Pénétromètre L'hétérogénéité: Le Et Des Urb Ains
Pénétromètre L'hétérogénéité: Le Et Des Urb Ains
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REVUE FRANçAISE DE GÉOTECHNIQUE
N. 100
3e trimestre 2002
G
Introduction Une fouille urbaine
Pour l'archéologue comme pour le géotechnicien en comme obiet d'études
matière de reconnaissance, l'hétérogénéité est au
centre de la démarche scientifique. L'un des objectifs
majeurs de la reconnaissance est d'identifier des
couches < homogènes ). En fait, Ia perfection n'existe
W
pas et l'homogén étté n'est qu'une question de degré : La fouille de Saint-Julien à Tours
dans un milieu aussi complexe que les couches superfi-
cielles de sol urbain, les couches sont des ensembles Le site de Saint-Julien, dans le centre de la ville de
définis par une relative similitude des propriétés dans Tours, fait l'objet d'une campagne de fouilles archéolo-
chaque ensemble et un relatif contraste entre giques d'une durée de quatre ans (2000-2003). Des
ensembles (Heuvelink, Webst er, 2001). échanges noués au sein du GIS a Sol urbain > entre
L'identification de ( couches homogènes l, entités archéologues, géophysiciens et géotechniciens (Barles
de base, et de leurs frontières repose donc sur une ana- et a1.,1999) est née l'idée d'une coopération scientifique
lyse des contrastes de propriétés. On attachera à une autour de cet objet d'études.
( couche homogène > des propriétés spécifiques, rela- La zone fouillée couvre une surface utile d'environ
tives à sa nature physique ou à son comportement 230 m2 et l'espace accessible aux reconnaissances non
mécanique pour le géotechnicien, à son mode de destructives est environ deux fois plus étendu. La
constitution pour l'archéologue. connaissance de ce secteur de la ville est faible. Plu-
Le géotechnicien dispose d'outils pour opérer cette sieurs hypothèses doivent être retenues pour les
construction mais les procédures demeurent souvent douze premiers siècles de notre ère . La fouille peut se
informelles, même si des travaux récents permettent de situer soit sur la terrasse alluviale qui borde le lit
construire de façon automatique ou semi-automatique mineur de la Loire, soit sur la grève qui descend en
une image discrète - et simplifiée - du sous-sol (Ferry, pente douce vers ce lit mineur. Du Ie' au IIIe-IV. siècle, .
1996; Kumar et a1.,2000; Moussouteguy, 2002). on peut donc y trouver soit des habitats ou des édi-
fices publics, soit des aménagements de berge, sous
L'archéologue dispose de la fouille pour procéder à la forme de terrasses ou de structures de rive. Du III.-
des observations et des mesures très fines. Il parvient à IVe au xIIe siècle, on attend une séquence d'occupation
y repérer des zones (unités stratigraphiques) d'épais- domestique avec des constructions en matériaux
seur centimétrique, la reconstruction de l'image finale périssables, des phases d'abandon et de mise en cul-
reposant en général sur une vision globale du site, et ture. Ensuite, on sait le site occupé par f infirmerie et
utilisant, sans les formaliser, ressemblances, corres- les jardins de l'abbaye, ce que la fouille des années
pondances et corrélations (Galinié, 1999). 2000-2001 a confirmé.
La symétrie de ces questionnements et de ces Au début de la campagne de reconnaissance, le site
approches nous incite à les mener de front sur un site occupe une partie de jardin public, avec une couverture
commun, en employant un matériel commun : le péné- en graves compactées récentes, la construction de ce
tromètre léger. jardin étant postérieure aux bombardements de la
Une première attente est une meilleure connais- Seconde Guerre mondiale.
sance, en préalable à la fouille, de l'épaisseur de ce que Les recoupements avec des zones voisines laissent
les géotechniciens appellent le remblai et les archéo- espérer une épaisseur de sédiments anthropiques de 5
logues le dépôt archéologique. lJne connaissance préa- à 6 mètres avant de rencontrer les terrains naturels.
lable fine de l'épaisseur de ce dépôt et,, mieux, de sa L'exploration de ces sédiments anthropiques, que le
constitution est une aide précieuse à la définition de géotechnicien qualifie souvent de < remblais divers l,
stratégies de fouille. Le recours à des forages méca- constitue l'un des enjeux du travail.
niques ponctuels a ainsi permis récemment, sur des
sites ruraux, d'estimer la profondeur du substratum IJne campagne de mesures géophysiques, en parti-
géologique et l'épaisseur du gisement archéologique culier par prospection électrique, a été entreprise
(Martinaud et al., 1999). On pourrait aussi effectuer avant ouverture de la fouille. Les mesures révèlent un
quelques sondages géotechniques en dehors de très fort contraste entre les terrains superficiels, à forte
l'emprise de la fouille pour fournir des informations résistivité sur une épaisseur de 1à 2 m et les terrains
complémentaires à celles recueillies par l'archéologue sous-jacents. Ce contraste nuit à Ia résolution de la
dans la zone excavée.
technique à l'intérieur des sédiments historiques. Sur
la zone explorée (14 m x 30 m) on distingue, à faible
Le deuxième intérêt est plus spécifique au pénétro- profondeur, une a bande > de quelques mètres de
mètre géotechnique : disposer d'un volume de terrain large de terrains moins résistants qui traversent le site
dans lequel on peut multiplier les sondages a priori et selon un axe sud-est/nord-ouest. Plus en profondeur
fouiller a posteriori permet de tester les capacités de la (6 m), les terrains semblent plus conducteurs à l'ouest
reconnaissance pénétrométrique et d'éprouver les qu'à I'est, mais les contrastes demeurent limités. La
limites des modèles de variabilité spatiale des sols couche de surface de remblais récents constitue un
employés en géotechnique statistique. écran qui nuit à Ia propagation du courant électrique et
Nous adopterons tour à tour dans le texte de cet l'interprétation des mesures est délicate. La technique
article le regard de l'archéologue et celui du géotechni- ne permet pas, dans cette situation, d'identifier l'épais-
cien, chacun utilisant sur le site un même dispositif de seur des sédirnents anthropiques (Deshayes et al.,
tl I reconnaissance. 2001).
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tl
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Nous souhaitons sur ce site préciser comment les Une base peut :
données accessible s via des investigations géotech- d'une action (volontaireJ ou d'un événement
niques peuvent contribuer à améliorer la connaissance - résulter
(plus ou moins naturel) brefs : mélange sur place d'agré-
des archéologues :
gats importés ou déplacés en une seule fois (remblaie-
- avant la fouille, par exemple en précisant les épais- menf épandage de déchets, épandage du produit néces-
seurs de zones informatives ou en fournissant des sairement hétérogène du creusement d'un puits...), ou
informations sur leur extension latérale ou leur qualité ; formés rapidement (déchets de taille de pierre);
- pendant et après la fouille, l'archéologue disposant - s'être constituée peu à peu par modification de sur-
alors d'un outil complémentaire pour étayer certaines faces d'origine par l'usage : à partir d'éléments préa-
hypothèses ou en construire de nouvelles. lablement présents et restructurés (surface de circula-
Le site, par l'occasion qu'il procure de disposer tion constituée par le piétinement d'un remblai
d'une grande quantité de données géotechniques, per- antérieur), ou à partir d'éléments produits par une acti-
met aussi au géotechnicien de valider ses méthodes de vité particulière (cendres, charbons de bois d'un foyerJ.
modélisation de l'hétérogénéité des sols. Il est rare en D'autres éléments peuvent s'agréger en quantités
effet de disposer ainsi, sur une surface aussi restreinte,
moindres à ces bases (tessons, ossements, graviers,
boues...);
de plusieurs dizaines d'enregistrements pénétromé-
triques, c'est-à-dire de plusieurs dizaines de profils de - résulter de facteurs post-dépositionnels: tri et homo-
la résistance locale du terain. généisation par i'activité d'un fonds hétérogène à l'ori-
gine (épierrement d'un sol de culture, nettioyage d'un
sol de terre battue, évacuation partielle des cendres
d'un foyer mêlées au sol alentour), décomposition de
matières organiques, ou bioturbations qui homogénéi-
La vision de I'archéologue sent un ensemble d'US primitivement distinctes et ren-
dent leur identification très difficile.
Pour l'archéologue, l'examen et l'enregistrement de La texture de la base et de ses constituants peut être
la stratification doivent renseigner chacun des points homogène ou hétérogène. Est homogène une base
qui fondent la description interprétative de chaque comportant un seul matériau ou plusieurs matériaux
unité stratigraphique (US) considérée individuelle- (tuiles, briques, mortier, graviers, pierres, tessons, osse-
ment : sâ base, ses constituants, sâ texture, l'activité ou ments...) si la répartition de ces constituants est régu-
l'événement (au sens naturaliste du terme) qui l'a pro- lière. Elle est hétérogène si Ia répartition des consti-
duite. sa fonction. tuants est irrégulière (ex. couche de cendres avec des
La description-interprétation d'une uS s'effectue en concentrations de charbon de bois).
deux volets :
PhaseA:juin2000 1B
Ty'
'25
"20
##ffiPlandelafouille,positionnementdesforagesetdesaxes-repères.
Site map and location of borings.
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52 52 52
51 51 51
50 50 50
49 49 49
48 48 48
47 47 47
46 46 46
45 45 45
44 44 44
2a 2b 2c
Trois courbes (signaux bruts) représentatives des types d'essais.
Three curves (rough signals) representative of different kinds of tests.
2a : essai-test 14, phase A, zruo = 51,26 NGF, zinr = 44,56 NGF
2b : essai-test 32, phase B, zr,o= 49,97 NGF, zinf = 44,42 NGF
2c : essai-test 72, phase C, ,ru)= 48,95 NGF, zinr= 45,95 NGF
clairement le remblai supérieur, dans lequel on dis- -quand, au contraire, aucune valeur n'est enregistrée
tingue la présence de deux sous-couches d'épaisseur sur une zone de 1 cm, une valeur est reconstruite par
approximative égale à 50 cm. Lors de la troisième interpolation. Ce cas est rare (il correspond à
phase , la fouille archéologique a progressé à la cote des couches de très médiocres caractéristiques) et
48,9 NGF et avait été abaissée d'environ 2,40 m. Le fond ne modifie pas significativement la variance du
de la fouille demeure très largement au-dessus du signal.
niveau de la nappe, estimé à 44 NGF. Toutes les cotes La figure 3 permet de comparer, sur une couche de
font l'objet de relevés topographiques avec une préci- 50 cm d'épaisseur, l'effet de ce prétraitement dont
sion verticale centimétrique. l'objectif est de compenser les biais d'échantillonnage
La longueur des enregistrements est telle que induits par le pénétromètre . La structure de variabilité
40 essais ont atteint une cote inférieure à 46 NGF (14 en spatiale des propriétés n'est pas affectée mais les dis-
phase A, 10 en phase B, 16 en phase C) et 14 une cote tributions statistiques le sont évidemment, les valeurs
inférieure à 45 NGF. fortes étant moins nombreuses sur le signal reconstruit.
Le pas de mesure pénétrométrique est irrégulier. On peut alors procéder à une analyse statistique des
Pour une énergie à peu près constante fournie à la tige, signaux.
l'enfoncement e varie en fonction de la résistance du La résistance de pointe locale (à I'échelle centimé-
sol. Les variations d'énergie liées au caractère manuel trique) varie de moins de 1 MPa à plusieurs dizaines de
de la frappe n'ont aucune influence, la tête du train de MPa. Si l'on néglige le remblai superficiel, un signal
tiges du pénétromètre étant équipée d'un capteur de représentatif peut être décrit comme étant la combinai-
vitesse : orr en déduit l'énergie cinétique fournie au dis- son d'un signal de base avec des valeurs ne dépassant
positif et la résistance de pointe Qo est calculée par la pas quelques MPa et de perturbations locales où, sur
formule dite des Hollandais :
1 MV2/2 M 0,65
10
eo (MPa) 12
Qo e.-i-Ï--
A M+P 0,67
I r-+-r
-rl.\.--È+l--+--
0,69
où M et P représentent respectivement les masses frap-
pantes et frappées. 0,71
0,73
*#J{
Les données ne peuvent donc pas être exploitées de c-t f-
0,83
,l
- quand plusieurs valeurs sont relevées sur une épais- 0,85
z (m)
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quelques centimètres à quelques dizaines de centi- avec dérive. Son analyse permet d'identifier une carac-
mètres, la résistance de pointe peut atteindre, voire téristique essentielle, appelée portée, distance à
dépasser, la dizaine de MPa. Iaquelle on peut considérer que la corrélation spatiale
Ces perturbations locales peuvent être dues à des des propriétés devient nulle. Cette valeur est une indi-
artefacts très ponctuels (quand la pointe bute sur un cation précieuse pour le choix des dimensions d'ana-
caillou), mais elles peuvent aussi être l'indice d'un ves- lyse (Magnan, 19BZ). Son identification repose sur le
tige archéologique (lit de carelage ou de mortier pour choix d'un modèle de variogramme, dont la forme cor-
une faible épaisseur, unité stratigraphique particulière- respond à celle obtenue expérimentalement. Le modèle
ment compacte). A f inverse, on note aussi l'existence sphérique sera employé ici :
Le choix de l'échelle adéquate repose sur une ana- Qualité et fiabniÉ des données
lyse préalable de la structure de variabilité spatiale
(Denis et al., 1997). La géostatistique fournit un cadre La mesure fournie par le pénétromètre est double :
théorique adapté à ce type d'étude. On considère le profondeur de la pointe (par cumul des enfoncements
signal, ici le log pénétrométrique Qo(z), comme la réali- successifs de la tige) et résistance du sol sous la pointe.
sation d'un processus aléatoire dont on analyse la Des incertitudes résultent, au-delà des problèmes de
structure. D'une manière générale, on peut construire précision des capteurs, de l'enfoncement de la tige au
le variogramme (it s'agit en théorie du semi-vario- début de l'essai (un ou deux centimètres d'imprécision)
gramme, le terme de variogramme résultant d'un abus et de la non-verticalité de la tige. En fait, sous l'effet
de langage) expérimental d'ordre 0 en utilisant la for- d'efforts non symétriques , Ia tige métallique flexible
mule: peut sensiblement dévier de la trajectoire rectiligne et
les défauts d'aplomb peuvent être de l'ordre de plu-
ru&,) sieurs dizaines de centimètres à 5 m de profondeur.
I lQ(zi+ h) - Qk)12
1
7(h) = L'incertitude qui en résulte en profondeur est de l'ordre
2I'{(h) ;-1
du centimètre.
D'autres erreurs peuvent provenir d'une rupture
où z, eT" h sont les positions des mesures et Q( ) est la
z, + des tiges, que l'on ne détectera qu'à Ia fin de l'essai,
valeur prise par la réalisation aléatoire de la fonction au lorsqu'elles seront extraites du sol. Dans ce cas, l'essai
point consid eré. La variable h représente la distance ne pourra être exploité qu'avant la rupture.
entre deux mesures. La sommation est étendue à tous Plus gênante est la dépendance de l'analyse vario-
les couples de points (2, , z; + h) distants de h, N(h) graphique à la présence de valeurs ( accidentelles r (on
représentant l'effectif de tels couples de points. qualifie ainsi des valeurs qui, localement, perturbent
La fonction Th) quantifie la perte progressive de sensiblement les signaux de fond). Sur la plus grande
corrélation spatiale d'un signal aléatoire structuré. En partie des profils, on note la présence de valeurs très
termes pratiques, disons qu'elle décrit la façon dont élevées de Qo, souvent limitées à quelques points de
décroît (en général) la corrélation moyenne entre deux mesure successifs. Sans présumer de l'origine de ces
points pris au hasard quand la distance h entre ces perturbations (stimulus archéologique ou artefact géo-
deux points augmente. Le variogramme est en général technique - bloc résistant que la pointe finit par traver-
une fonction croissante de h. Pour les grandes valeurs ser), on peut construire les variogrammes en plafon-
de h, il peut se stabiliser autour d'une valeur finie, cor- nant arbitrairement ces valeurs (par ex. à 5 MPa), ou
respondant à la variance du signal ou, au contraire, encore, procéder à l'analyse variographique des zones
montrer une augmentation régulière, signe d'un signal contenant peu de perturbations.
4g
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Une dernière question concerne Ie caractère local remblai dense de surface), les signaux pénétromé-
de la mesure. On sait que Ia résistance de pointe, affec- triques ne présentent pas sur le site de dérive manifeste
tée à la profondeur de la pointe, résulte en fait des pro- ou systématique. La figure 4 reproduit Ie variogramme
priétés du terrain dans un certain volume au-dessous établi sur l'essai 32 (Fig.2b).
et autour de la base de la tige. Ce phénomène est ana- Le variogramme révèle une portée de l'ordre de
logue à celui de Ia portance des pieux de fondations, 10 cm : au-delà de cette distance, les propriétés mesu-
pour lesquels l'analyse des mécanismes de rupture du rées en deux points du sol peuvent être considérées
sol sous la pointe permet de quantifier le volume de sol comme indépendantes. Au-delà de la portée, l'ordon-
affecté par la rupture. En pratique, il semble raison- née du plateau correspond à la variance mesurée
nable d'affecter la valeur < locale > de Qo(z) à une zone Var(Qo) égale à 1,33 MPa2.
d'environ 5 cm d'épaisseur (en toute rigueur, cette
épaisseur doit dépendre des propriétés locales elles-
mêmes) (Denis ef al., 1.997). ffi
::i:i:i:i:i:i:i:iii:::ii:iiiiiiiiiiiiiiii:;iii:iiiiiiiiiiiiii:ri'ii;i:ii:i;l:r'ir:iiiiiii:i:i: Lapport de l'analyse variographique
sur l'analyse locale des propriëtës
Effets de la dërive sur le signal
Étant donnée l'influence perturbatrice des fortes
Les propriétés des sols (densité, résistance méca- irrégularités sur certains signaux,, nous avons choisi,
nique) présentent usuellement une tendance régulière dans un premier temps, d'identifier la variabilité à
à l'augmentation avec la profondeur, du fait de Ia moyenne échelle (décimétrique) en tâchant de distin-
consolidation sous l'effet des terrains sus-jacents. Dans guer les zones peu perturbées. L'ensemble des don-
ce cas, oh construit le variogramme sur le signal cor- nées (pour les essais des phases A et B) a été soumis à
rigé après élimination de cette dérive (supposée habi- un découpage en tranches horizontales d'épaisseur
tuellement linéaire ou quadratique). Si l'on considère la égale à 50 cm. Pour chaque tranche, nous avons calculé
partie de sol en dessous des cotes NGF 49,9 (sous Ie les valeurs de la moyenne moy(Qd), de l'écart-type S(Qo)
et du coefficient de variation c.v.(Qo) - S(Qo)/moy(Qd),
1,6
avant et après plafonnement des valeurs des pics à
5 MPa. Les zones à forte densité de pics se manifestent
1,4
par des valeurs plus élevées des moyennes et écarts-
types, et par de plus grandes différences entre valeurs
1,2
brutes et valeurs plafonnées. La figure 5 synthétise
quelques-unes des informations ainsi traitées.
Cela nous a conduits à identifier la tranche de sol
située à une profondeur comprise entre 3,00 m et
0,8 3,50 m, soit aux cotes 48,3 et 47 ,B NGF comme celle
dans laquelle }es perturbations locales sont les moins
0,6 fréquentes. Cette tranche est repérée sur la figure 5.
A cette échelle, un signal qui était stable sur plu-
0,4 sieurs mètres de profondeur peut présenter une dérive
significative. La présence d'une dérive locale se traduit
par un variogramme qui croît régulièrement avec la
distance h. Il est préférable d'éliminer cette dérive
avant analyse variographique (Jaksa, 1995). La figure 6
o,2 0,3 0,4 0,5 0,6 reproduit un signal typique et le variogramme corres-
pondant, avant et après correction de la dérive, suppo-
ii-iiiiiiii1iii|iiiiliii|iii:iiii:iili1inr*li*i|ii1.;'
Variogramme de la résistance de pointe sée quadratique sur la tranche concernée. La correc-
établi sur l'essai 32.
Variogram of cone strength on test 32. tion permet de mieux distinguer la structure locale de
corrélation. si elle existe.
4
m(Qc) (MPa)
3,5 s(aa) (M[ra)
\ ).'$ 1\
3
2,5 W\ À/\
2
1,5
1
\ /
\
rw/
4 r-r
0,5 prolonoeur (m ndeur (n
iKd\.\#
0
ffiMoyennem(Qo)etécart-types(Qo)surdestranchesde5ocm,avant(traitfin)etaprès(traitgras)
élimination des pics, pour deux ensembles de forages situés sur les axes médians de la fouille.
Mean value m(Qo) and standard deviation s(QoJ for 50 cm depth layers, before and after (bold line) removing of peaks,
for two groups of borings located on the two main axes of the site.
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La figure 7 regroupe les résultats obtenus à partir
2
de forages, pour cette tranche de sol. Les forages sont
B
regroupés en deux ensembles :
1,8
1,8
- l'ensemble [1], constitué des forages 13, 1,4, 28 et 34,
situés au centre et dans la moitié ouest de la fouille ; 1.,4
1,2
- l'ensemble [2], constitué des forage s 77 , 78, B0 et 81,
alignés sur un même panneau et situés dans la moitié 1
dont elle traduit le caractère régionalisé à l'échelle cen- la variance atteinte est très supérieure pour
timétrique ; l'ensemble [2], les forages rencontrant à ce niveau des
b) la corrélation est tnduite par Ie procédé de mesure terrains de résistance très supérieure à celle mesurée
lui-mêffie, comme nous l'avons évoqué en parlant du pour les forages de l'ensemble [1] : les valeurs de Q^(z)
caractère non strictement local de Ia mesure. A ce dépassant 10 MPa traduisent la présence de formatidns
niveau, rien ne permet de trancher entre les deux hypo- différentes, sans que l'on puisse présumer de leur
thèses. nature à la lumière de ces seules informations ;
- la portée estimée pour l'ensemble [1], malgré la dérive
visible, reste de l'ordre de 5 cm, quand elle est voisine
n de 10 cm pour l'ensemble [2].
A la cote de [45 -45,5 NGF],, les terrains rencontrés
par les forages [2] ont des propriétés manifestement
différentes des terrains traversés par les forages t1l.
Guidés par cet[e observation, nous avons réexaminé les
forages de l'ensemble [2] et ceux situés à proximité. Les
enregistrements pénétrométriques révèlent que l'on
atteint une formation résistante à une cote qui varie de
45,6 à 46,1 NGF selon les forages de l'ensemble [2] et
. .o de 46 à 46,5 NGF pour les trois forages voisins (no' 39,
z (m) 42 eT 43) qui, un peu plus à l'ouest, ont atteint le même
horizon. Seul le forage 81 fait exception, la formation
0.8 0.45
résistante n'étant atteinte qu'à la cote 45,3 NGF. Les
(MPa2) autres forages du site n'atteignent pas une telle forma-
o,7 o,4
tion. Seule la progression de la fouille à cette profon-
0,6 0,35
deur nous révélera la cause géotechnique de cette dif-
05 0,3 férence,la présence d'un substratum naturel étant une
o,4
a,x hypothèse plausible.
o,2
0.3
Q,2
0.1
0,15
0,1
ffi
n
0.05
Effets de Ia reproductibilité imparfaite
0
0,1
0,1 o,2 0,3 des signaux et résolution du pénétromètre
Le signal Qo(z) (essai 32) sur 50 cm, le si- I1 n'est pas possible, pour un essai pénétrométrique
ii:riiiriiiiiiriiiiiliiiiiili:riiilliiiiiiitnffiliiir,iillii
gnal corrigé de la dérive locale et les vario- (localement destructif) de répéter l'essai sans changer
grammes correspondants. la position des tiges. De ce fait, la variance de répétabi-
Qo(z) signal (test 32) on 50 cm, detrended signal lité ne peut être qu'estimée :
and related variograms.
- soit en extrapolant le variogramme aux valeurs h voi-
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2 20
1,8 18
1,6 16
1,4 14
1,2 12
1 10
0,8 I
0,6 6
0,4 4
0,2 2
0 0
0,05 0,1 0, 1 5 4,25 0,05 0,1 0,15 0,2 4,25
8a 8b
:iiii:i:i:::li:::i:::i:iiliiiliilili::liil:lilliïl:;ri::ifÏ t:: lliii:i: Variogrammes moyens dans la tranche 145-45,5 NGFI : ensemble tll (Ba), ensemble [2] (Bb).
Mean variograms in the slice 145-45.5 NGFI: set [1] (Ba), set [2] (Bb).
sines de 0. Dans ce cas, l'estimation de la variance de La figure 9 présente, pour des données moyennées sur
répétabilité est de 0,15 et 2,45 MPaZ selon les vario- des tranches de 10 cm, les résultats de deux essais (66
grammes considérés ; et71) distants de 20 cm et la moyenne de la série [1]. La
- soit en répétant l'essai en un point immédiatement figure 10 présente les résultats de I'ess ai 71, au pas
voisin du premier essai, mais suffisamment éloigné d'échantillonnage de 1 cm (les parties absentes des
pour que l'cn puisse négliger la perturbation occasion- courbes correspondent aux zones de faible résistance,
née par le premier essai. Dans ce cas, la variabilité spa- dans lesquelles le pénétromètre s'enfonce de plus de
tiale des propriétés du sol à faible distance dans la 1 cm sous un coup de marteau) et la variation de la
direction horizontale (de l'ordre de 20 cm) est une résistance moyenne au même pas d'échantillonnage.
source potentielle de variabilité supplémentaire. La variation de la moyenne avec la profondeur
Lors de la phase C, neuf essais ont été conduits sur (Fig. 10) révèle la structure de variabilité du milieu, une
un panneau de 4 m de largeur et de 3 m de profondeur. fois réduit le bruit de mesure. Cette information est
Six de ces essais sont régulièrement espacés avec un pas plus fine à l'échelle de 1 cm (Fig. 10) qu'à celle de 10 cm
de 20 cm, sur un panneau de 1 mètre de large (série [1] = (Fig. 9b). On y distingue clairement les zones de faible
essais 166-71-72-73-74-671, série l2l = essais t6B-69-701). résistance (par ex. aux profondeurs 20-30 cm) et des
Après un prétraitement pour affecter des valeurs à des pics, que l'on ne peut alors relier à des artefacts de ffie
profondeurs régulières (cf. S 3.1.), les données ont été caillou, puisqu'ils résultent ici de Ia movenne sur
traitées à trois échelles différentes : 1. cm,5 cm et 10 cm. 6 essais.
Les commentaires seront concentrés sur les essais Les coefficients de corrélation r entre deux essais,
de la série [1], pour lesquels le maillage de reconnais- même proches de 20 cm, demeurent faibles (r < 50 %
sance est le plus serré. A l'exception de l'essai 66, ces en gén éral, et même r < 20 % une fois sur deux). Seules
essais atteignent de fortes valeurs de Qo(z) pour des Ies comparaisons entre un essai et la moyenne consi-
profondeurs de l'ordre de 2,60 m à 2,70 m, soit des dérée comme une référence permettent d'obtenir des
cotes inférieures à 46,3 NGF. On retrouve la particula- corrélations significatives (r > 50 % pour 5 des 6 essais).
rité notée plus haut. Comme nous l'avons dit plus haut, les cr défauts de cor-
Les essais peuvent être comparés entre eux et à un rélation ) ont des causes multiples : incertitude de posi-
essai ( moyen ) représentatif de la série. L'essai tionnement vertical, variation latérale du milieu, et bruit
( moyen > présente l'avantage de réduire les effets des de rnesure. Si l'on utilise les corrélations entre les essais
bruits de mesure, et de donner l'image d'un milieu, et la moyenne, on peut estimer la variance irréductible
certes fictif, mais sans doute plus proche de la réalité. à environ 0.5 MPaZ.
10 10
(MPa) tignal moYen et essaiTl a
)o (MPa) essais 66 et 71 a Qo
/\
/ \ /
\ /
"/
7
gO
AA
ra
:
o^^
oô^ r^ a
9o - o o or
o.l ^^o litl eo' oo." ra Aar- ' a a
l;o Y^ a
z (m)
1 2 z(m) 3 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3
Corrélations à l'échelle de 10 cm : essais 66 et71, distants de 2O cm (9a); essai 71 et signal moyen (9b).
Correlations at 10 cm scale: tests 66 and71, at 20 cm distance (9a), test 71 and averaged test (9b).
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N'100
3e trimestre 9002
12 de classes sont choisies de façon à avoir des effectifs
10
suffisants et équilibrés dans les classes. Ainsi, les
classes [0, 1] MPa, [L , 2] MPa, 12,41 MPa, 14, ""1 MPa,
contiennent respectivement de l'ordre de 10 % (faible
résistance), 20 % (résistance moyenne), 40 % (bonne
résistance) et 30 "Â (excellente résistance). Le choix des
limites est relativement arbitraire. Il dépend de la forme
des lois de répartition de la résistance et du type de
contraste que l'on veut souligner (veut-on discriminer
z {m) plutôt les couches de qualité médiocre ou de forte résis-
tance ?).
Corrélations à l'échelle de 7 cm entre L'application des seuils sur le signal (Fig . 11) permet
l'essai 77 et la moyenne. de définir des strates de sol de caractéristiques méca-
Correlations between test71 and averaqe at niques homogènes que l'on traduira en nuance de gris
scale 1 cm.
sur f image élaborée.
ii a /ia r\ /i rA rA
- le fort bruit de mesure oblige à relativiser les résul-
L
48 5 hïfiF
48 ri ï{GI;
>4 MIra
/
<l Fa
'
iirà))li)illli;ila
cieuses. Nous pouvons aussi adopter une posture - un relevé stratigraphique pour chaque section traver-
symétrique en interprétant les mesures géotechniques sée par le pénétromètre, sur une bande de 30 cm de
en partant des observations archéologiques. C'est ce large encadrant le forage. Il comprend un dessin asso-
point que nous allons aborder pour terminer. cié à une description lithologique (texture, porosité et
couleur) de chaque US ou ensemble d'lJS constituant
grandeurs et termes utilisés dans la définition des - un ensemble [C] de 15 unités de forte épaisseur (plus
faciès sont ceux usuellement employés par les archéo- de 30 cm), que l'on ne rencontre qu'en dessous de la
Iogues. Ainsi la valeur de la porosité n'est pas celle que cote et sur les panneaux lPzl et [P3] ;
4B,B NGF
mesurerait sur le même sol un géotechnicien [B] de B unités de faible épaisseur (moins
employant les normes géotechniques en vigueur. On - un ensemble
de 25 cm), au-dessus de la côte 4B,B NGF et regroupées
pose les questions suivantes :
dans le panneau [P1] ;
- des points appartenant à un même faciès lithologique
constituent-ils des populations mécaniquement homo-
gènes ?;
cote {rn}
- symétriquement, chaque faciès lithologique possède- 49
t-il des propriétés mécaniques spécifiques ? Quels sont
les faciès que l'on peut éventuellement regrouper? ;
48,9
1
48,8
F(Qd) F€
0,9
0,8 ,{ff 48,7
a,7 /X- trb'2u (morûerJ
0,6 I ;F\** 48,6
0,5 f 16 û2 {limono-sabl*ux)
4,4
48,5
0,3 { {
0,2
{
! 48,4
0,1 /
0
j,f 4&,3
1û 15 zt Qd 25 0 5 10 15
Loi de répartition de Qo pour les faciès |liîîiiiiiïiiiiïiiiifriiillil-liç*lçtiiiiiil Enregistrements pénétrométriques sur
mortier compact > et < limono-sableux )).
<< trois forages voisins.
Cumulative distribution o1 Qo for a compact Penetrometer records on three neighbouring
mortar l and < sandy-limon > patterns. borings.
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REVUE FRANçAISE DE GËOTECHNIQUE
N'100
3e trimestre 2009
un ensemble tAl de 4 unités de faible épaisseur remblais anthropiques, ou le contraste à l'intérieur
(moins de 25 cm), au-dessous de la cote 4B,B NGF et sur d'unités lithologiques jugées homogènes d'un point de
le panneau tP1l. vue visuel. Il permet don c a priori de détecter des objets
Seule une unité n'appartient à aucune de ces décimétriques. Certes, le bruit de mesure ne peut être
familles. Ce regroupement n'est fait que sur des cri- négligé mais la facilité à répéter des essais dans un
tères géométriques. Il est donc accessible à l'archéo- proche voisinage permet d'en réduire les effets
logue. Il est intéressant de constater que les résistances néfastes.
moyennes dans les trois familles sont fort différentes, Pour aller plus loin dans I'utilisation du pénétro-
puisqu'elles sont respectivement égales à 1,4;3,9 et mètre en archéologie urbain, il faudra que l'archéo-
2,9MPa dans les familles [A], [B] et tcl. logue puisse élaborer des référentiels pertinents loca-
La mesure pénétrométrique révèle des différences lement (échelles du site, de la ville, de la région) et qui
sensibles entre des unités lithologiques de même faciès tiendront compte des ressources locales en matériaux
mais dont l'organisation spatiale confirme qu'elles et des changements dans les pratiques sociales comme
n'appartiennent pas aux mêmes faits archéologiques. les manières de construire ou d'habiter. Ils permettront
Cette dernière remarque doit être complétée par à l'archéologu€ :
l'observation de la figure 15: si l'on compare les pro- - d'établir des classes de résistance référencées par
fils pénétrométriques dans l'unité 16-02 de trois son- rapport à ses propres classifications du sol urbain,
dages voisins dans le panneau [P2], on note un fort donc selon des types d'activités et d'usage du sol ;
contraste de propriétés au sein de l'unité, avec la pré- - de distinguer les variations stratigraphiques des acci-
sence de bancs plus résistants, que la simple observa- dents. Les premières sont significatives et les seconds
tion visuelie ne révèle pas. Cette vision se confirme doivent être éliminés.
bien sur l'image de la figure 12 et montre comment le On pourra travailler à deux échelles. Selon un pas
pénétromètre semble apte à révéler des contrastes au
centimétrique, l'objectif sera d'établir des classes de
sein de couches apparemment homogènes. Une varia- résistance qui permettent de distinguer les variations
tion de la moyenne de Q, peut être simplement due à la fines de la stratification et d'éliminer chacun des acci-
présence de pics au sein d'un fond plus homogène.
dents que constituent les obstacles rencontrés de façon
aléatoire. Cet objectif nécessitera une connaissance très
E détaillée des constituants locaux des sols urbains et des
signaux émis par leurs différents assemblages, qui sont
Conclusion et perspectives très nombreux. L'utilisation couplée du PANIDA et d'un
endoscope (une image de la paroi du forage est obte-
De quelle manière une vision mécanique peut-elle nue en introduisant une fibre optique dans le forage)
être utile à l'archéologue ? Des enseignements peuvent constitue au moins une phase préliminaire dans l'éta-
être tirés des premiers essais réalisés et de l'exploita- blissement de ces classes de strates. I1 ne peut être
tion des résultats obtenus sur cette fouille urbaine. exclu que l'usage de l'endoscope soit toujours indis-
L'un des intérêts est que la conduite progressive de pensable, à cette échelle centimétrique d'observation.
la fouille permet de développer une stratégie réelle- A un pas décimétrique, on visera, par l'étude de la
ment prédictive (à ce jour i'ensemble du site n'a pas variabilité (du contraste) :
encore été découvert) et de tester la robustesse de la - à distinguer le remblai (dépôt anthropique) du sol
démarche d'analyse. On pourrait croire que la décou- naturel, en supposant que l'on passe d'une situation
verte progressive des couches révèle LA solution, mais contrastée à une situation plus stable lorsque l'on quitte
ce serait oublier que, même découvert, le terrain fait le sol urbain et que l'on pénètre dans le sol naturel. On
encore l'objet d'une lecture archéologique qui ne sau- pourra de la sorte prédire l'épaisseur de Ia stratification
rait prétendre être une référence absolue. C'est par la à examiner avant le début d'une fouille mais aussi res-
comparaison et la complémentarité des regards géo- tituer le modelé du sol naturel d'un site, voire, à terme,
techniques et archéologiques que des conclusions d'une ville, par interpolation et analyse géologique ;
pourront être tirées.
- à évaluer le taux d'activité : sous l'hypothèse qu'une
Le pénétromètre confirme son aptitude à révéler activité intense produit un signal plus contrasté qu'une
des contrastes locaux de propriétés, au-delà d'artefacts activité faible ou répétitive, dont le signal est plus régu-
causés par des accidents non significatifs (présence de lier, l'analyse de la variabilité du signal doit permettre
cailloux). Le traitement variographique conduit à esti- de distinguer les périodes de forte activité et les
mer la portée du signal à 5 cm. Aucune régularité n'est périodes de moindre activité. Une analyse de ce type
décelable aux autres échelles d'analyse. En choisissant sera menée dans les prochains mois sur les données
de traiter les données au pas de 5 centimètres, on a pu relevées dans les < terres noires )), zones situées entre
montrer, sur plusieurs exemples, le potentiel archéolo- 48 et 49 m NGF, d'époque médiévale, et dont la lecture
gique du pénétromètre. Celui-ci semble par exemple archéologique est très difficile du fait d'une grande
apte à révéler le contraste entre le terrain naturel et les homogénéité apparente.
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3e trimestre 2002
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Annexel
des faciès lithologiques.
iiiitiiilii:iili;iiiiiiiiiiiii iiriiiiiii Tableau
Table of lithological patterns.
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3€ trimestre 2009
Répartition en sous-classes des unités lithologigues du faciès 16-02. L'unité lithologique est repérée par deux
nombres, le premier rappelle le sondage dans leguel elle est identifiée, le second est son numéro dans l'ordre
de succession des unités depuis le sommet de la coupe.
Distribution in families (A-B-C-D) of lithological units of patterns 16-02. Two numbers are given for each unit : the first
one reminds the boring, the second one refers its order with origin at free surface.
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