Physio Cardio 2
Physio Cardio 2
2. Objectif physiologique:
I. Les différents compartiments du système: petite circulation (circulation pulmonaire), grande circulation
(circulation systémique), cœur (ventricule droit, ventricule gauche), artères, veines, microcirculation et les
caractéristiques principales des différents compartiments.
II. La répartition du volume sanguin: volume sanguin central (brun), volume sanguin périphérique (violet)
III. Le type de pression sanguine régnant dans les différentes partie: système haute pression / système basse
pression (séparés par une ligne verte)
IV. Les éléments de physiologie à connaître concernant les différents compartiments (rectangles bordés d’une
ligne noire pointillée)
2
Fonction cardiaque Circuit veineux
✓Cycle cardiaque Volume sanguin central (cœur + poumon) = 15 % du volume sanguin total ✓Pression veineuse
✓Courbe pression-volume centrale (PVC)
✓Loi de Starling du cœur, ✓Retour veineux
fonction systolique, Ventricule Ventricule ✓Loi de Guyton
✓Volume stressé
précharge, postcharge
✓Loi de Laplace
Gauche Droit ✓Volume non stressé
✓Contractilité Basse ✓Pression veineuse
✓Travail cardiaque pression systémique moyenne
✓Fonction diastolique ✓ Résistances veineuses
Retour veineux
➢Compliance ++
Résistances veineuse
✓Compliance aortique, Résistances artérielles
✓Loi d’Ohm-Poiseuille
✓Mécanismes de l’hypertension artérielle
Artères musculaires ✓Onde de pouls
➢Vaisseaux de conductance ✓Impédance aortique
et de résistances
➢Résistance +
➢Compliance +/-
Capillaires
➢Système d’échange
Résistances
Veinules post-capillaires
artérielles
Artérioles
➢Vaisseaux de résistance Veines
Sphincters pré-capillaires ➢Vaisseaux de "capacitance"
➢Résistance ++
➢Vaisseaux de distribution intra-organes ➢Réservoir de volume
➢Vaisseaux de distribution entre
➢Autorégulation métabolique Microcirculation ➢Compliance ++
organes
✓Loi de Starling des flux liquidiens ➢Résistance faible
✓Autorégulation métabolique
NB: dans l’ensemble des pages suivantes, les explications sont centrées sur la fonction du ventricule gauche. Malgré
certaines différences, les mêmes explications peuvent être appliquées pour la fonction du ventricule droit.
4
Le diagramme pression-volume ventriculaire
1. Le diagramme pression-volume (PV) permet de décrire le cycle cardiaque.
Le début du cycle est le point D, marquant l’ouverture de la valve mitrale et
le début du remplissage ventriculaire, jusqu’au point A (D→A: phase 1).
En A se mesurent le volume (VTD) et la pression télédiastoliques
(PTD). En A survient la fermeture de la valve mitrale (FM) et le début de la
contraction isovolumétrique, jusqu’au point B (A→B: phase 2), qui marque
l’ouverture de la valve aortique (OS) et le début de l’éjection, qui se
termine au point C (B→C: phase 3) où se mesurent le volume (VTS) et la
pression télésystoliques (PTS). En C survient la fermeture de la valve
aortique et le début de la relaxation isovolumétrique jusqu’au point D
(C→D: phase 4), puis le cycle recommence. Le nombre de cycle/minute
correspond à la fréquence cardiaque (FC).
6
La relation force-longueur du muscle cardiaque
La loi de Starling
7
Loi de Starling: rôle de la postcharge et de la contractilité
La position de la relation force-longueur du muscle cardiaque n’est pas fixe. En effet, la courbe peut être déplacée en fonction de 2 variables
essentielles: la postcharge et la contractilité, tel qu’indiqué dans la Figure 1. Pour une précharge donnée, la courbe est déplacée vers la
gauche par une réduction de la potscharge ou une augmentation de la contractilité, alors qu’elle est déplacée vers la droite lors d’une
augmentation de postcharge ou une baisse de la contractilité
Starling normale intrinsèque des fibres musculaires à se raccourcir plus ou moins rapidement,
indépendamment de leur longueur (précharge) et des forces d’opposition
(postcharge). Nous verrons plus loin comment l’évaluer. Pour une précharge
donnée, une augmentation de la contractilité augmente la force avec laquelle
le myocarde se raccourcit, et donc le volume d’éjection. La courbe est
déplacée vers la gauche. L’inverse se produit en cas de baisse de la
contractilité: la courbe est déplacée vers le bas et la droite. Ceci est typique
de l’insuffisance cardiaque.
La contractilité dépend de la capacité à produire de l’ATP, de la quantité de
cellules contractiles, de la qualité des protéines contractiles (actine, myosine),
et de la concentration intracellulaire de calcium au niveau des fibres
Courbe de Starling lors de: musculaires. Cette dernière augmente, par exemple, sous l’effet des
↑ postcharge catécholamines (adrénaline, noradrénaline). On parle d’effet inotrope positif.
↓contractilité
NB. Il y a souvent une confusion entre force de contraction et contractilité! La
force de contraction dépend des conditions de pré- et postcharge, ainsi que de
Précharge (VTD) la contractilité, mais la contractilité, elle, est une variable indépendante qui
n’est influencée ni par la précharge, ni par la postcharge.
Figure 1. Loi de Starling, infuence de la potscharge et
de la contactilité. Pour une précharge donnée, la
capacité du cœur à se contracter est modifiée par des
changements de contractilité et/ou de postcharge 8
La postcharge: explication sur muscle isolé
1. Imaginons un muscle attaché à un poids, lui-même posé sur une table. Le muscle est ici relâché, sa longueur produit un certain degré
d’étirement des myofilaments d’actine et de myosine, qui détermine la précharge.
2. Nous souhaitons surélever le poids au-dessus de la table. Ce poids constitue une force s’opposant à la contraction du muscle, il s’agit
donc d’une charge imposée au muscle, qui correspond à la postcharge. Avant de pouvoir surélever le poids, il faut donc que le muscle
exerce une force équivalente à la charge imposée, appelée tension (la tension n’est autre qu’une force par unité de surface). Le muscle se
contracte, mais ne se raccourcit pas, il s’agit donc d’une contraction isométrique (à longueur constante), qui correspond, au niveau
cardiaque, à la contraction isovolumétrique (Phase 2 du cycle cardiaque). Les filaments d’actine et de myosine interagissent, mais il n’y a
pas de raccourcissement du muscle.
3. Dès que la tension exercée par le muscle est supérieure à la force d’opposition (la postcharge), le muscle se raccourcit et soulève le
poids. Les myofilaments vont raccourcir le muscle, qui en même temps s’épaissit. C’est la phase de contraction isotonique (à charge
constante), qui correspond, au niveau cardiaque, à la phase d’éjection (phase 3 du cycle cardiaque). Le muscle continue de générer une
tension suffisante pour mobiliser le poids.
4. On constate que l’essentiel du travail du muscle sert à vaincre la postcharge, et que le travail supplémentaire nécessaire à soulever la
charge est somme toute assez modeste. Il existe donc un important travail de mise sous tension, qu’on appelle le travail interne, qui ne
génère aucun mouvement, mais seulement de la chaleur, et un travail externe permettant une mise en mouvement de la charge, qui est
moins important.
Raccourcissement
précharge longueur constante épaississemnt
Force = tension
Charge = postcharge
Force = tension
Sarcomère
actine (noir) Charge = postcharge
myosine (rouge)
poids
9
La postcharge ventriculaire: Notion d’impédance aortique
(1) La postcharge ventriculaire représente l’ensemble des forces s’opposant à l’éjection ventriculaire. En d’autres termes, la postcharge
détermine la force avec laquelle le ventricule doit se contracter pour éjecter son volume systolique. Les forces s’opposant à l’éjection
dépendent d’un certain nombre de facteurs au niveau de l’aorte, dans lequel le ventricule gauche propulse le sang. Ces facteurs sont
regroupés sous le terme d’Impédance aortique. L’impédance aortique est une mesure de l’opposition de l’aorte au passage du flux généré
par le ventricule gauche. On peut estimer cette force d’opposition par la pression artérielle systolique, qui est donc une mesure indirecte de
la postcharge. Il faut également ajouter l’éventuelle force d’opposition qui peut être rencontrée en cas d’obstruction à l’éjection ventriculaire
lors d’un rétrécissement de la valve aortique (sténose aortique), ou d’un rétrécissement juste en-dessous de la valve aortique par une
hypertrophie pathologique du septum interventriculaire au cours de la cardiomyopathie obstructive.
(2) L’impédance aortique est influencée par 3 éléments principaux:
I. La compliance de l’aorte: est une mesure de la distensibilité de l’aorte. Une aorte peu compliante présente une pression
systolique plus élevée pour un volume d’éjection systolique donné et impose donc une postcharge plus grande.
II. Les résistances artérielles: sont une mesure du degré de vasoconstriction/vasodilatation des artérioles. La pression artérielle
systolique augmente si les résistances augmentent, produisant une augmentation de la postcharge.
III. Les ondes de réflexion de pression: Il s’agit des ondes de pression revenant en arrière, en direction du cœur, après avoir été
réfléchies (phénomène d’écho) au niveau des bifurcations vasculaires. Une augmentation des ondes de réflexion se voient
notamment lorsque les artères sont plus rigides, augmentant la pression systolique et donc, la postcharge.
Parmi ces 3 éléments, les plus importants à retenir sont la compliance aortique et les résistances artérielles, schématisé dans la Figure 1.
Image du pompier: Une conduite amène de l’eau dans une pompe. La quantité
d’eau disponible dans la pompe correspond à sa précharge. La pompe envoie
l’eau vers le tuyau d’arrosage, en remplissant d’abord un réservoir, doté d’une
certaine élasticité (Windkessel, signifiant chambre à air), qui permet de maintenir
constant le débit en aval. A l’extrêmité, un régulateur (spout) permet de varier le
débit d’arrosage. L’élasticité (compliance) du réservoir, et le degré de fermeture du
régulateur (résistances) représentent des forces influençant le débit de la pompe.
Ces forces représentent l’impédance du système d’arrosage, autrement dit la
<<<<<<< postcharge de la pompe.
Au niveau du cœur: la pompe (ventricule) est remplie grâce aux conduites
ramenant le sang au cœur (les veines), assurant la précharge ventriculaire. Le
cœur éjecte le sang dans l’aorte, dotée d’une certaine élasticité (compliance), puis
dans les artères, qui régulent le débit dans les tissus en modifiant leur degré de
dilatation/contraction. Il s’agit des résistances artérielles. La compliance aortique
et les résistances artérielles représentent des forces influençant le débit de la
Figure 1. Représentation schématique des notions de pompe. Ces forces représentent l’impédance aortique, autrement dit la postcharge
compliance et de résistance (Westerhof N et al. Med Biol Eng
du ventricule gauche. 10
Comput (2009) 47:131–141)
La postcharge ventriculaire: Loi de Laplace (1)
(1) Nous avons vu que le muscle doit générer une tension suffisante pour vaincre la charge qui lui est imposée (postcharge). Cette tension
est donc égale à la postcharge. On l’appelle également stress pariétal.
(2) La loi de Laplace permet de mesurer cette tension. Elle exprime la relation entre la pression de part et d’autre de la paroi d’une cavité et
la tension au sein de cette paroi. C’est une loi physique fondamentale très importante en physiologie dans de nombreuses situations.
En effet, cette loi s’applique à toute structure ayant une paroi courbe: vaisseau, cavité cardiaque, alvéole pulmonaire, intestin, etc.
(3) Dans le cœur, ou dans un vaisseau, la paroi est soumise à une pression interne (intracavitaire, Pi) et une pression externe (pression
extracavitaire ou extramurale, Pe). La force de distension résultante est la différence entre ces 2 pressions (p), appelé la pression
transmurale. → p = Pi - Pe = pression transmurale
(4) Pour éviter que la paroi se déchire face à cette force, elle se doit de générer une force s’opposant à la pression transmurale, appelée
tension pariétale (T) . Elle correspond à la force qu’il faudrait appliquer pour maintenir ensemble les bords d’une brèche imaginaire
réalisée dans la paroi (voir le schéma ci-dessous). Cette force est proportionnelle à la taille de la cavité (rayon, r) et inversement
proportionnelle à l’épaisseur de la paroi (h dans le diagramme ci-dessous).
→ Loi de Laplace: T = (p x r)/2h (unités: dynes/cm2) (NB: Force = dynes; Tension = force/unité de surface = dynes/cm2 ;
pression = mm Hg = dynes/cm2)
(5) Dans de nombreuses situations (vaisseau sanguin par exemple), on ne tient pas compte de l’épaisseur h, qui est tout à fait négligeable,
et la loi de Laplace est simplifiée en T = P x r (exprimée en dynes/cm).
11
La postcharge ventriculaire: Loi de Laplace (2)
La tension exercée par le ventricule gauche évolue au cours de sa contraction, en raison de la modification de sa taille et de
l’épaisseur de sa paroi. En effet, au cours de la phase d’éjection, le ventricule gauche devient plus petit, et sa paroi s’épaissit
(contraction isotonique). En vertu de la loi de Laplace, la tension pariétale est maximale à la fin de la contraction isovolumétrique et
au début de l’éjection, puis se réduit au cours de la phase d’éjection.
12
La contractilité : notion d’élastance télésystolique
1) Nous avons vu que la contractilité (qui définit l’état inotrope du cœur) correspond à la propriété intrinsèque des fibres musculaires à se
contracter plus ou moins fortement, indépendamment de leur longueur (précharge) et des forces d’opposition (postcharge). Elle est liée
à la capacité aérobique du cœur à produire de l’ATP, à la concentration de calcium intracellulaire au niveau des cellules musculaires, à
la qualité des protéines contractiles (actine et myosine) et, au niveau du cœur entier, la contractilité dépend également de la masse
totale de cellules contractiles. Cette dernière diminue après une nécrose myocardique (infarctus).
2) En clinique, on apprécie souvent la contractilité par la fraction d’éjection, mais on doit se souvenir que la fraction d’éjection dépend de la
précharge et de la postcharge, et donc, en tant que variable dépendante des conditions de charge, la fraction d’éjection n’est pas une
mesure totalement fiable de la contractilité, qui elle, est indépendante des conditions de charge.
3) On peut estimer la contractilité par l’évaluation de la vitesse de développement de la pression dans le ventricule gauche au cours de la
contraction (on parle de relation p/t), ou par la vélocité de l’éjection.
4) La meilleure représentation de la contractilité est donnée par ce que l’on appelle l’élastance maximale du ventricule (Emax), ou
élastance télésystolique, en imaginant que le ventricule est comme un élastique, tendu pendant la diastole et qui revient à sa dimension
de base de manière plus ou moins rapide (d’où le terme d’élastance). Pour comprendre ce concept, il faut revenir à la courbe pression-
volume (courbe PV) vue au début de ce cours, tel que décrit dans le schéma ci-dessous.
Volume
L’énergie (E) ne peut être fournie que par l’ATP produit en conditions aérobiques. Le travail interne requérant davantage
d’énergie que le travail externe, il est donc le principal déterminant de la demande en oxygène du myocarde, appelée MVO2.
(voir cours: la circulation coronaire et le métabolisme cardiaque)
La MVO2 dépend pour 25% du WE, pour 45% du WI, pour 15% de la phase de relaxation isovolumètrique de la diastole
et pour 15 % pour les besoins non liés au travail, mais nécessaires au métabolisme de base.
On appelle efficience mécanique externe du cœur la proportion de l’énergie (ou de la MVO2) nécessaire à la contraction par
rapport à l’énergie totale nécessaire (ou MVO2 totale):
On comprend que les pathologies entraînant une augmentation de la postcharge (notamment hypertension artérielle, sténose
de la valve aortique) vont entraîner une importante augmentation du travail interne et de la perte d’énergie sous forme de
14
chaleur, et donc une forte réduction de l’efficience mécanique cardiaque.
Physiologie de la systole-Loi de Starling
résumé
17
La perfusion coronarienne
Figure 1
1. Figure 1. Les artères coronaires naissent de l’aorte au niveau des sinus de
Aorte Valsalva. Il y a 3 coronaires principales, la coronaire droite (CD), le tronc
Sinus de Valsalva D et G
commun, qui se divise en circonflexe (CX) et interventriculaire antérieure (IVA).
2. On parle de système dominant droit ou gauche en fonction de l’artère donnant
Tronc commun (TC)
naissance à l’artère interventriculaire postérieure: 85% CD (dominance droite);
Coronaire droite (CD) Circonflexe (Cx) 15% CX (dominance gauche)
Interventriculaire 3. Les grosses artères coronaires circulent sous l’épicarde (artères de conductance)
antérieure (IVA)
et se subdivisent en branches plus petites qui pénètrent dans le myocarde pour
finir au niveau des artérioles (vaisseaux de résistance).
Diagonale 4. Le drainage veineux se fait par 3 veines confluant au niveau du sinus coronaire,
Interventriculaire
postérieure (IVP) se jetant dans l’oreillette droite.
Figure 2 5. La perfusion coronarienne dépend de la pression de perfusion coronarienne
(Ppcor), qui est la différence entre la pression aortique (pression artérielle) et la
pression régnant dans le ventricule, qui se transmet aux vaisseaux coronariens
intramyocardiques:
PPCor = p artérielle – p intraventriculaire.
6. Figure 2. On constate que pour le ventricule gauche (VG), la pression de
perfusion est nulle pendant la systole (la pression systolique intraventriculaire est
égale à la pression artérielle systolique). Donc la perfusion du VG se fait surtout
pendant la diastole (car la pression artérielle diastolique est >> que la pression
Systole Diastole diastolique intraventriculaire). La zone sous-endocardique est davantage
exposée à la pression intraventriculaire et sera ainsi plus sensible à l’ischémie en
cas de maladie coronaire (voir plus loin). Pour le ventricule droit (VD) (qui
Figure 3 fonctionne avec des pressions beaucoup plus basse en systole que le VG), la
perfusion a lieu pendant la systole et la diastole.
7. Figure 3. La perfusion du ventricule gauche pendant la diastole dépend non
IPTD seulement de la PPCor en diastole (PA diastolique – PVG diastolique), indiquée
par la flèche verte, mais aussi de la durée de la diastole, indiquée par la flèche
bleue. L’indice pression-temps diastolique (IPTD, zone jaune) évalue le degré de
perfusion du VG pendant la diastole. On comprend donc que celle-ci est moins
bonne en cas de tachycardie, ou/et en cas de baisse de la PPCor diastolique.
Pression aortique
Pression ventriculaire 18
Auto-régulation de la Perfusion coronarienne
Figure 1
indépendant de la PPCor
PPCor
1. La perfusion coronarienne est très bien régulée, grâce à 3 mécanismes, que sont l’auto-régulation métabolique (au niveau des
petites artérioles de la microcirculation), la régulation neuro-humorale et la régulation endothéliale (au niveau des artères de gros
et moyen calibre).
2. Figure 1. L’auto-régulation métabolique permet de maintenir constante la perfusion du myocarde en dépit de large variation de la
PPCor (Trait vert plein). Si la PPCor s’abaisse, ce mécanisme entraîne la dilatation des petits vaisseaux dans le myocarde, ce qui
maintient la perfusion, par l’abaissement de la résistance. A l’inverse, si la PPCor s’élève, ce mécanisme entraîne la constriction
de ces petits vaisseaux, empêchant ainsi une perfusion excessive. Ce mécanisme a des limites: Au-delà de certains seuils de
PPCor, la perfusion va baisser ou augmenter, car les limites de l’autorégulation ont été franchies (traitillés verts). De plus, cette
auto-régulation permet d’adapter la perfusion aux besoins métaboliques: si les besoins augmentent (par exemple à l’effort), les
petits vaisseaux se dilatent davantage, permettant d’augmenter la perfusion. Le contraire se passe si les besoins diminuent (par
exemple: au repos). Cette auto-régulation est due essentiellement à la libération par les myocytes cardiaques d’adénosine, qui
est un puissant vasodilatateur. L’adénosine est produite en plus grande quantité en cas de besoin accru de perfusion.
19
Régulation neuro-humorale et endothéliale de la perfusion coronarienne
1. La régulation neuro-humorale affecte principalement les vaisseaux coronaires Figure 1. Régulation neuro-humorale
de gros et moyen calibre (Figure 1). Cette régulation dépend en premier lieu
des catécholamines, libérées par les terminaisons sympathiques directement Nerf sympathique cardiaque Glande surrénale
au niveau du myocarde (nerfs cardiaques sympathiques). Le
neurotransmetteur libéré est la NORADRENALINE. De plus, cette régulation
est aussi médiée par l’ADRENALINE, qui est une hormone circulante, produite
par la surrénale. La Noradrénaline et l’adrénaline entrainent une
vasoconstriction par l’intermédiaire des récepteurs alpha-adrénergiques
vasculaires. L’adrénaline a aussi un léger effet vasodilatateur, par Noradrénaline Adrénaline
l’intermédiaire des récepteurs béta2-adrénergiques vasculaires. Normalement
(situation physiologique), les effets sont à peu près neutres, car les effets α1 β2
alpha et bêta2 se contre-balancent. Par contre, chez le patient avec maladie
Vasoconstriction Vasodilatation
coronarienne, les effets alpha sont prédominants. Il y a un plus grand risque de
vasoconstriction chez ces patients lors de stress sympathique (par exemple, à
l’effort).
2. La régulation endothéliale affecte principalement les vaisseaux coronaires de
gros et moyen calibre (Figure 2), mais aussi en partie les petits vaisseaux de Effet final neutre
résistance (artérioles). Elle est liée à la libération par l’endothélium de
médiateurs vasoactifs de 2 types:
➢ Vaodilatateurs: MONOXYDE D’AZOTE (NO) et prostacycline Figure 2. Régulation endothéliale (NO)
➢ Vasoconstricteurs: Endothéline et Thromboxane A2.
3. Le médiateur le plus important est le NO. Le NO est un puissant
vasodilatateur produit par l’endothélium grâce à la NO synthase et qui
maintient un certain degré de vasodilatation de manière relativement
constante. On parle du tonus vasodilatateur de base. De plus, le NO agit sur
NO
les plaquettes sanguines (thrombocytes), produisant un effet anti-agrégant
plaquettaire naturel. Les effets du NO sont médiés par un messager cGMP cGMP
secondaire, le GMP cyclique, produit par l’activation NO-dépendante de
l’enzyme guanylyl-cyclase. En cas de maladie coronarienne, l’endothélium
produit moins de NO, ce qui augmente le risque d’ischémie (moindre
vasodilatation) et de formation de thrombus dans les coronaires (moindre effet
anti-agrégant plaquettaire). En pharmacologie, les dérivés nitrés (libèrent du Effet
NO) sont particulièrement utilisés en cas de maladie coronarienne, afin de Vasodilatation antiagrégant
vasodilater les petits vaisseaux coronariens et d‘améliorer la perfusion du plaquettaire 20
myocarde.
Métabolisme du myocarde: Demande en oxygène-travail cardiaque
1. Le cœur est l’organe consommant le plus d’énergie de l’organisme. Il utilise A. B.
exclusivement un métabolisme aérobique (consommation d’oxygène, O2) pour produire MVO2
de l’ATP. Le cœur n’a aucune capacité anaérobique. Il utilise préférentiellement les MVO2
graisses (acides gras libres, 80%) comme substrat énergétique, et peu le glucose
(20%). Il faut savoir que si le cœur est ischémique, il va utiliser davantage de glucose
(50%, contre 50% d’acides gras).
2. La demande (ou consommation) en O2 du myocarde (MVO2, V étant un symbole
physiologique de flux ou de débit) dépend du transport d’O2 au myocarde (MDO2 =
Myocardial Delivery of O2), égal au produit du débit coronarien (Dcor) par le contenu
artériel en O2 (CaO2, voir cours de physiologie respiratoire): MDO2 = Dcor x CaO2. MDO2 DCor
3. La plupart des tissus n’utilisent qu’une partie de l’O2 qui leur est apporté. Ils peuvent A. La consommation en oxygène du myocarde
facilement varier leur extraction de l’O2 du sang. Donc si le transport se réduit, la (MVO2) dépend constamment de l’apport
demande (ou consommation) est maintenue par une augmentation de l’extraction. Ce d’oxygène au myocarde (MDO2), car le cœur
n’est pas le cas du cœur, qui extrait de manière constante (pratiquement) tout l’O2 qui lui ne peut pas augmenter son extraction d’O2 en
est apporté. Donc, la MVO2 dépend directement de MDO2. Comme le contenu en O2 ne cas de baisse de transport..
varie pas de manière rapide, tout changement du transport MDO2 nécessite un B. Comme MDO2 est directement lié au débit
changement parallèle du débit (Dcor). Donc, la MVO2 dépend directement et coronarien (Dcor), MVO2 dépend donc
exclusivement de Dcor. Ceci est essentiel: chaque fois que le cœur a besoin de plus directement de Qcor.
d’oxygène (effort, stress, etc.), le Dcor DOIT augmenter. En cas de maladie
coronarienne, ceci n’est pas possible: le patient développe une ischémie (angine de
poitrine ou angor), qui, si elle est sévère, entraîne un infarctus du myocarde.
4. La MVO2 dépend de 3 facteurs :
Pression
1. Métabolisme cellulaire basal: 10-15 % MVO2
2. Travail ventriculaire: 70-80% MVO2.
3. Relaxation isovolumétrique: 10-15% MVO2 WI WE
5. Le travail cardiaque comprend le travail éjectionnel externe WE (25% MVO2) et le
travail interne de mise sous tension WI ( 45 % MVO2). Le seul travail efficace est le
WE, (W I ne sert qu’à la mise sous tension et l’énergie se dissipe sous forme de chaleur).
L’efficience mécanique externe du cœur est la proportion de la MVO2 nécessaire au WE: Volume
Efficience = WE / MVO2 25% La courbe PV permet de déterminer le travail
6. MVO2 va être influencée par 3 facteurs principaux: La postcharge (augmente WI), la ventriculaire, divisé en travail interne W I (mise
contractilité (augmente WE) et la fréquence cardiaque (augmente le nombre de sous tension, dépend directement de la
cycles/minutes). postcharge) et travail éjectionnel externe, WE
21
Maladie coronarienne, ischémie et infarctus du myocarde
1. Athéromatose: remaniement sous-intimal de la paroi vasculaire des vaisseaux de
Figure 1. gros et moyen calibre (vaisseaux de conductance) avec formation de plaques
d’athérome, remplies de lipides et de calcium, qui rétrécissent la taille de la
lumière du vaisseau (sténose coronarienne). Voir Figure 1.
2. La sténose crée une résistance au flux entraînant une chute de la pression en aval
de la sténose et donc une diminution du flux coronarien d’autant plus
importante que la sténose est sévère. Dès que le transport d’O2 au myocarde
plaques d’athérome, réduction
progressive de la lumière du vaisseau MDO2) est insuffisant pour satisfaire la demande (MVO2), des symptômes et
signes d’ischémie surviennent: douleurs thoraciques, baisse de la performance
myocardique.
3. Initialement, l’ischémie survient à l’effort (en raison de l’augmentation de MVO2), et
Figure 2. touche le territoire sous-endocardique (le plus sensible à l’ischémie). On parle
d’angor stable ou angor d’effort. Lorsque la sténose est très sévère (> 90%), les
symptômes surviennent même au repos, on parle de syndrome coronarien aigu
ECG normal
(SCA). Le dosage plasmatique d’enzymes cardiaques (troponine), s’il est positif,
Segment ST, "iso- indique une nécrose myocardique, on parle alors d’infarctus du myocarde. Celui-ci
électrique" (au est la conséquence d’une rupture de plaque d’athérome, avec formation locale
niveau de la ligne de d’un caillot, entraînant la cessation du flux.
base) 4. L’électrocardiogramme (ECG) et le dosage de troponine sont essentiels pour le
diagnostic (Figure 2). A l’ECG, on analyse le segment ST. ST sous-décalé en cas
Syndrome coronarien aigu (SCA) d’ischémie sous-endocardique: angor instable (troponine négative, pas d’infarctus)
ou NSTEMI (troponine positive, infarctus du myocarde avec ST non élevé). ST
sus-décalé, en cas d’ischémie transmurale. La troponine est élevée. Il s’agit d’un
STEMI (Infarctus du myocarde avec élévation du ST).
5. Traitement:
I. Réduire la MVO2: médicaments bêta-bloquants
ST sous-décalé ST sus-décalé
II. Augmenter le MDO2: médicaments vasodilatateurs, surtout les dérivés
nitrés. Traitement mécanique: dilatation de la sténose (angioplastie) ou
Troponine - Troponine + Troponine + chirurgie coronarienne de revascularisation
III. Traitement anti-agrégant plaquettaire pour réduire la formation d’un caillot.
Primairement: aspirine.
Angor instable NSTEMI STEMI
22
Circuit artériel
Pression artérielle systolique, diastolique, pulsée et moyenne
Notion de compliance aortique
Notions de flux, de pression motrice et de résistance
Loi d’Ohm-Poiseuille
Mécanismes intégrés de régulation de la pression artérielle
Notion d’hypertension artérielle et principaux mécanismes
Onde de pouls, notion d’ondes de réflexion
Déterminants intégrés de la pression artérielle pulsée et de l’impédance aortique
23
Hémodynamique artérielle: pressions systolique, diastolique, moyenne
et pulsée
(1) L’hémodynamique est l’étude des propriétés physiques des mouvements de sang dans le système cardio-vasculaire. Nous avons vu les
principaux déterminants de l’hémodynamique cardiaque. Nous allons voir ici les principaux éléments de l’hémodynamique artérielle. Le
système artériel comporte 3 grands types de vaisseaux:
I. Artères élastiques: Aorte et ses grandes branches: vaisseaux de conductance. Riches en fibres élastiques au sein de la média.
Elles sont dotées d’une grande distensibilité (Compliance). Elles conduisent le sang vers les principaux organes.
II. Artères musculaires: vaisseaux plus résistifs et moins compliants que les artères élastiques, comportant peu de fibres élastiques
mais davantage de cellules musculaires lisses dans leur média.
III. Artérioles: Ces petites artères possèdent essentiellement du muscle lisse et sont le siège principal des résistances artérielles. Il
s’agit donc des principaux vaisseaux de résistance. Elles régulent la pression artérielle et la distribution du flux sanguin à
l’intérieur des organes. Elles font partie de la microcirculation.
(2) La pression artérielle (mm Hg) est une force résultant de l’interaction entre le volume éjecté par le ventricule gauche, les propriétés
mécaniques des artères et la viscosité sanguine. Elle se caractérise par une valeur moyenne, la pression artérielle moyenne (PAM), qui
est responsable du maintien d’un débit sanguin continu dans les tissus et qui ne varie pratiquement pas le long de l’arbre artériel. Autour
de cette valeur moyenne, la pression oscille entre une valeur maximale, la pression artérielle systolique (PAS), et une valeur minimale, la
pression artérielle diastolique (PAD). La pression différentielle (PAS - PAD) est appelée la pression pulsée (PP). Ces pressions
représentent des forces de distension de vaisseaux, autrement dit, elles correspondent à des pressions transmurales.
Moyenne
24
Source: https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/medecine_de_premier_recours/documents
Pression artérielle: Rôle de l’aorte et ses branches
(1) Phase systolique: Grâce à son élasticité, l’aorte (et ses grandes branches) est très compliante: elle va "absorber" une partie du volume
éjecté pendant la systole ventriculaire en se distendant. Ceci va avoir pour effet de limiter l’élévation de la pression systolique d’une part,
d’autre part de réduire l’opposition à l’éjection ventriculaire (postcharge). En effet, on se rappelle que: Compliance = v/ p .Grâce à sa
grande compliance, l’aorte permet à un volume systolique même important de générer une pression systolique relativement modeste.
Cette compliance de l’aorte est un facteur important de l’impédance aortique, comme discuté précédemment.
(2) Phase diastolique: L’énergie absorbée par l’aorte au cours de la systole est restituée pendant la diastole. Ceci va avoir pour effet, d’une
part, de générer une pression diastolique, et d’autre part de maintenir un flux continu de sang en direction des tissus. L’aorte joue donc le
rôle d’un réservoir de pression et de flux. Les 2 schémas ci-dessous expliquent bien ce phénomène.
A) Aorte compliante
pression Flux sanguin
temps temps
temps temps
L’aorte fonctionne comme un réservoir de pression et de flux: elle En A, fonctionnement d’une aorte normale, compliante. La
se distend pendant la systole, absorbant et stockant ainsi une partie de PAS s’élève modérément, une pression diastolique est
l’énergie de pression développée par le ventricule gauche pendant la maintenue, et le flux de sang dans les tissus se fait de manière
systole. Pendant la diastole, cette énergie accumulée est restituée par le relativement continue. En B, fonctionnement théorique d’une
recul élastique de l’aorte, permettant l’élaboration de la pression aorte dépourvue de compliance. La PAS s’élève beaucoup
diastolique et le maintien d’un flux continu de sang vers les tissus. lors de chaque systole ventriculaire, la PAD est basse (liée
uniquement aux résistances artérielles) et le flux sanguin n’a
Source: Human Physiology,7th Ed. Dee Unglaub Silverthorn, chap. 15, p 567.
lieu que pendant la systole (flux discontinu) . 25
Pression artérielle: Rôle du débit cardiaque et des résistances artérielles (1)
(1) Notion de pression motrice du flux sanguin. Bien que la pression artérielle oscille constamment entre une valeur maximale (PAS) et
une valeur minimale (PAD), un flux sanguin relativement continu est maintenu dans les tissus. Ce flux sanguin est propulsé par une
pression constante au travers de circuits à résistances variables. La pression déterminante pour propulser le flux sanguin dans les tissus
est la pression artérielle moyenne (PAM). En réalité, pour faire déplacer un certain volume de sang d’une région à une autre, il faut qu’il
existe une différence de pression entre ces 2 parties, différence de pression qui est appelé pression motrice. La pression motrice n’est pas
une force de distension (il ne s’agit donc pas d’une pression transmurale), mais une force de propulsion qui dépend de différences de
pressions intraluminales (ou intracavitaires).
(2) Notion de résistances à l’écoulement du sang. Si la pression motrice est une force favorisant l’écoulement du sang, les résistances à
l’écoulement représentent une force d’opposition à l’écoulement.
(3) Loi d’Ohm-Poiseuille. Cette loi essentielle de dynamique des fluides correspond en fait à la loi d’Ohm en électricité. Elle met en relation le
débit de liquide (Intensité du courant) avec la pression motrice (différence de potentiel) et les résistances à l’écoulement du fluide
(Résistances électriques). Elle s’écrit ainsi: Débit = p/R. La loi d’Ohm est en fait identique: I = U/R (ou U = RxI)
p
Loi d’Ohm-Poiseuille. En dynamique des fluides, un débit de liquide p1
est proportionnel à la force motrice (différence de pression de part
et d’autre du circuit, p) et inversement proportionnel aux p2
R
résistances (R) s’opposant à l’écoulement: Débit = (P1 – P2)/R
Débit
R
(4) Application au système cardiovasculaire. Le débit de fluide est le débit de sang dans un tissu. La pression d’entrée est la pression
artérielle moyenne (PAM). La pression de sortie est la pression veineuse. La résistance est celle qu’opposent les vaisseaux des tissus à
l’écoulement du sang. Au niveau du corps entier, la somme de tous les débits tissulaires est le débit cardiaque (DC), la somme de toutes les
résistances sont les résistances artérielles systémiques (RAS), et la pression générale de sortie est la pression veineuse centrale (PVC).
Ainsi, la loi devient, au niveau cardiovasculaire:
Très souvent, on simplifie l’équation en ne tenant pas compte de la PVC, car celle-ci est le plus souvent négligeable par rapport à la PAM.
L’équation simplifiée est donc: DC = PAM / RAS, qui peut aussi s’écrire: PAM = DC x RAS 26
Pression artérielle: Rôle du débit cardiaque et des résistances artérielles (2)
(1) Siège des résistances artérielles et loi de Poiseuille. Dans une régime d’écoulement dit laminaire, qui correspond à un écoulement
régulier, non turbulent, ce qui est majoritairement le cas dans les vaisseaux sanguins, la résistance au flux est exprimée par la loi de
Poiseuille.
→ Loi de Poiseuille: R = (8L) / r4 (L = longueur des vaisseaux; r = rayon des vaisseaux; = viscosité du sang)
✓ On voit que la résistance varie en raison inverse de la puissance 4 du rayon des vaisseaux!! Ce qui signifie qu’une modification même
minime du calibre des vaisseaux, peut avoir des effets très importants sur les résistances artérielles. Le siège des résistances artérielles est
donc localisé préférentiellement au niveau des vaisseaux les plus petits et qui ont la plus grande capacité à modifier leur rayon, à savoir les
artérioles. Le degré de vasodilatation ou de vasoconstriction des artérioles influence de manière majeure les résistances artérielles.
✓ La longueur totale (L) du circuit joue peu de rôle, car elle est plus ou moins invariable.
✓ La viscosité du sang peut jouer un rôle important si elle augmente beaucoup, par exemple en cas d’augmentation massive du nombre
de globules blancs (certaines leucémies), du nombre de globules rouges (polyglobulie) ou de la concentration de protéines (gammapathies
monoclonales)
(2) Rôle du débit cardiaque dans l’établissement de la pression moyenne. Nous avons vu que : PAM = DC x RAS. Dans le chapitre sur
l’hémodynamique cardiaque, nous avons vu que le débit cardiaque dépend du volume d’éjection systolique (VES) et de la fréquence
cardiaque (FC), de telle sorte que: DC = VES x FC. Par conséquent, la pression peut être influencée par des modifications de l’un ou
l’autre de ces déterminants (voir page suivante).
Illustration des déterminants de la pression artérielle
moyenne.
↑ PAM = HTA
↑ Précharge ↑ Contractilité
( par ↑ Volume sanguin)
Ainsi, l’HTA est liée à 3 mécanismes de base essentiels Il y a donc 3 catégories principales de médicaments anti-HTA
(2) Cette onde de pouls est réfléchie lorsqu’elle atteint les bifurcations artérielles en périphérie, créant des ondes de réflexion qui
cheminent en arrière, en direction du cœur.
(3) Ces ondes de réflexions vont rencontrer l’onde de pression incidente en provenance du cœur et modifier sa forme, créant un
phénomène d’amplification de l’onde de pouls.
(2) En vieillissant, et chez les patients athéromateux, les artères perdent leur élasticité et deviennent rigides. Il n’y a plus de gradient de vélocité de
l’onde de pouls, dont la vitesse atteint > 10-12 m/sec dans tout l’arbre artériel. Cette rigidité artérielle a 4 conséquences:
(2) Autour de cette valeur moyenne, des oscillations liées à l’éjection ventriculaire créent une onde de pression, avec une valeur maximale,
la pression systolique (PAS), et une valeur minimale, la pression diastolique (PAD), la différence étant la pression pulsée (PP). Cette
pression pulsée est principalement déterminée par 4 facteurs
I. La compliance de l’aorte: plus l’aorte est compliante, plus elle "absorbe" le volume d’éjection systolique, et plus elle restitue,
pendant la diastole, cette énergie absorbée, ce qui a pour effet d’abaisser la PAS, d’augmenter la PAD et de diminuer la PP.
II. Le volume d’éjection systolique (VES): Pour une compliance donnée de l’aorte, plus le VES est grand, plus la PAS et la PP
sont grandes.
III. Les ondes de réflexion: plus le système artériel est élastique, plus les ondes de réflexion se superposent tardivement au
niveau de l’aorte, ce qui réduit la PAS, augmente la PAD et réduit la PP. Le contraire se produit lors de rigidité artérielle.
IV. Il faut également citer le rôle des résistances artérielles sur le niveau de PAD. Comme elles représentent le régulateur de sortie
du flux sanguin vers les tissus, elles augmentent la PAD lorsqu’elles sont élevées (vasoconstriction), et au contraire abaissent la
PAD lorsqu’elles sont basses (vasodilatation).
(3) Impédance aortique et postcharge du ventricule gauche: Nous avons vu que la postcharge du ventricule gauche correspond à
l’ensemble des forces d’opposition à l’éjection du ventricule gauche. Ces forces constituent l’impédance aortique. On comprend
maintenant que les déterminants de cette impédance aortique sont:
31
Circuit veineux
Pression veineuse centrale (PVC)
Retour veineux
Loi de Guyton
Volume stressé
Volume non stressé
Pression veineuse systémique moyenne
32
La pression veineuse centrale
Figure 1
1. Figure 1. La pression veineuse centrale (PVC) est la pression
régnant dans la partie intrathoracique des veines caves
Veine cave supérieure supérieure et inférieure, en équilibre avec la pression dans
l’oreillette droite (POD). Ainsi, POD et PVC peuvent être utilisées
de manière interchangeable, pour décrire la même pression.
Veine cave inférieure 1. Le retour veineux: c’est la quantité de sang qui revient au
coeur chaque minute
2. La fonction cardiaque systolique: la PVC est dépendante
du remplissage ventriculaire (précharge). La précharge est
un déterminant essentiel de la performance systolique (loi
de Starling).
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3. La valeur normale de la PVC est très basse: 2-6 mm Hg
identiques.
PVD
POD
Figure 2 33
Pression veineuse centrale et fonction cardiaque :
Précharge ventriculaire droite – Loi de Starling
1. La pression télédiastolique du ventricule droit est appelée "pression de remplissage" du ventricule droit. Elle est une mesure
indirecte du volume du ventricule droit en fin de diastole, le volume télédiastolique, qui correspond à sa précharge. Ceci n’est pas
tout à fait exact en réalité, car nous avons vu que, grâce à sa compliance diastolique, le ventricule est capable d’augmenter son
volume télédiastolique (précharge) avec une augmentation faible de pression. Il n’y a donc pas une relation linéaire entre volume et
pression télédiastoliques. Cependant, on utilise généralement la valeur de pression comme reflet de la précharge, car il est plus aisé
en pratique de mesurer la pression (introduction d’un cathéter) que de mesurer le volume (nécessite des techniques d’imagerie plus
complexes).
2. La loi de Starling indique que la force du cœur (performance systolique), mesurée par le volume d’éjection systolique (VES) est
dépendante de la précharge (relation force-longueur, cf chapitre dédié). Notez bien que sur la figure ci-dessous, la précharge utilise
la pression de remplissage et non le volume (mais le concept est le même!!).
Loi de Starling
Force (VES)
Précharge (PVC) 34
Pression veineuse centrale et retour veineux: loi de Guyton
Grosses veines
Résistances
veineuses
doit être égal. Par conséquent: DC = RV
Artères
Figure 2.
Nous avons vu qu’il existe une loi physique qui stipule qu’un liquide circule en fonction d’une
p différence de pression entrée-sortie (= pression motrice), et des résistances qui s’y opposent
p1 (loi d’Ohm-Poiseuille)
➢ Pour le débit cardiaque: DC = (PAM-PVC) / RA
p2 (PAM - PVC): Pression motrice; RA: résistances artérielles.
R
➢ Pour le retour veineux, l’équation est: RV = (PVSM - PVC) / Rvein
Débit (PVSM - PVC): Pression motrice; Rvein: résistances veineuses.
Cette loi est très importante, c’est la loi de Guyton du retour veineux 35
R
Loi de Guyton: Notion de pression veineuse systémique moyenne
Résistances veineuses
36
Variations possibles de la pression veineuse systémique moyenne
0 38
PVC (mm Hg)
Courbe de Guyton du retour veineux: rôle des résistances veineuses
RV
(L/min) 1. La loi de Guyton indique que: RV = PVSM – PVC / Rvein
2. Au dénominateur de l’équation, il y a les résistances veineuses
RV Pente = 1/Rvein (Rvein). Contrairement aux résistances artérielles, le Rvein ne
p dépendent pas de leur degré de vasoconstriction (par contre, on se
rappelle que la vasoconstriction des veines les rend moins
compliantes, plus rigides, et diminue le volume non stressé, ce qui
augmente la PVSM. Les Rvein sont essentiellement dépendantes de la
pression autour des veines. Les veines sont molles donc facilement
collapsibles: si la pression autour des veines augmente beaucoup, les
veines se ferment car leur résistance devient très grandes (faites
PVSM l’expérience en comprimant une veine sur votre avant-bras!). Les
Rvein vont donc augmenter si il y a une augmentation de la pression
0 autour des veines. En pratique, cela existe surtout lorsque il y a une
RV PVC (mm Hg) augmentation de la pression dans l’abdomen: présence d’ascite,
(L/min) présence de sang (hémopéritoine). Cette augmentation de pression
augmente la Rvein au niveau de la veine cave et réduit le retour
veineux
3. Sur la courbe de Guyton, les Rvein sont indiquées par la pente de la
courbe (RV/p), qui est l’inverse des Rvein (Résistance= p/débit,
Rvein 2 < Rvein1 (pente plus raide) c’est la loi d’Ohm). Donc, plus la pente est raide, plus les Rvein sont
basses.
4. La courbe noire est une situation de base, la pente de la courbe
indique les Rvein1. La courbe rouge montre l’effet d’une baisse de
RVein 1 Rvein (Rvein2): la pente est plus raide, et donc, pour une même
pression motrice (PVSM-PVC), le RV est plus élevé. La courbe bleue
montre l’effet d’une augmentation de Rvein (Rvein3): la pente est plus
plate, et donc, pour une même pression motrice (PVSM-PVC), le RV
Rvein3>Rvein1 (pente plus plate) est plus bas.
0
PVC (mm Hg)
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Intégration de la courbe de Guyton et de la courbe de Starling: point
d’équilibre de la circulation
1. Nous savons que, à tout moment, le débit de sang entrant (retour veineux) et de sang sortant (débit cardiaque) du cœur doit
être égal: DC = RV
2. La courbe de Starling met en relation la précharge (indiquée ici par la PVC) et la force du cœur (indiquée ici par le débit
cardiaque). Le courbe de Guyton met en relation la PVC avec le retour veineux. Comme les deux courbes ont le même axe
horizontal (PVC) et que l’axe vertical représente un débit (Starling: DC; Guyton: RV) et que DC = RV, il faut nécessairement
que les courbes se croisent en un point précis, qui correspond, à un moment donné, à la valeur de RV et de DC équivalente
pour une PVC donnée. On parle de point d’équilibre entre la fonction cardiaque (Starling) et la fonction vasculaire (Guyton)
3. IL faut néanmoins avoir en tête que sur l’axe de la PVC, on tient compte de la PVC intracavitaire pour le retour veineux
(Guyton), car la pression motrice, PVSM-PVC est une force de propulsion dépendant de différences de pressions
intracavitaires, alors que pour le débit cardiaque (Starling), on tient compte de la pression transmurale, qui est une force de
distension. Le plus souvent cette distinction n’est pas importante, car la pression intracavitaire et égale à la pression
transmurale (car la pression extra-murale est égale à la pression baromètrique, égale environ à zéro!). Dans certains cas,
cette distinction est importante, notamment lorsqu’il existe une augmentation de la pression extramurale (par exemple:
tamponnade péricardique, pneumothorax). Dans ces cas, la pression intracavitaire augmente et freine le retour veineux,
alors que la pression transmurale diminue et réduit la précharge du ventricule droit.
Retour veineux
40
Variations du point d’équilibre de la circulation en fonction de changements
de la fonction cardiaque ou du retour veineux
DC, RV
2. Effet d’une variation primaire du retour veineux sur le
point d’équilibre, en cas de modification de la volémie
(modification de la PVSM, indiquées par les petites
flèches de couleur). La courbe de Guyton change,
mais la courbe de Starling est inchangée. En rouge,
courbe de base. En vert, augmentation du RV (par
augmentation de la PVSM), en violet, diminution du
RV (par baisse de la PVSM). Le point d’équilibre se
PVSM
déplace. On voit que les modifications du retour
veineux sont associées à des modifications de la PVC
PVC
(lignes noires fines trait-tillées) et du gradient PVSM-
PVC (flèches de couleur) Force motrice du RV
(PVSM-PVC)
41
PHYSIOPATHOLOGIE
LES ETATS DE CHOC
Choc cardiogénique
Choc hypovolémique
Choc obstructif
Choc vasoplégique
Mécanismes compensateurs du choc
Signes cliniques
Traitement
42
Etat de choc: définition-mécanismes généraux
1. Etat de choc: Défaillance circulatoire aiguë entraînant une inadéquation généralisée de l'apport en oxygène et autres nutriments aux
tissus. La défaillance circulatoire se manifeste par l’incapacité à maintenir la pression artérielle à un niveau normal. L’élément central du
choc est donc l’abaissement de la pression artérielle, définie par une PAM < 65 mm Hg ou/et une PA systolique < 90 mm Hg.
2. Nous avons vu les déterminants intégrés de la PAM et les mécanismes conduisant à l’hypertension artérielle. On peut reprendre le même
raisonnement, mais cette fois-ci dans l’autre sens, pour expliquer une hypotension artérielle.
↓ FC ↓ VES ↓ Résistances *
(bradycardie)
↓ Précharge ↑ Postcharge ↓ Contractilité
(↓ retour veineux)
Type de choc Type de choc Type de choc Type de choc Type de choc
DC, RV
parvient pas à éjecter: la PVC augmente (flèche rouge). Causes:
B
➢↓ contractilité = choc cardiogénique: infarctus du myocarde, myocardite (infection virale
du cœur), cardiomyopathies primaires. NB: un choc cardiogénique peut aussi s’observer en
cas de bardycardie extrême, en l’absence d’anomalie de la contractilité
➢↑ postcharge = choc obstructif. La cause principale est l’embolie pulmonaire, qui crée
un obstacle à l’éjection du ventricule droit. PVC
2. Altération du retour veineux, par baisse de la pression veineuse systémique moyenne (PVSM).
Cette altération touche primairement la courbe de Guyton (Figure 2).
A. Situation normale. L’intersection des courbes de Starling et de Guyton se fait à une valeur Figure 2. Choc hypovolémique
physiologique de RV, égal au DC. La PVSM est normale (PVSM A)
B. Baisse du RV par baisse de la PVSM. La courbe de Guyton est déplacée à gauche. Le point
d’intersection se fait à une valeur plus basse de RV, par baisse de la PVSM (PVSM B,
flèche noire). Le cœur étant moins rempli, sa précharge diminue: la PVC baisse (flèche A
rouge), toutefois dans une moindre mesure que la PVSM, entraînant une diminution de la
DC, RV
force motrice du retour veineux (PVSM-PVC). Causes: B
➢ Choc hypovolémique par perte de volume sanguin: hémorragies, diarrhées,
vomissements profus, pertes cutanées par brûlures. Il y a hypovolémie vraie. Il peut exister
aussi certaines situations d’hypovolémie relative par vasodilatation veineuse, avec
augmentation du volume non stressé du réservoir veineux. Ceci peut se voir à la phase
initiale du choc septique par exemple (Figure 3) . PVC PVSM B PVSM A
1. L’altération primaire est ici un effondrement des résistances artérielles par vasodilatation excessive, responsable de la chute de la
pression artérielle. Il peut aussi exister une vasodilatation des veines du réservoir veineux ("capacitance"), entraînant une hypovolémie
relative par augmentation de la taille du volume non stressé (V0), avec baisse de la PVSM et du RV (Figure 1).
2. Cette situation est typique du CHOC SEPTIQUE. Il est secondaire à une infection par des micro-organismes déclenchent une réponse
inflammatoire massive au cours de laquelle sont libérés de nombreux médiateurs qui ont des propriétés vasodilatatrices: Cytokines (par
exemple TNF, Interleukines) et monoxyde d’azote (NO). Une caractéristique du choc septique est qu’il s’agit d’un choc à haut débit
cardiaque. En effet, la vasodilatation entraîne une baisse de la postcharge qui augmente le volume d’éjection et le débit cardiaque. Cette
augmentation du débit cardiaque ne se voit parfois pas au début du choc septique, en raison de la baisse du RV due à la vasodilatation
veineuse. Ces malades reçoivent beaucoup de fluides intraveineux à la phase initiale, permettant de corriger la PVSM et améliorer le
RV. A la suite de cette réanimation volémique se développe le tableau de haut débit cardiaque. On parle alors de choc hyperdynamique.
Figure 1. Choc vasoplégique D’autre situations beaucoup plus rares peuvent donner un profil similaire:
➢Choc anaphylactique: Réaction allergique systémique grave (à des
piqûres d’insectes, des médicaments, des aliments…). Il y a ici libération
massive d’histamine par les mastocytes, consécutive à la reconnaissance
d’allergènes par des anticorps particuliers, les IgE, à la surface des
mastocytes. L’histamine est un puissant vasodilatateur. Elle produit aussi
une bronchoconstriction (crise d’asthme) et un œdème de la langue
(risque d’asphyxie).
45
Mécanismes compensateurs au cours des états de choc
1. L’hypotension artérielle entraîne des phénomènes réflexes visant à restaurer la pression en agissant sur:
1. Le système nerveux autonome (Figure 1): survient immédiatement (dès les premières secondes de l’hypotension)
2. Le système rénine-angiotensine-aldostérone (Figure 2): se met en place progressivement après 30-60 min
3. Le système de l’hormone antidiurétique (ADH ou vasopressine) (Figure 3): se met en place progressivement après 30-60 min
Barorécepteurs Hypothalamus
(sinus carotidien)
Hypophyse
PAM
Vasopressine
RAS + veines DC
↑ RAS Réabsorption eau
Effet Effets
→ Vasoconstriction → Inotrope + = ↑ contractilité
→ Chronotrope + = ↑ FC ↑ PAM
↓PAM: → barorécepteurs carotidiens, qui ↓PAM: → libération de rénine par le rein, et En cas d’hypovolémie sévère, la
informent le tronc cérébral (vert). Ce dernier ↑ les formation d’angiotensine I puis II (ATI, ATII) via vasopressine est sécrétée par la post-
efférences sympathiques (rouge), qui ↑ les RAS l’enzyme de conversion. L’ATII produit une hypophyse, produisant une
et le DC, pour ↑ la PAM (bleu). De plus, la vasoconstriction et ↑ l’aldostérone, produisant vasoconstriction et une rétention
vasoconstriction des veines ↑ la PVSM et le une rétention de sel pour ↑ la volémie. d’eau, afin d’↑ la PAM et la volémie
retour veineux en ↓ la taille du réservoir veineux 46
Mécanismes additionnels de restauration de la volémie
1. Les phénomènes réflexes mis en jeu ont un effet important sur la volémie: veinoconstriction sympathique avec réduction du réservoir
veineux, augmentation de la réabsorption de sodium et d’eau au niveau du rein par l’aldostérone et la vasopressine.
2. Un autre mécanisme se met en jeu après 24-48h, lié aux propriétés physiques des mouvements de liquides dans la microcirculation. 2
forces en opposition font entrer ou sortir du liquide: le gradient de forces hydrostatiques (font sortir du liquide des vaisseaux) et le gradient
de forces oncotiques (font rentrer le liquide dans les vaisseaux). Ces mouvements dépendent aussi de la perméabilité de l’endothélium aux
protéines. Plus il est perméable, moins les forces oncotiques sont importantes (car à ce moment-là, les protéines se répartissent de manière
égale entre l’intérieur et l’extérieur du vaisseau). Ce phénomène est décrit dans la Loi de Starling des mouvements de liquide:
Qv ≈ [(Pi-Pt) – (i- t)]. Qv : mouvement net de liquide. (Pi-Pt): gradient de pression hydrostatique entre l’intérieur et l’extérieur des
vaisseaux. coefficient de réflexion: 0 = vaisseau perméable; 1 = vaisseau imperméable; (i- t): gradient de pression oncotique
entre l’intérieur et l’extérieur des vaisseaux.
3. Physiologiquement, ces forces permettent un mouvement continu de liquide entre les vaisseaux et le tissu interstitiel. L’interstice est
constamment "rincé", son contenu en eau n’augmente pas (bilan entrée/sortie neutre). Ceci est indiqué dans la Figure 1. Lors d’un état de
choc, la vasoconstriction artériolaire réflexe entraîne une baisse de la pression hydrostatique capillaire (la pression augmente en amont de
la vasoconstriction, mais elle baisse en aval). Il y a prédominance des forces oncotiques, l’eau rentre dans les vaisseaux, visant à restaurer
la volémie. Ceci est indiqué dans la Figure 2. Ce phénomène ne se produit pas dans les chocs vasoplégiques, puisque il n’y a pas de
vasoconstriction artériolaires. De plus, dans les chocs vasoplégiques, principalement le choc septique, la perméabilité des vaisseaux est
augmentée, favorisant la sortie d’eau des capillaires (syndrome de « capillary leak »)
Figure 2. Mouvement de liquides dans la microcirculation lors d’un
Figure 1. Mouvements de liquides dans la microcirculation état de choc. La vasoconstriction réflexe baisse la p hydrostatique
(physiologie). L’interstitium est rincé, il n’y pas de mouvement net capillaire. La prédominance des forces oncotiques fait rentrer l’eau
d’eau. dans les vaisseaux pour restaurer la volémie.
veineux
Côté
artériel
Côté
Pi
P hydrostatique
intravasculaire (Pi)
Côté artériel Côté veineux i
PPoncotique intravasculair(ei)(
oncotiqueintravasculaire
p p p
P hydrostatique tissulaire p
Pt
(Pt)
P oncotique tissulaire (t) t
Sortie Rentrée
nette d’eau nette d’eau Tissu H2O H2OH2O H2O H2O H2O H2O
Trajet normal de l’eau
interstitiel
Tissu interstitiel 47
Conséquences cliniques et traitement du choc
Glycolyse aérobie Glycolyse anaérobie
1. Conséquence métabolique. Une conséquence fondamentale du choc est Figure 1
la survenue d’une oxygénation insuffisante des tissus (hypoxie ou Glucose
Glucose
dysoxie cellulaire), qui sont insuffisamment perfusés. Ceci entraîne
l’apparition d’un métabolisme anaérobique et la formation d’acide lactique 2 ATP
2 ATP
(Figure 1). Dans cette situation, le pyruvate issu de la glycolyse ne peut
pyr lact
entrer dans la mitochondrie pour y être oxydé. Il est alors converti en PO: pyr lact
lactate dans le cytoplasme. Le dosage du lactate doit être répétée très phosphorylation
souvent chez un malade en état de choc. L’augmentation du lactate est un oxydative
signe très important pour le diagnostic du choc, mais aussi pour le cycle de
pyr: pyruvate Krebs cycle de
pronostic du choc, si il est élevé de manière persistante (> 12h, mauvais Krebs
pronostic). lact: lactate
48