Economic Geology
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METALLOGENIE
Chapitre 1. GENERALITES
Introduction générale
Le débat sur l’origine des minéraux et des métaux ne date pas d’hier. Pendant longtemps
leur origine relevait du domaine de la philosophie et de la magie. Il faut attendre 1556
pour voir Georg Bauer dit Agricola publier De Re Metallica, le premier traité sur l’art
des mines, dans lequel il jeta les bases pragmatiques de l’étude des gîtes minéraux.
Agricola y classa les minéralisations en fonction de la nature in situ ou alluviale des
minéraux.
Au XVIIe siècle, Rene Descartes, dans son Principia philosophae (1644), relie la
formation des gisements a des processus de fumerolles venant des profondeurs de la
Terre.
Plus tard, en 1788, l’Ecossais James Hutton introduit la théorie ≪ plutonienne ≫ (de
Pluton, Dieu romain des Enfers) selon laquelle les roches ignées proviennent de roches
fondues échappées des profondeurs de la Terre.
Son contemporain et opposant, le directeur de l’Académie des mines de Freiberg,
Abraham- Gottloeb Werner, proposait quant à lui la théorie ≪ neptunienne ≫
totalement différente, suggérant que toutes les roches et toutes les concentrations
minérales ont pris naissance au fond de la mer, c.-à-d., au royaume de Neptune, dieu
romain de la mer.
Aujourd’hui, deux termes sont utilisés pour la science des gites minéraux : métallogénie
et gitologie (Nicolini, 1990). Le terme de métallogénie a été largement utilisé après son
introduction par De Launay en 1913. Il signifie initialement ≪ chercher l’explication des
concentrations anormales en un métal déterminé ≫.
Au cours de la première moitié du XXe siècle, ce mot (métallogénie) a progressivement
pris une forte connotation génétique et, de plus en plus, il a été restreint aux études
minéralogiques et physico-chimiques.
En réaction a cette tendance, le terme de gitologie a été inventé à la fin des années 1960
par les géologues du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), le service
géologique et minier français, afin de décrire une démarche plus naturaliste basée sur le
contexte géologique et sur une approche descriptive.
1. Gîtologie
La gîtologie est l’étude des gîtes minéraux, leurs milieux géologiques et leur valeur
économique. La genèse des gîtes, objet d’étude de la métallogénie, est donc considérée
comme un élément de l’étude gîtologique et non comme une fin. La gîtologie revêt
donc une double composante, à la fois scientifique et économique. L’approche
scientifique développe l’étude de leurs caractéristiques, de leur genèse, de leur place
dans l’histoire géologique régionale. L’approche économique évalue leurs potentialités
économiques et leur exploitation ; c’est le domaine de l’économie minière qui fait
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intervenir des termes spécifiques : minerai, gisement, teneur, réserve. La gîtologie est
donc aussi appelée géologie économique.
2. Métallogénie
La métallogénie est l’étude de la genèse (formation et évolution) des gîtes minéraux.
Elle est basée sur l’observation des rapports entre les gîtes minéraux et les formations
géologiques. Cette observation se fait de l’échelle macroscopique sur le terrain et à
l’échelle microscopique au laboratoire ainsi que par l’analyse des données physico-
chimiques du gîte et de ses roches hôtes.
3. Indice
Un indice est une indication de la présence de minéralisation sans indication de valeur
économique ; les Anglo-Saxons utilisent le terme d’occurrence. On notera, toutefois,
que le terme est utilisé par la classification de l’ONU pour indiquer soit la présence d’une
minéralisation sans certitude géologique précise (occurrence minérale), soit une
concentration minérale ne présentant aucun intérêt économique (occurrence non
économique).
5. Minerai
Un minerai est un minéral ou une roche dont on peut extraire, avec profit, un ou
plusieurs éléments. Cependant, cette définition lapidaire est ambiguë. En effet, pour le
minéralogiste, le minerai est le minéral qui contient l’élément à récupérer : la galène
(PbS) pour le plomb, la chalcopyrite (CuFeS2) pour le cuivre, etc., c’est le minerai au
sens strict. Pour le mineur par contre, le minerai désigne la masse de matériau abattu en
mine dans son ensemble, et non pas le seul minéral pouvant être valorisé : c’est le
minerai au sens large.
Dans le cas de l’or, le minerai est souvent un quartz à sulfures et or, dans lequel le
minerai strict, l’or natif, ne représente que quelques grammes par tonne.
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par million), équivalent des g/t (gramme par tonne de minerai), lorsqu’elle est basse (or,
platine, argent).
Pour les métaux précieux, les g/t sont parfois remplacés par l’once Troy (oz/t) de
31,1035 g, mesure officielle de l’or et du platine sur les marchés internationaux. En
d’autres termes 1 oz/t d’or = 31.1035g d’or métal, soit plus de 31t d’or métal pour un
gisement de 1 million d’onces.
Il existe plusieurs concepts liés à la teneur : teneur moyenne, teneur de coupure, teneur
limite, etc. La teneur le plus couramment utilisée est la teneur moyenne, représentative
de l’ensemble de la concentration minérale et établie par des méthodes statistiques
d’échantillonnage.
En se basant strictement sur la teneur, on peut considérer comme gisement d’or une
concentration minérale notable qui contient plus de 1 g/t d’or, comme gisements de
plomb ou de fer des concentrations contenant respectivement plus de 10 % de plomb
et 50 % de fer. La taille d’un gisement varie donc énormément selon la substance.
o Le tonnage
Le tonnage représente la quantité totale de minerai exploitable d’un gisement. Il dépend
de la teneur de coupure retenue. Plus la teneur de coupure est faible plus le tonnage est
important et inversement. Autrement dit, le tonnage est inversement proportionnel à
la teneur de coupure. Il s’exprime en tonne (t).
o Le tout-venant
Le tout-venant désigne le matériau abattu en mine, contenant le minerai au sens du
mineur et les roches encaissantes ; la mécanisation et les contraintes d’exploitation
moderne entrainent un abattage souvent peu sélectif dans lequel le minerai ne peut
représenter qu’un faible volume. Par opposition au minerai, le stérile désigne les
matériaux non commercialisables qui seront rejetés au cours du traitement ; il comporte
non seulement la roche encaissante, la gangue, mais aussi et très souvent du minerai
pauvre, non traité.
o La gangue
La gangue désigne les minéraux associés au minerai, souvent non valorisables, comme
le quartz, les carbonates et la barytine, et qui seront rejetés. Cette définition est
cependant à nuancer : la fluorine et la barytine qui accompagnent communément les
métaux de base sont parfois récupérées et vendues dans certaines exploitations.
A terme, le gisement est une notion qui ne peut être compris que si on examine tous ces
facteurs qui, en partie, le définissent et conditionnent son exploitabilité.
7. Ressources et réserves
Le terme « ressources » s’emploie dans un sens très large, tandis que le mot « réserves »
s’applique à un gisement et prend une acception beaucoup plus précise. Une ressource
minérale est une concentration de matériel naturel, solide, inorganique ou fossilisé dans
la croûte dont la forme, la quantité et la teneur, ou la qualité, pourraient permettre
l’extraction économique. On distingue trois catégories de ressources :
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▪ Les ressources minérales mesurées (measured mineral resources) sont celles qui
présentent un intérêt économique intrinsèque, et dont on connait, avec un haut
degré de certitude, le tonnage, la densité, la forme, les caractéristiques
physiques, la qualité, la teneur et la continuité.
▪ Les ressources minérales indiquées (indicated mineral resources) présentent
également un intérêt économique intrinsèque, mais leurs caractéristiques sont
connues avec un degré de certitude moins élevé que celui des ressources
minérales mesurées.
▪ Les ressources minérales inférées (ou supposées) (infered mineral resources) sont
celles qui présentent un intérêt économique intrinsèque, mais avec un degré de
certitude limité, et un faible degré de confiance. Elles ne sont que des
espérances dont la probabilité de devenir des ressources mesurées est faible.
Les réserves sont définies comme la partie économiquement exploitable des ressources
mesurées et indiquées, démontrée au moins par une étude de faisabilité préliminaire.
Elles prennent en compte l’ensemble des paramètres techniques et économiques et non
plus seulement géologiques. Pour l’ensemble d’un gisement, elles correspondent à une
teneur de coupure optimale (tc) à laquelle correspondent un tonnage de minerai et une
teneur moyenne. Physiquement, les réserves constituent une masse minérale connue
d’un gisement, qui pourra être exploitée de manière rentable dans un avenir à
déterminer.
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Les facteurs propres à un gisement qui interviennent dans son exploitabilité sont les
suivants :
o La teneur et le tonnage
o La nature du minerai
Chaque minerai a ses propres caractéristiques tels que le type de minéraux qui
influencent le coût de l’exploitation et de la purification, la taille des grains et la texture
du minerai qui influent sur le coût de son broyage en fine poudre, etc.
o La morphologie du gisement
o L’accessibilité du gisement
o Le mode d’exploitation
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o La localisation du gisement
Il faut tenir compte du cours mondial du métal concerné, évaluer la demande et l’offre.
Ce facteur économique est capital dans l’établissement de la teneur de coupure et donc
de la quantité totale du minerai qui peut être extrait avec profit.
Les progrès technologiques jouent un rôle majeur dans la viabilité d’un gisement. Par
exemple, en plus de la hausse du cours de l’or suite au boom du prix des métaux, les
progrès technologiques réalisés dans le domaine de l’extraction de l’or, ont permis de
retraités 3 ou 4 fois des déchets miniers australiens du XXe siècle, et à chaque fois, de
l’or été de nouveau extrait.
Ainsi donc, l’économie locale et globale, les progrès technologiques ainsi que la situation
politique peuvent influencer la viabilité d’un gisement.
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Les propriétés physiques des roches jouent un rôle majeur dans la formation des
structures qui contrôleront le déplacement des fluides minéralisateurs et partant, dans la
localisation des gisements métallifères. La réponse d’une roche à une contrainte donnée
dépend de sa compétence. Les roches compétentes (dures) auront tendance à se
déformer de manière cassante (fractures, failles, fissures, joints, etc.) et les roches moins
compétentes (tendres) subiront une déformation ductile (plissements).
Aussi la vitesse d’érosion des roches sera fonction de leurs propriétés physiques : on
parle d’érosion différentielle.
Fig.1 Métallotecte physique : the Au-deposit Morning Star, Woods Point, Victoria, Australia :
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Fig.2, Accumulation des minéraux lourds dans les dépressions du lit d’une rivière, produites
par l’érosion différentielle
Certains gisements sont contrôlés par la lithologie. A l’échelle du prospect, une seule
lithologie renferme la minéralisation.
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Cas 3 : brèche minéralisée dans une flexure (pli monoclinal), Arkansas, USA,
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Cas 4 : Corps minéralisés à l’intersection d’une roche favorable (calcaire) avec une faille
(structure d’alimentation)
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Exemple d’un gisement familier : soit un filon de quartz aurifère d’une teneur 2.9g/t
d’or recoupant des roches basiques et ultrabasiques qui renferment une minéralisation
aurifère disséminée d’une teneur moyenne de 0.005ppm d’or. On peut affirmer que
l’or du filon aurifère provient de ces roches hôtes basiques et ultrabasiques. Ce gisement
a donc une source locale : c’est un gisement familier.
2. Echelles de la métallogénie
La distribution des gisements est très hétérogène, à la fois dans le temps et dans l’espace.
Ainsi, dans le temps, certaines périodes géologiques sont particulièrement favorables à
la formation de gisements, par exemple la fin de l’Archéen ou le Crétacé pour les
gisements de cuivre, ou le Tertiaire pour les gisements de molybdène : elles
correspondent à des crises géologiques marquées par d’intenses magmatismes et/ou
hydrothermalismes qui génèrent des concentrations minérales en grand nombre. Ces
périodes particulièrement favorables à la formation des gîtes minéraux sont appelées
époques métallogéniques.
Dans l’espace, la répartition des gisements est également très inégale. Ce qui conduit à
la définition des concepts suivants :
• Un champ minéralisé correspond au regroupement de plusieurs gisements ; ses
dimensions varient de 1 à 10 km.
• Un district minéralisé regroupe plusieurs champs dans une aire assez restreinte
allant de 10 à 100 km. Les gisements peuvent y être de même nature (districts
aurifères, uranifères, etc.). Dans le cas contraire, c-à-d que les gisements sont de
natures différentes, on utilise alors le terme de district polymétallique.
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• Une province métallique correspond à une zone riche d’un métal donné, quels
que soient l’âge et le type des gisements présents.
• Une province métallogénique correspond à une province caractérisée par un ou
plusieurs types de gîtes.
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Les gîtes stratiformes ont en commun d’être contrôles par la stratigraphie, soit parce
qu’ils appartiennent à la séquence lithostratigraphique, soit parce que les corps de
minerais suivent plus ou moins régulièrement certains bancs de roches appelés horizons
porteurs ou horizons minéralisés. Ces horizons porteurs sont de nature généralement
sédimentaire ou volcanique et ils peuvent être minéralisés sur des distances atteignant
plusieurs kilomètres de long et de large, pour une épaisseur (ou puissance) plus limitée,
variant de quelques centimètres à quelques dizaines de mètres.
3. Amas
Les amas constituent une catégorie très polymorphe qui rassemble les gites n’affichant
pas de caractère stratiforme ou de caractère filonien clairement marque. Leur taille varie
de quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres. Ils se rencontrent surtout dans les
roches carbonatées, parfois au contact d’intrusions formant les skarns.
4. Disséminations et stockwerks
Comme leur nom l’indique, les minéralisations de type disséminé voient leur mineral
utile disséminé dans la roche qui constitue alors le minerai sans qu’un contrôle structural
ou stratigraphique n’influe sur leur répartition.
Stockwerk, terme d’origine allemande (stockwork en anglais), désigne de petits filons,
d’une puissance variant de quelques millimètres à quelques décimètres au maximum,
s’entrecroisant en un réseau relativement dense (photos e et f, planche 9). Ils donnent
l’impression d’être un minerai disséminé. Ils sont habituellement liés aux intrusions
felsiques a intermédiaires et recoupent fréquemment le contact roche intrusive-
encaissant.
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5. Cheminées
Les cheminées (pipes ou breccia pipes en anglais) sont des volumes en forme de
cylindre vertical ou sub-vertical, d’origine essentiellement volcanique, d’un
diamètre allant de quelques centimètres à plusieurs centaines de mètres. Elles sont
parfois remplies de brèches minéralisées en étain, tungstène, molybdène, uranium
ou or, et de roches plus ou moins transformées.
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Fig.9 ; les trois étapes de formation d’un gisement : source – transport – dépôt
2.1. La source
La recherche des sources des éléments compte parmi les problèmes les plus difficiles de
la métallogénie. C’est un problème qui n’est pas encore résolu. Néanmoins les
recherches ont conduit à la certitude qu’il n’y a pas une source, mais des sources, parfois
même pour un seul gisement. Les sources possibles sont entre autres les magmas, les
roches que les fluides auront percolées, les roches hôtes du gisement.
2.2. Le transport
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L’élément chimique enrichi dans un gisement est d’abord arraché de sa source par des
fluides hydrothermaux. Ces fluides vont ensuite constituer le véhicule qui va transporter
cet élément, en général dissout, de ses sources jusqu’au lieu de dépôt. Le transport se
fait à travers les failles, les fractures, les fissures ou tout autre système permettant le
passage des fluides. On distingue deux grands modes de circulation des fluides : l’
advection et la convection. L’advection correspond à la circulation des fluides dans un
sens (single pass). La convection correspond à la circulation répétée des mêmes fluides
(multiple pass).
Pour les gîtes minéraux exogènes, le transport est assuré par des agents de transport tels
que l’eau, les glaciers, le vent.
2.3. Le dépôt
La précipitation des substances dissoutes dans un fluide hydrothermal est déclenchée par
des variations des conditions, qui déstabilisent les complexes métalliques. Il peut s’agir
d’un changement de température, de pression, une interaction entre le fluide et la roche,
ou un mélange de fluides ou d’une combinaison de plusieurs de ces causes interagissant.
Les sites de dépôt sont entre autres : les zones bréchifiées, les failles, les géodes, le
plancher océanique, les fractures ouvertures, les horizons lithologiques favorables, les
zones de remplacement ou d’imprégnation.
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o La cristallisation fractionnée
Comme le montre la suite réactionnelle de Bowen, la cristallisation d’un magma se fait
dans un ordre bien défini. Ce processus conduit à la formation successive des différentes
familles de roches magmatiques à commencer par les roches ultrabasiques, ensuite les
roches basiques, suivies des roches intermédiaires et enfin, les roches felsiques ou acides.
Chaque famille de roches est définie par des assemblages minéralogiques qui leur sont
propres. Cette manière de cristallisation des magmas est appelée cristallisation
fractionnée.
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que ces gouttelettes sont plus denses que le magma, au fond de la chambre magmatique
où elles vont former des cumulats qui peuvent constituer des gîtes métallifères.
o Morphologie du gisement
Le minerai est disposé en couches de couleur sombre dont l’épaisseur peut être
supérieure à un mètre, qui alternent avec des couches composées d’autres minéraux
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o Tonnage et teneur
Le complexe du Bushveld renferme 9815 Mt de minerai avec des teneurs moyennes en
chrome de l’ordre de 30-40 % et en PGE de 5g/t. Même si l’on considère que les teneurs
en chrome typiques des intrusions ultrabasiques sont de l’ordre de 3 000 ppm, le facteur
d’enrichissement est de l’ordre de 100. Quel processus géologique produit de tels degrés
d’enrichissement ?
o Modèle génétique
Ces gisements de chromites sont formés par une modification de la séquence de
cristallisation fractionnée du magma qui a formé le complexe du Bushveld. Sous des
conditions normales, 1 à 2 % de chromite cristallise simultanément avec l’olivine. Pour
qu’une couche de chromite pure soit produite, la cristallisation de l’olivine et des autres
silicates doit être différée.
Neil Irvine dans un article publié en 1977 (Irvine,1977) a proposé deux explications pour
différer la cristallisation de ces minéraux :
1) La première possibilité est une contamination du magma parent du complexe de
Bushveld par une roche encaissante siliceuse. Le magma hybride contaminé a alors une
composition intermédiaire et lors de son refroidissement, des chromites cristallisent
seules et précipitent par gravité dans le fond de la chambre magmatique pour former
des cumulats de chromites en quantité suffisante pour former une couche épaisse
exploitable.
o Synthèse
Il est probable que les deux phénomènes – contamination et mélange de magmas – aient
eu lieu lors de la formation des chromites du complexe du Bushveld. La ségrégation par
densité des chromites dont la masse volumique (~ 4 600 kg/m3) est largement
supérieure à celle du magma (~ 2 800 kg/m3), explique la concentration en couches.
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o Model génétique :
À Kambalda, l’encaissant est composé de roches sédimentaires riches en sulfures (pyrite),
et comme il a été assimilé, il a entraîné une hausse de la teneur en soufre du magma.
C’est ce processus de contamination qui a amené à la ségrégation d’un liquide sulfuré
immiscible. Comme le magma komatiitique contient, à la base, beaucoup de nickel et
que cet élément est hautement chalcophile, les gouttelettes de liquide sulfuré immiscible
qui se forment sont donc riches en Ni. Enfin, parce que ces gouttelettes sont plus denses
que les liquides silicatés, elles colonisent la base des coulées et forment des gisements de
sulfures de Ni.
o Minéralogie :
Pentlandite (Fe, Ni)9S8 et la chalcopyrite (CuFeS2), pyrrhotite (Fe(1-x)S). La pyrrhotite
stérile n’est pas considérée comme minerai.
Ces gisements riches et concentrés sont situés à l’extrême nord de la Russie dans un
contexte géologique est très différent de celui de Kambalda dans la mesure où ces
gisements sont situés dans de petites intrusions peu profondes qui appartiennent à
l’énorme province magmatique de Sibérie. C’est la plus grande province basaltique
continentale. Les gisements sont situés dans la partie nord de la province, là où plus
tard, la déformation a exposé la base de la pile volcanique et l’encaissant sédimentaire
dans lequel le magma s’est mis en place. Ces roches sédimentaires sont traversées par
une série très complexe de sills (conduits horizontaux) qui hébergent les gisements.
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Fig. 13. Coupe à travers la pile volcanique et le complexe de sills sous-jacent aux trapps de
Sibérie.
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Les sources les plus abondantes sont de type I, originaire des roches ignées ou de la
croute inferieure, et de type S, dérivé par anatexie d’un protolite sédimentaire ou
supracrustal.
De très nombreux gisements sont associés au plutonisme felsique. Il s’agit,
principalement, de gîtes de métaux de base (cuivre, plomb, zinc, etc.), de métaux
précieux (or, argent) ou de métaux rares (étain, tungstène, molybdène, lithium,
uranium, etc.). Il existe une relation génétique entre la nature du magma et celle des
minéralisations associées.
Deux facteurs semblent les plus importants : l’état d’oxydation du magma (présence
d’oxygène) et son degré de différenciation. Les magmas oxydés, généralement de type
I, montrent des minéralisations en cuivre et or, tandis que les magmas plus réducteurs à
fortement réduits, de type S, produisent des minéralisations en étain. Le molybdène est
associé à des plutons plus fractionnés, tandis que le tungstène semble lié à des granites
plus réduits que ceux à molybdène, mais moins oxydés que ceux à étain.
Au cours de sa différenciation depuis les termes dioritiques vers des termes plus felsiques,
le magma expulse des fluides directement associés à l’évolution des intrusions. Ces
fluides magmatiques contribuent aux apports métalliques surtout s’ils sont riches en
ligands comme le chlore, capable de transporter les métaux. Par ailleurs, des fluides
d’origines plus variées, parfois météorique, sont mis en mouvement convectif dans
l’encaissant par la chaleur du pluton (Norton, 1984). Ces fluides peuvent mobiliser des
éléments des roches encaissantes.
Les granites issus de fusion crustale pourront hériter des métaux déjà concentrés dans
leur environnement. Le transport des métaux aurait lieu sous forme de complexes
chlorurés, sulfurés ou organiques, en phase liquide ou gazeuse. Le chlore est le principal
ligand des métaux.
Le dépôt des minéralisations peut s’effectuer selon plusieurs mécanismes : un
refroidissement, une baisse de pression pouvant entrainer une ébullition, un mélange
avec d’autres fluides, ou un effet de réaction avec des roches.
La morphologie des gisements associés aux intrusions est très variée : pegmatites,
greisens, filons, skarns et mantos, épithermaux et porphyres. Elle dépend de la
perméabilité de l’encaissant et des intrusions au moment de la circulation des fluides
(diffuse ou fissurale, faible ou forte) et du rapport de forces existant entre la pression
fluide et la pression lithostatique.
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• Définition
Les métaux rares sont une grande famille d’éléments chimiques composée du lithium
(Li), du béryllium (Be), du rubidium (Rb), du césium (Cs), du zirconium (Zr), du hafnium
(Hf) du niobium (Nb), du tantale (Ta), du tungstène (W) et d’un groupe très particulier
d’éléments chimiques appelés les « terres rares ». Les terres rares sont les éléments de la
famille des lanthanides du tableau périodiques des éléments à laquelle on ajoute
l’yttrium (Y) et le scandium (Sc). Les lanthanides sont composés des 15 éléments
suivants : lanthane (La), cérium (Ce), praséodyme (Pr), néodyme (Nd), prométhium
(Pm), samarium (Sm), europium (Eu), gadolinium (Gd), terbium (Tb), dysprosium (Dy),
holmium (Ho), erbium (Er), thulium (Tm) ; ytterbium (Yb), et lutécium (Lu).
On distingue 02 catégories de terres rares en fonction de leurs rayons ioniques et de
leurs numéros atomiques : les REE légères (LREE : Light Rares Earth Elements) : La à Eu
ont des grands rayons ioniques et des numéros atomiques faibles et inversement, les REE
lourdes (HREE : Heavy Rare Earth Elements) : Gd à Lu.
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Fig.17. Métaux rares et terres rares dans le tableau périodique des éléments
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Sur le plan morphologique, les RMG peuvent être des granites au sens stricts (petites
intrusions) ou sous forme de corps pegmatitiques, de dykes ou d’un faisceau de veines
disposé radialement autour de l’intrusif. Le contact supérieur est généralement marqué
par un faciès de stockscheider, marqué par des mégacristaux de feldspaths pointant
vers l’intrusion.
Fig.21. Dykes et veines minéralisées remplissant des fractures radiales autour de l’intrusion
mère ; les fractures sont formées durant l’ascension du magma. Modifié d’après Smirnov,
1957.
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Minéralogie : Quelques minerais de métaux rares sont présentés dans le tableau ci-dessous.
Zircon
ZrSiO4 Zr
Pyrochlore
(Na,Ca)2Nb2O6(OH,F) Nb
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Cassitérite Sn
SnO2
Colombo-tantalite
(Fe,Mn)(Nb,Ta)2O6 Nb, Ta
Microlite
(Ca,Na)2Ta2O6(O,OH,F) Ta
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Lépidolite
K(Li,Al)3(Si,Al)4O10(F,OH) Li
2
Amblygonite Li
LiAlF(PO4)
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• Minéralisations
La minéralisation se présente sous différents faciès : des stockwerks, des filonnets, des
disséminations, des pipes brèchiques, voire des zones de remplacement. Ces styles
reflètent les conditions de mise en place variant depuis des porphyres plutoniques
profonds, à altération diffuse sans zonalité, vers 3 à 4 km de profondeur, à des
porphyres subvolcaniques, immédiatement sous la surface, associes à des dykes
(Sutherland et Brown, 1976).
Les sulfures apparaissent dans des fissures et des veinules quartzeuses de toutes
dimensions formant un fin stockwerk donnant un caractère disséminé à la
minéralisation. Outre le quartz porteur, la paragenèse est à chalcopyrite, bornite,
magnétite et pyrite, parfois molybdénite. L’or natif, quand il est présent, apparait en
fines plages dans les sulfures de cuivre. Les porphyres à or constituent un cas particulier
dans lequel l’or est soit le seul mineral économique (teneur d’exploitation > 0,4 g/t Au),
soit associé aux minéraux de cuivre.
Les différentes zones minéralisées sont grossièrement concentriques autour d’un noyau
sub-stérile, construisant un système de cylindres emboités (Lowell et Guilbert, 1970 ;
Beane et Titley, 1981). Du cœur vers la périphérie, on observe :
• Une zone interne à altération potassique avec biotite et orthose hydrothermaux,
quartz (et parfois amphibole, magnétite et anhydrite) néoformés en veinules et
disséminations (photos a et h, planche 9). La biotite domine dans les roches à
tendance mafique, l’orthose dans les roches felsiques. Une altération sodique à
albite secondaire s’y superpose parfois. Cet assemblage prédomine dans les zones
profondes. Globalement stérile, avec pyrite disséminée, cette zone interne peut
s’enrichir au cœur en molybdénite. La zone minéralisée cuprifère a pyrite-
chalcopyrite-bornite-(magnétite), connue sous le nom de ore shell (coque
minéralisée), dessine une enveloppe cylindrique à la périphérie de cette zone
potassique ;
• Une deuxième zone intermédiaire phylliteuse ou argileuse, avec sericite, illite, et
divers minéraux argileux (kaolinite, montmorillonite, smectite, etc.), quartz et
pyrite. Cette zone est la pyrite shell, riche en pyrite disséminée (jusqu’à 10 %),
mais pauvre en cuivre ;
• Une zone périphérique propylitique beaucoup plus largement développée à
quartz, épidote, chlorite, carbonates, kaolinite, montmorillonite, ne montrant
qu’un minerai disséminé pauvre à veinules de pyrite.
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Fig.23. Zonalités, coupe verticale et style de minéralisation de gisements de porphyres à Cu, Mo-Au
• Genèse
Les porphyres à cuivre et or sont liés à une succession d’intrusions différenciées calco-
alcalines. Ainsi, à Grasberg, en Indonésie, on passe d’andésite/diorite porphyrique a une
monzodiorite, puis une monzonite à hornblende. L’intrusion minéralisée est
généralement la dernière, la plus différenciée ; elle est scellée par une ultime venue,
microgrenue et stérile.
Au cours de la cristallisation, les fluides percolent à travers la chambre magmatique,
collectant un stock métallique et le concentrant dans de petites coupoles sommitales.
Ces fluides concentrent également les éléments volatils et, de ce fait, ils abaissent les
températures de liquidus dans les coupoles, les maintenant dans un état essentiellement
liquide au cours du processus minéralisateur. L’accumulation de fluides en sommet de
coupole crée une pression hydrostatique croissante qui finit par dépasser la pression
lithostatique et la résistance à la traction des roches sus-jacentes. On assiste alors à une
fracturation à l’apex qui permet l’échappement rapide des fluides hydrothermaux dans
les espaces créés et abaisse fortement la pression du milieu, provoquant la précipitation
de ces mêmes fluides. Ces processus entrainent la formation d’un stockwerk mineralisé
ou d’un pipe brèchique.
Il existe deux types de porphyres à molybdène : le plus commun est à cuivre disséminé
dans des quartz-monzonites ; l’autre, plus siliceux, sans cuivre et avec fluorine, constitue
un type particulier. Il s’agit également de plutons de faible profondeur, situés juste sous
un volcan. Le rôle économique des porphyres a molybdène est fondamental pour ce
métal, mais aussi pour le tungstène, dont il représente les plus grosses réserves
mondiales.
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Fig. 24. Coupe idéalisée d’un porphyre à molybdène (Shinohara et al. ; 1995)
Ces gisements sont liés à des zones de rift, en arrière des zones de subduction. Les
porphyres à molybdène présentent l’allure de stockwerks ou de brèches en coupole,
formant un bonnet au-dessus des intrusions. Les altérations du granite sont bien
développées. L’altération potassique est intense, avec remplacement complet des
plagioclases par des feldspaths potassiques, et de la biotite hydrothermale abondante ;
elle est antérieure à la minéralisation, mais se superpose parfaitement à la zone
économique dans le gîte de Henderson (Carten et al., 1988).
• Minéralisations
Le molybdène est présent sous forme de molybdénite (MoS2) généralement précoce
avec des teneurs qui varient de 0,1 à 0,3 % Mo ; le tungstène (0,2 %) se présente sous
forme de hubnérite (MnWO4), plus rarement sous forme de scheelite (CaWO4), et il
apparait plus tardivement. La molybdénite contient couramment du rhénium, jusqu’à
0,1 %. La teneur en pyrite est inférieure à 5 %, la chalcopyrite étant encore plus rare.
• Genèse
La genèse de ces gisements est associée au dégazage de CO2 et H2O dans de grandes
chambres magmatiques contenant un magma relativement pauvre en Mo (de 1 à 5
ppm). Le dégazage est pulsatif, sur une longue période. Les bulles de fluides purement
magmatiques s’accumulent au sommet du magma et elles peuvent brèchifier l’encaissant
lorsque la pression du fluide est supérieure à la pression lithostatique (Ross et al., 2002).
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Fig.25. Coupoles stannifères. En haut : coupe idéalisée d’une coupole de granite stannifère
montrant la zonalité des filons minéralisés.
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• Morphologie
• Minéralisations
Le contact supérieur des intrusions est souvent marqué par un stockscheider (en
allemand : séparation entre deux unités granitiques ou, en anglais : Unidirectional
Solidifcation Textures – UST), épais de quelques mètres. Les minéralisations sont
associées à des zones d’aplite riches en tourmaline et des granites à topaze. Leurs
morphologies sont variées : stockwerks, filons simples et étroits (puissance de quelques
dizaines de centimètres), réseaux filoniens étroits, brèches, cheminées, disséminations
dans des greisens, skarns. La morphologie dépend des conditions locales de perméabilité
et du rapport entre la pression fluide générée par le magma et la pression lithostatique.
• Genèse
Les gisements d’étain sont liés à des granites très différenciés, fractionnés, dits spécialisés.
Cette spécialisation en étain ne relève pas d’un enrichissement de la croûte, mais d’un
processus de cristallisation fractionnée dans une croute épaisse. Cette épaisseur permet
un long temps de résidence du magma dans la croûte, plus que dans les porphyres à
cuivre. Les petites intrusions ne contiennent pas suffisamment de métal pour constituer
la source des gisements associés, ce qui implique la contribution de grandes chambres
magmatiques sous-jacentes. La genèse des concentrations en étain des coupoles et des
granites spécialisés repose sur des conditions réductrices à la source, un fort contenu en
eau, une lente cristallisation fractionnée et une expulsion de fluides acides riches en
chlore.
Quand un magma riche en eau cristallise, les fluides, et en particulier le chlore, sont
expulsés et le magma cristallise alors en conditions anhydres. Cu, Mo, Sn et W sont
enrichis dans la phase fluide du fait de leur affinité avec les solutions riches en chlore.
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L’étain et le tungstène sont alors ensuite transportés par des complexes chlorurés. La
cristallisation fractionnée dans les parties rhyolitiques les plus apicales conduit à des
enrichissements en étain, et en éléments incompatibles tels que As, B, Cs, Ta et W. Les
éléments précipitent lors d’une dilution par des fluides peu salins, ou à la rencontre d’un
fort gradient thermique. Le dépôt de la cassitérite peut être provoqué par la
greisenisation de roches quartzo-feldspathiques et la neutralisation des fluides.
Ce type a été individualise récemment (Hitzman et al., 1992 ; Williams et al., 2005)
pour classer des gisements parfois exploités depuis très longtemps. Il regroupe
principalement des gîtes majeurs de fer, de cuivre, d’or et, parfois, d’uranium dans des
contextes periplutoniques, caractérisés par l’abondance du phosphore et du fluor, le
caractère oxyde du fer, l’abondance des terres rares, et la pauvreté en titane (< 0,5 %).
On utilise le terme de gisements IOGC pour Iron-Oxyde-Gold-Copper, traduit en
français par gisements de type fer-oxydes.
On peut y reconnaitre deux grands groupes (tableau 5.8) :
• Des gisements magmatiques de fer à magnétite, comme le gisement de Kiruna
(ou Kirunavaara) en Suède, qui a fourni l’Europe en ce métal depuis le Moyen
Age. Ces gisements produisent de 1 à 2 % du fer dans le monde.
La minéralisation comprend de la magnétite à grain fin, de l’hématite et de la
fluorapatite.
• Des gisements hydrothermaux de cuivre, or et parfois uranium, riches en oxydes
de fer. Il s’agit de gisements parfois de classe mondiale, comme les gisements
australiens d’Olympic Dam et d’Ernest Henry, ou de champs de petits corps
riches. Ces gisements sont associés à des rifts intracratoniques ou à des marges
continentales, avec un magmatisme anorogénique.
Ces deux groupes sont souvent associés au sein des mêmes districts. Le plus grand
gisement de terres rares du monde, Bayan Obo, en Mongolie intérieure (Chine), a été
rattaché à cette famille ; ses réserves sont estimées à 40,1 Mt contenant de 3,5 à 5,4 %
de terres rares et plus d’un million de tonnes d’oxydes de niobium. Les corps minéralisés
sont stratiformes et lenticulaires, encaissés dans des carbonates et des grès
protérozoïques (ou paléozoïques) qui les rapprochent de skarns magnésiens et ferrifères,
avec de la fluorine.
Les morphologies sont variées et dépendent de la nature de l’encaissant, volcanique ou
sédimentaire : il peut s’agir de corps concordants ou discordants, mais toujours
épigénétiques, avec un contrôle structural marqué.
• Paragenèse
La minéralogie comprend surtout des oxydes de fer : hématite (Fe2O3) en surface,
magnétite (Fe3O4) en profondeur, de la chalcopyrite (CuFeS2) et de la pyrite (FeS2),
parfois de la bornite (Cu5FeS4) et de la chalcocite (Cu2S) hypogène (d’origine profonde).
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L’uranium est porte par l’uraninite (UO2), les terres rares par la monazite
(Ce,La,Nd,Th)PO4, la bastnaésite (fluorure contenant du Ce, La et Y) et la florencite
(minéral contenant du Ce).
NB : La propylitisation est une altération hydrothermale qui affecte surtout les roches
magmatiques volcaniques (andésites, dacite, latite) qui deviennent vertes et friables,
avec développement de séricite, chlorite, calcite, sulfure, épidote et avec, dans certains
cas, des minéralisations en Au, Ag, Pb, Zn, Cu.
• Genèse
La genèse des gîtes de types fer-oxydes (IOGC) reste encore mal connue. Ils se seraient
formés entre la surface et une profondeur allant de 4 à 6 km, à la même époque que
les intrusions auxquelles ils sont associés. Ils seraient donc syngénétiques. Deux modèles
de genèse ont été proposés :
(1) Une origine mantellique, du fait de l’association des éléments mafiques et de
similarités entre la carbonatite mafique de Palabora (Afrique du Sud) et ces gisements
(Groves et Veilreicher, 2001). Une filiation a ainsi été proposée avec des magmas riches
en fer, caractérisés par l’abondance inhabituelle d’alcalins et l’absence de titane ;
(2) Une origine dans des saumures superficielles compte tenu de la composition sodi-
calcique des solutions hydrothermales.
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• Les skarns à étain se forment en liaison avec des granites très siliceux, à la suite
d’une fusion partielle de la croute continentale ;
• Les skarns à molybdène sont plus rares (Azegour, Maroc ; Little Boulder Creek,
Idaho (USA)) et parfois regroupés avec les skarns tungstifères dont ils se
rapprochent par la paragenèse riche en scheelite, mais en diffèrent par leur
association à des granites leucocrates ;
Les skarns ont été exceptionnellement exploités pour le bore en Russie ou le gîte de
Dalnegorsk (Sibérie orientale) a fourni 90 % de la production de ce pays depuis
1970. Les borates précipitent dans des cavités de dissolution hydrothermale associées
à une intrusion éocène recoupant des calcaires du Trias.
Fig.27. Auréole de métamorphisme de contact idéalisé autour d’un pluton. Les skarns se
développent dans les niveaux carbonates de l’encaissant et peuvent se propager assez loin de
l’intrusion si la diffusion des fluides se réalise. Les skarns distaux déconnectés sont équivalents
des mantos.
Genèse
Les gisements présentent une mise en place polyphasée avec trois grandes étapes qui se
superposent habituellement très largement. Le fluide circule à travers un massif poreux
avec lequel il effectue des échanges chimiques (métasomatose de percolation).
• L’étape thermométamorphique correspond à la mise en place de l’intrusion et à
la déshydratation de l’encaissant, avec expulsion des fluides. Il s’agit d’un
processus isochimique qui transforme les calcaires en marbres ;
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d’Afrique du Sud. Les gisements sont situés dans un bassin paléozoïque, en marge d’un
craton précambrien, sur des zones de faiblesse crustale. Les minéralisations apparaissent
surtout dans les roches carbonatées argileuses, plus rarement dans des roches détritiques
siliceuses, des volcanites mafiques ou des intrusifs.
Ces gisements présentent globalement un caractère stratoïde sur les horizons favorables,
mais on peut aussi remarquer un contrôle structural, avec des minerais sur des
anticlinaux, sur des failles subverticales, ou dans des brèches sédimentaires ou karstiques.
Des sills plus anciens jouent parfois le rôle d’écran en limitant la perméabilité verticale.
Les gisements karstiques peuvent contenir des brèches et des sédiments internes à très
hautes teneurs : le gisement de Meikle, au Nevada, possède ainsi des poches à 300 g/t
d’or.
Minéralogie :
Pyrite, arsénopyrite, stibine (Sb2S3), réalgar (As4S4), orpiment (As2S3), cinabre (HgS) et
minéraux d’argent sont portés par une gangue de quartz, calcite, halloysite, barytine
(BaSO4) et/ou fluorine (CaF2). Les métaux de base sont rares ; l’or est associé à la pyrite,
ou inclus dans le quartz et l’illite.
Genèse
La source thermique à l’origine de ces gisements reste discutée. Compte tenu de
l’extension des districts, on a recherché des sources de chaleur régionale et invoqué,
pour le district de Carlin, le début du fonctionnement du diapir mantellique de
Yellowstone, ou la dénudation d’une lithosphère chaude lors de l’extension du Basin
and Range. La source des fluides serait alors météorique ou métamorphique. L’origine
de l’or reste inconnue, et elle a été recherchée dans des systèmes magmatiques ou dans
des concentrations exhalatives précoces.
Certains gisements du Nevada (Battle Mountain, Mike) et de l’Utah (Melco, près de
Bingham) sont synchrones de la mise en place de granites éocènes, une contemporanéité
confirmée par la datation isotopique Rb/Sr des gisements de type Carlin au Nevada. Les
relations entre ces systèmes magmatiques et les gisements d’or disséminé restent
cependant encore discutées (Muntean et al., 2004).
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Fig.29. Genèse des gisements de type Carlin. Les minéralisations se situent en limite de craton
et de marge continentale, à l’intersection de failles profondes et de chevauchements (d’après
Hofstra et Cline, 2000).
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Le magmatisme alcalin est rare puisqu’il ne représente que 5 % des roches magmatiques.
Il peut apparaître dans deux types de contextes géotectoniques en extension qui
permettent le passage direct vers la surface, sans contamination : rifts et ponts chauds.
Ce magmatisme représente les produits de la fusion partielle du manteau. Son
mécanisme de formation reste discuté. Il trouverait sa source dans un manteau
hétérogène pouvant appartenir à la lithosphère ou à l’asthénosphère.
Le magmatisme alcalin est ainsi à l’origine d’un grand nombre de minéralisations parmi
lesquelles les kimberlites et lamproïtes diamantifères et les carbonatites à terres rares, Nb
et Ta.
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constitués de carbonates plus ferrifères, intrusifs dans les complexes alcalins et les roches
associées (Sage et Watkinson, 1991).
Fig.32. Pipe idéalisé de carbonatite montrant notamment le maar avec son anneau de tufs
carbonatitiques en surface, et les syénites néphéliniques en profondeur.
Genèse
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2.1. Les gisements d’amas sulfurés ou « sulfures massifs volcanogéniques » (ou VMS
Volcanogenic Massive Sulfide)
Les VMS sont des gîtes qui se forment sur le plancher océanique à partir de sources
hydrothermales actives appelées « fumeurs noirs ». Ces gisements sont exploités pour
leur richesse en métaux de base tels que Cu, Zn et Pb. Ils contiennent aussi des faibles
concentrations en Ag et Au.
Les VMS sont des gisements relativement petits avec des tonnage de l’ordre de quelques
millions de tonnes pour la plupart d’entre eux. Les teneurs sont de 2 à 5 % de Cu, Zn
et/ou Pb et des quantités mineures de Au et Ag.
Genèse
Un magma pénètre la croûte océanique à faible profondeur. Il réchauffe l’eau de mer
présente dans les pores et fractures dans les roches sédimentaires et volcaniques et
entraîne l’ascension de l’eau. Ce mouvement aspire l’eau de mer autour de l’intrusion
et met en place un système convectif.
L’eau froide percole vers le bas à travers la croûte océanique par d’innombrables fissures
et grâce à la porosité. Sa température augmente progressivement alors qu’elle approche
de la chambre magmatique à 2-3 km de profondeur, elle est transformée en fluide chaud
hydrothermal : sa température est 350-400 °C et elle s’acidifie.
Le liquide chaud, acide et corrosif lessive les métaux des roches volcaniques et dans
certains cas des roches sédimentaires qu’il rencontre et ces métaux sont transportés vers
la surface, sous la forme de complexes formés avec le chlore, HS et OH. Les fluides
remontent initialement à travers les pores plutôt qu’au travers des fractures, jusqu’à ce
qu’ils arrivent en surface.
À l’expulsion, les fluides sont refroidis rapidement au contact avec l’eau de mer froide
ce qui entraîne une diminution drastique de la solubilité des métaux et provoque la
précipitation des sulfures. Une partie des sulfures sont accrétés autour des évents
hydrothermaux et forment des cheminées qui atteignent des dizaines de mètres avant
de s’effondrer et former une couche de débris de sulfures mélangés avec des sédiments
précipités chimiquement sur le plancher océanique. Cette couche a une faible
perméabilité et freine l’ascension du fluide à la surface ; le fluide piégé s’accumule sous
le plancher océanique où il se mélange avec l’eau de mer et précipite davantage de
sulfures qui finalement donneront des gisements de type VMS.
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Morphologie
Les gisements de type VMS consistent généralement en un corps de forme lenticulaire
ou stratiforme de sulfures massifs lités reposant sur un ensemble appelé « stockwork »
ayant grossièrement une géométrie conique, et formé d’un ensemble de veines
minéralisées qui recoupent la roche encaissante très altérée. La proportion des métaux
varie au sein du gisement : les sulfures massifs en position supérieure sont riches en Zn
et Pb (dans les gisements qui contiennent ce métal) alors que le stockwork est enrichi en
Cu et Au.
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Fig. 35. Diagramme d’un gisement VMS typique, à partir de l’exemple du « TAG sulphide
mound », sur la ride médio-atlantique.
Modifié d’après Hannington et al. 1998.
Synthèse
La précipitation de sulfures dans les fumeurs noirs n’est pas l’unique occasion d’observer
« en direct » la formation de gisement in situ. En effet, le plus grand gisement
hydrothermal sous-marin connu est toujours en formation dans l’Atlantis II Deep, un
bassin sédimentaire de 10km de diamètre situé au fond de la mer Rouge qui expulse en
permanence des saumures chaudes et denses. Dans ce gisement, plus de 100 millions de
tonnes de sédiments contiennent 2 % Zn, 0,5 % Cu et des quantités significatives de Au
et Ag.
Cette catégorie de gisements formés dans les bassins sédimentaires à partir des fluides
hydrothermaux libérés des piles sédimentaires par la (compaction ?) sont nommés
« SEDEX » ou gisements sédimentaires exhalatifs. Deux sous catégories sont les gisements
de type « Broken Hill » associés avec à la fois des roches volcaniques et des sédiments
d’origine chimique riches en fer ou manganèse, et les gisements de type irlandais,
localisés principalement dans des roches carbonatées. Les gisements SEDEX comportent
50 % des réserves et 25 % de la production mondiale de zinc et plomb.
Morphologie
Les SEDEX se trouvent typiquement sous forme de corps tabulaires et lenticulaires.
Minéralogie
Ils sont composés majoritairement de sulfures de Zn et Pb (sphalérite et galène) et ils
contiennent souvent des quantités économiquement importantes de Ag. Les sulfures de
zinc et plomb sont intercalés avec des sulfures de fer (pyrite et pyrrhotite) et avec des
sédiments chimiques ou détritiques généralement à grain fin.
Genèse
Les SEDEX auraient été formés à partir de fluides hydrothermaux qui furent expulsés de
bassins sédimentaires en grande partie réducteurs. Le point clé est la circulation profonde
de fluides qui s’infiltrent en descendant le long des marges d’un bassin sédimentaire et
traversent la pile de sédiments avant d’être expulsés et de remonter sur le plancher
océanique. La minéralisation est la conséquence d’un événement tectonique qui a activé
des failles majeures et entraîné une subsidence rapide dans le bassin sédimentaire. La
subsidence, éventuellement aidée par la chaleur apportée par des intrusions
magmatiques, a entraîné la mise en mouvement du système de circulation de fluides.
Les saumures s’enrichissent en Fe, Zn et Pb, métaux que l’on pense provenir du lessivage
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des oxydes qui enveloppent les minéraux des sédiments détritiques. Les métaux sont
transportés par les fluides hydrothermaux sous la forme de chlorures ou de complexes
variés de sulfates (SO42-). Lorsque les fluides se déchargent le long des failles au niveau
du plancher du bassin, les sulfures métalliques précipitent au niveau ou au-dessus du
plancher océanique lors d’une réaction avec H2S dans les couches anoxiques réduites à
la base de la colonne d’eau. La source la plus probable de soufre est le H2S biogénique.
Synthèse
1. Source de métaux : Roches sédimentaires détritiques.
2. Source de S : H2S biogénique.
3. Source de fluide : Eau de mer et eau souterraine contenue dans la porosité.
4. Moteur de la circulation de fluides : Compaction (?), convection liée à des intrusions
magmatiques.
5. Processus de précipitation : Refroidissement, réaction de fluides oxydés avec le H2S
contenu dans les eaux de mer.
2.3. Les gisements de type Vallée du Mississipi ou « Mississipi Valley Type » (MVT)
Les gisements MVT se forment à basse température (50 à 200 °C), et ils n’ont aucun lien
avec des magmas. Leur nom vient de la vallée du Mississipi au centre des États-Unis, où
ces gisements furent pour la première fois identifiés. Ils constituent une famille variée de
gisements de plomb - zinc, qui sont situés essentiellement dans des roches carbonatées
du Paléozoïque.
Les gisements MVT sont épigénétiques et stratiformes et sont encaissés dans des dolomies
et rarement dans des calcaires et grès, à faible profondeur sur les flancs des bassins. Un
contexte classique de formation est une plateforme carbonatée, par exemple un récif,
situé dans un bassin d’avant-fosse relativement peu déformé ou en bordure d’une chaîne
de collision.
Minéralogie
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Genèse
Comme pour de nombreux autres types de gisements, le principe de base est bien
compris, mais les détails, dont certains ont une importance cruciale, demeurent obscurs.
Il est admis que les métaux et le soufre présents dans les MVT dérivent des roches
détritiques du bassin sédimentaire. Quant au fluide hydrothermal, il est issu de l’eau
contenue dans la porosité, c’est-à-dire, l’eau de mer, qui a rempli les espaces entre les
grains détritiques du sédiment incomplètement consolidé. Le transport se fait par les
aquifères (horizon poreux) depuis la base du bassin sédimentaire ou les fluides sont
expulsés suite à la compaction jusqu’au récif carbonaté.
Le mécanisme de précipitation des sulfures du minerai est bien compris : les fluides
contenus dans le bassin sont relativement oxydés et ont probablement transporté les
métaux sous forme de complexes de chlorures ou sulfates. La réaction du fluide
hydrothermal salin transportant les métaux sous forme de complexes chlorurés avec des
sédiments riches en soufre entraîne la précipitation des sulfures de Pb et Zn, selon une
réaction du type :
Fig.37. Illustration de l’origine des gisements MVT : (a). Contexte de récif dans un bassin
sédimentaire et (b). Contexte d’une chaine de collision.
D’après Evans, 1993.
Synthèse
1. Source de métaux : Roches sédimentaires détritiques du bassin.
2. Source de S : H2S biogénique ou sulfures sédimentaires.
3. Source de fluide : Eau contenue dans la porosité.
4. Origine de la circulation de fluide : Compaction(?), déformation tectonique
(?), hausse du niveau des mers (?).
5. Processus de précipitation : Réactions d’oxydoréduction lorsque l’eau oxydée du
basin rencontre de la matière organique contenue dans les faciès carbonatés.
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Les gisements aurifères primaires sont pour la plupart d’origine hydrothermale. Les types
de fluides responsables de la formation de ces gisements sont variés et de haute
température parce qu’ils sont le plus souvent intimement liés à des magmas.
- Le deuxième type forme des gisements à or et argent dans les parties plus distales
des édifices volcaniques, à partir de mélanges des fluides magmatiques et
météoriques.
L’or est transporté sous forme de complexes de chlorures (Cl-) ou de sulfures (HS-) dont
la stabilité dépend fortement de la composition, du pH, et du potentiel redox (Eh) du
fluide.
Lorsque ces paramètres changent, les complexes se rompent et les métaux sortent de la
solution. Pour les fluides de basse sulfatation, l’or précipite lorsque l’ébullition du fluide
entraîne une perte de H2S dans la phase gazeuse, ou lorsque le fluide se mélange avec
l’eau météorique froide et oxydée. Pour les fluides de haute sulfatation, les causes de la
précipitation de l’or sont moins comprises.
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Aussi appelés gisements d’or orogéniques du fait de leur lien intime avec les orogenèses
(formation des chaines de montagnes), les shear zones aurifères sont l’une des catégories
les plus importantes de gisements d’or (30% de la production mondiale d’or en 2005).
Ils consistent en des veines de quartz seul ou associé avec des carbonates encaissées dans
des structures secondaires des zones de cisaillement majeures des terrains déformés et
métamorphisés, généralement dans le faciès schiste vert et rarement amphibolitique,
dans les marges en convergences de tous les âges.
Ces gisements sont particulièrement abondants dans les ceintures de roches vertes
archéennes dans plusieurs localités à travers le monde. Au Burkina Faso, toutes les mines
d’or industrielles (ainsi que la quasi-totalité des sites d’orpaillage) sont situées au sein de
ces ceintures des roches vertes birimiennes. Les roches hôtes sont de plusieurs nature :
volcanites tholéiitiques, intrusions felsiques à mafiques et rarement sédimentaires.
Minéralogie
Elle consiste en : or natif, quartz, carbonates, chlorites, séricite, pyrite, arsénopyrite et
fuchsite. Les autres minéraux indicateurs sont la stibine, la scheelite, la galène, ou la
molybdénite. Le cœur des structures est souvent marqué par du quartz et des carbonates
formant des structures filoniennes à haute teneur, tandis que la zone de dommage des
failles peut contenir également des concentrations disséminées.
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L’or est généralement fin et peu argentifère, associé à la pyrite et à la pyrrhotite, parfois
à l’arsénopyrite. Il peut être exceptionnellement piégé dans le réseau des sulfures,
majoritairement de l’arsénopyrite (jusqu’à 1,6 % Au dans l’arsénopyrite).
Genèse
La genèse des gisements d’or épigénétiques est liée à des circulations hydrothermales
d’origine métamorphique dans des zones de cisaillement. Il s’agit généralement de failles
secondaires qui sont réactivées après un jeu majeur des accidents régionaux. Aussi, les
ceintures des roches vertes renferment, en plus des formations volcano-sédimentaires,
des granitoïdes. Un lien probable entre les gisements d’or orogéniques et le magmatisme
à l’origine de ces granitoïdes peut donc être envisagé notamment comme sources de l’or
et aussi comme source secondaire des fluides hydrothermaux. Les fluides hydrothermaux
d’origine métamorphique sont émis par la déshydratation qui accompagne la
dissociation des minéraux hydratés lorsque la température ou la pression augmente.
Alors qu’ils pénètrent des roches métavolcaniques et métasédimentaires en traversant la
croûte, les fluides métamorphiques lessivent l’or et le transportent sous forme de
complexes bisulfurés Au(HS)2-.
Les fluides sont canalisés le long de discontinuités majeures et réagissent avec l’encaissant
à de plus faibles profondeurs dans la croûte ; les réactions produisent des zones
d’altération caractéristiques (séricitisation, silicification, carbonatation, albitisation) au
sein de l’encaissant, changeant la composition des fluides, et amenant à la précipitation
de l’or et des autres minéraux. Les structures tectoniques exercent un contrôle majeur
sur les sites de formation de gisements en guidant le passage des fluides.
Les zones en extension au niveau des failles ou au sein même des charnières des plis sont
des zones de prédilection, tout comme les zones où les roches sont bréchifiées ou
déformées et comportent une porosité importante remplie par des minéraux
secondaires.
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Conclusion
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Les gîtes minéraux endogènes sont formés par des processus géologiques internes :
magmatisme, métamorphisme et hydrothermalisme sont responsables de nombreux
gisements métallifères. Chacun de ces processus peut à lui seul conduire à la formation
d’un gîte métallifère. Cependant, il est plus correct de supposer qu’ils agissent en
tandem, très vraisemblablement à des degrés variables en fonction du contexte, pour
former les gisements endogènes. La compréhension des processus de genèse des
gisements métallifères est un outil capital qui sert à la prospection et à l’exploration.
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Les gîtes minéraux exogènes sont des gisements secondaires regroupant plusieurs types
de gisements qui se sont formés en surface ou à proximité de la surface terrestre. On en
distingue notamment deux catégories :
- La première catégorie comprend les gisements formés par sédimentation, c’est-à-
dire par l’accumulation de grains détritiques ou par précipitation bio et/ou
chimique dans les rivières, les lacs, les littoraux ou les milieux océaniques de
faibles à fortes profondeurs ;
- La seconde catégorie comprend les gisements formés dans les zones d’altération,
juste sous la surface, essentiellement dans les environnements tropicaux.
Trois grands types de processus métallogéniques ont été identifiés dans la formation des
gîtes minéraux exogènes :
- Les processus sédimentaires conduisant à la formation des gisements de type
placer : placers à or, placers diamantifères, placers à métaux lourds (Zr et Ti).
- La cristallisation depuis l’eau des lacs ou des mers formant la catégorie des
gisements dits sédimentaires. Les métaux et autres minéraux de valeur dans de
tels gisements sont solubles dans l’eau mais précipitent lorsque des niveaux de
saturations sont atteints ou lorsque l’eau change de conditions physico-
chimiques : sels, Fe et Mn.
- L’altération supergène essentiellement en milieu tropical forme des gisements de
type résiduel. Les métaux de valeur sont des minéraux qui sont stables dans les
zones d’altération intense à la surface de la Terre. En effet, de nombreux
minéraux constitutifs des roches (les ferromagnésiens essentiellement) se
transforment en phases secondaires solubles dans les eaux de surface,
particulièrement dans des environnements chauds et humides. Ces composés
migrent dans les eaux souterraines, laissant uniquement sur place les minéraux
insolubles qui deviennent de plus en plus concentrés lorsque les autres minéraux,
qui formaient la majorité de la roche, sont lessivés : bauxites (Al), gisements
latéritiques de Ni.
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Les gisements de type placer sont des concentrations de particules érodées de minéraux
de valeur dans des dépôts alluviaux ou éluviaux de sables ou graviers. Les minéraux dans
ces gisements sont des minéraux ayant des propriétés physiques particulières : densité,
dureté, comportement, résistance à l’abrasion ; qui permettent qu’ils soient concentrés
dans ce type de gîtes. Ils sont arrachés de leurs gisements primaires mis à l’affleurement
par l’altération chimique et l’érosion mécanique. Ils sont ensuite concentrés dans des
corps minéralisés secondaires (placers) par les processus géologiques de surface
(processus sédimentaires).
Les minéraux des placers sont capables de persister dans les environnements de surface
grâce à leurs propriétés physiques et chimiques (tableau 5.1). Ces propriétés physico-
chimiques sont : la densité, la dureté et le comportement. Elles permettent aux métaux
de résister à l’abrasion au cours du transport sédimentaire le long des rivières ou par les
courants littoraux. La densité particulièrement permet à ces minéraux d’être triés et
extraits des matériaux détritiques ou des fragments de roches et de se concentrer dans
les gisements. Pour le cas particulier du diamant, c’est seulement son extrême dureté qui
lui permet d’être accumulé. En revanche, l’or a une densité six fois plus grande que celle
des minéraux communs et avec de tels contrastes de densité, le courant des rivières trie
même des particules d’or très fines et produit des gisements de placer qui contiennent
des concentrations plusieurs milliers de fois supérieures aux clarke de l’or.
L’or est l’un des métaux les plus denses avec une densité de 19.33. En plus de sa densité
élevée, l’or est malléable et ductile, ce qui lui permet de perdurer au cours du transport
sédimentaire. Les particules d’or des placers proviennent des gisements d’or primaires
filoniens. Elles ont ensuite été concentrées dans les lits des rivières. Une autre sous-
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catégorie de gisement de placer comprend ceux formés par l’action du vent et des
rivières temporaires dans les déserts de sable des plaines plates et arides.
Les gisements de placers à or ont produit les deux tiers de tout l’or extrait jusqu’à
présent. Désormais, l’extraction de l’or de placers est uniquement artisanale, et ne
représente plus qu’une proportion mineure de la production globale d’or.
Les placers à or consistent en des accumulations de particules d’or dans des graviers, des
sables ou des sols de tout âge, et dans leurs équivalents consolidés. Deux grands types
de gisements peuvent être distingués :
- Les gisements alluviaux, dans lesquels l’or est transporté par les rivières ou les courants
littoraux puis séparé des autres minéraux par l’action de ces courants ; et
- Les gisements éluviaux, dans lesquels l’or reste plus ou moins en place sur le site
d’affleurement du gisement primaire tandis que les autres minéraux sont lessivés. Un
placer éluvial à or se forme sur la pente des reliefs immédiatement en dessous des veines
à or affleurant : les glissements par gravité, et/ou l’action du vent ou de l’eau libèrent
les composants les plus légers et ne laissent sur place que les denses particules d’or.
- Un autre type de processus forme des placers dans les plaines désertiques, où les vents
et les inondations occasionnelles chassent les minéraux solubles ou peu denses.
Mode de concentration
Dans le cas des placers alluviaux formés dans les lits des rivières, les processus
hydrauliques concentrent l’or là où la vitesse du courant diminue notablement ou bien
là où des courants de vitesses contrastées ou de styles différents (laminaire ou turbulent)
sont juxtaposés. Par exemple des placers se forment dans les bancs de sables et de
graviers à l’intérieur des méandres, sous les chutes d’eau et les rapides descendant des
grands rochers, dans les lits des rivières, sous les couverts végétaux, le long des lignes de
rivages sur les plages, et au niveau d’autres sites de piégeage comme des fractures ou de
rides dans le lit des rivières.
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Fig. 5.2. Mode de formation des placers à or sur le lit des rivières
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Fig. 5.3. Holtermann nugget, NSW (1928), la plus grosse pépite d’or jamais découverte
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Fig.5.4. Coupe des sites de piégeage du diamant dans les rivières (d’après Jacob et al., 1999).
En 1867, les enfants du fermier boer Daniel Jacobs jouent avec des cailloux dans la
rivière ; l’un deux trouve une petite pierre blanche, et en parle à un voisin, Schalk van
Niekirk. Bien que la petite pierre ait été jetée, on la retrouve dans la poussière de la
cour. Schalk offre de l’acheter, et on la lui donne. Avec le vague instinct que la pierre
est inhabituelle, Schalk demande à un marchand ambulant, John Reilly, s’il peut trouver
un acheteur. Plusieurs marchands examinent la pierre, la trouvent jolie ; l’un d’eux dit
qu’il peut s’agir d’une topaze, mais aucun n’offre le moindre penny. Reilly aurait pu la
jeter, mais il montre le caillou à Lorenzo Boyes, un commissionnaire civil à Colesberg,
qui observe que la pierre griffe le verre, et dit qu’il pense que c’est un diamant. La pierre
est alors envoyée pour examen à un minéralogiste du Cap, le Dr Guybon Atherstone.
Pour économiser, on l’envoie dans une enveloppe non scellée. La réponse de l’expert
est la suivante : « Je vous remercie pour la pierre que vous m’avez envoyée. C’est un
véritable diamant, pesant 31 carats un quart, et vaut 500 livres… Il doit y en avoir
d’autres d’où il vient. Puis-je l’envoyer à Mr Southey, secrétaire de la Colonie ? »
Sur la base du rapport d’Atherstone, le gouverneur du Cap envoie la pierre pour
l’exposition de Paris, où elle crée de l’intérêt mais sans plus… Les recherches dans la
vallée du Vaal sont décevantes ; mais dix mois plus tard, 50 km plus loin, on trouve un
deuxième diamant à la jonction de la rivière Vaal et du fleuve Orange. Quelques petits
diamants sont découverts en 1868 et, en mars 1869, un magnifique diamant blanc de
83,5 carats est découvert par un berger Griqua à la ferme Zenfontein, près du fleuve
Orange. Schalk van Niekirk fait de ce berger un richissime, en achetant le diamant pour
500 moutons, 10 ânes, et un cheval. Le diamant est d’abord vendu 55 000 $, puis
revendu pour 125 000 $ sous le nom de « Star of South Africa ».
Les premières prospections systématiques débutent en novembre 1869. De Klelk, un
boer, observe des grenats dans le cours d’un petit ruisseau près de Fauresmith. Il sait que
la présence de grenats peut indiquer celle de diamants ; dès le premier jour de sa
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Fig.5.5. Cadre géodynamique de genèse des différents types de formations de fer rubanées –
BIF (d’après Gross, 1996).
Géologie
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Minéralogie
Le fer se présente sous forme d’hématite, de magnétite et de silicates, tels la greenalite
et le stilpnomélane. On observe également de la goethite et des minéraux de manganèse
(pyrolusite, manganite, hollandite) pouvant parfois constituer des concentrations
économiques.
Les gîtes de type Algoma sont généralement plus petits et associés à l’activité volcanique,
souvent bimodale. Ils apparaissent dès l’Archéen, entre 3,4 et 2,9 Ga. Les teneurs sont
en moyenne de 25 % Fe (de 15 à 45 % selon les gîtes) avec parfois du manganèse au
Paléozoïque (de 10 à 40 %). Ces gisements contiennent davantage de sulfures, et ils sont
encaissés dans des shales, des volcanites ou des roches détritiques.
Minéralogie
Les minéralisations forment des couches puissantes (de l’ordre de 100 m), avec une
association à magnétite, hématite, sidérite magnésienne, pyrite, pyrrhotite, quartz sous
forme de chert, chlorite, amphibole, biotite, feldspath, chalcopyrite. Elles sont parfois
enrichies par des métaux de base ou associées à ceux-ci (Cu, Pb, Zn, W).
Genèse
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Fig.5.6. Genèse et environnement de dépôt des BIF, (d’après Klein et Beukes, 1989)
3.1. Le manganèse
Les gisements lités de Mn sont formés par un processus très similaire aux formations de
fer. Les minéraux d’intérêt, la pyrolusite, un oxyde (MnO2) ou la rhodochrosite, un
carbonate (MnCO3) précipitent depuis l’eau de mer et forment des roches sédimentaires
stratifiées. On peut distinguer quatre grandes familles de gisements de manganèse :
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Au Burkina Faso, le gisement de manganèse de Tambao est encaissé dans une colline
située dans l’extrême Nord du pays, date du Birrimien et se présente sous forme de
lentilles d’épaisseurs allant de 19m à 48m intercalées avec des niveaux de schistes
quartzitiques, des tufs et des laves. Le tout encaissé dans des gneiss et des micaschistes.
En plus du minerai de manganèse, le gisement de Tambao renferme aussi du cuivre natif.
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Genèse
La genèse des gîtes de manganèse impliquerait plusieurs mécanismes de concentration
du Mn : sédimentaire, hydrothermal en relation avec le volcanisme sous-marin et
altération supergène en climat tropical des zones continentales. Le modèle de genèse ci-
dessous est celui proposé pour les BIF à manganèse et les nodules de manganèse.
Les phosphates sédimentaires ou phosphorites, qui sont exploités pour être utilisés dans
la fabrication des engrais. Ils contiennent de 26 à 36 % P2O5 et sont parfois fortement
enrichis en fluor (3 %), en uranium (de 60 à 200 ppm) et en terres rares lourdes.
Il existe deux types de phosphorites :
▪ Les guanos, qui sont des déjections d’oiseaux. Sur certains sites, fréquentés par
des générations de colonies d’oiseaux, souvent des îles côtières, l’accumulation
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de ces guanos peut former des masses considérables à haute teneur (60 % P2O5),
exploitées en particulier dans le Pacifique (Île de Nauru, Chili) ;
▪ Les phosphates des bassins sédimentaires. Ils forment les plus importants
gisements de phosphates du monde. Intensément exploités aux États-Unis, en
Chine et au Maroc, ces phosphorites sont à la base de l’industrie des engrais. Ils
sont d’origine marine, formés dans un paysage de bassin en communication avec
une mer ouverte. Le pH, la température des eaux, et le CO2 sont les paramètres
qui vont intervenir dans la précipitation des phosphates à partir de l’eau de mer.
Aussi, ce milieu phosphaté favorise le développement d’une vie algaire et micro-
organique qui attire une faune abondante dont les os sont riches en phosphore.
Une fois morts, ces organismes participent à l’enrichissement des en phosphore
du gisement.
Au Burkina Faso, nous avons un gisement de phosphates à Kodjari dans la Tapoa qui
est en cours d’exploitation par la société publique Burkina Phosphates. Ce minerai est
employé pour fabriquer l’engrais à Koupela.
1. L’altération supergène
Lorsque des gisements de sulfures affleurent en surface, les minéraux sulfurés s’oxydent
et les métaux qu’ils contiennent sont lessivés et migrent pour s’accumuler dans une
couche plus basse, au niveau de la nappe phréatique. Dans cette couche, dite d’«
enrichissement supergène », les métaux sont 2 à 5 fois plus concentrés que dans le
minerai primaire. De plus, la localisation proche de la surface de cette couche rend
l’exploitation pratique et quasi immédiate.
La figure 5.9 ci-dessous présente une coupe dans une zone d’enrichissement supergène
au-dessus d’un corps minéralisé de sulfures de cuivre. La couche supérieure appelée «
chapeau de fer » ou « gossan » est composée d’oxydes de fer hydratés. Cette couche est
pauvre en autres métaux, mais a des textures alvéolaires qui témoignent de la présence
de sulfures en profondeur, elle est utilisée dans la prospection. La zone lessivée repose
sur deux niveaux enrichis. La zone supérieure de minerai « oxydé » contient une grande
diversité de minéraux secondaires – carbonates, silicates, sulfates, phosphates. En dessous
se trouve une zone d’enrichissement en sulfures, dans laquelle les sulfures contenant du
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fer, comme la chalcopyrite (CuFeS2), sont remplacés par des sulfures secondaires
dépourvus de fer ou très pauvres en fer, et contenant de fortes teneurs en Cu, comme
par exemple la chalcocite (Cu2S), la covellite (CuS) ou la bornite (Cu5FeS4).
Le meilleur exemple de zone d’enrichissement supergène est peut-être celle qui se trouve
au-dessus des gisements de porphyres de cuivre. Le minerai primaire du gisement de
Chuquicamata au Chili, contient seulement 0,8 % de Cu, mais il est recouvert par une
couche épaisse d’enrichissement supergène dans laquelle le minerai contient 2 à 3 % de
Cu.
Fig.5.9. Profil dans une zone d’enrichissement supergène. D’après Webb et Rowston, 1995.
Les latérites (du latin later, brique, à cause de leur utilisation ancienne en construction)
sont des sols ferrugineux pauvres en silice développés en contexte tropical. Ils couvrent
une grande partie de la zone tropicale humide, en particulier en Afrique, en Amazonie
et en Australie. La latéritisation tropicale est un long processus d’altération mécanique
et chimique qui produit des profils d’altération très variés en termes de puissance, de
teneurs, de chimie et de minéralogie des minerais. Le développement d’un profil
latéritique implique une destruction en surface des minéraux avec évacuation des
éléments mobiles (Si, Mg, Na, K, Ca, etc.) et par conséquent concentration en éléments
insolubles (Ni, Al, Fe, Mn, etc.). Ceux-ci migrent vers le bas du profil et recristallisent
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Fig.5.11. Coupe-type d’un profil latéritique avec positions des gisements supergènes pour
différents métaux (d’après Tardy, 1993)
▪ GISEMENTS DE BAUXITES
L’aluminium est le métal le plus abondant de l’écorce terrestre (8,1 %) après le silicium.
Elle se défi nit sur une base économique : une bauxite est une roche qui contient plus de
40 % Al2O3, peu de fer (< 10 % Fe2O3), de silice (< 6 % SiO2) et de titane (< 4 %
TiO2). En réalité, c’est une roche complexe composée pour l’essentiel de trois
hydroxydes et hydrates d’aluminium : la gibbsite, Al2O3.3H2O, monoclinique, la
boehmite, Al2O3.3H2O, orthorhombique, et le diaspore, AlO(OH), orthorhombique.
Ces minéraux sont accompagnés systématiquement de quartz, de kaolinite, de rutile, et
de goethite qui lui confère habituellement une teinte rouge brique, alors que les hydrates
d’aluminium sont blancs.
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Genèse
Comme toute latérite, la bauxite résulte du départ de la silice, du fer et des alcalins, en
climat lessivant à saisons marquées. L’aluminium est peu mobile et il s’accumule au cours
du lessivage. Au cours de la saison sèche, le bas niveau phréatique conduit à un lessivage
de la silice et du fer, tandis qu’au cours de la saison humide, le niveau phréatique est
haut et le fer est réduit et lessivé. Pour développer des concentrations de bauxite, le
climat idéal est un climat tropical humide avec 1200 mm de pluie par an, des conditions
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Fig.5.12. Les trois types de profils latéritiques nickélifères : argileux (type Murrin-Murrin),
silicaté (type Nouvelle- Calédonie) et oxydé (type Moa Bay) (d’après Troly, 1979 ; Elias,
2002).
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• Le minerai des gisements silicatés peut être traité de deux façons. La serpentine
nickélifère (de 1,5 à 10 % Ni, moyenne de 1 à 2 %, avec de 0,05 à 0,1 % Co),
peut être traitée par procédé pyrométallurgique (fusion de ferronickel et de
matte), tandis que la garniérite (de 10 à 20 % Ni, de 0,5 à 0,1 % Co), avec une
teneur moyenne se situant autour de 2 à 3 %, est traitée par procédé
hydrométallurgique.
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en or est marqué sur toute la hauteur par la néoformation de micropépites d’or pur,
issues du lessivage de l’or dans les parties superficielles érodées du filon.
Les latérites aurifères se forment à la suite de l’intense lessivage météorique de gîtes
aurifères en conditions tropicales humides à subtropicales. Ce lessivage amène une
redistribution de l’or dans les niveaux latéritiques, avec apparition de zones
d’enrichissement (Butt et Zeegers, 1992 ; Freyssinet et al., 2005). Ces gisements
latéritiques à faible teneur (de 1 à 3 g/t Au) sont exploités en carrière, comme à Syama
et Sadiola (Mali), et à Léro et Siguiri (Guinée ; photo e, planche 31) ; l’exploitation de
la saprolite minéralisée est la suite logique dans la plupart des gisements. Cependant, les
teneurs peuvent être localement plus élevées, comme à Ariab (Soudan ; 6 Mt à 12 g/t),
et Ity (Côte d’Ivoire ; 2 Mt à 8 g/t). De nombreux indices sont exploitées de manière
artisanale (photo h, planche 32). Le traitement peut parfois se faire par lixiviation en
tas, ce qui diminue encore les coûts de production.
Les latérites aurifères se forment dans différents contextes climatiques :
• Le climat tropical humide avec saisons sèches et humides (savane),
environnement des gisements de Syama et Sadiola, au Mali, de Léro en Guinée
(figure 9.15) (Zeegers et Lecomte, 1992), et de ceux du sud du Brésil ;
• Le climat tropical humide forestier, environnement des gisements d’Ity en Côte
d’Ivoire, de Yaou en Guyane française, de Cassiporé et Igarapé Bahia, au Brésil,
et d’Ashanti, au Ghana (gisement seulement pro parte latéritique) ;
• Le climat semi-aride, environnement des mines du craton Yilgarn en Australie
occidentale, comme Mount Gibson, et Bradoc (Webster et Mann, 1984 ; Gray et
al., 1992), du Soudan et du Botswana.
Les schémas de redistribution de l’or supergène sont assez similaires dans les trois
environnements, montrant une distribution « en champignon », avec un halo important
de dispersion dans la cuirasse et la zone d’argiles tachetées, ainsi qu’une zone d’or
résiduel avec peu de dispersion dans la saprolite (Freyssinet, 1993). Par rapport au faciès
saprolitique, le tonnage du faciès latéritique est plus important, mais il présente des
teneurs moindres. Dans les zones de pente, le champignon peut prendre une allure
dissymétrique.
Cette relative homogénéité de distribution relève du fait que la majorité des gisements
de latérite aurifère se formerait en contexte de savane. Les changements climatiques
ultérieurs seraient à l’origine des variantes relevées dans les profils latéritiques et dans la
distribution de l’or. Une stone line est une ligne de graviers de quartz et de granules
ferrugineux, pouvant être enrichie en or, au-dessus de la saprolite. Elle est issue du
démantèlement d’une cuirasse plus ancienne et se forme mécaniquement par
enfoncement dans un sol très plastique, lors de l’installation d’un climat forestier très
humide.
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Conclusion générale
La métallogénie est une science relative récente qui continue de se développer. Les processus
géologiques responsables de la formation des gîtes minéraux sont à la fois internes : le
magmatisme, l’hydrothermalisme, le métamorphisme, et externes : sédimentaire et altération
supergène. Les gisements formés par les processus géologiques internes sont qualifiés de
gisements primaires et ceux formés par les processus géologiques de surface sont dits gisements
secondaires. L’enrichissement supergène est seulement active sous le climat tropical.
Pour l’avenir, les métaux rares seront les plus demandés en raison de la transition « écologique »
actuelle. Les terres rares sont indispensables à l’industrie des hautes technologies et le lithium est
demandé dans la fabrication des batteries des véhicules électriques et hybrides.
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BIBLIOGRAPHIE
- ORE MINERAL ATLAS; Dan Marshall, C. D. (Lyn) Anglin and Hamid Mumin; 121p;
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