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Introduction

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Introduction

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INTRODUCTION

A.PRESENTATION DE L’OBJET DE RECHERCHE


La Constitution est le texte fondamental d’un Etat qui fixe les règles
d’organisation et de fonctionnement de ses institutions, définit les droits et les libertés des
citoyens et établit la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judicaire 1.
Ainsi, l’élaboration de plusieurs textes constitutionnels en RDC depuis son
indépendance jusqu’à nos jours a relevé plusieurs défis institutionnels et sociaux majeurs
car, chaque texte constitutionnel élaboré en RDC a présenté autant de forces et faiblesses
dues aux facteurs et contextes multidimensionnels.
Après une très longue période de colonisation que la République
démocratique du Congo, notre pays a subi de la main de son ancienne métropole la Belgique
de 1885 à 1960, l’histoire politique et constitutionnelle de notre pays nous renseigne qu’en
date du 30 juin 1960, la RDC accéda à son indépendance nationale et internationale comme
un Etat libre et souverain au cœur de l’Afrique.2
Cet Etat libre et souverain qui, en principe, s’était doté des mécanismes
politiques et juridiques pour assurer sa gouvernance autonome en tant qu’Etat.
Donc, la République démocratique du Congo comme tout autre Etat moderne
avait l’obligation légale d’élaborer un texte constitutionnel pour guider, encadrer et
sécuriser sa politique afin de garantir la paix, la stabilité, la sécurité, l’unité et le
développement de son peuple.
Il est important de relever que, l’élaboration des constitutions en RDC
constitue un processus complexe marqué par des contextes politiques, sociaux et
historiques variés.
Lorsque nous nous sommes investi sur la production constitutionnelle
congolaise, nous nous sommes mis en face d’un tableau de textes constitutionnels
constamment violés, ignorés, avortés, détournés et même inadaptés aux réalités
congolaises. Nous nous sommes vu dans un mouvement oscillatoire d’inflation de textes,
certains auteurs parlent même de « la kermesse constitutionnelle »3 parce que le Congo se
présente aujourd’hui au monde comme le grand producteur et consommateur des
constitutions. Mais, malgré la production intense de textes constitutionnels depuis son
indépendance, la RDC reste un pays politiquement, économiquement et socialement
instable en dépit de toutes ses richesses du sol et du sous-sol.
1
MBATA BETUKUMUSU ANDRE, constitution sans constitutionalisme « démocraties autoritaires » et
responsabilité sociale des intellectuels en Afrique centrale : quelle voie vers la renaissance africaine ?
Communication faite au sommet du CODESRIA : 30 années de recherche et production de connaissance en
sciences sociales en Afrique, 1973-2003, conférence sous régionale de l’AFRIQUE CENTRALE ? DOUALA, 4-5
octobre 2003, p6.
2
NDAYWEL E ZIEM ISIDORE, Histoire générale du Congo, Bruxelles, Editions De Boeck, 1998, p485-500.
3
MAMPUYA AUGUSTE, La production constitutionnelle au cours des transitions africaines, Nancy, Civitas
Europa, 2001, p. 61-63.
B.OBJECTIFS VISES PAR LA RECHERCHE
« Les objectifs sont des déclarations affirmatives qui expliquent ce que la
recherche vise, cherche à atteindre, ils expriment l’intention générale du chercheur et
spécifient les opérations qui devra poser pour atteindre les résultats escomptés. L’objectif
général indique le but ou l’intention globale visée par la recherche.

Les objectifs opérationnels d’un travail scientifique précisent l’objectif


général. Ils insistent sur les points où les aspects du problème étudiés et les opérations à
mener par le chercheur pour atteindre cet objectif principal. Les objectifs se formulent avec
des verbes d’action pouvant conduire à des opérations telles que observer, étudier, décrire,
définir, énumérer, vérifier, identifier, construire, analyser, comparer »4

Ce présent travail vise généralement à analyser les forces et les faiblesses de


la constitution du 18 février 2006 qui régit le pays dont le socle scientifique de nos
recherches qui constitue d’ailleurs son centre névralgique est son exposé des motifs et son
préambule qui ont particulièrement attiré notre attention patriotique sur leur continu
substantiel qui incarne l’esprit et la lettre du présent texte constitutionnel.

Certains éléments clés de cet exposé des motifs et du préambule de notre


constitution ont significativement suscité notre réflexion patriotique quant à leur
application, leur esprit, leur lettre et leur impact social, il s’agit notamment de la légitimité
des institutions de la République et leurs animateurs qui posent de sérieux problèmes à
chaque cycle électoral, l’injustice et ses corollaires les plus fâcheux que sont le tribalisme et
le régionalisme qui ont foncièrement ruiné notre pays.5

C. PROBLEMATIQUE ET QUESTIONS DE RECHERCHE


Il est d’abord précieux d’établir le distinguo entre « la problématique » et « la
question de recherche » afin de mieux les relier car, toutes deux sont des éléments
méthodologiques incontournables pour toute démarche de recherche scientifique. « La
problématique » est le « comment ? ». Elle est donc la voie que le chercheur opte pour
tenter de trouver la réponse à la « question de recherche » qui est le « quoi ? »6. Elle est
donc la présentation d’un problème à résoudre.

4
https://www.gpe-afrique.com/modledata/filedir/27/56/275642 de 355b 902cdc5ce4bc7547e7c185c97d10
consulté le 26 mai 2025.
5
La constitution du 18/02/2006, son exposé des motifs et son préambule p6 et 7.
6
https://shs.cairn.info/le-projet-de-these-de-dba-9782376870609-page-107?lang=fr consulté le 26 mai 2025
Après plusieurs décennies d’indépendance, la République démocratique du
Congo a fait face à beaucoup de défis d’ordre politique, juridique et sociologique tels que les
coups d’Etat militaires en l’occurrence celui du maréchal Mobutu de 1965 qui renversa
Joseph Kasavubu de la tête du pays, celui de Laurent Désiré Kabila de 1997 qui détrôna le
tout-puissant maréchal Mobutu du pouvoir. A cela s’ajoute plusieurs sécessions notamment
celle du Katanga sous le leadership de Moise Tshombe, celle du Sud Kasaï menée par Albert
Kalonji Ditunga, sans omettre plusieurs conflits ethnicotribaux qui ont sensiblement ruiné
notre pays sur tous les plans. Malgré plusieurs pactes républicains qui ont été mis en place
depuis la loi fondamentale de 1960 jusqu’au texte constitutionnel de 2006 afin de mettre fin
définitivement à cette situation, mas fort malheureusement nous nous sommes rendu
compte que le chemin est encore long pour arriver aux solutions idoines.

Mais curieusement les constituants du pacte républicain du 18 février 2006 a


dans son esprit considéré que l’injustice avec ses corolaires, l’impunité, le népotisme, le
régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme par leurs multiples vicissitude sont à
l’origine de l’inversion générale des valeurs et de la ruine du pays.

Théoriquement, il affirme la détermination du peuple congolais à sauvegarder


et à consolider l’indépendance et l’unité nationales dans le respect de nos diversités et nos
particularités positives sans mettre sur pieds des mesures juridiques claires de garde-fous de
cet esprit.

Eu égard à ce qui précède, la question suivante constitue la quintessence de


notre problématique :

- La division linguistique nationale consacrée au premier article alinéa 8 de la


constitution du 18 février 2006 a-t-elle renforcé l’esprit du tribalisme et du
régionalisme combattu dans son préambule ? Où a-t-elle réussi à unir réellement le
peuple congolais dans ses diversités et particularités culturelles positives ?

D.HYPOTHESES DE RECHERCHE
« L’hypothèse se présente comme une réponse anticipée que le chercheur
formule à sa question de recherche. Elle établit donc la relation qu’il faudra vérifier en la
comparant aux faits. L’hypothèse est un énoncé affirmatif, c’est une supposition ou une
prédiction, fondée sur la logique de la problématique et des objectifs de la recherche
définie. La formulation d’une hypothèse implique la vérification d’une théorie ou de ses
propositions. Elle demande à être confirmée, à être infirmée ou à être nuancée par la
confrontation des faits. »7

7
https// :www.gpe-afrique.com/moodledata/filedir/8cb33f9871ccdb49653cfcbabb513bccf7405dc consulté le
26 mai 2025.
Après que nous nous soyons posé les questions de recherches ci-haut, nous y
avons proposé les réponses suivantes qui, à la fin de nos recherches feront l’objet soit de la
confirmation soit de l’infirmation.

Il est indéniable aujourd’hui dans notre pays d’affirmer, qu’à la prise de


pouvoir de tous les présidents qui se sont succédés à la magistrature suprême, le langage
que nous appréhendons de la bouche des Congolais semble toujours divisionniste. Ce type
de langage pour un pays qui prône l’unité nationale de son peuple exprime irréfutablement
dans sa profondeur, cet esprit du régionalisme et du tribalisme combattu par l’esprit et la
lettre de la constitution du 18/02/2006 dans son préambule. Et dans ce cas ici présent,
l’unité nationale du peuple est loin d’être une réalité en RDC.

E. METHODES ET TECHNIQUES
« Une méthode de recherche scientifique est un processus qui permet
d’obtenir des connaissances et des informations fiables, grâce à de nombreuses étapes qui
permettent d’amasser et de vérifier ces connaissances et informations. Elle regroupe
différentes approches et techniques qui sont choisies en fonction de la problématique ou du
domaine.

Pour ce qui est des techniques, la technique désigne un outil, un moyen utilisé
pour atteindre un résultat partiel, un stade précis de la recherche. Les techniques sont donc
des outils momentanés, coordonnés, au moyen desquels on met en application une
méthode : sondage, interview, questionnaire, observations… »8

L’élaboration de la constitution du 18 février 2006 a été influencée par des


contextes politiques, sociaux et économiques complexes. Depuis son indépendance en 1960,
la RDC a connu plusieurs constitutions, chacune correspondant à un régime politique
spécifique. Ce processus apparait ainsi tellement complexe que la question de son
appréhension se pose et convie à méditer sur les méthodes à utiliser.

Au cours de notre analyse, nous avons trouvé que pour arriver à bon port, il
serait précieux de faire usage des méthodes historique et juridique. D’abord, la méthode
historique nous permettra de structurer chronologiquement notre travail pour analyser
l’évolution et le contexte de la réaction de la constitution du 18 février 2006 et la méthode
juridique qui nous aidera à analyser ses forces et faiblesses.

F. LES TECHNIQUES DE RECHERCHE

8
Nour El Houda LA RAOUI, cours intitulé « technique de la recherche », université frère Mentouri-constantine1,
L3 Français.
Au cours de notre travail, il nous a été bénéfique de recourir à la technique
documentaire, laquelle nous permettra de consulter des ouvrages de droit constitutionnel,
des rapports officiels, des articles académiques et documents historiques dans le but de
peaufiner notre travail.

G. APPORTS ET LIMITES DE L’ETUDE


A ce stade, selon OMAR AKTOUF9, la délimitation d’un sujet de recherche doit
toucher trois éléments primordiaux : l’espace, le domaine et le temps.

Restreindre son champ de recherche ne devrait guère être interprété comme


une marque de faiblesse et de fuite de responsabilités, bien au contraire, cela constitue une
contrainte de la démarche scientifique. C’est justement dans ce cadre que nous nous
proposons de circonscrire notre étude non seulement dans l’espace et dans le temps, mais
également dans le domaine. D’abord, dans l’espace, nous concentrerons beaucoup plus en
RDC et nous ferons quelques références à la République française.

Ensuite dans le temps, nous prendrons en considération la période politique


et constitutionnelle allant du 18/02/2006 jusqu’en 2025.

Enfin, dans le domaine, ce travail portera sur le droit constitutionnel. 10


Toutefois, dans une certaine mesure, il ne serait pas étonnant de nous voir nous inspirer
d’autres branches du droit afin de bien pouvoir décortiquer notre sujet.

Il convient de noter à ce stade que dans le cadre de la présente réflexion,


nous n’allons pas seulement relever les forces et faiblesses de la constitution du 18 février
2006 mais nous allons lever l’équivoque sur la question épineuse du tribalisme 11 et du
régionalisme qui se caractérise par la division linguistique régionale 12 consacrée par l’article
1er alinéa 8 de la constitution du 18/02/2006 en contradiction avec son préambule.

Ainsi donc, cette présente réflexion s’inscrit dans la lutte contre le tribalisme
et le régionalisme constitutionnalisés par la division de quatre langues régionales que l’on
appelle par défaut ‘langues nationales ‘ qui sont le tshiluba, le Swahili, le kikongo et le lingala
et propose une thérapie à court, à moyen et à long terme.

A court terme, elle prévoit la sélection d’une de quatre langues régionales


dites nationales comme une seule et unique langue nationale qui puisse identifier le peuple
congolais comme un même peuple.

9
OMAR AKTOUF, méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations, p.53-54.
10
DJOLI ESENG’EKELI JACQUES, Droit constitutionnel, Paris, L’harmattan, 2013, p.33
11
LANDRY HAZOUME GUY, Idéologies tribalistes et nation en Afrique, le cas dahoméen, présence africaine,
1972
12
MAMPOUYA JOSEPH, Le tribalisme au Congo, SV, Fenixx réédition numérique, 1983
, p.56.
A moyen terme, elle préconise l’apprentissage de toutes ces langues
régionales dans toutes les écoles sur toute l’étendue du territoire national afin de les
nationaliser réellement.

Et à long terme, elle suggère la mise en place d’une nouvelle langue issue de
ces quatre langues préexistantes qu’on appellera « le swatshikili » qui sera l’unique et la
seule langue nationale de la RDC qui pourrait dans une certaine mesure identifier les
Congolais comme un seul peuple uni afin d’épargner même les générations à venir à ne pas
souffrir de cette gangrène du tribalisme et du régionalisme qui ont ruiné la cohésion
nationale tant cherchée pour booster le développement de notre pays.

H.STRUCTURE DU TEXTE
Outre l’introduction générale et la conclusion générale, le présent travail se
structure en trois principaux chapitres, à savoir :

Le cadre théorique qui fera l’objet de notre premier chapitre où nous


déterminerons les concepts clés de notre étude, l’état de la question de notre recherche, les
théories explicatives de la recherche et les questions de recherche et la démarche suivie.

Le cadre empirique qui sera consacré à la description du champ d’étude, à la


justification des méthodes et techniques de collecte et analyse des données et aux difficultés
rencontrées.

Les résultats de la recherche ; qui se chargera de la présentation et de


l’analyse des résultats, de la discussion et interprétation des résultats au regard de l’état de
la question et de la proposition des solutions.

Cela étant, voyons à présent ce que nous réserve la suite du travail dans les
lignes qui suivent.

CHAPITRE PREMIER : CADRE THEORIQUE


SECTION 1.1. CONCEPTS DE L'ETUDE
La compréhension de la problématique de la rédaction de la constitution du
18 février 2006 nécessite une clarification préalable de certains concepts clés tant juridiques
que politiques. Ces notions nous permettent de cerner les enjeux liés à l’élaboration de ce
texte constitutionnel et d'en évaluer les forces et les faiblesses en voici les principales :
1.1.1. LA CONSTITUTION
La constitution se définit généralement comme l'ensemble des règles
juridiques fondamentales qui organisent les institutions de l’État, établissent la séparation
des pouvoir et garantissent les droits fondamentaux des citoyens. Selon le professeur
MAMPUYA KANUKA TSHAPULA « la constitution est la norme suprême qui confère une
légitimité à l'ensemble juridique d'un Etat »13.
1.1.2. LE CONSTITUTIONNALISME
Le constitutionnalisme est une culture juridique qui consacre la primauté de la
constitution, le respect des droits humains et la limitation du pouvoir politique 14.
1.1.3. LE POUVOIR CONSTITUANT
Le pouvoir constituant : est l'autorité qui élabore ou modifie la constitution. Il
peut être originaire dans le cadre d'une rupture institutionnelle ou dérivé lorsqu'il procède
d'un mécanisme prévu par la constitution existante. TSHIYOYO MALEMBE insiste sur la
nécessité que ce pouvoir soit exercé dans un cadre démocratique et inclusif 15.
1.1.4. LE PROCESSUS CONSTITUANT
Le processus constituant englobe les procédures, les acteurs politiques, socio-
juridiques et les contextes dans lesquels la constitution est rédigée. Selon KALELE NGALULA,
un processus réussi repose sur la participation citoyenne, la transparence et la recherche des
consensus.16
1.1.5. LA SOUVERAINETÉ NATIONALE

13
MAMPUYA KANUKA TSHIPULA, Droit constitutionnel congolais, KINSHASA, Editions universitaires africaines,
2014, p45.
14
Id., p52.
15
TSHIYOYO MALEMBE, Théorie générale de l’Etat en Afrique : Cas de la RDC, KINSHASA, Médiaspaul, 2012,
p120.
16
KALELE NGALULA, Le processus constituant en Afrique ; étude comparé RDC, Afrique du Sud et Ghana,
Paris, L’Harmattan, 2009, p88.
La souveraineté nationale, c'est un principe selon lequel le pouvoir appartient
au peuple.
1.1.6. L’INSTABILITÉ CONSTITUTIONNELLE ET LES TRANSITIONS POLITIQUES
L’instabilité constitutionnelle et les transitions politiques : l'histoire
constitutionnelle de la RDC se caractérise par une forte instabilité, avec plus de dix textes
constitutionnels où actes constitutionnels depuis 1960. Cela reflète la succession des
transitions politiques souvent marquées par des ruptures institutionnelles ou prises de
pouvoir non consensuel (coup d’État). KABALA WA KABALA souligne que cette instabilité
découle d'un manque de culture constitutionnel et d'un déficit de légitimité de régimes
successifs17.
1.1.7. LES FORCES ET FAIBLESSES
Les forces et faiblesses : la notion des forces et faiblesses fait référence à
l’évaluation critique d'un objet d'un texte ou d'un système. Voici comment cela se
comprend :
a. Les forces
Ce sont les points positifs, les avantages ou les aspects efficaces d'un texte,
d'un objet ou d'un système. Ce qui fonctionne bien, ce qui est utile, pertinent, solide ou
bénéfique.
b. Les faiblesses
Ce sont des points négatifs, les limites, les insuffisances ou les défauts d'un
système. Ce qui pose problème, ce qui est fragile ou inefficace.
1.1.8. L'EFFICACITÉ NORMATIVE ET LA PROTECTION DES DROITS FONDAMENTAUX
Une constitution efficace lorsqu'elle est appliquée dans les faits respecte son
autorité normative. En RDC plusieurs constitutions ont souffert d'un déficit d'effectivité
notamment en matière de protection de droits fondamentaux des citoyens. En matière de
protection des droits fondamentaux des citoyens TSHIYOYO note que l'écart entre les
dispositions constitutionnelles et leur mise en œuvre réelle nuit à la crédibilité du droit
constitutionnel congolais.18

17
KABALA WA KABALA, Les constitutions de la RDC : entre ruptures et continuités, Lubumbashi, presse
universitaire du Katanga, 2011, p 101.

18
TSHIYOYO MALEMBE, Etat et gouvernance constitutionnelle en Afrique centrale, BRUXELLES,
Larcier, 2013, p.97.
1.1.9. LE TRIBALISME
Le tribalisme renvoie ici à la tendance des groupes à défendre des intérêts
fondés sur appartenance ethnique, parfois au détriment de l’intérêt général 19. Ce
phénomène a souvent provoqué des tensions lors des processus de rédaction
constitutionnelles, en alimentant la méfiance entre communauté et freinant la construction
d'un consensus national.
1.1.10. LE REGIONALISME LINGUISTIQUE
Le régionalisme linguistique quant à lui désigne l'influence des identités
régionales et linguistiques dans la structuration du pouvoir politique et administratif. En
RDC, la coexistence de plusieurs langues nationales et régionales a parfois posé des défis
pour l'unité nationale, notamment dans les débats relatifs à la décentralisation, à la
représentativité institutionnelle et à la distribution des ressources.20

SECTION : 1.2. ETAT DE LA QUESTION


Nous ne sommes pas le premier à pouvoir aborder la question de la rédaction
et de l'évolution de la constitution du 18 février 2006 car, elle a suscité l’intérêt de

19
ZONGOLA NTALAJA GEORGES, The CONGO: from LEOPOLD to KABILA a peoples's hsitory, Ed
Books, 2002, p.147.
20
TSHIYEMBE MWAYILA, Pouvoir, langue et société en Afrique noire, L'harmattan, 1990, p.97.
nombreux chercheurs, tant sur le plan juridique que politique. Ces études, bien
qu'abondantes, révèlent des approches diverses et parfois fragmentées laissant subsister
des zones d'ombre sur certains aspects fondamentaux de la vie nationale.
Plusieurs travaux ont été consacrés à l'analyse de la constitution du 18 février
2006. MARCEL LIHAU, l'un des pères fondateurs du constitutionnalisme congolais, a jeté des
bases d'une réflexion sur l'adaptation du modèle constitutionnel occidental aux réalités
congolaises21. Son analyse reste encore une référence pou comprendre les fondements du
droit constitutionnel congolais postcolonial.
Par ailleurs, des études comme celles de NGOMA BINDA ou de MPINGA
KASENDA se sont penchés sur les aspects techniques et juridiques des textes
constitutionnels, en insistant sur leur instabilité et leur inadéquation à long terme 22. Ces
auteurs soulignent notamment que les constitutions congolaises ont souvent été adoptées
dans des textes de crise politique ou sous forte influence du pouvoir en place, ce qui limite
leur légitimité démocratique.
Plus récemment des chercheurs comme MUTAMBA MAKOMBO et KAMBIDI
MBUYI ont analysé la constitution de 2006comme une tentative de réconciliation entre les
exigences de stabilité institutionnelle et la volonté de la démocratisation.23
Toutefois, ces études mettent en évidence les failles de sa mise en œuvre,
notamment le non respect des dispositions sur la décentralisation, l’indépendance des
institutions et la participation citoyenne.
D’autres travaux à caractère plus politique se sont intéressés aux contextes de
transition constitutionnelle, notamment ceux de 1965, 1973 et de 2003. Ils montrent que
chaque changement de régime s’est accompagné d’une réforme constitutionnelle souvent
guidée par des considérations politiques immédiates.
Ainsi, ce présent travail entend combler cette lacune en proposant une lecture
chronologique et critique de la constitution du 18 février 2006 en identifiant les éléments
récurrents de sa fragilité en l’occurrence l’épineuse problématique du tribalisme et du
régionalisme combattus dans son préambule mais consacrés par le même texte en son
premier article au huitième alinéa par la division linguistique.
21
NGOMA-BINDA, Droit constitutionnel congolais, Lubumbashi, Editions EDIAFRIC, 1995, MPINGA
KASENDA, La pratique constitutionnelle en République démocratique du Congo, Paris, l'Harmattan, 2004.
22
Ibid., pp45-52.
23
MUTAMBA MAKOMBO, La transition politique en RDC et la constitution de 2006, Kinshasa, Université de
Kinshasa, 20120, p.p89-93.
SECTION : 1.3. THEORIES EXPLICATIVES DE LA
RECHERCHE
Pour MULOWAYI (2°28 cité par Thierry Kawaya, la théorie est l’ensemble des
règles, des lois systématiquement organisées, qui donnent l’explication d’un grand nombre
des faits24. Raymond Aaron quant à lui définit la théorie comme « un système hypothético-
éducatif constitué par une ensemble des proposions dont les termes sont rigoureusement
définis, élaborés à partir d’une conceptualisation de la réalité perçue ou observée ». Il s’agit
en effet d’idées, car toute théorie est le fruit d’une abstraction, d’une conceptualisation qui
tend à formule, en la simplifiant une représentation de la réalité. D’autre part, la théorie est
aussi un système, en ce sens que les idées sont formulées avec un souci de coordination, de
cohérence, d’articulation logique, en tentant d’ordonner l’ensemble au tour d’un moyen
central unificateur25.
Pour Thierry Kawaya Yuma, consulté en ligne, une théorie est un système de
concepts qui donne une explication d’ensemble de la connaissance. Autrement dit, c’est un
système conceptuel organisé et fondé par un ordre de phénomènes. Elle a pour mission de
tracer le cadre conceptuel dan s lequel les données relevant de l’observation ou de
l’expérimentation peuvent être traitées avec pertinence. C’est la théorie qui organise et
oriente toute la recherche. 26
Ainsi, la présente étude, centrée sur l’analyse de l’article 1 er, alinéa 8 de la
constitution du 18 février 2006 relatif à la division linguistique en République démocratique
du Congo, trouve sa base explicative dans deux grandes théories juridiques : la théorie du
constitutionnalisme et la théorie du pouvoir constituant. Ces deux cadres d’analyse nous
permettrons d’interroger la portée et les effets de l’organisation linguistique du territoire
national sur l’unité nationale, en lien avec les dynamiques tribales.
1.3.1. LA THEORIE DU CONSTITUTIONALISME

24
Https://www.memoireoneline.com/12/19/11325/m-scolarisation des eenfants-en-rupture-familiale-dans-la-
maison-Bakanja-ville-Lubumbashi:html consulté le 04 mai 2025.
25
Thierry Kawaya, note 21.
26
Thierry Kawaya, note 21.
La théorie du constitutionalisme se fonde sur l’idée selon laquelle la
constitution est constitue un instrument de limitation du pouvoir, garantissant les droits
fondamentaux et assurant l’organisation rationnelle et équilibrée des institutions 27.
Elle repose la suprématie du droit, de la séparation des pouvoirs et du respect
des libertés publiques. Dans notre contexte purement congolais, cette théorie nous permet
de questionner la capacité des normes constitutionnelles à encadrer les particularismes
ethniques et linguistiques de manière à préserver l’unité nationale.
Dans cette analyse constitutionnaliste, nous mettons en lumière la tension
entre l’affirmation d’identités locales (linguistique, culturelle ou ethnique) et l’exigence d’un
Etat unitaire et démocratique. Elle interroge notamment la compatibilité entre la
reconnaissance officielle de quatre langues nationales : le lingala, le kikongo, le swahili et le
tshiluba et le principe d’égalité et d’unité des citoyens, sans discrimination d’origine ou de
langue.
1.3.2. LA THEORIE DU POUVOIR CONSTITUANT
La théorie du pouvoir constituant, développée notamment par Emmanuel
Sièyes distingue le pouvoir constituant originaire qui émane du peuple et permet la création
d’une nouvelle constitution du pouvoir dérivé, destiné à réviser ou modifier la constitution
existante selon les formes établies28. Cette théorie éclaire les conditions dans lesquelles les
normes constitutionnelles sont adoptées et leur légitimité. Appliquée à l’article 1 er alinéa 8
de la constitution de 2006, cette théorie soulève une interrogation sur la volonté réelle du
constituant : s’agit-il d’une reconnaissance de la diversité linguistique à des fins
d4intégrations nationales ou d’une concession politique qui, à terme pourrait fragmenter le
lien national ? La légitimité du pouvoir constituant est ainsi questionner lorsqu’il consacre
des divisions susceptibles de renforcer des clivages identitaires.
1.3.3. L’OPERATIONNALISATION DES CONCEPTS
Pour mieux guider notre analyse, il convient de clarifier certains concepts
juridiques centraux :
a) LA CONSTITUTION : est la norme juridique suprême qui encadre l’organisation des
pouvoirs publics et garantit les droits fondamentaux.29

27
Dominique Rousseau, Droit du contentieux constitutionnel, Paris ? Montchrestien, 2001, p.12.
28
Emmanuel Sièyes, Qu’est-ce que le Tiers-Etat ?, Paris, 1789, p.85.
29
Hans Kelsen, Théorie pure du droit, Paris, Dalloz, 1962, p.205.
b) LA LEGITIMITE CONSTITUTIONNELLE : elle est la reconnaissance par les citoyens et
par les acteurs politiques de l’autorité s’une norme fondamentale indépendamment
de sa simple légalité30.

c) LA VELLEITE TRIBALE : est l’aspiration ou la tendance d’un groupe ethnique à


revendiquer un pouvoir politique fondé sur des critères identitaires, souvent au
détriment de l’intérêt général. Ces notions nous permettent de démontrer
clairement la manière dont la structuration linguistique du territoire national
congolais qui n’est pas juridiquement maitrisé est devenue aujourd’hui un vecteur de
fragmentation sociopolitique.

d) En ce sens, la grille d’analyse que nous avons mobilisée visera à mesurer si l’article 1 er
alinéa 8 de la constitution ne contribue pas indirectement, à alimenter les
dynamiques tribales en RDC31 contrairement à l’esprit de son préambule qui exprime
la volonté du peuple congolais dans la lutte contre le régionalisme et le tribalisme qui
font partie des vecteurs qui ruinent notre pays et déconsolident l’indépendance et
l’unité nationale32.

SECTION : 1.4 : QUESTIONS DE RECHERCHE ET


DEMARCHE SUIVIE
A. QUESTIONS DE RECHERCHE

30
Maurice Duvergier, Institutions politiques et droit constitutionnel, Paris, PUF, 1996, p.321.
31
La constitution du 18 février 2006, article 1er.
32
La constitution du 18 février 2006, p.7.
La question de recherche est un élément central de tout contenu scientifique
qui expose des recherches et expérimentations.
Elle est une problématique spécifique au domaine scientifique qui possède un
rôle et une place bien définis. Il s’agit d’un problème qui n’a pas encore été résolu, et son
rôle et de générer une recherche qui puisse l’élucider. La question de recherche de
recherche peut être implicite, cela dépend du sujet, du domaine de recherche ou encore des
choix de l’auteur33.
Les professeurs d’université Raymond Quivy et Luc Van Canpenhoudt disent
ceci à propos de la question de recherche : « cette question doit permettre au chercheur
d’exprimer le plus exactement possible ce qu’il cherche à savoir, à élucider, à mieux
comprendre ; partant de notre problématique principale qui interrogent les risques
d’exacerbations des clivages identitaires par la reconnaissance constitutionnelle des langues
nationales, la présente étude s’articule autour des questions suivantes :
QUESTION PRINCIPALE
La division consacrée à l’article 1 er, alinéa 8 de la constitution du 18 février
2006 contribue-t-elle à l’émergence ou à la consolidation des velléités tribales en République
démocratique du Congo ?
QUESTIONS SECONDIARES
 Comment la constitution organise-t-elle la cohabitation des langues nationales et
quelles en sont les implications juridiques et politiques ?
 En quoi cette reconnaissance de la division peut-elle renforcer ou affaiblir le
sentiment d’unité nationale ?
 Le cadre juridique actuel permet-il d’encadrer efficacement les risques liés à
l’instrumentalisation identitaires des langues ?
 Existe-t-il un lien observable entre la structuration linguistique et la fragmentation
territoriale ou sociopolitique ?

B.DEMARCHE SUIVIE
Pour répondre à toutes ces interrogations soulevées, notre étude adopte une
approche qualitative, juridique et analytique, reposant sur l’analyse documentaire et
l’interprétation des textes constitutionnels, juridiques et doctrinaux.

33
https://www.scribbr.fr/article-scientifique/question-de-recherche/consulté le 27 mai 2025
La démarche comprend :
 L’analyse textuelle de la constitution de 2006, notamment de son article 1 er alinéa 8,
son préambule, ainsi que des dispositions connexes relatives à l’unité nationale, à la
décentralisation et aux droits culturels ;
 La mise en perspective historique à travers l’examen des constitutions précédentes
de la RDC afin de cerner l’évolution du traitement juridique de la diversité
linguistique ;
 L’étude de la doctrine constitutionnaliste, mobilisant les apports d’auteurs classiques
et contemporains sur la gestion juridique du pluralisme culturel et linguistique ;
 L’observation des pratiques institutionnelles et politiques, notamment en ce qui
concerne l’usage politique des langues dans les espaces parlementaires,
administratifs et médiatiques. Et donc, cette approche nous aide à confronter le texte
juridique à la réalité sociopolitique afin de dégager les tensions ou les convergences
entre l’intention du constituant et les effets concrets sur la cohésion nationale.

CHAPITRE DEUXIEME : CADRE EMPIRIQUE


Le cadre empirique d'un mémoire de recherche ou le cadre pratique ou
encore la partie de terrain est une partie de la recherche qui implique la collecte et l'analyse
des données pour tester des hypothèses vous pouvez vous livrer à des observations,
collecter ou analyser des données ou interagir avec des personnes qui font partie du cadre
de la recherche34. Pour mieux mener la collecte des données empiriques, les chercheurs
utilisent deux méthodes quantitatives et qualitatives. Ces méthodes sont principalement
dépendantes de l'objectif ou du but de la recherche.
 La méthode qualitative : est descriptive et se concentre sur des interprétations.
Les résultats sont exprimés avec des mots. Ces données qui ne sont pas
mesurables statistiquement, doivent être interprétées de façon subjective.
Cette étude peut être menée à l'aide d'une observation ou d'un entretien.
 La méthode quantitative : elle permet de prouver ou de démontrer les faits.
Les résultats sont exprimés en chiffre, le plus souvent sous forme de tableaux
statistiques ou graphiques. Cette méthode peut être menée à l'aide d'un
sondage ou d'un questionnaire.
Ce chapitre se subdivise en trois sections qui sont :
a. la description de champ d'étude (première section) ;
b. la justification des méthodes et techniques de collecte et d'analyse des données
(deuxième section) ;
c. les difficultés rencontrées.

SECTION 1 : DESCRIPTION DU CHAMP D'ETUDE


La description u champ d'étude permet au chercheur d'établir les limites et les
restrictions dans lesquelles l'étude sera menée. Décrire le champ de recherche, c'est définir
tous les aspects qui seront pris en compte dans le projet de recherche. Mais il est également
important de préciser les aspects qui seront pas couverts, c'est-à-dire ceux qui sortent du
cadre d'étude. Raison pour laquelle connaissant que la matière sur l'élaboration des
constitutions en RDC est très abondante et complexe que nous ne saurons pas toute
évoquer ni parler de toutes les forces et faiblesses qui ont caractérisé tous les textes
constitutionnels congolais de l'indépendance jusqu'à nos jours car, le pays a connu plusieurs
constitutions.
Ce que plusieurs auteurs ont qualifié de « kermesse constitutionnelle ». le
champ d'étude que couvre notre recherche concerne le plus particulièrement la constitution

34
Https:// tele-ens.univ-oeb.b2/moodle/pluginfile.php/366044/moderesoudre/content/1/cadre%20empirique
%20m%c3%A9movedocx consulté le 09/05/2025.
du 18 FEVRIER 2006 à son 1er article, alinéa 8 qui consacre la division linguistique de quatre
langues du pays en l'occurrence.

A. CHOIX DU TERRAIN
Dans ce présent travail, nous avons adopté l'approche nationale pour analyser
objectivement le phénomène de la division linguistique en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU
CONGO. En effet, en RDC avec plus de 250 langues locales répertoriées constitue un des
États les plus plurilingues d'Afrique. Cette diversité linguistique bien que constitutive de la
richesse culturelle du pays présente également des défis majeurs de gouvernance, d'unité
nationale et de représentation institutionnelle.
Le choix de couvrir l'ensemble du territoire national avec notre étude vise à
refléter la pluralité des expériences linguistiques selon les contextes géographiques,
notamment entre les zones urbaines et rurales. Les provinces frontalières (comme le HAUT-
KATANGA, le NORD KIVU, ou le KONGO CENTRAL), et les grandes agglomérations telles que
KINSHASA, GOMA, LUBUMBASHI, KASUMBALESA ou KANANGA).
Cette vue d'ensemble, nous permet bien évidemment de mieux cerner
l'impact réel de l'article 1, alinéa 8 de la constitution sur le fonctionnement de l’État et la
perception de la citoyenneté à travers les communautés linguistiques.

B. CONTEXTE SOCIOLINGUISTIQUE ET POLITIQUE


La RDC reconnaît, en vertu de sa constitution de 2006, quatre langues
nationales : le lingala, le swahili, le kikongo et le tshiluba, tandis que le français en demeure
la langue officielle. Toutefois, cette reconnaissance reste formelle, car il n'existe pas de cadre
juridique secondaire (lois d'application, politiques linguistiques sectorielles...) pour garantir
une mise en œuvre équitable et uniforme sur le territoire national.
Sur le terrain, nous observons de fortes inégalités d'usage et de statut entre
ces langues. Le swahili domine dans l’Est (NORD KIVU, SUD KIVU, HAUT-KATANGA, ITURI à, le
lingala est majoritaire dans l’Ouest et le NORD (KINSHASA, EQUATEUR, TSHOPO) tandis que
le kikongo reste très présent dans le KONGO CENTRAL. Ces inégalités créent un clivage
symbolique et pratique entre citoyens, notamment en matière d'accès aux fonctions
publiques, de participation politique et d'éducation ?
Plusieurs études démontrent que dans certaines administrations ou
institutions, la préférence donnée à une langue nationale spécifique conduit à des formes de
marginalisation linguistique, interprétées par des populations comme du tribalisme déguisé ;
cette perception alimente le repli identitaire et affaiblit le sentiment d'unité nationale en
contradictions avec les dispositions constitutionnelles.

C. ENJEUX NATIONAUX LIES A LA GESTION LINGUISTIQUES35


Nous avons remarqué que l'absence d'une véritable politique linguistique
nationale rend difficile la conciliation entre la reconnaissance de la diversité et l'unité
institutionnelle. Comme le note ANDRE MBATA B. MAGU, la reconnaissance
constitutionnelle des langues nationales sans dispositif légal ou institutionnel d'application
ouvre la voie à des usages déséquilibrés parfois arbitraires.
Ce vide juridique expose les institutions à une instrumentalisation des
appartenances linguistiques, notamment lors des périodes électorales où certains leaders
politiques mobilisent leur base sur des critères ethnolinguistiques 36 et même à la prise du
pouvoir de quelques régimes politiques, on observe cette appréciation du pouvoir par un
groupe de gens au nom de leur appartenance ethnolinguistique au détriment des autres
compatriotes ; le défi est donc double : préserver le patrimoine linguistique du pays tout en
garantissant une cohésion nationale stable, qui transcende les appartenances locales. La
situation actuelle témoigne d'une tension permanente entre la volonté d'unité politique et
les réalités d'un pays multilingue non régulé, ce que l’UNESCO qualifie de « pluralisme
linguistique non encadré » un facteur de fragilisation des États en contexte postcolonial37.
Le lingala, le swahili, le tshiluba et le kikongo comme des langues nationales qui
pratiquement sur le terrain garde un caractère régional qui ouvre clairement la porte aux
tendances tribales qui fragilisent l'unité nationale et la paix sociale. Cette division
linguistique consacre à notre sens le tribalisme et le régionalisme qui sont des corolaires de
l'injustice et bien d'autres qui constituent la gangrène qui ronge nos valeurs en tant qu’État
et ruine notre pays.

SECTION 2 : JUSTIFICATION DES METHODES ET TECHNIQUES


DE COLLECTE ET D'ANALYSE DES DONNEES
35
MBATA B. MANGU ANDRE, La constitution de la RDC : origine, contenu et perspectives, Editions
l’harmattan, 2018, pp. 71-74.
36
TSHIBANGU KALALA PIERRE, Langues nationales et citoyenneté en RDC, presses universitaires du
CONGO, 2015, p.112.
37
UNESCO, Rapport mondial sur la diversité linguistique et le développement, 2022, p112.
2.1. METHODES
« Une méthode de recherche scientifique est un processus qui permet à un
chercheur d'obtenir des connaissances, de renseignements ou des informations fiables,
grâce à de nombreuses étapes qui lui permettent de collecter et de vérifier ses
connaissances et informations.
Les méthodes de la recherche scientifique regroupent différentes approches
et techniques qui sont choisies en fonction de la problématique ou du domaine. On peut
penser à recherche expérimentale, la recherche qualitative, la recherche quantitative, la
recherche documentaire, la recherche appliquée, la recherche descriptive et bien
d'autres »38. Selon RENE DESCARTES « la méthode doit permettre à celui qui l'applique de
bien conduire sa raison et parvenir progressivement à la connaissance rationnelle de tout ce
qu'il peut atteindre »39. Au regard de ce qui précède et par rapport à notre sujet de
recherche, nous avons bien jugé d'adopter principalement deux approches méthodologiques
complémentaires afin d'analyser de manière rigoureuse les forces et faiblesses de
différentes constitution de la REPUBLIUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, avec une
spécialisation sur la division linguistique consacrée à l'article1 à l'alinéa 8 de la constitution
du 18 FEVRIER 2006. Il s'agit de la méthode historique et normative. Ces approches seront
enrichies par des techniques de collecte et d'analyse des données qualitatives, en vue d'une
étude à la fois juridique, contextuelle et empirique du phénomène.

2.1.1. LA METHODE HISTORIQUE


La méthode historique nous a permis de retracer l'évolution des constitutions
congolaises depuis indépendance en mettant en lumière la manière dont la gestion des
langues a été abordée ou négligée selon le contexte politique. Cette perspective
diachronique permet de comprendre les origines de clivages linguistiques actuels et leur
instrumentalisations politiques.40

38
Https://rseau actt.ca/actualités/méthode-recherche-scientifique consulté le 18/mai 2025
39
DESCARTES cité par D.HUISMAN et S. le STRAT, lexique de philosophie, Editions PARIS, 2007, p.110.

40
MUKADI TSHIBASU F., Évolution constitutionnelle de la RDC : entre ruptures et continuités,
KINSHASA, Éditions universités africaines, 2017, p. 45.
2.1.2. LA METHODE NORMATIVE
La méthode normative quant à elle nous a permis d'examiner le contenu des
textes constitutionnels, en particulier l'article 1 alinéa 8 de la constitution de 2006 à la
lumière des principes de l’État de droit, de l'égalité des citoyens et de l'unité nationale. Elle
nous également a permis d'évaluer la conformité de cette disposition avec les standards
démocratiques et les mécanismes de la cohésion sociale.41

2.2. TECHNIQUES DES COLLECTES DES DONNEES


Pour concrétiser ces approches, des techniques qualitatives ont été utilisées,
ce qui nous a permis de confronter les textes aux réalités sociales et politiques :
2.2.1. ANALYSE DOCUMENTAIRE
Elle a porté sur les différentes constitutions de la RDC, les lois organiques
relatives aux langues, les décrets exécutifs ainsi que des publications académiques, rapports
parlementaires et discours politiques. Elle nous a permis de documenter les évolutions
juridiques et d'identifier les constantes et discontinuités dans la reconnaissance des
langues42.
2.2.2. LES ENTRETIENTS SEMI-DIRECTS
Ces entretiens réalisés avec divers personnages notamment les
constitutionnalistes, les linguistes, les acteurs politiques et des responsables administratifs,
ils nous ont permis de recueillir des points de vue diversifiés sur l'impact concret de la
division linguistique dans la vie institutionnelle et nationale du pays. Avec l'objectif clair de
comprendre comment la disposition constitutionnelle étudiée et aperçue, interprétée et
appliquée dans la pratique.

2.2.3. TECHNIQUES D'ANALYSES DE DONNEES


L’analyse des données que nous avons collectées s'est faite en deux procédés
majeurs :
a. ANALYSE THEMATIQUE

41
KAPUTU NGOY, J. Droit constitutionnel congolais, KINSHASA, l'Harmattan, RDC, 2020, p.159.
42
Https://www.sgg.cd. Analyse personnelle des textes constitutionnels de 1960, 1964, 1967, 1974, 1992, 2003
et 2006 consulté le 13 mai 2025.
Elle nous a permis de dégager les catégories centrales autour de la division
linguistique telles que la représentation institutionnelle des langues, les tensions
communautaires liées à l'usage des langues ou encore à la politisation du facteur
linguistique.43
b. L'ANALYSE DES CONTENUS
Elle est beaucoup plus utilisée pour l'examen des textes juridiques et discours,
elle nous a permis d'identifier des éléments révélateurs de la place symbolique ou politique
attribuée aux langues nationales ou locales.44

2.3. JUSTIFICATION DE L'ARTICULATION METHODOLOGIQUE


La combinaison de la méthode historique et normative, renforcée par des
outils empiriques, se justifie par la complexité de notre sujet. En effet, la division linguistique
ne peut être comprise uniquement à travers les textes ou les discours : elle s’inscrit dans une
langue historique de gestion politique des identités et produit aujourd'hui des effets
concrets sur la gouvernance et l'unité nationale.

SECTION 3 : DIFFICULTES RENCONTREES


Durant le parcours de la mise en place de ce présent travail scientifique, nous
avions été butés à plusieurs difficultés de divers ordres, notamment :
3.1. ORDRE ORGANISATIONNEL
D'aucun n'ignore que toute pratique vient de la théorie acquise préalablement.
Au cours de cette année académique, la programmation des cours ne nous a pas permis de
bien élaborer notre travail car, les cours que nous devrions étudier avant de commencer la
rédaction de notre travail, telles que la rédaction du travail scientifique, l'initiation à la
recherche nous ont été dispensés après la remise des thèmes et même après que nous
avons démarré certaines parties alléchantes de notre réflexion, ce qui a caractérisé plusieurs
tâtonnements rencontrés au début de notre travail, voilà ce qui a causé dans une certaine
mesure la remise tardive de l'introduction et du premier chapitre de cette présente réflexion
auprès du directeur et du codirecteur pour la correction, les remarques et les directives pour
la bonne orientation de sa rédaction.
3.2. ORDRE FINANCIER
43
PAILLE, P et MUCCHIELLI, A., l'analyse qualitative en sciences humaines et sociales, op.cit, p134
44
BARDIN, L., L'analyse de contenu, op.cit., p97
Le manque des moyens financiers suffisants nous a fait défaut, nous rendant
ainsi la tâche très dure. Cela se justifie par l'absence quasi totale des outils modernes
nécessaires à la rédaction accélérée d'un travail scientifique, pas d'ordinateur, pas
d'imprimante...
les moyens limités à notre disposition ne nous ont pas permis de voyager à
travers tous les pays pour récolter toutes les données utiles par l'interaction avec les acteurs
sociaux et politiques de différentes régions du pays. Ces moyens limités ne nous ont pas aidé
ni à répondre aux exigences des bibliothèques fréquentées, l’acquisition d'une
documentation consistante ne dépend que des moyens financiers disponibles.

3.3. ORDRE TEMPOREL


Le manque de temps fait partie de grandes difficultés auxquelles nous avons
fait face dans l'élaboration de notre étude par rapport à notre thème de recherche, nous
devrions nécessairement remonté ou retracé l'historique constitutionnel congolais pour
aboutir à la constitution du 18 FEVRIER 2006 et nous entretenir suffisamment et
longuement avec plusieurs experts constitutionnels linguistiques et sociologiques sur
l'impact de la division linguistique régionale consacrée par les textes constitutionnels
congolais. Vu l'immensité de cette tache, nous avions l'obligation de descendre dans tous les
quatre coins de la RDC pour voir de quelle manière le peuple congolais disséminé à travers
les régions linguistiques perçoit cette division linguistique et ses retombées sur l'unité et la
cohésion nationale. Mais hélas, nonobstant ces quelques difficultés rencontrées nous avons
su créer le temps, mobiliser les quelques moyens financiers disponibles, sacrifiant certaines
nuits et certains jours et nous avons pus nous dépasser pour atteindre le minimum des
personnes ressources tout en nous privant besoins vitaux pour acheter ou louer les livres et
accéder aux différents moteurs de recherche Internet.
3.4. ORDRE DOCUMENTAIRE
L’accès à toute documentation sur la constitution du 18 FEVRIER 2006 et ses
retombées commenté par plusieurs auteurs n'a pas été une mince affaire pour nous, raison
pour laquelle certains détails et analyses pertinents peuvent faire défaut dans notre
réflexion.
CHAPITRE TROISIEME : RESULTATS DE LA RECHERCHE
Les résultats de la recherche sont l’ensemble des réponses correspondantes à
la question ou aux questions de départ. Il est donc question de segmenter, de classer, de
regrouper ou de comparer chacune des données recueillies pour dégager les interprétations,
trouver le vrai sens et enfin tirer des conclusions. C’est ainsi que notre dernier chapitre ici
présent portera sur :
- Section 1 : la présentation des résultats ;
- Section 2 : la discussion et l’interprétation des résultats ;
- La section 3 : les postpositions des solutions.

SECTION 1. : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

3.1.1. PRESENTATION DES RESULTATS

La présentation des résultats consiste à organiser ces derniers dans un ordre


de manière à permettre une bonne analyse. Elle peut se faire soit par graphique soit par
tableau. Voici la manière dont se présentent les résultats de nos recherches :

A. LES MECANISMES D’ELABORATION DE LA CONSTITUTION DU 18


FEVRIER 2006

L’élaboration de la constitution du 18 février 2006 a été l’aboutissement d’un


processus transitionnel initié par l’accord global et inclusif de Pretoria en décembre 2002. Ce
processus qui visait à instaurer un régime politique démocratique à la suite d’une longue
période des conflits armés et d’instabilité institutionnelle.

L’article 229 de la constitution dispose que « la présente constitution a été


adoptée par référendum organisé du 18 au 19 décembre 2005 et promulguée par le
président de la république le 18 février 2006 ».45

Ce référendum constituait une innovation majeure en matière de légitimation


populaire du texte constitutionnel marquant une rupture avec les précédentes pratiques
d’adoption unilatérale et autoritaire. Cependant, plusieurs critiques ont été formulées quant
au caractère réellement inclusif du processus. Effet, la participation citoyenne a été perçue
comme formelle, en raison d’un défaut d’information et d’éducation civique préalables 46. De
plus, la configuration politique de la transition a laissé peu de marge de manœuvre aux
forces sociales non représentées dans les institutions issues de l’accord de Pretoria.

Ainsi donc, la présente recherche que nous avons menée dans le cadre de
l’analyse critique de la constitution du 18 février 2006 de la République démocratique du
45
République démocratique du Congo, constitution du 18 février 2006 article 229.
46
Congo notre pays vise à évaluer les forces et faiblesses du texte fondamental, tout en
mettant un accent particulier sur la problématique de la division linguistique consacrée à
l’article 1er, alinéa 8. Cette disposition, en reconnaissant expressément quatre langues
nationales aux côtés du français, suscite de nombreuses interrogations quant à ses effets
réels sur l’unité nationale, la gouvernance et l’intégration communautaire.

Les données que nous avons collectées à travers l’analyse documentaire, les
observations institutionnelles et les entretiens exploratoires menés auprès d’acteurs
politiques, linguistiques et juristes révèlent un double constat :

D’une part, la constitution du 18 février 2006 constitue une avancée


incontestable par rapport aux textes antérieurs, notamment en matière de reconnaissance
de la diversité culturelle, de promotion des droits fondamentaux et de consolidation des
principes démocratiques. Elle intègre le pluralisme comme fondement de l’Etat de droit
congolais, et consacre pour la toute première fois le multilinguisme à l’échelle nationale.

D’autre part, cette constitution porte en elle des germes de division liés à la
gestion asymétrique du facteur linguistique.

L’élévation de quatre langues régionales au niveau national sans fondement


clairement établi a entrainé une perception de favoritisme linguistique et régional. Elle a
également favorisé une politisation des identités linguistiques, avec des effets délétères sur
la cohésion nationale, l’accès équitable aux services publics et la représentativité dans les
institutions.

En effet, les résultats de notre étude démontrent clairement que la division


linguistique constitutionnellement consacrée, loin d’être un simple outil de reconnaissance
culturelle constitue un vecteur potentiel de fragmentation sociopolitique.

L’absence de mécanismes d’équité linguistique, conjuguée à un vide normatif


concernant l’usage des langues dans l’administration, l’éducation et la communication
institutionnelle, accentue le risque de repli identitaire et de tribalisation des enjeux
politiques.

A la lumière de ces constats, la suite de ce chapitre vous propose une analyse


structurée des forces et des faiblesses de la constitution du 18 février 2006, avec une
attention particulière portée à la dimension linguistique, dans le but de formuler des pistes
de réforme visant une meilleure gestion du pluralisme dans un Etat démocratique et uni
comme c’est le cas sous d’autres cieux.

B. LES FORCES GENERALES DE LA CONSTITUTION DU 18 FEVRIER 2006

Ce texte constitutionnel présente plusieurs aspects positifs qui constituent


une avancée démocratique incontestable. La constitution du 18 février 2006 a d’abord
introduit :

1° LE REGIME DEMOCRATIQUE

Ce régime démocratique est essentiellement fondé sur la séparation des


pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, l’indépendance du pouvoir judicaire et le
respect des droits fondamentaux47 .

Sur le plan formel, la séparation des pouvoirs est bel et bien respectée dans la
mesure où le président de la république et le gouvernement assurent l’exécutif, l’assemblée
nationale et le sénat forment le parlement qui détient le pouvoir législatif, le pouvoir
judicaire étant dévolu aux cours et tribunaux comme l’avait voulu Montesquieu.

La doctrine de séparation des pouvoirs présuppose que le pouvoir corrompt


et la séparation des pouvoirs est essentielle à la liberté et à la démocratie.

Le constituant de la constitution du 18 février 2006 avait compris qu’il était


impérieux de limiter les principaux pouvoirs étatiques, le pouvoir exécutif, le pouvoir
législatif et le pouvoir judicaire afin que la RDC soit réellement dans un régime
constitutionnel.

Ce texte constitutionnel a permis à la République démocratique du Congo


d’organiser ses toutes premières élections libres, crédibles, inclusives, transparentes et
apaisées de son histoire depuis le premier cycle de 2006 jusqu’au récent cycle de 2023.

La tenue de toutes ces échéances électorales a donné la chance au peuple


congolais de se choisir librement et souverainement ses dirigeants du sommet de l’Etat à la

47
Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006, articles 1 à 5.
base, ce qui a redoré l’image de la RDC sur le plan international comme un véritable Etat
démocratique et pour prouver son impact constitutionnel, la constitution du 18février 2006
a permis à notre pays d’enregistrer sa toute première alternance pacifique et civilisée du
pouvoir entre un président entrant élu démocratiquement et un président sortant élu aussi
dans le respect des normes démocratiques. Cette passation démocratique du pouvoir entre
les présidents JOSEPH KABILA et FELIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO est un acquis
positif majeur de notre constitution car sans elle le Congo n’aurait jamais dans son histoire
politique un sénateur à vie comme c’est le cas aujourd’hui.

2° LA RECONNAISSANCE EXPLICITE DES DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET


CULTURELS

La constitution consacre de manière claire et détaillée les droits économiques,


sociaux et culturels, longtemps marginalisés dans les textes antérieurs. Elle impose à l’Etat
l’obligation de garantir à chaque citoyen le droit à la santé, à l’éducation, à un habitat
décent, à l’eau potable et à l’alimentation 48. Ce choix constitutionnel témoigne d’un
engagement envers la justice sociale et le développement humain.

3° LA CREATION DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

La mise en place d’une cour constitutionnelle indépendante dotée d’un


pouvoir de contrôle de la constitutionnalité des lois de la République, marque aujourd’hui
une évolution significative. Cette juridiction spéciale joue un rôle central dans la préservation
de l’ordre constitutionnel, l’arbitrage des conflits de compétence entre institutions et la
garantie des droits et libertés.49

4° LA CONSEVRATION DE LA PARITE HOMME-FEMME

L’article 14 de la constitution institue le principe de la parité entre les hommes


et les femmes dans l’accès aux fonctions publiques, électives et dans la vie politique en

48
République démocratique du Congo, Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février
2006, journal officiel N° spécial, Kinshasa, 2006, article47.
49
LUFUNGULA, L., La cour constitutionnelle en RDC : entre droit et politique, revue congolaise de droit
constitutionnel, N°8, Kinshasa, 2019, p101-115.
général. Ce mécanisme juridique s’inscrit dans une logique de lutte contre les discriminations
et d’inclusion équitable des femmes dans la gestion des affaires de l’Etat. 50 Les preuves et
prouesses de ce mécanisme sont légion dans notre pays aujourd’hui, avec la nomination de
madame JUDITH SUMINWA TULUKA comme première ministre cheffe du gouvernement,
une évidence que la RDC n’avait jamais connue dans son histoire politique et institutionnelle
de voir à la tête de l’équipe gouvernementale une femme comme première ministre.

La nomination de madame EVE BAZAIBA dans le gouvernement comme


ministre de l’environnement est une volonté manifeste et preuve tangible de la valorisation
et la considération de la gente féminine dans la vie politique congolaise. Que dire encore de
madame THERESE KAYIKWAMBA WAGNER au ministère des affaires étrangères qui fait
partie des portefeuilles clés du gouvernement où elle réalise des prouesses diplomatiques
incroyables.

Les impacts du principe de la parité homme-femme consacré dans la


constitution ne s’arrêtent pas seulement au niveau du gouvernement central même dans les
provinces ils se laissent sentir, c’est le cas de madame FIFI MASUKA SAINI gouverneure de la
province de LWALABA qui défend valablement le leadership féminin en abattant un travail
titanesque par la modernisation de sa province et particulièrement de la ville de KOLWEZI
avec la construction des infrastructures aéroportuaires, sanitaires, scolaires et universitaires
modernes répondant aux standards internationaux.

Ce principe constitutionnel a permis à la femme congolaise de mettre aussi


son savoir-faire à la construction nationale et au développement de notre pays.

C. LES FAIBLESSES DE LA CONSTITUTION AU PRISME


DELADIVISIONLINGUISTIQUE
1. LA CLASSIFICATION LINGUISTIQUE ARBITRAIRE ET INEGALE

L’article 1er alinéa 8 opère une hiérarchisation entre les langues en conférant
le statut de « langues nationales »à seulement quatre parmi plus de 200 parlées sur le
territoire national. Mais ce statut de langues nationales qu’il octroi aux quatre langues du

50
KABUMBA, M., Genre et constitution en Afrique francophone : l’exemple de la RDC, Editions l’Harmattan,
Paris, 2020, p.120.
pays manque des mécanismes ou de mesures d’application visant un usage national de ces
dernières. Une question perplexe qui se pose à notre conscience quant au statut des langues
nationales conféré à ces quatre est celle de savoir comment une langue nationale peut
toujours être parlée dans une région bien déterminée et ignorée dans d’autres ? Ce statut de
national perd tout son sens car elle reste régionale et distingue ses usagers des autres sur le
plan pratique.

Nous sommes allés d’ailleurs plus loin, jusqu’à desceller que cette distinction
n’a pas de critère ou mécanisme scientifique clair, ce qui crée un sentiment d’exclusion au
sein de nombreuses communautés linguistiques, notamment dans les provinces telles que
Haut-Uélé, Mai-Ndombe et du Sankuru.51

Ce choix sélectif, inscrit dans la norme suprême, institutionnalise une forme


de marginalisation culturelle incompatible au principe d’égalité des citoyens devant la loi et
au principe d’unité et de cohésion nationales du peuple congolais.

2. LA POLITISATION CROISSANTE DES APPARTENANCES LINGUISTIQUES

L’élévation constitutionnelle de certaines langues contribue au régionalisme


et à l’ethnicisation de la vie politique du pays. Dans de nombreuses provinces, les affiliations
linguistiques sont devenues des marqueurs identitaires utilisées à des fins électoralistes ou
clientélistes52. C’est le cas de le dire dans notre pays, nous avions assisté à certaines
pratiques politiques qui ne peuvent pas permettre à notre nation de se développer car, à
chaque cycle électoral, nous avons vu certains acteurs politiques battre campagne, se faire
accepter et se faire élire sans qu’ils aient un projet de société convainquant et une
compétence requise pour occuper des postes politiques ou administratifs de prise des
décisions mais ils se font voter au nom de leurs appartenances linguistiques régionales et par
51
TSHIBANDA, J., La diversité linguistique congolaise : enjeux et perceptions, Bruxelles, ULB, 2014, p.122.
52
Le rapport de l’observatoire congolais sur la cohésion sociale, langues et exclusions, Kinshasa, 2020, p.19.
Mabi Mulumba, le tribalisme en politique congolaise contemporaine, Lubumbashi, Université de Lubumbashi,
2018, p77.
conséquent nous avons aujourd’hui une classe politique dirigeante constituée
majoritairement d’incompétents, des gens qui n’ont pas été préalablement formés pour
gérer la chose publique et défendre l’intérêt national.

Cette ethnicisation ou régionalisation de vie politique justifie des tensions


intercommunautaires observées lors de scrutins ou de nominations publiques ce qui révèle
une instrumentalisation du critère linguistique, perçu comme outil d’accès à de hautes
fonctions publiques et ceci porte atteinte à l’unité nationale.

3. L’APPLICATION DEFICIENTE DE LA PLURALITE LINGUISTIQUE

Malgré sa reconnaissance, la mise en œuvre de la diversité linguistique reste


purement formelle. Aucun mécanisme législatif ou institutionnel ne garantit l’usage effectif
et équitable de quatre langues nationales dans l’enseignement, la justice, les médias publics
ou l’administration53.

Dans la pratique, le swahili et le lingala dominent largement les espaces


publics et institutionnels tandis que le tshiluba et le kikongo sont relégués à des fonctions
informelles. Cette asymétrie accentue la frustration des communautés linguistiques
minorées, nourrissant un ressentiment qui compromet la cohésion national.

Il en ressort que l’article 1 er alinéa 8, en reconnaissant ces quatre langues


nationales comme langues d’usage dans les institutions sans délimitation claire de leurs
domaines de compétence ou de leur portée normative a laissé franchement un vide
interprétatif propice à des tensions locales. Ce vide se traduit par une application non
uniforme et parfois discriminatoire des politiques linguistiques compromettant ainsi le
principe d’égalité des citoyens et menaçant l’unité nationale du peuple congolais.

Au regard de la situation actuelle que traverse notre pays sur le plan


économique, politique et social, l’analyse documentaire et les entretiens menés sur le
terrain avec divers acteurs nous ont aidés à comprendre l’écart qui existe entre la réalité
théorique de la constitution du 18février 2006 et la réalité pratique du terrain.

53
CENCO, Etat des lieux de l’accès à l’information publique en langues locales. Rapport annuel, 2021.
Comme nous le savons tous déjà que, la constitution est un texte qui
règlemente l’organisation et le fonctionnement des institutions de l’Etat et définit les droits
et les libertés de ses citoyens mais celle du 18 février 2006 nous présente des résultats
malheureux dans son application qui vont souvent en contrario de certains principes du
constitutionnalisme.

4° SUR LA GARANTIE DE LA PAIX ET DE LA SECURITE

Grâce à nos analyses documentaires et des échanges menés, nous nous


sommes réalisé que la constitution de 2006 n’a pas permis d’instaurer une paix durable ni
une sécurité généralisée sur l’ensemble du territoire. Malgré la proclamation de l’Etat de
droit et des droits fondamentaux, les conflits armés persistent, notamment dans l’Est du
pays (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri).

Les causes profondes de ces conflits notamment la concurrence pour les


ressources par les grandes puissances mondiales, l’ingérence étrangère, le cas de la force
spéciale rwandaise qui a fait son incursion dans la ville de Goma et l’impuissance ou
l’inefficacité des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) n’ont pas
été traitées de manière institutionnelle efficace. L’article 187 confiant à l’armée la mission de
défendre l’intégrité du territoire reste aujourd’hui largement théorique, car les FARDC
demeurent insuffisamment structurées, formées et équipées.54

Et donc, la paix et la sécurité partiellement garanties sur le plan normatif, mais


non effectives dans les faits.

5° LA STABILITE INSTITUTIONNELLE ET LA POLOTIQUE

Le texte constitutionnel prévoit un équilibre des pouvoirs, une limitation des


mandats (article 70), des élections périodiques et un pouvoir judicaire autonome. Toutefois,
la pratique politique montre une instabilité institutionnelle chronique, notamment :

54
https://www.MONUSCO.ORG.,rapport sur la reforme du secteur de sécurité en RD, mars 2023, consulté le 27
juin 2025.
 Des retards récurrents dans l’organisation des élections, le cas des cycles électoraux
de 2011 et de 2018, avec le fameux glissement de deux à trois ans de JOSEPH
KABILA ;
 Des tensions politiques entre institutions (présidence-parlement-gouvernement)
dont l cas le plus récent est le conflit de compétence procédurale entre l’assemblée
nationale dirigée par VITAL KAMRHE et la cour constitutionnelle pilotée par DIEU-
DONNE KAMULETA dans le dossier MATATA PONYO sur le détournement de deniers
publics alloués au projet agro-alimentaire de BUKANGALONZO. ;
 Ceci résume la tendance manifeste des acteurs politiques à l’instrumentalisation du
pouvoir judicaire.

La révision constitutionnelle de 2011 qui avait supprimé le second tour de


l’élection présidentielle (article 71) a affaibli la légitimité du président élu et a renforcé la
concertation du pouvoir exécutif55.

Au fait, la stabilité politique fragile à laquelle la RDC fait face aujourd’hui est
sujet à de fortes tensions liées à l’interprétation partisane de la constitution.

6° SUR LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL

La constitution prévoit des droits économiques et sociaux fondamentaux


(éducation, santé, logement, travail en ses articles 34 à 51). Cependant, les indicateurs de
développement humain en RDC demeurent parmi les plus faibles du monde :

 IDH : 0,479 (PNUD 2024);56


 Taux de pauvreté : environ 62 % ;57
 Accès limité aux services de base dans les zones rurales.

55
MBATA, MANGU, A., « La présidentialisation du régime politique congolais », revue africaine de droit
constitutionnel, SV, 2012, p.46-50.
56
https://www.undo.org.PNUD, rapport sur le développement humain, 24-RDC, consulté le 27 juin 2025.
57
Banque mondiale, profil de pauvreté en RDC 2023, Washington DC.
Par ailleurs, l’absence d’effectivité de ces droits révèle un écart entre le droit
proclamé et le droit réalisé. La décentralisation prévue pour le développement local (articles
3 et 204) souffre de graves lacunes financières et administratives.

Pour dire que le développement reste une promesse constitutionnelle non


réalisée, du fait de l’inefficacité des mécanismes prévus.

7° LA PRESERVATION DE L’INTEGRITE TERRITORIALE

L’intégrité du territoire national de la RDC est bel et bien affirmée à l’article 2


de la constitution. Pourtant, plusieurs provinces demeurent sous l’influence de groupes
armés locaux et étrangers, et des pans entiers du territoire échappent à l’autorité de l’Etat
tel est le cas actuellement dans les provinces du Nord et du Sud Kivu où la coalition AFC/M23
occupe et assure l’administration de deux provinces citées. Et d’ailleurs, les ingérences
étrangères, notamment rwandaise ont été dénoncées à plusieurs reprises par les autorités
congolaises et les nations unies58.

L’incapacité de l’Etat à sécuriser ses frontières met en question l’efficacité du


dispositif constitutionnel de défense nationale.

Donc, l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo est


menacée et reste précaire, malgré l’affirmation de ce principe dans le texte constitutionnel.

8° SUR L’UNITE DU PEUPLE

L’article 1er alinéa 8 consacre comme nous l’avons déjà dit la reconnaissance
de la diversité linguistique et culturelle. Dans l’optique de promouvoir une unité dans la
diversité. Toutefois, les tensions ethniques, tribales et régionales restent vivent
particulièrement lors des élections, dans les nominations publiques et dans les conflits
fonciers59.

58
Conseil de sécurité de l’ONU, rapport du secrétaire général sur la situation en RDC, S/2024/218 consulté le 27
juin 2025.
59
Groupe d’étude sur le Congo, les dynamiques identitaires et les conflits communautaires en RDC, mass 2024,
consulté le 27 juin 2025.
Des accusations de discrimination entre communautés sont fréquentes.
L’unité du peuple est davantage vécue comme une injonction institutionnelle que comme
une réalité sociale partagée.

9° SUR LACOHERENCE DE L’ENSEMBLE DU PROJET CONSTITUTIONNEL

La constitution de 2006, bien qu’ambitieuse, souffre de beaucoup de


faiblesses structurelles et pratiques. L’insuffisance de l’éducation civique et
constitutionnelle, le faible niveau d’appropriation par la population et la politisation des
institutions sapent l’idéal républicain. La justice constitutionnelle n’est pas parvenue à jouer
pleinement son rôle d’arbitre impartial. La révision constitutionnelle reste perçue comme un
tabou ou un instrument politique. A titre illustratif, l’annonce du président de la république
FELIX TSHISEKEDI de réviser ou de changer la constitution, juste cette annonce a soulevé des
tensions dans la classe politique, alors que la révision constitutionnelle devrait être un levier
d’adaptation démocratique.

SECTION 2 : DISCUSSION ET INTERPRETATION DES RESULTATS AU REGARD DE


L’ETAT DE LA QUESTION

La discussion et l’interprétation consistent à attribuer une réflexion aux


résultats de recherche à partir du cadre déterminé qui n’est autre que l’état de la question. Il
s’agit ici de donner un sens aux résultats obtenus de la recherche.

Après examen minutieux de la constitution du 18 février 2006, notre


recherche a révélé une contradiction constitutionnelle significative entre, d’une part, son
préambule qui condamne toute forme de tribalisme, de régionalisme et de discrimination
identitaire60, et d’autre par l’article 1er, alinéa 8 du même texte qui consacre une division
linguistique officielle en reconnaissant quatre langues nationales aux côtés du français. 61

Bien que cette reconnaissance linguistique puisse apparaitre comme une


volonté d’inclusion et de valorisation de la diversité culturelle congolaise, son application
dans le contexte politique, social et institutionnel révèle une série de dérives identitaires. En
effet, les résultats empiriques recueillis lors de cette étude montrent clairement que les

60
Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006, préambule, al.3.
61
Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006, article 1er, alinéa 8.
langues régionales dites nationales sont parfois instrumentalisées dans le but de favoriser
certains groupes tribaux et régionaux, au détriment du principe d’unité nationale proclamé
dans le préambule de cette constitution.

A titre exemplatif, dans la province du Kasaï oriental, la prédominance du


tshiluba a été identifiée comme un critère de préférence dans certaines désignations
administratives, ce qui tend à marginaliser les citoyens ne parlant pas cette langue. 62 de
manière similaire, dans le Haut-Katanga, la forte présence du swahili a contribué à un
régionalisme linguistique latent, notamment dans la mobilisation politique et les
revendications d’autonomie provinciale observées lors du processus de décentralisation
engagé après 2006.63

Par ailleurs, les campagnes électorales, surtout celles de 2011 et de 2018 ont
mis en évidence l’usage calculé des langues dites nationales comme vecteurs de propagande
ciblée, renforçant des clivages identitaires. Des leaders politiques ont ainsi été accusés de
s’appuyer délibérément sur une rhétorique ethnolinguistique pour consolider des bases
électorales régionales.64 Ce phénomène accentue la segmentation de l’espace public
congolais en micro-entités linguistiques, affaiblissant le socle d’une citoyenneté républicaine
commune.

En ce sens, la disposition linguistique de l’article 1 er alinéa 8, bien que


juridiquement neutre n apparence, s’avère dans les faits, source d’ambigüités et de tensions.
Elle introduit un cadre normatif qui sans garde-fous suffisants, a cruellement favorisé
l’exclusion et la fragmentation sociale au mépris des principes fondateurs d’égalité et d’unité
nationale.65

Ce paradoxe constitutionnel suggère l’existence d’un déséquilibre entre


l’intention normative affirmée dans le préambule et l’effet réel de certaines dispositions
notamment linguistiques (article 1er alinéa 8).

62
NZONGOLA, G.,the Congo : from Leopold to kabila,zedbook,2021, p.50.
63
International crisis group, Katanga : tensions et régionalisme, rapport Afrique N°249, 2023.
64
Comité laïc de coordination, observations sur les élections générales de 2018,2019.
65
MUTANDA MAKOMBO, M., droit constitutionnel congolais, presses de l’université de Kinshasa, 2024, p211.
Cette tension appelle à une relecture critique de la place des langues
nationales dans la gouvernance, en vue de prévenir leur instrumentalisation politique et de
garantir leur fonction intégrative dans un Etat unitaire décentralisé.66

Donc, il apparait que l’architecture linguistique actuelle de la constitution du


18 février n’est pas accompagnée de mesures d’encadrement claires et contraignantes, ce
qui consolide aujourd’hui les replis identitaires et qui fragilise la construction de la nation
congolaise. D’où une révision constitutionnelle ou, à tout le moins une régulation législative
rigoureuse s’impose pour harmoniser le pluralisme ou le singularisme linguistique avec les
impératifs d’unité nationale.

SECTION 3 : PROPOSITIONS DES SOLUTIONS

Face aux contradictions relevées entre le rejet du tribalisme et du


régionalisme proclamés dans le préambule de la constitution du 18 février 2006 et la division
linguistique institutionnalisée par l’article 1 er alinéa 8, il devient urgent à nous, la crème
intellectuelle congolaise de repenser le régime linguistique national de manière cohérente,
ambitieuse et unificatrice. Dans cette perspective, nous avons envisagé trois propositions
majeures à court, à moyen et à long terme ci-dessus.

1° SELECTION D’UNE LANGUE NATIONALE DE CONVERGENCE


AENSEIGNER ET PARLER SUR TOUT LETERRITOIRE NATIONAL

A titre transitoire, et dans un souci d’unification progressive, nous avons


proposé de désigner une langue nationale unique parmi les quatre actuelles, qui deviendrait
la langue véhiculaire principale dans toutes les écoles et institutions publiques du pays, en
parallèle du français.

Ainsi, nous avons murement réfléchi sur les critères de sélection de cette
dernière que voici :
66
Commission nationale de réforme constitutionnelle, projet de révision constitutionnelle sur les langues
nationales, document du travail, Kinshasa, 2025.
a) Facilité d’apprentissage à l’échelle nationale. Dans cette réflexion sur ce point, nous
avons compris que parmi les quatre langues nationales que reconnait la constitution
qui sont parlées dans les régions bien déterminées, ce qui a fait assez que ces langues
puissent garder une connotation régionale renfonçant ainsi à un certain niveau le
sentiment du tribalisme et du régionalisme dans le chef de certains citoyens
congolais. Il est nécessaire, pour que cette proposition soit concrétisée de choisir une
langue qui peut être apprise facilement sur l’étendue nationale de notre territoire et
cela avec l’apport significatif et objectif des experts linguistiques nationaux.
b) Répartition géographique et démographique de ses locuteurs : avec un esprit
nationaliste et un souci patriotique de voir l’unité nationale du peuple congolais
consolidée et sans le sentiment de favoritisme ou de préférence, nous nous sommes
réalisé que dans le choix d’une des quatre langues nationales actuelles de prendre
celle qui occupe un grand espace géographique et qui est parlée par un grand
nombre des citoyens à l’échelle nationale. Ceci permettrait son expression rapide
dans un temps record.
c) Capacité à devenir un outil de communication unificateur

Dans la sélection de la langue de ces quatre pour en faire la seule langue


nationale congolaise, il sied de tenir compte d’un aspect aussi important soit-il de la
capacité d’unification, de cohésion et de consolidation de l’unité nationale.

MESURES RECOMMANDEES

 Organisation d’un débat public national suivi d’un référendum consultatif ou d’un
vote au parlement, en vue de sélectionner la langue la plus consensuelle.
 Une fois la langue sélectionnée, son enseignement obligatoire dans toutes les écoles
devra être prescrit par une loi-cadre sur l’unification linguistique.

2° APPRENTISSAGE OBLIGATOIRE DES QUATRE LANGUES NATIONALES DANS


TOUTES LES ECOLES
Dans l’attente de l’implantation du swatshikili et pour renforcer la cohésion
nationale, il est impératif d’imposer l’apprentissage simultané de quatre langues nationales à
savoir (lingala, swahili, tshiluba et kikongo) dans toutes les écoles, dans tous les instituts
supérieurs et universitaires par un programme linguistique spécial.

JUSTIFICATION

Nous suggérons l’enseignement obligatoire de nos quatre langues régionales


dites nationales dans toutes les écoles de notre pays pour de raisons ci-après :

 Permettre à chaque congolais d’être capable de comprendre les langues de toutes les
régions, de communiquer aisément avec ses compatriotes. Ceci lui permettrait de ne
plus se sentir étranger dans toutes les régions du pays et de s’affirmer au milieu des
autres comme les siens.
 Déconstruire les préjugés intercommunautaires fondés sur l’ignorance linguistique.
Une fois ceci fait, cela nous éviterait toute forme de préjugés sur le fait que tel ne
connait pas notre langue, cela signifie qu’il n’est pas le nôtre, qu’il viendrait de telle
ou de telle région du pays car, des attitudes pareilles fragilisent la cohésion et l’unité
nationale d’un peuple.
 Promouvoir la conscience nationale plurilingue, facteur de tolérance et d’unité. Ceci
étant, tout congolais de toutes les régions de la République démocratique du Congo
cultivera dans sa conscience la pluralité linguistique congolaise et lui apprendra à
tolérer, supporter, considérer ses autres concitoyens parlant autres langues que celle
de sa région d’origine. C’est de cette manière que la culture linguistique nationale
peut-être inculquée dans la conscience de l’homme congolais.

MISE EN ŒUVRE

Comment matérialiser de cette proposition ? Nous avons réfléchi dans ce


sens :

 La mise en place de programmes scolaires unifiés intégrant les quatre langues, dès le
cycle primaire jusqu’à la sommité du système d’enseignement congolais.
 La formation continue des enseignants dans toutes les langues congolaises. Assurer
la formation permanente des enseignants congolais par la permutation des
inspecteurs formateurs d’une province à l’autre, c’est-à-dire ceux de l’espace
swhaliphone seront dans l’espace Kasaï ou tshilubaphone, lingalaphone et
kikongophone et ceci, vice versa.
 L’évaluation des compétences linguistiques plurielles dans les examens nationaux.
Lors des épreuves nationales telles que l’ENAFEP, le TENASOSP, l’EXETAT qu’il ait une
évaluation objective et rationnelle des élèves dans le domaine des langues nationales
tout en accordant une grande pondération à ce domaine et conditionner la réussite à
ces épreuve par la maitrise des langues nationales congolaises.

3°INSTALLATION D’UNE SEULE LANGUE NATIONALE COMMUNE (LE


SWATSHIKILI)

Afin de consolider l’unité nationale et d’éradiquer les tensions identitaires


liées aux appartenances linguistiques régionales, il est recommandé d’instaurer ou de mettre
en place une langue nationale unique et commune, proprement congolaise qui ne serait
l’apanage d’une ethnie ni d’une province particulière. Cette langue proposée sous le nom
symbolique de « SWHATSHIKILI » qui est d’ailleurs la contraction des quatre langues
nationales actuelles : swahili, tshiluba, kikongo et lingala, serait le fruit d’un travail de
standardisation linguistique intégrative.

Les objectifs visés par cette réflexion sont les suivants :

 Supprimer la hiérarchisation identitaire des langues. La lutte pour laquelle nous


nous sommes engagés est d’éliminer la prédominance et la préférence d’une
langue sur les autres ce qui frustrerait les autres compatriotes et créerait des
tensions identitaires linguistiques qui amplifierait les sentiments tribaux et
régionaux dans la tête de nos concitoyens.
 Rompre avec la logique d’appartenance ethnique associée à chaque langue
nationale actuelle. nous l’avons entendu, nous l’avons vu, nous l’avons vécu et
nous en avons été déjà victime dans ce pays aujourd’hui chaque congolais a une
tendance manifeste d’appartenir à une région par rapport à la langue y parlée
même à des occasions d’événements nationaux. Et nous l’avons d’ailleurs
démontré précédemment dans ce travail lors de l’élection présidentielle où il est
question de choisir l’homme qu’il faut, capable de diriger le pays et l’amener à
son développement économique, politique et social avec objectivité mais
malheureusement le peuple congolais est subjectif et élu son candidat président
de la République par ce qu’il parle la même langue que lui, même s’il n’a pas les
compétences requises pour les fonctions présidentielles mais son critère de base
est la langue du candidat président de la république. Un autre cas qui nous a
beaucoup plus touché est celui de deux compatriotes qui, lors d’un match de
football qui opposait l’équipe nationale de la RDC à celle de la Zambie
s’appropriait chacun les joueurs de la sélection nationale sur base de leurs noms
et l’autre est allé plus loin en s’opposant à la composition des onze joueurs
alignés par le sélectionneur, parce qu’il y avait des joueurs portant les noms
appartenant à une province bien connue qui était majoritaires sur le terrain.
 Créer un sentiment d’appartenance nationale par une langue neutre, née de la
diversité congolaise elle-même. Du moment où le Congolais de la Mongala, du
Nord-Kivu, du Kasaï, du Kongo-central, de Lualaba…parlera une langue unique et
commune, nous estimons bien que le sentiment d’appartenance nationale
règnera dans leurs consciences, l’unité et la cohésion nationale se cimenteront et
les sentiments d’appartenance ethnique associés à chaque langue nationale
actuelle sera stoppée. C’est ainsi que nous proposons le swatshikili avec une
certitude et un espoir optimiste selon lesquels, cette langue résorbera
progressivement le taux élevé du tribalisme qui gangrène la société congolaise
dans sa globalité.

MESURES PROPOSEES
Toujours dans cette optique, nous proposons ici quelques pistes de la mise en
place du swatshikili telles que :

 Le lancement d’une commission linguistique nationale chargée d’élaborer les bases


structurelles, grammaticales et lexicales du swatshikili.
 L’intégration progressive du swatshikili dans l’administration, les medias et le
système éducatif, parallèlement au français.
 L’organisation d’une consultation nationale pour valider l’initiative et garantir
l’adhésion populaire.

VOICI LE TABLEAU ILLUSTRATIF : Mots issus de quatre langues nationales pour le


swatshikili :

français lingala swahili tshiluba Kikongo swatshikili


bonjour mbote jambo wetwau mbote mbote
merci melesi asante twasakidila matondo matondo
eau mayi mayi mayi mazi mayi
manger kolya kula kudia kudia kula
maison ndaku nyumba nzubu nzo nyumba
travail mosala kazi mudimu kisalu mosala
ami moninga rafiki mulunda kinzutu rafinga
enfant mwana mtoto mwana mwana mwana
femme mwasi mwanamuke mukaji nkunto mukaji
paix kimia amani ditalala kimia kimani
père tata baba tatu tata tata
mère mama mama mamu mama mama
tête Moto’ kichwa mutu mutu mutu

CONCLUSION

L’histoire constitutionnelle de République démocratique du Congo est


jalonnée des textes fondamentaux élaborés dans des contextes politiques variés, souvent
marqués par des crises, des ruptures institutionnelles et des transitions incertaines.
De la loi fondamentale de 1960 à la constitution du 18 février 2006, l’ambition
affichée de chaque constituant fut de doter le pays d’un cadre normatif ou juridique
susceptible de garantir la paix, l’unité nationale, la démocratie et le développement.

La constitution du 18 février 2006 s’inscrit dans cette logique en se voulant


une réponse aux insuffisances des textes antérieurs, notamment ceux adoptés sous le
régime du parti unique ou durant les périodes de transitions. Elle introduit des avancées
notables notamment : la reconnaissance d’un Etat de droit démocratique, la séparation des
pouvoirs, la décentralisation territoriale, la protection renforcée des droits fondamentaux et
l’organisation pluraliste du paysage politique congolais.

Cependant, nonobstant ces progrès (forces), la constitution de 2006 n’est pas


exempte des critiques. Elle souffre de plusieurs faiblesses structurelles et politiques. L’une
de plus discutées dans notre travail est la division linguistique consacrée à l’article 1 er alinéa
a 8 qui reconnait quatre langues nationales sans pourtant prévoir une loi organique propre
spécifiquement consacrée aux langues nationales c’est-à-dire cette disposition sus-évoquée
ne prévoit pas un régime juridique détaillé. Cette reconnaissance constitutionnelle reste
déclarative, sans loin organique ou d’application spécifique aux langues nationales.

Or, selon l’article 123 de la même constitution, certaines matières comme les
droits fondamentaux, les libertés publiques ou les institutions culturelles et linguistiques
peuvent faire l’objet des lois organiques.

Les législateurs auraient du adopter une loi organique sur les langues
nationales, cela n’a jamais été fait jusqu’à présent.

Par conséquent, cette absence de lois organiques sur les langues nationales
crée un vide juridique qui rend l’application de l’article premier alinéa 8purement
symbolique. Elle contribue également à la confusion et à l’incohérence dans la apolitique
linguistique nationale, cela favorise des usages politisés ou régionalisés des langues
nationales, ce qui est problématique dans notre société marquée par des tensions tribales et
régionales surtout sur la scène politique avec des répercussions sociales ou communautaires
dangereuses.
C’est ainsi nous disons que cette disposition bien que reflétant une volonté
d’exclusivité culturelle ouvre potentiellement la voie à des tensions identitaires et tribales.

En effet, la coexistence officielle des quatre langues régionales a favorisé une


certain repli communautaire dans la gestion politique institutionnelle allant parfois à
l’encontre de l’idéal de l’unité nationale proclamée par la même constitution.

A la lumière cette présente analyse, plusieurs recommandations s’imposent :


la nécessité de la mise en place imminente d’une loi organique relative aux langues
nationales, l’adoption d’une langue nationale commune proposée ici sous l’appellation de
swatshikili qui symboliserait l’unité du peuple congolais et enfin le renforcement de
l’éducation civique et constitutionnelle pour permettre à chaque citoyen de s’approprier le
contenu et l’esprit de la constitution.

BIBLIOGRAPHIE

A. TEXTES LEGAUX

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B. OUVRAGES

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902cdc5ce4bc7547e7c185c97d10 consulté le 26 mai 2025.
2. Https://shs.cairn.info/le-projet-de-these-de-dba-9782376870609-page-107?lang=fr
consulté le 26 mai 2025
3. Https// :www.gpe-afrique.com/moodledata/filedir/
8cb33f9871ccdb49653cfcbabb513bccf7405dc consulté le 26 mai 2025.
4. Https://www.memoireoneline.com/12/19/11325/m-scolarisation des eenfants-en-
rupture-familiale-dans-la-maison-Bakanja-ville-Lubumbashi:html consulté le 04 mai
2025.
5. Https://www.scribbr.fr/article-scientifique/question-de-recherche/consulté le 27 mai
2025 Https://
tele-ens.univ-oeb.b2/moodle/pluginfile.php/366044/moderesoudre/content/1/cadre
%20empirique%20m%c3%A9movedocx consulté le 09/05/2025.
6. Https://rseau actt.ca/actualités/méthode-recherche-scientifique consulté le 18/mai
2025
7. Https://www.sgg.cd. Analyse personnelle des textes constitutionnels de 1960, 1964,
1967, 1974, 1992, 2003 et 2006 consulté le 13 mai 2025.
8. Https://www.MONUSCO.ORG.,rapport sur la reforme du secteur de sécurité en RD,
mars 2023, consulté le 27 juin 2025.
9. Https://www.undo.org.PNUD, rapport sur le développement humain, 24-RDC,
consulté le 27 juin 2025.

D. AUTRES SOURCES

1. UNESCO, Rapport mondial sur la diversité linguistique et le développement, 2022


2. Le rapport de l’observatoire congolais sur la cohésion sociale, langues et exclusions,
Kinshasa, 2020
3. CENCO, Etat des lieux de l’accès à l’information publique en langues locales. Rapport
annuel, 2021
4. Banque mondiale, profil de pauvreté en RDC 2023, Washington DC
5. Groupe d’étude sur le Congo, les dynamiques identitaires et les conflits
communautaires en RDC, mass 2024, consulté le 27 juin 2025
6. International crisis group, Katanga : tensions et régionalisme, rapport Afrique N°249,
2023.
7. Comité laïc de coordination, observations sur les élections générales de 2018,2019.
8. Commission nationale de réforme constitutionnelle, projet de révision
constitutionnelle sur les langues nationales, document du travail, Kinshasa, 2025.

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION......................................................................................................................................1
PRESENTATION DE L’OBJET DE RECHERCHE.......................................................................................1
OBJECTIFS VISES PAR LA RECHERCHE.................................................................................................2
PROBLEMATIQUE ET QUESTIONS DE RECHERCHE..............................................................................2
HYPOTHESES DE RECHERCHE.............................................................................................................3
METHODES ET TECHNIQUES...............................................................................................................4
LES TECHNIQUES DE RECHERCHE.......................................................................................................4
APPORTS ET LIMITES DE L’ETUDE.......................................................................................................5
STRUCTURE DU TEXTE........................................................................................................................6
CHAPITRE PREMIER : CADRE THEORIQUE...............................................................................................7
SECTION 1.1. CONCEPTS DE L'ETUDE.................................................................................................7
LA CONSTITUTION..........................................................................................................................7
LE CONSTITUTIONNALISME............................................................................................................7
LE POUVOIR CONSTITUANT............................................................................................................7
LE PROCESSUS CONSTITUANT........................................................................................................7
LA SOUVERAINETÉ NATIONALE......................................................................................................8
L’INSTABILITÉ CONSTITUTIONNELLE ET LES TRANSITIONS POLITIQUES.........................................8
LES FORCES ET FAIBLESSES.............................................................................................................8
L'EFFICACITÉ NORMATIVE ET LA PROTECTION DES DROITS FONDAMENTAUX..............................8
LE TRIBALISME................................................................................................................................9
LE REGIONALISME LINGUISTIQUE..................................................................................................9
SECTION : 1.2. ETAT DE LA QUESTION..................................................................................................10
SECTION : 1.3. THEORIES EXPLICATIVES DE LA RECHERCHE.................................................................11
1.3.1. LA THEORIE DU CONSTITUTIONALISME..................................................................................12
1.3.2. LA THEORIE DU POUVOIR CONSTITUANT...............................................................................12
1.3.3. L’OPERATIONNALISATION DES CONCEPTS.............................................................................13
SECTION : 1.4 : QUESTIONS DE RECHERCHE ET DEMARCHE SUIVIE.....................................................14
QUESTIONS DE RECHERCHE.............................................................................................................14
QUESTION PRINCIPALE.................................................................................................................14
QUESTIONS SECONDIARES...........................................................................................................14
DEMARCHE SUIVIE...............................................................................................................................15
CHAPITRE DEUXIEME : CADRE EMPIRIQUE..........................................................................................16
 La méthode qualitative.............................................................................................................16
 La méthode quantitative..........................................................................................................16
CHOIX DU TERRAIN...........................................................................................................................17
CONTEXTE SOCIOLINGUISTIQUE ET POLITIQUE................................................................................17
ENJEUX NATIONAUX LIES A LA GESTION LINGUISTIQUES.................................................................18
SECTION 2 : JUSTIFICATION DES METHODES ET TECHNIQUES DE COLLECTE ET D'ANALYSE DES
DONNEES..............................................................................................................................................19
METHODES.......................................................................................................................................19
LA METHODE HISTORIQUE...........................................................................................................20
LA METHODE NORMATIVE...........................................................................................................20
TECHNIQUES DES COLLECTES DES DONNEES...................................................................................20
ANALYSE DOCUMENTAIRE...............................................................................................................20
LES ENTRETIENTS SEMI-DIRECTS......................................................................................................20
TECHNIQUES D'ANALYSES DE DONNEES..........................................................................................21
ANALYSE THEMATIQUE................................................................................................................21
L'ANALYSE DES CONTENUS...........................................................................................................21
JUSTIFICATION DE L'ARTICULATION METHODOLOGIQUE................................................................21
SECTION 3 : DIFFICULTES RENCONTREES.............................................................................................21
ORDRE ORGANISATIONNEL..............................................................................................................21
ORDRE FINANCIER............................................................................................................................22
ORDRE TEMPOREL............................................................................................................................22
ORDRE DOCUMENTAIRE...................................................................................................................23
CHAPITRE TROISIEME : RESULTATS DE LA RECHERCHE........................................................................24
SECTION 1. : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS..............................................................24
3.1.1. PRESENTATION DES RESULTATS.........................................................................................24
LES FAIBLESSES DE LA CONSTITUTION AU PRISME DELADIVISIONLINGUISTIQUE............................29
LA CLASSIFICATION LINGUISTIQUE ARBITRAIRE ET INEGALE........................................................29
LA POLITISATION CROISSANTE DES APPARTENANCES LINGUISTIQUES........................................29
L’APPLICATION DEFICIENTE DE LA PLURALITE LINGUISTIQUE......................................................30
4° SUR LA GARANTIE DE LA PAIX ET DE LA SECURITE...................................................................31
5° LA STABILITE INSTITUTIONNELLE ET LA POLOTIQUE................................................................32
6° SUR LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL................................................................32
7° LA PRESERVATION DE L’INTEGRITE TERRITORIALE...................................................................33
8° SUR L’UNITE DU PEUPLE...........................................................................................................33
9° SUR LACOHERENCE DE L’ENSEMBLE DU PROJET CONSTITUTIONNEL......................................34
SECTION 2 : DISCUSSION ET INTERPRETATION DES RESULTATS AU REGARD DE L’ETAT DE LA
QUESTION........................................................................................................................................34
SECTION 3 : PROPOSITIONS DES SOLUTIONS...................................................................................36
1° SELECTION D’UNE LANGUE NATIONALE DE CONVERGENCE AENSEIGNER ET PARLER SUR TOUT
LETERRITOIRE NATIONAL..............................................................................................................36
MESURES RECOMMANDEES.............................................................................................................37
2° APPRENTISSAGE OBLIGATOIRE DES QUATRE LANGUES NATIONALES DANS TOUTES LES
ECOLES.........................................................................................................................................37
JUSTIFICATION..............................................................................................................................38
MISE EN ŒUVRE...........................................................................................................................38
3°INSTALLATION D’UNE SEULE LANGUE NATIONALE COMMUNE (LE SWATSHIKILI)........................39
MESURES PROPOSEES..................................................................................................................40
VOICI LE TABLEAU ILLUSTRATIF........................................................................................................41
CONCLUSION........................................................................................................................................43
BIBLIOGRAPHIE.....................................................................................................................................45
TEXTES LEGAUX................................................................................................................................45
OUVRAGES.......................................................................................................................................45
SITES INTERNET................................................................................................................................46
AUTRES SOURCES.............................................................................................................................47
TABLE DES MATIERES...........................................................................................................................48

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