Syllabus Histoire Des Institutions Publiques Du Mali
Syllabus Histoire Des Institutions Publiques Du Mali
Informations de base:
le nom du cours : Histoire des Institutions Publiques du Mali
code :
semestre : 1 et 2
le nombre de crédits :
les horaires et la localisation de la salle.
les pré-requis du cours : BAC Terminale Langue Littérature (TLL), Terminale
Arts et Littérature (TAL) terminale sciences sociales (TSS) et équivalents.
les informations administratives nécessaires si l’inscription au cours doit être
validée par l’enseignant.
Equipe pédagogique :
Description du cours:
Ce cours d’histoire des institutions publiques du Mali vise, dans une perspective historique, à
mieux connaitre l’héritage institutionnel du Mali en vue de mieux comprendre le
fonctionnement, le but et les problèmes de l’Etat malien actuel. De ce fait, le cours s’articule
autour de deux parties : la première partie décrit les institutions publiques précoloniales et
coloniales qui sont les fondements du système institutionnel actuel, la deuxième partie
s’intéresse aux institutions politiques et administratives du Mali indépendant sous les trois
Républiques.
Objectifs d’apprentissage:
Cette discipline, en étudiant les institutions politiques des différentes époques, révèle le
caractère dynamique de la société malienne ainsi que les liens spirituels et l’héritage matériel
entre ces périodes et l’époque actuelle. Elle permet ainsi de réfléchir sur les conditions et les
facteurs de changement et de résistances dont les institutions sont la manifestation.
1
de développer une réflexion critique sur les institutions politiques et
administratives et juridique du Mali.
Méthode d’enseignement :
Matériel de cours :
Mode(s) d’évaluation:
PROGRAMME D’ENSEIGNEMENT
1ER SEMESTRE
INTRODUCTION
1. DEFINTION
2. BUTS :
3. METHODES
I. REGIME POLITIQUE
II. REGIME ADMINISTRATIF
2
I. LA FEDERATION DU MALI
II. LES CAUSES DE L’ECLATEMENT
2ème SEMESTRE
I. ORGANISATION POLITIQUE
II. ORGANISATION ADMINSTRATIVE
I. FONDEMENTS INSTITUTIONNELS
a. La démocratie libérale
b. La libre administration
II. ORGANISATION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE
a. Organisation politique
b. Organisation administrative
BIBLIOGRAPHIE :
1 Charles Monteil, Les empires du Mali. Études d’histoire et de sociologie soudanaises, Paris,
Maisonneuve et Larose, 1929.
2 Maurice Delafosse, Haut-Sénégal-Niger. Première série : le pays, les peuples, l’histoire, les
civilisations, 3 volumes, Paris, Larose, 1912.
3 Jean-Louis Triaud, « Haut-Sénégal-Niger, un modèle “positiviste” ? De la coutume à l’histoire :
Maurice Delafosse et l’invention de l’histoire africaine », dans Jean-Loup Amselle et Emmanuelle
Sibeud (eds), Maurice Delafosse. Entre orientalisme et ethnographie : l’itinéraire d’un africaniste
(1870-1926), Paris, Maisonneuve et Larose, 1998, p. 211.
4 Notes Africaines, numéro spécial : « L’Empire du Mali », n° 82, avril 1959.
5 Djibril Tamsir Niane, Soundjata ou l’épopée mandingue, Paris, Présence africaine, 1960.
6 Raymond Mauny, Tableau géographique de l’Ouest africain au Moyen Âge, Dakar, IFAN, 1961.
7 Francis Simonis, « Soundiata Keita et Sumaworo Kanté, fondateurs de l’Empire du Mali »,
<https ://www.pedagogie.ac-aix-marseille.fr/upload/docs/application/pdf/2011-08/
div063_simonis.pdf> (consulté le 20 juin 2015).
8 Youssouf Tata Cissé et Wa Kamissoko, La grande geste du Mali. Des origines à la fondation de
l’empire, Paris, Kathala et Arsan, 1988.
3
9 Pour une description détaillée de la geste de Soundiata, voir Francis Simonis, L’Afrique soudanaise
au Moyen Âge. Le temps des grands empires (Ghana, Mali, Songhaï), Marseille, SCEREN, 2010, p. 41-
45.
10 Djibril Tamsir Niane, « Le Mali, et la deuxième expansion mandé », Histoire Générale de l’Afrique,
IV, Présence africaine, Edicef Unesco, 1991, p. 99-125.
11 Théodore Monod, « Préface », Notes africaines, numéro spécial : « L’Empire du Mali », n° 82,
avril 1959.
12 Secrétariat d’État à l’Information et au Tourisme, Connaissance de la République du Mali, sd
(1961), p. 4-5.
15 Marcel Guilhem et Sylvain Toé, Précis d’Histoire du Mali, 5e et 6e années du cycle fondamental,
Paris, Ligel, 1963.
17 Jean-Loup Amselle, « Les usages politiques du passé. Le N’ko et la décentralisation administrative
au Mali », dans Claude Fay, Yaouaga Koné, Catherine Quiminal (eds), Décentralisation et pouvoirs en
Afrique, Paris, IRD Éditions, 2006, p. 39.
18 Francis Simonis, « Le griot, l’historien, le chasseur et l’Unesco », Ultramarines, n° 28, 2015, p. 12-
31. À lire en ligne sur <http://revue-ultramarines.fr/wp-content/uploads/2015/03/Le-griot-l
%E2%80%99historien-le-chasseur-et-l%E2%80%99Unesco-par-Francis-Simonis_Revue-Ultramarines-
n%C2%B028-2015.pdf> (consulté le 20 juin 2015). Voir aussi :
http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/2015/04/15/la-charte-du-manden-ou-linstrumentalisation-du-
passe-africain/ (consulté le 20 juin 2015).
19 CELHTO, La charte de Kurukan Fuga. Aux sources d’une pensée politique en Afrique, Conakry-
Paris, SAEC-L’Harmattan, 2008.
20 L’auteur de ces lignes a participé à la rencontre de 2007. Cette analyse se fonde donc en partie sur
des observations de terrain.
21 Youssouf Tata Cissé, La Charte du Mandé et autres traditions du Mali, Paris, Albin Michel, 2003.
22 Jean Gallais, « Signification du groupe ethnique au Mali », L’Homme, 1962, tome II, n° 2, p. 106-
129.
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4
INTRODUCTION
Nous commencerons d’abord par définir les notions d’Institutions, de Public, d’Histoire, ensuite
voir quelle est l’importance et le but de la discipline Histoire des institutions publiques du Mali et
enfin comment elle s’enseigne et se pratique.
- Institutions :
Le terme institution vient du latin instituo qui signifie instituer, établir. Elle désigne une structure
d'origine coutumière ou légale, faite d'un ensemble de règles tourné vers une fin, qui participe à
l'organisation de la société ou de l'État.
L’Institution peut être appréhendée du point de vue sociologique. Dans cette perspective, une
institution désigne une structure sociale (ou un système de relations sociales) dotée d'une certaine
stabilité dans le temps. Elle est une règle du jeu acceptée socialement. De ce point de vue, toute
institution se présente comme un ensemble de tâches, règles, conduites entre les personnes et
pratiques. Pour Émile Durkheim, « On peut (...) appeler institutions, toutes les croyances et tous les
modes de conduite institués par la collectivité.. ». Les institutions sont des manières collectives d'agir
et de penser, elles ont leur existence propre en dehors des individus.
Maurice Hauriou présente les institutions comme des groupements humains dominés par une idée
d'œuvre à accomplir — le maintien de l'ordre pour la police, la diffusion du christianisme pour l'Église
ou l’accumulation de capital pour l’entreprise — : une institution sociale est une entreprise dont l'idée
domine tellement le personnel des agents qu'elle est devenue pour eux une œuvre à accomplir. Il
décompose l'institutionnalisation en cinq phases successives :
Le droit, qui est appelé à régir tous les rapports entre les hommes, se divise en un certain nombre de
branches, d'ailleurs en perpétuelle augmentation étant donné la multiplicité et la complexité croissante
de ces rapports. Parmi les principes de division que suggère l'examen du phénomène juridique, le plus
fondamental est toujours, au stade actuel de l'évolution du monde, celui qui découle de la présence, à
la charnière des relations sociales, de l'État national. C'est l'existence de l'État, en effet, qui préside à la
double série des relations internes, publiques et privées, d'une part, des relations internationales,
publiques et privées, d'autre part.
Du jour où l'État s'est affirmé comme le groupement suprême voué au bien de l'ensemble de la
population, une catégorie nouvelle s'est superposée à la catégorie des relations jusqu'alors privées
(entre les individus du clan, de la tribu, de la gens) : celle des relations publiques (mieux vaudrait dire
5
politiques). On entend par là les relations qui ont trait à l'État : ce qui englobe, au préalable, les
relations par lesquelles l'État est constitué, s'organise et fonctionne ; ensuite, les relations entre l'État et
ses membres, individus particuliers ou groupements, privés ou publics (ainsi les divisions territoriales,
éventuellement des corporations ou des établissements de droit public) ; dans les États de type fédéral,
les relations entre les États fédérés et l'État fédéral. Or, tandis que les relations entre les membres du
groupe pris individuellement sont régies par un droit d'État – plus ou moins libéral selon les matières
et les régimes – qui est le droit privé, les relations dans lesquelles l'État est en cause en tant qu'État
sont régies par le droit public.
Quoique nié par certains (Duguit, Kelsen), ce dualisme du droit privé et du droit public est dans la
nature des choses ; s'il existe des rapports entre les particuliers, auxquels l'État peut bien donner leur
règle, mais où il n'est pas partie, il existe aussi des rapports publics qui concernent directement l'État et
où il est partie.
-Histoire : il s’agit à la fois d’une discipline (Histoire) avec grand H et d’une démarche (l’approche
historique).. Le mot « histoire » vient du grec ancien historia, signifiant « enquête », « connaissance
acquise par l'enquête », qui lui-même vient du terme ἵστωρ, hístōr signifiant « sagesse », « témoin » ou
« juge ». Le mot est introduit en français au début du 12 ème siècle avec le sens de « relation des
événements marquants d'une vie, d'un règne » ou de « chronique d'un peuple ».
L’Histoire est à la fois l’étude des faits, des événements du passé. L'histoire est un récit, elle est la
construction d'une image du passé par des hommes et des femmes (les historiens et historiennes) qui
tentent de décrire, d'expliquer ou de faire revivre des temps révolus. C'est une science sociale dans le
sens où elle s'attache d'abord à l'étude de l'Homme dans les sociétés par un travail d’interprétation.
L'historien cherche à comprendre le passé via une pluralité de perspectives, en regroupant donc des
sources variées, en tenant compte de la subjectivité de l'observateur y compris de l'historien lui-même.
Selon Lucien de Samosate, un historien de l’antiquité romaine (120-180) « La tâche de l'historien, il
n'y en a qu'une ; dire les choses telles qu'elles se sont passées »,et « l'historien ne saurait écrire à la
manière des rhéteurs : ce qu'il a à dire a déjà été dit et sera dit par d'autres, car ce sont des faits
accomplis ; il faut simplement les mettre en ordre et les exposer ; il n'a pas à chercher ce qu'il doit
dire, mais comment il le dira».
L'histoire est le plus souvent partagée en périodes historiques, qui varient fortement selon les pays et
les civilisations. Ces périodes ont pour double objectif de répondre à une exigence chronologique et de
poser des repères, d'indiquer des ruptures qui traduisent un changement d'objet.
-En Occident, les historiens mettent en évidence conventionnellement quatre époques majeures de
l'Histoire : l'Antiquité (-52 à 476), de l'apparition de l'écriture jusqu'à la chute de l'Empire romain
d'Occident en 476 ; le Moyen Âge (476-1453) la chute de l'Empire romain d'occident jusqu'à la chute
de Constantinople par les Turcs en 1453, l'Époque moderne ( 1453-1789) de la prise de
Constantinople à la Révolution française en 1789 et l'Époque contemporaine (1789 à nos jours) ,
depuis la Révolution française jusqu'à maintenant.
- En Afrique : il faut partir d’un nouveau découpage car le précèdent n’est pas toujours pertinent pour
l’Afrique. De ce fait, les historiens retiennent généralement une périodisation adaptée au contexte
africain. C’est ainsi que pour Bernard DURAND, deux grandes étapes peuvent servir de canevas
historique et guider l'étudiant africain :
6
- Une étape, très longue, de plusieurs millénaires, couvre l'Antiquité et une partie du Moyen Age, et
s'arrête au Xème siècle ap. J.-c. Pourquoi le Xème siècle? Parce que le juriste, mises à part de très minces
exceptions, ne peut rien connaître de l'Afrique au sud du Sahara, de ses systèmes politiques et
juridiques avant cette date. C'est pour reprendre l'expression d'un historien de l'Afrique « la nuit à peu
près complète ». C'est sur le pourtour de la Méditerranée qu'il faut pour cette époque aller chercher
des modèles et des leçons. Mésopotamie, Egypte, Grèce, Rome nous livrent des modèles
institutionnels et juridiques dont nous sommes encore tributaires, et du V" au xe siècle ap. J.-c. vont
se produire encore autour de la Méditerranée des bouleversements importants qui rompent avec
l'Antiquité; marqués en Europe occidentale par la chute de l'empire romain et l'installation des bandes
germaniques, ces siècles sont dominés en Orient par la naissance et l'expansion de l'Islam. Des
civilisations différentes entrent en contact et provoquent des solutions institutionnelles originales,
destinées à résoudre de formidables acculturations: il faut organiser de nouvelles institutions
politiques, assurer la continuité du pouvoir, régler les rapports entre particuliers. A la tribu va succéder
la communauté islamique (Umma) tandis qu'en Europe, les royaumes barbares remplacent l'empire.
Essor pour l'Orient, effacement pour l'Occident mais tout cela au travers d'innombrables tâtonnements
et au sein de chaque société des progrès puis des reculs.
- La deuxième étape, du Xème au XVIIIe siècle offre un champ de réflexion tout différent; elle est
marquée par des changements essentiels. On assiste en Europe à la stabilisation des institutions
féodales et à la naissance des nations qui vont constituer les grands Etats d'Europe. Tandis que le
monde musulman s'émiette, s'affaiblit Iau point que les croisades voient les Chrétiens prendre pied en
Palestine et reconquérir l'Espagne), tandis qu'il se morcelle politiquement (les gouvernements de
province à une ou deux exceptions près proclament leur indépendance et se constituent en émirats), les
monarchies s'organisent en Europe où renaît la notion d'Etat. A la même époque, l'histoire
institutionnelle de l'Afrique devient possible; du Xe au XVIe siècle se succèdent et s'enchevêtrent au
sud du Sahara de grands empires, placés aux carrefours du commerce de l'or et du sel: Ghana, Mali,
Songhaï, Kanem. On assiste dans ces régions à la poussée de l'Islam, à 'l'ouverture sur le monde
méditerranéen, à la création d'une zone d'attraction et la mise en place de systèmes politiques
originaux, en contact exclusif avec le monde arabe. Il faut attendre le XV" siècle pour voir l'Europe et
l'Afrique noire entrer en contact. Tandis que pour la première, on assiste à la croissance des Etats
dominés par des monarchies absolues, ce siècle est pour l'Afrique l'annonce des siècles sombres; le
commerce atlantique, la traite des esclaves vont créer des conditions nouvelles, propres à la
disparition des grands empires centraux; à l'unité relative des systèmes politiques européens s'oppose,
dès cette époque, la variété des systèmes politiques africains, l'atomisation des sociétés et leur
faiblesse.
La Question qui se pose est de savoir quelle est l’importance de l’Histoire pour un juriste ? trois
raisons au moins peuvent être invoquées :
1. il est impossible de faire comprendre ce qu’est le Droit par le seul commentaire des textes
modernes. Le droit étant le produit de la société, il est aussi ancien que les sociétés et à ce titre, il a été,
avec le langage, un des premiers outils de la vie en société. De ce fait en s'appuyant sur l'histoire, il
s’agit de montrer aux étudiants comment le droit moderne dans toutes ses dimensions est le produit
d'une longue évolution, soit que les strates passées y sont encore visibles, soit que cette mémoire,
oubliée, est utile à la compréhension de ce qu'on leur enseigne, soit aussi que cette mémoire, loin
d'être invitation à ramener le présent au passé est porteuse de leçons qui peuvent exciter l'imagination
et « imaginer les étapes du devenir (du droit) à partir de la connaissance de la manière dont ce qui est
actuellement s'est produit. « L'histoire du droit, dit-on, n'est pas seulement pour le jurisconsulte un
ordre de connaissances ayant son objet propre ; c'est aussi une méthode. Le droit, et c'est en cela qu'il
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constitue une science, ne consiste pas seulement dans l'exégèse des textes et dans la dialectique
juridique. Il consiste surtout à dégager la nature intime et les principes des institutions publiques et
privées et, partant de là, à en construire le système harmonique et complet. Or pour dégager la nature
intime et les principes des institutions, il existe deux méthodes également nécessaires. L'une, aussi
vieille que le droit lui-même, procède par l'analyse abstraite et par la déduction; c'est la méthode
dogmatique. L'autre est une méthode d'observation: elle procède par l'histoire du droit et par le droit
comparé; elle est appelée à renouveler toutes les sciences juridiques ».
3. L’histoire permet de jeter un regard comparatif sur le droit. Dans le temps et dans l’espace.
L’histoire permet de s’interroger sur les phénomènes d'expansion du droit, les transferts de droit, qui
génèrent des situations de coexistence juridiques comme des effets plus profonds d'acculturation. La
migration d'une règle de droit ou d'un principe juridique prend souvent des traits plus sereins. Les
emprunts peuvent avoir pour cause un penchant à l’imitation, une influence ponctuelle, être dus à un
engagement commun ou à un brusque enthousiasme pour une expérience séduisante. Le droit d'un
pays peut s'imposer à un autre comme un modèle convaincant à imiter ou à transposer. Dans tous ces
cas, il s'agit d'une colonisation juridique acceptée ou désirée, essaimage dont un auteur écrivait qu'il
contredisait l'affirmation de Montesquieu selon laquelle « les lois doivent être tellement propres au
peuple pour lequel elles sont faites que c'est un grand hasard si celles d'une nation peuvent convenir à
une autre» (Agostini).
Enfin, l’histoire, qui est générale, peut permettre aussi d’entendre les spécialistes d’autres disciplines,
peser les influences qui se sont exercées sur eux, lire les critiques, apprécier les savoirs auxiliaires qui
expliquent réussites ou échecs, etc.
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Semestre 1
La prospérité et la sécurité du Ghana ont frappé les voyageurs arabes, dont la plupart avaient
pourtant visité les grandes cités du Maghreb et même l’Espagne. Le Grand Conseil du Roi
comprenait des hauts dignitaires, dont certains étaient des affranchis et des Musulmans ; les
fils de rois vaincus, gardés dans la cour comme otages, étaient associés aussi au
Gouvernement. Chaque matin, le souverain (Tounka), dans une sorte de ronde de la justice,
sortait à cheval accompagné de tous ses officiers, et faisait le tour de la capitale Koumbi Saleh
(Koumbi la Sainte), s’arrêtant pour écouter les doléances éventuelles de ses sujets les plus
humbles et leur faire rendre justice séance tenante. La ronde du soir par contre ne devait pas
être interrompue.
La succession était matrilinéaire, c'est-à-dire que c’est le fils de la sœur du roi qui lui
succédait. Cela pour s’assurer nous dit Al Bakri que le successeur serait toujours de sang
royal, car si l’on est toujours sûr d’être le frère de sa sœur, on n’est pas toujours sûr d’être le
père de son fils. Mais surtout parce que le système matrilinéaire semble avoir été au départ la
pratique courante des peuples négro-africains, pratiques sans doute liées à leur caractère
agricole et sédentaire. Nous connaissons les noms de rares empereurs dont celui de Tounka
Menin, monté sur le trône en 1062, et neveu de son prédécesseur Bassi.
L’empereur était animiste ainsi que la majorité de ses sujets. Le principal culte était celui du
dieu-serpent du Ouagadou (Ouagadou-Bida), ancêtre-totem des Cissé ; il recevait en sacrifice
annuellement la plus belle fille du pays1.
Mais l’empereur manifestait une tolérance bienveillante à l’égard des musulmans, puisque les
interprètes, le trésorier et la majorité des ministres étaient choisis parmi eux, sans doute en
raison de leur compétence technique. La cour du Tounka brillait par la magnifique profusion
de l’or.
« Le roi, nous dit Al Bakri, se met au cou et aux bras des bijoux de femme. Il se coiffe de
hauts bonnets pointus sertis d’or, autour desquels, il enroule un turban de cotonnade très
fine. Il tient audience et reçoit les doléances sous un dôme 2. Tout autour attendent dix
chevaux aux caparaçons d’étoffe d’or. Derrière lui se tiennent dix pages porteurs de
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boucliers en cuir et d’épées ; ils sont superbement vêtus et portent des nattes tressées de fils
d’or.
Le gouverneur de la ville s’asseoit par terre aux pieds du roi, entouré par les ministres
également assis par terre. Devant la porte du dôme royal, veillent des chiens de garde qui ne
quittent presque jamais le roi. Ils ont des colliers d’or et d’argent garnis de grelots des
mêmes matériaux.
L’arrivée du roi à son audience est annoncée par des coups frappés sur une sorte de tambour
appelé dûba (tam-tam). Cet instrument est une longue pièce de bois évidée. En l’attendant, les
gens se rassemblent. Les gens de la religion du roi, à son approche, se mettent à genoux et se
jettent de la terre sur la tête. C’est leur façon de saluer le roi. Les musulmans, eux, se
contentent de battre des mains. »
Lorsque le souverain venait à mourir, on construisait une sorte de dôme en bois dans lequel on
plaçait le corps sur une estrade garnie de tapis et de coussins. Auprès du corps, on disposait
des ornements et les armes du défunt, ainsi que les plats et les calebasses dans lesquels il avait
coutume de manger et de boire, garni de victuailles 3. Quelques cuisiniers et chansons du roi,
étaient placés aussi auprès de leur maître défunt. Plus l’on recouvrait l’édifice avec des nattes
et des étoffes, et toute la foule assemblée jetait de la terre dessus, de façon à former une
grande colline qu’on entourait ensuite d’un fossé ne laissant qu’une seule voie d’accès. Cette
pratique regardée comme barbare s’explique par les conceptions religieuses animistes. Il est
possible aussi qu’elle ait été une garantie politique contre les empoisonnements par
l’entourage, celui-ci sachant son sort lié à celui du souverain.
La capitale était déjà une ville cosmopolite, internationale ; elle avait son quartier arabe,
l’Islam y était toléré4, à côté du culte traditionnel: l’identification du site de la capitale du
Ghana a fait de contestations nombreuses. Une copie du Tarikh el Fettach indique « …
Koumbi, une cité considérable ». Al Bakri décrit avec tant de précisions : « Ghana, est une
grande cité comportant deux agglomérations. L’une située dans la plaine est musulmane,
habitée par des marchands arabo-berbères, des jurisconsultes et savants distingués. On y
compte douze mosquées dont le personnel est salarié. » L’autre correspondant à la ville royale
et animiste était sise à six milles de la première. Elle était entourée de bois sacrés ou El
Ghaba (nom que les musulmans avaient donné à cette forêt sacrée). Une caste importante de
prêtres hantait ces grands bois sacrés, où se trouvaient aussi des serpents sacrés et des
sépultures royales. Il était interdit d’y pénétrer sous peine de mort. El Ghaba cachait
également des prisons d’où l’on ne ressortait pas. La ville païenne possédait une mosquée à
l’usage des dignitaires musulmans qui y travaillaient. Le palais royal était clôturé, paré de
sculptures, de peintures et possédait de fenêtres vitrées. En parlant des écuries royales du
Tounka Kanissa le Tarikh el Fettach nous donne la description suivante: « chacun des mille
chevaux ne se couchait que sur une natte. Chacun portait au cou et à la patte une corde de
soie. Chaque cheval possédait d’un pot en cuivre pour uriner…chaque cheval avait auprès de
lui trois personnes attachées à son service, l’une pour la nourrir, la seconde pour la boisson,
3
4
La ville comptait déjà douze mosquées dans le quartier arabe, avec leurs imams, leurs moueddins et des
lecteurs salariés (du temps d’Al Bekri).
10
la troisième pour l’urine et les déjections. Chaque soir, du haut de son trône d’or rouge,
entouré de nombreux domestiques portant des torches, le souverain contemplait dix mille de
ses sujets invités à souper dans le palais. »
Au plan architectural, les murs dégagés sont construits en blocs de schiste et sont élevés avec
des angles d’une grande exactitude. Les rues ont en général un tracé très net. Le cimetière
découvert comporte un édifice funéraire à colonnes et des tombes avec des stèles à
inscriptions arabes5.
Certains auteurs comme V. Monteil pensent que qu’il y a eu plusieurs Ghana ou du moins
plusieurs capitales successives.6
L’organisation politique. Pour gouverner cet immense empire, les rois du Mali ont adopté un
système très décentralisé (du temps de Mahmoud Kati, on disait qu’il avait environ 400
villes). Leur empire ressemblait à une mangue comme d’ailleurs tous les autres empires
africains. Au centre, un noyau dur soumis à l’administration directe du roi qui y paraissait
partout de temps à autre.
Le royaume du Mali était subdivisé en provinces, administrés sur place par un dyamani tigui,
ou farba. Les provinces elles-mêmes se subdivisaient en cantons (kafo) et en villages
(dougou). L’autorité villageoise était parfois bicéphale avec un chef de terres religieux et un
chef politique. Parfois, un territoire même éloigné était organisé sur ce statut. Par exemple,
comme centre douanier Walata7 avait un farba à cause de son importance. Ce farba fut
d’ailleurs révoqué de ses fonctions en 1352 pour ses abus. Autour de ce noyau central,
gravitait une pulpe de royaumes maintenus dans une stricte dépendance mais, qui (ces
royaumes) n’étaient gouvernés que par l’intermédiaire de leurs chefs traditionnels. Le farba
du roi servait alors comme ministre résident, investissant le chef local parfois selon les
coutumes du pays. Tel ce chef targui8 de Tombouctou investi par le farba Moussa représentant
Souleymane, avec une tunique et un turban. Il le fit asseoir sur un bouclier soulevé qui fut
soulevé par les seigneurs. Le ministre résident supervisait les agissements du maître local. Il
ramassait le tribut payé par lui, et pouvait en cas de guerre réquisitionner des troupes parmi
ses gens. De telles provinces étaient donc encore organiquement et assez fortement rattachées
au grand corps de l’Empire. Enfin une troisième zone, en général périphérique, comme la
peau de ce fruit. C’étaient les royaumes subordonnés9 10qui reconnaissaient l’hégémonie de
l’empereur et le signifiaient en expédiant régulièrement des présents, mais n’étaient pas
5
Le site de Koumbi a été fouillé depuis 1914 par Bonnel de Mézières, Thomassey et Mauny entre autres.
6
J. Ki-Zerbo, histoire de l’Afrique Noire, d’Hier à Demain, Hatier, Paris, 1978 ; pp.109-111
7
D’après al Bakri, Walata (ou Oualata), connue comme principauté berbère, était au départ, un village de
noirs animistes. La succession y était d’ailleurs matrilinéaire et la population l’azer (dialecte soninké) jusqu’au
passage de Barth en 1855.
8
Targui (singulier) ; Touareg (pluriel)
9
Royaumes subordonnés ou royaumes vassaux.
10
11
organiquement et constamment reliés avec le centre. C’était en somme des protectorats dont
l’adhérence et l’adhésion au pouvoir central étaient fonction de la vigueur de celui-ci.
Les revenus de l’empire du Mali consistaient en impôts (dîme sr les récoltes et le bétail), en
tributs, en réquisition de pépites d’or, en taxes douanières et dépouilles de guerre. Le statut de
certaines villes ou provinces à l’intérieur de cet ensemble est difficile à préciser. C’est le cas
de Djenné, qui réunissait des pêcheurs Bozo et Somono et des Sarakholé cultivateurs-
marchands. La cité de Djenné fut fortifiée au milieu du XIIIème siècle par le roi Mana et, à la
fin du siècle, fut dotée par le roi Koy Komboro d’une imposante mosquée-cathédrale qui est
une des perles de l’architecture soudanaise.
Cependant que Abd el Wâhid et Ali s’étaient installés à Walata où ils disposaient de maisons,
d’un enclos, des femmes et d’esclaves du cru, leurs aînés Abou Bakr et Mohammed étaient
fixés à Tlemcen, et Abd er Rahman était établi à Sidjilmasa. « Le Tlemcenien expédiait au
Saharien les marchandises que celui-ci fixait et le Saharien lui envoyait des peaux, de
l’ivoire, des noix de coco et de poudre d’or. Le Sidjilmasien, telle l’aiguille de la balance, les
informait des points de hausse et par correspondance les tenait au courant des tractations des
négociants et des nouvelles du pays, de telle sorte que leurs biens communs s’accrurent et que
leurs affaires prirent une importance considérable…car ils emportent des marchandises de vil
prix et ils rapportent de la poudre d’or, métal auquel tout est assujetti en ce monde.»
Ces négociants étaient en relations avec l’empereur du Mali qui dans ses
lettres les appelait « Compagnons très chers » et « Amis très intimes ».
La grandeur du Mali : Il est probable que la mise au point d’un système politique aussi
souple, le seul logique dans un grand pays sans bureaucratie généralisée, ait été l’un des
secrets de la réussite du Mali. Il s’agissait d’une sorte d’indirect rule sur les provinces
périphériques.
12
séjourné longtemps. Le sultan ne pardonne point à quiconque se rend coupable d’injustice…
le voyageur pas plus que l’homme sédentaire n’a à craindre les brigands, ni les voleurs, ni les
ravisseurs les Noirs ne confisquent pas les biens des hommes blancs qui viennent à mourir
dans leurs contrées quand même il s’agirait de trésors immenses. Ils déposent au contraire
chez un homme de confiance d’entre les Blancs, jusqu’à ce que les ayants-droit se présentent
et en prennent possession. » Cet éloge du plus grand voyageur de l’époque est sans doute le
plus beau témoignage sur la grandeur du Mali qui avait en somme déjà prévu une procédure
de transfert des capitaux étrangers acquis au Mali.
L’empereur traitait d’ailleurs d’égal à égal avec les souverains du Maghreb dans le cadre de
l’Oumma (communauté des croyants). En 1330, il envoya une ambassade au Sultan marocain
Aboul Hassan pour le féliciter de sa victoire sur le Tlemcen.
Il noua aussi des relations avec le roi Jean II du Portugal. Il entreprit des relations
commerciales fructueuses vers le Sud, par exemple, le Worodougou (pays de la kola) d’où
venaient aussi l’huile de palme et l’or. Bien que l’empereur lui-même, les courtisans et les
hauts fonctionnaires aient utilisés des dinars d’or d’Afrique du nord, la masse des gens ne
connaissaient comme truchements de paiements que les cauris, la poudre d’or, le sel, sans
oublier le troc.
L’Empire du Mali avait un stade de civilisation où la grandeur est assez forte pour diminuer la
violence et l’injustice. C’est contre l’abus de pouvoir que les griots bouffons, se campant
devant le souverain, comme nous les représente Ibn Battouta, lui rappelaient les bienfaits de
ses ancêtres et concluaient : « Fais, toi aussi, du bien qu’on mentionnera après toi. » Mais les
ambitions personnelles et peut-être le glissement lent d’Ouest en Est des voies commerciales
(la route transcontinentale vers l’Egypte, par Agadès, le Ghat et le Fezzan étant de plus en
plus suivie) sans compter l’incertitude dans la règle de succession ( celle-ci étant tantôt
matrilinéaire, tantôt patrilinéaire), tout cela devait donner de plus en plus de chances au
royaume de Gao.
La question de succession : Soundiata ou Mari Diata11 n’avait pas voulu désigner son
successeur. Il donnait l’initiative du choix au peuple, surtout à la confrérie des chasseurs et
des trente-quatre familles de base du Mandé de le faire plutôt que de le laisser aux seuls
Massalé Kéïta. Un autre grand apport de Soundiata convenable à la bonne gouvernance est
certainement la charte de « Kouroukan Fouga 12 » ou constitution du Mandé. C’est un
document juridique qu’il élabora en 1235-1236 pour le Mandé. Cette charte était un bel
exemple de gouvernance démocratique.
11
Le nom musulman de Soundiata (converti à l’islam selon Ibn Battouta).
12
La charte de « Kouroukan Fouga» : c’est un document juridique élabora en 1235-1236 après la bataille de
Kirina pour le Mandé (KourouKan Fouga est situé dans l’actuel cercle de Kangaba)
13
L’organisation politique et le système économique constituaient les parties essentielles des
structures de l’empire Songhaï.
L’organisation du Songhaï était plus élaborée encore que celle du Mali. A la tête, l’empereur
qui, le jour de son intronisation, reçoit comme insignes un sceau, une épée et un Coran.
L’empereur devait respecter le serment de fidélité, prêté sur le Coran. Il conservait aussi les
attributs traditionnels hérités du temps des Tchi (Si, Ki) : le tambour13 et le feu sacré
(dintouri). Lors de la cérémonie solennelle du couronnement, les souma14encadraient le roi
jusque dans la salle du trône15. La cour était fastueuse. Pour chaque audience du vendredi, le
protocole assignait à chaque fonctionnaire un ordre précis de préséance, pour la tenue, la
coiffure, la parure et le nombre de tambours. Le crachat du prince n’avait pas le temps de
tomber car ils étaient recueillis dans les manches d’un des sept cents hommes habillés de soie
qui se tenaient hiératiques derrière lui. Tous ceux qui arrivaient devaient se découvrir, se
prosterner et se couvrir la tête de poussière, à moins que ce ne soit de farine par privilège,
comme dans le cas du généralissime, dyna koy ou balama. Le roi devait assister à la prière du
vendredi qui était dite en son nom. Les audiences au Songhaï étaient strictement réglées. Par
ordre de préséance chaque haut fonctionnaire avait une place fixe dans l’assemblée, en
fonction de son rôle officiel ; à chaque fonction étaient également attachés un costume et des
insignes officiels.
Askia Mohammed créa une armée de métier qui améliora la qualité des guerriers et libéra le
peuple pour la production agricole, artisanale et commerciale. L’armée, sous les ordres du
dyna koy, était divisée en plusieurs corps dont l’un servait de garde impériale, les autres étant
répartis entre les gouvernements provinciaux. Les guerriers portaient des lances, des javelots à
flèches empoisonnées et des sabres. Certains corps étaient cuirassés de cottes de mailles et de
heaumes en laiton. Au Songhaî, les généraux n’étaient plus systématiquement des esclaves ;
ils pouvaient être des hommes de condition quelconque.
L’empire était dirigé par une équipe de hauts fonctionnaires dont certains avaient une
compétence territoriale et d’autres une compétence purement fonctionnelle. Les uns et les
autres portaient le titre de koî (koy) ou de fari : ainsi les ministres résidentiels du Gourma, de
Djenné, du Dendi, de Hombori (Hombori koy dit aussi Tondi-fari, c'est-à-dire gouverneurs
des montagnes).
13
L’Askia Benkan(Bounkan) introduisit la trompette (fotorifo) et le tambour à son grave (gabtanda)
14
Les souma= un groupe de gens¸ habillés uniformément de burnous.
15
L’Askia s’asseyait sur un divan. Seul un chérif pouvait être admis à s’asseoir à coté de lui.
16
Le koî est au-dessus du châ (la nomination d’un kala-châ au poste de koî correspond à une promotion)
14
Dendi fari avait son franc-parler avec le souverain. Les griottes de la cour pouvaient seules se
permettre d’interpeller le prince par son nom. Tous ces privilèges rappelaient peut-être, à titre
de vestiges, des droits concédés aux meilleurs compagnons du prince à l’origine. Ils
imposaient en tout cas quelques limites au pouvoir du roi puisque, nous dit-on, le Bara koy
avait droit de veto, ce qui ne signifie pas qu’il en usait forcément.
Le Gourma fari était le plus important. IL portait le titre de chef supérieur (Kanfari) et
contrôlait une province considérée comme le grenier de l’empire. Il y avait aussi le Hi koy,
sorte de ministre de la navigation fluviale, choisi toujours dans le clan sorko, le Fari mondyo ,
inspecteur général des collecteurs d’impôts, le Horé Farima, grand prêtre du culte des
ancêtres et des génies, le Sao Farima, inspecteur et conservateur des forêts, qui veillait à la
coupe des bois de construction et à la perception de la dîme sur les produits de la chasse, le
Ho koy, chef des pêcheurs, le Korey Farima, ministre chargé des Blancs, etc.
I. REGIME POLITIQUE
II. REGIME ADMINISTRATIF
A l’issue de la deuxième guerre mondiale, quelque chose devait changer, à la fois pour des
raisons d’ordre interne, propres à l’Afrique (développement de la contestation et naissance du
nationalisme) et pour des raisons d’ordre internationale (pressions extérieures)…L’idée
nouvelle était de reconnaitre aux colonies « une grande liberté administrative et
économique », de mettre en œuvre, par opposition au système colonial, une politique de
décentralisation administrative, peut-être avec l’idée de conduire les colonies vers « la
personnalité politique » (expression utilisée à p la conférence de Brazzaville).
Ce sont des éléments de transformation qui ont existé. Ils sont mêmes consubstantiels 17au fait
colonial. Mais, il faut attendre la seconde moitié du XXème siècle pour les voir mûrir et avec
l’adjuvant d’éléments nouveaux faire accélérer le processus de transformation. Ces facteurs
déterminants sont à la fois d’ordre interne et d’ordre externe.
17
Complémentaire et indissociable
15
Déjà, le 25 septembre 1926, la Société Des Nations (S.D.N.) adoptait une convention
préconisant notamment la répression de l’esclavage.
Cette convention faisait référence au travail forcé sans le condamner vraiment, car il pouvait
« être exigé pour des fins publiques». En 1930, le Bureau International de Travail (B.I.T.)
adoptait une convention visant à supprimer le travail forcé » sous toutes ses formes dans les
plus brefs délais possible ».
Les différentes abolitions de l’esclavage ne sont que des étapes dans l’interdiction de
considérer un homme comme une marchandise ou un outil, à titre provisoire ou définitif. Le
couronnement du processus est l’interdiction du travail forcé.
Mais, c’est la second conflit mondial et ses prolongements qui vont être déterminants dans la
transformation de l’espace colonial. En effet, la seconde guerre mondiale va être décisive
dans la nouvelle orientation que prend l’humanité. Avec elle, les relations internationales
épousent une nouvelle configuration. De nouveaux rapports se dessinent. D’une part, la
puissance coloniale (la France) va connaitre une descente aux enfers. Vaincue et divisée
contre elle-même, elle se révèle18 comme un peuple vulnérable lui aussi. D’autre part, les
colonisés qui ont bien des raisons de se rebeller se sentent galvanisés devant la décadence de
l’oppresseur. Ils deviennent de plus en plus audacieux parce qu’ils ont défendu la métropole
attaquée au péril de leur vie. A cela, l’émergence de deux nouveaux maitres sur la scène
internationale : l’U.R.S.S. et les U.S.A. Ils sont essentiellement anticolonialistes. Ce nouvel
ordre avise la France que si elle veut restaurer sa puissance, son image, elle doit changer de
visage. La stabilité coloniale en dépend. Pour rassurer donc les puissances anticoloniales et
l’O.N.U., pour endiguer le nationalisme des colonisés, la France (à l’initiative de Gaulle)
organise la Conférence de Brazzaville (Congo) puis procède à des constructions politico-
juridiques. C’est ainsi que la représentation politique des colonies et la liberté de création des
partis politiques sont instituées.
On y distingue deux facteurs essentiels : les facteurs internes aux colonies et les facteurs
« supracoloniques »
18
Elle se révèle aux yeux des peuples colonisés à la craintifs et admirateurs
19
C’est du centre que lui viennent les initiatives, les impulsions, et les décisions.
16
C’est surtout sur le plan économique que cette dépendance est grave et remarquable ;
l’économie coloniale est entièrement édifiée et orientée selon les besoins, les intérêts et
l’évolution de métropole et au bénéfice de celle-ci. C’est ce qu’Albert Meister a appelé « le
carcan du pacte colonial ».
La société colonisée est un type de société qui est privée des moyens nécessaires à son
développement autonome. Elle existe trop exclusivement par la France et pour la France, qui
représente ce centre lointain auquel elle est rattachée (tel un cordon ombilical)
La société colonisée est également déséquilibrée à plusieurs autres égards. Ainsi, une mince
couche instruite y côtoie une population largement analphabète.
La société colonisée se présente comme une société psychiquement malade, souffrant d’un
profond sentiment d’infériorité et d’incapacité, se réfugiant dans le passé, le mythe et les
illusions.
Les élites sont les personnes et les groupes qui participent à la définition d’une idéologie ; ce
sont encore ceux qui la diffusent, qui en sont les porte-parole ou les représentants en quelque
sorte attitrés comme Léopold Sedar Senghor, Sékou Touré, Houphouêt Boigny, etc.
17
CHAPITRE 4 : L’INDEPENDANCE DANS LA FEDERATION (1958-1960)
I. LA FEDERATION DU MALI
Lorsque, fin 1958, les territoires français de l’A.O.F.devinrent des Républiques, le Sénégal,
où dominait le Parti fédéraliste africain, voulut maintenir une Fédération, il se heurta à
l’opposition de la côte d’Ivoire ; la Fédération du Mali (du nom de l’empire du Mali, un
empire du Moyen Age africain), créée en janvier 1959, reçut d’abord l’adhésion du Soudan,
de la Haute Volta et du Niger….
Rappel pour mémoire : Le Conseil de l’Entente, institué le 29 mai 1959, regroupe le Dahomey
et la Haute Volta qui n’ont pas voulu faire partie de la Fédération du Mali, et la côte d’Ivoire
et le Niger. La Communauté et la Fédération du Mali sont des superstructures qui ne
connaîtront guère la longévité. Elles expriment néanmoins deux phénomènes importants : la
Communauté n’est pas un cadre définitif ; la coopération régionale (« les sous-régions ») est
une véritable aspiration.
Le Conseil exécutif de Saint-Louis du Sénégal (11et 12 décembre 1959) marque une étape
essentielle dans ce parcours vers l’indépendance. Le point VII du communiqué est explicite,
la citation exhaustive : « le Président de Communauté a fait connaitre au Conseil la demande
présentée par la République du Sénégal et la république Soudanaise, groupées au sein de la
Fédération du Mali, tendant l’ouverture de négociations avec la République française pour
obtenir l’indépendance par transfert de compétences et signer parallèlement des accords de
coopération , tout en demeurant au sein de la Communauté, dont les institutions pourraient,
le cas échéant, être adaptées en conséquences. Le général de Gaulle a indiqué que, le Conseil
exécutif étant maintenant informé, la république française fera connaitre officiellement son
accord sur l’ouverture de ces négociations ».
18
A partir de ce jour, plus aucun doute n’existe : la voie de l’indépendance est ouverte, la
Communauté va se transformer. Il y a moins d’un an qu’elle a vu le jour.
Le communiqué publié à l’issue di dernier Conseil exécutif, le 20mars 1960, mentionne les
négociations « en vue du transfert de compétences communes » engagées avec la Fédération
du Mali et Madagascar.
Les mouvements politiques vont considérablement évoluer, les processus de libération des
Etats coloniaux vont s’accélérer en Afrique Occidentale Française (A.O.F.) entrainant le
Soudan français et le Sénégal à la création d’une fédération afin de recouvrer l’indépendance.
En effet, la Communauté était loin d’apporter les satisfactions escomptées aux nationalistes
qui avaient voté « Oui ». Les débats du Conseil exécutif, qui réunissait les présidents des
exécutifs locaux, ne sont pas sanctionnés par un vote. Compte tenu des tendances, le Président
prendrait des décisions engageant l’ensemble. La langue officielle de la Communauté est le
français. Comme emblèmes de la souveraineté le drapeau tricolore français ( bleu, blanc et
rouge) est celui de la Communauté. Le seul hymne est la Marseillaise. Une seule nationalité,
la nationalité de la République française et de la Communauté ; mais cette dernière n’étant pas
reconnue sur le plan international, il fallut mentionner sur les passeports la seule nationalité
française. Des décisions du 9 février 1959 stipulent que la politique étrangère de la
République française et de la est une, que les ambassades sont celles de la République
française, que l’armée chargée de la défense de la Communauté est une et qu’elle « est placée
sous une organisation unique de commandement ». Le service de sécurité intérieure est placé
sous l’autorité du Premier Ministre de la République française, chargé de la défense de la
20
Journal Officiel de la Communauté du 15 juillet 1960
21
J.O. de la Communauté du 15 juillet 1960. Les accords sont dans ce J.O.
19
Communauté. En décembre 1959 à la session du Conseil exécutif de la Communauté à Saint-
Louis, le Général Charles de Gaulle, conscient des aspirations du Mali, accéléra la marche
générale vers l’indépendance le 20 juin 1960. A la même date, s’est tenu un Conseil de
gouvernement.
La Fédération eut une assez courte durée (18 mois): deux mois d’exercice de sa fonction,
soit les deux mois de vie de la Fédération : du 20 juin 1960 au 19 août 1960 ; deux activités
sur le plan international, confrontées aux obstacles qu’elle a pu difficilement surmonter Deux
Conseils de gouvernement furent convoqués : le Premier tenu le 20 juin 1960, date de
l’indépendance du Mali ; le second, comme un mort-né fut empêché de se tenir le 20 août
1960. Déjà dans la nuit du19 août 1960 à la date indiquée, les prémisses de l’éclatement
commencèrent à naitre.
Les divergences au sein de l’élite politique grandirent dans la Fédération du Mali. Elles
laissèrent entrevoir un problème politique de leadership, peu obscur et non négligeable entre
les Soudanais et les Sénégalais dans la définition des causes de la rupture de la Formation.
Les causes peuvent être nombreuses (politiques, économiques, juridiques…) et regroupées.
Les causes directes se sont manifestées à un double niveau : politique et juridique Nous
traitons certaines d’entre elles.
Le gouvernement de la Fédération du Mali est bicéphale avec des dirigeants d’origine
Différents : deux chefs chargés de gouverner deux pays le Sénégal et le Soudan formant
désormais un territoire uni, fédéré.
- Le Soudanais Modibo Kéita était le chef régulièrement désigné pour
diriger le Gouvernement de la Fédération du Mali
- Le Sénégalais Mamadou Dia-Vice-président.
Un seul poste de Chef d’État-major des armées de la Fédération du Mali pour les deux
entités du même territoire. Ce qui posa un problème ; tel un prélude au processus
d’éclatement de la Fédération du Mali. C’est dit-on « la goutte qui fait déborder le vase »
20
Le Soudanais Modibo Kéita il ne pouvait pas être l’homme du groupe Senghor+Dia. Il
fallait donc l’écarter d’une manière ou d’autre, ce qui sera fait quelques heures plus tard, au
cours de la nuit même du 19 juin au 20 juin 1960 .
Pour rappel : A la veille du Conseil22, le groupe Léopold Sedar Senghor - Mamadou Dia,
fortement appuyé par la plupart de grands marabouts du Sénégal, dont Thierno Seydou
Nourou Tall.
Aussi divisés en deux groupes (pro Lamine Guèye et Senghor+Dia) les Sénégalais n’avaient
aucune chance de gagner les élections qui devaient avoir lieu pour désigner le chef d’État de
la Fédération du Mali et ses ministres, alors que les Soudanais, unis, feraient facilement
triompher leur candidat qui ne pouvait être autre que Modibo Kéita, déjà Chef du
gouvernement. Il fallait donc empêcher le vote d’avoir lieu : seul le groupe Senghor+Dia
pouvait réussir cet exploit titanesque. Ce groupe n’avait-il pas pour lui tous les atouts : les
forces mourides et tidjanes, l’église et, à cette époque, (contrairement à la période du début
de la fédération) tacitement la France ?23
Délégation malienne à Dakar, le 19 août 1960.
Quelques représentants maliens : Jean Marie Koné ; Madeira Kéita ; Tidjani Traoré ;
Idrissa Diarra ; Younoussa Maïga ; Ousmane Bâ ; Abdoulaye Singaré ; Mamadou Aw et
Mamadou Gologo24 , Amadou Hampâté Bâ, Me Boubacar Guèye (ancien ministre de la
justice de la fédération du Mali)
Explication des faits : Modibo Keïta, en sa qualité de chef du Gouvernement fédéral, avait
choisi le colonel Abdoulaye Soumaré comme chef d’état-major de l’Armée malienne. Un
problème se posait alors : cet acte de nomination n’avait pas été contresigné par Mamadou
Dia, ministre chargé de l’exécution de cet acte.
En effet, en tant que chef du département de la Défense et de la Sécurité extérieure, c’était à
lui de poser son contreseing sur l’acte de nomination de Soumaré, colonel de l’Armée. Car, en
effet, l’article 11 de la Constitution du 18 juin 1960 est clair à ce sujet.
En son dernier alinéa, il énonce : "Les actes du président, à l’exception de ceux qu’il
accomplit en sa qualité de gardien de la Constitution et de son rôle d’arbitrage, sont
contresignés" par les ministres chargés de leur exécution.
Il ressort de ces dispositions que ce sont les actes de Modibo Keïta qui sont visés : celui-ci
était provisoirement chargé des fonctions de président de la Fédération en attendant l’élection
présidentielle.
L’acte de nomination de Soumaré ne relevant pas des actes que Keïta "accomplit en sa qualité
de gardien de la Constitution et de son rôle d’arbitrage", le contreseing de Mamadou Dia était
obligatoire. Or Dia avait refusé de contresigner l’acte de nomination, qui est, par conséquent,
illégal.
Modibo Keïta s’est, en réalité, conformé au règlement militaire du 23 juillet 1960 exigeant
que le chef d’état-major soit "le plus ancien dans le grade le plus élevé".
En l’occurrence, c’était Abdoulaye Soumaré qui répondait à ces critères en ce qu’il était, d’un
côté, colonel comme d’autres- soit le grade le plus élevé au Mali - et de l’autre, le plus ancien
dans ce grade.
L’illégalité de sa nomination peut donc être tempérée par l’observation de ce règlement
militaire. Mais aussi par la pratique française du contreseing pour deux raisons : primo la
législation malienne se référait à la loi française sauf dispositions contraires, secundo la
22
Le Conseil est prévu, convoqué pour le 20juin 1960
23
Dans le numéro 4 d’Afrique Histoire, pages 56, 63,
1ère colonne (chapitre « La nomination du chef d’État - major »)
24
L’Arbre à Palabres N° 18 Janvier 2006
21
nomination d’un chef d’état-major entre dans le cadre des actes propres du président que
celui-ci exerce sans contreseing.
Mais, d’autres décisions ont été prises par Modibo Keïta, hormis la présente. L’on peut, à
juste titre, se poser la question de savoir si le Conseil qui leur a donné naissance a été
régulièrement constitué.
Le Conseil des ministres fédéraux était-il régulier ?
C’est dans la soirée du 19 août 1960, soit une semaine avant l’élection présidentielle fédérale,
qu’un Conseil des ministres fédéraux extraordinaire s’est tenu à Dakar sous la présidence de
Modibo Keïta.
Comme il ne pouvait pas être l’homme du groupe Senghor+ Dia ; il fallait donc écarter le
Président Modibo Kéita d’une manière ou d’autre, ce qui sera fait quelques heures plus tard,
au cours de la nuit même.
Le Président Modibo Kéita et le Colonel Soumaré avaient pris des dispositions préventives
en se contentant de placer les sentinelles de confiance en ville, par-ci par-là. De son côté, le
groupe Senghor-Dia-Colonel Fall, plus rapide et plus entreprenant, n’hésita pas à agir et
réussit à attirer le Colonel Soumaré dans un guet-apens. Celui-ci, réduit à l’impuissance, fut
enfermé dans un cachot.
Le Colonel Fall, bénéficiaire potentiel des fonctions du Colonel Soumaré, prit le
commandement de l’armée (ce que précisément craignait Modibo Kéita), et alla relever
– ou fit relever – les sentinelles placées en ville par le Colonel Soumaré pour les remplacer
par des hommes de confiance. Il fut ensuite facile d’encercler tous les dirigeants maliens, y
compris Modibo Kéita, dans leurs appartements. Les élections prévues n’eurent donc jamais
lieu. Ainsi éclata l’éphémère Fédération du Mali.
DEUXIEME SEMESTRE
22
De l’éclatement de la fédération à nos jours le mali a connu trois Républiques avec trois
régimes différents, du socialisme parlementaire de Modibo KEITA en passant par le régime
présidentialiste de Moussa TRAORE jusqu’à la démocratie de la troisième république, l’Etat
malien a toujours su surpasser les difficultés dans les périodes sombre de son histoire. Ce
cours sera l’occasion d’étudié ces trois régimes qui se sont succédés au Mali.
D’abord, le premier régime avait opté pour un modèle de développement socialiste et s'était
doté d'une constitution marquée en fait (et non en droit) par la prééminence du parti unique
(US-RDA). La première constitution du 22 septembre 1960 permettra l'adoption d'un plan
quinquennal de développement 1961-1966 marqué par une forte volonté de centralisation a
longtemps marqué non seulement les structures économiques, mais aussi la culture politique
et sociale des maliens.
I/ organisation politique
L’histoire institutionnelle du Mali met en exergue une succession de divers types de régimes
politiques. Ainsi, sous l’empire de la Constitution de la 1ère République du 22 septembre
1960, le Mali était dans une dynamique d’un parlementarisme caractérisé par un
accroissement des pouvoirs du Parlement au détriment de l’Exécutif. Ainsi, en vertu de
l’article 11 et 15 de la constitution du 22 septembre 1960, le Président du Gouvernement et le
Gouvernement tout entier étaient responsables devant l’Assemblée nationale. En outre, c’était
le Président de l’Assemblée nationale qui désignait un candidat aux fonctions de Président du
Gouvernement, qui était investi par l’Assemblée nationale à la majorité absolue de ses
membres (selon l’article 07 de la constitution de 1960).
23
que le président du gouvernement est élu pour une durée qui ne peut excéder celle de la
législature. Cela vaut aussi le gouvernement qu’il constitue. L’article 37 stipule que si deux
crises ministérielles surviennent au cours d’une période continue de deux ans, l’assemblée
nationale est dissoute de plein droit. Le bureau de l’assemblée en assure la permanence
jusqu’à son renouvellement tandis que le gouvernement assure l’expédition des affaires
courantes.
En réalité dans la première République le parti US-RDA était la cheville ouvrière de l’Etat.
C’est lui qui désignait la politique à suivre et contrôlait les autres institutions.
La justice était instrumentalisée par le parti et n’avait aucune indépendance. Même si, lors du
meeting du 22 septembre 1961 consacrant le premier anniversaire de la proclamation de
l’indépendance de la République du Mali, le président Modibo semblait dire le
contraire : « dans le domaine judiciaire, nous avons doté la nation d’un appareil judiciaire
simple et souple pourvu de moyens matériels adéquats, permettant de rendre aisément la
justice en la faisant plus proche, plus compréhensible aux justiciables afin que les sentences
conservent leur plein effet. » voir Modibo KEITA, discours et interventions, p 63
Quant aux missions de la justice et aux rapports entre la justice et l’Etat, KEITA poursuit : «
désormais, le magistrat n’est plus citoyen hors de l’Etat, le pouvoir judiciaire ne peut plus être
considéré en rival de la puissance publique dont il est partie intégrante. Magistrat et service
judiciaire sont au service du pays, leur mission est de sauvegarder les droits des individus et
ceux de l’Etat. La cours suprême (homologue de la cour de cassation) avec une section
judiciaire et une section administrative, la cour d’Etat comprenant une section
constitutionnelle, une section du contentieux et une section des comptes, ont été créées. »
Modibo KEITA, p 64.
24
Modibo KEITA voulait se démarquer de la politique coloniale tant du point de vue
d’organisation politique que du point de vue administratif.
Pendant la période coloniale, il était avéré que les décisions importantes étaient prises au
niveau central de façon unilatérale et appliquées de façon répressive ou coercitive. Les forces
motrices de la décentralisation territoriale que sont les populations ne jouaient qu’un rôle
d’exécutant (inexistence d’une société civile). Le Mali indépendant héritera de cette forme
d’administration coloniale.
La première république est marquée par une opposition entre des discours très
décentralisateur et une pratique centralisatrice héritée de la colonisation. La priorité est
donnée à la construction d’une unité nationale.
Richard Toé disait que : « L’Etat post-colonial n’a pas eu la capacité ou la volonté de modifier
les formes d’organisation de la société et des relations entre pouvoir et société civile. Il a ainsi
perpétué le modèle d’organisation légué par le colonisateur, en le renforçant parfois sous
certains aspects ... »25
25
R. TOÉ, La décentralisation au Mali. Ancrage historique et dynamique socioculturelle. Bamako, MDDRI,
1997, p. 29
25
Le 1er octobre 1960, dans un appel à la nation, le président Modibo Keïta déclare que « le
village est chez nous la cellule de base et c’est la vitalité de cette cellule qui engendrera la
vitalité de la nation tout entière ».
Cette affirmation du Président Modibo Keïta donnait au village toute son importance en tant
que collectivité naturellement constituée et indispensable à la formation de collectivités
territoriales et de structures administratives compatibles avec nos valeurs socioculturelles.
La loi du 2 mars 1966, fixe le code municipal en République du Mali. Toutes les communes
constituées sous la colonisation (communes mixtes, communes de moyen exercice et
communes de plein exercice) ont désormais un statut commun. Un conseil municipal élu
désigne en son sein le maire et un ou plusieurs adjoints 27. Le conseil municipal règle par
délibération les affaires de la commune, 28 donne son avis toutes les fois que cet avis est requis
par les lois et règlements ou qu’il est demandé par l’autorité supérieure et peut émettre des
vœux sur tous les objets d’intérêt local.
Il est donc établi que l’idée de la politique de la libre administration des collectivités
territoriales existait déjà sous la première République du Mali.
Cependant, il est à constater que les circonscriptions administratives mises en place par la
première République que sont les régions, les cercles, les arrondissements jouaient un rôle
militaire vis-à-vis des populations, car on était plutôt préoccupé par le renforcement de l’unité
nationale. Ainsi, comme le révèle Kassibo « étant donné la nature autocratique du régime
(Parti-Etat) qui prônait la primauté du politique sur l’administratif, "centralisme
démocratique" oblige, la décentralisation démocratique pouvait être difficilement à l’ordre du
jour »29. Sous la première République la décentralisation n’est pas allée au delà des
déclarations d’intention et des affirmations de principes.
26
Article 41 de la Constitution de 1960 du Mali.
27
Article 5 de la loi de 1966 portant code municipal en République du Mali.
28
Article 34 de la même loi.
29
B. KASSIBO, Fondements historiques et politiques de la gestion décentralisée des ressources naturelles au
Mali Synthèse de deux études de cas., CUMBU-WRI, Programme de Recherche sur les décentralisations
environnementales., Bamako, Mali, Octobre 2004, p. 4
26
Les assemblées régionales n’ont jamais, dans la pratique, été élues et en leur place ont
fonctionné des commissions spéciales comprenant en majorité des représentants de
l’administration.
Au niveau des régions, les assemblées régionales n’ont jamais été élues et ont été remplacées
par des commissions spéciales composées majoritairement de représentants de
l’administration.
Le deuxième régime (1968-1991) a vu le jour à la suite d'un coup d'état militaire. Il fut
marqué par deux étapes : Un Comité militaire de libération nationale (CMLN) est formé qui
met en place un régime d’exception. Le 23 novembre 1968, un gouvernement placé sous
l'autorité du CMLN est constitué avec le capitaine Yoro Diakité comme Premier ministre. Le
capitaine Charles samba Cissokho et le chef d'escadron de gendarmerie Balla Koné sont
nommés respectivement ministre de la Défense nationale et ministre de l'Intérieur, de
l'Information et de la Sécurité. Deux personnalités modérées du régime de l’US-RDA font
partie du gouvernement: Jean-Marie Koné qui a négocié les accords franco-malien, nommé
ministre des Affaires étrangères et Louis Nègre qui conserve son poste de ministre des
Finances auquel s'ajoute le Plan et les Affaires économiques.
Le 7 décembre 1968, la constitution du 22 septembre 1960 est abolie et remplacée par la Loi
fondamentale. Le CMLN est l'organe suprême du pays, son président, Moussa Traoré, est
chef de l'État. Le CMLN promet l'adoption rapide d'une nouvelle constitution et des élections
dans l'année à venir.
27
Cet Etat d’exception régi par l’ordonnance n°1/CMLN du 28 Novembre 1968 va continuer
jusqu’au 30juin 1979, date à laquelle l'UDPM un parti unique constitutionnel verra le jour
après une période de règne sans partage du Comité Militaire de Libération Nationale, auteur
du coup d'état.
Moussa Traoré fait approuver le 2 juin 1974 une nouvelle constitution créant la 2 ème
république par référendum. Le Oui l’emporte par 99,71 % mais l’opposition qualifie ce
référendum de « farce ». Le 30 mars 1976, le parti unique Union démocratique du peuple
malien (UDPM) est créé. Elle constitutionnalise un parti en l’occurrence l’Union
Démocratique du Peuple Malien (UDPM) dans son article premier. A travers l’article 5, elle
fait de ce parti (UDPM) le seul parti politique au Mali. Dans la deuxième République les
institutions sont : le parti, le président, l’assemblée nationale, la cour suprême et la haute cour
de justice. Le parti occupe une place prépondérant parmi les institutions de la deuxième
République, c’est de lui que les autres institutions découlent. Toujours à travers l’article 5 de
la constitution de 1974, le parti définit la politique de l’Etat, le président applique cette
politique pour ce qui est du pouvoir gouvernemental et l’assemblée nationale pour ce qui
concerne le pouvoir législatif.
Désormais, c’est la Direction Nationale du Parti (DNP) qui joue le premier rôle, l’Assemblée
nationale étant reléguée à un rang moins important. En effet, c’est la direction nationale du
parti qui propose un candidat aux fonctions de Président de la République (article 22). Le
président de la République est responsable devant la direction nationale du parti qui peut le
démettre de ses fonctions en cas de désaccord (article 28).
28
parlement. Enfin, l’assemblée nationale peut être dissoute par le président sur l’autorisation
expresse de la direction nationale du parti (article 32). Et le Président de l’Assemblée
nationale est proposé par la direction nationale du parti (article 45, alinéa 5).
La question de la décentralisation est à l’ordre du jour en 1977, mais les volontés sont moins
fortes et on parle plutôt d’une déconcentration de l’administration et non d’un transfert de
compétences et de moyens vers l’échelon local.
Après ce coup d’État, les conseils municipaux élus sont dissous et remplacés par des
délégations spéciales dont les chefs remplissaient les fonctions de maire.
Une ordonnance du 12 juillet 197730 dispose que le territoire de la République comprend : les
régions, les cercles, les arrondissements, les communes, les villages, les fractions nomades et
le district de Bamako. La région, le cercle et l’arrondissement sont des circonscriptions
administratives déconcentrées, alors que la commune est à la fois une circonscription
administrative de l’État et une collectivité décentralisée dotée de la personnalité morale et de
l’autonomie financière. Bamako devient un district, collectivité décentralisée régie par un
statut particulier et composé de six communes.
Cette ordonnance prévoit que les arrondissements peuvent devenir des communes rurales
mais aucune n’est créée jusqu’en 1991. La région de Gao est partagée en deux : la Région de
Gao et la région de Tombouctou. En 1982, la commune urbaine de Bougouni est créée3.
30
Ordonnance N° 77-44/CMLN portant réorganisation territoriale et administrative de la République du Mali.
29
des ministres pour un an au plus.
Quant aux conseils municipaux institués par la première République, ils ont été dissous en
1968 après le coup d’Etat et remplacés par les délégations spéciales. Les chefs de ces
délégations spéciales jouaient le rôle de maires.
Par ailleurs, les conditions de nomination et les attributions des chefs de circonscriptions
administratives seront définies par le décret N° 203/PG-RM du 8 novembre 1977.
Ce texte détermine la nomination des gouverneurs de région par décret pris en conseil des
ministres, les commandants de cercle et les chefs d’arrondissement devant être nommés par
arrêté du ministre chargé de l’administration du territoire.
Jusqu’à la fin des années 80, le statu quo est de mise en ce qui concerne les cadres territoriaux
du Mali.
En mars 1991, des manifestations populaires et un coup d'état ont ouvert la voie à un régime
de transition dirigé par le Comité Transitoire de Salut Public suivant l’acte fondamental
n°01/CTSP du 31 mars 1991. Cette transition durera 14mois. Les textes fondamentaux de la
3ème République furent élaborés lors d'une Conférence Nationale. La Constitution de la
3ème République a été adoptée par référendum. Elle a été promulguée le 25 février 1992.
V/ fondements institutionnels
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Le fonctionnement depuis 1992 des organes constitutionnels a montré la solidité des
institutions démocratiques, mais aussi la nécessité d'une adaptation des institutions
républicaines aux évolutions qui se sont produites. Ainsi, de vastes reformes institutionnelles
ont été entamées surtout au niveau du découpage territorial et de la gouvernance. Toutes ses
reforme ont à l’esprit la question de participation du public à la « vie de la nation ».
a. la démocratie libérale
Selon cette charte, les partis politiques sont des organisations de citoyens réunis par une
communauté d’idées et de sentiments, prenant la forme d’un projet de société, pour la
réalisation duquel ils participent à la vie politique par des voies démocratiques » ont
« vocation à mobiliser et éduquer leurs adhérents, à participer à la formation de l’opinion, à
concourir à l’expression du suffrage et à encadrer des élus. Les partis se forment et exercent
leur activité librement.
Des modifications à cette charte sont apportées par la loi n° 00-045/du 7 juillet 2000 portant
Charte des partis politiques et par la loi n° 05-047/ du 18 août 2005 portant Charte des partis
politiques.
La constitution dans son article 28 prévoit le multipartisme en ces termes : « Les partis
concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans
les conditions déterminées par la loi ».
- les élections :
31
L’élection est la pierre angulaire de la démocratie instituée par la troisième république. Le
suffrage est universel, égal et secret. Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi,
tous les citoyens en âge de voter, jouissant de leurs droits civiques et politiques (article 27).
L’article 33 précise en outre qu’il « est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si
elle n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé à un second tour, le deuxième
dimanche suivant. Ce second tour est ouvert seulement aux deux candidats ayant réuni le plus
grand nombre de suffrages. Et selon l’article 61, les Députés aussi sont élus pour cinq ans au
suffrage universel direct. La reconnaissance des Droits de l’Homme fonde aussi la démocratie
libérale.
b. la libre administration
La libre administration ne peut s’épanouir que dans un Etat de droit avec une indépendance
réelle de la justice ; ce qui est le cas dans la constitution de février 1992. Cette constitution
permet au citoyen d’agir sans être suomis à la volonté arbitraire d’un autre.
La constitution du 25 février 1992 dispose que tous les maliens naissent égaux en droits et en
devoirs. Nul ne sera soumis à la torture ou à des sévices ou traitements dégradants ou
humiliants. Tout individu ou agent qui se rendrait coupable de tels actes sera puni
conformément à la loi. Tous les maliens ont droit à la liberté de pensée, de conscience, de
religion, d’association, d’expression conformément à la loi. Le domicile et la résidence sont
inviolables. La liberté de presse est reconnue et garantie par la loi. Nul ne peut être poursuivi
illégalement, tout prévenu est innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit reconnue par la
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juridiction compétente. Le droit à l’éducation, à l’instruction, le droit de grève, la liberté
syndicale sont reconnus à tous les citoyens. Tout citoyen a droit à un environnement sain. La
protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir
pour tous et pour l’Etat (voir les 24 articles du Titre premier de la constitution).
a. organisation politique
Un exécutif bicéphale ;
La possibilité pour le président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale
(article 42) ;
La responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale par le vote
notamment d’une motion de censure (articles 78 et 79) ;
L’immixtion législative dans le pouvoir exécutif à travers la ratification des traités et
engagements internationaux (article 115) ;
33
L’immixtion de l’exécutif dans le pouvoir législatif à travers l’initiative des lois
reconnue au gouvernement (article 71).
A partir de ce constat, nous pouvons affirmer que le régime politique du Mali est un régime
mixte c’est-à-dire hybride à cheval entre le régime présidentiel et le régime parlementaire.
Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci
n'est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé à un second tour, de deuxième
dimanche suivant. Ce second tour est ouvert seulement aux deux candidats ayant réuni le plus
grand nombre de suffrages. Si l'un des deux candidats se désiste, le scrutin reste ouvert au
candidat venant après dans l'ordre des suffrages exprimés.
Quant au gouvernement, il est dirigé par un premier ministre qui en est le chef (Article 55 de
la Constitution). Ainsi, il dirige et coordonne l'action gouvernementale. Il assure l'exécution
des lois. Sous réserve des dispositions de l'article 46, il exerce le pouvoir réglementaire. Il est
responsable de l'exécution de la politique de défense nationale. Il peut déléguer certains de ses
pouvoirs aux Ministres.
34
Ils bénéficient de l'immunité parlementaire dans l’exercice de leurs fonctions. Une loi
organique fixe le nombre des membres de l'Assemblée Nationale, leurs indemnités, les
conditions d'éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités.
La loi organique détermine aussi quelles sont les personnes appelées à assurer en cas de
vacance de siège, le remplacement des Députés jusqu'au renouvellement de l'Assemblée
Nationale.
L’Assemblée Nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an. Elle peut
également se réunir en session extraordinaire à la demande du Premier Ministre ou de la
majorité de ses membres sur un ordre du jour déterminé. Lorsque la session extraordinaire est
tenue à la demande des membres de l'Assemblée Nationale, le décret de clôture intervient dès
que l'Assemblée Nationale a épuisé l'ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et au plus
tard quinze jours à compter de sa date de réunion.
Le Premier Ministre peut demander une nouvelle session avant l'expiration du mois qui suit le
décret de clôture et sur un ordre du jour déterminé.
Les séances de l'Assemblée Nationales sont publiques. Toutefois, elle peut siéger à huis clos
de sa propre initiative ou à la demande du Premier Ministre. Le règlement intérieur en fixera
les modalités. Le compte rendu intégral des débats en séance publiques est publié au Journal
Officiel. La loi est votée par l'Assemblée Nationale à la majorité simple.
Il faut souligner que l’initiative des lois appartient concurremment au Gouvernement et aux
membres de l'Assemblée Nationale. Les projets de loi sont délibérés en Conseil des Ministres
après avis de la Cour Suprême et déposés sur le bureau de l'Assemblée Nationale. En matière
de traités, l’Assemblée Nationale en autorise la ratification.
Quant au pouvoir judiciaire, son exercice est confié aux juges. Il se subdivise en ordres
juridiques distincts : d'une part l'ordre judiciaire, chargé de trancher les litiges entre
particuliers, d'autre part, l'ordre Administratif compétent pour trancher les litiges opposant
l'Administration et les particuliers.
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la présente Constitution. Il veille au respect des droits et libertés définis par la présente
Constitution.
b. organisation administrative
Le régime du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) qui va du 26 mars 1991
au 7 juin 1992, auteur de la démocratie pluraliste et multipartiste au Mali, va remettre sur les
rails la politique de décentralisation.
Aussi, en 1992 furent-elles créées cinq (5) communes urbaines par des ordonnances. Il s’agit
des communes urbaines de Banamba (ordonnance N° 92-031/P-CTSP), de Niono
(ordonnance N° 92-032/P-CTSP), de Diré (ordonnance N° 92-033/P-CTSP), de Dioïla
(ordonnance N° 92-034/P-CTSP) et enfin la commune de Bandiagara (ordonnance N° 92-
035/P-CTSP).
36
Aujourd’hui, le Mali compte 10 régions dont deux nouvellement créée Ménaka et Taoudéni,
49 cercles et 703 communes.
En 1993 la loi n° 93-008 du 11 février relative aux conditions de la libre administration des
collectivités locales est adoptée. Selon les dispositions de l’article premier de cette loi dans le
respect de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire, les collectivités territoriales de la
République sont : les régions, le district de Bamako, les cercles, les communes urbaines et les
communes rurales. La région, le district de Bamako, le cercle et la commune urbaine ou rurale
sont dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Ainsi son article 20 dispose-
t-il qu’aucune collectivité ne peut établir ou exercer de tutelle sur une autre collectivité. Il
ressort que les circonscriptions administratives mêmes déconcentrées de l’Etat n’avaient donc
plus de raison d’être des subdivisions du territoire. Alors, elles disparaissent et se font
remplacer par des groupements humains et territoriaux autonomes, dotés de la personnalité
morale et de l’autonomie financière. Par ailleurs la loi N° 95-034/AN-RM du 12 avril 1995
relative au code des collectivités territoriales va préciser la loi du 11 février 1993 déjà
mentionnée. Celle - ci sera modifiée par la loi N° 96-006 du 16 octobre 1996. Cette loi du 12
avril 1995 détermine les institutions des collectivités, les conditions de nomination et les
attributions des représentants de l’Etat au niveau des collectivités territoriales ainsi que les
finances des collectivités.
Ce sera avec la loi N° 96-050 du 16 octobre 1996 portant principe de constitution et de
gestion du domaine des collectivités territoriales qu’on assiste à la création massive des
communes sur toute l’étendue du territoire national.
La loi n° 95-034/AN-RM du 12 avril 1995 portant code des collectivités territoriales est
abrogée par la loi n°2014-052/ portant modification de la loi n°2012-007 du 7 février 2012
portant Code des Collectivités territoriales qui permet au Mali de dépasser la
communalisation et d’aller vers la régionalisation.
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