INTRODUCTION GÉNÉRALE
PREMIÈRE PARTIE
DES CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LE DROIT DES BIENS
DÉFINITIONS DE BIENS
Selon le dictionnaire juridique de Serge BRAUDO1 :
- « Le mot ‘’ bien ‘’ désigne une chose matérielle qui fait l'objet d'une
appropriation privée ou publique.”
- “ Cette notion s'oppose à celle de ‘’droits’’ qui sont des prérogatives
immatérielles. Mise au pluriel, l'expression ‘’biens’’, englobe la totalité des
meubles et des immeubles appartenant à une personne : l'ensemble de ses
biens et de ses droits et actions consitue son patrimoine.”
- “Le Code civil qui gouverne le droit des biens apporte une distinction entre les
biens qui sont susceptibles d'appropriation individuelle et ceux qui sont ‘’ hors
commerce ‘’.”
- “ De la nature et du classement des biens, dépend la portée des droits de ceux
qui en sont les propriétaires, les possesseurs ou les détenteurs. “
- “ La situation géographique, et la nature des biens déterminent la compétence
des juridictions qui sont saisies du conflit dont ils sont l'objet. »
1
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Les droits patrimoniaux constituent les biens2.
Les diverses sortes des biens ou droits patrimoniaux sont : les droits de créance ou d'obligation
(entendu : droits personnels), les droits réels et les droits intellectuels. Telle est la volonté du
législateur congolais3.
Depuis des décennies, les biens ou droits patrimoniaux, tels qu’enseignés généralement dans
les différents programmes d’enseignements supérieurs et universitaires en République
Démocratique du Congo et, probablement ailleurs, semblent n’être vus que sous une dimension,
un angle civil, comme une branche du droit civil. Il s’agit du cours de « Droit civil : des biens », ou
de « Droit civil des biens », à l’instar d’autres branches que sont :
• Le droit civil des personnes ;
• Le droit civil des obligations et contrats ;
• Le droit civil des sûretés.
Ceci est évident, si nous considérons cette branche du droit (le droit civil) comme le droit
commun des biens. Ceci en appelle aux droits particuliers, aux autres disciplines des fois
spécialisées afférentes aux biens de manière directe ou indirecte.
Mais quelles seraient ces dernières ? Peut-on les répertorier, en fonction de quels critères
objectifs ? Est-il convaincant que, tel que dispensé dans sa dénomination ou dans son intitulé
actuels, le droit civil des biens couvre, à lui seul, la réalité de tous les biens, du moins dans leur
état apparent actuel ? L’affirmative comporterait autant d’erreurs techniques d’appréciation, en
l’absence de toute épreuve préalable.
LES BRANCHES DU DROIT CIVIL
2
Léon Julliot de la Morandière ; Précis de droit civil, t. II, 4ème édition, coll. Petits précis dalloz, Dalloz, Paris, France, 1966, p. VI
3
Article 1er, alinéa 1, Code civil congolais, livre II (loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des sûretés.
En tant que tel, le droit civil se répartit en quatre branches principales suivantes, dans l’espace
juridique congolais4 :
• Le droit (civil) des personnes et famille (code de la famille, code civil livre I)
• Le droit (civil) des biens (code des biens, code civil livre II)
• Le droit (civil) des obligations (code des obligations et contrats, code civil livre III)
• Le droit (civil) des sûretés (code des biens, code civil livre II)
Constituant, comme ci avant dit, le droit privé commun, le droit civil, dont le droit des biens est
l’un des fils, fait que celui-ci ne soit pas un domaine isolé des autres droits frères. Entre eux, il
existe une interdépendance nécessaire, qu’il convient d’appeler interdisciplinarité des branches
de droit.5
I. LES DROITS SUBJECTIFS.
Le droit subjectif est une faculté accordée ou reconnue à un individu de poser ou non,
d’accomplir ou non, un ou plusieurs actes juridiques déterminés. C’est une prérogative
reconnue à un individu et dans son intérêt, lui permettant de jouir d’une chose, d’une valeur, ou
d’exiger d’autrui une prestation. C’est aussi un pouvoir qui donne à un sujet de droit une
situation privilégiée par rapport aux autres, qui sont, envers lui, tenus de l’obligation de
respecter son droit.
1. DISTINCTIONS DES DROITS SUBJECTIFS
Les droits subjectifs sont très nombreux et difficiles à énumérer exhaustivement. Toutefois,
traditionnellement, selon qu’ils font ou non partie du patrimoine, ces droits se regroupent
généralement, en deux grandes divisions :
• les droits patrimoniaux et
• les droits extrapatrimoniaux
4
A l’instar d’autres législations voisines.
5
Cette interdisciplinarité sera découverte dans son importance chaque fois qu’il en sera question.
Les premiers procurent à leur titulaire un avantage matériel ; et ils figurent dans son patrimoine,
par le fait d’être évaluables en argent ; tandis que les seconds sont, au contraire, non
appréciables en argent, tout en étant inhérent à la personne de leur titulaire6.
La doctrine7 cite, entre autres droits subjectifs extrapatrimoniaux :
Les droits intellectuels (parfois appelés droits mixtes, précisément parce qu’ils se rapprochent
des droits patrimoniaux) :
• Les droits de la personnalité
• Les droits familiaux
• les droits civiques et politiques,
• les droits professionnels
• les droits économiques et sociaux, etc.
Comme tels, les droits extrapatrimoniaux échapperont, en principal, aux présentes études, de
telle sorte qu’en général, seuls seront analysés, les droits patrimoniaux.
PLAN SOMMAIRE DE L’OUVRAGE.
1. Du patrimoine et des droits patrimoniaux
2. Du régime général des biens ou régime général des droits patrimoniaux
3. Du régime foncier et immobilier.
6
Il arrive, cependant, que les doits extrapatrimoniaux aient des incidences plus ou moins importantes sur le patrimoine de leur titulaire
7
Lire Jean CARBONNIER, Théorie des obligations, Thémis, PUF, Paris, France, 1963, p. 8.
GENERALITES SUR LES BIENS
NOTIONS DES BIENS EN DROIT CONGOLAIS
LUKOMBE pense que suivant la loi foncière, les ‘’biens’’ et ‘’droits réels’’ s’identifient ‘’aux droits
patrimoniaux’’ et que les immeubles sont des ‘’choses’’8
Il pense aussi que l’article 1 de cette loi « identifie la notion de ‘’bien’’ à celle de droit
patrimonial, et que le texte fait de la notion de ‘’droits réels’’ comme une des composantes de
droits patrimoniaux, sans que ceux-ci se réduisent en ceux-là. Et il ajoute qu’il y a là des notions
qui seraient rendues difficiles à être comprises, par le législateur, aux yeux du non-juriste.9
1. DIVERS SENS DU CONCEPT ‘’BIEN‘’10
Le concept ‘’bien’’ désigne, selon les cas :
8
LUKOMBE NGHENDA, p 108.
9
LUKOMBE NGHENDA, p 108.
10
Exposés par LUKOMBE NGHENDA NGHENDA, p 109.