CM Intro Sociologie - T. Adet - L1 AES - Déc2024
CM Intro Sociologie - T. Adet - L1 AES - Déc2024
sociologie
Mr Adet
L1 AES Université d’Evry
Qu'est-ce que la sociologie ?
→ Grands désaccords définitionnels :
Science pure, comme les autres sciences (de la nature notamment). POSITIVISME.
Science de l’esprit et de l’interprétation (science « molle »).
Instrument de critique politique et sociale (idée de libération, etc). BOURDIEU.
Observer puis décrire dans la mesure du possible les phénomènes sociaux. De manière
rigoureuse et méthodique. Il existe deux méthodes d'observation. Méthode quantitative :
questionnaires, mesures statistiques. Méthode qualitative : observation, entretiens.
L'enjeu de l'observation sociologique est de restituer de manière factuelle la réalité sociale
(telle quelle).
B ) ACTIVITÉ INTERPRÉTATIVE.
La recherche sociologique doit s’attacher à établir des relations de causalité entre les
phénomènes sociaux et donc entre les objet théoriques auxquels elle donne lieu.
La passation du questionnaire
3. La méthode qualitative
L’observation
L’entretien
L’entretien non directif
L’entretien directif
L’entretien semi-directif
L’entretien biographique
L’entretien comprehensif
B) – LA QUERELLE DU DÉTERMINISME :
L'OPPOSITION « HOLISME /
INDIVIDUALISME ».
Il s'agit de deux différentes conceptions de la nature des phénomènes sociaux, et de
deux différentes démarches pour les expliquer. Les phénomènes sociaux doivent-ils
être considérés indépendamment ou non de l'individu ?
Pour le holisme, les phénomènes individuels sont déterminés par les phénomènes
sociaux, tandis que pour l'individualisme, les phénomènes sociaux sont le résultat
d'une agrégation de phénomènes individuels.
Historiquement, la conception holiste de la société est la plus ancienne. Platon et
Aristote considèrent que la Cité, la collectivité sont supérieures à l'individu et doivent
lui prévaloir. Plus tard, dans la théologie chrétienne de Saint-Augustin et de Saint-
Thomas-D'Aquin, l'Église est supérieure à l'individu. Mais Auguste Comte et Saint-
Simon sont les véritables penseurs des premières formes de holisme sociologique.
Pour Durkheim qui prend leur suite, la société, les institutions sociales sont
supérieures aux individus. Les institutions macro-sociales portent une conscience
collective, qu'on peut assimiler à une volonté (la société pense / veut / désire).
Le holisme de Durkheim est un holisme qui prend en compte l'individu, si la contrainte
n'est qu'extérieure elle est inefficace. C'est le rôle de la socialisation par l'école, le système
éducatif : l'intériorisation de l'extériorité.
Qu'est-ce que le holisme ?
Après la domination des paradigmes holistes tout au long du XIXe et XXe siècle
jusqu'aujourd'hui, on observe une nouvelle vigueur de l'individualisme, qui dispose de bases
théoriques plus solides. Ce renouveau fut illustré par le livre d’Alain Touraine, Le retour de
l'acteur (1984).
𝑀 = 𝑓 𝑚[𝑆(𝑀′)]
Tout phénomène social M est une fonction d'agrégation des acteurs individuels m qui
dépendent elles-même de la structure de la situation S dans laquelle se trouve les acteurs.
Cette situation étant elle-même affectée par les données macro-sociales M'.
L'individualisme est un paradigme explicatif dont la démarche est de :
– Retrouver les raisons des conduites des acteurs, le sens de l'action, c'est-à-dire
comprendre pourquoi les acteurs ont agi de cette manière.
– Comprendre les processus d'agrégation (ou de composition), qui sont, dans la plupart
des cas, infiniment complexes. Même si dans certains cas ils ne relèvent que de la
simple addition de conduites individuelles (exemple : embouteillages).
Conclusion Holisme/individualisme
En conclusion, une phrase de Marx dans L'idéologie Allemande « Les individus font
leur histoire mais ils la font dans des conditions qu'ils n'ont pas choisies et ils ne savent
pas l'histoire qu'ils font ».
C) La querelle du positivisme : l'opposition
explication / compréhension.
Compréhension : Quels sont les motivations des acteurs qui dictent leurs conduites et
les poussent à agir d’une certaine façon, basé sur l’interprétation subjective des
acteurs. Comprendre signifie ici mettre en rapport les intentions et les motifs de
l'acteur avec les moyens qu'il met en œuvre pour accéder à son but.
Ces influences déterminent donc des points communs et des différences entre des
individus qui ont reçu d’une part une éducation semblable et pour une autre une
éducation différente. Chaque individus participe donc d’une conscience collective, à un
degré plus ou moins fort, tout en gardant une part d’activité mentale personnelle.
La question au centre de la sociologie de Durkheim concerne la transformation du lien
social dans les sociétés modernes « comment se fait il que, tout en devenant plus
autonome, l’individu dépende plus étroitement de la société ? Comment peut il être à la
fois plus personnel et solidaire ? »
2.Division du travail social et lien social
Dans « De la division du travail social » (1893), Durkheim explique qu’au fur et à mesure
qu’augmente la densité matérielle et morale des sociétés (urbanisation), celles-ci
connaissent un approfondissement de la division du travail. Les tâches qui composent la
vie sociale se subdivisent et les individus appelés à les remplir se spécialisent.
Il écarte deux conceptions : Le lien social n’est pas fondamentalement politique le lien
social n’est pas utilitariste.
Une fois écartés ces deux points de vue, Durkheim avance une idée centrale selon laquelle
le lien social est avant tout un lien moral. Selon lui, la morale désigne « les règles qui
président aux relations des hommes formant une société »
Ainsi doté d’une signification morale, le fait économique devient un fait social puisqu’il a
les caractéristiques essentielles par lesquelles Durkheim définit le sociale dans les règles
de la méthode sociologique ; Il est extérieur à l’individu en ne dépendant pas de sa
volonté et en n’étant pas réductible à une psychologie, et il est contraignant c’est-à-dire
qu’il s’impose aux individus.
Les trois formes anormales de la division du travail:
-La bureaucratie
-L’inégalité des chances
-L’anomie
3.Les deux formes de solidarité
Emile Durkheim distingue d’une part, la solidarité mécanique (SM) qui est le lien qui unit
une société composée d’individus semblables. Dans ce type de société, la cohésion sociale
est assurée par la similitude, la ressemblance entre les individus qui partagent, malgré
leurs caractéristiques sociales (statut social), des croyances et des valeurs communes ;
d’avec, d’autre part la solidarité organique (SO) qui correspond au lien qui unit une société
composée de personnes dissemblables mais complémentaires. Le lien social procède alors
de la nécessaire coopération entre les individus, des échanges qu’ils entretiennent, et non
plus de ce qu’ils ont en commun.
3. Etude de cas et analyse du suicide
Constat empirique : Le taux de suicide est régulier et diffère d’une société à
l’autre
Deux critères :
-Le manque d’intégration(un individu est intégré lorsqu’il entretient de
nombreux liens sociaux).
-Le manque de régulation(un individu est régulé lorsqu’il se comporte de façon
conforme aux normes sociales en vigueur dans la société)
Pour conclure Le suicide n'est pas seulement un drame individuel. Il est aussi un
indicateur, le miroir (en même temps que le fruit) des changements de notre société.
1. Présentation de l’auteur
2. L’égalité des conditions, le développement
d’une vaste classe moyenne
3. L’individualisme démocratique et ses
dangers
1- Présentation de l’auteur
Alexis Henri Charles de Clérel, vicomte de Tocqueville, est né le 29 juin 1805 à Verneuil-
sur-Seine (Île-de-France). Il est issu d'une famille noble de Normandie. Penseur libéral,
il s’intéresse principalement à la démocratie et aux phénomènes d’égalisation.
L’individualisme démocratique
« L’aristocratie avait fait de tous les citoyens une longue chaine qui remontait du
paysan au roi : ; la démocratie brise la chaine et met chaque anneau à part » Ibid
Une nouvelle morale utilitariste
« Ce qui n’était qu’une remarque isolée devient une doctrine générale, et l’on croit
enfin apercevoir que l’homme en servant ses semblables se sert lui-même, et que
son intérêt particulier est de bien faire » Ibid
La passion du bien être
«La passion du bien être matériel est essentiellement une passion de classe
moyenne; elle grandit et s’étend avec cette classe » Ibid
La tyrannie de la majorité
La notion de "tyrannie de la majorité" chez Alexis de Tocqueville fait référence à un
concept politique selon lequel, dans une démocratie, la majorité peut potentiellement
abuser de son pouvoir en imposant sa volonté aux individus et aux minorités, au
détriment de leurs droits et libertés.
La crainte d’un nouveau despotisme
« Apres avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu et l’avoir
pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière[…]il ne brise pas les
volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige, il force rarement d’agir, mais il s’oppose
sans cesse à ce qu’on agisse, il ne détruit point, il empêche de naitre, il ne tyrannise point,
il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être
plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le
berger » Ibid
Un remède : l’association
« Parmis les lois qui régissent les sociétés humaines, il y en a une qui semble plus précise
et plus claire que toutes les autres. Pour que les hommes restent civilisés ou le
deviennent, il faut que parmi eux l’art de s’associer se développe et se perfectionne
dans le même rapport que l’égalité des conditions s’accroit » Ibid
Conclusion
D'un côté, il a noté que l'égalité pouvait favoriser la liberté individuelle, l'initiative et
l'engagement civique. Il a vu la démocratie comme une force émancipatrice qui permettait
aux individus d'échapper aux hiérarchies rigides et de participer activement à la vie politique.
D'un autre côté, Tocqueville a également averti des dangers potentiels liés à l'égalité. Il
craignait notamment la tyrannie de la majorité, c'est-à-dire la possibilité que la volonté de la
majorité puisse écraser les droits et les libertés des individus et des minorités. Il a également
souligné que l'égalité pourrait conduire à une certaine forme d'individualisme, où les
individus se replient sur eux-mêmes et se désintéressent des affaires publiques.
C) Weber. Une société désenchantée.
1. Présentation de l’auteur
3. Religion et économie
4. Le désenchantement du monde
5. La bureaucratisation de la politique
C) Weber. Une société désenchantée.
1. Présentation de l’auteur :
Sociologue allemand(1864 - 1920)
Max Weber est considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie moderne. Il a apporté des
contributions majeures à la compréhension des structures sociales, de l'autorité et du pouvoir.
Il a abordé les relations entre l'économie, la religion et la culture dans son ouvrage "L'éthique
protestante et l'esprit du capitalisme", explorant comment les valeurs religieuses influent sur le
développement économique.
Il a réfléchi sur la nature du pouvoir, de l'autorité et de la légitimité dans les sociétés modernes.
Principaux ouvrages : « L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme » (1905)
« Le savant et le politique » (1919)
« Économie et société » (1922)
Principaux concepts : Neutralité axiologique, idéaux-types, désenchantement du monde, L’esprit du
capitalisme, la bureaucratisation, Monopole de la violence légitime
"L'homme est, en un sens, le créateur de toutes choses et, en un autre sens, leur esclave."
La disparité de cette œuvre n'est cependant qu'apparente. Un intérêt unique domine la
totalité de ces re- cherches, qui peut se résumer en deux questions solidaires: 1. En quoi
consiste la spécificité de la civilisation occidentale moderne ? 2. Quelles sont les causes qui
ont été historiquement déterminantes dans le processus de formation de cette civilisation ?
2. Une sociologie comparative et empirique
Max Weber entreprend de répondre à ses deux questions directrices par une démarche
comparatiste.
L’individualisme méthodologique
3.Religion et économie
On trouve chez Weber une critique sévère de la doctrine marxiste, à la- quelle il reproche
d'avoir arbitrairement posé que toute transformation sociale, politique ou idéologique
s'expliquait en dernière analyse par des causes économiques.
Max Weber tente d'expliquer les raisons pour lesquelles l'entreprise capitaliste s'est
développée tout d'abord dans les milieux de confession protestante, particulièrement chez
les calvinistes et dans les sectes puritaines
Deux thèses fondamentales de L'Éthique protestante:
1. dans toutes les sociétés historiques connues jusqu'à l'époque moderne, l'éthique
religieuse contribua de manière décisive à la détermination des conduites sociales,
et particulièrement des conduites économiques;
2. seule l'éthique protestante a permis la formation de l'entrepreneur capitaliste,
toutes les autres formes d'éthique religieuse ayant, au contraire, fait obstacle au
développe- ment des structures de l'économie moderne.
La comparaison des éthiques économiques des grandes religions du monde est aussi l'occasion
pour Weber d'élaborer une typologie des « rapports au monde » permettant d'expliquer les
effets des mentalités religieuses sur les conduites de vie quotidiennes.
4. Le désenchantement du monde
Pour Weber la société occidental est l’œuvre d’un long processus de rationalisation,
mais qui n’est qu’un type, il laisse place à d'autres modes possibles de rationalisation
sociale.
Les 4 types de rationalité selon Weber : 1) Rationnelle par rapport à un but 2)
Rationnelle par rapport à une valeur 3) Rationnelle affective/émotionnelle 4)
Traditionnelle
La rationalisation des conduites sociales s'accompagne du développement des
sciences et d'une représentation scientifique du monde. Or cette dernière, qui
s'impose au détriment des mythes et des croyances religieuses, ne peut toutefois
assumer toutes les fonctions symboliques des religions.
- dans une perspective à très long terme (l'histoire au long cours), on passe du mode de
production asiatique aux modes de production antique, féodal et, pour finir, bourgeois
moderne;
- le mode de production capitaliste sera lui-même l'objet d'un dépassement par lequel, pour la
première fois, l'antagonisme entre les agents productifs sera aboli (cette remarque finale
souligne la dimension prophétique de la pensée marxienne).
III) Fondements socio-économiques de la
division en classes
2. Elles n'accèdent à leur pleine dimension que dans la mesure où elles forment une
communauté et où elles s'autoorganisent politiquement.
Classe pour soi : Prise de conscience des intérêts antagonistes des classes
sociales
V) Structures de classe et conflits politiques
La configuration sociale est dès lors fort éloignée de la figure bipolaire. On a affaire à
une pluralité de classes et de fractions de classes:
Les luttes politiques, loin de dériver simplement de l'opposition des intérêts en
présence, se déroulent, sauf exceptions, dans la confusion et le travestissement.
Aucune classe ou fraction de classe ne peut prétendre agir pour son propre compte
l'État instrument de la classe dominante - et donc de la bourgeoisie dans une société
capitaliste
Mais les personnels dirigeants de la machine étatique peuvent se constituer en groupe
social défendant ses objectifs particuliers.
Conclusion
Le pouvoir est le résultat d'une capacité légale à exercer une compétence, à prendre
une décision exécutoire. Dans ce cadre, on s'intéresse aux fonctions du pouvoir
(pouvoir législatif, pouvoir exécutif, pouvoir judiciaire) et aux organes détenteurs du
pouvoir (parlement, gouvernement, tribunaux).
G. Balandier: << pas de société sans pouvoir politique, pas de pouvoir sans hiérarchies, et
sans rapports inégaux instaurés entre les individus et les groupes sociaux ».
I) Pourquoi un pouvoir politique ?
-La domination, « signifie la chance de trouver des personnes déterminables prêtes à obéir
à un ordre de contenu déterminé ». « Toutes les dominations cherchent à éveiller et à
entretenir la croyance en leur légitimité ». Donc, «< tout rapport de domination comporte
un minimum de volonté d'obéir, par conséquent un intérêt [...] à obéir ».
On peut ainsi s’interroger sur les raisons pour lesquels les groupes dominés se
soumettent aux groupes dominants.
II) Qu’est-ce que le contrôle social ?
Les normes sociales sont des conduites spécifiques à un groupe ou a une société elles
sont intériorisées par les individus et régissent les conduites individuelles elles sont des
modèles de conduite spécifiques à un groupe ou à une collectivité
II) Qu’est-ce que le contrôle social ?
Les normes et les valeurs sont intériorisées par l'individu au cours du processus de
socialisation de manière délibérée ou inconsciente. Par exemple, les manières de tables
sont variables selon les milieux sociaux…
Selon E. Durkheim, les sanctions s'appliquent sitôt que les pratiques sociales ne sont
plus en adéquation avec les normes et les valeurs en vigueur. Le contrôle social prend
alors la forme d'une contrainte externe.
Il existe aussi un contrôle social interne, propre à l'individu fondé sur l'auto- contrainte
prenant la forme d'une obligation morale, par exemple le respect d'autrui.
II) Qu’est-ce que le contrôle social ?
Le contrôle social formel est le processus par lequel des groupes sociaux et des
institutions spécifiques (justice, police, église, etc.) régulent les activités sociales afin
d'assurer le maintien des règles et de prévenir les comportements déviants.
Le contrôle social est lié à la question du maintien de l'ordre social stricto sensu. Il se
limite à réprimer la déviance et à maintenir les normes juridiques et sociales en l'état.
En ce sens, ce concept s'inscrit dans une perspective fonctionnaliste.
La régulation sociale désigne le processus de production des normes dont les termes ne
sont pas fixés une fois pour toutes. L'exercice du contrôle social entraîne une activité de
régulation et de transformation de ces normes.
On peut distinguer :
- les inégalités au sein des ménages, entre les plus pauvres et les plus riches. On étudie
alors une dispersion (par exemple entre les déciles, les quintiles…) Le rapport inter-quintiles
ou rapport inter-décile est le moyen privilégié de mesurer ces inégalités,
- les inégalités entre groupes de ménages, par exemple entre les hommes et les femmes,
entre les salariés en CDI et les salariés en CDD, entre les salariés jeunes et les salariés âgés…
On étudie alors une disparité. Par exemple, les femmes salariées à temps plein gagnent en
moyenne 18% de moins que les salariés hommes à temps plein.
III) Quelle stratification sociale dans nos
sociétés ?
Les inégalités économiques sont cependant à distinguer des inégalités sociales
C’est donc une analyse multi-critères que les sociologues doivent entreprendre pour saisir
la complexité de l’espace social :
- le genre des individus est un facteur important de différenciation. Les inégalités de revenus
sont très marquées entre les hommes et les femmes, ces dernières gagnant en moyenne 20%
de moins que les hommes (tous temps de travail confondus), et encore 16% de moins pour un
travail à temps complet.
- le cycle de vie de l’individu car l’âge qu’a un individu au cours de sa vie produit des
conséquences importantes sur ses comportements d’épargne et donc de consommation, mais
également sur son temps de travail, ses loisirs (pratique sportive, internet et médias sociaux),
ses opinions politiques (plus radicales dans sa jeunesse, plus modérées l’âge venant…)…
- la composition du ménage produit aussi des effets de richesse important.
- le niveau de diplôme agit également de manière massive, en particulier sur l’accès à l’emploi
qualifié ou pour éviter le chômage.
-la localisation géographique et la nationalité sont enfin de très grands facteurs de
discriminations.
III) Quelle stratification sociale dans nos
sociétés ?
Pour Marx, chaque classe sociale a :
La non possession des moyens de production enferme le prolétariat dans un rôle d’exécution alors que la
bourgeoisie détient un rôle de direction et de commandement (détermine l’organisation du travail et de la
production, le niveau des rémunérations…). La place dans le processus de production détermine une
hiérarchie sociale et une situation de dépendance des ouvriers.
Marx oppose dans son analyse des classes sociales : les travailleurs salariés et les
propriétaires/entrepreneurs car ils forment les deux classes fondamentales du système capitaliste : les uns
possèdent les moyens de production, les autres doivent vendre leur force de travail. Il existe donc un rapport
d’exploitation entre les 2 classes.
III) Quelle stratification sociale dans nos
sociétés ?
Pour Weber, il existe :
-> Un ordre (une hiérarchie) économique qui divise la société en classes sociales.
Une classe est alors un simple ensemble d’individus ayant une même situation de classe (même situation économique)
càd qui ont les mêmes chances d’accéder aux biens ou aux revenus sur le marché des biens ou sur le marché du travail.
Les individus qui ont des chances comparables d’accéder à des biens, qui ont des chances de vie comparables, sont
considérés comme appartenant à la même classe.
-> Un ordre (une hiérarchie) social qui divise la société en groupes de statut.
Dans chaque société, il existe une distribution inégale de prestige (ou d’honneur social) qui débouche sur la
constitution de groupes de statut. Chaque groupe de statut est alors défini par le degré de prestige ou d’honneur social
que les individus se reconnaissent mutuellement. Les groupes de statut sont donc des « communautés » d’individus qui
disposent du même prestige social dans la société.
Un parti politique est un groupe d’individus cherchant à conquérir le pouvoir ou à influencer les prises de décisions/de
position dans le domaine politique.
Ces trois ordres ou stratifications sont distincts. La position dans un ordre ne détermine pas celle dans un autre.
III) Quelle stratification sociale dans nos
sociétés ?
La théorie du feu de camp –M. Halbwachs
Les individus ont acquis au cours du XXème siècle une large autonomie qui les fait de moins en moins
dépendre de logiques collectives s’imposant à eux. Plusieurs exemples en sont la preuve :
- le choix de son conjoint, qui était largement imposé par sa famille, fait aujourd’hui l’objet d’une liberté
revendiquée par les enfants et acceptée par les parents (malgré une reproduction sociale qui reste forte, voir
chap caractéristiques et facteurs de mobilité sociale)
- le choix de ses études et de son emploi : la dernière réforme du lycée général supprimant les filières
revendique au plus haut point la possibilité pour chaque élève de construire son propre projet personnel,
- les carrières professionnelles individuelles : les rémunérations au mérite (primes), la logique de projets et
d’objectifs individuels, le développement des auto-entrepreneurs illustrent la logique individuelle croissante
au travail.
- la consommation de masse s’accompagne de plus en plus d’une offre personnalisée, où les entreprises
tentent d’adapter les produits à la diversification de la demande, en faisant de chaque acte de
consommation un « expérience personnelle » selon le langage marketing (rôle des options dans le choix
d’une voiture, montre Swatch modulable selon les goûts…).
III) Quelle stratification sociale dans nos
sociétés ?
A partir des années 70 les sociologues vont constater que les individus ne se
définissent plus seulement par rapport à leur appartenance à une classe sociale (ou
leur travail/emploi) mais que d’autres marqueurs sociaux sont à l’origine d’une
différenciation sociale, notamment les critères d’âge, de genre, d’orientation
sexuelle, d’ethnicité…
Cette affirmation identitaire renforce le brouillage entre classe et s’accompagne de
nouvelles revendications illustrant pour certains sociologues comme Ronald Inglehart
le passage à une société post matérialiste et la thèse de « l’Homme pluriel » de
Bernard Lahire.
III) Quelle stratification sociale dans nos
sociétés ?
Selon le sociologue O. Schwartz, on peut encore parler de classe populaire,
regroupant les ouvriers et la majeure partie des employés, du fait du rapprochement
de leurs conditions de vie et de travail, ainsi que leur point commun comme classe
dominée, avec une culture populaire très majoritaire dans ce groupe.
Sa théorie repose sur un double critère :
- les deux groupes partagent une même position sociale dominée dans la société (faible
visibilité dans les médias par exemple) et les entreprises (salariés cantonnés aux simples
tâches d’exécution),
- les deux groupes partagent aussi un séparatisme culturel par rapport au reste de la
société : ils partagent une « culture populaire » (musique écoutée, films regardés…), ils
ont un comportement électoral spécifique (abstention forte, vote pour les extrêmes
politiques) …
III) Quelle stratification sociale dans nos
sociétés ?
On a assisté :
- au retour de la hausse des inégalités de revenus : d’un côté, une élite internationale
composée de dirigeants de grandes entreprises, de financiers, d’avocat d’affaires ainsi
que de cadres supérieurs d’entreprises multinationales s’est développée.
- au retour des inégalités marquées au sein de la classe moyenne : situation inégales
face à l’emploi, face à la réussite scolaire…En la matière, le milieu social semble à
nouveau jouer un rôle de plus en plus important.
-à la présence d’inégalités entre les générations : les jeunes générations connaissent
la concurrence dans le système scolaire, sur le marché du travail (risque de
déclassement social), connaissent un accès plus difficile au logement, même locatif.
Les jeunes ont besoin de l’assistance financière des seniors.
- à la persistance des inégalités sociales : des inégalités dans les pratiques culturelles,
dans les pratiques de consommation), des inégalités de chances scolaires qui
s’accentuent, or cela a des conséquences sur l’obtention d’un emploi non négligeables,
dans un contexte de dévalorisation des diplômes.
Bourdieu définit le champ social comme un espace social structuré où des individus et
des institutions interagissent pour obtenir et maintenir des positions. Les champs
peuvent être académiques, artistiques, politiques, etc. Les acteurs sociaux luttent pour
accumuler du capital(culturel, économique, social, symbolique) et établir leur position
dans ces champs.
Sa théorie vise à dévoiler les mécanismes invisibles qui sous-tendent les inégalités
sociales et à comprendre comment les individus acquièrent et maintiennent leur
position dans la société.
P. Bourdieu distingue 4 capitaux :
Le capital économique = possession des différents facteurs de production (terres,
usine…) et ensemble des biens économiques (revenus, patrimoine…)
Le capital social = ensemble des relations sociales (amitiés, relations
professionnelles…) que peut mobiliser un individu
Le capital culturel = ensemble des ressources culturelles dont va disposer un individu,
que ça soit sous une forme matérielle (les livres, les tableaux, ...), institutionnelle (les
diplômes, ...) ou incorporée (la façon de parler, le rapport à la culture, ...).
Le capital symbolique = ensemble des rituels (protocole, étiquette…) lié à l’honneur et
à sa reconnaissance. Les avantages liés à la notoriété ou le prestige de l’individu
reconnu par autrui. Il est lié à la possession des 3 autres capitaux.
La distinction(éditions de Minuit)
1979, Pierre Bourdieu
Conclusion
Ainsi, les populations qui subissent le plus les effets négatifs d’une localisation dans un
quartier défavorisé ou une ville péri-urbaine sont majoritairement issus de la classe
ouvrière.
Par ailleurs, le genre, explicatif des inégalités hommes-femmes, s’inscrit souvent dans
un autre rapport, de classe. Par exemple, les approches en termes de genre sont
incomplètes quand elles négligent ou oublient les clivages de classes.
Pour rendre compte de la structure sociale, il est donc impératif d’articuler rapports
de classe aux autres critères de distinction
II) L’action sociale : quel est le moteur des
conduites individuelles ?
Qu’est ce qui permet de faire société ? Pourquoi et comment la vie sociale n’est elle
pas une lutte de tous contre tous ?
Une des première réponse à ces questions consiste à mettre l’accent sur l’intégration
des individus à la société par le processus de socialisation.
Les individus intériorisent en effet des normes et des valeurs, ils sont habitués à
considérer comme allant de soir certains comportements de la vie sociale, de telle
façon que, en fin de compte, ils se conforment aux attentes de la société.
Dans toutes les sociétés, il existe une division sociale du travail qui assigne aux
individus une place et des tâches qui sont à la fois spécialisées, complémentaires et
hiérarchisées.
Le statut social correspond à l'ensemble des positions occupées par un individu dans la
société. Le statut désigne donc la position objective occupée par un individu au sein de
la hiérarchie sociale et au sein des relations sociales. Un individu occupe donc
plusieurs statuts simultanément ou successivement selon l’organisation sociale dans
laquelle il se trouve. Le statut peut être :
Assigné lorsqu’il ne dépend pas de l’individu. Par exemple, le statut de jeune,
de fille, ou d'élève d’origine ouvrière sont des statuts assignés.
Acquis par les efforts de l’individu. Le statut professionnel, le statut de
champion, le statut d’époux, sont des statuts acquis.
Le rôle social correspond au modèle de comportement lié au statut. Chaque statut
appelle un rôle c’est-à-dire un comportement type correspondant aux attentes d'autrui et
répondant à un ensemble de normes. Le rôle social est donc :
Prescrit par le statut, c'est-à-dire que la société définit des normes de conduite
socialement acceptées dans un contexte social donné. Le rôle est donc conçu comme
la mise en oeuvre des droits et devoirs attachés aux statut.
Attendu par les autres, c’est-à-dire que l’individu va jouer son rôle en fonction des
attentes de l’entourage.
Joué par l’individu en fonction de sa personnalité et du contexte social.
Un statut peut engendrer plusieurs façons de jouer le rôle selon la personne que l'on a en
face
Cette marge de jeu importante qui est laissée à chacun dans l'interprétation de son
rôle est appelée par Talcott Parsons « la variance des rôles ». Goffman développe aussi
la notion de rôle distance qui est la possibilité qui est laissée à l’acteur de ne pas
s’identifier à son rôle.
A) L’approche culturel : la socialisation
On distingue traditionnellement trois conceptions de la socialisation.
Une définition minimale se contente d'établir une sorte d'équivalence entre la
socialisation et le développement de la sociabilité (études portant sur la
socialisation du nourrisson).
Pour E. Durkheim, la socialisation se définit comme l'éducation méthodique
de la jeune génération, en vue de perpétuer et de renforcer l'homogénéité de
la société. Il s'agit de l'apprentissage d'un ensemble de règles et de normes.
Une troisième conception de la socialisation la définit comme l'ensemble des
processus par lesquels l'enfant construit son identité sociale, devient un
membre autonome des groupes auxquels il appartient et, à travers eux, de la
société tout entière. La socialisation est alors conçue comme le résultat des
interactions de l'enfant avec sa famille et son environnement.
Le culturalisme considère que la personnalité des individus est le produit de la culture
dans laquelle ils sont nés. Ainsi, pour R. Benedict. « La plupart des gens sont façonnés
à la forme de leur culture, à cause de l'énorme malléabilité de leur nature originelle :
ils sont plastiques à la forme modélisatrice de la société dans laquelle ils sont nés »
Par ailleurs, M. Duru-Bellat et J.-P. Jarousse montrent que les parents ne nourrissent
pas les mêmes ambitions scolaires pour les garçons et pour les filles envisageant un
niveau d'études plus élevé pour ces dernières, ils préfèrent formation technique ou
scientifique pour les premiers. Ces auteurs insistent sur le fait qu'il existe une
évolution sur la période récente.
Pour E. Durkheim, l'agent essentiel de la socialisation est l'école, et non la famille : «si
la famille peut bien et peut seule éveiller et consolider les sentiments domestiques
nécessaires à la morale et même, plus généralement, ceux qui sont à la base des
relations privées les plus simples, elle n'est pas constituée de manière à pouvoir
former l'enfant à la vie sociale ».
Les pairs contribuent à créer une pluralité dans la diffusion des normes de par la
multiplication des groupes sociaux et des « autrui significatifs » (G. Mead)
La socialisation fait partie de la problématique Durkheimienne qui veut que la société,
extérieure à l'individu, s'impose par la contrainte pour reproduire l'ordre social.
La socialisation est donc conçue comme un processus par lequel la société fait l'individu.
On est dans une logique de déterminisme social : les individus sont soumis à des forces et
à des logiques sociales qui les dépassent et qui dictent leurs actions individuelles.
Cependant, la socialisation ne signifie une transmission à l’identique des normes et des
valeurs de la société. Sinon comment comprendre le changement social (transformation
durable d’une partie ou de l’ensemble du système social et culturels) ?
Tout d’abord, la diversité des socialisations offre un espace de choix aux individus. la
famille n’est pas la seule institution qui socialise. Les pairs, les médias, l’école,
l’entreprise, sont autant d’institutions qui proposent des modèles de comportement
qui peuvent contredire la socialisation familiale.
Ensuite, les individus peuvent adopter, selon Robert Merton, un processus de
socialisation anticipatrice, c’est à-dire que l’individu va adopter les normes et les
valeurs du groupe de référence, celui auquel il souhaite appartenir.
Enfin, les méthodes de la socialisation ont changé au cours du temps. Autrefois,
l’inculcation des normes et des valeurs se faisait sous un mode autoritaire. Les enfants
devaient obéir à leurs parents et se comporter comme on le leur demandait. De nos
jours, la famille s’est démocratisée.
Les rôles se construisent effectivement dans l’interaction
Les acteurs ne sont pas passifs vis-à-vis des normes et des valeurs en vigueur dans la
société à un moment donné. Ainsi, les mouvements féministes ont su remettre en
cause les rôles traditionnels attribués à la femme au nom de l’indépendance des
femmes et de l’égalité entre les sexes.
D'autre part, les normes sont moins intériorisées qu'interprétées. C'est le coeur de
l'analyse de Jean Piaget sur l'éducation et la socialisation des enfants.
Enfin, la diversité des valeurs affaiblit la prégnance des normes sur les comportements
des individus. La société n'offre donc plus de modèles de comportement prêts à vivre.
Ces normes se construisent en interaction par les individus comme le montre
J.C.Kaufman dans son analyse du couple par le linge.
Ainsi, si la socialisation primaire s'exerce avec force, les socialisations secondaires
offrent de multiples possibilités d’évolution des rôles. Les rôles ne sont pas joués
d’avance. « L’homme pluriel » résulte de socialisations plurielles. Ainsi, la réalité
sociale ne s’impose pas telle qu’elle aux individus mais qu’elle est modelée et
reconstruite par les individus dans leur relations sociales (interactions). Les individus
se comportent comme des « acteurs sociaux » qui participent à la construction de la
réalité sociale.
B) L’approche utilitariste
Si les statuts ne sont plus « assignés » à la naissance mais acquis, ils peuvent faire
l'objet d'une compétition plus ou moins ouverte, alors la reproduction sociale ou
l'immobilité sociale, soit l'hérédité sociale, n'est plus une fatalité.
La mobilité verticale peut être ascendante (déplacement vers le haut dans la
hiérarchie sociale, soit une promotion ou ascension sociale) ou bien descendante
(déplacement vers le bas dans la hiérarchie sociale, soit un déclassement).
En outre, la mobilité sociale est aussi un enjeu politique. Dans les sociétés où
l'organisation politique se réfère à des principes démocratiques et l'organisation
économique au libéralisme, il semble logique qu'à l'égalité juridique des citoyens et à
la liberté d'entreprendre corresponde dans le domaine social, sinon l'égalité des
situations, du moins l'égalité des chances d'accès aux différentes positions ce qu’on
appelle aussi la méritocratie (la démocratie selon le mérite et l’égalité des chances et
non l’héritage de privilèges).
Par conséquent, l'analyse de la mobilité sociale renvoie au principe de l'égalité des
chances, et les sociétés démocratiques et libérales peuvent chercher à évaluer la réalité
ou l'efficacité de leurs principes de fonctionnement par l'importance des flux de mobilité
sociale qu'elles permettent et la probabilité pour tel ou tel de connaitre une mobilité
sociale indépendamment de son origine sociale, ce que l’on nomme la fluidité sociale.
L’évolution de la mobilité entre 1953 et 2014/15 montre 4 principaux résultats. :
D’abord, la fluidité sociale a globalement tendance à augmenter, avec cependant une
sous-tendance à la stagnation depuis 2003.
Ensuite, la mobilité observée a globalement tendance à augmenter et est plus forte
que l’immobilité depuis les années 1970 (« 30 glorieuses »), mais avec une sous-
tendance à la stagnation depuis 1993.
En outre, la mobilité ascendante est plus élevée que la mobilité descendante, avec
toutefois une sous-tendance à la hausse de la mobilité descendante et à la baisse de
la mobilité ascendante depuis les années 1990 (spectre du déclassement).
Enfin, la majorité des flux de mobilité verticale est constituée de trajets courts, c’est-à-
dire entre des PCS proches, comme par exemple entre PI et CPIS ou bien entre O ou E
et PI.
Le déclassement social est ainsi plus important depuis les années 1990. On distingue 3
formes de déclassement :
Le déclassement intergénérationnel (mobilité descendante),
Le déclassement intragénérationnel (fait d’occuper en fin de carrière professionnelle
une position inférieure à celle occupée en début de carrière, suite à une perte
d’emploi et à une longue période de chômage par exemple)
Le déclassement scolaire (fait d’occuper une position inférieure à celle à laquelle le
diplôme possédé permettait d’accéder auparavant). C’est le déclassement scolaire qui
est illustré par le paradoxe d’ANDERSON (sociologue américain, 1907-1990). Ce
sociologue a en effet mis en évidence en 1961 le fait que posséder un diplôme plus
élevé que celui de son père n’empêche pas toujours d’occuper une position inférieure
à celle de son père ou qu’à diplôme équivalent au père, le fils obtient un emploi moins
prestigieux.
Les principaux facteurs de la mobilité et de la reproduction sont
- l’évolution de la structure socioprofessionnelle,
- l’école,
- la famille.
Dans les sociétés démocratiques, les conflits sont souvent présentés comme des
perturbateurs de la cohésion sociale. Le conflit a d’abord été perçu historiquement
comme néfaste à la cohésion d’une société. La grève était interdite en France jusqu’en
1864 et les actions violentes, qui sporadiquement éclatent dans les quartiers difficiles,
apparaissent comme un facteur de désagrégation sociale.
Un conflit social correspond à la manifestation d’un antagonisme entre des groupes
sociaux aux intérêts matériels ou symboliques divergents qui veulent modifier le
rapport de force en leur faveur. Il y a donc une dimension collective dans le conflit
social.
Ces groupes sociaux doivent avoir entre eux des relations d'interdépendance : s'il n'y a
pas ces relations entre eux, il y a peu de chance qu'il y ait un conflit car il n'y aurait pas
d'objet de conflit. Ces relations d'interdépendance sont dans un rapport de
domination, c'est-à-dire que la question du pouvoir est toujours essentielle dans un
conflit social
Le conflit peut-être latent ou ouvert. Un conflit latent est un conflit caché, qui ne
s’exprime pas. En effet, dans une situation de conflit, Albert O.Hirschman, dans
« Exit, Voice and Loyalty » (1970), a montré que les individus avait le choix
entre la défection, la loyauté ou la prise de parole.
Le conflit peut être perçu comme un facteur d’intégration sociale, et non comme
révélateur d’un défaut d’intégration. Cette approche du conflit est celle de Georg
Simmel (1858-1918), et a été prolongé par des auteurs comme Lewis Coser, sociologue
fonctionnaliste auteur de l’ouvrage « Les fonctions du conflit social » (1983). Le conflit
social peut contribuer à l’intégration de chacun des groupes en conflit, pour les raisons
suivantes :
Le conflit renforce l’identité du groupe c'est-à-dire les façons dont les individus ou les
groupes se définissent par eux-mêmes et sont définis par les autres. De façon générale,
l’identité collective « se pose en s’opposant » (Bourdieu). L’opposition avec un autre
groupe social permet de mieux définir les traits caractéristiques du groupe et de mieux
en délimiter les frontières.
Le conflit renforce la cohésion du groupe comme le montre la forte syndicalisation
pendant le mouvement de 1936. Le sentiment d’appartenance des membres du
groupe est renforcé. Le conflit renforce la nécessité d’être solidaire au sein du groupe.
Le conflit renforce les liens sociaux au sein du groupe : le conflit conduit à des actions
collectives (grèves, débrayages, manifestations, occupation d’usine…) qui créent des
liens de sociabilité entre les membres du groupe.
Conclusion