1.
PRONONCIATION
A. LA LIAISON
La liaison en français est un phénomène phonétique qui consiste à prononcer
une consonne finale normalement muette d'un mot lorsque celui-ci est suivi
d'un mot commençant par une voyelle ou un "h" muet. La liaison permet de
créer une fluidité dans la prononciation et est une caractéristique importante
de la langue française.
Types de Liaisons
1. Liaison obligatoire : Elle doit être faite dans des contextes
grammaticaux spécifiques.
2. Liaison facultative : Elle peut être faite ou non, selon le registre de
langue ou l'euphonie.
3. Liaison interdite : Elle ne doit pas être faite dans certains contextes.
Exemples de Liaisons Obligatoires
a. Entre un déterminant et un nom :
Les amis : Prononcé "lezami".
Un enfant : Prononcé "unenfant".
b. Entre un pronom sujet et un verbe :
Nous avons : Prononcé "nuzavons".
Ils étaient : Prononcé "ilzétaient".
c. Entre un adjectif et un nom :
Petit enfant : Prononcé "petitenfant".
Grand arbre : Prononcé "grantarbre".
d. Après certaines prépositions :
Dans un jardin : Prononcé "danzunjardin".
Sans effort : Prononcé "sanzefort".
Exemples de Liaisons Facultatives
a. Entre un verbe et un adverbe :
Parler ouvertement : Peut être prononcé "parlerouvertement" ou
"parler ouvertement".
b. Entre un nom et un adjectif :
Un livre intéressant : Peut être prononcé "unlivreintéressant" ou "un
livre intéressant".
Exemples de Liaisons Interdites
a. Après "et" :
Et une pomme : Ne se prononce pas "etunepomme".
b. Entre un singulier et un mot suivant :
Un chat adorable : Ne se prononce pas "unchatadorable".
c. Après certains mots interrogatifs :
Quand est-ce que : Ne se prononce pas "quantestceque".
Exceptions et Cas Particuliers
a. Liaison avec "onze" :
Onze ans : Prononcé "onzan" (la liaison est obligatoire).
b. Liaison avec "h aspiré" :
Les haricots : Pas de liaison, prononcé "léarico".
c. Liaison avec "oui" :
Oui et non : Pas de liaison, prononcé "oui é non".
Différence entre enchaînement vocalique et liaison
● Enchaînement vocalique : Les voyelles se suivent sans ajout de consonne (ex. : il
a → "ila").
● Liaison : Une consonne muette est prononcée pour lier deux mots (ex. : les amis
→ "lezami").
B. L’ENCHAÎNEMENT
L’enchaînement vocalique est un phénomène phonétique en français qui consiste à
lier la prononciation de la dernière voyelle sonore d’un mot avec la voyelle initiale du
mot suivant, sans interruption. Contrairement à la liaison, il n’y a pas d’ajout de
consonne. L’enchaînement vocalique permet une fluidité dans la parole et est très
courant dans la langue française.
Lorsque la fin d’un mot se termine par une voyelle prononcée (ou une syllabe
sonore) et que le mot suivant commence par une voyelle (ou un "h" muet), les deux
voyelles sont prononcées sans pause, comme si elles faisaient partie du même mot.
Exemples d’enchaînement vocalique
a. Entre deux mots :
Il a : Prononcé "ila" (sans pause entre "il" et "a").
Elle arrive : Prononcé "èlarive".
J’ai entendu : Prononcé "jéentendu".
b. Avec des mots plus longs :
Une idée intéressante : Prononcé "unidééintéressante".
J’ai eu : Prononcé "jéu".
c. Avec des verbes et des pronoms :
On y va : Prononcé "oniva".
Tu as aimé : Prononcé "tuaimé".
C. LES DIPHTONGUES
Une diphtongue est un son composé de deux voyelles prononcées dans la même
syllabe, avec un glissement de l’une à l’autre.
En français standard, les diphtongues sont souvent le résultat de la prononciation
rapide ou naturelle de certaines combinaisons de voyelles. Voici quelques exemples:
● Combinaisons avec "i" :
Pied : Prononcé [pje], où le "i" et le "e" forment une diphtongue.
Miel : Prononcé [mjɛl], avec un glissement entre "i" et "ɛ".
● Combinaisons avec "u" :
Lui : Prononcé [lɥi], où le "u" et le "i" forment une diphtongue.
Nuit : Prononcé [nɥi], avec un glissement entre "u" et "i".
● Combinaisons avec "ou" :
Oui : Prononcé [wi], où le "ou" et le "i" forment une diphtongue.
Fouet : Prononcé [fwɛ], avec un glissement entre "ou" et "ɛ".
Les combinaisons de voyelles ai, au et eu en français ne sont pas considérées
comme des diphtongues au sens strict, car elles ne forment pas un glissement entre
deux sons vocaliques distincts dans la même syllabe. En réalité, ces combinaisons
sont généralement prononcées comme des voyelles pures ou des semi-voyelles en
français standard. Cependant, leur prononciation peut varier selon le contexte et les
accents régionaux.
● La combinaison "ai"
En français, "ai" est généralement prononcé comme une voyelle unique, et
non comme une diphtongue.
Prononciation standard :
Mais : Prononcé [mɛ] (voyelle "è").
Fait : Prononcé [fɛ] (voyelle "è").
Maison : Prononcé [mɛzɔ̃] (voyelle "è" suivie d'autres sons).
❖ Cas particuliers :
Dans certains accents régionaux (comme le français québécois), "ai" peut
être légèrement diphtongué, par exemple dans frais [fʁɛɪ].
● La combinaison "au"
La combinaison "au" est également prononcée comme une voyelle unique en
français standard.
❖ Prononciation standard :
Autre : Prononcé [otʁ] (voyelle "o").
Chaud : Prononcé [ʃo] (voyelle "o").
Au revoir : Prononcé [oʁəvwaʁ] (voyelle "o").
❖ Cas particuliers :
Dans certains accents régionaux, "au" peut être légèrement diphtongué, mais
cela reste rare.
● La combinaison "eu"
La combinaison "eu" est prononcée comme une voyelle unique en français
standard, mais elle peut avoir deux prononciations distinctes selon le
contexte.
❖ Prononciation standard :
Peu : Prononcé [pø] (voyelle fermée "eu").
Feu : Prononcé [fø] (voyelle fermée "eu").
Heureux : Prononcé [øʁø] (voyelle fermée "eu").
Jeune : Prononcé [ʒœn] (voyelle ouverte "eu").
Cas particuliers :
Dans certains accents régionaux, "eu" peut être légèrement diphtongué, par
exemple dans feu [føʏ].
D. LES VOYELLES NASALES
Les voyelles nasales se distinguent des voyelles orales par le fait que l'air passe à la
fois par la bouche et par le nez lors de leur prononciation. En français, il existe quatre
voyelles nasales principales, chacune ayant une articulation spécifique. Ces voyelles
sont souvent représentées par des combinaisons de lettres suivies d'un "n" ou d'un
"m", bien que ces consonnes ne soient pas prononcées séparément.
Les quatre voyelles nasales du français
● [ɑ̃] (comme dans an, en, am, em) :
Articulation : La bouche est ouverte, la langue est basse et légèrement
reculée.
Exemples :
Champ : Prononcé [ʃɑ̃].
Vent : Prononcé [vɑ̃].
Grand : Prononcé [ɡʁɑ̃].
Ambre : Prononcé [ɑ̃bʁ].
● [ɔ̃] (comme dans on, om) :
Articulation : Les lèvres sont arrondies, la langue est légèrement reculée.
Exemples :
Bon : Prononcé [bɔ̃].
Monde : Prononcé [mɔ̃d].
Pont : Prononcé [pɔ̃].
Compte : Prononcé [kɔ̃t].
● [ɛ]̃ (comme dans in, im, ain, aim, ein, en) :
Articulation : La bouche est semi-ouverte, la langue est légèrement avancée.
Exemples :
Vin : Prononcé [vɛ]̃ .
Pain : Prononcé [pɛ]̃ .
Plein : Prononcé [plɛ]̃ .
Impossible : Prononcé [ɛp
̃ ɔsibl].
● [œ̃] (comme dans un, um) :
Articulation : Les lèvres sont arrondies, la langue est légèrement avancée.
Exemples :
Un : Prononcé [œ̃].
Brun : Prononcé [bʁœ̃].
Parfum : Prononcé [paʁfœ̃].
Lundi : Prononcé [lœ̃di].
Note : Dans de nombreux accents français modernes (notamment à Paris), la voyelle
[œ̃] tend à se confondre avec [ɛ]̃ . Par exemple, brun et brin peuvent être prononcés
de la même manière.
Formation des voyelles nasales
Les voyelles nasales se forment en deux étapes :
1. Articulation de la voyelle : La bouche prend la position pour prononcer une
voyelle orale (comme [a], [o], [ɛ], etc.).
2. Passage de l'air par le nez : Le voile du palais (la partie molle à l'arrière du
palais) s'abaisse, permettant à l'air de passer par les cavités nasales en plus
de la bouche.
Exceptions et particularités
● "n" ou "m" prononcé :
Si le "n" ou le "m" est suivi d'une voyelle, il n'y a pas de nasalisation. Par
exemple :
Ananas : Prononcé [ananas] (pas de nasalisation).
Une amie : Prononcé [yn ami] (pas de nasalisation).
● Mots étrangers :
Certains mots empruntés à d'autres langues ne respectent pas les règles de
nasalisation. Par exemple :
Parking : Prononcé [paʁkiŋ] (le "n" est prononcé).
2. GRAMMAIRE
A. LES MODES ET LES TEMPS DU FRANÇAIS
Les modes verbaux
Il existe sept modes en français, répartis en deux catégories : les modes personnels
(qui se conjuguent selon les personnes) et les modes impersonnels (qui ne se
conjuguent pas).
1. Modes personnels
● Indicatif :Exprime des actions réelles, certaines ou présentées comme
telles.
Exemple : Je mange une pomme.
● Subjonctif :Exprime des actions incertaines, des souhaits, des doutes,
des émotions ou des obligations.
Exemple : Il faut que tu viennes.
● Conditionnel : Exprime des actions hypothétiques, des possibilités ou
des politesses.
Exemple : Je voudrais un café.
● Impératif : Exprime des ordres, des conseils ou des demandes.
Exemple : Mange ta soupe !
2. Modes impersonnels
● Infinitif : Forme de base du verbe, utilisée pour exprimer l'action de
manière générale.
Exemple : Manger est essentiel.
● Participe présent : Forme verbale utilisée comme adjectif ou pour
exprimer une action simultanée.
Exemple : Marchant rapidement, il a trouvé un billet.
● Participe passé : Utilisé pour former les temps composés ou comme
adjectif.
Exemple : J'ai mangé une pomme.
Les temps verbaux
Les temps verbaux permettent de situer une action dans le temps. Ils varient selon le
mode.
1. Temps de l'indicatif
● Présent : Action qui se déroule au moment où l'on parle.
Exemple : Je mange.
● Passé composé : Action achevée dans le passé, souvent proche du
présent.
Exemple : J'ai mangé.
● Imparfait : Action passée habituelle, descriptive ou en cours.
Exemple : Je mangeais.
● Plus-que-parfait : Action passée antérieure à une autre action passée.
Exemple : J'avais mangé.
● Passé simple : Action passée, souvent utilisée à l'écrit.
Exemple : Je mangeai.
● Futur simple : Action à venir.
Exemple : Je mangerai.
● Futur antérieur : Action future achevée avant une autre action future.
Exemple : J'aurai mangé.
2. Temps du subjonctif
● Présent du subjonctif : Exprime une action incertaine ou souhaitée au
présent ou au futur.
Exemple : Il faut que je mange.
● Passé du subjonctif : Exprime une action incertaine ou souhaitée dans
le passé.
Exemple : Il faut que j'aie mangé.
3. Temps du conditionnel
● Présent du conditionnel : Exprime une action hypothétique ou une
politesse.
Exemple : Je mangerais si j'avais faim.
● Passé du conditionnel : Exprime une action hypothétique dans le
passé.
Exemple : J'aurais mangé si j'avais eu faim.
4. Temps de l'impératif
● Présent de l'impératif : Exprime un ordre ou une demande au présent.
Exemple : Mange !
● Passé de l'impératif (rarement utilisé) : Exprime un ordre ou une
demande à accomplir avant une action future.
Exemple : Aie mangé avant de partir.
B. COD/COI
En grammaire française, les compléments d'objet (COD et COI) sont des éléments
essentiels de la phrase qui complètent le sens du verbe. Ils indiquent qui ou quoi est
concerné par l'action exprimée par le verbe. On distingue deux types principaux de
compléments d'objet : le complément d'objet direct (COD) et le complément d'objet
indirect (COI).
1. Le complément d'objet direct (COD)
Définition: Le COD est un complément qui répond à la question "qui ?" ou "quoi ?"
posée après le verbe. Il est directement relié au verbe, sans préposition
intermédiaire.
Comment l'identifier ?: Posez la question "qui ?" ou "quoi ?" après le verbe.
Exemple : Il mange [quoi ?] une pomme. → Une pomme est le COD.
Exemples
Elle lit un livre.→ Elle lit [quoi ?] un livre. (COD)
J'aime mes amis.→ J'aime [qui ?] mes amis. (COD)
Nous avons vu un film.→ Nous avons vu [quoi ?] un film. (COD)
Remarque: Le COD peut être un nom, un pronom, un groupe nominal ou même une
proposition subordonnée.
2. Le complément d'objet indirect (COI)
Définition: Le COI est un complément qui répond à la question "à qui ?", "à quoi ?",
"de qui ?" ou "de quoi ?" posée après le verbe. Il est introduit par une préposition
(généralement à ou de).
Comment l'identifier ?: Posez la question "à qui ?", "à quoi ?", "de qui ?" ou "de quoi
?" après le verbe.
Exemple : Il parle [à qui ?] à son ami. → À son ami est le COI.
Exemples
Elle téléphone à sa mère.→ Elle téléphone [à qui ?] à sa mère. (COI)
Il pense à ses vacances.→ Il pense [à quoi ?] à ses vacances. (COI)
Nous parlons de nos projets.→ Nous parlons [de quoi ?] de nos projets. (COI)
Remarque: Le COI peut également être un nom, un pronom, un groupe nominal ou
une proposition subordonnée.
Pronoms pour remplacer COD et COI
COD : le, la, les
Exemple : Je mange une pomme. → Je la mange.
COI : lui, leur (pour à), en (pour de)
Exemple : Je parle à mon ami. → Je lui parle.
Exemple : Je parle de mon voyage. → J'en parle.
C. PRÉPOSITIONS
1. Les principales prépositions en français
Voici une liste des prépositions les plus courantes :
à, de, en, pour, sur, dans, avec, sans, sous, par, chez, entre, vers, contre, pendant,
depuis, jusqu'à, devant, derrière, parmi, malgré, etc.
2. Règles générales d'utilisation
A. Prépositions de lieu: Les prépositions de lieu indiquent la position ou la
direction.
● À : Lieu précis (ville, endroit spécifique).
Exemple : Je vais à Paris.
Exemple : Il est à la maison.
● En : Lieu général (pays, région) ou moyen de transport.
Exemple : Je vis en France.
Exemple : Je voyage en train.
● Dans : À l'intérieur d'un espace clos.
Exemple : Le chat est dans la boîte.
● Sur : Sur une surface.
Exemple : Le livre est sur la table.
● Sous : En dessous.
Exemple : Le chien est sous la table.
● Devant/Derrière : Position relative.
Exemple : Il est devant la maison.
Exemple : Elle est derrière l'arbre.
B. Prépositions de temps: Les prépositions de temps indiquent la durée, le moment
ou la fréquence.
● À : Heure précise.
Exemple : Le cours commence à 9 heures.
● En : Mois, saison, année.
Exemple : Je suis né en 1990.
Exemple : Nous partons en été.
● Dans : Dans un délai futur.
Exemple : Je reviens dans 10 minutes.
● Pendant : Durée d'une action.
Exemple : J'ai étudié pendant deux heures.
● Depuis : Depuis un moment dans le passé jusqu'à maintenant.
Exemple : Je travaille ici depuis 2015.
● Jusqu'à : Limite dans le temps.
Exemple : Je reste jusqu'à demain.
C. Prépositions de cause: Les prépositions de cause expliquent la raison d'une
action.
● À cause de : Cause négative.
Exemple : Le match est annulé à cause de la pluie.
● Grâce à : Cause positive.
Exemple : J'ai réussi grâce à ton aide.
● Par : Cause ou moyen.
Exemple : Il a réagi par colère.
D. Prépositions de but: Les prépositions de but indiquent l'objectif d'une action.
● Pour : But ou destination.
Exemple : Je travaille pour gagner de l'argent.
Exemple : Il part pour Londres.
● Afin de : But formel.
Exemple : Il étudie afin de réussir.
E. Prépositions de manière: Les prépositions de manière indiquent comment une
action est réalisée.
● Avec : Moyen ou accompagnement.
Exemple : Il écrit avec un stylo.
Exemple : Je suis venu avec mon ami.
● Sans : Absence.
Exemple : Il est parti sans dire au revoir.
● Par : Moyen.
Exemple : Je l'ai appris par hasard.
F. Prépositions de possession: Les prépositions de possession indiquent à qui
appartient quelque chose.
● De : Appartenance.
Exemple : C'est le livre de Paul.
● À : Destination ou appartenance.
Exemple : Ce cadeau est à toi.
3. Utilisation idiomatique des prépositions
Certaines prépositions sont utilisées de manière idiomatique, c'est-à-dire qu'elles ne
suivent pas de règles strictes et doivent être mémorisées.
Verbes suivis de "à" :
● Penser à : Je pense à toi.
● Répondre à : Il répond à la question.
● Verbes suivis de "de" :
● Parler de : Nous parlons de nos vacances.
● Rêver de : Elle rêve de devenir médecin.
Verbes suivis de "sur" :
● Compter sur : Je compte sur toi.
Verbes suivis de "pour" :
● Voter pour : Il a voté pour ce candidat.
4. Prépositions et noms géographiques
● En : Utilisé avec les pays féminins ou masculins commençant par une
voyelle.
Exemple : Je vis en France. (féminin)
Exemple : Je suis en Iran. (masculin commençant par une voyelle)
● Au : Utilisé avec les pays masculins.
Exemple : Je vais au Canada.
● Aux : Utilisé avec les pays pluriels.
Exemple : Je voyage aux États-Unis.
5. Prépositions et verbes
Certains verbes nécessitent des prépositions spécifiques pour exprimer leur sens
complet. Par exemple :
● Aller à : Je vais à l'école.
● Venir de : Je viens de Paris.
● Parler de : Nous parlons de nos projets.