Chapitre 1 : Introduction a la biologie des organismes vivants
🧬 1. Définition d’un organisme vivant
Un organisme vivant :
Naît, vit, se reproduit et meurt.
Est formé d’une ou plusieurs cellules (structure organisée).
Réalise un métabolisme (nutrition, respiration, photosynthèse).
Maintient l’homéostasie (équilibre interne).
Réagit à des stimuli (lumière, température...).
Se reproduit (sexuée ou asexuée).
S’adapte et évolue (sélection naturelle).
A une durée de vie limitée (mortel).
🧬 2. Niveaux d’organisation du vivant
🔹 Niveaux abiotiques (non vivants)
Atomes : C, H, O, N…
Molécules : Eau, glucose, ADN…
o Organique (avec carbone) : glucose.
o Minérale (sans carbone) : eau, CO₂.
🔹 Niveaux biotiques (vivants)
Cellule : unité de base (procaryotes / eucaryotes).
Tissu : ensemble de cellules spécialisées.
Organe : ensemble de tissus.
Appareil/Système : ensemble d’organes.
Organisme : être vivant entier (unicellulaire ou pluricellulaire).
🔹 Niveaux écologiques
Population : individus d’une même espèce dans un lieu donné.
Communauté : plusieurs populations (forêt, lac…).
Écosystème : communauté + environnement (biotique + abiotique).
Biosphère : ensemble des écosystèmes (Terre).
🧬 3. Organisation et métabolisme cellulaire
🔹 Organisation cellulaire
Êtres vivants = cellules (unicellulaires ou pluricellulaires).
Cellules spécialisées selon leur fonction.
Virus = non vivants (pas de cellule, parasites intracellulaires).
🔹 Spécialisation cellulaire
Une cellule exprime une partie de l’ADN selon sa fonction.
Ex : chloroplastes dans les cellules photosynthétiques.
🔹 Métabolisme
Ensemble des réactions chimiques nécessaires à la vie.
Implique des voies métaboliques catalysées par des enzymes.
🧬 Catabolisme
Dégradation de molécules complexes en molécules simples.
Libère de l’énergie (ex : respiration, glycolyse).
🔧 Anabolisme
Synthèse de molécules complexes à partir de molécules simples.
Nécessite de l’énergie (ex : synthèse des protéines).
🌿 Autotrophie / 🍄 Hétérotrophie
Autotrophes : produisent leur matière organique (ex : plantes).
Hétérotrophes : consomment de la matière organique (ex : animaux).
🔥 Respiration / Fermentation
Respiration : avec O₂ → ATP, CO₂, H₂O.
Fermentation : sans O₂ → ATP + déchets (acide lactique, éthanol).
Plantes : ne font pas de fermentation.
🧬 4. Transmission de l’information génétique
ADN = support de l’information génétique.
Composé de nucléotides (A, T, C, G).
Localisation :
o Eucaryotes : noyau.
o Procaryotes : chromosome circulaire.
Gène : portion d’ADN codant une protéine.
Allèles : versions différentes d’un même gène.
Mutation : changement dans la séquence de l’ADN → diversité.
🌱 5. Importance des niveaux d’organisation
Comprendre la vie de la molécule à l’écosystème.
Utile en médecine, génétique, écologie.
Permet d’expliquer la diversité et l’évolution des espèces.
Chapitre 2 : Caractéristiques des organismes végétaux :
1. Notion d’organismes végétaux
Définition traditionnelle : Organismes photosynthétiques, immobiles, avec des
besoins simples (eau, lumière, CO₂, sels minéraux).
Diversité des végétaux :
o Embryophytes (ou Cormophytes) : plantes terrestres avec organes
différenciés (racines, tiges, feuilles).
o Thallophytes : algues eucaryotes, aquatiques, sans tissus différenciés.
o Cyanobactéries : autrefois classées comme algues bleues, aujourd’hui rangées
parmi les bactéries.
Fungi (champignons) : exclus des végétaux car hétérotrophes et paroi de chitine.
2. Thallophytes vs Cormophytes
Thallophytes :
o Appareil végétatif non différencié (thalle).
o Pas d’organes (ni tige, ni feuille, ni racine).
Cormophytes :
o Appareil végétatif différencié (cormus).
o Organes : tige, feuille, racine.
o Structures reproductrices pluricellulaires.
o Aujourd’hui remplacés par le terme Embryophytes.
3. Classification du monde végétal
Classification traditionnelle (Linné) :
o Basée sur la mobilité : règne animal vs règne végétal.
o Critères morphologiques uniquement.
Classification moderne (phylogénétique) :
o Basée sur les liens de parenté (ADN, protéines).
o Notion de LUCA (dernier ancêtre commun universel).
o Carl Woese : 3 domaines du vivant :
Archées
Bactéries
Eucaryotes
Classification à 5 règnes (Whittaker) :
o Monera (procaryotes)
o Protista (eucaryotes unicellulaires)
o Fungi
o Plantae
o Animalia
4. Théorie endosymbiotique
Principe :
o Mitochondries = anciennes bactéries aérobies.
o Chloroplastes = anciennes cyanobactéries.
Preuves :
o ADN circulaire.
o Ribosomes similaires aux bactéries.
o Double membrane (interne bactérienne, externe eucaryote).
Endosymbiose primaire : cyanobactérie → chloroplaste à 2 membranes.
Endosymbiose secondaire : cellule eucaryote autotrophe phagocytée → plastes à 4
membranes.
5. Lignée verte (Viridiplantae)
Origine : endosymbiose primaire avec cyanobactérie.
Groupes inclus :
o Glaucophytes
o Rhodophytes (algues rouges)
o Chlorobiontes (algues vertes et Embryophytes)
Caractéristique : chlorophylle a et b, plastes verts.
6. Embryophytes (Plantes terrestres)
Pluricellulaires, différenciés, avec tissus spécialisés.
Structures reproductrices : gamétanges, sporanges.
Présence d’un embryon protégé.
Incluent :
o Bryophytes (mousses, hépatiques, anthocérotes)
o Ptéridophytes (fougères, lycophytes)
o Spermatophytes (plantes à graines : gymnospermes et angiospermes)
Chapitre 3: Biologie et reproduction des plantes terrestres
(Embryophytes)
I. Généralités
Les Embryophytes ont évolué pour passer de la vie aquatique à la vie terrestre, développant :
Un appareil végétatif : racines, tiges, feuilles, vaisseaux conducteurs.
Un appareil reproducteur : indépendance progressive du milieu aquatique pour la
fécondation.
Alternance des générations :
Gamétophyte (n) : génération haploïde produisant des gamètes.
Sporophyte (2n) : génération diploïde produisant des spores.
Groupes principaux (par ordre évolutif) :
1. Bryophytes (ex. mousses)
2. Ptéridophytes (ex. fougères)
3. Spermaphytes :
o Gymnospermes (graines nues)
o Angiospermes (graines dans un fruit).
II. Les Bryophytes (ex. les mousses)
Caractéristiques :
Transition entre vie aquatique et terrestre.
Pas de racines ni de vaisseaux conducteurs.
Taille réduite, milieu humide.
Reproduction :
1. Gamétophyte dominant :
o Anthéridies (♂) : produisent des anthérozoïdes mobiles (zoïdogamie).
o Archégones (♀) : contiennent l’oosphère.
2. Fécondation : nécessite de l’eau (chimiotactisme).
3. Sporophyte : se développe sur le gamétophyte (capsule à spores).
4. Cycle : Digénétique, haplo-diplophasique.
III. Les Ptéridophytes (ex. les fougères)
Caractéristiques :
Premières plantes vasculaires (racines, tiges, feuilles).
Sporophyte dominant, gamétophyte réduit (prothalle).
Reproduction :
1. Sporanges : produisent des spores (homosporie ou hétérosporie).
2. Prothalle : gamétophyte bisexué (anthéridies et archégones).
3. Fécondation : zoïdogamie (eau nécessaire).
4. Cycle : Digénétique, diplo-haplophasique.
Exemples :
Fougère homosporée : spores identiques.
Sélaginelle hétérosporée : microspores (♂) et macrospores (♀).
IV. Les Spermaphytes (plantes à graines)
A. Gymnospermes (ex. Pin, Ginkgo)
Graines nues (pas de fruit).
Reproduction :
o Cônes ♂ (sacs polliniques) et ♀ (ovules).
o Ginkgo : zoïdogamie (prégraine).
o Pin : siphonogamie (vraie graine).
B. Angiospermes (plantes à fleurs)
Fleur : étamines (♂) + pistil (♀).
Double fécondation :
o 1 spermatozoïde + oosphère → embryon (2n).
o 1 spermatozoïde + noyaux polaires → albumen (3n).
Fruit : issu de l’ovaire, protège la graine.
Types de fruits :
Charnus (baie, drupe).
Secs (déhiscents : gousse ; indéhiscents : akène).
Pollinisation : vent (anémogame), animaux (zoogame).
Conclusion
Évolution majeure : réduction du gamétophyte, indépendance de l’eau
(siphonogamie), graines et fruits.
Adaptations : interactions avec les animaux (pollinisation, dissémination).
Schéma clé : Alternance des générations et cycles de vie (haploïde/diploïde).
Chapitre 4: Morphologie, Histologie et Anatomie Végétale
I. Organisation morphologique de la tige, de la feuille et de la racine
A. La Tige
1. Morphologie
o Organe aérien portant feuilles, fleurs, fruits.
o Structure : succession de nœuds (insertion des feuilles/rameaux) et entre-
nœuds (croissance en longueur).
o Croissance assurée par le bourgeon terminal (élongation) et bourgeons
axillaires (ramification).
2. Types de tiges
o Dressées (majorité des plantes), rampantes (stolons, drageons), grimpantes
(vrilles, crampons), souterraines (bulbes, tubercules, rhizomes).
o Adaptations : réserve d’eau (Cactus), fixation (vrilles), photosynthèse (tiges
chlorophylliennes).
3. Bourgeons
o Terminaux (croissance apicale), axillaires (ramification), adventifs (post-
traumatisme).
o Fonctionnement : méristèmes (anneau initial, méristème profond) génèrent
tissus primaires.
B. La Feuille
1. Morphologie
o Limbe (photosynthèse), pétiole, stipules.
o Nervation : pennée (Dicotylédones), parallèle (Monocotylédones), palmée,
réticulée.
o Phyllotaxie : alternes, opposées, verticillées.
2. Adaptations
o Épines (protection), vrilles (support), feuilles carnivores (capture de proies).
C. La Racine
1. Types de systèmes racinaires
o Pivotant (Dicotylédones), fasciculé (Monocotylédones), adventives
(fixation/aération).
o Adaptations : suçoirs (plantes parasites), racines tubérisées (réserve).
2. Croissance
o Zones : coiffe (protection), zone méristématique (division), zone pilifère
(absorption), zone subéreuse (racines secondaires).
II. Les Tissus Végétaux
A. Tissus Primaires
1. Méristèmes primaires
o Localisés aux apex (tiges/racines). Cellules petites, à forte activité mitotique.
o Rôles : croissance en longueur, organogenèse.
2. Types de tissus primaires :
o Parenchymes : chlorophyllien, de réserve, aérifère, aquifère.
o Tissus protecteurs : épiderme (cuticule, stomates), rhizoderme (poils
absorbants).
o Tissus de soutien : collenchyme (paroi cellulosique élastique), sclérenchyme
(lignifié).
o Tissus conducteurs :
Xylème : trachéides (Gymnospermes) et vaisseaux ligneux
(Angiospermes) transportant la sève brute.
Phloème : tubes criblés (sève élaborée) et cellules compagnes.
B. Tissus Secondaires
Cambium : génère xylème secondaire (bois) et phloème secondaire (liber).
Phellogène : produit suber (liège) et phelloderme.
Présents chez Dicotylédones/Gymnospermes (absents chez Monocotylédones).
C. Anatomie Comparée
1. Tige :
o Dicotylédones : faisceaux conducteurs en cercle, moelle développée.
o Monocotylédones : faisceaux dispersés, pas de croissance secondaire.
2. Feuille :
o Mésophile : parenchyme palissadique (face supérieure) et lacuneux (face
inférieure).
o Nervures avec xylème (face ventrale) et phloème (face dorsale).
3. Racine :
o Dicotylédones : xylème en étoile, différenciation centripète.
o Monocotylédones : pas de moelle, xylème/phloème alternes.
III. Comparaison Dicotylédones vs Monocotylédones
Critère Dicotylédones Monocotylédones
Cotylédons 2 1
Racines Pivotante Fasciculée
Nervation foliaire Réticulée/pennée Parallèle
Fleurs 4-5 pétales (tétramère/pentamère) 3 pétales (trimère)
Croissance secondaire Présente (cambium) Absente
Points Clés à Retenir
Adaptations : Tiges (stockage, photosynthèse),
feuilles (capture, protection),
racines (fixation, parasitisme)
Tissus conducteurs : Xylème (sève brute, cellules mortes) vs Phloème (sève élaborée,
cellules vivantes).
Croissance secondaire : Exclusive aux Dicotylédones/Gymnospermes (bois, liège).
Chapitre 5 : Les adaptations des plantes à leur environnement :
I. Contraintes liées à la vie fixée
Les plantes sont fixes, donc exposées en permanence aux stress :
o Abiotiques : sécheresse, froid, salinité, chaleur, vent, etc.
o Biotiques : ravageurs, nématodes, microorganismes, herbivores.
Elles développent des adaptations morphologiques et physiologiques pour survivre.
II. Adaptation vs Acclimatation
Adaptation : héréditaire, évolutive, non réversible, à long terme.
Acclimatation : temporaire, individuelle, réversible, à court terme.
III. Plasticité phénotypique
Capacité d’un génotype à produire différents phénotypes selon l’environnement.
Très développée chez les plantes pour s’adapter aux variations (lumière, température,
humidité, etc.).
IV. Adaptations aux milieux de vie
1. Milieu aquatique
Hydrophytes : plantes totalement ou partiellement immergées.
Hélophytes : racines dans l’eau, tiges/feuilles émergées.
2. Milieu aride
Xérophytes : adaptations à la sécheresse (cuticule épaisse, stomates réduits, feuilles
en épines, métabolisme CAM…).
Ephémérophytes : cycle de vie très court après les pluies.
3. Basses températures
Perte des feuilles (caduques), organes aériens, passage en graine, ou production de
cryoprotecteurs (glycérine…).
4. Mésophytes
Vivent dans des conditions modérées en eau et température.
V. Modes de vie
1. Autotrophie
Plantes chlorophylliennes réalisant la photosynthèse.
2. Parasitisme
Hémiparasites : font la photosynthèse mais prélèvent la sève brute (ex. Gui).
Holoparasites : totalement dépendantes (ex. Cytinelle).
Épiphytes : sur les parties aériennes ; Épirhizes : sur les racines.
3. Symbiose
Mycorhizes : association plante-champignon (eau + minéraux ↔ sucres).
Rhizobium-légumineuses : bactéries fixatrices d’azote dans les racines.
4. Plantes carnivores
Milieux pauvres en azote → digestion de proies pour en extraire.
VI. Types biologiques (Raunkiaer, 1934)
Phanérophytes : bourgeons > 25 cm (arbres, arbustes).
Chaméphytes : bourgeons < 25 cm.
Hémicryptophytes : bourgeons à la surface du sol.
Cryptophytes : bourgeons souterrains ou aquatiques.
Thérophytes : plantes annuelles, survie par les graines.
VII. Durée de vie
Annuelle : cycle en un an, meurt sauf graines.
Bisannuelle : cycle en deux ans.
Vivace : survie sur plusieurs années (partie souterraine ou entière).
VIII. Types de stratification
Hypogée : racines (souterrain).
Cryptogamique : lichens et mousses.
Herbacée : plantes de 5 à 80 cm.
Arbustive : ligneux entre 1 m et 8 m.
Arborescente : > 10 m (arbres).