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Tpe Mpe

Le document traite de la malnutrition protéino-énergétique (MPE), un problème de santé publique majeur, particulièrement chez les enfants en Afrique. Il aborde les causes, les conséquences, les méthodes d'évaluation et les traitements de la MPE, ainsi que les statistiques alarmantes sur la faim dans le monde. Enfin, il souligne l'importance de la prévention et des interventions nutritionnelles pour améliorer la santé infantile.

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RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF AMEROON

Paix-Travail-Patrie Peace-Work-Fatherland
******* ********
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
******* *******
UNIVERSITE DE MAROUA THE UNIVERSITY OF MAROUA
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FACULTÉ DES SCIENCES FACULTY OF SCIENCE
******* *******
DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES [Link] DEPARTEMENT OF BIOLOGICAL SCIENCES
******* *******
BP/ P.O Box: 814 Maroua
Tel /Phone: 222 29 27 10 [Link]
Email : decanat@[Link]

TRAVAIL PERSONNEL DE L'ÉTUDIANT

BCH 563 : NUTRITION HUMAINE APPROFONDIE

THEME 1 : MALNUTRITION PROTEINO-ENERGETIQUE.

Présenté par : IGNANONE PASSALET Romain

18A0300FS

ENSEIGNANT : Dr. MAWOMA SALIOU

ANNÉE ACADÉMIQUE : 2022-2023

Table des matières

0
Introduction...........................................................................................................................................2
1 Physiopathologie............................................................................................................................3
1.1 Rappel des besoins nutritionnels de l’enfant..........................................................................3
1.2 Causes de la malnutrition protéino-énergétique....................................................................3
1.3 Conséquences de la malnutrition protéino-énergétique........................................................3
2 Evaluation de l’état nutritionnel.....................................................................................................4
2.1 Paramètres anthropométriques :...........................................................................................4
2.2 Classification de la malnutrition.............................................................................................4
2.2.1 Malnutrition protéino-énergétique primitive.................................................................4
2.2.2 Malnutritions protéino-énergétiques secondaires.........................................................6
3 Diagnostic.......................................................................................................................................7
3.1 Signes cliniques.......................................................................................................................7
3.1.1 Kwashiorkor....................................................................................................................7
3.1.2 Marasme.........................................................................................................................7
3.2 Examens complémentaires.....................................................................................................8
4 Les complications...........................................................................................................................8
5 Traitement......................................................................................................................................8
5.1 Une phase initiale ou de rééquilibration................................................................................8
5.2 Une phase de réhabilitation nutritionnelle.............................................................................9
5.3 Traitement des patients sévèrement malnutris....................................................................10
6 Pronostic......................................................................................................................................10
7 Prévention....................................................................................................................................11
Conclusion............................................................................................................................................13
Références............................................................................................................................................14

1
Introduction
Dès la fin des années 1960, la MPE aiguë en situation de crise, avec un grand nombre
d'enfants dénutris, en malnutrition aiguë sévère en Afrique (Biafra, pays des Grands Lacs,
Corne de l'Afrique, Sahel). La malnutrition est devenue un problème de santé publique se
prêtant à un traitement de masse et la prise en charge a dû être modifiée.

En 2021 le rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde chiffre
à 811 millions de personnes, environ un dixième de la population mondiale, qui ont été
confrontées à la faim en 2020, soit 118 millions de plus qu’en 2019. Les chiffres confirment
des inégalités régionales. Environ une personne sur cinq (21 % de la population) a été
confrontée à la faim en Afrique en 2020. Cela représente une augmentation de 3 points de
pourcentage en un an. Viennent ensuite l’Amérique latine et les Caraïbes (9,1 %) et l’Asie
(9,0 %), avec des progressions de 2,0 et 1,1 point de pourcentage de 2019 à 2020.

Parmi le nombre total de personnes sous-alimentées en 2020, plus de la moitié (418 millions)
vivent en Asie, plus du tiers (282 millions) en Afrique et 8 % (60 millions) en Amérique
latine et dans les Caraïbes. Par rapport à 2019, 46 millions de personnes de plus ont été
touchées par la faim en Afrique en 2020, près de 57 millions de plus en Asie et 14 millions en
Amérique latine et dans les Caraïbes.

Pour l’ONG Oxfam (Oxford Committee for Famine Relief) c’est le « cocktail explosif des
trois C » à savoir les conflits, la COVID-19 et le changement climatique qui est en cause dans
la progression de la faim dans le monde. L’ONG a identifié des foyers de faim extrême en
2020 : l’Afghanistan, le Yémen, le Sahel, le Soudan du Sud et le Venezuela. Le coût de la
malnutrition sur l’économie mondiale est estimé à 3 500 milliards de dollars par an.

Les bénéfices apportés par l’allaitement maternel sont considérables et les interventions de
santé publique pour promouvoir les recommandations de l’OMS pour un allaitement exclusif
jusqu’à 6 mois, poursuivi jusqu’à 2 ans avec une alimentation complémentaire, sont
nombreuses. Les crises sanitaires comme la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest en
2014-2016 et en RDC en 2017-2020 ont entravé l’accès des plus jeunes enfants aux services
de santé et à l’aide alimentaire. La crise sanitaire due à la Covid-19 a aggravé cette situation.

La malnutrition protéine-énergétique (MPE) se définit comme un ensemble de conditions


pathologiques liées à un déficit d'apport, en proportions variables, en protéines et en énergie,
survenant le plus fréquemment chez les nourrissons et les jeunes enfants et associé
communément à des infections (JELLIFFE DB., 1969). On parle de MPE primaire quand
celle-ci est directement liée à un déficit du régime alimentaire, et de MPE secondaire quand
elle résulte d'une anorexie prolongée induite par une maladie chronique,

2
1 Physiopathologie

1.1 Rappel des besoins nutritionnels de l’enfant


Ils sont quantitatifs et qualitatifs

Besoins quantitatifs en Eau : 120 mL/kg/j chez le nouveau-né, 40 à 80 mL/kg/j chez le grand
enfant; en Énergie : pour 1 kg de poids et par jour, 2 premiers mois : 500 KJ ou 120 Kcal, 5 à
8 mois : 460 KJ ou 110 Kcal, 1 à 3 ans : 5 700 KJ ou 1 360 Kcal; en Protéines : 12 % de
l’équilibre énergétique. Jusqu’à 6 mois : 2, 2 g/kg/j et du 6ème mois à 3 ans : 2 g/kg/j et les
besoins qualitatifs en acides aminés indispensables apportés par les protéines d’origine
animale (au moins 30 %) et végétale; en sels minéraux : K, Mg, sélénium, zinc
(micronutriments essentiels); vitamines particulièrement vitamine A, en fer et folates.

Toutes les carences (apports protéiques, micronutriments, ...) doivent être contrôlées pour
espérer diminuer la mortalité infantile.

1.2 Causes de la malnutrition protéino-énergétique


La plupart des maladies chroniques :

Troubles des interactions parents-enfants, une négligence /maltraitance, accès difficile à la


santé et aux structures de soins.

Non disponibilités alimentaires, eau de mauvaise qualité, mauvaise évacuation des déchets, le
chômage, l'analphabétisme, conditions d’habitat défectueuses. Une redistribution de la masse
corporelle : la MPE entraîne un déficit des masses musculaires et graisseuses, une
augmentation de l’eau totale et du capital sodé, une diminution du capital potassique,

Une diminution du renouvellement de la synthèse des protéines, ce qui représente une épargne
de la dépense d’énergie, mais qui entraîne trois conséquences nocives : une diminution de la
synthèse de l’albumine (hypoalbuminémie), une diminution de la synthèse enzymatique
(malabsorption intestinale, diarrhée chronique), une diminution du potentiel immunitaire
(infections).

Des régimes alimentaires inadéquats: Faute de sevrage par défaut brusque d'apport protéique.
Passage d'une alimentation lactée exclusive et prolongée à une alimentation type adulte les
bouillies traditionnelles qui leur sont proposées ne sont pas suffisamment " nourrissantes "

1.3 Conséquences de la malnutrition protéino-énergétique


Les conséquences de la MPE chronique sont un retard de croissance, un retard pubertaire, un
retard du développement psychomoteur, mais surtout une extrême sensibilité aux infections et
aux parasitoses. La MPE est à l’origine de modifications dans la composition corporelle: la
perte tissulaire, les anomalies électrolytiques, diminution des protéines sériques, les
modifications du statut en vitamines (les vitamines ABCDEK, acide folique et vitamines B12
sont déficitaires), métabolisme de base réduit (hypoalbuminémie), diminution de la synthèse
des enzymes entrainant une malabsorption intestinale, et des diarrhées chroniques, baisse du
potentiel immunitaire ainsi que des perturbations au niveau des différents appareils comme le

3
tractus gastro-intestinal (diminution de la motilité intestinale d’où pullulation microbienne,
atrophie de la muqueuse gastrique d’où diminution du HCL qui joue un rôle dans la digestion
des protéines et un rôle protecteur contre l’infection). Ces altérations sont majorées par les
infections. Elles contribuent à aggraver la malabsorption et les risques d’infection. La
modification des fonctions de l’organisme: le système hématopoïétique (anémie carentielle),
la fonction cardiovasculaire (réduction du débit de perfusion des tissus), la fonction rénale
(diminution des capacités d’excrétion et de concentration des reins)

2 Evaluation de l’état nutritionnel

2.1 Paramètres anthropométriques :


Paramètres mesurés sont : le Poids premier paramètre touché dans la MPE ; la Taille permet
de distinguer une malnutrition aigüe d’une malnutrition chronique ; Mesure du pli cutané,
évaluation de la masse grasse ; Mesure du périmètre brachial ; Mesure du périmètre crânien
chez le nourrisson et le jeune enfant ; Critères d’évaluation d’indice poids/âge, poids/taille,
taille/ âge, mesure du rapport périmètre brachial/périmètre crânien, courbes de référence
recommandées par l’OMS (les plus fiables) Il faut la rechercher chez les enfants de poids de
naissance inférieur à 2 500 g, souvent nés de mères impaludées. Le dépistage se fait dans les
centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI).

2.2 Classification de la malnutrition


La malnutrition protéino-énergétique est qualifiée de légère, modérée ou sévère. Son niveau
est déterminé en calculant le poids en pourcentage de poids attendu pour la taille d'après les
standards internationaux (normale, 90 à 110%; malnutrition protéino-énergétique légère, 85 à
90%; modérée, 75 à 85%; sévère, < 75%). Elle peut être primitive (due à un apport inadéquat
en nutriments) et secondaire (conséquence de pathologies ou de l'administration de
médicaments qui perturbent l'utilisation des nutriments)

2.2.1 Malnutrition protéino-énergétique primitive


La malnutrition protéino-énergétique primitive dans le monde est observée surtout chez
l'enfant et les personnes âgées qui n'ont pas accès aux nutriments, bien que la dépression
constitue une cause fréquente chez la personne âgée. La malnutrition protéino-énergétique
peut également être due à un jeûne ou à une anorexie mentale. Les maltraitances sur les
enfants ou les personnes âgées peuvent en être la cause.
Chez l'enfant, la malnutrition protéino-énergétique chronique primitive a 2 formes habituelles:
le marasme et le kwashiorkor.
La forme clinique dépend du rapport entre les sources énergétiques protéiques et non
protéiques. La carence d'apport est une forme de malnutrition protéino-énergétique primitive
sévère et aiguë.

4
Le marasme (également appelé forme sèche de la malnutrition protéino-énergétique) entraîne
une perte de poids et la perte des graisses et des muscles, faciès de vieillard ; il n'y a ni
œdème, ni éruption, ni troubles de la pigmentation, mais une alopécie. L’appétit est conservé
avec un enfant affamé et un comportement actif qui présente une diarrhée de la faim faite de
petites selles liquides et vertes. Son évolution est l'extrême fragilité aux infections, mais
réversibilité. Dans les pays dans lesquels le taux d'insécurité alimentaire est élevé, le marasme
est la forme la plus fréquente de malnutrition protéino-énergétique chez l'enfant. L’indice
Poids/Taille exprime le poids de l’enfant par rapport à la taille. Il est l’indicateur de mesure du
marasme. Il s’exprime au quotidien en % de la médiane. Il est dans le marasme < 70 % de la
médiane. La mesure du périmètre brachial est < 110 mm.

Figure 1 : Enfant atteint du marasme


Le kwashiorkor (également appelée forme humide, ou œdémateuse) est un risque associé à
l'arrêt prématuré de l'allaitement, qui survient typiquement lors d'une nouvelle naissance,
écartant l'enfant plus âgé du sein maternel. Ainsi, les enfants souffrant de kwashiorkor ont
tendance à être plus âgés que ceux souffrant de marasme. Un régime plus pauvre en protéines
qu'en énergie est plus susceptible de causer un kwashiorkor qu'un marasme. Il est dû à une
carence d’apport en protéines, avec baisse de l’albumine sérique (mais la présence d’œdèmes
n’est peut-être pas liée à l’hypoalbuminémie) et une carence spécifique en acides aminés. Il
est observé pendant la période de sevrage, entre 18 mois et 2 ans, lors de multiples agressions
déclenchantes appelées « les avenues du kwashiorkor » (paludisme, parasitoses, rougeole,
diarrhées aiguë).

5
Figure 2 : Enfant atteint kwashiorkor
Dans le marasme et le kwashiorkor, l'immunité à médiation cellulaire est diminuée,
augmentant la sensibilité aux infections. Les infections bactériennes (pneumonie, gastro-
entérite, otite moyenne, infections urinaires, sepsis) sont fréquentes. Les infections entraînent
la libération de cytokines, qui entraînent une anorexie, aggravent la fonte musculaire et
induisent une diminution importante de l'albumine sérique.
Le jeûne est une privation totale de nutriments. Il se produit parfois alors que de la nourriture
est disponible (comme dans le jeûne ou l'anorexie mentale), mais découle habituellement
d'une absence de nourriture du fait de facteurs extérieurs (famine, région désertique).

2.2.2 Malnutritions protéino-énergétiques secondaires


Ce type résulte le plus souvent des situations suivantes:
Maladies qui affectent les fonctions gastro-intestinales: ces pathologies peuvent perturber la
digestion (insuffisance pancréatique), l'absorption (entérite, entéropathie) ou le transport
lymphatique des nutriments (fibrose rétropéritonéale, maladie de Milroy).
Les maladies comme le SIDA, cancer, et l’insuffisance rénale, le catabolisme entraîne un
excès de cytokines, conduisant à la dénutrition par anorexie et cachexie (fonte musculaire et
adipeuse). L'insuffisance cardiaque au stade terminal peut induire une cachexie cardiaque,
forme sévère de dénutrition; la mortalité est particulièrement élevée. Les facteurs contribuant
à la cachexie cardiaque peuvent comprendre une congestion hépatique passive (provoquant
une anorexie), un œdème de l'intestin (perturbant l'absorption), et, dans la forme avancée, une
augmentation des besoins en oxygène en raison /d'un métabolisme anaérobie. Les maladies
cachectisantes peuvent diminuer l'appétit ou altérer le métabolisme des nutriments. Le
kwashiorkor peut également être secondaire à une maladie aiguë, souvent une gastro-entérite
ou une autre infection (probablement conséquence d'une libération de cytokines), chez un
enfant déjà atteint de malnutrition protéino-énergétique.

6
Classification de Gomez : exprime le pourcentage du poids par rapport à la normale pour
l’âge = poids du sujet à étudier x 100/poids d’un enfant normal du même âge au P50. Les
stades sont définis par rapport au % du poids normal pour l’âge : 90-110% normal, 75-89%
malnutrition mineure, 60-74% malnutrition modérée, < 60% malnutrition sévère
Classification de Welcome : elle tient compte des œdèmes et permet de distinguer le
kwashiorkor du marasme.

Classification de Waterloo : Exprime le pourcentage du poids par rapport à la normale pour la


taille = poids du sujet x 100/poids au P50 de l’enfant normal de même taille : > 98% normale
87,5-95% malnutrition mineure, 80-87,5% malnutrition modérée, < 80% malnutrition sévère
Classification du comité national de nutrition prend en considération : P/A, T/A, P/T.

La mortalité est supérieure à 89 % si l'enfant n'est pas traité, de 10 à 25 % si l'enfant est traité,
en particulier lors de la période de rééquilibration nutritionnelle.

L’association kwashiorkor-marasme : associe une hypotrophie considérable révélée par la


disparition plus ou moins complète des œdèmes. L’indice Poinds/Taille est inférieur aux
critères définissant le marasme.

3 Diagnostic

3.1 Signes cliniques

3.1.1 Kwashiorkor
Le signe clinique associe une modification du comportement (l’enfant ne joue pas, refuse la
nourriture), un déficit pondéral (le poids est compris entre 60-80% de la normale pour l’âge,
la courbe de poids se casse, un retard statural), des troubles digestifs (anorexie, vomissements,
diarrhée chronique avec malabsorption et ballonnement), des œdèmes au niveau des membres
inférieurs (dos du pied, régions tibiales), des mains, du visage, caractéristiques du
kwashiorkor; des manifestations dermatologiques observées dans les formes complètes
(éruption faite de plaques rouges aux points de pression augmentant en taille et en nombre,
purpuriques, brunes ou noirâtres, coalescentes, se décollant du plan de la peau réalisant des
nappes pavées, en mosaïque, en peinture écaillée; fragilité cutanée : fissures des plis, érosions,
ulcérations, voire escarres aux zones de pression, bulles sur le scalp; une atteinte muqueuse :
stomatite anguleuse; une altération des cheveux (troubles de la pigmentation : cheveux roux),
alopécie partielle, modifications de la texture (cheveux fins, ternes, secs, moins ondulés), des
surinfections à pyogènes et/ou à candida.

3.1.2 Marasme
Retard staturo-pondéral (extrême, frappant, plus marqué pour le poids que la taille) ; fonte des
tissus musculaire et adipeux (signe majeur avec aspect du faciès ridé et vieillot) ; trouble du
comportement (enfant irritable, inquiet avec activité et appétit conservés) ; autres signes
(anomalies mineures des cheveux sans dépigmentation, parfois stomatite, peau fine, fripée,
hépatomégalie exceptionnelle, troubles digestifs chroniques (constipation, diarrhée
infectieuse).

7
3.2 Examens complémentaires
Kwashiorkor : protéines sériques (hypo-protidémie avec hypo-albuminémie constante,
transferrine et la pré-albumine diminuées), hypoglycémie, urée urinaire et sanguine abaissées,
hyponatrémie, hypokaliémie, calcémie normale, phosphorémie et magnésémie diminuées, âge
osseux retardé avec ostéoporose et rarement rachitisme, cholestérol total et triglycérides
diminués, anémie microcytaire hypochrome hyposidérémique par carence en fer ou anémie
macrocytaire par carence en folates et/ou en vitamines E, bilan infectieux systématique
(hémoculture en cas de fièvre ou d’hypothermie, uroculture, coproparasitologie, radiographie
du thorax, bilan inflammatoire)

Marasme : les anomalies biologiques sont pratiquement les mêmes que le kwashiorkor mais à
un degré plus modéré sauf quelques particularités : protidémie normale, glycémie plus basse,
balance hydro-électrolytique perturbée, fonction rénale perturbée

Formes cliniques Kwashiorkor marastique : il se constitue à la faveur d’un changement des


conditions alimentaires sur un tableau de malnutrition préexistante. Sevrage brutal chez un
enfant marastique entraine l’apparition d’un kwashiorkor

Kwashiorkor précoce avec maladie brutale (diarrhée) entraine un marasme. Pronostic grave
avec mortalité élevée.

Malnutrition modérée : beaucoup plus fréquente, peut évoluer vers le kwashiorkor ou


marasme.

4 Les complications
Les infections broncho-pneumopathies. Septicémies à point de départ pulmonaire ou digestif.
Tuberculose est gravissime avec IDR négative. Infections urinaires, les infections du tractus
digestif fréquentes, dues aux infections bactériennes ou parasitaires/intolérance alimentaires
ont une place Traitement

Métaboliques : Hypoglycémie, source de convulsions, hypocalcémie, également source de


convulsions, hypokaliémie, source de décès par arrêt cardiaque. D'où l'intérêt de pratiquer des
ECG répétés et Générales hypothermie T° <35,5°C.

5 Traitement
Selon l’OMS 10M d’enfants MPE sévère, 89.9M forme modérée soit 1/3 des pays en
développement. Le but de traitement est d’apporter les protéines et les calories nécessaires à
l’organisme pour réparer les désordres métaboliques et assurer la croissance.

5.1 Une phase initiale ou de rééquilibration


L’objectif sur le plan nutritionnel est de couvrir les besoins de maintenance nécessaires au
maintien des fonctions vitales de l’organisme. Ces besoins, rapportés au poids corporel, sont
comparables aux besoins de maintenance d’enfants normalement nourris. Cette phase initiale
comprend :

8
La correction d’une éventuelle déshydratation, à conduire avec prudence. L’OMS
recommande l’usage d’une solution de réadaptation adaptée, le ReSoMal (Rehydratation
Solution for Malnutrition), moins riche en Na+ et plus riche en K+ que les solutions de
réhydratation orale classiques (SRO). Elle est administrée à raison de 5 mL/kg toutes les 30
mn pendant 2 heures, puis 5 à 10 mL/kg toutes les heures pendant 12 heures (10 mL/kg quand
le poids de l'enfant n'augmente pas ou plutôt baisse après évaluation). Il existe un risque de
survenue de défaillance cardiaque si la perfusion est trop rapide : la réhydratation doit être
prescrite sur les mêmes bases que celles préconisées chez les enfants non malnutris.

Le traitement des infections : l’OMS recommande un traitement antibiotique systématique en


début du traitement (habituellement amoxicilline). L’antibiothérapie améliore le pronostic
avec une association entre la prise d’antibiotiques et un gain de poids et de taille chez les
enfants en état de malnutrition. Le traitement des infections bactériennes et parasitaires par la
prise de mébendazole (Vermox®) ou d'albendazole (Zentel®) est justifié en vue de réduire la
charge parasitaire, en particulier des ascaris. Les helminthiases qui touchent dans certaines
régions d'Afrique plus d'un enfant sur deux, sont responsables de retard de croissance,
d'anémie et de troubles du développement cognitif.

La réalimentation : les apports énergétiques ne doivent pas être trop élevés en situation
d’œdèmes, en raison du risque de survenue d’insuffisance cardiaque (niveau d’activité de la
pompe Na+/K+ paradoxalement élevé), par voie orale, en privilégiant des formules liquides
lactées recommandé par l’OMS F 75 (75 Kcal/100 mL) qui, à raison de 135 mL/kg
correspondant à 100 Kcal/kg, suffit à couvrir les besoins de base tant en protéines qu’en
énergie, tant que les infections et les carences associées ne sont pas traitées. Cette
réalimentation est réalisée par de fréquents repas (5 à 8 repas/jour), pour éviter la survenue
d’hypothermie et d’hypoglycémie, on commence par un régime hypocalorique (60-80
kcal/kg/j), hypo-protidique (1,5 g/kg/j) et en eau (60-80 ml/kg/j) ; Transfusion sanguine si
l’hémoglobine < 6 g/dl. Adjonction des sels minéraux, d’oligoéléments et des vitamines
nécessaire durant la première semaine. La correction des carences en vitamines et minéraux
est associée : acide folique 5 mg, vitamine A 200 000 UI, mélange standard de minéraux ne
contenant pas de fer, à ce stade.

5.2 Une phase de réhabilitation nutritionnelle


Une fois l’alimentation commencée, on augmente progressivement (en présence de la mère)
l’apport calorique et protidique pour aller à 100 kcal/kg/j avec 3 g/kg/j de protéines la
première semaine puis 150 kcal/kg/j avec 4 g/kg/j la 2e semaine. A la fin de cette phase les
quantités ingérées sont > 150 kcal/kg/j. Son but est l’acquisition d’un gain pondéral
maximum. C’est le rôle de la préparation lactée F 100 (100 Kcal/100 mL), à raison de 150 à
200 mL/kg/jour, correspondant à 150 à 200 Kcal/kg permettant des gains de poids pouvant
aller jusqu’à 20 g/kg/j. Le gain de poids obtenu est mesuré en g/kg/j et calculé selon la
formule suivante : (Poids observé - poids initial x 100) / (Poids initial x nombre de jours de
traitement).

Assurer une alimentation suffisante en quantité et en qualité à la population victime. La


ration équilibrée et qui couvre la totalité des besoins nutritionnels permet la survie de la

9
population. La ration apporte à chacun 2 100 Kcal/j avec 10 à 15 % de protéines, 30 à 35 %
de lipides, 50 à 60 % de glucides (OMS). La ration type d’une distribution générale peut
comporter : sorgho (400 g), huile végétale (50 g), lentilles vertes (100 g).

Traiter les patients modérément malnutris : apporter une aide alimentaire supplémentaire aux
groupes vulnérables, en complément de la distribution alimentaire : enfants, femmes enceintes
ou allaitantes, personnes âgées, suivant des critères anthropométriques. Ces groupes sont pris
en charge dans un Centre de Nutrition Supplémentaire (CNS). Ils ne sont pas encore trop
malnutris et peuvent rester à domicile, mais sont suivis régulièrement au moins une fois par
semaine.

La ration supplémentaire prend en charge les besoins spécifiques des enfants modérément
malnutris et apporte 500 à 750 Kcal par jour servi en deux repas. La présence des enfants et
des mères au CNS est l’occasion de développer les séances d’éducation à la santé, d’hygiène,
de nutrition, de vaccinations.

5.3 Traitement des patients sévèrement malnutris.


La malnutrition aiguë sévère (MAS) se définit par un indice poids/taille inférieur à 3 z-scores
du standard de l'OMS ou par un périmètre brachial inférieur à 115 mm dans la tranche d'âge
comprise entre 6 mois et 5 ans ou encore par la présence d'œdèmes bilatéraux d'origine
nutritionnelle. Vingt millions d'enfants souffrent de MAS. Chez eux, le risque de décès est 5 à
20 fois supérieur par rapport aux enfants correctement nourris. Tous les patients, enfants et
adultes en MAS, sont traités en Centre de Nutrition Thérapeutique (CNT), soit en
hospitalisation, soit à titre externe suivant que la MAS est compliquée ou non.

D’autres végétaux, autres que la pâte d'arachide, riches en protéines, peuvent prévenir et
traiter les carences nutritionnelles. La spiruline, cultivée en bassin, séchée et réduite en
poudre, contribue à la lutte contre la MPE en Afrique subsaharienne (Mali, Bénin, Niger,
Burkina-Faso), à Madagascar, au Chili pour un faible coût. Elle est riche en vitamines A, B12,
E, en minéraux (fer, calcium, magnésium) et sa teneur en protéines est 50 à 70 % de sa
matière sèche, deux fois plus que le soja. De même, peuvent être utilisées les feuilles de
moringa qui contiennent des protéines, du calcium, du potassium, de la vitamine A, du fer, de
la vitamine C ; les fruits du baobab (le pain de singe) riche en vitamines C, B1, B2 et en
antioxydants ; les extraits foliaires de luzerne riches en protéines, en acides aminés
(tryptophane, lysine…) en lipides, en calcium, en micronutriments. L'utilisation de pâtes
nutritives prêtes à l'emploi pour la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère est
désormais le protocole recommandé par l'OMS, le PAM et l'UNICEF.

6 Pronostic
Pronostic à court terme : le taux de mortalité dans la MPE sévère reste élevé (20%). Les
critères de mauvais pronostic : âge < 6 mois, infections et perturbations hydroélectrolytiques
associées, signes cutanéomuqueux avancés dans le kwashiorkor, hypothermie, hypoglycémie
profonde, hyponatrémie, hépatomégalie avec un TP bas.

10
Pronostic à long terme : les enfants malnutris bien pris en charge rattrapent généralement leur
poids idéal cependant plusieurs études ont retrouvés une petite taille définitive dans les cas de
marasme précoce et sévère. Le pronostic intellectuel est parfois médiocre en rapport avec le
niveau culturel de l’entourage de l’enfant.

7 Prévention
L'OMS et l'UNICEF recommandent l'allaitement exclusif de la naissance à l'âge de six mois..
L'introduction d'une alimentation de complément est ensuite recommandée tout en continuant
l'allaitement si possible jusqu'à l'âge de deux ans, et même au-delà. La quantité d'énergie
devant être apportée par l'alimentation de complément est estimée à partir des besoins en
énergie de l'enfant et de la partie de ces besoins couverts par le lait maternel.

A l'âge de six mois, l'enfant a un système digestif qui a une maturité suffisante pour digérer la
plupart des aliments consommés par la famille. Si les besoins en protéines sont en général
couverts par les régimes donnés aux enfants, par contre les besoins en minéraux (fer, zinc,
calcium) et en vitamines (vitamine A) sont insuffisants. Ces nutriments sont apportés par la
viande et le poisson (fer, zinc, vitamine A), le lait (calcium), les fruits à chair orangée et
certaines variétés de patates douces (vitamine A). Les aliments de complément préparés à
partir d'aliments d'origine végétale (céréales, légumineuses) inhibent l'absorption de minéraux
et sont à l'origine de flatulences, limitant l'acceptabilité de ces aliments par les jeunes enfants.
La couverture des besoins en acides gras essentiels peut être apportée par l'huile de soja. Il
faut donc recommander aux mères de donner à leurs enfants des aliments qui fournissent à
moindre coût tous les nutriments dont ils ont besoin. C'est en pratique un problème difficile à
résoudre. A ces messages d'ordre nutritionnel, il faut associer des recommandations en
matière d'hygiène lors de la manipulation des aliments destinés aux enfants : lavage des mains
fréquent, séparation des aliments crus et cuits, cuisson prolongée des aliments, conservation à
une température < 5 °C ou > 60 °C, utilisation d'une eau potable.

Des suppléments nutritionnels doivent être donnés aux futures mères afin de contrer le retard
de croissance des nourrissions. Les interventions pour améliorer le statut nutritionnel des
mères pendant la grossesse améliorent la taille à la naissance mais ont un impact modeste sur
la croissance post-natale. Dans des zones rurales de la RDC, du Guatemala, de l’Inde et du
Pakistan, des femmes ont été réparties en trois groupes : supplémentation débutée soit avant la
conception, soit vers la 11ème semaine de gestation ou pas de supplémentation. Cette
supplémentation apportait 118 Kcal, 2,6 g de protéines avec des acides gras polyinsaturés et
22 micronutriments. De surcroît, les femmes en déficit pondéral recevaient en plus 300 Kcal
et 11 g de protéines. La croissance linéaire et pondérale de la naissance à 6 mois a été
significativement plus importante pour les nourrissons dont les mères avaient reçu une
supplémentation nutritionnelle avant la conception ou en fin ce premier trimestre en
comparaison des autres non supplémentées. Ces interventions nutritionnelles améliorent la
croissance en poids et surtout en taille jusqu’à l’âge de 6 mois.

Action de santé au niveau local : dépistage des formes frustes, éducation nutritionnelle chez
les mères, promouvoir l’allaitement maternel, surveillance des enfants guéris de malnutrition,
renforcer la relation mère-enfant, traitement adéquat des infections des nourrissons ;

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Action de santé au niveau social : amélioration de l’hygiène du milieu, amélioration de l’état
nutritionnel des mères pour un allaitement de meilleure qualité, régulation du nombre des
enfants, amélioration de la production agricole, l’alphabétisation, en particulier chez les filles.

L’aide alimentaire ne doit pas s’engager sur le long terme : il y a risque de créer une
dépendance. Il faut rendre leur autonomie alimentaire aux populations en développant le
maraîchage et l’élevage. Ces actions sont dépendantes de la stabilité politique et du
développement socioéconomique. Pour la FAO, la production alimentaire mondiale devra
augmenter de 70 % d'ici 2050 pour éradiquer la faim dans le monde. Dans l'immédiat, le
principal facteur limitant dans les pays du sud est l'accès aux engrais et aux semences. Les
rendements céréaliers sont de 13 quintaux à l'hectare en Afrique subsaharienne, de 26 en Asie,
de 50 dans les pays développés (70 en France). Mais, le réchauffement climatique, qui
s’aggrave, les crises sanitaires, qui se succèdent, rendent toute prévision incertaine et les
perspectives concernant l’évolution de la faim dans le monde et de la malnutrition protéino-
énergétique qui lui est liée, sont très sombre.

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Conclusion
La malnutrition protéine-énergétique (MPE) se définit comme un ensemble de conditions
pathologiques liées à un déficit d'apport, en proportions variables, en protéines et en énergie,
survenant le plus fréquemment chez les nourrissons et les jeunes enfants et associé
communément à des infections. Ce déficit est dû à la pauvreté, au changement climatique,
conflits, l’analphabétisme… qui empêchent l’accès aux aliments entrainant des manifestation
grave comme le marasme et le kwashiorkor chez un enfant où sans traitement conduit à la
mort. Il est important de savoir reconnaitre les formes de malnutrition protéino-énergétique et
les prendre en charge avant l’évolution vers des états graves qui nécessitent une réhabilitation
nutritionnelle longue et occasionnent de graves complications. Cependant la prévention reste
la meilleure arme.

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Références
- OMS (Organisation Mondiale de la Santé)
- ONG Oxfam (Oxford Committee for Famine Relief)
- Professeur Pierre Aubry, Docteur Bernard-Alex Gaüzère : Malnutrition protéino-
énergétique, 2021.
- JELLIFFE DB. Appréciation de l'état nutritionnel des populations. Genève, OMS,
Monographie, 1969, 53.
- John E. Morley, MB, BCh, troubles nutritionnels/dénutrition/malnutrition
protéinocalorique, Saint Louis University School of Medicine. 2021

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