LE PRÉ-BARREAU
FORMATION ESTIVALE 2025
CORRIGÉ DE L’ÉPREUVE N°3 – PROCÉDURE CIVILE
CONSULTATION
1/ Consulté par la société Click’Net Solutions, défenderesse, il conviendra d’organiser sa défense, en analysant la nature,
puis le régime des différents moyens de défense qu’elle serait susceptible d’invoquer.
Le premier problème de droit consiste à déterminer la juridiction compétente pour connaître d’une action en
responsabilité contractuelle entre deux sociétés commerciales. (2 points)
Pour répondre à cette question, il convient, dans un premier temps, de s’intéresser aux règles de compétence d’attribution,
avant de s’intéresser, dans un second temps, aux règles de compétence territoriale.
• Sur la compétence d’attribution :
En principe, l’article L. 721-3 du code de commerce dispose que le tribunal de commerce est matériellement compétent
pour connaître des contestations entre sociétés commerciales.
En l’espèce, les parties sont toutes deux des sociétés commerciales (SARL et SAS).
En conclusion, le tribunal matériellement compétent est le tribunal de commerce (ou le tribunal des activités
économiques).
• Sur la compétence territoriale :
En principe, l’article 42 du code de procédure civile pose le principe selon lequel, sauf disposition contraire, le tribunal
compétent est celui où demeure le défendeur. De plus, l’article 43 du code de procédure civile précise que, pour les
personnes morales, le lieu où demeure le défendeur s’entend du lieu du lieu où celle-ci a son siège social.
En l’espèce, le défendeur à son siège social à Lyon.
En conclusion, le tribunal territorialement compétent est celui de Lyon.
Par conséquent, le demandeur aurait dû saisir le tribunal des activités économiques de Lyon, et non pas le tribunal judiciaire
de Lyon, de sorte que la juridiction saisie est matériellement incompétente.
Le deuxième problème de droit porte sur la nature du moyen de défense par lequel le défendeur peut faire valoir
l’incompétence de la juridiction initialement saisie (1 point).
En principe, l’article 73 du code de procédure civile définit l’exception de procédure comme tout moyen tendant à faire
déclarer la procédure irrégulière. Parmi les exceptions de procédure, l’exception tendant à soulever l’incompétence d’un
tribunal s’analyse en une exception d’incompétence, envisagée à l’article 75 du code de procédure civile qui doit être
motivée en fait et en droit et indiquer la juridiction qui est compétente. En application de l’article 74 du code de procédure
civile, celle-ci doit être invoquée in limine litis, c’est-à-dire, avant toute défense au fond ou fin de non-recevoir.
En l’espèce, le défendeur a la possibilité de décliner la compétence du tribunal judiciaire de Lyon, au profit du tribunal des
activités économiques de Lyon, par le biais d’une exception d’incompétence, soulevée, in limine litis, avant toute défense
au fond et fin de non-recevoir.
En conclusion, le défendeur a la possibilité de se défendre sur le terrain procédural, en soulevant une exception
d’incompétence, laquelle sera jugée recevable (à condition d’être soulevée in limine litis), et bien fondée (le tribunal
judiciaire de Lyon étant manifestement incompétent pour connaître du litige, au profit du tribunal des activités
économiques de Lyon).
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Le troisième problème de droit suppose de déterminer la nature et le régime du moyen de défense par lequel le défendeur
soulève le fait que la créance du demandeur est prescrite (2 points).
En principe, l’article 2224 du code civil dispose que le délai de prescription d’une créance est de cinq ans, et que ce délai
commence à courir le jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaitre des faits lui permettant de l’exercer. Par
ailleurs, l’article 122 du code de procédure civile dispose que le moyen qui tend à faire déclarer l’adversaire irrecevable en
raison de la prescription constitue une fin de non-recevoir. Conformément à l’article 123 du code de procédure civile, les
fins de non-recevoir peuvent être soulevées en tout état de cause, à toute hauteur de la procédure.
En l’espèce, le demandeur a assigné le défendeur, en responsabilité contractuelle d’un contrat datant de plus de cinq ans.
En effet, le contrat a été signé en 2020 et la mise en demeure de s’exécuter date de fin février 2020, alors que l’assignation
a été délivrée le 9 mars 2025.
En conclusion, le défendeur sera donc en mesure d’opposer une fin de non-recevoir à toute hauteur du procès, pour faire
déclarer irrecevable l’action intentée contre lui, en raison de la prescription de la créance contractuelle.
Le quatrième problème de droit est relatif à la régularité de la signification de l’assignation. Plus particulièrement, le
problème qui se pose est de savoir si l’assignation remise à un voisin est régulière (1 point).
En principe, l’article 654, alinéa 1, du code de procédure civile énonce que la signification doit être faite à personne. Dans
deux hypothèses, la signification à une personne morale est réputée faite à personne : D’abord, en effet, l’article 654 al. 2
du code de procédure civile précise que pour une personne morale, la signification est réputée faite à personne lorsque
l’acte est délivré « à son représentant légal, à un fondé de pouvoir de ce dernier ou à toute autre personne habilitée à cet
effet ». Ensuite, l’article 690 du code de procédure civile impose que la notification faite à personne morale soit faite au
lieu de son établissement, ou à défaut, à la personne d’un de ses membres apte à la recevoir. Ce texte est interprété par la
jurisprudence comme édictant une présomption au titre de laquelle l’huissier de justice peut considérer que toute
personne qui se déclare habilitée à recevoir l’acte destiné à une personne morale, l’est valablement, à partir du moment
où elle se trouve au siège social (Cass. 2e civ., 30 avril 2009). Autrement dit, l’acte délivré à une personne habilitée se
trouvant au siège social de la personne morale vaut signification à personne (Cass. Com., 12 novembre 2008). Dans l’une
comme d’ans l’autre de ces hypothèses (signification au représentant légale, à un fondé de pouvoir ou à tout autre personne
habilitée OU signification à une personne qui se dit habilitée au siège social), la signification est réputée faite à personne.
Si au siège social de la personne morale personne ne se déclare habilité à recevoir les actes destinés à la personne morale,
il convient de procéder à une signification à domicile avec remise à toute personne présente qui accepte de le recevoir,
conformément à l’article 655 alinéa 3 du code de procédure civile. Le commissaire de justice instrumentaire doit alors
laisser un avis de passage et adresser, le jour même ou au plus tard le premier jour ouvrable suivant, la lettre simple visée
à l’article 658 du code de procédure civile.
Dans cette hypothèse, le commissaire de justice doit alors laisser un avis de passage et adresser, le jour même ou au plus
tard le premier jour ouvrable suivant, la lettre simple visée à l’article 658 du code de procédure civile.
En l’espèce, le commissaire de justice a procédé à une signification à domicile à un voisin, qui n’est pas une personne
présente au domicile (siège social) de la personne morale.
En conclusion, le défendeur sera en mesure de soulever l’irrégularité de la signification faite au voisin.
Le cinquième problème de droit suppose de s’interroger sur la sanction du défaut d’annexion d’un bordereau récapitulatif
de pièces à l’assignation. (1 point)
En principe, l’article 56 al. 1, 3° du code de procédure civile impose qu’un bordereau récapitulatif de pièces soit annexé à
l’assignation.
En l’espèce, il n’y a aucun bordereau de pièces annexé à l’assignation.
En conclusion, le défendeur sera en mesure de soulever l’irrégularité de l’assignation.
Le sixième problème de droit consiste à préciser la nature du moyen de défense tiré des irrégularités de la signification et
de l’assignation, à savoir une remise délivrée à un voisin et l’absence de bordereau de pièces annexé (3 points).
En principe, l’article 117 du code de procédure civile dispose que le défaut de capacité ou de pouvoir des parties ou de
leurs représentants s’analyse en une nullité pour vice de fond. La Cour de cassation a, par un arrêt rendu en Chambre mixte
le 7 juillet 2006, consacré le caractère limitatif des hypothèses visées par ce texte. Dès lors, toutes les autres irrégularités
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sont nécessairement sanctionnées au titre d’une nullité de forme, qui fait figure de catégorie résiduelle (art. 114 du code
de procédure civile).
En l’espèce, les irrégularités ne peuvent s’analyser ni en un défaut de pouvoir ou de capacité des parties, ni en un défaut
de pouvoir ou de capacité de leurs représentants.
En conclusion, il s’agit donc nécessairement d’une nullité pour vice de forme.
Reste à préciser quel est le régime des nullités pour vice de forme.
En principe, l’article 114 du code de procédure civile subordonne le prononcé de la nullité d’un acte de procédure pour
vice de forme à deux conditions cumulatives. Outre, la nécessité d’un texte prévoyant expressément que l’omission de la
formalité litigieuse sera sanctionnée par la nullité (« pas de nullité sans texte »), il faut que le demandeur à l’exception
rapporte la preuve de ce que l’omission lui cause un grief (« pas de nullité sans grief »). Le grief réside généralement dans
la preuve de la désorganisation des droits de la défense.
En l’espèce,
• Concernant la signification à un voisin, la violation de l’article 655 du code de procédure civile est expressément
sanctionnée par la nullité par l’article 693 du code de procédure civile, de sorte que la condition du texte est
satisfaite. L’exigence du grief est plus difficile à caractériser, car le dirigeant de la société a eu connaissance de
l’assignation le soir même, ce qui suppose qu’il a bénéficié d’un délai raisonnable pour préparer sa défense.
• Concernant l’absence de bordereau de pièces annexé, la nullité est expressément prévue par l’article 56 du code
de procédure civile. La question est de savoir si l’omission du bordereau est susceptible de causer un grief au
défendeur. Cette question relève de l’appréciation souveraine des juges du fond, néanmoins, on peut, sans risque
de se tromper, affirmer qu’une telle omission n’est pas de nature à priver le défendeur de la possibilité d’organiser
correctement sa défense. En effet, les pièces listées dans le bordereau sont, quoiqu’il en soit, visées dans le corps
de l’assignation, si bien que le bordereau de pièces n’est pas nécessaire à l’organisation de la défense (en effet, il
ne s’agit que de la liste des pièces et pas des pièces elles-mêmes).
En conclusion, les exceptions de nullité pour vice de forme de la signification et de l’assignation auront peu de chances de
prospérer. Si toutefois le défendeur décidait de les invoquer, il faudrait qu’il invoque ces moyens de défense par le biais
d’une exception de procédure dont le régime est prévu par l’article 74 du code de procédure civile, c’est-à-dire in limine
litis, avant toute défense au fond ou fin de non-recevoir.
Le septième problème de droit suppose de déterminer le délai dans lequel l’assignation doit être placée devant le tribunal
judiciaire. (2 points)
En principe, l’article 754 du code de procédure civile dispose que la remise au greffe doit avoir lieu au plus tard 15 jours
avant la date de l’audience. Par application de l’article 641 du code de procédure civile : lorsqu’un délai est exprimé en jour,
celui de la décision ne compte pas, le délai commence à courir le lendemain. En outre, l’article 642 du code de procédure
civile pose en principe que les délais expirent le dernier jour à 24 heures et se trouvent prolongés jusqu’au premier jour
ouvrable suivant, lorsqu’ils expirent un samedi, un dimanche ou un jour férié. S’agissant d’un délai à rebours, cet article ne
s’applique pas.
En l’espèce, l’audience ayant été fixée au 23 avril 2025, le délai devait être computé à rebours. Au regard des règles de
computation, le dies a quo n’étant pas compris dans le délai (le jour de l’audience, ici le 23 avril), il fallait commencer à
compter à partir du 22 avril et remonter dans le temps (15 jours). La date butoir était donc fixée au 7 avril 2025.
En conclusion, l’enrôlement du 8 avril 2025 a donc eu lieu hors délai (il ne s’est en effet pas écoulé 15 jours entre
l’enrôlement et l’audience).
Reste à préciser la sanction du non-respect du délai d’enrôlement devant le tribunal judiciaire.
En principe, l’article 754 du code de procédure civile prévoit une caducité « constatée d’office par ordonnance du juge, ou,
à défaut, à la requête d’une partie ».
En l’espèce, l’assignation n’ayant pas été enrôlée dans le délai de quinze jours encourt la caducité, qui sera normalement
constatée d’office. Si tel n’est pas le cas, elle pourra l’être à la requête du défendeur.
En conclusion, l’assignation sera caduque.
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Le huitième problème de droit est de déterminer devant quel juge doivent être soulevés les différents moyens de défense
susceptibles d’être invoqués par le défendeur (2 points).
En principe, un juge de la mise en état ayant été désigné, il convient de se référer à l’article 789 du code de procédure
civile qui prévoit les cas de compétences exclusives de ce dernier. Ce texte vise non seulement les exceptions de procédure
et incidents mettant fin à l’instance (1°) mais encore les fins de non-recevoir (6°). Par ailleurs, l’article 791 du code de
procédure civile prévoit que le juge de la mise en état doit être saisi par des conclusions qui lui sont spécialement adressées.
En l’espèce, le défendeur entend soulever une exception d’incompétence, deux exceptions de nullité pour vice de forme,
une fin de non-recevoir et la caducité de l’assignation.
En conclusion, tous les moyens que le défendeur entend invoquer relèvent de la compétence exclusive du juge de la mise
en état.
Dès lors, dans l’intérêt du défendeur, il faudra établir un jeu de conclusions distinct des conclusions sur le fond (en pratique
dénommées « conclusions d’incidents ») qui présente les différents moyens de défense dans l’ordre imposé par le code de
procédure civile. Il faudra commencer par invoquer l’exception d’incompétence, puis les exceptions de nullité pour vice de
forme de la signification et de l’assignation, étant précisé qu’elles n’ont que très peu de chances de prospérer avant
d’opposer la fin de non-recevoir tirée de la prescription et la caducité1 tirée du défaut d’enrôlement dans les délais.
2/ Le problème de droit consiste à déterminer si l’ordonnance par laquelle le juge de la mise en état refuse de faire droit à
l’ensemble des moyens de défense peut être contestée. (3 points)
En principe, l’article 795 alinéa 2 du code de procédure civile prévoit que les ordonnances du juge de la mise en état ne
peuvent faire l’objet d’un appel qu’avec la décision au fond (pas d’appel immédiat possible).
Toutefois, l’article 795 1° et 2° du code de procédure civile dispose que l’appel immédiat est notamment possible soit
lorsque les ordonnances du JME statuent sur une exception d’incompétence, soit lorsqu’elles statuent sur une exception
de procédure, une fin de non-recevoir ou un incident d’instance, à condition que la décision du juge statuant sur
l’exception, la fin de non-recevoir ou l’incident mette fin à l’instance (ce qui, en pratique, suppose que le juge ai fait droit
à l’exception, la FNR ou l’incident. A défaut en effet l’instance poursuivrait son cours). Dans ce cas, l’appel doit être
interjeté dans les quinze jours de la signification de l’ordonnance (article 795 alinéa 4 du code de procédure civile).
En l’espèce, l’ordonnance du juge de la mise en état a rejeté les moyens soulevés. Le rejet des exceptions de nullité, de la
fin de non-recevoir et de l’incident n’ayant pas pour effet de mettre un terme à l’instance, seule l’exception d’incompétence
pourra faire l’objet d’un appel dans les 15 jours de sa signification 2. Le reste ne pourra alors être contesté qu’avec le
jugement sur le fond.
Pour savoir précisément jusqu’à quelle date le défendeur est recevable à former un tel recours, il convient de se reporter
aux dispositions de l’article 641 du code de procédure civile : lorsqu’un délai est exprimé en jour, celui de la décision ne
compte pas, le délai commence à courir le lendemain (dies a quo). Le délai expire le dernier jour à 24h, ce qui signifie qu’il
court jusqu’à 23h59 inclus. Toutefois, le délai expirant un samedi, dimanche ou jour férié ou chômé est reporté au jour
ouvrable suivant (article 642 du code de procédure civile).
En l’espèce, l’ordonnance par laquelle le juge de la mise en état a refusé de faire droit aux moyens de défense a été signifiée
le 3 juillet 2025. Le délai de recours commence donc à courir à compter du 4 juillet. Il s’ensuit que l’appel peut être interjeté
jusqu’au 18 juillet : dies ad quem. Dès lors, le défendeur, à la condition d’agir très rapidement, est encore recevable à
interjeter appel. L’appel sera alors jugé selon la procédure à bref délai (art. 906 du code de procédure civile).
En conclusion, à la date du 18 juillet, le défendeur peut toujours interjeter appel de l’ordonnance du juge de la mise en
état, à condition de le faire très rapidement.
3/ Le problème de droit qui se pose consiste à déterminer la sanction encourue en cas de dépôt de pièces la veille du
prononcé de l’ordonnance de clôture. (3 points)
1
La caducité n’est pas à proprement parler un moyen de défense au sens de l’article 73 du CPC. C’est une sanction
autonome qui n’est possible que si elle est expressément prévue par un texte.
2
Avant la réforme Magicobus du 3 juillet 2024, la Cour de cassation faisait prévaloir l’article 83 sur l’appel du seul
chef de la compétence sur l’article 795 (Cass. 2e civ., 2 juillet 2020). Au regard de la formulation de l’article, cette solution
ne semble plus envisageable.
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En principe, l’article 802 du code de procédure civile n’interdit pas aux parties de déposer de nouvelles conclusions ou de
nouvelles pièces peu de temps avant l’ordonnance de clôture. Cependant, l’article 15 du code de procédure civile oblige
les parties à se communiquer « en temps utile » leurs moyens de fait et de droit ainsi que les éléments de preuve qu’elles
entendent produire et l’article 135 du code de procédure civile impose la même exigence pour les pièces. Ces deux textes
sont une application du principe du contradictoire. Cette exigence est justifiée par le fait que chaque partie doit être en
mesure d’assurer au mieux sa défense. L’articulation des articles 15, 135 et 802 du code de procédure civile doit conduire
le juge de la mise en état à écarter des débats les éléments invoqués ou produits par les parties tardivement.
En l’espèce, le fait de communiquer, la veille de l’ordonnance de clôture, de nouvelles pièces déterminantes, semble
contrevenir à l’exigence posée par l’article 135 du code de procédure civile et devrait suffire à justifier que le juge écarte
des débats les documents (Cass. 2e civ., 14 juin 1994 ; Cass. 1re civ., 8 juin 2004 : pour des conclusions déposées le 20 avril
avec une clôture fixée au 23 avril) s’il estime que la partie adverse ne dispose pas du temps nécessaire pour faire valoir ses
arguments. La Chambre mixte de la Cour de cassation a d’ailleurs affirmé, dans un arrêt en date du 3 février 2006, que les
juges n’avaient pas à caractériser une violation manifeste du principe du contradictoire pour écarter des pièces ou
conclusions déposées tardivement. V. dans le même sens Cass. 3e civ., 10 mars 2009.
Enfin, la Cour de cassation admet que les conclusions par lesquelles une partie demande que des écritures ou des pièces
déposées tardivement soient rejetées des débats sont recevables après la clôture (Cass. 2e civ., 14 décembre 2006 ; Cass.
2e civ., 28 juin 2012). Cette solution se justifie par la nécessité d’assurer la sanction du principe du contradictoire.
Pour conclure, il convient de recommander au défendeur de solliciter le rejet des débats des pièces tardives. Cette
possibilité lui est ouverte même si l’ordonnance de clôture est rendue. Compte tenu de la proximité du dépôt avec la
clôture, il est probable que les pièces litigieuses soient écartées des débats, sauf si l’adversaire parvenait à obtenir, soit le
report de l’ordonnance de clôture (si le moyen est soulevé avant le 10 août 2025), soit sa révocation sur le fondement de
l’article 803 du code de procédure civile, ce qui suppose de rapporter la preuve d’une cause grave.
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