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Annales de Géographie

L'algoculture dans le monde et ses contraintes


Clotilde Bodiguel

Abstract
The commercial cultivation of seeweeds has allowed substantial increases in annual production, still essentially Asiatic.
Howewer, alongside the traditionnal producers (China, Japan and Korea), new nations are emerging (Chili, Indonesia and
Philippines). Human consumption remains the principal use but processing industries are diversifying. Primary transformation is
carried out in Western nations. Algae production is thereby increasingly subject to external constraints at global scale (supply
markets and demand) as well at the national and regional scales (ecological, social, cultural, juridical).

Résumé
L'algoculture a permis d'accroître considérablement les débarquements annuels, encore principalement asiatiques. A côté des
grands producteurs traditionnels (Chine, Japon, Corée du Sud) sont apparus de nouveaux producteurs (Chili, Philippines,
Indonésie). L'utilisation alimentaire reste dominante mais les industries aval se diversifient. Les pays occidentaux assurent
l'essentiel de la transformation de la matière première. La production d'algues est donc soumise à des contraintes exogènes
mondiales (marché de l'offre et de la demande) et des contraintes endogènes nationales ou régionales (écologiques, sociales,
culturelles, juridiques...).

Citer ce document / Cite this document :

Bodiguel Clotilde. L'algoculture dans le monde et ses contraintes. In: Annales de Géographie, t. 105, n°591, 1996. pp. 480-
497;

doi : [Link]

[Link]

Fichier pdf généré le 06/05/2018


L'algoculture dans le monde

et ses contraintes

Clotilde
Université
BODIGUEL,
Paris I et U.R.A.
Martine
141 du
TABEAUD
C.N.R.S.

Résumé. — L'algoculture a permis d'accroître considérablement les


débarquements annuels, encore principalement asiatiques. A côté des grands
producteurs traditionnels (Chine, Japon, Corée du Sud) sont apparus de
nouveaux producteurs (Chili, Philippines, Indonésie). L'utilisation alimentaire
reste dominante mais les industries aval se diversifient. Les pays occidentaux
assurent l'essentiel de la transformation de la matière première. La production
d'algues est donc soumise à des contraintes exogènes mondiales (marché de
l'offre et de la demande) et des contraintes endogènes nationales ou régionales
(écologiques, sociales, culturelles, juridiques...).

Abstract. — The commercial cultivation of seeweeds has allowed substantial


increases in annual production, still essentially Asiatic. Howewer, alongside
the traditionnal producers (China, Japan and Korea), new nations are
emerging (Chili, Indonesia and Philippines). Human consumption remains
the principal use but processing industries are diversifying. Primary
transformation is carried out in Western nations. Algae production is thereby
increasingly subject to external constraints at global scale (supply markets
and demand) as well at the national and regional scales (ecological, social,
cultural, juridical).

Mots clés : algues, algoculture, production de farines d'algues, production de


colloïdes, contraintes.

Key words: seeweed, aquaculture, algae production, algae-based flour, colloids


production, constraints.

Ann. Géo., n° 591, 1996, pages 480-497, © Armand Colin


L'ALGOCULTURE DANS LE MONDE 481

L'importance économique des aquacultures s'est accrue au cours de


la décennie 1970. Parmi ces activités halieutiques, la culture d'algues
est certainement moins répandue en France qu'en Asie, où elle a un
poids économique considérable par la main d'œuvre qu'elle emploie
comme par les industries qu'elle induit.
Faute de données globales très anciennes, il est difficile de chiffrer
l'évolution de la production. Dans l'ensemble, un long palier ou une
croissance très faible caractérise la période de cueillette. Celle-ci, dans
certaines sociétés asiatiques, remonte à l'antiquité et régresse depuis le
milieu de ce siècle. 10 % seulement de la production viennent de
récoltes sur champs naturels, mais ils ne sont pas négligeables
économiquement. Parallèlement, un changement technologique fondamental
a permis depuis une vingtaine d'années d'accroître la production par
algoculture, dans des proportions que la biomasse naturelle n'autorisait
pas. Cette « révolution aquacole », selon le terme de F. Doumenge
(1976), est issue de la meilleure maîtrise du cycle écologique de
nombreuses espèces d'algues cultivées en champs, de l'adaptation de la
production à la loi de l'offre et de la demande dans un marché mondial
de plus en plus diversifié. Certes, l'utilisation traditionnelle des algues
reste l'alimentation directe, mais des industries aussi diverses que la
chimie, le textile ou la pharmacie y ont recours.

La production algale

Vaste famille que celle des algues ! Les trois principales branches
qui la composent, les Chlorophytes, les Fucophycées et les Rhodophytes
rassemblent plusieurs milliers d'espèces dont une centaine seulement
est utilisée par les sociétés humaines (principalement les Laminaria sp.,
Macrocystis sp., Ascophyllum nodosum et Undaria sp., parmi les algues
brunes, et les Eucheuma sp., Iridea, Gracilaria sp., Porphyra sp., Chon-
drus crispus, parmi les algues rouges).
La production mondiale d'algues ne représente que 4,6 % des
captures (toutes espèces animales et végétales, marines et continentales
confondues) mais presque un tiers de l'aquaculture. Elle s'élevait en
1992 à 5 521 937 t fraîches (F.A.O., 1994) contre seulement 3 200 000 t
fraîches en 1981, soit une augmentation de 42 %. Après l'essor
spectaculaire des années 1950-1975, un ralentissement caractérise la
décennie 1980 (fig. 1) ; alors que les années 1991-1992 ont connu une flambée
due à l'accroissement des débarquements de Laminaria japonica en
Chine (fig. 2). Cette dernière fournit 60 % des débarquements mondiaux
(tab. 1) devant le Japon (12,8 °/o) et la Corée du Sud (9,8 %). Le premier
pays européen, la Norvège, arrive en cinquième position et le premier
pays d'Amérique du Sud, le Chili, en septième.
482 ANNALES DE GÉOGRAPHIE

Tableau 1. — Variétés d'algues produites dans le monde


Seeweed varieties in the world production

Espèce Classification Utilisation Pays Producteurs


Ascophyllum nodosum B I Canada, Ecosse, France,
lande, Islande, Norvège
Bangia sp. R A Japon
Caulerpa sp. V A Japon
Chrondrus crispus R I, A Canada, Espagne, France,
& occelatus Irlande, Portugal, Pérou,
Mexique
Cladonia sp. V A Japon
Cladosiphon B A Japon
Durvillaea B I Australie
Eklonia sp. B A, I Japon, A. du S., Namibie
Enteromorpha sp. V A France
Eucheuma sp. R I Indonésie, Kiribati, Malai-
sie, Philippines, Tanzanie
Fucus serratus & vesiculus B I Espagne, France
Furcelaria lumbricalis R I Danemark, Canada
Iridea radula R I Chili
Gelidium R I, A Ai du S., Australie, Chili,
Chine, Corée du N., Corée
du S., Espagne, France,
Indonésie, Japon,
gascar, Maroc, Mexique,
Portugal
Gigartina stellata R I
Gracilaria sp. R A, I A. du S., Argentine, Brésil,
Chili, Chine, Corée du S.,
Inde, Indonésie, Japon,
Maroc, Namibie, Nouvelle-
Zélande, Portugal, Taïwan,
Viet-Nam t
Himanthalia elongata B A France
Hypnea R I Brésil,' Myannar
Hizikia fusiform B A Japon, Corée du S.
Laminaria digitata B I France, Islande
Laminaria hyperborea B I Ecosse, Norvège
Laminaria japonica B A, I Chine, Hn
Pnrpp Japon,
^1 Corée du N.,
Macrocystis Pyrifera B I Chine, Mexique, USA
Monostroma sp. V A Corée du S.
Sargassum B I Ecosse, Inde, Myanmar
Porphyra sp. R A Argentine, Chili, Chine,
France, Japon, Corée , du
N., Corée du S., Nouvelle-
Zélande
Ulva sp. V A France, Japon
Undaria Pinnatifida B A Chine, France, Japon,
rée du N., Corée du S.
Classification : V : algue verte, R : algue rouge, B : algue brune.
Utilisation : I : industrie, A : alimentaire.
L'ALGOCULTURE DANS LE MONDE 483

ente. 65 .6%
ES JAPON 18 .0%
0 COREE DU NORD 13 .8%
h COREE OU SUD 2 .5%
□ AUTRES 0 .1%

Source: Rapport C.E.V.A., 1995

CLASSEMENT PASS TONNES/AN %

1 CHINE 2872000 65j6


2 JAPON 78600) îao
3 OOREEDUNORD 604030 îas
4 COREE DUSUD 111 000 25
5 AUTRES 4000 ai

TOTAUX 4377000 îooyo


Fig. 1 - Répartition par pays de la production mondiale d'algues alimentaires
en 1992.
Countries food seeweeds productions in 1992.

Les propriétés chimiques et physiques des extraits d'algues


conditionnent leur utilisation. La concurrence se fait donc souvent au sein
d'une même famille. Les Gigartinales (Chondrus cris-pus, Iridea, ...) sont
utilisées pour l'extraction des carraghénates. Les Laminariales, Lami-
naria digitata, Hyperborea, Macrocystis pyrifera, servent à la production
d'alginates ainsi que la fucale Ascophyllum nodosum. Ces extraits
colloïdes sont utilisés essentiellement dans l'industrie alimentaire. Le
domaine de l'alimentation directe utilise des espèces aussi différentes
que Ulva lactuca, la laitue de mer, Porphyra, le nori, et Himanthalia,
le haricot de mer. Ainsi les trois grandes familles d'algues n'ont pas le
même poids au sein de la production mondiale et leur localisation
diffère (tab. 2).
Les algues brunes sont les plus utilisées par l'homme. Elles
représentent 76 % des débarquements avec 4 245 248 1 fraîches en 1992,
dont la plus grande partie en Asie (87,9 %). Largement réparties dans
les mers du globe, elles sont exploitées sur tous les continents et dans
la plupart des pays producteurs, pour produire des colloïdes (alginates),
des farines (Amérique du Nord et Europe) et pour l'alimentation directe
(Asie). Les algues rouges viennent ensuite avec seulement 1 256 918 t
fraîches en 1992. Là encore la production vient massivement d'Asie
484 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
Tonnes
S 521 960 4-
4 969 764 - -
'

4 417 568 ■ -
3 865 372 • -
3 313 176 4r
2 760 980
2 208 784
1 656 588
1 104 392
552 196
1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992
S Prod, mondiale o Algues Brunes ♦ Algues Rouges ■ Algues Vertes
Fig. 2 - Évolution de la production d'algues dans le monde de 1981 à 1992 *
(en tonnes fraîches).
Evolution of the world seeweed production from 1981 to 1992
(in fresh tonnes).

(90,4 %) bien qu'une trentaine de pays à travers le monde les exploitent.


Les algues vertes ont toujours été une production mineure (19 771 1
fraîches en 1992). Leur usage est essentiellement alimentaire. . Seuls
quatre pays ont investi , dans cette production dont la Corée du Sud
qui fournit à elle seule 96,3 % du total. Deux tendances sont à
souligner : d'une part, l'augmentation de la production d'algues brunes
en Europe et son tassement en Amérique du Nord et, d'autre part, la
baisse légère des algues rouges produites en Amérique du sud, suite à
la mise sur le marché d'un agar de synthèse.

Tableau 2. — Répartition de la production d'algues dans le monde en 1992


(en tonnes fraîches) (source : F.A.O., 1994J
Continents seeweed production in 1992
(in fresh tonnes)

Algues
Continent
Brunes Rouges % Vertes Teal %
Asie 3 731008 87,9 1 136 033 90,4 19 674 99,5 4 886 715 88,5
Amérique 110 553 2,6 82 541 6,6 0 193 094 3,5
Latine
Europe 293 305 6,9 17 569 1,4 56 0,3 310 930 5,6
Amérique , 88 773 2,0 10 388 0,8 0 94161 1,7
du Nord
Autres 26 609 0,6 10 387 0,8 41 0,2 37 037 0,7
Total 4 245 248 76,9 1256918 22,8 19 771 0,3 5 521 937
L'ALGOCULTURE DANS LE MONDE 485

Algues alim. 69,3 %


Alginates 10,1 %
Carraghénanes 15,1%
Agar 4,1 %
Farines et fertilisants 1 ,4

Source: d'après Jensen, 1993


et Folcher (com. pers.), 1994

Fig. 3 - Répartition de la matière première algale par secteurs industriels.


Distribution of seeweed as industrial raw material.

Les principaux usages

Les algues sont utilisées depuis longtemps en Asie, comme en


Europe, bien que les applications y diffèrent bien souvent. En Asie,
l'usage traditionnel et toujours dominant est l'alimentation humaine
directe ; des fragments d'algues ont ainsi été découverts en Corée du
Sud dans les restes d'un repas vieux de 10 000 ans ! Celles-ci servaient
également lors des rituels de célébration des morts ou à payer les
taxes impériales sous le règne de Yamato au IVe siècle. En Europe, les
usages, : quoique moins anciens, sont tout aussi variés : combustible,
aliment pour le bétail, engrais, nourriture humaine. La mise en évidence
de leurs propriétés biochimiques a fait évoluer l'utilisation et la
transformation dans les industries. Ont prévalu successivement, au
XVIIe siècle, l'extraction de la soude pour la verrerie puis, au xixe siècle,
la production d'iode, d'alginates, d'agars. Actuellement, trois domaines
d'application dominent la transformation : l'alimentation humaine,
l'industrie des colloïdes ainsi que les farines et extraits liquides (fig. 3).

Les farines pour Vagro-fourniture (fig. 4)


Industrie majoritairement européenne (83,1 %), elle s'est développée
en Norvège, en Irlande, en Islande, au Royaume-Uni, en France, et
secondairement au Canada et en Chine. Les farines servent de
complément dans l'alimentation animale et de fertilisants. A côté des
utilisations traditionnelles, la recherche, qui joue un rôle moteur dans l'agro-
486 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
Capacité totale estimée : 32 600 t
dont 18 550 tonnes destinées à l'agriculture

S Norvège 9000 t 27,6%


S Irlande 8 500 t 26,1%
0 Islande 4400 t 13,5%
0 RUni 3500 t 10,7%
0 Chine 3000 t 9,2%
H Canada 2500 t 7,7%
Q France 1700 t 5,2%

Source: Estimations C.E.V.A.

Fig. 4 - Capacité de production de farines d'algues brunes dans le monde.


Capacity of brown seeweed flour production all over the world.

fourniture, a permis l'apparition de débouchés nouveaux. Des molécules


à activité hormonale (cytokinine, gibberline...) ou équivalente (bétaïne)
sont extraites des algues brunes. Pulvérisées à très faibles concentrations
sur les champs, elles stimulent la croissance des plantes. Certaines
d'entre elles ont des propriétés herbicides, fongicides, pesticides et
insecticides. Ces secteurs, en expansion, offrent de nombreux débouchés,
mais ne consomment que 1,4% de la production mondiale d'algues.

Les colloïdes (fig. 5, A, B, C)


Les colloïdes algaux sont des macromolécules composées de sucres
simples, ou monosacharrides, reliés entre eux dans une chaîne. Les
alginates extraits des algues brunes, les carraghénanes raffinés ou semi-
raffinés extraits des algues rouges, tout comme les agars, sont les
colloïdes algaux commercialisés. . Cette industrie utilise 39,3 % de la
matière première récoltée dans le monde. Sa croissance, de l'ordre de
43 % en 5 ans, répond à une hausse de la . demande mondiale en
carraghénanes.
Les alginates sont employées en . tant qu'épaississants, gélifiants,
stabilisants... dans l'industrie alimentaire (crème glacée, dessert,
nourriture pour animaux), dans l'industrie papetière (papiers peints,
traitement des eaux), dans l'industrie pharmaceutique (pansements gastriques,
comprimés, empreintes dentaires) et dans l'industrie textile
(épaississants des pâtes colorantes). Leur production possède de larges marges
de progression ; elle bénéficie de débouchés industriels croissants et
d'une ressource cultivée et naturelle très abondante. Les stocks naturels
d'alginophytes (Laminaria Ascophyllum nodosum, Macrocystis sp.) pré-
L'ALGOCULTURE DANS LE MONDE 487

£3 USA 26.7% 8 000 c


Chine 23,3% 7 000 t
m Norvège 20.0% 6 000 c
France 10.0% 3 000 c
H UK" 10.0% 3 000 t
H Japon 6.7% 2 000 t
0 Canada 3.3% 1 000 c

A. Alginates

0 Danemark 26,2%
S USA 16.7%
El France 14.2%
0 Chili 9.6%
G PhlHpinnes 8,3%
fi Espagne 6,2%
0 Irlande 5,8%
El Corée 4.6%
ES Japon 4,2%
S Chine 42%

Philippines 72.2%
Indonésie 22.2%
Chili 5.6%

B. Carraghénanes raffinés et semi-raffinés

Corée
Japon 29.1%
i 22.3%
Espagne 14.6%
l Chili 14,6%
Portugal 6.8%
Maroc
\7 Indonésie 2£%
&9%
a Argentine 2.9%
Chine 1.9%
ï France 1.0%
z NveHe Zélande 1,0%

Source: Folcher, • 1994


C. Agars
Fig. 5 - Répartition de la production mondiale de colloïdes en 1993.
Colloid production in the world in 1993.
488 ANNALES DE GEOGRAPHIE

sents en Amérique, en Norvège et en France sont importants et s'élèvent


à plus de 10 fois la production annuelle ; ceux des mers australes
(Durvillea, Macrocystis) ne sont pas exploités en raison de la difficulté
d'accès et/ou de l'éloignement des centres de transformation. La Chine
de son côté a doublé en deux ans lès débarquements de Laminaria
japonica produits par culture. L'abondance de la ressource assure donc
un approvisionnement constant et semble-t-il durable pour les pays
transformateurs (États-Unis, Chine, Norvège, France). Production de
matière première et transformation occupent les mêmes espaces
géographiques par suite de la faible valeur ajoutée des alginates, qui exclut
le transport à longue distance de la matière première. Le marché est
aujourd'hui un peu déstabilisé par l'arrivée des alginates chinois, d'un
prix inférieur. Cependant la qualité irrégulière et la demande nationale
constituent des freins à leur exportation. Une délocalisation d'une partie
de l'industrie n'est toutefois pas à exclure dans certains pays. Cette
dynamique est à relier aux problèmes internes de pollution et de
conflits côtiers que rencontrent les pays occidentaux.
Les carraghénates sont des gélifiants solubles dans l'eau et le lait
d'où leur usage d'épaississants dans l'agro-alimentaire. L'Europe et
l'Amérique du Nord (Danemark, France, mais aussi États-Unis)
produisent des carraghénates raffinés tandis que les Philippines, l'Indonésie
et le Chili produisent des P.N.G. (P.N.G. : terme qui au départ signifie
Philippine Natural Grade, puis, par extension sous la forme d'un sigle,
tous les semi-raffinés), semi-raffinés et moins chers. Après des débats
houleux, ces derniers ont été autorisés aux États-Unis mais interdits
en Europe. L'approvisionnement en matière première est un des
problèmes majeurs de cette industrie. La hausse de la demande occidentale
depuis les années 1970 avait concouru à la promotion de la culture
d'Eucheuma sp., principalement aux Philippines (60 % de la production),
puis en Indonésie (22 %), en Malaisie et au Viêt-nam. La culture peut
encore s'étendre en Indonésie, ailleurs dans le Pacifique, l'Atlantique et
l'océan indien. Pour ces raisons d'approvisionnement et parce que la
valeur ajoutée des carraghénanes le permet, production primaire
d'algues et industries d'aval sont dissociées dans l'espace. La production
fournie par les pays en voie de développement est transformée en
Europe et Amérique du Nord.
Les agars sont utilisés dans l'agro-alimentaire (gélifiants...) et la
pharmacie (laxatifs, émulsifiants...). Suite à une baisse de la demande,
les débarquements d'agarophytes stagnent autour de 360 000 t fraîches,
le potentiel aquacole étant néanmoins considérable. En Amérique et en
Europe du Nord, la faiblesse des ressources en agarophytes n'a pas
favorisé le développement de cette industrie. Production et
transformation sont ainsi concentrées en Europe du Sud, en Extrême Orient
et en Amérique du Sud.
L'ALGOCULTURE DANS LE MONDE 489
Norvège
200 000tt

*■ Japon
. 750 OOOt

Corée du Sud
450 OOOt
Philippines
350 OOOt

Part de la production mondiale d'algues Pourcentage de production par culture


5Ô~%
100%
75%
50%
25%
10% 0%
Au dessous de 2%, la production n'est plus représentée par des cercles -
Fig. 6 - Répartition par pays de la production mondiale d'algues alimentaires
Countries food seeweed productions.

Les algues alimentaires (fig. 6)


70 % de la production mondiale sont des algues alimentaires dont
98 % obtenues par aquaculture. La Chine, le Japon et la Corée du Sud
sont les producteurs et consommateurs quasi exclusifs de ces algues.
L'industrie des algues alimentaires est en Asie une activité très
ancienne ; elle utilise la majeure partie de la production, appelée nori
(Porphyra), konbu (Laminaria) et wakame (Undaria). En Europe, cette
activité débutante ^intéresse *. quelques petites ou moyennes entreprises
car les algues alimentaires sont des produits à forte valeur ajoutée. Les
coûts de production sont de loin supérieurs à ceux des algues brunes
sources d'alginates ou de farines par exemple. En France, des
établissements industriels transforment sur place la production mais leur
vente et leur diffusion restent très restreintes.
Si la production et la transformation d'algues alimentaires a dans
le monde un caractère artisanal, la production de colloïdes tend à être
concentrée entre quelques grandes firmes, excepté pour les agars. Parmi
ces multinationales, citons pour les carraghénanes, Food Machinery
Corporation (F.M.C.) qui détient Marine Colloids (États-Unis,
Philippines) et Litex A/S (Danemark), le groupe Viag qui détient System Bio-
Industries (France) ; pour les alginates et les farines, Kelco - (Irlande,
États-Unis, Royaume-Uni), Norsk Hydro (Norvège), qui détient Pronova,
dominent la transformation.
490 ANNALES DE GÉOGRAPHIE

Les contraintes de la production : la mondialisation


de l'économie face aux particularismes nationaux

La nature des contraintes (fig. 7)


Quelles sont les contraintes majeures que peut rencontrer un pays
engagé dans la production d'algues ? Le marché ne permet pas à lui
seul d'expliquer toutes les fluctuations de la production dans les pays
producteurs. Il est vrai que, pour chaque filière, le marché international
définit la demande et un prix de concurrence, mais les spécificités
nationales peuvent freiner ou encourager l'exploitation d'une ressource.
Il existe aussi de nombreux facteurs internes de natures diverses
(culturelle, sociale, politique, juridique, écologique) qui interfèrent et
changent les conditions sur lesquelles s'appliquent les contraintes de
marché. Par exemple, au Chili, la faiblesse de la population littorale
limite la récolte de champs d'algues brunes et rouges économiquement
exploitables. Dans cette optique, contraintes endogènes et exogènes aux
mécanismes du marché ont été distinguées. Les contraintes endogènes
renvoient aux filières de transformation alors que les exogènes
s'inscrivent dans des cadres nationaux (tab. 3). Au sein de chaque pays, ces
deux ensembles se combinent pour créer des situations originales.
En simplifiant, deux types extrêmes de pays se dégagent : les Pays
en Voie de Développement — sauf la Chine —, dominés par la pression
des marchés et des multinationales et les pays où l'activité est encadrée
par des politiques publiques d'aménagement et de gestion du territoire.
Le premier pôle est représenté par l'Indonésie et les Philippines, le
second par le Japon, les États-Unis et la Norvège. Mais de nombreux
pays (Corée, Chili, Canada, Chine, France) sont dans des situations
intermédiaires.

Les nouveaux producteurs : Chili, Philippines, Indonésie


Malgré l'éloignement géographique de ces trois pays, les différences
de culture, d'organisation sociale et de développement économique, la
production commerciale d'algues y présente de nombreuses similitudes.
Ces pays produisent depuis longtemps de petites quantités d'algues
pour l'autoconsommation. Dans les années 1960-1970, alors que la
production était insuffisante pour répondre à l'évolution des besoins,
ils se sont lancés, sous l'impulsion des pays occidentaux, dans une
production de masse. Elle s'est développée parallèlement et concurren-
tiellement. Actuellement, ils sont les plus grands producteurs mondiaux.
Le climat relativement propice, l'importance des stocks, l'étendue des
espaces cultivables, la « docilité » des populations littorales, la
disponibilité et le faible coût de la main d'oeuvre expliquent l'ascension
rapide de la production d'algues peu chères, exportées sans difficulté
Canada
Etat des marchés : fluctuation de la demande et/ou des prix
| | Conflits d'usage
r ÏJ Niveau de récolte et renouvellement de la ressource ■■■ Evolution des usages littoraux
Contraintes liées à la politique générale Qualité des eaux
Contraintes liées aux politiques spécifiques concernant I ^v Aléas climatiques
les activités littorales
£ ^ Contraintes liées i la gestion de l'activité / \ Atteinte à la chaîne alimentaire
Fig. 7 - Principales contraintes de production d'algues par pays
Main seeweed production constraint in each country in 19
492 ANNALES DE GEOGRAPHIE

Tableau 3. — Les contraintes de la production d'algues


Seeweed production constraints

Les coi xtraintes Les filières de transformation


de la Farines Algues
prod iction Carra-
Alginates ghénane Agars et
d'aï gués extraits alimentaires
- Existence d'une ressource naturelle
Disponibilité - Niveau d'exploitation de la ressource et passage à
de. la culture -
la ressource - Exploitation des stocks et renouvellement de la
ressource
Contraintes - Fluctuation de la demande et niveau de production
endogènes de la matière première

,
aux La demande - Prix des matières premières et compétitivité de
mécanismes l'activité de récolte
du
marché La - Compétitivité de l'exploitation des champs naturels
compétitivité - Possibilité du passage à la culture .
de l'activité - Compétitivité de l'exploitation de la ressource
de la (aquaculture ou cueillette) par rapport aux activités
production concurrentes se tenant . sur des - espaces proches ou
d'algues identiques ?

Les contraintes Pays engagés dans la production d'algues


de la production
d'algues Norv. Fran. USA Can. Chili Philip Indo. Chine Jap. Corée
- Lien entre la situation politique du pays et
l'instauration d'une production d'algues
Influence - Impact de la situation économique générale du pays
de la sur la production de matière première
politique - Existence ou non d'une politique volontariste en
faveur des productions et/ou des activités situées sur
le littoral. Principes et conséquences
- Usages littoraux. Cohabitation, affrontement ou
Contraintes Gestion complémentarité.
exogènes de - Evolution des usages littoraux ? Conséquences sur la
aux l'espace production d'algues.
mécanismes littoral - Gestion de l'espace littoral ? Principes et
du conséquences.
marché
Réglementation
et gestion - Gestion de l'activité ? Principes et conséquences.
de l'activité
Atteintes - Atteinte de la chaîne alimentaire et état des
indirectes
d'origine peuplements d'algues.
- Qualité des eaux et production d'algues.
anthropique

Contraintes Aléas - Place de l'impondérable (principalement des incidents


impondérables climatiques climatiques) dans la production d'algues.
L'ALGOCULTURE DANS LE MONDE 493

vers les pays transformateurs. Ces nouveaux venus ont vu dans cette
évolution l'occasion d'enrichir des communautés très pauvres et le
moyen de créer à moyen terme une véritable industrie de
transformation sur place.
Du point de vue des contraintes, le Chili semble plus se rapprocher
des pays occidentaux, du Canada en particulier. Les facteurs socio-
politiques y ont un impact primordial sur l'activité. Aux Philippines et
en Indonésie, la spéculation « orchestre » la production. Dans un
premier temps, la recherche de carraghénanes, au moindre coût, a
incité les occidentaux à se tourner, vers un ou deux pays pauvres dont
la ressource abondante était . traditionnellement utilisée pour de la
cueillette alimentaire. Sans gestion et sous la pression occidentale, les
champs se sont épuisés en quelques années et le passage à la culture
s'est rapidement opéré grâce à la technologie américaine, en particulier.
Dans un deuxième temps, les multinationales ont . voulu enrayer les
situations de monopole (les Philippines pour les carraghénophytes), qui
tendaient à s'instaurer et casser les prix, en incitant financièrement et
technologiquement d'autres pays (Malaisie, Viêt-nam, Madagascar) à se
lancer dans l'algoculture. L'instabilité politique des pays de l'aire
biogéographique de la culture d'Euckeuma a aussi poussé les industriels
à disperser les risques. Ils maintiennent ainsi une surproduction
artificielle, synonyme de faibles coûts de main d'œuvre. Mais, l'arrivée
brutale d'un marché spéculatif dans des communautés vivant
antérieurement en autarcie a bouleversé les équilibres sociaux traditionnels.
Ces déséquilibres sont maintenus par les intermédiaires et les grandes
entreprises internationales qui cherchent à maîtriser la production ; en
effet, d'elle dépend l'avenir des aides internationales et des créations
de nouveaux établissements industriels.

Les producteurs traditionnels et occidentaux : gestion de l'espace,


gestion des ressources
Les producteurs traditionnels sont, au sens strict, la Chine, le Japon
et la Corée du Sud. Ce sont les trois plus anciens producteurs mais
aussi les trois plus grands. Les algues alimentaires constituent la
majorité de leur production et la cueillette sur peuplements naturels
est mineure par rapport à l'aquaculture. Les aléas climatiques (tempêtes
et typhons) leur sont une contrainte commune qui affecte la production
annuelle sans remettre en cause le développement > à long terme. A
contrario, l'algoculture fait face à une concurrence spatiale de plus en
plus marquée avec les autres activités littorales. Elle se pratique sur le
domaine public maritime dans des infrastructures spatiales précises;
les pouvoirs publics interviennent donc pour définir et distribuer des
concessions qui, selon leur durée, peuvent aboutir à une
semi-privatisation du littoral. La multiplication des usages littoraux se heurte
494 ANNALES DE GEOGRAPHIE

directement à cette dynamique. Les conflits d'usage se multiplient avec,


selon les pays, les autres activités halieutiques (y compris le nautisme),
les activités portuaires et industrielles fortement polluantes en métaux
lourds, ou avec les usagers qui cherchent à protéger un patrimoine
paysager. Cette situation est particulièrement exacerbée au Japon et
aux États-Unis, pays occidental le plus engagé dans le repeuplement
de champs d'alginophytes exploités. Néanmoins, il existe entre eux une
différence fondamentale. Au Japon, l'algoculture bénéficie de
l'antériorité. Elle recule principalement devant la politique d'aménagement lourd
des littoraux menée depuis les années . 1950. Aux États-Unis,
l'algoculture, petite dernière des aquacultures, tente de s'installer. sur un espace
déjà largement orienté . vers le tourisme (plaisance, sports nautiques,
préservation des paysages). Les activités nautiques sont également en
conflit avec la récolte d'algues sur peuplement naturel, les hélices des
moteurs endommageant gravement la ressource. Ces contextes
divergents expliquent la différence de nature des conflits en Asie et en

.
Europe ou en Amérique du nord.
Les pays occidentaux, Norvège, France, États-Unis, . Canada, sont
,

des producteurs d'alginophytes mais aussi des transformateurs anciens


(colloïdes, farines, extraits liquides). Contrairement aux pays asiatiques,
la récolte sur champs naturels ou. repeuplés est • largement dominante.
Les contraintes majeures qui pèsent sur la production de matière
première sont la maîtrise des ressources, le maintien de faibles coûts
de production et les contraintes du marché parmi lesquelles, pour la
France, la politique des quotas qui limite la production française de
laminaires. La mécanisation quasi-généralisée des récoltes a permis de
juguler les coûts de production. La gestion des ressources algales pose
un problème beaucoup plus épineux. Elle doit, en effet, prendre en
compte trois aspects de l'activité : les fluctuations de la demande, les
équilibres socio-économiques des régions productrices et les équilibres
des écosystèmes. Citons quelques exemples pour illustrer la complexité
de cette cohabitation.
En 1977, les débarquements de Chondrus crispus au Canada étaient
deux fois plus faibles qu'en 1974, suite à une surexploitation massive
des champs durant toute la période 1965-1974. L'augmentation brutale
de la demande et la hausse du prix des algues expliquent ce mouvement.
Dès 1977 et jusqu'à maintenant, des . mesures ont été prises afin de
mieux gérer la ressource (saison de récolte, licences, réglementation
des. outils). Néanmoins, cette gestion est encore contestée, le nombre
de licences étant trop élevé pour l'état actuel de la ressource. Leur
réduction pose un problème économique et social pour les
communautés littorales qui en dépendent. La question posée aux instances
publiques chargées de statuer est politique : opter pour le maintien des
équilibres sociaux, même précaires, et/ou le maintien des équilibres
écologiques. Dans le cas norvégien, presque similaire à celui des États-
L'ALGOCULTURE DANS LE MONDE 495

Unis, des hectares de peuplement peuvent être détruits par des invasions
d'oursins. La prolifération de ces brouteurs voraces serait due à la
diminution de la population de leurs principaux prédateurs (le loup en
Norvège et la loutre de mer aux États-Unis). Aux États-Unis, cette
disparition provient de la pollution littorale mais, en Norvège, elle
découle de la politique internationale de protection des phoques. Les
États-Unis, qui ont comblé le déficit en ressource par un repeuplement
des fonds, sont cependant toujours confrontés à des fluctuations liées
aux tempêtes (comme la tempête centennale de 1988 aux États-Unis)
et aux E.N.S.O. (El Nino Southern Oscillation) qui modifient la
température de l'eau et l'abondance des nutriments en Californie (1983).

Conclusion

L'originalité de la production des algues, par rapport à l'agriculture


« continentale », tient à ses modes de production. En effet, se
juxtaposent, y compris au Japon, des aquacultures très traditionnelles (récolte
par des plongeurs, séchage sur claies de bois...) et d'autres, comme
pour les grandes algues brunes — 1,5 % de la production totale — ,
très mécanisées (bateaux modernes, séchage par des machines...). Par
ailleurs, un nombre considérable d'espèces du même genre est cultivé,
preuve du peu d'avancement de la recherche génétique, même si elle
existe aux États-Unis, au Japon... et même en France (alors que la
céréaliculture n'utilise qu'une toute petite famille de graminées). Enfin,
la production est fragilisée par la difficile maîtrise des conditions
écologiques du milieu aquatique (chute de production liée à l'E.N.S.O.
au Chili ou à la prolifération des oursins aux États-Unis, etc.). Les
environnements marins sont beaucoup plus instables que les milieux
continentaux, dans les temps courts, et leur variabilité concourt à des
fluctuations ponctuelles et imprévues des débarquements.
Simultanément, le marché des algues est soumis à une dure concurrence. Il est
bien intégré dans « le système monde », à l'image des principales
productions continentales (les céréales par exemple) dont les techniques
de production sont parfaitement maîtrisées. Les contraintes de la
concurrence, qu'entretient sans contrôle étatique local l'économie de
marché mondiale, sur les producteurs et premiers transformateurs des
pays en voie de développement, a des conséquences sociales semblables
à celles de la délocalisation de l'industrie textile (embauche des enfants,
mauvaises conditions de travail...). En résumé et en bref, la production
d'algues s'apparente encore très souvent à l'agriculture du début du
siècle, alors que le marché des algues est déjà entré dans le xxf siècle.
191, rue Saint-Jacques, 75005 Paris
496 ANNALES DE GÉOGRAPHIE

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