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Comparaison des méthodes d’évaluation de la qualité de

la semence dans les espèces bovine, canine et humaine


Carole Cabannes

To cite this version:


Carole Cabannes. Comparaison des méthodes d’évaluation de la qualité de la semence dans les espèces
bovine, canine et humaine. Médecine vétérinaire et santé animale. 2008. �dumas-04557513�

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abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
ANNEE 2008 THESE : 03 – TOU 3 – 4108

COMPARAISON DES METHODES D’EVALUATION DE LA


QUALITE DE LA SEMENCE DANS LES ESPECES
BOVINE, CANINE ET HUMAINE
_________________

THESE
pour obtenir le grade de
DOCTEUR VETERINAIRE

DIPLOME D’ETAT

présentée et soutenue publiquement en 2008


devant l’Université Paul-Sabatier de Toulouse

par CABANNES
Carole, Rosine
Née le 17 Juillet 1983 à Albi (Tarn)

___________

Directeur de thèse : Mme le Professeur Nicole HAGEN-PICARD


___________

JURY

PRESIDENT :
M. Jean PARINAUD Professeur à l’Université Paul-Sabatier de TOULOUSE

ASSESSEUR :
Mme Nicole HAGEN-PICARD Professeur à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE
M. Xavier BERTHELOT Professeur à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE

MEMBRE(S) INVITES(S) :
Mme Patricia RONSIN Docteur en Médecine Vétérinaire, Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE
M. Brahim KHIREDDINE Docteur en Médecine Vétérinaire, COOPELSO
Ministère de l' Agriculture et de la Pêche
ECOLE NATIONALE VETERINAIRE DE TOULOUSE

Directeur : M. A. MILON
Directeurs honoraires M. G. VAN HAVERBEKE.
M. P. DESNOYERS

Professeurs honoraires :

M. L. FALIU M. J. CHANTAL M. BODIN ROZAT DE MENDRES NEGRE


M. C. LABIE M. JF. GUELFI
M. C. PAVAUX M. EECKHOUTTE
M. F. LESCURE M. D.GRIESS
M. A. RICO M. CABANIE
M. A. CAZIEUX M. DARRE
Mme V. BURGAT M. HENROTEAUX

PROFESSEURS CLASSE EXCEPTIONNELLE


M. BRAUN Jean-Pierre, Physique et Chimie biologiques et médicales
M. DORCHIES Philippe, Parasitologie et Maladies Parasitaires
M. EUZEBY Jean, Pathologie générale, Microbiologie, Immunologie
M. TOUTAIN Pierre-Louis, Physiologie et Thérapeutique

PROFESSEURS 1° CLASSE
M. AUTEFAGE André, Pathologie chirurgicale
Mme CLAUW Martine, Pharmacie-Toxicologie
M. CORPET Denis, Science de l'Aliment et Technologies dans les Industries agro-alimentaires
M DELVERDIER Maxence, Anatomie Pathologique
M. ENJALBERT Francis, Alimentation
M. FRANC Michel, Parasitologie et Maladies parasitaires
M. MARTINEAU Guy, Pathologie médicale du Bétail et des Animaux de Basse-cour
M. PETIT Claude, Pharmacie et Toxicologie
M. REGNIER Alain, Physiopathologie oculaire
M. SAUTET Jean, Anatomie
M. SCHELCHER François, Pathologie médicale du Bétail et des Animaux de Basse-cour

PROFESSEURS 2° CLASSE
Mme BENARD Geneviève, Hygiène et Industrie des Denrées alimentaires d'Origine animale
M. BERTHELOT Xavier, Pathologie de la Reproduction
M. BOUSQUET-MELOU Alain, Physiologie et Thérapeutique
M. CONCORDET Didier, Mathématiques, Statistique, Modélisation
M. DUCOS Alain, Zootechnie
M. DUCOS DE LAHITTE Jacques, Parasitologie et Maladies parasitaires
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INGENIEUR DE RECHERCHE
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PROFESSEURS CERTIFIES DE L'ENSEIGNEMENT AGRICOLE


Mme MICHAUD Françoise, Professeur d'Anglais
M SEVERAC Benoît, Professeur d'Anglais

MAITRES DE CONFERENCES HORS CLASSE


M. JOUGLAR Jean-Yves, Pathologie médicale du Bétail et des Animaux de Basse-cour

MAITRES DE CONFERENCES (classe normale)


M. ASIMUS Erik, Pathologie chirurgicale
M. BAILLY Jean-Denis, Hygiène et Industrie des Denrées alimentaires d'Origine animale
Mme BENNIS-BRET Lydie, Physique et Chimie biologiques et médicales
M. BERGONIER Dominique, Pathologie de la Reproduction
M. BERTAGNOLI Stéphane, Pathologie infectieuse
Mme BOUCLAINVILLE-CAMUS Christelle, Biologie cellulaire et moléculaire
Mle BOULLIER Séverine, Immunologie générale et médicale
Mme BOURGES-ABELLA Nathalie, Histologie, Anatomie pathologique
M. BRUGERE Hubert, Hygiène et Industrie des Denrées alimentaires d'Origine animale
Mle CADIERGUES Marie-Christine, Dermatologie
M. CORBIERE Fabien, Pathologie des ruminants
Mle DIQUELOU Armelle, Pathologie médicale des Equidés et des Carnivores
M. DOSSIN Olivier, (DISPONIBILITE) Pathologie médicale des Equidés et des Carnivores
M. FOUCRAS Gilles, Pathologie du Bétail
M. GUERIN Jean-Luc, Elevage et Santé avicoles et cunicoles
M. JACQUIET Philippe, Parasitologie et Maladies Parasitaires
M. JAEG Jean-Philippe, Pharmacie et Toxicologie
Mle LACROUX Caroline, Anatomie Pathologique des animaux de rente
M. LYAZRHI Faouzi, Statistiques biologiques et Mathématiques
M. MATHON Didier, Pathologie chirurgicale
M MEYER Gilles, Pathologie des ruminants.
Mme MEYNAUD-COLLARD Patricia, Pathologie Chirurgicale
M. MOGICATO Giovanni, Anatomie, Imagerie médicale
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Mle PALIERNE Sophie, Chirurgie des animaux de compagnie
Mme PRIYMENKO Nathalie, Alimentation
Mme LETRON-RAYMOND Isabelle, Anatomie pathologique
Mme TROEGELER-MEYNADIER Annabelle, Alimentation
M. VOLMER Romain, Microbiologie et Infectiologie
M. VERWAERDE Patrick, Anesthésie, Réanimation

MAITRES DE CONFERENCES CONTRACTUEL


Mlle BUCK-ROUCH, Médecine interne des animaux de compagnie
M. CASSARD Hervé, Pathologie du bétail
M. DOUET Jean-Yves, Ophtalmologie
M. SEGUELA Jérôme, Médecine interne des animaux de compagnie
M VERSET Michaël, Chirurgie des animaux de compagnie

ASSISTANTS D'ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE CONTRACTUELS


Mle BIBBAL Delphine, Hygiène et Industrie des Denrées alimentaires d'Origine animale
M. CONCHOU Fabrice, Imagerie médicale
M. GIN Thomas, Production et pathologie porcine
M. LIENARD Emmanuel, Parasitologie et maladies parasitaires
M. NOUVEL Laurent, Pathologie de la reproduction
M. RABOISSON Didier, Productions animales
Mle TREVENNEC Karen, Epidémiologie, gestion de la santé des élevages avicoles et porcins
Remerciements

A Monsieur le Professeur Jean PARINAUD,


Professeur à l’Université Paul Sabatier de Toulouse,
Biologie du développement et de la reproduction,
Qui nous a fait l’honneur d’accepter la présidence de notre jury de thèse,
Hommages respectueux.
A Madame le Professeur Nicole HAGEN-PICARD,
Professeur de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse,
Pathologie de la reproduction,
Qui a initié ce travail et nous a guidé dans sa réalisation,
Pour sa disponibilité et son aide précieuse,
Profonde gratitude.
A Monsieur le Professeur Xavier BERTHELOT,
De l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse,
Pathologie de la reproduction,
Qui nous a fait l’honneur de participer à notre jury de thèse,
Sincères remerciements.
A Madame le Docteur Patricia RONSIN,
De l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse,
Pathologie de la reproduction,
Qui nous a fait l’honneur de participer à notre jury de thèse,
Pour son apport critique sur ce travail,
Sincères remerciements.
A Monsieur le Docteur Louis BUJAN,
Biologiste des hôpitaux au CHU de Toulouse-Purpan,
Andrologie – Médecine de la reproduction,
Pour son aide et son accueil au sein du laboratoire du CECOS de Toulouse,
Sincères remerciements.
A Monsieur le Docteur Brahim KHIREDDINE,
De la Coopelso à Soual,
Qui nous a fait l’honneur de participer à notre jury de thèse,
Pour ses conseils éclairés et son accueil,
Sincères remerciements.
A mes parents,
Pour leur soutien inconditionnel et leur bienveillance,
Toute ma reconnaissance et tout mon amour.

A ma sœur et mon frère,


A notre enfance partagée,
Je vous souhaite à tous les deux un brillant parcours dans la vie.

A toute ma famille.

A mes amies d’enfance,


A la meilleure équipe de hand-ball de tous les temps, aux saxophonistes les plus talentueuses
de l’histoire du jazz, aux coupes de cheveux les plus…originales et surtout aux déguisements
les plus inventifs,
A notre amitié sincère qui a su résister au temps et à la distance.

A Vanessa,
Des banquettes du Sherpa, aux grands galops en Cappadoce…en passant par le bar de
l’ENAC,
A pour tous ces moments de bonne humeur passés et à tous ceux qui restent à venir.

A Raphaël,
Pour ses compétences en informatique et son soutien lors de la rédaction de cette thèse,
Merci.

A tous mes amis.

A tous ceux qui m’ont transmis leur savoir et leur passion.


TABLE DES MATIERES
1 CONTEXTE DE L’ETUDE ..................................................................................................................... 17

1.1 L’INSEMINATION ARTIFICIELLE EN FRANCE : HISTORIQUE ET ETAT DES LIEUX ................................... 17

1.1.1 L’insémination artificielle dans l’espèce canine........................................................................... 17

1.1.2 L’insémination artificielle dans l’espèce bovine........................................................................... 20

1.1.3 L’insémination artificielle chez l’homme ...................................................................................... 23

2 PHYSIOLOGIE DE LA REPRODUCTION ET PARAMETRES SEMINOLOGIQUES................ 27

2.1 PUBERTE ET SPERMATOGENESE .......................................................................................................... 27

2.1.1 Puberté .......................................................................................................................................... 27

2.1.2 Spermatogénèse............................................................................................................................. 28

2.2 CARACTERISTIQUES DE L’EJACULATION ET DE L’EJACULAT ............................................................... 29

2.2.1 Bovin ............................................................................................................................................. 29

2.2.2 Chien ............................................................................................................................................. 29

2.2.3 Homme .......................................................................................................................................... 31

2.3 CARACTERISTIQUES MORPHOLOGIQUES DU SPERMATOZOÏDE ............................................................. 32

2.3.1 Bovin ............................................................................................................................................. 32

2.3.2 Chien ............................................................................................................................................. 33

2.3.3 Homme .......................................................................................................................................... 33

3 PARTIE DESCRIPTIVE : ETAT DES LIEUX DES METHODES D’EVALUATION DE LA


QUALITE DU SPERME DANS LES DIFFERENTES ESPECES ................................................................ 35

3.1 EVALUATION DE LA QUALITE DE LA SEMENCE DANS L’ESPECE CANINE .............................................. 35

3.1.1 Contexte et lieu d’étude................................................................................................................. 35

3.1.2 Examen du sperme ........................................................................................................................ 37


3.1.2.1 Analyse macroscopique....................................................................................................................... 37
3.1.2.2 Analyse microscopique ....................................................................................................................... 38

3.1.3 Examen après congélation ............................................................................................................ 46

3.1.4 Interprétation des examens (Tableau 15)...................................................................................... 46

3.2 EVALUATION DE LA QUALITE DE LA SEMENCE DANS L’ESPECE BOVINE .............................................. 47

3.2.1 Contexte et lieu d’étude................................................................................................................. 47

9
3.2.2 Examen de la semence................................................................................................................... 48
3.2.2.1 Organisation des locaux et matériel nécessaire ................................................................................... 49
3.2.2.2 Analyse macroscopique....................................................................................................................... 51
3.2.2.3 Examens microscopiques .................................................................................................................... 52

3.2.3 Interprétation des examens réalisés (Tableau 19). ....................................................................... 59

3.3 EVALUATION DE LA QUALITE DE LA SEMENCE CHEZ L’HOMME........................................................... 60

3.3.1 Contexte et lieu d’étude................................................................................................................. 60

3.3.2 Méthodes d’évaluation de la qualité de la semence ...................................................................... 61


3.3.2.1 Examen macroscopique....................................................................................................................... 62
3.3.2.2 Examen microscopique ....................................................................................................................... 63
3.3.2.3 Tests d’interaction sperme-glaire ........................................................................................................ 69
3.3.2.4 Examens complémentaires .................................................................................................................. 71

3.4 RESUME DE L’EVALUATION DES PARAMETRES SEMINOLOGIQUES DANS LES ESPECES BOVINE, CANINE
ET HUMAINE ...................................................................................................................................................... 75

4 LIMITES DES TECHNIQUES CLASSIQUES D’EXAMEN DU SPERME ET PERSPECTIVES


POUR LE FUTUR .............................................................................................................................................. 77

4.1 PRINCIPALES LIMITES DE L’EXAMEN CLASSIQUE DU SPERME .............................................................. 77

4.1.1 Subjectivité et répétabilité des méthodes classiques d’examen de la semence.............................. 77

4.1.2 Standardisation et formation......................................................................................................... 78

4.1.3 Durée de l’analyse et nombre de cellules analysées ..................................................................... 79

4.1.4 Relation entre les paramètres observés classiquement et la fertilité............................................. 80

4.2 LES PERSPECTIVES ENVISAGEABLES EN COMPLEMENT DES METHODES CLASSIQUES ........................... 81

4.2.1 Analyse du sperme assistée par ordinateur (Computer Assisted Sperm Analysis = CASA).......... 81

4.2.2 Tests de coloration fluorescente.................................................................................................... 83


4.2.2.1 Principe de la cytométrie de flux : application aux marquages fluorescents ....................................... 83
4.2.2.2 Intégrité de la membrane plasmique.................................................................................................... 84
4.2.2.3 Réaction acrosomique ......................................................................................................................... 85
4.2.2.4 Capacitation......................................................................................................................................... 87
4.2.2.5 Etat de condensation de la chromatine ................................................................................................ 88

4.2.3 Test hypoosmotique....................................................................................................................... 90

4.2.4 Test d’interaction spermatozoïde-ovocyte..................................................................................... 92


4.2.4.1 Test de liaison à la zone pellucide ....................................................................................................... 92
4.2.4.2 Test de pénétration de l’ovocyte et test de fécondation in vitro........................................................... 93

4.2.5 Conclusion .................................................................................................................................... 95

10
TABLE DES ILLUSTRATIONS

Liste des figures.


Figure 1 : Inséminations artificielles bovines par département en 2006 (d’après les données de
l’UNCEIA). .............................................................................................................................. 22

Figure 2 : Liste des centres habilités pour le don de sperme en France. .................................. 24

Figure 3 : Nombre d’inséminations artificielles en semence congelée pratiquées au CERCA


de 2001 à 2006 (Benechet, 2007)............................................................................................. 36

Figure 4 : Comptage des spermatozoïdes à la cellule de Thoma; prise en compte des éléments
« à cheval » sur les graduations................................................................................................ 41

Figure 5 : Exemples d’anomalies morphologiques sur des spermatozoïdes colorés au


Spermac® : spermatozoïde bicéphale, microcéphale et spermatozoïde ayant effectué la
réaction acrosomique (CERCA, 2007)..................................................................................... 44

Figure 6 : Fiche utilisée au CERCA lors de l’examen de la semence...................................... 45

Figure 7 : Plan des locaux du laboratoire Coopelso................................................................. 50

Figure 8 : Anomalies majeures et mineures de spermatozoïdes dans l’espèce bovine (Dumont,


1997)......................................................................................................................................... 57

Figure 9 : Paramètres contrôlés par le Laboratoire National de Contrôle des Reproducteurs


(Maisons-Alfort)....................................................................................................................... 58

Figure 10 : Représentations schématiques des anomalies de la tête selon la classification de


David modifiée (Auger et Eustache, 2000). ............................................................................. 68

Figure 11 : Représentation schématique des anomalies de la pièce intermédiaire selon la


classification de David modifiée (Auger et Eustache, 2000). .................................................. 68

Figure 12 : Représentation schématique des anomalies du flagelle selon la classification de


David modifiée (Auger et Eustache, 2000). ............................................................................. 68

Figure 13 : Grille d’évaluation des anomalies morphologiques utilisée au CECOS de


Toulouse. .................................................................................................................................. 69

11
Figure 14 : Exemple de l’analyse de la cinétique des spermatozoïdes évaluée par un système
automatisé d’analyse de sperme(CECOS, 2007) ..................................................................... 73

Figure 15 : Exemples de trajectoires de spermatozoïdes humains évaluées par un système


automatisé d’analyse de sperme (CECOS, 2007). ................................................................... 74

Figure 16 : Principe de fonctionnement du cytomètre de flux (d’après Robinson, 1999). ...... 83

Figure 17 : Spermatozoïdes morts et vivants colorés avec le mélange SYBR et PI (Garner et


Johnson, 1995). ........................................................................................................................ 85

Figure 18 : Test à l’acridine orange appliqué à des spermatozoïdes de taureau (Martins et al.,
2007)......................................................................................................................................... 89

Figure 19 : Modifications morphologiques des spermatozoïdes soumis au test hypoosmotique.


(D’après Jeyendran, 1984). ...................................................................................................... 91

Figure 20 : Technique de suppression des spermatozoïdes liés à la zone pellucide (d’après Liu
et al., 2004)............................................................................................................................... 94

Liste des tableaux.


Tableau 1 : Bilan de l’activité du CIAC de Nantes de 2001 à 2005 (d’après Boitout, V. 2007).
.................................................................................................................................................. 18

Tableau 2 : Bilan numérique des Inséminations Artificielles (IA) pratiquées au CERCA de


1999 à 2002 (d’après Bartolo, 2004)........................................................................................ 18

Tableau 3 : Bilan de l’activité du CERREC de Lyon de 1995 à 2001 (d’après Rostagnat,


2003)......................................................................................................................................... 19

Tableau 4 : Synthèse de l’activité d’insémination artificielle bovine en France en 2006


(d’après les données statistiques de l’UNCEIA)...................................................................... 21

Tableau 5 : Procréation médicalement assistée en France : données chiffrées de 1998 à 2004


(d’après Nygren et Andersen., 2001 ; Andersen et al., 2004 ; Andersen et al., 2006 ; Andersen
et al., 2008)............................................................................................................................... 25

Tableau 6 : Comparaison des durées du cycle de l’épithélium séminal et de la spermatogenèse


chez le taureau, le chien et l’homme(d’après Thibault et Levasseur, 1991). ........................... 28

12
Tableau 7 : Paramètres séminologiques du taureau (d’après Cupps, 1991)............................. 29

Tableau 8 : Volume des différentes fractions de l’éjaculat de chien (d’après Mc Donald’s,


2003)......................................................................................................................................... 30

Tableau 9 : Paramètres séminologiques de l’éjaculat de chien (d’après Mc Donald’s, 2003). 31

Tableau 10 : Paramètres séminologiques du sperme humain (d’après Shwartz, 1983)........... 31

Tableau 11 : Paramètres séminologiques chez le bovin, le chien et l’homme........................ 32

Tableau 12 : Comparaison de la taille moyenne des spermatozoïdes chez le taureau, le chien


et l’homme (d’après Marshall, 1990). ...................................................................................... 34

Tableau 13 : Echelle d’appréciation de la motilité massale du sperme du chien (d’après


Fontbonne, 1993). .................................................................................................................... 39

Tableau 14 : Classification des anomalies du spermatozoïde de chien (d’après Freshman,


2002)......................................................................................................................................... 42

Tableau 15 : Caractéristiques de l’éjaculat de qualité satisfaisante dans l’espèce canine pour


l’utilisation en insémination artificielle (d’après Fontbonne, 1993). ....................................... 47

Tableau 16 : Evolution de la production de semence à la Coopelso de 1999-2000 à 2005-2006


(données Coopelso). ................................................................................................................. 48

Tableau 17 : Classement du sperme en fonction de l’examen macroscopique :


Recommandations de la société de Theriogenology (Elmore, 1985)....................................... 52

Tableau 18 : Critères de notation de la motilité massale de la semence dans l’espèce bovine.53

Tableau 19 : Critères de décision pour la conservation de l’éjaculat (d’après Dumont, 1997).


.................................................................................................................................................. 60

Tableau 20 : Nomenclature en fonction de la concentration du sperme humain (d’après


Andrade-Rocha, 2003). ............................................................................................................ 65

Tableau 21 : Evolution des critères de classification des anomalies morphologiques utilisés


dans la classification de David et la classification de David modifiée .................................... 67

Tableau 22 : Tableau récapitulatif des méthodes utilisées en routine pour l’évaluation de la


qualité de la semence dans les espèces bovine, canine et humaine.......................................... 76

13
14
INTRODUCTION

Le succès de l’insémination artificielle dépend en grande partie de la qualité de la semence,


c’est pourquoi il est important de disposer de techniques analytiques fiables permettant de
l’évaluer. La meilleure méthode d’évaluation de la fertilité d’un mâle reproducteur est
l’estimation du taux de gestation suite à l’insémination artificielle de femelles mais cette
méthode est longue, très coûteuse et impossible à mettre en œuvre chez l’homme. C’est
pourquoi de nombreuses méthodes ont été développées pour tenter d’évaluer la fertilité d’un
reproducteur par l’analyse in vitro de sa semence.

Les différentes méthodes d’analyse de la semence tentent de caractériser des marqueurs de


fertilité, c'est-à-dire des particularités des spermatozoïdes liées à leur pouvoir fécondant. Ces
marqueurs doivent être corrélés à la fertilité mais également se rapprocher autant que possible
des résultats d’estimation de la fertilité par le taux de gestation. Les paramètres
séminologiques évalués en routine sont principalement fondés sur l’analyse macroscopique de
la semence c'est-à-dire l’évaluation du volume et de l’aspect de l’échantillon (couleur,
turbidité…) mais aussi sur l’analyse microscopique comprenant l’étude de la motilité, de la
concentration et de la morphologie des spermatozoïdes. Ces examens sont réalisés en routine
depuis plus de 50 ans et permettent de déterminer la qualité de la semence cependant cet
examen de la semence reste subjectif.

Les méthodes d’analyse de la semence utilisées en routine soulèvent encore des questions de
la part des professionnels. La comparaison des méthodes d’analyse de la semence dans une
espèce donnée peut apporter des savoir-faire complémentaires pour les autres espèces. C’est
pourquoi nous proposons dans cette thèse de comparer les méthodes d’évaluation de la qualité
de la semence employées dans les espèces bovine, canine et humaine. Les objectifs, les enjeux
et la finalité de l’examen du sperme sont très différents pour les trois espèces considérées.

Dans la filière bovine, l’insémination fait partie intégrante des pratiques d’élevage. Les
taureaux en centre d’insémination sont des reproducteurs qui ont déjà subi une sélection, les
sujets présentant des paramètres séminologiques médiocres ont donc été éliminés. De plus
l’aspect zootechnique est à prendre en compte, car pour un taureau élite, le nombre de
paillettes fabriquées est important pour assurer une large diffusion de son potentiel génétique.

15
En centre d’insémination, l’examen de routine de la semence est un contrôle qui vise à
détecter des variations dans les valeurs propres à chaque animal avant d’effectuer la mise en
paillettes et la congélation. Par contre, pour l’opérateur, la décision de rejet ou d’acceptation
d’un éjaculat pour la congélation peut être délicate compte tenu des conséquences financières
que cela implique, en particulier pour les taureaux d’élite.

Dans le cas du chien, l’examen peut intervenir dans un contexte pathologique, lors
d’infertilité inexpliquée mais aussi dans le cadre de l’insémination artificielle, l’examen est
alors pratiqué avant la conservation du sperme par congélation ou avant l’insémination de la
chienne en semence fraîche. La filière de l’insémination canine est en expansion mais reste
cependant assez confidentielle en France. La semence est en général peu diffusée.

Chez l’homme, l’examen du sperme intervient dans un contexte médical et individuel.


L’examen du sperme est pratiqué sur des hommes considérés comme fertiles (ayant déjà au
moins un enfant) lorsqu’ils sont candidats au don de sperme. Mais le plus souvent, il est
pratiqué dans un contexte pathologique lors d’infertilité masculine. Il s’agit là d’une approche
individuelle et avec le développement des méthodes de Procréation Médicalement Assistée
(PMA) la notion de « qualité » du sperme humain est à redéfinir. En effet, dans les conditions
physiologiques il faut un grand nombre de spermatozoïdes motiles et de morphologie normale
afin de féconder un ovocyte, la technique d’Injection Intra-Cytoplasmique de Spermatozoïde
(ICSI) permet de féconder un ovocyte par injection directe d’un spermatozoïde dans son
cytoplasme…l’intérêt d’évaluer la numération, la motilité et certaines anomalies
morphologiques devient alors relatif.

Dans un premier temps, cette étude vise à décrire les méthodes d’évaluation de la qualité du
sperme utilisées en pratique dans des centres spécialisés pour les espèces bovine, canine et
humaine, considérés comme représentatifs de ce qui est utilisé en France. Dans un deuxième
temps, elle vise à déterminer les similitudes et les différences des méthodes d’évaluation de la
qualité de la semence entre espèces et les critères de conservation et d’élimination de la
semence. Enfin, ce travail a pour but d’évaluer les limites de ces techniques et de discuter des
améliorations techniques qui pourraient être apportées dans les années à venir. On ne prendra
pas en compte la qualité microbiologique du sperme dans cette étude.

16
1 CONTEXTE DE L’ETUDE

1.1 L’insémination artificielle en France : historique et état des


lieux

1.1.1 L’insémination artificielle dans l’espèce canine

L’insémination artificielle été découverte au XVIIIième siècle notamment avec la première


insémination chez le chien pratiquée par l’abbé Spallanzani en 1780 et ayant conduit à la
naissance de trois chiots. Au XIX et XXième siècle, des essais ont été réalisés dans le but
d’améliorer la collecte et la conservation de la semence dans l’espèce canine mais les réelles
avancées dans ce domaine ont eu lieu dans les années cinquante grâce au développement de
l’insémination artificielle dans l’espèce bovine. La première portée obtenue par Seager à
partir de semence congelée est née en 1969 aux Etats-Unis. Au cours des vingt dernières
années, plusieurs travaux ont visé à améliorer le taux de réussite grâce à une meilleure
conservation de la semence, une meilleure connaissance du cycle œstral de la chienne et à de
meilleures techniques d’insémination (Guérin, 1997).

Compte tenu des particularités du cycle de la chienne, comportant des périodes d’œstrus tous
les 6 à 7 mois, tout échec lors de la mise à la reproduction implique une perte de temps et
d’argent pour l’éleveur. L’insémination artificielle peut être un outil précieux dans la gestion
et l’optimisation de la reproduction en élevage canin. On compte aujourd’hui en France quatre
banques de semence pour l’espèce canine. Elles sont situées à l’Ecole Nationale Vétérinaire
de Maisons-Alfort (Centre d’Etude en Reproduction des Carnivores : CERCA), à l’Ecole
Nationale Vétérinaire de Nantes (Centre d’Insémination Artificielle Canine : CIAC), à l’Ecole
Nationale Vétérinaire de Lyon (Centre d'Etude et de Recherche en Reproduction et Elevage
des Carnivores : CERREC) ainsi qu’à L’Isle Jourdain (32) dans une clinique privée.

L’activité du CIAC de Nantes, montre une progression constante depuis 1996, comme
l’illustre le Tableau 1. Cependant l’insémination artificielle en semence congelée n’a pas
évolué dans cette structure depuis sa création. De 2001 à 2005, au maximum une insémination
en semence congelée était réalisée par an.

17
Tableau 1 : Bilan de l’activité du CIAC de Nantes de 2001 à 2005 (d’après Boitout, V. 2007).

Nombre de Nombre d’IA Nombre d’IA Nombre d’IA


chiennes suivies pratiquées en pratiquée en pratiquées en
semence fraîche semence semence congelée
réfrigérée
2001 128 40 1 1

2002 134 31 0 0

2003 119 51 0 0

2004 146 32 4 1

2005 164 49 3 1

Le Tableau 2 ci-dessous présente un bilan du nombre d’inséminations artificielles pratiquées


au CERCA de 1999 à 2002. 557 chiennes ont été suivies au CERCA pour IA de 1999 à 2002,
soit une moyenne de 139,25 chiennes par an (Bartolo, 2004). Sur la période 1994 à 1998, 480
chiennes ont été suivies au CERCA pour IA (Doucet et Vannimenus, 2001) soit une moyenne
de 96 chiennes par an sur cette période. Le CERCA est la structure française la plus active
concernant la pratique de l’insémination artificielle dans l’espèce canine, cependant de 1999 à
2002 seulement 109 inséminations en semence congelée ont été pratiquées, ce qui représente
une moyenne de 27 interventions par an (Bartolo, 2004). De plus, après un pic de 28
inséminations en semence congelée en 2003, le nombre d’inséminations en semence congelée
n’a cessé de décroitre jusqu’à 12 en 2006 (Benechet, 2007).

Tableau 2 : Bilan numérique des Inséminations Artificielles (IA) pratiquées au CERCA de 1999 à 2002
(d’après Bartolo, 2004).

Nombre d’IA Nombre de chiennes Nombre moyen d’IA


pratiquées concernées pratiquées/ chienne

IA en semence fraîche 808 476 1,7

IA en semence 31 24 1,29
réfrigérée
IA en semence 109 57 1,91
congelée

Le Tableau 3 représente le bilan d’activité du CERREC de Lyon depuis son inauguration en


1995 jusqu’à 2001. De 1995 à 2001, le nombre d’inséminations en semence congelée varie de

18
5 à 14 par an. Avec une moyenne de 9 inséminations en semence congelée par an sur ces 7
années.

Tableau 3 : Bilan de l’activité du CERREC de Lyon de 1995 à 2001 (d’après Rostagnat, 2003).

Nombre total % d’IA en % d’IA en % d’IA en


d’IA semence fraîche semence semence
réfrigérée congelée

1995 35 78,8 6 15,2

1996 39 81,6 5,2 13,2

1997 55 65,5 10,9 23,6

1998 71 78,9 4,2 16,9

1999 70 78,3 1,4 20,3

2000 66 84,6 1,6 13,8

2001 85 78,8 2,4 8,8

Malgré des progrès concernant la détermination du moment optimal d’insémination et une


amélioration des techniques de mise en place de la semence, le taux de réussite pour
l’insémination en semence congelée est de 50,5% au CERCA (ENVA) de 2001 à 2006
(Benechet, 2007), de 66,7% au CERREC (ENVL) de 1994 à 2002 (Rostagnat, 2003) et de
50% au CIAC (ENVN) de 1996 à 2000 (Bisson, 2002).

En définitive, l’insémination artificielle en semence fraîche est pratiquée régulièrement


par de nombreux vétérinaires praticiens. Cependant, à l’heure actuelle, en France,
l’insémination artificielle en semence congelée reste confidentielle. En moyenne, les trois
banques de semence congelée situées dans les Ecoles Nationales Vétérinaires d’Alfort,
Lyon et Nantes totalisent entre 30 et 40 inséminations artificielles en semence congelée
par an. Le développement d’une technique d’insémination profonde sous endoscopie et
une meilleure information des éleveurs concernant les intérêts mais aussi les limites de la
technique pourraient aider au développement de l’insémination artificielle dans l’espèce
canine.

19
1.1.2 L’insémination artificielle dans l’espèce bovine

L’application de la technique de l’insémination artificielle aux grandes espèces a été plus


tardive, elle fut rapportée pour la première fois par un vétérinaire praticien, le Dr Repiquet, à
la société centrale de médecine en 1887. A la fin du XIXième et début du XXième siècle, les
russes Ivanoff et Milovanov appliquèrent leurs travaux à différentes espèces (chevaux
principalement mais aussi bovins, chiens, renards, lapins et volaille) et mirent en place la
procédure technique en Russie (Foote, 2002). Les travaux sur l’insémination artificielle
impliquant diverses espèces incluant les bovins se poursuivirent en Scandinavie, en
Angleterre et au Japon (Foote, 2002). En France, l’insémination artificielle fut entrevue
comme un procédé applicable dans les élevages bovins dans les années trente. Ce sont les
vétérinaires Kleber Létard, Le Hello et Jean Blain qui ont réalisé les premières inséminations
sur des bovins. En 1935, Létard présente les intérêts de l’insémination artificielle à l’occasion
des journées vétérinaires d’Alfort. C’est seulement dix ans plus tard que le premier centre
d’insémination artificielle bovine a vu le jour à la Loupe, en Eure et Loire en 1946 et en 1948,
trente-huit centres d’insémination fonctionnaient. La principale limite au développement de
l’insémination artificielle était alors la conservation de la semence car celle-ci était réfrigérée
à +5°C et devait être utilisée dans un délai de trois jours. C’est à partir de 1956 que la
congélation de la semence fut maîtrisée grâce à l’utilisation de glycérol, cet avènement donna
un essor considérable à l’insémination artificielle à partir des années soixante-cinq. En 1964,
un français, Cassou, créa la paillette de semence congelée qui sera exportée dans le monde
entier (Foote, 2002).

Après la mise en place de l’organisation de l’élevage en France (loi sur l’élevage du 28


décembre 1966), le développement de l’insémination artificielle a permis un accroissement
considérable du progrès génétique par la voie mâle, en effet, cette technique permet une large
diffusion de la semence de géniteurs d’élite. En outre, le développement de l’insémination
artificielle a profondément révolutionné les pratiques d’élevage (dans la filière laitière en
particulier) et l’organisation du système d’élevage français.

En 1980, le nombre d’inséminations artificielles atteignait 130 millions dans le monde. En


1985, on chiffrait à plus de 200 millions le nombre de doses de semence produites, dont 95%
en semence congelée (Vishwanath, 2003) alors qu’en 2000, il s’élevait à près de 265 millions,

20
avec un plus grand développement de l’activité dans les pays développés d’Europe et
d’Amérique du Nord (Thibier et Wagner, 2002).

En France l’activité a connu une régression importante lors de la mise en place des
quotas laitiers en 1984 et de la réduction progressive du cheptel bovin laitier (Ponsart et
al., 2004).

En 2006, en France, 4 079 569 inséminations artificielles ont été pratiquées dans l’espèce
bovine, soit une diminution de 2,81% par rapport à 2005 et une diminution de 35,96% par
rapport à 1986 (données UNCEIA).

Le Tableau 4 représente le nombre d’inséminations artificielles pratiquées en France selon le


type de bovin « races laitières » ou « races bouchères ». L’insémination artificielle est
beaucoup plus utilisée pour les races laitières avec plus de trois millions d’inséminations en
2006 alors qu’un million d’inséminations ont été pratiquées dans les races bouchères.
Cependant, globalement, le nombre d’inséminations dans les races laitières subit une forte
diminution alors qu’il augmente dans les races bouchères.

Tableau 4 : Synthèse de l’activité d’insémination artificielle bovine en France en 2006 (d’après les données
statistiques de l’UNCEIA).

Races laitières Races bouchères

2006 % par rapport 2006 % par rapport


à 2005 à 2005

Taureaux utilisés 3 013 262 -3,57 1 066 307 -0,61

Femelles 2 979 485 -3,50 581 502 +3,99


inséminées

83,7% des inséminations sont pratiquées sur des vaches laitières et 16,3% sont pratiquées sur
des vaches allaitantes en France.

La Figure 1 représente la répartition par département des insémination artificielles pratiquées


en France en 2006.

21
Figure 1 : Inséminations artificielles bovines par département en 2006 (d’après les données de l’UNCEIA).

Les zones où l’activité Insémination Artificielle bovine est la plus importante correspondent
aux grands bassins laitiers, la Bretagne et la Normandie. A contrario, l’Ile-de-France et les
départements du bassin Méditerranéen utilisent peu l’insémination artificielle. Globalement
on constate une diminution du nombre d’inséminations artificielles pratiquées sur le territoire
français, cette baisse est particulièrement marquée dans le Sud-Ouest (le Gers et les Landes
enregistrant une diminution de plus de 10%) et le centre de la France.

Avant 2007 il existait 46 centres d’insémination artificielle en France. L’Union Nationale des
CEIA (UNCEIA) a une mission de fédération des CEIA. L’UNCEIA a également une mission
de recherche appliquée et dispose d’un département spécialisé dans les biotechnologies de la
reproduction. Dans le service Andrologie de l’UNCEIA, la qualité du sperme animal fait
l’objet d’approches multiples visant à en optimiser la fécondance en améliorant les conditions
de production, de sélection, de dilution et de conservation. De nouveaux programmes de
Recherche et Développement sont menés avec pour objectif principal l’amélioration de la
fertilité des taureaux d’insémination. En ce qui concerne la fertilité du mâle, l’UNCEIA
travaille actuellement sur la recherche d’un prédicteur de fertilité, l’amélioration de la
congélation de la semence (utilisation d’anti-oxydant…etc), le tri de la semence X/Y et un
programme fondamental concernant l’amélioration génétique des animaux d’élevage ayant

22
conduit notamment à la découverte de 3 QTL (Quantitative Trait Loci) reliés à la fertilité, à la
quantité et à la qualité des spermatozoïdes.

La filière de l’insémination artificielle animale est en profonde restructuration depuis le


1er janvier 2007 avec l’entrée en vigueur de l’application de la législation zootechnique
européenne, la disparition du monopole de zone (ouverture à la concurrence) et les
modifications des modalités de préparation et de distribution de la semence. En effet,
jusqu’en janvier 2007, la sélection génétique et l’insémination artificielle étaient régies par la
loi sur l’élevage de 1966. La loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006 (loi 2006-11 du 5
janvier 2006 d’orientation agricole) a décrit les contours d’une grande réforme de l’élevage
qui a été précisée dans les ordonnances décrets et arrêtés parus en décembre 2006. Les
particularités françaises, à savoir l’absence de concurrence pour l’approvisionnement en doses
de semence et pour leur distribution (monopole de zone des CEIA) étaient en contradiction
avec l’ouverture européenne. C’est pourquoi un nouveau cadre légal qui libéralise
l’insémination artificielle a été mis en place en 2006. Ainsi le monopole de zone a disparu et,
sous certaines conditions zootechniques et sanitaires, des « entreprises de sélection » et des
« entreprises de mise en place » peuvent désormais voir le jour. Cependant, la nouvelle loi
préserve le système national d’information génétique avec les Etablissements
Départementaux d’Elevage (EDE), les Associations Régionales au Service des Organismes
d’Elevage (ARSOE) et les contrôles de performances. Ces profondes modifications du cadre
réglementaire vont entrainer, avec la libéralisation du marché, une segmentation et une
diversification des services proposés dans le domaine de l’insémination artificielle bovine.

1.1.3 L’insémination artificielle chez l’homme

Chez l’homme, des essais d’insémination artificielle ont été réalisés à la fin du XVIIIième
siècle, conjointement par un anglais, J. Hunter et par un français, MA Thouret qui fut le
premier à publier un petit ouvrage très complet sur la technique, les indications et les premiers
résultats. Cependant, des considérations religieuses ont freiné le développement de
l’insémination artificielle. Ainsi c’est seulement en 1973 que furent créées les deux premières
banques de sperme en France, dans le cadre des hôpitaux de Paris.

23
Ensuite, progressivement, s’est mis en place le « système CECOS (Centre d’Etude et de
Conservation des Œufs et du Sperme humains)», en effet, l’adoption par chacun des nouveaux
centres des principes, notamment des principes éthiques et de politique scientifique, a instauré
un esprit communautaire, avec un besoin de plus en plus fort d’échanges et de comparaison
entre les centres. Cela a aboutit en 1981 à la création d’une Fédération Française des CECOS.
Cette structure a permis l’harmonisation et la cohésion des CECOS tout en préservant leur
autonomie. On recense aujourd’hui 20 centres CECOS repartis sur le territoire français
(Figure 2).

Figure 2 : Liste des centres habilités pour le don de sperme en France.

1 Amiens
2 : Besançon-Dijon
3 : Bordeaux
4 : Caen
5 : Clermont-Ferrand
6 : Grenoble
7 : Lille
8 : Lyon
9 : Marseille
10 : Montpellier:
11 : Nancy
12 : Nantes
13 : Nice
14 : Paris
15 : Reims
16 : Rennes
17 : Rouen
18 : Strasbourg
19 : Toulouse
20 : Tours

Depuis sa création, le système CECOS a connu un constant développement, à la fin de 1988,


19232 conceptions avaient été permises grâce à la contribution de 7443 donneurs.

Le Tableau 5 présente l’évolution de l’activité de Procréation Médicalement Assistée (PMA)


de 1998 à 2004. La PMA a connu un grand développement depuis les années 80. En 2004,
23926 cycles de Fécondation In Vitro (FIV) et 31291 cycles d’Injection Intra Cytoplasmique
de Spermatozoïde (ICSI) ont été pratiqués. De 1998 à 2004 le nombre de cycle FIV reste
relativement stable, cependant on assiste à un développement important de l’ICSI, en effet, en
6 ans le nombre d’ICSI pratiquées en France a pratiquement doublé.

24
Le nombre d’interventions de Procréation Médicalement Assistée (PMA) pratiquées en
France est le plus important des pays européens cependant seulement 1,7% des enfants nés en
2004 sont issus de la PMA, ce pourcentage est plus élevé dans les pays Scandinaves et en
Islande (Andersen et al, 2008).

Tableau 5 : Procréation médicalement assistée en France : données chiffrées de 1998 à 2004 (d’après
Nygren et Andersen., 2001 ; Andersen et al., 2004 ; Andersen et al., 2006 ; Andersen et al., 2008).

1998 2000 2002 2004

Nombre de cycles 21831 23347 21557 23926


FIV pratiqués

Nombre de cycles 17583 23228 25522 31291


ICSI pratiqués

Nombre 7531 8357 9693 10460


d’accouchements
suite à PMA
% d’enfants nés 1,29% 1,4% 1,5% 1,7%
grâce à la PMA /
total enfants nés

25
26
2 PHYSIOLOGIE DE LA REPRODUCTION ET
PARAMETRES SEMINOLOGIQUES

2.1 Puberté et spermatogénèse

2.1.1 Puberté

La puberté chez le mâle correspond au moment où des spermatozoïdes fertiles sont libérés
dans l’éjaculat. Des changements morphologiques peuvent être notés chez le mâle quelques
semaines avant l’apparition des spermatozoïdes fertiles dans l’éjaculat. On observe des
changements de la conformation corporelle, une augmentation de l’agressivité envers les
autres mâles, une augmentation de la libido ainsi qu’une croissance rapide du pénis et des
testicules (Bearden et al., 2004).

Chez le taureau, la puberté est plus tardive pour les races allaitantes que pour les races
laitières. En moyenne, la puberté apparaît entre 10 et 12 mois (Gordon, 1996). L’évaluation
de la fonction sexuelle des futurs taureaux reproducteurs intervient à l’âge de 12 mois
environ. Les taureaux sont évalués sur la qualité de l’éjaculat ainsi que sur la circonférence
scrotale. La capacité reproductrice et la production de semence sont maximales aux alentours
de 4 ans.

La puberté survient en moyenne à 6 -7 mois chez le chien. Les chiens de petites races sont
pubères plus tôt (dès 4 mois) que les chiens de grandes races qui peuvent n’atteindre la
puberté qu’à l’âge de 22 mois. Après la puberté, le chien mâle est capable de s’accoupler et de
produire des éjaculats fertiles toute l’année.

Chez l’homme la puberté, intervient entre 12 et 18 ans, elle est considérée comme une phase
transitoire entre l’enfance et l’âge adulte.

27
2.1.2 Spermatogénèse

La spermatogénèse est le processus de division et de différenciation cellulaire par lequel les


spermatozoïdes sont produits à partir des spermatogonies situées dans les tubes séminifères
des testicules. Le cycle de l’épithélium séminal correspond l’intervalle régulier de temps qui
rythme l’entrée en spermatogenèse des cellules souche de renouvellement.

Chez le taureau, la spermatogénèse dure 54 jours et le cycle de l’épithélium séminal 13,5


jours, ces valeurs sont très similaires chez le chien. Chez l’homme, par contre ces processus
sont plus longs : la spermatogenèse dure 74 jours et le cycle de l’épithélium séminal 16 jours
(Tableau 6).

Tableau 6 : Comparaison des durées du cycle de l’épithélium séminal et de la spermatogenèse chez le


taureau, le chien et l’homme(d’après Thibault et Levasseur, 1991).

Espèces Durées (jours)

Cycle de l’épithélium séminal Spermatogenèse


Taureau 13,5 54

Chien 13,6 54,4

Homme 16 74

Chez le taureau sexuellement mature, la production de spermatozoïdes est de 12 millions par


gramme de testicule et par jour ; chez le chien elle est de 20 à 28 millions par gramme de
testicule et par jour et chez l’homme, à l’âge de 20 ans, la production de spermatozoïdes est
de l’ordre de 6,5 millions de spermatozoïdes par jour et par gramme de testicule (Thibault et
Levasseur, 2001). La production de spermatozoïdes diminue avec l’âge, de façon équivalente
chez toutes les espèces, mais cette diminution affecte surtout l’homme en raison de son
niveau relativement bas de production spermatique.

28
2.2 Caractéristiques de l’éjaculation et de l’éjaculat

2.2.1 Bovin

Dans l’espèce bovine, l’éjaculation est concomitante de la poussée violente (coup de rein) qui
introduit le pénis extériorisé dans le vagin de la femelle. Pour un taureau normal, le temps qui
sépare le premier contact du gland du pénis avec les parois du vagin et l’éjaculation varie
d’une fraction de seconde à 2 secondes. L’éjaculation est induite par la température vulvo-
vaginale, et la pression sur le pénis. C’est pourquoi, la collecte de la semence utilisée en
centre d’insémination artificielle est réalisée avec un vagin artificiel qui reproduit les
sensations physiologiques du contact avec le vagin de la vache (température et pression).

Le Tableau 7 présente les paramètres séminologiques de l’éjaculat de taureau.

Tableau 7 : Paramètres séminologiques du taureau (d’après Cupps, 1991).

Paramètres séminologiques
Volume (ml) 2 – 10

Concentration en spermatozoïdes (x 106/ml) 300 – 2000

Mobilité moyenne 70% de spermatozoïdes mobiles

pH 6,48 – 6,99

2.2.2 Chien

Une des particularités physiologiques du chien est que l’éjaculat est émis en trois fractions.
Suite à une période de mouvements du bassin répétés et à l’émission de la première phase de
l’éjaculat, l’insertion complète du pénis dans le vagin de la chienne est rapidement suivie par
l’éjaculation de la seconde fraction. Ensuite le mâle effectue une rotation en passant l’un des
membres pelviens au dessus du dos de la chienne, cela entraine une torsion à 180° de la base
du pénis. Les animaux restent ainsi bloqués pendant 5 à 30 minutes au cours desquelles la
fraction prostatique de l’éjaculat est émise (Burke, 1986).

La première fraction, appelée fraction pré-spermatique, est de faible volume, de couleur


claire, pratiquement translucide et contient très peu de spermatozoïdes. La seconde fraction

29
est appelée fraction spermatique, il s’agit de la fraction riche en spermatozoïdes. Elle est de
faible volume, d’apparence laiteuse et contient la majorité des spermatozoïdes libérés au cours
de l’éjaculation. Ces deux premières fractions sont libérées au cours des 2 ou 3 premières
minutes de la phase d’éjaculation. La troisième fraction, ou fraction post-spermatique est la
plus volumineuse, elle peut contenir quelques spermatozoïdes, et nécessite de 3 à 40 minutes
pour être émise. La plus grande partie du volume des fractions pré et post-spermatiques est
générée par la prostate.

Les volumes moyens des trois fractions de l’éjaculat de chien sont détaillés dans le tableau ci-
dessous (Tableau 8).

Tableau 8 : Volume des différentes fractions de l’éjaculat de chien (d’après Mc Donald’s, 2003).

Volume (ml)
Fraction Moyenne Etendue

Pré-spermatique 0,8 0,25 – 2,8

Spermatique 0,6 0,4 – 2,0

Post-spermatique 4,0 1,1 – 16, 3

Ejaculat total 5,4 1,75 – 21,1

Les valeurs présentées dans ce tableau sont issues de données collectées pour un chien de
taille moyenne (beagle), les volumes varient en fonction de la taille de l’animal.

Le Tableau 9 détaille les paramètres séminologiques de l’éjaculat du chien de race beagle.

30
Tableau 9 : Paramètres séminologiques de l’éjaculat de chien (d’après Mc Donald’s, 2003).

Paramètre Moyenne ± Ecart-type Etendue


Volume (ml) 3,1 ± 0,3 2,8 – 3,4

Motilité (note de 0 à 5) 3,0 ± 0,3 2,2 – 3,9


Densité (note de 0 à 5) 1,5 ± 1,1 0,0 – 4,2

Concentration en spermatozoïdes 111 ± 22 57 – 164


(106/ml)

Nombre de spermatozoïdes par 301 ± 60 154 – 449


éjaculat (en millions)

Pourcentage de spermatozoïdes 90 ± 2 84 – 95
vivants

Pourcentage de spermatozoïdes 7±1 3 – 10


anormaux

2.2.3 Homme

Le Tableau 10 présente les paramètres séminologiques pour des éjaculats recueillis après au
maximum 5 jours d’abstinence (Shwartz, 1983).

Tableau 10 : Paramètres séminologiques du sperme humain (d’après Shwartz, 1983).

Concentration Volume (ml) Motilité (%) Formes normales (%)


(106/ml)

Moyenne ±Ecart- 96 ± 65,9 3,7 ± 1,9 70,3 ± 10 60,2 ± 11,2


type

Ce tableau permet de constater que les paramètres séminologiques des éjaculats humains
présentent une très grande variabilité, à la fois intra-individuelle (dépendant notamment du
délai d’abstinence) et inter-individuelle.

Le Tableau 11 récapitule les paramètres séminologiques chez le taureau, le chien et l’homme.


Le volume, la concentration, le nombre de spermatozoïdes ainsi que le pourcentage de
spermatozoïdes normaux et mobiles sont indiqués. On remarque notamment que les
concentrations moyennes des éjaculats sont très variables selon les espèces et varient d’une

31
concentration de 1000.106/ml chez le taureau à 96. 106/ml chez l’homme. Chez le chien les
valeurs sont intermédiaires avec une concentration moyenne de 300. 106/ml.

Tableau 11 : Paramètres séminologiques chez le bovin, le chien et l’homme.

Espèce Volume Concentration Nombre moyen % de % de


moyen moyenne de de spermatozoïdes spermatozoïdes
de l’éjaculat spermatozoïdes mobiles normaux
l’éjaculat (106/ml) par éjaculat
Taureau 6 ml 1200 7000 x 106 70% 89%
race laitière
(Cupps,
1991)
Taureau
race 4 ml 1000 4000 x 106 65% 80%
allaitante
(Cupps,
1991)

Chien 5 ml 300 1500 x 106 85% 80%


(d’après
Cupps,
1991)

Homme 3,7 ml 96 355,2 x 106 70, 3% 60,2%


(Shwartz,
1983)

2.3 Caractéristiques morphologiques du spermatozoïde

2.3.1 Bovin

Le spermatozoïde normal mesure environ 70 µm chez le taureau. La tête du spermatozoïde est


de forme ovoïde et aplatie, elle mesure 8 à 9 µm de longueur, 4 à 4,5 µm de largeur et 0,5 à 1
µm d’épaisseur. L’acrosome couvre environ 60% de la tête et forme sur le bord antérieur une
crête apicale, sorte de bourrelet. La pièce intermédiaire fixée à la tête, forme un cylindre
d’environ 10 à 12 µm de long et d’un diamètre de 1 µm. Le flagelle mesure de 52 à 55 µm de
longueur pour un diamètre de 0,5 µm et se termine par une section filamenteuse de 0,2 µm de
diamètre (Bahr et Zeitler, 1964).

32
2.3.2 Chien

Le spermatozoïde de chien mesure de 62 à 66 µm. La tête du spermatozoïde mesure de 4 à 5


µm. Elle est aplatie dorso-ventralement, le spermatozoïde observé de profil apparaît donc
aplati par rapport au spermatozoïde observé de face. L’acrosome qui recouvre la tête sur sa
partie antérieure a un aspect « en bonnet ». La région étranglée qui relie la tête à la pièce
intermédiaire est le « col ». La pièce intermédiaire est l’unité motrice du spermatozoïde et
mesure de 6 à 6,6 µm. Le flagelle est l’élément propulseur et mesure environ 55 µm
(Fontbonne, 1993).

2.3.3 Homme

Le spermatozoïde « normal » est difficile à définir. L’étude de spermatozoïdes récupérés


après migration dans le mucus cervical pré-ovulatoire a permis de définir les caractéristiques
du spermatozoïde normal (Auger et Eustache, 2000). En effet, les spermatozoïdes anormaux
sont retenus par le filtre que constitue la glaire cervicale.

La tête du spermatozoïde normal mesure entre 2,5 et 3,5 µm de large pour 4 à 5,5 µm de long
(Katz et al., 1986). La région acrosomique représente 40 à 70 % de la surface de la tête et elle
est nettement définie. La pièce intermédiaire normale, peu visible en microscopie
conventionnelle, mesure de 1,5 à 1,9 fois la longueur de la tête, et présente un diamètre de 0,6
à 0,8 µm. Son grand axe est dans le prolongement du grand axe de la tête et présente un
contour régulier, une texture homogène et un reste cytoplasmique de taille minime à son
niveau n'est pas considéré comme anormal. Il est en effet reconnu que les restes
cytoplasmiques ne doivent pas dépasser en surface, le tiers de la surface normale de la tête
(Auger et Jouannet, 1993). Enfin, la pièce principale, c'est-à-dire le reste du flagelle, mesure
environ 45 µm (soit environ 10 fois la longueur de la tête), pour un diamètre de l'ordre de 0,4
à 0,5 µm. Elle est développée avec un contour régulier et un aspect homogène.

Le Tableau 12 récapitule de façon comparative les tailles moyennes des différentes sections
du spermatozoïde chez le taureau, le chien et l’homme.

33
Tableau 12 : Comparaison de la taille moyenne des spermatozoïdes chez le taureau, le chien et l’homme
(d’après Marshall, 1990).

Espèce Longueur de la tête Longueur de la pièce Longueur totale (µm)


(µm) intermédiaire (µm)

Taureau 6,8 9,8 53,5

Chien 5,6 - 55,3

Homme 6,1 4,7 58,4

34
3 PARTIE DESCRIPTIVE : ETAT DES LIEUX DES
METHODES D’EVALUATION DE LA QUALITE DU
SPERME DANS LES DIFFERENTES ESPECES

3.1 Evaluation de la qualité de la semence dans l’espèce canine

3.1.1 Contexte et lieu d’étude

Afin de décrire les méthodes d’analyse réalisées en routine sur la semence canine, je me suis
rendue au Centre d’Etude en Reproduction des Carnivores (CERCA), situé à l’Ecole
Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort. Ce lieu est considéré comme représentatif des
méthodes utilisées en France. Bien qu’il n’y ait officiellement pas de standardisation des
techniques d’examen du sperme chez les carnivores domestiques, les représentants des quatre
banques de sperme se réunissent chaque année pour harmoniser les pratiques.

La première « Banque de semence canine » a été créée en 1981 et a été rattachée au service de
Pathologie de la reproduction en 1986. Ses activités s’étant largement diversifiées, elle a été
rebaptisée CERCA en 1989 (Centre d’Etudes en Reproduction Canine Assistée). En 1997, ce
service a rejoint le pôle de l’UMES (Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport) dont il
constitue l’antenne « reproduction ». Par la suite, les activités du CERCA ont été élargies aux
autres carnivores : chat, furet et carnivores sauvages, CERCA signifie alors Centre d’Etude en
Reproduction des CArnivores.

Les locaux du CERCA sont situés au sein de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort
et comprennent : une salle d’attente, une salle de consultation, un laboratoire, une banque de
semence canine et féline et une salle de travail pour les étudiants. Cinq vétérinaires travaillent
au CERCA mais également dans le reste des cliniques de reproduction des carnivores
(consultation, bloc, échographie...), une auxiliaire spécialisée vétérinaire (ASV) est également
employée par le CERCA. Les moyens financiers proviennent des prestations et de contrats
avec des firmes pharmaceutiques. Le CERCA accueille des internes un jour et demi par
semaine et des étudiants de deuxième et troisième cycle quotidiennement. L’opérateur

35
effectuant les analyses de semence change fréquemment deux fois par jour et au moins tous
les jours (rotation des cliniciens). En général, ce sont des vétérinaires qui procèdent à
l’examen de la semence, très rarement l’ASV. La formation des opérateurs est assurée sur
place par un « sénior ». Le CERCA assure en moyenne 5 à 10 consultations par jour. Les
activités consistent en des suivis de chaleur des femelles, des inséminations artificielles en
semence fraîche, réfrigérée, ou congelée, des congélations de semence, des dosages
hormonaux (en collaboration avec l’unité d’endocrinologie), des bilans de fertilité
(échographies génitales, spermogrammes, suivis d’ovulation et de gestation…). Il est à noter
que 80% de la clientèle du CERCA est constituée d’éleveurs de chiens ou de chats
(majoritairement habitants de la région Ile-de-France). Le CERCA effectue en moyenne une
quinzaine d’examen de la semence chaque semaine. Six à huit des éjaculats analysés sont
destinés à la congélation, le reste est destiné à l’insémination artificielle en semence fraîche
ou à des examens dans le cadre de bilans d’infertilité. L’examen standard de la semence
nécessite 15 minutes. Une centaine d’inséminations artificielles environ sont pratiquées
annuellement en semence fraîche et une trentaine environ en semence congelée ou réfrigérée.

La Figure 3 présente le bilan de l’activité du CERCA de 2001 à 2006. On remarque une


diminution du nombre d’inséminations artificielles en semence congelée (IAC) pratiquées au
CERCA de 2003 à 2006. Cette diminution d’activité est concomitante à la diminution du taux
de réussite des IAC.

Figure 3 : Nombre d’inséminations artificielles en semence congelée pratiquées au CERCA de 2001 à 2006
(Benechet, 2007).

36
L’IA est pratiquée par voie intra-vaginale ou par voie intra-utérine. Cette dernière voie est
utilisée dans la mesure du possible et systématiquement employée dans le cas d’insémination
artificielle en semence congelée (car le pouvoir fécondant de la semence congelée n’est que
de 12 à 24 heures). Depuis 2001, pour chaque chienne inséminée, la voie intra-utérine est
tentée après une éventuelle tranquillisation et la voie intra-vaginale n’est pratiquée qu’en cas
d’échec.

3.1.2 Examen du sperme

La collecte du sperme est effectuée dans la salle de consultation du CERCA. Généralement, le


sperme est collecté par massage des bulbes érectiles, cette technique entraîne l’érection puis
l’éjaculation. Le sperme est ensuite recueilli grâce à l’utilisation de cônes de prélèvement
reliés à un tube plastique gradué et incassable. Ces tubes sont stériles et à usage unique. Tout
le matériel destiné au prélèvement est propre (et rincé pour éviter toute action spermicide des
savons ou détergents) voire stérile. Le prélèvement du sperme se fait avec ou sans femelle en
chaleur à proximité. Les trois phases de la semence sont récoltées séparément.

3.1.2.1 Analyse macroscopique

Les trois phases sont observées macroscopiquement, car toute modification importante peut
être révélatrice d’une pathologie du tractus génital se traduisant éventuellement par une
diminution de la fertilité voire une infertilité. Le volume de l’éjaculat, la couleur et la turbidité
de l’éjaculat sont notés.

La phase pré-spermatique possède un rôle lubrifiant, elle doit être translucide (plus ou moins
trouble) et acellulaire. Son volume varie de 0,5 à 5ml.

La phase spermatique est de couleur laiteuse, elle contient les spermatozoïdes. Son volume
varie de 1 à 4 ml environ. L’aspect de cette fraction permet de déterminer approximativement
sa concentration en spermatozoïdes :

- translucide : absence ou peu de spermatozoïdes ;


- Blanchâtre ou nuageux : présence de spermatozoïdes ; l’opacité est fonction de la
concentration ;
- Blanc laiteux : concentration importante de spermatozoïdes;

37
- Rosé : présence de sang (Fontbonne, 1993).

La phase post-spermatique est de couleur claire et joue le rôle de diluant, son volume est
important. Cette phase représente 1 à 80 ml.

Les principales anomalies macroscopiques consistent en l’absence de sperme, la présence de


pus, d’urine ou de sang dans le sperme. Une coloration jaunâtre peut être le signe d’une
contamination par de l’urine ou du pus alors qu’une contamination par du sang se traduit par
une coloration rosée à brunâtre. La contamination du sperme par ces éléments peut atteindre
les trois fractions ou uniquement la fraction prostatique, d’où la nécessité de bien séparer les
différentes phases.

Le volume de l’éjaculat recueilli est mesuré par lecture directe sur le tube gradué servant à la
collecte. La connaissance de ce volume permettra de calculer le nombre total de
spermatozoïdes de l’éjaculat.

3.1.2.2 Analyse microscopique

L’analyse microscopique est pratiquée sur la phase spermatique, le prélèvement de la totalité


de l’éjaculat est inutile pour cet examen car le recueil d’un trop grand volume a pour
conséquence une dilution des spermatozoïdes.

a) Motilité

Cet examen est réalisé le plus rapidement possible après la récolte du sperme. Il s’agit d’un
examen dynamique qui s’effectue sur une platine chauffée à 37°C pour éviter le
ralentissement des spermatozoïdes. On observe en premier lieu la motilité massale, sur une
goutte de sperme déposée sur une lame et observée à faible grossissement (x 100) et les
mouvements de réunion et de dispersion des gamètes sont observés. Ils forment des
« vagues » à la surface de la goutte. L’intensité des vagues provoquées par le mouvement des
spermatozoïdes est évaluée. Une note de 0 à 5 est attribuée à l’échantillon observé, selon une
échelle de notation telle que celle proposée dans le Tableau 13.

38
Tableau 13 : Echelle d’appréciation de la motilité massale du sperme du chien (d’après Fontbonne, 1993).

ECHELLE D’APPRECIATION DE LA MOTILITE MASSALE DU SPERME DE CHIEN


Note Interprétation

0 Aucun mouvement.

1 Les spermatozoïdes bougent sans former de mouvement d’ensemble.

2 Les spermatozoïdes ébauchent des mouvements d’ensemble circulaires

3 Les mouvements d’ensemble représentent des cercles centrés sur eux-mêmes.

4 Les spermatozoïdes ont un mouvement d’ensemble. Ils forment des vagues rondes
qui se déplacent.

5 Les mouvements d’ensemble se densifient. Les spermatozoïdes bougent en tous


sens

Cette observation est simple, peu coûteuse, mais peu précise ; elle dépend à la fois des
mouvements des spermatozoïdes mais aussi de la concentration de l’échantillon. De plus,
cette méthode est subjective, la note de 0 à 5 est semi-quantitative. L’opérateur doit donc être
expérimenté et pratiquer régulièrement cette technique.

Dans un second temps, la motilité individuelle est déterminée. Le principe est d’examiner, à
fort grossissement (x 400), une goutte de sperme déposée sur une lame et recouverte d’une
lamelle. Le sperme doit être relativement peu concentré, afin que chaque spermatozoïde soit
individualisable. Dans l’espèce canine en général, il n’est pas nécessaire de diluer le sperme
au préalable, cependant, si la concentration est élevée, il est possible de le diluer dans une
solution de NaCl isotonique tiédie à 37°C. Le pourcentage de spermatozoïdes mobiles est
évalué de façon subjective. Les spermatozoïdes progressant en ligne droite (on parle alors de
mobilité fléchante) sont distingués des spermatozoïdes tournant en rond, à mobilité faible ou
diminuée. Au CERCA, pour l’espèce canine, il est considéré qu’un sperme de bonne qualité
possède 70% ou plus de spermatozoïdes mobiles. La vitesse ou la qualité de la motilité peut
aussi être évaluée ; on considère qu’un spermatozoïde de chien avec une motilité normale doit
traverser le champ du microscope en 2 à 3 secondes (Root, 2007). De plus, chez le chien, le
pourcentage de spermatozoïdes fléchants est positivement corrélé au pourcentage de
spermatozoïdes morphologiquement normaux (Pasqualotto, 2005).

39
Actuellement il existe des techniques automatisées d’analyse d’image qui permettent
l’examen de la motilité des spermatozoïdes. Cependant, compte tenu de leur prix, ces
techniques assistées par ordinateur ne sont pas utilisées en routine dans l’espèce canine.

b) Numération

Des techniques automatisées (au spectrophotomètre) permettent le comptage des


spermatozoïdes mais la technique la plus employée et la moins onéreuse reste le comptage
manuel à l’aide de cellules hématimétriques. Au CERCA, des cellules de Thoma sont
employées pour la numération, nous développerons donc cette méthode. Cependant, des
cellules de Malassez, de Neubauer ou d’autre type conviennent tout aussi bien, il suffit
d’adapter les dilutions et le calcul au volume de la cellule employée.

La dilution est adaptée à la concentration initiale du sperme, ainsi, si le sperme est très peu
concentré (translucide), une dilution au 1/10ième ou 1/20ième sera effectuée. Par contre si le
sperme est concentré (aspect laiteux) une dilution au 1/100ième ou 1/200ième sera préférable. La
dilution se fait avec une solution de chlorure de sodium hypertonique à 3%, cette solution
hypertonique engendre la mort des spermatozoïdes sans provoquer leur lyse. Ainsi, les
spermatozoïdes sont immobiles et le comptage est facilité. Après homogénéisation du
mélange, la solution est déposée à l’aide d’une micropipette afin de remplir par capillarité,
sans bulle d’air, la chambre de l’hématimètre. Il faut alors laisser sédimenter pendant
quelques minutes avant de procéder au comptage des spermatozoïdes.

Avant le comptage, il faut bien vérifier à faible grossissement, que la répartition des éléments
soit homogène, au moindre doute, le mélange sera homogénéisé de nouveau et le montage
recommencé. Après repérage des limites de la cellule (grossissement x100), les éléments sont
comptés au microscope au grossissement x400. La lame est balayée de façon méthodique, de
gauche à droite et du haut vers le bas. En général les spermatozoïdes sont comptés sur 5
grands carrés. Afin d’éviter de surévaluer le nombre de spermatozoïdes, pour les éléments
situés entre deux carrés, ne sont comptés que ceux qui sont à cheval sur les graduations, en
général celles formant la lettre L (Figure 4).

40
Figure 4 : Comptage des spermatozoïdes à la cellule de Thoma; prise en compte des éléments « à cheval »
sur les graduations.

Le principe général du calcul du nombre de spermatozoïdes figure dans la formule énoncée


ci-dessous :

(Nombre de spermatozoïdes comptés x facteur de dilution) / (Surface considérée (mm2) x


profondeur des chambres) = spermatozoïdes par ml de semence

Le CERCA dispose également d’un appareil portatif, l’ACCUREAD® IMV Technologies,


pour évaluer la concentration de la semence. Il s’agit d’un instrument basé sur le principe de
la mesure de turbidimétrie. Les mesures sont obtenues grâce à l’association d’une source
lumineuse de type Diode Electro Luminescente qui émet à 595 nm et d’une fibre optique
conduisant le signal lumineux jusqu’au détecteur. Cet appareil a été validé initialement pour
la mesure de la concentration en spermatozoïdes dans le sperme bovin puis le principe a été
élargi à d’autres espèces, dont l’espèce canine grâce à la détermination par le constructeur des
équations de paramétrage adaptées. Cet appareil présente une bonne répétabilité et une bonne
fiabilité (il présente, selon le constructeur, une meilleure fiabilité et une meilleure répétabilité
que la spectrophotométrie). Le prix de l’Accuread® est de 990 euros (prix indiqué pour le
mois de décembre 2007), auxquels il faut rajouter le petit matériel nécessaire à son
fonctionnement (cuves, pipettes, cônes et filtres).

c) Morphologie des spermatozoïdes

La morphologie des spermatozoïdes doit être prise en compte dans l’analyse de la semence
chez le chien. Un éjaculat contenant plus de 30% de formes anormales est considéré
comme anormal (Oettle, 1993). Les formes anormales sont classées en deux catégories selon

41
qu’elles sont considérées comme primaires (c'est-à-dire les anomalies résultant d’un défaut de
la spermatogenèse) ou secondaires (survenant lors de la maturation ou de la préparation de la
lame). Le Tableau 14 présente la liste des anomalies primaires et secondaires dans l’espèce
canine. La classification en anomalies majeures et mineures peut également être utilisée mais
cette dernière classification est plus délicate à utiliser car elle suppose une connaissance des
conséquences des défauts morphologiques sur la fertilité dans l’espèce canine (Root, 2007).

Tableau 14 : Classification des anomalies du spermatozoïde de chien (d’après Freshman, 2002).

ANOMALIES DU SPERMATOZOÏDE

Anomalies primaires Anomalies secondaires

Anomalies de tête Tête piriforme Tête détachée


Tête amincie
Tête allongée
Tête petite (microcéphalie)
Tête géante (macrocéphale)
Tête ronde
Tête déformée
Tête double

Anomalies de la pièce Pièce intermédiaire double Gouttelettes cytoplasmiques


intermédiaire distales
Pièce intermédiaire enflée
Gouttelettes cytoplasmiques
proximales

Anomalies de queue Queue double Queue tordue


Queue cassée Queue enroulée distalement
Queue enroulée en chignon ou Queue repliée
enroulées autour de la tête

Autres anomalies Acrosomes anormaux

En pratique, on effectue une coloration en éosine-nigrosine ou une coloration grâce au réactif


de Harris-Shore ou encore au Spermac® qui est une préparation commerciale. Pour une
coloration à l’éosine-nigrosine, une goutte de semence est mélangée à deux gouttes d’éosine-
nigrosine. Ensuite, l’étalement est effectué au moyen d’une lame rodée inclinée à 45° et la
lame est séchée à l’air libre par agitation. La lame est ensuite observée au grossissement
x1000 à immersion. Il convient de noter les anomalies sur au moins 200 spermatozoïdes. Si

42
un spermatozoïde présente plusieurs anomalies, seule celle considérée comme majeure sera
comptabilisée. Seules les têtes isolées sont comptabilisées, les queues isolées ne sont pas
prises en compte.

Au CERCA, les anomalies prises en compte sont classées en six catégories, ainsi le
pourcentage total de spermatozoïdes anormaux, les anomalies de la tête, de la pièce
intermédiaire, du flagelle ainsi que le pourcentage de spermatozoïdes présentant des
gouttelettes proximales et le pourcentage de décapités sont comptabilisés. Il faut cependant
rester prudent pour l’interprétation du spermocytogramme car des formes anormales sont
toujours présentes dans la semence d’animaux considérés comme fertiles c’est pourquoi il
faut tenir compte de la proportion et de la nature de ces anomalies (Burke, 1986).

La coloration à l’éosine-nigrosine sert également à déterminer le pourcentage de


spermatozoïdes « vivants ». La membrane des spermatozoïdes morts est perméable au
colorant et le laisse pénétrer dans le compartiment intra-cellulaire, les spermatozoïdes morts
sont donc colorés en rose alors que les vivants restent incolores. Ce colorant reste très utilisé
en routine chez les espèces domestiques car son utilisation est simple et rapide mais un
problème courant avec ce colorant est que l’hypoosmolarité de la solution peut entraîner la
mort et la lyse des spermatozoïdes, ce qui représente une source d’artefacts (Peña Martinez,
2004).

D’autres colorants tels que la préparation commerciale Spermac®, également employée au


CERCA, peuvent être utilisés. La figure 7 présente des spermatozoïdes après coloration au
Spermac®.

43
Figure 5 : Exemples d’anomalies morphologiques sur des spermatozoïdes colorés au Spermac® :
spermatozoïde bicéphale, microcéphale et spermatozoïde ayant effectué la réaction acrosomique (CERCA,
2007).

Bien que la coloration des lames soit plus longue avec ce colorant qu’avec l’éosine-nigrosine,
ce produit reste intéressant car il colore la région post-acrosomique et nucléaire en rouge et
l’acrosome, la pièce intermédiaire ainsi que la queue en vert. Cette coloration permet
d’apprécier les anomalies morphologiques classiques mais aussi les spermatozoïdes ayant
effectué la réaction acrosomique.

En dernier lieu, le nombre total de spermatozoïdes par éjaculat est multiplié par le
pourcentage de spermatozoïdes morphologiquement normaux afin d’obtenir le nombre de
spermatozoïdes morphologiquement normaux présents dans l’éjaculat considéré.

L’examen morphologique permet également de mettre en évidence la présence d’éléments en


quantité anormalement élevée comme les leucocytes qui peuvent signer une infection du
tractus génital ou encore des spermatocytes ou spermatides qui révèlent une anomalie
fonctionnelle testiculaire. La présence de ces éléments doit conduire à une investigation
approfondie du dysfonctionnement.

La Figure 6 représente la fiche établie lors de l’examen de la semence au CERCA et qui


récapitule l’identité de l’animal, l’anamnèse, les paramètres séminologiques ainsi que les
éventuels examens complémentaires effectués.

44
Figure 6 : Fiche utilisée au CERCA lors de l’examen de la semence

N° CLOVIS :
SPERMOGRAMME
NOM :
Intervenant(s) prélèvement :
DATE : / /
Présence d’une chienne en oestrus :
Race :
LIBIDO :

SEMENCE : Aspect macroscopique :

VOLUME Phase 1 : ml Phase 2 : ml Phase 3 : ml


Volume total si phases mélangées ml
Volume après centrifugation ml volume dilueur : ml
MOBILITE % Nombre total de spermatozoïdes :

ANOMALIES Anormaux : % Têtes : % Pièces int : %


Gouttelettes : % Flagelles : % Décapités : %
PMN  Hématies  Autres :

Concentration :

Conclusion :

EXAMENS COMPLEMENTAIRES :

 Oestradiol :  P4 :  PAL sur semence :

 Testostérone basale :  T4 libre :  RCCU :

 Post-stimulation :  TSH :

 Brucellose :  Herpesvirose :  Bactériologie :

 Frottis prépucial :  Echographie génitale :

CONCLUSION :

Qu’il s’agisse d’un bilan de fertilité ou d’une collecte destinée à pratiquer une insémination
artificielle, un spermogramme est effectué et les observations sont notées dans le tableau
présenté ci-dessus. Lors d’exploration de l’infertilité, le clinicien peut être amené à prescrire

45
des examens complémentaires incluant des dosages hormonaux, des examens sérologiques,
bactériologiques, frottis préputiaux ou encore échographies de l’appareil génital.

3.1.3 Examen après congélation

Après congélation, une paillette par éjaculat est examinée et le critère de décision adopté pour
la conservation des paillettes est la mobilité fléchante. Ne sont conservées que les semences
présentant une mobilité fléchante supérieure à 50% (Fontbonne, 1993).

3.1.4 Interprétation des examens (Tableau 15)

Le volume moyen pour un éjaculat chez le chien varie de 1 à 30 ml, mais le volume n’est pas
corrélé à la qualité de la semence dans cette espèce (Johnston, 1991). Un éjaculat doit
contenir de 300 millions à 2 billions de spermatozoïdes, sachant que les chiens de grandes
races produisent plus de spermatozoïdes par éjaculat que ceux de petites races. La dose
fécondante minimale est estimée à 100 à 150 millions de spermatozoïdes
morphologiquement normaux et mobiles (Fontbonne, 1993). Un éjaculat contenant au
moins 70% de spermatozoïdes mobiles et au moins 70% de spermatozoïdes
morphologiquement normaux est considéré de qualité satisfaisante. Lorsque la proportion
de spermatozoïdes morphologiquement normaux est en deçà de 60%, la fertilité est diminuée
dans l’espèce canine (Oettlé, 1993). Il convient cependant de rester prudent quant à
l’interprétation du spermogramme comme du spermocytogramme, en effet, les résultats
obtenus sur un seul éjaculat ne peuvent en aucun cas permettre de conclure sur la
capacité reproductrice de l’étalon. Les valeurs obtenues lors de l’analyse de la semence
doivent être interprétés en regard de l’examen clinique et de l’anamnèse (Root, 2007). On doit
considérer de multiples facteurs incluant le signalement de l’animal (race, âge…) et son statut
de reproducteur (date de la dernière saillie ou collecte de sperme) voire même la période de
l’année. Il ne faut donc pas conclure sur l’analyse d’un seul éjaculat mais considérer deux à
trois analyses effectuées à deux ou trois semaines d’intervalle, afin d’avoir une estimation de
la fonction sexuelle du chien. Cependant, la durée de la spermatogénèse étant de 55 à 70
jours, en cas de suspicion d’un problème de spermatogénèse, l’examen sera répété dix
semaines plus tard.

46
Les méthodes classiques d’analyse de la semence pratiquées en routine se révèlent peu
coûteuses et simples à mettre en œuvre, cependant elles nécessitent du temps et de la
pratique. De plus, il est fortement conseillé de standardiser les procédures surtout si
plusieurs personnes interviennent au sein d’une même structure (Seager et Platz, 1977).

Le Tableau 15 présente de façon synthétique les critères retenus pour la conservation d’un
éjaculat de chien en vue de sa congélation.

Tableau 15 : Caractéristiques de l’éjaculat de qualité satisfaisante dans l’espèce canine pour l’utilisation
en insémination artificielle (d’après Fontbonne, 1993).

Caractéristiques Valeurs chiffrées

Nombre de spermatozoïdes par éjaculat 300.106 à 2.1012

Dose fécondante minimale (Nombre de 100. 106 à 150. 106


spermatozoïdes par dose)
% spermatozoïdes mobiles Supérieur à 70%

% spermatozoïdes morphologiquement Supérieur à 70%


normaux

3.2 Evaluation de la qualité de la semence dans l’espèce bovine

3.2.1 Contexte et lieu d’étude

Pour décrire les méthodes dévaluation de la semence dans l’espèce bovine, je me suis rendue
dans un centre d’insémination, la COOPELSO (Coopérative Agricole d’Elevage du Sud-
Ouest), située à Soual dans le Tarn (81). La COOPELSO est adhérente à MIDATEST,
l’Union des Coopératives d’Elevage, d’Amélioration Génétique et d’Insémination Animale du
Sud-Ouest de la France. Les missions de COOPELSO consistent en la diffusion du progrès
génétique par la mise en place de la semence, la participation à la réalisation et au
financement des programmes de sélection conduits par MIDATEST, la diffusion des
nouvelles technologies de la reproduction (sexage d’embryons et transplantation
embryonnaire) ainsi que la gestion d’une unité de production de semence pour le compte de
MIDATEST.

47
Le chiffre d’affaires de la COOPELSO en 2005 élevait à 10 millions d’euros et 80% de cette
somme venait de l’insémination artificielle. La COOPELSO regroupe 8200 adhérents et 68
inséminateurs. La COOPELSO dispose d’une taurellerie de 162 taureaux (de races
Prim’Holstein, Montbéliarde, Brune, Simmental, Blonde d’Aquitaine, Limousine, Charolaise
et souche INRA 95) et produit 1,7 millions de doses par an.

En 2006, avec 160 735 Inséminations Artificielles réalisées dont 55% avec de la semence de
taureau allaitant, la COOPELSO était la première coopérative d’Insémination Artificielle (IA)
française pour l’activité IA allaitante et la sixième en ce qui concerne l’activité totale. 78
taureaux ont été collectés en 2005 et 2006 et ils ont produit 1 822 415 doses, dont 1 572 822
conservées pour 4070 collectes, soit une moyenne de 20 164 doses produites par taureau et
par an. Le Tableau 16 présente l’évolution de la production de semence à la Coopelso de 1999
à 2006.

Tableau 16 : Evolution de la production de semence à la Coopelso de 1999-2000 à 2005-2006 (données


Coopelso).

1999-2000 2001-2002 2003-2004 2005-2006

Doses Congelées 1 641 382 1 661 508 1 733 059 1 572 822

Doses Fabriquées 1 759 907 1 815 343 1 894 247 1 822 415

Taureaux en production 102 114 85 78

Total Ejaculats produits 4713 4943 4 695 4070

% Ejaculats Eliminés 11.9 17.8 17.34 22.34

Nombre de doses fabriquées en 373 367 403 386


moyenne par éjaculat

3.2.2 Examen de la semence

Les méthodes d’évaluation de la qualité de la semence utilisées en routine au laboratoire de la


Coopelso sur les éjaculats de taureaux destinés à la congélation sont présentées ci-dessous.
L’évaluation du sperme permet de décider si l’éjaculat peut être congelé ainsi que de la
dilution adaptée à sa mise en paillette (qui dépend de la concentration initiale du sperme). Un

48
deuxième examen séminologique sera effectué après décongélation de la paillette afin
d’estimer la résistance des spermatozoïdes à la congélation.

3.2.2.1 Organisation des locaux et matériel nécessaire

Dans le cadre d’une démarche qualité et pour garantir la qualité bactériologique de la


semence, le laboratoire est organisé selon le principe de la marche en avant pour éviter tout
croisement entre le matériel stérile et le matériel souillé.

Les postes de travail sont organisés ainsi :


- Sas de réception de la semence communiquant avec la salle de collecte
- Poste d’évaluation de la semence comprenant un microscope, un diluteur et un
spectrophotomètre.
- Poste de dilution comprenant un bain-marie, de la verrerie stérile et une hotte à flux
laminaire.
- Poste d’impression des paillettes.
- Armoire réfrigérée où s’effectue la deuxième dilution éventuelle de la semence et son
conditionnement en paillettes.
- Poste de congélation.
- Salle de pré-stockage.
- Salle de stockage.
- Salle de distribution et quai d’embarquement des cuves de semence.

La Figure 7 présente un plan des laboratoires de la Coopelso. Ce plan permet de visualiser


l’application du principe de « marche en avant ».

49
Figure 7 : Plan des locaux du laboratoire Coopelso.

2 6

5
5 a

1 7 8
3 b c

d
4

18 f
16
17
19
g e
20
10 11
13
9
15
12
14

1 : Hall d’entrée a. Sas de communication entre la


2 : Toilettes salle de monte et le laboratoire
3 : Vestiaires hommes b. poste d’examination
4 : Vestiaires femmes (microscope)
5 : Cabine visiteurs c. poste de détermination de la
6 : Salle de monte
concentration
7 : Toilettes femmes
8 : Toilettes hommes (spectrophotomètre)
9 : Laboratoire (45 m2) d. poste de dilution
10 : Salle stockage vagins artificiels sales e. poste d’équilibration de la
(2 ,2 m2) température (réfrigérateur)
11 : Salle stockage vagins artificiels propres f. poste d’impression des
(2 ,2 m2) paillettes et de conditionnement
12 : Laverie (8 m2 ) en paillettes
13 : Salle de pré-stockage (5m2) g. poste de congélation
14 : Bureau (6m2 )
15 : Salle de stockage (28 m2)
16 : Magasin (6,6 m2 )
17 : Salle de préparation
18 : Sas de réception

50
Après collecte et avant toute analyse, la semence est identifiée. Le tube est immédiatement
bouché pour éviter toute contamination. De plus en plus souvent, les taureaux sont équipés de
puces électroniques individuelles dont la lecture au moment de la collecte permet la traçabilité
de l’éjaculat jusqu’à la mise en paillette. Au laboratoire de la COOPELSO, l’opérateur
examine 20 à 25 éjaculats par jour et l’examen de contrôle du sperme dure 2 à 3 minutes pour
l’échantillon frais, avant congélation et 2 à 3 minutes pour l’examen de la semence après
décongélation.

3.2.2.2 Analyse macroscopique

Immédiatement après la récolte, on procède à un examen visuel du sperme dans le tube de


récolte qui permet d’apprécier le volume, la couleur et la consistance de l’éjaculat.

a) Volume

Le volume de semence recueilli par vagin artificiel varie en fonction de l’âge, de la race, de la
préparation du taureau, de l’alimentation et pour un même taureau, des facteurs psychiques et
environnementaux. Le volume varie entre les valeurs extrêmes de 0,5 à 14 ml avec une
moyenne de 4 ml (Parez et Duplan, 1987). Le volume est mesuré le plus souvent par lecture
directe du tube de collecte.

b) Couleur

La couleur classique du sperme est blanchâtre bien que certains taureaux aient une semence
de couleur jaunâtre liée à la teneur en carotène de la ration. Cependant une coloration jaunâtre
peut également être anormale dans la mesure où elle peut être révélatrice de la présence de
pus ou d’urine dans le sperme. Une coloration rosée évoque la présence de sang en nature
dans l’échantillon et peut signer une lésion urétrale ou de la verge. Une coloration brunâtre est
le signe d’une affection du tractus génital engendrant une hémorragie. La coloration grisâtre
peut être due à une contamination par du pus. Tout échantillon avec une coloration
anormale sera éliminé et une exploration devra être envisagée afin de caractériser
l’origine de cette anomalie.

c) Viscosité

51
La viscosité est corrélée à la concentration en spermatozoïdes, en effet l’éjaculat est d’autant
plus visqueux que le nombre de spermatozoïdes est élevé. Le sperme a généralement une
consistance « laiteuse » à « crémeuse ». La présence de grumeaux dans l’échantillon ou la
formation d’un filament glaireux à l’extrémité de la pipette signe une pathologie (Parez et
Duplan, 1987). On peut également évaluer l’opacité du sperme qui est liée la concentration en
spermatozoïdes de l’éjaculat (Tableau 17).

Tableau 17 : Classement du sperme en fonction de l’examen macroscopique : Recommandations de la


société de Theriogenology (Elmore, 1985).

Couleur Turbidité Consistance et Concentration Qualité attribuée


viscosité prévue en au sperme
spermatozoïdes
par ml

Blanc Opaque Crémeuse et 750 millions à 2 Très bonne


visqueuse milliards

Blanc Opaque Faiblement 400 à 750 millions Bonne


visqueuse

Blanc sale Légèrement Laiteuse 250 à 400 millions Assez bonne à


translucide moyenne

Grisâtre Translucide Aqueuse Inférieure à 200 Mauvaise


millions

3.2.2.3 Examens microscopiques

a) Motilité massale

La motilité massale est évaluée immédiatement après la collecte du sperme. L’éjaculat est
maintenu à une température de 37°C et l’examen est réalisé sur une platine chauffée à 37°C.
Le matériel en contact avec le sperme et la platine du microscope sont également conservés à
37°C pour éviter tout choc thermique. La motilité massale est estimée au microscope à
contraste de phase au grossissement x100 : une microgoutte de sperme est déposée sur une
lame et le mouvement global des spermatozoïdes est apprécié en fonction de l’intensité des
vagues observables. Une note de 0 (aucun mouvement de vague décelable) à 5 (tourbillons

52
rapides) est attribuée à l’échantillon observé; il est possible de convertir cette note en un
pourcentage approximatif de spermatozoïdes mobiles (la note 3 correspondant
approximativement à 70% de spermatozoïdes mobiles). Lors de cet examen, on ne note pas la
motilité individuelle des spermatozoïdes mais les turbulences engendrées par la conjugaison
des mouvements issus de tous les spermatozoïdes présents dans la goutte de semence
observée. La classification classiquement adoptée dans les laboratoires d’examen de la
semence, est détaillée dans le Tableau 18.

Tableau 18 : Critères de notation de la motilité massale de la semence dans l’espèce bovine.

Nature et intensité du mouvement

0 Aucun mouvement à la surface de la goutte

1 Léger mouvement à la surface de la goutte

2 Mouvement net mais ne formant pas de vague

3 Début de vagues

4 Vagues très nettes

5 Tourbillons nettement visibles

Ce test est employé sur tous les éjaculats potentiellement congelables, car il s’agit d’un
examen rapide, facile à mettre en œuvre et peu coûteux, cependant il reste subjectif et dépend
largement de l’expérience de l’opérateur. L’opérateur expérimenté attribue une note en
observant la goutte de sperme durant dix à quinze secondes. Les éjaculats de qualité
satisfaisante présentent une note supérieure ou égale à 3.

b) Motilité individuelle

L’évaluation de la motilité individuelle des spermatozoïdes est complémentaire de la note de


motilité massale. Cet examen vise à évaluer le pourcentage de spermatozoïdes motiles, c'est-
à-dire ayant une mobilité propre et non pas se mouvant de façon passive (Dumont, 1997).
Pour cet examen, le sperme est dilué 10 à 40 fois dans un tampon isotonique tiède et on
observe à fort grossissement (x 200) une goutte de cette solution placée entre lame et lamelle,
en éclairage contrasté (ou mieux encore, au microscope à contraste de phase). On note le

53
pourcentage de spermatozoïdes dotés d’une motilité dite « fléchante », c'est-à-dire les
spermatozoïdes présentant une trajectoire quasi rectiligne et capables de traverser le champ en
2 à 3 secondes. Certains spermatozoïdes présentent des mouvements rotatoires circulaires ou
des mouvements d’amplitude très réduite, ils ne sont donc pas comptabilisés dans les
spermatozoïdes mobiles.

Au laboratoire de Soual, cet examen n’est pas réalisé en routine mais seulement dans
quelques cas pour lesquels la motilité massale est mauvaise. Il s’agit encore une fois d’un
examen subjectif qui requiert une certaine expérience, cependant, un opérateur bien formé
donne des résultats relativement répétables (Parez et Duplan, 1987).

Il existe maintenant des analyseurs automatisés de la mobilité des spermatozoïdes associés à


des logiciels d’analyse d’image. Ces appareils ne sont toutefois utilisés actuellement que dans
3 des centres habilités à la collecte et à la préparation de la semence bovine compte tenu de
leur coût élevé.

c) Concentration en spermatozoïdes

La concentration en spermatozoïdes de l’éjaculat permet de déterminer le taux de dilution


adapté pour la réalisation de paillettes de semence congelée utilisées pour l’insémination
artificielle. Le volume de dilueur est calculé en fonction du nombre total de spermatozoïdes
présents dans l’éjaculat, du nombre de spermatozoïdes souhaités dans chaque dose et du
volume utile de la paillette.

Dans les Coopératives d’Elevage et d’Insémination Animale, on a le plus souvent


recours à des méthodes indirectes d’estimation de la concentration, comme la
néphélométrie (Dumont, 1997). On mesure l’absorption d’un flux lumineux à travers le
sperme dilué à l’aide d’un spectrophotomètre à la longueur d’onde de 535 nm. En pratique, un
échantillon de 20 ou de 40 microlitres de sperme est dilué dans du sérum physiologique pour
obtenir un volume final de 1ml dans la cuvette du spectrophotomètre. Le rapport de la densité
optique finale sur la densité optique émise est corrélé à la concentration en spermatozoïdes de
l’échantillon considéré. Le spectrophotomètre est recalibré régulièrement (une fois par an au
minimum) à partir de comptages de référence effectués à la cellule hématimétrique afin de
tenir compte d’éventuelles dérives liées au dilueur ou à l’appareil lui-même.

54
Pour les taureaux dont le plasma séminal est naturellement coloré ou pour ceux dont la
semence contient des cellules non germinales, la concentration peut être surestimée.
Cependant, en routine pour l’évaluation de l’éjaculat, l’estimation peut souffrir d’une certaine
approximation. Cette méthode demeure donc fiable et d’une précision satisfaisante dans
la pratique courante, elle représente en outre un gain de temps précieux par rapport au
comptage à la cellule hématimétrique.

d) Pourcentage de spermatozoïdes vivants

Le pourcentage de spermatozoïdes vivants est apprécié de façon approximative, au


microscope optique, cette valeur est fortement corrélée à la qualité du mouvement. Cette
estimation est subjective et dépend fortement de l’expérience de l’opérateur. L’examen
s’effectue de manière plus aisée sur frottis coloré à l’éosine-nigrosine, en effet, les
spermatozoïdes dont la membrane est endommagée laissent pénétrer le colorant et
apparaissent donc roses (éosine) sur fond bleu (nigrosine) alors que les spermatozoïdes
vivants ont une membrane intacte et apparaissent donc incolores. Pour effectuer cette
coloration, une goutte de sperme puis deux gouttes d’une solution d’éosine-nigrosine sont
déposées sur une lame de microscope, puis mélangées délicatement au moyen d’un mélangeur
en verre rodé. Ensuite, l’étalement est effectué, puis le frottis est séché par agitation. Si le taux
de spermatozoïdes vivants est inférieur à 60%, la semence n’est pas conservée.

Cet examen n’est pas réalisé en routine car le critère de qualité le plus pertinent pour
l’utilisation en IA bovine est le pourcentage de spermatozoïdes vivants après décongélation.

e) Morphologie des spermatozoïdes

Le laboratoire de la COOPELSO, ne réalise pas d’examen morphologique des spermatozoïdes


en routine. Cependant, ces examens peuvent être réalisés sur des taureaux considérés comme
« douteux » afin d’aider l’opérateur dans sa prise de décision de rejet ou de conservation de la
semence. L’examen de la morphologie est effectué sur les jeunes taureaux, avant la phase de
testage pour évaluer la fonction sexuelle du futur taureau reproducteur. Ensuite, pour les
taureaux sélectionnés dans la filière de l’insémination artificielle, le Laboratoire National de
Contrôle des reproducteurs procède à au moins un examen morphologique de la semence par
an. Ce laboratoire agréé par le ministère de l’agriculture et situé à Maisons-Alfort, est chargé

55
depuis 1952 de garantir aux éleveurs la qualité sanitaire de la semence dans la filière de
l’insémination artificielle en France mais son laboratoire d’andrologie est également le
laboratoire de référence pour l’examen de la semence.

En pratique, l’examen morphologique des spermatozoïdes, consiste en l’observation au


microscope optique d’un étalement de semence coloré à l’éosine-nigrosine (le plus souvent)
ou au Giemsa, à l’encre de Chine ou au rose Bengale. Le frottis est coloré de la même
manière que pour l’examen de la vitalité (vide supra). Sous microscope à contraste de phase
ou sous immersion (grossissement x 400 à 600), les anomalies sont comptées sur au moins
200 spermatozoïdes.

On distingue trois types de classifications de la morphologie des spermatozoïdes. La première


dépend du site de dysfonctionnement et sépare les anomalies en anomalies primaires et
secondaires. La désignation d’anomalie primaire est réservée à des anomalies se produisant
lors de la spermatogénèse (à l’intérieur des tubes séminifères) contrairement aux anomalies
dites secondaires qui surviennent après la spermatogénèse durant la maturation épididymaire
voire lors de l’éjaculation. Cette classification est toutefois contestable car certaines
anomalies comme les gouttelettes proximales classées initialement en anomalies secondaires
résultent finalement d’une malformation de la cellule lors de la spermatogénèse et non pas
d’un dysfonctionnement épididymaire comme cela était évoqué auparavant (Morrow, 1986).

La seconde classification est fonction de la répercussion des anomalies des spermatozoïdes


sur la fertilité des taureaux. Elle a été proposée par Blom en 1973 et distingue les anomalies
mineures des anomalies majeures (Figure 8). Cependant les données actuelles sur la relation
entre ces anomalies morphologiques et la fertilité sont limitées, c’est pourquoi cette
classification, bien qu’universellement reconnue et utilisée, reste contestable.

56
Figure 8 : Anomalies majeures et mineures de spermatozoïdes dans l’espèce bovine (Dumont, 1997)

Enfin le troisième type de classification est basé sur la localisation de l’anomalie sur le
spermatozoïde (anomalie de tête, de pièce intermédiaire, de flagelle). C’est la classification adoptée
par le Laboratoire National de Contrôle des Reproducteurs (Figure 9).

57
Figure 9 : Paramètres contrôlés par le Laboratoire National de Contrôle des Reproducteurs (Maisons-
Alfort).

L’observation d’un frottis au microscope optique est peu coûteuse et simple à réaliser mais
elle requiert une formation de qualité de l’opérateur, une pratique régulière et beaucoup de
temps. En outre, de nombreux artefacts peuvent apparaître lors de l’étalement et la qualité de
l’observation est très variable, cela peut engendrer des sous-estimations du nombre
d’anomalies car elles ne sont pas toutes identifiables en microscopie optique. L’emploi du
microscope à contraste de phase peut permettre d’éviter les artefacts. En insémination
artificielle, le sperme destiné à la congélation doit contenir moins de 20 à 25% de
spermatozoïdes anormaux et plus de 60% de spermatozoïdes vivants.

f) Test d’aptitude à la congélation

58
Les changements de température imposés lors de la congélation et de la décongélation
endommagent les membranes cytoplasmiques, le cytosquelette, les organites impliqués dans
la mobilité ainsi que l’acrosome. Les capacités fonctionnelles du spermatozoïde sont donc
altérées. C’est pourquoi il est important, dans le cadre de l’insémination artificielle, d’évaluer
la qualité de la semence après congélation. Ainsi, pour chaque éjaculat conservé à -196°C
dans l’azote liquide, la motilité massale (et/ou individuelle) est évaluée après décongélation
de deux à trois paillettes de même que le pourcentage de spermatozoïdes morts et vivants,
avec les mêmes méthodes que celles employées pour l’examen de la semence fraîche. D’une
façon générale, la corrélation entre l’aptitude à la congélation et la qualité du sperme frais est
relativement élevée (Dumont, 1997). Cependant, il arrive parfois qu’une semence jugée de
bonne qualité, en frais, (note attribuée en motilité massale supérieure à 3 et plus de 60% de
spermatozoïdes vivants) s’avère particulièrement mauvaise après décongélation. C’est
pourquoi ce test est indispensable pour tout taureau dont le sperme est destiné à
l’insémination artificielle en semence congelée.

Les critères retenus pour la conservation des paillettes sont basés sur la quantité de
spermatozoïdes fléchants. Pour qu’un éjaculat soit conservé, il doit présenter plus de 25%
de spermatozoïdes fléchants et plus de 8 millions de spermatozoïdes fléchants par
paillette, après décongélation.

3.2.3 Interprétation des examens réalisés (Tableau 19).

Pour les taureaux utilisés en insémination artificielle, la motilité doit être supérieure à
60%, soit une note supérieure à 3 attribuée en motilité massale. La concentration de
l’éjaculat doit être supérieure à 0,5 milliard par ml. Le seuil d’anomalies
morphologiques se situe à moins de 30% de spermatozoïdes anormaux, moins de 20%
d’anomalies majeures et moins de 10% pour chaque rubrique d’anomalies majeures
(Dumont, 1997). Toutefois, ces critères sont moins sévères pour les taureaux utilisés en
monte naturelle dans la mesure où l’éjaculat ne sera pas fractionné, dilué ou congelé.
Les critères de décision pour la conservation de l’éjaculat sont résumés dans le Tableau 19.

59
Tableau 19 : Critères de décision pour la conservation de l’éjaculat (d’après Dumont, 1997).

Seuil pour l'utilisation en Seuil pour l'utilisation en monte


Critères
Insémination Artificielle naturelle

Aspect macroscopique Aspect « crémeux » à « laiteux » Aspect « crémeux » à « laiteux »

Volume 0,5 à 14 ml 1 à 10 ml

Motilité massale Note ≥3 Note ≥2

Motilité individuelle ≥ 60% ≥ 30%

Pourcentage de spermatozoïdes
≤ 30% ≤ 40%
anormaux totaux

Pourcentage de spermatozoïdes
ayant des anomalies majeures ≤ 20% ≤ 30%
Pourcentage de spermatozoïdes
dans chaque rubrique ≤ 10% ≤ 20%
d’anomalies majeures

Concentration ≥ 0,5. 109 spermatozoïdes/ ml ≥ 0,3. 109 spermatozoïdes/ ml

3.3 Evaluation de la qualité de la semence chez l’homme

3.3.1 Contexte et lieu d’étude

Afin de décrire les méthodes couramment employées pour l’analyse du sperme humain, je me
suis rendue dans le laboratoire d’andrologie du Centre d’Etude et de Conservation des Œufs et
du Sperme humain (CECOS), ainsi que dans le laboratoire du centre d’infertilité et de
Procréation Médicalement Assistée du Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse - Purpan,
à l’Hôpital Paule de Viguier.

Le laboratoire du CECOS de Toulouse procède à des examens de sperme en vue de


l’exploration de la fertilité masculine et effectue des tests de compatibilité sperme-glaire. Il
effectue également la préparation et la congélation de sperme en vue d’inséminations intra-
conjugales et d’inséminations avec sperme de donneur mais aussi la préparation de sperme en

60
vue d’insémination, FIV ou ICSI chez l’homme infecté par le VIH et chez l’homme blessé au
niveau de la moelle spinale. Le CECOS a également pour missions le recrutement de
donneurs de sperme ainsi que la conservation et la gestion du don de sperme et d’ovocytes. Le
CECOS prend en charge les consultations de couple en vue de procréation médicalement
assistée hétérologue et les consultations avant auto-conservation de sperme précédant un
traitement à risque pour la fertilité (chimiothérapie, radiothérapie et autres traitements) ainsi
que les consultations de suivi post traitement anti-néoplasique ou autre. Toutes ces activités se
font en collaboration avec les autres secteurs du groupe d’activité de médecine de la
reproduction et en relation avec les cancérologues pour les problèmes de préservation de la
fertilité. L’équipe du CECOS de Toulouse est par ailleurs l’une des équipes françaises ayant
une activité de recherche active sur l’infertilité, notamment masculine, au sein de l’équipe de
recherche « Equipe d’Accueil 3694 : Fertilité humaine » qui implique de nombreuses
personnes du groupe d’activité de la médecine de la reproduction.

Le laboratoire du centre d’infertilité et de Procréation Médicalement assistée procède quant à


lui, à l’examen de la semence avant de pratiquer la Fécondation In Vitro ou l’ICSI (Intra-
Cytoplasmic Sperm Injection) et met en œuvre toutes les procédures de procréation
médicalement assistée.

3.3.2 Méthodes d’évaluation de la qualité de la semence

La standardisation des conditions de prélèvement de sperme est importante pour


l’interprétation de l’examen du sperme. Le sperme analysé doit être obtenu par masturbation,
après un délai d’abstinence de 3 à 5 jours et doit être recueilli de préférence dans une pièce à
proximité du laboratoire. Si le sperme est destiné à une spermoculture, il faudra prévoir un
nettoyage antiseptique des mains et du pénis du patient ainsi qu’un matériel stérile pour sa
récolte et sa manipulation.

Le spermogramme a pour but d’évaluer l’activité sécrétoire des différents compartiments


participant à l’éjaculation : le volume, la viscosité et le pH de l’éjaculat ainsi que la
numération, la mobilité, la vitalité et la morphologie des spermatozoïdes. Les examens
prescrits par le médecin peuvent inclure un spermogramme et un spermocytogramme (analyse
morphologique détaillée des spermatozoïdes) mais aussi une culture bactériologique si une

61
infection est suspectée ou une analyse biochimique des marqueurs du plasma séminal, qui
peut permettre de localiser un dysfonctionnement dans la synthèse du liquide spermatique
(vésicules séminales, prostate…). Quelle que soit la nature des examens et l’indication,
l’interprétation du spermogramme doit toujours être corrélée à l’examen clinique.

3.3.2.1 Examen macroscopique

Le sperme normal se liquéfie en une heure environ à température ambiante. Si le sperme ne se


liquéfie pas, un traitement additionnel peut être nécessaire pour permettre l’analyse de
l’éjaculat.

a) Aspect

L’éjaculat est observé à température ambiante, juste après liquéfaction. Un sperme normal
présente un aspect homogène, gris opalescent. Selon sa concentration, le sperme peut
être plus ou moins opaque. Toute coloration rosée ou brunâtre peut traduire la présence
d’hématies.

b) Volume

Le volume traduit essentiellement les capacités sécrétoires des glandes annexes. Le volume de
l’éjaculat est noté de façon précise au moyen d’une pipette calibrée, la mesure est faite à 0,1
ml près. Le volume moyen est de 2ml. L’hyperspermie (volume supérieur à 6ml) n’est pas
pathologique mais résulte souvent d’une hypersécrétion des vésicules séminales.
L’hypospermie (volume inférieur à 2 ml) résulte d’un trouble de l’éjaculation ou bien d’une
hyposécrétion des glandes annexes pouvant être la conséquence d’une infection ou d’une
absence de ces glandes (Grizard et Jimenez, 1997)

c) Viscosité

La viscosité ou consistance, est généralement évaluée par aspiration douce au moyen d’une
pipette de 5 ml, en notant la façon dont le sperme s’écoule par simple gravité à l’extrémité de
la pipette. Si le sperme a une consistance normale, il s’écoule de la pipette en formant des
gouttes séparées les unes des autres. Si la viscosité est augmentée, entre chaque goutte, il se
forme des filaments de plus de 2cm. On attribue une note d’une croix à trois croix. Un

62
sperme de viscosité normale est noté de (+) à (++). L’hyperviscosité signe en général un
dysfonctionnement de la prostate et des vésicules séminales.

d) pH de l’éjaculat

Une goutte de sperme est déposée sur du papier pH et le pH est déterminé au moyen de
l’échelle colorée. Il est important de procéder à cette mesure toujours au même moment et
dans l’heure suivant l’éjaculation. Le pH se situe généralement entre 7,2 et 8. Des valeurs
trop faibles peuvent être le reflet d’un défaut de sécrétion des vésicules séminales
(normalement alcalines) alors qu’un pH nettement alcalin peut révéler une insuffisance des
sécrétions prostatiques (normalement légèrement acides).

3.3.2.2 Examen microscopique

Pour l’examen microscopique des préparations non colorées, il est préférable d’utiliser un
microscope à contraste de phase mais un microscope optique peut suffire en veillant à
abaisser le condenseur pour disperser la lumière. Pour ces examens, le matériel doit
idéalement être chauffé à 37°C (platine chauffante).

a) Mobilité

La mobilité est évaluée dans l’heure qui suit la collecte (après liquéfaction) et quatre heures
après éjaculation. La mobilité individuelle est estimée en plaçant, au moyen d’une
micropipette, une microgoutte de sperme calibrée à 10 µl sur une lame de verre. Une lamelle
de verre est ensuite déposée sur la goutte de sperme. La lame est examinée rapidement au
grossissement x 100 puis observée au grossissement x 400, sur une dizaine de champs répartis
sur la lame. Si la préparation n’est pas homogène, l’examen doit être répété. Si le nombre de
spermatozoïdes est très faible, il faut centrifuger puis éliminer le plasma séminal surnageant ;
la concentration sera ensuite déterminée en tenant compte du volume de plasma séminal
éliminé (Auger et Jouannet, 1993).

Le mouvement des spermatozoïdes observés est classé dans les catégories suivantes (Auger et
Jouannet, 1993) :

- Rapide et progressif : a ;
- Lent et progressif : b ;

63
- Mobile mais non progressif : c ;
- Immobile : d.

Le nombre de spermatozoïdes de chaque catégorie peut-être compté à l’aide d’un compteur


manuel. Au moins 100 spermatozoïdes sont comptés et les pourcentages sont évalués pour
chaque catégorie. Lors de cet examen visuel, on évalue également la présence d’agglutinats de
spermatozoïdes qui peuvent révéler l’existence d’anticorps anti-spermatozoïdes.

b) Vitalité des spermatozoïdes

Une coloration à l’éosine-nigrosine est utilisée pour évaluer le pourcentage de spermatozoïdes


vivants, une heure après récolte du sperme. 10 µl de sperme et 20 µl d’éosine sont mélangés
avec précaution. Après 30 secondes, 30 µl de nigrosine sont ajoutés et le tout est à nouveau
mélangé. 10 µl de ce mélange sont étalés sur lame de verre, le séchage se fait à l’air libre et
l’observation est réalisée au microscope, grossissement x1000, à immersion. Les
spermatozoïdes morts sont colorés en rose. On compte le nombre de spermatozoïdes morts et
vivants sur un total d’au moins 100 spermatozoïdes.

c) Concentration

La concentration en spermatozoïdes est évaluée en utilisant un hémocytomètre. Le sperme est


dilué au 1/20ième en ajoutant à 50 µl de sperme 950 µl du milieu de dilution (5g de bicarbonate
de sodium, 1 ml de formol et eau distillée QSP 100ml). Si le sperme est très peu concentré, on
diluera seulement au ½ ou 1/10ième. Ce mélange provoque la mort des spermatozoïdes et leur
immobilisation, ce qui facilite leur comptage. Le mélange est introduit par capillarité dans les
compartiments de la cellule de Malassez et laissé dix minutes dans une chambre humide pour
permettre la sédimentation des cellules. Le comptage s’effectue au microscope à contraste de
phase au grossissement x 200 ou x 400. Les spermatozoïdes sont comptés mais les flagelles
isolés ne sont pas pris en considération. Seules les cellules rondes (c'est-à-dire les cellules de
la lignée germinale ainsi que les leucocytes et les cellules épithéliales) dont la surface est au
moins égale au double de la surface de la tête d’un spermatozoïde sont prises en compte.

Le nombre de carreaux comptés est fonction de la concentration en spermatozoïdes. Pour la


concentration, la semence est classée selon la nomenclature décrite dans le Tableau 20.

64
Tableau 20 : Nomenclature en fonction de la concentration du sperme humain (d’après Andrade-Rocha,
2003).

Concentration de l’éjaculat

Polyzoospermie Supérieur à 250 x 106 / ml

Normozoospermie Entre 20 et 250 x 106 / ml

Oligozoospermie légère Entre 10 et 20 x 106 / ml

Oligozoospermie modérée Entre 5 et 10 x 106 / ml

Oligozoospermie sévère Inférieur à 5 x 106 / ml

Azoospermie Absence de spermatozoïde dans l’éjaculat

d) Morphologie des spermatozoïdes

L’appréciation des caractères morphologiques des spermatozoïdes est complexe du fait de la


grande variabilité de la morphologie des spermatozoïdes humains. Pendant longtemps,
l’intérêt de l’examen morphologique des spermatozoïdes n’a pas été clairement démontré,
d’autant plus qu’en l’absence de toute standardisation, la dénomination des anomalies variait
d’un laboratoire à l’autre et par conséquent toute comparaison entre laboratoires s’avérait
impossible (David, et al., 1975). Il est maintenant établi que le pourcentage de
spermatozoïdes normaux et de certaines anomalies spécifiques des spermatozoïdes ont une
bonne valeur pronostique in vivo et in vitro (Auger et Eustache, 2000).

Bien que le manuel de l’OMS propose différentes colorations des spermatozoïdes (Giemsa,
Bryan-Leishman ou Shorr), la plupart des laboratoires d’andrologie (dont le CECOS de
Toulouse) utilisent la coloration de Papanicolaou modifiée. Cette dernière colore la tête du
spermatozoïde en bleu pâle dans la région acrosomique et en bleu foncé dans la région post-
acrosomique. La pièce intermédiaire est rouge pâle et le flagelle est coloré en bleu. Les
éventuels restes cytoplasmiques qui sont situés derrière la tête sont, en général, colorés en
vert.

L’étalement de sperme sur une lame de verre est placé successivement dans les différents
bains puis les lames sont montées à l’Eukitt (liquide de montage synthétique à séchage
rapide). La lame est observée au microscope optique au grossissement x 1000 à l’immersion.

65
L’un des oculaires est muni d’un réticule gradué qui permet de disposer d’un critère de taille.
La lecture se pratique en queue de frottis avec un balayage systématique « en méandre » de la
lame. Certains spermatozoïdes se présentent de profil sur l’étalement, on observe alors une
image caractéristique « en flamme de bougie ». Ces spermatozoïdes ne doivent pas être pris
en compte pour l’examen morphologique car sur ces formes, on ne peut pas distinguer
d’acrosome (ce qui permet de les distinguer des spermatozoïdes à tête amincie).

Compte tenu de l’hétérogénéité morphologique des spermatozoïdes humains, il faut observer


au minimum 100 spermatozoïdes pour un examen morphologique, les observations sont
ensuite converties en pourcentage. Cependant, si le sperme est peu concentré, l’examen est
réalisé sur un maximum de spermatozoïdes. Dans ce cas, le chiffre ne sera pas converti en
pourcentage et le nombre total de spermatozoïdes comptés sera précisé (car le faible nombre
de spermatozoïdes comptés diminue la précision de l’examen).

La classification des anomalies utilisée au laboratoire de spermiologie du CECOS est la


classification de David modifiée (David et al., 1975 ; Auger et Eustache, 2000), alors que le
Laboratoire de Procréation Médicalement Assistée utilise la classification de Kruger (Kruger
et al., 1987).

La classification de David a été proposée en 1972 et publiée en 1975, suite au constat d’une
hétérogénéité flagrante entre laboratoires d’andrologie quant à l’interprétation des anomalies
morphologiques des spermatozoïdes. Cette classification est originale car elle permet de
répertorier toutes les anomalies sur un même spermatozoïde alors qu’auparavant on ne prenait
en compte qu’une seule anomalie. De plus cette classification décrit treize classes d’anomalies
et un recueil de microphotographies de spermatozoïdes normaux et anormaux y est associé,
permettant de classer le plus objectivement possible les anomalies observées (David et al.,
1975). La classification de David a été largement adoptée par les laboratoires de spermiologie
dans les années soixante-dix. Cependant, dans un souci de clarté et pour voir figurer dans la
grille toutes les atypies morphologiques susceptibles d’avoir des conséquences fonctionnelles,
cette classification a été modifiée au début des années quatre-vingt-dix (Auger et Eustache,
2000 ; Tableau 21).

66
Tableau 21 : Evolution des critères de classification des anomalies morphologiques utilisés dans la
classification de David et la classification de David modifiée

Classification de David Classification de David


modifiée
1975
1990

Anomalies de la tête Allongée Allongée


Amincie Amincie
Microcéphale Microcéphale
Macrocéphale Macrocéphale
Irrégulière Multiples
Dupliquée Acrosome anormal
En lyse Base anormale

Anomalies de la pièce Restes cytoplasmiques Restes cytoplasmiques


intermédiaire
Angulation Angulée
Grêle

Anomalies du flagelle Absent Absent


Court Ecourté
Enroulé Calibre irrégulier
double Enroulé
Multiple

Sur la grille de classification utilisée lors de l’examen morphologique figure également


l’Index d’Anomalies Multiples ou IAM. L’IAM représente le rapport du nombre total
d’anomalies recensées sur le nombre total de spermatozoïdes anormaux. L’IAM est un
indicateur du nombre moyen d’anomalies associées par spermatozoïde anormal. C’est une
valeur prédictive importante pour la fertilité des hommes consultant pour infertilité primaire
(Jouannet et al,. 1988).

Les principales anomalies des spermatozoïdes définies selon la classification de David


modifiée sont illustrées par les documents ci-dessous. Les anomalies de la tête, de la pièce
intermédiaire et du flagelle sont considérées à part (Figure 10 à Figure 12).

67
Figure 10 : Représentations schématiques des anomalies de la tête selon la classification de David modifiée
(Auger et Eustache, 2000).

Figure 11 : Représentation schématique des Figure 12 : Représentation schématique des


anomalies de la pièce intermédiaire selon la anomalies du flagelle selon la classification de
classification de David modifiée (Auger et David modifiée (Auger et Eustache, 2000).
Eustache, 2000).

Lorsque les anomalies sont identifiées, on les note sur une grille celle utilisée au CECOS est
donnée en exemple ci-dessous (Figure 13).

68
Figure 13 : Grille d’évaluation des anomalies morphologiques utilisée au CECOS de Toulouse.

3.3.2.3 Tests d’interaction sperme-glaire

a) Test post-coïtal ou test de Huhner

Lors d’infertilité du couple, le test post-coïtal est le premier test fonctionnel réalisé. Le
test de Huhner est un examen facile et peu coûteux, il permet d’apprécier l’aptitude des

69
spermatozoïdes à pénétrer et à survivre dans le mucus cervical dans les conditions
physiologiques. Quels que soient les résultats de ce test, un spermogramme et un
spermocytogramme doivent être mis en œuvre car certaines anomalies n’affectant pas
l’issue de ce test sont responsables d’infertilité (anomalies de l’acrosome par exemple).

Les patients viennent au laboratoire 6 à 12 heures après un rapport sexuel en période pré-
ovulatoire. Des prélèvements de glaire sont effectués au niveau endocervical, exocervical
et au niveau du cul de sac vaginal. La glaire déposée entre lame et lamelle est observée au
microscope (grossissement x 40). Le test est positif si au moins 6 spermatozoïdes à
mobilité progressive sont observés par champ (moyenne sur 10 champs). Le test est
négatif si aucun spermatozoïde n’est observé. Ce résultat peut être dû à une azoospermie
ou à des difficultés lors du coït. Le test est déficient si des spermatozoïdes peu mobiles ou
mobiles sur place sont observés.

Si le test est déficient et l’examen du sperme normal, on refait le test après traitement
d’optimisation de la glaire ou traitement d’une éventuelle infection des voies génitales de
la patiente. Si le test est toujours déficient à l’issue de ces traitements, il convient de
procéder au test in vitro de compatibilité sperme-glaire.

b) Test in vitro de compatibilité sperme-glaire

Il s’agit d’un test croisé où sont mis en contact, la glaire de la patiente et le sperme du
patient, la glaire de la patiente et un sperme témoin et enfin, le sperme du patient et une
glaire témoin. La glaire est aspirée dans des tubes capillaires qui sont déposés dans des
tubes à essai et mis en contact 30 minutes avec du sperme. L’observation microscopique
des tubes capillaires permet de mettre en évidence la progression des spermatozoïdes dans
la glaire (en cm), la densité de pénétration (nombre de spermatozoïdes dans le champ au
point le plus haut), la capacité de pénétration (différence entre le nombre de
spermatozoïdes présents à 1 cm et au point le plus haut) et la survie des spermatozoïdes à
4 heures. La confrontation des résultats permet de déterminer si l’infertilité est d’origine
cervicale, spermatique ou mixte.

70
3.3.2.4 Examens complémentaires

a) Spermoculture

Une spermoculture peut-être envisagée lors de suspicion d’infection génitale.

b) Dosages biochimiques

Les marqueurs du plasma séminal peuvent être des indicateurs de la fonction des glandes
annexes et du tractus génital mâle. Il existe de nombreux marqueurs biochimiques et en
général, un défaut de sécrétion d’une des glandes annexes s’accompagne d’une diminution de
l’excrétion du marqueur correspondant. On utilise comme marqueurs biochimiques :la
phosphatase acide et le citrate et le zinc pour la prostate ; le fructose pour les vésicules
séminales ; la L-Carnitine libre, la glycéro-phosphocholine et l’activité de l’alpha glucosidase
pour l’épididyme. Leur mesure permet d’établir une cartographie biochimique anatomique
et/ou fonctionnelle de l’appareil génital masculin (Soufir, 1983).

c) Analyse des spermatozoïdes assistée par ordinateur (CASA = Computer Assisted


Semen Analysis)

Le CECOS dispose d’un analyseur de sperme (Hamilton-Thorn Reseach) qui permet l’analyse
assistée par ordinateur de certains paramètres séminologiques. Cette analyse n’est pas
appliquée systématiquement à tous les éjaculats mais à ceux destinés à l’insémination intra-
utérine et sur prescription, si le médecin demande une analyse du mouvement des
spermatozoïdes. Les appareils de ce type fonctionnent grâce à une caméra couplée à un
microscope et utilisent un logiciel informatique permettant de transformer le signal électrique
transmis par la caméra et l’analyse des trajectoires des spermatozoïdes. Ces nouvelles
technologies ont permis une certaine standardisation de l’analyse de la semence, cependant
certains paramètres doivent être interprétés avec circonspection.

L’analyseur peut évaluer la concentration en spermatozoïdes du sperme, cependant, cette


fonction peut conduire à une surestimation du nombre de spermatozoïdes. En effet, le système
CASA ne peut pas faire la différence entre les débris cellulaires qui ont une taille semblable à
celle des spermatozoïdes et les têtes de spermatozoïdes (Sharon et Mortimer, 2000). De plus
en cas de faible concentration du sperme, les valeurs fournies ne sont pas fiables (Verstegen et

71
al., 2002). La détermination de la concentration du sperme humain par ce moyen n’est pas
recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé. En outre, le système CASA peut
déterminer le pourcentage de spermatozoïdes mobiles mais ce pourcentage peut être sous
estimé car les débris sont comptabilisés en tant que spermatozoïdes immobiles.

Les systèmes d’analyse assistée par ordinateur permettent une évaluation objective de la
morphologie de la tête (Davis et Katz, 1993) et révèlent de subtiles différences qui ne peuvent
pas être mises en évidence à l’examen classique. Toutefois, au laboratoire de spermiologie du
CECOS, le spermocytogramme tient aussi compte des anomalies du flagelle et de la pièce
intermédiaire. L’analyse morphologique fournie par l’Hamilton ne correspond donc pas aux
critères de la classification de David. Ces différentes limites expliquent le fait que l’analyseur
automatique ne soit pas utilisé en routine pour l’examen morphologique et que les méthodes
classiques restent encore les plus employées dans les laboratoires d’andrologie.

Cependant, l’analyseur fournit des données intéressantes sur le mouvement des


spermatozoïdes. Ainsi, des valeurs cinématiques sont déterminées pour chaque
spermatozoïde, comme par exemple la VLC (Curvilinear Velocity) qui reflète la distance
totale que couvre la tête du spermatozoïde au cours de la période d’observation. La VSL
(Straight-Line Velocity) est déterminée par la mesure de la distance entre le point d’arrivée et
le point de départ, en ligne droite. Enfin la VAP (Average Path Velocity) correspond à la
distance parcourue sur le trajet moyen pendant la durée d’observation. L’ALH (Amplitude of
Lateral Head displacement) correspond à l’amplitude de déplacement latéral de la tête. La
BCF (beat cross frequency) est la fréquence à laquelle la tête du spermatozoïde traverse la
trajectoire moyenne, elle est mesurée en Hertz.

La Figure 14 présente un exemple des paramètres que peut fournir l’analyseur automatique de
sperme et les Figure 15a, Figure 15b et Figure 15c représentent des exemples de trajectoires
de spermatozoïdes humains.

72
Figure 14 : Exemple de l’analyse de la cinétique des spermatozoïdes évaluée par un système automatisé
d’analyse de sperme(CECOS, 2007)

73
Figure 15 : Exemples de trajectoires de spermatozoïdes humains évaluées par un système automatisé
d’analyse de sperme (CECOS, 2007).

a) Ce tracé représente la trajectoire d’un spermatozoïde à mobilité rapide et progressive.


La trajectoire du spermatozoïde est quasiment rectiligne. Par conséquent la VCL est peu
élevée, en revanche, la VSL est grande. Les valeurs de la VSL et de la VCL sont proches
car le spermatozoïde a une trajectoire presque linéaire.

b) Ce tracé représente la trajectoire d’un spermatozoïde mobile. Sa trajectoire est moins


rectiligne que celle du tracé précédent. La VCL est supérieure à celle du tracé

74
précédent, par contre la VSL est plus petite. Le spermatozoïde a donc parcouru moins
de distance linéairement même si le trajet réel parcouru était plus long.

c) Ce tracé représente la trajectoire d’un spermatozoïde mobile. Cependant, la trajectoire


n’est pas rectiligne mais forme des boucles. La VSL est donc particulièrement faible
même si la distance totale parcourue est grande, car le point d’arrivée est très proche
du point de départ sur la période d’observation considérée.

3.4 Résumé de l’évaluation des paramètres séminologiques dans


les espèces bovine, canine et humaine

Le Tableau 22 récapitule toutes les méthodes utilisées en routine pour lors de l’analyse du
sperme dans les 3 espèces considérées..

75
Tableau 22 : Tableau récapitulatif des méthodes utilisées en routine pour l’évaluation de la qualité de la
semence dans les espèces bovine, canine et humaine.

Méthode utilisée dans Méthode utilisée dans Méthode utilisée chez


l’espèce bovine l’espèce canine l’homme
Examen Observation visuelle : Observation visuelle : Observation visuelle :
macroscopique volume, couleur, volume, couleur, volume, couleur,
viscosité. viscosité. viscosité et mesure pH.

Motilité massale Observation Observation Paramètre non évalué.


microscopique. Note microscopique. Note
de 0 à 5. de 0 à 5.

Motilité individuelle Paramètre non évalué Observation Observation


en routine. microscopique microscopique et
CASA

Concentration Spectrophotométrie. Observation Observation


microscopique. Cellule microscopique. Cellule
hématimétrique. hématimétrique.

Vitalité Paramètre non évalué Observation Observation


en routine. microscopique d’un microscopique d’un
frottis coloré en éosine- frottis coloré en éosine-
nigrosine. nigrosine.

Morphologie Paramètre non évalué Observation Observation


en routine. microscopique d’un microscopique d’un
frottis coloré en éosine- frottis : coloration de
nigrosine Papanicolaou modifiée.

Interaction sperme- Paramètre non évalué. Paramètre non évalué. Test de Huhner +/- test
glaire cervicale in vitro sperme-glaire.

Globalement, les paramètres évalués pour l’analyse de la qualité de la semence sont


les même chez le bovin, le chien et l’homme. Les techniques employées peuvent
différer pour s’adapter aux contraintes de la filière considérée et à la finalité de
l’examen. Par exemple, la concentration de l’éjaculat est évaluée au spectrophotomètre
pour des questions de rapidité en filière bovine et car la précision avec cette méthode est
suffisante pour les objectifs de dilution. Certaines techniques sont employées
préférentiellement dans une espèce par habitude ou pour des questions de facilité de mise
œuvre (choix des colorations, utilisation de la motilité massale ou individuelle…). Le test
de compatibilité sperme-glaire cervicale est un test fonctionnel important qui est utilisé
chez l’homme car la fertilité est envisagée de façon individuelle dans cette espèce et non
pas de façon globale comme chez les animaux de rente.

76
4 LIMITES DES TECHNIQUES CLASSIQUES D’EXAMEN
DU SPERME ET PERSPECTIVES POUR LE FUTUR

4.1 Principales limites de l’examen classique du sperme

4.1.1 Subjectivité et répétabilité des méthodes classiques d’examen de


la semence

Le choix de la méthode employée par le laboratoire doit tenir compte du coût de l’analyse, de
la facilité de mise en œuvre des techniques mais aussi du nombre d’échantillons à analyser
quotidiennement. L’examen de la qualité du sperme est effectué en routine par observation
microscopique d’un échantillon par un opérateur, cette méthode dite « classique » peut être
mise en œuvre avec un équipement de base peu coûteux. Cependant, l’examen de routine
de la semence (et en particulier l’analyse de la motilité) est par nature un examen
subjectif. On déplore une certaine variabilité intra et inter-laboratoires mais également
une variabilité intra et inter-opérateurs. Cette variabilité de l’évaluation des paramètres
séminologiques peut avoir des répercussions sur la décision d’utilisation ou de rejet de
l’éjaculat et dans le cadre d’échanges commerciaux entre laboratoires ou entre pays.

Des résultats obtenus dans 10 équipes différentes (Auger et al., 2000) ont conclu que la
moyenne des coefficients de variation inter-individuelle était de 22,9% pour l’estimation de la
concentration, 21,8% pour la motilité et 17,5% pour la vitalité. Un effet opérateur a été mis en
évidence pour la motilité et la vitalité mais pas pour la détermination de la concentration. La
variabilité intra-opérateur est d’autant plus élevée que l’opérateur est inexpérimenté. Cette
étude souligne donc la nécessité de contrôles internes et externes dans les laboratoires
d’analyse de la semence.

La comparaison entre les méthodes conventionnelles et l’analyse assistée par ordinateur a été
effectuée pour l’examen morphologique du sperme (Marnet et al., 2000). La variation intra-
opérateur est beaucoup plus élevée pour les méthodes conventionnelles d’examen de la
morphologie que pour la méthode assistée par ordinateur (coefficient de variation = 0,43 pour

77
les méthodes conventionnelles contre 0,08 pour l’analyse assistée par ordinateur). Cette étude
a conclu que l’analyse morphologique assistée par ordinateur présente une valeur prédictive
légèrement supérieure aux techniques conventionnelles mais surtout une reproductibilité bien
supérieure, permettant la standardisation. Des études sur la comparaison de l’évaluation de la
mobilité des spermatozoïdes par des méthodes manuelles et des méthodes assistées par
ordinateur (Walker et al., 1982) ont montré que l’exactitude de l’observation visuelle est
élevée lorsque le pourcentage de spermatozoïdes doté d’une mobilité progressive et
parcourant au moins 30µm / seconde n’est pas compris entre 34 et 57%. En effet, dans cet
intervalle, l’évaluation subjective est erronée dans 93% des cas. La motilité est le paramètre le
plus subjectif lors de l’évaluation de la qualité de la semence.

4.1.2 Standardisation et formation

Dans les centres d’examen de la semence de type CECOS, les méthodes utilisées ne sont pas
complètement standardisées malgré les recommandations de l’Organisation Mondiale de la
Santé. En effet, le guide de l’OMS recommande plusieurs techniques pour certaines étapes de
l’examen du sperme (par exemple plusieurs colorations sont possibles pour l’examen
morphologique, car aucune des techniques proposées n’a montré de supériorité par rapport à
une autre). De plus, il existe différentes publications de ce manuel et tous les laboratoires ne
se conforment pas à la même édition. Les variations observées lors de l’examen
morphologique des spermatozoïdes sont dues au manque de standardisation des
méthodes d’examen et de formation mais également choix de la classification des
anomalies morphologiques des spermatozoïdes (Davis et al., 1995). Il est actuellement
reconnu qu’une formation standardisée conduit à une réduction immédiate de la
variabilité inter-opérateur dans l’examen de la semence. Cependant elle est lourde à
mettre en œuvre car elle implique une formation théorique ainsi que des sessions pratiques
répétées et un suivi régulier des résultats (Björndahl et al., 2002).

Dans la filière bovine, malgré le rôle important de l’UNCEIA, la standardisation entre les
CEIA n’est pas parfaite. Les méthodes employées et le matériel à disposition pour l’examen
de la semence différent entre les centres. La formation des chefs de centre d’insémination
dans la filière bovine a été définie par l’Arrêté du 21 Novembre 1991 qui prévoit des sessions
de formation organisées par le centre d’enseignement zootechnique de Rambouillet. Le

78
programme de la session et la nature de l’épreuve sont définis par le Ministère de
l’Agriculture après avis de la commission nationale d’amélioration génétique. Cependant, en
raison de l’ouverture du marché européen de l’Insémination Artificielle bovine et de la fin de
la loi sur l’élevage du 28 décembre 1966, la formation des chefs de centre n’existe plus depuis
le 31 décembre 2006. Une habilitation est désormais délivrée aux opérateurs de centres de
collecte et de stockage de la semence. De plus, dans les centres d’insémination, d’autres
personnes (laborantins, techniciens…) effectuent également les examens du sperme sans avoir
reçu au préalable de formation spécialisée dans ce domaine. A noter qu’en dehors de ces
formations, les opérateurs de ces centres spécialisés ont peu l’occasion d’échanger sur
les problèmes techniques relatifs à la collecte et à l’évaluation de la qualité de la
semence.

Les centres d’examen de la semence canine en France (à savoir les 4 banques de semence) ne
présentent pas de standardisation des méthodes employées. Cependant, les dirigeants des 4
structures se réunissent annuellement pour tenter d’harmoniser les procédures. Au CERCA
par exemple, différents opérateurs peuvent intervenir dans la journée, ce qui est une source de
variabilité au sein du laboratoire. De plus, il n’y a pas de formation standardisée pour
l’examen du sperme, les opérateurs sont formés au sein du laboratoire par d’autres opérateurs
plus expérimentés.

4.1.3 Durée de l’analyse et nombre de cellules analysées

Une autre limite de l’examen de la semence par les méthodes classiques est la durée de
l’analyse. Les étapes les plus longues sont le l’évaluation de la concentration de
spermatozoïdes dans l’éjaculat et l’analyse morphologique. L’examen conventionnel du
sperme ne permet d’analyser qu’un faible nombre de spermatozoïdes dans un intervalle
de temps raisonnable, cela représente une source de variabilité non négligeable. De plus,
compte tenu du faible nombre de cellules analysées, la population de spermatozoïdes
analysée n’est pas forcément représentative de celle présente dans l’éjaculat.

Il a été démontré récemment que le comptage d’un grand nombre de cellules (300 à 400
approximativement) améliore la précision de l’évaluation de la concentration de l’éjaculat
(Christensen et al., 2005). De plus, bien que l’évaluation de la concentration en

79
spermatozoïdes avec les cellules hématimétriques soit considérée comme la méthode de
référence (Mahmoud et al., 1997) il a été montré que certaines méthodes récentes et plus
rapides (comme la cytométrie de flux et la spectrophotométrie) présentent une meilleure
répétabilité que les techniques classiques avec une précision identique (Prathalingam et al.,
2006).

4.1.4 Relation entre les paramètres observés classiquement et la fertilité

La relation entre la fertilité évaluée in vitro et la fertilité in vivo n’est toujours pas
clairement établie. Chez l’homme, excepté lors d’azoospermie, l’examen microscopique de
la semence considéré isolément n’est pas un bon prédicteur de la fertilité (Jequier, 2005). La
motilité est une expression de la viabilité et de l’intégrité structurale du spermatozoïde. Chez
le taureau, les éjaculats produits dans les centres d’insémination artificielle présentent
généralement une bonne mobilité. Cependant, la corrélation entre la mobilité des
spermatozoïdes et les taux de non retour à l’insémination artificielle est faible (Stalhammar et
al., 1994). Par ailleurs, certaines anomalies morphologiques n’ont pas de répercussion sur la
fertilité, comme l’illustre le cas d’un taureau Charolais utilisé dans la filière de l’insémination
artificielle dont 24 à 36% des spermatozoïdes présentaient une anomalie morphologique au
niveau de la pièce intermédiaire sans effet apparent sur la motilité ou sur la fertilité de
l’animal (Rocha et al., 2006).

Afin de déterminer la relation entre un paramètre séminologique mesuré in vitro et la fertilité


in vivo, il faut disposer non seulement de tests de laboratoires spécifiques du paramètre à
évaluer, précis et exacts mais également de données sur la fertilité (Amann, 1989), ce qui
n’est pas facile. En médecine humaine, la relation entre la qualité du sperme et la fertilité est
impossible à évaluer pour des raisons d’éthique mais aussi car, pour les techniques de
procréation médicalement assistée les mécanismes impliqués dans la fécondation in vivo sont
court-circuités. Chez les bovins, il est possible d’obtenir des résultats de fertilité pour chaque
taureau mais il est plus difficile de les associer à un éjaculat donné. La mise en place d’une
traçabilité efficace dans la filière de l’insémination artificielle (système de code barre sur les
paillettes de semence congelée et lecture lors de la mise en place de la semence) et la base de
données sur la fertilité bovine devrait permettre d’établir une relation entre la qualité
séminologique et la fertilité in vivo. Il restera néanmoins à analyser cette relation sur

80
différents éjaculats. Il s’agit d’un travail considérable, d’autant plus que la fertilité repose sur
de nombreux critères liés à la complexité structurale et fonctionnelle du spermatozoïde.
Parallèlement à cette analyse de la relation entre les paramètres séminologiques et la fertilité,
de nouvelles techniques sont développées pour évaluer la fertilité in vitro.

4.2 Les perspectives envisageables en complément des méthodes


classiques

Compte tenu des limites de l’examen de routine du sperme, de nouvelles méthodes d’analyse
du sperme, plus répétables et plus exactes font l’objet d’études. L’enjeu est de trouver des
paramètres corrélés de façon significative à la fertilité et possédant une valeur prédictive
correcte. Actuellement, aucun paramètre pris isolément n’est corrélé de façon
satisfaisante à la fertilité. Il s’agit donc de développer un ensemble de tests qui pourrait
compléter l’examen conventionnel du sperme et améliorer sa fiabilité.

Ainsi, les méthodes microscopiques conventionnelles pourraient peu à peu être complétées
par les méthodes d’analyse assistées par ordinateur (déjà utilisées ponctuellement), les
colorations fluorescentes et les tests d’interaction spermatozoïde-ovocyte. L’intérêt de ces
tests fonctionnels a été souligné dans de nombreux laboratoires et l’Organisation Mondiale de
la Santé les a inclus dans son manuel de laboratoire sous la catégorie des « tests
fonctionnels ».

4.2.1 Analyse du sperme assistée par ordinateur (Computer Assisted


Sperm Analysis = CASA)

Les systèmes d’analyse assistée par ordinateur permettent d’analyser de nombreux paramètres
(tels que la concentration, la motilité, la vélocité et la morphologie du spermatozoïde) sur un
grand nombre de spermatozoïdes avec une grande répétabilité. La méthode a été décrite dans
le paragraphe 3.3.23. Cependant, de nombreux biais peuvent exister. C’est pourquoi, la
standardisation et les contrôles qualité sont des pré-requis essentiels. La formation de
l’opérateur est également primordiale pour assurer la fiabilité et la répétabilité des résultats.
La comparaison avec des méthodes manuelles qui ont démontré leur précision et leur fiabilité
est essentielle (par exemple la concentration de l’éjaculat évaluée à la cellule

81
hématimétrique). Les méthodes d’utilisation du système doivent être parfaitement définies et
clairement décrites, enfin, le traitement des échantillons à analyser (protocoles de lavage,
centrifugation, fixation et coloration) doit être standardisé. Toutefois, même s’ils peuvent
apporter une certaine objectivité en comparaison à l’examen manuel du sperme, ces
analyseurs évaluent les mêmes paramètres que ceux évalués classiquement par l’opérateur, la
question de la relation entre les paramètres mesurés et la fertilité reste entière.

En France, actuellement, les CECOS ou les laboratoires de Procréation Médicalement


Assistée sont équipés d’appareils d’analyse assistée par ordinateur (CASA). L’utilisation de
CASA s’est développée ces quinze dernières années parallèlement au développement de la
Procréation Médicalement Assistée. Le CASA est principalement utilisé lors des tests de
préparation de sperme avant l’insémination intra-utérine. En général cet équipement est utilisé
en complément et non en substitution des méthodes d’analyse microscopique. En clinique, ces
appareils peuvent être utiles pour dépister des anomalies de mobilité des spermatozoïdes.
Cependant l’évaluation conventionnelle de la mobilité ou le test de Huhner permettent
également de mettre en évidence des troubles graves de la motilité des spermatozoïdes.
D’après les laboratoires d’andrologie, le champ d’application du CASA concerne
essentiellement la recherche ou les études toxicologiques. Ces appareils ont été mis au point
initialement pour un usage en médecine humaine, par la suite ils ont été paramétrés de façon à
être utilisables dans différentes espèces animales (dont les espèces bovine, canine, équine et
porcine).

Actuellement, en France, très peu de centres d’insémination artificielle bovine sont équipés
d’appareils d’analyse du sperme assistée par ordinateur en raison notamment de leur coût.
Trois centres d’insémination artificielle disposent de cet équipement il s’agit des centres
Gènes Diffusion Optimal (coopérative du Nord), de l’URCEO (grand Ouest) et de l’un des
centres d’Amelis (Normandie-Mayenne). Les analyseurs automatiques apportent des
précisions utiles concernant la motilité et la morphologie, avec une bonne répétabilité.
Cependant, ils ne peuvent pas se substituer entièrement à l’examen séminologique classique
et ne permettent pas de classer les taureaux comme « satisfaisant » ou « insatisfaisant » pour
la production de sperme l’examen précédant la phase de testage (Palmer, C.W. Barth, A.D.
2003).

82
Bien que l’utilisation de CASA (Hamilton-Thorn) soit validée dans l’espèce canine depuis
2001 (Iguer-ouada et Verstegen, 2001), ce système n’est pas utilisé actuellement, en France,
dans les 4 centres d’insémination, en raison du coût élevé de l’équipement et du faible
développement de l’insémination artificielle en semence congelée.

4.2.2 Tests de coloration fluorescente

Au cours des dix dernières années, différents marqueurs fluorescents ont été développés pour
tester les capacités fonctionnelles des spermatozoïdes : intégrité de la membrane plasmatique,
capacitation, réaction acrosomique et niveau de condensation de la chromatine.
L’interprétation des tests basés sur l’utilisation de marqueurs fluorescents nécessite le recours
à la microscopie à fluorescence ou à la cytométrie de flux.

4.2.2.1 Principe de la cytométrie de flux : application aux marquages


fluorescents

La cytométrie de flux est une technique de caractérisation individuelle, quantitative et


qualitative de particules en suspension dans un liquide. La Figure 16 illustre le principe du
fonctionnement du cytomètre de flux.

Figure 16 : Principe de fonctionnement du cytomètre de flux (d’après Robinson, 1999).

83
Les cellules sont aspirées par un système de pompe et envoyées une à une devant un faisceau
laser qui permet de les mesurer ou d'évaluer des paramètres cellulaires. Les signaux relatifs
aux propriétés optiques intrinsèques de la particule analysée ou à sa fluorescence sont séparés
par des filtres optiques (filtres dichroïques) et collectés par des photo-multiplicateurs (PMT)
Ces informations sont transmises à un ordinateur qui les transcrit. La lumière diffractée
mesurée en face du rayon laser permet d'évaluer la taille des cellules (paramètre FSC). La
lumière diffractée, mesurée à 90° (paramètre SSC) donne une mesure de la granulosité de la
cellule, c'est-à-dire de la complexité interne de la cellule considérée. L'utilisation de
fluorochromes (colorants fluorescents) permet de détecter, de manière spécifique, la présence
de certaines molécules, on choisit le fluorochrome en fonction du marqueur que l’on veut
mettre en évidence.

Les avantages de la cytométrie de flux par rapport à la microscopie sont multiples, en


effet plusieurs milliers de cellules sont analysés en 10 secondes et les résultats obtenus
sont plus précis et plus exacts. La cytométrie de flux ouvre de nouvelles perspectives en
andrologie (utilisation des marqueurs fluorescents, sexage de la semence…) cependant,
le coût de l’équipement limite l’utilisation de cette technique en clinique.

4.2.2.2 Intégrité de la membrane plasmique

L’intégrité membranaire est essentielle pour garantir la capacité fécondante du spermatozoïde.


Habituellement, l’intégrité de la membrane plasmique est évaluée par coloration et
observation en microscopie optique.

De nombreux fluorochromes peuvent être utilisés pour évaluer l’intégrité membranaire : par
exemple la combinaison Carboxyfluorescein diacetate (CFDA) et Propidium Iodide (PI) ou
encore carboxymethylfluorescein diacetate (CMFDA), Pisum Sativum Agglutinin (PSA) et PI
ou l’association SYBR-14 et PI. La plupart des réactions de ces combinaisons de
fluorochromes sont temps-dépendantes car elles sont basées sur la conversion enzymatique
d’un substrat en un produit fluorescent. Dans le cas de l’association SYBR-14 et PI, on ne
constate pas de relation de type temps-dépendante car ces molécules se lient à l’ADN du
spermatozoïde qui est un constituant stable (Garner et Johnson, 1995).

84
L’examen en microscopie à fluorescence révèle que les spermatozoïdes vivants sont colorés
en vert par le SYBR-14 qui s’intègre à l’ADN. Cette molécule est capable de pénétrer à
travers la membrane plasmique de cellules intactes. Les spermatozoïdes morts ayant perdu
leur intégrité membranaire sont colorés en rouge par le PI. Enfin, on distingue une troisième
population de spermatozoïdes colorés à la fois en vert et en rouge, il s’agit des spermatozoïdes
moribonds dont la perméabilité membranaire est altérée. La Figure 17 illustre l’aspect en
microscopie à fluorescence d’un mélange de spermatozoïdes morts et vivants colorés avec le
mélange SYBR et PI (Garner et Johnson, 1995).

Figure 17 : Spermatozoïdes morts et vivants colorés avec le mélange SYBR et PI (Garner et Johnson,
1995).

Cette coloration a été validée dans 6 espèces différentes : bovin, porcin, ovin, lapin, souris et
homme (Garner et Johnson, 1995). En comparaison à la coloration à l’éosine-nigrosine,
SYBR-14/PI est une méthode beaucoup plus sensible qui permet de mettre en évidence
des dommages membranaires subtils.

4.2.2.3 Réaction acrosomique

La réaction acrosomique est un pré-requis essentiel pour la pénétration de l’ovocyte par le


spermatozoïde. La fusion de la membrane plasmatique avec la membrane acrosomiale externe

85
permet la libération du contenu enzymatique de l’acrosome et par conséquent la pénétration
de la zone pellucide.

Une réaction acrosomique trop précoce (réaction acrosomique spontanée) ne permet pas au
spermatozoïde de se fixer à la zone pellucide. A contrario, un spermatozoïde n’ayant pas
effectué sa réaction acrosomique ne peut pas fusionner avec l’ovocyte. La réaction
acrosomique est induite in vivo par plusieurs molécules, notamment par la progestérone
sécrétée par les cellules du cumulus oophorus. La liaison du spermatozoïde à la ZP3 va
également activer des récepteurs intraspermatiques et déclencher des voies enzymatiques
impliquées dans la réaction acrosomique (Patrat et al., 2000).

Pour évaluer la qualité du sperme le test le plus pertinent consiste à déclencher la réaction
acrosomique et à estimer la proportion de spermatozoïdes vivants qui sont capables
d’effectuer ce processus. La réaction acrosomique est généralement déclenchée par
l’incubation avec un ionophore calcium (A23187) et de la progestérone. Le statut acrosomial
peut-être évalué à l’aide de colorations non fluorescentes telles que l’éosine-nigrosine, le
giemsa, la triple coloration bleu de trypan/ marron bismark/ rose bengale ou encore le
Spermac®. Cependant, récemment, plusieurs marqueurs fluorescents du statut acrosmial ont
été validés (Cross et Meizel, 1989).

Le statut acrosomial est majoritairement évalué à l’aide de lectines liées la fluorescéine


isothyocyanate (FITC) par exemple, la « Peanut Agglutinin » (FITC-PNA) ou la « Pisum
Sativum Agglutinin » (FITC-PSA). Ces lectines se lient de façon spécifique à des composés
glycosylés de la membrane acrosomiale externe. Si l’acrosome est intact, cette liaison
engendre une fluorescence très nette de la région acrosomiale alors qu’aucune fluorescence
(ou éventuellement une fluorescence du segment équatorial) n’apparaît en cas d’acrosome
endommagé ou ayant réagi (Cheng et al., 1996).

D’autres techniques comme l’immunofluorescence indirecte au moyen d’anticorps


polyclonaux ou monoclonaux ainsi que la coloration à la chlortétracycline (antibiotique aux
propriétés fluorescentes) peuvent également être utilisées pour évaluer le statut acrosomial.

Le pourcentage de cellules présentant un acrosome intact et la capacité d’effectuer la


réaction acrosomiale après induction sont considérés comme des paramètres

86
fonctionnels importants chez de nombreux mammifères. L’évaluation du statut
acrosomique pourrait être complémentaire des méthodes classiques d’analyse de la
qualité du sperme cependant ce test fonctionnel n’est pour le moment pas employé en
routine.

4.2.2.4 Capacitation

La capacitation correspond à l’ensemble des modifications intra-cellulaires et membranaires


que doit subir le spermatozoïde avant d’être capable de féconder l’ovocyte. La capacitation
fait en autres intervenir des modifications membranaires avec des réorganisations de
phospholipides et redistribution du cholestérol, des réarrangements des protéines de
membrane, des phosphorylations de protéines AMPc dépendantes et des modifications
ioniques importantes (augmentation des concentrations en Ca2+ notamment). Elle a lieu dans
les voies génitales femelles. Les conséquences de la capacitation sont l’hyperactivation du
mouvement, l’exposition de récepteurs spermatiques à la zone pellucide, l’aptitude à effectuer
la réaction acrosomique et la capacité à fusionner avec la membrane ovocytaire.

Par conséquent, la capacitation peut être évaluée par analyse assistée par ordinateur du
mouvement du spermatozoïde, une hyperactivité signifie que la capacitation a eu lieu.
L’induction de la réaction acrosomiale, le test de fixation à la zone pellucide et le test de
pénétration d’ovocytes de hamster dépellucidés peuvent également mettre en évidence,
indirectement, les spermatozoïdes capacités (Rijsselaere, 2005).

La Chlortétracycline (CTC), un antibiotique fluorescent permet d’évaluer le statut capacité ou


non capacité du spermatozoïde ainsi que la réaction acrosomiale. En traversant la membrane
plasmique, la chlortétracycline se lie aux ions Ca2+ libres, le complexe Ca2+ / CTC ainsi formé
est fluorescent. Plus la fluorescence est intense, plus la membrane est désorganisée. Il a été
démontré chez plusieurs mammifères que trois populations de spermatozoïdes peuvent être
isolées : les spermatozoïdes non capacités et n’ayant pas effectué la réaction acrosomique
(« F »), les spermatozoïdes capacités et n’ayant pas effectué la réaction acrosomique (« B »)
et enfin les spermatozoïdes capacités et ayant effectué la réaction acrosomique (« AR »)
(Collin et al., 2000 ; Guérin et al., 1999).

87
L’interprétation de ces tests dans un contexte clinique est actuellement peu maitrisée.
Par conséquent, la capacitation n’est pas un critère pris en compte couramment dans
l’analyse de la semence.

4.2.2.5 Etat de condensation de la chromatine

La chromatine du spermatozoïde possède une structure compacte hautement organisée


composée d’ADN et de nucléoprotéines. La nature insoluble et condensée de cette chromatine
protège l’intégrité génétique de la cellule pendant le transport dans les voies génitales mâles et
femelles. La condensation du matériel génétique permet aussi de reprogrammer le génome
paternel et de mettre en place les gènes qui devront s’exprimer au cours des premières étapes
du développement embryonnaire. C’est pourquoi, il est aujourd’hui reconnu que la
condensation de la chromatine du spermatozoïde est essentielle pour la pleine expression de la
fertilité (Braun, 2001).

Des tests d’évaluation de la structure de la chromatine ont été mis au point (Sperm Chromatin
Structure Assay = SCSA). Il s’agit d’une méthode de cytométrie de flux qui mesure le degré
de dénaturation de l’ADN et évalue ainsi de façon objective l’intégrité de la chromatine. Cette
technique est basée sur l’hypothèse selon laquelle la chromatine endommagée est plus
sensible à la dénaturation. Dans un premier temps, les spermatozoïdes sont soumis à un
traitement acide capable de dénaturer l’ADN si la chromatine est endommagée. La coloration
à l’acridine orange (qui s’intercale dans l’ADN et produit une réaction fluorescente) permet
de mettre en évidence le degré de décondensation de la chromatine.

88
Figure 18 : Test à l’acridine orange appliqué à des spermatozoïdes de taureau (Martins et al., 2007).

A. Spermatozoïdes dont la chromatine est intacte, colorés en vert.

B. Spermatozoïdes dont la chromatine est endommagée, colorés en rouge.

Les spermatozoïdes dont la chromatine est intacte apparaissent verts car l’acridine orange
intégrée à l’ADN double brin émet une fluorescence verte. Les spermatozoïdes dont la
chromatine est endommagée apparaissent rouges car l’acridine orange liée à l’ADN simple
brin émet dans le rouge.

Chez de nombreuses espèces de mammifères, notamment chez le taureau, il a été démontré


que les altérations de la chromatine étaient négativement corrélées à la fertilité (Ballachey,
1987). Chez l’homme le taux de chromatine altérée est significativement plus élevé chez les
sujets infertiles que chez les sujets témoins (Foresta, 1989).

L’hétérogénéité de la chromatine est corrélée à la fertilité et pourrait être un


complément intéressant de l’examen microscopique du sperme. Au CECOS de
Toulouse, les seuls tests fonctionnels utilisés sont les tests d’évaluation d’intégrité de la
chromatine. Le test TUNEL est utilisé pour détecter la fragmentation de l’ADN et le Sperm

89
Chromatin Structure Assay pour l’étude de la chromatine. Ces tests sont avant tout utilisés en
cas de fausses couches à répétition, de stérilités inexpliquées et d’échec lors de tentatives de
Procréation Médicalement Assistée.

4.2.3 Test hypoosmotique

L’intégrité membranaire est indispensable à la fécondation car la membrane plasmique


intervient dans la capacitation, la réaction acrosomique et l’attachement des gamètes
(Jeyendran, 1984). L’une des propriétés de la membrane plasmatique est sa capacité à
transporter des molécules de façon sélective. Dans des conditions hypoosmotiques, la cellule
va permettre l’entrée de molécules d’eau à travers sa membrane plasmique dans le but
d’équilibrer les concentrations intra et extra-cellulaire. Ce flux d’eau entraine une
augmentation du volume intra-cellulaire. Ce phénomène est particulièrement visible au niveau
de la queue des spermatozoïdes (Jeyendran, 1984). Le test hypoosmotique vise à mettre en
évidence les propriétés physiques de la membrane plasmique.

Pour réaliser ce test, la semence est mélangée à une solution hypotonique dont la composition
et l’osmolarité sont déterminées pour chaque espèce. Le mélange est incubé à 37°C, puis les
spermatozoïdes sont observés au microscope à contraste de phase. Les spermatozoïdes dont la
membrane est intègre se déforment. Ces spermatozoïdes se reconnaissent à leur flagelle qui se
recourbe ou s’enroule. Selon la forme qu’ils prennent, ils sont classés en sept catégories de
« a » à « g » (Figure 19).

90
Figure 19 : Modifications morphologiques des spermatozoïdes soumis au test hypoosmotique. (D’après
Jeyendran, 1984).

Spermatozoïde n’ayant Spermatozoïdes ayant réagi au test


pas réagi au test

Les études sur la réponse au test hypoosmotique et sa relation avec la fertilité sont
divergentes. Il existe une corrélation entre la réponse au test hypoosmotique et la fécondation
in vitro chez l’homme (Van Der Ven et al., 1986) cependant aucune corrélation n’est
clairement établie avec le test de pénétration de la zone pellucide (Rogers et Parker, 1991). La
relation entre le test hypoosmotique et la fécondation in vivo reste à démontrer. Une meilleure
connaissance des conditions de réalisation de ce test (osmolarité, temps d’incubation et
température) est nécessaire avant que ce test hypoosmotique ne soit utilisable en routine (Van
Der Ven et al., 1986 ; Bacinoglu et al., 2008).

Le test hypoosmotique est un test rapide et simple à réaliser. Cependant, les


controverses concernant l’interprétation de ce test ainsi que sa relation avec les
paramètres classiquement évalués et avec la fertilité n’ont pas favorisé son
développement. Des recherches sont encore nécessaires afin d’optimiser les conditions
permettant d’évaluer la perméabilité membranaire et d’approfondir la connaissance des
paramètres évalués par ce test.

91
4.2.4 Test d’interaction spermatozoïde-ovocyte

4.2.4.1 Test de liaison à la zone pellucide

La fixation du spermatozoïde à la zone pellucide est une étape cruciale dans la fécondation
(Töpfer-Petersen et al., 2000). C’est pourquoi, l’évaluation de la capacité des spermatozoïdes
à se lier à la zone pellucide peut constituer un indicateur du potentiel de fertilité du
spermatozoïde. Cette étape fait intervenir une interaction de type ligand-récepteur entre le
spermatozoïde et la zone pellucide et les tests de liaison des spermatozoïdes à la membrane
pellucide pourraient permettre de détecter des dommages au niveau moléculaire (Liu et al.,
2004).

La capacité de liaison à la zone pellucide peut être évaluée par deux types de tests :
- le premier utilise des ovocytes intacts homologues (c'est-à-dire provenant d’une
femelle de même espèce que le mâle), il s’agit du test de fixation à la zone pellucide
(Zona Binding Assay = ZBA).
- Le second utilise des ovocytes homologues sectionnés en deux parties, il s’agit du test
des demi-zones pellucides (ou Hemi Zona Assay = HZA).

Ces tests nécessitent une grande disponibilité d’ovocytes. Dans l’espèce bovine, les ovocytes
peuvent être récupérés à l’abattoir, alors que dans l’espèce canine, ils sont le plus souvent
récupérés suite à des ovariectomies ou autopsies. Chez l’homme, les ovocytes destinés à la
fécondation in vitro mais n’ayant pas été fécondés, des ovocytes prélevés sur des ovaires
après ovariectomie ou post mortem peuvent être utilisés pour ces tests. Ces ovocytes peuvent
être conservés pendant plusieurs semaines dans des solutions salines concentrées
(Yanagimachi et al., 1989).

Pour le test ZBA, les ovocytes entiers sont incubés avec les spermatozoïdes d’un individu
« test » et d’un individu « contrôle ». Les spermatozoïdes « tests » et les spermatozoïdes
« contrôle » sont marqués par des fluorochromes de couleur différente. Les spermatozoïdes
fixés à la zone pellucide sont comptés en microscopie à contraste de phase ou en microscopie
à fluorescence (Braundmeier et al., 2002). Ce test requiert un grand nombre d’ovocytes
(Mayenco-Aguirre et Pérez-Cortés, 1998) en raison des variations liées à l’ovocyte.

Ces variations peuvent être en partie compensées par le test des demi-zones pellucides,
pratiqué sur des ovocytes bisséqués par micromanipulation. Chaque partie de l’ovocyte est

92
incubée séparément soit avec le sperme à tester soit avec le sperme d’un individu « contrôle »
dont la fertilité est avérée. Cette technique permet d’utiliser moins d’ovocytes, mais elle
requiert du temps et une grande technicité de l’opérateur (Liu et al., 2004).

Des études mettent en évidence une corrélation entre le test « Hemi-Zona Assay » (HZA) et
les taux de succès de la fécondation in vitro chez l’homme (Franken et al., 1993 ; Oehninger
et al., 1997) et chez le chien (Mayenco-Aguirre et Pérez-Cortés, 1998). Cependant dans
l’espèce bovine, les résultats sont controversés. Fazeli et al (1997) ont mis en évidence une
corrélation significative entre les tests HZA et les taux de retour en chaleur à 56 jours alors
qu’une autre étude n’a pas observé de relation entre la liaison à la zone pellucide et la fertilité
des taureaux (Braundmeier et al., 2002).

4.2.4.2 Test de pénétration de l’ovocyte et test de fécondation in vitro

Le test de fécondation in vitro permet une évaluation globale de l’aptitude d’un


spermatozoïde à féconder un ovocyte, de la fixation à l’ovocyte, sa pénétration, jusqu’au
développement d’embryon. Le taux d’ovocytes pénétrés (comprenant le taux d’ovocytes
fécondés qui n’ont été pénétrés que par un spermatozoïde et le taux d’ovocytes
polyspermiques), le taux de clivage des ovocytes et du taux de développement embryonnaire
après 7 jours de culture peuvent être mesurés.

Chez l’homme, il est difficile de différencier la fixation à la membrane pellucide et la


pénétration de la membrane pellucide en raison de la transparence de la zone pellucide. Une
nouvelle technique a été mise au point pour évaluer cette étape (Figure 20).

93
Figure 20 : Technique de suppression des spermatozoïdes liés à la zone pellucide (d’après Liu et al., 2004)

Les ovocytes préalablement mis en contact avec des spermatozoïdes sont aspirés avec une
pipette de diamètre légèrement inférieur à celui de l’ovocyte. Ainsi, seuls les spermatozoïdes
ayant pénétré dans l’ovocyte restent ancrés dans celui-ci, alors que les spermatozoïdes
simplement liés à la zone pellucide sont détachés (Figure 20). Cette méthode est précise et
efficace pour évaluer la pénétration des spermatozoïdes (Liu et al., 2004).

Dans l’espèce canine, la fécondation in vitro n’est pas maitrisée (Rijsselaere, 2005).
Cependant la particularité spécifique est que les spermatozoïdes canins capacités sont
capables de pénétrer des ovocytes immatures. La microscopie à fluorescence permet de
détecter 98% des spermatozoïdes ayant pénétré l’ovocyte (Hewitt et al., 2001). La technique
de pénétration de l’ovocyte est reproductible et corrélée à la mobilité (Rijsselaere, 2005).
Cette méthode a été validée pour évaluer l’aptitude à la congélation du sperme dans l’espèce
canine.

Chez le taureau, les taux de fécondation in vitro sont corrélés à la fertilité in vivo évaluée par
les taux de non-retour dans l’étude de Marquant-Le Guienne et al. (1990). L’étude de
Shamsuddin et Larsson (1993) confirme la relation entre la fertilité estimée par l’Insémination
Artificielle et la première division cellulaire suivant la fécondation in vitro. Cependant,

94
d’autres études (Schneider et al., 1999) montrent que le taux de division cellulaire après
fécondation in vitro n’a aucune valeur prédictive de la fertilité in vivo. En outre, l’individu
constitue une source de variation considérable dans le taux d’ovocytes fécondés et le
développement embryonnaire (Shamsuddin et Larsson, 1993). Le test de fécondation in vitro
semble être une piste intéressante pour prédire la fertilité in vivo, cependant, la standardisation
et la validation des protocoles est nécessaire avant que ce test soit applicable en routine dans
l’espèce bovine.

Les tests de fécondation in vitro homologues (ovocyte et sperme appartenant à des individus
de même espèce) ne sont pas toujours évidents à réaliser en raison de la faible disponibilité
d’ovocytes. C’est pour cette raison que le test de pénétration d’ovocytes d’hamster doré
dépellucidés a été développé en 1976 (Yamagimachi et al., 1976). Ces ovocytes dépellucidés
peuvent être pénétrés par des spermatozoïdes de n’importe quelle espèce pourvu que ceux-ci
aient subi la capacitation et soient capables d’effectuer la réaction acrosomique (Wolf et
Sokoloski, 1982). De nombreux procédés de préparation du sperme et d’incubation des
spermatozoïdes avec les ovocytes ont été développés. La littérature est divergente quant à la
valeur prédictive de ce test de fécondation hétérologue (ESHRE, 1996).

En définitive, les tests d’interaction entre spermatozoïdes et ovocyte sont prometteurs,


cependant, ils sont très coûteux et très dépendants des compétences de l’opérateur. De
nombreux protocoles ont été développés pour l’ensemble de ces tests et les résultats
dépendent des conditions de l’expérience. Une standardisation des procédures est
nécessaire afin de valider les résultats obtenus. De plus, la faible disponibilité d’ovocytes
limite le développement de ces techniques en routine.

4.2.5 Conclusion

Les tests fonctionnels qui semblent les plus applicables sur le terrain sont les tests
d’évaluation de l’état de condensation de la chromatine. L’ensemble des marqueurs
fluorescents constitue une perspective intéressante mais les coûts liés à l’utilisation de la
cytométrie de flux limitent leur développement. Les tests d’interactions ovocyte-
spermatozoïdes nécessitent validation et standardisation avant d’être applicables sur le
terrain.

95
96
CONCLUSION

Actuellement, on constate une grande similitude des méthodes d’évaluation de la qualité de la


semence chez le taureau, le chien et l’homme et peu d’évolution des techniques employées
depuis plus de 50 ans. L’examen de la motilité des spermatozoïdes est le test fonctionnel le
plus répandu chez les trois espèces considérées.

Chez l’homme, l’examen du sperme est réalisé dans des structures hospitalières, bien souvent
dans un contexte pathologique. Les enjeux médicaux sont importants et il convient d’adapter
l’examen du sperme au contexte clinique. Les recherches et les avancées technologiques sont
nombreuses, certains tests fonctionnels tels que les tests d’évaluation de la structure de la
chromatine sont utilisés sur le terrain. La littérature débat de leur intérêt en clinique bien
qu’ils permettent d’approfondir la physiopathologie de l’infertilité. Les spécialistes (ESHRE,
1996) s’accordent pour dire que l’ensemble des tests fonctionnels nécessite validation et
standardisation avant de pouvoir être utilisés en routine.

Chez les animaux de rente, les avancées technologiques sont dépendantes de la bonne santé
économique de la filière. Différents enjeux émergent aujourd’hui dans la filière de
l’insémination artificielle bovine, il s’agit notamment de l’amélioration de la fertilité femelle
et de la sélection assistée par marqueur. La recherche en andrologie est aujourd’hui tournée
vers la détermination de marqueurs corrélés de façon significative à la fertilité. Les recherches
appliquées à la filière de l’IA bovine n’ont pas permis pour le moment d’identifier de
marqueur fiable car les paramètres étudiés ne sont pas suffisamment corrélés à la fertilité in
vivo. Néanmoins, la mise en place de la traçabilité des paillettes de semence congelée
constitue une avancée considérable qui pourrait avoir d’importantes conséquences à court ou
moyen terme.

Dans l’espèce canine, l’examen de la semence a lieu dans des structures universitaires qui
tentent de développer l’activité, mais le marché est restreint. Les enjeux dans l’espèce canine
concernent essentiellement l’amélioration de la fertilité chez la femelle, la maitrise des cycles
et de la fécondation in vitro. Cette filière pourrait cependant bénéficier à l’avenir des avancées
technologiques développées chez les autres espèces.

97
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106
Toulouse, 2008

NOM : CABANNES Prénom : CAROLE

TITRE : COMPARAISON DES METHODES D’EVALUATION DE LA QUALITE DE


LA SEMENCE DANS LES ESPECES BOVINE, CANINE ET HUMAINE.

RESUME :
L’évaluation de la qualité du sperme est indispensable pour son utilisation
en insémination artificielle et dans les techniques de procréation
médicalement assistée.
Les enjeux et les finalités de l’examen de la semence sont fondamentalement
différents dans les espèces bovine, canine et humaine.
Cette étude décrit et compare les méthodes d’évaluation de la qualité du
sperme utilisées en pratique dans des centres spécialisés en France et les
critères de conservation et d’élimination de la semence. Enfin, ce travail
évalue les limites de ces méthodes et envisage de façon prospective les
avancées technologiques, notamment la cytométrie de flux.

MOTS-CLES : SEMENCE, QUALITE, EVALUATION, BOVINE, CANINE, HUMAINE

ENGLISH TITLE : COMPARISON OF METHODS FOR THE ASSESSMENT OF


SEMEN QUALITY IN BOVINE, CANINE AND HUMAN SPECIES

ABSTRACT :
Semen quality assessment is necessary in Artificial Insemination and
Assisted Reproductive Technologies. Objectives and stakes of semen
examination are basically different in bovine, canine and human species.
This study describes the different methods of semen quality assessment in
laboratories considered as references in France for the 3 species. This study
establishes the similarities and differences in evaluation of semen quality in
the different species and compares the criteria for conservation or
elimination of an ejaculate in the artificial insemination business. Lastly,
this thesis discusses the limits of conventional methods and evocates the
technical improvements that could be developed in the future.

KEYWORDS : SEMEN, QUALITY, ASSESSMENT, BOVINE, CANINE, HUMAN

107

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