LA PARENTÉ
L'étude de la parenté, c'est l'étude des relations familiales. C'est fondamental, c'est une
"sous-discipline" de l'ethnologie.
Citation Robin FOX (1972) : "L'étude de la parenté est à l'anthropologie ce que l'étude du
nu est aux arts plastiques : la discipline de base."
Dans la plupart des sociétés traditionnelles, les relations de parenté sont omniprésentes.
Dans ces sociétés, toutes les relations sociales se conçoivent sous le mode des relations
de parenté. Le statut d'un homme ou d'une femme, le lieu où il doit vivre, l'identité de
ses amis, son métier, son comportement à l'égard des autres sont déterminés par son
appartenance à un groupe de parenté.
Exemple : Dans l'ouest du Sahara, chez les nomades, les groupes de tantes sont des
groupes au sein desquels tout les individus sont apparenté (même famille). Et au sein de
ce campement, les positions des tantes les unes vis-à-vis des autres vont être le reflet de
l'organisation familiale.
En occident, les relations de parentés occupent une place prépondérantes mais elles
restent néanmoins importantes. Les relations de parenté préoccupent pas mal de
monde par exemple avec le magazine "Gala" qui marche bien, et il parle des liens de
parenté des stars.
Les schémas de parenté
L'ethnologie utilise des schémas pour analyser la parenté notamment car la parenté des
sociétés traditionnelles est parfois tellement complexe que pour la saisir les ethnologues
ont besoin de la formaliser schématiquement. (voir schéma de parenté)
Les schémas de parenté permettent d'aller plus loins que les arbres généalogiques, on
peut aller jusqu'au cousin de 2ème ou 3ème degrès. (Dans certaines sociétés traditionnelles,
les personnes savent qui sont leurs cousins de 7ème génération).
1- Le mariage et la réglementation de la sexualité
Toutes les sociétés font une distinction entre la relation de sexualité et l'union
socialement reconnue et approuvée à travers le mariage. Contrairement à l'union
sexuelle, le mariage officialise la relation entre un homme et une femme, il a donc des
conséquences juridiques.
Dans toutes les sociétés, le mariage a entre autre fonction celle de règlementé la
sexualité. Le mariage rend la sexualité entre époux immédiatement licite.
Néanmoins, dans la plupart des sociétés, il n'y a pas un lien si fortement établi entre
famille et sexualité.
LEVI-STRAUSS "La famille" : Dans la plupart des sociétés le mariage n'a rien à voir avec
le plaisir des sens car toutes sortes de possibilités d'avoir des relations sexuelles existent
en dehors du mariage.
Margarette MEAD "L'un et l'autre sexe" (1988) : Elle a fait une étude sur les Murias du
Nord-Est de l'Inde, il existe chez eux les "Ghotul" (dortoir communautaire d'adolescent
se trouvent au cœur du village). Personnes non-mariés qui se retrouvent pour dormir
ensemble. Ces adolescents ont la liberté de passer la nuit avec une relative liberté
sexuelle par les adultes mariés. Les adolescents peuvent changer de partenaires mais il y
a des règles. Les jeunes adolescentes ne doivent pas tomber enceinte sinon elles ne
peuvent plus aller au "Ghotul". Là-bas, il porte des noms différents de ceux qui ont été
donné par leurs parents.
En règle générale, les préoccupations d'ordre sexuel interviennent peu dans les projets
matrimoniaux. Au contraire, les préoccupations d'ordre économique joue souvent un
rôle de 1er plan.
La division du travail entre les sexes qui rend le mariage indispensable dans toutes
sociétés (au jour d'aujourd'hui cela disparaît peu à peu). Cette division du travail
constitut un état de dépendance entre l'homme et la femme.
Citation de Levi-Strauss : "Je me souviens avoir un jour remarqué dans un village Bororo
du Brésil, un homme agé d'environ 30ans, négligé dans sa tenue, apparemment mal
nourrit, triste et solitaire que je cru d'abord être un malade. Mais non répondit-on à ma
question, c'est un célibataire".
> Dans la société Bororo, il y a un certain nombre de tâches que seules les hommes ont
le droit de faire, et un autre nombre de tâches que seules les femmes font. Donc
quelqu'un qui n'est pas marié à l'âge de 30 ans, il ne bénéficie pas des bénéfices des
femmes (cuisine, tenue...).
Dans beaucoup de sociétés, les célibataires n'existent pas pour la bonne raison qu'ils ne
pourraient pas survivre. Seul le fait d'être marié permet à l'homme de jouïr des produits
du travail féminin et réciproquement.
Dans les sociétés occidentales, le mariage le plus courant historiquement est le mariage
monogamique, famille conjugale monogamique (couple + enfants). Les éthnologues se
sont rendus compte que ce type de mariage caractérise les pluparts de sociétés dans le
monde.
> Phénomène universel.
Ce mariage est caractérisé par la résidence indépendante des époux et des rapports
affectifs entre parents/enfants.
On trouve ce type de mariage chez les peuples traditionnels, cela ne veut pas dire que la
monogamie est un attribu naturel de l'Homme car on trouve malgré tout des exceptions.
> Polygamie dans certaines régions du monde.
Union d'un homme avec plusieurs femmes > polygynie
Union d'une femme avec plusieurs hommes > polyandrie
(La polyandrie est plus rare, on la retrouve notamment dans le continent asiatique).
Exemple : Ouest Saharien (Técknin) : Un homme ne vas pas pouvoir prononcer le mot
mariage devant son père car renvoyant à la sexualité. Le terme "bébé" ne doit pas être
prononcer devant le père. A un mariage, le père n'assiste pas au mariage de sa fille car
cela montre un accord pour quitter la virginité. Pas de relation avec son gendre. La fille
ne câline pas son fils devant le père (pose dans le berceau) car manque de respect car
marque de sexualité.
Mariage monogamique : c'est une caractéristique des sociétés occidentales mais on le
trouve partout dans le monde. La famille monoparentale composée des parents et des
enfants est un phénomène quasi universel.
C’est le cas par exemple des Bushmen d’Afrique du sud, ce sont des chasseurs/cueilleurs
qui vivent en bande semi-nomade. C’est une société qui n’a presque pas d’organisation
politique, on n’y pratique ni le tissage, ni la poterie, ils ne construisent pas d’habitations
permanentes. Dans cette société on n’observe le même type de famille qu’en Occident.
Donc cette famille monoparentale n’est pas propre à l’Occident, elle caractérise la
plupart des sociétés humaines. Néanmoins ce n’est pas un attribut universel de l’homme
puisque l’on peut trouver d’autres formes de composition familiale on parle ici de
polygamie : polyandrie ou polygynie.
La polygynie
Chez les musulmans c’est une forme d’union autorisée mais il s’agit d’une situation
plutôt rare ce n’est pas généralisé dans toutes les sociétés arabo-musulmanes (ex: le
prophète Mahomet :
-L’époux doit assurer traiter ses femmes de la même manière
-Leur assurer un confort financier à chacune
-Se comporter comme le prophète Mahomet le faisait avec ses femmes).
Dans la pratique il y a beaucoup d’états arabes où la polygynie est très peu pratiqué
notamment au Maroc, aussi bien à la campagne qu’en ville.
On trouve cette forme d’union dans une tribu du brésil central : les tupi-kawahib. Dans
cette tribu le chef (juste le chef) épouse plusieurs femmes, soit il épouse plusieurs soeurs
ou soit une femme et ses filles issue d’un précédent mariage. Citation de Lévi-Strauss à
propos de cette tribu : "J’ai connus à propos de ces indiens une femme et sa fille mariées
au même homme, elle prenait soin ensemble d’enfants qui étaient à la fois des beaux-
enfants pour les deux, des petits-enfants pour l’une et des demi-frères ou demie-soeurs
pour l’autre. Ces femmes de chefs élèvent ensemble leurs enfants respectifs sans
beaucoup se soucier que l’enfant dont elle s’occupe soit le leur ou non".
Mais le plus souvent les femmes conservent un lien privilégié avec leurs propres enfants,
c’est le cas dans beaucoup de régions d’Afrique sub-saharienne où l’on trouve aussi
assez fréquemment des pratiques de polygynie. La famille polygyne consiste en fait en
plusieurs familles monogames juxtaposées. En effet le même homme est l’époux de
chacun d’entres elles mais ces femmes sont établies dans des maisons séparées et donc
elles élèvent leurs enfants séparément.
Polyandrie
Concentration de ce type d’union au Tibet, Népal, Inde.
Lévi-Strauss dit que la polyandrie semble s’expliquer par des raisons sociologiques. Par
exemple au Tibet ou au Népal les hommes vivent une existence ambulante, de guide ou
de porteur (montagnes) donc ils ne sont pas tout le temps au foyer. Du coup la
polyandrie offre la chance d’avoir une place au côté de la femme à chaque fois pour la
protéger. Un homme est là souvent du coup.
Chez les Toda une femme est mariée à plusieurs frères. Du coup se pose la question de
la paternité lors d’une naissance, qui est le père? Le père légal est tout simplement celui
qui est présent au moment de la naissance et célébrer une cérémonie de naissance pour
l’enfant, il sera donc déclaré comme père légal.
Il y a un déséquilibre démographique : plus d’hommes que de femmes, lié à des
pratiques d’infanticides de filles à la naissance qui n’ont plus lieu aujourd’hui.
Aucune société n’est entièrement polygame, elle cohabite toujours avec la monogamie,
il n’existe aucune société où tous les hommes sont polygynes. Dans les sociétés où la
polygynies est autorisée, peu d’hommes en fait peuvent avoir plusieurs femmes.
Selon Levi-S ont conçois aisément cette réalité puisque dans toutes les sociétés du
monde le nombre des hommes et des femmes est approximativement le même avec un
écart moyen d’environ 10% en faveur de l’un ou l’autre sexe.
Par ailleurs, la pratique de la polygamie dépend de certaines conditions, soit que l’on
supprime volontairement l’un des enfant des deux sexes soit que l’expérience de vie
différent selon les deux sexes c’est le cas par exemple chez les inuits. Ils pratiquaient la
chasse aux phoques, à la baleine et ces pratiques les exposaient du coup il y avait une
forte mortalité masculine, les hommes mouraient plus jeunes que les femmes à cause du
danger de la mer.
Lévi-Strauss dit que souvent le fait de sociétés est fortement hiérarchisées, ce sont alors
les hommes qui ont le plus de pouvoirs, qui sont plus riches, qui se réservent les femmes
au dépend des hommes plus faibles et souvent plus jeunes. La polygamie est une
pratique souvent minoritaire qui cohabite avec la monogamie.
Petite conclusion
D’après Lévi-Strauss, si la monogamie constitue la forme la plus fréquente de mariage
c’est parce que dans une situation normale et en l’absence d’une disparité
volontairement ou involontairement introduite, tout groupe humain comprends environ
une femme pour un homme. La famille conjugale monogamique fondée sur l’union
socialement approuvée de deux individus de sexes différents, apparait aux ethnologues
comme un phénomène quasi-universel présent dans tous les types de sociétés
traditionnelles comme industrielles. Phénomène universel que l’on retrouve dans toutes
les sociétés : c’est l’interdit de l’inceste.
2- Interdit de l'inceste
La prohibition de l’inceste est universel.
Selon Lévi-Strauss, de toutes les règles sociales la prohibition de l’inceste est la seule qui
possèdent un caractère d’universalité. Ainsi lorsque l’on se demande si des groupe existe
dans lesquels aucun individu n’est prohibé la réponse est formelle de tel groupe n’existe
pas. Le mariage (l’union proche) n’est jamais autorisé entre tout les parents proches.
L'inceste c'est l'union sexuelle entre proches parents. Mais la def de l’inceste peut varier
d’une société à une autre, par exemple en Grèce Antique on toléré le mariage avec une
demi-soeur agnatique mais pas avec la demie soeur utérine.
Toutes les sociétés du monde énoncent de manière plus ou moins explicite des règles
pour interdire des rapports jugés incestueux. Dans la quasi totalité des sociétés, il
s’étend à tout les membres de la famille nucléaire. L’interdit de l’inceste a souvent été
considéré comme la règle culturelle par l’excellence. C’est ce qui fait l’humanité. Le
monde animal connait l’évitement de la reproduction consanguine (travail des
éthologues).
L’accouplement consanguins chez les animaux surtout chez les animaux domestiques il
s’agirait pour les éthologues d’une dégénérescence liée à la domesticité.
Chez diverses espèces du monde sauvage on observe diverses pratiques qui contribue
fortement à réduire le risque d’inceste. C’est le cas chez de nombreux grands singes où
les males quittent souvent le groupe dans lequel ils sont nés avant de s’accoupler.
L'inceste désigne une relation sexuelle entre proches parents.
Le tabout de l'inceste est universel, il est présent dans toutes sociétés. Néanmoins, il
prend différentes formes selon les sociétés.
Loi française sur l'inceste
Le code civil mentionne l'interdit de l'inceste depuis 1804. Depuis cette année certains
nombres de mariages sont interdis par la loi Française. Les mariages sont tout d'abord
interdit par liens directs de filiation et d'ascendance, le mariage est prohibé entre tout
les ascendants et descendants. Les mariages sont aussi interdis en lignes colatérales
c'est-à-dire entre frères et soeurs qu'ils aient un ou deux parents en communs. Le
mariage est interdit entre oncle/nièce, tante/neveu... Enfin le mariage est interdit entre
beau-père/bru, belle mère/gendre, néanmoins pour ce type de mariage, il peut y avoir
des dérogations par le président de la république.
Il y a des évolutions, il y avait un mariage interdit dans le code civil 1804 (Napoléonien)
mais qui depuis 1975 est possible entre beau-frère/belle-soeur.
Le mariage entre cousins est autorisé.
Néanmoins les rapports sexuels incestieux ne constituent pas une infractions dans les
mariages interdis en France.
Texte du Sénat : "Si la relation est librement consentie, et conserne deux personnes qui
ont dépassés l'âge de la majorité sexuelle fixée (à 15 ans dans notre pays), elle ne tombe
pas sous le coup du code pénal".
Le code pénal Italien établi la réclusion (emprisonnement) de 1 à 5 ans pour ceux qui
commète l'inceste avec un descendant, un ascendant ou un colatéral direct
(frère/soeur). La relation sexuelle incestuelle est punie par la loi.
L'interdit d'inceste est souvent considéré comme une règle culturelle par exellence. Il est
encore très courant aujourd'hui d'entendre dire que l'inceste serait couramment
pratiqué chez les animaux. L'accouplement incestieux serait un phénomène naturel,
communément réalisé chez les animaux.
> Cette idée repose sur une généralisation d'observations faîtes sur des animaux
domestiques.
Les éthologues (comportement animal), ont observé diverses pratiques qui contribu
fortement à réduire le risque d'inceste.
Notamment chez les singes mâles, ils va quitter le groupe dans lequel il est naît pour ne
pas avoir tendance à s'accoupler avec ses descendants/ascendants.
Aristote (dans un livre de l'antiquité) : "Les chameaux ne couvrent pas leur mère et
même si on les force, ils s'y refusent. En effet, il arrive qu'un jour manquant d'étalons, on
recouvrit la mère d'un voile et on lui emmena son rejeton. Pendant la saillie, le voile
tomba : alors le jeune mâle concevra l'accouplement mais peu de temps après il mordit
le chamelier et le tua."
Notamment chez les animaux sauvages on l'observe mais également chez un certains
nombre d'animaux domestiques.
Conclusion : Les animaux, tout comme les Hommes ont un certain sens de la parenté.
On peut trouver des pratiques incestieuses sur les chats et chiens. Les éthologues
avancent que se serait lié à la régénérescence suite à la vie domestique.
Qu'est ce qui fait la spécificité des sociétés humaine dans le domaine de l'inceste ?
Dans les sociétés humains, l'interdit de l'inceste ne fait pas que frapper les consanguins
proches...
Chez les animaux l'interdit de l'inceste va consister en évitant d'avoir des relations
sexuelles alors que chez les Hommes ça ne frappe pas uniquement les consanguins
proches.
S'étend souvent à toute une série de parents fort éloignés et avec lesquels il n'est pas
possible de rettracer un lien biologique, ce sont des liens sociaux.
Les Bushmen en Afrique centrale, ce sont les derniers chassard d'afrique. Ce sont des
semi-nomades. Chez eux, un homme ne peut pas se marier avec une jeune fille portant
le nom de sa mère.
(Alors qu'en France ce n'est pas définit comme quelque chose d'incestieux.)
Cette règle des Bushmen, tout comme les règle de France d'épouser notre belle-mère
par exemple, n'a rien à voir avec l'évitement des risques de la consanguinité.
Chez les Nuer du Soudan, ils considèrent qu'une relation entre un homme et la soeur de
son épouse ou la femme de son frère (belle soeur) est incesieux.
Françoise Héritier
> Elle dit qu'on peut appeler cela une prohibition d'inceste du second type, 2 ème type.
Cela consiste à éviter de mettre en contact des humeurs identiques (salives, sperm...) ou
encore des personnes partageant la même substance. Selon elle, on peut expliquer ce
type d'interdit par cette tendance des Hommes à éviter de mettre en contact des
humeurs identiques. Elle parle plus particulièrement des humeurs sexuelles.
C'est pour ça que l'on peut appeler inceste du 2 ème type. Car le 1er type est l'inceste du
consanguins.
Elle va ensuite définir l'inceste du 3 ème type qui pour elle serait expliqué par des causes
sociales. Il y a d'autres sociétés que l'on définit uniquement par des règles sociales. Il
n'est plus question de consanguinité ou d'humeurs.
Deux types de mariages et d'unions sexuelles :
- Levirat : C'est une règle obligeant une femme à se marier avec le frère de son mari
défunt. (Exemple : en Iran, dans la Grèce et la Rome antique, chez les Inka, les Indiens
cayaki d'Amazonie, quand un homme meurt, un de ses frères à le droit, l'obligation
d'épouser sa femme et d'élever les enfants de celle-ci).
La relation entre un homme et le femme de son frère défunt n'est pas considéré comme
incestieuse. Elle n'est pas non plus relevant de l'inceste du 2 ème type.
- Sororat : C'est l'inverse symétrique du "lévirat".
(Exemple : Cette coutume se retrouve notamment chez les Inuit, dans les îles marquises,
certaines régions d'Europe notamment de France, lorsqu'une femme meurt, ou parfois
lorsqu'une femme devient stérile, sa jeune soeur peut-être envoyé chez son mari pour la
remplacer ou pour enfreinté à sa place).
Ce sont des régions du monde où on a pas de système pénitentier mais plus d'amendes.
En France, il y a la législation et également des règles pratiquées qui sont communs au
milieu et à l'époque.
> Le lévirat et le sororat s'expliquent par les contrats d'alliance entre les groupes par le
soucis de concerver les liens acquis avec la famille d'alliance. En effet, dans la plupart des
sociétés, on s'allie avec un groupe de parenté avant de s'allier avec un individu
spécifique.
(Dans certaines sociétés, le lévirat et le sororat sont considérés comme relevant d'un
inceste de second type). Toutes sociétés humaines interdit l'inceste mais la définition
de l'inceste varie d'une société à une autre.
LA PARENTÉ DE LAIT
La parenté ne se limite pas aux relations biologiques, consanguines. On peut en hériter
mais on peut aussi la fabriquer. On construit des liens de parenté (mariage, adoption).
On fabrique également la parenté spirituelle (parrain). La parenté ne se limite pas au lieu
du sang, le lien de lait en est la preuve.
La parenté de lait est une parenté extrêmement répendue, on l'a trouve dans de
nombreuses sociétés du monde.
Ce type de parenté entraîne des interdits, il y en a 2 formes :
- Des interdits de guerre
- Des interdits de mariage
La parenté de lait elle est entraîner par le fait de boire le lait d'une femme qui n'est pas
sa propre mère. Cela tisse des liens aussi important que des liens de sang. Dans un grand
nombre de société, un enfant alété par une femme qui n'est pas sa mère devient le fils
de lait de cette femme et le frère de lait des enfants de cette femme. Ces principes de
"colactation" ont des conséquences importantes, des interdits.
1- Les interdits de guerre
La parenté de lait à une importance toute particulière dans les sociétés de pasteurs
nomades. Ces sociétés vivent du bétaille et se nourissent de lait. Il existe des sociétés qui
se nourissent uniquement de lait (ex: certaines tribues de l'Est de moritanie).
Les massai de l'Est africain : Chez eux, quand deux tribues ennemies veulent établir une
paix durable, ils procèdent à une cérémonie d'échange du lait. Chaque tribue choisit une
femme ayant été mère récemment. Les deux femmes échangent leur enfant le temps
d'une tété. Le bébé d'une tribue est allété par la femme de la tribue ennemie.
La bulgarie : Des textes racontent comment mettre fin à une guerre tribale par un
échange collectif d'enfants entre 500 femmes de chaque tribue.
> Proverbes :
"Donne moi une goutte de lait de ta mère pour que je ne puisse plus être ton ennemi".
"Buvons ensemble le lait d'une mère pour que nous puissions vivre comme des frères".
Cette fraternité de lait et comparable à celle de sang. En effet, dans bien des sociétés, la
parenté de lait impose les mêmes obligations juridiques et morales que celle qui
s'impose aux individus unis par le sang.
Les berbères du maroc (Au maroc, ils s'auto-désigne par le terme Imazighen) : Dans le
cas de guerres tribales, on recoure aussi aux pratiques de parenté de lait. Les chefs
tribaux ont voulu mettre un terme à la guerre. IIs ont réunis 80 femmes (2 tribues) qui
allété des enfants de bas âge. On a prélevé le lait au sein de ces 80 femmes et on a
mélangé ce lait dans une tapasse. Les 80 enfants de ces femmes ont bu le mélange de
lait. Et c'est de là que ces enfants sont devenus frères de lait. Depuis cette évènement, il
existe une union permanente entre ces 2 tribues.
Des éthnologues ont relevé des cérémonies de pacification entre tribues où les chefs des
deux tribues se réunissaient pour manger ensemble un couscous dans le même plat. Une
femme de chaque partie versée un peu de son lait dans le plat. De la sorte, les chefs ont
bu le lait donc ils sont frères, donc plus de guerre.
Tekna Ouest-saharien : La parenté de lait est très importante. Il y a une pratique fort
intéressante qui renvoie à des pratiques guerrières. On raconte en effet que si un
homme est poursuivi par les guerriers d'une tribue ennemie, il peut avoir comme
solution de se réfugier auprès d'une des femmes d'un des guerriers et lui mordre le sein
donc prèlevé du lait. Il devient donc le fils de celui qui veut le tuer. Donc ce n'est plus
possible de tuer son fils de lait. C'est une technique pour devenir le fils de celui qui veut
nous tuer, et annuler l'acte de cette pratique guerrière.
> Proverbe :
"Le lait est plus fort que le sang".
2- Les interdits du mariage
La parenté par le lait entraîne des interdits de mariage et de sexualité. Il est interdit de
se marrier entre frère/soeur de lait ainsi qu'entre parents/enfants de lait.
Au maghreb : L'union de deux enfants ayant été allaité au même sein est illicite, cela est
considéré comme un inceste. La germanité de lait entraîne des prohibitions
matrimoniales. La transgression de cette interdit est censé attirer des malédictions qui
s'abattent sur le couple incestieux et sur leurs enfants Dans certaines région, l'échange
de bébés pour l'allaitement se fait de manière si récurente qu'un enfant peut avoir plus
de 100 frères/soeurs de lait. De ce fait, il ne connaît pas l'étendue de ces frères/soeurs.
Mais l'ainé des enfants peut très bien ne pas être au courant de l'étendu de sa
germanité de lait. Devenu adulte, un homme peut choisir de se marier avec une femme
qui en réalité est sa soeur de lait. Et parfois, on a des témoignages de mère qui annule ce
mariage en disant qu'il y a eu échange de lait.
Si un couple marié met au monde des enfants qui ont des problèmes de santé. On pense
que cette relation est incestieuse. Ils se posent la question de savoir si ils ne sont pas
frère/soeur de lait.
On peut donc utiliser l'armement de la parenté de lait pour interdire des mariages
indésirables.
Les enfants de la péninsule arabique : A l'époque où l'on pratiquait l'esclavage, un
homme avait la possibilité d'avoir des relations sexuelles avec ses esclaves. La femme
pouvait être jalouse donc les éthnologues ont mis des stratégies pour empêcher aux
mari d'avoir des relations avec leur esclave sur demande de la femme mariée. L'épouse
contraignait les femmes exclaves de la maison à boire son lait. Cela permet d'avoir un
lien de parenté avec elle et le mari donc il ne pouvait plus avoir de relation avec elles,
relation incestieuse.
En arabie, la parenté par le lait servait à mettre fin à des pratiques d'adultères. En cas
d'infidélité féminine, le mari pouvait contraindre l'amant de sa femme à boire le lait de
celle-ci ce qui permet de lui donner des garanties pour la fin de l'adultère car il devient le
fils de lait de la femme. Donc plus de relations sexuelles n'est envisageable.
Pasteur nomade : On ne peut pas épouser ni avoir de relation avec quelqu'un qu'on est
proche parents de lait.
Ouest-saharien : il ne peut pas épouser frère/soeur de lait, mère de lait mais il ne peut
pas non plus épouser les enfants que le mari de sa nourisse a eu d'un autre mariage (voir
schéma 1).
On pourrait se poser la question du Pourquoi ?
> On conçoit que le lait d'une femme est provoqué par son partenaire. On conçoit que le
lait maternel provient du sperm de son mari.
Citation Françoise Héritier
"Dans ces sociétés, le lait est considéré comme le vecteur de substances masculine qui
ne peuvent transité directement de l'homme à l'enfant".
"Dans ces sociétés, le lait procède de l'homme au sens non pas seulement d'époux mais
aussi de partenaires sexuels de la femme".
Il est interdit pour une fille, dans cette région, de se marrier avec le frère du mari de sa
nourisse (voir schéma 2).
Nous sommes dans des sociétés où l'annulation du mariage peut venir uniquement d'un
témoignage d'une mère de lait.
Hériter se base sur des propos de Lévis-Strauss issus du texte "La famille".
Elle va faire une distinction entre 2 types de célibat :
- Le célibat primaire : Ce sont les individus qui ne se sont jamais mariés
- Le célibat secondaire : Ce sont ceux qui se sont déjà mariés mais sont divorcés ou
veufs.
Elle nous dit que l'attitude des personnes diffère vis-à-vis du célibat primaire et du
célibat seconfaire.
Le célibat primaire est considéré dans toutes les sociétés traditionnelles comme un acte
anti-social par exellance. Les sociétés traditionnelles contrairement aux sociétés
occidentales ne tolèrent pas le célibat en tant qu'acte de libre choix individuel.
(ex: les Chagga c'est une tribue pas mal étudié par les éthnologue, afrique orientale près
du Kilimanjaro.Il n'y a pas de statut plus anormale, plus hostile au corp social que celui
des célibataires.)
> Selon elle, si les personnes de cette tribue meurt sans avoir été marié cela constitut
une menace pour le territoire tout entier. Il pratique donc un rituel, le mariage entre
morts. C'est donc un acte social. On pratique le mariage entre mort. Le père de l'Homme
célibataire décédé va essayer de trouver les parents d'une femme morte célibaire et un
mariage va être réalisé pour unir les deux. On va disposer dans la tombe de l'Homme,
une tête de chèvre et trois pierres qui représentent son épouse.
Généralement, dans les sociétés traditionnelles, le célibat primaire reçoit une explication
qui n'a rien à voir avec l'idée d'un choix personnel.
Chez les tekna de l'Ouest Saharien, le célibat est très mal vue. Il est considéré comme le
résultat d'une malédiction ou d'une agression surnaturelle. En l'occurence lorsqu'une
fille vers 25ans est toujours célibataire, on recours à l'explication suivante : on dit qu'un
être invisible est tomber amoreux d'elle et s'est marié avec elle à son inssu. Celui-ci
empêche le mariage de cette fille avec un véritable être humain (chez les hommes c'est
vers 40ans).
Le célibat primaire est encore plus mal vu chez la femme que chez l'homme.
Le célibat secondaire fait face à différentes attitudes.
Dans certaines régions d'Inde traditionnelle, une veuve ne le reste pas longtemps étant
donné qu'elle doit rejoinndre son mari sur le buché de la crémation. Le célibat des
femmes n'existait pas puisque la femme mourrait quelques jours après la mort de leur
mari. Il y a un déséquilibre homme/femme.
Dans certaines sociétés existe la pratique du Lévirat, règle où lorsqu'une femme perd
son mari elle doit se marrier avec son beau-frère. Là encore une fois, une veuve ne reste
pas longtemps veuve à partir du moment où elle se re-marie très rapidement.
Chez les tekna, le célibat secondaire n'est pas méprisé. C'est une société dans laquelle
les divorces sont fréquent, et il se fait souvent à l'initiative des femmes. C'est un célibat
même favorisé. Le divorce lui donne un certain prestige, une position de pouvoir. Ce
sont les sociétés dans lesquelles la femme est reconnue notamment dans la poésie
amoureuse. Les hommes récitent des poèmes pour les femmes pour les séduire et se qui
suscite le désir de l'homme dans ces sociétés c'est la cruauté de la femme. Une femme
qui a divorcé plusieurs fois est considéré cruelle donc à même de susciter le désir de
l'homme.
Explication fondamentale : l'impératif de déscendance
Cet impératif d'avoir des enfants est quelque chose s'incontournable dans la plupart des
sociétés traditionnelles.
Dans celle-ci, tout individu doit chercher à avoir une descendance, à la construire, car
seul le fait d'avoir des enfants va permettre d'exister encore après la mort. Ce construire
une descendance est perçu comme un devoir social.
En Chine pour ne pas avoir de prospérité qui est considéré comme un crime contre soit
mais également contre ses propres ancêtres.
Au japon, on pratique le culte de l'ancêtre et où les défins sont transformés en ancêtres
par leurs enfants. Nul ne peut accéder au rang d'ancêtre s'il n'a pas de descendants pour
lui rendre un culte.
Dans certaines sociétés, notamment Occidentale, le célibat est préconisé dans le cadre
religieu, dans le christianisme. Le célibat peut s'apparenté à une recherche de perfection
en vue d'atteindre le salut. Dans la recherche de perfection, cela peut passer chez les
prêtres, moines, par la suppression de la sexualité dans le célibat. C'est quelque chose
de marginal. C'est une notion absente dans le judaïsme et l'islam, il y a aucune
prescription de l'ordre religieu qui demande le célibat, au contraire.
Dans le catholisme même, la loi du célibat des prêtres, n'a été établi définitivement que
durant le 12ème siècle au concite de "l'Athan" en 1139. Un prêtre est célibataire sans
enfants, donc il ne va pas léguer ses richesses aux enfants mais à l'église. Donc avantage
dans la vie socio-économique.
Elle dit que le célibat religieu dans le catholisisme est conçu et présenté comme une
union mystique de l'individu avec Dieu. Le rapport des moines, des prêtres, des nônes
avec Dieu est conçu comme un mariage, comme une extase proche de la notion d'extase
amoureuse, sexuelle (ex: certaines bonnes-soeurs portent une alliance en référence a
Dieu).
Tout cela nous emmène a dire, que d'une certaine manière, même dans le catholisisme,
c'est le mariage et non le célibat qui est reconnu comme le modèle de toutes vies.
L'apparition de la notion d'individu, en effet, dans nos sociétés modernes occidentales,
l'idée est apparut que les intérêts de l'individu primait sur les intérêts de la collectivité.
Cette notion d'individu, c'est une notion d'invention récente qui est caractéristique de
nos sociétés à l'époque moderne, c'est une notion qui est apparut en Occident au 17 ème
siècle et qui s'est propagée et accentuée de plus en plus.
Dans de nombreuses sociétés, les personnes, ne se perçoivent pas comme des individus
(ex: un Indien, ne se perçoit pas comme un individu mais se perçoit d'abord comme
membre d'une communauté).
En effet, une personne se définit d'abord par son groupe d'appartenance. L'homme se
définit plus par le collectif que par l'individuel.
Le christianisme joue un grand rôle dans l'apparition de cette notion d'individu puisque
dans le christianisme chaque être humain est décrit comme unique, aimé de Dieu,
responsable de lui-même, de ses actes et de ses pensées.
Au japon, le destin post-mortem n'est pas tant déterminé par ses actions individuelles
mais plutôt par le culte qui lui est rendu par ses descendants.