1 La filière au niveau national 1.
1 Présentation Le Sénégal dispose de 3,8 millions d’hectares de terres
cultivables. Le pays a fait de l’augmentation de la production agricole en général et rizicole en particulier
un objectif majeur. Depuis plus de 3 décennies, le Sénégal a consenti d’importants investissements aux
fins de développer la riziculture. Un vaste programme d’aménagements hydroagricoles a été initié
portant sur 105 000 Ha dans la Vallée et le Delta du Fleuve Sénégal (VFS), ainsi que sur la Falémé, et 5
000 Ha dans le Bassin de l’Anambé. De plus, d’importants travaux de réhabilitation d’infrastructures
existantes sont effectués chaque année afin de conférer à ces zones d’exploitation la capacité de
poursuivre l’effort d’amélioration de la productivité. Dans le même temps, le Gouvernement du Sénégal
joue sur des actions conjoncturelles afin d’encourager la production. Nous pouvons citer la subvention
des engrais et du matériel agricole, la gratuité au producteur du service d’appui-conseil et de la
recherche agricole, l’appui à la lutte contre les agressions aviaires et acridiennes, la facilitation de l’accès
aux semences, l’apurement des dettes en cas d’accidents climatiques, la mise en place de pistes d’accès
aux zones de production. Le pays dispose aujourd’hui d’un plan de développement devant concourir à de
grandes avancées socioéconomiques dans un pas de temps de 20 ans. Le Plan Sénégal Emergent – PSE
est une plateforme qui rassemble l’ensemble des politiques publiques économiques et sociales
sénégalaises. Elle vise spécifiquement à faire du secteur de l’Agriculture le moteur du développement
économique du Sénégal. L’atteinte de cet objectif passera d’abord par une mutation du sectaire primaire
dans ses principes fondamentaux. Le PSE s’appuie sur trois axes : (i) Transformation structurelle de
l'économie, (ii) Capital humain, Protection sociale et Développement durable, et (iii) Gouvernance,
Institutions, Paix et Sécurité. L’agriculture occupe une place de choix dans le PSE. Le plan se propose de
satisfaire trois aspirations dans le cadre de son axe 1 : (a) renforcer la sécurité alimentaire et rééquilibrer
une balance commerciale dégradée par les importations de produits alimentaires, (b) développer des
filières intégrées compétitives et à haute valeur ajoutée, (c) préserver les équilibres socio-économiques
et dynamiser l’économie rurale. Le Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise
(PRACAS - 2014), volet agricole du PSE, supporte une augmentation durable de la productivité devant
conduire à l’atteinte d’objectifs quantitatifs d’autosuffisance sur les produits essentiels. Le PRACAS
s’articule avec la Loi d’Orientation Agro-sylvo-pastorale (LOASP - 2004) et avec le Programme national
d’investissement agricole (PNIA) dont il hiérarchise les actions du volet agriculture en ciblant les filières
porteuses. Le Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR) concerne tous les aspects liés au
développement de la riziculture dans le cadre du PRACAS. Les objectifs clefs de cette initiative se
déclinent comme suit : (i) assurer la souveraineté et la sécurité alimentaires, (ii) réduire le déficit de la
balance commerciale, et (iii) participer activement à la croissance économique et la création d’emplois.
Le PNAR visait la production de 1 600 000 tonnes de paddy à l’horizon 2017 pour un investissement
estimé à 427 milliards FCFA pris en charge par l’Etat, les partenaires au développement, les organisations
professionnelles et le secteur privé. La stratégie prévoyait une contribution plus importante du système
pluvial (40%), le système irrigué devant fournir les 60% restants de la production. Toute une série de
mesures devaient supporter l’atteinte de cet objectif à savoir (i) la réalisation et la revitalisation
d’aménagements hydroagricoles pour systématiser la double culture et ainsi doper l’intensité culturale,
(ii) la modernisation de l’équipement agricole pour faciliter l’intensification, (iii) la mise en place d’un
fonds de commercialisation de 5 milliards FCFA à la Banque Agricole (LBA) et (iv) la régulation des
importations par l’indexation des autorisations d’importer sur les volumes de riz local achetés. Pourtant,
l’objectif de production n’a pas été atteint à l’issue du programme (seulement 1 million de tonnes ont
été produites en 2017). A partir d’une réévaluation du potentiel foncier, il a depuis été réactualisé.
L’autosuffisance en riz est désormais projetée pour 2023. ACK International Chantier filières Costea –
SAGI 1 Livrable 3 - note de synthèse – filière riz au Sénégal SODAGRI Le Sénégal a souscrit à l'Agenda
2063 de l’Union Africaine qui promeut, entre autres, une agriculture moderne pour une meilleure
production, productivité et valeur ajoutée, contribuant à la prospérité nationale et à la sécurité
alimentaire collective de l’Afrique (LPSDA 2018 – 2022). Grâce à ces efforts continus, d’importants
progrès ont été notés au niveau de la production qui est passée de 469 650 T en 2012 à quelque 1,4
million de tonnes en 2020. Cette production correspond à 63% des objectifs de croissance fixés pour la
filière riz par le PRACAS. 1.2 Production, importation et consommation La riziculture doit sa spécificité au
fait qu’elle est pratiquée à tous les niveaux de la toposéquence (USAID, 2016) : • La riziculture pluviale
stricte effectuée sur les terres exondées, • La riziculture dite de nappe effectuée sur les terres de
transition, • La riziculture inondée pratiquée sur les terres submergées, • La riziculture de mangrove.
Historiquement, la riziculture dans lesdites zones revêt un caractère traditionnel. A l’hivernage, le
calendrier cultural se présente comme suit. Tableau 1 : Calendrier cultural (culture d’hivernage)
OPÉRATIONS Travaux du sol consistant généralement à un offsettage (profondeur de 15 cm). Les labours
se font sur un pas de temps de trois ans PÉRIODE 15-30 juin (après la première pluie) Épandage d’engrais
ternaire (150 kg de 15-15-15) Semis avec une lame d’eau d’environ 5 cm Reprise de l’offsettage en mode
croisement avec le premier Application d’herbicide (8 litres de Propanyl et 2 litres de 2-4D) contre
Echinolochloa et principales cyperaceae 15 jours après semis 1er Épandage d’urée (120 kg) 2ème
Épandage d’urée (120 kg) 21 jours après semis 45 jours après semis Récolte à 14% d’humidité 90 à 100
jours après semis Pour la campagne de contre-saison, les activités commencent vers le 15 février avec
des variétés à cycle court ou intermédiaire afin d’éviter tout empiètement sur l’hivernage. La production
de riz au Sénégal est organisée en deux systèmes de culture que sont (i) l’irrigué, localisé dans le Bassin
de l’Anambé et dans la zone Vallée du Fleuve Sénégal avec des superficies aménagées de 5 000 et 105
000 Ha respectivement, (ii) le pluvial pratiqué dans les parties Sud et Sud-Est (Tambacounda, Kédougou,
Kolda, Sédhiou, Ziguinchor) et Centre (régions de Kaolack, Kaffrine, Fatick) à différents niveaux de
développement. La riziculture irriguée au Sénégal se pratique essentiellement dans deux zones
géographiques qui sont le Bassin de l’Anambé (BA) et la Vallée du Fleuve Sénégal (VFS). Les
aménagements hydroagricoles couvrent un total de 110 000 Ha répartis sur les deux bassins. Ils
représentent en 2016 seulement 35% de la superficie irrigable au Sénégal contre un objectif de 81% visé
dans le PSE. Le coût d’entretien des aménagements difficilement supportables par les exploitants et les
retards souvent notés dans l’exécution des travaux sont autant de causes qui peuvent expliquer cette
situation.