III Sommation par paquets • 5
40.1 Pour calculer la somme des coefficients d’une matrice III.1 Application aux séries doubles
M = (mi,j ) ∈ Mn,p (K), on peut calculer d’abord la somme des
45. Une série double est une famille réelle ou complexe in-
coefficients de chaque ligne et additionner les résultats obtenus :
dexée par I = N2 .
n p Dans ce cas, J = N et on considère en général la partition de I
∑ ∑ mi,j définie par
i =1 j =1
∀ n ∈ N, In = (m, n ), m ∈ N
ou calculer d’abord la somme des coefficients de chaque colonne
et additionner les résultats obtenus : ou par
∀ m ∈ N, Im = (m, n ), n ∈ N .
p n
∑ ∑ i,j .
m
j =1 i =1 46. Le premier théorème de Fubini donne une condition suf-
fisante pour qu’une série double de réels positifs soit une famille
Le résultat final est le même dans les deux cas. sommable.
40.2 De même, si ∑i u i,j est une série convergente pour tout
47. Si on peut appliquer le premier théorème de Fubini à la
1 6 j 6 p, alors série double de terme général positif
p +∞ + ∞ p
am,n = | xm,n |,
∑ ∑ ui,j = ∑ ∑ ui,j
j =1 i =0 i =0 j =1
alors le second théorème de Fubini permet d’intervertir l’ordre
des sommations :
par linéarité de la somme.
40.3 Pour appliquer ce principe au calcul de l’espérance d’une +∞ +∞ +∞ +∞
variable aléatoire discrète au moyen d’un système complet ∑ ∑ m,n x = ∑ ∑ m,nx
d’événements (c’est-à-dire en conditionnant par une autre va- n =0 m =0 m =0 n =0
riable aléatoire discrète), il faut étendre ces formules aux familles
dénombrables. ce qui permet fréquemment de calculer explicitement la somme
de la série double.
41. ✍ Une partition de I est une famille ( Ij ) j∈ J de parties deux à
deux disjointes de I dont l’union est égale à I : 48. Premier théorème de Fubini
Soit ( am,n )( m,n)∈N2 , une famille de réels positifs. On pose
G
I= Ij .
∀ n ∈ N, σn = ∑ am,n ∈ R+ ∪ {+ ∞ }
j∈ J
m∈ N
42. ➙ Premier théorème de Fubini ainsi que
Soit ( ak )k∈ I , une famille de réels positifs.
Étant donnée une partition ( Ij ) j∈ J de I, on pose ∀ m ∈ N, τm = ∑ am,n ∈ R+ ∪ {+ ∞ }.
n∈ N
∀ j ∈ J, σj = ∑ ak ∈ R+ ∪ {+∞}. 48.1 ➙ La famille positive ( am,n )( m,n)∈N2 est sommable si, et seule-
k ∈ Ij
ment si,
1. pour tout n ∈ N, la série ∑m am,n est convergente
La famille ( ak )k∈ I est sommable si, et seulement si, 2. et si la série ∑ σn est convergente.
1. pour tout j ∈ J, la famille ( ak )k∈ Ij est sommable 48.2 ➙ La famille positive ( am,n )( m,n)∈N2 est sommable si, et seule-
2. et la famille (σj ) j∈ J est sommable. ment si,
Dans ce cas, →[78] 3. pour tout m ∈ N, la série ∑ n am,n est convergente
4. et si la série ∑ τm est convergente.
∑ k ∑ ∑ k .
a = a 49. ➙ Second théorème de Fubini
k∈ I j∈ J k ∈ Ij Si la famille complexe ( xm,n )( m,n)∈N2 est sommable, alors :
1. Pour tout n ∈ N, la série ∑m xm,n converge absolument ;
43. ➙ Second théorème de Fubini 2. Pour tout m ∈ N, la série ∑n xm,n converge absolument ;
Soient (u k )k∈ I , une famille complexe sommable et ( Ij ) j∈ J , une parti- 3. Les séries de termes généraux
tion de I.
+∞ +∞
Pour tout j ∈ J, la famille (u k )k∈ Ij est sommable et →[79] sn = xm,n et tm =
∑ ∑ xm,n
m =0 n =0
∑ uk = ∑ ∑ uk . convergent absolument et
k∈ I j∈ J k ∈ Ij
4.
44. Méthode usuelle +∞ +∞
Pour appliquer le théorème [43], on vérifie que la famille (u k )k∈ I ∑ sn = ∑ tm .
est sommable en appliquant le théorème [42] à la famille de n =0 m =0
terme général ak = | u k |.
Exemples
50. La famille ( k1α 1( k>n) )( k,n)∈N2 est sommable si, et seule-
ment si, α > 2 et
+∞ +∞ 1 +∞ 1
∑ ∑ = ∑ α −1 .
n =0 k = n +1 k k
α
k =1