BM 5067
BM 5067
DOCUMENTATION
04/10/2008
1. Définitions.................................................................................................. BM 5 067 - 2
1.1 Position du problème .................................................................................. — 2
1.2 Phénomènes élémentaires d’endommagement des surfaces................. — 2
1.3 Formes d’usure ............................................................................................ — 2
2. Étude et quantification de l’usure....................................................... — 7
2.1 Paramètres à prendre en compte............................................................... — 7
2.2 Lois d’usure.................................................................................................. — 7
2.3 Méthodes d’étude........................................................................................ — 7
2.4 Approche énergétique................................................................................. — 9
2.5 Cartographie ................................................................................................ — 11
Notations et symboles .................................................................................... BM 5 065
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 5 069
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Frotteur
Effort tangentiel T
1.1 Position du problème Transfert
Fissures
Déformations
Il est important de distinguer deux façons d’aborder les problè- plastiques
mes d’usure : Zone
— on peut considérer l’usure d’un système tribologique consti- de structure
tué de deux corps, de l’environnement et du produit interfacial ou modifiée
troisième corps. Dans ce cas, les phénomènes doivent être décrits à Nouvelles
partir du comportement du matériau interfacial, dont la présence et phases
les propriétés sont primordiales, son comportement définissant la
façon dont les premiers corps sont sollicités. On parle alors de vie
du troisième corps, de débris d’usure, de débit de particules, de cir-
cuit tribologique (recirculation ou non des particules perdues par le Émission de radiations
contact), etc. ;
— une deuxième approche, complémentaire de la précédente, Figure 1 – Endommagements d’un corps frottant
consiste à considérer l’usure d’un corps frottant soumis à des solli-
citations tribologiques. On parle alors de réponse d’un matériau et
de phénomène d’usure au sens classique du terme. Il est bien évi- cription de la chronologie des événements correspond à celle d’un
dent que ce deuxième aspect n’a de sens qu’à partir du moment ou processus d’usure.
le système est bien défini.
Dans cette partie on présentera principalement l’usure sous 1.3 Formes d’usure
son aspect classique en considérant les phénomènes élémentai-
res responsables de la détérioration d’un corps en frottement.
À partir des phénomènes élémentaires qui viennent d’être évo-
qués, de nombreux processus d’usure ont été établis qui peuvent
Les paramètres gouvernant l’usure sont souvent identiques à être classés de différentes façons.
ceux pouvant influencer le frottement. Parmi ceux-ci, on peut noter
(cf. [BM 5 066]) :
— la nature, la structure cristallographique et les propriétés 1.3.1 Classification empirique
mécaniques des matériaux ;
— l’état topographique, physicochimique des surfaces frottantes Cette classification s’appuie sur un constat plutôt global du
(rugosité, couches d’oxydes, molécules adsorbées...) ; comportement du système frottant ; on définit alors :
— la présence d’agents actifs en frottement (additifs antiusure — l’usure douce ou ultradouce : le système s’use peu, les surfa-
des lubrifiants...) ; ces des corps restent lisses et la taille des particules émises ne
— la présence de films liquides de lubrifiant (cas de la lubrifica- dépasse pas quelques micromètres ;
tion hydrodynamique ou élastohydrodynamique). — l’usure sévère : la durée de vie du système est faible, les surfa-
ces des corps sont profondément modifiées et les particules d’usure
sont d’une taille pouvant dépasser 100 µm ;
— l’usure catastrophique : la durée de vie est très réduite ; cette
1.2 Phénomènes élémentaires situation correspond le plus souvent à un grippage généralisé du
d’endommagement des surfaces système.
Sous l’effet des sollicitations tribologiques, une surface subit des 1.3.2 Classification technologique
modifications et endommagements dont les principales formes
sont schématisées figure 1. Cette seconde classification s’appuie sur l’état de dégradation du
Les endommagements peuvent être décrits simplement en fai- système et sur le faciès (morphologie) des pièces usées. On parle
sant appel à un nombre réduit de phénomènes élémentaires alors par exemple de :
mécaniques, physiques ou chimiques : — grippage et microgrippage, dans le cas de blocage de
— déformations plastiques, lorsque les contraintes créées par le mécanismes par soudure, de transfert d’un matériau sur l’autre. Il
contact glissant dépassent la limite d’élasticité ; ces déformations existe différents termes pour qualifier ce type de dégradation ; en
plastiques induisent des modifications de géométrie des surfaces dehors du cas où l’avarie correspond au stade ultime du blocage, on
frottantes ; parle de brunissage, scuffing (grippage), scoring, galling (écaillage)
— fissurations, sous l’effet de contraintes dépassant la limite à la (cités approximativement dans l’ordre croissant de l’intensité ou de
rupture, ou de phénomènes de fatigue ; la sévérité des endommagements). C’est ainsi que l’on distingue par
exemple le scuffing des chemises de moteur à explosion, du scoring
— transformations physicochimiques de surface : transforma-
et du galling des engrenages et des roulements à billes... ;
tions structurales sans intervention de l’environnement ou réaction
— pitting (ou piquage, écaillage), qui correspond à des pertes
tribochimique entre les corps frottants et cet environnement ;
locales de matière sous forme d’écailles. Cet endommagement est
— adhésion entre les corps frottants, conduisant à la formation dû à un phénomène de fatigue du matériau, initié par les sollicita-
de transferts d’un des matériaux sur l’antagoniste. tions répétitives exercées en cours de frottement, et conduisant à
Ces différents phénomènes élémentaires peuvent se produire une propagation de fractures parallèles à la surface frottante ; cette
simultanément ou successivement dans un contact donné. La des- forme de dégradation est typique des contacts soumis à des charge-
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Usure
Hmétal Dureté « abrasif » Habr adhésive
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Q
T
Q T Q T
Écaille Fissures
Fissure
Accumulation de Propagation Formation
déformations de fissures d'une écaille
plastiques en
sous couche Trace
Zone de contact
de frottement
a schéma du processus d'usure
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Surface usée
1.3.4 Complexité des situations réelles Figure 15 – Coexistence d’usure abrasive à deux corps
et à trois corps. Effet de la présence de débris d’usure dans le contact
Dans les situations réelles, un même contact, à un instant donné, sur la distribution de pression de contact
peut présenter différentes formes d’usure. Par exemple, la figure 15
montre la coexistence dans un même contact d’usure abrasive à
deux et trois corps ; il est à noter que la présence de débris d’usure
en plus forte quantité à l’arrière de l’interface modifie le phénomène Par ailleurs, une situation d’usure peut évoluer dans le temps en
d’usure et la répartition des contraintes. fonction des conditions tribologiques. Cette évolution se traduit par
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Coefficient d'usure
début de fonctionnement d’un système, l’aire de contact est réduite, Abrasion Corrosion
et les pressions superficielles élevées, ces conditions favorisant plu- sévère sévère
tôt les usures de nature adhésive et abrasive. Ensuite, sous l’effet de 10–3
Galling
déformations plastiques, de pertes de matière, de la présence des
particules d’usure dans l’interface, la surface de contact augmente, 10–4
Fracture
l’usure peut devenir de nature plutôt corrosive et son taux va alors Usure Polissage fragile
diminuer. Les surfaces usées ont un aspect différent, les particules 10–5
modérée
d’usure deviennent moins nombreuses et de taille plus petite. La
phase initiale de fonctionnement correspondant au rodage est sou- 10–6
vent déterminante pour la vie totale du système. Brunissage
10–7
Fatigue
de surface
10–8
2. Étude et quantification
de l’usure a frottement métal/métal
D’énormes progrès ont été réalisés dans les dernières décennies Usure Usure Usure Usure par
adhésive abrasive corrosive fissuration
par les laboratoires de recherche en tribologie, grâce à la possibilité Coefficient d'usure 10–2
d’utiliser un matériel de saisie informatique de plus en plus perfor- Abrasion Corrosion
sévère sévère
mant. C’est ainsi qu’il a été possible, en combinant les tribomètres 10–3
classiques avec de puissants capteurs, de mieux appréhender les Fracture
processus d’usure et de frottement. fragile
10–4
Ces études de l’usure sont également d’un grand intérêt quant à
la compréhension des durées de vie de différents mécanismes et ce, 10–5
en prévision d’éventuelles avaries ou dans l’optique de tester de Polissage
nouveaux matériaux. 10–6
Usure Fatigue de
modérée surface
10–7
2.1 Paramètres à prendre en compte 10–8
Brunissage
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(0)
Tableau 1 – Correspondances entre les phénomènes d’usure, l’aspect des surfaces usées et les particules d’usure
(matériaux métalliques principalement)
Type d’usure Surface usée Particules d’usure
– Transferts, en général du corps le plus tendre
sur le matériau le plus dur – Taille relativement importante ( 10 µ m )
Adhésive – Déformations plastiques – Agglomérats composites (constituants des deux
corps)
– Transformations métallurgiques
L’étude morphologique des particules d’usure est en général plus ■ Mesure d’empreintes de microdureté Vickers
délicate mais elle peut aussi apporter beaucoup d’informations. Les
techniques employées sont la microscopie optique, électronique à Cette technique extrêmement précise fait appel à un microinden-
balayage ou à transmission. teur Vickers. Elle consiste à créer sur une pièce une empreinte de
L’observation des surfaces et des particules peut aussi être asso- microdureté et à mesurer l’évolution de la diagonale D avec l’usure
ciée à des analyses chimiques grâce aux techniques d’analyse de (figure 17). La hauteur usée peut être estimée avec une précision de
surface. l’ordre du dixième de micron (dans le cas d’une empreinte Vickers,
la diagonale est égale à 7 fois la hauteur). Cette technique n’est
Le tableau 1 montre les relations qui existent en général entre le applicable que pour des surfaces lisses autorisant l’observation des
type d’usure et les caractéristiques des surfaces usées et des parti- empreintes.
cules d’usure.
Surface après
■ Perte de masse usure
Cette méthode consiste à faire fonctionner un mécanisme pen-
dant un temps connu puis à extraire la pièce à étudier et à la peser
afin de déterminer sa perte de masse. La précision de la mesure
effectuée peut être de l’ordre du dixième de milligramme pour des
pièces d’une masse inférieure à 200 g. Néanmoins, cette méthode
présente plusieurs inconvénients :
D2 D1
— elle n’est pas valable pour de lourdes pièces ;
— elle nécessite un nettoyage poussé et reproductible car on
pèse en même temps les oxydes et les poussières se trouvant sur la
pièce ou dans ses porosités ;
— elle ne permet pas de quantifier l’usure qui ne correspond pas
à une perte de masse. La variation de la diagonale de l'empreinte D permet de calculer
la hauteur usée à partir de la connaissance de la géométrie
■ Perte de cote de l'empreinte (angle)
Cette méthode est employée dans le cas des usures entraînant un
changement de géométrie qui peut être quantifié par une mesure Figure 17 – Mesure d’une hauteur usée grâce à une empreinte
dimensionnelle. de microdureté Vickers
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Hauteur
Après usure
par troncature
Ferrographie
Densité
de probabilité
1 10 100 1 000
Taille des particules (µm)
Figure 18 – Évolution de la courbe de densité de probabilité
des hauteurs d’un profil de surface avec l’usure
Figure 19 – Domaine de sensibilité des différentes techniques
de suivi de l’usure par l’étude des particules d’usure
■ Méthode basée sur le suivi de la rugosité
Le suivi de la rugosité d’une surface permet dans certains cas
d’avoir des informations sur l’usure. Les relevés profilométriques et
leur analyse statistique à des étapes successives de l’usure permet- Travail de frottement
(énergie dissipée) Bruit, vibrations, …
tent de suivre l’évolution de la distribution des ordonnées du profil
(figure 18). La courbe de fonction de répartition p(z) est particuliè-
rement adaptée pour l’observation de l’usure.
Le calcul des paramètres σ (écart quadratique moyen ou écart Transformations Processus Troisième corps
type), Sk (Skewness) et Ek (Kurtosis) (cf. [B 7 010]) apportent des de la matière physico-chimiques Formation de débris
Plastifications Réactions chimiques Agrégation
renseignements aussi bien sur la distribution des hauteurs que sur Transformations Oxydation Broyage
la forme du profil. Sk correspond à l’obliquité de la distribution des structurales Charges électriques Cisaillement
hauteurs du profil, Ek à la finesse. Fissurations Émissions électroniques …
… …
Cette méthode permet par exemple de différencier une usure par
déformation plastique sans perte de matière d’une usure par tronca-
ture de la rugosité. Elle n’est bien évidemment utilisable que lors-
que le fond des rugosités n’est pas affecté par l’usure. Perte de matière
(volume usé U)
■ Bouchon magnétique
■ Utilisation de radiotraceurs
Cette technique, simple et peu coûteuse, consiste à observer
Cette technique, utilisant la radioactivité, peut être employée pour visuellement des particules ferromagnétiques adhérant à un bou-
le suivi de systèmes lubrifiés. Le matériau à étudier est traité avec chon magnétique disposé dans le circuit de lubrification.
un élément radioactif avant d’être mis en place. Si la pièce s’use, des
débris radioactifs se retrouvent dans l’huile et un compteur de parti- Ces trois dernières techniques basées sur l’observation des parti-
cules sur des échantillons de lubrifiant contaminé permet alors cules d’usure sont souvent complémentaires car elles renseignent
d’étudier le phénomène d’usure de façon quantitative. sur la présence de particules dont les tailles sont différentes
(figure 19).
Cette technique assez ancienne est très précise mais relativement
lourde à mettre en œuvre car elle nécessite une structure de fonc-
tionnement adéquate du fait de l’utilisation de produits radioactifs.
2.4 Approche énergétique
■ Ferrographie
Cette méthode consiste, au moyen d’un champ magnétique varia- 2.4.1 Perte de matière
ble, à séparer et à classer selon leurs tailles, les particules ou les
débris ferromagnétiques récupérés sur une pièce usée ou en sus-
pension dans le lubrifiant. On peut alors diagnostiquer le type On peut aborder les phénomènes tribologiques sous un aspect
d’usure et sa sévérité. Par exemple, une usure sévère est caractéri- énergétique en considérant que le frottement est un processus dis-
sée par un diamètre de particules d’usure supérieur à 10 µm, tandis sipatif. L’énergie dissipée en frottement est alors utilisée par diffé-
qu’il ne dépassera pas 1 µm pour une usure douce. rents processus qui peuvent pour certains conduire à de l’usure.
Le schéma figure 20 illustre les différentes façons de considérer
■ Spectrométrie de masse cette énergie dissipée.
Nota : Le lecteur pourra consulter l’article Spectrométrie de masse [P 2 615] dans le Pour quantifier l’usure, on peut représenter l’évolution du volume
traité Analyse et caractérisation. usé (U ) en fonction de différents paramètres et en particulier du tra-
vail de l’effort normal Q ainsi que le propose la loi d’Archard. On
La spectrométrie de masse des liquides contenant des particules détermine alors un coefficient d’usure kU tel que :
d’usure est une analyse chimique élémentaire quantitative. Le suivi
des éléments provenant des parties frottantes ou du lubrifiant per- kU = U /(D · Q)
met de conclure sur la quantité de matière usée ainsi que sur la
dégradation du lubrifiant. avec D distance parcourue.
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Figure 21 – Exemple de comparaison du comportement en usure Dans la pratique, on observe fréquemment des transformations
de différents matériaux lors d’un essai de fretting superficielles de structure sous l’effet du frottement. Les phases
particulières obtenues ont été mises en évidence dans de multiples
situations et sur des matériaux très divers. E. Sauger [20] a montré
Cette formulation n’intègre pas le coefficient de frottement ; or il que la transformation de phase est associée à une certaine quantité
est courant de constater que l’usure est d’autant plus importante d’énergie, énergie pouvant par exemple correspondre à l’activation
que ce facteur est élevé. de l’oxydation des surfaces. Dans le cas d’un contact acier rapide
Par ailleurs, l’effort normal est par définition appliqué perpendicu- sur alumine, cette énergie (∆EdU) peut être associée aux différents
lairement à la direction de glissement et par conséquent son travail stades de la dégradation de l’acier, en induisant une accumulation
est nul. Aussi, il apparaît plus judicieux de remplacer l’effort normal de déformations plastiques puis la formation en surface d’une
Q par l’effort tangentiel T. On détermine alors un coefficient d’usure phase blanche très dure. L’énergie dissipée supplémentaire va alors
tel que : permettre la création des premiers débris et activer la progression
en sous-couche de la structure modifiée. La formation des débris
αU = U /(D · T )
induit un volume usé qui sera mesuré et permettra la quantification
Cette relation appliquée aux sollicitations de frottement est équi- de la dégradation.
valente à :
U La figure 22 illustre les étapes de ce processus que sont la phase
α U = ---------- incubatrice (ou en phase d’activation) (ΣEd < ∆EdU) et la phase stabi-
ΣE d lisée (ΣEd > ∆EdU).
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Pression normalisée
Carte de réponses du matériau
Phénomène d'usure Grippage
Taux d'usure
lg (pression normalisée)
4,3 Usure oxydative douce
Formation de
10–5 10–6 (10–8) martensite 10–8
Usure
10–3 Usure par oxydative
délamination
lamination sévère
re
10–7 10–9
10–6 (10–8)
Transition d'usure
douce à sévère
T1 = 100 °C
T2 = 200 °C 10–8 10–10
Usure 10–9
T3 = 350 °C ultradouce 10–9 10–11
T4 = 550 °C 10–5
10–2 1 102 104
T5 = 800 °C
Acier configuration Vitesse normalisée
T6 = 1 100 °C pion sur disque
T7 = 1 500 °C
Figure 25 – Carte d’usure de Lim et Ashby montrant les domaines
de phénomènes d’usure (d’après [21]) (pour les définitions de pressions
–5 – 1,7 et vitesses normalisées, se reporter à la figure 24)
–1 5
lg (vitesse normalisée)
Températures de surface
Températures éclair au niveau des jonctions élémentaires
Pression normalisée :
Q/H0 An – 0,93
avec H0 dureté du corps le moins dur lg (k )
– 1,8
An aire nominale (apparente) de contact
Vitesse normalisée : – 2,67
v · R0 /a
– 3,54
avec R0 rayon du pion
a diffusivité thermique moyenne des deux corps – 4,41
2,58
Figure 24 – Carte de température de Lim et Ashby (d’après [21]) – 5,28 2,23
17,95 1,92
14,62 1,38
11,38 1,25
2.5 Cartographie p /100 (MPa) 8,04 0,92 lg v (mm/s)
4,71 0,58
k coefficient d'usure
2.5.1 Justification p pression
v vitesse
Le rêve de tout tribologue est de pouvoir, à partir de la connais-
sance des contraintes qui sont imposées aux matériaux lors du frot- Figure 26 – Carte d’usure de HSU montrant l’évolution du taux
tement, prédire les endommagements et l’usure qui vont se d’usure avec la pression de contact et la vitesse (d’après [22])
produire et estimer la durée de vie d’un système frottant (figure 23).
Cette démarche conduit à la notion de « cartes », qui correspond à
un moyen aisé de représenter comment les phénomènes évoluent
Ces cartes, définies à partir de considérations théoriques reposant
avec les paramètres considérés.
sur de nombreuses hypothèses permettent de prévoir le comporte-
ment d’un contact.
2.5.2 Carte de température et carte d’usure D’autres cartes d’usure ont aussi été développées par Hsu [22]. Il
s’agit d’une représentation sur un graphe en trois dimensions de
Parmi les approches intéressantes, on peut noter celle de Lim et l’évolution du taux d’usure en fonction de certains paramètres
Ashby [21] qui considèrent dans un premier temps les cartes de d’essais dont les plus souvent employés sont la vitesse et la pres-
température (figure 24) puis ensuite les cartes d’usure (figure 25). sion de contact (figure 26).
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plastifications,
déplacements alternés de très petites amplitudes (figure 28). De
1 000 fissurations nombreuses études ont montré l’influence de l’amplitude et de la
Adhésion
Grippage pression de contact sur l’évolution des dégradations.
Fusion Une approche en terme de cartes a été récemment mise en place
par S. Fouvry [23]. En particulier, le tracé des cartes de fretting per-
10 met l’établissement des différents domaines de glissement et l’ana-
lyse associée des dégradations (figure 29).
Effets thermiques
Phénomènes
■ Pour les très petites amplitudes (figure 28), le contact présente
0,1 de surface une situation composite de domaines glissants et non glissants.
L’hystérésis associée à l’évolution de l’effort tangentiel en fonction
0,01 0,1 1 10 100 du débattement présente une forme elliptique fermée. Peu dissipa-
Vitesse (m/s)
tive, cette condition de glissement dite de glissement partiel ne
génère pratiquement pas de perte de matière mais favorise l’amor-
çage et surtout la propagation de fissures.
Figure 27 – Carte d’usure schématique montrant les domaines ■ L’augmentation du débattement engendre la mise en glissement
de prépondérance des divers phénomènes d’usure généralisé (total) du contact (figure 28). Le cycle de fretting pré-
sente alors une forme quadratique qui est associée à une forte dis-
sipation d’énergie. L’usure générée par la formation et l’éjection des
La figure 27 illustre comment les paramètres tribologiques pres- débris devient beaucoup plus importante ; en revanche la fissura-
sion et vitesse influent sur les phénomènes d’usure. tion se trouve limitée.
δ δ
1 mm 1 mm
Amplitude Amplitude
du déplacement du déplacement
relatif (20 µm) relatif (100 µm)
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Pas de dommage
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N˚ de rubrique : 32
N˚ de sous-rubrique : 01
N˚ de volume : BD1
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