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Quelle est la vie de Descartes ?

René Descartes, né à La Haye en Touraine (devenue Descartes) le 31 mars 1596 et mort à Stockholm (Suède) le
11 février 1650, est un mathématicien, physicien et philosophe français, considéré comme l'un des
fondateurs de la philosophie moderne selon les mots de Hegel.

Descartes est un philosophe français du 17e siècle (1596-1650), ainsi qu'un mathématicien et un physicien. Né à
La Haye, ville rebaptisée Descartes en 1961, il étudie à Poitiers, puis part vivre à Paris. Il voyage en
Hollande, en Allemagne… et s'engage dans l'armée du Duc de Bavière.

Les ouvrages de Descartes

Les Méditations métaphysiques (ou Méditations sur la philosophie première) sont une œuvre philosophique de
René Descartes, parue pour la première fois en latin en 1641. Du point de vue de l'histoire de la philosophie, elles
constituent l'une des expressions les plus influentes du rationalisme classique.

Le titre original traduit en français de Méditations sur la philosophie première indique que cet ouvrage a été écrit en
partie comme une critique de la philosophie première qui était alors enseignée dans les universités, mais aussi
pour en proposer une nouvelle à la place. Comme pour la plupart des ouvrages classiques au fil du temps, les
Méditations ont reçu des interprétations très différentes.

Dans ses Méditations, Descartes soutient qu'en dépit des arguments sceptiques contre la vérité et la certitude, il y
a des connaissances légitimes. Aussi, il présente l'homme comme ayant une substance essentiellement pensante
(cogito), qui s'oppose à son corps, qui lui est une substance matérielle (voir dualisme de substance).

Discours de la méthode

Pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences

Le Discours de la méthode, dont le titre complet est Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et
chercher la vérité dans les sciences, est un texte philosophique publié anonymement par René Descartes à Leyde
le 8 juin 1637 chez le libraire et imprimeur Jan Maire (d). Le Discours devait originellement servir d'introduction
générale aux traités scientifiques écrits par l'auteur, soit La Dioptrique, Les Météores et La Géométrie, mais la
célébrité du texte est devenue telle qu'il est désormais souvent publié seul, comme un essai indépendant. Il est
reconnu comme l'une des œuvres fondatrices de la philosophie moderne occidentale[1].

Le Discours de la méthode est le premier texte publié par Descartes, et aussi le plus diversifié, en raison de la
variété des thèmes qu'il aborde : il traite aussi bien de la méthode qu'annonce le titre, de la métaphysique et de la
morale, que de la physique et des autres sciences qui intéressent Descartes, comme la médecine, et des
applications techniques de la science[17]. Il s'agit aussi d'une autobiographie dans laquelle l'auteur relate ses
découvertes et ses expériences les plus marquantes[18]. En fait, ces thèmes correspondent aux principales étapes
de son apprentissage, qui débute par ses études au collège jésuite de La Flèche. Descartes expose en effet dans
le Discours son parcours intellectuel de façon rétrospective, depuis son regard critique porté sur les enseignements
qu'il a reçus au collège de La Flèche, jusqu'à sa fondation d'une philosophie nouvelle quelques années plus tard. Il
y propose une méthode, composée de règles simples et précises pour éviter l'erreur, et y développe le doute
méthodique, visant à reconstruire le savoir sur des fondements certains, en s'inspirant de la certitude exemplaire
des mathématiques. L’énoncé « je pense, donc je suis » (cogito, ergo sum) permet à Descartes de sortir du doute
et lui sert à ce titre de premier principe. Il y résume également ses méditations sur l'âme et sur Dieu, dont il donne
une version beaucoup plus étendue dans les Méditations métaphysiques, quatre ans plus tard.

Le Discours de la méthode est aussi l’occasion pour Descartes de présenter une morale provisoire, tenant en
quelques maximes de conduite rendues nécessaires par la méthode elle-même, dans la mesure où la bonne
conduite de la vie ne peut pas attendre, contrairement à la connaissance scientifique qui exige que l'on prenne le
temps qu'il faut pour éviter l'erreur. Descartes propose également ses considérations sur le corps, qu'il compare à
un mécanisme, le corps des animaux excluant selon lui la conscience ou l'existence d'une âme, mais non de la
sensibilité (théorie des « animaux-machines »), ainsi que sur le rôle et le fonctionnement du cœur dans la
circulation du sang. Enfin, le Discours présente des déclarations sur le rapport de l’homme à la nature,
représentatives de la modernité, puisque Descartes propose l'idée que les hommes se rendent « comme maîtres
et possesseurs de la nature » par le progrès des techniques, au premier rang desquelles il recommande
d’améliorer la médecine.

Les Principes de la philosophie


1
Les Principes de la philosophie (en latin : Principia philosophiae) est une œuvre philosophique de René
Descartes en 1644, originellement écrite en langue latine. L'objectif poursuivi par Descartes est, selon lui, de
« donner des fondements rigoureux à la philosophie ».

Les Passions de l'âme

Les Passions de l'âme (parfois appelé Traité des passions de l'âme) est un traité philosophique écrit par René
Descartes et publié à Paris en 1649. Il s'agit du dernier livre de Descartes publié de son vivant. Celui-ci est écrit en
français et dédié à la Princesse Élisabeth de Bohême.

Dans cette œuvre, Descartes se concentre sur la question des passions. Il s'agit donc d'un traité de philosophie
morale, le dernier domaine de la philosophie abordé par Descartes. Celui-ci s'inscrit, avec cet ouvrage, dans la
tradition de la réflexion philosophique sur les passions, tout en abordant ces dernières d'un point de vue
physiologique novateur car précurseur de la neurophysiologie.

Ce traité est aussi l'occasion pour Descartes d'éclaircir plusieurs problèmes qu'il avait posés dans ses précédents
ouvrages. Ainsi, concernant le problème de l'interaction corps-esprit, il propose dans cet ouvrage des théories sur
les « esprits-animaux » et le rôle selon lui central de la glande pinéale (ou épiphyse), établissant un lien entre les
émotions humaines et la chimie du corps. Par ailleurs, concernant la théorie de l'action, Descartes présente une
philosophie morale plus aboutie que les règles provisoires qu'il avait ébauchées dans les Discours de la méthode,
et fondée sur la connaissance des lois physiologiques.

La Géométrie (Descartes)

La Géométrie est l'un des trois appendices publiés en 1637 par René Descartes avec le Discours de la méthode,
où il présentait une science nouvelle permettant d'obtenir des idées claires sur n'importe quel sujet.
La Géométrie et les deux autres traités, la Dioptrique (l'optique) et Les Météores (phénomènes naturels), donnent
des exemples des succès obtenus en suivant la méthode[1].

« Iusques icy i’ay tasché de me rendre intelligible a tout le monde, mais pour ce traité ie crains, qu’il ne pourra
estre leu que par ceux, qui sçauent desia ce qui est dans les livres de Geometrie. »

— Descartes[n 1

La Géométrie est divisée en trois livres :

 I. – Des problèmes qu'on peut construire sans y employer que des cercles et des lignes droites
 II. – De la nature des lignes courbes.
 III. – De la construction des problèmes solides ou plus que solides.

Traité du monde et de la lumière

Le traité du monde et de la lumière est un traité écrit par Descartes en 1632 et 1633. C'est l'une des dernières
œuvres qu'écrivit Descartes dans le domaine scientifique. Descartes publia ultérieurement La Dioptrique, Les
Météores, et la Géométrie, dont le Discours de la méthode constitue la préface, qui est le premier ouvrage
philosophique de Descartes.

Le traité du monde et de la lumière a été écrit en français, et ne fut publié qu'en 1664.

Quelle est la philosophie de Descartes ?

Descartes, célèbre mathématicien et physicien, est surtout considéré comme le fondateur du rationalisme
moderne. Il affirme en effet la supériorité de la raison, source innée et universelle de toute connaissance
("le bon sens est la chose la mieux partagée").

Descartes forme le projet de tout comprendre par lui-même et invente pour cela une méthode : le doute
systématique. Sa règle : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être
telle ». À douter de tout – de Dieu, de la liberté, du bien, du mal… – que reste-t-il ?

2
L'ambition de Descartes est grande : fournir un fondement rigoureux, une nouvelle métaphysique reposant
sur le cogito, qui engendre une nouvelle classification des connaissances. Dans la Grèce antique, les
présocratiques (Thalès, Pythagore) étaient des scientifiques.

Philosophie de Descartes

L’unité de la philosophie chez Descartes est pensée au moyen de la figure bien connue de l’arbre de la
philosophie : « Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la
physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois
principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale ; j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui,
présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse » [1]. L’arbre de la
philosophie n’est donc pas enraciné [2], et Descartes ne dit rien de cette absence d’enracinement [3]. Sans doute
cette absence répond-elle au projet cartésien, que l’on considère que l’ontologie est absente de la métaphysique
de Descartes [4], ou bien que « le souci des Principia » est de « fournir une métaphysique qui se suffise à elle-
même » [5]. Mais, quelle que soit la perspective envisagée, la difficulté n’en est pas moindre eu égard à la
pertinence de la figure : un arbre dont les racines (la métaphysique) ne sont enracinées dans aucun sol
(l’ontologie) est un arbre mort.

Cette étrangeté des racines n’est cependant pas la seule : la branche de « la plus parfaite morale » est supérieure
aux deux autres, puisqu’elle présuppose « une entière connaissance des autres sciences ». Où et comment, par
conséquent, se situe cette branche morale par rapport aux deux autres ? De deux choses l’une, en effet : ou bien
cette branche, comme les autres, sort du tronc, auquel cas elle se situe sur le même plan que les branches de la
médecine et de la mécanique, ce qui signifie que la figure ne rend pas exactement la position de la branche
morale ; ou bien celle-ci présuppose effectivement les deux autres, auquel cas elle est une forme d’excroissance
de la médecine ou de la mécanique, voire des deux, ce qui signifie qu’en définitive il n’y a que deux branches
sortant du tronc, qui se rejoignent ou se confondent en une troisième, de nature différente et non directement reliée
au tronc. Descartes avoue d’ailleurs qu’il « ignore presque tout » de ces « parties [les branches] qu’on ne peut
apprendre que les dernières » et dont dépend « la principale utilité de la philosophie », de sorte que ce n’est
qu’avec le temps que l’on peut découvrir ces « vérités [qu’il n’a] point expliquées » et ainsi acquérir « une parfaite
connaissance de toute la philosophie et monter au plus haut degré de la sagesse » [6]. Aussi, loin de signifier une
totalité unifiée et achevée, la figure de l’arbre indique plutôt un inachèvement structurel de la philosophie, et
conduit alors à concevoir l’unité de la philosophie davantage comme un problème que comme un objet donné ou
constitué.

Résumé

René Descartes (1596-1650) est un philosophe français dont le nom est associé à l’idée de modernité
philosophique. Connu pour ses règles de la méthode, qui permettent de distinguer le vrai du faux et de résoudre
des questions scientifiques, pour le cogito (« je pense, donc je suis »), et pour sa distinction radicale de l’esprit et
du corps, Descartes accorde aussi une place de premier ordre aux vérités de l’expérience, ainsi qu’à l’homme et à
ses actions.

Ses œuvres les plus célèbres sont le Discours de la méthode, publié en français en 1637, les Méditations
métaphysiques, parues en latin en 1641 et en français en 1647, les Principes de la philosophie, publiés en latin en
1644 et en français en 1647, et les Passions de l’âme, parues en français en 1649. À ces textes s’ajoutent
notamment les Règles pour la direction de l’esprit, écrites entre 1619 et 1629 et que Descartes laisse inachevées,
Le Monde, traité de physique qu’il renonce à publier suite à la condamnation de Galilée en 1633, et une
correspondance qui est aussi un espace d’élaboration de sa doctrine, par exemple la correspondance avec la
princesse Élisabeth de Bohême entre 1643 et 1646, dans laquelle Descartes précise ses thèses sur l’union de
l’âme et du corps, mais aussi sur les passions et sur le bonheur, et qui relève ainsi de la partie morale de sa
philosophie.

1. Une méthode de la découverte scientifique

Descartes pense les sciences dans leur diversité comme l’expression d’une capacité de connaître de l’esprit, qui
est une, quels que soient les objets auxquels il s’applique. C’est dans cette perspective qu’il réfléchit sur ce que
doit être la méthode de la science : un ensemble de « règles certaines et faciles, par l'observation exacte
desquelles on sera sûr de ne jamais prendre une erreur pour une vérité, et, sans y dépenser inutilement les forces
de son esprit, mais en accroissant son savoir par un progrès continu, de parvenir à la connaissance vraie de tout
ce dont on sera capable. »

3
Cette caractérisation de la méthode, énoncée dans une œuvre de jeunesse essentielle, les Règles pour la direction
de l’esprit, exprime une confiance dans la capacité de la raison à parvenir à des connaissances certaines. Dans un
XVIIe siècle marqué par une révolution scientifique, qui voit notamment la fin du géocentrisme et l’essor de la
physique mécanique, Descartes entend œuvrer au progrès dans les sciences, comme Copernic et Galilée.
Pourquoi une méthode est-elle requise à cette fin ? Parce que, si « la puissance de bien juger, et distinguer le vrai
d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les
hommes », « ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. » (Discours de la
méthode, I)

Selon le résumé donné dans la seconde partie du Discours de la méthode, l’esprit doit respecter quatre règles :
évidence, analyse, ordre, dénombrement. Il s’agit, en évitant la précipitation et la prévention (a), de diviser les
difficultés examinées (b), pour les résoudre en allant du plus simple au plus composé (c), en s’assurant de ne rien
omettre (d). Cette approche du raisonnement scientifique est inspirée par les mathématiques, dont la certitude est
un modèle à suivre. Ainsi pour Descartes, l’ordre logique fourni par les « longues chaînes de raison » (Discours, II)
utilisées dans les démonstrations géométriques doit être suivi par-delà les mathématiques abstraites, c’est-à-dire
l’arithmétique et la géométrie.

Qu’en est-il alors de la productivité scientifique de ce dispositif ? Le Discours sert de préface à trois traités qui sont
des essais de cette méthode : la Dioptrique, les Météores et la Géométrie. Ces textes portent sur les
mathématiques « pures », mais aussi sur ces phénomènes physiques que sont les météores et la lumière. Ces
derniers sont étudiés du point de vue de leur cause efficiente. Descartes réduit en effet les changements de la
matière à des mouvements ; il comprend en termes géométriques le concept de matière, qu’il s’agisse d’un corps
inerte ou d’un corps vivant, c’est-à-dire comme de l’étendue en longueur, largeur et profondeur. Il élabore ainsi une
physique dite « mécaniste », en ce qu’elle revient à comprendre la nature sur le modèle d’un ensemble de
machines soumises à un petit nombre de lois simples et exprimables en termes mathématiques, les lois du
mouvement. Cela l’amène, d’une part, à formuler le principe de l’inertie, selon lequel un corps « demeure en l’état
qu’il est, pendant que rien ne le change », et « tend à continuer son mouvement en ligne droite » (Principes de la
philosophie, II, art. 37 et 39) ; d’autre part, à rompre avec la conception aristotélicienne de l’âme comme principe
d’animation et d’organisation, responsable de la nutrition et de la croissance des êtres vivants, et de la sensation et
de la motricité chez les bêtes – ces fonctions suivant naturellement, pour Descartes, « de la seule disposition des
organes, ni plus ni moins que ne le font les mouvements d’une horloge, ou autre automate, de celle de ses
contrepoids et de ses roues » (L’Homme). Chose pensante ou esprit, l’âme devient le propre de l’homme.

2. Les fondements de la science : la métaphysique

La volonté de démêler des questions à la fois mathématiques et physiques conduit Descartes à entreprendre une
enquête sur les fondements de cette science. Il s’agit de la métaphysique, « qui contient les principes de la
connaissance, entre lesquels est l’explication des principaux attributs de Dieu, de l’immatérialité de nos âmes, et
de toutes les notions claires et simples qui sont en nous » (Lettre-préface aux Principes de la philosophie).

Cette métaphysique est exposée dans la quatrième partie du Discours, les Méditations métaphysiques et la
première partie des Principes de la philosophie. Dans ces textes, Descartes fait du doute le premier instrument de
la recherche de la vérité : il convient de rejeter comme faux tout ce en quoi l’on pourra imaginer le moindre doute,
afin de se défaire de ses préjugés et de parvenir, si cela est possible, à des connaissances entièrement certaines
et indubitables. Cet usage non sceptique du doute suppose une attitude volontaire et active, qui passe par la
recherche de « raisons de douter » : dans la Méditation I, l’argument des illusions des sens, auquel succède celui
du rêve, puis l’hypothèse d’un Dieu trompeur, et enfin la fiction d’un malin génie employant « toute son industrie à
me tromper », permettent de parvenir à un doute radical et généralisé.

Or ce doute fait bel et bien émerger une première certitude : au moment où je pense, nécessairement j’existe, en
tant que chose pensante ou esprit. « Qu’est-ce qu’une chose qui pense ? C’est-à-dire une chose qui doute, qui
conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent » (Méditation II). Descartes tire
de cette première certitude un critère du vrai : puisque cette connaissance possède les attributs de la clarté et de la
distinction, il semble possible d’établir pour règle générale que « les choses que nous concevons fort clairement et
fort distinctement sont toutes vraies » (Méditation III). Néanmoins, pour que ce critère puisse être retenu, il faut être
assuré que Dieu existe, qu’il est parfait et que tout ce qui est en nous vient de lui : dans le cas contraire, en effet, il
sera toujours possible de douter de la perfection de nos facultés, et par conséquent des vérités qui nous semblent
très évidentes.

La garantie divine, au fondement de la « vraie et certaine science », est acquise au moyen de deux preuves de
l’existence de Dieu : la première, par les effets, consiste à poser que l’idée d’infini que j’ai en mon esprit requiert
une cause qui soit elle-même infinie –Descartes montre encore que l’esprit qui a l’idée de Dieu ne pourrait exister
sans lui (Méditation III) ; la seconde, a priori, établit que l’existence ne peut être séparée de l’essence de Dieu : ce
4
dernier, comme « être souverainement parfait », existe nécessairement et produit toutes les choses que l’on est
capable de concevoir clairement et distinctement (Méditation V). Quelle est alors la cause de l’erreur ? Elle ne vient
pas de Dieu mais d’un mauvais usage de nos facultés, lorsque la volonté juge en l’absence d’idées claires et
distinctes, ou lorsqu’elle donne son assentiment à des choses obscurément et confusément conçues (Méditation
IV).

Dans la mesure où il est possible d’avoir une idée claire et distincte de soi-même, en tant que chose pensante et
non étendue, et du corps, en tant que chose étendue et qui ne pense pas, Descartes conclut que l’esprit et le corps
sont deux substances distinctes qui peuvent exister l’une sans l’autre (Méditations VI). L’homme serait ainsi
composé de deux réalités, l’une physique (le corps), l’autre non physique (l’esprit). Cette position « dualiste » a
soulevé un certain nombre de difficultés pour les lecteurs de Descartes ; l’une d’elles a concerné la possibilité
d’une interaction causale entre la substance pensante et la substance étendue dans le mouvement volontaire ou la
sensation (voir l’article Grand Public Causalité mentale) : si l’esprit est immatériel et inétendu, comment pourrait-il
agir sur le corps matériel et étendu ? Et comment le corps pourrait-il en retour agir sur l’esprit, en causant ses
sensations et ses passions ?

Pour Descartes, le fait que l’esprit et le corps soient deux substances de diverses natures ne les empêche toutefois
pas de pouvoir agir l’une sur l’autre ; cette interaction est d’ailleurs rendue manifeste par des expériences « très
certaines et très évidentes » (Lettre à Arnauld, 29 juillet 1648), dont il n’est donc pas permis de douter.

3. Au-delà de la métaphysique : les vérités de l’expérience

Les vérités de la métaphysique ne sauraient en effet remettre en cause les vérités de l’expérience, quand bien
même elles seraient difficiles à « concevoir bien distinctement et en même temps » (Lettre à Élisabeth, 28 juin
1648). Cela concerne particulièrement les thèses relatives à l’homme, qui imposent de penser l’esprit et le corps à
la fois comme deux choses et comme une seule : pour Descartes, bien que distincts, l’esprit et le corps de l’homme
sont étroitement unis, au point de former « un seul tout ». C’est ce dont témoignent nos sensations de douleur, de
faim, ou de soif, qui ne dépendent ni de l’esprit seul, ni du corps seul, mais « de l’union et comme du mélange de
l’esprit avec le corps » (Méditation VI).

Comment concevoir cette union de deux substances hétérogènes, l’une incorporelle et l’autre corporelle ? Dans les
Passions de l’âme (art. 31-35), Descartes indique que l’esprit a son siège principal dans le cerveau, et plus
précisément dans la glande pinéale, où il exerce immédiatement ses fonctions : tel serait le lieu de l’union et de
l’interaction entre l’esprit et le corps. Ces détails physiologiques ne font pas disparaître en eux-mêmes la difficulté
liée à la façon dont une substance incorporelle peut être unie à une substance corporelle, mais cette union n’en est
pas moins concevable, pour Descartes, à condition de recourir aux notions et aux facultés qui conviennent. Or si
« l’âme ou l’esprit ne se conçoit que par l’entendement pur », et « le corps, c’est-à-dire l’extension, les figures et les
mouvements, par l’entendement seul, mais beaucoup mieux par l’entendement aidé de l’imagination », les
« choses qui appartiennent à l’union de l’âme et du corps ne se connaissent qu’obscurément par l’entendement
seul, ni même par l’entendement aidé de l’imagination ; mais elles se connaissent très clairement par les sens »
(Lettre à Élisabeth, 28 juin 1643).

Les méthodes

La méthode est aussi l’occasion pour Descartes de présenter une morale provisoire, tenant en quelques maximes
de conduite rendues nécessaires par la méthode elle-même, dans la mesure où la bonne conduite de la vie ne
peut pas attendre, contrairement à la connaissance scientifique qui exige que l'on prenne le temps qu'il faut pour
éviter l'erreur. Descartes propose également ses considérations sur le corps, qu'il compare à un mécanisme, le
corps des animaux excluant selon lui la conscience ou l'existence d'une âme, mais non de la sensibilité (théorie
des « animaux-machines »), ainsi que sur le rôle et le fonctionnement du cœur dans la circulation du sang. Enfin,
le Discours présente des déclarations sur le rapport de l’homme à la nature, représentatives de la modernité,
puisque Descartes propose l'idée que les hommes se rendent « comme maîtres et possesseurs de la nature » par
le progrès des techniques, au premier rang desquelles il recommande d’améliorer la médecine.

Première partie

Considérations touchant les sciences

Descartes ouvre son Discours par une remarque qui n'est pas dénuée d'ironie : « Le bon sens est la chose du
monde la mieux partagée ; car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à
contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont[19] ». Descartes affirme que le bon
5
sens, qui est le pouvoir de bien juger, et qu'il nomme plus loin « raison », est réparti également chez chaque être
humain ; toutefois, les avantages que la raison procure dans la conduite de la vie et l'apprentissage des sciences
dépend de la manière dont chacun en use. C'est cela même qui crée la divergence des opinions. La méthode aura
donc pour but de bien guider la raison afin qu'elle ne s'égare pas.

Deuxième partie

Règles de la méthode

Enfermé dans son poêle (chambre chauffée), Descartes établit un retour à sa pensée et sa subjectivité acquise
dans sa jeunesse sans vouloir se soucier des principes déjà fondés. Ce retour à la raison lui semble nécessaire, à
l'image d'une ville construite d'une part par des hommes de raison, qui ont fondé les premières ruelles ordonnées,
guidés par la volonté, et d'autre part, par quelques architectes fous, qui ont construit les grandes places, guidés par
la fantaisie et la fortune. Démontrant que le travail seul peut être plus efficace qu'un travail de groupe par la
conduite plus simple du raisonnement de construction de l'œuvre, du bâtiment…

Descartes se prépare donc à remettre en question tous les concepts qu'il connaît, afin que rien de fantaisiste ne
vienne polluer sa pensée, au profit de la raison inconditionnelle ; pour ce faire, il s'impose quatre préceptes :

 Ne recevoir aucune chose pour vraie tant que son esprit ne l'aura clairement et distinctement assimilée
préalablement.
 Diviser chacune des difficultés afin de mieux les examiner et les résoudre.
 Établir un ordre de pensées, en commençant par les objets les plus simples jusqu'aux plus complexes et
divers, et ainsi de les retenir toutes et en ordre.
 Passer toutes les choses en revue afin de ne rien omettre.

Descartes l'appliqua d'abord à l'arithmétique avant de l'appliquer à la philosophie.

Troisième partie

Règles de la morale

Afin de ne pas être irrésolu dans ses actions « pendant que la raison m’obligeait de l‘être en mes jugements » (par
la remise en cause de toute connaissance), Descartes fonde une morale « par provision » (c’est-à-dire en
attendant mieux : une morale définitive liée à une connaissance totale), une morale qui respecte quatre maximes :

 En premier, « d'obéir aux lois et aux coutumes de mon pays retenant constamment la religion en laquelle
Dieu m'a fait la grâce d'être instruit dès mon enfance». De plus, les opinions auxquelles on se conforme
sont choisies. Il faut que les opinions soient modérées, viennent des gens les plus sensés et doivent être
celles de l'endroit où on se trouve.
 En second, il s'agit d'être « le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais, et de ne suivre
pas moins constamment les opinions les plus douteuses lorsque je m'y serais une fois déterminé, que si
elles eussent été très assurées ». Ceci afin de pratiquer toute chose comme bonne et de ne point être
soumis à la mauvaise conscience d'avoir suivi une chose que l'on sait maintenant mauvaise.
 La troisième maxime « était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs
que l’ordre du monde ; et généralement de m’accoutumer à croire qu’il n’y a rien qui soit entièrement en
notre pouvoir, que nos pensées. »[22]
 La quatrième maxime, dit Descartes, c'est « d'employer toute ma vie à cultiver ma raison, et m'avancer
autant que je pourrais en la connaissance de la vérité, suivant la méthode que je m'étais prescrite ».

Après cela, Descartes entreprit de voyager pendant huit ou neuf ans[23], à observer, chercher la vérité et
« déraciner » les idées reçues.

Il ne s'adonna toutefois pas encore à la philosophie, mais se forgea de solides idées.

Quatrième partie

Fondements de la métaphysique

6
Descartes reconsidère tout ce qu’il sait au cours de méditations métaphysiques[24] ; tout objet, toute chose et toute
pensée devient alors faux et illusoire.

Or, puisque tout est illusoire, il se demande comment savoir avec certitude qu’il existe lui-même, qu’il n’est pas lui-
même néant. Pour Descartes, le simple fait de se poser cette question l’amène aussitôt à une réponse certaine :
« je pense, donc je suis ». Il jugea cette vérité comme le premier principe incontestable de la philosophie qu’il
cherchait.

Puisqu’il a trouvé une proposition qui soit vraie, il se demande ce qui doit être requis pour qu’une proposition soit
vraie ; et il conclut que « les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement, sont toutes vraies »,
mais il ajoute tout de suite qu'il y a quelques difficultés à « bien remarquer quelles sont celles que nous concevons
distinctement ».

Il établit ensuite le concept de dualité de l’âme et du corps : ce qui fait être un humain est son esprit ; cette
« substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui pour être n’a besoin d’aucun lieu ni
d’aucune chose matérielle. »

Puis il en vint à se dire que la perfection de ce savoir acquis (cogito, ergo sum) venait de quelque chose d’extérieur
à lui-même. Il émit alors l’idée que les éléments de la nature étaient existants, et comprit que sa propre conscience
lui avait été insufflée par la nature par un tout dont chaque élément dépendait l’un de l’autre.

Ce tout, c’était Dieu : la perfection, l’immuable, l’infini, l’éternel, le tout connaissant, le tout puissant, par opposition
au néant et autres choses comme le doute, l’inconstance, la tristesse…

L’idée de Dieu acquiert le statut d’idée la plus certaine et la mieux démontrée, dans la continuité des objets de la
géométrie.

Cinquième partie

Ordre des questions de physique

Descartes vient ici parler des principes physiques qui découlent naturellement des principes métaphysiques dont il
traite dans les parties précédentes.

Il y expose notamment sa théorie sur la circulation du sang qu’il explique comme étant due à la dilatation rapide du
sang par la chaleur lorsqu’il est dans le cœur[25].

Enfin, c’est dans cette partie qu’il nous fait part de sa fameuse théorie des « animaux-machines », c’est-à-dire
comme étant des êtres totalement dénués de raison et n’agissant qu’en fonction de la disposition de leurs organes.
Pour lui, seul l’homme dispose d’une âme.

Extrait :

« car on peut bien concevoir qu’une machine soit tellement faite qu’elle profère des paroles … mais non pas qu’elle
les arrange diversement pour répondre au sens de tout ce qui se dira en sa présence, ainsi que les hommes les
plus hébétés peuvent faire. »

Sixième partie

Voici un extrait de la sixième partie permettant de comprendre « Quelles raisons l’ont fait écrire » :

« Mais, sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les
éprouver en diverses difficultés particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles
diffèrent des principes dont on s’est servi jusques à présent, j’ai cru que je ne pouvais les tenir cachées sans
pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les
hommes : car elles m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie ;
et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par
laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres
corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les
pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme

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maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n’est pas seulement à désirer pour l’invention d’une infinité d’artifices,
qui feraient qu’on jouirait sans aucune peine des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s’y trouvent,
mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement
de tous les autres biens de cette vie ; car même l’esprit dépend si fort du tempérament et de la disposition des
organes du corps, que, s’il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus
sages et plus habiles qu’ils n’ont été jusques ici, je crois que c’est dans la médecine qu’on doit le chercher. »[26

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