L'appendicite
Introduction :
L'appendice vermiforme est un petit organe tubulaire et creux situé au
niveau de la jonction entre l’intestin grêle et le côlon (également
appelé appendice iléo-cæcal). L’appendice est situé dans la partie
inférieure droite de l'abdomen
L'appendice mesure généralement entre 5 et 10 centimètres de long, mais
sa taille peut varier considérablement d'une personne à l'autre. Son
diamètre est d'environ 0,5 à 1 centimètre.
Rappel : Rôle de l’appendice
Réservoir de bonnes bactéries intestinales
Soutien du système immunitaire : L'appendice contient du tissu lymphoïde,
qui est impliqué dans la maturation des lymphocytes B et la production
d'anticorps IgA
L'appendicite est une urgence médicale qui se produit lorsque
l'appendice, une petite poche ou segment du côlon situé dans la fosse
iliaque droite. Attachée au gros intestin, devient enflammée, C’est
l’urgence chirurgicale abdominale la plus fréquente. L'appendicite est une
inflammation aiguë de l’appendice. Cependant, il ne s’agit pas d’un
organe majeur et son ablation ne présente aucun risque pour la santé.
Les causes :
Les causes exactes de l'appendicite ne sont pas toujours claires, mais elle
est souvent le résultat d'un blocage à l'intérieur de l'appendice. Ce
blocage peut entraîner une accumulation de pression, ce qui entraîne une
inflammation progressive, puis parfois une infection, une nécrose et une
perforation. Voici les causes les plus courantes :
Un amas de matières fécales qui bloque l’orifice de l’appendice
Une alimentation pauvre en fibres (favorise la constipation).
Calcul appendiculaire : Petits calculs calcifiés visibles à l’imagerie
Infections : Diverses infections, qu'elles soient virales, bactériennes
ou parasitaires, dans le tube digestif ou ailleurs dans le corps,
peuvent entraîner une inflammation de l'appendice et
potentiellement un blocage.
Une hyperplasie lymphoïde : En cas d'infection virale ou bactérienne
dans le corps, ce tissu peut gonfler et obstruer l'intérieur de
l'appendice.
Un corps étranger accidentellement pénétrer dans l'appendice et
provoquer un blocage. (Graines, noyaux, parasites)
Tumeurs : Dans de rares cas, une tumeur à l'intérieur de l'appendice
ou à proximité peut obstruer son ouverture.
Une fois que l'appendice est obstrué, les bactéries qui sont
normalement présentes dans son intérieur peuvent se multiplier
rapidement. Cette prolifération bactérienne entraîne une
inflammation, un gonflement et la formation de pus dans
l'appendice. Si l'inflammation et la pression continuent à augmenter,
l'appendice risque de se rompre, entraînant des complications
graves comme la péritonite.
Les signes cliniques
Une douleur abdominale soudaine, débutant souvent dans la région
épigastrique ou ombilicale, migre ensuite en fosse iliaque droite,
avec une intensité croissante. La douleur de l’appendicite aiguë
empêche très souvent de pouvoir correctement allonger les jambes,
L’appendicite s’accompagne d’un épisode de fièvre (entre 37,4 et
38,3 °C),
Des symptômes digestifs peuvent également être associés à
l’appendicite. Il s’agit des nausées, des vomissements et parfois
d'une constipation inhabituelle,
Douleur continue, augmentée à la toux ou à la marche,
Défense localisée à la palpation,
Haleine fétide,
Langue saburrale (recouverte d'un enduit blanchâtre)
Une douleur est ressentie lors de l'extension passive de la hanche
droite ou lors de la flexion active de la hanche droite contre
résistance.
Un toucher rectal peut être réalisé pour évaluer la douleur
pelvienne. Chez la femme enceinte, le diagnostic peut être plus
complexe en raison du déplacement de l’appendice.
Variations selon l'âge et la localisation de l'appendice
Chez les nourrissons et les jeunes enfants : Les symptômes
peuvent être moins spécifiques et inclure une irritabilité, une
léthargie, un gonflement abdominal généralisé, des vomissements
et parfois une diarrhée. La localisation précise de la douleur peut
être difficile à déterminer.
Chez les personnes âgées et les femmes enceintes : La
douleur peut être moins intense et les signes physiques moins
prononcés.
Le diagnostic différentiel
Chez la femme : GEU, torsion d’annexe, salpingite, kyste ovarien
rompu,
Colique néphrétique,
Maladie de Crohn,
Gastro-entérite
Les complications
Une prise en charge rapide est nécessaire pour que cette infection ne
présente pas de risque majeur pour la santé. Seuls un âge avancé et/ou
une complication peuvent allonger la convalescence ou nécessiter
d’autres interventions. Dans le cadre d’un retard de prise en charge,
notamment chirurgicale, l’appendicite peut, en effet, entraîner des
complications comme :
Un abcès appendiculaire : il s’agit de la formation d’une cavité
remplie de pus au niveau de l’appendice. Cet abcès s’accompagne,
le plus souvent, d’une fièvre et d’une dégradation de l’état de santé
général.
Occlusion intestinale,
une péritonite : l’infection sous forme de pus s’est alors répandue
dans l’ensemble de la cavité abdominales. Une prise en charge
chirurgicale est nécessaire en urgence. A noter que la péritonite
peut également se manifester d’emblée,
Sepsis.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur un examen clinique, un bilan biologique et des
examens d'imagerie.
Examen clinique :
Le professionnel de santé recueille les symptômes évoqués et effectue
une palpation de l’abdomen. Cela aide à écarter d'autres maladies
présentant des symptômes similaires, comme une gastro-entérite, une
infection urinaire ou une grossesse extra-utérine.
Bilan biologique :
Ce bilan (analyse de sang) vise à détecter des signes d’inflammation et
à exclure des diagnostics différentiels. Une analyse d'urines est souvent
réalisée en complément.
Examens d’imagerie :
Scanner abdomino-pelvien (TDM) : cet examen est fréquemment
utilisé pour confirmer le diagnostic et préciser l'étendue des
anomalies.
Echographie abdominale : une alternative souvent proposée,
notamment chez les patients jeunes ou en cas de contre-indication
au scanner.
Traitement :
Traitement chirurgical = Appendicectomie
L’intervention chirurgicale se réalise sous anesthésie générale,
l’appendicectomie est une opération qui dure en moyenne trente
minutes.
Appendicectomie ouverte (laparotomie) : Cette technique consiste à
réaliser une incision unique, généralement d'environ 5 à 10 centimètres,
dans la partie inférieure droite de l'abdomen pour accéder à l'appendice et
le retirer. Cette approche est souvent privilégiée en cas d'appendice
perforé avec un abcès important ou si une visualisation claire des organes
abdominaux est nécessaire.
Appendicectomie laparoscopique (cœlioscopie) : C'est la méthode la
plus couramment utilisée aujourd'hui. Elle consiste à réaliser plusieurs
petites incisions (de 0,5 à 1,5 centimètre) à travers lesquelles sont insérés
une petite caméra vidéo et des instruments chirurgicaux spécialisés. Le
chirurgien visualise l'intérieur de l'abdomen sur un écran et retire
l'appendice à l'aide des instruments. Les avantages de la laparoscopie
incluent :
Des cicatrices plus petites.
Moins de douleur postopératoire.
Une hospitalisation plus courte.
Une reprise plus rapide des activités normales.
Traitement antibiotique (dans certains cas spécifiques)
Dans des cas très spécifiques et non compliqués d'appendicite (sans signe de
perforation ni d'abcès), un traitement antibiotique seul peut être envisagé
comme alternative à la chirurgie immédiate. Cependant, cette approche est
encore sujette à débat et n'est pas la norme. Elle peut être considérée dans les
situations suivantes :
Appendicite non compliquée diagnostiquée très tôt : Chez certains
patients avec des symptômes légers et récents, sans signe de gravité à
l'imagerie.
Contre-indications à la chirurgie : Chez des patients présentant des
risques anesthésiques ou chirurgicaux très élevés.
Accès difficile à la chirurgie immédiate.
Même en cas de traitement antibiotique initial réussi, il existe un risque de
récidive de l'appendicite, et une appendicectomie peut être recommandée
ultérieurement.
Prise en charge avant et après la chirurgie
Avant la chirurgie :
o Mise à jeun : Le patient ne doit plus manger ni boire avant
l'opération.
o Perfusion intraveineuse : Pour l'hydratation et l'administration
d'antibiotiques.
o Antibiotiques : Administrés par voie intraveineuse pour traiter ou
prévenir l'infection.
o Antalgiques : Pour soulager la douleur.
Après la chirurgie :
o Surveillance des signes vitaux.
o Gestion de la douleur : Des antalgiques sont prescrits.
o Mobilisation précoce : Encourager le patient à se lever et à
marcher dès que possible pour prévenir les complications
postopératoires.
o Reprise progressive de l'alimentation : Commencer par des
liquides clairs, puis progresser vers une alimentation normale selon
la tolérance.
o Soins de la plaie : Nettoyage et surveillance des incisions pour
détecter tout signe d'infection.
o Antibiotiques postopératoires : Peuvent être nécessaires,
surtout en cas d'appendice perforé ou d'infection étendue.
o Suivi médical : Une consultation de suivi est généralement prévue
pour s'assurer de la bonne guérison.
En cas d'abcès appendiculaire
Si l'appendice s'est rompu et qu'un abcès s'est formé, la prise en charge peut
être différente. Dans certains cas, on peut opter pour :
1. Drainage percutané de l'abcès : Sous guidage, un drain est inséré à
travers la peau pour évacuer le pus.
2. Antibiothérapie intraveineuse.
3. Appendicectomie différée : L'ablation de l'appendice est réalisée
quelques semaines ou mois plus tard, une fois l'infection initiale contrôlée.
Le pronostic de l'appendicite est généralement excellent, surtout si le diagnostic
est rapide et le traitement (appendicectomie) est effectué sans délai. La majorité
des patients se rétablissent complètement sans complications à long terme.
Voici les principaux éléments concernant le pronostic :
En cas de traitement précoce (appendicectomie non compliquée)
Guérison rapide : La plupart des patients peuvent quitter l'hôpital dans
un délai de 1 à 3 jours après l'opération.
Convalescence courte : La période de rétablissement à domicile est
généralement courte et complète, permettant une reprise rapide des
activités normales en quelques semaines.
Faible taux de complications postopératoires : Les complications
telles que l'infection de la plaie, l'abcès intra-abdominal ou les problèmes
liés à l'anesthésie sont rares.
En cas d'appendicite compliquée (perforation, abcès, péritonite)
Le pronostic est toujours favorable avec un traitement approprié, mais la
convalescence peut être plus longue et le risque de complications
postopératoires plus élevé.
Hospitalisation prolongée : Le séjour à l'hôpital peut durer plusieurs
jours, voire plus, en fonction de la gravité de l'infection et de la nécessité
d'une antibiothérapie intraveineuse prolongée ou d'un drainage d'abcès.
Rétablissement plus lent : La reprise complète des activités normales
peut prendre plusieurs semaines.
Risque accru de complications : Les complications possibles incluent
l'infection de la plaie, l'abcès intra-abdominal résiduel, l'iléus
postopératoire (arrêt temporaire du transit intestinal) ou, rarement, des
adhérences intra-abdominales pouvant causer une occlusion intestinale à
long terme.
Facteurs influençant le pronostic
Rapidité du diagnostic et du traitement : Un traitement précoce avant
la perforation de l'appendice est le facteur le plus important pour un bon
pronostic.
Âge du patient : Les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes
âgées peuvent présenter des symptômes atypiques, ce qui peut retarder
le diagnostic et potentiellement aggraver le pronostic. Les personnes
âgées ont également plus de risques de complications postopératoires en
raison de comorbidités.
État de santé général du patient : La présence d'autres problèmes de
santé peut influencer la récupération.
Gravité de l'infection au moment de la chirurgie : Une perforation
avec une péritonite étendue rend le traitement plus complexe et la
récupération plus longue.
Pronostic en l'absence de traitement
Il est crucial de noter qu'une appendicite non traitée peut avoir des
conséquences graves, voire mortelles. L'évolution naturelle d'une appendicite
non résolue est la perforation, entraînant une péritonite généralisée, une
septicémie et un choc septique, qui peuvent être fatals.