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Introduction du vaccin antipneumococcique

PCV13
Manuel à l’intention des personnels des districts et des
établissements de santé

WHO/IVB/13.10F

Département Vaccination, vaccins et produits biologiques (IVB)


Organisation mondiale de la Santé

1
Le Département Vaccination, Vaccins et Produits biologiques
exprime ses remerciements aux donateurs dont le soutien financier
sans objet désigné a permis la rédaction du présent document.

Le présent document est publié par le


Programme élargi de vaccination (PEV)
du Département Vaccination, Vaccins et Produits biologiques

Référence :
WHO/IVB/13.10F

Imprimé en novembre 2013

Cette publication est disponible sur Internet à l’adresse suivante :


www.who.int/vaccines-documents/

Des exemplaires de cette publication et d’autres documents sur la vaccination,


les vaccins et les produits biologiques peuvent être obtenus
sur demande à l’adresse suivante :

Organisation mondiale de la Santé


Département Vaccinations, Vaccins et Produits biologiques
CH-1211 Genève 27 (Suisse)
• Télécopie : +41 22 791 4227 •
• Courriel : [email protected]

© Organisation mondiale de la Santé 2013

Tous droits réservés. Il est possible de se procurer les publications de l’Organisation mondiale de la Santé
auprès des Éditions de l’OMS, Organisation mondiale de la Santé, 20 avenue Appia, 1211 Genève 27 (Suisse)
(téléphone : +41 22 791 3264 ; télécopie : +41 22 791 4857 ; adresse électronique : [email protected]).
Les demandes relatives à la permission de reproduire ou de traduire des publications de l’OMS – que ce
soit pour la vente ou une diffusion non commerciale – doivent être envoyées aux Éditions de l’OMS,
à l’adresse ci-dessus (télécopie : +41 22 791 4806 ; adresse électronique : [email protected]).

Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent
n’impliquent de la part de l’Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut
juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières
ou limites. Les lignes en pointillé sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé
peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif.

La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits
commerciaux
sont agréés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé, de préférence à d’autres de nature
analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé.
L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les dispositions voulues pour vérifier les informations
contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie,
expresse ou implicite. La responsabilité de l’interprétation et de l’utilisation dudit matériel incombe au
lecteur. En aucun cas, l’Organisation mondiale de la Santé ne saurait être tenue responsable des préjudices
subis du fait de son utilisation.

Les opinions exprimées dans la présente publication n’engagent que les auteurs cités nommément.

Imprimé par les services de production des documents de l’OMS, Genève, Suisse

2
Table des matières

Introduction .......................................................................................................................... 4
1. Pneumococcie ................................................................................................................... 5
1.1 Description ................................................................................................................. 5
1.2 Formes courantes de pneumococcie ........................................................................... 6
1.3 Transmission............................................................................................................... 6
1.4 Diagnostic ................................................................................................................... 7
1.5 Personnes les plus exposées au risque ........................................................................ 7
1.6 Traitement................................................................................................................... 7
1.7 Justification de la vaccination .................................................................................... 7
2. Vaccin antipneumococcique conjugué ............................................................................. 8
2.1 Description ................................................................................................................. 8
2.2 Calendrier de la vaccination par le PCV .................................................................... 8
2.2.1 Vaccination des enfants prématurés ................................................................ 8
2.2.2 Recommandations pour l’enfant immunodéficeint ......................................... 8
2.3 Mesures à prendre pour garantir qu'un nourrisson soit bien vacciné dans les temps.. ... 8
2.4 Innocuité du PCV ....................................................................................................... 9
2.5 Effets secondaires courants du PCV........................................................................... 9
2.6 Contre-indications ...................................................................................................... 9
2.7 Modalités d’administration......................................................................................... 9
2.8 Résumé des informations sur le vaccin antipneumococcique conjugué .................. 11
3. Administration sans risque du vaccin ............................................................................. 12
3.1 Aspect physique du conditionnement et du vaccin .................................................. 12
3.2 Conservation du vaccin ............................................................................................ 12
3.3 Préparation et administration du vaccin ................................................................... 12
3.4 Gestion sans risque des déchets................................................................................ 13
3.5 Enregistrement des doses administrées .................................................................... 14
3.6 Calcul de la couverture du PCV ............................................................................... 14
3.7 Notification des manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) ...................... 15
3.8 Messages essentiels à l’intention des parents ........................................................... 16
4. Une approche intégrée pour sauver des vies : Le cadre de « protection, prévention et
traitement » pour la pneumonie et la diarrhée .................................................................... 18
Annexe 1 : Baisses avérées de la morbidité et de la mortalité imputables
à la pneumonie et à la diarrhée grâce à certaines interventions…………………………..20

3
Introduction

Ce manuel a été rédigé à l’intention des pays introduisant le vaccin


antipneumococcique PCV13.

Il existe d’autres présentations de vaccins antipneumococciques et des


documentations pour les produits spécifiques ont été élaborées.

Le manuel est le plus utile pour les personnels travaillant au niveau des districts et
des établissements de santé. Avant qu’il ne soit distribué, certaines adaptations
devront être faites au niveau national (par le Directeur national du PEV, les
partenaires dans les pays et d’autres) pour s’assurer que certains aspects, comme
le calendrier national de vaccination, l’élimination des déchets, ou le suivi des
manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) soient bien conformes à la
politique nationale en la matière.

Le lecteur trouvera des matériels de formation et d’autres ressources traitant des


vaccins antipneumococciques sur :
http://www.who.int/nuvi/pneumococcus/resources/en/index.html (uniquement disponible en
anglais).

4
1. Pneumococcie
1.1 Description
On désigne par pneumococcie (maladie à pneumocoque) un ensemble d’affections
provoquées par une bactérie appelée Streptococcus pneumoniae, (également connue
sous le nom de pneumocoque). L’infection à pneumocoque et la maladie qui en résulte
peuvent toucher divers systèmes organiques et entraîner un certain nombre de
syndromes. On trouve dans les affections induites par le pneumocoque : 1) des maladies
graves comme la pneumonie, la méningite ou la bactériémie (présence de bactéries dans
le sang), et 2) des maladies plus bénignes, comme l’infection de l’oreille moyenne (otite
moyenne), la sinusite et la bronchite. On estime qu’en 2000, les épisodes de
pneumococcie grave ont été au nombre de 14,5 millions dans le monde. Sur les
8,8 millions d’enfants de moins de 5 ans mourant chaque année dans le monde selon les
estimations, l’OMS évalue qu’en 2008, 541 000 décès (marge d’incertitude :
376 000-594 000) ont été dus à des infections à pneumocoque (Streptococcus
pneumoniae), dont 476 000 (marge d’incertitude : 333 000-529 000) chez des enfants
séronégatifs pour le VIH.

Les pneumocoques sont classés en un certain nombre de sérotypes, d’après la


composition de la capsule externe. On en connaît environ 93, dont la prévalence varie
selon la région géographique, mais aussi selon l’âge. Tous ces sérotypes ont un potentiel
pathogène variable et seul un nombre relativement restreint entraîne des maladies
graves de l’enfant. Certains s’associent aussi plus souvent à une résistance aux
antibiotiques. Les présentations actuelles du vaccin antipneumococcique conjugué, à
10 et 13 valences, contiennent les sérotypes à l’origine de plus de 70 % des
pneumococcies graves chez l’enfant dans toutes les régions géographiques. La figure ci-
dessous représente un diagramme à colonnes montrant la répartition mondiale des
sérotypes de pneumocoques et les différentes présentations vaccinales actuellement
disponibles avec les sérotypes inclus.
Figure 1 : Proportion d’infections invasives à pneumocoque (IIP) régionales selon
les sérotypes inclus dans les présentations vaccinales, 2008

% d’IIP chez l’enfant de moins de 5 ans.


Afrique, Asie, Europe, Amérique latine et Caraïbes, Amérique du Nord, Océanie, Monde entier

5
Source : Systematic Evaluation of Serotypes Causing Invasive Pneumococcal Disease among
Children Under Five: The Pneumococcal Global Serotype Project

1.2 Formes courantes de pneumococcie


Les pneumocoques sont à l’origine de maladies graves et moins graves. Ils colonisent
fréquemment le nez et la gorge en restant asymptomatiques ; à n’importe quel moment,
une forte proportion d’enfants sont porteurs de cette bactérie dans leur nez ou leur gorge.
Parfois, chez un sujet donné, le pneumocoque passe du nez et de la gorge dans la
circulation sanguine, ce qui provoque une bactériémie, et il infecte ensuite d’autres sites,
comme les méninges (qui enveloppent le cerveau). Les maladies provoquées par
l’invasion de la circulation sanguine et l’infection ultérieure d’autres sites dans l’organisme
sont collectivement appelées infections invasives à pneumocoque (IIP). Les
pneumocoques peuvent également être aspirés dans les poumons à partir du nez et de
la gorge, entraînant alors une pneumonie, ou se répandre vers des sites adjacents,
comme l’oreille moyenne, provoquant l’otite moyenne, ou les sinus, causant alors une
sinusite. La pneumonie est la forme la plus courante de pneumococcie sévère. Le
pneumocoque est plus rarement à l’origine d’une méningite, qui peut être mortelle ou
laisser des incapacités définitives à ceux qui y survivent. Les infections moins sévères,
otite moyenne, sinusite ou bronchite, sont toutes beaucoup plus fréquentes que la
pneumonie ou la méningite, mais elles ne sont pas fatales en général.

Dans les pays en développement, les décès par infection à pneumocoque sont courants
chez les enfants de moins de 5 ans. Dans les pays industrialisés, c’est aussi le cas pour
les personnes âgées. On n’a pas encore bien quantifié dans les pays en développement
la contribution de la pneumococcie à la mortalité des personnes âgées.

Figure 2 : Formes courantes de pneumococcie

Sinusitis

Meningitis

Nasopharynx
Otitis
Media

Bacteremia Pneumonia

Pneumonia
Osteomyelitis,
Septic Arthritis

Rhinopharynx SinusiteMay 2002


O’Brien K, ISPPD-3, Méningite Otite moyenne Bactériémie
Pneumonie Ostéomyélite, arthrite septique

1.3 Transmission
Le pneumocoque se transmet par le biais des sécrétions respiratoires des personnes
porteuses de la bactérie dans leur nez ou leur gorge.

6
1.4 Diagnostic
Il peut être difficile d’établir si une infection à pneumocoque est à l’origine des
symptômes d’un patient parce que, même dans les cas authentiques de pneumococcie,
les échantillons prélevés ne permettent pas souvent de mettre la bactérie en évidence.
Cela vaut particulièrement pour la pneumonie à pneumocoque car on ne peut pas
prélever d’échantillons sur le site véritable de l’infection (c’est-à-dire le poumon) et le
sang n’est également infecté que seulement dans une petite proportion des cas.
Néanmoins, les infections à pneumocoque sont normalement diagnostiquées par des
analyses de sang au laboratoire (recherche d’une bactériémie ou d’une pneumonie
bactériémique) ou, en cas de suspicion de méningite, en procédant à une ponction
lombaire, qui consiste à insérer une aiguille dans l’espace épidural pour prélever du
liquide céphalorachidien (LCR). Il est difficile de mettre le pneumocoque en culture au
laboratoire et la bactérie échappe souvent au diagnostic, même quand elle est en réalité
présente dans le sang ou dans le LCR.

1.5 Personnes les plus exposées au risque


Les enfants de moins de 5 ans, en particulier ceux qui ont moins de 2 ans, sont les plus
exposés au risque de développer une pneumococcie et d’en mourir. Les taux de létalité
peuvent atteindre 20 % pour la pneumonie, voire 50 % pour la méningite, dans les pays
en développement. Le fait de ne pas allaiter les enfants exclusivement au sein, les
carences nutritionnelles et la pollution de l’air à l’intérieur des habitations sont autant de
facteurs de risque de pneumonie, y compris à pneumocoque, pour le nourrisson et le
jeune enfant. Hormis la forte incidence chez l’enfant de moins de 2 ans, le risque de
pneumococcie augmente chez la personne âgée (>65 ans) et chez ceux qui ont une
consommation excessive de tabac et d’alcool. Le risque augmente aussi pour les s ujets
présentant des affections chroniques, comme des cardiopathies, des pneumopathies, du
diabète, une asplénie, une néphropathie chronique ou d’autres états entraînant une
déficience du système immunitaire, comme l’infection à VIH à un stade avancé. Une
infection préalable par le virus grippal est aussi un facteur de risque de pneumonie à
pneumocoque.

1.6 Traitement
On peut traiter les pneumococcies, pneumonie et méningite comprises, avec des
antibiotiques, en général l’amoxicilline. Dans de nombreux pays cependant, des souches
deviennent résistantes à certains des antibiotiques administrés couramment. Pour traiter
ces infections à pneumocoque résistant, on utilise alors des antibiotiques plus coûteux.

1.7 Justification de la vaccination


Le risque de pneumococcie grave reste élevé pendant les 24 premiers mois de la vie.
Ces infections s’associent alors à une forte mortalité, notamment si on ne dispose pas à
temps d’un traitement antibiotique. La vaccination permet d’éviter une part substantielle
de la mortalité et de la morbidité, en particulier chez les populations mal desservies dans
les pays pauvres.

7
2. Vaccin antipneumococcique conjugué
2.1 Description
Le vaccin antipneumococcique conjugué est composé de glucides (polyosides),
provenant de la capsule de Streptococcus pneumoniae, conjugués à une protéine
porteuse. À la différence du vaccin antipneumococcique polyosidique, le vaccin conjugué
protège les enfants avant l’âge de 2 ans contre les formes sévères de la maladie,
pneumonie, méningite et bactériémie. En revanche, il ne confère aucune protection
contre ces affections si elles sont provoquées par d’autres agents que le pneumocoque
ou d’autres sérotypes que ceux du vaccin. Il existe deux vaccins conjugués depuis 2009,
un à 13 valences (PCV13) et l’autre à 10 valences (PCV10). Le premier vaccin
antipneumococcique conjugué, à 7 valences, n’est plus utilisé.

2.2 Calendrier de la vaccination par le PCV


Pour l’administration de ce vaccin aux nourrissons, l’OMS recommande soit une
primovaccination par 3 doses (posologie 3p+0), soit une primovaccination par 2 doses
plus un rappel (posologie 2p+1). Pour choisir entre les deux, les pays doivent prendre en
compte les facteurs pertinents sur le plan local, comme la répartition de la maladie à
pneumocoque selon l’âge, la couverture vaccinale probable et le respect du calendrier
d’administration des doses.

Si la posologie 3p+0 est retenue, la vaccination peut être entreprise dès l’âge de
6 semaines avec un espacement des doses suivantes de 4 à 8 semaines, c’est-à-dire à 6,
10 et 14 semaines, ou bien à 2, 4 et 6 mois, en même temps que le vaccin pentavalent
(DTC-hépatite B-Hib) et le vaccin antirotavirus.

Si la posologie 2p+1 est retenue, les 2 doses de la primovaccination doivent de


préférence avoir été administrées avant l’âge de 6 mois, en commençant au plus tôt à
l’âge de 6 semaines et en respectant un intervalle minimum d’au moins 8 semaines entre
les deux (à partir de l’âge de 7 mois, un intervalle minimum de 4 semaines entre les deux
doses est acceptable), mais il ne faut épargner aucun effort pour commencer à vacciner
les enfants le plus tôt possible. La dose de rappel doit être administrée quand les enfants
ont entre 9 et 15 mois, éventuellement au même moment que le vaccin antirougeoleux et
la supplémentation en vitamine A.

Les enfants jusque-là non vaccinés ou incomplètement vaccinés (y compris ceux qui ont
eu une infection invasive à pneumocoque confirmée en laboratoire) doivent l’être en
appliquant la posologie appropriée selon l’âge. En cas d’interruption de la vaccination,
celle-ci est reprise en l’état sans administrer de nouveau la dose précédente.

Aux enfants non vaccinés âgés de 12 à 24 mois et à ceux âgés de 2 à 5 ans qui sont
exposés à un risque élevé d’infection à pneumocoque, on peut administrer deux doses
de rattrapage à un intervalle d’au moins 8 semaines.

2.2.1 Vaccination des enfants prématurés


Les nourrissons prématurés (c’est-à-dire nés avant 37 semaines de grossesse) doivent
être vaccinés par le PCV à l’âge chronologique recommandé en même temps que les
autres vaccinations systématiques, sauf pour les contre-indications décrites à la section
2.6.

2.2.2 Recommandations pour l’enfant immunodéficient


Indépendamment de la présence d’affections médicales sous-jacentes (par exemple les
enfants infectés par le VIH, drépanocytaires ou immunodéprimés pour toute autre raison),
le calendrier national d’administration du PCV doit être respecté. En fait, ces enfants ont
particulièrement besoin de ce vaccin car ils ont un risque élevé de contracter une

8
pneumococcie. On a prouvé que le PCV était sûr et bien toléré même chez les enfants
infectés par le VIH. Ceux-ci ont besoin d’une dose de rappel pour soutenir la protection.

2.3 Mesures à prendre pour garantir qu’un nourrisson soit bien vacciné dans les
temps
Il est important de saisir chaque occasion de vacciner à temps les enfants qui doivent
l’être. À chaque consultation des nourrissons au centre de santé, le dossier de
vaccination doit être examiné et il faut leur administrer tous les vaccins qu’ils doivent
recevoir. Il est également important d’organiser les séances de vaccination comme prévu
et de ne pas les différer ou les annuler.

Lorsqu’un nourrisson vient au centre de santé, son âge et sa situation vaccinale doivent
être déterminés avant de décider des doses vaccinales à fournir. Il est donc essentiel de
mettre en place un enregistrement précis sur les fiches de santé des enfants et de
rappeler aux parents les prochaines visites, ainsi que l’importance de respecter le
calendrier de vaccination dans son intégralité. Il faut aussi assurer le suivi des enfants en
cas de dépassement des dates de vaccination.

Les systèmes pour retrouver les enfants perdus de vue sont utiles aux agents de santé
qui, en collaboration avec les communautés, identifient ainsi les nourrissons à vacciner et
envoient des messages de rappel aux parents. Pour que cela soit efficace, il faut
rechercher régulièrement tous les mois les enfants perdus de vue. Dans de nombreux
pays, les agents de santé communautaires jouent un rôle essentiel pour mobiliser les
communautés pour la vaccination et retrouver ceux qui ont été perdus de vue.

2.4 Innocuité du PCV


Ce vaccin est relativement sûr et bien toléré ; les réactions indésirables sévères qu’on
peut lui attribuer sont extrêmement rares. Des effets secondaires bénins, comme des
douleurs sur le site d’injection ou une fièvre passagère ≥39oC, ont été signalés pour
moins de 5 % des sujets vaccinés. Il est important de noter que, comme on administre le
vaccin DTC-hépatite B-Hib en même temps que le PCV, à la même consultation, on ne
peut en général pas attribuer les réactions postvaccinales à l’un ou l’autre de ces deux
produits. Il faut donc rappeler aux parents que, même si ce vaccin a un excellent profil
d’innocuité, les effets secondaires susmentionnés peuvent se produire.

2.5 Effets secondaires courants du PCV


Des réactions locales ont été signalées pour 10 % à 20 % des enfants vaccinés avec ce
produit. Seulement 3 % d’entre elles environ ont été considérées comme sévères (par
exemple une douleur gênant la mobilité du bras ou de la jambe). Certains enfants
présentent aussi une fièvre passagère. Des réactions plus sévères sont extrêmement
rares.

2.6 Contre-indications
Le vaccin antipneumococcique ne doit pas être administré à toute personne ayant eu des
réactions allergiques sévères à une dose antérieure ou à un composant du vaccin, dont
l’anatoxine diphtérique. Les nourrissons modérément à sévèrement malades
(température ≥39°C) ne devraient pas être vaccinés avant que leur état ne s’améliore.
Les affections bénignes, comme les infections des voies respiratoires supérieures, ne
constituent pas une contre-indication et ces enfants doivent être vaccinés.

2.7 Modalités d’administration


Les vaccins antipneumococciques destinés aux nourrissons sont injectés par voie
intramusculaire (IM) à la dose de 0,5 ml. Ils peuvent être administrés en même temps
que d’autres vaccins du PEV. En revanche, le vaccin ne doit pas être mélangé avec

9
d’autres vaccins dans la même seringue. Si l’on administre deux injections lors de la
même séance de vaccination, elles doivent être pratiquées sur deux sites différents. Par
exemple, si l’on injecte le vaccin pentavalent dans la cuisse gauche, le PCV est alors
injecté dans la cuisse droite.

10
2.8 Résumé des informations sur le vaccin antipneumococcique conjugué
Maladies pouvant Pneumococcies, infections invasives (pneumonie, méningite,
être évitées grâce autres maladies invasives) et non invasives (otite moyenne,
au vaccin sinusite, bronchite), dues aux sérotypes vaccinaux.
Type de vaccin Vaccin conjugué polyosidique (adsorbé). Le PCV13 renferme
13 sérotypes.

Voie Injection intramusculaire (IM).


d’administration

Présentation et Flacon unidose en solution.


taille du flacon

Groupe d’âge ciblé Nourrissons (jusqu’à 12 mois).

Nombre de doses 3
nécessaires
Calendrier L’OMS recommande soit la primovaccination par 3 doses
(posologie 3p+0) à partir de l’âge de 6 semaines, soit la
primovaccination par 2 doses avant l’âge de 6 mois plus un
rappel à un âge compris entre 9 et 15 mois (posologie 2p+1).
Intervalle minimal et 4-8 semaines.
maximal entre deux
doses
Rappel On n’a pas encore déterminé s’il est nécessaire d’injecter une
dose de rappel après la primovaccination par 3 doses.
Contre-indications Hypersensibilité connue à une dose antérieure. Il ne faut pas
vacciner les nourrissons modérément ou sévèrement malades
(température ≥39°C) avant que leur état ne s’améliore.
Effets secondaires Réactions locales (rougeur, douleur, tuméfaction) et fièvre.
Administration L’administration concomitante avec d’autres vaccins du PEV
concomitante avec est possible, c’est-à-dire lors de la même consultation, mais
d’autres vaccins ou dans une seringue séparée et sur un autre site d’injection.
interventions
Taux de perte Pour le flacon unidose, taux maximum de 5 %.
selon la taille du
flacon
Conditions de 2°C-8°C. Ne pas congeler.
conservation :
sensibilité à la
chaleur et au froid
Volume du Présentation unidose : disponible en carton de 50 flacons. Le
conditionnement volume par dose est de 12 cm 3.
par dose
Durée probable de Selon les données disponibles, la protection dure au moins
la protection quatre à six ans chez l’enfant en bonne santé. Les enfants
porteurs du VIH pourront avoir besoin d’une dose de rappel
pour maintenir la protection.
Type de pastille de Type 30, c’est-à-dire que ce vaccin est assez stable à
contrôle du vaccin température élevée.

Méthode proposée Surveillance par réseau sentinelle des infections invasives à


ou recommandée pneumocoque (IIP).
de surveillance et
de suivi

11
3. Administration sécuritaire du vaccin
3.1 Aspect physique de l’emballage et du vaccin

Figure 3 : Présentation du conditionnement

Figure 4 : Présentation du vaccin

3.2 Conservation du vaccin

Le PCV doit être conservé et transporté à une température comprise entre 2 oC et 8oC.
Les vaccins liquides, vaccin antipneumococcique compris, ne doivent pas être gelés, car
ils perdent alors leur activité et ne confèrent plus aucune protection. Des vaccins qui ont
gelé peuvent également provoquer des « abcès aseptiques ».

En cas de doute, on peut procéder à un « test d’agitation » pour vérifier si ces vaccins ont
subi le gel.
Pour en savoir plus sur ce test, voir la vidéo pédagogique à ce sujet Step by Step Shake
Test-educational video (durée : 00:10:07), disponible sur : http://vimeo.com/8389435.

3.3 Préparation et administration du vaccin


1. Vérifier tout d’abord le statut vaccinal de l’enfant et l’existence éventuelle d’une
contre-indication (voir la section 2.6).
2. Sortir le vaccin du réfrigérateur et le retirer du conditionnement.
3. Vérifier la validité en contrôlant la date de péremption.

12
4. Vérifier la pastille de contrôle du vaccin sur le flacon. Hormis le gel, l’exposition à la
chaleur peut également diminuer l’activité du vaccin, de sorte qu’il faut le protéger du
chaud et de l’exposition au soleil.

Figure 5 : Lecture de la pastille de contrôle

Carré plus clair que le cercle qui l’entoure. Si la


Point de départ date de péremption n’est pas dépassée, UTILISER
le vaccin.
Carré de la même couleur que le cercle qui
Point de virage
l’entoure. NE PAS utiliser le vaccin.

Point de virage Carré plus foncé que le cercle qui l’entoure. NE


dépassé PAS utiliser le vaccin.

5. Inspecter le vaccin pour voir s’il n’est pas gelé. S’il y a un risque qu’il a pu être
congelé à un moment ou un autre, préparer et faire un « test d’agitation » pour
déterminer si le produit a été abimé par le gel. Il faudra peut-être arracher l’étiquette
pour voir les résultats du test. Si le vaccin ne passe pas avec succès le test
d’agitation, il doit être jeté.
6. Prélever 0,5 ml avec une seringue autobloquante neuve.
7. Administrer le vaccin en l’injectant par voie intramusculaire (IM) dans la cuisse
gauche/droite du nourrisson (vérifier les directives nationales).
8. Tout matériel d’injection usagé doit être mis dans une boîte de sécurité (sans avoir
remis le capuchon) immédiatement après l’utilisation. Se débarrasser des boîtes de
sécurité remplies en respectant les directives nationales en la matière.
9. Enregistrer la dose administrée sur la feuille de comptage, la fiche de vaccination, le
registre de vaccination et tout autre document ou endroit requis par les directives
locales.
10. Informer la personne qui s’occupe de l’enfant des vaccins administrés, des effets
secondaires pouvant se produire et de ce qu’il faut faire.
11. Rappeler les messages conseillant d’aller consulter en cas de pneumonie, l’enfant
pouvant, malgré la vaccination, contracter cette maladie avec d’autres agents
pathogènes.
12. Rappeler à l’adulte de ramener l’enfant pour la dose suivante et lui donner la date à
laquelle celle-ci doit être administrée.

3.4 Gestion sécuritaire des déchets


Les déchets pointus ou tranchants peuvent provoquer de graves problèmes pour la santé
et l’environnement. Leur élimination sans précaution peut entraîner la propagation des
mêmes maladies que l’on essaie d’éviter. En laissant traîner n’importe où des seringues
et des aiguilles usagées, on fait courir un risque à la communauté. Le plus souvent, les
malheureux qui se blessent en se piquant avec des aiguilles jetées n’importe comment
sont des enfants et des agents de santé.

Les boîtes de sécurité, des conteneurs étanches qui résistent à la perforation, servent à
éliminer sans danger les seringues, les aiguilles usagées et tout autre objet pointu ou
tranchant contaminé. Les vaccinateurs doivent y mettre toutes les aiguilles et les
seringues immédiatement après avoir administré le vaccin et sans remettre de capuchon.
Ils scellent ensuite avec un ruban adhésif la boîte presque plei ne (c’est-à-dire pleine aux
trois quarts au maximum) puis l’entreposent dans un endroit sûr jusqu’à ce qu’ils puissent
s’en débarrasser en appliquant les directives nationales en la matière.

13
Figure 6 : Boîte de sécurité

3.5 Enregistrement des doses administrées


Les vaccins antipneumococciques administrés aux nourrissons doivent être enregistrés
de la même manière que les autres vaccins du programme.

Les principaux outils utilisés pour les activités de vaccination doivent être adaptés pour
intégrer le vaccin antipneumococcique. Au niveau de la prestation du service, ces outils
sont les suivants :
1. Fiche de vaccination ou de santé de l’enfant
2. Feuille de comptage
3. Registre
4. Registre des enfants perdus de vue
5. État des stocks
6. Rapport mensuel intégré

3.6 Calcul de la couverture du PCV


Pour compiler les données sur la couverture, dresser la liste de chaque zone
géographique ou communauté desservie par l’établissement de santé et la population
ciblée de nourrissons de moins d’un an. Écrire ensuite le nombre de doses vaccinales
administrées dans le groupe d’âge ciblé au cours des 12 mois précédents. Pour calculer
la couverture pour l’année en cours, diviser le nombre total de vaccinations administrées
dans les douze mois précédents par la population ciblée.
Formule à appliquer :
Couverture annuelle de la troisième dose de PCV

Nombre de nourrissons de moins d’un an


recevant la 3 e dose de PCV
Couverture en pourcentage
de la 3 e dose de PCV = X 100
Population ciblée de nourrissons de
moins d’un an ou naissances vivantes

Un graphique de surveillance de la couverture montrant les doses administrées et les


taux d’abandon est un outil simple et efficace pour contrôler les progrès et comparer les
doses administrées par rapport au nombre de nourrissons devant être vaccinés. Ce
graphique permet de suivre chaque mois et pendant toute l’année les progrès accomplis
dans la vaccination des nourrissons de moins d’un an. Il aide aussi à déterminer si la
population ciblée bénéficie de la série complète des vaccins ou abandonne en cours de
route. Les agents de santé devraient être formés pour savoir comment établir les
graphiques de surveillance, interpréter les résultats et prendre des mesures. Les
superviseurs devraient toujours vérifier ces graphiques et les autres documents pouvant
les aider dans leur activité et assurer, si nécessaire, une formation pratique.

14
Figure 7 : Graphique de surveillance pour suivre la couverture du PCV et les
enfants perdus de vue

3.7 Notification des manifestations postvaccinales indésirables (MAPI)


Définition de la manifestation postvaccinale indésirable (MAPI) : tout problème médical
survenant après la vaccination, sans avoir nécessairement de relation de cause à effet
avec l’administration du vaccin. Il peut s’agir d’une manifestation défavorable ou non
voulue, d’un résultat de laboratoire anormal, d’un symptôme ou d’une maladie.

Il est important de fournir aux établissements de santé des procédures écrites indiquant
aux agents de santé comment traiter et notifier les cas de MAPI. Les MAPI devant être
signalées immédiatement au responsable compétent par téléphone portable dès la
détection par un agent de santé sont les suivantes :
1. Tout événement de MAPI grave (entraînant la mort, compromettant la survie,
nécessitant l’hospitalisation du patient ou prolongeant celle-ci, ou entraînant un
handicap ou une incapacité persistante ou importante) ;
2. Les signes ou événements évocateurs d’un nouveau lien potentiel de cause à
effet avec le vaccin antipneumococcique conjugué et ne figurant pas dans les
sections 2.4 et 2.5 de la notice d’emballage ;
3. Les MAPI pouvant avoir été provoquées par une erreur à la vaccination ;
4. Des événements significatifs de cause inexpliquée survenant dans les 30 jours
après la vaccination par le PCV ;
5. Des événements provoquant une inquiétude importante des parents ou de la
communauté.

Bien que les manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) graves dues au PCV
lui-même soient extrêmement rares, la survenue fortuite d’une MAPI grave et la

15
couverture sensationnaliste des médias peuvent sérieusement compromettre les activités
de vaccination. Les administrateurs doivent donc planifier à l’avance une stratégie de
communication spécifique sur les manifestations postvaccinales indésirables, de façon à
ce que le programme soit prêt à réagir en cas de problème. On peut consulter les
fréquences des MAPI après l’administration du vaccin antipneumococcique sur :
http://www.who.int/vaccine_safety/initiative/tools/Pneumococcal_Vaccine_rates_informati
on_sheet.pdf (uniquement disponible en anglais).

Il est important de communiquer sur le risque pour établir la confiance du public. Pour
cela, il faut fournir des informations sur les effets secondaires possibles dans les
matériels d’information, d’éducation et de communication (IEC) et en dialoguant avec les
parents et les communautés. La connaissance des effets secondaires possibles par les
agents de santé et les parents facilite aussi leur reconnaissance et leur traitement
précoce, ce qui peut en atténuer les conséquences. Une réponse insuffisante face à un
effet indésirable réel ou supposé peut rapidement entraîner une perte de confiance que
l’on peut mettre des années à restaurer. Comme la nature exacte de la crise potentielle
est en général imprévisible, il n’est pas possible d’élaborer à l’avance un plan spécifique
adapté à un ou à des événements en particulier. En revanche, lorsqu’on établit à l’avance
un plan de préparation à une crise concernant la sécurité d’un vaccin, il est possible
d’envisager les aspects suivants :
 comités sur les MAPI au niveau national et/ou infranational donnant des
indications sur la notification des MAPI à tous les niveaux, veillant au maintien de
la politique et des normes nationales, assurant des investigations promptes et
minutieuses sur les MAPI graves et expliquant qui contacter, quand, comment et
où le faire en cas d’une crise de sécurité concernant un vaccin ;
 désignation préalable de porte-parole respectés à tous les niveaux pour éviter des
messages contradictoires provenant de différentes sources ;
 définition claire des canaux de communication avec les différents médias ;
 engagement avec des faiseurs d’opinion et des autorités traditionnelles crédibles
pour battre en brèche les idées fausses et les rumeurs ;
 formation des agents de santé à la communication avec le public concernant les
inquiétudes liées aux MAPI et à l’innocuité des vaccins ;
 élaboration d’un plan d’action avec des rôles bien définis pour les partenaires du
programme de vaccination.
Pour trouver des informations complémentaires, consulter : http://www.vaccine-safety-
training.org/detection-and-reporting.html.

3.8 Messages essentiels à l’intention des parents


1. La pneumonie et la méningite (l’infection des membranes recouvrant le cerveau)
comptent parmi les causes les plus courantes de mortalité et d’incapacité chez les
enfants.
2. Les vaccins peuvent aider à diminuer considérablement le risque que votre enfant
contracte la pneumonie et la méningite.
3. Les vaccins conjugués contre le Hib et le pneumocoque (regroupés sous la
dénomination PCV pour abréger) sont très sûrs et efficaces et confèrent une
protection contre les deux bactéries les plus courantes et les plus graves à l’origine
de la pneumonie et de la méningite chez l’enfant.
4. Les enfants ayant été vaccinés contre le pneumocoque peuvent encore contracter
des pneumonies ou des méningites dues à d’autres agents pathogènes, mais elles
surviennent moins fréquemment chez les enfants vaccinés.

16
5. Le traitement précoce de la pneumonie et de la méningite permet d’éviter des
complications graves et le décès, même chez les enfants qui ont eu tous leurs
vaccins. Amenez immédiatement votre enfant à un professionnel de santé qualifié
pour qu’il soit examiné et traité éventuellement en cas de forte fièvre, de raideur de la
nuque ou de respiration difficile ou accélérée.
6. En plus de la vaccination, il faut appliquer des mesures supplémentaires pour
protéger les enfants de la pneumonie : alimentation suffisante, allaitement exclusif au
sein, diminution de la pollution de l’air à l’intérieur des habitations (en gardant les
enfants à l’écart de la fumée des poêles et réchauds), vaccination, notamment par le
vaccin DTC/pentavalent et le vaccin antirougeoleux.
7. Si votre enfant présente une toux sévère, des difficultés respiratoires ou toute autre
maladie grave, il faut toujours l’amener immédiatement à un professionnel de santé
qualifié pour qu’il soit examiné. Le traitement précoce de la pneumonie peut éviter
des complications graves et la mort. C’est également vrai pour les enfants ayant eu
tous leurs vaccins.
8. Il est important d’amener votre enfant au poste de vaccination le plus proche pour
qu’il soit plus facile d’y revenir en cas d’effets secondaires imprévus et pour les
vaccinations ultérieures nécessaires. Cela permet aussi aux agents de santé de
suivre plus facilement avec les accompagnants les doses qui ont été éventuellement
manquées. Si, cependant, vous ne vous trouvez pas à votre domicile habituel, vous
devez quand même faire vacciner votre enfant quand il le faut, même si c’est dans un
autre poste de vaccination.
9. Ces dernières années, le vaccin antipneumococcique a été administré à des millions
d’enfants et il est très sûr. Certains présenteront des effets secondaires bénins,
comme une douleur ou une tuméfaction au niveau du site d’injection et de la fièvre,
mais leur état s’améliore en général rapidement.
10. Le vaccin antipneumococcique sera administré en même temps que les vaccins déjà
programmés comme le DTC-hépatite B-Hib (vaccin pentavalent), le vaccin antirotavirus
ou le VPO et il n’y a donc pas besoin d’une consultation supplémentaire pour ce vaccin.
11. Avantages d’administrer plusieurs injections le même jour :
a. Les accompagnants n’ont pas à revenir trop vite pour une autre injection.
b. Les enfants seront bien protégés.
c. Les enfants n’éprouveront de la douleur ou d’autres effets secondaires
qu’une seule fois.

17
4. Une approche intégrée pour sauver des vies : Le cadre
de « protection, prévention et traitement » pour la
pneumonie et la diarrhée
Les partenaires, les milieux universitaires, les ONG, les gouvernements, les
communautés et les agents de santé eux-mêmes reconnaissent que la coordination est
la clef pour lutter le plus efficacement possible contre la pneumonie et la diarrhée. Elles
ont en commun les mêmes déterminants et aussi les mêmes stratégies de lutte et
systèmes de prestation des services. Dans les deux cas, de multiples agents pathogènes
peuvent en être la cause et aucune intervention ne peut à elle seule réussir à résoudre
aucun des deux problèmes. La plupart des mesures requises sont communes aux deux
maladies.

Le but de mettre fin aux décès d’enfants imputables à la pneumonie et à la diarrhée


d’ici 2025 est l’élément motivant le Plan d’action mondial intégré OMS/UNICEF pour
prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée (GAPPD). 1 Ce plan définit les
possibilités de mieux intégrer les activités et de saisir les synergies et les gains
d’efficacité. Il envisage les diverses interventions de lutte contre la pneumonie et contre
la diarrhée de l’enfant de moins de cinq ans selon trois axes :

 Protection de l’enfant par la mise en place et la promotion de pratiques favorables


à la santé ;
 Prévention de l’apparition de la pneumonie et de la diarrhée chez l’enfant grâce à
une couverture universelle de la vaccination, à la prévention du VIH et à des
environnements favorables à la santé ;
 Traitement de l’enfant souffrant de pneumonie et de diarrhée en lui prodiguant le
traitement approprié.
Figure 1: Complémentarité des interventions contre la pneumonie et la diarrhée

1
OMS/UNICEF. 2013. Ending Preventable Child Deaths From Pneumonia and Diarrhoea by 2025: The integrated Global
Action Plan for Pneumonia and Diarrhoea (GAPPD) (Résumé d’orientation en français). Disponible sur :
http://www.who.int/maternal_child_adolescent/news_events/news/2013/gappd_launch/en/ (consulté le 25 juillet, 2013).

18
Ces 20 dernières années, les recherches portant sur les interventions spécifiques contre
la pneumonie et la diarrhée ont montré l’efficacité des interventions et activités suivantes
(voir l’annexe 1 pour plus de détails) :

 L’allaitement exclusif au sein pendant 6 mois, puis sa poursuite avec une alimentation
complémentaire adéquate, réduisent le nombre et la gravité des épisodes de diarrhée
et de pneumonie.

 La supplémentation préventive en vitamine A réduit la mortalité toutes causes


confondues et la mortalité spécifiquement due à la diarrhée chez les enfants âgés de
6 à 59 mois.

 Il faut vacciner contre Streptococcus pneumoniae (Spn) (vaccin antipneumococcique


conjugué – PCV), Haemophilus influenza type b (Hib), le rotavirus, la rougeole et la
coqueluche.

 L’application de directives simples, standardisées pour identifier et traiter les cas de


pneumonie et de diarrhée dans la communauté, dans les établissements de santé au
premier niveau et dans les hôpitaux de recours, comme celles pour la prise en charge
intégrée des maladies de l’enfant (PCIME), diminue sensiblement le nombre des
décès d’enfants.

 Les sels de réhydratation orale (SRO), et plus spécialement les formulations à faible
osmolarité, et les suppléments de zinc sont des traitements de la diarrhée de l’enfant
qui ont fait leur preuve et sauvent des vies.

 Les activités innovantes pour créer une demande sont importantes pour obtenir des
changements de comportement et inscrire dans la durée les pratiques de prévention.

 Les interventions sur l’eau, l’assainissement et l’hygiène, dont l’accès à l’eau potable
et à l’assainissement, ainsi que la promotion des règles d’hygiène essentielles (par
exemple le lavage des mains avec du savon), sont efficaces.

 On a montré que la diminution de la pollution de l’air à l’intérieur des habitations par


l’amélioration des poêles et réchauds réduit l’incidence de la pneumonie sévère. Des
sources d’énergie plus sûres et plus efficientes à domicile évitent les brûlures,
économisent du temps et de l’argent et contribuent à améliorer les perspectives de
développement.

Bien que toutes ces interventions forment la base des soins de santé primaires (SSP), on
observe que, dans de nombreux endroits, elles ne sont pas toujours développées
ensemble pour en tirer le meilleur parti. Les interventions proposées dans le GAPPD ne
sont pas nouvelles mais leur application à une échelle suffisante supposera davantage
d’efforts et une meilleure coordination.

Cette approche globale repose sur l’objectif du Millénaire pour le développement visant à
réduire la mortalité de l’enfant (OMD4) et a des liens avec celui-ci, sans oublier la mise
en œuvre fructueuse de la Stratégie mondiale des Nations Unies pour la santé des
femmes et des enfants, avec notamment Every Woman, Every Child, la Commission des
Nations Unies sur les produits d’importance vitale, le Plan d’action mondial pour les
vaccins (GVAP) et l’engagement en faveur de la survie de l’enfant, une promesse
renouvelée.

19
Annexe 1 : Baisses avérées de la morbidité et de la
mortalité imputables à la pneumonie et à la diarrhée
grâce à certaines interventions

Interventions pour la protection

Allaitement exclusif au sein pendant Baisse de 23 % de l’incidence de la pneumonie (1) ; multiplication par
6 mois 10,5 du risque de mourir de diarrhée et par 15,1 du risque de mourir de
pneumonie si l’enfant n’est pas allaité au sein pendant les 6 premiers
mois (2) ; les autres formes d’allaitement s’associent à une augmentation
de 165 % de l’incidence de la diarrhée chez les nourrissons âgés de 0 à
5 mois (3) ; l’allaitement non exclusif au sein entraîne, pour la diarrhée,
un risque supplémentaire d’incidence (RR 1,26-2,65), de prévalence
(RR 2,15-4,90), de mortalité (RR 2,28-10,52), et de mortalité toutes
causes confondues (RR 1,48-14,40) chez les nourrissons de 0 à 5 mois (4)
Poursuite de l’allaitement au sein de Risque 2,8 fois plus élevé de mourir de diarrhée si l’enfant n’est pas
6 à 23 mois allaité au sein (2) ; augmentation de 32 % de l’incidence de la diarrhée
chez les nourrissons de 6 à 23 mois qui ne sont pas allaités au sein (3) ;
risque supplémentaire d’incidence de la diarrhée (RR 1,32) chez les
nourrissons de 6 à 11 mois qui ne sont pas allaités au sein et risque
supplémentaire de prévalence de la diarrhée (RR 2,07), de mortalité (RR
2,18) et de mortalité toutes causes confondues (RR 3,69) chez les
nourrissons de 6 à 23 mois qui ne sont pas allaités au sein (4)
Alimentation complémentaire Baisse de 6 % du nombre total de décès d’enfants, y compris par
adéquate pour les enfants de 6 à 23 pneumonie et diarrhée (5)
mois, avec des apports suffisants en
micronutriments
S upplémentation (préventive) en Baisse de 23% de la mortalité toutes causes confondues (6a) et de 30 %
vitamine A de la mortalité spécifiquement due à la diarrhée (6b) chez les enfants de
6 à 59 mois

Interventions pour la prévention

Vaccination contre la rougeole, la Le vaccin contre le Hib réduit de 18 % le nombre de pneumonies


coqueluche, le pneumocoque, le Hib et confirmées à la radiologie (7) ; pour le PCV, la baisse de l’incidence des
le rotavirus pneumonies objectivées à la radiologie est de 23 à 35 % (1) ; baisse de
74 % des infections très sévères à rotavirus (8) ; efficacité potentielle du
PCV de 30 % pour faire baisser la mortalité globale de l’enfant par
pneumonie (9)
Prévention du VIH chez l’enfant Baisse de 2 % sur l’ensemble des décès d’enfants (5)
Prophylaxie au cotrimoxazole pour les Baisse de 33 % du nombre des décès dus au sida (10)
enfants infectés par le VIH
Lavage des mains au savon Baisse de 31 % du risque de diarrhée (11) ; baisse de 48 % du risque de
diarrhée (2)
Assainissement amélioré Baisse de 36 % du risque de diarrhée (2)
Augmentation de la quantité d’eau Baisse de 17 % du risque de diarrhée (sachant qu’une quantité minimale
d’au moins 25 litres par personne et par jour est recommandée) (11)
Traitement de l’eau à domicile et Baisse de 31 à 52 % du risque de diarrhée (peut être encore plus grande
bonne conservation (pour garantir lorsque la mesure est appliquée de manière correcte et exclusive dans des
qu’elle soit potable) populations vulnérables) (3, 12)

Réduction de la pollution de l’air à La diminution de moitié de l’exposition à la pollution de l’air à l’intérieur


l’intérieur des habitations grâce à des des habitations au moyen d’un poêle à cheminée réduit de 33 %
poêles et réchauds faisant moins l’incidence des pneumonies sévères (13) ; selon d’autres données
d’émissions et/ou des combustibles factuelles, des diminutions importantes de l’exposition pourraient réduire
plus propres davantage le risque (14)

Interventions pour le traitement

Prise en charge en établissement de Baisse de 29 à 45 % du taux de létalité (1) ; baisse de 6 % de l’ensemble


santé des cas de pneumonie très des décès d’enfants (5) ; baisse de 90 % des décès néonatals imputables à
sévères et des groupes vulnérables : la pneumonie avec une prise en charge hospitalière (15)
nouveau-nés, enfants infectés par le
VIH ou souffrant de malnutrition

20
Développement de l’accès aux soins Ce moyen de prise en charge entraîne une baisse de 70 % de la mortalité
adaptés au moyen de la prise en par pneumonie (16) ; baisse de 35 % de la mortalité de l’enfant par
charge communautaire des cas de pneumonie (16) ; Baisse de 93 % de la mortalité des moins de 5 ans due à
pneumonie et de diarrhée la diarrhée avec une prise en charge communautaire au moyen des SRO
et du zinc (17) ; Baisse de 42 à 75 % de la mortalité néonatale due à la
pneumonie (15)
S RO Les SRO réduisent de 69 % la mortalité par diarrhée avec la couverture
actuelle ou de 93 % avec une couverture de 100 % (17)
Zinc Baisse de la mortalité par diarrhée de 23 % avec l’administration de
zinc (18) ; baisse de 14 à 15 % de l’incidence de la pneumonie ou de la
diarrhée (1)

21
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