Anatomie Part 1
Anatomie Part 1
1/2
Plan
- Cornée
- Conjonctive
- Sclère
- Iris
- Angle iridocornéen
- Corps ciliaire
- Cristallin
- Vitré
- Rétine/Macula
- Choroïde
- Papille
- Nerf optique
- Artère ophtalmique
- Orbite
- Muscles oculomoteurs
- Nerfs oculomoteurs
- Paupières
- Muscle orbiculaire
- Glandes lacrymales
- Voies sympathiques et parasympathiques
- Ganglion de Gasser
- Sinus caverneux
- Lobe occipital
- Chiasma
- Bandelettes et voies optiques
- Systématisation de la voie optique sensorielle
- Voies optiques secondaires
La conjonctive
I- INTRODUCTION :
▪ La conjonctive est une muqueuse transparente tapissant la face postérieure des 2 paupières et se réfléchissant
sur la face antérieure du globe oculaire délimitant ainsi des culs de sac conjonctivaux, elle se continue avec la peau au
bord libre, avec la cornée au limbe cornéo-scléral et avec l’épithélium des conduits lacrymaux aux points lacrymaux.
▪ Son étude a plusieurs intérêts :
- Anatomique : structure transitionnelles entre la peau et l’épithélium cornéen.
- Physiologique : assure la sécrétion lacrymale de base par les glandes lacrymales accessoires.
- Chirurgical : voie d’abord du segment postérieur du globe.
- Pathologique : la pratique des biopsies et d’empreintes conjonctivales pour le diagnostic de nombreuses affections.
C. La conjonctive bulbaire :
● Mince et transparente, elle est en rapport avec le globe oculaire et présente 2 portions :
1. Portion sclérale :
● S’étend du cul de sac conjonctival jusqu’à 3mm du limbe cornéo-scléral, elle est séparée de la capsule
de Tenon sous-jacente par un tissu sous conjonctival qui constitue un plan de clivage facile en chirurgie.
2. Portion limbique :
● Réalise un anneau de 3mm de large qui circonscrit la cornée. A ce niveau, la conjonctive et la capsule de
Tenon sont très adhérentes l’une à l’autre et le plan de clivage n’existe qu’entre le plan conjonctive-capsule
de Tenon et la sclère.
V- VASCULARISATION :
A/ Artérielle : assurée par :
❖ Artères conjonctivales postérieures : proviennent des artères palpébrales supérieures et inférieures, branches de
l’artère ophtalmique, elles forment les 2 arcades externes et internes
❖ Artères conjonctivales antérieures : proviennent des artères ciliaires antérieures issues des artères musculaires.
Elles donnent
o Des rameaux perforants la sclère => grand cercle artériel de l’iris
o Des rameaux superficiels
VI- INNERVATION :
❖ Sensitive : très développée, elle est assurée par :
o La branche ophtalmique de Willis du nerf trijumeau :
▪ Le nerf lacrymal : 1/3 externe de la conjonctive palpébrale et la ½ de la conjonctive bulbailre
▪ Le nerf nasal : 1/3 interne de la conjonctive palpébrale et la ½ interne de la conjonctive bulbaire
▪ Le nerf frontal : la partie moyenne de la conjonctive palpébrale supérieure.
o Les nerfs ciliaires antérieurs : qui donnent le plexus cornéen, innervant la conjonctive limbique
o Le nerf sous-orbitaire : branche du maxillaire supérieur, pour la partie moyenne du CDS inférieur
❖ Sympathique et parasympathique.
La sclère
I- INTRODUCTION :
▪ C’est la plus externe des tuniques de l’œil, elle entoure les 4/5ème postérieurs du globe dont elle assure la
protection.
▪ Fibreuse et inextensible, c’est la plus solide et la plus résistante des membranes oculaires, elle a un intérêt :
o Anatomique : donne insertion aux muscles oculomoteurs, livre passage aux éléments vasculo-nerveux du globe et
contribue à la formation de l’AIC.
o Physiologique : protège la choriorétine et le vitré contre les chocs, soutient le globe et maintient le tonus oculaire.
o Chirurgical : constitue la voie d’abord dans la chirurgie de cataracte par voie limbique et dans la chirurgie du
glaucome, des muscles oculomoteurs et du DDR.
II- EMBRYOLOGIE : la sclère se différencie à partir du mésoderme entre 2ème et 5ème mois.
III- CONFIGURATION :
1. Forme :
● Représente les 4/5ème d’une sphère creuse, traversée en arrière par le nerf optique et se continue en avant par
la cornée.
2. Couleur :
● À la naissance, la sclère mince et translucide apparait
bleuâtre.
● Chez l’adulte, elle est de couleur blanc nacrée.
● Chez le vieillard, par calcification et hyalinisation, elle prend
une couleur jaunâtre.
3. Dimensions : son diamètre moyen est variable selon l’âge et
l’amétropie.
● L’axe antéro-postérieur = 21 à 22mm.
● Les axes horizontal et vertical = 24mm.
● Circonférence moyenne équatoriale = 77mm.
4. Poids : 1,2g en moyenne.
5. Épaisseur :
● Variable selon les régions : 0,7 à 0,8mm au limbe, 0,5mm à l’équateur, 0,3mm en arrière des insertions des
tendons des muscles droits (siège fréquent des déchirures traumatiques) et 1mm au voisinage du NO.
● Cette épaisseur est moindre en cas de myopie forte ou de buphtalmie.
IV- RAPPORTS :
A. Face externe : convexe et lisse, de couleur blanchâtre, répond à 3 tuniques et reçoit l’insertion des MOM.
1. Rapports avec les tuniques : la sclère est tapissée de la profondeur à la surface par :
a. L’épisclère :
● Tissu conjonctif lâche qui recouvre la sclère sans y adhérer, parcouru par un riche réseau capillaire.
b. La capsule de Tenon :
● C’est une membrane fibro-élastique recouvrant la sclère depuis le limbe jusqu’à la pénétration du NO.
● Comporte 2 feuillets : profond mince et superficiel plus épais, accolés entre eux par un tissu conjonctif
lâche délimitant l’espace virtuel de tenon = espace sous-ténonien.
c. La conjonctive bulbaire :
● S’étend du limbe au cul de sac conjonctival, séparée des plans profonds par l’espace sous-conjonctival
de Guérin.
❖ Les 3mm les plus antérieurs forment la portion péri-cornéenne, véritable anneau où la conjonctive, la capsule de
tenon et l’épisclère sont soudées et fixées solidement aux pourtours de la cornée.
V- HISTOLOGIE :
● La sclère est un tissu conjonctif fibreux, dense, peu vascularisé, formé essentiellement de faisceaux de fibrilles
de collagènes au sein d’une substance fondamentale. Ces faisceaux de collagène s’entrecroisent dans toutes les
directions ce qui confère à la sclère sa résistance.
● Elle comprend aussi des fibres élastiques, et peu de fibroblastes, de fibrocytes et de cellules pigmentaires.
VI- VASCULARISATION :
● La sclère est très faiblement vascularisée, elle est nourrie par imbibition à partir de la conjonctive et de la
choroïde.
A/ Réseau artériel : son rôle nourricier est accessoire.
● En avant : le plexus péricornéen profond intra-scléral, formé par des branches des artères ciliaires antérieures.
● En arrière : le cercle artériel de Zinn-Haller, creusé dans la sclère, formé par des branches des artères ciliaires
courtes postérieures.
B/ Réseau veineux : disposition identique aux artères.
VII- INNERVATION :
● Assurée par les nerfs ciliaires courts. Après leur pénétration dans la sclère et pendant leur trajet dans l’espace
suprachoroïdien, ils donnent des rameaux scléraux moteurs, sensitifs et vasomoteurs.
L’iris
I-
INTRODUCTION :
▪ L’iris représente la
partie la plus antérieure de
l’uvée, il est situé en avant
du cristallin et sépare le
segment antérieur en 2 chambres : antérieure et postérieure. Par sa partie périphérique, il participe à la
constitution de l’AIC.
▪ C’est un véritable diaphragme circulaire, dont l’orifice central règle la pénétration de la lumière au
globe oculaire.
III- MACROSCOPIE :
▪ Il s’agit d’un disque un peu concave en arrière perforé d’un orifice central, la pupille, il est situé dans
un plan frontal entre la cornée en avant et le cristallin en arrière, sa circonférence se continue avec le corps
ciliaire au niveau du limbe.
▪ Son diamètre est de 12 à 13mm, son épaisseur est variable, fine de 0,1mm au bord périphérique, elle
augmente à la collerette atteignant 0,6mm puis diminue en allant vers la pupille.
▪ Sa coloration est variable, elle dépend de l’intensité de la pigmentation du stroma, on distingue les iris
clairs et foncés.
A. Face antérieure : présente 2 zones, interne pupillaire et externe ciliaire, séparées par la collerette irienne :
1. Collerette irienne :
- Ligne brisée, irrégulière et saillante, située à l’union du 1/3 interne et des 2/3 externes de l’iris,
elle correspond à la limite de résorption de la membrane pupillaire.
2. Zone interne ou pupillaire :
- Représente le 1/3 interne de l’iris, étendue du bord pupillaire à la collerette, elle mesure environ
2mm de large et présente 3 zones en allant de la pupille vers la collerette :
❖ Bord pupillaire : anneau festonné pigmenté, formé par le débord en avant de l’épithélium
pigmenté de l’iris.
❖ Zone du sphincter : bande circulaire, plus marqué sur l’iris clair.
❖ Zone des cryptes de Fuchs ou stomates : dépressions +/- profondes, à concavité dirigée vers la
pupille, dont le fond apparaît réticulé et dont les bords sont formés par des arcs charnus.
3. Zone externe ou ciliaire :
- Plus large, 3 à 4mm, elle représente les 2/3 externes de l’iris et comporte également 3 zones :
❖ Zone interne : plane, fait suite à la collerette.
❖ Zone moyenne : formée de plis circulaires concentriques à la pupille, séparés par des sillons
qui deviennent plus nets lors de la mydriase : sillons de contraction. Le pli le plus périphérique
forme l’ourlet marginal de Fuchs qui constitue la limite de la paroi postérieure de l’angle
iridocornéen.
❖ Zone externe : comporte des cryptes ciliaires peu profondes.
V- MICROSCOPIE :
▪ Sur le plan histologique, l’iris est formé d’avant en arrière :
A. La couche cellulaire antérieure :
● Constituée d’une couche unicellulaire de fibroblastes recouvrant des mélanocytes disposés en une ou
plusieurs couches irrégulières. Cette couche est discontinue avec constitution de cryptes au niveau desquels
l’humeur aqueuse entre en contact avec le stroma irien.
B/ Les veines :
● Plus profondément situées, elles partent de la région pupillaire selon une direction radiaire, gagnent
le corps ciliaire puis cheminent dans la suprachoroïde pour se jeter dans les veines vortiqueuses.
V- INNERVATION :
● Le sphincter de l’iris dépend du système parasympathique. Nées du noyau d’Edinger-Westphal,
appartenant au noyau du nerf III, les fibres pré-ganglionnaires suivent le nerf III puis sa branche inférieure
et gagnent le ganglion ciliaire où elles font synapse avec les fibres post-ganglionnaires qui gagnent le globe
oculaire sous forme de nerfs ciliaires courts.
● Le muscle dilatateur dépend du système sympathique. Nées de la corne latérale de la moelle
thoracique haute, (centre cilio-spinal de Budge), les fibres pré-ganglionnaires gagnent la chaîne
sympathique cervicale latéro-vertébrale et se terminent dans le ganglion cervical supérieur. De là partent
les fibres post-ganglionnaires qui traversent le ganglion ciliaire sans y faire synapse et ressortent sous forme
de nerfs ciliaires courts.
❖ Ainsi, les nerfs ciliaires courts contiennent des fibres motrices parasympathiques et sympathiques et des
fibres sensitives véhiculées par le nerf naso-ciliaire.
❖ Les nerfs ciliaires courts pénètrent dans le globe oculaire autour de la papille, cheminent dans l’espace
supra-choroïdien, et forment en avant du corps ciliaire le plexus ciliaire. Les branches destinées à l’iris
vont se répartir en 4 grands réseaux : des fibres sensitives pour le stroma, des fibres vasomotrices autour
des vaisseaux, des fibres parasympathiques pour le sphincter et des fibres sympathiques pour le
dilatateur.
❖ Le système parasympathique assure la contraction du muscle sphincter, donc le myosis, le système
sympathique celle du muscle dilatateur, donc la mydriase. L’équilibre entre les influx des 2 systèmes
conditionne la taille de la pupille.
L’angle irido-cornéen
I- INTRODUCTION :
▪ L’AIC est la partie la plus périphérique de la chambre antérieure, c’est une zone étroite constituée par
la réunion de 4 structures oculaires : la cornée et la sclère en avant, l’iris et le corps ciliaire en arrière.
▪ Constitue la principale voie de résorption de l’humeur aqueuse par le biais du trabéculum.
▪ C’est une région anatomique de grande importance, d’intérêts multiples :
- Physiologique : assure l’excrétion de 90% de l’HA. Il intervient ainsi directement dans la régulation de la
PIO.
- Clinique : son exploration par gonioscopie est indispensable à la PEC d’un glaucome.
- Chirurgical : il est directement concerné par la microchirurgie fonctionnelle du glaucome.
II- EMBRYOLOGIE :
● Jusqu’au 5ème mois, l’AIC est comblée par un tissu mésodermique avec une partie externe faite de
tissu conjonctif dense, futur trabéculum cornéo-scléral et une partie interne faite de tissu conjonctif lâche,
futur trabéculum uvéal. Entre les 2, se délimite une fente qui va progressivement atteindre l’éperon scléral.
● Du 5ème mois jusqu’à la naissance, l’angle va se former, se différencié et s’approfondir
progressivement.
● Vers le 4ème mois, le canal de Schlem apparait sous forme d’un plexus vasculaire situé derrière l’angle.
III- ANATOMIE MACROSCOPIQUE : l’AIC est un angle dièdre constitué de 2 parois et d'un sommet :
A. La paroi antéro-externe : c’est le versant interne de la jonction cornéo-sclérale. On distingue, d'avant en
arrière :
1. Le versant cornéen :
o Correspond à l'anneau de Schwalbe qui forme la limite la plus antérieure de l’AIC.
o Il s’agit d’une condensation de l’extrémité périphérique de la Descemet, recouverte par
l’endothélium cornéen en avant et le trabéculum en arrière, et se présente sous forme d’un
bourrelet translucide, parfois pigmenté.
2. Le versant scléral :
o Composé de 2 lignes annulaires en relief :
▪ Le septum scléral en avant : lèvre interne de la rainure sclérale.
▪ L’éperon scléral en arrière : bande annulaire de condensation des fibres sclérales, de
couleur blanc nacré.
o Séparés par la gouttière sclérale : dépression annulaire, triangulaire à la coupe, creusée dans la
sclère, contenant le canal de Schlemm, tapissée par le trabéculum cornéo-scléral et uvéal.
B. La paroi postéro-interne :
- Correspond à l’insertion de la racine de l’iris sur le corps ciliaire. Le pli le plus périphérique de l’iris
constitue l’ourlet marginal de Fuchs et correspond à la limite de la paroi postérieure de l’angle.
C. Le sommet de l'angle :
- Correspond en grande partie au muscle ciliaire qui forme en avant, en rejoignant la racine de l’iris, la
bande ciliaire, visible en gonioscopie.
IV- ANATOMIE MICROSCOPIQUE :
A. Trabéculum :
- Bande triangulaire, à sommet antérieur, prolongeant la Descemet et l’endothélium cornéen, qui
tapisse l’AIC sur toute sa circonférence. C’est un tissu conjonctif lacunaire composé d’un empilement
de lamelles entourées de cellules endothéliales, réalisant une grille pluristratifiée. On lui décrit 3
faces :
❖ Face antéro-externe : de l’anneau de Schwalbe jusqu’à l’éperon scléral.
❖ Face postéro-externe : de l’éperon scléral jusqu’à la racine de l’iris.
❖ Face interne : de l’anneau de Schwalbe jusqu’à la racine de l’iris.
- En gonioscopie, il est de couleur blanc grisâtre, parfois finement pigmenté en regard du canal de
Schlemm.
- L’analyse histologique décrit 4 constituants principaux du trabéculum :
1. Trabéculum uvéal :
o Formé de piliers entrecroisés, qui s’étendent de l’anneau de Schwalbe au corps ciliaire. Ces
piliers sont constitués de fibres collagènes centrales entourées de cellules endothéliales.
2. Trabéculum cornéo-scléral :
- Formé de feuillets conjonctifs superposés et perforés, orientés parallèlement au limbe, dont le
nombre augmente d’avant en arrière, de 4 couches à l’insertion antérieure sur l’anneau de
Schwalbe, pour atteindre 15 à 20 couches à son insertion postérieure sur l’éperon scléral.
- Chaque feuillet est constitué d’une couche centrale de fibres collagènes, entourée d’un manchon
fait de substance fondamentale, de fibres élastiques et de fibres collagènes. Sur ce manchon
viennent se disposer des cellules endothéliales.
B. Canal de Schlemm :
- Canal annulaire, situé dans la gouttière sclérale, parallèle au
limbe, rempli physiologiquement d’humeur aqueuse, d’une
longueur de 3,6 à 4cm, son diamètre est variable selon la PIO
et le degré de remplissage.
- Il est triangulaire à la coupe, à lumière unique, parfois multiple.
- Sa structure est de type vasculaire, composée d’une adventice, d’une membrane basale et d’une assise
de cellules endothéliales dont la structure est variable selon le versant considéré.
❖ Versant externe : les cellules endothéliales sont plates, fermement soudées entre elles par des
desmosomes.
❖ Versant interne : les cellules endothéliales sont plus volumineuses, allongées, fermement soudées
entre elles par des zonulae occludens, elles possèdent des vacuoles intra-cytoplasmiques géantes
impliquées dans le transfert actif de l’humeur aqueuse depuis le réseau trabéculaire vers le canal de
Schlemm.
V- RAPPORTS :
1. Antérieurs : le limbe scléro-cornéen.
● On distingue le limbe anatomique et le limbe chirurgical. Ce dernier correspond à une zone gris bleuté, située
environ 0,5 mm en arrière de la limite antérieure du limbe anatomique, elle se projette légèrement en avant du
canal de Schlemm. Aisément clivable, cette zone représente une des voies d’abord principales pour la chirurgie de
l’angle.
2. Postérieurs : chambre postérieure, cristallin et zonule, par l’intermédiaire de corps ciliaire et la racine de l’iris.
3. Internes : l’humeur aqueuse remplissant la chambre antérieure.
VI- TECHNIQUES D’EXAMEN DE L’ANGLE IRIDO-CORNEEN : l’AIC peut être examiné par :
A. Gonioscopie :
1. Gonioscopie directe :
- Avec le verre de Barkan dérivé du verre de Koeppe. La gonioscopie directe implique le décubitus du patient
et elle est plutôt réservée à l’examen de l’angle au bloc opératoire ou à la goniophotographie.
2. Gonioscopie indirecte :
- Se fait avec le verre à 3 miroirs de Goldmann, elle fait partie de l’examen clinique et permet de mettre en
évidence les principaux repères anatomiques de l’AIC (anneau de Schwalbe, trabéculum uvéal, éperon
scléral, bande ciliaire et racine de l'iris) et d’évaluer le degré de pigmentation angulaire (anneau de
Schwalbe et bande ciliaire).
- La gonioscopie dynamique est réalisée à l’aide du verre de Zeiss ou du verre de Posner.
I- INTRODUCTION :
▪ Le corps ciliaire fait partie de l’uvée, c’est le segment intermédiaire entre l'iris en avant et la choroïde en arrière,
il a la forme d'un anneau saillant vers l'intérieur du globe oculaire.
▪ Il donne insertion à la zonule et joue ainsi un rôle fondamental dans l'accommodation.
▪ Il assure aussi la production de l'humeur aqueuse au niveau des procès ciliaires.
II- EMBRYOLOGIE :
▪ Au 3ème mois, le muscle ciliaire se différencie dans le mésoderme ciliaire et la 1ère ébauche des procès ciliaires
apparaît à la fin du 3ème mois sous forme de plissement un peu en arrière du rebord de la cupule optique.
▪ Fin du 5ème mois : l'ora serrata est distincte et l'orbiculus ciliaris se distingue facilement entre ora serrata et
procès.
▪ 7ème mois : la portion radiaire est bien développée, mais la portion annulaire n'est qu'ébauchée.
▪ À la naissance : le développement du corps ciliaire n'est pas encore terminé.
C. L’épithélium ciliaire :
▪ Constitué de 2 assises cellulaires en liaison par leurs apex cellulaires : une externe pigmentée et une interne
claire.
▪ La limitante externe borde en dehors l'épithélium pigmenté et la limitante interne borde en dedans l'épithélium
clair.
1. La limitante externe :
- Continue en avant la membrane de Bruch de la choroïde. C'est une membrane basale bordant la base des
cellules pigmentées. Sa partie antérieure est séparée des capillaires par un espace étroit tandis que sa
partie postérieure répond au stroma conjonctif et aux vaisseaux.
2. L’épithélium pigmenté :
- Couche unicellulaire de cellules cubiques étendues de la racine de l'iris à l’ora serrata.
- Des granules pigmentées mélanisées siègent essentiellement dans la partie apicale des cellules.
- La membrane cellulaire présente au niveau de la partie basale de nombreux replis.
3. L’épithélium clair :
- Couche unicellulaire de cellules cylindriques étendues de la racine de l'iris à l’ora serrata.
- La membrane cellulaire présente au niveau de la partie basale de nombreuses et profondes invaginations.
❖ Des moyens de jonction solides représentés par des desmosomes et des zonulae occludentes et
adhérentes réunissent les apex des cellules de l'épithélium pigmenté et de l'épithélium clair.
4. La limitante interne :
- Constituée de la membrane basale de l'épithélium clair, qui épouse parfaitement les invaginations de la
membrane cellulaire basale, et des fibrilles d'insertion vitréenne et zonulaire. Ainsi se trouve réalisée la
jonction « vitréo-ciliaire » bien visible au niveau de la pars plana.
V- INNERVATION :
▪ Les nerfs proviennent du plexus ciliaire. Celui-ci est situé dans la supraciliaire et est formé par les nerfs ciliaires
longs et courts. Du plexus partent des fibres myéliniques pour le muscle ciliaire et des fibres amyéliniques pour les
vaisseaux. Il existerait aussi des fibres sensitives pour le corps ciliaire.
VI- LA ZONULE DE ZINN :
- Relie le cristallin au CC = ligament suspenseur du cristallin
- Constitue un anneau de fibres de forme triangulaire dont le sommet s’insère au niveau de l’orbiculus du CC
(= sommet du CC)
- Elle est formée de fibres cilio capsulaire et orbiculo capsulaires disposées en : pré-équatoriales, équatiorales
et post-équatoriales.
Le cristallin
I- INTRODUCTION :
▪ Le cristallin est une lentille biconvexe transparente et avasculaire, placée entre l’iris et le vitrée, et
suspendue au corps ciliaire par la zonule de Zinn.
▪ Il joue le rôle d’un dioptre du système visuel oculaire, sa plasticité lui permet de modifier ses
courbures et son indice de réfraction lors de l’accommodation.
▪ La bonne connaissance de l’anatomie du cristallin permet une meilleure compréhension des
phénomènes physio-pathologiques l’affectant comme la presbytie et la cataracte, qui constituent un motif
fréquent de consultation.
V- RAPPORTS DU CRISTALLIN :
1. Rapports antérieurs :
o La face antérieure du cristallin est en rapport avec la face postérieure de l’iris et son orifice
pupillaire. Plus en avant, à travers la pupille, il est en rapport avec la face postérieure de la cornée
dont il est séparé par l’humeur aqueuse.
2. Rapports postérieurs :
o La face postérieure du cristallin répond au vitré. On peut y définir 2 zones concentriques :
1. Une région annulaire centrale de 5mm de diamètre en rapport avec la hyaloïde antérieure,
formée par le ligament circulaire de Wieger délimitant l’espace de Berger. Le ligament de
Wieger correspond à une adhérence forte entre hyaloïde antérieure et capsule cristallinienne
chez l’enfant, il se fragilise avec l’âge et devient lâche chez l’adulte.
2. Une couronne en dehors du ligament de Wieger où la hyaloïde antérieure s’écarte
progressivement, créant un espace qui se prolonge en rétrozonulaire, nommé canal de
Honnover.
3. Rapport équatoriaux ou périphériques :
o L’équateur du cristallin répond à la zonule ciliaire ou ligament suspenseur du cristallin.
B. Anatomie microscopique : les fibres sont constituées de micro-fibrilles très fines composées de fibrillines,
elles sont dépourvues d’élasticité et la tension qu’elles exercent sur le cristallin dépend de l’état du muscle
ciliaire.
ANATOMIE FONCTIONNELLE :
- Le pouvoir réfractif est de 21D en moyenne au repos, peut augmenter jusqu’à 30D
Forme avec sa zonule, les procès ciliaires et le muscle ciliaire : L’appareil de l’accommodation.
II- EMBRYOLOGIE :
▪ Entre 3ème et 4ème semaine, apparait le vitré primitif formé de fibrilles et
d’hyalocytes d'origine mésenchymateuse et riche en vaisseaux provenant de
l'artère hyaloïde.
▪ Dès 6ème semaine, apparait le vitré secondaire formé essentiellement d'acide
hyaluronique secrété par les hyalocytes périphériques du vitré, et refoule vers le
centre le vitré primitif, les vaisseaux hyaloïdiens vont progressivement régresser ne
laissant persister que le canal hyaloïdien de Cloquet.
▪ A partir du 3ème mois, apparait le vitré tertiaire
constitué par des fibres issues de l'épithélium ciliaire
et donne naissance aux fibres zonulaires.
[Link] vitré :
1. Macroscopie :
▪ Sa longueur axiale est d’environ 16,5mm chez un l’emmétrope. On lui décrit
de nombreuses régions :
❖ Patellar fossa : dépression antérieure située immédiatement en arrière du
cristallin.
❖ Ligament hyaloïdo-capsulaire de Wieger : ligament circulaire central
délimitant l’espace de Berger, correspond chez l’enfant à une adhérence
forte entre hyaloïde antérieure et capsule postérieure du cristallin, il se
fragilise avec l’âge et devient lâche chez l’adulte.
❖ Canal de Cloquet : reliquat de l'artère hyaloïde, se dirige vers l'arrière à
travers le vitré central et s'ouvre en forme d'entonnoir devant la papille dans
l'aire de Martegiani.
2. Microscopie :
● Le corps vitré est constitué de fibrilles de collagène parallèles,
entourées de molécule d’acide hyaluronique et disposées dans une direction
antéro-postérieure, elles prennent naissance au niveau de la base du vitré et
se fixent en arrière sur le cortex vitréen. Les fibres périphériques suivent le
cortex vitréen alors que les fibres centrales sont parallèles au canal de Cloquet.
[Link] du vitré :
1. Macroscopie :
● S'étend de 1,5 à 3 mm en avant et de l à 3 mm en arrière de l'ora serrata.
C'est une zone tridimensionnelle où le vitré adhéré fortement à la rétine et au
corps ciliaire. A ce niveau, la rétine périphérique est inséparable du vitré.
2. Microscopie :
● Au niveau de la base du vitré, la densité fibrillaire est la plus
importante.
● La base du vitré contient également des cellules qui ressemblent à des
fibroblastes, des macrophages, des cellules altérées à différents stades
d'involution, et des fragments de membrane basale.
[Link] vitréen :
● Défini comme la coque périphérique du corps vitré, il est composé de fibres
de collagène densifiées.
1. Cortex vitréen antérieure : la membrane hyaloïde antérieure.
- Commence au niveau de la pars plane à 1,5 mm en avant de l'ora serrata et
recouvre la partie antérieure du corps vitré, elle présente 2 portions : centrale
rétro-cristallinienne, et périphérique épi-ciliaire.
- Les fibrilles de collagène sont parallèles à la surface du cortex et leur densité
y est importante.
IV- RAPPORTS :
- Internes :
- Antérieurs :
o En haut : L’espace de Garnier : formé par l’angle entre la pars plana en dehors
et la partie extra-lenticulaire de la hyaloïde antérieure en dedans
o En bas : Espace de Berger : entre le cristallin et la partie rétro-lenticulaire de la
hyaloïde antérieure
o En avant : Espace de Hannover : espace rétro-zonulaire prévitréen
- Postérieurs :
o Les adhérences vitréennes les plus fortes sont retrouvées au niveau de la BV,
de la papille, de la macula et au niveau des Vx rétiniens
o Au bord de la papille optique, la LI s’interrompt, bien que la membrane basale
se poursuive en tant que « limitante interne d’Eischnig » correspondant à la
lame basale des astrocytes papillaires
o Adhérence périmaculaire : Bande vitréo-rétino-vx au niveau du croisement A-V
o BV : Zone d’adhésion la plus forte : gros faisceaux de fibrilles vitréennes
s’insèrent sur la lame basale des cellules gliales rétiniennes
- Externes :
En arrière de l’Ora serrata : la rétine et le vitré sont en rapport avec le versant
externe de la choroïde puis la sclère puis les MOM
[Link] d’adhérence :
● Les adhérences vitréennes les plus fortes sont retrouvées au niveau de la base
du vitré, en périmaculaires, en péripapillaires et au niveau des vaisseaux
rétiniens.
La rétine
I- INTRODUCTION :
▪ La rétine est une fine membrane neurosensorielle tapissant la surface interne du globe oculaire.
▪ Elle est composée de 2 tissus, l’épithélium pigmentaire et la neurorétine. Cette dernière est capable de capter
un signal lumineux et de le convertir en un influx nerveux permettant ainsi la transmission des informations visuelles
au SNC.
▪ La rétine bénéficie d’une double vascularisation fournie par un système artériel propre et par un apport de
voisinage à partir de la choriocapillaire.
II- EMBRYOLOGIE :
▪ La rétine est d’origine neuro-ectodermique. Au cours du 1er mois du développement, la cupule optique se
forme, elle est constituée de 2 feuillets : le feuillet interne est à l’origine de la neurorétinite et le feuillet externe est à
l’origine de l’épithélium pigmentaire.
▪ L’épithélium pigmentaire apparaît très tôt différencié au cours du 1er mois, tandis que le neurorétine apparaît à
la 5ème semaine et les différentes couches cellulaires et les éléments névro-gliques de la neurorétinite se différencient
progressivement sur plusieurs mois. Entre 7ème et 8ème mois, la fovéa s'amincit par déplacement vers la périphérie des
noyaux des cellules ganglionnaires. Après la naissance, les cônes centraux se multiplient par glissement des cônes
périphériques vers le centre. A la 16ème semaine, la macula prend son aspect définitif.
B/ Le neuro-épithélium :
● On distingue 2 types de photorécepteurs, les bâtonnets et les cônes, dont la répartition est différente :
- Au niveau de la fovéola, seuls les cônes sont présents, leur nombre diminue en allant vers la périphérie.
- Les 1ers bâtonnets sont visibles à 0,5mm de la fovéola.
● Les 2 types de photorécepteurs présentent la même organisation de base avec :
⮚ L’expansion externe : constituée de dehors en dedans par :
❖ Article externe :
o Bâtonnets : l’article externe est cylindrique, constitué par un empilement de 600 à 1000 disques
entourés par la membrane cellulaire.
o Cônes : l’article externe des cônes fovéolaires ressemble aux bâtonnets, celui des cônes extra-
fovéolaires est plus court que celui des bâtonnets, tandis que celui des cônes en extrême périphérie est
très réduit, voire inexistant.
❖ Cil connecteur : étroite portion reliant articles externe et interne, constituée de micro-tubules.
❖ Article interne : comporte 2 parties :
o L’ellipsoïde en dehors : riche en mitochondries et en micro-filaments.
o Le myoïde en dedans : riche en ribosomes et en réticulum endoplasmique.
2. La région péripapillaire :
● Seul l'épithélium pigmentaire vient à son contact, elle est dépourvue de photorécepteurs : zone aveugle.
B. Veineuse :
● Le drainage veineux de la rétine est assuré principalement par la VCR.
● Les veinules se réunissent de façon centripète, de l'ora serrata vers la papille. En se rapprochant de l'équateur,
les veines se rapprochent des artères et en deviennent satellites.
● A côté de ce courant veineux principal, les veines cilio-rétiniennes, plus rares que les artères cilio-rétiniennes,
rejoignent le réseau choroïdien.
LA MACULA
I- STRUCTURE HISTOLOGIQUE :
1. La fovéola :
● Cette zone est constituée par une rétine très mince constituée uniquement de cônes centraux, avec absence des
couches internes (couche nucléaire interne, couche plexiforme interne, couche des cellules ganglionnaires et couche
des fibres optiques), elle ne contient pas de capillaires rétiniens. De dehors en dedans, on observe :
❖ Epithélium pigmentaire : est formé de cellules plus hautes et moins larges, fortement pigmentées.
❖ Couche des photorécepteurs : seuls les cônes sont présents et en grand nombre (150000/ mm2).
❖ Membrane limitante externe : est refoulée au centre par les expansions externes des cônes.
❖ Couche nucléaire externe : est constituée de noyaux des cônes centraux qui se disposent en 3 ou 4 couches.
❖ La couche plexiforme externe : très mince, elle est constituée par les expansions internes très longues des cônes
centraux qui se dirigent obliquement vers le clivus, il n'y a pas de synapse au niveau de la fovéola.
❖ Membrane limitante interne : y est très mince et sans adhérence de fibrilles vitréennes.
2. Le clivus :
● Le clivus forme une berge péri-fovéolaire très épaisse, atteignant 410μm en nasal, on y retrouve les 10 couches
de la rétine avec quelques particularités :
❖ Photorécepteurs : sont essentiellement des cônes, les 1ers bâtonnets étant visibles à 250μm du centre de la fovéola.
❖ Couche plexiforme externe : constituée par les expansions internes des cônes centraux qui constituent les fibres de
Henlé dont la disposition oblique donne à cette couche, dénommée couche de Henlé, une grande épaisseur et un
aspect radiaire.
❖ Couche nucléaire interne : est épaisse, la première cellule bipolaire est située à 200μm du centre.
❖ Couche des cellules ganglionnaires : réapparaît, formée de 8 à 10 rangées de cellules.
● C'est au niveau du clivus que s'effectuent les synapses entre pédoncules des cônes centraux et cellules bipolaires.
3. La fovéa :
● Au pourtour de la fovéa, la couche de cellules ganglionnaires est réduite à une seule rangée, le nombre de
bâtonnets augmente progressivement en allant vers la périphérie, et au niveau de la couche plexiforme externe, les
axones des cônes et des bâtonnets sont orientés radiairement à partir de la fovéa (l’œdème maculaire a une
disposition radiaire oblique de la fovéa vers la rétine périphérique, du fait de l’orientation des fibres de Henlé).
II- VASCULARISATION :
1. Artérielle
❖ Région maculaire :
● Elle reçoit sa vascularisation des 2 artères temporales supérieure et inférieure et du réseau choroïdien.
● Les artérioles et les capillaires issus des 2 artères temporales s’arrêtent à 300µm du centre de la fovéola,
et s’unissent pour former une arcade péri-fovéolaire qui limite une zone fovéolaire avasculaire de 500 à 600µm.
❖ Fovéola :
● Elle est dépourvue de capillaires rétiniens et dépend directement du réseau choroïdien sous-jacent.
2. Veineuse :
Elle dépend d’un réseau veineux calqué sur le réseau artériel et qui se jette dans la veine centrale de la rétine.
La choroïde
I- INTRODUCTION :
▪La choroïde est la tunique moyenne de l’oeil et la partie postérieure de l’uvée, située entre la rétine en dedans et la sclère en
dehors, elle est constituée d’un tissu conjonctif vasculaire et nerveux dont les fonctions sont multiples : vascularisation des
couches externes de la rétine, régulation thermique, fonction immunitaire, échanges liquidiens et métaboliques, et maintien de
l’adhérence rétinienne.
▪Intérêt de la question :
- Anatomique : ses rapports intimes avec la rétine et la sclère.
- Physiologique : sa richesse en cellules pigmentées lui donne un rôle d’écran à la lumière, ce qui permet de protéger la rétine contre
l’illumination, et sa richesse vasculo-nerveuse en fait la membrane nourricière de l’œil.
- Pathologique : siège de nombreuse pathologies, essentiellement inflammatoire, infectieuse et tumorale.
- Exploration : facilitée par l’ICG.
II- EMBRYOLOGIE :
▪ La choroïde est d’origine ectodermique et mésodermique, sa formation est liée au développement du réseau vasculaire
b. Veines choroïdiennes :
● Chaque veine choroïdienne nait de la fusion de 15 à 20 veinules de la choriocapillaire.
● Elles se drainent dans 4 veines vortiqueuses dont chacune va assurer le drainage d’un des 4 territoires délimités
pas 2 lignes, l’une horizontale passant par la papille et la macula et l’autre verticale passant par la région inter-papillo-
maculaire.
c. Choriocapillaire :
● Rose pâle, visible chez le myope, elle est séparée de l’épithélium pigmentaire par la membrane de Bruch, son
épaisseur est de 10 à 30 μm. Elle irrigue les couches externes de la rétine et assure ainsi l’irrigation de toutes les couches
de la fovéola.
● Elle est formée de capillaires, provenant des artérioles choroïdiennes, qui sont disposés en une couche unique à
maille très serrées dans la région maculaire et plus vastes en périphérie rétinienne.
● Ces capillaires sont les plus gros de l’organisme, leur endothélium est de type fenêtré laissant diffuser la
fluorescéine après injection intraveineuse, et se disposent en unités circulatoires indépendantes les unes des autres.
Chaque lobule est centrée sur une artériole à partir de laquelle irradient les capillaires, qui vont ensuite converger vers
une veinule commune à 2 ou 3 lobules adjacents.
3. Nerfs choroïdiens :
● L’innervation choroïdienne est assurée par les nerfs ciliaires qui forment le plexus ciliaire dans la suprachoroïde et donnent
surtout des rameaux vaso-moteurs qui pénètrent le stroma choroïdien sans atteindre la choriocapillaire.
C/ Membrane de Bruch :
● C’est une zone de 2 μm d’épaisseur, unissant la choriocapillaire et l’épithélium pigmenté de la rétine.
● Sur le plan histologique, elle est formée par 5 couches qui sont de dehors en dedans :
❖ Membrane basale de la choriocapillaire.
❖ Couche collagène externe : formée de fibres de collagène orientées dans toutes les directions.
❖ Couche élastique : formée d’un réseau serré de fibres élastiques entremêlées.
❖ Couche collagène interne : plus épaisse que l’externe.
❖ Membrane basale de l’épithélium pigmenté de la rétine.
V- MOYENS D’EXPLORATION :
1. Clinique : mal visible du fait de la présence de l’EP, elle peut se voir en cas d’altération localisée ou étendue de l’EP.
2. Paraclinique : rétinographie au filtre rouge, angiographie à la fluorescéine et au vert d’indocyanine, échographie oculaire en mode B.
VI- CONCLUSION :
● Du corps ciliaire au NO, la choroïde occupe les 2/3 postérieure de la sphère oculaire.
● De texture vasculaire et nerveuse, elle est d’une importance extrême en particulier vis-à-vis de la rétine.
La papille optique
I- INTRODUCTION :
▪La papille optique correspond à la tête du nerf optique et représente la zone de convergence des axones des cellules
ganglionnaires de la rétine. Son étude revêt plusieurs intérêts :
o Anatomique : point de départ de la voie optique et carrefour d’épanouissement des vaisseaux rétiniens.
o Clinique : la connaissance de sa morphologie normale permet de soupçonner précocement une atteinte pathologique.
o Pathologique : des modifications ophtalmoscopiques de la papille (œdème, atrophie, excavation…) s’observent dans de
nombreuses pathologies du NO, essentiellement glaucomateuses, ischémiques, inflammatoires et traumatiques.
B. Ultra-structure :
1. Portion pré-laminaire :
● Formée de fibres optiques groupées en faisceaux, de tissu glial, de vaisseaux et de tissu conjonctif.
● Les axones sont amyéliniques, ils n'acquièrent une gaine de myéline qu'au-delà de la lame criblée.
● Le faisceau maculaire s'étale du centre au bord temporal, en forme de A, le faisceau temporal est divisé en 2
parties, supérieure et inférieure, le faisceau nasal occupe le 1/3 nasal de la papille.
● Le tissu glial est constitué uniquement d'astrocytes et de leurs expansions cytoplasmiques qui forment une gaine
gliale solide entourant et protégeant les axones.
● Les vaisseaux sanguins se ramifient dans la papille entre les axones et les septas astrocytaires.
2. Portion intra-laminaire :
● Les axones sont identiques à ceux de la portion pré-laminaire, ils demeurent séparés des vaisseaux sanguins par les
astrocytes et leurs expansions cytoplasmiques qui sont réduits à une mince couche.
3. Portion rétrobulbaire ou rétro-laminaire :
● C’est le point de départ du NO proprement dit, débute à la partie postérieure de la lame criblée et est constituée
de :
▪ Fibres nerveuses myélinisées entourées par des astrocytes les séparant du tissu conjonctif voisin et des
vaisseaux.
▪ L’ensemble est entouré par les gaines du NO : pie-mère, arachnoïde et dure-mère.
V- RAPPORTS DE LA PAPILLE :
A. Rapports extrinsèques :
❖ La face antérieure : répond à l’hyaloïde postérieure du vitré dont les adhérences péripapillaires sont fortes, formées d’une
couche d’astrocytes reposant sur une membrane basale et se mêlant à des fibres vitréennes.
❖ La face postérieure : répond à la portion rétro-laminaire de la tête du nerf optique.
B. Rapport intrinsèques :
● L’ACR et la VCR qui émergent du fond de l’excavation papillaire.
● Inconstamment, la papille est traversée par les artères cilio-rétiennes, branches du cercle de Zinn-Haller.
VI- VASCULARISATION :
❖ Artérielle : la papille est richement irriguée par des branches du cercle artériel de Zinn-Haller et des artères choroïdiennes péri-
papillaires.
❖ Veineuse : se draine par la VCR, les veines de la choroïde et les veines des gaines méningées.
Le nerf optique
I- INTRODUCTION :
▪Le NO est la 2ème paire crânienne, c'est le nerf sensoriel de la vue qui permet de transmettre les informations visuelles de la rétine
au cerveau.
▪S’étend de la papille au chiasma optique et il est formé par les axones des cellules ganglionnaires qui vont de la rétine aux corps
géniculés latéraux où elles font relais.
▪Son étude revêt plusieurs intérêts :
o Anatomique : importance de ses rapports vasculo-nerveux et osseux.
o Clinique : son atteinte se traduit par une BAV avec altération partielle ou totale du champ visuel et l’examen de la papille au fond
d’œil peut noter ses modifications au cours des processus pathologiques intracrâniens.
o Pathologique : les atteintes du NO sont fréquentes, surtout vasculaires, inflammatoires, traumatiques et tumorales.
II- EMBRYOLOGIE :
● La 1ère ébauche du NO est le pédoncule optique qui relie la vésicule optique primitive au cerveau antérieur. La papille
primitive correspond à la zone où la vésicule optique primitive s'ouvre dans le pédoncule optique.
● Au 1er mois : la vésicule optique s'invagine et le pédoncule s'allonge, mais la fente fœtale subsiste dans la partie antérieure
du pédoncule. A la fin du 1er mois, l'artère hyaloïde pénètre dans la fente.
● Au 2ème mois : le pédoncule est envahi par les fibres des cellules ganglionnaires qui se dirigent vers la papille primitive dans
l'épaisseur du feuillet interne, et il se referme sur l'artère hyaloïde. Par la suite, le nombre des fibres augmente en même temps
que se forme la trame névroglique. La lame criblée apparaît vers le 4ème mois.
● La myélinisation qui évolue du cerveau vers le globe atteint le chiasma au 7ème mois et progresse dans le nerf optique du
7ème mois à la naissance.
IV- RAPPORTS :
A. Dans la portion intra-oculaire :
▪Le plexus vasculo-nerveux de Valentin, constitué par les artères et les nerfs ciliaires courts.
B. Dans la portion intra-orbitaire :
● Le NO occupe l'axe du cône musculo-aponévrotique, limité par les 4 muscles droits et leurs fascias. La bandelette supéro-
médiale du tendon de Zinn se dédouble pour former l'orifice de passage du NO et de l'artère ophtalmique.
▪A l'intérieur du cône et par le biais de la graisse orbitaire intra-conique, le NO entre en rapport avec :
1. L'artère ophtalmique et ses branches :
▪Située d'abord en dehors du NO, elle croise souvent sa face supérieure, parfois sa face inférieure.
▪Parmi ses branches collatérales, celles en rapport avec le NO sont :
o Artère centrale de la rétine : pénètre dans le NO par sa face inférieure entre 5 et 15mm du pôle postérieur.
o Artères ciliaires longues postérieures : médiale et latérale, longent les faces latérales du NO et pénètrent la sclère de
part et d'autre de l'orifice de sortie du NO.
o Artères ciliaires courtes postérieures : au nombre de 6 à 8, se ramifient en arrière du globe en une vingtaine de
branches qui pénètrent la sclère autour de l’orifice de sortie du NO.
o Artère lacrymale et artère supra-orbitaire.
2. Les veines :
o Veine centrale de la rétine : accompagne l'ACR, sort du NO en un point différent et se jette dans la veine ophtalmique
supérieure ou directement dans le sinus caverneux.
o Veine ophtalmique supérieure : surcroise le NO de dedans en dehors.
o Veine ophtalmique inférieure : sous-croise le NO et rejoint la précédente.
o Veines vortiqueuses.
3. Les nerfs :
o Ganglion ciliaire : adhère à la face latérale du NO et donne les nerfs ciliaires courts qui pénètrent la sclère autour de
l’orifice de sortie du NO.
o Nerf naso-ciliaire : croise la face supérieure du NO et donne les nerfs ciliaires longs qui pénètrent la sclère autour de
l’orifice de sortie du NO.
o Nerfs oculomoteurs :
- La branche supérieure du nerf III : surcroise le NO avant de pénétrer dans le droit supérieur.
- La branche inférieure du nerf III : donne son rameau interne destiné au droit interne qui passe sous le NO.
- Les nerfs IV et VI : s'éloignent rapidement du NO.
C. Dans la portion intra-canalaire :
1. Le canal optique : long de 5mm, oblique en dedans, en arrière et en haut, il est formé par :
❖ En dedans : le corps du sphénoïde.
❖ En haut : la racine supérieure de la petite aile du sphénoïde.
❖ En bas : la racine inférieure de la petite aile du sphénoïde.
❖ En dehors : la réunion des 2 racines.
2. Les rapports méningés au niveau des orifices du canal optique et à l’intérieur du canal :
● Au niveau de l'orifice antérieur : la dure-mère se divise en feuillet interne, qui continue d'envelopper le NO, et en
feuillet externe qui se confond avec le périoste du canal optique
● Au niveau de l'orifice postérieur : la dure-mère quitte le NO pour former le périoste du sphénoïde.
3. Les rapports par l'intermédiaire du canal optique :
● Le NO entre en rapport avec : le lobe frontal en haut, les cellules ethmoïdales en dedans et en avant et le sinus
sphénoïdal en dedans et en arrière.
D. La portion intra-crânienne : à ce niveau, le NO est en rapport avec :
❖ En haut : le repli falciforme dure-mérien et l’espace perforé antérieur.
❖ En bas : la gouttière optique puis la tente de l'hypophyse.
❖ En arrière et en dehors : le toit du sinus caverneux.
❖ En dedans : les 2 nerfs optique limitent avec le chiasma, la gouttière optique et le tubercule de la selle turcique, l'espace opto-
chiasmatique.
V- ARCHITECTURE :
1. Histologie :
❖ Fibres :
● Au nombre de 500 000 à 1 000 000, groupées en fascicules réunis en faisceaux, indépendants les uns des autres.
● Elles sont myélinisées après la lame criblée, mais sans gaine de Schwann.
❖ Appareil de soutien :
● Composé d’une trame conjonctive pie-mérienne qui divisent le nerf en faisceaux et d’une trame névroglique faite
d’astrocytes et l'oligodendroglie.
2. Agencement des fibres : trois faisceaux 🢥 temporal (FT), nasal (FN), maculaire (FM).
❖ Dans le segment intrascléral : le FM s'étale du centre à la périphérie externe, en forme de A, le FT est divisé en 2 parties,
supérieure et inférieure, le FN est interne.
❖ Dans le segment orbitaire : le FM s'arrondit et devient plus central, les parties supérieures et inférieures du FT se
rejoignent, et le FN reste en place.
❖ Dans le segment canalaire : le FM devient central, le FN est inféro-interne et le FT supéro-externe.
❖ Dans le segment intracrânien : le FT et le FN ont la même disposition et le FM s'aplatit et se déporte en dedans.
L’artère ophtalmique
I- INTRODUCTION :
▪ L’artère ophtalmique représente la seule collatérale de la carotide interne. C’est une artère d’une grande importance anatomique car elle assure
la vascularisation de la quasi-totalité du contenu orbitaire par l’intermédiaire de ses nombreuses branches qui naissent à l’intérieur de l’orbite.
▪ Il existe de très nombreuses variations anatomiques portant sur le trajet de l’artère ophtalmique et sur le nombre, l’origine et le territoire de ses
branches.
2. Groupe orbitaire :
2.1. Artère lacrymale : destinée à la glande lacrymale.
o Artère volumineuse qui naît de l'artère ophtalmique, elle se dirige vers la paroi latérale de l'orbite, puis vers l'avant le long du bord
supéro-latéral de l'orbite jusqu'à la glande lacrymale.
2.2. Artères musculaires :
a. Artère musculaire inférieure : constante.
o C’est une des artères les plus volumineuses de l'orbite, elle naît de l'artère ophtalmique et se dirige en bas et en avant vers le
plancher orbitaire, puis se divise en 2 ou 3 troncs terminaux : médial, latéral et parfois postérieur.
o Donne des branches de façon constante aux droits médial et inférieur et au petit oblique.
3. Groupe extra-orbitaire :
3.1. Artère supra-orbitaire :
o Naît souvent de l'artère ophtalmique, elle sort du cône musculo-aponévrotique, chemine à la face supérieure du RPS et gagne le
foramen supra-orbitaire accompagnée par le nerf supra-orbitaire avant de se ramifier dans les téguments de la région frontale.
o Donne souvent des branches pour le RPS.
3.5. Autres branches : l’artère ophtalmique donne aussi des bronches grêles destinées à la graisse orbitaire.
E. Branche terminale :
● Arrivée au niveau de l'angle supéro-médial de l'orbite, l'artère ophtalmique perfore le septum orbitaire et prend le nom d’artère
angulaire qui descend sur la racine du nez et s'anastomose de façon inconstante avec la branche terminale de l'artère faciale : l'artère de l'aile
du nez.
L’orbite
I- INTRODUCTION :
▪Les orbites sont 2 cavités osseuses profondes, en forme de pyramide quadrangulaire à base antérieure, situées à la partie
supérieure du massif facial, séparées l'une de l'autre par les fosses nasales.
▪Les 2 cavités orbitaires contiennent et protègent les globes oculaires et leurs annexes.
▪Chaque orbite est constituée par 7 os juxtaposés formant l'orbite osseuse, doublée sur son versant interne par le périoste
orbitaire. De nombreux orifices creusés dans les parois osseuses mettent en communication l'orbite et les régions voisines et
permettent le passage d'artères, de veines, et de nerfs destinés au globe oculaire et aux annexes.
II- EMBRYOLOGIE :
● L’orbite est formé d’une partie du neurocrâne (os de la base du crâne) et d’une partie du viscerocrâne (os de la face), les 2
dérivent de la crête neurale.
B. Constitution :
1. Les parois orbitaires :
❖ La paroi supérieure : ou plafond de l’orbite.
● Triangulaire à base antérieure, elle est formée par 2 os unis par la suture fronto-sphénoïdale :
o En avant : la face orbitaire de l'os frontal.
o En arrière : la face orbitaire de la petite aile du sphénoïde.
● Relativement mince, elle est exposée aux traumatismes directs ou aux fractures irradiées de la base du crâne.
● Sa partie antérieure est fortement concave et présente en dehors la fossette lacrymale où se loge la glande
lacrymale et en dedans la fossette trochléaire où s'insère la trochlée du muscle grand oblique.
❖ La paroi latérale :
● Triangulaire à base antérieure, elle représente la paroi la plus solide de l'orbite. Constituée par 3 os :
o En avant : la face orbitaire du processus zygomatique de l'os frontal en haut, et la face orbitaire de l'os
zygomatique en bas.
o En arrière : la face orbitaire de la grande aile du sphénoïde.
● Ces 3 os sont réunis par les sutures fronto-sphénoïdale, fronto-zygomatique et sphéno-zygomatique.
❖ La paroi inférieure : ou plancher de l’orbite.
● Triangulaire à base antérieure, elle n'existe que dans les 2/3 antérieurs de l'orbite. Constituée par 3 os :
o En avant et en dehors : la face orbitaire de l'os zygomatique.
o En avant et en dedans : la face orbitaire de l’os maxillaire.
o En arrière : le processus orbitaire de l’os palatin.
● Ces 3 os sont réunis par les sutures zygomatico-maxillaire en avant et palato-maxillaire en arrière.
● Cette paroi est mince et facilement sujette aux fractures lors des traumatismes orbitaires.
● Elle est parcourue par le sillon infra-orbitaire qui se transforme à sa partie antérieure en canal infra-orbitaire qui
va s'ouvrir sous le rebord orbitaire inférieur par le foramen infra-orbitaire.
❖ La paroi médiale :
● Quadrilatère, c’est la paroi la plus mince et fragile de la cavité orbitaire, formée d'avant en arrière par 4 os : la face
latérale du processus frontal du maxillaire, la face latérale de l'os lacrymal, la lame orbitaire de l'ethmoïde et la
face latérale du corps du sphénoïde.
● Ces 4 os sont réunis par les sutures lacrymo-maxillaire, lacrymo-ethmoïdale et sphéno-ethmoïdale.
● Les crêtes lacrymales antérieure et postérieure, situées respectivement sur l’os maxillaire et l’os lacrymal,
limitent la fosse du sac lacrymal.
● Séparant l'orbite des fosses nasales et répondant aux cavités sinusiennes, formées par le sinus sphénoïdal en
arrière et les cellules éthmoïdales en avant. La paroi médiale est extrêmement fine et la plus fragile de la cavité
orbitaire.
3. Le sommet de l’orbite :
● Répond à l'extrémité médiale de la fissure orbitaire supérieure.
2. Rapports internes :
Se font avec le contenu orbitaire, à savoir la graisse orbitaire, les muscles oculomoteurs et le globe oculaire.