Contrat de Location BOKY
Contrat de Location BOKY
INTRODUCTION :....................................................................................................................................1
PARTIE I : Généralités.............................................................................................................................2
A- DEFINITIONS ET AUTRES DEFINITIONS......................................................................................2
B- LES COMPOSANTES D’UN CONTRAT DE LOCATION...................................................................5
C- TYPES DE CONTRAT DE LOCATION.............................................................................................7
D- LES ACTEURS DANS UN CONTRAT DE LOCATION.......................................................................8
E- CONTEXTE..................................................................................................................................9
PARTIE II : Le contrat de location selon les normes.......................................................................11
A- Présentation des normes IAS17 et IFRS16...............................................................................11
B- Champs d’application des normes IFRS 16 et IAS 17...............................................................15
C- Comptabilisation.....................................................................................................................17
D- Comparaison entre l’IAS 17 et l’IFRS 16...................................................................................28
E- Les limites du PCG 2005..........................................................................................................29
Partie III : Opération particulière de location.................................................................................30
A- La cession bail..........................................................................................................................30
ETUDE DE CAS......................................................................................................................................32
A- LOCATION FINANCEMENT :.....................................................................................................32
B- LOCATION SIMPLE :.................................................................................................................36
Conclusion............................................................................................................................................38
INTRODUCTION :
De nos jours, la location est un outil incontournable pour de nombreuses entreprises, qu'elles
soient grandes ou petites, car elle permet une gestion optimisée des ressources sans nécessiter un
investissement initial important. En d’autres termes, elle permet une gestion plus flexible des actifs,
avec une possibilité de remplacer ou de mettre à jour les biens loués à la fin de la période de location,
sans les désavantages liés à la propriété.
MAIS, les mêmes entreprises sont aussi confrontées à un défi majeur : la comptabilisation
correcte des contrats de location. La comptabilisation des contrats de location peuvent varier d’une
norme à une autre, qu’elle soit internationale ou malgache ; notamment l’IAS, l’IFRS et le PCG 2005
malgache.
Cet exposé vise à explorer et à comparer les différentes méthodes de comptabilisation selon
les différentes normes vues ci-dessus.
Le PCG 2005 malgache, quant à lui, bien qu’ayant pour objectif d’harmoniser la comptabilité
à Madagascar, adopte une approche différente, en accordant davantage de flexibilité dans la
comptabilisation des contrats de location. Cela peut générer des divergences importantes avec les
pratiques internationales, notamment en matière de reconnaissance des charges et des amortissements.
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PARTIE I : Généralités
A- DEFINITIONS ET AUTRES DEFINITIONS
1. Termes généraux liés au contrat de location
- Contrat de location :
Un contrat de location est un accord par lequel une partie, appelée bailleur, met à disposition
un actif pour une période déterminée en échange de paiements effectués par une autre partie,
appelée preneur. Ce contrat définit les droits et obligations des parties, notamment en ce qui
concerne l'utilisation de l'actif, les modalités de paiement et les conditions de restitution ou
d'achat éventuel à la fin de la période convenue.
- Bailleur (Lessor) :
Le bailleur est la partie qui détient la propriété légale d’un actif et qui accepte de le louer à un
preneur en échange d’un loyer. Il peut s’agir d’une entreprise spécialisée dans la location,
d’une institution financière ou d’un propriétaire individuel. Selon le type de contrat, le
bailleur peut conserver certains risques et avantages liés à l’actif ou les transférer totalement
au preneur.
- Preneur (Lessee) :
Le preneur est la partie qui obtient le droit d’utiliser un actif en contrepartie d’un paiement
régulier au bailleur. Dans le cadre de la norme IFRS 16, le preneur doit comptabiliser cet actif
en tant que droit d’utilisation dans son bilan, sauf exceptions (locations de courte durée et
actifs de faible valeur).
- Paiements de loyers :
Les paiements de loyers sont les sommes que le preneur doit verser au bailleur selon les
termes du contrat. Ces paiements peuvent être fixes (montant prédéfini), variables (basés sur
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un indice tel que l’inflation ou la performance de l’entreprise) ou indexés (réajustés en
fonction d’un taux ou d’un événement spécifique).
- Option d’achat :
L’option d’achat est une clause contractuelle qui donne au preneur la possibilité d’acquérir
l’actif loué à la fin du contrat, souvent à un prix avantageux. Cette option est généralement
exercée lorsque la valeur de l’actif est encore significative et que l’achat représente un
avantage financier pour le preneur.
- Clause de renouvellement :
La clause de renouvellement permet au preneur de prolonger la durée du contrat à des
conditions préalablement définies. Cette clause peut être automatique ou nécessiter une
demande formelle du preneur avant la fin du contrat initial.
- Valeur résiduelle :
La valeur résiduelle est l’estimation de la valeur de l’actif loué à la fin du contrat. Elle peut
être garantie par le preneur ou le bailleur, ce qui peut influencer la répartition des risques et le
traitement comptable du contrat.
- Taux d’actualisation :
Le taux d’actualisation est utilisé pour calculer la valeur actuelle des paiements futurs liés au
contrat de location. Il peut s’agir du taux implicite du contrat ou du taux d’emprunt marginal
du preneur s’il n’est pas déterminable.
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qui reflète l’utilisation économique de l’actif. Cet amortissement est enregistré en charge
d’exploitation.
- Indemnités de résiliation :
Lorsque le preneur met fin au contrat avant son échéance, il peut être tenu de verser une
indemnité au bailleur, dont le montant est fixé dans le contrat.
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B- LES COMPOSANTES D’UN CONTRAT DE LOCATION
1. Objet du contrat
L’objet du contrat de location est l’élément central qui définit le bien ou l’équipement
mis à disposition du preneur. Il peut s’agir d’un bâtiment, d’un véhicule, d’une machine ou de
tout autre actif utilisé dans le cadre des activités du preneur. Cet actif sous-jacent doit être
clairement identifié dans le contrat afin d’éviter toute ambiguïté quant à son usage et aux
responsabilités des parties prenantes.
2. Conditions financières
Les paiements de loyers représentent les sommes versées par le preneur au bailleur en
contrepartie de l’utilisation de l’actif. Ces paiements peuvent être fixes, variables ou indexés
sur un indice économique tel que l’inflation. Le montant et l’échéancier des paiements sont
déterminants pour évaluer l’impact financier du contrat de location et son traitement
comptable.
Le taux d’actualisation joue un rôle clé dans la valorisation des engagements futurs
liés au contrat de location. Il permet de calculer la valeur actuelle des paiements futurs en
fonction du taux implicite du contrat ou du taux d’emprunt marginal du preneur. Ce taux
influence directement le montant du passif de location comptabilisé au bilan.
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Une option de prolongation peut être prévue, offrant au preneur la possibilité
d’étendre la durée du contrat au-delà de la période initiale. Cette option est prise en compte
dans la valorisation du contrat si elle est jugée raisonnablement certaine d’être exercée.
L’option d’achat, quant à elle, donne au preneur le droit d’acquérir l’actif loué à la fin
du contrat, généralement à un prix avantageux. Si cette option est exercée, l’actif est transféré
du bailleur au preneur et devient une immobilisation corporelle dans les comptes du preneur.
4. Engagements et garanties
Le dépôt de garantie est une somme versée par le preneur en début de contrat pour
garantir le respect de ses obligations locatives. Ce montant peut être restitué à la fin du contrat
sous réserve du respect des conditions convenues.
Les coûts initiaux directs comprennent les frais liés à la négociation et à la mise en
place du contrat, tels que les frais juridiques ou les coûts de transport. Ces frais sont
généralement comptabilisés comme une composante du droit d’utilisation.
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C- TYPES DE CONTRAT DE LOCATION
En Charge de mettre
Bailleur
en place le contrat de
location financement
Fournisseur Preneur
Bailleur
Propriétaire du bien
Preneur
Locataire/utilisateur du bien
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D- LES ACTEURS DANS UN CONTRAT DE LOCATION
1. Le bailleur (Lessor)
Le bailleur est la partie qui détient légalement l’actif et qui le loue au preneur en échange de
paiements périodiques. Son rôle varie selon le type de contrat :
2. Le preneur (Lessee)
Le preneur est la partie qui utilise l’actif loué et paie des loyers au bailleur. Son rôle et ses
obligations varient selon le type de contrat :
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E- CONTEXTE
Le contrat de financement est privilégié lorsque le preneur souhaite acquérir un actif sans
mobiliser immédiatement un capital important. Il est utilisé dans plusieurs cas :
- Acquisition d’actifs coûteux : Les entreprises qui ont besoin d’équipements onéreux
(machines industrielles, véhicules, avions, matériels informatiques, etc.) mais qui ne
veulent pas immobiliser leur trésorerie préfèrent la location financière.
- Optimisation de la trésorerie : Ce type de contrat permet d’éviter un investissement
initial important en lissant les paiements sur plusieurs années, ce qui améliore la
gestion de la trésorerie.
- Contrôle du bilan et impact comptable : En IFRS 16, les contrats de financement sont
comptabilisés comme des actifs et passifs, mais ils permettent toujours de limiter
l’endettement apparent comparé à un emprunt bancaire.
- Possibilité d’achat en fin de contrat : Si le preneur souhaite in fine posséder l’actif, la
location financière est une alternative au crédit classique, avec une option d’achat à
prix réduit.
Une entreprise de transport loue une flotte de camions en leasing financier pour
éviter un investissement initial lourd.
Un hôpital loue un scanner médical en contrat de financement sur 7 ans, avec une
option d’achat finale.
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Une société de production industrielle loue une ligne de fabrication pour
répondre à une augmentation de la demande.
Le contrat de location simple est utilisé lorsque le preneur a besoin d’un actif temporairement
ou ne veut pas en assumer les risques et la gestion.
- Usage temporaire ou saisonnier : Ce type de contrat est idéal pour les entreprises qui
ont des besoins ponctuels, comme des bureaux temporaires, des véhicules de location
ou du matériel informatique pour un projet spécifique.
- Éviter les coûts de maintenance et de revente : Le bailleur reste propriétaire de l’actif
et prend en charge les coûts liés à l’entretien, la réparation et la revente après la
période de location.
- Flexibilité : Contrairement à une location financière, un contrat de location simple
permet d’adapter rapidement la durée d’utilisation sans engagement long terme.
- Allègement du bilan : Sous IFRS 16, les locations de courte durée (moins de 12 mois)
ou de faible valeur ne sont pas enregistrées au bilan du preneur, ce qui peut être
intéressant pour certaines entreprises.
Une entreprise loue des véhicules utilitaires pour une mission temporaire.
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PARTIE II : Le contrat de location selon les
normes
A- Présentation des normes IAS17 et IFRS16
1- La norme IAS 17 ou International Accounting Standards 17
a. Définition et objectif :
« Cette norme vise à définir, tant pour le locataire que le bailleur, les principes
comptables adéquats et les renseignements à divulguer concernant les contrats de crédit-
bail et les contrats de location simple. »
En d’autres termes, l'objectif principal de la norme est d'offrir les outils et la méthodologie
nécessaires pour la comptabilité, tout en répondant aux exigences qui permettent de fournir
les informations requises relatives aux contrats de location-financement et aux contrats de
location simple.
Le classement des contrats de location adopté par la norme IAS 17 se fonde sur le
degré d’imputation au bailleur ou au preneur des risques (la perte du bien ou l’obsolescence
technologique) et des avantages inhérents à la propriété d’un actif loué.
La norme IAS 17 distingue deux types de contrat de location :
Le contrat de location-financement : C’est un contrat qui transfert les risques et les
avantages inhérents à la propriété du bien au preneur ou locataire.
Le contrat de location simple : Contrairement au contrat de location-financement, les
risques et avantages inhérents à la propriété du bien restent au bailleur.
Mais comment distingue-t-on les deux ?
Contrat de location-financement Contrat de location simple
Transfert de propriété au preneur Pas de transfert de propriété
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Option d’achat à un prix avantageux Pas d’option d’achat avantageuse
Durée de vie couvrant la majeure partie de Durée de vie du contrat inférieure à la vie
la vie économique du bien. économique du bien.
La norme IFRS 16, publiée par l’IASB (International Accounting Standards Board),
définit les règles de comptabilisation et d’évaluation des contrats de location. Elle vise à
fournir aux utilisateurs des états financiers des informations claires sur l’impact de ces
contrats sur la situation financière, la performance et les flux de trésorerie de l’entreprise.
Selon l’IFRS 16 :
Un contrat de location-financement est un contrat qui transfère au preneur la quasi-
totalité des risques et des avantages inhérents à la propriété du bien sous-jacent
Un contrat de location simple un contrat ne transférant pas au preneur la quasi-
totalité des risques et des avantages inhérents à la propriété du bien sous-jacent.
Mais comment distingue-t-on les deux ?
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La durée du contrat couvre l’essentiel de la vie économique du bien, même en
l’absence de transfert de propriété.
La valeur actualisée des paiements représente au moins la quasi-totalité de la juste
valeur du bien.
Le bien est spécifique et ne peut être modifié de manière significative par le
preneur.
En cas de résiliation du contrat, le preneur assume les pertes subies par le bailleur.
Les variations de la juste valeur résiduelle entraînent des gains ou des pertes pour
le preneur.
Le preneur peut prolonger la location à un loyer nettement inférieur au tarif du
marché.
Pour le preneur
Dans le bilan :
L’enregistrement du contrat entraîne une augmentation des actifs immobilisés et des dettes
financières, ce qui détériore le ratio dettes financières / capitaux propres.
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Dans les flux de trésorerie :
Les loyers ne sont plus classés en flux d’exploitation. Le remboursement de la dette locative
est désormais un décaissement lié aux activités de financement.
Pour le bailleur
Dans le bilan
-Location simple : Les revenus locatifs sont enregistrés de manière linéaire sur toute la durée
du contrat, selon une méthode d’amortissement cohérente avec IAS 16 et IAS 38.
-Location simple : Les loyers perçus sont enregistrés comme produits locatifs.
Tout comme les deux autres normes le PCG 2005 distingue deux types de contrat :
Tout actif faisant l'objet d'un contrat de location financement doit être comptabilisé à la date
d'entrée en vigueur du contrat en respectant le principe de la prééminence de la substance.
Voici alors, quelques exemples qui conduisent à classer un contrat de location en un contrat
de location-financement :
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suffisamment inférieur à sa juste valeur à la date à laquelle l'option peut être levée
pour que, dès le commencement du contrat de location, il existe une certitude
raisonnable que l'option sera levée.
La durée de location couvre la majeure partie de la durée de vie économique de
l'actif même s'il n'y a pas transfert de propriété
Au commencement du contrat de location, la valeur actualisée des paiements
minimaux au titre de la location s'élève au moins à la quasi-totalité de la juste valeur
de l'actif loué.
Les actifs loués sont d'une nature spécifique et seul le preneur peut les utiliser sans
leur apporter de modifications majeures.
Selon la définition donnée par le PCG 2005, un contrat de location est : « Tout contrat autre
que le contrat de location-Financement ».
Les accords de licence portant sur des œuvres et des droits de propriété intellectuelle
(films, enregistrements, pièces de théâtre, brevets, etc.).
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D’un bien immobilier détenu par des preneurs et comptabilisé comme immeuble de
placement
D’un immeuble de placement mis à disposition par des bailleurs en vertu de contrats
de location simple
NB : Pour ces derniers il est important de consulter respectivement les normes IAS 40 -
immeubles de placement et IAS 41 – agriculteur. Il est également important de préciser que
la norme IAS 17 s’applique aux accords qui transfert le droit d’utilisation d’un actif même
s’il est imposé aux bailleurs d’effectuer des prestations nécessaires comme la maintenance
pour pouvoir assurer la bonne utilisation de l’actif.
Comme la Norme IAS 17 se focalise sur les contrats de locations financement et simple,
cette dernière de s’applique pas sur des contrats qui ne transfèrent pas le droit d’utilisation
des actifs d’une personne à une autre.
2- Selon l’IFRS 16
La norme IFRS 16 s'applique à l'ensemble des contrats de location, y compris ceux relatifs
aux actifs faisant l'objet de droits d'utilisation, à l'exception de certains cas spécifiques régis
par d'autres normes. Parmi ces exceptions figurent :
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Les droits détenus par un preneur en vertu d’un accord de licence régi par la norme
IAS 38 - Immobilisations incorporelles, couvrant notamment les films,
enregistrements vidéo, pièces de théâtre, manuscrits, brevets et droits de reproduction.
C-Comptabilisation
A. Selon l’IAS 17 et le PCG 2005
Contrat de location financement
1. Chez le preneur
A la date d’entrée en vigueur du contrat
Le taux d’actualisation utilisé pour calculer la valeur actualisée des paiements minimaux est,
en priorité, le taux d’intérêt implicite du contrat de location. Si ce taux ne peut être
déterminé, alors le taux d’emprunt marginal du preneur est utilisé.
Étant donné que le preneur est tenu de régler les loyers futurs, ces obligations sont
comptabilisées comme une dette financière, pour un montant équivalent à celui inscrit à
l’actif. Ainsi, la comptabilisation se fait en débitant le compte d’immobilisation et en
créditant le compte 167 (Dettes sur contrats de location-financement).
2XX Immobilisation X
167 Dettes sur contrat de location- X
financement
Au cours du contrat
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Selon l’IAS 17 et le PCG 2005, les loyers sont comptabilisés en distinguant le
remboursement principal, les intérêts financiers et l’amortissement.
512 Banque X X
Comptabilisation de l’amortissement
A la fin du contrat
Lorsque le contrat touche à sa fin, le locataire aura le choix entre acquérir le bien ou
non mais également, il aura la possibilité de renouveler le contrant.
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Lors de la comptabilisation deux cas peuvent se présenter à nous.
2X Immobilisation X
X
2XX Immobilisation X
X
2. Chez le bailleur
Au début du contrat
Selon le PCG 2005 et la norme IAS 17, un bailleur qui n'est ni fabricant ni distributeur
doit comptabiliser l'actif sous forme de créances, correspondant à l'investissement net. Dans
le cas contraire, il devra enregistrer la créance pour un montant équivalent à la juste valeur
du bien.
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Au cours du contrat
512 Banque X
274 Prêts X
76 Produits
financiers X
A la fin du contrat
A la fin du contrat, le locataire pourra soit acheter le bien ou pas, mais il peut
également renouveler le contrat et la comptabilisation prendra en compte les nouvelles
conditions de ce nouveau contrat.
512 Banque X
76 Produits X
financiers
21X Actifs X
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Contrat de location simple
1- Chez le preneur
Pour le contrat simple, les paiements de location doivent être comptabilisés en charges sur
une base linéaire pendant toute la durée du contrat sauf s’il existe une autre base systématique
plus représentative de l’échelonnement dans le temps des avantages qu’en bénéficiera le
locataire.
Banque
512 xxx
(Paiement du loyer)
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NB : dans ce cas de la réduction de loyer doit être étalée sur la durée du
contrat. On comptabilise en la valeur moyenne du loyer dans le compte 613.
2- Chez le bailleur
CAS NORMAL
(Réception de loyer)
B. Selon l’IFRS 16
L'IFRS 16 est la norme qui régit la comptabilisation des contrats de location. C'est depuis le 1 er
janvier 2019 que cette norme a remplacé l'IAS 17 et a entraîné un changement important dans le
traitement comptable des contrats de location.
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a) Les principes de l'IFRS 16 :
o Locataire (ou preneur) :
Sous IFRS 16, le locataire doit comptabiliser tous les contrats de location dans son bilan, que
ce soient des locations simples ou des locations – financements, à l’exception des contrats à
court terme (moins de 12 mois) ou de faible valeur.
Le bailleur, quant à lui, doit différencier les contrats de location simple des contrats de
location-financement.
b) Comptabilisation :
i. Selon le point de vue du preneur
Comptabilisation initial (dès le début du contrat)
Il doit évaluer l’actif au titre du droit d’utilisation au coût, ce qui implique : le montant initial
de la dette évalué à la valeur actualisée des paiements de loyers qui n’ont pas encore été versé.
Le droit d’utilisation fait référence à l’objet que le locataire est autorisé à utiliser pendant la
durée du contrat de location. Pour le comptabiliser correctement, il est nécessaire de calculer
le coût total de la location, soit la somme totale que le locataire devra payer pendant toute
la période du contrat.
Cependant, il ne suffit pas de prendre en compte le montant total des loyers à payer. Il faut
procéder à une actualisation de ces paiements futurs. L'actualisation permet de calculer la
valeur actuelle des paiements qui devront être effectués à l'avenir, car l'argent dans le futur n'a
pas la même valeur qu'aujourd'hui en raison de l'inflation ou d'autres facteurs économiques.
Pour effectuer cette actualisation, on utilise un taux d’intérêt. Ce taux sert à déterminer
combien vaudront aujourd’hui les paiements futurs. Il existe deux possibilités pour déterminer
ce taux :
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Si le contrat de location spécifie un taux d’intérêt implicite (un taux mentionné dans le
contrat), ce dernier doit être utilisé.
Si ce taux n'est pas précisé, il convient d'utiliser un taux d’emprunt marginal, c'est-à-dire le
taux auquel le locataire pourrait emprunter de l’argent auprès d’une banque ou d’un autre
prêteur, en fonction des conditions économiques actuelles.
Une fois le coût total actualisé de la location (c'est-à-dire la valeur actuelle de l’actif loué)
déterminé, il est également nécessaire d’enregistrer la dette locative, c'est-à-dire l'argent que
le locataire devra payer pendant la durée de la location.
Pour déterminer cette dette locative, il faut inclure toutes les formes de paiements que le
locataire effectuera durant le contrat. Il existe deux types principaux de paiements à prendre
en compte :
Les paiements fixes : Il s’agit des montants réguliers, constants, que le locataire doit payer à
une fréquence donnée (par exemple, mensuellement). Par exemple, si le loyer est de 500 euros
par mois pendant 2 ans, ce montant doit être inclus dans le calcul.
Les paiements variables : Parfois, le montant à payer peut changer en fonction de certains
facteurs externes, comme un indice (par exemple, l’inflation) ou un taux d’intérêt variable.
Dans ce cas, il est nécessaire d’estimer ce que ces paiements seront, en fonction de l'indice ou
du taux en vigueur au moment de la signature du contrat.
Les paiements que le preneur s’attend à payer comme une sorte de garantie de valeur
résiduelle
Les pénalités à régler en cas de résiliation anticipée du contrat de location, si la durée
du contrat reflète la probabilité que le locataire exerce son option de résiliation.
Le montant à payer en cas d’exercice de l’option d’achat, si le locataire est vraiment
certain d’acheter le bien à la fin de l’exercer.
2XX Immobilisation X
167 Dettes sur contrat de location- X
financement
Comptabilisation ultérieure :
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Évaluation du droit d’utilisation (actif)
Après que la location ait commencé, il faut régulièrement vérifier combien vaut ce droit
d’utilisation dans les comptes de l'entreprise.Cela signifie qu’il doit tenir compte de plusieurs
éléments :
Ajuster pour les réévaluations : Si l’obligation locative a été réévaluée (par exemple, un
changement dans le montant des paiements), l’actif doit être ajusté pour refléter ces
réévaluations.
De la même manière, le preneur doit évaluer son obligation locative (ce qu'il doit payer pour
la location) pendant la durée du contrat. Voici les étapes de cette évaluation :
Augmenter la valeur comptable : La valeur de l'obligation locative doit être augmentée pour
tenir compte des intérêts sur le montant à rembourser (comme un crédit).
Réduire la valeur comptable : Lorsque le preneur effectue des paiements de loyer, il faut
réduire la valeur de l’obligation locative de ce montant payé.
Les paiements de loyers variables (qui ne sont pas pris en compte dans l’évaluation de
l’obligation locative) doivent également être enregistrés dans les périodes au cours desquelles
les événements qui ont conduit à ces paiements se produisent.
Charge d’intérêt
661
512 Banque
2XX Immo.
781 Reprise d’exploitation – actifs
non courant
À la date de début du contrat, le bailleur doit enregistrer à son bilan les actifs issus
d’un contrat de location-financement en tant que créances, pour un montant correspondant à
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l’investissement net dans le contrat. Toutefois, cette comptabilisation ne s’applique que si le
bailleur n’est ni fabricant ni distributeur du bien loué.
Dans le cas où le bailleur est fabricant ou distributeur, il doit comptabiliser pour chaque
contrat de location-financement :
La juste valeur du bien loué ou, si elle est inférieure, la valeur actualisée des paiements
de loyers dus, déterminée avec un taux d’intérêt du marché.
Le profit ou la perte sur la vente, calculé selon les mêmes principes que pour une vente
classique.
274 Prêts X
7083 Locations X
diverses
b) Evaluation ultérieure
Le bailleur doit comptabiliser les revenus locatifs issus des contrats de location
simple en tant que produit financier sur toute sa durée en considérant le taux de rentabilité de
l’investissement net.
512 Banque X
274 Prêts X
76 Produits financiers
X
Location simple
a) Selon le point de vue du preneur
613 Locations X
512 Banq X
27
ue
Le bailleur doit enregistrer les revenus des contrats de location simple comme un produit,
en utilisant soit une méthode linéaire, soit une autre méthode reflétant mieux la diminution
des avantages liés à l’utilisation du bien.
Étant donné qu’il s’agit d’une location simple, le bailleur reste responsable des coûts et de
l’amortissement du bien. Ainsi, les coûts initiaux doivent être inclus dans la valeur comptable
du bien et répartis en charges sur la durée du contrat.
Si le bailleur est fabricant ou distributeur, il ne doit pas enregistrer de profit comme pour une
vente, car la location simple ne constitue pas une vente.
512 Banque X
708 Produits des activités annexes X
Le bailleur continue d’appliquer la même approche dans les deux normes, distinguant
la location-financement et la location simple.
Les paiements de loyers restent une charge dans le compte de résultat pour les
contrats qui ne sont pas comptabilisés comme des actifs.
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Impact sur le bilan du preneur : Avec IFRS 16, les contrats de location sont
systématiquement reconnus comme dette et actif, augmentant ainsi l’endettement
apparent.
Traitement des charges locatives : Sous IAS 17, les loyers des locations simples
étaient comptabilisés en charges locatives. Avec IFRS 16, ils sont remplacés par un
amortissement du droit d'utilisation et une charge d’intérêts sur la dette locative.
Exceptions : IFRS 16 prévoit des exemptions pour les contrats de courte durée (<12
mois) et les actifs de faible valeur, ce qui n’existait pas sous IAS 17.
Le PCG 2005 suit une approche similaire à IAS 17, qui différencie la location-
financement (comptabilisée à l’actif et au passif) et la location simple (en charges).
Contrairement à IFRS 16, il ne reflète pas toutes les obligations locatives au bilan, ce qui
peut réduire la transparence financière.
Les contrats de location simple ne sont pas inscrits au bilan du preneur, ce qui peut sous-
estimer les engagements financiers réels de l’entreprise.
Le PCG 2005 n’a pas évolué pour s’aligner sur IFRS 16, ce qui peut poser des problèmes
de comparabilité pour les entreprises appliquant des référentiels comptables différents.
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5. Traitement comptable limité pour le bailleur
Bien que le PCG 2005 prévoie une comptabilisation des créances pour les bailleurs en cas
de location-financement, il ne détaille pas suffisamment les méthodes d’évaluation et de
comptabilisation des intérêts financiers.
La cession-bail consiste en la vente d’un actif par une entité à une autre, suivie de sa
reprise en location. Autrement dit, le vendeur-preneur conserve un droit d’utilisation sur
l’actif cédé grâce à un contrat de location conclu avec l’acheteur-bailleur. Cette opération est
généralement réalisée pour obtenir des liquidités rapidement, tout en continuant à exploiter
l’actif.
2- Comptabilisation
Selon l’IAS 16, le passage de l’écriture est conditionné par la nature de la transaction de la
cession considérée comme vente ou non. C’est-à-dire s’il y a transfert effectif de propriété ou
non.
L’écriture de cession classique doit être enregistrée, mais certains points clés doivent être
pris en compte. Le vendeur-preneur comptabilise un droit d’utilisation en remplacement de
l’actif cédé, qui est crédité pour sa valeur nette comptable. Ce droit d’utilisation correspond à
la part de la valeur nette comptable proportionnelle aux dettes contractées (valeur actualisée
des loyers futurs). Ainsi, les plus-values et moins-values de cession sont limitées aux droits
réellement transférés. Enfin, l’encaissement du produit et la reconnaissance des dettes
doivent être constatés.
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53/512 Trésorerie XXX
-Location simple : Si la transaction se fait à la juste valeur, le résultat net est comptabilisé
immédiatement. Il en va de même si le prix de vente est inférieur à la valeur de marché, sauf
si cette perte est compensée par des loyers futurs réduits, auquel cas elle est différée et
amortie. Si le prix de vente est supérieur à la valeur de marché, l’excédent est également
différé et amorti. Enfin, si la valeur comptable de l’actif est inférieure à la juste valeur de
cession, la perte est immédiatement comptabilisée.
La différence entre la valeur actuelle nette des paiements locatifs et celle des
paiements conformes au marché.
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Si les conditions du contrat sont au-dessus du marché, l’excédent est considéré comme un
financement additionnel accordé par l’acheteur-bailleur au vendeur-preneur. À l’inverse, si
elles sont inférieures au marché, elles sont assimilées à une avance sur loyers futurs.
Cas de l’acheteur-bailleur
Date d’acquisition
Trésorerie
53/512 XXX
Fin d’année
Amortissement du bien
28X XXX
ETUDE DE CAS
A- LOCATION FINANCEMENT :
La société SIGMA établi un contrat de location d'une machine industrielle avec la société
UNIK dans lequel ces informations figurent :
32
loyer annuelle 4900 £ Calculs :
paiement d'avance
durée du contrat 20 ans
option d'achat 60000 £
juste valeur 120000 £
durée de vie économique 40 ans
on ne prend pas en compte la
TVA
( )
−20
1− (1+i )
120 000=4 900∗( 1+i )∗ +60 000∗( 1+i )−20
i
I = 2,14%
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Etablissement du tableau de remboursement financier
option
intérê d'acha
capital montant dû t remboursement loyers t
anné 2,14
e début fin %
2
1 120 000 117 670 570 2 330 4 900
2
2 117 670 115 291 520 2 380 4 900
2
3 115 291 112 860 469 2 431 4 900
2
4 112 860 110 377 417 2 483 4 900
2
5 110 377 107 841 364 2 536 4 900
2
6 107 841 105 251 310 2 590 4 900
2
7 105 251 102 606 254 2 646 4 900
2
8 102 606 99 903 198 2 702 4 900
2
9 99 903 97 143 140 2 760 4 900
2
10 97 143 94 324 081 2 819 4 900
2
11 94 324 91 444 020 2 880 4 900
1
12 91 444 88 503 959 2 941 4 900
1
13 88 503 85 498 896 3 004 4 900
14 85 498 82 429 1 3 069 4 900
34
831
1
15 82 429 79 295 766 3 134 4 900
1
16 79 295 76 093 698 3 202 4 900
1
17 76 093 72 823 630 3 270 4 900
1
18 72 823 69 483 560 3 340 4 900
1
19 69 483 66 071 488 3 412 4 900
1 60
20 66 071 62 586 415 3 485 4 900 000
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Comptabilisation
1- chez le preneur :
Enregistrement à l'origine :
215 12000
4 matériel industriel 0
dettes sur contrat de location- 12000
167 financement 0
31/12/N
dettes sur contrat de location- 2
167 financement 330
2
661 charges d'intérêt 570
4
512 banque 900
681 DAP 3000
2815
4 amortissement 3000
31/12/N+1
dettes sur contrat de location- 2
167 financement 380
2
661 charges d'intérêt 520
4
512 banque 900
681 DAP 3000
2815
4 amortissement 3000
2- chez le bailleur :
enregistrement à l'origine :
274 prêts
12000
36
0
12000
7083 locations diverses 0
comptabilisation ultérieure :
31/12/N
4
512 banque 900
2
274 prêts 330
2
76 produits financiers 570
31/12/N+1
4
512 banque 900
2
274 prêts 380
2
76 produits financiers 520
B-LOCATION SIMPLE :
La société SIGMA loue une voiture auprès de la société UNIK. Le nature du contrat est un
contrat de location simple
Les conditions que les sociétés UNIK et SIGMA ont convenues d'appliquer sont les suivantes :
loyer semestrielle 1000 £
paiement à terme échu
durée du contrat 3 ans
juste valeur du bien 7000
2,10
taux d'intérêt marginal semestriel %
durée de vie économique du bien 5 ans
on ne prend pas en compte la TVA
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La durée de location est inférieur à la durée de vie économiue de l'actif.
Il n'y a pas d'option d'achat.
Il n'y a pas de transfert de responsabilités des avantages et des risques du bien mis sous location
au preneur.
Ainsi, nous pouvons conclure qu'il s'agit d'un contrat de location simple.
5 583=1000 (
1−( 1,021 )−6
0,021 )
5583 < 7000
De ce fait, on va garder le taux d'intérêt marginal et 5583 sera la juste valeur prise
pour l'actif.
Comptabilisation :
chez le
preneur :
31/06/N
613 locations 500
512 banque 500
31/12/N
613 locations 500
512 banque 500
chez le
bailleur :
31/06/N
512 banque 500
708 Locations diverses 500
31/12/N
38
512 banque 500
708 Locations diverses 500
Conclusion
L’évolution des normes comptables a profondément modifié le traitement des contrats de
location. L’IAS 17, remplacée par l’IFRS 16, distinguait les locations-financements,
comptabilisées comme des actifs, des locations simples, enregistrées en charges, ce qui
laissait certains engagements hors bilan. L’IFRS 16 a supprimé cette distinction pour les
preneurs, imposant la comptabilisation systématique des contrats de location en actifs et
passifs, améliorant ainsi la transparence financière mais augmentant l’endettement apparent
des entreprises. De son côté, le PCG 2005, toujours en vigueur à Madagascar, conserve une
approche similaire à l’IAS 17, avec une flexibilité accrue mais une moindre transparence.
Ainsi, bien que l’IFRS 16 modernise la comptabilisation des locations, l’IAS 17 et le PCG
2005 offrent encore une souplesse qui peut être avantageuse selon les contextes comptables et
réglementaires.
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