Mémoire PRV3 Prv3: Approche Socio Approche Socio-Economique de La Prevention Batimentaire Economique
Mémoire PRV3 Prv3: Approche Socio Approche Socio-Economique de La Prevention Batimentaire Economique
APPROCHE SOCIO
SOCIO-ECONOMIQUE
ECONOMIQUE
DE LA
PREVENTION BATIMENTAIRE
RESUME 5
INTRODUCTION 7
2
3.1.5. Changer le comportement des préventionnistes vis-à-vis des demandes
de dérogations 28
3.1.6. Amélioration du recours au schéma directeur de mise en sécurité 29
CONCLUSION 36
LEXIQUE 37
ANNEXES 39
3
REMERCIEMENTS
Nous souhaitons remercier toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce
travail et plus particulièrement :
Nos directeurs départementaux des services d’incendie et de secours pour nous avoir
donné la chance de suivre cette formation ;
Monsieur André TEXIER (ville de La Roche Sur Yon), responsable des services
techniques et secrétaire de commission de sécurité depuis plus de vingt années ;
4
RESUME
Nombre de polémiques au plan national nous montre depuis plus d’une vingtaine d’années
l’attachement des français à leur santé, à leur sécurité. Les scandales du sang contaminé, de
la canicule de 2003, ou plus récemment celui du « Médiator », continuent à marquer les
esprits et à susciter l’émoi populaire. Plus directement en lien avec la lutte contre les risques
d’incendie et de panique, et même si le nombre de victimes est inférieur, les catastrophes
comme celles du stade de Furiani ou l’incendie de l'hôtel Paris-Opéra font régulièrement
l’objet d’une attention médiatique, judiciaire et politique particulière. Le caractère brutal et
dramatique de leur survenance y est probablement pour une bonne part.
Pour faire face à ces situations, les pouvoirs publics réagissent en durcissant notamment les
règlementations destinées à préserver les personnes.
Ces décisions ont un coût.
Dans le même temps, la France, l’Europe, le monde traversent une crise financière et
économique sans précédent. L’heure est aux restrictions budgétaires ayant pour vocation de
réduire les charges qui pèsent sur les contribuables. L’économie fait l’objet de toutes les
attentions. Elle est au centre de toutes les préoccupations.
Dans ce contexte contradictoire, comment mieux prendre en compte les aspects socio-
économiques en matière de prévention contre les risques d’incendie et de panique ?
Pour répondre à cette question, le présent document vise dans un premier temps à dresser
un état des lieux de la sinistralité bâtimentaire. Cet état des lieux fait apparaître que les
incendies en habitation sont treize fois plus nombreux qu’en établissement recevant du
public (ERP) même si le coût moyen des sinistres reste plus élevé en ERP. Une étude
comparative avec quelques pays de l’hémisphère Nord et économiquement proches nous
permet de mettre en évidence l’efficacité des mesures règlementaires de prévention incendie
prises, en France, ces 40 dernières années.
Très naturellement, nous dégageons dans un troisième temps quelques pistes visant à
améliorer l’efficience de la prévention incendie en agissant sur des leviers clefs. Nos
propositions concernent dans un premier temps l’amélioration de la mise en œuvre de la
règlementation. Elles visent à replacer l’exploitant au cœur de la sécurité de son
établissement en améliorant sa formation, en simplifiant les procédures de vérifications, ou
encore en mettant en place un document public destiné à encourager les bonnes pratiques.
Nous nous intéressons ensuite aux pratiques de vérifications et notamment aux prestations
délivrées par les préventionnistes, au traitement des demandes de dérogations, ou encore
aux schémas directeurs de mise en sécurité. Enfin, nous évoquons quelques idées directrices
d’ajustements possibles de la règlementation en intégrant les nouvelles technologies, en
révisant certaines règles de calcul usuelles ou encore en encourageant les distinctions entre
normes et règlements.
5
ajustements paraissent possibles et nécessaires. Il semble désormais pertinent de se
recentrer sur les pratiques des acteurs de la prévention, ainsi que sur l’amélioration des
processus plutôt que sur la remise en cause de mesures déjà éprouvées. Au regard de
l’évolution rapide de la réglementation, le conseil et l’expertise doivent prévaloir pour
orienter les décisionnaires vers l’usage de bonnes pratiques en matière d’exploitation comme
de construction.
6
INTRODUCTION
La France, l’Europe, le monde traversent une crise financière et économique sans précédent.
Des mutations politiques s’opèrent afin de tenter d’endiguer le phénomène qui se
mondialise. De profonds changements sociétaux doivent nécessairement avoir lieu. Certains
pays ont déjà pris des mesures qui suscitent l’émoi populaire. Le mot d’ordre est lancé, il
faut éviter toute faillite à un échelon national qui pourrait avoir des répercussions sur le plan
international. L’heure est à la rigueur, pire aux restrictions budgétaires. Autrement dit, il faut
faire des économies. Pour autant, notre société ne semble pas disposée à certains
changements. La rigueur, pourquoi pas, mais pas à n’importe quel prix !
Ainsi, pour ce qui concerne la sécurité incendie, une dualité se pose à nous : doit-on parler
économies, peut-on parler économie quand la vie même est en jeu ? Nul ne semble prêt
aujourd’hui à sacrifier une vie humaine sur l’autel de la rentabilité. Notre société et plus
particulièrement la société occidentale est fortement ancrée sur ce principe : tendre vers le
risque zéro. L’objectif est simple mais semble plus difficile à atteindre : il faut réaliser des
économies tout en conservant les mêmes exigences de sécurité.
Trop de drames sont encore présents dans nos esprits pour accepter un assouplissement de
la sécurité, celle-ci même qui est au cœur des préoccupations de tous. Est-il nécessaire
d’ajouter que la sécurité représente un enjeu majeur jusqu’au plus haut niveau de l’état ?
La question à laquelle nous devons répondre exprime parfaitement cette dualité entre
économie et maintien du nécessaire niveau d’exigence : Comment améliorer l’efficience de la
prévention, c’est à dire le rapport entre les résultats obtenus et les ressources utilisées ?
Pour répondre à cette question, nous réaliserons tout d’abord une étude typologique des
sinistres en France. Dans un souci critique, nous mènerons également une étude
comparative avec d’autres pays économiquement proches.
Nous exposerons ensuite, au travers d’exemples choisis, l’impact sociétal des incendies et
leurs conséquences sur le règlement de sécurité. Puis, nous évoquerons les incidences
économiques liées aux exigences règlementaires.
Pour finir, nous dégagerons quelques pistes visant à améliorer l’efficience de la prévention
incendie en agissant sur des leviers clefs. Nos propositions concerneront dans un premier
temps l’amélioration des processus de mise en œuvre de la règlementation puis celle-ci plus
directement.
1
chiffres UNIBAIL RODAMCO
7
1. ETAT DES LIEUX DE LA SINISTRALITE :
Parmi les plus récents et les plus dramatiques figure le séisme qui a frappé la côte Nord-Est
du Japon le 11 mars 2011. Ce séisme de magnitude 9 n'est responsable que de peu de
victimes et dégâts grâce à la qualité des constructions parasismiques japonaises. L'ampleur
de cette catastrophe est essentiellement due au tsunami qui s'ensuivit et qui est à l'origine
de plus de 90 % des 18 079 morts et disparus, des destructions et des blessés. Il est aussi
l’évènement initiateur de la série d'accidents majeurs dans la centrale nucléaire de
Fukushima Daiichi.
Bien plus dramatique encore sur le plan humain, le tsunami qui a touché la Malaisie en
décembre 2004 fit plus de 227 000 victimes.
Dans ces deux cas, les pertes humaines et les coûts matériels sont démesurés. C’est
l’économie de pays entiers qui est touchée.
Le 28 mai 2012, dix-neuf personnes périssaient lors d'un incendie qui a ravagé le plus grand
centre commercial de Doha au Qatar. Parmi les victimes figuraient 13 enfants et leur 4
puéricultrices encerclés par les flammes dans une crèche.
Ces événements ont suscité de vives émotions et ont été largement commentés, les médias
se faisant le relais de l’émoi populaire. Des responsables, des coupables devaient être
identifiés. Dès lors, la réglementation incendie que ce soit dans le domaine de l’habitation ou
bien de l’ERP pouvait, elle aussi, être remise en cause. Sur l’instant, il ne pouvait pas venir à
l’esprit que ces feux dramatiques étaient imputables à des comportements inadaptés, à des
croyances ou encore à des taux d’occupation insensés que la plus élaborée des
réglementations du monde n’était pas en mesure de contrecarrer. Il n’en demeure pas moins
que la réglementation incendie, suite à ces événements, a subi des modifications notables.
La parution de l’arrêté du 24 juillet 2006 prévoyant un certain nombre de mesures
applicables dans les petits hôtels existants en est un excellent exemple.
8
Notre société ne peut se résigner à supporter des sinistres meurtriers sans réagir. L’émotion
suscitée donne généralement naissance à une prise de conscience qui peut elle-même
déboucher sur une évolution réglementaire. Pour mémoire, le tableau page 15, reprend les
principales évolutions réglementaires qui ont succédé à des catastrophes ayant marqué
l’opinion publique.
Alors qu’en est-il vraiment, cette sinistralité qui fait régulièrement la une des journaux
télévisés et de la presse écrite, est-elle si importante ? Les édifices sont-ils tous égaux face
au risque ?
Entre 1991 et 2010, le nombre des interventions effectuées par les sapeurs-pompiers est
passé de 2 928 056 à 4 210 000 soit une augmentation de près de 44%. Les services de
secours ont réalisé 336 867 interventions pour feu en 2012 contre 290 852 en 1991 soit
une augmentation de 16%. Cependant, elles ne représentent aujourd’hui que 8% du
nombre total d’interventions contre 10% il y a 20 ans, montrant donc une baisse relative
des interventions pour feu.
Les chiffres des 10 années précédentes montrant les mêmes tendances, l’année 2010 sera
citée en référence.
Les feux d’origine bâtimentaire représentaient en 2010 moins de 45% du nombre total
des incendies.
La majeure partie de ceux-ci, 84 %, touchait les locaux d’habitation et seulement 6% les
établissements recevant du public (ERP). De plus, les tableaux joints en annexe 1
montrent une nette régression des feux en ERP par rapport aux années précédentes.
2
Ministère de l’Intérieur (MINT), Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises (DGSCGC)
9
Ainsi, 358 victimes décédées étaient à déplorer en habitation contre 16
seulement en ERP dont 10 dans les ERP disposant de locaux à sommeil.
Il y a 13 fois plus de feux en habitation qu’en ERP et 23 fois plus de victimes en
habitation. Cependant,, sur 1000 feux, le nombre de décès est seulement deux fois plus
élevé en habitation (4 décès pour 1000 feux en habitation contre 2 décès pour 1000 feux
en ERP).
Les chiffres relatifs aux incendies dans les immeubles de grande hauteur (IGH) ne sont
pas évoqués par le ministère. Sur le secteur de la Brigade de Sapeurs--Pompiers de Paris,
52 incendies en IGH4 sont répertoriés au titre de l’année 2010 pour seulement 300 IGH
sur un total de 560 en France. Le nombre des décès est en revanche nul.
1.2.3 Les feux par type, en habitation et ERP dans les départements sous
compétence de la Brigade des Sapeurs-Pompiers
Sapeurs de Paris (BSPP)3
Afin de préciser nos statistiques, et devant la difficulté d’obtenir des chiffres précis au plan
national au regard du temps imparti, nous avons choisi de nous intéresser aux statistiques
du secteur BSPP.
Les feux d’habitation restent plus nombreux que les feux d’ERP.
Sur Paris
aris et les 3 départements de la petite couronne, en 2008, 5439 interventions pour
feu ont été effectuées en habitation contre 945 en ERP. Un facteur 6 sépare donc les deux
domaines, montrant que la tendance à l’échelon
l’échelon national est respectée.
Nous nous sommes alors intéressés à la répartition des d incendies en fonction du type
d’habitations et d’ERP. Ces chiffres sont repris dans les diagrammes suivants :
698
1144
462
1ère famille
2ème famille
3ème famille
4ème famille
3030
3
source Ministère de l’intérieur (MINT/DGSCGC),
(MINT/DGSCGC)
[Link]
4
source : BSPP, bureau u opération prévision opérationnelle, capitaine Blenet
10
La répartition des sinistres par type d’ERP donne les résultats suivants :
Répartition des feux d'ERP en 2008 secteur BSPP
300
200
100
0 Feux 2008 en ERP secteur BSPP
Pour mémoire, en 2008 toujours, sur les 23 interventions pour feu en IGH, la moitié
intéressait la classe GH A (habitation
habitation).
Nous avons précédemment mis en évidence une sinistralité beaucoup plus faible en ERP/IGH
qu’en habitation. Les chiffres communiqués par la Fédération Française des Sociétés
d’Assurances (FFSA), tableau ci-dessous,
ci permettent de comparer les coûts matériels
imputables aux sinistres.
L’année
’année 2004 sera citée en référence, les chiffres des années précédentes montrant les
mêmes tendances. Les données communiquées par la FFSA prennent en compte les seuls s
contrats établis en France. Certains
ertains établissements implantés sur le territoire national
nat ont en
effet pu avoir recours à des souscriptions d’assurance à l’étranger.
Remarque : il n’y a pas de corrélation entre ces chiffres et ceux du ministère de l’intérieur. En
effet, à un sinistre recensé par un assureur ne correspond pas forcément une intervention
des sapeurs-pompiers.
Le coût annuel total al des sinistres, pour l’année 2004, est 22 fois plus élevé en
habitation qu’en ERP/IGH..
La FFSA rappelle qu’un incendie domestique se déclare toutes les deux minutes en France.
25% de ceux-ci sont imputables à des installations électriques défectueuses. Un quart des
feux domestiques se déclarent en cuisine, 70% des feux se déclarent de nuit.
Ces statistiques mettent en évidence un coût global plus important pour les sinistres
d’origine domestique qu’en ERP/IGH.
ERP/IGH
Toutefois, le coût moyen d’un sinistre dans un établissement recevant du public est près de
12 fois plus élevé qu’en habitation (voir tableau ci-dessus).
11
1.4 Etude comparative avec des pays économiquement proches
Nous l’avons vu plus haut, le coût total des incendies en France est estimé à moins de
1.5 milliards d’euros (soit environ 2 milliards de dollars) sur l’année 2004 ce qui
représentait 0.11 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays (1 744 352 Md de
dollars selon la banque mondiale)5.
Comparons ces chiffres avec ceux de pays comme les Etats Unis ou encore le Canada qui
attachent une haute importance à la prévention.
En 2007, aux USA, le coût économique des incendies (dommages directs et indirects) est
estimé à 18.6 milliards de dollars6 soit 0.14 % du PIB du pays7.
Au Québec, pays ayant notamment mis l’accent sur la détection précoce des incendies
avec une généralisation des Détecteurs Autonomes Avertisseurs de Fumée (DAAF) dans
les habitations, les pertes matérielles liées aux incendies sont, en 2005, estimées à 567
millions de dollars8 ce qui représente 0.25 % de son PIB.
Si l’on compare ces différents pourcentages de PIB, le coût par habitant des incendies est
donc moins élevé en France qu’aux Etats Unis ou au Québec. Il est de 30 dollars par an et
par habitant en France soit deux fois moins élevé qu’aux Etats Unis (62 dollars) et deux
fois et demi de moins élevé qu’au Québec (75 dollars). Cette situation peut paraître
surprenante. Elle doit être rapprochée du niveau de vie. Les produits à forte valeur
ajoutée sont probablement plus répandus dans ces deux pays, mais l’explication ne tient
pas à cette seule hypothèse.
Plus édifiant encore, comparons le nombre de décès en France, tous types de bâtiments
confondus, avec la Suède. Ce pays est intéressant puisqu’il est économiquement proche
du notre. De plus, les suédois comme l’ensemble des habitants des pays scandinaves sont
réputés pour leur discipline intellectuelle. D’après un rapport de l’Agence suédoise des
produits chimiques (KemI)9, les incendies tuent chaque année depuis une dizaine
d’années, en Suède, environ 100 personnes ce qui représente 11 morts par million
d’habitants et par an. Or, en 2001, 65% des habitations étaient dotées de détecteurs
de fumées. Paradoxalement, en France où moins de 5% des foyers sont dotés de
détecteurs de fumées, on déplorait seulement 358 victimes dues à des incendies en 2010,
soit 5.5 décès par million d’habitants.
Aux USA cette fois, le constat est identique, le nombre de décès par million
d’habitants atteint les 10. Dans ce pays, en 2010, les incendies ont causé le décès de
2665 personnes en habitation et 90 en ERP10. Par conséquent, il y a 30 fois plus de décès
en habitation qu’en ERP aux USA alors que le ratio en France est de 23. Ces données
restent paradoxales puisque 95% des foyers y sont équipés de détecteurs de fumées
contre à peine 5% en France.
Ce constat, difficilement explicable, démontre néanmoins une faible sinistralité globale en
France et de fait une très faible sinistralité en ERP/IGH. Il met en évidence que la mise en
5
référence à la banque mondiale : Wikipédia,
[Link]
6
selon le National Fire Protection Association (NFPA)
7
chiffre issu du 117ème congrès national des sapeurs-pompiers de France du 23 au 25 septembre 2010 à Angoulême / monsieur
Sultan Javori / Directeur Régional Europe
8
selon l’institut statistique du ministère de la sécurité publique du Québec
9
report Nr 1/06 Swedish Chemicals Inspectorate
10
source : NFPA/loss in the U.S. 2010 site : [Link]
12
place de détecteurs de fumées sans mesure d’accompagnement ne constitue pas une
solution parfaite.
Globalement, la sinistralité dans notre pays, sur les plans humains et matériels, n’est pas
plus élevée qu’aux Etats Unis, au Canada ou encore en Suède.
Les chiffres mettent en évidence un nombre et un coût total des sinistres liés au feu plus
important en habitation qu’en ERP/IGH.
La réglementation incendie en ERP et en IGH est certainement la clef du succès. Elle a su
évoluer et s’adapter aux nouvelles contraintes sociales, techniques et économiques. A
l’inverse, la réglementation habitation n’a que peu évolué ; elle fait d’ailleurs l’objet de
travaux de refonte.
L’obligation de recourir aux visites périodiques tient certainement pour une bonne part dans
ce constat en faveur des IGH et ERP11.
La prévention incendie, qui de toute évidence affiche de bons résultats, a néanmoins un
coût.
Nous avons choisi des exemples récents de sinistres pour être le plus factuel possible.
11
article GE 4 de l’arrêté du 25 juin 1980
13
Ces deux cas très récents reflètent encore aujourd’hui l’importante médiatisation des
accidents mortels entraînant une réaction sociétale prononcée contre la perte de vies
humaines.
Soulignons le rôle de catalyseur des médias dans l’émotion soulevée. L’enchainement des
questions est identique dans tous les cas :
Comment un tel nombre de victimes est-il possible ? Des erreurs ont-elles été commises ? Si
oui par qui ? Comment faire pour que cela ne se reproduise plus ?
Pour mettre en évidence la manière dont la société répond à ces questions, prenons
maintenant l’exemple du drame de l’hôtel Paris-Opéra survenu le 15 avril 2005 (25
personnes décédées) :
Ainsi, nous avons les réponses aux questions précédemment posées. L’enquête judiciaire vise
à expliquer les circonstances, les condamnations à punir et à réparer, et enfin, la modification
des textes vise à empêcher un nouveau sinistre du même type.
Toutefois, un cas particulier ne suffisant pas à démontrer de tels propos, revenons sur la
genèse de quelques textes en matière de lutte contre les risques d’incendie et de panique.
14
2.2 L’évolution règlementaire, incontournable et vitale
A l’examen de ces quelques cas nous pouvons conclure que si les modifications
règlementaires ne sont pas systématiquement nées d’un sinistre, les grandes étapes de
l’évolution règlementaire ont été la conséquence de catastrophes qui ont marqué
l’opinion.
Pour les établissements de type J (maison de retraite) et PO (petits hôtels) évoqués plus
haut, nous avons cherché à déterminer si les modifications règlementaires avaient pu
poser des difficultés dans leur mise en œuvre.
Dans le cas des établissements de type J (arrêté du 19 novembre 2001), une étude
nationale a été réalisée en juillet 2002 à la demande du ministère de l’équipement et du
15
ministère de l’emploi des transports, du logement et de la solidarité. La lecture du rapport
« Les logements-foyers pour personnes âgées » réalisé par monsieur Jean-Pierre
GRUNSPAN du conseil général des ponts et chaussées est caractéristique des
problématiques rencontrées pour le financement des travaux lourds de mise en sécurité.
Ce document révèle également l’appréhension des interprétations distinctes émanant des
commissions de sécurité sur la notion de rétroactivité des textes. Il met aussi en évidence
les conséquences négatives d’une mise en œuvre trop rapide de la règlementation. Il
propose des mises en sécurité progressives étalées dans un temps défini.
Intéressons-nous maintenant à un cas plus récent dans les mémoires, celui des petits
hôtels.
L’arrêté du 24 juillet 2006 (applicable aux petits hôtels) prévoyait un délai de 5 ans pour
réaliser les travaux de mise en sécurité. Le coût des travaux a été évalué de 20 à 40 000
€ selon la configuration de l’établissement dont 6 à 7000 euros pour le seul système de
sécurité incendie en moyenne.
Face à cet état de fait, l’administration a réagi afin d’affiner les dispositions
règlementaires :
Dans ce cas précis, la prise en compte de l’impact économique a donc été réalisée par
l’écoute des signaux d’alarme de la petite hôtellerie "familiale" relayés par leur ministre de
tutelle (monsieur Frédéric LEFEBVRE, secrétaire d’Etat au tourisme).
12
Enquête de SYNHORCAT réalisé en Vendée, du 03mars au 19 avril 2011.
13
Rapport interministériel de mars 2011 sur la pertinence du renforcement de la règlementation de la « sécurité incendie » de la
petite hôtellerie décidé en 2006.
16
Pour pousser plus loin la réflexion, voyons maintenant quelques cas particuliers très
différents de ceux évoqués précédemment et aux incidences économiques importantes.
14
Coûts d’exploitation de la tour ARIANE située sur le quartier d’affaires de la Défense selon UNIBAIL RODAMCO.
17
2.3.2 Cas des établissements recevant du public avec locaux à sommeil
La réglementation impose la détection incendie dans tout E.R.P. comportant des locaux à
sommeil. L’installation de la détection automatique d’incendie représente en moyenne un
coût de 7000 € à 8000 € pour un établissement comportant 15 à 20 chambres.
L’amortissement est d’autant plus délicat dans les zones rurales où l’activité saisonnière
permet seulement un taux de remplissage des établissements de l’ordre de 50 à 60%.
Prenons ensuite le cas des calculs d’effectifs dans les magasins et ses conséquences. Le
calcul théorique qui permet d’établir la capacité d’accueil des ERP, est, selon les
exploitants, assez souvent surdimensionné au regard de la fréquentation constatée.
Le tableau suivant permet de matérialiser cette situation dans le cas d’un centre
commercial.
Les coûts estimés sont calculés sur la base de 21€ TTC de l’heure pour 1 SSIAP1 et 24 €
TTC de l’heure pour un SSIAP2.
Le résultat est significatif, le coût de fonctionnement du service est doublé. Les
sommes mises en jeu sont énormes.
18
Ce chapitre met en exergue cette volonté de la société d’aseptiser le risque au travers des
faits postérieurs aux sinistres. L’histoire montre que les grandes évolutions de la
règlementation ont souvent accompagné l’actualité. L’analyse de quelques cas récents
d’ajustement de la règlementation et de cas concrets aux incidences financières
particulièrement lourdes confirme qu’une recherche d’efficience est nécessaire et justifiée.
Il faut donc poursuivre la démarche en établissant des propositions d’ordre général.
En effet, au regard du volume contraint du mémoire et dans le respect des vœux de notre
commanditaire, il ne nous semblait pas opportun de dresser un inventaire des mesures
techniques correctives. De plus, un inventaire exhaustif aurait été impossible à réaliser et
d’un intérêt limité car complexe dans le cadre d’une éventuelle mise en œuvre. Nous nous
sommes donc attachés à proposer des mesures clefs, réalistes et pragmatiques.
Après avoir mis en évidence la faible sinistralité dans les établissements recevant du public et
les immeubles de grande hauteur, le fort impact financier et médiatico–politique des sinistres
en ERP, mais aussi le coût de la prévention, il nous appartenait d’établir des propositions afin
de mieux prendre en compte les aspects socio-économiques de la prévention incendie.
Pour effectuer des propositions cohérentes et pragmatiques les rapporteurs ont choisi de
faire part de leur analyse et de leur expérience mais aussi de soumettre un panel de
questions à un éventail suffisamment représentatif de préventionnistes en provenance de
différents départements.
Un questionnaire a donc été adressé à l’assemblée qui s’est tenue lors du congrès annuel
des chefs de groupements prévention de France organisé par le bureau de la règlementation
incendie et des risques courants (B.R.I.R.C) de la direction générale de la sécurité civile et de
la gestion des crises et par l’école nationale supérieure des officiers sapeurs-pompiers
(E.N.S.O.S.P.) les 13 et 14 juin 2012 à Paris. Quarante questionnaires ont ainsi pu être
exploités (annexe 3). La synthèse des résultats a été placée en annexe 4.
Au regard du nombre important de réponses, nous avons pu constater l’intérêt de tous pour
cette question sensible.
55% des chefs de groupement disent déjà prendre en compte les aspects socio-
économiques de la prévention. 62.5 % pensent souhaitable que la commission
prenne davantage en compte les contraintes économiques de réalisation d’un
projet et 75% qu’une modification de la règlementation permettant de modifier
les coûts est possible sans remettre en cause le niveau de sécurité du public.
Ces résultats donnent tout leur sens à nos propositions. Celles-ci viseront en tout premier
lieu l’amélioration des processus de fonctionnement de la prévention incendie au quotidien.
L’objectif sera d’assouplir les relations entre les différents acteurs : exploitants, maîtres
d’ouvrage, organismes agréés, commission de sécurité, autorités. Il s’agira de renforcer le
recours à l’incitation, et à la contractualisation.
Nous proposons ensuite des pistes et quelques points économiquement clefs d’évolution de
la règlementation.
19
3.1 Vers la contractualisation, amélioration des processus
Si comme le dit l'adage, «nul n'est censé ignorer la loi», les commissions de sécurité sont
quotidiennement confrontées à des exploitants en quête de repères et sans formation
face à une règlementation incendie d'un niveau d'exigence élevé. Assez régulièrement, les
commissions sont amenées à se consacrer non seulement au contrôle mais aussi à la
pédagogie.
Nous constatons que si la règlementation impose aux exploitants de prendre des mesures
pour assurer la sécurité du public et la formation de leur personnel, rien ne les incite
explicitement ou ne les contraint eux-mêmes à se former.
Il apparait qu’un cycle vertueux dans la gestion du temps pourrait être amorcé :
20
Nous proposons donc qu’une formation « exploitation d’un ERP » soit mise en place au
sein de chaque département. Cette formation pourrait être dispensée :
- pour les acteurs privés : par les chambres des métiers, les organismes de
formation pour les professionnels, ou les relais institutionnels (fédération hôtelière…) ;
- pour les acteurs publics par le CNFPT (responsables des services techniques en
charge des ERP communaux, gestionnaires de grands ERP à vocation culturelle, festive
ou religieuse, etc…).
Les sapeurs-pompiers et notamment les groupements en charge de la prévention
incendie pourraient avantageusement, en fonction des moyens qui leurs sont attribués
par leur conseil d’administration participer à l’animation de ces séquences.
Ces initiatives au plan départemental pourraient être appuyées par une modification de
l’article MS 52 à l’occasion de la création de l’instruction technique relative aux moyens
de secours en projet au sein de la DGSCGC.
La modification pourrait concerner :
- le titre : Article MS 52 : « Formation et présence de l’exploitant » au lieu de
« présence de la direction » ;
- le contenu : par l’ajout d’un paragraphe en début d’article :
« § L’exploitant doit être formé aux obligations qui lui incombent en matière de
maintien et d’entretien des installations en conformité avec les dispositions de la
présente règlementation. »
21
Si la formation de l’exploitant nous semble être un point clef pour faire évoluer son degré
d’implication, il nous parait tout aussi essentiel de nous intéresser à la manière dont il
envisage les contrôles techniques de son établissement et aux exigences de traçabilité qui
en résultent.
Selon nos recherches, le coût des vérifications techniques après travaux pour une année
sans réalisation majeure peut représenter jusqu’à 45 000 euros pour une ville de 50 000
habitants.
Pour les travaux de faible importance, le montant des vérifications approche parfois celui
des travaux. 500 euros correspond au montant de base permettant d’ouvrir un dossier
auprès d’un organisme agréé par le ministère de l’intérieur.
Ces constats dressés, il convient avant toute proposition de recentrer les besoins en
raisonnant par objectifs.
22
Les vérifications règlementaires après travaux visent à garantir la conformité des
opérations d’aménagement ou de construction. Les vérifications techniques périodiques
visent à contrôler régulièrement les installations pour éviter l’éclosion d’un sinistre et son
développement. Pour être appliquées, les règles qui régissent ces contrôles doivent être
simples et connues de tout exploitant. La traçabilité doit garantir une qualité de prestation
du technicien ou du vérificateur et permettre une lecture simple, rapide et efficace de
l’exploitant et occasionnellement des autorités.
Pour améliorer les dispositifs permettant d’atteindre ces objectifs nous proposons les
mesures suivantes :
23
3.1.3 Mettre en place un document public encourageant les bonnes pratiques
A l’issue des visites périodiques, ces documents ne sont actuellement pas mis à jour. Ils
sont souvent perdus. Ils sont également susceptibles de se révéler trompeurs pour un
public évoluant à son insu dans un établissement sous avis défavorable à l’exploitation.
Ils ne permettent pas davantage de valoriser les établissements dont la tenue est
satisfaisante. De plus, nous constatons d’une manière générale l’absence de label
médiatiquement reconnu de type étoile, toque, etc… permettant au public d’identifier
clairement le niveau de sécurité incendie des établissements.
Sécurité incendie
Vu,
Le président de la commission,
Tout défaut d’affichage est passible d’une contravention de 5ème classe (jusqu’à 1 500
euros, 3 000 euros en cas de récidive).
24
Pour poursuivre nos propositions visant à améliorer les processus de fonctionnement
régissant les interactions entre les différents acteurs des commissions, nous proposons
ensuite de nous intéresser au fonctionnement des commissions de sécurité en débutant
notre analyse par le rôle du rapporteur préventionniste.
3.1.4 Développer les compétences des préventionnistes pour affiner leur niveau de
prestation
L’article 2 de la LOI n°96-369 du 3 mai 1996 codifié à l’article L 1424-2 du CGCT expose
les missions des SDIS : « Les services d'incendie et de secours sont chargés de la
prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies. ». Le législateur a souhaité
à la fois :
Au dire de ceux qui l’exercent, la prévention incendie est un métier à part entière. Dans
ce milieu, il est couramment admis qu’une expérience de 3 ans est en moyenne
nécessaire au sapeur-pompier pour appréhender avec la sérénité nécessaire son rôle
d’instructeur/rapporteur au sein des commissions de sécurité. Cette nécessité s’explique
par la densité de la règlementation et la nécessité de la maîtriser pour pouvoir en
comprendre les grands principes.
L’expérience acquise est donc un facteur essentiel pour pouvoir relativiser les situations et
l’étude des nouveaux dossiers. Plus elle est importante, plus l’avis est susceptible d’être
pertinent.
En effet, face à la disparité des niveaux de sécurité des établissements sous avis
défavorable, certains SDIS ont développé, en collaboration avec l’ENSOSP, des techniques
permettant de guider les commissions de sécurité dans leur évaluation du niveau de
risque. Il s’agit d’une approche plurifactorielle et par objectif. Cette technique contribue à
25
adapter au plus juste les prescriptions ou recommandations effectuées par
l’administration.
Notons également que la prévention incendie est une vitrine pour les acteurs extérieurs et
les institutionnels qui côtoient les SDIS. Face aux marges de plus en plus étroites des
acteurs de la construction et de la gestion des établissements recevant du public, les
exigences de professionnalisme des avis rendus par la commission
vont croissantes. Ces avis doivent être justifiés pour être admis et
respectés. La question des délais se révèle être de nos jours une
préoccupation majeure des acteurs de la construction d’un point de
vue économique. Dans ce contexte, il revient à l’administration de
mettre en œuvre les moyens dont elle dispose pour satisfaire dans les
meilleurs délais la demande (approche performantielle).
26
- mettre en adéquation les moyens des groupements prévention avec leurs
missions :
o mettre à profit les remarques effectuées lors des inspections des SDIS lorsqu’il
est mis en évidence une absence de décision du conseil d’administration concernant les
moyens attribués aux groupements prévention (Article L1424-3 du CGCT) ;
27
3.1.5 Changer le comportement des préventionnistes vis-à-vis des demandes de
dérogations
Les articles R.122-11-4 (IGH) et R.123-13 (ERP) du CCH sont ceux qui
offrent certainement le plus de marge de manœuvre, aux acteurs de la
construction vis-à-vis du règlement de sécurité incendie. Lorsque les
architectes ou les maîtres d’ouvrage sont interrogés sur leur approche des
demandes de dérogation, la réponse est assez uniforme. Ils craignent un
avis défavorable et au-delà une remise en cause de leur projet avec des
délais non maitrisables aux conséquences économiques inacceptables.
La réponse au questionnaire complété par un panel de chef de
groupement prévention à l’occasion du colloque 2012 est significative du bien-fondé de leur
crainte. L’adage « dans le neuf, pas de dérogation » est en effet couramment répandu et se
perpétue d’une génération de préventionnistes à l’autre. Pourtant, à la question « Quelle est
de manière générale votre approche des demandes de dérogations ? », 80% des chefs de
groupement disent les encourager ou les traiter avec bienveillance, 20 % avouent les traiter
avec réticences voire à les décourager. Il semble que la forme des demandes de dérogations
soit prépondérante dans l’approche qui en est faite par les groupements prévention. Il
apparait clairement que la formation des architectes est une piste d’amélioration, les
entretiens avec l’équipe de maîtrise d’œuvre sont également à encourager si les moyens
humains le permettent.
Il nous parait également souhaitable d’aller encore plus loin dans la connaissance des
risques juridiques spécifiques auxquels sont soumis les rapporteurs. Une approche
factuelle, technique et pragmatique est pour cela nécessaire. L’objectif est d’identifier
dans ces cas précis quelles seront les approches du procureur et du juge. Nous proposons
donc :
28
- de confier à un juge stagiaire de l’école nationale de la magistrature un sujet de stage
comportant une étude de jurisprudence et de cas concrets (mise en cause d’une demande
de dérogation suite à un sinistre, mise en cause d’un avis technique suite à une visite
périodique ayant donné lieu à un avis favorable avec recommandations, avec prescriptions,
ou à un avis défavorable,…)
- de faire intervenir un ancien procureur ou substitut du procureur si possible devenu
directeur de cabinet du préfet dans la formation des préventionnistes (PRV3, PRV2,
colloque des chefs de groupements, formation modulaire droit et prévention).
Notons également que la participation aux expertises judiciaires dans le cadre de la RCCI
(évoquée plus haut), permettrait aux préventionnistes de mieux cerner l’ordre judiciaire et
réciproquement de porter à la connaissance des magistrats du parquet le rôle, la fonction
du préventionniste et les limites de ses responsabilités. Quelques officiers supérieurs de
sapeurs-pompiers se sont déjà engagés dans cette voie.
Toutefois, ces propositions sont destinées à renforcer des mesures existantes dont nous
encourageons le développement à savoir :
Les schémas directeurs de mise en sécurité existent sur l’ensemble du territoire et leur
principe est enseigné par l'école nationale (PRV3, FMA PRV2, etc…). Ces schémas sont
la pierre angulaire d'un dispositif visant à mettre progressivement en sécurité
un établissement dans des délais compatibles avec son exploitation. Ils
permettent à la commission de prendre connaissance de la priorisation des travaux
envisagés par l'exploitant éventuellement sous forme d'échéancier. Ils permettent
également à la commission de valider ce qui ne sera pas remis en conformité (pour des
raisons architecturales, techniques ou financières et les éventuelles compensations). Ils
font intervenir une analyse et une acceptation collégiale du risque résiduel.
29
Nous constatons paradoxalement que :
- les textes faisant allusion à cette procédure sont rares15 ;
- cette technique prend une place importante dans la formation destinée aux chefs de
groupement prévention.
- aborder lors des formations dispensées à l’ENSOSP (FMA PRV2, …) des cas concrets de
schémas directeur de mise en sécurité accordés par des commissions de sécurité ;
15
- annexe II de la circulaire NOR : IOCE 1129866C du 2 novembre 2011 relative à la mise en sécurité des petits
hôtels ; art R 123-48 du CCH (dernier alinéa), et circulaire du 23/07/2012 sur les résidences de tourisme
30
Après une première réflexion portant d’une manière générale sur l’évolution du mode de
fonctionnement des commissions, nous porterons notre attention sur de possibles
modifications de la règlementation susceptibles d’améliorer l’efficience des règles de
prévention incendie.
Conformément à la commande passée au travers de notre sujet, nous avons souhaité rester
sur des thèmes majeurs et agir sur quelques leviers aux impacts financiers importants à
savoir :
- l’intégration de l’ingénierie de la sécurité incendie au règlement de sécurité ;
- l’assouplissement de certaines règles théoriques de calculs d’effectifs dont l’application se
révèle en inadéquation avec les effectifs pratiques ;
- l’augmentation des surfaces exploitables en IGH ;
- l’intégration des normes au règlement de sécurité.
Au Canada, les règlements ne contiennent que des dispositions générales. Ils ne traitent
que rarement de problèmes spécifiques. Ces derniers sont résolus à l'aide d'une méthode
intégrée d'analyse de la sécurité incendie basée sur une atteinte des objectifs.
Le code national du bâtiment établit indirectement le degré de sécurité incendie requis en
spécifiant les dimensions des issues à partir desquelles sont calculés :
− le temps d'évacuation ;
− la résistance au feu des matériaux ;
− les techniques d'extinction des incendies ;
− et d'autres domaines comme la limitation de la charge calorifique.
Les concepteurs élaborent des solutions qui peuvent différer des exigences du code tout
en assurant un degré de sécurité semblable. Le temps dont disposent les occupants pour
évacuer le bâtiment sans danger est l’objectif de base.
Lorsque les solutions règlementaires n'offrent pas les réponses recherchées, ou qu'elles
proposent des réponses aux répercussions non souhaitables (comme l'esthétique, le coût
ou la fonction), on recommande une analyse de la sécurité incendie selon une méthode
intégrée pour résoudre le problème. Cette expression désigne un processus systématique.
La méthode décrite est basée sur l'arbre des concepts de sécurité incendie de la National
Fire Protection Association (NFPA).
Les acteurs du bâtiment utilisent souvent cette analyse pour évaluer des solutions de
rechange soumises à leur approbation mais également pour évaluer l'impact et la
rentabilité des modifications proposées au code du bâtiment.16
En France, le code de la construction et de l'habitation définit l'ensemble des principes
fondamentaux du règlement de sécurité. Ces principes restent essentiels car ils
définissent les grands objectifs. La refonte du règlement de sécurité est évoquée depuis
quelques années maintenant par la DGSCGC. Cependant, très concrètement, le processus
de mutation sera long et fastidieux tant par le travail qu'il exige que par la difficulté
d'obtenir un consensus de la part de tous les acteurs de la prévention incendie.
16
[Link]
31
Aussi, la décision prise par le ministère de l'intérieur d'intégrer dès le 22 mars 2004
l'ingénierie de la sécurité incendie au règlement de sécurité nous semble pertinente et un
axe à suivre notamment pour les établissements particuliers ou atypiques.
.
En effet, si la règlementation prescriptive répond aux besoins courants en fournissant un
canevas général offrant des solutions éprouvées correspondant à un niveau de sécurité
acceptable (selon les commentaires de l’article GN4), il trouve aujourd'hui ses limites dans
les projets architecturaux complexes ou spécifiques. On rencontre ces cas de figure dans
les immeubles anciens rénovés, mais aussi dans les projets de grande dimension ou
novateurs. Les techniques constructives sont modifiées par les progrès des matériaux et
les exigences de performance environnementale. La prévention incendie ne peut pas
être un obstacle aux évolutions architecturales et économiques. Elle doit
nécessairement les accompagner.
Dans ce cadre, le recours à l'ingénierie permet d'évaluer les comportements en fonction
de scénarii types en correspondance avec le mode d'exploitation souhaité. L’arrêté du 22
mars 2004 autorise le recours à l’ingénierie de la sécurité incendie pour le désenfumage
et la résistance au feu des produits, éléments de construction et d'ouvrages.
32
Selon le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, le recours à l’ingénierie du
désenfumage représente un coût de 800 à 1000 euros par jour d'étude sachant que
cette somme n'a jamais dépassé 45 000 euros. Ce montant est à rapprocher de
l’importance de certains projets et du coût global de certains équipements (prix
d'installation d'un SSI de catégorie A, environ 35 euros / m² ou d'un système sprinkler, 60
euros/m²).
La France compte sur son territoire environ 560 IGH dont près de 300 se concentrent sur
la capitale (174) et le département des Hauts-de-Seine (127). Rares sont ceux qui
dépassent 150 mètres. La tour First (225 mètres) et la tour Montparnasse (210 mètres)
sont les deux plus hauts IGH de France.
La seule ville de New York compte 5137 gratte-ciel d’une hauteur supérieure à 152
mètres, Hong Kong 6943, Singapour 3443. L’IGH le plus haut du monde, la tour Kalifa de
Dubaï, culmine à plus de 800 mètres. Aucun bâtiment d’Europe n’apparaît dans les 50
plus hautes constructions. Certes, la France compte deux projets d’envergure avec la
33
probable construction de la tour Phare (300 mètres) et des tours Hermitage (300 mètres)
sur La Défense.
Comment expliquer que l’un des quartiers d’affaires les plus importants d’Europe, La
Défense, ne compte pas plus de constructions lui permettant de rivaliser avec les autres
métropoles mondiales ?
La crise économique, le manque d’espace peuvent partiellement expliquer le phénomène.
Le code de la construction peut-il apporter une réponse à ce déficit d’immeubles de très
grande hauteur (ITGH) tels que définis dans l’arrêté du 30 décembre 2011 ?
Les normes n’ont pas de caractère obligatoire. Seules celles ayant trait à la sécurité et
explicitement citées par une Loi ou un règlement le sont. Le règlement de sécurité fait
référence aux normes d’une façon redondante. Or, ces normes font l’objet de
modifications en moyenne tous les 5 à 10 ans. Malgré les dispositions prévues par l’article
GN 10 du règlement de sécurité (non rétroactivité des textes), les évolutions
technologiques rapides ainsi que les abus signalés sur le terrain impactent très largement
les budgets des exploitants et provoquent ainsi des réactions de rejet vis-à-vis de la
prévention incendie. Ces abus concernent principalement les moyens de secours
(extincteurs, SSI,…) et systèmes de désenfumage. Ils relèvent davantage de politiques
commerciales trop agressives, que d’une mauvaise interprétation des textes normatifs.
Soulignons également que l’administration en charge des contrôles tout comme les
exploitants n’ont pas forcément les moyens d’investir dans l’achat des documents
34
normatifs. Prenons l’exemple des normes portant sur les systèmes de sécurité incendie.
Plus de 16 normes ont été décomptées par les rapporteurs. Le prix de ces documents
varie entre 43.8 euros et 78,15 euros lorsqu’elles sont acquises isolément.
Enfin, ces extensions règlementaires sont si larges qu’elles en deviennent incontrôlables.
35
CONCLUSION
La première partie de notre rapport met clairement en évidence l’efficacité des mesures
actuelles de prévention incendie françaises. La sinistralité est faible en habitation et encore
davantage en établissements recevant du public par comparaison notamment aux accidents
de la vie courante17. Néanmoins, le coût de ces incendies reste élevé pour la société.
De plus, d’un point de vue sociologique, les conséquences de ces catastrophes restent
majeures. Traduction d’un geste politique destiné à rassurer la population, les modifications
règlementaires en matière de lutte contre les risques d’incendie et de panique ont jusqu’ici
généralement succédées aux sinistres.
Cependant, la crise économique traversée nous incite à nous interroger sur les difficultés
croissantes de mise en œuvre des règlements sans prendre en compte l’évolution naturelle
et progressive du bâti.
Concernant l’évolution de la règlementation, nos propositions ont été mises au point dans un
souci de discernement et en prenant en compte les difficultés de la faire désormais évoluer.
Ces propositions clefs concernent l’intégration des nouvelles technologies, l’évolution de
certaines règles de calcul en ERP et de surfaces d’exploitation en IGH, et enfin une
intégration plus large des normes au règlement de sécurité.
Il nous est apparu prudent, dans le contexte économique actuel, de ne pas toucher aux
grands équilibres qui ont démontré leur efficacité.
Soulignons en effet que si la prévention incendie a un coût, elle est aussi un moteur
économique.
17
Les accidents de la vie courante sont la troisième cause de mortalité en France derrière les cancers et les maladies
cardiovasculaires avec18 500 morts dont 11 500 provoqués par les accidents domestiques selon l’Institut de Veille Sanitaire
(l’InVS [Link] ).
18
Face au risque l’hebdo, 3 septembre 2012
36
LEXIQUE
37
S.D.I.S. Service Départemental d'Incendie et de Secours
S.D.M.S. Schéma Directeur de Mise en Sécurité
S.S.I. Système Sécurité Incendie
S.S.I.A.P Service de Sécurité Incendie et d'Assistance à Personnes
SYNHORCAT Syndicat National des Hôteliers Restaurateurs Cafetiers et Traiteurs
T.P.O. Très Petit Hôtel
38
ANNEXES
39
ANNEXE 1
ANNEE 2009
40
ANNEE 2008
ANNEE 2007
41
ANNEXE 2
(Source : UNIBAIL-RODAMCO)
Humain
Mandataire de sécurité 15 600,00 €
Responsable sécurité 69 305,00 €
Equipe PCS 1 SSIAP2 2 SSIAP1 621 098,00 €
Equipement de sécurité
Groupe électrogène 6 512,00 €
Détection incendie 23 904,00 €
Protection incendie 8 349,00 €
Ascenseurs
1MC prioritaire 11 762,00 €
1asc par batterie prioritaire 30 693,00 €
42
ANNEXE 3 : QUESTIONNAIRES
Contexte :
Ce questionnaire est réalisé dans le cadre de la rédaction d’un mémoire PRV3 visant à mener
une réflexion sur les aspects socio-économiques de la prévention incendie en ERP et IGH. Il
comprend 10 questions. Le questionnaire est destiné à relever un avis personnel.
Votre fonction :
Numéro de téléphone portable (vous pourrez être contacté le cas échéant pour expliciter
un point de vue) :
Question1 :
Les membres de vos équipes prennent-ils en compte les aspects socio-économiques dans
l’exercice de leurs missions ?
OUI □
Dans quel type d’établissement et de quelle(s) manière(s) ?
NON □
Pourquoi ?
Question 2 :
Pensez-vous que la réglementation incendie pourraient être revue pour permettre de diminuer
les coûts sans remettre en cause le niveau de sécurité du public ?
OUI □
Dans quels types d’établissement et comment ?
NON □
43
Question 3 :
Pensez-vous que la formation au sein de l’ENSOSP aborde suffisamment cette
problématique ?
OUI □
NON □
Quelle(s) amélioration(s) proposeriez-vous ?
Question 4 :
Quelle est d’une manière générale votre approche des demandes de dérogation :
Vous les encouragez □,
Vous les traitez avec bienveillance □,
Vous les traitez avec une certaine réticence □,
Vous les découragez □,
Pourquoi :
Question 5 :
Pour vous, que faudrait-il changer pour modifier les comportements vis-à-vis de ces
demandes de dérogation ?
Question 6 :
OUI □
NON □
Question 7 :
Pensez-vous qu’une refonte des vérifications périodiques des installations techniques sur la
base du principe : moins de contrôle / contrôle plus précis / remédiation mesurée serait-elle
souhaitable ? :
OUI □
Si oui, vous pouvez décliner ici un exemple de mesure :
NON □
44
Question 8 :
Pour vous, la plus part du temps, la forme des rapports d’organismes agréés concernant les
installations techniques (RVRE ou RVRMD) permet-elle une analyse affinée des risques ?
OUI □
NON □
Question 9 :
Pour vous, la forme des rapports d’organismes agréés concernant les installations techniques
(RVRE ou RVRMD) permet-elle de différencier clairement les travaux à réaliser dans le cadre
de la mise en sécurité de ceux de nécessaire à la mise en conformité des installations ?
OUI □
NON □
Question 10 :
Pour vous, la forme des rapports d’organismes agréés concernant les installations techniques
(RVRE ou RVRMD) permet-elle de différencier clairement les travaux à réaliser dans le cadre
de la mise en sécurité de ceux de nécessaire à la mise en conformité des installations ?
OUI □
NON □
Question 11 :
Pensez-vous qu’il soit souhaitable que la commission prenne en compte les conditions
économiques de réalisation d’un projet (dans le cadre des mises en sécurité par exemple) ?
OUI □
De quelle(s) manière(s) ?
NON □
Pourquoi ?
Question 11 :
Quelles seraient vos autres propositions pour améliorer l’efficience de la prévention incendie
dans l’exercice de vos missions en ERP et IGH ? :
Contact : [Link]@[Link]
[Link]@[Link]
45
ANNEXE 4 : SYNTHESE DES RESULTATS DES QUESTIONNAIRES
40 QUESTIONNAIRES
Question n° 1
55% prennent en compte les aspects socio-économique dans l'exercice de leurs missions :
– pour tous les établissements dans des demandes de dérogations et de mise en sécurité;
– en ayant un rôle de conseiller et non de prescripteur (voir R123-55 du CCH --> notion de
danger grave pour la sécurité du public);
45% ne prennent pas en compte les aspects socio-économique dans l'exercice de leurs
missions :
– le recours à l'analyse des risques reste limité notamment dans les départements qui ont une
organisation déconcentrée ;
46
– « la prévention c'est du bon sens »;
Question n° 2
Pensez-vous que la réglementation incendie pourrait être revue pour permettre de diminuer les
coûts sans remettre en cause le niveau de sécurité du public ?
75 % y sont favorables, notamment dans les PO, dans les établissements existants, dans le
type M (règle de calcul à modifier) et dans le type R (présence de personnel important).
Propositions :
– arrêter le cumul Normes AFNOR / règle APSAD / rglt de sécurité --> simplifier le
règlement ;
– ramener l'écart entre les mesures constructives (impliquant le MO lors de la VO) et les
consignes d'exploitation (sous la responsabilité de l'exploitation lors des VP);
47
– « prescrire du constructif évite l'entretien par la suite »;
– reconsidérer le CLICDVECRM;
Question n° 3
Améliorations proposées :
– modifier les orientations de la prévention (insister davantage sur l'esprit, les objectifs et les
dérogations);
– augmenter les cas concrets sur les dérogations et mise en sécurité lors des formations
48
(travailler davantage sur la réflexion et non sur l'information);
– bien comprendre le R 123-13 de manière à l'intégrer plus souvent dans nos réflexions;
– décentraliser cette formation sur les régions voire les départements (hétérogénéité des
politiques départementales);
Question n° 4
5% les encouragent
5% les traitent avec une certaine réticence (par manque de temps)
15% les découragent (dans le neuf --> peur de l'effet domino)
75% les traitent avec bienveillance
Ceci est d'autant plus vrai dans les bâtiments existants où les contraintes techniques ou
architecturales peuvent bloquer certains projets.
Ainsi, l'analyse de risques devient élément incontournable pour accepter les différentes
dérogations proposées par le MO.
Nous devons faire preuve de compréhension et se rappeler que le but premier est
l'évacuation du public. On se doit de prendre en compte la vie de l'établissement.
49
La réglementation ne doit pas être un frein mais au contraire il doit aider à faciliter les
projets au nom du bon sens.
Le développement économique des collectivités notamment mérite que l'on soit plus
attentif et plus ouvert aux propositions des MO en jouant pleinement notre rôle de conseiller.
Question n° 5
Pour vous, que faudrait-il changer pour modifier les comportements vis à vis de ces demandes
de dérogations ?
– réaliser une meilleure formation pour les architectes, les maîtres d'ouvrages et les BE
(sensibilisation);
– tenir à jour une banque de données (registre des dérogations) permettant de tracer la
doctrine départementale ;
50
Question n° 6
NON : 62,5 %
– les exploitants subissent les contrôles sans les piloter ni les optimiser;
– alternance OA / TC;
– pas de plus-value;
– réaliser une étude de danger pour les installations (vétusté, risque d'éclosion d'incendie,
risque pour les travailleurs, et le public ?);
Question n° 7
NON : 25 % - turn over trop important des exploitants ne permet pas d'alléger la
périodicité
OUI : 75 %
51
– faire apparaître la notion de péril ou danger;
– réaliser une fiche de contrôle type avec niveau de risques permettant de tirer des
conclusions;
– supprimer l'obligation d'un OA pour les installations électriques dans le code du travail
(travail par sondage peu crédible);
– COFRAC inadaptée;
– limiter le nombre d'intervenants chez les OAR (SSI / ASC, par exemple ).
Question n° 8
La forme des rapports d'OA concernant les installations techniques (RVRE ou RVRMD)
permet-elle une analyse affinée des risques ?
OUI : 25 %
NON : 75 %
– le CT doit se «mouiller»;
– les rapports RVRE ou RVRMD doivent faire apparaître la notion de risque acceptable ou
non.
Ils permettent à chacun de prendre une décision objective et non subjective basée sur l'analyse
des risques.
52
Question n° 9
Pour vous la forme des rapports d'OA concernant les installations techniques (RVRE ou
RVRMD) permet-elle de différencier clairement les travaux à réaliser dans le cadre de la mise
en sécurité de ceux nécessaires à la mise en conformité des installations ?
OUI : 12,5 %
NON : 87,5 %
Question n° 11
Pensez-vous qu'il soit souhaitable que la commission prenne en compte les conditions
économiques de réalisation d'un projet (dans le cadre des mises en sécurité par exemple ?
--> demander plus à une collectivité en terme de sécurité incendie peut permettre de protéger
un patrimoine qu'elle ne pourra s'offrir dans le contexte économique actuel (asservissement
SSI / DF protège la structure en évitant l'effondrement).
53
--> l'amélioration du niveau de sécurité d'un bâtiment doit permettre à l'exploitant de s'y
retoruver financièrement lors de la vente du produit (instaurer des étoiles pour le niveau de
sécurité des établissements).
Question n° 12
Quelles seraient vos autres propositions pour améliorer l'efficience de la prévention incendie
dans l'exercice de vos missions en ERP et IGH ?
– demander l'avis de la SCDSI pour le choix de la nomination des RUS (Hyper / galerie
marchande);
– clarifier la question des études des 5ème catégorie (commission ou non ?);
– entretenir la motivation des PRV 2 par une meilleur gestion des emplois et
compétences;
– limiter le nombre de visites périodiques à deux par le même préventionniste dans un ERP;
54
– avoir recours d'avantage à l' EAE ou à brouillard d'eau ;
– former les membres des CS, ainsi que les acteurs sur les grands principes de la
sécurité incendie;
– travailler dans la sérénité (augmenter les effectifs pour permettre d'effectuer un travail
55
cohérent et de qualité au service du public;
– prendre en compte la géographie d'un département (ruralité, neige, délai des secours,...);
– réaliser des formations dans les écoles et les collèges (culture sécurité incendie), voire
à l'école primaire (CEPR dans les années 1995-2000)
--> sensibilisation dès le plus jeune âge
--> changer les mentalités des personnes et leur approche vis à vis de la sécurité incendie;
--> éducation du public (publicité) et des exploitants;
56
ANNEXE 5
57
58
59
ANNEXE 6
60