROCES D’ARCHIAS

En 65 acn, le tribun dl plèbe [Link] avait fait adopter une loi qui
frappait d’exil tout étranger jouissant indûment du droit de citoyen à Rome
Or, en 62 en vertu de cette loi (LexPapia), un certain GRATTIUS intenta
1e action contre Archias, l’accusant de ne pas posséder le droit de cité romaine.
L’affaire fut portée devant une chambre d’enquête présidée, nous disent
les scolies de BOBBIO, par le propre frère de CICERON, QUINTUS ; ce dernier était
alors préteur. CICERON se chargea de la défense d’Archias.
Mais pour quoi Cicéron a-t-il résolu d’intervenir en faveur d’ARCHIAS ?
L’explication que l’on donne communément de l’intervention de CICERON est
double :
 désir passionné de voir célébrer les actes de son consulat par 1 poème dl
plume d’Archias dont Cicéron dit avoir dégusté les prémices

 S’attirer la bienveillance des LUCULUS qu’il avait outragés lorsqu’il


occasionna le rappel du Proconsul LUCULLUS du commandement du Bellum
Mithridaticum. Archias=client, Protégé des Lucullus.
(+ Prestige basé sur culture générale + rôle à jouer près de POMPEE.)
Quoi qu’il en soit, ce discours nous apparaît surtout comme
unemanifeste pour la culture désintéressée héritée des Grecs.
D’ailleurs, on ne le dira jamais assez, le problème qui se pose à propos du
Pro Archia n’est pas celui de son authenticité, mais bien de son importance, de sa
valeur. A 1ère vue, c’est bien une matière infertile et petite qui s’offre à un grand
orateur qui, consul l’année précédente a sauvé Rome.
Déjà dans le Dialogue des orateurschap. 37, TACITE déclarait par la
bouche de JULIUS SECUNDUS :
100

« Ce qui fit de CICERON 1 grand orateur, ce n’est pas la défense


de P. Quintus ou de Licinius Archias ; Catilina, Milon, Verres, Antoine, voilà ceux
qui l’ont entouré de cette gloire ».

Ainsi, dans le P.A. la profession de foi de l’homme politique et celle de


l’orateur se complètent, s’appuient et finalement se confondent. L’éloge des lettres
pour elles-mêmes peut nous aider à découvrir leur rôle dans la formation dl
orateur et d’homme d’Etat, en f(x) de l’intérêt public.
Cf. le talent d’orateur au service de ses amis en danger d’où l’importance
pour un parti politique de compter 1 orateur parmi les siens.
101

THEME II : HISTOIRE
A. LA CONCEPTION DE L’HISTOIRE
I. TACITE, Annales IV, 32-33 :
« REFLEXIONSDE TACITE SUR SES ANNALES »

1. TACITE : VIE et ŒUVRES

a) BIOGRAPHIE DE TACITE : 55-120

→ A propos de la vie et des origines de TACITE, on est très mal renseigné.


- 55 : P. CORNELIUS TACITUS naît entre 54 et 56 pCn sous NERON, d’une
famille de l’ordre équestre à Interamne. Il fut élevé selon les principes
traditionnels de l’éducation romaine. Il reçut une bonne formation en
Rhétorique et exerça la profession d’avocat à l’école de grands avocats, les
meilleurs de son temps, à savoir [Link] et JULIUS SECUNDUS. A ce
sujet, le 1er ouvrage de TACITE sera une œuvre de rhétorique : Le diatoge
des orateurs.
- 77 : Mariage avec la fille d’Agricola, futur gouverneur de la BRETAGNE.
Après son mariage, TACITE devient « un homme politique ». La carrière des
honneurs lui est facile grâce à l’influence de son beau-père. Son
cursushonorum :

QUESTEUR en 81/82

EDILE en 84

PRETEUR en ? 88

CONSUL en 97 sous NERVA et TRAJAN

- Entre 112 et 113 : gouverneur de la province d’Asie


- Il mourut sans doute au début du règne d’HADRIEN, entre 117 et 120pCn.
102

⇒ On est très mal renseigné sur les origines et la vie de TACITE

b) SON OEUVRE

 Le dialogue des orateurs (Dialogus de Oratoribus) de 80/81 : Une


discussion littéraire sur l’éloquence et la poésie, mais aussi un essai de
critique littéraire
 Agricola(De vita et moribus Julii Agricolae) de 98 = la vie d’Agricola.
- Une véritable oraison funèbre
- Une biographie d’Agricola
- Un essai historique sur la Grande Bretagne, ses habitants, …
- Un éloge funèbre
- Un pamphlet contre la tyrannie de DOMITIEN (assassiné en 96)
- un panégyrique d’AGRICOLA.
 Un opuscule en aval et en amont entre éloquence et histoire

 Germania (De origine, situ, moribus ac populis Germanorum) 98 : une œuvre


ethnologique sur les mœurs des Germains dont la vie naturelle est comparée
à la vie luxueuse des Romains cf. « le mythe du bon sauvage » de J.J
ROUSEAU au 18e S.

 Les Histoires (Histoiriae) de 106 : TACITE oppose au règne des Antonins la


période des troubles et de servitude qui précède. Ainsi, l’œuvre débutait aux
derniers jrs de GALBA pour conduire à l’avènement de NERVA (= mort de
DOMITIEN)
Les Histoires relateraient l’histoire des règnes de GALBA à DOMITIEN.
Mais de 12 ou 14 livres qui constituaient cet ouvrage, il ne reste que les
quatre premiers livres et le début du cinquième, partie de l’ouvrage qui traite
des derniers jours de GALBA, des règnes d’OTHON, VITTELLIUS et du
commencement du règne de VESPASIEN.

 Les ANNALES (= Ab excessu divi Augusti = Depuis la mort du divin Auguste)


de (110-111). C’est l’œuvre la plus célèbre de TACITE, son chef-d’œuvre. Les
103

Annales rapportent l’histoire de ROME de la mort d’Auguste à NERON,


ou plus précisément les règnes de TIBERE-CALIGULA-CLAUDE-NERON.
En fait, pour expliquer la période ci-haut citée (cf. Histoires), TACITE fut
obligé d’écrire l’histoire de la dynastie julio-claudienne jusqu’à NERON. Ce furent
alors les [Link] certain nombre de livres de ces « Annales » sont perdus.
En effet, l’ouvrage comptait 16 ou 18 livres. Mais il n’en reste que :
- Les 4 premiers livres, le début du cinquième et le sixième qui
retracent le règne de TIBERE.
- Du 11ème au 15ème livre et le début du 16ème qui retracent la fin du
règne de CLAUDE et le règne deNERONjusqu’en 66.

N.B :
– TACITE avait l’intention d’écrire en outre une Histoire d’AUGUSTE (annoncée
dans le livre III des Annales), mais il n’en eut sans doute pas le temps.
- Pour TACITE, l’histoire reste un genre fécond, et il s’y adonne [Link]
œuvre historique repose sur une information solide. Il avait à sa disposition
les travaux et les mémoires d’écrivains antérieurs, ainsi que des documents
officiels, notamment :
 le Journal de Rome : Acta divina Populi Romani
 Les Archives du sénat : Acta senatus
 Les lettres et témoignages oraux des contemporains cf. chronique des
événements de la mort d’Auguste…

c) SA CONCEPTION DE L’HISTOIRE

Pour TACITE,
L’histoire est une sortede tribunal chargé de rétablir pour la postérité la vérité
et la justice
L’histoire a un but + moral que scientifique : ce qui intéresse TACITE, ce sont les
drames de la cour impériale, les acteurs de ces drames etl’éveil du monde
barbare (et non les questions économique ou sociales).
L’historien doit se documenter avec soin, critiquer ses sources et dresser, de son
époque, un tableau suffisamment fidèle.
 TACITE procède par analyse psychologique de grands événements et/ou
personnages de son temps : leurs caractères, le secret de leurs âmes,…
104

 Son jugement se veut IMPARTIAL (sine ira et studio). Néanmoins, son


PESSIMISME et sa tendance trop moralisante font qu’il ne soit pas tout à fait
impartial.
TACITE est un « ALCESTE de l’histoire ». Il est d’autant plus peiné et inquiet
lorsqu’il constate les crimes commis par ceux qui ont la charge de gouverner cet
empire et lorsqu’il découvre ce qu’il doit être de germes de décadence dans l’esprit
civique du Sénat ou des grands.
(ALCESTE= (Mythologie) fille de PELIAS et femme d’ADMETE qui s’offrit à la mort
pour sauver son mari et qu’HERACLES ramena des enfers.
=Tragédie d’EURIPIDE (438 acn)
= Principal personnage du Misanthrope de Molière
(=Personnage à l’humeur mélancolique, déçu et ennemi des compromis
qu’impose la vie de société)
Le PESSIMISME de TACITE n’est pas exempt de clairvoyance.
 De tous temps, la lecture des Annales a été considérée comme une
incomparable leçon de politique.

d) SON STYLE

Très concis, rapide, varié, pittoresque


 ses œuvres historiques (=Annales+Histoires) : Style nerveux et concis ;
asymétrique et pittoresque.
 Dans ses œuvres à caractère oratoire (Agricola+Germania)
 Style moins dur et moins asymétrique
 concis, nerveux, pittoresque
 longues périodes cicéroniennes
 expressions parallèles et symétriques
 Bref, « là où SALLUSTE grave, TACITE peint » (André SUARES). Il est selon
RACINE, « le + grand peintre de l’antiquité ». Il dépeint par analyse
psychologique profonde, les personnages qui animent les drames de l’histoire et
dégage les personnages des faits, gestes, paroles ou discours. Ce sont les :
- Princes à la physionomie propre et aux passions dont on peut suivre l’évolution
-Foules,la plèbe avilie et cruelles
–soldats qui font et défont les empereurs
- Barbares à la force jeune et indisciplinée.
105

TEXTE : ANALES IV, 32-33 : DE QUOI S’AGIT-IL


Ce passage, se situe après l’épisode de SEJAN, fin de l’année 24, la
dixième du règne de TIBERE :
Le règne de TIBERE se déroula d’abord d’une façon heureuse aux
frontières comme à l’intérieur. Mais peu à peu, l’esprit d’adulation corrompit le
sénat. L’Empereur, lassé, se retira en CAMPANIE.
Le pouvoir à ROME, était abandonné au PREFET DU PRETOIRE AELIUS
SEJANUS qui, après avoir causé la perte de tous les membres de la famille
impériale, conspira contre TIBERE.
(PRAETORIUM= Tente du Général, à l’ origine le Préteur exerçait un
commandement militaire. Puis Demeure, palais du préteur, magistrat chargé de la
justice. D’où en Français Prétoire = Tribunal  cf. Proverbe « Quand la politique
entre au prétoire, la justice en sort))
Mais sur l’ordre de TIBERE, SEJAN fut abattu, exécuté ainsi que tous les
siens. Le règne se termina dans une atmosphère de terreur et de délation …
TIBERE était devenu un tyran odieux à tous, livré aux intrigues du Palais…
Dans cette célèbredigression, TACITE se laisse aller à des
réflexionsdésabusées et pleines d’amertume sur ses Annales. Il songe à TITE-LIVE
et aux grands épisodes que les historiens des âges précédents « racontaient en se
tâchant la bride » (=en se donnant toute liberté). Tandis que maintenant, sous
TIBERE, il ne se passe rien d’intéressant, c’est le train quotidien d’un empire qui
s’enlise dans une médiocrité et une torpeur qui n’excluent pas l’infamie mais qui
ensevelissent tout héroïsme.
ANALES IV, 32 : ANCIENS ET NOUVEAUX HISTORIENS

1°Inutile de comparer mon œuvre à celles de mes devanciers

- Quae … retuli =R
- Quae … referam =R Antécédent de Quae= Pleraque
- Videri = O
- Non nescius sum =P
Je n’ignore pas (+ proposition infinitive ou interro indirecte)
- Pleraque= un grand nombre (chez TACITE)>Plerique, Pleraeque Pleraque
Accusatif, Sujet de l’infinitif videri =0
106

- Memoratu=Supin en-u après levia : GR 228


Memoro, -as,-are, avi,-atum=rappeler.
- Contenderit: Sujet = Nemo
Subjonctif=comparaverit = Affirmation adoucie = ne comparerait.
- Nostros annales= S’agit il du titre de son ouvrage ?C’est plutôt 1 titre générique :
Les annales i.e histoire conçue comme présentation de faits
classés dans l’ordre chronologique, année par année. →COD de
« contenderit »
- qui composuere= R : antécédent de « qui »= eorum
Indicatif Prft3e pers, = forme syncopée de compno, is,-
ere, -sui-situm= composer
- Veteres res : les faits anciens, l’histoire de la République jusqu’Actium( 31)
Accusatif, COD pesant
- Illi=apposé à Nobis : dans la phrase suivante ;
Quando....praverterent : T
praverterentur= se tournaient de préférence vers…
- Si … memorabant= Cd potentialité dans le passé
- Libero egressu= en toute liberté → Ablatif de manière
Ils pouvaient fairecette sortie en toute liberté, ils offraient à
leurs récits une libre carrière.
- Expugnationes urbium= Véies, Carthage, Numance, Corinthe
- Reges fusos= Antiochus, Persée, Jugurtha et la reine Cléopâtre
Non sum nescius P Je n’ignore pas que
pleraque eorum beaucoup de ces faits
quae retuli et quae referam R que j’ai rapportés et que je rapporterai
videri forsitan O semblent peut-être
parva et levia memoratu, petits (moindres) et légers (=faciles) à rappeler.
Sed nemo contenderit nostros P Mais personne ne comparerait nos annales
annales cum scriptura eorum (=chroniques) avec la rédaction de ceux
qui composuere res veteres R qui ont composé les faits anciens(histoire)
Populi Romani (Gén. Subj.) du Peuple Romain
Illi (dicunt) P Ceux-là (racontent, rapportent)
bella ingentia, les guerres immenses (grandes),
expugnationes urbium, les luttes des villes
107

reges fusos et captos, des rois chassés et capturés


Aut, Soit
si quando praeverterent Cd si parfois ils se tournaient
(=praeverterentur) (de préférence vers)
ad interna, vers les affaires internes (intérieures)
discordias consulum les discordes des consuls
adversum tribunos, contre les tribuns,
leges agrarias et faimentarias, les lois agraireset frumentaires,
certamina plebis et optimatium, les rivalités de la plèbeet des Aristocrates,
memorabant P ils se rappelaient
egressu libero encarrière largement ouverte.

COMPR
L’histoire de TACITE peut paraître une relation des faits insignifiants,
parce que TACITE ne raconte pas de grands événements à l’instar de ses
prédécesseurs.
Pourtant, ces faits négligeables à 1ère vue, méritent un examen sérieux,
parce qu’ils ont occasionné de grands bouleversements.
108

2°Mon œuvre, sondage d’un domaine restreint et sans nouveauté apparente.

- Arto=ArctoArctus, -a, -um= étroit, serré, restreint= dans champ étriqué, un


domaine restreint.
Opposé à « libero egressu »
- Ingloriosus, -a, -um= Sans gloire
- Immotus,- a-um=immuable, calme, ferme, immobile, inébranlable
- Modice=Adverbe=Faiblement
- Maestus, - a, -um = triste
- Lacessita= violata : De là, une paix immobile
Lacesso, is, ere, ivi, -itum =Provoquer, attaquer, Exciter
- Proferendi= adj. verbal  imperii = devant être développé
= à étendre. Mais en cela, TIBERE ne faisait que suivre le sage conseil que lui avait
donné AUGUSTE (I, 11,7)
- Incuriosus= sine cura = sans zèle, insoucieux.
- Incuriosus, -a, -um= insouciant, négligent, indifférent, insoucieux.
- Fuerit = Futur antérieur
- Introspicere =Regarder de l’intérieur, sonder, pénétrer
Pour TACITE, l’histoire est un sondage des causes psychologiques
et sociales
- Metus= le branle, qui donne lebranle à de grands moments, les causes, motifs.
- Non fuerit sine usu = LITOTE
- Introspicere= sujet réel de fuerit
- Illa levia= [Link] introspicere

Labor (est) nobis ingloriosus P Le travail est pour nous sans gloire
et in arto et dans un champ étriqué
(  (Est) nobis labor ingloriosus (=Nous avons 1 travail sans gloire
et in arto) : et dans un domaine restreint):
Quippe De fait (=en ce temps là)
pax erat immota P la paix était immuable
aut modice lacessita, ou faiblement inquiétée,
res urbis maestae et les événements de la ville (étaient) tristes et
109

princeps (erat) incuriosus le prince (était) insoucieux


proferendi imperii d’étendre l’empire
Tamen Cependant,
non fuerit sine usu P il n’aura pas été sans utilité
introspicere de regarder de l’intérieur
illa levia primo aspectu ces faits simples à première une
ex quibus motus à partir desquels les causes
rerum magnarum des grands faits
oriuntur saepe R naissent souvent

Il ne faut pas comparer mes annales aux histoires des anciens historiens,
eux racontaient de grands faits en toute liberté, moi je raconte des faits anodins à
1ère vue, mais qui sont le berceau de grands événements historiques (historiques).
110

ANNALES, IV, 33 : MALAISES DU JUGEMENT SOUS LE PRINCIPAT

1° SUR LES GOUVERNEMENTS


- regunt :P
- potest :P
- si… evenit : Cd
- potest :P
 Nam= conjonction de cordination explicative=car, en effet
explique la proposition « Non tamen sine usu fuerit »
N.B : Cependant, la véritable explication ne commence qu’à ut olim
- Singuli= un à un, un seul⇒MONARCHIE
- Primores= les Nobles ⇒ARISTOCRATIE
- Populus=le peuple ⇒DEMOCRATIE
- Delecta⇒deligo, -is, -ere,- legi, - lectum= choisir, élire
Part Prft passif adjectivé, épithète de forma rei publicae
→Cette forme de gouvernement est l’idéal de POLYBE (historien grec
emmené comme otage à ROME, il y devint l’ami de
SCIPIONEMILIEN qu’il suivit plus tard en Afrique) et de CICERON
qui aimait le lire.
- Ex iis= de ces 3 éléments
- Laudari s.e. potest, à suppléer de « esse potest »
- Facilius= comporatif de l’adverbe Facile.

Nam, populusaut primores En effet le peuple (Démocratie) ou les Nobles


aut singuli regunt P (Aristotocratie)oulesparticuliers(monarchie) gouvernent
cunta nationes et urbes toutes les nations et toutes les villes :
Forma rei publicae delecta et Une forme de gouvernement choisie et unie à
consociata ex iis partir de ces (trois) éléments
potest laudari facilius P peut être louée plus facilement
quam evenire, que de venir à jour (=se réaliser)
vel si evenit Cd ou bien si elle se réalise,
haud potest esse diuturna P elle ne peut/ pourait être durable.
111

COMPR
Si seulement les 3 formes de gouvernement (démocratique, oligarchique et
la monarchie) pouvaient fusionner en une synthèse bien dosée ! Mais cela ne
durerait pas.
 Pareil gouvernemet est l’idéal de POLYBE et de CICERON :
1 gouvernement à la fois démocratique, oligarchique et monarchique.
1ère phrase= imphatique.

2°) SOUS L’EMPIRE, LA MORALE NECESSITE LA CONNAISSANCE HISTORIQUE

- Ut olim= Comparatif, corrélatif de « Sic »


= s’il est vrai que, par ailleurs
Période avec PROTASE et APODOSE
Si = conjonction = si, dans le cas où…
- Cum patrespollerent =T
Polleo, -is,-ere,-,-=être puissant
Les pères ARISTOCRATIE, représentée par le SENAT
- natura=sujet de erat, s.e.
Haberetur=était possédée, sujet= natura
[Link]’interro indirecte O de « noscendum erat » s.e.
- Temperanter = momentanément, [Link]érément, sans mépris ni basse
adulation.
- qui perdidicerant= R
=ii qui
- maxime ingenia senatus et optimatium
Se rapporte à « cum patres pollerent », de même que
« noscenda vulgi natura » se rapporte à « Plebe valida »
Abl. [Link] part : T

- callidi= Attribut du sujet de credebantur


Callidi temporum= habiles politiques
Sic= ainsi : le parallélisme n’est pas bien observé
- Re romana non alia= Abl. abs. de cause
=alia rerum salute→Conjecture « maintenant que le salut de l’Etat
exige le principat ».
- Statu converso= AblatifAbsolu de Temps
112

- Unus= Un seul  c’est une MONARCHIE virtuelle


- Si … imperitet  Potentialité
Fréquentatif ou intensif
- Haec conquiri  chercher soigneusement ces faits (que je rapporte ici)
- In rem fuerit>in rem esse=être utile, opportun
POTENTIEL, Affirmation adoucie
- Prudentia= avec prundence, par les seules humières.
- Deterior,- ris= moins bon, pire, plus mauvais, ce qui avilit
Igitur Donc
ut olim comme (par ailleurs) autrefois
plebe valida vel la plèbe étant forte, ou bien,
cum patres pollerent, T quand les sénateurs étaient très puissants
natura vilgi erat noscenda P le caractère de la foule était à connaître
et (noscendum erat ) quibus et (il fallait savoir) par quels moyens
modis (natura) haberetur R (cecaractère) était possédé (= dompté,
temperanter maîtrisé) avec mesure,
(ii) qui perdidicerant maxime R ceux qui avaient étudié profondément
ingenia et senatus et optimatium, les esprits et du Senat et des nobles,
credebantur callidi temporum P étaient crus habiles enoccasos (=politiciens) et
et sapientes sages,
sic statu converso ainsi, l’Etat ayant été changé
et re romana non alia quam si et le gouvernement romain n’étant ô chose
unus imperitet, Cd que dans le cas où un seul régnait,
fuerit in rem P il serait utile que
haec conquiri O ces faits(que je rapporte ici) soient cherchés
et tradi, O soigneseument et soient transmis,
quia pauci discernunt parce que peu de gens distinguent
C
prudentia avec prudence (par les seules lumières de la raison)
honesta ab deterioribus l’honnête de ce qui avilit
utilia, ab noxiis, ce qui est utile de ce qui est nuisible,
plures docentur C plusieurs sonts instruits
eventis aliorum par les événements(ce qui est arrivé) des autres.

 « Jadis, il y avait de grands et habiles popliticiens, mais


 maintenant, il faut avoir recours à la lumière des autres ».
113

3°) LES ANNALES DE TACITE : UTILESOU AGREABLES ?

- utprofutura (sunt)
ut… ita= si… ita…
Profutura= Forme progressive de prosum, prodes, profui,
prodesse= être utile
- Adferunt>Adfero, -ers, -ferre, attuli, allatum=Apporter
- oblectatio, - nis= agrément, plaisir .gentif partitif
- situs gentium=description géographique
- retinent >retinere=retenir, tenir en son pouvoir, conserver, maintenir
- redintegrant >redintegrare=renouveler, ranimer, compléter
easdem exitii causas=les causes mêmes de leur mort c’est-à-dire haine, cupidité,
défiance, calomnies
- Ducum= génitif possessif
- legentium=Génitif possessif
- Conjungimus=Nos racontons toujours à nouveau
- obvia= à la rencontre de ecposé à
N’offre que monotonie et satiété
 Ceterum Du reste,
ut haec (sunt) profutura si ces détails sont utiles
ita adferunt par (aussi) ailleurs ils apportent (offrent)
minimum oblectationis le minimum de plaisir.
Nam situs gentium En effet, la situation des nations,
verietates proelium les vicissitudes des guerres,
exitus clari ducum retinent les succèscélebres des générauxretiennent
ac redintegrant animum legentium. et raniment l’esprit des lecteurs.
Nos conjungimus jussa Nous, nousracontonstoujoursles ordres
saeva, accusationnes costinuas cruels (= barbares), lesaccusationscontinuelles,
amicitias fallaces les amitiés trompeuses,
perniciem innocentium la perte des innocents
et causas easdem et les causes mêmes
exitii de la mort,
obvia similitudine sujets qui s’imposent par la ressemblance
et satietate rerum et l’abondance des événements.
114

 Le présent récit reste utile(tant il faille s’instruire par ce qui est arrivé
aux autres) même s’il offrira moins de plaisircar ne relatant que des histoires
de délations, de félonies à répétition, de lâches assassinats et de luttes
intestines là où les autres historiens prodigueraient des vicissitudes et des
victoires décapantes.

4° AUTREFOIS, PAS DE CENSURE AUJOURD’HUI TOUT EST SUSPECTE

- Tum… quod sous entendre « huc accedit quod », semble donner 1 autre motif :
des censeurs passionnés suspectent vos œuvres.
- obstrectator= un opposant.
- Neque refert (impersonnel) = il importe, il est de l’intérêt de = InterestDEGIVE 249
- extuleris=subj. Prft (de effere= louer, relever la gloire de) 2e pers. Impers.GR123.
O sans ut comme après fac, cura, licet. De Give 284,1°
- Utque= et quoique+subj=A supposer que. [Link] GIVE 384,1°
- Tiberio regente= Ablatif Absolu de Temps
- Objectari= Inf. passif de objectare= Exposer, opposer, objecter, reprocher
Ils penseront que la mention du crime des autres est dirigée contre eux,
(est 1 reproche à leur adresse)
- infensus, -a, -um= hostile, irrité, ennemi,
- nimis ex propinquo= tirée d’un passé troprécent
- reperies=futur simple, 2e personne de l’interlocuteur de l’interlocuteur fictif.
- Arguo, -is,-ere, ui, itum= Attaquer, Accuser, convaincre, Réfuter, prouver
- Inceptum,-i, n= entreprise, projet, objet, sujet.
Tum, (huic accedit) Alors, (à cela s’ajoute)
quod obtrectator (est) rarus que l’opposant (est) rare
seriptoribus antiquis pour les écrivains anciens
et non refert cujusquam et il n’est de l’intérêt de personne
extuleris lactius qu’on exalte plus largement (abondament)
acies punicas vel romanas ; les armées puniques ou romaines ;
At, posteri multorum qui, Mais, les descendants de plusieurs qui,
Tiberio regente sous le gouvernement de TIBERE,
115

subiere poenam vel infanios ont subi le chrâtiment ou les humiliations


manent ; vivent encore ;
Utque familiae ipsae Et à supposer que les familles elles-mêmes
sint jam extinctae, soient déjà décimées,
reperies qui putent on retrouvera ceux qui pensent que à
Ob similitudinem morum cause de la monotonie des moeurs
malefacta aliena objectari sibi les maux étrangers sont imputés à eux
(la mention du crime des autres est 1
reproche contre eux)
Etiam gloria ac virtus Même la gloire et la vertu
habet infensos ont des ennemis
Ut arguens diversa parce que attaquant les choses opposées
ex nimis propinquo. à partir d’un passé très récent.
Sed redeo ad incepta. Mais je reviens aux projets (=au sujet).

COMPREHENSION
 TACITE dénonce la tyrannie, hostile à la vertu et aux écrivains.
 Mieux, TACITE dénonce l’absence de liberté d’expression.
Cf terreur et délation de la fin du règne de TIBERE, Tyrannie aussi de DOMITIEN.
Peu importe leur façon de raconter, les historiens anciens n’ont pasété denigrés.
Aujourd’hui,au récit des crimes d’autrui ou d’une gloire récente, plusieurs se
sentent visés.

 L’HISTOIRE D’APRES TACITE

 L’histoire devrait avoir comme ambition la relation claire, objective et


franche des événements passés. Mais la vérité historique est souvent tordue,
violée surtout par l’adulation ou la [Link] veut être objectif est haï, qui
dénigre ou excite la jalousie est bien écouté.L’histoire devient ainsi une
odulation servile, et l’autonomie de l’historien n’est qu’apparente.
 Pourtant, par loyauté, il faut être objectif et impartial, jouir d’une liberté
d’opinion et d’expression-vertu chère à la Démocratie.
L’histoire comportera le souci d’éduquer la postérité, en lui livrant la vie et le
mérite de certains hommes célèbres. Ainsi, l’histoire aidera à vaincrece vice
commun aux Etats : la méconnaissance du bien et le dénigrement de la vertu.
116

 L’historien est pour ainsi dire utile à l’Etat en tant qu’il doit lui
signaler les dangers qui le menancent, son affaiblissement intérieur.
L’historien n’attend d’autrerécompense que la conscience de bien
[Link] la tyranie paralyse les écrivains au point que dans
une époque hostile aux métites, il faut pour être écouté, se présenter en
accusateur qu’en panégyriste.
 Mais le silence imposé par la tyrannie n’est pas synonyme d’oubli, si bien
que, dès que s’ouvre une époque meilleure, l’historien doit –comme TACITE-
entreprendre d’écrire l’histoire de son temps.
 Tout ceci est à comprendre dans le contexte du regne de TIBERE 14-37) fils
adoptif d’AUGUSTE : soup gonneux et cruel, il décina la noblesse par peur
de complots.
En bref :
1°Il est nécessaire d’écrire l’histoire, quelle que soit l’importance de l’événement
que l’on relate. En effet, il n’y a pas de fait passé dont ne puisse s’instruire
le présent.
2° Il faut écrire l’histoire dans la vérité, dût-on être désagréable et blesser ceux
qui se sentiraient visés.
 Ne dirait-on pasque l’histoire est un service moral rendu à la société, aux
citoyens ?

II. 2. TITE – LIVE, A.U.C.


« UTILITE DOUTEUSE & DIFFICULTE D’ECRITURE L’HISTOIRE DE ROME »

1. L’AUTEUR : TITE-LIVE (59- 17)


117

TITUS LIVIUSPATAVINUSune vie assez mal connue


 Il, naquit à PADOUE aux environs de l’année 60 (= 59 ou 64) d’une famille
bourgeoise riche aux idées fortement républicaines
Comme VIRGILE, TITE – LIVE est un Cisalpin
 Il commença le cycle de ses études à PADOUE et l’acheva à ROME où il se
fixa. Sa vie ne fut pas chargée de beaucoup d’événements ; il se maria, il eut
deux enfants et une existence entièrement consacrée aux études.
 De 27 à sa mort, il se consacra à la composition et à la rédaction de son
Histoire de Rome.
 A l’écart de la politique, il demeura fidèle aux convictions républicaines de sa
famille mais il fut reçu dans l’intimité d’Auguste etde la famille impériale
 Il monrut en 17 pcm.

2. SON ŒUVRE

–TITE – LIVE fut cet histoire – philosophe qui avécu dans l’entourage l’empereur
OCTAVE AUGUSTE, ami des lettres et des écrivains.
-De lui, on citesouvent des Dialigues philosophiquesqui ne nous sont pas parvenus.
-Il avait une trentaine d’années quand il entreprit son histoire de ROME , depuis
l’arrivée en Italie du troyen ENEE jusqu’à la mort de DRUSUS , frère deTIBERE,en
9aCn.
-La plus grande partie de cette œuvre ne nous est pas parvenue et ne nous est
connue que par des résumés (Périochae)
De ces 142livres, il ne nous reste que 35, ainsi répartis :
I - X : Débuts de l’histoire romaine depuis les plus lointaines origines
jusqu’en 293 aCm (=3ème guerre samnite) = 1èreDécade.
XXI – XXX : la troisième guerre punique = 2èmeDécade.
XXXI-XLV : les faits postérieurs à la 2e Guerre Punique jusqu’au
triomphe de PAUL– EMILE sur PERSEE en 167 aCn.
-Admirateur du génie d’Auguste, TITE-LIVE, comme VIRGILE, s’est proposé de
contribuer à l’œuvre de redressement national entreprise par l’empereur. Comme il
le dit lui- même, il travailla à perpétuer la gloire du peuple qui dominait le
monde.
118

3. SACONCEPTION D EL’HISTOIRE

Pour CICERON l’histoire est proche d el’éloquence (De orateur, II, 51)
En effet, l’histoire est un [Link] :
-l’historien doit rechercher la vanité et se montrer impartial
-l’histoirien doit mettre en lumière la vie et le caractère des hommes illustres
-l’histoirien doit offrir à ses lecteurs les exemples salutaires des grandes vertus
-L’histoirien doit être un artiste capable de créer une œuvre belle par la variété
des couleurs et le développement ample et régulier des phrases.
TITE – LIVEa repris et appliqué toutes ces idées (= influence
romaine) et s’est conformé aussi à certains principes chers aux historiens
del’école d’ARISTOTE (influence grecque) :
-Recherche d’une composition harmonieuse
-interpiétation des faits historiques
-recherchedu pathétique
- Préciseion dans l’analyse
-plénitude du style qu’il admirait chez THUCYDIDE
→Dans son œuvre, TITE- LIVE n’obeit pas à la conception moderne et
scientifique de l’histoire (impartialité absolue et recherche méthodique de la
vérité).
Pour lui et pour laplupart des anciens, l’histoire est un genre littéraire
et oratoire dont la tache consisteà embbellir les faits puisés dans les ouvrages d’autrui.

4. SON STYLE

 Un art dramatique : drame, épopée tragédie


 Une langue déjà moins classique : Archaique
 Un style varié et vivant : pas d’énumérations longues et froides deschiffreset des dates
 Un style ample et majestueux : Périodes, redondances, répétition harmonieux varié

CONCLUSION : TITE- LIVE est un grand écrivain :


 S’il immite et admire CICERON, sa langue est plus colorée, fertile
en tours archaiques en mots et en constructions poétiques…
 Son style ample et périodique est suffisamment varié.
119

 Souvent, le mouvement continu se brise et des constructions


ramassées et rigoureuses annoncent le style de TACITE.
 L’influence de la rhétorique se reconnaît surtout dans l’usage des
figures (antithèses, anaphores, …), dans la recherche des images
frappantes, du trait final, de la sonorité des mots et du rythme de
la phrase.
A.U.C. est une œuvre d’art où la noblesse de la pensée va de pair
avec la beauté de la forme. Et dans cette histoire à la gloire de ROME sont
exaltés :
 La grandeur morale
 L’esprit civique
 Le devouement
 La sagesse politique
Partant, l’image de ROME, de CORNEILLE à ROUSSEAU, estcelle
qu’a laissée TITE- LIVE.

5. DE QUOI S’AGIT – IL ? ⇒PREFACE

Dans cette majesteuse préface de son œuvre grandiose, on peut


distinguer 3 parties :
 1-5 : TITE-LIVE traite de l’utilité douteuse et des difficultés que comporte
son entreprise d’écrire l’histoire de ROME.
 6-12 : TITE- LIVE définit sa méthode dans la recherche de la vérité et son
objectif, qui sera de dégagerdu passé l’identité nationale romaine et d’offrir
ainsi un remède aux maux du siècle par tous les magnifiques exemples dont
il découvre le message.
 13/ Invocation aux dieux

Ière PARTIE : UTILITE DOUTEUSE ET DIFFECULTE DE L’ENTREPRISE 1 – 5

1° Utilité doteuse
120

-Facturusne= ferai-je
-ne (= enclitique) = adverbe interrogatif : est- ce que ?si an si dans une
interrogation indirecte.
Dans une interrogative indirecte avec idée de doute= « Je me
demande si.. » cf. [Link] 467, remarque 3
- Facturus= Part. Fut. De Facio, -is, ere, feci, factum= faire
= Facere operaepretium= faire quelque chose qui vaille la peine
Prix (accusatif), valeur
-ausim= forme archaique du subjonctif optatif servant à l’expression des vœux,
d’une condition, ou, comme ici, d’une possibilité→audeam
= audeam >audeo, -is, ere, ausus sum, -(sémi- déponent)= oser.
= Ne sim facturus Je me demande si je vais faire
pretium operae quelque chose qui vaille la peine
si praescriprerimres populi Romani si j’écrisl’histoire du peuple Romain
a primordio urbis depuis l’origine de la ville
et non scio satis et si sciam et je ne le sais assez et si je le savais,
non ausein dicere je n’oserais le dire

2° Sujet vieilli et rebattu

- (Quippe) qui (+subjonctif en général)= puisqu’il


-rem= matière sujet
-dum= en un tps où (valeur à la fois temporelle et causale)
-semper porte sur novi
- Scribendi arte= dans l’art d’écrire
⇒TITE-LIVE comme tous les historiens de l’Antiquité considère que le
souci de faire œuvre d’art est aussi legitime et aussi important que
celui de la documentation exacte (certius aliquid)
- Rudem vetustatem = la maladresse des anciens, la rude ancienneté
⇒Allusion aux anciens annalistes latins (notamment FABIUSPICTOR que
TITE –LIVE a utilisé) qui écrivaient en grec, et peut-être auxOrigines
deCATON(en Latin).
Allaturos esse= Infinitif futur de adferre
Certius= comparatif de certus = certain
121

Quippequi videamrem esse Car (moi) qui voie que le sujet est
cum veterem non seulement vieux
tum vulgatam, mais aussi rebattu
dumscriptores en ce temps oùles historiens toujours
semper novicredunt nouveaux croient
aut se esse allaturos soit qu’ils vont apporter
aliquid certiusin rebus quelquechosedeplus sûrdans ce domaine,

aut se esse superaturos soit qu’ils vont surpasser


rudem vetustatem la maladresse des anciens
arte seribendi. par leur talent litéraire.

Sujet =vieux et rebattu, et plusieurs s’y adonnent avec ambition en dilettante

3° Pourtant je serai heureux decontribuer à la renommée de Rome

-Utcumque…erit
Se rattache à facturusne
De quelque manière que=Adverbe relatif indéfini
-Iuvabit >Iuvo,-as ;-are, juvi, jutum(= aider, réjouir) ici= impersonnelcf. De GIVE 238
=Il me plaira de, je serai bien aise de, il me sera agréablede
-memoriae= Datif objet de consuluisse
Consuluisse = Infinitifparfait
-consulo,-is,-ere,-sului, sultum(Vt =examiner, consulter)ici = Vi qui régit 1
Complément au datif= Prendresoinde, veiller auxintérêts de, avoir des égardspour

-pro virili parte= de mon mieux(= pour ma part virile)= ablatif deconformité
-principis terrarum populi
Dès le début, TITE –LIVE marque ainsi l’objet patriotique deson ouvrage
- In tanta scriptorum turba = dans une assez grande foule d’écrivains
= Allusion à CORNELLIUS NEPOS, CATON,PISON, COELIUS ,PLYBE…
- officio, -is,-ere,-eci,-fectum= i= nuire à, s’opposer
- Consoler= subjonctifprésent de consolor, aris, ari, atussum= consoler, Rassuser,
apaiser
Utcumque erit Quoi qu’il arrive,
tamen (me) juvabit ipsum cependant il me plaira que moi-même
122

consuluisse memoriae ait veillé aux intérêts du souvenir des


rerumgestarumprincipis hauts faits du premier peuple du
Populiterrarum et pro porte monde et cela de mon mieux ;
virili ; et si
et si dans une si grande foule d’historiens
in tanta turba scriptorum ma renomméedemeuraitdansl’obscurité, je
mea fama sit in obscuro, me consolerais par la noblesse et
consiler me nobilitate par la grandeur de ceux qui porteront
ac maguitudine eorum qui ombrage à mon nom.
officient meo nomini.

L’auteur se réjouit du fait qu’écrivant l’histoire romaine, il aura contribué à


rappeler les hauts faits du 1er peuple du monde.

4°) Sujet immense et interessant peu les contenaporains

- Praeterea= en outre
Introduit 2 raison nouvelles pourque son nom reste obscur
 Et immensi est en corréllation avec
 Et legentium
→L’idée exprimée par le complément au génitifimmensioperis s’oppose
ainsi à celle qu’exprime le second membre de la phrase (legentium plerisque…
se ipae conficiunt) qui seprésente comme 1 tout indépendant : exemple
d’ASSYMETRIE de l’expression
-Supra septigentesimum annum = par – délè la 700eannée
On remonte traditionnellement à l’an 754 av. JC.-xt
-Eo (adv) = à tel point que
-Repetatur= subj. Pré[Link] de repetere= remonter
-Praebitura sint (= Futur périphastique du subj)= Futur progressif
= Participe futur de praebeo, -es, -ui,-itum= offrir, fournir
-Festinantibus= Participeprésent à sens causal se rapportant à plerisque
Festinari = se hâter
123

-Quin+ subj. = conj.=sans que, detelle sorte que…ne


-ad haec nova : à ces derniers temps i.e. l’époque contemporaine, celle des
guerres civiles, qui avaient en effet fournit la matière de très nombreux
mémoires et ouvrages historiques, dont ceux de SALLUSTE,ASINUS
POLLION,etc…
- quae=ea =sujet
Et praeterea res estoperis immensi P Et en outre, le sujet estd’un travail immense
ut ea(=quae)repetatur C puisqu’il remonte

supra septigentesium annum par-delà la 700eanée


et ut quae ( res=res romana) profecta et puisque la nation romaine (qui) partie
ab initiis exiguiscreveriteo ut laboret des débuts modestes s’est accrueà tel point
jamsua magnitudineet haud qu’elle se plie déjàsous sa grandeuret je ne
dubitoquin primae origines doute pasque les 1éresorigines
et proxima originibus et les écrits les+ proches des origines
sint prabitura minus voluptatis vont offrir moins deplaisir
plerisque legentium festinantibus à +rs des lecteurs se hâtant (pcq sehâtant)
ad haec nova, (d’arriver) à cesderniers (temps),
in quibus vires populi au cours desquels lesforces du peuple
jam pridem praevalentis depuis longtemps l’emportant
ipsae conficiunt se elles – mêmesse détruisent.

Lesujet est immense mais seule la dernière partie attrirera l’attention des
lecteurs, les débuts légendaires suscitant peu d’intérêt.

5°) Mais ce sera un délassement que de m’arracher aux maux du siècle.

- Tantisper= adv. = du moins, si longtemps


124

-Quoque= aussi contra= adv.= aucontraire


Ajoute de nouveaux avantages à celui qui s’est promis plus haut (3°
juvabit …consuluisse)
-curae= du souci à savoir le souci dene pas froisser, en parlant d’événements
contemporains, despersonnages politiques encore vivants(ou leur famille)
et lasouffrancedu patriote décrivant les malheurs récents de la patrie.
-Illa prisca= en ces premiers temps-là
- Priscus, a, um= Ancien, vieux
Ego contra petam quoque Moi au contraire,jeretirerai aussi, cet
praemium laboris avantage demon travail
ut avertam a conspectu vuque je m’écarterai duspectacle des
malorum quae nostra aetas vidit maux que notre siècle voit (a vus)
pertot annos tantisper certe pendant tantd’annéessilongtempscertes,

dum repeto tota mente tant que jemerappelle partout mon esprit
illa prisca ces antiquités (=ces choses surannées),
expers omnis curae exempt de tout souci
quae posset efficere tamen qui pourait détourner cependant
animum sollicitum scribentis l’esprit troublé del’écrivain
etsi(posset) non flectere même si (il pouvait) ne pas détourner
(animum) a vero l’esprit de la vérité

CUMMENTAIRE
A lire et à analyser ces 5 1 eresphrases, on se rend compte qu’elles
sont : -périodiques
-harmonieusement construites. Elles peuvent rivaliser avec les phrases
cicéronniennes par leur disposition symétrique. Leur spécificité, c’est qu’elles
touchent surtout par leur force du patriotisme.
Quoique TITE –LIVE veuille faire parade deson talent, (Superare arte
scribendi) il semble pourtant préoccupé par un souci digne d’un
historien : ne pas détourner de lavérité (non flectere a vero)

IIèmePARTIE(6-12) : INTENTIONS ET METHODES

6°) Sur les origines deRome, l’auteur n’a pas l’intention de se prononcer
125

- Conditam & condendam>condo, -is,-ere,-didi,-ditum= fonder


-ante condendam urbem= avant que Rome fut à fonder, c’est-à-dire « avant qu’on
eut l’idée de fonder »
TITE – LIVE, au début du livre I, expose lestraditions relatives à
l’établissement d’ENEE en Italie.
- decora= attribut( cf quae traduntur decora…)
S’oppose par l’intermédiaire de magis quam à- incorruptis monumentis =
Ablatif de moyen qui se rattache directement à
traduntur= nouvel exemple d’ASSYMETRIE
= Et in animo estnec affirmare Et dans mon esprit il n’ya ni à affirmer
nec refellere ea( quae) ante ni à réfuter ces événements(qui) avant
urbem conditam vel condendam, lavillefondéeou àfonder
traduntur decora sont rapportés embellis
magis fabulis poeticis plus par des légendes poétiques
quam monumentis incorruptis que par des monuments incorruptibles
rerum gestarum. des faits accomplis.

7°) On peut bien accorder à Rome des origines mythiques

-consecrare= au sens plein de sanctifier


-referre a le même CODoriginess suas
-auctores= a la valeur d’un attribut dedeos
-conditoris sui= Romulus, à qui la légende donnait MARS pour père
-Suum parentem= Attribut du complémentMartem
- Mars, -tis= Mars le dieu de la guerre est le père deRomulus et l’ancêtre divin de
la ville deRome. Il est vénéré par tous les peuples italiques et tout
particulièrement par Rome qui le considère comme le défenseur des
limites urbaines.

Potissimum= de préférence à tout autre dieu car Rome est une nation guerrière
-Antiquitati= Datif d’attribution
126

-Miscendo= Gérondif à l’Ablatif demanière


-Divinishumana(adjectifs substantivés)= leschoses divines,les choses humaines
-Populo romano= Datif Posessif

= Hac venia datur antiquitati P Cette faveur est accordée à l’antiquité


Utmiscendo humana divinis pour que, en mêlant les
faciatprimordia urbium faitshumainsaumerveilleux,
augustioraet, B elle rende les débuts des villes
si opportet licere cui populo plus augusteset,
consecrare suas origines Cd s’il convient depermettreà quelquepeuple
et referre ( eas) ad deos de sanctifier ses origines
ut auctores et de les rattacher aux dieux
ea gloria belli comme leurs auteurs,
est populo Romano cette gloire deguerre
ut P est pour peuple romain
cum feratpotissimum Martem desorte que
suum parentem T quand il présente de préférence Mars
et ( pagentem) sui conditoris comme son parent
gentes humanae patiiantur et le parent de son fondateur,
hoc Cs les nations humaines supportent
tam animo aequo cela
quam patiuntur imperium autant d’une ame égale
Cp qu’elles supportent son autorité.

 A voir la grandeur deROME à l’époque impériale (Auguste), affirme Tite-Live,


on n’a pas à douter des origines sacrées de la ville de ROME.

8°) Je n’en ferai pas l’objet d’un jugement sérieux

-animadaversa= s’entend de la façon de les envisager


-existimata= s’entend delafaçon delesjuger
127

-haud in magno ... ponam discrimine = jen’en ferai pas l’objet d’un jugement
decisif, sérieux, i. [Link] n’y attacherai pas une grande importance.
-Intendat= subjonctif optatif deintendere (=tendre vers)
-Acriter (= adverbe) : avec effort
-Mihi= Datif éthique
= Sed Mais,
utcumque erunt animadversa R de quelque manière qu’ils soient envisagés
aut existimata, ou jugés,
haud ponamequidem P je ne placerai assurément pas
haec et similia his ces faits et des (faits) semblables à ceux-ci
in magno discrimine dans un grand discernement (jugement)

= Mais je n’attacherai pas assurément une grande considération à ces faits et aux
faits semblables à ceux-ci de quelque manière qu’ils soient envisagés ou bien jugés.
 Ces faits et autres du même ordre n’ont pas aux yeux de l’auteur une grande
importance de quelque façon qu’on les envisage ou qu’on les juge.

9°) Quant à l’histoire véritable, il faut étudier les causes morales de la


grandeur et de la décadence de Rome…

-Mihi = Datif éthique cf [Link] GIVE N°262

a) Le Datif éthique ou datif de sentiment est un datif d’intérêt qui désigne la


personne dont on veut susciter l’intérêt ou que l’on suppose avoir lacuriosité, ou
que l’on prend à témoin d’une émotion, d’une action, d’un récit, d’un étonnement
Ex :Tu mihi istius audaciam defendis= c’est toi qui me défends son audace.

-ad illa désigne ce qui suit : la leçon morale et politique que les Romains doivent
tirer de l’étude del’histoire.
- Desidens = Part Prés de disido, is, ere, sedi, vi.= se corrompre, s’altérer,s’enfoncer
-artibus = Façond d’agir, y compris :
128

-domi=la politique interieure et


-militiae =la politique extérieure Génitifs locatifs
-Primoporte surdesidentes= affaissé, Fléchissant
- Praeceps, -cipitis= qui tombe la tête en avant,qui se hâte, qui baisse, déclinant
-Sequatur ; sujet = Quisque
C.O.D= qui mores et les autres complétives interrogatives = -
deinde ut… lapsisint
-tum ut… coeperit
-Partum= Participe Prft de Parere, -io, is, peperi, partum : engendrer
-Auctum= participe prft de Augere, -eo, es, auxi, auctum= croître
- Prose quisque= Chacun pour sa part, suivant ses moyens
-intedere animum= intendere se ou intedere ad rem = se proposer, de viser à
porter une attention à
- Labente> Labens, -entis participe Présent de Labor, laberis, lapsus
sum=s’affaiblir faillisglisser, tomber, dégénérer

Quisque pro se Il faut que chacun selon sesmoyens


intendat (mihi) (me) prête une attention
acriter ad illa : avec effort (vivement) à ces faits :
quae vita fuerit, qui mores fuerint quelle vie aété, quelles mœurs ont été
per quos viros et par quels hommes (ellesont été) et
quibus artibus par quelles façons d’agir
dimiet militiae à la maison et à l’extérieur
imperium sit partumaut auctum l’Empire est né ou a augmenté
deinde (quisque) sequatur en autre, il faut que chacun suive par
animo lapensée
velut, disciplina labente comment discipline étant relachée
paulatim (=adv) peu àpeu
mores (fuerit) primodissidentes, les mœurs ont été d’abord fléchissantes,
deinde ut sint lapsi ensuite de comment elles ont dégénéré
magis magisque de plus en plus
tum (ut) coeperint puis comment elles ont commencé
;ire praecipites à s’engouffrer précipitées
donec est perventum jusqu’au moment où on est parvenu
129

ad haec tempora àces temps


quibus non possimus pati au sein desquels nous ne pouvons
et nostra vitia supporter
et nostra remedia ni nos vices
ni nos remèdes

=L’auteur présente l’intérêt vers lequel tendra son regard ce qui mérite attention
aux yeux de l’auteur c’est l’histoire réelle particulièrement tout ce qui touche aux
causes del’apogéeet de la décadence de ROME.

10e Son histoire est un répertoire de beaux témoignages

- Hoc est illud  hoc= sujet


illud=Attribut ; il a le sens admiratif
Est dévelopé par la proposition infinitive te… intueri
- Frugifer, -ra, -rum= fécond, qui porte du fruit
- Principue(adv.)= spécialement, particulièrement
- Saluber, -bris, -bre =sain, propre, salutaire, utile, modéré, vigoureux.
- te= le lecteur auquel TITE-LIVE s’adresse dans cette préface.  traduit
« on »=2e personne, pr l’impersonnel, même sens impersonnel pour « tibi…
tuaeque ».Idem pour les 2es personnes du singulier capias et vites
cf. De GIVE 123, 5e>capere devitare
- Omnis…. exempla documenta ; littéralement = Des faits instructifs
de tout modèle, donc des exemples instructifs de toute sorte
- Rei publicae et tibi = datifs d’avantage
- Monumento désigne ici l’œuvre historique, qui met ces
exemples en pleine lumière  (illustri= au sens actif de « qui
éclaire »)
- Imitere= forme syncopée de « imiteris » (ici= 1 subjonctif final).
- Inde= « ex illo monumento »
- Foedum= Adjectif neutre pris substantivement
- Inceptu+exitu=Ablatifs du point de vue (=Pour ce qui est de)M. DE GIVE 225
Hoc est illud Ceci (ce que l’histoire présente)estcela (cet avantage)
130

praecipue salubre ac frugiferum de particulièrement salutaire et fécond


in coguitione rerum, dans la connaissance des événements,
te intueri documenta omnis exempli, qu’on regarde des exemples instructifs
posita in monunmento illustri ; de toutesorte, posés dans un
inde (= ex illo monumento) monument (chef-d’œuvre)célèbre(qui éclaire) ;
capias tibi et tuae rei publicae de là (à partir de ce monument)
quod imitere, on trouve pour soi et pour son pays
inde (capias) RB ce qu’on imite,
foedum inceptu, de là on (prend) trouve
Foedum exitu des actions honteuses de par leur cause,
quod vites desactionshonteusesdeparleur conséquence,
qu’on évite.
RB

 L’histoire est 1 répertoire de beaux témoignages. On y trouve pour son bien et


celui de son pays des modèles à suivre (etdes antivaleurs à éviter)

11°) Aucun Etat ne fut plus grand, pur et riche en exemples

- Suscepti= Participe parfait de suscipio, -is, -cepi,-ceptum= entreprendre, soutenir


- Sanctior= comparatif de sacer→à prendre au sens moral
- Nec in quam civitatem= nec civitas in quam
 TITE-LIVE reprend ici à son compte les lieux communs de la littérature
classique sur les vertus des anciens Romains.
- Rerum= Génitif partitif= les biens, les richesses
- Exemplis= Ablatif complément de l’adjectif. Ablatif d’abondance

Ceterum Du reste,
aut amor negotii suscepti ou bien l’amour de mon ouvrage commencé
fallit me (me) trompe (moi)
aut numquam ulla respublica ou bien jamais aucun Etat
fuit nec maius nec sanctior ne fut ni plus grand, ni plus pur
131

nec ditior bonis exemplis ni plus riche en bons exemples


nec fuit civitas in quam ni ne fut une cité dans laquelle
avaritia et luxuria tam serae la cupidité et la luxure si tardives
immigraverint ont pénétré,
nec ubi tantushonosactam diu ni où un si grand culte et si longtemps
fueritpaupertatiacparsimoniae: ne fut à la pauvreté et à l’économie :
adeo erat à tel point qu’l y avait
quanto minus rerum autant moins de richesses
tanto :minus cupi ;ditatis que moins de cupidité

TITE-LIVE fait l’éloge de la Rome antique : Jamais Etat ne fut plus grand, plus
pur et plus riche en exemples.
Cf. 5 raisons introduites par « nec ».

12° Les causes de la crise morale

- Nuper= Récemment, naguère  Adverbe de temps qui n’est guère précis


- Invexere = Forme syncopée de Invexerunt= Indic. Parfait Act. 3e pers du Pl. de
Inveho,-is, ere,-vexi, -vectum= charrier, trainer, transporter,entraîner
- Pereundi= gérondif au génitif de Pereo, -is, perii, perire = périr, et sert de passif
à perdere
- Perdendi= gérondif au génitif >perdo,-is,-didi, -ditum=perdre
- Forsitan= Peut-être adverbe de doute.
Suivi d’un verbe au subjonctif dans l’usage de Cicéron, il est considéré par TITE-
LIVE comme un simple adverbe sans influence sur le mode du
verbe.
- Absint= subjonctif de souhait de abesse= être absent
Parce que ce serait pour l’œuvre un mauvais présage comme indique la suite (cum
bonis potius omnibus)
- Ordiendae= Adjectif verbal, génitif fémininsingulier de ordior, -iris,-iri, orsus
sum= commencer, entamer
- Ne quidem= pas même
 Nuper, P Naguère,
132

divitiae invexere avaritiam P les richesses ont engendré l’avarice


et abundantes voluptates (invexere) et les surabondantsplaisirs(ontengendré)
desiderium pereundi et le désir de se perdre (=d’être perdu) et
perdendi omnia per luxum de perdre tout par le luxe
atque libidinem et par la débauche.
Sed querelae Mais les querelles
futurae nequidem tum gratae ne seront pas même alors agréables,
cum erunt forsitan necessariae, P quand elles serontpeut-êtrenécessaires,
absint certe T qu’elles soient absentes surtout
ab initio tantae P dès le (=au) début d’un si grand
rei ordendae ouvrage à commencer.
TITE-LIVE relève les causes de la crise morale :
- recherche des richesses
- cupidité
- affluence des plaisirs
- excès du luxe et de la débauche
=En général, les écrivains classiques latins faisaient partir cette décadence
morale de Rome de la conquête des riches royaumes d’Asie.
 Abandonmomentané de la dispute sur les causes de la décadence

IIIe PARTIE, 13° : CONCLUSION

13° INVOCATION AUX DIEUX COE LE POETES

- Mos est = c’est l’habitude, l’usage


- Nobis+ Poetis= Datifs de possession.
- Tamtum(=adv)= autant, tellement
- Ut= adverbe de comparaison
- Orsa,-orum ; n= entreprise, projet. Orsis (nobis) tantum operis : l’ouvrage
comprenait 142 livres (des origines à AUGUSTE) : il en reste 35.
- Successus,-us (m)= succès, réussite, issue heureuse, suite
- Omen,- inis= présage, vœu, pronostic.
Si mos esset quoque nobis Si l’habitude était aussi pour nous
133

ut poetis, comme pour les poètes,


inceperemus potius libentius nous commencerions mieux plus volontiers
cum bonis ominibus par de bons souhaits (présages)
et votis et de (bons) vœux
et precationibus et de (…) imprécations (=prières)
deorum et dearum des (aux) dieux et (aux) des déesses
ut darent (nobis) orsis pour qu’ils (ns) donnassent aux entreprises
operis de (notre) ouvrage
tantum successus tellement de succès (suites)
prosperos qui comblent les veux (=favorables)

 Invocation aux dieux par une tournure de prétérition.


L’auteur prétend qu’il procéderait à la formulation des vœux s’il avait
l’habitude des poètes ; mais déjà ce sont des vœux qu’il formule.

RECAPITULATION
1) D’après TITE-LIVE, l’histoire est-elle une entreprise utile ?
R) Difficile de se prononcer à cause dl rivalité entre historiens (1-2)
2) Malgré cette rivalité, où l’auteur trouve-t-il joie et consolation ?
R) Dans sa contribution à perpétuer le souvenir du 1er peuple du monde, si non
dans la joiede savoir que ce souvenir a été réellement transmis par de meilleurs
historiens (3).
3) Pourquoi le travail est-il immense ? cf. 4
R) – Le vaste espace de temps qu’il se propose de couvrir= 700 ans
- L’engouement des lecteurs pour l’actualité et le désintérêt pour l’antiquité
4) Quel avantage à s’appliquer au travail sur l’antiquité malgré cela ? (5)
R) Exemption des soucis et des tumultes que génèrent les frustrations ou les
émotions des uns ou des autres lorsque le sujet d’actualité traité (par l’historien) les
concerne eux-mêmes ou les leurs + angoisse du patriote devant les embarras de son pays.
5) Pourquoi TITE-LIVE ne veut rien avoir à faire avec les fables qui entourent
l’origine de ROME ?
R) Elles relèvent plus de la création poétique que de la documentation historique. (6)
6) Ce que rapportent ces légendes des origines mythiques de Rome est-il pour
autant à réfuter où à défendre ? (7)
Ni réfutation, ni défense.
134

R) Le monde entier supporte volontiers l’intervention des dieux dans la fondation de


la ville, tout comme il accepte son autorité. Partant l’historien n’a pas à attacher une
grande importance à ces faits.
7) Sur quoi TITE-LIVE voudrait alors attirer l’attention du citoyen ?
R) – La vie, les mœurs, les hommes et les travaux qui ont créé et agrandi l’Empire
- l’importance de la discipline pour les mœurs quant à l’ascension et à la décadence de
l’Etat
- l’Importance de l’œuvre historique comme livrant les exemples à imiter ou à éviter
8) Quelles furent, d’après TITE-LIVE, les causes de la décadence morale (1-12) ?
R) La cupidité, le luxe et la débauche
9) Comment TITE-LIVE conclut-il sa majestueuse préface ?
R) En sortant stratégiquement du débat déjà entamé sur les causes de la décadence
morale de Rome, et en demandant aux dieux d’accorder du succès à son œuvre (12b-13)
10) Qu’est-ce que TITE-LIVE peut aujourd’hui apprendre au Congolais ?
- Lepatriotisme : Amour de la patrie, loyauté, invention de la patrie, esprit civique
- L’identité et l’amour d’un travail volontairement situé : Dis-moi qui tu es, je te
dirai ce que tu dois faire, « pourquoi traiter de chevaux alors qu’il n’y en a pas chez
nous
- Lesens de l’histoireou mieux la conscience historique qui éclaire la postérité parce
qui est à imiter ou à éviter
- Le combatcontre la cupidité, le luxe, la débouche et la paresse
- Ne pas accorder plus d’importance aux racontars qu’à la réalité concrète. connaître
les causes réelles.
COMMENTAIRE
A. STRUCTURE = D.A.D
1° Utilité douteuse et difficultés de l’entreprise (1-5)
a) Sujet vieilli et rebattes (2)-Pourtant je serai heureux de contribuer à la
renommée. de Rome (3)
b) Sujet immense et intéressant peu les contemporains (4) – Mais ce sera un
délassement que de m’arracher aux maux du siècle (5)
2° Intentions et monde (6-12)
a) Sur les origines de Rome, l’auteur n’a pas l’intention de se prononcer (6). On
peut bien accorder à Rome, des origines mythiques (7), l’auteur n’en fera pas
l’objet d’un jugement sérieux (8).
b) Ce qui mérite attention = histoire véritable causes morales de l’apogée et de
la décadence de Rome (9), Car :
135

- Son histoire est un répertoire de beaux témoignages (10)


- Aucun Etat ne fut plus grand, pur et riche en exemples (11)
- Causes de la décadence (12)
3° Invocation aux dieux comme les poètes (3)
B. LE STYLE
Cette préface illustre bien les caractéristiques de l’écriture livienne : Style
abondant, aux phrases amples, claires et aux périodes cicéroniennes. Certains
auteurs antiques lui avaient reproché sa « patavinitas » ou une bourdeur pataude,
mais cette critique est totalement injustifiée, et provient d’adversaires néo-attiques.
QUINTILIEN parle, lui à juste titre-et la postérité a tranché en faveur de
TITE-LIVE- d’une « lactea ubertas » (=une « abondance laiteuse, crémeuse »).
TITE-LIVE est toujours passionnant autant dans ses récits, ses discours
que dans sa psychologie.

C. METHODE HISTORIQUE

- L’esprit critique manque parfois à TITE-LIVE


- Son œuvre se présente souvent comme une adroite combinaison d’ouvrages
de 2nde main ;
- Sa probité est parfaite
- Son indépendance politique garantit encore sa loyauté
 Il conçoit son histoire comme une exaltation nationale, un thème à
réflexion morale et du point de vue des conservateurs modérés hostiles aux
expériences démocratiques, mais cette forme d’histoire semblait fort légitime
à son époque.
D. UN BILAN GRANDIOSE DE LA REPUBLIQUE
Il fallait, à la République, un bilan grandiose. TITE-LIVE a été l’artisan de ce
beau monument. C’est ce qu’a écrit PAUL JAL:
« Si imparfait, incomplet, inexact que soit parfois le témoignage de TITE-LIVE, il
ne peut jamais ê pris à la légère. Quel que soit dans son œuvre, l’épisode
qu’on lit, on ne peut pas ne pas ressentir dans la hauteur des vues exprimées,
dans la dignité du ton, dans la tenue du style, l’amour et le respect de l’auteur
pour l’objet de son travail ».
(Paul Jal, Rome et nous, p.129).
136

II.3 TACITE, Agricola I-II-III:


DIFFICULTES D’ECRIRE UNE BIOGRAPHIE
1° RAPPEL: Auteur +œuvre
2° DE QUOI S’AGIT-IL?

En écrivant cette biographie, TACITE ne cache pas ses intentions de


formuler une satire politique contre la tyrannie de DOMITIEN. Cette biographie
constitue un prélude à toutes les grandes œuvres historiques de TACITE.
Cette introduction rappelle celle de SALLUSTE dans le De conjuratione
Catilinae. Les deux auteurs parlent d’eux-mêmes, de leurs entreprises et de leurs
histoires.
Les tendances autoritaires de DOMITIEN, sacruauté et ses débauches
suscitent l’hostilité du Sénat et de l’aristocratie. Par ailleurs, les nouveaux
empereurs (NERVA et TRAJAN) rendent la joie d’être honnête homme car l’Empire
vit désormais sous le règne de deux pouvoirs où se relayent le « Principatus » et la
« Libertas ».
Cet exorde de Tacite est une attaque ouverte au régime
tyranniqueprécédent de DOMITIEN. TACITE nous y épingle les difficultés qu’on
éprouve à écrire une biographie. Ainsi demande-t-il l’indulgence à ses lecteurs.

3° APPROCHE TEXTUELLE

§I. EXALTER LA VERTU EST CHOSE DELICATE

1° Indifférenteaux faits contemporains, notre génération reste sensible auxmérites.

- Trado,-is,-ere,-didi, -ditum : livrer, transmettre,


confier, transférer. COD de Omissit.
- Facta et mores= les actions et les mœurs, la
biographie
- Usitatum= participe parfait à l’Accusatif Neutre
sg, en apposition à l’infinitive
tradere qui est le complément de omissit=usité, usage
ordinaire
137

- Posterus, -a,-um = qui vient après,


suivant, postérité
- Antiquitus (= adv)=Anciennement, autrefois, jadis
- Ne quidem= adverbe de négation= ne pas même
- Quamquam… amissit= Cc.
- Incuriosa suorum aetas= Génération indifférente à ce qui la touche
= (Neut. pl)= les faits contemporains
- aetas= notre génération (précisé par nostris temporibus)  PLAONASME.
- Ignorantia recti= la méconnaissance du bien
Génitif objectif
- Supergredior, -eris,-i, -gressus sum,=surpasser, surmonter, dépasser
- Vicit et est supergressa= REDONDANCE ORATOIRE
- Virtus….. Vitium
= Allitération
 Quanquam aetas incuriosa Bien que notre génération (soit)
suorum indifférente
ne omissit à ce qui la touche (événements contemporains),
quidem nostris temporibus elle n’a pas omis (renoncé)
tradere posteris facta et mores même pas de notre temps,
virorum clarorum àtransmettreà la postéritéles faits et les mœurs
usitatumantiquitus, des hommes illustres,
quotiens aliqua virtus magna ac nobilis usage ordinaire autrefois,
vicit et est supergressa chaque fois qu’une certaine vertugrande et noble
vitium commune a vaincu et a surmonté
parvis et magnis civitatibus, le vice commun
ignorantiam recti aux petits et aux grands Etats,
et invidiam la méconnaissance du bien
et la jalousie
 Jadis on était enclin à commémorer le mérite et on avait 1 champ plus libre à
écrire une biographie…
Aujourd’hui, la méconnaissance du mérite contemporain fait qu’on ne sache pas
l’honorer comme il convient.

2e Quand le mérite était à découvert,l’œuvre d’historien n’était pas partisane.


138

- Priores désigne les Romains de la République


- Ut…. ita = de même que… même, autant… autant
ita… ut (Cs)
- Gratia = complaisance (par esprit de parti)
- Bonae conscientiae= Génitif explicatif  la récompense consistant
- Tantum= seulement, si ce n’est … sauf….
- Celebrer ou celebris= célèbre, illustre, renommé
- In aperto esse= être à découvert, ê facile
- Memoratu = supin en-u complément de l’adjectif digna [Link] 228, 1.
 Sed Mais,
ut agere de même qu’accomplir des faits
digna memoratu erat in aperto dignes de mémoire était à découvert(=facile)
apud priores, chez les anciens Romains (=nosdevanciers),
ita quisque Celeberrimus ainsi (=de même) quelqu’un de très célèbre
ducebatur tantum ingenio était conduit seulement par le talent
pretio bonae conscientiae à cause du prix d’une bonne conscience
sine gratia out ambitione sans complaisance ni vues intéressées
ad prodendam pour perpétuer
memoriam virtutis le souvenir de la vertu
sine gratia aut ambitimu, sans complaisance ni vues interessées(mais)
tantum pretiobonaeconscientiae seulement au prix d’une bonne conscience
139

§ IISURTOUT SOUS UN PRINCE TYRANNIQUE

1° Exemple de martyrs d’une biographie de la vertu

- Legimus=nous avons lu (dans les actes officiels i.e. les procès-verbaux du Sénat)
- Cum… laudati essent= C
- Aruleno Rustico= datif complément du Passif, mis pour l’Ablatif + Ab
etSenecioni= complémentd’agent delaudati essent.
 Datif possessif
ARULENUS RUSTICUS = ami du stoïcien THRASEA ; il futcondamné à mort par
DOMITIEN, pour avoir fait l’éloge de son ami.
- THRASEA= opposant de NERON, mis à mort par ce,prince
-
RENSEIGNEMENTS (Pour lecture)

 « Néron avait contre THRASEA des motifs particuliers de haine… Assidu jadis et

infatigable à soutenir ou à combattre le moindre décret du Sénat, il


n’était pas entré dans la curie depuis 3 ans… Il n’avait que mépris
pour le succès du prince… Il reçut l’ordre de rester chez lui : il ne se
laissa pas abattre, mais écrivit à NERON unmémoire, lui demandant
quel était soncrime et lui promettant de se justifier si on lui faisait
connaître l’accusation…
NERON lut ce mémoire… dans l’espoir que THRASEA, effrayé aurait
écrit des choses exaltant la gloire du prince, et faisant tache à sa
réputation. Comme ce ne fut pas le cas, Néron se mit à redouter le fier
courage et la franchise d’un innocent. THRASEA eut le libre choix de
sa mort… il tendit les veines de ses deux bras. Quand il vit son sang
couler, il en arrosa la terre… « Nous faisons, dit-il, une libation à
Jupiter libérateur » (TACITE, Annales, XVI, 21)
- PRISCUS HELVIDIUS= Gendre de THRASEA, banni par NERON, mis à mort par
VESPASIEN
140

- HERRENIUS SENECIO= Un ami de PLINE LE JEUNE, fut mis à mort par


DOMITIEN pour sa biographie de PRISCUS HELVIDIUS
 Tous ces hommes mis à mort par les princes étaient aristocrates et stoïciens.
- Capitale (id) fuisse=
=sujet sous-entendu, rappelant l’idée contenue dans la proposition précédente.
- delegato ministerio= Ablatif absolu de cause
- Saevitum= Participe parfaitpassif de saevio, -is, -ire,-ii, -itum= se déchaîner, sévir,
exercer des ravages
- Triumviris  désigne les triumvirs chargés des exécutions capitales (publiques)
qui avaient lieu dans le COMITIUM « Triumviricapitales » où se
tenaient primitivement les comices, mais qu’on ne distinguait plus, à
cette date, du FORUM dont il formait la partie NORD.
- Uro, -is,-ere, ussi, ustum= brûler

 Legimus cum PAETUS Nous avons lu (dans les actes officiels) que puisque
THRASEA, PRISCUS HELVIDUS THRASEA (et) PRISCUS HEVIDUS
essent laudati Aruleno Rustico avaient été loués par Arulenus RUSTICUS
(et) Herenio senecioni, (et) Herennius SENECION, (capital= mortel)
(id) fuisse capitale (cette louange) a été (=valu) la peine capitale,
et saevitum (est) non modo in et on se déchaîna non seulement contre les
auctores ipsos, sed quoque in auteurs eux-mêmes,mais aussi contre les
litros eorum, ministeriodélegato livres d’eux, le travailayant été confié aux
triumviris ut monumenta triumvirs pour que les mémoires (=doc. quirappellent)
ingeniorum clarissimorum des (talents) génies exceptionnels
urerentur fussent brûlés
in comitio ac foro à la place des comices et du forum.
 Nous avons lu qu’ARULENUS RUSTICUS, pour avoir fait le panégyrique de
PAETUS THRASEA ; et HERENNIUS SENECION, pour avoir fait celui de HELVIDIUS
PRISCUS, le payèrent de leur tête ; leurs personnes, (et que dis-je ?) leurs livres
furent poursuivis puisque les triumvirs ont reçu mission de brûler, sur la place des
COMICES, au forum, les mémoires des plus brillants génies.

2° Intention de ces persécutions : l’extinction de la liberté et de la vertu


141

- arbitrabantur a pour sujet DOMITIEN et ses conseillers (ou ses partisans) non
exprimé par mépris, i.e., en ne les nommant pas TACITE marque
son mépris pour eux.
Indic, Imparfait, 3e personnes dupluriel du déponent
arbitror, -aris, -ari,-tratus sum, -= Juger, penser, croire
- libertas, - atis= liberté d’expression
- Bona arte=les gens vertueux
Métonymie de l’abstrait pour le concret et collectif
⇒Omni bona arte= tous les nobles talents, toutes les vertus, tous les mérites, toute
culture. Il s’agit concrètement du talent et de la valeur morale de ces
maîtres : les gens vertueux.
- Aboleri= Infinitif Passif>Aboleo, -es,-ere,-evi, -itum= Détruire, abolir, supprimer
- Illo igne=Ablatif de moyen.
- ne occuret=B-
Occuro,-is, ere, curri,-cursum= arriver à propos
- Scilicet= adv.= Assurément, apparemment, il est évident que, on peut voir que,
- Epulsis>expello,-is,-ere,-puli, pulsum= repousser, chasser, pousser dehors
- Usquam (=adverbe)=en quelque lieu, quelque part
- Ne quid= ne (ali)quid
 Scilicet, arbitrabantur Apparemment, ils pensaient que
vocem populi Romani la voix du peuple Romain
et libertatem senatus et la liberté d’expression du sénat
et conscientiam generis humani et la conscience du genre humain
aboleri illo igne étaient abolies au moyen de ce feu
insuper outre (plus)
professoribussapientiae expulsis les maîtres de philosophieayant étébannis
atque omni bona arte acta et toute bonne culture ayant été poussée
in exsilium ne quid honestum en exil pour que quelquechose de noble
occurreret usquam ne se rencontrât plus nulle part.

 « Apparemment, oncroyait étouffer par le feu la voix du peuple Romain, le franc-


parler du sénat et la conscience du genre humain.
On bannissait en outre les maîtres de philosophie et l’on exilait toute personne
vertueuse pour que rien de noble ne se rencontrât nulle part ».
142

3° Nous avons connu le comble de la servitude

- Vetus aetas= la génération de la fin République


L’époquerépublicaine, surtout celle des guerres civiles du premier siècle aCn
- commercio loquendi audendique= le droit de converser librement.
- documentum= leçon, modèle, preuve
- Quid ultimum esset= quel était le dernier degré
TACITE déplore aussi bien lesexcès des guerres civiles que ceux
du despotisme.
- Grandis, -e= grand, élevé, gros, considérable, âgé, noble, sublime
- Quoque ipsam→PLEONASME marquant l’insistance
- Inquisitoresne désigne pas les enquêtes légales, mais l’espionnage.
- commercium,-ii, n= commerce, trafic, relation, correspondance,
échange
- Adimo,-is,-ere,-emi,-emptum= supprimer, enlever, arracher
- Commercio adempto= Ablatif absolu

 Profeto, dedimus Certes, nous avons montré (donné)


grande documentum patientiae, une considérable preuve de patience
et sicut vetus aetas vidit et comme la vieille génération a vu
quid esset ultimum l’extrême (ce qu’il y avait d’excès)
in libertate,ita nos (vidimus) dans la liberté,ainsi nous (avons vu)
(quid esset ultimum) in servitute (ce qu’il y avait d’excès) dans la servitude
commercio loquendi et audendi le droit de parler et d’écouter
adempto etiam per inquisitores ayant été arraché aussi par espionnage

 Alors que nos devanciers, ceux de la fin de la République, avaient eu à


expérimenter le comble de la liberté ; il nous a fallu, quant à nous, faire preuve de
143

patience, pour expérimenter l’extrême servitude lorsque l’inquisiteur


interdisait jusqu’à la communication de bouche à oreille.

4°) La tyrannie aurait même pu effacer la mémoire si c’était possible.

- Quoque ipsam= PLEINASME pour marquer l’insistance


- Perdidissemus… si esset : irréelle
perdo, -is,-ere,-didi, -ditum= perdre
Perdidssemus quoque memoriam Nous aurions perdu aussi le souvenir
ipsam cum voce si esset in même avec la voix (=parole) s’il était en
nostra potestate tam oblivisci notre pouvoir aussi bien d’oublier
quam tacere. que de nous taire.
 La tyrannie a paralysé les écrivains et presque fait perdre la mémoire aux
Romains.
RENSEIGNEMENTS
- « Chez les GRECS, on put toujours librement sans crime exprimer sa pensée
sur ceux que la mort avait soustraits à la haine et à la faveur… Il est permis
de rire de ceux qui, dans leur folie, croient que leur pouvoir présent pourra
éteindre la mémoire des générations à venir » (TACITE ,Annales, IV,35)
-
- « Qui auparavant (sous DOMITIEN) osait parler, qui osait ouvrir la bouche
sinon les malheureux que l’on interrogeait les premiers ? Les autres
demeuraient figés et frappés de stupeur. Avec quelle affliction et quel frisson
d’effroi ils souffraient de donner, muets et immobiles, une approbation
forcée ! »
(PLINE LE JEUNE, Panégyrique de Trajan, 76)
- « Domitien bannit de l’Italie tous les philosophes »
(SUETONE, Dom, X)
144

§ III. AVONS-NOUS DES RAISONS D’ESPERER ?

1° Pourquoi ce retour aux temps durs alors que la liberté s’épanouitaujourd’hui ?

- Demum (=adv.)= Précisément, exclusivement, seulement, assurément


- Quamquam+ subj= emploi non classique
Pour introduire un fait certain
- NERVA CAESAR a succédé à DOMITIEN en 96,
Fondateur de la dynastie des Antonins
- NERVA TRAJAN : successeur de NERVA, porte son nom par adoption,
- Miscuerit= Subj. parf. 3e pers. Sg de Misceo,-es,-ēre, miscui, mixtum
Le subjonctif au lieu de l’indicatif demandé après quamquam par la
syntaxe classique.
- primo statim ortu= dès l’aurore.
- Dissociabiles= incompatibles
- Spem… ac votum= Une espérance est un vœu : Il faut sous-entendre avec ces
mots un verbe tel que conceperit, adsumpserit ne convenant
exactement qu’au 2nd groupe de complément fidiciumac robur 
ZEUGMA
- Votum= les prièresofficielles adressées aux dieux pour obtenir la sécurité publique.
- Robur, - oris, n =solidité, force
- Fiduciam ac robur= fiduciam robustam
- Securitas publica= >l’abstrait pour le concret
= le peuple désormais tranquille
- Sed quamquam … Trajanus= ASSYMETRIE
- Ipsius voti= Génitif de l’objet (=dans l’accomplissement de ce vœu)
- Natura= Ablatif de cause
- Tardiora= Plus lents
- Studia= les travaux littéraires, les lettres
145

 ingenia studiaque : HENDIADYN= Studia ingeniorum


- Oppresseris= Subjonctif parfait, 2e Sg de opprimo, -is-ere, -pressi, pressum
Valeur du conditionnel d’affirmation atténuée
= 2e Personne du subjonctifpour l’interlocuteur imaginaire
⇒de même revocaveris
- Subit= subit animos
- Postremo amatur : est aimée ensuite
Attaque contre les indifférents
 Nunc demum Aujourd’hui seulement
animus redit. l’esprit revient (=la vie renaît)
Sed quamquam Nerva Caesar mais, bien que NERVA CESAR ait
miscuerit primo statim ortu combiné dès l’aurore
saeculi beatissimi res du siècle le plus bienheureux des règnes
indissociabiles olim incompatibles jadis,
principatus ac hibertatem, et le principat, et la fierté, et
quamquam Nerva Trajanus bien que NERVA TRAJAN
augeat quotidie felicitatem accroisse chaque jour le bonheur des
temporum et securitas publica temps (=de l’époque) et que la sécurité
non modo(conceperit) publique non seulement (s’approprie)
spem ac votum une espérance et un vœu (= prière),
sed assumpserit fiduciam ac mais s’est approprié la confiance et la
robur voti ipsius force de ce vœu-même,
tamen remedia sunt tardiora cependant, les remèdes sont plus lents
quammala natura infirmatatis que les maux eu égard à la faiblesse
humanae, et ut nostra corpora humaine, et comme nos corps se
augescunt lente exstinguintur développent lentement et dépérissent
cito, sic oppresseris ingenia et vite, de même on étouffe les talents
studia facilius quam revocaveris littéraires plus facilement quel’on ne lesranime,
quippe, dulcedo inertiae ipsius car la douceur de l’inaction elle-même
subit étiam (animos) pénètre aussi (les esprits) et la paresse
et desidia prirus visa d’abord odieuse
amatur postremo. est aimée ensuite.

= Il y a des raisons d’espérer surtout que depuis NERVA et surtout TRAJAN, la


libertas renait, quoique lentement.
146

2°) Bâillonnés 15 ans sous le froid silence d’une tyrannie cruelle

-Quid si (= Formule oratoire de transition)= Que sera – ce donc si…


Qu’arrive –t-il si ….. Qu’est- ce donc si …..
-Quindecim annos…= 15ans = les quinze années du règne de DOMITIEN (81-96)
[Link] 305, 2 : accusatif de durée
-Fortuitus, a –um= accidentel, fortuit, imprévu, improvisé
-Fortuitis casibus= par les accidents du hasard : il s’agit de toutes les morts qui
ne sont pas dues à l’action de l’homme
S’oppose à saevitia principis = la cruauté du prince
-Intercido, - is,-ere,-cidi,-,= tombes, périr, succomber
-pauci…non modo…sumus= Nous sommes peu nombreux à survivre, non
seulement à d’autres, mais aussi à nous –mêmes
=Nostri superstites sumus= nous survivons à nous- mêmes
-ut dixerim= pour ainsi dire
Subjonctif de l’affirmation adoucie M. DEGIVE 338, 2°
-Nortri = Génitif Partitif,à placer sur le même pied d’égalité que aliorum
-supestes,-itis=qui reste debout, qui résiste, témoin, survivant
- eximo, is –ere, emi, emptum= ôter, retrancher, tirer de
-exemptise media tot annis (= Ablatif absolumarquant la cause)
=Puisqu’il a été retranché du milieu de notre existence tant d’années
-Exactae>exactus,-a,-um >exigo; -is,-ere, -egi, -actum
=Muri, achevé
-quibus = Ablatifde temps
-Iuvenes et Senes décomposent le sujet devenimus

= Quid siper quindecim annos Qu’est- ce donc si pendant 15 années,


spatium grandeaevi mortalis espace considérabled’une vie mortelle,
multi intercideruntcasibusfortuitiset beaucoup ont péripar des accidents fortuits et
quisque promptissimus quelqu’1 de très actif (=tout homme
saevitia principis ,(si)sumus d’action)par la cruauté du prince,(si)
pauciut dexerim itasupertitesnon noussommes peu (nombreux), pour ainsi
modo aliorum,sed etiam nostri diresurvivantsnon seulementaux autres, mais
tot annis exemptise media vita aussi à nous
quibus tant d’années ayant étéretranchéesdu milieu de la vie
venimus per silentium (années) pendant lesquelles
juvenes ad senectutem nous sommes venus en silence
senes prope ad terminus ipsos les jeunes à la vieillesse,
aetatis exaxtae? les vieux presqu’aux termes mêmes
de l’existence achevée ?
147

= Il a suffi de quelques années de servitude pour faire oublier la liberté et la vertu. Les
âmes en seront avilies pour longtemps ⇒Pendant les 15 ans du règne de Domitien, les uns
mouraient et les autres vieillissaient dans le silence du musèlement.

3° Un ouvrage inspiré par la dévotion filiale


-me piget = j’ai le regret de… : cf. M. DeGive 247
Me pigebit= s’oppose à ce précède
⇒Malgré la torpeur qui a frappé les contemporains de DOMITIEN, TACITE
aura plaisir à écrire un éloge.
= « Même sous de mauvais princes, il peut y avoir de grands hommes »
-non pigebit composuisse = je ne regretterai pas d’avoir composé
-Vel=même
-incondita acrudivoce = dans unelangue sans art ni expérience
Rudis, -e= brut, naïf, sans culture
Inconditus, -a, -um= confus, grossier, sans art
-memoriam prioris servitutis= le souvenir del’esclavage passé
Allusion aux Histoires de TACITE : le règne des FLAVIENS. Il annonce
ensuite 1 ouvrage qu’il n’a pas eu le temps d’écrire
-testimonium praesentium bonorum= letémoignage du bon heur actuel
Récit du règne de Nerva etTrajan qu’il n’écrira pas.
-Professione pietatis (= Ablatif de cause)= Eu égard à la piété filiale
-laudatuserit= Futurantérieur marquant une antériorité par rapport au moment
où TACITE publiera un ouvrage plus considérable.
Tamen non me pigebit composuisse Ce pendant je ne regretterai pas d’avoir composé
vel voce incondita ac rudi, même dansune voix confuse et brute,
memoriam servitutis prioris ac le souvenir del’esclavage passé etle
testimoniumbonorum praesentium témoignage des biens actuels
Interium,hic Entretemps, ce livre destinéà l’honneur
liberdestinatushonoriAgricolaemei d’Agricola, mon beau – père, aura été soit
socerierit aut laudatus loué
aut excusatus soit excusé
professione pietatis eu égard à la déclaration depiété filiale
148

Les motivations profondes de mes écrits méritent d’être prises en compte


(suffisent) pour bien me juger (m’excuser ou me louer) sur mes ouvrages.
⇒Nous reprenons courage, mais malgré la bonté d’un prince libéral, il faudra du
temps pour que nos esprits retrouvent leur vigueur.

RENSEIGNEMENTS.

-« La servitude des derniers temps nous a fait oublier les droits du sénat, aussi bien
que les autres sciences utiles et nous a plongés dans l’ignorance…
Quand la liberté revint, elle nous trouva novices et inexpérimentés ……Alors la vertu
était suspecte et le vice honoré, la licence et le désordre régnaient partout…
Nous aurons vu les mêmes mots se perpétuer durant plusieurs années, depuis que
devenus sénateurs, nous en avons pris et ressenti si cruellement notre part de
douleur que nos esprits en ont été abattus, consternés,anéantis. Il n’y a que fort peu
de temps qu’il nous est permis d’être ce que nous sommes »
(PLINE LE JEUNE,Epistulae, VIII, 14)
-« Le règne de NERVA et celui de TRAJAN où il est permis de penser ce qu’on veut et
de dire ce qu’on pense… » (TACITE, Hist., I, 1)
-« Comme sous règne les études ont retrouvé leur souffle, leur sang et leur patrie,
alors que la barbarie des temps passés les punissait d’exil ; que le Pince, conscient
de tous ses vices bannissait les sciences ennemis des vices moins par aversion que
par honte ! Mais toi, à ces sus science, tu ouvres tes bras, tes yeux et tes oreilles »
(PLINE LE J. Panégyrique de Trajan)

COMMENTAIRE.

1) Montrer que dans l’exorde, l’ouvrage s’annonce déjà comme un panégyrique


et un pamphlet.

R/ a) PANEGYRIQUE

- Tacite A CONCU L4Agricola sous la forme d’un discours. Il était d interdit de


prononcerl’éloge funèbre des hommes politiques. Composé après la mort de
Domitien l’Agricola a été publie probablement en 98 sous TRAJAN ;
149

- Dans cette œuvre, TACITE exalte les qualités d’un homme. Les faits ne sont
jamais cités pour eux- mêmes, mais pour mettre en valeur la personne
d’AGRICOLA. TACITE idéalise un caractère assez commun en exagérant ses
qualités et en atténuant ses défauts : tout ce que fait Agricola est bien fait et
quand il n’agit pas, c’est par modestie ou sagesse.
- TACITE exalte les vertus d’une classe. Il fait deson personnage le type parfait
des hommes d’ordre, des magistats intègres et laborieux, de ceux qui ont
conservé les vertus des anciens Romains. Ceux – là, sous un mauvais comme
sous un bon prince continuent à accomplir leur devoir et à servirl’Etat.
- Le style estsolennel (hyperboles exclamation, sentences) et recherché (ellipse,
antithèses, dissimétries) dans l'éloge. Il s’amplifie encore dans l’invocation finale.

b) UN PAMPHLET

 TACITE attaque violemment la tyrannie de DOMITIEN


Il exprime les opinions de cette classe aristocratique qui détestait la personne et
la politique de l’Empereur. TACITE avait des raisons personnelles de le haïr
(rappel et disgrâce à peine voilé de son beau- père en 84). Ainsi fait-t-il
deDomitien un portrait sévère : c’est un homme qui a la vertu en horreur, un
être médiocre, vaniteux et lâche que la peur rend jaloux et cruel.
 Il attaque également les courtisans de Domitien ? Les délateurs, foule
intrigante et servile à la dévotion du prince
 Il attaque même les faibles et les indifférentsdont l’apathie coupable
conduit à la négation de toute activité intellectuelle, politique et morale
 Il n’attaque pas avec moins de violence les intransigeants, ceux qui se sont
systématiquement opposéau régime au nom d’une vertu et d’une sagesse
inutiles, et ont confondu dans la même abstention le service du prince et
celui de l’Etat.
3°) Relevez les traits qui font de Tacite un historien MORALISTE et
unPSYCHOLOGUE.
R/ -Historien Moraliste, il cherche, selon la tradition antique, à tirer des faits une
leçon pour le présent et un enseignement pour l’avenir … cf. Texte
-(Historien) Psychologue n’écrivant ni l’histoire de la Bretagne, ni celle du règne de
DOMITIEN, il veut avant tout présenter un homme : Il s’attache plus au caractère
d’Agricola qu’à la succession rigoureuse des faits …
150

HISTOIRE SELON TACITE.

 L’histoire devait avoir comme ambition la relation claire, objective et franche


desévénements. Mais la vérité historisme est souvent tordue, violée surtout
par l’adulation etla haine dela tyrannie (Hist. I.2)
 Qui veut être objectif est haï, qui dénigre ou excite la jalousie est bien écouté
.L’histoire devient alors une adulation servile, et l’autonomie del’historien
n’est qu’apparente
 Pourtant par loyauté, il faut bien être objectif et impartial (neque amore… et
sine odio Histoires. I, 5) ; jouir d’une liberté d’opinion et d’expression
(HistoiresI, 6)
 L’histoire comporte le souci d’éduquer la postérité en lui livrant la vie et les
mérites de certains hommes célèbres
 Ainsi l’histoire aidera à vaincre ce vice commun aux Etats : la
méconnaissance du bien etle dénigrement (Agricola I, 1). Le sera là un
service que l’historien rendra à l’Etat en lui signalant les dangers qui le
menacent : son affaiblissement interieur (cf. Introduction sur TACITE)
 L’historien n’attend d’autre récompense que la conscience de bien faire
(Agricola. I,2). Malheureusement la tyrannie paralyse les écrivains de sorte
que, dans une époque hostile aux mérites (I, 4), il faut, pour être écouté, se
présenter plutôt en accusateur qu’en panégyriste.
 Heureusement quele silence imposé par la tyrannie n’est pas synonyme
d’oubli, si bien que, dès que s’ouvre une époque meilleure, TACITE
entreprend d’écrire l’histoire deson temps.
151

II.4. SALLUSTE, DeConjuratione CatilinaeI-II-II-IV :


« POURQUOI ECRIRE L’HISTOIRE?»

1) L’AUTEUR( 86-35aCn)
 Caius SALLUSTIUS Crispus est né en 86 aCn à AMITERNE, en SABINE, d’une
famille plébéienne aisée et a reçu une éducation libérale.
 Il fit ses débuts en politique au tempsdu Ier triumvirat(POMPEE- CESAR-CRASSUS)
 Comme CICERON SALLUSTE est 1 « homonovus » et pour monter les échelons
politiques, SALLUSTE s’appuie surle partipopulaire auquel il appartient comme César.
- QUESTEUR en 59
- Tribun en 52
- Exclu du Sénat en 59par le censeur APPIUS CLAUDIUS
PULCHERsous prétexte demauvaisesmœurs, mais sans doute aussi
pour son amitié avec CESAR. CESAR l’y fera rentrer l’année suivante
- De nouveau QUESTIEUR en 49
- PRETEUR en 47
- PROCONSUL Cum imporio de l’Africa Nova= ancien royaume
deNumidie transformé en province en 46. Il en rapporta des
documents pour l’histoire de Jugurtha, s’enrichit sans
scrupules et, grâce à CESAR, se tira indemne du procès
intenté contre lui pourconcussion.
 Toujours démocrate dans l’âme et césarien convaincu mais sans avenir
politique, surtout après l’assassinat du dictateur(44), il abandonnala
[Link] s’en alla vivre en érudit et en grand seigneur dansle palais
entouré de magnifiques jardins(= HortiSallustiani) que ses rapines lui
avaient permis deconstruire surle QUIRINAL
 En 44, il épousa TERENTIA, répudiée par CICERON
152

 Il meurtcinquantenaire en35aCn, léguant à la postérité une


œuvre historique de grande envergure.
2°) SON ŒUVRE
SALLUSTE, dans la force de la quarantaine, s’adonne à l’histoire. Après
avoir acquis l’expérience des hommes et des choses, il seconsola d’avoir dûquitter
la scène du monde et d’être réduit à une inaction forcée en remplaçant le forum
par une autre tribunedont les échos, espérait-il, seraient plus durables. C’est ainsi
que 3 ouvrages verront le jour :
LeDe conjuratione Catilinae(écrit 43 av. JC)
Relate l’histoire d la conjuration de Catilina, contemporaine de sa jeunesse
(63 acn)
LeBellum Jugurthinum (écrit en 40 acn)
Retrace un épisode un peu plus ancien de l’histoire (112-106 acn)
Les Histoires(Historiarum libri V) (35acn)
Dont ne subsistent que quelques fragments rapportant
lesévénementsde 79 à 66 ou 78-67 c’est-à-dire la réaction contre l’œuvre de
Sylla et le renversementprogressif du parti démocratique.
[Link] STYLE : « ARCHAISANT »
-Du point devue morphologique et syntaxique, l’œuvre de SALLUSTE se caractérise
par plusieurs particularités (ARCHAISME):
 Substitution des voyelles cf. Th. RENOIRTEIVème, p.12
 Terminaison Particulières
 Indicatif au lieu du subjonctif
-Au plan stylistique, SALLUSTE affectionne :
 L’INCONCINNITAS(Asymétrie) par réaction contre la prose cicéronienne)
 La BREVITAS = concision de l’expression et raccourci de la pensée
 La fréquence du CHIASME te de l’ALLITERATION EXPRESSIVE.
[Link] : Scribere carptim
1. BUT : MORAL
+ Moral= immortaliser les actes vertueux
+ Littéraire= servir la nation par la Parole tout en servant sa
propre gloire et en perpétuant son propre souvenir.

2. INTRODUCTION AU TEXTE.
De quoi s’agit-il ?
153

Au début desa monographie sur CATILINA, SALLUSTE expose les


raisons qui l’ont conduit à écrire l’histoire. (= un ouvrage historique)
Au centre de ce projet, il faut reconnaître une double ambition :
1°) Servir l’Etat par les mots (verba) autant que les autres le servent par les
actes (facta).SALLUSTE dépasse ainsi la classique antinomie homme d’action/ homme de plume.
2°) Rendre perceptible par l’écriture le sens des événementsen empêchant d’une part, qu’ils
se diluent dansl’oubli et, d’autre part, qu’ils restent sans effet sur la conscience des lecteurs.

I. LA RECHERCHE DE LA GLOIRE.

1°).L’homme doit faire effort pour ne pas passer comme un animal

-omnis homines = OMNES HOMINES= tous les [Link]. Sujet de l’infinitive


Forme archaïque pour omnes
⇒Donne à la 1ère phrase un caractère solennel, philosophique :
Tous les hommes … ce sont les 1ers mots de la Majeure du
syllogisme.= Majeure
-Student> Studeo,- es, ēre, studui, - =aspirerà, rechercher
Aspirent à
- Studium, -ii= étude ; mot employé dans la langue classique au sens latin de
Passion, Application ;
Cf. « Qui mit à tout blâmer son étude et sa force » (BOLEAU)
- Praesto, -as, -are, -stiti,-stitum ou -statum (+Datif parfois Accusatif)= être
supérieurà, surpasser, l’emporter sur, exceller
-Sese…praestare
Le sujet d’un infinitif qui dépend d’un verbe exprimant un acte de la volonté telque
studentn’est pas exprimé d’ordinaire s’il est le même que celui de
ce verbe principal. Ici = insistance.
⇒construire« Student sese praetare » ; même constructionqu’avec volo(+ propositioninfinitive),
C’est-à-direse praestare =constructionarchaïque d’une propositioninfinitive.
-animalibus= Datif complément du verbe
- animal , -alis, = être animé, animal, vivant, brute
-Ops, opis,f=effort, force, pouvoir, aide, assistance. Pl.=richesses,abondance, ressources
-Silentio= sans faire parler d’eux, d’un le silence de l’obscurité
Cf. « Quoniam de utraque silentur » (2,8)
154

-Nitisumma ope= faire tous efforts, travailler de toutes ses forces


Sujet réel d e « Decet»
>Nitor, -eris, niti, nissus/nixus sum,-= s’appuyer sur, tendre vers, s’efforcer
-Pecus,-oris, n= Animal, troupeau d’animaux
-Pronus, -a,-um= penche vers la terre
=prona ac oboedientia= adjectifs attributs du complément« quae » = Relatif dont
l’antécédent= Pecora
-Finxit>Fingo, -is,-ere, finxi, fictum= Façonner, créer
-Transeant = degant
-oboedientia>oboedio, is, ivi itum : obéir, écouter, prêter l’oreille à, être docile
Part près adjectivé.
= Decet omnis (=omnes) P Il convient que, tous
homines qui student R leshommes qui aspirent que
sese prestare O eux (même) l’emportent
ceteris animalibus sur les autres être animés
(decet) P il convient
niti summa ope O qu’ils s’efforcent detoute leur force
ne transeant vitam O qu’ils ne passent pas la vie
silentio dans le silence del’obscurité
veluti pecora comme les animaux
quae natura finxit que lanature a crées
prona atque penchés vers la terre et
obsedientia ventri asservis au ventre

Tout homme soucieux dese montrer supérieur aux autresêtres doit fournir tous ses
efforts pour ne point passer sa vie sansqu’on ne parle de lui…….

2°) Or l’homme ason esprit pour guide, et son corps pour instrument.

-Sed= Or (sens fréquent chez SALLUSTE)


Introduit la mineure du syllogisme
Oppose la phrase qui vient à la relative qui précède « quae … finxit »
-Animi imperio= animo imperatore = animo duce→Abstrait pour le concret fréquent chez Salluste
-corporis servitio= corpore servoet chez les autres auteurs philosophes.
155

« L’esprit est le maître, le corps l’esclave»


-utimur magis (potius) animo duce
Plutôtcorpore servo
Imperio+ servitio= Ablatifs compléments du verbe.
- dis = diis = deis = ablatif d’accompagnement
-Sita est>sino,-is,-ere, sivi, situm= laisser, abandonner
Est située, réside
-Belua, -ae, f= bête, animal (= mot souvent en relief), [grandeur, férocité ou intelligence]
Vis = force, puissance d’action
Sed omnis nostra vis Or, toute notre force
est sita in animo réside dans l’esprit
et corpore ; etle corps;
utimur magis nous usons plutôt
imperio animi du commandement del’esprit
( animo imperatore) (=de l’esprit comme commandant)
servitio corporis dela servilité du corps
(corpore servo), (= du corps comme serviteur),
alterum ( est commune) nobis l’un est commun à nous avec les
cum dis, dieux,
alterum est covamune nobiscum beluis l’autre est commun ànous avec
lesbêtes
« Nous avons une âme plutôt pou commander, et un corps plutôt pour servir »

3°) Donc l’homme doit rechercher sa gloire par l’esprit

-Quo= Pseudo-relatif= et eo igitur= Et pour ce motif, donc…


Ablatifsingulier neutre du relatif servant deliaison, se rapporte à l’idée précédente.

= CONCLUSION du syllogisme. Exprime l’idée decause


- Rectius= comparatif neutre singulier deRectus, - a,-um= droit, honnête, loyal
- ingeni= ingenii = Génitif explicatif = aussi virium
- Opibus= Ablatif de moyen<
- virium opibus =ressources corporelles
- ingeni = Animi
- ipsa = en elle-même
156

- Qua=ablatif complément indirect defrui


- Nostri= équivalent de l’adjectif possessif = denotre personne
Génitifde possession.
- - Quam = = adverbe de renforcement du superlatif
Quo (et eo igitur) Et pour ce motif donc
videtur mihi rectius il semble à moi plus loyal dechercher la
quaereregloriam (opibus) gloire(par les ressources) de l’esprit
ingeni que (de rechercher cette gloire)
quam (quaerere gloriam) par les forces corporelles
opilus virium et puisque la vie elle –même
et quaniam vitaipsa dont nous jouissons est courte,
qua fruimur est brevis, (il me semble plus honnête)
(videtur mihi rectius)) Derendre le souvenir denous le plus long
efficere memoriam nostri possible
longam quam maxume
= « Il est plus juste dechercher lagloire en faisant appel plus à l’esprit qu’aucorps »

4°)La gloire ducorps est éphémère, celle del’esprit est durable

-Forma, –ae= beauté, figure apparente, apparence physique


-formae, divitiarum= génitifs d’origine
-virtus= mérite
Chez SALLUSTE, Virtus= qualités intellectuelles etensemble de valeurs morales,
l’union dans un homme des unes et des autres (tout ce
qui fait le mérite personnel) ; énergie
-habetur= est possédée comme, demeure, subsiste
Traduire= on la possède
-N.B : Déjà dans l’antiquité, SALLUSTE passait pour être
« Proprietatum in verbis retinentissimus »
-Fluxus, -a-um>Fluere, o,-is, Fluxi, Flutum= couler, s’écouler
Mobile, changeant sans consistance fragile, lâche, mou, qui coule fluide
-Fluxa atque fragilis= ALLITERATION + REDONDANCE ORATOIRE
-*Virtus= ASYNDETE ADVERSATIVE
157

= Nam gloria divitiarumet formae En effetla gloire des richesses et de


est fluxa atque fragilis; l’apparencephysique est fluide et fragile ;
virtus habetur (mais) la vertu est possédée
Clara et aeterna célèbre et éternelle
= « Lagloire que donnent larichesse et la beauté est fluide et fragile, la vertu elle est une
possession glorieuse et éternelle »
5° Entre la force brute etl’intelligence, de quoi relèverait lesuccès militaire ?

-Sed= Mais ; introduit iciune idée particulière.


Marque la transition du principe général à des applications particulières
En fait aux certitudes précédentes SALLUSTEoppose l’incertitude qui est
maintenant évoquée.
-Certamen= sujet decontestation, débat (pour savoir si ou si .. ?), dispute
-Res militaris= l’art militaire
-Vine = vi+ ne
Utrum (=1 ermembre d’une interrogation indirecte= est- ce que) vi ….an

-Procederect= Prospere eveniret ou cederet


= subjonctif imparfaitdans une interrogative indirecte
Procedere+ Abl= Provenir de, procéderà, profiter de
Sed certamenfuit diu maganum Mais le débat fut longtemps grand
inter mortales parmi les mortels (de savoir)
ne res militarisprocederet si le succès militaire résulterait plus
magisvi corporis de la force physique
an ( procederet) ousi (ce succès résulterait)
virtute animi de la vigueur del’esprit
= sujet d’ardents débats parmi les hommes : l’art militaire procède-t-il davantage des
ressources physiques ou des ressources intellectuelles ?

6°) Réciprocité entre Action etRéflexion

-Nam= de fait car


Réponse à la question posée ; la réponse n’est pas évidente
-Incipias= subjonctifprésent, 2e personne Sg pour l’interlocuteur fictif
Incipio, is, ere, incepi, inceptum= entreprendre, commencer, agir.
158

-consulueris= subj. Pift actif 2 e pers de l’interlocuteur imaginaire


Consulo,- is,-ere, -ui, consultum =consulter,délibérer, Réfléchir,
(+ Datif) =Réfléchir à, veiller aux intérêts de
-Incipias +consulueris = Subjonctifspotentiels
-Consulto + facto= participes parfaits neutres employés substantivement ;
= à traduire par des infinitifs présents actifs
Ablatifs compléments de « opus est »
- Opus est consulto = opus est consulere
- Opus est facto = opus est [Link]. « Maturato opus est » = il faut se hâter
- Mature (= adverbe) = en son tps ; à point, en hâte, vivement.
-opus est = il est besoin (= sensdufutur), →Se construit impersonnellement avec
l’ablatif pour désigner ce dont on a besoin. GR 272, 1°

Opus est veut :

a) l’Ablatif dechose dont on a besoin

Ex : Auctoritatetuanobis opus est=Nous avons besoin de votre autorité

b) mais le Nominatif d’un pronom ou d’un adjectifneutre

Ex : Nihil tibi opus est illud = Tu n’as aucun besoin de cela

= Nam, et prinsquam incipias De fait, etavant qu’on ne commence


est opus consulto, il est besoin dedélibérer,
et ubi consulueris etdès qu’on adélibéré,
est opus facto mature il est besoind’agir à point

= Avant d’entreprendre il est besoin dedélibérer et après délibération, il faut agir.

7° COMPLEMENTARITE
-Utrumque… indigens= cum utrumque … indigens sit
Pronom indéfini uterque= l’un et l’autre
Les forces physiques et les facultésintellectuelles
159

-Egeo, -es,-ere, egui,- = avoir besoin. De GIVE 272, 2°


Egere, indigere= avoir besoin, ont parfois leur complément au génitif.

Ex : Indigeo tui consilii =j’ai besoin de ton avis (de tes conseils)

-alterum
Apposé à utrumque

= Ita utrumque Ainsi, l’une et l’autre (qualités)


indigens per se insuffisante par elle-même,
alterum eget auxilioalterius l’une a besoin du secours de l’autre
=Les deux qualités ont besoin dese prêter un mutuel appui.
COMMENTAIRE
Dans ce premierparagraphe de la préface, SALLUSTE nous présente l’idéal digne del’homme.
-Cet « avis au lecteur » renferme d’abord desréflexions générales :
 Le but de la vie hne= la gloire
 Les moyensd’y parvenir= le corps et l’esprit
+ Corps (= Forces physique et matérielles) : Instrument
+ Esprit (= Intelligence et forces morales) : Guide
 Les forces del’espritdoivent être au-dessus de la servitude (tout
ce qui domine l’homme) ducorps
-Ensuite, du principe général, il passe à des applications particulières
Valeur del’histoire ?
R/ =Valeur moralec’est-à-direproposer à l’homme des armes pourbien se conduire
dans lasociété : la VIRTUS
-vertu chez SALLUSTE, quid ?= cf. vocabulaire Catilina I, 4°
-Chez les stoïciens ?
Pour les STOICIENS, ancêtres des JANSENISTES, la virtus consiste à
vivre conformément à la [Link]ément à la Raison. Cette conduite
seule rend l’homme heureux, elle suffit.
CICERON la définit ainsi : « Ingenii Praestantiam »
(=Excellence del’intelligence)(De finibus, IV,56 ; De legibus I, 19,52)
160

⇒« LA RAISON doit primer »


C’est à l’âme de commander et aucorps d’obéir
La gloire de la vertu est impérissable
Avant l’engagement, il faut délibérer
Après délibération, il faut agir rapidement
Les qualités physiques et les qualités intellectuelles doivent s’étayer
mutuellement

PARAGRAPHE II. COMMENT CHERCHER LA VRAIE GLOIRE ?

1°) Dans les 1ers temps, chacun se contentait de son sort


-Igitur= Alors donc
Particule deliaison
Contrairement à l’usage, SALLUSTE place ce moten tête de la phrase en
l’accentuant, sauf dans les propositionsInterrogatives ou
exhortatives
-Initio = dans les1ers temps= Ablatif de temps
-Regis … pars…alii = sujets deExercebant
Recherche de l’ASYMETRIE, chère à SALLUSTE
-Nam in terris =sic vocati sunt qui primiin terrisimperium habuerunt
-divorsi=divorsa sequentes, in contrarium abeuntes
=adjectif pris substantivement
= obéissant à despenchants contraires, des principes opposés
-ingenium= l’intelligence
En organisant le peuple, en donnant des lois
-corpus = en faisant laguerre
-(nam) etiam ; etiam tum : opposition à tum demum (paragraphe 2,2)
-agitabatur=agebatur= SALLUSTE emploie volontiersle fréquentatif ou l’intensif pour le
verbesimple, sans vouloir pour autant donner au verbe un sens renforcé
-Sua : quoique le possesseur ne soit pas sujet.
- Sua cuique→Il n’y avait pas encore de guerres de conquête
Déterminesine cupiditate
161

SALLUSTE est « laudator temporisacti ». C’est la tendance de la génération qui


suit CICERON. On la retrouvedans VIRGILE quiglorifie l’âge d’or, dans TITE-LIVE
(cf. sa préface).
HORACE propose les Gètes comme modèle(peuple barbare de l’Europe
orientale)
TACITE loue les Germains
-cuique = Datif d’avantage

=Igitur initio Alors dans les premiers temps


reges divorsi lesrois opposés (= obéissantà des
penchants contraires)
-num id fuitprimum nomen -en effet, cela futlepremier nom du
imperiin terris- pouvoir sur la terre -
pars (exercebat) ingenium une part exerçantl’intelligence (en
organisant le peuple),
alii ( exercebant) les autres exerçaient (la force physique) le
corpus; corps (en faisan t la guerre),
etiam tumvita hominum aussi alorsla viedes hommes
agitabatur (agebatur) se déroulait
sine cupiditate sans convoitise
suaplacebant satis cuique les siens plaisaient assez à chacun

=Aux 1 erstemps des rois, laviedes hommes se passait alors sans convoitise ;
chacun(jugeait) était content deson sort

2°) Avec les grandes conquêtes, (l’expérience a donné la)prééminence à la force de l’esprit
-postea… quam=TMESE= Postquam
-in Asia
In Graeca =ANAPHORE
-CYRUS= CYRUS, roi perse deladynastiedesACHEMENIDES, vainqueur
d’ASTYAGE, dela LYBIE de l’INDE de la BABYLONIE et protecteur des HEBREUX.
162

Pour SALLUSTE qui ignorait, comme nous les avons ignorés jusqu’au
XIXesiècle, les grands conquérants sumériens,assyro-babyloniens et égyptiens, les
guerres des conquêtes commencèrent avec CYRUS.
NB : L’apparitiondel’impérialisme dans l’histoire du monde date de
THOUTMES (1505-1450acn) quientreprit la conquête de la SYRIE.
-coepere= Forme syncopée de coeperunt= Indicatif Parfait 3ePluriel de
Coepio, -is,-ere, coepi,-=commencer
-subigo, is, ere, egi,-actum= soumettre, dompter,vaincre,conduire, maitriser
-Nationes= Peuples (sansconstructionrégulière), peuplades
-CYRUS…nationes = CHIASME
-subigo, -is,-ere,-egi,-actum= soumettre à
-causam= attribut (en latin)= prétexte suffisant
-lubidinem dominandi=
Cf. les guerres deconquête : l’histoire romaine officielle a
fait alterner aumoins deux fois, un roi belliqueux etun roi pacifique.
NB : CICERON (TusculanaeI, 2) et VIRGILE (Enéide, VI, 84) se flattent avec une
coquetterie bien romaine d’appartenir à un peuple deconquérants même sile sens
de la beauté luiaété chichement départi.
La plupart des auteurs latins voyait dansla conquête de l’univers par Rome, une
expression de la volontédivine, beaucoup plus qu’une « libidinem dominandi »
>Lubido, inis= caprice, arbitraire, désireffréné, envie, dissipation
dérèglement,débauche
-habere= trouver dans, rendre pour
-dum= adv.
Est peut-être un superlatif formé sur de (cf. extremum postrmum)
=de là et pas plus loin, précisément, exactement, vraiment
Tum demum periculoatque negotiis= après une longue expérience etle
maniement des affaires
-periculum, -i. (= ici) : l’expérience, essai, épreuve, risque, danger
-periculo atque negotiis=par l’épreuve des faits
HENDIADYS
-negotium, -ii= occupation, affaire, difficulté, embarras
-compertum est : il est établi, avéré, …
Comperire (= parere)=découvrir, se rendrecompte
163

Vero Mais, après le


postea…quam moment où
(postquam) en Asie, CYRUS
in Asia CYRUS en Grèce les
in Graecia Lacédémoniens
Lacedaemonii et les Athéniens
et Athenienses commencèrentà
coepere subigrere soumettre
urbes atque des villes et
nationes desnations (=
habere lubidinem peuples),
dominandi à prendre leur
causam belli, désir de dominer
putare gloriam pour cause
maxumam deguerre
( esse)in imperio à penser que la
maxumo gloire la plus
tum demum grande
est setrouvait dans
compertumpericulo l’empire le plus
atque negotiis grand,
ingenium posse alors
plurimum in bello seulement,
on se rendit
compte par
l’epreuve des
faits
que l’intelligence
peut
le plus dans la
guerre

=Avec les conquêtes, on a compris, par expérience pratique, que dans la guerre, le
rôle principal revient à l’esprit.
164

3°) L’esprit deschefs est toujours plus vif en temps deguerre

-Quod si … transfertur= PARENTHESE


Suivi de certaines conjonctions, quod sert à lier les phrases
quod si, quod nisi,…
Ex : Quod si legibus obtemperare debetis
= que si vous devez obéir aux lois…
-atque= et en général
-imperatorum= imperatores= Chefs d’Etat
Imperatorum atque regumdépend de
Animi virtus= les qualités morales et intellectuelles
Il doit y avoir chez le chef une capacité, des moyens incomparables
defaire le bien, qui révèlent sahaute valeur humaine
-bello = les choses de la guerre
-valeret= se faisait valoir, se manifestait
-aequabilius correspond à neque …alio ferri, et
Constantius correspond à neque mutari ac misceri
→Allitération
-aequabilius(cf. n°5 aequitate) notamment en politiqueextérieure
-aliud alio:cf.M. De GIVE 122, 2 = pronom RECIPROQUE
-neque cerneres= et on ne verrait pas (comme on le voit)

Quod si virtus animi regum Et si la valeur de l’esprit des rois et


atque imperatorum valeret in des chefs d’Etat se manifestait en temps
pace ita ut de paix ainsi que (=comme)
in bello dansles choses de la guerre,
res humanae haberent sese lesaffaires humaines se mèneraient
aequabilius atque constantius avec plus destabilité et avec plus constance
et non cerneres et on neverrait pas (comme on le voit)
aliud ferri alio que l’un (événement) est pris pour un autre
neque omuia mutariacmisceri ni que tout est changéet mélangé

= Les rois et leschefs montrent plus de qualités en temps deguerre qu’en temps de
paix. S’ils en avaient autant en temps de paix, il y aurait moins de désordre.
165

4°) Le pouvoir se conserve par les mêmes moyens qui l’ont fait acquérir

-artes =propriétés, qualités pratiques ; moyens, principes, vertus ou vices, actes, conduite, occupation.
-initio= d’abord au début
Ablatif detemps
-Retineo, -es, -ere, -tinui, tentum= arrêter retenir conserver
-Quibus= Ablatif de moyen
-Partum est
Pario, -is,-ere, partum (paritum) =engendrer, produire, causer, acquérir

Nam imperium retinetur En effet, le pouvoir est conservé


Facile eis artibusquibus est aisément par ces qualités
partuminitio au moyendesquellesil a été acquis au début

5°) Quand lesdéfauts remplacement les qualités, la situation s’altère…

-continentia = modération
- desedia = Paresse
de- sedere = rester assis
- Pro labore desidia ...
Pro continentia ….. lubido atque Opposition symétrique + Antithèse
Et equitate… superbia
-Aequitas= l’équité
-Libido= caprice, débauche, désir effréné
=-pro= au lieu de
-ubi….invasere= T>Invado, is,-ere, -vasi,-vasum= envahir, faire irruption
Forme syncopée de Invaserunt=Indicatifparfait

Verum , ubi Mais, au moment où,


pro labore desidia aulieu du travail l’oisiveté,
pro continentia au lieu de l’esprit de mesure et
et aequitate del’esprit d’équité,
166

lubido atque superbia la débauche et l’orgueil


invasere,fortuna immutatur simul ont fait irruption,la fortune estchangée
cum moribus en même temps que les mœurs.

= Dès que l’oisiveté succède au travail, la débauche et l’orgueil à la maitrise de soi


et à l’équité, on voit la fortune changer en même temps que les mœurs.

6°) Le pouvoir passe toujours du moins capable au plus capable

–Quisque optimus= Quelqu’un demeilleur,le plus capable


-Transfertur= Indicatif Présent Passif de Transferre= Transporter, transférer
Ici = sens moyen= passer
[Link] des rois fainéants à de plus laborieux
-a minus bono= Complément deprovenance, d’origine et non complément d’agent
=le pouvoir passe sans arrêt de son détenteur amolli à celui qui le mérite le mieux
Ita, Ainsi,
imperium transfertur semper le pouvoir passe toujours
a minus bono ad quemque à partir du moins bon (jusqu’) à
optumum quelqu’un de meilleur

=Ayant perdu les qualités intellectuelles et morales qui lui avaient assuré son succès,
le détenteur du pouvoir cède donc la place à un autre.

7°. Toutes les activités sont régies par l’esprit

-quae hominesarant→ agriculture


Aedificantdésigne l’activité humaine, les principaux objets de l’activité humaine
→L’architecture= construction
Faux relatif= Et ea
- Virtuti>virtus= qualités d’esprit
- parent >parere= être disposé à procurer, se mettre à la
disposition de , dépendre de, obéir
Pareo, es,-ere, parui,-= obéir
167

Et homines arant, navigant, Et les homes labourent, voyagent,


aedificant construisent ;
omnia ea toutes ces activités (tout cela) obéissent
parent virtuti à la vertu (= aux qualités de l’esprit)

* « L’agriculture, la navigation l’architecture, tout obéit à la force del’esprit»

8 °) Vivre esclave ducorps est comme une mort

-Sed= mais (malgré la prééminence de l’esprit dans la vie humaine), quoiqu’il en soit
-Dediti ventri atque somno= adonnés au ventre et au sommeil
Jouissances matérielles,appétits organiques
-indocti= sans développement intellectuel, sans formation intellectuelle sérieuse non évolués.
-inculti= sans culturemorale, sans éducation
→Indocti incultique= comme si la science oula culture devait les empêcher
desuivre leurs mauvais penchants
Science etculture suffisent – elles vraiment pour éviter les penchants mauvais ?
Comparer avec *OVIDE,Métamorphoses VIII :
« Videomeliora proboque, deteriora sequor »
*Rm 7,19
“ Non enim quod volo bonum hoc facio”
→ « La dichotomie étrange, ce fossé douloureux entre ce qui doit être etce qui est
représente le coté tragique dupèlerinage terrestre de l’homme »(Martin LUTHER
KING, Laforce d’aimer)
-pour SOCRATE et PLATON « connaitre la vérité, c’était la pratiquer »

-secuti peregrinantes= comme des voyageurs


Et donc nullement préoccupés de laisserdes traces deleur passage
-transiere= formesyncopée de transierunt = ont passé (leurvie). Parfait d’habitude
-Profecto (=adverbe)= Assurément, certes
Tombe sur contranaturam
168

-Contra naturam= contre la loi de la nature (qui prescrit à l’homme de


s’élever)
En n’appliquant pas lamaximestoïcienne« vivre conformément à la nature »
= Laphilosophie de J.J. ROUSSEAU au 18e siècle, conforme à cet esprit
dunaturalisme antique, s’opposera à toutes les doctrines quiétablissent la
nécessité delutter contrenotrenature peccable eten particulier à la doctrine
chrétiennequi proclame que tout ce qui estégoïsme, orgueil etsensualité trouve en
nous un écho
-anima= animus
-juxta (= adverbe)= « tout autant », c’est-à-direaussi que
Pariter, tantidem= également
-De utraque silenturcf. I, 1° : « Ne vitam in silentio transeant »
Sileo, -es,-ere,-ui = être silencieux, se taire
= Sed multi mortales Mais, beaucoup demortels
dediti ventri atque somno adonnésau ventre (jouissances) et au sommeil

indocti et inculti sans instruction etsans culture


transiere vitam sicut ont passé leur viecomme des
peregrinantes, voyageurs
quibus profecto chez qui, assurément
contra naturam contre la loi dela nature
corpus fuit voluptati le corps futau (pour le) plaisir
anima oneri. l’esprit….. fardeau.
Ego aestimo Moi j’estime
juxta vitam et mortem eorum tout autant la vie etla mort d’eux
quoniam siletur puisqu’il est tu
de utraque au sujet de l’une et de l’autre

= « Nombre d’hommes soumis à la gourmandise et à la paresse ont passé leur vie


comme desvoyageurs sans s’instruire ni se cultiver. La vie de ces gens- là ressemble
à la mort puisque l’on faitsilence surl’une comme sur l’autre»
[Link] de Cordoue, cité par MOLIERE, Le Bourgeois Gentilhomme
« Sine doctrina, vita est quasi mortis imago »
Science
169

9°) Lavraie vie del’homme résidedans sesactions

-verumenimvero= Mais que dis- je ? Mais à coupsûr,tout au contraire


Marque une opposition énergique
-anima= facultés (intellectuelles)
→Frui amima= vivre surtout par l’intelligence etla raison
-Mihi= COI de Videtur
-negotio= Ablatifinstrumental
-Intentus= l’esprit concentré, absorbé, captivé
-Facinus,-oris, n = acte (bon ou mauvais)
Sans qualificatif, cemot a toujours chez SALLUSTE un sens péjoratif
-ars bona = travail intellectuel, belleœuvre,viehonorable, talent
-Praeclari…bonae = CHIASME
=verum enimvero Tout au contraire
is demum videtur mihi celui-ciseulement meparait
vivereatque frui anima, vivre et jouir desesfacultés,
qui quaerit famam (celui) qui cherche larenommée
intentus aliquo negotio captivé par une certaine affaire
facinoris praeclari aut (=tâche) d’action célèbre ou

bonae artis d’une belle œuvre

= La vraie gloire est à rechercher dansune action illustre au dans un beau talent

10 °)Achacun sa carrière suivantsa nature

-Sed= introduit la 2e partiedela préface


-in magua copia rerum= magna rerum copia sit
-rerum>res= domaines où peuts’exercer l’activité humaine(art militaire poésie, beaux arts)
-natura= penchants naturels
-alii= à chacun, aux uns et aux autres
-aliud iter = des voies différentes
170

= Sed natura Mais la nature


ostendit montre
aliud iter alii une autre voieà
in magna chacun
copia rerum dans la grande foule
d’activités humaines

C’est la prédisposition naturellequi montre à chacun sa carrière

Paragraphe [Link].
« Déçu et dégouté dans la carrière politique ; je renonce aux
honneurs dans l’espoir d’occuper noblement ma retraite en vue
d’une gloire littéraire »

1°) On devient illustre aussi bien par les actions que parles écrits

Pulchrum est ……..bene facere


CHIASME DISSYMETRIQUE
Bene dicere ………non absurdumest
LITOTE
-bene dicere= servir l’Etat par la parole
-bene facere = bene merri + Ablatif=bien mériter de l’Etat par les actes, rendreses services.
-haud absurdum est = il n’est pas déplacé, dissonant, malséant
-etiam= ASSYNDETE ADVERSATIVE
-pace…. bello= Ablatif de (moyen), (temps?)

-facere= pris absolument au sens de « faire de grandes choses »


-Rei parblicae= datif d’avantage
171

-multi= attribut dusujet ei (sous- entendu qui serait l’antécédent de qui)


nombreux, en grand nombre
-fecere, scsripsere= Formes syncopées de Fecerunt, scripserunt=Indicatif parfait actif, 3epl

= Est pulchrum bene facere Il est beau derendre service


rei publicae à l’Etat (pardesactions),
etiam haud est absurdum aussi il n’est pas déplacé
bene dicere ( rei publicae) ; de (le) servir par la parole ;
licet fieri clarum il est permis de devenir célèbreou par
vel pace vel bello ; lapaix ou pas la guerre ;
et (ei) qui fecereet (ei) et ceux quiont fait de grandes choseset
quiscriprerefacta aliorum ceux qui ont écrit les actes des autres
laudantur multi. sont loués en grand ombre.

= S’il est beau de servir l’Etat parde belles actions, bien raconter ces action n’est pasnon plus 1 mince mérite.

Les occupations intellectuelles dignes d’un homme cultivé sont donc la carrière
politique, le barreau et l’histoire. Les sciences exactes et lesarts sont omis.

2°) Difficultés d’écrirel’histoire

-Quidem oppose mihi à multi = souci de netteté et de clarté


Aussi + REDONDANCE : tametsi… tamen
+ ENUMERATION : Primum….Dehinc, …..ubi
-haud quamquam= Absolument pas, en aucune façon
-Sequitur(Indicatif présentdéponent)= échoit, s’attacheà
-auctor= celui qui prend l’initiative, qui crée.
-Scriptor=celui qui écrit, qui fait revivre
→scriptorem… auctorem= ALLIANCE DE MOTS= rapprochement de
2 mots dontle sens est apparemment inconciliable.
-Dictis= l’expression
= Datif de rapprochement ? = Le récit doit etre àlahauteur desfaits au moyen de
la parole, par la sureté del’information, par la beauté de laforme.
(Ablatif de moyen ?)
= « Dire est diminuer parole tu déçois »( BOSQUET)
172

= Fata dictis axaequandasunt= Il faut se mettre à la hauteur


desfaitsaumoyen de la parole
-ea quae delicta reprehenderis ( potent) = s’il arrive quel’on blâme certaines
choses comme ayant été malfaites.
*delicta= Attribut de l’objet
>Delictum, -i, n = faute
-reprehenderis etmemores = subjonctifs de POTENTIALITE
+ 2e personnes de l’interlocuteurfictif
→Noter l’absence d elaparticuledeliaison (autem).On considèrelecas
contraireoù l’historien rapporte debelles actions.
-dicta( esse)=rapportés
-Factu= supin en -u, complément de l’adjectif « facilia » GR 228
-Supra ea = quae sunt supra ea= cequi lui parait au-delà de ses possibilités, tout
ce qui dépasse le facile
S’oppose à quae sibi quisque facilia factu putat
-malevolentia et invidia= par une malveillante jalousie
HENDIADYS
-putant ubi= ASYNDETE ADVERSATIVE
-aequo animo(=ablatif de qualité) : sans être blessé, debonne grâce
-Pro= comme
= Primum……
Dehinc…Exempled’INCONCINNITAS (dissymétrie) telle que la pratique SALLUSTE

Ubi…
- virtute et gloria= ablatifs de propos
- ducit (ea) ficta pro falsis = il les tient pour faux, fictifs.

= Ac quidem Et certes
tametsi gloriapar bien qu’une gloireégale
sequitur haud quaquam n’échoie en aucune façon
scriptorem etautoctorem à l’historien et à l’homme d’action,
tamen videtur mihi cependant il me semble
in primis arduum particulièrement difficile
scribere res gestas d’écrire l’histoire
Primum D’abord
quod facta sunt parce queles faitssont devant être égalés
173

exaequanda dictis, par(au moyen des ) dires,


Dehinc Ensuite
quiaplerique putant(ea) quae parce que plusieurs pensent que ce qu’on
reprehenderis delicta blâme comme fautes
(esse) dicta malivolentiaet invidia ; estrapporté par une malveillante jalousie ;
Ubi Quand
memores on se souvient (on parle au sujet de)
de magna virtuteatque gloria de la haute vertuet dela gloire
bonorum,quisque accipit deshonnêtes gens, chacun accepte
animo aequoquae putatfacilia de bonne grâce ce qu’il pense facile
factusibi, àfairepourlui,
(sed)ducit profalsis (mais) prend (pour) comme faux
(quae sunt) (ce qui lui paraît)
supra ea au-dessus decela (=de sespossibilités)
veluti ficta comme une fiction (= des choses inventées)

=La difficulté est seulement detrouver lestyle approprié à l’importance réelle


del’événement mais aussi de trouver un auditoire (=lecteur) disposé àaccueillir la vérité.
En cas d’un défautblâmé, on crie à la malveillance ; en cas d’une vertu louée,on ne veut
accepter comme vrai quecedont ont est soi-même capable(= nivellement parle bas).

III.3-5 : UN PARCOURS POLITIQUE DEPLORABLE

3°. Des vices qui corrompaient toute carrière politique

-Sed : Quant à moi


=Simple particule detransition
= Transition de considération générales sur l’histoire aux mobiles qui ont amené
SALLUSTE à s’en occuper.
-Adulescentulus = bien jeune encore. Adulescens désigne l’homme dans la période
ascendante de la vie
En effet, SALLUSTE fut QUESTEUR en55(à 23 ans),TRIBUN de
la plèbe en 52 (à 34 ans)
174

Dès l’âge de 42 ans, ils’estretiré de la politique pour se


consacrer à l’histoire. Cela devaitparaître prématuré à
l’époque(si on compare avec CATON leCenseur par exemple)
= Consul à 43 ans, CICERON senommait « consul adulescens »

Cf. : LES AGES DE LA VIE (REALIA)

LES AGES VIR MULIER


0 - 7ans INFANS
7 - 17 ans Puer Puella
17 - 30 ans Adulescens Uxor
30 - 46 ans Juvenis Matrona
46 - 60 ans Senior Anus
60 - + senex Anus
80 - + AETATE PROVECTUS

Adulescentia (= 17 -25ans) = toute la partie de la vie pendant laquelle grandit la


force physique et intellectuelle
La juventuscommence ensuite et dure jusqu’à l’âge de45 ans. Les2 mots se
couvrent souvent.
-Studio= Avec passion, fougue= Studiose =par un goût
Ablatifcomplément de moyen delatus sim
- Rem publicam> res publica = la carrière politique
- latus sum(= sens réfléchi) : je me jetai
Indicatif parfait passif defero, fers, ferre, tuli, latum
- Ibique = et in ea ( re publica)
- Initio= Ablatifde temps
- Advorsa fuere= furent contraires, tournèrent contre moi
Cf. son exclusion du sénat en 50 parle censeur APPIUS
- Podor,-is m= honte, confusion, réserve, retenue
Pudores’oppose à audacia comme
Abstinentiaàavaritia
Virtuteàlargitia
= La corruption mieux que le mérite conduisait aux honneurs
175

-abstinentia= désintéressement, détachement, oublide soi


-virtus= intégrité mérité
-largitio= largesses, libéralité= corruption par largesses dans la poursuite deshonneurs
-avaritia= (avere= désirer)= cupidité
-vigeo,-es,-ere, vigui, - =être fort, vigoureux, florissant, prospérer
= Sed ego adulescentulus Quant àmoi, tout jeune encore,
latus sum studio ad rem jeme suis lancéavec passion dans
publicaminitio, secuti la carrière politique dès le début comme
plerique,et ibi multa plusieurs, et là, beaucoup de faits furent
fuereadvorsa mihi. contraires àmoi.
Nam, En effet,
pro pudore à la place dela retenue,
pro abstinentia à la place de l’oubli desoi,
pro virtute à la place du mérite,
audacia, largitio, avaritia la témérité (= effronterie),la corruption etla

vigebant cupiditéflorissaient(= prospéraient, dominaient)

= Tout jeune encore, comme la plupart des gens, j’ai été séduit par la politique ; mais
j’y ai rencontré bien des déboires.

COMMENTAIRE

- La phrase se termine par une ANTITHESE à 3 éléments soulignés par


l’ANAPHORE de pro, mais comportant parfois un PARALLELLISME pour le
premier membre et un CHIASMA pour les 2 autres.
- ANTITHESE : les termes sont opposés 2 par 2 à savoir :
- PARALLELISME : Dans le 1er membre de l’antithèse, la première vertu s’oppose
exactement au premier vice. 1). PUDORE> AUDACIA
-CHIASME= dans les2 derniers membres, lestermes opposés de l’antithèse suivent un
ordre inversé : la 2e vertu s’oppose au 3e vice etla 3e vertu s’oppose au 2evice.
2) Abstientia> largitio
3) virtute> avaritia
= ANAHORE= Répétition de « Pro »
*= Allusion très nette aux désordres de l’époque post-syllanienne
176

=Nous voyons icipoindre le PESSIMISME SENTIMENTAL de


Salluste
Comme plus loin (IV, 1) son INTELLECUALISME SUPERBE.

4°) Quoiqu’allergiqueauvice, j’y ai succombé par ambition

-Quae=relatif de liaison= pluriel neutre se rapportant à 3 substantifs féminins (cf. les 3 vices du § précédent).

Chaque proposition est appuyée d’unparticipe à sens causal.


-Aspernari= dédaigner, avoir en horreur
-Insolens= Qui n’apas l’habitude, étranger, allergique à,inaccoutumé, inexpérimenté
In (= privatif) solere (= avoir l’habitude)
D’oùinsolentia=inexpérience,ignorance, nouveauté,caractère insolite,insolence

- Malarum artium= pratiques coupables, procédés condamnables


Génitif complément de l’adjectif insolen(= inexpérimenté)[Link] GIVE 219

- inter tanta vitia


Se rapporte à tenebatur = se trouvait engagé
-imbecilla= trop faible pourrésister à l’ambition, faible, sans énergie
-ambitione corrupta= égarée par l’ambition
Cf. son activité politique en faveur du parti
Populaire, comme Tribu de la plèbe en 52.
-Tenebatur= Imparfait de durée et répétition
-corrupta tenebatur=corrumpebatur ettenebatur=imparfait de durée
Aspernor, aris, -ari,-atus sum( dép.) = répugner, repousser
= Et tametsi animus insolens Cc Et bien que monesprit étrangeraux
artium malarum aspernabatur pratiques malhonnêtes dédaignait ces
ea, tamen aetas imbecilla tares, cependant mon âge trop faible (et)
corrupta ambitione tenebatur P égaré par l’ambition était retenu
inter tanta vitia au milieu de si grands vices

= Sans doute mon esprit en éprouvaitde l’aversion, peu habitué qu’il està une
conduite immorale, mais pourtant l’âge des faiblesses, gâté par l’ambition, se
laissait prendre au milieu de si grands vices.

5°) L’ambition a fini par m’égarer comme lesautres


177

- Cum… dessentirem= Cc>dissentio, -is,-ere,


sensi, sonsum= être d’un avis différent, nepas s’accorder, se
disputer.
-malis moribus= inconduite, mauvaise conduite
Ablatif de séparation
-honoris=honorum
- nihilo minus = néanmoins
-eadem quae=eadem honoris cupido mevescabat fama atqueinvidia, quae ceteros…
vexabat
= construire
Cupido honoris(= honorum) vescabat me eadem fama
atque invidia, quae ( vexabat) ceteros=Néanmoins le désir des honneurs
m’exposait aumême discrédit et à la haine qui minait les autres.
-vexare= Agiter, inquiéter, maltraiter, tourmenter, livrer en butte à, exposer à

Ac cum dissentirem me ab malis Et quoique je me défiais de


moribus reliquorumcupido honoris( cesmauvaises mœurs des autres, le
honorum) vexabat me désir des honneursme tourmentait
nihilominuseadem fama atque néanmoins par la même jalousie et
invidia quae vexabat ceteros. envie qui tourmentaitles autres.

= J’ai eu beau me garder de cette immoralité générale, la même tentation de


l’honneur qui a égaré les autres m’a ramené à ce milieu corrompu.

COMMENTAIRE

- Cum… dissentirem : Bien que je ne m’accordais pas, bien que je n’étais pas
D’accord avec, bien que je différais…
N’ya –t-il pas là de la part de SALLUSTE une certaine impudence ? Il y
en a. Toutefois, il ne faut pas exagérer le contraste entre la vie privée de
SLLUSTE et les conseils moraux qu’il prodigue en historien. Ces
considérations morales étaient une loi du genre.
- L’histoire est, à Rome, une fonction nationale, avant d’être l’œuvre
personnelle d’un écrivain. Ajoutons que SALLUSTE a toujours prétendu,
avec raison peut-être, qu’il était victime de machinations aristocratiques.
178

Sans souscrire, toutefois, à toutes les conclusions de


Madame OLIVIERI, il convient de rappeler que le Sénat romain comptait, à
ce moment-là, beaucoup de membres tarés, qu’à de rares exceptions près,
tous les gouverneurs pillaient leur province sans avoir dans la suite maille à
partir de la justice.
- A travers ce §III, SALLUSTE nous prête tout de même à rire. En effet, il n’y
trace pas ses défauts pourtant bien connus par nous. Aussi accuse-t-il la
noblesse comme étant de mauvaises meurs pour dire implicitement que lui,
SALLUSTE, était de bonnes mœurs.
 Ce passage-surtout III, 3-4-5-, quand on connaît la vie publique et les mœurs
de SALLUSTE, prête à sourire. En quoi ?

§IV. LE CHOIX DU SUJET :


 LA CONJURATION DE CATILINA, UN BON SUJET.

1° Retraite politique et projet de l’occuper noblement

- Igitur= Ainsi
unit ce qui suit à « advorsa fuere » (III, 3)
- Ex= après, au sortir de… = post
marque le point de départ d’un changement.
- miseris atque periculis=tracas et dangers, obstacles et difficultés
qui entravent l’activité politique. [Link] fuere advorsa
=Ablatif d’origine
- habendam= Adjectif verbal, avec idée d’obligation
- Mihi: Datif de l’être animé qui doit faire l’action après l’adjectif verbal d’obligation=N°265 .
- consilium (meum) = attribut de
 (me) conterere bonum otium
 neque (me) intentum… agere aetatem
179

- bonum otium= un loisir précieux


- Conterere= Sujet de fuit
Contero,-is, -ere, trivi, -tritum= Broyer, écraser, user par le frottement,
détériorer, user, consumer, perdre (temps).
- Requievit= se fut calmé, ressaisi
Indic. Prf Actif, 3e Sg. de Requiesco, -is, ere, quievi, quietum
= Se reposer, Reposer, dormir, se calmer, s’apaiser
- Colundo-venando= Gérondifs au datif
Compléments de intentum  Attribut du sujet non exprimé de agere= me.
Participe parfait passif deintendo, -is, -ere, -tendi, intentum= s’appliquer à, s’efforcer de,
appliquer son attention à
- Agrum colundo autconstitue 1e dissymétrie
venando par rapport àsocordia atque desidia
= Accusatif COD du gérondifcolundo
- socordia atque desidia = dans l’inaction et la paresse
ablatifs de cause
- Venor, -aris,-ari, venatus sum= chasser, pêcher, être à l’affût de

- Colo, -is, -ere,-lui, cultum=cultiver, soigner, orner, s’occuper de, honorer,


respecter, courtiser, habiter à
 Servilibus officiis : apposé aux gérondifs colundo et venando
Travaux dignes d’esclaves
N.B : Ce dédain d’intellectuel pour la chasse et l’agiculture est rare à cette époque
 Ce jugement contraste non seulement avec l’opinion de CICERON, mais aussi
avec celle de CATON que pourtant SALLUSTE a souvent suivi
 SALLUSTE oppose, ici, la chasse et l’agriculture aux travaux d’esprit ; son idéal
d’ailleurs se rapproche de l’ideal grec.
- Neque vero= ni assurément

 Igitur, ubi animus requievit Ainsi, dès que mon esprit se futressaisi
ex multis miseris atque au sortir de ces nombreux tracas et
periculis, et (ubi) decrevi dangers, et (dès que) je résolus que
mihi reliquam aetatem pour moi le reste de ma vie devait
habendam être maintenu
(=mihi habendam reliquam aetatem) (=je devais maintenir le reste de ma vie)
180

procul a re publica, loin de la politique,


conterere bonum otium gaspiller un bon loisir
socordia atque desidia dans l’indolence et l’oisiveté
non fuit meum consilium n’a pas été mon projet,
neque vero (me) agere aetatem ni assurément passer ma vie occupé
intentum à cultiver le champ ou
colundo agrum aut à poursuivre le gibier,
venando, besognes dignes d’esclaves.
officiis servilibus

 Déçu et dégoûté, SALLUSTE renonce aux « honneurs », mais non sans espoir
d’occuper noblement sa retraite. Comment ? R/en écrivant.

COMMENTAIRE
- Cette attitude marque la fin de l’âme classique qui imposait la participation
aux affaires publiques. L’individualisme de SALLISTE s’atténue un peu dans
la préfarce du Jugurtha.

- SALLUSTE semble s’excuser de se faire historien. ROME n’aimait que les


hommes d’action, par rapport à l’homme d’action, l’écrivain était toujours un peu dédaigné.

- SALLUSTE considère l’agriculture et la chassecomme des besognesd’esclaves.


Ce jugement contraste non seulement avec l’opinion de CICERON, mais
aussi avec celle de CATON que SALLUSTE a pourtant souvent suivi.
Ce dédain d’intellectuel pour l’agriculture et la chasse est rare à l’époque.
 Suite à l’envahissement du luxe, le travail des champs est
abandonné aux esclaves,c’est-à-dire, aux yeux de SALLUSTE, même
la chasse est moins digne de l’homme libre.

 Après plusieurs ennuis et dangers, SALLUSTE décide de passer le reste


de ses jours loin de la politique. En faissant quoi ?
181

2° Décision et opportunité pour écrire l’histoire romaine par épisodes

- Incepto>Inceptum= commencement, entreprise, projet


- Studium= Inclinaison, goût
Incepto et studio désignent sa vocation d’historien
- Mala = fâcheuse dans ses suites
- detinuerat= Indicatif plus-que-parfait 3e personne du singulier = Avait tenu à l’écart
Detineo, -es,-ere, -ui, -entum : empêcher, arrêter
- Eodem= ad idem, ad idem inceptum
Adverbe de lieu
Construireregressus eodem a quo incepto et studio
= ad inceptum strudiumque a quo…
ambitio mala detinuerat me
- carptim= carpendo
Parépisodes détachés,fragments choisis, monographies, morceaux
détachés, en choisissant
SALLUSTE n’est pas un historien de grands ensembles ; il n’a pas
l’esprit de synthèse et n’est pas capable de nous fournir des vues
cavalières sur de vastes horizons.
- Ut= selon que, dans la mesure où
Avecquaeque= Nominatif Neutre Pluriel
- memoria= qu’on en perpétue le souvenir…
- Prescribere… mihi a ape… liber erat
Par ces mots sont indiqués successivement :
 le désir de précision et d’exactitude
 le souci d’impartialité
cf. TACITE, Annales I, 1 : « Sine ira et studio »
- Partibus →comprendre : « J’étais libre du côté de 2 parties adverses, des
Passions politiques, de l’esprit de parti ».
- a partibus, a metu= Ablatifs de séparation
182

- Regredior, -eris, di, regressus


sum= Retourner, Revenir, Rétrograder,
reculer, se replier, faire retraite.
Sed regressus (sum) eodem P Mais je suis revenu là-même
incepto et studio à ce projet et à cette préoccupation
(ad id inceptum
et id studium) a quo mala desquelles une fâcheuse (=mauvaise)
ambitiodetinuerat me, R ambition m’avait tenu à l’écart,
statui prescribere res gestas P j’ai décidé d’écrire l’histoire
populi romani du peuple romain
carptim (carpendo) par épisodes détachés (en choisissant)
ut quaeque videbautur CP selon que quelques uns semblaient
digna menoria dignes qu’on en perpétue le souvenir
eo magis quod animus erat biber d’autant plus que l’esprit était libre
mihi (=dat. de possession) pour à moi= (j’avais l’esprit libre)
a spe, metu de tout espoir, de toute crainte
partibus rei publicae de tout parti pris politique

 A en croire son mot, SALLUSTE s’était donc déjà senti attiré auparavant vers l’histoire.
Retour à l’histoire.
 Statui : l’histoire se place au moment où le lecteur prendra connaissance de l’ouvrage
 Carptim : Par épisodes détachés, fragments choisis, monographies
 SALLUSTE n’est pas un historien de grands ensembles.

3° La conjuration de Catilina en bref

- Paucis= en peu de mots


- Absolvam (=Futur simple)= J’exposerai
- Potero (= futur simple)= Je pourrai
- Quam= adverbe de renforcement du superlatif
Igitur, Ainsi donc,
de conjuratione Catilinae Au sujet de la conjuration de Catilina,
absolvam paucis j’exposerai en peu de mots le
quam verissume potero. plus fidèlement que je pourrai.

SALLUSTE va donc traiter brièvement et aussi exactement qu’il pourra la


conjuration de CATILINA.
183

4° L’affaire Catilina est singulièrement mémorable.

- Facinus, -oris, n= action, d’ordinaire mauvaise action, crime


Non accompagné d’un déterminatif, ce mot a toujours un sens
défavorable, chef SALLUSTE.
- Periculi>periculum= péril, danger ; le péril qu’il fait courir à la République,
Dangercouru par la République.
- Novitate>Novitas= caractère surprenant, inconnu jusqu’alors, nouveauté, étrangeté

Ablatif de cause
Nam ego existumo id facinus En effet, moi j’estime cet événement
in primis memorabile particulièrement mémorable
novitate sceleris de par la nouveauté du crime
atque periculi et du péril (qu’il fit courir)à la République

Cette abominable tentative est particulièrement mémorable en raison de


l’étrangeté du crime et du danger qu’elle fit courir.

5° Et avant le récit, un bref aperçu surCatilina

- Prius… quam= Priusquam


TMESE
Et de moribus hujus hominis Et au sujet des mœurs de cet homme,
pauca sunt explenandapriusquam P peu de traits sont à expliquer avant que
faciam initium narrandi T je ne fasse le début de ma narration

Mais avant d’aborder son récit, SALLUSTE va donner quelques éclaircissements


sur les mœurs de cet homme.

CONCLUSION SUR SALLUSTE

A. AUTEUR

- Une carrière politique ratée


- Blessure mal refermée ;
184

- L’amertume de cet échec qui n’entame pas un amour-propre


exacerbé
- Aux protestations de bonne conscience, l’homme préfère l’agressivité
- une nature portée à la polémique, mais hostile et réfléchie

B. SA CONCEPTION DE L’HISTORIOGRAPHIE

 Une histoire sélective tournée vers les événements les plus significatifs qui
seront traités en monographie, choix qui engage à la fois la forme et le fond.
 SALLUSTE revendique un droit d’analyse et d’interprétation implicitement
justifié par son désengagement politique.
 L’histoire est sûrement un service à l’Etat : elle est le meilleur moyen
d’atteindre la gloire à laquelle doit aspirer tout homme, et elle a l’avantage
d’utiliser au plus haut point les fonctions intellectuelles auprès de l’Etat.
 L’histoire est par contre une entreprise particulièrementdifficile, parce
que l’objectivité de l’histoire rencontrera une opposition dans la jalousie et
l’incrédulité des lecteurs (III, 2). Il ne sera donc pas facile d’émettre des
critiques ou de louer une vertu qui a osé dépasser le commun.

C. LA NECESSITE D’ECRIRE L’HISTOIRE

SALLUSTE n’écrit pas l’histoire par nécessité politique (il s’est écarté de
la politique) mais ses écrits pourront éclairer une méditation politique en
général et celle de son temps en particulier.
L’historien s’interroge sur la signification des événements :

- Pour en tirer des leçons, c’est-à-dire que l’histoire a une valeur morale
- pour percevoir les dangers, en un mot, pour être prudent.

COMMENTAIRE

- Quelle opinion SALLUSTE veut-il que nous nous fassions de son caractère,
de sa valeur intellectuelle et morale ?
R) SALLUSTE se voudrait une intelligence peu commune et une vie morale
exemplaire : un esprit libre de toute crainte et de toute passion.
185

Quand on connaît la vie politique et les mœurs de SALLUSTE, l’éloge qu’il


fait de lui-même prête plutôt à rire. Il se pose en professeur de vertu,
quoiqu’ayant cédé un certain moment à certaines faiblesses dues à l’âge.
On dirait un diable devenu ermite (III, 3-4-5).

- Résumez les idées de SALLUSTE sur l’histoire.

R) « On ne tolère la louange d’autrui qu’autant qu’on s’estime capable de faire


ce qu’on entend louer ; dépasser cette limite, c’est provoquer l’envie et la
défiance »(THUCYDIDE, La guerre du Péloponnèse II, 35)
L’histoire est une entreprise particulièrement difficile
- La forme : procédés de style, Relever quelques pensées brillantes
R) –« DIVITIARUM ET FORMAE GLORIA FRAGILIS EST »
- « NAM ET PRIUSQUAM INCIPIAS CONSULTO ET, UBI CONSULUERIS, MATURE
FACTO OPUS EST »
- « IMPERIUM FACILE EIS ARTIBUS RETINETUR, QUIBUS INITIO PARATUM EST »

II. a). 5. SAINT AUGUSTIN, De civitate Dei V, 21-22 :


UN THEOLOGIEN ECLAIRE LES PARADOXES DE L’HISTOIRE

QUI EST SAINT AUGUSTIN ?


1. SA VIE

Les étapes de la vie de saint AUGUSTIN sont bien connues ;


- La naissance à THAGASTE en 354 pcn
- Sa conversion à MILAN, en387
- Son épiscopat à HIPPON en 395/6 - 430

Mais ce qui compte surtout c’est le rayonnement de sa pensée et le


témoignage d’une vie toute consacrée à la recherche de Dieu et au service de
l’Eglise…
186

- Né le 13/11/354 à THAGASTE, en NUMIDIE, AURELIUS AUGUSTINUS


est fils d’un païen tolérant PATRICIUS qui finit par se convertir, et d’une
mère chrétienne Sainte MONIQUE.
- Professeur de Rhétorique à THAGASTE, puis à CARTHAGE, ROME et MILAN.
D’un tempérament passionné, épris de vérité intellectuelle et morale, il se
rallie d’abord au MANICHEISME, une secte/hérésie qui visait au
rationalisme et qui présentait la vie comme une lutte entre le principe du
bien et le principe du Mal.
 Le Bien = Dieu= Lumière = Esprit
 Le Mal= Diable = Ténèbres= Matière
- A MILAN, il a subi l’influence dominante de l’évêque Saint AMBROISE : dans
une vision extatique, il embrasse la foi orthodoxe. Réconcilié avec lui-même,
il est baptisé en 387. Ordonné prêtre en 391, il sera nommé évêque
d’HIPPONE en 395/396.
- Il mourut en 430 à HIPPONE qu’assiégeaient alors les VENDALES L’Eglise
reconnaît en lui un de ses plus remarquables Saints et docteurs de l’Eglise.

2. SON ŒUVRE

Elle est très vaste et très variée par le style comme par les sujets. On y
trouve : des études religieuses, des sermons, des lettres, etc.…
Ses principaux ouvrages sont :
- Les confessions
- La cité de Dieu
- La trinité

a) LES CONFESSIONS(vers 398)


« C’est l’action de Dieu dans l’âme de l’homme » (PICHON) ou tout
simplement le roman d’une âme, le roman de son âme (=Augustin).
 Ouvrage en 13 livres où l’auteur nous décrit avec une rare pénétration
psychologique, sa lente et douloureuse ascension vers le christianisme
187

Il s’agit d’une double confession (>confessio, confiteri) ; celle


du péché et celle de la louange. On peut ainsi distinguer :
 La conversion morale : les luttes pénibles que Saint Augustin dut soutenir
pour vaincre en lui le vieil homme avec ses passions et ses misères.
 La conversion intellectuelle : l’effort d’une pensée cherchant avec sincérité
la vérité qui mettra un terme à ses inquiétudes.
Bref, les confessions racontent la vie de Saint AUGUSTIN depuis sa
naissance à THAGASTE en 354 jusqu’à la mort de sa mère à OSTIE dans
l’automne de 387.
 Autant qu’une autobiographie, c’est une hymne à la gloire de Dieu.
 Les 9 premiers livres racontent dans les détails l’histoire antérieure de Saint
AUGUSTIN jusqu’à sa conversion
 Les 4 derniers racontent le début de la Genèse. l’auteur y poursuit son
action de grâce et expose le fondement de sa foi pour en communiquer les
bienfaits à ses lecteurs.
 Les confessions sont le plus original document psychologique laissé par la
littérature latine chrétienne.

b) LA TRINITE

« C’est le mystère de Dieu tel que son amour l’a révélé». Celle-ci est
l’œuvre dogmatique la plus importante. Augustin y invite ses lecteurs à plonger
comme luidans le mystèred’amour qu’est Dieu. On trouve à la fois dans cet
ouvrage à 15 livres, l’exposé du dogme, sa formulation systématique, la doctrine des
« relations », les applications psychologiques du dogme, les propriétés personnelles du Saint-
Esprit et le lien posé entre le mystère trinitaire et la vie de grâce.
Contrairement aux théologies antérieures qui partaient de la trinité pour
remonter à l’unité, AUGUSTIN part des données scripturaires où il trouve d’abord
l’unité du Dieu transcendant, unité d’essence qui entraîne unité d’opération.
Pour AUGUSTIN, seule la RELATION (=ce que l’un est par rapport à
l’autre) implique le NOMBRE tandis que la SUBSTANCE exige l’UNITE.
 TRINITE des personnes relatives l’une à l’autre
188

UNITE d’une égale substance qui est l’Amour.


 Bref, la distinction en Dieu se ramène aux relations
(AUGUSTIN développe alors les analogies de la trinité qu’il découvre particulièrement dans l’âme
humaines).

c) LA CITE DE DIEU

« C’est l’action de Dieu dans l’histoire du monde » (PICHON) ou tout


simplement, « l’architecture du monde futur ».
Saint AUGUSTIN y oppose la fausse grandeur terrestre au royaume céleste. Il y
reprend du point de vue chrétien, toute l’histoire du monde païen dont il étale les
vains orgueils et dont il réfute les formes religieuses et philosophiques.
Puis il expose sa propre conception de la cité de Dieu, formée de tous les
justes qui luttent et qui seront unis à Dieu pour l’éternité.
Cet ouvrage à 22 livres est une œuvre à la fois dogmatique et historique.
Saint AUGUSTIN y montre que :
- les malheurs de l’empire romain ne sont pas dus à abandon du polythéisme
- le paganisme est une imposture d’ailleurs outrageante depuis la venue du
Christ.
 Saint AUGUSTIN prédit les triomphes d’un Etat chrétien soutenu par une Eglise
militante.
« La cite de Dieu », pour tout dire, est à la fois une apologie et une
sommethéologique où l’on trouve le premier essai d’une philosophie de l’histoire.
+ De libero arbitrio + soliloques + De natura et gratia + Retractationes + De doctrina
christiana + De Baptismo

3. DE CIVITATE DEI, V, 21-22 : DE QUOI S’AGIT-IL ?

La prise de ROME, mise en sac en 410 par les WISIGOTHS d’ALARIC,


avait réveillé dans bien des consciences, des préventions contre le christianisme
rendu responsable de la décadence et de la chute d’un empire qui était demeuré
intact tant qu’il restait fidèle à ses dieux.
En réponse à ces attaques, Saint AUGUSTIN écrit « la cité de Dieu » où il
affirme que « deux amours ont bâti deux cités » :
- L’amour de soi au mépris de Dieu, fit la cité terrestre
189

- l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, fit la cité céleste


Dans la 1ère (chez les princes et les chefs des nations), la passion du
pouvoir l’emporte. Dans l’autre, tous se font serviteur du prochain dans la charité.
En effet, la 1ère, dans la personne de son chef, admire sa propre force,
mais l’autre dit à son Seigneur :
« Je t’aime, toi Seigneur, ma force »
Dans cet extrait que nous avons à lire et à traduire, Saint AUGUSTIN montre que :
- Dieu a accordé le royaume aussi bien aux hommes pieux qu’aux impies
- Il suscité des souverains tantôt bons, tantôt mauvais
- Il a permis des guerres parfois longues, parfois brèves, sans tenir compte des
divinités romaines, mais selon sa justice souveraine, « Lui à qui rien d’injuste
ne plaît (cui nihil injuste placet)
 Bref, nous allons voir dans ce texte comment un théologien éclaire les
paradoxes de l’histoire.

DE CIVITATE DEI, V, 21 : DIEU DIRIGE L’HISTOIRE

1° L’agir de Dieu dépasse l’entendement humain

- QuaecumitasintSubjonctif pour la subordonnée de cause


Adverbe ayant valeur démonstrative
Conjonction coordination. Causale
Pseudo-relatif (GR108)=Et ea
- Dandi regni
= Génitif de l’adjectif verbal, épithète de regni, complément
de « Potestatem »
- Non… nisi= seulement
- Quamvis= Conjonction de subordination concessive (et non adverbe)
Emploi non classique avec le subjonctif
190

- VoluitSujet : Deus = maître de toute chose, source de l’intelligence et


de la science d’AUGUSTIN et de toute homme.
- Multum est ad nos= C’et une chose difficile à savoir pour nous
- hominum occulta= le mystère des hommes
- Deo vero= Datif d’attribution
- Valde (= adverbe) = beaucoup
- Discutio,-is, -ere, -cussi, -cursum= examiner, éclairer, éclaircir, débrouiller,
discerner, pénétrer
- Liquidoexamine= Ablatif de manière
examen, - nis, n= Examen, Analyse, épreuve
Liquidus, a, um =clair, limpide, pur, serein, loyal, franc

 Et cum ea sint ita, Et puisque ces faits sont ainsi,


tribuamus potestatem attribuons le pouvoir
dandi regni atque imperii d’accorder le règne et la suprématie
non nisi Deo vero, qui dat seulement au Dieu vrai qui donne le
felicitatem in regno caelorum bonheur dans le royaume des cieux
solis pis aux seuls bons
vero (qui dat) regnum terrenum mais (qui donne) le royaume terrestre
et piis et impiis et aux pieux et aux impies
sicut placet ei comme il plaît à lui
cui nihil placet injuste . à qui rien ne plait injustement.
Enim, quamvis dixerimus En effet, bien que nous ayons exposé
aliquid quod (deus) voluit quelque chose que (Dieu) a voulu
191

esse appertum nobis : être ouvert à nous :


Tamen est multum Cependant c’est une chose difficile à savoir
ad nos et superat valde pour nous et cela dépasse grandement
nostras vires discutere occulta nos forces, de pénétrer le mystère des
hominum et dijudicare merita hommes et de juger les mérites
regnorum examine liqueido des règnes par une analyse limpide.

Personne ne peut juger judicieusement pourquoi Dieu agit de telle ou telle manière ;
ce sera toujours le secret impénétrable de Dieu, à moins qu’il veuille nous
le révéler.

2° Il a donné le règne aux peuples les plus divers

- a quibus duos deos solos coli  Proposition infinitive


Infinitif Présent passif de Colo-is, ere, colui,
cultum= honorer, respecter, adorer
- Judicio, adjutorio= Ablatifs de moyen
adjutorium=aide, secours, appui
- Assyriis, Persis, Romanis= Datifs d’attribution
- Duos deos  Traduit le polythéisme de la religion perse et explique son dualisme
AHURA-MAZDA= le bon ; AHRIMAN= le mauvais
Ce dualisme a été répandu en occident par le MANICHEISME doctrine de
MANES ou MANICHEE (215-276 pcn) qui admet l’existence de deux principes
crées par ZOROASTRE : le dieu du bien ou de la lumière, essentiellement bon, le
diable ou principe des ténèbres ou du mal.
- Qui praeter umum Deum non coluit= qui n’a adoré qu’un seul Dieu
192

(=Préposition + Accusatif)= Excepté, hormis, si ce n’est


- et quando regnavit : « même au temps de sa souveraineté », quand le peuple
juif était encore indépendant.

 Igitur ille unus verus Deus, Ainsi donc, cet unique vrai Dieu
qui deserit genus humanum qui n’a abandonné le genre humain
nec judicio, nec adjutorio ni par son jugement ni par son assistance,
quando voluit et quantumvoluit quand il a voulu et autant qu’il a voulu
dedit (regnum) Romanis, qui a donné le règne aux Romains ; C’est lui
dedit (regnum) Assyriis qui a donné (le règne) aux Assyriens
vel etiam persis a quibus letterae ou même aux Perses à partir desquels les
istorum continent lettres de ceux-ci contiennent que
solos duos deos coli seuls deux dieux sont adorés
unum bonum, alterum malum un bon, l’autre mauvais
ut taceam de pour que je me taise (pour ne pas parler) au sujet
populo hebraeo de quo iam dixi du peuple hébreu à propos duquel j’ai déjà
quantum est visum satis, parlé autant qu’il a semblé assez,
qui non cohuit praeter unum qui n’a adoré si ce n’est un Dieu (=qu’unseul

deum et quando regnavit Dieu) même au temps de sa souveraineté

Quand il l’a voulu et comme il l’a voulu, Dieu a accordé le royaume aux Romains,
aux assyriens et aux Perses alors que leurs mœurs ou leurs religions étaient
divergentes.

3°Bienfaits aux Perses et aux Romains indépendamment de leurs divinités

- Dea segetiae= la déesse de la moisson.


- isti= les anciens Romains
- Singuli= Adjectif Distributif de l’unité = 1 à 1, 1 chaque fois,

 Is dedit segetes Persis sine C’est ce dernier (Dieu) qui a donné les
cultu deae Segetiae, qui (dedit) moissons auxPersessans le culte de la
alia dona terrarum sine cultu déesse de la moisson,
tot deorum quos ipsi c’est lui qui a donné les autres dons de
praeposuerunt singulos rebus la terre sans leculte de tant de dieux
singulis vel etiam plures rebus que les anciens Romains ont préposés
193

singulis etiam ipse dedit un par un pour les choses une à une
regum sine cultu eorum per (=pour chaque chose) ou même plusieurs pour
cultum quorum isti crediderunt chaque chose
se regna(vi)sse aussi le même a donné le règne sans le
culte de ceux(dieux)par le culte desquels
les Romains d’autrefois ont cru qu’ils
avaient régné.

Dieu a donné les moissons et les autres bienfaits aux perses et aux Romains sans
l’intervention de leurs divinités respectives.

4°) Il a aussi donné le règne aux hommes (=empereurs)

- hominibus (dedit regnum)= Aux hommes, aux individus, non plus aux peuples
- Gaius Caesar= CALIGULA (=empereur de 37 à 41)
- Filio=TITUS (mais il est à noter que son frère DOMITIEN est, lui aussi, fils deVESPASIEN).
N.B : Remarquez, à chaque fois ce paradoxe, cette opposition entre un bon
empereur, et un mauvais.
- per singulos ire= énumérer
- Julianus apostata=JULIEN L’APOSTAT
Empereur (361-363) : Neveu de CONSTANTIN Ier, il fut élevé dans la
religion chrétienne qu’il renia. D’où son nom d’Apostat.
194

- curiositas  JULIEN L’APOSTAT était célèbre pour être un des premiers à


avoir possédé une bibliothèque.
- Constantino christiano= CONSTANTIN le grand ou CONSTANTIN Ier.
Empereur (306-337) : Sa victoire sur son rival MAXENCE (cf. Bataille
du pont MILVIUS en 312) décida définitivement de la
reconnaissance du christianisme comme « religion officielle »

Sic etiam (dedit regnum) Ainsi aussi (il a donné le règne) aux
hominibus : Qui (dedit regnum) hommes :C’est lui (qui a donné le pouvoir) à

Mario, qui (dedit regnum)Gaio Marius, C’est lui qui a donné le règne à Caius
Caesari et ipse dedit regnum César et lui- même a donné le
Neroni, pouvoir àNéron, c’’est lui qui a donné
qui dedit regnum Vespasianis le pouvoir auxVespasienssoit au père ,
velpatri, vel filio, imperatoribus soit au fils, empereurs très doux, et le
suavissimis, et ipse (dedit même (a donné le règne) à Domitien le
regnum)Domitianocrudeclissimo, très cruelet pour qu’il ne soit pas
et ne sit necesse ire per singulos, nécessaire d’énumérer, c’est lui (qui a

qui (dedit reguum) Juliano donné le pouvoir) à JULIEN l’APOSTAT dont


Aportatae cujus curiositas sacrilega la curiosité sacrilège et à détester a
et detestanda decepit indolem détourné la nature excellente par
egregiam amoredominandi. amour de dominer.

5° Pour insondable qu’elle soit, la volonté de Dieu est-elle injuste ?

- Numquid (= adverbe interrogatif)= Est-ce que ? Est-ce pour autant ?


- Plane (=adverbe)= Assurément, certainement (réponse)
 Plane unus verus Deus regit et Sans doute, l’unique vrai Dieu régit et
gubernat haec ut placet et sic gouverne ces événements orme il lui plait
causis occultis, et ainsi par des causes cachées,sont-
numquid injustis? elles pour autant injustes ?

Ya-t-il lieu de conclure de l’incompréhension humaine de l’agir de Dieu à son


injustice dans le gouvernement du monde ?
195

 Le vrai Dieu tient dans sa main tous les événements de l’histoire.

 ce qui frappe dans ce § 1°-5° c’est :


 La majesté du style : la phrase se prolonge avec des rebondissements
multiples ; les mots sont forts et s’opposent de façon frappante.
Exemple :
- Regno caelorum …………regnum terrenum
- Solis piis ………………piis et impiis
- sicut placet ei …………………….cui nihil pacet injuste
La couleur oratoire qui y est très nette ……..
Cf. les groupes binaires qui scandent sans cesse le mouvement
Exemple :
- nec iudicio……………………..nec adjutorio
- quando voluit ………………quantum voluit

La valeur expressive renforcée par la reprise de mêmes termes.


Exemple – sine cultu ………..sine cultu
- per quorum cultum
L’argumentation très serrée et concrète : les exemples ne sont pas de simples
ornements faciles. Ils ont donc valeur démonstrative.

V.22 : DIEU DIRIGE LA DUREE DES GUERRES

1° Il dépend de lui que certaines finissent tôt ou tard.

- Sic tempora  Il s’agit de la durée des guerres


- adtero, -is, -ere, attrivi, attritum= Flatter, user, affaiblir, suiver, anéantir,
accabler, éprouver.
- Citius, tardius= comparatifs des adverbes cite, tarde(= vite, tard)
= Plus rapidement (+vite), plus tardivement cf. Devise des
« jeux olympiques » « Citius, Altius, Fortius »
- Ut= Cs
196

 Sic etiam Ainsi aussi (Dieu


(Deus regit) régit) la durée
tempora ipsa même des guerres
bellorum sicut est comme c’est dans

in arbitrio ejus et lejugementde lui et

in justo judicio (dans) sa juste

etmisericordia vel justice et dans

adterere, sa miséricorde

velconsolari soit d’accabler,

genus humanum, soit deconsoler le

ut alia finiantur genre humain,

citius, de sorte que les

alia finiantur unes prennent fin

tardius plus tôt, les


autres prennent
fin plus
tardivement.

2° Des guerres qui durèrent peu

- Bellum Piratarum a Pompeio (de Mars à Mai 67)


- Bellum Gladiatorum  Il s’agit de la guerre des premiers adeptes de Spartacus.
C’étaient des gladiateurs de l’école pour lutteurs de CAPOUE.
Cette guerre de SPARTACUS dura de 73 à 71. SPARTACUS, chef
des esclaves révoltés contre Rome, fut tué en 71 après avoir
pendant 2 ans, tenu tête aux légions romaines.
- Consumo, -is, ere, consumpsi, consumptum= Employer, dépenser, faire périr,
anéantir, consumer
- Bellum Punicum tertium a scipione(149-146acn)
197

Bellum piratarum La guerre des


a Pompeio, pirates menée par
tertium bellum POMPEE, la
punicum a troisième guerre
Scipione sunt punique menée
copnfecta par SCIPION se
celeritate sont achevées avec

incredibili et une rapidité

brevitate incroyable et dans

temporis. Quoque une brièveté de

bellum temps. Aussi la

gladiatorum guerre

fugitivorum, desgladiateurs

quamvis Italia fugitifs, bien


contrita atque que l’Italie fut
vastata horribiliter ravagée et
multis ducis dévastée
Romanis et duobus horriblement
consulibus victis, beaucoup de
tamen est généraux Romains
consumptumtertio et deux consuls
anno post multa ayant et
consumpta. vaincus,cependant
fut achevée à la
troisième année
après plusieurs
choses détruites

3°Des guerres qui durèrent longtemps

- Les trois guerres puniques cf. P.A § 22 :1° (264-241), 2 (218-201)


3° (150) 149-146)
- Duobus proeliis  Il s’agit des batailles de Trasimène (21/6/217), Cannes (vers
Août 216)
198

- Extenuare=Affaiblir, Epuiser
- Bellum Mithridaticum quadraginta  Ce chiffre est [Link] hostilités contre
MITHRIDATE n’ont pas excédé 89-63

- Cado, cadis, -ere, cecidi, casum, vi= tomber, succomber périr

- Consumo,-is,-ere, -sumpsi,- sumptum= consumer, exterminer

 Sed secundum bellum punicum Mais, la deuxième guerre punique


extenuavit et paene consumpsit aaffaibli et presque embrasé les
vires romanas per decem et octo forces romaines pendant dix – huit ans
annos cum maximisdetrimentiset avec de très considérables pertes et un
calamitate reipublicae ; Ferme désastre pour la République ; Environ
septuaginta miliaRomanorum septante mille Romainsontsuccombé au
ceciderunt duobus proeliis. cours de deuxbatailles.

Primum bellum punicum est La première guerre punique fut menée en


peractum per viginti et tres annos ; vingt-trois ans (sans relâche) ; la guerre
bellum mithidaticum contre Mithridate s’est
(est peractum) per quadraginta poursuivie pendant quarante
(annos) . ans (sans relâche).

4°) Le Bellum samniticum : les longues guerres n’étaient pas inédites

- Bellum Samniticum (=324-283) ou (342-290)


- Rudimentum= Apprentissage, noviciat, essais, débuts, premières armes
- Sub jugum mitterentur= furent envoyés sous le joug
199

Cf. défaite romaine aux « FOURCHES CAUDINES » en 321


: Après avoir été cernée par le général Samnite PONTIUS
HERENNIUS,l’armée romaine fut réduite à passer sous le joug dans le
défilé de CAUDIUM
D’où « Ferculae Caudinae » = les Fourches Caudines

- Diligebant gloriam= aimaient la gloire


Au lieu d’une vraie gloire basée sur la justice (=l’observation
du traité de paix avec les Samnites), les Romains ont préféré se
déclarer vainqueurs à la suite de leur revanche éclatante (mais
injustifiée) en APULIE

 La pensée 293 de BLAISE PASCAL est à rapprocher de la précédente tournure


de saint Augustin. La 293e pensée de PASCAL stipule en effet :
« La justice sans la force est impuissante, et la force sans la justice est tyrannique ;
Les hommes ne pouvant établir que le juste soit fort, se sont mis à faire que la force
soit juste. »
- [Bellum Samniticum = les 3 guerres Samnites : 1° (343-341) ; 2° (328-312) et la
3° (310-304)] ?

 Ac ne quisquam arbitretur Et pour que personne ne pense

rudimenta Romanorum que les premières armes des Romains

fuisse fortiora ad bella furent plus courageuses pour les guerres

peragenda citius, à achever plus rapidement,

bellum samniticum la Guerre contre les Samnites

est tractum ferme fut menée à peu près

quinquaginta annis, pendant cinquante ans,

temporibus superioribus en ces temps d’autrefois

multum laudatis in omni virtute ; beaucoup loués en tout courage ;

in quo bello au cours de laquelle guerre

Romani sunt itavicti, les Romains furent tellement vaincus,

ut mitterentur etiamsub jugum. qu’ils furent envoyés même sous le joug.

Sed, quia non diligebant gloriam Mais, parce qu’ils n’aimaient pas la gloire
200

propter justitiam à cause de la justice

sed videbantur diligere mais qu’ils semblaient aimer

justitiam propter gloriam, la justice, à cause de la gloire,

ruperunt pacem factam et foedus ils rompirent la paix conclue et le traité

5°) – Gare aux ignorants et aux dissimulateurs qui attaquent notre religion

- Insilio, is, ire, siluirarement-silii= assaillir, s’élancer sur ou contre, attaquer,


entre nous
- Ideo (= Adverbe de conséquence)= Pour cela, pour cette raison, c’est pourquoi
- Insilire= se jeter sur, attaquer, sauter sur
- Exclamantes quod= construction non classique
- Ipsa = ea= sens non classique
- Ritu vetere = Ablatif de conformité
- Numen, inis, n= volonté divine, divinités
- Bellona= Bellone, déesse de la guerre, sœur de Mars
- Mars, -tis= Mars, dieu de la guerre =
- Protervissime= superlatif de l’adverbe Proterve>Protervus, a, um= brutal,
effronté, impudent, violent, qui foule tout aux pieds
= Très impudemment, très brutalement ; violemment
- Temporibus christianis= ablatif de l’époque.

Ideo commemoro haec quoniam Pour cette raison, je rappelle ces


multi ignari rerum praeteritarum événementspuisque plusieurs ignorants des
etiam quidam dissimulatores événements passés (=histoire)aussi certains
suae scientiae, si vident aliquid dissimulateurs de leur connaissance,
201

bellum trahi paulo diutius s’ils voient quelque guerre être trainée
temporibus christianis, illico (menée)un peu plus longtemps en ces temps
insiliunt protervissime in chrétiens,du coup, ils sautent très
nostramreligionem exclamantes brutalement contre notre religion
quod si ipsa (=ea) non esset et s’exclamant que si cette dernière n’existait
si numina colerentur ritu vetere, pas et si les divinités étaienthonorées selonle
jam id quoque finiretur rite ancien, déjà celle-ci(guerre) aussiserait

celerrime illa virtute romana quae terminéetrèsrapidementpar cette vertu


confecit celeriter tanta bella romaine qui a achevé rapidement de si
Marte iuvante et Bellona grandes guerres Mars aidant et Bellone
(iuvante). aidant.

6° Que les dissimulateurs en finissent de se damner et de mentir.

- Recolo, is-ere, colui, cultum= Repasser dans son esprit, Réfléchir songer à
- Qui legerunt= ceux qui ont lu (l’histoire romaine)
- Sicut orbis terrarum solet jactari→explique l’idée de « variis » et « luctuosus »
- Luctuosus= rempli de deuil, lamentable, chagrinant
= Luctus (= deuil) + osus= suffixe qui traduit l’abondance
- Procellosissimus, a, um= superlatif de Procellosus= houleux, orageux
Procella (= Bourrasque, tempête) + osus (  Abondance)
- Pelagus, us, n= la mer
- Quam (= adverbe) pour insérer une interrogation indirecte
sint= subjonctif de l’ interrogation indirecte
- Insanum, a, um = fou, insensé
- Gesta sint= interrogation indirecte dépendant de recolant
- Fateor,-eris,-eri, fassus sum, = déclarer, reconnaître, avouer , confesser
- Quod nolunt (s. e. fateri)
- Nec se interimant= Et qu’ils ne se perdent pas eux-mêmes,et qu’ils ne se damnent pas
- Interimo, is, -remi, remptum, ere= détruire, tuer, perdre
- Imperitus, - i= ignorant
- Eventis variis (= Ablatif de manière)= des résultats variés
- Clades, is= Désastre, défaite
cladibus luctuosis= ablatif de manière
- Decipio, -is, -ere, -cepi, -ceptum= tromper, décevoir, duper
Igitur recolant qui legerunt Donc, qu’ils se rappellent, ceux qui ont lu( l’histoire

quam bella dinturna combien de guerres de longue durée,


romaine)
202

quam eventis variis avec combien de résultats variés


quam cladibus luctuosis (revers) avec combien de défaites
sint gesta a Romanis veteribus lamentablesont été menées par les Romains
sicut orbis terrarum solet jactari d’autrefois, comme le globe terrestre a
velut pelagus procelosissimum l’habitude d’être ballotécomme une mer très
tempestate varia talium malarum et orageuse par la tempête cahoteuse de
fateantur aliaquando quod nolunt tels maux et qu’ils avouent enfin ce qu’ils
(fateri) et non interimant se ne veulentpasavouer, et qu’ils ne se détruisent
linguis insanis adversus Deum et pas eux-mêmes par des propos insensés
non decipiant imperites. contre Dieu et qu’ils ne trompent pas
les ignorants.

CONCLUSION SUR LE « DECIVITATE DEI »

IDEES ET TENDANCES ACTUELLES

Cf. Vade-mecum p.74-75

St AUGUSTIN, Vie œuvre, Epoque, Style. Cf. Vade-mecum

SUR LA CONCEPTION DE L’HISTOIRE

1) Dans l’antiquité, l’histoire n’est pas encore scientifique, objective


Pourtant, dans leurs préfaces, les historiens conçoivent une œuvre qui doit
être IMPARTIALE. Cf. Catilina, Ab excessu divi Augusti ; Historiae .

2) Pourquoi ce manque d’objectivité alors qu’en théorie ils prônent la


vérité ?

- Dans l’Antiquité, l’histoire est essentiellement morale-psychologique-utilitaire.

- Dans l’antiquité, l’histoire tire son originalité non de la précision des documents,
mais de la forme conçue comme celle d’un récit, une épopée en prose qui
203

touche à la poésie (QUINTILIEN) marquée par la rhétorique et la


recherche des ornements oratoires.
- L’histoire des origines doit référer à la tradition orale souvent déformée par
l’imagination populaire.
- Les « Acta » de Rome ne sont publiés que vers la fin de la République
De toute façon, la méthode d’analyse critique n’est pas encore assez
systématique dans l’Antiquité et les documents ne sont pas encore assez
nombreux.

II. b) UN EXEMPLE PRATIQUE D’ŒUVRE HISTORIQUE

TACITE, Germania XVIII-XIX-XX-XXI :

« LES MŒURS CHEZ LES GERMAINS : STRUCTURES FAMILIALES ET SOCIALES »

1° AUTEUR : Vie œuvre, style

Cf. Discours de Calgacus aux Calédoniens.

2°) DE QUOI S’AGIT-IL ?

Comme les Grecs, les Romains avaient un étonnant penchant pour


l’histoire socioculturelle des peuples étrangers. Ainsi TACITE a-t-il voulu écrire un
reportage pour lecture publique en présentant à la suite de CESAR, TITE-LIVE et
PLINE, les coutumes les plus pittoresques de ces lointains Germains dont on
parlait beaucoup à son époque.
S’il a dû se soumettre, à certains impératifs de la littérature
ethnographique de son temps, s’il a parfois sacrifié ou goût du paradoxe et au
souci du bien-dire maniéré, s’il est davantage moraliste et psychologue que
204

géographe et politicien, son petit livre reste un document exceptionnel qui


témoigne d’une intelligente sympathie pour les valeurs réellesde la civilisation
germanique. Dans cet extrait, TACITE nous parle de :
- La philosophie de la dot chez les Germains
- L’éducation des enfants chez les Germains
- l’héritage en Germanie

XVIII : LE MARIAGE CHEZ LES GERMAINS OU LES RITES DU MARIAGE

1° Le mariage est sérieux et ordinairement monogamique

- Quamquam= Pourtant, c’est-à-dire. « malgré la robe décolletée et sans manches de


la femme en Germanie » (chapitre XVII)
Adverbe de liaison exprimant l’opposition
- severus, a, um= sérieux, rigoureux, exigeant
- laudaveris= subjonctif, Parfait, 2e personne de l’interlocuteur imaginaire
[Link] 123.
- qui ambiuntur= qui sont sollicités à plusieurs unions
-libidine= Ablatif de cause cf. Aussi ob nobilitatem= accusatif de cause libido, -
inis, f= Débauche, dépravation, appétit naturel, concupiscence,
- ambiunturindicatif présent deambio,-is,-ire, -ivi/-ii ; -itum =Chercher à obtenir,
aller ou tourner autour de, solliciter, briguer
- admodum(adverbe)= environ, presque

 Quamquam matrimonia sunt Pourtant les mariages sont sérieux là-bas


severa illic et non laudaverismagis et on ne loue davantage
205

ullam partem morum. aucune partie (aucun côté) de leurs mœurs.

Nam, prope soli barbarorum sunt En effet, presque seuls des Barbaresils sont
contenti singulis uxoribus satisfaitsdes épouses une(à une) chacun,

admodum paucis exceptis qui presque peu (d’entre eux) étant exceptés qui
ambiuntur plurimis nuptiis sont sollicités (par) à plusieurs unions non
non libidine pas par concupiscence,
sed ob nobilitatem. mais à cause de la noblesse.

2°) Le mari offre à l’épouse une dot riche en signification

- dotem= Accusatif de dos, dotis, f= Présent de mariage, dot


- uxor marito

uxori maritus
- Muliebres= mulierum
Adjectif >Muliebris,-e= de femme, relatif aux femmes, mou, lâche, efféminé
- Nova a valeur adverbiale
- Comatur= sens réfléchi >Como, as, are= être chevelu
- Como, -is, -ere, compsi, comptum= mettre en ordre, parer, orner, arranger,
disposer ses cheveux, peigner
- Quibus= ut eis
- frenare= brider
- Framea, ae, f= framée, long javelot
- scutum, i, n = bouclier
-

Uxor non offert dotem marito L’épouse n’offre pas la dot au mari,
sed maritus (offert dotem) uxiri. mais le mari offre le cadeau à l’épouse.
206

Parentes et propinqui intersunt ac Les parents et les proches interviennentet


probant munera, munera non estiment les présents ; les présents ne sont
quaesita ad delicias muliebres nec pas demandés pour les parures féminines ni
quibus (= ut) nova nupta par lesquels (pour que) la nouvelle mariée soit
compatur (eis), sed boves juncti et parée (par eux), mais deux bœufs attelés et
equum frenatum et sctum cum un cheval bridé et un bouclier avec une
framea et gladio framée (lance) et un glaive (=épée).

3° Réciprocité des présents de mariage

- In= Moyennant, contre, en échange


- Invicem= à son (adverbe)
- Haec (arcana), hos (deos)= attribut de hoc= échange de présents
- Arcana sacra= rite sacré (du mariage
- conjugales deos= Chez les Romains, une divinité spéciale présidait à
Chaque action = les dieux qui présidaient au mariage
Ici = JUNON→cérémonies nuptiales

VESTA et les VESTALES→organisation du foyer

In haec munera uxoraccipitur En échange de ces dons, l’épouse est reçue


atque invicem ipsaoffert viro et à son tour elle-même offre au mari(à
aliquid armororum. l’homme)quelque chose d’armes.

Arbitrantur hoc maximum Ils considèrent cela(=échange de présents)comme le


vinculum haec arcana sacra hos plus grand lien comme
(esse) deos conjugales les rites sacrés du mariage comme
les dieux qui protègent le mariage
207

4°) Les cérémonies révèlent que l’épouse est associée aux labeurs de son époux.

- Virtutum>virtutes = Actes valeureux


- Auspiciis= par les cérémonies (qui préludent à ….)
Fait PLEONASME avec incipientis matrimonii= les mêmes
cérémonies inaugurales qui préludent à …
Auspicium, ii, n= prédiction d’après le vol ou le chant des oiseaux, présage, volonté

- Passuram ausuramque : les 2 verbes ont pour objet direct idem


Participes futurs de:
 patior= supporter, souffrir (=Déponent)
 Audeo= oser (= semi-déponent) →Futur Progressif

- Se parce que admonetur a une valeur énonciative (elle est avertie qu’elle), et non Jubetur
- Proelio= en combat. pourquoi proelio et non bello ?

 Ne mulier putet se (esse)extra De peur que la femme ne pense qu’elle est


cogitationes virtutum etextra en dehors des pensées des vertus et en
casus bellorum, admonetur ipsis dehors des hasards des guerres,
auspicis incipientis matrimonii, elle est avertie par les mêmes
se venire sociam laborum et cérémoniesinaugurales qui préludent au
periculorum mariage qu’elle est l’associée des labeurs
(admonetur)passuram(esse) et (esse et des dangers (elle est avertie) qu’elle
ausuram)idem in proelio et in supporteraet qu’elle osera les mêmes
pace : choses encombat et en temps de paix :

Boves juncti (denuntiant Les bœufs attelés (révèlent cela),


hoc),equus paratus (denuntiat) le cheval bridé (annonce) cela
hoc, arma data denuntiant hoc. les armes offertes signifient cela.

5°) L’épouse y reçoit des principes à garder et à transmettre

- Sic = dans cet esprit


208

- Vivendum essedépend encore du verbe de déclaration admonetur tandis


que « hoc…denuntiant » est une PARENTHESE.
Adjectif verbal au neutre impersonnel pour l’obligation
- Accipereexplique sic pereundumcomme s’il y avait enim.
- Pereundum>pereo,-is, -ire, -ii, -itum = mourir. Sert de passif à perdere
- Quae = et ea : symboles qu’elle doit
- Liberis(datif d’attribution) = à ses fils
- Inviolata ac digna=des principes intègres et qui ont encore toute leur valeur.
(Participe et adjectif substantivés, COD de accipere)
Qui a encore toute sa valeur, non diminué, entier, pur
- Quae est aussi sujet de referantur ZEUGMA
- Nurus, -us, f= bru, belle-fille, femme du fils
- Rursus ou Rursum(= adverbe)= derechef, de retour, au rebours, en revanche, en
retour, réciproquement.

(Admonetur) (esse) vivendum sic, (Elle est avertie) qu’il faut vivre dans cet
(esse) pereundum sic, et esprit,qu’il faut mourir dans cet esprit, et
(admonetur) se accipere (elle est avertie) qu’elle reçoit des principes
inviolata ac digna quae inviolables et desrèglementspurs,(pour)
reddatliberis, et eae nurus qu’elle transmet(te) à ses enfants, et ces
accipiant et referantur rursus dernières brus les reçoivent et les
ad nepotes. transmettent à leur tour jusqu’aux petits-fils.

Le mariage est une affaire sérieuse chez les germain et la dot a une
valeursymbolique.
209

XIX : LA CHASTETE ET LA FIDELITE CONJUGALE

1° Une vie intime à l’abri des occasions de séduction

- Saepta >Saeptum>Saepio, - is, saepsi,-ire, saeptum= entourer d’une haie, d’une


clôture, d’un rempart (pour protéger, attaquer)

- Saepta pudicitia= la pudeur étant sauvegardée/ sauvée,


(Leur honneur étant sauvegardé)
Ablatif de manière (avec une pudeur protégée)
- agere (vitam) = passer la vie
- Illecebrae, - orum= attraits, séduction
- Irritatio, -onis= stimulant, aiguillon, excitation
- corruptae = il s’agit donc uniquement des femmes
- litterarum secreta= correspondances secrètes

 Ergo, agunt (vitam)  Donc (les femmes) passent la vie (= vivent),


210

pudicitia saepta, corruptae leur honneur étant protégé, corrompues


nullis illecebris spectaculorum, par aucune séduction des spectacles,
nullis irritationibus conviviorum. par aucun stimulant des banquets.
Viri ac feminae ignorant Les hommes et les femmes ignorent
pariter secrata litterarum. également les correspondances secrètes

2° Les rares adultères sont sévèrement punis.

- praesens(est)= immédiat
- numersus,-a, -um = nombreux, fécond
- Abscissiscrinibus= Ablatif absolu de temps
crines (pluriel)= (longue) chevelure
Abscido, -is, -ere, -cidi, -cissum=détacher, couper, raser
- nudatus,-a, -um = nu
- propinqui= [Link] présence de ce conseil de famille sanctionne le châtiment.
- Vicus,i= hameau, village
- Expello, -is, -ere, -pulsi, -pulsum = chasser
- coram (=préposition + ablatif) = en présence de, en face de, devant
- Verber, eris= verge, fouet singulier collectif = « à coups de fouet »
- Pudicitiae publicatae = datif possessif
Publicare=offrir en public, prostituer, « qui n’a su se garder »
- Enim= conjonction de coordination explicative
Explique la sévérité extrême en cas d’adultère. En effet on est sévère à l’égard de toute forme d’adultère.
- Venia= Pardon
- Non : on s’attendrait à praetarea non
- Forma(=ablatif de cause) : beauté physique
211

- Invenerit = subjonctif parfait exprimant l’affirmation adoucie


= elle ne pourrait encore trouver.
In gente tam numerosa (sunt) Chez un peuple (pourtant) si fécond il y a
paucissima adulteria, quorum très peu d’adultères, dont la peine est
poena (est) praesens et permissa immédiate et réservée aux maris :la longue

maritis crinibus abscissis chevelure de la femmeayant été coupéele mari chasse


maritus expellitdomo de la maison la femme déshabillée et (la)
nudatam ac agit (eam) fait passer à coups de fouet à travers tout
verbere per omnem vicum le village en présence de ses proches ; en
coram propinquis ; enim (est) effet, il n’y a aucune indulgence pour une
nulla venia pudicitiae intimité mise à la disposition du public :
publicatae :
Elle ne pourrait encore trouver un (autre) mari
Invenerit maritum ni à cause de sa beauté, ni en raison de son
non forma, non aetate, âge, ni à cause
non opibus. de ses richesses

3° Les germains n’affichent aucune complaisance envers les vices

- Ridet= trouve amusant


Rideo, es, ere, risi, risum= Rire, plaisanter, être favorable à
- Corrumpere et corrumpi= infinitifs sujets de vocatur dont l’attribut estsaeculum
- Saeculum= le temps moderne, être de son temps
saeculum, i, n= siècle, âge, époque

 Ergo, illic, nemo ridet En effet, là-bas, personne ne trouve amusants


vitia, et corrumpere et corrumpi les vices, et corrompre et être corrompu
non vocatur saeculum. n’est pas appelé être de son temps (=mode).

4° Leurs mœurs sont mielleures que celles d’ailleurs

- Melius quidem agunt= sont en tout cas un situation meilleure qu’ailleurs et


plus préccisément qu’à Rome.
- Adhuc= Toujours, jusqu’à ce jour
212

- Semel= une fois pour toutes


- Eae = i.e les cités des tribus germaniques
- nubo, -is, nupsi, nuptum, -ere= se marier (surtout en parlant de la femme)
- Transigitur cum= on en finit avec.

Eae civitatesagunt quidem Ces cités (germaniques) sont assurément dans


melius adhuc, (civitate) in une situation meilleure jusqu’à ce jour, (villes)
quibus tantum virgines dans lesquelles seulement les jeunes filles se
nubunt et transigitur marient et on en finit une fois pour toutes
semelcum spe et voto avec l’espoir et la promesse solennelle de l’épouse.
uxoris.

Chasteté et fidélité conjugales.

5° Un seul mariage

- Sic annonce « ne » avec une valeur consécutive


- Quo modo= comme, à la manière que
- ultra (haec sit)= ne se porte au-delà
- Tamquam (adverbe)= comme
- Longior= plus long que le mariage qu’elle a contracté
- cupiditas= désir d’un mari
- ne tamquam →au-delà d’un mari, c’est le mariage lui-même qu’il faut aimer
c’est-à-dire que la mort du mari comporte pour la femme sa mort
au mariage : elle ne se remarie plus.

Sic (virgines) accipient unum Ainsi, les jeunes filles reçoivent un seul mari
maritum quo modo unum à la manière que (= comme) un seul corps et
corpus et unam vitam une seule vie de
ne ulla cogitatio (sit) ultra sorte qu’aucune pensée ne se porte au-delà (du
(matrimonium), ne cupiditas mariage), de sorte que le désir ne soit pas
(sit) longior, ne (ut) ament (non) plus long, de sorte qu’elles l’aiment non
tamquam maritum,sedtamquam comme un mari, mais comme un mariage.
matrimonium
213

6°) Leurs bonnes mœurs surpassent de nos bonnes lois

- Finire= limiter
- Agnatus= Fils qui venanit au monde après que le père avait déjà un héritier
naturel on testamentaire
- Necare= tuer
- Flagitium= crime, déshonneur
- Liberorum →Gén. partitif
-
Finire numerum liberorum aut Limiter le nombre d’enfants ou tuer
necare quemquam ex agnatis quelqu’un parmi les enfants (après le testament)
habetur flagitium est considéré comme un crime

Et ibi, boni mores Et là-bas, LES BONNES MŒURS


valent plus quam bonnae leges VALENT PLUS QUE LES BONNES
alibi. LOIS D’AILLEURS

XX : LES ENFANTS DANS LE CLAN


1° -3° : Une croissance naturelle

1°) Croissance imposante dans un extérieur négligé

- Omni domo= Aussi chez les riches


- in hos artus= de manière à voir ces membres
Indique le résultat
- Artus,-us (ou –artuum masculin pluriel) se rapporte à la membrure
- corpora se rapporte à la taille (élancée)
- miramur= Nous admirons. Il y avait un grand nombre d’esclaves de GERMANIE à
ROME
- Excrescunt>Excresco, is, ere, -crevi, -cretum : se développer
Sujet = liberi du § précédent
- Sordidus,-a,-um= sale, grossier, pauvrement vêtu, malpropre, vil, trivial,
crasseux, d’un extérieur négligé
214

In omni Dans chaque


domo, liberi maison, les enfants
nudi ac sans ornements et
sordidi pauvrement vêtus se
excrescunt in développent

hos artus in demanière à avoir

haec corpora cesmembrures de

quae manière à avoir ces


miramur. corps (taille) que
nous admirons.

2°) Garde naturelle

- Uber,- eris= mamelle, sein >Uberibus = ablatif de moyen


- Nutrix, -icis= nourrice (→nounou). Ancillis ac nutricibus : datif d’attribution
- Delegare= Remettre à
- Alo,-is, -ere, -ui, -itum =alimenter, nourrir, fortifier, faire grandir

Sua mater alit quemquam Sa mère nourrit chacun par ses (propres)
urberis et non delegantur mamelles et (les enfants) ne sont pas confiés
ancillis aut nutricibus. à des servantes ou à des nourrices.

3° Tous (esclaves et hommes libres) reçoivent la même éducation à la dure

- Pecus, oris (neutre) = Troupeau → Chez les Germains, la maison et l’étable


communiquaient entre elles
- Deliciis>Deliciae= Raffinements, délices
- Donec ... (+ separet)= Jusqu’à ce que, en attendant que
- Dignoscere=Distinguer, discerner
- Separare= Séparer, distinguer (des esclaves les hommes libres)
Probablement par l’habillement et les armes
- Ingenuus= né de parents libres
- Agnoscere= reconnaître comme les siens, faire reconnaître, admettre
215

- Dego, is, ere, degi= Passer, employer (le temps), passer sa vie, vivre

Dignoscas dominum ac On ne saurait distinguer le maître et


servum nullis deliciis l’esclave par aucun raffinement de
educationis. Degunt (vitam) l’éducation. Ils passent leur vie au milieu
inter eadem pecora in de mêmes troupeaux et sur le même
eadem humo donec aetas sol jusqu’à ce que l’âge sépare les
separet ingenuos, virtus hommes libres, et que la vertu les fasse
agnoscat. reconnaître.

4° Ni empressement, ni déséquilibre dans les amours.

- Serus a, um = Tardif
- Venus, eris f= amours, mariages
- Eoque= Ideoque
- Inexhaustus, a, um : Inépuisable,
- Pubertas,- atis= maturité
- Festinantur= sont mariés tôt
Nec virgines festinantur = on ne se hâtait pas de les marier
- Festinare= se hâter, se presser
- Juventus= Juventa
216

- Proceritas= haute taille, stature


- Pares (aetate)
- Miscentur= métaphore pour « se marient »
Misceo,-es, ere, Miscui, mixtum= mélanger
- Robora= Pluriel poétique
Robor, - oris, n= Ruvre, sorte d’arbre très dur, bois dur, solidité, fermeté

Venus juvenum (est) sera L’amour des jeunes est tardif et pour
eoque (=ideoque) pubertas cela la puberté (maturité) est inépuisable
inehausta Et les jeunes filles ne sont pas
Et virgines non festinantur ; pressées (= et on ne se hâte pas de
marier les jeunes filles)

Juventa (est) eadem, La jeunesse (est) la même,


proceritas (est) similis : Validae la taille (est) semblable : Lesénergies
pares miscentur ac liberi égales se marient, et les

referunt robora parentum. enfantstiennent(reproduisent) cette vigueur des


parents

5°. Liens patrilinéaire et matrilinéaire sont respectivement honorés.

-Soror, oris= Sœur


Construire « filiis sororum idem honor (est) apud avunculum qui …ac apud
patrem »
- Nexus, us= lien, contrat, obligation
- Avunculus = oncle maternel
- Artus ou arctus, -a, -um= étroit, serré, difficile, rigoureux, avare
- In accipiendis obsidibus= cum accipient obsides
- Obses, -idis, mf = otage de guerre, gage, caution, garantie
- Exigunt sous-entendre « hunc nexum »
217

- Tamaquam= convaincus que


- Animum et domumsous-entendre “de celui qui donne l’otage”

Filiis sororum (est) idem Aux fils des sœurs (= les neveux) le même
honos apud avunculum qui honneur (ont le même honneur) auprès de l’oncle
(est) ad patrem. Quidam maternel qu’auprès du père. Certains
arbitrantur hunc nexum considèrent (estiment) ce lien de sang
sanguinissanctiorem et plus sacré et plus étroit, et ils le
arctiorem, et exigunt (hunc préfèrent (ce lien de sang) de
nexum) magis in préférence quand ils reçoivent des
absidibus otages convaincus qu’ils tiennent
accipiendis tamquam et plus sûrement l’esprit
teneantet firmius animum et et plus largement la maison
latius domum.

6°) Degrés (= préférence) dans la traditionde l’héritage

- Heredes = Attribut du sujet de « sunt »>Heres, -dis, m. f= héritier (e)


- Gradus, -us, m = pas, marche, position, degré, échelon, rang
-Posessio= Prise de possession, héritage, pour ce qui est d’entrer en possession
- Pataruus= oncle paternel
-avunculus= oncle maternel

Tamem (liberi) sunt heredes Cependant (les enfants) sont les héritiers
218

et successores sui et les successeurs de lui-même pour


cuique, et est nullum chacun, et il n’y a aucun testament.
testamentum. Si non sunt S’il n’y a pas d’enfants, le degré le plus
liberi, gradus proximus in proche pour ce qui est d’entrer en
possessio (sunt) possession, (ce sont) les frères, les
fratres, patrui, oncles paternels, les
avunculi. oncles maternels.

7°) La famille nombreuse est une richesse

- Quanto= Assymétrie : * d’abord « plus »+ « Génitif »


* puis « maior numerus »+ Génitif
- Adfinis= Parents par alliance
- orbitas= le fait de n’avoir pas d’enfants
- Pretia (>pretium)= « avantages » comme à ROME où les riches sans enfants
pouvaient compter sur la servilité des captateurs d’héritage.
Quanto plus propinquorum, Autant plus de proches (beaucoup de proches),

quanto maior numerus autant plus grand le nombre de


219

affinum, tanto senectus parentspar alliance, que (=autant) la vieillesse


gratiosior ; et (non sunt) ulla (est) plus respectée (a plus de crédit) ; et
pretia orbitatis. il n’y a aucun avantage du fait de
ne pas avoir d’enfants.

 Plus on a des proches et des alliés, plus la vieillesse est respectée; le manque
d’enfants est un désavantage absolu.


 L’éducation des enfants est naturelle, sérieuse et rude pour tous
 Les amours sont régulées par l’équilibre
 Liens patrilinéaires et matrilinéaires sont honorés
 Pas de testament car les degrés de préférence dans la tradition de l’héritage
sont connus
 Horreur de la perte comme de la privation d’enfants

XXI. HAINES ET AMITIES

1° Amitiés et haines s’héritent, mais les offenses sont pardonnées.

- Tam… quam= Aussi bien que →TMESE


- Nec= sed non
- Implacabiles= qu’on ne peut apaisser, implacables
- Suscipio, -is,-cepi,-ceptum=Assumer, prendre, hériter, recvoir
- Suscipere: sujet réel de « est necesse »
- Seu= soit que
220

- Luo, is, is, ere, -ui, luitumou lutum= Expier, purifier, effacer
- Armentum, i= troupeau de gros bétail >< pecus= petit bétail
- Domus= le clan
- Utiliter remplace une relative « quod utile est »
- In publicum= pour le bien public
- juxta libertatem = sous un règne libéral ou dans une communauté libre,dans un
pays de liberté.
Est necesse suscipere tam Il est nécessaire de recevoir (=hériter) aussi
inimicitias quam amicitias bien les inimitiés que les amitiés soit
du père, soit d’un parent ; mais (les
seu patris, seu propinqui ;
inimitiés) ne restent pas implacables :
sed (inimicitiae) non durant
En effet, même l’homicide est
implacabiles : Enim, etiam
expié par un certain nombre de gros
homicidium luitur certo
bétail et de petit bétail et le clan tout
numero armentorumacpecorum
entier en reçoit satisfaction, ce qui est
et domus universa recepit
utile pour le bien public, car les
satisfactionem utiliter in
inimitiés (=les haines) sont plus
publicum, quia inimicitiae
dangereuses dans un pays de liberté.
sunt periculosiores juxta
libertatem.

Amitiés et haines s’héritent, mais pas de crime impardonnable.

Cf. VENDETTA (mot italien signifiant « vengeance ») : Poursuite de la vengeance, d’une offense
ou d’un meurtre, qui se transmet à tous les parents de la victime

2° L’hospitalité y est un devoir sacré

- convictus, us= Festin, repas en commun


Convictibus : datif complément du verbe « indulget »
- Modo (adverbe) = Tout à l’heure, récemment
- Effuse= avec prodigalité
- Indulgere= être complaisant, se donner largement à
- Arceo, -es, -ere, -cui, - = écarter,retirer, ôter, enlever
- Excipio,-is, -ere,-cepi, -ceptum= recueillir, recevoir, accueillir, heberger, traiter
- Tectum, i, n= toît, maison
221

- nefas (indéclinable) = sacrilège, impiété grave


- pro fortuna= selon son rang social
- epulae, -arum (féminin pluriel)= repas, somptueux, mets, banquet, gala

Alia gens non indulget Aucune nation ne se donne largement


effusius convictibus et avec plus de prodigalité aux festins et
hospitiis. Arcere quicumque aux accueils. Ecarter quiconque des
mortalium tecto habetur mortels de son toît est tenu pour un
nefas ; quisque excipit epulis crime ; chacun (=quelqu’un) accueille
apparatis pro fortuna. par des mets apprêtés selon son rang

3°) Si les moyens manquent, l’hôte est reçu chez le voision

- Defecere= Indicatif Parfait, 3e personne du pl, forme syncopée de defecerunt


>deficere= manquer, faire défaut
Sujet sous-entendu = epulae
- Interest= impersonnel= il importe
- Monstrator= celui qui montre
- Comes, itis, m.f = compagnon
- Monstrator hospiti →parce que l’on désigne à l’invité une autre maison et qu’on l’y a
accompagne
- Hospes, itis, m= Etranger, hôte
- Hospitium, ii, n= hospitalité, accueil, logiment, endroit où l’on reçoit
-
Cum (epulae) defecere, Quand les moyens d’un festin sont épuisés,
qui fuerat modo hospes celui qui avait été tantôt l’hôte, (devient)
(fit) mostrator hospitii et celui qui montre l’endroit où on sera reçu
comes; Adeunt domum et celui qui accompagne(l’hôte);ils serendent
proximam non invitati. dans la maison voisine sans y être
Et non interest, invités. Et peu importe, ils y sont reçus
accipiuntur pari avec une égale cordialité.
humanitate.
222

4°)Ni discrimination, ni difficulté dans l’éhange des cadeaux

- Quantum ad= Pour ce qui est de (du droit d’hospitalité)


- Notum (aussi ignotum) →participe parfait passif employés comme substantifs au

Masculinsingulier COD de discernit


de nosco, is, ere, novi, notum= connaître
- Poposcerit= Potentiel
Subjonctif Parfait de Posco, is, ere, poposci, poscitum = demander, requérir
- Moris(est) = il est de contume, c’est la coutume
Génitif possessif
- Imputare= porter en compte, faire valoir
Imputant: ils font valoir
- Obligari= se sentir obligé (envers le donateur)
Obligantur= se sentent obligés
- Abeunti= participe présent subtantivé au datif sg.(>abeo,-is, -ire, -ii, -itum)
abiens, abeuntis

Quantum ad ius hospitis Pour ce qui est du droit d’hôte (droit à

nemo discernit notum et l’hospitalité),personne ne fait dediscriminationentre


ignotum. Est moris le connu et l’inconnu. Il est de coutume
concedere abeunti, si d’accorder au passant, s’il a demandé
poposcerit quid et eadem quelque chose et cette même facilité de
facilitas poscendi (aliquid)est demander (quelque chose) existe mutuellement.
invicem. Gaudent Ils se réjouissent des cadeaux, mais ils ne
muneribus sed non imputant font pas valoir ce qu’ils donnent et ne se
data et non obligantur sentent pas obligés par les biens reçus
acceptis.
223

ASSIMILATION
Que dit ce texte:
- Des rites du mariage et de leurs significations chez Germains ?
- de la philosophie de la dot chez Germains ?
- de l’éducation des enfants chez Germains ?
- de la chasteté et de la fidélité conjugale chez Germains ?
- de l’hospitalité de la haine et de la vengeance chez Germains ?
(Vendetta XXI, 1°)

Idées brillantes:

XIX, 6°: « Boni mores valent plus quam bonae leges »


XIX, 3°: « Illic, nemo ridet vitia, et corrumpere et commue non vocatur saeculum »
XXI, 4° : « Gaudent muneribussed non imputant data et non obligantur acceptis »

XXI, 2° : « Arcere quicumque mortalium tecto habetur nefas »


[Link]écier ces notions en regard de ce qui se vit dans notre société en
milieu coutumier et extra-coutumier.

Tacite, Germania XVIII-XXI : COMMENTAIRE


Cf. Vade-Mecum, p.51-52.

I. LA TRADITION ETHNOGRAPHIQUE

« Germania » est une œuvre ethnographique sur les mœurs des


Germains dont la vie naturelle est comparée à la vie de luxe des Romains.
Cette œuvre de TACITE se situe donc dans le genre de la littérature
ethnographique, qui avait déjà acquis certaines traditions.

1° La première est relative aux rapports qui unissent un peupleavec le sol qu’il
occupe,et selon laquelle son type physique et sa psychologie refflètent les
224

particularités de ce sol; « Tel sol, tel peuple ».Ainsi, c’est au climat de

leur pays que les Germains doivent leur résistance au froid et à la faim.
Cette conception sera reprise par MONTESQUIEU dans sa
fameuse « Théorie des climats », au livre XIV de l’Esprit des lois. Madame
de STAEL parlera de la littérature considérée dans ses rapports avec les
institutions sociales et TAINE lui donnera un fondement scientifique en
déclarant déterminants pour toute réalité historique les facteurs : « la
race, le milieu et le moment ».

2°) Une seconde théorie prônait l’excellence de l’état de nature: civilisation, loin
d’être progrès, n’est que corruption, énervement. TACITE est donc
spontanément enclin à faire honneur aux Germains de tout ce que leurs
mœurs ont de fruste et de primitif:
ils ne font point de cas des metaux précieux,
leurs femmes ignorent la coquetterie,
leurs enfants vivent nus sans recevoir aucune éducation,
leur cuisine est sans recherche,
leur comportementsexuel est strict et sain, avant et dans le mariage.
N’est-ce pas l’idée que J.J ROUSSEAU reprendra avec tant
d’éloquence: « l’homme est bon par nature, la civilisation l’a corrompu ». et
combien d’autres Africains modernes n’en disconviendraient pas.

3° Enfin, cette tradition ethnographique transmettait un certain nombre de


schèmes de pensée, un certain fond de lieux communs dans lequel
l’auteur puisait inconsciemment. Aussi la Germanie est peut-être
encombrée de motifs ethnographiques errants, transmis d’auteur en
auteur et détachés de toute référence précise. C’est pourquoi nous
devons y retrouver tant d’éléments communs aux slociétés africaines:
- l’hospitalité est sacrée
- la rareté et la punition de l’adultere de la femme
- le mariage approuvé par la communauté familiale
- le rapport entre le neveu et son oncle maternel
- une communauté d’amitié et de haine, la vendetta XXI; 1°
225

II. LES INTENTIONS MORALISANTES

En exaltant les bonnes mœurs des Germains, TACITE entend fletrir


l’image des Romains et suggérer leur dacadence. Pour cela, il recourt à plusieurs
procédés:
1) L’interprétation édifiante des mœurs ambiguës: la nature des cadeaux de
mariage avertirait que l’épouse aura à partager les soucis de son mari (XVIII, 4).
2) La corruption de Rome est dénoncée tantôt d’une manière transparente, tantôt
d’une manière voilée par un contraste implicite ». Ainsi,
+ la rareté de l’adultère stigmatise les correspondances secrètes, la
littérature amoureuse à la façon d’Ovide (XIX, 1)
+ les mariages vierges accusent les riches et belles divorcées qui se remarient
si facilement,
+ la honte criminelle attachée à la limitation des naissances et au meurtre
des enfants nés après les héritiers contraste avec la permissivité romaine
(XIX, 6)
+ Si l’amour est tardif et sérieux, c’est le contraire de ce qui se passe à Rome (XX, 4)
Généralement, ces censures obliques figurent dans des phases négatives:
XVIII, 2; 1; XX, 2 et 7.
3) Parfois la critique peut aller jusqu’à la virulence du sarcasme: ainsi dans les
pointes XIX, 3 et 6.

III. RHETORIQUE ET PERSONNALITE

Si TACITE se permet quelques entorses à la vérité historique, écrit,


[Link], c’est toutefois, pour atteindre un effet littéraire, c’est au nom de la
rhétorique. Le souci du bien dire manière de l’époque apparaît dans:

1°) Le style (cf CANDIP, p 48-49) qui vaut par la précision du vocabulaire où:
 les termes techniques et concrets se mêlent aux mots abstaits
 le terme simple remplace le composé
 les archaïsmes et le vocabulaire poétiques sont préférés aux mots ordinaires
2°) Les procédés stylistiques que TACITE doit à sa formations d’orateur:
226

+ Reprises et antithèses approximatives


+ Antithèses avec entre croissement des cas
Exemple: (Non uxor marto
sed uxori maritus)

+ Symétries et paralléliismes (Ex : « nullis spetaculorum illecebris,


nullis conviviorum irritationibus »)

+ La disymétrie chère à TACITE plus tard ne se manifeste que plus tardivement:


Exemple: Non libidine
sed ob nobilitatem

+ De nombreux zeugmes assez hardis (XVIII, 5)

3°) La structure peu périodique, souvent elliptique


- Le verbe être presque toujours sous-entendu;
- les liaisons sont rares
- quelques asyndètes permettent d’alléger le texte d’un lien logique
Exemple: poena praesens et perncissa: abscissis crinibus…,nulla venia:non
forma

Notez la magnifique évocation des cérémonies du mariage (XVIII, 3)


particulièrement soignée et la continuité des traditions familiales qui vivent
indéfiniment, bien rendue dans l’obscure fidélité des épouses et des mères (XVIII, 5).

ThèmeIII :ATTITUDES ET CONCEPTIONS HUMAINES

A. LA FEMME
1. TITE-LIVE, A.U.C. II, XIII, 6-11 : CLOELIA
1° Vie et Œuvre de l’auteur : cf. Praefatio

2° Présentation du texte

Selon les historiens romains, la 245ème année après la fondation de Rome(pour nous l’année 509)
avait vu trois événements capitaux :

 L’un politique= le remplacement de la Royauté par un régime républicain.


 L’autre religieux= l’inauguration par les nouveaux magistrats du grand temple du
Capitole dédié à Jupiter Très Bon et très Grand, Junon et Minerve.
 Le troisième national, la chute des Tarquins, qui libérait Rome de l’emprise étrusque.
227

A l’institutionnalisation de la Rome royale en République, il y a eu diverses tentatives de


l’intérieur et de l’extérieur pour rétablir la Royauté. La plus grave est celle du Roi étrusque
PORSENA (=roi étrusque du VIème S. aCn qui a voulu rétablir Tarquin le Superbe mais, selon la
légende ; il fut arrêté par HORATIUS COCLES).

 HORATIUS COCLES( cf. Initiation au Latin 4è, p. [Link].69.88.51).

 MUCIUS SCAEVOLA

 CLELIE ( jeune romaine qui traversa le Tibre à la nage pour échapper à PORSENA).
La femme la plus connue à ce sujet fut CLELIE= « une jeune fille courageuse »,
remarquable par son courage. Elle nous est présentée comme une héroïne.

La légende raconte que durant la guerre de Rome contre le roi étrusque PORSENA
(507aCn), CLELIE et plusieurs femmes romaines avaient été prises en otage. Mais au bout
d’un temps, CLELIE, cette brave jeanne d’Arc romaine, réussit à s’échapper par la nage
vers sa patrie, avec ses compatriotes : un exploit placé au-dessus de ceux de H. COCLES
et de M. SCAEVOLA.

6° Héroïsme et leadership de Clélie


- Procul (prép.+abl.)= en avant, loin, au loin, pendant un longue durée.
- Virtute honorata= abl. abs. de cause.
- Ripa,-ae= rive, bord.
- Trano, -as,-are, -avi, -atum= traverser à la nage.
- Frustrata(est): >frustrari= tromper, abuser.
→Indic. Parf. dép.= a trompé, a abusé.

- Tiberim =acc, cod


→ Exception de la 3ème décl. Parissyllabique([Link] GIVE n° 52,b).

- Custos,-dis= la garde, le garde.


- Hostium= génitif possessif
- Agminis= génitif objectif
- Virginium= génitif explicatif
- Agmen,-inis= foule, cortège, armée.
- Sospes, -itis= sain et sauf.
Ergo virtute honorata Ainsi donc, puisque la vertu a été honorée

Ita, feminae( sunt )excitatae P A ce point, les femmes ont été attirées

Quoque ad decora publica, Aussi vers les honneurs publics ;

Et Virgo Cloelia, Et la jeune fille Clélie,

Una ex obsidibus, Une parmi les otages,

(est) frustrata custodes, P A trompé les gardes,


228

Cum castra Etruscorum Comme les camps des Etrusques

Essent locata forte C Etaient situés par hasard

Haud procul ripa Tiberis, Non loin du rivage du fleuve Tibre,

Dux agminis virginum tranavit Tiberim P La cheftaine de la foule des vierges a


traversé par la nage le fleuve Tibre

Parmi les traits des ennemis et


Inter tela hostium et
Elle a remis toutes les jeunes filles saines
Restituit omnes sospites P et sauves

A Rome à leurs proches.


Romam ad propinquos.

7° Son héroïsme énerve Porsenna


- Deposco, -is, -ere, -poposci, - =demander avec exigence, réclamer, exiger.
- Oratores= porte-paroles, députés.
- (se) facere→l’idée déclarative dont dépend cette proposition de discours indirect se
dégage de ce qui précède.
- Incensus= participe parfait de incendo, -is, -ere, -cendi, -censum=enflammer, bruler,
s’enflammer.
- Magni= génitif de prix.
- Ira= ablatif de cause.
Et ubi id est nuntiatum regi, T Et dès que cet exploit est annoncé au roi,

Primo incensus ira, Premierement enflammé de colère,

misit oratores Romam P Il envoya des porte-paroles à Rome

ad deposcendam obsidem Cloeliam : Pour réclamer l’otage Clélie :

‘(se) haud facere alias magni’. O ‘ (il craignit) qu’elle ne fasse autres choses
de grand prix.

8° La colère du roi tourne en admiration pour l’héroïne.


-dicere, ferre= infinitifs de narration.

-prae se ferre= il publie hautement, il porte devant soi, il annonce,il affiche.

-deditam(s.e. eam) a valeur d’une proposition CD.

-intactam inviolatamque= attribut du COD eam s.e.


229

-HORTATIUS COCLES= Le BORGNE= Romain qui, d’après la légende, défendit


seul l’entrée du Pont SUBLICIUS à Rome contre l’armée de PORSENNA et permit aux
siens de couper le pont derrière lui, après quoi il regagna la ville à la nage, il perdit un
œil dans la bataille, d’où son surnom.

-MUCIUS SCAEVOLA= Jeune romain qui, pendant le siège de Rome par les Etrusques
(507aCn) pénétra dans le camp ennemi et croyant mettre à mort le roi PORSENNA,
immola son secrétaire. Conduit devant le roi, il plaça sa main sur un brasier ardent
comme pour la punir de s’être trompée. On l’appela dès lors ‘SCAEVOLA’ i.e.
Gaucher.

- habiturum (esse), remissurum (esse)= infinitifs futurs, bases des propositions


infinitives.

Deinde versus in admirationem Ensuite, verse en admiration,

Dicere id facinus esse P, O Le roi dit que cet exploit est

supra « Coclites et Au-dessus des Coclès et des


Mucius et il déclare
Mucios »et officiellement que de meme que,
ferre prae se quemadmodum, P si l’otage n’est pas rendue,

si obses non dedatur, Cd Lui va prendre le traité pour


rompu,
se (esse) habiturum foedus O
De meme si elle est rendue,
pro rupto,
Lui va la remettre
sic (eam) deditam,
Intacte et inviolée aux siens.
se (esse) remissurum (eam) O
intactam et inviolatam ad suos.

9° Clélie ou le gage qui rétablit la paix.


-utrique(adv) : de part et d’autre.
-pignus, oris, n= gage ; pacte, objet de pacte, caution.
=acc. Neutre sing. COD de ostituerunt.
-tuta(tutus, a, um)=protégé, preservé, sans danger, tranquille.
-honorata= attribut du sujet virtus.
-dixit→sujet= rex.
-obsidium= génitif partitif.
-parte= ablatif exigé par donare
-constitit= parfait de consto,as,are, constiti,-=rester inchangé, se rétablir.
230

Utrimque fides constitit P De part et d’autre la confiance se


rétablit
et Romani restituerunt pigus pacis P
et les Romains restituèrent
l’objet de gage de paix
et foedere et apud regem etruscum,
et selon le traité, et auprès du
Virtus fuit non solum tuta, P Roi Etrusque le
courant fut non
sed etiam honrata P,O seulement protégé
et dixit se donare virginem mais aussi gratifié,
laudatam
et le roi déclara que lui
parte obsidum : gratifierait la jeune
P,R
louée par une partie
Ipse legeret quos vellet.
des otages :

elle-même choisirait les otages


qu’elle voudrait.
231

10° Une préférence qui révèle l’innocence d’une vierge.


-omnibus(obsidibus) productis= ablatif absolu de concession
>Poducere= présenter, exposer.
- virginitati decorum= qui sied bien au caractère d’une vierge.
- probabile˂ probabilis,e= digne d’etre approuvé ;
- decorus, a, um= qui sied, convenable.
-eam aetatem… liberari= proposition infinitive, apposition à quod (pensée qui ….)
dont elle est le sens.
-potissimum (adv)= de préférence.

Omnibus productis Bien que toutes les otages étaient


présentées,

on raconte que Clélie a choisi les


dicitur elegiae impubes ; P impubertes,

pensée qui était convenable au caractère


quod erat et decorum virginitati et probabili R d’une Vierge et digne d’être approuvée par
le consensus des otages eux-mêmes
consensu obsidum ipsorum
que cet âge qui était le plus exposé à
l’outrage

eam aetatem quae esset R soit libéré de préférence de l’ennemi.

maxime opportune injuriae

liberari potissimum ab hosto.

11° Clélie récompensée par les Romains:

-une statue de cheval en son honneur-


-pace reditengrata : ablatif absolu de temps
-equestri : ablatif de equester, tris, tre= de cheval, de chevalier, equestre.
→ablatif épithète de equo= ablatif de lieu.
-virtus nova= mérite nouveau
→jusqu’alors inconnu.
-via sacra= la Voie sacrée
→la rue la plus ancienne et la plus importante de Rome qui, du CAPITOLE au
PALATIN longeait le FORUM . Les triomphateurs l’empruntaient pour
monter au Capitole. Bordée de magasins, elle un lieu de promenade et de
flânerie( Cfr Saturae I, 9, 1° : Ibam forte sacra via).
N.B : -A propos de la via sacra, cfr GRA, p. 43-44 ;
232

-A propos des principales voies du réseau italien sous la République, cfr


GRA, p.99.
-insidens= participe présent de insido, is, ere, -sedi, sessum= s’asseoir, se poser.

Pace reditengrata, Quand la paix fut rétablie,

Romani donavere P Les Romains gratifièrent

virtutem novam le mérite jusqu’alors inconnu

infemina P chez une femme

genere novo honori, d’un genre nouveau d’honneur,

statua equestri. (d’)une statue de cheval.

Virgo insidens equo fuit posita La jeune fille s’asseyant sur un cheval fut
placée au plus haut de la voie sacrée.
in summa via sacra.

2. TITE-LIVE, A.U. C., XXXIV, II, 8- 14 et A. U. C., XXXIV, III, 1- 2 :


« EXTRAIT DU DISCOURS DE CATON CONTRE UNE MANIFESTATION DES
FEMMES »

1° INTRODUCTION AU TEXTE

Votée au cours de la 2ème guerre punique, la lex OPPIA (215 aCn, 1 an après le désastre de Cannes
02/08/216), imposait l’austérité en interdisant aux femmes bijoux, vetements luxueux, véhicules.

Après la victoire, la prospérité revint et une certaine évolution se fit sentir dans les mœurs : les
femmes aspirant à la liberté osèrent revendiquer l’abrogation de la Loi Oppia en 195 aCn.

Elles firent des rassemblements et descendirent meme au forum et deux tribuns de la plèbe
essayèrent de faire abroger la loi. Mais, elle se heurtèrent à l’opposition de Caton l’Ancien, défenseur
intransigeant des anciennes traditions romaines( Mos maiorum).

La loi fut tout de meme abrogée( Lex Valeria Fundania ≠ de Lego Opia abroganda du Tribun C.
Valerius Fundanius) : elle n’avait duré que 20 ans. Dans le discours de Caton, nous trouvons un mauvais
exemple ( de la tradition romaine) au regard de la lutte actuelle pour l’émancipation de la femme.

Voici un extrait de ce discours antiféministe.


233

II, 8-11 : CETTE MARCHE DES FEMMES, UNE ABOMINATION CONTRE LES LOIS ET LES
COUTUMES

8° Caton s’indigne de la présence massive des femmes au forum :

a) Analyse et vocabulaire
-equidem ( adverbe)= certes, à coup sur.

- paulo ante (locution adverbiale) = peu avant.

-rubor, -ris, m= honte, sujet de honte, deshonneur.

→non sine rubore= LITOTE

-singularum :} complément de majestatis et pudoris

-universarum :

-majestatis et pudoris : génitif de l’object= le respect que l’on a pour la dignité…

-compellatae a consule> seul le mari a le droit de faire des reproches à sa femme ; le mari a sur elle les
memes droits que sur une chose.

-quod si : explétif

-nisi… tenuisset : Irréalité dans le passé

+ dixissem : prétérition

b) Constructtion et traduction
Equidem perveni in forum paulo ante P Certes, je suis parvenu au forum peu avant

non sine quodam rubore non sans une certaine honte

per medium agmen mulierum. au milieu d’une armée de femmes.

Quod si verecundia majestatis et pudoris Si le respect de la dignité et de l’intimité

magis singularum plus de chacune (des femmes)

quam universarum que de toutes (les femmes)

non tenuisset me Cd ne m’avait retenu ( de faire)

ne viderentur compellatae O qu’elles soient vues grondées

a consule, dixissem : P par le consul, j’aurais dit :

˭La présence massive des « matronae » sur la place publique est ridiculisante et ridicule.

8° Pourquoi cette affluence des femmes en public ?


234

a) Analyse et vocabulaire

-Qui hic mos :


→attribut de hic mos qui est sujet.

-hic : que nous voyons aujourd’hui, par opposition aux anciennes mœurs( dont CATON s’est
institué le défenseur). Voir plus loin « maiores nostri »( 11°). Ces anciennes mœurs
prescrivaient à la femme de rester à son foyer et de se consacrer entièrement à ses
occupations domestiques.

- viros alienos : c’est un fait particulièrement scandaleux aux yeux de Caton de voir des
femmes s’adresser à des hommes étrangers de même plus loin « alienis quam vestris ».

→des hommes étrangers >˂ maris légi mes.

-Istud : démonstratif correspondant à la 2° pers.(= ce que vous demandez, avec en outre,


une nuance de mépris).

- Suos( viros) : possessif de la 3è personne, appelé par quaeque, apposition au sujet de


potuistis : valeur du conditionnel français. De même, plus loin, « decuit »(10°).

-procurrendi, obsidendi, appelandi : gérondifs au génitifs compléments de qui.

-obsideo,-es, -ere, -sedi, -sessum : assiéger, tenir, occuper, garder tous les accès.

- obsido, -is, -ere, - sedi, -sessum : assiéger, envahir, prendre possession

b) Construction et traduction :

Hic mos est qui Cette habitude est laquelle

procurrendi in publicum de courir en public

et obsidendi vias et d’envahir les routes

et appelandi viros alienos ? et d’appeler les hommes étrangers ?

Non potuistis quaeque Ne pourriez-vous pas chacune (de


vous) demander cela-même
rogare istud ipsum
à son mari à la maison ?
suos domi ?

10° Les questions politiques auraient pu vous être interdites, même en privé.

a) Analyse et vocabulaire
-alienis (viris) : datif complément de blandiores.

→datif d’opinion= aux yeux des hommes étrangers.


235

-Quamquam ( adverbe de coordination) : mais, du reste, d’ailleurs.

→introduit une correc on à suos domi rogare.

-Blandiores> blandus, a, um= caressant, séduisant, charmant.

- finibus sui juris= dans les limites de leur droit.

- ne quidem ([Link]. de négation) : pas même, même pas.

b) Construction et traduction

An estis blandiores Est-ce que par hasard vous êtes plus


charmantes en public qu’en privé
in publico quam in private
et pour les maris étrangers que les vôtres ?
et alieni(viris) quam vestris?

Quamquam D’ailleurs,

si pudor continerat matronas si la modestie retenait les dames

finibus sui juris dans les limites de leur droit,

decuit vos curare il aurait convenu que vous ne


vous occupiez même pas ne privé
ne quidem domi
(à savoir) quelles lois seraient
quae leges rogarentur actées ou quelles lois seraient
abrogées ici.
(vel) (quae leges) abrogarentur
hic.

11° Selon notre tradition, les femmes doivent rester sous tutelle.
a) Analyse et vocabulaire
-auctore(= répondant)… in manu→ tous ces termes soulignent la dépendance juridique de la femme
toujours regardée comme mineure.

-tutor, -ris, m = protecteur, défenseur, tuteur.

-auctor, -ris = autorité, auteur, représentant, défenseur.

-in manu = sous l’autorité

-sine tutore auctore = sans l’autorité du tuteur.

- si diis placet→ La formule souvent faible prend ici une grande force.
236

→= s’il plait aux dieux, avec nuance « Que les dieux me pardonnent (d’énoncer une
chose aussi scandaleuse).

- Capesso, -is, -ere, -sivi/ii, -itum = chercher à prendre, saisir, gagner, se rendre à, se
charger de.
- Parentum, fratrum, virorum = Génitifs possessifs.
- Foro, contionibus, comitiis = Ablatifs de lieu.
b) Construction et traduction
Nostri maiores voluerunt P Nos ancêtres ont voulu

feminas agere nullam rem O que les femmes ,e fassent aucune


chose, pas même en privé
ne quidem privatam
sans l’autorité du tuteur.
sine auctore tutore.
Ils ont voulu que les femmes
(voluerunt feminas)
soient sous l’autorité de leur s parents,
esse in manu parentum, fratrum, virorum ; O de leurs frères, de leurs maris ;

nous, s’il plait aux dieux,


nos, si placet diis, Cd nous supportons déjà qu’elles se
patimur jam eas capessere etiam rem P,O chargent même des affaires publiques et
qu’elles se mêlent aussi au forum, et
publicam aux assemblées et aux comices.

et (patiamur eas) immisceri quoque foro et


contionibus et comitiis.

─ Les femmes veulent qu’on leur restitue ce qui faisait autrefois leur parure et vont jusqu’à se
déchaîner en plein forum.

─ Le consul CATON réagit énergiquement contre leur manifestation, car il y voit une atteinte au
« mos maiorum ».

1. Au regard du discours de CATON, comment trouvez-vous les femmes de cette manifestation ?


R) Ces femmes se révèlent audacieuses, unanimes et fermement résolues. En effet, le
mouvement de masse a été généralisé. La durée des manifestations, malgré la réaction qu’elles
n’auraient pas manque de provoquer chez les maris, est à elle seule une preuve de la résolution
de ces femmes. Notons qu’il s’agit des « matronae », ces personnages dont l’habituelle dignité
est connue. Par rapport aux mœurs traditionnelles, une telle manifestation constituait un fait
frappant.

2. La manifestation de ces danses romaines fut-elle importante ?

R) Oui si l’on en croit CATON parlant de « agmen mulierum »( n°8) et de « obsidendi vias » (n° 9).
237

→ Ce fut un mouvement de masse généralisé et imposant. L’interpellation des gens (


« viros alienos appelandi » ) est une preuve de la détermination des femmes. Notons qu’il s’agit
des « MATRONAE ».

[Link] jugez-vous l’intervention de CATON ?

. Refuser le luxe tapageur et inviter les gens à mener une vie austère est fort louable.

. Mais l’antiféminisme dont fait preuve l’honorable CATON est déplorable.

12° Quel audace pour des femmes en cette question législative ?


a. Analyse et vocabulaire
-suadent… censent = termes techniques pour dire défendre( un projet de loi) =donner son
avis (particulièrement dans le Sénat).

- quam (adv.)= que (après un mot marquant la différence, ici= aliud).

-tribunorum= Génitif subjectif

- compitum, i, m = croisé de chemins, carrefour.

- plebis : Génitif d’origine (provenance).

b. Construction et traduction
Enim quid aliud En effet, quoi d’autre

faciunt nunc font-elles maintenant

per vias et compita à travers les rues et les carrefours

quam suadent rogationem tribunorum que de défendre le projet de la loi


plebis,
des tribuns du peuple,
quam censent legem abrogandam ?
que de donner leur avis sur la loi à
abroger ?

13° Pour l’amour de l’ordre, il ne faut pas lâcher la bride

a. Analyse et vocabulaire
- Impotens, -entis= impuissant, immodéré, excessif, violent.
→ impotentia (Cfr II, 2°) : C’est ici l’impuissance à dominer les impulsions des
passions le caractère passionné.

- Animali ( ˂ animal, -is ≠ animalis, -e) = être animé, animal, bête.


- Naturae, animali = datif d’attribution.
238

- Indomitus, -a, -um = insoumis.


- Frenum, -i (pl. neutr. = frena ; masc. = freni) = frein, bride, ce qui arrête.
- Date frenos … et sperate : ce tour par l’impératif marque une supposition ironique et
laisse attendre le résultat contraire.
→ = IRONIE

b. Construction et traduction
Date frenos naturae impotenti P Lâchez la bride à la nature immodérée et
à la bête insoumise
et animali indomito
et espérez qu’elles-mêmes vont mettre de
et sperate ipsas (esse) facturas P la modération à leur débauche,
modum licentiae, si vous ne l’avez pas fait vous-mêmes.
si vos non feceritis. Cd

14° C’est une manifestation de leur horreur pour les lois et les mœurs.

a. Analyse et vocabulaire
- Hoc= ce qui est l’objet de la présente discussion ; les restrictions imposées par la lex
Oppia.
→ meme sens au § III, 1° : « si hoc epugnaverint ».

- Moribus, legionibus : ablatif de l’agent inanimé.


- Conjungo, -is, - ere, -junxi, -junctum = joindre à , infliger, imposer.

b. Construction et traduction
Hoc est P Ceci (restriction de la lex Oppia) est le
moindre de ces faits
minimum eorum R
que les femmes supportent
quae feminae patiuntur animo difficilement être :
iniquo (esse) :
imposés à elles soit par les mœurs,
juncta sibi aut moribus
Cd soit par les lois.
aut legibus. Si nous voulons dire vrai,
P
Si volumus dicere vera, elles désirent la liberté en toutes
(feminae) desiderant libertatem choses bien plus le dévergondage.
omnium rerum immo licentiam.
239

III. 1-2 : PAREILLE EMANCIPATION ENTRAINERAIT UNE DEGENERESCENCE

1° L’abrogation de la Lex Oppia les rendant immaîtrisables.

a. Analyse et vocabulaire
- Muliebria iura = les lois concernant les femmes. Il s’agit dans la pensée de
CATON, des lois dirigées contre elles.
→ muliebris, -e = relatif aux femmes, de la femme, efféminé.

- Per quaeque = et per quae.


- Quid = pronom interrogatif COD
- Constringo, -is, -ere, -strinxi, -strictum = lier, enchaîner, resserer.
- Alligare = attacher, lier à, enchaîner.
- Recenseo, -es, -ere, -ui, -sum = compter, passer en revue, énumérer.
- Contrictas = apposition à eas, COD s.e. de continere à suppléer d’après la
préposition précédente.
→ Jacques MICHEL, N° 422 :Le participe apposition

Le participe employé comme apposition précède une circonstance accessoire de l’action exprimée par le
verbe dont il dépend. Le temps du participe indique à quel moment une circonstance se situe par rapport au
verbe conjugué :

a)Si c’est le participe parfait, elle a lieu avant l’action du verbe conjugué.

b)Le participe présent marque une action qui est en train de s’accomplir au moment où a lieu celle du verbe
conjugué.

c)Le participe futur, plus rare d’ailleurs, indique une circonstance qui aura lieu après l’action du verbe
conjugué.

b. Construction et traduction

Enim, En effet,

quid non temtabunt, P que ne tenteront-elles pas,

si expugnaverint hoc ? Cd si elles auront arraché ceci ?

Recensete omnia jura muliebria, P Enumérez toutes les lois relatives aux
femmes, par lesquelles
quibus
vos ancêtres ont refreiné la licence des
240

vestri maiores alligaverint licentiam R femmes


earum
et au moyen des quelles ils ont soumis ces
et per quae subjecerint eas viris ; dernières aux hommes,
R
et cependant vous pouvez les maitriser
difficilement
et tamen potestis continere eas
P bien qu’elles soient soumises à toutes ces
vix lois.
contrictas omnibus eis.

2° A peine égales, elles deviendront supérieures et insupportables.


a. Analyse et vocabulaire
- Quid …. ? ne porte pas sur la proposition qui suit ( si ….. patiamini), mais sur
l’ensemble de la phrase « si …. creditis ».
→ Cette formule de transition marque une opposition.

- Singula= singula iura


→qui cette fois signifie droits.

- Simul = simul ac
- Carpere = détacher en cueillant
- Extemplo( adv.) : sur-le-champ, aussitôt.
- Extorqueo, -es, -ere, -torsi, -torsum= enlever, extorquer.

b. Construction et traduction
Quid ? Mais quoi ?

Si patiamini Cd Si vous supportez

(eas) carpere(iura) singula O qu’elles détachent les droits un à un

et (eas) extorquere et (eas) exaequari O,O et qu’elles enlèvent et qu’elles soient


viros ad extremum, égalées aux hommes jusqu’au bout,
croyez-vous qu’elles vont être
creditis eas fore tolerabiles vobis ?
P,O tolérables pour vous ?
Aussitôt, en même temps qu’elles
Extemplo simul (ac) coeperunt esse commenceront à être égales, elles
pares, erunt superiores. T seront supérieures.

P
241

˭ Pour CATON, les femmes devraient rester soumises aux hommes.


Selon lui, dès qu’on leur accorderait l’égalité, elles anéantiraient le sexe fort.
Quel fléau !

COMMENTAIRE : Cf. Vade-mecum, p. 80-81.

→Les femmes ont revendiqué l’abrogation des mesures restrictives qu’imposait la « Lex Oppia ».

1. Ces femmes visaient-elles uniquement une question de forme ?


R) Non. La question de toilette, nous semble-t-il, n’a été qu’un prétexte pour la
manifestation, l’occasion qui a fait apparaitre un état d’esprit latent.

2. Que demandent ces dames romaines en réalité ?

R) Elles demandent :

- qu’on respecte leur personne et que cesse l’attitude masculine qui inspire à Caton les
mots : « impotenti naturae et indomito animali ».

- qu’on leur accorde une liberté que leur refusent les maris et les institutions. En effet, elles
étaient comme brimées. Cf. « in manu » n° 11.

3. Ce genre de manifestation choquerait-il les modernes ?

R) Aujourd’hui une manifestation des femmes serait plutôt sympathique. Mais n’oublions
cependant pas que jusqu’à très récemment, au XIXe S, les premières manifestations des
femmes (en Angleterre, aux USA) trouvaient les hommes hostiles. La lutte menée par le
féminisme a été longue. Et il n’y a que quelques années que des lois, chez nous,
reconnaissent aux femmes des droits en matière de travail et de salaire.

Au nom de cette reconnaissance, aujourd’hui des femmes peuvent assumer de


hautes fonctions. Pensons à MARGARET THATCHER, la première dame à remplir les fonctions
de premier ministre (Cf. Angleterre 1983), la patronne du FMI, Catherine LAGARDE, la
puissance Chancelière allemande ANGELA MERKEC, plus près de nous la Présidente de la
RCA, élue pour sortir son pays d’une crise d’où les hommes ne le sortaient pas du tout.
242

4. Ce genre de manifestation choquerait-il les modernes ?

R) CATON redoutait l’intrusion des femmes dans la politique et cela au nom de la tradition qu’il a
toujours représentée et défendue. Une pareille émancipation risquait, à son jugement, d’amener à
une dégénérescence fatale des mœurs. Selon CATON, en effet, la femme est incapable par elle-
même de dominer ses instincts pervers. Et crainte suprême, « simul pares esse coeperint,
superiores erunt ».

→ Le règne de l’homme croulera le jour où il laissera entamer son autorité par un sexe aussi
dépravé. D’après PIETTE, Dialogue II, p.216. Cité dans Vade-mecum, p.81.

3. TIBULE, Elegiae, III, VIII,1-24 : « LA BEAUTE DE SUPLICE »

 L’ AUTEUR

1. VIE (54-19ACN)

 AULUS ALBIUS TIBULUS est né en 54 acn à TIBUR (Tivoli) d’une famille equestre
qui possédait des grands biens, mais ruinée par le partage des terres en 41/40 par
les triuvirs OCTIVE-ANTOINE-LEPIDE.
 Il reçut une éducation soignée après quoi il entreprit de faire son chemin dans la
société romaine qui reprend son équilibre après la bataille d’Actium (31 acn)
 Dès cette année, il entre dans le cercle d’écrivains et des jeunes gens de bonnes
naissances, protégés par VALERIUS MESSALA CORVINUS, homme de haute
naissance rallié à OCTAVE, qui exerça plusieurs commandements militaires et obtint
le triomphe à 27 acn.
 Tibule fut partie de son état major, le suivit en Aquitaine et s’apprêtait à le rejoindre
en Orient (Olicie), lorsqu’il tomba malade à CORSYRE (CORFOU) en 29 acn.
 Dès lors, il renonça à ses rêves de gloire militaire et de richesse pour se consacrer à
la poésie.
 Les dernières années de sa courte vie furent partagées entre ses devoirs mondais et
ses séjours dans son domaine campagnard à TEDUM près de TIBUR (25 kilomètres
à l’ouest de Rome).
 Il mourut en 19acn.

2. SON ŒUVRE
 Tibule a composé des Elegies(4 livres) : chant d’amour, poème d’amour sur des
sujets tendres et tristes.
 L’Elegie est un poème lyrique exprimant une plainte douloureuse, des sentiments
mélancoliques.
243

 Par extension, l’Elegie est une œuvre poétique dont le sujet est la plainte.

Seuls les deux premiers livres (plus quelques morceaux du 4e)des Elegies sont de la main
de Tibule. Les quatre livres sont dénommés « corpus tibulianum » dans lesquels certaines
parties (particulièrement le IIIe livre) ne sont pas de la plume de Tibule. Elles seraient
l’œuvre des poètes du cercle de Messala et leur attribution à Tibule avait une place
prépondérante ans le cercle de Messala.

3. PRESENTATION DU TEXTE

C’est le portrait idéalisé d’une jeune femme, « Suplicie » nièce de Messala et elle-même
poète. Tibule la chante dans la triple paruré de :

 Sa grâce
 Son opulence
 Divinités séduites par ses attraits et par son talent.

Enfin TIBULE prie les muses et appolen de célébrer ses louanges et de l’accueillir dans le
chœur, telle une « dixième muse ».

4. ANALYSE-CONSTRUCTION-TRADUCTION

V1-10 : LES CHARMES INFALSIFIABLES DE SULPICIE

1) Analyse et vocabulaire

V1° - Tibi : datif d’avantage

-Mars : apostrophe

-culta : participe prft passif de colere (=maquiller, orner parer)

-tuis kalendis : A bl de temps marquant la date.

 Le Premier Mars : c’était le jour de Matronalia, fête des dames romaines qui se
paraient en l’honneur de Mars. Autrefois ce jour là était le premier de l’année. En ce
jour là, les Romains offraient des cadeaux aux femmes. La coutume subsistera
même après que le commencement de l’année a été reporté au premier janvier.
C’était à cette occasion que TIBULE, lui, offre ce poème à SUPLICIE dont il apprécie
la beauté.

Lire : -les dieux romains GRA p : 75

-les principales fêtes GRA p : 77

V2° - spectatum :supin de spectare (= voir contempler, admirer). (=supin à l’acc de but
après un verbe de mouvement.
244

> siaosapis : si tu sais apprécier (la beauté).

V3° - Ignoscet : futur simple de ignoscere= [Link] était réputé très jalouse.

> Careto : impératif futur simple au sop =implique une certaine solennité.
 Careo,-es,-ere, cavi,cautum :prendre garde.
> Violente : malgré ta force.

V4° - turpiter : honteusement.

V5° -illius :génetif possessif

> Uxurere :brûler

V6° geminas lampadas : (ses) torches jumelles= les eux de SULPICIE

V8° -Acer Amor : l’ardent amour

-Componit>componere : composer, régler, arranger

-furtim : sans qu’on le remarque, naturellement en secret

-Decor : la grâce, beauté.

V9° -seu : conjonction de coordination

-comère : se peigner

-Decet(eam) esse (ita)P

-crimes,-is,n : cheveux, chevelure

V10°-coma- ae : chevelure, crinière, fenillage.

-capillus –i,n :cheveu, chevelure, poil, barbe.

-capillis fusis comis comptis : [Link]

-como,-is,-ere, compsi, comptum : réunir, rassembler, peigner.

-fundo –is, ere,fudi, fusum : laisser flotter, dissoudre

- capillare : rélatif aux cheveux

- comète : astre d’aspect nebuleur (cheveux)

- crin : poil de la queue et du cou du cheval

- crinière : tout le crin du cou.

2) Construction et traduction

1. Sulpicia est culta P Sulpicia est paré pour toi,

Tibi, magne Mars,turs kalendis ô grand Mars en tes calendes


245

2. si sapis veni espe ecaelo Gol Si tu sais appreécier (la beauté), viens toi-
spectatum même du ciel pour admirer
P

3. venus ignescet hoc, at tu P Venus te pardonnera


violente,cavete
P Mais toi, malgré ta force, prend garde

[Link] arma cadant turpiter tibi O Que les armes ne tombent


miranti
Honteusement pour toi admirant

[Link] Amor acer vult exerere T Lorsque l’amour ardent veut


divos
Brûler les dieux

[Link] lumpades geminas p Il allume de torches jumelles


ex occulis illius
A partir de ses yeux

[Link] agit quoquomovit Ce Quoi qu’elle fasse


vestigia
ce De quelque façon qu’elle meuve ses pas

[Link] componst illum jet P La beauté l’arrange


subsequitur illan furtor
Et la suit naturellement

[Link] solvit crimes de cet (eam) p Soit qu’elle dénoue ses cheveux
esse (ita) capillis fusis
Il convient qu’elle soit telle

Les cheveux ayant été déliés

[Link] composit est vineranda P Soit qu’elle se peigne,


comis comptis
elle est vénérable

Les cheveux ayant été réunis

V11-20 : SON ABONDANTE OPPULENCE

a) Analyse et vocabulaire

V11 -Urit : elle brûle les cœurs

-palla tyria : obe de tyr, manteau de tyr

Palla,-ae, f : robe flottante, manteau, mante (femme), robe longue, tapisserie

Tyrus , -a, -um : de tyr, tyrien, cartaginois


246

V12 : Niveus,-a,-um : de neige couvert de neige,froid, blanc comme neige.

Nix ivinis : nuage,neige

V13 ver tumnus : En sa qualité de dieu de jardin, VERTUMNE (divinité d’origine etrusque
qui présidait au changement de saison) revet les parures les plus diverses.

V15 Mollis ,- e : mon tendre

V16 – vellus, -elis, n :flacon de laine, laine de brebis, peau (avec sa laine)nuage
moutonné.

- Bie madefacta :les laines de qualité étaient teintes deux fois.


- Part : parfait passif de madifasere : mouillé, tendre
- Tyros,i/ [Link] ;grec Tyrus,i,f : Tyr (Tyros : ville commerciale de Phénicie
réputée pour sa pourpre et dont les habitants fondèrent Carthage.
- Sucus (ou succus, i), i, m : suc, sève, liquide, nourricier, liqueur ;

V17 –metit> metor,-is, -ere messui,messum : moissonner

-arvum, i, n, (arvius,a,um=brable : champ labourable, arable

V18 – arabs,-is : arabe

V19 -Gemma,aef : Bourgeon, (oil de plante), pierre précieuse, perle, pierreries ;

-rubon, or is, m : rouge, rougeur, couleur rouge, teinture rouge, faux éclat.

V20 –Indus : l’habitant de l’Arabie orientale

-eois : de l’orient.

-Eous (mot grec) : de l’aurore, oriental, l’étoile du matin.

b) Construction et traduction

11. seu voluit procedere P Soit qu’elle a voulu sortir

Pella tyria, urit En robe Tyrienne, elle brûle les cœurs

12. Seu venit veste P Soit qu’elle vienne en parure,

Candida nivea, unit Eclatante, blanche de neige, elle brûle les


cœurs

13 .Talis felix vertumnus Tel le bienheureux Vertume

In olympo aeterno Dans l’olympe éternel

[Link] mille ornatus P Elle a mille costumes

Habet mille ornatus, P Elle en a mille


247

décener Qui lui conviennent

[Link] puellarum est P Seules parmi les filles, elle est digne à qui tyr
digna puisse donner
R
Eni Tyros det

[Link] mollia bis Des laines (des brebis)/tendre doublement


madefaacta sucis caris teinté par les sèves précieuses.

[Link] possedeart quidquid Et (elle est digne)qu’elle possède tout ce que


dives arabs
Le riche arabe

[Link] segetis, Cultivateur d’essence


odooratae metit,aruisbene
ancentibuss odorante moissonne

de ces champs bien parfumés

19-20 ;et (possi Et(qu’elle possède) n’importe quelle perle


duat)quasamge gemmas
niger indus proximus Que le noir indien voisin
aquis Eois colligitsde De la mer orientale ramasse
littore rubro
à partir du rivage rouge.

V21-V24 : SUPLICIA A ELEVER JUSQU’AU CERCLE DES DIVINITES

a) Analyse et vocabulaire

V21. Pierides :les musés habitants le mot Pierus en Thessalio.

V22 lyra testudinea : lyre faite d’une écaille de tortue.

 Testudineus : de torture, d’écailles.


 Testudo,-nis,f :torture, écaille, carapace,lyre, voûte.

-Phoebus : APOLLON

V23 ; sacrum : hommage

V24 : vestro choro : il s’agit du chœur d’Apollos et des muses

 Chorus,-i,m : dance en chœur, chœur, groupe,troupe

b) Construction et traduction

21. Vos Pieridescontalehanc ô vous muses du mot PIERUS, chantez celle-ci


248

Festis kalendiss en ces fêtes de calendes

22. et superlae phoe be,(canta) Et toi le fier, Apollos chante-la

Lyra testudinea Sur ta lyre d’écaille de torture.

23. Hace sumet in multo Celle-ci recevra pendant plusieurs

Annos hoc acrum solemne Années cet hommage solennel

24. nulla puellaest dignior Aucune jeune fille n’est plus digne (qu’elle)

Vestro choro De votre choeur

COMMENTAIRE

1. Qu’est ce qu’une elegie ? R/ cfr 2 œuvre


2. Quels sont les deux caractères fondamentaux de l’elegie ?
R/-Lyrisme (au sens moderne du terme) c à d expressions de sentiments intimes
que l’auteur cherche à faire partager aux lecteurs.

-Tristess, ou tout simplement mélancolie. C’est ainsi qu’ont pu illustré des poèmes
comme RONSARD, Dubellay ou encore Chenier.

3. on rattache au genre elegique l’ensemble de la poésie personnelle d’inspiration


« romantique » qui s’est développé au cours du XIX e siècle (en Angleterre et en
Allemagne. Qui en donna le coup d’envoie en France?

R/ Lamartine avec ses méditations poétiques : fuite du temps et approche de la mort


regret du passé et déploration du présent, souffrances, diverses et plus particulièrement
du cœur ;

4. cette sentimentalité larmoillante est-elle substentielle au genre elegiaque ?

R/la question mérite bien d’être posée pour que les trois grands poètes latins

TIBULE, PROPERSE et OVIDE-sont communément appelés élégiaque. Déjà ,en


Grèce, les poètes elegiaques n’avaient en commun que d’écrire en distigue et leurs
poèmes s’apparentaient ,aux genres sentimental , politique ;sentencier et moralisant.
249

[Link] SATIRES VI, 434-456 « LA FEMME SAVANTE»

a) L’AUTEUR : VIE (65 pcn-128Pcn)

 DECIMUS JUNIUS JUVENALIS est né à AQUINUM à CAMPANIE vers 65pcn. Il


vécut sous le règne des empereurs successifs de Néron à Hadrien.
 Formé dans les écoles de rhétorique, il fut d’abor déclamateur avant de sentir
s’éveiller en lui la vocation poétique.
 Les allusions contenues dans ses satires permettent de fixer son activité littéraire
entre les années 100 et 128 pcn. Il mourut en 128.

b) SON ŒUVRE : LES SATIRES

 Le ton des satires est souvent déclamatoire, d’ailleurs les thèmes y développés sont
ceux que l’on traitait dans les controverses de l’époque. Il a écrit 16 satires en 5
livres. Les plus célèbres de ces satires sont :
1. Sur les raisons qui ont poussé le poète à écrire
2. Les embarras de Rome
3. Le Turbot
4. Les parasites
5. Les gens de l’être
6. Les femmes
 Juvénal est un « représentant de la classe moyenne », dans une société où
triomphent les affranchis et les intriguants. Ce n’est donc une simple vutriose de
l’invective mais c’est dans troubles cas un témoinpassionné qui présente un tableau
des mœurs de son temps.
 Poésie vivante très pittoresque, elle confire bien souvent au réalisme le plus cru.
 Juvénal est donc « un artiste sensible à la joie de décrire et de flageller en beau
vers » les bassesses, les vices les passions dégradantes et de mettre sous les yeux
dans le pittoresque de leurs bigarrures, les aspects multiples de la vie de Rome.
250

 Bref , Juvénal a porté la satire latine à son apogée. c’est un poète savant
qui a su s’abreuver à toutes les sources du vers latin. selon l’envie de plusieurs
critiques, Juvénal dépasserait de loin HORACE et PERSE.
 En fait les satires de Juvénal ont été lus, admirés de toutes les époques, souvent
imités ; elles sont une de grandes œuvres de la littérature universelle.

c) INTRODUCTION AUX TEXTES


 La plus célèbre des satires de Juvénal reste, sans doute, la satire VI, le poète y
donne lire cours à sa misogynie et accable les romains , surtout celle des classes
riches , des griefs les plus divers ; passant à tromper leurs maris tout le temps
quelle ne passe pas à leur faire des scènes de jalousie et n’abandonnant la
débauche que pour se lancer dans la bigoterie des cultes orientaux tels celui d’Iris
et d’Osiris.
 Le manque de pondération et de mesure qui est l’esprit caractéristique du sexe
féminin se retrouve, inoffensif cette fois, mais bien impatientant tout de même,
aussi dans la fausse culture et l’érudition pédante que quelques unes arborent
indiscrètement.
 Bref, parmi les défauts les plus insupportables, que Juvénal attribue aux femmes
de son temps, LA FAUSSE CULTURE ET L’ERUDITION PEDENTE tiennent une
bonne place.

1° Son accablante et pédanterie : 434-444

a. Analyse et vocabulaire

V 434 : - Gravior= plus insupportable, plus pesante, plus assommante=comparatif de


gravis, e :lourd , pesant.

-Illa= Juvénal vient de passer en revue différents genres de femmes


=annonce une femme d’un autre genre encore : « une femme savante »

-Dissumbere : se coucher, se mettre à table.

V 435 :- Elissa=DIDON=ELISE, héroïne du 4e chant de l’Enéide de viroile. Lorsque


ELISSA, venue de TYR, eut fondé CARTHAGE , elle surammée DIDON (l’errante). DIDON
aima ENEE d’un amour passionné et lorsque le héron troyen la quitta pour aller s’installer
en Italie, elle se suicida. Eut-elle raison de vouloir mourir ? la femme mise en scène ici par
Juvénal nous donne en tout cas son avis à ce sujet.(cfr ognoscit).

-Elissae periturae=datif COI. =participe futur de perire, pour la forme progressie.

V436 : -comittere (=o,-is,-ere,-misi,-missum)= réunir, mettre en parallèle, comparer.

-Vates,-is=devin, poète, prophète, voyant ?

-Maro,-onis=Maron cognomen de virgile.

V437 : trutina=la balance


251

V438 : -Grammaticus= en fait, c’est lui qui donne un enseignement secondaire


tanisque le = « Rhétor »enseigne dans le supérieur. =le prof de grammaire , le
grammairien. Cfr EDUCATION ROMAINE ANTIQUE

I. LE JEU

La pudeur et la dignité romaines interdisaient la dance et les exercices dévêtus chers aux
Grecs. La musique est peu pratiquée.

Quelques jeux :

+alea=le dés (en général) +Discus=le disque, le palet +follis=le ballon.

+Pila=la bulle +Pupa=la poupée +Talus=osselet

+Tessera= le dé (marqué sur les 6 cotés+ Trochus=le cerveau turbe= la tourpie

II. L’ECOLE

L’ensemble des études est plus littéraire que scientifique. L’enseignement comporte deux
degrés : primaire et secondaire.

=Garçons et filles à partir de 7ansapprennent à lire, à écrire et à compter sur la ferule du


litterator.

 Lundus litterarum=l’école primaire


 Lundi magister= le maître d’école
 Ferula= la férule, la baguette.
 Flagellum= le foriet, le martinet.

=-De 12 à 16 ans,on étudie la grammaire à partir des textes latines.

- De 16 à ans, on apprend surtout l’art de bien parler. L’enseignement supérieur est


réservé à quelques jeunes d’élite, généralement fortunés qui vont ensuite en Grèce , à
RHODES ou en Asie Mineure, pour se perfectionner dans l’éloquence ou la
philosophie.

V439 : - turba, -ae= désigne ici tous ceux qui subissent l’érudition prétentieuse dee « illa »
(=la femme savante).

-causidicus (causam dicere)= avocat.

-praeco,-onis, m, : crieur public, hérant, huissier, panégyriste.

NB : il faut noter l’harmonie imitative de cette finale qui se termine par un monosyllabe.
[Link] Give N°525.

V441 :-Pelvis,-is= bassin métallique


252

-Dicas=subj.2e personne de l’interlocuteur fictif.

-Tintinabulum=clochette, grelot.

V442 :-Pubari=Rejet,(enjembement)

-tuba=trompette militaire

-aes, aeres,n= le cuivre

-Jam’ (adv)ici=désormais.

-fatiget> fatigare=embêter, tourmenter, fatiguer. =subj. présent [Link]


[Link],N°445.

V443 :laboranti (participe présent de labi )= en détresse, en éclipse, déclinant.

En effet, les anciens faisaient au grand vacarme de cymbales et d’objets airain « pour
secourir la lune en éclipse ». On croyait que les éclipses de lune étaient dus aux pratiques
sorcières. On essayait ainsi dénanneller les effets.

V444 : -et (adverbe)= même

-et rebus=et iam rebus=datif COI.

Principe ou sentence qui marque le contraste avec la conduite de la pédante « mirus


docta » cfr V.445

b. Construction et traduction

[Link] illa (est) gravior, qui cum Cependant celle là et plus insupportable,
coe pit discumbere qui quand elle commence à se mettre à
table

Loue virgile,
435. laudat vergilium,
Justifie Didon sur le point de se tuer
ignoscit Elissae periturae

Met en parallèle et compare les poètes


436. committit et comparat vates

De là, elle suspend sur la balance


437. inde suspendit in truti na
Virgile et Homère
Maronem at que itomerum
d’autre part
Alia parte

les Grammairiens disparaissent,


438. Grammatici udunt
253

Rhetores vincuntur,omnis les rhéteurs s’avouent vaincus, toute

439. Turba tacet ;nec causidium la foule se tait, ni les plaideurs

Nec praeco ni le crieur public

440. nec alteramulcerloquetur ni aucune autre femme ne parlera

tantavis verborum cadit un très grand flot de mots jaillit

441. Dicas tot pelves ac on dirait que de très nombreux bassin


métallique et de très nombreuses
(tot) tintinnabula clochettes sont agités en même temps
Pulsari pariter

Désormais, que personne ne tourmente


442. Jam nemo fatiget tubas, les trompettes,

Nemo fatiget aera Que personne ne tourmente les cloches

Seule, elle pourra porter secours

443. Unapoteret succurrere A la lune en eclipse

Lunac laboranti
Le sage impose

444. Sapuns imponit Une limite même aux choses

Finet et rebus Honnêtes ;

honestis

2° Son mimétisme fâcheux

a. Analyse et vocabulaire

V445. –facundus,a, um :éloquent, qui parle facilement. = ici=se donner des airs
d’éloquence.
254

Idée générale de V445-447 : si la femme veut jouer à l’homme, qu’elle soit logique
jusqu’au bout, qu’elle s’habille comme un homme, qu’elle participe aux cultes qui sont
réservés aux hommes, qu’elle fréquente leurs bains presque gratuits.

V446 : -crus,-uris,n :jambe, pied, patte (animal)

-tenus (pré+abl,quelque fois+gentil)=jusque, jusqu’à, seulement=[Link]ée.

-succingo,-is,-ere,-unxi,-inctum=retrousser

Les hommes portaient la tunique retroussée, les femmes la laissaient tomber jusqu’aux
talons.

NB : A propos du costume, lire GRA p 29

V447 :-Silvano=ce sacrifice au dieu de la forêt étai réservé aux hommes, aux propriétaires
de turrain. Les femmes étaient totalement exclues de certains cultes, cultes et cérémonies.

Cauadrans Quadrante= « quart d’as »

Cfr les monnaies, in GRA, p104

C’était le prix très bon marché des bains publics pour les hommes.

Cfr LES THERMES


Les « thermes » sont des établissements de bains publics et des centres de loisirs. Les
Romains s’y rendent l’après midi, après le travail. Ce sont souvent des édifices grandioses
offerts aux citoyens par l’empereur soit par des riches particuliers soit par les municipalités.

Les prix d’entrée est minime :1/4 d’as. A Rome, on compte plus de 170thermes au
premiersiècle acn, plus de 850 au 4eS.

Célèbres sont à ce propos, les thermes de CARACALLA. Aux termes de CARACALLA,


nous pénétrons d’abord dans le VESTIAIRE pourvu de niches pour les vêtements. (…)
Nous trouvons ensuite une succession de salles plus ou moins chauffés, ornées de
mosaïques, de colonnes de marbres, de sculptures. Il est conseillé de terminer le parcours
par un bain froid.

Les thermes comprenaient :

_une palestre : pour les exercices physiques

-un « laconicum » : pour la sudation sèche

-un « caldarium » : pour le bain chaud


255

-des « tepidaria » : de température moyenne

-un « frigidarium « : une grande piscine froide

-un hypocauste, ensemble de fours pour produire l’air chaud

V448 : -Matrona=à ne pas traduire par « matrone » qui a un autre sens en français.

=Dame

V 449 :-Genus dicendi= un style à elle, une élégance e style

-sermone rotato=(Abl absolu) : en phrase arrondies, =qui s’arrondissent

=Rotare=faire tourner, mouvoir, circulairement

-Torqueo, es,ere,tors ;torsum :tourner,tordre.

-curvus, a, um : courbe, penché, sinueux, plié.

V450 : -entymema( au sens strict) :syllogisme dont l’une des premières est s-e

Historias omnes= tous les realia la géographie, à la mythologie et de l’histoire universelle.

V452 : -volvere=dérouler, délibérer, débobiner

-Palaemonis ars=le traité de PALEMON (Quintus Remius Fannius


Palaemon,Grammairien romain célèbre, qui vécut durant les règnes de Tibère et
Claude,peut-êtrejusqu’à Néron. Quintilien, Perse et Pline l’Ancien auraient été ses élèves.
Deux ouvrages lui reconnus :Ars, qui contenait les règles de diction, des citations illustrées
et traitait des barbarismes et des solécismes, serait perdu ;De ponderibus et mensuris
publié en 1528, seule œuvre parvenue jusqu’à nous est un traité exposant en détail le
système des poids et mesures en usage dans le monde romain ; l’auteur y décrit aussi une
balance spéciale, utilisant le principe d’Archimède, pour mesurer la densité des corps).

V454 :-Tenet (memoria)

- Antiquaria :aimant les vieilleries, vieilles littératures

V455 : -nec curanda viris= un langage dont les hommes ne se préoccupent pas, des
fautes auxquelles les hommes ne feraient pas entendre.

-opica=ignorante, grossière, barbare

-castigare verba= châtier, relever les fautes de langage

V456 : -Soloecismum=solécisme, faute cotre la syntaxe.

b. Construction et traduction

V445 : Nam (femina) quae En effet la femme qui


256

Cupit videri nimis Veut paraître trop

Docta et facunda Savante et trop éloquente

V446 :debet succingere tunicas Doit retrousser ses tuniques

Tenus medio crure, Jusqu’à mi-jambe ;

V447 : caedere porcum Silvano, Sacrifier un porc à Silvain,

Lavari quadrante Se laver au prix d’un quart d’as.

V448 ; Matrona quae recumbit Que la dame qui s’attable

Juncta tibi non habeat Jointe à toi n’aait pas

V449/450 : genus dicendi aut Une éloquence de style, ou

Torqueat enthymema curvum Qu’elle ne rende pas l’enthymeme


sermone rotato, sinueux, le discours ayant été arrondi,

Nesciat omnes historias ; Et qu’elle ne connaisse pas tous les


realia,
V451: Et sed non intellegat quaedam
Mais au contraire, qu’elle ne comprenne
ex libris. pas certaines choses lues des livres.
v452 : Ego odi hanc Moi je déteste celle-ci
quae repetit et volvit artem Palaemonis, Qui répète et débobine le traité de
v453 : lege loquendisemper servata Palémon,
ratione, la règle de la méthode oratoire ayant
v454 : et quae antiquaria tenet versus toujours été respectée,

ignotos mihi, et qui, aimant la vieille littérature, retient


des vers inconnus de moi,
v455 : et ( quae) castigat verba
et qui corrige les mots erronés
amicae opicae
d’une amie ignorante (mots erronés)
non curanda viris :
non corrigés par les hommes :
v456 : liceat marito fuisse
qu’il soit permis au mari d’avoir commis
soloecismum.
une erreur de syntaxe.
257

COMMENTAIRE :

A. JUVENAL ET MOLIERE

Par plusieurs traits, cette femme savante romaine est comparable aux femmes
ridiculisées par Molière :

- Même asservissement aux règles du village.

- Même emportement contre un solécisme ;

- Elle se soumet à la méthode de PALEMON, comme ARMANDE Et BELISE


parlent, selon VAUGELAS (Grmmairien français 1585-1650) auteur de
Remarques sur la française(1647).Il fixa le bon usage d’après le langage des
honnêtes gens de la ville et de la cour.

De plus, les mêmes excès produisent les mêmes rappels au bon sens, et l’on
dirait que Molière a mis dans la bouche de CLITANDRE les affirmations de
Juvénal :

« Les femmes docteurs ne sont point de mon goût.


Je consens qu’une femme ait des clartés de tout,
Mais je ne lui veux point la passion choquante
De se rendre savante afin d’être savante ;
Et j’aime que souvent, aux questions qu’on fait,
Elle sache ignorer les choses qu’elle sait ».(in Les femmes Savantes, I,3, 317-
322).
Toutefois, les femmes savantes du XVIIè siècle ne poussent pas la singularité
jusqu’à imiter les manières masculines : par là les contemporaines de
Juvénal sont plus proches des féministes de nos jours et surtout de nos
« garçonnes ».
Enfin, MOLIERE se garde des exagérations de l’Ateur Latin : PHILAMINTE
décide avec autorité, mais elle n’accapare pas la conversation ; elle n’a pas
besoin de rivaliser par la voix avec les trompettes et les cuivres ; il lui suffit de
« son ton », qui terrorise le bonhomme CHRYALE.
→Juvénal énumère, Molière construit.

B. QUELQUES VERS CELEBRES DE JUVENAL


258

-« Imponit finem sapiens et rebus honestis »


-« Mens sana in corpore sano »
-“Maxima debetur puero reverential”
-“ Si natura negat, facit indignatatio versus”
-Hoc volo-sic volo, sic jubeo, sit pro ratione voluntas!”

C. APPROFONDISSEMENT :

1. Caractérisez les différentes occupations des femmes que Juvénal vient de nous
présenter.
2. Comment Juvénal les juge-t-il ?
3. Où est, d’après le moraliste moderne BAUDIN, le danger du féminisme ?
4. « Juvénal n’a pas fait partie de la haute société romaine. Il était plutôt ce qu’on
pourrait appeler un « représentant de la classe moyenne ».
Cette précision n’alimente-t-elle pas davantage votre réflexion ?
5 . N’y a-t-il rien à retenir de valable du texte de Juvénal, malgré ses outrances ?
6 . Est-ce qu’il existe des textes qu’il vaudrait la peine d’opposer au texte de
Juvénal ?

5. TACITE, Annales XII :68 69 : « LA FEMME INTRIGANTE »


( La mort de Claude)
a. Vie de l’auteur , Œuvre et Époque : cf. supra
b. Introduction au texte :
Après la mort de MESSALINE, son épouse, l’empereur Claude épouse AGRIPPINE, sa propre nièce.
Celle-ci est l’une de ceux qui comploteront contre lui.

Claude avait eu de Messaline deux enfants : BRITANNICUS et OCTAVIE. Néron était le


fils d’Agrippine d’un précédent mariage. Il était l’ainé de trois enfants. En effet Agrippine a réussi à
faire adopter Néron par Claude.

Peu sure des dispositions secrètes de l’empereur, Agrippine veut hâter la réalisation de
ses projets : assurer à son fils Néron la succession de Claude. Elle va profiter d’une absence de
Narcisse, favori de Claude, dévoué à Britannicus.

DRAME DANS LE PALAIS DE L’EMPEREUR : ce drame est au fond semblable à celui qui se joua
autour de la succession de Tibère. Mais TACITE sait mettre en lumière tout ce qui distingue la
circonstance actuelle.

Tout est dominé par le personnage d’Agrippine dont le caractère principal est l’ambition.
Devant elle, les obstacles vont disparaitre un à un. Les épisodes se succèdent dans un ordre
259

dramatique : le présage qui crée une atmosphère d’inquiétude, puis la machination


contre DOMITIA LEPIDA, simple précaution d’Agrippine.

Enfin, après le meurtre de Claude, elle séquestre BRITANNICUS et OCTAVIE, et fit


proclamer Néron empereur. Cependant au –delà des calculs, AGRIPPINE est, elle-même, dominée par
une disposition absurde : elle attend le moment qu’ont indiqué les Astrologues.

§ LXVIII : LES INTRIGUES D’AGRIPPINE

a. Propositions

-Vocabatur : P

-Nuncupabant : P

-Cum… obtegeretur : T

-quae… forent : R

-Dum … componuntur : T

b. Analyse et vocabulaire :

-Nuncupare= nommer,dedier,prononcer solennellement, vouer, proclamer.

→ nomen cupere= désirer, souhaiter, porterintéret.

-incolumitas , atis f= consevaation, salut.

→incolumis= intact, sain et sauf.

-cum… obteregeretur :T

→ obtego, -is, -ere, texi, -texi, -textum= recouvrir, envelopper.

-exanimis= privé de vie.

-vestibus et fomentis= ablatif de moyen

-fomentum, -i,n= ce qui sert à rechauffer, calmant, ce qui sert à revigorer ;


médicament, baume.

→fovere= chauffer, echauffer, soigner.

-amplexus, -a, -um= embrassé.

→amplexus, -us= enlacement, embrassement, étreinte.

→amplexu : ablatif de manière= par étreinte.

-dolore : abl de cause.

-tenere, appelare, demarari= infinitifs narratifs


260

= retaerder, retenir, arrêter.

-ne egrederetur cubiculo : B-

-adventare= s’approcher de plus en plus.

-crebro(adv.)= fréquemment

-effigies, -ei, f=portrait, image.

-ars, -tis, f= articfice, ruse.

-attineo,-es,-ere, -ui, -tentum= retenir

-vulgare=répandre une nouvelle, publier

-monitum= avis, prédiction.

-custodiis= abl. de moyen

-firmando imperio= datif de but/destination

=pour assurer la domination, le pouvoir impérial à Néron.

-ire in melius= aller mieux. Tacite emploie souvent et volontiers des expressions
formées d’une préposition et d’un adjectif neutre employé comme un nom.

-Quo= ut eo

-Bona in spe : Anastrophe(=inversion de l’ordre à suivre)= bona spe, in spe ou in


bona spe.

c. Construction et traduction :
Interim Senatus vocabatur Pendant ce temps, le sénat était convoqué
et les consuls et les prêtres
et consules et sacerdotes
prononçaient officiellement des vœux
nuncupabant vota
pour la santé du prince,
pro incolumitate principis,
alors que déjà privé de vie
cum jam exanimis
il était enveloppé de vêtements
obtegeretur vestibus
et de médicaments,
et fomentis
pendant ce temps, les faits
dum res
qui seraient
quae forent
pour assurer la domination de Néron
firmando imperio Neronis
sont arrangés.
componuntur.
261

Jam Agrippina Déjà Agrippine

primum velut victa dolore et d’abord comme abattue de douleur et

conquirens solacia, cherchant des consolations,

tenere amplexu Britannicum, retenait par étreinte Britannicus,

appelare (eum) veram effigiem elle l’appelait la vraie image


oris paterni ac
du visage de son père et
demorari (eum) artibus variis,
elle le retournait par des ruses variées,
ne egrederetur cubiculo.
de peur qu’il ne sortît de la chambre.
Attenuit quoque Antonius et Octaviam,
Elle retenait aussi Antonie et Octavie,
Sorores ejus,
les sœurs de ce dernier,
et clauserat cunctos aditus
et elle avait fermé toutes les entrées
custodiis
par des gardes
et vulgabat crebro
et elle publiait à chaque instant
valetudinem principis ire in melius
que la santé du prince allait mieux
quo miles ageret in bona spe
pour que le militaire agît en bon espoir
et tempus prosperum adventaret
et pour que le temps propice s’approchât de
ex monitis Chaldaeorum. plus en plus selon le présage des
Chaldéens.

COMMENTAIRE

[Link], quid ?

R) Ce terme désignait, sous la République, le premier sénateur inscrit par le


censeur sur l’Album Sénatorial.

Auguste recourt à ce titre républicain pour voiler son pouvoir personnel. Ses
successeurs l’imitèrent. L’empereur fut ainsi dirigé et vécut sur une équivoque.

De fait, aucun rouage républicain disparut : toutes les anciennes magistratures


subsistèrent, mais leur contenu n’avait plus aucune autorité. En fait, cette
nouvelle forme de gouvernement constituait une OLIGARCHIE puisque le
PRINCEPS partageait le pouvoir avec le sénat et ses fonctionnaires.

[Link] traits du caractère d’Agrippine Tacite souligne-t-il ?

R) Son habileté et son sang-froid dans ces circonstances qu’elle avait prévues. Elle
cache la mort de Claude et empèche BRITANNICUS et OCTAVIE de sortir de leurs
appartements.
262

[Link] était ANTONIE ?

R) Une fille née d’un mariage antérieur de Claude avec AELIA POETINA.

[Link]ée du § ?

R) Agrippine a tout tramé pour écarter BRITNNICUS du pouvoir et y élever son


propre fils, né d’un mariage antérieur avec Cn DOMITIUS AHENOBARBUS.

§ LXIX : AVENEMENT DE NERON

a. Proposition

b. Analyse et vocabulaire

-Tunc= alors

-medium= Tacite l’emploi autant pour le temps que pour le lieu.

-medio = ablatif de temps

-Diei : génitif avec l’ablatif d’un adjectif neutre singulier employé substantivement

→ usage fort classique.

-diduco= terme bien choisi avec foribus(= porte à battants).

-fores, -ium= entées.

-diductis foribus= abl abs. de temps.

→diduco, -is,-ere, -xi, -ctum= ouvrir

-excubiae, -arum= garde

-fastrus,-a, -um= favorable, de bon augure.

-castra,-orum= le camp des prétoriens

-BURRUS= BURRUS, le Préfet du Prétoire.

-repente(adv)= tout à coup.

-Burro comitante= abl. abs.


263

-monente praefecto : [Link]. de temps

-donativum, -i, n= gratification accordée aux soldats lors de l’avenement d’un


empereur.

- ubi… esset : [Link] indirecte.

→ubi : adv. interro pour l’interro indirecte

→esset : subjonctif de l’interro indirecte.

-nullo (in diversum) auctore : [Link]. de cause.

-in diversum, une expression comparable à in melius ( ci-dessus) est très


librement construite avec auctor= personne prenant l’initiative d’une autre
décision.

-Aemulante Agrippina : ablatif abs. à sens causal.

> aemulare= rivaliser avec, chercher à égaler, jalouser.

-antepositus privignus : tour classique qui consiste à joindre un nom et un


participe en un groupe oû le participe exprime l’idée primordiale, que le francais
traduit par un mot abstrait.( de Give 326).

→= La préséance(la préférence) est accordée à un beau-fils face à un fils.

- Privignus= fils du 1er lit, beau-fils.

- Injuria et invidia : ablatif de cause, = la colère et l’injustice.

- →Hendiadys = la colère provoquée par cette injustice.

- Revertor,-eris, reverti, reversus sum= revenir.

- Lecticae : locatif (> lectica= lit, littière).

- inditur> indo, -is, -ere, indidi, inditum= mettre dans, mettre ou placer sur,
dans, introduire, insérer.

c. Construction et traduction

Tunc medio diei, Alors au milieu du jour,

Tertium ante Idus octobres, le troisième jour avant les Ides


d’Octobre,

les entrées du Palatin ayant été


foribus Palatii diductis repente,
ouvertes tout à coup,

Burrus étant son compagnon,


Burro comitante,
Néron sortit vers la cohorte,
264

Nero egreditur ad cohortem, qui, selon l’habitude militaire

quae more militiae (y)est présente par la garde.

adest excubis. Ici, sous le signal du Préteur,

Ibi, praefeto monente, Néron reçu par des voix favorables

(Nero) exceptus vocibus faustis, est placé sur la litière.

inditur lecticae. On raconte que certains ont douté,

Ferunt quosdam dubitavisse, Regardant en arrière et demandant


où était BRITANNICUS ;
respectantes et rogitantes
bientôt, personne ne prenant
ubi esset BRITANNICUS ; l’initiative dans les sens contraire,
mox, nulla auctore in diversum, ils suivent ce qui s’offrait.

sunt secuti quae offerbantur. Et Néron fut emmené au camp et

Et Nero (est) allatus castris et Il prononça un discours adapté à la


circonstance, le cadeau ayant été
(est) praefatus congruentia tempori, promis
donativo promisso à l’exemple de la largesse de son
père, l’empereur est acclamé.
ad exemplum largitionis paternae,
imperatos consalutatur. Les décrets du Sénat ont suivi
l’opinion des soldats et on ne douta
Consulta partum (sunt) secuta
pas dans les provinces.
sententiam militum, et non est
dubitatum apud provincias. Et des honneurs celestes sont
décernés à Claude et une solennité
Et honores caelestes decernuntur
de funérailles est célébrée de même
Claudio et solemne funeris celebratur que pour le divin Auguste,

perinde ac divo Augusto, Agrippine cherchant à égaler la


magnificence de sa bisaieule Livie.
Agrippina aemulante,
Cependant le testament ne fut pas
magnificentiam proaviae Liviae. lu
Tamen testamentum haud (est) de peur que le beau-fils préféré au
recitatum fils ne troublât l’esprit du peuple à
ne privignus antepositus filio turbaret cause de la colère provoquée par
cette injustice.
animos vulgi injuria et invidia.
265

COMPREHENSION :

1° Cohortem= soldats de l’empereur, chargés de lui rendre les honneurs.

= les prétoriens (au nombre de 12) qui montaient la garde au Palatin. Cette cohorte
était en civil, revetue de la toge, mais armée. Au premier siècle, ses casernements
se trouvaient sous la façade sud du palais de Tibère.

2°Monente praefecto= par cette expression, nous voyons la part active prise par
Burrus dans l’avenement de Néron.

3° Illatusque :Dès CALIGULA, il faut tenir compte de la garde prétorienne dans les
nominations impériales. De là, deux coutumes vont s’amplifier qui alors
accompagneront dorénavant tout avènement :

-la visite au camp des Prétoriens et

-l’octroi du DONATIVUM.

4° Praefatus : Il commence par parler des événements qui viennent de se dérouler.


DION CASSIUS attribue à SENEQUE la rédaction du discours de Néron à la troupe
prétorienne et au sénat.

5° BURRUS et SENEQUE se sont déclarés pour Néron parce que :


-le parti de ce dernier fut pour eux raisonnable d’une part et
- d’autre part parce que Claude ne s’était pas prononcé sur le pouvoir de son
successeur.

→ D’où la seule base juridique devenait l’accord de l’armée et sénat. Or cet accord
avait eu lieu. SENEQUE et BURRUS pouvaient considérer comme légal le pouvoir
de Néron.

6° Ad exemplum : CLAUDE acheta le serment de fidélité des cohortes au prix d’un


DONATIVUM.
266

6 . PLINE LE JEUNE, Epistulae III, 16 :

« UNE FEMME HEROIQUE : ARRIA »

1 . L’AUTEUR : PLINE LE JEUNE (62-113) :

- C. PLINIUS CAECILIUS SECUNDUSnaquit peu avnt la mort de Néron, à


COME, ville d’Italie Septentrionale (LOMBARDIE) en 62 pCn.

- Il a connu latyrannie de DOMITIEN (81-96), mais aussi les années de paix et


prospérité dont jouit l’empire sous TRAJAN et SOUS NERVA.

- Le règne des affrancfis a pris. La société romaine est renouvelée… La


bourgoisie provinciale montre dans sa vie plus de dignité et joint aux goût des
lettres des préoccupations morales et sociales.

- Caius Caecilius Secundus appartenait à une de ces riches familles


provinciales( son père géniteur= Lucius Caecilius Cilo était « quatuor vir
aedilicia potestate). Il perd de bonne heure son père, mais son oncle maternel
PLINE L’ANCIEN( Caius PLINIUS SECUNDUS), d’où le nom PLINE le Jeune,
l’adopte et s’occupe de son éducation.

- Il a fait ses études à ROME, où il eut pour profeur QUINTILIEN.

- Sa carrière fut celle d’un haut fonctionnaire :

► Questeur, Tribun, Préteur sous DOMITIEN, puis sous TRAJAN.

►Préfet du trésor de Saturne sous TRAJAN,

►Consul à l’année 100 avec Caius Julius Cornutus Tertullus,

►Augure et aucours des années 111-112, légat en BITHYNIE.

- Mais sa vie ne fut pas toute absorbée par ses fonctions administratives : il fut
un AVOCAT et surtout UN HOMME DE LETTRES qui aima passionnément
son métier.
267

- Il est mort en 113 pCn.

2 . SON OEUVRE :

►Le Panégyrique de Trajan : discours qu’il prononça quand il fut nommé


Consul, pour remercier selon l’usage, l’empereur.

►Epistulae : Lettres(9livres).

→Ces lettres ne sont pas écrites au courant de la plume comme celle de


CICERON, mais avec un style fin, élégant et marqué de préciosité. Elles sont
destinées à la publication.

N.B. : Les Lettres de PLINE nous intéressent d’abord en tant que document
historique sur le monde romain à la fin du 1er siècle, ensuite en tant qu’elles
offrent un portrait de l’auteur fait par lui-même.

3 . DE QUOI S’AGIT-IL ( Epistulae, III, 16)

ARRIA, la brave femme de Caecina PAETUS ! Elle cache le deuil de son fils
dehors et entretient son mari malade en chambre sans manifester son chagrin.
En plus –un exemple de fidélité dans le malheur-, elle poursuit son mari
condamné pour partager ses souffrances. Elle est prete à mourir pour lui,
tellement elle avait vécu pour lui.

→supporter son mari dans les circonstances difficiles est un trait d’héroïsme
insigne. D’où le titre : UNE FEMME HEROÏQUE.

3. CONSTRUCTION et TRADUCTION

1° Un héroïsme resté dans l’ombre : ARRIA

a. Propositions :

-videor : P, esse : O, est confirmata : P, est : P ; quae fuit : R

-referebat : R ; - fore : O ; quam… fuerunt : Cp

b. Analyse et Vocabulaire

- videor→videor mihi

- adnotasse : forme syncopée de adnotavisse, infinitif parfait de adnotare(


annotare).

-clariora= plus connus

-majora= plus grands

- hesternus, a, um= d’hier

-avia, ae= grand-mère


268

-ARRIAE> ARRIA : femme de Cécina Pétus, ancien consul qui fut condamné
à cause de la révolte de SCRIBONIANUS (PLINE parle plus loin des circonstances
de cette mort).

- sermone= ablatif, agent inanimé, instrument de moyen.

- hoc= ablatif neutre

= représente l’acte exposé plus loin (praeclarum quidem…) qu’évoquent les mots
« marito et solacium et exemplum ».

-neptis, -is, f= petite fille

-legenti et audienti : datifs des participes présents.

c. Construction et traduction :

C. PLinius Nepoti suo s. Pline a son cher Népos dit salut

Videor adnotasse Je crois avoir remarqué que

facta et dicta virorum et feminarum Les actions et les paroles des hommes et
de femmes
alia esse clariora, les unes sont plus connus
les autres plus grandes.
alia esse majora.

Mea opinio est confirmata


Mon opinion a été confirmée
par la conversation d’hier avec Fannie.
sermone hesterno Fanniae.
Cette petite fille de la célèbre Arria,
Haec neptis illius Arriae, qui a été pour son mari
quae fuit marito et solacium et un allègement et un modèle pour la
mort.
et exemplum mortis.
Elle racontait plusieurs exploits de sa
Referebat multa suae aviae
grand-mère, non moindres que celui-ci
non minora hoc, sed obsicuriora. mais plus connus.
Et existumo ea fore Et j’espère bien que ces explots seront

tam mirabilia tibi legenti aussi admirables pour toi quand tu les
liras
quam fuerunt mihi audienti qu’elles l’ont été pour moi quand je les ai
entendus.

2° Au père malade, elle voile la mort du fils :

a. Propositions

- Aegrotabat :P
269

- Ut videbatur : Cp, Quod erat : C, Decessit : , Paravit :P, Duxit : P

- Ut ignoraret :Cs, Intraret : T, Simulabat : P, Esse, vivere :O

- Quid ageret : , etc.

b. Analyse et vocabulaire

- aegrotare : être malade.

→aeger= malade

- mortifere(adv.)=mortellement

- ut videbatur : ut comparatif

- pulchritudine eximia et verecundia pari : ablatifs de qualité, descriptifs

- huic : Filio

- decessit> decedo, -is, -ere, -cessi, -cessum= décéder.

- Funus, -eris, n= les funérailles

- Ut ignoraret : Cs

- Quin immo( locution adverbiale d’addition)= bien plus

- Commodiorem esse : qu’il était en meilleur état, qu’il se portait mieux.

→attribut de filium

- Intraret : subjonctif de répétition

- Interroganti : datif du participe présent.

c. Construction et traduction :

Caecina Paetus maritus ejus Cécina Pétus, son mari était


aegrotabat ; malade ;

et filius (ejus) aegrotabat, et son fils était malade,

uterque mortifere, ut videbatur. l’un et l’autre sans espoir,


comme il semblait.
Filius, pulchritudine eximia,
Le fils, d’une beauté
verecundia pari et remarquable,d’un respect
carus parentibus pareil et cher à ses parents
non minus ab alia quam non moins à cause d’autres
quod erat filius, decessit. faits que parce qu’il était fils,
mourut.
Ita illa paravit funus huic, Dans ces circonstances,
cette femme admirable prépara
270

les funérailles pour celui-ci,


elle conduisit les cortèges
duxit exsequias ita
funèbres de telle sorte que son
ut maritus ignoraret,
mari ne s’en aperçut pas,
quin immo, quotiens intraret
bien plus,
cubiculum ejus, simulabat
chaque fois qu’elle entrait dans
filium vivere atque (filium) esse
la chambre de lui,
commodiorem
elle feignait que le fils vivait et
ac persaepe interroganti même qu’il se portait mieux et
quid puer ageret, très souvent à (son mari)
respondebat : l’interrogeant comment l’enfant
se portait, elle répondait :
« quievit bene, sumpsit cibum
libenter ». « Il s’est bien reposé, il a pris
son repas avec plaisir ».

3° Un courage Stoïque :

a. Propositions

-Cum… vincerent : T ; - cum … prorumperet : T ; - dabat : P

-redibat : P ; -tamquam… reliqueret : Cp

b. Analyse et Vocabulaire

- cum lacrimae vincerent : T

↓→cum historicum.

- cohibitae> cohibeo(cum+habeo), -es, -ere, -ui, -itum

↓→=tenir ensemble, maîtriser, contenir.

- Dolori: datif COI de dabat, datif d’attribution

- Illud : le trait célèbre développé par les infinitifs qui suivent : stringere,
extrahere, perfodere, porrigere.

- Vultu composito : ablatif de manière.

- Pugio, -nis= poignard.

- Porrigo, -is, -ere, -rexi, -rectum= étendre, allonger, tendre.

- Stringo, -is,-ere, strinxi, strictum= dédaigner, appreter( une arme), arracher,


presser.

- Perfodio, -is, -ere, -fodi, -fossum= percer de part en part, transpercer.


271

- Extraho, -is, -ere, -traxi, - tractum = extraire, tirer hors de, retirer,
arracher.

- Dolet : impersonnel

- Facienti, dicenti : datifs des participes présents ;

- Quo( ablatif neutre) : complément du comparatif maius.

- Operire luctum= dissimuler le deuil.

- Amisso filio : ablatif absolu concessif

- Siccus, a, um = sec, seché.

- Matrem agere= jouer (le rôle de) la mère, donner le rôle de la mère.

c . Construction et traduction

Deinde cum lacrimae diu cohibitae Ensuite, lorsque les larmes


vincerent et prorumperent longtamps contenues (la) vinquaient
egrediebatur, et qu’elles coulaient, elle se retirait,
tunc dabat se dolori ; alors elle se donnait à la douleur.
satiata oculis siccis Apaisée, les yeux ayant été sechés,
elle revenait avec un visage refait
redibat vultu composito quam
comme si
reliquisset orbitatem foris.
elle avait laissé le deuil à la porte.
Quidem illud ejusdem (est)
Certes, ce trait de la même(femme)
praeclarum
est très célèbre,
stringere ferrum,
dédaigner l’épée,
perfodere pectus,
s’en transpercer la pointrine,
extrahere pugionem,
arracher le poignard,
porrigere marito,
le tendre au mari,
addere vocem immortalem
ajouter cette parole immortelle
ac paene divinam:
et presque divine :
“Non dolet, Paete”.
ça ne fait pas mal, Petus ».
Sed tamen facienti ista, Mais cependant, à celui qui réalisait
dicenti ista ces faits, à celle qui prononçait ces
gloria et aeternitas errant ante paroles, la gloire et l’immprtalité
oculos, étaient devant les yeux,
et abdere lacrimas sine praemio mais cacher les larmes sans
gloriae, operire lectum sine praemio récompense de gloire,
aeternitatis et agere matrem adhuc cacher le deuil sans récompense de
filio amisso est majus eo. l’immortalité et jouer à la mère
jusque là, alors que le fils est déjà
mort est plus grand que cela.
272

4° Une dévotion inconditionnelle à son mari :

a. Propositions :

b. Analyse et vocabulaire

- Movere arma= prendre les armes, se soulever, s’insuger.

- Nempe(adv.)= assurément, sans doute, bien sûr, manifestement.

- Estis daturi= futur progressif de dare

- Erat ascensurus= futur progressif de ascendere.

- Calceo, -as, -are : chausser

- ≠ calco, -as, -are= opprimer, fouler aux pieds, marcher sur.

- Gremium= le sein, le giron, le bras.

- Indicium= révélation, preuve.

- Profitetur indicium= elle se déclarait prête à faire des révélations.

- ↓→profiteor, -eris, -eri, -fessus sum = déclarer spontanément.

- → profiteri indicium= faire des aveux.

- Et vivis : proposition relative coordonnée à la prédente= et quae vivis.

- Imponeretur s.e. in navem

c. Construction et traduction

Scribonianus moverat arma in Scribonien s’était insurgé en Italie


Illyrico contra Claudium ; contre Claude ;
Paetus fuerat in partibus et Pétus avait été de la révolte et
Scriboniano occiso (Paetus) Scribonien ayant été tué, (Pétus)
trahebatur Romam. était emmené à Rome.
273

Erat ascensus navem, Il était au point de monter dans le


Arria orabat milites navire, Arria priait les militaires
ut imponeretur simul. pour qu’elle fut embarquée en
même temps.
« Nempe enim, inquit,
A n’en point douter,en effet,dit-elle,
estis daturi viro consulari
vous allez donner à cet homme
consulaire

aliquos servulos, e manu quelques esclaves à partir des


quorum capiat cibum, mains desquels il puisse prendre
son repas,
par qui il soit vêtu,
a quibus vestiatur, par qui il soit chaussé,
a quibus calcietur, j’accomplirai seule toutes ces
praestabo sola omnia. » bésognes ».
Non impetravit ; Elle n’y parvint pas ;
conduxit nauculam piscatoriam Elle loua un petit navire de
et est secuta ingens navigium pêcheur et suivi le grand bateau
minimo. par le petit navire.
Apud Claudium eadem uxori Chez Claude, ‘la même( déclare) à
Scriboniani, l’épouse de Sribonien,
cum illa profiteretur indicium : comme celle-là se déclarait prête à
« Ego, inquit, audiam te, faire des avoeux. : « Moi, dit-
in gremio cuius elle,t’ecoûterai-je, (foi) dans le jiron
Scribonianus est occisus de qui Scriboniaus a été tué et qui
et quae vivis ? » vis ? » A partir de cela il est clair
Ex quo est manifestum consilium quele projet d’une mort très belle
mortis pulcherrimae n’a pas été brusque pour elle.
non fuisse subitum ei.

-LICIUS ARRUNTIUS CAMILIUS SCRIBONIANUS= Scribonien( Consul en


32 avec Cn Domitius Ahénobarbus.

- œuvres perdues de Pline l’Ancien :

► Biogragraphie d’un général : Vie de Q. Pompenius Secundus

► Sur l’art de lancer le Javelot à cheval.

► Studiones : un traité à l’attention de PLINE LE JEUNE.

►Incertitudes du langage (8 livres)

► Les guerres de Germanie (10 livres)

- Œuvre existant : Histoire romaine (30) de l’an 41 à 71.

5° Fidélité intrépide (opiniatre) jusqu’à la communion dans la mort :

a. Propositions :
274

-cum… deprecaretur : T ; -ne pergeret : O ; - cum dixisset : T

- si… fuerit : ; -respondit :

-etc.

b. Analyse et vocabulaire :

-THRASEA= père de FANNIA et gendre de Pétus et de Arria.

↓→ le stoïcien, il se donna la mort en 66 sur ordre de Néron.

- Mihi : datif complément de l’agent inanimé après un adjectif verbal


d’obligation. De Give, n° 265.

- Tanta concordia : aablatif de manière.

- Quam : corrélatif à la foi de tam diu qui appelle normalement quam diu et
tanta qui appalle normalement quanta.

- auxerat> augeo, -es, -ere, auxi, auctum= augmenter.

↓→ indicatif plus-que-parfait.

- Ut moriar : O

- Exsiluit : indicatif parfait de exsilio, -is, -ire, -silui ou –silivi ou silii, -sultum=
s’elancer, sauter hors de , bondir, s’élever.

- Impingo, -is, -ere, -pegi, -pactum= frapper contre, jeter contre, se heurter
contre.

- Corruo, -is, -ere, -ui= s’abattre, s’effondrer, s’écrouler.

↓→[Link]= -ruiturus

- Focilata : participe parfait passif de Focilare= réconforter, ranimer.

↓→= revenue à la vie.

- Nihil agitis= vous perdez votre temps, vous n’aboutirez à rien.

- Facilem= facilem viam

- Illo (neutre)→ la parole citée qui suit est, comme en français, traitée comme
un nom neutre et « Paete, non dolet ».

- Mali (adv.)= d’une façon malheureuse, c’est-à-dire par une mort douloureuse.

- Colligitur( indicatif présent passif) > colligo, -is, -ere, -legi, -lectum= récapituler,
juger, conclure, ramasser.

c . Construction et traduction :
275

Quin etiam, Bien plus,


cum Thrasea, gener ejus, comme Thrasea, le gendre d’elle(la)
deprecaretur ne pergeret mori, suppliait qu’elle ne s’abstinât à
et(cum) dixisset inter alia : mourir, et comme il (lui) disait entre
« Ergo vis tuam filiam mori autres : « Donc, tu veux que ta fille
mecum si fuerit pereundum meure avec moi si j’étais obligé de
mihi ? mourir ? »
respondet : « Si vixerit tecum elle répondit : « Si elle a vécu avec toi
tam diu et tanta concordia quam aussi longtemps et dans une si grande
ego cum Paeto, volo ». concorde que moi avec Pétus, j’y
consens ».
Hoc responso auxerat curam
Par cette réponse elle avait augmenté
suorum,
le soucis des siens,
custodiebatur
elle était surveillée
attentius
avec plus d’attention
et sensit :
et elle s’en aperçut : « vous perdez
« agitis nihil, inquit :
votre temps, dit-elle :
enim potestis efficere en effet, vous pouvez faire en sorte que
ut moriar male, non potestis je meure péniblement,
(efficere) ut non vous ne pouvez pas faire
moriar. » en sorte que je ne meure pas ».
Dum dicit haec, Quand elle dit ceci,
exsiluit cathedra et impegit caput elle s’élance de la chaise et elle frappe
parieti adverso sa tête contre le mur en face
impetu ingenti et corruit. par un mouvement immense et elle
s’effondra.
Focilata : Revenue à la vie (elle déclare) :
« dixeram vobis, inquit, « je vous avais dit, dit-elle, que moi
me (esse) inventuram viam j’allais trouver une voie
quamlibet duram ad mortem, quelque cruelle qu’elle soit vers la
mort,
si vos negassetis (viam) facilem.
si vous me refusiez la voie facile ».

Haec videnturne tibi Ces faits ne te semblent-ils pas plus


majora illo « Non dolet, Paete, grands que ce fameux « ça ne fait pas
ad quod est perventum par haec ? mal Pétus », jusqu’auquel on est
parvenu à travers ces faits (qui ont
précédé) ?
Interim cum quidem
fama ingens circumfert illud, Entretemps, quand du reste une
nulla circumfert haec. grande rénomée répand ces faits
célèbres, aucune rénommée ne répand
ces faits (qui ont précédé).
Unde colligitur
276

quod dixi initio, D’où on récapitule ce que j’ai dit au


alia esse clariora, alia esse début
majora. certaines paroles et actions sont plus
connues, les autres sont plus grandes.
Vale.
Porte-toi bien.

→Les faits les plus connus ne sont pas toujours les plus grands.

COMMENTAIRE :

→L’attitude finale d’Arria a-t-elle été conforme à sa vie ?

R) Oui. Cfr Sa réponse à Thraséa.

→D’Arria, il faut retenir ces vertus :

• Courage
• Délicatesse des sentiments ;
• Altruisme ;
• Communion et dévotion totale à son mari ;
•Amour désintéressé, tendre et maternel ;
• Maîtrise de soi ;
• Fidélité.
→ Le STOÏCISME se plaisait à reconnaître aux femmes la possibilité de
parvenir à la vertu. Il leur en faisait même un mérite plus grand qu’aux
hommes puisqu’elles devaient surmonter une nature plus soumise à la
passion et à l’instinct.
277

7. PLINE LE JEUNE, Epistulae, VII, 5 :

« LE BON MARI » ou « REGRET D’UNE ABSENCE »

1. AUTEUR : Vu
2. SON ŒUVRE : Vu

3 .INTRODUCTION AU TEXTE :
La présente lettre nous livre des appels les plus attachants de la personnalité
de PLINE : son affection tour à tour sereine, tendre et passionnée pour son
épouse CALPURNIE lorsque le divorce est devenu monnaie courante des
relations familiales. Pline est malheureux.
Sous des allures précieuses d’un style conventionnel, initié de l’élégie, qui
abonde en procédés qui visent à l’effet, transparaît la sincérité émouvante de
ses désarrois… ».
4. ANALYSE-NOTES ET CONSTRUCTION – TRADUCTION

a. Propositions :
-est : P
- tenear : Os
- quod… consuevimus : C
- quod…. exigo : Os

b. Analyse et vocabulaire :
- Plinius Calpurniae suae s. = Pline à sa chère Calpurnie (dit) salut.
- Incredibile(neutre) : construit avec l’impersonnel est= il est incroyable.
- Desiderium, -ii, n = désir, envie, besoin , regret ;
- Tui : génitif objectif :cfr Give 245-253.
- In causa : cette expression bien connue dans laquelle le verbe « esse » est
sous-entendu signifie être cause de= la raison en est.
- In imagine= à l’occasion de la représentation.
278

- →selon un des sens de « in »= en essayant de te représneter à moi.


- →imago,-inis, f= représentation, portrait, représentation par la pensée.
- Inde est quod= il s’en suit que.
- Vigil,-is= vigilant, éveillé.
- Interdiu= pendant la journée.
- Viso, -is, -ere, visi, visum= voir attentivement, examiner, rechercher.
- →désidératif(de videre) = désirer voir, aller voir, chercher à voir, avoir
tendance à voir.
- Consuevimus : indicatif parfait de consuesco, -is, -ere, -suevi, -suetum = être
habitué.
- Limen, -inis, n= le seuil, la porte, la chambre,le seuil de la chambre.
- Diaeta, -ae= chambre, appartement.
- Verissime (superlatif de Vere)= justement, conformément à la vérité.
- Denique :indique la fin de l’énumération= enfin.
- Maestus, a, um= triste, sombre, abattu.
- Conteror : présent passif de conterere= consumer, ruiner, accabler, écraser,
gaspiller.
- Exigo > exigo, -is, -ere, -egi, -actum, vt= pousser ou mettre en dehors, faire
sortir, chasser, renvoyer, répudier; executer entièrement, achever, mener à
son terme, terminer…
- Excluso= celui à qui on a fermé la porte au nez.

N.B : On rencontre souvent dans la poésie, l’amator exclusus=l’amoureux


éconduit qui, venant voir sa femme qu’il aime, trouve la porte fermée et ne
peut pas se la faire ouvrir. Ce thème traditionnel de l’amator exclusus, dans
ce texte, a une résonnance particulièrement tragique.

c. Construction et traduction :
C . Plinius sae Calpurniae s. C .Pline à sa chère Calpurnie dit salut.
Est incredibile tenear Il est incroyable que je sois tenu
quanto desiderio tui. par un si grand besoin de toi.
In causa est primum amor, La raison en est d’abord l’amour,
deinde quod non consuevimus ensuitepuisque nous ne nous sommes
abesse. pas habitués à être absents.
Inde est quod exigo De là, il s’ensuit que je passe une
magnam partem noctium grande partie de mes nuits
vigil in tua imagine, éveillé en te représentant à moi,
inde (est) quod interdiu, il s’ensuit que pendant le jour,
horis quibus heures pendant lesquelles
solebam visere te, j’avais coutume d’aller te voir,
pedes ipsi ducunt me les pieds eux-mêmes me conduisent,
ut dicitur verissime comme on le dit très justement
ad tuam diaetam, vers ta chambre,
est denique quod recedo il s’ensuit enfin que je reviens
aeger et maestus malade et abattu (triste)
279

ac similis excluso et semblable à l’amoureux exclu


a limine vacuo. de ta chambre vide.
Unum tempus caret Un seul instant échappe
his tormentis à ces tourments
quo conteror in foro aucours duquel je suis accablé au
litibus amicorum. forum par les procès des amis.
Tu aestima quae vita sit mea, Toi, estime quelle vie est la mienne,
cui requies (est) in labore pour laquelle(vie) le repos se trouve
solacium (est) in miseria et dans la peine, la consolation se ttrouve
curis. dans le malhreur et le soucis.

Vale. Porte-toi bien.

→ Dans ce passage, Pline exprime la douleur amoureuse que lui cause


la longue absence de son épouse CALPURNIE.
Calpurnie, fille du noble Fabatus fut marié à … en secondes noces en
104.
Pline s’était premièrement marié à la fille de la grande dame Pompeia
Colerina, laquelle fille divorça d’avec Pline pour se remarier à Q.
BihiusProculus.
N.B : Dans la vie privée, PLINE fut un parfait homme honnête. Cette lettre
nous révèlent que l’affection qu’il voua à sa femme fut aussi vive que
délicate.
280

III. B) L’ESCLAVE

1. PLAUTE, Aulularia [Link], Sc 1,, 587-602 :

« L’ESCLAVE MODELE »

1° AUTEUR : TITUS MACCIUS PLAUTUS(254- 184 aCn)

- TITUS MACCIUS PLAUTUS (254 – 184 acn) est né vers 254 acn en OMBRIE, à
SARSINA, pauvre bourgade perdue dans l’Apennin, au Nord de
l’OMBRIE, d’une famille très modeste.

- Tout jeune, il vint à Rome, où il prit du service, d’abord comme domestique chez
des acteurs, puis comme meunier.
-S’étant mis à composer des comédies, il devint bientôt l’auteur aimé du public et
put ainsi s’assurer une honnête aisance.
-Sa vie est très mal connue : de condition libre, il serait cependant très pauvre. Il
aurait été ruiné dans ses activités commerciales jusqu’à devenir garçon
meunier.
-Il vint sans doute, assez tôt à Rome où il apprit le latin, le grec et devint le chef
d’une troupe de comédiens.
- Il est, avec TERENCE (190-159), un des témoins rares de la période d’initiation
grecque (240–81 a cn).
281

2. SES ŒUVRES.

-Plaute est un dramaturge fécond. Son œuvre est essentiellement théâtrale, un


théâtre souvent « immoral » selon certains.
-L’œuvre dite de PLAUTE comprend près de 130 pièces dont seulement 21
de celles qui sont parvenues sont jugées authentiques.
-Il imite des pièces grecques appartenant à la « comédie moyenne » où le
thème fréquent est celui des jeunes filles enlevées et retrouvées par leurs
parents. L’on retiendra donc que le théâtre de Plaute est une œuvre
d’imitation de la nouvelle comédie grecque dont il retient les sujets et les
personnages.
Il ne retient cependant pas l’intérêt psychologique, la valeur morale ou
artistique de ces derniers.
-L’originalité de PLAUTE réside dans le caractère populaire de son œuvre. Son
théâtre est également vivant et renferme une grande force comique
-Parmi les vingt-et-une pièces qui nous sont précisément parvenues et que
VARRON considérait comme incontestables, voici les principales:

L’AMPHITRYON (Amphitrio): JUPITER, amoureux d’ALCMENE,


s’introduit chez elle sous les traits d’AMPHITRYON, son époux,
tandis que MERCURE prend la figure de SOSIE serviteur
d’[Link] véritable AMPHITRYON et le véritable SOSIE
reviennent de la guerre, de là de multiples confusions comiques.
Les MENECHMES(Menechmi): Deux frères jumeaux se ressemblant
étrangement ont été séparés dès leur enfance. 20 ans plus tard, le
hasard les réunit, il s’ensuit une cascade de méprises dont PLAUTE
a su tirer partie avec une verve joyeuse.
Le REVENANT(Monstellaria) : Profitant de l’absence de son père, le jeune
PHILOLACHES mène une vie joyeuse avec des garnements de son
âge… le vieillard rentre inopinément, découvre la vérité et pardonne.
L’HOMME AUX TROIS ECUS (Trinumnus) : Ici, encore, il s’agit d’un jeune
dissipateur qui profite de l’absence de son père pour gaspiller le
patrimoine.
282

Les CAPTIFS (Captivi) : Histoire édifiante d’un père qui retrouve, dans
un esclave qu’il vient de punir injustement, un fils qui lui fut enlevé
dès le berceau par des marchands d’esclaves.

Le CABLE (Rudens) : Le sage DEMONES vivant en solitaire sur les côtes
de CYRENE, arrache la jeune PALAESTRA des mains d’un vil
marchand d’esclaves. Or une valise, ramenée par un pêcheur dans
son filet, fournit la preuve que PALAESTRA est la fille de DEMONES.

La MARMITE (= Aulularia). L’intrigue de cette comédie est double : Il s’agit


de :
→ Savoir si EUCLION, à qui le dieu Lare a fait découvrir une
marmite pleine d’or saura la dérober aux convoitises qu’il sent rôder
autour de lui, et d’autre part, de
→ Savoir si la fille PHEDRIE, qui a été séduite par LYCONIDE, sera
épousée par ce dernier ou par son oncle MEGADORE qui, ignorant
son aventure passée l’a demandée en mariage.
Or c’est précisément l’esclave de LYCONIDE, STROBILE, qui découvre le
trésor caché par EUCLION. En restituant la marmite à son
propriétaire, LYCONIDE lui confesse sa faute et obtient la main de
PHEDRIE. Et pour se débarrasser de cet or qui lui a causé tant
d’inquiétude, EUCLION donne en dot à sa fille le trésor maudit en
se réjouissant à la pensée qu’il va enfin retrouver le sommeil. Nous
pouvons y reconnaitre aisément le thème de l’Avare de MOLIERE.

Parmi les autres pièces célèbres de PLAUTE, on pourrait encore citer :


Les BACCHIDES
Le SOLDAT FANFARON (Miles gloriosus)
Le CARTHAGINOIS
La CASINA
L’IMPOSTEUR (Pseudolus)
Le PARASITE (Curculio)
Le BRUTAL (Truculentus)
283

3. Aulularia, Acte IV, Scène 1, V. 587 – 602 : DE QOI SAGIT – IL ?

L’extrait qui nous est proposé se place vers la fin de la scène, lorsque
STROBILE, envoyé par son maitre LYCONIDE pour suivre les événements, se lance
devant le public dans une longue tirade sur les devoirs d’un bon serviteur. Son
monologue est accompagné de flûte.

4. ANALYSE ET NOTES EXPLICATIVES.

587.

- Servi frugi = Génitif possessif


Adjectif indéclinable=honnête, sobre, chaste, économe,
interessé, chaste, rangé, sage
-erile > erus = maître de maison
Erilis, e= du maitre
- Habeat= regarde comme. Son sujet= ‘’esclave’’ sous-entendu.
Sibi= Double datif avec morae et molestae
= embarras
= Retard, obstacle, empêchement
-Ex sententia= du fond du cœur.
= Ablatif de conformité

590 :

- Capessere= Saisir, entreprendre, (+ in)songer à, se charger de


- matura= Adjectif qualificatif employé comme adverbe = Mature
= à point, à temps, vite, prématurément, bientôt, avant le temps
- sera (adverbe)= Tardivement
- sin = mais si( sin dormitet= subjonctif potentiel
- dormitet ita (suivant) = subjonctif de souhait
- amorem= sujet de superare
- Reor, Reris, Reri, ratus sum= croire, penser
- Retinere= infinitif apposé à la proposition infinitive « hoc esse… »
- Eo quo (locution adverbiale) = là où
- Impello, is, ere, puli, -pulsum = Pousser, rennverser
284

395 :
- ratis, -is = radeau, train de boisScirpea ratis= claie d’osier qu’on
- scirpeus (sirpeus), -a, -um = de jonc glissait sous le ventre des enfants
- pueri à la place de pueris pour leur apprendre à nager
e
-2 qui = ut ii= RB
- Toleret>Tolerare = soutenir
- Ut nent et…= B
- Pessum abire = gagner le fond, couler, sombrer
- Catapirateia = une sonde(‘’couler comme une sonde’’ ; à traduire « couler
comme un chien de plomb »
- Frons → il s’agit de celui du maître
frons, frontis = front comme siège de la pensée

600 :

- Quadriga = char tiré par quatre chevaux


Quadrigis= Ablatif, deuxième terme de comparaison
- Censionebubula= le blâme infligé par le nerf de bœuf. L’expression est spirituelle,
mais c’est une plaisanterie de lettré, non d’esclave
bubulus, a, um = de bœuf
Censio, -nis, f = Evaluation du censeur, recensement, correction censure
- Sua opera = A ses dépens
Ablatif
- Compes, -edis= chaîne d’argent
- Redigere in splendorem = rendre luisants à force de les porter, quand il
sera dans les entraves.
285

5. CONSTRUCTION ET TRADUCTION.

[Link] quod ego persequor est 587. Accomplir ce que moi j’exécute
hoc facinus servi frugi c’est cet exploit d’un esclave honnête
ne habeat imperium afin qu’il ne regarde pas le pouvoir du
erile morae et maître de la maison comme un obstacle et
molestae sibi. un embarras pour lui.
Nam, servus qui pistulat servire, En effet, l’esclave qui demande de
590. condecet eum capessere in rendre service,
erum matura, in se sera. 590. il convient qu’il pense à son
Sin dormitet, dormitet ita ut maître vite, à lui-même tardivement.
cogitet se (esse) servum. Mais s’il dort, qu’il dorme de façon
Nam qui servit servitutem ero qu’il pense qu’il est esclave.
amante quasi ego servio, En effet celui qui rend service à un maître
si videt amorem superare erum, amoureux comme moi je rends service,
reor officium servi esse hoc : s’il voit que l’amour emporte son
retinere ad salutem non maître, je pense que le travail de l’esclave
enim impellere eo est celui-ci : de (le)retenir pour(son) bien
quo incubat et non assurément de le pousser là
où il penche.
595. Quasi ratis scirpea
induitur pueris qui discunt nare, 595. Comme un radeau (claie) d’osier
qui (ut ii) laborent minus, ut nent est attaché aux enfants qui apprennent
et moveant manus à nager, pour qu’ils travaillent moins,
facilius, eodem modo censeo pour qu’ils nagent et qu’ils meuvent
servum aequum esse ratem ero les mains plus facilement, de la même
amanti, manière, je pense que l’esclave fidèle
ut toleret (eum), ne est un radeau pour son maître amoureux,
abeat pessum tamquam pour qu’il le soutienne, afin qu’il ne
catapirateria. gagne le fond ( = sombre pas) comme
(servus) Ediscat imperium erile (coule) le chien de plomb (la sonde) .
ut oculi sciant quod Que (l’esclave) apprenne à fond l’ordre
frons velit de son maître pour que ses yeux sachent
286

ce que le front veut


600. (servus) properet persequi
citius quadragis 600. qu’il (= serviteur) se hâte de
quod (erus) jubeat. Qui curabit poursuivre plus rapidement que les
ea abstinebit censione bubula et chars tirés par 4 chevaux ce qu’il (= le
non rediget maître) ordonne. Celui qui prendra soin
umquamcompedesinsplendorem sua de cela se tiendra éloigné de correction
opera. par le nerf de bœuf et il ne rendra
jamais les fers luisants à
force de les frotter (=à ses
dépens).

6. ESCLAVE MODELE ?

- PLAUTE connaissait bien le milieu servile puisque si l’on en croit l’histoire (ou la
légende), il avait lui- même été esclave durant une partie de sa vie.
- L’attitude qu’il prête à ses personnages, à la suite peut-être de son modèle grec,
est psychologiquement très vraisemblable. C’est un humour à froid,
une exaltation ironique des qualités tellement idéales que personne ne
saurait les réaliser. Un peu comme ces enseignants qui rappellent sans
cesse à leurs élèves l’écolier modèle qui ne dérange jamais ses
camarades, mais est tout oreilles.
- Ce faisant, ils élaborent une véritable contre-morale en manifestant leur
éloignement et rejet d’une éthique jugée trop parfaite pour être
humaine.

7. PLAUTE ET LE THEATRE.

On distinguait deux sortes de représentation théâtrale :


- La fabula palliata= comédie imitée des pièces grecques de la Nouvelle
comédie (Ménandre). Les acteurs portent le «pallium» (= manteau grec),
la scène se passe en Grèce, la plupart des personnages sont grecs.
- La fabula togata qui représente des scènes de la vie romaine. Ici, les
acteurs portent la toge (signe distinctif des Romains), la scène se passe
en Italie. (Pour plus de précisions, lireLES ACTIVITES QUOTIDIENNES)
Elle fut introduite beaucoup plus tard, peut-être vers l’époque de
TERENCE (180)
287

2) PLINE LE JEUNE, Epistulae, VIII, 16 :

« TENDRESSE DE PLINE POUR SES ESCLAVES »

1. Auteur : vie et Œuvre

2. De quoi s’agit – il ?

C. Plinius Paterno suo s.


= Caius Plinius à son cher Paternus dit salut.

La condition d’esclave est allée s’améliorant relativement à l’époque


impériale. Malgré cette amélioration relative, certains propriétaires en étaient
restés au stade de la vieille conception qui ne voyait dans l’esclave qu’un simple
moyen de production.
Contre cette conception, PLINE se montre favorable aux idées
protagonistes :
il veille à la santé des esclaves
il donne suite à leur légitime revendication
il parle avec émotion de ceux que la mort vient de lui ravir

PLINE LE JEUNE fut humain envers les chrétiens et les esclaves. D’où le titre
« Tendresse de PLINE pour ses esclaves»
288

3. ANALYSE ET NOTES EXPLICATIVES.

I. Quelle consolation face au malheur de mes esclaves ?

- Meorum = de mes gens, de mes esclaves


On raconte que PLINE en aurait eu jusqu’ à 500
- Confecerunt = Indicatif Parfait de conficere= accabler
- Et quidem (=locution adverbiale)= et en plus
- Nequaquam (adverbe)= Nullement, en aucune manière
- Tanto dolori= datif complément de « paria». ( Datif d’avantage
- Manumittendi = gérondif génitif (manumittere= affranchir)
N.B: Dès le début de l’empire, les affranchissements sont très nombreux, de
telle sorte que les empereurs devaient les réglementer.
La « manumisio » ou « affranchissement » pouvait se faire de trois façons :
-par ‘’vindicta’’ = Cérémonie devant deux magistrats, décision judiciaire
- par ‘’sui juris’’= Simple inscription sur la liste des citoyens lors du recensement
- par « « testamentum’’= en déclarant l’esclave libre
- Ut legitima
Adverbe de comparaison
- Omnino (adverbe)= tout à fait
- Ut jussus
Adverbe de comparaison + 6° Ut légitima
- Dumtaxat (adverbe)= du moins
- Quasi (adverbe d’atténuation) = Presque
- Acquiescam=subjonctif présent de acquiesco, -is, -ere, -quievi, -quietum=se
calmer, s’assoupir, s’apaiser, se reposer
- Debilitor et frangor= Redondance oratoire
frangere= briser
Debilitare =affaiblir énerver, mutiler
- His solaciis = Ablatif de moyen
289

- Illa eadem humanitate= Ablatif d’agent inanimé (cause)

4. CONSTRUCTION ET TRADUCTION

Infirmitates meorum étiam Les maladies de mes esclaves, bien plus


mortes, et quidem (mortes) les morts et surtout (les morts) des
juvenum confecerunt me. jeunes m’ont accablé (de chagrin).
(Sunt mihi) duo solacia Je n’ai que deux consolations en
nequaquam paria tanto aucune manière convenables pour une
dolori, si grande douleur (=Pas à la hauteur du chagrin), tout
tamen salacia; de même(ce sont)desconsolations ;
Unum (salacium est) facilitas L’une (= la 1ère consolation) c’est la
manumittendi : facilité d’affranchir :
Enim videor mihi perdidisse En effet, je crois avoir perdu non pas
non omnino immaturos quos tout à fait précoces ceux que j’ai perdus
perdidi jam liberos; déjà libres ;
Alterum ( solacium), quod L’autre (= la 2eme consolation), c’est que
permitto quoque servis facere je permets même aux esclaves de faire
quasi testamenta et custodio comme des testaments et que je les
ea ut legitima. garde (=considère) comme légitimes.
Mandant et rogant quod (est) Ils recommandent et réclament ce qui leur
visum(bonum eis) ; pareo ut semble bon ; j’obéis comme à des ordres.
jussus. Ils font des partages, ils font des dons, ils font
Dividunt, donant reliquunt des legs du moins dans la maison ;
duntaxat intra domum; En effet, la maison est pour les esclaves,
290

Nam domus est servis une certaine patrie et presqu’un Etat.


quaedam respublica et quasi
Mais, bien que je sois apaisé par ces
civitas.
consolations, je suis fatigué et je suis
Sed, quamquam acquiescam brisé par cette même bienveillance qui
his solaciis, debilitor et m’a entraîné pour que je permette ceci-
frangor illa eadem même.
humanitate quae enduxit me
ut permitterem hoc ipsum.

II. Quoi de plus humain que de gémir sur leur sort !

- Velim= subjonctif présent de velle


- Damnum, i= dommage, détriment, perte
- Adfici= infinitif présent passif de afficio, -is, -ere, -feci, -fectum= Impressionner
agréablement ou désagréablement, affecter, toucher, traiter bien ou mal.
- Hominis est (génitif possessif)= propre de l’homme
- Egeo, -es, -ere, -ui= Manquer de tout, être dans le besoin, dans le dénument
- Plura + pauciora = C.O.D de dixi sous-entendu
- Fortasse ( adverbe) = peut-etre
- Dolendi= (gérondif au Génitif) >doleo, -es, -ere, -ui=Faire mal, souffrir
- Defleas= subjonctif potentiel, deuxième personne de l’interlocuteur imaginaire
- Defleo, -es, - flevi, -fletum= pleurer, déplorer
- Debui, valui= ces indicatifs ont valeur de conditionnels français
- Vale(Formule conclusive d’une lettre) = Au revoir, Adieu, Porte-toi bien

Tamen non velim fieri Cependant, je ne voudrais pas devenir pour


ideo durior. autant plus dur.
Et non ignoro alias vocare Et je n’ignore pas que les autres appellent les
casus ejus modi nihil malheurs de ce genre rien de plus qu’un
amplius quam damnum dommage(une perte d’argent) et pour (après) cela
et eo videri sibi ils semblent à eux-mêmes (ils se croient) de
magnos homines etsapientes. grands hommes et des sages.
Et nescio an ii sint magni et Et je ne sais pas si ceux – ci sont grands et
sapientes, sages
(sed) non sunt homines. (mais) hommes ils ne le sont pas.
Enim est hominis En effet, c’est le propre de l’homme
aflici dolore, sentire, d’être affecté(ému) par le chagrin, de le sentir,
tamen resistere et admittere mais de ne pas se laisser abattre et d’accepter
291

solacia non non egere les consolations non pas de ne pasavoir besoin
solaciis. de consolations.
Verum de his, (mais)vraiment au sujet de ces consolations
(dixi) fortasse plura quam (j’ai) peut- être dit plus de choses que je n’ai
debui, Sed (dixi) pauciora du ( je ne devrais), Mais (j’ai dit) un plus petit nombre
quam volui, Enim, est de choses que je ne voudrais. En effet, il y
quaedam valuptas etiam aune certaine satisfaction même de souffrir
dolendi praesertim si defleas surtout (particulièrement) si on pleure dans
in sinu amici apud quem les bras d’un ami auprès de qui soit
vel laus vel venia sit l’approbation, soit l’indulgence est disposée
parata tuis lacrimis. Vale ! pour tes larmes. Au revoir !

COMMENTAIRE SUR «Epistulae» VIII, 16

Dans l’antiquité, le système économique se fondait sur l’esclavage. La


conception primitive romaine faisait de l’esclave une chose (res aut mancipium)
sur laquelle le maître avait tous les droits.
Pour exemple de cette réduction instrumentale de l’esclave, au 2e siècle acn, CATON aurait livré
ces conseils :
Réduire la ration des esclaves malades
Vendre tous les excédents de la production : les déchets, vieux chriots, des vielles
férailles, esclaves vieillis ou malades.
Au cours des siècles, cette conception se modifiait lentement. Mais bien
que les esclaves pouvaient faire partie de la familia, ils ne jouissaient nullement
d’aucun droit civil: jus commercii, jus conbii, jus intercessionis, jus testamenti
factiois

Or, on s’avisa que du simple point de vue du rendement, on avait tout


intérêt à améliorer le sort des esclaves. Ce fut de plus en plus l’influence des
philosophies comme le STOICISME qui défendait le droit de la fraternité entre les
hommmes, prétendant faire disparaitre les les inégalités issues de la richesse et
de la naissance. Avec l’évolution des esprits, évolution due à la culture et à
l’influence du stoicisme et du CHRISTIANISME, les Romains se sont montrés de
plus en plus humains envers les esclaves.

La Loi suivit peu à peu ce progrès des edées. Au fait, déjà au début de
l’empire, la LEX PETRONIA interdisait aux maîtres de livrer un esclave aux bêtes
sans autrisation.
292

Un Edit de Néron rédigé peut- être sous le conseil de SENEQUE


chargea le préfet de la ville de recevoir et d’instruire les plaintes des esclaves.

Dans la même percée, PLINE le jeune fut humain envers les chrétiens et
les esclaves ...
On rapprochera la position généreuse de PLINE (« homines non sunt » cf. V. 14),
des idées de SENEQUE dans la lettre N° 47 adressée à LUCILIUS.

Plus tard, la main d’œuvre servile a tendu à se spécialiser, à se


« qualifier ». Beaucoup d’esclaves, surtout les Grecs, deviennent Médecins,
lecteurs, maîtres d’école ;, secrétaires, comptables , etc… jusqu’à de très hautes
fonctions officielles dans les affaires de l’Etat.

SENEQUE, Ad Lucilium, 47, 1-4 :

« LES ESCLAVES SONT DES HOMMES COMME NOUS »

1° « L’AUTEUR : LUCIUS ANNAEUS SENECA (4 acn- 65 pCn)

- LUCIUS ANNAEUS SENECA ( 4 acn- 65 pCn ) est né à CORDOUE, en Espagne,


au début de l’ère chrétienne ( vers 2 ou 4 acn).
- Il est fils et élève de SENEQUE le Rhéteur (Cordoue vers 60/54 auteur des
Controverses et Suasoires)
- Il fit ses études à Rome où il eut pour maîtres le Pitagoricien LOTION et le
stoïcien ATTALE ; c’est la raison pour laquelle il traversa une jeunesse
inquiète: Il fut tiraillé entre deux directions :
→ D’abord féru d’éloquence, il semble se destiner au métier
d’avocat (conformité aux exercices de son enfance à
savoir la rhétorique et la déclamation)
→ Mais brusquement, par une sorte de conversion mystique, il
décide de mener une vie rude et ascétique (cf. ses deux
maîtres pythagoricien et stoïcien)
293

- Il eut, au barreau, des succès fulgurants et de par ses premiers


ouvrages philosophiques et ses recherches scientifiques, il a rapidement
acquis la renommée dans la haute société romaine, ce qui inquiète
CALIGULA ;
- Accusé en 41, par Messaline, d’adultère avec JULIE, fille de Germanicus, il fut
exilé huit ans en Corse.
- Il fut rappelé d’exil par AGRIPPINE en 49 (après la mort de MESSALINE) pour
devenir précepteur du jeune prince NERON.
- Avec BURRHUS, il deviendra ‘’ ministre de Néron’’, tâche ingrate s’il en fut . Il
exerça sur le jeune empereur une influence bienfaisante pendant
quelques années, mais il n’eut pas le courage de s’opposer au meurtre de
BRITANNICUS, ni celui d’AGRIPPINE.
- Malgré les graves concessions qu’il fit aux vices de l’empereur, il finit par tomber
en disgrâce. Compromis plus tard dans la conspiration de PISON, il
reçut l’ordre de s’ouvrir les veines et mourut courageusement en 65 pcn.

2° SON ŒUVRE.

SENEQUE est un des esprits les plus originaux de l’antiquité latine. Son œuvre
constitue avant tout un traité de morale. Plus moraliste que philosophe,
Sénèque est une âme à la recherche du perfectionnement moral et de la
sagesse.
Ce « Saint laïc », « familier de Dieu » puise essentiellement à la morale
stoïcienne et quelque peu à l’épicurisme.
Il à écrit :

a) Plusieurs traités de morale :

De Brevitate vitae
De ira
De Beneficiis
De constantia sapeintis
De Clementia
De vita beata
De Providentia
De otio
De Tranquilitate animi
b) Les lettres à Lucilius (Epistulae morales ad Lucilium en 20 livres),
: 124 lettres au total.
294

Elles constituent un véritable traité de


direction morale plein de souplesse, de variété, de zèle et de pénétration.

c) Trois consolations :

+ De consolatione ad Marciam (entre 37 et 41) :


console Marcia, une Romaine mère de deux filles et
de deux fils qui avait perdu ses deux fils (occasion =
la mort de son fils Metilius)
+ De consolatione ad Helviam (42 ou 43): console
HELVIA sa mère, qui ne supportait pas l’exil de
son fils SENEQUE en CORSE.
+ De consolatione ad Polybium (43): Sénèque
veut consoler l’affranchi POLYBE, secrétaire des
requêtes de l’empereur CLAUDE qui a perdu son
jeune frère (œuvre de basse flatterie et de moindre
valeur littéraire).

d) Les Questions naturelles (Quaestionum naturalium libriVII) entre 62 – 65


e) Des Tragédies :

-Hercule furieux
-Les Troyennes
-Les PHENICIENNES
- Médée
- Phèdre
- Oedipe

SENEQUE a nourri la pensée de nos moralistes et on le considère


comme l’écrivain latin antiquele plus proche de nous par sa pensée, sa
sensibilité et son art (style très travaillé). Comme moraliste, il se rattache au
stoïcisme.
Pour les hommes de son temps, il fut un véritable « DIRECTEUR DE
CONSCIENCE »

« Ad Lucilium », 47 : DE QUOI S’AGIT – IL ?


295

Cf. Vade – Mecum, p. 121

A Rome, les esclaves ont longtemps été considérés comme des ‘’res’’ sans
foi, ni loi.
Au début de notre ère, philosophes et lettrés commencent à s’interroger
s’il n’y a pas certains devoirs à observer à l’égard des esclaves.
Selon le droit romain l’esclave ne dispose d’aucun droit : il appartient en
toute propriété au maître qui l’acheté ou élevé ; il peut en « uti » et « abuti »
Dans les extraits de cette lettre 47, le moraliste SENEQUE rappelle à
LUCILIUS que :
-la conduite humaine est fondamentalement la même pour
l’esclave comme pour l’homme libre.
- les différences qui nous séparent ne sont qu’artificielles et
éphémères et enfin
- il existe un esclavage pire encore, celui des passions
Ce sont de telles pensées qui ont fait croire à des rapports entre
SENEQUE et Saint PAUL qui, dans sa lettre à PHILEMON, défend l’esclave
ONESIME.

ETUDE, NOTES EXLICATIVES ET TRADUCTION

Ad Lucilium 47,
1° « Comment traiter les esclaves ? »

- Familiariter= « En famille» pas ’’ familièrement ’’


- Eruditionem désigne surtout la culture philosophique qui s’ajoute à la
« prudentia » = lumières naturelles
- Servi sunt= Objection supposée d’un contradicteur
Conduira à des précisions de SENEQUE en gradation
- Immo= « oh non, plutôt »
Dans un dialogue, nie en le corrigeant ce qui vient d’être dit
- Contubernales (>cum + taberna ) = compagnon de gîte
- Cogitaveris= Indicatif Futur antérieur, 2e personne du singulier
- Conservi= des esclaves comme nous – mêmes
- Utrosque= c’est-à-dire eux et nous (les hommes libres) cf. Anecdote de Callistus
- Tantumdem (substantif)= Autant de, tout autant de, une quantité égale de

Cognovi libententer ex his J’ai appris volontiers à partir de ceux-ci qui


qui veniunt a te te vivere viennent de chez toi que toi tu vis en famille
familiariter cum tuis avec tes esclaves :
296

servis :Hoc decet tuam Ceci convient à tes lumières naturelles,


prudentiamHoc decet tuam Ceci convient à ta culture.
eruditionem. « Ce sont des esclaves »
“Sunt servi” ‘’Oh non plutôt, ce sont des hommes’’
Immo, homines «Ce sont des esclaves »
“Sunt servi” ‘’Oh non plutôt, des compagnons de gîte’’
Immo contrubemales «Ils sont esclaves »
“Sunt servi” ‘’Oh non plutôt, de simples amis’’
Immo humiles amici «Ils sont esclaves »
«Sunt servi» ‘’Oh non plutôt, des esclaves comme nous, si
Immo conservi, si tu penses qu’une quantité égale de richesse
cogitaveris tantumdem est possible en faveur des uns
fortunae licere in et des autres. (pour nous comme pour les
utrosque. esclaves).

 Il faut traiter les esclaves comme des hommes, des compagnons de gîte, des
amis des co-esclaves

2°) Il n’est pas honteux de manger avec les esclaves

-Quare ? = Adverbe interrogatif


La question porte sur ‘’turpe existimant’’
- Circumdedit + Datif de la personne et
+ Accusatif de la chose
Circumdare aliquid alicui = mettre quelque chose autour de quelqu’un.
↑ Sommaire de 2 à 6 : c’est une habitude excellente que de souper avec ses
gens, alors que presque partout le service de la table condamne le personnel aux
travaux les plus pénibles et les plus abjects.
-est> du verbe edere
indicatif présent, 3e personne du singulier de edo, -is ou –es, -ere, edi, esum=
manger
- capit = peut prendre
- ut= CS
Marque le résultat
- cenanti domino = datif complément du verbe composé circumdedit
- egerat = subjonctif présent de egero, -is, -ere, -gessi, -gestum : vomir
><Ingero

Itaque C’est pourquoi


rideo istos qui existimant je me moque de ceux – là qui estiment que
cenare cum suo servo est manger avec son esclave
297

turpe. est honteux.


Quare (existimant esse turpe) ? Pourquoi (estiment – ils que c’est honteux) ?
nisi quia consuetudo sinon puisqu’une habitude très insolente
superbissima circumdedit met (autour) une troupe d’esclaves debout
turbam servorum stantium autour du maître mangeant ? Ce fameux
domino cenanti ? patron mange plus qu’il ne peut absorber ;
Ille est ( >edere) plus quam et il charge son ventre dilaté déjà
capit ; et onerat ventrem déshabitué à la charge du ventre par une
distentum jam desuetum immense avidité de sorte qu’il vomit tout
officio ventris ingenti par un plus grand effort qu’il ne l’a
aviditate ut egerat omnia absorbé.
majore opera
quam ingessit.

3°) Une ascèse draconienne imposée aux esclaves.

- Ne in hoc quidem, ut loquantur: entendre : «encore moins pour manger ». Voir


plus loin «jejuni mutique»
- Labra ou labia= «les lèvres »
- Compesco, -is, -ere, ui = Réprimer, contenir, Retenir
- Virga, ae, f= Baguette, bâton, canne, verge, fouet, branche, bouture, rejeton
- Fortuita= les bruits involontaires
Fortuitus, a, um = Accidentel, fortuit, imprévu
- Singultus, us= Sanglot, hoquet
- Malo= au sens de « châtiment, correction »
(>Malus, -i). → Ablatif de moyen, complément de « luitur»
- Ulla voce= une seule parole, la moindre parole
une construction pas normale (il aurait fallu une négation
ou sine)
C’est-à-dire = emploi exceptionnel de ullus dans une phrase
qui n’est négative, ni de forme, ni de sens. Cet emploi
s’explique par le caractère général et absolu de l’expression:
une seule parole, la moindre parole.
- Interpellatum dans ce contexte= rompu, troublé
298

- Nocte tota= Ablatif au lieu d’un accusatif de durée indiqué par «per-
stant»
=Se rencontre déjà à l’époque classique sur quand le nom
est accompagné des adjectifs : Totus ou Omnis
- Jejunus= à jeun → Cela contraste avec le repas glouton du maître

At ne licet servis Mais d’autre part, il n’est pas permis à


infelicibus movere labra ut ces esclaves malheureux de remuer les
loquantur, (ne) quidem in lèvres pour qu’ils parlent, encore moins
hoc. Omne murmur pour cela (pour manger). Tout bruit
compescitur viga, et quidem (murmure)est réprimé par le bâton(=fouet) et

fortuita non sunt excepta même les bruits involontaires ne sont


verberibus, tussis, pas exemptés de coups (de fouets), la
strenumenta, toux, les éternuements et les hoquets. Le
singultus ; Silentium silence interrompu par la moindre
interpellatum ulla voce luitur parole est puni d’un grand
magno malo ; Perstant jejuni châtiment ; Ils restent débout à jeun et
et muti tota nocte. silencieux au cours de toute la nuit.

4°) Esclaves d’autrefois et esclaves d’aujourd’hui

- Isti désigne les esclaves du temps de SENEQUE et les oppose comme le ferait
hi, aux esclaves d’autrefois «illi», Mais ces deux pronoms ont aussi, le
premier un sens péjoratif, le second un sens laudatif.
- Loquantur= qu’ils parlent; pour en dire du mal bien entendu
- Consuo, is, -ere, -sui, -sutum, vit= coudre ensemble
Cf. proverbe « Ne sutor ultra crepidam »
« Que le cordonnier ne regarde pas au–dessus de la chaussure »
=A chacun son métier
- in tormentis= dans les affaires criminelles ou politiques, on torturait souvent
les esclaves pour qu’ils dénoncent leurs maîtres.

REMARQUE: de domino><coram domino


= Antithèses
Tacebant><loquebantur

Sic fit ut isti loquantur Ainsi, il arrive souvent que ceux-ci


299

de domino parlent de leurs maîtres (pour en dire du


quibus non licet loqui mal) eux à qui il n’est pas permis de
coram domino. parler en présence de leurs
At illi, quibus sermo erat maitres. Mais ceux-là(esclaves
permissa, non tantum d’autrefois), à qui la parole était permise,
coram dominis,sed cum ipsis non seulement en présence de leurs
quorum os non consuebatur, maîtres, mais (aussi) avec (entre) eux-
erant parati porrigere mêmes, eux dont la bouche n’était pas
cervicem, cousue, (ils) étaient prêts à
avertere in suum caput tendre la tête, à retourner sur leur propre
periculum imminens, tête un danger imminent, ils parlaient au
loquebantur in conviviis, sed cours des banquets, mais ils se taisaient
tacebant in tormentis. pendant les tortures.

5°) Les esclaves ne sont pas nos ennemis.

-Totidem (adjectif indéclinable)= en aussi grand nombre, tout autant de tout


autant, ni plus, ni moins
-Habemus= Malgré sa construction avec un attribut «hostes» de l’objet « illos», ce
verbe n’a pas ici le sens de considérer comme; il exprime par opposition
à ‘’Facimus’’ l’idée que les esclaves ne sont pas les ennemis naturels de
leurs maîtres
-quod = O introduit une apposition à «alia »
Développe « alia… crudelia » ( à savoir que… le fait que…
-Sputum= crachat
-Temulentus = Rempli de vin, ivre
-Subditus = Agenouillé, accroupi
-Abutimur ( eis)
300

Deinde, Ensuite, un dicton


proverbium de cette même
ejusdem arrogance est lancé
adrogasitiae «Il y a tout autant
jactatur d’ennemis que
« esse totidem d’esclaves».
hostes quot Nous n’avons pas
servos » ceux-là en ennemis,
Non habemus mais nous rendons
illos hostes, ceux- là
sed facimus [Link],
illos hostes. je passe sous silence
Interim, les autres faits cruels
praetereo alia inhumains, à savoir
crudelia que nous n’abusons
inhumana, des esclaves même
quod pas comme des
abutimur ne hommes, mais
quidem (eis) comme des bêtes de
tamquam somme, parce que
honnimnibus, quand nous nous
sed tamqam mettons à table pour
jumentis, quod manger, l’un essuie
cum les crachats, l’autre
discuimus ad accroupi (agenouillé)
cenandum ramasse les restes
alius deterget des ivrognes.
sputa,
alius subditus
colligit reliquas
temulentorum.
301

6°) Autres services tyranniquement besogneux

- Per pectus et clunes= du bréchet au croupion (à travers la poitrine et par la


croupe)
-Frusta (Frustum) qui se dit surtout des aliments, désigne un morceau, une
bouchée aussi bien de pain que de viande ; ici puisqu’il s’agit de
volailles, des ‘’aiguillettes’’
-Excutit= détache d’une secousse( de son couteau)
-Altilia= les volailles
-Necessitatis ( causa) par nécessité

Alius scindit aves pretiosas : Un autre (encore)scinde les oiseaux


Circumferens manum précieux :Faisant passer tout autour la
eruditam, excutit frusta per main expérimentée, il détache les
pectus et clunes morceaux du bréchet au croupion (à
ductibus certis ; travers la poitrine et la croupe) par des
Infelix qui vivit huic uni mouvements sûrs ; Malheureux celui
rei ut secat decenter qui vit pour cette unique fonction,en sorte
altilia, quod nisi qu’il dissèque convenablement les volailles,
miserior est qui docet hoc toutefois(cependant), plus malheureux est
causa voluptatis quam qui celui qui commande cela pour la
discit hoc (causa) jouissance que celui qui apprend cela
necessitatis. par (à cause de la) nécessité.

SOMMAIRE 2- 6 : C’est une bonne habitude que de prendre son souper avec ses
gens, alors que presque partout le service de table condamne
le personnel aux corvées les plus pénibles et les plus
abjectes.
………..
302

10°) Les différences sont qu’accidentelles.

-Semen= pour un stoïcien, c’est le «logos spermatikos»


- Ortum (esse)
- Aeque …aeque = ANAPHORE
- Ingenuum = libre
A l’affranchissement qui laissait l’ancien esclave sous la dépendance de son
maître, l’empereur pouvait ajouter l’ingenuitas qui effaçait
complètement l’origine servile.
- Variana clade= Aux désastres de VARUS
VARUS en 9 pcn fut enveloppé avec trois légions en GERMANIE par les troupes
d’ARMINIUS ; beaucoup furent massacrés, d’autres vendus comme
esclaves. Cf. TEUTOBOURG
- Auspicare= Attendre, espérer ( par les auspices)
- Per militiam= Les TRIBUNS MILITAIRES pouvaient espérer entrer au sénat sans
passer par le « cussus honorum» s’ils s’étaient distingués par le
courage. Auguste avait décrété que l’on pouvait accéder à l’ordre
sénatorial en obtenant le grade de tribun militaire.
- Fortuna = le hasard aveugle de la Destinée ou la Fortune

Tu vis cogitare istum quem Toi, veux-tu penser que cet homme que
vacas tuum servum esse ortum tu appelles ton esclave est né
ex iisdem seminibus, frui de ces mêmes semences, qu’il jouitdu
aodem caelo, spirare aeque même ciel (que toi)qu’il respire également
virere aeque (comme toi)qu’il vit également (comme toi)

mori aeque qu’il meurt également (comme toi)?


Tu potes videre illum (esse)tam Toi tu peux voir que celui- ci est aussi
ingenuum quam ille, (potes libre de naissance que celui-là (que tu
videre) te (factum) servum. peux voir) toi (devenu) esclave.
Clade variana, Fortuna Aux désastres de VARUS, le hasard aveugle
depressit multos natos de la Destinée a rabaissé beaucoup nés
splendidissime auspicantes de très glorieuse condition espérant (par
gradum senatorum per les auspices) le grade des sénateurs par l’art
militiam ; militaire ;
Ex illis, (Fortuna) fecit alium De ceux-là,le hasard aveugle a
pastorem alium custodem casae. rendul’unberger, l’autregardien de
Nunc contemne hominem ejus cabane.
fortunae in quam potes Maintenant, méprise un homme d’une
transire dum contemnis. telle condition au sein de laquelle tu peux
passer tandis que tu la méprises.
303

11°) Traiter l’inférieur comme on voudrait être traité par le supérieur.

- In ingentem...locum = dans un vaste sujet, défini par ‘’ de usu servorum disputare’’


Génitif objectif
= lieu commun
- Cotumeliosissimi sumus = que nous abreuvons d’outrages
Contumelia+ osus (= suffixe d’abondance) au superlatif
Outrage, injure, affront, dégât
- Sic vivas = sens voisin de l’impératif, précepte plutôt qu’ordre formel. Cf. Mt 7, 12
Subjonctif d’ordre atténué = J’aimerais que tu vives….
- Velis= subjonctif d’affirmation atténuée
- Quantum tibi in servum… tantum in te domino tuo licereCHIASME
Adverbe interrogatif indirect = combien
- liceat = subjonctif de l’interrogation indirecte

Nolo me immitere in locum Je ne veux pas m’enfoncer (me lancer)


ingentem et disputare de usu dans un sujet immense et disserter au
servorum in quos sumus sujet dutraitementdes
esclaves envers qui
superbissimi crudelissimi nous sommes très orgueilleux, très cruels,
contumeliosissimi. très outrageants.
Tamen haec est summa mei Cependant ceci est le gros de mon
praecepti: “Vivas sic cum conseil : « Que tu vives ainsi avec ton
inferiore quemadmodum velis inférieur comme tu voudrais que
superiose vivere tecum” ton supérieur vive avec toi »
Quotiens venerit in mentem Chaque fois qu’il (te) viendra à l’esprit
quantum liceat tibi in servum, combien est permis à toi envers ton
veniat in mentem tantumdem esclave,qu’il (te) vienne à l’esprit que
licere tuo domino in te. autant est permis à ton maitre envers
toi.

Cf. Règle d’or (Mt 7,12): « Faites donc pour les autres²²² tout ce que vous
voulez qu’on fasse pour vous»
304

12°) De nobles personnages le sont devenus, tu pourrais aussi le devenir

- Bona aetas est= C’est (pour toi) le bel âge, tu es encore jeune, tu ne sais ce qui t’attend
- Forsitan = emploi adverbial, sans influence sur le mode
HECUBA= série d’exemples de personnages illustres tombés en servitude
HECUBE, femme de PRIAM, devenue l’esclave d’AGAMENON après
la prise de TROIE.
CRESUS= Roi de LYDIE prisonnier de CYRUS, roi des Perses.
Mater Darei = La mère de DARIUS CODOMAN, SISYGAMBIS,
tombée au pouvoir d’Alexandre.
PLATON vendu comme esclave par DENYS l’Ancien et libéré
ensuite
DIOGENES = DIOGENE le cynique pris et vendu dit-on par des
pirates
- Coeperit : subjonctif de l’interrogation indirecte. Parfait= antériorité par rapport àNescis
- Qua = adjectif interrogatif. Interrogation directe portant sur Nescis

“At ego inquis, habeo nullum « Mais moi, dis-tu, je n’ai aucun
dominum”. Est bona maître ». C’est pour toi le bel âge. Tu en
[Link] auras peut- être. Ignores-tu à quel âge
forsitan. Nescis qua aetate Hécube a commencé à être esclave, à
Hecuba coeperit servire qua quel âge Crésus a commencé à être
(aetate) Croesus (coeperit esclave, à quel âge la mère de Darius a
servire) qua (aetate) Mater commencé à être esclave, à quel
Darei (coeperit servire), qua âge PLATON a commencé à être
(aetate) Platon (coeperit esclave, à quel âge Diogène a
servire), qua (aetate)Diogenes commencé à être esclave ?
(coeperit servire) ?
305

13°) L’intimité avec les esclaves hypocritement désapprouvée

- Quoque, avec la valeur de «Etiam» marque une GRADATION


-Sermonem>sermo
En gradation(aussipolysyndète) avec consilium, convictum = intimité
- Delicatorum = les gens du beau monde, du bel air, les élégants
- Deprehendere = Attraper, surprendre
- Oscultantes manum= baisant la main
Ce geste servile avait pour objet d’obtenir l’appui de l’esclave favori auprès du
maître de la maison.

Vive clementer cum servo Vis avec bienveillance avec ton esclave
quoque comiter : et même avec complaisance : Admets-
Admitte illum et in sermonem le et dans ta causerie, et dans ton
et in consilium et in conseil (projet) et dans ton intimité (=
couvictum. communauté relation) A cette occasion,
Hoc loco tota manus toute la foule des gens du
delicatarum acclamabit mihi: beau monde me huera : « Rien n’est plus
« Nihil humilius hac re, bas que cette familiarité, rien de plus
nihil turpius ». Ego honteux ». Moi je surprendrai ces
deprehendam hos eosdem mêmes gens baisant la main des
oscultantes manum servorum esclaves étrangers.
alienorum.

[………….]

SOMMAIRE de 10 à 13

- La fortune se charge de retourner les conditions humaines ;


- Aussi, traitons les inférieurs comme nous voudrions qu’un
supérieur – le cas échéant – nous traite.
306

16°) Les esclaves remplissent les qualités nécessaires à l’amitié

- Non est quod= il n’y a pas de quoi, il n’y a pas pourquoi


Suivi d’une complétive au subjonctif
- Mi = vocatif singulier de Meus M. De GIVE 95°
- Attenderis = Indicatif Futur Antérieur
- Cessat sine = est sans emploi faute de ….
- Stratum= le tapis placé sur le dos du cheval. En effet, la selle n’était pas connue
des anciens
- Quemadmodum….sic= corrélation
- Vestis modo= à la manière d’un vêtement
- Experiere remplace experieris = Indicatif Futur simple
Experior,-iris,-iri, -pertus sum= Essayer, faire l’expérience de…

Non est, mi Lucili, Il n’y a pas de raion, mon cher Lucilius,


quod quaeras amicum tantum pour que tu cherches un ami seulement
in foro et in curia, au forum et à la curie,
et si attenderis diligenter, et si tu prêtes soigneusement attention,
invenies et domi. tu en trouveras même à la maison.
Saepe bona materia cessat Souvent un bon matériau reste sans emploi
sine artifice : faute d’artiste :
Tempta et experiere. Essaie et tu pourras en faire l’expérience.
Quemadmodum est stultus De la même manière qu’il est sot celui qui
qui est empturus equum non va acheter un cheval, et ne
inspicit ipsum, sed stratum regarde pas le cheval lui-même, mais sa selle et
ac frenos ejus, ses brides,
Sic est stultissimus qui De même il est très sot celui qui
aestimat hominem aut ex juge l’homme soit à partirde son
veste, aut ex condicione quae vêtement, soit à partir de sa condition
(condicio) est circumdata nobis laquelle condition est seulement autour
modo vestis. de nous à la manière d’un vêtement.
307

17° Quel est l’esclavage à plaindre?

-Servus est= intervention prêtée par SENEQUE à LUCILIUS, comme s’il n’était pas
encore convaincu
-Dabo = je donnerai pour exemple
- Aniculae>anicula = petite vieille
Il l’entoure de soins parce qu’il convoite son héritage.
-Divitem sous-entendre servientem
-Voluntaria = librement choisie
- Fastidiosi = ceux qui ont fine bouche, ces dégoûtés
- Colant potius te quam timeant = qu’ils t’honorent plutôt qu’ils te craignent.
=bien le contraire du « Oderint dum metuant» de CALIGULA

« Est servus» Sed fortasse « Il est esclave» Mais peut-être libre


liber animo. « Est servus » d’esprit. «Il est esclave» Ceci fera-t-il du
Hoc nocebit illi ? mal à celui – là ? Montre qui (lequel) n’est
Ostende quis non sit (servus) : pas esclave :L’un rend service à la
Alius servit libidini, débauche, l’autre est au service de
alius (servit) avaritiae l’avarice, l’autre encore est esclave
alius (servit) ambitioni, de l’ambition, tous rendent service à
omnes ( servit) spei, l’espoir, tous sont esclaves de la
ommes ( servunt) timori. peur. Je donnerai pour exemple un
Dabo homme consulaire rendant service à une
consularem servientem petite vieille. Je donnerai pour
aniculae. Dabo exemple un homme riche rendant service à
divitem ( servientem) une petite servante. Je montrerai de
ancilulae. Ostendam jeunes gens très nobles qui sont esclaves
juvenes nobilissimos des pantomimes : Aucun esclavage n’est
mancipiapantamimorum: Nulla plus honteux que la servitude librement
servitus est turpior ( quam choisie. C’est pourquoi il n’y a pas de
servitus) voluntaria. Quare, raison que ces hommes
non est quod dédaigneuxt’empêchent que tu te
isti fastidiosi deteneant te, présentes joyeux àtes esclaves et non
quominus praestes te hilarem orgueilleusementsupérieur à eux. Qu’ils
tuis servis et non superbe t’honorent plus qu’ils te craignent.
superorem (tuis servis). Colant te
potius quam timeant te.

SOMMAIRE 16 – 17.
-Il y a de bons amis à se faire avec ses serviteurs
-Le caractère est la seule marque distinctive réelle entre les individus.
308

18° -19° L’autorité humaine fondée non sur la crainte, mais sur le respect.

- Vocare ad pileum= appeler à la conquête du bonnet


Le port du bonnet phrygien en feutre ou en laine était signe d’affranchissement.
- vacare ad pileum= enrôler les esclaves enleur promettant la liberté, ou encore les convier
comme des hommes libres aux festins des «Saturnales» G.R.A.p. 79
- Inquit a pour sujet l’interlocuteur supposé, désigné plus haut par aliquis: Il
refuse de se contenter, de la part d’un esclave, du simple
respect que témoignent les clients à leur patrons.
- Prorsus = complètement, «juste ce respect que…» exactement
- Quod = complétif,« de ne pas vouloir te faire craindre »comme au temps d’APPIUS et de CATON
- Verborum….verberibus = PARONOMASE
- Muta= le brute, animal privé de parole

18°) 18°)
Aliquis dicet nunc me vocare Quelqu’un dira maintenant que moi j’appelle
servos ad pileum et mes esclaves à la conquête du bonnet et
dijicere dominos de suo fastigio que je rabaisse les maîtres de leur
quod dixi : sommet parce que j’ai dit :
«colant dominum potius quam « Qu’ils honorent le maître plutôt qu’ils le
timeant» craignent»
« Ita, inquit, « Ainsi, se demande-t-il,
colant prorsus qu’ils les (maitres) honorent exactement
tamquam clientes tamquam comme les clients, comme les
salutatores ? courtisans ?
Qui dixerit hoc obliviscetur id Celui qui aura dit ceci oubliera que ceci
non esse parum dominis quod n’est pas trop peu pour les maîtresce qui
est satis deo. Qui (et is=deus) est assez pour un dieu. Ce dernier (= le
colitur et amatur; dieu) est honoré et aimé ;
Amor non potest misceri cum L’amour ne peut être mêlé (mélangé) avec
timore. la peur.
19°) Ergo judico te facere 19°) Donc j’estime que tu
rectictissime quod non vis admets(convient)très correctement que (à ce
timeri quod uteris castigatione que)tu ne veux pasêtre craint que(à ce que) tu

verborum : uses du châtiment des mots : Les brutes


Muta admonentur verberibus. sont corrigées par les fouets.

SOMMAIRE 18-19
SENEQUE n’est pas un révolutionnaire parce qu’il demande que
l’autorité soit fondée non sur la crainte, mais sur le respect.
309

COMMENTAIRE.

A. D’OU SENEQUE TIRE-T-IL SES ARGUMENTS ?

Les arguments de SENEQUE se rattachent à deux idées de base de la vie


stoïcienne :
 Les hommes sont tous égaux, la vie est un enchaînement fatal de
causes et d’effets.
 Le véritable esclave est celui qui est dominé par ses passions. La
sagesse consiste en un effort de libération, par le mépris à l’égard
des choses qui ne dépendent pas de nous.

B. SENEQUE VU PAR LUI- MEME

SENEQUE est conscient du caractère scandaleux de ses propositions et du


fait que ses idées heurtent l’opinion moyenne des Romans.
Cependant c’est grâce à de telles opinions qu’on accorde peu à peu à
l’esclave certains droits.
- Celui de constituer un pécule pour racheter sa liberté
- Celui de contracter une forme de mariage
- L’empereur retira au maître le droit de vie et de mort
Ainsi les idées des philosophes stoïciens feront lentement leur chemin.

C. L’ANTAGONISME MAITRES- ESCLAVES.

L’antagonisme entre maîtres et esclaves resta un des conflits majeurs de


la période antique. On a pourtant tendance à le passer sous silence, sinon à
l’oublier et cela pour deux raisons :
- d’abord parce que les esclaves n’ayant aucun droit politique ni aucune
possibilité de se s’exprimer, ne nous ont laissé aucun texte quel qu’il soit exposant
leur point de vue, leur idéologie, leurs revendications...
-ensuite parce que, la grande révolte de SPARTACUS mise à part, la lutte
des esclaves antiques –tout comme plus tard celle des esclaves en Afrique- ne
peut presque jamais prendre des formes spectaculaires: le système était bien au
point pour qu’une lutte au grand jour fût possible en dehors des circonstances
exceptionnelles.
310

4) MARTIAL, Epigrammata, I, 88; II; 66; V, 34.

1. L’AUTEUR ET SON OEUVRE

 Marcus VALERIUS MARTIALIS est né à BILBILIS (Espagne) vers + 40/41.


Venu à Rome pour y poursuivre ses études en +64, il s’y fixa et y mena la vie
du poète parasite flattant les grands pour en obtenir la sportule.
 Rentré dans sa patrie, il y mourut vers 102/104.
 Martial est letype du poète besogneux et quémandeur : Il a prodigué les
flatteries les plus serviles à tous les riches protecteurs y compris à Domitien
lui-même.
 C’est un poète réaliste : Il nous a donné une peinture vivante de la Rome
d’alors : ce qui fait sa grande originalité c’est qu’il évite les descriptions
vagues et stéréotypées et les idées générales.
 Il nous a laissé 14 livres d’Epigrammes.

Ce sont, pour la plupart de courtes pièces fort réalistes. La composition


en est précise et soignée, sans emphase ni boursouflure. Le style est à la fois
simple, vigoureux et d’une rare souplesse.
311

2. EPIGRAMMATAI, 88 : SUR LA MORT D’ALCIMUS.

De quoi s’agit –il ?

R/ En des vers pleins d’émotion, MARTIAL promet d’honorer avec une


sollicitude religieuse la mémoire de ce jeune esclave trop tôt enlevé à l’affection de
son maître.

ANALYSE ET NOTES EXPLICATIVES

- Alcimus = non de l’esclave


- Labicana humus
Il étai enseveli sur la Via Labicana (à l’Est de Rome)
- Caepes, itis = motte de terre ( caespite levi= Ablatif de moyen
-Pondus, -eris = le poids, la charge ( Pondera nuntantia = des blocs branlants
-Porius, a, um (Adjectif) = de Paros
- Cinis-eris, m= cendres des morts
-Saxa pari= Ablatif de provenance de matière, de lieu
-Ruitura>Ruo, is, rui, ruitum, -ere= disparaître, tomber
Participe futur Accusatif n pl. se rapporte à quae (pondera) C.O.D de
« dat ».« Présent caduc »
- Cineri = datif d’attribution = à la cendre, à la mort
- Opax, -cis= opaque

5. -buxus, i, f= buis (arbuste)


-Roscidaprata= C.O.D= les herbes humides, mouillées
= gazon humide de rosée
Pratum, i= pré, pairie
Roscidus, a, um= humide, mouillé
-Palmes, -itis, m = sarment de vigne, branche
- Monumentum= témoignage
-Hic oppose les végétaux aux marbres
- Lachesis= une des trois Parques( parcae)
- Parcae= divinités latines du Destin identifiées aux Moires grecques CLOTHO,
LACHESIS et ATROPOS (en latin=NONA, DECIMA et MORTA) qui
présidaient successivement à la naissance, à la vie et à la mort.
LACHESIS est donc la Parque chargée de filer la vie des hommes.
- Perneverit>Perneo, -es, -ere, -evi, -etum : achever de filer, filer jusqu’au bout
- Mandare = commander, ordonner
- virēre = être florissant
312

Alcime, quem humus Labicana Ô Alcimus,(toi) que la terre de laVia Labicana


velat caespite levi, raptum (es) couvre d’un gazon doux tu as été ravi à
domino annis crescentibus. ton maître en pleine adolescence, Reçois
Accipe non pondera nutantia nonpas les blocs branlants enmarbre de
saxo Pario quae, ruitura, labor Paros que, choses appellées à disparaitre,un
vanus dat cineri, sed regret vain construit au mort,
(accipe) buxos faciles et umbras mais (reçois) des buis faciles et
opacas palmitis des ombres opaques du palmier et
et accipe care puer prata reçois cher enfant ces herbes mouillées,
roscida, monumenta nostri doloris témoignages de notre douleur qui
quae virent meis lacrimis : Hic fleurissent parmes larmes : Cet
honos vivet tibi tempore honneur vivra pour toi dans un temps
pepertuo. Cum Lachésis pernerit continuel. Quand Lachésis achèvera de
mihi supremos annos, filer pour moi les dernières années,
non mondo jacere meus cineres je n’ordonne pas de jeter mes cendres
aliter. autrement.

MARTIAL bon et pitoyable envers les gens de sa maison : La mort de


ses inférieurs lui cause toujours une peine très vive.
313

3. EPIGRAMMATA II, 66:

«INDIGNATION CONTRE LA CRUAUTE DE LALAGE»

De quoi s’agit- il ?

MARTIAL s’élève avec violence contre la cruauté d’une dame romaine,


LALAGE, qui a assommé de son miroir sa femme de chambre, PLECUSE, parce que
celle- ci l’avait mal coiffée.

Analyse et vocabulaire

- Unus peccaverat= une seule était fautive


- Orbe comarum= la couronne formée par les cheveux
- Anulus, i, m= une bouche, un bigoudi
- Ulta = participe parfait déponent deulciscor,-eris, -i, ultus sum = se venger, punir
- Tristis = maudit
- Salamandra= salamandre
On croyait que le contact de la SALAMANDRE produisait l’effet d’un onguent
épilatoire, faisait perdre les cheveux
- Notare= imprimer sa marque
- Novacula= Rasoir, lame de rasoir
- Hoc i.e. caput
- Dignapour qu’ils soient aussi affreux et odieux l’un que l’autre

De toto orbe comarum unus De toute la couronne de cheveux une


anulus peccaverat non bene seule boucle était fautive non bien fixée
fixus acu incerta : Lalage est par une épingle incertaine :Lalage a puni
ulta hoc facinus speculo ce crime par le miroir à travers lequel
quo viderat. elle avait vu (la boucle).
Et comis PLECUSA cecidit, icta Et l’aimable PLECUSE (en) est morte,
saevis. Desine, jam, LALAGE frappée par (ces coups) cruels. Cesse,
ornare capellos tristes et nulla désormais, LALAGE, d’orner tes cheveux
puella tangat caput maudits et qu’aucune fille ne touche plus
insanum. Salamandra notet ta tête insensée. Que la Salamandre
hoc(= caput) vel imprime sa marque sur cette tête ou
nudet novacula qu’elle l’épile par une lame de rasoir cruelle
saeva ut tua imago fiat digna pour que ton image devienne digne du
speculo. miroir.

La cruauté de LALAGE envers son esclave s’oppose à la pitié


(tendresse) de Martial et soulève l’indignation de celui-ci.
314

EPIGRAMMATA, V, 34 :

«EPITAPHE POUR LA JEUNE FILLE EROTION»

DE QUOI S’AGIT – IL ?

EROTION est une petite esclave que MARTIAL avait affranchie. Elle
mourut dans sa sixième année. Cet événement douloureux inspira au poète
quelques uns des vers les plus touchants qu’il ait écrits
Pour le fond, le désir d’une vie persistante continuant l’existence terrestre
se mêle à la mélancolie des formules funéraires rituelles qui apparaissent à la fin.

Vocabulaire, analyse et notes explicatives.

1°. - FRONTO…FLACILLA = Parents de MARTIAL


Le poète s’adresse à son père et à sa mère qui
sont morts, pour les prier d’accueillir la petite fille chez les ombres.
- Puellam>Puella= la jeune esclave EROTION (V.3) pour laquelle MARTIAL
éprouvait une grande affection.
- Oscula ….deliciasque meas = apposition à puellam
- Osculum, i= petite bouche, baiser
- Umbras et ora= accusatif C.O.D de horrescat = ne tremble de froid devant
- Horresco, -is, -ere, horrui= Frémir, craindre, redouter, avoir horreur de,
frissonner d’horreur
-Tartarei…canis = Cerbère, le chien du TARTARE, qui avait 3 gueules ; de là «oraque…prodigiosa »
5° - Impletura(fuit)= irréel du futur
Forme progressive de Impleo, -es, -ere,-evi, -etum = remplir
- Frigora sextae brumae= les frimas de son sixième hiver
- Ni= construire « si non vixisset totidem dies minus»
= si elle n’avait pas vécu autant de jours en moins
= si elle avait vécu autant de jours en plus
 Elle aurait eu 6ans si elle avait vécu six jours en plus
=Nisi (Conjonction)= Si non
- Lasciva, -us, -um= folâtre, lascif, recherché
- Veteres patronos= ses patrons si âgés, à savoir FRONTON et FLACILLA
-Garriat+subjonctif présent deGarrio, -is, ire, -ii (ii), itum : balbutier, bavarder, jaser, babiller
- Blaesus a, um= bègue (de là Blaise) ; qui bredouille
- Ore blaeso (=Ablatif de moyen) = avec une bouche qui bredouille
- Rigidus caespes = un rude gazon
- Terra= vocatif
- Gravis = on inscrivait sur la tombe « Sit tibi terra levis» = « S.T.T.L»
Tibi = Datif d’avantage
315

Pater Fronto, genitrix Ô mon père FRONTO, ô ma mère Flacilla,


Flacilla commendo tibi hanc je recommande à vous cette petite fille,
puellam oscula (mea) et meas objet de mes baisers et de mes
delicias, Ne parvula Erotio délices, Que la petite EROTION ne
horrescat umbros nigras et ora frissonne pas d’horreur devant les ombres
prodigiosa canis Tartarei. Illa noires et les bouchesmonstrueuses du Chien
fuit impletura modo frigora du Tartare. Celle- là aurait accompli
sextae brumae, si non vixisset seulementles frimes de son sixième hiver,si
totidem dies minus. Ludat elle n’avait pas vécu autant de jours en
lasciva inter patronos tam moins. Et qu’elle joue, folâtre parmi des
veteres et garriat meum nomen patrons si âgés et qu’elle balbutie mon
ore [Link] non rigidus nom de sa bouche bègue. Qu’un gazon
tegat ossa mollia, et terra non nondur(tendre)couvre tes ossements doux, et toi
fueris gravis illi, illa non fuit terre ne sois pas lourde pour elle, celle–
(gravis) tibi. là (elle) ne l’a pas été pour toi.

«MARTIAL avait cet amour de l’enfance, des tout-petits que ne connaissent


guère les âmes vraiment corrompues»(IZAAC)
316

III.
C) LA VIE QUOTIDIENNE.

1) SENEQUE, Ad Lucilium, 2 : «COMMENT LIRE ?»

1. REALIA (Activités quotidiennes du Romain)

2. AUTEUR Cf. SupraAd Lucilium

3. ANALYSE, VOCABULAIRE, CONSTRUCTION ET TRADUCTION.

1°) Contre le trouble issu du goût des déplacements.

- Concipio, -is –ere,-cepi, -ceptum= concevoir, saisir par l’esprit, comprendre


- Discurro, -is, -ere, -curri ou -cucurri, discursum= courir dans différentes
directions, aller ça et là
- Nec…inquietaris = Tu ne laisses pas entrer en toi l’agitation
- Ista peut ici marquer le mépris; peut aussi comme il ail arrive chez SENEQUE ,
être employé pour haec
- Compositae exprime l’état d’équilibre harmonieux d’une pensée que ne trouble
aucune passion, aucun sentiment violent.

Ex his quae scribis mihi et ex A partir de ces choses que tu m’écris et à


his quae audio, concipio de te partir de celles que j’entends, je saisis par
bonam spem : Non discurris et l’esprit au sujet de toi un bon pressentiment :Tu
non inquietaris mutationibus ne cours pas ça et là et tu ne laisses pas
locorum. Ista jactotio est entrer en toi l’agitation des changements des
animi aegri. Existimo primum lieux. Cette agitation est le propre d’un
argumenttum espritmalade.J’estime que le premier
mentiscompositae posse argument d’un esprit équilibré peut
consistere et morari secum. s’imposer (se maintenir) et rester
(attaché) avec soi- même.

 Sénèque loue Lucilius de ce que ce dernier (échappe) évite la manie des


déplacements.
317

2°) Contre le vagabondage à travers leslivres.

- ISTA LECTIOIsta = ici le démonstratif de deuxième personne. Après avoir


loué Lucilius de ce qu’il évite le trouble qu’apporte à l’âme le goût
des déplacement, SENEQUE met en garde contre une autre cause
des troubles: le vagabondage à travers les livres.
- Certis = déterminés, donc choisis
- Exigentibus = Participe présent pris comme nom (= ceux qui…) tout en gardant sa
construction verbale avec C.O.D.

Autem, vide illud ne ista lectio Mais, prends garde à (ce point-ci) que cette
multorum auctorum et lecture de plusieurs auteurs et de
(multorum) voluminum omnis generis plusieurs volumes de tout genre
haheat aliquid vagum et n’ait quelque chose d’inconstantet
instabile : d’instable :
Oportet immorari et innutriri Il convient que tu t’y arrêtes et que tu te
ingeniis certis si velis trahere nourrisses des talents déterminés si tu
aliquid quod sedeat fideliter in voudrais en tirer quelque chose qui reste
animo. fidèlement dans ton esprit.
Qui est ubique est nusquam. Qui est partout n’est nulle part.
Hoc evenit exegentibus vitam in Cela arrive à ceux qui passent la vie en
peregrinatine ut habeant multa voyage de sorte qu’ils ont beaucoup
hospitia, nullas amicitias. d’hospitalités,(mais n’ont) aucune amitié.
Est necesse idem accidat his Il est inévitable que la même chose
qui applicant se familiariter arrive à ceux–ci qui ne s’appliquent
ingenio nullius sed (eux–mêmes) intimement au talent
transmittunt ommia cursim et d’aucun mais qui congédient
properantes. tout en course (=en courant) et en se hâtant
(=en hâte).

Mise en garde contre le vagabondage à travers les livres.


318

3°) Pour une sélection : on ne peut pas tout lire efficacement.

- Statim sumptus= Statim ut sumptus est = T


- Sanitas= le retour à la santé, la guérison
- Temptantur a un sens restrictif impersonnel = on se borne à essayer
- Quantum= Quantum librorum
- Creber, crebra, crebrum= fréquent, empressé, rapide
- Habueris…legas = subjonctifs Potentiels
Tu pourrais avoir, tu pourrais lire

Cibus qui enuttitur statim ut est La nourriture qui est rejetée aussitôt
sumptus non prodest corporiet non qu’elle a été prise n’est pas utile au corps
accedit corpori. Aeque, nihil et ne s’assimile pas au [Link] même,
impedit sanitatem quam mutatio rien ne gêne la guérison que le
crebra remediorum ; Vulnus in changement fréquent des remèdes ;
quo temptantur medicamenta non La blessure dans laquelle on se borne à essayer
venit ad cicatricem; Planta quae les médicaments ne se cicatrise pas ; La
transfertur saepe non plante qui est souvent transplantée ne
convalescit: Nihil est tam utile ut croît pas : Rien n’est si utile qu’il reste
prosit in transitu. Multitudo efficace dans le changement(passage). La
librorum distingit ; Itaque, cum multitude de livres
non possis legere quantum distrait ; Ainsidonc, quand tu ne
(librorum) habueris, est satis pourrais lire autant (de livres) que tu
habere quantum (librorum) pourrais (en) avoir ; il suffit d’avoir
legas. autant (de livres) que tu pourrais lire.

Il faut oser sélectionner les livres à lire ; on ne peut tout lire
profitablement. Il faut lire peu mais bien.
319

4°) Savoir choisir ce qui est à lire.

- Sed= employé ici avec la valeur de et pour introduire une objection supposée
- Diversa = qui se contrarient
- Probatos >probati =des auteurs dont la valeur est éprouvée. Il s’agit surtout des
philosophes comme le montre la suite.
- Pestes ceteras : les autres fléaux
SENEQUE s’exprime ici à dessein comme le vulgaire. Il
s’adresse en effet à un disciple, à des lecteurs qui ne sont pas
encore élevés à l’altitude du philosophe, pour qui ces
prétendus fléaux ne sont pas des maux.
- Multa…unum
Il s’agit de pensées, de préceptes rencontrés au cours des lectures.

« Sed, inquis , volo modo « Mais, diras –tu, je veux seulement


evolvere hunc librum (volo) modo feuilleter ce livre-ci (je veux) seulement
(evolvere) illum. (feuilleter) celui là.
Est stomachi fastudientis C’est le propre de l’estomac dégoûté de
degustare multa; et ubi déguster plusieurs mets ; et quand ces
ea sunt varia et diversa, derniers sont nombreux et qui
inquinant, non alunt. se contrarient, ils gâtent (souillent, corrompent)
Itaque, lege semper probatos ils ne nourrissent pas.
et si aliquando libuerit diverti ad C’est pourquoi, lis toujours des auteurs dont
alios, redi ad prires. la valeur est éprouvée et si parfois
Compara cotidie aliquid il t’aura plu de te tourner vers les autres,
adversus paupertatem, aliquid reviens aux tout premiers.
adversus mortem auxilii, Gagne toujours quelque chose
nec minus adveversus ceteras contre la pauvreté, quelque chose
pesteset cum porccureris multa, contre la mort de celui qui prête assistance, et
excerpe unum, quod concoquas non moins contre les autres fléaux et
illo die. quand tu auras parcouru beaucoup de
pensées, extrais–en une seule, que tu
puisses digérer pour ce jour -là.
320

5°) De tout ce qu’on lit, savoir retenir l’essentiel.

- In aliena castra = allusion enjouée à la rivalité de deux écoles stoïcienne et


épicurienne
- Apprehendo, -is , -prehendi, - prehensum, -ere=saisir avec les mains,
appréhender au corps, saisir, prendre, retenir.
- Hodiernus, a, um= d’aujourd’hui, du jour même, actuel
- Arca, ae = Armoire, coffre
- Horreum, ei, n= Grenier, grange, magasin

Facio quoque hoc ipse ; ex Je fais aussi cela moi-même ; de


pluribus quae legi, apprehendo plusieurs (livres) que j’ai lus, je retiens
aliquid. quelque chose.
Hoc est hodiernum quod sum Ceci est d’aujourd’hui que j’ai
nactus apud Epicurum, et trouvé chez , et en effet,
enim, ( Soleo transire in castra [J’ai l’habitude de traverser dans le camp
aliena non tamquam étranger non pas comme un
transfuga, sed tamquam transfuge (traître), mais comme
explorator) Paupertas laeta, éclaireur] La pauvreté joyeuse,
inquit, est res honesta. dit-il, est une chose honnête.
321

6°) La véritable pauvreté

- Plus = plus qu’il n’a


- Primus… proximus : SENEQUE établit les bornes de la richesse entre deux limites :
La première à laquelle on devait s’arrêter : la
possession de l’indispensable
Celle qui vient ensuite (proxinus) qu’on ne doit en
aucun cas dépasser : la possession de ce qui
suffit.
- Imminet( immineo, -es, -ere, vi) = il convoite

Illa non est vero paupertas si Celle-là n’est vraiment pas pauvreté si
est laeta : Est pauper non qui elle est joyeuse : Il est pauvre non celui
habet parvum, sed qui cupit qui a peu, mais celui qui désire plus
plus. Enim quid refert (qu’il n’a). En effet, qu’importe à celui-
illi quantum jaceat in là tout ce qui traine dans un coffre,tout ce
accra, quantum jaceat in qui est délaissé dans les grenierstout ce
horreis, quantum pascat, si qu’il fait paître s’il
imminet alieno, si guette l’étranger(s’il convoite les biens de l’autre)s’il ne
non computat acquisita, fait pas le compte de ce qu’il a acquis, mais
sedacquiorenda ? Quaeris quis (le compte) de ce qu’il doit acquérir ?Tu

sit modus divitiarum ? Primus cherches (à savoir) quelle est la mesure des
est habere quod est richesses ? Le premier degré estd’avoir ce
necesse proximus qui est nécessaire, le dernier est
(est) (habere) quod est sat. d’avoir ce qui suffit.

«COMMENT LIRE ?»

Contre le trouble issu du goût des déplacements


 Sénèque loue Lucilius de ce que ce dernier (échappe) évite la manie des
déplacements.
Contre le vagabondage à travers les livres.
Mise en garde contre le vagabondage à travers les livres.
 Pour une sélection : on ne peut pas tout lire efficacement.
Il faut oser sélectionner les livres à lire ; on ne peut tout lire profitablement. Il
faut lire peu mais bien.
Savoir choisir ce qui est à lire.
De tout ce qu’on lit, savoir retenir l’essentiel.
La véritable pauvreté
322

2) PLINE LE JEUNE, Epistulae, IX, 6.

« LES COURSES DE CHARS JUGEES PAR UN HOMME D’ETUDE »

1. AUTEUR/ vie et époque


2. ŒUVRE

3. DE QUOI S’AGIT- IL ?

 Mépris de Pline pour les jeux du cirque comme la course des chars ;
Comme CICERON dans le Pro Archia (§13), PLINE LE JEUNE considère que la
culture de l’esprit se fait principalement par les belles–lettres. Les jeux du
cirque, l’équitation le jeu de balle, des damiers, la danse…constituent une culture
de seconde zone, laquelle est prise avec dédain. Une société qui donnerait plus de
poids à celle – ci qu’à la recherche scientifique, serait en «perversion culturelle».

4. ETUDE, CONSTRUCTION ET TRADUCTION.

1. La lecture de préférence aux courses de chars

- Pugillares (ou pugillaria), ium , ml= Tablettes pour écrire, agenda, carnet
- Libellus, i, m= Petit livre, opuscule
- Quiete= Ablatif de manière
Quies, quietis = Paix, repos
- Quo= Relatif de liaison = et ……eo

C. Plinius suo Calvissio s. C. Plinius à son cher CALVISIUS(dit)


Tranmisi omne hoc tempus salut !J’ai passé tout ce temps dans un
quiete jucundissima inter repos très agréable entre les tablettespour
pugillares ac écrire(carnet) et les opuscules.«Comment,
libellos.«Quemadmodum, inquis, me demandes- tu, as-tu pu (faire cela)
potuisti (facere hoc) in dans cette ville (=Rome) ? Il y avait des
urbe? » Erant circenses et ne jeux du cirque et je ne suis tenu même
teneor quidem levissime eo pas le plus légèrement par ce genre de
genere spectaculi. spectacle.
323

2. Un engouement qui étonne

- Circenses, ium, [Link]= Les jeux du cirque


Circensis, e (adjectif) = du cirque
- Quo = relatif de liaison
- Spectasse = infinitif sujet réel de sufficiat
Forme syncopée de spectavisse
- cupere : base d’une complétive à miror…
- videre : infinitif subtitut d’un groupe nominal, COD de cupere
- Quo magis= Et….d’autant plus
=Et…eo magis
- Mirari= s’étonner de, s’étonner que, s’étonner de ce que
- Currentes…insistentes=participes présents>Currere=courir ;insistere= s’appuyer sur,
se tenir sur
- Pueriliter = puérilement, naïvement
- Currus, us, m= Char
- Identidem (Adverbe)= souvent, à plusieurs reprises

Nihil novum, nihil varium, Nihil Rien de neuf (nouveau), rien de varié, Rien
quod non sufficiat spectasse qu’il ne suffise d’avoir regardé
semel. Et miror eo magis une seule fois. Et je m’étonne d’autant plus
tot milia virorum cupere tam que tant de milliers d’hommes désirent si
pueriliter videre identidemequos puérilement(naïvement) voir à plusieurs
currentes, homines reprisesdes chevaux qui courent, et des
insistentes curribus. hommes s’asseyant (assis) sur des
chars.
324

3°) Quoi de sérieux admire – t- on dans ces courses?

- Nunc appose la réalité à une hypothèse


- Nonnullus ou non nullus (=Pronom et adjectif) : plus d’un, quelque, plusieurs,
quelques, quelques uns.
- Panno>Pannus, i = une partie du vêtement, un lambeau d’étoffe, un maillot
Expression péjorative pour désigner la tunique des cochers dont les
couleurs distinguaient les écuries c’est-à-dire terme de
mépris pour désigner la casaque des coureurs.
- Agitator = conducteur, cocher du cirque
- Transferre= porter d’un lieu dans un autre, apporter ailleurs, différer, ajourner,
transférer
- Repente (=adverbe)= soudain, tout à coup
- Faveo, -es, -ere, -i, fautum= Favoriser , s’intéresser à, applaudir
- Transire= se déplacer, se déplacer d’un lieu à un autre, changer

Tamen si traherentur aut Cependant,s’ils étaient attirés soit par la


velocitate equorum, aut arte célérité des chevaux, soit par l’habileté
hominum, esset nonnulla des hommes, il y aurait quelque raison
ratio, Nunc favent (plus d’un motif), Or (mais), ils s’intéressent à
panno, amant pannum, et si la tunique, ils aiment le maillot, et si
in cursu ipso, et in medio dans la course elle-même, et au milieu
certamine hic color (transfertur) du combat cette couleur-ci est transférée
illuc, ille (color) transfertur là-bas, et cette couleur–là est transférée
huc, studium et favor ici, le zèle et la faveur se déplaceront et
transibit et repente reliquent tout à coup ils abandonneront ces
illos agitatores, reliquent illos conducteurs, ils abandonneront ces
equos quos noscitant chevaux qu’ils reconnaissent de loin
procul quorum clamitant dont ils clament les noms.
nomina.

4° Vanité des couses et noblesse des lettres.


325

- Autoritas à traduire par « le prestige »


- Mitto au sens de laisser de côté, ne pas parler de
Est employé ici absolument et adverbialement en opposition à sed, et n’a pas
d’influence sur la construction. = passe encore
- Adsidua
Le public ne se lassait pas des courses qui duraient toute la journée.
-Quos= et …eos
-Tunica= la casaque du coureur et sa couleur
-Desido, is, ere, sedi = s’abaisser

Tanta gratia, tanta auctoritas Une si grande faveur, tant de prestige


in una tunica vilissima, pour la simple tunique très méprisable,je
Mitto apud vulgus, ne parle pas de selon la populace(=passe
encore aux yeux du vulgaire)
quod tunica est vilius, car la tunique est estimée plus vulgairement,
sed apud quuosdam homines mais suivant certains hommes
graves ; sérieux ;
et cum recordor eos desidere et quand je me figure que ces derniers
tam incurabiliter in re inani s’abaissent si incurablement dans une activité
frigida adsidua capio aliquem creuse, triviale, continuelle,
voluptatem quod non capior hac je prends une certaine satisfaction de ce
voluptate. que je ne suis pas captivé par ce plaisir.
Ac colloquo libentissime meum Et je place très volontiers mon (bonheur)
otium in littteris per hos dies loisir dans les lettres pendant ces jours
quos alii perdunt occupationibus que les autres perdent par des
otiosissimis. occupations très inutiles (oiseuses).

Les jeux du cirque – et particulièrement les courses des chevaux – constituent


un loisir futile. Il est absurde, voire inacceptable que des gens (et
plus grave encore des hommes sérieux) s’y adonnent avec
délectation et sans se lasser.
« Mieux vaut ne rien faire que de faire des riens » (ATILIUS)

Il faut se tourner vers des loisirs qui puissent élever l’esprit, c’est le cas
des belles-lettres.
326

IV. c) LA VIE QUOTIDIENNE


 HORACE, Sermones, I, 9: « LE FÂCHEUX »

I. L’AUTEUR: Q. HORATIUS FLACCUS (65 -8aCn)

QUINTUS HORATIUS FLACACCUS est un poète latin né à VENOUSE en Italie


du Sud, en APULIE le 8 décembre 65 acn. Il est d’origine très modeste.

 Son père, un affranchi, réussit pourtant à l’envoyer faire des études à ROME et
à ATHENES. Il reçut ainsi une excellente éducation à l’égal des fils de
grandes familles.

 Il était à ATHENES au moment de l’assassinat de CESAR et se fut recruter dans


l’armée de BRUTUS avec le grade de TRIBUN MILITAIRE. Ce bref épisode
militaire dont il gardera, toute sa vie, le pire souvenir le confirmera dans sa
résolution de ne pas se mêler aux affaires publiques.

 Son indigence lui donna l’audace d’écrire et dès 41, ses dons poétiques
l’arrachèrent à l’obscurité d’une vie médiocre après avoir été remarqué
par VIRGILE qui le présenta à MECENE dont il devint l’ami
[Link] lui donnera un petit domaine dans la Sabine en signe de
leur amitié.

 Il mourut à 57 ans le 27 novembre 8 acn, peu de mois après son ami MECENE.
Sa personnalité est tout entière dans son œuvre.
327

II. SON ŒUVRE

 L’œuvre de Q. HORATIUS FLACCUS est très diverse mais avec des thèmes de
prédilection comme l’amour, la campagne, les plaisirs de l’existence,
bref «les choses de la vie»

 Par rapport à la composition, son œuvre peut être divisée en trois périodes :

a) La période satirique

1° SATIRES «Epigrammes» ou « Sermones » (35/34 acn)


18 satires en 2 livres dédiés à MECENE. L’auteur y attaque les
vices et les ridicules de son temps, y défend son droit à la satire, y
raconte des aventures personnelles ou des scènes comiques.

2° EPODES (41–30 acn) : 17 au total. Ce sont de courtes satires en forme lyrique


toutes composées de distiques. Horace les appelle «
IAMBES ».

b) La période lyrique

3° ODES (30-20 acn) : 103 au total, en quatre livres


C’est la partie la plus poétique de l’œuvre de l’auteur. Elles
chantent le bonheur et la douceur de vivre bien que marquées
par une note de mélancolie devant le spectre de la mort.

4° Le« Carmen Saeculare » est généralement séparé, par les éditeurs, du


quatrième livre des Odes, duquel il est
contemporain et auquel il devrait être rattaché.
(Chant du siècle) c’est-à-dire l’hymne officiel à la gloire
de la paix rétablie par AUGUSTE. →Chant de la
renaissance nationale, commandé par AUGUSTE en vue
de la célébration des jeux séculaires de 17.

N.B : HORACE est, après la mort de VIRGILE, le poète officiel auquel l’empereur
confie le soin de composer le «Carmen Saeculare ».
328

c) La période philosophique

5° Les EPITRES(30-20 acn). Elles traitent en général des questions morales.

La troisième et dernière épître du livre II est la plus célèbre de


l’ouvrage. C’est l’Epître aux Pisonsque la tradition
désigne sous le nom d’Art poétique. En réalité cetArt
poétique n’est pas un traité en forme, un art des vers, mais
un ensemble de réflexions sur les conditions de la
beauté poétique. Dans tous les cas, Horace est un artisan
du style artistique classique.
L’art d’HORACE est la poésie lyrique et distique.

HORACE demeure un aimable moraliste, un artiste brillant et un


digne héritier des Grecs, un savant constructeur de
rythmes, habile à faire exprimer aux mots latins tout ce
qu’ils peuvent contenir de piittoresque et de plastique.

Bref, l’homme de VENOUSE est un épicurien amoureux de la tranquilité,


voulant jouir des délices de la vie jusqu’à la lie. Il plaît par son humour
indépendant et franc, par son esprit mordant dans sa jeunesse, son humour
malicieux dans l’âge mûr et son jugement sûr et droit.

C. SON ART

Comme poète lyrique, HORACE est inférieur à CATULLE. Enclin aux


raisonnements et à l’observation morale, HORACE a une âme poétique, mais
pauvre. Il était né pour la satire. Pour ce faire, l’art d’HORACE, dans les Odes, est à
chercher plus dans le contenu que dans la perfection technique et formelle.

Dans tous les cas, HORACE est un artisan du style artistique


classique : il cherche des formes équilibrées et harmoniques.


↑La personnalité d’Horace est tout entière dans son œuvre.
↑L’histoire lui a fait une solide réputation d’épicurien.
↑Mais dans ses Odes qui chantent souvent le bonheur et la douceur de la vie,
perce aussi une mélancolie devant le spectre de la mort.
↑A l’intar de TITE-LIVE et de VIRGILE, il contribua à l’œuvre de restauration
nationale.
329

III. Sermones I, 9 : DE QUOI S’AGIT – IL?

a) D’où vient la « Satire» d’HORACE ?

« Satire » vient du latin «satura» qui désigne d’abord un mélange de


plats. On aurait appliqué, ensuite, ce terme à une comédie où il y a un recueil de
mélanges poétiques et prosaïques.
C’est ENNIUS (239-169 acn) qui a introduit la «satire » dans la
littérature latine comme genre littéraire.
Plus tard, avec LUCILIUS (180 -102 acn), le genre satirique devient
avant tout une critique et une peinture des vices ou des ridiculesindividuels. C’est
ce dernier que HORACE imitera, car pour lui, c’est par l’arme du ridicule qu’il peut
attaquer le vice sans grand espoir, semble-t-il, de le corriger, mais à l’intention de
le faire servir à l’amusement du public, surtout pour les gens lettrés.

b) Contexte du «Fâcheux»

Sous le titre de «Fâcheux » (satire composée en 37acn, année où


HORACE fut admis dans l’intimité de MECENE) on désigne cette satire
(d’HORACE), modèle de vivacité et d’esprit.
Horace est en promenade sur la VIA SACRA. Il est accompagné de son
esclave, et il est pensif comme d’habitude. Tout à coup surgit un importun. Cet
individu est un vulgaire ambitieux, bavard, vaniteux et assez questionneur qui
trouble la quiétude de notre paisible songeur. Cette rencontre sera plus longue
qu’HORACE ne l’aurait souhaité.
Le fâcheux entraîne HORACE en des sujets de divers ordres et tient à
l’accompagner partout. Il souhaite et propose qu’HORACE l’introduise dans le
cercle de MECENE.
Et tous les efforts du poète pour se dérober s’avèrent vains. Son ami
ARSTIUS FUSCUS entre en scène mais s’en va aussitôt, abandonnant le poète
dans le ghetto du fâcheux. HORACE sera sauvé enfin grâce à l’irruption de
l’adversaire du fâcheux que traînera ce dernier en justice.
330

4. ETUDE ET TRADUCTION.

 DIVISION DU TEXTE.

1° La rencontre (1-19)
2° La véritable nature du personnage (20-60)
3° Un mauvais plaisant : Aristius Fuscus (60-74)
4° Dénouement imprévu (74-78)

 SIGLES

: HORACE
-: Le fâcheux
A : ARISTIUS FUSCUS, ami à HORACE
Ad : Adversaire du fâcheux (dans un procès)
+ : Commentaire de l’auteur = Texte explicatif
S : SABELLA

1° Rencontre avec l’importun.

- VIA SACRA= la voie Sacrée près du FORUM sur la rive gauche du TIBRE. Il s’agit
d’aller de l’autre coté, au pied du JANICULE, où se trouvaient les jardins
donnés au peuple par CESAR.
La course est longue.
- Nugae, nugarum= bagatelles
Ici=Génitif partitif
- Arreptaque manu= Ablatif absolu (et la main étant saisie) = me saisissant la
main. Ce geste familier n’est pas de mise entregens qui se connaissent à peine.
Arripio, is –pui, -reptum, -ere= saisir fortement, arracher

- Nomine= Ablatif de moyen


331

- Dulcissime rerum= langage à fois affecté et vulgaire


Explétif renforçant le superlatif
=De tout ce qui existe, au monde, parmi tout ce qui existe
- Ut nunc est = pour l’instant du moins
Restriction pour conjurer le mauvais sort

- Cupio omnia quae vis = je suis entièrement à ta disposition


Forme très froide, équivalent à un congé, c’est-à-dire qui témoigne du désir de
couper court à la conversation.
- Imus, a, um = le plus bas, le bout, le fond
- Talus= cheville, talon, pied, tendon
- Numquid vis? (formule polie pour prendre congé de quelqu’un, pour arrêter la conversation)
= que veux–tu encore ?
-Occupere= prendre le devant ( ici en parlant le 1er pour prendre congé)
- Noris= forme syncopée de Noveris = subjonctif parfait potentiel de Noscere
A le sens d’une affirmation atténuée
- Hic = alors
- Discedo, -is, -ere, -cessi, -cessum= aller, s’en aller
- Docti sumus= je suis un homme cultivé
Pluriel de majesté /pluriel de modestie
- Pluris= Génitif de prix, d’estimation
- Ire = infinitif de narration
- Hoc (ablatif absolu de cause) = Pour cela
- Modo = tantôt
- Puero= un esclave qui accompagne HORACE.
- Manare = couler, ruisseler
- Ocius= comparatif de Ociter= rapidement, vite
- ire = infinitif de narration
332

+ Ibam forte via sacra, sicut est + J’allais par hasard par la voie
meus mos, meditans nescio quid sacrée,comme c’est mon habitude,
nugarum totus in [Link], rêvant à je ne sais quelles
notus mihi tantum nomine bagatelles tout entier plongé en elles
accurrit et manu arrepta : - (absorbé par elles).Quelqu’un(1certain homme)connu pour

«Quid agis, dulcissime moi seulement de nom apparut et me


rerum ?» Suaviter ut est saisissant la main(il dit) :-«Comment te
nunc + inquam, cupio omnia portes-tu,mon très cher(de tout ce qui
quae vis +Cum existe) ? » Fort bien, du moins pour
adsectaretur, occupo Numquid l’instant, + dis-je Je désire tout ce
vis ? + At ille inquit : -«Noris que tu veux (=je suis à ton entière
(noveris) nosSumus docti » + Ego disposition) + Comme il me suivait,je prends le
inquam hic :  Hac eris mihi devant(en parlant le 1er)Que veux–tu
pluris. + Quaerens misere encore ? + Mais celui-là dit : -« (Tu dois
discedere modo ire acius me) connaître Je suis savant»(homme
interdum consistere, dicere nescio cultivé) + Moi je répondis alors :  Pour

quid puero in aurem cum sudor cela, tu me seras d’un plus grand prix.
manaret ad imos talos. + Cherchant en vain à m’en aller, tantôt
j’allais plus vite, de temps en temps je
m’arrêtais, je disais je ne sais quoi à
mon esclave à l’oreille, tandis que la
sueur (me) coulait (de la tête) jusqu’au
fond (bout) des talons.
333

2° Un bavard, vaniteux … gênant

- Bolanus = un homme réputé nerveux et , sûrement, il n’aurait pu supporter si


longtemps ce fâcheux.
- Cerebri= génitif de relation (= sous le rapport de)
Cerebrum, i, n = cerveau cervelle, esprit, pensée
- Cum garriret( garrire= bavarder) = cum historium
- Quidlibet= N’importe quoi,
- Urbem laudaret  Cette région de Rome était transformée par les travaux alors
en cours exécutés par AUGUSTE ; toute la ville était en
voie de rénovation.
- Jamdumdum (adverbe) = depuis longtemps, à l’instant, sur l’heure
- Nil agis = Tu perds ta peine
- Usque = jusqu’au bout
- Cubare= être malade, cubat= il est malade, au lit
- Caesaris hortos Jardins légués par CESAR au peuple, ils s’étendaient sur la
rive droite du TIBRE, au pied du JANICULE, fort loin du
FORUM, à 2 ou 3km de la Voie Sacrée.
- Et non : et de plus …ne…pas
- Demitto, is, ere, misi, missum,= baisser
- Demittere auriculas= baisser les oreilles
- Asellus = Ane
- Iniquae mentis= (Génitif de qualité) = de mauvaise humeur.
↑Il faut noter les diminutifs auriculas et asellus
-VISCUS = un chevalier Romain, ami d’AUGUSTE et dont le fils était ami à HORACE
-VARIUS=un poète tragique, ami de VIRGILE, qui avait écrit une tragédie de THYESTE
( vers -8)
Tous deux, amis d’HORACE, fréquentaient comme lui la maison de MECENE.
Nam quis me scribere plures aut citius possit versus ?
→=En effet qui pourrait composer plus de vers ou plus rapidement que moi ?
N.B : HORACE a souvent dit qu’il haïssait les poètes qui écrivaient très vite, se
souciant peu de la perfection formelle.
- Gravius = particulièrement lourd
334

- Quod ( canto quod invideat


- Movere membra= Danse (=activité méprisable pour un lettré). On estimait qu’un
homme digne de ce nom se déshonorait en s’exhibant
comme danseur.
- Mollius = Avec plus de grâce
- HERMOGENES= Chanteur alors très en vogue, détesté d’HORACE

O Bolane, te felicem cerebri ! O Bolanus, toi qui es habile d’esprit !


+ aiebam tacitus cum ille + disais-je silencieux pendant que celui-là
garriret quidlibet, laudaret vicos jasait n’importe quoi, louait les quartiers
et urbem. Ut respondebam nil et la ville. Comme je ne répondais rien à
illi : - «cupis misere abire, celui-là : -«tu désires vainement t’en aller,
inquit, video jamdumdum; Sed dit-il ; je le vois depuis longtemps ;Mais
agis nil, tenebo usque ; tu perds ta peine, je tiendrai jusqu’au bout,
persequar usque. Hinc quo est je te suivrai (jusqu’au bout). D’ici, vers où va
iter tibi nunc ? Opus est nil te le chemin pour toi maintenant ? Il n’est nul
circumagi : besoin que tu fasses un détour : Je
 Volo visere quemdam non veux visiter un homme qui n’est pas
notum tibi. Is cubat connu de toi. Ce dernier est malade alité
longe trans Tiberim prope loin au-delà du TIBRE près des jardins
hortos Caesaris -Habeo nil de César -Je n’ai rien que je puisse faire
quod agam et non sum (=à faire) et de plus je ne suis pas
piger, sequar te usque. paresseux, je te suivrai jusqu’à la fin. +
+ Demitto auriculas ut asellus Je baisse les oreilles comme un âne de
iniquae mentis cum subiit, onus mauvaise humeur quand il a reçu une
gravius dorso. Ille incipit : - charge particulièrement lourde sur son
«Si novi (me) bene non facies [Link]-ci reprend :« Si je me connais
Viscum et Varium amicum bien, tu n’estimeras (rendras) pas Viscus
pluris [Link] quis possit et Varius ami d’un plus grand prix que
scribere plures versus aut citius moi. En effet qui pourrait composer
me ? Quis posit movere plusieurs vers ou plus rapidement que
membra mollius ? Et moi ? Qui pourrait mouvoir ses
Hermogenes invideat quod ego membres (=danser) avec plus de grâce
canto. que moi ? Même HERMOGENE
envierait ce que moi je chante.
335

3° Un importun qui n’a pas d’enjeux sur terre..

- quis= quibus
HORACE laisse entendre qu’un homme aussi doué ne pourra vivre aussi longtemps
- Quis te salvo est opus= à qui il importe que toi tu vives
L’idée sous-entendue est : « On ne vit pas longtemps
quand on a tant d’esprit ». Horace laisse entendre
protocolairement qu’un homme aussi doué ne pourra
vivre longtemps.
- tibi = datif d’avantage

+ Hic erat locus interpellandi + Ici, c’était le moment de l’interpeller


 « Est mater tibi, cognati quis  « As-tu une mère , et des parents à qui
(qubus) opus est te salvo ? » - il importe que tu sois sain et sauf ? »
Haud (est) quisquam mihi, -Il n’y a personne pour moi, je
composui omnes. Felices ! les ai enterrés tous. Qu’ils sont heureux!

4° Prédiction du destin infortuné du poète.

- Sabella anus= Une sorcière qui a dit la bonne aventure en tirant de l’urne
divinatoire
- mota urna= Une des tablettes où sont écrits les tablettes
Ablatif absolu : l’urne divinatoire étant agitée
- ensis hosticus = hypallage → épée de l’ennemi
- ensis, -is, m = épée
- dolor laterum = la pleurésie
- tardus, -a, -um = paralysant
- podagra = goutte
- quando cumque (adverbe de temps) = un jour ou l’autre, un bon jour
Tmèse
- garrullus = bavard
- vitet(vitare = éviter)
Subjonctif impératif
- sapiat (sapere = savoir, être sage) : subjonctif présent potentiel
336

Nunc ego resto, confice.  Mais, moi je reste, achève-moi.


Et nam fatum triste instat Et en effet, un destin funeste est suspendu(pèse)
mihi quod anus Sabella sur moi, destin que la vieille Sabelle a
cecinit mihi puero urna divina prédit pour moi à mon enfance après
mota avoir agité l’urne divinatoire

S : « Neque venena dira, S : « Ni un poison mortel,


nec ensis hosticus, ni une épée ennemie,
nec dolor laterum aut tussis, ni la pleurésie ou la toux,
nec podagra tarda auferet ni la goutte paralysante n’emportera
hunc. celui-ci.
Quandocumque garrulus Un bon jour un bavard
consumet hunc ; si sapiat, tuera celui-ci ; s’il devient sage,
simul aetas adolevit, en même temps que son âge aura grandi,
vitet loquaces ». qu’il évite les bavards. »

5° Harcèlement pour introduit chez Mécène.

- erat ventum (plus-que-parfait impersonnel)=on était venu, on était arrivé


- ad Vestae (aedem) = à la hauteur du temple de Vesta, à proximité du Forum
- vadato= sous caution = cum vadatum esset
Ablatif du participe parfait de vadari = assigner en exigeant une caution,
promettre (sous caution) de comparaître. Ici, ablatif absolu avec casu
Le fâcheux qui a un procès, a fourni caution et s’est engagé à comparaître (respondere) au
jour fixé.
- casu vadato(ablatif absolu de cause) : un procès l’ayant appelé, puisqu’une cause l’assignait
- perdere (debebat)
- quod (relatif de liaison) = et …id
- lis, litis, f (génitif pluriel litium) = litige
- ades(>adesse : être présent) impératif présent singulier = assiste-moi
L’importundemande à Horace de l’assisrter par sa présence, par se conseils. Le
tribunal du préteur était proche du temple de Vesta.
- inteream = Subjonctif de souhait de interire = mourir
- stare= rester debout (pendant l’audience)
Jeu de mots car stare = rester debout =(aussi) comparaître devant un tribunal
337

- valeo stare = j’ai la force de rester debout


- ut (a sens causal) = étant donné que
- nemo dexterius fortuna est usus l’importun suggère que Mécène est profiteur
du régime
- paucorum (amicorum) hominumest
Génitif qualificatif
Mécène ne se lie pas [Link] comprend par là non que
Mécène ne se lie pas facilement, mais qu’il est difficile d’accès, qu’il
fait garder sa porte par des serviteurs qu’il suffit de corrompre pour
arriver jusqu’à lui.
- ferre secundas partes = jouer le second roôle en se faisant complice des
intrigues du premier acteur
- dispeream (Subjonctif de souhait>disperire) = que je meure s’il n’est pas vrai que
- ni (conjonction comme nisi) = que…ne pas, si…ne pas, de manière que…ne pas
- quareles raisons pour lesquelles
- quae tua virtus (est) = attraction casuelle de Virtute au sujet quae tua
=ea virtute quae est tua = avec ce mérite qui est le tien, avec ton mérite

- est (Maecenas)
- eo =ablative de cause
- adjutor = confident
- his malis = ces sortes d’intrigues
- rere=reris, 2ème personne de l’indicatif présent dereor, reris, ratus sum=croire, penser
- officio, -is, -ere = nuire, faire obstacle à
- uni à joindre à cuique car détachés simplement par tmèse
Unicuique (>unusquisque=chacun) = Pronom indéfini au datif possessif
- muneribus = ablatif de moyen (>munus, -eris, n = cadeau, don, charge)
- quaerere tempora = guetter les occasions
- mortalibus = datif d’attribution
- trivium = le carrefour, la rue
- deducam= je lui ferai cortège (je l’accompagnerai)
L’usage voulait que, pour les honneurs, on accompagnât les grands
personnages lorsqu’ils paraissaient en public. Au cortège des amis se
mêlent souvent les intrigants.
338

+ Erat ventum ad (aedem) + On était arrivé près du temple de


Vestae quarta parte diei jam Vesta la quatrième parti du jour étant
praeterita et debebat tum déjà passée et il devait alors répondre car
respondere casu vadato ; et une cause l’assignait en justice ; et il
debebat perdere litem ni fecisset devait perdre le procès s’il ne faisait pas
id. cela.

-« Si amas me, + inquit, - ades - « Si tu m’aimes, + dit-il, - assiste-moi


hic paulum » ici un peu »
 « Inteream si valeo aut stare « Que je meure si j’ai la force de rester debout
aut (si) novi jura civilia et pendant l’audience ou(si)j’ai appris le droit civil
prospero quo scis. et d’ailleurs je me presse là où tu sais.
-Sum dubius quid faciam, + - Je suis hésitant quoi je puis faire,
inquit + dit-il
- ne relinquam te an reum - si je t’abandonnerai ou mon procès
 Me sodes (si audes)  Moi s’il te plaît (de grâce !) !
- Non faciam - Je ne le ferai pas

+ Et ille coepit praecedere ; Ego + Et celui-là commence à me précéder ;


sequor, ut (est) durum Moi je (le) suis, étant donné qu’il est
contenders cum victore. difficile de lutter contre son vainqueur.
-« Quomodo Maecenas est cum te ? » - « Comment Mécène te traite-il ? »
+repetit hinc +reprit-il de là

 Est hominum paucorum Il est un des hommes de peu d’amis et


(amicorum) et (est) mentis sanae c’est une tête bien solide
- Nemo est usus dexterius - Personne n’a profité plus adroitement
fortuna. (que lui) de la chance (=du nouveau régime).

Haberes magnam adjutorem qui Tu aurais un précieux auxiliaire qui


posset ferre secundas (partes) si pourrait se charger du second rôle de tesintrigues
velles tradere hunc hominem si tu voulais bien introduire l’homme que je suis
 Dispeream ni submosses Que je meure s’il n’est pas vrai que tu écartes
omnes ! Non vivimus illic isto tous les autres ! Nous ne vivons pas là-
modo quo tu rere ; ulla domus bas de cette manière que toi tu penses;
est nec purior (hac), nec magis aucune maison n’est ni plus pure, ni
aliena his malis ; plus étrangère à ces intrigues (que celle-ci),
Nil officit mi + inquam Nul ne m’y offusque + dis-je
 quia hic est ditior aut doctior car ici il y a plus riche et plus savant
(me). Suus locus est unicuique. (que moi). Sapropre place est pour chacun
(chacun y a sa place, chacun y est à sa place).

- Narras magnum vix incredibile -Tu racontes une chose étonnante et à peine crédible
 Atqui habet sic. Et pourtant il en est ainsi.
339

- Accendis quare cupiam magis - Tu enflammes ce pourquoi je désire plus


esse proximus illi ; velis être proche à celui-là ; que tu le veuilles
tantummodo : et ea virtute quae seulement : et avec ce mérite qui est le
est tua expugnabis ; et est qui tien, tu gagneras ; et il est celui qui peut
possit vinci, et eo habet primos être vaincu, et pour cela il a les premiers
aditus difficiles. Haud deero abords difficiles. Je ne me ménagerai
mihi, corrumpam sevos pas, je gagnerai ses esclaves par des
muneribus. Si hodie fuero cadeaux. Si aujourd’hui je suis exclu(j’aurai
exclusus, non desistam, queram été exclu), je ne renoncerai pas, je guetterai

tempora, accuram in triviis, des occasions, j’accourrai dans les rues,


deducam je lui ferai cortège
VITA DEDIT NIL MORTALIBUS LA VIE N’A JAMAIS RIEN DONNE AUX HOMMES
SINE MAGNO LABORE. SANS GRAND EFFORT.
(L’expérience a prouvé que les hommes n’obtiennent
rien sans peine)
340

6° ARISTIUS, le mauvais plaisant.

-agit= il débite, il pérore


-ARISTIUS FUSCUS = un ami d’Horace
-occupere = surgir
-brachia lentissima(accusatif COD deprensare)=bras pendants, bras absolument inertes
Lentus, -a, -um = qui ne s’émeut pas

ARISTIUS fait semblant de ne s’apercevoir de rien


- Prensare = forme syncopée de prehensāre, intensif de prehendĕre
- manu = ablatif de moyen
- dissimulare, urere = infinitifs de narration
- bilis, -is = la bile (siège des sentiments selon les anciens = jecur, -oris : foie)
Siège de la colère
- male salsus = le mauvais plaisant
(>salere = saler) : salé, piquant mordant, qui a un goût âcre
- tricessima (dies) = le 30ème jour du mois (jour de la nouvelle lune), comme le jour
du sabbat , les Juifs s’abstenaient de tout travail. Leurs
croyances qu’allègue ARISTIUS commençaient à se répandre
à Rome. Aristius feint de partager le scrupule religieux de
cette secte qui, alors, fait des prosélytes à Rome et s’impose
de plus en plus.
- pulchre = à merveille, bien
- vin= forme syncopée de « ne vis » = veux-tu ?
Vis + ne = visne
- unus multorum = unus e multis = un homme de la foule
Alors que le poète Horace se flatte de ne pas avoir de
scrupules supertitieux (nulla religio), Aristius partage, dit-il
plaisamment, les opinions de la foule.
- oppeděre = insulter grossièrement
- surrexe= forme syncopée de surrexisse = infinitif (parfait) exclamatif
Surgo, -is, -ere, surrexi, surrectum = se dresser, s’élever
- culter, -ri = le couteau
- alias (>alius) : accusatif adverbial
Comme adverbe = une autre fois, d’ailleurs
- solem nigrum : oxymore, alliance de mots, paradoxysme
341

+ Dum agit haec, ecce occurit + Pendant qu’il débite ces propos, voici
Fuscus Aristius, carus qu’accourt Fuscus Aristius, un ami
mihi et qui nosset à moi et qui connaissait
pulchre illum. parfaitement ce personnage.
Constitimus. Nous nous arrêtons.
- « Unde venis + et - « D’où viens-tu+ et
A quo tendis ? » Aoù vas-tu ? »
+ Rogat et respondet. +se demande-t-on et se répond-on.
Coepi vellere et Je commence à tirer son vêtement et à
prensaremanu brachia pincer, de ma main,ses bras
lentissima, nutans, absolumentinsensibles, lui faisant des
distorquens occulos ut signes de tête, lui clignant des yeux
eriperet me. pour qu’il me tirât de cette affaire.
Male salsus ridens Le mauvais plaisant, souriant, fait
dissimulare, semblant de ne pas comprendre ;
Bilis urere meum jecur. La bile brûle mon cœur .
A Certe aiebas te velle loqui ASans doute, tu disais que tu voulais
cum me secreto nescio parler avec moi en privé de je
quid. Memini bene, sed ne saisquelle affaire. Je m’en souviens
dicam meliore tempore ; bien, mais je t’en parlerai au meilleur
hodie tricessima (dies) et moment ; aujourd’hui c’est le 30ème
Sabbata : Ne tuvis jour et jour du Sabbat : Toi veux-tu
oppedere Iudaeis insulter grossièrement nos Juifs
curtis ? circoncis ?
 Est nulla religio mihi Il n’y a aucun scrupule pour moi (= je
n’ai aucun scrupule)
+ inquam + dis-je
A At mi, AQuant à moi,
sum paulo infirmior je suis un peu plus faible, (je suis)
unus multorum. un homme de la foule.
ignosces, loquar alias tu me pardonneras (mes excuses), j’en
Ne hunc solem tam nigrum parlerai une autre fois
surrexe mihi ! Fallait-il qu’un jour si noir
+ Improbus fugit et linquit me se fut levé pour moi !
sub cultro. +Le méchant s’enfuit et me laisse sous le
couteau.
342

7° Un dénouement inattendu.

- magna voce= ablatif de manière


- illi désigne le fâcheux
- antestari (>an + testari) = prendre à témoin, appeler comme témoin
Le plaideur avec qui le fâcheux est en procès demande à Horace
de témoigner que son adversaire se dérobait au moment où il l’a
appréhendé. Il touche, en même temps, selon l’usage, l’oreille
qu’Horace lui présente, en montrant, par ce geste, qu’il veut bien
servir de témoin.
- sic Appolo servavit me  Prosopopée

+Adversarius venit casu +L’adversaire(du fâcheux)survient par hasard


obvius illi et inclamat au-devant de lui(du fâcheux) et crie
magna voce : en haute voix :
Ad : « Quo tu turpissime ? » Ad : « Oùvas-tu, idiot ? »
+ et + et
Ad : « licet antestari ? » Ad : « est-il permis de te prendre à témoin ? »
+Vero ego + Vraiment moi
oppono auriculam ; je tends l’oreille ;
rapit (eum) in jus ; il le traine au tribunal ;
clamor utrimque, clameur de part et d’autre,
concursus undique… affluence de partout …

Sic Appolo servavit me. c’est ainsi qu’Appolon me sauva.


343

 HORACE, Sermones, I, 9: « LE FÂCHEUX » :

RECAPITULATION ET DIVISION DUTEXTE

A) RECAPITULATION

a) L’auteur: Q. HORATIUS FLACCUS (65 -8aCn)

b) Son œuvre

1) La période satirique

-° SATIRES «Epigrammes» ou « Sermones » (35/34 acn)


-° EPODES (41–30 acn) : 17 au total. Ce sont de courtes satires en forme lyrique
toutes composées de distiques. Horace les appelle «
IAMBES ».

2) La période lyrique

- ° ODES (30-20 acn) :


- ° Le« Carmen Saeculare »

3) La période philosophique

- ° Les EPITRES(30-20 acn). Elles traitent en général des questions morales.

l’Epître aux Pisonsou Art poétique.

c) Sermones I, 9 : de quoi s’agit–il dans ce texte?

Dans cette Satire N°9, HORACE met en scène un importun qui se


saisit de lui pendant une promenade et dont tous ses efforts ne peuvent le
débarasser.
En passant, l’auteur insère un bel éloge de MECENE et de la société
qu’on rencontrait chez lui.
344

B) DIVISION DU TEXTE.

1° La rencontre (1-19)

Horace se promenait en rêvant sur la Voie Sacrée. Un individu dont il


connaissait à peine le nom l’aborde avec de très grandes protestations d’amitié,
mais très froidement accueillies par HORACE.
Cet individu s’attache aux pas du poète, faisant du tapage sur ses propres
mérites, bavardant à tort et à travers, en dépit des signes de mécontentement que
présente son compagnon.

2° La véritable nature du personnage (20-43)

Le long bavardage de cet intrigant le révèle comme :


- Gaffeur,
- Oisif
- Importun
- Sans scrupules
- Sans-gêne
- sot
 Bavardage à tort et à travers jusqu’au vers 34
près du temple de Vesta, le dâcheux se rappelle qu’il doit, à l’instant-même,
comparaître devant le juge.
 Il prie Horace de l’assister et, sur le refus de ce dernier, renonce à son
prochain pour ne pas lâcher sa victime.

3° Le destin fatal du poète (44 -48)

Face à la grandiloquence de l’importun, le poète se souvient de l’oracle émis


par une prophétesse au sujet de sa mort à lui : il mourait, tué par un bavard ;
l’heure fatale n’était-elle pas arrivée ?
345

4° Harcèlement pour être introduit chez Mécène(48-60)

 L’importun dévoile enfin le fond de sa pensée qui est de se servir d’HORACE


pour s’introduire auprès de MECENE.
Surpris d’apprendre que tout se fait, chez Mécène, dans la plus parfaite
entente et l’harmonie, le fâcheux ne se décourage point.

5° Un mauvais plaisant : Aristius Fuscus (60-74)

Survient le poète ARISTIUS FUSCUS qui, malgré les signes que lui fait Horace,
feint malicieusement de ne pas comprendre et abandonne Horace à son boureau.

6° Dénouement imprévu (74-78)

Par bonheur, l’adversaire du fâcheux paraît et le traîne au tribunal au


milieu d’un grand tumulte dont Horace profite pour esquiver.
Il faut noter le ton épique de cette conclusion : « Appolon a eu pitié de
son serviteur »

Au-delà de la Satire IX du livre I, Horace nous aura appris que :


- il faut savoir dépasser les sentiments vulgaires et les
asservissements sociaux.
- Il faut savoir se gêner pour ne pas gêner les autres
- Il faut tâcher de rester pondéré dans la poursuite de ses idéaux
- Il faut rester modéré lorsqu’il y a à parler de soi-même.

 C’est ce que ne peut comprendre un esprit vulgaire comme celui de notre


fâcheux.

Common questions

Alimenté par l’IA

Tite-Live admire Auguste et s'inspire de son génie pour contribuer au redressement national. Dans "Ab Urbe Condita", il cherche à glorifier et perpétuer la mémoire du peuple romain en célébrant les vertus civiques et la grandeur morale, des qualités qu'il associe à l'empire restauré par Auguste. Cette admiration influence la perspective et le ton général de son œuvre historique, intégrant la figure d'Auguste dans sa narration comme un modèle de vertu et de leadership .

Le projet historique de Tite-Live se distingue de la conception scientifique moderne de l'histoire principalement parce qu'il ne vise pas une recherche méthodique et impartiale de la vérité. Tite-Live considère l'histoire comme un genre littéraire et oratoire destiné à embellir les faits et à exalter la nation, en se focalisant sur des exemples moraux à imiter ou à éviter . Son écriture combine des récits empruntés d'œuvres de seconde main, manquant parfois d'esprit critique, et tend à exalter la grandeur de Rome à travers une perspective nationale et idéalisée . Contrairement à l'historiographie moderne qui vise l'objectivité, Tite-Live se concentre sur la morale et l'identité nationale, s'inspirant des traditions poétiques et n'accordant pas d'importance centrale à la documentation exacte ."}

Cicéron souligne l'importance des poètes en expliquant qu'aucune société barbare n'a jamais osé profaner le nom des poètes, soulignant ainsi leur inviolabilité et leur rôle sacré. Il considère que les poètes touchent à l'essence de l'âme humaine et contribuent à cultiver la gloire et la réputation nationale, ce qui démontre leur valeur sociale et culturelle inestimable pour Rome. Cicéron insiste sur le fait que cette appréciation culturelle des poètes est essentielle à une civilisation avancée .

Arria incarne les vertus stoïques par sa capacité à maîtriser ses émotions et démontrer un grand courage face à la perte de son fils et la condition de son mari. Elle dissimule son deuil avec une notable maîtrise de soi, soutient son mari sans fléchir, et prévoit de suivre la mort stoïquement, illustrant ainsi un altruisme et une loyauté envers son mari qui sont caractéristiques des idéaux stoïques, parvenant à préserver sa dignité même en situation désespérée .

Cicéron argue qu'Archias mérite la citoyenneté romaine en vertu de son talent et de ses contributions à la gloire de Rome, au même titre que les étrangers qui ont été honorés post-mortem pour leur statut de poète. Il soutient qu'Archias devrait non seulement être reconnu comme citoyen romain de par le droit, mais il mériterait ce statut même s'il ne l'était pas déjà, car il a dédié son travail à célébrer Rome .

Cicéron espère accomplir plusieurs choses en élevant le statut d'Archias dans la société romaine. Premièrement, il souhaite voir célébrer ses propres actes de consulat par un poème écrit par Archias, dont il admire déjà les œuvres . De plus, Cicéron vise à s'attirer la bienveillance des Lucullus, une famille influente dont Archias est le client et protégé, qu'il avait précédemment offensée . En soutenant Archias, Cicéron affirme également son propre prestige basé sur la culture et sa capacité oratoire, renforçant ainsi sa position dans le contexte politique romain . Enfin, Cicéron fait de la défense d'Archias une déclaration sur l'importance des lettres et de la culture, plaidant pour la reconnaissance et le respect dû aux poètes et aux gens de lettres ."}

Cicéron justifie sa défense d'Archias en affirmant que le poète lui a grandement permis de développer son talent d'orateur, soulignant une dette personnelle envers lui . Il décrit Archias non seulement comme un maître, mais également comme une source d'inspiration culturelle qui contribue à l'éducation de l'homme d'État et de l'orateur, mettant ainsi en avant l'importance des lettres et de la culture . Cette défense s'inscrit dans une stratégie visant à célébrer les lettres dans leur dimension la plus désintéressée, héritée des Grecs, et à réconcilier la profession de foi du politicien avec celle de l'orateur .

Pline le Jeune considère l'histoire comme un service moral parce qu'elle transmet des leçons précieuses et assure que les événements du passé servent d'instruction pour le présent. Il pousse à écrire l'histoire avec vérité, même si cela déplait à certains, car c'est un moyen de préserver la conscience et d'apporter un bénéfice moral à la société, en tirant des enseignements des erreurs et vertus du passé .

Le style de Tite-Live reflète les influences de l'école grecque d'Aristote à travers sa recherche d'une composition harmonieuse, l'interprétation dramatique des faits historiques, le style pathétique et une attention méticuleuse dans l'analyse. Il se conforme également à l'idée qu'un historien doit embellir les faits pour créer une œuvre d'art littéraire au lieu de suivre une perspective strictement scientifique, illustrant une influence classique en harmonie avec la conception romaine .

Tacite voit l'histoire comme un tribunal moral qui doit rétablir vérité et justice pour la postérité, privilégiant une perspective morale sur une approche scientifique. Cela diffère des objectifs modernes qui soulignent l'objectivité et la recherche de la vérité. Tacite s'attache aux drames de la cour impériale et aux acteurs de ces événements, critiquant ses sources pour peindre un tableau fidèle de son époque .

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