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Structures en matériaux composites

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04/10/2008

Structures en matériaux composites

par Jean-Jacques BARRAU


Professeur à l’Université Paul-Sabatier Toulouse

et Didier GUEDRA DEGEORGES


Chef du département Ingénierie des Structures
Centre Commun de Recherche EADS

1. Principales matrices et fibres utilisées ............................................. BM 5 080 - 2


1.1 Matrices ........................................................................................................ — 2
1.2 Fibres ............................................................................................................ — 3
1.3 Présentations commerciales....................................................................... — 4

2. Méthodes de fabrication........................................................................ — 4

3. Caractéristiques d’un pli élémentaire................................................ — 5


3.1 Relations contraintes-déformations........................................................... — 6
3.1.1 Analyse macroscopique..................................................................... — 6
3.1.2 Analyse microscopique...................................................................... — 8
3.2 Critères de résistance .................................................................................. — 8
3.2.1 Sollicitations élémentaires................................................................. — 8
3.2.2 Sollicitation complexe........................................................................ — 9

4. Plaques multicouches............................................................................. — 10
4.1 Présentation ................................................................................................. — 10
4.2 Définition des efforts ................................................................................... — 11
4.3 Relation contraintes-déformations............................................................. — 12
4.4 Relation efforts-déformations..................................................................... — 13
4.4.1 Analyse physique du comportement................................................ — 13
4.4.2 Plaque présentant la symétrie miroir................................................ — 13
4.4.3 Plaque quelconque ............................................................................. — 14
4.5 Exemple d’une plaque multicouche........................................................... — 15
4.5.1 Position du problème ......................................................................... — 15
4.5.2 Résolution ........................................................................................... — 15
4.5.3 Évolution de la résistance de la plaque
en fonction de l’orientation des couches.......................................... — 16
4.5.4 Contraintes interlaminaires ............................................................... — 17
4.6 Calcul à rupture............................................................................................ — 17
4.7 Flambement ................................................................................................. — 18
4.8 Autres caractéristiques................................................................................ — 19
4.9 Plaque trouée ............................................................................................... — 20
4.9.1 Méthode générale............................................................................... — 20
4.9.2 Trou de petite dimension ................................................................... — 20
4.10 Exemple de dimensionnement d’une poutre composite ......................... — 21

5. Structure sandwich ................................................................................. — 22


5.1 Matériaux constituants................................................................................ — 23
5.2 Calcul de la résistance et de la rigidité
d’une structure sandwich (exemple d’une poutre encastrée) ................. — 23

Références bibliographiques ......................................................................... — 24

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’ingénieur désire dans un grand nombre de situations concevoir des struc-


L tures présentant un rapport performance/masse le plus élevé possible. Cela
est particulièrement vrai dans l’industrie aéronautique et spatiale. Pour obtenir
ces performances, il recherche des matériaux ayant des caractéristiques spéci-
fiques élevées. Les matériaux répondant à ce critère (verre, carbone, Kevlar,
bore) présentent un défaut majeur : ils sont fragiles. Un petit défaut suffit pour
amorcer la rupture totale de la structure. Pour pouvoir réaliser des structures
suffisamment tolérantes aux dommages, il est nécessaire d’utiliser ces maté-
riaux sous forme de fibres liées par une résine.
Considérons un ensemble de fibres unidirectionnelles, c’est-à-dire orientées
toutes dans la même direction, assemblées par une résine. On est en présence
d’un pli unidirectionnel. Ce matériau présente d’excellentes propriétés dans le
sens des fibres, quoique moins bonnes que celles des fibres isolées, ce qui est
normal puisque la résine apporte de la masse sans apporter d’amélioration des
caractéristiques mécaniques supplémentaires. Ce matériau est :
— globalement homogène du point de vue macroscopique (pour un volume
élémentaire, les caractéristiques macroscopiques sont les mêmes) ;
— anisotrope (les caractéristiques dépendent de la direction considérée).
À partir des résultats indiqués sur la figure 1 (§ 1) il semble qu’en utilisant
ces nouveaux matériaux on pourra réaliser des gains de masse spectaculaires.
Il ne faut pas oublier que ces matériaux ne résistent correctement que dans une
seule direction : celle des fibres. S’il existe des sollicitations équivalentes dans
les directions x et y, il faudra disposer des fibres dans ces deux directions.
Sachant que les fibres orientées suivant l’axe x n’amènent aucune résistance
suivant l’axe y, un matériau comportant 50 % de fibres à 0 o et 50 % de fibres
à 90 o aura alors des caractéristiques spécifiques deux fois plus faibles que
celles du matériau unidirectionnel (figure 1). S’il existe en plus des efforts à 45 o
et – 45 o, il faudra disposer des fibres dans ces directions et cette fois les carac-
téristiques spécifiques seront presque divisées par quatre. Lorsque l’on a dis-
posé des fibres avec le même pourcentage dans les directions 0 o, 45 o, – 45 o et
90 o, le matériau résultant a un comportement quasi isotrope dans le plan mais
ses caractéristiques spécifiques ne sont guère plus importantes que celles que
l’on peut obtenir avec des matériaux traditionnels.
En fait, dans la réalité les structures sont en général soumises à des efforts
très différents suivant les directions et il ne sera donc pas nécessaire de dis-
poser autant de fibres dans les quatre directions 0 o, 45 o, – 45 o, 90 o. Le travail
de l’ingénieur consistera à choisir le drapage optimisé permettant de résister
aux sollicitations extérieures. C’est cette optimisation du drapage qui permettra
d’obtenir des structures présentant un rapport performance/masse élevé.

■ Résines thermodurcissables
1. Principales matrices Une résine thermodurcissable est une formulation de différents
et fibres utilisées produits appartenant essentiellement à la chimie organique, qui
possède la propriété de passer de façon irréversible d’un état
liquide à un état solide.
Le lecteur pourra, pour plus de détails, se reporter aux réfé- ● Résine polyester : elle présente un bon accrochage sur les
rences bibliographiques [1] [2] ainsi qu’aux articles [15] [16] des fibres, un prix bas, mais a un retrait important et une tenue réduite
Techniques de l’Ingénieur. à la chaleur humide.
● Résine époxyde : c’est la plus utilisée dans l’industrie aéro-
nautique. Elle présente un bon accrochage sur les fibres, un faible
1.1 Matrices retrait au moulage (de l’ordre de 0,5 %) et de bonnes propriétés
mécaniques. Elle garde d’excellentes caractéristiques jusqu’à une
Pour lier les fibres ensemble, on utilise généralement des matri- température de 170 oC.
ces qui se classent en trois grandes catégories : les résines thermo- ● Résine phénolique : ayant de moins bonnes propriétés méca-
durcissables, les résines thermoplastiques et les matrices niques que les résines époxydes, elle n’est utilisée que lorsqu’il y a
métalliques. des exigences vis-à-vis de la tenue au feu (toxicité).

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● Résine polyimide : d’un emploi relativement difficile, chère, elle


a l’avantage de garder de bonnes caractéristiques sur une large 4000

R/d (MPa)
plage de température (de – 100 à + 260 oC).
■ Résines thermoplastiques Carbone T1000
Les résines thermoplastiques présentent la propriété de passer
de façon réversible de l’état solide à l’état pâteux. Elles présentent
plusieurs avantages provenant directement de leur définition : 3000
— mise en œuvre rapide par thermosoudage ;
— possibilité de retransformation ; il est possible de créer des
semi-produits (tôle par exemple) qui seront transformables à
chaud. Carbone T300

Elles ont, de plus, une meilleure ténacité que les résines thermo- Kevlar 29
Kevlar 49 Carbone M60
durcissables. Elles devraient donc permettre d’améliorer la tenue 2000
au choc des composites.
Les résines thermoplastiques avaient au départ deux graves
défauts : une faible tenue en température et peu de résistance aux Bore
solvants. Verre R
Des produits ont été étudiés pour pallier ces défauts : 1000
— les polyéthersulfones (PES) ; Verre E
— les polyétherimides (PEI) ;
— les polyétheréthercétones (PEEK) ;
— les polysulfures de phénylène (PPS). TA6V
Acier
L’imprégnation de fibres à l’aide de ces produits est assez
AU4G
complexe et leur rigidité à température ambiante rend assez diffi- 0
cile le drapage des pièces. Il faut remarquer que l’industrialisation 0 100 200 300
n’en est qu’à son début et l’on peut penser que ces résines auront E /d (MPa)
fibres
un développement important. pli unidirectionnel
E module d'Young
■ Matrices métalliques
R résistance à la rupture en traction
Malgré une densité importante, elles présentent des propriétés d densité
intéressantes pour la réalisation de pièces soumises à des frotte-
ments. Figure 1 – Rapport performance/densité de quelques fibres et plis
La voie aluminium – fibres de bore ou fibres de carbone est unidirectionnels
encore au stade du développement pilote. L’utilisation d’alliage de
magnésium est également envisagée afin d’optimiser la densité de
ces matériaux.
Il ne faut pas confondre ces composites faits de fibres longues Tableau 1 – Caractéristiques mécaniques
et ayant un pourcentage important de fibres, avec les matériaux des principales fibres
métalliques renforcés par des renforts discontinus (< 30 %). Dans
ce dernier cas, on obtient principalement une augmentation du Coefficient
Module Résistance
module d’Young. de
d’Young E en traction R
Matériau Densité dilatation
[en 10–6 mm/
1.2 Fibres (GPa) (MPa) (mm · K)]

Le lecteur pourra se reporter au tableau 1 et à la figure 1. Bore 2,5 410 3 260 4,8

■ Fibres de verre Carbone T300 1,76 230 4 210


Elles sont fabriquées par étirage rapide de baguettes de verre de Carbone T1000 1,8 294 6 370 – 0,55
quelques dixièmes de millimètre de diamètre, sortant d’une filière Carbone M60 1,94 588 3 820
chauffée par effet Joule.
Verre R 2,58 85 3 200 4
L’étirage peut être produit suivant les deux méthodes suivantes :
— le procédé mécanique, dénommé Silionne, dans lequel l’éti- Verre E 2,6 74 2 450 4,8
rage est réalisé par la traction due à l’enroulement du fil sur Kevlar 49 1,49 132 3 000 –5
une broche tournant à grande vitesse ; on obtient des fils
continus ; Kevlar 29 1,44 82 3 000 –4
— le procédé pneumatique, dénommé Verranne, dans lequel
l’étirage est produit par entraînement des fibres sous l’action
d’un jet d’air sous pression ; on obtient des fibres de faible — verre C : bonne résistance chimique ;
longueur. — verres R ou S : haute résistance mécanique.
Seul le premier procédé permet d’obtenir des matériaux présen- La fibre de verre R ou S a une résistance mécanique élevée et
tant des caractéristiques mécaniques élevées. Il existe, dans cha- une rigidité moyenne. Sa densité relativement élevée par rapport
que procédé, suivant les compositions chimiques, plusieurs types aux autres fibres explique sa position médiane lorsqu’on la
de verre dont les propriétés caractéristiques sont les suivantes : compare du point de vue des propriétés spécifiques aux autres
— verre E : usage général, bonnes propriétés électriques ; fibres (figure 1). Il ne faut cependant pas oublier que c’est la fibre
— verre D : hautes propriétés diélectriques ; la moins chère du marché.

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■ Fibres de carbone
Elles peuvent être réalisées par carbonisation de fibres poly-
acrylonitriles (PAN) ou de bray [11]. Le précurseur est oxydé à une
température de l’ordre de 300 oC puis ensuite chauffé en atmos-
phère neutre. Les propriétés mécaniques dépendent de la tempé-
rature finale de fabrication. Le module d’Young augmente
régulièrement avec la température tandis que la résistance en
traction atteint un pic pour une température de l’ordre de 1 500 oC,
puis décroît si l’on continue à augmenter la température de fabri-
cation. On obtient ainsi des fibres haute résistance, haut module, a taffetas b satin de 8
et même très haut module. Il existe sur le marché des fibres de
première génération (apparues dans les années 1970) et des fibres
Figure 2 – Tissus
de deuxième génération (apparues autour de 1984) qui présentent
des résistances très supérieures à celles des fibres de première
génération. De part leur méthode de fabrication, les fibres de car-
bone sont très anisotropes. Les propriétés mécaniques transversa-
■ Tissus
les sont beaucoup plus faibles que les propriétés longitudinales.
Les fibres de carbone sont des fibres conductrices, de masse Le tissu est constitué par l’entrecroisement de fils de chaîne et
volumique faible, ayant de très bonnes propriétés mécaniques et de fils de trame. Un tissu est équilibré si le poids de chaîne est égal
un coefficient de dilatation négatif. au poids de trame. Il est appelé unidirectionnel si le poids de
chaîne représente plus de 70 % du poids total.
■ Fibres de bore
Les armures les plus courantes (figure 2) sont les suivantes :
La fabrication de ces fibres est réalisée par un dépôt en phase • Le taffetas dans lequel les fils de chaîne et de trame s’entre-
vapeur du bore sur un filament de tungstène. croisent alternativement ; on obtient un tissu peu déformable ayant
Ces fibres, qui sont chères, ont de très bonnes caractéristiques une planéité excellente.
mécaniques. Leur utilisation se restreint au profit des fibres de • Le satin : le fil de chaîne flotte au-dessus de plusieurs fils de
carbone. trame ; dans un satin de 8, le fil de chaîne flotte au-dessus de 7 fils
de trame ; c’est l’armure la plus déformable : elle sera utilisée pour
■ Fibres aramides
réaliser des formes complexes ; la déformabilité d’un tissu peut
Les plus connues sont les fibres commercialisées par Du Pont de aussi être un inconvénient car elle empêche de connaître avec pré-
Nemours (États-Unis) sous le nom de Kevlar. cision l’orientation des fibres dans le matériau final.
Ces fibres sont des polyamides aromatiques. Elles présentent Les tissus sont plus faciles à manipuler que les nappes et offrent
une masse volumique très faible, de très bonnes caractéristiques des propriétés intéressantes dans deux directions. Un tissu équili-
spécifiques en traction, un coefficient de dilatation négatif. Elles bré doit être comparé à un matériau réalisé par deux nappes
ont l’inconvénient d’avoir une faible résistance en compression, superposées à 90o. Dans ce cas, l’expérience montre qu’un stratifié
une forte reprise d’humidité et d’être sensibles aux rayons ultravio- tissu équilibré par rapport à un stratifié nappe a un module
lets. d’Young inférieur de 5 à 10 % et une résistance à la rupture en trac-
tion inférieure de 15 à 20 %.

1.3 Présentations commerciales ■ Mats


Ils sont réalisés par des ensembles de fils dont les longueurs
Deux grandes catégories de produits sont commercialisées : sont généralement de l’ordre de 50 mm. Assemblés avec de la
• Les produits secs, qui consistent en fibres seules ; résine, ils donnent des stratifiés ayant un comportement quasi iso-
• Les préimprégnés, dans lesquels les fibres sont imprégnées trope mais des caractéristiques beaucoup moins élevées que les
avec un pourcentage bien déterminé de résine ; ces produits per- tissus ou les nappes. En contrepartie, ils permettent des cadences
mettent d’être sûr de la qualité de l’imprégnation, et de réaliser des de fabrication élevées.
pièces avec une très bonne reproductibilité, mais ils ont l’inconvé-
nient d’être chers, de devoir être conservés à basse température
pour empêcher la résine de polymériser ; leur durée de vie est
limitée ; la polymérisation doit s’effectuer sous pression et à une
température assez élevée (120 à 180 oC). 2. Méthodes de fabrication
Ces produits se présentent sous différentes formes décrites
ci-après. Dans ce paragraphe, nous indiquons les procédés les plus cou-
■ Nappes unidirectionnelles rants de mise en œuvre de composites à matrice organique ayant
des renforts constitués de fibres longues. Pour plus de détails sur
Les nappes (appelées rubans dans certains cas) sont constituées ces procédés, on se reportera à l’article [17] des Techniques de
de fibres parallèles entre elles orientées dans une seule direction. l’Ingénieur.
La cohésion transversale est assurée :
• Pour les préimprégnés, par la résine ; ■ Moulage au contact
• Pour les nappes sèches :
— soit par un ruban adhésif disposé suivant un pas déterminé On dispose successivement dans le moule les armures (fibres) et
(ce ruban peut créer des problèmes en fatigue sur le maté- la résine (figure 3). Après chaque couche, un débullage est réalisé.
riau final) ; Cette technique ne demande pas d’investissement mais ne permet
— soit par un léger tissage ; on obtient un tissu unidirectionnel pas d’obtenir des pièces ayant d’excellentes propriétés mécani-
dans lequel la masse de fibres dans le sens chaîne représente ques. Les caractéristiques finales dépendent de la qualité de la
98 % de la masse totale ; les 2 % restants assurent la cohésion main-d’œuvre.
transversale et sont perdus pour la résistance en traction dans On peut disposer de la même façon les armures sur une mousse
le sens longitudinal. préalablement découpée aux cotes exactes.

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Rouleau de compactage Pompe


à vide
Résine
Composite
Fibres

Moule Moule

Tissu de drainage
Figure 3 – Moulage au contact Membrane
Tissu d'absorption
Membrane perforée
Composite (résine + fibres)
Film séparateur perforé
■ Moulage sous vide
L’imprégnation peut être réalisée comme pour le moulage au
contact. On peut aussi utiliser des produits préimprégnés. La tech- Figure 4 – Moulage en autoclave
nique consiste ensuite à faire le vide entre une membrane défor-
mable et le moule. Par ce procédé, on réalise un compactage des
différentes couches et on élimine correctement les résidus gazeux.
Ce dégazage peut être amélioré en intercalant entre le composite
et la membrane un tissu de drainage. On obtient ainsi des pièces Injection
reproductibles, présentant de bonnes caractéristiques mécaniques.
■ Moulage sous pression
L’imprégnation est réalisée comme précédemment, la pression
permet d’avoir un excellent compactage, d’ajuster le taux de
résine, d’avoir une très bonne reproductibilité. Suivant la manière
dont la pression est exercée, on aura les procédés de fabrication
suivants.
● Moulage au sac en autoclave (figure 4) : la pression est exercée
Préforme Chauffage
par l’intermédiaire d’une membrane en insérant la pièce et le moule
dans un autoclave ; les produits volatils sont éliminés en faisant le
vide entre la membrane et le moule. Un tissu de drainage permet Figure 5 – Procédé RTM
d’assurer le débullage de façon uniforme. L’ajustement de la quan-
tité de résine s’obtient par l’intermédiaire de la pression, un tissu
d’absorption récupérant la résine en excès. Ce procédé permet
d’élaborer des pièces reproductibles présentant de très hautes qua- ■ Procédé RTM (figure 5)
lités mécaniques.
● Moulage à la presse : la pièce est comprimée entre un moule et
Il s’agit d’un moulage par injection basse pression de résine
un contre-moule par l’intermédiaire d’une presse ; dans cette tech- liquide, couramment appelé procédé RTM (Resin Transfer Mold-
nique, suivant la forme des pièces, l’élimination des produits vola- ing ). La pièce est réalisée par infiltration d’une résine thermodur-
tils ainsi que la pression exercée ne sont pas uniformes en tous les cissable dans une ébauche fibreuse sèche, placée dans un moule
points de la structure. Ce procédé n’est pas applicable pour des fermé (0,2 Pa · s < viscosité résine < 0,6 Pa · s, 1 bar < pression
pièces de faible conicité, mais il permet des cadences de fabrication < 4 bar).
intéressantes.
● Moulage à l’aide d’un mandrin expansible : la pièce est drapée
dans un moule. On insère ensuite, avant de fermer le moule, un
matériau expansible, un élastomère silicone par exemple dont le
coefficient de dilatation est 10 fois celui de l’aluminium. Le moule
3. Caractéristiques
est mis en étuve et sous l’effet de la température le mandrin expan- d’un pli élémentaire
sible assure la pression. Il est nécessaire de calculer la forme du
mandrin pour ajuster la valeur de la pression appliquée.
Un pli unidirectionnel est composé de fibres longues, parallèles
■ Bobinage (ou enroulement) filamentaire entre elles, orientées suivant une seule direction. Ces fibres sont
Une bande de fils préimprégnés continus est enroulée sous liées par une résine. Pour pouvoir dimensionner une structure, il
légère tension, suivant des directions préférentielles, sur un man- est nécessaire de caractériser ce pli en rigidité et en résistance.
drin, démontable ou soluble. On obtient ainsi des pièces de révo-
lution présentant d’excellentes caractéristiques mécaniques.
Considérons une éprouvette parallélépipédique réalisée avec
■ Placement filamentaire ce matériau et définissons le repère orthonormé {O, XYZ } tel
Une tête robotisée dépose des bandes de préimprégnés suivant que l’axe OX soit parallèle à la direction des fibres (figure 6).
des trajectoires prédéfinies. Cette technique permet la réalisation Pour ce matériau, avec le repère considéré, les trois plans
de pièces complexes de grandes dimensions pouvant présenter de perpendiculaires OXY, OXZ, OYZ sont des plans de symétrie. On
fortes courbures. Elle autorise également la réalisation automati- dit que le matériau est orthotrope, et on appelle repère d’ortho-
que de renforts locaux. tropie le repère {O, XYZ }.

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Le module d’Young transversal Ey et le coefficient de Poisson


νYX sont définis par :
Z

 
1
ε Y = --------- σ Y
EY
ν YX
O
ε X = – ν YX ε Y = – ----------- σ Y
EY  
Y
■ Chargement de cisaillement pur
^
Sous une sollicitation de cisaillement pur τXY , l’angle droit XOY
se déforme sans qu’il apparaisse de déformations εX et εY (ce
X résultat peut se démontrer en utilisant le théorème de réciprocité
de Maxwell-Betti et les résultats précédents ou par des
considérations d’antisymétrie). Le module de cisaillement GXY est
Figure 6 – Pli unidirectionnel
défini par la relation :
τXY = 2 GXY εXY
Il est important de remarquer que pour un matériau orthotrope
3.1 Relations contraintes-déformations le module de glissement est une caractéristique indépendante des
modules EX et EY . Il doit être déterminé expérimentalement.
Des essais montrent que, quel que soit le chargement, les défor-
mations sont proportionnelles aux efforts. Le matériau présente ■ Cas général
un comportement élastique linéaire. Par contre, à la différence d’un Lorsque s’exercent simultanément les contraintes σX , σY , τXY ,
matériau isotrope classique (alliage léger, acier), on observe des les déformations résultantes sont la somme des déformations pro-
propriétés différentes suivant les directions considérées. Ce maté- venant des chargements élémentaires. On obtient :
riau est anisotrope.
Nous allons dans une première phase étudier, de manière    σ 
 εX  1/E X – ( ν YX /E Y ) 0  X 
macroscopique, dans le repère d’orthotropie, le comportement de    σ 
ce matériau pour les trois sollicitations élémentaires suivantes :  εY  = – ( ν XY /E X ) 1/E Y 0  Y  (1)
   τ 
— traction-compression suivant la direction OX ;  2 ε XY  0 0 1/G XY  XY 
— traction-compression suivant la direction OY ;    
— chargement de cisaillement pur dans le repère {O, XY }. De façon générale, on écrit :
Le cas général est résolu par combinaison linéaire de ces cas de
base. Dans une deuxième phase, est analysé le comportement de  ε   σ 
façon microscopique.  X  S 11 S 12 S 13  X 
   σ 
 εY  = S 21 S 22 S 23  Y 
   τ 
3.1.1 Analyse macroscopique  2 ε XY  S 31 S 32 S 33  XY 
   

■ Traction-compression simple suivant l’axe OX ou { ε }XY = [S] {σ }XY


Sous l’effet d’une sollicitation de traction simple générant une avec [S ] matrice de souplesse du matériau (représentation de la
contrainte σX , la structure subit dans la direction OX un allonge- loi de Hooke).
ment relatif εX et un raccourcissement relatif εY dans la direction
La relation (1) peut être inversée. On obtient la matrice de rigi-
OY. Puisque l’effort s’exerce suivant un axe du repère d’orthotro- dité que l’on appelle [Q′′ ] dans le repère d’orthotropie telle que :
pie, c’est-à-dire suivant un axe de symétrie du matériau, l’angle
^ {σ }XY = [Q′′] {ε }XY (2)
droit XOY doit rester droit. L’effort de traction ne génère pas de
^ Dans le cas où le matériau est orthotrope, la matrice [Q′′] s’écrit
variation de l’angle droit XOY : la composante εXY du tenseur de
dans les axes d’orthotropie :
déformation est nulle.
On définit un module d’Young longitudinal EX et un coefficient β EX βν XY E Y 0
de Poisson νXY par les relations suivantes : [ Q′′ ] = βν XY E Y β EY 0 (3)

 
1 0 0 G XY
εX = --------- σ X
EX
avec
ν XY 1
β = ---------------------------------------
ε Y = – ν XY ε X ou εY  
= – ------------ σ X
EX ( 1 – ν XY ν YX )
Pour simplifier l’écriture, les relations sont souvent écrites de
■ Traction-compression simple suivant l’axe OY façon condensée en utilisant la convention d’Einstein. Il y a som-
mation si un indice est répété. Ainsi nous écrivons :
De façon analogue au cas précédent, générons un effort de
′′
traction suivant la direction OY. Cet effort implique une contrainte σ i = Q ij e j (4)
normale σY . La structure subit un allongement relatif εY , un
raccourcissement εX et une distorsion angulaire εXY nulle, car avec
l’effort est encore dirigé suivant un axe d’orthotropie. i et j = 1, 2, 6

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Y F F F
x

D
σX X X Y

Y X
P1 P2
y Y X O

y
Y D X P1
P2
F F F
α
O σX x a b c

{O, XY } repère d'orthotropie P1 position initiale Figure 8 – Essais de caractérisation


D direction des fibres P2 position déformée

Le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti indique que :


Figure 7 – Comportement en traction en fonction
(σY )2 (εY )1 = (σX )1 (εX )2
de la direction des axes d’orthotropie
d’où S 21 = S 12
La matrice de souplesse est symétrique et la matrice [Q] égale-
Les indices valent 1,2,6 car lorsqu’un seul indice est utilisé pour ment.
repérer les composantes du tenseur des contraintes la numérota- ● Les coefficients de Poisson  XY et  YX ne sont pas égaux :
tion se fait comme indiqué ci-dessous : puisque la matrice de souplesse est symétrique :
νXY /EX = νYX /EY (6)
σ 11 σ 12 σ 13
Les modules d’Young EX et EY n’étant pas égaux, les coefficients
σ 12 σ 22 σ 23 (5) de Poisson ne le sont pas. Pour un matériau unidirectionnel, le
σ 13 σ 23 σ 33 module EY est beaucoup plus petit que le module EX et donc le
coefficient de Poisson νXY sera beaucoup plus grand que νYX . On
déterminera donc νXY par essai et νXY sera déterminé par la
Soit : relation (6).
σ 1 = σ 11 σ 2 = σ 22 σ 6 = σ 12
■ Détermination expérimentale des coefficients
e 1 = ε 11 e 2 = ε 22 e 6 = 2ε 12
Pour un matériau orthotrope, tel que des fibres unidirectionnel-
les, il faut faire les trois essais suivants (figure 8) pour déterminer
■ Remarques
les caractéristiques. Dans ces trois essais, l’éprouvette est soumise
Termes de couplage S 13 , S 23 : la relation a été établie dans le à un effort de traction F dirigée suivant l’axe x ; S est la section de
repère d’orthotropie {O, XYZ }. Les termes S 13 et S 23 sont nuls. Il l’éprouvette normale à x.
● Dans le premier essai (a), les fibres sont orientées suivant l’axe
n’existe pas, dans ce repère, de couplage entre effort normal et
distorsion angulaire. Si la relation est écrite dans un autre repère, x (donc les directions x et X sont confondues) et deux jauges de
par exemple le repère {O, xy } dont l’axe Ox fait un angle α avec la déformations sont collées dans les directions X et Y pour mesurer εX
direction des fibres, alors les termes S 13 et S 23 sont différents de et εY . Puisque l’effort de traction est mesuré, la contrainte σX est
connue et il est immédiat à partir de la relation (1) de déterminer EX
zéro. Un effort de traction suivant la direction Ox génère une
^
et νXY .
distorsion de l’angle droit Oxy (figure 7). À la différence des maté- ● Dans le deuxième essai (b), les fibres sont dirigées suivant l’axe
riaux isotropes, la relation contraintes-déformations dépend du Y et une jauge permet de déterminer εY . Connaissant σY on obtient
repère considéré. EY .
● Dans le troisième essai (c ), le module GXY sera obtenu à partir
● La matrice de souplesse est symétrique : considérons une pre-
d’un essai de traction sur une éprouvette réalisée en orientant les
mière sollicitation de traction simple suivant la direction OX d’inten-
fibres à 45o avec l’axe X. La force appliquée et l’allongement relatif
sité (σX )1 . Elle génère dans la direction OY une déformation (εY )1
εx sont mesurés. La méthode de calcul est la suivante :
telle que :
(εY )1 = S 21(σX )1 • Le tenseur des contraintes est calculé dans le repère {O, xyz} :

Soit une deuxième sollicitation de traction simple suivant la F


----- 0 0
direction OY d’intensité (σY )2 . Elle crée dans la direction OX la S
[ Σ Oxyz ] = (7)
déformation (εX )2 suivante : 0 00
(εX )2 = S 12(σY )2 0 00

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• Par changement de repère, le tenseur est déterminé dans le Pour un composite carbone-époxyde, E f a une valeur de l’ordre
repère d’orthotropie {O, XYZ } : de 140 GPa, E m a une valeur voisine de 8 GPa.
La rigidité du matériau dans la direction longitudinale est donc
F F commandée presque exclusivement par le comportement des
----- c 2 ----- sc 0
S S fibres :
EX = ϕ f E f
[ Σ OXYZ ] = F F (8)
----- sc ----- s 2 0 ■ Chargement d’effort normal de module F
S S
suivant la direction OY (figure 8b)
0 0 0 Le module d’Young transversal EY est très différent du module
longitudinal EX car, dans une sollicitation transversale, le
avec c = cos (α ) et s = sin (α ) ; dans ce cas α = 45o. composite peut être modélisé en considérant que les fibres et la
matrice sont disposées en série. C’est le matériau le plus souple (la
• Dans le repère d’orthotropie, la relation (1) est utilisée pour matrice) qui commande la déformation. La détermination théo-
déterminer le tenseur des déformations : rique du module d’Young EY en fonction des caractéristiques des
fibres et de la matrice est assez difficile. On peut prendre la relation
ν YX s 2 suivante, suivant la théorie de Puck :
- – ------------------- 
 --------
c 2 sc
----------------- 0
E E 2G XY 2
X Y Em 1 + 0,85 ϕ f
E Y = ------------------ -----------------------------------------------------------------------------------
F 1 – νm Em
 ε XY  = ----- ν XY c 2 (9) ( 1 – ϕ f ) 1,25 + ------------------------------ - ϕf
 -------- – ------------------- 
S s 2
2
sc 0 Ef ( 1 – ν m )
E Y E X

■ Chargement de cisaillement dans le repère {O, XYZ }


0 0 0 Sous un effort de cisaillement pur dans le repère {O, XY }, les
fibres et la matrice sont soumises à la même contrainte. C’est le
• Il ne reste plus qu’à déterminer par changement de repère
matériau le plus souple (ici la matrice) qui gouverne ce phéno-
l’allongement relatif εx . On obtient :
mène.
s 2 c 2 ν XY
- + -------- – 2 ------------------------------ + ------------- s c 
 --------
F c 4 s 4 1 Si G f et G m sont les modules de glissement des fibres et de la
ε x = ----- 2 2 (10) matrice, on trouve, d’après Puck :
S E X E Y E X G XY
0,5
Dans cette équation toutes les valeurs sont connues sauf GXY . 1 + 0,6 ϕ f
G XY = G m --------------------------------------------------------
Gm
( 1 – ϕ f ) 1,25 + ϕ f -----------
Gf
3.1.2 Analyse microscopique
Soit E f le module d’Young des fibres, E m le module d’Young de ■ Remarque
la matrice. Si la loi des mélanges pour le module d’Young (module d’élasti-
Dans la section droite perpendiculaire à l’axe OX d’aire S, les cité longitudinal) donne de bons résultats, les formules donnant les
fibres occupent une surface S f et la matrice une surface S m : caractéristiques transversales sont beaucoup plus approchées. Il
ne faut pas perdre de vue que les propriétés du matériau en rigi-
Sf + Sm = S dité et encore plus en résistance dépendent de la méthode de fabri-
cation. Il faut donc toujours, pour connaître les caractéristiques du
On appelle ϕ f = S f /S, ϕ m = S m /S, les pourcentages de fibre et de matériau, faire des essais sur des éprouvettes qui seront réalisées
matrice en volume. de façon identique à la structure finale.
■ Chargement d’effort normal de module F
suivant la direction OX (figure 8a)
Dans cette sollicitation, les fibres et la matrice subissent le même 3.2 Critères de résistance
allongement relatif εX . Faisons l’hypothèse que les deux matériaux
sont dans un état de traction simple. Les contraintes normales Pour déterminer et comprendre la résistance d’un élément de
dans les fibres (σX )f et dans la matrice (σX )m valent respectivement base, nous allons d’abord étudier successivement cinq sollicita-
pour la fibre et la matrice : tions élémentaires dans le repère d’orthotropie. Nous étudierons
ensuite le cas d’une sollicitation complexe.
 ( σX )f = Ef εX

 ( σX )m = Em εX 3.2.1 Sollicitations élémentaires
La force F s’exerçant sur l’éprouvette est la résultante des efforts
agissant sur les fibres et la matrice : ■ Traction dans la direction des fibres
Sous une sollicitation de ce type, on remarque expérimenta-
F = (σX )f Sf + (σX )m Sm lement que la relation contraintes-déformations est linéaire
D’autre part, par définition : jusqu’à la rupture. Le matériau considéré a un comportement fra-
gile.
σX = F/S
Les fibres sont beaucoup plus rigides que la matrice. Elles sup-
d’où σ X = ( σ X )f ϕ f + ( σ X )m ϕ m (11) portent le principal de l’effort. Si X f est la contrainte à la rupture
d’une fibre et si l’on néglige la matrice, la résistance de l’éprou-
et donc EX = E f ϕ f + E m ϕ m (12) vette est théoriquement donnée par :
C’est la loi des mélanges. FR = XfSf

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(0)

Tableau 2 – Caractéristiques mécaniques pour un matériau unidirectionnel

Carbone Verre
Kevlar 49/ Bore/
Matériau
HR T 300/ HR T 800/ HM M 50/ époxyde époxyde
E/époxyde R/époxyde
époxyde époxyde époxyde
Résistance :
traction longitudinale .............................(MPa) 1 600 2 940 1 080 1 030 1 380 1 380 1 300
compression longitudinale ....................(MPa) 1 500 1 570 830 550 660 280 2 500
traction transversale ...............................(MPa) 50 60 45 41 41 41 61
compression transversale ......................(MPa) 120 270 .................... 138 138 138 202
cisaillement interlaminaire.....................(MPa) 65 100 60 55 55 55 67
Module :
d’Young longitudinal EX .........................(GPa) 132 162 225 45 52 72 200
d’Young transversal EY ..........................(GPa) 10 10 7 12 13,8 5,5 18,5
de glissement G ......................................(GPa) 5 5 4,5 4,4 4,5 2,1 5,59
Coefficient de Poisson νXY................................ 0,35 0,34 0,3 0,25 0,25 0,34 0,23
Pourcentage de fibres en volume .................... 60 60 60 60 60 60 60
Densité par rapport à l’eau ............................... 1,57 1,6 1,66 2 2 1,38 2

On trouve expérimentalement une valeur plus faible. Cela Dans le repère {O, xy } le tenseur des contraintes s’écrit :
s’explique par le fait que :
— les fibres ne sont pas équitendues ; elles ne supportent pas σx 0
[ Σ Oxy ] =
toutes le même effort ; 0 0
— les fibres ne sont pas parfaitement rectilignes à l’intérieur de
la matrice ; à l’effort de traction proprement dit se superpose un avec σx = F /S,
effort de flexion. F force exercée,
■ Compression dans la direction des fibres S surface de la section de l’éprouvette.

Du point de vue théorique on trouve, au signe près, le même Pour pouvoir utiliser les résultats des essais, il faut dans une pre-
résultat que précédemment. Expérimentalement, on obtient, sauf mière étape calculer le tenseur des contraintes dans le repère
pour le bore, une contrainte à la rupture en compression beaucoup d’orthotropie {O, XY } (équation (8)) :
plus faible qu’en traction.
F F
Cela provient du fait que les fibres, ayant un diamètre très faible, ----- c 2 ----- sc 0
ont tendance à flamber ; c’est la matrice qui les stabilise. Dans ce S S
mode d’effort, les propriétés de la matrice sont importantes. Ainsi,
les fibres de nouvelle génération ont une résistance et une rigidité [ Σ OXYZ ] = F F
en traction plus élevées que les fibres de première génération mais ----- sc ----- s 2 0
S S
elles ne permettent pas d’obtenir un gain de résistance en
compression. Pour augmenter les caractéristiques en compression,
il faut augmenter les caractéristiques de la résine. 0 0 0

avec c = cos α et s = sin α.


■ Traction et compression transversales, cisaillement
À partir de la connaissance de ce tenseur, plusieurs critères peu-
Dans ces sollicitations, fibres et matrice sont soumises à des
vent être utilisés. À noter que la notion de critère est une approche
contraintes équivalentes. C’est le matériau le plus faible (la
locale. Si le critère est violé en un ou plusieurs points, la rupture
matrice) qui gouverne la résistance du composite. Les résistances
s’amorce localement en ces points, mais on ne peut présager de
obtenues sont très basses (tableau 2).
l’évolution des défauts sur la structure.

3.2.2 Sollicitation complexe ■ Critère de la contrainte maximale


On suppose que le matériau résiste si chacune des composantes
Grâce à des essais simples, on définit dans le repère d’ortho- du tenseur des contraintes est comprise entre les valeurs extrêmes
tropie les contraintes limites : trouvées expérimentalement dans le cas de sollicitations simples :
— en traction-compression dans le sens des fibres : X t , X c ;
— en traction-compression dans le sens transversal : Y t , Y c ; F
– X c < ----- ( cos α ) 2 < X t
— en cisaillement : Q. S
À partir de la connaissance de ces valeurs, on veut déterminer la F
résistance de ce matériau sous un chargement quelconque. – Y c < ----- ( sin α ) 2 < Y t
S
Considérons le cas d’une sollicitation de traction simple dans
une direction Ox faisant un angle α avec la direction des fibres F
----- sin α ⋅ cos α < Q
(figure 7b ). S

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forme polynomiale. De plus, en faisant, de manière équivalente


aux matériaux isotropes, l’hypothèse d’insensibilité à une pression
2 hydrostatique, on obtient le critère de Hill. Pour que le matériau ne
F x
casse pas, on doit avoir :
I et II F X
α
102 σX σY σX σY τ XY
 --------
X 
- +  --------   
2 2 2
8 - + -----------
– ------------------ <1 (13)
Y X2 Q
6 Fibres
Dans cette écriture, l’axe OX est impérativement parallèle à la
4 direction des fibres.
I II F X vaut X t ou X c suivant que σX est positif ou négatif. De façon
similaire Y vaut Y c ou Y t suivant le signe de σY .
2
Sur la figure 9, on remarque la bonne concordance des résultats
III expérimentaux avec ce critère.
10
8 ■ Critère de Tsai-pWu
6 C’est un critère très général qui peut être appliqué à un stratifié.

4 6 6

0 15 30 45 60 75 90

i =1
 Bi σi + ∑ Aij σi σj
j =1
 <1 (14)

α (degrés)
points expérimentaux avec Aij et Bi constantes matériaux.
I critère de la contrainte maximale
En pratique, vu la difficulté de déterminer à partir de résultats
II critère de la déformation maximale
III critère de Hill
expérimentaux toutes les constantes, ce critère est utilisé pour
chaque couche individuellement comme les critères précédents.
Pour les sollicitations où seules les contraintes σX , σY et τXY sont
Figure 9 – Comparaison de critères de rupture. différentes de zéro, le critère se simplifie de la façon suivante :
Éprouvette en traction
2 2 2
A 11 σ X + A 22 σ Y + 2 A 12 σ X σ Y + A 66 τ XY + B 1 σ X + B 2 σ Y < 1 (15)

Sur la figure 9 sont indiqués les résultats expérimentaux et les Les termes contenant la contrainte de cisaillement avec un expo-
valeurs obtenues à l’aide de ce critère. Il apparaît que : sant impair sont éliminés puisqu’une couche orthotrope, dans son
repère d’orthotropie, n’est pas sensible au signe de la contrainte de
— ce critère n’est pas conservatif ; il prédit des efforts à rupture cisaillement. En substituant dans le critère les valeurs des résultats
plus élevés que ceux observés expérimentalement ; cela provient d’essais pour des sollicitations simples, les valeurs suivantes sont
du fait que l’on néglige toute interaction entre les différentes obtenues pour les constantes :
composantes du tenseur des contraintes ;
— un désalignement très faible des fibres par rapport à la 1 1 1
direction de l’effort crée une chute importante de la résistance. A 11 = ----------------- A 22 = ---------------- A 66 = ---------
-
Xc Xt Yc Yt Q2
■ Critère de la déformation maximale (16)
1 1 1 1
Le raisonnement est exactement le même que précédemment, B 1 = ------- – -------- B 2 = ------- – --------
Xt Xc Yt Yc
simplement on remplace les contraintes par les déformations.
Il reste à déterminer le coefficient d’interaction A 12 qui devrait
■ Critère de Puck
être obtenu à partir d’un essai biaxial. Une estimation de A 12 peut
Ce critère permet de déterminer si c’est la matrice ou la fibre qui être réalisée en supposant que ce critère est une généralisation du
entraîne la rupture de la couche, tout en tenant compte de certai- critère de von Mises.
nes interactions. Il s’écrit de la façon suivante :
1
A 12 = – ----- A 11 A 22 (17)
σ X < X t ou X c  2

σ τ 
 -------
Y 
- +  ----------
Q 
Y 2 XY 2
-  1

Y vaut Y c ou Y t suivant le signe de σY . 4. Plaques multicouches


Quand le matériau présente des contraintes à rupture très diffé-
rentes en traction et compression la formulation suivante (Puck
modifié) permet de mieux corréler les résultats des essais :
4.1 Présentation
σ X < X t ou X c 

σY
2
τ XY 2  ■ Structures minces
- + σY
---------------
Yt Yc  1 1
   - <1
------- – -------- + ----------
Yt Yc Q  En superposant des couches dans lesquelles les fibres sont
orientées suivant des directions préférentielles, il est possible de
■ Critère de Hill résister à des efforts complexes dans le plan. Par contre, des
efforts s’exerçant perpendiculairement au plan des fibres ne peu-
Pour tenir compte des interactions entre les composantes du vent être repris que par la matrice (on ne considère pas ici les
tenseur des contraintes, on peut écrire le critère de rupture sous composites carbone-carbone).

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y
a -a Ny
T
a
a yP xP
-a
O x O Nx

-a -a
a
a b c d

Figure 10 – Équivalence cisaillement-traction compression


Figure 11 – Orientation optimale des fibres
en fonction des efforts extérieurs

Les structures pour lesquelles l’emploi des composites est très


intéressant sont les structures minces (l’épaisseur est faible devant
les dimensions caractéristiques de la structure).
Les exemples les plus courants sont les plaques, les coques
minces, les poutres à section mince (tube, section en I, en L, etc.).
Z z
Toutes ces structures peuvent être considérées comme un assem- Couche n°p
blage de plaques. Il est ainsi possible de calculer les efforts s’exer-
çant sur chaque élément. Il faut ensuite, à partir de ces efforts
globaux, déterminer les contraintes dans chaque couche pour Y
connaître la résistance et la rigidité de la structure. Plan moyen

■ Orientation des fibres h/2 hp h y


p -1
Les résultats du paragraphe 3 (tableau 2) montrent que des h
Couche n°1
fibres unidirectionnelles noyées dans une matrice ne présentent α
une résistance importante qu’à des efforts de traction ou de
compression dans le sens des fibres. Lorsqu’il s’exerce dans le x X
plan des efforts suivant plusieurs directions, il est nécessaire de
disposer les fibres suivant plusieurs orientations. { O, xyz } repère de la plaque
{ O, XYZ } repère d'orthotropie de la couche
Considérons le cas général où s’exercent des contraintes
normales σx et σy et des contraintes de cisaillement τxy .
● Pour résister aux contraintes normales σx et σy , il convient Figure 12 – Plaque multicouche
d’orienter les fibres dans les directions Ox, Oy (figure 11a et b ).
● La contrainte de cisaillement τxy (τxy = a ) crée par définition,
dans le repère {O, xy }, le tenseur des contraintes suivant :
il faudra disposer :
[ Σ Oxy ] = 0 a P 2 % de plis à 90o, avec P 2 % = P 1 % × Ny /Nx
a 0 P 3 % de plis à 45o et P 3 % à – 45o avec P 3 % = P 2 % × T /Nx
Ce même tenseur, dans le repère principal {O, x P y P) qui est Comme P 1 % + P 2 % + 2 P 3 % = 100, on obtient très rapidement
orienté à plus et moins 45o de l’axe Ox (figure 10), s’écrit : le pourcentage à disposer dans chacune des directions.

[ Σ OxP yP ] = a 0 (18) La seule inconnue qui reste à déterminer est l’épaisseur totale
0 –a qui ne peut être trouvée qu’à partir du calcul des contraintes dans
les plis (§ 4.7).
Il apparaît ainsi (figure 10) qu’un état de cisaillement pur dans le
repère {O, xy } est équivalent à des efforts simultanés de traction
■ Définition d’une plaque stratifiée
dans la direction Ox P et de compression dans la direction Oy P .
Pour résister à un effort de cisaillement, il suffit de réaliser une Soit une plaque d’épaisseur h (figure 12). On considère un
structure dans laquelle les fibres sont orientées suivant les deux repère orthonormé {O, xyz } tel que l’axe Oz soit perpendiculaire au
directions Ox P , Oy P (figure 11c ). plan de la plaque. Le plan Oxy est le plan moyen.
● Pour qu’une structure puisse supporter des efforts multiaxiaux, Cette plaque est constituée par l’empilement de N couches de
il faut créer une plaque multicouche dans laquelle les fibres sont matériaux orthotropes. L’axe Oz est un axe d’orthotropie pour tou-
orientées suivant les quatre directions préférentielles Ox, Oy, Ox P , tes les couches. On appelle hp , hp –1 les cotes supérieure et infé-
Oy P (figure 11d ). rieure de la couche p.
● Pour définir l’orientation des couches, il faut d’abord connaître
Nous cherchons à déterminer la relation efforts-déformations
les flux qui sont égaux à la valeur de la contrainte multipliée par pour obtenir les contraintes dans chaque couche.
l’épaisseur ép :
Nx = σx ép ; Ny = σy ép ; T = τxy ép
En supposant qu’il n’existe pas d’interaction entre les couches à 4.2 Définition des efforts
0o, 90o, 45o et – 45o une bonne approximation consiste à disposer
les plis en proportion des efforts.
Les éléments de réduction en un point M sont parfaitement
Ainsi, si on positionne : définis si on connaît les efforts et les moments existant sur deux
P 1 % de plis à 0o, coupures, de normales Ox et Oy (figure 13).

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y
z

z Y
Qy X
Uy α
Ty Ny y O x
M
y Figure 14 – Repère plaque et repère couche
My
x
z
x
4.3 Relation contraintes-déformations
Qx
La relation contraintes-déformations pour une couche dans le
Mx
repère d’orthotropie du matériau a été définie au paragraphe 3.1.1.
Tx y Ce repère n’est pas en général celui de la plaque. Pour pouvoir cal-
Ux Nx culer les éléments de réduction, il faut que les relations dans les
différentes couches soient exprimées dans le même repère.
x Changement de repère : soit {O, XY } le repère d’orthotropie du
matériau, {O, xy } le repère de la plaque, α l’angle de passage
Figure 13 – Définition des efforts (figure 14). Dans le repère d’orthotropie, la relation contraintes-
déformations est représentée par la formule (2).
Pour trouver la relation contraintes-déformations, dans le repère
On définit sur la coupure de normale Ox une force par unité de de la plaque {O, xy }, il faut faire au préalable un changement de
repère sur le tenseur des contraintes et sur le tenseur des
longueur F x et un moment par unité de longueur C x , tels que : déformations :


h /2
   
 Nx = σx d z  σx   σX 
 – h /2
  c2 s2 – 2 sc
 
  σy  =  σY 

 h /2 s2 c2 2 sc
Fx    
 Tx = τ xy d z  τ xy  cs – cs – s2 + c2  τ XY 
 – h /2
   



h /2
 Q =    
τ xz d z  εX   εx 
 x – h /2 c2 s2 sc
   
 εY  = s2 c2 – sc  εy 

    
h /2
 Ux = – τ xy z d z  2 ε XY  – 2 cs 2 cs – s2 + c2  2 ε xy 
 – h /2    
Cx 

 avec c = cos α et s = sin α.
h /2
M = σx z d z
 x – h /2 Ces formules peuvent s’écrire sous une forme plus condensée
suivante :
avec Nx effort normal, {σ }xy = [Pσ ] {σ }XY
Tx effort tranchant dans le plan moyen,
{ε }XY = [Pε ] {ε }xy (19)
Qx effort tranchant transversal,
Ux moment de torsion, où [Pσ ] et [Pε ] sont définis par identification avec les formules
précédentes.
Mx moment de flexion.
La matrice de rigidité [Q] de la couche, exprimée dans le repère
De la même manière, sur la coupure de normale Oy, les forces de la plaque, est telle que :
et moments F y et C y sont définis : { σ } xy = [Q] { ε } xy (20)
En remplaçant dans la formule (2) { σ } XY et { ε } XY par leurs


h /2
 Ty = valeurs et en identifiant avec la formule (4) on obtient, si [Q ′′] est
τ xy d z
 – h /2 la matrice de rigidité de la couche exprimée dans son repère
 d’orthotropie :


h /2
Fy  N = [Q] = [Pσ ] [Q′′] [Pε ]
σy d z
 y – h /2 soit :



h /2
 Q 11 
 Q = τ yz d z 
 y   c4 s4 2s 2 c 2 4s 2 c 2 
– h /2
 Q 22   ′′ 
Q 11
  s4 c4 2s 2 c 2 4s 2 c 2  
 ′′ 

 h /2  Q 12  s 2c 2 s 2c 2 c4 + s4 – 4s 2c 2 Q 22
M =   =  
– σy z d z  Q 33  ( s 2 – c 2 )2  ′′ 
Q 12
 y – h /2 s 2c 2 s 2c 2 – 2s 2c 2
Cy     
′′ 

 h /2  Q 13  sc 3 – s 3c s 3c – c 3s 2 sc ( s 2 – c 2 )  Q 33
 Uy =    
– τ xy z d z Q 23  s 3c – sc 3 c 3s – s 3c 2 sc ( c 2 – s 2 )
 – h /2 
Remarque : Tx = Ty et Ux = – Uy avec c = cos α et s = sin α.

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(0)

Carbone z Tableau 3 – Comportement d’une plaque stratifiée


Nc Nx
présentant ou non la symétrie miroir
x Plaque présentant
Nv Mx Effort (1) Plaque stratifiée générale
Verre la symétrie miroir
a
Nx
Carbone z
Nc Ny w=0 u, v, w ≠ 0
Nx
Verre T
Nv x
Nc
Carbone Mx
b plaque présentant la symétrie miroir
My
Figure 15 – Exemple de couplage Ux u=v=0 u, v, w ≠ 0
Qx
Qy
4.4 Relation efforts-déformations (1) Tx = Ty = T ; Uy = – Ux

4.4.1 Analyse physique du comportement


● Considérons une plaque réalisée de deux couches d’égale D’après la définition des efforts (§ 4.2), on a :
épaisseur (figure 15a ). La couche supérieure est par exemple en

 
fibres de carbone unidirectionnelles orientées suivant l’axe x et la h/2 N hp


p p
couche inférieure en fibres de verre unidirectionnelles orientées Nx = σ x dz = σ x dz
aussi suivant l’axe x. – h/2 hp – 1
p=1
Quels efforts doit-on exercer sur cette plaque pour engendrer un
p
allongement sans courbure du plan moyen (figure 15a ) ? Sous ces D’après la formule (20) la contrainte σ x existant dans la couche
efforts, les deux couches subissent le même allongement. Puisque p vaut :
les caractéristiques mécaniques sont différentes, les contraintes le
p p 0 p 0 p 0
sont également. Ainsi pour créer cette déformation, il a fallu exer- σ x = Q 11 ε x + Q 12 ε y + Q 16 2 ε xy
cer sur la couche supérieure un effort N c et sur la couche inférieure
p
un effort N v avec N c > N v car la couche de carbone est plus rigide avec Q ij coefficients de la matrice de rigidité de la couche p.
que la couche de verre.
On obtient :
Sur une coupure, le torseur résultant s’exerçant sur cette plaque
a une résultante Nx et moment résultant Mx non nuls. Ainsi, si on N N

∑ ∑
applique uniquement un effort Nx , la plaque ne peut pas rester p 0 p 0
Nx = Q 11 ( h p – h p – 1 ) ε x + Q 12 ( h p – h p – 1 ) ε y
plane. p=1 p=1
Dans le cas général, un effort génère une déformation et une N
courbure du plan moyen.

p 0
+ Q 16 ( h p – h p – 1 ) 2 ε xy
Généralement, l’ingénieur souhaite éliminer ce couplage. La p=1
solution est de réaliser une plaque symétrique par rapport au plan
moyen (figure 15b ). On dit alors qu’elle présente la symétrie
De manière équivalente, on trouve :
miroir.
● Pour une plaque présentant la symétrie miroir, si (u, v, w ) sont N N

∑ ∑
les composantes du vecteur déplacement d’un point appartenant au p 0 p 0
Ny = Q 21 ( h p – h p – 1 ) ε x + Q 22 ( h p – h p – 1 ) ε y
plan moyen, alors les efforts Nx , Ny , Tx créent des déplacements p=1 p=1
dans lesquelles la composante w est nulle : le plan moyen reste un
plan. Inversement, sous les efforts et les moments Qx , Qy , Mx , My , N
Ux , Uy , seule la composante suivant w est différente de zéro. On

p 0
+ Q 26 ( h p – h p – 1 ) 2 ε xy (22)
retrouve le même découplage que dans les plaques homogènes iso-
p=1
tropes.
● Un récapitulatif des déformations en fonction des efforts dans
N N
les deux cas précédents est donné au tableau 3.
∑ ∑
p 0 p 0
Tx = Q 61 ( h p – h p – 1 ) ε x + Q 62 ( h p – h p – 1 ) ε y
Nous considérons d’abord, dans cet exposé, le cas de plaques p=1 p=1
présentant la symétrie miroir. Dans ce cas il est possible d’étudier
N
séparément le comportement relatif aux efforts dans le plan et aux

p 0
efforts transversaux. + Q 63 ( h p – h p – 1 ) 2 ε xy (23)
p=1

4.4.2 Plaque présentant la symétrie miroir Sous une écriture matricielle ces relations s’écrivent :
■ Efforts dans le plan
0
Sous des efforts dans le plan, puisque la plaque reste plane, les Nx A 11 A 12 A 16 εx
0
déformations sont les mêmes dans toutes les couches et valent ε ij 0
0 Ny = A 21 A 22 A 26 εy (24)
ou e i :
T A 61 A 62 A 66 0
0
ε ij = ε ij ou ei = ei
0
(21) 2 ε xy

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À partir de cette relation, si les efforts sont connus, les défor- Par dérivation, les composantes du tenseur des déformations
mations sont obtenues. À partir des déformations et à l’aide des sont obtenues :
formules (2), les contraintes dans chaque couche sont détermi- εx = – z (∂ 2w /∂x 2)
nées.
εy = – z (∂ 2w /∂y 2)
Remarques
εxy = – z (∂ 2w /∂x ∂y )
• Puisque les matrices [Q]p sont symétriques, la matrice [A] l’est
également. ou ei = z k i (27)
• Par identification entre les équations (22), (23), (24), les coeffi- ∂2 w ∂2 w ∂2 w
cients de la matrice [A] sont obtenus : avec k 1 = ------------
- k 2 = ------------
- k 6 = 2 --------------- (28)
∂x 2 ∂y 2 ∂x∂y
N À partir de ces valeurs et de la connaissance des matrices de
∑ Q ij  h p – h p – 1 
p
A ij = (25) rigidité, on détermine le tenseur des contraintes et, par intégration,
p=1 les composantes des éléments de réduction. On obtient :

Comme (hp – hp –1) représente l’épaisseur de la couche, les coef- Mx C 11 C 12 C 16 k1


p
ficients Aij sont la somme des coefficients Q ij des couches pondé- =
– My C 21 C 22 C 26 k2
rés par l’épaisseur de la couche. Si épi représente l’épaisseur de la
couche i, la matrice [A] peut s’écrire : – Ux C 61 C 62 C 66 k6

[A] = [Q]1 ép 1 + ... + [Q]p épp + ... + [Q]N épN (26) N


p 1

3 3
avec C ij = Q ij -----  h p – h p – 1  i, j = 1, 2, 6 (29)
Ainsi les termes de la matrice [A] dépendent uniquement : 3
p=1
— des caractéristiques matériaux ;
1
Analysons plus particulièrement le terme -----  h p – h p – 1  . Il pro-
— de l’épaisseur des couches et non de leur position dans 3 3
l’épaisseur de la plaque. 3


hp
● Dans le cas général, les termes A 16 et A 26 ne sont pas nuls : un
effort normal génère une déformation angulaire comme représenté vient de l’intégration de : hp – 1
z 2 dz qui peut s’écrire de façon
figure 7. Pour annuler ces termes, c’est-à-dire éliminer le couplage approchée : (Zp )2 épp .
plan, il faut que la plaque présente une symétrie par rapport au plan
Oxz. Si dans une couche les fibres font un angle α par rapport à la où Zp représente la cote moyenne de la couche p et épp son épais-
direction x, il faut orienter dans une autre couche les fibres suivant seur.
un angle – α . Ainsi ce terme représente l’inertie de la couche. Les coefficients
Cij sont donc la somme des coefficients Qij des couches, pondérés
■ Efforts transversaux par l’inertie de la couche. En appelant Ip l’inertie de la couche :
Sous des efforts transversaux la composante w du champ de 1
déplacement des points situés dans le plan moyen est différente de
3 3
I p = -----  h p – h p – 1  ≈ ( Z p ) 2 ép p
3
zéro. Pour pouvoir lier les efforts exercés aux déplacements, il faut
la matrice [C] s’écrit :
faire une hypothèse sur la déformation de la plaque dans l’épais-
seur. Dans cet exposé nous faisons l’hypothèse classique de Love : [C] = [Q]1 I 1 + ... + [Q] p Ip + ... + [Q]N IN (30)
une section droite reste plane et perpendiculaire au plan moyen,
cela signifie que les déformations liées aux efforts tranchants Pour obtenir une bonne rigidité de flexion il faut que les coeffi-
transversaux sont négligées. Cette hypothèse ne sera donc pas cients de la matrice [C] soient élevés. Pour ce faire, l’ingénieur peut
correcte pour des plaques sandwichs. jouer sur :
— l’épaisseur des couches épp ;
À partir de cette hypothèse les déplacements d’un point N situé
— les caractéristiques matériaux [Q] ;
hors du plan moyen peuvent être alors écrits en fonction de la
— la position des couches par rapport au plan moyen Z p .
composante w relative au déplacement du point G appartenant
^ ^ Pour gagner en rigidité de flexion à masse minimale, il est donc
au plan moyen (figure 16). Puisque les angles AGB et CGD sont souhaitable d’éloigner les couches du plan moyen. Un moyen pour
égaux : y parvenir est de réaliser des structures sandwichs [6].
u = – z (∂w/∂x) v = – z (∂w /∂y )
4.4.3 Plaque quelconque
■ Matrice de rigidité
Si la plaque ne présente pas la symétrie miroir, il n’est plus pos-
sible de découpler le problème. En réalisant un calcul global, on
D C obtient pour la matrice de rigidité de la plaque la formule suivante :
Termes de couplage nuls si la plaque présente la symétrie miroir
N B
G u 6w
N 6x 0
G A Nx A 11 A 12 A 16 B 11 B 12 B 16 εx
w
0
Ny A 21 A 22 A 26 B 21 B 22 B 26 εy
N A 61 A 62 A 66 B 61 B 62 B 66 (31)
T 0
2 ε xy
G x
=
Mx B 11 B 12 B 16 C 11 C 12 C 16
k1
– My B 21 B 22 B 26 C 21 C 22 C 26
k2
Figure 16 – Déplacement d’un point N de la plaque sous – Ux B 61 B 62 B 66 C 61 C 62 C 66
l’hypothèse de Love k6

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Les termes A et C sont exactement les mêmes que ceux définis


dans les paragraphes précédents. Les termes B représentent les
termes de couplage, ils sont nuls si la plaque présente la symétrie z
miroir. Ils valent :
N
p 1

2 2
B ij = Q ij -----  h p – h p – 1  (32)
2 b y
p=1

■ Énergie élastique
D’après les résultats de l’élasticité, l’énergie élastique d’une x
structure est égale à :

1
W = -----
2
 σ ij ε ij d x d y d z (33)
Figure 17 – Plaque stratifiée

V
avec V volume de la plaque. époxyde de même épaisseur b. Dans les couches inférieure et
supérieure, les fibres sont dirigées suivant la direction Ox et dans
Dans la théorie des plaques telle que nous l’avons formulée, les couches médianes suivant la direction Oy .
nous avons supposé que :
Les caractéristiques d’un pli élémentaire dans le repère d’ortho-
— σ 33 = 0, d’où : σ 33 ε 33 = 0 ; tropie sont les suivantes :
— l’énergie d’effort tranchant est négligeable, ce qui entraîne :
• Rigidité : EX = 140 GPa ; EY = 5 GPa ; vXY = 0,35 ; GXY = 5 GPa ;
τ 13 ε 13 ≈ τ 23 ε 23 ≈ 0 (34) • Résistance : X t = 1 200 MPa ; X c = – 1 000 MPa ; Y c = 50 MPa ;
Y t = – 120 MPa ; Q = 65 MPa ;
La relation-contraintes déformations est donnée pour la couche • Épaisseur : b = 2 mm.
p par :
On désire déterminer les contraintes et la résistance de cette
p
σ i = Q ij e i i, j = 1, 2, 6 (35) plaque sous un effort de traction par unité de longueur Nx
(Ny = T = 0).
En remplaçant dans l’équation (33) les contraintes par leur valeur
en fonction des déformations, l’équation suivante est obtenue :
4.5.2 Résolution

  ∑  
hp
N Pour faire ce calcul, on pourra suivre les étapes suivantes.
1 p (36)
W = ----- Q ij e i e j d z dx dy
2 ■ Première étape
S p = 1 hp – 1
On détermine, pour chaque couche, les coefficients de la matrice
D’après les équations (27) (21), les déformations de chaque de rigidité [Q′′] dans le repère d’orthotropie du matériau :
couche s’expriment en fonction de la déformation et de la courbure ν YX = E Y ν XY /E X = 0,012 5 (matrice de souplesse symétrique)
du plan moyen de la manière suivante :
′′ ′′
0
Q 11 = β E X = 140,61 GPa Q 12 = βν XY E Y = 1,76 GPa
ei = e i + ki z (37)
′′ ′′ ′′ ′′
Q 22 = β E Y = 5,02 GPa Q 66 = G XY = 5 GPa Q 16 = Q 26 =0
En remplaçant, dans l’équation (36), la déformation ei par sa
0 avec β = 1/(1 – νXY νYX ) = 1,004 4.
valeur en fonction de e i et k i , on obtient :
■ Deuxième étape

  ∑ 
hp
N Les coefficients de rigidité sont calculés dans le repère de la
1
Q ij  e j e j + e j k i z
p 0 0 0 plaque. Pour la couche supérieure ou inférieure, le repère d’ortho-
W = -----
2 tropie et le repère de la plaque coïncident ; par contre pour les
S p =1 hp – 1


couches médianes, il faut réaliser une rotation de 90o.
+ e i kj z + ki kj z 2  d z
0
dx dy (38) ● Couches supérieure et inférieure :

s
Q ij = Q ij′′
Intégrons suivant l’épaisseur :

 
● Couches médianes :
1
A ij e i e j + 2 B ij e i k j + C ij k i k j  d x d y
0 0 0
W = ----- (39) m m m m
2 ′′
Q 11 = Q 22 ′′
Q 22 = Q 11 ′′
Q 12 = Q 12 ′′
Q 66 = Q 66
S
■ Troisième étape
On détermine la matrice [A] :
4.5 Exemple d’une plaque multicouche
s m ′′
2b ( Q 11 + Q 11 ) 4bQ 12 0
4.5.1 Position du problème [A ] = s s m
4bQ 12 2b ( Q 22 + Q 22 ) 0
Soit une plaque (figure 17) constituée par l’empilement de qua- ′′
0 0 4bQ 66
tre couches de fibres de carbone unidirectionnelles et de résine

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Par inversion de la matrice [A] on obtient les déformations : 4.5.3 Évolution de la résistance de la plaque
en fonction de l’orientation des couches
 εx  1,71 – 0,041 0  Nx 
   
 ε y  = 10 –9 – 0,041 1,71 0  Ny  (40) Le même calcul peut être effectué pour une plaque similaire
   
 2 ε xy  0 0 25 T  pour laquelle la direction des fibres des couches supérieure et infé-
rieure fait un angle θ avec la direction Ox du repère de la plaque.
La direction des couches médianes est toujours orthogonale à la
soit εx = 1,71 × 10– 9 Nx ; εy = – 0,041 × 10– 9 Nx ; εxy = 0
direction des fibres des couches supérieure et inférieure. Les deux
chargements simples suivants sont considérés :
■ Quatrième étape — effort de traction simple dans la direction Ox ;
Considérons qu’il s’exerce sur la plaque une contrainte de trac- — effort de cisaillement simple dans le repère de la plaque.
tion moyenne σx = 100 MPa qui crée les efforts, par unité de lon-
gueur, suivants : Pour chacun de ces efforts, en fonction de l’angle θ, la résistance
est obtenue en calculant les contraintes dans chaque couche et en
Nx = σx 4b = 800 × 103 N/m appliquant le critère de Hill. Les courbes (figure 18) donnent les
résultats obtenus. Comme prévu, la résistance est maximale sous
Ny = T = 0
un effort de traction lorsque les fibres sont dirigées dans la direc-
En utilisant la relation (35), on obtient les contraintes dans tion de l’effort (θ = 0o ; θ = 90o). Sous une sollicitation de cisaille-
chaque couche : ment, la résistance optimale est obtenue lorsque les fibres font un
angle de ± 45o avec la direction Ox du repère de la plaque. Cela
● Couches supérieure et inférieure : s’explique très bien par le fait qu’une sollicitation de cisaillement
σx = σX = 193,16 MPa pur est équivalente à une sollicitation de traction-compression à
± 45o (figure 10).
σy = σY = 2,25 MPa
τxy = 0
● Couches médianes :
σx = σY = 6,84 MPa Directions des fibres
σy = σX = – 2,25 MPa
θ
τxy = 0 x

Contrainte de cisaillement
maximale τmax (MPa)
Remarque : les conditions aux limites sont bien respectées 500
puisque :
400
Nx = 193,16 × 106 × 2b + 6,84 × 106 × 2b – 800 × 103 N/m
300
Ny = 2,25 × 106 × 2b – 2,25 × 106 × 2b = 0
200

■ Cinquième étape 100

En appliquant le critère de Hill (§ 3.2.2) dans chaque couche, on 0


détermine la résistance de la plaque. 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
θ (degrés)
● Couches supérieure et inférieure :

(193,16/1 200)2 + (2,25/50)2 – (193,16 × 2,25)/(1 200)2


= 0,027 63 ≈ (0,166)2
● Couches médianes : Directions des fibres

(– 2,25)2/(1 000)2 + (6,84)2/(50)2 + (2,25 × 6,84)/(1 000)2 θ

Contrainte normale
maximale σmax (MPa)
= 0,018 7 ≈ (0,137)2 x

C’est la couche supérieure qui cassera en premier. La contrainte 600


maximale admissible vaut :
500
(σx )max = 100/0,166 = 602 MPa
400

■ Sixième étape 300


En identifiant la formule (40) à (1), on détermine les modules 200
équivalents en sachant que :
100
Nx = 4bσx Ny = 4bσy T = 4bτxy
0
On trouve : 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
θ (degrés)
Ex = Ey = 1/(4b × 1,71 × 10–9) ≈ 73 × 109 Pa

Gxy = 1/(4b × 25 × 10–9) =5× 109 Pa Figure 18 – Résistance en fonction de l’orientation des fibres

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4.6 Calcul à rupture


Position initiale υxy e1d
de la plaque z Comparons les résultats obtenus sur une plaque présentant un
υyx e1d
drapage standard avec des résultats d’essais.
La plaque est réalisée à partir de plis unidirectionnels de fibres
a couches non
solidaires de carbone et résine époxy.
y
Les caractéristiques du pli élémentaire dans le repère ortho-
tropique sont les suivantes :
2d
EX = 130 GPa ; EY = 11 GPa ; GXY = 5,5 GPa ; ν = 0,35
z
Nota : on trouve couramment la notation E  , E t et G t (indices  et t pour longitudinal
B A et transversal).
σy
b couches X t = 1 600 MPa ; X c = 1 400 MPa ; Y c = 200 MPa ;
y solidaires Y t = 60 MPa ; Q = 90 MPa

Le drapage de la plaque est le suivant :


(0/45/– 45/0/90/0/45/– 45/0/90/0/45/– 45/0)s

B A B A c contraintes près L’indice s signifie que le drapage est symétrique ; entre les
σy du bord libre sous parenthèses, n’est indiqué que le drapage de la partie de la plaque
C la couche supérieure située au-dessus du plan moyen.
τyz
Si nous faisons exactement le même calcul que dans le para-
graphe 4.5.2, nous obtenons un module théorique Ex de 70,3 GPa
σz
pour une valeur expérimentale de 70,26 GPa. Ce résultat montre la
validité de l’approche vis-à-vis du calcul en rigidité. Par contre, si
nous appliquons le critère de Hill nous trouvons une rupture de la
Figure 19 – Contraintes interlaminaires couche à 90o pour une contrainte de 510 MPa très éloignée de la
valeur à rupture expérimentale qui est comprise entre 785 MPa et
814 MPa.
En fait il doit apparaître à 510 MPa une fissuration de la couche
4.5.4 Contraintes interlaminaires à 90o qui n’entraîne pas une rupture de la plaque. Pour obtenir la
rupture ultime il est nécessaire, soit de faire un calcul itératif qui
Le calcul précédent montre qu’il existe sous un effort de traction est inadapté à des études par éléments finis, soit de modifier les
dans la direction Ox des contraintes normales σy dans la direction modules, soit de corriger les critères.
transversale. Ces contraintes vérifient les conditions aux limites de
manière globale puisque l’effort normal Ny est égal à zéro.
■ Calcul itératif
Par contre, les conditions aux limites locales sur une face de nor-
male Oy ne sont pas vérifiées. Cette face étant libre, la contrainte En utilisant le critère de Puck par exemple, le calcul montre que
σy doit être égale à zéro. Il existe donc au niveau du bord libre une pour une contrainte de 440 MPa il y a rupture transverse de la
distribution de contraintes différente de celle qui a été calculée. couche à 90o. Si pour cette couche le module de Young transverse
et le module de cisaillement sont dégradés, et si le calcul est réi-
Pour comprendre physiquement le phénomène qui se déve- téré, on observe pour une contrainte de 560 MPa une rupture
loppe, supposons que les quatre couches ne soient pas liées entre transverse des plis à 45o puis à – 45o. Si les modules EY et GXY de
elles et que, sous l’effort de traction, elles subissent dans la direc- ces plis sont à leur tour dégradés et si un nouveau calcul est réa-
tion Ox le même allongement relatif e 1 = εX . Puisque les coeffi- lisé, la rupture ultime est prédite dans les plis à 0o pour une
cients de Poisson sont différents, elles ont, comme indiqué sur la contrainte de 790 MPa, valeur qui correspond à la valeur trouvée
figure 19a, un raccourcissement différent dans la direction y. expérimentalement.
Pour obtenir comme dans la réalité le même allongement dans
la direction transversale, il est nécessaire d’exercer sur les couches ■ Dégradation du module transverse EY
supérieure et inférieure un effort de traction dans la direction y, et
dans les couches médianes un effort de compression (figure 19b ) ; Pour éviter un calcul itératif, une solution est de supposer que le
c’est ce que nous avons trouvé à la sixième étape. module transverse est dégradé de 50 % et le module de cisaille-
ment de 20 % pour toutes les couches. Avec cet artifice la rupture
Les faces de normale y sont des faces libres. Ces efforts ne sont est prévue théoriquement dans la couche à 0o pour une valeur de
donc exercés que par la matrice, qui sert de liant aux couches, contrainte moyenne de 820 MPa, valeur proche de la valeur expé-
sous forme de contraintes tangentielles τyz (figure 19c ). rimentale.
Si on étudie l’équilibre en rotation de l’élément AB de la couche
supérieure (figure 19c ), il apparaît que les contraintes τyz engen- ■ Modification du critère
drent au point C un moment de flexion. Pour l’équilibrer, il est
Une autre possibilité pour éviter le calcul itératif est de négliger
nécessaire qu’il apparaisse des contraintes normales σz .
dans le critère de Hill le terme relatif à σy . Le critère s’écrit alors :
C’est à cause de ces contraintes (τyz et σz ), et principalement de
σz lorsqu’elle a une valeur positive, qu’il peut apparaître une rup- σ 2 τ 2
ture par délaminage de la plaque. On cherchera à positionner les  -------
X 
x
- +  --------
Q 
xy
- <1 (41)
couches de façon à minimiser ces contraintes. On réalisera des
plaques « bien battues », c’est-à-dire dans lesquelles les couches Avec cette correction la contrainte de rupture est de 790 MPa,
seront mélangées le plus possible ! valeur très proche du résultat expérimental.

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x y
ξ = ----- et η = ----- pour obtenir des matrices mieux conditionnées.
a b
z La composante δw du déplacement s’écrit :
Nx Côtés n n
δw = ∑ ∑ δPij X ( ξ ) Y ( η ) (45)
i =1 j =1
a
Les coefficients δPij sont inconnus et les fonctions X et Y sont
b données.
y
En partant de l’équation (39) donnant W (§ 4.4.3), l’énergie élas-
x tique s’écrit :
Extrémités
1 t
δ 2 W = ----- δP ij K δP ij (46)
2
avec [ ]t matrice transposée.
Figure 20 – Plaque en compression Le potentiel des efforts extérieurs s’écrit :


a b
1 dw 2 1 t
δ2 V = λ -----  -----------  d x d y = ----- δ P ij λ L δ P ij (47)
0 0 2 dx 2
4.7 Flambement
Pour déterminer le flux critique de flambement il suffit alors
Nota : une analyse complète du flambage et post-flambage est donnée dans les réfé- d’écrire :
rences [12] ou [15].
1
 
t
La détermination du flux critique de flambement pour une pla- δ 2 E T = 0 = ----- δ P ij
2 K –λ L δ P ij (48)
que en compression peut être réalisée à partir d’un calcul énergé-
tique. Dans ce paragraphe, nous considérons le cas simplifié d’une La résolution de cette équation conduit à un problème aux
plaque de longueur a et de largeur b globalement orthotrope valeurs propres. En fait on cherche la valeur minimale de λ pour
(A 16 = A 26 = 0 ; C 16 = C 26 = 0) présentant la symétrie miroir (B = 0) laquelle le déterminant de la matrice est nul.
et soumise à un chargement de compression Nx = λ (figure 20).
Pour une plaque rectangulaire on peut prendre les fonctions du
Dans ce cas, la position d’équilibre est connue car la plaque sous tableau 4.
l’effet de l’effort de compression reste plane puisque la symétrie
miroir est respectée. On trouve facilement que la valeur propre minimale est obtenue
lorsqu’il existe une seule cloque transversale.
Considérons l’énergie potentielle totale qui est la somme de
l’énergie élastique W et de l’énergie potentielle des efforts exté- Dans le cas d’une plaque appuyée sur les quatre côtés la force
rieurs V. critique de flambage s’écrit :
ET = W + V (42)
K f ( C 11 C 22 ) K s × π 2 × 2 ( C 66 + C 12 )
Une configuration d’équilibre stable correspond à un minimum N cr = ----------------------------------------
2
- + -----------------------------------------------------------
-
b b2
de l’énergie potentielle totale E T (théorème de Lejeune-Dirichlet).
Soit : Le coefficient K f est donné sur le graphe de la figure 21. La
δE T = 0 δ2 ET > 0 (43) forme des courbes s’explique aisément car pour de faibles valeurs
1
-----
a C 11
 
La force critique de flambage sera atteinte lorsque l’équilibre 4
de ----- ----------- le coefficient K f est minimum pour i = 1 ce qui signi-
cessera d’être stable. b C 22
δE T = 0 δ2 E T = 0 (44) fie que la déformée associée comporte une seule cloque. Au fur et
1
Pour résoudre ce problème nous allons utiliser la méthode de -----
a C 11
 
4
Ritz. Pour cela nous allons choisir une perturbation cinémati- à mesure que ----- ----------- augmente, la valeur de i augmente et
quement admissible (les conditions aux limites en déplacement b C 22
sont écrites en utilisant les quantités adimensionnelles donc le nombre de cloques. (0)

Tableau 4 – Perturbation
Conditions aux limites Fonctions [formule (45)]

π ix π jy
Quatre côtés appuyés P ij sin  -----------  sin  ----------- 
a b

π ix π(j – 2)y π jy
Deux côtés appuyés – extrémités encastrées P ij sin  -----------   cos  -------------------------  – cos  ----------- 
a b b

π jy π(i – 2)x π jx
Deux extrémités appuyées – côtés encastrés P ij sin  -----------   cos  -------------------------  – cos  ----------- 
b a a

π(i – 2)x π jx π(i – 2)x π jx


Quatre côtés encastrés P ij  cos  -------------------------  – cos  -----------   cos  -------------------------  – cos  ----------- 
a a a a

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100

Résistance résiduelle
en compression
Kf

80

Ks= 2,66 Invisible Visible


60 interne Visible PERFORATION
externe
Ks= 2,66 Énergie incidente

40 Figure 23 – Phénoménologie du dommage d’impact,


influence sur la résistance en compression (d’après [14])
Ks= 2

20
4.8 Autres caractéristiques
Ks= 2
■ Fatigue
Les caractéristiques en fatigue de composites à base de carbone
et de bore sont très élevées. À 107 cycles, la limite d’endurance en
0 traction pour un unidirectionnel est au moins égale à 70 % de la
0 1 2 3 résistance statique. Ainsi pour ces matériaux c’est généralement la
a C11 1 résistance statique qui est dimensionnante et non la tenue en
bi-encastrée
b ( )
C22
4
fatigue.
extrémités encastrées, côtés appuyés Il est à remarquer que la tenue en fatigue des composites verre
extrémités appuyées, côtés encastrés est nettement moins bonne.
bi-appuyée
■ Tenue à l’impact
Lors d’un impact, comme il est indiqué sur la figure 27, il peut
Figure 21 – Coefficient K f pour une plaque en compression apparaître, sans qu’aucun dommage apparent ne soit visible, un
délaminage important dans l’épaisseur. Même pour des impacts
plus importants, les ruptures se produisent sur la face opposée à
l’impact sur laquelle il est en général impossible de faire une ins-
z pection visuelle. Le matériau peut donc paraître visuellement sain
et en fait comporter des délaminages importants. Ce phénomène,
par la possibilité de flambage local qu’il génère, va réduire
considérablement la résistance de la structure en compression
comme c’est indiqué sur le graphique de la figure 23. Il faudra lors
du dimensionnement prendre en compte cette chute de résistance.
Pour des composites carbone-époxyde, les résultats d’essais
x
montrent qu’il ne faut pas dépasser en compression, lorsqu’il peut
y exister des défauts, une déformation de l’ordre de 3 000 × 10–6.
Pour des sollicitations complexes, le critère en déformation suivant
permet de corréler correctement les résultats expérimentaux :

εX ε XY
 ----------------
-  +  ------------------- 
2 2
<1 (49)
Figure 22 – Déformée de flambage d’une plaque en compression ε xadm ε xyadm

Dans cette relation εX adm et εXY adm représentent les déforma-


Il est très important de remarquer que la force critique dépend tions maximales admissibles en présence de délaminage.
autant du coefficient C 11 de la matrice de rigidité que du coefficient
C 22 . Ceci s’explique très bien physiquement. Si on analyse la ■ Effet de l’environnement
déformée de flambage d’une plaque bi-appuyée (figure 22) il appa-
Sous l’effet de l’humidité, du rayonnement UV, de la tempéra-
raît clairement que l’énergie élastique de cette plaque est liée à une ture, les résines présentent :
flexion dans le plan xz et dans le plan yz. Il est donc important
pour limiter le flambement de disposer, même pour une sollicita- — un abaissement de leur rigidité ;
tion de compression pure des fibres à 90o. Évidemment, pour une — une diminution de leur température de transition vitreuse T g .
plaque mince la disposition des plis dans l’épaisseur aura une Les propriétés du composite gouvernées par la résine vont
grande importance sur les valeurs de C 11 et de C 22 et par diminuer. On autorisera un fonctionnement continu pour une
conséquent sur la force critique. température < 0,8 T g de l’environnement de service. Après vieillis-

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sement humide et en température, les caractéristiques d’un


composite fibre de carbone/matrice organique gouvernées par la
résine (compression, cisaillement) peuvent être réduites de 30 %.
σx

4.9 Plaque trouée x

4.9.1 Méthode générale y y


d0
Soit une plaque percée d’un trou circulaire soumise à un état de
traction suivant la direction x. On sait qu’il se produit autour du
trou une augmentation de la valeur de la contrainte que l’on carac-
térise par le coefficient de concentration des contraintes K t (rap-
port entre la valeur de la contrainte maximale et la valeur de la
contrainte loin du trou). Ce coefficient vaut 3 pour un matériau iso-
trope. Pour un matériau orthotrope, lorsque l’effort est exercé
parallèlement à un axe d’orthotropie, il vaut : Figure 24 – Plaque trouée en traction

 
Ex Ex
Kt = 1 + - – ν xy + ------------
2 ------- (50)
Ey G xy

En statique, pour les matériaux métalliques, cette surcontrainte


est neutralisée par leur possibilité de déformation plastique. Pour
d0 Calcul couche à 90°
les composites qui ne possèdent pas de domaine de plasticité, ce
phénomène génère en statique une chute de résistance impor- x
tante. Il existe cependant un petit phénomène d’adaptation qui pro- Calcul couche à 45°
vient des délaminages locaux qui se produisent en bord de trou.
y
En essai, on observe que les trous de petites dimensions ont une
tenue supérieure aux trous de grandes dimensions alors que la Calcul couche à 0°
contrainte en bord de trou est la même.
Si on analyse de manière plus précise le champ des contraintes Calcul couche à -45°
en bord de trou (figure 24), on remarque que si la contrainte, pour
un calcul élastique, est la même en bord de trou pour deux trous
de rayons différents, à une certaine distance du trou elle est plus
importante pour un trou de grande dimension que pour un trou de
petite dimension. Une idée développée par Whitney et Nuismer Figure 25 – Méthode de calcul d’une plaque trouée
est d’utiliser la contrainte ou la déformation à la distance d 0 , pour
le calcul à rupture.
Dans cette méthode de calcul, qui permet de corréler de façon — sous une sollicitation de traction, la fixation a un effet défavo-
satisfaisante les résultats des essais, l’allongement de fibres rable puisqu’elle interdit l’ovalisation ;
tangentes au trou et situées à une distance d 0 est comparé à la — en compression, elle permet de faire transiter une partie des
déformation à rupture. efforts.
Si nous considérons une plaque réalisée avec un drapage stan- Pour des trous de petites dimensions habités, la valeur du coef-
dard comportant des plis à 0o, 90o, 45o et – 45o, il suffira d’analyser ficient C t se situe autour de 0,6 pour des sollicitations de traction,
les 8 points représentés sur la figure 25. La valeur d 0 est obtenue de 0,8 pour des sollicitations de compression et de 0,7 en cisail-
à partir d’essais. Il est à remarquer que cette méthode ne prend lement.
pas en compte la disposition des plis dans l’épaisseur, elle n’est
donc pas complètement satisfaisante. De plus la distance d 0 , Dans le cas de jonctions boulonnées, les efforts transitent par les
même pour un drapage donné n’est pas constante et varie avec le fixations. Cet effet est caractérisé par la contrainte de matage défi-
diamètre du trou. Il faut donc faire une série d’essais pour disposer nie par :
d’une courbe donnant d 0 en fonction du diamètre. Pour des fibres F vis
de carbone T300 et une résine époxyde la valeur de d 0 est de σ m = ---------------------
- (51)
Φ vis ép
l’ordre de 1 mm ce qui impose de faire des modélisations éléments
finis très fines en bord de trou.
avec Φ vis diamètre de la vis,
ép épaisseur de la plaque.
4.9.2 Trou de petite dimension
En traction, la contrainte à rupture d’une éprouvette trouée en
présence de matage est réduite suivant la loi :
Pour des trous de petite dimension on préfère souvent détermi-
ner un coefficient de trou C t (rapport de la contrainte à rupture en σ rupt = σ trouée – k m σ m (52)
section nette d’une plaque trouée à la résistance à rupture de la
même plaque lisse). Ce coefficient n’est pas égal à 1/K t car il existe k m est de l’ordre de 0,2 pour un composite carbone/époxy. À
une petite adaptation du composite. Les trous de petite dimension noter que si la contrainte de matage dépasse une valeur admissi-
sont en général habités par une fixation. Il est important de ble (de l’ordre de 450 MPa pour un carbone/époxy), le mode de
remarquer que les coefficients de trou sont très différents suivant rupture n’est plus la rupture du ligament au droit du trou mais
que le trou est habité ou non car : l’ovalisation catastrophique de ce dernier.

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Exemple 1 (figure 26) : les trous sont habités mais les fixations
ne transmettent pas d’effort. La plaque est réalisée avec 24 plis ayant
chacun une épaisseur de 0,13 mm. Il s’exerce les flux Nx et Ny indi- Ny = 312 N/mm
qués sur la figure. La méthode de calcul est la suivante :
• Calcul des contraintes brutes : ø=5

624
σ x = -------------------------- = 200 MPa
24 × 0,13 p = 25 Nx = 624 N/mm
312
σ y = -------------------------- = 100 MPa 24 plis de 0,13 mm
24 × 0,13

• Contraintes nettes :

25
σy n = σy σ x n = σ x -------- = 250 MPa
20
Figure 26 – Plaque trouée habitée en sollicitation biaxiale
• Contraintes de calcul :
σx n σy n
σ x c = ----------
- = 333 MPa σ y c = ----------
- = 166 MPa
0,6 0,6
Pour savoir si la plaque résiste il suffit d’utiliser un critère de rupture
tel que le critère de Hill avec ces contraintes de calcul. Ny = 312 N/mm

Exemple 2 (figure 27) : soit deux plaques assemblées comme +


représenté sur la figure 26 par une rangée de rivets de diamètre 5 mm +
de pas 25 mm. Ces rivets transmettent l’effort suivant x mais pas Nx = 249,6 N/mm
l’effort suivant y. Chaque plaque est réalisée par 24 plis unidirectionnels +
L
de 0,13 mm d’épaisseur. La méthode de calcul est la suivante : +
• Calcul des contraintes brutes :
249,6 24 plis de 0,13 mm
σ x = -------------------------- = 80 MPa
24 × 0,13
312
σ y = -------------------------- = 100 MPa Figure 27 – Plaque trouée avec transmission des efforts
24 × 0,13
par les fixations
• Contraintes nettes :
25
σy n = σy σ x n = σ x -------- = 100 MPa
20
• Contraintes de matage : Y
90°
25 45°
σx m = σ x -------- = 400 MPa
5

Cette contrainte est inférieure à la limite pour le matériau utilisé : -45°
450 MPa.
• Contraintes de calcul :
Z
σx n + km σx m σy n N
σ x c = ------------------------------------ = 300 MPa σ y c = ----------
- = 166 MPa Mt X
0,6 0,6
Pour savoir si la plaque résiste il suffit d’utiliser un critère de rupture
tel que le critère de Hill avec ces contraintes de calcul. Figure 28 – Tube sous sollicitation de traction et torsion

4.10 Exemple de dimensionnement ■ Première étape


d’une poutre composite
Détermination des flux de contraintes normale et tangentielle en
utilisant les théories classiques de la résistance des matériaux. Soit
Soit un tube de section circulaire (figure 28) de rayon R, soumis ép l’épaisseur du tube, on a :
à un effort normal N et à un moment de torsion M t . On désire réa-
● Flux dû à l’effort normal :
liser ce tube à partir de plis unidirectionnels de carbone-époxyde
ayant une épaisseur de 0,16 mm. Les caractéristiques mécaniques FLN = σx ép = N/2πR = 9,55 × 105 N/m
du pli élémentaire sont prises égales à celles indiquées au
paragraphe 4.5.1 avec : ● Flux dû au moment de torsion :

R = 50 mm ; N = 300 000 N ; M t = 15 000 N · m FLM = τ ép = M t /2πR 2 = 9,55 × 105 N/m

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■ Deuxième étape • Couche à 45o :


On est ramené à l’étude d’une plaque sur laquelle s’exerce les 2
k 45 = 3 430 2 ⁄ 1 200 2 + 37,7 2 ⁄ 120 2
efforts, dans le plan suivants :
+ 3 430 × 37,7/1 000 2 + 122,4 2 /65 2
Nx = FLN T = FLM
En supposant qu’il n’existe pas d’interaction entre les plis, il est
k 45 ≈ 3,47
alors possible en utilisant les résultats du paragraphe 4.1 d’estimer
le pourcentage de plis à orienter suivant les quatre directions pré- • Couche à – 45o :
férentielles 0o, 90o, 45o, – 45o. 2
k – 45 = 2 240 2 ⁄ 1 000 2 + 94,3 2 ⁄ 50 2 + 2 240 × 94,3 ⁄ 1 000 2
Pour résister à l’effort Nx , on disposera P1 % de plis à 0o.
+ 122,4 2 ⁄ 65 2
Pour résister à l’effort Ny , on disposera P2 % de plis à 90o.
Pour résister à l’effort T, on disposera P3 % de plis à + 45o et k – 45 ≈ 3,50
P3 % de plis à – 45o.
■ Quatrième étape : détermination de l’épaisseur ép
On a :
Pour que la plaque résiste, le critère de Hill doit être inférieur à
Nx /P1 = Ny /P2 = T/P3 1 dans chaque couche. Si l’épaisseur totale est multipliée par un
facteur K, puisque l’épaisseur des plis a été déterminée en pour-
Dans ce cas on obtient : centage de l’épaisseur totale, les contraintes dans chaque couche
P1 = 33 % P2 = 0 % P3 = 33 % sont divisées par K et le critère de Hill par K 2. L’épaisseur initiale
étant de 1 mm, il faut prendre pour ép la valeur maximale de k.
Dans la pratique, pour que la structure résiste correctement au L’épaisseur théorique totale nécessaire vaut : 3,68 mm.
niveau des liaisons ainsi qu’aux efforts secondaires, on s’impose
généralement de disposer au moins 10 % de plis suivant les quatre En pratique, l’épaisseur sera légèrement différente puisque cha-
directions préférentielles. que couche a une épaisseur de 0,16 mm.
On obtient alors : ■ Cinquième étape : calcul du nombre de couches
P1 = 30 % P2 = 10 % P3 = 30 % Nombre de couches à 0o:

En supposant que l’épaisseur ép vaut 1 mm, il est alors possible 3,68 × P 1 /0,16 = 6,9 → n 0 = 7
de déterminer, en utilisant la méthode du paragraphe 4.5, les Nombre de couches à 90o:
contraintes dans chaque couche.
On obtient, suivant les axes d’orthotropie, les contraintes suivan- 3,68 × P 2 /0,16 = 2,3 → n 90 = 2
tes (en 107 Pa) : Nombre de couches à 45o:
• Couche à 0 o: 3,68 × P 3 /0,16 = 6,9 → n 45 = 7
σX = 229 σY = – 1,15 τXY = 20,4 Nombre de couches à – 45o:

• Couche à 90o: 3,68 × P3 /0,16 = 6,9 → n– 45 = 7

σX = – 109,8 σY = 6,82 τXY = – 20 Pour respecter la symétrie miroir et le couplage plan, on est
amené à prendre 8 couches à 0o, 2 à 90o et 8 à 45o et à – 45o. Pour
• Couche à 45o: diminuer les contraintes interlaminaires, on réalisera un drapage
dit « bien battu », ce qui signifie que l’on mélangera au maximum
σX = 343 σY = – 3,77 τXY = – 12,24 les couches entre elles. On pourra concevoir le drapage suivant :

• Couche à – 45o: (45o/0o/– 45o/90o/45o/45o/0o/– 45o/– 45o/0o/– 45o/0o/45o)s


σX = – 224 σY = 9,43 τXY = 12,24 L’indice s signifie que le drapage est symétrique ; entre les
parenthèses, n’est indiqué que le drapage de la partie de la plaque
■ Troisième étape située au-dessus du plan moyen.
Pour déterminer la résistance de la plaque il suffit de calculer, ■ Sixième étape : détermination de la rigidité
dans chaque pli, la valeur k du critère de Hill (§ 3.2.2). Pour déterminer la déformée de la poutre il suffit de déterminer
le module d’Young Ex et le module de cisaillement Gxy équivalents
σX σY σX σY τ XY
 --------
X 
- +  --------   
2 2 2
en utilisant les résultats du paragraphe 4.5.1 (6e étape).
k2 = - + -----------
– ----------------- <1
Y X2 Q Les résultats classiques de la résistance des matériaux peuvent
alors être utilisés [1].
• Couche à 0o :

2
k 0 = 2 290 2 ⁄ 1 200 2 + 11,5 2 ⁄ 120 2 + 2 290 × 11,5 ⁄ 1 200 2 + 204 2 ⁄ 65 2

k 0 = 3,68
5. Structure sandwich
• Couche à 90o : Une structure sandwich (figure 29) est obtenue à partir de deux
peaux ou semelles, réalisées dans un matériau ayant de très bon-
2 nes caractéristiques mécaniques, collées sur une âme réalisée avec
k 90 = 1 098 2 ⁄ 1 000 2 + 68,2 2 ⁄ 50 2 + 1 098 × 68,2 ⁄ 1 000 2 + 200 2 ⁄ 65 2
un matériau très léger et ayant de faibles caractéristiques mécani-
k 90 ≈ 3,60 ques. Une telle structure présente en flexion des rapports résis-
tance/masse et rigidité/masse très importants.

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z L
Semelle
M

Planche W
y de nida
Ame
Semelle
x

Plaque
Schéma Plaques sandwiches
monolithique

e 2e 4e
e/2
Caractéristique e/2
Rouleau Feuille
Rigidité relative 100 700 3700 clinquant encollé
Résistance relative 100 350 925
Masse relative 100 104 108
Figure 30 – Plaque nid d’abeille

Figure 29 – Plaque sandwich

5.1 Matériaux constituants y

■ Âme
Fy
Elle peut être réalisée avec les matériaux suivants : z
• Mousses : ces matériaux légers, peu onéreux, facilement usi- eS
nables, ont cependant de très faibles caractéristiques mécaniques ; eA
à cause du problème lié au flambage local (§ 5.2), ils ne permettent
pas de profiter pleinement des matériaux constituant les semelles ; L Fx x
• Balsa : pour utiliser pleinement ce matériau, il sera souhaitable b
d’orienter les fibres dans la direction z (bois debout) ;
• Nid d’abeille : cette structure est réalisée généralement à partir
Figure 31 – Poutre composite en flexion traction
de matériaux en plaques minces (alliage d’aluminium, papier
polyamide) ; des raies de colle sont disposées en bandes régulières
sur les plaques qui sont collées entre elles pour former un bloc ; ce
bloc est coupé en tranches, puis ces tranches sont transformées en La poutre est encastrée à une extrémité, et soumise à l’autre
planches de nida (nid d’abeille) par expansion ; le matériau obtenu
est fortement anisotrope ; on peut définir un repère orthonormé extrémité à une force F ( F x ,F y ,0 ) . Les dimensions des constituants
(W, L, M ) tel que la direction L corresponde au sens ruban, la direc- sont indiquées sur la figure 31.
tion W au sens expansion et M à la direction des alvéoles
Pour déterminer la résistance et la rigidité de cette structure on
(figure 30). La direction M est confondue avec la direction z la
peut suivre le cheminement ci-après.
figure 29.
■ Semelles ■ Première étape : calcul du visseur dans une section droite

Ce sont, soit des matériaux traditionnels tels qu’alliage léger ou • Effort normal : N = Fx ,
acier, soit des matériaux composites à base de fibres. • Effort tranchant : Ty = Fy ,
• Moment de flexion : Mz = Fy (L – x ).
■ Deuxième étape : détermination des contraintes en faisant
5.2 Calcul de la résistance et de la rigidité pour chaque composante du visseur les hypothèses suivantes :
d’une structure sandwich • Effort normal : il est repris par les semelles sous forme d’un
(exemple d’une poutre encastrée) flux uniforme :

Considérons le cas d’une poutre sandwich, de longueur L σx = N /e S b


(figure 31). La poutre est réalisée à l’aide de deux semelles iden- • Moment de flexion : il génère dans les semelles deux forces
tiques, d’épaisseur eS , de largeur b, collées sur une âme légère opposées de module :
d’épaisseur eA réalisée par exemple en mousse ou nid d’abeille.
Si les semelles sont réalisées à partir de fibres noyées dans une F S = M z /h
matrice, elles seront considérées comme des plaques stratifiées. avec h = eA + eS .
En utilisant les résultats du paragraphe 4.5, il est possible de cal-
culer le module d’Young équivalent E S des semelles dans la direc- Cette force se répartit uniformément dans les semelles :
tion x. GA et EA sont respectivement le module de cisaillement Gxy
et le module d’Young Ey de l’âme. σx = F S / e S b

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À partir des formules classiques d’Euler, en tenant compte de


l’énergie de cisaillement, la force critique de flambage (Fx ) crit est
a flambage en déterminée :
cisaillement
Kπ 2 I z E S
F x  crit = ------------------------------------------------------
-
L 2 + π 2 Iz ES ⁄ eA GA b
b flambage local
en compression avec Iz = 2e S b (h /2)2,
L longueur de la poutre,
K facteur qui dépend des conditions aux limites (K = 1 pour
c flambage local une poutre biappuyée ; K = 4 pour une poutre bien-
intercellulaire castrée et K = 1/4 pour une poutre libre-encastrée).
Il faut vérifier également que la poutre résiste au flambage par
Figure 32 – Flambage local cisaillement (figure 32a). La force de compression doit être infé-
rieure à la force critique :
Fcrit = eA b GA
• Effort tranchant : il crée une contrainte tangentielle uniforme
dans l’âme : ■ Cinquième étape : on calcule la déformée en utilisant les for-
τxy = Ty /eA b mules classiques de la Résistance des matériaux. Si on utilise le
théorème de Castigliano, l’énergie élastique totale est calculée sans
Ces contraintes doivent être inférieures aux valeurs admissibles oublier l’énergie de cisaillement :
relatives aux divers matériaux.
W = WF + W T + W N
■ Troisième étape : vérification de la tenue au flambage de la
semelle en compression avec WF énergie de flexion définie par :
L’effort critique (figure 32b) est calculé en supposant que la 2
dW F 1 Mz
  
h 2
semelle est une plaque collée sur un support élastique. On peut -------------- = ----- -------------- I z = 2 e S b -----
utiliser les abaques [12] ou prendre en première approximation la dx 2 ES Iz 2
formule suivante : WT énergie de cisaillement définie par :
(σx)crit < 1,64 ES [(EA eA)/(ES eS )]1/2 2
dW T Ty
- = ---------------------
-------------- [ SA = eA b ]
Si le matériau constituant l’âme est du nid d’abeille, il faut véri- dx 2G A S A
fier en plus qu’il ne peut pas exister un flambage local intercellu-
laire (figure 32c) : WN énergie d’effort normal définie par :

(σx)crit < (4ES)/(1 – ν2) (e S/c) dW N N2


--------------- = -------------------- [ S S = 2e S b ]
dx 2E S S S
avec c dimension de la cellule.
D’après le théorème de Castigliano [1], la dérivée de l’énergie
■ Quatrième étape : vérification de la tenue au flambage global élastique totale W par rapport à une force extérieure est égale au
de la poutre en compression. déplacement du point d’application de celle-ci.

Références bibliographiques
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04/10/2008

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