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Familles sommables
I I.2 L’infini dénombrable
5. ➙ Si un ensemble E n’est pas fini, il existe une application injec-
Ensembles dénombrables tive de N dans E.
6. Les ensembles dénombrables sont en quelque sorte les
I.1 Quelques axiomes de N plus petits des ensembles infinis.
6.1 ✍ Un ensemble E est dénombrable s’il existe une bijection de N
1. Les propositions énoncés dans ce paragraphe sont des sur E.
axiomes de N ou des théorèmes que nous admettrons — ce qui 6.2 Si E est dénombrable, alors il existe une suite ( xn )n∈N
revient à les prendre pour axiomes. d’éléments deux à deux distincts tels que
2. Cardinal d’un ensemble fini
E = xn , n ∈ N .
2.1 ➙ Soient n et p, deux entiers naturels non nuls. S’il existe une
bijection de {1, . . . , n } sur {1, . . . , p}, alors n = p.
2.2 ✍ Un ensemble E est fini lorsqu’il est vide ou qu’il existe un La suite ( xn )n∈N est une énumération de E.
entier n > 1 et une bijection de {1, . . . , n } sur E. 6.3 L’ensemble N et les parties infinies de N (famille des en-
2.3 ✍ Le cardinal de l’ensemble vide ∅ est égal à 0. tiers pairs ; famille des entiers impairs ; famille des entiers pre-
2.4 ✍ S’il existe une bijection ϕ : {1, . . . , n } → E, alors le cardi- miers...) sont des ensembles dénombrables.
nal de E est égal à n, ce qu’on note : 6.4 L’application
#( E ) = n. n+1
n 7→ (−1)n
2
La famille ( ϕ(1), . . . , ϕ(n )) est une énumération de E.
3. Une méthode classique pour établir l’égalité de deux en- est une bijection de N sur Z : l’ensemble Z des entiers relatifs
sembles E et F consiste à démontrer les deux inclusions est dénombrable.
6.5 ✍ Un ensemble non dénombrable est un ensemble infini qui
E⊂F et F ⊂ E. n’est pas dénombrable.
7.1 ✍ Une famille dénombrable est une famille indexée par un en-
Si les ensembles E et F sont finis, on peut substituer un argument semble dénombrable.
de dénombrement à l’une des inclusions. →[21] 7.2 Toute famille dénombrable ( x a ) a∈ I peut être indexée par
3.1 ➙ Soient E et F, deux ensembles finis de même cardinal et ϕ, une l’ensemble N et considérée alors comme une suite :
application de E dans F.
Les propositions suivantes sont équivalentes. ( x a n ) n ∈N .
1. L’application ϕ est une bijection.
2. L’application ϕ est injective. 7.3 ✍ Une intersection dénombrable de parties de E est l’intersec-
3. L’application ϕ est surjective. tion d’une famille dénombrable de parties de E.
3.2 ➙ Soient E et F, deux ensembles finis de même cardinal. \ \
Les propositions suivantes sont équivalentes. Fa = Fan ⊂ E
1. E = F a∈ I n∈ N
2. E ⊂ F
3. F ⊂ E 7.4 ✍ Une union dénombrable de parties de E est l’union d’une
famille dénombrable de parties de E.
4. Énumération d’une partie de N
Soit E, une partie non vide de N. [ [
4.1 ➙ Axiome de bon ordre Fa = Fan ⊂ E
Toute partie non vide de N admet un plus petit élément. a∈ I n∈ N
4.2 On pose F0 = ∅ et pour tout n ∈ N tel que Fn soit une
partie stricte de E : 8.1 ✍ Un ensemble E est au plus dénombrable lorsqu’il existe une
Fn E bijection d’une partie de N sur E.
8.2 Un ensemble est au plus dénombrable si, et seulement si,
on pose : il est fini ou dénombrable.
8.3 ➙ S’il existe une injection de E dans N, alors l’ensemble E est au
xn+1 = min( E \ Fn ) et Fn+1 = Fn ∪ { xn+1 }.
plus dénombrable.
8.4 ➙ Axiome du choix
4.3 Pour tout n ∈ N tel que Fn soit défini, l’ensemble Fn est
S’il existe une surjection de E1 sur E2 , alors il existe une bijection
une partie de E de cardinal n et xn+1 > n.
d’une partie E0 de E1 sur E2 .
4.4 Si E est une partie finie de N dont le cardinal est égal à
8.5 ➙ S’il existe une surjection de N sur E, alors l’ensemble E est au
n, alors la famille
plus dénombrable.
( x1 , . . . , x n )
8.6 ➙ Toute partie d’un ensemble dénombrable est au plus dénom-
est une énumération strictement croissante de E. brable.
4.5 Si E n’est pas finie, alors
[ I.3 Opérations sur les ensembles dénombrables
E= Fn
9. Produit d’ensembles dénombrables
n∈ N On sait que le produit cartésien d’un nombre fini d’ensembles
et l’application [n 7→ xn ] est une bijection strictement croissante finis est encore un ensemble fini.
de N∗ sur E. 9.1 Le produit cartésien d’un ensemble fini non vide et d’un
On dit que la suite ( xn )n>1 est une énumération de E. ensemble dénombrable est un ensemble dénombrable.
5 • Familles sommables
9.2 Quels que soient les entiers 0 6 p 6 n, on pose 15. Un nombre complexe z est un entier algébrique lorsqu’il
existe un polynôme P ∈ Z[ X ] non nul tel que P (z) = 0.
n ( n + 1) L’ensemble des entiers algébriques est une partie dénombrable
ϕ + p = ( p, n − p). de C.
2
16. Pour tout entier n > 1, il existe une application surjective
L’application ϕ ainsi définie est une bijection de N sur N2 . de Nn sur l’ensemble des parties à n éléments de N.
9.3 ➙ Pour tout entier d > 2, l’ensemble Nd est dénombrable. L’ensemble des parties finies de N est dénombrable.
9.4 On suppose que les ensembles E1 , . . ., Ed sont dénom-
brables et, pour tout 1 6 k 6 d, on note ϕk , une bijection de N Ensembles non dénombrables
sur Ek . Alors l’application ϕ définie par
17. Tout réel positif x admet un, et un seul, développement
∀ ( n 1 , . . . , n d ) ∈ Nd , décimal propre : il existe une suite (dn )n∈Z d’entiers compris
ϕ ( n 1 , . . . , n d ) = ϕ1 ( n 1 ), . . . , ϕ d ( n d )
entre 0 et 9 telle que
est une bijection de Nd sur le produit cartésien E1 × · · · × Ed . ∃ N0 ∈ Z− , ∀ n 6 N0 , dn = 0
9.5 ➙ Un produit fini d’ensembles dénombrables est dénombrable.
9.6 ➙ Un produit fini d’ensembles au plus dénombrables est au plus et que
dénombrable. ∀ N ∈ Z, ∃ n > N, dn 6= 9.
10. Unions d’ensembles dénombrables On peut déduire la partie entière et la partie fractionnaire de x
Soit ( Ek )k∈N , une famille d’ensembles dénombrables. Pour tout par la relation :
k ∈ N, on note ϕk , une bijection de N sur Ek .
10.1 Pour tout q ∈ N et tout 0 6 r < d, on pose 0 +∞
x= ∑ dn 10−n + ∑ dn 10−n .
ϕ(qd + r ) = ϕr (q ). n= N0 n =1
| {z }
N
| {z }
Alors l’application ϕ est une surjection de N sur l’union finie ∈ ∈[0,1[
E1 ∪ · · · ∪ Ed .
17.1 Procédé d’extraction diagonale
10.2 Quel que soit (n, k) ∈ N2 , on pose Soit ( xk )k∈N , une suite réelle.
Pour tout k ∈ N, on note (dk,n )n∈N , le développement décimal
ϕ(n, k) = ϕk (n ). propre de xk .
On pose dn = 0 pour tout entier n 6 0 et, pour tout entier n > 1,
Alors l’application ϕ est une surjection de N2 sur l’union dé-
nombrable — si dn,n 6= 0, on pose dn = dn,n − 1 ∈ {0, 1, . . . , 8} ;
[
Ek . — si dn,n = 0, on pose dn = 1.
k∈ N La suite (dn )n∈Z est un développement décimal propre et le réel
10.3 ➙ L’union d’une famille finie ou dénombrable d’ensembles au +∞
plus dénombrables est un ensemble au plus dénombrable. x= ∑ dn 10−n
11. Soit f : E → F, une application. n =1
L’image de f , notée f ∗ ( E ), est définie par
est différent de tous les termes de la suite ( xk )k∈N .
17.2 ➙ L’ensemble R des nombres réels n’est pas dénombrable.
f ∗ (E) = f ( x ), x ∈ E = y ∈ F : ∃ x ∈ E, y = f ( x ) . 17.3 ➙ L’ensemble C des nombres complexes n’est pas dénombrable.
17.4 Comme
11.1 ➙ Soit E, un ensemble au plus dénombrable. Pour toute applica- R=
[
[ n, n + 1[ ,
tion f : E → F, l’ensemble f ∗ ( E ) est au plus dénombrable.
11.2 Si les ensembles E1 et E2 sont des parties au plus dénom-
n∈ Z
brables de C, alors les ensembles l’intervalle [0, 1[ n’est pas dénombrable.
18. Produit infini d’ensembles
E1 + E2 = x + y, ( x, y) ∈ E1 × E2 18.1 L’application
et
" #
+∞
( ε n ) n ∈N 7 → −( n+1)
E1 · E2 = xy, ( x, y) ∈ E1 × E2 ∑ εn2
n =0
sont des parties au plus dénombrables de C.
(dite représentation binaire) est une surjection de {0, 1}N sur
I.4 Exemples et contre-exemples l’ensemble non dénombrable [0, 1].
18.2 * Le produit cartésien d’une famille infinie d’ensembles de cardi-
Ensembles dénombrables nal supérieur à 2 n’est pas dénombrable.
12. Les ensembles N, N2 , Z, Z2 sont dénombrables. 19. Parties d’un ensemble
13. L’ensemble Q des nombres rationnels est dénombrable. 19.1 Indicatrice d’ensemble
L’application [ A 7→ 1 A ] est une surjection de P(N) sur l’en-
np o semble non dénombrable {0, 1}N .
Q = , ( p, q) ∈ Z × N∗ . 19.2 * Si l’ensemble E est infini, alors l’ensemble P( E ) des parties de
q
E n’est pas dénombrable.
14. L’ensemble Z[ X ] des polynômes à coefficients entiers et Entraînement
l’ensemble Q[ X ] des polynômes à coefficients rationnels sont dé-
nombrables. 20. Questions pour réfléchir
1. Pour quelles parties de N existe-t-il une énumération
Z[ X ] =
[
Zn [ X ] Q[ X ] =
[
Qn [ X ] strictement décroissante ?
n∈ N n∈ N 2. Représenter graphiquement l’énumération de Z donnée
au [6.4].