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Katholieke Universiteit Leuven
Faculté des Sciences Agronomiques et de la Biologie Appliquée
Working Paper
2003 / 77
Eric TOLLENS
Février 2003
Copyright 2003 by Eric Tollens. All rights reserved. Readers may make verbatim
copies of this document for non-commercial purposes by any means, provided that
this copyright notice appears on all such copies.
2
Table des Matières
1. Introduction 4
3. La consommation alimentaire 20
5. Conclusions 35
Bibliographie 37
3
1. Introduction
Selon l'Etat de l'Insécurité Alimentaire au Monde de 2001 (FAO, 2001), la R.D.C. est
le pays qui a la plus grande augmentation de la proportion des sous nourris sur la
sous nourrie a triplé en R.D.C. pendant cette période (FAO, 2002). Selon ce même
rapport, à peu près 70% des personnes en R.D.C. sont malnourris actuellement.
Ainsi, on peut dire que la R.D.C. doit être la cible la plus importante pour réduire de
moitié le nombre de personnes sous alimentées dans le monde pour 2015 au plus tard,
vit tous les jours et guette près d'un tiers de la population de manière aigue sur
production vivrière et sa commercialisation, mais est aussi l’une des causes directes
RDC est parmi les plus élevés du monde. Rappelons ici que selon le rapport de la
4
R.D.C., sous l'hypothèse d'un haut niveau d'intrants, peut produire suffisamment pour
Notre objectif premier ici est de faire le point sur l'état actuel de la sécurité
court, moyen et long termes pour améliorer la situation et bannir, une fois pour
scandale minier, mais aussi du scandale agricole. En effet, aucune raison ne peut
Pour faire le diagnostic, il y a des indications, un peu partout, que la situation est
mauvaise, mais peu de données récentes fiables existent. Nous risquons de rester
présenter ci-après ce qui nous paraît le plus fiable et le plus pertinent pour élucider la
situation.
5
2. L'insécurité alimentaire actuelle et passée
personnes et de leur pouvoir d'achat. C'est ce dernier facteur qui, à travers le revenu,
On reprend ici les informations présentées dans le rapport général des Ateliers
"La production agricole est encore traditionnelle et accuse une tendance générale à la
baisse depuis 1998, estimée globalement à -20% pour les céréales; à -12% pour les
racines et tubercules et à -6% pour les légumes. Le cas le plus frappant est celui du
manioc qui est la culture de base d'autant plus qu'il occupe ± 50% de terres arables et
couvre 70 à 80% des apports nutritionnels des Congolais. D'une façon générale, on
estime que la production de cet aliment de base a chuté de plus de 20% à cause des
La tendance générale de toutes les activités de pêche est à la baisse. On note une
diminution très sensible du nombre d'embarcations qui en moyenne est passé d'une
6
pirogue pour deux pêcheurs avant la guerre à une pour six pêcheurs aujourd'hui. La
La tendance générale de la production animale est aussi à la baisse. Par exemple, les
provinces du Nord et Sud Kivu ainsi que le district de l'Ituri qui sont les régions à
grande vocation pastorale ont perdu près de 80% de leur cheptel. Au Bandundu, la
guerre de 1997 a décimé les élevages de gros et petit bétail qui étaient en plein essor.
cette contrée ont été durement frappés et les effets s'en ressentent encore aujourd'hui.
nature de cette instabilité diffère d'une province à l'autre. Pour la ville de Kinshasa
(Equateur, Nord et Sud Kivu, Province Orientale) ont été interrompus, ce qui a un
impact sur l'offre en haricot, huile de palme, maïs, riz, banane plantain et manioc
150.000 tonnes. Ainsi, à moyen terme, la sécurité alimentaire ne sera pas garantie
Kivu.
7
L'insécurité générale a conduit à l'abandon des activités agricoles et commerciales qui
débouche ainsi sur une pénurie des denrées alimentaires. Les pillages de 1991 et
1993, le non paiement des salaires par l'Etat et les privés ont provoqué le chômage et
D'une manière générale, on estime que le nombre des personnes vulnérables a atteint
près de 20 millions d'individus qu'on peut répartir en: 2 millions de déplacés internes,
déplacer à cause des conflits ethniques entre Hema et Lendu. Cela a entraîné des
une analyse.
commerce à travers l'Equateur, profitant de l'alternance des saisons, a été très perturbé
Maniéma, les légumes et les haricots du Kivu, la viande venant de l'Ituri, etc. Tout
ceci a provoqué une plus grande instabilité des prix sur les marchés et des
8
Mais l'incidence de la guerre civile a été la plus ressentie sur les revenus des ménages,
travail salarié dans le secteur formel, le non-paiement des salaires (surtout des
monétaire, l'arrêt de pratiquement tout investissement, etc. ont fait que le Congo se
classe maintenant parmi les cinq pays les plus pauvres du monde, le PIB per capita
était en 2000 seulement 80 US$ (1985). Pratiquement toutes les couches sociales sont
Nous ne disposons pas de statistiques fiables sur les superficies emblavées et les
rendements des cultures. Mais des informations anecdotiques nous renseignent que
les villes, surtout pour les cultures maraîchères et le petit élevage. Ainsi, le projet
Le petit élevage concerne les poules/poulets, canards et pigeons et même les porcs. A
noter que, par exemple, la MIDEMA a vu ses ventes de provende augmenter de 80%
ces deux dernières années. Elle a dû ouvrir une nouvelle usine d'aliments composés
9
On note une augmentation spectaculaire de la production de niébé, une légumineuse à
graines cultivée surtout dans les zones plus sèches du Bandundu, très souvent en
deuxième culture. On trouve de plus en plus du petit mil sur les marchés, ainsi que
du sésame. Ceux-ci sont des cultures de soudure, ce qui illustre que la soudure est
devenue vraiment difficile. De plus en plus de riz irrigué est cultivé dans les bas-
pour les marchés de Kinshasa doit avoir augmenté beaucoup, étant donné que son prix
en zone de transition où les routes de desserte agricole ont été remises en état, p.ex. la
Bandundu produit certainement plus de maïs maintenant qu'il y a 5-10 ans. Ceci a
Nous ne disposons pas d'informations pour l'intérieur du pays et les zones de crise.
Mais le manioc a été la culture la plus importante qui a permis d'éviter la famine et
être récolté à n'importe quel moment, et se conserve bien dans le sol (jusqu'à 24 mois
après plantation), c'est vraiment la culture de sécurité alimentaire (et de guerre) par
10
Inutile de rappeler que partout la fertilité des sols a diminué. Il n'y a pas eu d'apports
qu'on peut récolter à tout moment, comme le manioc, ou qui ont un cycle végétatif
Ces bilans se trouvent sur le site web de la FAO, la dernière année étant 2000. A
partir du bilan, on peut déduire la consommation apparente par tête et par jour. Ci-
(Tableau 1).
On peut constater que la situation est plus ou moins normale jusqu'en 1992-93 et
qu'elle se dégrade continuellement depuis lors pour atteindre seulement 1514 calories
avec seulement 1500 calories par jour et 24 g de protéines? A noter que le même
bilan indique une consommation de 288 kg de manioc par tête et par an en 2000, soit
15.959.000 t pour le pays, ou 859.5 calories (57%) et 4.9 g protéines par jour. Pour
les mêmes années, les céréales donnent 274 calories (18%) et 7 g de protéines. Ceci
11
Tableau 1: Consommation alimentaire en calories et protéines (g) par
personne et par jour en R.D.C., selon le bilan d'approvisionnement
alimentaire
gemini virus très virulent de l'Afrique de l'Est, combiné à celui de l'Afrique de l'Ouest
(et des prix du manioc). Heureusement qu'il y a les projets manioc avec la FAO,
des variétés résistantes, mais on doit noter qu'il faut au moins une dizaine d’années
pour remplacer les variétés existantes, étant donné la lenteur de la multiplication par
boutures. Un des symptômes de la rareté (cherté) du manioc sur les marchés pendant
certaines périodes est qu'il arrive que le prix de la farine de maïs, et même celui du
riz, coûtent moins cher ou autant que la farine de manioc (tableau 2).
12
Tableau 2: `Prix de détail du maïs, du manioc et du riz sur les marchés de
`Kinshasa en 2000
lesquelles les bilans d'approvisionnement sont basés, sont peu fiables étant donné le
peu de ressources dont disposent les services de statistiques agricoles dans ce pays.
En 1987-1989, nous avons effectué des enquêtes par sondage sur la production et la
obtenues dans le projet avec les statistiques officielles montrait une production réelle
(si l'on croit à ces enquêtes) supérieure de 37.6% pour le manioc au Bandundu et de
72.2% au Bas-Congo (tableau 3). Des résultats similaires ont été obtenus pour le
maïs, l'arachide, le riz et les haricots. C'est seulement pour les bananes plantains que
(Tollens, 2002).
13
Tableau 3: Production comparée de manioc ( tonnes des racines fraîches) au
Bandundu (octobre 1987-septembre 1988) et au Bas-Congo
(octobre 1988-septembre 1989), projet commercialisation et
statistiques officielles.
Kinshasa depuis les années 1980 (Goossens et al., 1994), surtout pour les céréales
(blé, riz) et les produits congelés d'origine animale (poisson et viande). Ces derniers
MIDEMA dont les moulins de blé à Matadi ne tournent qu'à 40% de leur capacité. Et
ceci malgré le droit de douane de 35,60% qui frappe les importations de farine de blé.
Les importations de riz ont fortement augmenté, notamment suite aux bas prix qui
14
On trouve les baguettes de pain (150 à 200 g) partout à Kinshasa et à l'intérieur du
pays, à des prix défiant toute concurrence: 35 à 40 FC, soit à peu près 0,10 US$. Le
pas de données fiables sur les importations de blé et de farine de blé, mais nous
les grandes boulangeries à Kinshasa, qui dominent le marché du pain (QUO VADIS,
On peut conclure que le total des importations (en calories) n'a probablement pas
qualité (poulet, viande bovine), autant de mpiodi (poisson) et plus de 5ième quartier
très rare. Le plus souvent, quelques petits morceaux dans la sauce peuvent suffire.
Bandundu et les Kasaï. Cette situation est mise en évidence par l'étude
1
Cette étude a été faite pour la Commission européenne en 1999-2000 et comportait plusieurs
enquêtes originales et la collecte de données primaires. L'objectif principal était d'évaluer l'impact
15
sont tirés les tableaux 4 à 6 ci-après Depuis la rébellion de 1998, le trafic fluvial
venant de Bandundu a plus que triplé en tonnage (produits agricoles:de 3.500 t par
mois à 11.000 t par mois). Entre 1990 et 1999/2000, le transport fluvial arrivant à
étaient assurés par l'ONATRA tandis qu'en 1999/2000 95% l’étaient par le secteur
Source:Bescoplan/GRET, 2000
Un autre changement important est l'émergence des baleinières (en bois). Chaque
mois, entre 100 et 120 baleinières de 10 t à 200 t, avec une moyenne de 40 t, arrivent
à Kinshasa. Le GRET estime qu'il ya 150 à 200 baleinières qui opèrent à Kinshasa.
Ces bateaux étaient très rares dans les années 1970 et 1980. Ils sont fabriqués
localement par des artisans sur des chantiers navals à Eolo, territoire d'Idiofa et
Nioki, territoire d'Inongo (ex-Forescom). L'USAID avait financé à la fin des années
expatrié avait formé des menuisiers locaux dans l'art de la construction navale. A
fonds FED.
16
l'époque , ce projet rencontrait beaucoup de scepticisme car le transport par camion
N.B.: 62% du tonnage était du manioc, 19% du maïs, l'huile de palme 5% et le café
9%.
reprise des coopérations est l'entretien et la réparation des grands axes routiers et des
17
routes de desserte agricole, y compris celles vers les embarcations des bateaux
(Bandundu notamment). La tache est immense mais beaucoup a déjà été réalisé ou
est en cours de réalisation (projet PAR de l'UE, projet routes de desserte agricole de la
de toute sorte qui facilitent le commerce. Il s'agit surtout du groupage des produits
les ngunda ou ngundeurs, les drogadeurs, etc.. Tous ces intermédiaires peuvent
avoir existé au courant des années 1980 ou 1990 mais ils sont devenus
"mainstream" à la fin des années 1990 pour faire face aux défaillances des services
18
- l'établissement des grand marchés de détail comme le "Marché de la Liberté" à
Masina, ouvert le 16 janvier dernier, probablement le plus grand d'Afrique (21 ha,
fruit d'une collaboration entre le secteur public et privé, dans ce cas la société
du gigantisme de ces marchés, leur mode de gestion, son impact sur la distribution
En août 2002, les prix des produits vivriers à Kinshasa (en dollars) étaient au plus bas
depuis longtemps (voir tableau 7). Nous en ignorons les causes réelles mais un
la baisse des revenus a sans doute fait chuter les prix. On espère que ces prix bas
Tableau 7: Les prix du maïs et des cossettes de manioc (US$/kg) en août sur
les marchés de Kinshasa
19
Tableau 8: Les prix du maïs et des cossettes de manioc (US$/kg) en
novembre et décembre (période de soudure) sur les marchés de
Kinshasa
Pendant la dernière période de soudure, novembre et décembre 2002, les prix parking
du maïs et manioc étaient au plus bas par rapport aux trois années précédentes
UScents observée entre 1993 et mars 2000 (Le Voyageur , 2002). C’est une très
bonne chose, car les deux glucides de base sont ainsi plus accessibles aux Kinois par
Kinshasa même) en est responsable, mais également la reprise, bien que timide, du
trafic fluvial entre Kinshasa et l’Equateur, avec sept bateaux arrivés de l’Equateur
3. La consommation alimentaire
meilleur que dans le reste du pays, à cause des revenus moyens supérieurs à Kinshasa
Kinshasa.
20
Pour Kinshasa, la dernière enquête PNUD-SOCOMEG (2000)1 a été effectuée auprès
de 1.225 ménages, un échantillon assez fiable. Les autres enquêtes de 1975, 1986,
La première remarque qui s'impose est que la consommation en calories est bien
consommation n'était que de 1.797 calories par personne et par jour. Par contre, la
consommation de protéines est toujours supérieure à celle des bilans. Mais au cours
des années, la tendance est toujours à la baisse pour arriver à seulement 1.368 calories
en 2000 et 38,5 g de protéines. Est-ce vraiment possible? Et il faut savoir que dans la
humaine et physiologie disent que ce n'est pas possible, sauf si on réduit au maximum
dans un fauteuil au soleil pendant une bonne partie de la journée. On semble avoir
1
Source: Nkwembe Unsital (2002)
2
Une consommation de 2.300 calories et de 70 g de protéines par personne et par jour est conseillée
par les nutritionnistes comme seuil minimal nécessaire permettant à une personne de mener une vie
active et saine.
21
Les autres observations pertinentes qu'on peut faire sont les suivantes:
cossettes de manioc sont maintenant aussi chères que les céréales (maïs, riz
importé);
- le riz augmente fortement en importance, c'est très net! Aussi bien le riz local que
s'est multipliée par 2,7, celle du riz importé de 2,4. Comme les grands bassins
Ce dernier a probablement un très grand impact. Pour le riz importé, les très bas
- une très forte diminution des boissons alcoolisées (bière) à cause de l'effritement
du pouvoir d'achat;
maintiennent remarquablement!;
plantains proviennent uniquement du Bas Fleuve, en partie par chemin de fer. Est-
22
- une forte diminution de la consommation d'huiles et autres matières grasses,
matières grasses);
produit du maïs et aussi les deux Kasai. Est-ce que le Kasai approvisionne
maintenant Kinshasa en maïs? D'où vient tout ce maïs? On avait déjà remarqué
que pendant certaines périodes, la farine de maïs se vend au même prix que la
farine de manioc, phénomène jamais constaté dans le passé, car la farine de manioc
était toujours moins cher que la farine de maïs. Est-ce que les variétés hautement
productives de maïs, développées dans les années 1980 par le P.N.M. (financement
production péri-urbaine ?;
d'achat;
pouvoir d'achat;
23
- la consommation de haricots diminue tout le temps. La production était surtout au
cher;
- les poissons fumés, salés, et séchés ont connu une régression: de 6,13 kg en 1975 à
0,67 kg en 2000! Déjà en 1986, la consommation n'était que de 1,72 kg. Dans le
produit cher;
- du point de vue énergie, le manioc procure 32% des calories, suivi du blé (pain)
- pour les protéines, la consommation moyenne par tête et par jour n'est que de
39,5 g et diminue tout le temps. La principale source est le blé (33%), suivi du riz
(11%) et du poisson frais et conservé (11%), manioc (9%!), légumes frais (8%),
On peut conclure que les tableaux 9 à 11 nous renseignent sur la dégradation continue
24
Tableau 9: Consommations alimentaires annuelles (kg/tête) , ville de Kinshasa
Années
N° Produits 1975 1986 1990 1995 2000
1 Manioc (tubercules) 176,71 165,39 161,84 156,52 145,31
2 Blé (farine) 37,92 32,08 30,37 28,36 26,48
3 Légumes (feuilles fraîches) 24,73 25,03 25,12 24,24 24,35
4 Riz 8,41 12,81 15,41 19,43 21,51
- riz local (grains) 4,91 7,62 9,26 11,82 13,09
- riz importé (grains) 3,50 5,18 6,15 7,61 8,42
5 Boissons alcoolisées 31,90 18,42 15,76 12,98 10,69
6 Poissons frais et conserves 11,40 10,97 10,81 10,62 10,43
7 Plantains 3,85 5,39 6,22 7,43 8,89
Huiles et autres matières
8 grasses 14,78 10,18 9,08 7,88 6,83
9 Maïs grains 2,84 4,02 4,64 5,57 6,68
10 Laits 1,72 2,83 3,56 4,74 6,32
11 Condiments (sels, piments) 3,46 4,06 4,33 4,70 5,09
12 Poulets 1,90 4,51 7,23 6,03 4,48
13 Sucres 6,59 5,12 4,72 4,27 3,86
14 Viande bovine 6,53 4,67 4,21 3,70 3,26
15 Haricots 5,02 3,97 3,68 3,34 3,03
16 Tomates en boîtes 1,39 1,57 1,69 1,74 1,85
17 Citrons divers 1,12 1,25 1,30 1,38 1,45
18 Oignons 2,29 1,64 1,48 1,30 1,14
19 Bananes douces 1,91 1,48 1,37 1,24 1,12
20 Arachides (coques) 2,79 1,52 1,87 1,05 0,85
21 Poissons fumés, salés, séchés 6,13 1,72 1,32 0,94 0,67
Autres produits 14,41 3,50 2,75 2,10 1,62
Total 367,80 322,13 318,76 309,54 295,91
25
Tableau 10: Consommation annuelle per capita (kg, calories et g de protéines),
ville de Kinshasa
N° Produits Années 2000
Kg calories protéines
1 Manioc (tubercules) 145,31 433,9 3,6
2 Blé (farine) 26,48 268,2 12,9
3 Légumes (feuilles fraîches) 24,35 33,3 3,2
4 Riz 21,51 212,0 4,4
- Riz local (grains) 13,09 - -
- Riz importé (grains) 8,42 - -
5 Boissons alcoolisées 10,69 9,6 0,2
6 Poissons frais et conserves 10,43 21,7 4,4
7 Plantains 8,89 20,7 0,4
8 Huiles et autres matières 6,83 132,6 -
grasses
9 Maïs grains 6,68 65,0 1,7
10 Laits 6,32 14,7 0,7
11 Condiments (sels, piments) 5,09 13,9 0,4
12 Poulets 4,48 24,9 2,5
13 Sucres 3,86 36,1 -
14 Viande bovine 3,26 21,1 1,6
15 Haricots 3,03 27,9 1,6
16 Tomates en boîtes 1,85 2,7 0,2
17 Citrons divers 1,45 1,1 0,0
18 Oignons 1,14 1,1 0,0
19 Bananes douces 1,12 2,6 0,0
20 Arachides (coques) 0,85 6,9 0,4
21 Poissons fumés, salés, séchés 0,67 7,6 1,3
Autres produits 1,62 10,0 -
Total 295,91 1.367,6 38,5
Sources: Houyoux,(1986), PNUD - SOCOMEG (2000) et Nkwembe Unsital (2002) et nos calculs.
26
En août 2002, une enquête sur la consommation des ménages a été organisée à
Kinshasa par la FAO sur 2000 ménages, répartis dans les quartiers centraux et
(2750 calories). Dans les quartiers centraux, les moyennes sont de 1579 calories et
périphériques. Dans les quartiers centraux, le riz vient en tête des aliments
glucidiques, suivi du pain, du manioc, du maïs et du sucre tandis que dans les
moyenne, 64,5% des Kinois dépensent moins de 0,5 US$ par jour pour se nourrir,
27,5% dépensent entre 0,5 et 1 US$ et 8% 1 US$ ou plus. Les habitants des quartiers
périphériques sont nettement plus pauvres que ceux des quartiers centraux et cela se
Selon l'enquête menée par la FAO à Lubumbashi en octobre 2002 (Informations sur la
(1.250 ménages répartis dans les 42 quartiers des sept communes que compte la ville),
par jour. Un ménage compte en moyenne 7,5 personnes. Ici, la farine de maïs occupe
de loin la première place comme source de calories (75%). Les feuilles de manioc
sont le premier légume. 70% des protéines proviennent des céréales. On signale que
80% de la farine de maïs est importée du sud du continent, comme le haricot (90%) et
l'arachide (70%).
27
Une enquête semblable a été menée à Kikwit. La consommation par jour et par
personne est de 1.835 calories et 32,6 g de protéines. Le manioc procure 49% des
calories et le maïs 18,3%. L'huile de palme est très importante et apporte également
Une autre petite enquête menée à Kindu en octobre 2002, ville prise en tenailles par
1.116 calories et 22,4 g de protéines et des ménages dont la taille moyenne est
Une autre information importante sur la sécurité alimentaire est obtenue grâce aux
de fonds et les ONG, en particulier sur la situation des enfants et des femmes. En
général, ces études portent sur la ville de Kinshasa ou une de ses communes. Mais
dernièrement, de plus en plus d'enquêtes sont organisées dans les zones occupées
jusque récemment.
En général, toutes ces enquêtes portent sur un échantillon restreint et non représentatif
pour toute la population concernée. Néanmoins, ces "photos" sur l'état de la sécurité
28
intervention ou justifier sa continuation. Le seul tableau synoptique sur la situation en
2000 et 2001 que nous avons trouvé est le tableau 12. Il appelle les commentaires
suivants:
- le taux de malnutrition globale parmi les enfants < 5 ans va de 10 à 20% pour
dix ans. Sans doute, des stratégies de lutte contre la malnutrition existent et
vont jusqu'à 25,8% (Kiambi, Nord Katanga), soit un quart des enfants. La
situation est dramatique surtout sur les anciens fronts. Mais probablement la
susceptible aux shocks venant de l'extérieur. Et le défi est surtout de faire une
29
La dernière enquête nutritionnelle dont nous disposons est celle qui fait partie de
couvert l'ensemble du territoire national (9.454 enfants) et qui avait pour but de
déterminer la situation des enfants et des femmes. Elle a été effectuée sous l'égide de
comparés à ceux de l'Enquête Nationale sur la Situation des Enfants et des Femmes
R.D.C. reste très critique. Les indicateurs calculés pour apprécier la situation
30
Tableau 12: Résultats des enquêtes sur la malnutrition en R.D.C.
Ceci représente la majorité des enquêtes nutritionnelles effectuées en R.D.C. en 2000 et 2001
1
Malnutrition sévère: enfants situés à <-3 écarts - types de la médiane de la population de référence
31
- la prévalence de la malnutrition aiguë (+ œdèmes) modérée et sévère est de l'ordre
de 16,9% dont 6,6% souffrant d'une forme sévère (près d'un million d'enfants);
simple, on peut dire qu'il y a eu une baisse légère (non significative statistiquement)
des taux en magnitude depuis 1995. Ceci se confirme en effet pour deux taux (niveau
malnutrition aiguë depuis 1995, le taux (niveau sévère) passant de 3,5 à 6,6. Pour le
niveau modéré, le taux est passé de 6,1 à 10,3. La proportion d'enfants avec œdèmes
actuellement.
32
Tableau 14: Répartition de la malnutrition globale selon les provinces et le
milieu de résidence (enfants <5 ans - rapport poids/âge)
On observe que le Sud Kivu et le Katanga sont les plus touchés (indice sévère
respectifs de 13,3 et 11,5) et que Kinshasa est le moins affecté, avec un taux de 4,2.
Le milieu rural est beaucoup plus affecté pour les trois niveaux de malnutrition.
beaucoup plus grande en 2001 qu'en 1995 - elle a presque doublé. C'est surtout le
pauvreté de sorte que les parents ne savent plus acheter des aliments riches en
malnutrition aiguë (taux modéré et sévère, et avec œdèmes) est de près de 2 millions.
33
Les autres indicateurs calculés montrent que:
est de 10,7%;
- s'agissant de la consommation du sel iodé, là au moins des progrès sensibles ont été
ménages consommant du sel iodé est de 92,9% mais pour 21,4% des ménages le
- la proportion des enfants de 6-59 mois supplémentés dans les 6 derniers mois
En définitive, sauf pour la consommation du sel iodé pour laquelle des progrès
spectaculaires ont été réalisés, la situation nutritionnelle s'est dégradée surtout quand
34
5. Conclusions
Manger en R.D.C. est un défi de tous les jours pour les Congolais, plus maintenant
sur le terrain est sans doute plus difficile que les statistiques et les enquêtes nous
l'indiquent. Les Congolais sont passés maîtres dans l'art de développer des stratégies
de lutte ("coping strategies") et de faire face à des chocs imprévus et des aléas. Le
caractérise les cultures européennes. Mais avec la fin de la guerre civile en vue, le
agricole qui offre les meilleures perspectives pour une croissance soutenue et dont
bénéficient des larges couches de la population. Aucun autre secteur ne peut mettre
propice, la libre circulation des biens et des personnes, les infrastructures de transport,
succès serait un débat préalable suivi d’un consensus entre les Congolais. Mais la
Communauté internationale doit exprimer sa solidarité et partager (un peu de) ses
35
richesses pour rendre possible un nouveau décollage et consolider ainsi la paix et la
SMA pour 2015, la R.D. Congo est le premier pays dans le collimateur pour améliorer
sa sécurité alimentaire, car c'est aussi le pays où la sécurité alimentaire s'est le plus
36
Biblographie
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