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Katholieke Universiteit Leuven
Faculté des Sciences Agronomiques et de la Biologie Appliquée

Working Paper
2003 / 77

L'ETAT ACTUEL DE LA SECURITE ALIMENTAIRE EN R.D. CONGO :


DIAGNOSTIC ET PERSPECTIVES

Eric TOLLENS

Février 2003

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Département d’Economie Agricole et de l’Environnement


K.U.Leuven
Willem de Croylaan 42, B-3001 Leuven – Belgium
Tel. +32-16-321614, Fax +32-16-321996
Tollens, E. "L’état actuel de la sécurité alimentaire en R.D. Congo : Diagnostic et
perspectives." Working Paper, n° 77, Département d'Economie Agricole et de
l'Environnement, Katholieke Universiteit Leuven, 2003.

Document présenté à l’atelier de l'aide humanitaire d'urgence au développement


durable de l'agriculture pour une meilleure sécurité alimentaire en
République Démocratique du Congo, Kinshasa, 18 février 2003

Prof. Eric Tollens,


Département d’Economie Agricole et de l’Environnement, K.U.Leuven,
de Croylaan 42, B-3001 Leuven (Heverlee), Belgique
Tel.: +32 16 32 16 16, Fax: +32 16 32 19 96,
Email: [email protected]

Copyright 2003 by Eric Tollens. All rights reserved. Readers may make verbatim
copies of this document for non-commercial purposes by any means, provided that
this copyright notice appears on all such copies.

2
Table des Matières

1. Introduction 4

2. L'insécurité alimentaire actuelle et passée 6

2.1. Situation générale de la sécurité alimentaire 6

2.2. Changements dans les cultures des champs 9

2.3. Les bilans d'approvisionnement alimentaire 11

2.4. Les importations alimentaires 14

2.5. Changements dans la commercialisation des produits alimentaires 15

3. La consommation alimentaire 20

4. Les enquêtes nutritionnelles 28

5. Conclusions 35

Bibliographie 37

3
1. Introduction

La sécurité alimentaire en R.D.C. préoccupe la population, qui vit la précarité

alimentaire au quotidien, le gouvernement, les ONG et la communauté internationale.

Selon l'Etat de l'Insécurité Alimentaire au Monde de 2001 (FAO, 2001), la R.D.C. est

le pays qui a la plus grande augmentation de la proportion des sous nourris sur la

période 1990-92 à 1997-99, soit 29% ou 17 millions de personnes. Ceci représente

22% de l'augmentation sur cette période dans le monde. Le nombre de personnes

sous nourrie a triplé en R.D.C. pendant cette période (FAO, 2002). Selon ce même

rapport, à peu près 70% des personnes en R.D.C. sont malnourris actuellement.

Ainsi, on peut dire que la R.D.C. doit être la cible la plus importante pour réduire de

moitié le nombre de personnes sous alimentées dans le monde pour 2015 au plus tard,

l'objectif du Sommet Mondial pour l'Alimentation (SMA).

La crise alimentaire se fait sentir particulièrement pendant cette fin de période de

soudure, la plus dure de l'année. Pour la population congolaise, le péril alimentaire se

vit tous les jours et guette près d'un tiers de la population de manière aigue sur

l'ensemble du territoire. La guerre civile non seulement continue d'entraver la

production vivrière et sa commercialisation, mais est aussi l’une des causes directes

de la pauvreté généralisée et la raison profonde de l'insécurité alimentaire chronique.

Et la fin des hostilités ne résoud pas miraculeusement les problèmes de pauvreté. En

effet, sans croissance économique élevée et soutenue, la pauvreté ne disparaîtra pas et

l'insécurité alimentaire persistera. Ceci en dépit du fait que le potentiel agricole de la

RDC est parmi les plus élevés du monde. Rappelons ici que selon le rapport de la

FAO-UNFPA-IIASA (1984) sur les potentialités de production agricole au monde, la

4
R.D.C., sous l'hypothèse d'un haut niveau d'intrants, peut produire suffisamment pour

alimenter 2,9 milliards de personnes, soit presque la moitié du monde.

Notre objectif premier ici est de faire le point sur l'état actuel de la sécurité

alimentaire en R.D.C. - un diagnostic. Par la suite, nous pouvons débattre les

perspectives d'avenir, et surtout, les politiques à suivre et les actions à entreprendre à

court, moyen et long termes pour améliorer la situation et bannir, une fois pour

toutes, l'insécurité alimentaire en R.D.C.. Dans le passé, on a parlé beaucoup du

scandale minier, mais aussi du scandale agricole. En effet, aucune raison ne peut

justifier l'existence d'une précarité alimentaire persistante en RDC.

Pour faire le diagnostic, il y a des indications, un peu partout, que la situation est

mauvaise, mais peu de données récentes fiables existent. Nous risquons de rester

dans le domaine de l'anecdotique et du circonstanciel. Ainsi, nous avons essayé de

présenter ci-après ce qui nous paraît le plus fiable et le plus pertinent pour élucider la

situation.

Nous discutons ci-après successivement la situation générale de la sécurité alimentaire

et les changements récents en production et commercialisation alimentaire, le bilan

d'approvisionnement alimentaire, les importations alimentaires, la consommation

alimentaire selon les enquêtes budget-consommation et les enquêtes nutritionnelles.

5
2. L'insécurité alimentaire actuelle et passée

L'insécurité alimentaire concerne aussi bien l'offre que la demande alimentaire.

L'offre alimentaire est surtout fonction de la production alimentaire locale et les

importations alimentaires. La demande alimentaire est surtout fonction du nombre de

personnes et de leur pouvoir d'achat. C'est ce dernier facteur qui, à travers le revenu,

conditionne l'accès alimentaire. Ainsi, la pauvreté généralisée de la population

congolaise freine sérieusement la consommation alimentaire.

2.1. Situation générale de la sécurité alimentaire

On reprend ici les informations présentées dans le rapport général des Ateliers

Thématiques Nationaux tenus à Kisangani du 07 au 09 mai 2002 - Atelier no 2:

Sécurité alimentaire dans un contexte de crise (OCHA, 2002).

"La production agricole est encore traditionnelle et accuse une tendance générale à la

baisse depuis 1998, estimée globalement à -20% pour les céréales; à -12% pour les

racines et tubercules et à -6% pour les légumes. Le cas le plus frappant est celui du

manioc qui est la culture de base d'autant plus qu'il occupe ± 50% de terres arables et

couvre 70 à 80% des apports nutritionnels des Congolais. D'une façon générale, on

estime que la production de cet aliment de base a chuté de plus de 20% à cause des

maladies et des parasites.

La tendance générale de toutes les activités de pêche est à la baisse. On note une

diminution très sensible du nombre d'embarcations qui en moyenne est passé d'une

6
pirogue pour deux pêcheurs avant la guerre à une pour six pêcheurs aujourd'hui. La

disponibilité du matériel de pêche a également connu une baisse notoire variant de 25

à 60%. Le parcours a baissé de 400 à 50 km d'une façon générale. La baisse

moyenne de production est estimée à 45%.

La tendance générale de la production animale est aussi à la baisse. Par exemple, les

provinces du Nord et Sud Kivu ainsi que le district de l'Ituri qui sont les régions à

grande vocation pastorale ont perdu près de 80% de leur cheptel. Au Bandundu, la

guerre de 1997 a décimé les élevages de gros et petit bétail qui étaient en plein essor.

Les diocèses de Kikwit et de Popokabaka, principaux fournisseurs de viande dans

cette contrée ont été durement frappés et les effets s'en ressentent encore aujourd'hui.

Les approvisionnements en produits agricoles et alimentaires sont instables et la

nature de cette instabilité diffère d'une province à l'autre. Pour la ville de Kinshasa

par exemple, le flux de produits agricoles en provenance du Bas-Congo et de

Bandundu est perturbé par la détérioration de la route nationale Matadi-Kinshasa-

Kikwit. Les approvisionnements provenant des zones occupées par la rébellion

(Equateur, Nord et Sud Kivu, Province Orientale) ont été interrompus, ce qui a un

impact sur l'offre en haricot, huile de palme, maïs, riz, banane plantain et manioc

occasionnant ainsi un déficit en produits vivriers situé entre 100.000 et

150.000 tonnes. Ainsi, à moyen terme, la sécurité alimentaire ne sera pas garantie

sans les approvisionnements de l'Equateur, de la Province Orientale, du Nord et Sud

Kivu.

7
L'insécurité générale a conduit à l'abandon des activités agricoles et commerciales qui

débouche ainsi sur une pénurie des denrées alimentaires. Les pillages de 1991 et

1993, le non paiement des salaires par l'Etat et les privés ont provoqué le chômage et

l'effritement du pouvoir d'achat des populations et diminue l'accès aux vivres.

D'une manière générale, on estime que le nombre des personnes vulnérables a atteint

près de 20 millions d'individus qu'on peut répartir en: 2 millions de déplacés internes,

330.000 réfugiés, 700.000 ménages d'accueil des déplacés et plus de 16 millions de

personnes victimes des crises économiques ou des calamités. Dans le district de

l'Ituri, par exemple, près de 200.000 personnes essentiellement agricultrices ont dû se

déplacer à cause des conflits ethniques entre Hema et Lendu. Cela a entraîné des

pertes des récoltes et des élevages et surtout une diminution de la main-d'œuvre."

Ce récit accablant touche surtout aux disponibilités alimentaires, la première

dimension de la sécurité alimentaire. Mais les autres dimensions méritent également

une analyse.

La stabilité (dans le temps) des approvisionnements a souffert beaucoup car le

commerce à travers l'Equateur, profitant de l'alternance des saisons, a été très perturbé

et souvent même arrêté. Ainsi, Kinshasa a surtout manqué l'apport de maïs et de

l'huile de palme de la province de l'Equateur, de riz de l'Equateur (Mongola) et du

Maniéma, les légumes et les haricots du Kivu, la viande venant de l'Ituri, etc. Tout

ceci a provoqué une plus grande instabilité des prix sur les marchés et des

substitutions entre nourritures.

8
Mais l'incidence de la guerre civile a été la plus ressentie sur les revenus des ménages,

suite à l'appauvrissement général de l'économie. Ainsi, l'accès à la nourriture a

souffert le plus de toutes les dimensions de la sécurité alimentaire. La disparition du

travail salarié dans le secteur formel, le non-paiement des salaires (surtout des

fonctionnaires de l'Etat), l'érosion du pouvoir d'achat par l'inflation et l'érosion

monétaire, l'arrêt de pratiquement tout investissement, etc. ont fait que le Congo se

classe maintenant parmi les cinq pays les plus pauvres du monde, le PIB per capita

était en 2000 seulement 80 US$ (1985). Pratiquement toutes les couches sociales sont

devenues vulnérables. On peut donc affirmer que la cause principale de l'insécurité

alimentaire chronique en RDC est la pauvreté absolue de la population.

2.2. Changements dans les cultures des champs

Nous ne disposons pas de statistiques fiables sur les superficies emblavées et les

rendements des cultures. Mais des informations anecdotiques nous renseignent que

des changements importants se manifestent. Le plus important est probablement

l'émergence et le développement de l'agriculture urbaine et péri-urbaine dans toutes

les villes, surtout pour les cultures maraîchères et le petit élevage. Ainsi, le projet

FAO/Belgique d'appui à l'horticulture dans cette zone a certainement un grand impact.

Le petit élevage concerne les poules/poulets, canards et pigeons et même les porcs. A

noter que, par exemple, la MIDEMA a vu ses ventes de provende augmenter de 80%

ces deux dernières années. Elle a dû ouvrir une nouvelle usine d'aliments composés

en 2001. L'agriculture est devenue un moyen principal de lutte et une principale

stratégie de survie en ville.

9
On note une augmentation spectaculaire de la production de niébé, une légumineuse à

graines cultivée surtout dans les zones plus sèches du Bandundu, très souvent en

deuxième culture. On trouve de plus en plus du petit mil sur les marchés, ainsi que

du sésame. Ceux-ci sont des cultures de soudure, ce qui illustre que la soudure est

devenue vraiment difficile. De plus en plus de riz irrigué est cultivé dans les bas-

fonds du Bas-Congo, Kwilu et Pool Malebo à Kinshasa. La production d'huile de

palme à partir des palmiers naturels s'est beaucoup développée au temps où la

province de l'Equateur était largement coupée du sud du pays. La production de maïs

pour les marchés de Kinshasa doit avoir augmenté beaucoup, étant donné que son prix

relatif vis-à-vis du manioc a beaucoup diminué. Dans certaines zones de savane, ou

en zone de transition où les routes de desserte agricole ont été remises en état, p.ex. la

zone d'Idiofa (projet PAR), la production de maïs a sérieusement augmenté. Le

Bandundu produit certainement plus de maïs maintenant qu'il y a 5-10 ans. Ceci a

largement compensé le manque de maïs de la province de l'Equateur. La MIDEMA

rapporte beaucoup plus de ventes de semences de maïs au Bandundu qu'auparavant.

Nous ne disposons pas d'informations pour l'intérieur du pays et les zones de crise.

Mais le manioc a été la culture la plus importante qui a permis d'éviter la famine et

ainsi de sauver des populations, en fuite ou en déplacement. Comme le manioc peut

être récolté à n'importe quel moment, et se conserve bien dans le sol (jusqu'à 24 mois

après plantation), c'est vraiment la culture de sécurité alimentaire (et de guerre) par

excellence. Mais on enregistre également partout une diminution des rendements à

cause des maladies et parasites.

10
Inutile de rappeler que partout la fertilité des sols a diminué. Il n'y a pas eu d'apports

d'éléments fertilisants et la jachère (longue) a dû faire place aux cultures opportunistes

qu'on peut récolter à tout moment, comme le manioc, ou qui ont un cycle végétatif

très court, comme le niébé et le petit mil.

2.3. Les bilans d'approvisionnement alimentaire

Ces bilans se trouvent sur le site web de la FAO, la dernière année étant 2000. A

partir du bilan, on peut déduire la consommation apparente par tête et par jour. Ci-

après figurent les consommations exprimées en calories et grammes de protéines

(Tableau 1).

On peut constater que la situation est plus ou moins normale jusqu'en 1992-93 et

qu'elle se dégrade continuellement depuis lors pour atteindre seulement 1514 calories

et 24.3 g de protéines en 2000. On peut se demander comment une population survit

avec seulement 1500 calories par jour et 24 g de protéines? A noter que le même

bilan indique une consommation de 288 kg de manioc par tête et par an en 2000, soit

15.959.000 t pour le pays, ou 859.5 calories (57%) et 4.9 g protéines par jour. Pour

les mêmes années, les céréales donnent 274 calories (18%) et 7 g de protéines. Ceci

confirme encore le poids énorme du manioc dans l'alimentation de la population

(Goossens et al., 1994), (Goossens, 1996), (Kankonde et Tollens, 2001).

11
Tableau 1: Consommation alimentaire en calories et protéines (g) par
personne et par jour en R.D.C., selon le bilan d'approvisionnement
alimentaire

Année Calories Protéines


2000 1514 24.3
1999 1578 25.4
1998 1683 27.8
1997 1699 27.9
1996 1707 27.2
1995 1741 28.6
1994 1964 32.1
1993 2044 33.5
1992 2132 33.8
1991 2159 33.8
1990 2200 34.7
1985 2192 35.9
1980 2153 34.5
1970 2235 38.0
1961 2291 38.3

Source: FAO site web 01305795.csv, 2003


N.B.: La consommation de graisse va de 24.0 g en 2000 à 34,3 g en 1961

Dans ce contexte, l'incidence de la mosaïque africaine du manioc, et surtout le type de

gemini virus très virulent de l'Afrique de l'Est, combiné à celui de l'Afrique de l'Ouest

depuis longtemps endémique, se fait sérieusement sentir au niveau de la production

(et des prix du manioc). Heureusement qu'il y a les projets manioc avec la FAO,

l’USAID, l'INERA, SECID, l'IITA et d'autres partenaires pour introduire et diffuser

des variétés résistantes, mais on doit noter qu'il faut au moins une dizaine d’années

pour remplacer les variétés existantes, étant donné la lenteur de la multiplication par

boutures. Un des symptômes de la rareté (cherté) du manioc sur les marchés pendant

certaines périodes est qu'il arrive que le prix de la farine de maïs, et même celui du

riz, coûtent moins cher ou autant que la farine de manioc (tableau 2).

12
Tableau 2: `Prix de détail du maïs, du manioc et du riz sur les marchés de
`Kinshasa en 2000

Produit Mars 2000 Août 2000 22 Décembre 2000


FC $ FC $ FC $
Farine de maïs (kg) 12 0,34 25 0,36 90 0,69
Farine de manioc (kg) 18 0,51 34 0,49 47,5 0,36
Riz (kg) 18 0,51 30 0,43 70 0,53

Source: FAO, 2000

Il est à remarquer que les statistiques de la production agricole en R.D.C., sur

lesquelles les bilans d'approvisionnement sont basés, sont peu fiables étant donné le

peu de ressources dont disposent les services de statistiques agricoles dans ce pays.

En 1987-1989, nous avons effectué des enquêtes par sondage sur la production et la

commercialisation agricole au Bandundu et au Bas-Congo dans le cadre du projet

"Commercialisation des produits agricoles". L'établissement de statistiques fiables

constituait un aspect important du projet. La comparaison des productions agricoles

obtenues dans le projet avec les statistiques officielles montrait une production réelle

(si l'on croit à ces enquêtes) supérieure de 37.6% pour le manioc au Bandundu et de

72.2% au Bas-Congo (tableau 3). Des résultats similaires ont été obtenus pour le

maïs, l'arachide, le riz et les haricots. C'est seulement pour les bananes plantains que

la production officielle était de 59.5% supérieure à celle estimée dans l’enquête

(Tollens, 2002).

13
Tableau 3: Production comparée de manioc ( tonnes des racines fraîches) au
Bandundu (octobre 1987-septembre 1988) et au Bas-Congo
(octobre 1988-septembre 1989), projet commercialisation et
statistiques officielles.

Province projet commercialisation statistiques officielles différence %


Bandundu 3.975.634 2.890.000 + 37.6
Bas-Congo 1.498.300 870.000 + 72.2

Source: Tollens, 2002.

On peut conclure que les bilans d'approvisionnement alimentaire sous-estiment

probablement la consommation alimentaire apparente.

2.4. Les importations alimentaires

Les importations alimentaires ont été importantes pour la sécurité alimentaire de

Kinshasa depuis les années 1980 (Goossens et al., 1994), surtout pour les céréales

(blé, riz) et les produits congelés d'origine animale (poisson et viande). Ces derniers

sont particulièrement importants et avoisinent 200.000 t par an, surtout le poisson

congelé (chinchard, mpiodi). Mais avec la guerre et la crise économique, on a

importé moins de produits d'origine animale, surtout le poulet. C'est particulièrement

la société ORGAMAN, depuis longtemps leader dans ce domaine, qui a vu son

chiffre d'affaires diminuer au profit de nouvelles sociétés d'origine libanaise (CONGO

FUTUR, SOCIMEX), qui importent également beaucoup de produits secs, la farine de

blé et le riz. Ils importent plus de 100.000 t de farine de blé, au détriment de la

MIDEMA dont les moulins de blé à Matadi ne tournent qu'à 40% de leur capacité. Et

ceci malgré le droit de douane de 35,60% qui frappe les importations de farine de blé.

Les importations de riz ont fortement augmenté, notamment suite aux bas prix qui

prévalent sur le marché mondial depuis 2-3 ans.

14
On trouve les baguettes de pain (150 à 200 g) partout à Kinshasa et à l'intérieur du

pays, à des prix défiant toute concurrence: 35 à 40 FC, soit à peu près 0,10 US$. Le

pain est devenu omniprésent et est la réponse immédiate à la faim, ne demandant

aucune préparation ou cuisson, et se conservant plusieurs jours. Nous ne disposons

pas de données fiables sur les importations de blé et de farine de blé, mais nous

pouvons affirmer qu'elles augmentent sans cesse. Et on peut se demander comment

les grandes boulangeries à Kinshasa, qui dominent le marché du pain (QUO VADIS,

B.K.T.F., UPAK, PANICO, etc.) s'en sortent?

On peut conclure que le total des importations (en calories) n'a probablement pas

diminué, mais la composition a changé: plus de céréales, moins de viande de bonne

qualité (poulet, viande bovine), autant de mpiodi (poisson) et plus de 5ième quartier

(abats). Mais avec la décimation du cheptel reproducteur (bovin, ovin, caprin) à

l'intérieur du pays, et même au Bandundu, la consommation de viande est devenue

très rare. Le plus souvent, quelques petits morceaux dans la sauce peuvent suffire.

Beaucoup d'enfants ne savent plus ce que c'est que la viande.

2.5. Changements dans la commercialisation des produits alimentaires

Le changement le plus marquant depuis l’occupation des provinces de l'Equateur,

Orientale et Kivu en septembre 1998 est le redéploiement du trafic fluvial vers le

Bandundu et les Kasaï. Cette situation est mise en évidence par l'étude

Bescoplan/GRET1 de septembre 2000 (basée sur les enregistrements OFIDA) d'où

1
Cette étude a été faite pour la Commission européenne en 1999-2000 et comportait plusieurs

enquêtes originales et la collecte de données primaires. L'objectif principal était d'évaluer l'impact

15
sont tirés les tableaux 4 à 6 ci-après Depuis la rébellion de 1998, le trafic fluvial

venant de Bandundu a plus que triplé en tonnage (produits agricoles:de 3.500 t par

mois à 11.000 t par mois). Entre 1990 et 1999/2000, le transport fluvial arrivant à

Kinshasa a doublé, de 107.000 t à 200.000 t. Et en 1990, les deux-tiers du trafic

étaient assurés par l'ONATRA tandis qu'en 1999/2000 95% l’étaient par le secteur

privé (Kupay, 2001).

Tableau 4: Tonnage (%) d'approvisionnement de Kinshasa par bateau et par


province

Province janvier-mai 1996 janvier-mai 1999 janvier-mai 2001


Province Orientale 12 0 0
Equateur 52 13 5
Bandundu 18 80 91
Kasaï 18 7 4

Source:Bescoplan/GRET, 2000

Un autre changement important est l'émergence des baleinières (en bois). Chaque

mois, entre 100 et 120 baleinières de 10 t à 200 t, avec une moyenne de 40 t, arrivent

à Kinshasa. Le GRET estime qu'il ya 150 à 200 baleinières qui opèrent à Kinshasa.

Ces bateaux étaient très rares dans les années 1970 et 1980. Ils sont fabriqués

localement par des artisans sur des chantiers navals à Eolo, territoire d'Idiofa et

Nioki, territoire d'Inongo (ex-Forescom). L'USAID avait financé à la fin des années

1980 la construction locale de baleinières en bois dans le cadre du projet

d'amélioration de la commercialisation agricole au Bandundu. Un architecte naval

expatrié avait formé des menuisiers locaux dans l'art de la construction navale. A

des investissements dans la réparation/amélioration des routes au Bas-Congo et au Bandundu sur

fonds FED.

16
l'époque , ce projet rencontrait beaucoup de scepticisme car le transport par camion

était commun. Est-ce que ce projet a eu impact inespéré?

Tableau 5: Nombre de bateaux enregistrés à l'arrivée à Kinshasa, 1996 et


1999

Province 1996 1999


Bandundu 130 246
Equateur 162 51
Kasaï 30 29
Province Orientale 42 0

Source: Bescoplan/GRET, 2000

N.B.: 62% du tonnage était du manioc, 19% du maïs, l'huile de palme 5% et le café

9%.

Tableau 6: Arrivée de produits agricoles (%) à Kinshasa selon l'origine et le


mode de transport: avril 1999 à mai 2000

Origine et mode % Produits %


Rivière Equateur 7 Manioc 58
Rivière Bandundu 43 Maïs 17
Rivière Kasaï 5 Autres 25
100
Rivière ONATRA 3 Autres: Huile de palme 7,9
Chemin de fer Bas-Congo 2 Haricots 4,8
Route Bas-Congo 22 Légumes 3,6
Route Bandundu 18 Fruits 3,3
100 Café 3,7

Source: Bescoplan/GRET, 2000

Un autre changement observé surtout depuis l'arrivée au pouvoir du père Kabila et la

reprise des coopérations est l'entretien et la réparation des grands axes routiers et des

17
routes de desserte agricole, y compris celles vers les embarcations des bateaux

(Bandundu notamment). La tache est immense mais beaucoup a déjà été réalisé ou

est en cours de réalisation (projet PAR de l'UE, projet routes de desserte agricole de la

coopération belge, etc.). A tout point de vue, le rétablissement de ces axes de

transport et de communications a permis l'approvisionnement vivrier régulier des

villes et surtout de Kinshasa, sans catastrophes en période de crise.

D'autres innovations observées surtout dans les marchés de Kinshasa concernent:

- l'introduction depuis 1985, la première en Afrique, du téléphone cellulaire

(Télécel) et sa généralisation, avec actuellement au moins huit compagnies privées

qui se disputent le marché. Les téléboutiques donnent l'accès aux cellulaires

même aux plus démunis. Ceci a grandement facilité les communications et a

certainement réduit les coûts des transactions, notamment l'asymétrie de

l'information commerciale et le risque commercial;

- l'émergence et la généralisation des agents commissionnaires et des intermédiaires

de toute sorte qui facilitent le commerce. Il s'agit surtout du groupage des produits

et des personnes selon les destinations, l'envoi de fonds et le change, le groupage

des acheteurs par les mamans-manoeuvres, ou mamans-bipupula, ou mamans-

kabola, la recherche de l'information par les chayeurs ou Kadhafi's, les éclaireurs,

les ngunda ou ngundeurs, les drogadeurs, etc.. Tous ces intermédiaires peuvent

avoir existé au courant des années 1980 ou 1990 mais ils sont devenus

"mainstream" à la fin des années 1990 pour faire face aux défaillances des services

de l'Etat et du secteur privé formel;

18
- l'établissement des grand marchés de détail comme le "Marché de la Liberté" à

Masina, ouvert le 16 janvier dernier, probablement le plus grand d'Afrique (21 ha,

7.300 tablettes de 2 m chacune) et à Lubumbashi, quoique beaucoup plus petit,

fruit d'une collaboration entre le secteur public et privé, dans ce cas la société

M. FORREST. Il parait que d'autres marchés vont suivre. On ignore le pourquoi

du gigantisme de ces marchés, leur mode de gestion, son impact sur la distribution

alimentaire, sa place dans la commercialisation vivrière, ….

En août 2002, les prix des produits vivriers à Kinshasa (en dollars) étaient au plus bas

depuis longtemps (voir tableau 7). Nous en ignorons les causes réelles mais un

meilleur approvisionnement, en saison sèche au pic de la campagne d’évacuation des

produits agricoles du Bandundu et du Bas-Congo, couplée à la stagnation et même à

la baisse des revenus a sans doute fait chuter les prix. On espère que ces prix bas

vont continuer à prévaloir sur les marchés de Kinshasa.

Tableau 7: Les prix du maïs et des cossettes de manioc (US$/kg) en août sur
les marchés de Kinshasa

Produit 1998 1999 2000 2001 2002

Maïs 1,12 0,53 0,40 0,35 0,14


Cossette 0,69 0,29 0,21 0,19 0,14

Source: Enquêtes GRET, 1999-2000; Le Voyageur, 2000

19
Tableau 8: Les prix du maïs et des cossettes de manioc (US$/kg) en
novembre et décembre (période de soudure) sur les marchés de
Kinshasa

Produits 1999 2000 2001 2002 1999 2000 2001 2002


novembre décembre

Maïs 0,85 0,58 0,63 0,20 0,64 0,81 0,64 0,22


Cossette 0,31 0,27 0,35 0,17 0,32 0,40 0,40 0,20

Source: Enquêtes GRET, 1996-2002; Le Voyageur, 2002

Pendant la dernière période de soudure, novembre et décembre 2002, les prix parking

du maïs et manioc étaient au plus bas par rapport aux trois années précédentes

(tableau 8). Ces prix sont nettement en dessous de la «moyenne normale» de 40

UScents observée entre 1993 et mars 2000 (Le Voyageur , 2002). C’est une très

bonne chose, car les deux glucides de base sont ainsi plus accessibles aux Kinois par

rapport au passé. Non seulement l’augmentation de la production agricole dans le

bassin d’approvisionnement de la ville de Kinshasa (Bas-Congo, Bandundu et

Kinshasa même) en est responsable, mais également la reprise, bien que timide, du

trafic fluvial entre Kinshasa et l’Equateur, avec sept bateaux arrivés de l’Equateur

(profond) en novembre et dix en décembre 2002 (Le Voyageur, 2002).

3. La consommation alimentaire

On aborde ici la consommation alimentaire sur base des enquêtes budget-

consommation. Il est à noter que l'accès alimentaire à Kinshasa est probablement

meilleur que dans le reste du pays, à cause des revenus moyens supérieurs à Kinshasa

comparé à ceux d'ailleurs, malgré l'incidence de la pauvreté extrême, même à

Kinshasa.

20
Pour Kinshasa, la dernière enquête PNUD-SOCOMEG (2000)1 a été effectuée auprès

de 1.225 ménages, un échantillon assez fiable. Les autres enquêtes de 1975, 1986,

1990 et 1995 portent également sur un échantillon statistiquement fiable. Les

résultats sont présentés dans les tableaux 9 à 112.

La première remarque qui s'impose est que la consommation en calories est bien

inférieure à celle des bilans d'approvisionnement alimentaire et que déjà en 1975 la

consommation n'était que de 1.797 calories par personne et par jour. Par contre, la

consommation de protéines est toujours supérieure à celle des bilans. Mais au cours

des années, la tendance est toujours à la baisse pour arriver à seulement 1.368 calories

en 2000 et 38,5 g de protéines. Est-ce vraiment possible? Et il faut savoir que dans la

littérature spécialisée, les enquêtes budget-consommation ont la réputation d'être très

fiables et exactes. On ne parle plus de consommation apparente (comme avec les

bilans) mais de la consommation (réelle), tout court. Les spécialistes en nutrition

humaine et physiologie disent que ce n'est pas possible, sauf si on réduit au maximum

l'effort physique, par exemple en dormant la plupart du temps, et/ou en s'allongeant

dans un fauteuil au soleil pendant une bonne partie de la journée. On semble avoir

atteint le minimum minimorum!

1
Source: Nkwembe Unsital (2002)
2
Une consommation de 2.300 calories et de 70 g de protéines par personne et par jour est conseillée

par les nutritionnistes comme seuil minimal nécessaire permettant à une personne de mener une vie

active et saine.

21
Les autres observations pertinentes qu'on peut faire sont les suivantes:

- le manioc reste prédominant mais diminue en importance, probablement à cause

des problèmes de production: mosaïque africaine, bactériose, etc. Souvent, les

cossettes de manioc sont maintenant aussi chères que les céréales (maïs, riz

importé);

- le blé (farine) diminue également en importance;

- les légumes (feuilles fraîches) se maintiennent, à cause de l'agriculture urbaine et

péri-urbaine et le soutien (projet FAO) aux maraîchers de Kinshasa;

- le riz augmente fortement en importance, c'est très net! Aussi bien le riz local que

le riz importé progressent beaucoup. Depuis 1975, la consommation de riz local

s'est multipliée par 2,7, celle du riz importé de 2,4. Comme les grands bassins

rizicoles du pays (Bumba et environs, Maniéma) ne peuvent pas approvisionner

Kinshasa, le riz provient nécessairement du Bas-Congo (Mawunzi), Kwilu (Idiofa)

et surtout de la riziculture au Pool Malebo (projet FAO et coopération italienne).

Ce dernier a probablement un très grand impact. Pour le riz importé, les très bas

prix actuels sur le marché mondial encouragent évidemment l'importation;

- une très forte diminution des boissons alcoolisées (bière) à cause de l'effritement

du pouvoir d'achat;

- les poissons frais et conservés (congélés, surtout chinchard-mpiodi) se

maintiennent remarquablement!;

- la consommation des plantains augmente beaucoup (x 2,3 depuis 1975). Les

plantains proviennent uniquement du Bas Fleuve, en partie par chemin de fer. Est-

ce que la production au Bas Fleuve, en zone forestière, a tellement augmenté? En

principe, les plantains coûtent assez cher;

22
- une forte diminution de la consommation d'huiles et autres matières grasses,

surtout l'huile de palme. Avec l'ouverture de la province de l'Equateur, on peut

s'attendre à un meilleur approvisionnement bientôt. Avec la faible consommation

d'huile de palme, il y a peut-être des carences en vit. A, D, E (solubles dans les

matières grasses);

- le maïs grain: hausse spectaculaire! (x 2,35 depuis 1975), malgré le manque

d'approvisionnement de l'Equateur (Ubangi). Surtout le Kwilu (de Kikwit à Idiofa)

produit du maïs et aussi les deux Kasai. Est-ce que le Kasai approvisionne

maintenant Kinshasa en maïs? D'où vient tout ce maïs? On avait déjà remarqué

que pendant certaines périodes, la farine de maïs se vend au même prix que la

farine de manioc, phénomène jamais constaté dans le passé, car la farine de manioc

était toujours moins cher que la farine de maïs. Est-ce que les variétés hautement

productives de maïs, développées dans les années 1980 par le P.N.M. (financement

USAID) ont un grand impact maintenant? On constate également que beaucoup de

ménages mélangent actuellement la farine de maïs et la farine de manioc (bidia);

- la consommation de lait progresse tout le temps (x 3,7 depuis 1975) et

régulièrement. Est-ce la poudre de lait, du lait de soya (usine à Kingabwa), lait de

production péri-urbaine ?;

- la consommation de poulets a diminué depuis 1995 de 25%. Problème de manque

de pouvoir d'achat probablement;

- la consommation de sucre a diminué de 41% depuis 1975. Manque de pouvoir

d'achat;

- la consommation de viande bovine a diminué de 50% depuis 1975. Manque de

pouvoir d'achat;

23
- la consommation de haricots diminue tout le temps. La production était surtout au

Bas-Congo et au Kivu, mais il n'y a plus d'apports du Kivu;

- la consommation d'arachides a diminué de 70% depuis 1975. Les arachides coûtent

cher;

- les poissons fumés, salés, et séchés ont connu une régression: de 6,13 kg en 1975 à

0,67 kg en 2000! Déjà en 1986, la consommation n'était que de 1,72 kg. Dans le

temps, on importait beaucoup de poisson salé-séché (makayabo ), mais c'était un

produit cher;

- du point de vue énergie, le manioc procure 32% des calories, suivi du blé (pain)

(20%), riz (16%) et huile de palme (10%);

- pour les protéines, la consommation moyenne par tête et par jour n'est que de

39,5 g et diminue tout le temps. La principale source est le blé (33%), suivi du riz

(11%) et du poisson frais et conservé (11%), manioc (9%!), légumes frais (8%),

poulets (6%), etc..

On peut conclure que les tableaux 9 à 11 nous renseignent sur la dégradation continue

de la situation alimentaire à Kinshasa. Déjà en 1990, la situation était mauvaise avec

une consommation de 1.797 calories et 46 g de protéines seulement. Actuellement,

on est probablement en dessous des niveaux de 2000 - 1.368 calories et 38,5 g de

protéines. Un programme d'urgence concernant la sécurité alimentaire à Kinshasa (et

dans le reste du pays) s'impose.

24
Tableau 9: Consommations alimentaires annuelles (kg/tête) , ville de Kinshasa

Années
N° Produits 1975 1986 1990 1995 2000
1 Manioc (tubercules) 176,71 165,39 161,84 156,52 145,31
2 Blé (farine) 37,92 32,08 30,37 28,36 26,48
3 Légumes (feuilles fraîches) 24,73 25,03 25,12 24,24 24,35
4 Riz 8,41 12,81 15,41 19,43 21,51
- riz local (grains) 4,91 7,62 9,26 11,82 13,09
- riz importé (grains) 3,50 5,18 6,15 7,61 8,42
5 Boissons alcoolisées 31,90 18,42 15,76 12,98 10,69
6 Poissons frais et conserves 11,40 10,97 10,81 10,62 10,43
7 Plantains 3,85 5,39 6,22 7,43 8,89
Huiles et autres matières
8 grasses 14,78 10,18 9,08 7,88 6,83
9 Maïs grains 2,84 4,02 4,64 5,57 6,68
10 Laits 1,72 2,83 3,56 4,74 6,32
11 Condiments (sels, piments) 3,46 4,06 4,33 4,70 5,09
12 Poulets 1,90 4,51 7,23 6,03 4,48
13 Sucres 6,59 5,12 4,72 4,27 3,86
14 Viande bovine 6,53 4,67 4,21 3,70 3,26
15 Haricots 5,02 3,97 3,68 3,34 3,03
16 Tomates en boîtes 1,39 1,57 1,69 1,74 1,85
17 Citrons divers 1,12 1,25 1,30 1,38 1,45
18 Oignons 2,29 1,64 1,48 1,30 1,14
19 Bananes douces 1,91 1,48 1,37 1,24 1,12
20 Arachides (coques) 2,79 1,52 1,87 1,05 0,85
21 Poissons fumés, salés, séchés 6,13 1,72 1,32 0,94 0,67
Autres produits 14,41 3,50 2,75 2,10 1,62
Total 367,80 322,13 318,76 309,54 295,91

Sources: Houyoux,(1986), PNUD - SOCOMEG (2000) et Nkwembe Unsital (2002).

25
Tableau 10: Consommation annuelle per capita (kg, calories et g de protéines),
ville de Kinshasa
N° Produits Années 2000
Kg calories protéines
1 Manioc (tubercules) 145,31 433,9 3,6
2 Blé (farine) 26,48 268,2 12,9
3 Légumes (feuilles fraîches) 24,35 33,3 3,2
4 Riz 21,51 212,0 4,4
- Riz local (grains) 13,09 - -
- Riz importé (grains) 8,42 - -
5 Boissons alcoolisées 10,69 9,6 0,2
6 Poissons frais et conserves 10,43 21,7 4,4
7 Plantains 8,89 20,7 0,4
8 Huiles et autres matières 6,83 132,6 -
grasses
9 Maïs grains 6,68 65,0 1,7
10 Laits 6,32 14,7 0,7
11 Condiments (sels, piments) 5,09 13,9 0,4
12 Poulets 4,48 24,9 2,5
13 Sucres 3,86 36,1 -
14 Viande bovine 3,26 21,1 1,6
15 Haricots 3,03 27,9 1,6
16 Tomates en boîtes 1,85 2,7 0,2
17 Citrons divers 1,45 1,1 0,0
18 Oignons 1,14 1,1 0,0
19 Bananes douces 1,12 2,6 0,0
20 Arachides (coques) 0,85 6,9 0,4
21 Poissons fumés, salés, séchés 0,67 7,6 1,3
Autres produits 1,62 10,0 -
Total 295,91 1.367,6 38,5

Sources: Houyoux,(1986), PNUD - SOCOMEG (2000) et Nkwembe Unsital (2002) et nos calculs.

Tableau 11: Consommations alimentaires annuelles per capita (calories et g de


protéines), ville de Kinshasa, 1975-2000

Année calories protéines


1975 1.797 59,8
1986 1.506 46,8 Sources: Houyoux,(1986), PNUD -
1990 1.471 46,3 SOCOMEG (2000) et Nkwembe Unsital (2002)
1995 1.438 44,0 et nos calculs.
2000 1.368 38,5

26
En août 2002, une enquête sur la consommation des ménages a été organisée à

Kinshasa par la FAO sur 2000 ménages, répartis dans les quartiers centraux et

périphériques de la ville (FAO, 2002). La consommation par jour est en moyenne de

1349 calories et de 36 g de protéines. Le Kinois consomme ainsi environ deux fois

moins de calories que la moyenne subsaharienne (2150 calories) et mondiale

(2750 calories). Dans les quartiers centraux, les moyennes sont de 1579 calories et

46 g de protéines, contre 1165 calories et 27g de protéines dans les quartiers

périphériques. Dans les quartiers centraux, le riz vient en tête des aliments

glucidiques, suivi du pain, du manioc, du maïs et du sucre tandis que dans les

quartiers périphériques, le maïs prime, suivi du manioc, du riz, du pain et du sucre. En

moyenne, 64,5% des Kinois dépensent moins de 0,5 US$ par jour pour se nourrir,

27,5% dépensent entre 0,5 et 1 US$ et 8% 1 US$ ou plus. Les habitants des quartiers

périphériques sont nettement plus pauvres que ceux des quartiers centraux et cela se

réflète dans leurs consommations alimentaires. Souvent, la recherche de la quantité

dans la ration prime sur toute autre considération alimentaire.

Selon l'enquête menée par la FAO à Lubumbashi en octobre 2002 (Informations sur la

sécurité alimentaire en RDC n° 27, 2002) sur la consommation des ménages

(1.250 ménages répartis dans les 42 quartiers des sept communes que compte la ville),

la consommation moyenne est de 1.335 calories et 40,5 g de protéines par personne et

par jour. Un ménage compte en moyenne 7,5 personnes. Ici, la farine de maïs occupe

de loin la première place comme source de calories (75%). Les feuilles de manioc

sont le premier légume. 70% des protéines proviennent des céréales. On signale que

80% de la farine de maïs est importée du sud du continent, comme le haricot (90%) et

l'arachide (70%).

27
Une enquête semblable a été menée à Kikwit. La consommation par jour et par

personne est de 1.835 calories et 32,6 g de protéines. Le manioc procure 49% des

calories et le maïs 18,3%. L'huile de palme est très importante et apporte également

16,5% des calories.

Une autre petite enquête menée à Kindu en octobre 2002, ville prise en tenailles par

les Mayi-mayi, montre une consommation moyenne journalière de seulement

1.116 calories et 22,4 g de protéines et des ménages dont la taille moyenne est

maintenant de 10 personnes. La ration alimentaire est principalement constituée de la

pâte et des feuilles de manioc, prises en un seul repas par jour.

4. Les enquêtes nutritionnelles

Une autre information importante sur la sécurité alimentaire est obtenue grâce aux

enquêtes nutritionnelles organisées surtout par le Ministère de la Santé, les bailleurs

de fonds et les ONG, en particulier sur la situation des enfants et des femmes. En

général, ces études portent sur la ville de Kinshasa ou une de ses communes. Mais

dernièrement, de plus en plus d'enquêtes sont organisées dans les zones occupées

jusque récemment.

En général, toutes ces enquêtes portent sur un échantillon restreint et non représentatif

pour toute la population concernée. Néanmoins, ces "photos" sur l'état de la sécurité

alimentaire à un moment donné et sur un groupe (généralement vulnérable) de la

population donnent des indicateurs suffisamment alarmants pour déclencher une

28
intervention ou justifier sa continuation. Le seul tableau synoptique sur la situation en

2000 et 2001 que nous avons trouvé est le tableau 12. Il appelle les commentaires

suivants:

- le taux de malnutrition globale parmi les enfants < 5 ans va de 10 à 20% pour

les communes de Kinshasa, et beaucoup plus dans les zones anciennement

occupées. Ceci montre l'existence des problèmes nutritionnels graves, mais

c'était également le cas à Kinshasa il y a 5 à 10 ans;

- la malnutrition sévère est l'indicateur le plus alarmant, car on sait que ce

phénomène affecte très négativement la croissance des enfants et leur capacité

intellectuelle ultérieure. A Kinshasa, le taux est de moins de 3%, ce qui est

toujours préoccupant quoique ce n'est pas ce qu'on attendait. A première vue,

on prévoyait pire. Et ce taux ne diffère pas substantiellement de celui d'il y a

dix ans. Sans doute, des stratégies de lutte contre la malnutrition existent et

sont efficaces (Kankonde et Tollens, 2001). A l'intérieur du pays, les taux

vont jusqu'à 25,8% (Kiambi, Nord Katanga), soit un quart des enfants. La

situation est dramatique surtout sur les anciens fronts. Mais probablement la

situation peut rapidement s'améliorer si les voies de communication sont

ouvertes et si l'activité économique reprend son rythme d'antan.

Mais un appui au redémarrage, l'amorce de la pompe, est certainement nécessaire.

Sans un minimum de capital de base, la vulnérabilité persistera et la population restera

susceptible aux shocks venant de l'extérieur. Et le défi est surtout de faire une

transition harmonieuse entre l'aide humanitaire et l'aide au développement.

29
La dernière enquête nutritionnelle dont nous disposons est celle qui fait partie de

MICS2 pour 2001 (Ministère du Plan et de la Reconstruction et al., 2002), qui a

couvert l'ensemble du territoire national (9.454 enfants) et qui avait pour but de

déterminer la situation des enfants et des femmes. Elle a été effectuée sous l'égide de

l'UNICEF, avec un financement important de l'USAID. Les résultats obtenus sont

comparés à ceux de l'Enquête Nationale sur la Situation des Enfants et des Femmes

(ENSEF) de 1995. Trois indicateurs anthropométriques conventionnels ont été

retenus: le retard de croissance (taille/âge) (malnutrition chronique), l'émaciation

(malnutrition aiguë) (poids/taille) et l'insuffisance pondérale (poids/âge).

De l'analyse des données récoltées, on peut retenir que la situation nutritionnelle de la

R.D.C. reste très critique. Les indicateurs calculés pour apprécier la situation

montrent soit une stagnation de la situation soit une dégradation.

30
Tableau 12: Résultats des enquêtes sur la malnutrition en R.D.C.

Province Localisation Age Globale Sévère1 Date Source


Ville de Kinshasa Kimbanseke Commune <5 12.2 % 2.6 % Fév 2001 ACF-USA
Selembao Commune <5 12.0 % 2.6 % Fév 2001 ACF-USA
Kisenso Commune <5 9.4 % Fév 2001 ACF-USA
Masina commune (Tshimungu) <5 11.3 % Av 2001 SC UK
Kimbanseke Commune (Lobiko) <5 18.3 % Av 2001 SC UK
Bas-Congo Luozi <5 4.6 % 1.3 % Mar 2001 MSF-B
Mangembo <5 5% 0.8 % Mar 2001 MSF-B
Bandundu Pas d'information
Kasaï Occidental Demba <10 30 % 10 % Déc 2000 Demba Hôpital
Kasaï Oriental Pas d'information
Equateur Pas d'information
Province Orientale Rimba (Ituri) <5 8.57 % 2% Mar 2001 COOPI
>5 3.2 % 1.28 %
Nioka <5 10.4 % 15.12 % Mar 2001 COOPI
>5 12.6 % 22.78 %
Kisangani <5 9.1 % 1.7 % Inconnu MSF-H
Nord Kivu Goma Health Zone <5 9.3 % 0.9 % Déc 2000 SC UK
(6 Aires de Santé) 29.3 % 11.9 %
Kayna <5 29.4 % 14.3 % Mai Solidarités
Juin 2001
Kibabi (Masisi) <5 5.7 % 1.3 % Sept 2000 SC UK
Kirolirwe (Masisi) <5 6.7 % 0.3 % Nov 2000 SC UK
Sud Kivu Bitobolo/Bunyakiri (*) 12-59 41.1 % 17.1 % Déc 2000 SC UK
Mths Jan 2001
mois
Maniema Kalima <5 14.1 % 8.1 % Jan 2001 Merlin
N. Katanga Kalemie ville <5 7% 4% Août 2000 Nuova Frontiera
Nyunzu <5 21.7 % 12.2 % Sep 2000 Nuova Frontiera
Kioko <5 14 % 9.2 % Sep 2000 Nuova Frontiera
Manono <5 23.23 % 19.87 % Mar 2001 Nuova Frontiera
Kiambi <5 32.07 % 25.79 % Mar 2001 Nuova Frontiera

Ceci représente la majorité des enquêtes nutritionnelles effectuées en R.D.C. en 2000 et 2001

(*) Taux de malnutrition globale enregistré par SC UK pendant la campagne de vaccination à


Bunyakiri, Sud Kivu. La méthodologie était un premier examin en utilisant MUAC et la
détection d’oedèmes. Pas de mesures anthropométriques ont été prises.

Source: Anonyme, 2001

S'agissant de l'état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans, on note une

détérioration profonde si on considère la malnutrition aiguë et une certaine stagnation

de la situation quand on regarde le retard de croissance et l'insuffisance pondérale.

- la prévalence de la malnutrition chronique (ou retard de croissance) modérée et

sévère est de 38,2% dont 20,3% de retard de croissance sévère;

1
Malnutrition sévère: enfants situés à <-3 écarts - types de la médiane de la population de référence

31
- la prévalence de la malnutrition aiguë (+ œdèmes) modérée et sévère est de l'ordre

de 16,9% dont 6,6% souffrant d'une forme sévère (près d'un million d'enfants);

- l'insuffisance pondérale modérée et sévère touche 31,1% d'enfants dont 9,4%

touchés sévèrement (976.706 enfants).

En considérant l'insuffisance pondérale - la malnutrition globale, qui reflète à la fois

les effets du moment et du passé comme l'indicateur le plus classique et le plus

simple, on peut dire qu'il y a eu une baisse légère (non significative statistiquement)

des taux en magnitude depuis 1995. Ceci se confirme en effet pour deux taux (niveau

sévère) comme le montre le tableau 13. Il y a eu une nette détérioration de la

malnutrition aiguë depuis 1995, le taux (niveau sévère) passant de 3,5 à 6,6. Pour le

niveau modéré, le taux est passé de 6,1 à 10,3. La proportion d'enfants avec œdèmes

(signe de kwashiorkor - manque de protéines) qui était de 2% en 1995 est de 3,7%

actuellement.

Tableau 13: Les taux de malnutrition sévère en R.D.C., 1995 et 2001

Type de malnutrition 1995 2001


Malnutrition chronique (taille/âge) 24,6 20,3
Malnutrition aiguë (poids/taille) 3,5 6,6
Malnutrition globale (poids/âge) 10,2 9,4

Source: Ministère du Plan et de la Reconstruction et al., 1992

Pour revenir à la malnutrition globale - l'insuffisance pondérale, la répartition selon

les provinces et le milieu de résidence est présenté dans le tableau 14.

32
Tableau 14: Répartition de la malnutrition globale selon les provinces et le
milieu de résidence (enfants <5 ans - rapport poids/âge)

Province/lieu de résidence Malnutrition

Légère Modérée Sévère


Province
Kinshasa 29,0 14,2 4,2
Bas-Congo 33,2 13,7 10,8
Bandundu 31,8 23,7 10,7
Equateur 30,8 22,6 8,8
Province Orientale 32,7 19,2 7,1
Nord Kivu 30,7 25,7 7,9
Sud Kivu 31,3 21,8 13,3
Maniema 24,6 28,4 9,1
Katanga 28,9 21,4 11,5
Kasaï Oriental 28,1 20,4 9,5
Kasaï Occidental 28,6 23,6 10,1
Milieu résidence
Urbain 29,0 16,9 5,1
Rural 30,8 24,0 11,5

Source: Ministère du Plan et de la Reconstruction et al., 1992

On observe que le Sud Kivu et le Katanga sont les plus touchés (indice sévère

respectifs de 13,3 et 11,5) et que Kinshasa est le moins affecté, avec un taux de 4,2.

Le milieu rural est beaucoup plus affecté pour les trois niveaux de malnutrition.

En conclusion, surtout la prévalence de la malnutrition aiguë (poids/taille) est

beaucoup plus grande en 2001 qu'en 1995 - elle a presque doublé. C'est surtout le

kwashiorkor qui a réapparu chez beaucoup d'enfants - manque de protéines dans la

diète. Ceci est certainement lié à la guerre et à l'insécurité et à la progression de la

pauvreté de sorte que les parents ne savent plus acheter des aliments riches en

protéines (arachides, haricots, lait, viande, poisson). Le nombre total d'enfants en

malnutrition aiguë (taux modéré et sévère, et avec œdèmes) est de près de 2 millions.

Ceci appelle à des interventions d'urgence pour leur récupération.

33
Les autres indicateurs calculés montrent que:

- s'agissant de l'état nutritionnel des mères, la situation est aussi critique; la

proportion des mères souffrant d'une insuffisance d'indice de masse corporelle

(IMC) est de 17,8%;

- s'agissant de l'alimentation des nouveau-nés et des nourrissons, aucun progrès n'a

été observé; l'insuffisance pondérale à la naissance est critique et dénote un

problème de santé publique; la proportion des nouveau-nés pesant moins de 2,5 kg

est de 10,7%;

- s'agissant de la consommation du sel iodé, là au moins des progrès sensibles ont été

observés et l'objectif du sommet mondial a été presque atteint; la proportion des

ménages consommant du sel iodé est de 92,9% mais pour 21,4% des ménages le

sel est insuffisamment iodé;

- -s'agissant de la supplémentation en vitamine A, des efforts sont menés mais ils

sont encore insuffisants;

- la proportion des femmes supplémentées dans les 8 semaines après accouchement

est de seulement de 20,0%;

- la proportion des enfants de 6-59 mois supplémentés dans les 6 derniers mois

ayant précédé l'enquête est de 11,5%.

En définitive, sauf pour la consommation du sel iodé pour laquelle des progrès

spectaculaires ont été réalisés, la situation nutritionnelle s'est dégradée surtout quand

on considère le niveau de malnutrition aiguë, l'insuffisance de l'indice de masse

corporelle chez les mères et l'insuffisance pondérale à la naissance. Le milieu rural

est fortement touché et les familles pauvres paient un lourd tribut.

34
5. Conclusions

Manger en R.D.C. est un défi de tous les jours pour les Congolais, plus maintenant

qu'auparavant. Mais c'est plus un problème de pauvreté généralisée et de manque de

pouvoir d'achat que d'échec agricole et de commercialisation défaillante. La situation

sur le terrain est sans doute plus difficile que les statistiques et les enquêtes nous

l'indiquent. Les Congolais sont passés maîtres dans l'art de développer des stratégies

de lutte ("coping strategies") et de faire face à des chocs imprévus et des aléas. Le

refuge dans le secteur informel et la débrouillardise sont apparemment la source

inépuisable de moyens de survie. Ceci dépasse souvent la logique cartésienne qui

caractérise les cultures européennes. Mais avec la fin de la guerre civile en vue, le

moment est venu de raccrocher au développement (soutenable) et d'afficher des taux

de croissance économique décents.

Au stade actuel du développement économique de la R.D.C., c'est encore le secteur

agricole qui offre les meilleures perspectives pour une croissance soutenue et dont

bénéficient des larges couches de la population. Aucun autre secteur ne peut mettre

au travail autant de personnes et procurer des plus-values et des (vraies) richesses. Et

il faut relativement peu de moyens pour redémarrer le secteur agricole et le faire

contribuer significativement à la croissance économique: un cadre macroéconomique

propice, la libre circulation des biens et des personnes, les infrastructures de transport,

des semences de qualité, un encadrement minimum …. La meilleure garantie pour le

succès serait un débat préalable suivi d’un consensus entre les Congolais. Mais la

Communauté internationale doit exprimer sa solidarité et partager (un peu de) ses

35
richesses pour rendre possible un nouveau décollage et consolider ainsi la paix et la

stabilité au cœur de l'Afrique Centrale.

Rappelons que face à l'engagement de la communauté internationale et l'objectif du

SMA pour 2015, la R.D. Congo est le premier pays dans le collimateur pour améliorer

sa sécurité alimentaire, car c'est aussi le pays où la sécurité alimentaire s'est le plus

dégradé depuis 1990-92. Ceci ne peut laisser personne indifférent.

36
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K.U.Leuven, januari 1994, 39 p.

nr. 3 BEERLANDT, H. en L. DRIESEN, Evaluatie van bovine somatotropine aan


criteria voor duurzame landbouw, Afdeling Landbouweconomie,
K.U.Leuven, januari 1994, 63 p.

nr. 4 BEERLANDT, H. en L. DRIESEN, Evaluatie van gemanipuleerde planten


met biopesticide eigenschappen afkomstig van Bacillus thuringiensis aan
criteria voor duurzame landbouw, Afdeling Landbouweconomie,
K.U.Leuven, januari 1994, 32 p.

nr. 5 BEERLANDT, H. en L. DRIESEN, Evaluatie van haploide planten aan


criteria voor duurzame landbouw, Afdeling Landbouweconomie,
K.U.Leuven, januari 1994, 17 p.

nr. 6 BEERLANDT, H. en L. DRIESEN, Evaluatie van genetische technieken voor


diagnosebepaling, immunologische technieken ter verbetering van de
landbouwproduktie en transgene dieren en planten als bioreactor aan criteria
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1994, 28 p.

nr. 7 BEERLANDT, H. en L. DRIESEN, Evaluatie van verbetering van de


stikstoffixatie bij planten aan criteria voor duurzame landbouw, Afdeling
Landbouweconomie, K.U.Leuven, januari 1994, 17 p.

nr. 8 BEERLANDT, H. en L. DRIESEN, Evaluatie van porcine somatotropine aan


criteria voor duurzamelandbouw, Afdeling Landbouweconomie, K.U.Leuven,
januari 1994, 29 p.

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Theory: the State and the Private Sector; II. Output Markets and Marketing
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