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BOKY Christioni

Ce mémoire de fin d'études évalue la capacité d'accueil et les impacts environnementaux du Parc National de Bemaraha à Madagascar, en définissant des concepts clés comme la capacité d'accueil et l'écotourisme. Il souligne l'importance d'une gestion écotouristique intégrée, respectueuse des normes de conservation et impliquant les communautés locales. Des recommandations sont formulées pour garantir la durabilité des ressources écotouristiques tout en préservant l'intégrité écologique du parc.

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BOKY Christioni

Ce mémoire de fin d'études évalue la capacité d'accueil et les impacts environnementaux du Parc National de Bemaraha à Madagascar, en définissant des concepts clés comme la capacité d'accueil et l'écotourisme. Il souligne l'importance d'une gestion écotouristique intégrée, respectueuse des normes de conservation et impliquant les communautés locales. Des recommandations sont formulées pour garantir la durabilité des ressources écotouristiques tout en préservant l'intégrité écologique du parc.

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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO

----------------------------------
ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE D’ANTANANARIVO
------------------------------
MENTION : INFORMATION GEOGRAPHIQUE ET
AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
------------------------------
Intitulé PARCOURS : ETUDES D’IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX
-------------------------------
Mémoire de fin d’études en vue de l’obtention du diplôme de Master

Intitulé :

CAPACITE D’ACCUEIL ET IMPACTS


ENVIRONNEMENTAUX : EVALUATION ET
RECOMMANDATIONS POUR LE PARC DE
Présenté par :
Monsieur Razafimandimby Samboniaina Christioni

Encadreur pédagogique : Madame RASOLOFOHARINORO, Professeur Titulaire

MASTER EIE 2024 - 2025


CHAPITRE I. CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL

Ce chapitre est dédié à l'établissement du cadre théorique et conceptuel qui sous-tend l'évaluation
de la capacité d'accueil et des impacts environnementaux au sein du Parc National de Bemaraha.
Il s'agit de définir les concepts clés et de poser les principes fondamentaux de l'aménagement
écotouristique, éléments indispensables à une analyse rigoureuse et pertinente des dynamiques
observées sur le site.

I. DEFINITIONS FONDAMENTALES

I.1. Capacité d’accueil

Définit le nombre maximal de visiteurs qu’un site peut recevoir simultanément ou


quotidiennement sans compromettre la qualité de l’expérience, la sécurité des usagers ou
l’intégrité des équipements. Elle intègre des paramètres spatiaux, temporels et managériaux pour
garantir une fréquentation optimale (OMT, 2004).
Il s’agit d’un seuil critique, au-delà duquel les impacts deviennent irréversibles ou inacceptables,
tant pour l’environnement que pour les communautés locales et les usagers.
Ce concept est central dans la gestion des aires protégées et constitue une référence pour la
planification des infrastructures, la régulation des flux touristiques et la formulation des
politiques de développement durable.

I.2. Capacité de charge

Désigne le seuil limite au-delà duquel les impacts des activités humaines dégradent
irréversiblement les écosystèmes ou les structures socio-culturelles.
Elle se décline en trois dimensions complémentaires :
 Capacité de charge écologique : Correspond à la résilience des milieux naturels face
aux perturbations (piétinement, pollution, prélèvements). Elle s’évalue par des
indicateurs de régénération de la flore, de perturbation de la faune et de qualité des
sols/eaux (Shelby & Heberlein, 1986).
 Capacité de charge sociale : Représente le niveau de tolérance des populations locales
et des visiteurs face aux nuisances (bruit, encombrement). Elle mesure la préservation de
l’authenticité culturelle et de la satisfaction touristique (Manning, 2007).
 Capacité de charge infrastructurelle : Détermine la limite d’utilisation des
équipements (sentiers, sanitaires, parkings) avant saturation ou détérioration accélérée
(Cifuentes, 1992).
Dans une perspective plus opérationnelle, la littérature (notamment Cifuentes, 1992) distingue
plusieurs niveaux de capacité de charge :

 La Capacité de Charge Physique (CCP) : Le nombre maximal théorique de visites


qu'un espace peut recevoir, sans tenir compte des contraintes environnementales ou
managériales.
 La Capacité de Charge Réelle (CCR) : Dérivée de la CCP après application de facteurs
de correction liés aux conditions écologiques, physiques et sociales du site.
 La Capacité de Charge de Gestion (CCG) : Liée aux ressources humaines, financières
et matérielles disponibles pour gérer l'activité touristique et atténuer ses impacts.
 La Capacité de Charge Simultanée : Le nombre maximal de personnes pouvant être
présentes sur un site au même moment sans nuire à l'expérience ou à l'environnement.
L’analyse croisée de ces dimensions permet d’approcher une capacité d’accueil acceptable qui
intègre à la fois les impératifs de conservation, les attentes des visiteurs et le bien-être des
populations hôtes.

I.3. Écotourisme

Selon la définition fondatrice de Ceballos-Lascurain (1987), l’écotourisme constitue une forme


de voyage responsable dans des zones naturelles, qui contribue à la conservation de
l’environnement et améliore le bien-être des communautés locales.
Selon Honey (2002), l'écotourisme repose sur les sept piliers opérationnels :
- Préserver les écosystèmes fragiles ;
- Impliquer les populations autochtones dans la gouvernance ;
- Sensibiliser les visiteurs à l’éthique environnementale ;
- Générer des retombées économiques locales directes ;
- Minimiser l’impact physique et culturel ;
- Valoriser les spécificités patrimoniales ;
- Respecter les droits humains et les normes internationales.

II. PRINCIPES FONDAMENTAUX DE L’AMENAGEMENT


ECOTOURISTIQUE

L'aménagement écotouristique, en tant que processus stratégique, doit impérativement s'articuler


autour de principes fondamentaux. Ces derniers garantissent la viabilité à long terme de ses
écosystèmes exceptionnels et le bien-être de ses populations riveraines, constituant la pierre
angulaire d'une approche intégrée et responsable, indispensable pour un site d'une telle valeur
patrimoniale.
II.1. Respect du statut et de la vocation du site

Ce principe cardinal exige que toute intervention d'aménagement écotouristique s'aligne


rigoureusement sur la classification et les objectifs de conservation du site [UNWTO, n.d.-a]. Le
Parc National de Bemaraha, joyau écologique et géomorphologique d’envergure internationale
situé dans la région de Melaky, à l’ouest de Madagascar, est caractérisé par ses formations
karstiques uniques, les « Tsingy », une biodiversité endémique exceptionnelle et des paysages
spectaculaires. Son statut juridique et patrimonial représente un fondement incontournable pour
la planification de toute activité écotouristique.

II.1.1. Un site à haute valeur patrimoniale et écologique


Le Parc de Bemaraha a été classé au Patrimoine mondial naturel de l’UNESCO en 1990, en
raison de son caractère exceptionnel sur les plans géologique (paysages de tsingy, grottes,
canyons, falaises calcaires) et écologique (faune et flore endémiques, incluant plusieurs espèces
rares ou menacées) [UNESCO, n.d.-a]. Cette inscription impose des obligations strictes :

 Exiger le respect strict des critères de conservation définis par l’UNESCO [UNESCO,
n.d.-b].
 Assurer l’intégrité du site sur le long terme par les autorités et les gestionnaires,
notamment en matière de lutte contre les pressions anthropiques (érosion, pollution,
braconnage, surexploitation touristique) [IUCN, n.d.-a].
 Soumettre des rapports périodiques concernant l’état de conservation du site, sous
surveillance internationale du Centre du Patrimoine mondial [UNESCO, n.d.-b].

Par ailleurs, le parc est une aire protégée de catégorie II selon l’UICN (Parc National), ce qui
signifie qu’il est principalement destiné à la conservation des écosystèmes et à la récréation
écologique à faible impact [IUCN, n.d.-b]. Les usages doivent impérativement être compatibles
avec la préservation des fonctions écologiques, et non motivés par la seule rentabilité
économique.

II.1.2. Un zonage réglementaire à respecter impérativement


L’aménagement du territoire au sein du Parc repose sur un zonage fonctionnel défini par
l'organisme gestionnaire, tel que préconisé pour une gestion efficace des aires protégées [IUCN,
n.d.-a]. Ce zonage constitue un cadre spatial et réglementaire de référence pour toutes les
activités humaines dans le périmètre protégé. Il comprend principalement des zones aux
fonctions différenciées, typiques des parcs nationaux :
 Zone centrale (Noyau Dur) : cœur écologique du parc, hautement protégé, strictement
interdit à toute fréquentation touristique. Il s’agit d’un sanctuaire écologique où la nature
évolue librement. Seules les recherches scientifiques à impact nul sont autorisées, sous
dérogation stricte.
 Zone tampon : espace de transition entre la zone centrale et la périphérie. Elle peut
accueillir certaines infrastructures légères, des sentiers de découverte restreints, et des
activités écotouristiques encadrées. Cette zone joue un rôle essentiel dans la régulation
des flux touristiques et la protection du cœur écologique.
 Zone d’accueil (Zone de Récréation/Services) : elle regroupe les zones aménagées pour
recevoir les visiteurs (aire de bivouac, sentiers balisés, belvédères, plateformes
d’interprétation). C’est la seule zone où les activités touristiques intensives sont
autorisées, à condition qu’elles soient éco-conçues et rigoureusement contrôlées
[UNWTO, n.d.-b].

Une mauvaise interprétation ou transgression de ce zonage peut conduire à une dégradation


irréversible des habitats sensibles et à une perte du statut patrimonial du site, avec des
conséquences graves pour la réputation du pays et la durabilité du tourisme dans la région.

II.1.3. Protection des zones écologiquement sensibles


Le parc abrite plusieurs écosystèmes vulnérables (zones humides, forêts sèches, grottes, failles
karstiques profondes) et des espèces menacées (lémuriens, oiseaux endémiques, végétation
rupicole). Ces habitats sont extrêmement sensibles au dérangement humain, à la pollution sonore
et aux déchets [UNEP, n.d.]. Par conséquent :

 Maintenir certaines zones inaccessibles au public, quel que soit leur niveau d’attractivité
touristique (ex : les noyaux d’habitats critiques d’espèces menacées).
 Réguler la fréquentation des zones à faible intensité, selon des quotas de visiteurs, des
périodes définies (rotation saisonnière), ou sous la surveillance de guides formés.
 Mettre en place des restrictions temporaires en fonction des saisons de reproduction des
espèces sensibles ou des résultats du suivi écologique.

Les projets touristiques doivent ainsi intégrer dès leur conception des études d’impacts
environnementaux et mettre en œuvre un système de contrôle d’accès, de régulation du nombre
de visiteurs, voire de fermeture préventive en cas de dépassement des seuils de tolérance
écologique [Global Sustainable Tourism Council, n.d.-a].
II.1.4. Conformité aux normes de gestion des aires protégées (COAP,
UICN, UNESCO)
Tout projet d’aménagement écotouristique dans le Parc de Bemaraha doit être pleinement
conforme à un ensemble de textes et de recommandations réglementaires nationaux et
internationaux, dont :

 Le Code de gestion des Aires Protégées à Madagascar (COAP) : Il définit le cadre


légal pour l’utilisation, la cogestion, la réglementation des activités et les sanctions en cas
d’infraction dans les aires protégées. Il impose notamment que toute activité économique
(y compris le tourisme) fasse l’objet d’une autorisation environnementale, basée sur une
évaluation objective des risques.
 Les normes de l’UICN pour les aires protégées de catégorie II [IUCN, n.d.-b] : Elles
rappellent que le tourisme est acceptable à condition qu’il contribue à la conservation et
soit conçu pour avoir un impact minimal.
 Les directives de l’UNESCO en matière de gestion des sites du patrimoine mondial
[UNESCO, n.d.-b] : Elles incluent des principes de gouvernance participative, d’intégrité
paysagère, et de suivi régulier.

L’aménagement doit donc être accompagné d’un Plan de Gestion Touristique intégré (PGTI), qui
définit les objectifs, les limites d’utilisation acceptable (LUA), les mesures d’atténuation, le
budget, la gouvernance, et les mécanismes de suivi [Global Sustainable Tourism Council, n.d.-
b].

II.1.5. Enjeux et responsabilités


Le non-respect du statut du site n’est pas qu’une infraction réglementaire : c’est une menace
directe pour l’écosystème et une perte de crédibilité internationale pour le pays. À l’inverse, le
respect rigoureux de ce cadre permet :

 Garantir la durabilité des ressources écotouristiques à long terme.


 Renforcer la valeur éducative, esthétique et spirituelle de l’expérience touristique.
 Consolider les partenariats avec les bailleurs, ONG et institutions de conservation.

L’enjeu est donc de concevoir un écotourisme responsable, réglementé et intégré dans une vision
de conservation du patrimoine naturel et culturel malgache.

II.2. Intégration des communautés locales

L’un des fondements majeurs de l’écotourisme, tel que défini par l’Organisation Mondiale du
Tourisme (OMT) ou l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), est
l’implication directe et équitable des communautés locales [The International Ecotourism
Society, n.d.]. Dans un pays comme Madagascar, où une grande partie de la population vit en
milieu rural, et où les aires protégées sont souvent perçues comme des territoires de restriction,
associer les riverains à la valorisation des ressources naturelles constitue un impératif autant
éthique qu’opérationnel. Au Parc National de Bemaraha, cette intégration est d’autant plus
cruciale que les villages environnants dépendent historiquement du parc pour leurs ressources
naturelles (chasse, collecte, agriculture sur brûlis), et qu’ils subissent les effets indirects des
politiques de conservation sans toujours en percevoir les bénéfices. Il s’agit donc de transformer
ces communautés en acteurs proactifs de la conservation et du développement local, par le biais
de l’écotourisme.

II.2.1. Une gouvernance partagée comme pilier de légitimité


Le succès d’un aménagement écotouristique repose sur une gouvernance participative, c’est-à-
dire une gestion collective impliquant les parties prenantes à différentes échelles : communautés
de base, gestionnaires du parc (MNP), autorités locales, ONG, et parfois opérateurs privés
[UNWTO, n.d.-c]. Cela suppose :

 Créer des structures de concertation locales, comme des comités d’écotourisme


communautaires, des groupes de travail mixtes (communauté-MNP-commune), ou des
plateformes d’échange multi-acteurs.
 Intégrer les Vondron’Olona Ifotony (VOI) dans la planification des circuits, le choix des
infrastructures, le suivi des flux touristiques et la résolution des conflits.
 Mettre en place des procédures claires de consultation dans chaque phase du projet
(diagnostic, conception, mise en œuvre, évaluation).

Ce type de gouvernance renforce l’ancrage territorial du projet, favorise la transparence et


consolide la confiance entre les communautés et les institutions de conservation, souvent
marquées par une histoire de tension ou d’exclusion.

II.2.2. Valoriser les savoirs, pratiques et identités locales


Le territoire de Bemaraha est porteur de savoirs ancestraux, de pratiques culturelles vivantes, et
de symboliques locales qui peuvent enrichir considérablement l’offre écotouristique, à condition
d’être reconnus, protégés et valorisés. Parmi ces savoirs :

 La connaissance des plantes médicinales, des cycles de la nature, ou des chemins


forestiers.
 Les légendes liées aux formations karstiques, aux esprits protecteurs des grottes, ou aux
animaux totémiques.
 Les pratiques artisanales (vannerie, sculpture, tissage) et les fêtes traditionnelles.

Ces éléments peuvent être intégrés dans l’interprétation des circuits, sous forme de :

 Panneaux explicatifs co-conçus avec les anciens du village.


 Visites commentées par des guides culturels issus de la communauté.
 Ateliers de démonstration ou séjours immersifs chez l’habitant.

Cependant, cette valorisation doit se faire dans le respect des droits culturels et des règles de
confidentialité, en instaurant des protocoles de consentement et une juste rétribution pour les
détenteurs de savoirs [Convention sur la Diversité Biologique, n.d.].

II.2.3. Garantir des retombées économiques équitables et durables


L’écotourisme ne saurait être durable s’il ne génère pas des bénéfices tangibles et équitables
pour les populations locales [UNWTO, n.d.-d]. Il ne s’agit pas seulement d’offrir quelques
emplois temporaires, mais de construire des circuits économiques vertueux, fondés sur la
solidarité et la redistribution. Cela passe par :

 La création d’emplois directs (guides, porteurs, cuisiniers, agents d’accueil, gardes


communautaires).
 Le soutien aux activités connexes : hébergements communautaires, cantines villageoises,
artisanat, agriculture locale pour les circuits courts d’approvisionnement (ex : produits
frais, confitures, boissons locales).
 La mise en place de fonds communautaires alimentés par les recettes touristiques,
destinés à financer des services collectifs (écoles, santé, infrastructures hydrauliques,
etc.).

Un exemple concret observé dans d’autres aires protégées de Madagascar (comme Andasibe ou
Ankarafantsika) est la mise en place par les VOI de systèmes de quotas de jours de travail, afin
d’assurer la rotation des emplois entre familles et de prévenir la monopolisation des revenus.
Cette redistribution est cruciale pour éviter les jalousies internes, les tensions sociales et les
phénomènes d’exclusion au sein des villages.

II.2.4. Former, accompagner, professionnaliser


Les communautés locales ne disposent pas toujours des compétences requises pour répondre aux
attentes des touristes internationaux. L’écotourisme exige un accompagnement pédagogique à
long terme pour renforcer les capacités locales [UNWTO, n.d.-e]. Les besoins identifiés
incluent :
 Les langues étrangères (français, anglais), pour les guides.
 Les normes d’accueil et d’hygiène, pour les structures d’hébergement.
 Les techniques de guidage, secourisme, interprétation écologique, pour les animateurs de
terrain.
 La gestion comptable, le marketing local, la création de micro-entreprises, pour les jeunes
et les femmes.

L’État, les ONG et les partenaires techniques doivent :

 Organiser des sessions de formation continue (ateliers saisonniers, modules certifiants,


formations « sur le tas »).
 Créer des pépinières d’initiatives écotouristiques, accompagnées techniquement et
financièrement.
 Valoriser les initiatives portées par les jeunes ruraux, qui peuvent devenir des
ambassadeurs de la conservation.

II.2.5. Instaurer des mécanismes de cogestion solides


La cogestion (ou gestion partagée) permet de formaliser une répartition claire des rôles entre les
communautés, les gestionnaires du parc, les collectivités locales et les autres partenaires.
Concrètement :

 Signer des conventions de cogestion pour des circuits ou des infrastructures.


 Créer des comités de suivi, composés d’élus locaux, de représentants de VOI, de MNP,
de guides et de femmes leaders.
 Suivre régulièrement les indicateurs de satisfaction, de fréquentation et de retombées
économiques, permettant des ajustements collectifs.

Cette organisation favorise une vision à long terme, la résilience du projet face aux aléas (crises
sanitaires, sécheresses, conflits d’usage), et une autonomisation progressive des communautés.

II.3. Limitation des impacts environnementaux

Introduction : L’équilibre entre valorisation touristique et préservation écologique.


Le développement de l’écotourisme dans les aires protégées, comme le Parc National de
Bemaraha, doit reposer sur un principe fondamental : préserver l’intégrité écologique des
milieux naturels tout en permettant une découverte responsable [UNEP, n.d.] : préserver
l’intégrité écologique des milieux naturels tout en permettant une découverte responsable. Le
parc, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est particulièrement fragile en raison de ses
formations géomorphologiques uniques (les Tsingy), de ses espèces endémiques menacées, et de
ses habitats sensibles (grottes, canyons, forêts sèches). Dans ce contexte, toute activité
touristique mal encadrée peut entraîner des dommages irréversibles, allant de l’érosion des sols à
la perturbation des cycles biologiques. Il est donc impératif de mettre en œuvre un ensemble
cohérent de mesures visant à limiter, surveiller, et compenser les impacts environnementaux
induits par la fréquentation humaine.

II.3.1. Régulation de la fréquentation : nombre, fréquence, répartition


 Capacité d’accueil écologique
La capacité d’accueil d’un site naturel ne se mesure pas uniquement à sa surface ou à ses
infrastructures, mais surtout à sa capacité de résilience écologique [UNWTO, n.d.-b]. Elle
dépend :

 De la fragilité des habitats.


 De la sensibilité des espèces au dérangement.
 Du niveau d’altération tolérable avant apparition d’impacts négatifs (érosion, dégradation
végétale, etc.).

Des études préalables doivent permettre de quantifier une capacité de charge acceptable (CCA)
par circuit, exprimée en nombre de visiteurs/jour ou semaine, avec des marges de sécurité.
 Contrôle des flux et rotation des circuits
Il est essentiel d’organiser la répartition spatiale et temporelle des visiteurs, par :

 L’instauration de quotas de fréquentation par zone.


 La mise en place d’un système de réservation anticipée pour éviter les pics imprévus.
 La rotation des circuits (alternance mensuelle ou saisonnière) pour laisser reposer les
zones exploitées.

Des périodes de fermeture écologique pendant les saisons de reproduction, nidification ou


migration.
 Taille des groupes
Plus un groupe est grand, plus ses impacts sont démultipliés : piétinement, bruit, production de
déchets, dérangement de la faune. Il convient donc de :

 Limiter la taille des groupes à 8–12 personnes maximum par guide.


 Espacer les départs (30 minutes à 1 heure) entre groupes sur un même sentier.
Encourager des visites en petit comité, plus propices à la qualité de l’expérience et à la discrétion
écologique.

II.3.2. Conception écologique des infrastructures touristiques


 Intégration paysagère et sobriété des aménagements
Tout aménagement dans un espace protégé doit répondre au principe de “ne pas nuire” [Global
Sustainable Tourism Council, n.d.-a]. Cela implique :

 Une intégration visuelle (couleurs naturelles, volumes bas, matériaux discrets) pour éviter
la pollution visuelle.
 Le respect des pentes et des courbes du relief sans terrassement excessif.
 L’évitement des zones de forte biodiversité ou de glissements.

 Matériaux locaux, légers et réversibles


Les matériaux utilisés doivent être :

 Biosourcés : bois local, bambou, pierres sèches, chaume.


 Recyclables : structures démontables pouvant être déplacées ou réutilisées.
 Non polluants : sans peinture chimique, ni bétonnage permanent, surtout dans les zones
karstiques poreuses.

 Équipements écologiques obligatoires


Les infrastructures recommandées incluent :

 Toilettes sèches à compostage, pour éviter la pollution des sols et nappes phréatiques.
 Belvédères surélevés pour éviter le piétinement des zones végétalisées.
 Sentiers sur pilotis ou planchers boisés dans les zones humides ou très fréquentées.
 Panneaux de signalisation en bois gravé au lieu de plastique ou métal.

Ces choix permettent de réduire l’empreinte écologique à long terme, et de montrer l’exemple en
matière d’écoresponsabilité.
II.3.3. Suivi environnemental continu et participatif
 Mise en place d’indicateurs de suivi
Un dispositif de suivi doit être intégré dès la phase de planification [Global Sustainable Tourism
Council, n.d.-b]. Les indicateurs à surveiller peuvent inclure :

 État des sentiers : érosion, élargissement, compactage.


 Taux de régénération de la végétation : repousse des plantes, apparition d’espèces
pionnières.
 Présence ou absence de faune sensible (lémuriens, oiseaux) dans les zones de passage.
 Taux de déchets par circuit : nombre d’objets collectés, volume de plastique, etc.

Ces indicateurs doivent être suivis à intervalle régulier (mensuel, trimestriel), et analysés pour
permettre des ajustements dynamiques des circuits, des règles ou des infrastructures.
 Suivi communautaire et scientifique
Le suivi peut être confié à :

 Des guides communautaires formés au monitoring écologique (suivi participatif).


 Des étudiants ou chercheurs dans le cadre de projets de recherche appliquée.
 Des applications mobiles ou carnets de terrain simples, utilisés quotidiennement.

Un système d’alerte précoce doit permettre d’anticiper une dégradation avant qu’elle ne
devienne irréversible.
II.3.4. Gestion des déchets et prévention des pollutions
 Prévention à la source

 Politique “zéro plastique” : interdiction d’introduire bouteilles et emballages à usage


unique.
 Gourdes, sacs en tissu et boîtes réutilisables recommandés.
 Produits biodégradables pour l’hygiène (savons, shampoings) dans les campements.

 Gestion sur site

 Poubelles de tri dans les zones d’accueil, mais jamais dans les zones sensibles pour ne
pas attirer la faune.
 Évacuation régulière des déchets vers les villes les plus proches (ex. Antsalova) en
partenariat avec les collectivités.
 Compostage des déchets organiques issus des activités touristiques.

 Éducation au comportement responsable


Le visiteur doit comprendre que chaque geste compte : jeter un papier, s’éloigner du sentier, faire
du bruit ou nourrir un animal peut avoir un impact décuplé dans un écosystème fragile.
II.3.5. Sensibilisation et responsabilisation des visiteurs
Le visiteur doit devenir un acteur conscient et respectueux du site. Cela passe par :
 Éducation environnementale

 Panneaux d’interprétation expliquant la faune, la flore, la géologie, et les règles de bonne


conduite.
 Brochures multilingues remises dès l’arrivée (code de conduite, faune endémique,
conseils écologiques).
 Films documentaires projetés dans les centres d’accueil.

 Engagement symbolique et moral

 Signature d’une charte du visiteur écoresponsable à l’entrée du site.


 Participation possible à des actions concrètes : plantation d’un arbre, collecte de déchets,
relevé de traces de faune.

II.4. Éducation à l’environnement

 L’écotourisme comme outil de transformation individuelle et collective


Dans les sociétés modernes, souvent marquées par une rupture croissante avec la nature,
l’écotourisme offre une opportunité unique de reconnecter l’homme à son environnement. Mais
cette reconnexion ne doit pas être passive. Elle doit être guidée, structurée, enrichie
d’enseignements scientifiques et culturels pour que le visiteur devienne plus qu’un simple
consommateur de paysages : un acteur éclairé, engagé dans la préservation du vivant.
L’éducation à l’environnement, intégrée à chaque étape de l’expérience écotouristique,
transforme la visite en expérience immersive et pédagogique. Elle agit à trois niveaux :

 Elle renforce la qualité de l’expérience du visiteur.


 Elle sensibilise aux enjeux de conservation de la biodiversité.
 Elle favorise l’appropriation locale des enjeux écologiques, en impliquant les
communautés riveraines.

Dans un site aussi emblématique que le Parc National de Bemaraha, inscrit au patrimoine
mondial de l’UNESCO, cette dimension éducative est essentielle pour préserver l’intégrité
écologique du site tout en promouvant une forme de tourisme vertueux, conscient et porteur de
valeurs [UNESCO, n.d.-c].

II.4.1. Création de supports éducatifs accessibles, immersifs et pertinents


 Interprétation environnementale sur les sentiers
L’interprétation environnementale transforme un sentier en une classe à ciel ouvert. Elle donne
du sens aux éléments naturels observés, suscite l’émerveillement, provoque la réflexion. Les
outils recommandés :

 Panneaux pédagogiques en bois ou en matériaux naturels, avec visuels colorés, cartes,


photos et textes simples.
 QR codes interactifs renvoyant à des vidéos, récits, ou informations détaillées accessibles
par smartphone (y compris en hors-ligne).
 Balades sonores avec récits audio (voix de guides locaux, bruits d’animaux,
témoignages).

 Centres d’interprétation écotouristique


Ces lieux d’accueil peuvent être conçus comme des espaces éducatifs permanents, intégrant :

 Des expositions interactives sur la biodiversité du parc, les écosystèmes forestiers, les
Tsingy, etc.
 Des maquettes tactiles et animations 3D pour expliquer la formation géologique des
paysages.
 Des archives vivantes (photos anciennes, objets rituels, récits de villageois) valorisant les
interactions entre l’homme et la nature.

 Édition de documents éducatifs adaptés à différents publics


Chaque type de visiteur a des attentes spécifiques. Il convient de produire :

 Des brochures écologiques illustrées pour adultes.


 Des carnets de découverte pour enfants, avec quiz, jeux d’observation, coloriages.
 Des fiches techniques pour visiteurs experts ou scientifiques.

Tous ces supports doivent intégrer les savoirs locaux (langue, mythologie, pratiques culturelles)
et les enjeux de conservation contemporains (changements climatiques, menaces sur les
espèces).

II.4.2. Formation et professionnalisation des guides comme éducateurs


environnementaux
 Le guide comme médiateur culturel et scientifique
Le guide ne se contente pas de montrer un chemin : il interprète, transmet, éveille. Il est le
principal vecteur de l’éducation environnementale sur le terrain. Pour cela, il doit être capable de
:
 Adapter son discours selon le profil du visiteur (enfant, étudiant, touriste étranger,
chercheur).
 Allier rigueur scientifique et sens du récit, pour rendre les connaissances accessibles sans
les simplifier à outrance.
 Valoriser les traditions locales, en expliquant les croyances, rites, noms de lieux ou
usages des plantes.

 Programme de formation continue


Pour remplir ce rôle, les guides doivent être formés régulièrement sur :

 Les évolutions scientifiques (changements dans les taxonomies, nouvelles espèces


découvertes, nouveaux enjeux).
 Les techniques d’interprétation (storytelling, animation de groupe, théâtre de
sensibilisation).
 L’utilisation d’outils pédagogiques numériques (applications d’identification de
plantes/animaux, modules audio, présentations interactives).

Des ateliers d’échange entre guides, experts et communautés peuvent également permettre de
renforcer les connaissances et de coconstruire des contenus éducatifs.

II.4.3. Inclusion des populations locales dans la dynamique éducative


L’éducation à l’environnement ne concerne pas uniquement les touristes. Elle doit impliquer et
bénéficier aux communautés riveraines, dans une logique de transmission, d’appropriation et de
co-construction des savoirs écologiques.
 Éducation environnementale scolaire

 Intégrer des activités éducatives dans les écoles primaires et secondaires autour du parc :
sorties encadrées dans le parc, création de clubs nature avec concours de dessin, théâtre
environnemental, fabrication d’herbiers, intervention de guides ou responsables du parc
dans les écoles.

 Ateliers communautaires et campagnes locales


Des campagnes d’éducation peuvent cibler les adultes et jeunes adultes à travers :

 Ciné-débats en plein air sur des thèmes liés à l’environnement.


 Émissions radio communautaires en langue locale sur la biodiversité.
 Théâtre participatif sur les relations entre l’homme et la nature, les conflits d’usage, les
gestes responsables.
L’objectif est de transformer les habitants en protecteurs éclairés de leur territoire, en renforçant
leur connaissance et leur fierté du patrimoine local.

II.4.4. Expériences participatives et engagements symboliques des


visiteurs
Pour renforcer l’impact éducatif, il est essentiel de faire participer activement le visiteur, en
l’impliquant dans des gestes concrets et symboliques. Exemples d’actions :

 Plantation d’arbres endémiques, avec certificat de contribution.


 Journées de nettoyage des sentiers, avec participation de la communauté locale.
 Observation guidée d’espèces rares, avec consignes éthiques strictes.

Un “Passeport de la conservation” peut être délivré aux visiteurs ayant participé à une activité
éducative ou environnementale, pour matérialiser leur engagement.
I.2.4.5. Mesurer les effets éducatifs : vers une évaluation continue
L’éducation à l’environnement ne peut se contenter d’un affichage symbolique. Elle doit faire
l’objet d’un suivi et d’une évaluation pour mesurer son impact. Moyens d’évaluation :

 Questionnaires de satisfaction et de compréhension distribués à la fin des visites.


 Entretiens qualitatifs avec les guides, les enseignants, les enfants.
 Suivi à long terme de la transformation des comportements : tri des déchets, respect des
sentiers, usage de plastiques, partage des savoirs à l’extérieur du site.

Les résultats peuvent ensuite être utilisés pour :

 Adapter les outils pédagogiques.


 Renforcer les actions qui fonctionnent.
 Valoriser les succès auprès des partenaires et bailleurs.

III. Recommandations adaptées au contexte malgache

L'efficacité des stratégies de gestion et de conservation au Parc National de Bemaraha repose sur
l'implémentation de recommandations spécifiquement conçues pour le contexte socio-écologique
malgache. Ces propositions visent à optimiser la capacité d'accueil tout en garantissant la
préservation du patrimoine naturel et le développement durable des communautés riveraines.

III.1. Régulation des flux touristiques


Afin de prévenir la surfréquentation et ses impacts délétères sur les écosystèmes fragiles des
Tsingy et l'expérience des visiteurs, il est impératif de mettre en place des mécanismes de
régulation précis :
- Instaurer un quota journalier par circuit et par saison :
Cette mesure consistera à définir un nombre maximal de visiteurs autorisés par jour sur chaque
circuit touristique, en ajustant ce seuil en fonction de la capacité de charge écologique des zones
traversées et de la saisonnalité (haute/basse saison, conditions climatiques). L'objectif est de
disperser la pression et de maintenir la qualité de l'expérience d'immersion dans la nature.
- Développer un système de réservation simple et accessible :
La mise en œuvre d'une plateforme de réservation, qu'elle soit physique au niveau des bureaux
du parc ou numérique via les guides et opérateurs, facilitera la gestion des quotas. Ce système
devra garantir la transparence et l'équité dans l'accès aux circuits.
- Établir un calendrier de rotation des circuits :
Pour mitiger l'érosion due au piétinement et limiter l'élargissement des sentiers, une rotation
planifiée des circuits ou des tronçons de circuits sera instaurée. Cette stratégie permettra aux
zones temporairement fermées de se régénérer, contribuant ainsi à la résilience des écosystèmes.

III.2. Diversification de l’offre écotouristique


La diversification de l'offre écotouristique est essentielle pour réduire la concentration des
visiteurs sur les circuits emblématiques et valoriser l'ensemble du patrimoine du parc :
- Aménager des circuits alternatifs thématiques :
Il s'agira de créer de nouvelles expériences basées sur des thématiques spécifiques telles que
l'observation de la faune nocturne, l'ethnobotanique (découverte des plantes médicinales et de
leurs usages traditionnels), l'éthologie (étude du comportement animal), ou des circuits culturels
axés sur les traditions locales. Ces offres enrichiront l'attractivité du parc et répartiront la
fréquentation.

- Promouvoir les zones périphériques du Parc :


Pour désengorger les noyaux durs et les zones centrales, il est recommandé de développer des
infrastructures d'accueil durables en périphérie du parc, telles que des écolodges ou des
campements sous tente ("tented camps"). Cette décentralisation de l'hébergement incitera les
visiteurs à explorer des zones moins fréquentées et à interagir davantage avec les communautés
locales.
- Soutenir les activités communautaires :
La valorisation de l'artisanat local, l'organisation de visites culturelles immersives et la
promotion de la gastronomie du terroir (par la "calorisation du cru") permettront de générer des
revenus supplémentaires pour les communautés, les incitant ainsi à s'engager activement dans la
conservation.
III.3. Renforcement des capacités locales
L'autonomisation des acteurs locaux est un facteur clé de succès pour une gestion participative et
durable :
- Mettre en place un programme de formation continue :
Un programme structuré de formation sera développé pour les guides locaux, les membres des
CLP (Communautés Locales du Parc) et les prestataires de services touristiques. Les modules
couvriront l'historique du parc, l'écologie des Tsingy, les protocoles de sécurité, les techniques
d'accueil et la maîtrise des langues étrangères, afin d'améliorer la qualité des services et la
compréhension des enjeux de conservation.
- Créer un fonds local de développement touristique :
Ce fonds, géré directement par les communautés locales, sera alimenté par une part prédéfinie
des droits d'entrée du parc. Il servira à financer des micro-projets de développement
communautaire (infrastructures, éducation, santé) et à soutenir des initiatives entrepreneuriales
locales.
- Renforcer la participation des CLP dans les décisions :
Les CLP devront être pleinement intégrés dans les processus décisionnels concernant
l'aménagement des circuits, la gestion des infrastructures et la répartition des bénéfices générés
par l'écotourisme. Cette implication renforcera leur sentiment d'appropriation et leur engagement
envers la conservation.

III.4. Suivi environnemental participatif


Un suivi environnemental rigoureux est indispensable pour évaluer l'efficacité des mesures de
gestion et adapter les stratégies. L'approche participative est à privilégier :
- Former les guides et les membres de CLP à la collecte de données écologiques simples :
Ces acteurs de terrain, en contact direct avec l'environnement, seront formés à l'observation et à
la collecte de données sur la faune (espèces observées, comportements), les déchets, et l'état des
sentiers. Leurs observations régulières fourniront des informations précieuses pour le diagnostic
environnemental.
- Mettre en place des indicateurs de suivi standardisés :
Des indicateurs clairs et mesurables seront définis pour évaluer l'état de santé des écosystèmes.
Cela inclura, par exemple, le suivi mensuel de parcelles témoin de végétation pour évaluer la
régénération post-feu ou l'impact du piétinement.
- Collaborer avec des chercheurs et ONG locales :
Des partenariats avec des institutions universitaires et des organisations non gouvernementales
spécialisées dans la conservation permettront d'assurer un suivi scientifique renforcé, d'encadrer
des mémoires et thèses sur le parc, et de bénéficier d'expertises complémentaires pour des études
approfondies.

III.5. Sensibilisation et éducation


L'éducation environnementale est un levier puissant pour modifier les comportements et
renforcer l'engagement des différentes parties prenantes :
- Concevoir des outils d’information multilingues :
Des supports de communication attrayants et accessibles (panneaux didactiques sur les sentiers,
brochures informatives, fiches d'interprétation sur la faune et la flore, posters) seront développés
en malgache, français et anglais pour informer les visiteurs et les communautés.
- Inclure une séance d’éducation environnementale obligatoire dans chaque visite :
Avant le début de chaque circuit, une brève session de sensibilisation aux règles de conduite
dans le parc, à la fragilité des écosystèmes et à l'importance de la conservation sera dispensée
aux visiteurs par les guides.
- Encourager les écoles locales à participer à des programmes d’écotourisme éducatif :
Des "classes vertes actives" seront organisées pour les élèves des villages périphériques, leur
permettant de découvrir le parc, de comprendre les enjeux de conservation et de s'impliquer dans
des activités pratiques de protection de l'environnement.
III.6. Gouvernance et cadre institutionnel
Une gouvernance claire et un cadre institutionnel solide sont essentiels pour la gestion durable
du Parc de Bemaraha :
- Clarifier les rôles entre MNP, CLP, opérateurs privés et Communes :
Des conventions locales formaliseront les responsabilités et les attributions de chaque acteur
dans la gestion du parc. Ces accords devront s'appuyer sur l'application des textes législatifs et
réglementaires en vigueur (notamment le COAP) et promouvoir une collaboration transparente et
efficace.
- Renforcer l’application du COAP et les zonages réglementaires :
Une surveillance accrue et un contrôle participatif seront mis en place pour garantir le respect
des règles définies par le Code de Gestion des Aires Protégées et les zonages internes du parc.
Cela inclura des patrouilles mixtes impliquant le MNP, les CLP et les autorités locales.
- Soutenir les initiatives pilotes de cogestion à l’échelle des circuits :
Des projets pilotes de cogestion seront lancés sur des circuits spécifiques, permettant
d'expérimenter de nouvelles approches de collaboration entre les gestionnaires du parc, les
communautés et les opérateurs touristiques. Les succès de ces initiatives serviront de modèles
reproductibles pour l'ensemble du parc et potentiellement pour d'autres aires protégées à
Madagascar.

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