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Economic Geology

economie miniere

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UFR : SCIENCES ET TECHNOLOGIES

L2 GEOLOGIE APPLIQUEE ET MINES

METALLOGENIE

GITES MINERAUX ENDOGENES & EXOGENES


New Dawn University of Bobo Y: 2023-24 Economic Geology L2 GAM Prepared by: B. OUEDRAOGO

Chapitre 1. GENERALITES
Introduction générale
Le débat sur l’origine des minéraux et des métaux ne date pas d’hier. Pendant longtemps
leur origine relevait du domaine de la philosophie et de la magie. Il faut attendre 1556
pour voir Georg Bauer dit Agricola publier De Re Metallica, le premier traité sur l’art
des mines, dans lequel il jeta les bases pragmatiques de l’étude des gîtes minéraux.
Agricola y classa les minéralisations en fonction de la nature in situ ou alluviale des
minéraux.
Au XVIIe siècle, Rene Descartes, dans son Principia philosophae (1644), relie la
formation des gisements a des processus de fumerolles venant des profondeurs de la
Terre.
Plus tard, en 1788, l’Ecossais James Hutton introduit la théorie ≪ plutonienne ≫ (de
Pluton, Dieu romain des Enfers) selon laquelle les roches ignées proviennent de roches
fondues échappées des profondeurs de la Terre.
Son contemporain et opposant, le directeur de l’Académie des mines de Freiberg,
Abraham- Gottloeb Werner, proposait quant à lui la théorie ≪ neptunienne ≫
totalement différente, suggérant que toutes les roches et toutes les concentrations
minérales ont pris naissance au fond de la mer, c.-à-d., au royaume de Neptune, dieu
romain de la mer.
Aujourd’hui, deux termes sont utilisés pour la science des gites minéraux : métallogénie
et gitologie (Nicolini, 1990). Le terme de métallogénie a été largement utilisé après son
introduction par De Launay en 1913. Il signifie initialement ≪ chercher l’explication des
concentrations anormales en un métal déterminé ≫.
Au cours de la première moitié du XXe siècle, ce mot (métallogénie) a progressivement
pris une forte connotation génétique et, de plus en plus, il a été restreint aux études
minéralogiques et physico-chimiques.
En réaction a cette tendance, le terme de gitologie a été inventé à la fin des années 1960
par les géologues du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), le service
géologique et minier français, afin de décrire une démarche plus naturaliste basée sur le
contexte géologique et sur une approche descriptive.

I. Définitions des notions de la gîtologie

1. Gîtologie

La gîtologie est l’étude des gîtes minéraux, leurs milieux géologiques et leur valeur
économique. La genèse des gîtes, objet d’étude de la métallogénie, est donc considérée
comme un élément de l’étude gîtologique et non comme une fin. La gîtologie revêt
donc une double composante, à la fois scientifique et économique. L’approche
scientifique développe l’étude de leurs caractéristiques, de leur genèse, de leur place
dans l’histoire géologique régionale. L’approche économique évalue leurs potentialités
économiques et leur exploitation ; c’est le domaine de l’économie minière qui fait

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intervenir des termes spécifiques : minerai, gisement, teneur, réserve. La gîtologie est
donc aussi appelée géologie économique.

2. Métallogénie
La métallogénie est l’étude de la genèse (formation et évolution) des gîtes minéraux.
Elle est basée sur l’observation des rapports entre les gîtes minéraux et les formations
géologiques. Cette observation se fait de l’échelle macroscopique sur le terrain et à
l’échelle microscopique au laboratoire ainsi que par l’analyse des données physico-
chimiques du gîte et de ses roches hôtes.

3. Indice
Un indice est une indication de la présence de minéralisation sans indication de valeur
économique ; les Anglo-Saxons utilisent le terme d’occurrence. On notera, toutefois,
que le terme est utilisé par la classification de l’ONU pour indiquer soit la présence d’une
minéralisation sans certitude géologique précise (occurrence minérale), soit une
concentration minérale ne présentant aucun intérêt économique (occurrence non
économique).

4. Gîte et gisement (ore deposit)


Un gîte est une concentration naturelle significative d’une ou de plusieurs substances. Ce
terme n’a pas de connotation économique. Un gîte devient un gisement lorsqu’il est
exploitable, c’est-à-dire quand on peut en extraire le minerai dans des conditions
économiquement rentables. La notion de gisement est cependant plus complexe car elle
repose en grande partie sur des bases économiques.
Un gisement ou « ore deposit » en anglais, est donc une accumulation de minerai de
tonnage et de teneur suffisants pour que l’exploitation puisse être effectuée avec profit
dans les conditions (économiques) existant au démarrage de son exploitation.

5. Minerai
Un minerai est un minéral ou une roche dont on peut extraire, avec profit, un ou
plusieurs éléments. Cependant, cette définition lapidaire est ambiguë. En effet, pour le
minéralogiste, le minerai est le minéral qui contient l’élément à récupérer : la galène
(PbS) pour le plomb, la chalcopyrite (CuFeS2) pour le cuivre, etc., c’est le minerai au
sens strict. Pour le mineur par contre, le minerai désigne la masse de matériau abattu en
mine dans son ensemble, et non pas le seul minéral pouvant être valorisé : c’est le
minerai au sens large.
Dans le cas de l’or, le minerai est souvent un quartz à sulfures et or, dans lequel le
minerai strict, l’or natif, ne représente que quelques grammes par tonne.

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Tableau 1 : quelques minerais principaux


NB : Certains éléments sont présents en traces dans leurs minerais (néodyme, thorium, etc.) et sont
donc absents de la formule chimique standard.

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Tableau 2 : Principaux minéraux industriels avec leurs usages essentiels.


NB : On entend par usage brut un usage ne nécessitant qu’une purification généralement mécanique, et
par usage élaboré un usage nécessitant un traitement conséquent du minéral, de nature thermique
(cuisson, déshydratation, etc.), chimique (dissolution), ou autre.

6. Teneur, tonnage, tout-venant et gangue


o La teneur
La teneur est la proportion d’un métal (plomb, or, etc.) ou d’un minéral industriel
(kaolinite, diamant, talc, etc.) contenue dans un minerai (au sens large) ou un gisement,
mesurée par analyse chimique sur un fragment représentatif de minerai. Elle s’exprime
en pourcentage lorsque cette proportion est élevée (plomb, cuivre, fer), en ppm (partie

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par million), équivalent des g/t (gramme par tonne de minerai), lorsqu’elle est basse (or,
platine, argent).
Pour les métaux précieux, les g/t sont parfois remplacés par l’once Troy (oz/t) de
31,1035 g, mesure officielle de l’or et du platine sur les marchés internationaux. En
d’autres termes 1 oz/t d’or = 31.1035g d’or métal, soit plus de 31t d’or métal pour un
gisement de 1 million d’onces.
Il existe plusieurs concepts liés à la teneur : teneur moyenne, teneur de coupure, teneur
limite, etc. La teneur le plus couramment utilisée est la teneur moyenne, représentative
de l’ensemble de la concentration minérale et établie par des méthodes statistiques
d’échantillonnage.
En se basant strictement sur la teneur, on peut considérer comme gisement d’or une
concentration minérale notable qui contient plus de 1 g/t d’or, comme gisements de
plomb ou de fer des concentrations contenant respectivement plus de 10 % de plomb
et 50 % de fer. La taille d’un gisement varie donc énormément selon la substance.

o Le tonnage
Le tonnage représente la quantité totale de minerai exploitable d’un gisement. Il dépend
de la teneur de coupure retenue. Plus la teneur de coupure est faible plus le tonnage est
important et inversement. Autrement dit, le tonnage est inversement proportionnel à
la teneur de coupure. Il s’exprime en tonne (t).

o Le tout-venant
Le tout-venant désigne le matériau abattu en mine, contenant le minerai au sens du
mineur et les roches encaissantes ; la mécanisation et les contraintes d’exploitation
moderne entrainent un abattage souvent peu sélectif dans lequel le minerai ne peut
représenter qu’un faible volume. Par opposition au minerai, le stérile désigne les
matériaux non commercialisables qui seront rejetés au cours du traitement ; il comporte
non seulement la roche encaissante, la gangue, mais aussi et très souvent du minerai
pauvre, non traité.
o La gangue
La gangue désigne les minéraux associés au minerai, souvent non valorisables, comme
le quartz, les carbonates et la barytine, et qui seront rejetés. Cette définition est
cependant à nuancer : la fluorine et la barytine qui accompagnent communément les
métaux de base sont parfois récupérées et vendues dans certaines exploitations.

A terme, le gisement est une notion qui ne peut être compris que si on examine tous ces
facteurs qui, en partie, le définissent et conditionnent son exploitabilité.

7. Ressources et réserves

Le terme « ressources » s’emploie dans un sens très large, tandis que le mot « réserves »
s’applique à un gisement et prend une acception beaucoup plus précise. Une ressource
minérale est une concentration de matériel naturel, solide, inorganique ou fossilisé dans
la croûte dont la forme, la quantité et la teneur, ou la qualité, pourraient permettre
l’extraction économique. On distingue trois catégories de ressources :

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▪ Les ressources minérales mesurées (measured mineral resources) sont celles qui
présentent un intérêt économique intrinsèque, et dont on connait, avec un haut
degré de certitude, le tonnage, la densité, la forme, les caractéristiques
physiques, la qualité, la teneur et la continuité.
▪ Les ressources minérales indiquées (indicated mineral resources) présentent
également un intérêt économique intrinsèque, mais leurs caractéristiques sont
connues avec un degré de certitude moins élevé que celui des ressources
minérales mesurées.
▪ Les ressources minérales inférées (ou supposées) (infered mineral resources) sont
celles qui présentent un intérêt économique intrinsèque, mais avec un degré de
certitude limité, et un faible degré de confiance. Elles ne sont que des
espérances dont la probabilité de devenir des ressources mesurées est faible.

Tableau 3. Différentes catégories de ressources et de réserves

Les réserves sont définies comme la partie économiquement exploitable des ressources
mesurées et indiquées, démontrée au moins par une étude de faisabilité préliminaire.
Elles prennent en compte l’ensemble des paramètres techniques et économiques et non
plus seulement géologiques. Pour l’ensemble d’un gisement, elles correspondent à une
teneur de coupure optimale (tc) à laquelle correspondent un tonnage de minerai et une
teneur moyenne. Physiquement, les réserves constituent une masse minérale connue
d’un gisement, qui pourra être exploitée de manière rentable dans un avenir à
déterminer.

II. Les facteurs d’exploitabilité d’un gisement

La rentabilité économique est le critère clé de l’exploitabilité d’un gisement. La


rentabilité dépend de deux types de facteurs : ceux dits intrinsèques, c’est-à-dire liés au
gisement lui-même et à ses caractéristiques géologiques, et tous les autres, dits
extrinsèques.

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1. Les facteurs intrinsèques

Les facteurs propres à un gisement qui interviennent dans son exploitabilité sont les
suivants :

o La teneur et le tonnage

Un gite possède un volume, de forme très variable suivant sa genèse. L’enveloppe de ce


volume est déterminée par des observations géologiques. A l’intérieur de ce volume, les
teneurs varient parfois considérablement du fait que le dépôt du minerai n’a pas été
aussi intense dans tous les points du volume minéralisé. Il existe donc des zones riches
exploitables et des zones pauvres inexploitables.
L’extraction devra procéder à un tri en fonction d’une teneur au-dessus de laquelle le
produit abattu sera considéré comme minerai et envoyé à l’usine de traitement, et en
dessous de laquelle le produit sera considéré (parfois momentanément) comme stérile.
Cette teneur critique est la teneur de coupure tc, aussi désignée par l’expression anglaise
cutoff grade. Le tonnage exploité, c’est-à-dire la taille du gisement, est fonction de la
teneur de coupure : plus elle est élevée, plus le tonnage extrait sera faible.

o La nature du minerai

Chaque minerai a ses propres caractéristiques tels que le type de minéraux qui
influencent le coût de l’exploitation et de la purification, la taille des grains et la texture
du minerai qui influent sur le coût de son broyage en fine poudre, etc.

o La morphologie du gisement

Ce facteur influe directement sur la méthode d’exploitation du gisement. Les


minéralisations métallifères se présentent généralement sous forme filonienne,
disséminée, en amas, en stockwerk, stratabound, etc.

o La nature de la roche hôte

Il s’agit particulièrement de son type (magmatique, métamorphique ou sédimentaire),


de sa compétence (meuble, friable, cassante, ductile).

o L’accessibilité du gisement

C’est essentiellement la profondeur ou la localisation géologique du gisement. A titre


d’exemple, le plus grand gisement de nickel (Ni) se trouve au centre de la Terre. En
effet, le noyau terrestre renferme environ 1019 tonnes de Ni métal mais il est évidemment
inaccessible. La localisation géologique du gisement influera donc sur son exploitabilité.

o Le mode d’exploitation

Le mode d’exploitation est un facteur-clé. Il dépend de la géométrie, de l’accessibilité,


de la nature des roches encaissantes et du minerai, et de la tectonique. Les gisements
superficiels peuvent souvent être exploités en carrière, tandis que les gisements profonds
nécessiteront des installations souterraines plus coûteuses.

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2. Les facteurs extrinsèques

Les facteurs extrinsèques peuvent être schématiquement divises en trois catégories :


facteurs liés au marché, facteurs politiques et facteurs sociaux.

o La localisation du gisement

La localisation géographique du gisement est un important paramètre pour son


exploitabilité. En effet, la valeur et la viabilité d’un gisement sont réduites lorsqu’il est
éloigné des régions industrielles et peuplées, lorsqu’il est situé dans un climat hostile ou
dans une région politiquement instable. Tous ces facteurs jouent sur le coût de
l’exploitation minière.

o Les facteurs économiques, politiques et techniques

Il faut tenir compte du cours mondial du métal concerné, évaluer la demande et l’offre.
Ce facteur économique est capital dans l’établissement de la teneur de coupure et donc
de la quantité totale du minerai qui peut être extrait avec profit.

Quant au critère politique, il va de la réglementation du secteur minier (administration


des mines, le cadastre minier, le code minier) à la stabilité politique du pays hôte. Par
exemple, les régions où il y a des conflits sont des zones hautement déconseillées pour
un investissement minier.

Les progrès technologiques jouent un rôle majeur dans la viabilité d’un gisement. Par
exemple, en plus de la hausse du cours de l’or suite au boom du prix des métaux, les
progrès technologiques réalisés dans le domaine de l’extraction de l’or, ont permis de
retraités 3 ou 4 fois des déchets miniers australiens du XXe siècle, et à chaque fois, de
l’or été de nouveau extrait.

Ainsi donc, l’économie locale et globale, les progrès technologiques ainsi que la situation
politique peuvent influencer la viabilité d’un gisement.

III. Les métallotectes

Un métallotecte est un objet géologique dont la présence ou l’absence peut annoncer


un gîte. Il peut donc s’agir d’une faille, d’une formation géologique, d’un contact
stratigraphique, qui contrôle et guide la minéralisation : c’est un métallotecte positif. Par
contre, un métallotecte négatif inhibe la formation de gisement, tel qu’une surface
d’érosion ou une migmatitisation. Par extension, un métallotecte (positif) désigne un
guide de prospection fort utile en exploration minière.

1. Les métallotectes physiques

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Les propriétés physiques des roches jouent un rôle majeur dans la formation des
structures qui contrôleront le déplacement des fluides minéralisateurs et partant, dans la
localisation des gisements métallifères. La réponse d’une roche à une contrainte donnée
dépend de sa compétence. Les roches compétentes (dures) auront tendance à se
déformer de manière cassante (fractures, failles, fissures, joints, etc.) et les roches moins
compétentes (tendres) subiront une déformation ductile (plissements).

Aussi la vitesse d’érosion des roches sera fonction de leurs propriétés physiques : on
parle d’érosion différentielle.

Fig.1 Métallotecte physique : the Au-deposit Morning Star, Woods Point, Victoria, Australia :

1. Monzonite massive ; 2. Argile ; 3. Veines aurifères

Influence des propriétés physiques sur la formation des fractures et la localisation de la


minéralisation, veines aurifères remplissant les fractures dans une monzonite cassante, mais
disparaissent dans l’argile plastique mitoyenne

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1. Roche compétente ; 2. Roche tendre ; 3. Minéraux lourds

Fig.2, Accumulation des minéraux lourds dans les dépressions du lit d’une rivière, produites
par l’érosion différentielle

2. Les métallotectes lithologiques

Certains gisements sont contrôlés par la lithologie. A l’échelle du prospect, une seule
lithologie renferme la minéralisation.

Fig 3. Métallotecte lithologique

Gisement aurifère disséminé dans un microgabbro lessivé et séricitisé (SEGB) au sein


d’un ensemble volcano-sédimentaire formé principalement de tufs, de brèches
volcaniques, de gabbro partiellement lessivé et altéré et de volcanites indifférenciés

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3. Les métallotectes structuraux


Il s’agit des failles, des plis, des joints et fissures, de la brèchification ou encore des
recoupements de deux structures (faille/faille, faille/plis, faille/couche, etc.) qui ont joué
un rôle dans la mise en place de la minéralisation notamment en contrôlant le passage
de fluides et/ou en offrant un site propice au dépôt de minéraux utiles.

Les métallotectes structuraux sont subdivisés en trois catégories :

- Les structures pré-minéralisation : ce sont des structures qui sont antérieures à la


minéralisation. Elles ont principalement servi de canaux par lesquels ont circulé
les fluides minéralisateurs et/ou, de sites de dépôt de la minéralisation. Ces
structures ont donc contrôlé la mise en place du gisement ;

- Les structures syn-minéralisation : elles sont contemporaines à la minéralisation.


Elles s’observent donc très rarement et ;

- Les structures post-minéralisation : elles sont postérieures à la minéralisation et


affectent et perturbent les gisements.

Cas 1 : formation d’ouvertures (des vides donc de sites potentiels de dépôt de


minéralisations) dans les charnières des plis synclinaux et anticlinaux dans des couches
qui glissent difficilement les unes par rapport aux autres.

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Cas 2 : Apparition d’ouvertures durant a. un plissement disharmonique de couches de


différentes compétences et b. une flexure.

1. roches compétentes ; 2. Roches tendres ; 3. Ouvertures

Cas 3 : brèche minéralisée dans une flexure (pli monoclinal), Arkansas, USA,

1. Minerai avec des fragments de dolomie ; 2. Calcaire ; 3. Dolomie ; 4. grès

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Cas 4 : Corps minéralisés à l’intersection d’une roche favorable (calcaire) avec une faille
(structure d’alimentation)

1. Argile ; 2. Calcaire ; 3. Minerai ; 4. Faille

IV. Répartition spatio-temporelle des gîtes

1. Relation spatio-temporelle entre gîte et encaissant


Les relations chronologiques d’un gisement avec son encaissant demeurent une question
essentielle. On utilise le terme de gisement syngénétique lorsque le gisement est
synchrone de son encaissant (c-à-d que le gisement et son encaissant se sont formés en
même temps), et de gisement épigénétique lorsque le gisement est plus récent que la
formation qui le porte. Ainsi, les amas de sulfurés massifs sont fréquemment
syngénétiques, tandis que les filons de quartz aurifères sont, le plus souvent,
épigénétiques.
Dans un district, lorsque des minéralisations de même source, mais d’âges et de types
différents, se déposent au même endroit, on utilise le terme de télescopage. L’écart entre
les minéralisations peut être très faible, de 1 à 2 millions d’années au plus. Par contre
lorsque ces minéralisations sont sans lien génétique apparent dans le même district, le
terme de superposition est alors utilisé ; cette superposition peut se rapporter a des
minéralisations très éloignées dans le temps.
La distance entre la source et le dépôt est un critère qui permet de distinguer ce qu’on
appelle un gisement familier d’un gisement étranger. Dans le cas d’un gisement familier,
la source est proche, donc d’origine locale. Pour un gisement étranger en revanche, la
source est lointaine.

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Fig. 4, Relation gîte-encaissant


a. gîte étranger syngénétique ; b. gîte étranger épigénétique ; c. gîte familier
syngénétique ; d. gîte familier épigénétique

Exemple d’un gisement familier : soit un filon de quartz aurifère d’une teneur 2.9g/t
d’or recoupant des roches basiques et ultrabasiques qui renferment une minéralisation
aurifère disséminée d’une teneur moyenne de 0.005ppm d’or. On peut affirmer que
l’or du filon aurifère provient de ces roches hôtes basiques et ultrabasiques. Ce gisement
a donc une source locale : c’est un gisement familier.

2. Echelles de la métallogénie

La distribution des gisements est très hétérogène, à la fois dans le temps et dans l’espace.
Ainsi, dans le temps, certaines périodes géologiques sont particulièrement favorables à
la formation de gisements, par exemple la fin de l’Archéen ou le Crétacé pour les
gisements de cuivre, ou le Tertiaire pour les gisements de molybdène : elles
correspondent à des crises géologiques marquées par d’intenses magmatismes et/ou
hydrothermalismes qui génèrent des concentrations minérales en grand nombre. Ces
périodes particulièrement favorables à la formation des gîtes minéraux sont appelées
époques métallogéniques.
Dans l’espace, la répartition des gisements est également très inégale. Ce qui conduit à
la définition des concepts suivants :
• Un champ minéralisé correspond au regroupement de plusieurs gisements ; ses
dimensions varient de 1 à 10 km.
• Un district minéralisé regroupe plusieurs champs dans une aire assez restreinte
allant de 10 à 100 km. Les gisements peuvent y être de même nature (districts
aurifères, uranifères, etc.). Dans le cas contraire, c-à-d que les gisements sont de
natures différentes, on utilise alors le terme de district polymétallique.

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• Une province métallique correspond à une zone riche d’un métal donné, quels
que soient l’âge et le type des gisements présents.
• Une province métallogénique correspond à une province caractérisée par un ou
plusieurs types de gîtes.

V. Morphologies des gîtes minéraux


La forme des concentrations minérales n’est jamais quelconque. Deux paramètres les
conditionnent : d’une part, la nature et la disposition des terrains encaissants et leurs
propriétés en matière de porosité-perméabilité ; d’autre part, la nature et l’ampleur des
phénomènes qui ont donné naissance à la minéralisation. La forme est souvent
irrégulière du fait de la complexité des terrains géologiques et de l’intervention de
plusieurs phénomènes.
On distingue cinq grands types morphologiques de concentrations minérales. Les
frontières entre ces types sont parfois floues : une minéralisation stratiforme passe, sur
ses bordures, a une minéralisation disséminée, et une minéralisation filonienne se ramifie
fréquemment dans certains niveaux lithologiques horizontaux créant une minéralisation
stratiforme adjacente, pour laquelle on emploie parfois les termes de ≪ plateure ≫ ou
de ≪ manto≫.
1. Filons
Un filon, (vein en anglais) est une structure étroite, développée dans deux dimensions
et d’une largeur nettement plus restreinte allant de quelques millimètres (les filonnets
ou veinules) à 50 m pour les plus puissants. La longueur d’un filon peut atteindre
plusieurs kilomètres, mais rarement d’un seul tenant : on observe plutôt plusieurs filons
qui se relayent de manière plus ou moins continue ; on utilise alors le terme faisceaux
filoniens ou champs filoniens (lode en anglais). Par exemple, le mother lode est le nom
du faisceau filonien aurifère qui a été exploité en Californie lors de la ruée vers l’or de
1848. La profondeur peut dépasser plusieurs kilomètres. Les filons sont définis par leur
direction, leur pendage, leur pitch, plongement des colonnes minéralisées dans le plan
du filon et, pour ceux dont le pendage n’est pas vertical par un toit et un mur.

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Fig. 5. Principaux éléments géométriques d’une minéralisation filonienne


NB : RS : Roche saine ; RA : Roche altérée par les fluides hydrothermaux

2. Gîtes stratiformes (stratabound)

Les gîtes stratiformes ont en commun d’être contrôles par la stratigraphie, soit parce
qu’ils appartiennent à la séquence lithostratigraphique, soit parce que les corps de
minerais suivent plus ou moins régulièrement certains bancs de roches appelés horizons
porteurs ou horizons minéralisés. Ces horizons porteurs sont de nature généralement
sédimentaire ou volcanique et ils peuvent être minéralisés sur des distances atteignant
plusieurs kilomètres de long et de large, pour une épaisseur (ou puissance) plus limitée,
variant de quelques centimètres à quelques dizaines de mètres.

Fig.6. Gisement de fer rubané (BIF : banded iron formation)

3. Amas
Les amas constituent une catégorie très polymorphe qui rassemble les gites n’affichant
pas de caractère stratiforme ou de caractère filonien clairement marque. Leur taille varie
de quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres. Ils se rencontrent surtout dans les
roches carbonatées, parfois au contact d’intrusions formant les skarns.

4. Disséminations et stockwerks
Comme leur nom l’indique, les minéralisations de type disséminé voient leur mineral
utile disséminé dans la roche qui constitue alors le minerai sans qu’un contrôle structural
ou stratigraphique n’influe sur leur répartition.
Stockwerk, terme d’origine allemande (stockwork en anglais), désigne de petits filons,
d’une puissance variant de quelques millimètres à quelques décimètres au maximum,
s’entrecroisant en un réseau relativement dense (photos e et f, planche 9). Ils donnent
l’impression d’être un minerai disséminé. Ils sont habituellement liés aux intrusions
felsiques a intermédiaires et recoupent fréquemment le contact roche intrusive-
encaissant.

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Fig.7. Stockwerk et dissémination

5. Cheminées

Les cheminées (pipes ou breccia pipes en anglais) sont des volumes en forme de
cylindre vertical ou sub-vertical, d’origine essentiellement volcanique, d’un
diamètre allant de quelques centimètres à plusieurs centaines de mètres. Elles sont
parfois remplies de brèches minéralisées en étain, tungstène, molybdène, uranium
ou or, et de roches plus ou moins transformées.

VI. Typologie et genèse des gisements


Les concentrations minérales sont des conséquences ordinaires des phénomènes
géologiques à l’œuvre à la surface et dans les profondeurs de la Terre, comme le
magmatisme, le métamorphisme, l’érosion ou la sédimentation. Une concentration
minérale est caractérisée par un facteur de concentration qui correspond au taux
d’enrichissement en un élément chimique, c’est à dire au rapport entre sa teneur
moyenne dans la concentration minérale et son abondance dans la croûte (le clarke).
Pour qu’une concentration soit exploitable et devienne un gisement, le facteur de
concentration varie selon les éléments, mais il reste toujours, de élevé a très élevé,
parfois phénoménal dépassant 100 000 pour le mercure ou l’uranium.

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Fig.8 ; Facteurs d’enrichissement nécessaires pour aboutir à une concentration minérale


NB : Le facteur d’enrichissement est obtenu en divisant la teneur moyenne en gisement par le Clarke.

1. Typologie des gîtes minéraux

Les mêmes processus s’étant manifestés à plusieurs reprises au cours de l’histoire


géologique et en plusieurs endroits du monde, il est logique que des gîtes de mêmes
caractéristiques apparaissent dans des contextes comparables au sein de roches d’âges
différents. Les gîtes minéraux qui partagent un ensemble de caractéristiques géologiques
sont considères comme semblables et constituent un type de gite mineral. Cette
constatation impose deux corollaires :
1)des gites minéraux du même type ont vraisemblablement été formés par des processus
génétiques identiques ou similaires que l’on peut alors reconstituer. C’est l’un des
fondements de la métallogénie ;
2) des contextes géologiques possédant les caractéristiques spécifiques favorables à un
type de gîte minéral sont les plus propices à renfermer des gisements de ce type. C’est
la base de l’exploration minière.
Selon les processus géologiques qui leur ont donné naissance, les gisements minéraux
peuvent être divisés en deux grands groupes :
• Les gisements endogènes : ils sont générés par les processus relevant de la
dynamique interne du globe comme le métamorphisme, le magmatisme et
l’hydrothermalisme connexe.
• Les gisements exogènes : ces derniers se forment dans les conditions de surface et
de sub-surface, en liaison avec des phénomènes géologiques externes comme
l’érosion, le transport et la sédimentation.

2. Genèse des gîtes minéraux


La formation des gîtes minéraux se décompose en trois étapes :
1) la collecte des éléments et des fluides au sein de la source ;
2) le transport des éléments dans un fluide à travers un réseau de failles, fractures,
roches poreuses, c’est-à-dire de toute discontinuité perméable, ou en surface ;
3) le dépôt situé dans un volume très restreint par rapport à la zone de source.

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Fig.9 ; les trois étapes de formation d’un gisement : source – transport – dépôt

2.1. La source

La recherche des sources des éléments compte parmi les problèmes les plus difficiles de
la métallogénie. C’est un problème qui n’est pas encore résolu. Néanmoins les
recherches ont conduit à la certitude qu’il n’y a pas une source, mais des sources, parfois
même pour un seul gisement. Les sources possibles sont entre autres les magmas, les
roches que les fluides auront percolées, les roches hôtes du gisement.
2.2. Le transport

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L’élément chimique enrichi dans un gisement est d’abord arraché de sa source par des
fluides hydrothermaux. Ces fluides vont ensuite constituer le véhicule qui va transporter
cet élément, en général dissout, de ses sources jusqu’au lieu de dépôt. Le transport se
fait à travers les failles, les fractures, les fissures ou tout autre système permettant le
passage des fluides. On distingue deux grands modes de circulation des fluides : l’
advection et la convection. L’advection correspond à la circulation des fluides dans un
sens (single pass). La convection correspond à la circulation répétée des mêmes fluides
(multiple pass).
Pour les gîtes minéraux exogènes, le transport est assuré par des agents de transport tels
que l’eau, les glaciers, le vent.

Fig.10 ; Les deux modes de transport des fluides

2.3. Le dépôt
La précipitation des substances dissoutes dans un fluide hydrothermal est déclenchée par
des variations des conditions, qui déstabilisent les complexes métalliques. Il peut s’agir
d’un changement de température, de pression, une interaction entre le fluide et la roche,
ou un mélange de fluides ou d’une combinaison de plusieurs de ces causes interagissant.
Les sites de dépôt sont entre autres : les zones bréchifiées, les failles, les géodes, le
plancher océanique, les fractures ouvertures, les horizons lithologiques favorables, les
zones de remplacement ou d’imprégnation.

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Chapitre II. Gîtes minéraux endogènes


Introduction
Les gîtes minéraux endogènes sont générés par les processus relevant de la dynamique
interne du globe comme le métamorphisme, le magmatisme et l’hydrothermalisme
connexe.
I. Les gîtes d’affiliation magmatique
Ce sont des gîtes dont la mise en place est directement liée aux processus magmatiques.
Ces gisements sont la conséquence de petites perturbations des processus magmatiques
classiques. Particulièrement, deux processus magmatiques sont impliqués dans la
formation de cette catégorie : il s’agit de la cristallisation fractionnée et de la ségrégation
par immiscibilité magmatique.

o La cristallisation fractionnée
Comme le montre la suite réactionnelle de Bowen, la cristallisation d’un magma se fait
dans un ordre bien défini. Ce processus conduit à la formation successive des différentes
familles de roches magmatiques à commencer par les roches ultrabasiques, ensuite les
roches basiques, suivies des roches intermédiaires et enfin, les roches felsiques ou acides.
Chaque famille de roches est définie par des assemblages minéralogiques qui leur sont
propres. Cette manière de cristallisation des magmas est appelée cristallisation
fractionnée.

Fig. 11. Suite réactionnelle de Bowen

o La ségrégation par immiscibilité magmatique


Lors de la cristallisation des magmas mafiques ou ultramafiques, ce processus de
ségrégation par immiscibilité magmatique consiste à ce que des gouttelettes de liquide
sulfuré riche en métaux se séparent du reste du magma et précipitent par gravité, parce

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que ces gouttelettes sont plus denses que le magma, au fond de la chambre magmatique
où elles vont former des cumulats qui peuvent constituer des gîtes métallifères.

1. Les gîtes du magmatisme mafique et ultramafique


Les roches mafiques et ultramafiques sont générées à partir d’un magmatisme à
composante mantellique. Deux grands types de magmatisme mafique sont distingués à
partir de leur source :
1) le magmatisme issu du manteau inferieur, dans un contexte de point chaud. Il est à
l’origine des vastes complexes ignés lités, immenses chambres magmatiques différenciées,
surmontés par le volcanisme effusif des basaltes des plateaux ;
2) le magmatisme issu du manteau supérieur, en particulier dans les rifts médio-
océaniques.
Ces magmas sont enrichis en nickel, cuivre et EGP, et généralement pauvres en soufre.
Au fur et à mesure de leur ascension dans la croute, ils se refroidissent et peuvent être
contaminés par du soufre ou de la silice, une contamination qui conduit à la
cristallisation de gouttelettes de sulfures immiscibles dispersées dans le magma. Ces
gouttelettes collectent les éléments métalliques présents qui peuvent s’accumuler sous
forme de sulfures par gravité à la base des intrusions. Des reprises hydrothermales au
sein des chambres magmatiques permettent une augmentation locale des teneurs.
Ce magmatisme produit des gisements où l’on exploite des minerais de titane (surtout
sous forme d’ilménite), de chrome (chromite), de nickel (pentlandite, millérite), de
cuivre, de vanadium et de platinoïdes (platine, palladium, osmium, iridium, ruthénium
et rhodium).
A l’échelle mondiale, 99 % des platinoïdes, 70 % du nickel et 2 % du cuivre sont
produits par ces gisements. Fer, manganèse, étain, soufre et cobalt, parfois or,
constituent des sous-produits qui, à eux seuls, ne sont pas économiques.

1.1. Gisements de chromites : cas du complexe du Bushveld (Afrique du Sud)


La chromite, qui constitue le minerai du chrome, est un oxyde de fer et chrome
(FeCr2O4). Elle est la principale source mondiale du métal chrome. Mais c’est avant
tout un minéral ferromagnésien ordinaire qui se rencontre essentiellement dans les
roches ultrabasiques et basiques.
Le complexe du Bushveld en Afrique du Sud est sans doute la plus célèbre intrusion
mafique–ultramafique au monde notamment pour ses minéralisations chromitifères. Le
gisement de chromites du complexe du Bushveld répond à une grande proportion de
la consommation globale en chrome en fournissant 50 % de la production mondiale.

o Morphologie du gisement

Le minerai est disposé en couches de couleur sombre dont l’épaisseur peut être
supérieure à un mètre, qui alternent avec des couches composées d’autres minéraux

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magmatiques. La roche est un cumulat (roche ultramafique) formé par la cristallisation


de minéraux magmatiques à la base de la chambre magmatique du Bushveld.

Fig.12. Morphologie litée du gisement de chromite du Bushveld

o Tonnage et teneur
Le complexe du Bushveld renferme 9815 Mt de minerai avec des teneurs moyennes en
chrome de l’ordre de 30-40 % et en PGE de 5g/t. Même si l’on considère que les teneurs
en chrome typiques des intrusions ultrabasiques sont de l’ordre de 3 000 ppm, le facteur
d’enrichissement est de l’ordre de 100. Quel processus géologique produit de tels degrés
d’enrichissement ?
o Modèle génétique
Ces gisements de chromites sont formés par une modification de la séquence de
cristallisation fractionnée du magma qui a formé le complexe du Bushveld. Sous des
conditions normales, 1 à 2 % de chromite cristallise simultanément avec l’olivine. Pour
qu’une couche de chromite pure soit produite, la cristallisation de l’olivine et des autres
silicates doit être différée.
Neil Irvine dans un article publié en 1977 (Irvine,1977) a proposé deux explications pour
différer la cristallisation de ces minéraux :
1) La première possibilité est une contamination du magma parent du complexe de
Bushveld par une roche encaissante siliceuse. Le magma hybride contaminé a alors une
composition intermédiaire et lors de son refroidissement, des chromites cristallisent
seules et précipitent par gravité dans le fond de la chambre magmatique pour former
des cumulats de chromites en quantité suffisante pour former une couche épaisse
exploitable.

2) La seconde explication possible serait un mélange du premier magma évolué avec un


nouveau magma primitif venu des profondeurs. Il s’en suit la naissance d’un magma
hybride qui est dans le champ de stabilité des chromites pour que ces dernières puissent,
comme dans le cas de la contamination, cristalliser seules et conduire à la formation
d’un gisement.

o Synthèse
Il est probable que les deux phénomènes – contamination et mélange de magmas – aient
eu lieu lors de la formation des chromites du complexe du Bushveld. La ségrégation par
densité des chromites dont la masse volumique (~ 4 600 kg/m3) est largement
supérieure à celle du magma (~ 2 800 kg/m3), explique la concentration en couches.

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L’explication de la formation des gisements de chromite illustre un principe important :


le minéral d’importance économique, dans ce cas la chromite, est un constituant «
normal » de nombreuses intrusions magmatiques ultrabasiques et cristallise lors de
processus magmatiques « normaux ». Dans des circonstances ordinaires, elle est présente
en faibles concentrations et les roches « normales » ne constituent pas un minerai.
Alors, pour qu’un gisement soit formé, il faut que le processus normal de cristallisation
soit perturbé et que le minéral d’intérêt économique soit accumulé dans des
concentrations bien plus importantes. Dans le cas des gisements de chromites, la
contamination ou le mélange de magma sont les évènements perturbateurs.

1.2. Gisements de sulfures formés par immiscibilité magmatique


Lorsqu’un magma basique refroidit, des minéraux s’y forment. Une suite de phases
solides apparaît, typiquement l’olivine, le pyroxène, les feldspaths et les oxydes qui sont
les constituants classiques des roches magmatiques basiques. Mais sous certaines
circonstances, lors de la cristallisation, un second liquide immiscible se sépare du magma.
Ce liquide peut être de nature silicatée ou sulfurée.
Les gouttelettes de liquide sulfuré contiennent de fortes concentrations en éléments
chalcophiles (c-à-d, à forte affinité pour le soufre) comme le nickel, le cuivre ou les
platinoïdes, et comme leur densité (> 5,0) est supérieure à celle du magma (~ 2,8),
elles colonisent la base du corps magmatique. Si une quantité suffisante est ségrégée et
si les teneurs en métaux sont élevées, le liquide sulfuré forme un gisement.
Cette catégorie de gisements est formée lors d’une perturbation de la séquence de
différenciation normale. Quel phénomène géologique et à l’origine de telle
perturbation ? Etudions quelques gisements de sulfures formés par immiscibilité
magmatique.

Fig.13. Gouttelettes de liquide immiscible piégées dans un gabbro

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1.2.1. Le gisement de sulfure de nickel de Kambalda (Australie)

Le gisement de sulfures de Ni de Kambalda est situé dans le craton Archéen du Yilgarn


(2.7 Ga) à l’Ouest de l’Australie. Il a un tonnage de 48Mt avec 3.6% Ni et 0.25%Cu.
Le contexte géologique locale consiste en une série de coulées de laves ultrabasiques de
komatiites recouvre des basaltes tholeiitiques et est recouverte elle-même par des
basaltes magnésiens. Le gisement de Kambalda se présente sous forme d’une couche
massive de sulfures purs à la base de la coulée de komatiite, dans des dépressions dans
les basaltes sous-jacents. La partie inférieure du gisement est constituée de sulfures de Cu
et en PGEs tandis que la partie supérieure est riche en sulfures de Ni et de Fe.

o Model génétique :
À Kambalda, l’encaissant est composé de roches sédimentaires riches en sulfures (pyrite),
et comme il a été assimilé, il a entraîné une hausse de la teneur en soufre du magma.
C’est ce processus de contamination qui a amené à la ségrégation d’un liquide sulfuré
immiscible. Comme le magma komatiitique contient, à la base, beaucoup de nickel et
que cet élément est hautement chalcophile, les gouttelettes de liquide sulfuré immiscible
qui se forment sont donc riches en Ni. Enfin, parce que ces gouttelettes sont plus denses
que les liquides silicatés, elles colonisent la base des coulées et forment des gisements de
sulfures de Ni.
o Minéralogie :
Pentlandite (Fe, Ni)9S8 et la chalcopyrite (CuFeS2), pyrrhotite (Fe(1-x)S). La pyrrhotite
stérile n’est pas considérée comme minerai.

1.2.2. Les gisements de sulfures de nickel de Noril’sk-Talnakh (Russie)

Ces gisements riches et concentrés sont situés à l’extrême nord de la Russie dans un
contexte géologique est très différent de celui de Kambalda dans la mesure où ces
gisements sont situés dans de petites intrusions peu profondes qui appartiennent à
l’énorme province magmatique de Sibérie. C’est la plus grande province basaltique
continentale. Les gisements sont situés dans la partie nord de la province, là où plus
tard, la déformation a exposé la base de la pile volcanique et l’encaissant sédimentaire
dans lequel le magma s’est mis en place. Ces roches sédimentaires sont traversées par
une série très complexe de sills (conduits horizontaux) qui hébergent les gisements.

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Fig. 13. Coupe à travers la pile volcanique et le complexe de sills sous-jacent aux trapps de
Sibérie.

La minéralogie du minerai est similaire à celle du minerai de Kambalda (pentlandite (Fe,


Ni)9S8 et la chalcopyrite (CuFeS2), pyrrhotite (Fe(1-x)S)), mais il possède de plus fortes
teneurs en cuivre. Ceci est lié à la composition des magmas à partir desquels le minerai
a été formé : les magmas ultramafiques riches en nickel et pauvres en cuivre de Kambalda
ont produit un minerai avec un rapport Ni/Cu d’environ 10 (cela signifie que la teneur
en ni est égale à 10 fois celle du Cu) tandis que les magmas basaltiques de Noril’sk qui
ont moins de nickel et plus de cuivre comportent du minerai avec des rapports Ni/Cu
de l’ordre de 2.
Dans un certain sens, l’origine de ce minerai est comparable à celle du minerai de
Kambalda : un liquide sulfuré immiscible a ségrégé depuis un liquide silicaté et les
gouttelettes denses ont colonisé la base des intrusions. Mais bien que les trapps de Sibérie
ne soient pas la seule province magmatique présente sur terre, il s’agit cependant de la
seule qui contienne de grands gisements.
Cela s’explique en partie par la taille et le fort flux de magma impliqué lors de sa mise
en place. Des datations récentes ont montré que la grande majorité de la pile volcanique
s’est mise en place dans un intervalle de temps très bref à l’échelle des temps
géologiques. La mise en place des trapps de Sibérie a duré très probablement moins d’un
million d’années, avec pour conséquence une fusion rapide d’un énorme volume de
manteau et l’ascension rapide de grandes quantités de magma chaud à travers la croûte.
Dans de telles circonstances, l’interaction du magma avec la croûte est facilitée. En effet,
les magmas basaltiques des trapps de Sibérie ont assimilé de grandes portions de croûte
continentale et ont été fortement contaminés en souffre pendant la traversée de la pile
sédimentaire.

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Fig.14. Processus de formation du gisement à Noril’sk-Talnakh

2. Les gîtes du plutonisme intermédiaire à felsique


Le plutonisme intermédiaire à felsique, dans certains cas en tandem avec
l’hydrothermalisme, est à l’origine d’une panoplie de gisements métallifères. De façon
non exhaustive, on peut citer :

• Les granites à métaux rares (GMR) ;


• Les porphyres à cuivre -molybdène-or ;
• Les porphyres à molybdène ;
• Les porphyres et coupoles à étain et tungstène et
• Fer-oxydes à cuivre, or et uranium (IOGC).
La croûte continentale est fortement différenciée et enrichie en éléments incompatibles
par rapport au manteau. On entend par éléments incompatibles, des éléments mineurs
ou en traces qui se concentrent dans la phase liquide au cours de la fusion ou de la
cristallisation d’un magma. La croûte a une composition moyenne d’andésite (61 %
SiO2), mais elle apparait fortement stratifiée avec une croute inferieure plus mafique et
une croute supérieure, plus felsique, marquée par le plutonisme.
Les granitoïdes naissent par fusion partielle de la croute continentale ou par
différenciation de magma mantellique. Le magma remonte soit par diapirisme, soit
rapidement le long de fractures.
Suivant le matériel initial, on peut distinguer quatre grands types de granitoïdes, selon
la classification alphabétique de Chappel et White (1974) :
• Type S : matériel initial sédimentaire ;
• Type I : matériel initial igné ou magmatique :
• Type M : matériel initial d’origine mantellique et

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• Type A : matériel initial alcalin.

Fig.15. Tableau des grands groupes de granitoïdes (d’après Pitcher, 1983)

Les sources les plus abondantes sont de type I, originaire des roches ignées ou de la
croute inferieure, et de type S, dérivé par anatexie d’un protolite sédimentaire ou
supracrustal.
De très nombreux gisements sont associés au plutonisme felsique. Il s’agit,
principalement, de gîtes de métaux de base (cuivre, plomb, zinc, etc.), de métaux
précieux (or, argent) ou de métaux rares (étain, tungstène, molybdène, lithium,
uranium, etc.). Il existe une relation génétique entre la nature du magma et celle des
minéralisations associées.
Deux facteurs semblent les plus importants : l’état d’oxydation du magma (présence
d’oxygène) et son degré de différenciation. Les magmas oxydés, généralement de type
I, montrent des minéralisations en cuivre et or, tandis que les magmas plus réducteurs à
fortement réduits, de type S, produisent des minéralisations en étain. Le molybdène est
associé à des plutons plus fractionnés, tandis que le tungstène semble lié à des granites
plus réduits que ceux à molybdène, mais moins oxydés que ceux à étain.
Au cours de sa différenciation depuis les termes dioritiques vers des termes plus felsiques,
le magma expulse des fluides directement associés à l’évolution des intrusions. Ces
fluides magmatiques contribuent aux apports métalliques surtout s’ils sont riches en
ligands comme le chlore, capable de transporter les métaux. Par ailleurs, des fluides
d’origines plus variées, parfois météorique, sont mis en mouvement convectif dans
l’encaissant par la chaleur du pluton (Norton, 1984). Ces fluides peuvent mobiliser des
éléments des roches encaissantes.
Les granites issus de fusion crustale pourront hériter des métaux déjà concentrés dans
leur environnement. Le transport des métaux aurait lieu sous forme de complexes
chlorurés, sulfurés ou organiques, en phase liquide ou gazeuse. Le chlore est le principal
ligand des métaux.
Le dépôt des minéralisations peut s’effectuer selon plusieurs mécanismes : un
refroidissement, une baisse de pression pouvant entrainer une ébullition, un mélange
avec d’autres fluides, ou un effet de réaction avec des roches.
La morphologie des gisements associés aux intrusions est très variée : pegmatites,
greisens, filons, skarns et mantos, épithermaux et porphyres. Elle dépend de la
perméabilité de l’encaissant et des intrusions au moment de la circulation des fluides
(diffuse ou fissurale, faible ou forte) et du rapport de forces existant entre la pression
fluide et la pression lithostatique.

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Fig.16. Morphologie des gîtes du plutonisme intermédiaire à acide

2.1. Les granitiques à métaux rares (GMR)

2.1.1. A propos des métaux rares

• Définition
Les métaux rares sont une grande famille d’éléments chimiques composée du lithium
(Li), du béryllium (Be), du rubidium (Rb), du césium (Cs), du zirconium (Zr), du hafnium
(Hf) du niobium (Nb), du tantale (Ta), du tungstène (W) et d’un groupe très particulier
d’éléments chimiques appelés les « terres rares ». Les terres rares sont les éléments de la
famille des lanthanides du tableau périodiques des éléments à laquelle on ajoute
l’yttrium (Y) et le scandium (Sc). Les lanthanides sont composés des 15 éléments
suivants : lanthane (La), cérium (Ce), praséodyme (Pr), néodyme (Nd), prométhium
(Pm), samarium (Sm), europium (Eu), gadolinium (Gd), terbium (Tb), dysprosium (Dy),
holmium (Ho), erbium (Er), thulium (Tm) ; ytterbium (Yb), et lutécium (Lu).
On distingue 02 catégories de terres rares en fonction de leurs rayons ioniques et de
leurs numéros atomiques : les REE légères (LREE : Light Rares Earth Elements) : La à Eu
ont des grands rayons ioniques et des numéros atomiques faibles et inversement, les REE
lourdes (HREE : Heavy Rare Earth Elements) : Gd à Lu.

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Fig.17. Métaux rares et terres rares dans le tableau périodique des éléments

• Importance des métaux rares


Les métaux rares sont des métaux dits stratégiques ou critiques pour l’économie
mondiale en raison du caractère hautement sensible de leurs domaines d’application :
énergétique, technologique (moteur et fuselage des fusées ; satellites), santé.
- Les LREE sont utilisées dans les raffineries de pétrole comme catalyseurs pour
transformer les molécules lourdes en diésel et en essence ;
- Le néodyme est utilisé pour la fabrication des super aimants qui sont très utilisés
dans les technologies vertes (voitures hybrides, turbines des éoliennes) ;
- Nd, Pr et aussi LREE et Y sont utilisées dans la fabrication des super alliages très
résistants aux hautes températures et à l’oxydation ;
- Eu, Y, Tb et Ce sont responsables de la couleur des écrans de télévisions et
d’ordinateurs ;
- Nb sert à produire le ferroniobium (alliage Fe+Nb) utilisé pour fabriquer du super
acier léger. Cet acier est employé dans l’industrie automobile, dans la
construction des bateaux, des voies ferrées et des pipelines de pétrole et gaz ;
- Ta est utilisé comme capacitor dans les appareils de connexion sans fil (Bluetooth
par exemple) et est aussi utilisé dans la fabrication des turbines de hautes
températures. Le Ta est enfin biocompatible avec les tissus humains et sert dans
la fabrication des pacemakers.

• Terres rares et géopolitique mondiale


La Chine possède les plus grandes réserves mondiales de REE. Les pays disposant
d’industries de hautes technologies comme les USA, les pays de l’Europe, le Japon, etc.
sont dépendants de la Chine qui les approvisionne en REE. C’est un levier géopolitique
très puissant.

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Fig.18. REE et enjeux géopolitiques

Fig.19. Minéraux et concentré de terres rares

2.1.2. Les granites à métaux rares


Les granites à métaux rares (RMG) représentent les termes les plus tardifs et les plus
fractionnés de la différenciation magmatique. Cela se justifie par le fait que les métaux
rares soient des éléments dits incompatibles ; c-à-d qu’ils ont une affinité avec la phase
liquide lors de la cristallisation des magmas granitiques. Cette affinité les conduit à se
concentrer dans le « dernier jus » et cristalliseront lors de la dernière phase de
cristallisation. C’est également pourquoi la plupart de leurs gisements sont localisés
dans l’apex (le sommet) des plutons acides.

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Sur le plan morphologique, les RMG peuvent être des granites au sens stricts (petites
intrusions) ou sous forme de corps pegmatitiques, de dykes ou d’un faisceau de veines
disposé radialement autour de l’intrusif. Le contact supérieur est généralement marqué
par un faciès de stockscheider, marqué par des mégacristaux de feldspaths pointant
vers l’intrusion.

Fig.20. Intrusion granitique et pegmatites associées ; Cerny, 2005

Fig.21. Dykes et veines minéralisées remplissant des fractures radiales autour de l’intrusion
mère ; les fractures sont formées durant l’ascension du magma. Modifié d’après Smirnov,
1957.

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Minéralogie : Quelques minerais de métaux rares sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Mineral Minerai Photo macroscopique


de

Zircon
ZrSiO4 Zr

Pyrochlore
(Na,Ca)2Nb2O6(OH,F) Nb

Bastnaesite Ce, La,


(Ce,La,Y)CO3F Y

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Cassitérite Sn
SnO2

Colombo-tantalite
(Fe,Mn)(Nb,Ta)2O6 Nb, Ta

Microlite
(Ca,Na)2Ta2O6(O,OH,F) Ta

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Lépidolite

K(Li,Al)3(Si,Al)4O10(F,OH) Li
2

Amblygonite Li
LiAlF(PO4)

Fig.22. Quelques minerais de métaux rares

2.2. Les porphyres à cuivre -molybdène-or


Un porphyre mineralisé est un gisement disséminé à basse teneur associé à un système
plutonique de faible profondeur (de 1 à 5 km), polyphasé, souvent mais pas toujours,
avec des roches à texture porphyrique (d’où son nom), situé juste sous un volcan. Il est
composé de diorite à monzonite quartzique, de granodiorite, parfois de tonalite,
associés à des pyroclastites andésitiques.
Les porphyres cuprifères sont liés au magmatisme calco-alcalin des zones de subduction
dans des ensembles de monzogranite à texture subvolcanique avec des minéraux peu
hydroxylés (hornblende, biotite).
La cordillère des Andes abrite de gigantesques gisements, parmi lesquels Bajo de la
Alumbrera en Argentine, Chuquicamata, La Escondida, El Teniente (plus de 12 Gt de
minerai), Rio Blanco-Los Bronces et Los Pelambres, tous au Chili, expliquant la position
de leader mondial de ce pays dans la production de cuivre.
Les teneurs moyennes d’exploitation sont faibles : de 0,2 à 1,5 % Cu au maximum
(soit quand même 100 fois le clarke du cuivre), de 50 ppm à 0,03 % (300 ppm) Mo et
de 0,004 à 0,35 g/t Au. Par contre, les tonnages de minerai sont si énormes que les
porphyres constituent souvent de très gros gisements. Le gisement de Chuquicamata par
exemple, au Chili, pèse près de 10,8 milliards de tonnes de minerai pour un stock métal
de 60 Mt de cuivre, exploitées au rythme de 400 000 tonnes de tout-venant par jour !

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Plus de la moitié de la production mondiale de cuivre (55 %), environ 16 % de l’or et


65 % du molybdène proviennent de ces gisements.

• Minéralisations
La minéralisation se présente sous différents faciès : des stockwerks, des filonnets, des
disséminations, des pipes brèchiques, voire des zones de remplacement. Ces styles
reflètent les conditions de mise en place variant depuis des porphyres plutoniques
profonds, à altération diffuse sans zonalité, vers 3 à 4 km de profondeur, à des
porphyres subvolcaniques, immédiatement sous la surface, associes à des dykes
(Sutherland et Brown, 1976).
Les sulfures apparaissent dans des fissures et des veinules quartzeuses de toutes
dimensions formant un fin stockwerk donnant un caractère disséminé à la
minéralisation. Outre le quartz porteur, la paragenèse est à chalcopyrite, bornite,
magnétite et pyrite, parfois molybdénite. L’or natif, quand il est présent, apparait en
fines plages dans les sulfures de cuivre. Les porphyres à or constituent un cas particulier
dans lequel l’or est soit le seul mineral économique (teneur d’exploitation > 0,4 g/t Au),
soit associé aux minéraux de cuivre.
Les différentes zones minéralisées sont grossièrement concentriques autour d’un noyau
sub-stérile, construisant un système de cylindres emboités (Lowell et Guilbert, 1970 ;
Beane et Titley, 1981). Du cœur vers la périphérie, on observe :
• Une zone interne à altération potassique avec biotite et orthose hydrothermaux,
quartz (et parfois amphibole, magnétite et anhydrite) néoformés en veinules et
disséminations (photos a et h, planche 9). La biotite domine dans les roches à
tendance mafique, l’orthose dans les roches felsiques. Une altération sodique à
albite secondaire s’y superpose parfois. Cet assemblage prédomine dans les zones
profondes. Globalement stérile, avec pyrite disséminée, cette zone interne peut
s’enrichir au cœur en molybdénite. La zone minéralisée cuprifère a pyrite-
chalcopyrite-bornite-(magnétite), connue sous le nom de ore shell (coque
minéralisée), dessine une enveloppe cylindrique à la périphérie de cette zone
potassique ;
• Une deuxième zone intermédiaire phylliteuse ou argileuse, avec sericite, illite, et
divers minéraux argileux (kaolinite, montmorillonite, smectite, etc.), quartz et
pyrite. Cette zone est la pyrite shell, riche en pyrite disséminée (jusqu’à 10 %),
mais pauvre en cuivre ;
• Une zone périphérique propylitique beaucoup plus largement développée à
quartz, épidote, chlorite, carbonates, kaolinite, montmorillonite, ne montrant
qu’un minerai disséminé pauvre à veinules de pyrite.

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Fig.23. Zonalités, coupe verticale et style de minéralisation de gisements de porphyres à Cu, Mo-Au

• Genèse
Les porphyres à cuivre et or sont liés à une succession d’intrusions différenciées calco-
alcalines. Ainsi, à Grasberg, en Indonésie, on passe d’andésite/diorite porphyrique a une
monzodiorite, puis une monzonite à hornblende. L’intrusion minéralisée est
généralement la dernière, la plus différenciée ; elle est scellée par une ultime venue,
microgrenue et stérile.
Au cours de la cristallisation, les fluides percolent à travers la chambre magmatique,
collectant un stock métallique et le concentrant dans de petites coupoles sommitales.
Ces fluides concentrent également les éléments volatils et, de ce fait, ils abaissent les
températures de liquidus dans les coupoles, les maintenant dans un état essentiellement
liquide au cours du processus minéralisateur. L’accumulation de fluides en sommet de
coupole crée une pression hydrostatique croissante qui finit par dépasser la pression
lithostatique et la résistance à la traction des roches sus-jacentes. On assiste alors à une
fracturation à l’apex qui permet l’échappement rapide des fluides hydrothermaux dans
les espaces créés et abaisse fortement la pression du milieu, provoquant la précipitation
de ces mêmes fluides. Ces processus entrainent la formation d’un stockwerk mineralisé
ou d’un pipe brèchique.

2.3. Les porphyres à molybdène

Il existe deux types de porphyres à molybdène : le plus commun est à cuivre disséminé
dans des quartz-monzonites ; l’autre, plus siliceux, sans cuivre et avec fluorine, constitue
un type particulier. Il s’agit également de plutons de faible profondeur, situés juste sous
un volcan. Le rôle économique des porphyres a molybdène est fondamental pour ce
métal, mais aussi pour le tungstène, dont il représente les plus grosses réserves
mondiales.

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Fig. 24. Coupe idéalisée d’un porphyre à molybdène (Shinohara et al. ; 1995)

Ces gisements sont liés à des zones de rift, en arrière des zones de subduction. Les
porphyres à molybdène présentent l’allure de stockwerks ou de brèches en coupole,
formant un bonnet au-dessus des intrusions. Les altérations du granite sont bien
développées. L’altération potassique est intense, avec remplacement complet des
plagioclases par des feldspaths potassiques, et de la biotite hydrothermale abondante ;
elle est antérieure à la minéralisation, mais se superpose parfaitement à la zone
économique dans le gîte de Henderson (Carten et al., 1988).

• Minéralisations
Le molybdène est présent sous forme de molybdénite (MoS2) généralement précoce
avec des teneurs qui varient de 0,1 à 0,3 % Mo ; le tungstène (0,2 %) se présente sous
forme de hubnérite (MnWO4), plus rarement sous forme de scheelite (CaWO4), et il
apparait plus tardivement. La molybdénite contient couramment du rhénium, jusqu’à
0,1 %. La teneur en pyrite est inférieure à 5 %, la chalcopyrite étant encore plus rare.

• Genèse
La genèse de ces gisements est associée au dégazage de CO2 et H2O dans de grandes
chambres magmatiques contenant un magma relativement pauvre en Mo (de 1 à 5
ppm). Le dégazage est pulsatif, sur une longue période. Les bulles de fluides purement
magmatiques s’accumulent au sommet du magma et elles peuvent brèchifier l’encaissant
lorsque la pression du fluide est supérieure à la pression lithostatique (Ross et al., 2002).

2.4. Les porphyres et coupoles à étain et tungstène

Les porphyres et coupoles a étain-tungstène se situent au sommet de plutons fin- à post-


orogéniques mis en place à faible profondeur (de 2 à 4 km, parfois plus).
Ces porphyres apparaissent dans trois types de contextes géodynamiques :

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1) Les zones d’hypercollision continent-continent : ils sont associés à des granites


tardiorogeniques leucocrates à deux micas (blanc et noir), à caractère crustal marqué,
très différenciés, rattachés au type S. Les tailles des coupoles varient de 1-5 Mt (1 % Sn)
à 15-80 Mt (0,2-0,3 % Sn), et l’association avec des filons de quartz a wolframite (de
0,3 à 1,5 % WO3) est fréquente.
2) Les zones de collision continentale produisant un sur-épaississement crustal, avec des
porphyres à étain. Il s’agit d’intrusions subvolcaniques très superficielles
hyperalumineuses (Sillitoe, et al., 1975), avec de nombreux minéraux d’étain (cassitérite
dominante, stannite, mawsonite, cylindrite etc.), du quartz, de la pyrite et de la
marcasite, etc.
3) Les rifts continentaux à granites anorogéniques annulaires alcalins à Sn, W, Be, et Zn,
quelquefois a texture rapakivi. Le style des minéralisations varie depuis des stockwerks,
rarement des skarns, a des coupoles avec des greisens.

Fig.25. Coupoles stannifères. En haut : coupe idéalisée d’une coupole de granite stannifère
montrant la zonalité des filons minéralisés.

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• Morphologie

La morphologie d’un gîte de porphyres et coupoles à étain et tungstène dépend de l’intensité


de la pression du fluide (Pf) par rapport à celle de la pression lithostatique (Pl) :
• Une Pl basse permet la formation de puissants filons. Ces filons forment un champ
filonien qui peut s’étendre verticalement sur des centaines de mètres et horizontalement
sur une longueur de plus d’un kilomètre ;
• Des Pl et Pf fortes s’équilibrent, donnant une fracturation étendue avec des filons
feuilletés et des stockwerks ;
• Une Pf très élevée, en profondeur ou dans un environnement peu perméable proche de
la surface, entraine une rupture explosive avec formation de brèches hydrauliques et de
pipes ;
• Une Pl élevée et une Pf faible aboutit à un piégeage des fluides dans l’espace
intergranulaire des cristaux du magma, pouvant former des pegmatites marginales, peu
de filons et une minéralisation disséminée associée à une greisenisation étendue.

NB : Un greisen (vieux terme de mineurs allemands) représente un gisement de Li qui se forme


par pneumatolyse (apport de H+ et Li+ et départ de Na+) en bordure des massifs plutoniques et
dans des filons granitiques. La greisenisation est donc le processus de formation des greisens.

• Minéralisations
Le contact supérieur des intrusions est souvent marqué par un stockscheider (en
allemand : séparation entre deux unités granitiques ou, en anglais : Unidirectional
Solidifcation Textures – UST), épais de quelques mètres. Les minéralisations sont
associées à des zones d’aplite riches en tourmaline et des granites à topaze. Leurs
morphologies sont variées : stockwerks, filons simples et étroits (puissance de quelques
dizaines de centimètres), réseaux filoniens étroits, brèches, cheminées, disséminations
dans des greisens, skarns. La morphologie dépend des conditions locales de perméabilité
et du rapport entre la pression fluide générée par le magma et la pression lithostatique.

• Genèse
Les gisements d’étain sont liés à des granites très différenciés, fractionnés, dits spécialisés.
Cette spécialisation en étain ne relève pas d’un enrichissement de la croûte, mais d’un
processus de cristallisation fractionnée dans une croute épaisse. Cette épaisseur permet
un long temps de résidence du magma dans la croûte, plus que dans les porphyres à
cuivre. Les petites intrusions ne contiennent pas suffisamment de métal pour constituer
la source des gisements associés, ce qui implique la contribution de grandes chambres
magmatiques sous-jacentes. La genèse des concentrations en étain des coupoles et des
granites spécialisés repose sur des conditions réductrices à la source, un fort contenu en
eau, une lente cristallisation fractionnée et une expulsion de fluides acides riches en
chlore.
Quand un magma riche en eau cristallise, les fluides, et en particulier le chlore, sont
expulsés et le magma cristallise alors en conditions anhydres. Cu, Mo, Sn et W sont
enrichis dans la phase fluide du fait de leur affinité avec les solutions riches en chlore.

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L’étain et le tungstène sont alors ensuite transportés par des complexes chlorurés. La
cristallisation fractionnée dans les parties rhyolitiques les plus apicales conduit à des
enrichissements en étain, et en éléments incompatibles tels que As, B, Cs, Ta et W. Les
éléments précipitent lors d’une dilution par des fluides peu salins, ou à la rencontre d’un
fort gradient thermique. Le dépôt de la cassitérite peut être provoqué par la
greisenisation de roches quartzo-feldspathiques et la neutralisation des fluides.

2.4. Fer-oxydes à cuivre, or et uranium (IOCG)

Ce type a été individualise récemment (Hitzman et al., 1992 ; Williams et al., 2005)
pour classer des gisements parfois exploités depuis très longtemps. Il regroupe
principalement des gîtes majeurs de fer, de cuivre, d’or et, parfois, d’uranium dans des
contextes periplutoniques, caractérisés par l’abondance du phosphore et du fluor, le
caractère oxyde du fer, l’abondance des terres rares, et la pauvreté en titane (< 0,5 %).
On utilise le terme de gisements IOGC pour Iron-Oxyde-Gold-Copper, traduit en
français par gisements de type fer-oxydes.
On peut y reconnaitre deux grands groupes (tableau 5.8) :
• Des gisements magmatiques de fer à magnétite, comme le gisement de Kiruna
(ou Kirunavaara) en Suède, qui a fourni l’Europe en ce métal depuis le Moyen
Age. Ces gisements produisent de 1 à 2 % du fer dans le monde.
La minéralisation comprend de la magnétite à grain fin, de l’hématite et de la
fluorapatite.
• Des gisements hydrothermaux de cuivre, or et parfois uranium, riches en oxydes
de fer. Il s’agit de gisements parfois de classe mondiale, comme les gisements
australiens d’Olympic Dam et d’Ernest Henry, ou de champs de petits corps
riches. Ces gisements sont associés à des rifts intracratoniques ou à des marges
continentales, avec un magmatisme anorogénique.
Ces deux groupes sont souvent associés au sein des mêmes districts. Le plus grand
gisement de terres rares du monde, Bayan Obo, en Mongolie intérieure (Chine), a été
rattaché à cette famille ; ses réserves sont estimées à 40,1 Mt contenant de 3,5 à 5,4 %
de terres rares et plus d’un million de tonnes d’oxydes de niobium. Les corps minéralisés
sont stratiformes et lenticulaires, encaissés dans des carbonates et des grès
protérozoïques (ou paléozoïques) qui les rapprochent de skarns magnésiens et ferrifères,
avec de la fluorine.
Les morphologies sont variées et dépendent de la nature de l’encaissant, volcanique ou
sédimentaire : il peut s’agir de corps concordants ou discordants, mais toujours
épigénétiques, avec un contrôle structural marqué.

• Paragenèse
La minéralogie comprend surtout des oxydes de fer : hématite (Fe2O3) en surface,
magnétite (Fe3O4) en profondeur, de la chalcopyrite (CuFeS2) et de la pyrite (FeS2),
parfois de la bornite (Cu5FeS4) et de la chalcocite (Cu2S) hypogène (d’origine profonde).

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L’uranium est porte par l’uraninite (UO2), les terres rares par la monazite
(Ce,La,Nd,Th)PO4, la bastnaésite (fluorure contenant du Ce, La et Y) et la florencite
(minéral contenant du Ce).

Fig.26. Différents modèles de gisements de type IOGC, le long de zones de déformation et en


association parfois distale avec des intrusifs. Une zone propylitique existe au sommet de
l’intrusion.

NB : La propylitisation est une altération hydrothermale qui affecte surtout les roches
magmatiques volcaniques (andésites, dacite, latite) qui deviennent vertes et friables,
avec développement de séricite, chlorite, calcite, sulfure, épidote et avec, dans certains
cas, des minéralisations en Au, Ag, Pb, Zn, Cu.

• Genèse
La genèse des gîtes de types fer-oxydes (IOGC) reste encore mal connue. Ils se seraient
formés entre la surface et une profondeur allant de 4 à 6 km, à la même époque que
les intrusions auxquelles ils sont associés. Ils seraient donc syngénétiques. Deux modèles
de genèse ont été proposés :
(1) Une origine mantellique, du fait de l’association des éléments mafiques et de
similarités entre la carbonatite mafique de Palabora (Afrique du Sud) et ces gisements
(Groves et Veilreicher, 2001). Une filiation a ainsi été proposée avec des magmas riches
en fer, caractérisés par l’abondance inhabituelle d’alcalins et l’absence de titane ;
(2) Une origine dans des saumures superficielles compte tenu de la composition sodi-
calcique des solutions hydrothermales.

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3. Les gîtes du métamorphisme de contact


Le métamorphisme de contact s’accompagne de processus métasomatiques ou de
remplacement au voisinage de l’intrusion, appartenant à deux principaux types : les
skarns et les mantos. Les skarns sont au voisinage immédiat de l’intrusion, tandis que les
mantos (allusion à leur allure fréquemment stratiforme) peuvent se situer jusqu’à
plusieurs kilomètres de l’intrusion.
La métasomatose, également appelée métamorphisme allochimique, consiste en un lent
transfert d’éléments (Si, Al, Fe, Mn, etc.) par des fluides en imprégnation dans les roches,
ce qui provoque des transformations minérales pouvant conduire à des gisements. Ces
déplacements se réalisent à la faveur de circulations hydrothermales en environnement
poreux, sans fracture ouverte. Les circulations de fluides et les transformations
métasomatiques sont alors contrôlées par la lithologie de l’encaissant, à la fois par sa
porosité et sa perméabilité, et par son aptitude à réagir avec les fluides. Deux types de
gisements sont particulièrement associés au métamorphisme de contact : il s’agit des
skarns à tungstène, cuivre et or et des remplacements à or dans les carbonates type
Carlin.

3.1. Skarns à tungstène, cuivre et or


Les skarns constituent des gisements importants de tungstène, de plomb-zinc, de cuivre
ou d’or mais on y exploite également plusieurs autres métaux tels que l’étain sous forme
de cassitérite ; le béryllium sous forme de béryl, le fer sous forme de magnétite ou,
encore, la molybdénite et la wollastonite. En 1987, ils représentaient 70 % de la
production mondiale de tungstène et plus de 20 % de l’étain. Le skarn d’Antamina
(Pérou) est le troisième producteur mondial de concentrés de cuivre et le septième de
zinc.
Le terme skarn désigne des roches particulières dominées par des silicates calciques
(grenat, pyroxène) a grain grossier, formées par remplacement métasomatique
essentiellement siliceux de roches majoritairement carbonatées ; on les scinde parfois en
skarns calciques et magnésiens, selon que l’encaissant soit du calcaire ou de la dolomie.
Sur le plan purement métallogénique, on distingue six types de skarns :
• Les skarns cuprifères sont associés aux magmas calco-alcalins des zones de
subduction ; les plus grands côtoient des porphyres cuprifères auxquels ils sont
génétiquement liés ;
• Les skarns zincifères accompagnent des diorites jusqu’à des granites siliceux et
apparaissent toujours en position distale par rapport à l’intrusion, en mantos et
en cheminées riches en sulfures. Les teneurs sont fortes (de 10 à 20 % Zn+Pb et
> 100 ppm Ag) ;
• Les skarns à tungstène apparaissent en profondeur, au sein de vastes auréoles
métamorphiques à skarnoïdes et cornéennes, en liaison avec des plutons calco-
alcalins dépendant de vastes batholites ;

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• Les skarns à étain se forment en liaison avec des granites très siliceux, à la suite
d’une fusion partielle de la croute continentale ;
• Les skarns à molybdène sont plus rares (Azegour, Maroc ; Little Boulder Creek,
Idaho (USA)) et parfois regroupés avec les skarns tungstifères dont ils se
rapprochent par la paragenèse riche en scheelite, mais en diffèrent par leur
association à des granites leucocrates ;
Les skarns ont été exceptionnellement exploités pour le bore en Russie ou le gîte de
Dalnegorsk (Sibérie orientale) a fourni 90 % de la production de ce pays depuis
1970. Les borates précipitent dans des cavités de dissolution hydrothermale associées
à une intrusion éocène recoupant des calcaires du Trias.

Fig.27. Auréole de métamorphisme de contact idéalisé autour d’un pluton. Les skarns se
développent dans les niveaux carbonates de l’encaissant et peuvent se propager assez loin de
l’intrusion si la diffusion des fluides se réalise. Les skarns distaux déconnectés sont équivalents
des mantos.

Genèse
Les gisements présentent une mise en place polyphasée avec trois grandes étapes qui se
superposent habituellement très largement. Le fluide circule à travers un massif poreux
avec lequel il effectue des échanges chimiques (métasomatose de percolation).
• L’étape thermométamorphique correspond à la mise en place de l’intrusion et à
la déshydratation de l’encaissant, avec expulsion des fluides. Il s’agit d’un
processus isochimique qui transforme les calcaires en marbres ;

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• L’étape métasomatique prograde correspond à une métasomatose précoce avec


apport de fer, de manganèse et d’aluminium à haute température (de 600 à 500
°C) par les fluides magmatiques libérés par le pluton.
• L’étape hydrothermale rétrograde traduit l’envahissement du système par des
fluides de plus basse température (de 450 à 300 °C) dont l’origine reste discutée.
Ils seraient météoriques, aboutissant à une baisse de salinité, une ébullition locale,
et des circulations localement en convection, ou magmatiques, sans ébullition,
traduisant simplement la baisse de température qui accompagne le
refroidissement du pluton. Cet afflux d’eau provoque l’hydrolyse partielle des
minéraux de l’étape prograde et des roches intrusives, conduisant à l’apparition
de nombreux minéraux hydratés, notamment des amphiboles (actinote,
hornblende et trémolite), de l’épidote, du talc, des chlorites, parfois des argiles
de type séricite et montmorillonite, en plus du quartz et de la calcite. La nature
des minéraux rétrogrades dépend de l’état d’oxydation et de sulfuration des
fluides hydrothermaux. C’est aussi l’étape essentielle de dépôt des sulfures : le
minerai peut alors s’enrichir jusqu’à une teneur exploitable.

Fig.28. Genèse des skarns

3.2. Remplacements à or dans les carbonates de type Carlin


Ces gisements correspondent à des imprégnations d’or très fin dans des séries souvent
carbonatées (Radtke et Dickson, 1976). On utilise également les termes de gisements à
or invisible du fait de la taille sub-micronique de l’or, ou de type Carlin, du nom du
principal district dans le Nevada (USA). Il s’agit habituellement de gisements à forts
tonnages pouvant être exploités à des teneurs très faibles, bien que certains en possèdent
de fortes (> 15 g/t Au). La production et les réserves du Nevada approchent 200 millions
d’onces (soit 6200 t Au), ce qui en fait le deuxième district au monde après le Rand

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d’Afrique du Sud. Les gisements sont situés dans un bassin paléozoïque, en marge d’un
craton précambrien, sur des zones de faiblesse crustale. Les minéralisations apparaissent
surtout dans les roches carbonatées argileuses, plus rarement dans des roches détritiques
siliceuses, des volcanites mafiques ou des intrusifs.
Ces gisements présentent globalement un caractère stratoïde sur les horizons favorables,
mais on peut aussi remarquer un contrôle structural, avec des minerais sur des
anticlinaux, sur des failles subverticales, ou dans des brèches sédimentaires ou karstiques.
Des sills plus anciens jouent parfois le rôle d’écran en limitant la perméabilité verticale.
Les gisements karstiques peuvent contenir des brèches et des sédiments internes à très
hautes teneurs : le gisement de Meikle, au Nevada, possède ainsi des poches à 300 g/t
d’or.
Minéralogie :
Pyrite, arsénopyrite, stibine (Sb2S3), réalgar (As4S4), orpiment (As2S3), cinabre (HgS) et
minéraux d’argent sont portés par une gangue de quartz, calcite, halloysite, barytine
(BaSO4) et/ou fluorine (CaF2). Les métaux de base sont rares ; l’or est associé à la pyrite,
ou inclus dans le quartz et l’illite.

Genèse
La source thermique à l’origine de ces gisements reste discutée. Compte tenu de
l’extension des districts, on a recherché des sources de chaleur régionale et invoqué,
pour le district de Carlin, le début du fonctionnement du diapir mantellique de
Yellowstone, ou la dénudation d’une lithosphère chaude lors de l’extension du Basin
and Range. La source des fluides serait alors météorique ou métamorphique. L’origine
de l’or reste inconnue, et elle a été recherchée dans des systèmes magmatiques ou dans
des concentrations exhalatives précoces.
Certains gisements du Nevada (Battle Mountain, Mike) et de l’Utah (Melco, près de
Bingham) sont synchrones de la mise en place de granites éocènes, une contemporanéité
confirmée par la datation isotopique Rb/Sr des gisements de type Carlin au Nevada. Les
relations entre ces systèmes magmatiques et les gisements d’or disséminé restent
cependant encore discutées (Muntean et al., 2004).

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Fig.29. Genèse des gisements de type Carlin. Les minéralisations se situent en limite de craton
et de marge continentale, à l’intersection de failles profondes et de chevauchements (d’après
Hofstra et Cline, 2000).

4. Les gîtes du plutonisme alcalin


4.1. Rappel sur la notion de série magmatique
Une série magmatique est une famille de roches magmatiques formées à partir d’un
même magma. Elle est définie par le diagramme TAS (Total Alkali – Silica) qui distingue
trois séries magmatiques :
- La série sub-alcaline : pauvre en alcalins (Na et K) et renfermant deux sous-séries : la
série tholéiitique qui se met en place dans les dorsales et les subductions impliquant deux
croûtes océaniques ; et la série calco-alcaline dans les zones de subduction de croûte
continentale et de croûte océanique.
- La série alcaline : moyennement riche en alcalins : formée par le magmatisme des
points chauds et de rift.
- La série hyperalcaline ou shoshonitique : riche en alcalins : cas rare formé le
magmatisme de point de certains endroits des rifts.

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Fig.30. Diagramme TAS et séries magmatiques

Le magmatisme alcalin est rare puisqu’il ne représente que 5 % des roches magmatiques.
Il peut apparaître dans deux types de contextes géotectoniques en extension qui
permettent le passage direct vers la surface, sans contamination : rifts et ponts chauds.
Ce magmatisme représente les produits de la fusion partielle du manteau. Son
mécanisme de formation reste discuté. Il trouverait sa source dans un manteau
hétérogène pouvant appartenir à la lithosphère ou à l’asthénosphère.
Le magmatisme alcalin est ainsi à l’origine d’un grand nombre de minéralisations parmi
lesquelles les kimberlites et lamproïtes diamantifères et les carbonatites à terres rares, Nb
et Ta.

4.2. Kimberlites à diamants


Le diamant est la forme stable du carbone à haute pression, se transformant en graphite
à plus basse pression. Une kimberlite est une roche ultramafique provenant d’un magma
alcalin enrichi en éléments incompatibles et qui provient d’une fusion partielle (avec un
faible taux de fusion) d’une source mantellique profonde.
Les kimberlites se mettent en place lors d’éruptions très explosives, durant lesquelles elles
forment des petits cratères en forme d’entonnoir appelés maars. Elles sont restreintes
aux domaines continentaux, et on les rencontre généralement en bordure des cratons
archéens.
Strictement parlant, les diamants dans les kimberlites sont interprétés comme des
xénocristaux prélevés dans le manteau lithosphérique sous-continental lors de
l’ascension du magma kimberlitique depuis sa source profonde vers la surface. Le magma
kimberlitique est simplement le véhicule qui transporte les diamants rapidement à la
surface sous des conditions qui les empêchent de se transformer en graphite.
Le marché du diamant est très particulier. Il existe près de 3000 catégories de diamants,
depuis des diamants industriels (2 $ le carat) jusqu’à des diamants naturels de grande
qualité (65 000 $ le carat).
Les teneurs en diamants des minerais sont très faibles, variant de 0,5 à 5 carats/tonne (1
carat = 0,2 g).

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Fig.31. Processus de formation des kimberlites diamantifères

4.3. Carbonatites à terres rares, niobium et tantale


Les carbonatites actuelles sont très rares puisque seul le volcan de Langaie, à la frontière
Tanzanie-Kenya dans le rift Est-Africain, en rejette. Les laves, noires comme du goudron
lorsqu’elles s’écoulent, blanchissent en se refroidissant par cristallisation de calcite. Elles
s’altèrent rapidement en surface. Cinq cents carbonatites sont connues actuellement à
travers le monde (dont 34 % en Afrique), et environ 25 gisements sont actifs. On peut
distinguer deux sous-groupes :
▪ Les carbonatites primaires. Elles produisent des terres rares, du niobium-tantale
(pyrochlore, occasionnellement latrappite et columbite) et, parfois, du titane
(pérovskite) et du fer, à partir de fluides très riches en CO2.
▪ Les carbonatites hydrothermalisées. Exploitées pour la fluorine, elles résultent
d’une réaction entre le magma et des eaux souterraines.
Les corps de carbonatites sont souvent situés dans des zones de failles ou au cœur de
complexes alcalins à syénites néphéliniques dominantes et souvent pyroxénites : ils
occupent donc généralement des appareils volcaniques de type diatrème-maar, et
forment parfois des filons. Leur allure en surface est grossièrement circulaire à elliptique,
mais leur morphologie générale est celle de pipes ou de dykes, avec le cœur et la base

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constitués de carbonates plus ferrifères, intrusifs dans les complexes alcalins et les roches
associées (Sage et Watkinson, 1991).

Fig.32. Pipe idéalisé de carbonatite montrant notamment le maar avec son anneau de tufs
carbonatitiques en surface, et les syénites néphéliniques en profondeur.

La minéralisation occupe généralement un croissant à la périphérie des pipes et peut


constituer des corps tabulaires puissants de 50 m. Les carbonatites sont souvent
entourées d’un halo d’altération, ou fénitisation, qui obscurcit les contacts et peut
s’étendre jusqu’à 4 km autour de l’intrusion. La fénitisation est une désilicification
accompagnée d’un développement de minéraux alcalins (aegyrine, riébeckite et
microcline). La composition des fénites dépend également de la nature des roches
encaissantes. La zonalité des altérations traduit un métasomatisme potassique au
sommet, et des altérations plus sodiques en profondeur. La fluorine apparaît
tardivement et remplace les carbonates.

Genèse

Les carbonatites se formeraient dans un contexte d’extension et de dôme lithosphérique.


Deux hypothèses ont été proposées pour expliquer la genèse d’un magma aussi
particulier : la cristallisation fractionnée de magmas alcalins riches en CO2, ou la
séparation d’un magma à composition néphélinique en deux magmas, carbonaté et

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silicaté, lorsque la température s’abaisse. Au cours de la remontée, la baisse de la pression


provoquerait une séparation de fluides riches en volatils, en particulier du CO2.
L’enrichissement en éléments économiques se produit souvent au cours de processus
d’altération hydrothermale post-magmatique. L’interaction avec des fluides météoriques
permet le dépôt sur le site de mélange (Palmer et Williams-Jones, 1996).

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CHAPITRE III : LES GITES HYDROTHERMAUX


Introduction
Les gisements hydrothermaux fournissent 100% des métaux tels que Pb, Zn, Mo et Ag ;
60% à 90% du Cu, Au, U. Il existe une grande variété de ces gisements. Ils ont
cependant tous en commun leur origine liée à la précipitation de minéraux et de métaux
à partir de fluides aqueux de haute température appelés fluides hydrothermaux.
Les fluides hydrothermaux à l’origine des gisements hydrothermaux sont des saumures
(liquides saturés en sels) de diverses origines. On distingue :
Les fluides magmatiques,
Les fluides métamorphiques,
Les eaux interstitielles : contenues dans les pores des roches dans les bassins
sédimentaires,
Les fluides météoriques et
L’eau de mer.

1. Facteurs clés pour la formation d’un gisement hydrothermal


La formation d’un gisement hydrothermal nécessite le concours de plusieurs facteurs
aussi importants les uns que les autres. Ces facteurs sont :
- Une source des métaux :
- Une source des fluides,
- Un moteur à la circulation des fluides,
- Un site et un mécanisme de précipitation et enfin,
- Un piège (une sorte de couvercle imperméable) qui va empêcher les fluides de
s’échapper du site.
Le schéma ci-dessous explicite chaque facteur.

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Fig.33. Facteurs clés dans la formation des gisements hydrothermaux


2. Les principaux gisements hydrothermaux

2.1. Les gisements d’amas sulfurés ou « sulfures massifs volcanogéniques » (ou VMS
Volcanogenic Massive Sulfide)

Les VMS sont des gîtes qui se forment sur le plancher océanique à partir de sources
hydrothermales actives appelées « fumeurs noirs ». Ces gisements sont exploités pour
leur richesse en métaux de base tels que Cu, Zn et Pb. Ils contiennent aussi des faibles
concentrations en Ag et Au.
Les VMS sont des gisements relativement petits avec des tonnage de l’ordre de quelques
millions de tonnes pour la plupart d’entre eux. Les teneurs sont de 2 à 5 % de Cu, Zn
et/ou Pb et des quantités mineures de Au et Ag.

Genèse
Un magma pénètre la croûte océanique à faible profondeur. Il réchauffe l’eau de mer
présente dans les pores et fractures dans les roches sédimentaires et volcaniques et
entraîne l’ascension de l’eau. Ce mouvement aspire l’eau de mer autour de l’intrusion
et met en place un système convectif.
L’eau froide percole vers le bas à travers la croûte océanique par d’innombrables fissures
et grâce à la porosité. Sa température augmente progressivement alors qu’elle approche
de la chambre magmatique à 2-3 km de profondeur, elle est transformée en fluide chaud
hydrothermal : sa température est 350-400 °C et elle s’acidifie.
Le liquide chaud, acide et corrosif lessive les métaux des roches volcaniques et dans
certains cas des roches sédimentaires qu’il rencontre et ces métaux sont transportés vers
la surface, sous la forme de complexes formés avec le chlore, HS et OH. Les fluides
remontent initialement à travers les pores plutôt qu’au travers des fractures, jusqu’à ce
qu’ils arrivent en surface.
À l’expulsion, les fluides sont refroidis rapidement au contact avec l’eau de mer froide
ce qui entraîne une diminution drastique de la solubilité des métaux et provoque la
précipitation des sulfures. Une partie des sulfures sont accrétés autour des évents
hydrothermaux et forment des cheminées qui atteignent des dizaines de mètres avant
de s’effondrer et former une couche de débris de sulfures mélangés avec des sédiments
précipités chimiquement sur le plancher océanique. Cette couche a une faible
perméabilité et freine l’ascension du fluide à la surface ; le fluide piégé s’accumule sous
le plancher océanique où il se mélange avec l’eau de mer et précipite davantage de
sulfures qui finalement donneront des gisements de type VMS.

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Fig.34. Fumeurs noirs à l’origine des VMS


Minéralogie
Leur minéralogie est relativement simple. Dans les gisements VMS les sulfures de fer
prédominent : la pyrite (FeS2) ou la pyrrhotite (Fe1-xS) forment près de 90 % de
l’assemblage de sulfures qui peut également contenir de la chalcopyrite (CuFeS2), de la
sphalérite ((Zn,Fe)S) et de la galène (PbS), et dans quelques cas et en proportions
mineures, de la bornite (Cu5FeS4), de l’arsénopyrite (FeAsS), de la magnétite (Fe3O4)
et de la tétraédrite ((Cu,Fe)12Sb4S13).

Morphologie
Les gisements de type VMS consistent généralement en un corps de forme lenticulaire
ou stratiforme de sulfures massifs lités reposant sur un ensemble appelé « stockwork »
ayant grossièrement une géométrie conique, et formé d’un ensemble de veines
minéralisées qui recoupent la roche encaissante très altérée. La proportion des métaux
varie au sein du gisement : les sulfures massifs en position supérieure sont riches en Zn
et Pb (dans les gisements qui contiennent ce métal) alors que le stockwork est enrichi en
Cu et Au.

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Fig. 35. Diagramme d’un gisement VMS typique, à partir de l’exemple du « TAG sulphide
mound », sur la ride médio-atlantique.
Modifié d’après Hannington et al. 1998.

Synthèse

1. Source de métaux : Roches volcaniques et sédimentaires de la croûte océanique.


2. Source de S : Sulfates de l’eau de mer.
3. Source de fluide : Eau de mer.
4. Moteur de la circulation de fluide : Convection liée à la présence de chambres
magmatiques peu profondes.
5. Processus de précipitation : Refroidissement, changement d’état redox et dilution des
fluides hydrothermaux au contact de l’eau de mer.
2.2. Les gisements sédimentaires exhalatifs (SEDEX)

La précipitation de sulfures dans les fumeurs noirs n’est pas l’unique occasion d’observer
« en direct » la formation de gisement in situ. En effet, le plus grand gisement
hydrothermal sous-marin connu est toujours en formation dans l’Atlantis II Deep, un
bassin sédimentaire de 10km de diamètre situé au fond de la mer Rouge qui expulse en
permanence des saumures chaudes et denses. Dans ce gisement, plus de 100 millions de
tonnes de sédiments contiennent 2 % Zn, 0,5 % Cu et des quantités significatives de Au
et Ag.
Cette catégorie de gisements formés dans les bassins sédimentaires à partir des fluides
hydrothermaux libérés des piles sédimentaires par la (compaction ?) sont nommés
« SEDEX » ou gisements sédimentaires exhalatifs. Deux sous catégories sont les gisements
de type « Broken Hill » associés avec à la fois des roches volcaniques et des sédiments
d’origine chimique riches en fer ou manganèse, et les gisements de type irlandais,
localisés principalement dans des roches carbonatées. Les gisements SEDEX comportent
50 % des réserves et 25 % de la production mondiale de zinc et plomb.

Morphologie
Les SEDEX se trouvent typiquement sous forme de corps tabulaires et lenticulaires.

Minéralogie
Ils sont composés majoritairement de sulfures de Zn et Pb (sphalérite et galène) et ils
contiennent souvent des quantités économiquement importantes de Ag. Les sulfures de
zinc et plomb sont intercalés avec des sulfures de fer (pyrite et pyrrhotite) et avec des
sédiments chimiques ou détritiques généralement à grain fin.

Genèse
Les SEDEX auraient été formés à partir de fluides hydrothermaux qui furent expulsés de
bassins sédimentaires en grande partie réducteurs. Le point clé est la circulation profonde
de fluides qui s’infiltrent en descendant le long des marges d’un bassin sédimentaire et
traversent la pile de sédiments avant d’être expulsés et de remonter sur le plancher
océanique. La minéralisation est la conséquence d’un événement tectonique qui a activé
des failles majeures et entraîné une subsidence rapide dans le bassin sédimentaire. La
subsidence, éventuellement aidée par la chaleur apportée par des intrusions
magmatiques, a entraîné la mise en mouvement du système de circulation de fluides.
Les saumures s’enrichissent en Fe, Zn et Pb, métaux que l’on pense provenir du lessivage

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des oxydes qui enveloppent les minéraux des sédiments détritiques. Les métaux sont
transportés par les fluides hydrothermaux sous la forme de chlorures ou de complexes
variés de sulfates (SO42-). Lorsque les fluides se déchargent le long des failles au niveau
du plancher du bassin, les sulfures métalliques précipitent au niveau ou au-dessus du
plancher océanique lors d’une réaction avec H2S dans les couches anoxiques réduites à
la base de la colonne d’eau. La source la plus probable de soufre est le H2S biogénique.

Fig.36. Illustration de l’origine des gisements SEDEX

Synthèse
1. Source de métaux : Roches sédimentaires détritiques.
2. Source de S : H2S biogénique.
3. Source de fluide : Eau de mer et eau souterraine contenue dans la porosité.
4. Moteur de la circulation de fluides : Compaction (?), convection liée à des intrusions
magmatiques.
5. Processus de précipitation : Refroidissement, réaction de fluides oxydés avec le H2S
contenu dans les eaux de mer.

2.3. Les gisements de type Vallée du Mississipi ou « Mississipi Valley Type » (MVT)

Les gisements MVT se forment à basse température (50 à 200 °C), et ils n’ont aucun lien
avec des magmas. Leur nom vient de la vallée du Mississipi au centre des États-Unis, où
ces gisements furent pour la première fois identifiés. Ils constituent une famille variée de
gisements de plomb - zinc, qui sont situés essentiellement dans des roches carbonatées
du Paléozoïque.
Les gisements MVT sont épigénétiques et stratiformes et sont encaissés dans des dolomies
et rarement dans des calcaires et grès, à faible profondeur sur les flancs des bassins. Un
contexte classique de formation est une plateforme carbonatée, par exemple un récif,
situé dans un bassin d’avant-fosse relativement peu déformé ou en bordure d’une chaîne
de collision.

Minéralogie

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Les minéraux dominants sont la sphalérite, la galène, la pyrite, la marcassite (FeS2), la


dolomite, la calcite et le quartz. Les textures des minéraux sulfurés sont extrêmement
variables, depuis des gros grains à des grains fins, massifs ou disséminés.

Genèse
Comme pour de nombreux autres types de gisements, le principe de base est bien
compris, mais les détails, dont certains ont une importance cruciale, demeurent obscurs.
Il est admis que les métaux et le soufre présents dans les MVT dérivent des roches
détritiques du bassin sédimentaire. Quant au fluide hydrothermal, il est issu de l’eau
contenue dans la porosité, c’est-à-dire, l’eau de mer, qui a rempli les espaces entre les
grains détritiques du sédiment incomplètement consolidé. Le transport se fait par les
aquifères (horizon poreux) depuis la base du bassin sédimentaire ou les fluides sont
expulsés suite à la compaction jusqu’au récif carbonaté.
Le mécanisme de précipitation des sulfures du minerai est bien compris : les fluides
contenus dans le bassin sont relativement oxydés et ont probablement transporté les
métaux sous forme de complexes de chlorures ou sulfates. La réaction du fluide
hydrothermal salin transportant les métaux sous forme de complexes chlorurés avec des
sédiments riches en soufre entraîne la précipitation des sulfures de Pb et Zn, selon une
réaction du type :

ZnCl20(aq) + H2S = ZnS(s) + 2 HCl.

Fig.37. Illustration de l’origine des gisements MVT : (a). Contexte de récif dans un bassin
sédimentaire et (b). Contexte d’une chaine de collision.
D’après Evans, 1993.

Synthèse
1. Source de métaux : Roches sédimentaires détritiques du bassin.
2. Source de S : H2S biogénique ou sulfures sédimentaires.
3. Source de fluide : Eau contenue dans la porosité.
4. Origine de la circulation de fluide : Compaction(?), déformation tectonique
(?), hausse du niveau des mers (?).
5. Processus de précipitation : Réactions d’oxydoréduction lorsque l’eau oxydée du
basin rencontre de la matière organique contenue dans les faciès carbonatés.

2.4. Les gisements d’or

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Les gisements aurifères primaires sont pour la plupart d’origine hydrothermale. Les types
de fluides responsables de la formation de ces gisements sont variés et de haute
température parce qu’ils sont le plus souvent intimement liés à des magmas.

2.4.1. Les gisements d’or associés aux fluides magmatiques


Cette classe de gisement d’or est appelée épithermale, en référence à la classification de
Lindgren, qui employait ce terme pour les gisements formés à partir de fluides
hydrothermaux dans des niveaux crustaux peu profonds. Les découvertes de gisements
de ce type ont été en nombres croissants dans la région circum-Pacifique
magmatiquement active. Les études de sources thermales actives montrent que les fluides
dans de telles régions sont chauds, 160 à 270 °C, avec des pH et des états
d’oxydoréduction contrastés.
Les variations de ces paramètres conduisent à deux types de dépôts, appelés de « haute
sulfatation », lorsqu’ils dérivent de fluides contenant des espèces soufrées oxydées (SO2,
SO42- et HSO4-) et « basse sulfatation » lorsqu’ils dérivent de fluides contenant des espèces
soufrées réduites (H2S, HS-).
- Le premier type forme communément des gisements d’or et de cuivre à proximité
des évents volcaniques, à partir de fluides qui dérivent directement du magma ;

- Le deuxième type forme des gisements à or et argent dans les parties plus distales
des édifices volcaniques, à partir de mélanges des fluides magmatiques et
météoriques.
L’or est transporté sous forme de complexes de chlorures (Cl-) ou de sulfures (HS-) dont
la stabilité dépend fortement de la composition, du pH, et du potentiel redox (Eh) du
fluide.
Lorsque ces paramètres changent, les complexes se rompent et les métaux sortent de la
solution. Pour les fluides de basse sulfatation, l’or précipite lorsque l’ébullition du fluide
entraîne une perte de H2S dans la phase gazeuse, ou lorsque le fluide se mélange avec
l’eau météorique froide et oxydée. Pour les fluides de haute sulfatation, les causes de la
précipitation de l’or sont moins comprises.

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Fig.38. Caractéristiques et contextes géologiques des gisements de BS et de HS. D’après


Hedenquist et al., 2000.

2.4.2. Cisaillement à or : les shear zones aurifères

Aussi appelés gisements d’or orogéniques du fait de leur lien intime avec les orogenèses
(formation des chaines de montagnes), les shear zones aurifères sont l’une des catégories
les plus importantes de gisements d’or (30% de la production mondiale d’or en 2005).
Ils consistent en des veines de quartz seul ou associé avec des carbonates encaissées dans
des structures secondaires des zones de cisaillement majeures des terrains déformés et
métamorphisés, généralement dans le faciès schiste vert et rarement amphibolitique,
dans les marges en convergences de tous les âges.
Ces gisements sont particulièrement abondants dans les ceintures de roches vertes
archéennes dans plusieurs localités à travers le monde. Au Burkina Faso, toutes les mines
d’or industrielles (ainsi que la quasi-totalité des sites d’orpaillage) sont situées au sein de
ces ceintures des roches vertes birimiennes. Les roches hôtes sont de plusieurs nature :
volcanites tholéiitiques, intrusions felsiques à mafiques et rarement sédimentaires.

Minéralogie
Elle consiste en : or natif, quartz, carbonates, chlorites, séricite, pyrite, arsénopyrite et
fuchsite. Les autres minéraux indicateurs sont la stibine, la scheelite, la galène, ou la
molybdénite. Le cœur des structures est souvent marqué par du quartz et des carbonates
formant des structures filoniennes à haute teneur, tandis que la zone de dommage des
failles peut contenir également des concentrations disséminées.

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L’or est généralement fin et peu argentifère, associé à la pyrite et à la pyrrhotite, parfois
à l’arsénopyrite. Il peut être exceptionnellement piégé dans le réseau des sulfures,
majoritairement de l’arsénopyrite (jusqu’à 1,6 % Au dans l’arsénopyrite).

Genèse
La genèse des gisements d’or épigénétiques est liée à des circulations hydrothermales
d’origine métamorphique dans des zones de cisaillement. Il s’agit généralement de failles
secondaires qui sont réactivées après un jeu majeur des accidents régionaux. Aussi, les
ceintures des roches vertes renferment, en plus des formations volcano-sédimentaires,
des granitoïdes. Un lien probable entre les gisements d’or orogéniques et le magmatisme
à l’origine de ces granitoïdes peut donc être envisagé notamment comme sources de l’or
et aussi comme source secondaire des fluides hydrothermaux. Les fluides hydrothermaux
d’origine métamorphique sont émis par la déshydratation qui accompagne la
dissociation des minéraux hydratés lorsque la température ou la pression augmente.
Alors qu’ils pénètrent des roches métavolcaniques et métasédimentaires en traversant la
croûte, les fluides métamorphiques lessivent l’or et le transportent sous forme de
complexes bisulfurés Au(HS)2-.
Les fluides sont canalisés le long de discontinuités majeures et réagissent avec l’encaissant
à de plus faibles profondeurs dans la croûte ; les réactions produisent des zones
d’altération caractéristiques (séricitisation, silicification, carbonatation, albitisation) au
sein de l’encaissant, changeant la composition des fluides, et amenant à la précipitation
de l’or et des autres minéraux. Les structures tectoniques exercent un contrôle majeur
sur les sites de formation de gisements en guidant le passage des fluides.
Les zones en extension au niveau des failles ou au sein même des charnières des plis sont
des zones de prédilection, tout comme les zones où les roches sont bréchifiées ou
déformées et comportent une porosité importante remplie par des minéraux
secondaires.

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Fig.39. Zones de cisaillements aurifères de la région de Val-d’Or, Archéen de l’Abitibi, Québec.


a) coupe de la mine Sigma (Abitibi, Québec) ; b) modèle structural de formation des filons
(d’après Robert et Brown, 1986 ; Gaboury et al., 2001).

Fig.40. Zonalité des altérations dans les zones de cisaillement aurifères.

Conclusion

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Les gîtes minéraux endogènes sont formés par des processus géologiques internes :
magmatisme, métamorphisme et hydrothermalisme sont responsables de nombreux
gisements métallifères. Chacun de ces processus peut à lui seul conduire à la formation
d’un gîte métallifère. Cependant, il est plus correct de supposer qu’ils agissent en
tandem, très vraisemblablement à des degrés variables en fonction du contexte, pour
former les gisements endogènes. La compréhension des processus de genèse des
gisements métallifères est un outil capital qui sert à la prospection et à l’exploration.

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CHAPITRE IV. GITES MINERAUX EXOGENES


Introduction

Les gîtes minéraux exogènes sont des gisements secondaires regroupant plusieurs types
de gisements qui se sont formés en surface ou à proximité de la surface terrestre. On en
distingue notamment deux catégories :
- La première catégorie comprend les gisements formés par sédimentation, c’est-à-
dire par l’accumulation de grains détritiques ou par précipitation bio et/ou
chimique dans les rivières, les lacs, les littoraux ou les milieux océaniques de
faibles à fortes profondeurs ;
- La seconde catégorie comprend les gisements formés dans les zones d’altération,
juste sous la surface, essentiellement dans les environnements tropicaux.
Trois grands types de processus métallogéniques ont été identifiés dans la formation des
gîtes minéraux exogènes :
- Les processus sédimentaires conduisant à la formation des gisements de type
placer : placers à or, placers diamantifères, placers à métaux lourds (Zr et Ti).
- La cristallisation depuis l’eau des lacs ou des mers formant la catégorie des
gisements dits sédimentaires. Les métaux et autres minéraux de valeur dans de
tels gisements sont solubles dans l’eau mais précipitent lorsque des niveaux de
saturations sont atteints ou lorsque l’eau change de conditions physico-
chimiques : sels, Fe et Mn.
- L’altération supergène essentiellement en milieu tropical forme des gisements de
type résiduel. Les métaux de valeur sont des minéraux qui sont stables dans les
zones d’altération intense à la surface de la Terre. En effet, de nombreux
minéraux constitutifs des roches (les ferromagnésiens essentiellement) se
transforment en phases secondaires solubles dans les eaux de surface,
particulièrement dans des environnements chauds et humides. Ces composés
migrent dans les eaux souterraines, laissant uniquement sur place les minéraux
insolubles qui deviennent de plus en plus concentrés lorsque les autres minéraux,
qui formaient la majorité de la roche, sont lessivés : bauxites (Al), gisements
latéritiques de Ni.

I. LES GISEMENTS SEDIMENTAIRES


Les gisements de type sédimentaire se forment au sein des bassins sédimentaires par des
processus à la fois sédimentaires et physico-chimiques. Ils sont par la suite affectés par
l’altération supergène qui augmente considérablement leur enrichissement en métaux.

1. Les gisements de type placer

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Les gisements de type placer sont des concentrations de particules érodées de minéraux
de valeur dans des dépôts alluviaux ou éluviaux de sables ou graviers. Les minéraux dans
ces gisements sont des minéraux ayant des propriétés physiques particulières : densité,
dureté, comportement, résistance à l’abrasion ; qui permettent qu’ils soient concentrés
dans ce type de gîtes. Ils sont arrachés de leurs gisements primaires mis à l’affleurement
par l’altération chimique et l’érosion mécanique. Ils sont ensuite concentrés dans des
corps minéralisés secondaires (placers) par les processus géologiques de surface
(processus sédimentaires).

Minéral Substance Densité Dureté Comportement Résistance Remarques


convoitée à
l’abrasion
Diamant Diamant 3.5 10 Cassant 1 Très dur, densité modérée,
cassant
Or Au 15-19 2.5-3.0 Malléable 11 Très dense, mou et malléable
Platine PGE 14-19 4-4.5 Malléable 10 Dense, assez mou et malléable
Cassitérite Sn 6-7 Cassant 6
Rutile Ti 4.2-4.3 6-6.5 Cassant 3 Minéral lourd des plages de
sables
Monazite Th, REE 5-5.3 5-5.5 Cassant 9 Minéral lourd des plages de
sables
Zircon Zr 4.7 7.5 Cassant 2 Minéral lourd des plages de
sables

Tableau 5.1. Caractéristiques physico-chimiques des minéraux des placers

Les minéraux des placers sont capables de persister dans les environnements de surface
grâce à leurs propriétés physiques et chimiques (tableau 5.1). Ces propriétés physico-
chimiques sont : la densité, la dureté et le comportement. Elles permettent aux métaux
de résister à l’abrasion au cours du transport sédimentaire le long des rivières ou par les
courants littoraux. La densité particulièrement permet à ces minéraux d’être triés et
extraits des matériaux détritiques ou des fragments de roches et de se concentrer dans
les gisements. Pour le cas particulier du diamant, c’est seulement son extrême dureté qui
lui permet d’être accumulé. En revanche, l’or a une densité six fois plus grande que celle
des minéraux communs et avec de tels contrastes de densité, le courant des rivières trie
même des particules d’or très fines et produit des gisements de placer qui contiennent
des concentrations plusieurs milliers de fois supérieures aux clarke de l’or.

1.1. Les placers à or

L’or est l’un des métaux les plus denses avec une densité de 19.33. En plus de sa densité
élevée, l’or est malléable et ductile, ce qui lui permet de perdurer au cours du transport
sédimentaire. Les particules d’or des placers proviennent des gisements d’or primaires
filoniens. Elles ont ensuite été concentrées dans les lits des rivières. Une autre sous-

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catégorie de gisement de placer comprend ceux formés par l’action du vent et des
rivières temporaires dans les déserts de sable des plaines plates et arides.
Les gisements de placers à or ont produit les deux tiers de tout l’or extrait jusqu’à
présent. Désormais, l’extraction de l’or de placers est uniquement artisanale, et ne
représente plus qu’une proportion mineure de la production globale d’or.
Les placers à or consistent en des accumulations de particules d’or dans des graviers, des
sables ou des sols de tout âge, et dans leurs équivalents consolidés. Deux grands types
de gisements peuvent être distingués :
- Les gisements alluviaux, dans lesquels l’or est transporté par les rivières ou les courants
littoraux puis séparé des autres minéraux par l’action de ces courants ; et
- Les gisements éluviaux, dans lesquels l’or reste plus ou moins en place sur le site
d’affleurement du gisement primaire tandis que les autres minéraux sont lessivés. Un
placer éluvial à or se forme sur la pente des reliefs immédiatement en dessous des veines
à or affleurant : les glissements par gravité, et/ou l’action du vent ou de l’eau libèrent
les composants les plus légers et ne laissent sur place que les denses particules d’or.
- Un autre type de processus forme des placers dans les plaines désertiques, où les vents
et les inondations occasionnelles chassent les minéraux solubles ou peu denses.

Mode de concentration

Dans le cas des placers alluviaux formés dans les lits des rivières, les processus
hydrauliques concentrent l’or là où la vitesse du courant diminue notablement ou bien
là où des courants de vitesses contrastées ou de styles différents (laminaire ou turbulent)
sont juxtaposés. Par exemple des placers se forment dans les bancs de sables et de
graviers à l’intérieur des méandres, sous les chutes d’eau et les rapides descendant des
grands rochers, dans les lits des rivières, sous les couverts végétaux, le long des lignes de
rivages sur les plages, et au niveau d’autres sites de piégeage comme des fractures ou de
rides dans le lit des rivières.

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Fig.5.1. Mode de transport et de dépôt des placers à or

Fig. 5.2. Mode de formation des placers à or sur le lit des rivières

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Fig.5.3. Sites de dépôt des placers à or alluviaux


Minéralogie
L’or dans les gisements de placers est presque entièrement sous forme native et se trouve
en grains de tailles très variées, depuis de minuscules particules jusqu’à des grands pétales
ou de grandes pépites. Les plus grosses pépites d’or jamais découvertes sont par ordre
croissant de leurs masses : « Holtermann nugget » (89.6 Kg) découverte en 1928 dans
une veine aurifère à Hill End, NSW, Australie ; une pépite découverte à Carson Hill,
Californie (73.6 KG) et « Welcome Stranger » (70 Kg), découverte accidentellement sur
une piste à charrette dans le Victoria, en Australie en 1869.
L’or dans les placers est très pur : il s’agit habituellement d’un alliage comprenant 80 à
85 % d’Au, le reste étant principalement de l’Ag. Là où les veines à l’origine des placers
peuvent être localisées, on remarque que l’or des placers est généralement plus pur que
l’or des veines. La purification a lieu en partie par oxydation lorsque l’or est exposé à la
surface car l’argent est plus soluble que l’or dans ces conditions. Cependant, de fines
couches d’or très pur (98-99 %) entourent fréquemment les particules et les pépites d’or
dans les gisements de placers, ce qui a fait émettre l’hypothèse que les pépites continuent
de croître au sein même des placers par un processus du type dissolution-précipitation.

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Fig. 5.3. Holtermann nugget, NSW (1928), la plus grosse pépite d’or jamais découverte

1.2. Les diamants alluviaux fluviatiles

Les placers fluviatiles à diamant correspondent à des graviers de plateaux ou de plaines


alluviales. Leurs teneurs sont de l’ordre de quelques carats par 100 m3. Les diamants
sont piégés dans les graviers de base et près du contact avec le soubassement rocheux.
Trois sites sont particulièrement favorables : les marmites (scour) montrant des teneurs
de 10 à 40 ct/100 t, les barres face au courant (teneurs de 10 à 55 ct/100 t) et les zones
hautes, plus pauvres, mais plus grandes. La position des concentrations dépend de la
turbulence du courant.
Le diamant forme des gisements de placer grâce à sa grande dureté. La source primaire
du diamant est la kimberlite. Les cristaux de diamant sont donc arrachés des kimberlites
diamantifères par les processus d’érosion. Bien que le diamant soit instable à basse
pression, il perdure suffisamment longtemps pour être transporté depuis sa source
kimberlitique jusqu’à son site de dépôt.
34% de la production mondiale de diamant proviennent des gisements de placers.

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Fig.5.4. Coupe des sites de piégeage du diamant dans les rivières (d’après Jacob et al., 1999).

Notice : La découverte des diamants en Afrique du sud

En 1867, les enfants du fermier boer Daniel Jacobs jouent avec des cailloux dans la
rivière ; l’un deux trouve une petite pierre blanche, et en parle à un voisin, Schalk van
Niekirk. Bien que la petite pierre ait été jetée, on la retrouve dans la poussière de la
cour. Schalk offre de l’acheter, et on la lui donne. Avec le vague instinct que la pierre
est inhabituelle, Schalk demande à un marchand ambulant, John Reilly, s’il peut trouver
un acheteur. Plusieurs marchands examinent la pierre, la trouvent jolie ; l’un d’eux dit
qu’il peut s’agir d’une topaze, mais aucun n’offre le moindre penny. Reilly aurait pu la
jeter, mais il montre le caillou à Lorenzo Boyes, un commissionnaire civil à Colesberg,
qui observe que la pierre griffe le verre, et dit qu’il pense que c’est un diamant. La pierre
est alors envoyée pour examen à un minéralogiste du Cap, le Dr Guybon Atherstone.
Pour économiser, on l’envoie dans une enveloppe non scellée. La réponse de l’expert
est la suivante : « Je vous remercie pour la pierre que vous m’avez envoyée. C’est un
véritable diamant, pesant 31 carats un quart, et vaut 500 livres… Il doit y en avoir
d’autres d’où il vient. Puis-je l’envoyer à Mr Southey, secrétaire de la Colonie ? »
Sur la base du rapport d’Atherstone, le gouverneur du Cap envoie la pierre pour
l’exposition de Paris, où elle crée de l’intérêt mais sans plus… Les recherches dans la
vallée du Vaal sont décevantes ; mais dix mois plus tard, 50 km plus loin, on trouve un
deuxième diamant à la jonction de la rivière Vaal et du fleuve Orange. Quelques petits
diamants sont découverts en 1868 et, en mars 1869, un magnifique diamant blanc de
83,5 carats est découvert par un berger Griqua à la ferme Zenfontein, près du fleuve
Orange. Schalk van Niekirk fait de ce berger un richissime, en achetant le diamant pour
500 moutons, 10 ânes, et un cheval. Le diamant est d’abord vendu 55 000 $, puis
revendu pour 125 000 $ sous le nom de « Star of South Africa ».
Les premières prospections systématiques débutent en novembre 1869. De Klelk, un
boer, observe des grenats dans le cours d’un petit ruisseau près de Fauresmith. Il sait que
la présence de grenats peut indiquer celle de diamants ; dès le premier jour de sa

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prospection, en août 1879, il trouve un diamant de 50 carats vers 2 m de profondeur.


Une autre découverte en septembre est faite à Dutoitspan. On commence l’exploitation
en carrière du fait de la faiblesse des terrains. Dès 1871, les diamants sont découverts à
Bullfontein, et sur la ferme de De Beers. Cent cinquante-trois ans plus tard, la compagnie
De Beers contrôle 40 % des diamants en circulation dans le monde et dispose d’un
chiffre d’affaires de 6,1 G$.

2. Les formations de fer rubanées ou BIF (Banded Iron Formation)

Une formation de fer est composée de roches sédimentaires d’origine chimique,


finement litées ou laminées, contenant au moins 15 % de fer d’origine sédimentaire et,
très souvent, des cherts très fins (James et Trendall, 1982). On les désigne sous les termes
de Banded Iron Formation (BIF), de taconites ou d’itabirites. La Taconic Range est un
massif des États-Unis, tandis qu’Itabira est une ville minière du Quadrilatero Ferrifero au
Brésil.
Gross (1980) a distingué deux types de BIF : le type lac Supérieur, à caractère
sédimentaire épicontinental, et le type Algoma, présent dans des ceintures
volcanosédimentaires.
La caractéristique majeure des BIF est l’existence d’un rubanement à toutes les échelles
résultant de l’alternance de lits riches en oxydes de fer, de lits siliceux, de lits carbonatés
et parfois de lits sulfurés pour le type Algoma, qui a conduit à la définition de
microrubanements, microbandes, mésobandes et macrobandes. Les gisements primaires
de BIF ont fréquemment été enrichis à l’occasion d’altérations supergènes pour aboutir
à des gisements plus riches, d’une teneur allant de 50 à 65 % Fe.
Ces concentrations en fer sont connues depuis l’Archéen, bien que l’essentiel de la
production provienne du Protérozoïque inférieur (2300 et 1900 Ma).

Fig.5.5. Cadre géodynamique de genèse des différents types de formations de fer rubanées –
BIF (d’après Gross, 1996).

Géologie

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Les formations de fer du type lac Supérieur constituent 90 % des réserves et de


la production de fer dans le monde. Elles forment des unités de minerais, toujours
siliceux (Fe/Si = 0,7), puissantes de 30 à 150 m, et de plusieurs kilomètres d’extension.
Ces formations montrent en outre une grande continuité latérale, se suivant parfois sur
plus de 1000 km de long (Labrador, Canada). La taille des gisements est colossale : de 1
à 100 Gt (Krivoï Rog, Ukraine ; Hamersley, Australie), et dépend de la teneur de
coupure.
En contexte tropical, l’altération peut lessiver les concentrations primaires et
produire alors un minerai pouvant être envoyé directement vers les aciéries : le départ
de la silice et des carbonates atteint parfois 90 % (Dalstra et Guedes, 2004). Trois faciès
oxydés sont distingués :
- (1) à la base, la formation de fer enrichie, ou minerai bleu à hématite (49 % Fe) ;
- (2) le minerai intermédiaire à hématite-goethite est friable et peut être très épais (350
m à Carajas) : c’est la zone la plus riche (63 % Fe) ; et
- (3) la croûte supérieure, ou canga, poreuse et bréchique, à éléments cimentés par de
la limonite.
Canga : Ce terme désigne au Brésil la partie supérieure cimentée de la cuirasse latéritique.
Les cangas sont poreuses et bréchiques, à éléments cimentés par de la limonite.

Minéralogie
Le fer se présente sous forme d’hématite, de magnétite et de silicates, tels la greenalite
et le stilpnomélane. On observe également de la goethite et des minéraux de manganèse
(pyrolusite, manganite, hollandite) pouvant parfois constituer des concentrations
économiques.

▪ Cas particulier du type Algoman

Les gîtes de type Algoma sont généralement plus petits et associés à l’activité volcanique,
souvent bimodale. Ils apparaissent dès l’Archéen, entre 3,4 et 2,9 Ga. Les teneurs sont
en moyenne de 25 % Fe (de 15 à 45 % selon les gîtes) avec parfois du manganèse au
Paléozoïque (de 10 à 40 %). Ces gisements contiennent davantage de sulfures, et ils sont
encaissés dans des shales, des volcanites ou des roches détritiques.

Minéralogie

Les minéralisations forment des couches puissantes (de l’ordre de 100 m), avec une
association à magnétite, hématite, sidérite magnésienne, pyrite, pyrrhotite, quartz sous
forme de chert, chlorite, amphibole, biotite, feldspath, chalcopyrite. Elles sont parfois
enrichies par des métaux de base ou associées à ceux-ci (Cu, Pb, Zn, W).

Genèse

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▪ Type lac Supérieur


La genèse des formations de fer de type lac Supérieur doit être replacée dans son
contexte au début du Protérozoïque : c’est l’époque des premiers grands bassins, le tout
début de la Vie, la première atmosphère oxydante. Les formations de fer apparaissent
juste avant les premiers calcaires, alors que l’océan est en voie d’oxydation du fait de
l’activité de bactéries photosynthétiques.
L’eau de mer actuelle contient moins de 1 ppb de fer car ce métal est insoluble sous sa
forme oxydée Fe3+. Cependant, sous sa forme réduite (Fe2+) le fer est relativement
soluble. L’essentiel des BIF se serait formé lors d’une période durant laquelle
l’atmosphère contenait peu d’oxygène libre. Les bassins océaniques profonds anoxiques
étaient riches en fer et silice, progressivement accumulés par les fluides hydrothermaux
(issus de fumeurs noirs volcanogènes ou de circulations dans les bassins) ou par
l’altération continentale de basaltes, dans un environnement plus réducteur que celui
d’aujourd’hui. Ces fluides remontaient vers les marges continentales à la faveur de
courants de fond. Le mélange de ces fluides avec les eaux de surface oxygénées a conduit
à la précipitation des minéraux de fer et à leur dépôt, par gravité, sur le fond marin.
Ainsi, la fin des dépôts des BIF vers 1,8 Ga refléterait l’oxydation progressive des océans.
L’état actuel des minéralisations suggère que ces premiers dépôts ont été enfouis, puis
transformés lors du métamorphisme et de pulsations hydrothermales.
▪ Type Algoma
Les formations de fer de type Algoma seraient issues de la recristallisation de silice
colloïdale et de fer, comme il s’en dépose, actuellement, en petites quantités autour de
volcans (Santorin, Grèce) ou parfois en association avec des diapirs de sel dans des
bassins (golfe du Mexique, lac Baïkal). Des bactéries filamenteuses contribuent à la
précipitation (Duhig et al., 1992).

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Fig.5.6. Genèse et environnement de dépôt des BIF, (d’après Klein et Beukes, 1989)

3. Le manganèse (Mn) et les phosphates

3.1. Le manganèse

Les gisements lités de Mn sont formés par un processus très similaire aux formations de
fer. Les minéraux d’intérêt, la pyrolusite, un oxyde (MnO2) ou la rhodochrosite, un
carbonate (MnCO3) précipitent depuis l’eau de mer et forment des roches sédimentaires
stratifiées. On peut distinguer quatre grandes familles de gisements de manganèse :

▪ Les BIF à manganèse : une catégorie de gisements de manganèse sont souvent


associés aux BIF. Ils représentent les plus grands gisements de manganèse dans le
monde. Le plus bel exemple est le gisement du Kalahari (Afrique du Sud) avec 13
Gt de minerai. Sur un plan stratigraphique, le manganèse est situé au-dessus des
concentrations en fer. On pense que la précipitation initiale de fer a laissé une
eau enrichie en Mn qui a précipité par la suite alors que le degré d’oxydation
augmentait. Ce processus est observé dans la mer Noire, où des boues riches en
pyrite précipitent dans les eaux profondes fortement réductrices (euxiniques)
tandis que des oxydes de Mn précipitent dans les eaux de surface plus oxydantes.

▪ Les gîtes du Protérozoïque enrichis par oxydation climatique : généralement


associés à des shales (argiles) noirs surmontées par des carbonates.

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▪ Les gîtes en environnement gréso-carbonaté : mis en place dans les plate-formes


des marges passives d’âge généralement phanérozoïque, parfois protérozoïque
en eau peu profonde. D’autres variétés sont encaissées dans des carbonates
dolomitiques et le minerai forme plusieurs niveaux occupant généralement la
base des cavités karstiques. Il présente un faciès laminé, rubané, oolithique,
pisolithique ou bréchique.

▪ Les nodules polymétalliques actuels : Les nodules de manganèse ont été


découverts en 1868 dans l’océan Arctique russe. Sur le plan économique, ils
constituent une importante ressource en nickel-cuivre (38 Gt à 1,7 % Ni, 1,4 %
Cu, parfois avec du platine), avec des teneurs maximales de 9 kg/m2 de Mn, mais
très difficile à exploiter.

L’enrichissement supergène est à l’origine de la plupart des gisements de manganèse de


l’hémisphère sud, avec un facteur d’enrichissement allant de 2 à 6. Les principaux
gisements de ce type sont Nsuta (Ghana), Moanda (Gabon), Groote Eyland (Australie),
Panchi (Inde). Le protore est composé de roches manganésifères, fréquemment associées
à des séries pélitiques souvent précambriennes riches en graphite et parfois en pyrite :
gondites en Inde (chert quartzeux à silicates de manganèse), formations de fer à sidérite,
concentrations de manganèse dans des carbonates, etc. Les gisements sont constitués de
croûtes manganésifères, équivalent des cangas ferrifères, tantôt pisolithiques à
cryptomélane, birnessite, et lithiophorite, tantôt latéritiques. On y observe également
un enrichissement en nickel, cobalt et cuivre.

La minéralogie de ces gîtes est complexe, avec de nombreuses phases manganésifères


très fines : des oxydes (pyrolusite, hollandite), des spinelles (hausmannite), des
hydroxydes (manganite, nsutite), des silicates (braunite, rhodonite), des carbonates
(rhodochrosite) et de nombreux autres oxydes, de fer notamment. Le terme «
psilomélane » est un terme générique qui s’applique aux minéraux oxydés noirs de
manganèse, souvent de forte dureté.

L’altération supergène est contrôlée par des facteurs morphologiques, climatiques et


chimiques : il faut une zone stable à faible érosion (1 cm/1000 ans), des températures
supérieures à 20 °C, plus de 1500 mm annuels de pluie, et un pH autour de 5.

Au Burkina Faso, le gisement de manganèse de Tambao est encaissé dans une colline
située dans l’extrême Nord du pays, date du Birrimien et se présente sous forme de
lentilles d’épaisseurs allant de 19m à 48m intercalées avec des niveaux de schistes
quartzitiques, des tufs et des laves. Le tout encaissé dans des gneiss et des micaschistes.
En plus du minerai de manganèse, le gisement de Tambao renferme aussi du cuivre natif.

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Fig.5.7. Coupe du gisement de manganèse de Nsuta, Ghana (d’après Routhier, 1963).

Genèse
La genèse des gîtes de manganèse impliquerait plusieurs mécanismes de concentration
du Mn : sédimentaire, hydrothermal en relation avec le volcanisme sous-marin et
altération supergène en climat tropical des zones continentales. Le modèle de genèse ci-
dessous est celui proposé pour les BIF à manganèse et les nodules de manganèse.

Fig.5.8. Genèse et environnement des gisements de manganèse (d’après Winter et Knauth,


1992).

3.2. Les phosphates

Les phosphates sédimentaires ou phosphorites, qui sont exploités pour être utilisés dans
la fabrication des engrais. Ils contiennent de 26 à 36 % P2O5 et sont parfois fortement
enrichis en fluor (3 %), en uranium (de 60 à 200 ppm) et en terres rares lourdes.
Il existe deux types de phosphorites :
▪ Les guanos, qui sont des déjections d’oiseaux. Sur certains sites, fréquentés par
des générations de colonies d’oiseaux, souvent des îles côtières, l’accumulation

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de ces guanos peut former des masses considérables à haute teneur (60 % P2O5),
exploitées en particulier dans le Pacifique (Île de Nauru, Chili) ;
▪ Les phosphates des bassins sédimentaires. Ils forment les plus importants
gisements de phosphates du monde. Intensément exploités aux États-Unis, en
Chine et au Maroc, ces phosphorites sont à la base de l’industrie des engrais. Ils
sont d’origine marine, formés dans un paysage de bassin en communication avec
une mer ouverte. Le pH, la température des eaux, et le CO2 sont les paramètres
qui vont intervenir dans la précipitation des phosphates à partir de l’eau de mer.
Aussi, ce milieu phosphaté favorise le développement d’une vie algaire et micro-
organique qui attire une faune abondante dont les os sont riches en phosphore.
Une fois morts, ces organismes participent à l’enrichissement des en phosphore
du gisement.
Au Burkina Faso, nous avons un gisement de phosphates à Kodjari dans la Tapoa qui
est en cours d’exploitation par la société publique Burkina Phosphates. Ce minerai est
employé pour fabriquer l’engrais à Koupela.

II. LES GISEMENTS RESIDUELS

De nombreux minéraux constitutifs des roches se transforment en phases secondaires


solubles dans les eaux de surface, particulièrement dans des environnements chauds et
humides. Ces composés migrent dans les eaux souterraines, laissant uniquement sur place
les minéraux insolubles qui deviennent de plus en plus concentrés. Les bauxites (minerai
d’aluminium), les gisements latéritiques de Ni et les gisements supergènes d’or sont
formés ainsi. Ce processus géologique externe responsable de la formation des gisements
résiduels est appelé altération supergène.

1. L’altération supergène
Lorsque des gisements de sulfures affleurent en surface, les minéraux sulfurés s’oxydent
et les métaux qu’ils contiennent sont lessivés et migrent pour s’accumuler dans une
couche plus basse, au niveau de la nappe phréatique. Dans cette couche, dite d’«
enrichissement supergène », les métaux sont 2 à 5 fois plus concentrés que dans le
minerai primaire. De plus, la localisation proche de la surface de cette couche rend
l’exploitation pratique et quasi immédiate.
La figure 5.9 ci-dessous présente une coupe dans une zone d’enrichissement supergène
au-dessus d’un corps minéralisé de sulfures de cuivre. La couche supérieure appelée «
chapeau de fer » ou « gossan » est composée d’oxydes de fer hydratés. Cette couche est
pauvre en autres métaux, mais a des textures alvéolaires qui témoignent de la présence
de sulfures en profondeur, elle est utilisée dans la prospection. La zone lessivée repose
sur deux niveaux enrichis. La zone supérieure de minerai « oxydé » contient une grande
diversité de minéraux secondaires – carbonates, silicates, sulfates, phosphates. En dessous
se trouve une zone d’enrichissement en sulfures, dans laquelle les sulfures contenant du

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fer, comme la chalcopyrite (CuFeS2), sont remplacés par des sulfures secondaires
dépourvus de fer ou très pauvres en fer, et contenant de fortes teneurs en Cu, comme
par exemple la chalcocite (Cu2S), la covellite (CuS) ou la bornite (Cu5FeS4).
Le meilleur exemple de zone d’enrichissement supergène est peut-être celle qui se trouve
au-dessus des gisements de porphyres de cuivre. Le minerai primaire du gisement de
Chuquicamata au Chili, contient seulement 0,8 % de Cu, mais il est recouvert par une
couche épaisse d’enrichissement supergène dans laquelle le minerai contient 2 à 3 % de
Cu.

Fig.5.9. Profil dans une zone d’enrichissement supergène. D’après Webb et Rowston, 1995.

2. LATERITES ET BAUXITES (Al, Ni, Mn)

Les latérites (du latin later, brique, à cause de leur utilisation ancienne en construction)
sont des sols ferrugineux pauvres en silice développés en contexte tropical. Ils couvrent
une grande partie de la zone tropicale humide, en particulier en Afrique, en Amazonie
et en Australie. La latéritisation tropicale est un long processus d’altération mécanique
et chimique qui produit des profils d’altération très variés en termes de puissance, de
teneurs, de chimie et de minéralogie des minerais. Le développement d’un profil
latéritique implique une destruction en surface des minéraux avec évacuation des
éléments mobiles (Si, Mg, Na, K, Ca, etc.) et par conséquent concentration en éléments
insolubles (Ni, Al, Fe, Mn, etc.). Ceux-ci migrent vers le bas du profil et recristallisent

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sous forme de nouveaux minéraux. Un profil latéritique typique comprend, de haut en


bas :
• Une cuirasse très riche en fer (duricrust), pouvant atteindre une puissance de 5 m
et parfois surmontée d’un sol avec de l’humus. Elle se compose d’oxydes de fer
(goethite au sommet, hématite à la base), avec des quantités variables de
kaolinite et d’hydrates d’aluminium (gibbsite, boehmite) en contexte très
lessivant. La cuirasse peut receler des concentrations de fer, de manganèse, ainsi
que des concentrations résiduelles de minéraux lourds (pyrochlore, cassitérite,
zircon, rutile, minéraux de terres rares, etc.). L’or et les platinoïdes peuvent se
concentrer à la base de la cuirasse ;
• Une zone fortement argilisée dont la puissance va de 1 à 30 m. Ce sont les argiles
tachetées (mottled zone) à kaolinite dominante, « tachée » de goethite et
d’hématite de couleur lie-de-vin. Cette zone peut contenir des minerais
d’aluminium, d’uranium, parfois d’or, ainsi que des concentrations résiduelles de
minéraux de terres rares. La cuirasse et les argiles tachetées constituent une zone
de dissolution-accumulation des éléments ;
• Une zone argilisée à smectites dominantes, la saprolite, d’une puissance pouvant
atteindre 100 mètres, dans laquelle la texture de la roche-mère est préservée.
Cette zone de mobilisation est le siège d’intenses lessivages. Elle passe
progressivement, vers le bas, à la roche fraîche par l’intermédiaire d’une saprolite
grossière ou régolithe à blocs peu lessivés, parfois appelée saprock. La saprolite
peut contenir des gisements de nickel, de manganèse et d’or.

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Fig.5.10. Évolution-type d’un processus de latéritisation dans le temps. Une cuirasse de 8


mètres d’épaisseur nécessite le lessivage d’une tranche de 500 à 1000 m de roche, (d’après
BRGM)

Le développement de minéralisations dans la zone oxydée dépend de nombreux


paramètres : de la nature des roches-sources (oxydées ou réduites, minéralisées ou non,
perméables ou imperméables), de l’abondance des sulfures, de la fracturation, ainsi que
de la stabilité et de la maturité du profil d’altération. La position des gisements dans le
profil latéritique varie en fonction des métaux ; certains, comme l’or ou le nickel,
peuvent se concentrer à plusieurs niveaux.

Fig.5.11. Coupe-type d’un profil latéritique avec positions des gisements supergènes pour
différents métaux (d’après Tardy, 1993)

▪ GISEMENTS DE BAUXITES

L’aluminium est le métal le plus abondant de l’écorce terrestre (8,1 %) après le silicium.
Elle se défi nit sur une base économique : une bauxite est une roche qui contient plus de
40 % Al2O3, peu de fer (< 10 % Fe2O3), de silice (< 6 % SiO2) et de titane (< 4 %
TiO2). En réalité, c’est une roche complexe composée pour l’essentiel de trois
hydroxydes et hydrates d’aluminium : la gibbsite, Al2O3.3H2O, monoclinique, la
boehmite, Al2O3.3H2O, orthorhombique, et le diaspore, AlO(OH), orthorhombique.
Ces minéraux sont accompagnés systématiquement de quartz, de kaolinite, de rutile, et
de goethite qui lui confère habituellement une teinte rouge brique, alors que les hydrates
d’aluminium sont blancs.

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Plus de 90 % de la bauxite sert à la production d’aluminium métal. Il faut environ 4,7


tonnes de bauxite pour fabriquer par le procédé Bayer un produit intermédiaire appelé
alumine hydratée (ou tri-hydroxyde d’aluminium ATH) qui permet ensuite, par
calcination puis par électrolyse, de produire une tonne d’aluminium métal. Les 10 % qui
restent servent dans les ciments spéciaux, la catalyse des hydrocarbures et la sidérurgie.
Une petite partie de l’ATH est utilisée pour les réfractaires, les céramiques et certaines
applications chimiques. Les grandes provinces de bauxite dans le monde correspondent
à des zones continentales stables, sur des latitudes subtropicales, aujourd’hui ou dans un
passé récent. Les zones majeures sont : la Guyane, le nord du Brésil, les Caraïbes (dont
la Jamaïque et ses 2 Gt de réserves), la Guinée (près de 40 % de la production mondiale
et des réserves de 8,2 Gt, soit les deux tiers des réserves mondiales ; figure 9.8), le
Cameroun (1 Gt), l’Australie (4,4 Gt de production soit 40 % de la production
mondiale, mais avec 18 % Fe2O3), l’Europe méditerranéenne (8 % de la production
mondiale, dont la France avec 81 Mt produites et 30 Mt de réserves), la Russie
(95 Mt produites).
Les bauxites peuvent se développer sur à peu près n’importe quel support lithologique
alumineux y compris les carbonatites et les syénites néphéliniques. Bardossy (1981)
distingue trois types de dépôts de bauxites : latéritiques, karstiques et sédimentaires, ce
dernier étant peu important.
• Les bauxites latéritiques apparaissent sur les cratons ou sur leurs marges. Elles
représentent 85 % des ressources mondiales (28,9 Gt) et se forment tantôt sur
des zones basses, tantôt sur les zones hautes. Sur les zones basses des pénéplaines,
les bauxites atteignent des puissances de 9 m et elles sont séparées du socle par
un horizon à kaolinite, pisolithes et concrétions ;
• Les bauxites karstiques ont représenté l’essentiel de la production européenne
d’aluminium, mais elles constituent moins de 10 % des ressources mondiales. Elles
forment des champs de l’ordre de 100 km2 comprenant de 1 à 50 corps. Ces
bauxites sont associées à des carbonates de zones semi-mobiles, pré ou post-
orogéniques. Latéralement, les minéralisations peuvent passer à des argiles
bauxitiques.
• Les bauxites russes de Bielgrid Tishvin (ou Tikhvinsk, à 200 km de Saint-
Pétersbourg) sont des bauxites sédimentaires à la base du Carbonifère. Elles
résultent du redépôt d’un matériel latéritique formé sur le Bouclier finno-
scandinave

Genèse
Comme toute latérite, la bauxite résulte du départ de la silice, du fer et des alcalins, en
climat lessivant à saisons marquées. L’aluminium est peu mobile et il s’accumule au cours
du lessivage. Au cours de la saison sèche, le bas niveau phréatique conduit à un lessivage
de la silice et du fer, tandis qu’au cours de la saison humide, le niveau phréatique est
haut et le fer est réduit et lessivé. Pour développer des concentrations de bauxite, le
climat idéal est un climat tropical humide avec 1200 mm de pluie par an, des conditions

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également propices à la genèse de kaolinite. Il semble qu’une position topographique


haute permettant un lessivage sélectif favorise la formation d’hydrates d’aluminium,
tandis que des reliefs peu accentués, défavorables au lessivage, privilégieraient la
formation de kaolinite.

▪ GISEMENTS DE LATERITES NICKELIFERES

Les gisements de nickel latéritique constituent 40 % de la production et 70 % des


ressources de nickel, soit 12,6 Gt à 1,28 % Ni, un chiffre qui dépend beaucoup de la
teneur de coupure retenue. Les gisements les plus importants sont situés dans la zone
équatoriale, entre 22° S et 22° N. Les latérites nickélifères correspondent à des roches
magmatiques ultramafiques (dunite, péridotite, pyroxénite, hornblendite et
serpentinite) ayant subi une altération tropicale.
On distingue actuellement trois types de profils latéritiques à nickel (figure 9.10) selon
le climat, sec à humide, générant trois types de gisements : silicaté, oxydé et argileux
(Avias, 1978 ; Gleeson et al., 2003). Cependant, du fait de l’évolution des climats, ces
trois types peuvent être associés dans un même gisement. Globalement, dans les trois
types, on observe au sommet des colluvions ou des cuirasses ferrugineuses, suivies par
une zone ferrugineuse à limonite avec smectite, surmontant une zone de base à
saprolite.
• Les gisements oxydés (ou limonitiques) associent Ni, Co et Mn. Les gisements de
Moa Bay (Cuba) et de Goro (Nouvelle-Calédonie) en constituent des exemples
développés sur harzburgite. Ces faciès se développent également sur les dunites
avec, dans ce cas, beaucoup de silice et peu d’argiles (gîte de Cawse, Australie).
Le nickel est piégé précocement dans la structure de la goethite qui se développe
aux dépens de l’olivine, mais également dans les oxydes de manganèse
(asbolanes) qui précipitent par oxydoréduction dans des fissures. L’horizon
productif est très épais, bien que les teneurs soient faibles (de 1 à 1,7 % Ni avec
de 0,1 à 0,2 % Co), parfois plus fortes (de 3 à 5 % à Goro) dans des zones
enrichies à garniérite qui peuvent se développer au sommet de la saprock, un
horizon fracturé surmontant la roche saine dont le taux d’altération supergène
est inférieur à 20 %. Ces latérites se forment en climat tropical humide.
• Les gisements silicatés, à silicates hydratés de magnésium et nickel sont les plus
riches avec des teneurs moyennes allant de 1,8 à 2,5 % Ni dans la saprolite. Grâce
aux gisements de la Nouvelle-Calédonie, de l’Indonésie, des Philippines, de la
République dominicaine et de la Colombie, ils représentent 30 % des ressources
mondiales de nickel. La minéralogie de ces gisements est complexe : des silicates
et des aluminates forment des solutions solides entre Mg et Ni. La garniérite est
le principal minerai ; ce terme est un nom générique pour désigner des silicates
hydratés de magnésium et de nickel, mal cristallisés et difficiles à identifier
individuellement, souvent dominés par la népouite, un phyllosilicate proche des

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serpentines. La nouméite en constitue une variété particulièrement riche en


nickel. Le cobalt se présente sous forme d’asbolane, un oxyde amorphe.
• Les gisements argileux (latérites sèches) montrent un lessivage partiel de la silice
par altération de surface. La saprolite contient alors des smectites (nontronites
sodiques) qui fixent le nickel. Les teneurs sont généralement plus faibles (1,2 %
Ni et moins de 0,05 % Co), mais ces gisements représentent les deux tiers des
ressources mondiales de nickel. Les gisements se développent sur les péridotites
serpentinisées, dans un climat moins agressif et en sites de petites collines. Des
exemples de tels gisements sont ceux de Murrin (Australie), de Buruktal (Oural)
et de Sao Joao do Piaui (Brésil). L’altération peut atteindre une profondeur de
200 m. Le minerai s’est formé par le lessivage sélectif de la silice et du magnésium,
particulièrement dans les zones de cisaillement, et par la concentration passive
de l’aluminium, des oxydes de fer et du nickel.

Fig.5.12. Les trois types de profils latéritiques nickélifères : argileux (type Murrin-Murrin),
silicaté (type Nouvelle- Calédonie) et oxydé (type Moa Bay) (d’après Troly, 1979 ; Elias,
2002).

• Le minerai des gisements oxydés est composé de limonite et d’asbolane (de 1 à


1,7 % Ni, avec 0,1 à 0,2 % Co), et surtout traité par les procédés
hydrométallurgiques Caron et HPAL (attaque à froid par l’acide sulfurique) ;
• Le minerai des gisements argileux, la nontronite nickélifère (de 1 à 5 % Ni, et
moins de 0,05 % Co), peut être traité par le lessivage acide sous pression ou,
plus efficacement, par la pyrométallurgie, mais avec un coût élevé en énergie ;

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• Le minerai des gisements silicatés peut être traité de deux façons. La serpentine
nickélifère (de 1,5 à 10 % Ni, moyenne de 1 à 2 %, avec de 0,05 à 0,1 % Co),
peut être traitée par procédé pyrométallurgique (fusion de ferronickel et de
matte), tandis que la garniérite (de 10 à 20 % Ni, de 0,5 à 0,1 % Co), avec une
teneur moyenne se situant autour de 2 à 3 %, est traitée par procédé
hydrométallurgique.

2. Les gisements d’or supergène


L’or a souvent été considéré comme totalement immobile, bien que sa mobilité
supergène ait été depuis longtemps débattue. Dès le XIXe siècle, des résultats
expérimentaux avaient montré la possible implication de complexes organiques et
sulfurés dans ces processus de mobilité, suscitant un intérêt croissant pour l’exploitation
de gisements d’or supergènes (Butt et Zeegers, 1992 ;
Freyssinet et al., 2005). La dissolution, puis la reprécipitation de l’or en conditions de
surface dépendent de la nature de la minéralisation primaire, de facteurs climatiques et
géomorphologiques et de la composition des eaux souterraines.
Les gisements d’or supergènes peuvent être définis comme des ressources aurifères
économiques dérivées, partiellement ou totalement, de processus supergènes. Cette
altération provoque une redistribution mécanique et chimique de l’or. On distingue
deux types de gisements d’or supergènes : le type chapeau de fer aurifère, ou non
latéritique, dans lequel seule la structure minéralisée a été affectée par l’altération
supergène, et le type latéritique, dans lequel non seulement l’ensemble de la structure
minéralisée, mais également les constituants minéraux de l’encaissant ont été
transformés.
Les chapeaux de fer se forment dans les zones sans latérites, soit que la pluviométrie est
insuffisante, soit que l’érosion intense empêche la formation d’un profil latéritique. Dans
ces gisements, l’or reste généralement dans la structure minéralisée originelle et n’est pas
redistribué. L’effet principal de l’altération supergène est une oxydation des sulfures qui
libère l’or et le rend exploitable.
Ces gisements se rencontrent au-dessus de gisements de cuivre, de gisements
polymétalliques à or disséminé (Carlin) et de gisements épithermaux sous climat aride
ou humide.
En contexte d’amas sulfuré volcanogène, l’intense oxydation des sulfures conduit à la
formation de puissants chapeaux de fer. Le lessivage des sulfures provoque un
effondrement des structures primaires et un enrichissement relatif en or, suffisant pour
que la teneur, non économique dans les sulfures massifs, devienne économique dans la
zone oxydée.

En contexte épithermal, l’altération supergène se manifeste dans les filons eux-mêmes


sur une hauteur pouvant atteindre 250 m. À Pongkor (Indonésie), l’assemblage de
rhodonite-rhodochrosite et sulfures est transformé en wad et limonite. L’enrichissement

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en or est marqué sur toute la hauteur par la néoformation de micropépites d’or pur,
issues du lessivage de l’or dans les parties superficielles érodées du filon.
Les latérites aurifères se forment à la suite de l’intense lessivage météorique de gîtes
aurifères en conditions tropicales humides à subtropicales. Ce lessivage amène une
redistribution de l’or dans les niveaux latéritiques, avec apparition de zones
d’enrichissement (Butt et Zeegers, 1992 ; Freyssinet et al., 2005). Ces gisements
latéritiques à faible teneur (de 1 à 3 g/t Au) sont exploités en carrière, comme à Syama
et Sadiola (Mali), et à Léro et Siguiri (Guinée ; photo e, planche 31) ; l’exploitation de
la saprolite minéralisée est la suite logique dans la plupart des gisements. Cependant, les
teneurs peuvent être localement plus élevées, comme à Ariab (Soudan ; 6 Mt à 12 g/t),
et Ity (Côte d’Ivoire ; 2 Mt à 8 g/t). De nombreux indices sont exploitées de manière
artisanale (photo h, planche 32). Le traitement peut parfois se faire par lixiviation en
tas, ce qui diminue encore les coûts de production.
Les latérites aurifères se forment dans différents contextes climatiques :
• Le climat tropical humide avec saisons sèches et humides (savane),
environnement des gisements de Syama et Sadiola, au Mali, de Léro en Guinée
(figure 9.15) (Zeegers et Lecomte, 1992), et de ceux du sud du Brésil ;
• Le climat tropical humide forestier, environnement des gisements d’Ity en Côte
d’Ivoire, de Yaou en Guyane française, de Cassiporé et Igarapé Bahia, au Brésil,
et d’Ashanti, au Ghana (gisement seulement pro parte latéritique) ;
• Le climat semi-aride, environnement des mines du craton Yilgarn en Australie
occidentale, comme Mount Gibson, et Bradoc (Webster et Mann, 1984 ; Gray et
al., 1992), du Soudan et du Botswana.
Les schémas de redistribution de l’or supergène sont assez similaires dans les trois
environnements, montrant une distribution « en champignon », avec un halo important
de dispersion dans la cuirasse et la zone d’argiles tachetées, ainsi qu’une zone d’or
résiduel avec peu de dispersion dans la saprolite (Freyssinet, 1993). Par rapport au faciès
saprolitique, le tonnage du faciès latéritique est plus important, mais il présente des
teneurs moindres. Dans les zones de pente, le champignon peut prendre une allure
dissymétrique.
Cette relative homogénéité de distribution relève du fait que la majorité des gisements
de latérite aurifère se formerait en contexte de savane. Les changements climatiques
ultérieurs seraient à l’origine des variantes relevées dans les profils latéritiques et dans la
distribution de l’or. Une stone line est une ligne de graviers de quartz et de granules
ferrugineux, pouvant être enrichie en or, au-dessus de la saprolite. Elle est issue du
démantèlement d’une cuirasse plus ancienne et se forme mécaniquement par
enfoncement dans un sol très plastique, lors de l’installation d’un climat forestier très
humide.

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Fig.5.13. Latérite à or supergène ; exemple de la mine de Léro (Guinée), (d’après document La


Source, Mine de Dinguiraye, inédit).

Conclusion générale
La métallogénie est une science relative récente qui continue de se développer. Les processus
géologiques responsables de la formation des gîtes minéraux sont à la fois internes : le
magmatisme, l’hydrothermalisme, le métamorphisme, et externes : sédimentaire et altération
supergène. Les gisements formés par les processus géologiques internes sont qualifiés de
gisements primaires et ceux formés par les processus géologiques de surface sont dits gisements
secondaires. L’enrichissement supergène est seulement active sous le climat tropical.
Pour l’avenir, les métaux rares seront les plus demandés en raison de la transition « écologique »
actuelle. Les terres rares sont indispensables à l’industrie des hautes technologies et le lithium est
demandé dans la fabrication des batteries des véhicules électriques et hybrides.

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BIBLIOGRAPHIE

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