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5e Régiment de Dragons - Historique de la Campagne 1914-1918.

Henri Charles-Lavauzelle, éditeur militaire – Paris – 1920


Source : [Link] Droits : Domaine public. Transcription intégrale : P. Chagnoux – 2014

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5e Régiment de Dragons - Historique de la Campagne 1914-1918. Henri Charles-Lavauzelle, éditeur militaire – Paris – 1920
Source : [Link] Droits : Domaine public. Transcription intégrale : P. Chagnoux – 2014

5e RÉGIMENT DE DRAGONS
——————

Historique de la Campagne 1914 – 1918

════════════════════════════════════════════════════════

I.

L’ENTRÉE EN CAMPAGNE. — LA BELGIQUE. — LA RETRAITE.

Lorsque, le 25 juillet 1914, éclata le coup de tonnerre de la menace allemande, le 5e Dragons, sous
le commandement du colonel DAUVÉ, commençait à s'entraîner pour les manœuvres auxquelles il
devait prendre part au mois d'août. Dès le 27, les officiers en permission étaient rappelés, et, les
jours suivants, toutes les mesures étaient prises pour faciliter et hâter la mobilisation du régiment.
C'est dans ces conditions que, le 31 juillet, à 18 h.15, l'ordre donné aux troupes de couverture de
gagner leurs emplacements trouve le 5e Dragons tout prêt. Le régiment, composé surtout de
cavaliers provenant de la Picardie, de l'Oise et du Nord, avec un certain nombre de Parisiens et de
Bretons, et possédant d'excellents cadres, est bien entraîné et bien en main ; les chevaux, de la
remonte de Caen, sont en très bonne condition. C'est un bel instrument de guerre, qui inspire à tous
la confiance qu'il s'est glorieusement chargé de justifier au cours de la campagne.
Dans la soirée du 31 juillet et la journée du 1er août, le régiment, escadron par escadron, quitte, au
milieu des ovations, sa belle garnison de Compiègne, et part en quatre trains pour Aubenton, près
d'Hirson, où il débarque, après un trajet assez rapide, salué sur tout le parcours par les populations
assemblées aux abords des gares ou le long des voies. La région où débarque le 5e Dragons, au sud
des forêts qui bordent la frontière belge vers la trouée de Chimay, est remplie de cavalerie.
Toute la 3e D. C. (général de LASTOURS) y opère sa concentration, ainsi que la 1re D. C. (général
BUISSON) et la 5e D. C. (général BRIDOUX). La 3e D. C., dont fait partie le régiment, se
compose de la 4e brigade de cuirassiers (colonel GOUZIL) : 4e Cuirassiers (colonel RITLENG) et
9e Cuirassiers (colonel VALLÉE) ; de la 13e brigade de dragons (général LEORAT) : 5e Dragons
(colonel DAUVÉ) et 21e Dragons (colonel VIOLAND) ; de la 3e brigade légère (général de LA
VILLESTREUX) : 3e Hussards (colonel LYAUTEY) et 5e Hussards (colonel DELAINE) ; d'un
groupe de trois batteries à cheval du 42e régiment d'artillerie (commandant LAVERGNE) et d'un
groupe cycliste du 18e bataillon de chasseurs (capitaine GENDRE). Cavaliers, artilleurs, cyclistes,
tous montrent le plus joyeux entrain et le plus vif désir de se mesurer avec l'ennemi.
Après trois journées passées au cantonnement, tout en assurant par de petites fractions la
surveillance de la frontière, le 5e Dragons, qui a appris successivement la mobilisation puis la
déclaration de guerre de l'Allemagne, quitte Aubenton pour Vivier-au-Court, situé à plus de 60
kilomètres à l'est, près de Sedan, où le général SORDET, commandant le corps de cavalerie
composé des 1re, 3e et 5e D. C., établit son quartier général. Le lendemain 6 août, tout le corps de
cavalerie entrait en territoire belge, avec mission de reconnaître les forces allemandes signalées sur
le front oriental de la Belgique, de les retarder, et de refouler leur cavalerie. Le 5e Dragons, en tête
de la 3e D. C., suit la vallée de la Semoy, par une route accidentée et pittoresque, et traverse

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Bouillon au milieu des acclamations. Le défilé, sous le soleil d'août, dans ce décor magnifique, de
ces beaux régiments à effectifs complets, la bonne tenue des hommes, gais, confiants et résolus, la
splendide condition des chevaux, débordants de vigueur et de santé, ont laissé dans l'esprit de tous
ceux qui ont assisté à ce spectacle, un ineffaçable souvenir.
Après avoir cantonné à Mogimont, près de Bouillon, où des nouvelles favorables de Liège étaient
venues encore augmenter la confiance, le régiment repartait vers le nord, en avant-garde de la
division, avec un escadron (le 4e, capitaine de PUYFONTAINE) détaché en découverte vers
Dinant. Une marche de 40 kilomètres dans une région boisée, sous une pluie battante, amenait le 5e
Dragons à Pondrôme, où l'on apprenait qu'une reconnaissance allemande avait été détruite la veille
par les Belges dans le village tout proche de Baronville.
Le 8 août à midi, le C. C. est. rassemblé à Ciney, et se met en marche sur Liège, en trois colonnes,
la 3e D. C. à gauche, couverte sur son flanc gauche par un peloton du 5e Dragons (lieutenant de
MONCLIN). La division arrive à Nandrin à la tombée de la nuit, après une marche de 75
kilomètres, refoulant des éléments de cavalerie allemande et poussant des patrouilles jusqu'à Liège.
Les premiers prisonniers capturés, qui remontent nos colonnes sous escorte, excitent la curiosité et
l'enthousiasme des cavaliers. Tout le monde brûle du désir de se battre. Mais, à 20 heures, la
division reçoit l'ordre de se replier vers le sud-ouest pour bivouaquer. Le 5e Dragons arrive à
23 h.30 aux Avins, où il établit son bivouac, après avoir couvert dans la journée près de 90
kilomètres. Le lendemain, le C. C. revenait vers le sud et le 5e Dragons, qui a détaché en flanc garde
le peloton du lieutenant de CORNY, rentrait à Pondrôme par une chaleur torride, après avoir fait
en deux jours 160 kilomètres, inaugurant ainsi l'ère des randonnées à travers la Belgique et le
nord de la France, au cours desquelles allaient s'affirmer le parfait entraînement des hommes et
des chevaux, la vigueur, la ténacité, l'esprit de devoir de tous.
Après une journée de repos, pendant laquelle le régiment apprend la victoire française en Alsace et
l'entrée à Mulhouse, le corps de cavalerie se porte dans la direction de Neufchâteau-Libramont,
où des forces allemandes sont signalées. La nuit du 11 au 12 est passée par la 3e D. C. au nord de
Paliseul, d'où elle repart le 12 au matin pour atteindre la région de Recogne, nœud important de
voies ferrées, poussant en avant d'elle une batterie soutenue par deux pelotons du 1er escadron du 5e
Dragons. Dans la soirée, la division se replie vers le nord-ouest, et le 5e Dragons vient cantonner à
Fays-Famenne, dans un pays accidenté et boisé, où il séjourne jusqu'au 14 au soir en se gardant
soigneusement, car des forces allemandes importantes, en particulier de la cavalerie, sont signalées
à peu de distance, dans la forêt de Saint-Hubert. Dès le 13, de nombreuses patrouilles allemandes
sont aperçues dans les bois par nos petits postes et nos patrouilles. Une échauffourée entre une de
ces dernières et un peloton du 6e Hussards allemands a lieu le 13 au soir. Notre patrouille, très
inférieure en nombre, est poursuivie jusqu'à Sohier par les hussards qui pénètrent à sa suite dans le
village, où ils sont anéantis par le 21e Dragons. Un de nos cavaliers, le dragon VATIN, du 1er
escadron, trouve la mort d'un coup de lance au cours de cet engagement. Ce premier tué de la
campagne est enterré au cimetière de Fays-Famenne avec les honneurs militaires. Le 14 au matin,
un escadron de marche (un peloton par escadron), commandé par le capitaine PETIET, reçoit du
général commandant le C. C. l'ordre de partir en découverte dans la direction de Recogne. Cet
escadron se heurte, entre Daverdisse et Redu, à un détachement ennemi qui lui fait subir des pertes
(1 tué, 2 blessés, 5 chevaux tués) et il est obligé de se replier après avoir, non sans peine, dégagé
son avant-garde accrochée par l'ennemi.
Le 14 au soir, l'ennemi étant signalé au sud et à l'ouest de Fays-Famenne, et ses éléments
avancés devenant pressants, le 5e Dragons reçoit l'ordre de rallier dans la nuit le 21e Dragons La
brigade se forme près de Honnay et rejoint la 3e D. C., en passant la Meuse à Hastière et en

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fournissant une marche de 50 kilomètres.


Le 16 et le 17 août sont employés par le C. C. à remonter d'une cinquantaine de kilomètres vers le
nord. Le 17 au soir, le Q. G. du corps de cavalerie est à Fleurus, le 5e Dragons à Sombreffe et
Ligny. Des reconnaissances envoyées vers Wavre ont signalé l'approche de nombreuses forces
ennemies à la rencontre desquelles le C. C. se porte le 18, atteignant dans la soirée Perwez. Le 5e
Dragons, qui a essuyé une assez vive canonnade, bivouaque à Orbais, d'où partent trois pelotons en
reconnaissance (lieutenants BERNARD, de MONTMARIN, de PRACOMTAL) vers Hanut et
Jodoigne, dans la direction du nord-est.
La journée du 19 est employée par le C. C. à dessiner une attaque qui n'est pas poussée. Le régiment
gagne dans la soirée Fleurus où le rejoignent les reconnaissances, qui ont pu se rendre compte
d'importants mouvements de troupe de l'est vers l'ouest. Le peloton de PRACOMTAL, cerné par
plusieurs escadrons et acculé à un pont fortement tenu, entre Perwez et Grand-Rozière, a dû se
faire jour au sabre et à la lance et a perdu 8 hommes tués ou blessés. Le maréchal des logis
DEHARVENG, détaché de ce peloton avec une mission particulière, ne rejoint qu'au prix des plus
grandes difficultés et en perdant deux hommes. Dans cette affaire se sont distingués spécialement le
cavalier QUARTENOUD ; le cavalier GOUSSET qui, démonté et isolé, rejoint le 21, déguisé en
civil : le cavalier DESTAM qui, fait prisonnier, devait, quatre ans plus tard s'évader d'Allemagne.
Les quelques cavaliers qui, blessés ou démontés, sont tombés aux mains de l'ennemi, ont opposé
une résistance acharnée et brûlé toutes leurs cartouches.
Le 20 août, le C. C. se porte derrière le canal de la Sambre. Le 5e Dragons cantonne à Courcelles-
Motte, détachant le 2e escadron en sûreté à l'important nœud de routes de Gosselies. Le 21 à
midi, arrive l'ordre de monter à cheval ; la 3e D. C. fait quelques kilomètres vers l'ouest jusqu'à la
Chapelle-l'Herlaimont où elle s'établit en attendant l'arrivée d'une brigade du 3e C. A. A minuit,
cette brigade est en place ; la 3e D. C. se porte alors vers le sud et le 5e Dragons arrive à 7 h.30 aux
Baraques, après une dure marche de nuit pendant laquelle il a longé et dépassé de nombreux et
tristes convois d'évacués fuyant devant l'invasion.
Le 22, toute la 3e D. C. s'établit au sud-ouest de Binche et prend contact avec les Anglais (20e
Hussards). On entend vers Binche une violente canonnade. A 17 heures, le C. C. se replie au sud de
la Sambre et le 5e Dragons vient bivouaquer autour du hameau des Haies-de-Cousolre, à une
dizaine de kilomètres à l'est de Maubeuge, après avoir repassé de nuit la frontière. Toute cette
cavalerie, qui était entrée si brillante en Belgique dix-sept jours auparavant, rentrait en France avec
ses effectifs diminués, ses chevaux amaigris,et fatigués, ses hommes surmenés. Mais elle n'avait
rien perdu de son entrain et de sa confiance. Si elle n'avait pu se livrer aux charges espérées, si elle
avait dû se retirer sans avoir été battue, elle avait du moins conscience que ce raid de plus de 500
kilomètres à travers le territoire belge, qui avait montré si rapidement les forces françaises en des
points si différents et si éloignés, n'avait pas été inutile, et l'ordre du jour du général JOFFRE la
félicitant de ses travaux et de ses fatigues allait lui apporter le témoignage qu'elle ne s'était pas
trompée.
Le 23 août, le régiment, après un ravitaillement hâtif et un contact de quelques instants avec une
division d'infanterie dont les escadrons divisionnaires sont les propres escadrons de réserve du 5e
Dragons, se porte vers le nord pour coopérer, avec le reste de la 3e D. C., à la défense des ponts de
la Sambre. Il met pied à terre près de Jeumont, puis remonte à cheval, franchit la Sambre, et
gagne une dizaine de kilomètres vers le nord-ouest sans rencontrer l'ennemi. A 19 heures, la
division recevait l'ordre d'évacuer le secteur de Maubeuge. Le 5e Dragons arrivait à 23 h.30 au
Vieux-Mesnil, après une journée qui ne l'avait cédé en rien aux précédentes au point de vue de la
fatigue, augmentée encore par l'impression pénible causée par notre mouvement de retraite.

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Jusqu'alors, les marches rétrogrades avaient été attribuées à des raisons stratégiques et l'espoir
restait entier. Mais, à Vieux-Mesnil, les premiers résultats de la bataille de Charleroi, de l’échec
des divisions britanniques vers Mons, commençaient à se faire jour. D’ailleurs le cantonnement de
Vieux-Mesnil était constamment parcouru par des convois anglais qui battaient en retraite. En effet,
le lendemain 24 août, le C. C. recevait l’ordre de se porter vers le sud-ouest, de façon à prendre
position à la gauche de l’armée britannique pour couvrir sa retraite.

Une première étape conduit le 5e Dragons à Leval ; une deuxième, au cours de laquelle il longe la
forêt de Mormal, l'amène à Bantouzelle, sur l'Escaut, après une soixantaine de kilomètres
couverts sous une pluie battante. Mais le C. C. a pu gagner sa place sur le flanc anglais, et, le 26 au

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matin, il se rassemble pour se porter à l'attaque vers la route de Cambrai - Le Cateau. Après un
engagement de l'artillerie et de quelques éléments à pied contre de fortes colonnes allemandes qui
débouchent au nord, le C. C. repasse le pont de Masnières. Le 5e Dragons gagne de nuit Fins, à 15
kilomètres dans le sud-ouest, sur la grand'route de Cambrai à Péronne. L'ennemi est si proche
que l'ordre est donné de ne pas desseller. Les hommes, exténués, dorment aux pieds des chevaux.
Le 27, dès le matin, des patrouilles signalant l'approche d'importantes colonnes, le train
régimentaire rompt en hâte, et le régiment rejoint la division qui, après avoir été canonnée aux
environs de Nurlu, se replie sur Péronne, qu'elle traverse pour s'établir sur la Somme en aval de
cette ville, tenant les ponts d'Éclusier à Omiécourt. Le 28 août, le régiment monte à cheval à 6
heures. Il assiste peu après à l'arrivée en autobus de quatre bataillons de chasseurs alpins sous le
commandement du colonel SERRET, notre ancien attaché militaire à Berlin. La présence de
l'infanterie, à ce moment critique, est un réconfort pour tous. Un escadron (le 1er) est attaché au
groupe de bataillons de chasseurs jusqu'au moment où il est relevé par un escadron de la 1re D. C.
Les colonnes allemandes sont. signalées de tous côtés. A l'est de Péronne, elles ont progressé
sensiblement dans la direction du sud. Le C. C. se porte rapidement à la rencontre de ces dernières
en passant la Somme à Saint-Christ et les canonne à Mons-en-Chaussée, puis il repasse la
Somme à Pont-les-Brie et s'établit autour d'Estrées sur la grand'route d'Amiens. A 18 heures, le
5e Dragons reçoit l'ordre de protéger et d'aider le repli des chasseurs alpins, accrochés sur le plateau
entre Herbécourt et Barleux par des troupes ennemies qui ont passé la Somme entre Hem et
Feuillères. Le régiment, précédé de deux reconnaissances d'officiers (lieutenants de LA ROCHE et
MOREL) qui vont jusqu'aux abords de la Somme, s'avance rapidement en ligne de colonnes, le 4e
escadron à l'avant-garde.
Le 3e escadron se déploie en tirailleurs sur la crête près du village d'Assevillers, tandis que les
autres escadrons aident, dans la nuit tombante, les alpins à se dégager. Malgré les difficultés causées
par l'obscurité et une vive canonnade venant du nord et de l'est, les alpins sont ralliés en ordre à
Estrées, un certain nombre, exténués, ramenés en croupe, et les blessés en voiture. A 20 heures, le
régiment se dirige vers le sud-ouest pour rallier la division et arrive à Vrély au milieu de la nuit Un
peloton du 4e escadron (lieutenant BERNARD), qui a formé, au cours de l'action, la pointe d'avant-
garde, est laissé sur le terrain pour rallier les derniers traînards, et rejoint Vrély le lendemain matin.
Dès 6 heures du matin, le 29 août, le régiment est à cheval. Il s'agit d'inquiéter sur leur flanc les
troupes allemandes à qui, la veille, on n'a pu barrer la route. La 13e B. D. reçoit la mission de tenir
la crête entre Méharicourt et Rosières-en-Santerre, où arrive un régiment du 7e C. A. (le 60e)
dont une division vient de débarquer. Le 1er demi-régiment du 5e Dragons s'établit au combat à pied
à la cote 86 ; le 2e demi-régiment reste en réserve. A 10 h.30 commence un vif engagement entre
l'artillerie de la 3e D. C. et des batteries ennemies.
Le 1er demi-régiment, canonné, se déplace et occupe le village de Vrély et ses lisières. À 15 h.30, la
3e D. C. recevant l'ordre de se replier vers l'ouest, le 5e Dragons passe l'Avre à La Neuville-Sire-
Bernard et arrive à la nuit au cantonnement de Merville-aux-Bois près d'Ailly-sur-Noye. Il a
laissé un escadron de marche (capitaine PETIET, lieutenants de ORSETTI, LESOURD, LE
BLEU, CLERGUES) pour faire partie d'une division provisoire formée de 18 escadrons (un par
régiment du C. C.), destinée à couvrir la retraite des troupes d'infanterie pressées par les Allemands
dans leur marche vers le sud.
Le 30 août, le régiment, à qui avait été annoncé un jour de repos, est alerté à midi et se dirige vers
l'Avre. Le 1er escadron tient les ponts de Moreuil, le 4e ceux de Castel, le 2e est en soutien
d'artillerie. Quelques patrouilles et une reconnaissance d'officier (lieutenant BERNARD) sont
envoyées de l'autre côté de l'Avre. L'ennemi, qui se révèle bientôt sur le plateau à l'est de la rivière

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est accueilli à coups de fusil, tandis que les deux artilleries engagent le combat. L'ennemi ne fait
d'ailleurs aucune tentative sérieuse pour forcer le passage et à la nuit tombante, le 5e Dragons, qui a
perdu un tué et un blessé au cours de la journée, rallie la division pour continuer la marche vers le
sud-ouest. Le régiment passe la Noye à Paillart et arrive au milieu de la nuit à Esquennov, où il
prend quelques heures de repos. La marche est reprise dès le lendemain matin, la 13e B. D. formant
l'avant-garde du C. C. qui a pour mission de couvrir le flanc de la VIe armée. On atteint le soir la
région de Beauvais, pour cantonner à La Vallée et Abbécourt, où un jour de repos est accordé aux
troupes. Le 1er septembre, le C. C., couvrant toujours la gauche de la VIe armée, se porte plus au
sud. À 18 heures, le régiment arrive à Vallangoujard et Mézières. Le lendemain, le 5e Dragons
passait la Seine à Meulan, sur un pont miné et prêt à sauter, et venait cantonner à Bazemont, où il
se reposait le 4.
C'est là qu'arrivent les premières nouvelles de l'escadron PETIET, laissé à la division de cavalerie
provisoire, qui, jetée dès le premier jour en pleine action, a fourni le plus vigoureux effort, en
observant et en inquiétant les colonnes allemandes dans leur marche vers le sud. Le lieutenant
CLERGUES, envoyé en reconnaissance, a pu pendant deux jours, au prix de mille difficultés et
bien que plusieurs fois cerné, envoyer d'utiles renseignements.
Près d'Andechy, le peloton LESOURD, lancé en fourrageurs sur une ferme occupée par l'ennemi,
a été pris sous un feu violent de mitrailleuses et a perdu deux hommes tués, les cavaliers WASSON
et NICOLAS. Puis la division provisoire est descendue vers Roye et Estrées-Saint-Denis,
couvrant toujours l'infanterie de la VIe armée. L'Oise est passée à Pont-Sainte-Maxence, où l'on
prend liaison avec la cavalerie anglaise. Un combat livré à Verberie le 1er septembre a fait marquer
un temps d'arrêt appréciable à l'ennemi ; la division provisoire s'est ensuite portée sur Senlis et a
tenu les lisières nord de la forêt d'Ermenonville pour venir enfin cantonner dans la région de
Mortefontaine où s'installèrent les escadrons des 5e et 21e Dragons. Attaqués en pleine nuit, coupés
de la division, privés de tous renseignements, ces escadrons, continuant leur route vers l'ouest, ne
tardaient pas a rencontrer des éléments du C. C. qu'ils rallièrent aux environs de Paris.
Le C. C. a passé la journée du 4 à se reposer dans ses cantonnements. Ce repos est le bienvenu.
C'est au prix d'écrasantes fatigues que la cavalerie vient de fournir sans trêve l'immense effort qui
lui a été demandé. Maintenant, au cours de ces quelques heures de répit, chacun se recueille. Dans
l'esprit de tous repassent tant de tableaux, de spectacles si nouveaux et si divers vécus depuis un
mois : le départ, les marches en Belgique, l'accueil si cordial, si généreux des habitants, les
premiers contacts avec l'ennemi, puis les heures sombres de la retraite, les plaines du Nord, les
campagnes picardes, le Beauvaisis, traversés en quelques jours, l'angoisse des populations dont
une partie fuit devant l'ennemi, ces cantonnements enfin aux portes de Paris. Un mois a suffi pour
mener le régiment de Compiègne à Liège et de Liège au cœur de la France. Mais la mauvaise
fortune n'a point abattu les courages ; chacun garde sa foi dans la victoire et est prêt à fournir le
nouvel et terrible effort qu'il faudra donner sans compter dans la lutte décisive qu'on pressent
prochaine. En effet, le 5 septembre, le corps de cavalerie qui, depuis un mois, n'a cessé de marcher
et de combattre, attaquant et retardant l'ennemi en toutes occasions et couvrant la retraite de l'armée
britannique avec un entrain et une énergie auxquels le maréchal FRENCH a voulu rendre
hommage, recevait l'ordre de se porter à l'est de Paris en deux étapes. La bataille de la Marne
commençait.

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II.

La Marne.

Le 5e Dragons, qui est venu cantonner le 5 aux environs de Versailles, gagne, le 6, par Versailles et
Sèvres, Paris qu'il traverse du sud au nord ; un Paris un peu vide, anxieux, heureux pourtant de
voir défiler nos cavaliers qu'il acclame. Le régiment cantonne le 6 au soir à Aulnay-sous-Bois ; le
lendemain matin, dès l'aube, il quittait au son du canon ce coin de banlieue parisienne pour entrer
dans la bataille.
Le C. C. a pour mission de couvrir la gauche de la VIe armée. Déjà le bruit court qu'on se porte à
l'attaque; et chacun sent si bien qu'il s'agit là, aux portes de Paris, de la partie décisive, que l'ordre
du jour du général JOFFRE, lu au régiment à la première halte, paraît à tous exprimer ce que
chacun ressent en lui-même. A 9 h.30, le C. C., qui a gagné la région de Dammartin, en croisant
sur sa route un certain nombre de fantassins blessés qui reviennent à pied du combat, reçoit l'ordre
d'attaquer la droite de la 1re armée allemande. Un premier engagement d'artillerie a lieu à l'ouest de
Chevreville, après lequel la 3e D. C. se porte à l'attaque de Betz.
Une vive canonnade s'engage et dure jusqu'à la nuit. A ce moment, la cavalerie va bivouaquer
autour de Nauteuil-le-Haudouin pour ne pas rester collée aux bois pendant la nuit. A 23 heures, le
5e Dragons arrive près de Peroy-les-Gombries. Après avoir essayé d'abreuver les chevaux aux
quelques mares du pays à moitié taries, on se couche sans avoir mangé, mais prêts à reprendre une
lutte qu'on prévoit opiniâtre. Il n'est pas un cavalier qui n'ait présente à l'esprit la vision de Paris
qu'on a traversé la veille et dont il faut interdire l'entrée à l'ennemi quelle que soit sa force. C'est
dans le Valois, dans l'Ile-de-France qu'on se bat. On ne reculera pas davantage, et on chassera un
ennemi dont on a pu constater maintes fois, au cours de la journée, la rage de pillage et de
destruction.
A 6 heures, le 8, le bivouac est levé et le C. C. se porte sur Betz, tenu par l'ennemi. La 3e D. C. est
déployée sur la ligne Ormoy - Bargny. Des reconnaissances (lieutenants de MONTMARIN et de
ORSETTI) sont poussées jusqu'aux lisières de la forêt de Villers-Cotterêts, où elles éprouvent des
pertes sensibles ; le maréchal des logis chef BARBAY s'y distingue et est blessé. Le village de
Bargny est occupé par deux escadrons du régiment (1er et 2e) qui, à 16 h.30, devant une forte
attaque précédée de bombardement, sont obligés de se replier de quelques centaines de mètres
jusqu'à la crête à l'ouest du village. A 21 h.30, la division va bivouaquer autour d'Ormoy-Villers.
Le 5e Dragons, qui a subi quelques pertes, s'établit sur un bivouac encore tout frais de hussards
allemands. On se couche encore à peu près sans manger, mais heureux d'avoir pu abreuver non sans
peine, à deux pompes du village, les chevaux qui trouvent dans les gerbes éparses au milieu des
champs de quoi suppléer à la ration absente.
Dès l'aube la division se reporte à l'attaque vers Bargny. Mais bientôt, une colonne allemande
importante étant signalée venant du nord pour tomber sur une division de notre 4e C. A., le C. C.
dont le général BRIDOUX vient de prendre le commandement, et qui est réduit à la 1re D. C.,
renforcée de la 13e B. D., se porte sur le flanc de cette colonne vers Rozières. La 13e B. D.,
détachée de sa division qui, ainsi que la 5e D. C., vient de recevoir une mission particulière, rompt
son attaque vers l'est sur Bargny pour attaquer à l'ouest. Le 5e Dragons, avant-garde de la 1re D. C.,
attaque à pied Rozières par le nord et par l'ouest, avec l'aide de l'artillerie.
L'attaque, menée par l'escadron PETIET et l'escadron MASSIEU, réussit à chasser l'ennemi du

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village après une vive défense, qui coûte la vie au lieutenant de ROUBIN, du 3e escadron, tué en
marchant à l'assaut. Le maréchal des logis fourrier DELEU du 2e escadron, tombe également au
cours de cette attaque. Le régiment a pu prendre pied sur le plateau coupé de boqueteaux d'où l'on
commande, vers l'ouest, la route de Senlis à Nanteuil-le-Haudouin. Toute la 1re D. C. ne tarde pas
à venir l'y rejoindre. C'est à ce moment, vers 17 heures, qu'on aperçoit l'ennemi dont le mouvement
sur notre flanc n'a pas réussi, battant en retraite dans la direction de Baron. La division l'attaque.
Le 5e Dragons qui s'est établi sur la crête à l'ouest de Rozières, ouvre un feu très vif sur les troupes
ennemies, .qui se replient en désordre sous la protection de leur artillerie, dont les obus viennent
tomber sur le plateau. Le succès a enflammé l'ardeur de tous. On a l'impression que, là, du moins,
nous tenons l'ennemi en respect. Malgré les pertes de la journée, on est content et on oublie la
fatigue. Pourtant la situation de la division est délicate, elle est absolument entourée d'ennemis à
l'est et à l'ouest.
Par une longue et difficile marche de nuit, et un vaste mouvement tournant par la route de Senlis et
la forêt d'Ermenonville, la division se dégage de cette dangereuse position et, à 23 heures le 5e
Dragons arrive à Ver où il cantonne. Hommes et chevaux éreintés prennent un peu de repos.
Le 10, après avoir procédé aux obsèques du lieutenant de ROUBIN et du maréchal des logis
DELEU, dont les corps ont été ramenés, et avoir évacué ses blessés, le régiment monte à cheval,
avec l'ordre de se porter dans la direction de Luzarches. La division doit gagner du terrain vers
l'ouest. Mais des reconnaissances poussées vers le nord-est signalent de nombreux éléments
ennemis en retraite. On fait halte, et, peu après, les ordres sont modifiés et la division se dirige droit
vers le nord. Le 5e Dragons atteint Senlis au milieu de la nuit, sans avoir rencontré l'ennemi, qui a
laissé partout des traces évidentes de son passage : maisons pillées, bétail abattu et abandonné,
bouteilles vides par milliers. Senlis est en partie détruit, et les habitants racontent les scènes de
pillage et les atrocités auxquelles se sont livrés les Allemands. Le régiment, qui s'est installé tant
bien que mal dans le quartier du 3e Hussards et ses abords, n'y séjourne que quelques heures et
remonte à cheval dès le 11 au matin. Déjà, le bruit se répand que l'ennemi recule sur toute la ligne.
La 1re D. C. a reçu l'ordre de préparer un bond pour l'infanterie entre les forêts de Compiègne et
de Villers-Cotterêts. Le régiment se porte jusqu'à l'Authonne qu'a déjà franchie, dans la matinée,
une reconnaissance d'officier (lieutenant de LA ROCHE) poussée jusqu'à Pierrefonds. Mais une
colonne ennemie ayant été signalée en retraite de Verberie sur Compiègne, le C. C., dont la
mission est changée, est lancé à sa poursuite. Le 5e Dragons, en réserve avec toute la 1re D. C.,
gagne à la nuit le cantonnement de Villeneuve-sur-Verberie, sans avoir été engagé. Malgré la
fatigue, chacun est joyeux à l'idée que l'effort fourni n'a pas été inutile et pressent la victoire, sans
en connaître encore l'importance.
Le 12, le C. C. se porte en trois colonnes vers Ressons et Lassigny. La 1re D. C. franchit l'Oise à
Verberie, tandis que la 13e B. D. passe par Le Meux. Le 1er demi-régiment du 5e Dragons
(commandant PLEUCHOT) est en flanc-garde de la colonne qui suit l'itinéraire Jonquières –
Remy - Beaumanoir. Les patrouilles aperçoivent distinctement les Allemands remuant de la terre
aux abords de Compiègne. Des cavaliers, des cyclistes ennemis parcourent les routes, les chemins
si connus de tous les cavaliers du régiment, qui, tant de fois, a fait sur ces plateaux [Link] coupés
de bois ses exercices de service en campagne. Vers 16 heures, le C. C. infléchit son mouvement vers
l'ouest.
A 21 h.30, le 5e Dragons arrive à Wacquemoulin et détache aussitôt en sûreté le 1er escadron
(capitaine COMPAGNON) à Saint-Maur et un peloton du 2e escadron (sous-lieutenant
LESOURD) à Belloy. Ces éléments passent la nuit sans être inquiétés, malgré la présence, signalée
au cours de la nuit par un habitant du pays, d'une brigade de cavalerie allemande au bivouac près de

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Lataule, avec l'état-major au château de Séchelles. Mais, à l'aube, les patrouilles détachées de
Saint-Maur et de Belloy se heurtent à l'ennemi de tous côtés. Le 1er escadron et le peloton du 2e
parviennent néanmoins, leur mission terminée, à se tirer de cette situation délicate avec des pertes
légères et à rallier le régiment qui se porte vers le nord.
Le C. C. doit gagner, dans la journée du 13, la région de Tricot, tandis qu'une division provisoire,
constituée sous le commandement du général LEORAT, est poussée vers l'est de Montdidier,
précédée d'un demi-escadron de découverte (2e) et d'une reconnaissance d'officier (lieutenant
HUMBERT). A 16 heures, la division provisoire gagne ses cantonnements et le 5e Dragons arrive
à Andechy.
C'est à Andechy que l'ordre du jour du général MAUNOURY, annonçant la victoire de la Marne,
est lu par le colonel au régiment rassemblé. Cette lecture qui révèle l'étendue de notre succès, sans
dissimuler les sacrifices dont il a été acheté, fait naître au cœur de tous une poignante émotion. C'est
la patrie sauvée du plus grave des périls, grâce-au courage, au dévouement, à l'esprit de sacrifice de
l'armée française, en particulier de cette VIe armée à laquelle, au cours des glorieuses journées de
la Marne, le 5e Dragons a eu l'honneur d'appartenir.

III.

LA COURSE À LA MER. — YPRES.

La victoire de la Marne ne marque aucun arrêt dans l'action de la cavalerie, à qui, après quelques
jours de poursuite, va incomber la pénible tâche, chaque jour renouvelée, de courir vers le nord pour
s'opposer à un mouvement tournant des Allemands et les maintenir en respect jusqu'à l'arrivée de
nos corps d'armée.
La région dans laquelle va opérer le corps de cavalerie au cours de la deuxième quinzaine de
septembre est bien connue de la plupart des cavaliers du régiment, qui en sont originaires. Ce sont
les plaines ondulées de la Picardie, coupées de bois et de « rideaux », relativement propices à la
cavalerie. Les grandes routes droites qui sillonnent le pays, en particulier dans le Santerre, rendent
l'observation facile. Enfin le régiment va trouver là la satisfaction d'avancer dans une région qu'il a
été si pénible d'abandonner, à la fin d'août, devant le flot des armées allemandes.
Le 14 septembre, la 13e B. D., qui est de nouveau rattachée à la 1re D. C. forme l'avant-garde de la
division. Le 5e Dragons, qui marche en tête sur l'itinéraire Bouchoir - Vrély - Rosières, détache
vers 15 heures le 4e escadron à la poursuite d'un escadron de cuirassiers allemands. Le peloton du
lieutenant BERNARD ramène deux prisonniers.
La 13e B. D. couvre ensuite vers le nord la 1re D. C,, qui opère vers la gare de Chaulnes, et, à
lamuil, gagne les cantonnements qui lui sont assignés. Le 5e Dragons arrive à Ramecourt et
détache aussitôt le 2e escadron en sûreté à Herleville. Le régiment est rejoint par le lieutenant
CLERGUES qui, se trouvant isolé l'avant-veille avec une dizaine d'hommes, a rencontré et chargé
vigoureusement un peloton ennemi, tuant de sa main le sous-officier, tandis que le trompette
MAITRE dépêchait d'un coup de pointe un des cavaliers.
Le 15, le corps de cavalerie se dirige vers le nord-est, en deux colonnes, pour se porter au contact
des forces allemandes entre la Somme et l'Oise. La 13e B. D. qui forme l'avant-garde de la colonne
de gauche, franchit la Somme à Péronne et gagne rapidement du terrain pour couvrir le débouché

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de la 1re D. C. A 21 heures, le 5e Dragons vient cantonner à Driencourt partageant la joie des


populations, si heureuses d'avoir vu reculer l'ennemi.
Le 16 septembre, la 13e B. D. est rattachée à la 5e D. C. et forme l'arrière-garde de cette division.
Elle s'établit à 9 heures au nord d'Hargicourt, en repli du C. C., qui tente des destructions vers la
gare de Saint-Quentin. Le soir, le 5e Dragons s'installe en cantonnement d'alerte à Templeux-le-
Guérard, avec un escadron (le 4e) en sûreté à Hargicourt. On [Link] dès le lendemain matin
pour se porter de nouveau vers Saint-Quentin.
A 13 h.45 la 13e B. D., qui est toujours attachée à la 5e D. C., reçoit la mission d'attaquer le village
d'Étreillers. Elle tourne ce village par le nord et devant cette menace — appuyée par la batterie
CHAPUIS, du groupe de la 3e D. [Link], durant toute cette période, est détachée à la 13e B. D. —
l'ennemi bat en retraite sur Saint-Quentin en utilisant le chemin de fer à voie étroite. C'est à ce
moment que le bruit de la mort du général BRIDOUX, commandant le C. C., se répand dans les
rangs, et, peu après, arrive confirmation de cette triste nouvelle. Le général, marchant derrière
l'avant-garde, est tombé avec une partie de son état-major sous le feu d'autos-mitrailleuses
ennemies, dont un grand nombre sillonnent la région, ainsi que des détachements de cyclistes et de
cavaliers.
Le 5e Dragons regagne Driencourt dans la nuit et y séjourne deux jours. Le 18, une messe pour le
repos de l'âme du général BRIDOUX est célébrée dans l'église de Driencourt. au milieu d'une
assistance nombreuse et recueillie. Dans l'après-midi, le 4e escadron va fouiller le bois de Tincourt
et en chasser quelques isolés. Le 19 au matin, deux reconnaissances (lieutenant de CORNY et
lieutenant de ORSETTI) sont envoyées vers le nord dans la direction de Manancourt. Elles
ramènent un certain nombre de chevaux abandonnés par les Allemands. A 17 heures, un espion
autrichien, arrêté quelques jours avant et condamné à mort par le conseil de guerre de la 1re D. C.,
est fusillé par un peloton du 5e Dragons. Enfin, dans la soirée, la 13e B. D. reçoit l'ordre de rallier la
3e D. C. dans la région de Montdidier.
Le T. R. rompt d'abord, escorté par le 4e escadron, tandis que le 3e escadron va cantonner à
Chuignes d'où il doit partir en découverte vers Chaulnes le lendemain matin. Le reste du régiment
quitte Driencourt dans la nuit, repasse la Somme à Péronne, et se dirige vers le sud-ouest, précédé
d'une reconnaissance d'officier (sous-lieutenant d'YANVILLE) sur Rosières et Bouchoir. A
17 h.30 le régiment, rallié par son T. R., arrive à Bayonvillers et détache le 1er escadron en sûreté à
Harbonnières d'où l'on aperçoit de nombreuses patrouilles ennemies surveillant la voie ferrée vers
le sud-est. Pendant ce temps le 3e escadron a exécuté sa mission sur Chaulnes, détachant une
reconnaissance d'officier (sous-lieutenant de MONCLIN) et des patrouilles qui signalent de
nombreux éléments de cavalerie ennemie dans la région.
Le 21 septembre dès l'aube, la 13e B. D. reprend son mouvement avec, à l'avant-garde, le 5e
Dragons qu'a rejoint le 1er escadron, après une nuit passée au contact immédiat d'éléments ennemis.
Par Hangest, La Neuville-Sire-Bernard, où l'on passe l'Avre, on atteint Coulemelle et l'on
cantonne. Un ordre du jour vient confirmer les succès obtenus depuis quinze jours par les armées
françaises. La marche est reprise le 22 septembre et, après avoir contourné Montdidier par le sud,
la brigade arrive à Boulogne-la-Grasse. Le 23 septembre, enfin, la 13e B. D., accompagnée de sa
batterie, rejoint à midi, au sud de Liancourt, la 3e D. C., dont elle était détachée depuis le 9
septembre. La division se porte aussitôt sur Hyencourt, le C. C., dont le commandement vient
d'être donné au général CONNEAU, ayant reçu l'ordre de gagner le sud-est de Chaulnes. A la nuit,
le 5e Dragons se rabat vers l'ouest et s'installe en cantonnement d'alerte à Méharicourt.
Le 24 septembre, le C. C., qui a pour mission de couvrir le flanc gauche du 4e C. A., envoie la 3e
D. C. par le nord de Lihons vers Hyencourt-le-Grand. Le 1er escadron du 5e Dragons (capitaine

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COMPAGNON) doit prendre à Pertain la liaison avec le 4e C. A. En même temps, une


reconnaissance d'officier (lieutenant MOREL) est poussée vers l'est au delà de la voie ferrée. Le 1er
escadron est accueilli, à Omiécourt, à coups de fusil ; Pertain est occupé par l'ennemi, la
reconnaissance est écartée de la voie ferrée par une vive fusillade qui blesse mortellement le
maréchal des logis PARMENTIER.
C'est dans ces conditions qu'à 8 h.35 le 5e Dragons reçoit l'ordre d'occuper Omiécourt. Le 2e
escadron (capitaine MASSIEU), en avant-garde, ne peut pénétrer dans le village et s'établit au
combat à pied face aux lisières nord et ouest, prolongé sur sa droite par le 2e demi-régiment
(commandant de BEAUVOIR). A ce moment, les mitrailleuses ennemies, établies dans les greniers
du village, prennent sous leur feu les combattants à pied, en particulier les 3e et 4e escadrons. Des
balles vont jusqu'au groupe des chevaux qui se débandent. Grâce au sang-froid des officiers et des
gradés, le désordre qui en résulte est de courte durée et le régiment, qui a subi des pertes légères (1
tué et 1 blessé) reçoit l'ordre de se retirer jusqu'aux lisières de Chaulnes, qui sont tenues au sud et
au sud-est par le 3e escadron, que vient appuyer vers le nord et le nord-ouest le 1er demi-régiment.
Au milieu de l'après-midi, le régiment est porté au sud de Lihons, tandis que la 3e D. C. marche sur
Hallu. La liaison est prise avec les premiers éléments du 14e C. A. Un escadron du 5e Dragons
coopère avec le 21e Dragons à l'occupation de Maucourt. A la nuit, trois compagnies de chasseurs
alpins viennent occuper Chilly et Maucourt, et la 3e D. C. part pour ses cantonnements. Le 5e
Dragons passe la nuit à Méharicourt, à quelques kilomètres seulement.
Le 25 septembre, la 3e D. C. rompt dès l'aube, avec mission de tenir le front Fouquescourt -
Parvillers entre les 4e et 14e C. A., jusqu'à l'entrée en ligne du 20e C. A. La 13e B D. s'établit en
réserve à Rouvroy, avec un escadron (1er du 5e Dragons) en soutien de l'artillerie de la division, qui
bombarde Fouquescourt, occupé par une brigade d'infanterie allemande. A 9 h.30, arrive, dans un
ordre magnifique, la 39e division du 20e C. A. La 3e D. C. reste encore en place jusque vers 11
heures et se porte alors à l'ouest de Méharicourt, pour appuyer les trois compagnies de chasseurs
alpins qui ont dû évacuer Maucourt sous une forte poussée de l'ennemi. Le 1er demi-régiment du 5e
Dragons organise une position de repli sur la crête nord-est de Méharicourt. Le régiment passe la
nuit à Vrély, et dès l'aube du 26 il est à ses emplacements de la veille au soir.
Le 1er demi-régiment occupe la crête au nord-est de Méharicourt, tandis que le 2e demi-régiment
coopère à 10 h.30 à l'attaque de Maucourt - Chilly, menée par trois compagnies de chasseurs
alpins et un escadron du 8e Hussards. Le 3e escadron du 5e Dragons attaque à pied par le nord de
Méharicourt, à gauche des hussards. Le 4e escadron est en soutien du groupe de mitrailleuses de la
division. Le 3e escadron progresse jusqu'à 300 mètres du village de Maucourt, mais il est arrêté par
le feu des mitrailleuses ennemies ; le 4e escadron, avec les mitrailleuses de la division, pénètre dans
le village à la suite de l'attaque des alpins. Mais Chilly ne peut être enlevé, et, à 17 heures, l'ennemi
tenant toujours et ayant même occupé Chaulnes, le général commandant la D. I., dont le Q. G. est à
Lihons, donne l'ordre d'arrêter l'attaque. Le 5e Dragons vient cantonner à la nuit à Méharicourt. Un
peloton par escadron occupe des tranchées en soutien des alpins. Cette dure journée n'a coûté que
des pertes légères au régiment, dont les quatre escadrons occupent, le lendemain matin, les
tranchées est et nord des lisières de Méharicourt, jusqu'à la relève dans la matinée par le 21e
Dragons. A ce moment, le 5e Dragons va prendre ses emplacements de la veille, avec ordre de tenir
devant Chilly, pour rentrer cantonner la nuit à Méharicourt.
Le 28, les mêmes emplacements de combat sont encore repris et tenus sous un assez vif
bombardement. En fin de journée, le 9e Hussards et des éléments d'infanterie du 20e C. A. relèvent
dans ses tranchées la 13e B. D., qui, par Vrély, Cayeux, Hangard, se porte vers l'ouest jusqu'à la
vallée de la Luce. Le 5e Dragons cantonne à Domart-sur-la-Luce, où il n'a qu'une courte nuit pour

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se reposer des dures fatigues des jours précédents. Du moins, il aura la satisfaction d'avoir
largement contribué à contenir l'ennemi, dont il fallait absolument arrêter la progression jusqu'à
l'entrée en ligne de nos divisions de renfort. D'ailleurs, par un ordre en date du 29 septembre, le
général de LASTOURS citait à l'ordre de la division :

M. le général LEORAT, commandant la 13e brigade de dragons, et les éléments mis sous ses
ordres, c'est-à-dire : les compagnies du 14e Alpins, le groupe cycliste, les sapeurs cyclistes, la 13e
brigade de dragons, pour la manière dont ils ont préparé et maintenu l'occupation de Maucourt
et de Méharicourt, les 26, 27 et 28 septembre.

Le 29 septembre, la 3e D. C. fait un bond d'une trentaine de kilomètres vers le nord, pour se mettre
à la disposition de la IIe armée, à qui elle est rattachée. A 9 h.30, elle se rassemble au sud de
Varennes, puis se porte au nord d'Acheux, où elle s'établit en halte gardée jusqu'au soir. Le 5e
Dragons vient cantonner à Bertrancourt, qu'il quitte le 30 au matin, la division étant remise par le
général de CASTELNAU, commandant la IIe armée, à la disposition du C. C. qui a pour mission de
protéger Arras contre une attaque éventuelle. La division gagne 20 kilomètres vers le nord et, à 13
heures, elle s'établit en couverture sur le front Moyenneville - Hamelincourt, en liaison à
Bucquoy avec une D. I. territoriale, et à Croisilles avec la 5e D. C. La 13e B. D., qui s'est arrêtée à
Boisleux-au-Mont, détache un demi-régiment (commandant de BEAUVOIR) avec une batterie et
un peloton cycliste sur Moyenneville. Ce village est bientôt attaqué par l'infanterie ennemie qui y
devance nos escadrons. Ceux-ci s'établissent, sous une vive fusillade, aux lisières sud-est. Pendant
ce temps, le 1er demi-régiment (commandant PLEUCHOT) et le 21e Dragons occupent les lisières
de Boisleux-au-Mont avec de l'artillerie, pour empêcher l'ennemi de déboucher de Moyenneville et
Hamelincourt. A 18 heures, les unités du 5e Dragons sont relevées par des éléments de la 10e D. C.,
arrivée depuis peu au corps de cavalerie, et le régiment va cantonner à Agny, tout près d'Arras.
Le lendemain, le corps de cavalerie devant couvrir Arras face à l'est, la 3e D. C. se porte sur
Wancourt pour attaquer les troupes ennemies se dirigeant sur Vis-en-Artois. Le 21e Dragons
occupe Wancourt, avec le 5e en réserve. A 18 heures, des bataillons alpins viennent relever la
brigade, et le 5e Dragons se dirige vers Villerval où il cantonne au milieu de la nuit.
Mais l'ennemi ne renonce pas à s'emparer d'Arras. Le 2 octobre, le C. C. reçoit la mission de lui en
interdire l'approche en défendant le plateau de Monchy-le-Preux, entre les rivières du Cojeul et
de la Scarpe. A 5 heures, le régiment monte à cheval et, un peu avant 8 heures, il arrive près de
Monchy et met pied à terre un escadron (le 2e) pour prolonger la droite de l'infanterie sur la croupe
sud-ouest du village. La 3e D. C., qui s'est rassemblée au nord de Monchy-le-Preux, se porte peu
après sur le plateau au nord de Fampoux, qu'elle reçoit l'ordre de tenir par le combat à pied.
L'ennemi, qui a atteint la route d'Arras à Douai, dirige de Gavrelle un feu nourri sur le plateau où
les 3e et 4e escadrons du 5e Dragons se déploient en tirailleurs face au nord, au milieu des champs de
betteraves, qui n'offrent pas le moindre couvert. Le 2e escadron, à pied, est en repli dans le chemin
creux Fampoux - Point-du-Jour, le 1er escadron en soutien d'artillerie près de la grand'route. Un
bombardement de plus en plus violent est déclenché sur le régiment, en particulier sur les 3e et 4e
escadrons. Nos cavaliers supportent avec beaucoup de courage et de sang-froid ces tirs de gros
calibre, qui coûtent la vie au capitaine de PUYFONTAINE, frappé au milieu de sa ligne de
tirailleurs, et au maréchal des logis chef ROBERT. Les lieutenants de PRACOMTAL et de
MONCLIN, les cavaliers QUARTENOUD et LEGRAND sont blessés. A 16 h.15, la 3e D. C. se
replie en arrière de la voie ferrée. sauf la batterie soutenue par le 1er escadron du 5e Dragons, qui
reste en placé avec son soutien près du pont du chemin de fer de la route Arras - Douai. A 20

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heures, la division, relevée, part pour ses cantonnements. Le 5e Dragons arrive à Acq en pleine nuit
et s'y repose quelques heures.
Le lendemain dès l'aube, le régiment remonte à cheval et se porte avec toute la division vers Lens,
où le corps CONNEAU (1re, 3e et 10e D. C.) doit se rassembler. A 10 h.45, la 3e D. C. est pied à
terre au sud d'Avion, le 1er demi-régiment du 5e Dragons en soutien d'artillerie. L'après-midi, tout le
régiment est porté, en repli du 21e, dans la coulée au sud du bois de la Coulotte pour s'opposer au
débouché d'une colonne ennemie signalée à Sallaumines. Après avoir tenu cette position jusqu'à la
nuit, le régiment va cantonner à Aix-Noulette où il arrive seulement à minuit.
Le 4 octobre, le C. C. a reçu l'ordre de s'opposer au débouché de l'ennemi par l'ouest et le nord-
ouest de Lens. La 3e D. C. se rassemble au nord de Liévin, couverte par le 3e escadron du 5e
Dragons entre Lens et Liévin. Le 4e escadron prend position à l'est des corons de Liévin face à
Lens. Peu après, la brigade remonte à cheval et rejoint à Angres la 3e D. C., qui se porte sur
Souchez et la cote 140 au sud de Givenchy. La 13e B. D. prend position aux lisières nord et est
du bois de la Folie. Le 5e Dragons a sa droite vers Petit-Vimy, qui est occupé par trois bataillons
de la 70e division. Les 2e et 3e escadrons sont aux lisières des bois, le 1er escadron en avant, au bord
de la roule, le 4e en réserve à cheval. A 22 h.30, un « Hourra ! » tout proche et formidable annonce
que l'ennemi attaque. Notre infanterie, surprise et débordée, reflue par petits paquets, que le
capitaine COMPAGNON regroupe et reporte auprès de leur colonel. On redouble de vigilance, des
patrouilles sont poussées en avant ; mais l'ennemi n'exploite pas son succès.
Le lendemain matin, après un assez violent bombardement, qui affecte surtout le village de
Neuville-Saint-Vaast, la 3e D. C. se replie sur Mont-Saint-Éloi et Acq, couverte par les 3e et 4e
escadrons du 5e Dragons. A Acq, vers midi, on met pied à terre pour faire manger hommes et
chevaux. Puis tout le C. C. se reporte à l'attaque vers Bully-Grenay, au milieu de la région minière,
où, quelques mois avant la guerre, le 5e Dragons était venu assurer le service d'ordre pendant les
grèves. Au cours de cette action, la 3e D. C. reste en repli, et se dirige à minuit vers ses points de
stationnement. Le 5e Dragons s'installe au bivouac près d'Hersin laissant deux pelotons du 1er
escadron sur la voie ferrée et à Boyeffles. Le 6 octobre, le 1er C. C. doit s'opposer à la progression
ennemie en attaquant dans la direction de Givenchy. La 13e B. D. reçoit l'ordre d'occuper la fosse
n° 2 de Nœux et tient cette position jusqu'au soir. Le régiment va cantonner à Gavion, qu'il quitte
dès le lendemain matin, la 3e D. C. devant attaquer Notre-Dame-de-Lorette, en liaison avec la
droite du 21e C. A. vers Fosse Calonne.
Le 2e demi-régiment du 5e Dragons s'établit à pied sur la crête à l'est de la route Aix-Noulette -
Bully-Grenay, qu'il tient jusqu'à la nuit. A minuit, le régiment, qui a perdu 1 tué et 1 blessé,
cantonne à Aix-Noulette, détachant le 1er escadron aux avant-postes dans les bois de Bouvigny, et
le 2e près du château de Noulette. Le 4e escadron tient les barricades.
Le 8 octobre, le 1er C. C, couvre le 21e C. A. sur sa gauche, la 3e D. C. ayant pour mission de tenir
le canal de la Haute-Deule entre Don et Pont-à-Vendin. Le 5e Dragons a le 3e escadron au pont
de Berclau, appuyé à sa gauche par deux sections d'infanterie et à sa droite par les mitrailleuses de
la brigade, et le 2e escadron au Bac. Les 1er et 4e escadrons sont en réserve près de Berclau. A
12 h.15, une reconnaissance (adjudant DENARD) poussée à l'est du canal signale une colonne
ennemie en marche de Carvin vers Provin. L'attaque ne se produit qu'à 20 heures, au moment où le
4e escadron va relever le 3e. Elle est très violente, mais elle échoue sous les feux de nos escadrons.
Plusieurs fois, au cours de la nuit, l’ennemi renouvelle sans succès ses attaques.
La lutte est particulièrement vive vers la position avancée occupée par le peloton WASSERZUG, et
aux abords du pont, défendu par le lieutenant LE BLEU. Le pont est barré par une barricade que
tient une poignée de fantassins, dont le maréchal des logis LEPOIVRE, du 3e escadron, a pris le

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commandement et qui repousse tous les assauts de l'ennemi. La défense est renforcée, à 23 heures,
par le groupe cycliste. Les liaisons, la transmission des ordres, le ravitaillement en munitions des
combattants sont effectués, au prix de grandes difficultés et sous un feu très vif, par le capitaine
MAËS, le lieutenant de CORNY, l'adjudant TAILLEFUMIER. Le général LEORAT, qui se tient
à côté du 1er escadron, reçoit une balle au genou et passe le commandement de la brigade au colonel
VIOLAND, du 21e Dragons. A 8 heures, le 9 octobre, le régiment, qui a perdu 1 tué et 4 blessés,
est relevé par la brigade de cuirassiers et se porte sur Annequin, où il se ravitaille. C'est là que le
rejoint, à 14 heures, le 7e escadron (capitaine DESSOYER) venant de Saumur, qui, jusqu'à sa
dissolution en novembre 1915, partagera la vie et les fatigues du 5e Dragons. Au milieu de la nuit,
on arrive à Verquigneulles et on y cantonne.
Le combat de Billy-Berclau devait valoir au régiment et en particulier aux escadrons du
commandant de BEAUVOIR (3e et 4e) les félicitations du général de division. Plusieurs citations
furent attribuées à des militaires du régiment et la médaille militaire conférée au maréchal des logis
LEPOIVRE.
Le 10 octobre, la 3e D. C. a pour mission de couvrir la gauche de la 13e B. D., en tenant la ligne
Girenchy - Cambrin - passage à niveau de Vermelles. Le 1er demi-régiment occupe les tranchées
à l'est de Cambrin et y est violemment canonné. Le commandant PLEUCHOT est contusionné
par un éclat d'obus. Le 5e Dragons passe la nuit à Annequin et reprend ses emplacements de la
veille. Il est relevé, dans l'après-midi par un régiment de la 10e D. C., et toute la 3e D. C. se porte à
l'aile gauche du C. A. britannique, qui est aux prises avec l'ennemi à l'est de Béthune. A 16 heures,
la division est à Locon, le long du canal de la Lawe. Le 5e Dragons va cantonner à la nuit à
Houchin, qu'il quitte le 12 dès l'aube.
La 3e D. C., qui a pour mission de couvrir la gauche anglaise, attaque la Gorgue et Pont-Riqueul,
la 13e B. D. face à ce dernier village. L'attaque, gênée par de nombreux fossés larges et profonds,
est suspendue à la nuit. Le régiment va bivouaquer à la Rue-aux-Vaches. Le 13, la 3e D. C. se porte
sur Sailly-la-Bourse et s'établit au sud de Beuvry. Le soir, le 5e Dragons cantonne à Boyeffles.
Le 14, le C. C., qui a pour mission d'établir la liaison entre les corps anglais de Béthune et
d'Hazebrouck, pousse la 3e D. C. entre La Fosse et Pont-Riqueul. A 14 heures, la 13e B. D. reçoit
l'ordre d'attaquer Riez-Bailleul en se reliant aux Anglais vers Boudeville. Le colonel DAUVÉ est
chargé de cette mission, avec son régiment et un peloton cycliste, Le 5e Dragons met pied à terre en
entier, se porte sur La Fosse, et s'engage vers Riez-Bailleul par le sud-ouest, appuyé à sa gauche
par les cyclistes. L'attaque progresse, malgré les difficultés du terrain qui se présente sous forme de
prairies, coupées de larges fossés remplis d'eau et à peu près dépourvues de couverts. Les cyclistes
prennent pied dans les premières maisons du village, après un vif corps à corps. A la nuit, une
attaque allemande se déclenche sur Boudeville. Les escadrons de droite du 5e Dragons font face à
droite et s'opposent au mouvement tournant de l'ennemi sur la gauche anglaise. A 20 h.30, cette
action est terminée par l'échec complet de l'attaque allemande que nos alliés ont vigoureusement
repoussée. A 22 heures, le régiment va stationner à La Fosse, laissant en sûreté le 3e escadron à la
ferme du Marais, et deux pelotons du 4e à Rue-de-Ponche, en liaison avec les troupes
britanniques.
L'attaque du Riez-Bailleul est reprise le 15. Le 2e escadron s'engage le premier, tandis que le 3e
escadron, avec deux pelotons du 1er et deux du 7e, reste en réserve au Marais. Peu après, tout le
régiment se porte à l'attaque et occupe le village, où les cyclistes l'ont précédé. A 16 heures, le
régiment, avec deux pelotons cyclistes à sa gauche, attaque vers la grand'route d'Estaires à La
Bassée, prend pied sur la route et en occupe les fossés, entre la cote 17 et la route de Drumetz. A
18 heures, la fusillade, qui a été très vive, diminue. Le régiment reste sur place, formant une ligne

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d'avant-postes continue en liaison à droite avec les Anglais à la cote 17, et à gauche avec la 10e D.
C. vers la route de Drumetz. La nuit se passe sur le qui-vive, mais l'ennemi ne réagit que par le
canon. Cette attaque de Riez-Bailleul, qui a très bien réussi, n'a coûté au régiment que 2 tués et 2
blessés. Nos morts sont inhumés dans le jardin de la ferme située près de la grand'route, où le
colonel avait établi son poste de commandement.
Le 16, après un ravitaillement envoyé par les Anglais et, qui est le bienvenu, deux pelotons du 1er
escadron et un peloton cycliste se portent sur Laventie et y prennent pied, en même temps que le 3e
escadron et les Anglais, qui y pénétraient par d'autres issues. A ce moment, nos combattants à pied
sont dépassés par des reconnaissances de la 10e D. C., et, à 16 heures, des éléments de la 1re D. C.
relèvent dans Laventie cyclistes et dragons qui sont ramenés en arrière. Le régiment va cantonner à
La Fosse, gardant de ces journées une heureuse impression de succès, qui lui fait oublier ses
fatigues.
C'est à cette époque qu'il convient de rappeler la formation du groupe léger de la division. Ce
groupe à pied, formé de six escadrons, un par régiment, armé et équipé comme l'infanterie, va entrer
en ligne dès le lendemain de sa formation et ne tardera pas à se faire connaître comme une troupe
d'élite. Il est commandé par le commandant de VAUCRESSON. Le lieutenant du COLOMBIER
commande l'escadron du 5e Dragons, qui est formé d'un certain nombre de gradés et cavaliers pris
dans les escadrons à cheval et de réservistes provenant du dépôt.
Pendant la semaine qui va suivre, le C. C. continue sa mission de liaison entre les corps d'armée
anglais, dans la direction générale Picantin - Fromelles - Fournes. Le 18, le régiment, qui a
cantonné à La Gorgue, n'est pas engagé. Le 19, le 1er et le 2e escadron sont détachés comme
soutiens de batterie près de Fromelles. Le régiment bivouaque aux abords de ce village et, le 20 au
matin, les 3e, 4e et 7e escadrons montent en ligne en avant de Pont-de-Pierre, entre le 21e Dragons
à droite et la 10e D. C. à gauche.
A 16 heures, une attaque allemande est arrêtée par l'artillerie de la 1re D. C. Le lendemain, la 13e
B. D. et le 54e bataillon de chasseurs alpins, qui lui est rattaché, subissent un violent bombardement
et enrayent une nouvelle attaque sur La Voirie - Fromelles. Dans la soirée, les 1er et 2e escadrons
relèvent en première ligne le 4e et le 7e ; le 3e est relevé par les Anglais, qui ont pris la place de la
10e D. C. Au cours de la nuit, les Anglais évacuent les tranchées en avant de Fromelles. Le 1er et
le 2e escadron, qui, avec les cyclistes, se trouvent dans une position délicate, reçoivent peu après
l'ordre de se replier. La 13e B. D. passe en soutien. Le 5e Dragons cantonne à Laventie.
Le 22 octobre, le régiment occupe des tranchées près de la ferme Delval, où il est relevé par le
groupe léger de la 1re D. C. ; le 54e B. C. P., violemment attaqué, évacue Fromelles, et, le 23, le
régiment, qui a couché à Laventie, se trouve engagé en entier à l'est de Picantin, en liaison à
Rouges-Bancs avec une brigade écossaise. Vers 17 heures, deux compagnies du groupe léger de la
1re D. C. relèvent le 5e Dragons qui va cantonner à Sailly-sur-la-Lys et part ensuite au repos à
Merville. Le colonel DAUVÉ prend le commandement du secteur qu'il conserve jusqu'à la nuit du
24 au 25.
Cette semaine, qui n'a pas été lourde comme pertes pour le régiment, fut néanmoins très dure. Elle
marque pour le 5e Dragons la fin des combats dans les marais au nord de Béthune, où la cavalerie
française sut, malgré son armement insuffisant, faire reculer l'Allemand sur 10 kilomètres de
profondeur.
Pendant les derniers jours d'octobre, le régiment reste au repos, d'abord à Merville, puis à
Steenwoorde, où hommes et chevaux se remettent un peu des fatigues qu'ils viennent d'endurer.
Le C. C. va bientôt avoir à s'engager en territoire belge, qu'il n'avait pas revu depuis la retraite
d'août. Au lieu de la route poussiéreuse, il va trouver des chemins détrempés, semés de fondrières,

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sur lesquels il devra se frayer un passage, au milieu de convois tie toutes sortes, pour gagner la
plaine entre les monts de Flandre et Ypres. Pendant quinze jours, au pied du mont des Cats, du
mont Rouge, du mont Noir, du mont Kemmel, le régiment va se traîner de nuit, dans un va-et-
vient continuel, sur des routes encombrées et presque impraticables, au prix de fatigues
considérables et sans cesse renouvelées.
Le 1er novembre, le régiment est alerté à Steenwoorde, dans l'après-midi, et gagne Abeele, où il
bivouaque. Le C. C. venait de recevoir la mission de couvrir sur sa droite une division d'infanterie
qui attaque Wytschaete, puis il participera aux attaques sur Messines. Les D. C. doivent se relever
les unes. les autres.
La 3e D. C. reste en réserve, le 2 novembre, à Brulooze. Le régiment gagne dans la nuit le
cantonnement de Godewaersvelde, pour en repartir au petit jour et revenir à Brulooze, où l'on
installe le bivouac Un détachement à pied du 5e Dragons, aux ordres du capitaine MAËS, est
constitué et se porte sur Wulverghem, où il s'établit jusqu'au 5 novembre, en soutien du groupe
léger et du groupe cycliste de la division pendant les attaques sur Messines. Ce détachement perd 2
tués et 3 blessés au cours de cette affaire, où tombe le sous-lieutenant, d'YANVILLE, détaché
depuis quelques jours à l'escadron du groupe léger.
Le 6 novembre, la 3e D. C. est relevée par la 1re D. C. Le 5e Dragons cantonne le 6 et le 7 à
Boescheppe, où il se tient en réserve. Le 8, la division se porte entre Locre et Dranoutre, en
réserve du C. C. qui attaque Messines. Le soir, le régiment revient à Boescheppe, qu'il quitte le
lendemain pour Hesken. Le 10 au soir, on gagne de nuit le mont Rouge, par une marche difficile.
Chaque matin, au cours de ces dernières journées, le régiment est revenu dans la région de Locre
pour s'y tenir en réserve.
Le 11 novembre, le C. C. passe en réserve d'armée ; mais, à ce moment, la pression ennemie se fait
très forte du côté d'Ypres. Le 5e Dragons s'y porte aussitôt et, après un arrêt à Reninghelst, gagne
Kruistraat, où il laisse ses chevaux. Les combattants à pied, sous le commandement du colonel,
partent, par une nuit noire et une pluie battante, pour Ypres qu'ils traversent. Le bombardement par
grosses pièces a commencé, et l'œuvre de destruction est entamée. Vers 2 heures du matin, le 12
novembre, le régiment atteint l'étang de Zillebeke et est placé en réserve. A 6 heures, il relève
deux compagnies d'infanterie territoriale, en avant de Zillebeke. La plaine commence à se couvrir
de tranchées, et c'est sous un bombardement violent que chacun travaille à s'enterrer. A 22 heures, le
régiment. est relevé par un bataillon de chasseurs alpins.
Le 13 novembre, après avoir rejoint le C. C. dans la région de Reninghelst, le régiment va
cantonner à Godewaersvelde. Le 14, il revient en réserve à Reninghelst, puis, par une marche de
nuit des plus pénibles, il gagne Esquelbecq, où il reste le 15 et le 16. Tout le monde est exténué par
cette série de nuits sans sommeil, et l'on aspire à quelques jours de repos. Le 17, le régiment, qui
vient d'être doté de baïonnettes, doit refaire une dernière fois la route de Reninghelst, pour revenir
au milieu de la nuit à Esquelbecq, après avoir passé toute la journée en réserve sans être engagé.
Le lendemain, le régiment atteignait Millam, près de Saint- Omer, et restait au repos jusqu'au 5
décembre dans cette région de plaines basses et de prairies marécageuses, coupées de
« watergangs » et plantées d' « oyats ». Les pelotons du régiment, cantonnés pour la plupart dans les
fermes du pays, commencent à s'y reposer. Le 5 décembre, le régiment quitte la région de Saint-
Omer, cantonne à Herbelle et Inghem et, en longeant la vallée de la Lys, arrive dans celle de la
Canche, où il gagne le 6 Vieil-Hesdin et Saint-Georges, qui seront ses cantonnements jusqu'au 26
janvier 1915.
Ce premier repos depuis le départ de Compiègne termine pour longtemps la partie active de la
campagne. C'est, maintenant, avec une joie mêlée de stupéfaction que, le soir arrivé, on constate

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qu'il ne sera plus nécessaire de chercher dans l'obscurité une masure pour s'abriter ou un coin de
champ pour dresser sa tente ; que l'on pourra goûter un réel repos, enfin que l'on aura pour se
nourrir autre chose que le morceau de pain et de viande, le repas froid qui, depuis si longtemps,
constitue le frugal menu quotidien. Malgré tout, au cœur des cavaliers, il y a un chagrin et une
déception. Partis de Compiègne avec l'idée de se battre comme on l'avait appris, on n'a jamais pu le
faire, et c'est par la force des choses que les randonnées du début au grand jour se sont transformées
en marches de nuit de plus en plus lentes et pénibles, jusqu'au jour où l'on est venu s'enfoncer dans
les trous boueux des Flandres. Dès maintenant, tout débordement de l'aile adverse paraît
impossible. La cavalerie va s'énerver à attendre l'intervention problématique. Le front actuel ne peut
être enfoncé avec les moyens dont on dispose à cette époque, mais on conserve pourtant l'espoir que
cet événement se produira un jour.

IV.

1915 : LES DÉPLACEMENTS DU RÉGIMENT LE LONG DU FRONT


FRANÇAIS. — LES TRANCHÉES.

C'est dans ces sentiments que le 5e Dragons voit s'ouvrir l'année [Link] 1er janvier est égayé par
les dons nombreux qui, de différents côtés, ont été envoyés au régiment. Puis on se remet au travail,
car il s'agit d'apprendre le métier de l'infanterie que tout le monde ignore. C'est que, en effet, en
dehors des déplacements fréquents derrière les fronts d'attaque, qui font naître chez les cavaliers un
espoir chaque fois déçu, il faudra relever aux tranchées l'infanterie fatiguée, travail auquel la
cavalerie n'était préparée ni comme instruction ni comme armement. Les chevaux qui, au cours des
premiers mois si pénibles de la campagne, ont été soignés avec zèle, souvent avec passion, par ceux
dont ils partageaient les fatigues et les dangers, resteront éloignés du front sous la garde de quelques
hommes, tandis que les détachements destinés aux tranchées seront enlevés et ramenés par des
convois automobiles.
C'est ainsi que, le 10 janvier, un détachement part en auto pour gagner les tranchées de Fosse-
Calonne, sous le commandement du capitaine FAURE, officier d'état-major de la 13e B. D. Les
dragons du 5e, aux ordres des lieutenants CLERGUES et CÉLER, commencent ainsi
l'apprentissage de la vie de tranchées, qui peu à peu deviendra si habituelle au régiment. Le
détachement rentre le 21, ayant perdu un tué et un blessé au cours d'un violent bombardement. Le
lieutenant russe de SKADOUSKI, qui s'est brillamment distingué, est décoré.
La lutte des Flandres diminue d'intensité, mais l'incendie se rallume en Champagne. Aussi, dès le
26 janvier, le régiment, que le général CONNEAU a passé en revue quelques jours auparavant,
quitte Vieil-Hesdin pour gagner, par Franssu, Soins, Fleury, la région de Saint-Just-en-
Chaussée.
C'est pendant son séjour dans cette région que la 3e D. C., sous le commandement du général de
LASTOURS, est passée en revue par le général JOFFRE, devant qui elle a l'honneur de défiler. Le
12 février, le régiment s'embarquait en chemin de fer à Saint-Just-en-Chaussée pour la
Champagne. Il débarque le 13 à Vitry-la-Ville, après avoir longé Paris et stationné en gare de
Pantin. Le débarquement s'effectue de minuit jusqu'au jour et les escadrons vont cantonnera
Vésigneul ; installation pénible, par le froid et la neige, dans un village en très mauvais état. Le

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régiment y séjourne jusqu'au 20 mars, pendant les attaques de la IVe armée sur Massiges et
Tahure.
Le C. C. va être disloqué. Deux divisions se portent sur Verdun, la 3e D. C. gagne la Lorraine. Le
5e Dragons quitte Vésigneul le 20 mars, pour arriver à Fraimbois et Moyen le 25 avril. Les étapes
sont jalonnées par Sompuis, Lesmont, Montier-en-Der, Fontaine-sur-Marne, Culey, Ourches
(stationnement du 6 au 21 avril près de la vallée de la Meuse), Thuilley-les-Groseilles,
Houdreville, Villacourt. Avant d'arriver à Fraimbois, le régiment traverse les champs de bataille
de Rozelieures et de Gerbéviller et salue les tombes qui couvrent la plaine. Le régiment stationne
en Lorraine du 25 avril au 8 mai. Un détachement, sous les ordres du commandant
GABARROT, va construire une position dans la forêt de Mondon, près de Lunéville, tandis que
la 3e D. C. se prépare à prendre un secteur.

Mais bientôt l'Artois va devenir le centre de la lutte, aussi le C. C. va-t-il s'y reformer. Le 5e
Dragons est embarqué le 10 mai à Envaux. Il arrive, les 11 et 12 mai, à Amiens et gagne les
cantonnements de Soues-Le Quesnoy, où il reste jusqu'au 27 mai. Une attaque devant avoir lieu
sur Serre et la 3e D. C. étant chargée d'exploiter éventuellement le succès, le 5e Dragons gagne

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Havernas le 29 mai. Le 7 juin, toute la 3e D. C. est au bivouac près de La Vicogne. Mais l'attaque
ne réussit que partiellement et, dès le soir, le régiment rentre à Havernas. Le 9, il part pour Long-
le-Catelet sur la Somme, où il ne devra rester que jusqu'au 14, car une offensive sérieuse doit être
faite en Artois. Le 15 juin, le régiment part pour Prouville, le 16, il bivouaque à Oppy, prêt à
intervenir. Mais une nouvelle désillusion l'attend et il rentre le soir à Prouville. Le 22 juin, le
régiment reprenait ses cantonnements de Long-le-Catelet.

Tandis que les chevaux resteront à Long jusqu'au 12 juillet, puis à Molliens-Vidame jusqu'au 20,
deux détachements seront envoyés aux tranchées de Foncquevillers, du 3 au 9 juillet (lieutenant
de LA ROCHE), du 10 au 19 juillet (lieutenant de MONTMARIN). Le 20 juillet, le régiment va
cantonner à Oneux. Le C. C. s'installe à Auxi-le-Chateau. Le 5e Dragons stationne le 21 dans la
zone Villeroy – Caumont – Gennes – Ivergny – Gueschart - Labroye où il reste jusqu'au 23
septembre. Les détachements aux tranchées partent régulièrement dans le secteur de
Foncquevillers – Hannescamps - Berles, aux ordres du général commandant la 56e D. I., du 22
juillet au 3 août (capitaine LEFRANC), du 3 au 19 août (capitaine COMPAGNON), du 26 août
au 4 septembre (capitaine PETIET). C'est au cours d'un de ces séjours aux tranchées que le
maréchal des logis DUPREZ, du 3e escadron, repousse une patrouille supérieure en nombre à la
sienne et est cité à l'ordre de la 56e D. I.

Mais on commence à parler de grosses attaques qui doivent avoir lieu fin septembre. On se prépare
fiévreusement à prendre part à cette offensive que l'on veut décisive. Le moral est très élevé. Le
régiment, bien entraîné, est un bel instrument de combat. Ses cinq escadrons ont joint à leurs
qualités cavalières de sérieuses notions des méthodes de l'infanterie. L'armement, l'équipement, ont
été heureusement modifiés. Enfin, le régiment possède une section de mitrailleuses, instrument de
combat précieux, à qui le lieutenant MOREL, qui la commande depuis sa création en février 1915,
a su donner, en particulier au cours d'un long séjour aux tranchées pendant l'été, une instruction
solide. Tout paraît prêt, et la visite du général d'URBAL puis celle du général FOCH viennent
confirmer tous les espoirs.
Le 24 septembre, le régiment quitte la vallée de l'Authie, bien convaincu qu'il va marcher de
l'avant. Il cantonne à Magnicourt. La canonnade se fait entendre formidable, tandis que, par toutes
les routes, on voit monter des troupes. On a l'impression que tout est fait pour obtenir l'enfoncement
de la ligne ennemie. Le 25, après un arrêt à Tilloy-lès-Hermaville, le régiment arrive vers 15
heures au nord de Haute-Avesnes. Va-t-on enfin marcher ? Toute la cavalerie brûle du désir de se
porter en avant. Hélas ! vers 18 heures, l'ordre arrive de rentrer à Tilloy-lès-Hermaville, où l'on
s'obstinera à vouloir espérer jusqu'au 30 une intervention devenue impossible. Triste séjour, mais
plus triste retour encore, le 1er octobre, pour reprendre les cantonnements de la région de Villeroy.
On avait pensé ne jamais revenir dans ces villages. Tous les espoirs de victoire avaient été mis dans
cette offensive, que l'on savait ne pouvoir être renouvelée avant longtemps. La cavalerie n'avait
même pas eu la consolation de joindre ses efforts à ceux des autres combattants. L'heure de la
cavalerie n'était pas encore venue ; il fallait attendre, et l'on commençait à comprendre que ce serait
très long.
Les trois derniers mois de l'année ne sont marqués par aucun événement important. Le régiment
séjourne dans la peu souriante vallée de l'Authie, les villages (Villeroy, Le Boisle, Raye-sur-
Authie, etc.) y sont très pauvres et leur aspect rendu moins séduisant encore par un hiver doux et
pluvieux.
Le service est pris aux tranchées par détachements de 200 hommes, d'abord dans le secteur très

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agité d'Aix-Noulette, près du bois en H, à la fin d'octobre (détachement du capitaine


BERNARD), puis dans le secteur plus calme de Bailleulval, en novembre et décembre
(détachements des capitaines MAËS, COMPAGNON et PETIET). Dans ce secteur tranquille, la
vie est rendue très pénible par la boue et l'entretien très difficile des tranchées. La fatigue est telle
pour circuler dans les boyaux que, bien souvent, on lui préfère la marche dangereuse en terrain
découvert. C'est ainsi que trouve la mort le très regretté commandant SAGLIO, chef d'état-major de
la division.
En décembre, le régiment est ramené à quatre escadrons par la dissolution du 7e escadron. C'est la
disparition d'une excellente unité, qui a rendu les plus grands services au début de la campagne,
d'abord sous les ordres du capitaine DESSOYER, mort au cours de la guerre en emportant l'estime
et les regrets de tous, puis du capitaine LEFRANC, très brillant et sympathique officier, qui devait
trouver en Italie une mort glorieuse. En faisait partie aussi le lieutenant JARDILLIER, officier de
réserve, également très aimé et très estimé au régiment, mort tragiquement du tétanos en 1917 à
Villers-Cotterêts.
1915 se termine dans le calme. Les espoirs déçus au cours de cette année n'ont pas abattu les
courages. Tous, officiers, gradés, cavaliers se sont aguerris et se perfectionnent chaque jour en vue
de la victoire, à laquelle on ne cesse de croire fermement.

V.

1916 : LA GUERRE DE TRANCHÉES. — LES SECTEURS


DE MARQUIVILLIERS ET DE BAILLY.
1917 : LA RETRAITE ALLEMANDE. — LES TRANCHÉES
DANS LA FORÊT DE COUCY.

L'année 1916 s'ouvre par le départ du colonel DAUVÉ, qui commandait le régiment depuis le mois
d'avril 1914, et qui va prendre le commandement du 1er de ligne. Le lieutenant-colonel
MICHELON le remplace jusqu'à l'arrivée, en février, du colonel MAISSIAT, chef d'état-major du
C. C., nommé au commandement du 5e Dragons.
Le service aux tranchées continue dans le secteur de Bailleulval jusqu'au milieu de février
(commandant GABARROT). A ce moment, le corps de cavalerie se transporte dans les environs
de Gournay-en-Bray. Le régiment cantonne à Hanvoile-Glatigny, dans de bonnes conditions, et
termine l'hiver également d'une façon moins pénible au point de vue tranchées. Le secteur où il
reprend son service jusqu'au commencement de juin est celui de Marquivillers, en face de Roye,
secteur bien aménagé, et où les incidents sont peu nombreux, quoique l'ennemi se montre assez actif
en certains points et que les relèves soient fréquemment bombardées.
Au mois de mars, le lieutenant-colonel MICHELON quitte le régiment pour prendre le
commandement du 2e Chasseurs ; il est remplacé parle lieutenant-colonel de BEAUVOIR, un
ancien du 5e Dragons.
C'est pendant le séjour du régiment à Hanvoile, au mois d'avril, que le général de LASTOURS
quitte le commandement de la 3e division de cavalerie, à la tête de laquelle il est remplacé par le
général de BOISSIEU. Toute la division voit partir avec émotion le chef qu'elle était accoutumée à

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suivre avec tant de confiance et d'ardeur et dont elle avait vu avec une joyeuse fierté récompenser
les éminents services par la plaque de grand-officier de la Légion d'honneur, que le général FOCH
était venu, à la fin des opérations de 1914 lui accrocher sur la poitrine.
En juin, après une très courte période d'instruction au camp de Crévecœur, le régiment se
transporte dans la région de Poix, cantonne assez à l'étroit dans une série de hameaux, puis, au
commencement d'août, dans la région de Vieux-Rouen, plus confortable, où il reste jusqu'en
septembre. Cette période de repos est employée à une reprise de l'instruction, spécialement à
cheval, car tous espèrent que la cavalerie sera prochainement appelée à jouer un rôle plus actif. Le
voisinage de la cavalerie anglaise et indienne excite l'émulation, et c'est le cœur plein d'espoir que,
vers le milieu de septembre, le régiment arrive au camp 60, aux environs du Hamel, et prête
l'oreille aux formidables grondements de la bataille engagée. Malheureusement, les espoirs sont
déçus, et la désillusion est peinte sur tous les visages, quand, après un mois de bivouac sous la pluie
et dans la boue, on se remet en route pour aller cantonner à Paillart, dans les environs de Moreuil,
où le séjour est d'un mois environ.
En novembre, après un déplacement nouveau vers le sud-est (Grand-Fresnoy), le service aux
tranchées est repris dans un nouveau secteur, celui de Bailly, sur les bords de l'Oise. Ce secteur,
dans un pays que le 5e Dragons connaissait bien avant la guerre, est peu agité, mais de nombreux
travaux y doivent être exécutés, que le froid rigoureux rendra particulièrement pénibles. Au cours de
l'hiver, tout en maintenant ses détachements en ligne, le régiment opère de nouveaux déplacements
vers le sud-est, d'abord, dans la riche contrée de Plailly, puis, en décembre, dans la région de
Couilly-Saint-Germain, non loin de Meaux, où le régiment va séjourner trois mois.
C'est à cette époque que, dans le but de donner au peloton un effectif se rapprochant de celui de la
section d'infanterie, les escadrons sont ramenés à trois pelotons. Cette modification entraîne un
remaniement assez profond des unités rendu plus délicat par suite de l'absence des gradés et des
cavaliers qui sont aux tranchées de Dailly.
Au milieu de janvier, par un froid sérieux et un verglas intense, le régiment se transporte sur les
bords de l'Oise, entre Pontoise et l'Isle-Adam (Auvers-sur-Oise), région charmante à la belle
saison, mais peu agréable par cet hiver très rigoureux. Le froid rend particulièrement pénibles les
séjours aux tranchées, où les pertes sont d'ailleurs légères. Ces séjours continuent régulièrement
dans le même secteur jusqu'au début de mars, époque à laquelle le régiment se porte par étapes
dans la région Choqueuse et Morvillers, non loin de l'ancien cantonnement d'Hanvoile.
C'est de là que, le 17 mars, part le régiment pour gagner rapidement le front, où sont signalés des
indices de retraite de l'ennemi. En deux fortes étapes, la division gagne la vallée du Matz, où lui
parviennent les ordres pour la poursuite. Le 19, dans la matinée, le 5e Dragons franchit les lignes
près de Ribécourt et arrive dans l'après-midi à Noyon, salué par les habitants dont il partage
l'émotion et la joie.
La 13e B. D. met pied à terre au nord de la route de Chauny. Le 2e escadron (capitaine
BERNARD) est envoyé en découverte sur Chauny - Tergnier. Il arrive à Chauny à 13 h.30, le
peloton BERGES opérant sur la droite, entre la voie ferrée et le canal. En entrant à Chauny, le
lieutenant LARTIGUE, qui forme l'avant-garde avec son peloton, donne la chasse à un peloton du
9e Hussards allemand et lui fait deux prisonniers. L'escadron, accueilli par une vive fusillade vers
Noureuil, que le lieutenant CLERGUES reconnaît à pied, passe la nuit au contact, franchit, le 20
au matin, le pont de Rouez, et entre dans Noureuil bombardé. Une reconnaissance (adjudant
LEFÈVRE) atteint et reconnaît Tergnier qui parait faiblement occupé. L'escadron, qui a gagné la
corne est du bois de Frières, se retire, sa mission terminée, à l'arrivée de l'infanterie.
Quant au régiment, il a exécuté, dans la soirée et la nuit du 19, une marche de nuit rendue

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extrêmement pénible par les nombreuses destructions qu'ont opérées les Allemands à tous les points
de passage, et qu'il faut contourner ou franchir dans une obscurité profonde. Le régiment gagne
ainsi, par Caillouel, Béthancourt qui est en flammes, et Commenchon qui finit de se consumer, le
village d'Ugny-le-Gay, où il arrive à la fin de la nuit. Le 5e Dragons, fatigué et mal ravitaillé,
séjourne à Ugny-le-Gay jusqu'au 22 mars, détachant le 1er escadron à Faillouel en liaison avec la
1re D. C., et est rejoint par le 2e escadron qui rentre de sa mission de découverte.
Le 22 mars, le régiment cède la place à l'infanterie et va cantonner à Muirancourt, près de
Guiscard. De cette région, par les étapes de Clairoix, Saintinés, Rucourt, le régiment vient
cantonner à Bargny – Ormoy-le-Davien - Villers-les-Potées, où il arrive le 31 mars et où il
revient le 2 avril, après un jour passé à Villers-Cotterêts. On retrouve avec émotion le théâtre des
combats de 1914, ainsi que les tombes de plusieurs hommes du régiment. Ces villages sont pauvres
et peu confortables ; les deux semaines de séjour et de repos y sont cependant les bienvenues.
D'ailleurs on s'entraîne avec assiduité, et chacun se prépare de son mieux, car l'espoir renaît de
participer bientôt à la grande offensive que mille indices font prévoir. Approvisionnements de toutes
natures, directives précises pour les opérations envisagées, tout est prêt dans les moindres détails,
quand le C. C. se met en route le 2 avril, sous les ordres du général FÉRAUD, qui vient d'en
prendre le commandement. Dans sept ou huit jours, la percée faite, la division doit tenir les ponts
de la Serre, après avoir franchi les marais de Sissonne... La plus grande confiance règne, elle est,
hélas, de courte durée. Par les étapes de Mareuil-sur-Ourcq, Monnes, Seringes et Nesles sur des
chemins encombrés et défoncés par les pluies, la division atteint, le 16 avril au matin, le nord de
Fismes et s'établit au bivouac. Anxieusement, on écoute le bruit lointain de la bataille. Les
premières nouvelles sont bonnes, puis de moins en moins réconfortantes, et c'est tristement que
chacun monte sa tente pour la nuit. Une fois de plus, il faut renoncer à la grande chevauchée tant de
fois espérée en vain. A 10 heures du soir, dans une obscurité complète, sous un vent glacial chargé
de neige fondue, il faut lever le bivouac et reprendre au pas pendant d'interminables heures la route
qui mène vers l'arrière. Le régiment arrive à 2 heures du matin à Chéry-Chartreuve et passe le
reste de la nuit la bride au bras. Le corps est transi de froid, le cœur serré par la déception, c'est une
des plus mauvaises heures de toute la campagne.
De Chéry-Cbartreuve, le régiment s'achemine, par Germigny où il se repose deux jours, vers les
bords de la Marne (Luzancy, Saacy), où il passe quatre jours dans d'excellents cantonnements,
puis il gagne Faremoutiers près de Coulommiers, et, après trois jours de stationnement, repasse
par l'est de Meaux (Boutigny), pour aboutir à Thury-en-Valois, Antilly. C'est la région de
Mareuil-sur-Ourcq - Bargny, où l'on s'établit pour la troisième fois et où l'on devait revenir un an
plus tard à peu près à la même époque. Le séjour dure presque tout le mois de mai, très beau cette
année-là, et la prise d'un secteur à intervalles réguliers se fait dans de très bonnes conditions. C'est
le secteur de Barisis - Fresnes, dans la forêt de Coucy, où nos détachements vont soulager dans
leur service les unités des 70e et 77e D. I. (33e C. A).
Un triste événement marque le séjour à Thury-en-Valois. Le lieutenant JARDILLIER meurt en
quelques jours du tétanos, à l'hôpital de Villers-Cotterêts, regretté de tous au régiment, où il s'était
rendu très sympathique.
A la fin de mai, la division se transporte dans les environs de Noyon, où elle doit rester fort
longtemps, le corps de cavalerie, rattaché à la IIIe armée (général HUMBERT), prenant à son
compte définitivement le secteur de Coucy et de la forêt de Saint-Gobain. Les villages affectés au
régiment, Sempigny, Grand-Maupas, Couarcy, Pontoise, ont été complètement dévastés, mais
sont cependant encore habitables après certains aménagements qu'on arrivera à faire peu à peu. La
proximité de Noyon où la vie reprend, est une ressource. Dès l'arrivée, le service reprend aux

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tranchées et s'organise régulièrement pour une longue durée. Le secteur normal est celui de
Sinceny ; de temps en temps, celui de Rosière, appartenant à la 5e D. C., ou du bois en U,
appartenant à la 1re D. C., sont occupés par intérim pendant quelques jours. Le secteur de Sinceny
comporte une partie marécageuse, en bordure de l'Oise, où s'arrête sa gauche, le reste est en bordure
de la forêt, d'où une organisation très spéciale.
Le couvert permet d'amener les relèves à cheval presque jusqu'aux premières lignes ; les vues sont
peu étendues, le terrain est peu propice aux attaques, aussi la zone confiée à la division est très
grande. Pendant tout le temps de l'occupation, le secteur n'est pas très agité ; quelques coups de
main sont tentés cependant de part et d'autre de temps en temps, et plus spécialement au point de
jonction avec le secteur de la division voisine, vers Le Crotoir.
L'aménagement des tranchées et des abris est relativement simple : la ligne de surveillance consiste
en un certain nombre de petits postes fort éloignés les uns des autres et établis en bordure de la
basse forêt de Coucy, le long du ruisseau de Servais entre Barisis-au-Bois que nous occupons et
ce village de Servais, qui n'est à personne. La ligne de résistance se trouve à l'intérieur de la forêt,
dont le sol est marécageux, et passe par la Faye-de-Servais, le rond de l'Épinois, le Petit-Barisis.
La Sablonnière, les carrières Bernagousse, en arrière de la ferme du Crotoir, limite du secteur.
Le 11 juillet a lieu, près de Blérancourt, l'imposante cérémonie de la remise de la croix de guerre
aux étendards des 4e, 9e, et 11e régiments de cuirassiers à pied, par le général PÉTAIN, qui
prononce, devant les délégations de toutes les unités du C. C., des paroles que tous recueillent avec
fierté et confiance.
Le 15 août, emportant l'estime et la respectueuse affection de tous, le colonel MAISSIAT quitte le
régiment pour le poste de chef d'état-major de la région du Nord. Le lieutenant-colonel BUCANT
prend le commandement du régiment. A la même date, le lieutenant-colonel de BEAUVOIR passe
au 15e Dragons. Successivement chef d'escadrons et lieutenant-colonel au régiment, il s'y était
acquis, par sa grande affabilité, une respectueuse et unanime sympathie.
Parti le 22 août de Sempigny, le 5e Dragons atteint le 31, par les étapes de Longueil-Sainte-Marie,
La Chapelle-en-Serval, Orry-la-Ville (où il reste sept jours) et Bessancourt, les cantonnements
de Maurecourt, Triel, Chanteloup, Boisemont, Vaux. Les escadrons goûtent dans ces villages de
la banlieue parisienne un repos bien gagné. Une émotion pourtant trouble cette tranquillité. Le 7
septembre, le 21e Dragons est alerté et embarqué pour le camp de la Courtine, où pendant un
mois il va avoir la désagréable mission de faire rentrer dans l'ordre des troupes russes révoltées.
Heureusement le 5e Dragons n'est pas appelé à prendre part à cette peu intéressante expédition, dont
au premier moment il avait craint de faire aussi partie.
Le 29 septembre, les cantonnements de la zone du C. C. sont repris. Le 1er escadron rejoint l'état-
major à Sempigny. Les trois autres escadrons sont à Pontoise. Jusqu'à Noël, le service en secteur
continue comme il avait été commencé précédemment, sans incident notable, et avec peu de pertes,
dans le secteur de Sinceny. L'hiver rend particulièrement pénible le séjour aux tranchées. Hommes
et chevaux souffrent également de l'inconfort des cantonnements. Dans le secteur de la ferme
Rosière, près de Folembray, tenu pendant une période de quinze jours par le bataillon de la
brigade, les coups de main de la part de l'ennemi sont assez fréquents. C'est au cours de l'un d'eux,
vaillamment repoussé d'ailleurs, que le sous-lieutenant DENARD trouve, le 4 novembre, une mort
glorieuse. Excellent sous-officier récemment promu officier, le sous-lieutenant DENARD était très
apprécié au régiment et sa perte fut vivement ressentie par tous.
Le 26 décembre, par un froid très vif, des routes couvertes de neige et de verglas, le régiment se
met en mouvement vers ses cantonnements de repos. Par Estrées-Saint-Denis, Neuilly-sous-
Clermont, Beaumont-sur-Oise, il gagne Vauréal, Courcelles, Osny, Maurecourt, Jouy-le-

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Moutier, où il arrive le 29 et où il va séjourner pendant une quinzaine de jours, bien installé, par un
froid qui continue d'être rigoureux.
D'ailleurs l'instruction continue. Les cavaliers, qui sont devenus d'excellents combattants à pied,
peuvent faire figure sur le champ de bataille à côté de leurs camarades de l'infanterie et y tenir
honorablement leur place. Les régiments de cuirassiers à pied, formés de cavaliers provenant de
toutes les subdivisions d'armes, le prouvent brillamment depuis plus d'un an et demi. Aussi le
commandement a-t-il envisagé la mise à pied éventuelle des régiments à cheval en des formations
temporaires analogues à celles de l'infanterie : un bataillon par brigade, un régiment par division.
L'armement, l'équipement ont été modifiés en conséquence. Il n'y a plus qu'à travailler et à
s'instruire.

VI.

1918 : LE SÉJOUR PRÈS DE PARIS.


LES OFFENSIVES ALLEMANDES DE JUIN ET DE JUILLET.
LA DÉBACLE ALLEMANDE.

Le régiment commence l'année 1918, qui sera l'année des épreuves et de la victoire, dans ses
cantonnements des environs de Paris, légèrement modifiés d'ailleurs dans la deuxième quinzaine
du mois de janvier, où l'on occupe Jouy-le-Moutier, Courdimanche, Chanteloup, Menucourt,
Boisemont, régions déjà connues l'été précédent. Le 30 janvier, son tour étant arrivé de séjourner à
Maisons-Laffitte, le 5e Dragons s'y installe. Un escadron (le 4e) est détaché à Achères. Si les
chevaux sont à peu près convenablement logés, les hommes sont assez piètrement cantonnés :
manque de confort, auquel les hommes sont largement habitués.
Par suite de diverses circonstances, ce séjour qui, régulièrement, ne devait pas dépasser quarante-
cinq jours, se prolonge jusqu'au 20 mai et, commencé dans la joie de goûter un repos bien gagné, il
se termine dans le regret d'être restés si longtemps inactifs, alors que les événements angoissants de
mars et d'avril étreignent tous les cœurs, et que le reste de la division gagne de nouveaux lauriers
au Kemmel. Le 18 mars, les larmes aux yeux, le lieutenant-colonel BUCANT a quitté le 5e
Dragons pour le poste de sous-chef d'état-major du 32e C. A. Capitaine commandant au régiment, il
y est revenu comme chef de corps. Chacun partage son émotion et le voit partir avec regret. Il est
remplacé, le 22 mars, à la tête du régiment par le lieutenant-colonel LETIXERANT, venu du 15e
Chasseurs, sous les ordres duquel le 5e Dragons exécutera les dures opérations de 1918 et terminera
la campagne. C'est au même moment que le colonel de FRANCOLINI remplace à la tête de la 13e
B. D. le général VIOLAND, qui la commandait depuis octobre 1914, et qui va prendre le
commandement d'un secteur dans les Vosges. En mars, un détachement est fourni au service d'ordre
de la Courneuve, où il reste vingt jours. Les 1er, 2e et 3e escadrons prennent part à un service
d'ordre pour les grèves et restent pendant cinq jours à Paris, casernés à l'École militaire. La
régularité de la vie à Maisons-Laffitte n'est troublée de temps en temps que par des alertes de
bombardement aérien sur Paris. L'instruction se poursuit avec assiduité ; exercices de bataillon, de
compagnie, de section, lancement de grenades et tirs sur le champ de tir de Maisons-Laffitte.

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Le 20 mai, le régiment quitte enfin Maisons-Laffitte. La brigade doit rejoindre dans la région
d'Aumale, où elle a séjourné déjà en 1917, la 3e D. C., provisoirement rattachée au 2e Corps de
cavalerie (général ROBILLOT). Par un temps exquis, le régiment rejoint en six étapes ses
cantonnements, d'ailleurs assez misérables, de Rethonval et Saint Léger-au-Bois, où il arrive le
26, après avoir traversé le Vexin et le pays de Bray. Cette route, faite dans les meilleures
conditions, constitue une excellente préparation à la dure épreuve qui va suivre. Le 27 au soir, des
bruits inquiétants circulent ; malgré le secret bien gardé, chacun pressent des événements graves.
Une des heures les plus angoissantes de la guerre a sonné pour la France : c'est la catastrophe du
Chemin-des-Dames.
Le 28, on quitte à 15 heures les cantonnements ; on abat 40 kilomètres par de mauvais chemins, une
poussière dense, et on arrive dans la soirée à Feuquières, Molliens, Broquiers. Petit mouvement le
lendemain matin sur Hombos et Brombos, puis nouvelle marche de nuit cette fois, étape de 85
kilomètres, qui aboutit à Saint-Wast-les-Mello, Maizelles, Cramoisy, près de Creil, le 30 à 13
heures. Le temps de souffler quelques heures, et de manger, puis départ à la tombée de la nuit pour
une autre formidable étape de 80 kilomètres, qui amène le régiment le lendemain à 13 heures à
Barcy et Marcilly (région de Meaux). Cette route est particulièrement dure, malgré le beau temps,
car la fatigue commence à se faire sentir et a été augmentée par le désagrément d'un bombardement
aérien, d'abord à la traversée de Montataire, puis à la sortie de Pont-Sainte-Maxence, où une
bombe tombant sur la queue du 21e Dragons, qui marche devant le 5e, blesse grièvement le
commandant SÉNÉMAUD, ainsi que plusieurs officiers et cavaliers du 21e. De Barcy, il faut, à
peine arrivés, repartir précipitamment et couvrir encore une trentaine de kilomètres pour parvenir,
en se frayant un chemin à travers les voitures et les troupeaux que les habitants évacuent en hâte,
jusqu'à Neufchelles, où l'on bivouaque, non sans avoir encore été bombardés par les avions
allemands.
Après ce formidable raid, qui fera plus tard l'admiration de tous, et en particulier des Anglais, le
corps de cavalerie est arrivé à pied d’œuvre et, malgré la fatigue, va remplir brillamment le rôle qui
lui a été assigné : contenir l'ennemi le temps nécessaire pour que le trou soit bouché, pour que les
réserves arrivent, et, pour cela, attaquer, même si les moyens sont insuffisants, ce qui est le cas,
l'artillerie étant loin d'être assez nombreuse pour préparer efficacement les attaques.
Le 31 mai au soir, la situation est la suivante : La 13e B. D. est au bivouac au sud de Mareuil-sur-
Ourcq, en réserve de la division avec une batterie de l'artillerie divisionnaire et le groupe cycliste.
La 3e B. L. à droite, la 10e B. D. à gauche, reconnaissent et doivent attaquer dans l'axe Noroy –
Chouy.
Le 1er juin, le 5e Dragons lève le bivouac à 7 h.30, traverse Mareuil-sur-Ourcq et va s'installer au
sud-ouest du bois de Montigny. L'attaque prescrite la veille a été différée. La 13e B. D., en réserve,
se tient prête à soutenir vers Saint-Quentin la 3e B.L. ou à protéger le passage éventuel, en cas de
repli, du ruisseau de Montigny.
Une position est reconnue au sud de Montigny, pour interdire le passage du ruisseau. A 17 heures,
le peloton FRAGONARD, du 3e escadron, est envoyé en reconnaissance à Chézy-en-Orxois,
l'ennemi étant signalé dans cette direction. A 17 h.30, l'ordre que venait de recevoir le régiment de
se porter sur Bourneville est rapporté et remplacé par l'ordre de former le bataillon de brigade. Les
chevaux retourneront au bivouac de la veille. La mise pied à terre est effectuée à l'est de la route
Mareuil - La Ferté-Milon, à 1 kilomètre au nord-est de Fulaines, d'où le bataillon est dirigé sur
Vaux-Parfond.
Il est composé de la façon suivante :

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Chef d'escadrons LE CONTE, commandant le bataillon.


1re compagnie (1er et 2e escadrons), capitaine BERNARD, lieutenants CLERGUES et CLARAC-
DUVIVIER, aspirant GROSJEAN.
2e compagnie (3e et 4e escadrons) 3 sections et demie, capitaine de LA ROCHE, lieutenants de
MONCLIN, DELOBEL, MOREL, sous-lieutenant VARLÉ.
Compagnie de mitrailleuses, lieutenant BOULARD ; les deux sections du 5e Dragons, lieutenant
BARACHIN, et les deux sections du 21e Dragons, lieutenant de DIESBACH.
Plus deux compagnies du 21e Dragons, capitaines TAMPÉ et de PADIRAC.
État-major du bataillon : médecin-major COUDEYRAS, lieutenant de PRACOMTAL, officier de
liaison.
Le régiment à pied de la D. C. est constitué sous le commandement du colonel MOINEVILLE, du
3eHussards, dont le P. C. est à Vaux-Parfond. Le bataillon de la 13e B. D. doit s'établir à la gauche
du régiment, de Mosloy à la corne nord du buisson de Borny, en liaison à droite avec le bataillon
de hussards, à gauche avec des éléments du 139e et du 121e R. I.
L'ennemi occupe, en face de nos positions, les villages de Marizy-Sainte-Geneviève et de Passy-
en-Valois. Il a été identifié la veille. C'est la 1re division de la garde. En face de la 13e B. D. sont des
éléments du 1er Garde à pied.
Le bataillon a fait halte près de Vaux-Parfond, petit hameau situé au sud d'un plateau borné de
trois côtés par les bois qui prolongent la forêt de Villers-Cotterêts. C'est là que le commandant LE
CONTE et les commandants de compagnie vont prendre les ordres du colonel MOINEVILLE, qui
oriente les différentes unités sur les emplacements qu'elles doivent occuper, vers lesquels elles se
dirigent dans une obscurité profonde, coupée par les lueurs de lointains incendies. Les compagnies
du 5e Dragons occupent au lever du jour : la compagnie BERNARD avec les deux S. M. le hameau
de Mosloy, prêtant son appui à une compagnie d'infanterie qui est en ligne à la ferme du même
nom, la compagnie de LA ROCHE la corne nord-ouest du buisson de Borny, en réserve de
bataillon. Le P. C. du commandant est un peu plus en arrière, à la lisière ouest du bois. Les
compagnies du 21e Dragons sont, l'une en ligne, avec les S. M. du 21e, à la droite de la compagnie
BERNARD, l'autre en réserve du régiment à Vaux-Parfond, où fonctionne le poste de secours
établi par le médecin-major COUDEYRAS, tandis qu'un poste intermédiaire est établi près du P. C.
par le médecin aide-major FOURIAU.
Dans la matinée, la compagnie de LA ROCHE détache une section et demie sous les ordres du
lieutenant de MONCLIN, pour renforcer les hussards menacés d'être débordés à la lisière nord du
buisson, en face de la ferme de la Loge-aux-Bœufs, occupée par l'ennemi. Le bombardement
incessant du bois ne tarde pas à causer des pertes, tant aux sections en ligne avec les hussards qu'à
celles restées en réserve et au groupe de commandement du commandant. D'autre part, l'infanterie
ennemie se montre de plus en plus active, profitant des belles et hautes moissons qui couvrent le
terrain pour filtrer par petits groupes, difficilement maintenus en respect par nos éléments de
première ligne et les S. M. du 5e Dragons qui, vers 10 heures du matin, dispersent, en lui faisant
éprouver des pertes, une compagnie ennemie qui progresse à flanc de coteau vers la Loge-aux-
Bœufs.
A 13 h.45, la compagnie de LA ROCHE reçoit l'ordre d'attaquer Marizy-Sainte-Geneviève, avec
la compagnie de PADIRAC, du 21e Dragons, les S. M. du lieutenant BARACHIN et celles du 21e.
L'attaque des deux compagnies est liée à droite à celle d'un peloton cycliste et de deux compagnies
de hussards sur Passy-en-Valois. L'ordre, apporté par le lieutenant de MONCLIN, détaché à l'état-
major du colonel MOINEVILLE, est exécutoire immédiatement. A 14 h.30, sans préparation ni
soutien d'artillerie, l'attaque débouche de la lisière nord du buisson de Borny, dans un ordre

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parfait, le commandant LE CONTE en tête. Malgré un feu très vif des mitrailleuses ennemies en
flanquement et un barrage de fort calibre, dont la densité et la précision augmentent d'instant en
instant, les dragons se portent par une progression rapide jusqu'à la grand'route, la franchissent d'un
bond, et, malgré les pertes, grimpent sans ralentir leur allure la cote 147. A partir de ce moment, la
compagnie du 5e Dragons continue seule l'attaque, perdant la liaison avec les autres troupes qui ont
eu successivement leur action paralysée par l'artillerie et les mitrailleuses ennemies.
Cette compagnie, dont le mouvement est suivi par les S. M. du lieutenant BARACHIN, qui sont
sorties de Mosloy pour appuyer l'attaque, franchit encore environ 800 mètres de terrain difficile,
sous un feu de plus en plus violent qui lui fait éprouver de nouvelles pertes (dont le lieutenant de
MONCLIN et le maréchal des logis GAGNEUX blessés), traverse un ravin à bords escarpés et
aborde la position ennemie sur un ancien champ d'aviation au nord-est de la cote 147. Là, un
véritable encerclement de mitrailleuses décime ce qui reste de la compagnie, sur le glacis au
débouché du ravin. Le commandant, qui a abordé le terrain d'aviation vers la droite, tombe un des
premiers, avec la plupart des gradés et cavaliers qui l'accompagnent, dont les maréchaux des logis
de BONNIÈRES et COLIN. Le lieutenant MOREL, qui marche avec la première vague, est
mortellement atteint de trois blessures. Les blessés se traînent pour la plupart dans une sorte de
large entonnoir situé dans le revers est du ravin, où se regroupent les éléments valides de la
compagnie. Laissant au sous-lieutenant VARLÉ et à l'adjudant ALLAIS qui va lui-même être
atteint un instant plus tard la mission d'assurer le repli des nombreux blessés, le capitaine, avec une
partie de la section DELOBEL, repasse le ravin pour prendre la liaison avec la compagnie du 21e,
dont on ignore l'arrêt, qu'on croit plus en avant, et suivre son mouvement. Mais, au contraire, cette
compagnie a dû retraiter sous un feu des plus violents, et il n'y a plus sur la droite de la ligne que
nos sections de mitrailleuses, dont les hommes lourdement chargés n'ont suivi, par la chaleur
torride, qu'au prix des plus grands efforts, viennent d'avoir une pièce démolie, leur personnel
décimé et leur chef (le lieutenant BARACHIN) blessé, en se portant sur la droite vers une
mitrailleuse allemande qui prenait notre ligner à revers.
Nos pertes ont encore augmenté au passage du ravin où, en même temps que plusieurs gradés et
cavaliers, est tombé le lieutenant DELOBEL, atteint de trois graves blessures qui ne lui permirent
jamais de reprendre du service. Le capitaine, après avoir pris la liaison à Mosloy avec le capitaine
BERNARD, qui s'est porté à sa rencontre et qui est blessé au même moment de deux éclats d'obus,
tandis que l'adjudant TOURNAUX tombe tué à ses côtés, repart vers la ligne ennemie avec une
demi-section environ qu'il a pu reformer avec l'aide du brigadier PINGEOT. Ce mouvement, qui
s'exécute sous un violent bombardement réglé par des avions survolant le plateau à faible hauteur,
est par la suite arrêté à la demande de l'infanterie occupant la ferme Mosloy, qui signale des
éléments allemands progressant à l'est de la cote 147 vers la ferme, et veut que son champ de tir
soit dégagé. Les derniers éléments occupant la crête rentrent alors, tandis que de nombreux blessés
sont ramenés sous la protection d'un groupe de combat qui, sous-les ordres du sous lieutenant
VARLÉ, secondé par le maréchal des logis DROUIN, se maintient dans l'entonnoir du ravin
jusqu'après la tombée de la nuit, pendant laquelle, à la faveur de l'obscurité, quelques infirmiers et
brancardiers sous la direction du maréchal des logis LOUIS, ramassent un certain nombre
d'hommes restés sur le terrain dont le cavalier WOITURON atteint de 13 balles.
Cette journée, qui constitue une des plus belles pages du régiment, a coûté fort cher. Le
commandant LE CONTE est tué, le capitaine BERNARD, les lieutenants MOREL (mort peu
après des suites de ses blessures), DELOBEL, de MONCLIN, BARACHIN, blessés ; la troupe

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compte 27 tués 1, dont 7 sous-officiers, 56 blessés et 1 disparu.

1 Voir à la fin de l’historique la liste des morts au champ d’honneur.

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Le commandant LE CONTE, depuis peu de temps au régiment, avait su cependant s'y faire une
place considérable par la droiture, la fermeté de son caractère et l'élévation de ses idées. Sa mort fut
digne de sa vie : une très belle mort de soldat. Le lieutenant MOREL, mort quinze jours plus tard à
l'hôpital d'Ognon, était un des plus anciens du 5e Dragons, où il avait été sous-officier ; très
sympathique à tous, très brave au feu, sa mort fut une perte douloureuse pour le régiment.
Si l'objectif matériel de l'attaque n'a pu être atteint, son but moral est largement acquis et le sacrifice
n'a pas été inutile. Le témoignage de l'infanterie voisine apprit que cette action avait surpris les
Allemands et les avait empêchés d'exécuter eux-mêmes une attaque qu'ils allaient déclencher contre
une de nos divisions d'infanterie, qui n'était pas à ce moment en mesure de résister.
Dans la nuit du 2 au 3, la 1re compagnie, dont le lieutenant CLERGUES a pris le commandement
lorsque le capitaine BERNARD a été blessé, et qui a subi un fort bombardement dans la soirée, est
restée sur le qui-vive, attendant une attaque allemande qui ne se déclenchera qu'après sa relève. Les
lisières nord-ouest du buisson de Borny sont également étroitement surveillées par les débris de la
compagnie de réserve. Vers le milieu de la nuit, le bataillon de la 13e B. D., dont le capitaine de LA
NOUE a pris le commandement, est relevé par un régiment de la 2e D. I. et reçoit l'ordre de rester
en réserve près de Vaux-Parfond. Par suite d'une erreur de transmission, la 2e compagnie reste
seule en ligne, l'autre compagnie rejoignant le bivouac de Neufchelles où elle arrive vers 6 heures
du matin.
Dans l'après-midi, le régiment lève le bivouac et se porte au sud-est d'Antheuil, où il est rejoint par
la compagnie de LA ROCHE. Le régiment reste jusqu'au 6 juin à ce nouveau bivouac, fournissant
des travailleurs pour l'organisation d'une position de repli et détachant le 1er escadron (lieutenant du
PETIT-THOUARS) dans la forêt de Retz pour s'opposer aux infiltrations allemandes qui y sont
signalées. Cet escadron, qui est mis, le 4, à la disposition du général commandant la 26e D. I.,
rejoint le régiment le 6, date à laquelle le 5e Dragons transporte son bivouac au buisson de
Walligny. Le 7, le régiment se met en route sur Ver, où il bivouaque, et arrive le 8 aux
cantonnements de Monceau, Blaincourt, Les Sablons, Bonneval. C'est au cantonnement de
Blaincourt que le général de BOISSIEU, commandant la 3e D. C., remet, dans l'après-midi du 8
juin, la croix de la Légion d'honneur au capitaine de LA ROCHE, commandant le 4e escadron, et
la médaille militaire au maréchal des logis DROUIN, du 4e escadron, et au brigadier DEMETS, du
3e escadron, décorés pour leur belle conduite à l'attaque de Marizy-Sainte-Geneviève.
Le 9, le régiment va cantonner à Cires-les-Mello, où, le 16 juin, un service funèbre est célébré à la
mémoire des morts au champ d'honneur du 2 juin. Le colonel de FRANCOLINI, commandant la
brigade, le colonel BERNARD, commandant le 21e Dragons, beaucoup d'officiers et de cavaliers
de ce régiment y assistent. Puis le régiment revient s'installer, du 12 au 25 juin, à Blaincourt et
Précy-sur-Oise. Pendant ce repos si mérité et si nécessaire, il reçoit des renforts qui comblent en
partie les pertes du 2 juin et exécute plusieurs exercices à pied. Les attaques allemandes qui se sont
succédé depuis le mois de mars ont en effet nécessité des modifications aux procédés de combat.
La guerre de tranchées a disparu, la guerre en rase campagne a recommencé après une interruption
de trois ans et demi. La cavalerie se sent davantage dans son élément ; les patrouilles à cheval font
leur réapparition, et ce seul fait indique la transformation qui vient de s'opérer.
Le 25 juin, le régiment quitte ses cantonnements, fait étape à Juilly le 25, Crécy-en Brie le 26, Les
Pleux le 27, et arrive à L'Échelle et villages voisins (est de Montmirail) le 28 juin. La division,
qui vient de quitter le 2e C. C. et la IVe armée, reprend sa place dans le 1er Corps de cavalerie
(général FÉRAUD) qui va faire partie successivement des Ve et VIe armées.
Le régiment cantonne ensuite à Beaunay, du 4 au 7 à Gionges et La Madeleine, du 8 au 12 à
Saint-Mard-les-Rouffy et Champagne. A Gionges, le colonel commandant la brigade remet la

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croix de la Légion d'honneur au lieutenant de MONCLIN, décoré pour sa belle conduite à l'affaire
du 2 juin, où il a été blessé, et le lieutenant-colonel décore de la croix de guerre les officiers, sous-
officiers, brigadiers et cavaliers cités, à l'occasion du même combat, à l'ordre du C. C., de la
division, de la brigade et du régiment. Du 12 au 14 juillet, le régiment cantonne à Vert-la-
Gravelle. Toutes les marches depuis Montmirail, ont été effectuées de nuit. On est resté sur le
territoire des Ve et IVe armées qui prévoient une nouvelle attaque allemande, et tous les
mouvements destinés à y parer doivent rester secrets. Le régiment s'est préparé à son rôle en
reprenant l'instruction aussitôt installé dans chaque cantonnement.
Toute la nuit du 14 au 15 juillet, une canonnade intense se fait entendre. Le régiment, alerté à
minuit, se porte à midi dans la direction du nord et s'établit vers 18 heures au bivouac dans le bois
du Bouchet (sud-ouest de Saint-Martin-d'Ablois). A 21 heures, le bivouac est levé, et le régiment
s'engage dans la forêt de Boursault, garnie d'une artillerie lourde qui tire sans interruption. La mise
pied à terre a lieu au centre de la forêt, au carrefour des Six-Routes ; les chevaux sont renvoyés à
l'arrière, et les escadrons gagnent les emplacements qui leur ont été assignés à la lisière ouest de la
forêt. La situation est la suivante : les Allemands, après avoir pris Dormans et Château-Thierry,
ont franchi la Marne, formant sur la rive gauche une vaste « poche ». Le régiment est en deuxième
ligne derrière la 10e Division d'infanterie coloniale (général MARCHAND). Malgré les difficultés
d'orientation la nuit, en forêt, les escadrons occupent leurs emplacements, établissent leurs liaisons
et exécutent leurs reconnaissances. L'escadron CLERGUES tient Villesaint ; l'escadron XAMBEU
la ferme L'Épine et la cote 246 ; l'escadron de LA ROCHE le nord du bois de la Bouloy ; une S.
M. est vers la ferme L'Épine ; l'autre en réserve à proximité du P. C. du lieutenant-colonel (pointe
sud-ouest de l'étang), ainsi que deux pelotons de l'escadron de BERNARD. Les deux autres
pelotons, à cheval, sont, l'un à la disposition du colonel commandant la brigade, l'autre, vers la
Marne, en liaison avec la 10e D. I. C. qui occupe les deux rives.
La nuit se passe sans incident. L'attaque reprend le 16 dans la matinée, et la droite de la ligne est
bientôt engagée. L'escadron CLERGUES a reçu l'ordre de tenir Villesaint et d'organiser une ligne
de défense à la sortie ouest entre les pentes boisées au sud et la route nationale au nord. Une
première ligne vers Œuilly est tenue par l'infanterie coloniale. Une compagnie territoriale garde
une passerelle sur la Marne, à la ferme Chêne-Fondu, et la route nationale.
Vers 11 heures, Œuilly est évacué ; la passerelle saute, et ses défenseurs se retirent vers Boursault.
La gauche de l'escadron est en liaison avec le 1er Cuirassiers, mais la droite est complètement à
découvert. Des éléments ennemis commencent à filtrer le long de la Marne. Vers midi, l'artillerie
ennemie bombarde violemment Villesaint. Au même moment arrivait la cuisine roulante de
l'escadron. Le brigadier Louis CAUX et le cavalier KORCHIA sont tués. Le cuisinier THÉRON
fait preuve d'un sang-froid remarquable, il réussit à rattraper les chevaux, va faire son plein d'eau et
revient à Villesaint afin que ses camarades ne soient pas privés de café. Il sera cité à l'ordre du
régiment pour son énergie et son dévouement. Dans l'après-midi, l'ennemi continue à progresser,
appuyé par son artillerie. Un poste de F. M. est détruit ; le maréchal des logis PLACE et le cavalier
HIMBOT sont tués, le brigadier POIRION blessé. La partie nord de Villesaint est évacuée, un
poste assez fort est laissé à la sortie nord-est, ayant des vues sur la Marne et la route.
La pression ennemie augmentant de toutes parts, l'ordre est donné à 14 heures de constituer le
bataillon à pied de brigade. Seule une troupe remarquablement disciplinée et entraînée est capable,
au contact de l'ennemi, d'exécuter un changement d'organisation aussi complet que celui qui était
demandé. L'opération s'accomplit cependant rapidement, et Les deux compagnies du régiment
passent, à 17 heures, sous les ordres du commandant GIZARD, du 21e Dragons. Le lieutenant
CLERGUES commande la 1re compagnie (1er et 2e escadrons), le capitaine XAMBEU la 2e (3e et

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4e escadrons). Le capitaine de BERNARD est adjudant-major du bataillon.


Vers 18 heures, malgré un violent bombardement, en partie par obus toxiques, la compagnie
CLERGUES réoccupe Villesaint, grâce à l'appui du poste qu'elle y a laissé et qui a fait deux
prisonniers. L'ennemi se replie sur le bois situé à l'ouest du village.
Dans la nuit du 16 au 17, la compagnie est relevée par le 15e Chasseurs, et le lieutenant
CLERGUES reçoit la mission suivante : porter la ligne de défense à la lisière ouest du petit bois
(500 mètres ouest de Villesaint). Ce bois est assez fortement occupé ; après une vive résistance,
l'ennemi l'abandonne, laissant un prisonnier.
Le 17, à 10 heures, la compagnie est relevée par les hussards de la division et reçoit l'ordre de
couvrir à droite l'attaque sur Œuilly en menaçant Montvoisin, les trois sections DRUEZ,
TAINTURIER, LARTIGUE, en première ligne (celle-ci en liaison à gauche avec le groupe
cycliste et une compagnie d'infanterie), la 4e section (maréchal des logis DELACROIX) en réserve.
Après une progression de 200 mètres, le groupe cycliste passe en réserve, et la liaison s'effectue
avec la compagnie d'infanterie. L'avance est facile jusqu'à la lisière est du bois, où la compagnie est
prise sous un feu violent de mitrailleuses partant de Montvoisin. Le sous-lieutenant TAINTURIER
et plusieurs hommes sont blessés.
A 20 heures, après une très courte préparation d'artillerie, la compagnie se porte à l'attaque de
Montvoisin, en liaison à gauche avec le bataillon des 9e et 29e Dragons (5e D. C.). Dès le début, un
feu violent et continu de mitrailleuses et d'artillerie interdit toute progression, même en rampant. Le
lieutenant LARTIGUE et plusieurs cavaliers sont blessés. La ligne entière regagne sa position de
départ, ramenant ses blessés, et la compagnie CLERGUES reçoit l'ordre de se reformer à la ferme
des Pâtis.
Cette action presque ininterrompue de quarante-huit heures coûte à la compagnie 2 officiers blessés,
1 sous-officier tué, 3 brigadiers, 6 cavaliers tués. La troupe compte en outre 11 blessés.
La 2e compagnie (capitaine XAMBEU) a été chargée d'organiser la défense de la ferme L'Épine et
du bois de la Bouloy. Pendant la journée du 16, cette position sert de repli aux éléments coloniaux
en retraite ; le 17, elle sert de base à l'attaque lancée à midi par le 41e R. I., attaque qui permet dans
la journée une avance de 3 kilomètres, et, le lendemain 18, la reprise d'Œuilly et le rejet de l'ennemi
sur la Marne. Malgré un violent bombardement et le feu de mitrailleuses installées à la Cense-
Carrée, la 2e compagnie n'éprouve pas de pertes.
Le 19 juillet, le bataillon est mis en réserve près de la Maison d'Enghien, et rentre le 20, dans la
matinée, au bivouac du bois du Bouchet. Il a laissé à la disposition de la 77e D. I. ses S. M. qui
appuient une attaque d'infanterie accompagnée de tanks sur Port-à-Binson.
Le 20 juillet, le régiment quitte le bivouac et, rejoint par ses S. M., s'installe à Épernay dans le
quartier de cavalerie. La nuit du 20 au 21 est calme ; mais le 21, dès la chute du jour, la ville est
bombardée sans interruption par des avions jusqu'à 3 heures du matin. De nombreux incendies
éclatent ; tout repos est absolument impossible, bien qu'aucune bombe ne tombe à proximité
immédiate du quartier. Le régiment cantonne le 22 dans la région de Beauchamps, et les 23 et 24
dans celle de Saint-Cyr-sur-Morin.
Le 25, à 18 heures, le 5e Dragons part dans la direction du nord, la division étant mise à la
disposition de la VIe armée (général DEGOUTTE) qui, avec l'aide de divisions américaines,
attaque au nord de Château-Thierry dans la direction de Fismes. En pleine nuit, après avoir
traversé le village presque entièrement détruit de Bouresches, le régiment s'arrête en lisière d'un
bois qui lui est assigné comme bivouac, et où il ne peut pénétrer et s'installer qu'au jour. Presque
autant que le bois Belleau, très voisin, ce bois a été le siège d'une lutte acharnée entre Américains et
Allemands et en porte les traces : armes, matériel ayant appartenu aux deux adversaires gisent sur le

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sol ; les arbres sont hachés, le sol pollué, les cadavres d'hommes et d'animaux insuffisamment
enterrés répandent par places une odeur insupportable. Le corps d'un lieutenant du 152e d'infanterie
et d'un sous-officier de chasseurs à pied seront retrouvés en pleins champs à quelques centaines de
mètres, et inhumés par nos soins.
Le régiment reste au bivouac pendant cinq jours. L'aviation ennemie, peu active, permet certaine
liberté. Le contact d'Américains voisins ou de passage offre quelque intérêt.
Le 29, l'occasion d'intervenir ne s'étant pas produite, le régiment regagne par une marche de nuit
Saint Cyr-sur-Morin. Il en repart le 2 août vers l'est, et revient, toujours de nuit, le 8 août, à
Saint-Mard-les-Rouffy et Pocancy qu'il a quittés il y a un mois. Il y séjourne pendant huit jours,
puis, par deux marches de nuit, gagne la région sud du camp de Mailly et s'installe jusqu'au 4
septembre dans des cantonnements larges et une région favorable à l'instruction, à Jasseines (état-
major et 4e escadron), Balignicourt (1er ), Donnement (2e), Dommartin-le-Coq (3e).
Le 5 septembre, pour faire place aux nombreuses troupes rassemblées en arrière du front de la IVe
armée, toute la division se transporte dans la région de Nogent-sur-Seine et occupe, le 7
septembre, les cantonnements de Trainel (état-major), Courceaux (1er),Courceroy (2e), Sognes
(3e), Fontaine-Fourche (4e). Malgré ses cantonnements larges, confortables, malgré une
température agréable et l'absence de tout surmenage, le régiment ne peut échapper à une épidémie
de grippe qui sévit dans la France entière, et est éprouvé au début à un tel point que, quand la
division reprend la direction de l'est, il est laissé quelques jours en arrière et ne se remet en route
que le 23 septembre. Par marches de nuit, faisant étape à Conflans-sur-Seine, Semoine, Coole,
Omey, Courtisols, il arrive le 28 septembre au bivouac de l'Alma (nord-est de Suippes) où est
rassemblée la division.
La IVe armée, après avoir, au début de juillet, vigoureusement repoussé l'assaut ennemi, a pris à
son tour l'offensive ; son attaque progresse en direction de l'Aisne, et le C. C. est maintenu à portée
d'intervenir dans le cas de rupture du front. La 3e D. C. occupe jusqu'au 2 octobre le bivouac de
l'Alma, où le régiment parvient à s'installer dans d'assez bonnes conditions, en rétablissant les abris
détruits par nous en juillet, par précaution et afin de ne pas les laisser intacts aux mains de l'ennemi
dans le cas où son attaque n'aurait pu être enrayée.
Du 3 au 8 octobre, le régiment occupe, quelques kilomètres plus au nord, le bivouac de la cote
204. Le régiment y apprend successivement la défection de l'Autriche et la demande d'intervention
adressée par l'Allemagne au président WILSON. Ces nouvelles réconfortantes, l'avance continue
de la IVe armée, le spectacle des colonnes de prisonniers dirigées vers l'arrière, excitent dans tous
les cœurs l'espoir et l'ardeur, et le régiment accueille avec joie, la nouvelle de la mission qui lui est
donnée. Tandis que le corps de cavalerie est, pour des raisons de ravitaillement, reporté plus en
arrière, le 5e Dragons, désigné comme avant-garde de la division, sera porté en avant, au contact de
l'infanterie ennemie avec mission, le cas échéant, de préparer l'entrée en ligne de la 3e D. C.
Le 9, le régiment gagne la zone est du trou Bricot. Les escadrons sont bivouaqués à grande
distance les uns des autres, afin d'être à proximité des rares points d'eau aménagés dans cette région
qu'une lutte continuelle a rendue désertique. Le 1er escadron, à l'est de Somme-Py, est en liaison
avec la 36e division américaine. Le 11, le 2e escadron est poussé au nord de la voie ferrée, derrière
le 21e C. A. qui enlève, après une résistance acharnée, la formidable position d'Orfeuil et refoule
l'ennemi sur l'Aisne. Le régiment se porte en avant le 22 avec le 21e Corps. Il traverse la ville de
Tahure, dont la désolation surpasse tous les spectacles d'horreur, déjà si nombreux, dont il a été
témoin, et, par la grand'route d'Attigny, se dirige vers le nord. Malgré l'affluence des troupes et
des convois, la marche s'opère facilement jusqu'à la nuit. Mais à hauteur de Semide l'ennemi, dans
sa retraite, a coupé le pont de la grand'route, et toute la colonne est obligée de passer par l'unique

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rue du village. Il a plu, le sol est raviné et glissant. Des pièces d'artillerie lourde, traînées par 12 ou
14 chevaux, n'avancent que difficilement et produisent de longs embouteillages. Enfin, vers 22
heures, le régiment s'établit au bivouac, de chaque côté de la grand'route, à 3 kilomètres au sud de
Mazagran, dans des bois de sapins qui portent toutes les traces de la poursuite des jours
précédents ; les cadavres non ensevelis y sont encore nombreux.
Le 13, le 1er escadron est détaché auprès de la 36e division américaine opérant vers Givry-sur-
Aisne et dépourvue de cavalerie. Il se porte vers la ferme Beaumont, qu'il est obligé d'évacuer
dans l'après-midi en raison du bombardement. L'artillerie ennemie est d'une vigilance extrême,
visant les plus petits groupes et même des isolés. Le lieutenant CLARAC-DUVIVIER remplit
avec son peloton une mission extrêmement intéressante en avant des postes d'infanterie, le long de
l'Aisne, afin d'en reconnaître les passages possibles. Toute opération à cheval est interdite par
l'artillerie. En se dissimulant dans les roseaux, les reconnaissances à pied constatent que l'Aisne est
surveillée par des éléments très attentifs, tireurs et mitrailleurs ; que le pont d'Attigny est coupé ;
qu'un barrage à demi détruit serait franchissable la nuit. Le 1er escadron rejoint le régiment le 15 au
soir, n'ayant éprouvé aucune perte, malgré les tirs de 77, de mitrailleuses et d'avions auxquels il a
été soumis, et est remercié officiellement par le général commandant la D. I. U. S. des services qu'il
a rendus.
Le 14, le 2e escadron rejoint le régiment, ayant été relevé auprès de la 124e D. I. par un escadron
divisionnaire. Un officier et quelques hommes, relevés toutes les vingt-quatre heures, sont en
permanence à l'entrée sud d'Attigny, en liaison avec les A.P. d'infanterie et le génie chargé de jeter
les ponts sur l'Aisne, afin de tenir constamment le lieutenant-colonel au courant de la situation et de
le prévenir aussitôt que l'Aisne pourra être franchie. La rivière, dominée par les hauteurs de la rive
droite, forme un obstacle considérable. Au bout de quelques jours, l'attaque est stabilisée sur ce
front et reportée vers le nord-est, sur Vouziers, tendant la main à l'armée américaine engagée sur le
revers oriental de l'Argonne.
La mission prévue pour le C. C. n'étant pas réalisée, le régiment est rappelé vers l'arrière. Mais ce
retour n'a pas l'amertume de ceux qui l'ont précédé après l'arrêt des offensives de 1915, 1916 et
1917 : l'avance continue sur tous les points du front, la rentrée dans nos lignes, d'habitants chassés
par l'ennemi et qui racontent son désarroi, sa pénurie de vivres, de matériel et de chevaux, donnent à
tous la conviction que la victoire en marche ne s'arrêtera plus.
Le régiment gagne, le 16 octobre, le camp Berthier, ouest du camp de Châlons, et rejoint la
division, après avoir traversé la région complètement bouleversée et ruinée de Dontrieu et
d'Auberive. Le 18, le régiment cantonne en entier à Chouilly, sauf le 3e escadron qui occupe
Mesnil-les-Oger. L'instruction est reprise, le matériel et les chevaux sont remis en état ; chacun
pressent que le dernier acte n'est peut-être plus éloigné et espère bien y prendre part. On parle, en
effet, d'une offensive française en Alsace et en Lorraine, à laquelle participerait le C. C., avec la
VIIe armée (général de MITRY). Aussi le départ vers l'est, le 3 novembre, ne surprend personne.
Le régiment cantonne le 3 à Matougues, le 4 à Omey, du 5 au 8 à Larzicourt (sud de Vitry-le-
François) , le 9 à Chamouilley, le 10 à Gérauvilliers, où se répand le bruit de l'armistice demandé
par les Allemands. La nouvelle était confirmée le lendemain matin pendant la route qui conduit
l'état-major et le 4e escadron à Uruffe, le 1er escadron à Sepvigny, le 2e à Gibeaumeix, le 3e à
Champougney.
A 15 heures, la nouvelle officielle de l'armistice est annoncée par le pavoisement et les cloches de
chaque village. Dans l'église d'Uruffe, l'aumônier, après une allocution patriotique, chante, avec le
chœur du régiment, un Te Deum pour la Victoire et un De Profundis en mémoire de ceux dont le
généreux et suprême sacrifice a tant contribué à nous la procurer.

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Ordre du maréchal FOCH, commandant en chef les armées alliées.

Officiers, sous-officiers et soldats des armées alliées,


Après avoir résolument arrêté l'ennemi, vous l'avez, pendant des mois, avec une foi et une
énergie inlassables, attaqué sans répit.
Vous avez gagné la plus grande bataille de l'histoire et sauvé la cause la plus sacrée : la liberté du
monde.
Soyez fiers !
D'une gloire immortelle vous avez paré vos drapeaux.
La postérité vous garde sa reconnaissance.

Le Maréchal de France,
commandant en chef les armées alliés,
FOCH.

Ordre du général PÉTAIN commandant en chef les armées françaises.

Au G.Q.G., le 12novembre1918.

Ordre général n°124.

Aux armées françaises,


Pendant de longs mois vous avez lutté. L'histoire célébrera la ténacité et la fière énergie
déployées pendant ces quatre années par notre patrie, qui devait vaincre pour ne pas mourir.
Nous allons demain, pour mieux dicter la paix, porter nos armes jusqu'au Rhin. Sur cette terre
d'Alsace-Lorraine qui nous est chère, vous pénétrerez en libérateurs. Vous irez plus loin, en pays
allemand, occuper des territoires qui sont le gage nécessaire des justes réparations.
La France a souffert dans ses campagnes ravagées, dans ses villes ruinées, elle a des deuils
nombreux et cruels. Les provinces délivrées ont eu à supporter des vexations intolérables et des
outrages odieux.
Mais vous ne répondrez pas aux crimes commis par des violences qui pourraient vous sembler
légitimes dans l'excès de vos ressentiments. Vous resterez disciplinés, respectueux des personnes
et des biens ; après avoir abattu votre adversaire par les armes vous lui en imposerez encore par
la dignité de votre attitude, et le monde ne saura ce qu'il doit le plus admirer, de votre tenue dans
le succès ou de votre héroïsme dans les combats.
J'adresse avec vous un souvenir ému à nos morts, dont le sacrifice nous a donné la victoire ;
J'envoie un salut plein d'affection attristée aux pères et aux mères, aux veuves et aux orphelins
de France, qui cessent un instant de pleurer dans ces jours d'allégresse nationale, pour applaudir
au triomphe de nos armes.
Je m'incline devant vos drapeaux magnifiques.
Vive la France !

PÉTAIN

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Le 16 novembre, le régiment, se remettant en route, cantonne à Chaligny ; le 17, il traverse Nancy


et cantonne à Liverdun, où l'étendard lui est apporté du dépôt. Le 18, à 15 heures, le régiment
franchit la Seille. Cette petite rivière, qui délimite la frontière de 1870, a marqué le front pendant
quatre ans et c'est sur une passerelle étroite, remplaçant un pont détruit, que les cavaliers du 5e
Dragons, conduisant leurs chevaux en main, entrent un par un en territoire reconquis. Sur la rive
gauche, ils viennent de traverser Les Mesnil complètement détruit, sur la rive droite, ils trouvent
intacts Cheminot et Louvigny, que leurs habitants n'ont même pas quittés pendant toute la guerre,
tant la France s'est attachée à épargner ces territoires dont elle n'avait jamais, depuis quarante-sept
ans, admis la séparation violente. Les habitants racontent l'indiscipline dont a fait preuve l'ennemi à
la nouvelle de l'armistice, les insultes aux officiers, la débandade vers l'arrière : notre victoire est
bien complète.
Le 18, à 4 heures, le régiment part pour Metz, afin de participer au service d'ordre prescrit pour
l'entrée solennelle du général PÉTAIN, élevé le lendemain à la dignité de maréchal de France. Si le
régiment n'a pas l'honneur de faire partie du défilé, il emporte du moins une impression et un
souvenir inoubliables de cette glorieuse journée.
Après une nuit passée dans une caserne de Montigny-lès-Metz, le régiment cantonne le 20 à
Cheminot, où il apprend le départ du colonel de FRANCOLINI, appelé à un autre
commandement, et la nomination à la tête de la brigade du général MAGNIN, et le 21 et le 22 aux
Étangs (est de Metz), le 23 à Saint-Avold, le 24 à Forbach, où il est chargé d'une mission
imprévue et toute nouvelle. A la suite de l'armistice, et profitant du désarroi qui règne en
Allemagne, beaucoup de prisonniers français et alliés se sont dirigés isolément vers la frontière,
qu'ils atteignent souvent dans un dénuement complet. De plus l'ennemi, afin de ne pas nourrir plus
longtemps et si peu que ce soit nos prisonniers, en précipite l'arrivée par trains entiers. Le régiment
est chargé de la mission de recevoir dans les quartiers de Sarrebrück (1er escadron), de Forbach
(4e escadron) et de Morhange (2e escadron), ces prisonniers qu'il faut loger, nourrir, vêtir, soigner et
rembarquer vers l'arrière. Tous se consacrent avec ardeur à cette généreuse mission, faisant preuve
d'une intelligence, d'un zèle et d'un dévouement grâce auxquels, malgré les difficultés matérielles et
le manque d'organisation première, près de 10.000 prisonniers seront évacués du 25 novembre au 4
décembre.
Le régiment est relevé le 5, cantonne le 6 à Willerwald, Hambach, Hekenransbach, Roth, entrant
ainsi, avec une fierté compréhensible, dans le Palatinat bavarois. La 3e D. C. fait dorénavant partie
de la VIIIe armée (général GÉRARD). Du 11 décembre 1918 au 23 janvier 1919, le régiment
cantonne à Pirmasens (état-major et 1er escadron), Thalfroschen, puis Rodalben (2e escadron),
Thalesweiler (3e escadron) Waldfischbach (4e escadron), dans une région pittoresque, accidentée,
aux vallées étroites bordées de bois de sapins. Il est chargé de la police générale et spécialement de
la garde des voies ferrées. Ce premier contact avec les populations rhénanes se produit sans heurts
et sans difficultés grâce au tact et à la discipline des Français, et à l'esprit de soumission, encore
accentué par la défaite, des Allemands.
Du 24 janvier au 7 février, le régiment est entièrement réuni à Landau, siège du Q. G. de la VIIIe
armée, dans un quartier d'artillerie. Le maréchal PÉTAIN l'honore d'une courte visite, ainsi que le
général FÉRAUD, devenu inspecteur général de la cavalerie aux armées, et qui, après la dissolution
du 1er C. C., a adressé aux trois divisions l'ordre général suivant :

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1er Corps de Cavalerie



ÉTAT-MAJOR Q. G. Boppard sur le Rhin, le 27 décembre 1918

er
1 Bureau

Officiers, sous-officiers, brigadiers et cavaliers du 1er Corps de Cavalerie,

Nos armées victorieuses sont solidement établies sur le Rhin, la guerre touche à sa fin et le
maréchal commandant en chef a décidé de dissoudre le corps de cavalerie.
Je ne veux pas vous quitter sans vous remercier en mon nom, au nom aussi de mes
prédécesseurs, le général SORDET, le général BRIDOUX,le général CONNEAU, du dévouement
et du bel esprit militaire que vous avez montrés en toutes circonstances. Depuis deux ans, nous
avons connu ensemble des jours souvent difficiles, et aux heures les plus rudes, je vous ai trouvés
toujours animés de la même énergie et de la même confiance.
Au jour du départ, tous sans exception, cavaliers des régiments à cheval et des autos-canons,
cuirassiers à pied, cyclistes, artilleurs, sapeurs, soldats de toutes armes qui comptiez au corps de
cavalerie, vous pourrez être également fiers de la tâche accomplie, parce que tous, sans
exception, vous vous êtes consacrés à cette tâche de toute votre énergie et de tout votre
dévouement.
La guerre ne vous a sans doute pas permis de vivre les chevauchées audacieuses que nous avions
rêvées ; mais sur l'Yser, dans les tranchées qui ont jalonné notre front de Nieuport à la Suisse,
sur les hauteurs de Laffaux, à travers les plaines de Noyon et de Montdidier, dans la Somme, à
Fismes, sur l'Oise, sur la Marne, partout où l'heure fut la plus critique, vous avez opposé à
l'ennemi l'obstacle d'une résistance que rien n'a pu briser.
Vous pouvez être fiers aussi de notre arme, car c'est elle, c'est son esprit, ce sont ses traditions qui
vous ont animés d'une foi inébranlable aux heures les plus douloureuses ; c'est par elles que
vous êtes restés ces soldats énergiques, audacieux et disciplinés que j'étais si heureux de
commander.
Nous allons nous séparer, mais quatre années de guerre ont créé entre nous des liens que rien ne
saurait briser. Ma pensée affectueuse vous suivra vous, les aînés, qui allez rentrer dans vos foyers
pour reprendre la tâche abandonnée ou pour reconstruire la maison détruite, vous, les jeunes,
que les nécessités militaires maintiennent encore sous les armes.
Ma pensée fidèle s'unira aussi à la vôtre pour évoquer le souvenir des camarades, si nombreux
hélas, qui, ayant payé de leur vie la victoire commune, n'auront pas la joie d'en connaître la
gloire.
Je vous dis adieu ; n'oubliez pas qu'après avoir été votre chef je demeure votre ami ; et, en
souvenir du passé, en souvenir des camarades tombés à nos côtés, je vous demande de rester
demain ce que vous étiez hier et après avoir été au milieu des dangers les soldats sans défaillance
de la guerre, de devenir, malgré les difficultés de la vie, les citoyens sans faiblesse de la paix.
Je vous demande surtout de rester fidèlement unis autour de ce drapeau que vous avez défendu,
dont vous avez grandi la gloire, qui, sur une France plus belle, flotte aujourd'hui très haut, afin

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que, toujours aimé et respecté, il puisse abriter à jamais dans ses plis la vie de vos enfants
devenue, grâce à vous, meilleure, plus facile et plus sûre.

Le Général commandant le 1er Corps de Cavalerie,


FÉRAUD.

Le régiment éprouve à Landau une véritable satisfaction à se trouver réuni. Le service y est peu
absorbant et les distractions, Foyer du Soldat, musique, cinéma sont très appréciées pendant la
quinzaine que dure le séjour.
De Landau partent les deux premiers démobilisés du régiment : le vétérinaire major de 2e classe
CACHEMBACH, praticien remarquable très apprécié et regretté par tous, et le maréchal des logis
LOUIS, aumônier, dont le talent musical exceptionnel a donné un rare éclat, aux cérémonies
religieuses célébrées à plusieurs reprises en mémoire des morts du régiment.
Si la démobilisation des classes plus jeunes formant la majorité du régiment ne doit s'opérer que
plus tard, les départs individuels vont se multiplier à partir de ce moment : affectations à l'armée
d'Orient, à l'intérieur, dans des états-majors, vont disperser beaucoup de ceux qui viennent de faire
côte à côte toute la campagne. Le corps d'officiers sera particulièrement atteint par ces départs.
Successivement partent : le lieutenant du PETIT-THOUARS, détaché à la VIIIe armée ; les
lieutenants THURNEYSSEN et CATOIRE, démobilisés ; les lieutenants CLERGUES, qui
bientôt partira pour la Pologne comme capitaine, LEFÈVRE et VARLÉ, instructeurs au dépôt ; le
sous-lieutenant CHRISTOPHE, à l'armée d'Orient ; le lieutenant CLARAC-DUVIVIER, à l'état-
major de la Xe armée ; les sous-lieutenants FRAGONARD et TAINTURIER, détachés à
l'intérieur ; le capitaine BERNARD, à l'état-major de la brigade ; le capitaine de BERNARD, à
l'état-major de la Xe armée.
La 3e D. C. est désignée pour faire partie de la Xe armée (général MANGIN). Le régiment quitte
Landau et exécute, par un froid très vif, sur un sol glacé, trois jours de route, cantonnant le 8 à l'est
de Neustadt et le 9 à Worms. Le 10, il s'installe à Nierstein (état-major, 1er et 4e escadrons),
Oppenheim (2e escadron) et Dexheim (3e escadron). Dexheim est un village agricole ; Oppenheim
une petite ville pittoresque et placée sur une hauteur qui procure sur la vallée du Rhin une vue
superbe et d'une étendue remarquable ; Nierstein, un gros bourg, aux bords mêmes du fleuve, et
dont les vignobles comptent parmi les plus réputés de la région. L'installation chez l'habitant est
excellente, celle des chevaux laissant en revanche à désirer. Les permissions pour les villes
environnantes, Mayence, Wiesbaden, Worms, Coblentz, des promenades en bateau sur le Rhin
font diversion à l'attente de tous pendant la longue période de la préparation de la paix. Une
Semaine hippique est organisée à Wiesbaden, du 18 au 25 mai. Le régiment y prend brillamment
part. Le lieutenant-colonel PORTALIS (13e), les lieutenants de MONCLIN (4e) et LARTIGUE
(30e) sont classés dans le Championnat interallié du cheval d'armes. Le maréchal des logis
PINGEOT arrive premier dans le Cross-Country interallié ; le peloton de trompettes de la brigade,
dirigé par l'adjudant NADIN, remporte le 2e prix ; des attelages à trois et à quatre sont également
primés.
Le 17 juin, le régiment, formé à deux escadrons de marche et une section de mitrailleuses, franchit
le Rhin sur le pont de bateaux d'Oppenheim et cantonne à Leeheim. Le 18, toute la brigade
s'installe à Biebesheim, à la limite sud de la tête de pont de Mayence, prête à entrer en
Wurtemberg et en Bavière si les Allemands n'ont pas pris le 23 juin, à 18 heures, l'engagement de

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signer. A 17 h.30, la dépêche du maréchal FOCH annonçant la soumission de l'ennemi parvient au


régiment.
Le régiment remplit, depuis son arrivée à Biebesheim, une mission de surveillance générale et de
contrôle de la contrebande au moyen de postes fixes et de patrouilles de jour et de nuit.
Le 28 juin, à 17 heures, parvient la nouvelle de la signature de la paix, à 15h.40, à Versailles.
« On les aura » avait déclaré, dès 1916, à Verdun, le général PÉTAIN. On les a eus.

Ordre du régiment n° 239.

Le 14 juillet 1919, fête de la Victoire, l'armée française représentée par tous ses drapeaux et
étendards, a défilé sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile.
Nul vainqueur français, même le grand Empereur, n'y était jamais passé. L'étendard du régiment
était précédé du lieutenant-colonel LETIXERANT, officier de la Légion d'honneur, croix de
guerre ; porté par le lieutenant de MONCLIN, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre
avec palme ; escorté par le maréchal des logis DEMELS, décoré de la médaille militaire, croix de
guerre avec palme, et par le maréchal des logis LEVENT, croix de guerre avec palme.

Nierstein-sur-Rhin, le 18 juillet 1919.


Le lieutenant-colonel commandant le régiment,
Signé : LETIXERANT.

———————

L'historique du 5e Dragons pendant la campagne 1914-1918 ne saurait être clos sans qu'il soit fait
mention d'unités ou de formations telles que l'escadron à pied et le groupe des 5e et 6e escadrons de
réserve.
L'escadron à pied du régiment, formé le 18 octobre 1914 à Béthune, sous le commandement du
lieutenant du COLOMBIER bientôt promu capitaine, était encadré par les sous-lieutenants
d'YANVILLE, HOMBERG, GOMBAULT, auxquels il faut ajouter un peu plus tard le sous-
lieutenant LESOURD, par l'adjudant AGNUS et le maréchal des logis-chef CHRISTOPHE.
Organisé du 18 au 26 octobre, au moyen de cavaliers venus pour la plupart du dépôt, qui sont
armés et équipés en fantassins avec sac, fusil et baïonnette, cet escadron, faisant partie du groupe
léger de la 3e D. C. (commandant de VAUCRESSON), entre en ligne à Fromelles et Laventie dès
le 28 octobre.
Transporté le 1er novembre en autobus en Belgique, il prend part du 3 au 10 novembre aux
combats devant Messines, où le sous-lieutenant d'YANVILLE et le maréchal des logis
VERDURE trouvent une mort glorieuse. L'escadron, qui a perdu en outre 8 blessés est, après
quelques jours de repos, mis à la disposition du 33e C. A., et monte en janvier aux tranchées de
Berthonval ; de là, il gagne la région de Montdidier, où le général JOFFRE vient le passer en
revue. En février, il lient les tranchées à Canny-sur- Matz, où le cavalier DUFOUR est tué.

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Puis le 3e groupe léger gagne en chemin de fer la région de Châlons, est transporté en autos à
Mourmelon et monte en ligne d'abord à Auberive, où il reste près d'un mois, puis au bois d'Hauzy
et à Virginy, jusqu'en avril.
Transporté en chemin de fer de Valmy à Verdun, le groupe léger prend les tranchées à Saint-
Maurice et à la cote 322, puis, après un court repos, il est transporté en autos à Chenevières et en
chemin de fer jusqu'à Amiens où il débarque pour aller cantonner à Argœuves.
Le 28 mai, l'escadron à pied du 5e Dragons est à La Vicogne, avec tout le 3e groupe léger qui, le 7
juin, prend les emplacements qui lui ont été désignés pour l'offensive. Il n'est pas engagé, rentre
dans la nuit, et vient cantonner dans la vallée de la Somme, d'où il repart pour la seconde offensive
de juin. Le 23 juin, sans avoir donné, il regagne ses cantonnements, puis monte aux tranchées de
Hannescamps le 2 juillet, il y reste, tantôt en ligne, tantôt en réserve, jusqu'au 26 août, date à
laquelle il est transporté à Ligny-sur-Canche.
C'est au cours de cette période que le capitaine du COLOMBIER est nommé chevalier de la
Légion d'honneur et décoré de la main du colonel DAUVÉ dans la tranchée de première ligne.
Aussitôt après l'offensive de septembre, le groupe léger monte en ligne à Angres et au bois en H,
dans un secteur pénible et difficile, où il éprouve des pertes. Il termine l'année par le secteur plus
paisible de Bailleulval, et, au printemps 1916, il va tenir celui d'Armancourt près de
Montdidier. C'est de là qu'il gagne pour aller au repos la région de Poix, où il ne va pas tarder à
être fondu dans le 9e régiment de cuirassiers à pied dont il formera le 2e bataillon, ainsi qu'une partie
du 3e.
Devenu le 7e escadron du 9e régiment de cuirassiers à pied, l'escadron du 5e Dragons, qui joint à la
solidité et à la science du combat d'une bonne infanterie l'allant et l'esprit de sacrifice qui sont la
tradition des cavaliers, trouvera maintes occasions de se couvrir de gloire.

Le groupe des 5e et 6e escadrons (lieutenant-colonel MICHELON, capitaines BENOIT et de


SUGNY) avait quitté Compiègne dans la nuit du 15 au 16 août 1914, par voie ferrée. Ces
escadrons, com- posés de réservistes jeunes et vigoureux, bien encadrés et bien montés, étaient
affectés comme escadrons divisionnaires à la 69e D. R. I., qu'ils rejoignaient le 16 dans la région de
Marle.
Le 21 août à 4 heures, la division, sa concentration terminée, se portait vers la Sambre. Le 22, elle
entrait en Belgique, les escadrons formant l'avant-garde jusqu'au contact qui était tenu par le corps
de cavalerie. C'est ainsi que les escadrons purent revoir pendant quelques heures le régiment actif.
Au cours des journées des 22 et 23 août 1914, pendant lesquelles la division maintient l'ennemi
sur,1a Sambre, les 5e et 6e escadrons assurent les liaisons et fournissent des soutiens d'artillerie. Le
23 au soir, lorsque le mouvement de repli est ordonné, les escadrons prennent l'arrière-garde de la
division et participent aux combats livrés autour d'Avesnes.
Le 28 août, les deux escadrons, sont réunis aux deux escadrons du 27e Dragons (escadrons
divisionnaires de la 53e D. R. I.), et, sous le commandement du lieutenant-colonel PARIANGE, ils
se portent le 29 août en exploration vers Saint-Quentin. Des rencontres avec la cavalerie
allemande ont lieu à Benay et à Moy. Le lieutenant MAY et plusieurs hommes de son peloton y
trouvent une mort glorieuse. L'ennemi est bousculé. L'infanterie engage le combat et contient
l'ennemi jusqu'à la nuit. Puis la retraite continue jusqu'à Nogent-sur-Seine, où l'on arrive le 5
septembre. Mais le 6, la marche en avant est reprise et la division arrive le 10 dans les environs de
Berry-au-Bac, où elle s'établit.
Là, jusqu'en octobre, les escadrons, qui cantonnent à Cormicy, Bouffignereux, Varennes, sont
employés à établir des chemins sous-bois pour l'artillerie et à transporter du matériel en ligne.

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Le 3 octobre 1914, la 69e D. R. I. se porte dans la région de Soissons et, le 12, relève dans le
secteur de Braine une division britannique. Les escadrons, qui assurent d'abord la garde aux issues
tout en exécutant des travaux en ligne, prennent, à partir du mois de mai 1915, les tranchées à
Moussy-sur-Aisne (est de Vailly), par détachements de 2 officiers et 50 hommes.
Les escadrons divisionnaires sont dissous le 22 novembre 1915, après seize mois de campagne,
pendant lesquels ils n'ont cessé de se montrer une troupe solide, allante et bien en main. Les
cavaliers des classes les plus anciennes sont versés dans l'artillerie, ceux des classes les plus jeunes
sont mis à pied et rejoignent en Alsace le groupe léger de la 10e D. C.

———————

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Officiers, sous-officier, brigadiers et cavaliers du régiment


ayant été décorés, pour faits de guerre, de la Légion d’honneur
ou de la Médaille militaire, ou ayant obtenu une citation à
l’ordre de l’armée.
———

Légion d’honneur.

Officier.

M. PLEUCHOT, chef d'escadrons. — Pendant toute la campagne, a rendu les meilleurs services;
s'y est plusieurs fois distingué. Contusionné, le 11 octobre, par plusieurs éclats d'obus, dont l'un
a fracassé la lorgnette qu'il portait au ceinturon. Pendant sa longue carrière, n'a mérité que des
éloges.
Au G. Q. G., le 5 mars 1915.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

Chevaliers.

M. de SKADOWSKI, sous-lieutenant de l'armée russe, affecté comme lieutenant au 5e Dragons. —


Depuis le 9 septembre est au front avec le 5e Dragons. A marché avec toutes les reconnaissances
d'officiers, recherchant le danger. S'est distingué les 4, 5, 8 et 9 octobre 1914. Les 19 et 20 janvier
1915, a donné le plus bel exemple de bravoure et d'énergie, conduisant plusieurs patrouilles la
nuit jusqu'à la tranchée allemande. A fusillé une sentinelle dans la tranchée à bout portant.
Au G. Q. G., le 11 février 1915.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

M. LASNÊ du COLOMBIER, capitaine au 5e Dragons. — Nombreuses annuités et campagnes


antérieures. A réussi au cours de la campagne plusieurs missions périlleuses. Très crâne au feu.
Au G. Q. G., le 13 juillet 1915.
Le Ministre de la guerre,
Signé : MILLERAND.

M. de MONCLIN, lieutenant au 5e Dragons. — Officier d'un courage brillant et communicatif.


Étant officier de liaison, au cours d'une récente affaire, est venu volontairement prendre part à
l'attaque ; a fourni aux différents chefs de précieux renseignements et a donné un superbe
exemple d'entrain et de bravoure. S'est dépensé sans compter jusqu'au moment où il a été atteint
de deux blessures. (Une blessure et une citation antérieures.)
Au G. Q. G., le 30 juin 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

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M. de LA ROCHE, capitaine commandant le 4e escadron. — Officier de premier ordre, dont la


valeur n'a d'égale que la modestie. Véritable modèle pour tout le régiment. Au cours d'une
récente action, s'est accroché au terrain avec une énergie et un sang-froid remarquables. Après
un repli difficile a reporté sa troupe en avant, contribuant puissamment par cette vigoureuse
initiative à l'arrêt de la progression ennemie. (Une citation antérieure.)
Au G. Q. G., le 30 juin 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

M. MOREL (Léon), lieutenant au 5e Dragons. — Très bon officier, qui a conduit brillamment sa
section à l'attaque. Très grièvement blessé à proximité immédiate des mitrailleuses ennemies, a
néanmoins continué, jusqu'à l'abandon de ses forces, à renseigner le commandement et à
encourager sa troupe.
Au G. Q. G., le 17 juillet 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

M. DELOBEL, lieutenant de réserve au 5e Dragons. — Officier d'une énergie et d'une endurance


exceptionnelles. Au cours d'une récente attaque, a brillamment enlevé sa section, donnant à tous
un superbe exemple de vigueur et d'entrain. Est tombé à proximité des mitrailleuses ennemies,
atteint de trois blessures graves.
Au G. Q, G., le 17 juillet 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

Médaille militaire.

LEPOIVRE, maréchal des logis au 5e Dragons, 3e escadron. — Au combat des 8 et 9 octobre


1914, s'est offert pour quitter la tranchée et pour aller, sous un feu très violent, prendre le
commandement d'une petite escouade de fantassins qui tenaient une barricade de planches ; y a
tenu toute la nuit en première ligne. A exercé ce commandement avec la plus grande vigueur.
Au G. Q. G., le 20 novembre 1914.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

BARBAY, adjudant au 5e Dragons, 4e escadron. — Blessé grièvement d'une balle qui lui a
fracturé la cuisse, en reconnaissant, le 8 septembre 1914, un bois occupé par l'infanterie
ennemie, est demeuré en selle, tenant sa jambe à deux mains et s'est fait ramener auprès du
colonel pour lui faire son compte-rendu.
Au G. Q. G., le 7 août 1915.
Le Général commandant en chef.
Signé : JOFFRE.

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DENARD, adjudant-chef au 5e Dragons. — Sous-officier des plus énergiques, qui s'est signalé en
toutes circonstances et en particulier le 22 octobre 1914 par sa belle tenue au feu.
Paris, le 6 août 1915.
Le Ministre de la guerre,
Signé : MILLERAND.

MARGRY (Eugène), Mle 2608, cavalier au 5e Dragons. — Cavalier dévoué à ses devoirs et d'une
belle attitude au feu. Grièvement blessé. A subi la résection du genou.
Au G. Q. G., le 8 septembre 1915.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

DIGUERHER (Adrien), cavalier au 5e Dragons, 3e escadron. — Étant dans un poste de


surveillance près de la ligne ennemie, a été grièvement blessé de multiples éclats d'obus. Cavalier
plein de courage et animé du meilleur esprit militaire.
Au G. Q. G , le 18 mai 1917.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

JOSSE (Joseph), Mle 2600, cavalier de 1re classe au 5e Dragons, 1er escadron. — Soldat énergique
et brave. A été très grièvement blessé en défendant vigoureusement à la grenade, son poste
attaqué par l'ennemi.
Au G. Q. G., le 13 novembre 1917.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

DEMETS, brigadier de réserve au 5e Dragons, 3e escadron. — Excellent gradé. Au front depuis le


début de la campagne. S'est montré, pendant une récente attaque, un modèle de courage et
d'entrain. Sous un feu violent de mitrailleuses, a pansé son sous-officier grièvement atteint et a
ramené par la suite plusieurs blessés dans nos lignes.
Au G. Q. G., le 27 juin 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

DROUIN (Dominique), maréchal des logis au 5e Dragons, 4e escadron. — Très brave sous-officier.
A fait preuve, au cours d'une récente attaque, du plus beau sang-froid et d'une ardeur
communicative. A contribué, par son activité et son intelligente initiative, à l'établissement et à la
défense d'un centre de résistance que l'ennemi n'a pu déborder. A été légèrement blessé.
Au G. Q. G., le 27 juin 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

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LEFÈVRE (Émile-Eugène), cavalier de réserve au 5e Dragons, 3e escadron. — Excellent soldat,


qui s'est signalé, au cours d'une récente attaque, par son courage et son entrain. A a été
grièvement blessé pendant l'action. (Une citation antérieure.)
Au G. Q. G., le 30 juin 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

COTRET, cavalier de réserve au 5e Dragons, 1er escadron. — Excellent soldat, modèle de


dévouement et d'énergie. Est tombé atteint de trois graves blessures au combat du 2 juin 1918 et
n'a pas cessé néanmoins de faire preuve du plus beau sang-froid.
Le 26 juin 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN,

ALLAIS, adjudant de réserve au 5e Dragons, 4e escadron. — Sous-officier modèle. Au cours d'une


récente affaire, chargé d'assurer le repli d'un groupe de blessés, s'est dévoué à sa mission sans
souci du danger, parcourant debout des espaces découverts sous un feu violent de mitrailleuses,
jusqu'au moment où il est tombé grièvement blessé.
Au G. Q. G., le 20 juillet 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

CAUX (Gabriel), brigadier au 2e escadron du 5e Dragons. — Venant de voir tomber son frère
grièvement blessé, a continué à exercer le commandement de son escouade avec le plus grand
sang-froid. A été gravement blessé lui-même.
Au G. Q. G., le 19 juillet 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

MASSE, brigadier au 2e escadron du 5e Dragons. — Brigadier remarquablement énergique et


brave. A eu la plus brillante attitude aux combats des 16 et 17 juillet 1918.
Au G. Q. G., le 10 août 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN,

RIEUTORD (Arnaud), Mle 3078, cavalier de 2e classe au 5e Dragons, 2e escadron. — A fait preuve
de courage et d'entrain en toutes circonstances depuis trois ans. S'est particulièrement distingué
comme fusilier-mitrailleur à l'attaque du 17 juillet 1918, jusqu'au moment où il a été grièvement
blessé.

LEBRUN, brigadier de réserve au 5e Dragons, 4e escadron. — Excellent gradé. A fait preuve, au


cours d'une attaque récente, de beaucoup de courage et d'entrain. S'est ensuite porté avec un
sang-froid remarquable au secours des blessés, se dépensant sans compter jusqu'au moment où il

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a été très grièvement atteint.


Au G. Q. G., le 28 juillet 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

CHARBONNIER (Émile), Mle 3222, cavalier de réserve au 5e Dragons, 4e escadron. — Excellent


fusilier-mitrailleur. A fait preuve, au cours d'une récente attaque, de beaucoup d'ardeur et de
courage. Grièvement blessé en première ligne, a montré, malgré ses souffrances, un sang-froid
remarquable.
Au G. Q. G., le 28 juillet 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

WOITURON (René), Mle 2334, cavalier de réserve du 5e Dragons, 4e escadron. — Bon soldat, très
brave et très dévoué. A été très grièvement blessé au cours des récents combats en faisant
énergiquement son devoir.
Le 23 août 1918.
Le Général commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

MAHÉ (Joseph), Mle 0744, cavalier de réserve du 5e Dragons, 2e escadron. — Bon soldat, très
dévoué. A été grièvement blessé aux combats du 17 juillet 1918, en se portant bravement à
l'attaque sous un feu violent de mitrailleuses.
Au G.Q. G.,le 7 février 1919.
Le Maréchal commandant en chef,
Signé : PÉTAIN.

CORBLET (Georges), Mle 2341, cavalier au 5e Dragons, 2e escadron. — Excellent soldat dévoué
et brave. S'est remarquablement conduit à l'attaque du 2 juin 1918 à la Ferté-Milon, où il a été
très grièvement blessé.
Le 9 mai 1919.
Le Maréchal commandant en chef,
Signé : PÉTAIN,

GAGNEUX (Gaston-Maxime-Ignace), Mle 2469, maréchal des logis de réserve au 1er escadron, 5e
Dragons. — Sous-officier de premier ordre. Le 2 juin 1918, après avoir fait preuve de beaucoup
de sang-froid dans un poste d'observation violemment bombardé, est parti à l'attaque avec le
commandant du bataillon. Est tombé en première ligne, très grièvement blessé.
Au Grand quartier général, le 23 juillet 1919.
Le Maréchal de France
commandant en chef les armées françaises de l'Est.
P. O. : Le Major général,
Signé : BUAT.

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Citations à l'ordre de l'armée.

GOUSSET, cavalier de 2e classe, 4e escadron. — Démonté, s'est défendu énergiquement, puis


s'est réfugié dans un village où il a revêtu des effets civils. A pu surprendre des renseignements
intéressants qu'il a rapportés après une marche de deux jours en pays occupé par l'ennemi.
Le 18 octobre1914.
Le Général commandant la Xe armée,
Signé : De MAUD'HUY.

Comte ROY de PUYFONTAINE, capitaine commandant le 4e escadron. — Très énergique au


feu, où il a montré de réelles qualités de commandement. S'est particulièrement distingué le 28
août et le 24 septembre 1914. A maintenu son escadron à pied en soutien d'artillerie, sous un
bombardement intense de gros calibre, le 2 octobre 1914. A été tué au milieu de ses tirailleurs.
Le 25 février 1915.
Le Général commandant la IVe armée,
Signé : De LANGLE de CARY.

De ROUBIN (Octave), lieutenant au 3e escadron. — Chargé d'enlever une maison occupée par de
l'infanterie ennemie et qui flanquait un village attaqué par le régiment, a marché à l'assaut à
pied, entraînant son peloton, devant lequel il a été tué, le 9 septembre 1914,à quelques mètres de
la maison.
Le 25 février 1915.
Le Général commandant la IVe armée,
Signé : De LANGLE de CARY.

WASSERZUG, lieutenant au 3e escadron. — Très belle conduite au feu, notamment au combat de


nuit de Billy-Berclau, du 8 au 9 octobre 1914, où il a subi l'attaque en tranchée avancée au delà
du pont du Canal pendant cinq heures consécutives.
Le 22 février 1915.
Le Général commandant la Xe armée,
Signé : De MAUD'HUY.

TAILLEFUMIER, adjudant-chef au 5e Dragons. — Pour la bravoure et le courage dont il a fait


preuve au cours des différents combats depuis le début de la campagne.
Le 24 mars 1915.
Le Général commandant la IVe armée,
Signé : De LANGLE de CARY.

De PRACOMTAL, lieutenant au 5e Dragons. — S'est maintes fois distingué, notamment le


19août 1914 où, entouré avec son peloton par deux escadrons, il s'est frayé hardiment passage à
coups de sabre. Blessé le 2 octobre de deux éclats d'obus. Revenu au front.
Au G. Q. G., le 26 mai 1915.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

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D'YANVILLE (Constant), sous-lieutenant au 5e Dragons. — A fait preuve du plus grand courage


en maintenant, sous un feu violent, le 3 novembre 1914, son peloton composé de réservistes qui
voyaient le feu pour la première fois. A été atteint mortellement au moment où il portait ses
hommes en avant.
Au G. Q. G., le 26 mai 1915.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

VERDURE, maréchal des logis à l'escadron à pied. — Modèle de sang-froid, de calme et de


courage. Bien qu'atteint mortellement le 3 novembre 1914, a employé le reste de ses forces, avant
de mourir, à rétablir l'ordre dans son peloton en remplaçant son officier de peloton qui venait
d'être tué.
Au G. Q. G., le 26 mai 1915.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

WEBER, brigadier au 2e escadron. — Grièvement blessé le 31 août 1914 a, par son sang-froid,
empêché, huit jours après, les Allemands en retraite d'entraîner avec eux l'ambulance où il était
déposé. Est revenu au front, aussitôt guéri.
Au G. Q. G., le 26 mai 1915.
Le Général commandant en chef,
Signé : JOFFRE.

De SURIAN, capitaine commandant le 2e escadron. — Apporte toujours les renseignements les


plus précis qu'il n'hésite pas à aller prendre jusqu'aux postes d'écoute sous les feux les plus
violents.
Le 5 juin 1915.
Le Général commandant la IIIe armée,
Signé : HUMBERT.

VARLÉ, sous-lieutenant au 3e escadron. — Jeune officier, modèle de courage et de sang-froid. Le


2 juin 1918, a brillamment enlevé sa section à l'attaque. S'est accroché au terrain au milieu d'un
véritable encerclement de mitrailleuses, et s'y est maintenu une partie de la nuit. A fait
l'admiration de tous.
Le 17 juin 1918.
Le Général commandant la VIe armée,
Signé : DEGOUTTE,

PINGEOT (André), brigadier au 5e Dragons, 3e escadron. — Le 2 juin 1918, a montré pendant


tout le cours de l'attaque, la plus communicative ardeur et le plus grand mépris du danger ;
véritable entraîneur de son groupe. S'est armé d'un fusil-mitrailleur abandonné ; s'est porté à
plusieurs reprises et malgré un violent bombardement au secours des blessés.
Le 17 juin 1918.
Le Général commandant la VIe armée,
Signé : DEGOUTTE.

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SENERS, brigadier au 4e escadron. — Pendant l'attaque du 2 juin 1918, a été un exemple de


courage calme et résolu. Sous un feu violent de mitrailleuses qui décimait la première vague, a
mis en position son fusil-mitrailleur pour couvrir le repli et n'a rallié que par ordre.
Le 17 juin 1918.
Le Général commandant la VIe armée,
Signé : DEGOUTTE.

LEVENT, maréchal des logis au 4e escadron. — 1e 2 juin 1918, appelé à remplacer son officier
tombé dans un moment critique, a dirigé avec un sang-froid remarquable un mouvement de repli
particulièrement difficile, tout en rapportant lui-même un blessé.
Le 17 juin 1918.
Le Général commandant la IVe armée,
Signé : DEGOUTTE

GALLOU (Yves), Mle 07745, cavalier de réserve au 5e Dragons, 2e escadron. — Cavalier d'une
bravoure remarquable ; au front depuis le début de la campagne et qui s'est distingué à chaque
occasion. Les 16 et 17 juillet 1918, a fait preuve comme fusilier-mitrailleur, au cours de trois
engagements successifs, d'une audace et d'un mépris du danger exceptionnels. A été malgré le tir
ennemi et après deux essais infructueux, ramasser le fusil-mitrailleur d'un camarade blessé.
Le 14 août 1918.
Le Général commandant la Ve armée,
Signé : BERTHELOT.

CLERGUES, lieutenant au 2e escadron. — Officier d'une énergie, d'une bravoure et d'un sang-
froid remarquables. Au cours des combats du 16 au 18 juillet 1918, commandant une compagnie
de cavaliers à pied, s'est maintenu, dans des circonstances difficiles, sur la position dont il avait
la défense. Est passé de sa propre initiative à la contre-attaque, a enlevé de haute lutte, de nuit et
malgré des pertes sensibles, un bois, son objectif. (Trois citations antérieures.)
Le 19 août 1918.
Le Général commandant la Ve armée,
Signé : BERTHELOT.

LE CONTE, chef d'escadrons. — Le 2 juin 1918, a entraîné à l'attaque son bataillon de cavaliers
à pied avec une superbe bravoure et est tombé mortellement frappé à peu de distance des lignes
ennemies. (Chevalier de la Légion d'honneur. 3 citations antérieures.)
Le 24 décembre 1918.
Le Général commandant la IIIe armée,
Signé : HUMBERT.

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Officiers, sous-officier, brigadiers et cavaliers du régiment


tués à l’ennemi au cours de la guerre ou décédés des suites de leurs blessures.

Nom et Grade Date du décès Lieu du Décès


VATIN, cavalier de 2e classe. 13 août 1914 Fays-Famenne.
OLIVIER, cavalier de 2e classe. 14 août 1914 Daverdisse.
PLESSIS, cavalier de 2e classe. 19 août 1914 Perwez.
DELARGILLIÈRE, cavalier de 2e classe. 19 août 1914 Perwez.
ANTOINE-MAY, sous-lieutenant. 29 août 1914 Moy.
BOULOGNE, cavalier de 1re classe. 29 août 1914 Moy.
BOUZIER, cavalier de 2e classe. 30 août 1914 Castel.
NICOLAS, cavalier de 2e classe. 3 septembre 1914 Andechy.
WASSON, cavalier de 2e classe. 3 septembre 1914 Andechy.
FOULON, cavalier de 2e classe. 7 septembre 1914 Montmirail.
COUVREUR, maréchal des logis. 8 septembre 1914 Bargny.
LIÉVOIS, cavalier de 2e classe. 8 septembre 1914 Bargny.
ÉLOIRE, cavalier de 1re classe. 8 septembre 1914 Bargny.
BRISSET, brigadier. 8 septembre 1914 Bargny.
PAIN-BARRE, cavalier de 2e classe. 8 septembre 1914 Ormoy-le-Davien.
De ROUBIN, lieutenant. 9 septembre 1914 Rozières.
DELEU, maréchal des logis. 9 septembre 1914 Rozières.
PARMENTIER, maréchal des logis. 24 septembre 1914 Chaulnes.
COMMÈRE, brigadier. 24 septembre 1914 Omiécourt.
CUVELIER, cavalier de 2e classe. 25 septembre 1914 Maucourt.
De PUYFONTAINE, capitaine. 2 octobre 1914 Athies.
ROBERT, maréchal des logis chef. 2 octobre 1914 Athies.
PRUVOST, cavalier de 2e classe. 7 octobre 1914 Bully-Grenay.
PEYROT, cavalier de 2e classe. 8 octobre 1914 Billy-Berclau.
CACHEUX, cavalier de 2e classe. 15 octobre 1914 La Gorgue.
LEGROS, cavalier de 2e classe. 15 octobre 1914 La Gorgue.
POTEL, cavalier de 2e classe. 4 novembre 1914 Kemmel.
D’YANVILLE, sous-lieutenant. 4 novembre 1914 Kemmel.
VERDURE, maréchal des logis. 4 novembre 1914 Kemmel.
DUPUIS, cavalier de 2e classe. 4 novembre 1914 Wulverghem.
GILLET, brigadier. 6 novembre 1914 Wulverghem.
ROBERT, cavalier de 2e classe. 12 novembre 1914 Zillebecke
PAVIE, cavalier de 2e classe. 15 janvier 1915 Fosse-Calonne.
DUFOUR, cavalier de 2e classe. 23 février 1915 Canny-sur-Matz.
LE COZ, maréchal des logis. 28 octobre 1915 Bois en H.
QUERREC, cavalier de 2e classe. 9 novembre 1915 Soupir.
CARON, cavalier de 2e classe. 9 juin 1916 Roye.
ROMANENS, cavalier de 2e classe. 12 décembre 1916 Bailly.
JOMONT, trompette. 12 décembre 1916 Bailly.
BLÉRIOT, cavalier de 2e classe. 3 février 1917 Bailly.
LAFONTAINE, brigadier. 24 février 1917 Bailly.

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Nom et Grade Date du décès Lieu du Décès


e
DIGUERHER, cavalier de 2 classe. 19 mai 1917 Barisis.
DENARD, sous-lieutenant. 4 novembre 1917 Ferme Rozière.
LE CONTE, chef d’escadron. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
MOREL, lieutenant. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
De BONNIÈRES, maréchal des logis. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
DUPREZ, maréchal des logis. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
WARCOIN, maréchal des logis. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
ZWINGER, maréchal des logis. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
SUBTIL, maréchal des logis. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
COLIN, maréchal des logis. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
MAURIN, brigadier. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
MERCIER, brigadier. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
HEPP, brigadier. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
LEBRUN, brigadier. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
CHIVOT, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
CHRÉTIEN, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
GERMANEZ, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
FERTE, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
MAURY, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
SAVARY, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
SAVIGNY, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
PREUX, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
QUÉNET, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
BOSSARD, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
MÉAR, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
MEURISSE, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
FROFFIT, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Marizy-Sainte-Geneviève.
LEFÈVRE, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Buisson de Borny.
TOURNAUX, adjudant. 2 juin 1918 Mosloy.
BLONDEL, cavalier de 2e classe. 2 juin 1918 Mosloy.
PLACE, maréchal des logis. 16 juillet 1918 Villesaint.
CAUX (Louis), brigadier. 16 juillet 1918 Villesaint.
KORCHIA EL KAZAR, cavalier de 2e 16 juillet 1918 Villesaint.
classe. 16 juillet 1918 Villesaint.
RIMBOT, cavalier de 2e classe. 17 juillet 1918 Montvoisin.
CAUX (Gabriel), brigadier. 17 juillet 1918 Montvoisin.
POIRÉ, brigadier. 17 juillet 1918 Montvoisin.
MASSE, brigadier. 17 juillet 1918 Montvoisin.
CROCHU, cavalier de 2e classe. 17 juillet 1918 Montvoisin.
MAILLARD, cavalier de 2e classe. 17 juillet 1918 Montvoisin.
LE DUIGOU, cavalier de 2e classe. 17 juillet 1918 Montvoisin.
MARS, cavalier de 2e classe. 17 juillet 1918 Montvoisin.
DUBOIS (Epplin), cavalier de 2e classe. 1er octobre 1918 Châlons.
DAVID, cavalier de 2e classe.

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Officiers et sous-officiers passés, au cours de la guerre,


dans les autres armes.

———

Infanterie.

Régiments d’infanterie et B. C. P.

Colonel DAUVÉ
Chef d'escadrons GABARROT.
Capitaine De SURIAN.
Sous-lieutenant BOCHET.
Adjudants PORTERIE et DRUARD.
Maréchaux des logis LEPOIVRE, WAREN, DORÉMIEUX, BOUTEILLE, BRILLE,
HUCLIER, De QUIVIÈRES, RISPAL, HERSANT, GAGE, SOUTHGATE, RACET,
GANGNEBIEN, JACQUEMIN, DUMOULIN, De PREVAL, DEBERGUE, BARRAU et De
MADRON,

Cuirassiers à pied.

Lieutenants De MONTMARIN et BOULARD.


Sous-lieutenant TAILLEFUMIER.
Aspirant LESTONNAT.
Maréchaux des logis FOURNIER et LEZE.

Groupe cycliste 3e D. C.

Adjudant MOUFFLIER.
Maréchal des logis RICOIS.

En outre, il convient de rappeler le nombre important d'officiers, gradés et cavaliers dont le


régiment n'a cessé, au cours de la campagne, d'alimenter le groupe cycliste de la D. C. et les
régiments de cuirassiers à pied.

Artillerie.

Artillerie de campagne.

Lieutenant MOREL.
Sous-lieutenant DEHARVENG.
Adjudants GIRON et BONNEMENT.
Maréchaux des logis PELLETIER et DUMONT.

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Artillerie d'assaut.

Aspirant DARGAIGNARATZ.
Maréchal des logis PAILLART.

Aviation.

Lieutenant D'ORSETTI.
Sous-lieutenant STERN.
Adjudant FREGNAC.
Aspirants BEDIN et COUVREUR.
Maréchaux des logis FONTAINE, SÉNÉCHAL, VACHER, TROUDE, FOUILLARD,
GUEUDET, BLANCHARD, CHAPELAIN, LEPAGE, PAUL, De POLÉON, TISON.

Un nombre assez important de brigadiers et cavaliers du régiment a également alimenté l'artillerie et


l'aviation.

État nominatif des officiers du régiment au moment


de l’entrée en campagne.

État-major.

Colonel DAUVÉ, commandant le régiment.


Chefs d'escadrons PLEUCHOT (commandant le 1er demi-régiment) et De BEAUVOIR
(commandant le 2e demi-régiment).
Capitaines MAËS (adjoint au colonel) et ESNAULT-PELTERIE (adjudant-major).
Sous-lieutenants De COLIGNY (officier payeur) et BOMMENEL (officier d'approvisionnement).
Médecin-major de 2e classe COUDEYRAS.
Médecin aide-major de 2e classe (réserve) PFEIFFER.
Vétérinaire-major de 2e classe HUGUIER.

1er escadron.

Capitaine commandant : COMPAGNON.


Lieutenants : Du COLOMBIER, De CORNY, De LA ROCHE et D'ORSETTI.

2e escadron.

Capitaine commandant : MASSIEU.


Lieutenants: HUMBERT et MOREL.
Sous-lieutenants : LESOURD et D'YANVILLE.

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3e escadron.

Capitaine commandant : PETIET,


Lieutenants : LE BLEU et De ROUBIN, O.
Sous-lieutenants : WASSERZUG et De MONCLIN.

4e escadron.

Capitaine commandant : De PUYFONTAINE.


Lieutenants : BERNARD, De MONTMARIN, CLERGUES et De PRACOMTAL.

État nominatif des officiers du régiment le jour


de la signature de l'armistice.

État-major.

Lieutenants-colonels LETIXERANT (commandant le régiment) et PORTALIS.


Chef d'escadrons Des PLACES.
Lieutenants THURNEYSSEN (adjoint au colonel), De COLIGNY (officier payeur),
BOMMENEL (officier d'approvisionnement), BARACHIN (commandant la 1re section de
mitrailleuses).
Sous-lieutenant DRUEZ (commandant la 2e section de mitrailleuses)
Médecin-major de 1re classe COUDEYRAS.
Médecin aide-major de 2e classe(réserve) DUPOUY.
Vétérinaire-major de 2eclasse(territoriale) CACHEMBACH.

1er escadron.

Capitaine commandant : De BERNARD de LA FOSSE.


Lieutenants : Du PETIT-THOUARS, CLARAC-DUVIVIER et BRUYÈRE.
Sous-lieutenant : TAINTURIER.

2e escadron.

Capitaine commandant : BERNARD.


Lieutenants : CLERGUES et CATOIRE.
Sous-lieutenants : GUÉROUT et BRUGNON.

3e escadron.

Capitaine commandant : XAMBEU.


Lieutenant : De MONCLIN.
Sous-lieutenants : FRAGONARD, De MONCLOS et VARLÉ.

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4e escadron.

Capitaine commandant : DELAIR.


Lieutenant : LARTIGUE.
Sous-lieutenants : LEFÈVRE, CHRISTOPHE et GROSJEAN.

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