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Ohada

L'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) est une organisation intergouvernementale créée pour établir un cadre juridique commun afin de stimuler les investissements en Afrique. Elle regroupe 17 pays africains et a pour mission de rationaliser l'environnement juridique des entreprises à travers l'élaboration d'actes uniformes applicables dans tous ses États membres. L'OHADA dispose de plusieurs institutions, dont la Cour commune de justice et d'arbitrage, et a déjà élaboré 10 actes uniformes couvrant divers domaines du droit des affaires.

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L'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) est une organisation intergouvernementale créée pour établir un cadre juridique commun afin de stimuler les investissements en Afrique. Elle regroupe 17 pays africains et a pour mission de rationaliser l'environnement juridique des entreprises à travers l'élaboration d'actes uniformes applicables dans tous ses États membres. L'OHADA dispose de plusieurs institutions, dont la Cour commune de justice et d'arbitrage, et a déjà élaboré 10 actes uniformes couvrant divers domaines du droit des affaires.

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L'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (en

abrégé OHADA) est une organisation intergouvernementale d'intégration juridique.


Instituée par le traité du 17 octobre 1993 signé à Port-Louis, tel que révisé le 17
octobre 2008 à Québec, cette organisation regroupe à ce jour 17 pays africains et
reste ouverte à tout État membre de l'Union africaine, voire à tout État non membre
de l'Union africaine qui serait invité à y adhérer du commun accord des États
membres.

Elle vise à combattre la chute des investissements en Afrique en proposant un cadre


juridique commun dans le domaine économique et du droit des affaires.

Historique et buts
L'OHADA a été créée dans un contexte de crise économique aigüe et de chute
drastique du niveau des investissements en Afrique, l'insécurité juridique et judiciaire
étant alors identifiées comme cause majeure de défiance des investisseurs. Vétusté,
disparité et inaccessibilité des règles régissant les opérations économiques
généraient l'insécurité juridique se traduisant par une incertitude sur la règle en
vigueur, tandis que le dénuement des tribunaux, l'insuffisance du personnel
judiciaire, la formation déficitaire de celui-ci en droit économique, les lenteurs
judiciaires et des problèmes de déontologie constituaient le ferment d'une insécurité
judiciaire se traduisant par une certaine imprévisibilité des décisions de justice. Afin
d'y remédier, l'OHADA a reçu pour mission de rationaliser l'environnement juridique
des entreprises afin de garantir la sécurité juridique et judiciaire des activités
économiques, dans la perspective de stimuler l'investissement et de créer un
nouveau pôle de développement en Afrique. Pour y parvenir, l'OHADA s'emploie à :

 élaborer, pour ses États membres, un droit des affaires simple, moderne,
harmonisé et adapté, afin de faciliter l'activité des entreprises ; ce droit commun
est contenu dans des Actes uniformes qui, une fois adoptés, s'appliquent de
façon identique dans l'ensemble des États membres ;

 garantir que ce droit soit appliqué avec diligence, dans des conditions propres à
garantir la sécurité juridique des activités économiques; cet objectif est réalisé par
la sécurisation du règlement judiciaire des contentieux d'affaires et la promotion
des modes alternatifs de règlement des différends.
Par l'ampleur du champ matériel couvert et la technique législative utilisée, l'OHADA
apparaît comme l'une des expériences d'intégration juridique la plus aboutie.

Organisation
Cadre institutionnel
Le Traité OHADA met en place cinq institutions :

 la Conférence des Chefs d'États et de Gouvernements (CCEG) est l'organe


suprême de l'OHADA. Elle est présidée par le chef de l'État ou de Gouvernement
dont le pays assure la présidence du Conseil des ministres de la Justice et des
Finances. Elle se réunit en tant que de besoin, sur convocation de son président,
à son initiative ou à celle du tiers des États-parties, pour donner les impulsions et
orientations nécessaires au processus d'harmonisation du droit des affaires ;
 le Conseil des Ministres (CM) comprend les ministres chargés de la Justice
ainsi que les ministres des Finances de chaque État Partie. Organe délibératif et
de décision, il se réunit au moins une fois par an. Le CM est, notamment,
compétent pour adopter les « Actes uniformes », règles de droit matériel
directement applicables dans chacun des États Parties ;

 le Secrétariat Permanent (SP) est l'organe exécutif de l'OHADA. Il assiste le


Conseil des Ministres et est chargé de la préparation du programme annuel
d'harmonisation du droit des affaires ainsi que des projets d'Actes uniformes. Son
siège se situe à Yaoundé (Cameroun), le Secrétariat Permanent est actuellement
dirigé par le Professeur Emmanuel Sibidi Darankoum, qui représente
officiellement l'OHADA ;

 la Cour commune de justice et d'arbitrage (CCJA) a son siège à Abidjan.


Composée de treize juges élus pour un mandat de sept ans non renouvelable, la
CCJA assure l'interprétation et l'application communes du Traité, des Règlements
pris pour son application et des Actes uniformes. Elle assure une triple fonction
consultative (elle émet des avis sur toute question relative à l'interprétation du
Traité et des actes de droit dérivé), judiciaire (elle se substitue aux Cours
suprêmes nationales pour connaître seule, en dernier ressort, des pourvois
dirigés contre les décisions nationales appelant l'application du droit OHADA) et
arbitrale (elle abrite un centre d'arbitrage institutionnel dont le fonctionnement est
régi par le Règlement d'arbitrage du 11 mars 1999) ;
 La Cour Africaine de la Médiation et d'Arbitrage (C.A.M.A.R)1. Ali Ouhmid
[ ]

(Maroc) est président de la CAMAR, Marc Deschenaux (Genève) est membre de


la CAMAR depuis 20182. Marc Deschenaux est également membre de la
[ ]

CIMEDA (Cour Internationbale de Médiation et d'Arbitrage à Genève) depuis


2012.

 l'École Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA) ayant son siège


à Porto-Novo, est un organe de formation, de perfectionnement et de recherche
en droit OHADA et droit des affaires. Rattachée au Secrétariat Permanent qui en
assure la tutelle, l'ERSUMA est actuellement dirigée par le Professeur Mayatta
Ndiaye MBAYE.
États membres
Date de ratification du Date de dépôt des
Pays Date d
Traité instruments
Bénin 08.03.1995 10.03.1995
Burkina Faso 06.03.1995 16.04.1995
Cameroun 20.10.1995 04.10.1996
Comores 20.10.1995 04.10.1996
République du Congo 28.05.1997 18.05.1999
Côte d'Ivoire 29.09.1995 13.12.1995
Gabon 02.02.1998 04.02.1998
Guinée 05.05.2000 22.09.2000
Guinée-Bissau 15.01.1994 26.12.1995
Guinée équatoriale 16.04.1999 15.06.1999
Mali 07.02.1995 23.03.1995
Niger 05.06.1995 18.07.1995
République
13.01.1995 13.01.1995
centrafricaine
République
27.06.2012 13.07.2012
démocratique du Congo
Sénégal 14.06.1995 14.06.1995
Tchad 13.04.1996 03.05.1996
Togo 27.10.1995 20.11.1995
Cadre juridique
L'arsenal normatif de l'OHADA est, à ce jour, riche de 10 actes uniformes.

Les Actes uniformes contiennent des règles de droit matériel qui, une fois adoptées,
s'appliquent à l'identique dans l'ensemble des États membres et l'emportent sur toute
législation interne contraire, conformément à l'article 10 du Traité OHADA : ils
disposent donc d'un effet direct similaire aux règlements de l'UE.

Les Actes uniformes sont préparés par le Secrétariat Permanent qui en communique
le projet aux États membres pour recueillir leurs observations. Une fois celles-ci
reçues et synthétisées, le Secrétariat Permanent met au point le projet d'Acte
uniforme et le transmet pour avis à la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage, qui
doit se prononcer dans un délai de 60 jours. Ensuite, le projet est inscrit pour
adoption à l'ordre du jour de la prochaine session du Conseil des Ministres.

L'OHADA a déjà élaboré et mis en vigueur 10 Actes uniformes qui couvrent divers
domaines de la vie économique : le droit commercial général, le droit des sociétés
commerciales et du groupement d'intérêt économique, le droit des sociétés
coopératives, le droit des sûretés, le droit des procédures simplifiées de
recouvrement et les voies d'exécution, le droit des procédures collectives
d'apurement du passif, le droit comptable, le droit du transport des marchandises par
route, le droit de l'arbitrage et le droit de la médiation.

Domaines juridiques
Droit des sûretés
L’Acte uniforme du 17 avril 19973, révisé le 15 décembre 20104 et portant
[ ] [ ]

organisation des sûretés (AUS) organise les sûretés, entendues comme affectation,
au bénéfice d’un créancier, de biens ou d’un patrimoine afin de garantir l’exécution
d’une obligation ou d’un ensemble d’obligations. Il distingue ainsi :

 les sûretés personnelles, qui comprennent le cautionnement, la garantie et la


contre garantie autonome ;
 les sûretés mobilières comprenant le droit de rétention, la propriété retenue ou
cédée à titre de garantie, le gage, les nantissements et les privilèges ;
 les hypothèques, sûretés réelles immobilières.
La révision de 2010, qui abroge et remplace l’Acte uniforme initial de 1997, est
entrée en vigueur le 15 mai 2011. L'acte modernise substantiellement le cadre
juridique des garanties du crédit : l’éventail des garanties susceptibles d’être utilisées
est élargi, le système d’information sur le crédit est modernisé et le texte institue
l’agent des sûretés, professionnel chargé de la gestion des sûretés d’autrui, de leur
constitution à leur réalisation. Le nouveau texte simplifie également les formalités de
constitution des sûretés tout en renforçant l’efficacité de celles-ci, avec consécration
de modes alternatifs de réalisation des sûretés réelles.

La réforme des sûretés traduit ainsi la volonté des États membres de l’OHADA de
renforcer la confiance des acteurs économiques.

Droit commercial général


L’Acte uniforme du 15 décembre 2010 portant sur le droit commercial général
(AUDCG) définit et réglemente :

 le statut du commerçant, personne accomplissant les actes de commerce par


nature comme profession ;

 le statut de l’entreprenant, entrepreneur individuel, qui, sur simple déclaration,


exerce une activité civile professionnelle, artisanale ou agricole. Ce dernier est
soumis à un régime juridique simplifié et adapté, pour favoriser le passage des
acteurs de l’économie informelle vers l’économie formelle ;

 le registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM) qui reçoit notamment les


immatriculations des personnes physiques et morales commerçantes, les
déclarations d’activité des entreprenants et l’inscription des sûretés. Le RCCM
est tenu par le greffe de la juridiction compétente en matière commerciale ou
l’organe compétent désigné par l’État Partie ; il est intégré, au niveau de chaque
État membre, dans un fichier national, qui lui-même alimente un fichier régional
tenu par la CCJA. L’informatisation du RCCM vise à favoriser l’accès, en temps
réel, à une information fiable et actualisée sur l’ensemble des acteurs
économiques de l’espace OHADA et l’état des sûretés consenties ;

 le bail à usage professionnel, statut qui étend à tous les professionnels exerçant
leur activité dans un local pris à bail, la protection autrefois réservée aux
commerçants locataires ;

 le fonds de commerce, constitué de l’ensemble de moyens qui permettent au


commerçant d’attirer et de conserver une clientèle ;

 l’intermédiaire de commerce (commissionnaire, courtier ou agent de commerce),


personne physique ou morale agissant professionnellement pour le compte
d’une autre personne afin de conclure avec un tiers un acte juridique à caractère
commercial ;

 la vente commerciale, contrat de vente de marchandises entre commerçants, y


compris les contrats de fournitures de marchandises destinées à des activités de
fabrication ou de production.
L’AUDCG du 15 décembre 2010, qui abroge et remplace l’Acte uniforme initial relatif
au droit commercial général, adopté le 17 avril 1997 à Cotonou (Bénin), est entré en
vigueur le 15 mai 2011. Outre l’institution du statut de l’entreprenant, ses innovations
les plus significatives comprennent la redéfinition de l’acte de commerce, la refonte
du régime de la prescription, ou encore la prise en compte des procédures
électroniques et l’informatisation du RCCM.

Droit de l’arbitrage
L’Acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage (AUA) du 11 mars 1999 constitue le droit
commun de l’arbitrage pour l’ensemble des États membres de l’OHADA. Il pose les
principes du droit de l’arbitrage, règle les différentes phases de la procédure, fixe les
conditions de la reconnaissance et de l’exécution des sentences arbitrales, et
organise les voies de recours ouvertes contre les sentences : recours en annulation,
recours en révision et tierce opposition.

L’arbitrage organisé par l’Acte uniforme cohabite, dans le système OHADA, avec
l’arbitrage institutionnel spécifique administré par la CCJA, et objet du Règlement
d’arbitrage du 11 mars 1999.

L’AUA et le Règlement d’arbitrage ont été révisés le 23 novembre 2017 lors de la


45éme session du Conseil des Ministres. Mieux alignés sur les standards
internationaux et respectueux du contexte spécifique de l'espace OHADA, les textes
révisés tendent à renforcer la transparence, la célérité et l'efficacité des procédures
arbitrales, mais aussi à améliorer l'attractivité du système d'arbitrage de la CCJA.

Droit des sociétés commerciales et GIE


L’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt
économique (AUSCGIE) du 30 janvier 2014, qui se substitue au texte initial du 17
avril 1997, introduit de nombreuses innovations dans la constitution et la vie des
sociétés commerciales dans l’espace géographique de l’OHADA.

La première partie du texte énonce des dispositions générales, communes à toutes


les formes de sociétés commerciales : règles de constitution et de fonctionnement,
responsabilité des dirigeants, liens de droit entre sociétés, transformation, fusion,
scission, apports partiels d’actifs, dissolution, liquidation, nullité de la société et des
actes sociaux, formalités diverses et règles de publicité. Outre les importantes
clarifications apportées, le nouvel AUSCGIE consacre les conventions
extrastatutaires, devenues d’usage courant dans la vie des affaires, de même qu’il
prévoit la nomination d’un administrateur provisoire, en cas de crise entre associés
rendant impossible le fonctionnement normal de la société.

La deuxième partie règlemente les diverses formes de sociétés commerciales :


société en nom collectif (SNC), société en commandite simple (SCS), société à
responsabilité limitée (SARL), société anonyme (SA), Société en participation,
société de fait, groupement d’intérêt économique (GIE) et, innovation
majeure, société par actions simplifiée (SAS). Le nouveau texte introduit également
d’importantes dispositions de droit boursier, de même qu’il améliore le traitement des
conventions réglementées afin de renforcer la transparence et le contrôle, mais aussi
d’améliorer la gouvernance des sociétés. Par ailleurs, la possibilité pour les
actionnaires et les administrateurs de participer par visioconférence aux réunions de
l’assemblée générale ou du conseil d’administration est instituée.
La troisième partie édicte, enfin, des incriminations relatives à la constitution, à la vie,
à la dissolution et à la liquidation des sociétés commerciales, étant précisé que les
sanctions afférentes aux infractions ainsi prévues doivent être précisées par la loi
nationale de chaque État Partie.

Comptabilité et information financière


Adopté en substitution à l’Acte uniforme du 24 mars 2000 portant organisation et
harmonisation des comptabilités des entreprises, le nouvel Acte uniforme du 26
janvier 2017 relatif au droit comptable et à l’information financière (AUDCIF) est un
corpus juridique rénové auquel est annexé le système comptable OHADA révisé
(SYSCOHADA). Le SYSCOHADA révisé comprend, d’une part, le plan comptable
général OHADA et, d’autre part, le dispositif comptable des comptes consolidés et
combinés.

Tenant compte des évolutions de la normalisation comptable internationale et des


besoins financiers grandissants des économies des pays membres de l’OHADA,
l’AUDCIF établit les normes comptables, le plan des comptes, les règles de tenue
des comptes, de présentation des états financiers et de l’information financière. Il
vise les comptes personnels des entités, personnes physiques et morales, les
comptes consolidés et les comptes combinés ; il comporte, en outre, des dispositions
pénales.

Le nouveau texte répond ainsi à des attentes majeures des professionnels de


l’analyse financière et de partenaires économiques potentiels. Il fait par ailleurs écho
à une prescription de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement des États
membres de l’OHADA qui, le 17 octobre 2013, avait « relevé la coexistence de deux
référentiels comptables dans l’espace géographique OHADA et instruit le Conseil
des Ministres de poursuivre la révision de l’Acte uniforme portant organisation et
harmonisation des comptabilités des entreprises pour en faire l’unique référentiel en
vigueur dans les États Parties ».

Moderne et en cohérence avec les autres Actes uniformes, le nouvel AUDCIF se


singularise, entre autres, par :

 le maintien, aux côtés du système normal, du système minimal de trésorerie,


réaménagé afin d’offrir la possibilité de tenir une comptabilité simplifiée en droits
constatés, et l’abandon corrélatif du système intermédiaire que constituait le
système allégé ;

 le relèvement substantiel du montant du chiffre d’affaires en deçà duquel les


petites entités économiques sont éligibles au système minimal de trésorerie ;

 la reconnaissance clairement exprimée de la spécificité du système comptable


des secteurs règlementés tout en réaffirmant que ces secteurs restent soumis au
droit comptable OHADA ;

 l’obligation faite aux entités inscrites à une bourse des valeurs ou faisant appel
public à l’épargne de produire, à l’intention des marchés financiers et autres
instances de réglementation sectorielle, des états financiers en normes
internationales d’information financière (IFRS), en sus de leurs états financiers
individuels en normes SYSCOHADA ou selon le référentiel comptable spécifique
à leurs activités ;

 la consécration de dispositions transitoires, pour permettre un passage efficient


vers le nouveau référentiel.
L'AUDCIF entre en vigueur le 1er janvier 2018 pour les comptes personnels des
entités et le 1er janvier 2019 pour les comptes consolidés, les comptes combinés et
pour les états financiers produits en normes internationales d'information financières,
dites normes IFRS.

Droit du transport des marchandises par route


Adopté le 22 mars 2003 à Yaoundé (Cameroun), l'Acte uniforme relatif au transport
de marchandises par route s’applique à tout contrat de transport de marchandises
par route lorsque le lieu de prise en charge de la marchandise et le lieu prévu pour
sa livraison, tels qu’ils sont indiqués au contrat, sont situés soit sur le territoire d’un
État membre de l’OHADA, soit sur le territoire de deux États différents dont l’un au
moins est membre de l’OHADA, à l’exclusion des transports de marchandises
dangereuses, des transports funéraires, des transports de déménagement, ou des
transports effectués en vertu des conventions postales internationales.

L’Acte uniforme s’applique indépendamment du domicile et de la nationalité des


parties au contrat de transport. Il règle la conclusion, l’exécution, la responsabilité et
le contentieux découlant du transport.

Droit des procédures simplifiées de recouvrement et des


voies d'exécution
L’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et
des voies d’exécution (AUVE) adopté le 10 avril 1998 organise, en matière de
recouvrement, deux procédures judiciaires simples à mettre en œuvre par un
créancier, afin de contraindre son débiteur à exécuter ses engagements : l’injonction
de payer et l’injonction de délivrer ou de restituer un bien, cette dernière étant
assortie de deux saisies correspondantes que sont la saisie-appréhension et la
saisie-revendication.

Dans le domaine des voies d’exécution, l’AUVE aménage les données de base de
l’exécution forcée, et réglemente les différents procédés de contrainte : les saisies
conservatoires (de biens meubles corporels, de créances, de droits d’associé et
valeurs mobilières), et les saisies exécutoires (saisie-vente, saisie-attribution de
créances, saisie des rémunérations, saisie immobilière).

Droit des procédures collectives d'apurement du passif


L’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d’apurement du
passif du 10 septembre 2015, qui se substitue à celui du 10 avril 1998, organise les
procédures de prévention et de traitement des difficultés des entreprises sur décision
et sous contrôle judiciaires (conciliation et règlement préventif, avant cessation des
paiements, redressement judiciaire et liquidation des biens, après cessation des
paiements), définit la réglementation applicable aux mandataires judiciaires et définit
les sanctions patrimoniales, professionnelles et pénales applicables au débiteur et
aux dirigeants de l’entreprise défaillante (faillite personnelle et banqueroute).
Les procédures collectives s’appliquent aux commerçants (personnes physiques et
morales), aux entreprenants, aux personnes morales de droit privé non
commerçantes, ainsi qu’aux entreprises publiques revêtant la forme de personnes
morales de droit privé. Des procédures simplifiées sont instituées pour les petites
entités économiques et un cadre juridique fixé pour rationaliser l’activité des
mandataires judiciaires. Le nouveau texte, au total, à renforcer la célérité et
l’efficacité des procédures collectives, favoriser le sauvetage des entreprises viables
et le paiement substantiel des créanciers.

Droit des sociétés coopératives


Adopté le 15 décembre 2010, l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés
coopératives (AUSCOOP) répond à une demande fortement exprimée par les
coopérateurs de l’espace OHADA qui, n’étant pas soumis aux règles des sociétés
commerciales, souhaitaient des règles spécifiques harmonisées à l’échelle régionale.

L’AUSCOOP s’applique à toutes les coopératives, sous réserve des règles


nationales ou régionales spécifiques, applicables aux sociétés coopératives exerçant
une activité bancaire ou financière.

Il prévoit deux types de coopératives au choix des entrepreneurs : la société


coopérative simplifiée et la société coopérative avec conseil d’administration. Il
distingue clairement les règles communes aux deux ainsi que les règles spécifiques
à chaque type de coopérative. Quelques traits caractéristiques de ces formes
d’organisation de l’entreprise méritent d’être soulignés : l’adhésion volontaire et
ouverte à tous sans discrimination, le pouvoir démocratique exercé par les
coopérateurs, l’autonomie et l’indépendance, l’éducation, la formation et l’information
du coopérateur, l’engagement volontaire envers la communauté, la coopération entre
organisations à caractère coopératif.

Droit de la médiation
À l'issue de la 45e session du Conseil des Ministres de l’OHADA qui se tenait à
Conakry en Guinée, un Acte uniforme relatif à la médiation (AUM) a été adopté le 23
novembre 2017. Dixième texte de droit uniforme adopté par l'OHADA, le nouvel AUM
uniforme vient pallier le vide législatif qui existait dans la plupart des États membres
sur la médiation, mode amiable de règlement différends.

Inspiré de la loi-type de la CNUDCI sur la conciliation commerciale internationale,


l’AUM adopte une définition large de la médiation, conçue comme « tout processus,
quelle que soit son appellation, dans lequel les parties demandent à un tiers de les
aider à parvenir à un règlement amiable d’un litige, d’un rapport conflictuel ou d’un
désaccord […] impliquant des personnes physiques ou morales, y compris des
entités publiques ou des États ». Le texte règle également la procédure de médiation
et énonce les principes directeurs de conduite d’une médiation : respect de la volonté
des parties, intégrité morale, indépendance et impartialité du médiateur,
confidentialité et efficacité du processus de médiation. D’importantes dispositions
sont également consacrées à l’exécution de l’accord de médiation.

La médiation commerciale rejoint le corpus juridique du droit OHADA et vient ajouter


une possibilité de règlement des conflits autre que l’arbitrage. Ce mode de résolution
des différends entre les opérateurs économiques est particulièrement adapté aux
réalités de la zone OHADA. La médiation est ancrée dans les cultures africaines, sa
rapidité et son coût peu important en font dès lors un outil d’une remarquable
efficacité à la portée du plus grand nombre d’entreprises.

Actes juridiques
Traité et règlements d'application

 Traité relatif à l'harmonisation en Afrique du droit des affaires [archive], adopté le


17/10/1993 à Port-Louis (Ile Maurice)
 Traité portant révision du Traité relatif à l'harmonisation en Afrique du droit des
affaires [archive], adopté le 17/10/2008 à Québec (Canada)
 Règlement d'arbitrage de la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage de
l'OHADA [archive]
 Règlement de procédure de la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage de
l'OHADA [archive]
Traité révisé

 Traité portant révision du Traité relatif à l'Harmonisation du Droit des Affaires en


Afrique [archive], adopté le 17/10/2008 à Québec (Canada)
Règlements révisés

 Règlement n° 01/2014/CM/OHADA modifiant et complétant le Règlement de


procédure de la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage du 18 avril
1996 [archive], adopté le 30/01/2014 à Ouagadougou (Burkina-Faso)
 Règlement d'arbitrage de la cour commune de justice et d'arbitrage [archive],
adopté le 23/11/2017 à Conakry (Guinée)
Actes uniformes

 Acte uniforme relatif au droit commercial général [archive], adopté le 17 avril


1997 (Journal Officiel de l'OHADA n°1 du 01/10/1997, p.1)

 Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement


d'intérêt économique [archive], adopté le 17/04/1997 (Journal Officiel de l'OHADA
n°2 du 01/10/1997)

 Acte uniforme portant organisation des sûretés [archive], adopté le 17/04/1997


(Journal Officiel de l'OHADA n°3 du 01/10/1997)

 Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement


et des voies d'exécution [archive], adopté le 10/04/1998 à Libreville (Gabon)
(Journal Officiel de l'OHADA n°6 du 01/07/1998)

 Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d'apurement du


passif [archive], adopté le 10/04/1998 à Libreville (Gabon) (Journal Officiel de
l'OHADA n°7 du 01/07/1998)

 Acte uniforme relatif au droit de l'arbitrage [archive], adopté le 11/03/1999 (Journal


Officiel de l'OHADA n°8 du 15/05/1999, p.2)
 Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des
entreprises [archive] , adopté le 24/03/2000 (Journal Officiel de l'OHADA n°10 du
20/11/2000)

 Acte uniforme relatif aux contrats de transport de marchandises par route [archive],
adopté le 22/03/2003 (Journal Officiel de l'OHADA n° 13)

 Acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives [archive], adopté le


15/12/2010 à Lomé (Togo) (Journal Officiel de l'OHADA n° 23 du 15/02/2011)
 Acte uniforme relatif à la médiation [archive], adopté le 23/11/2017 à Conakry
(Guinée)
Actes uniformes révisés

 Acte uniforme révisé relatif au droit commercial général [archive], adopté le 15


décembre 2010 à Lomé (Togo) (Journal Officiel de l'OHADA n° 22 du
15/02/2011)

 Acte uniforme révisé portant organisation des sûretés [archive], adopté 15


décembre 2010 à Lomé (Togo) (Journal Officiel de l'OHADA n° 23 du
15/02/2011)

 Acte uniforme révisé relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement


d'intérêt économique [archive], adopté 30 janvier 2014 à Ouagadougou (Burkina
Faso) (Journal Officiel de l'OHADA n° spécial du 04/02/2014)
 Acte uniforme révisé portant organisation des procédures collectives d'apurement
du passif [archive], adopté le 10/09/2015 à Grand-Bassam (Côte d'Ivoire) (Journal
Officiel de l'OHADA n° Spécial du 25/09/2015)
 Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière
(AUDCIF) [archive], adopté le 26/01/2017 à Brazzaville (Congo) (Journal Officiel de
l'OHADA n° Spécial du 15/02/2017)
 Acte uniforme relatif au droit de l'arbitrage [archive], adopté le 23/11/2017 à
Conakry (Guinée)
Notes et références
1. Ali Ouhmid, « Les Membres de bureau suprême de la C.A.M.A.R [archive] »,
sur CAMAR, janvier 2018
2. « Marc Deschenaux W.W.L [archive] », sur Whoswho Legal WWL, janvier 2018
3. Acte uniforme relatif au droit commercial général [archive], adopté le 17 avril 1997 (Journal
Officiel de l'OHADA n°1 du 01/10/1997, p.1)
4. Acte uniforme révisé relatif au droit commercial général [archive], adopté le 15 décembre 2010 à
Lomé (Togo) (Journal Officiel de l'OHADA n° 22 du 15/02/2011)

Annexes
Bibliographie

 Paul Gérard Pougoué (dir.), Encyclopédie du droit OHADA, L'Harmattan, Éditions


Lamy, Paris, 2012, 2185 p. (ISBN 9782296557734).
 Paul Gérard Pougoué et Yvette Rachel Kalieu Elongo (préf. Abdou
Diouf), Introduction critique à l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du
droit des affaires, Presses Universitaires d'Afrique, 2008 (ISBN 978-9956-444-48-
9, 978-99919-63-39-6 et 978-2-84770-165-4).
 Stéphane Mortier, Au cœur de l'unité africaine, Le droit OHADA. Harmonisation
du droit des affaires et intelligence économique, Uppr Éditions, 2017, 40
p. (ISBN 978-2-37168-209-2)
 Victor Kalunga Tshikala et Stéphane Mortier, Précis de droit OHADA des
sociétés, VA Éditions, 2020, 260p. (ISBN 978-2360930814)
 René Ilongo, Droit et pratique de l'arbitrage dans l'espace OHADA, VA Éditions,
2019, 200p. (ISBN 978-2360930357)
Liens externes

 Ohada.org [archive] - Le portail web officiel de l'OHADA


 Ohada.com [archive] - Le site de l'association UNIDA (promotion du droit OHADA)
contenant les actes uniformes, l'actualité du réseau OHADA, ainsi qu'une base
de doctrine et de jurisprudence
 Biblio.ohada.org [archive] - La Bibliothèque Numérique de l'OHADA contenant les
notices bibliographiques des centres de documentation de l'ERSUMA, la CCJA et
le Secrétariat Permanent, ainsi que des documents numériques
(communications, support de formation et autres publications de l'OHADA en
libre téléchargement)
 Legafrik [archive] la première plateforme digitale qui permet aux entrepreneurs de
gérer leurs besoins juridiques en ligne dans les 17 pays OHADA en Afrique. Elle
permet en outre de créer leurs statuts et documents juridiques conformes au
Droit OHADA en ligne et les faire réviser par des avocats.

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