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Histoire de la pensée managériale

Cédric Poivret

To cite this version:


Cédric Poivret. Histoire de la pensée managériale. Licence. Histoire de la pensée managériale France.
2015. �cel-01267486�

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Histoire de la pensée
managériale
Cédric Poivret
PRAG/Docteur en sciences de gestion/
Université Paris Est Marne LA Vallée
Histoire de la pensée
managériale
Cours numéro 3 : Les deux
« fondateurs » du management :
Frederick Taylor et Henri Fayol
Première partie : Taylor, mais que s’est il
passé?
La réponse classique
• Il y a plusieurs décennies, un ingénieur, nommé
Taylor, a mis au point une méthode
bureaucratique et rigide de management :
diviser le travail entre ceux l’exécutant, et ceux
le pensant et le concevant, ces derniers
définissant par une analyse scientifique le one
best way
• Il s’en est suivi la mise au point d’organisation
rigide, bureaucratique, dont le meilleur exemple
est l’entreprise Ford et sa Ford T
La réponse classique
• Mais tout ça, c’est terminé, fini !

• La pensée taylorienne a été dominante,


puis a été battue en brèche par l’arrivée
du courant des « relations humaines »
(vision « théorie des organisations »… qui
comme toujours est une exagération, et
une vision purement américaine )
En effet , le monde a changé
depuis le XIXième siècle
Derrière ces réponses faciles,
issues de décennies d’oubli du
véritable Taylor, apparaissent des
questions bien plus complexes
• Le contexte : que s’est il passé aux Etats-
Unis ? Et en France?

• C’est quoi le taylorisme? Et est il


réellement dépassé?

• Bref, nous allons faire de l’histoire


Le véritable Frederick Winslow
Taylor
• Naissance le 20 mars 1856
• Brillant élève, mais abandonne ses études d’ingénieur
pour commencer son apprentissage de modeleur et de
mécanicien dans une petite fabrique de pompe
• Entrée à la Midvalle en 1878, grâce à ses relations
familiales : est d’abord ouvrier ( très peu de temps) , puis
employé aux écritures, tourneur, puis chef d’équipe
• Il y met au point sa méthode de gestion des ouvriers, et
mène des recherche sur l’usinage des métaux
• Quitte l’entreprise en 1890, lorsqu’il a perdu tout espoir
de devenir directeur de l’entreprise
Le véritable Frederick Winslow
Taylor
• Directeur de la Manufacturing investment de 1890 à
1893 : conflit avec les financiers, mais découvre la
comptabilité industrielle
• Devient en 1893 ingénieur conseil : premières
publications sur les courroies , travaille pour un
fabriquant de roulement à billes, continue ses
recherches sur l’usinage
• 1895: Premier texte A piece rate system
• Expériences de réorganisation d’entreprises entre 1895
et 1898
• De 1898 à 1901, la Bethlehem Steel Company
• De 1901 à sa mort, théoricien et publiciste
Le problème du « taylorisme »
Préalable à la discussion : Le taylorisme est une pensée
appliquée, indissociable de ses applications

C’est quoi le taylorisme? La pensée contenue dans les


deux ouvrages de Taylor? Les usines taylorisées par ses
soins? Les usines taylorisées par ceux se réclamant de
lui? Il existe sûrement de grandes distances entre tous
ces points

Le taylorisme va devenir une marque, un symbole de


toutes les rationalisations qui vont naitre à la suite de la
parution de ses œuvres
C’est quoi le taylorisme, au sens
propre ou restreint du terme
• La faible productivité naturelle des salariés, du fait du
freinage et de l’inefficacité des méthodes de travail
empiriques
• Une organisation du travail , basée sur la mesure des
temps opératoire, qui permet d’indiquer clairement à
chaque ouvrier les taches qu’il doit accomplir et de
déterminer le temps réel nécessaire à l’accomplissement
de la tâche
• Les hommes de premières classe pour chaque tâche ….
• Payés principalement à la pièce ou à la tache,
individuellement, avec un système de salaire qui doit
être stimulant …
• Et encadrés par sept types de contremaitres
• Bien évidement, tout cela ne peut fonctionner que si ce
mode de fonctionnement devient la philosophie de
l’entreprise, après une longue période d’incubation
• Un point fondamental : la distinction entre
Un point important, nous rappelant le
fait que le management a été, entre
autre, inventé par des ingénieurs
L’interdépendance entre le technique et le managérial :
« Cette standardisation complète [des conditions
techniques de travail] est un préalable absolument
indispensable à la détermination du temps que doit
prendre chaque opération, pour pouvoir obtenir ensuite
qu’elle soit effectuée dans le temps alloué. Négliger de
consacrer le temps et le soin nécessaire pour
standardiser complètement toutes ces méthodes et tous
ces détails constitue l’une des causes principales de
déconvenues et des échecs lors de l’introduction de ce
système »
Le système des contremaitres
tayloriens
Quelques photos
Une photo méconnue
La plus célèbre
Et la France dans tout cela
• L’agent central de propagation du taylorisme en
France, Henry Le Chatelier, secondé par
Charles de Fréminville … des ingénieurs y
voient un moyen d’augmenter le pouvoir de
l’ingénieur dans l’entreprise

• Le rôle de la grève de 1913 chez Renault , et le


débat qu’il entraine au sein du courant socialiste

• La rationalisation se poursuit suite à la guerre


La critique de Jean-Marie Lahy de la
pensée de Taylor (1872-1943)
• Une pensée peu claire
• L’oubli de tout aspect physiologique , aucun prise en
compte sérieuse du phénomène de fatigue
• Oubli du machinisme, les exemples qu’il donne
proviennent de travaux manuels extrêmement simples
• Un système qui enlève toute initiative à l’ouvrier, et qui
aboutit au surmenage
• Un système a priori peu applicable en France, qui n’est
pas à l’époque un pays d’immigration
• Aucune mesure de sélection a priori des travailleurs : on
ne sélectionne les meilleurs qu’une fois que ceux-ci se
sont révélés dans le travail
• Le système Taylor est très clairement opposé à la chaine
fordienne mécanisée, en particulier au niveau de la
manutention
L’oubli des « sciences du travail »

• Jules Amar (1879-1935)

• Charles Frémont (1855-1930)

• Armand Imbert (1850-1922)


Le point commun avec Taylor

Tous ces auteurs cherchent à « analyser


avec le maximum d’objectivité le travail
humain afin d’en tirer des conclusions qui
permettent d’améliorer la production et
simultanément de diminuer la fatigue et
les accidents » ( De Montmollin, 1986)
Une vision un peu plus complexe
de l’œuvre de Taylor
• Il est possible de trouver au sein des livres de
Taylor :
– Un souci de la qualité
– Une volonté de favoriser le lien entre la direction et
les salariés : « Le patron qui traverse ses ateliers les
mains gantées, qu’on n’a jamais vu se salir et qui
parle toujours à ses ouvriers d’une manière
condescendante et protectrice, n’a aucune chance de
pénétrer leurs sentiments intimes. Avant tout, pour
parler aux hommes, il faut se placer à leur niveau.
Chaque ouvrier doit être encouragé à discuter avec le
supérieur des ennuis qu’il a pu avoir à l’atelier comme
au dehors. » ( La direction des ateliers)
L’autre grand fondateur du
« management », Henri Fayol
(1841-1925)
• Né en 1841 à Istanbul
• Elève à Lyon, rentre à l’école des mines de
Saint Etienne à 17 ans, et en sort second deux
ans plus tard : il sera donc ingénieur civil,
contrairement aux polytechniciens
• Rentre aux houillères de Commentry , et y
entame une carrière qui le mènera au poste de
directeur
• Publie en 1916 un ensemble de conférences
qu’il avait faites, sous le titre d’administration
industrielle et générale
Le contexte
• Naissance de la grande entreprise, qui n’est plus gérée
par des membres de la famille fondatrice, et qui a besoin
de mettre en place une hiérarchie ; débuts du
pantouflage des polytechniciens
• Montée en puissance de nouveaux secteurs, qui ont
besoin des avancées de la science
• La doctrine de Fayol est un « début de codification du
poste de directeur général », ainsi qu’une volonté de
préciser le rôles des divers chefs présents à tous les
niveaux hiérarchiques
• Une montée en puissance du concept de chef, et une
peur de la foule
• Marquée par la pensée Saint-Simonienne
Les recommandations
• Création d’organigrammes
• La mise en place de conférences
hebdomadaires de coordination entre
chefs de service
• La mise en place de rapports et de
prévisions
Une réception limitée dans
l’industrie

La plupart des grands dirigeants considèrent


que la direction reste une affaire
d’intuition, d’apprentissage sur le tas

Une opposition quelque peu factice avec


Taylor
La fayolisme au sens propre
La division de l’entreprise en 5 activités :
– Activités techniques
– Activités commerciales
– Activités de sécurité
– Activités comptables
– Activités administratives (≈ de direction)
– Activités financières
La fayolisme au sens propre
Les 14 principes:
• La division du travail
• L’autorité et la responsabilité
• La discipline
• L’unité de commandement
• L’unité de direction
• La subordination de l’intérêt individuel à l’intérêt général
• La rémunération
• Le degré de centralisation
• La hiérarchie
• L’ordre
• L’équité
• La stabilité du personnel
• L’initiative
• L’union du personnel
• Les 5 activités administratives :

– Prévoyance
– Organisation
– Commandement
– Coordination
– Contrôle
Une vision organiciste

Fayol, comme une grande majorité de la


pensée européenne de 1870 à 1914, est
marqué par la pensée organiciste, qui
conçoit la société comme un corps humain
Le Chef et ses qualités
• Santé et vigueur physique
• Intelligence et vigueur intellectuelle
• Qualités morales : volonté réfléchie, ferme,
persévérante; activité, énergie et, s’il y a lieu, audace;
courage des responsabilités ; sentiment du devoir ; souci
de l’intérêt général
• Forte culture générale
• Capacité administrative
• Notions générales sur toutes les fonctions essentielles
• La plus large compétence possible de la profession
spéciale caractéristique de l’entreprise
En conclusion
La théorie des organisations classique :

• Des pensées dépassées,


bureaucratiques?

• Max Weber ?
La modernité de Fayol
Le néo-taylorisme , ou le taylorisme qui n’est
pas mort
Une hypothèse explicative du
succès de Taylor et Fayol

• Un poids limité pour les aspects


comptables

• Alors que les deux connaissaient la


comptabilité industrielle
Et du coté des autres sciences?
Début de la réflexion sur la publicité : Arren,
Mosselmans, Hemet, Guérin, qui va être
enseignée dans les écoles de commerce

Création de la revue « Mon bureau » ,


consacrée, entre autre, à la rationalisation
du travail administratif

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