Comportement Mécanique Des Sols Injectés: To Cite This Version
Comportement Mécanique Des Sols Injectés: To Cite This Version
Christophe Dano
ÉCOLE DOCTORALE
Thèse de DOCTORAT
Diplôme délivré conjointement par
L'École Centrale de Nantes et l'Université de Nantes
CHRISTOPHE DANO
le 11 décembre 2001
à l’Ecole Centrale de Nantes
TITRE
JURY
A Nathalie
2
REMERCIEMENTS
Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une action de recherche pilotée par la Régie Autonome
des Transports Parisiens et menée en collaboration avec le Laboratoire de Génie Civil de
Nantes Saint-Nazaire et la société Intrafor.
Ce travail n’aurait pas été possible sans l’aide de la société Intrafor. Aussi, mes plus sincères
remerciements à Monsieur Christian BESSON, Directeur Général, et à Monsieur Roland
STENNE, Directeur Scientifique. Tous les travaux d’injection ont eu lieu au Laboratoire de
Recherche – Développement de la société Intrafor dont Madame Nathalie DERACHE assure
la direction. Merci beaucoup Nathalie pour m’avoir fait connaître les coulis d’injection et fait
partagé leurs secrets de fabrication.
Une page ne serait pas suffisante pour exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes
que j’ai côtoyées au cours de ces trois années. Qu’elles sachent que je leur dois beaucoup et
qu’elles considèrent ce document comme un témoignage de reconnaissance.
3
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. 3
NOTATIONS ............................................................................................................................. 7
INTRODUCTION...................................................................................................................... 9
4
2.4 –Sols vierges de tout traitement : résultats expérimentaux................................................... 51
2.4.1 – Présentation générale des essais ...................................................................................................... 51
2.4.2 – Sable de Fontainebleau NE34.......................................................................................................... 52
2.4.3 – Alluvions de type I .......................................................................................................................... 55
2.4.4 – Alluvions de Type II........................................................................................................................ 62
2.4.5 – Etude comparative du comportement des sols granulaires étudiés.................................................. 62
2.4.6 – Essais complémentaires ................................................................................................................... 65
2.4.7 – Conclusions ..................................................................................................................................... 68
2.5 –Sols traités : analyse bibliographique.................................................................................... 69
2.5.1 – Résistance maximale des sols injectés............................................................................................. 69
2.5.2 – Résultats issus des essais sur les mélanges sable / ciment............................................................... 74
2.5.3 - Comportement mécanique dans le domaine des petites et très petites déformations ....................... 77
2.6 –Sols injectés au ciment : résultats expérimentaux préliminaires ........................................ 80
2.6.1 – Essais de compression simple.......................................................................................................... 80
2.6.2 – Module de cisaillement Gmax ........................................................................................................... 84
2.6.3 – Essais triaxiaux sur coulis pur ......................................................................................................... 87
2.7 – Essais triaxiaux sur les sols injectés au coulis de ciment ultra-fin..................................... 88
2.7.1 – Présentation générale des essais ...................................................................................................... 88
2.7.2 – Résultats expérimentaux.................................................................................................................. 89
2.7.3 – Commentaires.................................................................................................................................. 90
2.7.4 – Effet de la saturation, du débit, de la nature du sol et du rapport C/E ............................................. 99
2.7.5 – Facteurs d’amélioration en termes de résistance ........................................................................... 103
2.7.6 – Facteurs d’amélioration en termes de rigidité................................................................................ 104
2.7.7 – Evolution du module de cisaillement............................................................................................. 105
2.7.8 – Synthèse......................................................................................................................................... 107
2.8 – Conclusions........................................................................................................................... 108
6
NOTATIONS
Matériaux :
Comportement mécanique :
Essais pressiométriques :
8
INTRODUCTION
L’injection par imprégnation est une technique de traitement des sols apparue au XIXème
siècle. Elle consiste à faire pénétrer dans les interstices du sol, sous pression, un fluide appelé
coulis dont le durcissement assure un renforcement mécanique ou une amélioration de
l’étanchéité du terrain traité.
L’histoire de cette technique est marquée par des développements tant au niveau du matériel
de chantier qu’au niveau des coulis utilisés. Ainsi, dans la plupart des pays, les coulis à base
de silicate de soude ont été interdits, au début des années 80, pour des raisons de pollution des
nappes phréatiques et de tenue dans le temps (le gel de silicate est sujet au phénomène de
synérèse à l’origine de la libération, dans le sol, de produits agressifs pour les nappes
phréatiques et d’une dégradation des propriétés mécaniques du sol injecté dans le temps). Des
coulis de nouvelle génération, à base de ciment ultra-fin, de résines ou encore à base minérale,
se sont progressivement substitués aux gels de silicate. Ils présentent l’avantage d’être
pérennes et d’avoir des performances à l’injection similaires à celles des coulis antérieurs. Si
leur comportement rhéologique est relativement bien connu, leur propagation dans le sol et le
comportement mécanique du sol injecté font l’objet de recherches pour notamment mieux
prendre en compte l’amélioration générée dans les calculs d’ouvrages.
Ainsi, une action de recherche sur le comportement mécanique des sols injectés fût initiée en
1995 par la Régie Autonome des Transports Parisiens dans le cadre d’une thèse de doctorat en
collaboration avec l’Ecole Centrale de Paris et la société Solétanche-Bachy. Soutenu par S.
Tailliez en 1998, ce travail de recherche a permis de dégager des conclusions importantes
quant à la résistance au cisaillement des sols injectés. Toutefois, S. Tailliez laissait entrevoir
des perspectives nombreuses sur l’interprétation des essais pressiométriques couramment
utilisés pour contrôler la qualité de l’injection et sur la compréhension du comportement
mécanique des sols injectés dans le domaine déformations précédant la rupture.
Ces thèmes de recherche présentent un intérêt économique pour les constructeurs d’ouvrages
nécessitant un renforcement mécanique (tunnels, sols de fondation, …). En effet, dans la
mesure où les développements de la technique et des moyens de contrôle de l’injection par
imprégnation permettent de garantir la qualité et l’homogénéité du traitement, la prise en
compte de l’amélioration des propriétés mécaniques d’un sol peut conduire à des économies
substantielles sur les ouvrages de soutènement.
La Régie Autonome des Transports Parisiens a donc prolongé la première phase de l’action de
recherche menée par S. Tailliez par une seconde phase portant plus précisément sur le
comportement mécanique, à court terme, des sols injectés au coulis de ciment ultra-fin. Cette
seconde phase s’est déroulée dans le cadre d’une thèse de doctorat dont ce document constitue
une synthèse. Les partenaires de cette seconde phase ont été la société Intrafor, entreprise
spécialiste des travaux spéciaux et des travaux de fondation, et le Laboratoire de Génie Civil
de Nantes Saint-Nazaire.
9
renforcement préalable par injection de coulis de bentonite-ciment et de coulis de ciment
ultra-fin.
Les objectifs de la seconde phase de l’action de recherche étaient, d’une part, de quantifier
l’amélioration des propriétés mécaniques des sols par injection, en particulier l’évolution de la
rigidité dans un domaine de déformations compatible avec les déformations rencontrées lors
de l’excavation d’un tunnel, et, d’autre part, de proposer des coefficients d’amélioration
pouvant être pris en compte dans les calculs d’ouvrages.
10
CHAPITRE I :
11
CHAPITRE 1 : L’INJECTION DES SOLS
1.1.1 – Définition
L’injection des sols est une technique de traitement des terrains dont les propriétés
mécaniques initiales, médiocres, permettent difficilement la construction d’ouvrages du génie
civil. Elle consiste à introduire, sous pression, un coulis plus ou moins fluide qui circule dans
les interstices du sol, jusqu’à sa prise. Le résultat en est une amélioration de l’étanchéité des
terrains par diminution de la perméabilité (barrages, barrière étanche contre la migration des
polluants, …) et de la résistance mécanique du sol (ouvrages souterrains, fondations, …).
On ne traitera que de l’injection par imprégnation dans des sols granulaires variés, depuis des
sables fins jusqu’aux matériaux alluvionnaires. On évoque, dans ce document, différents types
de coulis mais la partie expérimentale n’est réalisée qu’avec des coulis à base de ciment ultra-
fin.
Pour que le lecteur puisse se faire une idée plus précise de l’injection et se rendre compte des
différences qui existent entre l’injection in situ et l’injection en laboratoire, on développe ci-
dessous un rapide historique de la technique puis on présente les dispositifs d’injection et les
matériaux utilisés sur les chantiers et en laboratoire.
1.1.2 – Historique
12
L’injection de terrains de plus en plus fins, en particulier les sables, conduit au développement
de nouveaux coulis d’injection. Les coulis chimiques en solution sont mis au point par
Joosten en 1926. Des améliorations sur la composition et la fabrication de ces coulis sont
apportées jusqu’à ce que leurs inconvénients soient mis en évidence. Le phénomène de
synérèse est ainsi responsable de la pollution des nappes phréatiques et du manque de
pérennité des terrains traités.
Dans les années 80, des coulis dits de nouvelle génération, à base de ciment fine mouture et
de résines, se substituent aux coulis chimiques désormais interdits dans la plupart des pays.
Les développements les plus récents portent sur la qualité de l’injection, avec l’enregistrement
des paramètres de forage et d’injection, l’emploi de malaxeur à haute énergie et l’apparition
de l’informatique sur les chantiers [Gouvenot, 1990].
Des études systématiques sont également entreprises sur l’injection proprement dite et sur le
comportement mécanique des sols injectés. Des progrès importants sont réalisés et l’injection
commence à être intégrée à la conception des ouvrages.
Les tubes à manchettes, en PVC, sont introduits dans les forages et scellés au terrain par un
coulis de gaine qui empêche, par la suite, les remontées de coulis le long des tubes. Ces tubes
sont régulièrement (tous les 30 cm environ) percés de trous protégés par des membranes en
caoutchouc, les manchettes (Fig. 1-1). Deux obturateurs doubles sont placés de part et d’autre
de la manchette et définissent ainsi la zone à injecter.
Le coulis, fabriqué dans une centrale en surface, est pompé et arrive au niveau de la
manchette. Sous pression, il la soulève et claque le coulis de gaine. Cette fracturation
artificielle se propage sur un faible rayon dans le sol et amorce l’imprégnation du terrain par
le coulis fluide.
13
Figure 1-1. Schéma de principe du tube à manchettes (d’après [Cambefort, 1992]).
Le lecteur pourra trouver des descriptions plus détaillées dans [Cambefort, 1967] ou [Kutzner,
1996].
La finalité première des essais d’injection en laboratoire a été d’évaluer l’injectabilité des
sols, c’est à dire de savoir si oui ou non un sol pouvait être imprégné par un coulis sans
générer de pression trop importante ou de claquage. Des critères d’injectabilité ont alors été
proposés. La plupart de ces critères est basée :
- soit sur la forme d’un coefficient de perméabilité critique fonction d’une dimension
caractéristique du sol :
k crit = c1 × D10
2
avec c1 une constante (Eq. 1-1)
Le diamètre D10 est souvent retenu car ce sont les fines qui contrôlent le processus de
filtration, c’est-à-dire le processus d’échange de particules entre la suspension et le milieu
poreux. Ce processus s’effectue d’abord par dépôt des grains de ciment sur les sites de
rétention des particules du sol puis par formation de voûtes ou ponts bloquant l’entrée des
interstices [Arenzana et al., 1989 ; Azzar, 1997].
D max,coulis
≤ c2 avec 20 ≤ c2 ≤ 30 (Eq. 1-2)
D min,sol
14
Cette relation traduit le fait que la particule la plus grande du coulis doit être de taille
inférieure au plus petit espace interstitiel du milieu granulaire.
Une revue exhaustive de ces critères d’injectabilité a été faite par [Benhamou, 1994].
Toutefois, ces critères sont à employer avec précaution puisqu’ils sont pour la plupart
antérieurs à l’apparition des ciments ultra-fins, trop simplistes pour rendre compte de la
complexité de la structure des terrains et déduits de la granulométrie du ciment sec. Or,
malgré l’introduction d’agent défloculant dans la formulation des coulis, l’agglomération des
particules fines dans l’eau accroît le diamètre maximal des constituants du coulis.
Les essais d’injection en laboratoire peuvent également être mis à profit pour étudier la
migration des coulis et pour préparer des échantillons de sol injecté. De nombreux dispositifs
d’injection ont été décrits dans la littérature [Zebovitz et al., 1989 ; Di Prisco et al., 1992 ;
Benhamou, 1994 ; Schwarz et al., 1994 ; Bennabi et al., 1995 ; Azzar, 1997 ; Tailliez, 1998 ;
Ismail et al., 2000 ; Dano et al., 2001] ou dans les normes [Norme Française NF P 19 – 891 ;
Norme Américaine D 4320 – 93].
Tous ces dispositifs sont composés principalement d’une pompe d’injection qui envoie le
coulis dans une colonne cylindrique, généralement transparente et remplie du matériau à
injecter. Ils peuvent être classés en trois catégories en fonction de l’élancement (rapport de la
hauteur de la colonne Hcol sur le diamètre de la colonne Dcol) de la colonne et de l’objet de
l’injection (Tableau 1-1). Une gamme assez large de diamètre de colonne, depuis 22 mm
jusqu’à 102 mm, a été utilisée. Mais il est reconnu que la paroi lisse du tube et les effets de
paroi influencent la progression du coulis par l’existence de chemins préférentiels [Azzar,
1997], sur une distance égale à environ un diamètre des particules de sol [Perret et al., 2000].
Aussi, on penchera plutôt pour un diamètre de colonne assez grand.
Deux méthodes peuvent être utilisées pour remplir la colonne : par pluviation ou par
remplissage par couches. La méthode choisie doit permettre d’atteindre les objectifs suivants :
reproductibilité du remplissage, homogénéité du sol, obtention de différentes densités. La
première méthode [Levacher et al., 1994 ; Ismail et al., 2000 ; Ribay-Delfosse, 2001] ne
semble pas appropriée pour des colonnes de grande hauteur à cause du gradient de densité
créé par la chute des grains entre le bas et le haut de la colonne, même si la reproductibilité est
excellente. On adopte donc la seconde solution [Benhamou, 1994 ; Tailliez, 1998] qui
consiste à déverser le matériau granulaire dans la colonne par l’intermédiaire d’un tube
plongeur, surmonté d’un entonnoir, de 1 mètre de hauteur et de 36 mm de diamètre que l’on
remonte verticalement et lentement : la hauteur de chute des grains est alors nulle. La couche
de sol déposée a une épaisseur d’environ dix centimètres. Elle est ensuite compactée
manuellement par des coups de marteau portés sur l’enveloppe en Plexiglas. La répartition
des coups sur la hauteur de la colonne, leur nombre et leur intensité conditionnent l’indice de
densité relative final Id du sol. Cet indice est défini de la manière suivante :
e max − e γ γ − γ min
Id = × 100 = max × 100 (Eq. 1-3)
e max − e min γ γ max − γ min
où e, emin, emax sont respectivement l’indice des vides, l’indice des vides minimal et l’indice
des vides maximal du sol et γ, γmin et γmax, déterminés conventionnellement suivant la norme
NF P 94 - 059, sont respectivement le poids volumique, le poids volumique minimal et le
poids volumique maximal du sol.
Ainsi, trente coups de marteaux de forte intensité appliqués à chaque couche conduisent à un
indice de densité relative Id proche de 95 %. Cette observation est confirmée par [Benhamou,
16
1994]. Quand aucun coup de marteau n’est appliqué sur la colonne, l’indice de densité
relative du sol avoisine 40 % mais un gradient de densité existe dans la colonne. Dans ces
deux cas, la reproductibilité est excellente. Pour obtenir des indices de densité relative
intermédiaires entre 40 et 100 %, on fait varier le nombre et la répartition des coups de
marteaux mais la reproductibilité est de moindre qualité et dépend fortement de l’opérateur.
On évalue l’homogénéité par l’intermédiaire de deux colonnes témoins injectées par de l’eau
sous un débit constant qc de 6 cm3/s (soit 21,6 l/h). Après avoir laisser égoutter le trop plein
d’eau, on découpe la colonne en neuf tronçons de 10 cm. On pèse le sol humide contenu à
l’intérieur de chacun de ces tronçons, puis le sol sec après séchage à l’étuve. L’homogénéité
est estimée en calculant l’écart relatif des poids volumiques (Valeur maximale – Valeur
minimale) / Valeur moyenne. Cet écart varie entre 0,6 et 13,2 %, les valeurs les plus faibles
(0,6 à 5,1 %) étant enregistrées pour les indices de densité relative élevés, les valeurs les plus
fortes (2,6 à 13,2 %) pour les indices de densité relative faibles, quel que soit le sol déposé
dans la colonne.
Une fois la colonne complètement remplie avec le matériau granulaire, on met en place la
partie supérieure de la colonne comportant le gravier et l’ajutage de sortie du coulis. Le
serrage des deux tiges filetées placées des deux côtés de la colonne permet de mettre en
compression les joints en caoutchouc et d’assurer l'étanchéité lors de l'injection.
Le sol peut éventuellement être saturé par un écoulement ascendant d’eau, pour tenir compte
de la teneur en eau des terrains en place qui a une incidence sur la pression d’injection. Ce
n’est pas le cas pour cette action de recherche.
Un volume de quatre litres de coulis est ensuite préparé suivant une procédure propre à
chaque coulis. On contrôle sa densité au moyen d’une balance Baroïd et sa viscosité par un
cône de Marsh : on mesure le temps nécessaire à un certain volume de coulis pour s’écouler
au travers de l’orifice du cône, d’un diamètre de 4,76 mm. La suspension est constamment
maintenue en agitation pour éviter la ségrégation des constituants du coulis. La durée pratique
d’utilisation des coulis est en général de l’ordre de vingt minutes.
Ce coulis est ensuite pompé par une pompe à piston, circule dans un flexible de cinq mètres
de longueur (pour simuler les conduites entre la centrale de fabrication et le point d’injection)
et pénètre dans la colonne de bas en haut, à débit imposé. On note l’évolution de la masse de
coulis introduit dans la colonne, de la position du front d’injection qui délimite le sol sec du
sol imprégné, de la pression d’injection à la sortie de la pompe. Le volume injecté dans la
colonne est au moins égal à 1,2 fois le volume des vides du sol :
⎡ Wsol ⎤
Vvide = Vcol ⎢1 − ⎥ (Eq. 1-4)
⎣ γ s Vcol ⎦
avec Vcol le volume de la colonne et Wsol le poids de sol introduit dans la colonne.
En fin d’injection, on prélève le coulis qui sort de la colonne pour déterminer sa densité et
réaliser des essais de compression simple à 28 jours. On fait de même avec le coulis qui n’a
pas été injecté. Finalement, les colonnes sont stockées verticalement, dans l’eau, pendant au
moins 28 jours, puis en chambre humide à température et degré d’humidité contrôlés.
17
D’une manière générale, les essais d’injection par imprégnation se sont bien déroulés. On
notera juste la formation d’un cake de coulis dans la partie inférieure des colonnes constituées
de matériau déposé avec un indice de densité relative de 40%. Ce cake, d’une épaisseur
d’environ 1 cm, est formé de coulis pur (Fig. 1-3). Le sol, de part et d’autre de ce cake de
coulis, subit alors une densification.
Après séchage, on a soumis ces différents sols granulaires à des essais de caractérisation
comprenant la détermination de la courbe granulométique et de leurs poids volumiques
minimal γmin et maximal γmax.
L’analyse granulométrique est dans un premier temps réalisée sur le sol tel qu’il a été prélevé
(Fig. 1-4a). On distingue nettement deux types d’alluvions :
- les alluvions qu’on appellera alluvions de type I constituées des prélèvements AA1, AA2
et AA6 ;
- les alluvions plus grossières qu’on désignera par type II constituées des prélèvements
AA3, AA4 et AA5.
- le prélèvement AA7, très différent des autres, n’est pas conservé.
18
1.3.2 – Poids volumiques minimal et maximal
100 100
SF NE 34 AA6 AA6
SF NE 34
80 80
AA2 AA2
AA1 AA1
Tamisat (%)
Tamisat (%)
60 60
AA3 AA3
AA5
40 40
AA5 AA4
20 AA7 AA4 20
0 0
0.01 0.1 1 10 0.01 0.1 1 10
Ouverture du tamis (mm) Ouverture du tamis (mm)
La morphologie des particules est déduite des abaques donnés par [Biarez et al., 1994] reliant
le coefficient d’uniformité et les indices des vides minimal et maximal. Ainsi, les particules
ont une forme presque identique pour les trois matériaux, sub-arrondie à sub-anguleuse (Fig.
1-5).
On a procédé à deux séries de mesures de la densité en place des alluvions, sur le chantier
d’extension de la 14ème ligne du métro parisien, dans l’emprise Cour de Rome, devant la gare
Saint-Lazare, aux cotes –27,0 m et –27,5 m NGF.
20
1.4.1 – Généralités sur les coulis
L’histoire de l’injection est marquée par l’apparition successive de coulis de plus en plus
performants sur le plan de l’injectabilité et de l’amélioration des terrains. Le choix d’un coulis
dans la gamme des produits existants est alors guidé par l’objectif recherché pour le
traitement (étanchéité, consolidation), par la nature, la granulométrie ou la perméabilité du sol
(Fig. 1-6).
On distingue ainsi :
- les coulis de bentonite – ciment dont les proportions respectives dépendent de l’objectif
du traitement puisque la bentonite assure de bonnes conditions d’étanchéité et le ciment de
bonnes propriétés mécaniques ;
- les solutions ou coulis liquides (par exemple, les gels de silicate) aujourd’hui interdits
pour des raisons de protection de l’environnement et de pérennité dans le temps ;
- les suspensions colloïdales à base de ciment que l’on traite plus largement ci-dessous ;
- les coulis spéciaux (coulis minéraux, résine, produits hydrocarbonés) dont l’utilisation
reste exceptionnelle à cause de leur coût élevé [Bennabi et al., 1995].
Ces produits, pour être efficaces, doivent cumuler les propriétés suivantes [Miltiadou, 1991] :
- ils pénètrent facilement le sol à traiter et restent stables pendant l’injection (c’est à dire
qu’ils conservent leur homogénéité pendant l’injection) ;
- ils confèrent au sol des caractéristiques mécaniques et hydrauliques suffisantes pour son
exploitation ;
- ils sont pérennes, c’est à dire que leurs caractéristiques sont durables à long terme.
Figure 1-6. Limites de pénétrabilité des coulis d’injection (Documentation Ciment d’Origny).
Dans le cas des coulis à base de ciment, deux paramètres influent sur leur injectabilité
[Miltiadou, 1991] : la granularité du ciment et la rhéologie de la suspension. Des particules de
dimension trop importante ou la floculation induisent des problèmes de pénétrabilité et de
ségrégation des particules à l’origine d’effets de voûte à l’entrée des interstices : l’injection se
trouve alors bloquée. Quant à la rhéologie, les coulis à base de ciment sont considérés, en
21
première approximation, comme des fluides de Bingham : ils présentent donc un seuil de
résistance à l’écoulement τp et une viscosité ηp [Zebovitz et al., 1989 ; Benhamou, 1994].
La formulation d’un coulis consiste alors à diminuer ces deux caractéristiques rhéologiques en
changeant le rapport de force entre l’eau libre qui garantit la fluidité du coulis et l’eau
adsorbée, piégée sur les particules. Ceci peut se faire en modifiant :
- le rapport C/E (rapport massique du ciment sur l’eau). Le ciment a tendance à accroître les
caractéristiques rhéologiques tout en améliorant la stabilité de la suspension. L’eau
favorise sa fluidité et l’hydratation du ciment mais également le ressuage et la décantation
(Fig. 1-7). [Benhamou, 1994] montre expérimentalement que pour un rapport C/E
inférieur à une valeur limite, l’augmentation de la quantité d’eau n’a que peu d’influence
sur la rhéologie de la suspension ;
- la finesse de la mouture : l’augmentation de la surface spécifique se traduit par une
demande accrue en eau adsorbée sur les particules et, par conséquent une diminution de la
quantité d’eau libre et de la fluidité [Benhamou, 1994]. Toutefois, une finesse extrême
n’est pas nécessairement favorable à l’injection.
- l’adjuvantation qui favorise la dispersion des particules les unes par rapport aux autres
sans altérer le comportement mécanique du sol injecté. Les adjuvants utilisés actuellement
sont des fluidifiants ou superplastifiants.
- la nature du ciment [Schwarz et al., 1994] : les ciments de laitier diminuent les temps
d’injection et résistent mieux aux eaux agressives que les ciments Portland [Benhamou,
1994].
- la mise en œuvre, plus particulièrement le malaxage [Miltiadou, 1991 ; Schwarz et al.,
1994].
Eau de
re ssuage L Ressuage = ( L / H ) x 100
Décantation = ( l / h) x 100
22
Le coulis utilisé au cours de cette recherche est commercialisé par la société Intrafor sous
l’appellation Intra-J. Il s’agit d’un coulis à base de ciment ultra-fin, relativement stable, qui
permet d’injecter des sols de perméabilité supérieure à 10-4 m/s pour des rapports C/E
inférieurs à 0,33. Il se compose :
- de ciment Spinor A12 produit par les Ciments D’Origny. Sa granulométrie est reportée
dans le tableau (1-2) : la taille maximale des grains de ciment est de 12 µm. Il s’agit d’un
ciment laitier contenant 45,5 % de chaux CaO et 30 % de silice SiO2 ;
- d’eau de gâchage : dans sa formulation de base, le rapport C/E vaut 0,172 ;
- d’une charge inerte liquide dont le rôle est d’accroître la stabilité et la fluidité du coulis ;
- d’un adjuvant dosé à 4,1 % du poids de ciment et à base de mélamine sulfonée.
Le mélange de ces quatre constituants se fait dans un malaxeur Rayneri muni d’un agitateur à
pâles défloculeuses. La vitesse de rotation de la pâle est d’environ 1000 tr/min. Ce coulis a
ensuite été décliné sous quatre autres formulations correspondant à des rapports C/E
croissants, toutes choses égales par ailleurs. Leurs propriétés rhéologiques à l’issue du
processus de fabrication, mesurées au viscosimètre coaxial Fann, sont consignées dans le
tableau (1-3). Les figures (1-8a,b) représentent l’évolution des propriétés rhéologiques en
fonction du temps. On montre que la durée pratique d’utilisation ne doit pas excéder 40
minutes (Fig. 1-9).
6 8
7
Seuil de résistance τ (Pa)
5
C/E = 0,437 6
Viscosité η (cPo)
4
C/E = 0,299 5
p
3 4
C/E = 0,172 C/E = 0,437
3
2 C/E = 0,299
2
1
1 C/E = 0,172
0 0
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Temps (mn) Temps (mn)
23
34
33 C/E = 0,402
31
C/E = 0,172
30
28
0 50 100 150 200 250 300 350
Temps (mn)
Figure 1-9. Détermination de la durée pratique d’utilisation par mesures au viscosimètre Marsh.
Enfin, la résistance maximale à la compression simple mesurée sur des éprouvettes (40 mm de
diamètre, 90 mm de hauteur) de coulis pur et de mortier de coulis obtenu par mélange de
sable de Fontainebleau et de coulis est atteinte assez rapidement (Figs. 1-10a,b), pratiquement
à 28 jours. Les écarts observés sur la figure (1-10a), pour un rapport C/E de 0,437,
proviennent de problèmes de rectification des éprouvettes qui engendrent une dispersion
expérimentale importante.
4 7
Coulis pur Mortier de coulis C/E = 0,437
3.5 C/E = 0,437
6
3
5
2.5
R (MPa)
R (MPa)
4
2 C/E = 0,299 C/E = 0,299
c
3
1.5
2
1
C/E = 0,172
0.5 C/E = 0,172 1
0 0
0 20 40 60 80 100 120 0 20 40 60 80 100 120
Temps (jours) Temps (jours)
Figure 1-10a. Coulis pur. Figure 1-10b. Mortier de coulis.
Figure 1-10. Evolution de la résistance à la compression simple du coulis pur et du mortier de coulis
en fonction du temps.
24
1.5.1 – Le suivi en temps réel
On suit pendant toute la durée de l’injection l’évolution de la masse de coulis introduit dans la
colonne, l’évolution de la pression d’injection à la sortie de la pompe et la position Hc du front
d’injection. Si le matériau granulaire a une porosité homogène sur toute la hauteur de la
colonne, alors ces trois paramètres (masse de coulis, pression d’injection, position du front
d’injection) doivent évoluer linéairement en fonction du temps pour une injection à débit
constant. Une évolution non linéaire de l’un de ces paramètres est alors le signe, soit d’une
fuite de coulis, soit d’un arrêt dans la progression du coulis.
La masse de coulis introduite dans la colonne est lue sur la balance sur laquelle repose le
réservoir de coulis (Fig. 1-2). Aussi évolue-t-elle toujours de manière linéaire, sauf en cas de
problème au niveau de la pompe d’injection.
L’évolution du front d’injection (sa position est définie par Hc) ne dépend pas du rapport C/E
du coulis (Fig. 1-11a) mais du débit d’injection qc (Fig. 1-11b) et du matériau (Fig. 1-11c).
Cette évolution est parfaitement linéaire (coefficient de régression linéaire supérieur à 0,99),
ce qui témoigne de l’homogénéité de la colonne. Dans le cas d’une injection à pression
constante, la hauteur de sol injecté évolue avec le temps suivant une loi en puissance dont
l’exposant diminue avec le rapport C/E [Perret et al., 2000].
La pente de la courbe Hc = f(t) est la vitesse de progression vcoulis du coulis dans la colonne.
Elle permet théoriquement d’apprécier la porosité connectée (n.χp) du sol, ou si la porosité
globale n est connue (Eq. 1-4), le coefficient de remplissage χp des pores par le coulis [Azzar,
1996]. En effet, à débit imposé, le volume de coulis entrant dans la colonne vaut :
qc
Vinj = (Eq. 1-5)
t
Vremp = χ p n × πD col
2
× H c (t ) (Eq. 1-6)
4q c
v coulis = (Eq. 1-7)
χ p nπD col
2
[Azzar, 1997] rapporte des valeurs du coefficient de remplissage d’un sable de Duhalde par
des coulis de bentonite – ciment de l’ordre de 80 %. [Schwarz et al., 1994], pour des coulis de
ciment fine mouture, trouvent expérimentalement des coefficients de remplissage compris
entre 25 et 100. Ils précisent aussi que la perméabilité du sol injecté et sa résistance en
compression simple dépendent de ce coefficient.
On recueille dans le tableau (1-4) les résultats obtenus lors des différents essais d’injection.
On obtient une bonne estimation de la porosité atteinte par le coulis. Compte tenu de la
25
porosité initiale du sol, on peut affirmer que le coefficient de remplissage des pores est proche
de 100 %. Les valeurs légèrement supérieures à 100 % peuvent s’expliquer par l’incertitude
sur la hauteur de la colonne, par la déformabilité du sol et de la colonne sous la pression du
coulis, voire, lorsque cette pression est localement trop importante, par l’apparition de veines
de coulis due à des micro-claquages, en particulier pour les teneurs en ciment les plus élevées.
100 100
3 3
C/E = 0 qc = 8,77 cm /s qc = 6 cm /s
Sable de Fontainebleau
C/E = 0,172 I = 95 %
80 80 d
C/E = 0,235 C/E = 0,172
C/E = 0,299
60 60
40 40
Sable de Fontainebleau 3
qc= 2,77 cm /s
I = 95 %
20 d 20
3
q = 6 cm /s
c
0 0
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600
Temps (s) Temps (s)
Figure 1-11a. Influence du rapport C/E. Figure 1-11b. Influence du débit qc.
100
C/E = 0,172
Position du front d'injection (cm)
80 Id = 95 %
3
qc = 6 cm /s
60
40
SF NE34
20 AA Type II
AA Type I
0
0 100 200 300 400 500 600
Temps (s)
Figure 1-11c. Influence de la nature du matériau granulaire.
26
- de la teneur en ciment du coulis C/E (Fig. 1-12a) : plus la quantité de ciment est
importante dans le coulis, plus la probabilité pour que des effets de voûte se forment à
l’entrée des interstices est grande. Par conséquent, il faut une pression importante pour
détruire ces voûtes et faire progresser les grains de ciment vers la partie supérieure de la
colonne où ils seront à nouveau piégés [Zebovitz et al., 1989].
- d’une saturation préalable à l’eau (Fig. 1-12d) : la vitesse d’évolution des pressions est
plus faible dans le milieu saturé que dans le sol sec. On rejoint les observations faites par
[Perret et al., 2000] qui attribuent cela au fait que les particules sèches du sol adsorbent
une partie de l’eau libre du coulis, augmentant ainsi la viscosité et le seuil de résistance à
l’écoulement par accroissement du rapport C/E.
Tableau 1-4. Vitesse de progression du coulis dans les colonnes et détermination de la porosité et de la
perméabilité des colonnes.
Matériau Débit qc Rapport C/E vcoulis nχp n χp k
3
cm /s cm/s % % % m/s
SF NE34 6 0 0,19192 39,8 35,8 110,8 4,7.10-4
SF NE34 6 0,172 0,19984 38,2 35,5 107,7 9,2.10-5
SF NE34 6 0,235 0,18595 39,0 35,2 110,8 6,8.10-5
SF NE34 6 0,299 0,18595 39,0 35,4 110,2 7,1.10-5
AA Type I 6 0,172 0,22436 34,0 32,1 106,0 4,0.10-5
AA Type II 6 0,172 0,27923 27,4 25,9 105,7 4,1.10-5
SF NE34 2,84 0,172 0,09066 39,9 35,6 112,1 9,6.10-5
SF NE34 6 0,172 0,19262 39,7 - - -
SF NE34 6 0,172 0,19802 38,6 35,9 107,4 -
SF NE34 8,77 0,172 0,245281 - - - -
SF NE34 8,77 0,172 0,28535 39,1 36,2 108,0 8,65.10-5
Comme le prévoit la loi de Darcy pour une injection à débit constant [Azzar, 1997] :
K ⎛ pH − p0 ⎞
v coulis = − ⎜⎜ − ρ coulis g ⎟⎟ (Eq. 1-8)
µ coulis ⎝ H ⎠
1
Une fuite s’est produite en pied de colonne pendant l’injection, entraînant une diminution de la vitesse de
progression du coulis.
27
1.6 – Le contrôle a posteriori de l’injection
Il est également possible de contrôler l’homogénéité des colonnes injectées a posteriori, soit
en essayant d’obtenir une image de la structure interne du sol injecté, soit en réalisant des
essais mécaniques sur des éprouvettes découpées dans une même colonne. Cette
préoccupation fait suite aux observations de [Zebovitz et al., 1989 ; Schwarz et al., 1994 ;
Perret et al., 2000 ; Ribay-Delfosse, 2001] qui ont constaté une diminution de la résistance en
compression simple des éprouvettes avec leur éloignement du point d’injection. La filtration
du coulis au travers du sol, d’autant plus importante que le coulis est instable, que le rapport
C/E est grand ou que les particules de ciment sont de taille importante, s’opère dans la partie
inférieure de la colonne [Zebovitz et al., 1989 ; Schwarz et al., 1994]. La partie supérieure est
alors imprégnée par un coulis de rapport C/E plus faible [Perret et al., 2000], d’où des
résistances et des rigidités plus faibles.
La filtration peut être évaluée soit par le rapport entre la densité du coulis recueilli en sortie de
colonne et la densité du coulis injecté, soit par le rapport des résistances à la compression
simple du coulis en entrée et en sortie de colonne. On préfère le calcul du rapport des densités
au calcul du rapport des résistances en compression simple qui est biaisé par le taux de
sédimentation supérieur dans le cas des coulis de plus faible rapport C/E. On obtient des
rapports de densité de coulis supérieurs à 90 % pour tous les essais d’injection, les valeurs les
plus proches de 1 étant obtenues pour l’injection des alluvions (98 %), les valeurs les plus
faibles pour les rapports C/E les plus élevés.
0.4 0.4
Sable de Fontainebleau
0.35 Id = 95 % 0.35 Sable de Fontainebleau
qc = 8,77 cm 3/s
C/E = 0,299 I = 95 %
d
0.3 qc = 6 cm 3/s C/E = 0,235 0.3 C/E = 0,172
Pression (MPa)
Pression (MPa)
0.25 0.25
0.1 0.1
C/E = 0
0.05 0.05 qc = 2,84 cm 3/s
0 0
0 100 200 300 400 500 600 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps (s) Temps (s)
Figure 1-12a. Influence du rapport C/E. Figure 1-12b. Influence du débit qc.
0.3 0.3
Sable de Fontainebleau Sable sec
C/E = 0,172 Id = 95 % +
0.25 0.25
C/E = 0,172 coulis
qc = 6 cm 3/s
Pression (MPa)
3
Pression (MPa)
0.2 Id = 95 % 0.2 qc = 6 cm /s
SF NE34
0 0
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600
Temps (s) Temps (s)
Figure 1-12c. Influence de la nature du sol. Figure 1-12d. Influence d’une saturation à l’eau.
28
0.4
(MPa)
0.2
max
I = 78 %
P
d
0.1
Id = 64 %
0
0.1 0.2 0.3 0.4 C/E 0.5
Le profil de densité est présenté sur la figure (1-14). L’axe des abscisses représente l’écart
relatif du poids volumique par rapport au poids volumique moyen et l’axe des ordonnées la
hauteur de la section de mesure.
80
Sable de Fontainebleau
I = 95%
d
60 Coulis : Intra-J
Hauteur (cm)
C/E = 0,172
40
20
γmoy = 20.4 kN/m
3
0
-2 -1.5 -1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2
((γ - γ )/γ ) x 100
moy moy
La succession d’irrégularités sur le profil, déjà observée par [Azzar, 1997], peut être sans
conteste attribuer au mode de remplissage de la colonne et au compactage manuel qui
engendrent une ségrégation des grains. Il est d’ailleurs remarquable que la distance entre deux
pics soit d’environ dix centimètres, soit la hauteur des couches de sol introduites dans la
colonne. Le sol est par conséquent structurellement hétérogène. Cette hétérogénéité de la
structure granulaire est renforcée par l’hétérogénéité liée au dépôt des particules de ciment au
29
fond des pores liée au ressuage du coulis après la prise. Toutefois, pour la gamme de rapports
C/E étudiés, cet effet est peu sensible [Tailliez, 1998].
La variation autour du poids volumique moyen demeure très faible, comprise entre ± 2 %.
L’homogénéité sur la hauteur de la colonne est donc globalement assurée.
On découpe trois éprouvettes d’élancement 2 dans chaque colonne. Ces éprouvettes subissent
ensuite une rectification des faces pour les rendre planes et parallèles entre elles. Séchées à
l’air libre, elles sont ensuite soumises à des essais de résistance en compression simple qui
sont les essais les plus couramment pratiqués pour le contrôle des éprouvettes de sol injecté.
Ils ont montré une faible dispersion des résistances pour les éprouvettes issues d’une même
colonne et pour des colonnes préparées dans des conditions identiques.
L
Vus = (Eq. 1-9)
t us
Un seul mode d’excitation peut être appliqué, c’est pourquoi il n’est pas possible de
déterminer simultanément le module d’Young E et le coefficient de Poisson ν :
E = ρVus2
(1 + ν )(1 − 2ν ) (Eq. 1-10)
1− ν
Le second dispositif, appelé GrindoSonic (Fig. 1-16) [Allison 1987, 1988 ; Norme NF P 18 –
414 ; Manuel d’utilisation ; Recommandations RILEM, 1983], consiste à exciter l’échantillon
de sol injecté par une légère impulsion mécanique : celle-ci est appliquée par un marteau léger
et souple. L’analyse du train d’ondes parcourant l’échantillon permet de déterminer la
fréquence fondamentale de résonance correspondant au mode d’excitation. Des performances
correctes sont obtenues pour les matériaux dont le module d’Young est compris entre 100
MPa et 840 GPa.
30
Figure 1-15. Appareil à ultrasons. Figure 1-16. Le GrindoSonic.
Deux modes d’excitation, flexion et torsion, sont nécessaires pour calculer le module
d’Young E et le module de cisaillement G à partir des fréquences directement lues sur le
boîtier.
On rapporte dans le tableau (1-5) et sur les figures (1-17a) à (1-17f) les résultats d’une
campagne de mesures des propriétés élastiques des sols, mis en place avec un indice de
densité relative de 95 %, en fonction de 3 paramètres : la nature du sol, le débit d’injection et
le rapport C/E. Dans le tableau (1-5), on désigne :
- le sable de Fontainebleau par le sigle SF ;
- les alluvions anciennes de type I par AAT1 ;
- les alluvions anciennes de type II par AAT2 ;
- le coulis pur Intra-J par IJ ;
- le module de cisaillement mesuré au GrindoSonic par Gm ;
- le module d’Young mesuré au GrindoSonic par Em ;
- le coefficient de Poisson mesuré au GrindoSonic par νm ;
- la vitesse de l’onde ultrasonore par Vus,m et le module élastique correspondant par Eus ;
- le poids volumique par γm ;
L’indice « m » signifie que les valeurs indiquées correspondent à la moyenne des mesures sur
3 éprouvettes issues d’une même colonne. On donne également les écarts relatifs sur certains
des paramètres. Enfin, certains essais ont été doublés, ce qui explique l’existence de plusieurs
points expérimentaux pour des conditions expérimentales similaires.
31
8 24 3500
7 22
6 20 3000
(m/s)
γ (kN/m )
5 18
G (GPa)
m
4 16 2500
us,m
m
V
3
3 14 Coulis : IJ
Coulis : IJ
2 12 2000 qc = 6 cm 3/s
qc = 6 cm 3/s
I = 95 %
d
1 Id = 95 % 10
0 8 1500
0 IJ1 SF
2 AAT1
3 AAT2
4 5 0.5 IJ
1 1.5 SF
2 2.5 AAT1
3 3.5 AAT2
4 4.5
Figure 1-17a. Influence de la nature du sol. Figure 1-17b. Influence de la nature du sol.
8 24 3500
7 23
6 22 3000
γ (kN/m )
G (GPa)
5 21
m
(m/s)
4 20 2500
m
us,m
3
3 19
V Coulis : IJ
2 Coulis : IJ 18 2000 Sable de Fontainebleau
Sable de Fontainebleau
I = 95 %
1 Id = 95 % 17 d
0 16 1500
0 2 4 3 6 8 10 0 2 4 3 6 8 10
q (cm /s) q (cm /s)
c c
7 23
6 22 3000
G (GPa)
γ (kN/m )
(m/s)
5 21
m
4 20 2500
m
us,m
3
3 19
Sable de Fontainebleau Sable de Fontainebleau
2 qc = 6 cm /s 3 18 2000 q = 6 cm 3/s
c
1 Id = 95 % C/E 17 Id = 95 %
C/E
0 16 1500
0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4
32
Tableau 1-5. Propriétés élastiques des sols injectés déterminées par propagation d’ondes.
Sol Débit C/E Gm ∆G/Gm Em νm Vus,m ∆Vus/Vus,m γm ∆γ/γm Eus (Eus –
Eg)/Eg
cm3/s GPa % GPa m/s % kN/m3 % GPa %
Grindo. Grindo. Grindo Ultrason
SF 6 0,172 3,9 1,0 9,1 0,18 2640 3,3 20,44 1,3 13,37 + 46,9
SF 6 0,172 3,9 2,6 9,1 0,19 2603 4,8 20,54 0,8 12,92 + 42,0
SF 6 0,235 5,2 1,6 12,4 0,18 2895 2,9 20,55 1,0 16,17 + 30,4
SF 6 0,299 6,1 5,4 15,7 0,22 3087 2,1 20,68 1,2 17,60 + 12,1
SF 2,84 0,172 3,7 23,4 8,4 0,15 2397 20,1 20,41 0,2 11,32 + 34,8
SF 8,77 0,172 3,6 3,6 8,6 0,19 2503 2,6 20,51 0,8 11,93 + 38,7
SF 8,77 0,172 3,6 4,4 8,4 0,15 2545 3,2 20,37 0,7 12,74 + 51,7
SF 8,77 0,172 3,7 2,4 8,5 0,16 2568 2,0 20,46 0,8 12,91 + 51,9
AAT1 6 0,172 4,4 9,8 11,1 0,20 2778 6,0 20,62 0,5 14,60 + 31,5
AAT2 6 0,172 5,2 2,7 11,9 0,14 2790 10,9 21,60 0,8 16,36 + 37,5
IJ - 0,172 0,47 - 1,35 0,44 1870 - 11,48 - 1,26 + 6,8
- on a également constaté, comme [Bennabi et al., 1996], que les propriétés mécaniques des
éprouvettes de sable de Fontainebleau, mis en place à un indice de densité relative de 95
%, injecté par le coulis Intra-J de rapport C/E égal à 0,172 sous un débit de 6 cm3/s, sont
plus importantes dans le cas d’une injection dans le sol sec que dans le sol saturé. Cette
différence est de l’ordre de 20 % sur le module de cisaillement mesuré au GrindoSonic et
de 10 % sur la vitesse de propagation des ondes ultrasonores. Lors de l’injection dans un
sol saturé, le coulis subit localement une dilution au front d’injection, ce qui diminue
localement le rapport C/E et facilite la progression des particules de ciment qui se
déposent donc en quantité plus faible dans les pores. Cette dilution est encore plus
importante dans le cas d’un sol partiellement saturé car favorisée par l’effet de succion dû
à la pression de pore négative : le coulis ne se contente plus d’expulser l’eau des pores
comme dans le cas du sol saturé [Perret et al., 2000].
- le module de cisaillement et la vitesse de propagation des ondes ultrasonores évoluent
linéairement avec le rapport E/C du coulis :
C
G = 17,615 × (Eq. 1-11)
E
Cet accroissement de la rigidité avec le rapport C/E est essentiellement le résultat des liaisons
grains du sol / ciment, la variation de poids volumique ne pouvant à elle seule expliquer
l’augmentation du module de cisaillement. Toutefois la constante de l’équation (1-11) dépend
de la méthode de mesure.
En effet, si on calcule la valeur du module élastique Eus (Eq. 1-10) avec les valeurs du
coefficient de Poisson déterminées au GrindoSonic, on s’aperçoit que la valeur du module
élastique Eg (mesurée au GrindoSonic) est systématiquement plus petite que la valeur Eus.
L’écart relatif est compris entre 12 et 52 %, les différences diminuant avec des rapports C/E
croissants et des densités de sable plus faibles (Tableau 1-6). On suppose que ces différences
sont liées à la continuité du milieu (absence de pores) et à l’anisotropie éventuelle du sol
injecté, puisque, dans le cas du coulis pur, la différence tombe à 7 %.
33
1.6.3 – Comparaison avec les mortiers de coulis
Les écarts relatifs entre le module déterminé au GrindoSonic et aux ultrasons sont nettement
plus faibles, entre –12 et + 11 %, pour les mortiers de coulis que pour les sables injectés. La
structure du mélange (sol + ciment) dépend de la méthode de fabrication.
On constate également que le module élastique du sol malaxé dans le coulis est plus faible
que celui du sol injecté. Il en est de même pour les résistances en compression simple.
[Schwarz et al., 1994] retrouvent un résultat similaire : les résistances en compression simple
du sable Torpedo injecté par du ciment ultra-fin sont supérieures respectivement de +4,7 %,
+ 9,5 % et + 23,9 % aux résistances du même sable préparé par malaxage pour des rapports
C/E de 1, 0,5 et 0,33. Selon [Schwarz et al., 1994], il n’est pas judicieux de comparer les
résistances en compression simple du sol injecté et du sable malaxé en se basant sur la teneur
en ciment du coulis préparé, égale dans les deux cas. En effet, à partir d’essais de filtration,
[Schwarz et al., 1994] montrent que la concentration en ciment dans les pores est supérieure à
la concentration du coulis préparé du fait de l’injection d’un volume de coulis supérieur au
volume des vides du sol et de la filtration des particules de ciment. Les auteurs estiment que la
concentration en ciment dans le sable injecté vaut entre 1,1 et 1,3 fois la concentration en
ciment dans le sol malaxé. Par ailleurs, [Schwarz et al., 1994] suggèrent que, pour de faibles
teneurs en ciment, dans le cas du malaxage, le ciment enrobe uniformément les grains du sol
alors que, dans le cas de l’injection, il se dépose préférentiellement aux points de contact,
augmentant ainsi la résistance et la rigidité du sol de façon plus importante.
2
La figure (1-10b) donne des valeurs nettement plus élevées, entre 2,6 et 3 MPa.
34
On pense également que les différences observées peuvent être attribuer aux proportions
différentes de sable et de coulis (Tableau 1-6) et à la structure finale du composite (sol +
coulis). Les mortiers, préparés sans compactage énergique, présentent des poids volumiques
plus faibles que ceux des sols injectés, ce qui laisse supposer l’existence d’une porosité plus
importante pour les premiers. Or les modules sont directement liés à la porosité, comme l’a
démontré expérimentalement [Allison, 1988] par des essais au GrindoSonic sur des roches
tendres.
1.7 – Conclusions
On met en évidence les différences qui existent entre l’injection in situ et l’injection en
laboratoire :
- géométrie de la propagation du coulis, tridimensionnelle in situ, monodimensionnelle en
laboratoire ;
- initiation de la propagation du coulis par claquage in situ et par imprégnation uniforme en
laboratoire ;
- conditions aux limites différentes : déformabilité du massif à traiter in situ, enveloppe
rigide des colonnes en laboratoire.
Outre les essais classiques de résistance en compression simple, on a mesuré les propriétés
élastiques des éprouvettes de sol injecté par des méthodes dynamiques. Les valeurs obtenues
témoignent de l’homogénéité des colonnes et de la reproductibilité des essais d’injection.
On montre par ailleurs que le comportement mécanique d’un mélange (sol + ciment) dépend :
- de la nature du sol ;
- de la densité du sol ;
- de la teneur en ciment du coulis ;
- du degré de saturation initial du sol ;
- du mode de fabrication des éprouvettes ;
35
CHAPITRE II :
On présente dans ce chapitre les moyens expérimentaux mis en œuvre pour étudier le
comportement mécanique des sols vierges de tout traitement, des sols injectés et du coulis. On
insiste plus particulièrement sur la technique des « bender elements » utilisés pour suivre
l’évolution du module de cisaillement Gvh,max dans le domaine des très petites déformations,
sur des chemins de chargement isotropes ou de cisaillement drainés. On montre que la
résistance maximale des sols étudiés dans cette action de recherche suit le comportement
général décrit dans la littérature. Par contre, on met en évidence des évolutions nettement
différentes du module de cisaillement avant et après injection.
36
CHAPITRE 2 : ETUDE EXPERIMENTALE ET BIBLIOGRAPHIQUE DU
COMPORTEMENT MECANIQUE DES SOLS INJECTES
2.1 – Introduction
Un sol injecté est, par nature, un matériau "composite" constitué d’au moins trois phases :
- le squelette granulaire ;
- une matrice de liant continue ou non ;
- les pores non atteints par le coulis lors de l’injection.
L’objectif affiché au début de l’action de recherche est de pouvoir déduire des résultats
bibliographiques et de nos propres résultats expérimentaux le comportement de ce matériau
composite à partir du comportement de ses constituants pris séparément (squelette granulaire
et liant). Pour cette raison, on étudie dans les paragraphes suivants le comportement des sols
granulaires, des coulis et des sols injectés. Pour ces trois géomatériaux, on analyse :
- le comportement en grandes déformations (ε ≈ 10-2 à 10-1) pour définir les paramètres de
résistance maximale ;
- le comportement en petites déformations pour déterminer la loi d’évolution des
paramètres élastiques (désigné par comportement en petites déformations).
On commence par présenter les moyens expérimentaux mis en œuvre pour mettre en évidence
les mécanismes de déformation depuis le domaine des très petites déformations jusqu’à la
résistance maximale.
Outre la cellule triaxiale, le dispositif d’essai, dont une vue générale est présentée sur la figure
2-1, comprend :
- un appareil de pluviation, décrit dans [Levacher et al., 1994], pour la préparation des
échantillons de sable fin ;
- une pompe à vide à palettes Ommer BVL5 créant une dépression de 30 kPa environ ;
- deux presses triaxiales d’une capacité de 50 kN, l’une mécanique, l’autre hydraulique ;
- un contrôleur pression / volume GDS Standard d’une capacité de 3 MPa en pression et
200 centimètres cubes en volume pour l’application de la contrainte de confinement
autour de l’échantillon.
37
Figure 2-1. Vue d’ensemble du dispositif d’essai. Figure 2-2. Le système de petites déformations.
La précision des essais triaxiaux conventionnels, tels que définis dans les normes françaises
NF P 94-071 et NF P 94-074, ne permet pas l’étude du comportement des sols dans le
domaine des très petites déformations. En effet, les efforts et les déplacements, souvent
mesurés à l’extérieur de la cellule, intègrent de multiples sources d’erreurs [Scholey et al.,
1995], causant une sous-estimation de la rigidité de l’ordre de 20 à 30 % :
- déformabilité propre de la cellule triaxiale et du système de chargement ;
- frottement piston / cellule ;
- excentrement de la charge axiale par rapport au centre des faces de l’échantillon ;
- défaut de planéité des faces de l’échantillon d’autant plus grand que le sol est grossier ;
- défaut de parallélisme des faces de l’échantillon ;
- frottement entre l’échantillon et les pierres poreuses (frettage).
Pour remédier à ces inconvénients, il est préconisé de placer un capteur de force à l’intérieur
de la cellule et de positionner des capteurs de déplacements sur le tiers central de
l’échantillon. Ces capteurs ne doivent cependant pas le perturber et doivent supporter les
conditions de pression et le fluide dans la cellule. Une présentation synthétique des dispositifs
existant a été faite par [Scholey et al., 1995].
Le système présenté ci-contre (Fig. 2-2) a été conçu par G. Moulin au Laboratoire de Génie
Civil de Nantes Saint-Nazaire. Il se compose de trois couronnes en Ertacétal maintenues en
place pendant la phase de préparation des échantillons par trois barreaux en aluminium
espacés de 120 degrés :
- la couronne inférieure porte les corps de 3 capteurs LVDT RDP D5/40 ± 1 mm ;
- la couronne centrale supporte un capteur LVDT RDP D5/100 ± 2,5 mm par le biais
duquel on mesure l’augmentation du diamètre de l’échantillon ;
- la couronne supérieure porte les tiges des 3 capteurs axiaux.
38
La distance entre la couronne inférieure et la couronne supérieure est de 100 millimètres. Les
capteurs sont préalablement étalonnés à l’extérieur de la cellule. Leur réponse, insensible à la
pression de cellule, est linéaire dans leur domaine de fonctionnement. L’effort axial est
enregistré au moyen d’un capteur de force immergeable, d’une capacité de 50 kN, placé à
l’intérieur de la cellule.
Une fois l’échantillon préparé et les capteurs positionnés, le système est mis en contact avec
l’éprouvette au moyen de vis dont l’extrémité est protégée par un joint torique pour ne pas
percer la membrane. Les barreaux métalliques sont alors démontés.
Les câbles électriques des différents capteurs traversent la cellule triaxiale par une embase
passe-fils placée entre l’embase de la cellule triaxiale et la cellule proprement dite. Ils sont
reliés à un coffret électronique Modular 600 RDP qui permet l’acquisition des données
électriques et leur transfert vers un ordinateur.
La réponse des capteurs LVDT a généralement été perturbée, au début des essais de
cisaillement, par des problèmes de frottement de la tige dans le corps des capteurs, à cause de
défauts d’alignement (Fig. 2-3) plus difficiles à supprimer qu’avec les dispositifs à deux
capteurs diamétralement opposés présentés dans la littérature. Lorsque les trois capteurs
répondent correctement, la vitesse de déformation enregistrée a alors été comprise entre 90 et
100 % de la vitesse de déformation calculée d’après la consigne de la presse.
L’obtention d’information précise dans le domaine des très petites déformations n’a toutefois
pas été possible (ε < 10-4). On a alors opté pour une mesure par propagation d’ondes.
0.035
0.03
Comparateur
0.025 extérieur
0.02 3
2
1
0.015
0.01 Capteurs
LVDT
0.005 internes
1
0
ε
-0.005
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps (s)
Figure 2-3. Réponse du système de mesure des petites déformations.
Il fallait un dispositif :
- permettant d’accéder au domaine des très petites déformations ;
- permettant de suivre l’évolution des caractéristiques élastiques sous chargement ;
- pouvant être installé dans une cellule triaxiale conventionnelle ;
39
- ayant un encombrement limité et n’altérant pas la procédure de préparation des
échantillons.
Le choix s’est alors porté sur la technique des « bender elements » dont la conception et la
fabrication ont résulté d’une collaboration avec les sociétés GDS et Sols & Mesures.
Les « bender elements » sont des capteurs piézo-électriques installés dans les embases de la
cellule triaxiale, de part et d’autre de l’échantillon (Fig. 2-4). Le capteur placé dans l’embase
supérieure fait office d’émetteur, celui situé dans l’embase inférieure de récepteur. La partie
active des capteurs, de 10 mm de largeur et de 0,5 mm d’épaisseur, pénètre dans l’échantillon
sur 2,5 mm. Le lecteur pourra se référer à [Dyvik et al., 1986] et [Brignoli et al., 1996] pour
de plus amples informations sur la conception, la fabrication et le fonctionnement des
« bender elements ».
Les déplacements tangentiels des lamelles céramiques qui constituent le « bender element »
proviennent de l’énergie électrique fournie au capteur émetteur par un générateur de signaux
carrés, de fréquence réglable. La vibration génère une onde de cisaillement qui se propage
verticalement en provoquant des déplacements des particules du matériau dans le plan
horizontal. Les déformations induites sont inférieures à 10-5 [Viggiani et al., 1995]. L’onde
mécanique, en atteignant le récepteur, le met en vibration. Celle-ci se traduit alors par un
signal électrique décalé dans le temps par rapport au signal d’entrée. Du fait de la dissipation
d’énergie lors de la traversée de l’échantillon, un amplificateur de signal est indispensable en
sortie. Les signaux d’entrée et de sortie sont recueillis sur un oscilloscope numérique TDS
220 (bande passante de 100 MHz, taux d’échantillonnage de 1 Géch/s et longueur
d’enregistrement de 2500 points pour chacune des 2 voies).
40
On note enfin que le temps de montée du signal électrique de la valeur 0 à sa valeur crête est
inférieure à 8 µs. Le temps t = 0 correspond à la tension Vcrête / 2.
L
Vs = (Eq. 2-2)
t
L’erreur commise sur la détermination du module G est alors [Viggiani et al., 1995] :
∆G ∆ρ ∆L ∆t
= +2 +2 (Eq. 2-4)
G ρ L t
Lorsque le sol est saturé, des effets d’inertie résultant du couplage des mouvements du fluide
interstitiel et du squelette solide peuvent apparaître et la relation (2-1) doit être corrigée de
l’effet de tortuosité [Bourbie et al., 1986] :
⎡ ⎛ 1 ⎞⎤
G = ⎢(1 − n )× ρ s + nρ f × ⎜1 − ⎟⎥ × Vs2 (Eq. 2-5)
⎣ ⎝ a ⎠⎦
avec :
n: porosité du sol ;
ρs : masse volumique des grains ;
ρf : masse volumique du fluide interstitiel ;
a≥1: tortuosité, entité qui reste difficilement mesurable.
41
On utilisera la relation (2-1) dans la suite de ce mémoire. Il faut également noter que, du fait
de la nature de l’onde de cisaillement, on détermine expérimentalement le module de
cisaillement Gvh.
La distance parcourue par l’onde n’est pas la hauteur totale de l’échantillon. De nombreux
auteurs [Viggiani et al., 1995 ; Jovicic et al., 1996 ; Brignoli et al., 1996 ; …] ont montré qu’il
fallait soustraire la longueur de pénétration des « bender elements » à l’intérieur de
l’échantillon de sol. Dans notre cas, cette longueur de pénétration vaut exactement 2 x 2,5
mm. La non prise en compte de cette longueur de pénétration causerait une surestimation du
module de cisaillement de 2,5 % environ.
Le signal relativement complexe reçu par le récepteur témoigne des multiple événements qui
accompagnent la propagation de l’onde de cisaillement :
- effets liés aux propriétés des particules constituant le sol ;
- effets liés à la méthode de mesure ;
Dans le premier cas, on distingue les phénomènes d’absorption ou atténuation par frottement
(transformation de l’énergie mécanique en chaleur) et de dispersion (diffusion des ondes le
long des frontières intergranulaires), liée à l’anisotropie et à la non homogénéité du matériau à
l’échelle des grains. La réflexion, la diffraction et la conversion de mode (compression ⇔
cisaillement) des ondes aux interfaces sont ainsi généralement englobées sous ce terme de
dispersion.
Dans le second cas, les défauts de parallélisme entre les capteurs, la dimension finie de la
source, la différence d’impédance acoustique entre les capteurs et le milieu génèrent des
perturbations donnant lieu à une divergence du faisceau incident et, par conséquent à des
effets de bords.
Par ailleurs, la complexité du signal due à ces phénomènes est accentuée par l’utilisation de
signaux carrés multifréquentiels dont chaque partie du spectre se propage à des vitesses
différentes. Le signal reçu subit donc une distorsion importante car le milieu répond
différemment à chacune des fréquences, comme l’ont montré [Blewett et al., 2000]. Cette
distorsion est diminuée par l’utilisation de signaux sinusoïdaux monofréquentiels mais n’est
pas annulée. On conserve donc par la suite la forme carrée du signal incident.
L’onde traversant le milieu étudié n’est jamais une onde de cisaillement pur. Elle comprend
trois composantes Γ1, Γ2 et Γ3 [Jovicic et al., 1996] :
- Γ1 est l’onde de cisaillement recherchée : elle se propage à la vitesse Vs ;
- Γ2 est une onde de cisaillement secondaire qui se propage à la vitesse Vs et qui subit une
atténuation relativement importante par rapport à Γ1 ;
- Γ3 est une onde qui se propage à la vitesse Vp d’une onde de compression et qui subit une
atténuation relativement importante par rapport à Γ1. Il s’agit de l’onde résultant des effets
de bord.
42
Comme Vp est toujours supérieure à Vs, l’onde Γ3 peut masquer l’arrivée de l’onde de
cisaillement pur Γ1. C’est notamment le cas lorsque la distance de propagation de l’onde L est
comprise entre 0,25 et 4 fois sa longueur d’onde λw [Viggiani et al., 1995] avec :
Vs
λw = (Eq. 2-6)
fw
où fw est la fréquence moyenne du signal reçu. Un exemple en est donné sur la figure (2-5).
La première déviation du signal au point 0 correspond à l’arrivée de l’onde Γ3 sur le
récepteur. L’onde de cisaillement Γ1 n’atteint le récepteur qu’au point 1 qui correspond au
premier changement de signe de la dérivée du signal [Viggiani et al., 1995 ; Jovicic et al.,
1996].
Figure 2-5. Exemple de signaux émis et reçus par les « bender elements »
(d’après [Jovicic et al., 1996]).
En résumé la forme du signal de sortie est contrôlé par la rapport Rd de la longueur effective
parcourue par l’onde L et la longueur d’onde du signal λw :
L Lf
Rd = = w (Eq. 2-7)
λw Vs
Pour de faibles valeurs de Rd (entre 0,25 et 4 et surtout proches de 1), c’est-à-dire pour une
longueur d’onde approximativement égale à la longueur L, l’effet de bord est très marqué et le
signal reçu aura la forme indiquée sur la figure (2-5). Pour des valeurs plus importantes de Rd
(supérieures à 4), l’effet de bord est très atténué et ne masque plus l’arrivée de l’onde de
cisaillement [Jovicic et al., 1996 ; Brignoli et al., 1996 ; Lo Presti et al., 1998] : la première
déviation du signal marque donc l’instant d’arrivée de l’onde Γ1. Le rapport Rd dépend de la
fréquence du signal mais également de la vitesse de propagation et donc de la rigidité du
matériau. [Arulnathan et al., 1998] ont aussi montré l’influence du coefficient de Poisson ν du
43
sol et du rapport de la longueur d’onde du signal sur la taille caractéristique du capteur
émetteur.
Enfin, l’onde doit se propager sans « voir » la nature particulaire du milieu traversé. Aussi, la
longueur d’onde du signal doit excéder la taille du plus gros granulat Dmax d’un rapport 2π,
voire 10. Si cette condition n’était pas respectée, l’onde subirait des réflexions et des
diffractions importantes sur les granulats, d’où une dissipation importante de l’énergie
mécanique et la création d’une zone non perturbée par l’onde en arrière du granulat. Les
hypothèses de continuité du milieu et d’homogénéité seraient alors remises en cause.
Le comportement mécanique d’un milieu granulaire résulte des interactions aux points de
contacts entre les grains qui le constitue et de l’évolution, sous les sollicitations imposées, de
l’assemblage granulaire. Celle-ci résulte de trois mécanismes :
- la compressibilité des grains du sol ;
- les déplacements des grains les uns par rapport aux autres par glissement et rotation qui
dépendent principalement de la forme et de l’état de surface des grains ;
- la rupture des grains
qui provoquent, à l’échelle des grains, une modification du nombre, de l’aire et de
l’orientation des contacts intergranulaires. La figure (2-6) illustre la réponse d’un échantillon
de sol sous une compression triaxiale monotone. Deux paramètres contrôlent essentiellement
l’évolution du déviateur des contraintes q et de la déformation volumique εv : la compacité de
la structure granulaire et l’état de contraintes.
Sable
déviateur
dense
Etat de
Sable
plasticité
lâche
parfaite
q, εv
(dεv/dε1)max
ε1
Dans un premier temps, le sable subit une contraction de volume appelée contractance
accompagnant une augmentation du déviateur des contraintes plus ou moins rapide en
fonction de la compacité initiale du sol et de la contrainte moyenne appliquée. Cette
contraction, qui traduit un enchevêtrement des grains, s’atténue progressivement pour
finalement s’annuler, soit définitivement dans le cas d’un sable lâche, soit ponctuellement
44
dans le cas d’un sable dense. D’après [Luong, 1980], l’état correspondant à un taux de
déformation volumique nul, appelé état caractéristique, est intrinsèque au sol : il caractérise la
capacité d’enchevêtrement du matériau. [Luong, 1980] précise que cet état montre une
indépendance vis-à-vis de la porosité initiale, une non-influence de l’anisotropie des contacts
et une insensibilité à la granulométrie. Il ajoute que des essais sur divers chemins de
contraintes ont montré la validité du concept d’état caractéristique.
Pour des déformations plus importantes, dans le cas d’un sable lâche, on tend vers une
déformation à volume constant simultanée au cisaillement à déviateur constant caractéristique
de l’état de plasticité parfaite et indépendant de la compacité initiale. Autrement dit, pour un
sable lâche, état caractéristique et état critique sont confondus.
Dans le cas d’un sable dense, la phase de contractance est suivie d’une phase de dilatance
correspondant à un désenchevêtrement de la structure granulaire. La dilatance est d’autant
plus importante que les grains sont initialement serrés et que la contrainte moyenne est faible.
Le taux de dilatance maximal, représenté par le point d’inflexion de la courbe déformation
volumique en fonction de la déformation axiale, est atteint pour la valeur maximale du
déviateur. Au-delà, le déviateur diminue pour rejoindre l’état de plasticité parfaite caractérisée
par un cisaillement à volume constant. On note toutefois que, dans beaucoup d’essais, des
localisations surviennent au voisinage du pic et que, par conséquent, la déformation n’est plus
homogène. Aussi, on ne s’intéressera dans la suite de cette étude qu’au comportement
précédant le pic de contraintes.
Lorsque l’on représente, dans le plan de Mohr, les états de contraintes correspondant
respectivement à l’état caractéristique, au pic de contraintes et à l’état critique pour des essais
triaxiaux à contrainte de confinement différente, il est possible de définir, pour chaque état et
dans un certain domaine de contraintes, des enveloppes linéaires tangentes aux cercles de
Mohr. Ces enveloppes obéissent au modèle de Mohr-Coulomb :
On peut également représenter ces états dans le plan (p’, q), p’ étant la contrainte moyenne
effective et q le déviateur (Fig. 2-7). La ligne d’état caractéristique et la ligne de résistance
maximale sont respectivement définies par la pente Mc et la pente Mp telles que :
La pente M (Mc ou Mp) peut être reliée à l’angle de frottement interne par la relation :
⎛ 3M ⎞
ϕ' = Arc sin ⎜ ⎟ (Eq. 2-10)
⎝6+M⎠
45
On note enfin une dépendance du comportement des sols vis à vis du trajet de chargement. La
résistance au cisaillement, dans l’état caractéristique [Luong, 1980], et la déformabilité du sol
sont ainsi plus importantes en compression triaxiale qu’en extension triaxiale. Lorsque la
résistance maximale est mobilisée, l’angle de frottement en extension est supérieur à l’angle
de frottement en compression.
800
700 M
p
600 Résistance
maximale M
Déviateur q
500 c
400
300
Etat
200 caractéristique
3
100 1
0
0 100 200
Contrainte effective300
moyenne400
p' 500
Figure 2.7. Etat caractéristique et état de rupture dans le plan (p’, q).
2.3.2 – Comportement mécanique dans le domaine des petites et très petites déformations
∆q
E= (Eq. 2-11)
∆ε1
Dans le domaine des très petites déformations ainsi défini, le module d’Young Emax et le
module de cisaillement correspondant Gmax représentent l’état des contacts intergranulaires
actifs (ceux par lesquels une force est transmise). Or les chaînons de force qui se développent
dans les milieux granulaires s’orientent majoritairement dans le sens de la contrainte
principale majeure [Biarez et al., 1963]. Autrement dit, dès l’application d’un déviateur de
contraintes qui engendre un réarrangement granulaire, on ne peut plus définir un scalaire
unique pour caractériser le module de cisaillement mais un tenseur Gmax, de composantes
46
Gij,max, traduisant l’anisotropie induite se superposant à l’anisotropie inhérente [Roesler,
1979].
1.1
1
0.9 Sous
Module sécant E
0.8 estimation
Domaine de E
0.7 élastique
linéaire
0.6 Domaine
0.5 non linéaire
0.4 εlim
0.3
-6 -5
10 10 0.0001 0.001 0.01
Déformation axiale ε
1
( )
G ij, max = F1 (e )× F2 σ ij × Χ 1 (sol )× Χ 2 (2-12)
∗ Fonction F1(e)
L’indice des vides e est préféré à l’indice de densité relative Id pour l’état d’un sol [Iwasaki et
al., 1977]. Plusieurs modèles ont été proposés pour expliciter la fonction F1(e).
- Modèle 1 [Hardin et al., 1963 ; Drnevich et al., 1970 ; Iwasaki et al., 1977 ;
Kokusho et al., 1981 ; …] :
F1 (e ) =
(b − e )2 (Eq. 2-13)
1+ e
Le paramètre b dépend de l’angularité des grains du sol et est généralement compris entre 1 et
4 [Hicher, 1996]. Une valeur de 2,17 est couramment acceptée pour les grains arrondis et 2,97
pour des grains anguleux [Hardin et al., 1963].
F1 (e ) = e α (Eq. 2-14)
47
∗ Fonction F2(σij)
La fonction F2(σij) est classiquement une loi en puissance qui, dans le cas d’une mesure par
propagation d’ondes, prend la forme :
( ) n
F2 σ ij = σ in i σ j j (2-15)
Sur un chemin de compression isotrope, la relation (2-15) peut également être ramenée à une
fonction de la seule variable contrainte moyenne effective p’, auquel cas le tenseur Gij,max se
réduit à un scalaire Gmax tel que :
( )
F2 σ ij = p' n (∆ε ) (Eq. 2-16)
La vitesse de propagation des ondes suit alors une loi en puissance (n / 2).
∗ Produit X1 x X2
Le produit X1 x X2 intègrent l’effet de toutes les variables secondaires et, à ce titre, il est
souvent considéré comme constant. Des valeurs comprises entre 6,9 [Hardin et al., 1963] et
14,1 [Iwasaki et al., 1977] sont proposées dans la littérature. On distingue toutefois la variable
X1 relative aux propriétés mécaniques et géométriques des grains du sol et la variable X2
relative à l’histoire du sol et à son environnement.
[Iwasaki et al., 1977 ; Hicher, 1996] ajoutent que la valeur de X1 diminue quand le coefficient
d’uniformité Cu = D60 / D10 augmente, à indice des vides égal. [Chang et al., 1982] proposent
une corrélation linéaire entre Gmax et le logarithme du coefficient d’uniformité telle que :
48
avec a une fonction de l’indice des vides e et des diamètres D50 et D10 des particules.
Toutefois, leur approche est discutable dans la mesure où les auteurs réalisent les essais à
même indice de densité relative et non pas à indice des vides égal. [Salgado et al., 2000 ;
Thevanayagam, 2000] ont par ailleurs constaté une influence très importante de la quantité de
fines (particules de diamètre inférieur à 100 µm) qui a pour effet d’accroître, dans certaines
proportions, la quantité de contacts actifs.
Le diamètre moyen D50 des particules ne semble pas avoir d’influence notable sur le module
de cisaillement Gmax [Chang et al., 1982 ; Kohata et al., 1997] validant ainsi l’hypothèse de
milieu continu pour les sols.
On donne dans le tableau (2-1) les valeurs des paramètres de la relation (2-12) proposées par
différents auteurs. Ces valeurs sont obtenues pour un module de cisaillement exprimé en MPa
et une contrainte p’ exprimée en kPa. Ces relations Gmax/p’n sont comparées (Fig. 2-9) à de
récentes mesures expérimentales du module de cisaillement en fonction de l’indice des vides e
pour différents types de sol (sables, graviers) [Assimaki et al., 2000 ; Chang et al., 1982 ;
Dong et al., 1997 ; Huot, 1999 ; Kokusho et al., 1981 ; Ribay-Delfosse, 2001 ; Yamashita et
al., 1999 ; Yasuda et al., 1994].
On constate que la majorité des données expérimentales est encadrée par les relations de
[Hicher, 1996] et [Hardin et al., 1963] d’une part et les relations de [Iwasaki et al., 1977] et
49
[Lo Presti et al., 1997] d’autre part, que l’on considérera comme bornes pour le rapport
Gmax/p’n.
Le coefficient de Poisson reste, quant à lui, dans une plage de valeurs relativement étroite
comprise entre 0,1 et 0,3 [Shibuya et al., 1992 ; Hicher, 1996 ; Dong et al., 1997], y compris
dans le domaine des très petites déformations. On note peu d’effet de l’indice des vides e et
une légère dépendance vis à vis de la granulométrie. [Aubry et al., 1982] relient également le
coefficient de Poisson à la contrainte latérale dans le cas des essais triaxiaux sur du sable :
0,55
⎛σ ⎞
ν = 0,26⎜⎜ 3 ⎟⎟ pour σ3 < 150 kPa (Eq. 2-18)
⎝ 150 ⎠
ν = 0,26 pour σ3 > 150 kPa (Eq. 2-19)
50
30
Iwasaki et al., 1977
(MPa) / p'
20
max
G
10
Figure 2-9. Compilation des valeurs du module de cisaillement des sols en fonction de p’ et e.
50
2.4 –Sols vierges de tout traitement : résultats expérimentaux
Les essais dont les résultats sont présentés ci-dessous ont un triple objectif :
- définir le comportement d’un des constituants d’un sol injecté et valider les concepts
d’état caractéristique et de rupture pour différents types de sol : les deux paramètres Mc et
Mp sont respectivement les pentes des lignes caractéristique et de résistance maximale
dans le plan (p’, q) ;
- identifier les paramètres du modèle de Mohr-Coulomb non associé (angle de frottement
interne ϕ’, cohésion c’, angle de dilatance ψ, coefficient de Poisson ν et module de
déformation sécant à l’origine Esec) pour calculer ultérieurement l’accroissement de ces
propriétés dû à l’injection ;
- suivre l’évolution du module de cisaillement Gmax par des mesures ponctuelles au moyen
des « bender elements », suivant différents chemins de contraintes (compression et
décharge isotropes, cisaillement drainé).
Les essais, consolidés drainés (CD), sont réalisés suivant les normes NF P 94-071 et NF P 94-
074. La mise en place du sable s’effectue soit par pluviation pour le sable de Fontainebleau,
soit par dépôt et compactage manuels pour les alluvions. Dans ce cas, le moule est rempli en
cinq fois, chaque couche étant compactée par 30 coups de dame. Dans certains essais où l’on
sature les échantillons, du dioxyde de carbone est injecté sous 3 kPa pour faciliter la
saturation. Celle-ci s’effectue par circulation ascendante d’eau désaérée, sous une contrainte
effective d’environ 50 kPa. Le coefficient B définissant le degré de saturation a toujours été
supérieur à 0,95. Après consolidation, l’échantillon est cisaillé à une vitesse de 0,152 mm/mn
(sauf mention contraire), soit une vitesse de déformation de 1,28 x 10-5 s-1. Les contraintes
latérales appliquées sont successivement de 100, 200 et 400 kPa. Elles sont corrigées de
l’effet de la rigidité des membranes en latex, de 0,5 mm d’épaisseur, qui entourent les
échantillons : une surcontrainte de 0,3 kPa est ainsi générée.
Pour les alluvions anciennes de type I, trois séries d’essais sont en fait réalisées :
- une première sur le matériau dont la granulométrie est écrêtée à 10 mm ;
- une seconde sur le matériau dont la granulométrie est écrêtée à 6,3 mm ;
- une troisième sur le matériau dont la granulométrie est écrêtée à 3,15 mm.
Les mesures avec le système de petites déformations ont été abandonnées au profit des
« bender elements », bien que ces derniers ne permettent pas de déterminer l’évolution du
module sécant. La fréquence du signal d’entrée a, dans tous les cas, été choisie proche de 500
Hz. Ceci permet de respecter l’hypothèse de milieu continu et d’obtenir un signal de bonne
qualité sur le récepteur. En contrepartie, il faudra tenir compte, lors du dépouillement des
résultats, de l’effet de bord décrit précédemment. Enfin, le calcul de G intègre l’évolution de
la densité du sol au cours des différentes phases de chargement. La distance entre les « bender
51
elements » est déterminée par lecture des variations de hauteur de l’échantillon sur un
comparateur extérieur à la cellule. L’erreur liée aux défauts de planéité, d’excentrement de la
charge, … existe mais reste faible compte tenu de la taille de l’échantillon.
1⎛ ∆ε ⎞
ν= ⎜1 − v ⎟⎟ ∆ε1, ∆εv > 0
2 ⎜⎝ ∆ε1 ⎠
dε v
dε 1
sin ψ = − ∆ε1 > 0, ∆εv < 0
dε
2− v
dε 1
25
Variations de volume ∆V ( cm 3 )
15
Essai 1
10 Alluvions Type I
σ'3 = 100 kPa
5
0 Essai 2
Alluvions Type I
σ' = 200 kPa
-5 3
-10
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07
Déformation axiale ε
1
Figure 2-10. Comparaison des mesures de variation de volume au cours d’un essai triaxial.
Les essais en grandes déformations sur le sable de Fontainebleau NE 34, sec, sont présentés
sur la figure (2-11). L’allure des courbes d’évolution du déviateur q (Fig. 2-11a) et de la
déformation volumique εv (Fig. 2-11b) est typique d’un sable dense purement frottant. Le
déviateur croît progressivement jusqu’à un pic d’autant plus élevé que la contrainte latérale
autour de l’échantillon est importante. D’abord contractant, le comportement volumique
devient ensuite dilatant : le taux de dilatance maximal, à partir duquel est déterminé l’angle de
dilatance ψ, décroissant avec la contrainte latérale, correspond au pic du déviateur. Les
valeurs des paramètres du modèle élastique linéaire isotrope et parfaitement plastique avec le
critère de Mohr-Coulomb non associé sont données dans le tableau (2-2). Le module Esec est
celui déterminé à l’origine de la courbe, pour une déformation de l’ordre de 10-3. C’est
pourquoi le module Esec évolue en fonction de la puissance 0,9 de la contrainte latérale :
52
E sec (MPa ) = 1,06 × σ' 0c,9
1400 1400
q (kPa)
800 e = 0,611, σ' = 200 kpa 800
0 c
400 400
MCSF-6
200 e = 0,618, σ' = 100 kPa 200
0 c
0 0
0 0.02 0.04 ε 0.06 0.08 0.1 0 200 400 600 800
1 p' (kPa)
Figure 2-11a. Déviateur. Figure 2-11c. Plan (p’, q).
0.05 1000
0.02
200
0.01 0
0 500 1000 1500 2000
0
Tableau 2-2. Interprétation conventionnelle des essais triaxiaux sur le sable de Fontainebleau.
Essai e0 σ’c Esec ν ψ ϕ’ c’ Mp Mc
(kPa) (MPa) (degrés) (degrés) (kPa)
MCSF-6 0,618 100 64 0.24 15.6
MCSF-7 0,611 200 131 0.25 14.1 39,1 0 1,60 1,17
MCSF-8 0,606 400 222 0.20 13.1
SF-DEF 0,598 - - - -
Le tracé de l’enveloppe de rupture dans le plan de Mohr (Fig. 2-11d) conduit à une valeur de
l’angle de frottement interne de 39,1 degrés et à une cohésion nulle, pour un indice de densité
relative de 85 %. Dans le plan (p’, q), on reporte le chemin de chargement ainsi que les points
correspondant à l’état caractéristique et à la rupture (Fig. 2-11c). Ces points définissent deux
droites dans la gamme des contraintes latérales étudiées, de pente respective :
Sur le trajet de décompression isotrope qui suit le cisaillement (trajet 6 sur la figure (2-12a)),
la corrélation devient :
proche de la relation établie par [Hicher, 1996] et qui témoigne de l’évolution de la structure
granulaire pendant le cisaillement (Fig. 2-12b).
Pour le chargement déviatorique (trajet 4 sur la figure (2-12a)), on observe une augmentation
de la quantité (Gvh,max x e) jusqu’à un point qui correspond approximativement au passage
contractant – dilatant et au-delà duquel la quantité décroît légèrement (Fig. 2-13a). Une telle
évolution a déjà été observée par [Nakamura et al., 1999] lors d’essais à la colonne résonnante
sur du sable de Toyoura, par [Kuwano et al., 1999] lors d’essais triaxiaux avec mesure par
« bender elements » sur du sable de rivière et par [Shibuya et al., 1992] pour le module
d’Young Evv lors d’essais triaxiaux sur du gravier (Fig. 2-13b). [Kuwano et al., 1999]
attribuent ce phénomène au désenchevêtrement des grains qui cause la dilatance et constate
une chute simultanée du module de cisaillement Ghh. [Charif et al., 1991] notent une
croissance monotone du module Evv au cours d’un essai triaxial sur du sable d’Hostun dense
pour des déformations axiales inférieures à 3 %.
On représente sur la figure (2-13b) le rapport du module élastique Evv déterminé sur un petit
cycle décharge / recharge sur le module élastique initial (Ecyc / Emax) et le même rapport
corrigé de l’effet de la contrainte moyenne p’ d’après les résultats de [Shibuya et al., 1992].
Dans ce cas, le module corrigé de l’effet de la contrainte moyenne ne varie pratiquement pas
jusqu’au point correspondant probablement au début de la dilatance.
54
1400 150
1 : Compression isotrope 100 - 500 kPa
1200 2 : Décompression isotrope 500 - 100 kPa
0.56
3 : Compression isotrope 100 - 400 kPa G x e = 4,38 x p'
1000 4 : Cisaillement à σ' = 400 kPa max
3
Gmax x e (MPa)
5 : Décharge en fin de cisaillement
800
q (MPa)
6 : Décompression isotrope
600 100
0,49
4,5 G
max
x e = 5,84 x p'
400
6
200 1 6
3 2 Hicher
0 3
1,2
-200 50
0 200 400 600 800 1000 100 200 300 400 500 600
p' (kPa) p' (kPa)
Figure 2-12a. Programme de chargement. Figure 2-12b. Evolution du module de
cisaillement.
Figure 2-12. Evolution de Gvh,max sur des chemins de compression – décompression isotrope.
200 10 1.5
(E /E )
cyc max
180 8
Expérience
(Gmax x e) / p'0,56
Gmax x e (MPa)
1
Ecyc / Emax
160 6
0,509
(Ecyc / Emax) / p'
140 4
Valeurs corrigées 0.5
de l'effet de p' Gravier Hime e = 0,548
0
120 2 Compression triaxiale
ε1 σ = 49,1 kPa
3
100 0 0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
q / qmax
On présente dans ce paragraphe les résultats expérimentaux des essais triaxiaux menés sur les
alluvions anciennes de type I. La granulométrie de ce matériau ayant été écrêtée à 10 mm, on
a également cherché à quantifier l’effet de cette opération sur ses propriétés mécaniques en
réalisant deux autres série d’essais triaxiaux sur les même alluvions mais écrêtées à 6,3 mm
puis 3,15 mm. Les courbes et les caractéristiques granulométriques sont présentées sur la
figure (2-14) et dans le tableau (2-3). A la vue de ces courbes, l’opération d’écrêtement se
traduit par une modification de la granulométrie pour un diamètre de particules supérieur à
500 µm. Le coefficient d’uniformité reste quasiment inchangé.
Les résultats des essais sont présentés sur les pages suivantes puis commentés.
55
Alluvions écrêtées à 10 mm
1400 1400
AT1-3
1200 e0 = 0,460, 1200
AT1-4
σ'c = 400 kPa e = 0,469, σ' = 400 kPa M = 1,49
0 c
p
1000 1000
q (kPa)
q (kPa)
800
800
AT1-2 M = 1,27
c
600 e = 0,493, σ' = 200 kPa
0 c
600
400
AT1-1 400
200 e = 0,480, σ' = 100 kPa
0 c
200
0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 ε 0.05 0.06 0.07 0.08 0
1 0 200 400 600 800 1000
p' (kPa)
Figure 2-15a. Déviateur. Figure 2-15c. Plan (p’, q).
0.02 1000
0.005 400
AT1-2
AT1-3 200
v
ε
0
-0.005
0 500 1000 1500 2000
-0.01
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0.08
ε1
Figure 2-15. Essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type I écrêtées à 10 mm.
Tableau 2-4. Interprétation conventionnelle des essais triaxiaux sur les alluvions anciennes de type I 10 mm.
Essai e0 σ’c Esec ν ψ ϕ’ c’ Mp Mc
(kPa) (MPa) (degrés) (degrés) (kPa)
AT1-1 0,480 100 46 0,16 14,6
AT1-2 0,493 200 71 0,12 9,8 36,6 - 1,49 1,27
AT1-3 0,463 400 113 - -
AT1-4 0,469 400 139 0,22 8,9
140 200
Symboles pleins : compression
180
Symboles ouverts : décharge
120
160
x e (MPa)
x e (MPa)
0,48
G x e = 6,98 x p' 140
max
100
Compression Hicher 1996 120
isotrope
max
max
Décharge 100
80
G
isotrope
G
0,48
80 Gmax x e = 6,98 x p'
0,62
Gmax x e = 2,76 x p'
60 60
40
50 150 250 350 450 0 200 400 600 800 1000
p' (kPa) p' (kPa)
Figure 2-16a. Chemins de chargement isotropes. Figure 2-16b. Chargement déviatorique.
56
Alluvions écrêtées à 6,3 mm
1400 1400
1200 1200
AT165-3 M = 1,55
e = 0,460, σ' = 400 kPa p
0 c
1000 1000
q (kPa)
q (kPa)
800
800 M = 1,29
c
600 AT165-2
e = 0,475, σ' = 200 kPa 600
0 c
400
AT165-1 400
200 e = 0,489, σ' = 100 kPa
0 c
200
0
0 0.01 0.02 0.03 ε 0.04 0.05 0.06 0.07 0
1 0 200 400 600 800 1000
p' (kPa)
Figure 2-17a. Déviateur. Figure 2-17c. Plan (p’, q).
0.02 1000
ϕ' = 38,1°
0.015 800
AT165-1 AT165-2
0.01 600
v
ε
0.005 400
AT165-3 200
0
0
-0.005
0 500 1000 1500 2000
-0.01
0 0.01 0.02 0.03 ε 0.04 0.05 0.06 0.07
1
Figure 2-17. Essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type I écrêtées à 6,3 mm.
Tableau 2-5. Interprétation conventionnelle des essais triaxiaux sur les alluvions anciennes de type I 6,3 mm.
Essai e0 σ’c Esec ν ψ ϕ’ c’ Mp Mc
(kPa) (MPa) (degrés) (degrés) (kPa)
AT165-1 0,489 100 77 0,30 12,4
AT165-2 0,475 200 78 0,27 11,7 38,1 - 1,55 1,29
AT165-3 0,460 400 130 0,22 9,7
180 7
6
0,5
140
x e) / p'
Gmax x e (MPa)
5.5
120
Hicher 1996 5
max
100
(G
4.5
Déchargement
80 cisaillement drainé
4
puis
décompression siotrope Etat
60 3.5 q = 206 kPa Caractéristique
40 3
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
p' (kPa) q (kPa)
Figure 2-18a. Chargement déviatorique. Figure 2-18b. Correction de l’effet de p’.
57
Alluvions écrêtées à 3,15 mm
1400 1400
q (kPa)
e = 0,641 e = 0,478, σ' = 200 kPa
q (kPa)
800 0 0 c
800 M = 1,32
c
σ' = 200 kPa
c
600 600
400 400
AT1315-1
200 e = 0,490, σ' = 100 kPa 200
0 c
0 0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0 200 400 600 800 1000
ε p' (kPa)
1
0
ε
200
-0.005 AT1315-4
0
-0.01 0 500 1000 1500 2000
-0.015
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07
ε
1
Figure 2-19. Essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type I écrêtées à 3,15 mm.
Tableau 2-6. Interprétation conventionnelle des essais triaxiaux sur les alluvions anciennes de type I 3,15 mm.
Essai e0 σ’c Esec ν ψ ϕ’ c’ Mp Mc
(kPa) (MPa) (degrés) (degrés) (kPa)
AT1315-1 0,490 100 58 0,32 12,5
AT1315-2 0,478 200 78 0,28 11,5 38,7 - 1,58 1,32
AT1315-3 0,470 400 155 0,24 10,5
AT1315-4 0,641 200 62 0,20 1,8 - - - -
120 180
Ronds : compression
110 160
Triangles : décharge
100 G
0,50
x e = 5,57 x p'
140
x e (MPa)
0,50 max
G x e = 5,57 x p'
x e (MPa)
max
90
120
80 Compression Décharge
isotrope isotrope 100
max
max
70
x e = 3,7 x p'0,56
G
G
G
max 80
60
50 60
40 40
50 150 250 350 450 0 200 400 600 800 1000
p' (kPa) p' (kPa)
Figure 2-20a. Chemins de chargement isotropes. Figure 2-20b. Chargement déviatorique.
58
100
80
40
10 mm
20 6,3 mm
3,15 mm
0
0.1 1 10
Diamètre (mm)
Figure 2-14. Courbe granulométrique comparée des alluvions écrêtées.
7
q = 207 kPa q = 442 kPa q = 902 kPa
6.5
6
0,50
x e) / p'
5.5
5
max
4.5
(G
4
Etat
3.5 Caractéristique
3
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
q (kPa)
Figure 2-21. Evolution du module de cisaillement Gvh,max corrigé de l’effet de p’ pour les alluvions de
type I écrêtées à 3,15 mm.
On note que l’allure des courbes q – ε1 et εv – ε1 est caractéristique du comportement des sols
denses ou, pour l’essai AT1315-4 réalisé sur les alluvions déposées à hauteur de chute nulle,
sans compactage, du comportement d’un sable lâche. Les valeurs des paramètres du modèle
élastique linéaire parfaitement plastique sont en accord avec les valeurs usuelles rencontrées
en mécanique des sols.
59
Cette comparaison est possible dans la mesure où, à contrainte latérale égale, les indices des
vides pour les différents essais sont relativement proches.
On constate que l’effet de l’écrêtement reste relativement faible sur les courbes q – ε1 et εv –
ε1 (Fig. 2-22). L’influence la plus marquée concerne l’angle de dilatance dont les variations
avec la contrainte latérale semblent diminuer au fur et à mesure que le diamètre maximal des
particules décroît (Tableau 2-7). L’angle de frottement interne augmente légèrement lorsque
le diamètre maximal des particules décroît (Tableau 2-8).
1600 0.025
Croix : AA1-10
Ronds : AA1-6,3 σ' = 400 kPa
1400 3
0.02 Croix : AA1-10
Triangles : AA1-3,15
Ronds : AA1-6,3
1200 Triangles : AA1-3,15
0.015
1000
100 kPa
q (kPa)
0.01
800 σ' = 200 kPa
v
3
ε
0.005
600
400 kPa
0
400
0 -0.01
0 0.02 0.04 0.06 ε 0.08 0 0.02 0.04 0.06 ε 0.08
1 1
Les valeurs des paramètres Mc et Mp sont donc logiquement affectées par l’écrêtement : elles
augmentent avec la diminution du diamètre maximal des particules. Cette constatation
expérimentale, basée sur un nombre limité d’essais, nécessiterait d’être confirmée par une
campagne d’essais plus approfondie.
60
[Link] – Comparaison de l’évolution des modules de cisaillement en petites déformations
G vh ,max × e = 5,57 × p' 0,50 (Eq. 2-23) pour les alluvions écrêtées à 3,15 mm.
La différence, peu significative, peut être liée aux incertitudes expérimentales. Il est toutefois
intéressant de constater que nos essais sur les alluvions confirment la relation proposée par
[Hicher, 1996] avec un exposant n très proche de 0,5 et une constante voisine de 6.
Lors des phases de déchargement isotropes postérieures au cisaillement drainé (Figs. 2-16a et
2-20a), les corrélations deviennent :
G vh ,max × e = 2,76 × p' 0,62 (Eq. 2-24) pour les alluvions écrêtées à 10 mm
G vh ,max × e = 3,72 × p' 0,56 (Eq. 2-25) pour les alluvions écrêtées à 3,15 mm.
Enfin, pour les chargements déviatoriques, on observe le même phénomène que sur le sable
de Fontainebleau, à savoir que le module de cisaillement Gvh,max augmente pendant la phase
de contractance (Figs. 2-16b, 2-18a, 2-18b, 2-20b, 2-21) avec une croissance dépendant de la
contrainte moyenne p’. Une fois l’état caractéristique atteint, le module de cisaillement Gvh,max
diminue.
On donne dans le tableau (2-9) les valeurs du module de cisaillement e x Gvh,max au début des
essais de cisaillement. La tendance générale est à la diminution de e x Gvh,max avec un niveau
d’écrêtement de la granulométrie plus poussé. Cette tendance est inverse de celle obtenue
avec le module sécant à 0,1 % de déformation et peut être liée à une non linéarité plus
marquée.
61
Tableau 2-8. Influence de l’écrêtement sur (Gvh,max x e).
Gvh,max x e (MPa) AA1 - 10 AA1 – 6,3 AA1 – 3,15
σ’3 = 100 kPa 69,1 63,5 58,9
σ’3 = 200 kPa 94,2 86,4 84,6 / 80,1
σ’3 = 400 kPa 128,4 / 135,5 126,1 118,1
[Link] – Conclusions
L’écrêtement des alluvions anciennes de type I ayant peu d’effet sur les courbes
granulométriques respectives, il est logique de constater expérimentalement qu’il a également
peu d’influence sur les valeurs des paramètres de déformabilité et de résistance déduits des
essais triaxiaux.
Par ailleurs, les essais sur les alluvions de type I confirment les observations faites sur le sable
de Fontainebleau quant à l’évolution du module de cisaillement dans le domaine des très
petites déformations.
On présente dans ce paragraphe les résultats des essais triaxiaux effectués sur les alluvions
anciennes de type II. Leur comportement (Fig. 2-23) est similaire à celui des alluvions
anciennes de type I. Les paramètres mécaniques déduits de ces essais sont reportés dans le
tableau (2-9).
Tableau 2-9. Interprétation conventionnelle des essais triaxiaux sur les alluvions anciennes de type II.
Essai e0 σ’c Esec ν ψ ϕ’ c’ Mp Mc
(kPa) (MPa) (degrés) (degrés) (kPa)
AT2-1 0,399 100 47 0,23 8,9
AT2-2 0,382 200 68 0,20 8,3 37,8 - 1,54 1,33
AT2-3 0,368 400 110 0,22 7,8
Quant à l’évolution du module de cisaillement dans le domaine des très petites déformations,
on retrouve le même type de comportement que précédemment (Fig. 2-24).
Dans le paragraphe suivant, on compare les résultats des essais triaxiaux sur le sable de
Fontainebleau, les alluvions anciennes de type I et de type II écrêtées à 10 mm.
Les valeurs des paramètres mécaniques relatifs à l’analyse conventionnelle sont rassemblées
dans les tableaux (2-10) et (2-11), en fonction de la nature du sol et de la contrainte moyenne.
Les courbes q – ε1 et εv – ε1 sont comparées sur la figure (2-25).
62
1400 1400
1000 1000
q (kPa)
M = 1,33
q (kPa)
800 800 c
AT2-2
600 e = 0,382, σ' = 200 kPa 600
0 c
400 400
AT2-1
200 e = 0,399, σ' = 100 kPa 200
0 c
0 0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0 200 400 600 800 1000
ε p' (kPa)
1
ϕ' = 37,8°
0.015 800
0.005 400
AT2-3 200
v
ε
0
-0.005
0 500 1000 1500 2000
-0.01
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07
ε1
Figure 2-23. Essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type II.
140 180
Compression
120 160
isotrope
G x e = 5,65 x p'
0,51 Hicher 1996
140
x e (MPa)
Gmax x e (MPa)
max
100
120
80
Décharge 100
max
isotrope
G
60
G x e = 6,02 x p'
0,46 80
max 0,51
Gmax x e = 5,65 x p'
40 60
20 40
0 100 200 300 400 500 0 200 400 600 800 1000
p' (kPa) p' (kPa)
Figure 2-24a. Chemins de chargement isotropes. Figure 2-24b. Chargement déviatorique.
Les différences entre les trois sols étudiés sont relativement peu marquées. Leur
comportement mécanique obéit au comportement décrit dans la littérature. Les valeurs du
coefficient de Poisson sont ainsi classiquement comprises entre 0,15 et 0,3. Le module sécant
à l’origine de la courbe q – ε1 augmente avec la contrainte de confinement de manière quasi-
linéaire du fait du niveau de déformation considéré pour la détermination de ce paramètre.
63
Tableau 2-10. Influence de la nature du sol sur Esec, ν, ψ et qmax.
Esec (MPa) SF NE 34 AA Type I AA Type II ν SF NE 34 AA Type I AA Type II
σ’3 = 100 kPa 64 46 47 σ’3 = 100 kPa 0,24 0,16 0,23
σ’3 = 200 kPa 131 71 68 σ’3 = 200 kPa 0,25 0,12 0,20
σ’3 = 400 kPa 222 126 110 σ’3 = 400 kPa 0,20 0,22 0,22
ψ (degrés) SF NE 34 AA Type I AA Type II qmax (kPa) SF NE 34 AA Type I AA Type II
σ’3 = 100 kPa 15,6 14,6 8,9 σ’3 = 100 kPa 390 397 377
σ’3 = 200 kPa 14,1 9,8 8,3 σ’3 = 200 kPa 696 697 742
σ’3 = 400 kPa 13,1 8,9 7,8 σ’3 = 400 kPa 1300 1289 1329
La dilatance apparaît comme le paramètre le plus affecté par la nature du sol : le sable de
Fontainebleau, plus fin et de granulométrie uniforme, présente des angles de dilatance plus
élevés que les alluvions anciennes, quelle que soit la contrainte de confinement. Cette
tendance a déjà été notée par [Kirkpatrick, 1965] qui a également spécifié l’indépendance de
l’état caractéristique avec le diamètre moyen des grains.
L’angle de frottement interne croît légèrement avec le coefficient d’uniformité, comme l’ont
indiqué [Mestat, 1997 ; Costet et al., 1981] et avec le diamètre maximal des grains. Toutefois,
du fait des indices de densité relative un peu différent pour les trois sols, on ne peut en tirer de
conclusions. Les variations de la pente relative à l’état caractéristique Mc, qui traduit la
capacité d’enchevêtrement du matériau, est sans doute plus significative.
Quant au module de cisaillement dans le domaine des très petites déformations, on retrouve
des lois d’évolution en fonction de la contrainte moyenne analogues à celles proposées dans la
littérature (Tableau 2-12). Les différences en les trois sols, après correction de l’indice des
vides, sont là encore réduites et peuvent être dues au mode de dépôt différent d’un sol à
l’autre. Calculer le module de cisaillement à partir de la corrélation de [Hicher, 1996]
constitue une bonne approximation.
64
1400
1200
σ' = 400 kPa
3
Triangles : SF NE34
1000 Croix : AA Type I
Ronds : AA Type II
q (kPa)
800
400
0
0 0.02 0.04 0.06 0.08 0.1
ε
1
0.05
0.04 Sable de
Fontainebleau
0.03
v
ε
0.02 Alluvions
Anciennes
0.01 Type II
Alluvions
Anciennes
0 Type I
-0.01
0 0.02 0.04 0.06 0.08 0.1
ε
1
Des essais complémentaires ont été effectués pour essayer de préciser l’origine de l’évolution
du module de cisaillement Gvh,max pendant les phases de cisaillement.
Pendant les phases de chargement isotropes, le module de cisaillement Gvh,max suit l’évolution
suivante :
Pendant la phase de cisaillement drainé, l’évolution de (Gvh,max x e) est reportée sur la figure
(2-26). La valeur du module augmente progressivement jusqu’à ce que le taux de déformation
volumique s’annule. Après déchargement, la valeur du module en décompression isotrope est
relativement proche de celle obtenue en compression isotrope. Ceci montre que la dilatance
65
joue un rôle majeur dans l’évolution de la structure interne du milieu granulaire puisque, pour
les sols denses, les valeurs du module à la décharge sont nettement plus faibles que celles en
charge.
Au regard de la figure (2-26d), il semble que le module corrigé de l’effet de l’indice des vides
e et de la contrainte moyenne effective p’ augmente légèrement avec le déviateur. Par contre,
la diminution du rapport (Gvh,max x e) / p’0,49 s’amorce une fois passé le point représentant
l’état caractéristique.
600 600
130,7 valeurs suivies de "d" : 130,7
G x e (MPa)
500 vh,max 500 valeurs à la décharge 132,8
129,4
129,4
132,8
400 400 132,6
132,6
134,0
134,0
q (kPa)
q (kPa)
300 125,7 300 125,7
G x e (MPa)
vh, max
200 117,1 200 117,1
(Gvh,max x e) / p'
-0.004
140 6
125,7
-0.006 130,7
132,6 132,8
120 4
Ge
-0.008 134,0
0,49
129,4
100 2
-0.01
97,6
-0.012 80 0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0 200 q (kPa) 400 600
ε
1
Figure 2-26. Evolution du module Gvh,max au cours d’un essai de cisaillement sur sable lâche.
On présente dans ce paragraphe le résultat d’un essai triaxial consolidé drainé réalisé sur les
alluvions anciennes de type I écrêtées à 3,15 mm, cisaillées à une vitesse de 0,07 mm/min.
Cet essai comprend trois cycles de décharge – recharge effectués l’un avant l’état
caractéristique, le second au niveau de l’état caractéristique, enfin le troisième constitue la
décharge finale (Fig. 2-27).
66
Depuis le début du cisaillement jusqu’à l’état caractéristique, l’effet du déviateur est
négligeable devant celui de la contrainte moyenne (Fig. 2-28).
600 0 81,1
v
ε
G x e (MPa) 111,3 Etat
vh,max 85,8
500 -0.0005 caractéristique
Etat 110,4
Caractéristique 112,8 109,5 91,9 G x e (MPa)
-0.001 vh,max
400 104,4
98,4
q (kPa)
-0.0015
77,5 99,8
300 100,0 98,4
99,8 99,3
99,6 97,5 93,5 -0.002
94,1 99,6 104,4
200 93,8
-0.0025 112,9
89,8 86,1
88,1 84,5 77,2
86,1
100 86,1 110,4
82,9 -0.003 93,8
77,2 109,5
0 80,2 77,5 -0.0035
77,6
0 0.005 0.01 ε 0.015 0.02 0 0.005 0.01 ε 0.015 0.02
1 1
150 8
7
x e (MPa)
0,55
100 6
x e) / p'
5
vh,max
vh,max
0,55
Gvh,max x e = 4,4 x p'
50 4
G
0,55
(G x e) / p' = 4,4
(G
vh,max
3
0 2
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500 600
p' (kPa) q (kPa)
Figure 2-28a. Figure 2-28b.
Les résultats sont présentés sur la figure (2-29). L’évolution du module de cisaillement,
corrigé de l’effet de l’indice des vides, présente les mêmes caractéristiques que lors des essais
triaxiaux à contrainte latérale constante : la quantité (Gvh,max x e) reste relativement constante
jusqu’à l’état caractéristique au-delà duquel elle diminue progressivement (Fig. 2-29d).
Lorsque le chargement est inversé, cette quantité augmente mais ne retrouve pas la valeur qui
était la sienne auparavant.
67
400 140
Essai à p' = 200 kPa constante
350
Alluvions de type I écrêtées à 3,15 mm 120 Consolidation
300
x e (MPa)
e = 0,461
0
250
q (kPa)
100
Cisaillement
200 à p' constante
vh,max
150 80
G
100
60 0,49
Gvh,max x e = 6,76 x p'
50
0 40
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0.012 0.014 0 50 100 150 200 250 300
ε p' (kPa)
1
100
250
q (kPa)
200 Etat 95
caractéristique
150
90
100 σ' croissant
3
85 σ' décroissant
50 1
0 80
-0.002 -0.001 ε 0 0 100 200 300 400
v q (kPa)
Figure 2-29b. Déformation volumique. Figure 2-29d. Evolution du module de
cisaillement.
Figure 2-29. Evolution du module Gvh,max au cours d’un essai de cisaillement à p’ constant.
2.4.7 – Conclusions
Les essais triaxiaux réalisés sur le sable de Fontainebleau et les alluvions anciennes montrent
des comportements caractéristiques des sols granulaires denses. On retient en particulier que
l’angle de frottement interne ϕ’ pour les trois sols étudiés est de l’ordre de 38 à 40 degrés et
que l’angle de dilatance vaut approximativement (ϕ’ – ϕ’c) où ϕ’c est l’angle caractéristique
correspondant à la pente Mc.
Pour les trois sols étudiés, on a également mis en évidence une évolution caractéristique du
module de cisaillement qui pourrait être mise en parallèle avec l’évolution de la déformation
volumique. Cependant, les variations d’indice des vides ne peuvent pas expliquer à elles
68
seules les variations du module de cisaillement. Le module corrigé de l’effet de la contrainte
moyenne semble conserver une valeur constante sur tout le domaine contractant. Passé l’état
caractéristique, la valeur du module diminue progressivement.
Cette diminution doit être expliquée par une modification de la structure interne du sol et en
particulier par la variation du nombre et de l’orientation des contacts intergranulaires. Le
recours à des calculs par la méthode des éléments discrets devrait être envisagé.
L’ajout d’un liant, quel qu’il soit, dans le squelette granulaire d’un sol, se traduit, d’une part,
par une rigidité accrue, et d’autre part, par une résistance maximale nettement plus importante
que celle du sol vierge. Pour [Bennabi et al., 1995], « la résistance d’un échantillon injecté est
liée à sa structure finale : particules solides enrobées et « encastrées » dans une matrice de
coulis devenue rigide à leur contact. A priori, la résistance obtenue est fonction de la qualité
de l’encastrement des particules dans la matrice de coulis qui est elle – même fonction de la
dimension et de la forme des particules, de la résistance du coulis dans son état final, ainsi
que du nombre de liaisons intergranulaires créées entre les particules ».
[Tailliez, 1998] montre ainsi, par l’expérience, que la résistance maximale des sols injectés
dépend du sol (nature, densité et granulométrie) et du coulis (nature et teneur en liant). Les
figures (2-30) et (2-31) illustrent l’influence de ces paramètres. Les caractéristiques des sols,
mis en place à un indice de densité relative de 95%, et des coulis utilisés par [Tailliez, 1998]
sont présentées dans le tableau (2-13). La granulométrie du sable de Seine est très proche de
celle des alluvions anciennes de type I utilisées au cours de cette action de recherche.
Tableau 2-13. Propriétés des sols et des coulis utilisés par [Tailliez, 1998]
SOL
Sable de D50 (µm) 240
Fontainebleau Cu 1,4
Sable de D50 (µm) 530
Seine Cu 3,5
COULIS
GEL DE SILICATE CIMENT ULTRA - FIN MINERAL
1 2 3 1 2 3 1 2 3
Teneur en liant C/E 0,37 0,54 0,59 0,07 0,11 0,15 0,056 0,078 0,123
Rc (MPa) - - - 0,9 1,1 1,9 0,6 0,9 1,9
Elle montre aussi que le comportement volumique des sols injectés est de type contractant –
dilatant mais se distingue de celui du sol vierge par les points suivants :
- le domaine de contractance est réduit par l’injection : les liaisons ciment – granulat
s’opposent en effet au réarrangement granulaire ;
- le taux de dilatance maximal du sol injecté est toujours supérieur ou égal à celui du sol
vierge ;
69
Cependant, des interrogations subsistent quant à l’origine du comportement dilatant. Si, dans
le cas du sol vierge, l’augmentation de volume des échantillons est liée au désenchevêtrement
des grains, dans le cas du sol injecté, la dilatance résulte-t-elle du même mécanisme de
déformation ou principalement d’un mécanisme de fissuration ?
Dans le domaine des contraintes exploré, entre 0 et 500 kPa, l’enveloppe de résistance
maximale peut être représentée par une droite obéissant au critère de Mohr-Coulomb,
sensiblement parallèle à l’enveloppe du sol vierge (Fig. 2-32). Autrement dit, l’angle de
frottement interne du sol injecté est égal ou légèrement supérieur à celui du sol vierge.
Ceci s’explique par le fait que l’injection par imprégnation, à faible pression d’injection,
perturbe peu la structure granulaire et n’altère pas les contacts intergranulaires : le coulis ne
fait que remplir les espaces interstitiels. Tant qu’il en est ainsi, l’angle de frottement n’est
pratiquement pas modifié par l’injection (Fig. 2-32). Au contraire, pour un volume de coulis
nettement supérieur au volume des vides, le fluide détruit les contacts et l’angle de frottement
diminue [Cambefort, 1967] (Fig. 2-33).
1.5
SF+M3 SF
1 SF+M2
SF+M1
SF : Sable de Fontainebleau
0.5
M1 : Coulis de ciment ultra-fin 1
M2 : Coulis de ciment ultra-fin 2
M3 : Coulis de ciment ultra-fin 3
0
0 1 2 σ (MPa) 3
Figure 2-32. Enveloppes de rupture du sable de Fontainebleau injecté par le coulis de ciment ultra-fin.
2.2 40
Angle de frottement interne (°)
2.15 ϕ 35
Densité du sol injecté
2.1 30
2.05 25
ρ
2 20
1.9 10
300 400 500 600 700 800 900
Volume de coulis (/ litre de sable)
Figure 2-33. Evolution de l’angle de frottement interne en fonction du volume de coulis injecté
(d’après [Cambefort, 1967]).
70
1.4 2.5 3.5
1.2 σ = 0.4 MPa 3 σ = 0.4 MPa
2
σ = 0.4 MPa 3 3
1 3 2.5
q (MPa)
q (MPa)
q (MPa)
0.8 1.5 σ = 0.2 MPa 2
σ = 0.2 MPa 3
3
0.6 1 1.5
σ3 = 0.1 MPa σ3 = 0.2 MPa
0.4 σ = 0.1 MPa 1
3
0.5 σ = 0.1 MPa
0.2 0.5
σ = 0 MPa σ = 0 MPa
3
3 3
0 0 0
0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12
ε1 (%) ε1 (%) ε1 (%)
5 10 10
σ = 0.1 MPa σ3 = 0 MPa σ3 = 0.4 MPa
4 3 8 σ = 0 MPa 8
σ = 0.4 MPa 3
3 σ3 = 0.4 MPa
3 6 σ = 0.1 MPa 6
3 σ3 = 0.2 MPa
εV (%)
εV (%)
εV (%)
σ3 = 0.2 MPa σ = 0.2 MPa
2 4 3
4 σ = 0.1 MPa
3
1 2 2
0 0 0
-1 -2 -2
0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12
ε (%) ε (%) ε1 (%)
1 1
σ’3 (kPa) Esec (MPa) ν ψ (degrés) σ’3 (kPa) Esec (MPa) ν ψ (degrés) σ’3 (kPa) Esec (MPa) ν ψ (degrés)
100 63 15,2 100 332 27,0 100 - -
200 117 0,3 14,0 200 406 - 24,0 200 630 - -
400 252 13,1 400 790 22,0 400 630 -
c = 0 kPa ϕ’ = 37,3 degrés c = 198 kPa ϕ’ = 42,4 degrés c = 297 kPa ϕ’ = 44,3
Mc = 1,23 Mp = 1,52 Mc = - Mp = 1,74 Mc = 1,76 Mp = 1,82
Figure 2-30. Essais triaxiaux sur le sable de Fontainebleau injecté au coulis de ciment ultra-fin.
71
1.5 2.5 3
σ = 0.4 MPa
3
2 σ3 = 0.4 MPa 2.5
σ = 0.4 MPa
3
q (MPa)
1 2
q (MPa)
q (MPa)
1.5
σ3 = 0.2 MPa σ3 = 0.2 MPa 1.5
1
0.5 1 σ = 0.1 MPa
3
σ3 = 0.1 MPa 0.5 σ3 = 0.1 MPa
σ3 = 0 MPa 0.5
σ3 = 0 MPa
0 0 0
0 2 4 ε (%) 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12 0 2 4
1 ε (%) ε1 (%)6 8 10 12
1
3 10 12
2.5 10 σ = 0 MPa
σ3 = 0.1 MPa 8 σ = 0.1 MPa 3 σ = 0.1 MPa
2 σ = 0 MPa 3
8
3
3
σ3 = 0.2 MPa 6
1.5 σ = 0.2 MPa
εV (%)
ε (%)
ε (%)
3
1 4
σ = 0.4 MPa
V
v
4
0.5 3
σ = 0.4 MPa 2
0
3
σ = 0.4 MPa 2
3
0 0
-0.5
-1 -2 -2
0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12
ε (%) ε (%) ε1 (%)
1 1
σ’3 (kPa) Esec (MPa) ν ψ (degrés) σ’3 (kPa) Esec (MPa) ν ψ (degrés) σ’3 (kPa) Esec (MPa) ν ψ (degrés)
100 - 9,7 100 112 27,0 0 180 -
200 74 0,31 8,4 200 180 - 21,4 100 187 - 29,8
400 97 5,9 400 - 19,6 400 240 21,1
c = 0 kPa ϕ’ = 38,9 degrés c = 156 kPa ϕ’ = 42,0 degrés c = 155 kPa ϕ’ = 44,7 degrés
Mc = 1,41 Mp = 1,59 Mc = 1,31 Mp = 1,72 Mc = 1,76 Mp = 1,84
Figure 2-31. Essais triaxiaux sur le sable de Seine vierge puis injecté au coulis de ciment ultra-fin et au coulis minéral.
72
Le décalage vers le haut de l’enveloppe de résistance maximale du sol injecté traduit
l’existence d’une cohésion, définie comme l’intersection de la droite de résistance maximale
avec l’axe des contraintes de cisaillement. La valeur de la cohésion dépend à la fois de la
nature du coulis, de sa teneur en liant (les plus forts rapports C/E engendrent les cohésions les
plus élevées) et de la nature du sol : on constate expérimentalement que la cohésion mesurée
sur le sable de Seine injecté est systématiquement inférieure à la cohésion mesurée sur le
sable de Fontainebleau injecté par un même coulis, les différences les plus faibles étant
enregistrées avec le coulis de ciment ultra-fin.
Les résultats de [Bennabi et al., 1995] obtenus avec un coulis à base de polymère montrent
que la cohésion est également fonction de la densité du sol, de la granulométrie (les matériaux
les plus fins donnent des résistances plus élevées) et de la morphologie des particules (les
particules anguleuses engendrent des résistances plus élevées). Ces propriétés (densité élevée,
angularité des grains, taille faible des particules) tendent en effet à favoriser les contacts
intergranulaires et le piégeage des particules de ciment.
L’existence de la cohésion se traduit également, pour les sols injectés, par une résistance à la
traction. [Tailliez, 1998] l’a évaluée à partir d’essais brésiliens (résistance notée RTB) et par
des essais de traction directe (résistance notée RTD) pour des échantillons de sable de
Fontainebleau injecté par chacune des trois formulations du coulis minéral et du coulis à base
de ciment ultra-fin (Tableaux 2-13 et 2-14).
Tableau 2-14. Résultats des essais de traction sur les éprouvettes de sol injecté.
Coulis Coulis de ciment ultra-fin Coulis minéral
Formulation 1 2 3 1 2 3
Rc MPa 0,9 1,1 1,9 0,6 0,9 1,9
RTB / Rc % 17 23 16 8,3 7,8 6,8
RTD / Rc % 1 à 1,25 1,7 à 2
Il existe donc une courbure de l’enveloppe de résistance maximale dans le domaine des
contraintes de traction puisque ces rapports sont relativement faibles devant le rapport entre la
résistance à la traction théorique RTD,theo et la résistance à la compression simple Rc obtenu en
supposant une enveloppe linéaire :
73
Ce rapport théorique vaut environ 20 % pour les valeurs usuelles de l’angle de frottement
interne.
Sur les figures (2-30) et (2-31), on note également que le mode de rupture est relativement
différent en fonction :
- du sol : les sols fins et les sols contenant des particules anguleuses montrent généralement
des comportements à la rupture plus fragile que les sols grossiers ou les sols contenant des
particules de forme allongée [Bennabi et al., 1995] ;
- de la nature et de la teneur en liant du coulis ;
- de la contrainte appliquée.
Ainsi, lorsque la contrainte de confinement est faible devant la cohésion, le comportement est
de type fragile. Au contraire, pour des contraintes plus élevées, le comportement à la rupture
du sol injecté devient ductile, le frottement intergranulaire devenant le mécanisme
prépondérant.
Enfin, [Tailliez, 1998] a mis en évidence que le comportement des sols injectés au coulis de
ciment et au coulis minéral ne dépend pas de la vitesse de sollicitation, contrairement aux sols
injectés au gel de silice (Fig. 2-34).
2.5
SF+ C. C. 1
0.5 SF+ Coulis minéral 1
Coulis minéral 1
0
0.01 0.1 1 10 100
Vitesse de cisaillement (%/mn)
Figure 2-34. Effet de la vitesse de sollicitation sur la résistance en compression simple des sols
injectés.
2.5.2 – Résultats issus des essais sur les mélanges sable / ciment
Les conclusions de [Tailliez, 1998] quant au comportement mécanique des sols injectés sont
similaires à celles déduites des essais sur les sols naturellement ou artificiellement cimentés,
74
avec des proportions en liant comprises entre 0 et 10 % du poids du sol [Saxena et al., 1978 ;
Dupas et al., 1979 ; Clough et al., 1981 ; Clough et al., 1989 ; Leroueil et al., 1990 ; Airey,
1993 ; Abdulla et al., 1997 ; David et al., 1998]. Ainsi, on constate que, pour ces matériaux :
- le comportement du sable cimenté dépend de la teneur en ciment, de la contrainte de
confinement, de la densité et de la granulométrie du squelette granulaire ;
- l’ajout de ciment se traduit par une rigidité et une résistance accrue ;
- le comportement volumique est de type contractant – dilatant avec une dilatance marquée
pour les faibles contraintes de confinement et de la contractance seule pour les fortes
contraintes de confinement. Le taux de dilatance maximal pour les sols structurés est
supérieur ou égal à celui des sols non structurés, tandis que la déformation volumique à la
rupture est approximativement la même ;
- l’enveloppe de résistance maximale est linéaire pour des contraintes de compression entre
100 et 500 kPa et peut être représentée par le critère de Mohr-Coulomb : l’angle de
frottement interne du sol initial est conservé par le processus de cimentation et la cohésion
croît fortement, de manière non linéaire, avec la teneur en ciment et avec la densité du sol.
- la résistance à la traction est approximativement 1/10ième de la résistance à la compression
simple, ce qui engendre une courbure de l’enveloppe de rupture dans le domaine des
contraintes de traction. La résistance à la traction dépend de la teneur en ciment, de la
densité su sol et de la quantité de fines ;
- le comportement est fragile ou ductile en fonction de la teneur en ciment et de la
contrainte de confinement ;
En fait, les sols injectés et les sols naturellement ou artificiellement cimentés, malgré des
agents de cimentation différents, appartiennent à la famille des sols « structurés », d’après
l’expression de [Leroueil et al., 1990]. Leur comportement mécanique est régi par l’effet de
structure dû à la cimentation entre les grains et on peut raisonnablement extrapoler les
observations expérimentales faites sur les sables cimentés au cas des sols injectés.
L’effet de structure
Dans le domaine des contraintes couramment rencontrées en mécanique des sols, entre 0 et
500 kPa, les sols structurés présentent une enveloppe de résistance maximale linéaire, sauf
dans le domaine des faibles contraintes pour lesquelles elle est incurvée. [Reddy et al., 1993]
ont montré que la surface de résistance maximale du sol structuré est homothétique à celle du
sol non structuré. Ceci implique que la valeur de l’angle de frottement interne n’est pas
modifié par le processus de cimentation, ceci pour n’importe quel chemin de chargement dans
le plan octahédral (Fig. 2-35a). On reporte sur cette figure les valeurs de l’angle de frottement
75
interne d’un sable vierge et les valeurs de l’angle de frottement et de la cohésion du même
sable auquel on a ajouté 2 % de ciment [Reddy et al., 1993], en fonction du paramètre b :
σ 2 − σ3
b= (Eq. 2-27)
σ1 − σ 3
La figure (2-35a) indique également que la cohésion et l’angle de frottement interne suivent la
même évolution en fonction du paramètre b.
Par ailleurs, pour des chargements en compression isotrope, les sables cimentés subissent une
dégradation de la cimentation [Saxena et al., 1978 ; Airey, 1993 ; David et al., 1998]. Cela
engendre une refermeture de la surface de résistance maximale, pour une contrainte pcrit, sur
l’axe des contraintes hydrostatiques (Fig. 2-36). [David et al., 1998] précisent que cette
contrainte pcrit, est proportionnelle à (n.D50)-3/2 où n est la porosité et D50 le diamètre moyen
des particules et est généralement élevée.
60 120
55 100
ϕ
Angle de frottement (°)
Cohésion (kPa)
sable
50 80
cimenté
45 ϕ sable 60
vierge
40 Cohésion 40
35 20
30 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
b = (σ - σ ) / (σ - σ )
2 3 1 3
(a) (b)
Figure 2-35. Section de la surface de charge dans le plan octahédral et évolution des paramètres en
fonction de b.
1000
Contrainte déviatorique
Sol
structuré
500 Sol non
structuré
pcrit
0
Axe de compression
hydrostatique
-500
-1000
0 200Contrainte
400 moyenne
600 800
Figure 2-36. Forme de la surface de rupture des sols structurés.
76
2.5.3 - Comportement mécanique dans le domaine des petites et très petites déformations
Les principales interrogations qui subsistaient à l’issue de la thèse de [Tailliez, 1998] étaient
de connaître :
- d’une part, le degré de dépendance du module de cisaillement Gmax des sols injectés avec
la contrainte moyenne et
- d’autre part, le facteur d’amélioration β(Gmax) de ce même module.
[Tailliez, 1998] a en effet suggéré que le facteur d’amélioration sur le module sécant à 1 % de
déformation β(Esec(1%)), fonction de l’objet du traitement et du niveau de déformation, sous-
estime la véritable amélioration apportée par l’injection. Ainsi, β(Esec(1%)) vaut 2 pour un
traitement d’étanchéité et 4 pour un traitement de consolidation.
Pour des coulis et des sols identiques à [Tailliez, 1998], les essais à la colonne résonnante de
[Ribay-Delfosse, 2001] conduisent à des facteurs d’amélioration β(Gmax) compris entre 2,4 et
5 (Tableau 2-15). On note que les valeurs de β(Gmax) augmente avec la contrainte latérale σ3
pour le coulis de ciment et le coulis minéral. Gmax évolue ainsi plus rapidement avec la
contrainte latérale σ3 pour le sol injecté que pour le sable non traité. Si on accepte la
corrélation :
le paramètre n est donc plus élevé pour le sable injecté au coulis de ciment (n = 0,61) et le
coulis minéral (n = 0,64) que pour le sable non traité (n = 0,47).
Tableau 2-15. Facteurs d’amélioration β(Gmax) déduits des essais de [Ribay-Delfosse, 2001].
β(Gmax) σ’3 = 50 kPa σ’3 = 100 kPa σ’3 = 300 kPa
Sable Fontainebleau + Gel Silice 3,11 3,04 2,41
Sable Fontainebleau + Coulis Ciment Ultra-fin 3 4,17 5
Sable Fontainebleau + Coulis Minéral 4 4,85 4,92
Ces essais ont cependant été réalisés sans couplage entre les extrémités des échantillons et les
embases de la colonne résonnante. D’après [Baig et al., 1997], cette absence de couplage
engendre une sous-estimation du module de cisaillement, en particulier aux faibles contraintes
de confinement et pour des sols rigides, à cause d’une mauvaise transmission de la contrainte
de cisaillement. Si le couplage est, au contraire, correctement réalisé, les valeurs du module
Gmax obtenus à la colonne résonnante sont comparables, bien que légèrement inférieures à
cause d’un niveau de déformation plus élevé, aux valeurs obtenues par d’autres méthodes.
Par la technique des « bender elements », [Baig et al., 1997] montrent ainsi que le module
Gmax pour des sables malaxés avec du ciment ne dépend pratiquement pas de la contrainte de
confinement (Fig. 2-37) mais du degré de cimentation et de la densité du sol (Fig. 2-38). La
valeur de n (Eq. 2-28) est de 0,1 pour le sable avec 1% de ciment et proche de 0 pour le sable
avec 5% de ciment. A la décharge, la valeur de n augmente pour le mélange (sable + 1% de
ciment) car la contrainte critique pcrit, engendrant une déstructuration, a été dépassée (pcrit =
210 kPa). Pour le mélange (sable + 5% de ciment), la contrainte critique, supérieure à 700
kPa, n’a pas été atteinte : les valeurs de Gmax à la décharge sont identiques à celles en charge.
77
Ces faibles valeurs de n engendrent une diminution du facteur d’amélioration β(Gmax) avec la
contrainte de confinement. [Shibuya et al., 1992] trouvent un résultat analogue sur des
échantillons de sable traité au ciment de 300 mm de hauteur et d’élancement 2. Pour le même
matériau, des échantillons plus petits présentent une légère dépendance de Gmax avec la
contrainte moyenne, la cimentation aux extrémités des éprouvettes ayant été altérée pendant la
phase de préparation.
Les essais à la colonne résonnante de [Acar et al., 1986], sur du sable de Monterey mélangé à
du ciment Portland dosé entre 1 et 4 %, montrent que n ne varie pas avec le degré de
cimentation (Fig. 2-39). Seule la constante K de l’expression (2-28) est augmentée en fonction
du degré de cimentation et de la densité du sol. Le facteur d’amélioration ne dépend donc pas
de la contrainte de confinement mais uniquement de la teneur en ciment et de la densité du
sol. Ainsi, [Acar et al., 1986] établissent que :
Figure 2-37. Evolution de Gmax avec la contrainte Figure 2-38. Evolution de Gmax en fonction de la
de confinement pour les sables malaxés avec du densité et du degré de cimentation
ciment (d’après [Baig et al., 1997]). (d’après [Baig et al., 1997].
L’étude la plus systématique concernant le paramètre n a été réalisée par [Chang et al., 1987]
à partir d’essais à la colonne résonnante sur différents mélanges (sable + ciment). Les
expériences montrent que la valeur du paramètre n du matériau composite est compris entre la
valeur de n du liant seul (borne inférieure) et la valeur de n du sable seul (borne supérieure) et
dépend du coefficient de remplissage des vides par le ciment : plus le remplissage des vides
du sol par le ciment est important, plus le paramètre n du mélange (sable + ciment) tend vers
la valeur n caractéristique de la matrice de liant.
78
Figure 2-39. Evolution de Gmax avec la contrainte Figure 2-40. Evolution de β(Gmax) en fonction de
de confinement pour les sables malaxés avec du la densité et du degré de cimentation
ciment (d’après [Acar et al., 1986]). (d’après [Acar et al., 1986].
2 1
3G m ⎡ 2 ⎤3 ⎛ σ ⎞3
- Grains non cimentés : ET = ⎢ ⎥ × ⎜⎜ ⎟⎟ (Eq. 2-30)
2 ⎣ 3(1 − ν m ) ⎦ ⎝ Gm ⎠
1
⎡ 1 ⎤3
⎢ ⎡ 2 ⎤2 ⎥
⎢(CC + 1) 3 − 1⎥
2
3G m ⎡ 2 ⎤3 ⎢ 2 ⎣ ⎦ σ ⎥
- Grains cimentés : ET = ⎢ ⎥ ×⎢ + ⎥ (Eq. 2-31)
⎣ 3(1 − ν m ) ⎦ ⎢ 3(1 − ν m ) Gm ⎥
1
2
⎢ (CC + 1) 3 ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦
où CC est la teneur massique en ciment ( CC = poids de ciment / poids des grains). Ainsi
l’effet de la contrainte σ peut être rapidement estompé pour de faibles quantités de liant. La
relation de [Fernandez et al., 2001] prévoit également une relative constance du module de
cisaillement dans un domaine où la cimentation contrôle le comportement du matériau, c’est-
à-dire dans le domaine des faibles contraintes.
4,8 × E 2 a 4 n × (2 + 3C 2 )× (χ c + f n )
G max =
(
πρ × (1 + e )× 40Eχ c a 3 + 32Ef n a 3 − 3ρf n2 ) (Eq. 2-32)
avec :
79
E = G/(1-ν)
a: rayon de la surface de contact entre les particules
n: nombre de coordination
e: indice des vides
ρ: rayon des particules
C2 = [2(1-ν)] / (2-ν)
χc : force d’adhésion due au ciment
fn : force normale au contact
Les essais de compression simple sont couramment pratiqués pour le contrôle des injections
et l’étude de l’influence de certains paramètres sur la résistance des sols injectés. La littérature
indique que la résistance en compression simple dépend de :
- la teneur en ciment ;
- la granulométrie, la densité du sol et la morphologie des granulats [Clough et al., 1981 ;
Zebovitz et al., 1989 ; Airey, 1993 ; Bennabi et al., 1995 ; Baig et al., 1997 ; Huang et al.,
1998],
- la minéralogie des granulats [Ismail et al., 2000] : les sols à forte teneur en particules
siliceuses présentent des résistances plus élevées que les sols calcaires lorsqu’on leur
ajoute du ciment Portland.
- l’état de saturation initial du sol [Bennabi et al., 1995] : les sols injectés à sec montrent
des résistances plus élevées que les sols injectés préalablement saturés en eau.
L’explication, donnée au chapitre I, tient dans le degré de dilution du ciment dans le
coulis.
- du coefficient de remplissage des pores par le ciment [Schwarz et al., 1994] (Fig. 2-41).
La figure (2-42) représente les résultats d’essais de compression simple, réalisés au cours de
cette action de recherche, sur le sable de Fontainebleau NE34, les alluvions anciennes de type
I et de type II, déposés sous différents indices de densité relative compris entre 40 et 100 %, et
injectés par le même coulis de rapport C/E de 0,17.
80
Figure 2-41. Evolution de la résistance en compression simple du sol injecté en fonction du coefficient
de remplissage des pores (d’après [Schwarz et al., 1994]).
Dans la gamme des rapports C/E étudiés, la résistance à la compression simple évolue de
manière approximativement linéaire avec l’indice de densité relative. [Kaga et al., 1991]
trouvent des résultats similaires pour différents sables injectés au gel de silice et précisent que
la pente de la droite est fonction du coulis et de la surface spécifique des grains du sol. Pour
des concentrations élevées en ciment, [Huang et al., 1998] notent une croissance plus rapide
de la résistance en compression simple pour les fortes densités du sol.
1.3 8
1.2 7
1 5 I = 95 % injecté
R (MPa)
d
0.9 4
c,si
c
R
0.8 3
SF NE34
0.7
AA Type I 2
Alluvions Anciennes Type I
0.6 AA Type II I = 95 % injecté
1 d
0.5
0
20 30 40 50 60 70 80 90 100
0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5
I (%) C/E
d
(a) Influence de l’indice de densité relative Id. (b) Influence du rapport C/E.
On constate que la nature et/ou la granulométrie du sol ont une grande influence sur la
résistance en compression simple. En général, les matériaux les plus fins sont aussi ceux qui
présentent la résistance en compression simple la plus élevée [Saxena et al., 1978 ; Zebovitz
et al., 1989]. Elle dépend en fait de la façon dont le ciment enrobe le granulat [Abdulla et al.,
1997 ; De Larrard et al., 1999] et de la qualité de l’adhésion grains / ciment. Ainsi, pour un
même indice de densité relative de 95 %, la résistance en compression simple du sable de
Fontainebleau injecté par du coulis de rapport C/E de 0,172 et 0,299 est respectivement de
81
1,35 à 3,63 MPa, tandis que celle des alluvions anciennes de type I est respectivement de 1,0
et 2,2 MPa.
Dans le cas des sables injectés au gel de silice, [Sheikh Bahai et al., 1994] proposent de relier
la résistance en compression simple du sol injecté Rc,si à celle du coulis pur Rc,c par la
relation :
avec F = 24 ± 6 pour les sables lâches et F = 60 ± 20 pour les sables denses. De même, [Kaga
et al., 1991] suggèrent :
N = N 0 − N1 × I d (Eq. 2-35)
On suppose que la résistance à la compression simple Rc,c du coulis de ciment ultra-fin utilisé
suit une relation du type :
Nc
⎛C⎞
R c,c = λc × ⎜ ⎟ (Eq. 2-36)
⎝E⎠
λc = 45,3 et Nc = 2,21
La résistance en compression simple est nulle pour le sol dénué de cohésion, aussi la valeur
du paramètre B de l’équation (2-34) est prise égale à 0. On suppose alors que :
N 0 − N1 × I d
⎛C⎞
R c,si = A(I d , C u )× R cN,c = [α c + α s ]× ⎜ ⎟ (Eq. 2-37)
⎝E⎠
N c − N1 ×I d
⎛C⎞
R c,si = [λ c + α s ] × ⎜ ⎟ (Eq. 2-38)
⎝E⎠
On présente sur la figure (2-43) les résultats d’essais de compression simple sur des
éprouvettes de sable de Fontainebleau NE34, déposé sous deux indices de densité relative de
78 et 95 %, injecté par des coulis de ciment ultra-fin à rapport C/E croissant. Le tableau (2-16)
82
contient les valeurs des paramètres A et N de l’équation (2-37), obtenues par régression, pour
les matériaux étudiés au cours de cette étude et pour des résultats recueillis dans la littérature.
On aurait également pu, à la manière de ce qui est fait dans le domaine des bétons, relier la
résistance en compression simple à la concentration volumique en ciment (de densité ρc) dans
la pâte γc :
1
γc = (Eq. 2-39)
E
1 + ρc
C
Les valeurs des paramètres A’ et N’ sont données dans le tableau (2-16). L’évolution de la
résistance en compression simple évolue différemment pour les sols injectés que pour les
bétons où l’exposant N’ est voisin de 2.
10 10
Id = 0 % λ = 45,3 , N = 2,21
c c
8 Id = 78 % λc = 41,2 , N c = 2,0
Id = 95 % λc = 45,8 , N c = 2,0 R = 0,26 + 1,14 x R
c,si c,c
(MPa)
(MPa)
6
c,si
c,si
4 R = 0,19 + 1,08 x R
R
R
c,si c,c
Id = 78 %
2
Id = 95 %
0 1
0.1 0.2 0.3 C/E 0.4 0.5 1 R (MPa) 10
c,c
2
⎛C⎞
R c,si ≈ 40 × ⎜ ⎟
⎝E⎠
dans l’intervalle de rapports C/E étudiés.
83
Si on admet que l’angle de frottement est conservé, voire légèrement augmenté pour les
teneurs en ciment les plus élevées, il devient possible d’estimer la cohésion csi du sol injecté à
partir d’une simple série d’essais de compression simple. D’après le critère de Mohr-
Coulomb :
1 − sin ϕ'
c si = × R c,si (Eq. 2-38)
2 cos ϕ'
Les valeurs calculées pour des angles de frottement interne courants (entre 37 et 42 degrés)
varient entre 250 et 1350 kPa pour le coulis du plus faiblement au plus fortement dosé.
Toutefois, du fait de la courbure de l’enveloppe intrinsèque, ces valeurs surestiment la
cohésion réelle du sol injecté.
84
Ces résultats montrent que :
- le coefficient de Poisson des sols injectés est compris entre 0,2 et 0,3 ;
- une injection préalable à l’eau engendre une diminution du module de cisaillement de
l’ordre de 20 % (3,04 GPa pour la sable de Fontainebleau saturé et injecté contre 3,87 GPa
pour le sable de Fontainebleau injecté à sec) ;
- les valeurs du module d’Young et du module de cisaillement augmentent avec la teneur en
ciment du coulis (Fig. 2-44) selon une corrélation, pour le sable de Fontainebleau :
1, 24
⎛C⎞
G max (GPa ) = 26,8 × ⎜ ⎟
⎝E⎠
10
8
(GPa)
6
1,24
Gmax = 26,8 x (C/E)
max
4
G
0
0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45
C/E
Figure 2-44. Evolution du module de cisaillement en fonction du rapport C/E.
On constate également que les échantillons de sol injecté prélevés sur le site expérimental de
Saint-Lazare (désignés par In situ 1 et 2 dans le tableau (2-17)), au niveau des fondations de la
Banque IndoSuez, présentent des caractéristiques mécaniques nettement supérieures à celles
des échantillons préparés en laboratoire, malgré une densité en place plus faible. Ainsi, le
module de cisaillement Gmax du sol prélevé in situ est-il supérieur de 26 % au module de
cisaillement des alluvions anciennes de type II reconstituées et injectées en laboratoire. Il en
est de même des valeurs de la résistance en compression simple :
85
Cette différence s’explique en partie par la présence de granulats de taille importante et de
forme allongée dans le plan horizontal dans les échantillons prélevés in situ. La notion de
volume élémentaire représentatif est alors mise en défaut.
Quoi qu’il en soit, l’injection d’un coulis de ciment engendre une nette augmentation du
module d’Young Emax et du module de cisaillement Gmax par rapport à ceux du sol en place et
même du coulis dont le module Gmax est de l’ordre de 0,6 GPa pour un rapport C/E de 0,172.
Autrement dit, une injection par imprégnation de coulis est nettement plus bénéfique en
termes d'amélioration des propriétés mécaniques d’un sol qu’un simple remplacement par du
coulis d’injection.
1 (1 − Vs ) Vs
Modèle de Reuss = + (Eq. 2-39)
G max Gm G grains
où Ggrains représente le module de cisaillement du matériau constitutif des granulats. Pour une
fraction volumique Vs de 65 %, un module de cisaillement du coulis Gm de 0,6 GPa et un
module de cisaillement Ggrain du matériau constitutif des grains de 30 GPa, on obtient une
borne de Reuss de 1,65 GPa et une borne de Voigt de 19,7 GPa assez éloignées des valeurs
expérimentales de l’ordre de 3 à 4 GPa.
Des modèles plus élaborés mais d’application plus limitée, prenant en compte la forme non
sphérique des particules ou la distribution non homogène des contraintes dans le matériau
composite, ont également été proposés dans la littérature [De Larrard et al., 1992 ; Zhang et
al., 1996 ; Yang, 1997 ; Omine et al., 1998].
[Tailliez, 1998] rapporte ainsi la relation proposée par Vipulanandan & Krizek :
⎡ Vs ⎤
E max = E s + E m × ⎢1 + ⎥ (Eq. 2-41)
⎢⎣ 1 − 3 Vs ⎥⎦
[Kaga et al., 1991] proposent, dans le cas des sols injectées au gel de silice, la relation :
86
G max 15 × (1 − ν m )
= 1 + Vs (Eq. 2-42)
Gm 8 − 10ν m
Les deux relations (2-41) et (2-42) intègrent l’effet de la densité du sol par l’intermédiaire de
la fraction volumique de sol et l’effet de la teneur en liant du coulis par la valeur du module
de cisaillement de la matrice.
L’intérêt pratique des essais triaxiaux sur coulis pur est double :
- déterminer l’enveloppe de rupture du coulis pur ;
- connaître le degré de dépendance du module de cisaillement dans le domaine des petites
déformations en fonction de la contrainte moyenne.
Toutefois, les résultats des essais sont à prendre avec précaution : les éprouvettes de coulis de
ciment ultra-fin ne sont pas stabilisées par de la bentonite et présente donc, du fait de la
ségrégation, un gradient de concentration en ciment sur la hauteur des échantillons.
Seul le coulis Intra-J avec un rapport C/E = 0,172 est soumis aux essais de caractérisation qui
se veulent plus qualitatifs que quantitatifs. La figure (2-45) représente l’évolution du déviateur
des contraintes q en fonction de la déformation axiale ε1, pour deux contraintes de
confinement de 100 et 200 kPa. Les paramètres élastiques obtenus au GrindoSonic avant les
essais sont proches pour les éprouvettes testées.
La rupture se manifeste par des fissures verticales. La contrainte de confinement a pour effet
d’augmenter la valeur du déviateur maximal, ce qui peut s’expliquer par l’apport d’énergie
nécessaire pour vaincre le frottement entre les lèvres des fissures.
Par contre, la contrainte de confinement n’a aucun effet sur la valeur du module de
cisaillement dans le domaine des petites déformations (Fig. 2-46). Déterminé par le biais des
« bender elements », le module de cisaillement est approximativement de 555 MPa tandis que
le GrindoSonic donne une valeur de 610 MPa.
87
Par conséquent, on retient que le module de cisaillement dans le domaine des petites
déformations ne dépend pas de la contrainte moyenne. L’exposant n de la loi d’évolution de G
en fonction de p’ est égal à 0.
1400
1200
1000
Eprouvette CP3
q (kPa)
800 E = 1,71 GPa
GrindoS.
νGrindoS. = 0,41
600 Eprouvette CP1
σ'3 = 100 kPa
E = 1,63 GPa
GrindoS.
400 ν = 0,41
GrindoS.
σ'3 = 200 kPa
200
0
0 0.02 0.04 ε 0.06 0.08 0.1
1
1000
Coulis Intra-J
C / E = 0,172
800
G = 555 MPa
vh,max
G (MPa)
600
Eprouvette CP5
400 E = 1,75 GPa
GrindoS.
ν = 0,43
GrindoS.
200 soit G = 614 MPa
max
0
0 100 200 300 400 500
p' (kPa)
Figure 2-46. Evolution du module Gmax en fonction de la contrainte moyenne pour le coulis pur soumis
à un chargement de compression isotrope.
2.7 – Essais triaxiaux sur les sols injectés au coulis de ciment ultra-fin
Les essais triaxiaux sur les sols injectés au coulis de ciment ultra-fin ont pour objectifs :
- de vérifier les résultats énoncés dans l’analyse bibliographique pour les sols et les coulis
utilisés au cours de cette action de recherche ;
- de montrer l’effet de la teneur en ciment, d’une saturation préalable du sol, du débit
d’injection et de la nature du sol sur les propriétés mécaniques des sols injectés ;
- de connaître le degré de dépendance du module de cisaillement Gmax avec la contrainte
moyenne.
88
Les essais triaxiaux sont réalisés suivant les normes NF P 94 - 071 et NF P 94 - 74. Avant leur
mise en place dans la cellule triaxiale, les éprouvettes de sol injecté subissent une rectification
pour assurer une planéité et un parallélisme parfaits des faces. Cette opération est rendue
délicate dans le cas des alluvions par la taille relativement importante des granulats qui ont
notamment empêché une utilisation correcte des « bender elements ».
Des mesures au GrindoSonic sont systématiquement réalisées avant chaque essai pour
déterminer le module d’Young Eg, le coefficient de Poisson νg et du module de cisaillement
Gg dans le domaine des très petites déformations (l’indice g désigne les mesures au
GrindoSonic). La cohésion du matériau assure une mise en place des échantillons plus simple
que dans le cas des sols vierges de tout traitement. Toutefois, il est nécessaire de réaliser une
petite cavité au centre des faces des échantillons. Cette cavité est alors remplie avec du
mortier de plâtre frais pour faire pénétrer les « bender elements » dans l’échantillon et assurer
un contact correct. Les échantillons sont isolés par une ou deux membranes en latex de 0,5
mm d’épaisseur : deux membranes ont été ainsi nécessaires dans le cas des alluvions
anciennes de type II pour les contraintes de confinement les plus élevées.
Les échantillons, préalablement laissés à l’air libre après leur sortie de la chambre humide, ne
subissent aucune saturation. Les variations de volume sont déduites des variations de volume
lues sur le contrôleur pression – volume corrigées de l’enfoncement du piston.
Les échantillons sont finalement soumis à un cisaillement drainé à une vitesse de 0,100
mm/min (sauf mention contraire) sous des contraintes de confinement de 100, 200 et 400 kPa.
⎛ 3× Mp
ϕ' = Arc sin ⎜
⎞
⎟ (Eq. 2-43) c=
(3 − sin ϕ') C (Eq. 2-44)
⎜ 6 + Mp ⎟ 6 × cos ϕ'
m
⎝ ⎠
89
Tous les échantillons ont été mis en place à un indice de densité relative de 95 % et injectés,
sauf indications contraires, sous un débit de 6 cm3/s. Les capacités de la presse et de la cellule
triaxiale n’ont pas permis de tester des échantillons injectés avec des coulis de rapport C/E
supérieur ou égal à 0,299.
La nomenclature et les caractéristiques des essais sont reportées dans le tableau (2-18) dans
lequel λ désigne l’élancement des échantillons.
2.7.3 – Commentaires
Les résultats des essais triaxiaux présentés précédemment recoupent les données
bibliographiques et sont conformes aux résultats de [Tailliez, 1998] (Figs. 2-30 et 2-31) :
- la résistance maximale augmente avec la contrainte de confinement ;
- le comportement volumique est de type contractant – dilatant.
L’injection de coulis engendre également une nette amélioration de la rigidité du sol. Mais,
contrairement aux sols non traités pour lesquels les valeurs du module élastique dépendent de
l’état de contraintes, le comportement des sols injectés aux faibles contraintes de cisaillement
semble être plus faiblement influencé par l’état de contraintes.
91
Sol : Sable de Fontainebleau NE 34
Indice de densité relative : 95 %
Coulis : Intra-J
Rapport C/E : 0,172
Débit d’injection : 6 cm3/s
Conditions particulières : néant
3000 3000
SF6-400 M = 1,50
c
2500 2500
M = 1,67
p
SF6-200
2000 2000 C = 660 kPa
q (kPa)
m
SF6-100
q (kPa)
1500 1500
1000 1000
SF6-0
500 500
0 0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
ε p' (kPa)
1
0.015
SF6-200
SF6-100
0.01
v
ε
0.005
-0.005
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035
ε
1
92
Sol : Sable de Fontainebleau NE 34
Indice de densité relative : 95 %
Coulis : Intra-J
Rapport C/E : 0,172
Débit d’injection : 6 cm3/s
Conditions particulières : Saturation préalable en eau
3000 3000
M = 1,59
2500 2500 c
SF6E-400
M = 1,68
p
2000 2000
C = 532 kPa
q (kPa)
m
q (kPa)
SF6E-200
1500 1500
SF6E-100
1000 1000
500 500
0 0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
ε p' (kPa)
1
Figure 2-48a. Déviateur. Figure 2-48c. Plan (p’, q).
0.008
SF6E-400
0.006
SF6E-200
0.004
0.002 SF6E-100
εv
-0.002
-0.004
0 0.005 0.01 ε 0.015 0.02 0.025
1
Figure 2-48. Essais triaxiaux sur le sable de Fontainebleau injecté à l’eau et à l’Intra-J.
93
Sol : Sable de Fontainebleau NE 34
Indice de densité relative : 95 %
Coulis : Intra-J
Rapport C/E : 0,172
Débit d’injection : 8,8 cm3/s
Conditions particulières : néant
3000 3000
M = 1,63
SF6-88-400 p
2500 2500
C = 693 kPa
m
2000 2000
q (kPa)
q (kPa)
SF6-88-200
1500 1500
1000 1000
SF6-0
500 500
0 0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
ε p' (kPa)
1
0.02
SF6-88-200
0.015
0.01
0.005
SF6-88-400
v
ε
-0.005
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035
ε
1
94
Sol : Sable de Fontainebleau NE 34
Indice de densité relative : 95 %
Coulis : Intra-J
Rapport C/E : 0,235
Débit d’injection : 2,8 cm3/s
Conditions particulières : néant
3500 3500
M = 1,20
3000 3000 c
SFC-400
SFC-200 M = 1,70
p
2500 2500
SFC-100 C = 965 kPa
m
2000 2000
q (kPa)
q (kPa)
1500 1500
1000 1000
500 500
0 0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600
ε p' (kPa)
1
0.015 SFC-400
0.01
SFC-200
0.005
SFC-100
v
ε
-0.005
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035
ε
1
Figure 2-50. Essais triaxiaux sur le sable de Fontainebleau injecté au coulis de rapport C / E = 0,235.
95
Sol : Alluvions Anciennes de type I
Indice de densité relative : 95 %
Coulis : Intra-J
Rapport C/E : 0,172
Débit d’injection : 6 cm3/s
Conditions particulières : néant
3500 3500
C = 401 kPa
q (kPa)
q (kPa)
2000 2000 m
AA1-200
1500 1500
AA1-100
1000 1000
500 500
0 0
0 0.01 0.02 ε 0.03 0.04 0.05 0 500 1000 1500
1 p' (kPa)
0.01
0.005 AA1-400
0
v
ε
-0.005
-0.01
0 0.01 0.02 ε 0.03 0.04 0.05
1
Figure 2-51. Essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type I écrêtées à 10 mm.
96
Sol : Alluvions Anciennes de type II
Indice de densité relative : 95 %
Coulis : Intra-J
Rapport C/E : 0,172
Débit d’injection : 6 cm3/s
Conditions particulières : néant
4000 3500
q (kPa)
2000
AAII-100 1500
1500
1000
1000
500 500
0 0
0 0.01 0.02 ε 0.03 0.04 0.05 0 400 800 1200 1600
1 p' (kPa)
Figure 2-52a. Déviateur. Figure 2-52c. Plan (p’, q).
0.025
AAII-180
0.02
0.015
AAII-100
0.01
AAII-400
0.005
v
0
ε
-0.005
-0.01
0 0.01 0.02 ε 0.03 0.04 0.05
1
Figure 2-52. Essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type II écrêtées à 10 mm.
97
3000 3500 3500
σ' = 400 kPa σ'3 = 400 kPa
3
3000 σ' = 400 kPa 3000
2500 SF NE 34 3 Alluvions Type II
injecté injectées
σ' = 200 kPa 2500 Alluvions Type I 2500 σ' = 200 kPa
2000
3
σ'3 = 200 kPa injectées 3
q (kPa)
q (kPa)
3 2000 2000
σ' = 400 kPa σ' = 100 kPa
1500 σ'3 = 100 kPa
q (kPa)
3 3
σ' = 400 kPa
1500 σ' = 400 kPa 1500 3
3
1000 SF NE 34
Alluvions Type II
vierge σ' = 200 kPa 1000 Alluvions Type I 1000
3
σ'3 = 200 kPa vierges
vierges
500 500 σ' = 200 kPa
500 3
σ' = 100 kPa σ'3 = 100 kPa σ'3 = 100 kPa
3
0 0 0
0 0.01 0.02 0.03 ε1 0.04 0.05 0.06 0 0.01 0.02 ε1 0.03 0.04 0.05 0 0.01 0.02 ε1 0.03 0.04 0.05
Fig. 2-53a. Déviateur SF NE34. Fig. 2-53c. Déviateur AA Type I. Fig. 2-53e. Déviateur AA Type II.
0.04 0.02 0.02
Alluvions Type II
0.015 0.015 injectées
0.03
0.01 0.01
0.02
SF NE 34
0.005 0.005
vierge
0.01
εv
εv
0 0
SF NE 34
Alluvions Type II
εv
Fig. 2-53b. Comportement volumique SF NE34. Fig. 2-53d. Comportement volumique AA Type I. Fig. 2-53f. Comportement volumique SF NE34.
98
1.4
Interne
1.2
1 Externe
q (MPa)
0.8
0.6
Essai de compression simple
0.4
sur sable de Fontainebleau
injecté à l'Intra-J
0.2
0
0 0.005 ε1 0.01 0.015
Les angles de dilatance déterminés sur la courbe de déformation volumique sont nettement
plus élevés pour les sols injectés que pour les sols non traités. Pour tous les sols injectés, les
valeurs de l’angle de dilatance sont comprises entre 19 et 31 degrés et diminuent avec
l’augmentation de la contrainte de confinement.
Par ailleurs, la résistance maximale ne coïncide pas avec le taux de dilatance maximal,
comme dans le cas des sols non traités, mais survient légèrement après le passage du domaine
contractant au domaine dilatant. Les pentes des droites d’état caractéristique et de résistance
maximale sont par conséquent relativement proches.
La dilatance observée après que la résistance maximale ait été atteinte peut s’expliquer par la
génération de microfissures orientées verticalement (Fig. 2-55), qui se développent
préférentiellement au niveau des gros grains et des zones de coulis pur qui remplit les pores.
Figure 2-55. Génération de fissures orientées verticalement sur un échantillon d’alluvions anciennes.
On étudie dans ce paragraphe l’effet de l’état de saturation initiale du sol, du débit d’injection,
de la nature du sol et de la teneur en ciment du coulis. Tous les essais ne sont pas reportés sur
les figures afin de ne pas les alourdir inutilement.
99
Effet d’une saturation préalable à l’injection de coulis (Fig. 2-56)
Une saturation à l’eau préalable à l’injection de coulis se traduit par une réduction du module
de cisaillement Gg (- 8 %) et de la cohésion (- 20 %) mais n’affecte pas l’angle de frottement
interne. Ceci est principalement dû à une dilution plus importante du coulis dans le cas du sol
initialement saturé à l’eau.
3500
3000
σ' = 400 kPa
2500 3
q (kPa)
1500
Avec saturation
1000 préalable
500
ε
1
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035
0.02
Avec saturation
préalable
0.015
0.01
0.005
σ'3 = 200 kPa σ' = 400 kPa
3
εv
0
ε
1
-0.005
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035
L’étude de l’effet de la nature du sol révèle que la résistance en compression simple n’est pas
nécessairement un bon critère pour comparer les résistances d’un sol injecté par rapport à un
autre sol injecté par le même coulis. Les expériences réalisées montrent ainsi que les alluvions
anciennes de type II, dont la granulométrie est la plus étendue, présentent les résistances les
plus élevées pour une contrainte de confinement de 400 kPa, alors qu’elles possèdent les plus
faibles résistances en compression simple. Il convient de noter que le rapport (masse de coulis
100
/ masse de sol) des échantillons vaut 0,18 pour les alluvions de type II, 0,23 pour les alluvions
de type I et 0,29 pour le sable de Fontainebleau.
3000
2000
σ'3 = 100 kPa
q (kPa)
1500 Echantillons :
SF6-100 et SF6B-100
SF6-88-100 et SF6-28-100
1000
500
ε1
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025
0.015
0.01
SF6-400
0.005 SF6B-100
SF6-100
εv
0
σ'3 = 400 kPa
SF6-88-400 ε1
-0.005
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025
Pour les coulis plus fortement chargés en ciment, il est normal de constater
expérimentalement que la résistance du sol injecté est plus élevée, quelle que soit la contrainte
de confinement. La cohésion résultante est accrue de + 44 % lorsque l’on injecte le sable de
Fontainebleau par du coulis de rapport C / E égal à 0,172 puis par du coulis de rapport C / E
égal à 0,235 (Fig. 2-60). L’enveloppe de résistance maximale se trouve alors décalée vers le
haut.
101
3500
σ' = 400 kPa
3
3000 SF NE34
2500 AA Type II
AA Type I
2000
q (kPa)
σ' = 100 kPa
3
1500
1000
500
ε1
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0.04
0.02
σ' = 400 kPa
σ' = 100 kPa 3
0.015 3
0.01
0.005
0
v
ε
-0.005
ε1
-0.01
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0.04
3500
2500
q (kPa)
2000
C/E = 0,172
1500
1000
500
ε1
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
0.02
C/E = 0,172
0.015
0.005
0
ε1
-0.005
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
102
3500
3000 SF NE34 +
IJ C/E = 0,235
2500
2000 SF NE34 +
SF NE34 + eau
q (kPa)
IJ C/E = 0,172
+ IJ C/E = 0,172
1500
1000
500
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600
p (kPa)
Figure 2-60. Enveloppe de résistance maximale pour le sable de Fontainebleau injecté avec deux
coulis de rapport C/E croissant.
La signification physique de l’angle de dilatance, qui, dans le cas des sols vierges, traduit le
désenchevêtrement de la structure granulaire par glissement et rotation des grains, peut être
remise en question dans le cas des sols injectés. En effet, l’augmentation de volume constatée,
postérieure au pic de contraintes, semble correspondre plus à de la fissuration qu’à un
mécanisme plastique au sens de déplacements irréversibles des grains les uns par rapport aux
autres. Il devient donc difficile de comparer des valeurs de dilatance qui ne sont pas issues des
mêmes mécanismes physiques.
[Tailliez, 1998] a constaté que l’injection s’accompagne d’une constance ou d’une légère
augmentation de la valeur de l’angle de frottement interne. On retrouve cette tendance dans
les essais réalisés au cours de cette action de recherche, avec une augmentation de + 9 degrés
sans doute exagérée en ce qui concerne les alluvions de type I. Cette augmentation de l’angle
de frottement interne est liée à un indice de densité initial différent et probablement à un
processus de densification du sol lors de l’injection.
L’injection se traduit donc principalement par l’existence d’une cohésion dont la valeur
dépend de la teneur en liant du coulis et de la qualité de la liaison granulats – ciment.
On présente dans le tableau (2-25) les facteurs d’amélioration β(qmax) calculés sur la valeur du
déviateur maximal en fonction de la nature du sol et de la contrainte de confinement.
103
On retombe sur les valeurs, comprises entre 1,5 et 5, du coefficient d’amélioration données
par [Tailliez, 1998] pour un traitement de consolidation. Voisin de 5 pour une contrainte de
confinement de 100 kPa, le coefficient d’amélioration diminue ensuite avec la contrainte de
confinement pour prendre une valeur moyenne de 2,5 pour σ’3 = 400 kPa.
On observe expérimentalement que le coefficient de Poisson des sols injectés ne diffèrent pas
des valeurs couramment considérées en mécanique des sols. Des valeurs comprises entre 0,2
et 0,3 sont tout à fait pertinentes.
Les mesures du module de cisaillement Gvh,max avec les « bender elements » se sont révélées
assez difficiles en raison de problèmes de couplage entre le capteur et l’échantillon de sol
injecté, malgré l’emploi de mortier de plâtre. Aussi, un certain nombre d’essais n’ont pas pu
être exploités.
On donne dans le tableau (2-26) les valeurs du module de cisaillement Gvh,max mesurées sous
faibles contraintes de confinement grâce aux « bender elements » et les valeurs du module de
cisaillement Gg déterminé au GrindoSonic pour les essais exploitables. Les valeurs obtenues
avec les deux méthodes sont tout à fait comparables.
Cette dernière hypothèse sera justifiée ultérieurement. On donne dans le tableau (2-27) le
coefficient d’amélioration β(Gmax) pour une contrainte moyenne de 50 kPa et pour une
contrainte moyenne de 400 kPa.
104
Tableau 2-27. Valeurs du coefficient d’amélioration β(Gmax).
Sol C/E Particularités β(Gmax) β(Gmax)
50 kPa 400 kPa
SF NE34 0,172 - 54 17
SF NE34 0,172 Injection eau 39 12
SF NE34 0,172 q = 8,8 cm3/s 54 17
SF NE34 0,235 Moyenne 4 valeurs 68 21
AA Type I 0,172 Moyenne 2 valeurs 28 10
Les valeurs du coefficient d’amélioration du module de cisaillement dans le domaine des très
petites déformations sont ainsi nettement plus élevées que celles obtenues à partir du module
sécant à l’origine de la courbe effort – déformation, pour une déformation de l’ordre de 10-3
(Tableau 2-28). L’amélioration est également fonction de la teneur en liant du coulis, de la
nature du sol et de l’état de saturation initial du sol.
Le module de cisaillement des sols injectés évolue-t-il de la même façon que le module de
cisaillement du sol vierge sur un chemin de compression isotrope ou de cisaillement ?
Dépend-il de la contrainte moyenne ? Les quelques essais exploitables permettent de répondre
au moins qualitativement à ces questions. Quantitativement, les valeurs du module de
cisaillement sont sous-estimées puisque la déformation est déterminée à partir d’un
comparateur extérieur à la cellule. Ainsi, une erreur relative ∆L/L de 5 % sur le
raccourcissement de l’échantillon engendre une erreur relative de 10 % sur la valeur du
module de cisaillement.
On représente sur la figure (2-61) l’évolution du module de cisaillement Gvh,max pour les
échantillons de sable de Fontainebleau injecté à l’Intra-J de rapport C/E = 0,172, pour des
chargements de compression isotrope (Fig. 2-61a) et de cisaillement (Fig. 2-61b). L’essai
SF6-Dens a été réalisé sur un échantillon d’indice de densité relative de 78 %.
On constate que la loi d’évolution du module de cisaillement du sol injecté est radicalement
différente de celle du sol vierge. Ainsi, les régressions effectuées sur les points expérimentaux
donnent les relations pour le domaine de contraintes étudié :
105
G vh , max (MPa ) = 1301× p' 0,10 (kPa ) pour l’essai SF6-Dens
Les conclusions quant à l’évolution du module de cisaillement des sols injectés sur des
chemins de compression isotrope sont similaires à ceux obtenus par [Baig et al., 1997] dans le
cas des sables – ciment.
5000 5000
Essai SF6-400
SF6-400
4000 4000
(MPa)
Gmax (MPa)
G = 3073 x p'0,03
max
3000 SF6E-100 3000
max
G
2000 2000
0,10
SF6Dens Gmax = 1301 x p'
Passage
1000 1000 contractant
dilatant
0 0
0 100 200 300 400 500 0 500 1000 1500 2000 2500 3000
p' (kPa) q (kPa)
(a) Compression isotrope. (b) Cisaillement.
Figure 2-61. Evolution du module de cisaillement Gvh,max pour le sable de Fontainebleau injecté à
l’Intra-J.
La différence d’évolution du module Gvh,max du sol injecté par rapport au sol vierge est encore
plus flagrante pour le chargement déviatorique (Fig. 2-60b). Après une phase de relative
constance du module pour les faibles contraintes de cisaillement, celui-ci diminue
progressivement, ceci bien avant que le comportement volumique ne devienne dilatant. On
peut donc supposer qu’il y a endommagement progressif des liaisons granulats – ciment.
On reporte sur la figure (2-62) l’évolution du module de cisaillement Gvh,max dans le cas du
sable de Fontainebleau injecté au coulis de rapport C/E = 0,235, donc plus riche en ciment.
Les régressions appliquées aux valeurs expérimentales sur des chemins de compression
isotrope (Fig. 2-62a) conduisent aux relations :
106
6000 5000
SFC-400
5000 SFC-BE
4000
(MPa)
(MPa)
SFC-100 SFC-400
4000
max
SFC-200
max
SFC-100
G
G
3000
SFC-200
3000
2000 2000
0 100 200 300 400 500 600 700 800 0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
p' (kPa) q (kPa)
(a) Compression isotrope. (b) Cisaillement.
Figure 2-62. Evolution du module de cisaillement Gvh,max pour le sable de Fontainebleau injecté au
coulis de rapport C/E = 0,172.
Pour les chargements déviatoriques (Fig. 2-62b), il apparaît une première phase, réduite, où le
module de cisaillement Gvh,max évolue peu. Le nombre de points expérimentaux est
malheureusement limité par le fait que les mesures aux « bender elements », ponctuelles,
nécessitent de stopper momentanément le cisaillement. Il n’est donc pas possible de
déterminer précisément la transition entre cette première phase et la seconde phase de
décroissance progressive du module de cisaillement.
En résumé, on met en évidence, grâce aux « bender elements », une évolution radicalement
différente du module de cisaillement Gvh,max du sol injecté par rapport à celui du sol vierge de
tout traitement. Si, sur des chemins de compression isotrope et pour de faibles contraintes de
cisaillement, le module de cisaillement reste relativement constant, il n’en est plus de même
pour des contraintes de cisaillement croissantes pour lesquelles on constate une diminution
progressive du module. Cette diminution traduit probablement, même si ce mécanisme n’a pu
être formellement identifié, une dégradation des liaisons granulats – ciment par
endommagement.
2.7.8 – Synthèse
Les essais présentés ont permis de mettre en évidence l’effet de la teneur en ciment du coulis,
de la nature et de la densité du sol, de l’état de saturation initial du sol sur le comportement
mécanique des sols injectés en laboratoire. Celui-ci montre à la fois des caractéristiques de
frottement qui se traduit par une dépendance de la résistance maximale avec la contrainte et
des caractéristiques de cohésion. Les résultats expérimentaux en termes de résistance
maximale recoupent ceux de [Tailliez, 1998].
Par contre, l’évolution du module de cisaillement Gmax semble contrôlée par la cimentation
apportée par le coulis. Ainsi, on constate une faible dépendance du module de cisaillement
avec la contrainte moyenne sur des chemins de compression isotrope et une diminution
progressive de sa valeur pour des contraintes de cisaillement croissantes.
107
2.8 – Conclusions
La résistance maximale des sols vierges ou injectés obéit au même critère : le critère de Mohr-
Coulomb qui traduit notamment la dépendance de la résistance maximale avec la contrainte
moyenne. L’angle de frottement interne du sol injecté est légèrement supérieur à celui du sol
vierge. La principale différence provient de la cohésion apportée par le coulis. Elle est ici
comprise entre 150 et 600 kPa en fonction de la nature et de la densité du sol, de la teneur en
ciment du coulis, de l’état de saturation du sol mais elle ne dépend pas du débit d’injection.
Le comportement volumique est de type contractant – dilatant mais si, dans le cas des sols
vierges, la résistance maximale est fortement liée au réarrangement de la structure granulaire
et à la dilatance, dans le cas des sols injectés, la partie dilatante est plutôt liée à l’ouverture de
fissures. Le comportement volumique des sols injectés avant le pic de contraintes est
essentiellement contractant.
On retient également de l’analyse bibliographique sur les mélanges sable – ciment que les
surfaces de résistance maximale, dans l’espace des contraintes, pour les sols vierges et les
mélanges sables – ciment sont homothétiques. Dans les deux cas, la forme de la surface dans
le plan octahédral n’est pas circulaire : la résistance maximale dépend donc du chemin de
contraintes.
Enfin, on montre que le module de cisaillement dans le domaine des très petites déformations
suit deux lois très différentes pour les sols vierges et les sols injectés :
- pour les sols vierges, le module de cisaillement suit une loi en puissance de la contrainte
moyenne, pour des chemins de compression isotrope et dans le domaine contractant pour
des essais de cisaillement ;
- pour les sols injectés, le module de cisaillement demeure relativement constant sur des
chemins de compression isotrope et pour de faibles contraintes de cisaillement. Par contre,
dès que le cisaillement s’accentue, on observe une décroissance des valeurs du module de
cisaillement qui traduit probablement l’endommagement de la structure cohésive des sols
injectés.
108
CHAPITRE III :
MODELISATION MATHEMATIQUE
109
CHAPITRE 3 : MODELISATION MATHEMATIQUE
3.1 – Introduction
Toutefois, le modèle élastique linéaire n’est pas approprié pour reproduire la non linéarité
mise en évidence au chapitre précédent. Aussi, sur la base des observations expérimentales
présentées dans la littérature ou par le biais des essais réalisés au cours de cette action de
recherche, on élabore un modèle de comportement visant à mieux décrire le comportement
des sols injectés pour des déformations comprises entre 10-3 et la déformation à la rupture,
entre 1 et 2 %. Le modèle est développé dans le cadre de la théorie de l’élasto-plasticité.
Ce modèle a été construit de telle sorte qu’il permette de reproduire les principaux
mécanismes de déformation des sols sans inflation extrême du nombre des paramètres,
puisqu’il doit également rester facilement exploitable pour le bureau d’études.
3.2.1 – Hypothèses
ε = εe + εp (Eq. 3-1)
Les expériences montrent que, dans le cas des sols injectés aux coulis à base de ciment ultra-
fin, les effets visqueux sont négligeables. Le modèle sera donc indépendant du temps.
La convention de signe suivante est adoptée : les contraintes de compression sont négatives.
Toutefois, dans ce qui suit, pour des facilités de représentation, la contrainte moyenne p est
choisie positive en compression.
La partie élastique est supposée linéaire et isotrope. Elle est caractérisée par deux paramètres :
le module d’Young E et le coefficient de Poisson ν. Le module de cisaillement G se déduit de
ces deux paramètres par la relation :
110
E
G= (Eq. 3-2)
2 × (1 + ν )
ν×E
λ= (Eq. 3-3b)
(1 + ν ) × (1 − 2ν )
Dans le domaine élastique, la relation reliant le tenseur des contraintes σ au tenseur des
déformations ε est la loi de Hooke qui s’écrit :
()
σ = λ × Tr ε o I + 2µ × ε (Eq. 3-4)
δij = 1 pour i = j
δij = 0 pour i ≠ j
La surface de charge, notée f, indique l’état de contraintes pour lequel les premières
déformations irréversibles apparaissent. Elle délimite donc la taille du domaine élastique qui
peut ensuite évoluer avec le chargement par le biais de la loi d’écrouissage, désignée par rd.
f (p, q, θ, rd ) =
q
Mp
( ) ( )
× m(θ ) − p + C p × rd ε dp = 0 (Eq. 3-5)
avec :
q: contrainte déviatorique généralisée
q = 3× J2 (Eq. 3-6)
1
J2 = s ij : s ij (Eq. 3-7)
2
1
( )
s ij = σ ij − Tr σ ij × δ ij
3
(Eq. 3-8)
111
p: contrainte moyenne (p > 0 en compression)
1
p = − × I1 (Eq. 3-9)
3
( )
I1 = Tr σ ij (Eq. 3-10)
L’expression (3-5) traduit le fait que la résistance au cisaillement d’un échantillon de sol,
injecté ou pas, augmente avec la contrainte moyenne p.
50 00
Extension Compression r =1
00 d Compression
q Ligne de 50 Extension
résistance q Surface
50 maximale Dilatance Ligne
d'état 00 Ecrouissage de
M charge
00 p caractéristique
50
50 M
c
00
00 Evolution
de C
50
Contractance
r 50 p
el
Elasticité p p
0 0
-C
p
50 50
Figure 3-1a. Modèle de comportement. Figure 3-1b. Définition de la cohésion.
Par ailleurs, les expériences sur les mélanges sable – ciment montrent que la résistance au
cisaillement dépend du chemin de chargement dans le plan octahédral. Le modèle de Drucker-
Prager (m(θ) = 1 ∀ θ) ne prend pas en compte cette influence. On introduit donc dans
l’expression (3-5) de la surface de charge une fonction m(θ) de l’angle de Lode défini
comme :
1 ⎛ 3 3 J3 ⎞
θ = − Arc sin ⎜ ⎟ (Eq. 3-11)
3 ⎜ 2 J3 2 ⎟
⎝ 2 ⎠
avec
( )
J 3 = det s ij (Eq. 3-12)
π
θ= en compression triaxiale
6
112
et
π
θ=− en extension triaxiale
6
On choisit pour fonction m(θ) une expression permettant de retrouver le critère de Mohr-
Coulomb, de façon à rester, dans un premier temps, le plus près possible du modèle élastique
plastique parfait. Cette expression est donnée par [Bardet, 1980] :
⎡ sin ϕ ⎤
m(θ ) =
6
⎢cos θ − sin θ⎥ (Eq. 3-13)
3 (3 − sin ϕ ) ⎣ 3 ⎦
La fonction m(θ) vaut 1 sur un chemin de compression triaxiale et 1 ≤ 1/β ≤ 2 sur un chemin
d’extension triaxiale. La valeur de β peut être reliée à l’angle de frottement interne ϕ sur un
chemin de compression triaxiale par :
3 − sin ϕ
β= (Eq. 3-14)
3 + sin ϕ
La forme de la surface de charge dans le plan octahédral est représentée sur la figure (3-2).
Tresca (ϕ = 0)
Drucker-Prager
σ3 σ1
Mohr-Coulomb
ϕ = 40°
ϕ = 30°
σ2
Une amélioration ultérieure du modèle pourrait être, d’une part, de considérer une fonction
m(θ) continue et différentiable en θ = ± π/6 [2π/3],et, d’autre part, de rendre indépendante la
forme de la surface de charge dans le plan octahédral de l’ouverture du cône dans l’espace des
contraintes. En effet, le rapport des résistances en extension et en compression, qui contrôle la
forme de la surface de charge dans le plan octahédral, dépend de l’angle de frottement interne.
113
[Link] – Fonction d’écrouissage plastique
Il ressort de l’étude bibliographique sur les mélanges sable – ciment que le domaine élastique
initial est limité au domaine des très petites déformations et que la surface délimitant ce
domaine dans l’espace des contraintes est homothétique à la surface de résistance maximale.
D’un point de vue formel, le passage de l’une à l’autre de ces deux surfaces se fait au travers
de l’écrouissage.
L’écrouissage est ici supposé isotrope. On fait également l’hypothèse qu’il dépend de la
déformation plastique déviatorique généralisée εdp telle que :
2 p p
ε dp = e :e (Eq. 3-14)
3 ij ij
avec :
1
( )
e ijp = ε ijp − Tr ε ijp × δ ij
3
(Eq. 3-15)
εijp et eijp désignent respectivement les composantes du tenseur des déformations plastiques et
les composantes du tenseur déviateur des déformations plastiques.
ε dp × (1 − rel )
( )
rd ε dp = rel + (Eq. 3-16)
a + ε dp
où rel et a sont deux paramètres du modèle. Le paramètre rel définit la taille du domaine
élastique initial tandis que le paramètre a caractérise la vitesse d’évolution de l’écrouissage.
La fonction rd(εdp) est donc comprise entre les valeurs rel (pour εdp = 0) et tend
asymptotiquement vers 1 lorsque l’état de plasticité parfaite est atteint (théoriquement pour
εdp → ∞). Géométriquement, l’accroissement de la valeur de rd se traduit par l’ouverture de
l’angle au sommet de la surface de charge.
114
Le potentiel de plasticité retenu est dérivé des travaux de l’Ecole de Cambridge et du modèle
Cam-Clay. Il prend la forme suivante :
g(p, q ) =
q
(
M c (θ )× p + C p
+ Ln p + C p
) ( ) (Eq. 3-17)
( )
∂g σ ij
dε ijp = dλ × (Eq. 3-18a)
∂σ ij
∂g(p, q )
dε pv = dλ × (Eq. 3-18b)
∂p
∂g(p, q )
dε dp = dλ × (Eq. 3-18c)
∂q
⎡ 1 ⎛ q ⎞⎤
dε pv = dλ × ⎢ × ⎜1 − ⎟⎥
⎢⎣ p + C p ⎝ M c (θ )× p + C p
⎜ ( ) ⎟⎥
⎠⎦
(Eq. 3-19a)
⎡ 1 ⎤
dε dp = dλ × ⎢ ⎥
(
⎢⎣ M c (θ )× p + C p ⎦⎥ ) (Eq. 3-19b)
Alors
dε pv ∂g ∂p
= M c (θ ) −
q
= (Eq. 3-20)
dε dp ∂g ∂q p + Cp
Ainsi :
(
q < Mc × p + Cp ) Domaine contractant dε pv > 0
(
q = Mc × p + Cp ) Etat caractéristique dε pv = 0
(
q > Mc × p + Cp ) Domaine dilatant dε pv < 0
115
3 × (3 − sin ϕ c )
M c (θ ) = M c × (Eq. 3-21)
⎛ sin ϕ c ⎞
6 × ⎜⎜ cos θ − × sin θ ⎟⎟
⎝ 3 ⎠
⎛ 3M c ⎞
ϕ c = Arc sin ⎜⎜ ⎟
⎟
⎝ 6 + Mc ⎠
Dans le cas des sols injectés, la relation (3-20) engendre une sous-estimation des déformations
volumiques dans le domaine dilatant, comme on le verra dans les applications. La relation (3-
20) a donc été modifiée en tenant compte du fait que les liaisons coulis – grains étaient
progressivement endommagées lors du chargement. Cette dégradation mécanique se traduit
dans l’expression du potentiel plastique proposé par une réduction de la cohésion Cp d’autant
plus importante que l’on approche de l’état de plasticité parfaite (caractérisé par la fonction
d’écrouissage rd qui prend la valeur 1). On propose donc la nouvelle loi d’évolution des
déformations plastiques :
dε pv ∂g ∂p
= M c (θ ) −
q
=
dε dp ∂g ∂q
p + Cp ×
( )
1 − rd ε dp
(Eq. 3-22)
1 − rel
∂f (I1 , J 2 , J 3 ) ∂f ∂I1 ∂f ∂J 2 ∂f ∂J 3
= + + pour θ ≠ ± π/6 [2π/3] (Eq. 3-23a)
∂σ ij ∂I1 ∂σ ij ∂J 2 ∂σ ij ∂J 3 ∂σ ij
∂f (p, q, θ ) ∂f ∂p ∂f ∂q
= + pour θ = ± π/6 [2π/3] et grad(θ) = 0 (Eq. 3-23b)
∂σ ij ∂p ∂σ ij ∂q ∂σ ij
Une expression différente (Eq. 3-23b) est adoptée sur les chemins de compression et
d’extension triaxiale car la dérivée de la surface de charge par rapport à l’angle de Lode n’y
est pas définie.
∂g(I1 , J 2 , J 3 ) ∂g ∂I1 ∂g ∂J 2 ∂g ∂J 3
= + + (Eq. 3-24)
∂σ ij ∂I1 ∂σ ij ∂J 2 ∂σ ij ∂J 3 ∂σ ij
∂f ∂f ∂f ∂f ∂f
df (p, q, θ, rd ) = dp + dq + dθ + drd = H × dλ + drd = 0 (Eq. 3-25)
∂p ∂q ∂θ ∂rd ∂rd
soit
116
∂f ∂rd ∂g
H(p, q, θ, rd ) = − (Eq. 3-26)
∂rd ∂ε dp ∂q
Finalement :
⎛ a × (1 − r ) ⎞
( )
H p, q, θ, ε dp = ⎜ el ⎟
×
1
(Eq. 3-27)
⎝ ( d ⎠ )
⎜ a + ε p 2 ⎟ M c (θ )
∂f
D ijkl dε kl
∂σ ij
dλ = (Eq. 3-28)
∂f ∂g
H+ D ijkl
∂σ ij ∂σ kl
Ces équations ont été programmées dans le code par éléments finis CESAR-LCPC.
Paramètres de rigidité E et ν
Le modèle tel qu’il est présenté ici est plutôt adapté pour décrire le comportement sur un
domaine de déformation compris entre 10-3 et quelques pour-cent de déformation.
∆q
E sec = (Eq. 3-29)
∆ε 1 ε1 ≈10 − 3
La valeur du coefficient de Poisson, dont l’expérience montre qu’il est compris entre 0,1 et
0,3 pour les sols vierges de tout traitement et pour les sols injectés en conditions drainées,
peut être déterminée sur la partie initiale de la courbe liant la déformation volumique à la
déformation axiale :
117
1⎛ ∆ε ⎞
ν= ⎜⎜1 − v ⎟⎟ ∆εv, ∆ε1 ≥ 0 (Eq. 3-30)
2⎝ ∆ε 1 ⎠
∆q
Mp = (Eq. 3-31)
∆p
Cm
Cp = >0 (Eq. 3-32)
Mp
Les deux paramètres Mp et Cp peuvent être reliés aux paramètres plus classiques du critère de
Mohr-Coulomb c (cohésion) et ϕ (angle de frottement interne) :
6 × sin ϕ 6 × c × cos ϕ
Mp = et Cm =
3 − sin ϕ 3 − sin ϕ
300
250 q
200
M
150 p
100
Cm 1
50
p
0
-C
p
-50
-200 -100 0 100 200 300 400
Figure 3-3. Méthodologie d’identification des paramètres de résistance maximale.
118
correspondant au passage contractant / dilatant pour au moins trois essais de compression
triaxiale.
q(i )
rd (i ) =
(
M p × p(i ) + C p ) (Eq. 3-33)
1 − rel a
=1+ p
rd (i ) − rel ε d (i )
1 − rel ⎛ 1 ⎞
R (i ) = = ϑ⎜ p ⎟ (Eq. 3-34)
q(i ) ⎜ ε (i ) ⎟
− rel ⎝ d ⎠
(
M p × p(i ) + C p )
L’identification de a requiert la détermination préalable de rel qui délimite le domaine
élastique linéaire initial. Celui-ci peut être repéré en suivant l’évolution du module sécant Esec
au cours d’un essai de compression triaxiale, dans le domaine des petites déformations. Des
dispositifs du type « système de petites déformations » présenté au chapitre 2 sont ainsi
particulièrement adaptés à la détermination de la limite élastique. En l’absence de système
performant, on ne peut faire qu’une hypothèse sur la valeur de rel.
Ainsi, si on considère un essai de compression triaxiale, que l’on admet que le module sécant
diminue à partir d’une déformation verticale εlim de 10-5 et que l’on connaît la valeur du
module d’Young Emax, il est possible de donner un ordre de grandeur de la valeur de rel.
Alors :
f el =
q el
Mp
( )
− p el + C p × rel = 0
Donc :
119
E max ε lim
rel = (Eq. 3-34)
⎛ E ε ⎞
M p × ⎜⎜ σ c + C p + max lim ⎟⎟
⎝ 3 ⎠
Application numérique : Emax = 3 GPa ; εlim = 10-5 ; Mp = 1,4 ; σc = 200 kPa ; Cp = 100
kPa
⇒ rel = 0,07
On retiendra, dans la suite de chapitre, une valeur de 0,01 pour un sol non injecté et une
valeur de 0,1 pour un sol injecté.
Pour ces valeurs de rel, l’hypothèse d’évolution hyperbolique de l’écrouissage rd semble tout à
fait justifiée pour les sols vierges de tout traitement. Ainsi, sur la figure (3-4), on reporte les
valeurs du rapport R(i) en fonction de l’inverse de la déformation déviatorique 1/εd(i) en
supposant que les déformations élastiques sont négligeables devant les déformations
plastiques. La relation est linéaire et la pente de la droite définit la valeur du paramètre a.
Celle-ci dépend essentiellement du matériau et, à un degré moindre, de la contrainte de
confinement appliquée.
8
Alluvions
Alluvions
7 Anciennes
Anciennes
de type I
de type I
6 100 kPa
200 et 400 kPa
5
υ (ε )
-1
4
d
Sable de
3 Fontainebleau
400 kPa
2
Sable de
Fontainebleau
1
100 et 200 kPa
0
0 500 1000 1500 2000 2500
1/ε
d
Les figures (3-5a) et (3-5b) représentent l’évolution du rapport R(i) en fonction de l’inverse
de la déformation déviatorique 1/εd(i) en supposant que les déformations élastiques sont
négligeables devant les déformations plastiques, pour :
- le sable de Fontainebleau préalablement saturé injecté au coulis Intra-J de rapport C/E =
0,172 ;
- les alluvions anciennes de type II injectées au coulis Intra-J de rapport C/E = 0,172 ;
- le sable de Fontainebleau injecté au coulis Intra-J de rapport C/E = 0,235.
120
60
50 SF + IJ
200 kPa
40 SF + IJ
υ (e )
400 kPa
-1
d
30
20
SF + IJ
10 100 kPa
0
0 500 1000 1500 2000 2500
1/ε
d
(3-5a)
5
υ (ε )
-1
4
d
0
0 200 400 600 800 1000
1/ε
d
L’allure des courbes d’évolution R(i) = ϑ[εd(i)] pour les sols injectés est différente de celle
des sols vierges. Les courbes d’ajustement, en pointillés sur la figure (3-5a), sont des
fonctions de type exponentiel. Cette différence d’évolution de la non linéarité peut
probablement être liée à des mécanismes de déformation différents dans les deux cas.
Pour les sols injectés, le paramètre a sera alors identifié sur la portion initiale de la courbe R(i)
= ϑ[1/εd(i)] qui correspond aux déformations précédant la rupture et à l’évolution a priori la
plus importante de la non linéarité.
L’étude de sensibilité a pour but de mettre en évidence l’effet de chacun des paramètres sur la
courbe effort – déformation axiale et sur la courbe déformation volumique – déformation
axiale. On montre également l’effet de la contrainte de confinement σ’3. Pour cela, on simule
121
un essai triaxial, piloté en déformations, par l’intermédiaire du code CESAR-LCPC. Un jeu
de paramètres de référence (Tableau 3-1) permet de calculer numériquement une courbe q –ε1
et une courbe εv –ε1 de référence. L’étude de sensibilité a été menée sans prendre en compte
l’effet de décohésion (Eq. 3-22) dans le calcul des déformations plastiques.
Les paramètres Cp et Mp, qui définissent la droite de résistance maximale dans le plan (p’, q),
influent logiquement sur la valeur de la résistance maximale (Figs. 3-8 et 3-9). Ils
interviennent également sur l’évolution des déformations volumiques, soit explicitement dans
le cas du paramètre Cp (Eq. 3-20), soit implicitement dans le cas du paramètre Mp. Dans ce
cas, c’est la différence entre les pentes Mp et Mc qui gère l’amplitude des déformations
volumiques plastiques. Plus la différence est grande, plus le comportement dilatant est
marqué.
On le retrouve sur la figure (3-10) où l’on constate aussi l’absence d’effet de la pente Mc sur
la résistance au cisaillement.
L’effet des deux paramètres caractérisant l’écrouissage est montré sur les figures (3-11) et (3-
12). Le paramètre rel contrôle clairement le point de départ de la non linéarité et du domaine
dilatant : une faible valeur de rel se traduit par une augmentation plus lente du déviateur des
contraintes et une arrivée plus tardive à l’état caractéristique et à l’état de plasticité parfaite.
On note qu’une valeur rel égale à l’unité permet de retrouver le modèle élastique linéaire
plastique parfait. Toutefois, cette valeur de 1 est incompatible avec l’équation (3-22) où l’on
prend en compte l’effet de la décohésion dans le calcul des déformations plastiques.
122
1000 1
E = 1000 MPa ν = 0,35
E = 800 MPa
q (MPa)
600 0.6
q (kPa)
E = 600 MPa
400 0.4
E = 400 MPa
E = 200 MPa
200 0.2
0 0
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01
ε 1
1
0.005 0.005
0.003 ν = 0,35
E = 800 MPa
0.003
0.002 E = 600 MPa
0.002
ν = 0,25
0.001 ν = 0,15
E = 400 MPa 0.001
εv
0
v
ε
-0.001 0
E = 200 MPa
-0.002 -0.001
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01
ε ε
1 1
q (MPa)
0 0
0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01 0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01
1 1
0.008 0.006
M = 1,85 C = 0 kPa
p
p 0.005
0.006 M = 1,64 C = 100 kPa
p
p
0.004
C = 200 kPa
p
0.004 M = 1,5
p
0.003 C = 300 kPa
p
M = 1,2 0.001
p
v
ε
-0.002 -0.001
0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01 0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01
1 1
123
1 1
-5
M = 0,30 a < 10
c
0.8 0.8 -4
a = 10
M = 1,42 -3
c a = 10
0.6 0.6
q (MPa)
q (MPa)
-3
0.4 0.4 a = 5.10
0.2 0.2
0 0
0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01 0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01
1
1
0.012 0.005
M = 0,30 M = 0,37
0.01 c
c
0.004 -5
a < 10
0.008
M = 0,77 0.003 -4
c a = 10
0.006
M = 1,2 0.002
c
0.004
-3
0.001 a = 10
0.002
v
0
v
M = 1,42
ε
0 c -3
a = 5.10
-0.002 -0.001
0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01 0 0.002 0.004
ε
0.006 0.008 0.01
1
1
0.8
0.6
q (MPa)
q (MPa)
0.6 r = 0,6
el
0.4
r = 0,4
0.4 el
r = 0,2
el
0.2
0.2
r = 0,01
el
0 0
0 0.002 0.004 ε 0.006 0.008 0.01 0 0.001 0.002 ε1 0.003 0.004
1
0.006 0.002
0.005
0.0015
0.004 r =1 r =1
el el
0.001
0.003
0.002
r = 0,01 0.0005
el
0.001 r = 0,01
el
v
0
ε
v
ε
-0.001 -0.0005
0 0.002 0.004
ε
0.006 0.008 0.01 0 0.001 0.002 ε 0.003 0.004
1
1
124
L’effet du paramètre a, qui caractérise la vitesse d’évolution des déformations plastiques, est
fortement non linéaire. Important pour des valeurs de l’ordre de 0,01, l’effet du paramètre a
est quasi nul pour des valeurs inférieures à 10-5. Ceci signifie qu’une erreur lors de
l’identification de ce paramètre peut se traduire par un écart relativement important sur la
courbe effort – déformation et sur la courbe déformation volumique – déformation axiale. A
terme, une procédure d’identification du paramètre a par optimisation des résultats d’essais de
laboratoire sera proposée. Pour une valeur de a égale à 10-6, on retrouve quasiment le modèle
élastique linéaire plastique parfait.
1600
0.8
1400
M -q/(p+Cp)
σ'3 = 400 kPa
1200 0.6
c
q (kPa)
800
σ'3 = 100 kPa
0.2
600
σ'3 = 0 kPa
400 0
dε v / dε δ
p p
200
-0.2
0
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
ε M -M
c p
1
0.006
0.005
σ' = 0 kPa
3
0.004
σ' = 100 kPa
3
0.003
σ' = 200 kPa
3
0.002
0.001
σ' = 400 kPa
εv
0 3
-0.001
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01
ε
1
La figure (3-13) montre clairement l’effet de la contrainte de confinement. Pour des valeurs
de σ’3 de plus en plus grandes, la résistance au cisaillement est accrue et la dilatance
mobilisée moindre. Pour ce paramètre, on montre que le rapport des incréments de
déformation plastique dεpv / dεpd tend vers une constante égale à (Mc – Mp).
Enfin, on indique sur la figure (3-14) l’effet de l’état de contraintes en comparant les courbes
q – ε1 et εv – ε1 pour des essais de compression triaxiale et d’extension triaxiale (contrainte
latérale maintenue constante et déchargement vertical).
Les essais de compression triaxiale, présentés au chapitre précédent, sont ici utilisés pour
examiner le domaine de validité du modèle.
125
1500
400 kPa
Extension Compression
1000
q (kPa)
200 kPa
500
400 kPa 100 kPa
200 kPa
0
-0.001 0 0.001 0.002 0.003 0.004
ε
1
0.004
Extension Compression
0.003
σ' = 100 kPa
3
0.001
0
v
-0.001
-0.001 0 0.001 0.002 0.003 0.004
ε
1
On présente ici le cas des essais triaxiaux sur le sable de Fontainebleau (Fig. 2-11), sur les
alluvions anciennes de type I écrêtées à 3,15 mm (Fig. 2-20) et sur les alluvions anciennes de
type II (Fig. 2-23). Les paramètres de calage sont donnés respectivement dans les tableaux (3-
2), (3-3) et (3-4).
Tableau 3-2. Paramètres de calage pour les essais sur le sable de Fontainebleau.
σ’3 Esec ν Cp Mp Mc rel a
kPa MPa kPa
100 64 0,00049
200 131 0,25 0 1,60 1,17 0,01 0,00063
400 222 0,00087
Tableau 3-3. Paramètres de calage pour les essais sur les Alluvions Anciennes de type I - 3,15 mm.
σ’3 Esec ν Cp Mp Mc rel a
kPa MPa kPa
100 58 0,00092
200 78 0,28 0 1,58 1,32 0,01 0,00130
400 155 0,00189
126
Tableau 3-4. Paramètres de calage pour les essais sur les Alluvions Anciennes de type II.
σ’3 Esec ν Cp Mp Mc rel a
kPa MPa kPa
100 47 0,00086
200 68 0,22 0 1,65 1,32 0,01 0,00136
400 110 0,00213
Emax est le module d’Young mesuré dans le domaine des très petites déformations : il évolue
approximativement en racine carrée de la contrainte moyenne. Esec est le module sécant à
l’origine de la courbe effort – déformation, pour une déformation de l’ordre de 10-3. Comme
indiqué dans le chapitre 2, du fait de la non linéarité, les valeurs de Esec croissent de manière
approximativement linéaire (Tableaux 3-2, 3-3 et 3-4) avec la contrainte moyenne. Par
conséquent, le rapport Emax/Esec diminue avec l’augmentation de la contrainte de confinement.
Les valeurs de a corrigées sont donc plus faible que celles obtenues à partir de la relation (3-
34). Elles dépendent du sol et de la contrainte de confinement (Fig. 3-18). Ainsi, on obtient
les corrélations suivantes :
- a = 1,3.10-6 x σ’3 pour le sable de Fontainebleau ;
- a = 3,2.10-6 x σ’3 pour les alluvions anciennes de type I écrêtées à 3,15 mm ;
- a = 4,2.10-6 x σ’3 pour les alluvions anciennes de type II.
0.0025
Alluvions
Anciennes
0.002 Type II
Paramètre a
0.0015 Alluvions
Anciennes
Type I
0.001
Sable de
0.0005 Fontainebleau
0
50 100 150 200 250 300 350 400 450
σ' (kPa)
3
Enfin, si les simulations numériques reproduisent assez bien les données expérimentales, on
note que le modèle a tendance à surestimer la taille du domaine contractant pour les sols
vierges de tout traitement.
1500
xxx Expérience
___ Simulation
σ' = 400 kPa
3
Sable de
1000
Fontainebleau
q (kPa)
0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05
ε1
0.03
0.015
0.01
σ'3 = 400 kPa
0.005
εv
-0.005
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05
ε
1
On présente ici les calculs de validation du modèle de comportement pour les sols injectés
suivants :
- le sable de Fontainebleau préalablement saturé et injecté au coulis Intra-J de rapport C/E =
0,172 (Fig. 2-48, Tableau 2-20) ;
- les alluvions anciennes de type II injectées par le coulis Intra-J de rapport C/E = 0,172
(Fig. 2-52, Tableau 2-24) ;
- le sable de Fontainebleau injecté par le coulis de rapport C/E = 0,235 (Fig. 2-50, Tableau
2-22) ;
- les alluvions anciennes de type I injectées par le coulis Intra-J de rapport C/E = 0,172
(Fig. 2-51, Tableau 2-23).
128
1500
xxx Expérience
σ'3 = 400 kPa
___ Simulation
Alluvions
1000 Anciennes
Type I
q (kPa)
σ' = 200 kPa
500 3
0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05
ε1
0.02
0.005
εv
0
σ' = 400 kPa
3
-0.005
-0.01
0 0.01 0.02 ε1 0.03 0.04 0.05
Figure 3-16. Simulation des essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type I – 3,15 mm.
1500
xxx Expérience σ'3 = 400 kPa
___ Simulation
Alluvions
1000 Anciennes
Type II
q (kPa)
0
0 0.01 0.02 ε1 0.03 0.04 0.05
0.015
Symboles : Expérience
0.01 Symboles + trait continu : σ'3 = 100 kPa
Simulation numérique
0.005
εv
-0.005
σ' = 400 kPa
3
-0.01
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05
ε1
Figure 3-17. Simulation des essais triaxiaux sur les Alluvions Anciennes de type II.
129
Les valeurs des paramètres de calage sont données dans les tableaux (3-5) à (3-8). La valeur
du module sécant est supposée indépendante de la contrainte moyenne, comme pour le
module de cisaillement déterminé au chapitre 2 par l’intermédiaire des « bender elements ».
Elle correspond à la valeur moyenne des modules sécants des trois essais sur un même
matériau. Les valeurs du coefficient de Poisson sont calculées de la même façon, comme étant
la moyenne des 3 valeurs expérimentales.
Comme dans le cas des sols vierges de tout traitement, les valeurs de a ont été corrigées du
rapport Emax/Esec. Ce rapport étant pratiquement indépendant de la contrainte moyenne dans le
cas des sols injectés, celle-ci a un effet moins important sur les valeurs de a.
Les valeurs de a dans le cas des sols injectés sont également plus faibles que les valeurs de a
dans le cas des sols vierges de tout traitement. Ceci traduit le fait que la non linéarité du
comportement est beaucoup moins marquée pour les sols injectés. Toutefois, les écarts entre
les valeurs de a pour différents sols restent relativement faibles.
Tableau 3-5. Paramètres de calage pour les essais sur le sable de Fontainebleau saturé et injecté au
coulis Intra-J de rapport C/E = 0,172.
σ’3 Esec ν Cp Mp Mc rel a
kPa MPa kPa
100 1,59 0,00012
200 307 0,20 317 1,68 et 0,1 0,00014
400 1,68 0,00018
Tableau 3-6. Paramètres de calage pour les essais sur les Alluvions Anciennes de type II injectées au
coulis Intra-J de rapport C/E = 0,172.
σ’3 Esec ν Cp Mp Mc rel a
kPa MPa kPa
100 0,00018
200 233 0,21 316 1,84 1,51 0,1 0,00028
400 0,00033
Tableau 3-7. Paramètres de calage pour les essais sur le sable de Fontainebleau injecté au coulis
Intra-J de rapport C/E = 0,235.
σ’3 Esec ν Cp Mp Mc rel a
kPa MPa kPa
100 0,00013
200 379 0,28 567 1,70 1,70 0,1 0,00014
400 0,00015
Tableau 3-8. Paramètres de calage pour les essais sur les alluvions anciennes de type I injectées au
coulis Intra-J de rapport C/E = 0,172.
σ’3 Esec ν Cp Mp Mc rel a
kPa MPa kPa
100 0,00015
200 205 0,18 213 1,88 1,88 0,1 0,00016
400 0,00017
130
La comparaison des résultats expérimentaux et des simulations numériques est faite sur :
- la figure (3-19) pour le sable de Fontainebleau saturé et injecté au coulis de rapport C/E =
0,172 ;
- la figure (3-20) pour les alluvions anciennes de type II injectées au coulis de rapport C/E =
0,172 ;
- la figure (3-21) pour le sable de Fontainebleau injecté au coulis de rapport C/E = 0,235 ;
- la figure (3-22) pour les alluvions anciennes de type I injectées au coulis de rapport C/E =
0,172.
Dans le cas des essais sur le sable de Fontainebleau saturé et injecté à l’Intra-J (Fig. 3-19), les
simulations numériques sont effectuées en considérant successivement une valeur de la pente
de la droite caractéristique Mc de 1,59 puis 1,68 (valeur égale à la pente de la droite de
résistance maximale Mp). On constate, conformément à l’étude de sensibilité sur le paramètre
Mc, que cela n’engendre qu’une différence négligeable sur l’évolution du déviateur des
contraintes. Par contre, une augmentation de la valeur de Mc se traduit par un décalage de la
courbe des déformations volumiques dans le sens d’un accroissement du domaine contractant
et une pente de dilatance légèrement plus faible.
3000
Sable de Fontainebleau
saturé puis injecté à σ' = 400 kPa
2500 3
l'Intra-J
σ' = 200 kPa
3
2000
q (kPa)
1500
σ'3 = 100 kPa
1000
Symboles : Expérience
Trait continu : Simulation avec M = 1,59
c
500 Trait discontinu : Simulation avec Mc = Mp
0
0 0.005 0.01 ε1 0.015 0.02
0.01
0.005
εv
-0.005
0 0.005 0.01 ε 0.015 0.02
1
Figure 3-19. Simulations des essais triaxiaux sur le sable de Fontainebleau saturé et injecté au coulis
Intra-J de rapport C/E = 0,172.
131
D’une manière générale, la simulation de l’évolution du déviateur des contraintes suit
correctement les données expérimentales, compte tenu de l’incertitude liée à l’expérience et
aux valeurs des paramètres de calage. En ce qui concerne le comportement volumique, le
modèle permet de correctement représenter le domaine contractant. La simulation du
comportement volumique est également fortement liée au choix fait dans la formulation du
potentiel plastique.
On montre ainsi sur la figure (3-20) l’effet de la prise en compte ou pas de la réduction
progressive de la cohésion avec l’accroissement de la déformation plastique déviatorique,
dans le cas des essais sur les alluvions de type II injectées à l’Intra-J. Si cette réduction n’est
pas prise en compte, alors le domaine contractant est relativement étendu et la dilatance
faible. Au contraire, en considérant l’équation (3-22), on réduit l’étendue du domaine
contractant. On a aussi tendance à accélérer l’évolution des déformations volumiques. On a
alors une bonne concordance entre les résultats expérimentaux et les simulations numériques,
pour des déformations inférieures à 2 %. Au-delà, le modèle ne permet pas de retrouver les
angles de dilatance élevés (environ 30 degrés) observés expérimentalement et que l’on peut
attribuer à un mécanisme de fissuration plutôt qu’à un mécanisme de désenchevêtrement des
grains les uns par rapport aux autres.
3500
2500
σ' = 200 kPa
3
2000
q (kPa)
1000
Alluvions Anciennes
500 Type II injectées à l'Intra-J
0
0 0.01 0.02 ε1 0.03 0.04
0.025
Symboles : Expérience
0.02 Trait continu :
Simulations sans "décohésion"
0.015 Trait discontinu :
Simulations
avec "décohésion"
0.01
0.005
v
0
ε
-0.005
-0.01
0 0.01 0.02 ε1 0.03 0.04
Figure 3-20. Simulations des essais triaxiaux sur les alluvions anciennes de type II injectées au coulis
Intra-J de rapport C/E = 0,172.
132
Cette observation peut permettre d’expliquer l’écart entre les déformations volumiques
observées et simulées dans le cas du sable de Fontainebleau injecté au coulis de rapport C/E =
0,235 (Fig. 3-21). Pour ces calculs, la pente de la droite d’état caractéristique Mc est prise
égale à la pente de la droite de résistance maximale Mp. En effet, le passage du domaine
contractant au domaine dilatant est pratiquement simultané à l’obtention du déviateur
maximal. Cette observation peut être étendue à une bonne partie des essais réalisés, ce qui
signifie que l’on pourrait s’affranchir de la détermination du paramètre Mc. D’ailleurs, la
notion même d’état caractéristique dans le cas des sols injectés peut être remise en cause.
Toutes les constatations faites précédemment sont illustrées sur la figure (3-22) où l’on
compare les résultats expérimentaux dans le cas des essais sur les alluvions de type I injectées
à l’Intra-J et les simulations numériques. On retient que le modèle donne des prévisions
correctes en termes de déviateur des contraintes et de déformations volumiques pour des
déformations inférieures à 2 %.
4000
Sable de Fontainebleau σ'3 = 400 kPa
3500 injecté au coulis de
rapport C/E = 0,235 σ'3 = 200 kPa
3000
2500
σ'3 = 100 kPa
q (kPa)
2000
1500
Symboles : Expérience
1000 Trait continu : Simulations
500
0
0 0.005 0.01 ε1 0.015 0.02
0.01
0.008
0.006
0.004
0.002
v
0
ε
-0.002
-0.004
-0.006
0 0.005 0.01 ε1 0.015 0.02
Figure 3-21. Simulations des essais triaxiaux sur le sable de Fontainebleau injecté au coulis Intra-J de
rapport C/E = 0,235.
133
3500
σ'3 = 400 kPa
Alluvions Anciennes
3000 Type I injectées à l'Intra-J
C/E = 0,172
2500
σ'3 = 200 kPa
q (kPa)
2000
1500
σ'3 = 100 kPa
1000
500
0
0 0.005 0.01 0.015 ε1 0.02 0.025 0.03
0.015
0.005
0
v
ε
-0.005
-0.01
-0.015
0 0.005 0.01 0.015 ε 0.02 0.025 0.03
1
Figure 3-22. Simulations des essais triaxiaux sur les alluvions anciennes de type I au coulis Intra-J de
rapport C/E = 0,172.
Comme tout modèle de comportement, le modèle présenté ici a ses limites et peut être
amélioré. On ne l’a testé que sur un chemin de chargement particulier, le chemin de
compression triaxiale. Une prochaine étape consistera à le valider sur d’autres chemins de
chargement.
Par ailleurs, le modèle suppose une enveloppe de résistance maximale linéaire jusque dans le
domaine des contraintes de traction. Or les expériences de [Tailliez, 1998] suggèrent plutôt
une courbure de l’enveloppe des résistances maximales telle que le rapport de la résistance en
traction directe et de la résistance en compression simple soit de l’ordre de 1/10ième.
Enfin, les expériences réalisées à l’aide des « bender elements » montrent une évolution des
propriétés élastiques en cours de chargement. Ainsi, dans le cas des sols vierges de tout
134
traitement, on a montré l’augmentation du module de cisaillement Gmax dans le domaine des
très petites déformations avec la contrainte moyenne, dans le domaine contractant, selon une
loi en puissance ½. Dans le cas des sols injectés, le module Gmax diminue progressivement
avec l’augmentation du déviateur des contraintes. L’intégration de la loi d’évolution des
propriétés élastiques dans le modèle de comportement (loi élastique non linéaire dans le cas
des sols vierges de tout traitement, dégradation des propriétés élastiques par endommagement
dans le cas des sols injectés) permettrait de rendre compte encore mieux de la non linéarité du
comportement mécanique des sols dans le domaine des petites déformations.
Cette non linéarité est introduite dans le modèle par l’intermédiaire de la loi d’écrouissage. La
fonction rd choisie, de type hyperbolique, convient parfaitement pour les sols vierges de tout
traitement. Pour les sols injectés, la fonction R(i) = ϑ(εd-1) suit plutôt une loi de type
exponentielle : on sera peut être amené à revoir la loi d’écrouissage introduite dans le code de
calcul.
3.5 - Conclusions
Ces paramètres sont identifiés à l’aide d’essais triaxiaux conventionnels, mis à part le
paramètre rel qui contrôle la taille du domaine élastique initial. On explique la signification
physique de chacun d’entre eux.
Après calage de ces paramètres, les simulations numériques réalisées montrent un bon accord
avec l’expérience, aussi bien en termes d’évolution des contraintes que des déformations
volumiques. En particulier, pour bien représenter le comportement volumique des sols
injectés, on a introduit dans le potentiel de plasticité une réduction progressive de la cohésion
qui traduit la dégradation des liaisons ciment – granulats observée expérimentalement sur les
valeurs du module de cisaillement Gmax.
135
CHAPITRE IV :
136
CHAPITRE 4 : INTERPRETATION DES ESSAIS PRESSIOMETRIQUES
4.1 – Introduction
Les avantages des essais en laboratoire (homogénéité, reproductibilité), selon une procédure
complètement maîtrisée par l’opérateur, sont parfois compensés par la perte de
représentativité des échantillons par rapport aux conditions de terrain (remaniement pendant
les opérations de carottage, de transport et de préparation). Aussi, depuis quelques années, de
nombreux travaux de recherche ont eu pour objectif d’exploiter les essais in situ pour
identifier les paramètres des modèles de comportement. Toutefois, rares sont les essais
donnant des indications à la fois sur la déformabilité et la résistance du sol, étant
suffisamment simples dans leur principe pour être facilement modélisés et largement répandus
pour autoriser des comparaisons pertinentes. L’essais pressiométrique, souvent utilisé dans le
contrôle du traitement des sols par injection, répond en grande partie à ces exigences.
On présente donc dans ce chapitre une procédure d’identification des paramètres de différents
modèles élastiques plastiques débouchant sur une expression semi-analytique de la courbe
pressiométrique.
L’essai pressiométrique, tel qu’il est décrit dans les normes NF P 94-110-1 [1991], XP P 94-
110-2 [1999] et ASTM D 4719-87 [1994], comporte deux étapes distinctes :
- d’une part l’exécution d’un forage dans des conditions dépendant de la nature du terrain ;
- d’autre part le chargement pressiométrique à la profondeur H souhaitée.
Celui-ci est réalisé au moyen d’une sonde cylindrique, de longueur L, placée dans le forage
dont le rayon est noté a par la suite et reliée à un contrôleur pression-volume (Fig. 4-1).
L’injection d’un fluide incompressible dans la sonde, dont on mesure la variation de volume,
transmet une pression radiale et uniforme p à la paroi. Cette pression est augmentée
progressivement, par paliers, selon une procédure fixée. On trouvera une description plus
détaillée de l’exécution de l’essai pressiométrique dans [Baguelin et al., 1978 ; Cassan, 1978].
La courbe pressiométrique p = f(∆V/V) est alors déduite des données brutes corrigées de
l’inertie de la sonde, de la charge hydraulique et de la dilatation des tubulures.
137
Figure 4-1. Principe de l’essai pressiométrique Figure 4-2. Courbe pressiométrique (d’après
(d’après [Philipponnat et al., 1997]). [Philipponnat et al., 1997]).
∆p
E M 1 = 2(1 + ν )× πa ² L × (Eq. 4-1)
∆V
138
(iii) – Phase des grandes déformations (portion au-delà de B)
La relation entre le module pressiométrique EM1 et la pression limite pl est une méthode
empirique de classification des sols. On donne, dans les tableaux (4-1) et (4-2), la
classification proposée dans le Fascicule 62 en vigueur pour le calcul des fondations.
Malheureusement de telles corrélations empiriques ne couvrent pas le domaine des sols
renforcés.
Tableau 4-1. Classification des sols d’après le rapport EM1/pl [Fascicule 62].
Sol Argile Limon Sable Sable et
gravier
EM1 = Eoed / α E /p
M1 l α E /p
M1 l α E /p
M1 l α E M1/pl α
Surconsolidé ou très > 16 1 > 14 2/3 > 12 1/2 > 10 1/3
serré
Normalement consolidé 9-16 2/3 8-14 1/2 7-12 1/3 6-10 1/4
ou normalement serré
Sous-consolidé altéré et 7-9 1/2 5-8 1/2 5-7 1/3 - -
remanié ou lâche
2(1 + ν )× G
α= (Eq. 4-2)
E+
139
4.3 – Résultats des campagnes d’essais pressiométriques
Trois campagnes d’essais pressiométriques dans des sols granulaires injectés par trois coulis
différents ont été entreprises dans le cadre des deux actions de recherche 95 ITA 001 (RATP /
Solétanche-Bachy / Ecole Centrale de Paris) et 98 ITA 016 (RATP / Intrafor / Ecole Centrale
de Nantes). On présente, dans ce paragraphe, les trois sites d’investigation. On rapporte les
caractéristiques pressiométriques et on en déduit des facteurs d’amélioration des modules
pressiométriques EM1 (module pressiométrique déterminé sur la courbe de premier
chargement) et EM2 (module pressiométrique calculé sur un cycle de déchargement –
rechargement), ainsi que de la pression limite pl.
4.3.1 – Chantier du métro Météor - La Madeleine [Tailliez, 1998 ; Biarez et al., 1998]
La première campagne d’essais pressiométriques, plus largement décrite dans [Tailliez, 1998],
a eu lieu en 1996 sur le chantier Madeleine de la nouvelle ligne Météor du métro parisien,
dans des alluvions anciennes sablo-graveleuses dont la granulométrie est reportée sur la figure
(4-3) et dont le poids volumique sec est estimé à 15,7 kN/m3. La construction d’un ouvrage
annexe à la nouvelle ligne a nécessité une consolidation de la couche alluvionnaire par
injection d’un gel. Le gel est formulé de telle sorte que la résistance en compression simple
d’un échantillon est de 1 MPa pour une vitesse d’écrasement de 0,2 mm/mn.
Des prélèvements d’alluvions avant traitement puis après injection ont également été effectués
pour des essais de laboratoire.
4.3.2 – Chantier du Port Autonome de Dunkerque [Tailliez, 1998 ; Biarez et al., 1998]
140
Tableau 4-3. Caractéristiques pressiométriques du chantier Météor-Madeleine.
Sondage Profondeur EM1 EM2 pl
(m) (MPa) (MPa) (MPa)
6 47,1 - > 3,3
S1 7 49,1 - > 2,75
8 16,5 - > 0,96
10 98,5 - > 2,32
6 92,8 - 5,18
S’1 7 59,6 - 3,71
8 22,0 52,0 / 71,0 1,0
6 > 298,2 - > 4,18
7 115,6 - 5,56
S2 8 119,3 - 4,48
9 176,3 - 6,39
10 > 155,7 - > 8,22
100
Sable de
Fontainebleau
Tamisat cumulé (%)
80 NE 34
Alluvions
de Seine
60
(Madeleine)
Alluvions
Anciennes
40 Type 1
(St-Lazare) Alluvions
Anciennes
20 Type 2
Sable de
Dunkerque (St-Lazare)
0
0.001 0.01 0.1 1 10
Ouverture (mm)
Figure 4.3 – Granulométrie comparée des sols sur les 3 sites d’investigation.
Des prélèvements d’alluvions avant traitement puis après injection ont également été effectués
pour des essais de laboratoire.
141
Tableau 4-4. Caractéristiques pressiométriques du chantier Port Autonome de Dunkerque.
Sondage Profondeur EM1 EM2 pl
(m) (MPa) (MPa) (MPa)
4 26,3 - 4,8
5 28,5 - 3,8
SP1 6 23,6 - 4,0
7 17,4 - 3,0
8 12,5 - 1,7
4 24,7 - 3,5
5 30,8 - 3,6
SP2 6 18,1 - 3,5
7 24,6 - 3,3
8 21,4 - 2,6
SP3 5,5 28,8 100 - 150 -
4 39,5 - 3,3
5 85,2 - 6,25
SP1P 6 33,7 - 4,0
7 39,5 - 5,6
8 45,1 - 5,3
4 67,4 - 7,2
5 58,0 330 - 500 -
SP2P 6 74,3 - 4,6
7 34,5 - 3,4
8 32,7 - 3,5
La R.A.T.P. a proposé d’exploiter les essais pressiométriques menés dans le cadre des travaux
de construction du prolongement de la ligne 14 du métro parisien entre les stations Madeleine
et Saint-Lazare. Une description détaillée du chantier est faite en annexe A.
Les dépôts alluvionnaires rencontrées au niveau de la voûte du tunnel sont constitués de sols
silico-calcaires, sablo-graveleux, sans cohésion. Leur perméabilité est comprise entre 10-5 et
10-3 m/s. La densité des alluvions anciennes a été déterminée au moyen de deux séries de
mesures au gammadensimètre humidimètre [Norme NF P 94-061-1] dans l’emprise Cour de
Rome, devant la gare Saint-Lazare. Le poids volumique sec et humide des alluvions est
respectivement de 16,59 kN/m3 et 18,00 kN/m3 en moyenne.
Cinq séries d’essais pressiométriques avant et après injection, réalisés à l’aide d’un CPV
Apageo avec un enregistrement SPAD des données, d’un tube fendu de 55 mm et d’une sonde
de 44 mm, ont permis de contrôler les travaux d’injection en différents points du projet
(Tableau 4-5) :
142
Série Pasquier (novembre 1998)
Le sondage destructif PR2 est foré au taillant de 60 mm à 10 mètres de profondeur. 4 essais
avec cycle de décharge – recharge sont réalisés à des profondeurs de 6, 7, 8 et 9 mètres dans
des sables et graviers.
143
Figure 4-4. Essai pressiométrique en voûte (sondage PR6).
3
La profondeur H, donnée à titre indicatif, est estimée par rapport au niveau du terrain naturel.
144
4.3.4 – Facteurs d’amélioration
L’analyse des trois campagnes d’essais pressiométriques montrent une dispersion assez
importante des caractéristiques pressiométriques. Il est en particulier illusoire d’espérer
dégager une loi d’évolution des paramètres avec la profondeur, d’autant plus que l’historique
du sous-sol parisien, en termes de contraintes et de déformations, est relativement complexe.
Aussi on ne s’intéresse par la suite qu’aux valeurs moyennes des caractéristiques
pressiométriques indépendamment de la profondeur.
On ne retient également, pour la troisième campagne d’essais, que les essais représentatifs des
alluvions anciennes. Ceci amène à ne pas considérer :
- les essais sur les sondages PR1 et PR2 à cause de l’incertitude sur l’injection antérieure
des alluvions ;
- l’essai à 9,2 mètres sur le sondage PR5 à cause de l’incertitude sur la nature du sol ;
- les essais sur les sondages PR6 et PR8 en raison des difficultés d’exécution pouvant avoir
engendré un fort remaniement du terrain ;
- les essais sur les sondages PR12 et PR13 à cause de la nature du sol ;
On reporte dans le tableau (4-6) les caractéristiques pressiométriques moyennes obtenues sur
les trois sites. L’amélioration est calculée en faisant le rapport de la valeur du paramètre après
injection sur sa valeur avant injection.
Tableau 4-6. Amélioration des caractéristiques pressiométriques sur les 3 sites d’investigation.
CHANTIER MADELEINE DUNKERQUE SAINT-LAZARE
Nature du sol Alluvions anciennes Sable marin fin Alluvions anciennes
Nature du coulis Gel de silicate Minéral Ciment ultra-fin
Traitement Consolidation Etanchéité Consolidation
Avant injection 55,1 23,3 7,2
EM1 (MPa) Après injection 173,0 51,0 47,5
Amélioration 3,14 2,19 6,6
Avant injection 61,5 125,0 19,8
EM2 (MPa) Après injection - 415,0 158,3
Amélioration - 3,32 8,0
Avant injection 2,75 3,38 0,92
pl (MPa) Après injection 5,77 4,79 3,94
Amélioration 2,10 1,42 4,3
Avant injection 20,0 6,9 7,8
EM1 / pl
Après injection 30,0 10,6 12,1
Par ailleurs, les rapports EM1 / pl avant injection (exceptés ceux du site Madeleine) sont
typiques des sables et graviers normalement consolidés. On note également que les rapports
EM1 / pl sont systématiquement plus élevés après injection.
145
Enfin, les coefficients d’amélioration des caractéristiques pressiométriques dépendent de la
nature du traitement (consolidation et / ou étanchéité), du sol et du coulis (nature et teneur en
liant). Les valeurs les plus grandes des coefficients d’amélioration sont obtenues pour des
traitements de consolidation, c’est-à-dire pour des teneurs en liant les plus élevées. Une étude
exhaustive serait nécessaire pour définir de façon certaine ces facteurs d’amélioration a priori.
On précise toutefois que l’ordre de grandeur du coefficient d’amélioration du module
d’Young, en petites déformations, est certainement plus élevé que celui du module
pressiométrique en raison des niveaux de déformation nettement différents dans les deux cas.
Le contrôle des objectifs imposés lors de l’injection, la vérification des paramètres introduits
dans les calculs de conception ou le suivi de l’ouvrage dans le temps ne peuvent se suffire des
paramètres pressiométriques. Il devient indispensable d’identifier les paramètres des modèles
à partir des essais in situ.
Mais les paramètres des modèles ne sont généralement pas directement accessibles à la
mesure. Pour les identifier, il convient d’exploiter les grandeurs directement mesurables (la
courbe pressiométrique en l’occurrence) qui sont reliées aux paramètres recherchés au travers
de relations mathématiques plus ou moins complexes reflétant les lois physiques. On a donc à
traiter un « problème inverse », c’est à dire à « résoudre les équations de la physique dans le
sens inverse de celui habituellement maîtrisé et pratiqué » [O.F.T.A. 1999].
Un problème direct (Fig. 4-5) consiste à calculer la réponse R d’un système P à un ensemble
de sollicitations S. Le système comprend la donnée :
- de la géométrie du problème ;
- des conditions initiales ;
- des conditions aux limites ;
- du modèle de comportement et des valeurs des paramètres du modèle.
PROBLEME DIRECT
SYSTEME P :
- géométrie ;
Sollicitations S Réponse R
- conditions initiales ;
- conditions aux limites ;
- modèle de comportement ;
PROBLEME INVERSE
Figure 4-5. Définition du problème direct et du problème inverse.
146
Dans le cas du problème inverse, le système P n’est que partiellement défini. Pour
reconstituer l’information manquante, ici les valeurs des paramètres du modèle, on dispose
d’une donnée complémentaire : la réponse expérimentale Rexp définie de manière discontinue
par les couples [Ua / a, p] de la courbe pressiométrique. Ua / a désigne par la suite la
déformation de la paroi du forage (Ua est le déplacement de cette paroi, a le rayon initial) qui
peut être déduite, en admettant l’hypothèse de déformation plane, des variations de volume de
la sonde pressiométrique ∆V/V0 par la relation :
Ua ∆V
= −1 + 1 + (Eq. 4-3)
a V0
De plus, contrairement aux problèmes directs, les problèmes inverses sont en général mal
posés [O.F.T.A. 1999] dans la mesure où l’existence et l’unicité de la solution ne sont pas
assurées. Aussi, plutôt que de rechercher de manière exhaustive toutes les solutions
admissibles, il est préférable de « régulariser » le problème inverse en :
- réduisant le nombre de paramètres à identifier, ce qui a pour conséquence de réduire
également la sensibilité de la réponse aux perturbations des conditions initiales ;
- introduisant des contraintes liées à la physique du problème.
4.4.2 – Optimisation
L’essai pressiométrique est, d’un point de vue formel, un problème mécanique d’expansion
d’une cavité cylindrique régi par des lois physiques qui permettent d’établir un lien quantitatif
entre les grandeurs. Il s’agit :
147
- des équations d’équilibre ;
- des relations de compatibilité ;
- des conditions initiales et des conditions aux limites ;
- du modèle de comportement.
- hypothèse des petits déplacements et des petites déformations, sauf mention contraire ;
- la règle de partition des déformations est adoptée : ε = εe + εp ;
où εe désigne la déformation élastique et εp la déformation plastique ;
- l’état de contraintes initial est supposé isotrope : K0 = 1 ;
- le milieu est homogène, isotrope et semi-infini ;
- l’hypothèse de déformation plane est justifiée par l’utilisation de cellules de garde placées
de part et d’autre de la sonde pressiométrique ;
- le problème est de nature axisymétrique ;
- on adopte un système de coordonnées cylindrique (r, θ, z) ;
- la contrainte verticale reste constamment la contrainte intermédiaire ;
- toute forme d’écrouissage est supposée isotrope ;
- les contraintes et les déformations sont négatives en compression et positives en
extension ;
- le modèle de comportement est élastique plastique avec un critère de Mohr-Coulomb non
associé. On intègre dans ce modèle la decription d’un radoucissement post-pic au moyen
de trois paramètres : la vitesse de réduction des propriétés de résistance αe, la diminution
des caractéristiques de résistance β et la diminution du taux de dilatance dans le domaine
plastique parfait χ ;
- le radoucissement porte soit sur l’angle de frottement interne (la cohésion est nulle), soit
sur la cohésion (l’angle de frottement interne reste constant) ;
- la déformation élastique est supposée constante dans le domaine plastique (radoucissant et
parfait) et égale à sa valeur au pic de contraintes ;
- la loi d’écrouissage est une fonction linéaire de la déformation plastique déviatorique ;
- lorsque le comportement plastique parfait est atteint, l’étendue du domaine plastique
radoucissant ne dépend que des paramètres du modèle.
dσ r (σ θ − σ r )
− =0 (Eq. 4-4a)
dr r
148
- dans le plan vertical :
dσ z
= −γ (Eq. 4-4b)
dz
Les relations de compatibilité relient les déformations aux déplacements. Ainsi, en petites
déformations, on a :
dU
εr = (Eq. 4-5a)
dr
U
εθ = (Eq. 4-5b)
r
σ r (r = a ) = − p (Eq. 4-6a)
σ r (r → ∞ ) = − p 0 (Eq. 4-6b)
On peut considérer la courbe pressiométrique dans le domaine plastique (Eq. 4-7a), obtenue à
partir du formalisme adopté par [Monnet et al., 1994 ; Monnet et al., 1995], dans le cas des
petites déformations, en déformation plane, avec un modèle élastique plastique parfait
149
caractérisé par le module élastique E, le coefficient de Poisson ν, l’angle de frottement interne
ϕ, la cohésion c et l’angle de dilatance ψ, comme une formulation de référence (Eq. 4-7a).
⎡ 1+ sin ϕ ⎤
U a c. cos ϕ + p 0 sin ϕ ⎢ ⎧ c. cos ϕ + p sin ϕ ⎫ sin ϕ(1+ sin ψ ) ⎥
= ⎢ (1 + sin ψ )⎨ ⎬ − sin ψ ⎥ (Eq. 4-7a)
a 2G
⎢ ⎩ (1 + sin ϕ )(c. cos ϕ + p 0 sin ϕ ) ⎭ ⎥
⎣ ⎦
Cette formule diffère de la solution donnée par [Hughes et al., 1977] (Eq. 4-7b) où on néglige
les déformations élastiques dans le domaine plastique [Carter et al., 1986]. L’équation (4-7a)
considère une déformation élastique constante dans le domaine plastique, égale à la
déformation élastique à la limite d’élasticité.
⎡ 1+ sin ϕ ⎤
U a c. cos ϕ + p 0 sin ϕ ⎢⎧ c. cos ϕ + p sin ϕ ⎫ sin ϕ(1+ sin ψ ) ⎥
= ⎢⎨ (1 + sin ϕ )(c. cos ϕ + p sin ϕ) ⎬ ⎥ (Eq. 4-7b)
⎢⎩ ⎭
a 2G 0 ⎥
⎣ ⎦
Les relations (4-7a) et (4-7b) sont comparées sur la figure (4-6). On met ainsi en évidence
l’importance de l’hypothèse faite sur les déformations élastiques dans le domaine plastique.
Dans la suite de ce mémoire, on prend le parti de ne pas négliger la déformation élastique :
elle est considérée comme constante dans le domaine plastique parfait et égale à sa valeur à la
limite élastique.
10
Eq. 4-7b
8
Eq. 4-7a
6
p (MPa)
0
0 0.05 0.1 0.15 0.2
Ua/a
On adopte une nouvelle définition des relations de compatibilité pour tenir compte de l’effet
des grandes déformations (r représente la position actualisée du point considéré) :
⎛ dr ⎞
ε r = Ln⎜⎜ ⎟
⎟ (Eq. 4-8a)
⎝ dr0 ⎠
⎛ r ⎞
ε θ = Ln⎜⎜ ⎟
⎟ (Eq. 4-8b)
⎝ r0 ⎠
où r est la position actualisé d’un point du massif de sol.
150
[Yu et al., 1991] établissent alors l’équation suivante de la courbe pressiométrique dans le
domaine plastique :
ς
⎡ ⎤ 1+ ς
⎢ −ζ ⎥
Ua ⎢ R ⎥
= −1 (Eq. 4-9)
a ⎢ ⎛ ζ ⎞ ⎥
⎢ (1 − δ )1+ ς ς
− ⎜⎜ ⎟⎟ × Λ 1 (R , ξ ) ⎥
⎢⎣ ⎝ η⎠ ⎥⎦
avec :
R=
(1 + ϖ )× [Y + (ϖ − 1)× p] ζ=
ϖ × (1 + ς )
δ=
Y + (ϖ − 1)× p 0
2ϖ × [Y + (ϖ − 1)× p 0 ] ς × (ϖ − 1) 2ς × (1 + ϖ )
⎧ (1 + ς )× (1 − 2ν )× (1 + ν )× [Y + (ϖ − 1)× p 0 ]⎫ 2δ × (1 − ν ) ⎡ ν × (ϖ + ς ) ⎤
η = exp⎨ ⎬ ξ= × ⎢ϖς + 1 −
⎩ Eς × (ϖ − 1) ⎭ ς × (ϖ − 1) ⎣ 1 − ν ⎥⎦
yn
∞ A1n = Ln(x ) pour n = ζ
∑A
⎨
Λ 1 (x , y ) = 1 n!
n
n =0
A1n =
yn
n!(n − γ )
[
x n−γ − 1 ] pour n ≠ ζ
La condition n = ζ est rarement réalisée pour les valeurs usuelles de l’angle de frottement
interne et de l’angle de dilatance. Il faudrait pour cela respecter la relation (4-10) :
⎡ 1 ⎤
ϕ n = Arc sin ⎢ ⎥ (Eq. 4-10)
⎣ (n − 1) + n sin ψ ⎦
Pour un même jeu de paramètres du modèle, donné dans le tableau (4-7), l’hypothèse des
petites déformations et l’hypothèse des grandes déformations donnent des courbes
pressiométriques nettement différentes (Fig. 4-7). La prise en compte de l’hypothèse de
petites déformations conduit à une courbe pressiométrique plus raide [Bornarel, 1999].
L’hypothèse des petites déformations tend ainsi à surestimer les valeurs des paramètres du
modèle. On ne se place donc pas dans le sens de la sécurité.
151
5
4 Petites
déformations
P (MPa)
3
2
Grandes
déformations
1
0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4
U /a
a
4.5.1 – Introduction
La question du choix du modèle de comportement dans l’étude des cavités cylindriques a déjà
été posée dans le domaine de la construction des tunnels. L’une des conclusions importantes
des recherches est la nécessaire prise en compte du comportement post-pic du terrain [Panet,
1976 ; Berest et al., 1978 ; Yuritzinn, 1981]. Autrement dit, il convient d’intégrer dans le
modèle de comportement une loi d’écrouissage négatif.
La formulation analytique proposée par [Prévost et al., 1975], avec un modèle associé
comportant des hypothèses fortes et discutables, montre déjà l’intérêt d’une telle approche.
Ainsi, les contraintes radiales, orthoradiales et le déviateur sont différemment distribués dans
le sol au voisinage de la sonde pressiométrique (Fig. 4-8b) et la courbe pressiométrique
fortement affectée par l’écrouissage (Fig. 4-8a).
4 2
Rapport des contraintes
p
1.5 σr/p0 Ecrouissage
3
négatif
p, q (kg/cm 2)
σθ/p0
Ecrouissage négatif 1
2 Ecrouissage
Ecrouissage positif positif
0.5
1
q q/p
0
0
0
1 r/a 10
0 2 4 U /a 6 8 10
a
Figure 4-8. Comparaison des modèles sans et avec écrouissage négatif (d’après [Prévost et al., 1975]).
Par la suite, [Carter et al., 1985], avec un modèle sophistiqué élastique plastique écrouissable
et une réduction progressive des propriétés mécaniques à la rupture une fois le pic de
contraintes dépassé, ont également révélé le rôle important de l’écrouissage sur la courbe
152
pressiométrique (Fig. 4-9). Le paramètre d’écrouissage est la déformation plastique
déviatorique εpd et l’évolution de la cohésion et de l’angle de frottement interne suit les lois
suivantes (Eq. 4-11a, 4-11b), linéaires en fonction de la déformation plastique déviatorique,
dans le domaine radoucissant (ou à écrouissage négatif) :
ε dp
( )
c = c pic − c pic − c res × (Eq. 4-11a)
ε dp,crit
ε dp
(
tan ϕ = tan ϕ pic − tan ϕ pic − tan ϕ res × ) (Eq. 4-11b)
ε dp,crit
L’angle de dilatance est constant dans le domaine plastique écrouissable puis s’annule quand
on atteint le domaine de plasticité parfaite (état résiduel). Les auteurs discutent également de
la validité de l’augmentation du travail plastique avec l’écrouissage négatif et montre
l’existence d’une restriction sur la vitesse de radoucissement et donc sur la valeur de la
déformation plastique déviatorique critique. Pour celle-ci les auteurs proposent des valeurs
comprises entre 0,15 et 0,20 pour un sable propre et dense et une valeur de 0,08 pour les
sables faiblement cimentés décrits dans [Clough et al., 1981].
()
∆σ = λ.Tr ε o I + 2µε (Eq. 4-12)
153
- la surface de charge f :
( ) ( )
f k e 1 σ, k = (σ 3 − σ1 ) + sin ϕ × (σ 3 + σ1 ) − 2c × k e 1 ε p × cos ϕ = 0 (Eq. 4-13a)
( ) ( )
f k e 2 σ, k = (σ 3 − σ1 ) + k e 2 ε p × sin ϕ × (σ 3 + σ1 ) = 0 (Eq. 4-13b)
Dans la relation (4-13a), la réduction des caractéristiques mécaniques ne porte que sur la
cohésion. L’angle de frottement interne est supposé constant après le pic de contraintes même
si les expériences de laboratoire ont pu montrer une légère diminution de sa valeur entre le pic
et le palier plastique. La relation (4-13b) ne s’applique qu’aux matériaux purement frottant : la
cohésion est nulle et seul l’angle de frottement interne est progressivement réduit après le pic
de contraintes.
()
g ζ σ = (σ 3 − σ1 ) + ζ × sin ψ × (σ 3 + σ1 ) (Eq. 4-14)
Le terme ζ permet de faire varier l’évolution des déformations volumiques dans le domaine
plastique radoucissant et le domaine plastique parfait. Il vaut 1 dans le domaine plastique
radoucissant et χ dans le domaine plastique parfait. Les déformations volumiques plastiques
sont calculées d’après la relation :
∂g ζ (σ )
dε p = dλ × (Eq. 4-15)
∂σ
1 − sin ϕ 1
kp = = (Eq. 4-15b)
1 + sin ϕ ⎛ π ϕ⎞
tg 2 ⎜ + ⎟
⎝4 2⎠
1 − χ × sin ψ
nχ = avec 0≤χ≤1 (Eq. 4-15c)
1 + χ × sin ψ
154
2.5 1.5
(c, ϕ)pic Modèle plastique parfait Domaine Domaine
Domaine
plastique plastique
v
Réduction de élastique
Déformation volumique ε
2 la résistance
radoucissant parfait
α 1
e Paramètre β
Déviateur q
=
1.5 p (c, ϕ)pp
dk / dε Identification
d 0.5 deν Identification
1 Modèle de χ
plastique
radoucissant
Module 0
0.5 élastique E Identification
de ψ
1
0 -0.5
Déformation déviatoire ε Déformation déviatoire εd
0 0.5 1 1.5 2 d 2.5 3 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
r=b
r=a
Domaine
plastique parfait
σ r = −p 0 + ∆σ r = − p 0 + (λ + 2µ )× ε r + λ × ε θ (Eq. 4-16a)
σ θ = −p 0 + ∆σ θ = − p 0 + (λ + 2µ )× ε θ + λ × ε r (Eq. 4-16b)
155
Introduites dans l’équation d’équilibre :
dε r dε
(λ + 2µ )× r × + λ × r × θ − 2µ × (ε θ − ε r ) = 0 (Eq. 4-17)
dr dr
d2U dU U
r× 2
+ − =0 (Eq. 4-18)
dr dr r
Les déplacement étant nuls à l’infini, cette équation admet pour solution :
k3
U(r ) = (Eq. 4-19)
r
k3 c. cos ϕ + p 0 sin ϕ
= p0>0 (Eq. 4-20)
d 2 2µ
σθ = σr .
1 − sin ϕ
1 + sin ϕ
+ 2c.k e1 ε p × ( )
cos ϕ
1 + sin ϕ
= k p σ r + R t .k e1 ε p( ) (Eq. 4-22a)
ou
σθ =
( ) ×σ
1 − k e 2 ε p sin ϕ
1 + k e2 (ε )sin ϕ
p r (Eq. 4-22b)
dσ r σ k (r )
dr
( r
)
+ 1 − k p × r = R t e1
r
(Eq. 4-23a)
ou
dσ r ⎡1 − k e 2 (r ) sin ϕ ⎤ σ r
=⎢ − 1⎥ × (Eq. 4-23b)
dr ⎣1 + k e 2 (r ) sin ϕ ⎦ r
156
Il s’agit d’une équation différentielle du premier ordre avec ou sans membre, de forme
générale :
dS(r )
+ S(r )× v(r ) = W (r ) (Eq. 4-24)
dr
⎡ ⎤
S(r ) = e − V (r ) × ⎢T '+ W (r )× e V (r ) .dr ⎥
∫ (Eq. 4-25)
⎢⎣ r
⎥⎦
σ r (r ) = r
(k p −1) × ⎡⎢ + × ⎤
T' R t ∫ k e1 (r )× r p dr ⎥
−k
(Eq. 4-26a)
⎢⎣ r
⎥⎦
ou
σ r (r ) = e − V (k e 2 (r )) × T' (Eq. 4-26b)
( )
k e ε dp = 1 + α e × ε dp (Eq. 4-27)
Alors :
dε pr = −n × dε θp (Eq. 4-29)
avec k’2 = 0 puisque les déformations plastiques sont nulles lorsque le critère de plasticité est
atteint.
ε r = −n × ε θ + n × ε θe + ε er (Eq. 4-31)
On pose :
k 2 = n × ε eθ + ε er (Eq. 4-32)
On suppose par la suite que, dans le domaine plastique, les déformations élastiques sont
constantes et égales à leur valeur au pic de contraintes, c’est à dire :
k3
k 2 = (n − 1)× (Eq. 4-33)
d2
dU U
= −n × + k 2 (Eq. 4-34)
dr r
En remarquant que :
d ⎛ U ⎞ 1 dU U
⎜ ⎟= × − (Eq. 4-35),
dr ⎝ r ⎠ r dr r 2
d ⎛U⎞
⎜ ⎟ + (1 + n )× − k 2 = 0
U
r× (Eq. 4-36)
dr ⎝ r ⎠ r
soit :
⎡ ⎤
d ⎢(1 + n )× − k 2 ⎥
U
⎣ ⎦
= −(1 + n )×
r dr
(Eq. 4-37)
⎡ ⎤
⎢(1 + n )× r − k 2 ⎥
U r
⎣ ⎦
U(r ) n − 1 k 3
1+ n
2 k ⎛d⎞
= × 2 + × 23 × ⎜ ⎟ (Eq. 4-38)
r n +1 d 1+ n d ⎝ r ⎠
Alors :
158
1+ n
n −1 k 3 k ⎛d⎞
ε θ (r ) =
2
× 2 + × 23 × ⎜ ⎟ (Eq. 4-39a)
n +1 d 1+ n d ⎝r⎠
1+ n
n −1 k 3 2n k 3 ⎛ d ⎞
ε r (r ) = × 2 − × ×⎜ ⎟ (Eq. 4-39b)
n +1 d 1+ n d 2 ⎝ r ⎠
k3 ⎡ ⎛ d ⎞1+ n ⎤
ε dp (r ) = 2 × ⎢1 − ⎜ ⎟ ⎥ (Eq. 4-41)
d 2 ⎢⎣ ⎝ r ⎠ ⎥⎦
Alors :
1+ n
⎛ k ⎞ k ⎛d⎞
k e (r ) = ⎜⎜1 + 2α e 23 ⎟⎟ − 2α e 23 × ⎜ ⎟ (Eq. 4-42)
⎝ d ⎠ d ⎝r⎠
1+ n
⎛d⎞
k e (r ) = k 10 + k 11 × ⎜ ⎟ (Eq. 4-43)
⎝r⎠
σ r (r ) = r
(k p −1) × ⎡T'+ R t k 10 r (1− k p ) − R t k 11d (1+ n ) r (−(n + k p )) ⎤
⎢ ⎥ (Eq. 4-44a)
⎣⎢ 1− k p n + kp ⎥⎦
ou
⎧ 2 2 k10 sin ϕ ⎫
⎪⎪⎡ ⎛ d ⎞ ⎤ (1+ n )(1+ k10 sin ϕ ) ⎡ 1 ⎤ 1+ k10 sin ϕ ⎪⎪
1+ n
σ r (r ) = T '×⎨⎢1 + k 10 sin ϕ + k 11 sin ϕ⎜ ⎟ ⎥ ×⎢ ⎥ ⎬ (Eq. 4-44b)
⎪⎢⎣ ⎝ r ⎠ ⎥⎦ ⎣r⎦ ⎪
⎪⎩ ⎪⎭
1 ⎡ R k R k ⎤
T ' = (k −1) ⎢σ r (d ) − t 10 + t 11 ⎥ (Eq. 4-45a)
d p ⎢⎣ 1 − k p n + k p ⎦⎥
ou
σ r (d )
T' = 2 k10 sin ϕ
(Eq. 4-45b)
2
(1+ n )(1+ k10 sin ϕ ) ⎛ 1 ⎞ 1+ k10 sin ϕ
[1 + k 10 sin ϕ + k 11 sin ϕ] ×⎜ ⎟
⎝d⎠
159
R t k 10 ⎡ k R k
(1− k )
R k ⎤⎛ d ⎞ p R t k 11 ⎛ d ⎞
1+ n
σ r (r ) = + ⎢− p 0 − 2µ 23 − t 10 + t 11 ⎥⎜ ⎟ − ⎜ ⎟ (Eq. 4-46a)
1 − k p ⎢⎣ d 1 − k p n + k p ⎦⎥⎝ r ⎠ n + kp ⎝ r ⎠
ou
2
⎡ ⎛d⎞
1+ n ⎤ (1+ n )(1+ k10 sin ϕ )
⎢1 + k 10 sin ϕ + k 11 sin ϕ⎜ ⎟ ⎥ 2 k10 sin ϕ
⎛ k ⎞ ⎝r⎠ ⎡ d ⎤ 1+ k10 sin ϕ
σ r (r ) = ⎜⎜ − p 0 − 2µ 23 ⎟⎟ ⎢⎢ ⎥
⎥ ×⎢ ⎥ (Eq. 4-46b)
⎝ d ⎠⎢ 1 + sin ϕ ⎣r⎦
⎥
⎣⎢ ⎦⎥
en remarquant que k10 + k11 = 1. Pour αe = 0, les relations (4-46) sont similaires aux
expressions de la contrainte radiale pour le modèle élastique plastique parfait.
Dans le domaine plastique parfait, on suppose les propriétés mécaniques réduites du facteur β.
Aussi, ke = β. Le comportement volumique est régi par le paramètre χ qui définit l’angle de
dilatance dans le domaine plastique parfait. La déformation volumique est nulle si χ = 0 ;
l’angle de dilatance est identique à l’angle de dilatance dans le domaine plastique radoucissant
si χ = 1.
dσ r σ
dr
( )
+ 1 − k p × r = βR t
r
(Eq. 4-47a)
ou
dσ r − 2β sin ϕ dr
= × (Eq. 4-47b)
σr 1 + β sin ϕ r
⎛ βR t ⎞ ⎛ a ⎞1− k p βR t
σ r (r ) = ⎜ − p − ⎟×⎜ ⎟ + (Eq. 4-48a)
⎜ 1− k p ⎟ ⎝r⎠ 1− k p
⎝ ⎠
ou
2β sin ϕ
⎛ a ⎞ 1+β sin ϕ
σ r (r ) = − p × ⎜ ⎟ (Eq. 4-48b)
⎝r⎠
ε pr = −n χ × ε θp + k 1 (Eq. 4-50)
160
soit :
[
ε r = −n χ × ε θ + k 1 + ε er + n χ × ε eθ ] (Eq. 4-51)
dU U
= −n χ × + k 1 + ε er + n χ × ε eθ (Eq. 4-52)
dr r
U(r )
(
k1 + n χ −1 × ) k3
(1+ n χ ) ⎤
d 2 ⎡⎢1 − ⎛ b ⎞
1+ n χ
⎛b⎞
= ε θ (r ) = ε θ (b )× ⎜ ⎟ + ⎜ ⎟ ⎥ (Eq. 4-53)
r ⎝r⎠ 1+ n χ ⎢⎣ ⎝ r ⎠ ⎥⎦
et :
⎡
⎢ ( )
k
k 1 + n χ − 1 × 23
⎤
( k3
⎥⎛ b ⎞1+ n χ k 1 + n χ − 1 × 2 )
ε r (r ) = −n χ × ⎢ε θ (b ) − d ⎥⎜ ⎟ + d (Eq. 4-54)
⎢ 1+ n χ ⎥⎝ r ⎠ 1+ n χ
⎢ ⎥
⎣ ⎦
( ) (
k 1 = k 2 + n χ − n × ε θ (b ) + 1 − n χ × ) k3
(Eq. 4-55)
d2
avec :
1+ n
n −1 k 3 k ⎛d⎞
ε θ (b ) =
2
× 2 + × 23 × ⎜ ⎟ (Eq. 4-56)
n +1 d 1+ n d ⎝b⎠
Le problème est alors complètement défini si l’on détermine les rayons plastiques b et d.
La détermination des rayons plastiques b et d est réalisée en écrivant les conditions aux
limites en r = a et les conditions de continuité des efforts en r = b :
σ r (a ) = −p (Eq. 4-57)
161
CAS 1 : Le domaine de plasticité parfaite n’est pas encore atteint
Il n’existe alors que deux zones : le domaine élastique et le domaine plastique radoucissant.
En écrivant la condition (4-57) dans l’équation (4-46), on obtient :
R t k 10 ⎡ k R k
(1− k )
R k ⎤ ⎛ d ⎞ p R t k 11 ⎛ d ⎞
1+ n
+ ⎢− p 0 − 2µ 23 − t 10 + t 11 ⎥ × ⎜ ⎟ − ×⎜ ⎟ = −p (Eq. 4-59a)
1 − k p ⎣⎢ d 1 − k p n + k p ⎦⎥ ⎝ a ⎠ n + kp ⎝ a ⎠
ou
2
⎡ ⎛d⎞
1+ n ⎤ (1+ n )(1+ k10 sin ϕ )
⎢1 + k 10 sin ϕ + k 11 sin ϕ⎜ ⎟ ⎥ 2 k10 sin ϕ
⎛ k ⎞ ⎝a⎠ ⎥ ⎡ d ⎤ 1+ k10 sin ϕ
⎜⎜ − p 0 − 2µ 23 ⎟⎟ × ⎢⎢ ⎥ ×⎢ ⎥ = −p (Eq. 4-59b)
⎝ d ⎠ 1 + sin ϕ ⎣ a⎦
⎢ ⎥
⎢⎣ ⎥⎦
Il s’agit d’un polynôme de la variable (d/a) élevées à deux puissances non entières dépendant
de l’angle de frottement interne et de l’angle de dilatance . La résolution de ce polynôme peut
se faire soit par itérations successives, soit par optimisation en utilisant l’algorithme de
Newton-Gauss. La première méthode requiert un temps de calcul plus important et est donc à
proscrire pour que le calcul analytique soit intéressant par rapport au calcul numérique.
Dans ce cas, les trois zones coexistent dans le sol. Il faut alors combiner les conditions (4-57)
et (4-58). Il faut alors résoudre :
R t k 10 ⎡ k R k
(1− k )
R k ⎤ ⎛ d ⎞ p R t k 11 ⎛ d ⎞
1+ n
+ ⎢− p 0 − 2µ 23 − t 10 + t 11 ⎥ × ⎜ ⎟ − ×⎜ ⎟
1 − k p ⎣⎢ d 1 − k p n + k p ⎦⎥ ⎝ b ⎠ n + kp ⎝ b ⎠
(k −1) βR (Eq. 4-60a)
⎡ βR t ⎤ ⎛ b ⎞ p
= ⎢− p − ⎥×⎜ ⎟ + t
⎣⎢ 1 − k ⎥ ⎝ ⎠
p ⎦ a 1 − k p
ou
2
⎡ ⎛d⎞
1+ n ⎤ (1+ n )(1+ k10 sin ϕ )
⎢1 + k 10 sin ϕ + k 11 sin ϕ⎜ ⎟ ⎥ 2 k10 sin ϕ 2β sin ϕ
⎛ k ⎞ ⎝b⎠ ⎡ d ⎤ 1+ k10 sin ϕ ⎛ a ⎞ 1+β sin ϕ
⎜⎜ − p 0 − 2µ 23 ⎟⎟ ⎢⎢ ⎥
⎥ ⎢b⎥ = − p⎜ ⎟ (Eq. 4-60b)
⎝ d ⎠⎢ 1 + sin ϕ ⎣ ⎦ ⎝b⎠
⎥
⎢⎣ ⎥⎦
On fait également l’hypothèse que lorsque le domaine plastique parfait est atteint, l’étendue
du domaine plastique radoucissant est fixée. Les équations (4-60a) et (4-60b) sont des
polynômes de la variable (b/a) élevée à une seule puissance non entière. La détermination du
rapport (b/a) est alors directe.
162
L’étendue du domaine plastique radoucissant, notée Rlim, dépend des deux paramètres αe et β
(Fig. 4-12) :
1
⎡ ⎤ 1+ n
⎛d⎞ ⎢ 1− β ⎥
R lim = ⎜ ⎟ = ⎢1 + ⎥ (Eq. 4-61)
⎝ b ⎠ lim ⎢ k3 ⎥
⎢ 2α e × 2 ⎥
⎣ d ⎦
1+ n
⎛d⎞
k e = k 10 + k 11 × ⎜ ⎟ =β (Eq. 4-62)
⎝ b ⎠ lim
104
β=0
β = 0,4
1000 β = 0,6
β = 0,8
β = 0,9
100 β = 0,95
β = 0,99
Rlim
β = 0,999
10 β=1
0.1
0.001 0.01 0.1 1 10 100 1000 104 105
Paramètre αε
(1− k p ) R t k 11
p pa = p pl × R lim +
n + kp
[
(1+ n )
× R lim − R lim
(1− k p )
]+ R1 −kk × [R (
t 10
p
1− k p
lim
)
−1] (Eq. 4-63a)
ou
2
2 k10 sin ϕ
⎡1 + k 10 sin ϕ + k 11 sin ϕR 1lim
+n ⎤ (1+ n )(1+ k10 sin ϕ ) 1+ k sin ϕ
p pa = p pl × ⎢ ⎥ × R lim 10 (Eq. 4-63b)
⎢⎣ 1 + sin ϕ ⎥⎦
163
Si
p ≤ ppl ppl < p ≤ ppa p > ppa
⇓ ⇓ ⇓
Calcul élasto-plastique avec
Calcul élasto-plastique avec
Calcul élastique domaine plastique radoucissant
domaine plastique radoucissant
et domaine plastique parfait
⇓ ⇓ ⇓
Ua p − p0 Détermination du rayon d Détermination du rayon b
= (Eq. 4-64)
a 2µ
(Eq. 4-59) (Eq. 4-60)
⇓ ⇓
Calcul de la déformée à la paroi Calcul de la déformée à la paroi
1+ n (Eq. 4-53)
Ua n − 1 k3 2 k3 ⎛ d ⎞
= + ⎜ ⎟
a n + 1 d2 1 + n d2 ⎝ a ⎠
164
On présente sur les figures (4-13a) à (4-13d) l’influence du paramètre αe sur l’évolution des
contraintes et des déformations autour de la sonde pressiométrique. L’effet de la pression dans
le forage se fait visiblement sentir à une distance atteignant dans notre cas 40 centimètres,
même si l’élasticité fait que la perturbation se propage à l’infini. [Cambou et al., 1993] ont
proposé le même ordre de grandeur.
On vérifie dans ce paragraphe, d’abord dans le cas du modèle purement frottant puis dans le
cas du modèle frottant et cohérent, qu’en donnant des valeurs judicieusement choisies aux
paramètres caractérisant le comportement post-pic, on retrouve des courbes pressiométriques
analogues au modèle de référence (Eq. 4-7a), élastique plastique parfait.
Les valeurs du coefficient de Poisson ν et de la pression des terres au repos p0 sont fixées :
ν = 0,25 p0 = 200 kPa
Cas I1 : Modèle élastique plastique parfait à vitesse d’écrouissage négatif lente, ϕ’ = 39 degrés
On simule le comportement élastique plastique parfait non associé. On suppose que l’angle de
frottement interne ne subit pas de réduction après le pic de contraintes (Fig. 4-14a). La vitesse
d’écrouissage doit donc être choisie très lente, d’où la faible valeur donnée au paramètre αe
du modèle élastique plastique avec écrouissage (Fig. 4-14b). Le domaine plastique parfait
n’est alors atteint que pour des déformations à la paroi très importantes : les deux paramètres
β et χ peuvent donc prendre des valeurs quelconques.
0.6
v
q, ε
E = 100 MPa 2
0.4
1.5
0.2
ψ = 15° 1
0 ν = 0,25 0.5
-0.2 0
-0.4 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3
0 0.5 1ε1 1.5 2 Ua / a
165
5
σ (Pa) 1 10 0.0006
0 0.0004
E=500 MPa, ν=0.25, p0=200 kPa ε E=500 MPa, ν=0.25, p0=200 kPa
σ θ
5 θ
-1 10 ϕ=39°, ψ=15°, c=150 kPa 0.0002 ϕ=39°, ψ=15°, c=150 kPa
ε
-2 10 5 0
-3 10 5 -0.0002
σ p = 0,4 MPa ε p = 0,4 MPa
r Pas de domaine plastique r Pas de domaine plastique
-4 10 5 -0.0004
-5 10 5 -0.0006
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
r (m) r (m)
-7 10 5 -0.001
0.05 0.1 0.15 0.2 0.05 0.1 0.15 0.2
r (m) r (m)
0
-8 10 5 αe=100 ϕ=39°, ψ=15°, c=150 kPa αe≤10
-0.002 ε
-1 10
6
σ p = 1,55 MPa r
r
αe=100 E=500 MPa, ν=0.25, p0=200 kPa
Domaine plastique
-1.2 10 6 -0.004
avec radoucissement ϕ=39°, ψ=15°, c=150 kPa, β=0
-1.4 10 6 -0.006
0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4
r (m) r (m)
α =1 et 10 0.06
-5 10 5 e
αe=100 Domaines élastique,
α =100 αe=1 et 10 plastique radoucissant et
-1 10 6 σ e 0.04
θ plastique parfait
αe=100 ε
6 0.02 θ
p = 4,0 MPa
-1.5 10
6 E=500 MPa, ν=0.25, p0=200 kPa αe≤10
-2 10 0
ε
Figure 4-13. Influence du paramètre αe sur l’évolution des contraintes et des déformations
(Modèle avec radoucissement sur la cohésion).
166
Cas I2 : Modèle élastique plastique parfait à vitesse d’écrouissage négatif rapide, ϕ’pic=39 degrés →
ϕ’res=29,81 degrés
p (MPa)
2
v
q, ε
Cas I3 : Modèle élastique plastique parfait à vitesse d’écrouissage négatif lente et à dilatance nulle
3.5
1
c = 0, ϕ' = 39° 3
0.8
2.5
p (MPa)
0.6
v
E = 100 MPa 2
q, ε
0.4
1.5
0.2 1
0 ν = 0,25 0.5
ψ = 0°
-0.2 0
-0.4 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3
0 0.5 1ε1 1.5 2 Ua / a
167
On retrouve le cas I1 avec une dilatance nulle. Les valeurs de l’angle de dilatance ψ et du
paramètre χ sont donc nulles (Figs. 4-16a et b).
L’angle de frottement interne est maintenant fixé. Il vaut 39 degrés. Quatre situations sont
analysées.
Cas II1 :
p (MPa)
5
0.6
v
q, ε
E = 500 MPa 4
0.4
3
0.2
ψ = 15° 2
0 ν = 0,25 1
-0.2 0
-0.4 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3
0 0.5 1ε1 1.5 2 Ua / a
On compare ici le modèle élastique plastique parfait non associé avec frottement et cohésion
(c = 150 kPa) et le modèle élastique plastique écrouissable (Figs. 4-17a et b). Pour cela, il
suffit de faire diminuer très lentement la cohésion : la valeur du paramètre αe est donc petite
et vaut 1. La cohésion résiduelle n’est théoriquement atteinte que pour des déformations à la
paroi très importantes, aussi le choix de la valeur de β n’a que peu d’importance sur le calcul.
Cas II2 :
La cohésion est maintenant ramenée à 75 kPa, soit β = 0,5. Comme dans le cas purement
frottant, deux solutions sont envisageables : soit procéder comme dans le cas II1 avec c = 75
kPa pour le modèle élastique plastique parfait, soit modéliser une chute brutale de la cohésion
au pic de contraintes avec le modèle élastique plastique écrouissable (Fig. 4-18a). La valeur
du paramètre αe est donc choisie grande (αe = 5000). Cette deuxième solution conduit à une
très légère différence entre les deux modèles (Fig. 4-18b).
Les cas II3 (Figs. 4-19a et b) et II4 (Figs. 4-20a et b) sont les pendants des cas II1 et II2 mais
avec un comportement non dilatant. Seules les valeurs des paramètres ψ et χ sont modifiées et
prises égales à 0.
168
Modèle de comportement Courbe pressiométrique
1.2 8
Modèle EP 7
1 radoucissant α = 5000
e Modele 6
0.8 EP parfait
5
0.6
p (MPa)
c = 75 kPa, ϕ' = 29,81 ° 4
v
q, ε
Cas II3 :
0.6
v
q, ε
E = 500 MPa 4
0.4
3
0.2 2
0 ν = 0,25 1
ψ = 0°
-0.2 0
-0.4 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3
0 0.5 1ε1 1.5 2 Ua / a
En résumé, on observe une bonne concordance entre le modèle élastique plastique parfait
généralement considéré dans la littérature et le modèle élastique plastique avec
radoucissement, moyennant un choix judicieux des paramètres. Ainsi :
- le cas de non dégradation de la cohésion et de déformation volumique nulle est obtenue
avec une faible valeur de αe, des valeurs de ψ et χ nulles ;
- le cas de non dégradation de la cohésion et de dilatance non bornée est obtenue avec une
faible valeur de αe et une valeur de χ de 1 ;
169
Cas II4 :
p (MPa)
0.6
c = 75 kPa, ϕ' = 29,81 ° 4
v
q, ε
La détermination simultanée de tous les paramètres d’un modèle par analyse inverse est
rarement possible [Kasdi, 1994]. Aussi, avant toute chose, il convient de mettre en évidence
les paramètres les plus influents ainsi que le domaine d’influence de chacun des paramètres
pour orienter la procédure d’identification de ces paramètres. Pour cela, on applique la
méthode utilisée par [Shahrour et al., 1995 ; Shao et al., 1991 ; Kasdi, 1994 ; Zentar, 1999 ;
Zentar et al., 2001]. On construit une courbe pressiométrique de référence correspondant à un
jeu de paramètres de référence donné dans le tableau (4-8). Puis on fait varier successivement
chacun de ces paramètres de ± 50 %, toute chose égale par ailleurs. L’influence respective de
chacun des 9 paramètres du modèle avec réduction progressive de la cohésion est indiquée sur
la figure (4-21). Les conclusions de l’étude de sensibilité des paramètres du modèle avec
réduction progressive de l’angle de frottement interne sont rigoureusement identiques.
Tableau 4-8. Jeu de paramètres de référence du modèle élastique plastique avec radoucissement.
E ν ϕ ψ c P0 αe β χ
(MPa) (degrés) (degrés) (kPa) (kPa)
500 0,25 39 15 150 200 100 0.5 0.5
L’étude de sensibilité recoupe les observations de [Kasdi, 1994 ; Shahrour et al., 1995]
concernant l’effet du modèle élastique plastique parfait à 6 paramètres (E, ν, c, ϕ, ψ, p0). On
retient donc que :
- le module élastique E influe sur l’ensemble de la courbe pressiométrique de manière
importante ;
- l’angle de frottement interne, pour le domaine d’étude des paramètres, a un effet très
important sur la courbe pressiométrique, notamment dans le domaine des grandes
déformations ;
170
- la pression des terres au repos doit être considérée comme un paramètre du modèle. Son
influence est du même ordre de grandeur que celle de la cohésion et de l’angle de
dilatance.
Toutefois, l’étude montre, contradictoirement avec les résultats antérieurs, un effet non
négligeable du coefficient de Poisson dans le domaine des grandes déformations, dû au fait
que l’essai pressiométrique n’est pas un essai de cisaillement pur.
Enfin, la valeur de l’angle de dilatance dans le domaine plastique parfait, par l’intermédiaire
du paramètre χ, joue un rôle non négligeable sur l’allure de la courbe pressiométrique. Celle-
ci est cependant conditionnée par la taille du domaine plastique radoucissant, comme le
montre la figure (4-23). Plus le domaine plastique radoucissant est étendu, moins les
propriétés caractérisant le domaine plastique parfait se font sentir pour des niveaux de
pression habituels.
10 10
α = 100 αe = 1000
αe ≤ 1 e α = 100 α = 5000
αe = 10 α =1 e e
e
8 αe = 5000 8
6 6
p (MPa)
p (MPa)
4 4
Elasticité : E = 500 MPa, ν = 0,25, p0 = 200 kPa E=500 MPa, ν=0,25, p =200 kPa
0
oβ=0
2 Plasticité : ϕ = 39°, ψ = 15°, c = 150 kPa 2 ϕ=39°, ψ=15°, c=150 kPa, χ = 0 x β = 0,5
Radoucissement : β = 0,5, χ = 0 ∆ β = 0,95
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
U /a U /a
a a
p (MPa)
2 αe = 1000 2
Elasticité : E = 100 MPa, ν = 0,25, p = 200 kPa
Elasticité : E = 100 MPa, ν = 0,25, p0 = 200 kPa 0
171
10 10 10
E = 750 MPa ν = 0,125 p0 = 300 kPa
E = 500 MPa ν = 0,375
8 8 8
p = 100 kPa
E = 250 MPa ν = 0,25 0
p (MPa)
p (MPa)
6 6 6
p (MPa)
4 4 4
p = 200 kPa
0
0 0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
U /a Ua / a Ua / a
a
10 10 10
ϕ = 58,5° ψ = 22,5° ψ = 15° c = 225 kPa
8 8 8
ψ = 7,5° c = 75 kPa
ϕ = 39°
p (MPa)
p (MPa)
p (MPa)
6 6 6 c = 150 kPa
4 4 4
ϕ = 19,5°
Influence de ψ Influence de c
2 Influence de ϕ 2 2
0 0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
Ua / a U /a Ua / a
a
10 10 10
αe = 50 β = 0,75 χ = 0,75
β = 0,25
8
αe = 150
8 8 χ = 0,25
p (MPa)
p (MPa)
χ = 0,5
p (MPa)
6 αe = 100 6 6
4 4 4
Influence de α Influence de χ
e Influence de β
2 2 2
0 0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
U /a U /a U /a
a a a
172
10 10
χ = 1.0, ψ res = 15° χ = 0, ψ = 0°
res
8 8 χ = 0.2, ψ = 3°
χ = 0, ψres = 0° res
χ = 0.4, ψ res = 6°
p (MPa)
χ = 0.2, ψres = 3°
p (MPa)
6 6
χ = 0.6, ψ res = 9°
χ = 0.4, ψ res = 6°
χ = 0.8, ψ = 12°
4 χ = 0.6, ψ res = 9° 4
res
χ = 1.0, ψres = 15°
E=500 MPa, ν=0,25, p0=200 kPa χ = 0.8, ψ = 12° E=500 MPa, ν=0,25, p0=200 kPa
res
2 c=150 kPa, ϕ=39°, ϕ=15° 2 c=150 kPa, ϕ=39°, ϕ=15°
αe=1000, β=0 αe=100, β=0
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
U /a U /a
a a
8 0≤χ≤1
6
p (MPa)
4
E=500 MPa, ν=0,25, p0=200 kPa
c=150 kPa, ϕ=39°, ϕ=15°
2 αe=10, β=0
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
U /a
a
4-23c. αe = 10.
Figure 4-23. Influence du paramètre χ sur la courbe pressiométrique pour différentes valeurs de αe
(Modèle avec réduction progressive de la cohésion).
On constate sur la figure (4-21) que sept des neuf paramètres du modèle, à savoir, le module
élastique E, le coefficient de Poisson ν, la pression des terres au repos p0, l’angle de
frottement interne ϕ, l’angle de dilatance ψ, la cohésion C, la chute de cohésion post pic β et
la réduction de dilatance dans le domaine plastique parfait χ, agissent dans le même sens vis à
vis de la courbe pressiométrique : une augmentation de leur valeur engendre un raidissement
apparent de la courbe pressiométrique.
Certains de ces paramètres sont d’ailleurs fortement couplés entre eux [Kasdi, 1994 ;
Shahrour et al., 1995]. Ainsi, la corrélation entre l’angle de frottement interne et l’angle de
dilatance fait l’objet de plusieurs propositions qui mettent en évidence le rôle important de
l’état de compacité du sol.
Par conséquent, si, dans le processus d’identification, on affecte à tous les paramètres la
même importance, le calcul d’optimisation peut conduire à des estimations erronées des
valeurs des paramètres. Aussi il convient, comme indiqué précédemment, de réduire le
nombre d’inconnues en apportant des informations complémentaires issues de l’essai
pressiométrique lui-même, d’essais de laboratoire, de corrélations empiriques et de
contraintes physiques [Shao et al., 1991].
173
4.6 – Applications
Soit la fonction L qui mesure, pour un jeu de paramètres J donné, la distance entre les
prévisions du modèle Rcal et la mesure expérimentale Rexp :
∑ (R (p i ) − R cal (p i , J ))
N
L= exp (Eq. 4-69)
1
avec
−1
⎡∂ 2L ⎤ ⎡ ∂L ⎤
J k +1 = J k + ⎢ 2 (J k )⎥ ⎢ (J k )⎥ (Eq. 4-70b)
⎢⎣ ∂J ⎦⎥ ⎣ ∂J ⎦
174
pour identifier les paramètres caractérisant le comportement post-pic dans la formulation
semi-analytique ou les paramètres caractérisant le modèle numérique à écrouissage positif.
Dans le cas du modèle élastique plastique parfait caractérisé par 6 paramètres (E, ν, ϕ, ψ, c;
p0), on s’inspire de la procédure développée par [Schnaid et al., 1998] pour les sols traités au
ciment. On s’appuie sur une propriété remarquable de la plupart des sols présentant une
cimentation intergranulaire, à savoir que l’angle de frottement interne du sol vierge est très
proche de celui du sol traité au liant. L’angle de frottement interne peut être alors déterminé
par analyse inverse d’essais pressiométriques dans le sol vierge avant traitement.
La pression des terres au repos d’un sol dépend de son histoire de chargement.
Théoriquement, l’essai pressiométrique permet de déterminer sa valeur : elle correspond à la
pression au début du palier pseudo-élastique. Pratiquement, la perturbation et l’anisotropie
induite générées lors du forage et les incertitudes de mesure font que la valeur obtenue est
souvent exagérée et peu significative. Les méthodes proposées par [Lacasse et al., 1982] se
révèlent aussi peu concluantes. Aussi, en l’absence d’informations sur l’histoire d’un site ou
de mesure précise par une technique appropriée (s’il en existe une), on calcule la pression des
terres au repos par la relation :
p' 0 = K 0 × ∑ γ' h
i
i i (Eq. 4-71)
avec K0 le coefficient de pression des terres au repos, γi le poids volumique des couches de sol
surmontant la profondeur de l’essai pressiométrique et hi l’épaisseur de ces couches. Par
ailleurs, les différentes formulations de la courbe pressiométrique présentées précédemment
supposent l’état de contrainte intial isotrope, c’est à dire K0 = 1. Cette hypothèse n’est que
rarement justifiée in situ où le coefficient de pression des terres au repos varie plutôt entre 0,4
et 1 : la contrainte verticale est alors la contrainte principale majeure. [Monnet et al., 1994 ;
Monnet et al., 1995] ont montré l’influence de la prise en compte de la contrainte verticale
dans la réponse du sol à une sollicitation de type pressiométrique. La formulation adoptée
pour représenter la courbe pressiométrique n’est donc valable que dans la mesure où, à partir
d’un certain niveau de pression, la contrainte verticale devient le contrainte intermédiaire.
C’est pourquoi, à l’instar de [Cambou et al., 1993], on ne traitera par analyse inverse que la
portion des courbes pressiométriques correspondant à une déformation de la paroi supérieure
à 1,25 % (soit ∆V/V0 > 2,5 %). On s’affranchit en même temps du problème du remaniement
dû à la paroi du forage dont l’influence est négligeable à des niveaux de pression plus élevés
[Cassan, 1978].
175
Modules élastiques Ei et Ef
∆p
G cycle = (Eq. 4-72)
2∆(U a a ) cycle
Les cycles de décharge / recharge sont généralement exécutés lorsque la déformation dans le
sol atteint entre 10-4 et 10-3 . Les essais triaxiaux ont montré que le module de cisaillement
mesuré dans cette gamme de déformations vaut environ 30 à 50 % du module déterminé dans
le domaine des très petites déformations [Bellotti et al., 1989]. Dans la littérature, les
corrections s’expriment plutôt en termes de contraintes. Ainsi, [Bellotti et al., 1989 ; Ghionna
et al., 1994] proposent, dans le cas du pressiomètre autoforeur :
n
⎛ σ' ⎞
G = G cycle ⎜⎜ h 0 ⎟
⎟ (Eq. 4-73a)
⎝ σ' av ⎠
E = 2G × (1 + ν ) (Eq. 4-74)
Il s’agit du module élastique en déformation plane (noté ci-dessous EDP). Il peut être relié au
module élastique sous chemin triaxial (noté ET) par la relation :
176
ET
E DP = (Eq. 4-75)
1− ν2
Des valeurs de module élastique comprises entre 50 et 80 MPa pour les sables denses et entre
10 et 200 MPa pour des sables très denses et graviers sont proposées dans la littérature. Du
fait d’une histoire de chargement plus complexe, les sols in situ ont souvent des valeurs un
peu plus importantes.
Coefficients de Poisson νi et νf
Son influence, pour les pressions habituellement appliquées lors des essais pressiométriques,
peut être considérée comme négligeable. Aussi, le coefficient de Poisson ne peut pas être
objectivement optimisé puisqu’un grand nombre de valeurs peut convenir. Sa valeur est donc
fixé au préalable entre 0 et 0,5. Les essais de laboratoire montrent que, pour le sol vierge de
tout traitement ou pour le sol injecté, une valeur de 0,25 est tout à fait acceptable. On retient
donc ν = 0,25.
Dans le cas des sols pulvérulents, et avec le modèle élastique parfaitement plastique, l’angle
de frottement interne ϕi reste la seule variable à optimiser si, comme on le verra par la suite,
l’angle de dilatance ψi est corrélé et le module élastique Ei déterminé sur un cycle décharge /
recharge. On ajoute une contrainte physique pour le calcul, à savoir que l’angle de frottement
interne doit être compris entre 25 et 50 degrés.
Les essais de laboratoire ont montré que l’imprégnation d’un sol poreux par un coulis
n’entraînait pas ou peu de modification de l’angle de frottement interne, contrairement aux
injections de densification par claquage du terrain. Aussi l’angle de frottement interne du sol
injecté ϕf est pris égal à l’angle de frottement interne du sol avant injection ϕi.
L’angle de frottement interne déduit des essais pressiométriques sera donc plus élevé que
celui déterminé au laboratoire au moyen d’essais triaxiaux. Des différences pouvant aller
jusqu’à 8 degrés, pour des sables denses, sont données dans la littérature [Hughes et al., 1977;
Lee, 1970 ; Schanz et al., 1996].
Angles de dilatance ψi et ψf
Pour les sables vierges de tout traitement, l’angle de dilatance est souvent corrélé à l’angle de
frottement interne. Ainsi, on note dans la littérature les corrélations suivantes :
Pour les sols injectés, de telles corrélations n’existent pas. [Haberfield, 1997] suggère que la
théorie de Rowe reliant l’angle de dilatance à l’angle de frottement au pic et à l’angle de
frottement résiduel est également applicable pour les roches faiblement résistantes :
sin ϕ − sin ϕ r
sin ψ = (Eq. 4-79)
1 − sin ϕ sin ϕ r
Mais la dilatance obserbée lors des essais triaxiaux est – elle due à des mécanismes
élastoplastiques ou à l’apparition de fissures ? Sous sollicitation pressiométrique, la question
reste posée. Aussi, le paramètre ψf est optimisé en même temps que la cohésion avec la
contrainte, déduite des essais de laboratoire, que l’angle de dilatance ψf est compris entre 0 et
25 degrés et au moins égal à l’angle de dilatance ψi du sol vierge (ψf ≥ ψi). On vérifiera alors
l’influence du jeu de paramètres initial.
Enfin, il est plus ou moins accepté qu’il y a peu de différence, malgré la définition différente
dans les deux cas, entre l’angle de dilatance en déformation plane et l’angle de dilatance en
déformation triaxiale [Schanz et al., 1996].
Cohésions ci et cf
Enfin, lorsque le calcul d’optimisation de la cohésion est terminé, il faut vérifier a posteriori
que la taille du domaine élastique, ou, de manière équivalente, la valeur de la pression seuil
ppl, n’a pas été modifiée, auquel cas l’optimisation doit être reprise.
La détermination des paramètres caractérisant le radoucissement n’est pas chose aisée tant les
études expérimentales sont difficiles et peu nombreuses. En effet, pendant l’essai triaxial, le
passage du pic de contraintes dans les sables denses s’accompagne le plus souvent d’une
localisation des déformations sous la forme d’une bande de cisaillement. Le radoucissement
n’est alors plus une propriété intrinsèque du sol. Toutefois, sous certains chemins de
chargement, le radoucissement peut être considéré comme tel [Chu et al., 1992]. Rien
n’assure que le chemin pressiométrique réponde à cette exigence. [Fahey, 1986], par exemple,
par radiographie X, n’a pas observé de bandes de cisaillement autour d’un pressiomètre de
laboratoire installé dans un massif de sable, même pour des déformations à la paroi du forage
importantes. Enfin, la réponse post pic est très différente en déformation plane et en
déformation triaxiale [Lee, 1970].
(i) Paramètre αe
La théorie de l’élastoplasticité impose des conditions particulières sur les paramètres des
modèles à écrouissage négatif [Berest et al., 1978 ; Carter et al., 1986], en particulier sur la
vitesse d’évolution des déformations plastiques. Ainsi le module d’écrouissage H doit être
négatif :
∂f ∂k e ∂g
H=− ≤0 (Eq. 4-80)
∂k e ∂ε ijp ∂σ ij
179
∂f
D ijkl dε kl
∂σ ij
dλ = (Eq. 4-81)
∂f ∂g
H+ D ijkl
∂σ ij ∂σ kl
doit rester positif. Ceci implique que, pour un chargement [Carter et al., 1986]:
∂f ∂g ∂f ∂k e ∂g
D ijkl ≥ ≥0 (Eq. 4-82)
∂σ ij ∂σ kl ∂k e ∂ε ijp ∂σ ij
µ + (λ + µ )× sin ϕ × sin ψ
αe ≤ (Eq. 4-84)
c × cos ϕ
νE E
λ= (Eq. 4-85a) et µ= (Eq. 4-85b)
(1 + ν )× (1 − 2ν ) 2 × (1 + ν )
αe ≥
[ ( )
− 2 × µ + (λ + µ )× k e ε p × sin ϕ × sin ψ ] (Eq. 4-87)
(σ θ + σ r )× sin ϕ
µ + (λ + µ )× sin ϕ × sin ψ
αe0 ≥ (Eq. 4-88)
p 0 × sin ϕ
180
- à la frontière du domaine plastique radoucissant et du domaine plastique parfait
α e f ≥ (1 + β )×
[µ + (λ + µ )× β × sin ϕ × sin ψ] (Eq. 4-89)
p pa
Dans le cas des sols purement frottants, on peut penser que la réduction de l’angle de
frottement interne, du pic de contraintes au palier résiduel, est d’autant plus rapide que le
sable est dense, le pic de contraintes étant lié à la dilatance.
Dans le cas des sols frottants et cohérents, la vitesse avec laquelle on passe du pic de
contraintes au palier résiduel caractérise la fragilité du matériau. Or celle-ci est d’autant plus
forte que le sable est dense, la contrainte moyenne faible et la teneur en liant elevée.
(ii) Paramètre β
Dans le cas des sols purement frottants, il existe dans la littérature des relations liant l’angle
de frottement au pic et l’angle de frottement au palier. Ces relations dépendent de l’angle de
dilatance et donc de la densité du sol, de la contrainte moyenne, … On note aussi que l’angle
de frottement interne au palier est souvent retenu comme une propriété intrinsèque du
matériau. Les formulations les plus utilisées sont celles :
- de [Bolton, 1986] :
En déformation plane,
- de Hughes [Hughes et al., 1977 ; Fahey, 1986] qui représente une version modifiée de la
relation contrainte-dilatance de Rowe :
Dans le cas des sols granulaires faiblement cimentés, à l’instar de ce qui se passe au cours
d’un essai triaxial sur un sol injecté, on admet que la cohésion au palier est entièrement
détruite, auquel cas la valeur du paramètre β est nulle.
181
(iii) Paramètre χ
Le domaine plastique parfait est souvent caractérisé par un rapport constant entre les
contraintes principales et une déformation volumique nulle, les deux coïncidant. Cette
hypothèse conduit à considérer la valeur de χ comme égale à zéro.
Avant de passer à l’interprétation des essais pressiométriques dans le terrain injecté in situ, on
a cherché à évaluer la fiabilité de la méthode d’optimisation sur des essais pressiométriques
effectués dans des conditions bien controlées. On a retenu les essais réalisés par [Mokrani,
1991] en chambre de calibration, sur du sable d’Hostun purement frottant mis en place par
pluviation autour de la sonde pressiométrique. Une pression appliquée autour de l’échantillon,
de 1,20 m de diamètre et 1,50 m de hauteur, permet de représenter l’effet de la profondeur.
Trois essais indicés 8, 14 et 16, dont les caractéristiques sont reportées dans le tableau (4-9),
sont soumis à la procédure d’optimisation avec le modèle élastique plastique parfait en
grandes déformations (Eq. 4-9). On indique également les résultats d’essais triaxiaux sur le
sable d’Hostun.
Les coefficients de pression des terres au repos sont dans les trois cas inférieurs à 0,5.
L’hypothèse de contrainte verticale intermédiaire n’est donc pas justifiée, ce qui induit une
mauvaise simulation de la courbe pressiométrique en début de chargement. Par conséquent on
ne tient pas compte des premiers points expérimentaux.
Le module Ep est mesuré sur un cycle déchargement – rechargement effectué pendant l’essai
pressiométrique, à un faible niveau de déformation. Il s’agit donc d’un module en déformation
plane. Mais sa valeur peut être perturbée par le mode de mise en place du sol autour de la
sonde, comme le prouvent les faibles coefficients de pression des terres au repos. Le module
tangent à l’origine de la courbe déviateur – déformation axiale Etriax et l’angle de frottement
interne ϕ’triax sont déterminés au cours d’essais triaxiaux conduits dans les mêmes conditions
de contrainte latérale et de densité que les essais pressiométriques. On examine ci-dessous
l’influence du choix de l’un ou l’autre des modules.
Du fait de la nature du sol étudié, la valeur de la cohésion est considérée comme nulle et la
valeur du coefficient de Poisson fixée à 0,25. L’angle de dilatance est corrélé à l’angle de
frottement interne. Plusieurs corrélations sont testées.
182
Dans le cas de l’essai 8, réalisé dans un sable dense, il faut s’attendre à un écart compris entre
0 et 8 degrés entre l’angle de frottement ϕ’triax et l’angle de frottement ϕ’opt, résultat du calcul
d’optimisation, du fait des chemins de chargement différents, le premier sous chargement
axisymétrique, le second en déformation plane. Par ailleurs, on corrige la valeur du module
Etriax suivant la relation (4-75) : ceci conduit à Ecor = 81,1 MPa pour un coefficient de Poisson
de 0,25. Les résultats des calculs sont indiqués dans le tableau (4-10). On observe que le choix
de la valeur du module élastique a une grande importance : ϕ’opt vaut 37,9 degrés pour le
module pressiométrique Ep, 52,5 degrés pour le module Ecor et 54 degrés pour le module Etriax.
Ces angles sont nettement différents de la valeur obtenue au moyen des essais triaxiaux,
même en lui ajoutant 8 degrés compte tenu des chemins de chargement différent. Il n’est pas
possible d’identifier la cause exacte de ces différences : sont-elles imputables aux essais ou à
la procédure d’optimisation dans un sable dense ? Le modèle élastique plastique parfait est-il
bien adapté au cas d’un sable dense ? En procédant de manière inverse (calcul 8-5), c’est-à-
dire en fixant l’angle de frottement interne et l’angle de dilatance, on calcule le module
élastique qui ajuste le mieux le calcul théorique à la courbe expérimentale : celui-ci vaut alors
103,1 MPa, valeur plus proche des résultats des essais triaxiaux que des essais
pressiométriques.
Dans le cas des essais 14 et 16, réalisés dans des sables lâches, la différence entre l’angle de
frottement suivant un chemin de chargement axisymétrique et l’angle de frottement suivant un
chemin de déformation plane n’existe pratiquement pas. On peut donc directement comparer
les valeurs obtenues par le calcul d’optimisation avec l’angle de frottement interne déterminé
par le biais des essais triaxiaux. On constate une bonne concordance entre l’expérience et la
théorie, à 1 ou 2 degrés près. Il semble toutefois surprenant que la valeur de l’angle de
frottement interne soit plus important pour un indice de densité relative de 41 % que pour un
indice de densité relative de 54 %. Par ailleurs, on enregistre une différence minime sur la
valeur optimisée de l’angle de frottement interne pour différentes corrélations entre l’angle de
dilatance et l’angle de frottement interne. Enfin, on note que l’hypothèse d’un état de
contrainte initial isotrope (K0 = 1) conduit à une indétermination ou à une valeur erronée de
l’angle de frottement interne (calculs 14-4 et 16-5). Autrement dit, la détermination précise de
la pression des terres au repos est d’une importance capitale.
Essai 8
2
1.5
p (MPa)
Essai 16
1
0.5 Essai 14
0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4
Ua / a
En résumé, on retient que le modèle élastique plastique parfait donne des résultats
satisfaisants dans les sables lâches à condition d’avoir déterminé au préalable et précisément
les valeurs du module élastique et de la pression des terres au repos. La corrélation ψ = ϕ’ –
30° semble suffire, en première approximation, pour obtenir des résultats cohérents avec les
données expérimentales. On présente sur la figure (4-24) les courbes pressiométriques
expérimentales et les courbes pressiométriques issues des calculs d’optimisation 8-3, 14-5 et
16-3. Mis à part le début des courbes pressiométriques, la concordance entre l’expérience et le
modèle est visuellement bonne.
On présente maintenant les résultats des calculs d’optimisation effectués sur les essais
pressiométriques du site de Dunkerque, réalisés dans un terrain homogène de sable fin. Ce
terrain a été injecté par un coulis minéral pour construire un écran d’étanchéité. Les 22 essais
pressiométriques sont répartis comme suit :
- 5 essais conventionnels à 4, 5, 6, 7 et mètres de profondeur pour le sondage SP1 avant
injection ;
- 5 essais conventionnels à 4, 5, 6, 7 et mètres de profondeur pour le sondage SP2 avant
injection ;
- 5 essais conventionnels à 4, 5, 6, 7 et mètres de profondeur pour le sondage SP1P après
injection ;
- 5 essais conventionnels à 4, 5, 6, 7 et mètres de profondeur pour le sondage SP2P après
injection ;
- 2 essais cycliques à 5,5 mètres de profondeur avant injection (SP3) et à 5 mètres de
profondeur après injection (SP3P).
La pression des terres au repos est calculée en appliquant la relation (4-71) et en considérant
un poids volumique humide de 19,62 kN/m3. Le coefficient de Poisson est pris égal à 0,25 et
la cohésion est nulle. Comme les essais conventionnels ne permettent pas de déterminer le
module élastique du sol, celui-ci est identifié à partir des cycles déchargement – rechargement
sur les essais SP3 et SP3P. Les courbes pressiométriques donnent donc :
184
- un module de cisaillement Gcycle avant injection de 60,8 MPa soit un module Ecycle de 152
MPa ;
- un module de cisaillement Gcycle après injection de 85,2 MPa soit un module Ecycle de 213
MPa ;
valeurs qu’il convient de corriger conformément à la procédure.
Dans un premier temps, on applique la correction due à l’amplitude des déformations (Eq. 4-
73a,b) en considérant un état de contrainte initial isotrope (K0 = 1, p’0 = σ’v), une valeur de αb
de 0,2 et une valeur de l’exposant n égale à 0,5. Ceci conduit à :
- un module de cisaillement G0 avant injection de 29,3 MPa soit un module E0 de 73,25
MPa ;
- un module de cisaillement G0 après injection de 34,4 MPa soit un module E0 de 86 MPa;
n
⎛ p' ⎞
E = E 0 ⎜⎜ ⎟
⎟ (Eq. 4-92)
⎝ p0 ' ⎠
où E0 et p’0 sont respectivement le module élastique et la pression des terres au repos à 5,5 m
de profondeur (pour les essais avant injection) et à 5 m de profondeur (pour les essais après
injection).
Les calculs d’optimisation, avec le modèle élastique plastique parfait en grandes déformations
(Eq. 4-9), menés sur l’ensemble des essais pressiométriques avant injection (sondages SP1 et
SP2) conduisent à des valeurs de l’angle de frottement qui ne sont pas physiquement
acceptables, sauf pour les essais à 8 mètres de profondeur SP1-8 et SP2-8. On ne retient que
ces deux seuls essais, représentés sur la figure (4-25).
On constate que l’essai SP2-8 donne des valeurs de l’angle de frottement interne nettement
plus élevées que l’essai SP1-8, la différence étant d’environ 10 degrés. On note également des
différences flagrantes suivant les valeurs choisies pour le module élastique et la pression des
terres au repos. Une légère cohésion ci de 15 kPa fait chuter l’angle de frottement interne de 2
degrés.
185
Tableau 4-11. Résultats des calculs d’optimisation dans le sol non injecté.
Essai Calcul Contraintes de calcul Loi de dilatance Résultat
SP1-8 CSP1 p0 = 127,53 kPa, E = 81,5 MPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 39,7°
SP1-8 CSP2 p0 = 127,53 kPa, E = 81,5 MPa ψ = ϕ’ x 0,25° ϕ’opt = 39,5°
SP1-8 CSP3 p0 = 127,53 kPa, E = 169,1 MPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 33,9°
SP1-8 CSP4 K0 = 0,5, p0 = 63,77 kPa, E = 81,5 MPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 48,0°
SP1-8 CSP5 p0 = 63,77 kPa, E = 81,5 MPa, c = 15 kPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 45,8°
SP2-8 CSP6 p0 = 127,53 kPa, E = 81,5 MPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 51,0°
SP2-8 CSP7 p0 = 127,53 kPa, E = 81,5 MPa ψ = ϕ’ x 0,25° ϕ’opt = 59,0°
SP2-8 CSP8 p0 = 127,53 kPa, E = 169,1 MPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 41,7°
SP2-8 CSP9 K0 = 0,5, p0 = 63,77 kPa, E = 81,5 MPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 60,5°
SP2-8 CSP10 p0 = 63,77 kPa, E = 81,5 MPa, c = 15 kPa ψ = ϕ’ – 30° ϕ’opt = 58,8°
2.5
Essai SP2-8
2 Calcul CSP6
p (MPa)
1 Essai SP1-8
0.5
0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3
Ua / a
Figure 4-25. Comparaison des courbes pressiométriques expérimentale et théorique des essais avant
injection.
Du fait de l’incertitude expérimentale, l’angle de frottement retenu est la moyenne des angles
de frottement correspondant aux calculs CSP1 et CSP6. Il vaut :
Si, en lieu et place du modèle élastique plastique parfait en grandes déformations (Eq. 4-9), on
avait retenu le modèle élastique plastique parfait en petites déformations (Eq. 4-7a), on aurait
obtenu, par optimisation :
186
- un angle de frottement interne de 34,1 degrés pour l’essai SP1-8 ;
- un angle de frottement interne de 41,0 degrés pour l’essai SP2-8 (Fig. 4-26 Mod. EPP),
avec les paramètres des calculs CSP1 et CSP6. La moyenne des deux valeurs est :
La signification physique de la moyenne peut toujours être remise en cause : l’angle moyen
n’est donné qu’à titre indicatif. De plus, l’écart trouvé entre les valeurs optimisées des angles
peut probablement être expliqué par les perturbations générées par le forage, des indices de
densité relative différents, …
Tableau 4-12. Valeurs des paramètres du modèle élastique plastique avec écrouissage négatif.
Paramètre E ν ϕ’ ψ p0 β χ
Unités MPa degrés degrés kPa
Valeur 81,5 0,25 43 13 127,53 0,8 0
3
EPP : Elasto-plastique parfait
EPE : Elasto-plastique écrouissable
2.5
2
p (MPa)
1.5
1 Expérience
Mod. EPP
0.5 Mod. EPE
0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35
Ua / a
En résumé, on retiendra :
187
Pour l’interprétation des essais pressiométriques dans les sols injectés, la valeur ϕ’ = 45,3
degrés est retenue. L’angle de frottement interne du sol injecté peut être légèrement supérieur
à celui du sol vierge. On ne traitera que les deux essais SP1P-8 et SP2P-8 réalisés à 8 mètres
de profondeur dans le terrain injecté. Le module élastique mesuré sur le cycle déchargement –
rechargement à 5 mètres de profondeur est corrigé de l’effet de la profondeur de manière
analogue au sol non injecté (Eq. 4-92) : on justifie cela par la nature du traitement (étanchéité)
et donc le faible coefficient d’amélioration des propriétés mécaniques du sol. Le module
élastique à 8 mètres de profondeur vaut alors 98,8 MPa. Le coefficient de Poisson ν est fixé à
0,25. On admet un poids volumique humide du sol injecté égal à 21 kN/m3 et un état de
contraintes initial isotrope, d’où une valeur de p0 de 138,6 kPa. Il reste donc à identifier la
cohésion cf et l’angle de dilatance ψf. Les résultats des calculs sont regroupés dans le tableau
(4-13) :
- détermination simultanée de cf et ψf (calculs CSP11 et CSP16) ;
- optimisation de la cohésion seule, l’angle de dilatance étant fixé (calculs CSP12 et
CSP17) ;
- optimisation de ψf avec les paramètres déterminés en laboratoire.
S’il apparaît in situ que l’objectif du traitement d’étanchéité a bien été atteint, l’injection
engendre également une amélioration des propriétés mécaniques, en termes de rigidité et de
résistance. On a cherché à les évaluer en laboratoire par des essais triaxiaux consolidés
drainés sur des échantillons prélevés in situ (Fig. 4-27c) et sur des échantillons reconstitués en
laboratoire (Figs. 4-27d,e) [Tailliez, 1998].
Pour les échantillons de sol injecté prélevés in situ, le module tangent à l’origine de la courbe
déviateur – déformation axiale est compris entre 135 et 190 MPa. Dans le plan de Mohr,
l’enveloppe intrinsèque est une droite à partir de laquelle on détermine la valeur de la
cohésion (160 kPa) et la valeur de l’angle de frottement interne (41 degrés). On ne présente
pas l’évolution de la déformation volumique car l’état de surface des échantillons n’autorise
pas des mesures précises.
Les échantillons de sol injecté, préparé en laboratoire suivant la procédure décrite dans le
chapitre I, présente une résistance systématiquement inférieure à celle des échantillons
prélevés in situ. Comme l’angle de frottement interne est identique dans les deux cas (41
degrés), la diminution de résistance se traduit par une réduction de la cohésion. Celle-ci vaut
188
100 kPa pour les échantillons de laboratoire. Cette différence peut s’expliquer par les modes
d’injection différents. En laboratoire, tous les paramètres sont parfaitement contrôlés : il
s’ensuit une imprégnation homogène du sol. Au contraire, l’injection in situ, réalisée au
moyen de tubes à manchettes, nécessite un claquage préalable du coulis de gaine qui, s’il est
mal contrôlé, se propage dans le sol, créant des zones où la concentration de coulis est plus
élevée que dans les zones simplement imprégnées. On note par ailleurs que le module tangent
à l’origine de la courbe déviateur – déformation axiale dépend peu de la contrainte de
confinement et vaut 140 MPa. On déduit des courbes déformation volumique – déformation
axiale un coefficient de Poisson égal à 0,21 et des angles de dilatance compris entre 16,8 et
21,4 degrés (Figs. 4-27d,e).
Les calculs par optimisation ne permettent pas de retrouver les résultats des essais de
laboratoire. La correction due à l’effet des contraintes est-elle justifiée dans le cas des sols
injectés ? Des calculs supplémentaires (CSP14, CSP15, CSP19, CSP20) dans lesquels le
module élastique est simplement corrigé de l’effet de la profondeur ne sont pas plus
convaincants.
On a alors pris le parti de rentrer les paramètres déterminés en laboratoire dans les calculs
d’optimisation. Ils subissent d’abord une correction pour tenir compte du chemin de
chargement en déformation plane. On identifie alors l’angle de dilatance (calculs CSP13 et
CSP18). Le calcul CSP13 relatif à l’essai SP1P-8 fournit une valeur tout à fait plausible de
19,5 degrés (Tableau 4-13).
Pour l’essai SP2P-8, on a utilisé le modèle élastique plastique écrouissable EPE avec les
paramètres indiqués dans le tableau (4-14). La cohésion est supposée complètement détruite
dans le domaine plastique parfait (β = 0). Dans ce domaine, le comportement est non dilatant
(χ = 0). On cherche alors la valeur du paramètre αe qui permet d’ajuster la courbe
pressiométrique théorique sur les données expérimentales. Celle-ci prend la valeur 150 : elle
est physiquement plausible et respecte les conditions développées dans la procédure
d’interprétation. La figure (4-28) montre le bon accord entre l’expérience et les prédictions
numériques.
Tableau 4-14. Valeurs des paramètres des modèles élastiques plastiques EPP et EPR.
Modèle E ν ϕ’ ψ c p0 β χ
Unités MPa degrés degrés kPa kPa
EPP 98,8 0,25 43 19,5 58,4 138,57 - -
EPR 98,8 0,25 43 19,5 160 138,57 0 0
En résumé, les résultats des calculs d’optimisation dépendent beaucoup des hypothèses
introduites en entrée. Dans le cas des essais dans les sols purement frottants, les valeurs
trouvées semblent correctes. Dans le cas des sols injectés, le recours aux essais de laboratoire
reste, à ce niveau de développement de l’analyse inverse, nécessaire.
189
1 1.2
σ = 0.2 MPa
1 3
0.8
σ = 0.2 MPa
3
0.8
q (MPa)
q (MPa)
3
σ = 0.1 MPa 0.6
3
0.4
0.4
σ = 0.1 MPa
3
0.2 σ = 0.05 MPa
3
0.2
0 0
0 2 4 6 8 ε (%) 10 0 2 4 6 8 ε (%) 10
1 1
Figure 4-27a. Sable de Dunkerque vierge. Figure 4-27d. Sable de Dunkerque injecté en
laboratoire.
3 6
1.5 3
εv (%) 3
v
1 2
0.5 1
0 0
-0.5 -1
0 2 4 6 8 ε (%) 10 0 2 4 6 8 ε1 (%) 10
1
Figure 4-27b. Sable de Dunkerque vierge. Figure 4-27e. Sable de Dunkerque injecté en
laboratoire.
1.5
σ = 0.2 MPa
q (MPa)
1 3
σ = 0.15 MPa
3
0.5
σ = 0.1 MPa
3
σ = 0 MPa
3
0
0 2 4 6 8 ε (%) 10
1
Figure 4-27. Essais triaxiaux sur le sable de Dunkerque non traité et injecté.
190
3.5
Essai SP2P-8
3
2.5
p (MPa)
2
1.5
1 Symbole : Expérience
Trait continu : Modèle EPP
0.5 Trait discontinu : Modèle EPE
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4
Ua / a
4.7 – Critiques
L’exécution des essais ne peut à elle seule expliquer les résultats aberrants ou les écarts
importants entre valeurs de laboratoire et valeurs obtenues par analyse inverse. Pour tenter de
diminuer l’effet du remaniement lors du forage d’un essai pressiométrique Ménard, on
recommande l’utilisation du pressiomètre auto-foreur. Toutefois, la procédure de
détermination des paramètres et le modèle de comportement ne sont pas exempts de critiques.
191
injectés, la résistance à la traction est nettement inférieure à la résistance théorique du
modèle de Mohr-Coulomb ;
La résistance à la traction RTD des sols injectés est la traduction à l’échelle de l’échantillon de
la cimentation des grains entre eux provoquée par la prise du liant. Les essais de laboratoire
ont montré, suivant la valeur de la contrainte moyenne et de la teneur en ciment du coulis, une
rupture par localisation avec apparition de fissures verticales. Ces deux constatations amènent
à aborder la question de la fissuration, plus généralement de l’endommagement du matériau,
et de la prépondérance de ce mécanisme dans la réponse du matériau à une sollicitation de
type pressiométrique.
Fissuration
Les modèles élasto-plastiques présupposent une rupture par compression, fonction de l’angle
de frottement interne et de la cohésion. Or, comme indiqué dans la littérature pour des roches
au comportement élastique linéaire [Haberfield et al., 1990a ; Haberfield, 1997], la
sollicitation pressiométrique peut engendrer des déformations à l’origine de fissures au droit
du forage, qui se propagent dans le sol, modifiant complètement le mode de rupture et la
distribution des contraintes dans le sol. Une telle rupture [Mouchaorab et al., 1995] peut se
produire lorsque la pression dans la cavité atteint la valeur pt [Ladanyi, 1976] telle que :
p t = 2p 0 + R TD (Eq. 4-93)
Aussi, l’analyse élasto-plastique peut être remise en cause si pt < ppl, auquel cas la fissuration
se produit avant la rupture par compression. Si l’on adopte le critère parabolique proposé par
[Ladanyi, 1976] et que l’on y introduit des valeurs courantes des paramètres, les valeurs de la
pression des terres au repos sont compatibles avec le développement de la fissuration. Aussi,
en toute rigueur, le modèle de comportement doit donc permettre de prédire l’initiation des
fissures, leur propagation dans le sens radial et leur refermeture par suite du développement
des zones plastiques entre ces fissures [Haberfield et al., 1990a].
192
Conditions de drainage
L’essai pressiométrique est-il drainé ou non drainé ? Cette question revient régulièrement
dans les discussions sur l’interprétation de cet essai [Haberfield et al., 1990b ; Cambou et al.,
1993 ; Bolton et al., 1999]. La question est d’importance dans le cas des sols injectés puisque
la perméabilité du terrain est radicalement modifiée par l’injection, en particulier pour un
traitement d’étanchéité. Avant injection, l’essai pressiométrique, sauf conditions locales
particulières, est nécessairement drainé car les sols susceptibles d’être injectés par des coulis
de ciment fine mouture ont une perméabilité comprise entre 10-3 et 10-6 m/s. Après injection,
la perméabilité du sol est réduite et peut être ramenée à des valeurs comprises entre 10-6 et 10-
9
m/s. Si l’on considère l’essai comme non drainé, alors il faut pouvoir modéliser l’évolution
des pressions interstitielles qui, si elle n’est pas prise en compte, peut conduire à une
mauvaise estimation des paramètres de comportement par analyse inverse.
Les simulations numériques faites sur les argiles [Cambou et al., 1993 ; Rangeard, 2001]
montrent des perméabilités seuils variables en fonction de la vitesse de chargement au-delà
desquelles l’essai peut être considéré comme drainé et en deçà desquelles l’essai doit être
considéré comme non drainé.
4.8 – Conclusions
Les essais pressiométriques réalisés sur différents sites montrent l’amélioration des propriétés
mécaniques des terrains apportée par le traitement d’injection. Les facteurs d’amélioration de
la pression limite et du module pressiométrique dépendent de l’objet du traitement, du choix
du coulis et de la nature du terrain.
On a également voulu utiliser les courbes pressiométriques expérimentales pour identifier les
paramètres du modèle élastique linéaire et parfaitement plastique avec le critère de Mohr-
Coulomb non associé. Deux formulations proposées dans la littérature, l’une en petites
déformations, l’autre en grandes déformations, conduisent, dans le cas des sols non traités, à
des résultats corrects quant à la valeur des paramètres du modèle purement frottant. Pour les
sols injectés, la détermination simultanée de la cohésion et de l’angle de dilatance ne donne
généralement pas des résultats satisfaisants. Le recours aux essais de laboratoire pour calibrer
certains des paramètres est nécessaire.
Le modèle élastique plastique parfait ne permet pas de prendre en compte la diminution des
propriétés mécaniques (angle de frottement interne et cohésion) après le pic de contraintes.
On a donc développé les expressions de la courbe pressiométrique dans les deux cas suivants :
- réduction de la valeur de l’angle de frottement interne entre le pic de contraintes et l’état
résiduel pour les matériaux purement frottants ;
- réduction de la valeur de la cohésion entre le pic de contraintes et l’état résiduel, l’angle
de frottement restant constant, pour les matériaux doués de cohésion et de frottement ;
On aboutit dans les deux cas à une formulation semi-analytique de la courbe pressiométrique
nécessitant un calcul intermédiaire pour déterminer l’extension de la zone plastique avec
radoucissement. On montre que l’extension maximale de cette zone plastique radoucissante
dépend du module de cisaillement et surtout de la vitesse de décroissance et du rapport des
propriétés mécaniques entre la rupture et l’état résiduel.
193
A la vue des applications réalisées, l’utilisation d’un tel modèle (facilement implantable dans
un tableur) pour l’identification de ses paramètres est prometteuse.
194
CONCLUSIONS
ET
PERSPECTIVES
195
CONCLUSION GENERALE
Au cours de ce travail de recherche, on tente d’apporter des réponses aux questions laissées en
suspens par S. Tailliez pendant sa thèse sur le comportement mécanique des sols injectés. Ces
questions concernaient principalement le comportement mécanique des sols injectés dans le
domaine des déformations précédant la résistance maximale et l’interprétation des essais
pressiométriques in situ.
Ces échantillons de sol injecté ont ensuite été soumis à des essais de caractérisation de leur
rigidité et de leur résistance en compression simple. On montre l’effet de la teneur en ciment
du coulis, de la nature et de la densité du sol, de l’état de saturation initiale du sol sur le
module de cisaillement dans le domaine des très petites déformations et sur la résistance en
compression simple. Des corrélations empiriques reliant ces grandeurs aux caractéristiques
des constituants du sol injecté sont proposées.
Mais il était important de connaître l’amélioration mécanique engendrée par l’injection sur
une large gamme de contraintes et de déformations. Des essais triaxiaux ont donc été menés
sur les sols avant et après injection. L’évolution du module de cisaillement Gmax dans le
domaine des très petites déformations a été suivie au moyen d’un dispositif de propagation
d’ondes de cisaillement, les « bender elements ».
Dans le cas des sols non injectés, on montre expérimentalement que les lois d’évolution de ce
module Gmax en puissance ½ de la contrainte moyenne sont valables pour des chemins de
compression isotrope et sur tout le domaine contractant pour des chemins de compression
triaxiale. Au-delà de l’état caractéristique, les valeurs du module Gmax ont tendance à
diminuer, ce qui indique une modification de la structure granulaire en cours de cisaillement.
Au contraire, dans le cas des sols injectés, le module de cisaillement Gmax est indépendant de
la contrainte moyenne pour des chemins de compression isotrope. Il dépend essentiellement
du rapport C/E du coulis et de la nature du sol. Lors des phases de cisaillement, on note une
diminution progressive des valeurs de Gmax, ce qui traduit probablement une dégradation des
propriétés mécaniques par endommagement.
196
- L’injection de coulis de ciment ultra-fin se traduit par une cohésion provenant des liaisons
granulats – ciment crées. Par ailleurs, l’imprégnation engendre une légère augmentation
de l’angle de frottement interne.
L’amélioration mécanique est donc constatée sur la rigidité et sur la résistance maximale. Des
coefficients d’amélioration supérieurs à 10 sont enregistrés sur les valeurs du module de
cisaillement Gmax dans le domaine des très petites déformations. Ces coefficients sont compris
entre 2 et 5 en ce qui concerne le module tangent à l’origine de la courbe effort – déformation.
Cette différence est le signe évident du comportement non linéaire des sols injectés.
Il était donc important de considérer cette non linéarité dans l’élaboration du modèle de
comportement. Construit dans le cadre de la théorie de l’élasto-plasticité, ce modèle est basé
sur l’élasticité linéaire isotrope et sur le critère de Mohr-Coulomb. La prise en compte de
l’angle de Lode permet de faire dépendre la résistance au cisaillement du chemin de
sollicitations. La non linéarité est introduite par l’intermédiaire de la loi d’écrouissage,
isotrope et de type hyperbolique. Cette loi, parfaitement adaptée au comportement des sols
vierges de tout traitement, l’est un peu moins dans le cas des sols injectés. Enfin, l’évolution
des déformations plastiques est contrôlée par le potentiel plastique, de type Cam-Clay, dans
lequel on intègre une réduction progressive de la cohésion. Cela permet de simuler
correctement les essais de compression triaxiale pour les sols avant et après injection. Les 7
paramètres caractérisant le modèle peuvent être identifiés à partir d’au moins 3 essais de
compression triaxiale.
Enfin, l’amélioration mécanique des sols injectés a également été constatée sur les valeurs des
modules pressiométriques et de la pression limite. Les facteurs d’amélioration sur ces
grandeurs dépendent de l’objet du traitement, du coulis et de la nature du terrain.
Le modèle précédant ne permet toutefois pas de considérer tous les traits caractéristiques du
comportement des sols. On a donc développé une formulation semi-analytique de la courbe
pressiométrique en considérant un modèle élastique linéaire plastique avec écrouissage
négatif. L’écrouissage post-pic permet de simuler une diminution progressive soit de l’angle
de frottement interne, soit de la cohésion. La prise en compte de la non linéarité précédant la
résistance maximale (écrouissage positif) dans le calcul de la courbe pressiométrique, par
utilisation du modèle présenté dans ce document, est une des perspectives de ce travail de
recherche.
Les perspectives entrouvertes par ce travail de recherche sont nombreuses. Elles concernent
tout d’abord l’évolution des propriétés élastiques des sols, injectés ou pas : les « bender
elements » devraient bientôt être associés à des capteurs piézo-électriques émettant des ondes
de compression, ce qui facilitera l’interprétation des signaux électriques reçus sur
l’oscilloscope. Les améliorations du modèle de comportement, dont certaines ont été exposées
au chapitre 3, font également partie des perspectives de ce travail de recherche.
197
L’approche micromécanique a aussi été évoquée dans ce mémoire. Assez développée en ce
qui concerne les milieux purement frottants, l’effet d’une cohésion intergranulaire sur la
répartition des efforts dans la structure granulaire est un sujet qui commence à être abordé. Il
permettra sûrement de mieux comprendre les mécanismes de déformation des sols présentant
à la fois des propriétés de frottement et de cohésion. D’une manière générale, c’est le domaine
des matériaux intermédiaires entre les sols et les bétons qu’il conviendrait d’étudier plus
largement.
198
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Norme Française NF P 94-059 (1992) : Détermination des masses volumiques minimale et maximale des sols
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Norme Française NF P 94-061-1 (1996) : Détermination de la masse volumique d’un matériau en place – I :
Méthode au gammadensimètre à pointe.
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Norme Française NF P 94-071-1 (1994) : Essai de cisaillement rectiligne à la boîte – Cisaillement direct.
Norme Française NF P 94-074 (1994) : Essais à l’appareil triaxial – Appareillage – Préparation des éprouvettes –
Essais UU – CU + u - CD
Norme Française NF P 94-110-1 (1991) : Essai pressiométrique Ménard – Partie 1 : Essai sans cycle.
Norme Française XP P 94-110-2 (1999) : Essai pressiométrique Ménard – Partie 2 : Essai avec cycle.
Norme Française XP P 94-202 (1995) : Prélèvement des sols et des roches.
Norme ASTM D 4719-87 (1994) : Standard test method for pressuremeter testing in soils.
Recommandation RILEM 1983. Recommandations pour l’emploi de la méthode de fréquence de résonance dans
le contrôle des éprouvettes en béton.
209
ANNEXE A :
LE CHANTIER METEOR
210
LE PROJET METEOR
Pour faire face au développement de certains quartiers d’affaires au cœur de la ville de Paris et à la
saturation de la ligne A du R.E.R aux heures de pointe, il a été décidé, en 1990, de construire un métro
à grande capacité et entièrement automatisé. Le projet baptisé Météor (Métro Est-Ouest Rapide) est
devenu la 14ème ligne du métro parisien depuis l’inauguration du premier tronçon de 7 km (Fig. A-1a)
P P
entre les stations Bibliothèque François Mitterand et Madeleine le 15 octobre 1998 [Selosse, 1992].
Le prolongement de la ligne entre la station Madeleine et la gare Saint-Lazare a débuté en juillet 1998.
Entièrement en souterrain, l’ouvrage se compose de trois parties distinctes (Fig. A-1b) :
- le tunnel d’avant-station ;
- la station proprement dite ;
- le tunnel d’après station.
Le tunnel d’avant-station, d’une longueur de 130 mètres, débute au puits Anjou, sous le Boulevard
Haussmann et se termine sous la rue de la Pépinière (Fig. A-1b). Il se divise en deux niveaux séparés
par une dalle intermédiaire (Fig. A-2a) : les parties inférieure et supérieure constituent respectivement
le tunnel ferroviaire et le couloir de correspondance avec la ligne 9. A cause de l’encombrement du
sous-sol, le tunnel passe, sous le Boulevard Haussmann, entre la ligne A du R.E.R et la ligne 9,
perpendiculairement à celles-ci. La voûte du tunnel frôle les fondations de la banque IndoSuez (Fig.
A-2b) pour laquelle les prescriptions relatives aux soulèvements lors de l’injection et aux tassements
lors de l’excavation ont été particulièrement strictes. Cette portion de l’ouvrage est aujourd’hui
achevée.
Figure A-1a. La ligne 14 du métro parisien. Figure A-1b. Prolongement Madeleine / St Lazare.
P P
La station a été construite en même temps que le tunnel d’avant-station grâce à un planning
d’exécution extrêmement précis, sans interruption du trafic sur les voies en exploitation. D’un point de
vue technique et architectural, il s’agit de la partie la plus remarquable du projet, par la création d’un
vaste complexe d’échanges surmonté par une mezzanine. La plate-forme souterraine, d’une longueur
de 120 mètres et de 17,48 mètres d’ouverture intérieure, est construite depuis un puits protégé par des
parois berlinoises devant la gare Saint-Lazare (emprise Cour de Rome).
211
Figure A-2a. Le tunnel Météor sous le Boulevard Figure A-2b. Section du tunnel.
Haussmann.
Enfin, le tunnel d’après-station, de 258 mètres de long, permettra le retournement des rames et leur
stationnement.
GEOLOGIE DU SITE
La géologie du bassin parisien est relativement bien connue du fait de l’expérience acquise lors de la
construction des nombreux ouvrages qui sillonnent le sous-sol de la région (tunnels, égoûts, conduites
enterrées, …). Elle est marquée, entre autres caractéristiques, par un empilement de couches sub-
horizontales [Filliat, 1981]. Sur le substratum calcaire repose différents niveaux de matériaux
alluvionnaires d’une puissance totale d’environ une dizaine de mètres.
Ainsi, dans la zone concernée par l’extension de la ligne 14, les investigations géotechniques montrent
la stratification suivante, de la surface vers les profondeurs :
- des remblais récents sur 3 mètres environ ;
- des dépôts alluvionnaires modernes et anciens d’une puissance de 7 mètres ;
- des marnes et caillasses sur 10 mètres ;
- une couche de calcaire grossier résistante ;
- des sables du Cuisien.
Les dépôts alluvionnaires rencontrées au niveau de la voûte (Fig. A-2b) sont constitués de sols silico-
calcaires, sablo-graveleux, sans cohésion. Leur perméabilité est comprise entre 10-5 et 10-3 m/s. La
P P P P
densité des alluvions anciennes a été déterminée au moyen de deux séries de mesures au
gammadensimètre humidimètre [Norme NF P 94-061-1] dans l’emprise Cour de Rome, devant la gare
Saint-Lazare (Tableau A-3). Le poids volumique sec des alluvions est de 16,59 kN/m3 en moyenne.
P P
On note enfin l’existence de deux nappes phréatiques : la nappe du Lutétien dont la surface libre est
située à une profondeur de 10 mètres sous le niveau du terrain naturel et la nappe du Cuisien.
212
Tableau A-3. Mesure du poids volumique des alluvions.
Optimum Proctor Mesures in situ
Cote Nombre de γopt
B B
wopt B B
γh B B
w γd
B B
DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES
Le tunnel est tracé de telle sorte qu’il s’insère entre les ouvrages souterrains existants et que le radier
soit implanté dans la couche calcaire résistante. La voûte affleure majoritairement dans les marnes et
caillasses mais peut atteindre localement la couche d’alluvions anciennes, comme par exemple dans le
tunnel d’avant-station et au niveau de la station.
Aussi, avant d’être excavés, les dépôts alluvionnaires subissent un renforcement par injection de
coulis. Le traitement par injection se fait en deux étapes :
- remplissage des vides grossiers par injection de coulis de bentonite-ciment, en particulier à
l’interface entre les marnes et les alluvions ;
- remplissage des vides résiduels par injection de coulis de ciment fine mouture.
Dans le tunnel d’avant-station, l’injection est réalisée sous la forme d’un plan auréolaire, depuis le
front de taille, par passes successives de 22 mètres (Fig. A-4). Dans la station, l’injection est réalisée
radialement, depuis une galerie de 3,70 m de rayon forée dans l’axe du tunnel, sur 4 mètres au-delà de
l’extrados. La technique des tubes à manchettes est systématiquement utilisée. L’excavation, par des
méthodes traditionnelles, se déroule un mois après l’injection. Une description détaillée peut être
trouvée dans [Dano et al., 2001a].
Pour le coulis de ciment fine mouture pénétrant correctement les alluvions anciennes rencontrées, le
débit retenu est voisin de 7 l/mn pour des teneurs en ciment comprises entre 150 et 250 kg/m3. Le P P
volume de coulis injecté est de 30 % du volume de sol à traiter. La pression dont la valeur maximale
est fixée à 0,8 MPa, est régulée en fonction des déplacements observés en surface ou dans les zones
sensibles du projet. Les fondations de la banque IndoSuez étaient ainsi particulièrement surveillées et
les amplitudes des déplacements autorisés extrêmement strictes : 10 mm sous le bâtiment et 15 mm
213
sous la chaussée. On reporte sur les figures A-5a et A-5b les déplacements observés sur deux sections
appelées S1 (points 8r et 11) et S2 (points 4 et 7r).
Si les déplacements, dans l’absolu, ont pu dépasser les prescriptions (en un nombre très limité de
points), les déplacements différentiels sont toujours restés très faibles. On observe aussi clairement sur
les deux figures précédentes que l’injection engendre un soulèvement des fondations et l’excavation
du tunnel un tassement.
12
10
Pt 8r Planning
U
Pt 11
Déplacement (mm)
8
30 / 09 / 1998 : Définition des points et des niveaux
6
4 Section S1
U
27/07/99
04/11/99
12/02/00
08/01/99
18/04/99
6 Section S2
U
-2
30/09/98
27/07/99
04/11/99
12/02/00
08/01/99
18/04/99
214
Résumé
Ce travail de recherche porte sur la détermination de l’amélioration des propriétés mécaniques des sols
injectés par des coulis de ciment ultra-fin par rapport à celles des sols vierges de tout traitement. On
s’intéresse plus particulièrement au comportement de ces matériaux dans le domaine des très petites et
petites déformations. Un dispositif expérimental par propagation d’ondes de cisaillement, les « bender
elements », a été installé dans une cellule triaxiale conventionnelle. Il a permis de suivre l’évolution du
module de cisaillement Gmax d’échantillons de sols vierges ou injectés en laboratoire sur des chemins
B B
de compression isotrope ou de cisaillement drainés. On montre ainsi l’effet de la cimentation sur les
valeurs de ce module pour différentes teneurs en ciment du coulis et différents sols (sable de
Fontainebleau, alluvions anciennes de la région parisienne). On élabore également un modèle de
comportement élastique plastique écrouissable dont l’intérêt par rapport au modèle élastique plastique
parfait est de mieux représenter la non linéarité du comportement. Implanté dans un code de calcul par
éléments finis, ce modèle requiert l’identification de sept paramètres au moyen d’essais de laboratoire.
Enfin, un autre objectif du travail de recherche est l’interprétation des essais pressiométriques réalisés
in situ, avant et après injection. On s’attache en particulier à l’identification, par analyse inverse, des
paramètres du modèle élastique plastique parfait, avec l’hypothèse des petites ou des grandes
déformations. On développe aussi une expression semi-analytique de la courbe pressiométrique pour
un modèle élastique plastique avec radoucissement post-pic. On montre alors l’influence d’une
diminution, après que la résistance maximale soit atteinte, de l’angle de frottement interne ou de la
cohésion sur la courbe pressiométrique.
Mots clés : sol injecté, coulis de ciment ultra-fin, essais triaxiaux, petites déformations, bender
elements, modèle de comportement, essais pressiométriques
Abstract
This study aims at determining the improvement of the mechanical properties of soils injected with
microfine cement grouts in comparison with those of the uncemented natural soils. We are more
especially interested in the behavior of such grouted soils in the very small and small strain domain.
An experimental device based on shear wave propagation, the “bender elements” transducers, was set
up in a conventional triaxial cell. The evolution of the shear elastic modulus Gmax is then examined for
B B
drained isotropic and deviatoric stress paths for uncemented sands and grouted soil samples. We show
the effect of the cementation on the values of the shear modulus for different cement contents of the
grout and different soils (Fontainebleau sand, alluvial deposits from Paris). We also construct a strain
hardening elastic plastic model which interest is to better represent the non linearity in the behavior of
soils. This model is implemented in a finite element software and required the identification of 7
material parameters by means of laboratory experiments. Finally, another objective of this study is to
interpret pressuremeter tests carried out before and after grouting in the site. The parameters of the
elastic perfectly plastic model, with a small strain or a large strain assumption, are identified by
inverse analysis. We also develop a semi-analytical relationship of the pressuremeter curve with a
post-peak strain softening elastic plastic model. We show the effect of a gradual decrease either of the
frictional angle or of the cohesion, after the maximal strength is reached, on the pressuremeter curve.
Key words : grouted soil, microfine cement grout, triaxial tests, small strain domain, bender elements,
constitutive model, pressuremeter tests
215