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SYNTHÈSE GÉNÉRALE DU MÉMOIRE
Le présent mémoire porte sur le sujet dont la reformulation suit : « De l’exploitation
minière en droit congolais face à la notion des générations futures », il aborde une
problématique d’envergure nationale et mondiale : celle de la gestion des ressources
minières dans un souci d’équité intergénérationnelle. Dans un contexte où la
République Démocratique du Congo regorge de ressources naturelles, notamment
minières, l’enjeu majeur demeure l’équilibre entre le développement économique
immédiat et la préservation de l’environnement et des ressources pour les
générations à venir.
L’exploitation minière, bien que moteur de l’économie congolaise,
engendre de lourds impacts environnementaux et sociaux. Pour répondre à ces
préoccupations, le législateur congolais a introduit plusieurs innovations juridiques,
dont la création du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN), prévu à
l’article 8 bis du Code minier modifié en 2018. Ce fonds a pour vocation d’assurer
un transfert équitable des richesses générées par le secteur minier vers les
générations futures. Toutefois, dans la réalité, les redevances censées alimenter ce
fonds sont souvent absorbées par d’autres structures étatiques, au détriment de sa
mission première. Ainsi, le mécanisme peine à remplir son rôle de garant de la
justice intergénérationnelle.
Ce mémoire se fixe comme objectif d’évaluer le cadre juridique actuel de
l’exploitation minière au regard des impératifs de durabilité. Il questionne l’efficacité
des lois et décrets existants, notamment en ce qui concerne la responsabilité sociétale
des entreprises minières, l’accès des communautés locales à la justice et les
mécanismes de participation citoyenne. Nous analysons la manière dont la législation
congolaise prend en compte les droits des générations futures, tout en mettant en
lumière les failles dans l’application des textes en vigueur.
Notre travail s’appuie sur une approche méthodologique mixte,
combinant une analyse doctrinale et législative du droit congolais et des
comparaisons avec d’autres systèmes juridiques plus avancés en matière de
durabilité. L’usage des sources documentaires, notamment les textes de lois, les
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rapports d’ONG, les études environnementales et les observations de terrain, nous
ont permis de dresser un état critique des lieux. L’historique du droit minier
congolais est également retracée, depuis la période coloniale jusqu’au code minier
actuel de 2018, en passant par les régimes de 1967, 1981 et 2002.
Sur le plan empirique, le mémoire met en évidence les effets concrets de
l’exploitation minière sur les communautés locales et l’environnement. Ces impacts
incluent la pollution de l’eau et des sols, la dégradation des terres arables,
l’épuisement des ressources hydriques, ainsi que l’apparition de maladies liées aux
substances toxiques rejetées par les entreprises minières. Ces faits sont rapportés
notamment à travers les résultats d’enquêtes menées par des ONG dans des zones
fortement affectées par l’activité minière. Le manque de mesures de compensation,
l’inexistence de mécanismes efficaces de réparation des préjudices et l’inapplication
du droit à l’environnement renforcent la vulnérabilité des populations concernées.
Face à ce constat, nous en appelons à une réforme en profondeur de la
gouvernance minière en RDC. Et nous recommandons un renforcement du rôle des
organisations de la société civile, une clarification des mécanismes de gestion du
FOMIN, et une meilleure coordination entre les politiques publiques sectorielles.
L’implication effective des communautés locales, la responsabilisation accrue des
entreprises minières et l’exigence d’une transparence dans l’allocation des ressources
sont présentées comme des conditions essentielles pour garantir une exploitation
minière durable.
Ce travail se présente ainsi comme une contribution importante à la
réflexion sur le développement durable en contexte congolais. Il interpelle le
législateur, les institutions et les acteurs du secteur extractif sur leur responsabilité
vis-à-vis des générations futures.
Sans un engagement réel pour une gouvernance équitable et durable des
ressources naturelles, le risque est grand que les richesses actuelles deviennent les
dettes écologiques de demain.