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Textes de Francais 1ere - 113903

Texte français 7ieme

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1.

THEME 1 : L’ECOLE 1

1.1. TEXT 01 : La rentrée des classes

L'école était l'avant dernière maison en allant vers la plage.


Late Le matin, de bonne heure, les enfants débouchaient de tous les
côtés, de tous les coins, de toutes les ruelles, avec des sacs sous le bras,
des cercava en ma L'école bruyante, mouvementée, animée, revivait Elle
faisait penser as des tisserins dans les palmiers. Sa volée de moineaux lus
était revenue. Patost des chants, des appels, des cris. Les anciens se
saluent joyeusement, tarvis que les nouveaux, dépaysés, cherchaient un
maintien. Tombés dans le monde des écoliers, désorientés, inquiets, ils
s'accrochaient à leurs parents. Ici, l'on jouait aux billes, là on s'ébattait,
ailleurs, c'étaient des jours de course, un peu plus loin, le saute-mouton,
le colin-maillard, le football. Voilà le directeur, un homme grand, à la
démarche calme.

À son approche, les bruits cessent. Il répond aux nombreux


bonjour Monsieur, sourit à tous, entre dans la salle de classe, passe le
doigt sur le tableau noir, sur un banc, pose ses livres sur la table et se
saisit d'une badine qu'il a fait couper. II la plie... Elle est de race comme
badine. Elle peut faire du bon travail, aider efficacement à inculquer les
rudiments du français et des autres matières dans les esprits quelque
peu bouchés. Climbié serre son ardoise sous le bras et regarde le
directeur qui vient de siffler. Les élèves accourent. Les anciens s'alignent
devant leur classe tandis que les nouveaux se mettent à part. C'est
l'appel. Et chaque élève entre à l'appel de son nom. Les nouveaux ne sont
pas nombreux, l'exiguité des salles limite leur nombre. Des parents
restent là, à supplier le directeur d'accepter leurs enfants qui, pleurant,
refusent de s'en aller. Il n'y a plus de place.

Ils peuvent s'asseoir dans l'allée, rester debout, pourvu qu'ils


apprennent quelque chose. Impossible, j'ai pris le maximum d'élèves.
Alors que vont devenir les enfants refoulés de votre école ? Comment
voulez-vous que je le sache ? Vous ne pouvez absolument rien pour eux ?
Hélas! » Et le directeur impuissant regarde partir ces enfants. Il aurait 2
voulu, d'un seul geste, agrandir cette école. Les deux bras aux
chambranles de la porte, il semble tenter l'épreuve. Mais les murs ne
bougent pas. Le directeur regarde partir les parents et leurs enfants. À
chaque rentrée, ce sont les mêmes scènes, le même spectacle.

Bernard B. DADIÉ, Climbié, Seghers

1.2. TEXT 02 : À l'école

À l'école, nous gagnions nos places, filles et garçons mêlés,


réconciliés, et, sitôt assis, nous étions tout oreille, tout immobilité, si bien
que le maître donnait ses leçons dans un silence impressionnant. Et il eût
fait beau voir que nous eussions bougé ! Notre maître était comme du vif-
argent : il ne demeurait pas en place, il était ici, il était là, il était partout à
la fois, et sa volubilité eût étourdi des élèves moins attentifs que nous.
Mais nous étions extraordinairement attentifs et nous l'étions sans nous
forcer : pour tous, quelque jeune que nous fussions, l'étude était chose
sérieuse, passionnante : nous n'apprenions rien qui ne fût étrange,
inattendu et comme venu d'une autre planète ; et nous ne nous lassions
jamais d'écouter... L'idée de dissipation ne nous effleurait même pas,
c'est aussi que nous cherchions à attirer le moins possible l'attention du
maître, nous vivions dans la crainte perpétuelle d'être envoyés au
tableau.

Ce tableau noir était notre cauchemar: son miroir sombre ne


reflétait que trop exactement notre savoir, et ce savoir souvent était
mince, et quand bien même il ne l'était pas, il demeurait fragile; un rien
l'effarouchait. Or. si nous ne voulions pas être gratifiés d'une solide volée
de coups de bâton, il s'agissait, la craie à la main, de payer comptant.
C'est que le plus petit détail ici prenait de l’importance : le fameux
tableau amplifiait tout, et il suffisait en vérité, dans les lettres que nous
tracions, d'un jambage qui ne fût pas à la hauteur des autres, pour que
nous fussions invités soit à prendre, le dimanche, une leçon
supplémentaire, soit à faire visite au maître, durant la récréation, dans 3
une classe qu'on appelait la classe enfantine, pour y recevoir sur le
derrière une correction toujours mémorable. Notre maître avait les
jambages irréguliers en spéciale horreur: il examinait nos copies à la
loupe et puis nous distribuait autant de coups de trique qu'il avait trouvé
d'irrégularités. Or, je le rappelle, c'était un homme comme du vif-argent
et il maniait le bâton avec une joyeuse verdeur. Tel était alors l'usage
pour les élèves de la petite classe.

CAMARA LAYE, l'Enfant noir, Plon

1.3. TEXTE (Je m’entraine)

J’ai fréquenté très tôt l’école. Je commençai par aller à l’école


coranique, puis, un peu plus tard, j’entrai à l’école française. J’ignorais
alors tout à fait que j’allais y demeurer des années et des années, et
surement ma mère l’ignorait autant que moi, car, l’eût-elle deviné, elle
m’eût gardé près d’elle ; mais peut-être déjà mon père le savait-il…

Camara Laye, L’enfant noir, Plon,

 QUESTIONS SUR TEXTE

1/ La personne qui parle dans ce texte est :

a. L’auteur
b. L’élève
c. L’écolier
d. L’apprenti

2/ La mère ignorait que son enfant :

a. Allait demeurer pendant longtemps à l’école française


b. Allait demeurer pendant longtemps à l’école coranique
c. Allait demeurer pendant longtemps à l’école
d. Allait demeurer pendant longtemps à l’école du village 4

3/ L’école coranique est un établissement scolaire :

a. Créé et dirigé par la communauté Islamique


b. créé et dirigé par la communauté Catholique
c. créé et dirigé par la communauté Protestante
d. créé et dirigé par la communauté Kimbanguiste

 QUESTIONS SUR LE LEXIQUE/VOCABULAIRE

4/ « J’allais y demeurer des années et des années » Le verbe souligné


peut être remplacé par :

a. habiter
b. rester
c. siéger
d. résider

5/ « fréquenter une école » le verbe souligné peut-être remplacé par :

a. aller a
b. quitter
c. redoubler
d. Abandonner

 QUESTIONS SUR L’ORTHOGRAPHE

6/ « Avec ce froid,…pas envie de sortir » Les pointillés sont remplacés


par :

a. ont n’a
b. on n’a
c. on a
d. on as
7/ De nos jours, les frais scolaires coûtent trop… » Les pointillés sont 5
remplacés par :

a. cher
b. chères
c. chers
d. chairs

 QUESTIONS SUR LA GRAMMAIRE

9/ « J’…les fournitures scolaires à mes enfants » Les pointillés sont


remplacés par :

a. envoit
b. envois
c. envoie
d. envoies

10/ « Les tomates, nous les avons… » Les pointillés s sont remplacés par :

a. vendus
b. vendu
c. vendue
d. vendues
 Dictée 6
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2. THEME II : LA FAMILLE
2.1. L'oncle 7

Quand je me rendais à Tindican, c'était le plus jeune de mes


oncles qui venait me chercher. Il était le cadet de ma mère et à peine
sorti de l’adolescence ; aussi me semblait-il très proche encore de moi. Il
était naturellement gentil et il n'était pas nécessaire que ma mère lui
recommandât de veiller sur moi : il le faisait spontanément. Il me prenait
par la main et je marchais à ses côtés, lui, te- nant compte de ma
jeunesse, rapetissait ses pas, si bien qu'au lieu de mettre deux heures
pour atteindre Tindican, nous en mettions facilement quatre, mais je ne
m'apercevais guère de la longueur du parcours, car toutes sortes de
merveilles la coupaient.

À mesure que nous avancions sur la route, nous délogions ici


un lièvre, là un sanglier, et des oiseaux partaient dans un grand bruit
d’ailes ; parfois aussi nous rencontrions une troupe de singes, et chaque
fois, je sentais un petit pincement au cœur, comme plus surpris que le
gibier même que notre approche alertait brusquement. Voyant mon
plaisir, mon oncle ramassait des cailloux, les jetait loin devant lui ou
battait les hautes herbes avec une branche morte pour mieux déloger le
gibier. Je l'imitais, mais jamais bien longtemps : le soleil, dans l'après-
midi, luit férocement sur la savane ; et je revenais glisser ma main dans
celle de mon oncle. De nouveau, nous marchions paisiblement.

Tu n'es pas trop fatigué ? demandait mon oncle. Non. Nous


pouvons nous reposer un moment, si tu veux. » Il choisissait un arbre, un
kapokier ou un néré, dont l'ombre lui paraissait suffisamment dense, et
nous nous asseyions. Il me contait les dernières nouvelles de la ferme les
naissances, l'achat d'une bête. Le défrichement d'un nouveau champ ou
les méfaits des sangliers, mais c'était les naissances surtout qui
éveillaient mon intérêt. Il est né un veau, disait-il. De qui ? demandais-je,
car je connaissais chaque bête du troupeau. De la blanche.

CAMARA LAYE, l'Enfant noir, Plon

2.2. Ma grand-mère
Tout en dévorant mon goûter, je laissais m'man Tine 8
continuer sa conversation, et la suivais docilement. Mon Dieu, merci, j'en
suis retournée ! soupirait-elle, en posant le long manche de sa houe
contre la case. Elle se déchargeait ensuite du petit panier rond en lattes
de bambou juché sur sa tête, et s'asseyait sur une sorte d'excroissance
pierreuse qui, devant la case, tenait lieu de bane. Enfin, ayant trouvé dans
le repli de son corsage une boîte de ferblanté toute rouillée, qui contenait
une pipe de chaux, du gros tabac et une boîte d'allumettes, elle se mettait
à fumer lentement, silencieusement.... Pour fumer, m'man Tine occupait
presque toute la place qu'offrait la grosse pierre. Elle se tournait du côté
où il y avait de belles couleurs dans le ciel, allongeait et croisait ses
jambes terreuses, et semblait s'adonner toute à son plaisir de tirer sur sa
pipe.

Je restais accroupi auprès d'elle, fixant dans la même


direction qu'elle, un arbre en fleur un macata tout jaune ou un
flamboyant sanguinolent - les couleurs que faisait le ciel derrière les
mornes de l'autre côté de la plantation, et dont la lueur se reflétait
jusqu'au-dessous de nous. Ou bien, je la regardais, sournoisement, car
elle me répétait souvent avec véhémence que les enfants ne devaient pas
dévisager les grandes personnes. Je prenais alors un réel plaisir à suivre
les courbes de son vieux chapeau de paille à la forme écrasée par son
panier, au bord délavé, ramolli et ondulé par les pluies, et rabattu sur son
visage à peine plus clair que la terre de la plantation. Mais ce qui
m'amusait le plus, c'était sa robe. Tous les matins, m'man Tine cousait là-
dedans, en maugréant que les feuilles de cane, il n'y avait rien de tel pour
manger les hardes des pauvres nègres. Cette robe n'était rien de plus
qu'une tunique sordide où toutes les cou- leurs s'étaient juxtaposées,
multipliées, superposées, fondues.

Cette robe qui, à l'origine, autant que je m'en souvienne, avait


été une robe de simple cretonne fleurie, pour la communion, le premier
dimanche de chaque mois, puis pour la messe, tous les dimanches, était
devenue un tissu épais, matelassé, une toison lourde, mal ajustée, qui,
pourtant, semblait être la tenue la mieux assortie aux mains en forme de 9
racine, aux pieds gonflés, racornis et crevassés de cette vieille négresse, à
la cabane que nous habitions, et à l'habitation même où j'étais né, et d
où , à l'âge de cinq ans, je n'étais jamais sorti. De temps en temps, des
voisins passaient. Amantine, tu prends une douce pipe, disaient-ils en
guise de salut. Sans même bouger la tête, sans leur jeter un coup d'œil,
m'man Tine ré- pondait par un bougonnement de satisfaction, et
demeurait imperturbablement dans son plaisir de fumer et sa rêverie.
Saurais-je dire si elle rêvait, s'abandonnait, à ce moment-là, si la fumée
de sa pipe la transportait ailleurs ou transfigurait à ses yeux tout le
panorama de la plantation ? Lorsqu'elle avait fini de fumer, m'man Tine
disait: Bon! Mais c'était plutôt un cri d'ahan, une exhortation personnelle.
Alors, elle rangeait sa pipe à côté de son tabac et de ses allumettes, dans
la petite boîte de fer-blanc, se levait, prenait son panier sous son bras et
entrait dans la case.

Joseph ZOBEL

2.3. TEXTE 03 : (Je m’entraine)

A Kouroussa, j’habitais la case de ma mère. Mes frères qui étaient


plus jeunes, et mes sœurs, dont l’ainée me suivait à un an d’intervalle,
dormaient chez ma grand-mère paternelle. Ainsi le voulait l’exiguïté des
cases. Ce n’était que durant le temps qu’ils avaient pris le sein, que ma
mère avait gardé mes sœurs et mes frères auprès d’elle ;…

Camara Laye, L’enfant noir,

 QUESTIONS SUR LE TEXTE

1/ La personne qui raconte l’histoire dans ce texte est :

a. La mère
b. Le frère
c. L’auteur
d. La sœur
2/ cette famille est : 10

a. La famille recomposée
b. La famille monoparentale
c. La famille restreinte
d. La famille élargie

3/ L’ainée qui suivait l’auteur a un an d’intervalle est :

a. L’ainée parmi les sœurs


b. L’ainée parmi les frères
c. L’ainée parmi tous les enfants
d. L’ainée de la famille

 QUESTIONS SUR LE LEXIQUE/VOCABULAIRE

4/ L’exiguïté des cases. Le mot souligné peut être remplacé par :

a. La grandeur
b. La petitesse
c. La hauteur
d. La longueur

5/ J’habitais la case de ma mère. En français, le mot souligné est


actuellement remplacé par :

a. La maison écologique
b. Le hangar
c. La cabane
d. Le taudis

 QUESTIONS SUR L’ORTHOGRAPHE

6/ « Elle aimerait avoir…de temps pour étudier le français ». Les


pointillés sont remplacés par :

a. D’avantages
b. Davantages
c. D’avantage 11
d. Davantage

7/ « Les explications de ce professeur sont….. »

a. Compréhensibles.
b. Compréhensives.
c. Compréhensible.
d. Compréhensif.

 QUESTIONS SUR LA GRAMMAIRE

8/ « Borami regrette que son ami…pris cette décision. » Les pointillés


sont remplacés par :

a. est
b. aie
c. ait
d. es

9/ « La musique traditionnelle qu’il m’a fait…est géniale !»

a. écoutées
b. écouté
c. écoutés
d. écouter

10/ « Ma mère…des draps sur le lit» Les pointillés sont remplacés par :

a. mais
b. m’est
c. mes
d. met
 Dictée 12
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3. THEME III : L’HABITATION 13
3.1. TEXT 01 : Chez l'oncle Mama

Mes parents de Kala habitaient presque au beau milieu du


village. Lorsque nous arrivâmes à hauteur de leur case, Zambo renvoya
assez inélégamment les badauds qui faisaient mine de vouloir entrer
avec nous. Il dit : « Mais, allez-vous-en done... Vous ne comprenez pas
qu'il faut que l'étranger se repose un peu ? Ils s'éloignèrent en baissant la
tête. L'oncle Mama et sa femme étaient encore aux champs. La case me
parut imposante, par ses dimensions et surtout par le nombre de
meubles qu'elle contenait ; c'est que mon oncle Mama était menuisier de
son état, ce qui ne l'empêchait pas de travailler dans les champs au
besoin.

Ces meubles étaient grossiers, à peine finis, d'un bois très


lourd. Chose curieuse, lorsqu'un peu plus tard Zambo me fit visiter
l'atelier de son père, je pus admirer l'élégance et la finesse de lignes, la
légèreté, la beauté de quelques échantillons des meubles qui s'y
fabriquaient. L'oncle Mama était un bien curieux artisan qui n'avait
aucune notion de la publicité : il gardait pour lui les meubles les moins
réussis, livrant le meilleur de sa production aux autres. La plus
remarquable des nombreuses pièces de cette case, c'était une espèce de
salon - salle à manger immense sur les murs duquel on avait apposé une
série de photographies de la famille qui tenaient lieu de tapisserie.

Une famille de gaillards tous dégingandés à l'image de Zambo


autant du moins que pouvaient le faire voir ces photographies : le père
était dégingandé, la mère dégingandée, les trois enfants dégingandés Le
parents de Zambo ne revenaient toujours pas des champs et la nuit
commençait à tomber. Plus tard, j'ai su que dans ce pays, les gens
restaient aux champs jusqu'à la nuit totale, du moins certaines femmes.

MONGO BETI, Mission terminée, Buchet-Chastel


14

3.2. TEXT 02 : Une pauvre demeure

Oumar Faye s'est rendu dans un village de brousse pour


demander au chef l'autorisation de remettre en culture des rizières
abandonnées. La nuit était presque venue quand ils arrivèrent au village
qui était celui d'ltylima. Des petits sentiers séparaient les palissades. Les
toits des paillotes se touchaient presque. Des gosses nus, au ventre
bedonnant, couraient çà et là. Un chien maladif aboyait, trottant sur des
pattes qui se dérobaient à chacun de ses pas. Les villageois accroupis
saluaient les arrivants à leur passage. Une vieille les reçut à l'entrée d'un
défilé entre les cases et les mena dans un appentis de branchages.

C'était là que demeurait la mère d'Itylima. Une unique pièce,


qui servait de salle commune et de cuisine durant les heures de pluie.
Une bûche se consumait au centre, la fumée piquait les yeux. Habitué à la
demi-obscurité, Faye pouvait apercevoir des canaris de toutes
dimensions, des calebasses en désordre en comblant la pièce, une natte
sur une petite élévation de terre battue paraissait servir de lit. Faye
s'assit sur un cul de mortier près du lit. Le dépôt de fumée sur les lattes
de la toiture semblait une épaisse couche de peinture. La mère d'Itylima
était une femme prématurément vieillie et dont le dur travail des rizières
et la collecte du sel dans les marécages avaient buriné le corps... Elle
n'avait rien, mais insista pour que Faye fût son hôte Le lit, composé de
lattes liées par des lanières, était posé sur quatre pieds fourchus,
enfoncés dans le sol. Des peaux séchées servaient de matelas et de
couvertures. Dans un coin, des brindilles clôturaient des récipients en
terre cuite.

SEMBENE OUSMANE, O Pays mon beau peuple, Amiot-Dumon


15

3.3. TEXTE (Je m’entraine)

Si Gervaise avait demeuré là, elle aurait voulu un logement au fond,


du côté du soleil. Elle avait fait cinq ou six pas, elle respirait cette odeur
fade des logis pauvres, une odeur de poussière ancienne, de saleté rance ;
mais, comme l’âcreté des eaux de teinture dominait, elle trouvait que ça
sentait beaucoup moins mauvais qu’à l’hôtel Boncœur. Et elle choisissait
déjà sa fenêtre, une fenêtre dans l’encoignure de gauche, où il y avait une
petite caisse, plantée de haricots d’Espagne, dont les tiges minces
commençaient à s’enrouler autour d’un berceau de ficelles.

Emile Zola, L’assommoir,

 QUESTIONS SUR LE TEXTE

1/ La personne qui parle dans ce texte est :

a. Gervaise
b. L’auteur
c. La femme
d. La fille

2/ Dans ce texte, l’auteur parle de :

a. Gervaise qui aurait choisi son logement si elle était restée là.
b. Gervaise qui aurait refusé son logement si elle était restée là.
c. Gervaise qui choisissait déjà sa fenêtre.
d. Gervaise qui plantait de haricots.

3/ ce qui sentait beaucoup moins mauvais est :

a. L’hôtel Boncœur
b. La fenêtre
c. Des logis pauvres
d. La maison
 QUESTIONS SUR LE LEXIQUE/VOCABULAIRE 16

4/ « une fenêtre dans l’encoignure de gauche, où il y avait une petite


caisse » Le mot souligné peut être remplacé par :

a. L’angle
b. Le coin
c. Le côté
d. La partie

5/ « Elle respirait cette odeur fade des logis pauvres » Le mot souligné
peut être remplacé par :

a.

 QUESTIONS SUR L’ORTHOGRAPHE

6/ « Il vous attend à l’… » La bonne orthographe est :

a. accueil
b. acceiul
c. acceuil
d. accuieil

7/ « Notre entreprise a été… » La bonne orthographe est :

a. crée
b. créée
c. créee
d. créé

 QUESTIONS SUR LA GRAMMAIRE

8/ « Elle trouvait que ça sentait beaucoup moins mauvais » Au pluriel,


cette phrase deviendra :

a. Elles trouvent que ça sentait beaucoup moins mauvais.


b. Elles trouvaient que ça sent beaucoup moins mauvais. 17
c. Elles trouvèrent que ça sentait beaucoup moins mauvais.
d. Elles trouvaient qu’ils sentaient beaucoup moins mauvais.

9/ « Nul ne…sent mieux que moi quand…arrivé. » Les pointillés sont


remplacés par :

a. c’est, c’est
b. c’est, s’est
c. s’est, s’est
d. s’est, c’est

10/ « Pensez-vous…se rendra compte de…bêtise sa cousine a


commise ? » On remplace les pointillés par :

a. qu’elle, quelle
b. quelle, quelle
c. qu’elle, qu’elle
d. quelle, qu’elle
 Dictée 18
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4. THEME IV : CHASSE ET PECHE


4.1. TEXT 01 : Le petit poisson et le pêcheur 19

Petit poisson deviendra grand. Pourvu que Dieu lui prête vie ;
Mais le lâcher en attendant, Je tiens pour moi que c'est folie : Car de le
rattraper il n'est pas trop certain. Un carpeau, qui n'était encore que
fretin, Fut pris par un pêcheur au bord d'une rivière. Tout fait nombre,
dit l'homme, en voyant le butin ; Voilà commencement de chère et de
festin : Mettons-le en notre gibecière. » Le pauvre carpillon lui dit en sa
manière : Que ferez-vous de moi ? je ne saurais fournir Au plus qu'une
demi-bouchée.

Laissez-moi carpe devenir : Je serai par vous repêchée ;


Quelque gros partisan m'achètera bien cher : Au lieu qu'il vous en faut
chercher Peut-être encore cent de ma taille Pour faire un plat : quel plat !
croyez-moi, rien qui vaille. - Rien qui vaille ? eh bien ! reprit le pécheur :
Poisson, mon bel ami, qui faites le prêcheur, Vous irez dans la poêle ; et,
vous aurez beau dire, Dès ce soir on vous fera frire. » Un Tiens vaut, ce
dit-on, mieux que deux Tu l’auras : L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.

LA FONTAINE

4.2. TEXT 02 : La pêche dans le fleuve


Deux jeunes enfants, Mambéké, petit Likouba du Congo, et 20
Solange petite Française, se sont liés d'une profonde amitié. Au péril de
sa vie, Mambéké a sauvé Solange qui se noyait dans le fleuve en crue.
Solange a appris à Mambéké à lire, à écrire, à parler français. De son côté,
Solange a vite appris à nager comme un poisson, à manier la plus lourde
pirogue, à tresser artistement des paniers et des corbeilles en feuilles de
rônier, de bambou, en liane ou en fibres d'ananas. Elle n'a vraiment pas
perdu son temps en la compagnie des petits Likouba qui ont accueilli la
fille de l'homme blanc comme une sœur. Solange connaît aujourd'hui
comment se fait une pêche à la traînée.

Alignées sur une rangée, du côté du fleuve ou de la rivière, de


longs paniers à la main, les femmes poussent ceux-ci devant elles en se
dirigeant vers les roseaux, les nénuphars, les papyrus, refuge du poisson
chassé par la venue bruyante des femmes. L'instinct du poisson est de
toujours regagner le large, rejoindre les eaux profondes, pour se mettre à
l'abri du moindre danger. Il se fait inévitablement prendre, en se sauvant,
dans les paniers tenus serrés les uns à côté des autres. Solange a
également assisté à la pêche au filet. De longs filets, aux mailles serrées,
réunis par un système très simple et retenus de chaque côté par une
pirogue, sont jetés au milieu des cours d'eau. Cette pêche se fait en
principe la nuit. Le poisson qui vaque à ses besoins se laisse prendre aux
mailles résistantes des engins.

Les femmes qui voient les mouvements produits par la proie


n'ont plus qu'à tirer le filet à bord d'un bateau et cueillir le poisson. Mais,
de toutes les méthodes, celle qui a le plus intéressé la fille du blanc est la
digue ou le barrage, genre de pêche auquel elle a d'ailleurs pris part en
s'amusant comme une folle. Après avoir délimité la partie du lac ou du
cours d'eau à assécher, les femmes se mettent à entasser les matériaux
nécessaires à la construction du barrage : troncs d'arbres, lianes, feuilles,
roseaux ou papyrus qui formeront l'ossature, recouverte, tout à l'heure,
de boue, d'argile, de mottes de terre recueillies de-ci de-là. Le barrage
peut se faire sur des distances souvent considérables. Une fois le barrage
achevé, trente, soixante, cent femmes, suivant l'importance du champ 21
d'action choisi, torse nu, munies de petites cuvettes, de pétrins oblongs
en bois, de larges écorces rectangulaires, se mettent à vider l'eau de
l'étendue délimitée.

Dans un ensemble admirable, entraînées par des chants et des


cris rythmés, elles plongent leurs engins dans l'eau, se redressent, les
récipients remplis, et pro jettent l'eau de l'autre côté de la digue. Joli
spectacle que celui de tous ces jeunes corps souples, bronzés, nus jusqu'à
la ceinture, de toutes ces jeunes femmes et filles qui rient et s'excitent du
geste et de la parole, exécutent ces divers mouvements d'ensemble
jusqu'à assèchement complet du marigot ou de l'étang choisi. Il ne reste
plus qu'à prendre le poisson qui s'ébat à découvert dans la fange.

Jean MALONGA, Cœur d'Aryenne, Présence Africaine

4.3. TEXT 03 : Chasse en forêt

Un jour, vers cette même heure, deux jeunes gens revenaient


des champs l'un trapu, musclé, l'air gaillard ; il tenait d'une main une
gourde, de l'autre un lance-pierres; son compagnon, grand et mince,
portait sur la tête un régime de bananes plantain. Ils marchaient sans se
presser, musardaient. Les oiseaux tourbillonnaient au-dessus de leur
tête, plongeaient vers les branches drues pour s'y poser. Les gros
toucans au bec volumineux lançaient leur cri pour annoncer l'approche
de la nuit. L'un d'eux vint se percher sur un arbre devant les jeunes gens,
Gand, le plus petit, se pencha aussitôt pour ramasser une pierre et visa
l'oiseau. Les deux garçons le virent vaciller, se raccrocher à la branche,
puis perdre l'équilibre et tomber.

Avant qu'ils ne l'aient rejoint, l'oiseau s'était glissé sous un


taillis, et à eux de le chercher. Ils eurent beau écarter de leur pied les
herbes, briser les arbustes, fouiller des yeux chaque endroit, chaque coin
de terre avec toute leur attention, l'oiseau demeurait invisible. Courbés
dans les hautes herbes, ils firent trois fois le tour de l'arbre d'où était
tombé le toucan et se redressèrent étonnés. Il est pourtant tombé, je l'ai
vu, dit Gand. J'en suis même sûr, murmura Kocoumbo, le grand jeune 22
homme mince; comme c'est bizarre ... C'est le dieu de la forêt qui l'a ravi.
Crois-tu que son domaine s'étende jusqu'aux abords de la route ? Bien
sûr, tout est à lui. Je croyais que son domaine était là-bas. Gand porta les
yeux vers le lieu indiqué et vit un toucan s'envoler du sol vers un arbre.
Je me demande si ce n'est pas le même, dit-il. Le visage de son camarade
était grave. Gand reprit d'une voix rêveuse : Le dieu de cette forêt est si
mauvais... Ça me rappelle une histoire qui m'est arrivée ainsi qu'à mon
père.

Nous revenions des champs. Il était à peu près deux heures.


C'est à ce moment que le dieu est le plus redoutable pour ceux
essayent de tuer ses animaux. Je me souviens que c'était un samedi, Tout
à coup, une grosse biche noire surgit devant nous, nous regarde avec
aussi peu de crainte que si nous étions des femmes. Mon père épaule son
fusil, pointe le canon vers l'animal qui ne bouge pas et semble nous
mépriser totalement.

Mon père hésite. Je vois sa main trembler. Il jette un coup


d'œil derrière lui pour m'interroger du regard. Je sais qu'il pense à ce qui
est arrivé à son cousin son cousin mort pour avoir voulu tuer un animal
un samedi. La biche est toujours là. Mon père me regarde pour la
deuxième fois et je crie sans réfléchir : « Père! Tire! On verra bien ce qui
arrivera ! Le coup pan, l'animal tombe. Nous courons précipitamment
vers lui, mais avant que nous ayons pu l'atteindre il s'était relevé et avait
disparu dans ce buisson que tu vois, où il y a des fleurs.

C'étaient les mêmes fleurs. On dit qu'à l'époque des floraisons,


le dieu est plus vigilant pour ses bêtes. L'animal avait dû rejeter les
plombs avant de se volatiliser. Nous l'avons cherché vainement. Mon
père disait qu'il y avait un berger invisible derrière la biche, qu'il n'aurait
jamais dû tirer, et que si le berger avait été méchant, il nous aurait
renvoyé les plombs au cœur, comme c'était arrivé à son cousin ... Gand et
Kocoumbo poursuivaient leurs recherches en écartant les feuilles. Ils
cassaient toutes les branches devant eux. Soudain Kocoumbo s'arrêta.
Dis donc, Gand, j'ai mon œil qui enfle ; il me brûle ! Il frottait son œil droit 23
de sa main pleine de terre. Je me demande si ce n'est pas la pierre que tu
as jetée à l'oiseau qui est retombée sur mon œil ! Il clignait de sa
paupière, essayait de l'ouvrir puis la refermait. Ça me pique terriblement,
comme si un doigt pimenté y était plongé. Laisse-moi voir, dit Gand. Il
explora l'œil rougi et plein de larmes et retira un moucheron.

Kocoumbo, soulagé, se redressa et suggéra de faire la prière


d'usage au génie de la forêt pour récupérer leur proie. Quelques instants
après, Gand découvrait l'oiseau sous des écorces d'arbre en
décomposition. Il poussa un cri de joie, attacha les deux pattes du toucan
avec une liane et le suspendit à son épaule. Heureusement que tu as eu
l'idée de faire la prière, dit Gand, nous n'aurions jamais retrouvé l'oiseau.
Quand je pense que les animaux sauvages ont des maîtres qui prennent
d'eux un soin jaloux. je me demande si la nature invisible n'est pas
meilleure que la nôtre. Elle est plus puissante.

AKE LOBA, Kocoumbo, l'étudiant noir, Flammarion

 Dictée
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5. THEME V : VILLE ET VILLAGE


5.1. TEXT 01 : Le village dans la forêt 25

Le petit village de Kouamo est situé dans les entrailles mêmes


de la forêt vierge La route, puis le sentier qui y conduisent sont, par
endroits, plus obscurs qu'une charmille. La visibilité est très courte. Tout
le long du parcours s’élève des murailles de hautes futaies. On ne voit
que sommets touffus, écrans étroits ou larges, pointus ou effilés. Parfois
une voûte compacte de feuillages et branchages jaunâtres traverse le
chemin, tel un boa endormi, repu du beruf qu'il vient d'engloutir La
chaleur a chassé les oiseaux qui ont gagné les hauteurs ; la gent animale
dissimulée n'ose plus se signaler. Un silence inéluctable vous impose sa
compagnie ensorcelante.

Le vent seul se permet de faire craquer les grosses branches,


Elles murmurent, murmurent comme si des êtres invisibles dialoguaient.
Une crainte superstitieuse vous étreint. Vous n'avez fait que quelques
centaines de mètres et il vous semble avoir franchi des distances
magiques, incalculables. L'horizon de gauche est aussi fermé que celui de
droite la piste seule vous pousse à avancer...
78 Puis, sans se faire annoncer par une bone kilométrique, au détour
d'un long lacet, le village surgit. Quelques centaines d'habitations serrées
les unes londre les autres gisent là : deux longues rangées de cases aux
toits grisätres et branlants s'alignent de chaque côté de la bande de terre
battue qui fait figure d'artère principale, qui est effectivement le lieu de
toutes les réunions, des jeux et des danses. Ses habitants vivent là, depuis
toujours.

Ils ne quittent pas le village, à moins qu'un cas majeur ne les y


contraigne. C'est là qu'ils éprouvent les jote les malheurs de l'existence et
le sentiment de leur sécurité. Dans les autres villages comme dans les
villes, ils sont des étrangers. Chacun d'eux avec son sort est lié à Kouamo:
il en est le membre, il en est le décor. S'il s'absente pour plus d'une
semaine, le voisin demandera de ses nouvelles et prêtera attention au
moindre écho le concernant. Pour lui, le monde commence et finit là. Dès
que le soleil se lève, le village est abandonné : qui débroussaille, qui
ramasse sa récolte, qui fait la cueillette des fruits sauvages. Les jeunes 26
gens, eux, pourchassent le gibier dans les fourrés ou étalent leur oisiveté
remuante à l'ombre des bois géants, selon leur fantaisie du moment.

AKE LOBA, Kocoumbo, l'étudiant noir, Flammarion

5.2. TEXT 02 : À Kinshasa

Une fiancée raconte son arrivée à Kinshasa. En bon guide, Christophe,


qu'elle vient rejoindre, lui fait découvrir la capitale de la République
démocratique du Congo. Heureusement que Christophe m'attendait à
l'aéroport de Ndjili, Comment aurais-je trouvé mon chemin dans cette
foule de Kinois ? Il m’entraîna : il avait hâte de présenter sa fiancée
malgache à sa famille. Christophe eut beaucoup de peine à sortir du
parking de l'aéroport, tant il y avait de voitures. À notre droite s'étendait
une longue file de voitures jaunes qui affichaient un grand « taxi » sur le
flanc gauche. Des jeunes de tout âge s'affairaient autour, interpellant les
clients en leur arrachant quasiment les bagages des mains pour les
embarquer dans les taxis. J'étais fascinée par tant de vivacité et de
rapidité.80 « Ce sont des chargeurs, me dit Christophe, souriant de mon
étonnement, ils gagnent ainsi leur vie. » Maintenant, la voiture
s'engageait sur un large boulevard. « Ce boulevard porte le nom de
Patrice Lumumba; avec le Président Kasa-Vubu, il dirigeait notre pays au
moment de l'Indépendance; il fut assassiné. » commenta Christophe. Sur
le boulevard, le trafic était intense. Les hommes et les véhicules
semblaient être gagnés par une frénésie incroyable. Sur les deux bords
du boulevard, des bus « fula-fula » déposaient et reprenaient des
passagers dans un rythme infernal. « Faisons un détour par Matonge, le
quartier le plus animé de la capi. tale. Nous descendons de voiture pour
marcher quelques instants. Ici, c'est la fête. On crie, on mange, on boit.
« Entrez, entrez, nous dit-on dans un bar d'où partait un air envoûtant de
guitare, venez prendre un verre avec nous.» Le Kinois est un grand
amateur de bière et de musique. Les chansons fusent de partout.
Christophe me citait les noms des musiciens et des groupes célèbres : 27
Franco, Rochereau, Papa Wemba, Zaiko, Wenge Notre promenade fut de
courte durée et nous repartîmes vers la voiture... Une grande
agglomération moderne s'étendait devant nous, étalant ses rangées de
buildings et de bâtiments en béton. Nous passons devant un grand
édifice sur lequel je peux lire « Palais de la Nation ». « Ce quartier
s'appelle Gombe, me souffla Christophe plein de fierté. J'y suis né. Le
cadre de verdure, les eaux puissantes du fleuve, tout ce décor ramenait la
paix dans mon cœur. Par-delà le fleuve, on apercevait Brazzaville, réduite
par la distance aux dimensions d'une ville-jouet. Oui, j'aimais déjà
Kinshasa où j'allais vivre, et cette famille qui serait la mienne.

ACCT-EDICEF, Horizons d'Afrique

5.3. TEXT 03 : Le village de Kinzazi

Blotti au milieu d'une grande forêt, sur une petite colline et à


trois kilo- mètres de Bembe, le chef-lieu du Territoire, Kinzazi est le
village de mon clan. On me considère comme originaire de là. La
population, hommes, femmes et enfants, se chiffrait à deux cents âmes.
Les cases en pisé, au toit de chaume, y étaient disposées en forme de
rectangle sur une étendue de près de neuf hectares. À l'uniformité de
mode de vie, s'ajoutait l'uniformité de goût : toutes les cases étaient
identiques. Sans savoir pourquoi, j'avais toujours déploré cet attrait pour
la conformité.

Pourtant, avec l'aide de mes nombreux cousins et cousines,


j'avais construit ma case sur ce même modèle ancestral et cela malgré
moi. J'aurais souhaité construire ma case selon mon goût, en y mettant
de la fantaisie. Mais il fallait faire comme tout le monde, ce que je fis
donc, mais cela m'exaspérait. Sur la Grand-Place, au centre du village, se
dressait un hangar où, par mauvais temps, nous nous réunissions le soir.
Hommes et bêtes s'y relayaient régulièrement. Chèvres, moutons, poules,
coqs circulaient en liberté dans le village, passant les nuits à la belle 28
étoile, ou dans les espèces d'abris en cas d'averses,

KANZA NSENGA, Sans rancune, Ed. Scotland

5.4. TEXTE 04 : (Je m’entraine)

La noce, débouchant de la Saint-Denis, traversa le boulevard. Elle


attendit un moment, devant le flot des voitures ; puis, elle se risqua sur la
chaussée, changée par l’orage en une mare de boue coulante. L’ondée
reprenait, la noce venait d’ouvrir les parapluies ; et, sous les riflards
lamentables, balancés à la main des hommes, les femmes se
retroussaient, le défilé s’espaçait dans la crotte, tenant d’un trottoir a
l’autre. Alors, deux voyous crièrent à la chienlit ; des promeneurs
accoururent ; des boutiquiers, l’air amusé, se haussèrent derrière leurs
vitrines.

Emile Zola, L’assommoir,

 QUESTIONS SUR LE TEXTE

1/ « Elle attendit un moment, devant le flot des voitures » Le pronom


personnel souligné remplace :

a. la femme
b. l’ondée
c. la noce
d. la chienlit

2/ Dans ce texte, l’auteur parle de :

a. femmes qui se promènent dans la rue sous la pluie


b. personnes qui, accompagnant les mariés, se promènent dans la rue
sous la pluie
c. mariés qui célèbrent leur mariage
d. défilé organisé pendant la fête de mariage 29

3/ Selon le texte, les boutiquiers se haussent à cause de :

a. cri de deux voyous


b. cri des promeneurs
c. cri des femmes
d. cri de deux hommes

 QUESTIONS SUR LE LEXIQUE/VOCABULAIRE

4/ « L’ondée reprenait, la noce venait d’ouvrir les parapluies ». Le mot


souligné désigne :

a. la fête
b. la promenade
c. le défilé
d. la pluie

5/ « Les riflards lamentables, balancés à la main des hommes ». Le mot


souligné désigne :

a. les parapluies
b. les femmes
c. les convives
d. les promeneurs

 QUESTIONS SUR L’ORTHOGRAPHE

6/ « Toute la ville…surprise de la décision du maire ». Vous remplacez les


pointillés par :

a. étais
b. étaient
c. était
d. étions
7/ « Tout le monde…que…noce est meilleure que celle des autres ». Les 30
pointillés sont remplacés par :

a. pensent, leur
b. pense, sa
c. pense, leur
d. pensent, sa

 QUESTIONS SUR LA GRAMMAIRE

8/ « ce sont des choses…je n’ai jamais entendu parler ». Vous remplacez


les pointillés par :

a. que
b. auxquelles
c. dont
d. lesquels

9/ « le conseil des juges…révélé…verdict pour mettre fin à ce conflit ».


Les pointillés sont remplacés par :

a. a, son
b. ont, son
c. ont, leur
d. a, leur

10/ « si les promeneurs…l’argent, ils…un grand bus ». Les pointillés sont


remplacés par :

a. auraient, loueraient
b. avaient, loueraient
c. avaient eu, loueraient
d. auraient eu, loueraient
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 Dictée
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6. THEME VI : COMMERCE ET MARCHE


6.1. TEXT 01 : Le marché au centre de la cité

Ils venaient de partout, affluant vers le marché. Certains


cheminaient ainsi depuis le milieu de la nuit pour obtenir une bonne
place, d'autres étaient venus en pirogue. Quelques-uns, nus ou
simplement vêtus d'un cache-sexe. Ex peu à peu, le marché s'était peuplé
de toutes les tribus de la contrée. Certains avaient les dents limées, la
tête tondue ou les tresses enduites de gras. Les peaux variaient de
l'albinos aux paupières blondes au noir le plus foncé, en passant par le
"Portugais" au teint couleur de terre cuite. Sur les accoutrements
bigarrés dans le brouhaha des voix et le mélange des dialectes, les
premières lueurs matinales se levaient. Le marché tient sa cour au centre
de la cité.

Une halle est réservée à la boucherie et à la poissonnerie, une


autre aux marchands de pierreries et d'étoffes venues d'Angleterre et du
Portugal, importées par les Hausas, marcheurs infatigables ou par les
Bambaras. Entre les deux bâtisses, par terre ou sur des nattes de rafia, on
trouve des calebasses décorées, des peaux de toutes sortes, des racines
inconnues, de la poudre pour les maux les plus divers, des fruits, des
œufs de toutes dimensions, allant de ceux de la poule à ceux de
l'autruche, sans oublier ceux du caïman. C'est la tour de Babel ; un forum
nègre. Dans cette fourmilière où hommes et bêtes se mêlaient, les pleurs
des enfants, les aboiements des chiens étaient recouverts par les appels
des marchands. La perception des places était journalière, ce qui ne
manquait pas de soulever la mauvaise humeur des vendeuses : donner
de l'argent à une heure aussi matinale porte de la guigne. L'art de
marchander joue ici le premier rôle.

Rien n'est à prix fixe SEMBENE OUSMANE, O Pays, mon beau peuple
33

6.2. TEXT 02 : Le marché nocturne

Le crépuscule tombait sur crâne ; les femmes et les jeunes


filles vendeuses du marché de nuit exposaient déjà leurs marchandises
sur des vents de jonc ou de rotin placés sur des trépieds. La nuit se
précisait des milliers d'étoiles commençaient de scintiller dans un ciel
pur et sans nuages ; les feux des lampions, terrines minuscules où
brûlaient des mèches de coton imbibées d'huile de palme, vacillaient au
moindre souffle de vent, s'éteignaient, se rallumaient aussitôt, et
semblaient ainsi obéir à quelque code. Les marchands encombraient"
mâro", le marché de nuit, criaient leurs marchandises; faisaient l'article à
tue-tête; les clients déambulaient parmi les étalages, s'arrêtaient devant
les lampions, face aux marchandes, demandaient les prix des articles,
s'écriaient que c'était vraiment trop cher, discutaient, riaient,
marchandaient, obtenaient de petites réductions et achetaient; ou bien
ils boudaient, grognaient, se fâchaient et partaient pour se confondre
avec l'obscurité, étoilée, là-bas, au pied de la mosquée.

On achetait des gâteaux, des beignets, des boules d'akassa, du


poisson frit ou fumé, des tranches d'igname ou de manioc cuites à l'eau
ou frites. Il y avait des vendeuses de pâtes de maïs et de sauces; il y avait
des charcutières qui exposaient leurs marchandises sur des tables. Il y
avait aussi des épicières et des mercières, et l'on pouvait se procurer à "
mâro" presque tout ce que l'on pouvait acheter sur le marché pendant le
jour. Naguère, Affögnon errait parmi ces lampions ; c'était à "mâro" qu'il
achetait son repas du soir. Le lieu devenait fort peuplé et animé vers dix-
sept heures trente, après l'arrivée du train : les portefaix, satisfaits d'être
débarrassés de leurs charges, allaient dépenser une partie de leurs gains
au marché de nuit où ils achetaient leur repas.
Alors, les gendarmes redoublaient de vigilance en circulant 34
entre les étalages. ... Tout le monde bavardait, personne n'avait l'air
d'écouter son voisin. Les vendeurs de fétiches et de statuettes en bois,
dignement assis devant leurs étalages d'os, de cornes d'antilopes, de
dents de rhinocéros, de crânes d'hommes, d'hippopotames, de
crocodiles, de caïmans, d'oiseaux à côté desquels il y avait des fioles de
poudres noires aux puissances dites infaillibles, vantaient les vertus de
leurs bagatelles.

Olympe BHELY-QUÉNUM, Un piège sans fin, Stock

6.3. TEXT 03 : Dans les rues d'Accra

Ce sont les femmes ici qui font le commerce à la sauvette. On


les appelle lonmale marchandes". Elles vendent de tout. Des cigarettes à
la pièce, des miches de pain et des morceaux de viande cuite sur lesquels
les grosses mouches de l'Ouest africain s'en donnent à cœur joie. Elles
adorent marchander et chicaner Elles représentent un facteur important
de la vie économique du pays. Les plats riches possèdent leur propre
camion, parfois tout un train de camions.

Ce sont les principaux commissionnaires du pays. Ils


transportent aussi bien passagers que marchandises et foncent à travers
la campagne, droit devant eux, sans souci des dangers. Chaque camion a
sa devise : "Repentez-vous car la mort est au coin de la rue", "Entrez sans
espérance", "Le dernier voyage", "Quand it faut, il faut ". Mon camion
favori que j'empruntais souvent, implorait : "Pas aujourd'hui.

Seigneur, pas aujourd'hui !" ... La chaleur et l'odeur salée du


poisson avarié m'avaient donné une soif atroce. De l'autre côté de la rue,
une "mama marchande" était accroupie près de son tas de
marchandises : viandes cuites, patates, tout un amas de comestibles
divers ; il y avait encore quelques bouteilles remplies d'un liquide blanc
et opaque qui pouvait être aussi bien du lait de coco que du jus de palme,
et l'inévitable petite pile de cigarettes à un penny pièce. On m'avait mis 35
en garde contre les risques qu'il y a à consommer ce genre de
marchandises à la sauvette. Mais, que diable, j'avais soif et j'avais déjà eu
affaire aux microbes africains. Je traversai la rue, tâtai les bouteilles et
choisis celle qui me sembla la plus fraîche et la moins opaque. Combien ?
Un shilling.

Le visage qui semblait sculpté dans l'ébène me regardait avec


des yeux morts. J'enlevai le bouchon de papier tortillé, essuyai le goulot
et bus un coup. Je ne pus décider si c'était du lait de coco ou du jus de
palme. Le liquide avait été abondamment allongé d'eau et sucré mais
c'était désaltérant. Je bus la moitié de la bouteille, ignorant résolument
les petits corps étrangers qui y flottaient. Je payai et avalai le reste. Je
déposai la bouteille vide et m'éloignai. Je quittai la " mama marchande " et
continuai par la rue chaude et malodorante Peter ABRAHAMS

6.4. TEXTE 04 : (Je m’entraine)

Ici les vendeuses n’attendent pas, résignées, que le client se présente


ou se décide, elles le provoquent. « Beignets, monsieur, beignets ! Vous
n’avez jamais mangé des beignets aussi bons que les miens ! »
- « Dans tout le marché, madame, vous ne trouverez pas de farine
comparable à la mienne, voyez sa blancheur, sa finesse ! »
- « vous cherchez du poisson, ma jolie, voyez-le-leur (d’un geste large elle
montrait les échoppes de ses concurrentes) et vous viendrez voir le
mien, vous déciderez ! »
C’est au milieu de ces cris que chacun faisait sa tournée. Mes amis firent
la leur en moins de cinq minutes car ils connaissaient les bonnes
échoppes. Vous n’auriez pas fait la vôtre en moins d’une heure tant vous
vous seriez laissé arrêter par les vendeuses avides de vous placer leur
marchandise.

 QUESTIONS SUR LE TEXTE

1/ les personnes qui prennent la parole dans ce texte sont :


a. Les vendeuses 36
b. Les femmes
c. Les clients
d. Les filles

2/l’objectif de dénigrement dans ce marché est de :


a. Vendre
b. Attirer la clientèle
c. Dissuader les clients
d. S’emparer des clients

3/ Dans ce texte, l’auteur décrit :


a. Une scène de marchandage
b. Une discussion entre les marchandes
c. Une discussion entre les marchandes et les clients
d. L’ambiance du marché

 QUESTIONS SUR LE LEXIQUE/VOCABULAIRE

4/ « Vous vous seriez laissé arrêter par les vendeuses avides de vous
placer leur marchandise ». Le mot souligné signifie ici :
a. Assoiffés
b. Cupides
c. Désireuses
d. Courageuses

5/ « Car ils connaissent les bonnes échoppes ». Le mot souligné signifie :


a. Les marchandises
b. Les affaires
c. Les denrées
d. Les petites boutiques

 QUESTIONS SUR L’ORTHOGRAPHE

6/ « ces mangues sont… ». La bonne orthographe est :


a. Délicieuses 37
b. Délicieuse
c. Delicieuse
d. Delicieuses

7/ « On…l’acheter partout ». Les pointillés sont remplacés par :


a. Peu
b. Peut
c. Peux
d. Peue

 QUESTIONS SUR LA GRAMMAIRE

8/ « Je téléphone à mon client ce soir ». En utilisant le pronom personnel


complément, cette phrase deviendra :
a. Je le téléphone ce soir
b. Je lui téléphone ce soir
c. J’y téléphone ce soir
d. J’en téléphone ce soir

9/ « Nous…au marché à moins que vous y… ». Les pointillés sont


remplacés par :
a. irons, allez
b. irions, alliez
c. irions, allez
d. irons, alliez

10/ « Les vendeuses provoquent…leurs clients ». L’adverbe de manière


qui peut remplacer les pointillés est :
a. poliment
b. doucement
c. naturellement
d. précisément
38

7. THEME VII : ACCIDENT ET LA MORT


7.1. TEXT 01 : Un accident spectaculaire

Au cours d'une fugue, deux jeunes garçons, Jacques et Daniel,


ont été témoins d’un accident spectaculaire ... Ils parvinrent à un endroit
où la route montait et faisait un angle droit pour desservir une
agglomération de maisons. Comme ils allaient atteindre ce code, un
fracas infernal les arrêta net : un enchevêtrement de chevaux, de roues,
de tonneaux, bringuebalant d'un côté à l'autre de la chaussée, dévalait
vers eux à une vitesse vertigineuse, et, avant qu'ils eussent fait un
mouvement pour fuir, l'énorme masse vint s'écraser à cinquante mètres
d'eux, contre une grille qui vola en éclats. La pente était très rapide un
immense haquet, qui descendait à pleine charge, n'avait pu être freiné à
temps ; de tout son poids, il avait entraîné les quatre percherons qui le
tiraient, et qui, bousculés, se cabrant, s'empêtrant les uns dans les autres,
venaient de s'abattre pêle-mêle au tournant, culbutant sur eux leur
montagne de tonneaux d'où giclait du vin. Des hommes, affolés,
gesticulants, couraient en criant derrière cet amas de naseaux
ensanglantés, de croupes, de sabots, dont l'ensemble entier palpitait
dans la poussière. Soudain, aux hennissements des bêtes, au tintamarre
des grelots, aux sourdes ruades contre la porte de fer, au cliquetis des
chaînes, aux vociférations des conducteurs, se mêla un raclement rauque
qui domina tout le reste ; le râle du cheval de flèche, un cheval gris, que
tous les autres piétinaient, et qui, les pattes prises sous lui, s'époumonait,
étranglé par son harnais. Un homme, brandissant une hache, se jeta dans
la mêlée on le vit trébucher, tomber, se relever, il tenait le cheval gris par
une oreille, et s'acharnait à coups de hache contre le collier ; mais le
collier était de fer, l'acier s’yébréchait : on vit l'homme se dresser avec un
visage de fou et lancer la hache contre le mur, tandis que le râle devenait 39
un sifflement strident, de plus en plus précipité.

Et qu'un flot de sang jaillissait des naseaux. Alors Jacques


sentit que tout vacillait : il tenta de se cramponner à la manche de Daniel,
mais ses doigts étaient raides, et ses jambes amollies le laissaient glisser
à terre. Des gens l'entourèrent. On le conduisit dans un jardinet, on l'assit
près d'une pompe, au milieu des fleurs, on lui bassina les tempes avec de
l'eau fraiche. Daniel était aussi pâle que lui. Quand ils revinrent sur la
route, tout le village s'occupait des faits. Les chevaux étaient relevés. Sur
quatre, trois étaient blessés, dont deux, les pates de devant brisées,
étaient effondrés sur les genoux. Le quatrième était mor gisait dans le
fossé où coulait le vin, sa tête grise collée contre la terre, la langue hors
de la bouche, les yeux glauques à demi clos, et les jambes repliées soum
lui, comme s'il eût cherché, en mourant, à se rendre aussi portatif que
possible pour l'équarrisseur. L'immobilité de cette chair velue, souillée
de sable, de sang et de vin, contrastait avec le halètement des trois
autres, qui tremblaient sur place, abandonnés au milieu du chemin. Ils
virent un des conducteurs s'approcher du cadavre. Sur son visage hâlé,
aux cheveux collés par la sueur, une expression de colère, ennoblie par
une sorte de gravité, témoignait à quel point ce charretier ressentait
profondément la catastrophe. Jacques ne pouvait détacher les yeux de
cet homme. Il le vit mettre au coin des lèvres un mégot qu'il tenait à la
main, puis se pencher sur le cheval gris, soulever la langue gonflée, déjà
noire de mouches, introduire l'index dans la bouche et découvrir les
dents jaunâtres ; il resta quelques secondes courbé en deux, palpant la
gencive violacée; enfin il se redressa, chercha un regard ami, rencontra
celui des enfants, et, sans même essuyer ses doigts salis d'écume où
s'engluaient des mouches, il reprit entre ses lèvres son bout de cigarette.
Ça n'a pas sept ans ! dit-il en haussant les épaules. Il s'adressait à
Jacques: La plus belle bête des quatre, la plus à l'ouvrage ! Je donnerais
deux de mes doigts, tenez, ces ceux-là, pour la ravoir. Et, détournant la
tête, il eut un sourire amer, et cracha. Ils repartirent, sans entrain,
oppressés...
Roger Martin DU GARD, les Thibault 40

7.2. TEXT 02 : L'écrasement de l'avion

C'est la nuit. L'auteur du récit survole, en direction du Caire,


les côtes da Nord de l'Afrique. Plus de lune. Un bitume noir qui s'est
dilaté jusqu'aux étoiles. Je n'apercevrai pas un feu, je ne bénéficierai
d'aucun repère faute de radio, je ne recevrai pas un signe de l'homme
avant le Nil... Tout s'est éteint dans le monde extérieur. Il y a Prévôt qui
s'endort, après avoir bien résisté, et je goûte mieux ma solitude. Il y a le
doux grondement du moteur et, en face de moi, sur la planche de bord,
toutes ces étoiles calmes. Trois heures de vol. Une clarté qui me paraît
vive jaillit sur ma droite. Je regarde.

Un long sillage lumineux s'accroche à la lampe de bout d'aile,


qui, jusque-là, m'était demeurée invisible. C'est une lueur intermittente,
tan tôt appuyée, tantôt effacée : voici que je rentre dans un nuage. C'est
lui qui réfléchit ma lampe. ... L'aile s'éclaire sous le halo. La lumière
s'installe, et se fixe, et rayonne, et forme là-bas un bouquet rose. Des
remous profonds me basculent. Je navigue quelque part dans le ventre
d'un cumulus dont je ne connais pas l'épaisseur. Je m'élève jusqu'à deux
mille cinq et n'émerge pas. Je redescends à mille mètres. Le bouquet de
fleurs est toujours présent, immobile et de plus en plus éclatant. Bon. Ça
va. Tant pis. Je pense à autre chose. On verra bien quand on en sortira.
Mais je n'aime pas cette lumière de mauvaise auberge. ... Une étoile verte
émerge devant moi, rayonnante comme un phare. Est-ce une étoile ou
est-ce un phare ? Je n'aime pas non plus cette clarté surnaturelle, cet
astre de roi-mage, cette invitation dangereuse. Quatre heures cinq de vol.
Prévôt est venu s'asseoir auprès de moi. On devrait arriver au Caire. Je
pense bien. Est-ce une étoile ça, ou un phare ? J'ai réduit un peu mon 41
moteur, c'est sans doute ce qui a réveillé Prévôt.

II est sensible à toutes les variations des bruits du vol. Je


commence une descente lente, pour me glisser sous la masse des nuages.
Je me serre contre ma fenêtre. J'essaie de lire sous moi. J'essaie de
découvrir des feux, des signes. Je suis un homme qui fouille des cendres.
Je suis un homme qui s'efforce de retrouver les braises de la vie au fond
d'un âtre. Un phare marin ! Nous l'avons vu en même temps, ce piège à
éclipse! Quelle folie ! Où était-il, ce phare fantôme, cette invention de la
nuit ? Car c'est à la seconde même où Prévôt et moi nous penchions pour
le retrouver, à trois cents mètres sous nos ailes, que brusquement. Ah ! Je
crois bien n'avoir rien dit d'autre. Je crois bien n'avoir rien ressenti
d'autre qu'un formidable craquement qui ébranla notre monde sur ses
bases. À deux cent soixante-dix kilomètre-heure nous avons embouti le
sol. Il y eut une sorte de tremblement de terre qui ravagea notre cabine,
arrachant les fenêtres, expédiant des tôles à cent mètres, remplissant
jusqu'à nos entrailles de son grondement. L'avion vibrait comme un
couteau planté de loin dans le bois dur. Et nous étions brassés par cette
colère. Une seconde, deux secondes... l'avion tremblait toujours et
j'attendais, avec une impatience monstrueuse, que ses provisions
d'énergie le fissent éclater comme une grenade. Mais les secousses
souterraines se prolongeaient sans aboutir à l'éruption définitive. Et je
ne comprenais rien à cet invisible travail. Brusquement, nous
éprouvâmes une sensation de rotation, un choc qui projeta encore par la
fenêtre nos cigarettes, pulvérisant l'aile droite, puis rien.

Rien qu'une immobilité glacée Antoine de SAINT-EXUPÉRY, Terre


des hommes, Gallimard, éd.

7.3. TEXTE 03 : (Je m’entraine)

La sonnerie du téléphone coupa Jean au milieu de phrase. Il fit un


sourire d’excuse à son vis-à-vis et décrocha l’appareil. Une voix
d’homme, lointaine, inconnue, demanda :
- M. Jean Heurtelot ? 42

- C’est moi-même.

- Ici le commissariat de police de Trappes. Je vous téléphone au sujet de


votre femme. Elle a été victime d’un accident de voiture, à la sortie de
l’autoroute de l’Ouest…

Jean eut un instant de vertige, puis répondit :

- Ce doit être une erreur, monsieur !

- Votre femme s’appelle bien Madeleine-Henriette-Andrée Heurtelot, née


Lermery ?

- Oui. Mais, en ce moment, elle est chez elle !

- Je suis désolé de vous contredire, monsieur.

Madame Heurtelot se trouvait, cet après-midi, sur l’autoroute de l’Ouest,


dans la voiture pilotée par un certain Monsieur Bernard Grimaud.
L’accident a eu lieu quinze heures quarante-sept, à l’embranchement de
la Nation 12. Pour une cause inconnue, la voiture a dérapé, a heurté un
arbre, s’est retournée. Nous avons relevé votre numéro de téléphone
personnel et celui de votre bureau dans le carnet d’adresses de votre
femme, c’est ce qui nous a permis de…

Henri Troyat, Une extrême amitié,

 QUESTIONS SUR LE TEXTE

1/ Les personnes qui prennent la parole dans ce texte sont :

a. Jean et Madeleine-Henriette-Andrée Heurtelot


b. Jean et Bernard Grimaud
c. Jean et l’agent du commissariat de police de Trappes
d. Jean et le commissaire général de police de Trappes
2/ où le commissariat de police de Trappes a-t-il eu le numéro de Jean 43
pour l’appeler ?

a. Dans le sac de sa femme


b. Dans la trousse de sa femme
c. Dans le carnet de numéro de sa femme
d. Dans le carnet d’adresses de sa femme

3/ Lors de l’accident, la personne qui s’est trouvée au volant est :

a. Madeleine-Henriette-Andrée Heurtelot
b. Bernard Grimaud
c. La femme de Jean
d. Lermery

 QUESTIONS SUR LE LEXIQUE/VOCABULAIRE

4/ « La voiture a dérapé, a heurté un arbre, s’est retournée » Les deux


mots soulignés signifient :

a. Quitter la route, cogner


b. S’arranger, bousculer
c. Sauter, bousculer
d. Quitter la route, bousculer

5/ « L’accident a eu lieu à quinze heures quarante-sept, à


l’embranchement de la National 12 » Le mot souligné signifie :

a. au croisement
b. à côté
c. à la division
d. au bout
 QUESTIONS SUR L’ORTHOGRAPHE

6/ « …femmes savent conduire…sortes de voitures ». Les pointillés sont


remplacés par :
a. certaines, toutes 44
b. certaine, toutes
c. certaines, toute
d. certaines, touts

7/ « La voiture a roulé sur… ». La bonne orthographe est :

a. deux saut-de-moutons
b. deux sauts-de-moutons
c. deux saut-des-moutons
deux sauts-de-mouton

 QUESTION SUR LA STYLISTIQUE

8/ « La voiture roule à une allure d’un antilope ». La figure de style


utilisée dans cette phrase est :

a. La métaphore
b. La métonymie
c. La comparaison
d. L’anaphore

 QUESTIONS SUR GRAMMAIRE

9/ « Je préfère la voiture de Madeleine à…de Bernard ». Vous remplacez


les pointillés par :

a. Celles
b. celle
c. ce
d. ceci

10/ « Elle trouve cette voiture formidable ». Le mot souligné joue la


fonction de :

a. épithète
b. épithète détachée 45
c. attribut du complément d’objet direct
d. attribut du sujet

 Dictée
TITRE : ……………………………………………………………………………………………

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8. PORTRAITS PHYSIQUES ET MORAUX


8.1. TEXT 01 : Un enfant turbulent

À la Mission catholique d'Essazam, Gustave, âgé de douze ans,


est chargé de sonner trois fois la journée la prière de l'angelus. En
récompense, le Révérend Père Le Guen lui a permis d'utiliser son vélo.
Mais Gustave et son ami le cuisinier se sont mis à discuter. À peine levé,
Gustave eut une altercation avec son ami le cuisinier. Ce. lui-ci le surprit
à un moment fort inopportun - pour l'enfant, bien sûr-tandis qu'il venait
d'amorcer la longue série d'acrobaties au terme de laquelle il avait
quulume de se retrouver, fort miraculeusement, à califourchon sur la
selle-ou plus souvent encore, debout sur le cadre de l'immense
bicyclette.

Eh, gars !» s'exclama le cuisinier d'une forte voix d'homme


bien nourri, tandis que l'élan de l'enfant se brisait net. L'enfant souffla de
honte et de fureur qu'un grand ait assisté à sa lutte avec la machine : s'il
en sortait victorieux, c'était chaque fois au prix d'un ridicule qui
n'échappait pas à ceux qui peuvent, eux, enfourcher une bicyclette sans
effort. « Eh bien, petit vieux ! gouaillait le cuisinier, où allais-tu comme
ça ? -J'ai la permission, non ? bougonna l'enfant... On m'a autorisé à
monter sur la bicyclette. - Tu en es bien sûr, gars ? fit le cuisinier avec un
rire un rien sardonique. Oui, j'ai la permission ! protestait l'enfant.

Le Père Le Guen me l'a donnée le jour de son départ, et il m'a


seulement dit de ne pas l'abîmer. - Je ne comprends pas ! répliquait
l'homme railleur, essayant de se donner un air soucieux. Je ne
comprends pas. Ils sont partis, voyons mardi. Sans blague! depuis près 47
d'une semaine, tu pouvais monter sur la bicyclette à plaisir, or tu t'en es
abstenu. Et c'est aujourd'hui seulement Est-ce que tu veux m'embêter ?
dit soudain l'enfant avec énergie. Ou bien est-ce que tu parles
sérieusement ? Tu oublies seulement une chose, gars: ici, à la mission,
c'est moi qui suis chargé de veiller sur toi, surtout quand nous sommes
seuls.

Je veux bien que tu ailles te promener, mais as-tu seulement


vu l'heure qu'il est ? Onze heures et demie ! Qui sonnera l'angélus
pendant que le grand Gustave sera en train de faire de la vitesse sur la
route ? -Tu ne peux pas me rendre ce service?Ah non, mon vieux, non ! Je
t'en supplie, fais-le. Non! non ! non ! Chacun son boulot! Ayant donné une
grosse tape sur le postérieur de l'enfant, le cuisinier le souleva et le mit à
califourchon sur la bicyclette qu'il lança, tout en disant: Ne compte pas
sur moi pour sonner. Alors, rentre vite.. À près d'un kilomètre de la
mission, l'enfant, faisant demi-tour, rebroussa chemin, préoccupé jusqu'à
l'agacement par cette sonnerie de midi, car il lui tardait infiniment d'être
parti.

Il alla consulter la pendule: midi moins vingt! Tant pis! se dit


l'enfant, vingt minutes d'avance, était-ce un péché mortel ? Non,
évidemment ! Il s'approcha du filin qui commandait la cloche, hésita
quelques instants en se mordant les lèvres, s'en saisit et tira plusieurs
fois. Aussitôt, s'aidant d'un pilier, il grimpa avec vélocité sur sa bicyclette
et détala sans plus se retourner bien que, dans son dos, le cuisinier
hurlāt, tel un chimpanzé qu'on écorche vif. L'enfant, soulagé maintenant
d'avoir sonné midi, fût-ce de façon anticipée et bien peu insistante pour
une sonnerie qui devait durer le temps d'un angélus, gagna la grand-
route et se mit à pédaler avec frénésie.

MONGO BETI, le Roi miraculé, Buchet-Chastel


48

8.2. TEXT 02 : Yacine

Au service de Rihanna, épouse de Bounama, à Dakar,


l'intendante et confluente Yacine Avec toute heureuse de son grand
dévouement envers sa maîtresse. La présence, dans le foyer, de
Maïmouna, la sœur de cette dernière, a tout changé pour la servantelans
Cette femme, d'un noir terreux, grassouillette et passablement jolie, était
au service de Rihanna depuis trois ans environ. Silencieuse, un peu
taciturne, elle ne se mettait jamais en avant et ne faisait apparemment
attention à aucun des visiteurs qui fréquentaient chez Bounama. C'est à
peine si, au cours de la journée, elle échangeait quelques propos et riait
un peu avec les deux petites Sérères. Son service était impeccablement
fait. Toujours debout, toujours occupée à quelque besogne, elle savait
garder son rang, ne parlait que pour répondre aux questions qu'on lui
posait, ne paraissait au salon ou dans les appartements que lorsque sa
maîtresse ou Bounama l'avait appelée.

Elle vouait à Rihanna un dévouement sans égal, et Rihanna


avait en elle une confiance illimitée. Dans la maison, elle faisait figure
d’intendante ; c'est à elle qu'incombait, outre la surveillance des petites
bonnes, l'entière responsabilité du magasin aux provisions, dont elle
détenait la clef. Elle déterminait les rations de riz, de mil, d'huile, freinait
même les élans de générosité excessive qui poussaient Rihanna à épuiser
les provisions du mois pour gagner la sympathie et les éloges des vieilles
mégères aux langues de vipère. Avant l'arrivée de Maïmouna, elle tenait
même auprès de sa maîtresse le rôle de confidente et servait, à
l'occasion, d'intermédiaire. C'est elle que Rihanna envoyait consulter les
meilleurs marabouts du faubourg, pour provoquer une maternité que la 49
nature semblait refuser. Elle savait donner, quand on la lui demandait,
son opinion

- Et avec quelle sécheresse !


- Sur certains visiteurs dont les manières et les
intentions intriguaient Rihanna.

Sa maîtresse, à ses yeux, était une grande dame qui la


dépassait de cent coudées et qu'elle n'avait pas honte de servir avec
une docilité d'esclave. En retour, et à cause des secrets et des
nombreux sous-entendus qui existaient entre elles, Rihanna traitait sa
servante avec une molitesse voisine du respect.
L'arrivée de Maïmouna inspira un nouveau sentiment à Yacine la
Respon sable: celui de sa déchéance. Maïmouna était venue
s'interposer dans l'intimité étroite des deux femmes. Rihanna ne
marquait plus à Yacine ces petites attentions qui la rendaient si fière
et faisaient d'elle sa complice de tous les instants. Elle ne lui adressait
plus la parole que pour des questions de service. Elle ne l'appelait plus
pour se faire coiffer, ou pour lui demander son avis sur l'élégance de
la manière dont elle avait noué son mouchoir, arrangé ses colliers,
allié les couleurs de ses vêtements. Il semblait que la maîtresse eût
honte, à présent, de se montrer tant soi peu familière avec sa servante.
Yacine souffrait de sentir qu'elle n'était qu'une bonne, une simple
« mbinedane » à peine plus considérée dans la maison que les deux
petites Sérères.

ABDOULAYE SADJI, Maïmouna, Présence africaine

8.3. TEXTE 03 : (Je m’entraine)

Lobiko s’est lavé avec grand soin le visage et les mains, elle s’est
brossé les dents, s’est parfumée et a revêtu sa plus jolie blouse de soie
verte et deux pagnes à grands ramages chatoyants. Hier déjà, elle avait
demandé à Marguerite de lui faire une jolie chevelure tressée dans
laquelle elle a glissé ce matin une garniture de perles. Un ravissant
foulard brodé, un collier, des bracelets…, vraiment, lobiko est jolie, jolie ! 50
Sur son passage, les gens se retournent. Un gamin a même commencé à
crier : « Lobiko, Lobiko ooo Kitoko oo » et tous les gamins du quartier ont
repris en chœur : « Kitoko o lobiko…cocorico ! » Furieuse, Lobiko s’est
retournée. « Voulez-vous vous taire, vilains gamins ! » Croyez-vous que
les gamins se sont tus ? « Cocorico, cocorico o o Lobiko ! » Lobiko s’est
baissée pour leur jeter des pierres et… son joli foulard est tombé. Taquin,
le vent s’est emparé du beau foulard ; le voilà qui s’envole et retombe
dans une grande flaque d’eau !

 QUESTIONS SUR LE TEXTE

1/ Au cri des gamins du quartier à son passage, Lobiko s’est montré :


a. gentille
b. furieuse
c. jolie
d. impolite

2/ La raison pour laquelle le foulard de Lobiko est tombé dans une


grande flaque d’eau est :
a. parce qu’elle cherchait à jeter des pierres aux gamins qui la
provoquaient
b. parce qu’elle cherchait à se faire belle
c. parce qu’elle voulait frapper les gamins qui la provoquaient
d. parce qu’elle s’est baissée pour jeter des pierres

3/ En se faisant belle, Lobiko se rend :


a. à une fête de mariage
b. aux funérailles d’un membre de famille
c. à l’Eglise
d. à une réunion

 QUESTIONS SUR LE LEXIQUE/VOCABULAIRE

4/ « Un ravissant foulard » Le mot souligné est remplacé par :


a. joli 51
b. beau
c. mignon
d. splendide

5/ « deux pagnes à grands ramages chatoyants ». L’expression soulignée


signifie :
a. deux pagnes portant les dessins de rameaux qui changent des
couleurs
b. deux pagnes portant les dessins qui changent des couleurs
c. deux pagnes avec des beaux dessins qui brillent
d. deux pagnes avec des grands dessins qui brillent

 QUESTIONS SUR L’ORTHOGRAPHE

6/ « …est-ce que Lobiko partira à la fête ». Les pointillés sont remplacés


par :
a. Qu’en
b. Quant
c. Quand
d. Caen

7/ « Lobiko porte une robe de… ». La bonne orthographe est :


a. soi
b. soit
c. sois
d. soie

 QUESTIONS SUR LA GRAMMAIRE

8/ « Lobiko s’est…à la jambe ». Le participe passé, qui convient, est :


a. coupée
b. coupé
c. coupés
d. coupées 52

9/ « Que cherche Lobiko concrètement ? ». A l’interrogation indirecte,


cette phrase deviendra :
a. Je demande ce qui Lobiko cherche concrètement.
b. Je demande qui Lobiko cherche concrètement.
c. Je demande si Lobiko cherche concrètement quoi.
d. Je demande ce que Lobiko cherche concrètement.

10/ « Lobiko dit : « voulez-vous vous taire ? ». Au discours indirect, cette


phrase deviendra :
a. Lobiko dit s’ils voulaient se taire.
b. Lobiko dit qu’ils voulaient se taire.
c. Lobiko dit s’ils veulent se taire.
d. Lobiko dit qu’ils veulent se taire.
53

9. THEME IX : LES ANIMAUX


9.1. TEXT 01 : Le petit chat perdu

Le petit chat est revenu ! J'en ai donné la nouvelle à tout le


voisinage, occupé depuis trois jours du petit chat perdu. Autour de la"
Treille muscate les hérauts bénévoles criaient son signalement provençal
: Vous n'auriez pas vu un chat, petit comme ça, peuchère, pas plus que six
se mains ? Qu'il a tout partout des raies et des raies ? Sur le devant une
bavette blanche? Grignoulet qu'on l'appelle ? La mère chatte, douce et
fine, faisait moins de bruit que nous, mais quand elle appelait, c'était
toujours du même accent. Elle appelait son fils par son nom ignoré des
hommes, et pas trop haut pour ne point attirer l'attention des seigneurs
matous... La mère chatte cherchait donne son fils. Elle attendait la fin de
nos grandes manifestations, de nos" minimini" suraigus, de nos"
Grignoulêêê" prolongés en lamentation.

Elle ne courait pas de côté et d'autre, ni ne se jetait la tête aux


murs, mais elle se postait à des endroits connus d'elle et de sa gent, des
rendez-vous de l'odeur et du son, sur des murs que heurtent au passage
le ruisseau d'air et l'écho. Elle gravissait un certain arbre, recueillait des
indices mystérieux au ras de la route. Quel avertissement la décida ? Elle
partit et ne revint de trente heures. Le surlendemain matin, sur une de
ces pistes étroites qui sont, entre les vignes, des " servitudes " qu'établit,
pour les usagers, le bon voisinage, je vis de loin venir la chatte, qui
ramenait son petit chat. Elle avait choisi, pour faire une route peut-être
longue, le matin éclatant qui intimide, matous compris, tous les
nocturnes. Un roucoulement maternel stimulait la fatigue du petit chat, le
pressait d'avancer, elle allait donc à grands pas, laissant peiner à son
flanc le fils trottinant et déjà amaigri.
Pattes brèves dans l'ombre des longues pattes, triolets 54
inscrits sur des croches, ainsi vont le poulain mené par la jument, le
chamelet au bas de la haute chamelle, l'agneau sous la brebis: ainsi
courait le petit chat. Heureux, il ne valait presque plus la peine qu'on
s'empressât, qu'on s'exclamât autour de lui. Après avoir connu le renom
et le malheur d'être le petit chat perdu, il n'était plus qu'un banal petit
chat retrouvé. Il ne méritait que le lait tiède, le poisson coupé menu, et
voilà pour lui. Toute mon attention s'attachait à la mère chatte, dont les
larges yeux fiers, pleins d'un défi universel, le port de tête encapuchonné,
le doux langage enroué proclamaient : « C'est moi qui l'ai retrouvé, moi,
moi, moi seule !...» Le retrouvé n'encourut naturellement nulle punition,
redevint le fat, l'hurluberlu, le maladroit qui casse un vase, l'imprudent
qui grimpe d'un trait au faîte d'un arbre et y prend le vertige,
l'inopportun qui marche sur le papier à mouches. Un petit chat très
ordinaire, je vous assure. Mais sa mère n'est pas de mon avis, elle l'aime,
elle l'admire.

SIDONIE COLETTE, Journal à rebours, Fayard, éditeur

9.2. TEXT 02 : Le petit loup

C'était un fier petit louveteau, carnivore comme ses frères et


sœurs. Ses ancêtres étaient des tueurs et des mangeurs de viande : de
viande seule vivaient son père et sa mère. Et maintenant âgé d'un mois,
ayant depuis une semaine ses yeux ouverts, il commençait lui-même à
manger de la viande mâchée et à demi digérée par la louve, qui la
dégorgeait ensuite dans la gueule des cinq louveteaux, en appoint du lait
de ses mamelles. Il était le plus vigoureux de la portée. Dans son gosier,
le glapissement de sa voix était plus sonore que celui de ses frères et
sœurs. Le premier, il apprit le tour de rouler, d'un adroit coup de patte,
un de ses petits compagnons. Le premier encore, attrapant l'un d'eux par
l'oreille, il le renversa et le piétina en grondant sans desserrer ses
mâchoires. Ce fut lui qui donna le plus de tracas à sa mère pour le retenir
près d'elle, loin de l'entrée de la caverne.
Si l'attrait du jour le fascinait, il ignorait ce qu'était une porte 55
et il ne voyait dans l'entrée de la caverne qu'un mur lumineux. Ce mur
était le soleil de son univers, la chandelle dont il était le papillon. Et il
s'acharnait obstinément dans cette direction.... Comme la plupart des
créatures du Wild, il ne tarda point à connaître la famine. Un temps
arriva où non seulement la viande vint à manquer, mais où le lait se tarit
dans la poitrine de sa mère. Tout d'abord, les louveteaux poussèrent des
cris plaintifs et des gémissements, mais la faim les fit bientôt tomber en
somnolence. Plus de jeux ni de querelles, ni d'enfantines colères, ni
d'exercices de grondements. Au lieu de cela, ils dormaient toujours
tandis que la vie qui était en eux vacillait et mourait. Un-œil se
désespérait. Il courait tout le jour et chassait au loin, mais inutile- ment,
et revenait dormir quelques heures seulement dans la tanière d'où la joie
avait fui. Laissant là ses petits, la louve, elle aussi, sortait à la recherche
de la viande. Lorsque ses parents lui rapportèrent à nouveau à manger,
le louveteau gris revint à la vie et recommença à tourner son regard vers
le mur de lumière.

Mais le petit peuple qui l'entourait était bien réduit. Seule,


une sœur lui restait. Il rampait sous quelques broussailles, quand il
entendit un cri aigu qui l'intimida fort. Rapide, une lueur jaunâtre passa
en même temps devant ses yeux. Il regarda et aperçut une belette... Puis,
près de lui, presque entre ses pattes, se mouvait une autre chose vivante,
celle-là extrêmement petite, longue seulement de quelques pouces; une
jeune belette qui, comme lui-même, désobéissant à sa mère s'en allait à
l'aventure. À son aspect elle essaya de s'échapper mais il la retourna d'un
coup de patte. Elle fit entendre alors un cri bizarre et strident auquel
répondit le cri aigu de tout à l'heure, et une seconde ne s'était pas
écoulée que la lueur jaune reparaissait devant les yeux du louveteau... Il
sentit les dents acérées de la mère-belette qui s'enfonçaient dans sa
chair. Tandis qu'il glapissait... la mère-belette sauta sur sa progéniture et
disparut avec elle.

Jack LONDON
56

9.3. TEXT 03 : La saison des pluies

Vinrent les pluies et les vents âpres des tempêtes. Les


matinées d’Humide saison des brouillards, toutes de fraicheur et de
clarté où, dans le soleil et le bourdonnement des abeilles, les fleurs
s'ouvraient et parfumaient les sentiers sans herbes, se firent sombres et
chaudes. La terre se mit à exhaler une chaleur de serre et le ciel se
chargea de nuages gris et noirs qui avançaient fouettés par le vent. Des
grillons rouges chantaient, des serpents se nichaient dans les sentiers
indigènes coupés par les pluies, envahis par les broussailles, qui
traversaient plaines et forêts jusqu'aux villages mélancoliques des
hommes nus.

Des singes dorés et bleus, à la barbiche et aux yeux pleins de


malice, traversaient, en quête de fruits, les routes où les pluies
torrentielles laissaient des flaques d'eau noire et creusaient des sillons
dans la terre rouge. Le soleil apparaissait tard, trouait avec peine les
brumes de la plaine, s'étendait sur le village et s'enfonçait dans la vallée,
déchiquetant le brouillard qui couvrait le fleuve en crue. Les eaux du
fleuve, toutes rouges d'une terre végétale qu'elles avaient arrachée au
loin se mêlaient à l'eau morte des jonchaies, des bras de rivière où les
Noirs amarrent leurs pirogues et des lagunes, vrais réservoirs à
moustiques où viennent s'abreuver, à la saison sèche, antilopes et bêtes
féroces. Il y a trois mois, un filet d'eau se perdait au fond de la vallée,
sous les sombres verdures de la forêt ; il est très vite devenu un fleuve
torrentueux, grondant, qui ravine profondément la terre des rives,
arraches-en un tour de reins les arbres qu'il emporte, tout au long de la
forêt vierge, vers la steppe du Cuilo. Depuis longtemps, les bêtes ne
viennent plus, comme à la saison des brouillards, s'abreuver dans 57
l'ombre des bois qui couvrent la vallée.

Castro SOROMENHO, Camaxilo, Présence Africaine

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