RUPTURE UTERINE
MS MULAMBA BANTU
PLAN DU TRAVAIL
• Définition
• Etiopathogenie
• Epidémiologie
• Aspect anatomique
• Clinique et diagnostic
• Traitement
• Références
I. Définition
• La rupture utérine est une urgence obstétricale définie comme
une solution de continuité spontanée (non chirurgicale) du
muscle utérin.
• Elle peut être spontanée, c'est-à-dire survenir en dehors de
toute intervention obstétricale (sur utérus sain ou sur utérus
cicatriciel) ou provoquée par une manœuvre obstétricale.
• Elle survient pendant la grossesse ou pendant le travail.
II. Etiopathogenie
• Sur le plan étio-pathogénique, on distingue deux types:
- rupture primitive (volontiers complète, intéressant toutes les
tuniques)
- rupture secondaire (faisant suite à une cicatrice).
• Nous avons aussi des facteurs étiologiques en fonction que la RU
survient pendant la grossesse ou pendant le travail
II. Etiopathogenie (suite)
Spontanée Provoquée
• Atcd de césarienne corporéale Traumatisme abdominal
Grossesse • Atcd d'endométriose
• Atcd de choriocarcinome
• rarement après myotomie et en cas de
malformation utérine
• disproportion fœto-pelvienne negligée • Version par manœuvre externe
Travail •
•
épaule negligée
Multipartite
•
•
Version par manœuvre interne
Grande extraction
• Grossesse interstitielle de la corne uterine • Forceps
• Utérus malformé • Ocytociques
• césarienne corporéale antérieure • Embryotomie
• Myotomie
• hystéro-plastie
II. Etiopathogénie (suite)
• Pour bien comprendre le phénomène de la rupture utérine il faut
comprendre la loi de LAPLACE
« dans une cavité sphérique ou cylindrique, la tension exercée sur la paroi est proportionnelle à la pression
interne et au rayon de la cavité et inversement proportionnelle à l’épaisseur de la paroi »
𝑃×𝑅
𝑇=
2×ℎ
II. Etiopathogénie (suite)
1. Épaisseur de l’utérus gravide et non gravide
L’épaisseur de l’utérus varie selon qu’il soit gravide (enceinte) ou non gravide.
Nous allons nous interesser à l’uterus gravide
- 1er trimestre : 2 à 4 cm
- 2e trimestre : 3 à 5 cm
- 3e trimestre : 1 à 3 cm (en moyenne)
2. Zones utérines amincies en fin de grossesse
Les zones les plus amincies sont :
- Segment inférieur de l’utérus (2 à 5 mm en fin de grossesse)
- Paroi antérieure et postérieure (2 à 10 mm)
- Fundus : reste plus épais (1 à 2 cm)
II. Etiopathogénie (suite)
3. Mécanismes physiopathologiques de la rupture utérine
• Principaux mécanismes :
- Fragilisation du myomètre (cicatrices, surdistension, anomalies)
- Hyperpression intra-utérine (contractions excessives)
- Étirement excessif du segment inférieur
- Incoordination des contractions (ischémie, nécrose)
- Défaut de surveillance
II. Etiopathogénie (suite)
• Valeur critique de l’épaisseur du segment inférieur
- > 3,5 mm : risque faible
- 2,5 – 3,5 mm : risque modéré
- < 2,5 mm : risque élevé
- < 2 mm : risque très élevé de rupture
- < 1,6 mm : souvent contre-indication à un accouchement par voie
basse
III. Epidémiologie
a. Dans les pays à hauts revenus :
Rare : entre 0,03 % à 0,1 % des accouchements (soit 1 à 10 cas pour
10 000 naissances). La plupart des cas concernent un utérus cicatriciel
(VBAC).
b. Dans les pays à faibles ressources :
Beaucoup plus fréquent : 0,2 à 1,5 %, parfois plus. Associé au manque
d’accès à la césarienne, au travail prolongé, aux multiparités élevées et
à la surveillance obstétricale inadéquate.
III. Epidémiologie (suite)
Facteurs de risque principaux
Facteur Risque approximatif
Utérus cicatriciel (1 césarienne) 0,2–0,9 %
Travail après 2 césariennes Jusqu’à 1,5 %
Travail prolongé / dystocique Augmente le risque
Utilisation d’ocytocine / Risque accru
prostaglandines
Macrosomie fœtale > 4 kg = plus de pression
Multiparité Paroi utérine plus fine
Césarienne en travail avancé Mauvaise cicatrisation possible
III. Epidémiologie (suite)
• Répartition selon le type d’utérus
Utérus cicatriciel (90–95 % des cas) : lié aux césariennes antérieures
Utérus non cicatriciel (5–10 % des cas) : souvent associé à grandes
multipares, traumatismes, manœuvres obstétricales brutales (ex :
version externe), ou malformations utérines
IV. Aspect anatomique
• Au plan anatomique, selon l’épaisseur de la paroi utérine intéressée, on
parle de :
- rupture utérine incomplète, lorsque la musculeuse est atteinte, mais
sans la séreuse ; le péritoine pré-segmentaire est décollé mais reste intact,
n’a pas cédé, et le sang épanché n’a pas franchi la séreuse, d’où
constitution d’hématome sous-péritonéal ;
- rupture utérine complète, avec ouverture de la séreuse et possibilité
de déversement du contenu utérin dans la cavité abdominale.
• Par rapport au siège, la rupture siège généralement sur le segment
inférieur, elle est transversale ou longitudinale en cas de césarienne
corporéale antérieure (fond ou face antérieure de l'utérus) ou sur un des
deux bords utérins (gauche le plus souvent).
V. Clinique
• Dans leurs formes cliniques, les ruptures peuvent être
- simples (corps utérin, segment inférieur)
- compliquées (s’étendant aux organes voisins comme le dôme
vaginal, la vessie, le col utérin).
V. Clinique (suite)
• RUPTURE SPONTANEE AU COURS DU TRAVAIL
1. PHASE DE PRE-RUPTURE (RETRACTION UTERINE)
- Stagnation du travail.
- Contractions utérines violentes, très rapprochées, avec hypertonie
entre les contractions subintrentes.
- Anomalies de dilatation du col qui s’oedematie.
- Anxiété et agitation de la parturiente.
V. Clinique (suite)
L’imminence de rupture marquée par trois signes :
déformation de l’utérus en sablier ; segment inférieur très distendu,
étiré ou allongé, surmonté du corps utérin hypertonique retracté
moulant le fœtus ;
ascension de l’anneau de retraction (anneau de Bandl- Frommel)
séparant le corps utérin et le segment inférieur
tension douloureuse et palpable des ligaments ronds sur les flancs
utérins, mais difficile à constater.
V. Clinique (suite)
• PHASE DE RUPTURE (SURVIENT BRUSQUEMENT)
Signes fonctionnels et généraux
- Douleur abdominale syncopale soudaine en coup de poignard souvent
localisée à gauche et accompagnée de sensation d’écoulement d’eau
chaude dans le ventre.
- Etat de choc hémorragique : pouls rapide ou tachycardie ; chute de la
tension artérielle
- pâleur ; pincement des ailes du nez alors que les yeux se cernent ; la
respiration devient plus courte, et les extrémités et le nez se refroidissent.
V. Clinique (suite)
• Examen physique
- Inspection : soit le ventre normal si le foetus est encore dans l’utérus,saillie
oblongue. Soit le
ventre prend des contours diffus et irréguliers si le foetus a quitté l’utérus.
- Auscultation : BCF= négatif.
- Palpation : douleur exquise sur le bord utérin rompu ; foetus sous la peau étalé
et superficiel ; masse ferme, utérus gravide débarrasé du foetus.
- Toucher vaginal : douleur exquise sur le bord utérin rompu ; perte de sang
noirâtre ; disparition de la présentation, sauf si le foetus est encore dans l’utérus ;
brèche segmentaire avec ses bords déchiquetés et parfois la sensation désagréable
des anses intestinales ;
- Etat de choc.
V. Clinique (suite)
• Formes insidieuses
- avant l’accouchement ; le fœtus reste in utéro ; souffrance fœtale
aiguë sans cause apparente ;
- après l’accouchement (désunion d’une ancienne cicatrice de
césarienne ou de perforation) : choc (d’où la nécessité de révision utérine
systématique chez toute accouchée ayant une césarienne antérieure) ;
- ruptures utérines sous-péritonéales ; état de choc plus variable;
hematome unilatéral du petit bassin ou de tout le paramètre et peut
gagner la fosse iliaque et même en arrière la fosse lombaire ;
- ruptures méconnues ; déchirures du col remontant vers le segment
inférieur sans atteinte des vaisseaux
VI. Complication
• Sont materno-fœtales :
- Maternelles : déchirures cervicales et vaginales,
rupture vésicale, mort maternelle par état de choc ou
péritonite puerpérale
- Fœtales : mortalité de 0,05%, augmentée en cas de
rupture spontanée complète au moment de la
rétraction ou après la rupture
VII. Conduite à tenir
• La prise en charge thérapeutique des RU demeure une urgence
médicochirurgicale et comprend une réanimation médicale qui sera
suivie d´une laparotomie en urgence. Le traitement chirurgical de la
rupture utérine sur utérus sain doit être idéalement conservateur
chez la femme jeune désireuse de grossesse, et consiste en une
simple suture de la rupture. Dans le cas où le traitement conservateur
paraît impossible à cause de l'étendue des lésions, une hystérectomie
s'impose.
• Devant les ruptures négligées, le traitement conservateur est
rarement possible.
VII. Conduite à tenir
• Prophylaxie et diagnostic des disproportions fœto-pelviennes, attention aux manœuvres
obstétricales
• Abord veineux en urgence avec 1l SP 0,9% en attendant la transfusion.
• Prélever le sang pour Hb, Ht, GS + Rh (si non connu), et obtenir rapidement du sang
• Sonde vésicale à demeure pour évaluer la diurèse
• Si rupture totale, laparotomie pour soit suture simple si rupture non étendue et non
• compliquée après parage des berges, soit hystérectomie totale si le col est atteint ou
subtotale après extraction du fœtus et correction du choc.
• Si rupture sous-péritonéale ou si amincissement, soit surveillance simple si l'état
maternel est bon ou laparotomie et suture simple si hémorragie de la délivrance.
• Si la découverte de la rupture est faite au moment d'une césarienne, les sutures devront
être de bonne qualité. utérines devant toute hémorragie de la délivrance même minime
!
VIII.Références
• Fatfouta I, Villeroy de Galhau S, Dietsch J, Eicher E, Perrin D. Spontaneous uterine
rupture of an unscarred uterus during labor: case report and review of the
literature. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2008;37(2):200-3. PubMed |Google
Scholar
• Schrinsky DC, Benson RC. Rupture of the pregnant uterus: a review. Obstet
Gynecol Surv. 1978 Apr;33(4):217-32. PubMed | Google Scholar
• Leung F, Courtois L, Aouar Z. Rupture spontanée de l'utérus non cicatriciel
pendant le travail: à propos d'un cas et revue de la littérature. Gynecol Obstet
Fertil. 2009;37(4): 342-5. PubMed | Google Scholar
• Professeur Dr Tandu-Umba N.F.B.
Syllabus obstetrique, département de G.O CUK
MERCI POUR VOTRE
ATTENTION