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Zola

Émile Zola, à travers sa déclaration sur la nécessité de forger des fictions utiles, souligne l'urgence pour les écrivains d'intervenir dans les crises sociales et morales de l'humanité. Bien que certains auteurs, comme Flaubert, revendiquent une littérature désengagée, il est difficile de concevoir une œuvre littéraire totalement détachée de son contexte social, car même les écrivains non militants laissent transparaître des valeurs et des préoccupations. Ainsi, l'engagement, qu'il soit explicite ou implicite, semble inhérent à la création littéraire.

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Émile Zola, à travers sa déclaration sur la nécessité de forger des fictions utiles, souligne l'urgence pour les écrivains d'intervenir dans les crises sociales et morales de l'humanité. Bien que certains auteurs, comme Flaubert, revendiquent une littérature désengagée, il est difficile de concevoir une œuvre littéraire totalement détachée de son contexte social, car même les écrivains non militants laissent transparaître des valeurs et des préoccupations. Ainsi, l'engagement, qu'il soit explicite ou implicite, semble inhérent à la création littéraire.

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Sujet : Emile Zola écrit : « j'aurais voulu aplatir le monde, d'un coup de ma plume, en

forgeant des fictions utiles ». Croyez-vous que ce projet de départ de l'auteur de Germinal
(1885) soit une urgence pour l'humanité décadente ? Est-ce que cette ambition est celle de
tout écrivain ? Pourquoi, avec un peu de retenue, de hauteur d'esprit, ose-t-on penser que
les écrivains ne se distinguent pas vraiment, les uns des autres, par rapport à l'engagement
?

Depuis toujours, les sociétés humaines traversent des périodes de crise morale, sociale ou
politique, où les repères vacillent et où l’injustice semble triompher. Face à ces dérèglements
du monde, les artistes et les écrivains ont souvent été appelés, ou se sont eux-mêmes sentis
investis, du rôle de témoins et de guides. On constate en effet que de nombreux auteurs ont mis
leur plume au service de causes humaines, sociales ou politiques, cherchant à éveiller les
consciences et à dénoncer les abus. C’est dans cet esprit qu’Émile Zola déclare : « J’aurais voulu
aplatir le monde, d’un coup de ma plume, en forgeant des fictions utiles. » À travers cette
ambition, l’auteur de Germinal affirme sa volonté de transformer la société par la littérature, en
faisant de la fiction un outil au service de la justice et du progrès. Dès lors, on peut se demander
si ce projet de départ formulé par Zola est une urgence pour une humanité qu’il juge décadente,
et si cette ambition est celle de tout écrivain. Peut-on aussi, avec un peu de recul et de hauteur
d’esprit, penser que les écrivains, quels que soient leurs genres ou leurs époques, ne se
distinguent pas vraiment les uns des autres lorsqu’il s’agit de prendre position ou de se détacher
de l’engagement ? Pour répondre à cette question, nous verrons d’abord que certains écrivains
estiment nécessaire d’intervenir dans les affaires humaines à travers leurs œuvres, avant de
montrer que d’autres revendiquent une littérature libre et désengagée, puis enfin, qu’il subsiste
malgré tout, chez tous les écrivains, une forme d’engagement implicite ou indirect.
Oui, l’ambition de forger des fictions utiles est une urgence pour une humanité en crise.

Depuis l’Antiquité, la littérature a été perçue comme un moyen de questionner l’ordre social,
d’instruire et d’alerter. Dans une époque de décadence, où l’humanité semble s’égarer dans des
travers moraux, politiques ou économiques, l’écrivain peut apparaître comme un guide
nécessaire. Zola lui-même, dans Germinal (1885), dépeint la misère ouvrière et dénonce
l’exploitation du prolétariat dans les mines du Nord de la France. Son roman devient alors un
manifeste social et politique ; il veut, par la fiction, susciter l’indignation et provoquer des
réformes.

De la même manière, Victor Hugo, dans Les Misérables (1862), ne se contente pas de raconter
l’histoire de Jean Valjean ; il s’attaque aux injustices sociales, à la misère des plus pauvres et à
la répression brutale. Son œuvre engage la conscience de ses lecteurs et interpelle directement
l’État et la société. Ces écrivains ont en commun de croire que la littérature peut améliorer le
monde et qu’il y a urgence à agir lorsque l’humanité perd ses repères.

Dans le contexte du XXᵉ siècle, Albert Camus, avec L’Étranger (1942) ou La Peste (1947),
s’inscrit dans cette même tradition. Il réfléchit à l’absurde de la condition humaine et à la
nécessité de se révolter contre l’injustice et la barbarie. Son œuvre porte un message existentiel
et politique, qui reste encore aujourd’hui d’une brûlante actualité. Ainsi, on peut soutenir qu’en
période de crise morale ou sociale, l’ambition de Zola n’est pas seulement légitime mais
nécessaire.

Ainsi, on peut constater qu’un certain nombre d’écrivains, à l’image d’Émile Zola, considèrent
comme une urgence de mettre la littérature au service des grandes causes humaines. Par la force
de la fiction, ils entendent éveiller les consciences, dénoncer les injustices et parfois même
provoquer des changements dans la société. Qu’il s’agisse de Victor Hugo, d’Albert Camus ou
d’Aimé Césaire, tous ont en commun de croire que la plume peut et doit participer à
l’amélioration du monde, surtout lorsque celui-ci semble sombrer dans la décadence.
Cependant, cette posture d’écrivain engagé n’est pas universelle. D’autres auteurs, à travers
l’histoire littéraire, ont revendiqué le droit de se tenir à l’écart des préoccupations sociales et
politiques, au nom de l’autonomie de l’art et de la beauté pure. Il convient donc maintenant
d’examiner ces conceptions divergentes et de s’interroger sur la légitimité et la valeur de cette
littérature détachée de tout engagement.
Cependant, cette ambition n’est pas nécessairement celle de tout écrivain.

Si certains auteurs embrassent un engagement explicite, d’autres revendiquent le droit à une


littérature libre, détachée des obligations sociales ou politiques. Pour eux, l’art doit se suffire à
lui-même, sans prétendre transformer le monde. Gustave Flaubert, par exemple, rejetait l’idée
d’un art militant. Dans ses Correspondances, il écrivait : « L’artiste doit être dans son œuvre
comme Dieu dans la création : présent partout, visible nulle part. » Dans Madame Bovary
(1857), il n’écrit pas pour dénoncer, mais pour peindre la condition humaine, avec un souci
esthétique et un refus de l’utilitarisme.

De même, des poètes comme Stéphane Mallarmé ou Paul Valéry ont défendu une conception
désengagée de l’art, privilégiant le langage et la beauté formelle plutôt que le message politique
ou moral. Mallarmé considérait que la poésie devait avant tout créer des sensations, de la
musicalité, et non intervenir dans les affaires sociales.

Ainsi, la diversité des postures littéraires prouve que tous les écrivains ne poursuivent pas
nécessairement l’ambition de Zola. La littérature peut aussi être un refuge esthétique, un lieu
de méditation sur l’existence, sans fonction morale ou politique immédiate.

Bref, certains écrivains ont préféré s’éloigner de tout engagement direct, revendiquant une
littérature autonome et purement esthétique. Pourtant, cette posture n’efface pas totalement la
portée humaine ou sociale de leurs œuvres. Il reste alors à se demander si, au-delà des
différences affichées, tous les écrivains ne laissent pas transparaître, d’une manière ou d’une
autre, une forme d’engagement implicite dans leur écriture.

Pourtant, avec du recul, on peut penser que les écrivains partagent tous, à leur manière, une
forme d’engagement.

Même ceux qui prétendent se tenir à l’écart de l’histoire ou de la société laissent transparaître,
à travers leurs œuvres, une vision du monde, des valeurs ou des inquiétudes. Flaubert, en
peignant l’ennui provincial et l’hypocrisie sociale dans Madame Bovary, dresse un tableau
critique de son époque. Il n’est peut-être pas militant au sens de Zola, mais il propose malgré
lui un regard lucide et parfois corrosif sur la société bourgeoise du XIXᵉ siècle.

Le surréalisme, en apparence tourné vers l’exploration du rêve et de l’inconscient, n’échappe


pas non plus à l’engagement. André Breton, dans Le Manifeste du surréalisme (1924), défend
l’idée que la poésie et l’art doivent libérer l’homme des contraintes sociales et morales. Sous
des formes variées, cette posture participe aussi d’une contestation de l’ordre établi.

Plus récemment, des auteurs comme Annie Ernaux, dans Les Années (2008), mêlent mémoire
personnelle et histoire collective, donnant à voir les mutations de la société française à travers
le prisme de l’intime. Sans discours militant direct, elle s’inscrit dans une tradition d’écriture
du réel et de témoignage, qui éclaire les transformations sociales et culturelles.

Ainsi, qu’il soit explicite ou discret, direct ou implicite, l’engagement semble difficile à exclure
totalement de la création littéraire. Les écrivains, par leur regard sur le monde et leur choix de
sujets, participent presque toujours à un dialogue avec leur époque.

En somme, l’ambition d’Émile Zola de « forger des fictions utiles » a bien marqué la tradition
des écrivains engagés, soucieux d’intervenir dans les affaires humaines par la puissance de la
littérature. Si certains auteurs ont refusé cet engagement explicite au nom de la liberté artistique,
il semble cependant difficile de concevoir une œuvre totalement détachée du monde qui
l’entoure. Qu’elle soit militante ou apparemment neutre, toute création littéraire reflète,
volontairement ou non, une vision de l’homme et de la société. Dès lors, face aux crises
contemporaines et aux nouveaux défis du XXIᵉ siècle, peut-on imaginer une littérature qui
resterait durablement indifférente aux réalités humaines et sociales de son temps ?

Mamadou Ba

Tel :77-792-98-15

L’excellence dans toutes ses formes !!!

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