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LISTERIA

Les bactéries du genre Listeria, notamment Listeria monocytogenes, sont des agents pathogènes responsables d'infections graves, surtout chez les personnes âgées et les femmes enceintes, souvent transmises par des aliments contaminés. Elles possèdent des facteurs de virulence qui leur permettent de traverser diverses barrières biologiques, entraînant des complications comme la méningite. Le traitement repose sur l'antibiothérapie, et des mesures de prévention sont cruciales pour limiter les épidémies.

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Les bactéries du genre Listeria, notamment Listeria monocytogenes, sont des agents pathogènes responsables d'infections graves, surtout chez les personnes âgées et les femmes enceintes, souvent transmises par des aliments contaminés. Elles possèdent des facteurs de virulence qui leur permettent de traverser diverses barrières biologiques, entraînant des complications comme la méningite. Le traitement repose sur l'antibiothérapie, et des mesures de prévention sont cruciales pour limiter les épidémies.

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 90-05-0210-A

Listeria
A. Leclercq, C. Charlier-Woerther, S. Kayal

Les bactéries appartenant au genre Listeria sont des petits bacilles à Gram positif non sporulés, non
capsulés et très répandus dans l’environnement. Listeria monocytogenes est responsable d’infections
sporadiques chez l’adulte surtout de plus de 65 ans ainsi que la femme enceinte, et parfois épidémiques
chez l’homme et les autres espèces animales. Classiquement, la porte d’entrée est digestive, faisant suite à
l’ingestion d’un aliment contaminé. La bactérie est alors capable d’envahir et de survivre à l’intérieur des
cellules grâce à de nombreux facteurs de virulence. Sa physiopathologie se caractérise par sa capacité
à traverser les barrières intestinale, placentaire et hématoencéphalique pour provoquer une infection
systémique et se disséminer vers le système nerveux central et le placenta. Devant une listériose, le
pronostic vital immédiat est péjoratif et, en cas de survie, les patients peuvent présenter d’importantes
séquelles neurologiques suite à une méningite ou une encéphalite. L’antibiothérapie de référence associe
amoxicilline et gentamicine, ou en cas d’allergie le triméthoprime-sulfaméthoxazole.
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Mots-clés : Listeria monocytogenes ; Bactériémie ; Méningites ; Formes maternonéonatales ; Aliment

Plan ■ Sensibilité aux agents antimicrobiens et traitement 9


Sensibilité 9
■ Introduction 1 Traitement de la listériose 9
■ Mesures de prévention 9
■ Genre Listeria et Listeria monocytogenes 2
Morphologie et caractères culturaux 2 ■ Conservation des souches 9
Caractères d’identification et taxonomie 2
■ Épidémiologie 2
Sources 2
Rôle des aliments 2  Introduction
Épidémiologie de la listériose humaine 3
Épidémiologie moléculaire de Listeria monocytogenes 3 Listeria monocytogenes (L. monocytogenes) a été décrite pour
■ Physiopathologie 4 la première fois en France en 1918 par Dumont et Cotoni
Facteurs de virulence : une stratégie adaptée à la survie qui réalisèrent l’isolement d’une bactérie inconnue du liquide
intracellulaire 4 cérébrospinal (LCS) d’un soldat italien des tranchées atteint de
Physiopathologie du processus infectieux 5 méningite [1, 2] . Murray isola en 1924 sur de jeunes lapins atteints
d’une mononucléose sanguine une bactérie nommée Bacterium
■ Formes cliniques humaines 5
monocytogenes [3] . En 1927, Pirie isola sur des gerbilles mortes une
Listérioses non invasives 5
bactérie nommée Listerella hepatolytica [4] . Envoyées à la Natio-
Listérioses invasives 5
nal Type Collection (Institut Lister, Londres), ces deux bactéries
Autres formes cliniques 6
étaient en réalité la même et elle fut nommée Listerella monocyto-
■ Diagnostic de listériose en microbiologie clinique 6 genes. Ce n’est qu’en 1940 que le nom de Listeria monocytogenes
Prélèvements 6 fut donné à cette bactérie pour rendre hommage à Lord Lis-
Examen direct 6 ter, chirurgien anglais pionnier de l’asepsie et par référence à la
Culture 7 mononucléose observée chez les patients. D’une simple zoonose
Identification phénotypique 7 touchant les lapins, elle devient une anthropozoonose avec les
Identification protéomique par spectrométrie de masse travaux de Seeliger en Allemagne, montrant l’importance de la lis-
(« matrix assisted laser desorption/ionization-time of tériose en pathologie humaine [2] . Pendant de nombreuses années,
flight »[MALDI-TOF] MS) 7 l’origine de la contamination de l’homme semblait être le contact
Identification génomique par séquençage d’amplimères 7 avec les animaux infectés puis un doute apparut avec les premières
Sérotypage 7 épidémies décrites en Allemagne en 1960 et 1966 puis en France
Détection par méthodes basées sur la « polymerase chain en 1975–1976 [5] . La première démonstration du rôle majoritaire
reaction » 9 des aliments dans sa transmission fut établie en 1981 par Schlech
Diagnostic sérologique 9 et al. lors d’une épidémie au Canada faisant 41 malades, dont 17

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Volume 12 > n◦ 4 > octobre 2017
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90-05-0210-A  Listeria

décès, suite à la consommation d’une salade de chou [6] . Ce patho-


gène alimentaire touchant l’homme et les animaux est impliqué  Épidémiologie
à ce jour dans plus d’une centaine d’épidémies au niveau mon-
dial [7, 8] , et possède les taux de létalité et d’hospitalisation les plus Sources
élevés parmi les bactéries d’origine alimentaire [9, 10] . Les Listeria sont des bactéries ubiquistes largement répandues
dans l’environnement, où elles vivent à l’état saprophytiques et
en adaptant leur patrimoine génétique à cet environnement par-
 Genre Listeria et Listeria fois hostile [17] . Malgré l’absence de spore, mais présence de forme
de résistance comme les formes L, elles sont parfaitement adap-
monocytogenes tées à leur environnement, et sont capables de croître dans des
conditions variables de température, de pH (4–9,6) et de sali-
Morphologie et caractères culturaux nité [18] . Elles peuvent donc survivre de 1 à 2 ans dans le sol et
Les bactéries appartenant au genre Listeria peuvent jusqu’à 12 ans dans des environnements de productions agroali-
apparaître sous forme de petits bacilles à Gram positif mentaires au niveau des anfractuosités du sol, dans des siphons
(0,4–0,5 ␮m × 0,5–2 ␮m) non sporulés, non capsulés, de ou tuyauteries ou des éléments de réfrigérateur ou de pièces réfri-
forme régulière, courte, à bords parallèles et à bouts arrondis avec gérées [19] . Une cuisine de centre hospitalier a été contaminée
parfois un arrangement en « palissade » pouvant faire évoquer en France durant 3 ans au niveau de son environnement par la
des corynébactéries, ou en courtes chaînettes [2] . Dans les produits même souche provoquant des cas humains récurrents. Cepen-
pathologiques, elles peuvent prendre l’aspect de bacilles allongés dant, L. monocytogenes ne se multiplie pas ou très peu dans le
et filamenteux, comme d’ailleurs dans les colorations de Gram sol ou les végétaux [20] . Du sol, elles peuvent contaminer les
réalisées sur des cultures âgées. Elles sont normalement mobiles cultures maraîchères ou les végétaux pour l’alimentation des ani-
au moyen de flagelles, à température ambiante. maux de rente. On la retrouve dans divers réservoirs naturels
Leur respiration est de type anaérobie facultatif. La tempé- comme l’eau, le sol et les plantes en décomposition ou non qui
rature optimale de croissance est comprise entre 30 et 37 ◦ C, peuvent être contaminés par des mammifères porteurs sains qui
mais elles peuvent survivre de 0 à 45 ◦ C [11] . Il s’agit d’une bac- excrètent L. monocytogenes dans les fèces ou le lait. La gamme
térie psychrotrophe qui peut donc vivre à la température des d’hôtes de L. monocytogenes s’étend des mammifères, aux oiseaux,
réfrigérateurs ménagers. Elle est aussi halotolérante puisqu’elle aux poissons, aux crustacés et aux insectes [21] . Chez l’homme,
peut vivre dans les saumures utilisées dans les productions fro- on estime à 5 %, d’après des études anciennes, les porteurs sains
magères ou de jambons. Sur gélose nutritive trypticase-soja, les de L. monocytogenes dans la population générale [2] . Cette notion
colonies de Listeria sont de type Smooth (S), convexes à bords régu- de porteurs sains est assez importante en médecine du travail
liers et translucides. Elles s’élargissent en s’opacifiant au bout de lorsqu’il ne reste plus dans l’investigation par les services des
48 heures de culture. En transillumination oblique, les colonies autorités compétentes que le personnel d’une industrie agroali-
présentent une coloration bleu-vert caractéristique. Sur gélose au mentaire qui puisse être la cause de la contamination des aliments.
sang (mouton ou cheval), l’espèce L. monocytogenes présente une Cependant, il est difficile d’apprécier entre un porteur sain, un
bêtahémolyse, comme Listeria ivanovii, mais avec une plus faible porteur transitoire ayant consommé un aliment contaminé et
zone d’hémolyse. un malade atteint d’une gastroentérite à L. monocytogenes. Le
réfrigérateur domestique constitue un environnement favorable
à la prolifération de L. monocytogenes, surtout en présence de
Caractères d’identification et taxonomie matières organiques et en cas de mauvais nettoyage. Ainsi, dans
5 % des enquêtes réfrigérateurs réalisées chez les patients atteints
La réaction de la catalase est positive (sauf pour de rares souches de formes neuroméningées, on retrouve des souches similaires à
de L. monocytogenes) et le test de l’oxydase est négatif. Elles fer- celles du patient [22] .
mentent le glucose, ne réduisent pas les nitrates, hydrolysent Parmi les animaux, on la retrouve principalement chez les
rapidement l’esculine, mais ne produisent pas d’indole, ni de mammifères domestiques qui se contaminent le plus souvent par
sulfure d’hydrogène (H2 S), et ne sont pas capables d’hydrolyser l’intermédiaire d’ensilages ou de foins enrubannés de mauvaise
l’urée. L. monocytogenes est très résistante aux sels biliaires, ce qui qualité (abaissement du pH et température excessive du milieu
lui confère la possibilité de croître dans ces derniers chez l’homme extérieur) qui permettent le développement de L. monocytogenes.
comme dans la vésicule biliaire [12] . En cas d’urgence, l’hydrolyse Les aliments dérivés de ces animaux contaminés comme le lait ou
rapide de l’esculine en 2 ou 3 heures est un bon test présomptif la viande peuvent ainsi contaminer l’homme (Fig. 1).
de Listeria [13] .
Souvent confondue avec une bactérie corynéforme d’après
sa morphologie, dans les phylogrammes obtenus à partir des Rôle des aliments
séquences de l’acide désoxyribonucléique ribosomal (ADNr) 16S,
elle se positionne dans la branche des Clostridium, Staphylococcus, Au niveau alimentaire, les denrées les plus contaminées sont
Streptococcus, Lactobacillus et d’autres bacilles à Gram positif ayant les produits laitiers, les produits carnés dont la viande porcine,
un G + C % inférieur à 50 % ; celui des Listeria varie de 36 à 45 % [14] . bovine, équine, le poulet, mais également les produits de la pêche
Le genre Listeria comporte à ce jour 17 espèces : L. mono- comme les saumons et tilapias [23] . Les investigations récentes uti-
cytogenes, Listeria innocua, L. ivanovii subp. ivanovii et subsp. lisant la génomique montrent que la part des végétaux et fruits
londoniensis, Listeria seeligeri, Listeria welshimeri, Listeria grayi (cantaloup, persil, salades, etc.) est certainement sous-estimée.
subsp. grayi et subsp. murrayi ainsi que récemment, Listeria mar- La gamme d’aliments contaminés par L. monocytogenes est assez
thii, Listeria rocourtiae, Listeria fleischmannii subsp. fleischmannii vaste, ce qui rend le conseil diététique pour les populations
et subsp. coloradensis, Listeria weihenstephanensis, Listeria ripa- à risque très difficile et ne peut être absolu. Même les restes
ria, Listeria floridensis, Listeria aquatica, Listeria grandensis, Listeria d’aliments sont à bien recuire à plus de 70 ◦ C pendant 3 minutes
cornellensis, Listeria booriae, et Listeria newyorkensis [15] . L’espèce pour assurer une réduction efficace du nombre de L. monocytogenes
L. murrayi a été regroupée avec L. grayi et semble former un en cas de recontamination par un stockage dans un réfrigérateur
nouveau genre. La recherche intensive de Listeria spp. dans contaminé.
l’environnement et les produits agroalimentaires a permis de La réglementation européenne appliquée en France, basée sur
décrire de nombreuses nouvelles espèces depuis 2009. La sub- la capacité des aliments à permettre la croissance de L. mono-
division en trois branches du genre Listeria et les analyses de cytogenes, varie de l’absence/présence (détection/non-détection)
leurs génomes par identité moyenne des nucléotides (ANIb) dans les aliments à une tolérance de 100 colonies formant unité
conduisent à une possible reclassification de certaines espèces (cfu)/g ou ml sachant que ceci ne concerne que des consom-
des autres branches que celle comprenant L. monocytogenes en mateurs qui n’ont pas de susceptibilités aux infections par L.
deux genres nouveaux lesquels ne sont pas à ce jour isolés de cas monocytogenes [24, 25] . Le maintien d’une surveillance continue
humains [16] . de la contamination par L. monocytogenes de l’environnement

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Listeria  90-05-0210-A

Figure 1. Principales voies de contamination par Listeria


ANIMAUX
monocytogenes.
Animaux sauvages Animaux de la ferme
+ poissons
Ruminants
domestiques

Ensilage Transformation
alimentaire

Environnement
Eaux usées Homme
(eau, sol , végétation)

agroalimentaire est également important à effectuer, tout autant depuis 2005 et reste inexpliquée [31] . Les formes sporadiques sont
que la recherche des autres espèces de Listeria spp. qui, indirecte- majoritaires et concernent avant tout des patients ayant une sus-
ment, reflètent la présence de L. monocytogenes en faible nombre. ceptibilité accrue aux infections par L. monocytogenes.
Les situations où la consommation alimentaire peut concerner Les principaux facteurs de risques reconnus à ce jour sont les
des populations ayant des facteurs de risque, notamment les per- suivants [31] :
sonnes séjournant dans des établissements de soins, nécessitent • l’âge supérieur à 65 ans (particulièrement les hommes) ;
que le critère microbiologique de sécurité à appliquer est l’absence • la grossesse ;
de contamination des aliments par L. monocytogenes et non la • les immunodépressions de type cellulaire (traitements immu-
tolérance de 100 cfu/g ou ml. nosuppresseurs, greffes de moelle, transplantation cardiaque
Différentes modalités préventives mises en place par les struc- et rénale), le syndrome d’immunodéficience lié au virus de
tures de soins et à tous les stades de la chaîne alimentaire l’immunodéficience humaine, les hémopathies malignes ;
permettent de prévenir la contamination alimentaire par L. • les maladies du foie (hépatite chronique, cirrhose, alcoolisme
monocytogenes. Elles ont pour objectif de détruire la bacté- chronique) ;
rie (pasteurisation, irradiation, thermisation, traitements hautes • le diabète ;
pressions), d’empêcher sa croissance (respect de la chaîne du froid, • le cancer.
de la date limite de consommation, etc.), ou encore de contrôler L’utilisation d’anti-tumour necrosis factor (TNF) pourrait égale-
la formulation des aliments pour empêcher sa croissance. ment augmenter le risque d’infection.
Bien que beaucoup plus rares, des listérioses neuroméningées
ont été rapportées chez des patients jeunes (20 à 45 ans) et
Épidémiologie de la listériose humaine non immunodéprimés, en d’autres termes sans facteurs de risque
connus [32] .
Le mode d’infection se fait principalement par voie digestive La fréquence de contamination des aliments par L. monocyto-
suite à l’ingestion d’aliments contaminés. L. monocytogenes est la genes ainsi que le niveau de contamination varient selon qu’il
seule espèce reconnue pathogène pour l’homme. Cependant, de s’agisse d’aliments crus ou transformés. La contamination des
rares cas (environ 12 dans le monde) d’infections chez l’homme aliments par L. monocytogenes peut survenir à tous les stades de
à L. ivanovii subsp. ivanovii ont été décrits et dans la majorité des la chaîne alimentaire, qu’il s’agisse de matières premières, de
cas favorisés par une immunodépression sous-jacente [26] . Ainsi, la transformation, de la logistique, de la distribution ou encore
et bien que ce ne soit pas actuellement prévu par la législation, chez le consommateur [33] . Les investigations effectuées autour
les produits alimentaires avec la présence exclusive de L. ivanovii des nombreuses épidémies survenues dans les pays industrialisés
subsp. ivanovii avec de fortes concentrations pourraient (éventuel- et notamment en France (Tableau 1) ont permis d’identifier divers
lement) relever d’un signalement spécifique. aliments sources.
En France, le système de surveillance microbiologique et épidé- En marge des infections communautaires qui sont la règle, des
miologique de la listériose a servi de modèle pour de nombreux infections nosocomiales ont été décrites en lien avec :
pays [5] . Sur la base d’une déclaration obligatoire des listérioses • une contamination des aliments par des ustensiles de cuisine
humaines depuis 1998, la surveillance est assurée conjointement souvent difficiles à nettoyer (mixeurs, trancheurs, couteaux,
par Santé publique France, qui recense les signalements avec une etc.), ou de systèmes de réfrigération mal entretenus, mais
exhaustivité d’environ 85 %, et le Centre national de référence aussi par l’apparition de niches de récurrence au niveau de sols
des Listeria (CNRL) qui réceptionne et analyse 99 % des isolats endommagés ;
cliniques de l’ensemble des 300 à 400 cas de listériose documen- • un manquement aux règles élémentaires d’hygiène dans les pra-
tés annuellement en France par la déclaration obligatoire. Ainsi, il tiques de soins notamment dans les maternités ou des services
convient que les laboratoires isolant une Listeria d’un prélèvement de gynécologie (tables mal désinfectées, gants non changés
clinique l’envoient au CNRL afin de permettre la surveillance entre sujets, etc.) [34–36] .
microbiologique et la détection des cas groupés. L’incidence peut
ainsi être estimée entre quatre à six cas par million d’habitants,
ce qui est assez élevé par rapport au reste de l’Europe [27] . Néan- Épidémiologie moléculaire de Listeria
moins, et malgré le caractère obligatoire de la déclaration, le
nombre de cas réels est probablement sous-estimé dans la mesure monocytogenes
où les formes paucisymptomatiques, ou non invasives comme les Génosérotypage : méthode de référence
gastroentérites, ne conduisent pas à des explorations microbiolo-
giques spécifiques, et de ce fait ne sont pas identifiées [28–30] .
pour la surveillance épidémiologique
Les mesures réglementaires associées à l’amélioration de Basés sur le fait que quatre sérotypes sont majoritaires et sur
l’hygiène alimentaire ont clairement permis de diminuer les épi- les résultats controversés d’antisérums commercialisés, Michel
démies, et par conséquent l’incidence nationale de la listériose Doumith et al. ont développé en 2004 un schéma de géno-
humaine. Cependant, une augmentation des cas est constatée sérotypage, ou groupage polymerase chain reaction (PCR), de L.

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Tableau 1. étaient associés à une origine alimentaire [45] . Le complexe clo-


Tableau récapitulatif des épidémies françaises de 1992 à 2015. nal CC1 est essentiellement associé aux formes neuroméningées,
Année Nombre Aliments Durée de alors que CC1, CC2 et CC4 sont associés aux formes maternonéo-
de cas l’épidémie natales et CC8 + CC16, CC9 ainsi que CC121 sont associés aux
formes bactériémiques. CC9 et CC121 sont plus souvent trouvés
1992 279 Langue de porc en gelée 10 mois chez des patients très immunodéprimés.
1993 38 Rillettes 3,5 mois Une méthode alternative à la MLST, par PCR multiplexe, per-
1995 36 Brie 4,5 mois met la détermination des 11 principaux CC des L. monocytogenes
1997 14 Pont-l’évêque 4,5 mois d’intérêt clinique et alimentaire sans recourir au séquençage [46] .
1999 4 Époisses 2 mois
Analyse génomique
2000 10 Rillettes 4 mois
2000 32 Langue de porc en gelée 3,5 mois
Les nouvelles méthodes de séquençage de nouvelle génération
rendent accessible l’étude des génomes des espèces de Listeria.
2002 11 Saucisse à tartiner 3 mois
Leur chromosome est circulaire et constitué d’environ 3 millions
2003 4 Mortadelle 2 mois de paires de bases (2,8–3,2 Mb) avec un G + C % d’environ 39 %
2012 11 Brie 3 mois avec une structure constituée d’environ 4950 gènes orthologues.
2013 3 Fromage de brebis 2 mois Le pangénome (ensemble des gènes du génome) de L. monocyto-
2013 11 Quenelle 4 mois
genes est estimé à 6867 gènes dont 1791 définissent le core-génome
(ensemble des gènes communs entre souches). Le génome des Lis-
2014 6 Contamination par 3 mois
teria monocytogenes comporte également des plasmides encore mal
l’environnement de fromages
connues pour leur diversité et leurs rôles.
et produits de charcuterie
Deux méthodes de typage moléculaire ont découlé de l’étude
2015 8 Pélardon 2 mois des génomes. La première cible le pangénome avec l’étude des
2015 3 Saint-nectaire 1 mois single nucleotide polymorphism (SNP) et l’autre se consacre à l’étude
2015 2 Saint-nectaire 1 mois du core-génome avec son encodage allélique par la technique du
2015 13 Andouille – Tour de France 8 mois core genome multi locus sequence typing (cg-MLST) [47, 48] . Le cg-MLST
a été validé sur différents scénarios de surveillance de la listériose
2015 2 Produits corses 1,6 mois
dont l’investigation d’épidémies, et semble actuellement retenu
comme la méthode de référence pour le typage moléculaire des L.
monocytogenes [49] .
monocytogenes, les cinq gènes prs, ORF2819, ORF2110 et lmo0737. Les progrès techniques récents en génomique et en épidémio-
Désormais, depuis 2004, il s’agit de la méthode de référence pour logie moléculaire ont permis d’identifier un nombre croissant
la surveillance nationale française des L. monocytogenes [37, 38] . Ce d’épidémies, associées à un nombre de cas plus faible.
schéma comporte cinq génosérogroupes : IIa (regroupant les séro-
types 1/2a et 3a), IIb (sérotypes 1/2b et 3b), IIc (sérotypes 1/2c et
3c), IVb (sérotypes 4b, 4d et 4e) avec le profil IVb-V1 et L (autres
sérotypes) [39] . Ce génosérotypage reconnu au niveau internatio-
 Physiopathologie
nal a remplacé le sérotypage classique comme première méthode
de typage des souches de L. monocytogenes. À ce jour, L. monocytogenes est responsable de la très grande
majorité des cas de listériose humaine [26] . La capacité de L.
monocytogenes à survivre dans l’environnement extérieur, le trac-
Typage moléculaire par électrophorèse en champ tus digestif, et à résister aux différents acteurs de l’immunité
pulsé (« pulsed field gel electrophoresis » [PFGE] innée qu’elle rencontre après le franchissement de diverses bar-
et « multilocus sequence typing » [MLST]) rières, s’explique par l’existence d’un nombre important de gènes
codant divers facteurs de virulence. La pathogénicité de la bac-
Ces techniques sont généralement réservées aux laboratoires térie s’explique en grande partie par son caractère invasif et sa
dits « de référence » ou experts et trouvent leur intérêt pour la capacité de survivre et se multiplier dans le milieu intracellulaire
surveillance des Listeria et majoritairement L. monocytogenes. Elles (Fig. 2) [50] .
sont destinées à l’identification d’une source commune de conta-
mination devant des cas groupés ou lors d’épidémies de listérioses
humaines. Facteurs de virulence : une stratégie adaptée
La caractérisation des souches par PFGE répond à un référen- à la survie intracellulaire
tiel international et standardisé (réseau Pulsenet) des souches de
L. monocytogenes. Il s’agit d’une macrorestriction de l’ADN total De nombreux aspects de la physiopathologie de L. mono-
après digestion par des enzymes de restriction à faibles fréquences cytogenes résultent directement de sa capacité à détourner la
de coupure (généralement ApaI et AscI). La séparation des frag- machinerie des cellules eucaryotes pour s’internaliser et croître
ments par PFGE permet d’analyser selon leur profil de restriction dans le milieu intracellulaire tout en échappant au système immu-
la similarité entre deux ou plusieurs isolats [40–42] . Remplaçant défi- nitaire. La bactérie est aussi capable de se multiplier dans divers
nitivement la lysotypie (utilisation des phages pour le typage), types cellulaires et notamment à l’intérieur de phagocytes pro-
cette méthode a été utilisée pendant 16 ans pour la surveillance fessionnels comme les cellules monocytaires [51] . Cette propriété
microbiologique de la listériose, aussi bien en France qu’à tra- est le fruit de l’expression contrôlée de divers facteurs de virulence
vers le monde, mais a été arrêtée en 2017 au profit des méthodes jouant un rôle capital à chacune des étapes du cycle intracellulaire
génomiques plus discriminantes. de L. monocytogenes (Fig. 2A, B) [51–53] :
La technique MLST consiste à amplifier et séquencer des • internalisation dans des vacuoles de phagocytose ;
fragments d’environ 400 kb de sept gènes de ménage de L. • lyse de la vacuole de phagocytose et passage dans le cytoplasme ;
monocytogenes. Selon le niveau de similarité du profil allélique • multiplication intracytoplasmique et motilité intracellulaire ;
ou génotype obtenu pour l’isolat étudié, il est possible de lui • infection de proche en proche des cellules adjacentes.
assigner un complexe clonal (CC) ou une séquence type (ST) Les gènes de virulence de L. monocytogenes sont portés par le
définis [43, 44] . Une base de données contenant un dictionnaire chromosome et regroupés en îlots de pathogénicité ou opérons.
a été créée permettant de transformer un profil PFGE AscI/ApaI Les gènes nécessaires au cycle intracellulaire de la bactérie (hly,
en CC ou ST [45] . En utilisant ce dictionnaire, une étude réalisée mpl, plcA, prfA, actA et plcB) sont regroupés sur l’îlot LIPI-1 de
sur 6633 souches a montré que les clones CC1, CC2, CC4 et CC6 9,6 kb (Fig. 2A) [54] . Les gènes codant les internalines InlA et
(clones hypervirulents) étaient associés avec une origine clinique InlB sont organisés en opéron. Signalons que d’autres îlots de
des souches alors que les CC121 et CC9 (clones hypovirulents) pathogénicité (LIPI-2, 3 et 4) ont été décrits à partir d’isolats

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Figure 2. Parasitisme intracellulaire de Listeria monocyto-


prfA plcA hly mpl actA plcB genes.
A. Organisation des gènes de virulence.
+ + + + B. Cycle intracellulaire.

+ inlA inlB..... inlP


A

PI-PLC
1 4
LLO
2

PC-PLC

ActA 3 B

impliqués dans des infections neuroméningées et maternonéo- Listérioses invasives


natales et pour d’autres espèces du genre Listeria [45, 55] .
Elles peuvent prendre trois formes cliniques principales : les
bactériémies, les atteintes du système nerveux central, et les infec-
Physiopathologie du processus infectieux tions maternofœtales ou néonatales. Le délai d’incubation de la
listériose invasive varie de quelques jours (formes septicémiques) à
L’invasivité de L. monocytogenes se caractérise par sa capacité à
2–3 semaines ou davantage (formes neurologiques, formes mater-
franchir les barrières intestinale, fœtoplacentaire ou hématoencé-
nelles notamment) [58] . Les infections invasives non maternelles
phalique. Compte tenu du caractère intracellulaire facultatif de
se caractérisent par leur extrême gravité avec une mortalité esti-
L. monocytogenes, deux stratégies sont envisageables selon, d’une
mée entre 20 à 40 % [32] . Elles surviennent dans l’immense
part une interaction directe entre la bactérie et les constituants
majorité des cas chez des patients présentant un ou plusieurs
cellulaires de la barrière et d’autre part un passage facilité par des
facteurs de risque. Néanmoins et bien que plus rarement, la lis-
phagocytes mononucléés circulants ayant pour fonction naturelle
tériose invasive peut concerner des individus sans prédisposition
de se déplacer au sein de l’organisme : les cellules monocytaires.
identifiée [32] .
Les bactériémies sont les formes cliniques les plus fréquentes
Franchissement de la première barrière : (70 %) et doivent faire systématiquement rechercher une atteinte
la barrière intestinale neuroméningée (20 % des formes cliniques). La méningo-
L’infection par L. monocytogenes est la conséquence de encéphalite est la forme clinique prédominante d’infection du
l’ingestion d’aliments contaminés. Capable de survivre à l’acidité système nerveux central par L. monocytogenes. Les atteintes du
de l’estomac, la bactérie atteint l’intestin grêle distal qui est le parenchyme cérébral, habituellement associées à une méningite,
site d’invasion de l’organisme par L. monocytogenes (Fig. 3) [56] . sont classiquement localisées au tronc cérébral (rhombencépha-
La physiopathologie du processus infectieux réside dans le fran- lite avec atteinte des nerfs crâniens) mais cette présentation reste
chissement de la barrière intestinale et l’invasion hépatique, puis rare (< 20 % des neurolistérioses de la cohorte MONALISA [32, 59] .
l’invasion de l’unité utéroplacentaire ainsi que l’infection fœtale, L’encéphalite pure, les abcès cérébraux ou cérébelleux isolés sont
et/ou l’infection du système nerveux central. exceptionnels et ne représentent que 1 à 5 % des cas publiés dans
la littérature [32] . Des séquelles neurologiques sont rapportées chez
presque la moitié des survivants.
 Formes cliniques humaines La ponction lombaire retrouve habituellement un liquide cel-
lulaire, polymorphe avec une hyperprotéinorachie supérieure à
0,5 g/l. Une hypoglycorachie n’est retrouvée que dans 30 à 50 %
On distingue deux formes cliniques de la listériose chez
des cas et l’examen direct du LCS par la coloration de Gram
l’homme : la listériose non invasive (< 1 % des cas) qui se mani-
ne retrouve d’éléments bactériens compatibles que dans envi-
feste principalement par une gastroentérite bénigne, et la listériose
ron un tiers des cas [32] . Les hémocultures sont positives dans
invasive, qui survient lorsque l’infection dépasse le cadre initial
environ 50 % des cas. En cas de négativité des cultures, la
du tissu intestinal et devient systémique. Les infections invasives
recherche du gène de la listériolysine O (LLO) par PCR (amplifi-
sont rares, mais de pronostic sévère avec une mortalité élevée.
cation génique) dans le LCS peut contribuer à l’établissement du
La forme maternofœtale est surtout délétère pour le fœtus ou le
diagnostic.
nouveau-né.
Les listérioses maternofœtales représentent actuellement
10–15 % des cas de listériose invasive en France. Elles résultent
Listérioses non invasives de la transmission verticale de la bactérie au fœtus après infection
de la mère. L’infection peut survenir tout au long de la grossesse,
Il s’agit principalement des gastroentérites survenant chez un mais la plupart des cas rapportés sont décrits au troisième trimestre
sujet immunocompétent, environ 24 heures après ingestion d’un qui est la période la plus à risque. L’infection se complique de
aliment contaminé. Les signes cliniques les plus fréquents sont perte fœtale (20 % des cas), d’accouchements prématurés (40 à
les céphalées, la fièvre, les douleurs abdominales et les nausées. 50 % des cas) ou d’infection néonatale. Le tableau maternel asso-
La diarrhée n’est observée que dans 50 % des cas, et le pronostic cié correspond à des douleurs abdominales et/ou des contractions
de cette forme clinique est généralement excellent, mais elle peut dans un contexte fébrile, mais souvent est non spécifique pre-
aboutir à une bactériémie [28] . L’incidence réelle des gastroentérites nant l’aspect d’un syndrome pseudo-grippal, voire d’une fièvre
à L. monocytogenes est certainement sous-évaluée [57] , ce d’autant isolée.
plus que L. monocytogenes ne fait pas partie des bactéries entéro- On distingue deux formes cliniques de listériose chez les
pathogènes systématiquement recherchées dans ce contexte. nouveau-nés, la forme néonatale précoce et la forme néonatale

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90-05-0210-A  Listeria

Aliment
contaminé

Foie Cerveau
Barrière hématoencéphalique
Méningoencéphalites

Sang Sang

Nodules
lymphatiques

Intestin
Barrière intestinale
Gastroentérites

Rate
Placenta
Barrière placentaire
Infections maternonéonatales
Figure 3. Physiopathologie et tableaux cliniques de la listériose humaine.

tardive. Dans le cas de la forme néonatale précoce, l’enfant


naît en général prématuré dans un contexte septique avec une
 Diagnostic de listériose
détresse respiratoire aiguë. Une atteinte granulomateuse diffuse en microbiologie clinique
nommée granulomatosis infantiseptica est exceptionnellement rap-
portée. La forme néonatale tardive concerne des enfants nés à Prélèvements
terme et en bonne santé apparente qui développent une forme
neuroméningée plus de sept jours après la naissance ; il s’agit clas- Le diagnostic de l’infection repose avant tout sur l’isolement de
siquement d’une contamination au moment d’un accouchement L. monocytogenes dans un prélèvement biologique. Il s’agit habi-
par voie basse. Devant toute fièvre chez une femme enceinte, il tuellement d’une hémoculture, du LCS, de placenta, d’amnios, de
est conseillé de pratiquer une série d’hémocultures. Le diagnostic prélèvements fœtaux, mais tout autre prélèvement, notamment
de l’infection maternonéonatale repose sur l’identification de L. dans les sites stériles et/ou orienté par un point d’appel clinique
monocytogenes dans tout prélèvement biologique d’origine mater- (abcès poumon, liquide péritonéal, etc.) peut être concerné [61] .
nelle fœtale ou néonatale, sans oublier l’analyse microbiologique Idéalement ces prélèvements doivent être mis en culture rapi-
du placenta qui combinée aux hémocultures maternelles permet dement pour établir un diagnostic qui est urgent, mais leur
le diagnostic de l’infection dans 85 % des cas [32] . En période conservation pour une courte période (inférieure à 48 h) à 5 ± 3 ◦ C
périnatale, la recherche d’un portage vaginal par la réalisation n’altère pas la viabilité bactérienne.
d’écouvillons rectaux ou vaginaux est le plus souvent négative, Dans le cadre de la transplantation de microbiote fécal ou
peu contributive à la prise en charge médicale et n’est donc pas de gastroentérites, voire d’une épidémie, les selles peuvent être
recommandée. investiguées pour la détection de L. monocytogenes. Une quantité
Chez le nouveau-né, lorsqu’on soupçonne une infection par supérieure à 1 g de selles fraîches de 24 heures au maximum est
L. monocytogenes, celle-ci est recherchée dans le sang, le LCS, les conservée à 4 ◦ C. Ce prélèvement polymicrobien sera ensuite isolé
sécrétions nasales, pharyngées, conjonctivales, le méconium, le sur une gélose sélective chromogène selon Ottaviani et Agosti
placenta ainsi que le liquide gastrique. (agar Listeria selon Ottaviani et Agosti [ALOA-like]) [62] .

Autres formes cliniques Examen direct


Des lésions cutanées ou oculaires après contact avec des pro- L’examen direct sur l’échantillon prélevé est généralement
duits d’avortements septiques ont été décrites chez des éleveurs effectué après coloration de Gram. Il est généralement pratiqué
ou des vétérinaires. sur LCS et autres prélèvements, dont le liquide amniotique, mais il
Des localisations plus rares, mais aussi plus graves sont rap- est rare d’observer des petits bacilles à Gram positif lors de cet exa-
portées : myosite, aortite et endocardite, arthrites et infections men. À ce stade de l’identification, elle peut être confondue avec
osseuses ou des articulations, ostéomyélites, infections oculaires, des corynébactéries, ou autres bacilles à Gram positif et beaucoup
infections pleuro-pulmonaires, abcès hépatique ou infections plus rarement avec un pneumocoque.
du tractus biliaire et infections urinaires [12, 60] . Dans la plupart En cas d’infection isolée du parenchyme cérébral ou en cas
des cas, il s’agit de patients immunodéprimés ou fragilisés par d’infection décapitée par des antibiotiques, cette identification est
d’importantes comorbidités associées. impossible.

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Le LCS présente un profil cellulaire et biochimique très variable. peptonée (4 ml additionnés de rouge de phénol et 1 % pour le
Il peut être clair, trouble ou franchement purulent. L’aspect D-xylose, le L-rhamnose, le mannitol et 0,5 % en alpha-méthyl-D-
cytologique classique est de type panaché comprenant à la fois mannoside). Les espèces non hémolytiques comme L. welshimeri,
polynucléaires, monocytes et lymphocytes en proportion homo- L. innocua et L. grayi sont considérées comme non pathogènes.
gène. Dans certaines formes purulentes (> 100 éléments/mm3 ), Le diagnostic différentiel avec les bactéries suivantes peut se
seuls les polynucléaires peuvent être représentés ; à l’inverse, dans poser :
le cas de méningite à liquide clair, les formes lymphocytaires • entérocoques : possédant de nombreux caractères en commun
prédominent. La protéinorachie est habituellement supérieure avec Listeria : ils se développent sur des milieux biliés, hyper-
à 1 g/l, mais elle peut être subnormale. L’hypoglycorachie, qui salés ou à pH 9,6 et réduisent le tellurite de potassium à 0,5 %.
est classique, n’est souvent que transitoire et la glycorachie Certaines espèces sont hémolytiques. La mobilité à 25 ◦ C, le
peut être normale malgré un aspect cellulaire de méningite test de la catalase ainsi que la morphologie à l’examen direct
purulente. permettent de les différencier ;
• Lactobacillus : immobile et catalase-négatif ;
• Erysipelothrix : immobile, catalase-négatif, production d’H2 S ;
Culture • corynébactéries : catalase-positives ;
• Bacillus circulans dans le cas de prélèvements d’origine alimen-
Étant une bactérie peu exigeante, les isolements de L. mono-
taire car il possède également une PI-PLC, mais est facilement
cytogenes de prélèvements biologiques paucimicrobiens (LCS,
distinguable par sa morphologie au Gram.
placenta, etc.) peuvent être réalisés sur des milieux ordinaires ®
Parmi les galeries biochimiques pouvant être utilisées, API -
(gélose nutritive, trypticase-soja) ou enrichis avec 5 % de sang ®
Listeria ou Vitek donnent des identifications justes, mais ne
et incubés à 37 ◦ C. L’emploi d’une gélose au sang de cheval ou de ®
couvrent pas les nouvelles espèces décrites [68, 69] . API -Coryne
mouton est nécessaire pour la mise en évidence de colonies bêta-
peut être utilisé si et seulement si des caractères additionnels sont
hémolytiques caractéristiques de L. monocytogenes (zone étroite
vérifiés comme la bêtahémolyse afin de rendre une identification
d’hémolyse complète), pouvant toutefois n’apparaître qu’au bout
certaine.
de 48 heures de culture ou ne pas apparaître pour de rares souches.
Les prélèvements de sites normalement stériles (LCS, placenta,
etc.) peuvent être ensemencés dans un bouillon nutritif au glucose
à 0,5 % ou Fraser, ce qui améliore la croissance des Listeria. Identification protéomique par spectrométrie
Un dimorphisme des colonies peut apparaître dans le cadre de de masse (« matrix assisted laser
la culture des prélèvements pour les infections sur prothèse de
hanche [60] . Les deux types de colonies doivent être étudiés et
desorption/ionization-time
conservés. of flight »[MALDI-TOF] MS)
Lorsque le prélèvement est plurimicrobien (échantillons ali-
Les espèces du genre Listeria les plus fréquentes dont L. mono-
mentaires ou d’environnements agroalimentaires), il est indiqué
cytogenes sont maintenant identifiables par la nouvelle méthode
de passer par un stade d’enrichissement avant d’utiliser un milieu
alternative d’identification de spectrométrie de masse MALDI-
chromogène sélectif comme il est indiqué dans la norme inter-
TOF, mais en utilisant de préférence une extraction totale des
nationale de détection et d’énumération des L. monocytogenes et
protéines pour un résultat fiable d’identification à l’espèce [70, 71] .
Listeria spp. : NF EN ISO 11290 parties 1 et 2 [63–65] .

Identification phénotypique Identification génomique par séquençage


Le genre Listeria se caractérise par les éléments microbiologiques d’amplimères
suivants : bacille à Gram positif, mobile (à 25 ◦ C), fermentant le L’identification par séquençage des gènes rrs (ADNr 16S), appelé
glucose, catalase-positif (sauf de rares souches), hydrolyse rapide PCR 16S, des Listeria doit se faire sur environ 1500 pb pour être
de l’esculine et réaction de Voges-Proskauer positive [13] . fiable [13] . L’identification des principales espèces des Listeria est
À 25 ◦ C, la mobilité de Listeria se caractérise par un aspect de également possible par séquençage du gène codant l’hsp60 : le
bactérie tournant sur elle-même du fait de sa ciliature péritriche, gène iap [72] .
alors qu’elle est immobile à 37 ◦ C. Il s’agit d’un test d’identification
essentiel qui permet de les distinguer des bactéries du genre
Erysipelothrix et de la plupart des corynébactéries qui sont des bac- Sérotypage
téries immobiles [61] . L’ensemencement d’une gélose semi-molle
au mannitol-mobilité incubée à 25 ◦ C montre une culture carac- Le sérotypage des Listeria par agglutination sur lame au moyen
téristique en « sapin renversé » qui témoigne aussi de son caractère de sérums antifacteurs est le premier niveau de typage qui est peu
microaérophile. discriminant [73] . Des sérums antifacteurs O et H sont commer-
L’espèce L. monocytogenes se distingue par quatre caractères bio- cialisés et permettent un sérogroupage (anti-1/2 et anti-4) ou la
chimiques fondamentaux (Tableau 2) : l’hémolyse, la capacité à détermination des principaux sérovars de L. monocytogenes (Denka
utiliser le D-xylose et le L-rhamnose et la présence de lécithinases. Seiken, Tokyo, Japon) [74] . Le genre Listeria est divisé en 16 séro-
Les souches de L. monocytogenes sont toujours D-xylose-négatives, types. Ils résultent de l’association de 15 sérovars fondés sur la
alpha-méthyl-D-mannoside-négatives et produisent des lécithi- diversité des antigènes somatiques O (I à XV) (correspondant par-
nases qui peuvent être mises en évidence par l’étude de l’activité tiellement aux acides teichoïques de la paroi) et de cinq sérovars
phosphatidylinositol phospholipase C (PI-PLC) sur un milieu flagellaires H (A à E). Les sérums antifacteurs O et H permettent
gélosé contenant du L-alpha-phosphatidylinositol. Certaines de définir 13 sérovars (1/2a, 1/2b, 1/2c, 3a, 3b, 3c, 4a, 4b, 4ab, 4c,
souches ont une activité PI-PLC lente en 72 heures [62, 66] . Elles 4d, 4e et 7) pour L. monocytogenes dont quatre, les sérovars 1/2a,
sont bêtahémolytiques sur gélose au sang de cheval, ce qui se tra- 1/2b, 1/2c et 4b regroupent plus de 95 % des souches d’origine
duit par une hémolyse étroite et diffuse autour de la colonie par humaine [75, 76] . L’identification de l’espèce n’est pas possible par
rapport à la large hémolyse de L. ivanovii. En cas de résultats dou- la détermination du sérovar, qui peut être partagé entre plusieurs
teux, la réaction du test de Christie, Atkins et Munch-Petersen espèces.
(CAMP) s’effectue sur la gélose au sang de mouton [67] . L. monocy- Après le sérotypage, L. monocytogenes peut être classée en quatre
togenes montre une accentuation de l’hémolyse au contact d’une lignées : la lignée I (comprend les sérotypes 1/2b, 3b, 4b, 4d et
souche spécifique de Staphylococcus aureus (CIP 5710), mais pas au 4e) concernant majoritairement les souches humaines, la lignée II
contact d’une souche spécifique de Rhodococcus equi (CIP 5869). (sérotypes 1/2a, 1/2c, 3a et 3c) majoritairement retrouvée pour les
Les souches du genre Listeria sont mannitol-négatives sauf L. grayi, souches alimentaires, la lignée III (sérotypes 4a et 4c) et la lignée IV
L. weihenstephanensis et L. fleischmannii qui sont positives. La mise (sérotypes 4a, 4b atypiques et 4c) [77, 78] . Des souches des lignées III
en évidence de la fermentation des sucres est réalisée en eau et IV n’ont pas la capacité à fermenter le rhamnose.

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90-05-0210-A  Listeria
Tableau 2.
Principaux caractères biochimiques de différenciation des Listeria (L.).
Genre-espèce Catalase Mobilité Esculine PI-PLC Mannitol ␤-hémolyse CAMP-test DIM MAN DAR XYL RHA MDG RIB G1P TAG
(22–30 ◦ C) (␤-glucosidase)
Rhodococcus Staphylococcus
equi aureus
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L. aquatica + – + – – – – – – + – + + – + – +
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L. booriae + – + – + – – – – + + + + + V – –
L. cornellensis + – + – – – – – – – – + – + + – –
L. fleischmannii + – + – V – – – – – + + + + – – –
subsp.
coloradensis
L. fleischmannii + – + – V – – – – – + + + + – – –
subsp.
fleischmannii
L. floridensis + – + – – – – – – – – + + + – – –
L. grandensis + – + – – – – – – – V + – + + – –
L. grayi subsp. + + + – + – – – + + + – (–) V + – –
grayi a
L. grayi subsp. + + + – + – – – + + + – + V + – –
murrayi
L. innocua + + + – – – – – + + + – V + – – –
L. ivanovii subsp. + + + + – + + – V – + + – + + V –
ivanovii (24–48 h)
L. ivanovii subsp. + + + + – + + – V – + + – + – V –
londoniensis (24–48 h)
L. marthii + + + – – – – – – + + – – + – – –
L. monocytogenes + + + + – + – + – + + – +b + – – –
(24 h) (24–72 h)
L. newyorkensis + – + – + – – – – – – + V + + – –
L. riparia + – + – V – – – – + – + + + V – –
L. rocourtiae + (+) + – + – – – – + – + + + + – –
faible
L. seeligeri + + + – – + – + + – + + – + – – –
L. weihenstepha- + – + – + – – – – – + + + + – – –
nensis
L. welshimeri + + + – – – – – (+) + + + V + – – +

CAMP-test : Christie, Atkins, and Munch-Peterson test ; PI-PLC : phosphatidylinositol phospholipase C ; DIM : D-arylamidase ; MAN : alphamannosidase ; DAR : D-arabitol ; XYL : D-xylose ; RHA : L-rhamnose ; MDG :
alpha-méthyl-D-glucoside ; RIB : D-ribose ; GIP : glucose-1-phosphate ; TAG : D-tagatose ; V : variable ; + ou – : la majorité des souches présente un résultat positif ou négatif ; (+) ou (–) : plus de 90 % des souches présentent ce
EMC - Biologie médicale

résultat.
a
La sous-espèce grayi est mannitol-positive, nitrate-négative et turanose-négative alors que la sous-espèce murrayi est mannitol-négative, nitrate-positive et turanose-positive.
b
Rares souches rhamnose-négative appartenant à la lignée IIIB/IIIC.
Listeria  90-05-0210-A

Détection par méthodes basées être inférieure à 15 jours pour une infection bactériémique, elle
est de trois semaines pour une infection neurologique.
sur la « polymerase chain reaction » Devant une listériose néonatale, le schéma thérapeutique
Des kits commerciaux ou méthodes internes existent en PCR recommandé est l’amoxicilline (200 mg/kg/j en intraveineuse)
point final, qPCR, et qPCR isothermale. Ils ciblent principalement combinée à la gentamicine (3–5 mg/kg/j). La durée totale du trai-
le gène hly encodant la LLO pour L. monocytogenes ou le gène tement est de 21 jours (la durée de la bithérapie n’est pas codifiée).
prs pour les principales Listeria spp. Ces PCR spécifiques sont à Devant une fièvre isolée chez une femme enceinte faisant sus-
favoriser à des PCR amplifiant le gène de l’ARN16S dans les inves- pecter une listériose, un traitement empirique par amoxicilline à
tigations de prélèvements biologiques [79] . Une PCR temps réel la posologie de 4 g/j per os pendant 15 jours est généralement
amplifiant le gène hly de L. monocytogenes peut également être préconisé [89] .
pratiquée dans le LCS : sensible et spécifique, et se révèle par- En cas de consommation d’un aliment identifié a posteriori
ticulièrement utile dans le cas d’une infection décapitée par un contaminé, aucune antibiothérapie systématique n’est recom-
traitement antibiotique [79] . mandée (avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France
du 29 juin 1999).

Diagnostic sérologique
La sérologie à la recherche d’anticorps anti-Listeria n’est plus
 Mesures de prévention
recommandée, mais peut se révéler utile en cas de nécessité Recommandations générales de prévention pour le consomma-
d’un diagnostic rétrospectif dans le cadre d’une épidémie par teur.
exemple [61] . Basée sur l’identification d’anticorps antilistérioly-
sine, son interprétation reste néanmoins difficile en raison de
nombreux faux positifs, notamment lors des infections à strep-  Conservation des souches
tocoques ou à staphylocoques [80, 81] .
Si les cultures de travail peuvent être conservées à 5 ± 3 ◦ C, la
meilleure conservation des souches à long terme est à une tem-
pérature inférieure à –75 ◦ C. Les conservations à des températures
 Sensibilité aux agents supérieures ne semblent pas permettre un maintien de l’intégrité
antimicrobiens et traitement du matériel génétique des souches de Listeria.

Sensibilité
La sensibilité aux antibiotiques et aux agents antimicrobiens
de type désinfectant est déterminée par la méthode de diffu-
“ Points essentiels
sion en gélose Mueller-Hinton supplémentée ou non avec 5 %
sang et 20 mg/l de bêtanicotinamide adénine dinucléotide (NAD) • L. monocytogenes (exceptionnellement L. ivanovii) est la
après 18 heures d’incubation à 35–37 ◦ C avec 5 % de CO2 . Cette seule espèce pathogène pour l’homme.
méthode pour les antibiotiques a été validée par l’European Com- • La source de la contamination est majoritairement ali-
mittee on Antimicrobial Susceptibility Testing (EUCAST) [82] .
mentaire.
L’antibiogramme doit au minimum comporter les antibiotiques
• L. monocytogenes est invasive avec la capacité de
suivants : pénicilline G, ampicilline, gentamicine, érythromycine,
triméthoprime-sulfaméthoxazole. traverser les barrières intestinale, placentaire, et héma-
Un grand nombre d’antibiotiques sont actifs sur L. monocy- toencéphalique.
togenes : pénicilline G, aminopénicillines, aminosides, rifampi- • Les formes cliniques associées à la listériose sont les
cine [83] , chloramphénicol, triméthoprime et vancomycine. L. bactériémies/septicémies, les formes neuroméningées et
monocytogenes est naturellement résistante aux céphalosporines, les formes maternonéonatales (voire des gastroentérites
à l’oxacilline, à l’aztréonam, à la fosfomycine et à l’acide nali- moins décrites).
dixique. Seule la combinaison d’amoxicilline et de gentamicine • Le diagnostic repose principalement sur les hémocul-
est démontrée synergique et fortement bactéricide in vitro. À tures et l’analyse du LCS mais non sur le sérodiagnostic.
l’inverse la combinaison macrolide/gentamicine est démontrée • En cas d’infection décapitée par une antibiothérapie
antagoniste.
préalable, le diagnostic par des méthodes de biologie
La résistance acquise aux antibiotiques reste extrêmement rare,
moléculaire (PCR hly) améliore la sensibilité du diagnostic.
et n’a pas évolué au cours des 10 dernières années (données
• Le traitement de référence est amoxicilline et gentami-
CNR) [84] .
Une résistance des complexes clonaux CC8 au désinfectant cine.
chlorure de benzalkonium a été rapportée, et pourrait constituer
un facteur de virulence. Les conséquences pratiques de cette obser-
vation récente restent à déterminer [85] .
Déclaration de liens d’intérêts : les auteurs déclarent ne pas avoir de liens
d’intérêts en relation avec cet article.
Traitement de la listériose
Aucune étude randomisée n’a été réalisée dans le cadre
de la listériose, et les recommandations actuelles reposent  Références
sur des données in vitro ou animales, dont découlent des
avis d’experts [86, 87] . Le traitement de première intention [1] Dumont J, Cotoni L. Bacille semblable à celui du rouget du porc rencon-
comporte une association d’amoxicilline et de gentamicine. tré dans le L.C.R. d’un méningitique. Ann Inst Pasteur 1921;35:625–33.
Cette combinaison est démontrée très bactéricide in vitro. [2] Ryser ET, Marth EH. Listeria, listeriosis, and food safety. New York:
Marcel Dekker; 2007.
La posologie d’amoxicilline dépend du site de l’infection :
[3] Murray EG, Webb RA, Swann MB. A disease of rabbits characterised
100 mg/kg/j pour une infection bactériémique, 200 mg/kg/j by a large mononuclear leucocytosis caused by hitherto undescri-
dans une infection neurologique. La gentamicine est pres- bed bacillus Bacterium monocytogenes (n. sp.). J Pathol Bacteriol
crite à la posologie de 3 à 5 mg/kg/j [88] . En cas d’allergie 1926;29:407–39.
aux bêtalactamines, il est conseillé d’utiliser le triméthoprime- [4] Pirie JH. A new disease of veld rodents “Tiger river disease”. Pub South
sulfaméthoxazole en raison de sa très bonne diffusion dans Africa Inst Med Res 1927;62:163–86.
le système nerveux central ainsi que dans le compartiment [5] Swaminathan B, Gerner-Smidt P. The epidemiology of human listeriosis.
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A. Leclercq ([email protected]).
Unité de biologie des infections, Institut Pasteur, 28, rue du Docteur-Roux, 75015 Paris, France.
Institut Pasteur, Centre national de référence Listeria, Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Listeria, 28, rue du Docteur-Roux,
75015 Paris, France.
C. Charlier-Woerther.
Unité de biologie des infections, Institut Pasteur, 28, rue du Docteur-Roux, 75015 Paris, France.
Institut Pasteur, Centre national de référence Listeria, Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Listeria, 28, rue du Docteur-Roux,
75015 Paris, France.
Inserm U1117, 75724 Paris cedex 15, France.
Service des maladies infectieuses et tropicales, Institut Imagine, Centre d’infectiologie Necker-Pasteur, Université Paris V Sorbonne Paris Cité, AP–HP, Hôpital
Necker-Enfants malades, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France.
S. Kayal.
Service de bactériologie-hygiène hospitalière, Centre hospitalo-universitaire de Rennes, 2, rue Henri-le-Guilloux, 35000 Rennes, France.
Équipe d’accueil « Génomique et résistance des micro-organismes opportunistes » (GeRMO), Faculté de médecine, Université Rennes 1, 2, avenue du
Professeur-Léon-Bernard, 35000 Rennes, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Leclercq A, Charlier-Woerther C, Kayal S. Listeria. EMC - Biologie médicale 2017;12(4):1-11 [Article
90-05-0210-A].

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