Ecole Supérieure Polytechnique de la Jeunesse
Génie Electrique COURS Electromécanique
Option électromécanique Electronique Numérique Hassane COMPAORE
SYSTEMES SEQUENTIELS
I- INTRODUCTION
Nous avons étudié jusqu’ici des circuits logiques combinatoires dont les sorties, à un instant
donné, ne dépendent que des valeurs présentent sur les entrées.
Nous allons aborder l’étude de circuits logiques combinatoires possédant une fonction
mémoire.
1- Le système séquentiel
Un circuit logique séquentiel possède une fonction mémoire. Ses sorties sont fonction non
seulement des entrées mais aussi de l’état du système à l’instant précédent.
2- Le système séquentiel asynchrone
Le changement d’état de ce système est provoqué par une modification des combinaisons
des variables d’entrées.
3- Le système séquentiel synchrone
Dans ce système, le changement d’état ne peut s’effectuer qu’en présence d’un signal de
contrôle. Le circuit séquentiel le plus répandu est la bascule.
II- LES BASCULES
On désigne par bascule une microstructure séquentielle qui pour une combinaison d’état de
ses entrées, présente sur ses sorties deux états stables complémentaires l’un de l’autre. La
bascule est constituée d’un ensemble de portes logiques ; elle est l’élément de mémorisation
le plus répandu.
1- La bascule R-S
La bascule RS est la plus simple des bascules. Elle est réalisée à partir de deux portes NOR
ou de deux portes NAND. La bascule possède deux entrées notées R et S ainsi que deux
sorties conventionnellement notées Q et 𝑄
Symbole
Figure 1
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Tableau 1 : Table de fonctionnement
R S Qn+1 ̅̅̅̅̅̅̅̅̅
𝑄𝑛 + 1
0 0 Qn ̅̅̅̅
𝑄𝑛 mémoire
0 1 1 0 mise à 1
1 0 0 1 mise à 0
1 1 ambiguïté interdit
Réalisation des bascules RS
Bascule RS NOR. (0 PRIORITAIRE)
R Q R Q
>1
S >1 Q S Q
Figure 2
TABLE DE VERITE :
TABLE D’EVOLUTION :
R S Qn+1 Qn+1 Qn Qn+1 R S
0 0 - 0
0 0 Qn Qn 0 1 0 1
1 0 1 0
0 1 1 0 1 1 0 -
1 0 0 1
1 1 interdit
Bascule RS NAND. (1 PRIORITAIRE)
R & Q R Q
S & Q S Q
Figure 3
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TABLE DE VERITE: TABLE D’EVOLUTION:
R S Qn+1 Qn+1 Qn Qn+1 R S
0 0 1 1 0 0 - 1
0 1 1 0
0 1 0 1
1 0 0 1
1 0 1 0 1 1 1 -
1 1 Qn Qn
2- La bascule RS avec activation ou RSH
a- Fonctionnement
Cette bascule synchronisée par le niveau haut de l’horloge comporte deux fonctionnements
distincts :
- H=0 : la sortie ne change pas quelles que soient les entrées R et S. C’est le fonctionnement
en mémoire. La bascule n’est pas synchronisée.
- H=1 : la bascule est alors synchronisée. Sa sortie respecte la table de fonctionnement de
la bascule RS avec les mêmes restrictions.
a- Symbole
R Q
S Q
Figure 4
Le schéma de principe d’une bascule RS avec validation est représenté sur la Figure ci-
dessous. On reconnaît aisément la bascule RS dont les entrées sont maintenant notées R’ et
S’et sur lesquelles on a ajouté deux portes AND. L’entrée de validation E (pour Enable en
anglais) permet de contrôler l’ouverture des 2 portes AND.
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b- Schéma
Figure 5
3- les bascules synchrones
a- Le signal d’horloge
Figure 6
b- Types de synchronisation
➢ sur front (edge triggered)
front montant symbole
front descendant symbole
➢ sur niveau (latch)
niveau haut symbole
niveau bas symbole
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c- La bascule D
➢ Fonctionnement
Cette bascule dispose d’une seule entrée appelée l’entrée D. Le signal de synchronisation
peut être actif soit sur niveau (bascule D-latch) soit sur front (bascule D-edge triggered).
Avec une seule entrée, on ne peut trouver que deux modes de fonctionnement :
- Le signal de synchronisation est actif, la sortie recopie l’entrée D.
- Le signal de synchronisation n’est pas actif, la sortie ne change pas. C’est le fonctionnement
en mémoire. Lors du passage en position mémoire, la dernière valeur recopiée est mémorisée.
Symbole D-latch
Symbole D-edge Triggered
D Q D Q
H H
Q /Q
Figure 7
d- La bascule JK
Fonctionnement
C’est une bascule disposant de deux entrées J et K. Comme pour la bascule RS, J sert à la
mise à 1 et l’entrée K à la remise à zéro.
La différence entre la bascule JK et la bascule RS réside dans le fait qu’il n’y a plus d’état
interdit pour les entrées.
Tableau 2 : Table de fonctionnement (JK déclenchée sur front montant)
H J K Qn+1
0 0 Qn Mémoire
0 1 0 reset
1 0 1 Set
Fonctionnement
1 1 /Qn
en bistable
X X Qn mémoire
e- Les entrées asynchrones
Les bascules synchrones précédentes ont des entrées de commande S, R, D, J, K. Ces entrées
sont également qualifiées d’entrées synchrones étant donné que la sortie de la bascule est
synchronisée par le signal d’horloge.
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La majeure partie des bascules synchrones possèdent en plus des entrées asynchrones qui
agissent indépendamment des entrées synchrones et du signal d’horloge. On a recours à ces
entrées pour forcer en tout temps la remise à 0 ou à 1 de la bascule, quelles que soient les
conditions des entrées.
On dit aussi que ces entrées sont des entrées prioritaires qui imposent un état à la bascule
malgré les commandes lancées par les autres entrées.
Réponse de la
/PRES /CLR
2 U1A
bascule
~1PR
Fonctionnement
4 1J 1Q 15
1 1
1 1CLK synchrone
16 1K ~1Q 14
~1CLR
0 1 Q=1
3 74LS76D
1 0 Q=0
0 0 Inutilisée
Bascule JK munie d’entrées asynchrones :
/PRES : mise à 1 ; active sur niveau bas
/CLR : remise à 0 ; active aussi sur niveau bas.
Figure 8
III- REGISTRES
Les registres sont des associations de bascules permettant de mémoriser et de réaliser
certaines opérations sur des mots logiques.
Les registres sont les éléments de base des mémoires réalisées avec des semi-
conducteurs. On peut se représenter un registre comme un ensemble de mémoires
élémentaires susceptibles de stocker chacune un bit. L’entrée des informations dans un
registre peut se faire soit en série (les unes après les autres) soit en parallèle (toutes au
même moment). De la même façon la présentation des informations sur les sorties peut se
faire soit en série soit parallèle.
On aboutit ainsi à 4 types de fonctionnements différents pour les registres (parallèle-
série, parallèle-parallèle, série-parallèle et série-série).
1- Les registres tampon (ou registre de mémorisation).
Les registres tampon sont des registres de type parallèle-parallèle constitués de n
bascules de type D commandées par une même horloge.
Au signal d’horloge (impulsion sur CLK) les entrées Di sont recopiées sur les sorties Qi.
Une entrée asynchrone CLR permet, de façon prioritaire, d’effacer le contenu du registre
et d’écrire Qi =0
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Entre deux impulsions les sorties sont parfaitement isolées des entrées
Figure 9
2- Registres à décalage
Les registres à décalage sont des registres de type série-série ou série parallèle, dans
lesquels les informations sont décalées d’une bascule vers la suivante au rythme des
impulsions d’une horloge. Ils sont généralement réalisés avec des bascules RS.
Le schéma de principe d’un registre à décalage (vers la droite) avec entrée série est
présenté sur la Figure ci-dessous. Au fur et à mesure des impulsions d’horloge les données
présentes sur l’entrée série E sont transférées sur les différentes bascules. La présence
de l’inverseur entre R et S assure toujours R = 𝑆
Les bascules ne sont donc jamais en mode mémoire mais toujours en mode SET ou RESET.
Dans ces conditions la sortie Qi recopie, au moment de l’impulsion d’horloge, la valeur
présente sur l’entrée Si.
Figure 10
Schéma de principe d’un registre à décalage avec une entrée série (E). Le décalage se fait de QA
vers QB.
3- Les registres universels.
Dans la pratique il est inutile d’effectuer la synthèse des registres à décalage : un choix très
vaste est offert par les constructeurs. A titre d’exemple citons les registres universels de
type 194 dont le schéma est présenté ci-dessous. Ce sont des registres 4 bits à chargement
parallèle ou série. Outre une remise à zéro asynchrone (CLEAR) ils offrent la possibilité de
déplacer l’information vers la droite (de QA vers QD) ou vers la gauche (QD vers QA). Le
mode de fonctionnement est choisi avec les entrées synchrones S0 et S1.
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Figure 11
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IV- LES COMPTEURS
1- Définition
Compteur : un compteur est un circuit séquentiel comportant n bascules décrivant au rythme
d'une horloge un cycle de comptage régulier ou quelconque d'un maximum de 2n combinaisons.
État, Modulo : la combinaison de sortie d'un compteur est appelé état, et le nombre d'états
possibles d'un compteur est appelé modulo.
2- Compteur asynchrone (à propagation)
En cascadant des bascules montées en diviseurs de fréquence, on peut donc réaliser un
compteur dont le modulo dépendra du nombre de bascules.
Exemple d’un compteur asynchrone à cycle régulier
Compteur asynchrone à 4 bits (compte de 0 à 15).
figure 12
3- Compteur asynchrone à modulo N 2n (à cycle régulier)
a- Méthode
Pour réaliser un compteur ou un décompteur dont le cycle n’est pas une puissance de 2, la
seule solution est d’agir sur l’entrée « Clear » lorsque la combinaison correspondant au
modulo du compteur se produit sur les sorties de celui-ci.
Ainsi, pour 2N-1 N 2N, on réalise un compteur modulo 2n (avec n bascules), puis on
raccourcit le cycle en jouant sur les entrées RAZ des bascules.
b- Exemple
Figure 13
4- Exemple de CI
Il existe de nombreuses puces en technologies TTL et CMOS. Parmi les plus populaires on
trouve en TTL le 7493 qui est un compteur 4 bits, et en CMOS le 4024 qui est un compteur
7 bits.
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Figure 14
5- Inconvénients des compteurs asynchrones
Chaque bascule introduit un retard de Dp (Dp=25ns). Comme les bascules ne commutent
pas sur le même signal d’horloge, les retards s’additionnent : à la nième bascule, on a un
retard Tm de n xDp.
Ainsi, la fréquence maximum de fonctionnement FH d’un compteur constitué de n bascules
de délai de propagation Dp dépend du nombre de bascules donc du modulo du compteur.
6- Compteur synchrone (parallèle)
Le signal déclencheur est commun à toutes les bascules qui constituent le compteur, cela
permet d'une part de remédier au problème du temps de propagation dans les compteurs
asynchrones, et d'autre part de rendre possible l'exécution d'un cycle quelconque. Pour que
le compteur synchrone suive la succession d'états prévus, les entrées synchrones de chaque
bascule doivent être calculées. Cela s'appelle faire la synthèse d'un compteur synchrone.
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Figure 15
APPLICATION : Réaliser un compteur décompteur modulo 8. Une entrée M permet de choisir le
mode.
M = 0 : mode compteur
M = 1 : mode décompteur
7- Les compteurs synchrones en Circuits Intégrés
Il existe différents compteurs synchrones en C.I.
On vous donne à titre d'exemple la fiche technique des circuits 74193 (dont on a expliqué la
signification du symbole), 74LS160, 74190 et 74192.
Exemple le CI 74193 Câbler de manière à obtenir un décompteur modulo 7.
Figure 16
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V- ASTABLES ET MONOSTABLES
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