5.2.
LES VOLCANS
5.2.1. Définitions
Le volcanisme est la manifestation la plus spectaculaire de l’évacuation de la chaleur de l’existence des
magmas. Cette manifestation se traduit par l’épanchement de laves, formation de relief, projection de
matériaux (solide, liquide ou gazeux), des explosions brutales et des secousses du sol (figure 5.10).
Les volcans mettent en relation la surface du globe avec des zones internes où les roches sont à une
température permettant leur fusion. Ces roches en fusion viennent s’épancher à la surface du sol. Ce
phénomène est intermittent : les phases d’émission alternent avec les phases de repos qui peuvent être trop
longues (le volcan est dit éteint). Certains le sont sans doute définitivement éteints mais d’autres exemples
montrent qu’il est impossible de l’affirmer. L’ouverture par laquelle un volcan rejette sa lave (ou d’où
s’échappe une panache de fumé) est appelé le cratère. Ceci constitue un aspect moyen d’un volcan actif en
période de rémission. Les volcans peuvent présenter des aspects différents et les types d’appareils sont liés
à la nature des produits émis ainsi qu’à la nature des éruptions.
Les calderas (ou caldeiras) sont de gigantesques effondrements de terrain au centre de certains appareils
volcaniques. Elles se produisent lorsque, au cours d’une éruption particulièrement explosive, les réserves de
magma situées sous le volcan se vident brutalement, formant une plaine de plusieurs km de diamètre au
centre du volcan, entourée de hautes falaises qui l’isole du reste du monde. Les calderas donnent naissance
à des paysages diversifiés.
Environ 95% des volcans apparaissent le long des plaques tectoniques (8 grandes plaques), où la croûte
terrestre se casse, coulisse, se compresse ou se plisse. En un mot, à l’endroit où les secousses telluriques
sont fréquentes. Les volcans s’installent à l’endroit de divergence de deux plaques formation des rifts), ou à
la convergence de deux plaque chaînes de montagne).
Contrairement au cas des séismes, dont le seul aléa (évènement incertain) direct est le mouvement du sol,
on parle des aléas volcaniques. En effet, de par la variété des styles éruptifs et des matériaux émis
correspondants, l’aléa volcanique possède une nature très versatile : coulées de laves fluides, coulées
pyroclastiques, nuées ardentes, projections de cendres, de bombes ou de blocs, émissions de gaz.
Figure 5.10 : Manifestation d’un volcan
5.2.2. Mécanisme de l’éruption volcanique
L’existence d’un magma va induire la formation d’un système de tension dans les couches supérieures de
l’écorce terrestre. Selon la direction et la vitesse des courants de convection, il va se produire des failles
dans lesquelles vont s’engouffrer des liquides formés au dépend du manteau. La pression qui règne dans la
chambre magmatique entraîne une sortie brutale du liquide magmatique au toit de la fracture.
5.2.3. Les différents types de volcanismes
Il existe différentes formes d’appareils volcaniques. Ces formes dépendent fortement du type d'éruption qui
affecte les volcans. La reconnaissance des produits émis par un volcan détermine les différents types de
d’éruption. Il existe plusieurs types d'éruptions :
Les éruptions fissurales correspondent à la sortie d'une lave très fluide par des fissures qui affectent le sol.
On y observe peu d'explosions. Il n'y a donc pas de cône volcanique ni de cratère.
Les éruptions locales, limitées à un appareil volcanique, il en existe de plusieurs types plus ou moins
explosif. Elles sont classées selon leur dynamisme.
Les éruptions effusives où la lave très fluide est la principale émission du volcan. Il y a peu de
projections. C'est le type Hawaïen (d’Hawaï). Le cône est donc constitué quasiment uniquement par les
coulées successives de laves qui ont refroidi. La lave est de type basaltique ;
Les éruptions riches en projections : La lave reste fluide mais de nombreuses projections de bombes,
lapillis et cendres accompagnent les coulées. C'est le type Strombolien (de Stromboli en Italie) ;
Les éruptions explosives : La lave, visqueuse, ne sort pas du volcan et provoque de nombreuses
explosions en empêchant la libération des gaz. Lors de ces explosions des nuées ardentes peuvent se
former. C'est le type Vulcanien (devVulcano en Italie). Dans certain cas la lave très visqueuse forme un
dôme, c'est le type Doméen. La lave est souvent du type Trachyte ou andésite. On note également les
volcans peléens (de la Montagne Pelée en Martinique), à lave très visqueuse, qui tend à former des
aiguilles en s'élevant au travers des fissures des extrusions précédentes.
Un volcan n'est pas fixé dans un type d'éruption mais peut avoir une activité modulée en fonction des
changements survenant dans le magma. C'est ainsi que l'on peut observer des séries volcaniques
(tholéïtiques, calco-alcalines et alcalines).
5.2.4. Les produits du volcanisme
Ils sont émis sous trois formes différentes :
des gaz, essentiellement de la vapeur d'eau (90%), du CO2, de l'acide chlorhydrique et des vapeurs de
soufre. Ces gaz sont libérés du magma lors de sa remontée en surface en raison de la diminution de la
pression. Ils participent à la fluidification de la lave ;
des coulées : Ce sont les laves, coulées de roches en fusion, mais aussi les lahars, coulées boueuses
de cendres et lapillis souvent issues de la présence d'un lac volcanique ou d'une épaisse couche de
neige sur le volcan ;
des projections (projectiles solides). Selon leur diamètre on distingue :
les bombes (plus gros blocs), scories (5-30 cm) et blocs (plus de 32 mm de diamètre). Il s'agit de blocs
arrachés au cratère ou de morceaux de lave plus ou moins solidifiée qui refroidissent en tombant.
les lapillis (= petite pierre en italien, entre 4 et 32 mm) et les cendres (les plus fins). Ce sont souvent de
petits fragments de lave pulvérisés lors de l'éruption. C'est parmi ces projections que l'on trouve les
ponces (sorte d'écume de lave solidifiée) et pouzzolanes.
les nuées ardentes et ignimbrites. Les nuées ardentes correspondent à un mélange de gaz, gouttes de
lave en suspension et blocs expulsés du cratère à très grande vitesse. Le nuage formé, est très chaud
(jusqu'à 500°C) et dévale les pentes du volcan à plus de 200 km/h. Ces nuées sont extrêmement
meurtrières (catastrophe de la montagne pelée de 1902). Les ignimbrites sont formées selon le même
principe mais ne sont composées en majorité que de lave en suspension et de gaz formant une sorte
d'écume épaisse.
5.2.5. Mesure d’une éruption volcanique
La masse de matériel émise lors d’une éruption pouvant varier sur une très large gamme de valeurs, une
échelle logarithmique a été établie (comme dans le cas des séismes avec la magnitude). On attribuait ainsi
une classe de magnitude variant de I à IX en fonction du logarithme du volume de matériau émis.
Une nouvelle échelle révisée définit le Volcanic Explosivity Index (VEI), qui est un nombre entier variant
de 0 à 8 (du moins pour les éruptions quantifiées jusqu’à présent), et qui décrit le volume mis en jeu (que
l’on définira plus tard par la magnitude) ainsi que la hauteur de la colonne éruptive (qui définira l’intensité).
Sa description est donnée dans le tableau 5.1 ci-dessous. Cet indice peut être mesuré pour les éruptions
explosives actuelles ou anciennes. Cette échelle ne peut cependant pas quantifier les éruptions purement
effusives, qui sont non explosives, et qui reçoivent par défaut un indice 0 ou 1.
Tableau 5.1. Volcanic Explositivity Index (VEI)
D’après David M. Pyle « Sizes of volcanic eruptions », in “Encyclopedia of volcanoes”, Academic Press, 2000.
5.2.6. Répartition des volcans
Comme les séismes, les volcans ne se répartissent pas de façon aléatoire à la surface de la planète (figure
5.11). Plusieurs se situent aux frontières de plaques (volcanisme de dorsale et de zone de subduction), mais
aussi à l'intérieur des plaques (volcanisme intraplaque, comme par exemple le volcanisme de point chaud) :
Le volcanisme de dorsale : il y a des volcans sous-marins tout le long des dorsales, particulièrement dans
le rift central, là où il se forme de la nouvelle lithosphère océanique. Ce volcanisme nous est connu par
l'exploration des fonds océaniques, mais aussi par un cas particulier, celui de l'Islande, carrément assise sur
la dorsale de l'Atlantique-Nord et qui est formée uniquement de volcans ;
Le volcanisme de zone de subduction : Le volcanisme relié à l'enfoncement d'une plaque sous l'autre va
former des chaînons de volcans. La fameuse Ceinture de feu autour du Pacifique est l'expression de ce
volcanisme de convergence, mais selon qu'il s'agisse d'une collision entre deux portions de lithosphère
océanique, ou entre une portion de lithosphère océanique et une portion de lithosphère continentale, la
nature du volcanisme diffère ;
Le volcanisme de point chaud : Le volcanisme de point chaud est un volcanisme intraplaque, qu'on
retrouve principalement, mais pas exclusivement, sur la lithosphère océanique. Les fonds océaniques du
Pacifique en constituent un bon exemple.
Figure 5.11 : Répartition des volcans
La carte de répartition des volcans est très voisine de celle de la séismicité terrestre (figure 5.12). Cela
traduit le fait que la plus grande partie de l’énergie libérée par la terre est évacuée au niveau des frontières
des plaques lithosphériques. Il existe actuellement 1500 volcans actifs à la surface de la terre. La très
grande majorité des volcans de concentre soit dans les zones d’extension ou d’accrétion, c’est-à-dire des
rifts qui, lorsqu’ils sont immergés, constituent des dorsales médio-océaniques ; soit dans les zones de
subduction où s’enfoncent les plaques océaniques ou continentales.
62% des volcans actifs se distribuent autour de l’océan pacifique, parmi lesquels, 45% appartient aux arcs
insulaires ; 17% appartiennent aux marges continentales de l’Amérique du Sud. Les autres (38%) se
répartissent comme suit : 11% dans les îles de l’océan indien, 3% dans les îles de l’océan atlantique, 7%
dans les méditerranées et en Asie mineure et enfin 4% dans les fausses africaines.
Figure 5.12 : Répartition et localisation des volcans (Actuellement il existe 1 500 volcans actifs)
5.2.7. Les risques volcaniques
Les coulées de lave : éruption basaltiques. Elles sont impressionnantes mais ne sont pas les plus
dangereuses à cause de la lenteur de leur déplacement. En revanche, elles sont à l’origine de nombreux
risques secondaires (incendies, gaz empoisonnés…) ;
Les coulées de boue : les lahars, termes indonésien, désignent les coulées de débris (boue liquide, eau et
corps solides de différentes natures) ;
Les coulées pyroclastiques : ce sont les avalanches denses de gaz brûlants, de cendres chaudes et de
blocs qui roulent le long des pentes d’un volcan durant une éruption. Ce genre de coulées est extrêmement
destructeur, rasant bâtiments, forets et tout obstacle à son passage.
Les nuées ardentes : ces nuages denses de gaz chauds et de débris rocheux, naissent du contact de la
lave avec l’eau. Elles sont extrêmement dangereuses à cause de leur haute densité et de leur vitesse.
Pluies de gaz : les gaz produits en grande quantité par les volcans sont : H2O, CO2, H2S, SO2 et HF (acide
hydrofluorique composé de chlore et d’azote), sont propulsés lors de l’éruption avant de retomber. Ils tuent
hommes et bétail et engendrent de sévères famines.
Les glissements de terrain : avalanche, glissement le long d’une pente, fractionnement de gros blocs de
plus en plus petits.
Les tsunamis : raz de marée, sont une série de vagues souvent gigantesques. Ce mouvement est créé par
une éruption sous-marine.
5.2.8. Les Volcans célèbres
Le plus haut : Nevado ojos del salado (volcan chilien, 6886 m d’altitude, ne présente qu’une activité limitée) ;
Le plus menaçant : Vésuve (situé aux bords de Naples, abrite plus de 700 000 hbts, son activité volcanique
aurait commencée il y a environ 350 000 ans et la plus célèbre remonte à l’an 79, sa lave ensevelit 8 villes) ;
Le plus meurtrier : Montagne pelée (tout au Nord de la Martinique, cette célèbre montagne a enregistré sa
dernière éruption explosive de 1929 à 1932. Le centenaire de l’éruption catastrophique commémoré en
2002 ; elle rasa Saint-Pierre le 8 mai 1902 causant la mort de 28 000 personnes)
Un des plus actifs : Piton de la fournaise (situé sur l’île de Réunion, ce volcan se réveil quasiment chaque
année. Sa dernière éruption effusive date de janvier 2002 et a duré 11 jours) ;
Le plus gravi : Fuji-Yama (Point culminant du Japon, lieu de pèlerinage qui reçoit chaque année plus de
30 000 visiteurs ; sa dernière éruption remonte à 1707).
5.2.9. Les conséquences du volcanisme
Le volcanisme ne doit pas être vu comme un phénomène catastrophique car son activité peut présenter des
conséquences à plus ou moins long termes dont certaines s’avèrent bénéfiques. L’un des conséquences
bénéfiques les plus immédiats est le tourisme par exemple. Généralement, une éruption volcanique se
prolonge pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, c’est le cas d’Hawaï et de Saint Hélène où des vols
charters sont organisés à chaque éruption.
De manière très ponctuelle, les centres volcaniques fertilisent d’immenses régions, en particulier en
Indonésie où 80 Millions de javanais vivent de la fertilité dispensée par les volcans. Cependant, bien que l’on
n’essaye de domestiquer certains volcans ou leur manifestation secondaire à partir de la géothermie, leur
transformation en usine n’est pas encore une perceptive immédiate.
Enfin, d’un point de vue géologique, le volcanisme permet de mieux comprendre la structure de la terre et
son évolution.