Résumé de l’ouvrage Du Contrat Social de Rousseau
1. Le fondement du Contrat social : concilier liberté individuelle et vie collective
Dans Du Contrat social, Rousseau part d’un constat fondamental : l’homme naît libre, mais
partout il est enchaîné. Cette formule célèbre traduit une tension entre la liberté naturelle de
l’individu et les contraintes imposées par la vie en société. Rousseau cherche donc à résoudre
un problème : comment créer une société dans laquelle l’homme puisse rester libre tout en
vivant avec les autres ? La solution qu’il propose est celle du contrat social, un pacte volontaire
par lequel chaque individu accepte de s’unir aux autres, non sous la contrainte, mais pour former
un corps politique fondé sur l’égalité et la liberté.
2. Le pacte social : une aliénation qui garantit la liberté civile
Le contrat social suppose que chacun aliène sa liberté naturelle, c’est-à-dire la liberté de faire
ce qu’il veut, au profit de la liberté civile, qui consiste à obéir à des lois qu’on a soi-même
choisies avec les autres. L’individu devient alors citoyen, membre actif du corps politique. En
échange de cette soumission volontaire aux lois, il gagne en sécurité, en dignité et en autonomie.
Ainsi, selon Rousseau, « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ». Ce paradoxe
apparent illustre l’idée centrale de l’ouvrage : on est véritablement libre lorsque l’on vit selon
des lois légitimes, c’est-à-dire voulues collectivement.
3. La volonté générale : pilier de la souveraineté populaire
Au cœur de la pensée de Rousseau se trouve le concept de volonté générale. Contrairement à la
volonté de tous, qui additionne les intérêts particuliers, la volonté générale exprime l’intérêt
commun. Elle est indivisible et inaliénable, car elle ne peut se déléguer à un représentant : seul
le peuple souverain peut exprimer cette volonté par des lois. Ainsi, dans une société juste, les
lois ne sont pas imposées d’en haut, mais élaborées par le peuple lui-même, garantissant ainsi
la liberté de tous. Le contrat social fonde donc une démocratie directe, dans laquelle chacun est
à la fois gouverné et gouvernant.
4. La transformation de la liberté : de la nature à la citoyenneté
Rousseau ne nie pas que le contrat social impose des sacrifices. En renonçant à la liberté
naturelle, les hommes perdent la spontanéité de l’état de nature, mais ils gagnent une liberté
plus haute, plus morale : la liberté de se donner des règles et de les suivre par raison. Cette
transition marque le passage de l’homme sauvage à l’homme civilisé. Par ce processus,
l’homme acquiert non seulement la liberté civile, mais aussi la liberté morale, qui consiste à se
dominer soi-même, à agir non selon ses passions, mais selon la loi commune. Le contrat social
vise donc à élever l’homme au-dessus de sa condition animale, en l’insérant dans un cadre
politique juste et raisonné.
5. Une théorie politique aux implications modernes et critiques
La théorie de Rousseau a profondément influencé la pensée politique moderne, notamment les
révolutions américaine et française. Elle fonde l’idée que le pouvoir politique doit venir du
peuple et non de Dieu ou de la tradition monarchique. Cependant, certains aspects du contrat
social suscitent des critiques. Le risque d’une tyrannie de la majorité n’est pas absent : si la
volonté générale est imposée à tous, que devient la liberté des minorités ? De plus, la démocratie
directe que Rousseau propose semble difficile à mettre en œuvre dans les sociétés modernes
complexes et peuplées. Enfin, le contrat social repose sur une fiction philosophique, car il n’a
jamais été signé dans les faits.
En définitive, Le Contrat social de Rousseau constitue une œuvre fondatrice de la philosophie
politique. En affirmant que la liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à obéir à des
lois que l’on a choisies soi-même, Rousseau propose une vision exigeante et humaniste de la
vie politique. Le contrat social est une tentative ambitieuse de réconcilier liberté individuelle,
égalité politique et vie collective, et continue d’inspirer aujourd’hui les réflexions sur la
démocratie, la citoyenneté et la justice sociale.
Mamadou Ba
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